DIMENC 2012
LE RISQUE RUPTURE DE BARRAGE
1.- Présentation
La rupture d’un grand barrage est un risque technologique majeur en raison de
l’inondation catastrophique qu’elle peut générer en aval de l’ouvrage, laquelle inondation
est précédée par le déferlement d’une onde de submersion plus ou moins importante
selon le type de barrage et la nature de la rupture. Elle est ainsi susceptible d’entraîner
des conséquences graves pour les populations, les biens et l’environnement.
Un barrage est un ouvrage artificiel ou naturel, établi en travers du lit d’un cours d’eau et retenant de l’eau.
Les barrages ont plusieurs fonctions, qui peuvent s’associer : la régulation de cours d’eau (excréteurs de
crue, maintien de niveau minimum des eaux en période de sécheresse), l’irrigation des cultures,
l’alimentation en eau des villes, la production d’énergie électrique, la retenue de rejets de mines ou de
chantiers, le tourisme et les loisirs, la lutte contre les incendies...
On trouve également d’autres types de barrages dont l’objet n’est pas de créer une retenue d’eau tels que les
barrages de stériles miniers, les barrages de montagne pour lutter contre l’érosion torrentielle, les digues
filtrantes pour freiner la vitesse d’écoulement des eaux de crue, ....
Il existe deux types de barrages selon les matériaux qui les composent : en remblai, terre et enrochements, ou
en maçonnerie ou béton. Par ailleurs, la conception du barrage dépend principalement de la géographie et de
la géologie du site d’implantation ainsi que de la disponibilité en matériaux de construction, et de la stratégie
de résistance aux forces induites par la retenue d’eau.
On trouvera alors deux familles de barrages :
- les barrages poids en remblai ou en béton et les barrages à contreforts, capables de résister à la poussée par
leur propre poids et renvoyant les efforts sur la fondation rocheuse,
- les barrages en béton armé à report de charge essentiellement sur les rives tels que les barrages-voutes.
Barrage poids Barrage voute
Le risque dû à la rupture d’un barrage : Une combinaison de l’aléa et des enjeux
Aléa Enjeux Risque
Une rupture d’un barrage entraîne la formation d’une onde de submersion se traduisant par une élévation
brutale du niveau de l’eau à l’aval. La carte du risque représente les zones menacées par l'onde de
submersion qui résulterait d'une rupture totale de l'ouvrage. Elle distingue la zone du quart d’heure dite zone
de proximité immédiate juste en aval du barrage, des zones plus éloignées dites zones d’inondation
spécifique qui sont submergées par l’onde de submersion mais qui ne le sont pas pour la crue de référence.
Obligatoire pour les grands barrages, cette carte détermine, dès le projet de construction, quelles seront les
caractéristiques de l'onde de submersion en tout point de la vallée : hauteur et vitesse de l'eau, délai de
passage de l'onde, etc. Les enjeux et les points sensibles (hôpitaux, écoles, etc.) y figurent également.
La destruction partielle ou totale d’un barrage peut être due à différentes causes :
- techniques : défaut de fonctionnement des vannes permettant l’évacuation des eaux lors de crues ; vices de
conception, de construction ou de matériaux, vieillissement des installations ;
- naturelles : séismes, crues exceptionnelles, glissements de terrain ;
- humaines : insuffisance des études préalables et du contrôle d’exécution, erreurs d’exploitation, de
surveillance et d’entretien, malveillance.
Le type de rupture dépend des caractéristiques propres du barrage. Ainsi, elle peut être :
- progressive dans le cas des barrages en remblais, par érosion régressive, suite à une submersion de
l’ouvrage ou à une fuite à travers celui-ci ;
- brutale dans le cas des barrages en béton, par renversement ou par glissement d’un ou plusieurs plots, ou
par rupture de l’appui rocheux sur les rives.
Les conséquences :
En cas de rupture d’un barrage, l'onde de submersion ainsi que l'inondation et les matériaux transportés, issus
du barrage et de l'érosion intense de la vallée, peuvent occasionner des dommages considérables :
- Sur les hommes : noyade, ensevelissement, personnes blessées, isolées ou déplacées
- Sur les biens : destructions et détériorations aux habitations, aux entreprises, aux ouvrages (ponts, routes,
etc.), au bétail, aux cultures ; paralysie des services publics, etc.
