Sans Titre
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PROGRAMME
OD
d'un
COURS DE CONSTRUCTIONS.
LIÈGE. — IMPRIMERIE DE FÉLIX OUDART,
RUE DU CRUCIFIX, 10.
PROGRAMME
ou
d'un
COURS DE CONSTRUCTIONS
OUVRAGE
CINQUIÈME ÉDITION ,
ENRICHIE D'UN ATLAS VOLUMINEUX, ENTIÈREMENT REPONDUE ET CONSIDÉRABLEMENT AUGMENTÉE AVEC LES
NOTES ET PAPIERS DE L'AUTEUR, AVEC CEUX DE M. DE LAMBLARDIE FILS, INSPECTEUR GÉNÉRAI
DES PONTS ET CHAUSSÉES ET DES TRAVAUX MARITIMES , ET AVEC DIVERS AUTRES DOCUMENTS ;
Pae M. REIBELL,
Ingénieur en chef de première dusse dca pontg et chaussées, directeur des trayaux maritimes, officier de la Légion-d'Honneur ,
agissant comme mandataire de lafamille defeu M, Sganxin.
Zomt ZtotBUtnt.
LIEGE.
1844.
f?J<U«
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES
APPENDICES.
Appendice n" 1.
Méthodes de calcul des longueurs d'arcs de courbes; et tables pour les arcs circu
laires et les périmètres de demi-ellipse. 277
Appendice n" 2.
Extrait d'un rapport de M. Costé, capitaine de vaisseau, sur l'emploi du fil de fer
dans les manœuvres dormantes des bâtiments de guerre; -inséré aux Annales
maritimes el coloniales de 1834. 38S
Appendice n° 3.
Évaluations diverses relatives aux appareils de curage à mouvement continu , pour
ports et rades. 291
Appendice n° 4.
Considérations et calculs, légende descriptive , tableaux d'observations; relatifs à
l'appared élévatoire d'eaux, installé de 1827 à 1833 à la nouvelle forme sèche de
radoub du port de Lorient. 297
Appendice n" S.
Note sur l'installation de la presse hydraulique au port de Lorient. 326
Appendice n" 6.
Documents relatifs aux hôpitaux des arsenaux maritimes. 333
TABLE DES MATIÈRES. vu
Appendice n" 7.
Page»
Extraits du devis estimatif d'éclairage des côtes de France, pour l'année 1839. 350
Appendice n" 8.
Tableaux réglementaires relatifs aux ancres , aux chaînes et objets divers , etc., à
délivrer aux bâtiments de la Marine militaire de France. 857
Appendice n" 9.
Tableaux des dimensions et configurations que doivent avoir les pièces de bois de
chêne pour les constructions navales de la Marine française. 368
Table des matières , par ordre alphabétique , indiquant les numéros des pages , des
leçons , des appendices et des tomes du texte, ainsi que ceux des figures et des
planches de l'atlas. 373
PROGRAMME
ou
d'un
COURS DE CONSTRUCTIONS.
Premier moyen Le premier procédé est évidemment le seul applicable aux nappes d'eau
d'enlèvement. dont le niveau est à peu près invariable , et où les courants naturels sont
très-faibles, comme dans les rades et ports de la Méditerranée. Il est pré
férable aux deux suivants toutes les fois que le déplacement sous l'eau des
matières alluvionnaires ne tendrait à désobstruer certaines zones que
pour obstruer immédiatement ou à la longue d'autres zones utiles aussi à
la navigation.
Enfin ce procédé, sous le rapport de la dépense, peut, dans beaucoup de
cas, être plus avantageux que l'emploi des retenues et écluses de chasse ;
en tenant compte de part et d'autre de l'intérêt des capitaux engagés, des
entretiens et renouvellements, et des frais de manœuvre.
Dans les ports qui découvrent aux étiages et aux basses mers , l'enlève
ment des dépôts se fait par les mains-d'œuvre ordinaires des déblais. Les
transports aux lieux de dépôt s'exécutent ou par terre, ou par eau, dans
des chalands et autres embarcations.
Ces chalands et embarcations, lorsqu'ils doivent être toués ou remorqués,
sont construits en matériaux légers, et sur une longueur aussi grande
que le permet la condition de supporter l'échouage. Il en a été fait en sapin
de 25 à 50 mètres de longueur sur 4 à 5 mètres de largeur.
Les chalands sont déchargés à la pelle, ou se vident d'eux-mêmes , soit
latéralement, soit de fond. Dans le premier cas, les bords doivent être
peu élevés. Dans le second cas , on peut imiter ce qui a été fait dans les
Figures 658 ports des Etats-Unis (voir figures 658 des planches). Des clapets horizon
des planche*.
taux à charnières , installés dans le fond de la partie des chalands qui
contient les matières, sont manœuvres par des chaînes de dessus le pont,
et servent à la vidange par le fond. Les chalands ainsi construits s'appel
lent vulgairement marie-salopes ou salopes. On en a employé au Havre,
de la contenance de 80 mètres et même de 190 mètres cubes qui étaient
remorqués au dehors par des bateaux à vapeur et vidés à une lieue au large.
L'insalubrité et les fatigues des déblais ainsi faits les rendent quelque
fois plus dispendieux que le travail des appareils de curage fonctionnant
sous l'eau.
Appareils Le travail présente trois parties distinctes, le piochage ou détachement
mécaniques
de des matières sous l'eau, qui est le plus difficile; leur élévation depuis le
curage.
fond jusqu'au point de versement : leur versement.
COURS DE CONSTRUCTIONS. 5
La nature des matières alluvionnaires , et leur gisement , déterminent la
forme et la force de ceux des organes de l'appareil qui effectuent le piochage.
Ainsi des cuillers ou poches en simples filets de pêche fixés sur un ori
fice à bords tranchants suffisent pour entamer la vase ; des griffes re-
courbe'es en fer d'une force convenable détachent les petites pierres et
roches; enfin des cuillers ou hottes en tôle bordées de fer sont nécessaires
pour les graviers , sables fermes et argiles.
L'outil de piochage doit être tel qu'il fonctionne , quels que soient les
niveaux respectifs du fond et de la surface de l'eau, et malgré de brusques
inégalités du fond ; et qu'il puisse serrer les rives autant qu'il est nécessaire.
L'expérience a démontré d'ailleurs que les avaries et chômages étaient
réduits à leur minimum, et que l'effet utile des appareils était le plus grand
quand la vitesse de cette partie de la machine était peu considérable , et
ne dépassait pas environ 4 mètres par minute.
Le mode d'élévation des matières détachées doit être tel : qu'il n'élève
qu'elles et seulement de la hauteur minimum depuis le fond jusqu'au point
de versement ; et que les matières élevées ne puissent, dans le trajet, re
tomber au fond de l'eau.
Enfin le versement doit se faire de manière que les matières dégorgent
complètement au fur et à mesure de leur arrivée , et remplissent unifor
mément les chalands , sans les exposer à sombrer et sans que les produits
du curage déversent.
Ces conditions, malgré leur évidence, n'ont pas été observées dans beau
coup d'appareils de curage.
Le genre, la grandeur des appareils, l'espèce de force motrice à leur
appliquer, dépendent d'ailleurs : de la nature des alluvions , du travail
à exécuter dans un temps déterminé, de la continuité et permanence du
curage , ou de son exécution intermittente à intervalles de temps plus ou
moins longs , des fonds disponibles , enfin d'une foule de circonstances
locales, et notamment de la position des zones à approfondir relativement
aux quais et autres ouvrages d'art.
Le curage est devenu du reste, dans beaucoup de ports, l'objet de mar
chés passés avec des entrepreneurs déjà pourvus d'un matériel complet;
et le travail est payé par mètre cube ou tonneau de matières enlevées. La
jauge des bâtiments de transport sert de guide pour le mesurage.
Les machines à curer se groupent en deux catégories : appareils à marche
discontinue , appareils à marche continue.
4 COURS DE CONSTRUCTIONS.
Dans la première, sonl les machines à cuillers , si longtemps employées
exclusivement dans l'Océan et la Méditerranée ; dans la seconde , sont les
machines à hottes, dredging-machines, dont l'emploi généralisé aujourd'hui
en Hollande et en Angleterre s'est beaucoup étendu en France.
Appareils Les appareils à mouvement discontinu ont eu évidemment pour point
à mouvement
discontinu. de départ les hollandaises ordinaires de draguage , dont la grandeur crois
sante progressivement avec la profondeur d'eau , et pour le plus grand
effet utile, a forcé de passer ainsi successivement de l'emploi d'un simple
bateau à celui de fortes chaloupes , puis à celui de grands pontons; et de
l'emploi de la force de deux hommes , à celle de huit et dix , puis à celle
de quarante et cinquante, ou à celle de chevaux et autres animaux.
Au port militaire de Lorient, un projet avait été rédigé pour l'appli
cation à des machines à cuiller existantes , et mues par des hommes mar
chant dans de grandes roues à tambour, d'un moteur à vapeur de la force
de quatre chevaux.
La drague ordinaire à main ou hollandaise, ne peut guère fonctionner
qu'à lm_,50 sous l'eau. Elle a l'avantage de n'exiger qu'un matériel de peu
de valeur : mais le mètre cube de matières extraites ressort , sur les ca
naux , à 0fr.90 tout compris.
Figures 659 La figure 659 des planches représente une drague simple mue par un
des planches.
treuil , en usage sur les rivières de Seine et d'Aube.
M. l'Ingénieur Colin a décrit, dans les Annales des ponts et chaussées
de 1839, une drague à roulettes, avec treuil de tirage, qui parait très-
avantageuse lorsque les matières détachées doivent être élevées sur les
rives et roulées en remblais. Le mètre cube extrait et ainsi déposé sur la
rive , n'est ressorti au canal de Rourgogne qu'à 0fr-,42.
Mais dans les rades et ports où le curage s'opère à des profondeurs
depuis 4 mètres jusqu'à 9 et 10 mètres à basse mer, ce qui correspond
dans un grand nombre de lieux à 14 mètres et même à 20 mètres à haute
mer, il fallait des engins plus volumineux et une force motrice plus
énergique.
Figures 600 Les plus simples des appareils à mouvement discontinu, sonl ceux que
des planches.
les figures 660 des planches représentent.
Le premier a été employé au port militaire de Lorient, pour des pro
fondeurs de 4 à 5 mètres; le ponton y est évidemment trop large. Les
cuillers seraient du reste en tôle bardée de fer, si le fond à curer était
du sable ou du gravier.
COURS DE CONSTRUCTIONS. 5
Cette machine élève et verse 60 mètres cubes ou 75 tonneaux de vase
molle par jour ; elle emploie vingt-quatre hommes , dont huit aux ma
nivelles des treuils , deux aux cuillers , six aux chalands, et le reste aux
manœuvres du ponton dans les deux sens , en travers et en long.
Le deuxième appareil est usité en Hollande et particulièrement à Fles-
singue.
Les figures 661 des planches sont relatives à l'une des grandes machines Figures ttôi
des planches.
à cuiller employées dans les ports et rades militaires de Rrest , Toulon et
Lorient , pour le maximum de profondeur d'eau.
Quarante-huit forçats, travaillant par relais , n'extrayaient au port de
Lorient, n'élevaient à une hauteur moyenne de 9 mètres, et ne ver
saient en chaland que la contenance de trois de ces bateaux , chacun de
25 tonneaux de port, ou de 20 mètres cubes de vase molle.
Rélidor , dans le tome IV de son Architecture hydraulique . pages 156
à 167 , décrit les machines de ce genre existantes de son temps.
Il porteà 10,000 fr. seulement la valeur, en 1745 , du matériel de curage
formé: 1° d'une machine à cuiller, dont le ponton avait 17m, 20 de long,
6 mètres de large , et lm,46 de creux ; 2° de deux bittes ou salopes , chacune
de la contenance de 4mc,44. Il faudrait aujourd'hui plus que tripler ce chiffre.
Cette machine fournissait, dit Bélidor , les résultats suivants , dans un
fond de vase ou terre , les cuillers ayant une- capacité de 0mc,40.
(I) La machine qui fonctionnait dans le vieux dock de Hull employait deux chevaux et
trois hommes, extrayait la vase à -i*™,46 de profondeur d'eau, et remplissait habituellement
en six et sept heures quatre chalands jaugeant ensemble 1 80 tonneaux. Cet appareil travail
lait pendant sept à huit mois, à compter du mois d'avril.
TOME m. 2
10 COURS DE CONSTRUCTIONS.
d'étendue. Les godets étaient au nombre de 29. Six hommes, y compris
le mécanicien et les chauffeurs , étaient affectés à la machine.
La machine avait pu fournir jusqu'à 2 tonneaux par minute, de la conte
nance de 12 godets, à la profondeur d'élévation d'environ 7m,50 ; mais
le travail ordinaire était de 15 tonneaux par heure , ou de 12 chalandées
par jour de 12 à 15 heures, formant ensemble 500 à 550 tonneaux. Le
chargement d'un bateau de transport variait de 40 à 48 tonneaux; leurs
dimensions étaient de 16 mètres de long , 5m,25 de large au maître-bau,
1™,50 de creux. Les bateaux réunis par train au nombre de six, étaient
remorqués par 12- hommes ; ils sortaient des bassins de flot un peu avant
la haute mer , et allaient jeter la vase à la mer à 180 ou 240 mètres de la
tête des jetées de l'avant-bassin du port de Hull. La quantité annuelle de
vase enlevée du dock du Humber, a varié de 30,000 à 36,000 tonneaux.
Une autre dredging-machine anglaise , de la force de 10 chevaux , ne
fournissait que 25 tonneaux à l'a profondeur de 9 mètres, ou 2',50 par
heure , et par force de cheval.
La cure-môle du port de Toulon ne produit que 14 à 15 mètres cubes par
heure , lorsqu'elle travaille sur du sable, et de 21 à 30 mètres cubes sur de la
vase , ce qui ne correspond qu'à 5 tonn. par heure et par force de cheval.
La machine à draguer, de 12 chevaux , qui fonctionnait à Pont-de-
l'Arche, sur la Seine, donnait les chiffres ci-dessus, recueillis par feu
M. l'Ingénieur Marestier. Elle présentait deux chapelets de 32 hottes
chacun , placés sur les deux rives du ponton ; mais toute la force de la
vapeur était employée à mouvoir un seul chapelet. La capacité de
chaque hotte était de 0mc,07. Lorsque le terrain était composé de sable,
de terre franche ou d'alluvions de médiocre dureté , les hottes arrivaient
bien pleines. Les trop grosses pierres de 1 mètre cube à 0m°,40 et même
à 0mc,60 l'arrêtaient et pouvaient causer des avaries malgré un frein très-in
génieux. La durée de la révolution d'un chapelet était de2'î à 3. Celte
machine élevait facilement des pierres de 0m,20 à 0m,25 de diamètre.
Depuis le mois de mars jusqu'au mois de juillet, en 55 jours de travail,
cet appareil avait enlevé 5,419 mètres cubes de sable, terres , et d'une
énorme quantité d'écaillés d'huîtres , à une hauteur de 9m,76. Il était payé
à l'entrepreneur 2f,655 par mètre cube jaugé dans lesgabaies.
La dépense journalière était de 195 à 200 francs , en tenant compte de
l'intérêt du capital , des frais d'entretien , de la paye des ouvriers et de
prix du charbon.
COURS DE CONSTRUCTIONS. il
On ne doutait point que dans du sable ou de la terre franche, on ne
pût enlever 150 à 180 mètres cubes par journée de 12 heures , et à la
même hauteur que ci-dessus.
Le dévasement des bassins de flot des ports du commerce de Cherbourg
et du Havre a e'té exécuté , de 1 830 à 1 855 , à l'entreprise , par une machine
à double chapelet , de la force de 10 chevaux, susceptible d'enlever jusqu'à
500 à 400 tonneaux de vase par jour. Il était payé 5 fr. 16 c. par mètre
cube , mesuré d'après la jauge , extrait et élevé à 7 mètres de hauteur
moyenne , versé sur chaland , transporté en rade à une lieue et demie ,
et versé en mer. En outre , il y avait une prime de 50 fr. par mètre cube
de pierres , bois ou autres matériaux retire's dans le dévasement.
Il est remarquable que le dévasement du port d echouage et de l'avant-
port du Havre , effectué à bras d'hommes à basse mer par versement dans
des chalands échoués (les transports étant à la même distance que ci-
dessus) n'est ressorti par entreprise également qu'à 1 fr. 84 c. le mètre
cube. La différence provient probablement des nombreuses entraves et
interruptions que la machine subissait dans des bassins toujours encom
brés de navires.
L'installation d'une cure-môle à vapeur faite au port de Lorient , Figures 6cr.
par MM. les Ingénieurs des constructions navales , feu Marestier et ** paiicht,s
Fauveau , paraît avoir satisfait à la plupart des conditions de ce genre
d'appareils. Elle est représentée figure 665 des planches. Toutefois le
ponton , qui avait été établi antérieurement pour des hommes marchant
dans des roues à tympan, était trop volumineux et tirait trop d'eau pour
sa nouvelle destination.
Cette machine , de la force motrice de moins de 4 chevaux , qui pouvait
facilement extraire et élever à 9 mètres de hauteur moyenne et verser en
chalands 400 tonneaux de vase molle , en a fourni pendant huit années
consécutives habituellement , 240 tonneaux par jour; et par année de 500
journées de travail , malgré les chômages forcés, les réparations de ponton ,
tabliers et chaînes , et des entraves de toute espèce , 72,000 tonneaux.
Le produit , par heure de travail, est de 59',521 , et de 15', 17 par heure
et par cheval.
La dépense par tonneau extrait et élevé à 9 mètres et versé en chaland .
est au plus , en tenant compte des intérêts des capitaux engagés , des entre
tiens et renouvellements, du combustible et des frais de toute espèce, 0f, 50.
En comprenant la remorque par eau à 800 mètres de distance maxi-
12 COURS DE CONSTRUCTIONS.
mum et le versementen arrière d'endigtiages à faux frais au plus 1 fr. 269.
Ce chiffre est moindre que ce qu'il en coûterait pour piocher la même
terre hors de l'eau , l'élever à 9 mètres et la jeter en dépôt. Cette différence
provientdes grandes facilités que donne l'eau pour le déplacement des appa
reils et pour le détachement des matières alluvionnaires, et du faible poids
de celles-ci pendant le trajet sous l'eau. Maison doitaussi en attribuerune
bonne part à la continuité du mouvement , et à l'excellente installation de
l'appareil. Il est probable qu'il réussirait mieux dans son application aux
terrassements avec élévation de matières hors de l'eau , que beaucoup des
procédés ordinaires.
Au reste en Angleterre, au dock des Indes occidentales, on s'est déjà
servi de machines à godets pour élever au-dessus des quais les vases
qu'une dredging-machine avait versées en chaland.
