Sreo 1017 F
Sreo 1017 F
Afrique subsaharienne
Ajustement budgtaire et
diversification conomique
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
17
OCT
F O N D S M O N T A I R E I N T E R N A T I O N A L
2017 International Monetary Fund
dition franaise 2017 Fonds montaire international
dition franaise
Traduction ralise par les services linguistiques du FMI sous la direction de Eugenio Maseda
Correction : Sophie Ruberti et Van Tran
PAO : Fernando Sole
Cataloging-in-Publication Data
Began in 2003.
Some issues have thematic titles.
HC800.A1 R445
ISBN : 978-1-48432-026-6 (franais, version papier)
ISBN : 978-1-48432-102-7 (franais, version PDF)
Le rapport sur les Perspectives conomiques rgionales pour lAfrique subsaharienne est
publi deux fois par an, au printemps et lautomne, et rend compte de lvolution
conomique de la rgion. Les projections et considrations de politique conomique
quil prsente sont celles des services du FMI, et ne reprsentent pas ncessairement
les points de vue du FMI, de son conseil dadministration ou de sa direction.
Encadrs
1.1. Pays en situation de fragilit....................................................................................................20
1.2. Stratgie conomique rgionale de la CEMAC........................................................................23
1.3. Amlioration des cadres de la politique montaire en Afrique subsaharienne...........................25
2.1. Potentiel de recettes en Afrique subsaharienne........................................................................46
2.2. liminer les subventions aux carburants et aux produits nergtiques......................................48
2.3. Exploiter les dispositifs de protection sociale existants.............................................................50
3.1. Diffrentes mesures de la diversification..................................................................................60
Tableaux
1.1. Afrique subsaharienne : croissance du PIB rel........................................................................14
1.2. Afrique subsaharienne : autres indicateurs macroconomiques................................................14
2.1. Multiplicateurs budgtaires estims, tirs de diverses tudes, pour plusieurs groupes de pays...37
3.1. Explication de la croissance conomique au moyen de diffrentes mesures
de la diversification dans les pays en dveloppement.............................................................66
3.2. Rsultats des rgressions de commerce bilatral.......................................................................67
3.3. Facteurs de diversification conomique...................................................................................69
iii
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphiques
Chapitre 1
1.1. Afrique subsaharienne : croissance du PIB rel, 201319..........................................................1
1.2. Afrique subsaharienne : dette publique totale en pourcentage du PIB........................................2
1.3. Partenaires commerciaux de lAfrique subsaharienne : croissance du PIB rel, 201017............3
1.4. Variation des cours de plusieurs produits de base depuis 2013..................................................3
1.5. Pays prmergents dAfrique subsaharienne : missions obligataires souveraines internationales...... 4
1.6. carts de taux souverains des pays prmergents dAfrique subsaharienne et des pays
mergents nots B, 201517...................................................................................................4
1.7. Afrique subsaharienne : contributions la variation de la croissance du PIB rel, 201617.......5
1.8. Pays exportateurs de ptrole dAfrique subsaharienne : contributions la croissance
du PIB rel, 201017.............................................................................................................5
1.9. Afrique subsaharienne : inflation, janvier 2012mars 2017.......................................................5
1.10. Afrique subsaharienne : solde budgtaire global, 201017.........................................................6
1.11. Afrique subsaharienne : variation et composition du solde budgtaire global, 201017.............6
1.12. Afrique subsaharienne : variation du taux directeur, janvier 2016aot 2017............................7
1.13. Afrique subsaharienne : tensions sur les marchs des changes, 201617....................................8
1.14. Afrique subsaharienne : dficit courant et sources de financement, 201117.............................9
1.15. Afrique subsaharienne : niveau des rserves internationales, 2013 et 2017.................................9
1.16. Afrique subsaharienne : exportations des principaux producteurs agricoles..............................10
1.17. Afrique subsaharienne : variation moyenne du ratio dette/PIB et de ses composantes, 201016....10
1.18. Afrique subsaharienne : dcomposition de la dette du secteur public, 201016.......................11
1.19. Afrique subsaharienne : service de la dette totale en pourcentage des recettes, 201017...........11
1.20. Afrique subsahrienne : notations de risque de crdit de Fitch, 201317..................................11
1.21. Afrique subsaharienne : variation de lexposition des banques au gouvernement et variation
de la croissance du crdit au secteur priv, moyenne 201113 et moyenne 201416............12
1.22. Afrique subsaharienne : ratio crances bancaires improductives/total des prts........................12
1.23. Afrique subsaharienne : retraits des relations de correspondance bancaire, 201116................13
1.24. Afrique subsaharienne : perspectives de croissance, 2017 et 2018............................................13
1.25. Afrique subsaharienne : dette publique en pourcentage du PIB, 201122...............................15
1.26. Afrique subsaharienne : assainissement budgtaire, 201722...................................................16
1.27. Afrique subsaharienne : indicateurs budgtaires, variation cumule depuis 2010.....................16
1.28. Indicateurs de gouvernance dans diverses rgions, 2015..........................................................18
Chapitre 2
2.1. Afrique subsaharienne : composition des soldes budgtaires....................................................31
2.2. Afrique subsaharienne et pays mergents et en dveloppement :
pisodes de repli des recettes tires des produits de base........................................................32
2.3. Afrique subsaharienne et pays mergents et en dveloppement :
pisodes dassainissement budgtaire ax sur les dpenses......................................................34
2.4. Variation du solde budgtaire global et de ses composantes :
pisodes dassainissement budgtaire ax sur les dpenses......................................................34
2.5. Afrique subsaharienne et pays mergents et en dveloppement :
pisodes dassainissement budgtaire ax sur les recettes........................................................35
iv
TABLE DES MATIRES
Chapitre 3
3.1. Afrique subsaharienne : parts sectorielles relles, 19952014 ..................................................59
3.2. Productivit du travail et variations des parts dans lemploi, par rapport 2000......................60
3.3. Mesures de la diversification et de la qualit des exportations..................................................62
3.4. Diversification des biens lexportation par pays : 19622014................................................63
3.5. Complexit conomique.........................................................................................................63
3.6. Complexit conomique dans diffrents pays : exportations de biens en 1995 et en 2015.......65
3.7. Afrique subsaharienne : diversification des exportations et croissance du PIB par habitant......66
3.8. Taille du secteur manufacturier et commerce..........................................................................67
3.9. Facteurs de diversification des exportations.............................................................................70
v
Sigles et acronymes
vi
Remerciements
Ldition doctobre 2017 des Perspectives conomiques rgionales : Afrique subsaharienne (PER) a t prpare
par une quipe dirige par Jaroslaw Wieczorek, sous lautorit de David Robinson.
Lquipe tait compose de Francisco Arizala, Romain Bouis, Paolo Cavallino, Wenjie Chen, Cristina
Cheptea, Jesus Gonzalez-Garcia, Cleary Haines, Marwa Ibrahim, Lisa Kolovich, Yun Liu, Miguel Pereira
Mendes, Nkunde Mwase, Monique Newiak, Friska Parulian, Axel Schimmelpfennig, Preya Sharma,
Charalambos Tsangarides, Frank Wu, Keerthi Yellapragada, Mustafa Yenice et Jiayi Zhang.
Ce rapport contient aussi des contributions de Emre Alper, Karim Barhoumi, Lennart Erickson, Enrique
Gelbard, Salifou Issoufou, Tunc Gursoy, Trevor Lessard, Daniela Marchettini, Edouard Martin, Cameron
McLoughlin, Clara Mira, Koffie Nassar, Toomas Orav, Alun Thomas, Mauricio Villafuerte, et de Aline
Coudouel et Emma Monsalve (toutes deux de la Banque mondiale).
Lquipe a bnfici du concours de Natasha Minges pour la production du rapport, assiste de Charlotte
Vazquez pour la composition. Ldition finale du rapport a t supervise par Linda Long du Dpartement des
communications.
Dans les tableaux, un blanc indique que la rubrique correspondante est en loccurrence sans objet, ()
indique que les donnes ne sont pas disponibles, et 0 ou 0,0 indique que le chiffre est gal zro ou quil
est ngligeable. Les chiffres ayant t arrondis, il se peut que les totaux ne correspondent pas exactement
la somme de leurs composantes.
entre des annes ou des mois (par exemple 201617 ou janvierjuin) indique la priode couverte, de la
premire la dernire anne ou du premier au dernier mois indiqu inclusivement; le signe / entre deux
annes (par exemple 2016/17) indique un exercice budgtaire (ou financier).
Sauf indication contraire, lorsquil est fait rfrence au dollar, il sagit du dollar des tats-Unis.
Par point de base, on entend un centime de point (de pourcentage). Ainsi 25 points de base quivalent
de point (de pourcentage).
vii
Rsum analytique
UNE RGION EN QUTE DE REPRISE
Le ralentissement de lactivit conomique qui a touch la majeure partie de lAfrique subsaharienne sattnue,
mais la situation de la rgion reste fondamentalement difficile. Le taux de croissance devrait atteindre 2,6 % en
2017, mais ce rebond sexplique principalement par des facteurs ponctuels, notamment le redressement de la
production ptrolire au Nigria et lattnuation de la scheresse en Afrique orientale et australe, et par une am-
lioration relative de la conjoncture extrieure. Mme avec cette embellie, la croissance dpassera peine le taux de
croissance dmographique. Un tiers des pays de la rgion continuent denregistrer des taux dau moins 5 %, mais
dans 12 pays de la rgion, qui abritent plus de 40 % de sa population, le revenu par habitant devrait diminuer.
En 2018, la croissance devrait continuer de se redresser et atteindre 3,4 %, mais les incertitudes qui entourent
actuellement la politique conomique au Nigria et en Afrique du Sud freinent son lan, et elle ne devrait pas
progresser davantage en 2019. Dans beaucoup de pays qui connaissent une expansion plus rapide, la croissance
continue dtre tributaire des dpenses publiques, ce qui alourdit la dette et son service.
La conjoncture extrieure samliore, mais la reprise reste modeste et les vulnrabilits saccentuent.
La vigueur accrue de la croissance mondiale, notamment dans les principaux partenaires commerciaux
que sont la Chine et la zone euro, donne une impulsion positive lactivit en Afrique subsaharienne. En
outre, le regain dapptit pour le rendement a entran un rebond des missions obligataires souveraines
dans les pays prmergents de la rgion. Cependant, la faiblesse des cours des matires premires continue
de peser sur les perspectives de croissance pour les pays exportateurs de produits de base.
La dette publique en pourcentage du PIB sest accrue depuis 2013 et est dsormais proche de 50 % dans
prs de la moiti des pays de la rgion. Le nombre de pays faible revenu surendetts ou risquant de le
devenir est pass de 7 en 2013 12 en 2016, et tous les pays prmergents de la rgion et les autres pays
ayant une notation de crdit, lexception de la Namibie, ont vu leur notation descendre en dessous de
la catgorie investissement. Lalourdissement de la dette sexplique par le creusement des dficits bud-
gtaires, la faiblesse de la croissance, la chute des cours des produits de base et les dprciations de taux de
change dans certains pays. Les soldes des transactions courantes se sont certes amliors et les tensions se
sont quelque peu estompes sur les marchs des changes, mais les rserves internationales sont infrieures
aux niveaux jugs adquats dans de nombreux pays.
En raison de cette accumulation de vulnrabilits, les risques baissiers prdominent. Les retards dans la
mise en uvre des ajustements risquent de rduire lespace budgtaire ncessaire des dpenses favorables la
croissance, dvincer le secteur priv et davoir un effet ngatif sur le secteur extrieur. La monte des niveaux
dendettement public suscite des doutes quant la viabilit de la dette de la rgion, tandis que lintensification
du lien entre les banques et ltat pourrait branler davantage le secteur financier. Plusieurs pays se heurtent
en outre aux risques lis au retrait des relations de correspondance bancaire.
Dans ce contexte, la mise en uvre de lassainissement budgtaire envisag par de nombreux pays et lex-
cution des rformes structurelles visant corriger les contraintes la croissance sont une priorit absolue.
Lassainissement budgtaire est le plus ncessaire et le plus urgent dans les pays exportateurs de ptrole.
Dans certains cas (en Angola, par exemple), un ajustement considrable a dj t effectu, principalement
sous la forme dune rduction des dpenses en capital. Ces pays devraient chercher avant tout accrotre leurs
recettes hors produits de base et rduire leurs dpenses rcurrentes de faon cible. Toutefois, lorsque lassai-
nissement est urgent, notamment dans les pays exportateurs de ptrole, la rduction des dpenses publiques
dinvestissement risque dtre invitable. Les autres pays doivent aussi engager un assainissement budgtaire,
certes dans une moindre mesure, en se centrant sur la composition et lefficience des dpenses.
ix
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Les pays dAfrique subsaharienne doivent aussi mener des rformes structurelles et saisir les occasions de
pousser la croissance au-del des projections actuelles, en agissant sur le front de la transformation structurelle
et de la diversification des exportations, y compris en amliorant laccs au crdit, les infrastructures et le cadre
rglementaire et en mettant en valeur la main-duvre qualifie.
Les effets estims des variations de la politique budgtaire sur la production les multiplicateurs budgtaires
sont gnralement plus faibles que ceux observs dans les pays avancs ou les pays mergents. En moyenne,
les assainissements qui, en Afrique subsaharienne, reposaient sur une rduction de linvestissement public
ont eu leffet de contraction le plus marqu sur la croissance. Ceux bass sur des compressions de dpenses
courantes ou sur la mobilisation de recettes ont eu un moindre effet sur la production. Cependant, limpact
dpend dans une large mesure des particularits du pays, de laccompagnement que peuvent exercer les poli-
tiques mises en uvre, de lefficience des dpenses et de la solidit des institutions.
Il ressort de ces conclusions que les pays de la rgion devraient se centrer sur la mobilisation de recettes pour
attnuer les retombes ngatives de lassainissement sur la croissance. Cependant, comme la mobilisation de
recettes prend un certain temps, les rductions de dpenses risquent dtre invitables, notamment dans les
pays o il est urgent doprer des ajustements. Dans ces cas-l, il importe de protger les dpenses dans les
infrastructures essentielles, de manire ne pas compromettre par trop les perspectives de croissance future,
et daccorder la priorit aux dpenses en sant et en ducation et aux dispositifs de protection sociale afin de
rduire dans toute la mesure du possible les effets sur les mnages plus dmunis.
Il existe une corrlation positive entre dune part la transformation structurelle et la diversification des expor-
tations, et dautre part la croissance, notamment aux stades initiaux de dveloppement. Les rgressions portant
sur plusieurs pays indiquent que la stabilit macroconomique, laccs au crdit, de bonnes infrastructures,
un cadre rglementaire propice, une main-duvre qualifie et lgalit sont autant de facteurs lis une plus
grande diversification conomique. Ltude des diffrents pays met en lumire lhtrognit des expriences
de croissance. Les interventions russies ont cela de commun quelles mettent en valeur les ressources dont est
dot le pays et dveloppent ses capacits sous-jacentes. La correction des dfaillances du march peut tre utile,
au mme titre que lintgration commerciale.
x
1. Une rgion en qute de reprise
Le ralentissement de lactivit conomique qui a touch Le contexte mondial est devenu plus favorable
la majeure partie de lAfrique subsaharienne sattnue, lAfrique subsaharienne depuis 2016. Les cours des
mais la situation de la rgion reste fondamentalement produits de base (ptrole notamment) restent bas,
difficile. Le taux de croissance devrait passer de 1,4% mais dpassent les minima atteints lanne dernire. La
en 2016 2,6% en 2017, sous leffet dun environne- croissance mondiale semblerait devoir dpasser 3%
ment extrieur plus favorable et de plusieurs facteurs en 201718, avec des rsultats suprieurs aux attentes
ponctuels, dont le redressement des productions ptro- dans la zone euro et en Chine, qui, lune comme
lire et agricole au Nigria et lattnuation de la sche- lautre, sont troitement lies lAfrique subsaharienne
resse qui a frapp une grande partie de lAfrique orien- par le commerce et linvestissement. En outre, le plus
tale et australe en 2016 et au dbut de 2017. Bien que grand apptit pour le rendement sest traduit par un
15 des 45pays continuent denregistrer un taux de meilleur accs des pays prmergents de la rgion aux
croissance dau moins 5%, celui de la rgion dans son marchs de capitaux, ce dont tmoignent les missions
ensemble excdera peine le taux de croissance dmo- euro-obligataires de la Cte dIvoire, du Nigria et du
graphique, et le revenu par habitant devrait diminuer Sngal au premier semestre2017.
en 2017 dans 12 pays qui abritent plus de 40% de la
population dAfrique subsaharienne. Sur le plan intrieur, beaucoup de pays se heurtent
une aggravation des vulnrabilits:
La croissance devrait continuer de se redresser et at-
teindre 3,4% en 2018, mais la dynamique est faible La dette publique dpassait 50% du PIB dans
et en 2019, le taux devrait se situer nettement en des- 22pays la fin 2016 (graphique1.2). Le ser-
sous des tendances passes (graphique1.1). Les incer- vice de la dette commence peser lourdement,
titudes qui entourent actuellement la politique co- surtout pour les pays producteurs de ptrole,
nomique au Nigria et en Afrique du Sud continuent et il devrait absorber plus de 60% des recettes
de freiner la croissance des deux premires conomies publiques en Angola, au Gabon et au Nigria.
de la rgion. Si lon exclut ces deux pays, le taux de Des risques budgtaires commencent aussi se
croissance moyen dans la rgion devrait se situer concrtiser dans plusieurs pays forte croissance
4,4% en 2017 et se hisser 5,1% en 201819. Mais mais pauvres en ressources naturelles, sous leffet
mme l o la croissance reste forte, dans bien des cas en partie de lvolution de la situation scuritaire
elle reste tributaire des dpenses publiques, souvent et dune baisse des cours du cacao (Cte dIvoire)
au prix dun alourdissement de la dette et de lvic- et des drapages budgtaires pendant une anne
tion du secteur priv. lectorale (Ghana, Kenya).
Graphique 1.1. Afrique subsaharienne : croissance du
Les principaux risques baissiers qui psent sur les PIB rel, 201319
perspectives de croissance de la rgion viennent de 8
ses plus grands pays, o de fortes incertitudes po- 7
litiques pourraient retarder les ajustements nces- 6
saires et peser sur la confiance des investisseurs et des 5
Pourcentage
proj. 18
proj. 19
2013
14
15
16
1
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Une exposition grandissante aux dettes souve- Les pays dAfrique subsaharienne peuvent aussi
raines et laccumulation darrirs intrieurs ont saisir les occasions de pousser la croissance au-
amplifi les tensions dans le secteur financier, del des projections actuelles, en agissant sur le
comme lindiquent laccroissement des crances front de la transformation structurelle et de la di-
improductives (Angola, Ghana, Nigria), le versification des exportations. Le renforcement
net ralentissement de la progression du crdit de la stabilit macroconomique a, en soi, un im-
au secteur priv (CEMAC, Zambie) et la sous- portant effet positif cet gard, mais en dehors
capitalisation des banques (Nigria). de cela, beaucoup de pays pourraient aussi am-
liorer leurs perspectives de croissance en largis-
Malgr lamorce dune rduction des dficits cou- sant laccs au crdit, en dveloppant les infra-
rants et lattnuation apparente des tensions sur structures et le cadre rglementaire et en mettant
les marchs des changes suite, en partie, au dur- en valeur la main-duvre qualifie.
cissement montaire trs attendu, les rserves
internationales sont tombes en dessous des Sur cette toile de fond, le chapitre2 expose des op-
niveaux appropris dans nombre de pays, notam- tions de trajectoire et de composition de lassainis-
ment ceux dots dun rgime de change fixe. sement budgtaire visant en limiter les effets sur la
production et les revenus, et dgager un espace bud-
Dans ce contexte, beaucoup de pays doivent satta- gtaire suffisant pour financer les dpenses prioritaires.
quer en priorit aux vulnrabilits budgtaires tout En considrant les pisodes antrieurs dassainissement
en redoublant defforts pour grer les contraintes budgtaire en Afrique subsaharienne, le chapitre2 exa-
la croissance. Bien que les projections de crois- mine comment la production a ragi selon les par-
sance moyen terme prvoient, dans la plupart des ticularits des pays et ltat de leur conomie, et il
pays dAfrique subsaharienne, un niveau appro-
hique 1.2. Afriquepri
subsaharienne
dajustement: dette publique
budgtaire, totalepour
lenjeu en pourcentage
eux est du Graphique
PIB 1.2. Afrique subsaharienne : dette publique totale
en pourcentage du PIB
de mettre en uvre ces mesures au moment op-
portun et dviter une nouvelle aggravation des 2013
vulnrabilits.
2013 2016
Lassainissement budgtaire est le plus ncessaire
et le plus urgent dans les pays exportateurs de
ptrole, qui doivent sadapter un niveau de re-
cettes ptrolires infrieur de plus de 50% celui
de 2013 et dont la part dans le PIB devrait en-
core diminuer court terme. Ces pays devraient
non seulement chercher avant tout accrotre
leurs recettes hors produits de base, mais aussi
rduire leurs dpenses publiques improductives
y compris les investissements inefficients
2013
pour affermir lassise de leurs finances publiques. 2016
2
1. UNE RGION EN QUTE DE REPRISE
dfinit des mesures susceptibles dattnuer les effets de aux niveaux observs au cours des dernires annes, et
contraction potentiels de lassainissement budgtaire. celle attendue aux tats-Unis a t lgrement revue
la baisse en raison du repli attendu de la relance bud-
Enfin, le chapitre3 fait le point des progrs accomplis gtaire. Globalement, la croissance a t plus forte
en Afrique subsaharienne en matire de diversification que prvu dans la zone euro et en Chine au premier
conomique et des effets quils ont eus sur la croissance. semestre2017, et elle a t soutenue en Inde, cest--
Il ressort des expriences des pays que, pour russir, les dire dans les trois principales destinations des expor-
mesures de diversification doivent exploiter les atouts et tations de lAfrique subsaharienne (graphique1.3).
les points forts des pays et tre adaptes aux problma-
tiques particulires. partir de donnes transnationales La faiblesse des cours des produits de base continue de
et dtude de cas par pays, le chapitre se propose de d- peser fortement sur les perspectives de croissance de
finir des politiques propres faciliter la transformation la rgion. Aprs un lger rebond en 2016, ces cours se
structurelle et la diversification des exportations. sont stabiliss des niveaux relativement bas par rap-
port aux pics antrieurs, ceux du ptrole et du mi-
UNE MODESTE REPRISE EST EN COURS nerai de fer chutant de plus de 50% par rapport aux
maxima de 2013 (graphique1.4). Les cours de cer-
La conjoncture extrieure samliore taines matires premires agricoles ont aussi fortement
progressivement baiss au premier semestre 2017, notamment ceux
de certains principaux produits de base subsahariens
La conjoncture extrieure de lAfrique subsaharienne (cacao, par exemple), encore que les prix de quelques
sest amliore dans un contexte dvolution de la com- produits (caf, th) aient enregistr des augmentations.
position de la croissance mondiale et de nette embellie
des conditions de financement pour les marchs pr- Les conditions de financement extrieur se sont net-
mergents de la rgion. Cependant, les perspectives des tement amliores depuis 2016, plusieurs pays pr-
cours des matires premires restent faibles. mergents dAfrique subsaharienne (Cte dIvoire,
Nigria, Sngal) ayant fait leur retour sur le march
Ldition doctobre2017 des Perspectives de lco- au premier semestre2017, et un autre (Angola) pr-
nomie mondiale table sur un taux de croissance mon- voyant de le faire bientt. Les missions internatio-
diale de 3,6% en 2017 et de 3,7% en 2018, soit nales dobligations souveraines effectues en 2017 par
des niveaux lgrement suprieurs ceux de ldition les pays prmergents de la rgion ont atteint 4,6mil-
davril2017. La croissance en Chine reste infrieure liards de dollars fin juin, contre 750millions de
Real GDP
Graphique Growth, 201017
1.3. Partenaires commerciaux de lAfrique Graphique 1.4. Variation des cours de plusieurs produits
subsaharienne : croissance du PIB rel, 201017 de base depuis 2013
10 50
Variation en pourcentage par rapport
Moyenne 200015 30
8 2016
la moyenne de 2013
10
Pourcentage
Projections 2017 10
6
30
4 50
70 Minima 2016
Projections pour 2017
2 90
Coton
Or
Cuivre
Cacao
Diamants
Th
Caf
Ptrole brut
Minerai de fer
Charbon
Sucre
0
Zone euro Chine Inde tats- Royaume-
Unis Uni
Sources : FMI, systme des cours des produits de base et hypothses
Source : FMI, base de donnes des Perspectives de lconomie mondiale.
mondiales.
Note : Lpaisseur des barres correspond la part que reprsentent les
Note : Outre le ptrole, les principaux produits dexportation de la
pays dans les exportations totales de lAfrique subsaharienne en 2016.
rgion sont, entre autres, le cuivre (Rpublique dmocratique du Congo
et Zambie), le minerai de fer (Afrique du Sud, Libria et Sierra Leone),
le charbon (Afrique du Sud et Mozambique), lor (Afrique du Sud,
Burkina Faso, Ghana, Mali et Tanzanie) et le platine (Afrique du Sud).
3
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 1.5. Pays prmergents dAfrique subsaharienne : Graphique 1.6. carts de taux souverains des pays prmergents
missions obligataires souveraines internationales dAfrique subsaharienne
pays mergents et des paysBmergents
nots , 201517nots B, 201517
8 160 1.100
7 140 1.000
6 120
Milliards de dollars
900
Milliards de dollars
5 100
800
Points de base
4 80
700
3 60
600
2 40
500
1 20
400
0 0 Pays mergents nots B
300
8
9
2007
10
11
12
13
14
15
16
17
Pays prmergents d'Afrique subsaharienne
200
Pays non exportateurs de ptrole d'Afrique subsaharienne
mai 15
mai 16
mai 17
janv. 15
janv. 16
sept. 15
sept. 16
janv. 17
sept. 17
Pays exportateurs de ptrole d'Afrique subsaharienne
Pays mergents (chelle de droite)
Source : Bloomberg Finance L.P. Source : Bloomberg Finance L.P.
Note : donnes juin 2017. Voir la page 78 le tableau des groupes de pays. Note : donnes au 12 septembre 2017.
1
Comprend uniquement les obligations souveraines.
dollars pour lensemble de 2016 (graphique1.5). Les
2
Angola, Cameroun, Cte dIvoire, Gabon, Ghana, Kenya,
Mozambique, Namibie, Nigria, Sngal, Tanzanie, Zambie.
marges de taux entre les pays prmergents dAfrique
subsaharienne et les pays mergents comparables CEMAC; seule une forte croissance du PIB hors p-
se sont rtrcies (graphique1.6). Lamlioration de trole au Cameroun permet la rgion de continuer
laccs de lAfrique subsaharienne la finance inter- dafficher des taux positifs (graphique1.8).
nationale tient davantage, semble-t-il, des facteurs
dimpulsion qu des facteurs dattraction1. La croissance est plus forte dans le reste de lAfrique
subsaharienne, avec un taux moyen lgrement inf-
Une lgre remonte de la croissance est rieur 5%, proche des niveaux enregistrs dans la r-
attendue en 2017 gion depuis le dbut des annes 2000. Avec le recul de
Le taux de croissance en Afrique subsaharienne devrait la scheresse, en Afrique australe notamment, la crois-
atteindre 2,6% en2017, soit prs du double de 2016, sance devrait sacclrer sous leffet dun redressement
mais il reste bien en de des tendances antrieures et de la production agricole au Malawi et en Zambie, o
peine suprieur au taux de croissance dmographique. des pluies abondantes ont aussi relanc la production
dlectricit2. Paralllement, la croissance a perdu de
Avec une bonne rcolte et une reprise de la produc- sa vigueur dans des pays o elle tait forte jusqualors,
tion ptrolire aprs la baisse des tensions dans le comme la Cte dIvoire, o les effets de rattrapage de
delta du Niger, le Nigria devrait contribuer plus sortie de conflit sestompent, et lOuganda, o la s-
de la moiti du gain de croissance en2017. Les deux cheresse et le ralentissement du crdit au secteur priv
autres grands pays de la rgion y contribueront aussi, ont affect la croissance, au moins temporairement.
mais plus modestement, grce au rebond de la pro-
duction ptrolire en Angola et au redressement de La croissance saffermit dans certains pays en situa-
lactivit minire et une bonne rcolte en Afrique tion fragile, y compris ceux touchs par lpidmie
du Sud (graphique1.7), mais les taux de croissance dbola de 2015, encore que la Sierra Leone se heurte
y restent trs faibles. La croissance reste galement dautres difficults aprs une rcente catastrophe
timide dans les pays producteurs de ptrole de la naturelle. Dans dautres pays (Burundi, Soudan du
1
Il apparat, lorsquon applique les coefficients indiqus dans lencadr1.2 de ldition doctobre 2016 des Perspectives conomiques
rgionales: Afrique subsaharienne, lvolution rcente des marges que leur baisse en Afrique subsaharienne, depuis la fin 2016, tient
principalement des facteurs mondiaux: moindre volatilit des marchs financiers mondiaux (reprsente par lindiceVIX), diminution
du sentiment dincertitude (atteste par la baisse des primes de liquidit aux tats-Unis), rduction des cots de financement (baisse de
lcart LIBOR-OIS) et hausse ou stabilit des cours des produits de base. Par contre, les fondamentaux macroconomiques intrieurs,
tels que le taux de croissance du PIB par habitant, le ratio dette publique/PIB et la part des rserves internationales dans le PIB, se sont
tous dtriors dans le pays prmergent moyen dAfrique subsaharienne. Seuls les taux dinflation et les dsquilibres des transactions
courantes se sont lgrement amliors en moyenne.
2
Llectricit produite en Zambie est 97% dorigine hydraulique (Banque mondiale).
4
1. UNE RGION EN QUTE DE REPRISE
Moy. 201014
Moy. 201014
2016
Proj. 2017
2016
Proj. 2017
2016
Proj. 2017
2015
2015
2015
13 Inflation globale
12 Inflation des produits alimentaires Pour nombre de pays, toutefois, ces niveaux restent
11
Inflation hors alimentation
levs deux tiers des pays dAfrique subsaharienne
10 enregistrent en 2017 des dficits budgtaires sup-
9 rieurs ceux quils ont accuss en moyenne sur la p-
8
7
riode201013 et plusieurs dentre eux ont vu leurs d-
6 ficits slargir ces dernires annes dans le contexte dune
5 croissance conomique dj forte (graphique1.10).
4
Si le dficit budgtaire moyen (pondr) des pays
juil. 14
juin 12
juin 17
nov. 12
dc. 14
mai 15
oct. 15
mars 16
avr. 13
aot 16
fvr. 14
janv. 12
janv. 17
sept. 13
5
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
5
Pourcentge du PIB
10
Moyenne 201013
15 2016
Projections pour 2017
20
GIN
CIV
AGO
ZAF
TZA
COG
LBR
NER
SLE
NAM
COD
MDG
LSO
MUS
STP
NGA
TCD
BFA
BWA
ERI
BDI
MLI
COM
UGA
GMB
ETH
GNQ
CMR
SSD
ZMB
ZWE
GHA
KEN
SWZ
MOZ
BEN
GNB
TGO
SEN
SYC
MWI
GAB
CAF
CPV
RWA
Exportateurs de ptrole Pays riches en autres ressources naturelles Pays pauvres en ressources naturelles
Source : FMI, base de donnes des Perspectives de lconomie mondiale.
Note : Voir la page 78 le tableau des groupes de pays et la page 80 la liste des abrviations des pays.