- Sur l'environnement : endommagement, destruction de la flore et de la faune, disparition du sol cultivable,
pollutions diverses, dépôts de déchets, boues, débris, etc., voire accidents technologiques, dus à
l'implantation d'industries dans la vallée (déchets toxiques, explosions par réaction avec l'eau, etc.).
Les ruptures ou accidents qui ont fait date :
Il existe plus de 40 000 barrages dans le monde et on dénombre en moyenne de 1 à 2 ruptures chaque année
sans qu’elles n’entraînent pour autant de conséquences dramatiques, s’agissant pour l’essentiel de petits
ouvrages. Les ruptures de grands barrages restent malgré tout rares. La première rupture de barrage majeure
connue s’est produite entre 2650 et 2465 avant J.-C à 30 km au sud du Caire en Egypte. Les accidents les
plus marquants des cinquante dernières années sont les suivants :
- Octobre 1963, barrage de Vajont (Italie) : La mise en eau de ce barrage voute de 261 mètres de hauteur et
190 mètres de longueur a créé un désordre géologique qui a provoqué un glissement de terrain massif dans la
retenue d’eau, provoquant une vague de 150 mètres de hauteur dans la vallée escarpée en aval et faisant plus
de 2000 victimes. Le volume d’eau est passé par-dessus l’ouvrage qui est resté intact.
- Août 1975, barrages de Banqiao et de Shimantan (Chine) : Ces barrages en remblai, d’une centaine de
mètres de hauteur, ont été submergés par les pluies diluviennes d’un ouragan et ont cédés, créant une lame
d’eau de 6 mètres de hauteur sur 12 km de large et faisant plusieurs dizaines de milliers de victimes directes,
plusieurs centaines de milliers de victimes indirectes, et environ 11 millions de personnes affectées par la
catastrophe.
- Août 1979, barrage de Morvi (Inde) : Ce barrage en remblai de 25 mètres de hauteur a lui aussi été
submergé par la montée du niveau de la retenue suite à de fortes pluies. Sa rupture a créé une vague de 5 à 10
mètres qui a atteint la ville de Morvi à 5 km en aval, faisant plusieurs milliers de victimes.
En France, les deux accidents les plus importants recensés se sont produits en 1895 avec la rupture du
barrage en remblai de 18 mètres de hauteur à Bouzey dans les Vosges (100 morts), et en 1959 avec la rupture
du barrage voute de 66 mètres de hauteur en amont de la ville de Fréjus dans le Var. Ce dernier a généré une
vague déferlante de 40 mètres dans la vallée qui a atteint le quartier Malpasset en faisant 423 victimes.
Avant et après la rupture du barrage de Malpasset
2.- Situation en Nouvelle-Calédonie
Etat réglementaire :
La sûreté de fonctionnement des barrages est de la responsabilité civile et pénale des exploitants. Néanmoins,
compte tenu du risque et de l'ampleur des conséquences potentielles, les barrages sont contrôlés par l’Etat au
titre de sa compétence de Sécurité Civile. La mise en œuvre de ce contrôle de sécurité et de sûreté s’est
fondée sur l’instruction technique ministérielle n° 70-15 du 14 août 1970 concernant l’inspection et la
surveillance des barrages intéressant la sécurité publique. Sont concernés tous les ouvrages de plus de 20
mètres de hauteur sur le terrain naturel, ainsi que les ouvrages de moindre hauteur dont la rupture éventuelle
aurait des répercussions graves sur les personnes. Le contrôle s’effectuait également sur la base de la
circulaire ministérielle du 23 mai 1995 visant les barrages de moyenne importance concédés (utilisation de la
force hydraulique).
Toutefois, la récente libéralisation du marché de la production hydroélectrique ainsi que les désordres
constatés sur les digues de protection contre les inondations en métropole ont conduit l’Etat à refondre
complètement la réglementation des barrages et digues édictée principalement par voie de circulaires. Cette
réglementation nationale est désormais inscrite dans le code de l’environnement par décret n° 2007-1035 du
11 décembre 2007 relatif à la sécurité des ouvrages hydrauliques.
