Lefebvre Karine
Lefebvre Karine
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC
THÈSE PRÉSENTÉE À
L’ÉCOLE DE TECHNOLOGIE SUPÉRIEURE
PAR
Karine LEFEBVRE
LE 21 JUIN 2012
Cette page regroupe l’expression de ma gratitude envers toutes les personnes qui m’ont
soutenue pendant la grande traversée doctorale. En s’y engageant, on connaît la date de
début… dans mon cas il aura fallu plus de sept ans pour terminer cette aventure.
D’abord, je dois remercier ma directrice de thèse, madame Marie-José Nollet. Elle a dirigé
mes travaux avec disponibilité, doigté et intérêt. Elle m’a toujours accordé du temps pour des
séances de travail rentables et n’a ménagé ni ses commentaires, constructifs et rigoureux, ni
son soutien lors des moments difficiles. Je la remercie d’avoir cru en ma capacité à rendre ce
projet à terme. Enfin, je ne peux passer sous silence l’aide financière qu’elle m’a accordée
tout au long de mes études de deuxième et troisième cycle, me permettant, entre autres, de
participer à des conférences un peu partout en Amérique du Nord.
Je voudrais ensuite adresser mes remerciements aux membres du jury, pour leur temps et leur
expertise. Je remercie aussi M. Caron de SNC-Lavalin et M. Arrien de BPR pour m’avoir
accordé du temps lors de mes rencontres de travail à Québec.
J’aimerais souligner le soutien amical et chaleureux, dans les bons comme les moins bons
moments, des collègues du local de recherche. Parmi eux : Suze avec qui j’ai partagé une
foule de bons moments personnels et professionnels, Guillaume, Hassan, Fernando,
Mabrouk, Luc, Ian et Steve.
Je voudrais aussi exprimer ma reconnaissance envers toutes les personnes de mon entourage
qui ont démontré de l’intérêt envers mes études : mon frère, mes beaux-parents, mes amies
de longue date Annie et Marie-Hélène, tous les musiciens de l’harmonie Vi.P.
(particulièrement Anne-Marie et Marie-France), et enfin mes collègues de travail au Cégep
André-Laurendeau et ceux des Services aux étudiants de l’ÉTS.
Je profite de l’occasion pour adresser mes remerciements à mes parents, Ronald et Francine,
qui m’ont transmis le goût du travail bien fait et la force nécessaire pour surmonter les
épreuves.
VI
En terminant, mes derniers mots sont pour mon conjoint, Jean-François : « j’ai vraiment
apprécié ton soutien moral et psychologique ainsi que ton écoute pendant ce long
cheminement ; merci d’avoir cru en moi ».
Karine LEFEBVRE
RÉSUMÉ
Les structures de béton armé avec remplissages de maçonnerie non armée (BMR) sont
considérées comme des structures vulnérables aux séismes. Sous l’effet des secousses
sismiques, elles subissent l’effondrement de leurs remplissages (causant blessures et décès) et
l’endommagement des colonnes à cause des remplissages. Au Canada et au Québec, la
plupart des structures BMR ont été conçues avant l’implantation des premières normes
parasismiques et l’évaluation de leur résistance latérale soulève la question du rôle joué par le
remplissage.
La présente thèse a pour objectif d’améliorer les techniques de modélisation des structures
BMR construites au Québec entre 1915 et 1960 ; souvent des structures d’hôpitaux et
d’écoles, dont le fonctionnement est essentiel à la suite d’un séisme, ou alors des immeubles
de bureaux ou résidentiels. Actuellement, les praticiens optent pour une analyse de la
capacité sismique ne considérant pas le rôle structural des remplissages. Or, ce rôle est non
négligeable.
Dans un premier temps, les techniques de construction et les propriétés des matériaux
constituant les structures BMR érigées dans la province pendant la période ciblée par la
présente thèse ont été étudiées. Les résultats sont les caractéristiques des matériaux
composant les structures BMR (béton, acier d’armature, brique, tuile de terre cuite, mortier),
ainsi que leur assemblage (coupe de mur, détails d’armature).
Différentes analyses paramétriques ont été réalisées afin de déterminer quels paramètres
géométriques et de modélisation sont les plus influents sur leur comportement sous charge
latérale. Les analyses de type linéaire avaient aussi comme objectif d'étudier la réponse
élastique des modèles, tandis que les analyses modales ont entre autres servi à valider la
prépondérance du premier mode, puisque c'est un prérequis pour les analyses pushover. Les
analyses paramétriques linéaires et modales ont permis d’établir que les paramètres influant
la rigidité, la période fondamentale et les modes propres sont : le nombre d’étages, le nombre
de baies, la largeur des baies, les étages flexibles, les ouvertures, la modélisation des étages
supérieurs et le type de modélisation des panneaux de remplissage (coque ou bielle).
Des analyses statiques non linéaires ont permis de déterminer les paramètres les plus
influents et devant être considérés pour l’évaluation de la résistance latérale, la capacité
(charge / déplacement) et la séquence de plastification (poutres vs colonnes vs remplissage).
Les paramètres considérés sont : la présence de remplissages, les types d’ouvertures et les
caractéristiques géométriques des modèles (nombre d’étages et nombre de baies).
VIII
Le résultat principal de la thèse est un modèle de bielle pouvant facilement être intégré dans
un logiciel d’analyses standard. Ce modèle de bielle, avec rotule centrale axiale exprimant le
comportement non linéaire de la maçonnerie, est une hybridation de propositions existantes
(FEMA et autres) avec des innovations propres à l’auteure. Le modèle, jugé acceptable pour
les études paramétriques, a également été validé avec des résultats d’analyse expérimentale et
numérique issus de la littérature.
Une conclusion importante de ce projet est qu’il faut tenir compte des remplissages dans
l’évaluation de la capacité à résister aux charges latérales pour les structures de plus d’un
étage. En effet, l’apport en capacité des remplissages peut aller jusqu’à 51 %. Concernant le
critère d’évaluation des bâtiments existants du Code national du bâtiment stipulant que la
résistance aux charges latérales doit être au moins 60 % de la force sismique statique
équivalente (V2005), la conclusion est que les modèles d’un étage ont une résistance
suffisante, mais pas ceux de trois étages pour lesquels des déformations plastiques ont été
obtenues pour un niveau de charge inférieur à 0,6 * V2005.
Karine LEFEBVRE
ABSTRACT
Reinforced concrete structures with unreinforced masonry infills (BMR) are considered
vulnerable to earthquakes. Under seismic actions, infills could fail (causing injuries or death)
and cause damages to columns. In Quebec and Canada, most of BMR structures have been
constructed prior to the introduction of modern seismic design codes raising question on the
contribution of the infill to the structure lateral resistance.
The aim of this thesis is to improve modelling technique of BMR structures built in Quebec
between 1915 and 1960. This type of structures is found in hospitals or schools buildings,
which must comply with some post-earthquake functionality requirements. They could also
be residential or office buildings. Actually, practicing engineers usually calculate seismic
capacity of BMR structures without considering the infill’s structural contribution to the
lateral resistance. Yet, this contribution should not be omitted.
The first part of the thesis investigates the construction techniques and material properties of
the old BMR structures in the Province. The results are the material properties (concrete,
reinforcing steel, brick, terra cotta tile, and mortar) and the characteristics of the assemblies
(wall section, reinforcement details...).
The second part of the thesis presents the results of series of parametric analyses to identify
among modelling and geometric parameters, which ones are the most influent on the lateral
load response (rigidity, fundamental period, normal modes). Linear and modal analyses were
performed. The most influent parameters identified are: number of storeys, number of bays,
bay’s width, soft storey, openings, upper storeys modelized (instead of being replaced by
punctual loads) and the modelization technique of infills panels (strut or shell).
Nonlinear static analyses have been performed to identify the most influent parameters to be
considered for evaluating the lateral resistance, the capacity (load / displacement) and the
yielding sequence (beam versus columns versus infills). The identified parameters are the
presence of the infills, the openings and the geometric characteristics of the models (number
of storeys and number of bays).
One important contribution of this work is the development of an equivalent strut model to
represent the action of the infill. The model could be easily implemented in standard analysis
software. A central axial hinge reproducing the nonlinear behaviour of the masonry is added
to the strut element. This model is a hybridization of existing proposals (FEMA and others)
with added innovations by the author. It has been validated with experimental and numerical
analyses results from literature.
X
An important conclusion of this thesis is that the contribution of infills to lateral load
resisting capacities of BMR structures should be considered for structure of more than one
storey. Infills can add up to 51 % to bare frame capacity. The National building code requires
that the lateral resistance of existing buildings must be at least 60 % of the equivalent static
seismic force (V2005). It is concluded that one storey BMR buildings have a sufficient
resistance, while three-storeys structures exhibit plastic deformations for loads under
0,6* V2005.
Page
INTRODUCTION .....................................................................................................................1
CONCLUSION ......................................................................................................................173
RECOMMANDATIONS ......................................................................................................181
BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................305
LISTE DES TABLEAUX
Page
Tableau 1.1 Comparaison entre des mesures de résistances provenant de tests indépendants
et les prédictions faites à l’aide de formulations simplifiées, dont
l’homogénéisation .....................................................................................36
Tableau 2.1 Dimensions des éléments structuraux et des armatures, Édifice André-
Laurendeau ................................................................................................43
Tableau 2.2 Résistance à la compression du béton (f’c) d’après la recension des écrits.........45
Tableau 2.3 Résistance en compression nominale par défaut pour le béton structural...........46
Tableau 3.4 Valeurs retenues pour la modélisation de la maçonnerie de terre cuite .............66
Tableau 4.1 Paramètres de modélisation des cadres avec murs de remplissage .....................70
Tableau 4.6 Influence des différents paramètres, suite aux analyses statiques linéaires ........91
Tableau 5.2 Variables utiles au calcul de la largeur des bielles, valides pour les 30 modèles95
Tableau 5.3 Résumé des déformations observées pour les 3 premiers modes propres, 30
modèles ...................................................................................................102
Tableau 5.5 Propriétés et réponses modales des modèles avec bielles ou coque .................109
Tableau 5.6 Paramètres essentiels lors de la modélisation pour analyses linéaires, d’après les
chapitres 4 et 5 ........................................................................................113
Tableau 6.1 Largeurs de bielles équivalentes réduites selon les types d’ouvertures ...........119
Tableau 6.2 Comparaison des facteurs de réduction d’Al-Chaar et Asteris et al. ................120
Tableau 6.3 Distances d’attache des bielles sur les colonnes ...............................................121
Tableau 6.4 Position des rotules sur les colonnes, poutres et bielles ....................................123
Tableau 7.1 Paramètres des analyses non linéaires statiques (pushover) .............................143
Tableau 7.2 Ductilité relative des vingt modèles selon l’aire sous les courbes pushover
normalisées ..............................................................................................146
Tableau 7.4 Corrélation entre le nombre de colonnes à la base et la charge ultime .............154
Tableau 8.1 Paramètres devant être modélisés et paramètres non essentiels ........................172
LISTE DES FIGURES
Page
Figure 0.1 Cadre en béton armé avec murs de remplissage (BMR) ........................................3
Figure 1.5 Les mécanismes principaux influençant le comportement non linéaire des cadres
de béton armé ............................................................................................24
Figure 1.6 a) Avant le séisme, b) séisme : une diagonale comprimée et une qui est tendue, c)
inversion des sollicitations, d) résultat : fissure en « X », e) transmission
des efforts de la bielle au poteau, par cisaillement....................................25
Figure 1.7 a) Modes de vibration : niveau non rigide au rez-de-chaussée et présence de murs
de remplissage aux étages, b) exemple de dommages ..............................26
Figure 1.8 a) Déformation d’un cadre vide ; b) Restriction du déplacement latéral créant
une colonne « captive » ; c) rupture typique d’une colonne « captive » ...27
Figure 1.9 Effets de l’interaction entre le mur de remplissage et le cadre vide : a) rupture
par cisaillement de la colonne et b) cisaillement à un joint extérieur .......27
Figure 1.10 Différents modes de rupture associés aux murs de remplissage de maçonnerie :
a) écrasement des coins ; b) glissement par cisaillement horizontal du
joint ; c) compression diagonale ; d) fissuration diagonale (cisaillement)29
Figure 1.13 Techniques de modélisation informatique des cadres avec remplissages pour
divers niveaux de complexité ....................................................................34
Figure 1.15 Modélisation des éléments de béton : poutres et colonnes avec rotules plastiques
de flexion et région du panneau des joints avec rotule de cisaillement ....37
Figure 1.16 a) Modèle Takeda modifié bilinéaire avec dégradation de rigidité, b) Modèle
Fukada trilinéaire Adaptée de Carr (1998)................................................38
Figure 2.3 Allure générale de la courbe de traction (contrainte-déformation) d'un acier ......50
Figure 2.4 Détails jugés potentiellement dangereux typiques des structures anciennes de
béton armé conçues pour les charges gravitaires seulement .....................51
Figure 2.5 Détails d’armature de bâtiments de l’Ouest américain construits selon un code
antérieur au UBC 1976 : espacement des étriers : 12 ou 18 pouces (300 ou
450 mm) ....................................................................................................51
Figure 2.6 Armature d’une colonne non ductile versus une colonne ductile .........................53
Figure 3.3 Relation contrainte – déformation pour trois types de mortier .............................60
Figure 4.2 Effet des paramètres sur la rigidité. En d : rigidité observée en fonction de celle
prévue par l’équation 4.3...........................................................................77
Figure 4.3 Effet du paramètre étage flexible sur la réponse en déplacements interétages pour
les modèles bielles.....................................................................................78
Figure 4.4 Effet des paramètres étage flexible et modélisation du remplissage sur la réponse
en déplacement (a : coque sans étage flexible, b : coque avec étage
flexible, c : bielle avec étage flexible) ......................................................79
XIX
Figure 4.6 Effet des paramètres sur la rigidité. En e : rigidité observée en fonction de celle
prévue par l’équation 4.9...........................................................................88
Figure 5.1 Les modèles de base pour les divers types d’ouvertures .......................................96
Figure 5.2 Spectre d’accélération (séisme ayant une période de retour de 475 ans) et période
fondamentale d’un cadre avec remplissage plein (FI), remplissage partiel
(PI) ou vide (BF) .....................................................................................100
Figure 5.3 Comparaison entre les relations proposées et expérimentales (des travaux de
Dunand et al. ; Oliveira et Kobayashi et al.). a) période-hauteur ; b)
période-nombre d’étages .........................................................................101
Figure 5.6 Exemple de maillage avec joints indépendants sur une longueur partielle .........108
Figure 6.2 a) Plan 1-2, le plan 2D utilisé dans la présente recherche et les 3 axes locaux
d’une poutre dans SAP2000 ; b) les efforts de cisaillement V2 et de
flexion M3 positifs ..................................................................................123
Figure 6.3 Modélisation des cadres de BA avec remplissage, ouverture de type 1(sans
ouverture), 4 (porte) ou 5 (coin) ..............................................................124
Figure 6.4 Comportement de la rotule plastique axiale applicable aux modèles sans
ouvertures (type 1) ..................................................................................126
Figure 6.6 Comportement des rotules plastiques de cisaillement des poutres .....................128
Figure 6.7 Courbe de comportement des rotules plastiques de flexion (M3) des poutres ....129
Figure 6.8 Courbe d’interaction des rotules plastiques P-M3 (efforts axial – moment des
colonnes) .................................................................................................129
Figure 6.9 Courbe de comportement moment de flexion – rotation des rotules plastiques P-
M3 (efforts axial – moment des colonnes) ..............................................130
XX
Figure 6.10 Illustration des REO assignés et effectifs et des paramètres Db/2 et Dc/2 .........132
Figure 6.11 Modèles testés par Mehrabi et Shing : a) cadre vide « faible », b) cadre « faible »
avec remplissage « faible » .....................................................................134
Figure 6.12 Modèles expérimentaux de Mehrabi et Shing vide et avec remplissage : courbes
pushover des tests en laboratoire et celles obtenues à l'aide du modèle de
bielle développé ......................................................................................136
Figure 7.2 Identification des analyses comparatives effectuées sur les résultats de capacité145
Figure 7.3 Courbes d’analyses pushover des modèles 1, 1V, 5, 5V, 9, 9V, 13 et 13V (effet
de la présence de remplissage) ................................................................150
Figure 7.4 Courbes d’analyses pushover des modèles 1, 5, 9 et 13 (effet de la géométrie) .151
Figure 7.5 Courbes d’analyses pushover des modèles 1 à 16 (effet des ouvertures) ............152
Figure 7.6 Courbes obtenues de façon théorique et de façon expérimentale pour deux types
de maçonneries et pour des cadres vides.................................................157
LISTE DES ABRÉVIATIONS, SIGLES ET ACRONYMES
AM Analyse modale
BPR Groupe BPR : firme d’ingénierie québécoise (avant : Beaulieu, Poulin, Robitaille)
Emt module d’élasticité de l’assemblage tbj, thj épaisseur du joint de mortier (bed
de maçonnerie de tuiles de terre et head joint) (mm)
cuite (MPa) tt largeur d’une tuile de terre cuite
Et module d’élasticité de la tuile de (mm)
terre cuite (MPa) εmt déformations unitaires à la rupture
f’m résistance de l’assemblage de de la maçonnerie de terre cuite
maçonnerie de briques et de tuiles (s.u.)
de terre cuite en compression υb coefficient de Poisson de la brique
(MPa) (s.u.)
f’mb résistance de l’assemblage de υj (υbj, υhj)
maçonnerie de briques en coefficients de Poisson du mortier
compression (MPa) (bed et head joint) (s.u.)
f’mt résistance de l’assemblage de υm coefficient de Poisson de
maçonnerie de tuiles de terre cuite l’assemblage de maçonnerie de
en compression (MPa) briques et de tuiles de terre cuite
fs résistance de l’assemblage de (s.u.)
maçonnerie de briques et tuiles de υmb coefficient de Poisson de
terre cuite en cisaillement (MPa) l’assemblage de maçonnerie de
fsb résistance de l’assemblage de brique (s.u.)
maçonnerie de briques en υmt coefficient de Poisson de
cisaillement (MPa) l’assemblage de maçonnerie de
fst résistance de l’assemblage de terre cuite (s.u.)
maçonnerie de terre cuite en υt coefficient de Poisson de la tuile de
cisaillement (MPa) terre cuite (s.u.)
ft résistance de l’assemblage de ρm masse volumique de la maçonnerie
maçonnerie de briques et de tuiles de briques et de tuiles de terre cuite
de terre cuite en tension (MPa) (kg/m³)
ftb résistance de l’assemblage de ρmb masse volumique de l’assemblage
maçonnerie de briques en tension de maçonnerie de brique (kg/m³)
(MPa) ρmt masse volumique de l’assemblage
ftt résistance de l’assemblage de de maçonnerie de terre cuite
maçonnerie de tuiles de terre cuite (kg/m³)
en tension (MPa) σc,b résistance de la brique en
Gmb module de cisaillement de compression (MPa)
l’assemblage de maçonnerie de σt,b résistance de la brique en traction
briques (MPa) (MPa)
hb hauteur d’une brique (mm) σc,t résistance de la tuile de terre cuite
ht hauteur d’une tuile de terre cuite en compression (MPa)
(mm) σt,t résistance de la tuile de terre cuite
lb longueur d’une brique (mm) en tension (MPa)
lt longueur d’une tuile de terre cuite σc,bj et σc,hj
(mm) résistances du mortier en
P charge axiale (kN) compression (bed et head joint)
tb largeur d’une brique (mm) (MPa)
XXV
Mise en contexte
Comment peut-on quantifier le risque sismique associé à une structure spécifique? Le risque
sismique est un concept qui englobe plusieurs notions. Concrètement, c’est le produit de
l’aléa, de la vulnérabilité et de la valeur en danger :
valeur exposée du système correspond à celle qui est assurée (bâtiments et biens), à laquelle
on doit ajouter la présence humaine ainsi que l’importance patrimoniale.
Pour obtenir une valeur monétaire du risque, la valeur doit être incluse dans l’équation.
Aussi, le risque sismique est amplifié par les effets de site. Cependant, ni la valeur monétaire,
ni les effets de site ne seront traités dans la présente recherche.
Problématique générale
Problématique spécifique
Au cours des épisodes passés à travers le monde, une des typologies structurales les plus
vulnérables qui a été identifiée est l’ossature de béton armé avec murs de remplissage en
maçonnerie. Cette typologie est représentée par le sigle BMR dans les publications du
Conseil national de recherches Canada, le CNRC (Voir figure 0.1). Ce sigle sera utilisé dans
le présent document.
Les dommages observés aux structures de béton armé et murs de remplissage à la suite de
séismes sont documentés à l'annexe XIII (p. 287). Parmi ceux-ci :
Au Québec, il y a beaucoup d'édifices érigés depuis 1915 dont la structure correspond aux
BMR. Parmi ces ouvrages s’inscrivent de nombreux établissements de santé et écoles, qui
jouent des rôles indispensables à la suite de catastrophes (refuges de protection civile et
services essentiels). Par exemple, plusieurs hôpitaux de la région de Québec, construits avant
1970, seraient des cadres en béton armé avec maçonnerie (Paul Arrien, communication
personnelle, 22 novembre 2005).
Une étude récente a été menée sur 107 bâtiments publics de la Ville de Québec afin d’obtenir
une vision globale du risque sismique (LeBoeuf et Nollet, 2006). Parmi ces édifices, 28 %
sont des structures de béton ou d’acier à murs de remplissage de maçonnerie. Neuf d’entre
elles sont des BMR construites entre 1930 et 1965, soit la période couverte par la présente
thèse. L’étude a montré que sept structures nécessitent une évaluation détaillée de leur
vulnérabilité puisqu’elles ont un indice de priorité sismique supérieur à 20.
Plusieurs études réalisées à travers le monde portent sur des bâtiments érigés dans des pays
éloignés du Canada. Il est donc imprudent de se fier aux conclusions de ces travaux, étant
donné la très grande disparité d’une contrée à l’autre entre les techniques et les matériaux de
construction. Beaucoup d’études traitent de bâtiments situés en Asie occidentale, en Europe
ou au Maghreb.
La thèse a pour objet les structures existantes, qui ont été érigées en suivant un code qui n’est
plus en vigueur. Dans plusieurs articles analysés, l’année de conception se situe entre 1950 et
1980. C’est loin de la période visée par la présente étude (1915 à 1960), avec une année de
construction moyenne de ~ 1940. Ce fait justifie la réalisation de cette nouvelle étude.
Pour illustrer le décalage entre le niveau de conception parasismique prévu à l’origine par
rapport à celui d’un nouveau bâtiment conçu selon le Code national du bâtiment du Canada
(CNBC) actuel (IRC/CNRC, 2005), les valeurs de charges sismiques ont été comparées. Pour
les BMR conçus d'après le CNBC 1941 (CNRC), on trouve que les forces horizontales
sismiques de conception correspondent à seulement 5 % des forces sismiques prévues selon
le CNBC 2005. Le ratio est de 15 % en comparant 1953 et 2005 (CNRC). Ces ratios sont très
5
faibles et très éloignés de la valeur de 60 % requise pour être dispensé de travaux de mise aux
normes lors d’une réhabilitation majeure (CNRC, 1996) et justifient d’autant plus de
s’attarder à l’évaluation et à une meilleure compréhension du comportement des structures
BMR. Le ratio minimal de 60 % de V ayant été fixé par un processus comportant une partie
subjective, il est évident qu'un ratio s'approchant de 60 % pourrait être considéré comme
convenable. Cependant, afin de respecter les prescriptions du CNBC 2005, et afin d'assurer
un niveau uniforme de protection dans le cadre de mise aux normes, il est recommandé de
procéder à des travaux de réhabilitation lorsque la valeur de 60 % de V2005 n'est pas atteinte.
Depuis 1950, les BMR ont été étudiées pour améliorer leur conception, et les techniques
d'évaluation ont beaucoup évolué au fil des ans. Plusieurs chercheurs internationaux y ont
contribué (Stafford-Smith et Carter, 1969 ; Liauw et Kwan, 1985 ; Reinhorn et al., 1996 ;
Dolšek et Fajfar, 2005) .
Si l’on souhaite diminuer le risque sismique en agissant sur la vulnérabilité d’une structure,
une étape essentielle est que l’évaluation de sa capacité sismique existante soit la plus
réaliste, précise et fiable possible. Une telle appréciation permet une réhabilitation moins
coûteuse qu’une évaluation conservatrice basée sur un modèle sommaire.
L’analyse des structures de béton armé et remplissage de briques est complexe pour plusieurs
raisons. D’abord, c’est une typologie structurale composite qui marie deux matériaux tout à
fait opposés : l’ossature de béton armé relativement flexible comparativement aux murs de
remplissage de maçonnerie, qui sont rigides.
Ensuite, les méthodes d’analyse qui ont évolué au fil des ans varient grandement, du point de
vue de leur complexité. En effet, les modèles vont de la simple bielle élastique aux modèles
d’éléments finis. Les premières bielles ont été créées dans les années 1960 (Stafford-Smith et
Carter, 1969). Le but du présent travail est de développer un modèle simple à utiliser et qui
6
Limites de l’étude
Objectifs
L’objectif global de cette thèse est de caractériser le comportement sous l’action de charges
latérales des structures de béton armé et murs de remplissage de maçonnerie construites au
Québec, de 1915 à 1960. Pour ce faire, plusieurs sous-objectifs ont été définis :
• il est connu qu’il y a une très grande variabilité des structures d’une région à une autre,
d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre. Il s’agit de caractériser les matériaux, les
méthodes d’assemblage et les détails techniques des structures érigées au Québec avant
1960.
7
L’étude, dans son ensemble, vise à créer un outil utilisable pour l’évaluation de la
vulnérabilité sismique des structures existantes de la typologie cadre en béton armé et murs
de remplissage (BMR), lors de la réhabilitation structurale des bâtiments anciens.
8
L’originalité de cette thèse est d’abord liée au fait que la typologie structurale étudiée est
l’ossature de béton armé avec murs de remplissage de maçonnerie non armée spécifiquement
conçue et érigée au Québec avant les années 1960. Les conclusions obtenues par d’autres
chercheurs internationaux ne peuvent pas être appliquées ici sans prudence quant aux
hypothèses utilisées et validations de l’applicabilité. Cela est dû à la variation régionale des
techniques, détails et matériaux de construction et explique pourquoi la caractérisation de la
typologie structurale et des matériaux occupe une grande place dans la présente recherche.
Ensuite, le modèle classique utilisé pour l’analyse des ossatures avec murs de remplissage
est le modèle de bielle et tirant. En effet, il se crée un patron de distribution des efforts dans
les panneaux de remplissage lors du chargement qui s’apparente à une bielle de compression,
à la suite de la séparation du cadre et des panneaux de remplissage dans les zones de tension
(Karaduman et al., 2001). Ce modèle simplifié de bielle comporte cependant des
inconvénients :
• il ne tient pas compte des charges de gravité transmises aux murs de remplissage;
• il ne considère pas tous les modes de rupture;
• il n’inclut pas la présence d’ouvertures;
• il repose sur l’hypothèse que les murs de remplissage n’agissent que dans une baie.
La présente étude propose de combler ces lacunes dans un nouveau modèle d’analyse qui
pourra être adopté pour l’évaluation sismique des structures existantes en béton armé avec
murs de remplissage.
L’originalité réside également dans les applications futures de ce modèle : (1) intégration des
murs de remplissage lors de l’analyse simplifiée des bâtiments comportant des remplissages
parmi un groupe de bâtiments et (2) analyse détaillée de bâtiments uniques en simplifiant les
murs de remplissage par l’utilisation du modèle développé.
9
Pour ce faire, cette nouvelle méthode devra être adaptable et reproductible pour tous les
bâtiments faisant partie de la classe typologique structurale concernée : les ossatures de béton
armé avec murs de remplissage de briques non armés.
Voici les étapes qui ont été réalisées afin d’atteindre les objectifs fixés et qui constituent le
corps de cette thèse :
1. Collecte d’informations :
• la première étape est la recension des écrits (chapitre 1) pour maîtriser les divers aspects
du comportement sismique des ossatures de béton armé avec murs de remplissage. Ceci
inclut les déficiences et les mécanismes de rupture, ainsi que les méthodes de
modélisation et d’analyse. Le but est d’identifier les besoins en matière de modèles
d’analyse;
• ensuite, une caractérisation complète de la typologie structurale a été effectuée pour
chacun des matériaux ainsi que pour les techniques de construction, etc. (Voir chapitres 2
et 3). Cet approfondissement a servi de base pour l'élaboration du modèle d’analyse
développé. La caractérisation rend possible la comparaison des structures québécoises
avec celles décrites dans des articles relatant des tests réalisés dans diverses régions du
monde. Pour ce faire, la recension des écrits (ex. : archives du Centre canadien
d’architecture) a été effectuée, des rencontres ont été organisées avec des ingénieurs-
conseils et des rapports traitant des dommages relevés à la suite d'épisodes telluriques
québécois ont été décortiqués.
• les analyses paramétriques décrites dans les chapitres 4, 5 et 7 ont pour but d’identifier de
façon précise quels paramètres sont essentiels lors de la modélisation des structures de
10
béton armé avec murs de remplissage de briques ainsi que d’établir une procédure de
modélisation de ces murs offrant un niveau de précision des résultats satisfaisant;
• parmi les paramètres évalués, notons la présence de baies multiples avec murs de
remplissage, les effets liés à l'existence d’ouvertures et l’épaisseur de la maçonnerie;
• l'étude paramétrique comprend des analyses statiques linéaires au chapitre 4, des analyses
modales au chapitre 5 ainsi que des analyses statiques non linéaires au chapitre 7
(pushover). Les analyses pushover permettent de définir le niveau de capacité d’une
structure pourvu que le bâtiment soit régulier et ait un premier mode prépondérant. Ce
type d’analyse est favorisé puisqu’il est suggéré par les plus récentes lignes directrices
concernant l’évaluation sismique (ASCE, 2007);
• le chapitre 6 présente le développement du modèle de bielle et sa validation. Cette
vérification a été accomplie en comparant les résultats obtenus 1) en laboratoire (article
publié) et 2) avec le modèle proposé en reproduisant les données de l’article. Les résultats
comparés sont la rigidité, du point de plastification, de la résistance en cisaillement.
Le chapitre 8 est un sommaire des discussions (hypothèses et résultats). Après un retour sur
la partie 1, regroupant la recension des écrits et la caractérisation, c’est la partie 2 qui est
discutée (analyses linéaires et non linéaires et développement du modèle de bielle).
L’objectif de cette recension des écrits est de regrouper les notions de base concernant le
sujet de recherche. Entre autres, les notions acquises lors de l’observation de dommages suite
à des séismes seront présentées. Aussi, les différentes écoles de pensées par rapport au
comportement des murs de remplissage, sont décrites. Puis, afin de bien saisir la réponse des
ossatures de béton armé avec panneaux de remplissage, l’ensemble des mécanismes de
rupture associés à chacune des deux parties qui interagissent : la maçonnerie et les cadres de
béton armé seront vus. Une revue critique des méthodes de modélisation et des procédures
d’analyse disponibles sera exposée en fin de chapitre.
Les ossatures de béton avec murs de remplissage de maçonnerie non armée ont été érigées
intensivement au Canada, aux États-Unis et en Europe, dès les années 1915, et jusque dans
les années 1960-70 (Voir figure 1.1). La raison pour laquelle l’emploi du béton a connu un
essor considérable à partir de 1915 est qu’une restriction avait été imposée à l’acier comme
matériau de construction. En effet, à cette époque il était réservé aux usines d'armement
(Forget, 1990).
Lorsque toujours en usage, ce type d’édifice sert à des fins résidentielles, commerciales,
industrielles ou de bureaux. On remarque un peu partout dans les milieux urbains québécois
ce type de charpente. Il est facilement identifiable puisque l’isolation est à l’intérieur, ce qui
expose à l’extérieur la structure de béton et maçonnerie aux côtés et à l’arrière (CNRC,
1992).
La typologie étudiée est aussi très courante à travers le monde : on en trouve dans plusieurs
zones très actives sismiquement : Taiwan, Iran, Turquie, Algérie, etc. (Voir figure 1.2 :
Algérie).
16
Les codes de construction de la plupart de ces pays prennent exemple sur ceux développés en
Europe et aux États-Unis. Les méthodes de construction là-bas, toutefois, ne sont pas les
mêmes qu’ici. Les dommages visibles à la suite de séismes dans ces régions très exposées à
des tremblements de terre peuvent nous donner des indices sur le comportement probable des
structures québécoises, advenant un séisme important. Cependant, une validation permettra
de vérifier si les matériaux et les techniques de construction d’ici mènent aux mêmes modes
de rupture que ceux observés dans ces autres contrées.
17
Les études dont le sujet est le comportement des ossatures de béton avec murs de remplissage
de maçonnerie non armée permettent l’amélioration des actions de mitigation dans le monde.
La prévention concernant cette typologie est extrêmement importante puisque c’est une
forme structurale très courante et vulnérable partout dans le monde. D’ailleurs à la 13e
Conférence mondiale sur le génie sismique en 2004, le directeur de Earthquakes and
Megacities Initiative, a indiqué ceci : « approximately 80 % of the people at risk of death or
injury in earthquakes in the world today are the occupants of reinforced concrete frame
infill-masonry buildings » (Bendimerad, 2004). Cette citation montre l’importance d’agir
pour mieux comprendre ces structures.
Au Québec, les trois zones d’activité sismique sont l’ouest du Québec, Charlevoix et le Bas-
Saint-Laurent (Voir figure 1.3). Au cours du siècle dernier, quelque vingt séismes ont causé
des dégâts importants au pays (RNC, 2008.b).
On sait que la majorité (97 %) des tremblements de terre dans le monde sont dus à
l’interaction d'au moins deux plaques tectoniques qui forment la croûte terrestre (RNC,
2008.b). Cependant, l’est du Canada est situé à l’intérieur d’une plaque et l’on s’explique mal
le fait qu’il y ait eu, au fil des siècles, plusieurs épisodes telluriques de magnitude supérieure
à 6 sur l’échelle de Richter. Une des hypothèses de la cause de ces séismes est la réactivation
de failles vieilles de 250 à 800 millions d’années dans la plaque tectonique nord-américaine.
Les descriptions qui suivent proviennent de Filiatrault (1996). Dans l’ouest du Québec, la
sismicité se distribue selon deux bandes, soit la Vallée de l’Outaouais et la région comprise
entre Montréal et le Parc de Lavérendrye. Trois grandes villes font partie de cette zone :
Montréal, Cornwall et Ottawa – Gatineau. Le plus fort tremblement de terre qui a été
enregistré dans ce secteur a eu lieu en 1935, à Témiscamingue (magnitude du moment
sismique Mw 6,2), alors que le plus récent a eu lieu le 23 juin 2010, d’une magnitude Mw de
5,0. La cause de ces secousses est la présence de failles le long de la rivière des Outaouais, en
18
plus de fissurations thermiques à l’intérieur des terres. Pour ce qui est du Bas-Saint-Laurent,
les séismes sont concentrés en bordure du fleuve. Enfin, Charlevoix est la zone la plus active
des trois. Il s’y trouve un réseau de failles, dont l’origine pourrait être une météorite tombée
il y a 350 millions d’années.
Le tremblement de terre du Saguenay en 1988 (Mw = 5,9) a créé la surprise puisque cette
région n’était pas identifiée comme une zone sismiquement active. Cet épisode aurait été
causé par une faille d'effondrement (dip-slip faulting) selon Somerville et al. (1990). Peu
importe l’origine des séismes québécois, la probabilité qu’il s’en reproduise d'autres de forte
magnitude, dans un avenir plus ou moins rapproché est réelle.
Analysons maintenant quels sont les dommages qu'ont subis les structures de la typologie
étudiée lors d'évènements passés, un peu partout sur le globe terrestre.
19
Les dommages subis lors de tremblements de terre récents à travers le monde sont bien
documentés par les comptes rendus de visites de reconnaissance de divers groupes d’experts
en génie sismique (Bruneau, 1991 ; Paultre et al., 1993 ; Saatcioglu et Bruneau, 1993 ;
Bruneau et Yoshimura, 1996 ; Karantoni et Bouckovalas, 1997 ; Badoux et al., 2000 ;
Saatcioglu et al., 2001 ; Bruneau, 2002 ; Mansouri et al., 2002 ; Su et al., 2002).
