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Intégrales Doubles : Concepts et Applications

Ce document décrit la construction de l'intégrale double sur un rectangle. Il présente la notion d'intégrale double et énonce le théorème clé définissant les propriétés de l'intégrale double d'une fonction continue sur un rectangle.

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Intégrales Doubles : Concepts et Applications

Ce document décrit la construction de l'intégrale double sur un rectangle. Il présente la notion d'intégrale double et énonce le théorème clé définissant les propriétés de l'intégrale double d'une fonction continue sur un rectangle.

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Intégrales doubles

Les résultats de ce chapitre seront tous énoncés sans démonstration aucune. La construction de l’intégrale double notamment
sera admise. Le fait est que nous n’avons pas à notre disposition les théorèmes nécessaires à cette construction ; de plus nous
manquons de temps.

Dans tout ce chapitre, a, b, c, d sont des réels tels que a 6 b et c 6 d.

1 Intégrale double sur un rectangle


La construction de l’intégrale double sur un rectangle [a, b] × [c, d] ressemble de près à la construction de l’intégrale d’une
fonction continue par morceaux sur un segment. Pour votre culture, signalons rapidement les étapes de cette construction.

• On commence par définir la notion de fonction en escalier sur [a, b]×[c, d]. Un découpage de [a, b]×[c, d] en petits rectangles
disjoints de taille quelconque étant donné, une fonction en escalier sur [a, b] × [c, d] est alors par définition constante sur
chaque petit rectangle ouvert.
z z

Découpage de [a, b] × [c, d] Fonction en escalier


en petits rectangles disjoints. sur [a, b] × [c, d]

[a, b] [c, d]

x y x y

• On définit alors la notion d’intégrale d’une fonction en escalier sur [a, b] × [c, d] ; au lieu de sommer des aires de petits
rectangles, on somme ici des volumes de petits parallélépipèdes. On vérifie que l’intégrale ainsi définie est linéaire, positive. . .
Précisément, l’intégrale de la fonction constante égale à 1 surZ Z[a, b] × [c, d] est par définition égale au volume du parallé-
lépipède rectangle de base [a, b] × [c, d] et de hauteur 1 : dx dy = (b − a)(d − c). Plus généralement, les
[a,b]×[c,d]
intégrales doubles s’interprètent comme des volumes (algébriques).

• On définit ensuite la notion de fonction continue par morceaux sur [a, b] × [c, d]. Un découpage de [a, b] × [c, d] en petits
rectangles disjoints de taille quelconque étant donné, une fonction continue par morceaux sur [a, b] × [c, d] est alors par
définition continue sur chaque petit rectangle ouvert, prolongeable par continuité sur chaque petit rectangle fermé.

• On montre alors qu’on peut approximer toute fonction continue par morceaux sur [a, b] × [c, d] par des fonctions en escalier
aussi précisément que nécessaire. Il faut ici utiliser un théorème de Heine pour les fonctions de deux variables, issu d’un
théorème de Bolzano-Weierstrass pour les suites à valeurs dans R2 .

• Ce théorème d’approximation permet alors une définition complète de la notion d’intégrale d’une fonction continue par
morceaux sur [a, b] × [c, d]. On montre également que l’intégrale ainsi définie est linéaire, positive. . .

Cela dit, dans ce chapitre, nous nous contenterons d’étudier les intégrales doubles de fonctions continues — conformément
au programme.

1

Théorème
ZZ
(Intégrale
ZZ
double sur un rectangle) On peut associer à toute fonction f ∈ C [a, b] × [c, d], R un réel noté

f ou f (x, y) dx dy jouissant des propriétés suivantes ; pour toutes fonctions f, g ∈ C [a, b] × [c, d], R :
[a,b]×[c,d] [a,b]×[c,d]
ZZ ZZ ZZ
• Linéarité : ∀λ, µ ∈ R, (λf + µg) = λ f + µ g.
[a,b]×[c,d] [a,b]×[c,d] [a,b]×[c,d]
ZZ ZZ ZZ
• Positivité : Si f > 0, alors f > 0. Croissance : Si f 6 g, alors f6 g.
[a,b]×[c,d] [a,b]×[c,d] [a,b]×[c,d]
Z Z ZZ


