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Guide Des Ponts Poussés

Association Française de Génie Civil Guide des Ponts Poussés

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Association Francaise de Génie Civil x i PNG ee PREFACE En quelques décennies, la construction des ponts a considérablement progressé non sculement grace & une utilisation intelligente et une mise en ceuvre maitri- sée de matériaux nouveaux aux performances remarquables, mais aussi grace & Ia mise au point de méthodes rationalisant la production, régularisant la qualité et augmentant les cadences de fabrication tout en assurant une sécurité crois- sante pour le personnel d'exécution. Dans les années soixante, la technique du poussage a commencé & concurrencer fortement celle de la construction en encorbellement pour construire de longs viaducs en béton précontraint, pour lesquels I'adoption de grandes portées ne présentait aucun intérét économique. Les avantages évidents d'une confection des travées & poste fixe, dans des conditions permettant d'atteindre une qualité d'exécution quasi industrielle, ont séduit beaucoup de maitres d'ouvrage et de maitres d'oeuvre. L'engouement pour la précontrainte extérieure, permettant de supprimer les cables dans les Ames et done, en réduisant substantiellement leur épaisseur, de réduire le poids propre de la structure poussée, a permis de mettre en évidence les avantages indéniables de ce procédé de construction. Toute structure, une fois construite, vieillit et perd graduellement de sa « valeur structurale ». Les premiers désordres sont la manifestation du dépassement de certains états limites de service irréversibles. L'agressivité des sollicitations qui se développent dans un tablier en cours de poussage, dues au poids propre de la structure, aux actions d'origine naturelle ou aux imperfections géométriques, peut engendrer des désordres irréversibles, amorgant le processus de dégrada- tion, si ces solicitations ne sont pas évaluées avec précision et si la pré- contrainte n'est pas étudiée et mise en ceuvre avec tout le soin nécessaire. Le procédé de poussage n'est done simple qu'en apparence : il ne conduit & un ou- vrage de qualité que s'il est parfaitement maitrisé, tant au niveau des études que de l'exécution. Aprés une expérience francaise de plus d'une trentaine d'années, un certain nombre de spécialistes ont décidé de mettre en commun leurs connaissances et produire un document de recommandations aux objectifs multiples : fixer les fondements d'un savoir-faire de réputation internationale, établir un ensemble GUIDE DES PONTS POUSSES de regles spécifiques complstant les régles générales fixées par les codes de calcul nationaux ou européens, fournir un document de référence et de forma- tion a Tusage des étudiants en génie civil et des jeunes ingénicurs. Les travaux furent conduits, au départ, sous I’égide de I'Association francaise pour la cons- truction (AFPC), association qui fusionna en 1997 avec I'Association frangaise de recherches et d'essais sur les matériaux et les constructions (AFREM) pour donner naissance & I'Association frangaise de génie civil (AFGC). Le présent ouvrage doit son existence & de nombreuses contributions. Son contenu a été élaboré avec le plus grand soin, et il mérite largement le statut de «Guide AFGC ». Ses trois derniers chapitres abordent des questions de calcul, de contréles en cours d’exécution et certains aspects spécifiques des marchés de travaux. Ce ne sont pas des documents de I'administration directement contrac- tualisables, mais des recommandations, fruit d’un large consensus, permettant de rédiger les pices écrites techniques et administratives des marchés. A plus ou moins bréve échéance, les Eurocodes remplaceront les régles natio- nales équivalentes. Des adaptations seront nécessaires au niveau de la justifica tion des ouvrages en cours de poussage, mais les présentes recommandations resteront encore longtemps un document de référence au plan national ct une contribution décisive 3 I'élaboration de codes internationaux E. BOUCHON Chef de la Division des grands ouvrages du SETRA, J.-A. CALGARO Vice-président du Comité scientifique et technique de !AFGC La rédaction de ce guide a &é réalisée par les membres du groupe de travail « Ponts poussés » de P AFGC : Emmanuel BOUCHON — SETRA Christian BOUSQUET = SNCF Daniel LE FAUCHEUR — SETRA. Daniel LECOINTRE SETRA William PASCHETTA = DUMEZ-GTM Michel PLACIDI. RAZEL Pierre XERCAVINS PX Consultants Les illustrations ont été réalisées par : Louis RISTERUCCI SETRA La rédaction de ce document a été enrichie des observations et avis de: B. BOUVY (AIOA - A75), Ch, CEZARD (JEAN MULLER International), J.-F. FONTAINE (CGPC), Ph. JACQUET (BOUYGUES), Th. KRETZ (SETRA)', J.-J. LAGANE (SPIE-Batignolles), P. PAILLUSSEAU (DREIF)’, A. PALACCL (DUMEZ-GTM), D. POINEAU (SETRA), J. RYCKAERT (SE- ‘TEC TP). Ce document s'est appuyé sur les réflexions d'un précédent groupe de travail compre- nant les membres suivants : B, BOUCHON, Ph, JACQUET, A. LACROIX, D. LECOINTRE, M. PLACIDI, C. SERVANT, M. VIRLOGEUX, Les photos sont issues du SETRA (G. FORQUET ou D. LECOINTRE), sauf : — photo de la couverture et page 48, SNCF (Ch. BOUSQUET) ; photo de la quatriéme de couverture, M. PLACIDI (RAZEL). ‘Th, Kretz est maintenant au LCPC. *p, Paillusseau est maintenant au CETE du Sud-Ouest, BP, ¢ 87953 MONTIGNY: a Préface Introduction: 1, PRINCIPES GENERAUX DU POUSSAGE 1.1, Principe de la méthode 1.2. Les deux types de ponts poussés 1.3. Particularités de la méthode 1.4, Avantages ct limites du procédé p . SPECIFICITES DES PONTS POUSS! 2.1. Contraintes géométriques 2.2. Contraintes structurelles y CONCEPTION DU CABLAGE DE PRECONTRAINTE 3.1. Généralités 3.2. Précontrainte de poussage 3.3. Précontrainte de continuité 3.4, Précontrainte résultante 3.5. Mise en ceuvre de la précontrainte et recommandations diverses 3.6. Précontraintes additionnelle et complémentaire - . L’ AIRE DE PREFABRICATION 4.1, Généralités 4.2, Bétonnage en pleine section 4.3. Bétonnage en deux phases décalées 4.4, Aire de préfabrication des ponts poussés par les deux cétés de type 1-2-1 4,5. Organisation générale dune aire de préfabrication de pont poussé 4.6. Importance de la position de aire de préfabrication 3 15 19 20 23 33, St 52 58 59 62 69 7 72 wh) 76 81 GUIDE DES PONTS POUSSES w DISPOSITIES DE GLISSEMENT ET DE GUID. 5.1, Systéme PTFE sur inox 5.2, Systéme de glissement sur longtines 5.3. Guidages latéraux 5.4. Equipement des tétes de piles 5.5. Un cas particulier exceptionnel : le poussage en escalier des viadues d’acc’s au pont de Normandie > LES PROCEDES DE POUSSAGE 6.1. Cables de traction 6.2. Systéme Eberspiicher™ 6.3. Vérins pousseurs 6.4. Les dispositifs de freinage x 7.1, Nécessité d’une aide au poussage 7.2. Avant-bec 7.3. Palées provisoires 7.4, Mat de haubanage a ACTIONS ET REGLES DE CALCUL 8.1. Actions 8.2. Justifications a cffectuer ~ CONTROLES SUR CHANTIER 9.1. Controles géométriques 9.2. Contréles des efforts en cours de poussage 9.3. Contréles des déplacements en cours de poussage 9.4, Essais et contréles du matériel 9.5. Conclusion 10. CLAUSES PARTICULIERES DES CONSULTATIONS DES MARCHES Regles techniques 10.1. Consistance des études 10.2. Programmes de calcul 10,3. Incidence des dispositions techniques adoptées pour la construction sur les quantités mises en ceuvre: Regles administratives 10.4. Modalités de appel d’ offres 10.5. Réglement des travaux. 83, 86 88 90 92 95 98. 102 103 . AVANT-BEC, PALEES PROVISOIRES ET MAT DE HAUBANAGE 105 107 120 122, 128 136 143 ISL 153 154 159 162 165 167 171 172 Sommaire Annexe A Prédimensionnement des ponts poussés Dénivellation des appuis Efforts dans les travées de rive (en service) Annexe B Monographies Annexe C Liste des ponts pou: 177 205 209 225 INTRODUCTION HISTORIQUE DES PONTS POUSSES Sie principe général consistant & réaliser ou a assembler les différents éléments d'une structure & c6té de la bréche A franchir puis 4 les mettre en place par dé- placement remonte au miliew du XIX sidcle (cette opération ne s'appliquait alors qu'a des ouvrages métalliques et s'appelait « langage » ; les premiers via- ducs ainsi lancés l'ont été en 1860), il faut attendre un siecle, c'est-a-dire aux environs des années 1960, pour voir cette technique appliquée aux structures en. béton, Il n'est pas étonnant que ces premires applications l'aient été sur des structures métalliques, dans 1a mesure ot, d'une part, ces tabliers sont beaucoup plus 1é- gers et, d'autre part, l'acier résistant indistinctement aux sollicitations de traction et de compression, il s‘adaptait beaucoup mieux que le béton aux efforts engen- drés par ce procédé constructif. Et si, & partir des années 1960, ces applications aux structures en béton ont pu voir le jour, c'est grace a la conjonction de plu- sicurs éléments, dont principalement deux d'entre eux : d'une part, le prodigicux développement de la précontrainte qui a permis a la fois lallégement des struc- tures, l'amélioration de leur ductilité et l'adaptation de leur fonctionnement 4 des phases provisoires et d'assemblage et, d'autre part, la découverte d'un matériau & irs faible coefficient de frottement, le PTFE (ou encore 1 flon®). Le tout premier exemple d'un pont construit & un endroit et déplacé vers sa po- sition définitive est le pont de Vaux-sur-Seine’ réalisé par lentreprise Coignet Liouvrage a trois travées de 56m de longueur totale fut construit sur chaque rive, puis poussé sur un cintre général. Une fois clavé, une précontrainte fut mise en place et tendue par écartement des cables. Le poussage de chaque demi-poutre s'effectua & l'aide d'un mat de haubanage en bois, Cait 2 la fois " La Technique moderne, septembre 1951 1 GUIDE DES PONTS POUSSES une premigre du point de vue mode de construction et également la premiére précontrainte extérieure ! A son tour, l'ingénieur allemand Fritz Leonhardt proposa en 1959, avec lentre- prise Auteried, de réaliser le pont sur 'Ager, en Autriche, par poussage. Il s'agit d'un ouvrage & quatre travées, de longueur totale 280 m, dont les éléments suc- cessifs de 9,50 m de longueur furent préfabriqués, assemblés les uns aux autres et poussés sur un chemin de glissement en bois dur installé sur le cintre général. Un an plus tard, devant construire au Venezuela, sur le Rio Caroni, un pont de 480 m de longueur, Fritz Leonhardt décida de procéder de la méme fagon, mais en supprimant purement et simplement le cintre précédent et en n’appuyant le tablier, lors de son poussage, que sur les piles et sur quelques palées provis res. IL plaga en outre un gros cAble de précontrainte de chaque c6té du caisson, ces cables étant, une fois Je tablier en place, enfermés dans des tubes métalli- ques qu'il fit injecter au coulis de ciment afin d'assurer a la fois une liaison par adhérence et une protection contre la corrosion, Le premier véritable pont pous- sé était né, C’était en 1961. utilisation de cette technique en France eut lieu, cing ans plus tard, en 1966, avec la construction, par Yentreprise Citra, de l'aqueduc sur le Vallon de !'Abéou', & Saint-Paul-lés- Durance, pour la Société du canal de Provence. C'est la que fut introduit pour la premiére fois le glissement PTFE sur inox. TI s'agit d'un pont-canal de 143 m de longueur, comportant quatre travées symétriques de 30 et 33m et deux consoles de 8,50 m, destiné a franchir le vallon de TAbéou et la route de Rians a Saint-Paul-lés-Durance. La structure de l'aqueduc est un tube de 5,00 m de diamétre inscrit dans un carré de 5,85 m de cété. La méthode de construction traditionnelle initialement prévue, consistant & couler Je tablier en place sur un étaiement général, s'avérant tes coiiteuse, du fait du poids propre trés important de la structure (31 t au métre ), l'entreprise Citra proposa une variante consistant & préfabriquer le tablier en trongons de 10 m de longueur et & Je pousser en le faisant glisser par lintermédiaire de plaques de PTFE mobiles se déplagant sur des feuilles en acier inoxydable fixées sur les tétes de piles ainsi que sur 'aire de préfabrication. Le poussage était effectué a Vaide de vérins hydrauliques de 1,00 m de course. Le poussage des 4 400 t du tablier s'effectua en cing mois, de mai 4 septembre 1968. Un an plus tard, en 1969, 'entreprise Citra reprenait cette méme idée pour pro- poser une variante méthodes pour la réalisation du viaduc de franchissement de Ta vallée de Ja Boivre’, dans le cadre de la déviation de Poitiers, par la future " Annales de !'IEBTP, mai 1970. ° Travaux, mars 1985, 12 Inivoduetion autoroute A10. Long de 285m, louvrage, initialement prévu coulé en place travée par travée sur cintre autolanceur, comporte cing travées de 43 m de por- tée et deux travées de rive de 35 m de portée. Tl est constitué de deux caissons de 13 m de largeur et de 2,50 m de hauteur constante, reposant sur des piles en H, de hauteur variant entre 18 et 34m Le poussage a été réalisé avec un mat métallique et des haubans supportant la console avant équipée, en outre, d'un tes petit avant-bec métallique de 2,50 m de longueur servant essentiellement de dispositif d'accostage. Le véritable lancement de cette technique était ainsi effectué. Son développe- ment rapide, comme Je monire le tableau indiquant les principaux ouvrages ainsi réalisés (cf. annexe C), atteste de son succ’s et des avantages qu'elle pré sente Les premiéres applications de cette méthode aux ouvrages ferroviaires datent de 1977, avec la réalisation par la SNCF de Ja ligne nouvelle du TGV Sud-Est, Paris/Lyon. Sur cette ligne & grande vitesse, les cing principaux viadues, le pont sur la Sa6ne, 4 Macon, le viaduc de la Roche, le viaduc de la Digoine, le viaduc sur le Serein et le viaduc de Saulieu, sont des ouvrages en béton précontraint construits par poussage’. IMPORTANC DU PARC DES PON’ Apres ces premiers balbutiements et ces ouvrages faisant un peu figure de pro- totypes, cette méthode de construction, de par les multiples avantages qu'elle offre, s'est fortement développée au sein de la plupart des entreprises de cons- truction de ponts, tant en France qu'a I'étranger. On a vu trés rapidement, et aujourd'hui encore, un trés grand nombre d'ouvrages se réaliser suivant ce pro- cédé, dans le domaine aussi bien routier que ferroviaire. Pour un total actuel de 2.500 ponts en béton précontraint, construits par cette technique de poussage, c'est en fait une surface de tablier de plus de 3.000 000 m? qu'ils représentent. La liste des ponts poussés (annexe C) et les monographies des principaux d’en- tre eux (annexe B) attestent de l'importance de ce pare des ponts poussés et, notamment, de tous ceux qui, aujourd'hui, constituent une part non négligeable du patrimoine frangais des ouvrages d'art. Travaux, juin 1980. 13 GUIDE DES PONTS POUSSES DOMAINE D’APPLICATION DES PONTS POUSSES De par les spécificités tant géomeétriques que structureiles de cette technique, définies au chapitre 2, le domaine privilégié des ponts poussés cn béton pré- contraint est le domaine des ouvrages 4 géométrie constante (axe en plan et profil en long droits ou circulaires), de hauteur constante, de portées comprises entre 30 et 50 m, pouvant aller exceptionnellement jusqu’a 65 ou 70 m, pour les ouvrages poussés par un seul cdté. Au-dela de ces portées, le poids de la struc- ture devient trop important et il engendre, au poussage, des sollicitations trés fortes qui rendent cette méthode beaucoup plus cofiteuse que des techniques mieux adaptées aux plus grandes portées. Chapitre 1 PRINCIPES GENERAUX DU POUSSAGE 1.1, PRINCIPE DE LA METHODE Le principe général de la méthode de construction par poussage est tres simple. Tl consiste & préfabriquer le tablier & cété de la bréche & franchir, sur une plate- forme située dans le prolongement de son axe longitudinal, en artiére de la culée, puis & le « pousser », par un déplacement de translation suivant son axe, on le faisant glisser sur sa culée et sur ses piles définitives (éventuellement sur des appuis provisoires complémentaires), jusqu’a ce qu'il ait atteint sa position définitive, au-dessus de la bréche qu'il doit enjamber. Le tablier peut étre soit poussé en une seule fois, s'il a été préalablement préfa- briqué entigrement, ou poussé en plusieurs fois, lorsqu'il est préfabriqué par trongons successifs, chaque poussage s'effectuant alors aprés Ja préfabrication du trongon correspondant. 1.2, LES DEUX TYPES DE PONTS POUSSES Les ponts construits par poussage sont nécessairement des ouvrages & plusieurs travées continues, Dans certains cas, la continuité peut n’@tre que provisoire pendant Je poussage, sous forme dlattelage, lorsqu'il est nécessaire de créer des joints on phase définitive (C'est le cas de certains ouvrages SNCF : Verberie, Chalifert, ...). On peut considérer deux types principaux de ponts poussés, selon que l'ouvrage est mis on place par déplacement depuis un seul c6té (Fig. 1.1) ou depuis les deux cétés de la bréche (Fig. 1.2) GUIDE DES PONTS POUSSES Dans le premier cas, celui des ouvrages & travées multiples, le poussage s'ef- fectue par trongons successifs d'une longueur comprise généralement entre 10 & 15 m et 50m, a partir d'une plate-forme située en arriére d'une culée, sur la- quelle le tablier est préfabriqué. Chaque phase de bétonnage est suivie d'une phase de poussage pendant laquelle on libére le coffrage pour permettre la réali- sation de l’éément suivant. En phase de construction, le systéme statique est celui d'une poutre continue dont le degré d'hyperstaticité augmente jusqu’a la demigre opération de poussage. = Fig. 1.1 - Principe de pont poussé d'un seul cété. Dans le cas des ponts poussés des deux c6tés, pénéralement des ouvrages de dimensions modestes, Vouvrage caractéristique est un pont a trois travées dont 16 Principes généraux du poussage la travée centrale a une portée sensiblement égale au double des portées de cha- que travée de rive, dot appellation couramment utilisée, pour désigner cette catégoric de ponts, d’ouvrage de type 1-2-1. Les deux demi-tabliers sont cons- truits sur chacune des deux rives sur des aires de préfabrication situées en ar- rigre de chaque culée, puis poussés l'un vers l'autre jusqu’au clavage final dans Yaxe de la travée centrale. Le poussage s'effectue apres réalisation intégrale des deux fléaux. Chaque fléau, lors de son poussage, ne repose que sur deux ap- puis: © durant la premiere partie du poussage, sur I'appui central de Maire de préfabri- cation et sur la culée ; » durant la seconde partie du poussage, sur la culée et sur la pile. Fig. 1.2 - Principe de pont poussé des deux cétés. 17 GUIDE DES PONTS POUSSES Ila donc, durant son poussage, un fonctionnement structurel isostatique. Apres clavage central, la structure rendue continue a un comportement comparable & celui d'un ouvrage & trois travées construit par encorbellements. Une troisitme catégorie pourrait étre évoquée, celle des ouvrages de grande longueur & travées multiples poussés depuis les deux cétés. Cette disposition peut, dans certains cas particuliers, étre intéressante, notamment pour des ou- vrages trés longs (supérieurs 4 1000 m, de fagon a limiter les efforts de pous- sage & exercer), ou pour des ouvrages dont la géométrie n'est pas constante sur toute Ieur longueur et comporte deux parties distinetes (par exemple un profil en long droit d'un cété et circulaire de autre) ou, enfin, pour des raisons de délais d'exécution, les deux ateliers de poussage, sur chaque rive, travaillant alors simultanément. Ce type d'ouvrage, malgré son apparente similitude d'ap- pellation, se range dans la catégorie des ponts poussés d'un seul cdté, 2 la fois vis-a-vis des méthodes constructives et des dispositions technologiques, des efforts et des sollicitations en phases provisoires de poussage, et de son fone tionnement structurel tant provisoire que deéfinitif. C'est pourquoi nous ne fai- sons que I'évoquer ici, considérant qu'il s'agit en fait de ponts poussés d'un seul cété un peu particuliers, Caisson poussé (pont poussé d'un seul cété). Ces deux catégories de ponts poussés, malgré la ressemblance technologique de Jour méthode de construction et quelques similitudes au niveau des détails constructifs, correspondent en réalité 4 des fonctionnements de structure, 2 des efforts et sollicitations, notamment en phases provisoires de construction, 18 Principes généraux du poussage fondamentalement différents, et donc & des cablages eux aussi fondamentale- ment différents. L'importance numérique de ces deux catégories d’ouvrages n'est pas du tout 1a méme. Les ponts poussés des deux cétés, de type 1-2-1, ne représentent que quelques pour-cent du nombre total d'ouvrages réalisés suivant cette méthode et, en surface de tablier, ce pourcentage est pratiquement négligeable. 