P2016 CM11 TP Fascicule
P2016 CM11 TP Fascicule
Printemps 2016
Travaux pratiques de
Chimie générale
CM11
2
Avant-propos
Faites attention aux étiquettes des produits que vous allez utiliser. Vous devez connaître
parfaitement les pictogrammes de sécurité des produits chimiques :
Le laboratoire est votre outil de travail. Il vous est demandé de le maintenir propre et rangé.
L’oubli de nettoyage de votre paillasse en fin de séance sera sanctionné sur votre compte
rendu. De même, une attention toute particulière sera accordée à la propreté de la balance
en fin de séance.
Vous devez impérativement vous munir de papier millimétré à chaque séance.
3
Quelques exemples de prix
(hors taxes)
Verrerie
Matériel
Sonde de conductivité……………….….254,00€
Electrode pH combinée…………………224,00€
pH-mètre……………………………….1 380,00€
Spectrophotomètre………………….....2 830,00€
Balance de précision……………….….2 960, 00€
Produits
4
Calculs d’incertitudes
Toute mesure physique (ou chimique) est inévitablement entachée d’erreur, due, entre autres,
à l’imperfection de l’appareillage utilisé et à l’imperfection du sens de l’opérateur. Lorsque la
mesure est, en fait, le résultat de plusieurs mesures plus ou moins indépendantes, les erreurs
s’accumulent.
Il convient de bien comprendre que le « calcul d’incertitude » accompagnant l’énoncé d’un
résultat fait partie intégrante de ce résultat et qu’il est obligatoire.
Avant d’aborder concrètement l’évaluation des erreurs, il est nécessaire de bien distinguer les
deux notions complémentaires que sont l’erreur absolue et l’erreur relative. Appelons, pour
simplifier, X la grandeur à évaluer, et X l’erreur absolue sur cette grandeur. Les deux
notions suivantes sont à connaître impérativement :
L’erreur absolue X est l’erreur maximale que l’on est susceptible de commettre dans
l’évaluation de X, et s’exprime dans les mêmes unités que X (ou à l’aide d’un sous-
multiple).
L’erreur relative X /X est un nombre sans dimension qui représente l’importance de
l’erreur par rapport à la grandeur évaluée. Elle donne une indication sur la précision
des mesures.
1) Incertitude systématique
D’une façon très schématique, et en l’absence de toute autre indication, on considèrera
que l’incertitude systématique d’une mesure sur un appareil correspond à une demi-
valeur de la graduation utilisée. Sur un cadran digital, on prendra ½ unité du dernier
chiffre significatif stable. Pour une solution étalonnée, on prendra C /C=0,1%. Ces
2 valeurs sont impérativement à retenir.
2) Précision expérimentale
La précision d’un résultat dépend aussi du soin apporté à la mesure par
l’expérimentateur. Pour le matériel jaugé (pipettes et fioles) utilisé correctement, on
prendra toujours V /V=0,2%. Pour du matériel gradué, on prendra toujours : V=
1% VT (avec VT = volume total de la burette).
3) Incertitude méthodique
Pour obtenir un résultat exploitable, la méthode doit être suivie correctement. Si l’on
se contente de relever les valeurs à intervalles de 1 mL, alors que la méthode demande
des intervalles de 0,1 mL, on diminuera automatiquement la précision globale.
4) Incertitude graphique
Lorsqu’un point est déterminé graphiquement, il y a une incertitude sur la
détermination physique. En effet, un point est l’intersection de deux droites, et il peut
y avoir une marge de manœuvre non négligeable dans le positionnement des droites, et
donc de ce point (voir exemple ci-dessous). Cette incertitude est inhérente à ce type de
détermination et est indépendante de toute autre incertitude, ou plutôt s’y ajoute, quel
que soit le soin apporté à la manipulation elle-même.
5
Exemple de calcul d’incertitude
C2xV2
C1 =
V1
En dérivant cette relation, on a :
C2
= 0,1% (la solution de soude est une solution étalonnée)
C2
V1
= 0,2% (V est prélevé à l’aide d’une pipette jaugée)
V1
6
En ce qui concerne l’incertitude faite sur V2, volume équivalent, il existe plusieurs méthodes
de calcul. Celle que nous utiliserons en CM11 est la suivante :
L’incertitude commise sur V2 (V2) provient
- d’une incertitude liée au matériel (ici, une burette de dosage) = 1% VT (VT =
volume total de la burette), soit pour une burette de 25 mL, 0,25 mL
- et d’une incertitude graphique : si on considère la figure ci-dessus, il y a de toute
évidence une marge de manœuvre sur chaque tangente, et donc sur le point
d’inflexion qui détermine le point équivalent. Il parait difficile de descendre au
cours du tracé en dessous d’une précision de 1 mm. Il est à noter que le choix
d’une échelle plus grande n’améliorera pas la précision, dans la mesure où le
positionnement du point sera plus aléatoire. Si l’échelle de volumes choisie est : 1
cm = 1 mL, l’incertitude graphique sera donc égale à 0,1 mL.
On ne tiendra pas compte ici de l’incertitude méthodique qui ne peut être calculée
précisément que si les volumes versés à la burette sont strictement identiques.
Application numérique :
Soit :
On remarquera que les calculs se font toujours avec une précision maximale. Les arrondis se
font toujours par excès, mais sans excès, et il importe d’accorder un nombre de chiffres
significatifs.
A la fin de ce polycopié (p 32), vous trouverez un document (« notions de base sur les
incertitudes et le traitement des données expérimentales en physique, chimie et biologie ») qui
reprend les notions de base concernant les incertitudes. Il est vivement conseillé de vous y
reporter régulièrement.
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Impératifs
Préparation du TP avant la séance
Manipulation
Les différents dosages doivent être poursuivis suffisamment loin après le point équivalent de
façon à pouvoir tracer la courbe de dosage complète. En effet, le point équivalent ne pourra
pas être déterminé avec une précision satisfaisante que si la courbe est complète. Le dosage ne
s’arrête évidemment pas quand la burette est vide, il peut être poursuivi. Pour suivre votre
dosage en cours de manipulation, il est conseillé de tracer grossièrement, au brouillon, chacun
des points obtenus. Ceci permet d’arrêter son dosage à des volumes adéquats. Tracez ensuite
les points de dosage au propre sur papier millimétré.