Les conditions principales auxquelles MM. Marestier et Fauveau avaient
cherché à satisfaire , relativement au mécanisme de l'appareil , étaient :
1° Que la force motrice pût être variable , tant à raison de l'inégalité
de résistance de fond , que du plus ou moins d'activité du curage. De là
l'emploi de deux machines à haute ou à moyenne pression , avec détente ,
dont une de rechange et de renfort ;
2° Que le mouvement du tablier fût tel qu'un seul homme pût à
volonté le déplacer d'une petite quantité , et que le moteur principal fût
chargé d'y produire les mouvements plus considérables , et qui exige
raient plus de rapidité ; afin d'éviter à la fois que l'appareil ne s'en
fonçât pas assez ou s'enfonçât trop ;
5° Que les chaînes fussent indépendantes des godets , de manière que
l'un deux pût être brisé sans que la chaîne fût rompue et que le travail
fût arrêté ;
4° Que les godets fussent déviés de leur route au moment du versement
pour se vider complètement ;
5° Qu'un frein modérât ou arrêtât même l'action de la machine , lors
qu'elle rencontrerait des obstacles trop graves , afin de prévenir la rup
ture des godets , des chaînes , et même du tablier ;
6° Que des planchettes fissent dossier pour la vase amoncelée depuis
l'orifice supérieur d'un godet jusqu'au fond inférieur du godet au-dessus.
Cet appareil vient encore d'être perfectionné par M. Reech , Ingénieur
des constructions navales , directeur des études de l'école d'application de
ce corps.
COURS DE CONSTRUCTIONS. 13
Les nouvelles cure-môles construites pour le curage de la rade , peuvent
fonctionner jusqu'à 15 mètres de profondeur d'eau, à l'aide d'un tablier
de 20 mètres. Elles sont mues par des machines de 6 chevaux , à moyenne
pression , à détente et sans condenseur , don tune de rechange et de renforl.
Le tablier a lm,50 de large ; les godets de la contenance de 120 litres, rap
portent 185 litres chacun à l aide des dossiers intercalaires aux godets. Un
régulateur adapté aux machines à vapeur empêchera la partie inférieure
du tablier de s'enfoncer trop ou trop peu, sans qu'un homme soit préposé
à cette surveillance.
On présente, dans l'appendice n° 3, tome III , deux tableaux résumés
des dépenses premières et annuelles du travail de curage, avec trans
ports en remblai effectués au port du commerce de Cherbourg et au port
militaire de Lorient.
Les grands appareils de curage des deux catégories ne peuvent fonc Avantages
et inconvénients
tionner que dans des zones où il y ait au moins le tirant d'eau nécessaire des
deux catégories
pour faire flotter leurs pontons. Même avec ce tirant d'eau , leur effet de machines.
utile est bien moindre qu'à des profondeurs plus considérables, à raison
de la grande obliquité' des cuillers et des godets à leur entrée dans le fond ;
car il en résulte que beaucoup de matières détachées péniblement par la
force motrice ne s'élèvent pas jusqu'aux points de versement.
Les appareils à mouvement continu sont les plus productifs ; mais
c'est à la condition de travailler dans des espaces rectilignes d'une grande
étendue en longueur et largeur ; car plus les sillons seront courts , plus
seront multipliés les déplacements latéraux et les chômages qu'ils occa
sionnent. Ces chômages sont souvent de deux jours de durée , à raison du
déplacement des bouées et amarres , formant à l'avant et à l'arrière des
pontons les points fixes à l'aide desquels s'accomplit le mouvement de
progressions du ponton.
Les machines à cuiller ont l'avantage spécial de travailler dans toute
espèce de direction , dans des espaces sinueux et renfoncés , à des profon
deurs brusquement variables. Les cuillers emmanchées éprouvent d'ail
leurs moins d'avaries que les chaînes des godets , en cas de rencontre de
longues pièces de bois , d'ancres ou de fortes pierres de taille. Mais leur
manœuvre exige une grande variabilité dans la force motrice, suivant que
ces cuillers sont immergées ou émergées , à moins qu'il n'y en ait une sur
chaque bord , entrant dans l'eau lorsque l'autre en sort.
Enfin ces appareils ne fonctionnent pas avec régularité , et laissent des
14 COURS DE CONSTRUCTIONS.
cavités d'une profondeur surabondante à côté de reliefs intermédiaires
trop élevés.
On ne quittera pas ce sujet sans signaler les inconvénients graves
d'une pratique suivie encore dans beaucoup de ports , celle de verser les
produits du curage sous l'eau sur divers points extérieurs des ports
et rades.
Ces matières , surtout dans les ports à marées , se délayent dans l'eau
pendant leur chute ; et la petite quantité qui arrive jusqu'au fond n'y
adhère pas et est enlevée par les courants ou par les vagues dans les
gros temps , et souvent ramenée aux lieux d'où elle était sortie. On a re
marqué , dans la rade de Lorient , que certaines lagunes qui pendant
trente ans avaient été affectées aux dépôts des produits des cure-môles ,
ne s'étaient pas exhaussées sensiblement , tandis que d'après le cube des
matières versées, elles auraient dû être comblées dès les premières années.
Au moins conviendrait-il , si l'on ne veut remblayer les produits des
cure-môles en arrière d'endiguages précaires et à faux frais, de n'effectuer
le déchargement des chalands qu'à basse mer et sur des plages alors
asséchées , bien que cette disposition force de doubler le nombre de ces
bateaux.
L'on a déjà mentionné dans la 24e leçon (page 25, tome II) les appa-
COURS DE CONSTRUCTIONS. 15
reils qui charrient sous l'eau les matières alluvionnaires. Les figures 335 Figures 005
1 " . des planches,
des planches représentent l'appareil fort bien conçu que M. 1 Ingénieur
Masquelez a employé à une profondeur de lm,70 pour le curage des canaux
de dessèchement des marais de Rochefort. Les vannes qu'on y voit ont
pour objet d'effectuer de petites chasses et de détacher les vases amoncelées
en aval du râteau , lorsqu'elles sont en trop grande quantité et qu'elles
deviennent trop compactes. La machine a pu enlever des dépôts de graviers
et même pousser devant elle des pierres de taille d'une forte dimension.
M. l'Ingénieur Masquelez a remarqué que le volume de vases molles
avait eu dans certains cas plus de 100 mètres de longueur sur 9 mètres
de largeur et lm,10 de hauteur; bien que la différence entre le niveau de
l'eau en amont et en aval du râteau ne fût que de O^IO. En outre la
tranche de vase molle détachée s'élevait verticalement le long du râteau ,
se courbait et se jetait en avant. Ce mouvement était très-prononcé sur
les 30 à 40 premiers mètres en aval. La dépense de construction et de
gréement du râteau et du bateau n'avait été que de 3,906 fr. Cet appareil
pourrait , dans les ports à marée , fonctionner une heure et deux heures
avant la basse mer.
Au port militaire de Rochefort , M. l'Ingénieur Hubert , aujourd'hui
directeur des constructions navales de ce port , a employé le vent comme
force motrice pour faire agir un vaste râteau qui pousse dans la rivière de
Charente les alluvions qui se déposent avec une grande abondance à
l'entrée des formes sèches de radoub.
â
lm,20-dans ceux de l'écluse de chasse de la Floride au Havre.
2m,00 ,
— dans ceux des aqueducs
lm,80 4 de chasse du bassin de la Barre au Havre.
Les figures 671 des planches représentent lés vénielles de sûreté et Figures 071
des planches.
Ventaux des chasses du bassin de la Barre au Havre.
Il est évident d'ailleurs que l'on pourrait aussi faire usage des petites
vénielles dans les ailerons, imaginées par l'Ingénieur Clément et men
tionnées plus haut.
La tenue du ventail s'effectuait jadis par des valets de rotation à axe ver
tical logés dans les enclaves des bajoyers et s'appuyant contre les poteaux
mobiles ou ballants. Les figures 672 des planches retracent le valet donton Figures 67-2
des planches.
se servait autrefois à la grande écluse de Gravelines. On a eu recours
aussi à des poteaux verticaux à mouvement de rotation tenus dans les
enclaves et avec section taillée en échappement.
On a fait usage au Havre } pour presser les poteaux ballants des aile
rons , d'un jeu de poteaux verticaux installé dans les enclaves des bajoyers,
l'un fixe, l'autre mobile, formant par des tringles de liaison un parallé
logramme d'angles variables (voir figures 671 des planches). Figures 071
îles planches.
Pour les pertuis d'écluses de chasse de 6 mètres d'ouverture et au delà ,
l'Ingénieur Castin avait imaginé des portes tournantes cojuplées à ailerons.
Elles ont été employées à l'écluse de chasse du Tréport représentée
figures 673 des planches, à celles de Saint-Valery-en-Caux de Fécamp et Fîgures 07ô
des planches.
de la Floride au Havre. On voit que ce sont deux portes ordinaires tour
nantes à ailerons dont les ailerons les plus larges viennent, quand la porte
est fermée, battre sur un poteau vertical d'échappement. Ce poteau est
mobile sur son axe et façonné de manière que, par un quart détour et
à l'aide d'un levier ou d'un engrenage, il laisse passer les grands ailerons
22 COURS DE CONSTRUCTIONS.
des deux ventaux accouplés. On gouverne ces derniers à l'aide de longues
tringles avec gaffe. Pour empêcher les ailerons de dépasser une ligne
parallèle à l'axe de l'écluse, on ménage de petites bornes saillantes dans le
radier.
La tenue supe'rieure du poteau d'échappement et des poteaux tourillons
réclame du reste une grande solidité.
L'on, a renonce au jeu de portes couplées dans l'écluse de chasse de
Boulogne, bien que le débouché des perluis eût Cm,53 de largeur; et
M. l'Ingénieur Marguet y a fait exécuter un seul ventail tournant, qui se
manœuvre à l'aide de poteaux valets mus par un levier de lm,50 de lon
gueur. Ce levier est retenu lui-même par un simple loquet qu'il suffit de
lever pour opérer les chasses.
M. Decessart, frappé des inconvénients qui résultent des secousses vio
lentes des poteaux d'échappement, poteaux tourillons, et ventaux à
ailerons verticaux pendant les chasses, et de la prompte destruction de
Figures 674 ces bâtis en bois, avait fait le projet de ventaux à ailerons inégaux, fi
des planches.
gures 674 des planches, tournant sur un axe horizontal et transversal à
la largeur du débouché, et placé au tiers de la largeur totale des ventaux.
Mais les contractions de la veine fluide eussent été bien plus nuisibles
dans le système nouveau que dans l'ancien; le débit de l'eau eût été
moindre dans le même temps ; et l'axe de rotation horizontal aurait été
aussi exposé aux avaries que les axes verticaux.
Quel que soit au reste le genre de ventaux tournants employé pour les
chasses, il est très-utile d'établir au large, et comme on l'a fait à Dunkerquc
et à la Floride au Havre, des portes de flot qui empêchent les courants de
flot et les vagues dans les tempêtes d'endommager l'appareil des chasses ,
et permettent de tenir à sec la retenue et une partie de l'écluse , ou de ne
la remplir d'eau qu'en partie pour en relarder l'envasement. Des ferme
tures d'Èbe seraient également utiles pour arrêter instantanément l'écou
lement des chasses.
Retenues spéciales L'emploi des eaux des bassins de flot et canaux de navigation pour
pour les chasses.
chasses ne saurait convenir qu'aux localités où les alluvions en vase
ou sable vasard, ayant une marche uniforme et régulière, peuvent être
enlevées à des époques fixes et notifiées d'avance au commerce maritime ,
et moyennant un chômage de quelques jours dans la belle saison. Mémo
dans ces conditions , cette ressource est souvent insuffisante à raison de
la grande dislance qui sépare d'ordinaire les bassins de flot et débouchés
COURS DE CONSTRUCTIONS. 25
des canaux de navigation des zones à approfondir, et notamment de l'en
trée des chenaux bordés de jetées.
Quelquefois même les chasses n'ont désobstrué les zones voisines de
leur point de départ en amont , qu'au détriment des zones éloignées en
aval, où les courants ralentis déposaient ce qu'ils avaient enlevé.
Mais dans les ports comme ceux de la Manche où un seul coup de
vent de sud-ouest , ouest et nord-ouest amoncelé à l'entrée d'un chenal
des masses énormes de galets , graviers et sibles qui en barrent l'entrée et
la sortie , il faut aussi pouvoir disposer instantanément de l'action
des chasses. Il faut n'être pas arrêté par le stationnement dans les bassins
de flot ou gares des canaux de navigation ; soit de bâtiments fins qui ne
pourraient supporter l'échouage , en cas d'abaissement des eaux par l'ou
verture des chasses ; soit de bâtiments ordinaires qui menaceraient de
rompre leurs amarres et de partir en dérive par la force du courant in
térieur déterminé par la même ouverture des chasses.
Dans de pareils ports, des retenues spéciales sont indispensables . sauf
à les employer comme succursales des ports d'échouage , et à construire
des écluses distinctes l'une pour les chasses , l'autre pour la navigation .
On accole souvent les pertuis pour les deux destinations , comme à l'écluse
de chasse de Dunkerque , dont M. l'ingénieur en chef Cuel a bien voulu
donner en communication le dessin complet, duquel on a extrait les Figures 675
figures 675 des planches. des planche».
La meilleure position d'une retenue d'eau spéciale pour chasses est
évidemment celle qui est au minimum de distance des zônesà désobstruer;
et si , eomme dans les ports de la Manche , cette zone est le chenal d'en
trée , la retenue doit être au moins à l'origine amont du chenal , comme Figures 554 et 540
des planches.
au Havre et à Dunkerque. On y gagne ainsi plus de hauteur de chute
pour les eaux ; et l'on préserve à la fois les bâtiments en stationnement
dans les avant-port et port d'échouage , des secousses que la violence des
chasses y déterminerait. Dans tous les cas , pour prévenir les remous de ces
courants , on prend la précaution de laisser écouler à basse mer une nappe
d'eau dans les zones en amont du débouché des chasses , d'une hauteur
à peu près égale à celle qu'elles affecteront.
La direction du débouché des chasses doit être telle qu'elles frappent
normalement les pouliers des galets , graviers et sables à déblayer. Si les
jetées sont rectilignes et d'un seul alignement , Ton sera forcé d'obliquer
les courants des chasses relativement à la direction des jetées ; de là des
24 COURS DE CONSTRUCTIONS.
bricoles dans le trajet des eaux qui auront le double inconvénient d'en
dommager le pied des jetées et d'éteindre une partie des chasses en chocs
nuisibles.
Si la jetée du côté d'où viennent les alluvions est tracée dans la forme
convexe recommandée par feu M. Lamblardie père, et qui vient detre
adoptée pour le prolongement de la jetée Est du port de Dieppe , le courant
des chasses peut être parallèle à l'alignement des parties amont de la jetée.
La forme de retenue la plus convenable pour les chasses est évidemment
celle d'un cercle , dont le centre serait à peu près au débouché des chasses;
on s'en est beaucoup approché dans la nouvelle retenue de Dunkerque.
Les molécules d'eau ont ainsi le minimum de trajet intérieur à parcourir
pour arriver à l'issue commune, et le minimum de hauteur de chute
est dépensé pour leur procurer la vitesse nécessaire à leur arrivée.
La forme la plus désavantageuse est celle d'un parallélogramme oblong;
elle a été adoptée cependant dans beaucoup de ports, par suite de la difficulté
de trouver à proximité des chenaux d'entrée des ports des terrains d'une
grande étendue pour former réservoirs d'eau à peu près circulaires.
Alimentation L'alimentation des retenues s'effectue soit par la mer seule, soit par des
des
retenues spéciales affluents d'eaux douces, ou par le concours de ces deux modes.
pour chasses. Quand les courants d'eaux douces sont torrentiels, chargés de troubles
dont on ne peut les purger, on préfère les dévier et les laisser directement
se rendre à la mer, afin de prévenir à la fois la diminution de la capacité de
la retenue par le dépôt des troubles et les inondations en amont. Même en
se servant des eaux douces pour l'alimentation des retenues, il est essen
tiel : 1° de se ménager les moyens de les détourner temporairement pour
le cas où la retenue devrait être asséchée ; 2° d'avoir un déversoir d'éva
cuation surtout pour les crues.
A la retenue des chasses du port de commerce de Cherbourg , qui reçoit
les eaux des rivières de la Divetle et de Trottebec , on a placé de pins à
l'amont et au débouché des deux rivières, des portes de flot qui empê
chent les fortes marées de pénétrer dans la vallée , et d'y déterminer des
gonflements d'eau plus considérables que ceux qui résulteraient de l'accu
mulation des eaux vives pendant quelques heures de haute mer.
Capacités La capacité d'une retenue et le débouché des chasses dépendent du vo-
des
retenues spéciales lurne d'eau dont l'écoulement est nécessaire pendant l'étalé de basse mer
pour chasses.
pour désobstruer les zones encombrées d'alluvions. Ce volume dépend
lui-même de la hauteur de chute disponible , de l'intervalle qui sépare
COURS DE CONSTRUCTIONS. 25
l'écluse de chasse du lieu de gisement de ces alluvions , des quantités et
force d'agglomération de ces matières.
Ainsi que M. Lamblardie fils l'a fait observer dans un mémoire imprimé
en 1826, et relatif au canal maritime alors projeté de Paris au Havre :
« La limite d'approfondissement d'un chenal dépend principalement de
» la hauteur des chutes des chasses ; et lorsque le fond du chenal aura at-
» teint la forme qui lui conviendra pour que sa résistance soit en équilibre
» avec la force du courant, la plus grande dure'e des chasses n'ajoutera
» rien à la profondeur du chenal. La capacité d'une retenue sera suffisante
» quand le courant des chasses qu'elle alimentera conservera sa force
» propre, pendant un temps un peu plus considérable que celui qui est
» nécessaire à l'enlèvement des alluvions qui peuvent être apportées dans
» le chenal d'une chasse à l'autre. Si ce temps était moindre que cette li-
» mite, le chenal continuerait de s'encombrer; s'il correspondait à cette
» limite, les dépôts disparaîtraient, mais le fond naturel du chenal ne
» changerait pas ; enfin si le temps des chasses allait au delà , le chenal
» atteindrait d'autant plus vite son maximum de profondeur que cet excé-
» dant serait plus considérable.
