CHAPITRE 4
La décharge électrique
A. Décharge électrique dans les gaz
a. Mécanismes de décharge
b. Tension disruptive, loi de Paschen
c. Décharge luminescente, effet de couronne
d. Arc électrique
B. Claquage dans les liquides et les solides
C. Décharge électrique dans le « vide »
D. La foudre
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz
A. Décharge dans
les gaz
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz
Définitions
Une décharge électrique est un canal conducteur se formant, sous certaines
conditions, entre deux électrodes, à travers un milieu normalement isolant.
Une décharge est dite non autonome lorsque l’émission des électrons doit être
provoquée par apport d’énergie thermique (cathode chauffée) ou par irradiation.
La décharge non autonome cesse en l’absence de l’agent ionisant extérieur.
Dans certaines configurations, il se peut que l’irradiation naturelle
(par les rayons cosmiques ou les rayons UV) suffise à obtenir la
décharge non autonome.
La décharge est dite autonome lorsqu’elle se maintient sans agent ionisant
extérieur.
La décharge autonome est aussi appelée décharge indépendante.
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz
Définitions
La décharge luminescente est une décharge autonome dans laquelle la plupart
des porteurs de charge sont des électrons produits par émission électronique
secondaire.
L’émission électronique primaire consiste en une émission thermoélectronique,
une photoémission ou une émission par effet de champ.
L’émission électronique secondaire consiste en une émission électronique due
au bombardement de la surface émettrice par des électrons ou des ions.
Pour que des électrons quittent la cathode, il faut qu’ils reçoivent
suffisamment d’énergie pour franchir la barrière énergétique que
constitue la frontière avec le milieu extérieur.
L’arc électrique est une décharge à fort courant.
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > a. Mécanisme de décharge
Mécanismes de décharge dans les gaz
Divers phénomènes se produisent entre deux électrodes séparées
par un intervalle de gaz et soumises à une différence de potentiel.
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > a. Mécanisme de décharge
Décharge de collection simple
Le courant augmente avec la
tension puis se sature autour
de la centaine de picoampères
Soit deux électrodes baignant dans un gaz et soumises
à une différence de potentiel Uo. En l’absence de pro-
duction d’électrons, aucun courant ne circule. Mais si,
par exemple, la cathode est chauffée ou si un rayonne-
ment provoque une ionisation du gaz, alors un courant I commence à circuler,
selon une loi du type : I (Uo ) avec = 1, 5 ~ 2 (selon la pression du gaz)
Le courant est limité par la quantité d’électrons produits par unité de temps.
Ce type de décharge est invisible.
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > a. Mécanisme de décharge
Décharge avec multiplication
e– + Z Z+ + 2 e–
Le mécanisme décrit ici est principalement
valable dans les gaz comme l’azote ou le CO2 ,
qui ne sont pas trop fortement électronégatifs.
L’énergie des électrons accélérés devient suffisante
pour ioniser le gaz, d’où une multiplication d’électrons
disponibles pour contribuer au courant d’anode.
On a alors une avalanche exponentielle d’électrons.
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > a. Mécanisme de décharge
Premier coefficient de Townsend
Ian Io ed
ln 2
Us (p d)
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > a. Mécanisme de décharge
Capture électronique
Dans les gaz fortement électronégatifs, comme l’hexafluorure de
soufre (SF6), un électron peut être capturé par une molécule du gaz
pour former un ion négatif stable :
e– + Z Z –
Dans ces conditions, les électrons disponibles pour produire l’avalanche sont
un peu moins nombreux que dans le cas précédent, une certaine fraction
d’entre eux étant capturée par les molécules du gaz.
est appelé coefficient d’attachement et le courant à l’anode est donné par
la relation :
Ian Io e()d
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > a. Mécanisme de décharge
Décharge avec émission secondaire
L’émission secondaire est une émission d’électrons à la cathode,
due au bombardement par les ions positifs.