8
TP 1 : Spectrophotométrie
Travail préalable
Apprendre les règles de sécurité (p 3), la technique de calcul
d’incertitude (p 5) et lire les consignes concernant le tracé des courbes et
les manipulations (p 8).
Préparer, en lisant et en comprenant, l’ensemble du TP, préalablement à
la séance.
Préparer les calculs de dilution.
Vous munir de papier millimétré.
I. Généralités
A. Principe
h.c
E=
L’absorption de l’énergie des radiations électromagnétiques par la matière s’y fait au prix de
certains changements. En spectroscopie dans le domaine de l’ultraviolet, les longueurs d’onde
s’échelonnent de 200 à 400 nm, la spectroscopie visible concerne les longueurs d’onde de 400
à 800 nm. Les énergies correspondantes vont de 2320 kJ à 145 kJ, ce qui correspond à des
transitions possibles pour les électrons les moins liés des atomes.
Lorsque la spectrophotométrie se limite au domaine du visible où les rayonnements de
longueurs d’onde différentes correspondent à des différences de couleur perceptibles à l’œil,
elle prend le nom de colorimétrie.
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B. Loi de Beer-Lambert
Elle exprime la relation entre l’intensité lumineuse transmise par une substance It et l’intensité
lumineuse incidente I0.
I0
log = . l . C
It
Remarques :
C. Spectrophotomètre
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Au cours de ce premier TP, vous aborderez deux cas : le dosage spectrophotométrique
et l’étude d’un indicateur coloré.
A. Principe du dosage
La technique consiste à réaliser une solution de titre connu de la même substance que celle
étudiée, mais assez concentrée. On prépare ensuite, par dilutions successives, des solutions de
moins en moins concentrées.
L’ensemble de ces solutions placées dans des conditions similaires permet d’obtenir une
« gamme » de colorations que l’on compare à l’œil avec la solution de titre inconnu. Ceci
permet d’encadrer entre un maximum et un minimum le résultat. On peut ensuite affiner en
diluant au mieux la solution étalon pour approcher encore la concentration inconnue.
De manière plus quantitative, on peut mesurer l’absorbance de ces solutions étalon et établir
une courbe étalon A=f(C). Il suffit alors de mesurer l’absorbance de la solution inconnue et,
via le report de cette valeur sur la courbe, d’en déduire la concentration. Toutefois, il faut au
préalable avoir établi le spectre d’absorption de la solution inconnue ou étalon, afin de
déterminer la meilleure longueur d’onde pour effectuer les mesures.
La solution à doser est une solution de fer ferrique (Fe3+).
L’orthophénanthroline (C12H8N2, H2O) forme un complexe rouge-orangé avec les ions Fe2+.
Fe
En présence d’un excès d’orthophénanthroline, l’intensité de la coloration est proportionnelle
à la concentration de fer ferreux. La méthode peut être utilisée pour le dosage du fer ferreux
ou pour celui du fer total après réduction des ions Fe3+ par le chlorhydrate d’hydroxylamine
ou l’acide ascorbique, et pour des teneurs en fer comprises entre 0,1 et 5 mg/L.
B. Manipulation
11
Dans une série de 6 erlenmeyers de 250 mL propres et secs, verser 100 mL des six
solutions CE à CE/32. Dans un 7ème erlenmeyer verser 100 mL (mesurés avec fiole
jaugée) de la solution de titre inconnu en Fer.
Dans chacun des 7 erlenmeyers ajouter, dans l’ordre :
3 mL de chlorhydrate d’hydroxylamine (ou d’acide ascorbique) et agiter,
3 mL de tampon pH=4,8 et agiter,
3 mL d’orthophénanthroline et agiter.
Laisser reposer environ une quinzaine de minutes.
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d/ Valeur de la concentration de la solution de titre inconnu
En laissant =m, on mesure l’absorbance Ax relative à la solution inconnue Cx. La valeur
obtenue est reportée sur la courbe A=f(C). A la valeur Ax correspond une valeur Cx sur l’axe
des abscisses : c’est la concentration de la solution de titre inconnu. On doit ensuite s’assurer
que le résultat obtenu est en accord avec celui trouvé par la méthode visuelle.
Note : si la valeur de l’absorbance obtenue avec la solution de concentration inconnue ne se
place pas dans la partie linéaire de la courbe A=f(C), il sera nécessaire d’effectuer une
dilution de moitié de cette solution inconnue puis de reprendre la mesure.
Pour cette partie du TP, vous devez présenter dans votre compte rendu les résultats suivants :
A. Principe
La spectroscopie peut également servir à étudier la structure de corps purs. Les indicateurs
colorés (de pH) sont des composés dont les formes acides et basiques absorbent
différemment la lumière et apparaissent de couleur différente selon le pH. Leur emploi dans
les titrages acido-basiques permet ainsi de détecter les variations de pH. Le bleu de
bromothymol (ou 3’3 ‘’ dibromothymolsulfonephtaléine ou BBT) se présente sous les
formes suivantes en milieu acide ou basique :
Na
13
B. Manipulation
Dans trois cuves différentes, ajouter 2,5 mL d’une solution d’acide, d’une solution de
soude et d’une solution tampon dont le pH est situé dans la bande de virage de
l’indicateur (pH 6,8).
Ajouter 150 µL de la solution de bleu de bromothymol dans chacune des cuves.
Mélanger en bouchant la cuve à l’aide d’un morceau de parafilm.
Noter la couleur de chacune des cuves.
Tracer la courbe A=f() pour une des trois cuves uniquement (choisie par votre
assistant de TP). N’oubliez pas de remettre à « zéro » l’absorbance à l’aide des
solutions d’acide, de base ou de tampon (selon le cas), à chaque changement de
longueur d’onde.
Pour cette partie du TP, vous devez présenter dans votre compte rendu les résultats suivants :
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TP2 : Conductimétrie
Dosages d’acides
Etude de la solubilité de sels
Travail préalable :
Vérifier que les règles de sécurité (p 3) sont sues ainsi que la technique de
calcul d’incertitude (p 5) et les consignes concernant le tracé des courbes
(p 8). Attention : le barême tiendra compte du respect des règles et
consignes.
Préparer, en lisant et en comprenant, l’ensemble du TP, préalablement à
la séance, notamment le principe de la conductimétrie.