1.3. PARTICULARITES DE LA METHODE Le principe méme de la méthode de poussage fait que, sauf pour les ponts pous- sés par les deux cétés, du type 1-2-1, ce sont des structures continues dont cha- que section se trouve, au cours du poussage, successivement en position « sur appui », done soumise & un moment de flexion négatif, et en position « miliew de travée », donc soumise 4 un moment positif. Cette alternance de sollicita- tions, non génante pour des structures en matériau homogene comme lacier, Vest tout particuligrement pour des structures en béton et nécessite une concep- tion et un dimensionnement patticuliers. Pont-dalle poussé sur autoroute. GUIDE DES PONTS POUSSES Cette alternance de solicitations en chaque section, du moins en phase de pou: sage, conduit en général a des sections en caisson. Cette condition n'est toute- fois pas indispensable sous deux conditions : «avoir suffisamment de béton en fibre inférieure sur appui pour y faire passer Jes compressions dues aux charges extérieures définitives, cumulées aux com- pressions de la précontrainte inversée nécessaire au poussage, lorsque cette section est en milieu de travée ; * pouvoir loger tous les cables de précontrainte, ceux nécessaires au poussage et coux nécessaires en phase définitive pour les sollicitations de service (géné- ralement les cAblages mixtes, intérieurs et extérieurs, facilitent ces disposi- tions). Dans le cas d'ouvrages de petites portées, d'une vingtaine de metres environ, de type passage supérieur autoroutier, le tablier mis en place par poussage peut avoir une section en dalle pleine. 1.4. AVANTAGES ET LIMITES DU PROCEDE Les avantages de ce procédé de construction sont nombreux et variés. De fagon non exhaustive et sans les classer par ordre d'importance, on peut citer : ela tres grande sécurité & la fois pour Ie personnel du chantier et pour les usa- gers extérieurs au chantier, qui circulent ou se trouvent sous 'ouvrage, dans la bréche & franchir, du fait qu'aucune activité n'intervient au-dessus de cette bre che. D'éventuelles dispositions particulizres peuvent étre prises pour le passage de lavant-bec ; «absence d’étaiement, de support de coffrage ou de charpente quelle qu'elle soit, dans la bréche a franchir, ce qui permet d'assurer un total respect des gaba rits dans les zones survolées : « la préfabrication du tablier poste fixe, qui permet de garantir Jes meilleures conditions possibles de travail et d'accés pour le personnel du chantier ; © un matériel spécifique peu cofteux, facile & transporter, 2 monter et & démon- ter, simple & utiliser et facilement adaptable pour étre réutilisé sur d'autres ou- vrages 5 unc grande répétitivité des taches a accomplir, qui géndre des rendements de main-d'ccuvre élevés et done des cofits de construction compétitifs ; e une grande rapidité d'exécution qui permet d'obtenir des délais de réalisation cour eune assurance de bonne qualité de la réalisation et notamment la garantie d'obtenir la géométrie requ 20 Principes généraux du poussage Des limites existent aussi au procédé « les contraintes et spécificités propres au procédé, qui sont définies au chapi- tre 2, et qui ne rendent pas toujours possible le recours & cette méthode de construction ; ‘une consommation de matigre plus importante que d'autres procédés cons- tructifs, notamment en épaisseur de béton et en quantité de précontrainte + « le respect des tolérances et le controle minutieux d'un certain nombre de taches. 21 Chapitre 2 SPECIFICITES DES PONTS POUSSES 2.1. CONTRAINTES GEOMETRIQUES 2.1.1. Critéres permettant le poussage Pour envisager la construction dun tablier par la méthode de poussage, il est nécessaire de s’assurer que les léments géométriques qui le définissent sont compatibles avec cette méthode de construction. En particulier, la ligne moyenne du tablier et la forme de Vintrados doivent présenter des caractéristiques particuliéres qui font Pobjet de ce chapitre. Des choix géométriques découlent un certain nombre de conséquences qu'il convient d’examiner en detail © sur Pavant-bec 5 le guidage du tablier ; « Paire de préfabrication ; féme moteur ; ele sys «implantation des appuis. En pratique, le projeteur se trouve devant un tracé en plan, un profil en long et une loi de variation de dévers dans la zone de Pouyrag Pour définir la ou les surfaces sur lesquelles le tablier glissera dans un dépla- cement selon son axe, ie critére fondamental est que ce déplacement doit se faire sans créer de déformation théorique du tablier. 23 GUIDE DES PONTS POUSSES Ce critére va déterminer des conditions sur la forme de lintrados, celui-ci pou- vant ne pas étre paralléle a l’extrados du tablier. Les seules lignes qui restent superposables & elles-mémes au cours d’un dépla~ cement sont la droite (translation), le cercle (rotation) et hélice circulaire, combinant rotation et translation, via le « pas » de I’hélice. OTE a—Déplacement sur une droite. Eee ere Eee b—Déplacement sur un cercle. a Fig. 2.1 - Traeés poussables de base. Le tracé des ouvrages est défini par un profil en long, qui est une représentation en élévation « développée », et non pas une ligne dans un plan, lorsque le tracé en plan est curviligne. Et dans ce cas, le tracé est défini par sa projection hori- zontale, qui n’est pas la courbe réelle s'il y a pente. Aode core ™ 62 oa ee ae Fig. 2.2 - Tracé non poussable. Cette distinction est fondamentale pour bien comprendre les difficultés géomé- tiques du poussage et voir, en revanche, qu’il est possible de pousser des ou- vrages dont les projections ne soient pas des droites ou des cercles, voire des hélices, & condition que dans espace ils aient été concus comme tels 24 Spécificités des ponts poussés Une succession de lignes individuellement poussables ne I'est pas si le dépla- cement de l'ensemble des lignes fait apparaitre des zones de non coincidence plus ou moins étendues. Si on pousse par les deux extrémités, on peut évidemment avoir des lignes « poussables » différentes de chaque cdté. 2.1.2. Surface de Pintrados Il ne suffit pas que la ligne moyenne d’intrados soit poussable pour que le ta- blier le soit. En effet, la stabilité transversale des tabliers nécessite deux lignes de poussage, il faut donc que ces lignes soient paralléles, voire concentriques pour des cercles. Sinon, la rigidité de torsion du tablier empécherait celui-ci de porter simultanément sur les deux lignes d'appui A titre d’exemple simple de forme non poussable : intrados au tracé en plan circulaire, de dévers variable et des ames de hauteur constante sur les deux lignes de poussage, et une pente nulle du profil en long. Il y a donc deux profils gauches différents sur chaque rive Ce qu’on sait faire en coulé en place par un Kger gauchis- sement du coffrage, ou en préfabrication de voussoirs par réglage approptié des coffrages en cellule, n’est plus possible avec la technique du poussage. Nous verrons plus Join (§ 2.14.) que — exemple précédent n’interdit toutefois pas Ie poussage, parce qu’on peut dissocier les courbes de Fig, 2.3- Surfaces de poussage. Vextrados, imposées par la voirie, de celles de l'intrados. Les appuis ayant une certaine largeur, le poussage se fait non sur deux lignes, mais sur deux surfaces, lesquelles dans le cas Ie plus simple sont dans un méme plan, ou sur un cylindre ou, encore, sur un c6ne. 25 GUIDE DES PONTS POUSSES 2.1.3. Principaux types de tracés poussables En partant de la géométtie la plus simple, nous avons : @ tracé en plan rectiligne et pente constante ; @ tracé en plan rectiligne et profil en long circulaire ; @ tracé en plan circulaire et pente nulle ; @ tracé en plan circulaire et pente constante (hélice) ; © tracé circulaire dans un plan quelconque. Les cas ® et ® correspondent & des poussages circulaires, axe de poussage étant horizontal dans un cas, et vertical dans Pautte. Pour le cas ®, le tracé dans l’espace est la section droite circulaire, dans un plan vertical, d’un cylindte & axe horizontal. Pour le cas ®, c’est la section circulaire horizontale d’un cylindre d’axe verti- cal. Pour le cas @, le tracé dans espace est une hélice, courbe gauche, tracée sur un cylindre d’axe vertical. Si I’axe est oblique, la projection plane du tracé devient une ellipse = | Fig. 2.4 - Poussage hélicoidal. Pour le cas ®, la surface de poussage est sur un cone ts aplati dont la ligne de poussage est une des sections droites (voir également § 2.1.5). L’inclinaison de ce cOne conduit & remplacer, en projection, les cercles par des ellipses. Pour une faible inclinaison, I’écart entre cercle et ellipse peut étre suffisamment fai- 26 Spécificités des ponts poussés ble pour qu'il soit possible d’ajuster des tracés non rigoureusement poussables afin qu'ils le deviennent, ce qui est le cas le plus fréquent. Si cet ajustement du tracé n’est pas possible, on peut éventuellement recourir aux solutions approchées en jouant sur les écarts admissibles entre ‘axe de voirie et axe d’ouvrage (en plan et en niveau). On peut évidemment considérer les quatre premiers cas comme des simpli- fications du «cas général ® ». Mais pour Ia bonne compréhension pra- tique, nous avons préféré traiter les problémes dans ordre de leur complexité croissante. Géne de poussage. Les problémes liés au dévers sont traités séparément, puisqu’ils peuvent etre dissociés de celui du poussage. Viaducs courbes de Drancy. 27 GUIDE DES PONTS POUSSES 2.1.4. Section transversale et dévers © Quand le profil transversal de la chaussée est symétrique, en toit, 'intrados est engendré par une droite horizontale, perpendiculaire au plan longitudinal de symétrie. Si, de plus, il n’y a pas de pente longitu- oe / dinale, c’est alors le cas le plus simple pour les appuis, qu’ils soient provisoites ou définiti Fig.2.6a - Profil en toit. Toute pente d’ appui, transversale ou longitudinale, impose qu’ on puisse mobili- ser un frottement suffisant sur les appuis, ou des efforts de butée latérale, pour éviter tout glissement. La recherche de faibles coefficients de frottement pour le poussage impose donc la mise en place de butées dés que les pentes sont signi- ficatives, vis-a-vis du frottement ; celui-ci pouvant étre de l'ordre de 2 %, voire moins, avec de bons états de surface sur couple PTFE-inox. © Si le profil transversal est déversé, ce qui est classique en profil autoroutier avec deux tabliers paralléles, on peut alors —ne rien modifier a la géoméirie du tablier, mais en prévoyant les butées latérales nécessaires et importantes (cf. § 5.3. et 8.1.3.5). A noter que la dissymeétrie peut — Fig. 2.60 - Caisson symétrique. éventuellement étre « valorisée » au niveau des contréles au poussage, du fait de Ia tendance au glissement d’un coté préfé- rentiel. Ce principe est, généralement, le seul utilisable dans Je cas des ponts: dalles poussés pour des raisons esthétiques ; — modifier la géométrie d’intrados en créant ——— deux surfaces de glissement horizontales dé- calées en altitude. C'est la méthode prin- cipale & adopter ; a faire une section dissymétrique, intrados Fig. 2.6¢ - Surfaces décalées. horizontal, Ames de hauteurs différentes. Cette solution est & déconseiller car plus complexe A tout point de vue: absence de symétie ————~ trans-versale pour cablage et ferraillage, contraintes différenciées sur les fibres extré- mes... Tout ceci augmentant les risques erreurs, en étude comme sur le site ; Fig. 2.60 - Caisson dissymétrique. 28 6t ‘puyoul ued ins aBessnoc - Le ‘Bld aSessnod ap axe, ap uosteurjour sed “somvagig ua 19 ued uo sarefnoro sioq{qer ap eBessnod af eNoUEd qUEAe-19 suas ne « aaneupxordde » gypiqnedios aun sone & aad 1 (sangui ap stars sonbjanb) spurs san tioned » queyg Buoy vo road wo a1nqunoo 9p suosea sar] sagyooadde suonayos so] “SZ “onyjiqussnod op sonbingwioss sonbystagioviea so} soqwaspad quowrsaneagdurt yop ib ogssneyo op oowyins vf 189,9 ‘sopenxay v ofifesed quour -g[Riguea yur sopexur,] ‘auroyd a]fep oun,p saniysuoa syorquy op seo oy sue o1uyy a9ssneqo ap jtyoad 39 « ajqessnod » [101d 19 SOP 9I[99 911g Op oNbingHIONs opmip a1grutoAd Pf ‘SED S99 stor STC onus sn “« saqqussnod » quouroroias sed qos aut spyord sop Wop SIaeI sop assnod uo,nbsioy r\dod9e woIg iney [H,Ab Soatreayyed saansou sop OIsOr AO}}QeI NP o}jep ej ap snossted9,p avo} UORRERA Bj NO SHuLIO]UDI | “sFoagp ap woreuTes ap souoz sop jussIOWe,s RO seo of suLp Cercle de ae Fig. 2.9 - Position de I'avant-bec sur une courbe en élévation. On peut également prévoir un calage provisoire en place seulement pendant les premiers métres suivant l’accostage de I’avant-bec, compensant sa flexibilité et la courbure du profil en long Les ordres de grandeur des fléches 4 compenser doivent étre estimés des le dé- but des études. +En plan, la courbure du tablier a des conséquences plus importantes, car Vavant-bec « balaye » sa surface de glissement. I] faut donc la dimensionner en. largeur afin de rester en appui. On peut arriver A minimiser la largeur de ba- layage par une orientation convenable de l’avant-bec et un déport 8, de son axe (Fig. 2.10). Ce déport se traduit par une torsion transmise au tablier en béton, Position @ : Tangente Fig. 2.10 - Réglage de lavant-bec sur une courbe en plan. 31 GUIDE DES PONTS POUSSES On peut éventuellement polygoner — T'avant-bec, méme on utilise des éléments « standards », en assemblant les trongons avec des cales biaises et en disposant un contre~ ventement donnant une raideur en torsion suffi- sante, La trés faible raideur de torsion des poutres métal- liques non caissonnées, tels que sont les avant- becs courants, justifie en effet gu’on essaie d’avoir on bon centrage de réaction. En dépit de cela, l'ana- lyse des tolérances d'exé- cution montre qu'il peut @tre indispensable de calculer les avant-becs avec une marge de sécurité pouvant aller jusqu’a prendre Ia totalité de la réaction sur l'une des pou- tres, puis vérificr la torsion correspondante en extrémité du tablier (cf. § 7.2.4), Avant-bec courbe. 2.1.7. Incidence des contraintes géométriques sur aire de préfabrication La géométrie de I'aire de préfabrication conditionne celle du tablier. Générale- ment située en dehors du pont lui-méme, son tracé en plan et son profil en long doivent étre le strict prolongement du tablier. Sil y a changement de profil ou de tracé 4 Porigine du tablier, la plate-forme doit étre d’abord réglée pour per- mettre le poussage, elle doit donc étre modifiée 4 son achévement. 32, ‘ia, Spéeificités des ponts poussés 2.2. CONTRA TES STRUCTURELLES 2.2.1. Efforts longitudinaux sur les appuis Le poussage se fait par glissement sur différentes surfaces d’appui, ayant cha- cune son propre coefficient de frottement f. surfaces suivantes On doit distinguer plus spécialement les PHASES O'EXECUTION SUCCESSIVES (Tablior sur a..appuis supposés & niveau): * Gyetesavancement dena ne appuis, ‘Un nouveau tongon & Farr. (La prscontaine addons | zoneos “Zone oe roussnce [Bironnnck™ ernonrace —") | Caesars eee | pote nets woe EL oe | | owcontinus _— Fig. 2.11 - Zones de poussage. # I’aire de béionnage, comportant généralement elle-méme deux bandes fixes et un coffrage escamotable entre celles-ci (ce cofftage complémentaire n’existe pas pour une section transversale en U renversé ow pont d nervures) ; ela zone voisine, formant transition avant d’atteindre les appuis définitifs du tablier. Cette zone peut ne pas exister, ou elle peut avoir &é créée dans Vemprise de la premiere travée sous forme de palées provisoires. Cette zone est équipée d’appuis provisoires ponctuels, tandis que sur le banc de bétonnage, on a besoin de surfaces continues ; ¢ les appuis provisoires sur piles et culées ; # des butées latérales de guidage. Les appuis ponciuels comportent une interface de glissement constituée d’une tle inoxydable polie sur une plaque caoutchouc-PTFE. GUIDE DES PONTS POUSSES La loi du frottement H < f N, avec f supposé constant n'est qu’une approxima- tion, I] faut un effort pour amorcer le mouvement qui peut étre trés supérieur a celui correspondant au frottement au cours du mouvement, en particulier sur Vaire de bétonnage oit il peut y avoir localement des « collages » initiaux & vainere. Pour le couple inox-PTFE, f diminue sensiblement quand la contrainte aug- mente, la loi de frottement n’est pas linéaire : il y a donc intérét avoir de peti- tes surfaces de glissement, ce qui, outre la réduction des forces de frottement, facilite l'inscription des patins de glissement sous les ames, en maintenant éga- lement une distance suffisante par rapport aux arétes latérales, zones toujours fragiles sous charges concentrées. Le frottement dépend également de l'état de surface : lub fication éventuelle, vieillissement, usure, maintien prolongé en position fixe (ce qui majore le frot- tement, au moins au début du mouvement) Sa nature assez. aléatoire fait qu’il faut prendre des valeurs majorantes des coef ficients de frottement pour toutes les actions locales, tandis qu'on peut prendre Jeurs valeurs moyennes lorsqu’on somme Jes composantes du frottement pour obtenir les équilibres d’ensemble. II faut toutefois disposer une marge suffisante pour la définition des moyens «moteurs » pour obtenir le glissement, Pour cela, on considére en général des coefficients de 5% pour le - contact inox-PTFE, et de 15 % pour le glissement entre t6les graissées sur les longrines de bétonnage. On peut également obtenir sur PTFE ct avec tole nox —_graissée, des coefficients f de Pordre de 1%, mais cela dépend des graisses. Pour les efforts de poussage, il faut tenir compte en plus de la composante Fig. 2.12 Action du tablier sur la pile. de. charge permanente due a la pente du tablier (avec son signe) Le poussage en descendant réduit effort moteur, mais impose de disposer de moyens de retenue (cf, § 6.4). 34 val Spécificités des ponts poussés 2.2.2. Efforts transversaux Les efforts de butée transversale dépendent de facteurs géométriques, comme le dévers transversal sur appui (a frottement transversal nul, ce qui peut étre le cas pendant le glissement, B = B R, f dévers, R réaction verticale sur la palée). Si les ames ne sont pas dans un plan vertical, la butée transyersale, normale & L’me, comporte alors une composante verticale venant en réduction de la réac- tion d’appui Ng: Effort de butéelatérate Tg=@XNg Transversalement Fig. 2.13 - Efforts latéraux. Mais ils dépendent également des différences aléatoires de frottement, C’est pourquoi il faut toujours disposer des butées, meme sur un pont droit et en Pabsence de dévers Lorsqu’on pousse un pont courbe, ’effort moteur n’est pas aligné avec les frot- tements en téte des piles (Fig. 2.14). L’6quilibre statique nécessite au moins deux lignes d’appui avec butées latéra- les pour guider le tablier. Les efforts de guidage sont d’autant plus faibles que ces lignes sont plus espacées. Mais dbs le début du poussage, on a besoin éga Jement de guidage. La multiplication des lignes de guidage conduit & un systéme hyperstatique faisant intervenir les raideurs (transversales) souvent mal connues des appuis et des fondations, Cela est donc a priori a déconseiller GUIDE DES PONTS POUSSES Poussage => Fig. 2.14 - Principe de guidages latéraux. Toutefois, dans certains cas, pour des tabliers ayant un faible rayon et une faible inertic dans leur plan (tablier étroit), les efforts et les déplacements développés par la flexion d’axe vertical peuvent nécessiter une troisitme ligne de guidage. et pour le moins, une étude attentive de cette question en terme de contraintes et de déformation. Spécificités des ponts poussés 2.2.3. Dimensionnement des piles Les piles des ponis poussés doivent étre dessinées en tenant compte des impé- ratifs technologiques de poussage, nécessitant une place suffisante en téte de pile et une bonne accessibilité, Tant que la pente du tablier est faible, et dans Jes cas fréquents ot le poussage est fait en prenant appui sur les culées, les efforts longitudinaux définis ci- ayant, spécifiques du poussage, ne sont pas dimensionnants en comparaison des efforts de service (efforts sur les appuis qui ne sont jamais parfaitement mobi- les, freinage, vent pour des piles de grande hauteur). Les efforts transversaux de guidage, ou liés au dévers de la surface de glissement, sont également souvent du méme ordre de grandeur que Vaction du vent transversal de calcul (2.000 N/m?). Tl faut toutefois étre attentif aux déformations induites par ces efforis afin de maitriser le déplacement et de tenit compte, s'il y a lieu, des effets du second ordre qui peuvent étre importants pour des piles de grande hauteur. Les effets combinés du frottement et de la pente, sans tre us forte, peuvent conduire & des déformations de la pile qu’il faut calculer, ne serait-ce que de fagon som- maire si leur faible importance le permet. ‘Un haubanage peut éventuellement étre disposé pour limiter les déplacements (Fig. 2.16). L’efficacité du haubanage nécessite en général sa mise en tension, et l’existence de haubans selon deux directions antagonistes. Le poussage avec une forte pente peut nécessiter des dispositions particuliéres. Cela a été le cas pour les viaducs d’accés au pont de Normandie, avec une pente de 6 %. Le poussage s'est fait selon une technique particulitre dévelop- pée en 5.5.2, Au poussage Ja réaction n’est pas rigoureusement centrée, On consider général, un excentrement de + 20 om par rapport & axe d’appui (Fig. 2.15). en Les efforts dus au poussage ayant un sens préférentiel (sauf retour en arritre du tablier...), on peut avoir intérét 4 excentrer les patins de glissement pour réduire les moments & la base des piles. GUIDE DES PONTS POUSSES b= frottement ! p=pente Poussage en montant Poussage en descendant : hhaubanage artiére si b> P haubanage avant (1) iD p_haubanago aire (2) Fig. 2.16 - Haubanage des piles. 