0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
268 vues32 pages

Success ©

Ci-après un extrait de mon roman & scénario de métrage : "Success©", la version écrite sortira en librairie en 2011 ensuite le film...

Transféré par

jeanwarnet
Copyright
© Attribution Non-Commercial (BY-NC)
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
268 vues32 pages

Success ©

Ci-après un extrait de mon roman & scénario de métrage : "Success©", la version écrite sortira en librairie en 2011 ensuite le film...

Transféré par

jeanwarnet
Copyright
© Attribution Non-Commercial (BY-NC)
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

F inalement un grand-oncle notaire, un grand-père

notaire, une mère institutrice & directrice d'école, un père


PDG de plusieurs sociétés, une épouse agrégée, un fils de
15 ans, un mètre quatre-vingt-deux, des yeux bleus, moi-
même intellectuel de gauche. Des maîtresses.
C'est ainsi que se forme l'esprit, en plus de la mythologie
familiale.
Un ami il y a plus de vingt ans, un autre plus ancien,
d'autres moins recommandables : pharmaciens, ingénieurs
STACA, avocats, médecins.
Des amis.
Ceux du bonheur qui passe, comme les oiseaux là haut.
L'ambiance d'un soir.
Une maîtresse, des maîtresses.
L'ambiance du matin où dès huit heures : Comment ai-je
fait pour en être déjà là ? Aussi bien, aussi haut ? Vivre
toutes ces choses, penser tout cela ? Voir ce monde avec
harmonie ?
L'équation de la vie est simple : l'intensité du bonheur
multipliée par le temps doit être supérieure à l'intensité du
malheur multiplié par le temps.
L'avenir ? Simple. L'éternité.
Donnez au CECOS fut un bon début, certes des opérations
allaient être menées face à ma descendance, mais la
société Française dans son esprit impartial avait bien prévu
les choses.
L'homme devait être marié, père, la femme d'accord.
Ce qui me choquait dans un premier temps était cette
apparence sexiste.
Ce monde régi de plus en plus par les musulmans, les
traders voire les féministes suceuses de Sarkozy,
exigeaient de ma belle & tendre épouse son accord.
Au fond c'était une femelle, moi un mâle, pourquoi lui
demander un tel accord ?
Les musulmans, pseudo gouines, PD en mal de papa conjugué
au déficit politique commençaient à prendre un pouvoir
inquiétant sur la société.
Certes elle était mienne aussi, mais j'avais un rapport avec
celle-ci assez distant, comme le policier qui pilotait son
hélicoptère au dessus de ma zone d'habitation.
Si j'étais responsable du déclin de l'emprise musulmane ?
Bien sûr la vérité était qu'Aziz passait sur « Fait divers »
émission de France 2 en CRS bedonnant avec mitraillette,
Yasmina commissaire mariée à son alter ego Français
parfait i.e. comme moi : beau, grand, fort & intelligent.
Mais il y avait les autres aussi, je savais qui ils étaient.
Même si au fond, définitivement je n'étais pas
réactionnaire, juste embêté par ce que font certains là bas
à Jérusalem qu'ils soient Chrétiens et surtout Musulmans
ou Juifs.
Un jour je me suis posé la question, raciste ou pas ? Il me
fut facile d'y répondre : non.
Idem pour les gros, les handicapés. Devenir gnangnan pour
autant ? Non, lucide. Rien n'est pire qu'un musulman obèse
crétin prosélyte, un juif autiste ultra ou un conducteur de
bus à la Émile Louis. La vie ce n'est pas : « Martine fait une
tarte ».
C'était d'ailleurs pour cela que le docteur Sogesse,
gynécologue, avait demandé à ma « Ve » (diminutif d'Ève)
que je fasse don de mon sperme, parce que j'étais en plus
d'être génial, un peu antimusulman et lui juif ! (comme quoi,
la lecture des autres...) ou alors c'était purement médical ?
Femme inquiète, pensant à son horloge interne, « elle ne
pouvait » être mère, tout fut pratiqué, la stimulation, les
doigtés auscultant devant mes yeux satisfaits, son
entrejambe toujours aussi désirable (et son anus aussi),
rien n'y faisait, c'était impossible, Ève pouvait avoir des
enfants.
Alors, peut-être était-ce ma virilité ? « Venez voir ! Il y en
a plein ! » Criait le Dr Sogesse, bien sûr, c'était vrai, mais
en bon gynécologue il savait très bien comment
fonctionnent les femmes, en l'occurrence un gros machin
émotionnel. Que faire lorsqu'on touche à leur acmé, leur
féminité et son expression la plus intime; la maternité ?
Jouer sur la corde sensible évidemment.
Son « Ô, venez voir il y en a plein ! » En parlant de mes
spermatozoïdes exhibés sous son microscope était à mon
avis un peu gros, il m'était mauvais acteur, mais sur Ève,
l'effet fut immédiat, un sourire radieux emplissait son
visage de bonheur, je n'étais pas stérile, mieux que ça, je
confirmais, en plus d'être un bon coup, le fait d'être viril,
très viril, fertile, très fertile, terriblement fertile. De quoi
l'ensemencer, la couvrir de sperme pour mille ans, l'emplir
de sperme, doux, si bon, si doux, l'engrosser une fois, deux
fois, cinq fois, mille fois, dix mille fois : « jouis en moi »
pensait-elle en faisant l'amour, elle voyait des ventres, le
sien, des bulles, des sourires, le sien, son sourire, le mien
aussi et mes sourcils, cela faisait comme des ballons de