Comprendre et apprendre la signification des différentes grandeurs qui
seront abordées au cours de ce TP, ainsi que leurs unités.
Faire individuellement, sur feuille réponse (disponible sur Moodle), la
question préparatoire ci-dessous. Elle sera ramassée en début de séance.
Vous munir de papier millimétré.
Question préparatoire
Voici la courbe obtenue par dosage conductimétrique de 20 mL d’acide méthanoïque, prélevé
avec une pipette jaugée de 20mL, par de la soude (solution commerciale) 0.1 mol/L placée
dans une burette de 25 mL1.
1
L échelle des abscisses va de 0 à 20 mL de NaOH versé.
15
I. Généralités
A. Principe de la technique
Les solutions aqueuses d'électrolytes conduisent le courant. Cette conductivité est due au
mouvement des ions qui se déplacent dans la solution. Si on applique une différence de
potentiel U, entre deux électrodes de platine plongées dans une solution, on peut mesurer la
résistance R de la solution comprise entre les deux électrodes. Comme pour un conducteur, la
résistance est reliée à la résistivité :
l
R=. (1)
s
l
=K constante de la cellule ou de l'électrode en m-1 (2)
s
1 l 1 K
= = s = =G.K (-1.m-1) ou (S.m-1) (3)
R R
i
i = (4)
Ci
Dans une solution d'électrolytes, la conductivité totale est égale à la somme des conductivités
partielles des ions la composant :
= i = iCi (5)
i i
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B. Matériel
Une cellule conductimétrique est constituée de deux électrodes de platine recouvertes (côté
intérieur) de noir de platine, destiné à éviter au maximum la polarisation. Ces électrodes sont
distantes d'environ 10 mm et protégées par une monture de verre.
L'appareil impose une différence de potentiel alternative (1000 Hz en général) et mesure le
courant. Dans ces conditions, les phénomènes de polarisation aux électrodes peuvent être
négligés.
Dans ce deuxième TP, vous allez aborder deux applications de la conductimétrie : le dosage
d’acides et le calcul de la solubilité d’un sel.
mL de réactif
P.E.
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2. Dosage d'un mélange d'acides (fort+faible) par une base forte
Soit un mélange d'acide fort HA1 et d'acide faible HA2 que l'on neutralise par une base forte.
L'acide fort est entièrement dissocié sous forme H3O+, A1-.
La présence d'ions H3O+ en solution empêche la dissociation de l'aide faible qui reste sous
forme de molécules HA2 (loi de déplacement de l'équilibre).
Au cours du dosage tout se passe comme si on neutralisait successivement l'acide fort puis
l'acide faible.
B. Manipulation
Important : Les électrodes d'une cellule conductimétrique doivent être manipulées avec
précaution, et surtout, elles ne doivent jamais être essuyées.
Il est indispensable d'agiter les solutions (barreau aimanté) pour effectuer toute mesure, quelle
qu'elle soit.
T(°C) 16 17 18 19 20 21 22 23 24
(.cm) 93,3 91,3 89,3 87,5 85,7 84 82,3 80,7 79,1
2. Dosages
a) Dosage d'une solution d'acide nitrique par une solution de soude 0,1 mol/L.
b) Dosage d'un mélange d'acide nitrique et d'acide acétique par une solution de soude 0,1
mol/L.
C. Résultats
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base forte (solution de soude à 0,1 mol/L). Pour cela, proposer un graphique
complet à main levée de l’allure attendue (indiquer la valeur du volume équivalent
théorique) et justifier.
A. Solubilité du CaSO4
Le CaSO4 est un sel que l'on retrouve naturellement ou sous forme d'additif dans de nombreux
produits. C'est un sel très peu soluble.
1. Manipulation
2. Résultats
Pour cette partie du TP, vous devez répondre aux questions suivantes :
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TP 3 : pH-métrie (1)
Vous ne rendrez qu’un seul compte rendu correspondant aux 2 TP de pHmétrie (TP3 et
TP4). Ce compte rendu devra comprendre les différentes réactions, les résultats de dosage,
avec calculs d’incertitude, les pKa déduits des graphiques (qui seront joints au compte
rendu) et des équations théoriques, ainsi qu’une discussion sur les résultats obtenus,
notamment concernant les solutions tampon, les différents triacides (TP4) et l’équilibre de
précipitation.
Pour préparer ces TP et votre compte rendu en simulant les dosages, vous pouvez vous
aider des logiciels suivants, figurant dans le dispositif SME des PC de l’UTC, ou
téléchargeables gratuitement.
Dozzzaqueux : [Link]
DosA : [Link]
Travail préalable :
Préparer, en lisant et en comprenant, l’ensemble du TP, préalablement à la séance, en
consultant la partie du cours de CM11 s’y attachant.
Faire les simulations des différents dosages (en prenant par exemple une
concentration inconnue de 0,1 mol/L) à l’aide des logiciels proposés.
Rechercher les formules chimiques des produits nécessaires à la préparation des
solutions concernées dans ce TP.
Traiter individuellement la question préparatoire ci-dessous (Feuille réponse
disponible sur Moodle). Elle sera ramassée au début de la séance.
Vous munir de papier millimétré.
Question préparatoire
20
1. A partir des données de cette étiquette, donner la concentration molaire de l’acide
chlorhydrique dans la bouteille commerciale.
On procède à une dilution au Xème de cette solution dans l’eau (volume final=20 mL). On réalise
ensuite un titrage pHmétrique par la soude 0.1 mol/L. On obtient la courbe suivante2 :
I. Généralités
A. Principe de la technique
La neutralisation d’un acide par une base peut être suivie en mesurant la variation de pH de la
solution au cours du dosage. Le pH d’une solution est défini par : pH=-log[H3O+].
B. Matériel
Pour mesurer la variation de pH, on utilise une électrode combinée qui est composée d’une
électrode indicatrice, d’une électrode de référence et d’une pastille poreuse. Cette pastille
poreuse assure la jonction électrique entre la solution à analyser et l’électrolyte interne de
l’électrode de référence (cf schéma à la page suivante).