Graphique 1.11. Afrique subsaharienne : variation et composition du solde budgtaire global, 201017
2 8
6
1 4
2
Points de PIB
0
Points de PIB
0
2
4
1 6
8
2 10
201015 2016 2017 201015 2016 2017 201015 2016 2017
Pays riches en autres ressources naturelles Pays pauvres en ressources naturelles Exportateurs de ptrole
Dpenses d'intrts () 20 Dpenses primaires courantes () Dpenses en capital () Recettes hors produits de base
0
-20
Perce
GDP
nt of
(denviron 7% du PIB en 2017) devrait aug- quun accroissement des recettes non ptrolires
menter denviron 0,3point du PIB par rapport dgagera un certain espace budgtaire au Gabon et
2016 (graphique1.11). Cette dgradation mar- au Tchad (encadr1.2).
ginale du solde primaire hors produits de base est
imputable lvolution de la situation au Nigria et Dans les autres pays riches en ressources natu-
en Angola. Au Nigria, un redressement de la pro- relles, le dficit global devrait se maintenir aux
duction ptrolire compense la faiblesse persistante alentours de 4% du PIB. En Afrique du Sud,
des recettes hors ptrole, tandis que les contraintes malgr les efforts dassainissement, le dficit bud-
de financement ralentissent lexcution du budget gtaire devrait se creuser lgrement en 2017 du
et freinent les dpenses. En Angola, les recettes non fait surtout de la faiblesse du rebond de la crois-
ptrolires continuent de flchir, les effets du choc sance. Un accroissement des dpenses en capital
ptrolier et des rductions des dpenses en capital devrait largir les dficits au Burkina Faso et au
quil a provoques se faisant sentir dans tous les sec- Niger, tandis que le processus dassainissement
teurs de lconomie. Les pays producteurs de p- budgtaire se poursuivra au Ghana et en Namibie.
trole de la CEMAC devraient, en revanche, voir Au Zimbabwe, le dficit restera lev malgr les
leurs soldes budgtaires globaux et leurs soldes pri- efforts entrepris pour matriser les dpenses.
maires hors produits de base samliorer grce une
rduction des dpenses au Cameroun, en Guine Dans les pays pauvres en ressources naturelles, le
quatoriale et en Rpublique du Congo, tandis dficit budgtaire global devrait galement rester
6
1. UNE RGION EN QUTE DE REPRISE
inchang, mais aux alentours de 5% du PIB, et 14% en juillet2016, mais lefficacit de ce dur-
avec une modification de la composition des d- cissement a t limite en raison dun excs de
penses privilgiant les dpenses en capital au dtri- liquidits en nairas qui na pu tre rduit par la
ment des dpenses courantes. La mobilisation de suite que par un accroissement des interventions
recettes devrait tre infrieure aux montants bud- de la banque centrale sur le march des changes.
gtiss en Cte dIvoire (du fait de la chute des
cours du cacao) et au Kenya, tandis que laccrois- Dans le cas de la CEMAC, la banque centrale r-
sement des investissements dans les infrastructures gionale (Banque des tats de lAfrique centrale
creusera le dficit Madagascar. Un travail das- BEAC) a relev le taux directeur de 50points
sainissement budgtaire, quitablement rparti de base (le portant 2,95%) en mars2017 aprs
entre rductions de dpenses et mobilisation de re- une priode de politique accommodante qui sest
cettes, devrait amliorer les soldes budgtaires en traduite par une perte importante de rserves.
Gambie, en Guine Bissau et au Togo. La BEAC a galement annonc la suppression
progressive de ses avances statutaires aux tats
et la politique montaire a ragi aux membres et le plafonnement des montants de
tensions inflationnistes titres publics qui peuvent tre accepts comme
La riposte montaire a considrablement vari au garanties pour des refinancements bancaires.
sein de la rgion (graphique1.12). Aprs lassouplis-
sement qui a suivi leffondrement des cours des pro- Dans le mme temps, la politique montaire des
duits de base, les pays exportateurs de ptrole ont autres pays, surtout ceux dots dun rgime de change
durci leur politique montaire en 2016. Ce bascule- flexible, a t accommodante dans lensemble, car les
ment sexplique par la ncessit de ragir la monte tensions inflationnistes ont flchi.
des tensions extrieures et inflationnistes provoque
par dimportants dficits budgtaires. En Afrique du Sud, pour la premire fois en cinq
ans, le taux directeur a t abaiss fin juillet2017
En Angola, le relvement du taux directeur de (de 25points de base) et ramen 6,75% dans le
12 16 % entre mars et juin2016 a entran contexte dune croissance faible et dun recul de
une rduction brutale de lexcs de liquidit des linflation, qui est tombe moins de 6% au deu-
banques et une inversion de la croissance de la xime trimestre2017. En Namibie, conformment
base montaire, de 25% en mai2016 -15,7% au rattachement au rand, les autorits montaires
en mai2017 en glissement annuel. ont suivi la banque centrale dAfrique du Sud et ra-
men le taux directeur de 7 6,75% en aot2017.
Au Nigria, o la banque centrale a maintenu
une parit fixe jusqu la mi-juin2016, le taux Au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, la po-
directeur a t port de 11 12% en mars et litique montaire a t logiquement accommo-
Graphique 1.12. Afrique subsaharienne : variation du taux dante en ciblant linflation sous-jacente, qui est
directeur, janvier 2016aot 2017 reste modre, bien que linflation globale ait
600 fortement augment aprs une flambe tem-
400 poraire des prix alimentaires. En Ouganda, par
200 exemple, en conformit avec le ciblage de linfla-
tion adopt en 2011, la banque centrale a russi
Points de base
0
200
maintenir linflation sous-jacente dans une bande
troite autour de sa cible de 5%. Guide par sa
400
prvision en la matire et au vu de la faiblesse des
600 perspectives de croissance, elle a rduit son taux
800 directeur de 700points de base entre avril2016
Angola
Ouganda
Kenya
Zambie
Namibie
CEMAC
UEMOA
Nigria
Maurice
Ghana
Afrique du Sud
et juillet2017 (encadr1.3).
7
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Dans beaucoup de pays, les tensions sur le de la production ptrolire en Angola et au Nigria
march des changes ont flchi ainsi qu une contraction des importations, dans cer-
Les fortes tensions ngatives subies ces dernires annes tains cas (Rpublique du Congo, par exemple) lie
par le march des changes de plusieurs pays ont com- une rduction des investissements publics. Ailleurs,
menc sattnuer en 2017 (graphique1.13). Cela a la diminution du dficit courant sexplique par une
tenu plusieurs facteurs: durcissement des politiques chute des importations, elle-mme imputable des
intrieures (Mozambique, Ouganda), amlioration contraintes de financement (Togo), lachvement
des balances commerciales sous leffet du renforce- de grands projets dinvestissement (thiopie) et la
ment des recettes tires des produits de base (Nigria, faiblesse de la demande intrieure (Afrique du Sud).
Zambie) et accroissement des financements extrieurs,
notamment par le biais dmissions dobligations sou- Les dficits courants des pays pauvres en ressources
veraines (Nigria) et dautres formes demprunts ext- naturelles devraient rester levs prs de 8% du
rieurs (Ghana, Zambie)3. Au Nigria, lallgement des PIB en moyenne en 2017, mais ils sont en grande
tensions a favoris des progrs vers la libralisation de partie financs par linvestissement direct tranger.
laccs aux devises trangres qui a encourag les en-
tres dinvestissements de portefeuille et contribu au mais les rserves extrieures restent faibles
rtrcissement de lcart entre les marchs officiels et Lamlioration du solde des transactions courantes
parallles, ramen de 60% moins de 20% entre doit encore se traduire par une reconstitution ad-
les mois de fvrier et aot2017. Les tensions restent, quate des rserves extrieures. Si les rserves inter-
en revanche, fortes dans plusieurs pays riches en res- nationales des pays dAfrique subsaharienne repr-
sources naturelles faible revenu (Guine, Libria, sentent en moyenne 4,8mois dimportations, soit
Rpublique dmocratique du Congo). plus que le niveau classique de trois mois dimporta-
tions, ce dernier nest mme pas atteint dans la moiti
et les dficits extrieurs courants se sont des pays de la rgion, et les rserves sont extrmement
rtrcis faibles dans certains cas (environ 0,4 et 0,6mois
Les dficits courants se sont rduits dans lensemble dimportations, respectivement, en Rpublique
de la rgion en 2016, et cette tendance devrait se dmocratique du Congo et au Zimbabwe, par
poursuivre en 2017 (graphique1.14). Dans le cas exemple). De plus, lorsque lon considre les in-
des pays exportateurs de ptrole, le solde des transac- dicateurs plus gnraux de rserves (voir FMI,
tions courantes sest amlior grce au redressement 2013), lindice du FMI pour les pays soumis des
Graphique 1.13. Afrique subsaharienne : tensions sur les marchs des changes, 201617
50
40
30
20
10
Pourcentage
0
10
20
Contribution de lvolution des rserves 2017
30
40 Contribution de lvolution des taux de change 2017
50 EMPI 2017
60 EMPI 2016
AGO
ETH
NGA
ZMB
GIN
LBR
BDI
MDG
RWA
GHA
BWA
TZA
SLE
COD
UGA
KEN
MUS
SYC
ZAF
MOZ
MWI
GMB
Exportateurs Pays riches en autres ressources naturelles Pays pauvres en ressources naturelles
de ptrole
Sources : FMI, International Financial Statistics; calculs des services du FMI.
Note : Lindice de tensions sur les marchs des changes (EMPI) est la variation en pourcentage du taux de change dollar/monnaie locale plus la
variation en pourcentage des rserves (lapprciation/dprciation de la monnaie locale et laccumulation/perte de rserves contribuent des tensions
positives/ngatives sur les marchs des changes). Le chiffre pour 2017 correspond la variation de lEMPI entre dcembre 2016 et le dernier mois
disponible de 2017. Le chiffre de 2016 a t calcul en prenant la variation moyenne de lEMPI entre dcembre 2015 et dcembre 2016 et en la
multipliant par le nombre de mois de lchantillon correspondant de 2017. Voir la page 78 le tableau des groupes de pays et la page 80 la liste des
abrviations des pays.
3
Au Ghana, les entres dinvestissements de portefeuille attires par lmission dobligations libelles en monnaie locale dune valeur de
deuxmilliards de dollars ont permis de faire passer le niveau des rserves de 2,6 3,3 mois dimportations entre la fin2016 et juin 2017.
8
1. UNE RGION EN QUTE DE REPRISE
Pourcentage du PIB
Pourcentage du PIB
2 4 6
0 3 4
2
2 2
0
1 2
4
0 4
6 1 6
8 2 8
Moy. 201113
2014
2015
2016
Moy. 201113
Moy. 201113
2014
2015
2016
2014
2015
2016
Proj. 2017
Proj. 2017
Proj. 2017
100
-10
Investissement direct Investissement de portefeuille Actifs de rserve Autres Erreurs et omissions Dficit courant
Pe
en
of
rc
G
D
P
t
Graphique 1.15. Afrique subsaharienne : niveau des rserves internationales, 2013 et 2017
Pays dots de rgimes classiques de parit fixe Pays appliquant dautres rgimes de change
9 Niveau adquat 7 Niveau adquat
8 Niveau effectif Niveau effectif
6
7
5
Mois dimportations
6
Mois dimportations
5 4
4 3
3
2
2
1 1
0 0
2013 2017 2013 2017 2013 2017 2013 2017 2013 2017 2013 2017
Afrique Pays riches en Pays pauvres en Afrique subsaharienne Pays riches en Pays pauvres en
subsaharienne ressources naturelles ressources naturelles ressources naturelles ressources naturelles
Sources : FMI, base de donnes des Perspectives de lconomie mondiale; calculs des services du FMI.
Note : Le niveau adquat de rserves est la moyenne simple de lestimation propre chaque pays du groupe. Le niveau adquat de rserves est
suprieur pour les pays qui sont vulnrables aux chocs des termes de lchange, dont la situation budgtaire est faible, et qui prsentent une faible
capacit institutionnelle au vu de lindice EPIN (valuation des politiques et institutions nationales). Pour les critres daccs au march et le calcul du
niveau adquat de rserves, voir FMI, 2013 et 2016. Voir la page 78 le tableau des groupes de pays.
contraintes de crdit suggre un niveau de rserves Les vulnrabilits aux chocs lis aux termes de
souhait pour 2017 denviron 5,6mois dimporta- lchange et aux conditions mtorologiques restent
tions et des niveaux plus levs pour les pays riches importantes. Si ce sont surtout les cours du ptrole qui
en ressources naturelles et ceux taux de change fixe ont t instables ces dernires annes, les recettes dex-
(graphique1.15)4. partir de cet indice, les rserves portation de plusieurs pays dAfrique subsaharienne
des pays riches en ressources naturelles dots dun r- gros exportateurs de produits agricoles peuvent tre
gime classique de parit fixe semblent particulire- fortement touches par des fluctuations de prix ou
ment faibles, tandis que celles des pays appliquant de mauvaises rcoltes. De fait, la baisse sensible des
dautres rgimes de change sont tombes encore plus cours du cacao observe dbut2017 devrait toucher
loin des niveaux adquats. plusieurs pays dAfrique subsaharienne, notamment
4
Les niveaux de rserves jugs adquats ont augment depuis2013 pour les pays dots dautres rgimes de change en raison de leurs plus
grandes vulnrabilits internes et du risque accru de chocs exognes.
9
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 1.16. Afrique subsaharienne : exportations des Graphique 1.17. Afrique subsaharienne : variation moyenne
principaux producteurs agricoles du ratio dette/PIB et de ses composantes, 201016
50 10
Pourcentage du total des exportations
45 2016 8
Cte d'Ivoire
Cameroun
Ghana
Ouganda
Madagascar
thiopie
10
1. UNE RGION EN QUTE DE REPRISE
50 Dette extrieure
45 26 gradation des notations de crdit des pays mergents,
40 plusieurs pays prmergents dAfrique subsaharienne,
35 17 14 18
30
ou dautres pays dont la qualit de la signature est
11 note, ont t dclasss; seule la Namibie tait en-
25
20 7 core considre par Fitch comme un emprunteur
15 30 33
28 28
10 22 de la catgorie investissement fin aot2017 (gra-
15
5 phique1.20), tandis quelle a t rtrograde par
0
Moy. 2016 Moy. 2016 Moy. 2016 Moodys dans la catgorie des placements spculatifs
201013 201013 201013 le 11aot 2017. En outre, plusieurs pays cherchent
Exportateurs de Pays riches en autres Pays pauvres en actuellement obtenir de leurs cranciers une re-
ptrole ressources naturelles ressources naturelles structuration ou un rchelonnement de leur dette
Sources : FMI, base de donnes des analyses de viabilit de la dette; (Gambie, Mozambique, Rpublique du Congo et
calculs des services du FMI.
Tchad).
Note : La dette est enregistre par monnaie. Voir la page 78 le
Mdiane exportateurs de ptrole sition aux dettes souveraines. De plus, comme beau-
20 coup de pays dAfrique subsaharienne continuent
15 daccumuler des arrirs, les indicateurs de liquidit
et de solvabilit des banques se sont dgrads, ce qui
10
risque de dclencher une chane dinteractions nga-
5 tives, car les tensions sur les liquidits dans le systme
0
bancaire augmentent les risques lis au refinancement
des dettes souveraines. Dans certains pays, les achats
Proj. 17
2010
13
14
11
12
15
16
CIV SYC
du crdit au secteur priv, pts de %
15
10
0
LBR
AGO
GIN
TZA
SEN
SYC
KEN
LSO
GNQ
NER
GHA
CMR
TCD
ZAF
BWA
NGA
COG
MUS
GAB
NAM
BDI
UGA
CAF
SLE
MDG
SWZ
RWA
MOZ
5
La corrlation ngative entre les portefeuilles de titres publics des banques et la croissance du crdit au secteur priv est confirme par une
analyse entre pays tenant compte des dterminants traditionnels de la croissance du crdit. Une augmentation dun point de pourcentage
de lexposition des banques aux administrations publiques est lie une diminution de 0,6point de pourcentage de la croissance annuelle
du crdit au secteur priv (Bouis, paratre).
6
Les portefeuilles de titres publics bnficient aussi de labsence dexigences de fonds propres (tant donn la pondration de risque
zro attribue la dette souveraine), dun plus faible cot daccs au refinancement des banques centrales et, dans certains cas, dune
exonration dimpt sur les intrts (dans les pays de lUEMOA, notamment).
7
Par exemple, les autorits angolaises ont lanc un instrument de gestion dactifs, financ par ltat, destin mobiliser les crances
compromises pour les banques publiques et certaines banques prives.
8
Lanalyse conomtrique indique que la rentabilit des banques (mesure par le rendement des actifs) prsente une corrlation positive
avec la part des titres publics dans le total de leurs actifs (Bouis, paratre).
12
1. UNE RGION EN QUTE DE REPRISE
Graphique 1.23. Afrique subsaharienne : retraits des relations de correspondance bancaire, 201116
18
16
Nombre de correspondants
14
12
10
8
6
4
2
0
Source : Conseil de stabilit financire, enqute du Groupe de coordination sur les relations de correspondance bancaire (CBCG).
Note : Les barres vertes correspondent des pays en situation de fragilit. Voir la page 80 la liste des abrviations des pays.
et beaucoup de pays accusent un retrait des et compromettre la croissance long terme et linclu-
activits de correspondance bancaire sion financire en raison dune augmentation des cots
La perte de relations de correspondance bancaire a des services financiers et des retombes ngatives sur les
continu de stendre devant la monte des cots dac- notations bancaires (CSF, 2017; FMI, 2017).
tivit (ajusts en fonction des risques) dans les pays
daccueil, en raison de lapplication plus rigoureuse de CE QUE RSERVE
la rglementation en matire de blanchiment de ca- LAVENIRPERSPECTIVES ET RISQUES
pitaux et de financement du terrorisme. Si le retrait
de relations de correspondance bancaire na concern La lgre reprise observe devrait se
au dpart que lAngola et de petits pays (Comores poursuivre en 2018 mais manquer dlan
ou Libria, par exemple, o toutes les banques com-
merciales ont perdu au moins une relation de corres- La croissance devrait continuer de se redresser en
pondance bancaire au cours des trois dernires an- 2018 et atteindre 3,4%, mais stagner dans len-
nes), plus rcemment, les banques dautres pays (Cte semble en 2019 et rester bien infrieure aux niveaux
dIvoire, Kenya, Rpublique dmocratique du Congo) enregistrs au dbut de la dcennie. Comme en
ont t touches par ce phnomne (graphique1.23). 2017, la croissance en 2018 pourrait tre entrane
Les donnes du systme SWIFT, qui rendent compte par des facteurs ponctuels tels que leffet attendu, sur
dune part significative des activits de correspondance une anne complte, du redressement de la produc-
bancaire, indiquent que lAngola, le Mozambique et tion ptrolire au Nigria qui sest amorc en 2017,
lOuganda ont, en moyenne, enregistr les plus fortes et dans une moindre mesure, de lentre en exploi-
diminutions doprations SWIFT (30% en valeur), tation, prvue depuis longtemps, de nouveaux gise-
entre janvier2011 et juin2016 (CSF, 2017). ments au Ghana et en Rpublique du Congo (gra-
phique1.24, tableaux1.1 et 1.2). Outre ces facteurs
Limpact conomique du retrait de relations de cor-
respondance bancaire risque dtre important dans les Graphique 1.24. Afrique subsaharienne : perspectives de
pays o les envois de fonds des travailleurs migrants croissance, 2017 et 2018
reprsentent une grande part du PIB (Cabo Verde, 9
Intervalle de confiance de 50 %
Comores, Gambie, Lesotho, Libria, Sngal, Togo) 8
Intervalle de confiance de 70 %
Croissance du PIB rel,
et dans les petits pays o une nouvelle perte dacti- 7 Intervalle de confiance de 90 %
en pourcentage
11
12
13
14
15
16
17
18
13
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Afrique subsaharienne 6,6 3,9 7,0 5,1 4,4 5,3 5,1 3,4 1,4 2,6 3,4
Pays exporateurs de ptrole 8,6 6,7 9,2 4,7 3,9 5,7 5,9 2,5 -1,5 0,8 1,8
Nigria 7,7 8,4 11,3 4,9 4,3 5,4 6,3 2,7 -1,6 0,8 1,9
Pays revenu intermdiare 6,6 3,6 6,9 4,5 4,3 4,8 4,6 2,7 0,4 1,8 2,6
Afrique du Sud 4,8 -1,5 3,0 3,3 2,2 2,5 1,7 1,3 0,3 0,7 1,1
Pays faible revenu 6,3 5,1 7,4 7,1 4,7 7,3 6,7 5,7 4,4 5,3 5,7
Pour mmoire :
Croissance conomique mondiale 4,9 -0,1 5,4 4,3 3,5 3,5 3,6 3,4 3,2 3,6 3,7
Pays d'Afrique subsaharienne riches en autres ressources naturelles1 4,9 0,5 4,9 5,3 4,3 4,3 3,4 2,6 2,2 2,7 3,3
Pays d'Afrique subsaharienne pauvres en ressources naturelles2 6,0 4,9 6,4 5,4 5,7 6,5 6,6 6,6 5,6 6,0 6,3
Pays mergents et prmergents d'Afrique subsaharienne 3 6,8 4,2 7,3 5,1 4,5 5,2 5,1 3,6 1,4 2,7 3,4
Source : FMI, base de donnes des Perspectives de lconomie mondiale.
Note : Voir la page 78 le tableau des groupes de pays.
1
Afrique du Sud, Botswana, Burkina Faso, Ghana, Guine, Libria, Mali, Namibie, Niger, Rpublique centrafricaine, Rpublique dmocratique du
Congo, Sierra Leone, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe.
2
Bnin, Burundi, Cabo Verde, Comores, Cte dIvoire, rythre, thiopie, Gambie, Guine Bissau, Kenya, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice,
Mozambique, Ouganda, Rwanda, So Tom-et-Prncipe, Sngal, Seychelles, Swaziland, Togo.
3
Afrique du Sud, Angola, Cameroun, Cte dIvoire, thiopie, Gabon, Ghana, Kenya, Maurice, Mozambique, Nigria, Ouganda, Rwanda, Sngal,
Tanzanie, Zambie.
(Variation en pourcentage)
Inflation, moyenne 8,8 9,8 8,1 9,4 9,3 6,6 6,3 7,0 11,3 11,0 9,5
(Pourcentage du PIB)
Solde budgtaire 1,6 -4,6 -3,5 -1,2 -1,8 -3,2 -3,7 -4,4 -4,7 -4,7 -4,3
Hors pays exportateurs de ptrole -0,6 -4,3 -4,4 -3,7 -3,8 -4,0 -4,2 -4,5 -4,5 -4,5 -4,2
Solde des transactions courantes 2,0 -2,4 -0,8 -0,8 -1,8 -2,4 -3,9 -6,1 -4,2 -3,4 -3,6
Hors pays exportateurs de ptrole -4,3 -4,5 -3,9 -4,7 -7,0 -7,3 -6,8 -6,7 -5,6 -5,3 -5,6
(Mois d'importations)
Couverture par les rserves 5,1 5,1 4,1 4,6 5,2 4,9 5,2 5,8 5,1 4,8 4,7
14
1. UNE RGION EN QUTE DE REPRISE
Graphique
Graphique 1.25.subsaharienne
1.25. Afrique Afrique subsaharienne : dette
: dette publique publique en
en pourcentage pourcentage
du PIB, 201122 du PIB, 201122
Pays exportateurs de ptrole Pays riches en autres ressources naturelles Pays pauvres en ressources naturelles
100 100 100
90 Sans ajustement, 90 Sans ajustement, mdiane 90 Sans ajustement, mdiane
mdiane
Pourcentage du PIB
80 80 80
Pourcentage du PIB
Pourcentage du PIB
Scnario de rfrence,
70 70 70 Scnario de rfrence, mdiane
Scnario de mdiane
60 60 60
rfrence, 50
50 50
mdiane 40 40
40
30 30 30
20 20 20
10 10 10
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16
17
18
19
20
21
22
Sources : FMI, base de donnes des Perspectives de lconomie mondiale; calculs des services du FMI.
Note : Les projections de rfrence correspondent au scnario du programme ou au scnario de rfrence prsents dans le dernier rapport
des services du FMI. Les projections sans ajustement supposent que le dficit primaire, les charges dintrt relles et les autres composantes
daccumulation de la dette se maintiendront leur moyenne de 201416, tandis que les composantes de taux de change et de croissance du PIB rel
correspondent aux projections de rfrence. lexclusion du Burundi, de lrythre, de la Rpublique du Congo et du Soudan du Sud par manque de
donnes. Voir la page 78 le tableau des groupes de pays.
15
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Points de PIB
9 2
1
7 1
5 0
0
3 1
1
1
1 2 2
3 3 3
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22
10
-402468 Dpenses en capital ()
-2
-6
-8
-10
-12
-14
-16
-18
-20 Dpenses primaires courantes () Recettes hors produits de base Solde primaire hors produits de base
GD
rce
nta
poi
nts
Pe
ge
of
P
2
0
1
1
2
0
1
2
2
0
1
3
2
0
1
4
2
0
1
5
2
0
1
6
9
Pour les pays menant des programmes appuys par le FMI, lanalyse repose sur les scnarios des programmes. Pour les autres pays, elle
repose sur les projections de rfrence ou sur un autre scnario ventuellement disponible faisant apparatre lajustement supplmentaire
ncessaire pour assurer la stabilit macroconomique. Les projections du PIB qui sous-tendent lanalyse sont, dans chaque cas, cohrentes
avec lassainissement budgtaire projet. Pour permettre les comparaisons entre les groupes de pays et centrer lattention sur les efforts qui
sont du ressort des autorits nationales, lanalyse est axe sur le solde budgtaire primaire hors produits de base.
16
1. UNE RGION EN QUTE DE REPRISE
Comment attnuer limpact de lajustement structurelles notamment pour assurer le respect des
budgtaire sur la croissance et sur les lois sur la responsabilit budgtaire. Cela mettra en
indicateurs sociaux? outre contribution les systmes de gestion des fi-
Pour limiter son effet ngatif sur la croissance, lajus- nances publiques et la mobilisation des recettes.
tement budgtaire devrait sappuyer sur des me-
sures de qualit prsentant de faibles multiplicateurs Sur le plan des recettes, des exonrations fiscales
court terme. Daprs lanalyse dont rend compte le gnralises, une assiette restreinte et une admi-
chapitre2, les rductions de dpenses en capital, qui nistration dficiente risquent de limiter les possi-
compromettraient le plus la production, devraient en bilits daugmentation des recettes court terme.
gnral tre vites, sauf si les dpenses dinvestisse- Dans beaucoup de pays, des projections trop op-
ment envisages sont improductives ou ne peuvent timistes des recettes ont entran des dficits de
tre excutes de manire efficiente ou si le niveau recettes frquents et persistants qui se sont solds
de la dette et les besoins dassainissement budgtaire par une accumulation darrirs.
sont si importants (par exemple du fait de graves
contraintes de financement), quil est impratif de r- Sur le plan des dpenses, un contrle insuffisant
duire les dpenses dinvestissement pour assurer la des engagements, la praffectation de recettes
viabilit de la dette. Laccroissement des recettes fis- et une couverture limite des comptes budg-
cales et les rductions de dpenses courantes (subven- taires (comptes publics non consolids) peuvent
tions, par exemple) prsentent les multiplicateurs les conduire des dpassements de dpenses fr-
plus faibles, encore que certaines rductions de d- quents et importants. La rcurrence des arrirs
penses puissent avoir dimportantes consquences intrieurs nuit la crdibilit des objectifs budg-
pour la rpartition du revenu, auxquelles il faudrait taires et a des retombes ngatives sur le secteur
remdier par des dispositifs de protection sociale. priv, banques comprises.
Un assainissement budgtaire bien planifi et effectu Il est indispensable de mobiliser le soutien politique n-
en temps voulu est essentiel pour viter un ajustement cessaire aux rformes, car lassainissement des finances
trop brutal et pour accorder le temps ncessaire lat- publiques impliquera probablement la remise en cause
tnuation des effets ngatifs sur la croissance et sur les de certains intrts tablis. On peut augmenter les
indicateurs sociaux. Toute dcision quant la porte chances de russite en faisant preuve de transparence et
des rductions de dpenses doit tenir particulirement en investissant dans les capacits techniques permettant
compte de la ncessit de prserver les dpenses pro- de renforcer les principales institutions.
pices la croissance, comme celles consacres lduca-
tion et la sant. Il faut aussi prvoir les crdits nces- Des mesures simposent aussi pour attnuer le
saires lexploitation et lentretien des infrastructures lien entre banques et tat
existantes, qui sont souvent clipss par les nouveaux Le financement bancaire des tats permet de dgager
investissements sans tenir dment compte de leur effi- une marge de manuvre budgtaire, mais il risque de
cience et de leur viabilit conomique. nourrir linflation sil sappuie sur le refinancement
de la banque centrale, dexposer le secteur bancaire
La politique montaire peut contribuer attnuer les des tensions de liquidits et dvincer le crdit au sec-
exigences de resserrement de la politique budgtaire. teur priv et, partant, daffaiblir lconomie et de d-
Les pays qui ont rsolument adopt des cadres opra- triorer davantage les soldes budgtaires. Il faut grer
tionnels reposant sur les taux dintrt ont obtenu un ces risques en agissant sur plusieurs fronts: assainisse-
niveau dinflation plus faible et moins instable sans ment budgtaire, diminution progressive du refinan-
compromettre la stabilisation de la production relle. cement des banques commerciales par la banque cen-
Dans ces pays, le taux directeur peut servir stimuler trale l o il a sensiblement augment, suppression de
la croissance et attnuer leffet de contraction du divers avantages lis la dtention de titres dtat (y
durcissement attendu de la politique budgtaire. compris, entre autres, leur dductibilit fiscale et leur
exonration en matire de couverture des risques ou
La mise en uvre peut se rvler difficile de rserves obligatoires), rduction de la prsence de
Pour promouvoir la discipline budgtaire et mettre ltat dans le secteur bancaire et application de me-
la dette sur une trajectoire viable il faudra, dans la sures macroprudentielles telles que des limites aux
plupart des cas, de vigoureuses rformes budgtaires gros engagements et des exigences de fonds propres
17
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
18
1. UNE RGION EN QUTE DE REPRISE
Llimination des contraintes et des dfaillances men- t plus lentes en Afrique subsaharienne que dans
tionnes plus haut pourrait contribuer dbloquer dautres rgions. Le tableau densemble occulte
linvestissement priv. Pour cela, il faudra, brve les progrs notables raliss dans les pays riches en
chance, amliorer lenvironnement macroco- autres ressources naturelles et les pays pauvres en
nomique, rduire la domination de la politique budg- ressources naturelles de la rgion qui ont t nom-
taire et renforcer le cadre des partenariats publicpriv. breux diversifier leur conomie au mme rythme
Des innovations, telles quune nouvelle expansion des que leurs pairs dans le reste du monde. Les rformes
fintech, pourraient aussi renforcer linvestissement structurelles destines favoriser davantage la di-
priv et linclusion. De nouvelles initiatives internatio- versification conomique, qui varieront en fonction
nales (Pacte pour lAfrique du G-20 et nouvelle route de la situation et de la dotation de chaque pays, de-
de la soie impulse par la Chine) ouvrent galement vraient promouvoir la stabilit macroconomique
des perspectives dinvestissement dans les infrastruc- et politique, amliorer les rsultats dans le domaine
tures, y compris avec le financement du secteur priv. de lducation, renforcer la gouvernance et la trans-
parence des rglementations et approfondir les mar-
Promouvoir la transformation structurelle chs financiers. Ces initiatives, jointes une am-
et la diversification conomique lioration des infrastructures, peuvent contribuer
Comme lexplique le chapitre3, la transformation affermir la croissance et amliorer la rsilience
structurelle et la diversification des exportations ont (FMI, 2015).