2.2.4. Appui supportant le dispositif moteur du poussage Cet appui doit équilibrer la résultante des efforts de frottement, majorés sil y a liew par la pente du tablier. Si P est le poids total du tablier en fin de poussage et p le poids du demier trongon bétonné & « décoller » du fond de coffrage, effort hori- 38 Spécificités des ponts poussés zontal moteur H, & pente nulle, doit étre dimensionné pour H= 0,05 P + 0,10 p, avec les coefficients de frottement précisés ci-avant en 2.2.1. L’appui de poussage doit également équilibrer les moments et efforts transver~ saux concourant A l’équilibre général. Il est fondamental pour le respect de la géomeétrie que la zone corespondante soit peu déformable, et que les inévita- bles déformations soient essentiellement acquises dés la premiére phase @exécution, dermier stade aprés lequel un réglage est encore éventuellement possible parce que la partie réalisée est isostatique. Au-dela, le systéme est hy- perstatique. Si le systéme de poussage est trés en retrait par rapport a Pouvrage a construire, ces sujétions ne concernent que la zone de préfabrication et les installations de chantier pour le poussage. Le plus souvent, ces installations sont voisines dune culée, dont le dimensionnement doit étre fait en conséquence Lorsque le poussage est réalisé avec le systéme Eberspiicher, qui nécessite une réaction verticale importante, le dispositif est généralement disposé sur pile avec, s'il y a lieu, multiplication des dispositifs de poussage, (voir plus spécia- iement le chapitre 6 pour ce systéme). Les piles sont alors soumises & des efforts &s supérieurs A ceux aux- quels elles doivent résister_aprés achévement du poussage. Des dispo- sitions provisoires telles que le buton- nage ou le haubanage des piles sont indispensables, sauf piles massives de faible hauteur. Des qu'il y a haubanage, un contdle de compatibilité des déformations est indispensable, afin de vérifier Velfi- cacité du haubanage avant défor- mations excessives. Haubanage de pile par profilés, Tbs GUIDE DES PONTS POUSSES 2.2.5. Efforts de flexion longitudinale dans le tablier Dans le cas des ponts poussés, les efforts de flexion générale ne proviennent pas seulement des charges de poids propre comme pour un pont coulé sur cintre. II convient de distinguer les points suivants ¢ les efforts dus au phasage ; « l'incidence d'une géométrie non parfaite du tablier ; « les pertes de précontrainte par déformations différées et le fluage. On se reportera au chapitre 8 pour les regles de calcul qui découlent des prinei- pes décrits ci-dessous. 2.2.5.1. Efforts dus au phasage (géométrie supposée parfaite) A Texception des ouvrages dont le bétonnage et le décintrement sont réalisés en une seule phase, la mulliplicité des phases d’exécution aux schémas statiques différents impose l'analyse séparée de ces phases, puis une sommation des sol licitations correspondant & chacune d’entre elles pour connaftre I'état de réfé- rence de Pouvrage acheve. Les déformations différées du béton modifient cet état de référence, sauf si Vor ganisation des phases de construction est telle qu’il n'y ait pas de différence entre état de sollicitation SI, auquel on arrive par sommation des phases de construction, et l'état S2, calculé comme si louvrage avait été construit sur cintre en une seule phase (selon un principe analogue a celui des ponts en en- corbellement. Cf. circulaire de 1975) Dans un pont poussé, il y a théoriquement une infinité de phases d'exécution, ramenée 2 un nombre fini si on désigne par phase chaque arrét du tablier pour la construction (et le poussage) d'un nouveau trongon. Par exemple, quand on pousse par travées completes, le nombre de phases est 6gal au nombre de ta vées Au cours du poussage, le lablier se déplagant par rapport aux appuis, cela re- vient & déplacer les réactions d'appui par rapport & la poutre (Fig. 2-17) 40 ae Spécificités des ponts poussés Fig. 2.17 - Equivalence entre 'avancement du tablier et les déplacements d'appui. Le calcul des ponts poussés est ainsi conduit © Pour chaque poussage, on calcule le tablier avec un « pas » de déplacement des appuis, ce qui permet d’ avoir une enveloppe des sollicitations au cours d'un cycle de poussage, puis un état semi-permanent en fin de poussage. On consi- dere que c’est cet état qui est soumis au fluage, ° Au cours de chaque cycle, il y a done une discontinuité du systéme étudié lorsqu'on atteint un nouvel appui (ane pile, un appui provisoire s*il y a lieu), avec changement du sysiéme statique. On suppose que le nouvel appui introduit est strictement au méme niveau que les autres appuis, déja incorporés au sys téme. » La discontinuité éventuelle est partiellement « gommée » par la souplesse de Vavant-bec. Elle peut méme I’étre totalement par la conception de la béquille avant, faite pour s'accommoder des fléches, des tolérances, et du changement de systéme porteur (cf. § 7.2.3). * Chaque phase de poussage donne lieu 4 un nouveau calcul complet, apres introduction, & Parrigre du tablier, de la partie nouvellement bétonnée ; ce qui modifie le mod’le (Fig. 2.18). © Toutes les charg introduite cer, (poids propre, précontrainte, gradient thermique...) sont sur le nouveau modeéle avec son ensemble d’appuis, qui va se dépla- © Les appuis, supposés strictement alignés, permettent de calculer les sollicita- tions dun pont poussé dont la géométrie serait parfaite ell n’y a pas, comme avec les autres modes de construction (encorbellement), superposition des sollicitations dues & la phase » & celles acquises en phase n ~/, mais effacement de la phase a ~ I remplacée par la phase n. En effet, il n'y a pa cumul de charges, mais remplacement. 41 GUIDE DES PONTS POUSSES © Dans Ia mesure ot I’on a un grand nombre de travées identiques et une méme position relative du tablier en fin de poussage, on retrouve évidemment les mé- mes solicitations dans Ie tablier, dans les mémes positions relatives, ds qu’on s’éloigne suffisamment de la zone modifiée, de n — 1 4 n (la modification com- portant, outre le nouveau trongon bétonné, la précontrainte mise en ceuvre pen- dant cette période). Phase i Modéle i Phase i+ 1 Modale i+ 1 Fig. 2.18 - Modification du modéle aprés ajout d'un nouveau trongon. Les calculs faits pour la partie arriére du tablier, nouvellement bétonnée, sont en général « conventionnels », & savoir eles dispositions constructives sur l'aire de bétonnage et 4 son aval immédiat (dans le sens du poussage) ont pour but de porter d’abord le béton frais, puis le béton durci mais trés jeune, avec des déformations réduites, afin de respecter les tolérances sur le profil en long, les arétes de coffrage vues, ete. ; # on passe de cette zone a celle comportant les « vraies » travées définitives via des appuis provisoires, plus ou moins « ponctuels » selon la nature du terrain au voisinage de la culée et Porganisation du chantier (échafaudage, remblai, palées auxiliaires). Cette zone de transition peut éventuellement étre implantée entre la culée et la premiére pile si rien ne s’y oppose (absence de gabarit 4 respecter sous la travée de rive en phase chantier, par exemple). 2.2.5.2, Incidence d’une géométrie non parfaite Toutes les sections du tablier sont tour & tour des sections dappui, et l'on doit postuler — pour les calculs - que les n sections simultanément en appui sont 42 Spécificités des ponts poussés cnées » alignées sur le profil théorique, Pour comprendre ce fonctionement i faut supprimer en théorie leffet du poids propre et considérer la poutre non pesante dans une position quelconque. Pour ramener la poutre sur ses appuis, il faut exercer une force F correspondant a la dénivelée d'appui Aw (Fig. 2.19) Cotte force F se traduit par des efforts hyperstatiques qui assurent la compa- Libilité géométrique de fabrication avec la position des appuis. Forme intrinséque_ F du tablier construit Idéal théorique Fig. 2.19 - Incidence dune géométrie non partaite (Lablier non pesant). De plus, cette hypothase conceme les deux lignes de glissement sur les deux rives du tablier, La raideur des tabliers caissonnés réduit d’autant plus les tolé- rances consiructives qu’il faudrait respecter pour éviter des décollements trans versaux, sauf a prévoir des moyens correctifs lors du poussage. Le calcu! des contraintes en phase de poussage doit done inclure T'action aléa toire de dénivellations Pappu (of. § 8.1.2.5 et 8.1.2.8). Lofft de celles-ci est & calculer avec le module instantané du béton, Lousage actuel est de quantifier ces dénivellations 8 | em pour un appui quel: congue, dans le sens longitudinal, et & un écart transversal de 5 yam sur une ligne dappui, pour la torsion (cf. § 8.1.2.8). Les causes de « dénivellation » sont multiples «sur Paire de bétonnage, si elle est mal régiée au départ. En niveau, cela peut étre corrigé en faisant la compensation sur Jes autres appuis. Ce défaut n'est pas cortigible si la pente initiale n’est pas bonne ; epar suite de déformations ultérieures de Paire de bétonnage (tassement de sol...). L’existence de fonds de moule réglables, en cas de portance du sol dou- teuse, peut y remédier ; + par suite de la rotation de la partie arriére du tablier en bout de banc de pous sage, partie contre laquelle on vient ensuite bétonner le nouveau troncon. Mé caniquement, cette rotation joue le méme réle qu’une brisure de ligne moyenne, elle peut (et doit) étre limitée par une bonne distribution des appuis en extré- 43 GUIDE DES PONTS POUSSE: mité du banc de poussage. On peut se donner comme objectif de ne pas dépas- ser une rotation de 2*10"; @ par le jeu da aux « empilages » de surfaces d’assise sur pile : patin de glisse- ment, inox, ete. Malgré la précision millimétrique qu’on peut rechercher sur chaque mesure, Pexpérience semble montrer que les valeurs de calculs ci-avant reflétent assez bien les possibilités des techniques actuelles, en restant réaliste. Si on introduit dans le modéle de calcul une succession de travées courtes, et qui plus est s°il y a répartition irrégulitre de celles-ci, le calcul classique fera apparaitre des réactions positives ou négatives, strictement non significatives, car tout début de décollement modifie la répartition des efforts. Les incertitudes de nivellement ont des conséquences énormes sur des petites portées. Il est inutile, et méme génant pour la compréhension des calculs, de simuler un appui continu sur fond de moule par une succession de « travées » dont I'élancement L/h soit inférieur & 4 environ. En effet, faute d'une rigidité rigoureuse, les charges supportées réellement par de tels appuis peuvent alors dépasser de beaucoup le poids d'une « travée », cette notion n'ayant plus de signification du fait du risque de décollement de 'appui voisin. L'aptitude du béton jeune a étre décoffié et poussé doit étre jugée en fonction des contraintes locales (poussage, précontrainte). Les contraintes de flexion dues au seul poids propre ne sont pas, en effet, significatives par rapport & la résistance du béton jeune, méme en traction, sur les faibles portées qui peuvent apparaitre juste au-del& du bane de poussage, dés qu'on a pu aménager correc- tement la zone de transition. 2.2.5.3. Pertes de précontrainte par déformations différées et fluage Les calculs doivent tenir compte de ’évolution des pertes de précontrainte, par un calcul de celles-ci aprés chaque phase de poussage, mais sans rechercher une précision illusoire : le fluage n’intervenant, comme le retrait, que par une vatia- tion de contrainte dans les cables de précontrainte, fonction d’un calendrier de construction Les déformations différées se produisent pendant que le tablier reste en position fixe, aprés chaque poussage (généralement entre une et trois semaines, durée de construction d'un trongon). Ces déformations, compatibles avec les appuis existants en cette phase, ne Ie sont pas @ priori avec les appuis en position fi- nale, II y aura done apparition d’efforts hyperstatiques pour assurer la compati bilité dans !’état définitif (Fig. 2.20 a 2.23). 44 navn nai Sprécificités des ponts poussés ® Position au temps tt 6 3 4 Fig. 2.20 - Phase i: si on cesse d'appliquer les efforts de poids propre, la poutre redevient droite. @ Position au temps t2 Détormation supplémentaie 08 4 vation de E Fig. 2.21 - Phase i: sion cesse d'appliquer les efforts, la poutre conserve cette déformation. © Fin de poussage Fig. 2.22 - Incompatibilité en position finale entre la forme intrinséque de la poutre a cet instant et la position des appuis =» apparition de réaotions hyperstatiques. Position au temps t3 Fig. 2.23 - Ouvrage en position finale. Comme il a dé indiqué au paragraphe 2.2.5.1, les phénoménes de fluage ont été examinés dans la circulaire de 1975 sur les ponts en encorbellement, et ils sont ici analogues. Une approche courante de I’état final, aprés fluage, est dadmettre pour cet état 1a configuration 1/2(S1+$2), $1 correspondant aux 45 GUIDE DES PONTS POUSSES phases de construction et $2 a la construction sur cintre sans phasage. Le mode de caleul des ponts poussés ne donne pas I’équivalent de $1 puisqu’a chaque phase on « efface » I’équilibre antérieur. La dernigre phase du poussage, avant- bee démonté, est I’équivalent strict de $2 : les appuis sont définitifs. A supposer que toutes les actions ne soient pas encore appliquées (dépose de certains ca- bles, précontrainte complémentaire...), ces actions appliquées au tablier fini ne donnent pas lieu & redistribution ultétieure par fluage puisque l'on est « sut cin- tre ». Les efforts hyperstatiques potentiels, négligés par ces calculs, peuvent étre @autant plus importants que la position du tablier dans les phases statiques entre poussages est différente (en position relative) de celle occupée en phase finale, et que cette situation est répétitive. C'est cette répétition de situations similaires qui pourrait donner de l’importance & la redistribution par fluage. longueur 0,6 £, puis une séquence de poussage par travée complate Jaissant Pavant-bec en port faux ainsi qu'un trongon de tablier de longueur 1/3. Il sen faut de L/15 pour que l’avant-bec porte sur Ia pile suivante. Avec les hypotheses ci-avant et pour un poids au metre linéaire de Pavant-bec égal 2 10 % de celui du tablier, & chaque arrét de poussage, le moment en console ction ~ en service ~ se retrouvera pratiquement en position de mo: meat positif maximal, soit sous charges permanentes Exemple Supposons un pont a distribution régulidre de travées, avec un avant-bec de M =0,073 p08 LY =0,047 pl? : Fig. 2.24 - Exemple d’ouvrage a positions d’arrét défavorables. Les déformation « inglastiques » de la zone avant, « mémorisables » par le biais du fluage, sont d’autant plus importantes que la situation de poussage dure plus longtemps et done que le pont est long. Dans ce cas, le calcul, ne tenant pas compte de la redistribution par fluage, introduit une erreur systé- matique dans la zone avant. 46 Spécificités des ponts poussés Dans exemple donné ci-dessus, et sauf stricte impossibilits, on doit dépla- cer Paire de bétonnage ou les appuis provisoires au voisinage de celle-ci, afin d’éviter l'existence du grand porte-&-faux en position totalement inver- sée par rapport a Ja structure du tablier en service. Lorsqu’on est en position limite d’accostage de l’avant-bec, il faut égale- ment faire un calage contrélé de la réaction de l’avant-bec (done avec véri- nage de celui-ci, a la fin du poussage), du fait de sa déformabilité, Avec les mémes bases que ci-avant, pour annuler I'effet (en terme de moment négatif dans la section d'appui) de la console en béton de 0,4 L et de l’avant-bec (de 0.6 L de longueur), il faut exerver un effort vers le haut R=0,122pL , ce qui entraine un moment a l’encastrement de avant-bec M = 0,055 pL’. Lreffet éventuel des redistributions par fluage, tel qu'il a été détailié au voisi- nage de I'avant-bec, s’amortit lorsqu’on s’éloigne de celui-ci, d’autant plus rapidement que la distribution des travées est irréguliére. Mais méme avec une distribution réguligre, les effets éventuels de ces redistributions s’atténuent parce que les moments qui sont leur origine sont plus faibles et qu’ils com- portent des termes algatoires, donc non répétitifs : les « dénivellations @appuis » (en fait, les incertitudes géométriques) et les gradients thermiques. En cours de poussage, et dés qu’on s’éloigne de la zone isostatique de Pavant- bee, le risque « dénivellation @appui > intégré de fagon forfaitaire dans Tes caleuls rendrait illusoire ~ et inutile ~, la recherche d’une prise en compte du fluage pour redistribution des réactions. Compte tenu de ces données, le calcul systématique des redistributions par fluage ne s’est pas imposé. Le stade final $2 est normalement bien connu. En effet, Ja mise sur appui défi- nitif d’un pont poussé doit se faire avec des contrdles de réactions d’appul ne laissant pas subsister une différence significative (en terme de contraintes induites dans les sections critiques du tablier) vis-a-vis des résultats des calculs du dernier poussage, soit $2. Mais comme décrit ci-avant il est des cas, & éviter @ priori par une implantation convenable de aire de bétonnage, ott un écart important et répétitif entre S1 et $2 impose au moins pour la zone voisine de Pavant-bec, l’analyse de !’ évolution des réactions dues au fluage. Remarque On peut noter également que le mode d’exécution des ponts poussés conduit a une précontrainte importante, qui ne laisse généralement aucune zone de tablier faiblement précontrainte : une modification modérée de distribution des moments ne peut donc pas altérer fortement la sécurité, contrairement au risque rencontré sur dautres ouvrages au voisinage des « zones de moment nul », lorsque ces zones se déplacent & cause du fluage. 47 GUIDE DES PONTS POUSSES Ceest la raison pour laquelle il sera soubaitable, dans toute la mesure du pos- sible, de positionner judicicusement I'aire de préfabrication du tablier par rapport & la culée de fagon a limiter ces effets du fluage (cf. également § 4.5). En cas d'impossibilité de choisir cette bonne position, on pourra alors essayer de jouer sur la longueur de l'avant-bec. Position d’arrét minimisant le fluage (viaduc de Ventabren) 2.2.6, Efforts transversaux dans le tablier au poussage Les sections tant toutes succes vérifiées comme telles. ivement des sections d’appui, doivent étre Pour une section transversale en U renversé (pont & nervures), avec des patins de glissement sous chaque nervare, cela donne lieu & un équilibre direct entre la réaction d’appui ct les cisaillements dans les nervures, sans aucun effet parasite s'il n'y a pas de torsion. La faible raideur en torsion des profils ouverts fait qu'il suffit alors, en général, de contrOler le cisaillement dé a l'effort tranchant 48 Spécificités des ponts poussés dans la nervure la plus chargée, sans y ajouter un terme de torsion. Les patins de glissement doivent étre centrés sous les nervures. On doit contrOler au poussage que les patins ne portent pas sur les rives des nervures afin d'éviter le risque @épaufrure des arétes. ‘Une bonne disposition constructive & cet égard consiste & abattre les arétes par des chanfreins 4 45° d’au minimum 4 x 4 em. Pour les sections en caisson, bien que la largeur de celui-ci puisse permettre de s'écarter des rives, cette facilité apparente s’accompagne d'un important que de flexion transversale, dés que l’emprise des patins de poussage déborde de la largeur des ames du caisson. On doit faire un calcul transversal en cadre, les réactions d’appui positionnécs en tenant compte des tolérances d’exécution équilibrant les cisaillements consécutifs & la flexion ensemble. Ce calcul donne des efforts globaux et pour passer de ces efforts aux contraintes, il faut apprécier la longueur de répartition, difficulté de méme nature que celle relative a effet de toutes les charges concentrées. On peut admettre en toute sécurité une longueur minimale égale a celle des patins de glissement, majorée de deux fois la hauteur jusqu’au centre de gravité de la section, ce qui revient 4 admettre une diffusion 4 45° a ce niveau des Les risques liés aux moments transversaux sont évidemment réduits ave patins étroits pouvant étre mieux centrés, ce qui est particulitrement recom- mandé (cf. § 8.2.2.1). Rien ne s'oppose a avoir des contraintes de compression t1és élevées sur des patins ainsi disposés. Bien au contraire, le frottement est plus faible, et la com- pression centrée locale ne peut jamais créer d’incident pourvu qu'on évite de charger une aréte (voir également chapitre 5). 