La différence de potentiel entre les deux électrodes, affichée par le pH-mètre (en fait un
millivoltmètre) est donnée par l’équation :
E = Eind – Eref + Ej
où Eind est le potentiel de l’électrode indicatrice
Eref est le potentiel de l’électrode de référence
Ej est le potentiel de jonction (souvent négligeable)
2
L’échelle des abscisses varie de 0 à 10 mL
21
La chaîne électrolytique peut être schématisée par :
Electrode de référence / Jonction électrolytique / Solution analysée / Electrode indicatrice
En fait, comme détaillé ci-dessous, la différence de potentiel E peut être ramenée à une
équation avec comme seule variable le pH de la solution à analyser :
E=K ± 0,06 pH (en volt, à 25°C)
22
Electrode de référence
Pastille poreuse de jonction
Solution saturée de KCl
Electrode indicatrice
Verre poreux
Cristaux provenant d KCl saturé
A. Sécurité
Dans les manipulations ci-dessous, vous allez manipuler des acides et des bases relativement
dilués, portez une blouse de laboratoire ainsi que des lunettes de protection.
A. Introduction
Lorsque le pH est égal au pKa, les concentrations des formes acide et basique sont en égale
proportion. Attention ! Cela ne correspond pas obligatoirement à la demi-neutralisation d’une
solution d’acide ou de base. Les proportions de formes acide ou basique dépendent de la
valeur du pKa du couple considéré et de la concentration des solutions.
23
Vérifier le bon étalonnage du pH-mètre
Verser successivement chacune des solutions dans un bécher de 100 mL et noter le
pH.
IV.
Détermination du Ks d’Al(OH)3 par dosage pHmétrique de l’Aluminium Al3+
Produits :
AlCl3, 6H2O : Chlorure d’aluminium (III) hexahydraté.
HCl 35,5% : Solution d’acide chlorhydrique 35,5%.
NaOH 1 mol/L : Solution titrée d’hydroxyde de sodium.
Solutions Tampon pour étalonnage du pHmètre.
Mode opératoire :
Préparation de la solution d’AlCl3 : Introduire 1,2 g d’AlCl3 dans une fiole jaugée de 50 mL.
Ajouter environ 40 mL d’eau, puis 4 gouttes d’HCl concentré sous la hotte, puis compléter à
50 mL avec l’eau.
Dosage : Remplir une burette graduée de 25 mL avec une solution de NaOH de concentration
1 mol/L (port des lunettes obligatoire). Verser 25 mL de solution d’AlCl3 dans un becher de
100 mL et y plonger les électrodes. Tout au long du dosage, le mélange devra être
homogénéisé à l’aide d’un barreau aimanté. Pour réussir l’expérience, il faut veiller à verser la
soude goutte à goutte du pHinitial de la solution jusqu’à pH 4 (une goutte ≈ 30 µL). Vous
pouvez par la suite verser 0,5 mL/0,5 mL jusqu’à pH 7, puis 0,1 mL / 0,1 mL voire goutte à
goutte dans les zones de forte variation de pH jusqu’à la fin de l’expérience (pH 12). Notez
bien chaque pH obtenu après l’ajout de soude, en relevant le pH d’apparition du précipité et le
pH de redissolution du précipité (le précipité ne disparaît pas complètement).
Exploitation des résultats : Pour exploiter les résultats expérimentaux, vous devez suivre le
schéma suivant :
24
TP 4 : pH-métrie (2)
Travail préalable :
Préparer, en lisant et en comprenant, l’ensemble du TP, préalablement à la séance, en
consultant la partie du cours de CM11 s’y attachant.
Faire les simulations des dosages (en prenant par exemple une concentration
inconnue de 0,1 mol/L) à l’aide des logiciels proposés (Cf TP3).
Vous munir de papier millimétré.
A. Introduction
Les polyacides se caractérisent par différentes fonctions acide-base relâchant successivement
les protons lors d’un titrage par une base, selon la valeur des constantes d’acidité. On assistera
donc logiquement à différents sauts de pH lors d’un titrage, chaque « saut » de pH n’est pas
toujours visible en fonction de la valeur des constantes d’acidité, de leur proximité, et de la
concentration totale en acide. Ce TP a pour objectif d’illustrer ce phénomène.
Avant toute autre chose, étalonnez le pH-mètre à l’aide de la solution tampon, en suivant le
manuel du pHmètre.
Mode Opératoire :
Avant toute autre chose, étalonnez le pH-mètre à l’aide de la solution tampon, en suivant le
manuel du pH-mètre.
25
D. Dosage d’une solution d’acide 2-hydroxypropane-1,2,3-tricarboxylique
(acide citrique)
26
TP5 : Potentiométrie
Dosage potentiométrique
Influence du pH sur le potentiel redox
Travail préalable :
Préparer, en lisant et en comprenant, l’ensemble du TP, préalablement à
la séance, en consultant la partie du cours de CM11 s’y attachant.
Savoir équilibrer une réaction.
Préparer les calculs.
Traiter individuellement la question préparatoire ci-dessous (Feuille
réponse disponible sur Moodle). Elle sera ramassée au début de la
séance.
Vous munir de papier millimétré si possible semi-log (pas obligatoire).
Question préparatoire
3
NB : L’électrode de référence au calomel saturé a un potentiel de 0.246V
27
3. Calculer la concentration de sulfate ferreux.
Le pH mesuré à la double équivalence est égal à 1.8.
4. Calculer le potentiel du couple Fe3+/Fe2+
5. Calculer le potentiel du couple Cr2O72-/Cr3+
On donne :
Si ce TP, eu égard à l’alternance des semaines, a lieu avant le cours correspondant, vous
pouvez vous référer au site suivant :
[Link]
I. Généralités
A. Principe de la technique
Les réactions d’oxydoréduction mettent en jeu des transferts d’électrons.
Ces réactions sont mises à profit pour doser les solutions oxydantes ou
réductrices.
Un oxydant est un corps susceptible de fixer les électrons
Un réducteur est un corps susceptible de fournir des électrons
Un couple oxydant réducteur ou couple redox est défini par les 2 formes, oxydées et
réduites, d’un même corps.
Une réaction d’oxydo-réduction est formée de 2 couples rédox :
Ox1+Red2 Red1+Ox2
La réaction se fait dans le sens (1) si l’oxydant 1 est plus oxydant que l’oxydant 2 ou
si le réducteur 2 est plus réducteur que le réducteur 1.