19
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pourcentage
leur rsilience et sortir de la fragilit grce des mesures ci- 3
bles qui leur ont permis de promouvoir la stabilit et la crois- 2
sance conomiques, damliorer la gouvernance et la scurit
1
et de renforcer leurs institutions pour que ltat puisse fournir
les services essentiels (Gelbard et al., 2015). Dans ce contexte, 0
Proj.
Proj.
2012
13
14
15
16
limpact de la baisse des cours des produits de base en Afrique
17
18
subsaharienne a t plus ngatif dans les pays en situation de
fragilit que dans les autres pays, et il a souvent t aggrav par Inflation
des difficults sociopolitiques et des problmes de gouvernance 30
Pays en situation de fragilit
et de scurit. La riposte des pouvoirs publics a chang dun 25 Reste de l'Afrique subsaharienne
pays lautre et au sein de chacun deux, mais plusieurs ont
20
Pourcentage
amlior rcemment le cadre de leur politique conomique, ce
qui, joint une lgre remonte des cours des produits de base 15
en 201718, devrait ouvrir la voie une reprise conomique. 10
Mais il existe des risques considrables, ce qui souligne la nces-
5
sit dune action rsolue pour dvelopper la rsilience.
0
Proj.
Proj.
2012
13
14
15
16
Au cours des trois dernires annes, plusieurs pays
17
18
dAfrique subsaharienne en situation de fragilit ont souf-
fert de la baisse des cours des produits de base et, par- Solde budgtaire, hors dons
fois, de pousses dinstabilit politique, dpidmies ou de 0
conflits. Dans tous ces pays, la croissance conomique et 1
2
Pourcentage du PIB
Proj. 18
2012
13
14
15
16
20
1. UNE RGION EN QUTE DE REPRISE
Encadr1.1(suite)
Les politiques conomiques nont pas t les mmes dans toute la rgion. Plusieurs pays ont men des politiques pour
atteindre ou prserver la stabilit macroconomique tout en accompagnant la croissance et la lutte contre la pau-
vret, ce qui a permis une troite collaboration avec le FMI et la communaut internationale (Cte dIvoire, Gambie,
Guine Bissau, Madagascar, Malawi, Mali, Rpublique centrafricaine, Sierra Leone, Tchad et Togo). Dans dautres
pays, les politiques et les rformes nont gure progress en raison de difficults politiques et de problmes de gou-
vernance et, parfois, de scurit (Burundi, rythre, Rpublique du Congo, Rpublique dmocratique du Congo,
Soudan du Sud et Zimbabwe).
Lexprience de la Cte dIvoire mrite dtre souligne en raison de la rsilience que le pays a dveloppe ces der-
nires annes. Aprs une dcennie dinstabilit politique et de baisse des niveaux de vie, la mise en uvre intgrale
dun accord de partage du pouvoir a ouvert la voie une normalisation politique en 2011. Cela est all de pair avec
un appui financier de la communaut internationale et des rformes conomiques bien cibles dans les domaines de
ladministration des recettes budgtaires, de la gestion des finances publiques (matrise des dpenses, gestion de la
dette et banques publiques), de lenvironnement des entreprises et du secteur de llectricit. Les rsultats ont t pro-
metteurs avec une augmentation des investissements public et priv qui sest traduite par un taux de croissance an-
nuel moyen de prs de9%, un retour sur les marchs financiers internationaux, une amlioration des indicateurs de
sant et dducation et des gains sur le plan de la lgitimit de ltat et de la gouvernance.
Les perspectives pour 2017 et 2018 laissent prsager une amlioration progressive des conditions conomiques dans
la plupart des pays dAfrique subsaharienne en situation de fragilit, mais avec de nombreux risques. La croissance
conomique devrait se redresser aux Comores, en Gambie, au Libria, au Malawi, en Rpublique centrafricaine, en
Rpublique du Congo et au Tchad, mais les soldes budgtaires ne devraient samliorer que lgrement en raison des
dpenses ncessaires et de la faiblesse relative des cours des produits de base. Les perspectives sont plus prometteuses
dans le cas de la Cte dIvoire, de la Guine Bissau et de Madagascar du fait de la vigueur actuelle de la croissance,
de la faiblesse de linflation, de la stabilit de la situation budgtaire et de la viabilit de la dette. Plusieurs risques as-
sombrissent toutefois ces perspectives encourageantes, et ils tiennent notamment la faiblesse du niveau des rserves
de change dans beaucoup de pays et, parfois, des signes de dtrioration de la solidit du systme bancaire. Les pers-
pectives conomiques du Burundi, de lrythre, de So Tom-et-Prncipe, du Togo et du Zimbabwe, en particulier,
sont compliques par les niveaux levs de la dette publique, et les risques lis aux changements climatiques sont aussi
importants pour le Burundi, lrythre, Madagascar et le Malawi.
21
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Encadr1.1 (fin)
Tableau 1.1.1. Pays en situation de fragilit : notation des facteurs de rsilience
Stabilit Gouvernance/
Pays Scurit Politiques/rformes conomiques
politique/inclusion services publics
Sources : Fund for Peace, indice des tats fragiles (2017); Organisation de coopration et de dveloppement conomiques, tats de fragilit
2016; Banque mondiale, indicateurs mondiaux de gouvernance (2016); estimations des services du FMI.
Note : La GFP (gestion des finances publiques) dsigne principalement la gestion du budget et de la trsorerie.
22
1. UNE RGION EN QUTE DE REPRISE
Graphique 1.2.1. CEMAC : croissance du PIB rel hors ptrole, Devant ces difficults conomiques considrables, les pays
200620 de la CEMAC ont labor une stratgie pour redresser
8 leur conomie. Au sommet extraordinaire du 23dcembre
Croissance du PIB rel hors 2016, les chefs dtat se sont engags mettre en uvre de
ptrole
6 Croissance du PIB rel hors vigoureuses politiques et rformes nationales et rgionales
ptrole (moyenne 200616) pour viter un asschement des rserves et continuer de
Pourcentage
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
11
12
13
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17
18
19
20
23
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Encadr1.2 (fin)
Graphique 1.2.3. CEMAC : couverture des rserves, juin 2014juillet 2017 structurelles indispensables qui leur permettront de mieux
8 rsister aux chocs et aux crises lavenir. Les avis et lassis-
Mois d'importations de l'anne suivante
7 Rserves de la CEMAC tance technique fournis par le FMI ont aussi couvert un
6 Couverture de trois mois large domaine, y compris trois aspects qui seront cruciaux
5 pour le succs des rformes: 1)la coordination des poli-
4 tiques entre les pays et avec les institutions rgionales pour
3 faire en sorte que tous les pays de la CEMAC contribuent
2
leffort rgional, 2)llaboration de rformes budgtaires
inclusives et favorables la croissance, notamment pour
1
compenser les effets des compressions budgtaires par une
0
plus grande efficience des dpenses et protger les pauvres,
juin 14
juin 15
juin 16
juin 17
dc. 14
mars 15
dc. 15
mars 16
dc. 16
mars 17
sept. 15
sept. 16
sept. 14
24
1. UNE RGION EN QUTE DE REPRISE
Le prsent encadr compare les rsultats conomiques de ces 22pays sur les priodes201216 et 200206. Le choix de
ces priodes sexplique par deux raisons. Premirement, depuis 2012, plusieurs banques centrales ont commenc mettre
en uvre des cadres oprationnels plus efficaces et ont investi dans les capacits danalyse en dveloppant leurs systmes de
prvision et danalyse des politiques avec laide de lassistance technique et de formations sur mesure fournies par le FMI
(voir ldition davril 2015 des Perspectives conomiques rgionales: Afrique subsaharienneet FMI, 2015). Deuximement,
cela permet disoler les rsultats de limpact des flambes des prix alimentaires de 200708 et201011.
La flexibilit du taux de change a augment dans les 22pays. Lorsquelles ont d faire face des tensions sur le
march des changes, les banques centrales ont autoris une plus grande flexibilit du taux de change pendant les an-
nes201216 que dix ans plus tt, quand elles sont plus souvent intervenues sur le march des changes pour neutraliser
ce type de tensions (graphique1.3.1).
Ce changement de comportement des banques centrales est en accord avec ladoption de cadres de politique mon-
taire prospectifs. Douze pays dAfrique subsaharienne publient maintenant leurs taux directeurs et interbancaires (ta-
bleau1.3.1), mais seuls sept dentre eux dont les taux interbancaires moyens scartent de moins de 300points de
base du taux directeur en termes absolus sur la priode201216 peuvent tre considrs comme ayant, de facto, des
cadres montaires reposant sur les taux dintrt. Il sagit des trois pays qui poursuivent des objectifs dinflation expli-
cites (Afrique du Sud, 2001, Ghana, 2007, et Ouganda, 2011) plus le Kenya, Maurice, le Rwanda et la Zambie. Dans
les autres pays, le lien entre les taux directeurs et les taux interbancaires ne semble pas assez fort actuellement pour que
les signaux de politique montaire soient transmis de manire efficace.
Graphique 1.3.1. Pays dAfrique subsaharienne : contributions Le taux moyen dinflation et sa variabilit ont diminu pen-
lindice de tension sur le march des changes, moyenne 200206 dant la dernire dcennie dans ces sept pays dAfrique sub-
et moyenne 201216 saharienne dots de facto de cadres oprationnels reposant
35 sur les taux dintrts (graphique1.3.2). On ne constate pas
Variation mensuelle en pourcentage
Rserves Taux de change une amlioration du mme ordre dans les 15autres pays,
30
o le taux dinflation et sa variabilit ont t plus levs
25 24 37 pendant les deux priodes considres.
20
La variabilit de la croissance du PIB rel semble moindre dans
15
76 les pays dots de cadres oprationnels reposant sur les taux
10 63 dintrt du fait peut-tre aussi de limportance accorde par
5
les banques centrales la stabilit de la production. Cela dit,
celle-ci semble stre amliore dans les deux groupes de pays.
0 Rien ne prouve en outre que les pays dots de cadres opra-
Moyenne 200206 Moyenne 201216 tionnels reposant sur les taux dintrt ont atteint leur objectif
Sources : Haver Analytics; FMI, International Financial Statistics; dinflation au dtriment de la stabilisation de la production.
calculs des services du FMI.
Note : Exclut les pays dAfrique subsaharienne dots dun rgime Lanalyse statistique formelle, reprenant celle propose par
de change fixe explicite depuis 2012. Lindice de tensions sur le
march des changes est calcul en appliquant des pondrations Ball et Sheridan (2003) et ldition de septembre2005 des
gales la dprciation mensuelle du taux de change et aux Perspectives de lconomie mondiale, semble confirmer les
variations mensuelles des rserves de change corriges des
dcaissement du FMI en pourcentage de la masse montaire (M1).
impressions visuelles que donnent les points dans le gra-
Les contributions sont calcules partir des valeurs positives de phique1.3.2, bien que la petite taille de lchantillon rende
lindice de tensions sur le march des changes. certains des rsultats peu concluants.
Cet encadr a t rdig par Emre Alper.
25
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Encadr1.3 (fin)
Deux remarques simposent toutefois propos des obser- Tableau 1.3.1. Pays dAfrique subsaharienne : carts de taux,
vations effectues. Premirement, les rsultats ne peuvent juin2012juin 2017 (points de base; carts absolus moyens mensuels du taux
tre soumis des tests de robustesse du fait du nombre li- interbancaire par rapport au taux directeur)
mit de pays composant lchantillon et de la brivet rela-
Afrique du Sud 24
tive de la priode considre. Deuximement, on ne peut
exclure lexistence dun lien de causalit inverse dans la me- Ouganda 48
sure o les pays dont la production est moins variable sont Rwanda 169
peut-tre plus enclins adopter un ciblage de linflation. Ghana 175
Zambie 249
Lvaluation suggre cependant que les pays qui mettent Maurice 291
pleinement excution leurs dcisions de politique mon- Kenya 297
taire, notamment en conduisant des oprations de liqui- Seychelles 365
dit cohrentes lappui de leurs dcisions de taux directeur,
Angola 391
semblent en tirer des avantages palpables. Par consquent,
les pays qui souhaitent adopter des cadres de politique mo- Nigria 496
ntaire prospectifs feraient bien, non seulement de faire Tanzanie 538
connatre lorientation de leur politique montaire en fixant Malawi 593
un taux directeur, mais aussi en maintenant leurs taux inter Sources : Haver Analytics; FMI, International Financial Statistics;
bancaires dans une fourchette troite autour de ce taux. Cela Thomas Reuters Datastream; calculs des services du FMI.
implique un renforcement des oprations effectues sur le Note : Les pays sont classs en ordre ascendant au regard des
carts absolus moyens. Les calculs pour le Kenya correspondent
march interbancaire et le march des changes, ainsi que juin 2002aot 2016, avant lapplication du plafonnement des taux
de la gestion des liquidits et de la capacit danalyse et de dintrt. Le Mozambique a adopt les annonces de taux directeur
communication des banques centrales. en avril 2017 et nest pas inclus.
8 8
6 6
4 4
2 2
0 0
0 5 10 15 20 25 0 2 4 6 8 10 12
Inflation moyenne, pourcentage Croissance moyenne du PIB rel, pourcentage
Autres cadres oprationnels : taux de croissance
Autres cadres oprationnels : taux annuel dinflation annuel du PIB rel
16 16
200206 200206
14 14
201216 201216
12 12
10 10
Variabilit
Variabilit
8 8
6 6
4 4
2 2
0 0
0 5 10 15 20 25 0 2 4 6 8 10 12
Inflation moyenne, pourcentage Croissance moyenne du PIB rel, pourcentage
Sources : FMI, International Financial Statistics; FMI, base de donnes des Perspectives de lconomie mondiale; calculs des services du FMI.
Note : Exclut les pays dots dun rgime de change fixe explicite depuis 2012. Les taux dinflation moyens infrieurs 40 % sont
indiqus. La variabilit est mesure partir de lcart-type quinquennal.
26
1. UNE RGION EN QUTE DE REPRISE
27
2. Limpact de lassainissement des finances publiques
sur la croissance en Afrique subsaharienne
Beaucoup de pays dAfrique subsaharienne font face Les observations principales sont les suivantes:
une priode dassainissement budgtaire afin das-
surer la stabilit macroconomique et de raliser une Les multiplicateurs budgtaires calculs pour
croissance durable. Pour les pays riches en ressources les pays dAfrique subsaharienne ont tendance
naturelles qui sont durement touchs par leffondre- tre plus faibles que ceux gnralement cal-
ment des prix des produits de base, cet assainissement culs dans les pays avancs ou les pays mergents.
est urgent pour compenser des pertes de recettes qui Comme not en dtail ci-dessous, en examinant
seront probablement permanentes. Pour les autres la conception des ajustements budgtaires, les ca-
pays, en particulier ceux qui connaissent encore une ractristiques institutionnelles et nationales, ainsi
croissance rapide, lassainissement est peut-tre moins que les mesures daccompagnement, nous pou-
urgent, mais, pour bon nombre dentre eux, les vons recenser un certain nombre de facteurs qui
amortisseurs se rduisent, et la dette publique et les contribuent ces multiplicateurs relativement
cots de lemprunt sont en hausse. faibles, ainsi que les circonstances dans lesquelles
un impact plus marqu devrait tre attendu.
Lassainissement des finances publiques qui est envi-
sag est proccupant, car, par le pass, tant dans la r- Pour dterminer limpact des modifications de
gion que de manire plus gnrale, les assainissements la politique budgtaire sur la production, il sagit
sont alls de pair avec des effets ngatifs sur la crois- principalement de savoir si ces modifications
sance. Dans ces conditions, deux questions se posent. portent sur les dpenses ou les recettes. Une va-
Comment la production ragit-elle gnralement des riation de 1point du PIB de linvestissement pu-
compressions des dpenses ou des hausses des recettes? blic modifie la production dans le mme sens
Et quelles mesures peuvent attnuer limpact de lassai- denviron 0,1% pendant lanne de mise en
nissement des finances publiques sur la production? uvre et denviron 0,7% aprs trois ans. Une
variation de la consommation publique a un effet
Pour rpondre ces questions, le prsent chapitre sur la production plus faible que linvestissement
examine les effets macroconomiques des variations public: aprs trois ans, une variation de 1point
des dpenses et des recettes publiques dans les pays du PIB de la consommation publique entrane
dAfrique subsaharienne pendant la priode1990 une variation de 0,5% de la production dans le
20161. Il commence par documenter des faits styliss mme sens. Limpact dune variation des recettes
qui sont tirs dpisodes dassainissement des finances est plus faible et statistiquement insignifiant.
publiques. Ensuite, il analyse dans quelle mesure des
modifications de la politique budgtaire ont des effets Les pisodes dassainissement des finances pu-
sur la production court terme et moyen terme, puis bliques ont aussi des effets considrables sur la
se concentre sur les assainissements budgtaires afin production court et moyen terme, selon le
dexaminer leur impact sur la production et le rle de type de mesures budgtaires utilises. Une hausse
la politique conomique et des caractristiques des pays du solde primaire de 1point du PIB rduit la
concerns dans lattnuation des effets ngatifs poten- production de 0,3% au moment de limpact et
tiels. En conclusion du chapitre, des recommandations de 0,4% sur trois ans. Les assainissements qui
sont formules sur la base de cette analyse. reposent sur une rduction de linvestissement
Le prsent chapitre t rdig par une quipe dirige par Charalambos Tsangarides et coordonne par Francisco Arizala, comprenant Jesus
Gonzalez-Garcia, Monique Newiak et Mustafa Yenice.
1
Il existe de nombreux ouvrages spcialiss concernant les effets de la politique budgtaire sur lactivit conomique. Voir Gupta etal.,
(2005), FMI (2010b), FMI (2014), DeLong et Summers (2012), Baum, Poplawski-Ribeiro et Weber (2012), Ilzetzki, Mendoza et
Vegh (2013), Auerbach et Gorodnichenko (2013a, 2013b), Blanchard et Leigh (2013), Batini etal. (2014), DellErba, Koloskova
et Poplawski-Ribeiro (2014), Mineshima, Poplawski-Ribeiro et Weber (2014), et Abiad, Furceri et Topalova (2016). Le prsent
chapitre contribue aux tudes existantes en mettant laccent sur lAfrique subsaharienne et en distinguant les effets de la consommation
publique, de linvestissement public et des recettes publiques.
29
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
public ont leffet de contraction le plus marqu: ajustement sur la croissance sera moindre si leffi-
pendant ces pisodes, une amlioration de cience de linvestissement public est faible.
1point du solde primaire corrig des variations
cycliques rduit la production denviron 0,4% Les coefficients de pression fiscale relativement
au moment de limpact et de 0,7% aprs trois faibles et le potentiel lev daugmentation des
ans. Enfin, les assainissements qui reposent sur recettes dans la rgion peuvent expliquer pour-
des compressions des dpenses courantes ont quoi les assainissements reposant sur une hausse
un effet plus faible sur la croissance conomique des recettes se sont avrs les moins nuisibles
(bien que cet effet soit statistiquement insigni- pour la croissance. Il ressort de notre analyse que,
fiant), tandis que les assainissements qui sont en moyenne, les pays de la rgion pourraient ac-
fonds sur une augmentation des recettes r- crotre leur ratio impts/PIB de 35points du
duisent moins la production que ceux reposant PIB, et ce potentiel est encore plus lev dans les
sur une baisse de linvestissement public. pays exportateurs de ptrole (encadr2.1).
Limpact prcis dune modification de la po- Une rduction des dpenses courantes semble tre
litique budgtaire sur la production est dter- moins nuisible pour la croissance quune baisse de
min par une srie de facteurs: les ractions sont linvestissement, mais la composition de ces d-
plus fortes en priode de croissance molle et plus penses est importante aussi. Les compressions
faibles lorsque la gestion des dpenses publiques peuvent se faire la suite dexamens et de ratio-
et ladministration des recettes sont moins effi- nalisations des dpenses publiques, par exemple
cientes. En outre, des mesures daccompagne- en liminant des subventions aux carburants qui
ment peuvent jouer un rle dattnuation impor- sont trs rgressives et mal cibles (encadr2.2).
tant pendant un assainissement. En particulier, Cependant, les diminutions des dpenses courantes
les effets de contraction peuvent tre rduits avec peuvent avoir un impact ngatif considrable sur
une politique montaire accommodante, tout en les mnages, en particulier les mnages faible re-
matrisant linflation; un assouplissement du taux venu: il est donc important de veiller ce quun
de change, l o cela est possible; ainsi que de so- dispositif de scurit sociale appropri soit en place
lides amortisseurs extrieurs et une plus grande (encadr2.3). Par ailleurs, les dpenses de sant et
ouverture commerciale. dducation doivent tre protges, car elles ont des
implications long terme pour la croissance et le
Des choix difficiles doivent tre effectus en ce qui dveloppement. Une baisse des dpenses dqui-
concerne le rythme de lassainissement et les instru- pement peut avoir un impact considrable sur la
ments utiliser. Nos rsultats impliquent que les pays croissance, et doit reposer sur une rationalisation
peuvent attnuer limpact ngatif de lassainissement des projets et ltablissement dun ordre de priorit
des finances publiques sur la croissance, mais il est parmi ces derniers sur la base de leur qualit.
impratif pour les pays dengager lassainissement en
temps opportun afin dviter des ajustements forcs: terme, la mise en place dun espace budg-
taire grce ltablissement de cadres budg-
Une augmentation des recettes constitue la m- taires moyen terme crdibles et de rgles budg-
thode dassainissement la moins coteuse sur le taires peut aussi rduire la ncessit de procder
plan de la production. Cependant, comme il faut lavenir un assainissement abrupt.
du temps pour accrotre les recettes, il est peut-tre
invitable de comprimer les dpenses dans les pays TIRER LES ENSEIGNEMENTS DU PASS
o lassainissement est ncessaire pour stabiliser la
situation macroconomique. Dans certains cas, par LAfrique subsaharienne a subi des assainissements
exemple dans des pays riches en ressources natu- budgtaires par le pass, parfois la suite dune chute
relles o le niveau lev du ratio investissement/PIB des prix des produits de base. lheure actuelle, la r-
tient laugmentation de linvestissement dans le gion se trouve dans une situation o les pays expor-
contexte de lessor du secteur des ressources natu- tateurs de produits de base font face une priode
relles, une diminution de linvestissement peut tre probablement longue de prix bas et o dautres pays
le moyen le plus efficace de raliser lajustement doivent procder un ajustement en raison dune vul-
budgtaire qui simpose durgence. Limpact de cet nrabilit croissante lendettement (chapitre1).
30
2. LIMPACT DE LASSAINISSEMENT DES FINANCES PUBLIQUES SUR LA CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Ajustement la baisse des recettes niveau antrieur dans lpisode actuel, plusieurs
tires des produits de base pays exportateurs de ptrole (Angola, Gabon) ont
La prsente section commence par recenser trois pi- dj recouvr une partie considrable de la perte.
sodes de baisse des recettes tires des produits de base
dans la rgion le dbut du millnaire (200103), la Les pertes de recettes tires des produits de base
crise financire mondiale (200709) et lpisode le plus nont gnralement pas t totalement compen-
rcent (201416) et examine ensuite lampleur de ses par des augmentations des autres recettes.
ces baisses, ainsi que le degr et la composition de lajus- Quand les recettes hors produits de base ont aug-
tement budgtaire qui a suivi. Nous constatons que: ment dans les trois annes qui ont suivi la perte
de recettes tires des produits de base, laugmen-
La plupart des soldes budgtaires des pays expor- tation des autres recettes na couvert quune frac-
tateurs de produits de base nont pas retrouv tion de la perte initiale (par exemple en Angola,
le niveau observ avant la baisse des recettes ti- au Botswana et en Rpublique du Congo); il est
res de ces produits: trois ans aprs la baisse, les donc possible de mobiliser davantage de recettes.
soldes budgtaires globaux restaient plus bas (gra-
phique2.1). Si les soldes budgtaires nont gn- Lvolution des dpenses a vari dun pisode
ralement pas non plus retrouv pleinement leur lautre. Si les dpenses ont augment en moyenne
10
0
10
20
30
40
200103
200103
200709
201416
200103
200709
201416
200103
200709
201416
200103
200709
201416
200709
201416
200103
200709
201416
200103
200709
201416
200103
200709
201416
AGO COG TCD GAB CMR GNQ NGA Moyenne
Autresriches
Pays pays riches en ressources
en autres ressourcesnaturelles
naturelles
15 30
10 20
Points de PIB, variation cumule
BFA BWA CAF COD GHA GIN LBR NAM MLI NER ZMB Moyenne
31
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 2.2. Afrique subsaharienne et pays mergents et en dveloppement : pisodes de repli des recettes tires
des produits de base
Recettes tires
Recettes tiresdes
desproduits dede
produits base Recettes totales
base Recettes totales
25 34
Avant 32 Avant
20
Pendant
Pourcentage du PIB
Pendant
Pourcentage du PIB
30
15
28
10
26
5
24
0 22
AfSS AfSS Ptrole EMEDEV EMEDEV AfSS AfSS Ptrole EMEDEV EMEDEV
Ptrole Ptrole
Solde budgtaire
Solde
Solde Croissancedu
budgtaire Croissance
budgtaire duPIB
PIBrel
rel
Croissance du PIB rel
3 5
Avant
2 Avant
Pendant
Pendant
Pourcentage du PIB
Pourcentage
4
0
1 3
2
3 2
AfSS AfSS Ptrole EMEDEV EMEDEV AfSS AfSS Ptrole EMEDEV EMEDEV
Ptrole Ptrole
Sources : FMI, base de donnes des Perspectives de lconomie mondiale; calculs des services du FMI.
Note : Avant dsigne les valeurs moyennes deux ans avant lpisode de repli, et Pendant dsigne lanne durant laquelle sest produit le repli des
recettes. EMEDEV = tous les pays mergents et en dveloppement; AfSS = Afrique subsaharienne.
pendant la crise financire mondiale et sont res- budgtaires et extrieurs suffisants2. Lampleur de
tes stables pour les pays exportateurs de ptrole lajustement dans les dpenses dinvestissement
au dbut des annes2000, elles ont constitu la dpend du volume initial de linvestissement pu-
principale source de lajustement au cours des trois blic. En particulier, pour lpisode le plus rcent,
dernires annes, en particulier pour les pays ex- les pays qui affichent un ratio lev de linvestisse-
portateurs de ptrole. En outre, pendant le plus ment au PIB ont enregistr aussi les baisses les plus
rcent pisode, dans les cas o les dpenses ont fortes des dpenses dinvestissement public.
t rduites de manire cumule, cela sest fait
principalement dans le domaine des dpenses En examinant de manire plus gnrale tous les pi-
dquipement (par exemple au Burkina Faso, en sodes de baisse des recettes tires des produits de base
Rpublique du Congo, au Gabon, au Tchad et en pendant la priode 19902016 en Afrique subsaha-
Zambie), lAngola et la Rpublique centrafricaine rienne, nous observons que, en moyenne, les recettes
tant les exceptions notables. Cet ajustement com- tires de ces produits ont baiss de 4% du PIB et,
parativement plus marqu sexplique en partie par aprs une compensation partielle par les recettes hors
limpression que la chute des prix des produits de produits de base, le total des recettes publiques a di-
base est permanente et par labsence damortisseurs minu denviron 3% du PIB (graphique2.2)3.
2
Lexistence damortisseurs plus solides et limpression que le choc tait transitoire pendant la crise financire mondiale ont ncessit la
mise en uvre de politiques budgtaires anticycliques dans la rgion (Guerguil, Poplawski-Ribeiro et Shabunina, 2014).
3
Nous tablissons la base de donnes sur les recettes tires des produits de base laide de la base de donnes des Perspectives de lconomie
mondiale, qui est complte par des donnes des autorits nationales, des pays exportateurs de produits de base (World Commodity
Exporters) et du ICTD (ICTD Government Revenue Dataset). En outre, nous recensons des pisodes de baisse de plus de 1point du
ratio recettes des produits de base/PIB la baisse annuelle moyenne des recettes tires des produits de base dans les pays dAfrique
subsaharienne exportateurs de produits de base pendant la priode201316. Nous obtenons ainsi 90pisodes en Afrique subsaharienne et
252pisodes dans lchantillon des pays mergents et des pays en dveloppement.
32
2. LIMPACT DE LASSAINISSEMENT DES FINANCES PUBLIQUES SUR LA CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Les dpenses courantes et les dpenses dquipement lchantillon des pays dAfrique subsaharienne que
sont restes plus ou moins inchanges, et les soldes dans celui des pays mergents et des pays en dvelop-
budgtaires globaux se sont dtriors denviron pement (graphique2.3)5.
3% du PIB, ce qui semble indiquer quil a t diffi-
cile de sajuster la baisse des recettes. Globalement, Dans les deux chantillons, le solde budgtaire global
la combinaison de la baisse des recettes due au recul pendant lassainissement sest amlior denviron
des prix des produits de base, de la dtrioration des 2points partir dun dficit budgtaire global moyen
soldes globaux et peut-tre de laffaiblissement de la de plus ou moins 4% du PIB. De la mme manire,
demande mondiale est alle de pair avec un ralentis- la variation du solde primaire corrig des variations
sement de la croissance denviron 1point du PIB en cycliques avoisine 3% dans les deux chantillons.
moyenne. Dans lchantillon des pays mergents et
des pays en dveloppement, la baisse moyenne des re- Pour ce qui est de la composition de lajustement,
cettes et leffet sur la croissance sont plus faibles quen les compressions des dpenses primaires taient plus
Afrique subsaharienne, ce qui sexplique peut-tre par ou moins galement distribues entre les dpenses
une diversification plus leve de lconomie. dquipement et les dpenses courantes (environ 1,7
et 1,5% du PIB, respectivement), en moyenne dans
La diminution moyenne des recettes tires des pro- un pays dAfrique subsaharienne (graphique2.4). En
duits de base a t plus spectaculaire dans les pays outre, les recettes publiques ont diminu modr-
dAfrique subsaharienne exportateurs de ptrole (en- ment dans les deux chantillons, peut-tre en raison
viron 5points du PIB) et est alle de pair avec une du ralentissement de lactivit conomique.
baisse des dpenses dquipement denviron 1% du
PIB en moyenne. En outre, dans ce groupe, la dt- Les ajustements reposant sur un accroissement des re-
rioration globale du solde budgtaire a t plus forte, cettes et non lis une augmentation des recettes ti-
aux environs de 3,2% du PIB, et la croissance du res des produits de base ont t dune ampleur simi-
PIB a ralenti denviron 0,6point. laire aux assainissements reposant sur une baisse des
dpenses6. Ils se caractrisaient aussi par une amlio-
pisodes dassainissement ration moyenne de la position budgtaire denviron
des finances publiques 2% du PIB et sexpliquaient principalement par une
Nous passons maintenant aux faits styliss des assainis- amlioration des recettes publiques, avec des rduc-
sements des finances publiques dans la rgion pendant tions limites des dpenses primaires (graphique2.5).
la priode 19902016 et nous quantifions leur impact
direct sur lactivit conomique4. Par assainissement Globalement, les assainissements reposant sur une di-
nous entendons des pisodes pendant lesquels la situa- minution des dpenses ou une augmentation des re-
tion budgtaire dun pays sest amliore notablement. cettes sont alls de pair avec un ralentissement de la
Comme point de dpart, nous recensons les pisodes croissance. Pendant les assainissements fonds sur
o le solde primaire corrig des variations cycliques une rduction des dpenses, la croissance a ralenti
sest amlior dau moins 1% du PIB (annexe2.1). denviron 0,6 et 0,3point de pourcentage dans les
chantillons des pays dAfrique subsaharienne et des
Pendant les assainissements qui reposent sur une pays mergents et des pays en dveloppement, respec-
baisse des dpenses, les dpenses primaires ont t r- tivement, par rapport au taux de croissance observ
duites denviron 3% du PIB, en moyenne, tant dans avant lassainissement.