bonheur, splash, splash, hum, c'était bon, rose aussi (ou
bleu), à ce moment j'éjaculais en elle, long, profond, mon
sperme allait puissamment jusqu'au fond de ses parois
accueillantes ouvertes au maximum, « oui, arrose moi,
arrose moi, comme une fleur séchées dans le désert qui
boit goulûment l'orage divin, couvre moi de fleurs, fais moi
des ventres ronds, tu m'aimes ? Tu veux m'épouser ? Fais
moi des bébés, Ô j'ai un bébé ! Qu'est-ce qu'il est beau
mon bébé ! » Et autres (conneries) rêveries, voilà, ce qu'il y
avait dans son esprit : « splash, Ô, encore une bulle de
bonheur ! » Comme quoi, les femmes au fond, c'est
attendrissant.
J'aimais l'aimer. J'aime encore l'aimer. J'aime aimer les
femmes, pas toutes, Ô non, comment pouvais-je faire
l'amour avec autant de longueur, aller et venir ainsi ? Une
minutes, deux, ou trente, c'était selon, en fonction de son
envie de la mienne, qui forcément étaient raccords.
J'étais et suis l'étalon parfait.
L'étalon parfait... pourtant avec Kiki, ce fut une autre
affaire.
Je connais un type à la salle de sport, Laurent : Lolo.
Kiki, c'est un diminutif d'entraîneuse vulgaire, comme le
personnage que c'était fait Coluche lors de son mariage
avec Thierry le Luron en septembre 1985, il existe un
excellent article dans Paris Match à ce sujet. C'est
marrant quand on n'aime pas ou plus quelqu'un, comme son
diminutif devient ringard, Kiki, Lolo !
Kiki, elle, je l'ai limée comme un Dieu la première nuit, un
doigt, deux doigts ... je me souviens avoir pensé à la célèbre
histoire drôle : « un deux trois doigts, la main, les deux
mains et à la fin le mec applaudit... »
Non, je m'étais appliqué, mes vingt ans, ma fougue et mon
talent avaient fait ce qu'il fallait.
Son truc à elle, c'était Gainsbourg, l'opium, Charles Trenet,
le côté classieux, une attitude à la « tu ne peux pas
comprendre, ici c'est moi la plus belle, la plus originale, je
suis celle qui est mieux que tout le monde, que toutes, qui
fait toujours mille fois mieux » Neil Armstrong sur la
Lune ! Ce n'était rien à côté d'elle.
« Chla-chla » aimait-elle à dire pour ponctuer ses saillies
verbales qu’elle croyait de génie. Je ne sais pas ce qui
m'avait attiré chez elle ou alors si ! Son féminisme. Mon
père collectionnait les femmes, autrement appelées
maîtresses, moi-même en faisait autant. Kiki, elle, faisait
idem en version féminine, classieux non ? Elle collectionnait
les hommes, les hommes trophées, les hommes
remarquables, les hommes d'exceptions, forcément, dès
qu'elle me vit, elle me voulut, et ça m'a plu. Je trouvais cela
drôle, moi qui avais collectionné les conquêtes d'être avec
une femme qui collectionnait les conquêtes. Une femme qui
disait non à la main mise de l'homme sur la femme, c'était
elle qui menait la danse. Les hommes, elle les prenait, les
aimait ou pas, les faisait souffrir, les jetait. Elle n'avait
pas de bichon Maltais, ça non, mais bien mieux (pire, si il
faut être honnête in fine), elle avait William avec son
prénom de prince. C'était un pauvre type dont le
personnage était un mélange ersatz de Serges Gainsbourg
et de Boris Vian, un artiste à la « tu ne peux pas
comprendre » aussi. « Un génie, je suis un génie » aimait-il
à dire après trois Cognacs et/ou une pipe d'opium.
Ce monde de farfelus me plaisait bien, j'avais vingt ans et
ce n'est pas moi qui allais passer dans leur collection, mais
eux qui allaient passer dans la mienne.
William était fou d'elle, gras, gros, sale, dégueulasse
(même si je n'aime pas ce mot vulgaire, c'est bien celui qui
était le plus adéquat pour lui).
Amoureux fou, il souffrait comme un chien (voire un bichon
Maltais) il rageait de désespoir à chaque fois qu'elle
ramenait une conquête chez elle. Elle m'avait ramené chez
elle... elle était propriétaire, sa maison était classe, il y
avait pas mal de fric la dedans. L'héritage de son père.
Décidément c'était parfait, les personnages, Kiki, William,
leurs kyrielles d'amis amateurs et joueurs de jazz comme
de Cognac, une éternelle pièce de théâtre qu'ils aimaient
jouer, et moi aussi d'ailleurs dans le tout nouveau premier
rôle.
« Pas de paternel » comme ils aimaient à parler, son envie
d'être notaire, son cul, ses lèvres roses, ses petits seins
divins, ses yeux bleus, sa moue si femme, si pute, si belle,
j'adorais.
Pas de problème de fric, juste du cul, de l'amour, des
livres, des plantes, du post-bac (ou pas…) à tout va, du kir,
du Gin, de l'opium, des potes qui, pour certains me
plaisaient bien.
C'était le paradis.
Le contrat était simple, jouer le grand jeu du cinéma de
l'amour. En fait ce n'était pas la peine puisqu'elle aimait
tomber amoureuse, elle l'était : folle de moi, de mon corps,
de mon génie, de mon talent supérieur à celui de
Gainsbourg, moi aussi, je l'aimais mais seulement bien,
comme n'importe quelle autre gonzesse. William, lui était
jaloux, moi j'étais le roi, plutôt l'empereur en fait,
couchant seul avec elle.
Pourtant à l'origine le contrat était simple, sauf qu'elle
avait le droit de coucher avec lui et sa saleté.