Le potentiel de la solution est suivi par la mesure de différence de potentiel entre 2
électrodes : une électrode de platine et une électrode de référence (de potentiel fixe).
L’électrode indicatrice de platine, prend le potentiel du couple redox en solution.
D’après la relation de Nernst, le potentiel de cette électrode peut s’écrire :
RT [Ox]
= +0
ln
nF [Red]
B. Matériel
Par convention, l’électrode à hydrogène (couple H+/H2) a été choisie comme référence, et
on lui a attribué un potentiel standard nul. Elle n’est pas d’un usage très pratique.
L’électrode de référence couramment utilisée au laboratoire est une électrode au calomel et
au KCl saturé, dite électrode au calomel. L’électrode utilisée durant les travaux pratiques
est une électrode combinée dont l’électrode de référence est une électrode Ag/AgCl, elle a
potentiel constant de +210 mV par rapport à l’électrode à hydrogène à 20°C (Cf pH-
métrie).
28
II. Dosages potentiométriques
A. Principe
Exemple : soit le dosage d’une solution de fer ferreux par le permanganate de
potassium.
En milieu acide, l’ion permanganate est très oxydant. En présence d’un réducteur,
-
l’ion MnO4 est réduit à l’état de Mn2+ selon la réaction.
- -
MnO4 + 8H3O+ + 5e Mn2+ + 12 H2O
Si l’ion réducteur employé est Fe2+, celui-ci va être oxydé à l’état de Fe3+ :
Fe2+ Fe3+ + e-
La réaction d’oxydo-réduction globale est donc :
-
5Fe2+ + MnO4 + 8H3O+ 5Fe3+ + Mn2+ + 12 H2O
RT [Fe3+]
= + 0
ln
nF [Fe2+]
Au point équivalent, lorsque tous les ions Fe2+ ont été oxydés en Fe3+, le potentiel de
l’électrode indicatrice peut être exprimé soit par le couple Fe3+ / Fe2+, soit par le
-
couple MnO4 / Mn2+ de potentiel standard 20.
RT [Fe3+] RT [MnO4-][H3O+]8
= +
0
ln = 2 +
0
ln
nF [Fe2+] nF [Mn2+]
RT [MnO4-][H3O+]8
= 0 + ln
nF [Mn2+]
Ainsi, la demi-équivalence et la double équivalence permettent de calculer les
potentiels standards des deux couples.
B. Manipulation
29
1. But
Certains sels cristallisent en « enfermant » un certain nombre de molécules d’eau. Le but de
cette étude consiste à déterminer le taux d’hydratation du sulfate ferreux FeSO4, nH2O, c'est-
à-dire déterminer n. Pour cela, on dosera une solution de fer ferreux par du permanganate de
potassium (KMnO4).
2. Mode opératoire
a. Vérifier le circuit électrique.
b. Peser avec précision environ m=2,7g de sulfate ferreux. Les introduire dans une fiole
jaugée de 100 mL, ajouter 50 mL d’acide sulfurique 0,2 mol/L. Compléter à 100 mL avec
de l’eau distillée.
c. Doser 20 mL de cette solution par le permanganate de potassium.
C. Résultats
a) Ecrire l’équation de réaction sachant que l’ion permanganate MnO4- est réduit à l’état de
Mn2+.
b) Tracer la courbe E=f(volume de KMnO4). En déduire la molarité de la solution de sulfate
ferreux. Calculer la masse de FeSO4 anhydre correspondante, dans les 100 mL de
solution.
c) Calculer la masse d’eau dans les m grammes pesés.
d) En déduire le nombre de molécules d’eau cristallisées. Donner la valeur de n. Faire
un calcul d’incertitude et vérifier que le domaine d’incertitude comprend bien un
entier.
e) Calculer les potentiels standards des deux couples.
A. Principe
La quinhydrone est un composé solide formé d’un mélange équimolaire de quinone et
d’hydroquinone.
Quinone Hydroquinone
Cette réaction est une réaction d’oxydo-réduction pour laquelle le potentiel s’écrit (après
numérisation et remplacement de ln par log) :
0,06 [Quinone][H3O+]2
= 0 + log
2 [Hydroquinone]
30
[Quinone]
= - 0,06 pH + 0,[Link]
0
[Hydroquinone]
B. Manipulation
1. Etalonner le pH-mètre à l’aide la solution étalon.
2. Dans 50 mL d’acide acétique normal, introduire et dissoudre quelques cristaux de
quinhydrone (une pointe de spatule).
3. Doser 20 mL de cette solution par la soude 5 mol/L. ATTENTION : la soude 5 mol/L
est très caustique ! Le port de lunettes de sécurité est obligatoire pendant toute la
séance.
4. Mesurer en fonction du volume de soude versé :
Le pH de la solution
Le potentiel de la solution
C. Résultats
Tracer la courbe E=f(pH).
Donner la valeur de E0 du couple quinone / hydroquinone par
rapport à l’électrode à hydrogène.
Vérifier la pente de la courbe. Discuter.
31
TP 6 : Cinétique chimique
[Link]
Question préparatoire
I. Généralités
Les ions iodures sont susceptibles, en présence de persulfate, de subir une oxydation pour
-
former un complexe I3 :
3I- I3- + 2e-
La réduction correspondante du persulfate S2O82- transforme cet ion en sulfate SO42- :
S2O82- + 2 e- 2SO42-
La réaction globale est donc :
32
3I- + S2O82- I3- + 2SO42-
Dans les conditions expérimentales retenues, la vitesse de cette réaction peut s’écrire :
v= k [I-].[S2O82-]
k est la constante de vitesse de la réaction en (mol/L)-1.s-1.
II. Manipulation
Avant la séance de travaux pratiques, rechercher les noms chimiques et
usuels de toutes les espèces qui seront manipulées.
A. Principe
Dans un récipient A, on prépare un mélange contenant de l’iodure de potassium et du
thiosulfate de sodium. On y ajoute du nitrate de potassium afin d’avoir un excès d’ions K +
(afin qu’une éventuelle variation de [K+] ne puisse se faire, celle-ci pouvant perturber la
vitesse de la réaction).
Dans un récipient B, on introduit du persulfate auquel on ajoute des ions sulfate en excès.
