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Symbolisme animalier chez Rûmî

Le document décrit la richesse des images utilisées par Rumî dans sa poésie soufie. Il explique que Rumî voyait ces images comme inspirées par Dieu et révélées à travers le monde de l'imagination. Le document détaille ensuite certains symboles animaux utilisés par Rumî comme allégories de l'âme humaine et de ses états.

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Symbolisme animalier chez Rûmî

Le document décrit la richesse des images utilisées par Rumî dans sa poésie soufie. Il explique que Rumî voyait ces images comme inspirées par Dieu et révélées à travers le monde de l'imagination. Le document détaille ensuite certains symboles animaux utilisés par Rumî comme allégories de l'âme humaine et de ses états.

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Le

 succès  de  Rumî  tient  beaucoup  à  la  richesse  et  à  l’originalité  exceptionnelles  de  sa  palette  
d’images.  Il  a  beaucoup  réfléchi  à  la  nature  et  à  la  fonction  de  ces  images.  Le  symbolisme  qu’il  
emploie  n’est  pas,  selon  lui,  une  création  personnelle,  mais  il  lui  a  été  inspiré  par  Dieu  et  révélé  
par  l’intermédiaire  du  Monde  de  l’Imagination  (‘âlam-­‐i  khiyâl).    

L’imagination  n’est  pas  seulement  la  faculté  que  possède  l’esprit  de  se  représenter  des  images.  
Selon  la  psychologie  soufie,  l’imagination  ne  crée  pas  les  images,  ni  ne  les  évoque  à  partir  de  la  
mémoire,  mais  elle  les  reçoit  d’un  intermonde  qui  existe  indépendamment  de  l’esprit  et  qui  fait  
la  jonction  entre  ce  bas  monde  et  le  monde  spirituel.  Le  Monde  de  l’Imagination  est  un  
intermédiaire  entre  le  Manifesté  et  le  Caché,  où  toutes  les  choses,  passées,  présentes  ou  à  venir,  
matérielles  et  immatérielles,  existent  à  l’état  d’archétypes.  Les  images  mentales  (khiyâl)  sont  des  
formes  incorporelles,  perçues  par  l’esprit  et  le  cœur,  qui  renvoient  à  la  réalité  essentielle  
(haqîqa)  de  ces  formes.  

Le  Monde  de  l’Imagination,  partie  intégrante  de  l’univers,  est  créé  par  Dieu  pour  apporter  une  
connaissance  de  Lui.  Mais  la  plupart  des  gens  ne  perçoivent  que  les  formes  extérieures  de  
l’imagination.  Seul  le  saint  voit  au-­‐delà  des  formes  que  lui  propose  l’imagination,  car  petit  à  petit,  
il  est  passé  de  la  contemplation  des  images  à  l’absorption  en  l’Image  unique.  Mais  l’union  avec  
l’Image  de  l’Aimé  n’est  qu’une  étape  de  la  Voie  :  il  convient  de  la  dépasser  pour  atteindre  l’Aimé  
Lui-­‐même,  là  où  l’imagination  rejoint  et  s’identifie  au  Réel.  

Le bestiaire de Rûmî est riche et varié. Le mystique se doit d’être patient comme le chameau
traversant le désert pour parvenir à la Ka‘ba de son propre coeur184. Lourdement chargé par le
poids de son ego, entravé par la chaîne du corps, se nourrissant de maigres plantes épineuses,
mais ensorcelé par le chant du chamelier, son guide spirituel, il persévère dans sa marche vers
les verts pâturages du Jardin d’Éram185. La vache, l’âne, le porc, le cheval rétif, la vache
marine, le loup et le chien sont autant d’allégories de l’âme charnelle, de ses passions et de
ses désirs impurs. Les souris symbolisent la bêtise et l’avidité186, et le chat, en tant que
représentant de l’Intellect universel, est chargé d’y mettre bon ordre. Le lion, personnification
de l’Homme Parfait ou du Bien-Aimé, est féroce et avide du sang de ses amants. L’éléphant
s’éveille du sommeil de l’inconscience et se souvient avec nostalgie de sa patrie. Les insectes
(moustiques, fourmis, mouches, araignées, vers et scorpions), pourtant habituellement rares
en poésie, pullulent, avec des connotations négatives. Les oiseaux ont une place de choix
comme symbole de l’âme. L’oiseau Adam fut abusé par un grain de blé. L’oiseau de l’âme se
débat pour échapper à la cage du corps. Le rossignol est amoureux de la Rose. Le faucon est
tombé aux mains du « vieux monde », qui l’a aveuglé et enfermé avec des chouettes et des
corbeaux, les bas instincts. Il leur parle avec nostalgie du château de son Roi, mais ils ne le
croient pas.
 

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