La technologie WDM
WDM (Wavelength Division Multiplexing) ou multiplexage en
longueur d’onde est une technique de multiplexage révolutionnaire qui,
en succédant à deux autres modes de modulation, a marqué l’univers des
réseaux hauts débits aussi bien au niveau des débits qu’au niveau des
équipements.
Le multiplexage
Le multiplexage est une technique qui permet de faire passer sur un
canal les signaux venant de n canaux.
Les signaux entrant dans le multiplexeur (MUX) et sortant du
démultiplexeur (DEMUX) sont dits voies basse vitesse. Entre ces deux
équipements se trouve une voie haute vitesse.
Le principe de WDM
La fibre optique possède un avantage non exploité par les deux
premiers multiplexages présentés. En effet, sur une fibre optique, il est
possible d’utiliser plusieurs longueurs d’onde simultanément. C’est
justement sur ce principe qu’une technique de modulation a été mise en
place avec de nombreux avantages mais tout de même quelques limites.
Fonctionnement
L’idée est de reprendre le multiplexage fréquentiel utilisé dans les
réseaux électriques pour l’appliquer dans le domaine optique.
En effet, si un signal électrique est composé de plusieurs
fréquences, un signal optique est lui composé de plusieurs longueurs
d’ondes.
Le principe du multiplexage en longueur d’onde est donc d’injecter
simultanément dans une fibre optique plusieurs trains de signaux
numériques sur des longueurs d’ondes distinctes. La fibre optique se prête
d’autant plus à cela que sa bande passante est très élevée (de l’ordre de
25000GHz).
La norme ITU-T G692 définit la plage de longueurs d’ondes dans la
fenêtre de transmission de 1530 à 1565 nm et un espacement normalisé
entre deux longueurs d’ondes de 1,6 ou 0,8 nm.
Le multiplexage de longueur d’onde se fait exclusivement sur fibre
monomode.
Lorsque l’espacement utilisé entre deux longueurs d’ondes est égal
ou inférieur à 0,8 nm ou lorsque plus de 16 canaux sont utilisés, on parle
alors de DWDM (Dense Wavelength Division Multiplexing).
Des tests ont déjà été effectués avec des espacements de 0,4 et 0,2
nm.
Peigne des fréquences en DWDM
Aujourd’hui, il est possible d’atteindre des débits pouvant aller de
10 à 200 Gbits/s. En effet, il existe des systèmes proposant de 4 à 80
canaux optiques à 2,5 Gbit/s par canal.
Un système à 16 canaux de 2,5 Gbit/s (soit 40 Gbit/s) permet
l’acheminement de 500 000 conversations téléphoniques simultanément
sur une seule paire de fibre optique.
Des recherches sont actuellement en cours pour accroître le débit
offert sur chaque canal. On pourrait rapidement atteindre 10 Gbit/s.
Principe d’une liaison WDM/DWDM
À chaque multiplexage ou démultiplexage de longueur d’onde, il y a
des pertes appelées pertes d’insertion. Pour compenser ces pertes et
également
Réduire le bruit, on utilise un amplificateur à fibre dopée erbium,
EDFA (Erbium Doped Fiber Amplifier).
Mais il y a d’autres perturbations qui déforment le signal. En effet,
des phénomènes non linéaires se produisent lors de la propagation du
signal dans la fibre. Il apparaît des risques de diaphonie et de mélange des
canaux. C’est pourquoi la technologie WDM nécessite des amplificateurs
tous les 50 à 100 km.
Chaque train de signaux numériques, après multiplexage, est
véhiculé sur sa propre longueur d’onde comme sur une seule fibre. Ces
trains peuvent donc être de débits et de formats différents.
Indépendance des débits et formats de chaque canaux en WDM
Ainsi, on peut trouver sur une même fibre de la voix dans des
Trames SDH, de la vidéo dans des cellules ATM, des données dans
des trames IP etc.
Le multiplexage de longueur d’onde est donc une technologie de
transport indépendante des protocoles utilisés : tout signal ce qui peut
Être transmis sur une fibre optique peut être multiplexé avec un
autre signal.
Trame IP :
Cellules ATM :
Trames SDH :
Un mode d’utilisation possible de WDM consiste à affecter un usage
déployer des structures logiques maillées, en bus, point à point, en
anneau ou en diffusion.
L’attribution d’une longueur d’onde se fait par reconfiguration
logicielle du système ce qui n’engendre aucune modification matérielle.
WDM et plus précisément DWDM apporte une réelle solution aux
pénuries de bande passante. Jusqu'à présent le développement des
réseaux de télécommunications était basé sur l’utilisation de technologies
de type SONET/SDH/TDM. Mais avec l’arrivée de cette technologie, on
peut désormais multiplier par 16 la bande passante de réseaux optiques
traditionnels.