Voici quelques exemples de dégâts relatifs aux structures de béton armé et remplissage de
maçonnerie, tirés d’un rapport publié à la suite du séisme de 1993 à Pyrgos, en Grèce. La
magnitude des ondes de surface de ce séisme, MS, a été estimée à 5,5. La description provient
de Karantoni et Bouckovalas (1997, p. 144) :
« […] the damage of reinforced concrete frames was very light in contrast to
the damage of the infill masonry, which was heavy. In fact, only 22
buildings with 2-7 storeys developed cracks of significant width in the
reinforced concrete frame. […] [Buildings] located at 'Lapato' developed
much more serious damage, such as disintegration of the concrete of first
storey columns. […] The most common damage of the infills was
diagonal cracking due to the in plane seismic action. Cracks of variable
width were often extended not only to the mortar joints but to the
hollow bricks as well. In addition, horizontal and vertical cracks were
observed at the contact between brick masonry walls and reinforced
concrete beams and columns. […] Such cracks have small width […]. »
Plus près de nous, des dommages ont été causés lors du séisme du Saguenay de 1988 à un
établissement de soins de Québec (Tinawi et al., 1990). La structure de sept étages du
pavillon Notre-Dame de l’hôpital St-François d’Assise, érigée en 1958, est composée de
cadres en acier, et non en béton armé, mais la maçonnerie de briques est semblable à celle
étudiée ici (Voir figure 1.4.a). Les deux murs extérieurs orientés selon la direction faible ont
subi des fissurations diagonales majeures, au premier niveau, illustrant la rupture en
cisaillement du bout de mur de maçonnerie entre les deux fenêtres (Voir
figure 1.4.b).
20
Les dommages aux ossatures de béton armé avec panneaux de remplissage recensés dans
plusieurs rapports de reconnaissance peuvent être résumés ainsi (détails en annexe XIII) :
Cette section présente un aperçu du travail que les chercheurs ont effectué par le passé sur les
ossatures de béton armé avec murs de remplissage de brique. D’abord, notons une évidence :
le comportement sismique des structures composites BMR mérite encore l’attention de la
communauté scientifique puisque plusieurs parties du sujet demeurent sujet de controverse.
Comme décrites dans Les Techniques de l’Ingénieur (Betbeder-Matibet et Doury, 1997), les
interactions entre les éléments structuraux et non structuraux (selon plusieurs, la maçonnerie
de remplissage est non structurale) constituent un des problèmes les plus complexes en génie
parasismique puisqu’on ne peut déterminer a priori les simplifications qui ajoutent à la
sécurité de l’ouvrage. Par exemple, Bachmann (2000) affirme que c’est une « combinaison
extrêmement défavorable de deux méthodes de construction très différentes : les cadres sont
souples et plus ou moins ductiles, la maçonnerie est rigide et en même temps fragile ».
Combescure et Pegon (2000) avancent que le mode de rupture préconisé par la philosophie
de dimensionnement en capacité (capacity design), consistant en des poutres faibles et des
colonnes fortes, n’est pas assuré en présence de panneaux de remplissage forts. De plus,
selon la SEAOC (2003), il n’est pas sécuritaire d’ignorer la contribution des murs de
maçonnerie à la rigidité structurale, puisqu’ils peuvent causer la formation d’étages faibles
ou une réponse importante en tension, par exemple.
Une étude de Liberatore et al. (2004) conclut que l’effet des murs de remplissage sur la
performance sismique est bénéfique, puisque ces panneaux conservent leur résistance sous
les charges cycliques. Cela est d’ailleurs confirmé par des observations et des essais qui
démontrent que le confinement fourni par les cadres aux murs de remplissage est
habituellement suffisant pour assurer un bon comportement des panneaux. Cette étude
démontre cependant que la présence d’un niveau non rigide est fortement nuisible pour les
cadres conçus seulement pour les charges gravitaires.
22
Une étude réalisée en Europe (Kalman et Sigmund, 2010) prévoit des vulnérabilités sévères
dues aux remplissages dans les ossatures de béton, sauf exception. Selon eux, la mise en
place de remplissages ne doit pas handicaper la performance, c’est-à-dire qu’elle ne doit pas
trop augmenter la force latérale et ne pas trop diminuer la capacité de déformation.
L’inversion des étapes de construction des structures BMR (murs avant l'ossature, appelé
confined infilled frames) permet d’améliorer grandement le comportement sismique de
cadres avec murs de remplissage par rapport à celui d’ossatures vides. L’ajout de connecteurs
de cisaillement qui lient la maçonnerie aux poutres et colonnes constitue une autre méthode
améliorant le comportement (Achyutha et al., 1986). Cependant, ces façons de construire ne
sont pas très répandues en Amérique du Nord pour les structures récentes. On trouve les
confined infilled frames surtout en Amérique du Sud. Pour les bâtiments construits avant les
années 1960, les murs de remplissage étaient toujours construits après les cadres, sans
connecteurs.
Enfin, Fardis (2006 ; dans Apostolska et al., 2010) rapporte que les effets des remplissages
peuvent être très différents selon la capacité du système des cadres de béton. Il mentionne
que l’action des remplissages est positive lorsque l’ossature vide a une faible résistance
sismique. Une action négative serait induite lorsque, par exemple, la contribution des
remplissages à la rigidité et à la résistance latérale serait grande par rapport à la contribution
du cadre. Cela mènerait à la diffusion de déformations plastiques dans la structure.
La revue des nombreuses déficiences liées aux structures BMR est une étape importante
puisqu’elle relie les dommages observés lors de séismes et le besoin de modèles d’analyse à
l'aide desquels on pourrait prédire les dégâts futurs.
Pour les structures de béton armé avec murs de remplissage qui ne répondent pas aux
exigences modernes, plusieurs modes de rupture sont illustrés à la figure 1.5. Ils concernent
23
les éléments suivants : ancrage, joint extérieur, zone de panneau des joints intérieurs,
interaction flexion – cisaillement dans les poutres et moment de flexion lié à une force axiale
dans les colonnes. Les murs de remplissage peuvent expérimenter plusieurs modes de
rupture, décrits à la section 1.7 (p. 28).
Les normes de conception ont beaucoup évolué au fil du temps. Avant les années 1975, les
exigences de conception visant la ductilité n'existaient pas. Par exemple, les cadres en béton
armé conçus selon l’édition 1970 du Uniform Building Code (ICBO, 1970), étaient
considérés résistants aux moments (MRF - moment resisting frame), donc ne requérant aucun
détail ductile. À cette époque, il n’y avait ni conception explicite des joints, ni
dimensionnement en capacité (capacity design), tel le principe des colonnes fortes et poutres
faibles (Liel, 2006). Le code canadien de 1975 est comparable au UBC 1970, alors on peut
affirmer que les cadres de BA conçus au Canada avant 1960 (donc avant le CNBC 1975) ne
sont pas ductiles et ne suivent pas les préceptes du dimensionnement en capacité.
Les mécanismes de rupture des charpentes de béton armé qui ont des remplissages
concernent principalement les colonnes et les joints. Plusieurs paramètres influencent la
réponse structurale : les propriétés mécaniques des murs de maçonnerie, le comportement à
l’interface ossature – remplissage, les détails de construction (incluant l’armature), la
localisation et la grandeur des ouvertures, le nombre de baies et d’étages, etc.
Deux modes de rupture courants des colonnes sont la rupture par fissures de cisaillement et la
rupture des poteaux à un étage flexible (soft storey). La rupture par fissures de cisaillement
25
des colonnes est causée par la création d’une bielle de compression dans le mur de
remplissage qui cisaille le poteau au point de contact, près du joint poutre – colonne (Voir
figure 1.6 et figure 1.9.a, p. 27). Les fissures se propagent parfois à la maçonnerie.
Figure 1.6 a) Avant le séisme, b) séisme : une diagonale comprimée et une qui est tendue, c)
inversion des sollicitations, d) résultat : fissure en « X », e) transmission des efforts de la
bielle au poteau, par cisaillement
Adaptée de Davidovici (1999, p. 258)
La charge gravitaire provenant des étages supérieurs est positive pour les poteaux; elle leur
fournit de la résistance au cisaillement. À un coin de bâtiment, lors de la création d’une bielle
de compression de chaque côté du coin, le poteau à l’arête devient très vulnérable puisqu’il
reçoit le cisaillement provenant de deux directions horizontales, tout en ayant une charge de
compression gravitaire plus petite que celle des poteaux de rive. Les bielles qui le sollicitent,
quant à elles, correspondent à une travée complète (deux demi-travées). La rupture des
poteaux d’angle peut mener à l’effondrement.
La rupture d’un niveau flexible survient surtout au niveau d’un rez-de-chaussée qui ne
comporte pas de murs de remplissage alors que les niveaux supérieurs en sont pourvus. Dans
ce cas, les étages du haut se déplacent en bloc, puisqu’ils comprennent la majeure partie du
poids sismique (Voir figure 1.7), causant la rupture prématurée des colonnes du rez-de-
chaussée, qui sont flexibles. Le mécanisme de rupture est la formation de rotules plastiques
aux extrémités des poteaux due à un manque de ductilité en rotation.
26
Figure 1.7 a) Modes de vibration : niveau non rigide au rez-de-chaussée et présence de murs
de remplissage aux étages, b) exemple de dommages
a) Adaptée de Davidovici (1999, p. 43), b) Tirée de Cavaleri et al. (2004, p.2)
Guevara et Garcia (2005) ont étudié le problème des colonnes « courtes » et « captives »,
d’autres modes de rupture des colonnes. Les colonnes « courtes » sont petites par rapport à
leurs voisines. C’est souvent dû à une composante structurale horizontale qui s’y attache
(palier d’escalier, poutre…). Les colonnes « captives », quant à elles, sont affectées par la
présence d’éléments adjacents structuraux ou non, tel un mur de remplissage partiel de
maçonnerie (Voir figure 1.8). Dans le cas des colonnes « captives », le remplissage devient
un « élément structural non intentionnel ». Seule la portion libre de la colonne subit la
déformation prévue pour le poteau complet en plus d’être fortement sollicitée en
cisaillement, car le gradient de moments est trop important, ce qui peut mener à sa rupture.
Quand la maçonnerie est considérée comme non structurale et est ignorée lors de la
conception, cela peut mener à des effets inattendus et indésirables. Notons que lorsque le
remplissage est peu rigide, les colonnes risquent moins d’être endommagées qu’en présence
d’une maçonnerie très rigide, qui peut créer des dégâts considérables aux poteaux. Enfin,
mentionnons que toute colonne « captive » conçue avant 1975 est susceptible d’être
vulnérable en cisaillement, puisque le calcul de la résistance en cisaillement à partir de la
résistance en flexion n’a débuté que dans les années 1970.
27
Figure 1.8 a) Déformation d’un cadre vide ; b) Restriction du déplacement latéral créant
une colonne « captive » ; c) rupture typique d’une colonne « captive »
Adaptée de Guevara et Garcia (2005, p. 142-143)
Une faiblesse des joints pourrait aussi conduire à la rupture prématurée des assemblages
poutres – colonnes (Voir figure 1.9.b). Hegger et al. (2004) ont créé un modèle d’analyse par
éléments finis pour étudier le comportement de ces assemblages, à l’aide du logiciel
ATENA. Ce modèle a été calibré avec des résultats expérimentaux. Une analyse
paramétrique utilisant le modèle calibré a permis d’examiner les paramètres critiques
influençant la résistance au cisaillement des joints à l’intérieur et au périmètre du bâtiment.
Comme exemple de résultats tirés de cette étude, la capacité des joints en périphérie de la
structure est liée, entre autres, à la résistance en compression du béton, à l’efficacité de
l’ancrage de l’armature de la poutre et à la quantité ainsi qu’à la performance de l’armature
de cisaillement. Pour les joints situés à l’intérieur du bâtiment, le principal paramètre
influençant la capacité en cisaillement est la résistance en compression du béton.
Les modes de rupture qui sont décrits dans la présente section sont limités à ceux où le
mortier cède. Cette décision s’explique ainsi : les cas où les unités de maçonnerie atteignent
la rupture en premier surviennent seulement lorsque le mortier est très rigide, ce qui n’est pas
le cas des maçonneries anciennes.
D’après Flanagan et Bennett (2001), le mode de rupture le plus courant pour les murs de
remplissage de briques à l’intérieur des cadres en béton armé en est un de cisaillement. Ce
mode de rupture, soit le glissement par cisaillement horizontal dans les joints (Voir figure
1.10.b), est le seul qui est considéré afin de calculer la résistance des panneaux de
maçonnerie dans le document FEMA 356 (2000). Ce calcul est basé sur la résistance prévue
en cisaillement du mortier et son aire nette. Dans cette norme, concernant la réhabilitation
des structures, le mode de rupture par écrasement du coin (Voir figure 1.10.a) n’est pas pris
en compte, alors qu'il est commun pour cette typologie.
La rupture du mur de remplissage dans le plan peut aussi survenir par la formation d’une
diagonale de compression (Voir figure 1.10.c) et d’une diagonale tendue dans le panneau de
maçonnerie, ces deux diagonales s’inversant lorsque l’action sismique change de direction.
Le résultat est la fissuration en « X » du remplissage (Voir figure 1.11.a. et revoir la
figure 1.6.d). La fissuration en escalier (Voir figure 1.10.d) est considérée comme une
condition de dommage affectant l’état de service de la structure et non comme un état de
dommage ultime (Flanagan et Bennett, 2001). Le mur de maçonnerie peut donc continuer à
supporter des charges à la suite de sa fissuration diagonale.
29
Figure 1.10 Différents modes de rupture associés aux murs de remplissage de maçonnerie :
a) écrasement des coins ; b) glissement par cisaillement horizontal du joint ; c) compression
diagonale ; d) fissuration diagonale (cisaillement)
Tirée de El-Dakhakhni et al. (2004, p. 2)
On assiste parfois à l’effondrement hors plan d’une partie de mur ou d’un mur complet, initié
par la chute de quelques unités (Voir figure 1.11.b. et c). Cela est souvent dû à une liaison
inadéquate de la maçonnerie au reste de la structure. Comme c'est décrit à la section 1.8
(p. 31), la rupture hors plan n'est pas incluse dans cette recherche. Cela ne constitue pas une
limitation importante pour la recherche, puisque sous des séismes de faible ou moyenne
amplitude, comme attendu au Québec, il est rare que les remplissages s'effondrent hors plan.
Afin de tenir compte de l'interaction entre les résistances dans le plan et hors plan, des
analyses avec chargement bidirectionnel pourraient constituer une éventuelle recherche.
Mosalam et Kadysiewski (2009) présentent le développement d'un modèle de bielle et tirant
qui tient compte des effets hors plan et de l'interaction avec les effets dans le plan.
30
Selon Crisafulli (1997, p. 158), les ossatures avec maçonnerie sont des structures
redondantes, dont le mode de rupture final est complexe et résulte souvent de diverses
défaillances dans les panneaux et les cadres. Les types de rupture les plus courants sont par
cisaillement pour les panneaux de remplissage et par l’action des forces axiales, de
cisaillement ou de flexion en ce qui concerne les colonnes de béton.
On sait déjà que les remplissages doivent absolument être considérés. La citation qui suit
explique un peu pourquoi les remplissages sont négligés dans les calculs. L’importance de
tenir compte de ces panneaux rigides est à l’origine de cette thèse.
« Portal frame analysis based on the contraflexure
methodology of isolating moments was invented and became
the standard methodology for code conforming building
design. […] The problem is that infill masonry does not fit
conveniently into portal frame analysis, and the inelastic
behavior of masonry is very difficult to quantify
mathematically. As a result, there was a technical as well as a
philosophical reason for its elimination from structural design
calculations — even when still used for infill walls. »
(Langenbach, 2007, p. 53).
Les modèles innovateurs simplifiés sont peu nombreux, surtout en ce qui concerne l’analyse
d’ensembles de bâtiments. L’exploration de la bielle sera poursuivie dans la présente thèse
afin d’obtenir des résultats satisfaisants pour des efforts de modélisation raisonnables.
31
Langenbach et al. (2006) ont relevé les principales difficultés liées au développement d’un
modèle permettant de bien représenter la maçonnerie :
C’est en général le comportement dans le plan du remplissage qui est étudié, et non le
comportement hors plan (exemples : Al-Chaar, 2002 ; Dolšek et Fajfar, 2002 ; Lee et Woo,
2002 ; Vintzileou et al., 2004 ; Colangelo, 2005 ; Massart et al., 2005). En effet, l’interaction
des éléments de béton et de maçonnerie s’effectue dans le plan des panneaux de remplissage.
Cela cause leur fissuration, et peut mener à leur effondrement partiel ou total. La rupture hors
plan étant moins courante, et très difficile à examiner sans volet expérimental, la présente
recherche s’intéresse au comportement dans le plan.
Les outils d’analyses théoriques utilisés dans les divers articles consultés varient de l'examen
des modes de rupture, qui est une analyse simplifiée pouvant être réalisée à la main, jusqu’à
l’analyse temporelle (time history analysis) nécessitant des enregistrements de séismes passés
ou artificiels auxquels le modèle numérique de la structure est virtuellement soumis. Une
méthode d’investigation suggérée par les plus récentes lignes directrices concernant
l’évaluation sismique (ASCE, 2007) est l’analyse pushover (non linéaire statique). Cette
procédure permet d’obtenir une estimation de la capacité d’une structure par des analyses
relativement poussées requérant moins d’information que les analyses temporelles.
Au fil des lectures, on s’aperçoit que les simulations très détaillées côtoient les modèles
macroscopiques. Ces derniers, qui sont simplifiés, incluent souvent une bielle – tirant
articulée d’une largeur équivalant au tiers de la longueur diagonale du panneau pour
32
représenter les remplissages. C’est une méthode, dont l’origine remonte à une cinquantaine
d’années (Holmes, 1961), qui néglige certaines caractéristiques importantes du
comportement structural. Un ajout a été de calculer la largeur de la bielle selon le ratio des
rigidités cadre / remplissage, λh (Stafford-Smith et Carter, 1969). Mainstone (1971 ; 1974) a
poursuivi dans la même voie, en simplifiant les équations par des relations empiriques (dans
Saneinejad et Hobbs, 1995). Ces premiers modèles étaient élastiques et ne pouvaient pas
représenter le comportement réel des cadres avec murs de maçonnerie où il se produit de la
fissuration. Parmi les caractéristiques délaissées par les modèles de bielles existants, il y a la
contribution de la charge axiale, les forces développées à l’interface béton / maçonnerie et la
présence d’ouvertures. Le modèle qui sera développé dans cette thèse tiendra compte de ces
caractéristiques, autant que possible.
Langenbach et al. (2006) ont publié un article dans lequel ils présentent une synthèse de leur
analyse des familles de modèles. Ces groupes sont illustrés à la figure 1.13. Notons que le
modèle de bielle contient des connexions semi-rigides (Voir figure 1.13.b). Selon ces auteurs,
plusieurs méthodes de modélisation disponibles sont basées sur le comportement linéaire.
Cela contredit le fait que sous une charge sismique on s’attend à une réponse non linéaire,
considérée acceptable. Pour les ossatures de béton, ce phénomène est reconnu dans les codes
par le facteur de ductilité qui leur est attribué. Par contre, pour les cadres avec remplissage, la
maçonnerie est considérée comme une membrane rigide et « fragile », dont le comportement
non linéaire n’est pas approuvé.
Malgré le manque d'exactitude attribué à l'usage de bielles, elles demeurent très utilisées
puisqu’elles permettent d’obtenir l’ordre de grandeur de la réponse en peu de temps. Aussi,
étant donné la difficulté de définir des intrants très précis lors de l'examen général d'une
typologie structurale existante ou pour une analyse préliminaire d’un seul bâtiment, il est
superflu d’employer une méthode d’analyse très détaillée et d’y consacrer beaucoup de temps
et d’énergie.
34
Figure 1.13 Techniques de modélisation informatique des cadres avec remplissages pour
divers niveaux de complexité
Adaptée de Mosalam et al. (1997) dans Langenbach et al. (2006, p. 8)
Comme décrite dans Wu et Hao (2006), la modélisation par éléments finis peut être de deux
types : avec éléments discrets où tout est représenté (chaque brique et chaque segment de
joint de mortier) ou avec des éléments continus. Cette deuxième catégorie a l’avantage d’être
applicable à de grands modèles de structure. Elle nécessite cependant une étape
intermédiaire : l’homogénéisation des matériaux (Voir figure 1.14), qui consiste à dériver le
comportement d’un composite par la géométrie et le comportement d’une cellule de base
représentative du composite. Les propriétés très détaillées des deux composantes de la
maçonnerie (brique et mortier) sont requises afin de procéder aux calculs d’homogénéisation.
Elles peuvent être obtenues par des tests en laboratoire effectués sur des échantillons prélevés
d'un bâtiment particulier. La précision du modèle est incertaine étant donné que les
caractéristiques des matériaux fluctuent beaucoup. En effet, les briques sont plus ou moins
homogènes et le mortier est préparé un lot à la fois, au rythme de la construction, alors les
proportions varient.
35
Il a été démontré par Zucchini et Lourenço (2007) que les résistances en tension et en
compression des unités de brique ont beaucoup d'influence sur la réponse des assemblages de
maçonnerie, alors que la résistance en tension du mortier en a très peu. Dans cet article, un
modèle d'homogénéisation a été développé et validé à l’aide de résultats d’analyses par
éléments finis, puis avec 17 tests de résistance mesurée en laboratoire sur des échantillons
par trois chercheurs indépendants. C’est la comparaison avec les résistances mesurées
expérimentalement qui nous intéresse ici. Une des conclusions de Zucchini et Lourenço
(2007) est que la formulation de Francis et al. (1970) surévalue beaucoup la capacité de la
maçonnerie, avec une moyenne de 72 % d’erreur relative pour les 17 tests. Selon les deux
mêmes auteurs, Khoo et Hendry (1973) ainsi qu'Ohler (1986) ont élaboré des modèles qui
surestiment en moyenne de 30 % et 32 % les résistances obtenues expérimentalement pour
les 17 tests. Ce pourcentage d’erreur est similaire à celui du modèle d'homogénéisation de
Zucchini et Lourenço (32 %). En se basant sur ces résultats, les auteurs jugent que les trois
modèles sont viables, celui de Khoo et Hendry en tête.
De façon plus particulière, pour identifier la formulation simplifiée la plus appropriée pour
les structures à l’étude, les tests de matériaux semblables à ceux des structures BMR ont été
ciblés parmi les 17 tests reproduits par Zucchini et Lourenço (2007). Ces comparaisons sont
présentées au tableau 1.1.
36
Les résistances obtenues par essais expérimentaux sont des résultats indépendants publiés :
Binda et al. (1988), Vermeltfoort (1994) et McNary et Abrams (1985). La validation est faite
en comparant l’erreur relative de la résistance obtenue à l’aide de trois formulations
simplifiées à celle du modèle d’homogénéisation développé par Zucchini et Lourenço. La
formulation de Francis et al. (1970) est très au-dessus des vraies valeurs (erreur relative
moyenne = 61 %). Pour les modèles de Khoo et Hendry, Ohler et le modèle
d'homogénéisation, les erreurs relatives moyennes sont respectivement de 16 %, 22 % et
30 %. Pour les matériaux semblables à ceux de notre étude, la formulation de Khoo et
Hendry est plus précise, tandis que le modèle d’homogénéisation est le moins précis.
Tableau 1.1 Comparaison entre des mesures de résistances provenant de tests indépendants et
les prédictions faites à l’aide de formulations simplifiées, dont l’homogénéisation
D'après un tableau de Zucchini et Lourenço, 2007
L’objet de la thèse étant les structures de béton armé avec remplissages de brique de manière
générale et non pour un bâtiment en particulier, cela influence le choix de la modélisation de
la maçonnerie. En effet, les techniques d’homogénéisation et de modélisation par éléments
finis impliquent une connaissance fine des composantes de la structure analysée. Pour une
charpente unique, ces propriétés peuvent être obtenues par des tests en laboratoire sur des
matériaux prélevés. Cependant, l’étude de la typologie en général a mené à se limiter aux
caractéristiques les plus communes pour ce genre de structure.
37
Une façon assez simple et efficace pour modéliser la non-linéarité des éléments de béton est
d’utiliser des rotules plastiques ponctuelles aux extrémités de poutres et colonnes élastiques
(Voir figure 1.15 en haut). Un ajout à ces rotules ponctuelles est le ressort rotationnel de
cisaillement non linéaire, tel qu’illustré au bas de la figure 1.15.
Figure 1.15 Modélisation des éléments de béton : poutres et colonnes avec rotules plastiques
de flexion et région du panneau des joints avec rotule de cisaillement
Tirée de Magenes et Pampanin (2004, p. 3)
Depuis plusieurs décennies, des chercheurs raffinent les modèles hystérétiques des matériaux
non linéaires. Parmi les plus reconnus qui sont applicables au béton, il y a les modèles
Takeda et Fukada à représentation bilinéaire ou trilinéaire, illustrés à la figure 1.16.
38
Les relations forces – déformation du FEMA 356 décrivant le comportement non linéaire des
éléments de béton armé correspondent au modèle Takeda (FEMA, 2000, p. 6-13). Toutefois,
ce modèle ne présente que la zone en compression (Voir figure 1.17), ce qui est logique pour
le béton.
Pour un hôtel californien construit en 1910 (Voir section 2.1, p. 41), Miyamoto et al. (2003)
mentionnent que le comportement non linéaire est limité aux colonnes du rez-de-chaussée,
alors les rotules plastiques sont modélisées à cet étage seulement. Ces rotules sont (1) de
cisaillement à la mi-hauteur des colonnes et (2) biaxiales – flexion d’après les diagrammes
39
d’interaction (ACI, 2000) au haut et au bas des poteaux, à une distance de 2b/3 des
extrémités (b = largeur des colonnes) (Miyamoto et al., 2003). La position des rotules de
cisaillement à la mi-hauteur des colonnes soulève le questionnement, étant donné que le
cisaillement par les panneaux de maçonnerie agissant en bielles se produit plutôt dans les
coins.
Magenes et Pampanin (2004) ont illustré qu’une modélisation traditionnelle élastique, au lieu
d’une modélisation non linéaire appropriée des joints prédit un mécanisme d’étage au
premier niveau et non au deuxième, tel que cela survient en réalité dans plusieurs cas de
structures avec remplissages. Il se produit, en effet, une redistribution de la demande en
déplacement à partir des joints poutres – colonnes du plancher du premier étage vers les
colonnes de ce niveau et du rez-de-chaussée.
La modélisation des rotules adoptée pour cette thèse, qui permet d'attribuer un comportement
non linéaire ponctuel aux éléments structuraux des modèles, a été effectuée d’après plusieurs
sources. Le chapitre 6 présente en détail le cheminement qui a mené à la modélisation pour
les analyses pushover.
Ce premier chapitre présente l’information de base concernant les structures de béton armé
avec remplissages de briques non armés (BMR) ainsi que leur comportement lors de séisme.
Les constats suivants s’imposent :
La caractérisation des éléments des charpentes de béton armé est essentielle au cours de ce
cheminement vers la modélisation. Cette étude comporte le recensement de bâtiments qui
correspondent à la typologie structurale considérée, une compilation des propriétés des
matériaux qui les composent (béton et acier d’armature), ainsi que l’analyse des techniques
de construction de cette ossature.
Soulignons d'abord que les édifices mentionnés ici ont été ciblés pour l'accès aux données
géométriques et concernant les matériaux. Ils n'ont pas fait l'objet d'une analyse spécifique
dans le cadre de cette thèse permettant de juger de leur résistance spécifique en cas de
séisme.
À noter que les armatures transversales font 6 mm (¼ po ou #2) de diamètre et sont installées
à 305 mm (1 pied), centre à centre. Ces armatures sont plus petites que celles illustrées en fin
de chapitre (Voir figure 2.6, p. 53). Les pourcentages d’armature fluctuent de 0,5 à 1,5 %.
L’épaisseur de la dalle de ce bâtiment est d’environ 100 mm (4 po).
Tableau 2.1 Dimensions des éléments structuraux et des armatures, Édifice André-
Laurendeau
Un bâtiment typique californien de la période 1950 – 1975 a été étudié par Liel (2006). Les
étages ont une hauteur de 4 m. Les colonnes varient de 500 x 500 mm à 600 x 600 mm et
sont disposées aux 9 m (6 x 4 travées = 37 m x 55 m). Les poutres ont une profondeur de
500 à 660 mm.
Un deuxième bâtiment californien, un hôtel datant de 1910, a été modélisé et étudié en détail
par Miyamoto et al. (2003). Cet édifice possède un rez-de-chaussée de 5,5 m de haut et cinq
étages de 3,2 m chacun. Il comporte 15 baies est-ouest de 6 m et 5 baies nord-sud de même
dimension. La structure de béton armé coulé en place comprend des poutres, des colonnes et
des murs de cisaillement. Les poteaux varient de 460 x 460 mm au premier niveau à 350 x
350 mm au sixième.
En Europe, un bâtiment italien de six niveaux conçu vers 1950 a été étudié par Magenes et
Pampanin (2004). Le rez-de-chaussée est un peu moins haut que les autres étages, ce qui est
inhabituel. Les colonnes de cet édifice sont semblables à celles de l’Hôpital Saint-Sacrement,
soit des côtés qui varient de 250 à 350 mm. Elles sont donc de plus faibles dimensions que
44
celles des deux bâtiments californiens. Les poutres ont une section de 300 x 500 mm. Le
pourcentage d’armature est d’environ 1 %.
En conclusion, les colonnes des bâtiments québécois ressemblent à celles des bâtiments
californiens : 300 x 300 à 660 x 660 mm. Le bâtiment italien a de plus petites colonnes (250
à 350 mm de côté), mais un pourcentage d'armature semblable à celui de l'Édifice André-
Laurendeau. Pour ce qui est des poutres, les dimensions fournies pour trois bâtiments
(Québec, Californie et Italie) sont comparables : hauteur de 500-660 mm et largeur de 250-
300 mm. Les propriétés des éléments de béton armé des structures du Québec sont donc
similaires aux autres.
La résistance à la compression du béton (f’c) est une donnée très importante pour modéliser
les structures existantes. Des valeurs obtenues par la recension des écrits, incluant des
rapports d’analyses de matériaux concernant des édifices du Québec et d'ailleurs, sont
présentées à la figure 2.2 et au tableau 2.2.
Afin de déterminer la résistance à utiliser dans les modèles, les neuf valeurs du tableau 2.2
correspondant à la période étudiée (1915-1960) ont été retenues (cela exclut les trois lignes
où le texte est en caractère gras). La médiane des neuf valeurs de résistance en compression
est de 20,7 MPa. Cette médiane comprend trois valeurs extrêmes (13,8 ; 27,6 et 27,9 MPa).
Si on retire ces trois valeurs de l'échantillon, la médiane demeure exactement la même, alors
la valeur de 20,7 MPa est la résistance à la compression (f’c) pour la période étudiée.
Tableau 2.2 Résistance à la compression du béton (f’c) d’après la recension des écrits
No réf.
Pays /
Années f’c (MPa) Références (figure
régions
2.2)
Canada
< 1950 20,7 (Biddah, 1997) 1
(CAN)
27,9 moyenne
1930 (Technisol inc., 2000) 2
(23,3 à 36,5)
1934 20,7 Québec (QC) (Gauthier, 1976) 3
22,4 moyenne
1958 (Arrien et Lemyre, 2003) 4
(20,7 à 24,1)
Canada
Fin 1960 21 (Ghobarah et al., 2000) 5
(CAN)
1903 16 a
Suisse (SU) (Lang, 2002) 6
1935 22 a
Californie
1910 20,7 (Miyamoto et al., 2003) 7
(CA)
Portugal
1930 - 53 20 (Proença et al., 2004) 8
(PO)
< 1918 13,8 (Newman, 2001)
1918 - 50 20,7 É.-U. (ÉU) 9
(Corley, 2000)
1950 - 60 27,6
a La valeur provient d’une norme et non d’un rapport d’expertise.
Plutôt que d’utiliser un chiffre unique, on pourrait prendre des valeurs de f’c qui seraient
établies en fonction des éléments structuraux (poutre, colonne ou dalle). Un exemple est
fourni dans le document FEMA 356, dont un extrait est reproduit au tableau 2.3. D'après ce
tableau, pour les années 1920 à 1949 (la période centrale visée par la présente étude) la
46
résistance minimale prévue est 20,7 MPa (13,8 MPa * 1,5 selon la note du tableau 6-4 du
FEMA), tandis que la valeur moyenne prévue est 25,9 MPa (17,25 MPa * 1,5). Cette dernière
est supérieure de 23 % à la résistance en compression choisie (20,7 MPa). La valeur de
20,7 MPa est conservée puisqu’elle est basée sur une dizaine de références, dont 50 % sont
canadiennes. Aussi, la plupart ont été obtenues par des tests en laboratoire.
Tableau 2.3 Résistance en compression nominale par défaut pour le béton structural
Adapté de Federal Emergency Management Agency (2000, tableau 6-3)
Dans les premiers temps suivant la construction des structures de béton, la résistance à la
compression augmente. La cause est l'hydratation qui se poursuit sur une longue période
après la coulée. L'évolution de la résistance dans le temps (fck(t)) est décrite dans le cahier
technique SIA 2018, article [Link] (Société suisse des ingénieurs et des architectes, 2004). Il
peut y avoir une grande augmentation, jusqu'à 100 % de f’c après cinq à dix ans (Lang,
2002). Dans cette référence, la résistance à la compression du béton armé était supérieure de
50 % par rapport à la celle spécifiée au moment de la conception de l'ouvrage. Dans la thèse
de Biddah (1997), portant sur les joints poutres – colonnes en béton armé, une relation
concernant la résistance en compression dans le temps est utilisée. Cette relation (Branson,
1977) est l’équation 2.1 :
l'accroissement est de 16,2 %. Donc, toute structure existante depuis au moins 30 ans a un
gain de résistance de l’ordre de 17,6 % par rapport à la résistance prévue à 28 jours. D’un
autre côté, il faut tenir compte de la dégradation du béton dans le temps due à
l'environnement, aux charges accidentelles, aux cycles de gel – dégel, aux attaques causées
par les sulfates, aux changements de température, aux irradiations, etc. Ces causes mènent à
une diminution linéaire de 10 à 30 % de la résistance initiale après une période de 40 ans
(Mori et Ellingwood, 1993). D’autres auteurs ont défini une relation semblable. Par exemple,
après 40 ans, la résistance résiduelle varierait de 70 à 90 % de la résistance originale
(Ghobarah et al., 2000). Pour les structures âgées de plus de 50 ans (construites avant 1960),
on estime que la résistance résiduelle serait de 70 %. Pour des charpentes datant de 1915, la
résistance résiduelle serait de l’ordre de 60 % en 2000.
En combinant les effets de gain et de perte de résistance, on obtient pour un béton de 1960
une résistance à la compression égale à 1,176 * 0,7 f’c = 0,82 f’c. Pour un béton datant de
1915, elle serait de 0,7 f’c. La moyenne de ces deux résultats, correspondant à la période des
années 1930, est 0,75 f’c de la résistance à la compression qui est une valeur minimale
spécifiée. Dans le cas présent, la résistance sélectionnée de 20,7 MPa est une moyenne de
valeurs observées ; elle est donc maintenue et n’est pas affectée par les effets du temps,
puisqu’ils sont déjà inclus dans les mesures de résistance prises en laboratoire. De plus, cela
correspond à un béton qui aurait eu une résistance de 27,6 MPa à la coulée, ce qui est
plausible.
Une autre propriété du béton est importante pour la modélisation : le module d’élasticité, Ec.
Il est lié à la résistance en compression, selon l’équation 2.2 (ACNOR, 2004, art. 8.6.2) et la
densité du matériau (ρc en kg/m3) qui varie de 2300 à 2500 kg/m3 pour le béton standard. En
l'absence de données pour la densité, la valeur courante de 2400 kg/m3 a été utilisée. Pour un
béton de 2400 kg/m3 ayant une résistance en compression de 20,7 MPa, Ec vaut, selon
l'équation 2.2, 23,4 GPa.