Le contrat était simple, sauf qu'elle avait le droit de
coucher avec n'importe qui.
C'était les années où le SIDA apparaissait. Mes réflexes
d'étudiant en pharmacie, mon machisme, ma classe
naturelle, me firent refuser l'inadmissible.
C'était impossible, elle avait vingt huit ans, adorait aimer,
faire l'amour, elle comptait bien continuer ainsi à coucher
avec qui bon lui semblait. Mes positions de petit macho
imbu de sa petite virilité pouvaient repasser.
Pourtant elle accepta.
Nous vécûmes trois mois d'un amour fou, l'un sur l'autre,
nous faisions l'amour, nous alimentions avec du hachis
Parmentier lyophilisé Knorr©. Elle mettait du Gainsbourg
du matin au soir & du soir au matin. William, ses amis
joueurs de jazz passaient le soir, apportaient les
ravitaillements, un cuisinait des plats Italiens, c'était
délicieux, nous buvions du vin. Parfois elle fumait une pipe
d'opium, à chaque fois alors, elle me faisait des pipes
toutes la nuit.
Toute la nuit sa bouche, ma bite & moi jouions le grand jeu
de l'amour physique et cérébral (dixit Gainsbourg).
Elle répondait à sa mère au téléphone, riante, souriante,
heureuse, amoureuse, sa mère parlait, Kiki, tenait le
téléphone d'une main, le combiné rose posé entre ses seins,
les faisaient remonter de façon terriblement bandante. De
l'autre main elle me caressait les couilles, « … oui maman,
mais tu sais le plombier passera demain… »
Décidément cette fille était géniale, nous aimions faire
l'amour dans la salle de bains et elle faisait installer une
chaudière neuve ultramoderne, la plus chère, la plus classe,
« chla chla ! » Sa mère reprenait la parole, elle me souriait,
avec sa bouche à pipe, ses dents terriblement blanche, ses
joues pouponnes, elle me prenait goulûment dans sa bouche.
C'est le lendemain que je pris la décision de sortir de quoi
faire les courses et dignement à manger. J'étais nu, nous
venions de faire l'amour, ses positions de chatte poseuse
m'excitaient terriblement, elle posait divinement comme
ça, ou comme ça, « chla chla ». Cela faisait trois semaines
que je n'avais pas mis le nez en dehors de sa propriété,
certes il y avait un jardin assez grand, où nous baisions,
mais il fallait que je sorte. Elle s'est mise à mes pieds, me
suppliant de ne pas la quitter, qu'elle mourrait si nous
étions séparés. Oui, c'est vrai cela m'attendrissait, mais il
fallait être dur, macho, alors je lui ai dit que j'allais juste
acheter du parmesan, des pâtes, du basilic, de la coriandre,
des herbes, de l'opium mais non, je déconne, de quoi bien
vivre, elle s'est mise à pleurer, m'avouant que j'étais
l'homme de sa vie, qu'importe, je devais y aller, si je
prends une décision, je dois la tenir, n'est-ce pas comme
cela qu'on dresse les chiens et élève les enfants ? C'est
une question d'autorité, d'honnêteté intellectuelle, de
principe même !
La meilleure façon de marcher c'est de mettre un pied
devant l'autre, sauf que là, esclave soumise et suppliante,
elle se tenait de toutes ses forces à ma jambe. Comme un
bras de fer, je devais lui montrer en plus de ma supériorité
intellectuelle, ma supériorité physique, après tout, n'est-ce
pas comme cela que se traduisent les rapports entre les
hommes et les femmes ?
C'est ce que je fis, en revenant quelques heures plus tard
avec de la sauge, une râpe à fromage la plus chère, et la
liste énumérée ci-dessus.
Le soir même elle m'annonçait qu'elle partait au Maroc, que
là bas c'était merveilleux, parfois elle disait : "« je » à la
place de « nous », j'étais heureux : « oui la sauter dans le
dessert, heu dans le désert » ça je ne l'avais jamais fait,
et en plus elle allait payer.
Génial !
William et moi sommes partis l'accompagner, encore un jeu
de rôle, pourquoi pas ? Je savais très bien que c'était
encore une surprise, de celles qu'elle prenait un malin
plaisir à me faire comme pour entretenir le feu sacré.
Nous étions ensemble seulement depuis trois semaines, pas
la limite des sept ans où les couples irrémédiablement se
déchirent, ne se désirent plus. Mais pourtant elle le faisait,
c'était plus fort qu'elle, ses jeux. C'était drôle, un peu con
parfois, mais drôle, le côté con venait de je ne sais où ?
Peut-être parce que j'étais quelqu'un de méchant ? Parce
que j'avais souffert lors de... et puis non ! Elle était
géniale. C'était drôle, c'est tout et en route pour
l'aventure.
Elle a pris le train seule, quel qu'en soit l'angle, je
commençais à ne pas voir la fin du gag. Il était pourtant
simple, elle était partie sur Paris, puis un ami, en tout bien,
tout honneur, l'avait rejoint, Marc et Kiki allaient passer
deux mois au Maroc. Elle m'aimait, j'avais la maison pour
moi, William pouvait passer (ou mes amis), j'étais le chef,
d'ailleurs j'avais les clefs, sa seconde carte bleue son code.
William squattait avec tout ses amis, plein, de nouveaux
aussi, c'était la fête tous les soirs à la maison, je picolais
pas mal et m'amusais bien. William devenait de plus en plus
familier avec moi, il commençait à me saouler avec ses : «
je suis un génie » une fois fait via les kirs, les pipes et/ou