49 Chapitre 3 CONCEPTION DU CABLAGE DE PRECONTRAINTE 3.1, GENERALITES La précontrainte longitudinale est congue pour assurer Vintégrité du béton du tablier aussi bien pendant les phases de construction que durant la phase d'ex- ploitation de Pouvrage. Les sections du tablier étant soumises pendant les phases de poussage & des efforts alternés, et le tablier réalisé par trongons succes: ‘ifs, cela conduit & une précontrainte spécifique, appelée couramment précontrainte de poussage Dans certains cas, une partie de cette précontrainte est provisoire, les cables corre: pondants étant détendus en fin de poussage, Une fois le tablier amené & sa position finale, la précontrainte de pou ge est complétée pour permetire & la structure de reprendre les efforts de superstructur ot de surcharges. Cette deuxitme précontrainte est appelée précontrainte de res comminutit Nous ne développerons pas ici Ie cas des ponts poussés & trois travées de type 1- 2-1 parce que, comme cela a été indiqué précédemment (cf. § 1.2), le schéma statique de chaque demi-tablier est, pendant le poussage, celui d'un fléau isos- tatique. Le cAblage correspondant est tout & fait comparable & celui d'un pont a trois travées construit par encorbellements successifs, avec des cibles de fléau mis en place en premire phase avant poussage, et des cables de continuité mis en ceuvre en seconde phase aprés clavage. 51 GUIDE DES PONTS POUSSES 3.2. PRECONTRAINTE DE POUSSAGE 3.2.1. Généralités La précontrainte de poussage est mise en ceuvre au fur et & mesure de la cons- truction des différents trongons. Elle est dimensionnée pour compenser les effets dus : eau poids propre du tablier (et des superstructures éventuellement mises en place sur l'aire de préfabrication) : efforts alternés du fait que chaque section passe alternativement en travée et sur appui ; © au gradient thermique de construction ; © et aux dénivellations d'appui. Son dimensionnement est également influeneé par le dispositif retenu & Tavant du tablier pour le franchissement du porte-d-faux (avant-bec, appuis provisoires, mat de haubanage). Chaque section éant soumise successivement a des efforts alternés, la pi contrainte de poussage doit présenter une résultante aussi proche que possible de la fibre moyenne du tablier (précontrainte dite « centrée »), Lobtention d'une « précontrainte centrée » peut se faire : soit a l'aide d'un cablage rectiligne (cf. § 3.2.2) ; soit 4 l'aide d'un cablage antagoniste (cf, § 3.2.3). Le principe de cblage retenu doit étre adapté au type d'ouvrage. Il y a licu, pour ce faire, de tenir compte notamment ede Timportance des charges appliquées et de leur répartition entre charges permanentes et charges roulantes ; © de l'inertie du tablier. Ainsi, dans le cas des ponts-rails, compte tenu des faibles élancements et des charges importantes appliquées apres construction, il n'y a en général pas diinté r€{ pratique & démonter une partie des cAbles de poussage. 3.2.2, Cablage rectiligne Ce cAblage est constitué de cables droits situés généralement dans les hourdis inférieur et supérieur, a l'intérieur du béton ; il comporte parfois des cables exté- rieurs tendus d'entretoise & entretoise, 52 cineca Conception du céblage de précontrainte Une partie des cables utilisés en phase de poussage ayant un effet peu favora- ble, ou défavorable, pour la tenue de Fouvrage en phase definitive, il peut etre intéressant de les détendre, voire de les récupérer ; dod les deux familles de cAbles rectilignes : ees cébles provisoires qui sont détendus en fin de poussage lorsque le tablier & atteint sa position finale ; cos cables sont en général des cfbles supérieurs en travée ct inférieurs sur appui ; ses cables définitifs qui sont laissés en place pour participer a la résistance du tablier en phase finale. Cela est notamment vrai dans le cas des ponts-routes ; en revanche, dans les ponts-rails, on n'utilise généralement pas ou tres peu de cles provisoites (voir remarque en fin du §.3.2.1). Le schéma de ciblage dépend bien évidemment de la fagon dont le tablier est découpé en trongons puis poussé, ainsi que de la position de Taire de préfabri- cation (voir chapitre 4) ; les deux cas les plus courants sont les suivants » ouvrage poussé par domi-travées : les reprises de bétonnage sont généralement situées au voisinage des points de moment nul des travées définitives. La fi- eure 3.1 représente un principe de cablage courant, dans lequel les cables sont sur des bossages situés au voisinage des reprises ; SENS POUSSAGE ===> Pile Pile Pile Cables définitifs nanecann= Cables proviscires Fig, 3.1 - Précontrainte de poussage ; ouviage poussé par demi-ravées © ouvrage poussé par travées entidres (cas des ouvrages comportant un grand hombre de travées) : Jes cdbles se croisent en général sur appuis, en bénéficiant GUIDE DES PONTS POUSSES de la présence dentretoises suffisamment robustes ; le plus souvent, les cables de poussage régnent sur deux travées, les croisements étant alternés (Fig. 3.2). Fig. 3.2 - Précontrainte de poussage : ouvrage poussé par travées entires. Il existe aussi le poussage par quart ou tiers de travées afin de limiter l'impor- tance du bane de poussage. Ce peut étre le cas lorsque le sol de cette zone est de mauvaise qualité conduisant & des surcotits importants de cette aire de préfabri cation, Mais cette réduction de longueur des trongons présente d'autres in- convénients vis-a-vis de la géométrie de l'ouvrage (cf. § 4.5 et 9.1.1). 3.2.3. CAblage antagoniste La conception de ciblage rectiligne décrite ci-avant ne permet pas d’optimiser la quantité globale de précontrainte dans Fouvrage. En effet, des quantités non négligeables de précontrainte sont disposées pour reprendre les efforts en phase de poussage, cette précontrainte devant étre cen- trée, compte tenu de lalternance des moments fléchissants. La précontrainte de continuité est disposée aprés poussage pour reprendre les efforts de service. Dans la mesure oii cette précontrainte est maintenant, dans la phupart des cas, extérieure au béton (cf. §. 3.3), il est appar intéressant de utilis de poussage, 2 condition de mettre en ceuvre des cables provisoires (dits cables antagonistes ou contre-cables), de tracé trapézoidal presque symétrique de celui des cables définitits par rapport a la fibre moyenne du tablier, de fagon a obtenit un cAblage de poussage centré (Fig. 3.3a et 3.36). ds la phase Les premiers cablages de ce type sont ceux des ponts de Sathorn (1980), Val de Durance, OA 33 & Marseille, (1983), Conception du cdblage de précontrainte Parmi les ouvrages récents, on peut citer les viaducs dacc’s au pont de Nor mandie (1994), le viaduc de Draney (A 86, 1996), le viaduc du Scardon (1997), ainsi que divers passages supérieurs poussés. Poussage : cables extérieurs provisoires Fig. 3.3a - Cables extérieurs provisoires antagonistes. Poussage : cables extérieurs définktifs seus poussact <=> | Pile Fig. 3.3b - Cables extérieurs onduiés définitifs. Ce cAblage antagoniste peut également trouver une application intéressante en précontrainte intérieure des ponts-dalles poussés de poriée importante : la solu- tion « cables rectilignes tendus avant poussage + edlbles ondulés tendus apres poussage » peut devenir impraticable, du fait du manque de place aux abouts pour les anctages ou de exces de compresssion de la fibre inférieure sur appui on phase d'exploitation 55 GUIDE DES PONTS POUSSES CAblage antagoniste. 3.2.4, Mise en continuité de Ia précontrainte de poussage Les cables de poussage stant mis en place et tendus sur Faire de préfabrication au fur et A mesure de l'exécution du tablier, il y a liew d'assurer la continuité de la précontrainte dans les sections de joint. Cette continuité des cables est assurée : e soit par croisement dans des bossages doubles, situés au voisinage des repri se » soit par couplage dans Ia section de joint 3.2.4.1. Ciblage de poussage avec cables croisés dans des boss ages La continuité des cables est assurée par leur croisement sur des « bossages dou- bles >. Dans le cas od louvrage est réalisé par demi-travécs, les bossages supéricurs et inférieurs sont situés au voisinage des reprises de bétonnage, soit sensiblement aux points de « moment nul » des travées définitives (Fig. 3.1) Lorsque Je poussage se fait par travées entitres, les cAbles sont le plus souvent ancrés sur les entretoises d'appui (Fig. 3.2). La sortie des cables en bossage présente 'avantage, par rapport & utilisation de coupleurs (cf. § 3.2.4.2), de permetire le démontage et, éventuellement, la récupé ration des cAbles utilisés en phase provisoire et situés dans les zones oi lour effet est peu favorable, ou défavorable, pour la tenue de Fouvrage en phase définitive. aoa i : i i Conception di cablage de précontrainte Par contre, cette solution néce: dancrages ‘te la réalisation des bossages et T'utilisation ‘en nombre d'autant plus important que les cables sont courts. 3.2.4.2. Cablage de poussage avec coupleurs La continuité des cables est assurée par des coupleurs placés aux reprises de bétonnage. Dans chaque section de reprise, le reglement frangais impose de ne coupler que la moitié des cables (au maximum), dans la mesure ott les cou- pleurs introduisent des singularités dans la répartition des contraintes normales. Les cables ont donc une longueur égale a celle de deux éléments de bétonnage, et, lors d'un cycle de bétonnage et de poussage, seule la moitié des cables du trongon est tendue. Tous les cables sont définitifs et participent & la résistance du tablier en phase définitive. Cette disposition présente l'avantage de simplifier ou de supprimer les bossages (Fig, 3.4). Viadue de Crould (1980-1992) Autres exemples d’ouvrage: viaduc do Creil (197-1978) - CITRA = viaduc de Saint-Isidore (1975-1976) - SGE Fig. 3.4 - Cablage intérieur par coupleurs. En contrepartie, les coupleurs sont encombrants et nécessitent souvent des goussets ou des hourdis épaissis. Ils ne permettent pas la récupération ~ ou tout au moins la détension — des cables ayant des effets défavorables en phase défi- nitive (cables supérieurs en travée ou cables inférieurs sur appuis). Ils imposent de plus de prendre un certain nombre de précautions dont les principales sont citées au § 3.5.1.4 ci-aprés. GUIDE DES PONTS POUSSES 3.3. PRECONTRAINTE DE CONTINUITE En fin de construction, la précontrainte de poussage, A exception des cables rectilignes provisoires et/ou des contre-cables (cas de cdblage antagoniste), est compléiée en tant que de besoin par des cbles supplémentaires dits de conti- nuité, de fagon a étre en mesure de résister & ensemble des charges appliquées en service. Ce cablage de continuité est semblable & celui des ponts coulés sur cintre. Il est constitué : e soit de cables ondulés disposés dans les Ames (cAblage intérieur), anerés en général sur des bossages doubles situés aux reprises de bétonnage (Fig. 3.5) ou sur les entretoises d'appui ; ces cAbles régnent généralement sur deux travé PRECONTRAINTE DE CONTINUTE | \ | 12 cables 19 ¥ 15 téleurs Fig. 3.5 - Cablage de continuité intérieur au béton. © soit de cfibles de tracé trapézoidal (cAblage extérieur), ancrés dans les entretoi- ses sur appuis (Fig. 3.3 et 3.6) Viaduc de la Grenette (TGV Nord) seve roussnoe | Fig. 3.6 - Cablage de continuité extérieur au béton. Dans les deux cas, ces cables, outre leur role en flexion longitudinale, partici- pent & la reprise de 'effort tranchant au voisinage des appuis. Conception du cdblage de précontrainte Is peuvent éventuellement étre complétés par des cables courts, intérieurs au béton et disposés en travée dans le hourdis inférieur (cles éclisses). Cablage définitif intérieur. 3.4, PRECONTRAINTE RESULTANTE aux chapitres précédents, on peut conchure que 6 comporte plusieurs types de cfibles. Des considérations développé Ja préconirainte d'un pont pous Un exemple récent d'ouvrage illustre bien les différentes possibilités offertes. TT Sagit du viadue de Drancy (A 86), dont le tablier comporte les familles de pré- contrainte longitudinale suivantes (Fig. 3.7a 43.74) : ontrainte mise en oeuvre au poussage * cables définitifs intérieurs au béton et rectilignes, dans les goussets ; ~ cables définitifs extériewrs : «cables déviés, «cdibles rectilignes le long des 4 bles provisoires extérieurs : bles déviés antagonistes, « cfibles de renfort dans les premitres travées 5 ® précontrainte mise on ceuvre apres poussage ~ cables déviés complémentaires, _ cAbles rectilignes de renfort dans les travées de portée maximale. 59 GUIDE DES PONTS POUSSE Sens poussage aby Pile Pile Pile Fig. 3.7a - Draney : cables de poussage intérieurs détinitits. Sens poussoge — eefay i p ULSZrrR. p F AA TT Wit TTT aA * a us us Hee L oe le Pio Pil Fig. 3.7b - Drancy : cables de poussage extérieurs définitfs, Drancy : cablage extérieur aétinitif rectiligne et cablage ondulé sur appui. 60, Conception du edblage de précontrainte ee Pie Pe Fig. 3.7¢ - Drancy ; cables de poussage extérleurs provisoires. Drancy : cablage définitif extérieur. 61 GUIDE DES PONTS POUSSE: Il convient de noter que, dans la plupart des ouvrages récents : ela précontrainte de continuité extérieure a remplacé la précontrainte ondulée située & l'intérieur des Ames ; «les cables sont croisés sur bossages (voir § 3.5.1.4 concernant les coupleurs). 3.5, MISE EN (EUVRE DE LA PRECONTRAINTE ET RECOMMANDATIONS DIVERSES Aprés la description des différents types de ciblages envisageables pour les ponts poussés, i convient d'en préciser les conditions de mise en ceuvre et d'uti- lisation ainsi que les principales dispositions technologiques & adopter et les difficultés qui peuvent se présenter. Les recommandations et prescriptions qui suivent concernent, pour Ja plupart, la précontrainte de poussage. Elles ne sont cependant pas spé ‘ifiques des ponts poussés. 3.5.1. Précontrainte de poussage 3.5.1.1. Cables de poussage intérieurs Ces cables sont généralement placés dans les hourdis. Tres souvent, compte tenu de I'épaisseur des hourdis, l'enrobage des cables est égal ou ts peu supé- ricur a T'enrobage minimal réglementaire. 1] faut done prendre le maximum de précautions pour respecter au mieux le tracé théorique. Les gaines doivent, en particulier, étre maintenues a intervalles réguliers pour éviter tout festonnage. 1] faut également éviter qu'au bétonnage se produise unc ségrégation au droit des cables, conduisant & un affaiblissement des sections de béton (cette ségrégation peut survenir lorsque les aiguilles de vibration entrent en contact avec les gaines, provoquant la vibration de celles-ci). L'intervalle entre deux supports successifs est fonction du type de gaine (0,75 & 1 m pour les gaines en feuillard). Un autre probléme délicat que posent les cAbles de poussage intérieurs au hour- dis est celui de la diffusion des efforts aux ancrages, particuligrement aux abouts. Aux raccordements entre trongons, on n‘arréte généralement que la moitié des cables, ceux-ci ayant une longueur égale a celle de deux trongons. Aux abouts, en revanche, et surtout & avant du tablier, la totalité de la précontrainte de poussage est ancrée. Tl faut alors éviter de concentrer les ancrages dans les 62 } Conception du céblage de précontrainte zones centrales des hourdis, faute de quoi les efforts de glissement a la jonction Ame/hourdis deviennent trop importants. II n'est cependant pas toujours possible diépanonir les tracés des cables & l'about, notamment dans le cas ott il faut pré voir l'ancrage des cables de deuxigme phase et 'emplacement de la jonction avec l'avant-bec. Dans ce cas, la solution, pour assurer dans de bonnes condi- tions la diffusion des efforts, est de réaliser une entretoise suffisamment résis- tante, éventuellement précontrainte transversalement, notamment dans le cas de tabliers larges. Bossages d'ancrage de cables de poussage intérieurs. 3.5.1.2. Cables provisoires de poussage extérieurs sont Ces cables oit des cAbles rectilignes, tendus entre entretoises ; « soit des « contre-cables » de tracé trapézoidal, en cas de cablage antagoniste. HI convient de se reporter au § 3.5.2 ci-aprés, pour les aspects « précontrainte extérienre ». 3.5.1.3. Bossages d’ancrage. Croisement des cables Liune des dispositions les plus courantes pour assurer Ia continuité du cablage de poussage consiste & croiser les cfbles sur des bossages doubles placés en extrémité arrigre des trongons de bétonnage. Selon Ja conception du cablage, on peut arréter la totalité des cables ou seule ment une partic dientre eux au droit de chaque bossage. Ces bossages prennent la forme de poutres transyersales liges aux ames (cf. photos ci-desstis). On peut, dans le cas ott le nombre de cAbles a arréter n'est pas trop important, concentrer les bossages aux jonctions ame; fhourdis. Tl est par contre déconseillé de disposer un bossage massif, non lié aux Ames, au milieu du hourdis (Fig. 3.8). 63 GUIDE DES PONTS POUSSE: Fig. 3.8 - Bossage d'ancrage central (alsposition déconseiliée). L’paisscur des bossages est dictée par 'encombrement des ancrages. Leur lon- gueur doit permettre de respecter l'alignement droit minimal en sortie d'ancrage et le rayon de courbure minimal du cable. Il faut aussi que la zone de recouvre ment des cAbles soit suffisamment longue pour que l'ensemble de la section reste comprimé Ancrages des cables d'un pont-dalle. La longueur des bossages dépend de la puissance des cfbles, de leur nombre, de leur tracé et de leur disposition par rapport aux Ames, de la largeur du hourdis... En pratique, elle varie entre 2 et 4 metres 64 Conception du cdblage de précontrainte La diffusion des forces de précontrainte est & examiner avec attention ; plu- jeurs phases sont A considérer la mise en tension des cables du trongon avant ; e la mise en tension des cables du trongon arriére: éventuellement, dans le cas oit certains cables intérieurs seraient provisoires, la détension de ces cables. 3.5.1.4. Coupleurs Liemploi de coupleurs permet de limiter l'encombrement des bossages et de réduire le nombre d'ancrages. Les coupleurs peuvent étre utilisés aussi bien sur des cAbles intérieurs que sur des cables extéricurs. Dans les deux cas, des précautions d'emploi doivent étre prises. On peut distinguer deux grandes familles de coupleurs, les coupleurs « multi » et les coupleurs « mono ». Il faut éire particuligrement attentif aux risques de décollement de Tancrage primaire de sa plaque d'appui lors de la mise en tension du cable secondaire. En effet, les tensions des torons sont rarement égales au sein d'un méme cable et leur résultante n'est donc pas centrée. En cas de décollement, on perd alors Vali- gnement entre les deux cables, ce qui donne naissance & des cassures angulaires pouvant entrainer des ruptures. Ce risque est plus accentué dans le cas de Ja précontrainte extérieure, car les pertes par frottement sont extrémement réduites et la force transmise par le ca- ble secondaire peut étre supérieure & la force ancrée du cable primaire. I ne faut cependant pas le négliger en précontrainte intérieure, surtout si, comme c'est le cas dans les ponts poussés, les cfibles sont rectilignes et ne subissent done que de faibles pertes par frottement. Le probléme est & examiner chaque fois que Tutilisation de coupleurs est envi- sagée. On devra veiller, & Yexécution, & respecter au: mieux l'alignement des deux cables couplés. Compte tenu de la quasi-impossibilité d'une intervention ultérieure, et de tous es inconvénients évoqués ci-dessus, i est donc recommandé de n'avoir re cours aux coupleurs en précontrainte intérieure qu’en cas d'absolue nécessité. TI convient, en toute hypothése, de respecter un certain nombre de prescriptions dans le cas od I'on aurait recours & des coupleurs (cf. article 6.1.5 du BPEL): 65 GUIDE DES PONTS POUSSE: * limiter le nombre de cables couplés dans la méme section (a la moitié, au plus, du nombre total de cables traversant la section) ; « vérifier la section de couplage dans le cas oi la force transmise par les cou- pleurs se trouverait réduite d'un tiers ; e assurer la continuité des armatures passives longitudinales sur une certaine longueur. 3.5.1.5. Cables provisoires Comme il a été dit plus haut, il est fréquent qu'un certain nombre de cables de poussage soient détendus en phase de service. Le caractére provisoire de ces cfibles ne doit pas dispenser de prendre certaines précautions & la mise en ceu- vie. Généralement, les cables de poussage extérieurs rectilignes sont provisoires. La principale précaution & adopter est de protéger le personnel contre les ruptures de toron, On peut soit disposer des colliers & intervalles rapprochés, soit gainer Ie cable. Une gaine en feuillard, du type précontrainte intérieure, fait alors par- faitement l'affaire puisqu'elle n'est pas destinée a étre injectée. Il arrive parfois que Ton démonte des cables de poussage intérieurs (ce sont alors des cables courts placés en fibre inférieure sur appui et en fibre supérieure en travée) dont l'effet serait défavorable en service. I faut dans ce cas éviter, lors des injections, de contaminer les gaines des cébles provisoires. 3.5.1.6. Réutilisation des cables provisoires Il est recommandé de ne pas réutiliser les cables provisoires, et c'est rarement économique, compte tenu de toutes les précautions & prendre. Toutefois, lorsque ce réemploi est envisagé, il y a lieu, dans tous les cas, de prendre les précautions suivantes : «limitation de la tension a S'ancrage des cables que l'on souhaite réutiliser & 0,70 f, » démontage et stockage soigné: © élimination avant réemploi des trongons de cables blessés par les clavettes Cette demiére prescription, qui conduit A raccourcir les cles, limite en fait considérablement Ia réutilisation des cables sur un ouvrage identique (franchis- sement 4 deux tabliers), 2 moins de se trouver dans le cas particulier 00 les tra vées sont de longueurs inégales. 