Ce décret ne s’appliquant pas en Nouvelle-Calédonie, ses dispositions techniques de sureté et de surveillance
ont été reprises dans les dispositions spécifiques « aménagements hydrauliques » du plan ORSEC
(Organisation de la Réponse de SEcurité Civile), approuvées par le Haut-commissaire de la République par
l’arrêté HC/CAB/DSC/n° 15 du 27 février 2012.
Etat du risque :
Les ouvrages hydrauliques présentant un risque majeur sont définis par l’arrêté du Haut-commissaire de la
République HC/CAB/DSC/n° 14 du 27 février 2012 relatif aux dispositions spécifiques ORSEC PPI
concernant certains ouvrages ou installations fixes. Sont visés « les ouvrages hydrauliques qui comportent un
réservoir d’une capacité égale ou supérieure à 5 millions de mètres cubes et/ou un barrage ou une digue
d’une hauteur d’au moins 20 mètres au dessus du point le plus bas du sol naturel ». Il existe trois ouvrages
en Nouvelle-Calédonie répondant à ces critères :
- Le barrage hydroélectrique de Yaté exploité par la société ENERCAL, mis en service en 1959. Il s’agit
d’un ouvrage composite atypique de plus de 600 mètres de long et de 60 mètres de hauteur au point le plus
bas. Il comprend une voute en béton, un barrage poids en béton constitué de trois évacuateurs de crue, un
barrage à contrefort et une digue de fermeture en enrochement. La retenue d’eau, d’une superficie de 40 km2,
a une capacité de 315 millions de mètres cubes.
La rupture de l’ouvrage génèrerait une vague d’une vingtaine de mètres dans la vallée et impacterait
directement les groupes d’habitation situés en aval jusqu’en bord de mer, représentant plusieurs dizaines de
personnes.
- Le barrage réservoir de Dumbéa exploité par la Mairie de Nouméa, mis en service en 1954. Ce barrage en
béton de 35 mètres de hauteur, du type voute cylindrique déversante, est destiné à l’alimentation en eau de
consommation humaine de la ville de Nouméa. Il crée une retenue d’eau théorique de 770 000 mètres cubes,
ramenée aujourd’hui à 550 000 mètres cubes compte tenu de la sédimentation accumulée avec le temps.
Le barrage se situe à quelques kilomètres en amont de zones habitées éparses et de la ville de Dumbéa.
Compte tenu de ses caractéristiques, sa rupture soudaine ne peut s’envisager que dans le cas d’un évènement
météorologique particulièrement intense entraînant sa submersion complète. Ce risque pourrait représenter
un facteur aggravant pour les zones en aval déjà reconnues pour leur caractère inondable en raison de la
confluence de plusieurs cours d’eau. Des études sont en cours pour déterminer l’impact réel de la rupture du
barrage dans un tel cas de figure.
- La digue de l’aire de stockage des résidus de l’usine hydro-métallurgique exploitée par la société VALE
Nouvelle-Calédonie à Goro sur la commune de Yaté. Cet ouvrage, dénommé « berme », ferme l’amont de la
vallée de la Kwé et est à ce titre assimilé à un barrage. Il s’agit d’un barrage poids en enrochement et remblai
en cours de construction, d’une longueur d’environ 1 100 mètres et dont la hauteur finale sera de 60 mètres.
La rupture du barrage n’aurait probablement aucune conséquence sur les personnes en l’absence de zone
habitée en aval. Cependant, l’impact sur l’environnement pourrait être important.
Historique des évènements de sécurité civile :
La Nouvelle-Calédonie n’a jamais eu d’accident grave à déplorer par suite de rupture d’un ouvrage
hydraulique.