Pour une tension assez élevée, les ions formés au cours des collisions avec
les électrons sont accélérés en direction de la cathode, avec une énergie
suffisante pour provoque l’émission d’une nouvel électron, dit électron
secondaire.
Avec le processus d’émission secondaire, le courant à l’anode est
donné par : ed
Ian Io
1 g (ed 1)
g est le second coefficient de Townsend ; il dépend principalement
de la nature du gaz et de l’état de surface des électrodes.
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > b. Tension disruptive, loi de Paschen
Décharge disruptive
Lorsqu’on cherche à imposer une tension
croissante, on aboutit à une décharge
disruptive ou claquage diélectrique.
En pratique, on observe une brusque aug-
mentation du courant et une chute de la
tension : l’impédance du milieu gazeux
s’effondre.
Ce phénomène crée un canal ionisé à travers
le matériau et s’accompagne de divers effets
lumineux, sonores, chimiques, etc.
Dans les gaz ou les liquides, l’apparition d’une décharge disruptive est souvent
appelée claquage ou amorçage.
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > b. Tension disruptive, loi de Paschen
Loi de Paschen
La limite à laquelle le courant d’anode tend vers l’infini correspond à
la rupture diélectrique du gaz (ou claquage).
Lors du claquage, la décharge devient fortement lumineuse et l’impédance du
canal ionisé tombe subitement : le courant augmente fortement et la tension
s’effondre.
Compte tenu de la relation donnant à partir de la théorie cinétique des gaz,
on obtient la Loi de Paschen donnant la tension disruptive en fonction du
produit de la pression p du gaz par l’écartement d des électrodes :
(p d)
Ud k
ln A(p d) C
k, A et C : constantes dépendant du
gaz et de la température.
[20]
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > b. Tension disruptive, loi de Paschen
Courbes de Paschen
Courbe de Paschen dans le SF6
Courbe de Paschen dans l’air
Source : CEI 60052
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > b. Tension disruptive, loi de Paschen
Statistique des claquages en choc
Lorsqu’un choc de tension est appliqué
sur un intervalle d’air, on observe que :
- Au-dessous d’une certaine valeur de crête
de tension, il n’y a pas de claquage.
- Au dessus de ce seuil, la probabilité
d’amorçage passe de 0% à 100% quand
la tension s’accroît.
On caractérise l’intervalle d’air par sa
tension Ud,50 : valeur de crête de la
tension pour laquelle la probabilité
d’amorçage est de 50%.
Cette valeur est déterminée par
interpolation, dans un diagramme
gausso-arithmétique.
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > c. Décharge luminescente
Décharge luminescente
Dans un tube fluorescent (gaz à basse pression, entre 100 et 5000 Pa) ou dans les
ampoules à gaz à haute pression (xénon, krypton, mercure, sodium : 105 – 106
Pa), le dépassement de la limite disruptive conduit à une décharge luminescente,
caractérisée par :
l’augmentation du courant
l’augmentation de la surface émissive
de la cathode (régime normal), puis…
l’augmentation de la tension lorsque
toute la surface cathodique est
devenue émissive (régime anormal).
Dans la décharge luminescente,
la cathode reste froide.
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > c. Effet de couronne
Effet de couronne
Définition : L’effet de couronne consiste en l’apparition d’aigrettes et d’effluves
autour d’un conducteur porté à un potentiel élevé.
On appelle effluve, la décharge électrique faiblement lumineuse et ne produisant
pas de bruit particulier. Les effluves correspondent à la fin de la zone de
Townsend 2, proche du claquage.
On appelle aigrette la décharge électrique intermittente en forme de houppe
mobile. Elle est généralement accompagnée d’un sifflement ou d’un crépitement.
Les aigrettes constituent un état instable de la décharge, sous forme d’aller et
retour entre la zone de Townsend 2 et la zone de claquage.
L’effet de couronne peut être indésirable (par exemple autour des lignes à haute
tension), ou au contraire mis à profit dans certaines applications : générateurs
électrostatiques, traitement de surface, xérographie, production d’ozone, etc.