4
Nous nous concentrons sur des assainissements actifs, qui reposent sur une compression des dpenses ou une augmentation des recettes
hors produits de base plutt que sur des compressions de dpenses lies des baisses des prix des produits de base ou des amliorations de
la position budgtaire lies des augmentations des recettes tires des produits de base, afin de circonscrire leffet de la politique budgtaire
sur lactivit conomique plutt que leffet des fluctuations des prix des produits de base sur le revenu.
5
Outre lamlioration requise de la position budgtaire corrige des variations cycliques dau moins 1% du PIB, on considre quun
assainissement repose sur les dpenses sil est li une compression des dpenses primaires dau moins 0,5% du PIB. Sur la base de cette
approche, nous recensons 211pisodes en Afrique subsaharienne et 568pisodes dans lchantillon des pays mergents et des pays en
dveloppement.
6
Les ajustements reposant sur une augmentation des recettes sont dfinis comme des pisodes o le solde primaire corrig des variations
cycliques samliore dau moins 1% du PIB, avec une hausse des recettes publiques dau moins 0,5% du PIB, et o les recettes tires des
produits de base naugmentent pas. Nous recensons 252pisodes en Afrique subsaharienne et 447 dans lchantillon des pays mergents
et des pays en dveloppement.
33
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 2.3. Afrique subsaharienne et pays mergents et en dveloppement : pisodes dassainissement budgtaire
ax sur les dpenses
Total
Total dpenses primaires
primaires Investissement public
Investissement public
30 10
Avant Pendant Avant
25 8 Pendant
Pourcentage du PIB
Pourcentage du PIB
20
6
15
4
10
5 2
0 0
AfSS AfSS EMEDEV EMEDEV
Solde
Solde budgtaire Croissance
budgtaire Croissance du PIB rel
0 4
Avant
1
Pendant
Pourcentage du PIB
Pourcentage
2
3
3
4 Avant
Pendant
5 2
AfSS EMEDEV AfSS EMEDEV
Sources : FMI, base de donnes des Perspectives de lconomie mondiale; calculs des services du FMI.
Note : Avant dsigne les valeurs moyennes deux ans avant lpisode dassainissement, et Pendant dsigne lanne durant laquelle sest produit
lassainissement. EMEDEV = tous les pays mergents et en dveloppement; AfSS = Afrique subsaharienne.
34
2. LIMPACT DE LASSAINISSEMENT DES FINANCES PUBLIQUES SUR LA CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 2.5. Afrique subsaharienne et pays mergents et en dveloppement : pisodes dassainissement budgtaire
ax sur les recettes
Total recettes
Total Recettes issues
recettes Recettes issuesdes
desproduits
produitsde
debase
base
30 10
Avant Avant
25 Pendant 8 Pendant
Pourcentage du PIB
Pourcentage du PIB
20
6
15
4
10
5 2
0 0
AfSS EMEDEV AfSS EMEDEV
Solde budgtaire
Croissance duduPIB
Solde budgtaire Croissance PIBrel
rel
0 4
Avant
1 Pendant
Pourcentage du PIB
Pourcentage
2 3
3 Avant
Pendant
4 2
AfSS EMEDEV AfSS EMEDEV
Sources : FMI, base de donnes des Perspectives de lconomie mondiale; calculs des services du FMI.
Note : Avant dsigne les valeurs moyennes deux ans avant lpisode dassainissement, et Pendant dsigne lanne durant laquelle sest produit
lassainissement. EMEDEV = tous les pays mergents et en dveloppement; AfSS = Afrique subsaharienne.
7
tant donn le contexte actuel de nombreux pays de la rgion, la section suivante estime les effets de la politique budgtaire pendant
des pisodes dassainissement des finances publiques. Sur le plan conceptuel, la distinction entre les deux sections est importante aussi
parce quune rduction de linvestissement ou une augmentation des recettes ne se traduit pas ncessairement par un assainissement
(tant donn que, par exemple, une baisse de linvestissement peut tre compense par une augmentation de la consommation de mme
montant, ce qui laisse inchange la position budgtaire globale).
8
Les erreurs de prvision pour chacune des trois sries (investissement public, consommation publique, recettes) sont gales la diffrence
entre la valeur observe effective et la prvision des Perspectives de lconomie mondiale pour le troisime trimestre de la mme anne (voir
lannexe2.1 pour des dtails supplmentaires).
9
La spcification conomtrique inclut trois chocs imprvus sur la politique budgtaire (investissement public, consommation publique
et recettes publiques), ainsi que des contrles macroconomiques tels que les valeurs dcales de la croissance du PIB rel et des variables
budgtaires, les observations contemporaines et dcales des variations des prix des produits de base et de la demande extrieure
relle (reprsentes par les variations des termes de lchange des produits de base et la croissance relle des partenaires commerciaux,
respectivement) et les valeurs dcales de lorientation de la politique montaire (reprsentes par la croissance de la monnaie relle et
linflation). Pour des dtails supplmentaires, voir lannexe2.1.
35
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pourcentage
Pourcentage
Pourcentage
Pourcentage
Pourcentage
0,4 0,4 0,4
0,2 0,2 0,2
0,0 0,0 0,0
-0,2 -0,2 -0,2
0,2
-0,4 -0,4 -0,4
-0,6 -0,6 -0,6
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
Ans Ans Ans
Sources : FMI, base de donnes des Perspectives de lconomie mondiale; calculs des services du FMI.
Note : Les graphiques dcrivent la raction de la production une augmentation dun point de pourcentage de linvestissement, de la consommation et
des recettes publiques rapports au PIB. Les courbes en pointills correspondent aux intervalles de confiance de 90 %. pp = point de pourcentage.
36
2. LIMPACT DE LASSAINISSEMENT DES FINANCES PUBLIQUES SUR LA CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Tableau 2.1. Multiplicateurs budgtaires estims, tirs de diverses tudes, pour plusieurs groupes de pays
Source Groupe Variable 1 an 2 ans 3 ans
Abiad, Furceri et Topalova 2016 Pays avancs Investissement 0,8 1,0 1,5
Blanchard et Leigh 2013 Europe Solde budgtaire structurel 1,1 ...
Investissement 0,4 0,6 ...
Gonzalez-Garcia, Lemus et Mrkaic 2013 Pays en dveloppement Consommation 0,4 0,3 ...
Impts 0,1 0,5 ...
Consommation 0,4 0,5 0,6
Pays haut revenu
Investissement 0,9 1,2 1,3
Ilzetzki, Mendoza et Vegh 2013
Consommation 0,2 0,1 0,4
Pays en dveloppement
Investissement 1,5 1,6 1,6
Kraay 2012 Pays dpendant de laide Dpenses 0,5 ... ...
Dpenses 0,9 1,0 1,1
Pays haut revenu
Impts 0,1 0,1 0,2
Ilzetzki 2011
Dpenses 0,4 0,3 0,2
Pays en dveloppement
Impts 0,4 0,6 0,8
Dpenses ... ... 0,5
Pays avancs
Recettes ... ... 0,4
FMI 2008
Dpenses ... ... 0,2
Pays mergents
Recettes ... ... 0,2
Source : calculs des auteurs.
Note : Les graphiques montrent les effets des augmentations de dpenses et de recettes publiques, les signes escompts sont donc positifs et
ngatifs, respectivement. Les chiffres en caractres gras dnotent une valeur significative au moins au niveau de 0,10.
13
Les tudes concernant les multiplicateurs budgtaires ont aussi examin le degr de flexibilit du taux de change, le niveau de la dette et
le degr douverture de lconomie (Ilzetzki, Mendoza et Vegh, 2013; Batini etal., 2014; Mineshima, Poplawski-Ribeiro et Weber, 2014).
Nous largissons la porte de cette analyse dans la section suivante. En outre, il est probable que les multiplicateurs seront diffrents dans
le cas des pays exportateurs de ptrole, tant donn que la politique budgtaire touche principalement lconomie non ptrolire. En
raison du manque de donnes, il est difficile de ne sintresser quaux pays exportateurs de ptrole.
14
Pour une croissance faible ou leve, et une qualit des institutions pire ou meilleure, les mesures se rfrent la distance normalise entre
lindicateur et la moyenne de lchantillon. Lefficience de linvestissement public se rfre un score variable dans le temps entre0 et 1. Dans tous
les cas, les variables sont incluses dans lquation au moyen dune fonction de transition lisse, comme dans Auerbach et Gorodnichenko (2013a).
37
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 2.7. Afrique subsaharienne : multiplicateurs budgtaires en priodes de forte et faible croissance
Aprs une augmentation du ratio Aprs une augmentation du ratio Aprs une augmentation
recettes/PIB d'un pp du
investissement/PIB d'un pp consommation/PIB d'un pp
investissement/PIB dun pp consommation/PIB dun pp ratio recettes/PIB dun pp
1,5 1,5 1,51,5
1,2 1,2 1,21,2
0,9 0,9 0,90,9
0,6 0,6 0,60,6
Pourcentage
Pourcentage
Pourcentage
Pourcentage
Pourcentage
0,3 0,3 0,30,3
0,0 0,0 0,00,0
-0,3 -0,3 -0,3-0,3
-0,6 -0,6 -0,6-0,6
-0,9 -0,9 -0,9-0,9
-1,2 -1,2 -1,2-1,2
Faible croissance Forte croissance Faible croissance Forte croissance Faible croissance Forte croissance
Sources : FMI, base de donnes des Perspectives de lconomie mondiale; calculs des services du FMI.
Note : Les graphiques dcrivent la raction de la production une augmentation dun point de pourcentage de linvestissement, de la consommation et
des recettes publiques rapports au PIB. Les lignes correspondent aux intervalles de confiance de 90 %. pp = point de pourcentage.
Graphique 2.8. Afrique subsaharienne : multiplicateurs budgtaires en priodes de bonne et mauvaise qualit de la gouvernance
Aprs une augmentation
investissement/PIB d'un ppdu ratio Aprs une augmentation du ratio Aprs une augmentation du ratio
consommation/PIB d'un pp ratio recettes/PIB d'un pp
investissement/PIB dun pp consommation/PIB dun pp recettes/PIB dun pp
3,0 3,0 3,03,0
2,5 2,5 2,52,5
2,0 2,0 2,02,0
1,5 1,5 1,51,5
Pourcentage
Pourcentage
Pourcentage
Pourcentage
Pourcentage
Sources : PRS Group, base de donnes International Country Risk Guide; calculs des services du FMI.
Note : Les graphiques dcrivent la raction de la production une augmentation dun point de pourcentage de linvestissement, de la consommation et
des recettes publiques rapports au PIB. Les lignes correspondent aux intervalles de confiance de 90 %. pp = point de pourcentage.
politique budgtaire sur la production. Ces ineffi- des risques-pays (International Country Risk Guide,
ciences tiennent sans doute des faiblesses dans la ICRG), savoir la qualit de la bureaucratie, la
gouvernance, la gestion de linvestissement public lutte contre la corruption et la tradition dun tat
en gnral et dans la slection, lexcution et le suivi de droit. En fait, les pays dAfrique subsaharienne
des projets. En consquence, les montants investis o la qualit de la gouvernance est moindre tendent
offrent un faible rendement. Comme, dans un envi- afficher des multiplicateurs plus faibles tant pour
ronnement peu efficient, seule une fraction de lin- les dpenses publiques que pour les recettes (gra-
vestissement public se transforme en stock de capital phique2.8). Les rsultats indiquent que les d-
productif et en infrastructures, une hausse de linves- penses publiques sont en gnral relativement moins
tissement public conduit des gains de production productives lorsque la qualit de la gouvernance est
plus limits (voir le chapitre2 des Perspectives de lco- faible, une circonstance qui pourrait favoriser la re-
nomie mondiale doctobre2014). cherche de rente par rapport lefficience des d-
penses (Keefer et Knack, 2007).
Nous reprsentons les inefficiences et la qualit de
la gestion conomique au moyen dun indicateur En outre, nous reprsentons les inefficiences des d-
composite qui combine trois aspects de la qualit de penses publiques et la qualit de la gestion cono-
ladministration publique du Guide international mique laide dun indicateur hybride qui combine
38
2. LIMPACT DE LASSAINISSEMENT DES FINANCES PUBLIQUES SUR LA CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 2.9. Afrique subsaharienne : multiplicateurs budgtaires en priodes de forte et faible efficence de linvestissement public
Aprs une augmentation du ratio Aprs une augmentation
consommation/PIB d'un pp du ratio Aprs une augmentation
recettes/PIB d'un pp du ratio
investissement/PIB d'un pp
investissement/PIB dun pp consommation/PIB dun pp recettes/PIB dun pp
Pourcentage
Pourcentage
Pourcentage
Pourcentage
Pourcentage
0,0 0,0 0,00,0
Sources : FMI, Dpartement des finances publiques, base de donnes Public Investment Efficiency Indicator; calculs des services du FMI.
Note : Les graphiques dcrivent la raction de la production une augmentation dun point de pourcentage de linvestissement, de la consommation et
des recettes publiques rapports au PIB. Les lignes correspondent aux intervalles de confiance de 90 %. pp = point de pourcentage.
des indicateurs physiques et des indicateurs bass Recensement des pisodes dassainissement
sur des enqutes pour tablir un indice synthtique des finances publiques
de la couverture et de la qualit des rseaux din-
frastructures (FMI, 2015). Nous constatons que les Comme indiqu dans FMI(2010a), il est important
multiplicateurs de linvestissement public et des d- de prendre en considration les assainissements ac-
penses de consommation sont bien plus levs dans tifs des finances publiques cest--dire des am-
les pays o linvestissement public est trs efficient, liorations de la position budgtaire qui rsultent
et plus faibles dans les pays o il est peu efficient dune rduction des dpenses publiques ou dune
(graphique2.9). Le multiplicateur des recettes bud- hausse des recettes qui ne sexpliquent pas par
gtaires est plus lev lorsque linvestissement public une hausse des recettes tires des produits de base,
est plus efficient, mais les rsultats ne sont pas statis- ni par une hausse des recettes publiques lie une
tiquement significatifs. amlioration du cycle conomique. Nous suivons
les travaux existants en dterminant lampleur de
ASSAINISSEMENTS DES FINANCES lassainissement sur la base du solde primaire cor-
rig des variations cycliques, en excluant les pisodes
PUBLIQUES, ACTIVIT CONOMIQUE qui sont lis une augmentation des recettes tires
ET MESURES DATTNUATION des produits de base. En outre, nous distinguons
1)les assainissements qui reposent sur une com-
La prsente section porte sur les effets dun assainis- pression des dpenses publiques et ne sont pas lis
sement des finances publiques sur lactivit cono- une hausse des recettes tires des produits de base,
mique et les mesures qui peuvent attnuer les effets et 2)les assainissements qui reposent sur une aug-
de contraction ventuels. Il sagit de mesures lies mentation des recettes et qui ne sont pas lis une
la composition dun assainissement, ainsi que de hausse des recettes tires des produits de base15.
mesures daccompagnement telles que celles rela-
tives aux conditions montaires, au degr de flexibi- Lanalyse estime leffet direct des assainissements sur
lit du taux de change, au niveau de lendettement, lactivit conomique en utilisant la mthode des pro-
la taille des amortisseurs extrieurs et au degr jections locales et en suivant DellErba, Koloskova et
dintgration commerciale. Poplawski-Ribeiro (2014) et Devries etal. (2011).
Dans tous les cas, la hausse du solde primaire corrig des variations cycliques doit tre suprieure 1 % du PIB (voir FMI, 2010a; DellErba,
15
Koloskova et Poplawski-Ribeiro, 2014). En outre, il est considr quun assainissement repose sur une compression des dpenses si ces dernires
diminuent dau moins 0,5 % du PIB et quun assainissement repose sur une augmentation des recettes si ces dernires augmentent dau moins
0,5 % du PIB. En outre, dans tous les cas, les recettes tires des produits de base ne peuvent progresser de plus de 1 % du PIB. Voir lannexe2.1.
39
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pourcentage
-0,4 0,3 0,4
Dans quelle mesure un assainissement -0,6
des finances publiques est-il nuisible? -0,8
En nous penchant tout dabord sur les assainissements -1,0
des finances publiques qui sont lis des rductions -1,2
des dpenses et non une augmentation des recettes -1,4
tires des produits de base, nous constatons que les as- 0 1 2 3 4 5
sainissements ont des effets de contraction sur lactivit Ans
conomique. Un ajustement de 1point du ratio solde Sources : FMI, base de donnes des Perspectives de lconomie
mondiale; calculs des services du FMI.
primaire corrig des variations cycliques/PIB rduit Note : Le graphique dcrit la raction de la production une
la production denviron 0,3% limpact et de 0,4% amlioration dun point de pourcentage du solde primaire corrig des
aprs trois ans (graphique2.10)17. variations cycliques (SPVC), suite un assainissement ax sur les
dpenses. Les courbes en pointills correspondent aux intervalles de
confiance de 90 %. pp = point de pourcentage.
En distinguant les assainissements selon quils re-
posent principalement sur une rduction de linves- dpenses (par exemple llimination des subventions
tissement public, une baisse des dpenses courantes nergtiques, qui sont gnralement rgressives (en-
ou une augmentation des recettes, lanalyse note que cadr2.2)) peuvent produire un assainissement et en
limpact sur la production dpend de la composi- mme temps navoir que des effets modrs ou n-
tion de lassainissement. Les assainissements qui re- gligeables sur lactivit conomique. Il est important
posent sur une rduction de linvestissement public de noter que les valuations de leffet de la composi-
sont les plus nuisibles la croissance: un ajustement tion de lassainissement sur la distribution du revenu
de 1point du PIB de la position budgtaire pendant (voir, par exemple, Ball etal., 2013, et Woo etal.,
ces pisodes rduit la production denviron 0,4% 2013) soulignent quil est ncessaire de protger les
limpact et de prs de 0,7% aprs trois ans (gra- dpenses sociales essentielles qui sont consacres la
phique2.11). Comme not plus haut, ce rsultat sant, lducation et aux dispositifs de scurit so-
peut sexpliquer par le fait quune baisse de linvestis- ciale (encadr2.3).
sement influe sur la production potentielle et a ainsi
un impact plus durable sur la production (DellErba, Enfin, les assainissements qui reposent sur une aug-
Koloskova et Poplawski-Ribeiro, 2014). mentation des recettes (et qui ne sont pas lis une
hausse des recettes tires des produits de base) ont
Pour ce qui est des assainissements qui reposent sur des effets ngatifs sur la croissance, mais ces effets
une rduction des dpenses courantes, nous notons sont moindres que ceux des assainissements fonds
des effets faibles et insignifiants sur la production. sur une diminution de linvestissement. Une am-
Cela donne penser quune diminution des dpenses lioration de 1% du PIB de la position budgtaire
potentiellement inefficaces et une rationalisation des pendant ces pisodes rduit la production denviron
16
Comme lintgration intrargionale en Afrique subsaharienne est limite, les retombes des assainissements des finances publiques
devraient tre faibles; voir, par exemple, le chapitre1 de ldition davril2016 des Perspectives conomiques rgionales: Afrique
subsaharienne. Pour un examen des retombes rgionales dans le contexte des assainissements des finances publiques dans la zone euro,
voir Dabla-Norris, Dallari et Poghosyan ( paratre).
17
Ces rsultats sont robustes dautres dfinitions des pisodes dassainissement des finances publiques, y compris lorsque les assainissements
qui reposent sur une compression des dpenses doivent avoir une composante rduction des dpenses plus importante que la composante
augmentation des recettes. En analysant les assainissements de grande ampleur (cest--dire une amlioration du solde primaire corrig
des variations cycliques de plus de 1,5% du PIB, conformment FMI, 2010a), nous constatons des rsultats similaires, bien que les effets
de contraction sur la production semblent tre lgrement plus marqus. Enfin, en recensant les assainissements qui sont soutenus dans le
temps (cest--dire des assainissements o la variation cumule sur trois ans du solde primaire corrig des variations cycliques est suprieure
2,5% du PIB), nous observons des effets de contraction plus prononcs sur lactivit conomique.
40
2. LIMPACT DE LASSAINISSEMENT DES FINANCES PUBLIQUES SUR LA CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 2.11. Afrique subsaharienne : impact sur la production dun assainissement ax sur linvestissement, la consommation
et les recettes
Assainissement ax sur linvestissement : Assainissement ax sur la consommation : Assainissement ax sur les recettes :
aprs une augmentation dun pp aprs une augmentation dun pp aprs une augmentation dun pp
du ratio SPCV/PIB du ratio SPCV/PIB du ratio SPCV/PIB
0,5 0,5 0,5
Pourcentage
Pourcentage
Pourcentage
Pourcentage
Pourcentage
-0,5 -0,5 -0,5 0,2
0,4
-1,0 0,7 -1,0 -1,0
1
relativement faibles de pression fiscale et le potentiel
inexploit daccroissement des recettes pourraient ex- 2
pliquer pourquoi les assainissements reposant sur une
augmentation des recettes ont un effet de contrac- 3
tion moins prononc que les assainissements fonds
sur une diminution de linvestissement (voir Gaspar, 4
0 5 10 15 20 25
Jaramillo et Wingender (2016) pour un argument si-
Recettes fiscales (en pourcentage du PIB)
milaire)18. En fait, limpact estim des assainissements
Sources : FMI, base de donnes des Perspectives de lconomie
reposant sur les impts pour diffrents niveaux du mondiale; calculs des services du FMI.
ratio impts/PIB est moins marqu dans les pays o Note : Le graphique reprsente leffet marginal sur la production
de diffrents niveaux de ratio recettes fiscales/PIB suite un
les recettes fiscales sont faibles (graphique2.12). assainissement ax sur la fiscalit. Les courbes en pointills
correspondent aux intervalles de confiance de 90 %.
Rle de la politique conomique
et facteurs macroconomiques lorientation de la politique montaire, lurgence de
La politique conomique ou les paramtres macro- lassainissement et dautres lments lis au secteur
conomiques fondamentaux peuvent-ils jouer un extrieur, tels que le degr de flexibilit du taux de
rle dattnuation lorsquun assainissement des fi- change, la taille des amortisseurs extrieurs et le degr
nances publiques est ncessaire? On entend par l douverture commerciale19.
18
Pour un chantillon de 15pays avancs qui tendent afficher un coefficient de pression fiscale plus lev, il est not dans FMI (2010a)
que les assainissements reposant sur une hausse des impts ont un effet de contraction plus prononc que les ajustements fonds sur une
compression des dpenses. De la mme manire, pour un chantillon de pays avancs, et au moyen dune estimation non linaire, DellErba,
Koloskova et Poplawski-Ribeiro (2014) notent que, moyen terme, les ajustements qui reposent sur une diminution des dpenses ont un
effet de contraction moins marqu que les ajustements fonds sur une augmentation des recettes pendant des priodes normales de croissance
conomique, et que ces effets ne sont pas statistiquement diffrents les uns des autres dans le cas de rcessions prolonges.
19
cet gard, nous ajoutons la spcification de base un terme dinteraction entre la variable de la politique budgtaire et les autres
mesures daccompagnement, et nous calculons leffet marginal de lassainissement sur lactivit conomique pour diffrents niveaux des
variables (voir lannexe2.1).
41
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 2.13. Afrique subsaharienne : impact de lassainissement budgtaire selon diffrentes situations montaires
diffrents niveaux de croissance diffrents niveaux de croissance diffrents niveaux dinflation
de la masse montaire du crdit
3 2 3
2 2
1
1 1
Pourcentage
Pourcentage
Pourcentage
0 0 0
1 1 1
2 2
2
3 3
4 3 4
2 2 6 10 14 18 22 26 2 2 6 10 14 18 22 26 0 2 4 6 8 10 12
Croissance de la masse montaire Croissance du crdit (en pourcentage) Inflation (en pourcentage)
(en pourcentage)
Sources : FMI, base de donnes International Financial Statistics; calculs des services du FMI.
Note : Les graphiques reprsentent leffet marginal sur la production de diffrents niveaux de croissance de la masse montaire, de croissance du crdit
et dinflation suite un assainissement budgtaire ax sur les dpenses. Les courbes en pointills correspondent aux intervalles de confiance de 90 %.
Graphique 2.14. Afrique subsaharienne : impact de lassainissement budgtaire selon diffrents environnements dendettement
diffrents niveaux de dette totale diffrents niveaux de dette extrieure
1 2
1
0
Pourcentage
Pourcentage
0
1
1
2
2
3 3
15 30 45 60 10 30 50 70 90
Dette publique totale (en pourcentage du PIB) Dette extrieure (en pourcentage du PIB)
Sources : FMI, base de donnes des Perspectives de lconomie mondiale; calculs des services du FMI.
Note : Les graphiques reprsentent leffet marginal sur la production de diffrents niveaux de dette totale et de dette extrieure suite un
assainissement budgtaire ax sur les dpenses. Les courbes en pointills correspondent aux intervalles de confiance de 90 %.
42
2. LIMPACT DE LASSAINISSEMENT DES FINANCES PUBLIQUES SUR LA CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 2.15. Afrique subsaharienne : impact de lassainissement budgtaire et rle de la flexibilit du taux de change,
des rserves internationales et de louverture aux changes
diffrents niveaux de flexibilit du taux de change (de facto) diffrents niveaux de flexibilit du taux de change (de jure)
3 3
2 2
1 1
Pourcentage
Pourcentage
0 0
1 1
2 2
3 3
1 2 3 4 5 6 7 2 1 3 4 5 6 7
Flexibilit du taux de change (les valeurs plus leves Flexibilit du taux de change (les valeurs plus leves
signifient une plus grande flexibilit) signifient une plus grande flexibilit)
diffrents niveaux de rserves internationales diffrents niveaux d'ouverture
diffrents niveaux de rserves internationales diffrents niveaux douverture commerciale
2 1
1
0
Pourcentage
0
Pourcentage
1
1
2
2
3 3
3 6 9 12 15 18 25 30 35 40 45 50
Rserves internationales (en pourcentage du PIB) Ouverture commerciale aux changes
(en pourcentage du PIB)
Sources : FMI, base de donnes des Perspectives de lconomie mondiale; Penn World Table 9.0; calculs des services du FMI.
Note : Les graphiques reprsentent leffet marginal sur la production de diffrents niveaux de flexibilit du taux de change, de rserves internationales
et douverture aux changes suite un assainissement budgtaire ax sur les dpenses. Les courbes en pointills correspondent aux intervalles de
confiance de 90 %. Dans le cas de la flexibilit du taux de change, plus les valeurs sont leves, plus la flexibilit est importante daprs la base de
donnes du Rapport annuel sur les rgimes et les restrictions de change (AREAER) du FMI.
43
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
demande extrieure joue un rle plus important public. Par ailleurs, un accroissement des recettes
dans lactivit conomique gnrale dans des cono- au moyen dune meilleure mobilisation des re-
mies plus ouvertes, moins tributaires de la demande cettes intrieures peut tre trs bnfique, car il
publique. permet de sattaquer au dficit social et au d-
ficit des infrastructures de la rgion (voir ldition
CONSIDRATIONS POUR LACTION doctobre2014 des Perspectives conomiques rgio-
nales: Afrique subsaharienne). Comme le recouvre-
DES POUVOIRS PUBLICS ET ment des impts dans la rgion est gnralement
CONCLUSIONS faible, une meilleure mobilisation des recettes peut
tre propice la croissance (Gaspar, Jaramillo et
Il ressort de lanalyse figurant dans le prsent chapitre Wingender, 2016). En fait, il est possible dac-
que les assainissements des finances publiques dans crotre davantage les recettes en largissant lassiette
les pays dAfrique subsaharienne ont gnralement de limpt et en modernisant des structures fis-
un effet de contraction sur la production. La compo- cales obsoltes, ainsi quen relevant les taux dim-
sition de lassainissement est importante aussi: il est position. Selon les estimations pour la rgion, il
beaucoup plus coteux, sur le plan de la production, existe un potentiel de recettes considrable qui est
de rduire les dpenses dquipement plutt que de inexploit: en moyenne, les pays dAfrique sub-
comprimer les dpenses courantes ou daccrotre les re- saharienne pourraient accrotre leur ratio impts/
cettes. Pendant des pisodes dassainissement reposant PIB de 3,5 5points (encadr2.1). Nanmoins,
sur une rduction de linvestissement, une amliora- il pourrait tre difficile daccrotre rapidement les
tion de 1point de PIB de la position budgtaire rduit recettes, et il serait donc ncessaire dajuster les d-
la production de 0,4% pendant la premire anne de penses court terme.
lassainissement et denviron 0,7% trois ans plus tard.
Par contre, lorsquil sagit dassainissements qui re- Il est prfrable de rduire les dpenses courantes
posent sur une baisse des dpenses courantes ou une plutt que linvestissement, mais la composition
augmentation des recettes, une amlioration de 1point est importante. Parmi les options figurent une ra-
de PIB de la position budgtaire rduit la production tionalisation des dpenses en matrisant la masse
de 0,1 et 0,2%, respectivement, limpact. salariale de secteurs publics surdimensionns et
llimination de subventions nergtiques trs r-
Cela semble indiquer que les pays de la rgion qui gressives et mal cibles en faveur de dpenses so-
doivent assainir durgence leurs finances publiques de- ciales cibles (encadrs2.2 et 2.3). Les rductions
vront mettre en uvre des mesures qui pseront pro- de dpenses courantes auront probablement des
bablement sur lactivit conomique20. Par ailleurs, ils cots sociaux et doivent donc tre conues en
sont confronts des choix difficiles quant au moment combinaison avec des dispositifs de protection
choisi pour procder lassainissement et au rythme sociale et des mesures qui prservent les dpenses
de ce dernier, ainsi quaux instruments utiliser. Que sociales cruciales dans les domaines de la sant
faire pour attnuer limpact ngatif de lassainissement et de lducation. Une rduction des dpenses
sur la croissance? Est-il possible damliorer la position dquipement, sans doute loption qui tend
budgtaire tout en trouvant un moyen dexercer un rencontrer le moins de rsistance, devrait tre
effet plus limit sur la production? Notre analyse offre le dernier choix et se cantonner des postes qui
les suggestions suivantes: ont un impact limit sur lactivit intrieure (par
exemple avec une composante leve en importa-
Comme il est moins coteux, sur le plan de la pro- tions) et la croissance conomique long terme,
duction, daccrotre les recettes, un assainissement ou des cas o linvestissement a considrable-
qui repose sur une augmentation des recettes est ment augment et o lassainissement est urgent.
prfrable un assainissement fond sur une baisse En outre, il est possible de rationaliser les d-
des dpenses, en particulier de linvestissement penses dquipement en sappuyant sur la qualit
20
Certaines tudes examinent un arbitrage entre assainissement et croissance: un ralentissement de la dette pour matriser son ventuel effet
ngatif sur la croissance, dune part, et le risque que lassainissement ralentisse la croissance, dautre part. Par exemple, DeLong et Summers
(2012) indiquent quun assainissement des finances publiques et une politique daustrit peuvent tre contre-productifs sils font en sorte
quun ralentissement court terme de la croissance devienne permanent en raison deffets dhystrse ngatifs sur la production tendancielle.