» A Dieppe, la durée et la puissance des chasses sont évidemment suffi-
» santés pour déblayer le chenal de toutes les alluvions que la mer y ap-
» porte ; mais leur effet ne va pas au delà. En augmentant la durée des
» chasses , on augmenterait probablement la profondeur du chenal. Mais
» si l'on considère, d'une part que l'ascension de la mer s'oppose à ce que
» l'accroissement de dure'e soit de plus d'une heure à une heure et demie ;
» et d'autre part que la puissance du courant des chasses , lorsqu'elle agit
» au-dessous des basses mers, est considérablement diminuée par l'inertie
» de la nappe d'eau inférieure ; on concevra que la limite de l'approfondis-
» sèment du chenal de Dieppe , si l'on n'augmentait pas la chute des écluses ,
» ne serait pas de beaucoup en contrebas du fond actuel , et que l'on se
» ferait illusion en espérant un approfondissement tel que des grands na-
» vires pussent entrer et sortir à toute heure de marée. »
Le tableau ci-contre fournit les principaux renseignements qu'on a pu
recueillir sur les retenues et écluses de chasses , notamment dans la statis
tique des ports de commerce, récemment publiée par l'administration
des ponts et chaussées. Ce tableau est plutôt un cadre pour réunir des ren
seignements ultérieurs.
TOME III. 4
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Idem
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28 COURS DE CONSTRUCTIONS.
Une observation importante , sur laquelle l'on doit revenir , c'est que l'on
aidera puissamment l'action des chasses sur les alluvions , particulièrement
sur celles en graviers et sables , en la faisant précéder par des appareils
qui en labourent les massifs en augmentant les surfaces apparentes, et
empêchent ainsi les eaux de glisser dessus.
Bélidor recommande avec raison (page 587, tome 3, de VArchitecture
hydraulique) de subdiviser les pouliers et bancs par des lignes de clayon-
nage à faux frais , et de diriger d'abord les chasses dans quelques-uns de
leurs intervalles , puis sur les reliefs qui resteront intermédiaires.
On s'est servi , pour guider les courants des chasses à Dunkerque , d'un
Figures 070 ponton-valet, dont la figure 676 des planches fera connaître suffisamment
des planches.
les formes et dispositions.
Au Havre et à Honfleur , des radeaux nommés yuideaux , imaginés par
Figures G77 l'ingénieur Castin , représentés figures 677 des planches , et décrits par
des planches.
Bélidor, page 131, tome 4 , de YArchitecture hydraulique , ont le même ob
jet. Ces radeaux flottent à mer haute, et peuvent être conduits sur un point
quelconque. Quand la mer baisse , on fait descendre dans les écoutilles ou
coulisses du radeau , des pieux de support mobiles qui se fixent à diverses
hauteurs à l'aide de linguets attachés sur le radeau. La partie de ces pieux
qui est au-dessous du radeau , forme alors épontille à basse mer ; et le radeau
est dressé ainsi suivant l'inclinaison voulue. Plusieurs de ces radeaux sont
réunis au besoin ; mais leur manœuvre est très-difficile dans les gros temps.
Tracé el exécution L'on a vu parle tableau ci-dessus que la grandeur des pertuis des écluses
des de chasses varie depuis 2 mètres jusqu'à 6m,609 ; les piles de séparation
écluses de chasses.
ont ordinairement de 3 à 3m,20. Les grands débouchés favorisent le prompt
écoulement de l'eau dans les premières heures de la basse mer , puisqu'ils
atténuent de beaucoup les contractions des veines-fluides. Mais les ventaux
tournants et leurs portes de flot de défense vers le large deviennent égale
ment plus lourds et plus faciles à se détraquer.
Les pertuis d'un débouché de 3 à 4 mètres ont l'avantage spécial de faci
liter le morcellement des chasses , et de permettre ainsi à volonté leur action
simultanée ou successive sur les divers gisements des bancs et pouliers.
Les écluses de chasses , comme les écluses ordinaires des bassins de flot
et doks , ont à résister particulièrement., dans leur radier, à la charge d'eau
intérieure lorsque les retenues sont pleines , et à la charge d'eau extérieure
quand les portes de flots fonctionnent pour l'assèchement temporaire de
ces retenues. Mais de plus, elles doivent soutenir le choc des courants
COURS DE CONSTRUCTIONS. 29
d'eau qui tendent à dégrader rapidement les parties inférieures des ba-
joyers et le radier, soit directement, soit par l'intermédiaire des ferme
tures. Ces écluses sont d'ailleurs exposées aux érosions en amont, et sur
tout en aval de leurs têtes. Les portions des maçonneries qui reçoivent le
choc direct de l'eau doivent donc être exécutées en matériaux d'un grand
volume , disposés en boutisses et reliés les uns aux autres dans les mêmes
assises, et d'une assise à l'autre.
Un avant-radier à l'amont vers la retenue est nécessaire toutes les fois
que le fond n'est pas du rocher ; cet ouvrage doit présenter d'ailleurs plu
sieurs lignes transversales de palplanches jointives ou de massifs de béton
formant des sortes de tenons dans le sol.
A la nouvelle écluse de chasse de Dunkerque (voir fig. 675 des pl.), la lon Figures 075
des planches.
gueur de l'avant-radier , dans le sens de l'axe de l'écluse , est de 30 mètres ,
à compter de la tête de l'écluse ; et il est formé d'un grillage piloté et bordé.
Au Tréport , cette cote est de 17 mètres (voir fig.673 des pl.). Les rives , Figures 675
des planches.
aux abords de l'écluse, sont revêtues d'estacades en bois de lm,4 de hauteur.
A Dieppe, l'avant-radier a 18 mètres de longueur.
Cette dimension est réduite à 16 mètres à l'écluse de chasse de la Floride ,
au Havre.
L'avant-radier à l'aval , est ordinairement suivi vers le large d'une plate
forme inclinée , dite faux radier. Bélidor conseillait de donner à l'avant-
radier, à partir du débouché des chasses, une longueur quintuple au
moins de la hauteur maximum de chute. Le faux radier assis dans l'an
cienne écluse de Mardik à Dunkerque , est long de 30 mètres , suivant l'axe
de l'écluse. Celui de l'écluse des chasses de Boulogne a 25 mètres.
L'avant-radier et le faux radier ont ensemble : au Tréport , 31 mètres ;
à Dieppe, 40 mètres; à l'écluse de la Floride, au Havre, 60 mètres ; enfin ,
à la nouvelle écluse de chasse de Dunkerque , 60 mètres.
Les avant-radiers et faux radiers , dans les localités où il y a des vers
marins, doivent être de préférence construits en maçonneries hydrauliques
de pave's , ou pierres de taille de champ 5 sauf à les revêtir d'une plate
forme à faux frais en bois.
Dans .les autres localités , un grillage piloté et bordé peut être généra
lement adopte'. L'on a soin ici, comme dans l'avant-radier en amont, de
subdiviser aussi l'espace par des ligues transversales de palplanches join
tives ou par des massifs de béton.
A la nouvelle écluse de chasse de Dunkerque , on a suivi à peu près le
30 COURS DE CONSTRUCTIONS,
Figures 681 Les figures 681 des planches représentent la cale d'abattage récemment
îles planches, établie au fond du bassin de flot du port de commerce de Cherbourg. Elle
consiste dans un plan incliné dont le seuil inférieur et la pente ont été dis
posés de manière que , d'après le niveau habituel des eaux dans le bassin ,
les bâtiments de grandeur ordinaire étant entièrement couchés sur l'un de
leurs flancs, leurs bas mâts et vergues ne portent pas sur le plan incliné.
Aux ports militaires de Flessingue, d'Anvers et de Cherbourg, où la
cale ou plutôt le quai d'abattage devait servir à des bâtiments de guerre de
premier rang , ces ouvrages ont été exécutés comme il est indiqué figu
res 682 des planches.
Figures 082 Dans les premiers de ces ports, les terre-pleins des quais ordinaires des
des planches.
bassins de flot ont été abaissés à peu près au niveau des hautes mers de
vives eaux ordinaires, ou jusqu'à 0m,70 àOra,80 au-dessus du niveau des
hautes mers de morte eau , et sur une longueur de 34 à 40 mètres , et une
largeur de 5 à 6 mètres. On y remarque le mode de tenue des points
d'attache des caliornes fixes correspondant à la position des principaux
mâts de vaisseaux.
Au bassin de flot du port militaire de Cherbourg on a pratiqué une es
pèce d'encuvement de 36 mètres de longueur et de 2m,50 de largeur,
dont le fond correspond au niveau des hautes mers de vive eau. C'est dans le
radier de cette fosse que sont les boucles d'attache des caliornes d'abattage.
COURS DE CONSTRUCTIONS. 57
Des quais d'abattage analogues sont projetés au nouveau bassin de
flot de Saint-Malo à Saint-Servan.
La résistance que les points fixes pour l'abattage ont à opposer ici est en
sens inverse de la gravité ; mais elle agit au bout d'un bras de levier très-
long. Si ces points sont pris dans une plate-forme en maçonnerie, ils y pé
nètrent à une profondeur telle qu'à l'aide des liaisons des matériaux , ils
saisissent une masse au moins triple de celle que l'équilibre exige.
Si la plate-forme est un grillage en bois, ce grillage doit être solidaire
avec le pilotis au-dessous ; et la résistance, que ne fournira pas l'adhérence
au terrain des pieux du pilotis , devra être remplacée par une charge per
manente ou amovible sur la plate-forme.
Les pontons ont l'avantage spécial de pouvoir fonctionner , quelles que
soient les dénivellations des marées , et sur un point quelconque
d'une enceinte où il y a assez de profondeur d'eau pour que ces pon
tons et les navires à abattre ne risquent pas d'échouer pendant la ma
nœuvre.
Les cales et quais d'abattage ne sont applicables que dans les ports sans
marées notables, ou dans les bassins de flot des ports à marées, et localisent
trop , pour ainsi dire , les opérations à faire.
On alléguait en faveur de l'abattage en carène en général , que les joints
du bordé extérieur sur les flancs émergés des navires s'ouvraient et lais
saient ainsi pénétrer plus profondément l'étoupe des calfats qui se trouvait
serrée lorsque le bâtiment se redressait. Mais , par la même cause , les
joints déjà calfatés se rouvrent lorsque le bâtiment est abattu sur le flanc
opposé; d'ailleurs, le doublage métallique dans ces mouvements alternatifs
se fatigue et est sujet à se déchirer.
Les cales sont des surfaces plus ou moins inclinées; dont la partie supé-
<ie construction, rieure , à peu près insubmersible , est la cale proprement dite , et reçoit les
chantiers ou thins pour la construction des navires; et dont la partie in
férieure nommée avant-cale , submersible dans les ports à marées , con
stamment immergée dans les ports sans marées , est le chemin par lequel les
navires construits se rendent à la mer. — La de'nomination de cale vient
du mot italien calare, descendre.
Les cales conviennent également aux ports à marées et sans mare'es ;
seulement leur établissement et leur entretien sont plus difficiles et plus
coûteux dans ces derniers. Avant de parler de leur exécution , on dira
quelques mots des opérations qui s'y font.
La mise à l'eau des grands bâtiments de guerre est une des opérations
de tamise à°"can. les plus hardies et les plus belles que le génie de l'homme ait osé entre
prendre. On trouvera dans YEncyclopédie méthodique, partie Marine, et
dans les ouvrages spéciaux à ce service, beaucoup de détails sur les anciens
procédés. Voici ceux qui sont en usage.
La coque du bâtiment est construite sur une suite de thins ou chantiers
de 1 mètre à 1 mètre 30 centimètres de hauteur en blocs de bois superposés.
Ces thins sont espacés de lm,50 à 2 mètres dans l'axe longitudinal de la cale.
L'arrière ou la poupe ou étrave, qui tire le plus d'eau quand le bâtiment
est à flot , est ordinairement dans la partie inférieure de la cale ; et l'avant ,
la proue ou étambot est dans la partie supérieure. Cette disposition tend à
prévenir les accidents dans la mise à l'eau au moment du passage du na
vire de la position inclinée qu'il a sur l'avant-cale , à celle qu'il prend étant
entièrement à flot.
La coque du bâtiment est portée pendant sa construction par
COURS DE CONSTRUCTIONS. 4t
sa quille assise sur les thins ou chantiers, et par plusieurs rangées d'acco-
rages verticaux et obliques qu'on dresse sur les deux rives de la cale au fur
et à mesure de l'avancement du travail. Ces rangées sont à peu près con
centriques à la forme extérieure des flancs tribord et bâbord du bâtiment.
Pour la mise à l'eau , il faut substituer à ces supports fixes tenant au sol ,
un système de supports amovibles qui puisse se mettre en mouvement à
un moment déterminé, emporter avec lui le navire jusqu'à la mer , et là
s'en détacher complètement par le coulage sous l'eau.
L'appareil le plus simple, celui dit à béquilles , représenté figures 685 Appareil
dit à béquilles
des planches, estusite'pour les bâtiments ordinaires de commerce et les na pour les bâtiments
de
vires de guerre de deuxième ordre. deuxième ordre.
Le bâtiment ne porte sur la cale, au moment de sa mise à l'eau , que
Figures 083
par la pièce longitudinale dite fausse quille placée au-dessous de la quille. des planches.
Les béquilles latérales des deux rives , dont la semelle touche les coulisses
fixes de la cale, ont pour objet principal de soutenir le bâtiment si dans
son trajet il penchait de l'un des côtés.
Deux systèmes principaux sont employés pour les bâtiments de guerre
de premier rang; ils sont dénommés à couettes mobiles ou à couettes mor
tes. Leur différence capitale consiste en ce que , dans le premier , la plate
forme mobile qui porte le navire est en contact avec la cale par les deux
rives sur lesquelles elle glisse pendant la mise à l'eau; tandis que dans le se
cond procédé, le contact existe sous la fausse quille comme dans le lance
ment sur béquilles mentionné ci-dessus.
Les figures 686 des planches représentent l'appareil à couettes mobiles, Figures 08G
des planches.
aujourd'hui le plus fréquemment employé, et introduit au port de Toulon
par M. Barallier , Ingénieur des constructions navales.
Cet appareil se compose de deux grandes pièces longitudinales dites ai Appareil
dit à couettes mobiles
guilles ou couettes, qui sont étendues chacune sur une des rives de la pour les bâtiments
de premier rang.
cale parallèlement à la quille. Des traverses en grand nombre , interca
lées entre les couettes, préviennent à la fois leur écartement et leur rap
prochement. Sur chaque couette s'élève un bâtis de montants verticaux
en bois dits colombiers , bien liés entre eux. Ce bâtis est fixe' par le haut à
l'aide de taquets aux façons du navire, et engage par le bas dans des soles
ou semelles séparées du dessus des couettes mobiles par des doubles coins ,
à l'aide desquels on serre le berceau contre le navire , et l'on soulève en
même temps ce dernier de dessus les thins ou chantiers de la quille.
De forts cordages , dits saisines, passes à l'extrémité amont de la coque,
tome m. 6
42 COURS DE CONSTRUCTIONS.
forment la dernière retenue au moment du départ du navire , et sont
coupés à coups de hache. De grands leviers sont disposés d'ailleurs sur les
deux rives du bâtiment pour lui donner une forte impulsion et vaincre
l'inertie de sa masse.
Un fort et long câble , amarré également par un bout à l'extrémité du
navire , est tenu à l'autre bout à des canons ou à des bittes en bois, solide
ment implantés. Le câble se de'roule pendant le trajet du bâtiment; mais
comme il a pour objet d'arrêter ce dernier quand il sera à flot , ce câble
est retenu aux points fixes ci-dessus par de petites bosses en cordages ,
dont la rupture successive amortit, sur les canons ou bittes et sur le câble
lui-même, la re'actiou du navire arrêté dans sa marche.
La plate-forme mobile, ainsi faite en berceau, est d'ailleurs chargée de
saumons en fonte qui sont destinés à la faire couler quand le bâtiment
sera à flot. Pour que le relèvement ulte'rieur du berceau soit facile , des
bouées sont liées par des cordes aux deux extrémités de chacune des
couettes mobiles.
Cet appareil bien simple a remplacé le berceau en cordages ou à
roustures , dans lequel une masse énorme de cordages était employée à
relier de tribord à bâbord , et dans le sens longitudinal , les bâtis verti
caux en bois des colombiers , et à supporter à la fois la quille du bâtiment.
Avant de faire fonctionner le berceau , on enlève simultanément et sy
métriquement les rangées concentriques d'accorages extérieurs sur les deux
flancs dubâtiment, en commençant par les rangées extérieures ; etdanscha-
cune, par un accore sur deux. Puis, le navire ayant été soulevé à l'aide
de coins sous les semelles des colombiers, on enlève les blocs de bois de
venus libres dans les thins ou chantiers ; et il ne reste plus qu'à dégager
les derniers arrêts qui retiennent le système, et à en déterminer la mise en
mouvement.
M. Leroux ( Paul ), Ingénieur des constructions navales , a imaginé
pour la mise à l'eau du vaisseau le Sujfren , un appareil parfaitement
combiné pour prévenir la déformation des coques, et assurer le départ au
moment de la mise à l'eau.
( L'appareil dit à couettes mortes est généralement préféré à raison de
dit sa simplicité , pour les vaisseaux du deuxième rang et les frégates. Il re-
à coueltes morles. . .
pose sur le même principe que 1 appareil a béquilles, mais est consolidé en
raison de l'augmentation de volume et de poids des bâtiments. Les fig. 687
déhanches. des p'- indiquent une des nombreuses variétés suivies dans la pratique.
COURS DE CONSTRUCTIONS. 43
On voit que sur les deux rives du navire on élève deux massifs fixes lon
gitudinaux en bois , bien accores dans tous les sens , qui portent les ai
guilles ou couettes mortes.
Des ventrières longitudinales de 10 à 11 mètres de long, taillées en
forme de coulisses , de manière à ce que les aiguilles ou couettes mortes y
soient comme emboîtées sans cependant les presser, sont appliquées
contre les deux flancs du navire. L'une de leurs faces longitudinales se
colle aux façons du navire, et l'autre est parallèle à la direction des ai
guilles ou couettes mortes. Les ventrières sont retenues contre la coque
par des cordages qui s'e'lèvent jusqu'au haut de ses deux extrémités avant et
arrière.
Deux grandes béquilles amovibles sur chaque rive restent après l'enlè
vement des accores , et ont pour objet d'empêcher le navire de s'appuyer
avant son mouvement sur les couettes mortes.
Comme dans le premier appareil, le départ a lieu au moment où l'on
coupe les cordages de retenue , et où l'on produit une forte impulsion soit
par des leviers, soit par des cabestans de chasse qui agissent sur l'é-
tambot.
Dans l'un et l'autre appareil , les parties apparentes de la cale et de l'a-
vant-cale sur lesquelles le glissement doit s'effectuer . les faces du navire qui
sont en contact avec ces parties, sont bien suifées à chaud peu de temps
avant la mise à l'eau. 11 en est de même des ventrières et des couettes
mortes dans le deuxième mode de lancement.
La mise à l'eau dans les ports à marées est consommée avant les der
niers temps de la marée montante, afin que s'il y avait quelque arrêt ou
échouage, la mer elle-même vînt au secours.