quelques joints et/ou quelques Lexomil.
Je commençais à comprendre pourquoi il bandait mou :
gros, gras, fumeur, alcoolique, Tranxene & Lexomil...
Ça charriait pas mal, pas de problème, j'étais le mâle
dominant, celui qui sautait Kiki, celui qui avait les clefs.
Parfois ils faisaient des allusions, comme quoi j'étais
comme eux : à ses genoux, que mon numéro avait failli les
bluffer, mais qu'eux aussi avait eu leur heure de gloire et
de bien plus belle manière que moi. Mes vantardises
n’étaient pas mal, pas très crédibles au fond, mais ils
avaient, eux aussi, eu du lourd, du « vrai ».
Au fond j'étais un cocu, et que fait un cocu ? Il lave la
vaisselle comme un con avec le mec qui baise sa femme.
Qu'est-ce que j'étais en train de faire ? La vaisselle avec
William, son frère avait vomi hier, « grosse fête, gros
vomi» me glissait Willy en souriant, je ramassais. J'étais
peut-être dans une position de cocu, mais je me devais de
rendre à Kiki une maison plus propre que celle qu'elle
m'avait laissée.
Là, je frottais la septième assiette. Quand j'étais avec Kiki
au pire il y avait deux assiettes puisque souvent nous la
partagions.
C'était souvent elle qui faisait la vaisselle, n'est-ce pas
ainsi que l'on doit se comporter avec une femme, n'est-ce
pas ainsi que l'on dresse les chiens etc. ?
Étant un intellectuel de gauche, je m'abaissais pourtant
sans le montrer à faire la dite vaisselle avec elle.
D'ailleurs j'étais meilleur qu'elle là aussi, et finalement
c'était moi qui faisait tout le ménage.
C'était parfait, nul n'aurait pu faire mieux, n'étais-je pas
là le meilleur, celui qui est supérieur y compris à Kiki, la
femme la plus exceptionnelle de l'histoire de l'humanité ?
Ou alors j'étais un peu con ? Non, ça c'était impossible.
Je commençais ma huitième assiette, William venait de
m'envoyer une sacrée vanne, son frère était plié de rire.
J'ai compris qu'au fond, j'étais un con.
A la neuvième assiette William me l'arrachât des mains
avec son tablier qui seyait si bien son gros ventre de porc :
« mais tu vas me la casser abruti ! Pourquoi tu te venges sur
l'assiette ? Ça te dérange tant que ça de faire la
vaisselle ? Moi j'ai un super tablier, toi t'es cocu, tu fais la
vaisselle, et j'ai un frère qui se marre comme une baleine ».
J'ai foutu mon poing sur la gueule de William, son frère
s'est rué sur moi « touche pas à mon frère » décidément
c'était une famille de taré, « bande de prolos, vous vous
prenez pour des artistes parce que l'un joue de la
trompette, l'autre de la contrebasse ! Aucun de vous n'a le
bac, vos conversations tournent toujours autour des, voire
du même sujet, pi vous êtes des rats, sales, dégueulasses,
votre phrasé n'est qu'un minable ersatz d'Audiard, dans le
fond vous êtes creux ».
Et vlan, je balançais une mandale au frangin. « Pas si creux
que cela » pensais-je « plutôt en volume physiquement les
pépères gloutons aux dents pourries ».
Ils sont partis, me promettant de revenir et « tu va voir !
» La mélodie des prolos quoi, je m'en foutais.
Kiki est rentrée, il ne s'était rien passé avec Marc. C'est
vrai au fond, je suis un prétentieux, quelqu'un de méchant,
qui ne sait pas faire confiance, vindicatif même.
Elle m'a montré ses photos, c'était vraiment beau et
effectivement génial, je commençais à comprendre
pourquoi elle me disait qu'elle n'avait jamais été aussi
heureuse que ces deux derniers mois. Il y avait pourtant
les trois semaines auparavant avec moi, mais je comprenais,
comme je pouvais être égoïste ! Moi, toujours moi, et
pourquoi son bonheur ne compterait-il pas ?
Elle était heureuse ces deux derniers mois parce que les
trois semaines auparavant, elle l'était aussi, ses deux
derniers sans moi, femme libre là bas faisaient suite, tout
simplement.
Je pris la septième photo, on la voyait faire un French kiss
avec Marc, elle baissait légèrement les yeux soumise, prise
sur le fait, un petit sourire en coin. La huitième photo
n'était pas mal, cette fois ci ils étaient nus, Marc avait un
sexe magnifique qu'elle tenait dans sa main.
C'était deux militaires français de passage, en permission
qui avaient pris les photos. « Après nous avons fait l'amour
tous les quatre ».
Kiki se levait, elle mit un disque de... Gainsbourg :
« Un soir qu'à l'improviste chtac
Je frappe à ma porte toc-toc,
Sans réponse je pousse le loqu
Et j'écoute gémir le hamac,
Grincer les ressorts du paddock,
J'avance dans le black out,
Et mon Kodak,
Impressionne sur les plaques sensibles de mon cerveau
Une vision de claque,
Je sens mon rythme cardiaque qui passe brusquement à
mac
Deux tic-tac, tic-tac, tic-tac, tic-tac,
Comme sous un électrochoc
Elle était entre deux macaques,
Du genre festival à Woodstock,
Et semblait une guitare rock à deux jacks,
L'un à son trou d'obus, l'autre a son trou de balle, crack,
Hey Doc, qui moi ? Paranoïaque ?
Demandez donc un peu au vioque qui est portier de nuit,
Au Roxy Hôtel si je débloque,
C'est là à jamais sur le bloc note de ma mémoire,
Black sur White, et quoi que je fasse,
Ça me reviendra en flash back, bordel,
Jusqu'à ce que j'en claque ».