44
2. LIMPACT DE LASSAINISSEMENT DES FINANCES PUBLIQUES SUR LA CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
des projets pour tablir des priorits, car les mul- naturelles, la matrise ou la rduction de ces sa-
tiplicateurs budgtaires sont plus faibles lorsque laires pourrait aussi tre utile pour la comptiti-
les dpenses sont peu efficientes. vit et la croissance, surtout si les salaires dans le
secteur priv sont tablis avec le secteur public
Des mesures complmentaires peuvent jouer un comme rfrence (FMI, 2016a). De la mme
rle dattnuation important dans lassainisse- manire, dans les pays riches en ressources natu-
ment des finances publiques. Un assouplissement relles o le ratio investissements/PIB a augment
de la politique montaire, tout en matrisant lin- considrablement pendant les annes dexpan-
flation, peut rduire les effets de contraction de sion, une rduction des dpenses dquipement
lassainissement en compensant en partie les ef- pourrait tre justifie. Du ct des recettes, un
fets ngatifs sur la demande. En outre, un assou- accroissement des recettes hors produits de base
plissement du taux de change, l o cela est pos- (qui sont gnralement faibles) rduit la dpen-
sible, et une plus grande ouverture au commerce dance lgard des recettes tires des produits de
peuvent jouer un rle dattnuation. La mise en base et, globalement, a un multiplicateur budg-
place damortisseurs extrieurs, sous forme de taire plus faible que les dpenses. Paralllement,
rserves de change, et dun espace budgtaire, les pays doivent renforcer leurs cadres budgtaires
en tablissant des cadres budgtaires crdibles moyen terme sur la base dhypothses pru-
moyen terme et des rgles budgtaires, peut dentes en ce qui concerne les prix des produits de
contribuer largement viter la ncessit dun as- base (FMI, 2016a) et continuer de diversifier leur
sainissement abrupt lavenir. conomie (chapitre3).
Les paragraphes ci-dessus semblent indiquer quil Les pays qui ne sont pas riches en ressources na-
existe des moyens dattnuer les effets dun assainisse- turelles sont confronts des dficits budgtaires
ment des finances publiques, mais la stratgie globale levs tandis quils sattaquent aux dficits sociaux
et les difficults qui seront rencontres peuvent dif- et aux dficits des infrastructures. En dpit dune
frer dun pays de la rgion lautre: croissance robuste, des facteurs de vulnrabi-
lit apparaissent, avec une hausse de la dette pu-
Les pays exportateurs de produits de base blique. Ces pays profiteraient dun assainissement
sajustent encore au nouvel environnement ca- de leurs finances publiques afin dviter lappari-
ractris par le bas niveau des prix des produits tion de nouvelles sources de vulnrabilit, mais
de base, ainsi qu ses consquences, savoir une ils peuvent procder cet assainissement un
diminution des recettes dexportation et des re- rythme plus lent et privilgier un ajustement plus
cettes budgtaires, en particulier dans les pays ex- souple. Dans le contexte dun effort dassainis-
portateurs de ptrole. Comme les amortisseurs sement plus modr, il est important de freiner
restants sont limits, il est urgent dassainir les fi- les augmentations des dpenses, qui ont entran
nances publiques. Un ajustement budgtaire sera une hausse rapide de la dette, de manire as-
ncessaire en particulier pour les pays qui font surer la viabilit budgtaire et extrieure moyen
face un dficit de financement lev, qui ont un terme. Comme dans le cas des pays exportateurs
accs limit aux marchs ou dont la dette aug- de produits de base, il est ncessaire de se concen-
mente rapidement. Pour rduire au minimum trer davantage sur la mobilisation des ressources
limpact sur lactivit conomique, il convient intrieures, tant donn le gros potentiel daug-
daccorder la priorit des mesures qui ont des mentation des recettes qui est inexploit.
multiplicateurs faibles. Il pourrait sagir de re-
mettre plus tard de nouvelles initiatives de d- Dans tous les pays de la rgion, lajustement doit
penses, de rduire les projets de faible qualit aller de pair avec une amlioration du climat des
et les dpenses lies aux importations, de pro- affaires, une augmentation de la qualit des insti-
cder des examens des dpenses publiques et de tutions et de la gouvernance, une intensification
matriser la masse salariale (FMI, 2010a). tant de la concurrence intrieure et la mise en place
donn que les salaires publics rels tendent de rformes budgtaires qui encouragent la crois-
tre levs dans certains pays riches en ressources sance (FMI, 2016b).
45
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Selon les travaux prsents dans cet encadr, le pays moyen dAfrique subsaharienne pourrait accrotre son ratio impts/PIB de
3 5points. Ce potentiel varie de 3 points dans les pays riches en ressources naturelles 3points dans les pays pauvres
en ressources naturelles et 8points dans les pays exportateurs de ptrole. Des recettes considrables pourraient tre tires des
impts sur les biens et services, qui reprsentent dj une part leve des impts dans de nombreux pays.
Au cours des 15dernires annes, les recettes fiscales ont augment en Afrique subsaharienne, passant de moins de
15% du PIB en moyenne en 2000 un sommet de 17% du PIB en 2012 (graphique2.1.1).
Cependant, la tendance des recettes fiscales a vari pendant ces annes. Depuis la baisse des prix des produits de
base, les pays exportateurs de ptrole, en particulier, ont enregistr une forte baisse de leurs recettes fiscales (Angola,
Nigria, Tchad), tandis que les pertes de recettes dans les pays exportateurs dautres produits de base ont t plus
modres (Rpublique centrafricaine, Sierra Leone, Zambie) et souvent lies aux impts sur le commerce extrieur
(graphique2.1.2, plage1). Inversement, le ratio impts/recettes a augment dans beaucoup de pays pauvres en res-
sources naturelles, principalement du fait des impts sur les
Graphique 2.1.1. Recettes fiscales dans plusieurs groupes biens et services, qui reprsentent une part leve des recettes
de pays, 200016
fiscales dans les pays importateurs de ptrole de la rgion (gra-
20
phique2.1.2, plage2).
18
Quantifier le potentiel
Pourcentage du PIB
16
Ces tendances soulvent nouveau la question du potentiel de
14 la rgion en matire de recettes fiscales. Pour dterminer ce po-
12 tentiel, cet encadr sappuie sur les travaux de ldition doc-
tobre2015 des Perspectives conomiques rgionales: Afrique sub-
10 saharienne. Ces travaux et dautres tudes sur la question utilisent
des observations internationales pour calculer une frontire fis-
8
cale mondiale, cest--dire le niveau suprieur du ratio recettes
01
02
03
04
05
06
07
08
09
10
11
12
13
14
15
16
2000
Pourcentage du PIB
Pourcentage du PIB
Pourcentage du PIB
14
0 1 1 12
10
5 8
0 0
6
4
10 1 1 2
Exportateurs de 0
ptrole
ressources naturelles
Pays riches en autres
G Exportateurs de ptrole
ressources naturelles
naturelles naturelles
20 3 3
GNQ
COG
TCD
NGA
AGO
GAB
CMR
LBR
SLE
GIN
COD
GHA
ZMB
BWA
ZAF
ZWE
TZA
NER
MLI
CAF
NAM
LSO
UGA
GNB
BEN
SYC
KEN
COM
SEN
RWA
STP
CIV
ETH
MWI
MOZ
SWZ
GMB
MUS
BDI
ERI
MDG
TGO
CPV
500
-50
Taxes sur les biens et services Taxes sur le commerce extrieur Autres impts Recettes fiscales
G
Pe
en
ge
po
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ta
G
O
C
D
O
N
C
A
A
B
46
2. LIMPACT DE LASSAINISSEMENT DES FINANCES PUBLIQUES SUR LA CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Comme les prfrences et les paramtres fondamentaux Tableau 2.1.1. Estimation de la frontire fiscale
qui permettent de calculer cette frontire sont dynamiques Biens et
Taxe
et peuvent influer de manire diffrente sur certains types services
dimpts, lestimation qui suit prolonge les analyses ant- Mondial Mondial
rieures afin dinclure les annes qui ont suivi la chute des Log PIB rel par habitant (retard) 2,797 *** 2,019 ***
prix des produits de base, un ensemble plus large de pays Ouverture commerciale 0,101 *** 0,002 ***
dAfrique subsaharienne et des mesures fiscales particulires. Valeur ajoute de l'agriculture 0,000 0,000
Coefficient de Gini (WDI) 0,006 *** 0,008 ***
Les rgressions du ratio impts/PIB sur une srie de fac- Variable fictive administrations publiques 0,113 ** 0,126
teurs propres chaque pays dans un groupe de 124pays Dpenses publiques dducation 0,018 *** 0,007
de 2000 2015 donne les rsultats suivants1: Variable fictive exportateur de ptrole 0,160 ** 0,630 ***
Log PIB rel par habitant au carr (retard) 0,144 *** 0,102 ***
Une plus grande ouverture au commerce, des in- Constante 4,769 *** 0,464
galits de revenu plus faibles, lexportation de p- sigma_u 0,54 *** 0,66 ***
trole et des dpenses dducation plus leves sont sigma_v 0,10 *** 0,16 ***
fortement lies des ratios impts/PIB plus levs. Nombre d'observations 1.451 1.211
Un revenu retard par habitant plus lev va de pair Nombre de pays 123 107
aussi avec un ratio suprieur, mais leffet diminue
Source : estimations des services du FMI.
lorsque le niveau de dveloppement augmente (ta- Note : WDI = Indicateurs du dveloppement dans le monde.
bleau2.1.1, colonne1)2. *, **, et *** dnotent des valeurs statistiquement significatives aux
niveaux de 10, 5 et 1 %.
Ces estimations permettent de dterminer un ratio
implicite fond sur les paramtres fondamentaux de Graphique 2.1.3. Afrique subsaharienne, chantillon complet :
chaque pays qui, lorsquil est compar au ratio ef- ratio de recettes fiscales et potentiel fiscal, moyenne
fectif, donne le potentiel fiscal du pays. Pour le pays 25
dAfrique subsaharienne moyen, ce ratio pourrait at- Recettes effectives Potentiel fiscal
teindre jusqu 35% du PIB, mais il existe de 20
Pourcentage du PIB
47
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Encadr 2.2. liminer les subventions aux carburants et aux produits nergtiques
Llimination des subventions rgressives aux carburants et aux produits nergtiques en faveur de dpenses sociales cibles peut
contribuer la fois lassainissement des finances publiques et lamlioration de lefficience conomique. Les rformes opres dans
certains pays (pour la plupart exportateurs de ptrole), ainsi que la baisse des prix internationaux des carburants, ont rduit le vo-
lume des subventions aux carburants en Afrique subsaharienne, mais il est ncessaire de renforcer les rformes dans ce domaine.
Les subventions universelles aux carburants et aux produits nergtiques sont rpandues en Afrique subsaharienne, mais
elles comportent des inconvnients considrables. On justifie les subventions nergtiques notamment en avanant
quelles peuvent bnficier de manire trs visible des segments importants de la population. Cependant, elles sont
mal cibles et ont un impact ngatif sur lefficience conomique en favorisant une consommation excessive de carbu-
rants, en rduisant linvestissement et lentretien dans les secteurs du raffinage du ptrole et de llectricit, ainsi quen
vinant des dpenses publiques plus productives (FMI, 2013).
Le repli prononc des cours mondiaux des carburants depuis le milieu de 2014 na t que partiellement transmis aux
consommateurs dans les pays importateurs de ptrole dAfrique subsaharienne, tandis que les exportateurs de ptrole
ont augment les prix des carburants (par exemple lAngola) (graphique2.2.1). Les prix des carburants dans la rgion
sont gnralement fixs par ltat, soit de faon discrtionnaire, soit au moyen de formules dajustement automatique.
En fait, environ un tiers seulement des pays dAfrique subsaharienne laissent les prix la pompe sajuster automatique-
ment, tandis que le reste des pays les fixent de faon administrative. Cette structure de tarification sest toujours traduite
par une transmission relativement faible des variations des cours mondiaux du ptrole.
Graphique 2.2.1. Afrique subsaharienne : rpercussion des variations des cours internationaux des produits ptroliers,
juin 2014janvier 2017
600
Exportateurs
400 Importateurs de ptrole
de ptrole
200
0
Pourcentage
200
400
600
800
1000
LBR
BEN
KEN
SEN
GIN
NGA
GNQ
SLE
GHA
RWA
UGA
GNB
LSO
COG
COD
TCD
COM
CIV
STP
ZAF
GAB
ZMB
MWI
AGO
SWZ
ETH
BFA
MLI
MOZ
CMR
MDG
BDI
MUS
NER
CAF
TZA
NAM
CPV
Une tude des prix des carburants dans la rgion indique quentre juin 2014 et dbut 2017, le coefficient mdian de
transmission (dfini comme la variation en termes nominaux des prix la pompe intrieurs divise par la variation en
termes nominaux des cours internationaux, dans les deux cas en monnaie nationale) tait ngatif dans les pays exporta-
teurs de ptrole (19%), qui ont augment les prix des carburants, et positif dans les pays importateurs (62%), qui ont
(partiellement) transmis la baisse des cours mondiaux du ptrole. En fait, les pays exportateurs ont augment les prix de
la plupart des produits ptroliers depuis le dbut de 2015 (un coefficient mdian de transmission de 39%), aprs des
ajustements mineurs entre juin 2014 et dbut 2015.
Dans lensemble de la rgion, la transmission de la chute des prix de lessence et du diesel a t moins importante que
pour le ptrole lampant depuis le milieu de 2014 (un coefficient mdian de 40% pour les deux premiers produits,
contre 81% pour ce dernier).
Cet encadr a t prpar par Mauricio Villafuerte, avec le concours de Tunc Gursoy.
48
2. LIMPACT DE LASSAINISSEMENT DES FINANCES PUBLIQUES SUR LA CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Les subventions aux carburants ont diminu sensiblement depuis le milieu de 2014. Une analyse fonde sur des struc-
tures de prix dtailles donne les rsultats suivants:
Tous les pays pour lesquels des informations pertinentes sont disponibles montrent une amlioration sou-
tenue du ratio des prix effectifs des carburants par rapport aux prix avant impts depuis le milieu de 2014 (gra-
phique2.2.2). Contrairement la situation dans quelques pays en cette priode, au dbut de 2017, les prix
moyens la pompe englobaient tous les cots lis lapprovisionnement (cest--dire, prix limportation c.a.f.
plus cots de transport et de distribution et marge bnficiaire).
Une analyse aprs impts plus rigoureuse qui additionne la moyenne de la taxe brute par litre pour lAfrique
subsaharienne (0,27dollar) au prix de recouvrement des cots indique que, sur une base annualise, les
subventions nettes aux carburants (cest--dire pour tous les produits ptroliers) ont flchi de 1% du PIB en
moyenne entre le milieu de 2014 et le dbut de 2017 ( environ 0% du PIB).
Les subventions aux carburants et llectricit en Afrique subsaharienne ont profit de faon disproportionne aux
plus riches, mais leur limination nuirait galement aux pauvres. Puisque le quintile de revenu suprieur consomme
beaucoup plus que le quintile infrieur, il a reu en moyenne six fois plus de subventions que ce dernier. Toutefois, un
retrait des subventions peut avoir un effet neutre sur la rpartition du revenu, car la part de lnergie dans la consomma-
tion des mnages est relativement similaire dans tous les quintiles de revenu. Dans le cas du ptrole lampant, qui occupe
une place particulirement importante dans le panier de consommation des mnages faible revenu, laugmentation de
son prix peut tre rgressive en termes de rpartition du revenu (tableau2.2.1).
Pour tre couronne de succs, une rforme des prix intrieurs des carburants et de lnergie doit reposer sur une stra-
tgie globale. Le contexte actuel, marqu par la faiblesse des prix mondiaux des carburants, se prte des transforma-
tions permanentes. Cependant, daprs les expriences nationales, les principaux lments dune rforme devraient tre
les suivants (FMI, 2013; Clements etal., 2013): 1)une campagne dinformation; 2)une augmentation des prix che-
lonne et progressive; 3)des dpenses sociales cibles ou des investissements essentiels pour attnuer leffet ngatif des
rformes sur les mnages et les entreprises touchs; 4)ladoption dune formule de fixation automatique des prix; et
Graphique
5)des mesures daccompagnement pour amliorer lefficience des 2.2.2. Afrique
entreprises subsaharienne
publiques : ratio prixdeeffectifs
et la prestation services.des produits
ptroliers/avant impts
49
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Mme si la rduction de la consommation de ltat pourrait avoir des rpercussions relativement faibles sur la croissance, ses effets
du point de vue de la rpartition du revenu pourraient tre considrables, en fonction de la nature exacte des compressions de d-
penses. Toutefois, les pouvoirs publics peuvent sappuyer sur les programmes en place pour attnuer les effets ngatifs sur les plus vul-
nrables, tout en crant des programmes de riposte auxquels ils auraient recours de manire efficiente et ponctuelle en cas de choc.
Au cours des deux dernires dcennies, pratiquement tous les pays dAfrique subsaharienne ont mis en place des dis-
positifs de protection sociale. Il sagit de programmes de transferts non contributifs ciblant les pauvres et les personnes
vulnrables en vue de pourvoir leurs besoins de consommation lmentaires, dattnuer les effets ngatifs des chocs et
dinvestir dans le capital humain et les capacits productives des pauvres (Beegle, Coudouel et Monsalve, 2017). Bien
que la couverture actuelle des programmes varie considrablement (graphique2.3.1), dans bon nombre de pays, elle
sest largie au cours des dernires annes, dans un contexte de ralentissement conomique et de rduction des dpenses
publiques notamment dans des domaines sociaux cls tels que la sant (graphique3.2.2) pour prserver la viabi-
lit du budget et de la dette.
Graphique 2.3.1. Afrique subsaharienne : couverture des dispositifs de protection sociale, moyenne 201113 et 2016 ou donnes
les plus rcentes
60
Moyenne, 201113 Dernires donnes disponibles
50
Pourcentage de la population
40
30
20
10
0
LBR
LSO
SLE
RWA
SSD
TCD
NGA
GHA
COD
MWI
SEN
SYC
GNB
KEN
UGA
BEN
ZMB
BFA
MOZ
ZAF
ETH
GMB
BWA
ZWE
MLI
CAF
CPV
MUS
TGO
TZA
Exportateurs Pays riches en autres ressources naturelles Pays pauvres en ressources naturelles
de ptrole
Source : Banque mondiale, base de donnes de lAtlas dindicateurs de protection sociale de rsilience et quit (ASPRE).
Note : Voir la page 78 le tableau des groupes de pays et la page 80 la liste des abrviations des pays.
0,0
-0,5
-1,0
-1,5
SLE
LSO
NGA
UGA
RWA
COG
GNQ
SSD
GHA
GIN
LBR
GNB
TCD
SYC
KEN
SEN
COM
MWI
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BEN
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BFA
BWA
ZAF
ZMB
NAM
STP
MDG
SWZ
ETH
MUS
GMB
CMR
ZWE
TZA
MLI
CAF
NER
ERI
BDI
TGO
CPV
Les pouvoirs publics disposent dune multitude doptions pour largir la protection sociale court terme tout en ren-
dant les programmes plus extensibles lavenir (tableau2.3.1). Paralllement, la rationalisation des dpenses plus rgres-
sives, telles que les subventions aux carburants, ainsi que le renforcement du recouvrement des recettes et de lefficience
de linvestissement public, peuvent crer de lespace budgtaire, rendant llargissement des dispositifs de protection
sociale conforme lassainissement budgtaire au sens large (FMI, 2017). Lexploitation des synergies entre les pro-
grammes et laccroissement de lextensibilit des programmes existants augmenteraient aussi lefficience de la prestation
Cet encadr a t prpar par Aline Coudouel, Emma Monsalve et Monique Newiak.
50
2. LIMPACT DE LASSAINISSEMENT DES FINANCES PUBLIQUES SUR LA CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Encadr2.3 (fin)
des services. Les programmes doivent remplir trois principaux critres: 1)la prparation pour ragir aux chocs en temps
opportun et de manire efficace, notamment grce des donnes facilement disponibles (par exemple, registre des m-
nages vulnrables, inventaire des rseaux de paiement potentiels); 2)la ractivit, avec un dclencheur de la phase de ri-
poste aux crises (par exemple, scheresse, prix des denres alimentaires); et 3)le redressement pour mettre fin lassis-
tance ou ladapter lorsque le choc sestompe.
Certains pays ont mis en place des dispositifs de protection sociale dont ltat peut provisoirement tendre la couver-
ture pour ragir un choc. Cest notamment le cas du Programme de filet de scurit productif en thiopie, qui a tem-
porairement pris en charge 3,1millions de personnes de plus durant trois mois en 2011, et du Programme de filet de
scurit contre la faim au Kenya, qui a procd au recensement pralable de 374.000mnages dans les comts du nord
du pays afin de faciliter les transferts en cas de choc. Beaucoup dautres pays de la rgion commencent investir dans ce
type de mcanisme qui favoriserait une riposte rapide et efficiente aux chocs.
Accrotre la valeur des prestations ou prolonger la dure dun programme en place, notamment par lajustement
Expansion verticale
des transferts ou linstauration de paiements ou de transferts exceptionnels.
Ajouter des bnficiaires un programme en cours, notamment par lexpansion de sa couverture gographique,
Expansion horizontale lorganisation de campagnes dinscription exceptionnelles, la modification des rgles dadmissibilit et
lassouplissement des exigences pour faciliter la participation.
Utiliser la structure administrative dun dispositif de protection sociale, mais grer sparment le programme de
Superposition
riposte aux chocs, notamment en appliquant une nouvelle politique.
Concevoir un dispositif parallle daide humanitaire qui saligne sur un programme de protection sociale existant
Alignement virtuel
ou ventuel.
En cas de contraintes budgtaires, adapter le dispositif de protection sociale afin de recentrer lassistance sur les
Recentrage
groupes les plus vulnrables au choc.
51
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Estimation des multiplicateurs budgtaires laide des erreurs de prvision et de la mthode des projections locales
Afin dtudier les effets de la politique budgtaire sur la production, notre dmarche empirique suit les travaux du FMI (2013)
et dAuerbach et Gorodnichenko (2013a; 2013b) pour recenser des changements inattendus (ou des chocs) dans la politique
budgtaire en utilisant des erreurs de prvision calcules comme la diffrence entre la ralisation effective des variables bud-
gtaires et les prvisions faites chaque anne dans ldition doctobre des Perspectives de lconomie mondiale. Cette stratgie de
recensement permet de surmonter les deux difficults souvent lies lestimation empirique de leffet de la politique budgtaire
sur la production, notamment lanticipation budgtaire et la raction qui peut se produire de la situation conomique la poli-
tique budgtaire (pour en savoir plus, voir Leeper, Walker et Yang, 2013; et Abiad, Furceri et Topalova, 2016).
Afin destimer les fonctions de rponse aux chocs de la production aprs les changements non anticips de la politique
budgtaire, nous utilisons la mthode des projections locales (MPL) propose par Jord (2005) et prconise par Stock et
Watson (2007), puis par Auerbach et Gorodnichenko (2013a, 2013b). La MPL a t largement employe dans ltude des
multiplicateurs budgtaires. Elle est considre comme une solution souple pouvant remplacer lestimation de lautorgres-
sion vectorielle. Elle permet destimer les non-linarits dans les fonctions de rponse aux chocs (par exemple, dans diff-
rentes situations conomiques). De surcrot, elle ne requiert pas dhypothses dordre ni des donnes trimestrielles ceci est
important dans le contexte des pays dAfrique subsaharienne o des donnes trimestrielles ne sont pas toujours disponibles.
Pour estimer leffet des chocs de politique budgtaire sur lactivit conomique, nous utilisons le modle suivant:
, ,
= + + , + , + , +
,
, , +
, (, , ), +
, , + , ,
, + ,
= + + , + ,
,
+ , (, , ), + , , + ,
, (2.1.1)
(1)
, , + , (, , ), + , ,
Notons que i et t dsignent respectivement les pays et les annes, et h est le nombre de priodes +venir
, (,
pour , )
lesquelles le , + , ,
multiplicateur est calcul. gauche, nous avons le taux de croissance cumul du PIB rel lhorizon h. Spcifiquement, pour
is: h = 0, lquation estime leffet contemporain des chocs budgtaires sur le PIB rel, tandis que leffet pour chaque horizon
h = 1, , 5 est estim dans des quations distinctes. Les estiment la raction cumule du PIB au fil du temps aprs un
choc sur linvestissement public, la consommation et les recettes, et les erreurs-types correspondantes sont utilises pour d-
, ,
finir les intervalles de confiance. = is: . (2)
, ,
La spcification comprend les effets fixes par pays et par anne, les chocs sur linvestissement public, la consommation pu-
blique et les recettes fiscales un momentt (SI, SC et SR), qui sont inclus dans le modle divis par le niveau du PIBdans, ,
= . (2)
t-1 pour permettre de calculer directement le multiplicateur.
(
, ) Parmi
les
autres
(
, ) variables
de contrle figurent les dcalages du , ,
taux de croissance du PIB rel; les valeurs dcales des variables budgtaires, qui sont prdtermines t; les observations
contemporaines et dcales de variables extrieures (dsignes par z) reprsentes par les variations des termes de lchange
des produits de base et la croissance du PIB rel des partenaires commerciaux; les dcalages dautres variables macroco- , ( ) , ( )
= + + + , (3)
nomiques (dsigns par x) telles que la croissance de la monnaie relle et linflation, comme approximation de la politique
montaire;
Please etyou
les ralisations
replace thefutures
seconddes chocs in
imprvus sur les of variables budgtaires et one?
les variables exognes (comme lin-
, and could
diquent Teulings et Zubanov, 2014).
formula the appendix Chapter 2 with this
= + + +
Thank you very much
Le multiplicateur budgtaire,
qui ,
reprsente la variation cumule du PIB rel sur h priodes aprs un choc unitaire sur la va-
() ,() = pour = 1 , .
riable budgtaire, est obtenu directement de lestimation. Par
, exemple,
and le multiplicateur de linvestissement est:
is:
(2.1.2)
= ,
, / . (2) ,()
,() =
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,
52 , ,
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FINANCES
, ,
+ SUR +
,CROISSANCE
is: 2. LIMPACT
, DE LASSAINISSEMENT = PUBLIQUES LA
EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
is: + + , + , + , +
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+, , , ,
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,
effets ,
lassainissement , , , ,
. (2) budgtaire sur lactivit conomique, nous utilisons la MPL +en sui-
,
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,,
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2014; ,,
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Koloskova et Poplawski-Ribeiro, Jord
, , , et Taylor,
, 2016;
, Devries
, 2011).
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Afin de dterminer ,
,leffet de lintervention
de politique conomique,, nous estimons la spcification suivante:
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+ ( )= + ((
+ )
)
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++
+ ,
, +
,
+
. (5
comme variable
,
=
, , +
, + ,
+
, + +
, + , +
,, ++
. (5)
+ +
, , +
, = + +
+
,
indicative de la demande extrieure; une mesure
= + + , par
pays
(
)
,
des
+ termes
de
lchange
, ( )
,
des
produits
=
de
,
base;
et
pour
, les = 1 , .
valeurs dcales de la croissance de + la monnaie ,
, relle et de linflation, comme variable indicative
, ,de+lorientation de la politique
, , + ,,+
+
,
, + +
etdes , +
+ +exognes.
,
, ,, , +
, + + , (4)
,+ ,
++
= montaire,
=
. En outre,
nous incluons
des ralisations futures delavariable , de politique , budgtaire
, ,
,,
variables , ,
, , + , ,
, where ,
+ , ,
, where
+ , , , + , , (4)
, where , , + , , + , , , +
,
Afin dtudier le rledes politiques ou des fondamentaux macroconomiques
dans lassainissement= + budgtaire,
nous com-
++ +
=
=
+
+ ,
, (4)
=
, where , where
= =pltons,
= , where
(2.1.3) , where
en, introduisant un terme dinteraction
entre la variable de politique budgtaire et + les autres ,variables de poli-
, , , , ,
() () +, , , + +, ,
, ,+ + , ,,+ ,
(4) , +
+ ,
, ,
tique conomique ( ) prsentant un ,
intrt:
+ , + + , (4) + =
+ +
+
+ +
+ .
= ,
,
, , , ,,
, , , , +
= = () , () = + = ()
+, + + + . (2.1.5) (5) ,
()
Leffet global de lassainissement budgtaire sur lactivit conomique = est +maintenant
+ exprim + leterme + + . (5) =
+ , = +
+ par+ ,=
,
+ + +
=
+
+
,
+
,
(4)
+ + + . +(5)
+
qui dpend des diffrents niveaux . + , , ,
= de la + variable
+dtat + + + . (5)
= , where
= Calcul
du solde
, where corrig
des variations cycliques + , + , + ,
+
,
+
, = Fedelino,
, where =
, where
Nous dfinissons le solde primaire
corrig
des
variations
= cycliques ,
ensuivant = la mthode
+ agrge
+ prsente
+ par + + . (5)
=
et Ivanova (2009) comme = , where
()
, o =
= ,
correspond
auxrecettes
= Horton , where where
, where corriges
des variations cycliques,
()
= et ,au where
total des dpenses primaires. Nous ajustons les recettes en fonction du cycle conomique = (), correspon-
= ,
()
= , =
, estim,
= et , = + ,
dant aux recettes publiques, () lcart de production
() () aux recettes , corriges des variations cycliques. Lcart de
()
= , production est estim laide dun filtre Hodrick-Prescott assorti dun paramtre de lissage de 6,25 et de donnes historiques
()
tendues et cinq annes de = des
projections , wheredelconomie
Perspectives
mondiale afin de limiter les biais de fin dchantillon.
= ,
()
53
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Note : ASPIRE = Banque mondiale, base de donnes de lAtlas dindicateurs de protection sociale de rsilience et quit; FAD = FMI, base
de donnes du Dpartement des finances publiques; GEE = FMI, base de donnes environnement conomique mondial; ICRG = base de
donnes International Country Risk Guide; IFS = FMI, base de donnes International Financial Statistics; PEM = FMI, base de donnes
des Perspectives de lconomie mondiale; PER AfSS = Perspectives conomiques rgionales : Afrique subsaharienne; PWT = Penn World
Table; WDI = Banque mondiale, base de donnes des Indicateurs du dveloppement dans le monde.
54
2. LIMPACT DE LASSAINISSEMENT DES FINANCES PUBLIQUES SUR LA CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Fedelino, A., M. Horton, and A. Ivanova. 2009. Computing Jord, . 2005. Estimation and Inference of Impulse
Cyclically Adjusted Balances and Automatic Stabilizers. Responses by Local Projections. American Economic
IMF Technical Notes and Manuals 09/05, International Review 95 (1): 16182.
Monetary Fund, Washington, DC.
55
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
, and A. M. Taylor. 2016. The Time for Austerity: Mundlak, Y. 1978. On the Pooling of Time Series and Cross
Estimating the Average Treatment Effect of Fiscal Policy. Section Data. Econometrica 46 (1): 6985.
Economic Journal 126 (590): 21955.
Oxford Policy Management. (OPM). 2015. "Shock-
Keefer, P., and S. Knack. 2007. Boondoggles, Rent-Seeking, Responsive Social Protection Systems. A Research Program
and Political Checks and Balances: Public Investment for DFIDWorking Paper 1: Conceptualizing Shock-
under Unaccountable Governments. Review of Economics Responsive Social Protection." Oxford, United Kingdom.
and Statistics 89 (3): 56672.
Stock, J., and M. Watson. 2007. Why Has U.S. Inflation
Kraay, A. 2010. How Large is the Government Spending Become Harder to Forecast? Journal of Money, Credit and
Multiplier? Evidence from World Bank Lending. Banking 39 (1): 1333.
Quarterly Journal of Economics 127: 829887.
Teulings, C., and N. Zubanov. 2014. Is Economic Recovery a
Leeper, E. M., T. B. Walker, and S.-C.S. Yang. 2013. Fiscal Myth? Robust Estimation of Impulse Responses. Journal
Foresight and Information Flows. Econometrica 81 (3): of Applied Econometrics 29: 497514.
111545.
Woo, J., E. Bova, T. Kinda, and Y. S. Zhang. 2013.
Mineshima, A., M. Poplawski-Ribeiro, and A. Weber. 2014. Distributional Consequences of Fiscal Consolidation and
Size of Fiscal Multipliers. In Post-crisis Fiscal Policy, the Role of Fiscal Policy: What Do the Data Say? IMF
edited by C. Cottarelli, P. Gerson, and A. Senhadji. Working Paper 13/195, International Monetary Fund,
Cambridge, MA: MIT Press. Washington, DC.