En parcourant dans les planches les plans des ports militaires étrangers Disposition «les cales
r r r r « de construction,
et français, on reconnaît que les directions longitudinales des cales de con
struction y sont très-diverses , relativement aux rives insubmersibles et
au sens des courants.
Les axes de quelques-unes leur sont perpendiculaires ; d'autres sont in
clinés tantôt vers l'amont, tantôt vers l'aval. 11 en est même qui sont pa
rallèles à l'alignement des quais et au sens des courants, telles que la cale
couverte du port de Rrest , située sur la rive droite du chenal , dite de
Recouvrance, et une deuxième cale découverte qui lui est adosse'e. Cette
disposition y lient à un changement d'alignements des quais. D'ailleurs ,
dans un port encaissé par une vallée étroite comme l'est Brest , il eût
44 COURS DE CONSTRUCTIONS.
été difficile de diriger les cales normalement aux rites et aux courants ,
sans intercepter les communications littorales ou sans rétrécir le chenal
par des avant-cales formant alors de véritables écueils submersibles. Enfin
le peu de largeur du chenal exposait les navires mis à l'eau à aller heurter
la rive opposée.
Il est indispensable que , dans la direction d'une cale , et àpartir du seuil
inférieur de l'avant-cale , un bâtiment lancé trouve, pour amortir sa vi
tesse acquise, une profondeur d'eau suffisante pour son tirant d'eau lc'ge .
sur une longueur totale au moins double de la sienne , mesurée sur le pont
supérieur. Même à cause de l'enfoncement de l'arrière du bâtiment au
moment de l'immersion et de la mise à flot , un vaisseau de premier rang
a besoin de 8 mètres de profondeur d'eau sur les 25 premiers mètres , à
partir du seuil inférieur de l'avant-cale.
A ces premières conditions, il faut joindre celle d'au moins 9 mètres de
largeur transversale dans chacun des terre-pleins latéraux, ou dans le
terre-plein unique de rive des cales proprement dites , pour le travail du
bois de la membrure des bâtiments. A moins de grandes difficultés , cette
cote devrait être même de 16 mètres pour les cales de premier rang.
Il peut être utile , dans les ports où les courants de flot et de jusant re
versent aux mêmes heures que les marées , d'obliquer les cales sur la di
rection des courants de flot par un angle aigu de l'aval à l'amont du cou
rant. Ce dernier aide alors le bâtiment à continuer sa route , et ne tend
pas à le faire tourner et à le faire frapper contre les rives de l'avant-cale.
Enfin , un fait d'observation dont on peut tenir compte jusqu'à un
certain point; c'est que les navires construits sur des cales orientées
Est ou Ouest , et dont un des flancs se trouvait ainsi exposé au soleil , tandis
que l'autre n'y était jamais , ont présenté des différences sensibles de poids
entre leurs deux moitiés symétriques , et penchaient d'un côté immé
diatement après leur mise à l'eau ; circonstance qui avait exigé un arri
mage spécial du lest à bord.
Lorsque plusieurs cales forment un groupe, on les dispose souvent en
éventail , de manière que leurs axes divergent à partir de l'extre'mité in
férieure des avant-cales. Ces dernières ne requièrent point en effet de terre-
pleins riverains comme les cales proprement dites.
Au reste la position et le groupement des cales dépendent d'une foule
de sujétions locales. Rarement on a la possibilité, comme à Anvers , d'éta
blir deux groupes de neuf cales chacun : d'avoir, comme à Lorienl, treize
COURS DE CONSTRUCTIONS. 45
cales continués , et d'en distribuer quinze en trois groupes principaux ,
comme au chantier du Mourillon à Toulon.
Le seuil inférieur des avant-cales doit se trouver dans une zone où il y Hauteurs d'eau
nécessaires
ait au moment de la mise à l'eau une certaine hauteur d'eau , en rapport aux extrémités
des
avec le tirant d'eau des navires lancés. Ces derniers éprouveraient des dé- avant-cales.
liaisons graves et même des fractures , si en quittant l'avant-cale qui les
soutient , leur partie antérieure descendait par son poids , pendant que la
partie postérieure porterait encore sur l'avant-cale.
La théorie et l'expérience ont conduit aux cotes suivantes de hauteur
d'eau à l'extrémité des avant-cales au moment du lancement et dans l'axe
de la cale.
5m,50 pour les vaisseaux à trois ponts.
4m,50 pour ceux à deux ponts.
8m,50 pour les frégates.
2m,b0 pour les bâtiments de guerre de 2e ordre et ceux
du commerce du même tirant d'eau.
Jm, 50 pour les petits bâtiments du commerce.
Le vaisseau a franchi les premiers 53 mèt. pendant lesquels il était encore en partie
immergé en 52'
les derniers 63 mètres en l*. -45'
Total pour 115 mètres de trajet. . . 2h. 80'
(1) De grandes exagérations s étant accréditées sur la dépense première de cette con
struction , l'on croit utile de relater ici les éléments de la dépense réelle constatée après
l'exécution, en y ajoutant le bénéfice dû à l'emploi des condamnés dans une partie des
travaux, et les matières de toute espèce employées.
Seize colonnes ont coûté en nombres ronds 128,000 fr.
La charpente, Id., Id U7,200
Le revélissage , mi-partie en ardoise, mi-partie en cuivre, Id., Id. . 76,000
Total 852,100 fr.
COURS DE CONSTRUCTIONS. 67
au chantier du Mourillon , annexe de l'arsenal de Toulon , on a profilé de
leur contiguïté pour les distribuer en trois groupes principaux , chacun
formé de cinq cales.
Pour épargner la dépense de quatre supports en maçonnerie , et en même
temps se procurer des halles de travail latérales , avec le minimum de dé
pense , on a couvert chaque groupe par cinq toitures adjacentes à deux ver
sants. Deux rangées de poteaux à 8m,50 d'entre-axe comprennent entre elles
les halles de travail intermédiaires aux bâtiments en chantier et communs
aux deux cales limitrophes; ces lignes de poteaux reçoivent en même
temps la retombée des versants adjacents de deux toitures contiguës.
Cet ensemble de constructions n'aura pas son pareil dans aucun port
français et même étranger.
On est redevable de la communication des dessins à l'obligeance de
M. Bernard , Inspecteur divisionnaire , auteur des projets , et qui en a
suivi l'exécution avec M. l'ingénieur Noël , qui était sous ses ordres.
On ne connaît aucune couverture de cale qui ait été exécutée avec sup
ports et à charpente métallique.
Les figures 699 des planches représentent un projet de ce genre qui avait
été composé par M. Mathieu , aujourd'hui directeur des travaux maritimes
au port militaire de Rochefort.
Le tableau final ci-contre résume les renseignements qu'on a pu re
cueillir sur les dispositions . formes et dimensions des principales couver
tures des cales de construction le plus récemment exécutées.
03 COURS DE CONSTRUCTIONS.
HAUTEUR HAUTEUR
minimum du faîte minimum du faîte
LOHGUEUR LARGEUR de la couverture des vides latéraux LARGEUR GENRE
totale dans HOMERE dans
des œuvre des œuvre c e construction
couver entre les supports des
DÉSIGNATION DES CALES. RAHG DCS CALES. tures supports ; u-dessus a u-dessus ntervalles des
l.*
chaque
de téte des rives îu-dessus 1 e la plate- f u-dessus c la plate rive.
des
en tète. des cales. du sol. forme forme
du sol. inclinée >upports. 1 upporlsderive.
inclinée
le la cale. c es cales.
m. m. m. m. m. m. m. m.
Port de Rotterdam en Hollande. Cales de corvettes. n,3o 17,20 17,20 1 1,00 I 1,00 1,00 Poteaux en bois
7,80 à la ■4,3o
Arsenal de Woolwich en An-' Cale pour vais charpente Jd.
seaux de 1" rang ; 9')°° 32,co 29,00 35,5o | principale; Id.
3,3o aux 9.80
bas-côtés. Jd. 1
j1
Quatre» cales couvertes du nou Piliers rectan
vel arsenal de Cherbourg, 84,00 23,"0 20,20 26,20 7,80 7,80 8 gulaires en ma
exécutées en 1821 et 1822. S » 7> j çonnerie.
Première cale couverte de Ro- ) Pour les vaisseaux i3,oo 9,30 Fermes vert
clieforl, construite cil 1773. ( de 2° rang. | 63, 00 i9)5o 2J,00 21 ,5o 16 4,20 1 cales en bois.
Pour les vaisseaux | 75>°° 20,00 26,5o 22,80 13,00 1 i,3o 18 4,00 Id.
de 1" rang.
Piliers à sccti(
iCales couvertes du port de Tou rectangulaire
lon dans la darse neuve , 82,60 22,00 28,5o 24,00 1 1 ,5o 7,10 8 9-4° ' avec demi - ce
exécutées de 1820 à i825. S 1 cles aux dci
extrémités.
1
m. m. Deux rampants recli- Zinc, 1" cale.
">,7° 1 1,5 4,5o j lignes à l'extérieur, et Toile, 2e cale.
un trapèze à l'intérieur. Papiers, 3e cale.
après avoir passé sur les poulies fixes de retour, viennent s'attacher à de
longs arbres longitudinaux. Ces deux arbres sont mis en rapport avec le
piston de la presse hydraulique. Quand ce dernier marche par l'injection de
l'eau dans le corps de la presse, les deux arbres longitudinaux de rive che
minent aussi et entraînent avec eux les bouts de chaînes : et en moins
d'une heure le bâtiment est hors de l'eau.
On conçoit que la machine à vapeur aurait pu être appliquée directement
et sans l'intermédiaire de la presse hydraulique.
La manœuvre inverse a lieu pour la mise à l'eau des bâtiments ré
parés.
Comme le bâtiment reste suspendu pendant toute la durée des répara
COURS DE CONSTRUCTIONS. 71
tions sur les chaînes et sur l'appareil de la presse , ce dernier est solide
ment engagé dans un large massif en maçonnerie.
Toutefois, il serait possible de soulager cet appareil ; en épontillant sous
la plate-forme du berceau; et même en conduisant horizontalement le bâ
timent avec son berceau , après qu'il aura été élevé à hauteur, jusqu'à une
plate-forme horizontale en arrière où il serait réparé avec soin. Alors ce
système serait applicable également bien pour la mise à l'eau des bâti
ments construits à neuf.
Les gares de docks et les appareils de levage dépendent à New-York de
compagnies particulières qui en accordent l'usage aux prix suivants :
Enceintesct formes Lorsqu'il a été question des fermetures des écluses des bassins de flot
sèches
de radoub. et des écluses de chasses, on a vu que les fermetures de flot dans les ports
à marées pouvaient maintenir temporairement à sec l'intérieur des en
ceintes d'eau , et faciliter la visite, le doublage et les réparations des bâti
ments qui s'y trouveront ainsi échoués. Mais celte faculté, purement acci
dentelle et de courte durée , n'est point à compter parmi les ressources
ordinaires.
Des enceintes spécialement affectées aux opérations ci-dessus , disponi
bles à des époques déterminées et plus ou moins rapprochées , étaient
donc nécessaires surtout à la Marine militaire , où ces opérations doivent
être effectuées en peu de temps, soit dans les ports sans marées, soit dans
ceux des ports à marées où les bâtiments restent à flot à la basse mer. Ces
enceintes ont reçu en France le nom de bassins de radouba ou formes sèches;
en Angleterre, celui de graving-docks .
Les chantiers d'échouage ayant été préparés à l'avance dans la forme as
séchée une première fois, les navires y entrent à flot, toués avec soin dans
Taxe de l'écluse ; dès qu'ils l'ont franchie , des fermetures de flot isolent
l'enceinte de l'extérieur.
Le navire est maintenu dans la ligne d'axe des chantiers, par des pièces
de bois horizontales qui s'appuient sur chaque rive dans le sens trans
versal , par une de leurs extrémités sur les flancs de la coque, et par l'au
tre contre les parois de la forme. On procède ensuite à un nouvel assé
COURS DE CONSTRUCTIONS. 73
chement de l'enceinte; et lorsque, par l'abaissement du niveau des eaux ,
le navire est descendu sur ses chantiers, on l'appuie sur chaque rive par de
nouveaux rangs d'accorages obliques ou verticaux, au fur et à mesure que
•es œuvres vives se découvrent. Les figures 701 des planches représentent Figures 701
des planches.
ces dispositions dans le groupe nord des formes de la rive de Recouvrance
au port de Brest.
La sortie du navire s'opère, en laissant rentrer l'eau pour mettre le bâti
ment à flot ; en ouvrant l'écluse , et en touant avec toutes les précautions
nécessaires, pour que le bâtiment suive l'axe de l'écluse.
L'assèchement de l'enceinte de la forme a lieu soit par l'écoulement des
eaux vers l'extérieur, soit par l'enlèvement des eaux à l'aide d'appareils
mécaniques.
Dans les ports à marées , cet écoulement se fait d'ordinaire de lui-
même jusqu'au niveau de basse mer et par des communications spéciales
entre le dedans et le dehors.
Les formes , considérées d'abord comme moyens rapides de visite , de
doublage et de réparations ont été ensuite employées pour les longs ra
doubs et refontes de préférence au halage sur les cales, ou à défaut d'un
nombre de cales suffisant pour cette dernière opération. Même pendant
quelque temps on avait voulu transformer les formes en chantiers de con
structions neuves.
Feu M. le baron Cachin, à l'instar des formes du port militaire de Figure» 703
des planches.
Carlscrona, en Suède (fig. 702 des pl.) exécutées par le célèbre ingénieur
Thumberg, avait projeté à l'ouest de l'avant-port et du bassin de flot du
nouvel arsenal de Cherbourg, un avant-bassin demi-circulaire en commu
nication avec tous deux , à la circonférence duquel il faisait déboucher ,
dans le sens des rayons , quinze formes de construction et de radoub.
On exposera ultérieurement les avantages et inconvénients respectifs
des diverses dispositions praticables pour les travaux de constructions et
de réparations des navires ; et il résultera de celte comparaison la consé
quence que les formes sèches ne conviennent en yénéral qu'aux visites et
réparations de courte durée.
Feu M. Peslel, directeur des constructions navales au port de Toulon , Disposition et empla-
ceinenl
avait proposé pour les ports militaires , des formes flottantes et amovi des formes sèches
bles , fermées et ouvertes à volonté comme les formes fixes , et qui au de radoub.
raient pu être remorquées près du bâtiment à visiter. Après l'admission
TOME m, 10
74 COURS DE CONSTRUCTIONS.
de ce dernier, cette vaste caisse échouée et conservée à Ilot aurait e'te' vidée
comme une forme fixe.
Cette idée était déjà réalisée en Angleterre sur la rivière de Wear en 1820,
mais seulement pour des bâtiments du commerce. Le caisson flottant y est
échoué sur la plage avant qu'un navire n'y entre. La fermeture consiste
en portes tournantes busquées.
On lit dans VEncyclopédie méthodique, section marine, imprimée en 1783,
article bassins de radoub, qu'il avait été construit un semblable bassin flot
tant à Saint-Pétersbourg.
Toutefois, le projet de feu M. Pesteln'a pas eu de suites; probablement
à cause de l'énorme dépense de construction d'une caisse de dimensions
colossales dont les parois auraient eu à soutenir constamment une charge
de 7 à 8 mètres d'eau.
Tout ce qu'on a dit plus haut, au sujet des emplacements et largeurs des
terre-pleins de rive des cales de constructions, s'applique jusqu'à un cer
tain point aux formes sèches. Cependant il n'est pas nécessaire qu'au
large de l'écluse d'entrée des formes et dans l'alignement de leur axe , il y
ait une longueur en surface d'eau aussi grande qu'au large des avant-cales.
Ici on peut se restreindre à une fois et un quart de la longueur du plus
grand bâtiment admissible dans la forme.
La largeur des terre-pleins de rive peut être réduite aussi à 7 mètres,
et à même 6 mètres, comme au port de Liverpool , quand l'espace est rare
ou cher. Cette largeur n'est que de 9 mètres aux nouvelles formes de
l'arsenal de Toulon fondées dans la mer.
Les questions principales que présente l'établissement des formes sèches
sont relatives: à leur capacité intérieure; à leur destination spéciale; à la lar
geur de leur écluse d'entrée ; à la profondeur d'eau sur le radier de cette
même écluse: à la profondeur du radier de l'enceinte relativement au ra
dier de l'écluse; enfin aux formes et configurations des parois de l'enceinte
intérieure.
L'économie d'une seule écluse d'entrée vers le large, et quelques circon
stances locales ont déterminé , dans plusieurs ports marchands et mili
taires à l'étranger, et dans les ports militairesde Rochefort et Brest en France,
à donner aux formes une capacité telle que plusieurs bâtiments du rang
le plus élevé y fussent admis simultanément. Mais cela supposait que les
bâtiments entreraient le même jour, auraient la même durée de visite et
de réparations , et sortiraient le même jour.
COURS DE CONSTRUCTIONS. 75
Une pareille coïncidence est tout à fait exceptionnelle, et les navires ■
sont ainsi dans une dépendance mutuelle. Aussi l'on a été conduit à sub
diviser ultérieurement l'enceinte intérieure par des écluses à fermetures
■intérieures, et à réserver les formes les plus éloignées de l'entrée aux navires
dont les réparations seraient de la plus longue durée.
La construction des écluses intermédiaires fait disparaître une forle
partie de l'économie qu'on avait en vue ; et la dépendance mutuelle des
navires n'a plus de compensations. Car la faculté de pouvoir déverser
dans quelques cas une partie des eaux d'une forme dans une autre in
occupée , se realise aussi bien par des formes continués latéralement , et
ayant des entrées distinctes.
La capacité des formes est donc réglée seulement sur les dimensions d'un
seul des navires du rang le plus élevé pour lequel elles sont établies ;
sauf à l'agrandir quelque peu de manière que deux bâtiments de rang in
férieur puissent y séjourner simultanément.
En jetant les yeux sur les tableaux de l'appendice n° 4 du tome II , on Destination spéciale
' des formes.
reconnaît :
Que dans les bâtiments de guerre de second rang y compris les petites
frégates ;
Si des formes doivent être disposées dans une localité pour des navires du
type le plus élevé , et que ceux-ci n'y soient qu'en petit nombre, tandis que
les navires d'un tonnage moyen y abonderaient, on aurait :
A rechercher les plus values des dépenses de construction et d'entretien,
de manœuvres de fermetures et des dépenses d'assèchement de formes qui
en résulteraient pour les bâtiments de tonnage moyen ;
Et à tenir compte aussi des chances d'envasement à l'entrée des écluses ,
et de filtrations à l'intérieur des formes , qui seraient d'autant plus graves
que les radiers des écluses seraient établis plus bas.
