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EUROPE-MAGAZINE
Revue mensuelle
dite par le CDEP.
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‘Nous sommes un des rares organes de presse
Ane ps tecepe impor que bite
PAR RESPEI
POUR NOS LECTEURS
PAR RESPECT
POUR NOS IDES
Vous pouves dts lors faire confance & moe
EDITORIAL.
L'armée et le putsch
On Je constatera, a la lecture de notre
dossier, lors de notre enquéte sur l'état
actuel de I'armée belge, nous avons pu
ous rendre compte qu'elle avait un
point commun avec les armées sud-
américaines: une grosse (8te pour un
petit corps mais ce n'est pour autant,
Tassurez-vous, qu’elle soit préte & un
utsch militaire, Elle est trop «respec
tueuse» pour cela, fonctionnarisée,
bureaucratisée, carriérisée. Depuis la
scandaleuse éviction du général Close,
la rogne et la grogne se font certes
entendre a certains niveaux militaires.
La lettre de protestation des quinze
généraux en retraite n'en a fourni
Qu’une illustration.
En fait, cette rogne et cette grogne ne
sont pas nouvelles; le mal existe depuis
longtemps et aucun ministre de la
Défense ne peut en etre rendu person-
nellement responsable. {1 a di appli-
quer, si possible en limitant les dégats,
Je plan gouvernemental, lequel reflétait
un systéme. Or ce systéme est, aut sein
des démocraties libérales, celui dont
parle Louis Pauwels dans son inter-
view du présent numéro. Il ne s’accom-
mode que du mensonge permanent du
discours public: parce qu’il ne faut pas
alarmer I'opinion, parce qu'il faut que
fe consommateur continue & consom-
mer, parce qu’il faut que I’électeur
continue a électer et le contribuable &
contribuer. Tout cela serait bel et bien
si, sur la plangte, tout le monde prati-
4quait cette méme politique mercantile
et insouciante, Effectivement, jusqu’auy
début des années 70, soyons honntes,
‘mea culpa, chacun trouvait plutot
agréables ces sortes de grandes vacan-
ces a l"échelle occidentale.
Mais il se fait qu’autour de "immense
super-marché qu’est devenus I’Occi-
dent, de méchants voyous rédent
dans intention de dépouiller les
clients qui sortent et, organisés en ban-
des redoutables, ils’ envisagent méme
de pénétrer en force parmi les rayons
afin de tout rafler, Nous nous aperce-
vons alors avec inquiétude, qu'aux
Portes, nous ne pouvons compter que
sur des vigiles mal armés et pauvre
‘ment entrainés, Aujourd’hui, soudai
nement, le coup de Kaboul,
chacun y va de son couplet sur I'effa:
ante disproportion des forces entre
VO.T.A.N. et le Pacte de Varsovie.
Pour nous. ce n’est nas une découverte,
‘nous tirons la sonnette d’alarme depuis
des années (alors qu'il était encore
temps) mais, ce faisant, nous passions
our des géneurs, des emmerdeurs, pis:
des anticommunistes primaires.
Quoi qu'il en soit, on se rend compte
tout d’un coup qu'une armée sérieuse,
8 pourrait tout de méme servir.
‘Nous ne publions pas notre dossier sur
Métat de nos forces armées pour al
‘mer l'opinion mais parce qu'il est dér
soite de se cacher la tate dans les bras;
‘nous n’avons joué que trop longtemps,
en Occident, & ce puéril Jeu de I'auteus
cche. Les grandes vacances sont fini:
hélas; il n'y a pas que la crise économi
Que pour ie rappeler. D'une part, les
barbares (n’a-t-on pas le droit de quali-
flier de ce mot ceux qui font du goulag
lun moyen de gouvernement?) sont &
‘OS portes et, d’autre part, leurs agents
travaillent activement & saper, & linté-
leur de nos pays, toute résistance,
aussi bien morale que sociale,
Le document que nous publions dans
notre dossier est accablant. Edité par
«Le Soir» fin 1939, début 1940, il
Prouve que, face 4!'U.R.S.S., nos
gouvernants ont trés exactement com.