56
3. Diversification conomique en Afrique subsaharienne
LAfrique subsaharienne a ralis des progrs remar- et Rodrik, 2011; et McMillan, Rodrik et Verduzco-
quables au cours des deux dernires dcennies. Ses Gallo, 2014). Suivant cette logique, certains auteurs
taux de croissance ont t levs et ses indicateurs so- mettent en garde contre une dsindustrialisation pr-
ciaux se sont sensiblement redresss grce une am- mature de lAfrique subsaharienne, qui pourrait ra-
lioration de laction des pouvoirs publics, mais aussi lentir, voire brider, son dveloppement (par exemple
lvolution favorable des cours des matires premires Rodrik, 2015). Un autre courant de pense favorise
et des conditions de financement. Toutefois, la dif- un redploiement des ressources directement de lagri-
frence des pousses de croissance constates ailleurs, culture vers les services (par exemple Carmignani et
lacclration de la croissance enregistre dans la r- Mandeville, 2010), car la part du secteur manufactu-
gion na pas t propulse par lexpansion du secteur rier dans le PIB et lemploi semble stagner, voire re-
manufacturier. Par ailleurs, les pisodes de croissance culer, pas seulement en Afrique subsaharienne mais
en Afrique subsaharienne ont t plus brves que dans le monde entier. Dautres enfin (par exemple
dans dautres rgions (FMI, 2017c) et, dans certains Easterly et Reshef, 2010) prconisent que, loin de bas-
pays, les conflits ont ralenti ou annul les progrs en culer dun secteur lautre, lAfrique subsaharienne de-
matire de diversification conomique. vrait sattacher gravir lchelle de la qualit, car cest
l un important facteur qui sous-tend la croissance de
Sachant que les prix des matires premires devraient nombreux pays faible revenu (FMI, 2014).
rester durablement bas (chapitre1), les causes et
consquences de la transformation structurelle et de Lexprience des pays prsente un tableau plus ht-
la diversification des exportations ont fait lobjet dun rogne, les richesses de chacun dfinissant autant de
regain dintrt dans les pays exportateurs de ma- points de dpart pour des stratgies de dveloppement
tires premires. Dautres pays dAfrique subsaha- performantes. La transformation structurelle et la di-
rienne partagent cet intrt, notamment lgard de versification des exportations doivent exploiter lavan-
la transformation structurelle comme moyen de par- tage concurrentiel dun pays. Dans certains cas, la
venir une croissance durable et inclusive. Les r- transformation structurelle pourra entraner une di-
flexions ont notamment port sur la composition de versification des exportations. Dans dautres, la diver-
la production, avec ses implications pour la croissance sification des exportations peut propulser la transfor-
et les recettes intrieures, et sur la composition des mation structurelle. La taille du march peut tre une
exportations, laquelle agit sur la durabilit et la stabi- contrainte, mais les accords commerciaux peuvent lat-
lit des flux provenant de lextrieur et, partant, sur la tnuer. Enfin, lvolution technologique est susceptible
volatilit de la balance des paiements et de lconomie de redessiner litinraire type de la transformation
de faon plus gnrale. structurelle, les secteurs traditionnels jouant un rle
moindre ou diffrent dans certains pays.
Le dbat sur la transformation structurelle et la diver-
sification des exportations tablit gnralement un lien Ce chapitre vient alimenter le riche dbat sur la di-
direct entre diversification conomique et dvelop- versification conomique ( savoir la transformation
pement. Le basculement des ressources des activits structurelle et la diversification des exportations) dans
faible productivit vers les activits productivit les pays mergents et en dveloppement en se focali-
leve est un lment commun aux deux problma- sant sur lAfrique subsaharienne. Il dresse dabord un
tiques. Fonde sur les expriences de transforma- bilan du changement des structures de production et
tion dans dautres rgions du monde, la thse tradi- demploi, et de lvolution de la diversification et de la
tionnelle veut que les ressources transitent dabord qualit des exportations dans la rgion. Si la transfor-
de lagriculture vers lindustrie, puis vers les services mation et la diversification constituent deux facettes
(par exemple, Hansen et Prescott, 2002; McMillan diffrentes du dveloppement, elles sont intimement
lies et souvent considres sur la mme ligne dans le
Ce chapitre a t rdig par une quipe dirige par Alex dbat de politique conomique. Le chapitre dcrit en-
Schimmelpfennig et compose de Wenjie Chen, Cristina Cheptea, suite les implications macroconomiques en montrant
Marwa Ibrahim, Lisa Kolovich, Yun Liu, Monique Newiak, Friska quune plus grande diversification au regard des struc-
Parulian, Preya Sharma, Keerthi Yellapragada et Jiayi Zhang. tures de production et dexportation va de pair avec
57
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
une amlioration des chiffres de croissance. la lu- et la diversification des exportations. Les donnes
mire de ces rsultats, le chapitre aborde ensuite les po- portant sur plusieurs pays indiquent que la stabi-
litiques capables de favoriser le changement structurel lit macroconomique, laccs au crdit, de bonnes
et la diversification des exportations. infrastructures, un cadre rglementaire propice, une
main-duvre qualifie et lgalit de revenus sont
Les principales conclusions sont les suivantes: autant de facteurs lis une plus grande diversifica-
tion conomique. linverse, la dpendance au p-
LAfrique subsaharienne a connu une priode de trole va de pair avec une moindre diversification.
forte croissance, mais la transformation structu-
relle y a t plus lente que dans dautres rgions. Les expriences des pays illustrent limportance
Par rapport aux pays comparables lchelle mon- de ces recommandations gnrales et soulignent
diale, le secteur primaire y est plus important et le le fait que le dosage appropri de politiques co-
secteur manufacturier moins dvelopp, ce dernier nomiques dpend des particularits locales. Les
ayant mme enregistr un repli dans certains pays politiques performantes reposent sur les dota-
ces dernires annes. Malgr tout, il sest produit tions et atouts existants dun pays, ainsi que sur
un redploiement de la main-duvre depuis un un environnement propice au dveloppement du
secteur agricole faible productivit vers des em- secteur priv. Leur fonctionnement est optimal
plois haute productivit dans lindustrie manu- lorsquelles sattaquent aux problmatiques spci-
facturire et les services, ce qui a contribu une fiques auxquelles les entreprises sont confrontes.
progression globale de la productivit. Paralllement, la transformation structurelle et
la diversification des exportations ne sont pas les
Ces caractristiques se retrouvent galement dans seuls ingrdients dune croissance plus forte. La
lvolution du commerce. LAfrique subsaha- mise en valeur des atouts existants, dont les res-
rienne est la trane des autres rgions en termes sources naturelles, peut galement faire avancer le
de ratio exportations/PIB, de diversification des programme de dveloppement.
exportations, de qualit des exportations et de
complexit des exportations. PROFILS DE TRANSFORMATION
STRUCTURELLE ET DE
Ce tableau densemble masque cependant les pro- DIVERSIFICATION DES EXPORTATIONS
grs sensibles enregistrs dans plusieurs pays de la
rgion, riches ou pauvres en ressources naturelles. La transformation structurelle a t plus lente en
Certains dentre eux se sont diversifis un rythme Afrique subsaharienne que dans les autres rgions
comparable celui de leurs homologues dans le
reste du monde. En revanche, les exportateurs de Pour comprendre lvolution de la transformation
matires premires de la rgion ont affich une structurelle, il convient de sintresser aux diffrents
spcialisation grandissante dans lexportation de changements intervenus dans la structure de la pro-
matires premires, qui sexplique par la monte duction et de lemploi en Afrique subsaharienne.
des cours et les nouvelles mises en production.
Par rapport aux autres pays mergents et en dvelop-
Pourquoi sinquiter? Car il existe un lien positif pement, la part du secteur primaire dans le PIB rel
entre, dune part, la transformation structurelle de lAfrique subsaharienne est importante, tandis que
et la diversification des exportations et, dautre celle du secteur manufacturier est gnralement plus
part, la croissance aux stades initiaux de dvelop- faible et celle des services plus grande, en particulier
pement. De plus, la transformation structurelle et par rapport lAsie du Sud-Est (graphique3.1). La
la diversification des exportations sont lies entre part du secteur manufacturier en Afrique subsaha-
elles. Les flux commerciaux sont moindres pour rienne et en Amrique latine et dans les Carabes a
les pays exportateurs dont le secteur manufactu- dclin au cours de la dernire dcennie, alors quelle
rier est relativement restreint et les exportations est reste globalement stable en Asie du Sud-Est.
moins diversifies.
Au sein de lAfrique subsaharienne, les tendances va-
Au vu de cela, le chapitre conclut en dfinissant rient en fonction des groupes de pays. Chez les ex-
des politiques lies la transformation structurelle portateurs de ptrole, lexploitation minire et la
58
3. DIVERSIFICATION CONOMIQUE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 3.1. Afrique subsaharienne : parts sectorielles relles, 19952014 (en pourcentage)
Comparaison interrgionale Comparaison intrargionale
100 100
80 80
Pourcentage
Pourcentage
60 60
40 40
20 20
0 0
19952004
19952004
19952004
200514
200514
200514
19952004
19952004
19952004
200514
200514
200514
AfSS Asie du Sud-Est ALC Exportateurs de Autres pays riches en Pays pauvres en
ptrole ressources naturelles ressources naturelles
199
200
200
199
200
200
199
200
200
5
5
14
5
14
5
14
4
4
Autres services
t
fourniture de ressources nergtiques reprsentent lo- La productivit dans les secteurs de destination est g-
giquement une part importante du PIB, tandis que le nralement plus leve que dans lagriculture (gra-
secteur manufacturier est moins dvelopp que dans phique3.2; voir aussi Fox et al., 2013)2. Par cons-
le reste de la rgion. Le commerce de gros, la distri- quent, ces profils de transformation structurelle de
bution, lhtellerierestauration, ainsi que le secteur lagriculture faible productivit vers les services haute
des transports, du stockage et de la communication productivit ont eu un effet positif sur la croissance
ont connu une expansion au cours des deux dernires de la productivit globale en Afrique subsaharienne
dcennies. Dans les autres pays riches en ressources (McMillan, Rodrik et Verduzco-Gallo, 2014).
naturelles, les autres services dominent la produc-
tion, et le secteur manufacturier est comparable Tableau contrast pour la diversification
celui des pays pauvres en ressources naturelles. Dans des exportations et les indicateurs de qualit
ces derniers, le secteur de lagriculture, de la chasse, Si la composition de la production et de lemploi
de la sylviculture et de la pche et les autres services fournit un bon aperu de la structure globale de lco-
comptent pour la moiti du PIB rel. nomie subsaharienne, il est utile de sintresser aux in-
dicateurs lis aux structures dexportation de la rgion
Ces tendances de la production se retrouvent globale- pour apprhender les domaines o les pays disposent
ment dans les mouvements de main-duvre dans les dun avantage concurrentiel. De plus, les donnes sur le
pays dAfrique subsaharienne. Les travailleurs ont quitt commerce sont plus dtailles que celles sur la structure
lagriculture faible productivit pour rejoindre prin- de la production, ce qui permet une analyse plus fine.
cipalement les services et, dans une moindre mesure,
lindustrie manufacturire. Au Rwanda, par exemple, la Nous tudions la rpartition, la diversification et la
part du secteur agricole dans la main-duvre a chut qualit des exportations, en comparant lAfrique sub-
de quatre points de pourcentage et, paralllement, celle saharienne dautres rgions. La diversification des
des services en a gagn quatre1. Les mouvements de tra- exportations se rapporte lventail de biens quun
vailleurs vers lagroalimentaire, qui ont eu lieu, nappa- pays exporte et leur degr de concentration, tandis
raissent pas ce niveau dagrgation, car lagroalimen- que la qualit des exportations est reprsente par la
taire fait partie du secteur de lagriculture. marge sur cots (encadr3.1).
1
Les calculs de productivit du travail sont bass sur une combinaison des niveaux de production sectoriels et des tendances
correspondantes dans les niveaux demploi sectoriels partir des donnes denqutes ralises auprs des mnages (FMI, 2017b). Ces
mouvements ne tiennent peut-tre pas pleinement compte de lvolution du secteur informel. Pour une estimation du secteur informel
dans les pays dAfrique subsaharienne, voir FMI (2017a).
2
Dautres parties de lagroalimentaire sont incluses dans le secteur de lagriculture, o elles constituent des activits plus forte productivit.
59
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 3.2. Productivit du travail et variations des parts dans lemploi, par rapport 2000 (en pourcentage)
Agriculture : part dans lemploi en Industrie : part dans lemploi globalement Services : part dans lemploi
baisse, faible productivit stable, productivit leve en hausse, productivit leve
4,5 4,5 4,5
lemploi, pourcentage
2,5
lemploi, pourcentage
lemploi, pourcentage
ln CMR
= 1,5
KHM GHA TZA RWA
1,5 1,5
MOZ ZMBBGD TZA SEN
0,5 UGA 0,5 VNM RWA 0,5
BFA BGDVNM UGABFA
-0,5 ZMB -0,5 GHA UGAMOZ -0,5
SEN BGD GHA CMRBFA ZMB
MOZ
-1,5 i VNM TZA -1,5 Part SEN -1,5 CMR
RWA Part
-2,5 KHM -2,5 demploi -2,5 demploi
j Part
-3,5 -3,5 plus faible -3,5 plus faible
demploi Productivit Productivit Productivit
-4,5
t, and plus leve -4,5 plus leve -4,5
plus faible plus leve
-5,5 -5,5 -5,5
-2,0 0,0 2,0 -2,0 0,0 2,0 4,0 -2,0 0,0 2,0
Productivit
du travail dans le secteur par Productivit du travail dans le secteur par Productivit du travail dans le secteur par
rapport la moyenne, pourcentage rapport la moyenne, pourcentage rapport la moyenne, pourcentage
Source : FMI (2017b).
Note : Voir la page 80
la liste des abrviations des pays.
= Theilinter + Theilintra ,
Dans cette quation, i reprsente lindice des produits et N le nombre total de produits. Lindice de Theil inter
calcule la marge extensive de diversification, savoir le nombre de biens exports par un pays. Plus les valeurs sont
faibles, plus le nombre de produits dans lconomie est lev. La dimension intra de lindice de Theil calcule la
marge intensive, savoir le degr de concentration des exportations dun pays. Plus les valeurs sont leves, plus la
distribution est concentre.
Lindice de diversification de la production suit une mthode de calcul semblable celle de lindice des expor-
tations de Theil dcrit ci-dessus, en utilisant les sous-secteurs rels de la base de donnes sectorielle des Nations
Unies (FMI, 2014).
Lindice de qualit des produits exports reprsente la qualit des produits exports partir de leur surprix.
Mathmatiquement, lindice est mesur par la valeur unitaire des exportations corrige des diffrences au niveau
des cots de production et de la distance relative par rapport au partenaire commercial (Henn, Papageorgiou et
Spatafora, 2013). Plus le prix quun pays peut demander pour ses exportations est lev, en faisant la part de ces
facteurs, plus la qualit des exportations est leve selon cet indice. Lindice est normalis pour chaque anne afin
de reprsenter la qualit des exportations par rapport au reste du monde, ce qui aboutit chaque anne un classe-
ment relatif pour chaque pays.
Lindice de complexit conomique est un concept connexe qui reprsente la diversit et la complexit de la pro-
duction des exportations, par exemple du point de vue des technologies et du capital humain ncessaires. Lindice
est bas sur le nombre dautres pays qui produisent un bien. Mathmatiquement, la complexit des biens se me-
sure par leur ubiquit : un produit est dautant plus complexe que le nombre de pays qui lexportent est faible
(Simoes et Hidalgo, 2011).
60
3. DIVERSIFICATION CONOMIQUE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Globalement, lAfrique subsaharienne est derrire les PIB, refltant en cela le basculement de la main-
autres rgions dans tous les domaines lexception duvre vers un secteur des services produc-
dun seul (graphique3.3). Les exportations de biens tivit leve. Les voyages, les autres services aux
exprimes en pourcentage du PIB ont augment et fi- entreprises et le transport arien taient les trois
gurent en deuxime place, seulement devances par secteurs les plus importants en 20144. La diversi-
celles de lAsie de lEst et du Pacifique. Toutefois, les fication des exportations a progress de faon rgu-
exportations de services exprimes en pourcentage lire. Lindicateur de la qualit des exportations est
du PIB nont pas progress et figurent en dessous de rest stable, ce qui signale que le groupe a suivi le
celles des autres rgions. Les exportations de lAfrique rythme de lvolution mondiale en termes relatifs.
subsaharienne sont les moins diversifies et leur qua-
lit est la plus faible. Ces tendances sont principale- Si lon porte lanalyse au niveau des pays, il apparat
ment tires par les pays exportateurs de ptrole et, que quelques pays dAfrique subsaharienne ont af-
pour lindice de diversification des exportations en fich des rsultats suprieurs ceux de leurs homo-
particulier, pourraient sexpliquer par les importantes logues en termes de diversification des exportations
fluctuations des cours du ptrole. au cours des dcennies passes (graphique3.4). Par
exemple, Maurice, qui tait bien moins diversifie que
Les exportateurs de ptrole ont enregistr une aug- la moyenne des pays faible revenu et en dveloppe-
mentation sensible de leur ratio exportations de ment en 1962, est passe de la monoculture une co-
biens/PIB, grce la dcouverte de nouveaux gi- nomie centre sur lindustrie manufacturire, avant
sements de ptrole et des cours relativement de devenir un important centre financier de la rgion.
levs. Compte tenu du rle dominant et gran- Parmi les autres pays ayant fortement diversifi leurs
dissant du ptrole dans ces pays, les exportations exportations au cours des dernires dcennies figurent
de services exprimes en pourcentage du PIB, la des membres de la Communaut est-africaine tels que
diversification des exportations et la qualit des le Kenya, la Tanzanie et lOuganda, dont le travail de
exportations ont baiss. diversification a concid avec les initiatives mises en
uvre pour accrotre lintgration conomique et r-
Les autres pays riches en ressources naturelles ont gionale. De fait, lOuganda comptait parmi les pays
enregistr des hausses de leurs ratios exportations les moins diversifis de la rgion jusquaux annes80
de biens/PIB et exportations de services/PIB. Le priode durant laquelle il a travers des pisodes de
Ghana, par exemple, a doubl son ratio exporta- guerre civile, mais, en 2014, son niveau de diversi-
tions de services/PIB entre le dbut des annes90 fication tait quivalent celui dautres pays mergents
et 2014. La diversification et la qualit des ex- et en dveloppement comme le Brsil et le Mexique.
portations se sont amliores au cours des dix De mme, lAfrique du Sud, le Kenya, le Sngal, la
quinze dernires annes, phnomne qui a globa- Tanzanie et le Togo prsentent une diversification
lement concid avec le dbut du supercycle des quivalente celle de pays mergents comme le Chili,
matires premires3. Le groupe figure dsormais lIndonsie, la Malaisie et le Viet Nam.
en tte de peloton de lAfrique subsaharienne en
termes de qualit des exportations. La complexit des exportations progresse
mais reste en retrait de celle dautres rgions
Les pays pauvres en ressources naturelles ont enre- Il existe une approche complmentaire celle axe
gistr des augmentations de leur ratio exportations sur la diversification des exportations qui consiste
de biens/PIB jusqu lan2000 environ, puis ce sintresser lindice de complexit conomique
ratio est rest inchang. Les exportations de ser- (Hausmann et al., 2014). Cet indice additionne les
vices sont passes de 11% du PIB en 1990 prs biens exports par un pays en attribuant une plus
de 14% du PIB en 2014, soit plus du double forte pondration aux biens qui ncessitent de plus
du niveau atteint dans le reste de lAfrique sub- importantes capacits sous-jacentes pour leur pro-
saharienne. La Tanzanie, par exemple, a plus duction, comme par exemple des comptences, des
que doubl son ratio exportations de services/ connaissances et des infrastructures. Ainsi, les biens
3
Cela peut tenir la construction de lindice de qualit, qui corrige les valeurs unitaires sur la base des diffrences dans les cots de
production et la distance entre les partenaires commerciaux.
4
En Afrique subsaharienne, les voyages et le transport reprsentaient prs de 70% des exportations de services en 2014.
61
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique3.3. Mesuresdeladiversificationetdelaqualitdesexportations
ComparaisoninterrgionaleComparaisonintrargionale
Exportationsdebiens,19902014(pourcentage du PIB)
35 60
30 50
Exportations de biens
Exportations de biens
25 40
20 30
15 20
10 10
1990
2000
02
04
06
08
10
12
14
1990
2000
92
94
96
98
02
04
06
08
10
12
14
Asie de l'Est AfSS
Exportationsdeservices,19902013(pourcentage exportateurs de ptrole
du PIB)
25 15
20
Exportations de services
Exportations de services
10
15
5
10
5 0 1990
2000
91
92
93
94
95
96
97
98
99
01
02
03
04
05
06
07
08
09
10
11
12
13
1990
2000
91
92
93
94
95
96
97
98
99
01
02
03
04
05
06
07
08
09
10
11
12
13
AfSS exportateurs
Asie de l'Est Diversificationdesproduitsdexportation,19622015(indice de Theil) de ptrole
5,5 6
Diversification des exportations
5,0
Diversification des exportations
4,5
5
4,0
3,5
4
3,0
2,5 = Moindre diversification
= Moindre diversification
2,0 3
1962
65
68
71
74
77
80
83
86
89
92
95
98
01
04
07
10
13
1962
66
70
74
78
82
86
90
94
98
02
06
10
14
0,8 0,8
0,8 0,8
Indice de qualit
Indice de qualit
0,7 0,7
0,7 0,7
0,6 0,6
0,5 0,5
0,6 0,6
0,4 0,4
1963
66
69
72
75
78
81
84
87
90
93
96
99
02
05
08
11
14
1963
66
1963
66
69
72
75
78
81
84
87
90
93
96
99
02
05
08
11
14
1963
66
69
72
75
78
81
84
87
90
93
96
99
02
05
08
11
14
62
3. DIVERSIFICATION CONOMIQUE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique3.4. Diversificationdesbienslexportationparpays:19622014
(indice de Theil : plus les valeurs sont faibles, plus la diversication est leve)
7 7 7 7
6 6 6 6
5 5 5 5
4 4 4 4
3 3 3 3
2 2 2 2
1 1 1 1
0 0 0 0
NGA
CMR
GAB
TCD
COG
AGO
GNQ
IDN
MEX
THA
MYS
BGD
VNM
POL
CHL
COL
GIN
ZAF
TZA
GHA
BFA
NER
ZMB
NAM
CAF
MLI
SLE
BWA
CIV
TGO
LSO
MDG
MOZ
SEN
KEN
STP
BEN
GNB
CPV
UGA
BDI
COM
MUS
GMB
RWA
SYC
SWZ
MWI
Exportateurs de Pays riches en autres ressources Pays pauvres en ressources naturelles Repres
ptrole naturelles
1962 1980 2014
Source : calculs des services du FMI.
Note : Les barres rouges reprsentent la valeur de lindice de diversification en 1965 pour le Malawi, la Tanzanie et la Zambie; les points bleus
reprsentent la valeur de lindice de diversification en 2013 pour Cabo Verde, les Comores, la Guine quatoriale, So Tom-et-Prncipe et les
Seychelles. Voir la page 78 le tableau des groupes de pays et la page 80 les abrviations de pays.
Graphique3.5. Complexitconomique(indice : plus les valeurs sont leves, plus la complexit est leve)
ComplexitetPIBparhabitant,2015 Complexit,1995/2015
13 13 1,0 1,0
12 12
(PPA, dollars internationaux, logs)
0,5 0,5
11 11
0,0 0,0
PIB par habitant
10 10
2015
2015
-0,5 -0,5
9 9
-1,0 -1,0
8 8
7 7 -1,5 -1,5
6 6 -2,0 -2,0
-2,5 -2,5 -1,5 -1,5 -0,5 -0,5 0,5 0,5 1,5 1,5 2,5 2,5 -2,0 -2,0 -1,0 -1,0 0,0 0,0 1,0 1,0
IndiceIndice
de complexit
de complexit
conomique
conomique 1995 1995
AutresAutres Pays d'AfSS
Pays d'AfSS
richesriches
en ressources
en ressources
naturelles
naturelles
Pays d'AfSS
Pays d'AfSS
exportateurs
exportateurs
de ptrole
de ptrole Pays d'AfSS
Pays d'AfSS
pauvres
pauvres
en ressources
en ressources
naturelles
naturelles
Sources : Observatoire de la complexit conomique; Banque mondiale, Indicateurs du dveloppement dans le monde.
Note : PPA = parit de pouvoir dachat, AfSS = Afrique subsaharienne. Voir la page 78 le tableau des groupes de pays.
qui reoivent la plus forte pondration sont les ma- de lespace produits prsente tous les biens qui sont
chines et les quipements pour les industries spciali- exports dans le monde. Les produits les plus proches
ses, et le ptrole brut et le coton figurent parmi ceux du centre de la carte, tels que les machines et les qui-
qui reoivent la plus faible pondration. Dans len- pements, ont tendance tre plus complexes pro-
semble, la complexit en Afrique subsaharienne est duire et davantage susceptibles dtre associs des
en dessous de celle des autres rgions, mme si elle a capacits sous-jacentes permettant de produire une
augment, en particulier pour les pays pauvres en res- gamme de produits plus large. En revanche, les biens
sources naturelles (graphique3.5). prsentant une complexit moindre, tels que les ma-
tires premires, ont tendance ncessiter moins de
Les pays qui ont gravi les chelons en termes de com- capacits sous-jacentes et tre situs au pourtour de
plexit conomique ont eu tendance le faire en lespace produits.
produisant des biens plus perfectionns, mais qui
ncessitent un ensemble similaire de capacits sous- Les pays de lAsie du Sud-Est ont enregistr certaines
jacentes existantes. Pour fournir une approche sys- des plus fortes augmentations de la complexit au fil du
tmatique de lvaluation des types de produits qui temps. Par exemple, la croissance rapide en Thalande
sont davantage connects entre eux, la cartographie sest accompagne dune transition entre la production
63
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
de textiles et celle dquipements de transport et de pro- secteurs faible productivit vers ceux productivit
duits chimiques (graphique3.6, plages1 et 2). leve. La complexit conomique a galement t
corrle de meilleurs rsultats en termes de crois-
En Afrique subsaharienne, les pays pauvres en res- sance (Anand, Mishra et Spatafora, 2012), qui leur
sources naturelles qui enregistrent les plus forts ac- tour vont de pair avec un allongement des priodes
croissements de complexit depuis 1995 sont lOu- de rduction de la pauvret.
ganda (graphique3.6, plages3 et 4), le Sngal et le
Kenya (non reports). Ils le doivent en partie leur Cependant, pour les petits pays dont le march int-
transition depuis lexportation de denres alimen- rieur est restreint et les ressources naturelles limites,
taires de base vers celle daliments davantage trans- la qute de diversification nest peut-tre pas la meil-
forms. Le Malawi (non report) a galement connu leure stratgie adopter. En effet, des pays comme la
un accroissement notable de la complexit sur cette Rpublique de Cabo Verde, Maurice et les Seychelles
priode, durant laquelle il est pass de la production ont russi augmenter leur revenu par habitant avec
de textile celle de machines-outils. un niveau de diversification modr, en sappuyant
sur dautres facteurs, comme les institutions et les po-
Le pays prsentant le plus haut niveau de complexit litiques macroconomiques.
en Afrique subsaharienne est lAfrique du Sud (gra-
phique3.6, plages5 et 6). En 1995, lAfrique du Pour analyser la relation entre diversification cono-
Sud produisait dj une grande varit de biens im- mique et croissance, ce chapitre suit une dmarche
pliquant un large ventail de capacits sous-jacentes. qui vise traiter la possibilit dendognit et lin-
Cela lui a permis dtendre ses exportations un en- certitude des modles, en suivant de prs les travaux
semble plus large de produits plus complexes comme dEicher et Kuenzel (2016). Cette approche, repo-
les quipements de transport (pices dtaches de sant sur le calcul de moyennes de modles baysiens
voitures et de moteurs par exemple) et les produits variables instrumentales, part dun large ventail de
chimiques. linverse, le Libria exportait principa- variables potentiellement explicatives pouvant agir
lement des matires premires qui se concentrent au comme facteurs de croissance. Cette analyse utilise un
pourtour de lespace produits, et il na pas opr de panel non compens de 84pays mergents et en d-
grands changements (graphique3.6, plages7 et 8). veloppement, dont 17pays dAfrique subsaharienne5.
64
3. DIVERSIFICATION CONOMIQUE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 3.6. Complexit conomique dans diffrents pays : exportations de biens en 1995 et en 2015
65
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
5
pliquant les exportations de biens la part du secteur
manufacturier dans le pays exportateur ainsi que des
0
indices dintgration et de diversification commer-
ciales6. Le point de dpart est lanalyse effectue par le
-5 FMI (2015) en utilisant un chantillon mondial dbu-
Diversification moyenne des exportations, 19622014 tant en 1980 et mis jour jusquen 2014 (annexe3.1).
(une valeur leve dnote une moindre diversification)
En tenant compte dautres dterminants standard des
Pays d'AfSS exportateurs de ptrole
Pays dAfSS riches en autres ressources naturelles flux commerciaux, les rsultats permettent de tirer les
Pays dAfSS pauvres en ressources naturelles conclusions suivantes (tableau3.2):
Autres pays
Sources : FMI (2014); FMI, base de donnes des Perspectives de
lconomie mondiale.
Les exportations de biens sont plus faibles lorsque
Note : AfSS = Afrique subsaharienne. Voir la page 78 le tableau des la part du secteur manufacturier dans le PIB du
groupes de pays. pays considr est relativement faible. Le lien entre
secteur manufacturier et commerce extrieur est
Si lon se penche sur les deux dimensions de la di- plus faible dans les pays faible revenu, ce qui
versification des exportations, laugmentation de la tient sans doute la part prpondrante de lagri-
varit des exportations la marge extensive de culture dans les exportations et limportance
diversification est lie des gains de croissance grandissante des exportations de services.
suprieurs dans les pays dAfrique subsaharienne
ceux des autres pays de lchantillon. linverse, La diversification va de pair avec la valeur com-
leffet dune moindre concentration de la structure merciale. Cest ainsi que ladoption de nouvelles
des exportations la marge intensive de diversifi- lignes de produits (la marge extensive de diversi-
cation est le mme dans les pays dAfrique sub- fication) et un dosage plus quilibr de produits
saharienne et dans les autres pays faible revenu. existants (la marge intensive) sont fortement lis
Tableau 3.1. Explication de la croissance conomique au moyen de diffrentes mesures de la diversification
dans les pays en dveloppement
Indice de diversification des exportations Diversification de la
Theil total Theil inter Theil intra production
C
Probabilit Moyenne Probabilit Moyenne Probabilit Moyenne Probabilit Moyenne
o
d'inclusion cond. d'inclusion cond. d'inclusion cond. d'inclusion cond.
n
Diversification des exportations 0,102 0,001 0,328 0,012 0,146 0,003
Diversification de la production 0,190 0,032
Diversification et faible revenu 0,951 0,007 0,817 0,026 0,907 0,847 0,974 0,148
Div. et revenu intermdiaire tranche infriieure 0,094 0,000 0,179 0,009 0,115 0,063 0,101 0,026
Div. et revenu intermdiaire tranche suprieure 0,065 0,008 0,063 0,011 0,091 0,000 0,061 0,002
Div. et AfSS 0,208 0,003 0,906 0,033 0,258 0,383 0,096 0,006
Valeur p test de Sargent 1,00 1,00 1,00 1,00
Observations 583 583 583 531
6
Dans un modle gravitationnel, la variable dpendante est le flux bilatral dexportations entre un exportateur et un importateur. Les variables
explicatives comprennent des caractristiques de lexportateur et de limportateur ainsi que la distance entre les deux partenaires commerciaux.