66 Conception du cablage de précontrainte 3.5.2. Précontr: te de continuité Cette précontrainte est le plus souvent, dans les ponts actuels, extérieure au béton, Les prescriptions & suivre pour Ja mise en ceuyre de la précontrainte extérieure sont détaillées dans le Guide de la précontrainte extérieure du SEYRA, Elles Sappliquent a tous les ouvrages et il ne sera donc simplement rappel ci-aprés que quelques principes fondamentaux : « Tracé des cables Rechercher les tracés les plus simples possibles, en placant le bles au plus pres des mes. ° Déviateurs Préférer, pour dévier les cables, des entretoises en travée (en général 2) consti tuées d'une poutre inférieure transversale et de voiles verticaux, plutot que des possages situés & la jonction de l'éme et du hourdis inférieur + Remplacements des cables Prévoir, des la conception, les dispositions nécessaires au remplacement éven- tuel des cables (possibilité qui constitue l'un des avantages de la précontrainte extérienre) ; technologie des gaines et des injections, acces au niveau des culées, gabarits, équipements divers. © Diffusion des efforts La précontrainte extériewe conduit souvent & des cables de plus en plus puis- sanis et donc a des efforts importants ancrés dans une méme section. Tl peut tre intéressant de prévoir une précontrainte transversale dans Jes Zones concernécs, pour reprendre les efforts d'éclatement. « Sécurité a rupture des ancrages La sécurité d'un ouvrage & précontrainte extérieure repose intégralement sur La tcnue des ancrages aux surtensions. Avec des anerages @ clavettes, jl faut en particulier que les dispositions de protection contre la corrosion ne bloguent pas Jc déplacement des clavettes dans leur logement © Vibration des cables extérieurs Afin d'éviter une mise en vibration d vements du tablier, il peut étre nécessaii cAbles extéricurs sous I'action des mou- le disposer des colliers de serrage. 67 GUIDE DES PONTS POU: 3.6, PRECONTRAINTES COMPLEMENTAIRE, ADDITIONNELLE 3.6.1. Précontrainte complémentaire Cette précontrainte est susceptible d'étre mise en ceuvre en cours d'exécution, dans le cas ott la précontrainte initiale s'avérerait plus faible que prévu (du fait de pertes par frottement sous-estimées notamment). En fait, elle a surtout été utilisée pour les ouvrages construits par encorbellement, en raison des risques ligs au tracé complexe du cablage lorsque celui-ci était en- tigrement intérieur au béton et compte tenu des nombreux joints. Sa présence, dans le cas des ponts poussés, s‘avere nettement moins nécessaire, le cablage comportant des tracés plus simples, peu de joints et une précontrainte de pous- sage importante, ce qui conduit donc a peu de risques d'insuffisance deffort. 3.6.2. Précontrainte additionnelle Cette précontrainte est destinée & pouvoir étre ajoutée au cours de la vie de Tou- vrage soit pour pallier une défaillance de ce dernier, soit pour faire face & une augmentation des charges. Son dimensionnement peut résulter d'un calcul (cas des ponts SNCF) ou étre forfaitaire. Ainsi, dans les ponts-routes, on se contente généralement de réserver une paire de cables, & tracé ondulé puisqu'il s'agit d'une précontrainte de conti- nuité. Le cAblage étant extérieur, il suffit de disposer les traversées de dévia- teurs et dentretoises et, bien entendu, la partie noyée des ancrages. Les tubes de traversée étant galvanisés, le probléme de la corrosion ne se pose pas comme pour le cablage intéricur Ancrage de cables intérieurs et tubes pour précontrainte additionnelle. 68 Chapitre 4 LAIRE DE PREFABRICATION 4.1, GENERALITES Crest la zone oi le tablier est préfabriqué par coulage du béton dans des coffra- ges, avant son poussage, Cette aire de préfabrication se trouve dans le prolon- gement géoméirique de l'axe longitudinal et du profil en Jong de Vouvrage, en arridre de l'une des deux culées, si Pouvrage est poussé par un seul c6té, ou en arridre de chacune des deux culées, s'il est poussé par les deux cotés. Le type d'aire de préfabrication retenue, sa Jongueur et son importance, dépen- dent de plusieurs facteurs, dont surtout la section transversale du tablier 4 cons- truire, son mode de poussage, mais aussi la taille de louvrage, notamment sa Jongueur totale et les portées de ses travées, ainsi que de la place dont on dis- pose pour s'installer. L’aire de préfabrication regroupe principalement les longrines d’appui du ta blics, sur lesquelles il repose lors de son coulage et sur lesquelles il glisse lors de sa mise en place, et Jes coffrages dans lesquels le béton est coulé soit par plots successifs, soit en totalité. On y trouve également, la zone d’ assemblage et de montage des cages d’armatures, ainsi que les dispositifs de poussage et les équipements pour Ia mise en ceuvre de la précontrainte. Dans le cas des ponts poussés par un seul c6té, on peut distinguer deux princi- paux types d’aires de préfabrication, selon que la section du tablier est coulée en une seule phase (coulage en pleine section }, ou coulée en deux phases dé- calées (généralement des sections en caisson). Dans le cas des ponts poussés par les deux cétés, de type 1-2-1, la conception de V’aire de préfabrication est plus spécifique. 69 GUIDE DES PONTS POUSS : Pare Hy (i/ie |fat| Se ph $] | BEI] ae |) BRB bey i 3 z oo) «Ee ie CGRUE ATOUR poussace Aire de poussage : longrine. 70 Laire de préfabrication 4.2. BETONNAGE EN PLEINE SECTION Ce type d’aire de préfabrication oi le tablier est coulé transversalement en sec- tion complete, en une seule phase, correspond en général aux sections en profil ouvert, de type dalle pleine, ou dalle nervurée (nervures larges ou étroites). C’est Ie cas le plus simple ot aire de préfabrication est réduite & un simple emplacement oi se situe le coffrage pour le coulage en place d'un trongon de tablier d’une certaine longueur. Coffrage tunnel LEE EES Panneaux TatSraux Feet, SESE Fond de moule Fig. 4.2 - Principe de coffrage pour pont a dalle nervurée. Dans le cas le plus courant, oti Mouvrage est préfabriqué par plots successifs, ot poussé au for et & mesure de sa préfabrication, cet emplacement se trouve a poste fixe, les coffrages n’effectuant qu'un mouvement d’ouverture evfou de translation yerticale pour permettre le d offrage Dans certains cas, lorsque Mouvrage n’est pas trés long (cas des passages supé- rieurs autoroutiers par exemple ), le tablier est entitrement préfabriqué sur toute sa longueur avant d’étre poussé. Ceci permet notamment d’avoir un cfiblage de précontrainte filant, allant d’un bout a l'autre du tablier, et d’éviter ainsi toute reprise de continuité de la précontrainte par coupleurs ou autres dispositif’ Dans ce cas, on peut soit coffrer en place Ja totalité du tablier au moyen dun coffrage traditionnel sans réemploi, soit disposer d'un coffrage partiel qui est déplacé aprés coulage de chaque trongon successif, seu! le fond de moule res- tant alors en place sous le tablier jusqu’a la fin de son poussage W GUIDE DES PONTS POUSSES Pont-daille poussé. Dans des cas particuliers, on peut étre amené & couler en une seule phase des sections en profil fermé, de type caisson. On utilise alors des coffrages plus complexes, comportant un coffrage intérieur « tunnel », comparables & ceux des équipages mobiles ou des cellules de voussoirs. La Jongueur des plots succes- sifs préfabriqués est alors beaucoup plus réduite, et cette solution est réservée A des ouvrages soit trés courts, soit pour lesquels on ne dispose que de tres peu de place detrigre les culées, Dans ces cas spécifiques, une attention toute particu lidre doit etre portée a la géométrie de cette aire de préfabrication, pour les rai- sons explicitées au chapitre 2. 4.3. BETONNAGE EN DEUX PHASES DECALEES est le cas des sections de forme un peu plus complexe que les sections pleines précédentes, généralement des sections en caisson, mono ou multi-cellulaires cest-2-dire comportant deux Ames, voire plus, verticales ou inclinées, reliant le hourdis inféricur et supérieur. Dans le cas de ces sections en caisson, Je bétonn: se fait généralement en deux phases décalées, correspondant respectivement au bétonnage dune pre~ mitre phase comprenant le hourdis inférieur et les Ames, d’oi l'appellation de « bétonnage du U », suivie dune seconde phase correspondant au bétonnage du hourdis supérieur. Pour des raisons surtout esthétiques, afin d’éliminer un joint visible, on évite généralement la reprise de bétonnage au milicu de "ame. De facon a effectuer cette reprise dans une zone of la contrainte de cisaillement n'est pas maximale, on préférera disposer cet arrét de bétonnage dans le gousset T2 Laire de préfabrication supérieur de lame, & sa jonction avec le hourdis supérieur, profitant ainsi d'une largeur de béton sollicitée plus importante, 1) Construction du hourdis inférieur et des ames, Pemenclatous Fone oe mola Lorene 2) Construction du hourdis supérieur 21 Constuation du hounds suptiour Fig. 4.3 - Caisson : coffrage des phases de construction. Le décalage de ces deux phases de bétonnage, le U et le hourdis supérieur, peut se faire soit dans le temps, soit dans l’espace. Bétonnage en deux phases. 73 GUIDE DES PONTS POUSSE. 4.3.1. Bétonnage en deux phases décalées dans le temps Les deux zones de préfabrication du U et du hourdis supérieur sont géographi- quement confondues, et Ie tablier n'est pas déplacé entre le premier bétonnage, celui du U et le second, celui du hourdis supérieur. OSS ® [pawtoroye ter Pe “7 tL Lie oe ee. ote fonda mae srement 7 cnnotdo anne woos ‘ate Taste do Wed ZONE BEPOUSEAGE | —+| "ZONE DE BETONNAGE Fig. 4.4 - Aire de préfabrication avec une seule zone de bétonnage. Le cycle se décompose en deux parties : dans la premiére partie, on proctde au coulage du U, et dans la seconde partie, au coulage du hourdis supérieur, Les coffrages du U doivent étre enlevés pour permetire la mise en place de ceux du hourdis supérieur, La méme équipe réalise successivement des opérations diffé- rentes & chaque partie du cycle. 4.3.2. Bétonnage en deux phases décalées dans I'espace Les deux zones de préfabrication du U et du hourdis supéricur sont décalées géo. graphiquement et disposées Tune 2 la suite de Tautre. Ainsi, deux équipes, spé Cialisées, réalisant toujours la méme chose, l'une le U, l'autre le hourdis supéricur travaillent simultanément, et séalisent, durant un cycle déterming, le U du plot et le hourdis supérieur du plot n ~ 7. Cette seconde disposition nécessite généra- Jement plus de place. 74 Liaire de préfabrication zone veneronnace ou TaRueR || zoMe DF POUSSAGE cure Wy BGO) comacasern Fig. 4.5 - Aire de prélabrication avec deux zones de bétonnage. 4.4, AIRE DE PREFABRICATION DES PONTS POUSSES PAR LES DEUX COTES DE TYPE 1-2-1 Pour ces ouvrages, de par Ja nature méme de ce type de structure dont le mode de fonctionnement est tres proche, durant sa phase de construction, de celui d'une structure construite par encorbellement avec figaux en console, la réalisa- tion de chacun des fIéaux, et donc la conception méme des aires de préfabrica- tion, n'est pas du tout Ja méme que colle des ponts poussés dun seul cété. Llaire de préfabrication, sur chaque tive, comporte des longrines appui dont la longueur est égale a Ja longueur du fléau a réaliser, c'est-a-dire celle du demi- tablier. La réalisation de chacun de ces demi-tabliers se fait donc par voussoirs, de fagon comparable a celle d'un fléau de pont en encorbellement dont les vous soirs courants sont préfabriqués, de part et d’autre d'un voussoir sur pile con trale. Le cablage est alors tres proche de celui d'un tel fléau, et les coffrages sont du méme type que ceux utilisés pour couler ces voussoirs préfabriqués sur dou- cines. Cependant, du fait d'une réalisation de ces voussoirs « sur cintre », la 15 GUIDE DES PONTS POUSSES longueur de ces derniers est généralement supérieure & celle des voussoirs pré- fabriqués d'un pont en encorbellement. 4.5. ORGANISATION GENERALE D'UNE AIRE DE PREFABRICATION DE PONT POUSSE 4.5.1, Principes généraux * L’aire de préfabrication du tablier doit étre facilement accessible et suffisam- ment vaste pour permettre l’installation des différents ateliers et équipements nécessaires 8 la construction des éléments successifs. * Les longrines sur lesquelles repose le tablier lors de son coulage doivent étre fondées de fagon telle qu’elles ne risquent pas de subir de tassement ou de mouvement qui pourraient compromettre la géométrie du tablier. Ces fonda- tions peuvent étre soit superficielles, si le sol est suffisamment stable, soit pro- fondes. Lorsqu’un doute subsiste, on peut prévoir un dispositif de rattrapage de ces mouvements et de recalage de la longrine, mais ce dispositif ne pourra étre utilisé qu’une seule fois, aprs poussage du premier trongon du tablier et avant bétonnage du second. eee y Fig. 4.6 — Zone de prétabrication de fa dalle inférieure = détail sous fond de moute. Longrine de poussage. * Le glissement du tablicr sur les longrines de laire de préfabrication se fait géné- ralement par l'intermédiaire de plaques de toles ou de contre-plaqué bakélisé, sur des profilés ou des t6les métalliques, Pinterface étant soigneusement graissée. 16 Liaive de préfabrication «Le guidage du tablier doit se faire dés aire de préfabrication : lors du pous- sage des premiers trongons, le guidage se fait en deux points, un A lextrémité avant de Ia longrine, autre & l'extrémité arridre. Au-deld, des que le tablier a atteint d’autres appuis, un seul guidage au droit de l'aire de préfabrication sub- siste ot se situe juste & la sortie des coffrages. Fond de coffrage mobile. # Le bétonnage des plots successifs du tablier peut se faire soit & la pompe, soit a la benne avec l'aide d’une grue, en fonction de ristiques de la section et de Pouvrage, du volume de béton que représente chaque plot bétonné, et des moyens dont dispose le chantier. AMhshabshat os \ Tre TINT Ee : ae Fig. 4.7 - Aire de préfabrication et de poussage : vue d'ensemble. 7 GUIDE DES PONTS POUSSES 4.5.2. Conception générale et dispositions constructives relatives aux coffrages «Les coffrages de bétonnage des plots successifs, ou du tablier dans son en semble, dépendent, dans leur nature, leur configuration ou leur conception méme, des caractéristiques et de l’importance de Pouvrage. Ces coffrages peuvent étre en bois, ou métalliques, constitués de banches as- semblées ou formant des coffrages outils spécifiques, commandés hydrauli- quement par vérins, ou a réglages et calages manuels. En tout état de cause, ils doivent étre suffisamment rigides pour ne pas risquer de se déformer sous le poids et la poussée du béton, et leur étanchéité doit étre excellente au droit de tous les raccordements et joints de coffrage. Compte tenu de la rigueur géométrique qui est nécessaire pour garantir un bon poussage et éviter des efforts parasites qui risquent d’étre trés importants, une attention toute particuliére doit étre portée 4 cette rigidité des coffrages. 4.5.3. Cycle de construction des tabliers de ponts poussés et longueur de l'aire de préfabrication Pour des ouvrages courants 4 travées multiples, poussés par un seul cOté, 2 sec: tion transversale en caisson, avec un coulage en deux phases décalées dans Pespace, le cycle couramment obtenu pour la préfabrication des troncons suc- cessifs est de cing jours, pour un élément de longueur comprise entre 15 et 20 ow 25 m, avec un calage sur le cycle calendaire de la semaine. Ceci permet de bénéficier des'deux jours d’arrét de travail en fin de semaine, ce qui laisse le temps au béton d’effectuer librement sa montée en résistance. Dans certains cas particuliers, on peut obtenir des cycles assez, fondamentale- ment différents. Ainsi, si l ouvrage n’est pas poussé aussit6t aprés Ia préfabri- cation de chaque élément, le cycle est réduit au strict temps nécessaire aux cof- frage, ferraillage, coulage et décoffrage de I’éiément concerné. I1 peut alors étre réduit & trois ou quatre jours, voire méme deux jours si la longueur des éléments préfabriqués est plus courte. Il en est de méme si la précontrainte n’est pas né- cessaire au poussage. Lorsque Maire de préfabrication e du type deux phases décalées dans le temps, cest-A-dire que le tablier n'est pas déplacé entre le bétonnage du U et celui du hourdis supérieur du méme plot, le cycle de construction est en général de cing jours (une semaine) pour chaque phase, c'est-a-dire une premigre semaine pour le U, la semaine suivante pour le hourdis supérieur. Dans ces conditions, Ie poussage ne s'effectue que toutes les deux semaines. Pour obtenir les mémes 8 ‘aire de préfabrication cadences d'avancement du chantier, il est done nécessaire d'avoir des longueurs de troncons doubles de celles que Yon a pour chaque plot en phases décalées dans l'espace. La longueur retenue pour !'aire de préfabrication proprement dite, c’ est-a-dire 1a zone de coffrage, dépend de plusieurs facteurs. Généralement elle correspond a * pour les ponts poussés par les deux c6tés, de type 1-2-1: sur chaque rive, la longueur du fléau @ construire, Cest-a-dire celle du demi-tablier ; « pour les ponts poussés par un seul coté, cela dépend de Ja longueur de lou vrage, de sa section et du type de V'aire de préfabrication ~ bétonnage en pleine section : « si Youvrage n'est pas trés long : /a longueur totale de Vouvrage, « si louvrage est long : des plots d'une demi-travée, pouvant éventuelle- ment étre réduits ; — bétonnage en deux phases décalées dans espace : une demi-travée ; ~ bétonnage en deux phases décalées dans le temps : une travée entiére Poussage, L a Let — ntetios ! ‘eons vee evant iE) L=L2 Fig. 4.8 - Découpage en éléments. En outre, pour ces ouvrages, il est nécessaire de laisser une zone de transition entre l'aire de préfabrication proprement dite supportant les coffrages, et la nm GUIDE DES PONTS POUSSES culée d'extrémité, cette zone de transition (Fig. 4.4 et 4.5) devant avoir, en l'ab- sence de contrainte particuliére, environ la longueur d'une travée (si une telle zone de transition était impossible 2 ménager, i conviendrait de Ja remplacer par des dispositions spécifiques, telles que des palées provisoires, ou une esta- cade d'appui en travée de rive. Voir § 4.6) Poussage, N Na N2 x © x t At Az AS ‘co Zone dovstonege | _ zene de peussage Guat Fig. 4.9 - Implantation de la zone de transition. En tout état de cause, pour chaque ouvrage, avec le choix de la longueur de Taire de préfabrication, une étude détaillée ct optimisée du cycle devra étre ef- fectuée, en fonction des caractéristiques de la section transversale et de Pouvrage, de la conception du cablage, ainsi que des dispositions constructives ot technologiques du poussage. oeraTIONS [see [ome Yes [one | ones reanicem een ey © consucnovacen (9) = Mise ea ace cota incurs a —Feratogs ts ipsiue bp ese eb réersevangaesteioas —! a —| coveruononpatcwrcneine Ridge ue trae EEE Feanatye ite Pose is pecntane ne = Pose gins des cbs henge — enaze CYCLE HEBDOMADAIRE Fig. 4.10 - Exemple de cycle. 80. L'aire de préfabrication 4.6. IMPORTANCE DE LA POSITION DE L'AIRE DE PREFABRICATION La position de Faire de préfabrication du tablier et notamment, son recul par rapport & Tanri@re de la culée a une grande importance et doit étre choisie de fagon judicieuse. Cette position intervient vis-a-vis de trois facteurs : le respect de la géométrie de Vintrados, 1a conception meme du cablage et les éventuels offets du fluage du béton dans la structure durant le poussage- 1. Si Pextrémité avant de Maire de préfabsication se trouve trop pres de Ia culée, lorsque la partic de tablier dgja réalisée aura été poussse, sa flexion dans la tra- vée de rive va engendrer une rotation de la section d’about arriere qui ne Sot plus verticale (Fig. 4.11). De ce fait, le coulage du trongon suivant au contact de votte face arriére formant section de reprise va emprisonner une « cassur » angulaire dans la géometrie de Pintrados de la poutre, ce qut entrainera un effet Gquivalont & des dénivellations d’appuis lors du poussage, et oer! des mo- ments parasites qui peuvent atteindre des valeurs non négligeables. Ce phéno- vnbne est dautant phus important que la portée de la travée de rive est grande. En cas d'impossibilité de recu! de Maire de préfabrication, on peut éventuelle ment résoudre ce probleme en disposant une ou des palées provisoires dans la travée de tive Fig. 4.11 - Rotation dextrémité de tablier sur aire de préfabrication. 