Au temps t=0, on mélange le contenu des deux récipients et on mesure le temps t
correspondant à l’apparition de la couleur brune.
On peut ainsi étudier l’influence des concentrations, puis pour des concentrations
constantes, l’influence de la température sur la cinétique de la réaction.
Remarque : Compte tenu de l’expression de la vitesse indiquée précédemment et afin de
–
pouvoir négliger les variations de concentration de S2O82- et de I il est nécessaire que les
quantités consommées au cours de chacune des expériences demeurent faibles devant les
quantités initiales de ces réactifs (donc que leurs concentrations puissent être considérées
comme constantes).
B. Manipulation
On prépare deux séries de 8 récipients appelées Ai et Bi selon les indications ci-dessous :
33
Série B S2O82- SO42-
(0,2 mol/L) (0,2 mol/L)
B1 B2 B3 B4 30 mL 10 mL
B5 20 mL 20 mL
B6 10 mL 30 mL
B7 B8 30 mL 10 mL
34
Notions de base sur les incertitudes et le traitement des données expérimentales
I. Position du problème
Toutes les sciences, et particulièrement les sciences pour l'ingénieur, reposent sur la
confrontation entre des résultats d'expériences supposées représentatives et de théories
censées décrire objectivement la réalité du monde. Les deux démarches, expérimentale ou
théorique, sont naturellement accompagnées de la notion de doute, doute qui est un concept
fondamental pour un (futur) ingénieur.
Le but de ce texte est de présenter les notions liées aux jugements sur la qualité des
déterminations expérimentales. En effet, il n'est pas possible de mesurer une grandeur
physique, chimique, biologique... qui soit totalement exempte d'incertitude ou d'incertitude.
Pourtant, tout résultat présente un intérêt à condition qu'il soit exprimé avec ses limites
d'incertitude.
Il n'existe malheureusement pas de méthode simple pour déterminer la validité de mesures
expérimentales. Ce polycopié donne quelques pistes générales, dans un nombre limité de
pages, afin que l'expérimentateur puisse présenter ses résultats avec bon sens.
Pour des applications particulières, la consultation d'ouvrages spécialisés tels que ceux
proposés en bibliographie est indispensable.
A. Vocabulaire
Exemple 1 : Les physiciens américains Dumond et Cohen ont proposé au début des années 1950
plusieurs valeurs expérimentales pour la vitesse de la lumière :
• 1948 : c = (299776 ± 4) km.s-1
• 1951 : c = (299790,0 ± 0,9)km.s-1
• 1953 : c = (299792,9 ± 0,8) km.s-1.
On remarquera l'incompatibilité apparente entre ces résultats, particulièrement entre celui de 1948 et
ceux de 1951 et 1953. La conclusion est que ces chercheurs ont été optimistes dans l'appréciation des
incertitudes...
35
Exemple 2: une balance d'analyse de laboratoire permet de peser typiquement à ± 0,1 mg près.
Si la pesée est de 10 mg l'incertitude absolue est ± 0,1 mg. L'incertitude relative est 1%.
Si la pesée est de 1000 mg l'incertitude absolue est toujours ± 0,1 mg. L'incertitude relative est 0,01%.
Mais on peut choisir de peser à 10 mg près si on se contente d'une incertitude relative de 1%.
Exemple 3: La mesure de la vitesse de la lumière exprimée par c = (299792,9 ± 0,8)km.s -1 correspond à
une incertitude relative c/c = 3.10-6.
L'incertitude relative est une manière commode de chiffrer la précision d'une mesure (notion
définie ci dessous). Dans le langage scientifique, une mesure de fréquence est dite très précise
car mesurée avec une incertitude relative meilleure que 0,0001 %. Par contre la mesure d'un
paramètre physiologique ne peut être difficilement apprécié à mieux que quelques dizaines de
% du fait de la variabilité rencontrée chez les êtres vivants.
2) précision et exactitude:
Dans le langage habituel, ces deux derniers termes sont souvent confondus à tort.
La précision traduit le degré de proximité (ou reproductibilité) que l'on observe entre
différentes mesures qui ont été obtenues par la même méthode.
L'exactitude exprime la proximité entre un résultat et sa valeur réelle ou présumée telle. Cette
notion nécessite la comparaison entre différentes méthodes.
Exemple 4: autre illustration du cas « bonne précision-mauvaise exactitude » ci dessus. Une nouvelle
méthode est en cours de mise au point pour le dosage d'un composé actif de médicament par
chromatographie (HPLC). La méthode est trouvée précise car la dispersion des mesures est de l'ordre de
1% mais son exactitude est mauvaise car la valeur moyenne est mesurée systématiquement 10% au
dessous de la valeur moyenne obtenue par la méthode de référence (par exemple un marquage
radioactif).
L'idéal est évidemment une mesure à la fois précise et exacte. Un moindre mal est une mesure
exacte et imprécise.
36
c) Il est beaucoup plus délicat d'identifier les erreurs systématiques qui affectent l'exactitude.
Par exemple une erreur systématique s'est manifestement glissée dans la méthode
chromatographique de l'exemple 4. Elle pourrait être due, par exemple, à un mauvais
rendement d'extraction du composé actif dans le médicament.
Il est difficile d'être exhaustif dans la description des erreurs systématiques. Les principales
sont:
- Les erreurs de méthode.
Exemple 5: en volumétrie, le virage d'un indicateur coloré peut se produire avant ou après l'équivalence
théorique.
- Les erreurs instrumentales.
Exemple 6: une pipette jaugée insuffisamment nettoyée ne délivre pas le volume nominal. Un
convertisseur analogique-digital peut être mal étalonné.
- Les erreurs personnelles.
Exemple 7: lors de l'utilisation d'une fiole jaugée, le ménisque peut être systématiquement ajusté trop
haut.
Les erreurs systématiques sont les plus difficiles à détecter et nécessitent une vigilance
constante dans les laboratoires. Certaines procédures dites "bonne pratique de laboratoire"
permettent de donner un cadre réglementaire à cette vigilance.
Dans la suite de ce texte seul le traitement des erreurs aléatoires sera détaillé.
4) Le "coût" de la précision:
L'obtention de la meilleure précision possible n'est pas une fin en soi. L'important quand on
entreprend une série de mesures, est de savoir à quoi elles vont servir, d'adapter l'appareillage
à la précision souhaitée, au moindre coût et le plus rapidement possible (voir l'exemple 11).