66
3. DIVERSIFICATION CONOMIQUE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
67
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Les bienfaits pour la croissance exposs ci-dessus ex- Ces relations sont formellement mises lpreuve sur
pliquent pourquoi de nombreux pays insistent sur un panel de 92pays de tous les niveaux de revenu.
une plus grande transformation structurelle et sur Nous mettons en vidence les liens entre les indica-
une diversification de leurs exportations. Mais com- teurs de diversification conomique et les facteurs po-
ment y parvenir? Nous tudions cette question en tentiels voqus plus haut. Le choix des dterminants
combinant lanalyse empirique transnationale et potentiels se fait en partie en fonction de la disponi-
ltude de lexprience de diffrents pays. bilit des donnes. Les rsultats des rgressions sont
synthtiss dans le tableau3.3. Le graphique3.9 il-
Le fractionnement du processus de transformation lustre certaines des principales relations. Il convient
structurelle et de diversification des exportations de garder lesprit que la diversification conomique
constitue un point de dpart pour lanalyse empi- est un processus long terme complexe qui, in fine,
rique. La diversification conomique requiert la est faonn par le point de dpart idiosyncratique de
base un redploiement des ressources capital, en- chaque pays. Telle quelle, cette relation nest pas in-
treprises, travailleurs dune activit une autre. tgralement dtermine par quelques facteurs com-
Les gains de productivit peuvent contribuer librer muns tous les pays. Il ressort de nos rsultats que:
des ressources des activits existantes, la mme pro-
duction pouvant tre obtenue avec moins dintrants. La stabilit macroconomique compte. Dans le
Ils peuvent aussi pousser redployer les ressources diagramme de dispersion, la hausse de linfla-
vers de nouvelles activits offrant des rendements su- tion va de pair avec une moindre diversification
prieurs. Les informations sur les nouveaux dbou- des exportations, mais cette relation nest pas sta-
chs incitent passer dune activit une autre. tistiquement significative. Certaines donnes si-
gnalent que la dette extrieure freine la diversifi-
La plupart des moteurs de la diversification cono- cation conomique.
mique sont comparables ceux de la croissance cono-
mique. Cela na rien dtonnant sachant que ces pro- La conclusion majeure rside dans le fait quune
cessus sont parallles et quils se renforcent lun lautre. forte proportion de ptrole dans le total des ex-
Une fois les dbouchs identifis et les incitations ta- portations est associe une diversification
blies, cest la facilit de redploiement qui dtermine la moindre des exportations. Les richesses natu-
vitesse de la diversification conomique. Le capital et relles, lorsquelles sont dveloppes, constituent
la main-duvre doivent se dplacer et les entreprises effectivement un frein la diversification.
doivent voluer ou tre cres. De ce point de vue, le
climat dinvestissement global et la mobilit de la main- La disponibilit du crdit facilite la diversification,
duvre acclrent (ou ralentissent) la diversification ce qui souligne limportance du dveloppement et
conomique. Parmi les autres facteurs essentiels, citons de la stabilit du secteur financier pour le dvelop-
la stabilit macroconomique et politique, lenvironne- pement et la transformation conomiques.
ment rglementaire, linfrastructure, le capital humain
et la dpendance lgard des ressources naturelles. Les infrastructures, mesures ici par laccs
llectricit, sont lies une plus grande diversifi-
Ce raisonnement rejoint dautres tudes montrant cation conomique.
que les rformes conomiques qui amliorent la qua-
lit des institutions et rduisent les barrires linno- Lenvironnement rglementaire a galement son
vation, ladoption de nouvelles technologies et au importance, la facilit de la pratique des affaires
commerce conjointement la stabilit politique et tant positivement corrle la diversification
un bon dosage de politiques macroconomiques conomique.
sont lies une acclration de la croissance et de
la diversification (Acemoglu et Robinson, 2008; Aspect intressant, lingalit des revenus freine la
Christiansen, Schindler et Tressel, 2013; FMI, 2014; diversification7.
7
Dans le mme ordre dides, Kazandjian et al. (2016) constatent que lingalit entre les sexes est ngativement corrle avec la
diversification de la production et des exportations.
68
3. DIVERSIFICATION CONOMIQUE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
69
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
1 1
exportations
exportations
0 0
1 1
2 2
AfSS Hors AfSS
AfSS Hors AfSS
3 3
5 0 5 10 50 25 0 25 50
Rsiduel d'inflation, pourcentage Rsiduel d'exportations de produits ptroliers, pourcentage
exportations
2 2
1
0
exportations
exportations
1
2
AfSS
2
Hors AfSS AfSS Hors AfSS
3 4
1 1 0 1 1 2 0 0 0 0
Rsiduel de facilit de pratique des affaires, pourcentage Rsiduel de Gini, pourcentage
Source : calculs des services du FMI.
Note : Les lignes dobservation et de rgression sont tributaires de toutes les autres variables indpendantes. AfSS = Afrique subsaharienne.
70
3. DIVERSIFICATION CONOMIQUE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
ldifice via des recyclages et des placements dans de des risques. Le prix plancher est garanti par le fonds de
nouveaux secteurs mergents. Par ailleurs, une tradition lissage, lui aussi gr par lassociation de cotonculteurs,
dinstitutions conomiques et politiques solides a gale- qui verse des subventions lorsque les cours mondiaux
ment contribu guider le processus de transition co- sont en dessous du plancher et se reconstitue lorsque les
nomique. Maurice est ainsi devenu un pays revenu prix sont au-dessus. Ce mcanisme reprsente une cou-
intermdiaire suprieur comptitif lchelle mondiale. verture fondamentale pour les producteurs, qui seraient
incapables de se protger de la sorte individuellement.
Burkina Faso
Le fonds intrants et le fonds de lissage sont conus pour
Le Burkina Faso est parvenu amliorer sa productivit fonctionner de manire durable sur le plan financier,
dans la filire coton, poussant la croissance annuelle du mais le soutien de ltat et des bailleurs de fonds dona-
secteur 22% entre 1994 et 2006, contre 12% sur la teurs a t ncessaire lors de leur cration et, ponctuelle-
priode 19801993. Cette progression a contribu au ment, pour maintenir des volants de fonds propres.
doublement du PIB par habitant entre 1995 et 2006.
Rwanda
Le secteur du coton emploie pratiquement 20% de
la main-duvre active. Par ailleurs, sachant que pra- Le Rwanda a consacr des investissements publics de
tiquement lintgralit du coton produit est destine grande ampleur des programmes destins stimuler
aux marchs trangers, les amliorations de la filire ont la croissance, amliorer la productivit agricole, fa-
constitu une importante source de croissance des ex- ciliter laccs aux services financiers et encourager les
portations. Malgr lexpansion rapide de lexploitation activits conomiques plus forte valeur ajoute. Les
aurifre avec le dveloppement des oprations commer- investissements dans les infrastructures se sont focaliss
ciales au cours de la dernire dcennie, le coton repr- sur les routes, llectricit, laccs Internet et lduca-
sentait toujours 12% des exportations totales en 2016. tion, ainsi que sur certaines zones industrielles destines
promouvoir la production dexportations. Le pays
La russite du secteur cotonnier au Burkina Faso sex- sest galement engag dans une stratgie cible dinves-
plique par un modle de rforme qui a dlibrment tissements publics pour faire de Kigali un ple rgional
cherch surmonter les contraintes relatives la fi- et international de runions, confrences et expositions.
nance, aux infrastructures et aux conomies dchelle.
Les petits producteurs de coton, les grandes socits La stratgie a port ses fruits avec un redploiement re-
dachat (et dexportation) de coton et le gouverne- marquable de lemploi et de la production des activits
ment ont fait front commun. Le modle de rforme agricoles de base vers des activits plus forte valeur
tait bas sur une action combinant la cration dins- ajoute, notamment les services. Au cours des 15 der-
titutions, la privatisation partielle et ltablissement de nires annes, cest le Rwanda qui a enregistr le mou-
mcanismes de soutien financier complmentaires. Le vement de main-duvre le plus rapide dAfrique sub-
processus de rforme au Burkina Faso sest dmarqu saharienne entre les deux secteurs. La priorit donne
par le parti pris de ne pas privatiser rapidement et une croissance forte et inclusive, conjointement au
compltement. Au lieu de cela, les rformes ont permis maintien de la stabilit conomique, a permis dob-
de concilier la promotion de la concurrence, la correc- tenir des rsultats tangibles au cours de la dernire d-
tion des dfaillances du march et ltablissement de cennie: les taux de croissance annuels ont atteint 7,5%
structures propices la coopration. en moyenne, ce qui a quasiment doubl le revenu par
habitant, et les exportations de biens et de services ont
Un fonds de prfinancement a t cr pour surmonter augment de 15% par an. Dans le mme temps, des
les contraintes daccs au crdit des petits cotonculteurs. politiques concertes ont permis de rduire linga-
Le fonds garantit aux producteurs laccs aux semences, lit entre les sexes au plus bas niveau de lAfrique sub-
aux engrais et aux autres intrants des prix abordables saharienne, de faire tomber le taux de pauvret de 60
en dbut de campagne. Le fonds intrants permet ga- moins de 40%, et dabaisser lingalit de revenus.
lement une amlioration du potentiel de ngociation Grce des rformes structurelles et juridiques de
grce des achats dintrants en plus grandes quantits. grande ampleur, le Rwanda occupe la deuxime place
En effet, lassociation de producteurs achte les in- du continent africain dans le classement Doing Business
trants en gros pour tout le secteur, plutt que de laisser de la Banque mondiale et est le quatrime pays en
les agriculteurs ngocier bilatralement. Ces derniers se termes de progrs raliss selon lindice de comptiti-
voient garantir un prix plancher pour leur production, vit du Forum conomique mondial. Il obtient mme
ce qui constitue une importante source de compression les meilleurs scores pour lamlioration de la qualit de
71
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
ses institutions et de lefficacit de son march du travail priode, le volume total des exportations a augment
ainsi que pour la diversification de son conomie. de 10% en moyenne par an. Cette volution des mar-
chs dexportation donne penser que miser sur lin-
Les rcents investissements publics ont t affects un tgration commerciale rgionale lorsque la croissance
grand centre de confrences Kigali et lexpansion rgionale est forte peut accompagner la diversification.
du rseau arien national pour proposer davantage de Ladoption dune union douanire en 2005, la rso-
vols intra-africains et de vols long courrier vers lInde, la lution du conflit au Soudan en 2005, puis lindpen-
Chine et lEurope. Lobjectif de cet investissement pu- dance du Soudan du Sud en 2011 ont contribu au
blic, qui a augment les ratios dendettement au cours dveloppement du commerce rgional.
des cinq dernires annes, est de prenniser la dyna-
Botswana
mique de croissance du Rwanda en stimulant une crois-
sance qui soit davantage propulse par le secteur priv. Le Botswana a exploit sa ressource naturelle, le dia-
mant, pour promouvoir sa diversification. Fort de sa
Ouganda
position dominante sur le march, de sa tradition de
Les exportations de lOuganda taient traditionnelle- bonne gouvernance et de gestion conomique pru-
ment dpendantes des matires premires agricoles, dente, le pays sest progressivement dvelopp le long
comme le caf. Ces dernires annes, le pays sest aussi de la chane de valeur du diamant avec le ngoce, le tri,
tourn vers la production daliments, de boissons et la taille, le polissage et la vente au dtail. Cette stratgie
des produits du tabac. Par ailleurs, lOuganda a aug- a eu des retombes positives pour des secteurs connexes
ment sa production de matriaux de construction ma- comme lindustrie manufacturire, le commerce, lh-
nufacturs lgers tels que lacier et le ciment ainsi que tellerie, la restauration et la finance, ce qui a engendr
leur exportation vers les pays voisins8. Ltat a soutenu un certain niveau de diversification horizontale. Les
cette diversification en tablissant et en maintenant la tentatives de promotion de secteurs tels que le textile et
stabilit macroconomique, en dveloppant les services les pices automobiles se sont heurtes aux contraintes
de vulgarisation, la recherche et le dveloppement, les de capacit et labsence davantage concurrentiel rel
intrants et le regroupement, et linfrastructure marke- ou potentiel de ces secteurs. Il en ressort que les po-
ting. Cette stratgie est lie au dveloppement de ples litiques destines promouvoir la diversification ont
industriels le long des chanes de valeur et de lindus- plus de chances de russir dans des secteurs qui pos-
trie manufacturire lgre. sdent un certain avantage concurrentiel, y compris
fond sur une dotation en ressources naturelles.
Une batterie de politiques a t mise en place pour fa-
Togo
ciliter la diversification. La politique industrielle na-
tionale (2008) assure la promotion de lindustrie ma- Le Togo a longtemps bnfici dune structure dex-
nufacturire en mettant laccent sur lapplication des portation diversifie. Aprs lindpendance, le pays
sciences, de la technologie et de linnovation. La poli- est devenu moins tributaire de lexploitation du phos-
tique commerciale nationale de lOuganda (2008) vise phate, car il sest tourn vers la production valeur
crer un environnement commercial favorable. La ajoute de clinker, ainsi que vers lexportation agricole
politique du cuir et des produits drivs (2015), qui et diverses industries manufacturires lgres. Fort de
assure la promotion de la production et le ngoce de sa situation gographique, le Togo a toujours dispos
produits en cuir valeur ajoute, a stimul la diversifi- dun puissant secteur des transports, mettant profit sa
cation des exportations. Lamlioration progressive du position stratgique sur le corridor littoral EstOuest,
rseau lectrique a contribu alimenter les excdents et desservant ses voisins enclavs au nord.
de production, qui sont exports vers les pays voisins.
Afin de poursuivre sa transformation structurelle, le
La diversification conomique est alle de pair avec une Togo a adopt des politiques industrielles visant no-
volution de la destination des exportations. Jusque-l tamment crer une zone franche pour lexportation,
concentres sur lEurope occidentale, elles ont t da- simplifier la dlivrance de licences commerciales et
vantage orientes vers les pays voisins. En 1995, plus les procdures douanires, octroyer des exonra-
des trois quarts des exportations allaient vers lEu- tions fiscales et autoriser les contrats de gr gr avec
rope. Aujourdhui, la moiti des exportations de lOu- des investisseurs trangers dans lexploitation minire.
ganda sont destines ses voisins. Au cours de cette Ltat a galement men un ambitieux programme
Voir galement Selassie (2008) pour une analyse de la transformation structurelle de lOuganda.
8
72
3. DIVERSIFICATION CONOMIQUE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
dinvestissements infrastructurels dans le rseau routier, transformation structurelle et la diversification des ex-
laroport et le port en eaux profondes. Stimul par la portations ne se font pas du jour au lendemain. Elles
remarquable modernisation des infrastructures, le sec- sappuient sur les richesses des pays et mettent en va-
teur des services de transport a progress et gnr des leur leurs capacits sous-jacentes, les faisant progresser
retombes qui ont renforc les exportations. dans le rseau de la complexit conomique. Aussi les
politiques visant stimuler la diversification cono-
Toutefois, les rsultats des initiatives de promotion de la mique doivent-elles reposer sur une vision long terme
transformation et de la diversification ont t contrasts. et tre mises en uvre de faon progressive et durable.
Les dpenses dinvestissement, combines aux exonra-
tions fiscales destines encourager les investissements
trangers, ont gonfl la dette publique. Dans le secteur CONCLUSIONS
de lexploitation minire, la production de clinker, jadis Si lAfrique subsaharienne se place derrire les autres
gre par une entreprise dtat, a t confie des inves- rgions selon la plupart des indices de transformation
tisseurs trangers, qui ont dvelopp la production. En structurelle et de diversification des exportations, cette
revanche, la participation trangre dans le reste du sec- image globale cache de belles russites locales. La diver-
teur minier na toujours pas gnr de rsultats notables. sification conomique a t lente dans les pays exporta-
teurs de ptrole une poque o ils ont bnfici de la
dcouverte de nouveaux gisements et du niveau lev
Rflexions pour la conception de politiques des cours du ptrole. Les pays exploitant dautres res-
Ces expriences nationales montrent quel point la sta- sources naturelles et ceux qui en sont dpourvus ont
bilit politique et macroconomique, un environnement fait mieux, certains ayant mme enregistr des avances
favorable et, dans certains cas, des politiques sattaquant spectaculaires. Cependant, par rapport ce qui est ob-
des contraintes et problmatiques spcifiques peuvent serv dans dautres rgions, de nombreux pays dAfrique
contribuer la diversification conomique. La qualit subsaharienne dpendent plus du secteur primaire et le
des infrastructures constitue un ingrdient capital pour secteur manufacturier occupe une place plus modeste.
ce processus, car il permet au secteur priv dexploiter de Paralllement, les services jouent un rle grandissant.
nouveaux dbouchs et dtendre ses activits. En outre,
il est fondamental de disposer dune main-duvre suf- Ces conclusions ont des consquences macrocono-
fisamment qualifie pour mener bien ces processus de miques. Les progrs en matire de diversification co-
transformation et de diversification. nomique peuvent stimuler la croissance et renforcer la
rsilience. Cela est particulirement vrai pour les pays
En mme temps, lexprience de nombreux pays faible revenu. La trajectoire de dveloppement dpend
montre que certaines interventions se soldent souvent de chaque pays, en fonction de ses particularits et de
par un chec, en entranant un cot budgtaire lev sa situation de dpart.
sans gnrer de croissance ni crer demplois. Citons par
exemple des centrales lectriques non raccordes au r- Enfin, les politiques destines diversifier lconomie
seau, les problmes de qualit dans les BTP qui mnent dpendent du contexte national. La stabilit cono-
des retards ou des dpassements de cots, ou bien mique et politique et lexistence dinfrastructures pro-
encore le lancement dactivits pour lesquelles un pays pices offrent au secteur priv les bases qui lui per-
na ni les richesses ni lavantage concurrentiel nces- mettent dvoluer avec certitude et de tirer profit de
saires. Les trves fiscales et les exonrations dimpts sur nouvelles opportunits. Laccs au crdit ouvre la voie
le revenu sont des initiatives peu efficaces pour attirer les linvestissement, y compris dans des filires et des ac-
investisseurs, car elles ne sont pas correctement cibles, tivits nouvelles. Une main-duvre qualifie et en
et se rvlent onreuses en termes de pertes de recettes bonne sant offre des garanties de mobilit. Les poli-
(FMI et al., 2015). En revanche, un systme fiscal facile tiques spcifiques mises en uvre doivent sappuyer sur
respecter est essentiel un climat propice lentreprise la situation de dpart de chaque pays, sur ses richesses et
et revt sans doute une plus grande importance pour la sur ses particularits. Dans certains cas, il peut tre utile
diversification (par exemple Dabla-Norris et al., 2017). de corriger les dfaillances du march. Lintgration
commerciale peut ouvrir de nouveaux marchs et d-
Les ingrdients communs aux interventions russies bouchs. Lendurance et la cohrence sont essentielles
sont conformes une saine gestion des investissements la russite. La transformation structurelle est un pro-
publics: slection des projets partir dune analyse, cessus de longue haleine qui passe ncessairement par
dune planification et dune mise en uvre avises. La des politiques inscrites dans le long terme.
73
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
74
3. DIVERSIFICATION CONOMIQUE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Tableau A3.1. Rgression IVBMA pour la croissance par rapport la diversification (pays en dveloppement, 19652009)
Les donnes couvrent 92pays entre 1990 et 2014, et pour chaque pays, nous construisons des moyennes quinquennales de
chaque variable indpendante (pour une description dtaille des donnes, voir Schimmelpfennig et al., paratre). Le ta-
bleau3.2 prsente les rsultats des rgressions. Les spcifications1, 4 et 7 contiennent seulement les variables indpendantes
macroconomiques et les spcifications2, 5 et 8 les principales variables indpendantes dintrt. Les spcifications3, 6 et
9 contiennent des variables indpendantes additionnelles sur les environnements rglementaires et politiques: rgression
IVBMA pour la croissance sur la diversification, indice de complexit conomique et qualit des exportations (pays en dve-
loppement, 19652009).
75
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
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76
Appendice statistique
Sauf indication contraire, les donnes et projections uti- Les pays en situation de fragilit avaient une note
lises dans ce rapport reposent sur les estimations des PIN moyenne gale ou infrieure 3,2 sur la
services du FMI au 29 septembre 2017 et correspondent priode201416 ou ont fait lobjet dune mis-
celles qui ont servi pour ldition doctobre2017 des sion de maintien ou de rtablissement de la paix
Perspectives de lconomie mondiale (PEM). dans les trois dernires annes.
La base de donnes et les projections couvrent la page 78, les pays dAfrique subsaharienne
45pays dAfrique subsaharienne qui relvent du sont groups en fonction des grands organes de
Dpartement Afrique. Les donnes obissent, dans coopration rgionale auxquels ils appartiennent:
la mesure du possible, aux mthodes statistiques in- zone franc, qui comprend lUEMOA et la
ternationalement reconnues; toutefois, le manque de CEMAC, le COMESA, la CAE5, la CEDEAO,
donnes limite dans certains cas la porte des compa- la SADC et la SACU. Les donnes agrges re-
raisons internationales. latives la CAE-5 comprennent des donnes af-
frentes au Rwanda et au Burundi, qui sont de-
Groupes de pays venus membres en2007.
La classification des pays a chang par rapport aux
ditions prcdentes des Perspectives conomiques Mthodes dagrgation
rgionales. Pour les tableaux AS1AS3, AS6, AS7, AS13, AS15,
AS16, AS22 et AS23, les chiffres composites des
Les pays sont rpartis en quatre groupes (qui peuvent
groupes de pays correspondent la moyenne arith-
se chevaucher) : pays exportateurs de ptrole, pays
mtique des donnes de chaque pays, pondre par
revenu intermdiaire, pays faible revenu et pays en
le PIB calcul parit de pouvoir dachat (PPA) et
situation de fragilit (voir page 79 la nouvelle classifi-
exprim en pourcentage du PIB du groupe de pays
cation des pays).
considr. Les pondrations affrentes la PPA sont
La composition de ces groupes de pays sappuie sur tires de la base de donnes des PEM.
les donnes les plus rcentes relatives au revenu na-
Pour les tableaux AS8AS12, AS17AS21 et
tional brut par habitant (moyenne sur trois ans) et
AS24AS26, les chiffres composites des groupes
la note PIN (moyenne sur trois ans; valuation
de pays correspondent la moyenne arithmtique
des politiques et des institutions nationales : Banque
des donnes de chaque pays, pondre par le PIB
mondiale).
converti en dollars aux taux de change du march et
Les pays exportateurs de ptrole sont les pays o exprim en pourcentage du PIB du groupe considr.
les exportations nettes de ptrole reprsentent
Pour les tableaux AS4, AS5 et AS14, les chiffres
au moins 30 % des exportations totales. Hormis
composites des groupes de pays correspondent la
lAngola, le Nigria et le Soudan du Sud, ils ap-
moyenne gomtrique des donnes de chaque pays,
partiennent la CEMAC.
pondre par le PIB calcul parit de pouvoir
Les pays revenu intermdiaire avaient un re- dachat (PPA) et exprim en pourcentage du PIB du
venu national brut par habitant qui dpassait groupe de pays considr. Les pondrations affrentes
1.005,00dollars sur la priode201416, selon la PPA sont tires de la base de donnes des PEM.
les calculs de la Banque mondiale fonds sur la
Pour les tableaux AS27 et AS28, les chiffres com-
mthode Atlas.
posites des groupes de pays correspondent la
Les pays faible revenu avaient un revenu na- moyenne arithmtique non pondre des donnes
tional brut par habitant gal ou infrieur de chaque pays.
1.005,00 dollars sur la priode201416 (Banque
mondiale, mthode Atlas).
77
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
78
APPENDICE STATISTIQUE
Pays faible
Exportateurs de Importateurs de Pays revenu Pays faible revenu hors pays Pays en situation
ptrole ptrole intermdiaire revenu en situation de fragilit de fragilit
Afrique du Sud X X
Angola X X
Bnin X X X
Botswana X X
Burkina Faso X X X
Burundi X X X
Cabo Verde X X
Cameroun X X
Comores X X X
Congo, Rp. du X X X
Congo, Rp. dm. du X X X
Cte d'Ivoire X X X
rythre X X X
thiopie X X X
Gabon X X
Gambie X X X
Ghana X X
Guine X X X
Guine Bissau X X X
Guine quatoriale X X
Kenya X X
Lesotho X X
Libria X X X
Madagascar X X X
Malawi X X X
Mali X X X
Maurice X X
Mozambique X X X
Namibie X X
Niger X X X
Nigria X X
Ouganda X X X
Rpublique centrafricaine X X X
Rwanda X X X
So Tom-et-Prncipe X X X
Sngal X X
Seychelles X X
Sierra Leone X X X
Soudan du Sud X X X
Swaziland X X
Tanzanie X X X
Tchad X X X
Togo X X X
Zambie X X
Zimbabwe X X X
79
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Tableaux AS4AS5
Tableaux AS28
Source : FMI, bases de donnes des Perspectives de lconomie mondiale,
Source : FMI, International Financial Statistics.
29 septembre 2017.
1
Le ratio prts/dpts comprend les dpts et les prts des banques
1
En dollars constants de 2009. Le dollar du Zimbabwe a cess de circuler
commerciales au secteur public.
au dbut de 2009. Les donnes sont bases sur les estimations par les
services du FMI de lvolution des prix et des taux de change en dollars. Les Note: ... indique que les donnes ne sont pas disponibles.
estimations des services du FMI peuvent diffrer de celles des autorits.
Note: ... indique que les donnes ne sont pas disponibles.
Tableau AS20
Source : FMI, bases de donnes des Perspectives de lconomie mondiale,
29 septembre 2017.
1
Dons compris.
2
Donnes de lexercice budgtaire.
3
En dollars constants de 2009. Le dollar du Zimbabwe a cess de circuler
au dbut de 2009. Les donnes sont bases sur les estimations par les
services du FMI de lvolution des prix et des taux de change en dollars. Les
estimations des services du FMI peuvent diffrer de celles des autorits.
Note: ... indique que les donnes ne sont pas disponibles.
80
APPENDICE STATISTIQUE
81
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de ptrole 8,6 6,7 9,2 4,7 3,9 5,7 5,9 2,5 1,5 0,8 1,8
Hors Nigria 11,0 2,3 3,5 4,2 2,7 6,4 4,6 2,3 1,3 0,5 1,6
Pays importateurs de ptrole 5,3 2,0 5,4 5,4 4,7 5,1 4,5 4,0 3,4 3,9 4,4
Hors Afrique du Sud 5,6 4,4 7,0 6,7 6,3 6,6 6,1 5,5 5,1 5,5 6,0
Pays revenu intermdiaire 6,6 3,6 6,9 4,5 4,3 4,8 4,6 2,7 0,4 1,8 2,6
Hors Afrique du Sud et Nigria 7,3 2,8 5,1 5,3 6,1 5,9 4,9 3,9 2,9 3,6 4,5
Pays faible revenu 6,3 5,1 7,4 7,1 4,7 7,3 6,7 5,7 4,4 5,3 5,7
Hors pays en situation de fragilit 8,1 6,7 7,8 8,1 6,3 7,4 7,5 7,4 6,1 6,6 6,9
Pays en situation de fragilit 3,5 3,2 6,0 3,6 3,7 7,3 6,1 4,0 2,4 3,7 4,3
Zone franc 4,9 2,6 4,0 2,8 6,1 4,5 5,7 4,2 3,3 3,8 4,6
CEMAC 6,3 2,3 3,6 4,4 5,9 2,7 4,7 1,9 0,6 0,3 2,1
UEMOA 3,6 2,9 4,4 1,3 6,3 6,1 6,6 6,2 6,3 6,4 6,4
COMESA (pays membres d'AfSS) 6,2 5,7 8,1 7,4 6,1 6,3 6,4 6,1 4,7 5,2 5,5
CAE-5 6,2 5,2 7,4 6,9 4,5 6,1 5,9 6,1 5,4 5,4 5,9
CEDEAO 6,8 7,0 9,7 5,0 5,1 5,8 6,1 3,2 0,4 2,4 3,4
Union douanire d'Afrique australe 4,8 1,6 3,4 3,4 2,4 3,0 2,0 1,3 0,5 0,9 1,3
SADC 6,2 0,5 4,3 4,4 3,8 4,4 3,5 2,7 1,5 2,2 2,5
Voir sources et notes page 80.
82
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de ptrole 11,5 9,2 10,8 6,2 5,9 8,2 6,6 2,9 0,3 0,5 1,2
Hors Nigria 5,1 7,0 6,2 8,6 6,1 8,0 4,9 1,2 0,4 0,6 1,3
Pays importateurs de ptrole 5,3 1,9 5,4 5,0 4,7 5,0 4,5 4,0 3,5 3,8 4,2
Hors Afrique du Sud 5,6 4,3 7,0 6,2 6,3 6,5 6,2 5,5 5,1 5,4 5,7
Pays revenu intermdiaire 8,1 4,8 7,7 5,1 5,0 6,3 5,2 3,0 1,1 1,6 2,1
Hors Afrique du Sud et Nigria 8,4 4,8 6,2 6,5 6,4 7,1 5,6 3,5 3,3 3,4 4,0
Pays faible revenu 6,2 5,2 7,5 7,1 6,0 6,6 6,1 5,5 4,5 5,4 5,6
Hors pays en situation de fragilit 8,1 6,7 7,8 8,1 6,0 7,3 7,5 7,5 6,1 6,6 6,9
Pays en situation de fragilit 3,4 2,8 6,2 3,8 7,3 6,3 5,2 3,7 2,7 3,7 3,8
Zone franc 6,5 4,2 4,7 4,2 6,8 5,5 5,8 3,8 3,6 3,9 4,5
CEMAC 9,7 6,0 4,8 7,6 7,2 5,2 4,5 1,1 0,4 0,5 1,8
UEMOA 3,6 2,6 4,6 1,0 6,4 5,9 6,9 6,1 6,1 6,5 6,5
COMESA (pays membres d'AfSS) 6,1 5,7 8,1 7,4 6,1 6,4 6,4 6,1 4,7 5,2 5,5
CAE-5 6,2 5,2 7,4 6,9 4,5 6,1 5,9 6,1 5,4 5,4 5,9
CEDEAO 9,0 8,1 10,6 4,9 6,2 7,8 6,8 3,8 1,4 2,0 2,6
Union douanire d'Afrique australe 4,8 1,6 3,4 3,4 2,4 3,0 2,0 1,3 0,5 0,9 1,3
SADC 6,3 1,2 4,9 5,1 3,8 4,9 4,0 2,5 1,6 2,1 2,5
Voir sources et notes page 80.