• Continuité : f 6 |f |.
[a,b]×[c,d] [a,b]×[c,d]
ZZ Z b Z d  Z d Z b 
• Théorème de Fubini : f= f (x, y) dy dx = f (x, y) dx dy.
[a,b]×[c,d] a c c a

• Additivité par rapport au domaine d’intégration : Si u ∈ [a, b] et v ∈ [c, d] :


ZZ ZZ ZZ ZZ ZZ ZZ
f= f + f et f= f + f.
[a,b]×[c,d] [a,u]×[c,d] [u,b]×[c,d] [a,b]×[c,d] [a,b]×[c,v] [a,b]×[c,v]

   Explication
• La propriété d’additivité par rapport au domaine d’intégration est bien sûr l’analogue à deux variables de la relation de
Chasles.
Z d Z b
• Le théorème de Fubini sous-entend, pour avoir un sens, que les applications x 7−→ f (x, y) dy et y 7−→ f (x, y) dx
c a
définies sur [a, b] et [c, d] respectivement sont continues.

   En pratique La propriété la plus importante pour le calcul effectif des intégrales doubles est le théorème de Fubini
selon lequel toute intégrale double n’est qu’un empilement de deux intégrales simples.

ZZ
Exemple (x + sin y) dx dy = π.
[0,1]×[0,2π]

En effet Nous allons calculer cette intégrale de deux façons pour illustrer la validité du théorème de Fubini.
ZZ Z Z  Z Z
Fubini
1 2π 1  y=2π 1
(x + sin y) dx dy = (x + sin y) dy dx = xy − cos y y=0
dx = 2πx dx = π
[0,1]×[0,2π] 0 0 0 0
ZZ Z 2π Z 1  Z 2π  
Fubini 1
et (x + sin y) dx dy = (x + sin y) dx dy = + sin y dy = π.
[0,1]×[0,2π] 0 0 0 2

 
Exemple Soient ϕ ∈ C [a, b], R et ψ ∈ C [c, d], R . On pose, pour tout (x, y) ∈ [a, b] × [c, d] : f (x, y) = ϕ(x)ψ(y). Nous
ZZ ZZ Z  Z 
 b d
savons que f ∈ C [a, b] × [c, d], R . Alors : f= ϕ(x)ψ(y) dx dy = ϕ ψ .
[a,b]×[c,d] [a,b]×[c,d] a c

En effet
ϕ(x) ne dépend pas de y
z }| {
ZZ ZZ Z b Z d  Z b Z d 
Fubini
f= ϕ(x)ψ(y) dx dy = ϕ(x)ψ(y) dy dx = ϕ(x) ψ(y) dy dx
[a,b]×[c,d] [a,b]×[c,d] a c a c
Z d Z b Z b  Z d 
= ψ(y) dy ϕ(x)dx = ϕ ψ .
c a a c
| {z }
scalaire

Z 1
x−1
Exemple dx = ln 2.
0 ln x
En effet
x−1
• La fonction x 7−→ est continue sur ]0, 1[, prolongeable par continuité en 0 par la valeur 0 car
ln x
x−1
lim = 0 et prolongeable également en 1 par la valeur 1 car ln x ∼ (x − 1). Cela justifie donc
x→0 ln x
Z 1 x→1
x−1
l’existence de l’intégrale dx.
0 ln x

2
• Nous allons calculer cette intégrale au moyen d’une intégrale double qui en apparence n’a aucun rapport
avec elle. Soit ε ∈ ]0, 1]. La fonction (x, y) 7−→ xy = ey ln x est clairement continue sur [ε, 1] × [0, 1].
ZZ Z 1 Z 1  Z 1  y=1 Z 1
Fubini ey ln x x−1
xy dx dy = ey ln x dy dx = dx = dx
[ε,1]×[0,1] ε 0 ε ln x y=0 ε ln x
Z 1 Z 1  Z 1  y+1
x=1 Z 1 Z 1
Fubini x dy εy+1
= xy dx dy = dy = − dy
0 ε 0 y+1 x=ε 0 y+1 0 y+1
Z Z
 y=1 1
εy+1 1
εy+1
= ln(y + 1) y=0
− dy = ln 2 − dy.
0 y+1 0 y+1
Z 1 Z 1
x−1 εy+1
Nous venons donc de montrer la formule : dx = ln 2 − dy.
ε ln x 0 y+1
Z 1 1 Z Z 1
εy+1 dy εy+1
• Or : 0 6 dy 6 ε = ε ln 2. Via le théorème des gendarmes : lim dy = 0,
0 y+1 0 y +1 ε→0 0 y+1
ce qui nous donne aussitôt le résultat souhaité.