2, La position de aire de préfabrication a une incidence sur la conception du cablage mis en ceuvre pour le poussage. En effet, si cette aire est suffisamment reculée par rapport a la culée, et si des plots d’appuis provisolres suffisamment rapprochés permettent au tablier de ne franchir que des portées faibles sur une assez grande longueur, il n’est pas nécessaire de mettre en ceuvre tout de suite la fotalité de la précontrainte de poussage : on peut alors Ia différer d'un plot ou 81 GUIDE DES PONTS POUSSES de deux, et ainsi ne mettre en ceuvre que la moitié, voire le tiers, de cette pré- contrainte de poussage, les cbles correspondant ayant alors une longueur dou ble ow triple de celle qu’ils auraient si on tendait chaque fois la totalité des ca- bles. Ainsi, un tel recul permet d’obtenir la méme précontrainte de poussage avec des cAbles deux ou trois fois plus longs que si l’aire de préfabrication se trouvait juste derriére la culée. Cette disposition se traduit par une économie s le nombre d’ancrages qui est ainsi divisé par deux ou trois, mais surtout réduit fortement les problémes de positionnement de ces ancrages dans les entretoises, bossages ou déviateurs, ainsi que les problémes de diffusion et de ferraillage entrainés par la multiplicité de ces ancrages. On peut éventuellement, et comme précédemment, résoudre ce probléme en disposant une palée provisoire dans la travée de rive. 3. Dans Ie cas d’un ouvrage comportant un grand nombre de travées toutes égales, si les poussages sc font sur des longueurs égales Ja portée de ces tra- vées et si, a la fin de chaque poussage, le tablier se trouve toujours dans Ia méme position par rapport aux piles ~ par exemple, avec une console impor- tante A son extrémité avant, juste avant l’accostage de lavant-bec (Fig. 4.12) — le fluage va engendrer une redistribution de moments fléchissants dans la structure non négligeable (voir chapitre 2), Plut6t que de chercher a en faire une approche théorique par le calcul, il est préférable d’adopter des dispositions constructives permettant d’éviter ce phénoméne, en positionnant judicicusement Vaire de préfabrication pour éviter des consoles importantes, systématiques entre chaque poussage. Phase i Phase i+ 4 Phase i+ 2 Fig. 4.12 - Positions d'arrét répétitives engendrant du fluage. 82, Chapitre 5 DISPOSITIFS DE GLISSEMEN ET DE GUIDAG Ce chapitre présente les différents matériels permettant le poussage du tablier, & savoir les dispositifs de glissement provisoires sur lesquels il se déplace, Jes dispositifs de guidage controlant latéralement ce déplacement et les différents équipements des tétes de piles nécessaires. 5. . SYSTEME PTFE SUR INOX 5.1.1. Description du dispositif Le dispositif de glissement le plus largement utilisé est constitué de plaques de glissement dites PTF -inox. Le systtme comprend les éléments suivants (ig. 5.1): un plot d’appui provisoire pré des autres points d’appui tels que culée, appuis provisoires de aire de cons. truction) par l'intermédiaire d'un mortior de calage ; un papier kraft ou un film de polyane peut également etre utilisé en sous-face du plot préfabriqué pour faciliter son enlévement ultérieur ; fabriqué en béton armé, posé en (éte de pile (ou sun chassis de glissement constitué dune plaque métallique de 5 cm @ épaissenr recouverte pat une plague d'inox polie de 2mm. C chassis repose on général sur le plot de béton par V'intermédiaire dun mortir de calage per- mettant le réglage parfait du chassis selon la pente de Pouvrage. Le profil en Jong du chassis présente une courbure & chaque extrémité afin de faciliter Pentrée et le dégagement des plaques de glissement ; 83 GUIDE DES PONTS POUSSES «des plaques de glissement en caoutchouc fretté dont une face est recouverte de PTFE, l’autre face étant en caoutchouc pur. Ces plaques sont introduites entre le chassis et la sous-face du tablier, leur face en PTFE étant en contact avec la feuille on inox du chassis. La surface de PTFE est pourvue de petites alvéoles de manidre a retenir la graisse que Pon dispose 4 l'interface inox/PTFE afin d’améliorer le glissement. coun 10 Caan 2 DETAIL D'UN APPUI GLISSANT Fig. 5.1 - Dispositif de glissement. Ce dispositif est généralement axé sur les piles ; il peut toutefois étre intéressant de le décaler Jongitudinalement (dans le sens opposé au poussage) pour réduire les efforts dans les piles, notamment si celles-ci sont souples. 84 Dispositifs de glissement et de guidage 5.1.2. Principe de fonctionnement Le coefficient de frottement entre le caoutchouc et le béton peut varier de fagon trés significative en fonction de l'état des surfaces en contact ; il ne peut toute- fois jamais devenir inférieur au coefficient de frottement entre le PTFE et Pinox qui fluctue entre 1 % et 5 % en fonction de la valeur de Ja charge verticale et de L’état de lubrification des surfaces. De ce fait, lorsque le tablier est déplacé, au niveau du dispositif de poussage, il entraine par frottement les plaques de caoutchouc qui glissent sur le chassis recouvert dinox, en transmettant a la structure porteuse une force horizontale comprise entre 1 % et 5 % de la charge srticale, indépendamment de P’éventuelle pente longitudinale de Pouvrage (voir aussi § 2.2). Appareil d'appui provisoire de glissement et butée latérale en téte de pile. Lors dur démarrage d’un poussage, on constate généralement qu’il faut dévelop- per un effort plus grand qu’en cours de poussage ; ceci est dit au fait que Tes plaques ont tendance & coller aux chassis La mise en ccuvre de ce dispositif nécessite la présence d’un ouvrier pour cha- que appui glissant, Cet ouvrier assure introduction et la réeupération des pla- ques, Des systémes « automatiques » constitués de plaques caoutchoue/PTFE fixées entre elles et formant chenille de glissement ont été utilisées pour des charges verticales inférieures & 200 t (Fig. 5.2). 85 GUIDE DES PONTS POUSSES Bloc de gissoment Yoiedétai(@) Searfagseninox po Feson® Texte anne Fig. 5.2 - Chenilles de glissement. 5.2. SYSTEME DE G SEME] T SUR LONGRINES La plupart des aires de construction sont constituées de deux longrines longitu- dinales filantes (voir chapitre 4) qui servent de coffrage et de support de cof- frage pendant le béonnage et permettent fe glissement pendant les phases de poussage. Les dispositions permettant le glissement sont alors les. suivantes (Fig, 5.3) : les Iongrines sont recouvertes d’une plaque métallique filante (6paisseur voi- sine de 10 mm) ; un ensemble de plaques jointives en contreplaqué face, en contact avec la tle métallique, est recouverte de bakélite et sée, Ces plaques peuvent également étre métalliques, leur sous-face étant graissée, constituant ainsi un systéme de glissement tole sur t6le rvant de coffrage et dont 86 Dispositifs de glissement et de guidage Téle fixe sur longrine. Pendant le poussage, le tablier entraine par frottement les plaques supéricures en contreplaqué (ou en métal) qui glissent sur la tole métallique inférieure. Ces plaques sont récupérées en extrémité du bane de construction puis, & la fin du poussage, sont repositionnées sur toute la longueur des longrines pour le cycle suivant. Enda du vane do farcation : ——eee e @ | | cis Fig. 5.3 - Principe de poussage sur longrine. 87 BS PONTS POUSSES Avec ce type de dispositions, le glissement se fait avec un coefficient de frotte- ment nettement plus élevé que pour les appuis glissants PTFE-inox, puisqu’il est de ordre de 7 48 % ; il peut méme atteindre 15 %, lors du démarrage du poussage compte tenu du phénoméne dadhérence. Ces coefficients de frotte- ments doivent bien évidemment étre pris en compte lors du dimensionnement du systéme de poussage. Graissage de Ia tle de glissement. 5.3. GUIDAGES LATERAUX 5.3.1. Syst@mes couramment utilisés ‘Au cours du poussage, des dispositifs de guidage latéral sont prévus sur certains, appuis pour assurer une implantation parfaite de Pouvrage lors de chaque pous: sage, notamment dans le cas des ponts courbes Plusieurs syst#mes sont utilisés pour le guidage latéral des ouvrages ; ils peu- vent étre classés en deux grandes catégories eles systdmes fixes, les plus fréquemment utilisés, sont implantés de facon rigide et avec précision sur les piles et imposent done & la structure des points de passage obligés mais sans possibilités de réglage + « les systtines réglables, (utilisation plus rare, utilisent des vérins hydrauliques et permettent, en cas de besoin, un déplacoment latéral du tablier pendant les opérations de poussage (Fig. 5.4) 88 ] Dispositifs de glissement et de guidage Bande aloton® “TABLIER PREFABRIQUE! ‘pou gissant | CHARPENTE SUPPORT DUVERIN a Wi Fig, 6.4 - Dispositif de guidage et réglage latéral. 5.3.2. Implantation des dispositifs Dans le < des fabliers rectilignes, le guidage latéral s'effectue en deux points + ole premier est généralement placé & la sortic de Paire de construction de ma- nidre & éviter (out déplacement latéral du pont & son extrémité lors des premié res phases de poussage ; ele second est placé au voisinage de extrémité du tablier, c6té ayant-bec ; il est translaté d’un appui au suivant au fur et a mesure du poussage. Dispositifs de guidage lateral. 89 GUIDE DES PONTS POUSSES Ces dispositifs sont positionnés au droit du hourdis inférieur du tablier de ma- nidre a diffuser les efforts locaux (voir aussi § 8.1.3.5 et 9.4.2.6). Dans le cas des tabliers tres courbes, un plus grand nombre de points de gui- dage est nécessaire de manitre a limiter les efforts de flexion d’axe vertical dans le tablier. Dans ce cas, les efforts transversaux ne sont plus de simples efforts « parasites » de guidage ; ils doivent alors étre calculés et les disposi- tifs de guidage, ainsi que les appuis, dimensionnés en conséquence. Il en est de méme lorsque, pour des raisons architecturales, le poussage ne peut étre réalisé sur des surfaces horizontales dans le sens transversal, engendrant ainsi des ef- forts transversaux non négligeables. Mais, dans ce cas, augmentation du nom- bre d'appuis peut engendrer des problémes car les efforts de guidage deviennent faibles et dépendent trs fortement des conditions d'appui. 5.4. EQUIPEMENT DES TETES DE PILES Dans le cas du poussage traditionnel a l'aide d’appareils de glissement PTFE - inox, les tétes de piles sont aménagées pour recevoir les équipements suivants : # des dispositifs provisoires de glissement ; # des emplacements de vérinage ; eet, selon les cas, des butées longitudinales, des zones de stockage des appa- reils d'appui définitifs ou des dispositifs de guidage latéral. 5.4.1. Les plots et dispositifs de glissement provisoires Ces plots sont au nombre de 2 ou 4 par pile selon que le poussage de lavant- bec et du tablier est réalisé a l'aide des mémes plots d’appuis ou de plots diffé- rents, Deux cas peuvent en effet se présenter : eles deux poutres longitudinales de Pavant-bec peuvent étre placées dans le prolongement direct des ames du tablier de telle sorte qu’il existe une surface de glissement commune & I'avant-bec et au béton: une seule paire de plots @appuis est alors nécessaire ; ® les poutres longitudinales de Vavant-bec sont décalées par rapport aux Ames du tablier : une seconde paire d’appuis supplémentaire est alors indispensable et n'est utilisée que sur la pile avant. Dans le cas des ouvrages courbes, généralement pourvus d'un avant-bec rectili- gne, le balayage transversal de l’avant-bec nécessite I’élargissement des plots de glissement. 90 Dispositifs de glissement et de guidage 5.4.2. Les emplacements pour vérinage Des emplacements pour vérinage du tablier sont indispensables de maniére & pouvoir substituer les appuis définitifs aux appuis provisoires en fin de pous- sage ; ils doivent par ailleurs permettre le vérinage du tablier en cours de pous- sage lors d’un éventuel incident de poussage tel que par exemple une erreur de manipulation lors de l’introduction des plaques de glissement. Les emplacements pour vérinage en cours de poussage sont obligatoirement sous les mes des caissons. Cette contrainte disparait pour Je vérinage en posi- tion définitive ot I'on dispose de la surface de l’entretoise sur appui et & condi- tion d'avoir prévu l'emplacement de vérinage sous cette entretoise et son renfor- cement 5.4.3. Dispositions diverses éventuelles Butées longitudinales : ce dis positif permet un réglage du TABUER ty, mouvement relatif entre les piles et “— Lp Ie tablier. Il consiste en des Me Uh encoches pratiquées sur la téte de a > mete pour vérin pile et sous Je tablier entre vite ae lesquelles. on peut disposer un 7 vérin (Fig. 5.5). Ce dispositif, 5 utilisé essentiellement pour les piles tr’s élancées, permet prin- cipalement d’imposer un dépla- cement en téte de pile pour annuler la fléche prise par la pile lors du poussage ou en phase de service sous les ef forts dus aux variations linéaires du tablier PLE Fig. 5.5 - Dispositif de butée longitudinale. « Stockage des appuis définitifs sur la pile en phase de poussage : lorsque la surface de la téte de pile le permet et lorsque les appuis définitifs sont lourds et volumineux (cas des ouvrages ferroviaires pour train A grande vitesse par exemple), il peut étre intéressant de stocker ces appuis en téte de pile, A un em- placement provisoire. A la fin du poussage, ils sont alors simplement ripés a leur position définitive, aprés vérinage du tablier et enlévement des appuis pro- visoires de glissement. © Guidage latéval : voir paragraphe 5.3. 91 GUIDE DES PONTS POUSSES 5,5, UN CAS PARTICULIER EXCEPTIONNEL = LE POUSSAGE EN ESCALIER DES VIADUCS D°ACCES AU PONT DE NORMANDIE 5.5.1. Domaine d’application Les techniques de déplacement précédemment décrites trouvent leurs limites lorsque les ouvrages sont ts longs et doivent étre poussés selon une pente montante importante, ce qui est le cas notamment des viaducs d’accés des grands franchissements qui ont plusieurs centaines de metres de long et présen- tent des pentes pouvant atteindre 6 %. En effet, effort de poussage & mettre en ceuvre devient alors tr&s vite considérable, surtout en fin de poussage, puisque Ggal au poids du tablier multipli¢ par la somme (en pourcentage) de la pente et du coefficient de frottement moyen (5 %) sur les diffférents appuis ghissants, Outre la mise la mise en ceuvre d’efforts importants, se pose également le pro- bleme de la oréation dune butée contre laquelle ces efforts pourraient s’exercer Ces considérations ont conduit & la mise au point du poussage en escalier asso~ cié a V'utilisation de dispositifs de glissement & rouleaux a trés faible coefficient de frotiement dont Putilisation conjuguée permet le poussage de tabliers ues Jourds selon des pentes tres importantes. Ce systéme a fait l'objet d'un dépot de prevet de la part de l'entreprise qui I'a inventé et mis au point. 5.5.2. Le poussage en escalier Le procédé décrit ci-apres est celui mis au point pour la construction des via dues d’accés au pont de Normandie. La technique utilisée consiste & combiner des déplacements verticanx et hori vontaux du tablier suivant des marches d’escalier. Pour cela, le matériel installé cn téte de chacune des piles ou sur les appuis temporaires, entre le bane ct la culée, est le suivant sun ensemble de 2, 4 ou 6 vérins de levage de 500 t de force unitaire, chacun Equipé dun capteur de rentrée et coiffé dune cale biaise ; me surmonté d’un appui eaux est 6quipé de deux oun appui A rouleawx dans un plan horizontal, lai-m caoutchouc et dune cale biais a Chaque appui a roul yérins & gaz et d’un capteur de retour ; e un capteur de mesure des déplacements verticaux e unc centrale hydraulique dotée d’électrodistributeurs. Dispositifs de glissement et de guidage Sur la culée ce matériel est complété par le matériel de poussage proprement dit : © deux vérins de poussage et leur centrale hydraulique propre ; © un capteur de mesure des déplacements horizontaux. Le poussage consiste en la répétition de cycles élémentaires de 15 em d’amplitude, mesurés horizontalement, et 9 mm, mesurés verticalement, Cha- que cycle élémentaire comporte les quatre phases suivantes (Fig. 5.6) : CCNEMATIQUE DE POUSSAGE 7 ee rosmonDeneos “hee omssertne/ [fy alae eee A [aed SIM Ua ilddllllffliiddiditdididildlddided pase aya ® ey gealeltly nae | | ISAS PISS _Favencement chewe ore Fig. 5.6 ~ Fonctionnement du procédé de poussage des viadues d'acces au pont de Normandie. Phase 1 : les vérins de levage sont gonflés de sorte que le tablier ne repose plus sur les appuis A rouleaux mais sur les vérins de levage. Sous I’action des vérins a gaz, les cales biaises et les appuis 4 rouleaux reculent et reprennent leur posi tion d'origine. Lorsque les capteurs ont enregistré le retour de tous les appuis & rouleaux, la phase 2 peut débuter. Phase 2: les vérins de poussage sur culge raménent les appuis A rouleaux en arriére au contact de ’intrados du tablier. Les capteurs de retour sur culée dé- clenchent alors la phase 3 Phase 3 : les vérins de levage sont dégonflés pour reposer le tablier sur les cales biaises surmontant les appuis rouleaux. Entre le début de la phase 1 et la fin de la phase 3, le tablier a subi une translation verticale de 9 mm. 93, GUIDE DES PONTS POU: Phase 4: lorsque les capteurs ont constaté la rentrée de tous les vérins de le- vage, les vérins de poussage sur la culée entrent en action et déplacent les ap- puis & rouleaux et cales de poussage de la culée. Ceux-ci, par le frottement ca- les/tablier, mettent le tablier en mouvement. Ce déplacement horizontal est sui- vi par le capteur sur la culée qui le stoppe quand la course de 15 em est atteinte. Un nouveau cycle élémentaire peut alors débuter. Le grand nombre d'organes a piloter ainsi que d'information a traiter rend le systéme ingérable manuellement. De plus, les séquences de levage et de des- cente du tablier doivent éire pilotées de sorte que les écarts différentiels entre les différents appuis restent dans les tolérances fixées par le bureau d'études tant longitudinalement que transversalement. Un programme de commande des électrodistributeurs des centrales hydrauliques par des automates a été mis en place, un micro-ordinateur permettant % un seul opérateur de connaitre & tout instant la valeur de ensemble des paramdtres, de cortiger ceux auxquels il a acc’s ainsi que de lancer ou d’interrompre les séquences en cours. 5.5.3. Les appuis 4 rouleaux Chaque appui est constitué de deux plaques d’acier cémenté entre lesquelles sont interposées 800 aiguilles de roulement de 50 mm de long pour un diamétre de 3 mm. Ces aiguilles sont enfermées dans une cage qui garantit leur guidage. Cette disposition est extrémement performante en terme de frottement puisque le coefficient de frottement moyen obtenu est de 0,7 %. 94 i i Chapitre 6 LES PROCEDES DE POUSSAGE Ce chapitre décrit les différents matériels assurant l'effort nécessaire au dépla~ cement du tablicr. Plusieurs systémes ont été ou sont utilisés # des barres de traction avec vérin avaleur ; odes le yérin Ieveur-pousseur Eberspticher™ ; ele vérin pousseur, Aibles de traction et vérin avaleur ; Le procédé le plus ancien et le plus rustique ~ vérin et barres de traction ~ n'est plus employé actuellement ; il ne fera pas l'objet d’ un développement mais sera cité & titre historique. 6.1. CABLES DE TRACTION 6.4.1. Description Ces dispositifs font appel & du matériel semblable au matériel de précontrainte. Le déplacement du tablier est provoqué par V'action de vérins qui « avalent » des cables de précontrainte solidaires du tablier 4 une extrémité et de l'un des appuis de louvrage (Ie plus souvent une culée) & l'autre extrémité. Un tel dispositif se compose : @ de vérins de précontrainte (1 ou 2) dont la puissance est adaptée & louvrage Ces vérins sont aménagés pour permettre le blocage du cable tendu pendant Ta course de retour des vérins ; 95 GUIDE DES PONTS POUSSES d'un ou de plusieurs cables liés d'un cété, en général, & la culée et de l'autre, au tablicr. Ces cables peignés sont disposés dans des gouttitres pour les tenir & Vabri de salissures éventuclles ; e d'une poutre métallique assurant la liaison des sion de l'effort de traction a celui-ci. bles au tablier et la transmis- Les dispositions des différentes pices sont multiples, les deux suivamtes étant les plus fréquentes : ecibles placés sous le tablier, ancrés sur des poutres verticales traversant le caisson dans des réservations pratiquées dans les hourdis (Fig. 6.1) ; ces poutres ne sont done pas complétement & Varrigre du tablier. L'effort appliqué par les cables se décompose en efforts horizontaux dans les hourdis supérieur et infé- rieur. Sees Feslews DETRACTION Fig. 6.1 ~ Dispositif de traction avec poutre verticale. e cables placés de chaque c6té du tablier, ancrés sur une poutre horizontale pre- nant appui sur les ames, & Varridre de la demiére partie du tablier réalisée et prate a étre poussée (Fig. 6.2). Dans cette configuration, Feffort de poussage introduit une compression qu'il est possible de rapprocher du centre de gravité de La section béton, 96 Les procédés de poussage Dispositif de traction avec poutre horizontale Vérins de traction latéraux Plaque dapp Fig. 6.2 - Dispositif de traction dans le cas de dalle nervurée. Les vérins peuvent étre & poste fixe sur la culée, on au contraire, sur la poutre arridre d'accrochage au tablier. Ancrage fixe pour cable de traction. 97 GUIDE DES PONTS POUSSES 6.1.2. Domaine d'utilisation Ce dispositif, avantageux par les matéricls auxquels il fait appel car ils sont courants sur un chantier d'ouvrage d'art, est bien adapté aux cas oii Y'on est cer- tain du sens de leffort & appliquer (poussage ou retenue). Toutefois, pour des pentes intermédiaires, il doit étre associé & un autre dispositif (systéme antago: niste A barres par exemple). Il est également nécessaire de prévoir un dispositif permettant de revenir en marche arriére en cas d'incident. Les vérins & double effet avaleurs de cable ne supportent pas de déviations im- portantes entre laxe du vérin et V'axe du cAble. Il faut done parfois prévoir, pour Ie poussage de ponts courbes, des déviateurs de cibles de traction et intégrer dans le dimensionnement du dispositif de poussage les frottements qui en ré- sultent sur le cable. Enfin, I'élasticité inhérente aux cfibles est un inconvénient particulier de ce pro- cédé lors du dématrage, le frottement étant plus faible en mouvement, 'énergic emmagasinée dans Ie cfble se libre brutalement. Il limite généralement ce systtme a des ouvrages de taille modérée. 