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > c. Effet de couronne
Effet de couronne sur ligne coaxiale
Lorsqu’on applique une tension croissante à une ligne coaxiale de
rayons R1 et R2 , la décharge disruptive survient à partir d’un seuil
de tension, UC .
Deux cas sont à distinguer :
R1 < R2/e Apparition d’une zone ionisée, de rayon croissant, autour du
conducteur central ; puis amorçage d’une étincelle.
R1 > R2/e Amorçage d’une étincelle sans effet de couronne.
Correction de Peek
0, 03 R2
UC Edo K m 1 1
R ln
K R1 1
R
Edo : champ disruptif standard.
K et m : facteurs de correction [21]
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > c. Effet de couronne
Lignes mono- et triphasées
Pour une ligne monophasée, avec une distance D entre les conducteurs
de rayon R, la valeur efficace de la tension d’apparition de l’effet de
couronne est donnée par :
0, 03 D
UC 2 E do K m 1 R ln
KR R
Pour une ligne triphasée symétrique dans laquelle les trois conducteurs
sont disposés en triangle équilatéral, l’effet de couronne apparaît dès
que les tensions simples atteignent la valeur :
Km 0, 03 D
UC Edo 1 R ln
3 KR R
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > c. Effet de couronne
Effet de couronne dans les réseaux
Les lignes électriques sont dimensionnées pour éviter l’effet de
couronne. Celui-ci se produit toutefois dans différents cas:
- par temps pluvieux ou par brouillard. Les gouttes ou gouttelettes d’eau
favorisent l’apparitions d’aigrettes autour des conducteurs ;
Ce sont bien les gouttes qui produisent cet effet; l’humidité a normalement l’effet
inverse, sauf quand elle produit de la condensation sur les conducteurs.
- lorsque les conducteurs ou les isolateurs de la ligne commencent à être
pollués, comme cela finit forcément par arriver après un certain nombre
d’années ;
- lorsqu’un conducteur ou un isolateur est devenu défectueux, à la suite
d’une rupture mécanique localisée. Dans ce cas, les perturbations
engendrées par l’effet de couronne peuvent servir à localiser le défaut.
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > c. Effet de couronne
Pertes dues à l’effet de couronne
Pour US 1,8 UC , les pertes de puissance active par phase, dues à
l’effet de couronne, sont données par la formule de Peek :
f [Hz] 25 R
P 2, 41109 (US UC )2
K D
P′ : perte de puissance active par unité de longueur [W/m = kW/km]
f : fréquence du réseau
US : tensions simples
L’expérience montre cependant que les pertes varient fortement selon l’état de
surface des conducteurs, qui lui-même dépend de facteurs climatiques, ainsi
que du vieillissement des conducteurs.
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > c. Effet de couronne
Pertes dues à l’effet de couronne
Pour US < 1,8 UC , les pertes de puissance active par phase, dues à
l’effet de couronne, sont données par la formule de Peterson :
2.25 1016 E do f US2
P F
2
ln D R
Le facteur F dépend du rapport US / UC :
US / UC 1 1,2 1,4 1,6 1,8
F 0,05 0,08 0,3 1 3,5
Les pertes dues à l’effet de couronne deviennent négligeables, par rapport aux
pertes par effet Joule, pour les lignes de grandes longueurs.
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > c. Effet de couronne
Perturbations électromagnétiques
L’effet de couronne engendre un rayonnement électromagnétique
Exemples de variation du champ électrique
perturbateur, tirés de la norme CISPR 18-1
Une différence de 20 dB est régulièrement observée entre les niveaux
des champs électriques perturbateurs mesurés par temps sec et par
temps pluvieux.
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > c. Effet de couronne
Perturbations acoustiques
Les fréquences sonores émises par l’effet de couronne dans le réseau
électrique sont principalement comprises entre 2 et 15 kHz.
Exemple de spectre sonore
enregistré sur une installation
moyenne tension.
Source : CIRED 19th International Conference on Electricity Distribution Vienna, 21-24 May 2007, Paper 0516.