La méthode la plus rigoureuse d'évaluation des erreurs aléatoires est toujours la méthode
statistique (voir III), mais elle exige de répéter un nombre de fois significatif l'expérience et
ce n'est pas toujours possible.
Une manière simple d'appréhender l'incertitude sur un résultat est d'utiliser la combinaison
des incertitudes de chaque étape, c'est ce qu'on appelle un calcul d'incertitude. Ce calcul n'est
lui aussi pas toujours possible car l'identification d'une "relation expérimentale" qui lie toutes
les grandeurs mesurées n'est pas toujours évidente. Par exemple, lors d'un protocole
d'expérimentation sur des animaux de laboratoire, seule une méthode statistique permet
d'évaluer la précision de la mesure.
1) le calcul d'incertitude:
Il se décompose en 3 étapes:
a) identification de la relation expérimentale qui doit expliciter toutes les grandeurs utilisées:
Exemple 8: une solution C1= 5,5 10-3 mol l-1 est préparée à partir d'une solution mère C2= 10-2 mol l-1
par une double prise d'essai de v1= 5 cm3 et v2= 0,5 cm3 complétée à V=10 cm3.
La relation expérimentale qui explicite le calcul de C1 permettra de calculer l'incertitude sur C1:
v1 v 2
C1 C2
V
b) identification de chacune des incertitudes intermédiaires:
37
Les incertitudes dépendent du matériel utilisé.
Dans l'exemple 8 précédent la solution mère C2 est une solution commerciale étalon (garantie d'une
précision de 0,2%), soit:
C2= 10-2 mol l-1 C2= 0,002 10-2 mol l-1 C2/C2= 0,2%
v1 est prélevé par une pipette jaugée de classe A (incertitude relative = 0,2 %) soit:
v1 = 5 cm3 v1= 0,01 cm3 v1/v1= 0,2%
v2 est prélevé par une pipette graduée de 1 cm3, de classe A (incertitude absolue = 1% du volume total)
soit:
v2 = 0,5 cm3 v2= 1% de 1 cm3 soit = 0,01 cm3 v2/v2= 2%
V est obtenu par ajustage d'une fiole jaugée de classe A (incertitude relative = 0,2 %) soit:
V = 10 cm3 V= 0,02 cm3 V/V= 0,2%
soit en conclusion: C1 = 5,50 10-3 ± 0,05 10-3 mol l-1 ou encore C1 = (5,50 ± 0,05) 10-3 mol l-1.
Ce type de calcul est facilité par des règles simples qui se démontrent aisément à partir de ce
qui précède:
L'incertitude absolue sur une somme algébrique de mesures est la somme des incertitudes
absolues sur chacun des termes.
L'incertitude relative sur le produit ou(et) le quotient de mesures indépendantes est la somme
des incertitudes relatives (affectés des coefficients nécessaires).
y
Exemple 10: pour la relation expérimentale: X 2u 13 le calcul par les logarithmes donne:
z2
X 2u 1 y 2 z
X 2u 1 3 y 3 z
38
• Identification des incertitudes intermédiaires : les résultats des mesures nous donnent d =
(0,30±0,01)mm, l = (2±0,001) m et R = (0,4562±0,0002) .
• Calcul de l'incertitude sur la résistivité électrique. Le théorème des incertitudes relatives donne :
d l R
2
d l R
Les trois termes intervenant dans le calcul sont d'importance inégale. En effet nous avons : 2d/d=7.10-
2
, l/l=5.10-4 et R/R=3.10-4. Nous pouvons donc négliger l/l et R/R devant d/d. Donc :
= 2d/d = 7.10-2.
• Présentation finale du résultat : le calcul de peut alors être effectué en prenant = 3,14. Nous
obtenons : = (1,6 ± 0,1).10-8 .m.
Pour améliorer la mesure de , il faut diminuer si possible l'incertitude sur la mesure du diamètre du fil.
Il est alors inutile de mesurer l et surtout R avec une aussi grande précision.
2) Présentation de résultats:
Lors de la présentation finale d'un résultat il est important d'accorder le nombre de chiffres
significatifs à la précision déterminée.
Dans le cas ou une incertitude n'est pas explicitement donnée, les scientifiques admettent le
niveau du dernier chiffre significatif comme ordre de grandeur de l'incertitude.
Ceci ne transmet qu'un ordre de grandeur de l'incertitude mais c'est déjà important.
Il est courant d'étudier graphiquement une propriété en fonction d'un paramètre pour en
déduire ou vérifier une loi (linéaire par exemple).
Les rectangles d'incertitudes (ou barres d'erreurs) doivent être portés sur le graphe pour juger
de la validité de l'interprétation.
Soit un point expérimental défini par les coordonnées: X affecté de l'incertitude ± X
Y affecté de l'incertitude ± Y
Le tracé de ce point sur un graphe correspond au schéma suivant:
+Y
-Y
-X +X
X
La zone grise correspond à l'aire d'incertitude du point expérimental. Elle peut se réduire à
une simple barre si l'une des incertitudes est très faible.
39
Pour étudier une cinétique chimique dans un réacteur, la concentration d'une espèce est suivie par
prélèvements réguliers en fonction du temps. Le dosage aboutit à une mesure de la densité optique
(absorbance) de la solution. Compte tenu de toutes les contraintes expérimentales, les valeurs mesurées
sont entachées des incertitudes suivantes:
1,3
1,2
Concentration (mol/l)
1,1
0,9
0,8
0 50 100 150 200 250
Temps (s)
Pour l'interprétation, on trace manuellement la meilleure droite passant au mieux dans tous les
rectangles d'incertitude. On trouve l'équation: C1 = 1,20 - 1,31x10-3 t
Puis, de même, les deux droites de pentes extrêmes possibles (en pointillés), respectivement d'équation:
C2 = 1,23 - 1,50x10-3 t
C3 = 1,16 - 1,06x10-3 t
On peut donc en déduire:
pour t = 0 l'extrapolation de la concentration donne: C0 = 1,20 ± 0,04 mol l-1
La pente de la droite est 1,3 ± 0,3 mol l-1s-1.