6.1.3. Coefficient de sécurité pour les cables de traction Compte tenu du nombre important de variations de tension dans le cable, il convient de limiter la contrainte dans lacier du cable 80.5 f,,. 6.2. SYSTEME EBERSPACHER™ 6.2.1. Dese Le sysiéme Eberspiiche:"™, du nom de son inventeur, est constitué (Fig. 6.3) «# d'un vérin de levage disposé sur une plaque d'acier inoxydable et dont la sous face est munie d'une plaque de PTFE. Le vérin de levage peut ainsi glisser sur la plaque <'acier inoxydable (frottement 2 % environ). Le vérin de levage est muni sur sa téte d'une plaque striée permettant dobtenir, lors du contact avec le béton du (ablier, un coefficient de frottement de ordre de 0,6 ; « @’un A ois vérins horizontaux prenant appui sur un massif fixe et sur le vérin de levage. Ces vérins permettent ainsi le déplacement du vérin vertical d'une course @environ 250 mm. Le massif, sur lequel Je ou les vérins horizontaux s’appuient, sert également de massif de repos au tablier 98 Les procédés de poussage \Vérins pousseurs Massif dappul aves nfopréne Y au OL Mass anput ‘Varin de tevage. Fig. 6.3 - Schéma du systeme Eberspacher™. Le vérin vertical mobilise la réaction, il est ensuite poussé par les vérins hori- zontaux, entrainant ainsi 'ouvrage tant que la réaction verticale mobilise, & la liaison vérin-tablier, un effort horizontal suffisant: une réaction verticale R permet d’exercer une poussée horizontale H au plus égale 8 0,0 R. Systeme de poussage Eberspéicher™. 99 GUIDE DES PONTS POUSSES A partir de la position de repos, le cycle de poussage est le suivant (Fig. 6.4) : @_1-Montée des vérins de levage et mobilisation de la réaction d'appui. 2 - Poussage des vérins de levage sur leur plaque de glissement et entrainement du tablier par frotte- ment & Vinterface intrados du ta- blier/plaque striée du vérin vertical. 3 - En fin de course, descente des vérins de levage, le tablier se re trouvant A nouveau appuyé sur son massif de repos. i 4~ Les vérins de poussage raménent ; Ie systéme & sa position de départ, | un nouveau cycle peut commencer j Fig. 6.4 - Fonctionnement du systéme Eberspacher™ Ensemble Eberspacher™ et dispositifs de glissement et de guidage sur culée (pont de Chalifert). 100 Les procédés de poussage Les systtmes, un par Ame, sont disposés en général sur les culées, celles-ci tant plus aptes que les piles & reprendre les efforts horizontaux provoqués par réac~ tion lors de la phase 2 du cycle de poussage. Dans le cas des ponts de grande longueur, pour lesquels Ia réaction verticale est insuffisante pour mobiliser ‘effort horizontal nécessaire au poussage, il faut prévoir # soit plusieurs syst8mes Eberspicher™ disposés sur des appuis différents. La figure 6.5 donne exemple du viaduc de Verberie (SNCF-TGV Nord) pour lequel cing dispositifs Eberspiicher™ ont été utilisés. Ces différents syst@mes doivent impérativement étre couplés de mani&re assurer la synchronisation du poussage sur les différents appuis et éviter ainsi dinduire des efforts parasites, notamment de flexion, dans le tablier ; « soit un sysiéme & barres qui utilise les vérins de poussage et apporte le com- plément d'effort que ne peut mobiliser la réaction d'appui pour tracter le tablier. viauc su ‘viapuC NORD ‘poussé en pente descendante, poussé on panto montarte, Taide de 2 systdmos on Cet ‘fade do a systémes on Cys, Pp ot Py ‘ SEG Fiz 1aP a" 20"asF22" 2324 ast 20" zr al 20! ooh at a Ll YIADUG NORD L=798m fe =e Fig. 6.5 - Viaduc de Verberie : implantation des dispositifs de poussage. viaoUC SsuD L= 680m 6.2.2, Domaine d’ utilisation Ce sysiéme est particuliérement bien adapté aux ponts courts et aux ouvrages en pente descendante pour lesquels le sens de I'effort & appliquer peut s’inverser De par son principe ~ mobilisation d'une réaction verticale ~ ce systéme introduit de facon systématique dans le tablier une dénivellation d'appui (en général com- prise entre 5 et 10 mm). I convient donc de calculer le tablier avec cette action systématique et de prévoir un systéme électrique qui arréte la montée des vérins une fois la valeur de cette dénivellation obtenue. Un systéme de palpeur, situé sous le tablier et muni d'un contacteur électrique, remplit parfaitement ce rdle. 101 GUIDE DES PONTS POUSSES Dans le cas de sa mise en ceuvre pour le poussage d'ouvrage courbe, il convient de disposer un massif de guidage latéral, sur 'appui od est disposé le systéme, pour ne pas transmettre & celui-ci des efforts horizontaux qu'il ne peut accepter. 6.3. VERINS POUSSEURS Ce type de vérins a été mis au point Voccasion de la construction du pont 4 Aiguilly sur la Loire (1980) par Yentreprise GIMBTP. Ces vérins prennent appui sur les longrines de Taire de préfabrication (Fig, 6.6). Un effort de serrage permet de mobiliser le frottement pousseur-longrine et empécher ainsi tout recul des vérins de poussage du tablier (dans Ie cas du ‘matériel mis en ceuvie par GTM, effort de serrage & exereer, compte tenu du coefficient de frottement acier-béton, est égal a deux fois leffort de poussage). aouER —-O= — ® LONGRINE PLAQUE E GLSSEMENT punscue VERIO POUSSAGE ‘VERN DE SERRAGE Verins pousseurs de 300-600 T Fig. 6.6 - Vérins pousseurs. Le cycle d'avancement est le suivant (course unitaire d'un metre environ) 1 - serrage des longrines 5 2.- mise en action des vérins pousseurs et avancement du tablier ; 102, Les procédés de poussage 3 - desserrage des longrines ; 4--rentrée des vérins pousseurs. Les vérins pousseurs sont solidarisés au tablier, ce qui permet lors de la phase 4 avancée du systéme pour une nouvelle phase de poussage. Cette solidarisation se fait par vis/écrou. Cette solidarisation des vérins au tablier permet utiliser le systéme tant pour pousser que pour retenir les tabliers La butée des vérins pousseurs est naturellement faite sur la longrine de aire de préfabrication 5 toutefois, cet appui peut étre pris sur un massif arrigre (bloc de béton, rocher...). Systéme de vérin pousseur. 6.4. LES DISPOSITIES DE RETENUE Ces dispositifs sont utilisés en systéme annexe pour immobiliser Te tablier pen- dant la phase de retour du dispositif de poussage ou dans Tintervalle entte Jes poussages de deux trongons successifs lorsque l'ouvrage @ un sens privilégié de glissement. Ti s'agit de eréer de maniére ponctuelle sur un ow plusieurs appuis une réaction horizontale suffisante pour reprendre le glissement éventuel, La réaction hori- zontale est obtenue en substituant au frotlement inox/PTFE un frottement acier~ béton ou caoutchouc/béton, GUIDE DES PONTS POUSSES Parmi ces systémes, on peut citer : «les systémes & vérin munis de plaques métalliques striées. Ces vérins sont gonflés et mobilisent au niveau du tablier un coefficient de frottement de 0,6. Ces vérins sont situés sous les Ames et sont reliés par des profilés ou des barres de précontrainte & un point fixe, sur la culée en général ; # les systémes a plaques de glissement escamotables. Les plaques de glissement sont montées sur des vérins plats. Une fois les vérins dégonflés, le tablier repose sur des plaques de caoutchouc adjacentes longitudinalement aux plaques de glissement 104 ccc A Chapitre 7 AVANT-BEC, PALEES PROVISOIRES ET MAT DE HAUBANAGE 7.1. NECESSITE D’UNE AIDE AU POUSSAGE Lors du poussage d'un tablier, & chaque franchissement de travée, 1a partie avant de la structure se retrouve en porte-A-faux complet avant d'atteindre Ja pile sui~ vante, Une estimation rapide permet de se rendre compte des ordres de grandeur des sollicitations atteintes, en considérant que le poussage serait réalisé avec le ta- blier béton seul sans aucune structure additionnelle. Considérons les efforts maximaux et minimax obtenus dans une travée quel- conque d'un pont comportant un grand nombre de travées identiques (lablier de section constante), aya) Fig. 7.1 - Efforts dans une travée intermédiaire. 105 GUIDE DES PONTS POUSSES Examinons maintenant les efforts obtenus dans Ia situation précédant l'abordage de la pile, avi) Fig. 7.2 - Efforts avant arrivée de fextrémité sur appui. On constate que le moment maximal négatif est 6 fois plus élevé que le moment courant, et l'effort tranchant 2 fois plus important. De méme, lorsque Ia pile est atteinte, le moment positif atteint est 1,85 fois plus élevé que dans la travée courante. 2 Ma = tor 26 Fig. 7.3 - Efforts aprés appui sur pile. Ce bilan montre clairement qu’il est impossible de réaliser le poussage en fran chigsant les différentes portées uniquement avec le tablier béton en porte-2- faux, sauf A accepter de surdimensionner ouvrage pour ces phases provisoire ce qui condnitait, dans la plupart des cas, & une aberration aussi bien économi- que que structurale. En pratique, Pouvrage est donc normalement dimensionné pour sa configura- tion finale et, généralement, équipé pour les phases de poussage de l'un des dispositifs suivants : 106 Avant-bec, palées provisoires et mat de haubanage oun avant-bec, le plus souvent métallique, disposé & lextrémité avant de la premidre travée dont le but est de réduire les moments de porte-2-faux grdice & l'économie de poids réalisée sur cet élément par rapport au tablier béton ; edes palées provisoires permettant simplement de réduire les portées de Vouvrage, et donc les solicitations, pendant les phases de poussage ; © titre exceptionnel, un mat de haubanage provisoire & tension réglable en fonction de I’avancement du tablier qui permet, dans la partie en porte-2-faux, de maintenir les contraintes dans les limites réglementaires en agissant comme une précontrainte extéricure. Ces différents dispositifs peuvent également étre utilisés simultanément sur un méme ouvrage (par exemple ; un mat de haubanage, lorsquiil est utilisé, est souvent associé 4 un avant-bec métallique). 7.2. AVANT-BEC 7.2.1. Différents types d’avant-becs Deux types d’avant-bec sont généralement utilisés # Les avant-becs métalliques sont de loin les plus courants ; les deux principaux types suivants sont utilisés —Jes avant-becs constitués de deux poutres en profilés reconstitués souds dinertie variable, entretoisées, qui ont la faveur des entreprises franga (Fig. 7.4). Chaque poutre est, en général, constituée d'éléments de longueur transportable par la route, I'assemblage se faisant par boulons précontraints ; Avant-bec métallique (viaduc de Drancy). 107 1ES PONTS POUSSES GUIDE _ les avant-becs constitués d'un caisson métallique couramment utilisé par les Allemands. ELEVATION Annoau de levage Eolesago Contrevertornent wom KODA Fig. 7.4 - Avant-bec métallique. «Les avant-becs en béton sont utilisés de maniére exceptionnelle, leur inconvé- nient étant d’étre lourds, fragiles, fortement armés, voire précontraints. Ils sont généralement constitués de deux poutres en béton qui prolongent les Ames ou nervures du tablier. Avant-bee du viaduc de Chalifert. Les deux extrémités de l'avant-bec comportent des dispositifs qui doivent rete- nir attention : 108 Avant-bec, palées provisoires et mat de haubanage » le dispositif de fixation de l'avant-bec au tablier ; # le dispositif d'abordage des piles La longueur de lavant-bec est généralement comprise entre 0,5 et 0,7 fois la longueur de la plus grande travée & franchir 7.2.2, Fixation de l'avant-bec au tablier 7.2.2.1. Principe de fixation (Fig. 7.5 et 7.6) Compte tenu des efforts & transmettre entre avant-bee et tablier, il est absolu- ment indispensable que la section de liaison soit précontrainte. Bien qu'a priori une précontrainte par cAble soit envisageable, la liaison est généralement réali sée au moyen de barres de précontrainte de type Dywidag™, Macalloy™ ou similaire. Ces barres sont appuyées, cété avant-bec, sur une ou plusieurs plaques métalli- ques constituant I'about des poutres, et sont ancrées, cété béton, dans I'entretoise avant du tablier ou dans les ames. Il est préférable que ces barres soient traversante: se sur veiller les ancrages en cours de chantier. de fagon qu’on puil Toutefois, le nombre de barres & mettre en place et la géométrie de lentretoise imposent souvent de prévoir des ancrages noyés dans le béton. Un capot graissé couvrant l'ancrage permet de récupérer les barres en fin de chantier. 7.2.2.2. Disposition des ancrages caté avant-bec Une réflexion sur le fonctionnement de la zone de liaison incite 4 prendre des dispositions particuliéres dans la conception de la zone d'ancrage des barres. Dans une section courante de l'avant-bec, sous moment fléchissant, la majeure partie des efforts résultant de la flexion est localisée dans les semelles des pou- tres (+ F, - F). -Fe—| Fig. 7.5 - Liaison avant-bec/tablier (platine simple). 109 GUIDE DES PONTS POUSSES ‘Au niveau de la liaison, il s'agit de transmettre ces deux efforts au béton par Vintermédiaire des barres qui, pour des raisons géométriques, ne peuvent étre toutes concentrées au niveau des semelles. La disposition représentée ci-dessus risque d'’étre dangereuse et d'aboutir & un déchirement de la section ©. La présence d'une série de raidisseurs horizontaux améliore la transmission : semelle/Ame/plaque/barres. La disposition suivante, comportant une zone de transition en caisson, est net- tement meilleure. 4 Bossage supérieur d’ancrage d'avant-bec. € Liaison avant-bec/tablier par platine double et barres de précontrainte. 7.2.2.3. Transmission du moment fléchissant La solution la plus utilisée pour permettre la transmission du moment fléchis- sant consiste & précontraindre la jonction & Taide de barres en acier & haute ré sistance (Dywidag™, Stup™, Macalloy™ ou DJP™). 110 Avant-bec, palées provisoires et mat de haubanage Nous allons développer le calcul des contraintes normales dans cette jonction en supposant que la surface de contact est constituée par deux rectangles et que les forces de précontrainte inféricure F, et supérieure F_ sont centrées dans chacun de ces rectangles. ; bs Caractéristiques { Aire anlee 5 Inertie At “T Centre de gravité = G | {cpap} bs. Fig. 7.7 - Seotion de contact. La détermination de F, est effectuée en vérifiant la non-décompression en O, sous M,,,,, et pour F, la méme valeur en O, sous M,,, Il existe deux méthodes de calcul permettant de déterminer les contraintes nor- males pour un moment M. donné ° Premiére méthode On admet que la répartition des contraintes est linéaire sur toute la hauteur de la jonction. R+R, M4 A Roe, +P, M+R,-e,~F-e T Vo ¢ Seconde méthode On considére que lavant-bec est un solide reposant sur deux appuis simples O, et O,, Les efforts R, et R, appliqués aux supports résultent de la superposition des forces de précontrainte et des réactions développées par la poutre Mi GUIDE DES PONTS POUSSES eee On, fe L R o, =e 2 M az by OFF Fig. 7.8 - Equilibre des efforts. Il faut rester prudent dans le choix de l'une ou l'autre méthode : c'est de la rigi- dité de la partie de l'avant-bec oti sont placés les ancrages que dépend la répar- tition des efforts. On sera totalement en sécurité en prenant l'enveloppe des résultats des deux méthodes. 7.2.2.4, Transmission de l'effort tranchant I ne faut pas perdre de vue que la section de liaison doit transmettre non seule- ment des moments alternés, mais encore des efforts tranchants. Ces efforts peuvent étre repris de trois facons : « par frottement acier-béton, compte tenu de la précontrainte de Ia section ; © par résistance au cisaillement des barres de liaison. Cette fagon de transmettre Teffort tranchant ne peut étre prise en compte qu’a la rupture ; par résistance au cisaillement d'une piéce métallique traversant les plaques dextrémité et noyée dans le béton. +400 24 dela ceurnee a Fig. 7.9 - Accrochage de lavant-bec sur le tablier. 112 Avant-bee, palées provisoires et mat de haubanage On peut en plus équiper les trous de passage des barres de précontrainte de tu- bes soudés de 10 cm de longueur environ, qui permettent de tenir les fourreaux des barres et qui assurent une résistance au cisaillement Comme le montre la figure 7.9, il est également mis en place une précontrainte verticale pour clouer le massif d'ancrage sur le tablier lorsque l'avant-bec est plus haut que le tablier, ce qui est généralement le cas. Ancrage du bossage supérieur d’avant-bec par barres de précontrainte verticales (viaduc de Drancy). Anerage d’avant-bec sur pont-dalle. 113 GUIDE DES PONTS POUSSES 7.2.3. Dispositif d'abordage des piles 7.2.3.1. Nécessité d’un dispositif particulier Lorsque T'avant-bec s'approche d'une pile, il est entitrement en porte-a-faux. Par sa nature, entitrement métallique, il prend une fléche importante vers le bas dont ordre de grandeur atteint 20 om. I] faut done prévoir un dispositif qui permette de relever la pointe de cet avant- bec pour venir la poser sur la pile. 7.2.3.2. Description de dispositifs courants Deux dispositions sont couramment adoptées pour résoudre ce probléme : «la partie avant de lavant-bec est spatulée et permet, par sa forme, de remonter Yensemble ; Spatule Ce ee Fig. 7.10 - Extrémité d'avant-bec en spatule. © une plaque mobile tenue par des barres vissantes est placée en décrochement vers le haut et permet d'avancer Ia pointe de I'avant-bec au-dessus du chevétre & aborder. Deux vérins verticaux placés en extrémité permettent de relever lavant-bee au niveau correct, et un calage des plaques mobiles dans le prolon- gement des semelles de glissement rétablit la continuité de La surface. Avant relevage Neto. Calage Fig. 7.11 - Avant-bec avec dispositif de relevage par vérin. 114 Avant-bee, palées provisoires et mat de haubanage Dispositif de relevage par vérin. Un dispositif intermédiaire entre les deux précédents consiste & prévoir une plaque articulée munie de vérins i] Accostage avec plaque articulée. 1S GUIDE DES PONTS POUSSES 7.2.4. Transmission de la réaction d’appui 7.2.4.1. Calcul des réactions d’appui A partir de l’accostage de l’avant-bec sur la pile et jusqu’a accostage du ta- blier béton, Pavant-bec est soumis aux réactions verticales transmises par les appuis glissants en téte de pile, Si, pour un degré d’avancement o. (Fig. 7.13) de Pavant-bec, la réaction d’appui_globale Willi agissant sur Pensemble des deux poutres : longitudinales de Tavant-bec est Re, les L réactions qui s’exercent sur chacune des deux poutres sont Ra) et Ry) telles que Fig. 7.13 - Repérage de Ry@ + Roe) = Ria) la position de lavant-bec. En absence de tout phénoméne parasite, on aurait théoriquement : Re Ry) =95- Re Mais, en pratique, les problémes géomeétriques tels que les dénivellations trans- versales d’appui, les tolérances de la sous face des avant-becs... conduisent & un déséquilibre entre Ryo, et Ra, dautant plus important lorsque o: tend vers zéro, c’est-a-dire lorsque la liaison avant-bec/béion se rapproche de la pile d’accostage. Lorsque ot est voisin de zéro, on montre méme que, compte tenu de la tr8s grande raideur en torsion des caissons. en béton, on peut obtenir Rye, = Ry et Rye, = 0 pour une dénivellation transversale de quelques millimé- ires Cependant, il convient de distinguer l'effort tranchant et le moment fléchissant car les maxima ne sont pas concomitants : effort tranchant maximal est obtenu (cf. ci-dessus) avec la liaison avant-becitablier proche de l'appui d'accostage et Je moment fléchissant maximal lorsque Pavant-bec est au tiers de son parcours sur cet appui (Fig. 7.16). En résumé, il est done recommandé © soit d’effectuer un calcul rigoureux de Ry«) et Ry prenant en compte les rai deurs réelles du tablier béton et de l’avant-bec métallique ainsi que des hypo- théses réalistes de dénivellations transversales et @effectuer les vérifications d’ensemble et locales de chaque poutre mattresse de l'avant-bec avec la valeur maximale (Ryo, Ryo} 5 » soit de faire les mémes vérifications avec la valeur enveloppe Ry, ce qui per- met d’éviter le calcul de Ry) et Ryay mais est moins économique 116 Avant-bec, palées provisoires et mat de haubanage Structure triangulée d’avant-bec. 7.2.4.2. Verifications locales @ effectuer Un soin particulier doit ére apporté & la reprise de ces efforts concentrés par les membrures inféricures et les ames de l'avant-bee : «les membrures inférieures seront vétifiées sous effet conjugué de la flexion ensemble de Vavant-bec et de la flexion locale induite par la réaction @appui : « les Ames seront vérifiées au voilement. Bn général, les éléments principaux (semelles inférieures, semelles supérieures et fimes) de Iavant-bec sont dimensionnés pour reprendre les sollicitations ensemble de flexion et de cisaillement et les études complémentaires lies A la reprise des efforts locaux conduisent & disposer des raidisseurs dans les zones concernées 7.2.5, Influence des caractéristiques de l'avant-hec sur les efforts dans le tablier Sans entrer dans une étude détaillée sur linfluence des divers parametres, rap- pelons que ce sont la longueur et I'inertie de l'avant-bec qui déterminent les valeurs maximales des efforts dans le tablier La longueur la plus couramment retenue pour lavant-bec est 1) =0,6-L, L. étant la longueur de la plus grande travée & franchir. 