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > c. Effet de couronne
Production d’ozone
La production d’ozone autour des lignes à haute tension est
généralement modérée.
Des mesures réalisées sous des lignes haute tension ont montré des
concentration d’ozone de l’ordre de 0,004 ppm d’ozone par temps sec et
jusqu’à 0,009 ppm par temps pluvieux.
Source : Nadine May, Eco-balance of a Solar Electricity Transmission from North Africa to Europe (Thèse)
Technical university of Braunschweig (2005).
Les seuils de toxicité de l’ozone, pour des effets réversibles (sensibilité
bronchitique) correspondent à 0,1 ppm pendant 7 heures ou 0,35 ppm
pendant 1 heure. Dose létale : 50 ppm pendant 30 minutes.
Source : Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail.
La limite admise dans l’atmosphère (en Suisse) est de 120 mg/m3,
soit un peu moins de 1 ppm.
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > c. Effet de couronne
Utilisation de l’effet de couronne
Production d’ozone
• pour purifier : élimination des bactéries dans l’eau et dans l’air, oxydation
des métaux lourds dans les rejets industriels.
• pour blanchir : aliments, papier, textiles…
Production d’ions
• pour (dé)charger : élimination des charges statiques, xérographie.
• pour séparer : analyse chimique, élimination de poussière…
• pour la santé : ioniseurs d’airs.
Générateur corona
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > d. L’arc électrique
L’arc électrique
Définition : L’arc électrique est une décharge électrique autonome transportant
un fort courant sous une faible différence de potentiel.
Avec l’arc, la cathode
devient chaude. Caractéristique I – U d’un arc dans l’azote à 2,2 atm.,
entre des électrodes en cuivre distantes de 3 mm.
Source : Jose Gonzalez-Aguilar et al., A Theoretical Study of a Cutting Air Plasma Torch,
IEEE Transactions on plasma science, vol. 27, no. 1, février 1999, p. 264.
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > d. L’arc électrique
Caractéristiques de l’arc
Contrairement à la décharge
luminescente :
l’arc n’occupe qu’une zone très
limitée sur la cathode et sur l’anode
(spots anodique et cathodique)
les électrodes sont chaudes et
l’émission des électrons à la cathode
est due en partie à l’effet
thermoélectronique.
l’émission par effet de champs
joue aussi un rôle - du fait du 1 . Charge d’espace ionique. 2. Zone cathodique.
fort gradient de tension près 3. Colonne positive. 4. Zone anodique
des électrodes – et devient 5. Charge d’espace électronique
prépondérante dans les applications
où les électrodes sont refroidies. Échelle de Jacob: [Clip-1]
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > d. L’arc électrique
Stabilité de l’arc
Dans un circuit électrique simple, l’arc a deux points d’équilibre, un
stable et l’autre instable.
Le point A est un point de
fonctionnement instable,
alors que B est stable.
[22]
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > d. L’arc électrique
Stabilisation de l’arc
Stabilisation par rotation
Par le mouvement de Stabilisation par vortex
rotation, le gaz froid Stabilisation par colonne
L’arc est stabilisé par injec-
(lourd) est rejeté vers la tion tangentielle d’eau. L’arc est confiné dans un
périphérie, tandis que le cylindre dont les parois
Application : arcs de
plasma (beaucoup plus peuvent être refroidies à l’eau.
grande longueur (découpe,
léger) se trouve confiné Application : lampe à arc
vitrification, traitement
au centre. (cylindre de confinement est
des déchets).
Application : recherche en quartz).
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4. La décharge électrique > A. Décharge électrique dans les gaz > d. L’arc électrique
Déstabilisation de l’arc
On cherche à déstabiliser l’arc :
- dans les systèmes où l’arc est utilisé
indirectement, pour produire des
tensions transitoires, par exemple,
afin de limiter l’érosion des électrodes ;
- dans les systèmes de coupure, pour
assurer l’extinction.