Kiki me souriait, j'adorais cette fille, elle était géniale, elle


baisait au Maroc avec un type pendant que je faisais sa
vaisselle, nettoyais l'argenterie et ses rideaux, pendant
que je nettoyais le vomi du frère de ce génie de William
elle me foutait cette chanson à propos !
Elle était géniale, moi un con.
Elle m'expliquait comment le plus petit des militaires la fit
jouir par le cul : « c'était incroyable, il avait une queue
énorme, peut-être plus grosse que la tienne, je crois, Ô
tien montre la moi que je compare » elle me la sorti : « non
mieux » (elle devait parler de la mienne…) approchait sa
bouche de mon gland, à peine avait-elle posé ses lèvres sur
celui-ci que j'éjaculais.
Qu'est-ce qu'elle était belle avec mon foutre sur la gueule,
elle souriait, se léchait les babines, de l'index récupérait
ma semence sur ses divins cheveux blonds vénitiens.
Elle me souriait. Comme elle était belle ! « Tu es décevant
Adam parfois ». J'étais fou amoureux d'elle, elle
m'excitait encore plus que ces trois premiers mois. Moi
aussi j'étais encore plus heureux aujourd'hui. Je l'aimais.
Je me suis mis à chanter : « je l'aime à mourir » en
remplaçant le « L » apostrophe par un « T », «... je T'aime à
mourir... ».
« Tu chantes mal Adam, faux et en plus tu as des goûts de
chiottes », me dit-elle.
Pauvre petite chérie, adorable nymphe, Kiki mon amour, toi
qui est la plus belle femme du monde, ma reine, je suis ton
esclave. J'ai alors fait la vaisselle, tout briqué, fier de moi,
je suis monté dans notre couche nuptiale, là haut dans les
étoiles, avec ma princesse : « j’ai tout nettoyé » dis-je un
peu crânement.
« Qu'est-ce que j'en ai à foutre ! » Me répondit-elle.
Elle avait raison, elle était crevée, rentrait de voyage, et
moi je crânais avec mon petit ménage de bonniche.
Demain ou tout à l'heure nous ferions l'amour, seul cela
importait.
Je me suis réveillé, elle était déjà levée, installant près de
la porte un matelas.
La maison de Kiki était géniale, parfaite, près de cette
porte à double battants, à la cow-boy il y avait un léger
courant d'air, l'été c'était divin. Une fois il y eut beaucoup
de vent, elle était nue, elle exhibait sa petite chatte blonde
vénitienne sous mes yeux, elle riait en voyant ses petits
poils remuer au vent, « ça t'excites ? J'ai envie que tu me
baises là, avec les volets ouverts, il est midi, peut-être que
quelqu'un va arriver, baise moi fort », je l'ai baisée fort,
très fort, elle avait crié comme jamais.
Le matelas était près de la porte et c'était bientôt l'hiver,
les courants d'air allaient être des plus froids. La grippe,
mes études en pharmacie, tout ça..., je repensais à cette
scène où le vent passait au niveau de sa chatte, je bandais,
« tu te souviens ? »
« Ce que tu peut-être gnangnan avec ton romantisme à deux
balles, tu veux baiser, j'en ai pas envie, mais vas-y baise-
moi » elle baissait sa culotte, se penchait, « vas-y comme
ça au moins je vais pouvoir voir tes jolies couilles s'agiter »
mon sexe était plus dur que du titane, plus pointé vers le
soleil que de sa lune, je sentais même le sang battre dans
mon gland, j'approchais ma queue de son trou du cul... à
peine touché, j'éjaculais.
« Décidément tu es un phénomène de foire toi ».
Ce qu'elle pouvait être belle !
Le soir même je couchais par terre sur le matelas près du
courant d'air, il faisait froid, « arrête de te plaindre ou je
te renvoie chez ta mère ! » Ensuite je ne sais plus, je crois
qu'elle baisait avec William.
Ils me demandaient de mettre du Gainsbourg « et fait
attention à ne pas rayer les disques, toi le spécialiste de la
musique, c'est quoi au fait Devo, Iggy Pop, les Stones, le
V.U, The Flying Lizards ? Ha ! Ha ! Tes goûts de chiottes ! »
C'est vrai au fond je me la pétais avec mes références de
beauf classique du Rock, ma guitare, mes Rock & folk, mes
Best, mes Fluides Glacial, mes Écho des Savanes, mes
Actuels, mes bouquins de Leibniz ou de Baudelaire.
« Nous on lit Paris Match et on écoute du Gainsbourg, chla-
chla, ça c'est la classe, bouseux va ! » Ils n'avaient pas
tort, je n'étais qu'un petit trou du cul sans expérience qui
voulait paraître avec des références de plouc archi-
classiques, si je n'appréciais pas assez Paris Match, c'est
qu'au fond je n'étais qu'un petit être superficiel n'y
connaissant rien à l'actualité, encore moins celle des
grands de ce monde, d'ailleurs contrairement à eux je ne
connaissais même pas par cœur les papiers sur Gainsbourg
de ce prestigieux journal pour érudits !
Je crois que c'est à ce moment que William se mit à
m'appeler « l’étron », bien sûr je savais ce que cela voulait
dire, ce qui n'est pas très sympathique, « oui mais l'autre
sens » me disaient-ils en cœur, « hé l'étron, tu ne connais
pas l'autre sens d'étron ? » Effectivement ils avaient