48
1, 5
[
E c = 3300 ⋅ ] ρc
f ' c + 6900 ⋅ ; 1500 ≤ ρ c ≤ 2500 kg / m ³ (2.2)
2300
Il est à noter que l'équation usuelle de 4500*(f'c)½ pour les bétons de 20 à 40 MPa donne un
module d'élasticité inférieur, égal à 20,5 GPa. Toutefois, étant donné la nature paramétrique
des analyses réalisées, la valeur du module d'élasticité choisie aura peu d'influence sur
l'analyse comparative des résultats.
Dans les structures en béton armé, l'acier contribue à la résistance des éléments en reprenant
les efforts de tension. Sa résistance en traction dépend du type d’acier utilisé. Jusqu'à la fin
des années 30, l’acier doux (mild steel) était généralement utilisé. Puis, après la Deuxième
Guerre mondiale, l’acier dur a été introduit, avec une résistance de 25 % supérieure à celle de
l'acier doux (Addis, 1997). Le tableau 2.4 présente quelques données sur ce matériau, au fil
des années et des régions.
Lang (2002) rapporte que des tests menés sur des aciers commerciaux en Suisse dans les
années 1940 – 1950 ont montré que la résistance moyenne en tension de l'acier excédait de
25 % les exigences minimales du code. C’est pourquoi une majoration de 20 % de fy a été
utilisée dans la thèse de Lang (2002). Selon le tableau 2.4, pour la période à l’étude (1915 à
1960), la résistance à l’écoulement fy de l’acier représentative est 307 MPa (moyenne et
médiane), que nous arrondissons à 300 MPa. Deux valeurs n’ont pas été considérées
puisqu’elles sont hors de la plage de temps (caractères gras). Le calcul tient compte du fait
que les barres des ouvrages datant de ces années-là sont la plupart lisses, et que le court
chevauchement affecte la résistance. Pour ce qui est de fu, la résistance à l’ultime en tension,
vu le faible nombre de données disponibles, la valeur minimale par défaut du FEMA 356 sera
utilisée, soit 475 MPa pour les structures construites entre 1910 et 1959 (2000, p. 6-2).
49
Résistances (MPa)
Périod À À
Lieu Note Référence
e l’écoule l’ultime
-ment fy fu
carrée, crénelée,
358 565
acier dur
Canada 1930 (Nollet et Chaallal, 2001)
ronde, lisse, acier
220 336
doux
Québec 1934 276 s.o. s.o. (Gauthier, 1976)
Canada < 1950 400 s.o. s.o. (Biddah, 1997)
Fin
Canada 300 s.o. s.o. (Ghobarah et al., 2000)
1960
fy = 448 réduite à
Californie 1910 290 496 cause du faible (Miyamoto et al., 2003)
chevauchement
1930-
Portugal 307 s.o. s.o. (Proença et al., 2004)
1953
240 360-450 normal (I)
Suisse 1935 (Lang, 2002)
350 520-620 haut grade (II)
Pour ce qui est de l'écrouissage, il varie selon la teneur en carbone de l'acier. Étant donné que
l'acier a beaucoup évolué tout au long de la période couverte par la présente étude, le
phénomène d'écrouissage est lui aussi variable; il peut soit améliorer la résistance en fin de
courbe contrainte-déformation (acier dur, après 1930) ou alors la diminuer (acier doux, avant
1930). Par conséquent, la surrésistance n'est pas prise en considération. L'allure générale de
la courbe de traction de l'acier est illustrée à la figure 2.3.
L’Édifice Eaton, au centre-ville de Montréal, possède une section érigée en 1930. Dans le
cadre de la réhabilitation du bâtiment, des poutres secondaires en béton armé ont été évaluées
à l’École de technologie supérieure (ÉTS). Des tests sur l’acier d’armature ont permis de
définir que le module d’élasticité de l’acier Es varie de 192 à 259 GPa (Nollet et Chaallal,
2001). La déformation unitaire à la plastification (εy) variait de 1 % pour la barre lisse à
50
1,6 % pour la barre Khan, tandis qu’à la rupture (εu) atteignait 35 % pour la barre lisse, 20 %
pour la barre carrée et 36 % pour la barre Khan (Perreault, 2002, p. 61).
En 1981, le Concrete Reinforcing Steel Institute a recommandé des procédures pour l’analyse
des barres anciennes afin de tenir compte de leur adhérence limitée due aux crénelures
inexistantes ou inadéquates. Il est suggéré de considérer que l’efficacité est diminuée de
50 % pour toutes les variétés d'armatures produites avant 1947 (Newman, 2001, p. 180-181).
De plus, la longueur de développement spécifiée dans les codes actuels peut être doublée (et
multipliée par le ratio suivant : contrainte de plastification réelle / prévue). Cette méthode
prudente a l’avantage de permettre l’analyse des barres, peu importe leur surface (lisse,
crénelée…).
Figure 2.4 Détails jugés potentiellement dangereux typiques des structures anciennes de
béton armé conçues pour les charges gravitaires seulement
Adaptée de Beres et al. (1996, p. 187)
La figure 2.5 illustre la disposition typique des armatures à un joint poutre-colonne pour les
structures américaines conçues selon un code antérieur à 1976. Les structures québécoises
ont les mêmes caractéristiques, puisque les codes de conception étaient semblables.
Figure 2.5 Détails d’armature de bâtiments de l’Ouest américain construits selon un code
antérieur au UBC 1976 : espacement des étriers : 12 ou 18 pouces (300 ou 450 mm)
Adaptée de Moehle (2000, p. 2 et 8)
52
Dans le Uniform Building Code 1970 (ICBO), il n’y avait pas de conception explicite des
joints pour leur donner une résistance parasismique adéquate (Liel, 2006). Jumelé à l’absence
de notions de dimensionnement en capacité (capacity design), on comprend pourquoi les
structures conçues selon les codes antérieurs à 1970 possèdent des déficiences importantes
mises en évidence à la suite de séismes majeurs. Les modes de rupture des joints dépendent
du type de joints (intérieur ou extérieur) et des solutions structurales adoptées, par exemple
des barres lisses qui ont très peu d’adhérence (Magenes et Pampanin, 2004). Revoir la figure
1.9.b (p. 27) pour un exemple de dommage aux joints périphérique.
Les joints des bâtiments construits avant 1970 peuvent être considérés comme ayant une
certaine flexibilité (ils ne sont pas 100 % rigides), une caractéristique soulevée par différents
experts, dont Biddah (1997). L’influence de la variation de ce paramètre sur la réponse du
modèle pourrait être vérifiée lors de travaux de recherche subséquents à cette thèse.
Comme illustrée à la figure 2.6, la quantité d’armatures dans les constructions de béton armé
modernes est plus importante (ρ = 1,9 %) que dans les structures existantes (ρ = 1 %). La
capacité des colonnes modernes en ductilité (capacité à se déformer plastiquement sans se
rompre) repose sur les détails de conception parasismiques des armatures. Par exemple, pour
l'armature transversale constituée d'étriers, ces derniers doivent être accrochés à leurs
extrémités (crochets à 135°) et pas seulement chevauchés, afin d’offrir le confinement
nécessaire pour assurer la ductilité.
53
Figure 2.6 Armature d’une colonne non ductile versus une colonne ductile
Adaptée de CUREE (2006, p. 12)
54
2.5 Synthèse
L’examen de divers bâtiments existants de type BMR, érigés entre les années 1910 et 1970
au Québec, en Californie et en Italie, a été réalisé. Il a permis de voir que ces charpentes ont
des colonnes habituellement carrées de 250 x 250 mm à 600 x 600 mm. La section de ces
poteaux diminue un peu en montant les niveaux.
Les deux propriétés mécaniques du béton qui sont essentielles pour la modélisation ont été
établies par la recension des écrits, incluant des résultats sur des matériaux prélevés
d’édifices existants. La résistance à la compression moyenne, f’c, a été fixée à 20,7 MPa,
tandis que le module d’élasticité est Ec = 23,4 GPa. Des sources semblables ont permis de
définir les résistances en traction à l’écoulement (300 MPa), et à l’ultime (475 MPa) pour
l’acier d’armature. Peu de données étaient disponibles pour le module de Young de ce
matériau, alors celui utilisé de nos jours est choisi : Es = 200 GPa.
L’étude des schémas d’armature typiques des années 1915 – 1960 a mené à l'identification de
plusieurs déficiences parasismiques pour ces ossatures de béton armé qui n’étaient conçues
que pour des charges gravitaires. Les principales lacunes sont le faible pourcentage d’acier,
le chevauchement en zone critique (au bas des colonnes), les étriers trop distancés et non
continus dans les joints ainsi que les armatures terminant à angle droit au lieu de 135°. Cette
dernière caractéristique est l'une des plus importantes assurant le comportement ductile lors
de séismes.
CHAPITRE 3
CARACTÉRISATION DE LA MAÇONNERIE
Dans ce chapitre sont présentées les données recueillies sur les matériaux et techniques de
construction des remplissages de maçonnerie qui seront utilisées lors de la création des
modèles d’analyse. Avant d’aborder les aspects techniques, la construction typique des murs
de remplissage est décrite à la section 3.1 et illustrée par un exemple à la section 3.2. Les
trois sections qui suivent (3.3 à 3.5) présentent les propriétés recueillies et leur utilité. Enfin,
les sections 3.6 et 3.7 établissent les propriétés retenues pour les deux types de maçonnerie
courants : de briques et de terre cuite.
Étant donné que les propriétés des matériaux sont très variables, leur étude vise à définir des
caractéristiques moyennes qui sont les plus proches possible des matériaux réels afin de
diminuer l’incertitude des modèles à réaliser.
Lors de la conception des bâtiments avec remplissages avant 1960, la brique de remplissage
était considérée comme non structurale, comme c’est parfois encore le cas aujourd’hui. Elle
n’apparaissait pas sur les plans de structure, ni sur aucun autre plan bien souvent! Et lorsque
les murs de remplissage figuraient sur des plans, les dimensions et épaisseurs des matériaux
utilisés au chantier correspondaient peu souvent à ce qui avait été prévu lors de la conception.
Malgré cela, quelques généralisations peuvent être faites. Les murs de remplissage étaient
souvent composés de terre cuite à l’intérieur (½ ou 1 tuile d’épaisseur = 2 ou 4 pouces
= 50 ou 100 mm), d’un espace d’air, de brique (3 ou 4 épaisseurs = 12 ou 16 pouces = 300 ou
400 mm) et d’un revêtement de pierres lorsque désiré (4 à 6 pouces = 100 à 150 mm). Une
coupe type des murs de remplissage en maçonnerie de la région de Québec est illustrée à la
figure 3.1 (selon une communication personnelle avec M. Paul Arrien, 22 novembre 2005).
La brique des murs de remplissage se situe entre la pierre extérieure et la terre cuite.
56
Il y a parfois absence de briques ; des tuiles de terre cuite forment alors les murs de
remplissage. Dans ce cas, la faible rigidité du remplissage par rapport au béton fait en sorte
que l’ossature risque moins d’être endommagée advenant un séisme.
Concernant la brique des murs de remplissage utilisée des années 1940 aux années 1970,
c’était souvent de la brique qui était donnée aux entrepreneurs, puisqu’elle servait à lester les
bateaux venus récupérer de la marchandise au Québec pour exportation. Cette brique n’avait
pas les dimensions normalisées des briques nord-américaines ; c’est pourquoi les dimensions
des murs de remplissage varient beaucoup d’un bâtiment à l’autre.
La brique était posée pêlemêle avec peu de mortier, de façon à lier minimalement les parois
intérieure et extérieure et remplir le vide entre elles. Afin de valider la composition des murs
d’un bâtiment spécifique pour l’évaluation de sa capacité sismique, il est très important de
pratiquer des ouvertures dans les murs à quelques endroits.
Les plans d’architecture et de structure d’origine (1934) ainsi que les plans de rénovation des
années 1990 ont été consultés aux bureaux de SNC-Lavalin à Québec. Une description de
l'ossature en béton a été présentée à la section 2.1 (p. 41).
Les murs intérieurs de cet édifice sont fabriqués de tuiles de terre cuite. Plusieurs cloisons ont
deux parois très éloignées afin de permettre le passage des conduits de mécanique, plomberie
et électricité (Voir figure 3.2.c). L’épaisseur des tuiles est de 100 ou 150 mm. Pour ce qui est
des murs extérieurs, la composition est la suivante : tuile de terre cuite de 100 mm, espace
d’air, 400 mm de brique, parement de pierre. Cet assemblage correspond à la composition
type (Revoir la figure 3.1).
les modules d’élasticité et de cisaillement, les contraintes d’écoulement et ultimes (en tension
et en compression) ainsi que les déformations unitaires limites en compression et en traction.
En fait, il est idéal de connaitre les courbes complètes de comportement des multiples
matériaux présents dans la maçonnerie à modéliser. Il est assez ardu de trouver les valeurs de
ces différents paramètres. Sans contredit, une infinité de combinaisons peuvent être créées
avec les divers matériaux des panneaux de remplissage et des éléments des cadres de béton.
Il est donc rare de dénicher dans la littérature des résultats comparables dans plusieurs
sources distinctes afin de tirer des conclusions. Aussi, les coûts élevés des tests en laboratoire
limitent le nombre de répétitions des essais sur des spécimens semblables, alors que les
constats obtenus de modèles réduits doivent être considérés avec précaution, étant donné
l’effet d’échelle (Crisafulli, 1997). Dans les prochaines sections, des valeurs sont présentées
pour les différentes caractéristiques requises pour la modélisation. Les valeurs recueillies
dans diverses sources seront d’abord présentées, suivies des données retenues.
Il est évident que les résistances à divers types d’efforts dépendent de plusieurs facteurs. Un
exemple est la résistance à la compression de l’assemblage, qui est liée, entre autres, aux
dimensions des unités, à la résistance et à l’épaisseur du mortier, à la mise en œuvre, au
contenu en humidité et à l’exposition au gel (Grimm, 2000). Alcocer et Klingner (1994) ont
étudié la capacité en compression de plusieurs sortes de maçonnerie. Ils ont trouvé qu’elle est
déterminée par la qualité des matériaux bruts.
En général, la résistance à la compression et le module d’élasticité réels sont plus grands que
les valeurs minimales des codes. Par exemple, Ip (1999) a réalisé des essais pour définir de
façon réaliste les caractéristiques de prismes de maçonnerie. Sa conclusion est que la
résistance à la compression des prismes dépend principalement de la résistance à la tension
des unités composant la maçonnerie. Une autre conclusion de cette thèse est que la norme
canadienne pour la conception des structures de maçonnerie aux états limites (CSA S304.1-
94 dans la thèse d’Ip, remplacée par la norme CSA S304.1-04) est conservatrice en ce qui
concerne les valeurs proposées pour la résistance à la compression des prismes. Cette marge
59
est nécessaire pour assurer la sécurité lors de l’évaluation de la résistance ultime en l’absence
de données d’essais pour une structure particulière.
3.4 Mortier
Les proportions des composantes du mortier sont habituellement données ainsi : ciment-
chaux-sable. Le tableau 3.1 indique les rapports volumiques du ciment, de la chaux et du
sable pour le mortier existant.
Une courbe de contraintes – déformations pour les mortiers courants est présentée à la
figure 3.3. Le graphique montre que plus le contenu en chaux est élevé, plus le module
d’élasticité diminue. C’est le type O, à teneur élevée en chaux hydratée, qui est utilisé dans la
présente étude. Il a été choisi à la suite de l’analyse des descriptions de mortiers de structures
anciennes disponibles (Emley, 1917 ; Davison et al., 1975 ; Beaulieu, 2006).
60
Les valeurs obtenues pour la brique proviennent de cinq études présentant l’analyse de la
maçonnerie de quatre bâtiments québécois et un bâtiment américain (tableau 3.2, p. 62). Les
divers assemblages contiennent du mortier K, O ou N. Des données semblables issues de la
recension des écrits sont présentées au Tableau-A I-1 de l’annexe I (p. 183). Voici des
renseignements supplémentaires aux deux tableaux :
a : Avec charge verticale de 10,7 kN représentant 30 m de briques ; b : P est la charge axiale en N et A est la surface cisaillée en mm2 ;
c : Avec charge parallèle au lit de mortier ; d : Avec charge perpendiculaire au lit de mortier.
e : (Beaulieu, 2006), f : (Beaulieu, 2007), g : (Arrien et Lemyre, 2003), h : (Zardini, 2006), i : (Boussabah, 1993)
63
Dans le but de déterminer des valeurs discrètes pour les propriétés à utiliser dans les futurs
modèles, divers procédés statistiques ont été évalués. La moyenne arithmétique ne convient
pas puisque les plages de valeurs sont étendues. Afin de bien représenter ces plages, les
minimums et maximums de chaque paramètre ont été définis. Puis, la valeur la plus probable
a été ciblée en fonction de sources variées. Les données provenant du Québec et du Canada
ont été privilégiées.
Le tableau 3.3 (p. 64) présente les valeurs retenues pour les propriétés de la maçonnerie de
briques et de ses composantes considérées individuellement. Notons que le rapport entre σc,b
(la résistance à la compression de la brique), f’mb (la résistance à la compression de
l’assemblage de maçonnerie) et Emb (le module d’élasticité de l’assemblage) correspond à
celui de Lang (2002). Mondal et Jain (2006) indiquent des caractéristiques de maçonnerie
semblables à celles du tableau 3.3, soit υmb = 0,18, f’mb = 5 MPa, Emb = 550 * f’mb et
ρmb = 1835 kg/m3. Pour ce qui est des dimensions des briques, celles des unités de la Centrale
11
de Beauharnois, construite en 1929, seront utilisées, soient 195 x 98 x 58 mm (7 /16" x 3
7
/8"x 2 9/32"). L’épaisseur des joints retenue est 10 mm.
Pour la résistance à la compression de l’assemblage (f’mb), la valeur de 10 MPa est basée sur
des calculs simplifiés (Khoo et Hendry, 1973 ; Ohler, 1986), l’équation de l’American
Concrete Institute (2004) ainsi qu'un certain calibrage de ces valeurs (selon Lourenço et Pina-
Henriques, 2006). La capacité de 10 MPa est près de la moyenne de l’ensemble des valeurs
tirées des références (8,5 MPa) (tableau 3.2 et Tableau-A I-1 de l’annexe I). Aussi, elle
correspond bien à celle obtenue par l’équation dérivée de plusieurs centaines de valeurs
d’essais, qui estime à 9 MPa la résistance de la maçonnerie composée de mortier [Link] et de
briques ayant une résistance à la compression (σc,b) de 35 MPa (Hendry et Malek, 1985 ;
dans Hendry, 1990).
64
a : (Vermeltfoort, 1994 ; dans Zucchini et Lourenço, 2007) ; b : moyenne des mortiers de type K, O et N.
Jusqu’à maintenant, ce sont les propriétés et caractéristiques des briques d’argile pleines qui
ont été rapportées. Cependant, il faut aussi considérer la possible présence de tuiles de terre
cuite dans les cloisons et les murs de remplissage. Comme elles étaient moins lourdes et
moins coûteuses que les briques, elles les remplaçaient souvent (Revoir figure 3.2, p. 57).
D’autres fois, les deux types d’unités se côtoyaient (Revoir figure 3.1, p. 56). La rupture des
panneaux de maçonnerie de terre cuite n’est pas aussi fragile que celle de la maçonnerie de
briques pleines, qui s’écrase de façon brusque. Les tuiles de terre cuite auraient plutôt
tendance à s’effeuiller. Les valeurs de résistance à la compression et au cisaillement sont
cependant plus faibles.
65
Les tuiles étaient originalement composées d’un mélange d’argile et de sciures de bois moulé
et cuit. La chaleur faisait brûler les particules de bois en laissant des vides, d’où la grande
porosité des tuiles. L’ajout de particules combustibles à l’argile a cessé avec le temps. Les
dimensions des tuiles sont nominales ; pour des tuiles de 200 x 300 x 300 mm, les
dimensions réelles sont 195 x 293 x 294 mm (Bennett et al., 1997). Pour ce qui est des joints
de mortier, ils étaient couramment de 20 mm d’épaisseur dans les années 1940. Pour la
maçonnerie de briques, il est connu qu’une grande épaisseur de mortier diminue la résistance
des prismes de maçonnerie. Par exemple, des joints de 20 mm au lieu de 7 mm diminuent de
moitié la résistance (Bennett et al., 1997). On peut supposer une telle relation pour la terre
cuite, même si peu de documentation existe, ce qui contribuerait à la faible résistance en
compression des assemblages de terre cuite par rapport à ceux de briques.
Une recension des écrits regroupant les données obtenues lors de tests réalisés entre 1918 et
1992 sur de la maçonnerie de terre cuite est utile afin de voir l’étendue des valeurs des
propriétés mécaniques (Bennett et al., 1997). Les chiffres provenant de cet article, ainsi que
de sources citées dans cette section-ci, sont présentées au tableau 3.4.
Les valeurs pour les assemblages concernent ceux qui sont fabriqués avec des tuiles posées à
la verticale. Pour ce qui est des résistances attribuées au mortier, celles du tableau 3.3 sont
reprises puisqu’aucune donnée spécifique n’a été trouvée pour la maçonnerie de terre cuite.
3.8 Synthèse
s’effectuer soit en considérant les proportions volumiques, soit par une technique
d’homogénéisation (Revoir la section 1.8, p. 34). Des calculs selon les proportions des
constituants ont été réalisés. Les propriétés obtenues sont présentées au tableau 4.1 (p. 70),
ainsi que tous les paramètres de modélisation.
Ce chapitre présente l’analyse linéaire statique d’environ une centaine de modèles soumis à
une charge sismique statique équivalente. L’objectif de ces analyses est d’identifier les
paramètres géométriques et de modélisation qui ont une influence critique sur la réponse des
modèles. Les analyses ont été réalisées en deux temps : les paramètres de base étant évalués
dans la phase 1 et ceux plus raffinés dans la phase 2. A priori, nous prévoyons que les mêmes
paramètres seront critiques pour des analyses non linéaires, donc les analyses linéaires visent
à réduire le nombre de paramètres pour les analyses non linéaires qui suivront. Les
paramètres de modélisation proviennent des informations présentées aux chapitres 2 et 3 et
synthétisées à la section 4.1. Le reste du chapitre présente les plans d’analyses réalisés, les
options de modélisation, les réponses obtenues et l’analyse statistique des résultats. Les
réponses de rigidité linéaire fournissent l’information sur la portion élastique de la courbe de
capacité.
Les paramètres de modélisation sont présentés au tableau 4.1. Pour certains paramètres, plus
d’une valeur peut être attribuée, conformément à la recherche effectuée sur les propriétés des
matériaux et les caractéristiques géométriques (chapitres 2 et 3).
70
Les systèmes de résistance aux forces sismiques (SRFS) qui formeront les modèles sont les
suivants : ossatures en béton (cadre vide) comme modèle de référence et ossatures en béton
avec murs de remplissage de maçonnerie de briques et terre cuite comme modèle principal.
à appliquer aux différents modèles (Voir équation 4.1). Les différentes variables sont S(Ta)
exprimée en fraction de g pour l’accélération spectrale correspondant à la période du premier
mode de vibration de la structure (Ta), le facteur tenant compte de l’effet des modes
supérieurs de vibration sur le cisaillement à la base (Mv), le coefficient de risque de l’ouvrage
pour les séismes (IE), le poids sismique du bâtiment (W) et les facteurs de modification de
force liés à la ductilité (Rd) et à la surrésistance (Ro).
= ( ) × × × /( × ) (4.1)
Pour ce qui est des propriétés du sol, des facteurs Fa et Fv de 1 sont choisis (coefficients
d’accélération et de vitesse de l’emplacement), ce qui correspond à un site de référence de
classe C (sol très dense ou roche très tendre). Le facteur d’importance (IE) est supérieur à 1
pour les hôpitaux et les écoles. Cependant, dans le cadre de cette étude comparative sur
l'influence des paramètres géométriques et de modélisation, il est fixé à 1. Le coefficient
d’effet des modes supérieurs (Mv) vaut 1 puisqu'il est proportionnel au cisaillement V 2005
dans le domaine élastique. Il n’y a donc pas d’intérêt à faire varier ces deux paramètres.
La période fondamentale (Ta) a été calculée empiriquement selon l’article 4.1.8 du CNBC
2005, tel que montré au tableau 4.2. Ces valeurs sont utilisées par la suite pour définir
l’accélération spectrale entrant dans le calcul des forces sismiques latérales. C’est le spectre
d’accélération de la ville de Montréal qui est utilisé dans la présente étude.
72
Étant donné que les structures analysées sont existantes, elles ne satisfont pas aux normes
récentes de conception pour le béton et pour la maçonnerie (CSA-A23.3 et CSA-S304.1 :
ACNOR, 2004). Dans ce cas, les facteurs Rd et Ro sont égaux à l’unité pour les ossatures
avec ou sans murs de remplissage. Ainsi, les systèmes n'ont aucune ductilité ou surrésistance
et les efforts et déplacements calculés sont ceux découlant de l'analyse sous les charges
statiques équivalentes, sans modification.
Le poids sismique (W) inclut 25 % de la neige au toit (S) ainsi que les charges permanentes.
La charge spécifiée due à l’accumulation de neige et de pluie est S = 2,3 kN/m2 pour une
structure située à Montréal et ayant un toit plat.
La réponse d’un système est complexe. Elle est dictée par de nombreux paramètres qui sont,
dans le cas présent, la géométrie, les dimensions des éléments de béton et des murs de
remplissage, le nombre d’étages et de baies, etc. « L'objet des plans d’expériences est de
quantifier l'influence des paramètres sur la réponse à partir de résultats d'expérimentations »
(ENS Cachan, 2003). Ici, l’expérimentation consiste en l’analyse de modèles numériques.
Le plan d’analyses peut être un plan complet (toutes les combinaisons possibles des
paramètres sont testées), un plan réduit (une partie des combinaisons est testée) ou un plan
73
Taguchi (une forme particulière de plan réduit). C’est un plan réduit qui est utilisé ici,
puisqu’il permet d'obtenir les effets de plusieurs paramètres, tout en faisant un minimum de
combinaisons.
Le plan d’analyses réduit définissant les analyses statiques linéaires a été créé à l’aide du
logiciel JMP 6.0.0 (SAS Institute, 2005). Ce logiciel automatise la création de plans
d’expériences/d’analyses à partir des paramètres à évaluer, qu’ils aient des valeurs continues
ou discrètes.
Le plan d’analyses réduit comporte 60 combinaisons parmi les 360 qui sont possibles. Ce
plan permettra d’évaluer l’effet de chacun des paramètres seuls, ainsi que les interactions
d’ordre 1 entre eux. Deux combinaisons ont été éliminées (41 et 60); elles étaient
redondantes à la suite de l’adaptation du plan pour tenir compte de l’incohérence de ces
combinaisons (ex. étage flexible pour un modèle d’un étage ou pour un cadre sans
remplissage). Le plan d’analyses compte 58 modèles valides à analyser. Le tableau 4.3
présente les sept paramètres du plan d’analyses, ainsi que les valeurs qu'ils peuvent prendre.
Il y a des paramètres qui ne sont pas inclus dans cette phase 1 du plan d’analyses. Il s’agit du
nombre de baies, de la présence d’ouvertures et de la modélisation de trois étages versus un
seul étage avec étages supérieurs simulés par charges axiales. Ces paramètres constituent un
74
raffinement dans l’analyse et seront évalués dans la deuxième phase du plan d’analyses
(à partir de la section 4.8, p. 81).
La mise en œuvre du plan d’analyses consiste à calculer d’abord les cisaillements à la base et
aux étages requis selon le CNBC 2005 pour l’ensemble des 58 cas d’analyse. Le poids
sismique, W, varie de 126 kN à 1103 kN pour les différents modèles du plan d’analyses. La
force sismique latérale totale, V2005, varie de 75 kN à 552 kN. L'annexe II (p. 187) présente le
calcul du poids sismique d' un échantillon, ainsi que la nomenclature des modèles analysés.
Puis, à l’aide du logiciel SAP2000 (CSI, 2007.a), une analyse statique est réalisée pour
chaque cas en appliquant les forces latérales aux étages. Le déplacement engendré au haut de
la structure (D) est transféré dans le logiciel Statgraphics (Statpoint Technologies inc., 2007).
La rigidité globale calculée (V/D) est la réponse pour laquelle l’étude de l’effet des différents
paramètres et de leur interaction (2 par 2) est réalisée. Le déplacement interétage est un autre
paramètre intéressant à analyser, surtout pour bien représenter l’effet de la présence d'un
étage flexible.
Lors de la création des modèles d’analyse, les actions suivantes ont été choisies :
• les appuis des cadres sont des encastrements;
• les joints poutre – colonne sont 100 % rigides. C’est conservateur par rapport à la réalité
puisque le pourcentage d’armature dans les joints poutres – colonnes des structures
existantes est assez faible, induisant une certaine flexibilité, donc de plus grands
déplacements et une rigidité réduite (Revoir p. 52);
• le matériau des panneaux de remplissage a des propriétés isotropiques;
• la modélisation des coques (shell), a été réalisée avec des éléments de type « shell-thin »;
• pour les modèles avec coques (shell), des maillages de 8 divisions par membrure de béton
et de 8 x 8 éléments pour les panneaux de maçonnerie ont été utilisés;
75
• les dimensions des bielles ont été déterminées en suivant les balises du FEMA 356
(2000). Pour le détail des calculs, voir l’annexe III, p. 189. Le chapitre 6 présente en
détail la méthode améliorée de définition des bielles basée sur le FEMA 356.
Les analyses statistiques ont été réalisées à l’aide du logiciel Statgraphics Centurion
(Statpoint Technologies inc., 2007). Les différentes valeurs possibles des paramètres ont été
converties en valeurs numériques. Par exemple, pour le paramètre présence d'un étage
flexible, au lieu de « sans objet », « oui » et « non », les valeurs possibles deviennent 0, 1 et
2, respectivement.
La première analyse statistique réalisée est l’analyse linéaire à plusieurs variables. Elle
permet de visualiser la relation entre chaque paire de paramètres ou réponses, sous forme de
matrice de nuages de points (Voir figure 4.1). Des lisseurs robustes de Lowess sont inclus
dans la matrice, sous la forme de lignes de tendance. Pour les paramètres étage flexible et
modélisation du remplissage, les points représentant une valeur nulle ne sont pas valides
puisqu’il s’agit des conditions « sans objet ». C’est pourquoi ces zones sont couvertes d’une
bande grise. L’analyse de la figure 4.1 mène à cette constatation : pour les deux réponses
(colonnes déplacement interétage 1er étage et rigidité globale identifiées par des flèches), il
y a une corrélation avec chacun des paramètres.
76
Une analyse de régression linéaire a été effectuée pour définir la réponse en rigidité par
rapport aux paramètres étudiés. L'équation 4.2 est celle du modèle à sept paramètres.
La valeur de R2 liée à cette analyse est 68,9 %, ce qui signifie que le modèle permet
d’expliquer 68,9 % de la variabilité de la réponse en rigidité. On peut simplifier ce modèle
afin d’éliminer les paramètres qui ont moins d’importance. Une procédure du logiciel
Statgraphics (Statpoint Technologies inc., 2007) facilite cette démarche : c’est la régression
pas à pas. Avec une sélection descendante, les paramètres sont tous présents au début et
retirés un à la fois pour ne conserver que les paramètres significativement prédictifs.
Après avoir mis en œuvre l’analyse de régression pas-à-pas descendante, quatre paramètres
sont retirés du modèle : Épaisseur du remplissage, Étage flexible, Colonnes et Hauteur étage.
77
Le coefficient R2 passe alors de 68,9 % à 65,3 %. L'équation 4.3 est celle du modèle ajusté à
trois paramètres.
L’effet de chacun des trois paramètres sur la rigidité globale est montré à la figure 4.2. Selon
l’analyse statistique des résultats pour les 58 modèles, la rigidité est proportionnelle à la
largeur de la baie (Voir figure 4.2.a). Aussi, de façon logique, la rigidité diminue avec le
nombre d’étages qui augmente et un modèle de coque est plus rigide qu’un modèle de bielle
(Voir figure 4.2.b et c).
Figure 4.2 Effet des paramètres sur la rigidité. En d : rigidité observée en fonction de celle
prévue par l’équation 4.3
78
L’effet de la présence d’un étage flexible n’est pas perceptible à travers l’analyse statistique
sur la réponse en rigidité (éq. 4.3) puisque cette réponse considère le déplacement au
troisième niveau par rapport à la charge totale appliquée sur la structure. Afin de mieux saisir
l’influence de la présence d’un étage flexible, une analyse a été produite sur la réponse en
déplacement interétage de tous les modèles ayant trois étages. La figure 4.3 montre
clairement que la présence d’un étage flexible au rez-de-chaussée augmente largement le
déplacement interétage au bas de la structure, pour la modélisation de type bielle. Les
graphiques pour les modèles de coques (non montrés) ont la même apparence, avec un
déplacement interétage maximum au bas de la structure de 0,4 % au lieu de 0,8 %.
Figure 4.3 Effet du paramètre étage flexible sur la réponse en déplacements interétages
pour les modèles bielles
L’effet de la présence d’un étage flexible au premier niveau sur la réponse en déplacement
est aussi très visible à la figure 4.4. Avec la présence d’un étage flexible (Voir figure 4.4 (b et
c), le déplacement interétage au premier niveau est très grand comparativement aux niveaux
supérieurs, pour les deux types de modélisation (bielles ou coques). Les colonnes du niveau
inférieur présentent toujours une double courbure (ratio M1/M2 négatif), tandis qu’il y a
presque toujours deux colonnes en simple courbure aux niveaux supérieurs. Les poutres sont
en double courbure. Comme il y a des courbures doubles dans les colonnes et les poutres
ainsi que présence de rotation des joints, alors les structures agissent globalement en flexion
et en cisaillement.
79
Figure 4.4 Effet des paramètres étage flexible et modélisation du remplissage sur la réponse
en déplacement (a : coque sans étage flexible, b : coque avec étage flexible,
c : bielle avec étage flexible)
En comparant deux cas très semblables (hauteurs d’étages différentes de un mètre) modélisés
par coques, dont la différence majeure est la présence (cas 57) ou l'absence (cas 52) d'un
étage flexible, on peut faire les observations suivantes. La réponse en déplacement interétage
est 13,6 fois plus élevée pour le cas 57 avec étage flexible, tandis que sa réponse en rigidité
globale est 8,4 fois plus faible. La présence d'un étage flexible cause une très grande
réduction de la rigidité du système. La même comparaison pour deux cas de remplissages
modélisés par bielles, qui diffèrent seulement par la hauteur d’étage (un mètre) et la présence
(cas 26) / absence (cas 21) d'un étage flexible indique cette fois-ci que la présence d'un étage
flexible mène à un déplacement interétage 3,9 fois plus grand et une rigidité 3,5 fois plus
faible.
Pour ce qui est de la modélisation du remplissage, les réponses de quatre paires de modèles
d’un étage identiques en tous points, excepté pour la technique de modélisation, ont été
analysées (cas 5-6, 22-23, 43-44 et 58-59). Il ressort de cette analyse que la rigidité globale
est en moyenne 4,4 fois supérieure pour la modélisation avec des coques par rapport à celle
avec des bielles, avec un minimum de 3,5 et un maximum de 5. Le déplacement interétage
80
est supérieur pour les modèles de bielle par rapport aux modèles de coques dans les mêmes
proportions puisque le type d’analyse utilisé (linéaire élastique) fait en sorte que les
déplacements calculés sont proportionnels à la rigidité modélisée.