Quelques photos de décharges [23]
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4. La décharge électrique > B. Décharge électrique dans les liquides et les solides
B. Décharge dans les
liquides et les solides
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4. La décharge électrique > B. Décharge électrique dans les liquides et les solides
Claquage dans les liquides
Le courant qui s’établit dans un
liquide isolant, en fonction de la
tension (ou du champ E) passe
schématiquement par 3 étapes,
avant le claquage.
Le courant ohmique qui s’établit à
faible champ est essentiellement
tributaire des impuretés présentes
dans le liquide.
Il n’existe pas de « Loi de Paschen »
[24]
dans les liquides.
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4. La décharge électrique > B. Décharge électrique dans les liquides et les solides
Claquage dans les solides
Divers processus peuvent conduire au claquage dans un solide.
Le claquage thermique dû à l’élévation de la température par effet Joule (à basse
fréquence) ou par résonance avec la polarisation par orientation (autour du MHz).
Le claquage électromécanique dû aux forces de compression provoquée par le
champ électrique.
Le claquage par streamer dû au déclenchement d’une avalanche électronique.
Le claquage par érosion dû essentiellement à l’effet des décharges partielles sur le
long terme.
Dans les isolants solides, la décharge disruptive est appelée :
perforation, lorsqu’elle traverse le matériau en y produisant
souvent des dégâts irréversibles.
contournement, lorsque l’arc ne traverse pas l’isolant mais [25]
suit sa surface externe ou un chemin extérieur.
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4. La décharge électrique > C. Décharge électrique dans le vide
C. Décharge dans
le « vide »
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4. La décharge électrique > C. Décharge électrique dans le vide
Haute tension sous « vide »
Des intervalles « vides » soumis à des hautes tensions sont utilisés
dans différents domaines :
Dispositifs de coupure sous vide Canon à électrons, microscopes
Séparateurs, purificateurs électroniques
Tubes à rayons X, spectromètre Tubes à vide, klystrons, gyrotrons,
magnétrons.
Accélérateurs de particules
Les dispositifs de coupure Dans les autres applications :
sous vide : la rupture diélectrique de
sont conçus pour l’intervalle est un accident
supporter des arcs ; destructeur ;
travaillent principalement Les tensions utiles sont
en AC. continues ou impulsionnelles.
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4. La décharge électrique > C. Décharge électrique dans le vide
Claquage dans le « vide »
La tension de claquage d’un intervalle « vide » dépend de nombreux
facteurs :
Le type et de la pression des gaz résiduels, les matériaux et l’état de surface des
électrodes, leur température et les impuretés qui s’y trouvent, la nature des
matériaux formant l’enceinte à vide, etc.
Dans le vide, l’émission par effet de champ joue un rôle étonnamment
important.
Selon l’équation de Fowler-Nordheim, la densité de courant J émise à la surface
de l’électrode vaut, en fonction du champ électrique E et de l’énergie
d’extraction des électrons Wél :
E2 Wél1,5
JA exp B avec : A = 1,5410-6 ; B = 6,83109
Wél E
Une évaluation numérique montre que le champ à la surface des électrodes
devrait être au moins 100 fois supérieur au champ homogène, ce qui n’est pas
complètement élucidé.
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4. La décharge électrique > C. Décharge électrique dans le vide
Claquage dans le « vide »
Les tests de rigidité diélectrique d’un intervalle « vide » ne sont
généralement pas reproductibles.
Chaque claquage modifie la
composition du gaz et l’état de
surface des électrodes.
Importance du conditionne-
ment, avant la mise en service.
Source : Cahier technique n°198 du groupe
Schneider Electric :
La coupure du courant électrique dans le vide
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4. La décharge électrique > C. Décharge électrique dans le vide
Dispositifs de coupure
Lors de l’ouverture d’un disjoncteur, des ponts métalliques sont
vaporisés.