iis les mémes erreurs que leurs prédé
‘cesseurs, quarante années plus tot,
face 4 I'Allemagne. C'est tout de
méme assez chénaurmen, comme
dirait Flaubert, Doit-on en conclure
que ces dirigeants de l'Occident sont,
Par une sorte de fatalité, complétement
idiots? Suzanne Labin répond a cette
uestion dans le présent numéro: non,
ils trahissent. Mais pas sciemment, pas
ar intention méchante, tout av plus,
par lcheté morale mais sans cette
Hacheté, ils n’occuperaient pas le pou-
voir; ils sont dés lors victimes d’un
systéme dont ils font partie intégrante
et qui doit ¢mousser toute vérité pour
la rendre légire a tous les estomacs car,
en occurrence, tout se joue toujours
au nivean du ventre et jamais de ja
tte, méme et peut-Btre surtout chez
‘ceux qui font profession d'intelligent-
sia.
Cela dit, revenons au putsch, c'est-a-
dire @ la prise du pouvoir'par des
‘moyens non-démocratiques. Il se porte
bien, merci. Il a parfaitement réussi.
C'est la junte des syndicats politiques
qui est au pouvoi
EL.LETTRE.
Le général Close,
ministre de la défense
Bien-aimé directeur,
Qui_done écrivit quelque chose
comme : «mars en secret prépare le
rintemps» ? Si le mot est Vrai, il me
éjouit vraiment car un doux zéphye
vient de m'apporter, comme les vents
favorables d’ane révérende consoeur,
deux nouvelles qui réjouiront nos
coeurs de bons patriotes mais qui ris
quent aussi de Faire pas mal de bruit
dans le beau royaume de notre doux
sire Baudouin. Pour débuter, il ne
‘agit pas moins d’un remaniement
ministériel, Le mot me plait: la
baronne m’a appris que, plus on manie
tune pate, plus elle devient bonne. Les
cabinets (ministériels) ne doivent certes
pas échapper & cette réale.
La perspective de ce changement me
Pose pourtant quelques questions et,
vous-qui-savez-tout, éclairerez ma lan-
terme,
Pour devenir général, un officier doit
dtudier beaucoup, passer des examens
que l'on affirme difficiles avant,
enfin, d’&tre jugé par ses (Futurs) pairs.
Son probléme consiste & démontrer
‘manu militari qu'il est apte & com-
mander; cette aptitude potentielle, je la
vols, moi, baron, comme mes. ance-
tres : la capacité de mener des combats
de préférence vietoricux en Faisant tuer
le moins de monde possible de notre
e016 et le plus possible de autre, Je
congois donc sans peine — et vous me
suivrez sur ce terrain de bataille
Qu’un minimum de connaissances soit
imposé au candidat,
Cela étant dit, pourquoi un ministre,
auguel le pays confie le soin de la
défense nationale, ne passerait-il pas
ar toutes ces épreuves ? Je pense,
bien sr, aux épreuves de connaissan”
es générales et, pourquoi pas, de come
mandement pur car enfin, dans nos
démocraties, & tort ou & raison, les
civils commandent aux militaires et
Peuvent meme se permettre de les
démettre s'ils ne se soumettent pas,
surtout quand les militaires ont raison.
Bon, d'accord, bien-aimé directeur, je
he veux pas, par malice, vous faire
attend plus longtemps la grande nou-
velle. Enfin, notre pays va voir la con
Jonetion que je viens d’évoquer : notre
tout prochain ministre de la Défense
sera un militaire, mieux, un général et,
Pour tout vous dire, le général Close
deviendra, dans quelques jours, notre
ministre de la Défense, Ou devrais-je
Gcrire «de la Guerre ? Ce serait peut
tre plus juste car chaque mili
me I'a affirmé, sait que Close comi
Que deviendra M. Desmarets ? Les
textes restent muets mais je me sens
00,
at.
assuré sur son sujet. La politique,
c'est comme le vélo : une fois que lon
@ appris @ se tenir en selle, on y revient
toujours sans difficulté (et je vous prie
de remarquer que je ne me suis sendu
coupable d’aucune allusion plus ou
‘moins intelligente au moyen de propul-
sion des vélocipédes).
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