Cette étude pourra conduire dans quelques cas : à construire des formes
distinctes pour les principales catégories de bâtiments qui fréquentent
le même port. Les dimensions de l'écluse et de l'enceinte intérieure d'une
forme de chaque catégorie seraient alors réglées de telle sorte : que les bâti
ments du type ordinaire y étant pourvus de toutes les facilités nécessaires,
ceux de la catégorie immédiatement supérieure y pussent encore être
admis à la rigueur, mais en subissant toutes les entraves provenant du rétré
cissement de l'espace.
Ainsi, l'enceinte intérieure pour les frégates de premier rang de
60 bouches à feu serait rendue susceptible de recevoir un vaisseau à
5 ponts; car une augmentation de ^Jji) dans la largeur de i5m,50 qu'exi
COURS DE CONSTRUCTIONS. 77
gérait le passage du vaisseau , serait insignifiante pour les difficultés d'exé
cution et de manœuvre.
Le célèbre Grogniard, dans la construction de la forme sèche de Toulon des^iKhes.
(représentée figures 703 des planches), avait ménagé dans les bajoyers de
l'écluse sept rainures espacées de mètre en mètre dans le sens longitudi
nale, et correspondant à des positions différentes du bateau-porte de fer
meture. Suivant la longueur des bâtiments admis dans la forme , il rédui
sait ainsi notablement les dépenses d'assèchement de l'enceinte. M, l'ingé
nieur Bernard a reproduit en partie cette disposition dans la forme nouvelle
récemment exécutée dans le même arsenal.
La largeur du débouché des écluses d'entrée des formes est réglée d'à- LarReureisystème
près les mêmes bases que celles des écluses des bassins de flot , et cette di- des écluses d'entrée
des formes sèches.
mension devra aussi être portée aujourd'hui au moins à 21™, 60 dans les
ports de stationnement de bateaux à vapeur de long cours et de guerre.
Toutefois, on pourrait ici également avoir deux largeurs différentes de dé
bouché : l'une correspondante dans la partie supérieure aux tambours des
roues, l'autre inférieure, qui serait bien moindre.
La figure de la section transversale d'une écluse de formes sèches dépend
du mode de fermeture.
Si l'on emploie des portes tournantes busquées, la plate-forme de l'é
cluse et les bajoyers seront l'une horizontale, et lès autres verticaux , au
moins dans toute la longueur correspondante aux enclaves.
Si la fermeture consiste en bateaux-portes à deux quilles, la section du
débouché peut être un arc renversé dans le radier , se raccordant avec
deux bajoyers , dont les talus seraient tangentiels à une courbe parallèle
à 25 ou 50 décimètres de distance aux façons du maltre-bau du bâtiment
le plus grand qui ait à traverser l'écluse.
Enfin , si le bateau-porte est à une seule quille , ou dans le système
Pestel , la section transversale serait un trapèze renversé dans toute la zone
au large des heurtoirs.
Dans quelques formes existantes fermées par des portes , les écluses pré
sentent en deçà et au delà des enclaves , des sections curvilignes avec arcs
de cercle renversés. Dans quelques autres fermées par des bateaux-portes,
ce même genre de section transversale existe en dedans des heurtoirs jus
qu'à la tête de l'écluse vers la forme.
Le but qu'on s'est proposé a été évidemment de résister avec plus d'effi
cacité aux poussées d'eau de bas en haut sous le radier ; de relier plus inti
78 COURS DE CONSTRUCTIONS.
memcnt les bajoyers des deux rives , et de diminuer la surface des ferme
tures exposées à la pression de l'eau. Il en résulte néanmoins plus de diffi
cultés pour les manœuvres d'entrée et de sortie des navires.
Aussi, dans les formes les plus récemment exécutées à Cherbourg, Brest,
Lorient et Toulon , on a adopté la section en trapèze renversé avec ferme
ture de bateaux- portes dans toute la longueur entre les deux têtes de l'écluse.
On s'y est précautionné contre le soulèvement du radier de bas eu haut,
et contre les filtrations, par une surépaisseur de maçonnerie et par la
taille en claveaux de plate-bande des blocs de dallage, qu'on a posés d'ail
leurs en boulisses de champ.
Du reste , les bateaux-portes sont préférés aux portes tournantes même
pour les formes de visite. Ce genre de fermetures se prête facilement aux
accroissements de débouché et à l'approfondissement des radiers des éclu
ses. Les dépôts de vase fluenle, la présence de corps étrangers sur le radier,
n'en empêchent pas la manœuvre ; et bien qu'elle soit de beaucoup plus
lente que celle des portes tournantes sur un radier bien m;u, cet inconvé
nient est plus que compensé par les moindres chances d'accidents. D'ail
leurs les bateaux-portes permettent de raccourcir de beaucoup les écluses,
diminuent aussi le volume d'eau à enlever pour l'assèchement des formes ,
et tiennent lieu de ponts mobiles.
Même dans le cas de fermetures avec portes tournantes , on ménagera à
la tète de l'écluse , vers le large , des enclaves et heurtoirs pour recevoir un
bateau-porte provisionnel, et des rainures pour batardeaux temporaires
comme aux écluses de navigation.
Enfin il y aura à se prémunir, dans les fermetures des écluses de formes ,
contre un excédant accidentel de pression d'eau du dedans vers le dehors,
lequel a souvent lieu dans les ports à marées, soit parce que les commu
nications de l'intérieur à l'extérieur sont interceptées à dessein ou fortuite
ment, soit parce que leur rétrécissement fait baisser l'eau intérieure moins
vite que l'eau extérieure.
Des valets vers le laryc , ou des chaînes de tension vers l'intérieur, main
tiendraient des portes tournantes, si l'on ne pouvait les laisser ouvertes
entièrement. Mais les bateaux-portes à une seule quille n'ayant pas de stabilité
contre une poussée du dedans au dehors , chavireraient si l'on n'avait
soin de les retenir, soit aussi par les valets et les chaînes indiqués ci-dessus ,
ou par des coins et poteaux amovibles de serrage dans les rainures des
entraves.
COURS DE CONSTRUCTIONS. . 79
Les écluses intérieures de séparation de deux formes à la suite l'une de
l'autre ne sauraient être fermées évidemment que par des portes tournantes.
On renvoie, pour les détails des fermetures avec portes tournantes et
bateaux-portes, 1 à ce n
qui a été dit patres
1 ° 566 à 371 du tome II,1 et aux Fi&uresnsô ei<jtt
_ ; des planches,
ligures 6o5 et 642 des planches.
La question de la profondeur des radiers des écluses d'entrée des formes Cotes de profondeur
, , . . . îii r i du radier des écluses
sèches de radoub est moins complexe dans les ports sans marées que dans d'entréedes formes.
ceux à marées. Dans les uns comme dans les autres , celte profondeur peut
être réduite de toute la hauteur en relief de la quille des navires , en éta
blissant dans l'axe du radier, comme il a été fait aux formes de Brest et de
Lorient, une cunette ou rigole d'environ 60 centimètres de largeur et
50 centimètres de profondeur, dans laquelle la quille s'engagerait, et dont
le fond ne serait qu'à 18 ou 20 centim. au-dessus de lavant-radier.
On a obvié à l'insuffisance de profondeur d'eau sur les radiers par les
expédients suivants :
1° En mettant le bâtiment sans différence de tirant de l'eau de l'avant à
l'arrière par un nouvel arrimage des poids amovibles à bord;
2° En faisant émerger les navires à l'aide de pontons flotteurs dits vul
gairement Chameaux ou Chattes.
Ce deuxième moyen a été employé de tout temps en Hollande, et ap
pliqué à Venise pendant l'occupation française.
Les figures 704 des planches représentent l'ajustement de ces pontons Figures 704
■ n i i » ■ n i -i - ' i- » > ''cs planches,
contre les Hancs des bâtiments, yuand ils ont ete lies étroitement contre
ce dernier à l'aide de cordages ou de câbles-chaînes passant par les sabords
des bâtiments, et susceptibles d'être roidis; on les fait émerger soit en en
levant une partie de l'eau dont on aurait rempli les diverses cases inté
rieures du chameau , soit en retirant le lest dont on aurait surchargé ce der
nier pour le faire enfoncer de toute la hauteur dont le bâtiment doit émerger.
On pourrait se servir aussi du ponton comme d'une plate-forme suscep
tible de s'incliner et d'immerger, et sur laquelle se trouveraient les appa
reils d'élévation du bâtiment à faire émerger. Ce dernier mode est indiqué
par M. l'ingénieur j'offre , dans son mémoire sur le halage à terre du vais
seau le Majestueux (Ann. maritimes et coloniales de 1839).
Quel que soit le mode d'emploi des pontons, qui ont jusqu'à 50 mètres tic
longueur, 15 de largeur, et 6 de hauteur, et bien qu'il puisse faire émerger
de 2m,40 un vaisseau lége de 74 , et de 5m,40 un bâtiment sous voiles, on
voit que ce moyen est fort dispendieux, et que la lenteur et les difficultés
80 COURS DE CONSTRUCTIONS.
de ses préparatifs seront souvent inconciliables avec les exigences de la
navigation , et surtout avec les éventualités en temps de guerre.
Poils sans marées. En conséquence , si une seule forme doit être établie dans un port sans
marées, on ne devra pas hésiter à placer le radier de l'écluse à une cote
telle qu'un bâtiment de premier rang sous voiles y puisse entrer sans pon
tons auxiliaires.
Si le même port est destiné à recevoir deux formes , la seconde serait
disposée de manière à ce qu'on pût y faire entrer à volonté, ou un bâti
ment de premier rang loge, ou un bâtiment du degré immédiatement infé
rieur à moitié' armé, ou un bâtiment sous voiles du 3e degré de l'échelle.
Ainsi , pour n'en citer qu'un exemple, la cote d'eau de 6m,37, nécessaire
à une frégate de premier rang sous voiles , suffirait :
1° A un vaisseau à trois ponts en commission déport qui aurait à bord
son lest, ses bas-mâts, son gréement et les objets d'armement d'attache ;
2° A un vaisseau de 86 canons qui aurait à son bord tout son armement
complet, moins les poudres, les canons avec leurs affûts et projectiles, son
eau , etc. , etc.
Si le nombre des formes était au-dessus de deux, on pourrait descendre
ainsi graduellement jusqu'aux bâtiments de deuxième rang, à moins que
l'importance d'un port tel que celui de Toulon ne requît plusieurs formes
de visite pour vaisseaux de premier rang.
Au reste , la question est bien plus nautique que financière et technique.
Car dans les ports sans marées, quel que soit le système d'exécution des
formes et de leurs écluses , par caissons , batardeaux ou par bétonnages , les
difficultés et les dépenses ne croissent pas avec la même rapidité que dans
les ports à marées pour une même augmentation de profondeur des radiers.
D'un autre côté, l'assèchement à l'intérieur ne pouvant être opéré qu'ar
tificiellement, et d'ordinaire par des appareils élévatoires mécaniques mus
par des moteurs organiques ou par la vapeur, la portion des frais d'assèche
ment qui se rapporte au matériel de ces appareils et à leur mise enjeu est
constante, quelle que soit la durée du fonctionnement. Le montant total de
ces frais ne croît donc pas non plus dans la double proportion de l'augmen
tation du volume des eaux à enlever et de leur hauteur. Ainsi l'excédant
d'eau qu'il faut enlever d'une forme de premier rang lorsqu'on fait entrer
un bâtiment de deuxième ou troisième rang , n'a point autant d'importance
qu'on aurait pu lui en attribuer.
Enfin une dernière considération fort importante sous le rapport de 1 as-r
COURS DE CONSTRUCTIONS. 81
sèchement des formes , c'est que le volume d'eau restant à enlever après
l'entrée d'un bâtiment est bien moindre pour un bâtiment tout armé que
pour un bâtiment lége. Il est d'environ 2,200 mètres cubes pour un vaisseau
à trois ponts sous voiles, et de 5,000 mètres cubes pour ce même bâtiment
lége; une pareille différence compense bien la plus grande élévation des
eaux à enlever dans le premier cas.
Dans les ports à marées, les dépenses de construction , d'entretien de Ports à marées,
l'écluse, de ses fermetures, celles de l'enceinte de la forme, tant que la profon
deur du radier est comprise dans les hauteurs des dénivellations des ma
rées, ne croissent guère qu'en simple raison des profondeurs; car leur ac
croissement multiplie seulement les entraves , chances d'avaries , et al
longe seulement la durée totale des travaux d'établissement.
Les frais d'assèchement sont d'ailleurs peu considérables entre les mêmes
limites.
Mais lorsque le radier s'abaisse au-dessous du niveau des basses mers des
vives eaux ordinaires , tous les éléments de dépenses ci-mentionnées pren
nent d'abord un très-grand développement; mais ce développement se ra
lentit en général, au fur et à mesure que l'augmentation de profondeur
devient une fraction moindre de la cote totale à laquelle on est arrive' en
contre-bas des basses mers de vive eau.
Le radier des écluses des formes , dans les ports de commerce qui assè- Poris de commerce,
chent à basses mers, ne peut descendre au-dessous du sol naturel de ces
ports; mais il peut être relevé jusqu'au niveau des basses mers de morte
eau, ou bien à un point intermédiaire entre ce niveau et le précédent. Les
dénivellations locales des marées , les tirants d'eau des navires du rang le
plus élevé sous voiles, allégis ou léges , le nombre de fois par mois que l'é
cluse doit être franchissable pour tels ou tels navires, seront les éléments
de la question à résoudre.
Toutefois, si une seule forme devait être établie, le radier serait
placé à une cote telle que les navires de premier rang et du tonnage le
plus habituel dans les localités pussent être admis dans la forme aux
moindres hautes mers de morte eau.
Dans le cas d'établissement de plusieurs formes , on les disposerait
comme il a été dit pour les ports sans marées. Mais il y aurait ici à tenir
compte d'un élément nouveau, de l'accroissement de profondeur d'eau dans
la transition périodique des mortes eaux aux vives eaux. Ainsi , dans les
ports comme Calais , Roulogne , Cherbourg, Granville et Saint-Malo, qui
tome m, M
82 COURS DE CONSTRUCTIONS.
assèchent à basse mer, les cotes à haute mer augmentent progressivement
tle 2 et 3 mètres; en sorte qu'on peut faire passer aux syzygies des bâtiments
de premier rang sous voiles, au-dessus d'un radierd écluse qui, à morte eau,
n'aurait été praticable que pour des bâtiments de deuxième rang sous voiles.
Ports militaires. Les bâtiments de premier rang sous voiles restent à flot à basse mer dans
les ports militaires à marées. La question de profondeur des radiers d'é
cluses de formes s'y complique donc beaucoup. Car les types principaux
des vaisseaux à trois ponts, frégates, corvettes , bateaux à vapeur, présen
tent plusieurs subdivisions; et dans chacune d'elles, le bâtiment peut être
dans des positions très-diverses, sous voiles, en état d'armement de rade,
en état d'armement de port, en état de commission ou complètement lége.
La dépense d'assèchement des formes y devient aussi un élément plus im
portant de la dépense totale de l'emploi des formes sèches pour les visites et
réparations. Enfin, dans les localités où les eaux sont chargées de troubles,
il faut tenir compte des dépôts d'alluvions qui obstruent rapidement les
écluses à radiers très-bas. et exigent comme aux formes de Rochefort ,
des moyens permanents et journaliers d'enlèvement.
Toutefois , dans la Marine Militaire, tout doit être combiné pour l'état
de la guerre, pour les plus grands développements instantanés des forces
navales, pour la mise en service immédiate de tout le matériel dispo
nible.
De plus , d'après des Règlements récents, le doublage des navires, cette
partie si essentielle de leur conservation et de leur marche , doit être visitée
annuellement et à chaque départ.
Les considérations de dépenses premières, de difficultés de construc
tion, de frais d'assèchement des formes, seront en conséquence d'un ordre
tout à fait secondaire dans la Marine Militaire.
D'autre part, l'assortiment . pour ainsi dire, des bâtiments de la flotte ,
varie d'une époque à l'autre, d'un port à l'autre. Sauf quelques ports qui ,
par l'insuffisance d'eau à basse mer, ne peuvent recevoir que certaines
catégories de navires ; tous les autres sont appelés à l'armement et au sta
tionnement tantôt de vaisseaux de haut bord, tantôt de frégates , tantôt de
corvettes. Les expéditions de Morée , d'Alger, celle du Levant, toutes ras
semblées au port de Toulon, présentaient de grandes différences dans
leur composition.
On n'hésite donc pas à dire que dans les ports militaires, le nombre des
formes de visite affectées aux bâtiments de premier rang doit être prédo
COURS DE CONSTRUCTIONS. 83
minant^ que dans les ports à marées toutes ces formes doivent être ac
cessibles aux moindres hautes mers de morte eau pour les bâtiments sous
voiles; que les formes de radoub affectées à ces mêmes bâtiments léges
doivent être à la fois accessibles par eux à toutes les hautes mers de
vive ou de morte eau ordinaire ; et par les bâtiments sous voiles d'un
rang moins élevé' aux moindres hautes mers de morte eau.
On suivait une règle analogue au fur et à mesure qu'on descendrait dans
l'échelle des bâtiments de guerre, en remarquant au surplus que le retard
qu'éprouvera l'admission d'un bâtiment dans une forme , aura d'autant
moins d'inconvénients que ce bâtiment devra y séjourner plus longtemps.
Au reste, les chiffres de profondeur des radiers rigoureusement néces
saires aux tirants des bâtiments seront toujours forcés :
1° D'une cote de 0ra,50 à 0m,35, en prévision de l'arc que prennent les
navires à flot;
2° Du maximum de dépression des vagues dans les gros temps à l'entrée
des écluses des formes.
L'avant-radier de l'écluse vers le large au delà de l'emplacement des ba
teaux-portes et des enclaves des portes tournantes , est dressé d'ordinaire
suivant une pente vers la mer d'au moins £ , afin que les navires puis
sent trouver de l'eau pour s'embecter à l'entrée de l'écluse, avant de la
franchir.
Un tableau final présentera les cotes de profondeur des radiers des di-
veises formes de radoub existantes, en même temps que leurs dimensions
principales.
La profondeur du radier de l'enceinte intérieure des formes dans la zone profondeur du radier
centrale de l'axe ne saurait être moindre de 1m,20, en contre-bas du point ae î'en^einie"^!*-
le plus bas du radier de l'écluse d'entrée, défalcation faite toutefois de la des formes,
portion de la profondeur d'eau sur le radier qui correspond à la dépression
des vagues , et dont il a été question ci-dessus.
Souvent en effet, les avaries d'un bâtiment sous voiles se trouvent sous
la quille , et l'opération du chevillage et du doublage demande de la place
pour les ouvriers assis. Enfin, la cote de ln,,20 est celle des thins ou
chantiers d'échouage.