Cartographie territoriale et communale du risque :
3.- Couverture du risque
L'examen préventif des projets de barrage :
L'instruction du volet sécurité et sûreté des projets de barrages est réalisée par le service du contrôle au sein
de la Direction de l’Industrie, des Mines et de l’Energie de Nouvelle-Calédonie (DIMENC), agissant au nom
du représentant de l’Etat, assistée par le pôle d'appui technique national (Bureau d’études techniques et de
contrôle des grands barrages - BETCGB). Le Comité technique permanent des barrages et des ouvrages
hydrauliques (CTPBOH), mis en place par l’Etat et réunissant les experts français en la matière, est amené à
donner son avis dans le cadre de l’examen des projets de grands barrages (hauteur de l’ouvrage supérieure à
20 mètres). Le contrôle concerne toutes les mesures prises, de la conception à la réalisation du projet.
Etude de dangers :
L’arrêté du 27 février 2012 du Haut-commissaire de la République impose aux propriétaires, exploitants ou
concessionnaires de barrages à risque majeur la réalisation d’une étude de dangers par un organisme
compétent précisant les niveaux de risque pris en compte, les mesures aptes à les réduire et les risques
résiduels.
Cette étude doit préciser la probabilité, la cinétique et les zones d’effets des accidents potentiels et une
cartographie des zones à risques significatifs doit être réalisée. Elle doit fournir tous les renseignements
indispensables à l’établissement des plans de secours et d’alerte.
La surveillance :
La surveillance constante du barrage s'effectue aussi bien pendant la période de mise en eau qu'au cours de la
période d'exploitation. Elle s'appuie sur de fréquentes inspections visuelles et des mesures sur le barrage et
ses appuis (mesures de déplacement, de fissuration, de tassement, de pression d'eau et de débit de fuite, ....).
A cet effet, un dispositif d’auscultation est installé, adapté à la taille de l’ouvrage et aux risques qu’il
présente.
Toutes les informations recueillies par la surveillance permettent une analyse et une synthèse rendant compte
de l'état du barrage, ainsi que l'établissement, tout au long de son existence, d'un «diagnostic de santé»
permanent.
Un certain nombre d’interventions et d’études approfondies du barrage sont donc à réaliser périodiquement :
- en permanence :
• surveillance de la première mise en eau,
• surveillance et maintenance en exploitation,
• contrôles des mouvements, déformations internes et tassements éventuels,
• mesures hydrauliques,
• inspections visuelles périodiques des installations.
- chaque année :
• une visite d’inspection par le service du contrôle,
• un rapport d’analyse des mesures d’auscultation réalisées de manière permanente.
• un rapport d’exploitation et de surveillance,
- tous les deux ans :
• une visite technique approfondie des parties apparentes de l’ouvrage, des organes hydrauliques et
du dispositif de contrôle commande,
• des essais des vannes de vidange et des évacuateurs de crues.
- tous les dix ans :
• un examen technique complet du parement amont et des ouvrages immergés par des moyens
subaquatiques ou par vidange de la retenue d’eau,
• une revue de sûreté, par un organisme compétent, prenant en compte l’ensemble des données de
surveillance accumulées pendant la vie de l’ouvrage, le rapport de l’examen technique complet et
l’étude des dangers mise à jour. Cette revue de sûreté conclut sur le niveau de sécurité de
l’ouvrage,
• une visite d’inspection spécifique à la revue de sûreté par le service du contrôle, lequel peut décider
d’engager une procédure de mise en révision spéciale si des travaux d’amélioration ou de
confortement sont nécessaires.
Contrôle :
La direction de l’industrie, des mines et de l’énergie de Nouvelle-Calédonie intervient sous l’autorité du
Haut-commissaire de la République, pour l’instruction des dossiers et l’analyse les études réalisées sur les
exploitants de barrages, ainsi que pour le contrôle régulier des ouvrages avec l’assistance du BETCGB.
Mesures de prévention externes :
La maîtrise de l’urbanisation en aval d’un grand barrage permet de limiter la gravité de la rupture de
l’ouvrage en réduisant l’exposition des personnes et des biens. Il convient en effet d’éviter l’installation
d’hôpitaux, de centres d’hébergement médicalisés, d’écoles, ...., dans les zones touchées par l’onde de
submersion. Il incombe donc à l’autorité en charge du contrôle des barrages d’informer les maires des
communes concernées par ces risques pour que ces derniers puissent prendre en compte ces éléments dans
les documents d’urbanisme (Plan d’Urbanisme Directeur par exemple), mais aussi dans d’autres décisions
qui relèvent de leur responsabilité telles que les permis de construire.