2 Intégrales doubles sur un domaine borné


défini par des conditions simples
Pour le moment, nous avons seulement défini l’intégrale double d’une fonction de deux variables sur un rectangle. Mais en
réalité on peut intégrer une telle fonction sur bien d’autres domaines : disques, ellipses, triangles, patates gentilles, etc. Notre
objectif n’est pas ici de donner une définition précise des domaines autorisés : la définition suivante, quoique restreinte, nous
fournira déjà un lot suffisant d’exercices.


Théorème (Intégrale double sur un domaine défini par des conditions simples) Soient ϕ, ψ ∈ C [a, b], R telles que
n o
ϕ 6 ψ. On note D l’ensemble (x, y) ∈ R2 / a 6 x 6 b et ϕ(x) 6 y 6 ψ(x) .
ZZ ZZ
On peut associer à toute fonction f ∈ C(D, R) un réel noté f ou f (x, y) dx dy jouissant des propriétés suivantes ;
D D
pour toutes fonctions f, g ∈ C(D, R) :
ZZ ZZ ZZ
• Linéarité : ∀λ, µ ∈ R, (λf + µg) = λ f + µ g.
D D D
ZZ ZZ ZZ
• Positivité : Si f > 0, alors f > 0. Croissance : Si f 6 g, alors f6 g.
D D D
Z Z ZZ

• Continuité : f 6 |f |.

D D
ZZ Z Z !
b ψ(x)
• Théorème de Fubini : f= f (x, y) dy dx.
D a ϕ(x)

• Additivité par rapport au domaine Z Zd’intégration


ZZ :Z ZSi D est décomposé en deux domaines disjoints E et F sur
lesquels l’intégrale double de f est définie : f= f + f.
D E F


On dispose d’une définition et de résultats analogues dans le cas où ϕ, ψ ∈ C [c, d], R avec ϕ 6 ψ et où D est l’ensemble
n o
(x, y) ∈ R2 / c 6 y 6 d et ϕ(y) 6 x 6 ψ(y) .

   En pratique La propriété la plus importante pour le calcul effectif des intégrales doubles est le théorème de Fubini
selon lequel toute intégrale double n’est qu’un empilement de deux intégrales simples.
z=x z
Exemple
n o
Soit D = (x, y) ∈ R2 / x2 + y 2 6 1 le « disque trigonométrique ». x
ZZ z D
Alors : x dx dy = 0.
D
Ce résultat paraît naturel sur la figure ci-contre, car la portion « positive » du volume
considéré est annulée exactement par sa portion « négative ». y

3
n p p o
En effet Tout d’abord : D = (x, y) ∈ R2 / − 1 6 y 6 1 et − 1 − y2 6 x 6 1 − y2 . Du coup :

ZZ Z Z √1−y 2 ! Z
1 1
Fubini
x dx dy = √ x dx dy = 0 dx = 0 par parité de la fonction x 7−→ x.
D −1 − 1−y 2 −1
z = x + 2y

z
n o ZZ
1 y x
Exemple Soit D = (x, y) ∈ R2 / 0 6 x 6 1 et 0 6 y 6 1−x . Alors : (x+2y) dx dy = .
D 2
D

En effet
ZZ Z Z  Z Z  x=1
Fubini
1 1−x 1  y=1−x 1
(1 − x)2 1
(x+2y) dx dy = (x + 2y) dy dx = xy+y 2 y=0
dx = (1−x) dx = − = .
D 0 0 0 0 2 x=0 2

3 Changement de variables
Il existe une formule générale du changement de variables pour les intégrales doubles, mais elle ne figure pas à notre pro-
gramme. Cela dit, pour vous aider à comprendre les deux cas particuliers étudiés ci-après, énonçons sans ses hypothèses précises
cette formule : ZZ ZZ

f (x, y) dx dy = f ϕ(u, v) Jϕ (u, v) du dv.
ϕ(D) D

Dans cette formule, D est une partie de R . Quant à ϕ, c’est une application de D dans R2 et si ϕ(u, v) = x(u, v), y(u, v) ,
2
∂x ∂x


∂u ∂v
alors par définition le jacobien Jϕ de ϕ est le déterminant : Jϕ = . Enfin, f est une application de ϕ(D) dans R.