La différence du tirant d'eau de l'avant à l'arrière d'un bâtiment étant
quelquefois de plus de lm,20, on avait proposé de disposer la zone centrale
du plat-fond des formes suivant celte pente ascendante de l'entrée vers le
fond. Mais comme les bâtiments peuvent être mis sans différence pour le
84 COURS DE CONSTRUCTIONS.
passage de l'écluse, on se borne, pour cette zone centrale, à une légère pente
de 0m,005 à 0m,01 par mètre, qui n'a d'autre objet que de hâter 1 écoule
ment des eaux pluviales , et de les conduire jusqu'au point où elles seront
évacuées au dehors.
La différence de hauteur des radiers de l'écluse et de la forme est ra
chetée du reste par un mur de chute, avec tracé curviligne convexe vers le
large , ou à base rectiligne et perpendiculaire à l'axe de la forme.
Formes et configura
tions La configuration générale des parois intérieures d'une forme devrait
île l'enceinte inté être en quelque sorte une enveloppe parallèle à la surface extérieure des
rieure
des formes. façons d'un navire et à une distance telle que l'air et la lumière puissent
s'y répandre; et que la pose des accorages et le travail des réparations et
du doublage puissent s'opérer avec facilité.
Une pareille disposition réduirait au minimum le volume des eaux à en
lever après l'admission des navires , et ferait croître d'ailleurs les épaisseurs
des soutènements en rapport avec les poussées des remblais en arrière ,
depuis le niveau des terre-pleins riverains jusqu'au fond de la forme.
Mais les nombreuses variétés des types de bâtiments feraient qu'une
configuration convenable pour les bâtiments de certains types et grandeurs
serait défectueuse pour tous les autres, et notamment pour le cas où deux
bâtiments de rang inférieur seraient admis simultanément dans la forme.
On regrette aujourd'hui que les anciennes formes de Rrest , Rochefort et
Toulon n'aient pas été construites sur une échelle un peu plus large.
Les considérations de facilité pour les accorages , pour les mouvements
et la mise en œuvre des matériaux sont en première ligne dans les formes
dont l'eau s'écoule d'elle-même, et ne présente sur le plat-fond de l'enceinte
qu'une faible tranche de 50 à 60 centimètres.
figures 705 Ainsi, dans les formes des ports de commerce de Londres de Dundée,
des planches.
et dans celle projetée au Havre par M. l'ingénieur Frissart pour les bâ
timents à vapeur de long cours, les parties latérales sont parallèles à
l'axe et se raccordent par un demi-cercle, à l'extrémité opposée à celle de
l'entrée.
Les sections verticales et transversales de l'intérieur des formes doivent
présenter des paliers et des gradins étagés en arrière les uns des autres,
et plus ou moins multipliés :
1° Pour l'accorage oblique et vertical des deux flancs des navires;
2° Pour la circulation et le travail ;
ôu Pour les mouvements de matériaux à dos ou à bras d'hommes :
COURS DE CONSTRUCTIONS. 85
Dans les zones en arrière et en avant, aux extrémités longitudinales de
l'enceinte qui ne servent pas aux accorages , sont disposés :
1° Les escaliers de communication depuis le sol des terre-pleins jusqu'au
plat-fond de la forme ;
2° Les rampes inclinées ou glissoires pour les bois neufs à mettre en
œuvre et les vieux bois à retirer.
Les figures 706 des planches se rapportent : Figures 706
des planches.
Aux formes sèches pour vaisseaux de premier rang dans les ports mili
taires de Constantinople, de Chatam et Sheerness en Angleterre; ces der
nières ont e'té exécutées par le célèbre Rennie ;
A celle du nouvel arsenal de Cherbourg, exécutée de 1808 à 1811 ;
A la forme de visite refaite par le célèbre Grogniard , en 1783, sur la rive
gauche du chenal du côté de Rrest ;
Au groupe de formes sur la rive droite de Recouvrance à Brest : celle
d'entrée a été construite par l'Ingénieur Choquet de Lindu , de 1 750 à 1 760 ;
celle du fond, par M. l'Ingénieur Tarbé deVauxdairs, antérieurement à 1814;
A la forme de frégates dites du Salou sur la même rive du chenal du port
de Brest, exécutée de 1822 à 1825;
A la nouvelle forme du port de Lorient, commencée en 1820 et achevée
en 1835 ;
A la nouvelle forme pour frégates, exécutée en 1675 à l'arsenal de Ro-
chefort; à un groupe de formes dans le même arsenal , pour vaisseaux de
deuxième rang, qui date de 1689;
Aux nouvelles formes projetées par M. l'ingénieur Bernard au port de
Toulon, et dont l'une d'elles vient d'être exécutée en 12 ans;
Enfin , aux formes projetées dans l'arsenal d'Anvers pendant les dernières
années de l'empire français, et dont l'exécution avait été commencée en 1 81 2.
Les figures 701 des planches représentent le groupe nord des formes de Figures 701 et70ô
Recouvrance de Brest ; et les figures 703 , la première forme sèche exécutée «les planches.
par le célèbre Grogniard au port de Toulon.
Sur tous les plans, coupes longitudinales et transversales des formes
sèches mentionnées ci-dessus , on a indiqué les coupes horizontales , lon
gitudinales et transversales prises an plus fort des principaux bâtiments de
chaque type.
Enfin, pour rendre plus intelligibles les dessins ci-dessus, on a repré
senté dans les figures 706 des planches la perspective du groupe sud des
formes de Recouvrance de Brest.
8G COURS DE CONSTRUCTIONS.
L'inspection de ces plans fait reconnaître qu'on peut considérer généra
lement les parois de l'intérieur des formes comme engendrées par le mou
vement progressif de la section transversale le long des lignes des sections
horizontales.
Dans les formes des ports français les plus récemment exécutés . les
arêtes des gradins inférieurs suivent enplan des courbures à peu près con
centriques à celles des façons correspondantes des navires. Le volume d'eau
dans les tranches qui sont au maximum de profondeur el en contre-bas du
niveau des basses mers dans les ports à marées, est ainsi réduit à son
minimum.
Les arêtes des gradins deviennent parallèles à l'axe dans les tranches su
périeures, au moins dans toute la longueur qui correspond à la quille du
plus grand bâtiment. Au delà , et vers la zone la plus reculée des formes, les
gradins, depuis le fond jusqu'en haut, sont contournés en plan suivant
les courbes ogives ou demi-circulaires.
Ces mêmes gradins, en profil transversal depuis le plat-fond de la forme
jusqu'en haut, augmentent de hauteur en même temps qu'ils diminuent
de largeur. Le palier qui se trouve à peu près à ôm,50 au-dessus de ce plat-
fond est celui dont le tracé a le plus d'importance , parce qu'il reçoit ordi
nairement l'emplanture du premier rang d'accorages latéraux du navire
échoué sur les chantiers. Ce palier ne saurait avoir moins de 1ra,40 pour
que les ouvriers puissent circuler entre les accores el les parois de la forme.
Dans les formes anglaises , les arêtes des paliers, sur toute la profondeur
de la forme, sont ordinairement, enplan, parallèles à l'axe sur les deux
longs côtés , et se raccordent aussi vers la zone du fond par des arcs ogives
et demi-circulaires.
Le profil transversal en est très-varié. Ainsi, dans les ports de commerce
de Londres, Liverpool, Bristol, Trown , Ardrossan , Leilh, on rencontre
des formes dont les gradins sont disposés comme dans les formes fran
çaises ; d'autres où les gradins sont tous d'égale hauteur à peu près , el ont
leurs arêtes tantôt sur une surface concentrique à celle du maître-bau des
navires, tantôt dans un plan incliné à 60 degrés sur l'horizon. Plusieurs
de ces formes présentent des groupes verticaux de gradins composés de
deux, trois, quatre ou cinq petits gradins de 50 cent, de largeur. Ces
groupes sont séparés par des banquettes de 0m,52 à Om,60 de largeur.
Enfin , quelques-unes de ces formes n'ont point de gradins ; et les commu
nications des terre-pleins avec le plat-fond s'effectuent par quelques glissoires
COURS DE CONSTRUCTIONS. 87
et escaliers fixes , et même par de simples échelles amovibles en bois. Les
accorages y reposent sur le fond comme dans les cales en tranchées. Des
chevalets , analogues à ceux des couvreurs, suspendus au couronnement du
pourtour des formes , portent des planches à faux frais pour la circulation
et le travail des ouvriers.
Le système des formes françaises est évidemment le plus économique à
la fois pour la construction et pour l'asse'chement des formes. Mais les gra
dins uniformément hauts de Chatam et de Sheerness dispensent d'escaliers ,
sont plus commodes pour les communications et se concilient mieux avec
l'établissement des accorages pour des navires de divers types. Le parallé
lisme des arêtes des gradins à l'axe de la forme rend d'ailleurs possible
l'introduction et les iéparations simultanées de plusieurs navires du
deuxième ordre.
Les parements des gradins d'une grande hauteur ont été exécute's tantôt
verticalement, tantôt avec un fruit qui a été porté jusqu'au septième.
Les paliers doivent toujours présenter une penle légère vers Taxe de l'en
ceinte de la forme pour l'écoulement des eaux pluviales. Le couronnement
seul aura une pente inverse pour éloigner de la forme les eaux pluviales et
autres des terre-pleins riverains.
Quel que soit le système adopté, les parois ascendantes des deux rives Dispositions de déia il
présentent des rangées d'arganeaux ou pilons en cuivre rouge , établies la !' ' '"' "" '"'
première à environ 4 mètres, la deuxième à environ 7m,50 au-dessus du
plat-fond. Les arganeaux , dans chaque rangée, sont à environ 4 mètres
d'intervalle; et ceux d'une rangée correspondent au milieu des intervalles
de ceux de l'autre.
Ces rangées se continuent sur le pourtour de la forme , sauf dans la zone
la plus reculée. Leur destination est de retenir les cordages pour la ma
nœuvre des accores, et les haubans des mâts de charge , grues et chèvres
amovibles qui desservent le travail des charpentiers.
L'arête de couronnement , au pourtour des formes , doit être pourvue de
boucles en fer espacées de 0,80 jusqu'à 1 mètre , et servant à suspendre
les plates-formes volantes des ouvriers, sur une garniture continue. Celte
garniture est en fonte de fer, forme relief sur le couronnement , et est évidée
en caillehotis ou en damier , afin qu'on puisse y passer les amarrages des
plates-formes à un point quelconque du périmètre.
Le chauffage des bâtiments pour le calfatage et le brayage exige qu'il y
ait au moment de ces opérations, et sur les deux rives, des pompes à incendie
88 COURS DE CONSTRUCTIONS.
pourvues d'approvisionnements d'eau douce, fl est donc utile qu'un puits
soit établi au delà de la zone du fond des formes, et qu'une pompe d élé
vation des eaux les répande dans des cuves fixes ou amovibles placées sur
les deux rives.
Aux formes de Recouvrance de Rrest, les cuves, au nombre de 17, sont
fixes , en maçonnerie , de 0m,80 de dimension en tout sens, espacées de 8 à
9 mètres en dehors du dallage du couronnement qu'elles affleurent par
leurs couvercles. Ces cuves sont réunies entre elles par des rigoles, en sorte
que l'eau partant d'un point se répand de proche en proche dans toutes les
cuves. Toutefois, les bailles à incendie amovibles, dont il existe toujours
de grands dépôts dans les arsenaux militaires, paraissent préférables.
Les terre-pleins riverains des formes sont bordés comme ceux des bassins
de flot, à 10 et 15mèt. d'intervalle, de vieux canons ou bornes, en fonte de
fer, destinés à la fois à la manœuvre du louage pour l'entrée et la sortie des
navires, et à la tenue des haubans de chèvres, grues amovibles et autres
appareils en usage pour les visites et réparations de navires.
Enfin , dans l'axe de la forme et au delà du couronnement de la zone la
plus reculée, doit être implanté un système de canons ou poteaux en bois
(dits bittes), fortifié par des ventrières, arc-bouté contre les parois de
la forme, et sur lequel se prennent les retours des cordages de touage pour
l'entrée et la sortie des navires.
Assèchement c[ rem- Les formes des ports à marées de la marine militaire ou marchande,
plissage des formes. ^ans ]eSqUe]s [e radier de l'enceinte intérieure correspond au niveau des
TOHE lt{. 14
COURS DE CONSTRUCTIONS. 107
Ce projet, indiqué dans les figures 716 des planches, consistait à établir
un bassin de flot ou darse dont les parois auraient eu en hauteur plus du Figures 71(1
des planches.
double du tirant d'eau d'un vaisseau de premier rang. Autour de sa partie
supérieure eussent été groupées des formes sèches dont le radier d'écluse
eût été au niveau des plus hautes mers.
Les mouvements d'entrée et de sortie des navires auraient eu lieu comme
suit :
Les navires seraient entrés comme à l'ordinaire dans le bassin de flot ou
darse; puis, à l'aide d'un cours d'eau supérieur, ou de machines hydrau
liques, on les eût fait monter avec l'eau du bassin , jusqu'à ce qu'il y eût
eu une profondeur d'eau suffisante au-dessus du seuil des formes pour le
passage. Cela fait , et les bâtiments étant entrés dans les formes , on eût fait
écouler l'eau jusqu'à ce que son niveau eût été ramené à celui des hautes
mers , et les formes fussent reste'es à sec. Une marche inverse aurait fait
sortir et descendre les bâtiments.
Cette combinaison , d'une dépense e'norme , qui exigerait des maçonne
ries d'au moins 15 mètres de hauteur et 7™, 50 d'épaisseur, serait toutefois
susceptible d'application dans les localités où il y aurait des cours d'eau
très-élevés , à l'aide desquels on remplirait le bassin commun.
Il est e'vident, du reste, que pour ne pas mettre toutes les formes dans la
dépendance d'une seule, on aurait à munir chacune d'une fermeture spé
ciale de flot.
Le tableau final ci-dessous réunit les principaux renseignements qu'on a
pu recueillir sur les formes existantes à l'étranger et en France.
10 COURS DE CONSTRUCTIONS.
coirnccRATiofi PROFONDE»
et débouché minimum ordinaire
d'eau dans l'axe
DESTINATION SYSTÈME SYSTEME du radier
—— —
DÉSIGNATION DES FORMES. des de fermeture de
formes. de l'écluse. au niveau au aux aux
fondation de l'écluse, hautes hautes
des niveau mers
terre- du mers
pleins. radier de morte de vive
eau. eau.
m.
5,85 Sur rocher.
m, m. m. m. m. Gradins
5,50 16,00 26,00 00,00 65,50 10,00 élevés Inconnu.
et inégaux.
m. ! Fondation comme à )
5,20 l'écluse, par caisson, ( ^rès de
5,70 0,00 8,45 23,40 05,30 I 00,30 7,80 Id. sur le terrain dragué e t ( 3,000,000 f.
non compris l'espace à comprimé. )
|gagncr dans l'écluse. / Fondation sur massif { 1,700,000 f
5,75 Ide béton de 3 mètres 1 y compris le
6,20 1,00 7,00 23,00 60,30 | «4,80 9,00 id. / d'épaisseur, assis sur le (bénéfice du
non comprit IVapact* disponible \ terrain dragué elcom- ( à l'emploi
daus l'écluu, / primé par pilotis. ) des forçais.
7,50 8,00 Id. Id. Id. Id. Id. 10,75 Id. Id.
I environ environ
m. ) jusqu'à ( Gradins
22 à 24 \ 20 m. de )
longueur. ( égaux.
l'axe
ivant CONFIGURATION PROFONDE»
et débouché minimum d'eau dans l'axe
de l'écluse du radier.
DESTINATION SYSTEME cur SYSTÈME
DÉSIGNATION DES FORMES. des de fermeture 33 de
Lon de
l'écluse aux aux
formes. de l'écluse. au niveau au fonda lion de l'écluse. hautes hautes
des niveau mers mers
terre- du de morte de vive
pleins. radier. eau. eau.
m. m.
Deuxième forme, dite de l'Union. . . j Pour vaisseaux
de l" rang.
TnAieîÀmn fiti>ma / «( Pourdevaisseaux
74.
i
Radier plat ,
Forme du Salou pour frégates , exécutée . Pour frégates. Id. 10,00 16,00 | 13,9 Rocher. 2.87 4,60
Forme postérieure, dite n° 3, de même< Id. Id. 14,40 17,08 12,00 5,20 6,93
Port de Lorient.
Forme neuve, exécutée de 1820 à 1833. Id. Bateau-porte. 12,60 19,89 15,49 Rocher. 5,38 5,86
Port de Bochefort.
Vieille forme couverte, construite en Pour frégates. Portes tournantes. 17,50 14,30 11,00
m. m.
24,50 73,00
20,00 59,00
Fondation en maçon-
m»• t Gradins I neriesurgrillage piloté
m. m. m. ! avecplusieurs rangées
2.40 1,30 11,20 24,00 64,00 70,10 10.»00 i inégaux. j de palplanches sur le
[ pourtour.
571,000 f.
non
|i
m. Gradins \j _Roclier-
, compris
8,00 24,00 59,30 67,00 9,50 inégaux, les dépense.'
2,00 1,00 1,00
pour
batardeaux.
Les formes ont une utilité spéciale pour les visites, les réparations des
bâtiments sous voiles et prêts à partir, puisqu'en deux fois vingt-quatre
heures un bâtiment peut être entré dans une forme, y avoir été mis en état
et en être sorti. Le simple carénage ou doublage peut être complété en
deux jours dans une forme ; il ne le serait que dans six ou huit jours par
l'abattage en carêne , à raison des préparatifs à faire aux pontons, bigues,
caliornes et gréements. D'ailleurs , le doublage s'effectue dans une forme
sur un bâtiment sous voiles; à flot le bâtiment doit être évidemment lége.
Grogniard , dans un de ses mémoires manuscrits, évaluait à plus de 6 et
8 centimètres l'augmentation d'arc d'un vaisseau dans l'abattage en carêne
par le renversement alternatif sur les deux flancs. Co dernier mode n'est
aussi pratiqué qu'à défaut des formes de visite et pour des bâtiments de
deuxième rang.
Les formes conviennent aussi exclusivement dans les ports sans marées.
Elles sont préférables aux bassins et grils de carénage dans les ports à ma
rées et pour les radoubs de courte durée, à raison des difficultés et de l'ex
trême lenteur des réparations à flot et sur les grils.
Mais s'il s'agit de longs radoubs , de refontes , de conservation des bâti
ments en dépôt , pour lesquels la durée des opérations préliminaires est
une portion très-petite du temps total du travail, le halage à terre sur
cales parait préférable à l'emploi des formes.
En effet, le défaut de ventilation dans les formes, Pair chaud et hu
mide qui y séjourne, sont des eauses puissantes d'un dépérissement ra
pide dans les bois. Le manque de clarté et d'espace pour la circulation y
rend les travaux de réparations très-pénibles.
Toutefois, l'admission des navires dans les formes les déliaisonne moins
que la double opération du halage à terre et de la mise à l'eau ultérieure,
quelques précautions qu'on prenne dans ces dernières.