Par ailleurs, pour protéger au mieux les personnes, les maires concernés doivent porter une attention
particulière et continue pour réglementer et contrôler l’accès aux zones en aval du barrage.
Mesures opérationnelles :
L’ordonnance n° 2006-172 du 15 février 2006 portant actualisation et adaptation du droit applicable en
matière de sécurité civile en Nouvelle-Calédonie prévoit que le plan ORSEC comprend des dispositions
propres à certains risques particuliers, notamment liés à l’existence ou au fonctionnement d’installations ou
d’ouvrages déterminés. Ces dispositions sont dénommées plan particulier d’intervention (PPI).
Les ouvrages hydrauliques visés par l’arrêté HC/CAB/DSC n° 14 du 27 février 2012, relatif aux dispositions
ORSEC PPI concernant certains ouvrages ou installations fixes, doivent faire l’objet d’un plan particulier
d’intervention. L’arrêté précise également que peuvent faire l’objet d’une disposition ORSEC PPI tout autre
installation ou ouvrage fixe susceptible de porter atteinte à la vie ou à l’intégrité des personnes, des biens ou
de l’environnement, selon l’appréciation des risques et sur décision du Haut-commissaire de la République
en Nouvelle-Calédonie.
Les barrages de Yaté et de Dumbéa font l’objet d’un plan ORSEC PPI « aménagements hydrauliques »
approuvé par l’arrêté HC/CAB/DSC/n° 15 du 27 février 2012. Un plan ORSEC PPI sera ultérieurement
réalisé pour le barrage de l’aire des résidus de la société VALE Nouvelle-Calédonie.
Dans un objectif de gestion des conséquences d’un accident majeur, les dispositions PPI
contiennent notamment :
- une description des scenarii d’accident et des effets associés pris en compte par le plan ;
- les mesures d’information et de protection au profit des populations et les schémas d’évacuation ;
- les mesures d’alerte et les premières mesures à prendre à l’égard des populations et des infrastructures
voisines ;
- les missions des services et collectivités locales et les modalités de concours d’organismes privés appelés à
intervenir ;
- les dispositions post accidentelles relative à la remise en état et au nettoyage de l’environnement.
L’efficacité de la mise en œuvre du PPI tient à sa mise à jour et à son amélioration continue. Pour maintenir
le meilleur niveau opérationnel possible, notamment dans la chaîne d’alerte, des exercices sont réalisés à une
fréquence maximale de cinq ans.
4.- Comportements à adopter
L’information des populations :
Dans les communes concernées par un ouvrage faisant l'objet d'un plan ORSEC PPI, une campagne
d'information « PPI » doit être réalisée par l’exploitant au moyen de documents composés au minimum de
brochures, d’affiches et de panneaux. Son objectif est de faire connaître les risques et les consignes de
sécurité spécifiques.
L’alerte :
Pour les barrages dotés d'un Plan Particulier d'Intervention (PPI), celui-ci prévoit plusieurs niveaux d'alerte
en fonction de l'évolution de l'événement :
- Le premier stade est l'état de vigilance renforcée pendant lequel l'exploitant doit exercer une surveillance
permanente de l'ouvrage et rester en liaison avec les autorités. Il peut être activé en cas de situation
inhabituelle, de constats anormaux ou d’évènement météorologique dangereux.
- Le niveau supérieur, stade n°2, est atteint si des préoccupations sérieuses subsistent (cote de la retenue
élevée, faits anormaux compromettants, ....). L'exploitant alerte alors les autorités désignées par le plan et les
tient informées de l'évolution de la situation, afin que celles-ci soient en mesure d'organiser si nécessaire le
déclenchement du plan (déclenchement effectué par le Haut-commissaire).