Cette première phase du plan d’analyses consiste en l’analyse linéaire de 58 modèles sous
chargement statique représentant la charge latérale du CNBC. Voici quelques observations :
• l’équation du modèle ajusté inclut trois des sept paramètres évalués afin de prédire la
rigidité globale (éq. 4.3, p. 77). Ce modèle, permettant d’expliquer 65,3 % de la variabilité
de la réponse, est : Rigidité globale = 25 610 + 17 829 * Largeur baie
- 78 093 * Nombre étages + 114 515 * Modélisation du remplissage;
• les paramètres épaisseur du remplissage, présence d'un étage flexible, hauteur d’étage et
dimensions des colonnes étant absents de l’équation, ils influencent peu la rigidité globale,
selon l’analyse statistique effectuée;
• les effets directs sur la rigidité sont qu’elle augmente proportionnellement à la largeur de
la baie ; elle diminue lorsque le nombre d’étages augmente et un modèle de coque est plus
rigide qu’un modèle de bielle;
• pour des cas identiques excepté la modélisation du remplissage, les modèles de coques
démontrent une rigidité globale en moyenne 4,4 fois supérieure à celle des modèles de
bielle et des déplacements interétages réduits dans les mêmes proportions;
81
• la figure 4.3 (p. 78) ainsi que la figure 4.4 (p. 79) montrent clairement que la présence
d’un étage flexible au rez-de-chaussée augmente considérablement le déplacement
interétage au bas de la structure, peu importe la méthode de modélisation du remplissage.
Pour cette phase, tous les modèles auront trois étages et la maçonnerie sera modélisée par des
coques afin de représenter la forme exacte des ouvertures. Les valeurs moyennes des
paramètres évalués à la phase 1 sont utilisées : largeur des baies de 6 m, hauteur des étages
de 4 m, murs de remplissage de 200 mm d’épaisseur et colonnes de 600 mm.
La phase 2 s’intéresse à ces paramètres : la modélisation des étages supérieurs versus leur
remplacement par des charges ponctuelles représentant le poids des étages supérieurs, le
nombre de baies, la présence d’ouvertures de divers types et la présence d'un étage flexible
(ici on veut surtout évaluer l’interaction avec les trois autres paramètres).
Les systèmes de résistance aux forces sismiques évalués pour cette phase seront des ossatures
en béton avec murs de remplissage de maçonnerie de briques et tuiles de terre cuite. La
méthode de calcul de la force statique latérale à appliquer est identique à celle de la phase 1
(Voir section 4.2, p. 71). Les coefficients Rd, Ro, Fa, Fv, IE et Mv ont tous une valeur unitaire,
alors la force sismique statique V2005 se calcule selon l’équation 4.5.
= ( ) × (4.5)
La période fondamentale (Ta) a été calculée empiriquement selon l’article 4.1.8 du CNBC
2005, tel que montré à l’équation 4.6. La hauteur hn totale de tous les modèles de la phase 2
est 12 mètres.
La charge latérale à appliquer correspond donc à la moitié du poids sismique (équation 4.7).
Le plan d’analyses de la phase 2 est un plan complet afin d’évaluer l’ensemble des effets
directs et des interactions d’ordre 1 entre toutes les paires de paramètres. Le tableau 4.4
présente les quatre paramètres du plan d’analyses, ainsi que les valeurs possibles.
La mise en œuvre du plan d’analyses consiste d’abord à calculer, pour l’ensemble des 40 cas
d’analyse, le cisaillement à la base V et sa répartition aux étages selon le CNBC 2005. Ces
calculs indiquent que le poids sismique, W, varie de 648 kN à 1911 kN. Le calcul de W
inclut les mêmes composantes qu'à la phase 1 (Voir p. 187). La force statique latérale, V,
varie de 324 kN à 956 kN. Les analyses statiques linéaires des 40 cas sont réalisées avec le
logiciel SAP2000. Pour la création des modèles, les options retenues sont les mêmes qu’à la
phase 1 (Revoir la section 4.4, p. 74).
5 types
d’ouvertures
Étages
0 = modélisés 1 = charges ponctuelles
supérieurs
Nombre de
1 3
baies
Étage flexible 1 = présence 2 = absence
83
Les réponses évaluées pour cette phase sont celles du premier niveau seulement, pour évaluer
l’influence d'un étage flexible et de la modélisation des étages supérieurs. La figure 4.5
illustre les déformées (a à e) et les diagrammes des contraintes (f à g) pour les diverses
ouvertures sur les modèles à une baie et étages supérieurs modélisés (modèles 1 à 5 du plan
d’analyses).
Pour chacun des modèles d’ouverture analysés, l’effet de bielle est visible sur les
diagrammes de contraintes. Il ne faut pas négliger les ouvertures, puisque sous l’action des
84
charges latérales des zones de contraintes de tension élevées aux coins des ouvertures sont
créées et peuvent affecter la maçonnerie, qui a une faible résistance en traction.
Pour le type 5 (ouverture en coin), la comparaison de la rigidité au 1er niveau a été effectuée
pour l’ensemble des huit modèles du plan d’analyses (5, 10, 15, 20, 25, 30, 35 et 40) par
rapport aux huit modèles sans ouverture (1, 6, 11, 16, 21, 26, 31 et 36). Les paramètres qui
varient sont le nombre de baies, la présence d'un étage flexible, la modélisation des étages
supérieurs et, bien sûr, le type d’ouverture. Cette analyse montre que lorsqu’il n’y a pas
d'étage flexible, la présence de l’ouverture en coin, par rapport à des murs pleins, amène une
85
Largeurs Rigidités au
Types effectives de 1er niveau, %
Commentaires
d’ouverture maçonnerie, Écart-
moyenne
% (mm) type
Type 1 –
modèle 1 100 (6000) 100 -- --
(absence)
Type 2 – Action de cisaillement possible
100 (6000) 40 4
modèle 2 (haut) sur les colonnes « courtes »
Type 3 –
83 (5000) 91 1 Faible perte de rigidité
modèle 3 (centre)
Type 4 – Perte de rigidité proportionnelle à
83 (5000) 86 4
modèle 4 (porte) la largeur effective
Type 5 – Perte de rigidité assez bien
67 (4000) 76 2
modèle 5 (coin) corrélée avec la largeur effective
Pour les modèles dont les étages supérieurs sont modélisés (modèles 1 à 20), la rigidité au
premier niveau des modèles avec étage flexible vaut en moyenne seulement 13,7 % de la
rigidité des modèles de géométrie identique n’ayant pas d'étage flexible. Pour ce qui est des
modèles 21 à 26, dont les étages supérieurs ont été remplacés par des charges ponctuelles
représentant leur poids, le ratio moyen de rigidité pour les modèles avec bielles par rapport à
ceux avec coques est de 13,5 %. Ce ratio est presque le même que lorsque les étages sont
modélisés.
86
Les résultats de l’ensemble des modèles de la phase 2 sont présentés au Tableau-A IV-2 de
l’annexe IV, p. 193.
Une analyse de régression linéaire a été effectuée pour définir la réponse en rigidité du
1er niveau par rapport aux paramètres étudiés. L'équation 4.8 est celle du modèle ajusté.
Rigidité 1er étage = 135 670 + 112 221 * Charges ponctuelles + 43 280 *
(4.8)
Nombre de baies - 210 * Type d’ouverture – 243 825 * Étage flexible
La valeur de R2 liée à cette analyse est 76,3 %, ce qui signifie que le modèle permet
d’expliquer cette proportion de la variabilité de la rigidité. On peut simplifier ce modèle afin
d’éliminer des paramètres ayant une faible importance, par une régression pas à pas. Ainsi, le
paramètre type d’ouverture est retiré du modèle (même si l’on sait que les ouvertures
influencent réellement la réponse, Revoir figure 4.5). Le coefficient R2ajusté est maintenu à
76,3 % après cette simplification. L'équation 4.9 est celle du modèle ajusté à trois
paramètres.
L’effet des quatre paramètres sur la rigidité globale est montré à la figure 4.6 (a à d), incluant
le type d’ouverture, retiré du modèle. La figure 4.6.e) illustre la rigidité obtenue lors des
analyses versus celle prévue par l’équation 4.9. Le seul paramètre dont l’effet était prévisible
a priori est la présence d'un étage flexible (Voir figure 4.6.d), qui fait beaucoup diminuer la
rigidité (jusqu'à 92 %). La charge appliquée étant proportionnelle au poids sismique, donc à
la quantité d’éléments structuraux représentés, une relation proportionnelle entre la rigidité et
le nombre de baies était attendue et a été confirmée par l’analyse statistique des résultats
(Voir figure 4.6.b). L’augmentation de rigidité pour les modèles à trois baies par rapport à
ceux d’une baie est de 3,2 ou 3,4 fois pour les modèles avec coques ou bielles
respectivement. La relation statistique constante (Voir figure 4.6.c) entre le type d’ouverture
87
et la réponse en rigidité indique que ce paramètre n’a pas d’influence statistique sur la
réponse en rigidité, même si une réelle influence a été démontrée (Revoir figure 4.5).
L'absence d'influence statistique de ce paramètre découle d'une grande dispersion des
réponses, qui s'annulent les unes et les autres. L’analyse des résultats obtenus pour les
modèles avec les étages représentés par des éléments structuraux ou par des charges
ponctuelles qui les remplacent (Voir figure 4.6.a) montre que lorsque les étages sont tous
modélisés la rigidité est augmentée. Cela se reflète par des déplacements au 1er niveau qui
sont 31 % plus petits en moyenne (déplacements plus petits variant de 4 % à 51 % selon les
caractéristiques).
Une autre analyse de régression a été réalisée sur 30 des 40 résultats d’analyse. Les dix
modèles retirés de l’analyse sont les modèles 26 à 30 et 36 à 40, qui visent à évaluer la
présence d'un étage flexible, mais n’ont pas d’étages supérieurs modélisés (cadres vides d’un
étage avec charges ponctuelles). Cette analyse de régression linéaire à plusieurs variables
pour les 30 modèles donne un R2ajusté de 81,7 %, avec le paramètre type d’ouverture qui n’est
pas retenu, suite à une régression pas à pas.
88
Figure 4.6 Effet des paramètres sur la rigidité. En e : rigidité observée en fonction de celle
prévue par l’équation 4.9
Afin d’obtenir des réponses qui ne sont pas influencées par l’écrasement local au point
d’application de la charge ponctuelle, une charge répartie constante le long de la poutre
supérieure a été utilisée (Voir détails à l’annexe V, p. 195). Il est certain que ce type
d’analyse sous charge imposée ne reflète pas de façon exacte le comportement sous séisme,
qui consiste plutôt en un déplacement imposé (les analyses pushover sont de ce type, en
contrôle des déplacements, Voir chapitre 7). Des analyses dynamiques linéaires seraient
préférables, puisque ce type d’analyse utilise comme intrants les modes de vibration.
été créés de la même façon, leurs réponses sont influencées pareillement. Les analyses
paramétriques auraient donc mené à l'identification des mêmes paramètres influents.
4.14 Synthèse
Les analyses statiques linéaires du présent chapitre avaient pour but de vérifier l’influence de
multiples paramètres sur la rigidité et le déplacement interétage avant d’entreprendre les
analyses modales et celles dans le domaine non linéaire.
À l’issue de la première phase du plan d’analyses, comme vu à l’équation 4.3 (p. 77), la
réponse en rigidité globale est surtout tributaire de la modélisation du remplissage et du
nombre d’étages (coefficients de 114 515 et 78 093), et dépend dans une moindre mesure de
la largeur de la baie (coefficient de 17 829).
À l’issue de la deuxième phase du plan d’analyses, on s’aperçoit que la rigidité globale est
tributaire de la présence d'un étage flexible (coefficient de 243 825) et de la modélisation ou
non des étages supérieurs (coefficient de 112 221) tandis que le nombre de baies influence
moyennement (coefficient de 43 280). Revoir l’équation 4.9, p. 86, pour les détails. Même si
la présence et le type d’ouvertures ne semblent pas avoir une influence significative selon
l’étude statistique des résultats, les analyses ont montré l’importance de ce paramètre dans la
réponse en déplacements et en contraintes (Voir figure 4.5, p. 84).
Les paramètres influents, une fois réalisées les 98 analyses statiques linéaires et l’analyse
statistique des résultats, sont présentés au tableau 4.6. Les analyses non linéaires du
chapitre 7 permettront d’évaluer si les paramètres sont aussi influents sur la résistance et les
déplacements permanents. Avant cela, les analyses modales effectuées pour 33 modèles sont
présentées au chapitre 5. Le but est d’étudier l’influence des paramètres de modélisation sur
les caractéristiques dynamiques telles que les périodes naturelles, les modes propres et les
ratios de charge modale participante statique.
91
Tableau 4.6 Influence des différents paramètres, suite aux analyses statiques linéaires
Les analyses modales visent à mesurer l’influence des paramètres de modélisation sur les
réponses dynamiques. Les paramètres identifiés comme ayant peu d’influence sur le
comportement linéaire statique ont été fixés à une valeur moyenne (Revoir tableau 4.6 :
hauteur des étages, dimensions des colonnes, épaisseur des remplissages). Il est possible
qu'un de ces trois paramètres, ou plusieurs, ait une influence sur les réponses modales ;
cependant, leur retrait du plan d'analyse visait aussi à réduire le nombre de paramètres
variables et éviter de générer un très grand volume de données. Pour cette dernière raison, et
parce que lorsque présents sur une structure ils seront de toute évidence modélisés tels que
dans la réalité, deux autres paramètres ne sont pas étudiés dans ce chapitre : la présence d’un
étage flexible ainsi que la largeur de la baie. Cinq paramètres varient dans ce chapitre : le
nombre de baies, le nombre d’étages, le type d’ouvertures, la modélisation versus le
remplacement des étages supérieurs par des charges ponctuelles ainsi que l’utilisation d’un
modèle bielle ou coque pour les remplissages. Ces derniers sont modélisés dans les premières
sections de ce chapitre par des bielles, étant donné que c’est ce que l’on cherche à améliorer
dans cette thèse. Cependant, des comparaisons sont présentées en fin de chapitre entre les
caractéristiques modales résultant de l’analyse de modèles à 1 baie et 1 étage, soit des
modèles où le remplissage est représenté par une bielle et d’autres modèles où le remplissage
est modélisé par une coque (avec nœuds 100 % ou partiellement communs).
Les analyses modales réalisées sont de type « valeurs propres » (eigenvalue en anglais). Ce
type d’analyse permet de déterminer les modes propres de vibration libre non amortie ainsi
que les périodes naturelles du système, ce qui fournit une bonne compréhension du
comportement de la structure.
94
Le plan d’analyses compte 30 modèles où le remplissage est représenté par des bielles. Les
paramètres fixes sont :
• les dimensions des colonnes (500 x 500 mm);
• l’épaisseur des murs de remplissage (200 mm);
• la largeur des baies (6 m);
• la hauteur des étages (4 m);
• l’absence d'un étage flexible.
Le tableau 5.1 présente les paramètres du plan d’analyses, ainsi que leurs valeurs possibles.
Le plan d’analyses détaillé est fourni à l’annexe VI (p. 199).
Ouvertures
1 = charges
Étages supérieurs… 0 = modélisés s.o.
ponctuelles
Nombre d’étages 1 3
Nombre de baies 1 3
Le poids sismique des 30 modèles varie de 349 à 2263 kN (35 570 à 230 725 kg) et inclut les
charges permanentes ainsi que 25 % de la charge de neige (S). Pour atteindre la pleine valeur
de ce poids dans la modélisation en deux dimensions, des masses ponctuelles ont été ajoutées
aux joints. Ces masses supplémentaires sont appliquées aux deux degrés de liberté dans le
plan. Les analyses modales prennent en compte les masses des éléments modélisés et les
masses ponctuelles ajoutées.
95
Les bielles sont modélisées par des éléments de type barres de treillis en tension et
compression seulement. Comme il n’y a qu’une seule géométrie pour les 30 modèles (6m de
largeur x 4m de hauteur), la largeur calculée pour les bielles est applicable à tous les
modèles. Le tableau 5.2 présente les variables utilisées pour calculer la largeur de la bielle
selon l’équation 7-14 du FEMA 356 (FEMA, 2000, p. 7-25). L’annexe III (p. 189) décrit ce
calcul.
Tableau 5.2 Variables utiles au calcul de la largeur des bielles, valides pour les 30 modèles
, ,
= 0,175 ( ∙h ) ∙ = 0,175 (0,0212∙157,5) ∙ 254,6 = 27,5 "
= 698 mm (5.2)
96
Les modèles avec bielles ont été adaptés pour tenir compte des ouvertures en se basant sur les
champs de contraintes illustrés à la figure 4.5 (p. 84). Une à cinq bielles ont été utilisées pour
représenter les cinq types d’ouvertures, tel qu’illustré à la figure 5.1.
Figure 5.1 Les modèles de base pour les divers types d’ouvertures
Étant donné que les modèles ont un ou trois étages, il aurait été suffisant de considérer
seulement les trois premiers modes dans lors des analyses modales. Cependant, comme ces
analyses modales ont été réalisées en répartissant la masse totale aux joints des modèles (de 4
à 16 joints), introduisant donc des modes de déformation supérieurs au nombre d'étages.
97
L'analyse des résultats considère les 12 premiers modes et les résultats sont les 12 premières
périodes naturelles, les ratios de masse participante, les ratios de charge modale participante
statique et dynamique ainsi que les modes propres. Ces derniers sont analysés à la prochaine
section (Voir section 5.4, p. 102). Les résultats montrent que le ratio de 90 % cumulatif de
masse participante est atteint dans les trois premiers modes (Voir p. 98).
Lorsqu’on réalise des analyses pushover, une hypothèse est que le premier mode domine.
Nous vérifions donc dans le présent chapitre si c’est effectivement le cas, en vue des analyses
pushover du chapitre 7. En réalité, la réponse sous charge dynamique (temporelle, par
exemple) est une combinaison de la réponse des modes participants. La plupart des codes
recommandent de considérer un nombre de modes suffisant pour permettre que 90 % de la
masse totale participe aux réponses d’analyses modales. Un des buts de cette démarche est
d’estimer correctement le nombre de vecteurs requis pour des analyses de spectres de
réponse ou des analyses temporelles (Wilson, 2000). Étant donné que ces types d’analyse ne
seront pas effectués au chapitre suivant, mais plutôt des analyses non linéaires statiques
(pushover), l’influence des paramètres géométriques et de modélisation sur les ratios de
masse participante n’est pas analysée.
Les ratios de charge modale participante statique et dynamique mesurent à quel degré les
modes calculés représentent la réponse, respectivement sous charge statique et dynamique
(Wilson, 2000). Étant donné la nature statique, et non dynamique, des analyses non linéaires
pushover qui seront réalisées au chapitre 7, il est préférable d’étudier la relation entre les
ratios de charge modale participante statique et les paramètres géométriques et de
modélisation. Notons que le concept des ratios de charge dynamique modale participante est
une extension de celui des ratios de masses participantes. Il a été développé pour le logiciel
SAP2000 et inclut seulement les effets associés aux DDL avec masses.
moyenne, cette charge participante est de 78 % pour le premier mode, 5,4 % pour le
deuxième et 0,4 % pour le troisième, 4 % pour le quatrième et moins de 0,8 % pour les
modes 5 à 12. La participation du premier mode au ratio de charge modale participante
statique UX varie de 17 % à 94 %, tandis que la médiane est de 82 % et la moyenne : 78 %.
Les périodes fondamentales obtenues par analyses modales sont en général plus faibles que
les périodes calculées selon l’article [Link] du CNBC 2005. Pour l’ensemble des 30
modèles, l’écart moyen est de -16 % entre les périodes calculées pour les modèles et celles
obtenues avec l’équation du CNBC 2005 pour les ossatures contreventées (Ta = 0,025 hn ; 0,1
s pour les modèles d'un étage et 0,3 s pour les modèles de 3 étages). Cet écart moyen passe à
-29 % si on utilise plutôt l’équation pour les structures avec murs en cisaillement du CNBC
2005 (Ta = 0,05 (hn)¾ ; 0,125 s pour les modèles d'un étage et 0,32 s pour les modèles de 3
étages). Cette dernière équation s’avère cependant être une équation inadaptée à la situation
puisque les murs de remplissage ne sont pas des murs de cisaillement jouant un rôle
structural uniquement positif.
Ces résultats sont contraires aux tendances généralement observées consistant à obtenir des
périodes supérieures à celles calculées avec les équations du code. Ceci confirme
99
l'importance de définir des équations appropriées pour les BMR. Une telle équation pourrait
être développée à l’aide de tests de vibrations ambiantes et serait très pratique pour les études
de capacité sismique. Une piste suggérée de l’Eurocode 8 (2005) pourrait être explorée :
utiliser comme période de la structure BMR la moyenne des périodes du cadre vide et du
cadre élastique avec remplissage. À défaut, il est suggéré d'utiliser l'équation pour ossatures
contreventées, qui donne une période plus faible.
Dans un article rapportant des tests effectués sur deux structures avec et sans remplissage de
cinq et sept étages (Apostolska et al., 2010), la diminution de la période fondamentale
apportée par la présence de remplissage est de 9,5 % et 11,9 % respectivement selon le
nombre d’étages. On pourrait généraliser que la présence du remplissage a pour effet de
diminuer la période d’environ 10 % par rapport aux cadres vides pour la géométrie et les
matériaux représentés dans l’article.
Une dernière étude (Asteris et al., 2011) montre l’accélération spectrale (spectre élastique de
l’Eurocode 8) en fonction des périodes naturelles de structures ayant différentes proportions
de remplissages (Voir figure 5.2). Pour ce spectre en particulier, on observe que
l’accélération à utiliser pour le cadre avec remplissage partiel PI est supérieure de 68 % à
celle pour le cadre vide BF. Pour sa part, la structure avec remplissage sans ouverture FI,
devrait être soumise à une accélération de 19 % supérieure à celle du cadre vide BF. La
période du cadre vide BF est 9,4 fois celle du cadre plein FI. Ces observations montrent que
la présence de remplissage doit absolument être prise en compte dans les études de capacité
sismique, de même que la présence d’ouverture. Le fait de ne pas tenir compte des
remplissages ne serait pas conservateur dans ce cas, puisque la faible accélération considérée
ne représenterait pas la réalité. Afin de représenter les panneaux de remplissages ainsi que
leurs ouvertures, l'usage de bielles multiples, tel que présenté à la figure 5.1, est une méthode
réalisable.
100
Figure 5.2 Spectre d’accélération (séisme ayant une période de retour de 475 ans) et période
fondamentale d’un cadre avec remplissage plein (FI), remplissage partiel (PI) ou vide (BF)
Tirée d’Asteris et al. (2011)
Une étude paramétrique réalisée de façon numérique (Ricci et al., 2010) propose des
relations pour définir la période de vibration naturelle élastique de cadres avec remplissages,
selon la hauteur en mètres, H, ou le nombre d’étages, N (Voir figure 5.3). Les cadres soumis
à des analyses modales ont été conçus pour supporter des charges de gravité seulement. Les
propriétés de la maçonnerie sont typiques des murs de briques d’argile évidées européens.
Lorsqu’il y a présence de remplissages internes, en plus des murs périphériques, le poids est
augmenté considérablement, ce qui diminue la période, tel qu’illustré par les deux courbes
bleues (les plus basses) sur les deux figures, par comparaison aux courbes rouges (les deux
plus hautes courbes). Les lignes en tirets sont celles des cadres et remplissages avec
ouvertures, donc plus légers et plus flexibles, et ayant une période plus élevée que leurs
semblables sans ouvertures. Dans les cas où il y a des murs de remplissages internes, la
période est 1,13 fois supérieure lorsqu’il n’y a pas d’ouvertures (Voir figure 5.3.a). Sans murs
de remplissages internes, la période est 1,17 fois supérieure en l’absence d’ouvertures. À la
figure 5.3.b), en fonction du nombre d’étages au lieu de la hauteur, les ratios sont
semblables : 1,16 et 1,14 respectivement. Comme illustrée, la présence d'ouvertures a
beaucoup plus d'effet pour des modèles de grande hauteur. Dans cette thèse, où les modèles
101
ont 1 ou 3 étages, l'influence de la « hauteur d'étages » sur les périodes des quatre premiers
modes n'a pas été détectée (Voir tableau 5.4, p. 104).
Figure 5.3 Comparaison entre les relations proposées et expérimentales (des travaux de
Dunand et al. ; Oliveira et Kobayashi et al.). a) période-hauteur ; b) période-nombre d’étages
Tirée de Ricci et al. (2010)
Dans le cadre de la présente thèse, des modèles vides ont été analysés pour comparer leur
période à celle des cadres avec remplissage modélisés par bielle. Les périodes obtenues pour
les cadres pleins sont supérieures à celles des cadres vides (jusqu'à deux fois en moyenne), ce
qui est contraire à ce qui a été observé par certains auteurs (Apostolska et al., 2010 ; Asteris
et al., 2011). En enlevant le remplissage, la masse diminue ce qui a pour effet de diminuer la
période, mais la rigidité diminue également ce qui a l'effet inverse d'augmenter la période.
Donc, la période des cadres pleins étant supérieure à celle des cadres vides, on en déduit que
l'effet de la masse sur la période est prépondérant dans nos modèles, où les panneaux de
maçonnerie ont de faibles résistance et rigidité.
Les trois premiers modes propres de vibration obtenus ont été analysés. Ils sont illustrés au
Tableau-A VII-1 de l’annexe VII, p. 201. Notons que les poutres au bas des modèles ne
vibrent pas, sauf pour de rares exceptions. Elles ne sont donc pas comptabilisées dans le
nombre de poutres totales, soit 60 poutres pour les 3 modes des 30 modèles. Il y a aussi 90
colonnes et 60 bielles pour les 90 modes illustrés. Le tableau 5.3 présente une synthèse des
observations faites sur les modes propres obtenus.
Tableau 5.3 Résumé des déformations observées pour les 3 premiers modes propres, 30
modèles
Types
Bielles Colonnes Poutres
d’ouverture
#1 – sans ouv. 22/90 : ordre 1 6/60 : ordre 1
59/60 : ordre 1
(modèles 1, 6, 11, 52/90 : ordre 2 44/60 : ordre 2
1/60 : ordre 2
12, 21, 22) 16/90 : ~ nul 10/60 : ~ nul
27/90 : ordre 1
#2 – haut 10/60 : ordre 1
58/60 : ordre 1 50/90 : ordre 2
(modèles 2, 7, 13, 47/60 : ordre 2
2/60 : ordre 2 5/90 : ordre 3
14, 23, 24) 3/60 : ~ nul
8/90 : ~ nul
#3 – centre 26/90 : ordre 1 7/60 : ordre 1
(modèles 3, 8, 15, 60/60 : ordre 1 63/90 : ordre 2 52/60 : ordre 2
16, 25, 26) 1/90 : ordre 3 1/60 : ordre 3
9/61 : ordre 1
#4 – porte 59/60 : mouvement
12/90 : ordre 1 48/61 : ordre 2
(modèles 4, 9, 17, axial
78/90 : ordre 2 4/61* : ordre 3
18, 27, 28) 1/60 : ~ nul
*inclut 1 poutre du bas
7/61 : ordre 1
#5 – coin 20/90 : ordre 1 52/61 : ordre 2
60/60 : mouvement
(modèles 5, 10, 68/90 : ordre 2 1/61* : ordre 3
axial
19, 20, 29, 30) 2/90 : ~ nul 1/61 : ~ nul
*c’est une poutre du bas
Les bielles ont deux modes de vibration principaux. D’abord, il s’agit d’une déformation
d’ordre 1, représentant le flambement de compression des bielles uniques des modèles sans
ouvertures (type 1) ou avec ouverture dans le haut (type 2) et pour les groupes de bielles
reproduisant une ouverture au centre (type 3). Le deuxième mode de vibration principal est
simplement un mouvement axial dû au fait que les bielles suivent les mouvements des nœuds
du cadre auxquels elles sont reliées et qui se déplacent avec les courbures des colonnes
(types 4 et 5). Étant donné que les bielles n'existent pas réellement, puisqu'elles simulent
l'action de panneaux de remplissage, les mouvements axiaux et le flambement de la bielle
représentent l'inversion des contraintes de tension et de compression dans les remplissages.
Pour ce qui est des colonnes, elles se déforment surtout avec une déformation d’ordre 2 –
effort de cisaillement – dans une proportion de 69 % ou une déformation d’ordre 1 – effort
axial / flambement – (24 %). Environ 80 % des poutres se déforment avec une déformation
d’ordre 2 comparativement à 13 % qui ont une déformation d’ordre 1. Respectivement 6 % et
5 % des colonnes et des poutres montrent une déformation quasi nulle à l’analyse des modes
propres.
Des régressions linéaires ont été effectuées pour les réponses suivantes : période des quatre
premiers modes et ratios de charge modale participante statique. Ce processus vise à
identifier les paramètres qui influencent statistiquement ces réponses (Voir tableau 5.4).
Parmi les six réponses étudiées au tableau 5.4, aucune n’est liée à l’ensemble des quatre
paramètres ; le nombre de paramètres significatifs varie d’un à trois.
105
Pour ce qui est des régressions linéaires des périodes, un paramètre important est la
modélisation des étages supérieurs ou leur remplacement par des charges ponctuelles
(les quatre périodes). On sait que les périodes dépendent de la masse et de la rigidité globale.
Or, la masse équivalant à trois étages est toujours modélisée, même lorsque les étages ne le
sont pas, par l’ajout de charges ponctuelles, ce qui signifie que la masse est représentée dans
tous les modèles de trois étages. Comme la modélisation influence la période, selon l’analyse
statistique des résultats, c’est donc le paramètre de rigidité globale qui est en cause. On
trouve en examinant les résultats que pour une même configuration, le modèle qui a les
étages modélisés a une période supérieure et une rigidité inférieure au modèle dont les deux
étages supérieurs sont remplacés par des charges ponctuelles (facteur de 1,4 pour les deux).
Un modèle à trois étages est donc plus flexible, en terme de déplacement global, qu’un autre
à un étage, ce qui a du sens.
Le type d’ouvertures a une influence sur les périodes des modes 2 à 4, mais pas sur la
période fondamentale. En effet, pour cette première période, seuls la modélisation des
étages supérieurs ou leur remplacement par des charges ponctuelles ont une influence
statistiquement très forte, avec un coefficient R2ajusté de 84 %.
Les équations de régression linéaire des périodes des modes 3 et 4 montrent que le nombre
de baies est un paramètre significatif pour ces deux réponses. Les coefficients R2ajustés de ces
régressions varient de 38 et 54 %, reflétant une qualité globale moyenne de la relation entre
les deux réponses et les paramètres du plan d’analyses.
Les régressions linéaires des ratios de charge modale participante statique dans le plan (UX
et UZ), sont toutes les deux liées au nombre de baies, tandis que dans la direction UX, le
nombre d’étages est aussi un paramètre significatif. Dans la direction UX, le ratio est en
plus lié au nombre d’étages, ce qui était prévisible puisque le nombre d’étages est
directement lié aux masses discrètes présentes dans le modèle, ce qui influence le ratio de
charge modale participante statique. Seule l’équation de régression en UX a un coefficient
106
Les modèles avec coques créés pour les analyses statiques linéaires (Revoir chapitre 4),
avaient comme caractéristique d’empêcher tout décollement de la maçonnerie par rapport au
cadre de béton. Les huit nœuds communs à l’interface des deux matériaux agissaient comme
des nœuds uniques, simulant un comportement solidaire des matériaux (Voir figure 5.4), ce
qui est acceptable, tant que la réponse de la structure demeure dans le domaine linéaire.
Pour recréer de façon plus réaliste les zones de tension et de compression, les nœuds peuvent
être manuellement définis communs ou indépendants en les positionnant aux mêmes
coordonnées ou non. Afin de définir quelle proportion des éléments structuraux se situe dans
les zones tendues (nœuds indépendants) ou comprimées (nœuds communs), des essais ont été
faits avec trois modèles ayant une géométrie représentative de l’ensemble des modèles testés.
Ces trois modèles de la phase 1 (nos 8, 23 et 48) ont un ratio hauteur / largeur respectif de
1,25 ; 0,38 et 0,83. Pour ces analyses, les nœuds du maillage des éléments de béton et de la
coque de maçonnerie et tous été définis comme étant indépendants en les localisant à des
endroits physiques différents.
La figure 5.5 illustre les mouvements indépendants des éléments de maçonnerie et de béton
obtenus pour le modèle 48 ; les zones de compression (déformations irréalistes puisque le
remplissage « traverse » le béton) sont encadrées. Pour les trois modèles évalués, les zones
tendues (décollement) représentent de 30 à 70 % de la hauteur des colonnes (pour une
moyenne de 54 %) et de 20 à 70 % de la longueur des poutres (pour une moyenne de 48 %).
Dans la littérature, ElRazik et al. (2006) proposent d’utiliser une longueur de contact béton –
maçonnerie de 50 % des poutres et des colonnes. Cavaleri et al. (2004) proposent quant à eux
une longueur de contact de 30 % pour tous les cas de colonnes et une longueur variable pour
les poutres : 45 % pour une charge de 20 kN/joint, 85 % pour une charge de 120 kN/joint,
100 % pour une charge de 200 kN/joint.
En tenant compte des résultats obtenus pour les trois modèles testés, ainsi que des
informations tirées de la littérature, il a été choisi de mailler la maçonnerie de telle façon que
les nœuds soient communs sur 50 % de la hauteur des colonnes et 60 % de la longueur des
poutres. Ce maillage permet le décollement des matériaux maçonnerie et béton sur 50 % de
la hauteur des colonnes et sur 40 % de la longueur des poutres (Voir figure 5.6).
Figure 5.6 Exemple de maillage avec joints indépendants sur une longueur partielle
Cette modélisation autorise tout de même quelques déplacements irréalistes dans les zones à
nœuds indépendants, puisqu’il est impossible en domaine linéaire de définir une liaison (gap
element) ayant une ouverture minimale. Ainsi, aux zones de nœuds indépendants il y a
parfois des éléments de maçonnerie traversant le béton. Ces déplacements sont ignorés parce
qu’ils sont de très faible amplitude et ils surviennent pour très peu de modèles,
principalement les modèles ayant un ratio hauteur / largeur d’environ 0,5.
109
Dans cette section sont présentés les résultats obtenus pour deux modèles aux caractéristiques
de rigidité et de masse semblables : un modèle avec bielles et un autre avec coque (Voir
tableau 5.5). Afin d’obtenir une rigidité comparable pour les deux modèles, la résistance aux
charges latérales de la bielle a été augmentée par rapport à celle pouvant être calculée avec
les équations du FEMA 356 (Revoir équations 5.1 et 5.2). Cette démarche a été faite par
tâtonnement. La solution est que la bielle doit avoir une largeur de 3500 mm pour fournir une
rigidité semblable à celle du modèle avec coque. Par rapport à la largeur de bielle calculée
avec le FEMA 356 (565 mm) pour un modèle de 4 m x 5 m, la largeur est multipliée par 6,2.
La modélisation par bielle ne permet pas d’obtenir des périodes naturelles identiques à celles
obtenues pour les modèles avec coque. Si l’on compare la moyenne des périodes du modèle
avec coque où 100 % des nœuds sont connectés à l’interface béton et maçonnerie (0,2328 s)
par rapport à celle du modèle avec bielles (0,04103 s), alors le facteur multiplicatif est 5,7.
Tableau 5.5 Propriétés et réponses modales des modèles avec bielles ou coque
Pour ce qui est du modèle avec une coque dont seulement une partie des nœuds est commune
à l’interface béton / maçonnerie, alors c’est l’inverse : la moyenne des périodes des trois
premiers modes (0,03428 s) vaut 83 % de celle du modèle avec bielles (0,04103 s).
Ce sont les modèles avec bielle ou par coque avec nœuds partiellement communs qui
donnent des périodes s'approchant le plus de celle calculée avec les équations du CNBC
2005. Comme observées précédemment (section 5.3), les périodes obtenues par analyses
numériques sont inférieures à celles du code, confirmant la nécessité de développer une
équation adaptée pour les BMR.
Concernant les modes propres, les formes ne sont pas comparables pour les modèles avec
bielles ou avec coque.
Une deuxième géométrie de modèle a été testée, d’abord afin de vérifier si l’augmentation de
largeur de bielle requise est semblable pour obtenir une rigidité équivalant au modèle avec
coque, ensuite pour vérifier les rapports des périodes des deux types de modélisation. Le
deuxième modèle a les dimensions suivantes : 8 m de largeur et 3 m de hauteur, pour une
masse d’environ 35 000 kg. La bielle été modélisée avec une largeur de 3500 mm encore une
fois; par rapport à la largeur calculée, cette fois-ci il s’agit d’une multiplication de 3,7 fois la
largeur initiale de 951 mm. Les périodes obtenues pour le modèle avec coque valent en
moyenne 64 % des périodes des 3 premiers modes du modèle avec bielle. Pour la première
période, c’est encore ici le modèle avec bielle qui permet d’obtenir une période plus près de
celle du CNBC; elle vaut 54 % de la période du code, ce qui est beaucoup plus loin que les
périodes dont il a été question à la page 98 (écart de 16 % du modèle bielle par rapport à la
période du code).