Au reste, dans chaque localité, il y aura à établir sous le rapport de
l'économie, des comparaisons entre ces deux modes, fondées sur les élé
ments suivants :
COURS DE CONSTRUCTIONS. 115
1° Emploi des formes pour les radoubs, 2°. Emploi des cales pour les radoubs, re
refoules , conservation et dépôt des na fontes et conservation des navires et de
vires. port.
On ne fait pas mention des couvertures d'abri dans les deux cas , parce
qu'elles seraient à peu près les mêmes.
11 est probable que même dans les ports à marées l'usage des cales serait
plus e'conomique pour les radoubs et refontes; et à fortiori pour les con
structions neuves pour lesquelles il n'y aurait point à compter de dépense
de halage à terre.
La mise en place des bas mâts des bâtiments de premier rang est une
opération importante par la précision qu'elle exige, et par le poids, la lon
gueur et la grosseur du fardeau à mouvoir.
Un bas mit de frégate de 0ra,78 de diamètre, 28">,60delong, pèse 8,160 kil.
Le même, dans un vaisseau de 74, a 0m, 95 — 30,n,96delong,etpèsel2,-482
Le même, dans un vaisseau à 8 ponts, a lm,04 — 32ra,90 — Id. 16,642
Le bas mât, conduit à flot jusque sous l'appareil, est élevé verticale
116 COURS DE CONSTRUCTIONS.
ment avant que le navire auquel il est destiné se présente lui-même
dessous; alors fait descendre verticalement le bas mât par les écoulilles
des divers ponts jusqu'à ce qu'il soit rendu à son emplanture.
On s'est longtemps servi et on se sert encore à Rochefort et à Cher
bourg d'un appareil élevé sur un ponton ou sur de vieux navires , et
Figures717 qui est formé de trois bigues ou mâtures reunies vers leur sommet , et
des planches
surplombant vers le dehors de la demi-largeur du maître bau des plus
grands navires à mater. Cet appareil est retenu à son sommet et aux di
vers points de sa hauteur par des haubans en cordages ou en chaînes
amarrées sur le bord opposé du ponton, et susceptibles d'être ridées. Le
levage des bigues est effectué d'ailleurs à l'aide d'autres plus petites et d'un
usage commun dans les ports.
L'élévation et la descente du bas mât s'opèrent â l'aide de jeux d«
caliornes, l'un fixé au fardeau à soulever, l'autre au haut de l'appareil.
Les cordes et chaînes courantes vont s'enrouler sur des cabestans et treuils
établis sur les pontons et mus par des hommes.
L'appareil sur ponton est commode par son amovibilité, puisqu'il
peut être conduit sur un point quelconque des ports , bassins et darses ;
mais l'opération du mâtage est plus difficile , en raison des mouvements
que prend le ponton au fur et à mesure que le mât émerge ou descend dans
le navire où il doit être implanté.
Aussi , dans la plupart des grands arsenaux, l'on a établi des appareils
fixes à bigues, sur certains points des rives où il y avait une profondeur
d'eau suffisante pendant la durée de l'opération , soit à toutes les hautes
mers, soit seulement aux hautes mers de vive eau , pour un bâtiment de
premier rang sous voiles.
Figures7l8 Les figures 718 des planches représentent les appareils de mâtage avec
des planches.
bigues des ports de Helvoet-Sluys en Hollande , des États-Unis et du port
de Toulon en France. Ils sont élevés sur un soubassement fixe en maçon
nerie, dont le fort relief au-dessus des quais permet de réduire de beaucoup
la longueur et la grosseur des bigues.
La hauteur de la tête de l'appareil au-dessus de la mer haute étale se
règle sur la longueur du bas mât , ou sur la hauteur du pont supérieur
au-dessus du niveau de l'eau dans le bâtiment du rang le plus élevé pour
lequel la machine doive fonctionner. On ajoute à cette première cote une
longueur de 5 à 4 mètres pour le jeu nécessaire aux caliornes. La réunion
forme un total de 54 à 56 mètres.
COURS DE CONSTRUCTIONS. 117
La saillie en surplomb de la tête de l'appareil est telle que, le bâtiment
à mater étant présenté, le mât se trouve verticalement au-dessus des écou-
tilles des différents ponts, et descende sans frottements. Ce surplomb est
de 8 à 9 mètres , pour des machines à mâter de premier rang.
Au port de Brest , le soubassement est en surplomb vers le chenal , sui
vant la ligne inclinée des bigues ; de manière que les vaisseaux avec rentrée
s'approchent davantage du pied des bigues , et que la charge transmise
par ces pièces de bois au moment du levage , est normale aux lits des as
sises. Un relief de rochers très-élevés, placé en arrière des terre-pleins,
facilite d'ailleurs l'amarrage des haubans et bigues.
L'expérience a prouvé que les appareils avec bigues , en bois du Nord ,
qui coûtaient de 30,000 à 40,000 francs, duraient plus de trente ans,
lorsque l'on prenait des précautions pour dégager l'eau de leur emplanture
et pour la tenir bien asséchée.
A Copenhague on a réduit la charpente en surplomb de l'appareil à un Figures 7 19
îles planches.
simple échafaudage, en élevant une tour verticale d'environ 18 à 20 mè
tres, pour recevoir la ctdée de cet échafaudage.
La machine à mâter de Venise, exécutée par M. l'Ingénieur Lessan, est Figures 720
des planches.
beaucoup moins massive et dispendieuse.
On pourrait, en laissant sur les terre-pleins des quais, les cabestans,
treuils et autres moyens d'emploi des moteurs, réduire une tour à mâter
à un grand pilastre ou pyramide tronquée avec escalier intérieur, et à
section rectangulaire très-oblongue. Au haut serait un échafaudage fixe
dont la culée serait retenue par des attaches ou par un contre-poids ; en
sorte que le tour n'aurait qu'à supporter un effort vertical , et non à résister
à une tendance au pirouettement.
Le côté du soubassement en maçonnerie qui est exposé aux frottements
des navires à mâter, est ordinairement parementé en pierres de taille et
garni au niveau des hautes mers de plusieurs fortes bouches pour l'amar
rage des navires.
Les tours à mâter seront généralement beaucoup plus dispendieuses que
les appareils avec bigues, même en tenant compte des renouvellements de
ces derniers tous les trente ans, et de leur entretien annuel.
On a dit dans la sixième leçon, tome Ier, pages 07 et. suiv., que l'immer-
118 COURS DE CONSTRUCTIONS,
sion complète des bois sous l'eau en garantissait la durée indéfinie, sans
rien faire préjuger toutefois sur les altérations plus rapides qu'ils pour
raient éprouver lors de leur mise en œuvre et de leur emploi subséquent
à l'air.
On a dit aussi que les ravages des vers marins dits tarets sur les bois im
mergés dans l'eau de mer, ne pouvaient être prévenus qiie par le mélange
d'une certaine quantité d'eau douce.
Feu M. l'Ingénieur Rredif a rapporte' des expériences faites à Toulon
en 1822, d'après lesquelles la quantité de sel par litre d'eau ne devait pas
s'élever au-dessus de 25 grammes.
Dans quelques ports , et particulièrement à Rochefbrt, où les rivières qui
traversent le chenal fournissent une grande quantité d'eau douce, on a
établi des parcs ou fosses d'immersion isolés par des écluses. Ces dernières
sont munies de portes d ebe et quelquefois même de portes de flot , et
le niveau de l'eau saumâtre y est entretenu au minimum de hauteur à
l'aide de déversoir» ou barrages. Ce minimum est réglé suivant l'espèce et
suivant l'emploi plus ou moins fréquent des bois, de manière que l'écluse
d'entrée soit franchissable à toutes hautes mers , ou seulement à celles de
vive eau dans les ports à marées.
La profondeur des fosses relativement au seuil de l'écluse dépend aussi
de ces conditions , et en outre des moyens de tenue des bois sous l'eau dont
il va être question ci-dessous.
Généralement le sol des fosses s'élève graduellement à partir du radier,
de manière qu'on puisse les mettre à sec dans les ports à marées, soit à
basse mer de morte eau , soit à basse mer de vive eau ; rechercher les signa
lements des bois dont on a besoin ; et procéder à leur enlèvement partiel.
Dans les ports sans marées, les fosses d'immersion ne peuvent être ali
mentées par la mer que sur une hauteur correspondante à de faibles déni
vellations, à moins qu'on n'assèche leur enceinte par des écoulements arti
ficiels ou par des épuisements, toutes fois qu'il y aura à faire entrer des bois,
à les visiter ou à les faire sortir. Ordinairement les dérivations alimentaires
d'eau douce sont maintenues à une profondeur telle qu'en l'ajoutant aux
légères dénivellations de la marée en contre-bas, on arrive à la cote totale
de hauteur d'eau nécessaire.
La surface des parcs ou fosses dépend du mode de tenue des bois et de
la quantité totale à conserver en dépôt.
La grande fosse de K'houon , sur la rive gauche de la rivière de Landernau ,
COURS DE CONSTRUCTIONS. 119
affluent de la rade de Rrest,est alimentée à la fois par cette rivière elle-même
et par un cours d'eau. Ce vaste dépôt a 1 ,850 mètres de longueur moyenne
sur 190 mètres de largeur moyenne, et peut contenir jusqu'à cinq mille
mâtures.
La fosse aux mâts du port de Lorient a 200 mètres de longueur sur
100 mètres de largeur. Elle est alimentée par la mer et par quelques
ruisseaux d'eau douce. Son établissement a coûte' plus de 200,000 fr.
Le développement total des fosses d'immersion exécutées aujourd'hui
au port de Rochefort , sur la rive de la Charente, opposée à celle où est
l'Arsenal, est d'environ 1,500 mètres sur une largeur moyenne de 25 mè
tres. Elle sont alimentées par la rivière de Charente. La dépense de leur
construction dépassera 500,000 fr.
La fosse aux mâts de Toulon , attenante au chantier du Morillon, et ali
mentée par un petit cours d'eau douce , a 290 mètres de longueur sur
100 mètres de largeur.
La plupart des bois, et particulièrement les mâtures étant plus légers
que l'eau, resteraient à sa surface , et seraient exposés aux vicissitudes at
mosphériques, à moins qu'on n'y superposât des abris amovibles, mais la
quantité de bois ainsi flottants ne serait plus qu'en raison de l'étendue su
perficielle de la nappe d'eau.
On a d'abord chargé les plans de bois superposés d'un plus ou moins
grand nombre de caisses amovihles remplies de pierrailles ou de saumon»
de fer. Mais la dépense et la manœuvre de ces caisses ou masses de lest ,
leur défaut de stabilité, restreignaient cet expédient aux dépôts de bois,
auxquels on ne touche que de loin en loin , et uniquement pour les
former ou les retirer en masse.
On a adopté généralement aujourd'hui le système d'endavage, qui con Figures "il
siste à isoler les divers plans de bois horizontaux superposés en hauteur, des planches.
par des pièces de bois transversales dites poutrelles fixées au-dessus et au-
dessous de chaque plan. Les pièces supérieures doivent être amovibles et
fixes à volonté, et être assez fortes pour ne pas plier et rompre de bas en
haut sous l'effort que font les plans de bois pour émerger.
Une pièce de bois peut, dans ce système., s'enlever de deux manières :
1° En faisant baisser le niveau de l'eau jusqu'au-dessous des poutrelles
de gîte correspondantes, et en tirant la pièce dans le sens de sa longueur hors
de l'enclavage ;
2° En levant les rangs supérieurs des poutrelles amovibles, et en dérau-
120 COURS DE CONSTRUCTIONS.
géant temporairement les bois enclavés des parquets supérieuts à celui où
se trouve la pièce qu'on cherche.
Les plans inférieurs d'un parquet d'enclavage étant presque toujours
envasés par les alluvions que la mer et les eaux douces y apportent, on y
range les bois qui forment les approvisionnements de réserve, ceux
auxquels on n'a recours qu'à de longs intervalles et pour les retirer en
masse.
On a employé, suivant les localités, divers moyens pour retenir à vo
lonté les poutrelles contre le mouvement de bas en haut.
Ainsi à Brest , à Rocheforl, à Lorient, à Toulon, où le terrain se prêtait
au battage des pieux , on a profité de la résistance des pieux à l'arra
chage dans un terrain de vase ferme. Ces montants sont enfoncés par le
gros bout , et leur fiche est découpée par un grand nombre d'en
tailles.'
On a retenu les poutrelles d'enclavage par d'autres pièces croisées à
angle droit, dites clefs, lesquelles s'engagent dans des mortaises percées
sur la hauteur émergée des pieux , et y sont tenues par des clavettes ou
coins.
Le nombre des pieux , leur grosseur, leur fiche , sont réglés (après
l'expérience qu'on aura faite des résistances à l'arrachage de quelques
pieux d'essai) suivant le nombre des plans de bois, la quantité et la pesan
teur spécifique des bois dans chaque plan.
M. Brédif estimait : que les mâtures placées sur un seul plan exigeaient
"20 mètres quarrés par mât, y compris l'emplacement pour la circulation
et les mouvements de bois à enlever et à lemettre; et que l'approvision
nement de mâtures nécessaires à 10 vaisseaux, 10 frégates, 6 bricks, en
tenant compte des chances de guerre , était de 2,000 mâts exigeant 40,000
mètres carrés de surface d'eau.
La disposition la plus convenable pour un ensemble de parquets d'en
clavage, est une grande coursive aboutissant à l'écluse, à droite et à gauche
de laquelle sont les parquets présentent leurs lignes de mâtures ou de
pièces de bois perpendiculairement à l'axe de la coursive. Celle-ci doit
avoir alors une largeur équivalente à la longueur des plus grandes
pièces de bois.
FigUres 721 Les figures 721 des planches représentent le système de parquetage de
les planches. mâtures et de bois de chêne employé aux Arsenaux maritimes de Brest et
de Toulon.
COURS DE CONSTRUCTIONS. 121
Si le terrain était peu pénétrable aux pieux, on pourrait suppléer à ces
derniers par des mureltes en maçonnerie dont l'inertie et le poids dans
l'eau conlre-balanceraient les efforts de bas en haut que les poutrelles
transmettent.
Bélidor fait mention de cet expédient aux paragraphes 910 et 911 du
tome IV de l'Architecture hydraulique. Les figures 722 des planches indi Figures 722
des planches.
quent la tenue des poutrelles à l'aide de murettes équidistantes d'environ
10 mètres.
Aux arsenaux de Woolwich et de Sheerness en Angleterre , les mâts
sont reçus dans des dépôts sous-marins longitudinaux nommés locks ,
exécutés en maçonnerie , voûtés , et fermés chacun par une paire de portes
d'èbe. Les mâts sont arrimés par couches et superposés comme dans les
enclavages ordinaires. Chaque lock s'ouvre et se ferme indépendamment Figures 725
des planches.
de tous les autres; on peut aussi introduire ou retirer une pièce dans une
rangée quelconque sans avoir à de'sempiler les mâtures des couches supé
rieures.
Au-dessus de ces dépôts sous-marins sont bâtis des hangars , auxquels
ils servent pour ainsi dire de massifs de fondation.
Le système adopté en France est bien plus simple et plus économique.
Dans les ports où il n'y a point de vers marins, on se dispense d'en
ceintes fermées pour les dépôts de mâtures ou bois de construction. On se
borne à isoler au besoin de l'agitation de la mer les parquets de bois en
clavés, soit par des ceintures de vieux bois formant des chaînes flottantes ,
soit par des claires-voies en bois fixes , ou enfin par des digues avec nom
breuses coupures.
Ces coupures n'ont pour objet que d'empêcher les bois d'être em
portés par les courants avant leur enclavage ou après leur retrait des dé
pôts.
Des parcs de ce genre suffiraient aussi pour des enclavages qui , dans
les ports à marées , seraient supérieurs au niveau des moindres basses
mers de morte eau , et dont les bois , étant ainsi exposés à l'air deux fois
par jour, seraient à l'abri des vers marins.
Les fosses d'immersion, alimentées par l'eau douce, doivent dans les Mode d'exécution
des
ports à marées , être comme les bassins de flot , peu perméables par le fond fosses d'immersion.
et par les parois latérales ; et les pertes d'eau à mer basse ne doivent jamais
s'accroître au point que les plans de bois soient à découvert entre les
époques de haute mer diurne ou d'arrivages périodiques d'eaux douces.
tome m. 16
122 COURS DE CONSTRUCTIONS.
Au grand dépôt de bois de K'huon du port de Brest, le barrage attenant
ii l'écluse du côté de la mer n'avait pas été enraciné dans le sol naturel , ni
formé de terre franche ou de glaise bien damée. Des filtrations considéra
bles ont forcé d'exécutei , de 1832 à 1834 , un corroi longitudinal en béton
engagé dans l'ancien fond. Les Annales maritimes et coloniales de 1854
contiennent une notice de M. l'Ingénieur Petot sur les procédés employés
pour l'immersion du béton.
L'exécution des fosses d immersion présente en général peu de difficul
tés. L'écluse en maçonnerie est construite comme une écluse ordinaire de
navigation.
Les parois de l'enceinte sont revêtues de murs verticaux ou de pérés in
clinés , et sont exécutées à pierres sèches ou avec mortiers hydrauliques ,
suivant la force des courants qui les attaqueraient.
Les écluses exposées à l'agitation locale de la mer sont munies du reste
de fermetures de flot.
Ouvrages hydraiili- Les autres ouvrages hydrauliques des ports marchands et militaires tels
,0' S que quais, plans inclinés, pérés, cales, escaliers débarcadaires , ponts,
A l'ÉTRAHGER.
En Angleterre.
m q.
Arsenal de Deptfort sur la Tamise. 600 300 (a) 130.000 5ent8a5 3eni825 (<•) Le* surfaces d'eau ne sont pas]
comprises.
Araenal deVYoolwich sur la Tamise. 1.000 (a) [Link] 5 id. 3 id. M.
Arsenal doChalam surlaiMedrray, 1.680 >i4 (a) [Link] 5 id. 4 id.
affluent de la Tamise M.
Arsenal de Shcerness. 63a 3i6 (a) aoo.000 5 id. 3 id. Id.
Y compris les bassins de flot de
Arsenal dePorlsmouth , sur la côte j [Link] 460 (4) [Link] 6 id. 10.800 mètres carrés de superficie en-
sud de l'Angleterre. ( semble.
Arsenal de Plyinouth , id. 1 .067 3S6 (c) [Link] S id. 4 id. ( (c) Y compris le bassin de flot de
4330 mètres carrés de superficie.
Arsenal de Pembroke. . . 240.000 1 3 id. 3 id.
LONGUEUR
DÉNOMINATION moyenne LARGEUR HOMERE NOMBRE
du
développe moyennedes ■ppruxtinative de de OUSERVATIONS.
des ment terre-pleins des
de* terre-pleins. csles.