- Lorsque le danger devient imminent (l’exploitant n’a plus le contrôle de l’ouvrage ou la cote de danger de
la retenue est atteinte), on passe au stade d'alerte n°3. L'évacuation est immédiate. En plus de l'alerte aux
autorités, l'exploitant alerte directement les populations situées dans la « zone de proximité immédiate » et
prend lui-même les mesures de sauvegarde prévues aux abords de l'ouvrage, sous le contrôle de l'autorité de
police. L'alerte aux populations s'effectue par des sirènes mises en place par l'exploitant. Plus à l'aval du
barrage, il appartient aux autorités locales de définir et de mettre en œuvre les moyens d'alerte et les mesures
à prendre pour assurer la sauvegarde des populations.
Le signal sonore d’alerte comporte un cycle d'une durée minimum de deux minutes, composé d'émissions
sonores de deux secondes séparées par un intervalle de trois secondes.
Signal d'alerte spécifique aux ouvrages hydrauliques
Ce signal peut être écouté sur le site internet du ministère de l’intérieur français à l’adresse suivante :
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_l_interieur/defense_et_securite_civiles/gestion-risques/systemes-
alerte
- Enfin, pour marquer la fin de l'alerte, par exemple si les paramètres redeviennent normaux, un signal sonore
continu de trente secondes est émis.
A noter que les sirènes sont testées une fois par trimestre les premiers mercredis des mois de mars, juin,
septembre et décembre, à 12 h 15.
Par ailleurs, les sirènes sont également utilisées en dehors des situations de danger pour l’ouvrage afin de
prévenir les éventuelles personnes présentes dans le cours d’eau en aval de l’imminence d’un déversement,
soit pour baisser le niveau de la retenue en prévision de l’arrivée d’une crue, soit pour maintenir la retenue à
sa cote normale d’exploitation, soit pour la vidange de la retenue, soit pour procéder à des essais de
manœuvre des vannes et évacuateurs de crue.
Actions collectives :
Le plan ORSEC PPI « aménagements hydrauliques » précise les mesures destinées à donner l'alerte aux
autorités et aux populations, l'organisation des secours et la mise en place de plans d'évacuation. Ce plan
s'appuie sur la carte du risque et sur des dispositifs techniques de surveillance et d'alerte.
Au niveau communal, c'est le maire, détenteur des pouvoirs de police, qui a la charge d'assurer la sécurité de
la population dans les conditions fixées par l’ordonnance n° 2006-172 du 15 février 2006 concernant le droit
de la sécurité civile en Nouvelle-Calédonie. Il doit à ce titre élaborer un Plan Communal de Sauvegarde
(PCS). Pour les établissements scolaires soumis à l’aléa rupture de barrage, un Plan Particulier de Mise en
Sécurité (PPMS) destiné à assurer la sécurité des enfants et du personnel doit être réalisé par le vice rectorat
et annexé au PCS. Pour les autres établissements recevant du public, le gestionnaire doit veiller à la sécurité
des personnes en attendant l’arrivée des secours.
Actions individuelles :
L’insuffisance d’information des populations et un comportement non adéquat lors des situations
accidentelles peuvent aggraver les conséquences d’un sinistre majeur. Des consignes et des réflexes simples
de sécurité peuvent sauver des vies.
AVANT
- s’informer des risques encourus, des consignes de sécurité et des bons réflexes à mettre en œuvre, en
prenant connaissance de la plaquette d’information émise par l’exploitant sous le contrôle des services de
sécurité civile
- apprendre à reconnaître le signal d’alerte
- connaître le dispositif spécifique d’alerte dans la zone de proximité immédiate
- identifier les points hauts sur lesquels se réfugier et les itinéraires d’évacuation cités dans les plans de
secours
PENDANT (dès le signal d’alerte)
- gagner immédiatement les points hauts les plus proches cités dans les plans de secours ou à défaut les
étages supérieurs d’un immeuble élevé et solide
- ne pas prendre l’ascenseur
- ne pas revenir sur ses pas
- écouter la radio et suivre les instructions
- ne pas chercher à rejoindre ses proches (ils se sont eux aussi protégés)
- attendre les consignes des autorités ou le signal de fin d’alerte pour quitter son lieu de refuge
APRES (dès la fin de l’alerte)
- ne pas se diriger vers le barrage par simple curiosité
- ne rétablir l'électricité que sur une installation sèche.