5.8 Synthèse
Dans ce chapitre, 30 modèles avec remplissage sous forme de bielles ont été analysés afin de
déterminer l’influence des paramètres de modélisation sur les propriétés dynamiques
111
suivantes : modes propres et périodes de vibration naturelles. Les paramètres sont listés au
tableau 5.1, p. 94.
Les 30 modèles ont un poids sismique réparti parmi les éléments modélisés et les masses
ponctuelles ajoutées aux joints. Ce poids varie de 35 570 à 230 725 kg. Les dimensions des
bielles ont été calculées d’après le document FEMA 356 (FEMA, 2000). La largeur de bielle
de base calculée est de 698 mm (Revoir équation 5.1, p. 95). Les modèles avec coque ou
bielle ont été adaptés afin de tenir compte des ouvertures spécifiées (Revoir p. 96).
La prédominance du premier mode a été vérifiée par l’étude des ratios de charge modale
participante statique en direction UX. Ce ratio vaut en moyenne 78 % pour le premier mode,
ce qui est beaucoup plus élevé que 5,4 % pour le 2e mode, 0,4 % pour le 3e mode et 4 % pour
le 4e mode. Pour 20 des 30 modèles (tous ceux de 3 étages), le ratio cumulatif de 90 % de
charge totale participante statique UX est atteint en moyenne au troisième mode.
Les périodes fondamentales obtenues numériquement sont en général plus petites que celles
calculées selon l’article 4.1.8 du CNBC 2005. Pour les 30 modèles, l’écart moyen est de
-16 % entre les périodes obtenues pour les modèles et celles calculées avec le code pour les
ossatures contreventées ((Ta = 0,025 hn). C'est cette équation qu'il est recommandé d'utiliser,
puisqu'elle est conservatrice.
Les déformations des trois premiers modes propres des 30 modèles sont présentées au
Tableau-A VII-1 (annexe VII, p. 201) et analysées au tableau 5.3 (Revoir p. 102). Dans ce
tableau, pour chacun des cinq types d’ouverture est présentée une synthèse des courbures
relevées sur l’ensemble des bielles, colonnes et poutres des 3 modes des 30 modèles. Les
courbures sont soit d’ordre 1 (flexion), 2 (flexion + cisaillement) ou 3 ou encore il n’y a pas
de déformation notable. Les bielles ont deux modes de vibration principaux : déformation de
type flambement représentant la compression du remplissage pour les ouvertures des types 1,
2 et 3 ou mouvement axial pour les ouvertures des types 4 et 5. Pour ce qui est des colonnes,
112
elles se déforment surtout avec une déformation d’ordre 2 (69 %), et les poutres :
déformation d’ordre 2 (80 %).
Des régressions linéaires ont été effectuées pour les périodes des quatre premiers modes et
les ratios de charge modale participante statique (Revoir tableau 5.4, p. 104). Les régressions
linéaires des périodes montrent que la modélisation des étages supérieurs ou leur
remplacement par des charges ponctuelles est important pour les 4 périodes (mais surtout
pour la période fondamentale), et le type d’ouvertures pour les périodes des modes 2 à 4. Les
régressions linéaires des ratios de charge modale participante statique dans le plan (UX et
UZ), sont toutes les deux liées au nombre de baies, tandis que dans la direction UX, le
nombre d’étages est aussi un paramètre significatif. Dans la direction UX, le ratio est en plus
lié au nombre d’étages.
Une comparaison a été présentée en fin de chapitre entre les caractéristiques modales de
quelques modèles à 1 baie et 1 étage avec remplissage modélisé par bielle ou par coque
(nœuds 100 % communs ou partiellement communs; revoir sections 5.6 et 5.7). Les modèles
ont été calibrés pour avoir une rigidité et un poids sismique semblables (Revoir tableau 5.5,
p. 109). En se basant sur la recension des écrits et les analyses numériques, pour le modèle
avec nœuds partiellement communs la maçonnerie est modélisée avec des nœuds communs
sur 50 % de la hauteur des colonnes et 60 % de la longueur des poutres. Le tableau 5.5
présente les résultats d’analyses modales des trois modèles de géométrie 4m x 5m. Les
périodes du modèle avec bielles ne sont pas semblables à celles obtenues pour les modèles
avec coque (en moyenne 18 % des périodes du modèle à 100 % de nœuds communs et 120 %
de celles du modèle avec des nœuds indépendants sur 50 % et 60 % des longueurs de
colonnes et poutres). Une autre géométrie, 8m x 3m, a montré que pour avoir une rigidité
semblable au modèle avec coque, la bielle doit avoir une largeur augmentée. Les périodes du
modèle avec coque valent en moyenne 64 % des périodes des trois premiers modes du
modèle avec bielle.
113
À la suite des conclusions du chapitre 4, voici une synthèse des paramètres qui doivent
essentiellement être modélisés de façon à reproduire le bâtiment réel, lorsque le but est de
faire des analyses linéaires sous faibles charges :
• largeur des baies, • présence d’un étage flexible, s’il y a
• nombre de baies, lieu,
• nombre d’étages, • ouvertures.
De plus, afin d’obtenir les caractéristiques modales dynamiques des structures étudiées,
d’après l’analyse statistique des réponses obtenues, il est important de considérer lors de
l’analyse l’ensemble des quatre paramètres qui variaient dans ces analyses, soient :
• nombre de baies, • modélisation des étages supérieurs,
• nombre d’étages, • ouvertures.
Les paramètres essentiels sont sensiblement les mêmes pour les analyses statiques sous faible
charge latérale et pour les analyses modales. Voici le résumé de ces paramètres :
Le présent chapitre a pour objectif de développer le modèle de bielle de façon plus détaillée
et adaptée aux divers paramètres des modèles. Le but du modèle de bielle est de bien
représenter la réalité, par un moyen simple. Les résultats obtenus suite aux analyses sur les
modèles, par exemple le comportement plastique et la capacité à résister aux charges
latérales, devraient être semblables à ceux qui seraient obtenus par l’utilisation de modèles
complexes. Le modèle développé et validé dans ce chapitre par la reproduction d’essais
présentés dans un article (Mehrabi et Shing, 1997) sera utilisé au prochain chapitre pour
réaliser les analyses paramétriques non linéaires statiques. L’usage du logiciel commercial
SAP2000 est préconisé dans la présente étude principalement pour sa grande disponibilité, sa
facilité d’utilisation et son usage fréquent dans les bureaux de génie-conseil.
Pour l’étude détaillée d’un bâtiment particulier, il est reconnu que l’analyse temporelle est la
méthode à préconiser pour obtenir avec précision la réponse de la structure à des
enregistrements de mouvements de sol, qu’ils soient réels ou synthétiques. Cependant, vu sa
complexité, ce type d’analyse n’est pas « réaliste » dans plusieurs contextes, par exemple
pour l’analyse préliminaire de la capacité sismique d’un bâtiment existant. C’est pourquoi
plusieurs chercheurs ont travaillé à développer une méthode rationnelle qui permettrait
d’obtenir des résultats fiables de la réponse de la structure par une méthode applicable au
quotidien : l’analyse pushover, une analyse non linéaire statique sous une charge en
croissance.
FEMA 356 (2000). Un document plus récent, FEMA 440 (2005), propose des améliorations
aux deux méthodes précitées.
Il faut mentionner ici que l’analyse pushover est un type d’analyse qui ne reproduit pas
fidèlement l’action sismique puisque les charges ne sont pas dynamiques, mais plutôt
statiques. De plus, le chargement est appliqué au haut du bâtiment en tant que charge
ponctuelle, au lieu de solliciter la structure à sa base sous forme d’accélération.
Généralement, les modèles sont réalisés en deux dimensions, comme ceux des analyses
statiques et modales. Ces modèles simplifiés sont valables, tant que la torsion n’est pas
prépondérante dans la réponse aux charges latérales, ce qui est le cas ici puisque les
structures sont régulières en plan.
La méthode d’analyse pushover offre plusieurs avantages. Selon Krawinkler (1998), les
résultats attendus par la méthode pushover sont : des forces réalistes sur les éléments
potentiellement fragiles ; l’identification des régions critiques (demandes élevées prévues en
déformation) et une bonne estimation de la capacité en déformation. Les deux derniers
avantages sont recherchés dans le cadre de la présente recherche.
L’objectif des analyses paramétriques qui seront réalisées au chapitre 7 est d’identifier les
paramètres essentiels à la modélisation ainsi que leur influence. Dans cette optique, le type
d’analyse choisi doit permettre de réaliser des analyses sur de nombreux modèles et
d’analyser facilement les résultats obtenus. Les analyses de type pushover correspondent à
ces critères. Ce n’est pas le cas des analyses temporelles, pouvant être longues, et pour
lesquelles il peut s’avérer difficile d’extraire des généralités à partir du volume considérable
de résultats générés.
Dans l’article de Powell (2006), des analyses pushover ont été réalisées pour quatre
structures différentes (deux avec courbe de capacité bilinéaires / deux avec courbe de
capacité en forme d’ellipse désaxée) avec plusieurs méthodes : celle du document FEMA 356
117
(2000), les méthodes des coefficients et de la linéarisation du document FEMA 440 (2005) et
la méthode du spectre de capacité. Les méthodes présentées dans le document FEMA 440
sont décrites comme des améliorations à la méthode existante du FEMA 356. Or, le
déplacement obtenu par analyse pushover avec la méthode des coefficients du FEMA 440
était plus éloigné de la réponse exacte obtenue par analyse dynamique (126 %) que ceux du
FEMA 356 (114 %) et le coefficient de variation de la réponse était plus grand (9,8 % au
lieu de 9,0 %). Les résultats d’une des deux méthodes du document le plus récent (FEMA
440) sont donc significativement moins précis que ceux du document qu’il est censé
améliorer. La deuxième méthode du document FEMA 440, la linéarisation, est la méthode la
plus précise pour le modèle testé dans l’article de Powell, en comparaison avec les résultats
dits « exacts » d’une analyse dynamique. La méthode du spectre de réponse, quant à elle,
permettait d’obtenir une réponse moyenne très près de la réponse exacte, mais avec un
coefficient de variation très grand (22,9 % ), ce qui en fait une méthode très imprécise. En
version améliorée, cette méthode pourrait être utilisable. En résumé, pour le modèle simple
testé par Powell la méthode des coefficients du document FEMA 356 est valable, puisqu’elle
permet d’obtenir des résultats qui sont en moyenne 14 % au-dessus des résultats dits
« exacts » obtenus par analyse dynamique, le tout avec un coefficient de variation de 9,0 % .
Dans le but d’évaluer la performance de façon préliminaire, l’analyse pushover représente un
bon outil selon cet auteur. Nous préconisons donc la méthode des coefficients du FEMA 356.
Les bielles utilisées pour représenter les panneaux de remplissage de maçonnerie sont des
éléments travaillant axialement dans le domaine élastique. À ces bielles sont ajoutées des
rotules plastiques ponctuelles pour définir le comportement plastique au-delà de la limite
élastique, à chacun des états de dommages atteints.
La largeur de bielle calculée aux chapitres précédents selon les équations du document
FEMA 356 (Revoir les équations 5.1 et 5.2, p. 95) est valide pour les panneaux de
remplissage pleins. Afin de considérer la présence d’ouvertures dans la modélisation, deux
possibilités existent. La première possibilité est de dessiner des bielles multiples (Revoir
p. 94), ce qui est valide pourvu que la rigidité qui leur est associée provienne de méthodes
appropriées (ex. analyses par éléments finis, AÉF). Étant donné le peu d’information
disponible pour établir des lignes directrices fiables pour le calcul de rigidité des bielles, cette
option n’est pas retenue. La deuxième possibilité est d’utiliser des coefficients de réduction
de la largeur des bielles équivalentes excentriques, tels que certains auteurs le proposent
(Mondal et Jain, 2006).
Ce sont les coefficients R1 et R2 (Al-Chaar, 2002) qui sont utilisés pour calculer la largeur de
bielle réduite (Voir équation 6.1). Ils tiennent compte des ouvertures présentes dans les
panneaux de remplissage et de l’état de dommages.
= ⋅( ) ⋅( )
où ( ) = 0,6 .
− 1,6 .
+1
. .
(6.1)
et (
) = 1 pour un panneau non fissuré ; sinon
panneau avec ratio h/t ≤ 21 →
( ) = 0,7 ( <3 ) 0,4 (≥ 3 )
panneau élancé avec ratio h/t > 21 → réparations requises
Bien que la réduction de la largeur de la bielle permet de représenter l’effet des ouvertures
sur la rigidité, elle ne permet pas de représenter la distribution des contraintes réelles. C’est
une simplification qui permet d’obtenir la capacité globale de la structure, en négligeant les
119
effets locaux. Ces derniers peuvent être évalués à l’aide d’une AÉF, par exemple. Le tableau
6.1 présente les largeurs de bielles de base a et les largeurs de bielles réduites ared.
L’ouverture de type 2 (haut du panneau) engendre une hauteur de panneau réduite, mais
aucune diminution de sa largeur puisqu’il n’y a pas d’ouverture à l’intérieur du panneau. La
largeur ared de la bielle par rapport à la largeur de la bielle du panneau plein (type 1) est donc
due à des ouvertures à l’intérieur du panneau de maçonnerie (types 4 et 5 : réductions de
16 % et 24 %) ou à une hauteur partielle de panneau (type 2 : réduction de 9 %).
Types a
( ) ( )
d’ouvertures (mm) (mm)
698,5 1 1 698,5
638,4* 1 1 638,4
* La largeur de bielle de base a pour l’ouverture dans le haut est moins grande que celle des ouvertures 1, 4 et 5
puisque a est fonction de la hauteur et de la diagonale du remplissage, qui sont plus courtes pour l’ouverture de
type 2.
D’autres auteurs (Asteris et al., 2011) proposent un facteur de réduction selon le pourcentage
de l’aire des ouvertures dans le panneau, à appliquer à la largeur de bielle équivalente (Voir
l’équation 6.2). Ce facteur considère la diminution de rigidité attribuable à la présence
120
, ,
=1−2( ) + (6.2)
a Les coefficients d’Al-Chaar sont ceux utilisés dans la présente thèse, puisqu’ils ont été calibrés
expérimentalement.
Jusqu’à maintenant, les bielles ont été positionnées de façon concentrique, en reliant entre
eux les joints poutres – colonnes (Voir figure 6.1.a). Les exceptions concernent les ouvertures
de type 2 et 5 (Revoir p. 96, figure 5.1-3) et 9). Afin de tenir compte, pour tous les types
d’ouvertures, du cisaillement possible des colonnes de béton par l’action du mur de
remplissage, les bielles seront maintenant uniques (et non plus multiples, figure 5.1, p. 96)
pour tous les types d’ouvertures et positionnées sur les colonnes de façon excentrique à une
distance lcol du bas de la poutre (Voir figure 6.1.b). Les effets de cisaillement des colonnes
par le remplissage devraient ainsi être aussitôt visibles après analyse et ne nécessiter aucune
étape supplémentaire.
La création de bielles excentriques est une des deux possibilités de modélisation énoncées
dans le document FEMA 356 (2000, p. 7-26). Selon ce document, l’excentricité des bielles
représente le cas le plus sévère de cisaillement et flexion sur les colonnes. Combescure et
Pegon (2000) ont démontré avec leur micromodélisation la concentration du cisaillement à
l’extrémité des colonnes, ce qui leur fait dire que la modélisation excentrique est requise pour
121
l’évaluation détaillée des actions sur les colonnes. Crisafulli et al. ont utilisé des bielles
excentriques dans leurs travaux de façon concluante (2000).
Les distances requises entre les joints poutre – colonne et le point d’attache des bielles sur les
éléments de béton sont présentées au tableau 6.3; elles dépendent de la géométrie du
panneau, de la largeur de la bielle ainsi que de son inclinaison. Pour les ouvertures de type 2,
la bielle est fixée au cadre à la limite supérieure du remplissage.
Ces distances ont été calculées à l’aide des recommandations de Al-Chaar (2002) ainsi que
du document FEMA 356. La distance d’attache de la bielle sur la colonne est notée lcol et θcol
est l’angle entre la face de la bielle équivalente excentrique et l’horizontale (Voir figure
6.1.b). Ce sont deux variables mutuellement liées à résoudre par un système à deux équations
– deux inconnues (Voir équation 6.3).
a
h inf −
a cos(θ col )
lcol = tan( θ col ) =
cos(θcol ) et
Linf
(6.3)
Avec a = 27,5 po ; hinf = 133,86 po et Linf = 216,54 po, on obtient :
lcol = 30,5 po (775 mm) et θ col = 25,52º (0,4454 rad)
Étant donné que lcol est définie par rapport au bas du panneau de remplissage et non par
rapport à l’axe des poutres, il faut ajouter une demi-hauteur de poutre (0,3 m) pour obtenir la
distance à utiliser dans la modélisation entre le joint poutre – colonne et la position de
l’attache de la bielle. Cette distance est la même au haut et au bas des colonnes, tel que
présenté au tableau 6.3.
Cette section concerne les rotules plastiques employées pour définir des caractéristiques non
linéaires ponctuelles dans le modèle, ainsi que leur position. D’abord, la figure 6.2 présente
le plan 1-2 d’une poutre et les efforts positifs de cisaillement et flexion dans le plan 1-2 (V2
et M3 de cette poutre).
Les rotules utilisées pour modéliser le comportement plastique des poutres (flexion M3 ou
cisaillement V2) et des colonnes (cisaillement V2 et interaction P-M3) sont localisées, sur les
colonnes, près du point d’attache des bielles. Un léger décalage entre les rotules et la jonction
avec les bielles a été défini pour éviter l’instabilité. Cela correspondant à environ 0,375 % de
la hauteur des colonnes. Le tableau 6.4 présente les positions des rotules sur les colonnes, les
123
poutres et les bielles. Les différents types de rotules, identifiées par des symboles spécifiques,
sont illustrés à la figure 6.3. Les positions sont approximatives sur ce dessin.
Figure 6.2 a) Plan 1-2, le plan 2D utilisé dans la présente recherche et les 3 axes locaux d’une
poutre dans SAP2000 ; b) les efforts de cisaillement V2 et de flexion M3 positifs
Adaptée de CSI (2007.b)
Tableau 6.4 Position des rotules sur les colonnes, poutres et bielles
À la base, les bielles diagonales sont utilisées afin de modéliser la rigidité fournie à la
structure par les panneaux de remplissage de maçonnerie. Leur utilisation peut être étendue à
la détermination de la capacité structurale globale ultime des structures qui en comportent, en
leur assignant des valeurs de résistance correspondant aux propriétés des murs de
remplissage. Pour obtenir les effets locaux de l’interaction des remplissages et de l’ossature,
124
il faut utiliser des analyses par éléments finis ou des bielles représentant les champs de
contraintes (ex. bielles multiples, figure 5.1 – p. 96).
Les rotules plastiques permettent de suivre avec précision la performance des éléments
structuraux, au-delà de la limite élastique des matériaux, à chaque étape de l’analyse
incrémentale que constitue une analyse pushover. Les rotules plastiques automatiques
disponibles dans le logiciel SAP2000 (basées sur le FEMA 356) ne peuvent pas être utilisées
pour deux raisons : elles ne sont pas applicables aux structures existantes et ne sont définies
que pour des cadres vides. Il convient donc de définir des rotules adaptées aux cadres avec
remplissages.
Les unités de maçonnerie et les joints de mortier sont des éléments structuraux rigides au
comportement linéaire élastique. Cependant, les panneaux agissent comme des coques qui
subissent la fissuration par étapes (initiée dans un segment de joint de mortier, ou par la
fissuration d'une unité de brique), correspondant à des états de dommages. La progression de
ces états peut être décrite dans la courbe de comportement attribuée à la rotule plastique des
bielles, afin de représenter les caractéristiques non linéaires des remplissages.
125
Afin d’assigner une résistance aux bielles, plus précisément aux rotules plastiques axiales,
deux calculs préalables sont effectués : la charge provoquant la rupture du remplissage de
maçonnerie par écrasement (Rcr) et celle provoquant une rupture par cisaillement (Rshear).
Ces deux modes de rupture sont illustrés à la figure 1.10.a), b) et d) (Revoir p. 29), où les
figures b) et d) sont deux variantes de rupture causées par le cisaillement dans les joints du
remplissage de maçonnerie. C’est la composante de ces charges dans l’axe des bielles qui est
utilisée pour définir la résistance axiale « à la compression » de la bielle, Rstrut, soit la plus
faible des deux résistances (Voir équation 6.4). Cette résistance est assignée à la rotule
plastique positionnée au centre de la bielle et indique le mode de rupture probable.
ℎ −2×
= ù ( )= (6.4)
/ ( )
La figure 6.4 illustre le comportement de la rotule plastique axiale des bielles du modèle 1.
La résistance axiale ultime des rotules a été calculée selon le document d’Al-Chaar (2002).
Les équations utilisées considèrent deux modes de rupture (écrasement et cisaillement) et non
un seul (cisaillement) comme cela est présenté dans le document FEMA 356 (2000). De plus,
dans le document FEMA 356, la présence d’ouvertures n’est pas prise en compte, ni l’état de
la maçonnerie. Ces paramètres sont pris en compte dans les équations d’Al-Chaar, par les
facteurs de réduction R1 et R2, respectivement, pour les ouvertures et l’endommagement.
La résistance à l’écrasement, Rcr, est très grande. Elle est calculée selon l’équation 6.5 et
varie de 880 à 1160 kN, selon le type d’ouverture. Elle prend en compte l’épaisseur du
remplissage tinf, la résistance à la compression de l’assemblage de maçonnerie f’m et la
largeur de bielle équivalente réduite ared.
= × × ′ (6.5)
126
= × ×( ) ×( ) (6.6)
Les déformations correspondant aux différents états de dommages sont calculées en utilisant
les déformations à la plastification des sections, obtenues à l’aide du logiciel d’analyse. Le
tableau des neuf états (E à E-) dans le logiciel SAP2000 présente des valeurs de
déplacements/facteur d’échelle. Le facteur d’échelle correspondant à la plastification est
d’environ 4x10-4 pour les déplacements positifs et environ 10 pour les déplacements négatifs.
Ces deux valeurs permettent de déduire les déplacements réels.
Les colonnes comportent deux types de rotules : interaction effort axial – moment (P-M3) et
cisaillement (V2), tandis que les poutres ont des rotules de cisaillement (V2) et de flexion
(M3), même si elles sont moins susceptibles de subir de grandes déformations plastiques que
les colonnes. En effet, ces dernières sont fortement sollicitées par l’action directe des bielles
de remplissage. Aussi, pour les structures existantes à l’étude, les poutres sont « fortes » et
les colonnes sont « faibles », contrairement au précepte de capacity design (Revoir p. 23), ce
qui fait que ce sont les colonnes qui sont plus susceptibles de subir la plastification.
La résistance ultime des rotules de cisaillement a été calculée selon les équations connues de
la résistance au cisaillement des sections de béton armé (Voir équation 6.7). Ces équations
considèrent la participation de l'armature (ici considérée nulle en raison des étriers
inefficaces), la résistance à la compression du béton âgé, les propriétés réelles de la section,
le coefficient du matériau béton, ainsi que le type de béton (normal). Ceci est donc applicable
aux éléments de béton armé de structures anciennes, puisque les variables prennent des
valeurs adaptées à la situation réelle du béton âgé. Étant donné que les rotules plastiques de
cisaillement des colonnes et des poutres illustrent un comportement « fragile », selon la
littérature, c’est un comportement bilinéaire qui leur a été assigné. La résistance ultime de ces
rotules est 202 kN pour les colonnes et 148 kN pour les poutres (Voir figure 6.5 et
figure 6.6).
Vr = Vc + Vs où = 0,2 ∙ ∙ ∙ ′ ∙ ∙
(6.7)
et Vs = 0 puisque les étriers ont des crochets insuffisants
128
Le comportement à l’ultime des rotules de flexion (M3) des poutres, sur une courbe de type
« backbone », a été fixé par rapport au moment de flexion à la plastification (Voir figure 6.7).
129
Figure 6.7 Courbe de comportement des rotules plastiques de flexion (M3) des poutres
Les rotules d’interaction P-M3 des colonnes ont été définies automatiquement à l’aide du
logiciel selon la méthode du document FEMA 356 implémentée dans le logiciel SAP2000
(Voir figure 6.8 et figure 6.9).
Cette section traite des matériaux, des longueurs d’extrémités rigides, du poids sismique, de
la charge latérale et du déplacement cible.
Dans le logiciel SAP2000, le matériau maçonnerie non armée ne fait pas partie des matériaux
standards. Le béton armé étant un matériau auquel il est possible d’assigner une résistance en
compression, il a donc été sélectionné. Cependant, comme la maçonnerie de briques ne doit
pas être armée, l’armature incluse nécessairement dans du béton armé a été modifiée afin
qu’elle n’ait pas d’effet dans les panneaux de remplissage. L’approche développée dans cette
recherche est de créer manuellement une section de barre d’armature personnalisée de
diamètre très petit (0,02 mm) afin d’obtenir un « béton-maçonnerie quasi non armé » pour
modéliser la maçonnerie de briques non armée. Cette astuce a permis d’utiliser des matériaux
standards au lieu de définir des matériaux personnalisés, ce qui est une solution beaucoup
plus rapide et comportant moins de risque d’erreur. Aucune instabilité n’a été détectée avec
l’utilisation de ce « béton-maçonnerie quasi non armé ». Le béton armé de l’ossature a quant
à lui été modélisé en tenant compte de la fissuration créée au fil du temps. Ainsi, le module
d’élasticité considéré est 70 % de la valeur du module non fissurée (ACI, 2000). Dans le cas
131
présent, le module d’élasticité fissuré vaut 16,4 GPa. Des essais en laboratoire, hors de la
portée de cette présente étude, pourraient être effectués afin de mieux caractériser les
matériaux et les techniques de construction.
Des longueurs d’extrémités rigides (Rigid end offset ou REO) ont été assignées aux poutres et
aux colonnes des modèles. Pour des cadres vides, le REO est défini comme étant la moitié de
la largeur de la membrure qui lui est perpendiculaire; par exemple sur une poutre ce sera Dc/2
où Dc est la largeur de la colonne au même joint (Mondal et Jain, 2006). Pour les cadres avec
remplissage de la présente recherche, les REO assignés sont de la même longueur que la
distance entre les joints poutre – colonnes et les rotules plastiques (Revoir tableau 6.4). Ces
valeurs sont supérieures à Dc/2 sur les poutres et à Db/2 sur les colonnes (où Db est la hauteur
de la poutre). C’est une très grande rigidité qui est ainsi attribuée aux éléments de l’ossature :
165 % de Db/2 sur les colonnes et 298 % de Dc/2 sur les poutres. Cela est nécessaire étant
donné que le cadre n’est pas vide et flexible, mais plutôt limité dans ses mouvements par la
maçonnerie érigée à l’intérieur des ouvertures des cadres (Al-Chaar, 2002). Les bielles de
compression de maçonnerie qui poussent au coin des cadres « rigidifient » ces joints. Malgré
les grandes valeurs des REO assignés, le logiciel calcule lors de la création du modèle des
REO effectifs plus petits, qui font un peu moins de 50 % de la valeur assignée (495 mm sur
les colonnes; 745 mm sur les poutres). Les REO sont illustrés à la figure 6.10.
Le poids sismique prévu pour chacun des modèles, incluant tous les matériaux (béton,
maçonnerie) ainsi que 25 % de la surcharge de neige prévue, a été représenté fidèlement. Ce
poids est réparti à travers les modèles par l’ajout de masses ponctuelles aux jonctions des
membrures ainsi qu’aux nœuds du maillage.
Deux distributions de charges latérales incrémentales ont été appliquées aux modèles : une
distribution modale et une distribution uniforme. La distribution modale est proportionnelle
au mode propre fondamental (FEMA, 2000, article [Link].3.1.2). Cette distribution de
charges est permise puisqu’il y a plus de 75 % de la masse totale participante dans ce mode.
132
Une charge uniforme d’accélération dans la direction X globale (axe horizontal dans le plan
du modèle) a été appliquée comme deuxième patron de charges, tel que proposé par le
document FEMA 356.
Figure 6.10 Illustration des REO assignés et effectifs et des paramètres Db/2 et Dc/2
Les analyses ont été réalisées en contrôle de déplacement. Le déplacement cible devant être
atteint par le nœud supérieur gauche a d’abord été calculé selon la méthode des coefficients
du FEMA 356 (2000) pour mener à un état de dommages près de l’effondrement (collapse
prevention). Ce déplacement cible est une estimation du déplacement maximum prévu au
niveau du toit, calculé en utilisant le coefficient C1 maximum parmi les deux coefficients
calculés (articles [Link].2 et [Link].1). Les déplacements cibles calculés pour les cadres
avec remplissage de l’étude variaient de 3 à 48 mm (0,04 % à 0,73 % de la hauteur globale
de la structure ; en moyenne 0,27 %). Ces déplacements étaient trop faibles pour observer un
comportement non linéaire complet jusqu’à la formation d’un mécanisme global.
grandes. Le but était que les rotules plastiques soient plus sollicitées et que la structure, dans
son ensemble, perde sa rigidité et sa résistance. La procédure doit continuer jusqu’à un état
limite prédéfini ou jusqu’à ce que l’effondrement soit détecté. Un mécanisme global de
rupture est visible sur les courbes pushover obtenues : arrêt subit de l’analyse, plateau de
plastification ou diminution marquée de la résistance par rapport au cisaillement maximal à
la base consistant en une diminution de plus de 20 % , tel que proposé dans la littérature par
Lu et al. (2001) ou Tomaževic (1999). Les nouveaux déplacements cibles varient de 20 à
500 mm. Ces valeurs ont été définies par tâtonnement afin d’atteindre un mécanisme global
de rupture.
Étant donné qu’aucun test en laboratoire n’a été réalisé dans le cadre de cette recherche, la
méthode de validation du modèle de bielle demeure théorique. Elle est basée sur des essais en
laboratoire qui ont été réalisés sur des structures composées de matériaux aux propriétés
structurales similaires à celles définies dans la partie 1 de cette thèse. Ces essais ont été
réalisés par Mehrabi et Shing (1997). Les courbes de capacité obtenues pour le modèle vide
et pour le cadre avec remplissage, autant de façon expérimentale que numérique, sont
présentées à la figure 6.11. Les cadres de béton armé sont tous les deux « faibles », et
comportent des étriers qui n'ont pas de crochets. La contribution de l'armature à la résistance
au cisaillement est alors considérée nulle, de la même façon que pour les structures décrites
dans cette thèse, et l'équation 6.7 (p. 127) est applicable telle quelle.
Ces réponses en déplacements, résistance latérale et rigidité doivent être les plus exactes
possible, dans le but de réaliser des études paramétriques (Voir le chapitre 7) ou des
recommandations afin de réaliser la modélisation des structures BMR de façon conservatrice.
Figure 6.11 Modèles testés par Mehrabi et Shing : a) cadre vide « faible », b) cadre « faible »
avec remplissage « faible »
Tirée de Mehrabi et Shing (1997, p. 611)
Les propriétés géométriques et celles concernant les matériaux dans l’article de Mehrabi et
Shing (1997) ont été utilisées pour calculer les propriétés des bielles de remplissage et des
rotules plastiques afin de créer des modèles reproduisant ceux de l’article, par la méthode
proposée dans le présent chapitre. Les bielles ont une largeur de 250 mm et sont attachées à
298 mm des joints poutres-colonnes. Les rotules sur les colonnes sont à 283 mm des joints
poutres-colonnes et celles sur les poutres sont à 395 mm des joints. La résistance en
compression des rotules de maçonnerie est de 219 kN (21,9 kN en traction). Pour les rotules
de cisaillement, la résistance ultime est de 72 kN pour les colonnes et 56,5 kN pour les
poutres. Les REO effectifs du modèle sont 89 mm sur les poutres ; 115 mm sur les colonnes.
Dans leur article, Mehrabi et Shing obtiennent par analyse numérique des courbes pushover
très semblables aux courbes expérimentales pour les cadres vides ou avec remplissage. Les
courbes expérimentale et numérique du cadre avec remplissage sont plus proches que celles
135
du cadre vide (Voir figure 6.11). La résistance maximale atteinte lors des essais en
laboratoire par le cadre avec remplissage versus celui qui est vide est 1,71 fois supérieure, tel
qu’illustré à la figure 6.12. Sur cette figure sont aussi illustrées les courbes obtenues par
analyses numériques en reproduisant avec le modèle développé dans ce chapitre les tests de
Mehrabi et Shing.
La définition des rotules plastiques influence les résultats. Par exemple, si des rotules de
cisaillement moins « fragiles » avaient été assignées aux colonnes, la résistance ultime serait
plus élevée pour les modèles théoriques tentant de reproduire les tests. D’un autre côté, le
136
Figure 6.12 Modèles expérimentaux de Mehrabi et Shing vide et avec remplissage : courbes
pushover des tests en laboratoire et celles obtenues à l'aide du modèle de bielle développé
Les ratios entre les résistances maximales des cadres avec/sans remplissage sont de 1,71
(tests) ou 1,87 (reproductions), ce qui constitue une erreur relative de 9 % . C’est un niveau
d’erreur relative acceptable permettant de conclure que la méthode de modélisation et
analyse présentée dans ce chapitre est valide pour l’étude paramétrique au chapitre 7.
Une autre étude comportant des volets expérimental et numérique et portant sur des
structures vides ou avec l’un des trois différents matériaux de remplissage a été consultée
(Sigmund et al., 2010). La conception a été réalisée selon l’Eurocode 8 (2005), et représente
des bâtiments modernes construits selon les techniques de la Croatie et non les techniques
anciennes nord-américaines. De plus, le remplissage n’est pas composé de briques. Leurs
résultats montrent des augmentations de la rigidité initiale d’environ 60 % lorsqu’il y a du
137
Trois chercheurs turcs ont réalisé des essais en laboratoire et des analyses numériques sur des
structures BMR avec colonnes déficientes (Akpınar et al., 2011). Ils ont développé une
procédure d’analyse impliquant l’enlèvement automatique des éléments ayant atteint la
rupture lors des simulations. Le modèle a été validé par des essais pseudodynamiques sur une
structure de 3 baies-2 étages soumise à l’accélérogramme du séisme de Duzce en 1999. La
capacité de résistance aux charges latérales est augmentée de 107 % par la présence de
remplissage. Puis, dès l’écrasement du remplissage du rez-de-chaussée, la capacité diminue à
la même amplitude que celle du cadre vide. Alors, la surcapacité fournie par le remplissage
cesse lors de larges déformations.
Enfin, une étude sans pourcentage d’augmentation confirme que la présence de remplissage
augmente la rigidité structurale initiale et la résistance, et diminue la période fondamentale de
vibration et les déplacements absolus et relatifs des étages (Apostolska et al., 2010).
6.6 Synthèse
La méthode d’analyses pushover proposée dans ce chapitre combine des notions de plusieurs
documents, notamment le FEMA 356 (2000) et un rapport de Al-Chaar (2002), en plus de
précisions techniques développées dans cette thèse, pour réaliser de façon convenable les
analyses des structures BMR.
La largeur de bielle calculée dans un précédent chapitre pour les panneaux de remplissage
pleins est réutilisée, avec modifications. Pour les panneaux ayant des ouvertures, la méthode
préconisée est de diminuer la largeur de la bielle par un coefficient de réduction lié au type
138
Afin de bien représenter l’action du cisaillement induite par la maçonnerie sur les colonnes,
les bielles, jusqu’alors concentriques, sont éloignées des joints poutres – colonnes. Elles sont
donc attachées sur les colonnes à une distance lcol de la poutre du bas, de façon excentrique
dans les cadres.