Tant que le disjoncteur est fermé, les électrodes sont écrasées l’une contre
l’autre. Dans les premiers instants de la séparation des électrodes, la pression
qui les maintenait ensemble diminue, la séparation ne s’effectue pas
instantanément sur toute la surface: il reste des ponts métalliques dans
lesquels se concentre le courant qui, de ce fait, les chauffe puis les vaporise.
Disjoncteur fermé Disjoncteur en train de s’ouvrir
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4. La décharge électrique > C. Décharge électrique dans le vide
Autres applications
Caractéristiques tension – courant d’un intervalle « vide ».
Dans les applications où l’on veut éviter le claquage diélectrique,
l’enregistrement des prédécharges peut servir de signal d’alarme.
Apparition de prédécharges
dans un intervalle « vide »,
en DC.
Pression résiduelle :
A : 10-7 Pa
B : 10-4 Pa
Source : Rod Latham, The operational
characteristics of practical HV gaps,
dans : High Voltage vaccum insulation,
Academic Press (1995), p. 25.
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4. La décharge électrique > D. La foudre
D. La foudre
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4. La décharge électrique > D. La foudre
La foudre
Les cumulonimbus
Ces énormes nuages se chargent en général
positivement en haut.
Les éclairs peuvent être du type nuage-sol,
intranuage ou internuages.
On parle de coup de foudre positif lorsque
c’est la partie positive du nuage qui se
décharge. Les coups de foudre négatifs sont
beaucoup plus fréquent sous nos latitudes
(environ 80-90%).
Profil de champ électrique au niveau
du sol, sous un cumulonimbus
Source : Claude Gary, Les propriétés diélectriques de l’air
et les très hautes tensions, Eyrolles (1984) p.107
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4. La décharge électrique > D. La foudre
Éclairs ascendants et descendants
Coup de foudre ascendant
Un traceur part d’une aspérité en direction du nuage en se ramifiant.
Chaque fois qu’une ramification atteint le nuage, un arc en retour se
produit. Tous les arcs en retour visible sur la photo sont en réalité
légèrement décalés dans les temps.
Source : Site web The Bad Pets Lists
Coup de foudre descendant
Les coups de foudre descendants sont plus fréquents sur sol plat. Le
traceur part du nuage et se propage par bonds.
Source : Site web de Northern Arizona Wind & Sun
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4. La décharge électrique > D. La foudre
Le courant de la foudre
Source : Davide Pavanello, Electromagnetic Radiation from
Lightning Return Strokes to Tall Structures, thèse de doctorat
de l’école polytechnique fédérale de Lausanne, n° 3713
(2007) p. 94.
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4. La décharge électrique > D. La foudre
Protection contre la foudre
La protection des bâtiments et des lignes électriques, contre les
chocs de foudre directs, est obtenue à l’aide d’un conducteur de
protection.
Le paratonnerre
Les bâtiments sont protégés d’un choc de foudre direct par un
paratonnerre dont on peut évaluer l’efficacité en le modélisant par une
tige conductrice verticale, reliée à la terre à son extrémité inférieure.
Le câble de garde
Les lignes aériennes du réseau électrique sont protégées d’un choc direct
par un ou plusieurs conducteurs , placé(s) parallèlement aux conducteurs
de phase et au-dessus d’eux. Il est relié à la terre par l’intermédiaire de
chaque pylône.
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4. La décharge électrique > D. La foudre
Le modèle électrogéométrique
Un modèle relativement simple, applicable aux chocs de foudre
descendants négatifs, est largement utilisé pour évaluer l’efficacité
des conducteurs de protection contre la foudre.
Le modèle est fondé sur l’existence d’une
relation donnant la distance d’amorçage d
en fonction du courant de foudre I :
d [m] 2 I [kA] 30 1 eI [kA]/6,8
Par définition, l’éclair éclate sur un
objet mis à la terre, dès que le traceur
par bond arrive à une distance de cet
objet inférieure à d.
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4. La décharge électrique > D. La foudre
Zone de capture d’une tige verticale
Pour une distance d donnée, une tige verticale est entourée d’une
zone dans laquelle un traceur sera capté par la pointe de la tige.