raison, je ne connaissais pas, autant l'avouer au moins à mon
intimité, à ma petite voix intérieure, l'autre sens du mot
étron.
« Comme quoi on a bien raison de t'appeler l'étron ! »
Décidément ils étaient bien plus intelligents que moi, et si
drôles, si cultivés ! J'étais là à frimer avec mon torse
musclé, mes abdominaux en forme de tablette de chocolat,
oui ils avaient raison, « c’est con les sportifs » et c'est vrai
que je ressemblais à « un surfeur » avec mes dents
blanches, mon bronzage, William avait du ventre, c'était un
homme, un vrai lui, moi un petit frimeur, pas tout le temps
« surfeur » certes, mais « un pingouin » aussi avec mes
costumes taillés sur mesure payés par « momon ».
« Pingouin, surfeur et étron », ils avaient raison, je me
souviens, j'avais beau chercher dans le dictionnaire, des
super balèzes spécialisés, médicaux de chez mes parents,
rien n'y faisait, je ne trouvais pas l'autre définition
d'étron. C'est fou comme est la vie, des fois on croit
savoir, être riche de ses origines, de ce que l'on a étudié,
de son histoire aux méandres exceptionnels et il y a des
gens comme Kiki & William qui savent l'autre définition du
mot étron !
Alors c'est qui les plus cultivés ? C'est eux. Alors c'est qui
le petit fils de bourgeois qui n'y connaît rien à la vie ?
C'est moi.
J'avais souvent envie de Kiki, ce qui était bien avec elle,
c'est qu'elle était toujours d'accord, elle prenait même
souvent les initiatives sexuelles, j'avais finalement admis
que ma queue n'était pas si grosse que cela, j'imaginais très
bien celle de William et comprenais pourquoi Kiki le (la)
préférait.
Mais je n'arrivais quasiment plus à la sauter, pas par
impuissance, non, mais elle refusait, se débinait, des fois
lors du quatorzième jour après ses règles (comme quoi les
études, ça aide), je tentais suppliant espérant que son petit
cul de salope ne résisterait pas à l'appel du vit. Alors enfin
je pouvais la pénétrer, enfin façon de parler, car à peine
proche d'elle, ou en elle : « je crachais » (elle m'en parlait
ainsi) comme un vulgaire éjaculateur précoce. J'ai toujours
eu beaucoup de mépris pour ce genre de malade, il fallait
bien admettre que j'en étais.
Un jour c'est arrivé, j'ai compris, j'avais besoin de vivre
une expérience, de croiser des personnages « forts », une
femme « exceptionnelle » et j'avais joué à me faire
prendre, ses « chla-chla » étaient la signature de ses
crises de prétention aiguë.
Étron n'avait qu'une seule véritable définition, mon sexe lui
était magique à côté de celui de William, mes dents étaient
blanches ivoire, les siennes pourries, mes T-shirts, mes
Jeans de marques, mes costumes Hugo Boss ou tel autre
taillé sur mesure, ma grand-mère sa harpe ses yeux bleus
magiques, mes ancêtres, toute ma vie était classieuse.
Si ma bite avait fait cela, c'est qu'elle le méritait bien, ma
bite avait su dire à Kiki : « va te faire foutre » et elle
l'avait fait de la plus belle des manières.
Depuis cette conclusion, tout était rentré dans l’ordre :
deux minutes, vingt ou une nuit, c’était selon, en toute
quiétude y compris passionnelle.
Aujourd'hui, j'aime ma femme, celle qui fut la seule : mon
épouse, mère de notre fils.
Mes trente millions d'euros hérités n'ont rien à voir... mon
frère, aujourd'hui investit dans les médicaments
vectoriels, pensant avec moi qu'in fine les cellules souches
seront la solution.
Bientôt nous serons à Helsinki ou à Dubaï, nos corps
s'adapteront parfaitement aux conditions extérieures, 4,
32, 256 ans. Ceux qui auront pu prendre le train seront.
Bien sûr la mort accidentelle dans ces deux ou trois siècles
à venir fera quelques autres victimes de l'ancienne Loi.
Mais nous sortirons comme cela de l'avion, l'un pour aller
au ministère des sciences, l'autre aux putes robotiques
sans rien faire, les différents taux hormonaux en fonction
de la température extérieure, de l'âge du capitaine, seront
immédiatement adaptés.
Certains comme moi ensuite, auront le courage de régler
leur corps sur une humeur.
Autant narrer cela comme un vécu immédiat :
J'allais rendre visite à l'héritier de Houellebecq dit : « le
clone », du fait de ses écrits, ses investissements
parallèles aux miens et notre parfois proximité littéraire
mais surtout du fait de ce qu’il était véritablement.
Il avait gardé son prénom d’origine si je puis dire : Michel
et moi, le mien : Adam.
Tous les deux avions cette habitude, jouer sur les
identités, le temps, occupation de génie à la dérive ou plus
honnêtement visionnaires.
Je réglais mon corps en passant mon index gauche au niveau
du scaphoïde du bras opposé, l'ordinateur interne via ses
nano puces situées l'une sous mon périnée, l'autre au niveau
de l'artère tricuspide de façon à être autant de mauvaise
humeur que possible.