Note: cette manière de procéder conduit en général à une surestimation de l'incertitude sur le
résultat final. Elle se justifie si on dispose uniquement de 3 ou 4 points mais dès que le
nombre de points est suffisant il vaut mieux utiliser un traitement statistique (régression
linéaire).
Il n'est pas possible de donner en quelques lignes les principes souvent très élaborés des
traitements statistiques dont le but est de permettre un jugement objectif d'un ensemble de
résultats même si les incertitudes ne sont pas a priori connues. Après lecture des quelques
lignes de présentation qui suivent, la consultation d'un ouvrage spécialisé (voir bibliographie)
est indispensable.
40
1) principes de base:
x i
x i 1
N
L'écart type (s) d'un échantillon fini est défini par:
(x i x)2
s i 1
N1
Exemple 14:
L'analyse de la teneur en plomb d'un échantillon de sang a donné les résultats suivants:
0,752 0,756 0,752 0,751 0,760 en ppm (partie par million).
Les formules précédentes pour N = 5 donnent: x = 0,754 ppm et s = 0,0038 ≈ 0,004 ppm
On peut approfondir la signification statistique de l'écart type (par exemple pour exprimer la
précision) à condition d'y associer une limite de confiance (LC). La limite de confiance définit
un intervalle de confiance dans lequel la valeur réelle a p % de chance de se trouver.
Les calculs théoriques démontrent que l'écart type doit être majoré par un facteur multiplicatif
d'autant plus grand que le nombre de mesures est faible et l'exigence de fiabilité grande:
ts
A une limite de confiance de p % correspond l'intervalle x
N
où N, s, x , ont les significations précédentes et où t est le t statistique ou t de Student.
On trouve dans les ouvrages de statistique des tableaux complets donnant t en fonction de N
et des limites de confiance.
On retrouve dans ce tableau la notion intuitive qu'il faut multiplier les mesures pour
augmenter leur fiabilité.
Dans l'exemple 14 en cours, N=5. Si on choisit une limite de confiance de 99% on trouve t = 4,60
ts
soit = 4,6x0,0038/2,236 = 0,0078 ≈ 0,008 ppm
N
La conclusion est qu'il y a 99% de chance que la valeur soit dans l'intervalle: 0,754 ± 0,008 ppm.
41
On note : LC à 99% = 0,754±0,008 ppm
Dans le cas ou un résultat final fait intervenir plusieurs écarts types sur des grandeurs
indépendantes, ces écarts types peuvent être combinés un peu comme dans les calculs
d'incertitudes. Néanmoins, les règles sont différentes et plus complexes. Il faut consulter un
ouvrage spécialisé.
- Hypothèses:
Soit une relation linéaire y = mx + b.
On considère que x est affecté d'incertitude négligeable mais que y est entaché d'erreurs
expérimentales aléatoires. Ce cas simple s'applique facilement dans le cas d'une courbe
d'étalonnage.
N
où xi et yi sont des paires de données, N le nombre de paires et x et y sont les valeurs
moyennes des variables.
On peut en déduire:
- l'ordonnée à l'origine: b = y -m x
Syy m2 Sxx
- l'écart type des résidus: sr
(N 2)
2
sr
- l'écart type de la pente: sm
Sxx
42
- l'écart type de l'ordonnée à l'origine: s b sr
x 2
i
N x 2i ( x i )2
Ces calculs sont facilement accessibles sur calculette. par ailleurs il existe de nombreux
logiciels sur micro-ordinateur, tableurs ou graphiques, intégrant ces calculs avec le tracé
automatique des points et de la droite ce qui permet un contrôle visuel du résultat.
Les écarts types obtenus sont analogues à l'écart type de données unidimensionnelles. On peut
en déduire d'une manière similaire des limites de confiance comme dans 1).
N x iy i x i yi
r
N x ( x ) N y ( y )
2
i i
2 2
i i
2
Plus la valeur de r est proche de 1 plus grande est la probabilité d'une corrélation de linéarité
entre les deux variables x et y. Ainsi un jugement sur la valeur de r peut être porté à partir de
tables de valeurs critiques de r (voir bibliographie).
Néanmoins, le seul calcul de r ne peut suffire, il faut absolument vérifier graphiquement
comment la droite passe au milieu des points. Ce contrôle est d'autant plus important que le
nombre de points est faible.
Exemple 15:
La courbe d'étalonnage d'une protéine séparée par chromatographie (HPLC) est obtenue par intégration
du pic pour différentes solutions étalons de cette protéine:
L'équation de la droite des moindres carrés est donc: y = 2,09x + 0,26 ce qui donne graphiquement (par
exemple en utilisant EXCEL ou votre calculatrice):
43
4,5
4 y = 2,0925x + 0,2567
Par ailleurs le coefficient de corrélation trouvé est r = 0,994, ce qui permettrait de juger (voir
bibliographie) que le résultat trouvé est un résultat fiable.
Il existe des logiciels plus élaborés (par exemple Minim 3) qui permettent d'attribuer un poids
différent (donc une incertitude différente) à chaque point expérimental. Les calculs de
régression ou d'identification de paramètres sur ces logiciels permettent d'affiner la discussion
dans les cas difficiles.
II. Conclusion
Il existe donc plusieurs approches pour évaluer la validité de résultats expérimentaux.
- Au minimum, un résultat doit être exprimé avec une incertitude calculée à l'aide des calculs
d'incertitudes simples. Mais l'inconvénient est qu'il n'est pas toujours possible d'identifier la
relation expérimentale indispensable pour effectuer ce calcul.
- L'utilisation de méthodes statistiques permet d'exprimer plus rigoureusement les limites de
fiabilité du résultat. Elles incitent à multiplier le nombre de mesures, ce qui n'est pas toujours
possible.
- Une solution intermédiaire souvent utilisée dans la littérature scientifique est de donner
uniquement les écarts types (avec le nombre de mesures). Ceci permet au lecteur
d'approfondir si nécessaire l'étude statistique en fonction de ses besoins.
Ce texte étant une simple introduction aux méthodes d'évaluation des incertitudes, la
consultation d'ouvrages spécialisés est par ailleurs indispensable.
III. Bibliographie
Textbook of Quantitative Chemical Analysis par Vogel - Cote BUTC: QD 101.2 VOG
Chimie Analytique par Skoog-West-Holler - Cote BUTC: QD 72-2 SKO