La résistance ultime assignée aux rotules axiales plastiques des bielles, afin d’évaluer la
capacité des remplissages, correspond à la charge requise pour que le mur de remplissage
atteigne sa limite de résistance à l’écrasement ou en cisaillement. Comme les rotules
plastiques automatiques du logiciel SAP2000 ne peuvent pas être utilisées (non applicables
aux structures existantes ou avec remplissage), alors leurs propriétés ont été calculées à la
main, à l’aide du document FEMA 356 (FEMA, 2000). Le comportement des divers types de
rotules est illustré aux figures 6.4 à 6.9. Les rotules de cisaillement ont un comportement
« fragile ». Aussi, pour les cadres en béton armé ce sont les rotules des colonnes qui
devraient plastifier en premier étant donné que les modèles reproduisent des colonnes
conçues de façon plus faible que les poutres, contrairement au principe de capacity design
moderne.
Les REO (Rigid end offset) effectifs sont supérieurs aux REO utilisés en général pour des
cadres vides (Dc/2 sur une poutre et Db/2 sur une colonne) étant donné la rigidité fournie par
les bielles de compression. La maçonnerie non armée est modélisée par du béton armé avec
139
des barres d’armature quasi nulles. Le béton armé de l’ossature est considéré comme fissuré,
par l’utilisation d’un module d’élasticité fissuré de 16,4 GPa, puisqu’il est âgé.
Les deux distributions de charges latérales incrémentales utilisées sont une distribution
modale proportionnelle au mode propre fondamental et une distribution uniforme
d’accélération dans la direction X globale (dans l’axe des poutres). Afin d’atteindre un des
trois mécanismes de rupture (arrêt brusque de l’analyse, plateau de plastification ou
diminution de plus de 20 % de la résistance par rapport au maximum), de grands
déplacements cibles ont été établis, variant de 20 à 500 mm.
Une validation théorique du modèle développé a été réalisée. Elle s’appuie sur des essais en
laboratoire portant sur deux structures (l’une vide, l’autre avec remplissage) ayant des
matériaux et des propriétés similaires à la typologie étudiée (Mehrabi et Shing, 1997). Pour la
validation, un modèle vide et un avec remplissage ont été créés en utilisant les propriétés des
matériaux et les dimensions définies dans l’article. Ces propriétés et dimensions ont servi à
définir les bielles, leur position, les rotules (position et résistance), etc. Les résultats de cette
validation sont positifs et le modèle développé peut donc être utilisé dans le chapitre 7 pour
réaliser les analyses paramétriques.
CHAPITRE 7
Des analyses non linéaires statiques (pushover) sont réalisées dans ce chapitre afin de cerner,
parmi certains paramètres de modélisation et de géométrie, ceux qui ont une grande influence
sur le comportement non linéaire des structures. L’allure des courbes pushover, ainsi que les
divers résultats d’analyse (séquence de plastification des rotules, plateau de plastification,
déplacement et résistance ultimes, rigidités initiales et après plastification, capacité en
ductilité…), sera comparée pour identifier les paramètres les plus influents sur le
comportement non linéaire. L'objectif est de faire des recommandations pour réaliser une
modélisation des structures avec remplissage capable de représenter les déformations
plastiques.
Selon les analyses statiques linéaires du chapitre 4, il y a sept paramètres importants lors de
la modélisation. Ces paramètres sont :
• la largeur des baies;
• le nombre de baies;
• le nombre d’étages;
• la modélisation des étages supérieurs, tels qu’existants;
• la présence d’un étage flexible, s’il y a lieu;
• les ouvertures;
• la méthode de modélisation des remplissages : bielle ou coque.
7.1 Paramètres
Le nombre d’étages et le nombre de baies ont une influence indéniable sur la rigidité des
modèles. Il est alors moins intéressant de vérifier si ces paramètres influencent la réponse
non linéaire des modèles puisque, normalement, tout ingénieur effectuant la modélisation de
structures reproduira fidèlement ces paramètres. C’est le même raisonnement qui s’applique
pour les paramètres largeur des baies et présence d’un étage flexible (absence de murs de
142
remplissage à un étage). Ces quatre caractéristiques sont prises en compte facilement lors de
la modélisation numérique et on peut les mettre de côté pour les analyses non linéaires
pushover présentées dans ce chapitre.
Les analyses précédentes ont démontré que le remplacement des étages supérieurs par des
charges ponctuelles ne permet pas de bien capturer la réponse linéaire statique et modale de
la structure. En effet, la rigidité est beaucoup plus faible lorsque les étages supérieurs sont
absents. Il est donc préférable de s’en tenir à modéliser les étages supérieurs. Par conséquent,
le paramètre nombre d’étages est conservé. Il en va de même pour le paramètre nombre de
baies, conservé afin d’évaluer la façon dont les rotules se forment. Ainsi, les modèles auront
une géométrie de 1 baie – 1 étage, 1 baie – 3 étages, 3 baies – 1 étage ou 3 baies – 3 étages,
de façon similaire aux analyses des chapitres précédents.
Un des objectifs de la recherche est de définir une méthode pour modéliser les ossatures de
béton armé et murs de remplissage de briques non armés par un moyen simple, tout en
obtenant une réponse de la capacité à résister aux charges latérales semblable à celle qui
serait obtenue par l’utilisation de modèles complexes. Le moyen simple préconisé est un
modèle de bielles avec rotules plastiques, tel celui qui a été défini et validé au chapitre 6 par
la reproduction d’essais présentés dans un article (Mehrabi et Shing, 1997).
Pour ce qui est des ouvertures, elles ont une influence sur la réponse en rigidité selon les
analyses statiques linéaires réalisées, mais peu d’influence sur les réponses modales. Est-ce
que la réponse dans le domaine non linéaire est affectée par la présence de diverses
ouvertures (dimensions et position variables)? Quatre des cinq configurations évaluées aux
chapitres précédents seront étudiées ici : sans ouvertures, ouvertures dans le haut, portes et
ouvertures en coin. Il y aura aussi des modèles de référence sans remplissage, les cadres
vides notés « V », afin de vérifier l’impact de la présence de remplissage, ce qui est une des
choses importantes à vérifier.
143
Les trois paramètres retenus pour les analyses non linéaires sont présentés au tableau 7.1. Le
plan d’analyses détaillé est présenté à l’annexe VIII (p. 217). Il comporte vingt modèles.
Ouvertures : « V » : vide
Cadre vide « V »
Panneau plein : 1)
Ouvertures : 2), 4) et 5)
Nombre d’étages 1 3
Nombre de baies 1 3
Les résultats complets des 20 analyses pushover réalisées sont présentés à l’annexe IX,
modèle par modèle (p. 219). Ces résultats sont présentés ainsi : courbe de capacité, tableau
décrivant la séquence de plastification des rotules et illustration de l’état final des rotules
plastiques. La figure 7.1 regroupe l’ensemble des 20 courbes pushover. Sur cette figure, les
courbes se terminant par un plateau de plastification sont indiquées (déformation qui
augmente sans ajouts de charge). Afin que les courbes puissent être facilement comparées,
les déplacements en abscisses ont été normalisés par rapport à la hauteur des modèles, tandis
que les réactions à la base en ordonnées ont été normalisées par rapport aux poids des
modèles (V/W).
À l’annexe X (p. 267), les résultats sont comparés par paires ou groupes de quatre
modèles. Un schéma identifiant les analyses A à K est présenté à la figure 7.2 (p. 145). Les
paires permettent d’étudier l’influence de la présence ou non de remplissage (analyses D à G,
144
Figure 7.2 Identification des analyses comparatives effectuées sur les résultats de capacité
146
À l’aide de la figure 7.1, une évaluation de la ductilité relative des modèles les uns par
rapport aux autres a été effectuée. La ductilité est proportionnelle à l’aire sous la courbe
pushover. La plus petite ductilité est celle du modèle #13 (3 baies – 3 étages, remplissages
pleins); c’est donc par rapport à cette valeur qu’ont été établies les ductilités relatives des
autres modèles, qui varient de 1,60 à 10,56.
Tableau 7.2 Ductilité relative des vingt modèles selon l’aire sous les
courbes pushover normalisées
Selon le tableau 7.2, il n’y a pas de tendance définissant la ductilité d’un modèle sans
remplissage par rapport à un modèle avec remplissage (ratios très variés : 1,09 ; 0,69 ; 1,14 et
1,6). Pour ce qui est de la géométrie, parmi les quatre modèles sans ouvertures, les deux qui
ont un étage (#1 et #9) ont une bonne ductilité relative, alors que pour les deux modèles de
trois étages (#5 et #13), elle est faible. Enfin, concernant les ouvertures, il n’y a pas de
147
tendance globale : un seul modèle avec ouverture a une ductilité plus faible (#6) que le
modèle plein (#5). Les autres ont une ductilité égale ou supérieure.
Le tableau 7.3 présente le nombre relatif de rotules plastifiées, en pourcentage, pour chaque
modèle. Les pourcentages varient de 15 % pour le modèle #13V (soit 3 baies - 3 étages, sans
remplissage) à 44 % pour les modèles #7-8 (1 baie – 3 étages avec ouvertures porte / coin).
Pour ce qui est des cadres vides, il y a entre 15 et 42 % de rotules plastifiées à la fin de
l’analyse (moyenne 26 %). Pour les cadres avec remplissage, la moyenne des rotules
plastifiées est de 30 % à la fin des analyses; elle varie de 23 à 44 % .
D’abord, il faut faire une observation générale : ce qui est identifié comme un plateau à la fin
de la courbe de capacité peut être, en réalité, un segment comportant une très légère rigidité
positive (pente maximale de 0,002 kN/mm). Ces plateaux surviennent lorsque toutes les
composantes nécessaires pour former un mécanisme global ont plastifié (Kircher, 1999, p.
148
28), ce qui se produit souvent lorsque les rotules de cisaillement à la base de toutes les
colonnes du rez-de-chaussée ont atteint la plastification.
Aussi, les bielles qui sont tendues sous l’action de la charge latérale plastifient toujours en
premier dans les modèles. Pour les modèles #1 à #4, ceux d’une baie et un étage, la bielle
rompt avant toute autre plastification de rotule.
Pour les modèles #5 à #8 (1 baie – 3 étages), les deux bielles inférieures sont rompues avant
toute autre plastification de rotule tandis que la rotule de la troisième bielle tendue (dernier
niveau) est à un état de dommage D et rompt plus tard au cours de l’analyse.
Pour ce qui est des modèles #9 à #12 (3 baies – 1 étage), 2 bielles sur 3 sont à l’état C avant
tout autre plastification de rotule ; les trois bielles atteignent la rupture au cours de l’analyse
pushover, donc avant l’atteinte du déplacement cible.
Pour les modèles #13 à #16 (3 baies – 3 étages), c’est plus varié : il y a entre de une à six
bielles sur neuf déjà rompue(s) avant la plastification de rotules sur d’autres membrures. À
l’état final, il y a de 4 à 7 des 9 bielles tendues qui sont rompues.
Notons, enfin, que les rigidités utilisées pour toutes les comparaisons sont des rigidités
relatives, calculées selon l’équation 7.1.
é à . / − /
. = = (7.1)
é . é ./ − é ./
Les réponses analysées pour comparer entre eux les résultats obtenus sont les résistances
latérales, les déplacements atteints au cours des analyses, les valeurs de déplacement /
résistance auxquelles se produisent les plastifications (première et globale), la rigidité, la
ductilité…
• résistance latérale relative : représentée par l’amplitude de la charge latérale relative
appliquée, mesurée par la réaction à la base;
149
Figure 7.3 Courbes d’analyses pushover des modèles 1, 1V, 5, 5V, 9, 9V, 13 et 13V
(effet de la présence de remplissage)
Une des hypothèses à vérifier est que la résistance en cisaillement normalisée V/W des
modèles de 3 baies soit environ la même (#9 et #13) puisqu’ils comportent le même nombre
de colonnes qui résistent au cisaillement.
151
Concernant la rigidité initiale, étant donné que les réactions à la base sont normalisées par
rapport au poids des modèles et que les déplacements sont normalisés par rapport à leur
hauteur, on s’attend à ce que la rigidité initiale des quatre modèles soit similaire.
Les dernières analyses comparatives (H-K) sont maintenant présentées (Voir figure 7.5 et
Tableau-A XI-4 de l’annexe XI, p. 282). Parmi les 20 modèles analysés, les 16 modèles qui
comportent du remplissage sont comparés, par groupes de géométrie.
Modèles 1-4
Modèles 9-12
Modèles 5-8
Modèles 13-16
Figure 7.5 Courbes d’analyses pushover des modèles 1 à 16 (effet des ouvertures)
Par exemple, les 4 modèles ayant 1 étage-1 baie sont comparés entre eux pour valider si la
présence d’ouverture cause une diminution de la résistance ou de la rigidité pour les modèles
#2 à 4 par rapport au #1. On cherche aussi à vérifier si les différentes formes d’ouvertures
(dans le haut du mur, en forme de porte ou au coin) influencent la ductilité et la séquence de
153
plastification. Une hypothèse est que le comportement sous charge pushover des cadres avec
ouvertures dans le haut soit du type « colonnes courtes ».
7.6 Interprétation
Dans ce chapitre, des analyses pushover (non linéaires statiques) ont été réalisées pour des
modèles ayant diverses caractéristiques de hauteur, largeur, présence ou non de remplissage,
ouvertures, etc. Ces analyses visaient à identifier les paramètres les plus influents sur le
comportement latéral non linéaire des structures modélisées. Les résultats des analyses
pushover sont présentés en détail à l’annexe IX et résumés à la figure 7.1 (p. 144). L’annexe
X présente les comparaisons A à K par paires ou groupes de quatre modèles.
Il y a 69 % des modèles ayant des bielles de remplissages qui se terminent par un plateau de
plastification. Ce sont les 8 modèles de 1 étage et 3 des 4 modèles de 3 baies – 3 étages
(exception = sans ouvertures). Les courbes de capacité des autres modèles se terminent par
une perte de résistance de plus de 20 % ou par un arrêt automatique de l’analyse.
Une comparaison en deux volets est illustrée au tableau 7.4. D’abord, les charges ultimes
relatives (Vmax/W x103) sont indiquées pour chaque groupe de quatre modèles de même
nombre d’étages et baies. À la dernière ligne, on trouve les ratios entre les modèles d’une
baie versus trois baies. Le deuxième volet est la comparaison, pour les groupes de 4 modèles,
de la résistance en cisaillement relative des colonnes à la base (VR col./W x103). Le but est de
vérifier si le nombre de colonnes à la base permet de définir la charge ultime pouvant être
supportée. Pour les modèles d’un étage, les ratios 1 baie/3 baies sont équivalents, alors le
nombre de colonnes au rez-de-chaussée fournit directement une indication de la résistance.
Cela pourrait être utilisé lors d’analyses préliminaires pour déterminer la charge pouvant être
supportée par une structure, de façon conservatrice. Cependant, pour les modèles de 3 étages,
il y a un écart de 10 % entre les 2 comparaisons : les modèles de trois baies supportent en
moyenne une charge 10 % plus grande que l’augmentation du nombre de colonnes.
154
L’explication peut être que le calcul de VR col./W x103 ne tient compte que du nombre de
colonnes, alors que la charge supportée est un résultat des analyses pushover, qui tiennent
aussi compte de la résistance au cisaillement des panneaux de remplissage. La charge
supportée normalisée est la plus élevée pour les modèles de 1 baie, dans une plus grande
proportion pour les modèles d’un étage. En conclusion, et selon les comparaisons de ce
tableau, la résistance n’est pas proportionnelle au nombre de baies, et la résistance est
proportionnelle au nombre de colonnes seulement pour les modèles d’un étage. Pour les
structures de 3 étages, le fait de considérer la résistance au cisaillement des colonnes mène à
une surestimation de 10 %.
Pour ce qui est de la séquence de plastification, c’est toujours la bielle tendue qui plastifie en
premier. La majorité des plastifications survient d’abord au rez-de-chaussée, puis aux étages,
et principalement aux bielles, mais aussi aux colonnes (rotules de cisaillement surtout). Cette
séquence de plastification confirme le rôle structural important joué par les remplissages.
Les analyses D-E-F-G ont permis d’évaluer l’influence de la présence de remplissage dans
les cadres de béton armé. Comme que montré à l’annexe X, les résultats en valeurs réelles
montrent que la présence de remplissage fait augmenter la résistance de 8 % à 51 % (24 % en
moyenne) tandis que la rigidité est multipliée par un facteur variant entre 2,5 et 3,3. La
première rotule est activée à une charge de 5 à 11 fois plus petite pour les modèles avec
155
remplissage. En l’absence de maçonnerie rigide, les cadres vides se déforment beaucoup plus
que ceux avec remplissages. Alors, la première plastification de rotule des cadres vides
survient à un déplacement de 27 à 37 fois plus grand que celui des cadres remplis. Pour ce
qui est de la plastification globale, le déplacement auquel elle survient est 3,2 à 3,9 fois
supérieur pour les cadres vides d’un étage par rapport à ceux remplis et 1,4 à 1,8 fois
supérieur pour les modèles vides de trois étages.
Les analyses A-B-C ont permis d’évaluer l’influence de la géométrie des modèles (nombre
d’étages et nombre de baies) sur la rigidité et la résistance. Les modèles d’un étage ont une
résistance relative en moyenne 2,6 fois supérieure à celle des modèles de trois étages. Ce
n’est donc pas un nombre de baies élevé qui fournit une meilleure résistance en cisaillement
puisque celle-ci est fournie par les colonnes à la base des modèles : 2 colonnes pour les
modèles d’une baie, peu importe le nombre d’étages et quatre colonnes pour trois baies
(un ou trois étages). Le ratio de résistance relative qui prend en compte le poids des modèles
(au dénominateur) fait en sorte que les modèles de trois étages, qui sont plus lourds,
obtiennent un ratio plus faible que ceux d’un étage (Revoir tableau 7.4). Concernant la
rigidité initiale relative, elle est beaucoup plus faible pour les modèles de trois étages que
pour ceux d’un étage : le ratio de comparaison des rigidités est 31 %. Pour le même nombre
de baie(s), le modèle à un étage est plus rigide sur tous les segments de la courbe pushover.
C’est conforme au comportement des structures : plus elles sont hautes et plus elles sont
flexibles. Les deux hypothèses émises aux pages 150 et 151 sont réfutées par les analyses
effectuées. En effet, la résistance en cisaillement normalisée n’est pas semblable pour les
modèles sans ouverture et à 3 baies #9 (1 étage) et #13 (3 étages) même si leur nombre de
colonnes est égal. Aussi, les rigidités initiales des quatre modèles ne sont pas similaires, mais
elles le sont pour les paires ayant le même nombre d’étages.
Les analyses H-I-J-K ont permis d’évaluer l’influence des diverses formes d’ouvertures dans
les panneaux de remplissage. Elles n’influencent pas beaucoup le comportement sous charge
pushover puisque les quatre courbes d’une même géométrie sont assez rapprochées. Les deux
156
Selon les résultats obtenus, la charge relative à laquelle se produirait la plastification est :
• 2,5 fois plus grande pour des cadres d’un étage versus trois étages;
• 2 fois plus grande pour des cadres d’un étage vide (1/3 baies) versus ceux remplis;
• 1,1 fois plus grande pour trois étages vides (1/3 baies) par rapport à ceux avec
remplissage;
• Peu influencée par les diverses ouvertures.
Ce sont donc principalement le nombre de baies, le nombre d’étages ainsi que la présence ou
absence de remplissage qui influencent la charge relative de plastification. Il n'y a pas eu
d'effet de colonne « courte » sur la résistance totale observée, tel qu'illustré à la figure 7.5, ni
sur la séquence de plastification (Voir annexe IX).
Une conclusion à laquelle arrive Shing dans ses récentes recherches (2007) est que les
remplissages fournissent un gain en résistance et en rigidité aux structures de béton armé
(Voir figure 7.6). En examinant les résultats de la présente thèse où la résistance latérale est
en valeur absolue (annexe X, pages 271 à 274), on peut dire que la conclusion de Shing sur
les gains de résistance et de rigidité est corroborée (Revoir la fin du tableau 7.4). Aussi, la
157
plus grande rigidité initiale est visible sur les courbes des modèles avec remplissages réalisés
pour cette thèse, de façon similaire à ce qui est illustré sur les courbes de Shing.
Le chapitre 8 est une synthèse des choix effectués et les résultats obtenus tout au long de la
thèse.
PARTIE 3
Ce chapitre constitue un sommaire des discussions présentées au fil de cette thèse. Des liens
seront effectués entre les différentes hypothèses et les résultats obtenus.
Les structures BMR (cadres de béton armé avec remplissages de brique non armés)
considérées pour l’étude sont des structures régulières en plan et en élévation qui ont été
construites avant les années 1960.
L’objectif des chapitres 2 et 3 était d’obtenir le maximum d’information sur les techniques de
construction et sur les propriétés des matériaux des structures qui font l’objet de la thèse. Ces
propriétés étant très variables, un maximum d’information permet d’utiliser des moyennes ou
médianes, tout en diminuant l’incertitude lors de leur utilisation dans les modèles
matériaux ont été utilisées lors de la modélisation. Pour les techniques de construction, des
valeurs conservatrices ont été utilisées lorsque peu de détails avaient été obtenus. Par
exemple, seules trois sources mentionnaient le pourcentage d’armatures des éléments de
béton armé. Il variait de 1 % à 1,5 %, alors il a été fixé à 1 %, borne inférieure.
Le chapitre 4 présente les premières analyses paramétriques, celles de type statique linéaire.
En soumettant une centaine de modèles à une charge sismique statique équivalente, le but est
de cibler les paramètres géométriques et de modélisation ayant une influence critique sur la
réponse statique des modèles en rigidité initiale et en déplacement interétage. Cette étape
d’analyses statiques précède les analyses non linéaires où, a priori, l’on croyait que les
paramètres influents seraient semblables. Les analyses ont été séparées en deux phases
distinctes : la première permettant de vérifier l’influence de sept paramètres et la seconde
trois nouveaux paramètres ainsi que l’interaction avec un paramètre testé à la phase 1.
164
Les résultats complets pour les deux phases sont fournis à l’annexe IV : déplacements au
haut des modèles, rigidité globale et déplacements interétages.
Les analyses modales paramétriques du chapitre 5 avaient pour but de mesurer l’influence
des paramètres de modélisation sur les propriétés dynamiques linéaires (périodes naturelles,
modes propres). Cinq paramètres variaient dans ce chapitre où les remplissages étaient
principalement modélisés par des bielles.
166
Les analyses paramétriques modales ont permis d’obtenir quelques résultats sur les
caractéristiques dynamiques des modèles, par exemple :
• la charge participante pour le premier mode est en moyenne de 78 % pour les 30
modèles, ce qui confirme la prédominance du premier mode, nécessaire pour utiliser le
pushover;
• de façon générale, les bielles ont une déformation modale d’ordre 1; les colonnes une
déformation modale d’ordre 1 (24 %) ou d’ordre 2 (69 %) et les poutres, une déformation
modale d’ordre 1 (13 %) ou d’ordre 2 (80 %);
• les périodes fondamentales obtenues sont inférieures aux périodes calculées à l’aide du
CNBC 2005 (ossatures contreventées : -16 %; murs de cisaillement : -29 %);
• la modélisation des étages supérieurs ou leur remplacement par des charges ponctuelles
est un paramètre influent pour les quatre premières périodes naturelles. Si les étages sont
modélisés, la période fondamentale est multipliée par 1,4 et la rigidité est réduite (÷ 1,4);
• pour la période fondamentale, le seul paramètre influent, mais de façon forte, est la
modélisation des étages supérieurs ou leur remplacement par des charges ponctuelles;
• trois modèles semblables ont été testés : (A) bielle, (B) coque avec 100 % des nœuds
communs et (C) coque avec des nœuds partiellement communs (nœuds communs sur
50 % de la hauteur des colonnes et 60 % de la longueur des poutres). La période des trois
premiers modes de (A) étant « x »; pour (B) c’est 5,7 « x » et pour (C), c’est 0,83 « x ».
Le modèle (A) est celui qui permet d’obtenir la période fondamentale la plus proche de
celle du CNBC 2005 (73 %); (B) surestime en moyenne de 328 %; (C) sous-estime de
48 %;
167
Les analyses subséquentes ont été réalisées à l’aide d’un modèle de bielle dont l'élaboration
est présentée de façon détaillée au chapitre 6. Le but est de bien représenter la réalité, par un
moyen simple. L’usage du logiciel commercial SAP2000 est préconisé. Des modèles
simplifiés en deux dimensions représentent les structures en trois dimensions. Cela est
correct, étant donné la régularité des structures de cette thèse. Voici les caractéristiques du
modèle de bielle et les étapes de son développement :
• pour représenter les ouvertures dans les remplissages ainsi que l’état de fissuration, la
section des bielles est modifiée par deux coefficients proposés par Al-Chaar (2002). Plus
les ouvertures et les fissures sont grandes, plus la section est réduite ; dans la thèse, la
largeur des bielles équivalentes est diminuée de 9 à 24 % par rapport aux bielles des
panneaux pleins. Tenir compte de ces deux paramètres est une amélioration par rapport
au document FEMA 356 (FEMA, 2000);
• les bielles sont positionnées de façon excentrique dans les cadres, de façon à engendrer
des forces de cisaillement sur les colonnes. Les rotules plastiques sur les colonnes sont
placées à 15 mm du point d’attache des bielles, pour éviter l’instabilité;
• la modélisation des panneaux par des bielles permet de représenter l’apport en rigidité du
remplissage (principe de contreventement). Cependant, on élargit l’usage des bielles à
l’évaluation de la capacité structurale en assignant aux rotules axiales des bielles une
résistance axiale équivalente, qui est la résistance minimale parmi ces deux valeurs :
168
o la résistance à l’écrasement Rcr, qui tient compte de l’épaisseur des remplissages (tinf),
de la résistance à la compression de l’assemblage de maçonnerie (f’m) et de la largeur
de bielle équivalente réduite (ared);
o la résistance au cisaillement Rshear, qui tient compte de l’aire cisaillée (A), de la
résistance au cisaillement de l’assemblage (fs) et des coefficients de réduction pour
les ouvertures (R1) et l’état de dommage (R2);
Comme la résistance au cisaillement est plus faible que celle à l’écrasement, alors c’est la
résistance au cisaillement qui est attribuée comme résistance axiale en compression des
bielles équivalentes (Rstrut). La résistance à la tension de la maçonnerie est faible. On
considère généralement qu’elle est égale à 10 % de la résistance en compression et c’est
ce qui a été utilisé ici;
• on assigne aux extrémités des membrures une longueur rigide (REO) ; c’est la portion
entre les joints poutres – colonnes et les rotules plastiques. Cela représente la rigidité
fournie par la maçonnerie aux structures BMR, comparé à des cadres vides flexibles. Les
longueurs d’extrémités rigides (REO) assignées aux poutres et colonnes sont réduites
d’environ 50 % par le logiciel d’analyse lors de la création du modèle. Cela constitue les
REO effectifs;
• afin de créer le matériau maçonnerie de briques non armée, une méthode a été
développée. Il s’agit d’utiliser le matériau béton standard de SAP2000 en lui assignant les
propriétés de la maçonnerie, et en spécifiant des barres d’armatures de section presque
nulle. Cette solution permet d’utiliser les matériaux standards du logiciel;
• les rotules définies sont de type « fragile », donc sont conservatrices (type 3 du FEMA
356). La résistance attribuée aux rotules de cisaillement des poutres et colonnes de béton
armé a été calculée à l’aide de l’équation connue pour une section de béton, sans tenir
compte de la résistance en cisaillement des étriers, qui est pratiquement nulle en raison
des crochets insuffisants des structures de l’époque. Des rotules moins conservatrices
mèneraient à une résistance en cisaillement supérieure et ainsi les résultats de la
169
• les déplacements cibles initiaux étaient trop faibles pour amener le comportement des
rotules dans la zone plastique. Ils ont donc été augmentés (x 6-10) jusqu’à atteindre pour
chaque modèle soit l’arrêt subi, soit un plateau de plastification, soit une diminution de
plus de 20 % de la résistance au cisaillement à la base;
Cette comparaison favorable démontre que la méthode de modélisation peut être utilisée pour
l’étude paramétrique au chapitre 7.
Pour ce qui est des analyses pushover, quelques hypothèses ont été posées :
• il a été choisi que le niveau d’analyse le plus complexe est l’analyse pushover (non
linéaire statique). En effet, afin de discerner les paramètres influents, on émet l’hypothèse
que des analyses temporelles non linéaires ne sont pas nécessaires;
• les ouvertures au haut des panneaux induisent un comportement de type colonnes
« courtes ». Cela influence la position des bielles pour ce type d’ouverture.
Les analyses paramétriques pushover ont été réalisées pour 20 modèles. Présentées en détail
au chapitre 7, voici les principaux résultats de ces analyses :
• les 20 courbes pushover normalisées (déplacements absolus/hauteur des modèles versus
réaction de cisaillement à la base/poids des modèles) permettent de comparer les résultats
en éliminant les effets de grande hauteur ou poids des modèles de 3 étages ou 3 baies;
• la ductilité relative la plus petite, sur les courbes pushover normalisées, est celle du
modèle #13 (3 étages - 3 baies). Les autres modèles ont une ductilité de 1,6 à 10,6 fois
plus grande. Les modèles ayant des ouvertures ont en général une ductilité plus faible que
les panneaux pleins du même groupe;
• à l’état final, les cadres avec remplissages ont en moyenne 30 % de leurs rotules qui sont
plastifiées. C’est 26 % pour les cadres vides;
• les rotules qui plastifient les premières sont celles des bielles sollicitées en tension;
171
• 69 % des courbes pushover des modèles avec bielles se terminent par un plateau de
plastification. La plastification des bielles ne représente pas directement la plastification
des panneaux de maçonnerie, mais plutôt leur fissuration, ou la production de
déformation permanente. Les divers points de plastification sont les points de la courbe
pushover à la suite de la portion élastique. La plupart des plastifications de rotules
(fissuration de maçonnerie), surviennent au rez-de-chaussée puis aux étages, et affectent
surtout les rotules de bielles, confirmant le rôle structural important des remplissages;
• en cas de travaux sur des structures anciennes de type BMR, il n’est pas recommandé
d’enlever les remplissages de maçonnerie. En valeurs normalisées, les courbes de
capacité des cadres vides sont supérieures à celles des modèles contenant des
remplissages. Cependant, la différence entre ces courbes n’est pas suffisamment grande
pour recommander l’enlèvement des remplissages (figure 7.3). En valeurs réelles, la
résistance d'un cadre vide représente entre 66 % et 93 % de celle d'un cadre plein;
• les résultats en valeurs réelles montrent que la présence de remplissage fait augmenter la
résistance de 8 à 51 % et que la rigidité est multipliée par une valeur entre 2,5 et 3,3. La
première plastification de rotules des cadres vides survient à un déplacement 27 à 37 fois
plus grand que celui des cadres remplis;
• pour les modèles d'un étage, la résistance latérale est proportionnelle au nombre de
colonnes du premier niveau, tandis que dans le cas des modèles de 3 étages, leur
résistance est 10 % supérieure à l'augmentation du nombre de colonnes;
• pour le même nombre de baies, les modèles d’un étage ont une résistance relative en
moyenne 2,6 fois supérieure à celle des modèles de trois étages. Aussi, la rigidité initiale
relative des modèles de 3 étages est en moyenne 31 % celle des modèles d’un étage;
• les analyses ont montré que les ouvertures n’influencent pas beaucoup le comportement
sous charge pushover ; il n’est donc pas nécessaire de les modéliser lorsqu’on s’intéresse
aux caractéristiques globales des structures;
• il n'y a pas eu d'évidence de comportement de colonnes « courtes »;
172
• les résultats exprimés en valeur absolue dans cette thèse corroborent ceux présentés par
Shing (2007) dans ses récentes recherches et exprimés en valeurs absolues : il y a des
gains en résistance et en rigidité fournis par les remplissages;
• parmi les paramètres étudiés, ceux qui influencent le plus la charge à laquelle se produit
la plastification globale des modèles sont : le nombre de baies, le nombre d’étages et la
présence ou absence remplissage.
8.7 Résumé
Finalement, à la suite des trois types d’analyses paramétriques, le tableau 8.1 présente les
paramètres ayant le plus ou le moins influencé le comportement des modèles analysés.
Afin de mieux comprendre la vulnérabilité sismique des structures anciennes comportant des
remplissages, il est nécessaire d’améliorer les techniques de modélisation de celles-ci. Une
meilleure évaluation de leur capacité sismique permettrait de mieux définir les interventions
de réhabilitation. L’objectif principal de la thèse était de caractériser le comportement sous
l’action sismique des structures de béton armé et murs de remplissage de maçonnerie non
armée (BMR) intérieurs et extérieurs.
Les structures BMR étudiées sont celles qui ont été construites au Québec, de 1915 à 1960.
Plusieurs hôpitaux et écoles font partie de cette catégorie, reconnue pour être une typologie
structurale vulnérable lors d’épisodes sismiques. Ces bâtiments dits « essentiels » doivent
être réhabilités si leur évaluation démontre qu’ils n’ont pas la capacité de résister à de
grandes charges sismiques, amplifiées par le facteur d’importance, en demeurant
fonctionnels. Les structures BMR érigées dans la province au cours de la période étudiée
diffèrent de ceux qui ont été construits à d’autres endroits du monde, d’où l’importance de les
étudier spécifiquement. Ici, les techniques de construction sont différentes de celles d’autres
régions, par exemple en Amérique latine où les remplissages sont construits avant les cadres
de béton armé. Il y a aussi toutes les propriétés des matériaux qui varient beaucoup selon les
pays, mais aussi en fonction de l’âge du béton considéré. Dans la présente étude, le béton est
âgé de 50 à 100 ans.
aussi les caractéristiques des matériaux de cette typologie. Les résultats de ce premier
apport sont d’abord les techniques de construction, principalement des détails sur les
assemblages des maçonneries mixtes (brique et terre cuite), une coupe de mur type et les
détails d’armature. Très utiles pour la modélisation, il y a aussi comme résultats toutes
les propriétés des matériaux impliqués qui ont été définis : béton, acier d’armature,
brique, tuiles de terre cuite, mortier;
2) comme deuxième contribution : les trois types d’analyse ont permis d’identifier, parmi
un ensemble de huit paramètres (géométriques et de modélisation), ceux qui influencent
le plus les comportements statique et dynamique des structures BMR. Il y a seulement
trois paramètres qui sont influents pour l’ensemble des résultats d’analyses : nombres
d’étages et de baies ainsi que le fait de modéliser les étages tels que sur la structure réelle
étudiée. Voici les sept paramètres influents en fonction du type d’analyse :
lieu
Modéliser les étages supérieurs ou les
Modéliser les étages tels que sur la
remplacer par des charges ponctuelles
structure réelle étudiée
(ASL, AM)
de modélisation
3) le modèle de bielle développé est une hybridation de directives du document FEMA 356,
de propositions de chercheurs (ex. Al-Chaar, 2002 pour les facteurs de réduction liés aux
175
3) pour les quatre types de géométries, ceux avec ouvertures dans le haut (modèles 2, 6, 10
et 14, Revoir figure 7.1, p. 144) ont une résistance au cisaillement normalisée légèrement
supérieure à celle des autres types d’ouvertures ou avec panneaux pleins. La variation de
capacité normalisée pour les modèles de même géométrie est faible, alors il n’est pas
nécessaire de modéliser les ouvertures;
177
5) une conclusion importante est que le modèle développé permet de bien représenter le
comportement des structures à l’étude. La validation effectuée a permis de déterminer
que la courbe de capacité représente bien le comportement attendu jusqu’à un
déplacement interétage de 2,8 %, et que la résistance en cisaillement à la base maximale,
l’amplitude du plateau de plastification et la rigidité initiale sont représentatives. Le
modèle de bielle équivalente élaboré tient compte de la présence d’ouvertures; les rotules
des colonnes sont tout à côté du point d’attache des bielles; les rotules plastiques axiales
des bielles tiennent compte de plusieurs modes de rupture possibles; les matériaux
standards d’un logiciel sont utilisés avec une certaine adaptation, etc. Pour réaliser les
analyses, les déplacements cibles initiaux de chaque modèle ont été augmentés afin
d’atteindre l’arrêt subi, un plateau de plastification ou une chute de plus de 20 % de la
résistance au cisaillement à la base;
6) les analyses linéaires élastiques du chapitre 4 ont fourni de l’information sur les
caractéristiques de rigidité de la centaine de modèles analysés. Pour obtenir une idée
préliminaire de la rigidité globale d’une structure, ce type d’analyse serait donc une
option. L’ensemble des résultats d’analyse des 98 modèles a été examiné de façon à
définir une relation permettant d’estimer la rigidité à partir des paramètres les plus
influents;
7) les analyses modales de 30 modèles (chapitre 5) ont permis de définir, entre autres, leur
période. On a ainsi découvert que les périodes obtenues numériquement étaient
178
8) des modèles coque simples ont été créés dans le chapitre 5, aux fins de comparaison avec
le modèle de bielle. Avec ce qui a été trouvé lors de la recension des écrits, ainsi que les
résultats obtenus pour quelques essais avec des géométries variées, la longueur
d'interface avec nœuds communs recommandée est de 50 % de la hauteur des colonnes
et 60 % de la longueur des poutres;
9) il a été démontré que pour les modèles ayant un même nombre d'étages, la résistance est
proportionnelle au nombre de colonnes du rez-de-chaussée;
déplacement plus de 3 fois celui des cadres avec remplissage d'un étage (environ 1,5 fois
dans le cas des modèles de 3 étages);
12) les résultats de Shing (2007), en valeurs absolues, illustrent eux aussi la contribution en
résistance et en rigidité des remplissages aux structures de béton armé. La courbe
expérimentale avec remplissage « faible » (p. 157) montre un gain de 75 % en résistance
latérale par rapport au cadre vide. Ceci corrobore les courbes présentées en annexe X;
13) les analyses pushover ont permis de vérifier l'influence de la géométrie des modèles
(nombre d’étages et nombre de baies) sur la rigidité et la résistance. Les résultats ont été
exprimés en valeurs normalisées, afin d'annuler les effets de grande hauteur et de grand
poids des structures. On s'attendait à obtenir une résistance en cisaillement
proportionnelle au nombre de colonnes à la base pour tous les modèles. Ceci a été
observé uniquement pour les modèles d'un étage. Cependant, le rapport de la résistance
normalisée du modèle de 3 baies - un étage (#9) à celle du modèle de 3 baies - 3 étages
(#13) est de 2,4 pour le même nombre de colonnes et un ratio de poids sismique de 3.