∂y ∂y

∂u ∂v

Notez bien que, dans la formule du changement de variables, Jϕ est la valeur absolue du déterminant Jϕ et non ce déterminant
lui-même.

Nous ne donnerons qu’un seul exemple explicite de changement de variables : celui consistant à passer des coordonnées
cartésiennes aux coordonnées polaires.

Théorème (Changement de variables coordonnées cartésiennes/coordonnées polaires) Soient D une partie bornée
de R2 « définie par des conditions simples » et f ∈ C(D, R). Alors :
ZZ ZZ
f (x, y) dx dy = f (r cos θ, r sin θ) r dr dθ,
D E

où E est une partie de R+ × R telle que l’application (r, θ) 7−→ (x, y) = (r cos θ, r sin θ) soit bijective de E sur D.

   Explication C’est bien


la formule générale
du changement de variables, avec ϕ : (r, θ) 7−→ (r cos θ, r sin θ). On a
cos θ −r sin θ
alors : ∀(r, θ) ∈ E , Jϕ (r, θ) = = r, de sorte que : Jϕ (r, θ) = |r| = r car E ⊆ R+ × R.

sin θ r cos θ

Z ∞
2 √
Exemple e−x dx = π (intégrale de Gauss).
−∞
ZZ
2
+y 2 )
En effet L’astuce de cet exemple consiste à étudier l’intégrale e−(x dx dy pour tout R ∈ R+ , puis
[0,R]2
à faire tendre R vers ∞.
ZZ ZZ Z R 2
2
+y 2 ) 2 2 Fubini 2
• Soit R ∈ R+ . Alors : e−(x dx dy = e−x e−y dx dy = e−x dx ♣.
[0,R]2 [0,R]2 0

4
√  2 2
• Or on a l’inclusion : BF (O, R) ⊆ [0, R]2 ⊆ BF O, R 2 . La fonction (x, y) 7−→ e−(x +y ) étant positive,
la propriété d’additivité par rapport au domaine d’intégration nous donne alors l’inégalité :
R b ZZ ZZ ZZ
O 2
+y 2 ) 2
+y 2 ) 2
+y 2 )
e−(x dx dy 6 e−(x dx dy 6 √
e−(x dx dy ♠.
BF (O,R) [0,R]2 BF (O,R 2)

• Utilisons à présent la formule de changement de variables coordonnées cartésiennes/coordonnées polaires.


L’application (r, θ) 7−→ (r cos θ, r sin θ) transforme [0, R] × [0, 2π[ en BF (O, R).
ZZ ZZ Z  Z  " #r=R
2
2π R
e−r
2  
+y 2 ) 2 Fubini 2 2
e−(x dx dy = e−r r dr dθ = dθ re−r dr = 2π − = π 1−e−r .
BF (O,R) [0,R]×[0,2π] 0 0 2
r=0
ZZ ZZ
2
+y 2 ) 2
+y 2 )
Par conséquent : lim e−(x dx dy = π. De même pour lim √
e−(x dx dy.
r→∞ BF (O,R) r→∞ BF (O,R 2)
ZZ
2 +y 2 )
• Finalement, le théorème des gendarmes appliqué à ♠ montre que : e−(x dx dy = π.
[0,R]2
Z R 2
2
Via ♣, nous obtenons le résultat voulu : e−x dx = π.
0

n o ZZ
14
Exemple Soit D = (x, y) ∈ R2 / y > 0 et 1 6 x2 + y 2 6 4 . Alors : (x + y) dx dy = .
D 3
En effet Notons E = [1, 2] × [0, π]. Alors l’application (r, θ) 7−→ (r cos θ, r sin θ) est bijective de E sur D.
ZZ ZZ Z 2  Z π 
(x + y) dx dy = (r cos θ + r sin θ) r dr dθ = r 2 dr (cos θ + sin θ) dθ
z =x+y D [1,2]×[0,π] 1 0
 r=2
3
r  θ=π 7 14
= × sin θ − cos θ = ×2 = .
z 3 r=1
θ=0 3 3
x

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