Surface de capture : surface S du plus grand cercle appartenant à la
zone de S d 2
capture, soit : siSd< H x 2
lim
si d > H
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4. La décharge électrique > D. La foudre
Zone de capture d’une tige de 30 m
La surface de capture est d’autant plus faible que le courant de
foudre est plus faible.
Courant de foudre [kA] 7 10 30 50 80 100
Zone de capture [m] 33 41 67 83 102 114
Éclair de faible intensité.
Le point P est à l’extérieur
de la zone de capture
Éclair de forte intensité.
Le point P est à l’intérieur
de la zone de capture
C’est un fait souvent vérifié dans la pratique, que les éclairs
les plus faibles sont les moins bien captés par les paratonnerres.
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4. La décharge électrique > D. La foudre
Protection d’une ligne
1. Dans une ligne à haute tension, il faut considérer le conducteur le plus
exposé (en rouge sur les figures ci-dessous).
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4. La décharge électrique > D. La foudre
Protection d’une ligne
2. Évaluation du courant critique : valeur de courant au-dessus de laquelle
un court-circuit se produit entre phases ou entre une phase et la terre.
Courant de foudre inférieur au courant Courant de foudre supérieur au courant
critique : amorçage sur une protection critique : court-circuit sur un isolateur
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4. La décharge électrique > D. La foudre
Impact sur conducteur horizontal
3. À un courant critique donné correspond une distance d’amorçage
critique dc . Ceci permet de construire un arc de cercle sur lequel devrait
se trouver le conducteur de garde, de manière à assurer la protection du
conducteur de phase le plus exposé.
La croix bleue indique une
position possible du conducteur
de garde, soit sur l’axe du pylône
(cas de gauche), soit en dehors
de l’axe (cas de droite), selon les
caractéristiques de l’installation.
En effet, on voit sur la figure de
gauche que tous les points de la
zone III sont au-dessus de la
bissectrice de l’angle AMB, qui
[26]
est aussi la médiatrice du
segment AB. Ils sont donc plus
proches de B que de A.
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4. La décharge électrique > D. La foudre
Protection des bâtiments
Densité de foudroiement [coup / an / km2]
1. Surface de capture [ km2 ]
=
Probabilité de foudroiement [coup / an ]
La surface de capture se compose de :
- l’emprise au sol
- une bande de largeur = 2 la hauteur
Surface de capture : 0,0035 km2
Densité de foudroiement : 3
Probabilité de foudroiement : 0,0105 coup / an
1 coup tous les 95 ans
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4. La décharge électrique > D. La foudre
Densité de foudroiement
Source : Site web National Weather Service
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4. La décharge électrique > D. La foudre
Protection des bâtiments
Niveau de protection :
I 99.5 % (dépôts de carburant, de munition; centres de calculs)
2. II 95 % (salles de spectacle, hôtels, hôpitaux, églises, musées)
III 85 % (grands bâtiments: immeubles, fermes ; cabanes)
IV 70 % (non soumis à l’obligation de protection en Suisse)
1 coup tous les 95 ans
Niveau III } 1 coup tous les 633 ans
a. Système Franklin : protection par des pointes
hauteur des pointes
3. b. Système Faraday : protection par des mailles
taille des mailles
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4. La décharge électrique > D. La foudre
3a. Protection « Franklin »
Angles de protection en
fonction de la hauteur au-
dessus du plan de référence
et du degré de protection
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4. La décharge électrique > D. La foudre
3a. Protection « Franklin »
Niveau Rayon R [m]
I 20
II 30
III 45
IV 60
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4. La décharge électrique > D. La foudre
3b. Protection « Faraday »
Niveau Mailles [m]
I 5x5
II 10 x 10
III 15 x 15
IV 20 x 20
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4. La décharge électrique > D. La foudre
Distribution des courants
Niveau de Courant de Distance de Rayon de
protection foudre capture la sphère
souhaité minimal minimale fictive
Les éclairs ayant les courants les plus faibles ne seront pas captés.
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