117 GUIDE DES PONTS POUSSES Le poids des avant-becs métalliques est généralement compris entre | et 3 /ml. Les courbes des figures 7.14 47.16 montrent l'influence du rapport B = (ED/EL des inerties de l'avant-bec au tablier, sur la valeur du moment négatif sur appui, positif en travée et & la jonction avant-bec/tablier waa 0.1600 0.1400 0.1200 = beta-005 —Boia-0.08 0.4000 ‘0.0800 ‘0.0600 0100 0.0200 0% 01002000 oaG OS) Om OTD Opa. siphaskei Fig. 7.14 - Variation du moment maximal sur appui. On peut retenir que, avec les hypotheses courantes retenues : 1y=0.6-L et qg=O.l-q (q-= poids du tablier au ml) © pour (ED) /EI = 0,03 (avant-bec souple), Ie moment négatif maximal est : M=-0145-qL? soit: M= * pour (ED)/EI 20 (avant-bec rigide) M=~002-qL? — soit: M=~1,22 a Ces valeurs sont A rapprocher de la valeur du moment en porte-d-faux maximal dans le béton qui, dans tous les cas, vaut 118 Avanit-bec, palées provisoires et mat de haubanage me ‘ome ost cose e090 oxen e010 one om oom 0m 04 om aso am am ono” 100 semen Fig. 7.15 - Moment maximal en travée (dans le tabiier). wg 810 pe ; | otto | i } oooto fT prune ! = Bojn=0.08 | err ++ aaa 100 | i i 00000 faa = | spon obo aro 020 oa ape aso ogo om om am \ abo 00 ' o0ate I= : Usnasasiae at Fig. 7.16 - Variation du moment a la jonction avant-bec/tablier. Les formules de dimensionnement conduit: de dégro: ant aux figures ci-dessus permettent sir rapidement le probléme (voir également annexe A). ‘Toutefois, dans 1a pratique, on ne mettra pas forcément en ceuvre un avant-bec de caractéristiques optimales, car : sTavant-bee doit pouvoir étre réutilisé done sera congu pour une gamme de portées ; 119 GUIDE DES PONTS POUSSE: ele dimensionnement de contrainte normale dans les semelles de lavant-bec peut étre déterminant. 7.3, PALEES PROVISOIRES 7.3.1. Principe et domaine d’utilisation Pour limiter fa quantité de précontrainte destinée a résister aux efforts appliqués au tablier lors du poussage, on divise parfois les travées & franchir en disposant des appuis intermédiaires provisoires. Cette solution est bien évidemment effi- éace, puisqu’en divisant par exemple par 2 les travées, on réduit les moments figchissants par 4. En utilisant, entre deux appuis définitifs, un nombre assez important d’appuis provisoires, on diminuerait de fagon spectaculaire les sollicitations dans la structure. En réalité, outre le cofit de ces appuis provisoires, cette réduction est dans la pratique illusoire, dans la mesure ot certaines solicitations sont inchan- gées, comme celles induites par le gradient thermique, tandis que d'autres, comme celles résultant des dénivellations d’appuis, augmentent en théorie selon le carré des portées. On dispose done, en pratique, un seul appui provisoire par travée. Cette technique trouve son domaine privilégié d’ application dans les cas ott les iravées de Pouvrage sortent du domaine traditionnel des ponts poussés. Elle permet ainsi de pousser des ouvrages dont les travées courantes sont voisines de 100 m ou des onvrages comportant ponctuellement une ou plusieurs travées du méme ordre de grandeur A titre d’exemples # Ie pont de Kouilou comporte des travées de 72m, ramenées & 36 m pour le poussage ; le viadue de Roquebillitre comporte des trayées de 70 m, ramenées 435 m ; le pont sur l’Our & Steinebrucke comporte des travées de 90 m, ramenées & 45 m. 7.3.2. Conception des palées provisoires La conception des appuis provisoires est la méme que celle des appuis définitifs en ce qui concerne les dispositions de poussage en téte de pile (plaques de glis~ sement - vérins de levage - guidage latéral). De plus, ils doivent etre congus pour permettre un démontage facile et éventuellement une réutilisation 120 Avant-bec, palées provisoires et mét de haubanage La conception de ces appuis dépend naturellement du site de l'ouvrage ; mais il est toutefois possible de dégager les deux conceptions classiques suivantes : ¢ appuis en béton armé constitués d’éléments préfabriqués superposés et liés entre eux par précontrainte verticale (Fig. 7.17) ; 4 924 a7 __ 099 Sef Elément 4 Etément 3 VUES EN PLAN Elément 1 t oO 8 370___ jos ese 850 Fig. 7.17 ~ Appuis provisoires. * appuis métalliques constitués de tubes ou de profilés métalliques entretoisés entre cux. Pour éviter de transmettre aux appuis provisoires et a leurs fondations Pintégralité des efforts horizontaux développés par le poussage du tablier (ce qui aurait une incidence défavorable sur leur dimensionnement et done sur leur cotit), on a couramment recours A un brélage entre les palées provisoires et les appuis définitifs, ou bien le sol. Ce blocage peut étre réalisé » par Pintermédiaire de butons ; GUIDE DES PONTS POUSSE: par intermédiaire de profilés métalliques entretoisés sur la pile précédente ; par Vintermédiaire de bares ou cables de précontrainte liés A la pile précé- dente. 7.3.3. Incidence sur les calculs du tablier Les appuis provisoires, principalement lorsqu’ils sont métalliques et de grande hauteur, ont des rigidités verticales faibles vis-a-vis des rigidités des appuis définitifs. Ces différences de tigidités induisent des dénivellations d’appuis qwil convient de cumuler, pour les calculs du tablier, aux dénivellations forfai taires de tolérances d’ exécution. On doit de méme tenir compte du tassement éventuel de leurs fondations, géné- ralement moins largement dimensionnées que celles des appuis définitifs, 7.4. MAT DE HAUBANAGE 7.4.1, Généralités Le recours un mat et & un haubanage comme aide au poussage est une techni- que trs peu utilisée et qui semble méme étre abandonnée, puisque sa dernitre utilisation en France remonte a la construction du viaduc de Charix, en 1986. Le peu de succes de cette méthode est, pour l’essentiel, lié : © la complexité de sa mise en ceuvre, comparée & la simplicité des avant-becs ou des palées provisoires ; * aux risques pouvant résulter d’une erreur dans la gestion des phases de tension et de détension des haubans, comme Tattestent des accidents survenus sur cer- tains chantiet 7.4.2. Principe et domaine d’ application Comme il a été vu précédemment, un avant-bec permet de réduire les moments de porte-a-faux ; toutefois, dans le cas de tablier & trés grand élancement, l’avant-bec devient trés important et une solution alternative consiste & limiter Ja longueur de |’avant-bec 4 environ 20 4 50 % de la travée principale et a utili- ser en méme temps un systéme de haubanage qui permet également de diminuer is négatifs de console dans la section du tablier soumis faux maximal juste avant Paccostage sur pile. Jes moment Le systéme de haubanage agit en quelque sorte comme une précontrainte exté- rieure & l’ouvrage dont lintensité peut étre réglable. En outre, le systéme de haubanage permet aussi de réduire et de contrdler les déformations de 1a partie du tablier en porte-a-faux pendant le poussage. 122 Avant-bec, palées provisvires et mat de haubanage Le mat de haubanage peut étre utile dans le cas des ouvrages comportant des travées supéricures 4 50 m et pour les ouvrages présentant un faible rayon de courbure en plan (cas du viadue de Charix). Dans ce dernier cas, le mat de hau banage permet de supprimer le probléme du balayage transversal de l’avant-bec sur la pile qui se pose lorsque T’on utilise un avant-bec seul, car il n'y a plus alors qu'un avant-bec d’accostage. 7.4.3, Constitution du mat de haubanage Le mat de haubanage comporte les trois éléments principaux suivants (Fig, 7.18) : Elévation ‘uantaee o a Détail A Si TT tts haan i bret i i likecee= a J} sesmevna : } rene OT LIP) “oramen sve ra A : H=—=" Elevation suivant @ Pod au at Fig. 7.18 ~ Mat de haubanage. GUIDE DES PONTS POU: © un pyléne métallique, formant portique, dont les deux jambes sont placées au droit des ames du caisson ou des nervures du tablier. Le pyléne repose sur le tablier par Pintermédiaire de selles d’appuis réglées sur un béton de calage. Des vérins sont interposés entre les pieds du pylOne et les selles d’appui ; leur action permet de tendre ou de détendre les haubans en fonction des phases de pous. sage ; les haubans, pouvant soit filer au-dessus du portique sur lequel ils s’appuient par l’intermédiaire d’une selle métallique, soit étre ancrés par croisement sur la partie supérieure du pyléne ; ¢ les chassis d’ancrage des haubans assurant la liaison entre Je tablier et les hau- bans ; ils sont fixés sur le tablier par des barres de précontrainte en acier & haute résistance, l’assemblage fonctionnant par frottement chissis/béton. Ces barres doivent reprendre la composante verticale des haubans et assurer de plus une compression permettant la reprise de la composante horizontale avec un coeffi- cient de sécurité de 2. Les chassis sont réglés sur un mortier de calage permet- tant d’obtenir un bon frottement et Pon dispose des repéres pour controler un éventucl glissement des chassis par rapport au tablier 7.44. Fonctionnement du mat de haubanage L’effort nécessaire dans le mat de haubanage et, par conséquence dans les hau- bans, est calculé, pour différentes positions du tablier, de sorte que les contraintes sur les fibres supérieures et inférieures soient admissibles dans tou- tes les sections du tablier. Pour cela, en se fixant une valeur pour la contrainte minimale du béton et en examinant, phase par phase, toutes les sections du ta- blier situées dans sa partie avant (zone haubanée), on peut tracer deux courbes correspondant aux valeurs minimale et maximale de I'effort dans le mat. Le probléme n’admet de solution que si le fuseau défini par ces deux courbes est ouvert ; il est alors possible dans ce cas d’établir le programme de mise en ten- sion du systéme de haubanage en choisissant un « chemin » dans le fuseau théo- rique comme indiqué sur exemple de la figure 7.19. Remarque Il est important de signaler que ce systéme d'aide au poussage augmente les réactions d'appui et donc les efforts tranchants dans la zone située entre Tavant-bec ot le mat de haubanage 124 Avant-bec, palées provisoires et mat de haubanage En conséquence, il est nécessaire de renforcer le tablier sous appui du mat. Par ailleurs, cet appui doit se faire impérativement soit au droit des ames, soit au droit d'une entretoise, compte tenu des efforts en jeu. ovrbe doe Fre Courbedisntueds _—_———"} ise en tension mit oy palo vertu demise fanvonson du mat can Mypahise ‘Fa (et) F=9 px exarle Fig. 7.19 - Courbes de contréle des efforts dans un mat de haubanage. 125 Chapitre 8 ACTIONS REGLES DE CALCU AVERTISSEMENT Les spécifications de calcul ont été rédigées dans esprit de application des régles BAEL 91 et BPEL 91 De fagon générale, les justifications apporiées aux efforts en cours de poussage doivent étre faites dans le sens d'une justification vis-a-vis de l'état limite de vice, Compte tenu des actions susceptibles d'étre appliquées sur ces ouvra- on se raccordera a la classe II, complétée par un certain nombre de régles précisant les limites a respecter ~ en cours d'exécution — pour ces ouvrages spé cifiques. Par ailleurs, !'tat limite ultime est nécessaire pour le dimensionnement des armatures d'effort tranchant et peut I'étre pour celui des armatures transversales: selon l'origine des efforts (voir § 8.2.1.). En ce qui concerne louvrage en position définitive, les calculs seront faits sui- vant les régles habituelles. 127 GUIDE DES PONTS POUSSES 8.1. ACTIONS 8.1.1. Généralités Les actions en cours de poussage doivent tenir compte «du poids propre ; ¢ des effets de la précontrainte ; «du fluage ; © des charges de chantier ; «d'un gradient thermique en cours de poussage ; ¢ d'une erreur de nivellement ou d'un tassement dappui aléatoire ; «des effets probables du matériel de poussage, par exemple dénivellation du systéme Eberspiicher™ ; de la non-conformité géométrique de I'avant-bec ; «des décollements éventuels d'appui ; « des erreurs de conformité géométrique systématiques dues ~ aux déplacements de la section arriére du tablier jouant le réle de contre- moule, ~ la précision du nivellement du bane de préfabrication, 4 la déformation de celui- © et des efforts dus a la géométrie de louvrage en plan. in cas de décol- Les réactions d'appui ne peuvent étre que positives ow nulles Jement d'appui, il convient d'en tenir compte. Dans la mesure oft Yon aura procédé, par un pesage général des réactions d'ap pui (eC.un réglage et calage), un effacement des défauts géomeétriques, la dé termination de l'état de louvrage & vide en fin de construction est offectuée suivant les mémes principes que s'il avait éé coulé sur cintre. Dans cette phase, on se raccorde aux prescriptions du BPEL 91 (notamment en ce qui concerne les valeurs représentatives) 8.1.2. Valeurs représentatives des actions 8.1.2.1, Poids propre Le poids propre, qui est une action permanente, est calculé avec sa valeur pro- bable. 128 i Actions et regies de calcul 8.1.2.2. Précontrainte Les effets de la précontrainte sont pris également avec leur valeur probable, 8.1.2.3. Fluage Le fluage est pris en compte selon les principes décrits au chapitre 2. L'inter- valle de temps entre deux phases de poussage peut étre, généralement, suffi- samment important pour que les déformations dues au fluage puissent avoir un effet non négligeable. En particulier, lorsque la position des appuis du tablier entre les phases de poussage est différente de la position finale (cf. chapitres 1 et 2), les efforts hyperstatiques dus au fluage sont plus importants. La poutre en console se déforme plus ; le fluage conduit done 4 de plus grands efforts en zone avant du tablier. Lorsque les travées ne sont pas identiques et que les positions des phases stati- ques sont différentes les unes des autres, les déformations successives ont ten- dance & se compenser. En conséquence, on tient compte du fluage en fonction du niveau de calculs demande par le CCTP (ef. chapitre 10) : + Niveau minimal 1 Efforts tous les 1/10 de travée, précontrainte constante (valeur finale), gradient thermique en position définitive. Réserve de compression de 0,5 MPa sous charges permanentes (cf. § 8.2.1.1). Il s'agit généralement d'un calcul de des- cente de charges, en particulier pour déterminer les appuis et les fondations. ° Niveau courant I Précontrainte et gradient thermique calculés A chaque phase de poussage, ré- serve de compression de 0,5 MPa dans les deux travées de (éte, avec variation linéaire s'annulant sur appui dans la troisiéme travée. © Niveau exceptionnel II Calcul scientifique des déformations & Ja fin de chaque phase de construction, avec la loi de fluage selon les régles du BPEL. Les niveaux I et II ne tiennent pas compte de Ja redistribution des efforts dus au fluage. En contrepartie, il est donc demandé une réserve de compression sur la contrainte minimale. 129 GUIDE DES PONTS POUSSES 8.1.2.4. Gradient thermique Les sollicitations correspondantes sont calculées avec le module de déformation longitudinale E instantané, & chaque pas de poussage'. 8.1.2.5. Dénivellations d'appui Le calcul doit étre fait & chaque pas age’ de pou Généralités Comme il a déja été indiqué dans le chapitre 2, les ouvrages poussés s bles aux effets des dénivellations d'appui, compte tenu de leur grande rigidité due & leur faible Gancement contrairement aux ouvrages construits par encor- bellements successifs. Lorsqu‘on utilise des palées intermédiaires pour les phases de poussage, le ta- blier devient extrémement raide vis-a-vis de ces effets, il y a done risque de décollement du tablier par rapport & l'appui. Les différences entre les niveaux des appu viennent et le profil théorique projeté pro- ° des erreurs de nivellement des appuis ; © d'un tassement de ces mémes appuis sous Veffet des charges appliquées ; © ct, enfin, des imprécisions géoméiriques dues au coffrage (cf. § 8.1.2.8). Par ailleurs, le comportement des ouvrages poussés est différent suivant la di- rection des dénivellations, longitudinalement ou transversalement Le programme de calcul d'un pont poussé doit tenir compte de ces décollements d'appui éventuels. Tolérances de nivellement longitudinal Dans le cas général, Ia tolérance d'exécution sur Je nivellement est prise avec une valeur positive ou négative, égale d 1 em, Cette dénivellation est & considé. rer par rapport au profil théorique de lintrados de louvrage. Blle est appliqui fe "Nota : Les calcuts & chaque pas de poussage peuvent étre remplacés par la prise en compte de sollicitation « enveloppe » de l'action considérée, surtout pour les calculs de niveau I et II. Cette cenveloppe peut étre estimée en calculant les sollicitations extrémes qui se développent dans 'ou- vrage en pesition définitive sous action considérée. Bien entendu, cette valeur est plus défavora- ble que celle issue d'un calcul exact, en particulier dans la premidxe travée. 130 Actions et regles de calcul sur un seul appui a la fois, mais doit étre étudiée pour tous les appuis, successi- vement, de manire & obtenir la sollicitation maximale! Cette valeur usuelle de 1 cm peut étre décomposée en deux parties : une erreur de nivellement de 7 mm, et un tassement de 7 mm dont la somme quadratique est égale a 1 cm. Ces valeurs pourront étre modifiées en fonction des caractéristiques ren- contrées : © soit diminuées (dans un rapport de deux) : ~ si le terrain de fondation est fortement résistant, ~ si louvrage es simple (ouvrage droit) ; * soit augmentées (jusqu’a un maximum de 2 cm)": - si Youvrage est courbe en plan et en élévation, ~ si le terrain de fondation est difficile (terrain compressible, fondations fone- tionnant essentiellement par frottement latéral) Dans le cas d'un mauvais terrain, ou bien lorsque des appuis sont fondés diffé- remment (cas des appuis provisoires), il faut obligatoirement prendre en compte la souplesse des appuis, en dehors des erreurs de nivellement, pour les niveaux de calcul TE et IH évoqués précédemment. Leffet de cette souplesse des appuis s'additionne & celui des dénivellations d'appui, Pour la zone située en arridre de la culée, il est indispensable d'éviter des tas- sements de Maire de préfabrication qui se répercuteraient alors, en tant que dé- fauts, sur ensemble du tablier. S'il existe une longrine continue, on doit tenir compte d'une erreur de nivellement par rapport & la cule, Cependant, si cette Iongrine vient jusqu’a la culée, elle est & considérer comme un appui unique. On prendra en compte la valeur réduite de 5mm, aussi bien pour la dénivellation entre ta longrine et la culée que pour les différents appuis dans le cas oi Maire est constituée de plots d'appuis indépendants, Ce calcul peut étre simplifié en remplagant fa dénivellation sur un appui quelcongue par v dénivellation de tous les appuis pairs de 5 mm dans un sens et les appuis impairs de 5mm dans le sens opposé. L'imprécision qui en résulte est généralement acceptable. Au-deld de cette valenr, il est de tonte fagan nécessaire de prévoir des dispositi Fouvrage, en assurant un suivi régulier du nivellement, Dans fe cas d'un tel recalage, il faut éga- lement procéder progressivement pour éviter tout désordre dans fe tablier, avec confirmation par le calcul des actions envisagées. pour vériner 131 GUIDE DES PONTS POUSSES Tolérances de nivellement transversal Les caissons présentant une grande rigidité vis-a-vis de la torsion, les dénivel- lations d'appui dans Ie sens transversal peuvent conduire & des décollements dappui dont i] faut tenir compte. Cependamt, dans le cas oit les piles présentent une certaine souplesse (fit uni- que, hauteur importante, fondation sur puits unique), le calcul complet prenant en compte cette souplesse transversale des appuis permet de réduire notable- ment les efforts de torsion. Hors de la zone de poussage, la tolérance de nivellement est prise égale 5mm, sur un seul appui comme pour la dénivellation dans le sens longitudinal. On évalue Ie couple de torsion en tenant compte d'un décollement éventuel d'appui. Si les appuis sont rapprochés longitudinalement (zone de aire de préfabrica- tion), il peut y avoir décollement. Dans le cas d'un calcul simplifié, on peut évaluer les efforts en considérant une distance minimale de décollement égale a la moitié de la portée d'une travée courante et en déduire le moment de torsion correspondant, Dans le cas d'utilisation d'un vérin leveur-pousseur (Eberspiicher™), on réduit généralement les risques de dénivellations transversales en réalisant le couplage des vérins de levage (cf. § 6.2) Laction de ces dénivellations transversales ne se limite pas a une torsion du tablier, mais peut introduire également des efforts significatifs dans les piles et les fondations, efforts dont il faut tenir compte dans le cas de structures sensi- bles 8.1.2.6. Effets du matériel de poussage vis des Les effets du matériel de poussage doivent étre pris en compte vis- dénivellations éventuelles qu'il introduit. Pour le matériel Eberspacher™, i1 convient de considérer un soulévement au droit du vérin dans le sens longitudinal, La valeur de ce soulévement est limitée 4 la valeur imposée par Ie limiteur de course (valeur courante | cm), et cumulée avec la tolérance de nivellement éventuelle. Il faut conserver & esprit que ce soulévement ayant lieu & chaque pas d’avan- cement, il doit étre considéré comme une action de base dans les « combinaisons rares » (cf. § 8.2.1)

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