ARSENAUX. terre-pleins de rive
de rive.
>
154 COURS DE CONSTRUCTIONS.
cordages sotat dans la deuxième. Les ateliers d'artifices et les magasins à
poudre appartiennent aux deux.
Les dépenses à faire pour rendre les établissements incombustibles se
raient souvent un obstacle à leur construction, si on ne les restreignait en
resserrant le cbamp des incendies par des subdivisions intérieures partant
du fond etde'passant les faîtes des e'difices de manière à isoler leurs diverses
zones.
Au reste, le Catalogue des incendies qui ont eu lieu à l'Arsenal de Rrest
depuis 1631 jusqu'en 1832, en relate 12 en 201 années; et lederniera été
celui de la salle d'armes qui a coûté plus d'un million à la Marine.
L'étude critique des formes, grandeurs et dispositions des arsenaux
maritimes existant en France et à l'étranger, est indispensable pour la ré
daction des projets des divers établissements d'un port. Mais on commet
trait de graves erreurs en proportionnant les grandeurs de ces établisse
ments audegré d'importance relatif des ports eux-mêmes.
Les circonstances politiques qu'une nation traverse pendant une période
séculaire sont tellement varie'es, que tel Arsenal qui était du second ordre
passe tout à coup au premier. C'est ainsi que Toulon est devenu depuis
25 ans le premier port de la France , et que Cherbourg le deviendrait à
son tour en cas de guerre maritime avec les puissances du Nord.
En admettant même que l'importance relative des ports ne dût pas
changer ; la proportion relative des grandeurs des établissements serait
encore en défaut.
En effet , les dépendances d'un casernement de Corps organisés , d'un
hôpital , d'un bagne, seront à peu près les mêmes, quel que soit le per
sonnel numérique eu soldats, malades ou condamnés.
L'atelier de commettage d'une corderie aura partout la même longueur;
et sa largeur ne pourra varier que du simple au double. Des ateliers et
magasins de mâtures seront dans le même cas.
Des ateliers à métaux de même dénomination , quelque restreint que
soit le nombre des feux, auront les mêmes espacements d'autels de forges
et les mêmes largeurs intérieures.
Les lieux de recette et de dépôt de toutes les munitions navales exigent à
peu près les mêmes grandeurs, les mêmes distributions pour la classifica
tion , quelle que soit la quotité annuelle des arrivages.
Tantôt la longueur des établissements sera invariable , tantôt ce sera
la largeur, et quelquefois la hauteur.
COURS DE CONSTRUCTIONS. 155
Au reste , quelque faible que soit l'importance ordinaire d'un Arsenal
maritime , tout doit être disposé en établissements, apparaux et machines
pour y rendre praticable , moyennant quelques établissements nouveaux
exécutés à faux frais, un développement extraordinaire analogue à celui
que L'expédition d'Alger avait déterminé.
On sortirait entièrement du cadre de l'ouvrage , et l'on empiéterait sur
le domaine de l'architecture civile , si l'on traitait ici avec détail de la con
struction et des installations des établissements civils des arsenaux.
On se bornera donc à mentionner leurs principales catégories et à donner
quelques notions sur les plus importants d'entre eux. On renouvellera du
reste la recommandation, déjà plusieurs fois faite, d'ouvrir, avant la rédac
tion d'un projet quelconque , des conférences officielles avec les services
intéressés, et de concerter avec eux le programme complet des principales
conditions à remplir, en sorte que cette re'daction n'ait plus d'autre objet
que la recherche des moyens techniques à employer pour remplir le pro
gramme précité.
15G COURS DE CONSTRUCTIONS.
Logements de fonctionnaires.
Objets d'intérêt général communs à tous les services, et qui dépendent plus particulière
ment des Ingénieurs des Constructions hydrauliques et bâtiments civils.
voies et terre pleins. La plupart des voies et terre-pleins des ports sont pavés dans toutes les
zones où passent des fardeaux traînés ou roulés , et des attelages d'ani
maux. Le reste est empierré.
Les chemins de fer n'ont été, jusqu'à ce jour, établis que sur de petites
longueurs et pour les mouvements de mâtures, de bois de construction ,
COURS DE CONSTRUCTIONS. 137
de pierres de taille, d'ancres, de caisses à eau , etc., etc., lorsqu'ils ont lieu
constamment dans les mêmes directions.
Le prompt assèchement de grandes places ou esplanades est assez diffi
cile par un écoulement superficiel. On est parvenu à l'obtenir pour la
place d'armes du port de Lorient : en défonçant le sol sur une profondeur
de près de 50 centimètres ; et en y formant une première couche inférieure
en grosses recoupes de pierres disposées en pierrées souterraines, et rayon
nant dans tous les sens. Une deuxième couche, rechargée sur la pre
mière, a été faite en matériaux moins gros mais présentant comme une
sorte de tamis. La dernière couche a été en gros gravier et en sable
anguleux.
L'écoulement d'eaux pluviales toujours chargées , dans les arsenaux, de Aqueducs et écouis.
terres, de copeaux et autres immondices, appelle une sérieuse attention
partout où les quais doivent être accostables à basse mer pour les navires
de guerre de premier rang, et où le curage n'est praticable que sous l'eau
par des machines.
Le nouvel arsenal de Cherbourg est dans cette situation. Déjà, malgré
le soin qu'on a eu : 1° de détourner tous les affluents d'eaux douces de
l'avant-port et du bassin de flot, lesquels ont été creusés beaucoup au-
dessous des seuils des passes et écluses d'entrée; 2° de clarifier les eaux à
travers des pierrées ; il existe dans l'étendue de ces deux enceintes d'eau ,
une couche épaisse de vase et de sable qui réduit notablement la profon
deur primitivement disponible.
Des aqueducs-égoûts , débouchant en dehors des ports, et se ramifianl
suivant la position des principaux puits d'écoulement des eaux pluviales
de l'enceinte intérieure, sont une mesure presque indispensable. Le seuil
de ces aqueducs, à leur débouché , est placé d'ordinaire au niveau des
moindres basses-mers , afin que la visite en soit possible en tout temps ,
et que l'action du flot dans les ports à marées ne vienne pas contrarier
le dégorgement des eaux troubles. On renvoie à la trentième leçon ,
page 32 du tome II du Programme, pour la construction de ce genre
d'ouvrages.
L'approvisionnement d'eaux potables, non-seulement pour la consom- Appiou^ouucniciiu
mation de plus de 3,000 travailleurs, de 1,500 à 2,000 soldais des divers
corps organisés de la marine, de plus de 2,000 malades , qui peuvent être
réunis simultanément dans le même arsenal ; mais encore pour les provi
sions de toute une escadre, est un objet du plus haut intérêt.
tome m. 18
138 COURS DE CONSTRUCTIONS.
Il suffira, pour faire apprécier l'importance de ces provisions, de dire
qu'un vaisseau de premier rang exige de 200 ù 250 tonneaux d'eau , c'est-
à-dire, de 10 à 13 pouces de fontainier ; que cette eau ne peut être prise
que dans les derniers temps d'un armement, et que dès lors tout l'appro
visionnement d'une escadre doit être fourni en quelques jours par les
aiguades du port et par celles de la rade.
De vastes réservoirs , établis à la fois , les uns à l'origine des sources ,
les autres sur le trajet des conduites d'eau et à leur point d'arrivée,
traversés constamment par les eaux-vives, peuvent seuls subvenir à toutes
les éventualités, et à de grandes consommations d'eau qui concourraient
avec les époques de sécheresse et d'épuisement des sources.
Les réservoirs et tuyaux de distribution exécutés suivant les règles pres
crites à la 30e leçon, peuvent être souvent disposés de manière à fournir
aussi l'eau en cas d'incendie , soit pour la faire projeter directement sur les
bâtiments en feu, soit plutôt pour l'alimentation des pompes à incendie,
et pour le remplissage périodique des bailles à incendie réparties par groupes
sur les points principaux des arsenaux.
Aux arsenaux anglais de Portsmouth, Plymoulh etChatam, les eaux
amenées par des canaux de dérivation , sont élevées à l'aide de machines à
vapeur dans de grands réservoirs , puis distribuées par des tuyaux en fonte
posés sous le sol.
Un ensemble de dispositions analogues a été établi il y a peu d'années
dans le port de Lorient, moyennant une dépense seulement de 190,000 fr.
Un réservoir de la capacité de 1100 tonneaux, dont le niveau des eaux
correspond au premier étage des édifices les plus élevés, reçoit ces eaux à
leur arrivée. Les sources sont situées hors ville à 5,000 mètres de distance;
leur produit minimum est de 5 pouces de fontainier, et leur produit ordi
naire de 19. Ce réservoir livre ses eaux à trois grands conduits principaux
en plomb de 5°,5 de diamètre, desquels partent une foule de ramifications
secondaires munies de distance en distance de robinets auxquels peuvent
s'adapter des manches de pompes à incendie pour le remplissage des bailles
et pour l'alimentation des pompes. L'exécution de ce beau travail est due
à M. l'ingénieur Sganzin (Théodore).
La rive droite dite de Recouvrance , de l'arsenal de Brest , va jouir des
mêmes avantages par l'exécution des projets rédigés par M. l'ingénieur Petot.
Enfin, des dispositions semblables sont arrêtées pour le nouvel arsenal
de Cherbourg.
COURS DE CONSTRUCTIONS. 159
Les arsenaux sont des enceintes gardées, ouvertes le jour seulement clôtures et issues
aux individus dépendants du service de la marine, ou aux étrangers auto- s ,,a^t";!,
risés. Rien n'y peut pénétrer sans billets d'introduction; rien n'en peut
sortir sans billets de sortie réguliers tirés d'un registre-souche, et sans
avoir été soumis aux visites et fouilles facultatives des gardiens.
Les clôtures d'une pareille enceinte doivent être hautes, solides, dispo
sées de manièr e que la surveillance puisse s'étendre au dehors et prévenir
les tentatives d'escalades. Il serait utile que ces clôtures fussent crénelées
pour les cas d'attaque.
Les issues principales présentent à côté d'une voie charretière, des pas
sages pour les piétons entrants et sortants, et sont précédées et suivies
de places où les hommes et les équipages puissent se ranger avec ordre
pour l'entrée et la sortie. Dans quelques arsenaux on a donné à ces entrées
un caractère monumental comme aux entrées des citadelles de guerre ;
c'est génér alement un luxe tout à fait oiseux.
140 COURS DE CONSTRUCTIONS.
Bureaux eiarchives Ces bureaux, devant être accessibles aux étrangers qui réclament des
l'État-major général, permis d'entrée, seraient convenablement placés à côté de l'entrée des
arsenaux.
Casernements Les casernements des Corps organisés de la marine diffèrent peu , sur
des corps organisés.
tout pour l'Artillerie, l'Infanterie et la Gendarmerie . des casernements des
Corps de même dénomination dans le département de la guerre.
Ainsi les casernements formés souvent d'un rez-de-chaussée et de deux
et même trois étages , présentent des chambres planchéiées en bois ou en
bitume, chauffées au besoin par des calorifères , ayant au moins 3m,50 de
hauteur sous-poutres , et dont les longueurs et largeurs dépendent de la
largeur des lits et de leur espacement réglementaire.
Pour les lits à une place , aujourd'hui généralement en usage , on compte
par homme 1 m , 1 0 pour le lit, et 0m,î50 pour la ruelle intermédiaire. Mais
souvent on accole deux lits à une place pour économiser l'espace de la ruelle
intermédiaire.
Les planches à bagages, les tringles pour la suspension des chaussures,
des gibernes, etc. , se placent au-dessus des chevets des lits. Les tables à
manger, avec les bancs, les caissons et les planches à pain, occupent le
milieu des chambres ; et les râteliers d'armes sont groupés autour de piliers
et poteaux de supports des planchers, ou réunis aux extrémite's des
chambres. On joint quelquefois à ces emménagements de petites armoires
pour les effets des soldats, et une vaste aiguière pour le lavage.
Les chambres des sous-officiers sont attenantes et au fond des chambres
des soldats. Leur mobilier se borne à quelques armoires , tables et chaises.
Les corridors et escaliers principaux ont au moins 2.50 de dé
bouché.
Les casernes sont précédées ou suivies de vastes cours pour les exer
cices en plein air.
Des batteries analogues aux ponts des vaisseaux , pour les exercices à
couvert des Équipages de ligne et des troupes d'Artillerie, sont spéciale
ment nécessaires à l'instruction des militaires de ces deux armes.
Les bâtiments de servitude d'un casernement complet consistent en :
Bureaux et salles de conseil pour l'état-major général et pour la compta
bilité régimentaire ;
En postes de garde pour les soldais et sous-officiers :
En logements d'adjudant-major et d'adjudants sous-officiers ;
En cuisines pour les soldats, alimentées par de* conduites d'eau et
COURS DE CONSTRUCTIONS. 141
pourvues de fourneaux économiques, dont les figures 725 des planches Figures 725
des planches.
donnent quelques exemples, et dont le Mémorial du génie, n° 1 , année
de 1832 , fait ressortir les avantages;
En cuisines et réfectoires pour les sous-officiers ;
En cantines et logements de cantiniers ;
En salles de police et cachots pour les soldats et sous-officiers ;
En lieux d'aisance communs et isolés dont la bonne disposition est assez
difficile, et dont la désinfection ne peut guère être obtenue qu'à l'aide de
fourneaux d'appel dans le système propose par M. le général Rohaut-de-
Fleury. Ce système est représenté figures 726 des planches , et décrit dans Figures 720
îles planches.
le Mémorial du génie , n° 12 , année 1835 ;
En lavoirs dans les cours, alimentés par des puits ou des conduites
d'eau ;
En ateliers d'armuriers , de tailleurs et de cordonniers ;
En vastes magasins d'habillements , d'armement et de casernement ,avec
bureaux attenants pour les officiers chargés de ces détails ;
En salles d'escrime et écoles d'enseignement pour les enfants de troupes
et les soldats ;
En infirmeries régimentaires avec cuisine , pharmacie et postes d'officiers
de santé ;
Enfin , en parcs de bois de chauffage et autre combustible.
Les casernements d'Artillerie et d'Équipages de ligne ont de plus à leurs
principaux Dépôts, indépendamment des batteries découvertes et cou
vertes pour les exercices déjà cités , des écoles régimentaires pour les of
ficiers et sous-officiers , avec salles de cours et de dessin séparées pour les
uns et les autres , avec bibliothèques , cabinets de physique et de modèles
et laboratoires de chimie , enfin des polygones à terre.
Ces polygones, pour être appropriés à tous les exercices de l'Artillerie,
doivent avoir au moins 1 ,800 mètres de longueur et 200 mètres de largeur.
On renvoie au Mémorial du génie, recueil périodique déjà plusieurs fois
cité , n° 6 , année 1825 , pour plus de détails sur les installations des caser
nements. L'on s'est borné à en extraire pour les figures 727 des planches , Figures 727
des planches.
les plans d'un casernement type qui avait été proposé pour le Département
de la guerre.
Les casernements des Divisions d'équipages de ligne , diffèrent de ceux des Casernements
divisions d'équi
de l'Artillerie et de l'Infanterie de marine, parle mode de couchage des pages de ligne
et des Compagnies
matelots dans des hamacs , qui est Je même qu'à bord des bâtiments. Ce de mousses.
142 COURS DE CONSTRUCTIONS.
mode présente de grands avantages pour l'économie d'espace et même pour
la salubrité; par la facilité qu'il procure, après le hranîe-bns du matin,
de pouvoir faire les exercices à couvert dans presque toute l'étendue des
chambrées.
Figures 7-M
des planches. L'installation des hamacs s'effectue de diverses manières ; les figures 728
des planches indiquent les plus usitées.
Les hamacs qui ne prennent queOm,55 de largeur pour 2m,61 de lon
gueur entre les points de suspension , sont placés côte à côte et forment
un rideau continu aux deux extrémités duquel il y a des ruelles d'au moins
0"*,68 de largeur.
Les chambrées, dans ce système de couchage, sont pourvues de caissons
oblongs dits bastingages , dont le fond est élevé' au-dessus du sol ; les
hamacs, roulés avec leurs matelas et couvertures, y sont réunis pendant
le jour.
A défaut d'espaces superficiels, on a établi quelquefois, et pour une oc
cupation temporaire, deux plans ou étages de hamacs l'un au-dessus de
l'autre , ou un plan de hamacs suspendus au-dessus d'une literie ordinaire ,
ainsi qu'il est représente' figures 728 des planches.
Casernements Les casernements de .Gendarmerie maritime sont comme ceux des Gen
de Gendarmerie
maritime. darmeries départementales, disposés par ménages, de manière que chaque
gendarme ait deux pièces, toutes deux à feu. Le système d'organisation
et de recrutement de ces corps dispense d'ailleurs d'une partie des servi
tudes d'un casernement ordinaire. Des bureaux et salles de conseils pour
les officiers, des bureaux de sous-officiers, sont seuls nécessaires.
Casernements Les Disciplinaires n'ont point d'armes, sont consignés en permanence
des compagnies
de discipline. dans leur caserne, n'en sottent que pour aller aux travaux pour lesquels ils
reçoivent un salaire. L'organisation intérieure est la même que pour les
autres corps.
Le casernement de celte classe de militaires ne diffère de celui des
soldats d'Infanterie que par le grand nombre de salles de police et de
cachots cellulaires qui sont nécessaires pour contenir des hommes dont
la plupart ont épuisé toutes les peines de police des Corps auxquels
ils appartenaient. Le mode de couchage par hamacs a été appliqué aux
disciplinaires dans le cas d'insuffisance d'espace pour le couchage dans
des lits.
5;illcs d'examen Les salles d'examen et bibliothèques, pour être accessibles même aux
et bibliothèques
des ports. personnes étrangères à la Marine et sans qu'il en résulte des inconvénients
COURS DE CONSTRUCTIONS. 143
pour la police des arsenaux, sont placées ordinairement près de l'entrée de
ces derniers, ou dans l'enceinte des casernements qui est elle-même déjà
distincte de celle des travaux.
Les Tribunaux maritimes et Conseils de guerre permanents et de revi- maritimes,
sion doivent , d'après les lois en vigueur, être accessibles au public pour
les jugements, lis ne peuvent donc se trouver que sur les rives des en
ceintes des arsenaux ou dans l'enceinte des casernes et dans le voisinage
des maisons d'arrêt et de détention des ports.
Ils se composent d'une grande salle des séances , d'une chambre des dé
libérations, de greffes spéciaux pour les diverses juridictions militaires,
de locaux séparés pour les prévenus , les témoins à charge et pour ceux
à décharge; de postes militaires; de logements de gardiens, et de lieux
d'aisance.
Dépendances du service des Constructions navales, confié aux officiers du Génie maritime.