RECOMMANDATIONS
D’abord, il y a deux questions très importantes à approfondir afin de poursuivre les efforts
entrepris pour comprendre le comportement sous charges latérales des structures BMR
construites au Québec avant les années 1960. Une de ces questions concerne la
caractérisation des matériaux qui composent ces structures. La partie 1 de la thèse a consisté
en la collecte d’informations sur les structures anciennes étudiées. Beaucoup d’efforts ont été
déployés afin de collecter et traiter un maximum de données, mais celles-ci se font rares. Il y
sûrement d’autres sources qu’il faudrait consulter afin d’enrichir les connaissances acquises
sur les structures de la typologie BMR (architectes, archives municipales). Une base de
données concernant les divers matériaux (béton, acier, maçonnerie…) pourrait être créée afin
de colliger l’information recueillie de sources littéraires et de tests en laboratoire.
Ensuite, il y a quelques questions plus pointues qui nécessitent des efforts de recherche
supplémentaires afin d’être éclaircies. Parmi ces questions :
• la contribution de la maçonnerie des structures BMR anciennes étudiées à la résistance
aux charges latérales provient peut-être d’un grand coefficient de sécurité utilisé lors de
la conception. Des recherches plus approfondies à partir de notes de calculs de
conception pourraient être menées (Revoir p. 23);
• pour ce qui est de la modélisation, l’approche utilisant des éléments de type coque a été
réalisée sommairement. Une modélisation raffinée, par exemple par éléments finis,
182
pourrait être faite suite à l’homogénéisation des matériaux composant les panneaux de
remplissage (modèle de Khoo et Hendry, 1973) (Revoir p. 35);
• pour l’évaluation de la capacité sismique d'un bâtiment spécifique, il est très important de
pratiquer des ouvertures dans les murs à quelques endroits. Ceci permet de valider la
composition des murs et procure des échantillons de matériaux à analyser en laboratoire
pour définir de façon précise les propriétés des matériaux à intégrer au modèle d'analyse;
• plutôt que d’utiliser une valeur de résistance unique, on pourrait utiliser des valeurs de f’c
spécifiques à chaque type d’élément structural étudié (Revoir p. 45);
• on pourrait considérer les joints de bâtiments anciens comme n’étant pas 100 % rigides,
comme cela est présenté dans la littérature. Ce paramètre influence la réponse des
modèles. Cet effet pourrait être vérifié lors de travaux subséquents, puisque dans cette
thèse les joints ont été modélisés avec une rigidité complète (Revoir p. 52);
• il n’existe pas d’équation pour calculer la période naturelle des structures BMR dans le
Code national du bâtiment actuel (Revoir p. 98). Une équation pourrait être développée à
l’aide de tests de vibrations ambiantes réalisés sur un échantillon de bâtiments BMR.
Dans l’Eurocode 8 (2005) on suggère d’utiliser la moyenne des périodes du cadre vide et
du cadre élastique avec remplissage. Cette méthode pourrait aussi être envisagée;
• selon Asteris et al. (2011), la modélisation à l’aide de bielles triples serait beaucoup plus
précise pour représenter les remplissages que les bielles simples. Ces dernières sont
toutefois utiles pour évaluer la réponse globale des structures sans ouverture le long de la
diagonale. Toujours selon Asteris et al. (2011), la modélisation à l’aide de bielles doubles
serait un bon compromis pour l’étude de structures complexes avec remplissages. Ce
modèle de bielle double est illustré à l’annexe XII (p. 285);
• la définition des rotules plastiques est subjective. Une étude de sensibilité pourrait être
réalisée avec divers types de rotules. Parmi les types à tester, il y a des rotules ayant un
comportement d’hystérésis, des rotules développées spécifiquement pour les structures
BMR (ex. Crisafulli, 1997) ou des rotules dont le comportement serait basé sur des tests
faits sur des échantillons de murs prélevés de bâtiments existants locaux.
ANNEXE I
0,4 à 1,4 b
É.-U. – début 20e siècle l 15 à 90 0,2 à 2 d
0,2 à 0,7 c
185
Tableau-A I-1 Résistances et modules d’élasticité et de cisaillement de la maçonnerie provenant de la recension des écrits (suite)
g : (Ip, 1999), h : (ACNOR, 1994), i : (Smith, 1895), j : (Griffith et Vaculik, 2005), k : (Emley, 1917), l : (Sabnis, 1985), m : (Ingberg, 1924), n : (Bureau of
standards, 1924), o : (Grimm, 2000), p : (Davison et al., 1975).
185
ANNEXE II
Tableau-A II-1 Calcul du poids sismique (W) et de la force sismique latérale (V) pour un
échantillon de dix modèles
Le calcul présenté dans cette annexe est tiré du document FEMA 356 (FEMA, 2000, article
[Link] Stiffness). Il permet de calculer une bielle de compression diagonale équivalente
censée représenter, dans un modèle d’analyse numérique, la rigidité élastique dans le plan
d’un panneau de maçonnerie plein non armé, avant sa fissuration. Les recherches de
Mainstone (1971) sont à l’origine de ces équations.
Étant donné que le document est américain, les équations sont définies dans le système
d’unités impériales. Les calculs effectués dans le cadre de cette thèse ont été faits en
transformant les unités du système métrique vers le système impérial, puis en convertissant la
réponse vers le système métrique. L’équation 7-14 du document FEMA 356 est celle qui
permet de calculer la largeur de bielle équivalente :
, ∙ ∙ ( )
= 0,175 ( ∙h ) ∙ où = (A III-1)
∙ ∙ ∙
Voici la notation utilisée, telle qu’incluse dans la Liste des symboles et unités de mesure,
section Calcul de largeur de bielle selon le FEMA 356 (p. XXV).
θ angle dont la tangente est le ratio hauteur/longueur du remplissage (rad). C’est aussi
l’angle de la bielle concentrique
λ1 coefficient utilisé pour déterminer la largeur équivalente de la bielle de remplissage
(s.u.)
ANNEXE IV
Déplacement inter-
Rigidité étages
Fx Fx Fx V total
No Modèles globale
(1e) (2e) (3e) (kN)
(kN/m) 1e (%) 2e (%) 3e (%)
Tableau-A IV-2 Réponses obtenues par analyse statique des 40 modèles du plan d’analyses – phase 2
193
194
194
Tableau-A IV-2 Réponses obtenues par analyse statique des 40 modèles du plan d’analyses – phase 2 (suite)
L’influence directe du passage d’une à trois baies pour un modèle d’un étage avec mur de
remplissage de 200 mm a été vérifiée. Les modèles de coque et de bielle sont vérifiés. Les
premières analyses ont été réalisées avec la charge V totale appliquée ponctuellement au
nœud supérieur gauche du modèle. On aperçoit sur la Figure-A V-1 les déformées et
diagrammes des contraintes de deux modèles où les murs de remplissage sont modélisés par
des coques ou des bielles. La force horizontale appliquée est proportionnelle aux constituants
du modèle et vaut ici 539 kN.
Figure-A V-1 Déformée et contraintes sous une charge ponctuelle ; modèles de trois baies à
un étage, avec murs de remplissage modélisés par a) coques et b) bielles
L’analyse de ces modèles montre que les déplacements sont beaucoup plus grands pour les
nœuds près de l’application de la charge. Pour le modèle avec coques, les déplacements des
nœuds non chargés par rapport au nœud gauche sont inférieurs dans des proportions de 61 à
89 %. Pour le modèle avec bielles, les déplacements des nœuds non chargés par rapport au
nœud gauche sont inférieurs dans des proportions de 26 à 41 %.
La rigidité des baies, calculée à l’aide du déplacement moyen des deux joints poutres –
colonnes d’une baie, varie beaucoup. Par exemple, la baie de droite du modèle coque a une
rigidité égale à 4,9 fois celle de la première baie. Cette proportion est de 1,4 pour le modèle
bielle. Les diagrammes de contraintes dans les coques et des efforts axiaux dans les bielles
196
représentent bien la disparité de réponse entre les trois baies pour les deux types de
modélisation du remplissage.
Afin de vérifier la possibilité de créer des modèles qui ne subissent pas d’écrasement local au
point d’application de la charge latérale, une charge répartie constante le long de la poutre
supérieure a été utilisée (tel que mentionné à la section 4.13, p. 89). Une vérification a
d’abord été faite pour un modèle d’une baie et un étage, correspondant au cas 4 du plan
d’analyses – phase 1. Les résultats d’analyse statique du modèle recevant une charge
ponctuelle latérale P de 102 kN sont comparés aux résultats d’un modèle soumis à une
charge répartie w totalisant 102 kN (25,5 kN/m) le long de la poutre supérieure de 4 mètres
de long. Pour ce qui est du déplacement du nœud supérieur droit, il est inférieur de 8 % pour
le modèle soumis à w comparé à P. Pour ce qui est du déplacement moyen des deux nœuds
supérieurs, il est inférieur de 2 % dans le cas de la charge w.
Puis, les analyse de modèles avec coques ou bielles d’un étage et trois baies ont été exécutées
en utilisant une charge répartie de 30 kN/m sur 18 mètres, équivalent à la force sismique V
totale de 539 kN. Les résultats obtenus sont beaucoup plus uniformes, tant les déplacements
que les rigidités et les contraintes (Voir Figure-A V-2 pour le modèle bielle et Figure-A V-3
pour le modèle coque).
Par exemple, avec la charge répartie w, les déplacements des nœuds diffèrent au maximum
de 11 % pour le modèle coque, et de 21 % au maximum pour le modèle bielle. À noter que
pour la charge qui est dirigée vers la droite, le déplacement maximal se produit au nœud
gauche pour le modèle coque et au nœud droit pour le modèle bielle.
Pour ce qui est des résultats en rigidité, la différence entre les deux travées extérieures est de
7 % pour le modèle coque sous charge w (comparativement à 393 % sous une charge
ponctuelle P) et de 11 % pour le modèle bielle (comparativement à 42 % sous P). Notons
que la rigidité globale est plus élevée avec l’utilisation d’une charge répartie w que d’une
charge ponctuelle P pour les deux méthodes de modélisation du remplissage. Cette rigidité
197
globale, qui est calculée à l’aide du déplacement du nœud gauche, est 2,7 fois plus élevée
pour le modèle coque sous charge w au lieu de P (1457 kN/mm au lieu de 544 kN/mm) et 1,4
fois plus élevée pour le modèle bielle (284 kN/mm au lieu de 200 kN/mm).
La rigidité globale des modèles de trois baies a été calculée à l’aide du déplacement du nœud
gauche, en fonction de la charge totale. Par rapport à un modèle d’une baie, sous
l’application de la charge ponctuelle P, la rigidité du modèle à trois baies est 1,4 fois plus
grande pour le modèle coque et 2,1 fois plus grande pour le modèle bielle. Ces valeurs
passent respectivement à 2,96 et 2,98 fois pour les modèles avec une charge appliquée
198
répartie w. Ces valeurs correspondent beaucoup plus à ce qu’on s’attend a priori que les
résultats obtenus avec une charge ponctuelle.
1 1 aucune 37 173
2 2 haut 35 570
3 1 3 centre 36 882
4 4 porte 36 590
5 5 coin sans objet 36 299
1
6 1 aucune (pas d'étage) 96 944
7 2 haut 92 134
8 3 3 centre 96 070
9 4 porte 95 195
10 5 coin 94 320
11 M
1 aucune 91 484
12 P
13 M
2 haut 86 674
14 P
15 M
1 3 centre 90 609
16 P
17 M
4 porte 89 735
18 P
19 M
5 coin 88 860
20 P
3
21 M
1 aucune 230 725
22 P
23 M
2 haut 216 294
24 P
25 M
3 3 centre 228 101
26 P
27 M
4 porte 225 477
28 P
29 M
5 coin 222 854
30 P
200
ANNEXE VII
Les trois premiers modes propres des 30 modèles soumis à une analyse modale permettent de
saisir l’influence des caractéristiques des modèles sur les modes de déformation. L’analyse
des modes propres est présentée en détail à la fin de cette annexe (p. 213) et en résumé dans
le texte principal au chapitre 5 (Voir section 5.4, p. 102).
Modèle 2, échelle 1
Modèle 3, échelle 1
202
Modèle 5, échelle 1
Mode 1 Mode 2
Mode 3
Modèle 6, échelle 2
203
Mode 1 Mode 2
Mode 3
Modèle 7, échelle 1
Modèle 8, échelle 4
Modèle 9, échelle 1
204
Mode 1 Mode 2
Mode 3
Modèle 10, échelle 2
Mode 1 Mode 2
Mode 3
Modèle 21, échelle 2
Mode 1 Mode 2
Mode 3
Modèle 23, échelle 4
Mode 1 Mode 2
Mode 3
Modèle 25, échelle 10
Mode 1 Mode 2
Mode 3
Modèle 27, échelle 10
Mode 1 Mode 2
Mode 3
Modèle 29, échelle 10
Voici l’analyse détaillée des modes propres obtenus pour les 30 modèles. Ces résultats sont
regroupés par type d’ouvertures. Un résumé de cette analyse est fourni à la section 5.4
(p. 102).
- #2 : une des trois membrures de chaque mode a une vibration d’ordre 1 (flexion
seulement);
- #7 : colonnes au mode 1 ont une vibration d’ordre 1 et aux modes 2 et 3 :
pratiquement aucune déformation du cadre;
- #13 : vibration d’ordre 1 pour presque toutes les colonnes de gauche des 3
modes et la poutre du bas du mode 3;
- #14 : Au mode 1, la poutre et les 2 colonnes ont une vibration d’ordre 1, comme
les 2 colonnes du mode 2 et la poutre du mode 3;
- #23 : au mode 1, il y a cinq colonnes des étages qui ont une vibration d’ordre 3
et deux autres une vibration d’ordre 1; au mode 2, toutes les colonnes (4/4) du
1er étage ont une vibration d’ordre 1; au mode 3 deux poutres et une colonne de
la 3e baie ont une vibration d’ordre 1;
- #24 : au mode 2, la poutre de la 3e baie a une vibration d’ordre 1, ainsi que
toutes les poutres du mode 3 (3/3) ainsi que la colonne de droite;
5) modèles avec ouvertures en coin (type 5) : #5 (1 baie-1 étage), #10 (3 baies-1 étage),
#19 (1 baie-3 étages modélisés), #20 (1 baie-3 étages/charges ponctuelles sur R de C),
#29 (1 baie-3 étages modélisés), #30 (1 baie-3 étages/charges ponctuelles sur R de C)
216
o les bielles ne présentent pas de courbure pour l’ensemble des trois modes propres
des six modèles ; les bielles ont tous des mouvements axiaux afin de suivre les
nœuds du cadre auxquels elles sont reliées et qui se déplacent.
o les poutres et colonnes ont une déformation d’ordre 2, excepté ces membrures :
- #5 : la colonne droite du mode 1 et la poutre du mode 2 ont une déformation
d’ordre 1. Au mode 3, rien ne bouge sauf la poutre du bas (déformation d’ordre
3);
- #10 : au mode 2, la colonne de droite et celle au centre à gauche ainsi que les
deux poutres d’extrémité ont une déformation d’ordre 1, de même que les deux
poutres de gauche et une colonne centrale au mode 3;
- #19 : déformation d’ordre 1 pour certaines membrures (2 colonnes au mode 1
aux étages à droite, les deux colonnes du 1e étage au mode 2 en plus de la
colonne de droite au 2e étage et la poutre en haut de la structure);
- #20 : au mode 1, la colonne de droite a une déformation d’ordre 1, tout comme
les deux colonnes du mode 3;
- #29 : deux colonnes de droite aux étages ont une simple courbure au mode 1,
comme la colonne de droite du 1e au mode 2, et celle du 2e à droite au mode 3;
- #30 : au mode 1 la colonne de droite a une simple courbure, tout comme deux
colonnes au mode 2 et 1 colonne et 1 poutre de la baie de droite au mode 3.
ANNEXE VIII
Résistance en Résistance en
Poids
Largeur compression traction de la
Nombre sismique Déplacement
Baies Ouv. réduite de la rotule rotule axiale
Cas d'étages W (kg cible spécifié
(1 / 3) # de bielle axiale P de la P de la bielle
(1 / 3) ou (mm)
ared (mm) 2 bielle = Rstrut = 10 % de
N·s /m)
(kN) Rstrut (kN)
300
250 rotule de cisaillement au bas de la
5,0; 233
colonne droite (état D)
200
4,4; 204
150
rupture de la bielle tendue
100
50
0,3; 20 bielle tendue (état B)
0
0 5 10 15 20 25
Déplacement enregistré (mm)
IO E
Figure-A IX-3 État final des rotules plastiques du modèle 1 (échelle de la déformée : x 40)
222
2 e rotule de flexion
bas de colonne poutre (état C)
250
P-M3 (état B); flexion
11,2; 227 poutre droite (état C)
200
poutre en flexion (état B)
150
100
50
0
0 10 20 30 40 50 60
Déplacement enregistré (mm)
500
PLATEAU = 405 kN
Réaction à la base (kN)
400
15,2; 405 rotule de cisaillement au bas de la
colonne gauche (état D) =
mécanisme d'étage
300
Figure-A IX-7 État final des rotules plastiques du modèle 2 (échelle de la déformée : x 20)
225
300
250
5,3; 231 colonne droite en bas cisaillée (état D)
200
4,4; 190 rupture de la bielle tendue
150
100
50
0,2; 16 bielle tendue (état B)
0
0 5 10 15 20 25
Déplacement enregistré (mm)
IO E
Figure-A IX-9 État final des rotules plastiques du modèle 3 (échelle de la déformée : x 30)
300
6,8; 252
250
5,5; 232 colonne droite en bas cisaillée (état D)
200
4,4; 184
150
rupture de la bielle tendue
100
50
0,2; 14 bielle tendue (état B)
0
0 5 10 15 20 25
Déplacement enregistré (mm)
IO E
Figure-A IX-11 État final des rotules plastiques du modèle 4
(échelle de la déformée : x 30)
228
200
18,4; 220 3 e rotule de cisaillement de colonne, au 1 e étage, état C
150
2 rotules de cisaillement de colonne au RC (état D)
100
50
0,9; 19 2/3 bielles tendues plastifiées (état B)
0
0 20 40 60 80 100 120 140 160
Déplacement enregistré (mm)
IO E
Figure-A IX-14 État final des rotules plastiques du modèle 5 (échelle de la déformée : x 8)
232
FIN DE L'ANALYSE
= 95 mm (221 kN)
Cisaillement à la base résultant versus déplacement enregistré
300 4e et 5e rotules de flexion de poutre (état B, 1 état C)
1 rotule de flexion de
50
poutre au RC (état B)
0
0 20 40 60 80 100
Déplacement enregistré (mm)
IO E
Figure-A IX-16 État final des rotules plastiques du modèle 5V (échelle : x 10)
IO E
Figure-A IX-18 État final des rotules plastiques du modèle 6 (échelle de la déformée : x 9)
IO E
Figure-A IX-20 État final des rotules plastiques du modèle 7 (échelle de la déformée : x 7)
46,2; 294
1e et 2 e rotules P-M3, au RC (état B)
250
31,7; 255
3e rotule de cisaillement de colonne, au 1 e (état D)
28,4; 245
200
3e bielle tendue rompue;
18,4; 195 2 rotules de cisaillement de colonne, RC (état D)
150
100
2 bielles tendues rompues et 1 tendue (état C);
1 bielle comprimée (état B)
50
0,8; 14 2/3 bielles tendues plastifiées (état B)
0
0 50 100 150 200 250
Déplacement enregistré (mm)
Figure-A IX-22 État final des rotules plastiques du modèle 8 (échelle de la déformée : x 6)
240
240
300
200
100
0,3; 60 2 bielles tendues (état B)
0
0 5 10 15 20 25
Déplacement enregistré (mm)
IO E
600
3 e rotule de cisaillement de
colonne (état D)
500
10,8; 475
400
1 e rotule flexion poutre (état B)
300
200
100
0
0 10 20 30 40 50 60
Déplacement enregistré (mm)
IO E
400
1 bielle tendue rompue et
2 bielles (état C);
300
2 rotules de cisaillement (état D)
200
100
0,4; 48 2 bielles tendues (état B)
0
0 5 10 15 20 25
Déplacement enregistré (mm)
IO E
100
0,3; 50 2 bielles tendues (état B)
0
0 5 10 15 20 25
Déplacement enregistré (mm)
IO E
600
5,9; 643 4 e rotule de cisaillement : toutes les colonnes
5,2; 609 sont plastifiées (état D) en cisaillement à leur
4,5; 556 base = mécanisme d'étage
500
3e rotule de cisaillement (état D)
400
300
1 rotule de cisaillement, (état C);
2e bielle tendue rompue;
200
1 bielle comprimée (état B)
100
0,3; 45 2 bielles tendues (état B)
0
0 5 10 15 20 25
Déplacement enregistré (mm)
IO E
Figure-A IX-34 Identification des rotules des modèles 13, 13V, 14, 15 et 16
251
252
400
bielles tendues : 2 rompues, 1 état D
300
et 6 état C ; colonne droite en bas
cisaillée (état D)
200
100
0,9; 55 5 bielles tendues (état B)
0
-20 0 20 40 60 80
Déplacement enregistré (mm)
0
-20 0 20 40 60 80 100
300
bielles tendues : 1 rompue, 1 état D
et 7 état C ; colonne droite en bas
200
cisaillée (état D)
100
1,1; 45 5 bielles tendues (état B)
0
-20 0 20 40 60 80 100 120 140
600
2 e rotule P-M3 de colonne du RC (état B)
16,8; 563
500
14,5; 506 1 e colonne cisaillée (état D);
4 bielles comprimées (état B);
400
4 e bielle tendue rompue
300
bielles tendues : 3 rompues, 1 état D et 5 état C ;
1 bielle comprimée (état B)
200
100
0,9; 46 5 bielles tendues (état B)
0
-20 0 20 40 60 80 100 120
900
1 bielle tendue du 2 e (état D); 7 e rotule de cisaillement
de colonne au RC atteint l'état D (mécanisme d'étage) 88,8; 808
800
PLATEAU = 809 kN
70,5; 784
4 e à 6 e bielles tendues rompues;
700
2 e à 5 e bielles comprimées 7 e bielle tendue rompue;
25,2;643 à
(état B) 1 e rotule P-M3 au RC (état B)
Réaction à la base (kN)
600 31,9;677
20,4; 586 2 e à 6 e rotules de cisaillement de
16,6; 531 colonnes au RC (état D)
500
14,3; 474 1e colonne cisaillée (état D);
400
6e bielles comprimées (état B)
300
bielles tendues : 3 rompues, 1 état D et 5 état C ;
1 bielle comprimée (état B)
200
100
0,8; 42 5 bielles tendues (état B)
0
-20 0 20 40 60 80 100 120
Cette annexe présente les comparaisons A à K illustrées à la figure 7.2 (p. 145) du chapitre 7.
Cela représente une analyse par paires ou groupes de modèles, permettant de comparer des
modèles de différentes géométries (A-C, p. 267 à 270), de la présence ou non de maçonnerie
(D-G, p. 271 à 274), et de la présence de diverses ouvertures (H-K, p. 275 à p. 278).
Caractéristiques
Conclusions
comparées
1e rotule
0,25 mm ;
plastifiée : 0,9 mm ; 19 kN → ∆ #5 = 3,0*∆ #1
20 kN
bielle tendue état (2/3 bielles) → charge semblable
(1/1 bielle)
B
→ 1e bielle : ∆#5=3,1*∆#1
→ rupture de bielle avant 1e rotule
4,4 mm ; 13,8 mm ; 165 kN
Rupture de cisaillement (#1)
204 kN 17,1 mm; 205 kN
bielle(s)
(1/1 bielle) 35,8 mm ; 276 kN → 2/3 bielles rompues (RC, 1e)
avant 1e rotule de cisaillement
(#5)
233 kN
(∆y=5,0 mm)
220 kN (∆y=18,4 mm ;
→ 1e rotule ∆y au 1e étage=6,4 mm) → ∆y #5 = 3,7* ∆y #1
Point de de
→ 2 premières rotules de → 1e étage : ∆y #5 = 1,3*∆y #1
plastification cisaillement
cisaillement de colonnes RC, → Fy #5 = 0,94* Fy #1
bas colonne
état D
droite, état
D
Plateau =
406 kN (à
Plateau de la
13,9 mm) Arrêtée à 370 kN (=Vmax)
courbe / fin de → Vmax #5 = 0,91* Vmax #1
→ (∆u = 146,7 mm)
l’analyse
mécanisme
d’étage
269
Caractéristiques
Conclusions
comparées
0,3 mm ; 60 kN
1e rotule plastifiée : 0,25 mm ; 20 kN → ∆ #9 = ∆ #1
(2/3 bielles,
bielle tendue état B (1/1 bielle) → charge appliquée #9=3 * #1
extrémités)
→ ∆ #9 = 0,93*∆#1
4,1 mm ; 630 kN → rupture de bielle avant 1e
4,4 mm ; 204 kN
Rupture de bielle(s) 5,1 mm; 642 kN rotule de cisaillement pour #1
(1/1 bielle)
6,0 mm ; 658 kN → 3/3 bielles état C avant 1e
rotule de cisaillement pour #9
233 kN (∆y=5,0 mm)
Point de 603 kN (∆y=4,3 mm)
→ 1e rotule de → ∆y #9 = 0,86* ∆y #1
plastification de la → 2 rotules de
courbe de capacité cisaillement bas → Fy #9 = 2,6* Fy #1
cisaillement état D
colonne droite, état D
Plateau = 813 kN
Plateau de la Plateau = 406 kN → Vmax #9 = 2,0* #1
(à 14,0 mm)
courbe / fin de (à 13,9 mm) → mécanisme d’étage aux 2
→ mécanisme
l’analyse → mécanisme d’étage modèles
d’étage
270
Caractéristiques
Conclusions
comparées
Caractéristiques
Conclusions
comparées
0,25 mm ; 20 kN 11,2 mm ; 227 kN → ∆ #1V = 37*∆ #1
e
1 rotule plastifiée (1/1 bielle tendue, (flexion poutre, à → charge appliquée 11x plus
état B) droite, état B) grande pour modèle #1V
4,4 mm ; 204 kN → #1V : aucune rotule
Rupture de bielle(s) Aucune bielle
(1/1 bielle) n’atteint l’état E
233 kN (∆y=5,0 mm) 308 kN (∆y=16,2mm)
Point de
→ 1e rotule de → bas colonne P-M3 → ∆y #1V = 3,2* ∆y #1
plastification de la
courbe de capacité cisaillement bas (état B) et flexion de → Fy #1V = 1,3* Fy #1
colonne droite, état D poutre à droite (C)
Plateau de la Plateau = 406 kN Arrêtée à 353 kN
courbe / fin de (à 13,9 mm) (∆u =50 mm) → Vmax #1V = 0,92* #1
l’analyse → mécanisme d’étage Vmax = 375 kN
272
Caractéristiques
Conclusions
comparées
Caractéristiques
Conclusions
comparées
Caractéristique
Conclusions
s comparées
Caractéris-
tiques Conclusions
comparées
→ #2 : rotule à ∆ et charge
e supérieure à #1
1 rotule 0,25 mm ; 0,31 mm ; 0,23 mm ; 0,21 mm ;
plastifiée 20 kN 22 kN 16 kN 14 kN → ∆ plus petit #3-4
→ charge #3-4 ~ 0,71 % #1
→ #2 : rupture à ∆ et charge
Rupture de 4,4 mm ; 5,2 mm ; 4,4 mm ; 4,4 mm ; supérieure à #1
bielle(s) 204 kN 218 kN 190 kN 184 kN → ∆ #3-4 = ∆ #1
→ charge #3-4 ~0,9 #1
→ ∆y #2-3-4 > ∆y #1 (108 % )
Point de 5 mm ; 5,4 mm ; 5,3 mm ; 5,5 mm ;
→ Fy #2 = 0,97* Fy #1
plastification 233 kN 225 kN 231 kN 232 kN
→ Fy #3-4 ~ Fy #1
→ ∆ #2-3-4 > ∆ #1
13,9 mm ; 15,2 mm ; 15,9 mm ; 16,8 mm ;
Plateau (115 % en moyenne)
406 kN 405 kN 407 kN 405 kN
→ Vplateau #2-3-4 ~ Vplateau #1
276
Caractéris-
tiques Conclusions
comparées
→ ∆ #6 = 1,3* ∆ #5
e
1 rotule 0,92 mm ; 1,20 mm ; 0,84 mm ; 0,80 mm ; → ∆ #7-8 = 0,89* ∆ #5
plastifiée 19 kN 18 kN 16 kN 14 kN → charge #6-8 ~ 84 % #5
moy.
→ ∆ rupture #6 = 1,26* ∆ #5
→ #7-8 : 2 premières
Rupture de 13,8 / 165 18,7 / 170 13,8 / 152 13,8 / 146
ruptures à ∆ égal à #5
bielle(s) 17,1 / 205 23,6 / 212 17,1 / 189 17,1 / 182
→ charge #6 = 1,03 #5 pour 2
(mm / kN) 35,8 / 276 37,5 / 270 29,5 / 251 28,4 / 245
premières ruptures
→ charge #7-8 = 0,9 #5
Point de 18,4 mm ; 23,6 mm ; 18,8 mm ; 18,4 mm ; → ∆y #6-8 = 1,01 * ∆y #5 moy.
plastification 220 kN 212 kN 208 kN 195 kN → Fy #6-8 = 0,93* Fy #5 moy.
147 mm ; 129 mm ; 156 mm ; 191 mm ;
Fin de → ∆ #8 = 1,3 * ∆ #5
370 kN 356 kN 332 kN 281 kN
l’analyse → Vmax #6-7-8 = 0,96 Vmax #5
(=Vmax) Vmax=357kN Vmax=358kN Vmax=349kN
277
Caractéris-
tiques Conclusions
comparées
→ ∆ supérieur #10
1e rotule 0,30 mm ; 0,36 mm ; 0,28 mm ; 0,27 mm ; → ∆ petit #11-12
plastifiée 60 kN 48 kN 50 kN 45 kN → charge #10 à 12
~ 79 % charge #9
→ #10 : ruptures à ∆
supérieur à #9 (plus de
Rupture de 4,9 / 630 5,9 / 580 4,8 / 602 4,8 / 585
déformation plastique)
bielle(s) 5,1 / 642 7,2 / 632 5,2 / 621 5,2 / 609
→ ∆ #11-12 ~ ∆ #9
(mm / kN) 6,0 / 658 7,2 / 632 5,6 / 640 5,7 / 631
→ charges de rupture
#10-11-12 ~ 0,95 #9
→ ∆y #10 >> ∆y #9 (137 % )
→ ∆y #11-12 ~ ∆y #9
Point de 4,3 mm ; 5,9 mm ; 4,2 mm ; 4,5 mm ;
(98-105 % )
plastification 603 kN 580 kN 557 kN 556 kN
→ Fy #10 = 0,96* Fy #9
→ Fy #11-12 = 0,92Fy #9
→ ∆ #10-11-12 > ∆ #9
14 mm ; 15,7 mm ; 16,2 mm ; 17,3 mm ;
Plateau (117 % en moyenne)
812 kN 808 kN 811 kN 811 kN
→ Vplateau #10-11-12 ~ #9
278
Caractéris-
tiques Conclusions
comparées
Cette annexe présente le sommaire des observations issues des comparaisons D-E-F-G,
A-B-C et H-I-J-K dont les graphiques sont présentés au chapitre 7 (p. 150 et suivantes).
Tableau-A XI-1 Observations issues des analyses D-E-F-G (#1, 1V, 5, 5V, 9, 9V, 13 et 13V)
D E F G
OBSERVATIONS
• la résistance latérale maximale relative est toujours supérieure pour les modèles vides, dans
un ratio variant de 1,6 à 1,7, sauf pour le modèle #5V par rapport au #5, où c’est 1,3. Au
tout début de l’application de la charge (déplacement relatif ≤ 2 à 2,5 x 10-3), les modèles
vides ont un ratio de résistance normalisé V/W plus faible. Ensuite, les cadres vides ont
une meilleure résistance latérale normalisée pour la majeure partie des courbes. Cela est
logique puisque le petit poids W des modèles vides crée un grand V/W;
• la première plastification de rotule survient à une charge beaucoup plus faible pour les
modèles avec remplissage que ceux qui sont vides (10 à 20 fois). La première
plastification de rotule survient à un déplacement relatif de 27 à 37 fois plus grand pour
les modèles vides que ceux avec remplissage;
• la première rotule à plastifier pour les modèles avec remplissage est la rotule axiale des
bielles, tandis que le deuxième type est le cisaillement de colonne (action des bielles);
• pour ce qui est des cadres sans remplissages, la première rotule à plastifier en est une de
flexion de poutre, du côté opposé au point d’application de la charge;
• la charge latérale relative à laquelle se produit la plastification globale du modèle est 1,7 ou
2,3 fois supérieure pour les modèles vides d’un étage par rapport à ceux avec remplissage
(#1, #9 versus #1V, #9V). Pour ceux de 3 étages, le ratio est de 1,0 ou 1,2 pour les
modèles vides par rapport à ceux avec remplissage (#5, #13 versus #5V, #13V);
280
Tableau-A XI-2 Observations issues des analyses D-E-F-G (#1, 1V, 5, 5V, 9, 9V, 13 et 13V)
(suite)
D E F G
• il n’y a pas de relation constante entre le nombre de rotules et la variation des paramètres
de modélisation. Ce sont les modèles avec remplissage (#1-5-13) qui ont le plus de
plastification, en général. Pour les modèles #9, #9V, c’est semblable (23~25 % ), p. 147.
* Tel que montré à l’annexe X (p. 267), l’analyse des résultats non normalisées montre que :
• la présence de remplissage fait augmenter la résistance de 8 % à 51 % (24 % en
moyenne);
• en présence de remplissage, la rigidité est multipliée par un facteur entre 2,5 et 3,3.