Les composants d’un réseau WDM
Comme dans les réseaux SDH, la technologie WDM définit trois types
de nœuds optiques qui peuvent être déployés dans un réseau de transport
optique :
Les multiplexeurs terminaux optiques (Optical Terminal
Multiplexer ou OTM) : ce sont les équipements de base pour la
conception d’un système WDM. Installés aux extrémités des fibres op-
tiques, ils permettent de rassembler/dissocier les différentes longueurs
d’onde. Les OTMs sont utilises a` l’entrée du réseau WDM ou` ils assurent
l’accès pour les signaux provenant des autres réseaux clients tel que SDH,
Ethernet, IP/MPLS, DSL, etc…
Les multiplexeurs a` insertion/extraction optique (Optical Add
Drop Multiplexer ou OADM) : ces équipements sont utilisés pour insérer
(a` l’origine) et extraire (a` la destination) une ou plusieurs longueurs
d’onde sur une liaison WDM acheminant une pluralité de canaux optiques
ayant des longueurs d’onde différentes. Les OADMs sont principalement
conçus pour la construction d’anneaux et sont utilisés dans les réseaux
d’accès et métropolitains
Schémas de principe d’un multiplexeur à insertion/extraction
optique (Optical Add Drop Multiplexing : OADM)
Les brasseurs optiques (Optical Cross Connect ou OXC) : ces
équipements assurent la fonction de brassage dans les réseaux optiques
WDM. Lorsque dans un nœud les longueurs d’onde provenant d’une fibre
sont démultipliées, l’OXC permet de remplacer une ou plusieurs de ces
longueurs d’onde par d’autres, issues d’une autre fibre, avant de les
multiplexer vers une fibre sortante du nœud. Nous parlons alors de
brassage de longueurs d’onde puisqu’a` partir de plusieurs canaux
optiques (longueurs d’onde) entrants dans le nœud, nous pouvons
échanger ces canaux pour une nouvelle répartition de sortie. Les OXCs
sont utilisés principalement dans les réseaux cœur WDM.
Schéma de principe d’un brasseur optique (Optical Cross-Connect :
OXC)
Ces fonctions sont aujourd’hui encore assurées par du matériel
électrique ; mais le temps de conversion des signaux électriques en
signaux optiques et inversement est important. Une meilleure exploitation
de la fibre et de DWDM passe donc par la mise en place de réseaux tout
optiques.
Les systèmes WDM
Il existe plusieurs systèmes WDM. Ils adoptent tous le même
principe mais se différencient uniquement par le nombre de canaux
(longueurs d’onde) utilisables dans une fibre. Le multiplexage WDM est
caractérisé par l’intervalle minimum entre deux longueurs d’onde
accessibles. Cet intervalle est exprimé en nanomètres (nm) ou en
Gigahertz (GHz). Si cet intervalle est inférieur ou égal à 0, 8 nm (soit 100
GHz), nous parlons alors de multiplexage DWDM (Dense WDM). Des
expérimentations ont même été´ effectuées avec des intervalles de 0,4 et
0, 2 nm ou` 160 canaux peuvent être utilisables dans une fibre. Dans ce
cas، nous parlons de multiplexage UDWDM (Ultra Dense WDM). La Figure
1.9 illustre les différents systèmes WDM en fonction de l’espacement.
Les systèmes WDM.
Il existe une autre forme de multiplexage WDM, moins performante,
connue sous l’appellation CWDM (Coarse WDM qui signifie WDM grossier).
Dix-huit canaux au maximum sont utilisables, mais en pratique les
équipements émettent sur quatre, huit ou seize canaux.
Types de topologies d’un réseau WDM
Point à point: Cette topologie est utilisée pour la transmission de
services de bout en bout comme le montre le schéma suivant:
Chaîne: La topologie en chaîne est utilisée quand il est nécessaire
d'ajouter ou extraire quelques longueurs d’ondes، cela explique
l’utilisation d’un OADM dans cette topologie.
Le schéma suivant montre l'utilisation d'une topologie en chaîne :
Anneau: Cette topologie de réseau est la plus dominante des
réseaux DWDM vue qu’elle se caractérise par sa fiabilité et sa capacité de
survie.
La photo ci-dessous montre l'utilisation d'une topologie en anneau
lors du déploiement d'une fibre optique :
Conclusion
Dans le but d’optimiser l’utilisation de la fibre optique, la
technologie WDM s’est émergé car elle offre un très haut débit en
adoptant la technique de multiplexage d’un nombre important de
longueurs d’ondes sur une seule fibre optique.
En effet, le besoin d’un système plus flexible en termes de gestion
de réseau est toujours présent, ce qui a donné naissance à une nouvelle
génération de WDM, nommée NG WDM.