Maintenant que les humains pouvaient être quasi-éternels,


pour beaucoup la tendance était à l'harmonie. Bien sûr se
comporter comme Dodi al fayed ou ses alter ego voire le
public de TF1 était inadmissible, mais dans ce futur qui est
le nôtre maintenant autant être classe, un peu de second
degré était à mon goût le bienvenu.
Qui sait de quoi demain serait fait et comment le conjuguer
?
Problème de linguistique, de repère, de « re »-« père »,
tous ces sujets étaient à la mode.
Pour ma part, la chose était entendue Houellebecq,
toujours Michel dit : « le clone » était coincé, un peu
comme une brebis voire comme Dolly dans ses « clowneries
».
Il avait ce côté mouton, moi bélier via l'astrologie, lui était
impuissant, là encore, en ce sens qu'il n'était qu'un clone,
pour simplifier, j'en étais à ma première greffe dorsale où
la totalité de ma moelle épinière avait été remplacée par
mes cellules souches, de celles « extraites » suite à mes
dons en 1994.
Une fois élu, je n'avais pas hésité à faire changer la simple
loi de nos ancêtres liée aux dons de gamètes. Il est vrai
que dans un premier temps tout allait bien, l’UMP d'alors
pourtant moribond après le décès de Nicolas Sarkozy avait
eu un soubresaut, mais après avoir cru comprendre que
j'étais à l'origine de sa mort, le comité directeur via Brice
Hortefeux avait bloqué.
Problème maintenant résolu, puisqu'il venait d'un ensemble
d'autres facteurs : ce con était devenu obèse après que
Carla née Bruni l'ait quitté pour François Hollande nouveau
président de la république Française, sa deuxième crise
cardiaque l'avait complètement rendu aigri, sa liaison avec
la fille de Le Pen n'avait rien arrangé, la fin était très
claire, les photos de Marine Le Pen le sodomisant avec un
gode ceinture passées dans Paris Match l'avait amené à se
suicider en se pendant à un chandelier à sept branches
hérité de sa mère.
Point de montage, juste la mort d'un idiot.
Tout allait bien, mais je fus soupçonné en 2012. Pas moyen
d'accéder à mes cellules souches. Le Professeur Luc
Montagnier avait eu des résultats extraordinaires et c'est
via la police & la gendarmerie que je pus « frauduleusement
» me procurer les premiers échantillons de ce qui allait
sauver Ad vitam æternam une partie de la population issue
de ce monde élu à la mythologie grecque enracinée.
J'étais donc parfaitement de mauvaise humeur face à
Michel, prompt à la mauvaise foi, à la violence physique.
Avec lui elle était inutile, il fallait juste qu'il la sente, mais
surtout ce mélange émotionnel était en fait un cadeau, je
savais Michel extrêmement intelligent, doux et sensible, il
n'en était pas pour autant d'une lucidité rare comme on
peut la rencontrer chez des gens consommant des
champignons hallucinogènes (avec un Q.I d'au moins 180
couplé à très haut niveau socioculturel ) ou des
polytechniciens des Énarques quelques artistes, soit une
centaine de personnes en France pour les années post-
2010.
J'avais et ai encore une réelle amitié pour Michel, j'aimerai
le tuer, qu'il meure écrasé par un camion broyé contre un
pylône, mais tout cela n'est que mauvais esprit (ou plutôt
bon au fond), mais le fait est que je sais qu'il est un être
d'une intelligence rarissime, d'une bonté presque infinie,
autrement dit : un gentil garçon comme moi. C'est pour cela
que nous aimons bien nous rencontrer, ne serait-ce que
pour bénéficier de nos expériences mutuelles, ses goûts
sont si raffinés, tant sexuellement que poétiquement. Il ne
faut pas oublier que c'est en partie grâce à lui que j'ai pu
récupérer mes cellules souches, même si nous avions eu des
trajectoires différentes, il a su rejoindre le train avec moi.
Aujourd'hui nous empruntons les deux rails de la même
voie, surtout celle du clonage et de ses possibilités quasi
infinies dues à la totipotence des cellules souches.
Il nous faut gérer nos fortunes, nos intérêts, ses clones,
ses investissements nos sociétés et inversement.
Il nous faut gérer l'avenir de l'humanité, en ce moment
même, plus que clairsemée. Les humains « d’avant », les
homos sapiens, les pauvres (au sens ratés du terme), des
ratés (au sens tarés, génétiquement du terme), des biens
aussi.
Nous y veillons.
Sur sept milliards d'homo sapiens (homme sage), il en reste
soixante cinq millions.
Il nous faut gérer tous ces morts, pas par l'intendance des
pompes funèbres à l'avenir relativement limité : que nenni,
tout va bien. Nous y avons des parts importantes tant
qu’elles restent pour quelques années un entreprenariat
rentable.
Non, ce que Michel, ses clones et mon frères gérons, c'est
l'avenir de l'humanité, tels des démiurges, tout
simplement.
Nous choisissons qui doit vivre, qui doit mourir tout en
laissant autant que faire se peut Sainte mère nature faire
son travail.
Ainsi nous avons vécu le cas de, Johnny Hallyday c'était un
excellent client, con, très con, certes, mais riche, très
riche, puissant, très puissant et au fond assez sympa.
Nous lui avons donc expliqué comment le monde
fonctionnerait demain, qu'enfin l'humanité était arrivée à
un nouveau quai, que grâce (il faut utiliser beaucoup de «
que » avec Johnny Hallyday) aux cellules souches et en
partie à mes travaux, il pouvait envisager la quasi éternité,
en tout cas pour les dix mille ans à venir sans aucun
problème tout en sachant que notre marge de progression
scientifique était grosso modo la même que celle de
l'informatique obéissant aux même lois et donc de par la
même à la conjectures de Moore (doublement des capacités
en dix huit mois et baisse du volume comme des prix en
même proportion de tout ce qui est électronique).
En toute logique Johnny s'est mis à acheter des «
transistors ! », Il avait investi plus de la moitié de sa
fortune dans ces « cellules » et autres microcomposants
d'informatique, oui, Johnny Hallyday n'avait rien compris à
nos explications, et je puis vous attester pour Michel que
son exposé était parfait, en très bon pédagogue, en expert
de la maïeutique, mieux qu'un formateur en P.E.I (cf. le
Programme d'Enrichissement Instrumental du Professeur
Feuerstein), il avait su expliquer à Johnny notre démarche.
Lorsque nous avons saisi l'incroyable avec Michel et mon
frère nous sommes allés voir notre Jojo national, nous
étions effarés : sa villa de Saint-Tropez, celle de Saint-
Barthélemy l’île des milliardaires, étaient pleines de caisses
de nano puces informatiques, des dizaines de mètres de
hauteur de cartons sur des hectares de puces
informatiques.
Johnny, il faut le savoir était en fait l'homme le plus riche
d'Europe, avec toutes ses magouilles avec feu Sarkozy, les
tonnes d'argent amassé dès les années soixante il était
blindé.
Les rappeurs français, les beurs, les maffieux russes, les
pontes du trafic de cocaïne, les chefs d'états voyous, les
princes d'Arabie saoudite, les chanteurs américains, les
héritiers, tout transitait par lui, en fait il était dans le
véritable trio de tête mondial (hors classement du
magazine Forbes), juste celui de la réalité.
Notre Jojo national en avait fait des caisses, une fois nos
explications écoutées il avait cru comprendre que nous
parlions quelque part de prothèses pour le corps, si nous
perdions un genou, il suffisait de prendre des cellules
souches et comme des « prothèses » de toute nouvelle
génération, elles pourraient reconstruire les tissus
blastiques (contrôlés par des facteurs systémiques et
locaux aux mécanismes d'action maintenant clairement
identifiés) et refaire un genou comme une hanche.
Mon Dieu, quelle erreur, Johnny Hallyday s'était mis à
acheter des tonnes de « prothèses » en céramique pour les
hanches, pour les rotules, et une fois les stocks de ceux-ci
sur les précédemment nommées il s'attaqua à toute
l'industrie de la prothèse mondiale.
Un jour il est tombé malade, un syndrome hépatorénal, son
médecin s'est chargé de transformer cette triste réalité.
Nous avons appris cela via le net, au moment où j'allais
appeler notre société d'intervention fourniture en cellules
souches, j'appris que Johnny n'était pas sur notre listing,
ni sur aucun autre !
Il n'avait rien compris, effectivement après « les puces
électroniques », il s'était lancé dans « les prothèses »,
n'ayant retenu de nos explications que ce dernier mot en
relation avec son célèbre déhanchement à la Elvis Presley.
Heureusement nous avons pu faire valoir nos relations
commerciales après avoir légèrement fraudé par le biais de
Michel et ses amis raëliens implantés dans les cercles
maçonniques, la gendarmerie, la police, les média, le pouvoir
en Belgique, en France, en Suisse, ainsi qu'a Saint-
Barthélemy, autrement dit : les lieux d'habitation de
Johnny.
Nous avons revendu classiquement d'un côté comme de
l'autre les puces électroniques c’est à dire aux mouvements
palestiniens comme à Tsahal, idem pour le reste du monde
en conflit, les prothèses céramiques, elles, à Optic 2000 ©,
accélérant ainsi la fin de cette triste humanité
défavorisée.
Et pourtant, et pourtant, Michel et moi voulions justement
en sauver une bonne partie (les baisables, les intellectuels,
les scientifiques, les artistes).