A B C
RÉSISTANCE
• ce sont les modèles d’un étage (#1, #9) qui ont la plus grande résistance latérale maximale
relative V/W (10,9x10-3 et 8,4x10-3). Pour les deux autres modèles : 4x10-3 et 3,5x10-3.
RIGIDITÉ RELATIVE (calculée selon l’éq. 7.1, p. 148)
• la rigidité relative initiale des modèles varie beaucoup et n’est donc pas similaire pour les
quatre modèles (Voir figure 7.4). Elle est beaucoup plus faible pour les modèles de trois
étages que pour ceux d’un étage. Aussi, pour un nombre de baies particulier (1 ou 3), la
rigidité initiale relative du modèle de 3 étages vaut seulement 31 % de celle du modèle
d’un étage (#5 / #1 et #13 / #9);
• pour ce qui est de la rigidité relative après plastification, elle est faible pour les modèles de
3 étages (#5 et #13) : 0,2 et 0,3 ; elle est moyenne pour le modèle #9 de 3 baies-1 étage
(valeur de 0,9) et elle est élevée pour le modèle #1 (valeur de 2,1).
281
Tableau-A XI-2 Observations issues des analyses A-B-C (#1, 5, 9 et 13) (suite)
A B C
SÉQUENCE DE PLASTIFICATION
• la plastification globale des modèles survient environ à la même charge latérale relative
V/W pour les paires de modèles du même nombre d’étages. C’est 6,2 / 6,3*10-3 pour les
modèles d’un étage (#1 / #9) et 2,4 / 2,7*10-3 pour les modèles de trois étages (#5 / #13);
• les modèles de trois étages #5 et #13 ont un plus grand nombre de rotules plastifiées que
ceux d’un étage (36 % et 31 % versus 23 % pour un étage). Pour le modèle #5, les
rotules plastifient de façon continue, créant une courbe de capacité bien continue;
• les éléments les plus faibles pour les 4 modèles, repérables par les rotules qui plastifient en
premier, sont les remplissages modélisés par des bielles tendues, suivis des colonnes qui
plastifient sous l’action de cisaillement des bielles de remplissage. Pour les modèles #1 et
#9 (1 étage), ce sont les deux seuls types de rotules qui plastifient. Pour les 2 autres
modèles (#5 et #13, 3 étages), il y a aussi les rotules de flexion des poutres, les rotules de
compression des bielles et les rotules d’efforts axiaux-moments des colonnes.
H I J K
OBSERVATIONS
• ce sont les modèles de 1 baie-1 étage (#1-4) qui ont la meilleure résistance latérale ultime
relative (V/W ~ 11,2*10-3). Ceux de 3 baies - 1 étage (#9-12) ont une résistance inférieure,
valant 77 % des modèles précédents. Les modèles de 3 étages (#5-8 et #13-16) ont quant
à eux une résistance, correspondant à environ 32 % de la résistance des modèles de 1
baie-1 étage, peu importe le nombre de baies;
• tel que montré au Tableau-A XI-3, le point de plastification des modèles avec ouvertures,
par rapport à celui des modèles avec panneaux de remplissage pleins, survient la plupart
du temps à un déplacement relatif supérieur. Pour ce qui est de la charge relative à laquelle
survient la plastification, il n’y a pas de tendance nette (même valeur, charge supérieure et
charge inférieure : ⅓ chacun);
• les modèles #13 et #8 ont des comportements différents des autres modèles de leur groupe.
Le #13, sans ouverture, a une faible capacité en déplacement puisque l’analyse se termine
avant l’atteinte du plateau des autres modèles de 3 baies-3 étages (fin de l’analyse à 70 à
84 % des déplacements relatifs à la plastification des autres modèles);
• le #8 (ouverture en coin) a une capacité en déplacement supérieure aux autres modèles de
même géométrie (1 baie-3 étages), lui conférant une meilleure ductilité, et une chute de
résistance pour un même déplacement que les autres modèles du groupe. Il n’y a pas
d’explication évidente pour ce phénomène;
• peu importe le nombre de baies, les modèles d’un étage (#1 à 4 et #9 à 12) montrent peu de
plastification de rotules, ce qui est visible par les courbes de capacité qui sont moins
arrondies (ce sont plutôt des courbes composées de trois segments). Le pourcentage de
rotules plastifiées est présenté au tableau 7.3 (Voir p. 147). On constate qu’il est en
moyenne de 23-24 % pour les modèles d’un étage (#1-4 et #9-12) tandis que le
pourcentage moyen est de 41 % (#5-8) et 33 % (#13-16) pour les modèles de trois étages;
283
H I J K
• on pouvait s’attendre à un comportement moins bon pour les modèles avec des ouvertures
de type 2, en haut (#2, #6, #10 et #14), dû à l’effet des « colonnes courtes ». Cet effet n’a
pas été observé ; le nombre de rotules de cisaillement plastifiées pour ces modèles est
semblable aux modèles de même géométrie ayant d’autres types d’ouvertures;
• considérant ces observations, il n’y a pas de particularités pour les modèles ayant des
remplissages avec ouvertures de quelque type que ce soit par rapport aux modèles avec
panneaux de remplissage pleins. Les courbes de capacité des 4 groupes de 4 modèles
ayant la même géométrie sont sensiblement les mêmes.
ANNEXE XII
BIELLE DOUBLE
Une amélioration qui pourrait être apportée serait de favoriser l’usage de bielles doubles au
lieu de bielles simples. L’étude d’Asteris et al. (2011) a démontré de façon claire, pour des
structures construites dans les années ’60 résistant à des charges de gravité seulement, que les
bielles doubles permettent d’obtenir des réponses très proches du comportement observé
expérimentalement. Ce modèle est performant lorsque le mode de rupture attendu des
panneaux est la rupture des joints ou la tension diagonale.
Ressort de cisaillement
Bielles de maçonnerie
Figure-A XII-1 Multi-bielle proposée par Crisafulli et Carr (2007) pour les panneaux
de maçonnerie. Seuls les bielles et le ressort de cisaillement actif dans une direction
sont montrés
Adaptée d’Asteris et al. (2011)
ANNEXE XIII
Dans cette annexe, les dommages relevés lors de séismes passés sont présentés pour des
structures de béton armé (B.A.) avec ou sans remplissage, ainsi que des structures de
maçonnerie non armée (MNA). Pour chacun des séismes rapportés, les caractéristiques
propres à l’évènement sismique sont données, suivies des caractéristiques des bâtiments si
connues, et des dommages subis par ces derniers. Au Québec, les séismes de forte magnitude
sont des évènements plutôt rares. C’est pour cette raison que sont rapportés plusieurs articles
décrivant les dommages subis par les bâtiments lors de séismes récents en Europe, en Asie,
en Afrique ou aux États-Unis.
par la présence de forces axiales. Les dommages aux colonnes sont une perte de
résistance latérale et gravitaire;
- Manque de confinement des colonnes et pratique du détail pauvre (Voir figure-A XIII-3.c
et figure-A XIII-4.b et c) : la plupart des dommages dans les colonnes de B.A. se
produisent aux extrémités des colonnes. L'armature presque nulle dans ces éléments les
rend incapables de maintenir la ductilité requise. Parmi les déficiences des détails :
manque d’ancrage des armatures des colonnes et poutres, longueur insuffisante de
chevauchement, l’utilisation de crochet à 90º, une mauvaise qualité du béton et des
remplissages en maçonnerie qui ne remplissent pas toute la hauteur. Rupture en
cisaillement de colonnes courtes captives;
Figure-A XIII-3 a) Rupture de l'étage flexible ; b) dommages dus à des poutres fortes /
colonnes faibles ; c) dommages dus à la rupture en flexion dans une rotule plastique non-
ductile ; d) bâtiment d'un étage avec les barres d'armature laissées exposées en attente du
besoin de construire un étage supplémentaire.
Tirée de (Bruneau, 2002)
294
- Façon de construire : un étage à la fois (Voir figure-A XIII-3.d) : un étage est construit
seulement au besoin, parfois des années la construction du dernier niveau. Alors, les
barres d’armature, qui sont souvent lisses, sont laissées exposées et le chevauchement
n’est pas adéquat.
- En dépit de la faible résistance et du comportement fragile des murs MNA, les cadres de
B.A. bénéficient d’un certain apport de la MNA jusqu’à l’atteinte de l’inélasticité de la
maçonnerie;
- Le système de dalle « Asmolen » ne correspond pas à la philosophie colonnes fortes –
poutres faibles.
- Pour ce qui est des murs de remplissage en maçonnerie : la plupart sont en briques vides
ou pleines (dans le cas des murs non-porteurs de vieux bâtiments). Peu de maçonneries
sont en blocs de béton. Les maçonneries de briques pleines ont bien performé, demeurant
à l’état élastique et contribuant à la rigidité. Les murs de briques évidées non porteurs
(Voir figure-A XIII-6) n’ont pas bien résisté à la compression diagonale et à la forte
demande en déformation : rupture par traction diagonale et compression, séparation du
remplissage et du cadre et effondrement hors plan.
- Il s'est produit beaucoup de dommages aux murs de MNA : rupture du joint de mortier
due aux vibrations sismique, fissures larges aux coins des ouvertures et à la jonction de
deux murs ou d’un mur et du toit , séparation du revêtement de maçonnerie non ancré ou
mal ancré à la structure ou aux murs extérieurs.
14- Séisme de Loma Prieta / San Francisco aux États-Unis (Bruneau, 1991)
a. Caractéristiques du séisme :
- 17 octobre 1989, 17h04. Durée du séisme : 10 s
- 62 décès, 3757 blessés. 5,6 milliards $ de dommage
- Magnitude = 7,1 ; intensité max. = IX
- Accélération maximale (PGA) : 0,65 g à 15 km de l'épicentre
- Région de la faille de San Andreas
- Des séismes de cette magnitude sont susceptibles de se produire dans les centres urbains
de l’est et de l’ouest canadien où beaucoup de structures historiques, non conçues pour
résister à de telles forces latérales, sont exposées au risque sismique
- Église de Watsonville : rupture hors plan du pignon, de même que la fissuration sévère
des flèches. Souvent, les églises sont très endommagées suite à un séisme, à cause de leur
configuration architecturale et des minces éléments de MNA;
- Un hôtel de 7 étages (Palomar Inn), construit vers 1920 en B.A. non ductile a subi un
PGA de 0,5 g. Il ne s'est pas effondré et il n’y a eu aucun décès. Les dommages extérieurs
consistent en une rupture par cisaillement de colonnes courtes et de larges fissures entre
certaines fenêtres. Dû aux dommages structuraux et non structuraux, le bâtiment a été
détruit (Voir figure-A XIII-7).
c. Leçons retenues :
- L'étude des dommages aux bâtiments anciens éloignés de l’épicentre, même s’ils ont subi
seulement de faibles accélérations, est pertinente pour plusieurs structures existantes au
Canada non conçues pour résister aux séismes. La déficience en résistance sismique ou
en ductilité de plusieurs structures anciennes est un problème actuel particulier au
Canada, puisque les premières provisions parasismiques effectives datent du CNBC
1953, mais n’ont été adoptées qu’en 1967 dans certains cas;
- Le problème de sensibilisation à la vulnérabilité sismique est particulièrement grave dans
l’Est du Canada où le niveau généralement faible d’activité sismique amène un
relâchement de la sensibilité aux séismes. Les recommandations d'étude de capacité
sismique rencontrent un désintéressement, même pour des structures « essentielles »;
303
- Les propriétaires craignent que les ingénieurs réalisent une évaluation de la vulnérabilité
sismique basée sur des hypothèses conservatrices, en n'incluant pas la contribution
potentiellement favorable d’éléments structuraux ou non structuraux, dont l’effet est
difficilement quantifiable. Parfois, des bâtiments centenaires sont évalués comme ayant
peu de résistance « théorique » au vent lorsqu’analysés selon la pratique moderne, alors
que de telles structures ont démontré le contraire au cours de leur existence;
- Pour que la mitigation du risque sismique soit correctement effectuée dans les régions
canadiennes de sismicité faible à modérée, l’évaluation des structures existantes doit être
reliée étroitement au niveau de performance attendu de la structure en question. Le but
premier des ingénieurs devrait être de réaliser une évaluation de la capacité en résistance
sismique et de la ductilité de la structure et des éléments non structuraux qui ne soit pas
trop pessimiste, mais réaliste;
- Le défi consiste donc à établir un modèle analytique réaliste du système analysé et fournir
l’évaluation la plus précise et la plus fiable de sa capacité actuelle en ne tenant pas
compte des performances historiques du bâtiment, ni des résultats découlant de
techniques d’analyse poussées modernes.
d. Conclusion :
- Certains bâtiments non conçus pour résister aux séismes ont très bien performé, mais ont
subi des dommages économiquement irréparables, ce qui met l’accent sur le besoin de
revoir la philosophie de réhabilitation parasismique des bâtiments historiques.
304
15- Tableau résumé des dommages identifiés pour les huit séismes
ACI. 2000. Building code requirements for structural concrete with commentary, Norme
nationale des États-Unis, ACI 318-99. États-Unis : American Concrete Institute, 391 p.
ACNOR. 1994. Calcul de la maçonnerie pour les bâtiments (calcul aux états limites) 2e éd.,
CAN/CSA-S304.1-F94. Association canadienne de normalisation, 148 p.
Addis, Bill. 1997. « Concrete and steel in twentieth century construction : from
experimentation to mainstream usage ». In Structure and Style : Conserving Twentieth
Century Buildings, sous la dir. de Michael Stratton, p. 103-142. Londres (Angleterre) :
E & FN Spon.
Akpınar, U., R. Ozcelik et B. Binici. 2011. « The Effect of Infill Wall on Seismic
Performance of Deficient RC Structures ». In COMPDYN 2011 - 3rd ECCOMAS
Thematic Conference on Computational Methods in Structural Dynamics and
Earthquake Engineering (Corfou, Grèce, 25-28 mai 2011), paper 569. M. Papadrakakis,
M. Fragiadakis et V. Plevris
Al-Chaar, Ghassan. 2002. Evaluating strength and stiffness of unreinforced masonry infill
structures. Coll. « Rapport du Construction Engineering Research Laboratory»,
ERDC/CERL TR-02-1. Champaign (IL): U.S. Army Engineer Research and
Development Center, 88 p.
Allen, D.E. et IRC. 1982 « CBD-221-F. Calcul aux états limites : Digests de la construction
au Canada ». En ligne. 5 p., Institut de la recherche en construction, <[Link]
[Link]/fra/idp/irc/dcc/[Link]>. Consulté le 20 octobre 2006.
ASCE. 2007. Seismic rehabilitation of existing buildings, Norme nationale des États-Unis,
ASCE/SEI 41. Reston (VA) : American Society of Civil Engineers, 428 p.
ATC. 1996. ATC 40 : Recommended methodology for seismic evaluation and retrofit of
reinforced concrete buildings. Redwood City (CA), Applied Technology Council.
Bachmann, Hugo. 2000. « Principes de base pour la conception parasismique des bâtiments
(traduction de la version revue et complétée de "Grundsätze für Ingenieure und
Architekten für den erdbebengerechten Entwurf von Hochbauten") ». In Journée
d'études de la Société Suisse du Génie Parasismique - Mesures parasismiques pour les
constructions existantes et nouvelles. (ETH Zurich, Suisse, 7-8 septembre 2000).
Badoux, Marc, Ersan Göksu, Pierino Lestuzzi et Jost Studer. 2000. « Le séisme de Kocaeli
en Turquie - Mission de reconnaissance ». IAS Bulletin technique de la Suisse romande,
vol. année 2000, n° 1-2, p. 8-13.
Beaudry, Martin. 2004. « Les assureurs sont désormais en mesure d'absorber des pertes de
11 milliards de dollars ». Québec inc., vol. 6, n° 19, p. 32.
Bendimerad, Fouad. 2004. « The 21 May 2003 Boumerdes earthquake lessons learned and
recommendations ». In 13th World Conference on Earthquake Engineering. (Vancouver,
1-6 août 2004), quote from the oral presentation of paper 9001. St. Louis (MO): Mira
Digital Publishing, Inc.
Bennett, Richard M., Kurt A. Boyd et Roger D. Flanagan. 1997. « Compressive properties of
structural clay tile prisms ». Journal of Structural Engineering, vol. 123, n° 7, p. 920-
926.
307
Beres, Attila, Stephen P. Pessiki, Richard N. White et Peter Gergely. 1996. « Implications of
experiments on the seismic behavior of gravity load designed RC beam-to-column
connections ». Earthquake Spectra, vol. 12, n° 2, p. 185-198.
Biddah, Ashraf Mahmoud Samy. 1997. « Seismic behaviour of existing and rehabilitated
reinforced concrete frame connections ». Thèse de doctorat en génie civil, Hamilton
(ON), McMaster University, 326 p.
Binda, L., A. Fontana et G. Frigerio. 1988. « Mechanical behavior of brick masonries derived
from unit and mortar characteristics ». In 8th International Brick and Block Masonry
Conference. (Dublin, Irlande, 19-21 septembre 1988), p. 205-216. St. Louis (MO): John
W. de Courcy.
Branson, D.E. 1977. Deformation of concrete structures. New York (NY): McGraw-Hill,
546 p.
Bruneau, Michel. 1991. « Review of structural damage to existing buildings, and seismic
rehabilitation lessons from the 1989 Loma Prieta (San Francisco) earthquake ». In 2nd
International Conference on Structural Repair and Maintenance of Historical Buildings.
(Séville, Espagne, 14-16 mai 1991), p. 89-100. Southampton (Angleterre): Mechanics,
Computational.
Bruneau, Michel. 2002. « Building damage from the Marmara, Turkey earthquake of August
17, 1999 ». Journal of Seismology, vol. 6, n° 3, p. 357-377.
Bruneau, Michel et Koji Yoshimura. 1996. « Damage to masonry buildings caused by the
1995 Hyogo-Ken Nanbu (Kobe, Japan) earthquake ». Revue canadienne de génie civil,
vol. 23, n° 3, p. 797-807.
Carr, Athol J. 1998. Ruaumoko - Inelastic dynamic analysis program. Coll. « Rapport de
University of Canterbury », Nouvelle-Zélande: University of Canterbury. Department of
civil engineering.
308
Cavaleri, Liborio, Marinella Fossetti et Maurizio Papia. 2004. « Effect of vertical loads on
lateral response of infilled frames ». In 13th World Conference on Earthquake
Engineering. (Vancouver, 1-6 août 2004), paper 2931. St. Louis (MO): Mira Digital
Publishing, Inc.
CNRC. 1941. Code national du bâtiment du Canada, Ottawa. Conseil national de recherches
du Canada, Comité associé du Code national du bâtiment, mult. p.
CNRC. 1953. Code national du bâtiment du Canada, Ottawa. Conseil national de recherches
du Canada, Comité associé du Code national du bâtiment, mult. p.
CNRC. 1992. Manuel de sélection des bâtiments en vue de leur évaluation sismique. Ottawa
: Conseil national de recherches du Canada, 89 p.
CNRC. 1996. Guide de l'utilisateur : CNB 1995 : commentaires sur le calcul des structures
(partie 4). Ottawa : Conseil national de recherches du Canada, 147 p.
Cosenza, Edoardo, Gaetano Manfredi et Gerardo M. Verderame. 2006. « A fibre model for
push-over analysis of underdesigned reinforced concrete frames ». Computers &
Structures, vol. 84, n° 13-14, p. 904-916.
Crisafulli, F.J. et A.J. Carr. 2007. « Proposed macro-model for the analysis of infilled frame
structures ». Bulletin of the New Zealand society for earthquake engineering, vol. 40,
n° 2, p. 69-77.
Crisafulli, F.J., A.J. Carr et R. Park. 2000. « Analytical modelling of infilled frame structures
- a general overview ». Bulletin of the New Zealand society for earthquake engineering,
vol. 33, n° 1, p. 30-47.
Crisafulli, Francisco Javier. 1997. « Seismic behaviour of reinforced concrete structures with
masonry infills ». Thèse de doctorat en génie civil, Christchurch (Nouvelle-Zélande),
University of Canterbury, 404 p.
CSI. 2007.a. CSI Analysis reference manual for SAP2000, ETABS and SAFE. Berkeley (CA):
Computers and Structures inc., 450 p.
309
CSI. 2007.b. SAP2000 11.0.8 Help - Sign Convention - Frame element internal forces.
version Logiciel. Berkeley (CA) : : Computers and Structures inc.
Davison, J.I., IRC et CNRC. 1975. Mortier pour maçonnerie - digeste CBD-163-F. Rédigé
par J.I. Davison. Ottawa (ON). Institut de la recherche en construction, Conseil national
de recherche du Canada.
Dolšek, Matjaž et Peter Fajfar. 2005. «Simplified Non-linear Seismic Analysis of Infilled
Reinforced Concrete Frames». Earthquake Engineering and Structural Dynamics, vol.
34, p. 49-66.
El-Dakhakhni, Wael W., Ahmad A. Hamid et Mohamed Elgaaly. 2004. « Strength and
stiffness prediction of masonry infill panels ». In 13th World Conference on Earthquake
Engineering. (Vancouver, 1-6 août 2004), paper 3089. St. Louis (MO): Mira Digital
Publishing, Inc.
ElRazik, A., A. Asran et A. Abdel Hafiz. 2006. « Effect of infill walls on the performance of
multi-storey building during earthquakes ». In 1e Conférence internationale spécialisée
sur le génie des structures. (Calgary, 23-26 mai 2006), article ST-067. Montréal: Société
canadienne de génie civil - Mamdouh El-Badry.
Eurocode. 1995. Eurocode 6 : calcul des ouvrages en maçonnerie - Partie 1-1 : règles
générales - Règles pour maçonnerie armée et non armée, Norme européenne, DD ENV
1996-1-1:1996. 180 p.
Eurocode. 2005. Eurocode 8 : Calcul des structures pour leur résistance aux séismes - Partie
3 : évaluation et renforcement des bâtiments. Norme européenne.
Fardis, M. 2006. « Seismic Design Issues for Masonry – infilled RC Frames ». In 13th
European Conference on Earthquake Engineering (13 ECEE). (Genève, Suisse,
3-8 septembre 2006).
FEMA. 2000. Prestandard and commentary for the seismic rehabilitation of buildings.
FEMA 356. Washington (D.C.) : Federal Emergency Management Agency, 518 p.
FEMA. 2005. Improvement of Nonlinear Static Seismic Analysis Procedures. FEMA 440.
Washington (D.C.) : Federal Emergency Management Agency, 392 p.
Forget, Madeleine. 1990. Les gratte-ciel de Montréal. Montréal: Éditions du Méridien, 164 p.
Francis, A., C. Horman et L. Jerrems. 1970. « The effect of joint thickness and other factors
on the compressive strength of brickwork ». In 2nd International Brick and Block
Masonry Conference. (Stoke-on-Trent, Angleterre, 12-15 avril 1970), p. 31-37.
Ghobarah, Ahmed , M. El-Attar et N.M. Aly. 2000. « Evaluation of retrofit strategies for
reinforced concrete columns : a case study ». Engineering Structures, vol. 22, n° 5,
p. 490-501.
Griffith, M.C. et J. Vaculik. 2005. « Flexural strength of unreinforced clay brick masonry
walls ». In 10th Canadian Masonry Symposium. (Banff, 8-12 juin 2005), paper 4c-2.
Calgary: University of Calgary / Canada Masonry Design Centre.
Guevara, L. Teresa et Luis E. Garcia. 2005. « The captive- and short-column effects ».
Earthquake Spectra, vol. 21, n° 1, p. 141-160.
Hamel, Alexis. 2007. « Unity building». In Image Montreal: Pictures of Montreal, historical
building, Architecture and Skyscrapers. En ligne. <[Link]
building/[Link]?id=581&im=1>. Consulté le 2 avril 2007.
Hegger, Joseph, Alaa Sherif et Wolfgang Roeser. 2004. « Nonlinear finite element analysis
of reinforced concrete beam-column connections ». ACI Structural Journal, vol. 101,
n° 5, p. 604-614.
Holmes, M. 1961. « Steel frames with brickwork and concrete infilling ». Instn. of Civ.
Engrs., vol. 19, p. 473-478.
ICBO. 1970. Uniform Building Code Standards. Norme nationale des États-Unis, UBC.
Pasadena (CA) : International Conference of Building Officials, environ 700 p.
Ingberg, S.H. 1924. « Factors affecting brick masonry strength ». In American Society for
Testing and Materials 24. (24 septembre 1924), p. 909-919 (part 2). ASTM.
Ingénieurs mandatés par les architectes Lacroix - Drouin et Bergeron. 1934. « Plans de
structures originaux de l'Édifice André Laurendeau ». Plans. Bureaux de SNC-Lavalin à
Québec. In Dossier sur la rénovation globale de l'édifice André-Laurendeau, colline
parlementaire. Québec.
Ip, Felix. 1999. « Compressive strength and modulus of elasticity of masonry prisms ».
Mémoire de maîtrise en génie civil et environnemental, Ottawa (ON), University of
Carleton, 161 p.
312
Karaduman, Adnan, Zekeriya Polat et Mevlüt Yaşar Kaltakci. 2001. « Statical analysis of
infilled frames ». In STREMAH VII: Structural Studies, Repairs and Maintenance of
Historical Buildings VII. (Bologne, Italie, 28-30 mai 2001), p. 425-433. Angleterre:
Wissex Institute of Technology - C.A. Brebbia.
Krauss, Edward E. 1931. « Brick mortar bond shear tests ». Brick & Clay Record, vol. 79,
n° 5, p. 218.
Krawinkler, Helmut. 1998. « Pros and cons of a pushover analysis of seismic performance
evaluation ». Engineering structures, vol. 20, 4-6, p. 452-464.
Lee, Han-Seon et Sung-Woo Woo. 2002. « Effect of masonry infills on seismic performance
of a 3-storey R/C frame with non-seismic detailing ». Earthquake Engineering and
Structural Dynamics, vol. 31, n° 2, p. 353-378.
Liauw, T. C. et Kwok-Hun Kwan. 1985. «Unified Plastic Analysis for Infilled Frames».
ASCE Journal of the Structural Division, vol. 111, ST7, p. 1427-1448.
Liel, Abbie B. 2006. « Using collapse risk to inform seismic safety decisions : California's
existing reinforced concrete structures ». In EERI Annual Business Meeting. (San
Francisco, Californie, 18-22 avril 2006), 12 p. Outstanding Student Paper Winner.
Californie: EERI.
Lu, Yong, Hong Haoa, Panayotis G. Carydis et Harris Mouzakis. 2001. « Seismic
performance of RC frames designed for three different ductility levels ». Engineering
structures, vol. 23, n° 5, p. 537-547.
Mack, Robert C. et John P. Speweik. Technical Preservation Services, National Park Service,
U.S. Department of the Interior. 1976. Preservation Briefs 2: repointing mortar joints in
historic masonry buildings. Révisé en 1980. Publié sur le Web en 1998
([Link] Washington (D.C.). Consulté le
6 mars 2007.
Mainstone, R. J. 1971. « On the stiffness and strength of infilled frames ». Proc. of Institution
of Civil Engineers, Supplement (IV), vol. Supplement (IV). Londres (Angleterre),
Paper 7360, p. 57-90.
314
Mainstone, R. J. 1974. « Supplementary note on the stiffness and strength of infilled frames
». (London, England), Current Paper CP13/74. Build. Res. Establishment.
Marjani, F. et U. Ersoy. 2002. « Behavior of brick infilled reinforced concrete frames under
reversed cyclic loading ». In ECAS2002 International Symposium on Structural and
Earthquake Engineering. (Ankara, Turquie, 14 octobre 2002). Middle East Technical
University.
McNary, W.S. et D.P. Abrams. 1985. « Mechanics of masonry in compression ». Struct Eng
ASCE, vol. 111, n° 4, p. 857-70.
Michel, Clotaire, Philippe Gueguen, Saber El Arem, Jacky Mazars et Panagiotis Kotronis.
2010. « Full scale dynamic response of a RC building under weak seismic motions
using earthquake recordings, ambient vibrations and modelling ». Earthquake
Engineering and Structural Dynamics, vol. 39, n° 4, p. 419–441.
Miyamoto, Kit, Lon M. Determan, Amir Gilani et Robert D. Hansen. 2003. « Seismic
rehabilitation of historic concrete structure with fluid visco-elastic dampers ». In 10th
U.S. Japan Workshop on Improvement of Structural Design and Construction Practices.
(Maui, Hawaii, 30 juin-2 juillet 2003), Paper 11. Californie: Applied Technology
Council.
Moehle, Jack P. 2000. « State of research on seismic retrofit of concrete building structures
in the US ». In US-Japan Symposium and Workshop on Seismic Retrofit of Concrete
Structures. (Tokyo, 6-7 juin 2000). Japon: Japan Concrete Institute.
Mondal, Goutam et Sudhir K. Jain. 2006. « Lateral stiffness of unreinforced brick infilled RC
frames with central openings ». In 100th Anniversary Earthquake Conference.
(San Francisco, 18-22 avril 2006), paper 215. Californie: Mira Digital Publishing, Inc.
Mori, Y. et B.R. Ellingwood. 1993. « Reliability based service life assessment of aging
concrete structures ». Journal of Structural Engineering, vol. 119, n° 5, p. 1600-1621.
315
Mosalam, K. M., R. N. White et P. Gergely. 1997. Computational strategies for frames with
infill walls: discrete and smeared crack analyses and seismic fragility. Coll. « Rapport
technique du NCEER », NCEER-97-0021. National Center for Earthquake Engineering
Research, 184 p.
Murty, C.V.R., Svetlana Brzev, Heidi Faison, Craig D. Comartin et Ayhan Irfanoglu. 2006.
AT RISK: the seismic performance of reinforced concrete frame buildings with masonry
infill walls. Coll. « Rapport technique de EERI », WHE-2006-03. Oakland (CA):
Earthquake Engineering Research Institute EERI - International Association for
Earthquake Engineering, 70 p.
Newman, Alexander. 2001. Structural renovation of buildings - methods, details and design
examples. New York (NY): McGraw-Hill - Professional Engineering, 866 p.
Nollet, Marie-José et Omar Chaallal. 2001. Évaluation structurale des poutres secondaires
en béton armé de l'Édifice Eaton. Coll. « Rapport technique de l'ÉTS pour Technisol
Inc. », Montréal (QC): École de technologie supérieure, 34 p.
Ohler, A. 1986. Zur berechnung der druckfestigeit von mauerwerk unter berucksichtigung
der mehrachsigen spannungszustande in stein und mortel. Bautechnik : Vol. 5.
Palmer, L.A. et J.V. Hall. 1931. « Bond between mortar and brick ». Brick & Clay Record,
vol. 78, n° 7, p. 374.
Papanikolaou, Vassilis K., Amr S. Elnashai et Juan F. Pareja. 2005. Limits of applicability of
conventional and adaptive pushover analysis for seismic response assessment. Coll.
«Mid-America Earthquake Center, Civil and environmental engineering department,
University of Illinois at Urbana-Champaign», (IL): 18 p.
Proença, J., Carlos S. Oliveira et J.P. Almeida. 2004. « Seismic performance assessment of
reinforced concrete structures with masonry infilled panels : the case of block #22 of the
Santa Maria Hospital in Lisbon ». ISET Journal of Earthquake Technology, vol. 41,
n° 2-4, p. 233-247.
316
PWSGC. Public Works & Government Services Canada. 2000. Guidelines for the seismic
assessment of stone masonry structures. Hull (Qc), 88 p.
RNC. 2008.a. Les dommages dus aux tremblements de terre dans la région de Québec entre
1608 et 2007 - Dossier public 5547. Rédigé par Maurice Lamontagne. Ottawa (ON) :
Commission géologique du Canada. Ressources naturelles Canada, 22 p.
RNC. 2012.b. « Carte simplifiée de l'aléa sismique ». In Secteur des sciences de la Terre -
Séismes Canada. Ressources naturelles Canada. En ligne. <[Link]
[Link]/hazard-alea/[Link]>. Consulté le 11 juillet 2012.
Saatcioglu, Murat et Michel Bruneau. 1993. « Performance of structures during the 1992
Erzincan earthquake ». Revue canadienne de génie civil, vol. 20, n° 2, p. 305-325.
Sabnis, Gajanan (éditeur). 1985. Rehabilitation, renovation and preservation of concrete and
masonry structures. Coll. « Special publication, vol. 85 », SP-85. Detroit (MI):
American Concrete Institute, 276 p.
Sahlin, S. 1971. Structural masonry. New Jersey (NJ): Prentice-Hall Inc., 290 p.
SAS Institute. 2005. JMP statistical discovery. version 6.0.0. Logiciel. Cary (NC): SAS
Institute.
SEAOC. 2003. Commentary on chapter 5 of the Guidelines for seismic retrofit of existing
buildings - earthquake hazard reduction in existing concrete buildings and concrete with
masonry infill buildings. Coll. « Rapport technique de SEAOC», California: State
Existing Building Committee of the Structural engineers association of California, 19 p.
Shing, Benson. 2007 « NEES collaboratory research effort: infilled RC frames ». George E.
Brown, Jr. Network for Earthquake Engineering Simulation - 5th Annual Meeting in
Snowbird, Utah. En ligne. 29 p., <[Link]
Consulté le 15 juillet 2010.
Sigmund, V., J. Zovkić et Z. Sigmund. 2010. « Experimental Tests of R/C Frames With
Masonry Infill ». In 14th European Conference on Earthquake Engineering (14 ECEE).
(Ohrid, Macédoine, 30 août - 3 sept. 2010), paper 338. Mihail Garevski.
Smith, Cecil B. 1895. « Shearing tests of mortar ». The Brickbuilder, vol. 4, n° 2, p. 42-43.
Somerville, Paul G., James P. Mclaren, Chandan K. Saikia et Donald V. Helmberger. 1990.
« The 25 November 1988 Saguenay, Quebec, earthquake: Source parameters and the
318
Stafford-Smith, B. et C. Carter. 1969. « A method of analysis for infill frames ». Proc., Instn.
of Civ. Engrs. Londres (Angleterre), vol. 44, p. 31-48.
Statpoint Technologies inc. 2007. Statgraphics Centurion XV. version 16.1.11. Logiciel.
Warrenton (Virginia): StatPoint Technologies inc.
Su, N., T. D. Lin et H. W. Chai. 2002. « Damage to structures and buildings from the
Chi-Chi (Taiwan) earthquake ». Structures & Buildings, vol. 152, n° 1, p. 51-56.
Tinawi, René, Denis Mitchell et Tim Law. 1990. « Les dommages dus au tremblement de
terre du Saguenay du 25 novembre 1988 ». Canadian Journal of Civil Engineering,
vol. 17, n° 3, p. 366-394.
Valley, Michael. 2000. « Developing standards for the evaluation and rehabilitation of
existing concrete buildings ». In The second U.S. - Japan Workshop on Performance-
Based Earthquake Engineering Methodology for Reinforced Concrete Building
Structures. (Sapporo, Hokkaido, Japon, 11-13 septembre 2000), p. 41. Berkeley (CA):
Pacific Earthquake Engineering Research Center, University of California, Rapport
no. PEER-2000/10.
Vermeltfoort, A.T. 1994. « Compression properties of masonry and its components ». In 10th
International Brick and Block Masonry Conference. (Calgary, juillet 1994), p. 1433-
1442. University of Calgary.
Wilson, Edward L. 2000 « Three Dimensional Static and Dynamic Analysis of Structures ».
Chapitre 13 : Dynamic analysis using mode superposition. En ligne. 12 p.
<[Link]/Tech_Info/[Link]>. Consulté le 10 janvier 2009.
Wu, Chengqing et Hong Hao. 2006. « Derivation of 3D masonry properties using numerical
homogenization technique ». International journal for numerical methods in
engineering, vol. 66, n° 11, p. 1717-1737.
319
Zardini, Mirko. 2006. Énergie verte Benny Farm : réutilisation / Briques récupérées des
bâtiments originaux de 1947, testées en laboratoire pour déterminer leur conformité aux
normes actuelles. Vitrine d'une exposition. Montréal : Centre canadien d'architecture.