MENS SANA IN CORPORE SANO

C’est comme lorsque l’on soulève dix fois la barre des cent
kg aux pectoraux, lorsque l’on a eu son permis de conduire
du premier coup, ou un 20/20 à la fac sur l’équation de
Schrödinger, j’étais heureux que Christiane se soit
suicidée.
Ma mère enseignante avait pour passion les petits enfants,
elle s’occupait en tant qu’institutrice & directrice d’école,
d’élèves de trois à onze ans environ. Sa passion était les
petits garçons du plus jeune âge à cinq ans. Habitée par la
pédagogie, férue de grammaire elle aimait enseigner les
mathématiques, l’histoire, in fine toutes les matières. En
plus de cela, elle avait pris classiquement le secrétariat de
la mairie, ce qui lui donnait une aura supplémentaire. Mon
père l’aimait, son entreprise marchait très bien, le week-
end nous partions à Dinard, à Deauville, ou à Paris en S.M.
Ainsi j’ai pu bénéficier des meilleures intentions qu’un
enfant puisse avoir pour son développement futur. Dans la
classe il y avait la première collection de « Tout l’univers »
que je lisais, relisais avec passion, les jeux pour les
maternelles, les livres, les outils pédagogiques des petits au
CM2, les « tableaux » de Renoir. Après la classe et
quelques courses poursuites dans les trois hectares de la
cour de récré je raccompagnais mes camarades chez eux…,
qui me raccompagnaient à leur tour chez moi pour
certains…, que je raccompagnais ainsi aussi à mon tour…
Ma seconde nounou, celle qui me séparait de ma mère entre
16h et 18h30 était pour l’heure du goûter, il y avait ses
tartines généreusement couvertes de confitures
amoureusement faites maison, elle me les accompagnait de
café mêlées à un nuage de lait, ou d'un chocolat au lait avec
la peau sur le dessus. La caséine responsable de cela
permettait aux différents nutriments, fibres, oligo-
éléments, ainsi qu'aux protéines et autres saines vitamines
à la parfaite mise en place de mon développement tant
cérébral que physique. Puis c’était à nouveau les jeux si
formateurs. Enfin j’allais avec Madame Bigot « l’aider » à
s’occuper de ses vaches, de ses poules et canards ou tout
simplement j’allais jouer à la balançoire que j’adorais par
dessus tout. Tout était parfait, Dieu merci « la fin se
trouve dans le début » néanmoins mes parents firent le
pire. Bien des années plus tard le décès de mon père fut en
partie lié à une femme. Bien sûr il avait sa responsabilité
directe liée à son histoire, mais Christine était responsable
de sa mort. Lorsque j’ai connu Christiane, son prénom quasi
identique au a près, il venait de mourir, point besoin de
raconter par quelles étapes je suis passé, mais le fait est
qu’elle s’est suicidée, et j étais heureux d’en être à
l’origine.
Pourquoi serait-ce toujours les hommes qui mettent fin à
leurs jours par amour ? La réponse est dans la question :
les hommes sont extrêmement sensibles et romantiques.
J’avais ma vengeance sur la gent féminine.
Pour Christiane bien sûr, sa fin était aussi liée à son
histoire comme son échec auparavant avec un autre
homme, son père etc.
Il y avait eu aussi, il n’y a pas très longtemps ma rencontre
avec Sylvie, femme au corps parfait une ancienne petite
poitrine devenue nourricière de cinq enfants parfaitement
ronde de générosité, des formes à mon goût parfaitement
callipyges. 1m70, 49kg, un visage divin, quelque chose de
péruvien, des yeux noires intenses, des traits d’une finesse
à me rendre encore amoureux d’elle à la décrire ici. Après
son doctorat en mathématiques, elle a passé son CAPES,
rencontré son mari ingénieur informatique. Je n’aime pas
beaucoup la gent masculine toujours à pérorer, brutale et
vulgaire. Lui, est toujours aujourd’hui un type brillant, beau
mec, sympa, aimant sa femme et ses cinq enfants, un côté
écolo responsable de sa maison. Sylvie est une fille bien :
tromper son mari ? Pas question. Elle est d’une simple
bonne morale comme je les aime. Un jour nos chemins,
surtout nos yeux se sont croisés, elle était sympathique,
intelligente, souriante, il me semblait pourtant y voir cette
lumière, j’adorais son regard, il y avait cette flamme divine.
Aujourd’hui quand je la vois c’est toujours avec le même
bonheur, elle est si belle, profondément belle, elle n’est que
lumière. Elle fait partie de ces femmes qui font l’amour.
Des fois elle baise et naturellement nous finissons par «
faire l’amour », cela n’empêchant pas parfois par exemple
qu’elle aille et vienne sur mon vit, qu’elle aille et vienne
tandis que je reste immobile le sexe dur, ses doigts
caressant l’avant de sa toison vers tel ou tel point qu’il fût
G, clitoridien ou d’une autre zone très innervée. Humide,
trempée elle s’abandonne aux plaisirs. D’autres fois je lui
saute dessus et l’entreprends de A à Z. Ce que j’ai aimé ou
aime chez elle comme chez beaucoup d’autres femmes,
c’est que ces Sylvie ou Ève donnent. Seules certaines ont
ce don qui ouvre. Plus j’ai eu le bonheur de croiser voire de
vivre avec ces êtres, plus je suis devenu humaniste. Même
les filles d’apparence inutile comme Kiki ou Christiane m’ont
appris à aimer l’autre au fond, de façon moindre certes,
pour Christine, ma mère, idem.
Mais Mme Bigot, Sylvie & Ève sont des êtres d’amour. Ce
qui fut frappant avec Michel, ses clones, et mon frère est
que nous en arrivions toujours à cette conclusion : les
femmes aimantes, celles qui donnent et se donnent, les
femmes d’amour aident à comprendre. Même les autres,
celles qui furent avec saleté. Ces femmes d’amour nous
apprennent à mieux voir la beauté de la vie, la richesse
infinie qu’il y a chez chacun d’entre nous.
Même nos congénères masculins, pas un, pas un ! Du passé
au présent n’échappaient alors à notre amour infini. Amour,
compassion, tendresse, compréhension, nous qui devions
choisir qui doit vivre, devenions de plus en plus inaptes à
trancher. Au début c’était facile, nous avons fait des gags
de nos choix, ainsi Johnny nous avait-il inspiré pour le cas
de Charles Pasqua.
Pasqua était un homme politique des années soixante, il
était bon an mal an arrivé à atteindre de son vivant, les
premières années où je vendais ma technique de
renouvellement cellulaire via nos intimes souches. Son
cerveau était en mauvais état, toute sa vie cet homme avait
« pris par derrière » ses compatriotes. Lorsqu’il est arrivé
dans ma clinique, seul son cerveau ainsi que son appareil
digestif étaient à peu près fonctionnels, le reste était
irrécupérable, nous en étions au début. C’est avec son
accord et à tâtons que nous avons renouvelé son stock de
neurones, puis le reste de son corps. Finalement seule
l’intégralité de son appareil digestif i.e. jusqu’à son anus put
être totalement renouvelé. Il avait recouvert toutes ses
capacités intellectuelles de jeune homme, lors des tests de
conformité par rapport à la personnalité initiale, il y eut un
artefact assez troublant : étrangement Charles Pasqua se
comportait comme dans « la cage aux folles ».
Houellebecq ayant des tripots un peu partout dans le
monde en fît des copies, ainsi ceux de Charles Pasqua
servent aujourd’hui dans des films pornos gays des plus
trash. À chaque fois que nous abordons ce sujet, Michel ne
peut s’empêcher de rire de ses éclats de joie que j’aime
tant voir. A chaque fois nous reprenons espoir, nous disant
qu’il est facile de transformer telle ou telle personne en
n’importe quoi, pourvu que ce soit risible. C’est ce que nous
faisons avec nos adversaires financiers, mais le fait est que
nous sommes de plus en plus sensibles envers l’humanité et
sa beauté intrinsèque.
13,7 milliards d’années d’évolution au minimum si on se
réfère à la théorie du Big Bang. 13,7 milliards d’années pour
en arriver à nos ancêtres mammifères puis humains qui ont
dû batailler, souffrir, donner, très souvent en mourant
atrocement et pourtant qui ont su coûte que coûte :
transmettre, donner et surtout aimer…

Vous aimerez peut-être aussi