83
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de ptrole 5,7 3,8 6,2 1,9 1,0 2,8 3,0 0,2 4,2 2,0 0,9
Hors Nigria 7,9 0,6 0,6 1,3 0,2 3,3 1,8 0,5 4,0 2,2 1,1
Pays importateurs de ptrole 3,2 0,1 3,3 3,3 2,5 2,9 2,4 1,8 1,3 1,7 2,2
Hors Afrique du Sud 3,0 1,8 4,5 4,2 3,6 4,1 3,6 3,0 2,6 3,1 3,6
Pays revenu intermdiaire 4,3 1,2 4,5 2,2 1,9 2,3 2,2 0,3 1,9 0,6 0,2
Hors Afrique du Sud et Nigria 4,6 0,2 2,5 2,6 3,3 3,2 2,3 1,3 0,4 1,1 2,0
Pays faible revenu 3,5 2,5 4,7 4,5 2,0 4,7 4,1 3,1 1,9 2,8 3,2
Hors pays en situation de fragilit 5,1 4,0 5,2 5,6 3,8 5,0 5,2 5,1 3,9 4,3 4,6
Pays en situation de fragilit 0,9 0,6 3,3 1,0 0,8 4,4 3,2 1,1 0,4 0,8 1,4
Zone franc 2,0 0,3 1,1 0,0 3,2 1,6 3,0 1,6 0,7 1,1 2,0
CEMAC 3,4 0,6 0,8 1,6 3,1 0,1 2,2 0,4 2,9 2,0 0,2
UEMOA 0,6 0,0 1,5 1,6 3,3 3,2 3,6 3,3 3,5 3,5 3,5
COMESA (pays membres d'AfSS) 3,5 3,2 5,7 4,9 3,3 3,8 3,9 3,6 2,3 2,7 3,0
CAE-5 3,3 2,3 4,7 4,1 1,6 3,5 3,2 3,5 2,8 2,8 3,3
CEDEAO 3,9 4,1 6,8 2,2 2,3 2,9 3,3 0,4 2,3 0,3 0,7
Union douanire d'Afrique australe 3,5 2,9 2,0 2,0 1,0 1,5 0,5 0,2 1,0 0,6 0,2
SADC 4,4 1,3 2,4 2,5 1,8 2,4 1,5 0,7 0,5 0,2 0,5
84
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de ptrole 10,9 11,5 12,0 10,0 11,2 7,5 7,1 8,9 17,8 17,1 13,9
Hors Nigria 9,1 8,8 7,4 7,6 8,4 4,9 4,6 8,5 23,7 19,4 11,5
Pays importateurs de ptrole 7,7 8,6 5,4 9,0 7,9 5,9 5,7 5,6 6,9 7,1 6,7
Hors Afrique du Sud 9,3 9,7 6,2 11,6 9,3 6,0 5,5 6,1 7,2 7,9 7,3
Pays revenu intermdiaire 8,6 9,5 8,5 8,3 8,4 6,9 6,9 7,1 11,6 11,1 9,6
Hors Afrique du Sud et Nigria 8,8 8,3 6,1 8,3 6,4 6,0 6,1 6,7 11,2 9,8 7,3
Pays faible revenu 9,8 10,8 6,9 13,4 12,2 5,4 4,5 6,6 10,3 10,9 9,1
Hors pays en situation de fragilit 9,4 8,9 5,8 16,6 14,4 6,0 4,6 5,9 6,0 6,6 6,1
Pays en situation de fragilit 8,3 10,4 6,7 7,4 7,4 4,2 3,4 6,2 13,4 13,5 11,0
Zone franc 3,1 2,7 1,1 3,2 3,3 1,7 1,2 1,8 0,6 1,1 1,6
CEMAC 2,7 4,6 1,5 2,7 3,8 2,2 2,7 2,7 1,3 1,0 1,3
UEMOA 3,4 0,9 0,8 3,6 2,8 1,3 0,1 1,0 0,1 1,2 1,9
COMESA (pays membres d'AfSS) 11,5 13,0 7,3 15,4 11,3 6,1 5,8 6,7 8,4 10,0 9,7
CAE-5 7,8 11,6 5,1 13,2 12,3 6,3 5,5 5,7 5,7 6,7 5,5
CEDEAO 10,3 10,3 11,1 9,6 10,3 7,6 7,3 8,2 12,8 12,9 11,6
Union douanire d'Afrique australe 5,7 7,2 4,4 5,1 5,8 5,8 6,0 4,5 6,2 5,4 5,3
SADC 7,9 9,8 6,9 7,6 7,1 6,3 6,0 5,5 10,4 10,3 9,0
Voir sources et notes page 80.
85
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de ptrole 9,8 12,1 10,8 9,5 10,5 6,9 7,2 10,2 21,2 15,6 13,5
Hors Nigria 8,5 7,4 8,1 7,4 6,7 4,0 5,0 11,8 28,4 14,7 9,5
Pays importateurs de ptrole 8,4 7,1 5,5 10,4 6,5 5,5 5,3 6,7 6,9 7,0 6,5
Hors Afrique du Sud 10,0 7,7 6,8 13,3 7,0 5,6 5,2 7,5 6,9 7,9 7,0
Pays revenu intermdiaire 8,5 9,1 7,9 8,5 8,1 6,6 6,6 8,0 13,0 10,2 9,5
Hors Afrique du Sud et Nigria 8,8 6,3 7,2 8,5 5,6 6,0 5,9 8,4 11,9 7,9 6,7
Pays faible revenu 10,7 9,3 7,1 15,9 8,5 4,4 4,4 8,6 11,0 11,0 8,4
Hors pays en situation de fragilit 10,1 7,5 7,1 20,6 9,1 5,0 3,9 7,5 5,7 6,7 5,6
Pays en situation de fragilit 9,3 8,2 6,4 7,0 6,9 2,8 4,0 8,0 15,1 13,8 10,1
Zone franc 3,7 0,1 2,8 3,5 2,9 1,2 1,3 1,5 0,2 1,4 1,7
CEMAC 3,4 1,9 2,1 4,1 3,2 2,6 2,4 1,7 0,5 1,1 1,4
UEMOA 4,0 1,6 3,3 3,0 2,7 0,0 0,3 1,3 0,1 1,7 1,9
COMESA (pays membres d'AfSS) 12,5 10,7 7,5 17,6 7,4 6,3 5,3 8,5 7,9 10,4 9,2
CAE-5 8,4 9,9 4,4 19,6 6,6 6,1 4,5 7,5 5,9 5,6 5,4
CEDEAO 9,6 10,7 10,2 9,1 10,2 7,1 7,4 8,7 14,7 12,7 11,8
Union douanire d'Afrique australe 6,5 6,3 3,6 6,3 5,8 5,3 5,2 5,1 6,6 5,2 5,3
SADC 8,4 9,0 6,1 8,2 6,9 5,6 5,3 7,2 11,5 9,5 8,5
Voir sources et notes page 80.
86
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de ptrole 17,1 20,2 18,3 16,8 16,8 16,5 17,8 16,4 13,7 13,5 13,8
Hors Nigria 18,4 22,1 21,0 18,1 21,7 20,8 22,9 18,6 16,6 14,9 15,1
Pays importateurs de ptrole 21,0 21,4 21,8 21,8 22,8 23,1 23,8 23,3 22,5 22,7 23,3
Hors Afrique du Sud 21,5 21,8 23,3 23,2 24,6 24,3 25,5 24,8 24,2 24,6 25,4
Pays revenu intermdiaire 18,9 20,4 19,4 18,4 18,7 18,8 19,5 18,8 17,0 16,9 17,1
Hors Afrique du Sud et Nigria 20,1 21,3 21,8 19,9 22,3 21,5 23,0 21,1 20,2 19,7 19,9
Pays faible revenu 21,7 22,6 23,9 24,1 25,7 25,6 27,1 25,8 24,8 25,4 26,8
Hors pays en situation de fragilit 23,7 24,2 26,0 30,0 31,4 31,9 33,0 31,6 30,3 30,7 32,0
Pays en situation de fragilit 16,6 17,8 18,8 14,3 17,0 17,3 19,2 18,4 18,3 17,7 18,4
Zone franc 19,6 22,3 23,5 21,0 24,2 24,6 25,6 24,1 22,9 22,6 22,7
CEMAC 21,9 27,7 26,6 25,1 28,3 27,0 29,8 27,2 23,9 21,9 22,0
UEMOA 17,4 17,2 20,7 17,1 20,3 22,4 21,9 21,5 22,1 23,1 23,2
COMESA (pays membres d'AfSS) 22,5 23,0 23,0 24,2 24,9 24,4 26,1 25,8 25,6 25,9 26,7
CAE-5 23,3 23,1 24,2 27,1 25,4 25,4 25,8 22,9 22,9 23,5 24,0
CEDEAO 17,0 19,0 18,4 16,3 16,1 15,9 16,9 16,5 14,6 15,1 15,5
Union douanire d'Afrique australe 20,6 21,4 20,2 20,5 20,9 21,8 21,5 21,6 19,8 19,6 19,6
SADC 20,6 21,2 20,5 20,9 21,3 22,3 22,4 21,5 19,7 19,8 20,4
Voir sources et notes page 80.
87
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de ptrole 29,6 21,4 21,8 20,7 21,0 19,9 17,2 11,2 11,4 13,5 13,5
Hors Nigria 26,9 14,5 24,3 25,5 27,1 23,2 20,4 8,1 6,4 9,5 11,1
Pays importateurs de ptrole 16,7 16,6 18,0 16,9 15,9 15,5 17,1 17,3 17,5 17,3 17,5
Hors Afrique du Sud 17,2 15,6 18,0 16,6 16,6 15,5 18,0 17,8 18,1 17,8 18,3
Pays revenu intermdiaire 23,2 19,9 20,2 18,9 18,7 18,0 16,9 14,0 14,2 15,2 15,1
Hors Afrique du Sud et Nigria 22,6 16,8 21,3 20,3 22,0 19,4 19,3 14,1 13,8 14,6 15,4
Pays faible revenu 15,8 13,6 17,4 17,3 15,9 15,1 17,9 17,0 17,3 17,4 18,3
Hors pays en situation de fragilit 18,5 15,6 19,7 21,9 21,7 19,5 22,4 22,2 22,6 21,9 21,9
Pays en situation de fragilit 11,4 10,9 14,9 11,9 10,7 11,5 13,5 9,5 8,0 11,3 14,0
Zone franc 18,8 17,8 19,8 20,1 22,0 20,8 21,8 15,7 12,7 16,2 17,8
CEMAC 25,9 22,2 24,5 25,5 29,8 26,3 27,5 15,9 7,8 15,3 18,5
UEMOA 12,2 13,8 15,5 15,1 14,5 15,8 16,7 15,6 16,6 16,8 17,3
COMESA (pays membres d'AfSS) 17,9 16,0 18,8 19,0 18,6 17,7 19,1 19,2 20,3 19,7 20,8
CAE-5 19,1 16,9 17,2 16,3 16,4 14,1 16,0 16,7 18,3 17,2 16,7
CEDEAO 25,4 21,2 19,4 16,4 16,5 16,3 15,0 12,2 12,9 14,3 14,1
Union douanire d'Afrique australe 17,4 18,5 18,4 18,3 16,1 16,6 17,0 17,7 17,2 16,9 16,6
SADC 18,8 16,4 19,6 19,1 17,7 16,9 17,2 15,9 15,8 15,7 15,6
Voir sources et notes page 80.
88
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de ptrole 5,5 5,0 2,3 2,2 0,7 2,2 3,1 4,3 5,1 5,1 4,4
Hors Nigria 7,2 4,2 2,3 5,7 1,7 2,0 5,7 6,5 6,0 5,3 4,1
Pays importateurs de ptrole 0,6 4,3 4,4 3,7 3,8 4,0 4,2 4,5 4,5 4,5 4,2
Hors Afrique du Sud 1,2 3,5 4,0 3,5 3,3 3,8 4,2 4,4 4,8 4,5 4,1
Pays revenu intermdiaire 2,2 4,9 3,6 1,0 1,7 3,3 3,7 4,5 5,1 5,1 4,5
Hors Afrique du Sud et Nigria 2,8 4,1 1,5 0,6 1,1 3,8 5,5 5,9 6,3 5,7 4,7
Pays faible revenu 1,3 3,0 2,9 1,8 2,5 2,5 3,5 3,9 3,6 3,3 3,3
Hors pays en situation de fragilit 1,6 2,9 3,3 2,5 2,6 3,0 4,0 3,6 3,3 3,6 3,8
Pays en situation de fragilit 0,4 2,2 0,6 0,0 1,7 2,1 3,4 5,8 4,4 3,2 2,5
Zone franc 4,8 2,0 0,7 0,3 1,3 3,6 3,6 6,0 5,3 4,0 2,9
CEMAC 9,6 0,8 1,1 2,5 0,1 4,1 3,8 8,4 6,3 3,0 1,5
UEMOA 0,1 3,2 2,5 3,6 2,9 3,1 3,4 4,1 4,5 4,7 3,8
COMESA (pays membres d'AfSS) 1,7 2,3 2,8 2,6 2,2 3,1 3,9 4,2 4,7 4,8 4,2
CAE-5 1,9 3,7 4,5 3,4 4,2 4,5 5,2 5,6 5,8 5,7 5,5
CEDEAO 2,9 5,1 4,5 0,9 1,1 3,2 2,8 3,7 5,0 4,8 4,3
Union douanire d'Afrique australe 0,2 5,3 5,0 3,9 4,0 3,8 3,8 4,7 4,1 4,3 4,2
SADC 0,2 5,1 3,3 1,8 2,1 2,9 4,2 4,1 4,0 4,7 4,3
Voir sources et notes page 80.
89
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de ptrole 5,1 5,1 2,3 2,1 0,5 2,4 3,3 4,5 5,2 5,2 4,5
Hors Nigria 5,8 4,6 2,1 5,3 1,2 2,6 6,2 7,1 6,2 5,6 4,3
Pays importateurs de ptrole 2,4 5,9 5,8 4,9 4,9 5,1 5,3 5,5 5,4 5,4 5,1
Hors Afrique du Sud 5,0 6,5 6,6 5,8 5,4 5,7 6,1 6,1 6,1 5,9 5,5
Pays revenu intermdiaire 1,7 5,2 3,9 1,2 1,9 3,5 3,9 4,7 5,3 5,3 4,7
Hors Afrique du Sud et Nigria 1,0 5,1 2,3 0,0 1,7 4,3 6,0 6,5 6,8 6,3 5,2
Pays faible revenu 6,4 7,1 6,7 5,2 5,5 5,4 6,3 6,2 5,3 5,2 5,2
Hors pays en situation de fragilit 7,4 7,5 7,3 6,5 5,7 5,9 6,2 5,3 4,7 5,1 5,4
Pays en situation de fragilit 2,8 4,8 3,2 2,2 4,0 4,6 6,4 8,5 6,4 5,4 4,7
Zone franc 1,4 3,8 2,0 1,7 2,6 5,3 5,2 7,7 6,8 5,9 4,7
CEMAC 7,0 1,6 0,6 2,1 0,5 4,6 4,4 9,1 7,1 4,1 2,4
UEMOA 4,6 6,0 4,7 5,9 5,0 6,0 6,1 6,5 6,7 7,2 6,3
COMESA (pays membres d'AfSS) 5,3 5,2 5,5 4,6 4,1 4,7 5,6 5,6 5,9 6,0 5,5
CAE-5 5,6 6,6 7,5 6,2 6,4 6,5 6,8 6,9 6,7 6,8 6,6
CEDEAO 1,8 5,8 5,0 1,4 1,6 3,7 3,3 4,3 5,5 5,5 4,9
Union douanire d'Afrique australe 0,2 5,4 5,1 4,0 4,1 3,8 3,9 4,7 4,1 4,3 4,3
SADC 0,7 5,9 4,0 2,3 2,7 3,4 4,7 4,5 4,4 5,1 4,8
Voir sources et notes page 80.
90
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de ptrole 25,4 16,4 18,9 24,2 21,3 17,9 16,3 12,2 9,1 9,4 9,5
Hors Nigria 34,4 29,4 33,9 36,6 36,0 32,8 29,9 23,8 18,4 17,9 17,4
Pays importateurs de ptrole 22,1 20,8 21,6 22,1 22,1 21,8 21,9 21,9 21,4 21,8 21,9
Hors Afrique du Sud 16,5 15,9 16,7 17,2 17,8 17,8 18,1 17,9 17,4 17,6 17,7
Pays revenu intermdiaire 25,5 20,4 21,7 24,6 23,1 21,0 20,1 18,1 16,8 17,5 17,3
Hors Afrique du Sud et Nigria 27,7 24,9 26,7 29,4 29,5 27,6 26,3 23,0 19,7 19,5 19,4
Pays faible revenu 12,3 12,6 14,3 15,4 15,2 15,5 15,7 15,4 15,1 15,2 15,3
Hors pays en situation de fragilit 12,7 12,7 13,5 14,1 14,6 15,4 15,3 15,4 15,6 15,7 15,8
Pays en situation de fragilit 15,6 15,1 17,8 18,5 18,7 18,3 18,1 16,6 15,8 16,1 16,2
Zone franc 21,2 20,0 20,3 20,8 22,2 21,8 20,7 19,2 17,7 18,4 18,7
CEMAC 25,4 23,4 23,4 25,3 26,3 25,6 24,0 20,3 17,2 18,1 18,3
UEMOA 16,8 16,7 17,0 15,6 17,6 17,8 17,5 18,3 18,1 18,7 18,9
COMESA (pays membres d'AfSS) 15,0 14,3 15,8 16,2 16,5 16,4 16,7 16,8 16,1 15,9 16,1
CAE-5 14,5 14,3 14,7 15,2 15,2 15,5 15,8 16,1 16,4 16,7 17,0
CEDEAO 19,5 11,6 13,3 17,3 15,0 12,5 12,0 10,0 8,7 9,1 9,4
Union douanire d'Afrique australe 28,0 27,1 26,8 27,3 27,6 28,0 28,5 28,7 29,1 29,4 29,6
SADC 27,1 25,3 26,8 28,3 28,3 27,5 26,9 25,4 23,7 23,6 23,6
Voir sources et notes page 80.
91
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de ptrole 20,3 21,5 21,2 22,1 20,7 20,3 19,6 16,6 14,3 14,6 13,9
Hors Nigria 28,6 33,9 31,8 31,3 34,8 35,5 36,1 31,0 24,6 23,5 21,8
Pays importateurs de ptrole 24,5 26,7 27,4 26,9 27,0 26,9 27,2 27,4 26,8 27,2 27,0
Hors Afrique du Sud 21,4 22,4 23,3 23,0 23,2 23,5 24,2 24,0 23,5 23,5 23,3
Pays revenu intermdiaire 23,8 25,7 25,6 25,8 25,0 24,6 24,0 22,8 22,1 22,8 22,1
Hors Afrique du Sud et Nigria 26,7 30,0 29,0 29,3 31,2 31,8 32,3 29,5 26,5 25,8 24,7
Pays faible revenu 18,6 19,8 21,0 20,6 20,7 20,8 22,0 21,6 20,4 20,5 20,6
Hors pays en situation de fragilit 20,1 20,2 20,8 20,6 20,3 21,3 21,5 20,8 20,3 20,8 21,2
Pays en situation de fragilit 18,3 19,9 21,0 20,7 22,6 22,9 24,5 25,1 22,3 21,5 20,9
Zone franc 19,9 23,8 22,3 22,4 24,8 27,1 26,0 26,9 24,6 24,3 23,4
CEMAC 18,4 25,0 22,9 23,2 26,9 30,2 28,4 29,4 24,3 22,1 20,7
UEMOA 21,4 22,7 21,7 21,6 22,6 23,8 23,5 24,9 24,8 25,9 25,2
COMESA (pays membres d'AfSS) 20,3 19,5 21,3 20,8 20,6 21,2 22,3 22,4 22,0 21,9 21,6
CAE-5 20,2 20,9 22,3 21,4 21,6 22,0 22,6 23,0 23,2 23,5 23,5
CEDEAO 17,7 17,4 18,3 18,8 16,6 16,1 15,3 14,3 14,2 14,6 14,3
Union douanire d'Afrique australe 27,9 32,5 31,8 31,3 31,7 31,9 32,3 33,4 33,2 33,7 33,8
SADC 27,7 31,2 30,8 30,6 31,0 30,9 31,6 29,9 28,1 28,7 28,3
Voir sources et notes page 80.
92
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de ptrole 21,2 13,1 16,1 16,1 16,2 17,1 19,4 25,4 31,7 34,5 35,1
Hors Nigria 33,8 22,2 31,0 23,8 23,7 27,5 35,5 56,9 65,2 60,6 61,3
Pays importateurs de ptrole 40,9 35,2 36,1 37,6 38,1 40,9 44,1 48,9 51,1 51,8 52,8
Hors Afrique du Sud 52,6 39,7 37,6 37,0 35,7 38,6 42,2 48,6 50,7 51,1 51,3
Pays revenu intermdiaire 28,4 23,0 26,4 27,8 27,8 28,9 30,8 36,2 41,8 44,2 44,9
Hors Afrique du Sud et Nigria 39,9 30,6 35,9 33,5 32,3 35,6 41,7 55,1 59,4 57,8 58,0
Pays faible revenu 58,6 40,2 35,3 31,2 31,1 34,4 38,1 45,8 47,8 48,1 48,4
Hors pays en situation de fragilit 43,6 29,3 31,0 31,8 30,9 34,9 39,0 48,6 50,3 50,4 50,8
Pays en situation de fragilit 80,1 58,1 43,5 36,1 33,5 35,5 39,2 45,8 48,2 48,6 48,5
Zone franc 45,2 33,1 29,1 29,4 26,9 29,6 35,1 44,6 49,8 51,2 51,0
CEMAC 38,9 21,7 17,0 17,2 18,4 22,3 29,6 43,9 52,2 54,3 54,2
UEMOA 51,9 44,4 42,1 43,4 36,4 37,2 40,6 45,2 48,1 49,0 49,0
COMESA (pays membres d'AfSS) 59,4 41,4 36,9 35,6 35,5 37,8 41,0 48,1 49,9 51,7 52,2
CAE-5 42,1 29,8 33,2 32,8 33,9 35,4 39,1 42,7 44,5 46,9 47,6
CEDEAO 27,4 18,6 18,4 20,1 19,1 19,8 20,3 22,3 28,4 31,7 32,1
Union douanire d'Afrique australe 29,4 29,1 33,4 37,0 39,4 42,1 44,6 47,3 49,3 50,7 53,1
SADC 34,0 31,0 34,9 35,3 36,2 38,7 42,1 49,5 52,8 51,8 53,6
Voir sources et notes page 80.
93
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de ptrole 16,5 25,8 22,3 20,9 22,9 21,7 23,6 25,0 25,4 24,4 24,3
Hors Nigria 17,8 29,4 26,5 26,0 27,2 28,1 30,7 35,7 32,9 30,4 30,7
Pays importateurs de ptrole 46,5 48,7 48,5 47,9 46,4 45,5 45,7 47,0 45,9 45,6 45,8
Hors Afrique du Sud 27,0 28,6 30,3 30,5 29,8 30,2 31,2 32,3 31,7 32,0 32,8
Pays revenu intermdiaire 38,0 43,4 40,7 39,7 39,7 38,3 39,1 40,5 40,4 39,9 40,1
Hors Afrique du Sud et Nigria 26,7 33,3 32,9 33,7 32,8 33,5 35,1 37,6 35,7 35,0 35,9
Pays faible revenu 22,6 23,2 25,2 24,6 25,0 25,4 26,7 28,3 28,1 28,1 28,7
Hors pays en situation de fragilit 24,2 23,5 25,7 25,7 25,1 25,9 27,5 28,5 28,0 28,3 28,9
Pays en situation de fragilit 18,4 21,1 22,7 22,7 23,9 23,5 24,4 26,9 26,6 26,0 26,6
Zone franc 18,5 21,7 23,1 24,1 24,5 25,8 27,0 29,2 29,2 30,0 31,0
CEMAC 14,7 17,9 18,7 19,5 21,0 22,3 23,1 25,8 25,2 26,0 26,6
UEMOA 22,1 25,3 27,2 28,6 27,8 29,0 30,5 32,2 32,3 33,0 34,3
COMESA (pays membres d'AfSS) 29,9 28,5 30,7 30,8 30,4 31,1 31,8 32,6 32,1 32,4 33,8
CAE-5 26,3 26,7 29,7 29,3 28,9 29,2 30,1 30,2 28,4 28,5 30,3
CEDEAO 17,8 24,9 22,8 21,6 23,3 21,9 23,6 24,1 25,5 25,4 25,5
Union douanire d'Afrique australe 69,7 75,4 73,2 71,8 70,0 68,0 67,4 69,9 69,1 69,1 69,1
SADC 53,3 58,5 56,3 55,6 53,9 52,5 52,7 55,1 53,5 52,6 52,4
Voir sources et notes page 80.
94
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de ptrole 36,7 16,4 8,8 9,3 24,5 3,4 17,9 6,8 14,1 13,4 14,8
Hors Nigria 36,3 14,8 14,2 25,6 13,1 9,8 11,6 9,2 8,0 10,3 12,8
Pays importateurs de ptrole 18,7 13,5 16,9 14,9 11,2 11,1 13,4 14,5 9,4 11,8 13,8
Hors Afrique du Sud 18,7 22,4 24,1 19,5 15,1 14,4 17,0 16,8 11,2 14,7 17,5
Pays revenu intermdiaire 27,0 12,2 10,2 10,4 16,2 6,1 14,6 9,2 10,5 11,7 13,1
Hors Afrique du Sud et Nigria 25,3 17,0 17,5 21,1 11,4 12,8 13,9 12,4 7,3 12,6 15,7
Pays faible revenu 19,4 24,8 26,7 20,7 18,4 13,7 17,7 17,8 14,0 14,9 17,4
Hors pays en situation de fragilit 18,7 18,4 25,6 21,2 20,3 15,4 20,0 18,6 11,4 14,3 15,5
Pays en situation de fragilit 19,3 30,6 27,4 20,5 11,6 10,2 14,1 14,4 13,6 13,8 18,9
Zone franc 14,4 13,2 19,2 14,6 12,0 8,9 10,0 6,9 1,8 8,6 10,4
CEMAC 18,7 9,2 22,5 16,2 18,3 7,5 6,6 1,3 5,3 5,6 5,4
UEMOA 10,7 17,1 16,1 13,2 6,3 10,1 13,2 14,5 7,9 10,9 14,2
COMESA (pays membres d'AfSS) 19,1 24,7 26,4 22,0 18,9 16,4 17,1 17,5 11,9 16,6 21,4
CAE-5 18,6 16,7 26,9 16,9 13,8 12,2 16,0 15,3 6,5 13,1 18,2
CEDEAO 31,2 17,9 11,1 7,6 24,2 4,1 20,1 8,7 15,4 14,5 15,2
Union douanire d'Afrique australe 18,8 3,2 6,9 7,8 5,1 6,2 6,8 10,0 6,7 6,4 6,7
SADC 23,6 11,9 11,4 14,5 7,9 9,3 10,2 12,6 8,3 10,6 12,3
Voir sources et notes page 80.
95
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de ptrole 44,0 24,8 0,6 9,3 10,4 11,8 16,2 7,0 18,6
Hors Nigria 37,4 32,3 19,7 30,6 20,9 18,3 11,4 13,7 6,7
Pays importateurs de ptrole 22,4 11,0 14,4 16,6 15,5 12,4 15,0 15,8 8,2
Hors Afrique du Sud 26,1 16,9 22,4 24,3 19,6 16,0 19,8 20,1 10,0
Pays revenu intermdiaire 31,1 14,9 3,8 10,4 11,0 11,6 14,4 9,7 11,5
Hors Afrique du Sud et Nigria 29,9 18,9 17,2 25,6 18,0 18,9 16,2 17,5 3,9
Pays faible revenu 27,4 22,5 27,4 25,9 22,1 13,9 19,4 19,7 15,3
Hors pays en situation de fragilit 30,4 13,9 24,7 23,8 23,5 12,2 18,0 22,2 13,1
Pays en situation de fragilit 21,6 31,1 28,5 24,5 20,3 17,7 21,8 17,8 17,3
Zone franc 15,0 10,3 15,9 23,0 12,5 16,9 16,1 11,6 7,5
CEMAC 18,3 11,5 20,4 31,9 11,6 17,7 17,2 6,5 1,6
UEMOA 12,5 9,1 11,8 15,0 13,5 16,2 15,1 16,1 12,5
COMESA (pays membres d'AfSS) 28,5 20,2 26,7 26,1 21,2 13,9 18,3 20,0 9,7
CAE-5 26,7 12,9 24,2 29,3 14,4 14,7 19,1 19,8 6,5
CEDEAO 39,0 19,4 0,1 7,5 9,2 12,3 19,3 8,6 19,8
Union douanire d'Afrique australe 17,9 3,7 3,9 6,8 10,1 7,3 7,8 8,4 5,4
SADC 26,4 15,3 11,2 13,6 14,9 10,5 9,9 13,0 5,1
Voir sources et notes page 80.
96
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de ptrole 10,7 19,2 15,3 13,8 13,7 13,8 14,5 15,3 16,2
Hors Nigria 7,3 14,2 13,6 12,9 14,7 15,9 16,3 19,6 17,7
Pays importateurs de ptrole 39,3 40,7 39,1 38,2 38,4 37,9 37,9 38,7 37,1
Hors Afrique du Sud 15,3 17,3 18,2 19,2 19,6 20,2 21,1 22,3 21,4
Pays revenu intermdiaire 33,0 37,2 33,4 32,2 32,1 31,8 32,0 32,9 32,7
Hors Afrique du Sud et Nigria 16,3 20,6 20,8 22,0 22,8 24,3 25,2 27,8 25,7
Pays faible revenu 9,8 11,5 12,6 12,7 13,2 13,3 14,1 14,9 15,0
Hors pays en situation de fragilit 11,1 12,9 14,0 14,3 14,4 14,6 15,3 16,2 16,1
Pays en situation de fragilit 8,8 10,3 11,3 11,2 12,3 12,6 13,6 15,4 16,2
Zone franc 11,3 13,0 13,3 14,7 15,1 16,9 18,2 20,3 21,5
CEMAC 6,2 7,8 7,9 9,2 9,5 11,1 12,2 14,7 15,7
UEMOA 15,9 17,8 18,4 19,9 20,3 22,2 23,6 25,1 26,1
COMESA (pays membres d'AfSS) 15,5 16,6 18,0 19,2 19,3 19,7 20,1 20,7 19,4
CAE-5 15,3 17,2 18,8 20,5 20,2 20,9 22,3 23,1 21,7
CEDEAO 12,6 19,8 16,1 15,1 14,6 14,7 15,8 16,1 17,7
Union douanire d'Afrique australe 67,8 71,0 66,9 64,4 65,5 64,1 63,9 65,2 63,8
SADC 48,1 50,8 48,1 46,6 47,4 46,5 46,0 47,5 45,2
97
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de ptrole 39,4 29,8 33,1 37,3 32,6 29,4 24,1 16,7 15,9 18,3 16,9
Hors Nigria 63,5 50,8 57,7 61,6 56,3 51,3 46,0 33,9 31,3 31,5 29,8
Pays importateurs de ptrole 28,7 26,6 28,7 30,9 29,8 29,8 29,2 27,7 26,5 25,9 25,6
Hors Afrique du Sud 27,9 25,4 28,7 31,3 29,9 29,1 27,9 26,1 24,4 24,6 24,9
Pays revenu intermdiaire 34,8 29,9 31,9 34,6 32,8 30,9 27,8 23,5 22,9 23,6 22,3
Hors Afrique du Sud et Nigria 48,6 42,5 46,4 50,0 48,7 44,6 41,7 35,0 31,2 30,8 29,9
Pays faible revenu 21,8 19,2 23,5 28,9 23,3 24,1 22,7 20,1 19,9 20,8 21,3
Hors pays en situation de fragilit 17,1 16,0 18,6 20,9 19,3 18,9 17,4 16,8 15,8 15,9 16,2
Pays en situation de fragilit 36,4 33,1 38,4 43,8 35,8 35,7 34,1 28,9 28,6 30,2 31,3
Zone franc 41,6 38,1 42,4 44,6 43,6 40,0 37,2 32,4 28,7 29,4 28,8
CEMAC 52,4 45,4 51,8 54,4 53,5 48,7 44,8 36,1 31,5 34,2 33,9
UEMOA 30,5 30,9 32,5 33,3 32,6 31,0 29,6 29,4 26,7 26,0 25,4
COMESA (pays membres d'AfSS) 26,3 21,9 27,3 29,4 26,5 26,3 24,6 21,5 19,5 19,9 20,3
CAE-5 19,5 18,5 19,8 21,9 20,7 19,4 17,7 18,0 16,8 16,7 16,6
CEDEAO 28,3 22,3 24,5 27,0 24,6 22,3 18,5 15,2 15,5 17,4 16,6
Union douanire d'Afrique australe 31,0 29,0 29,6 31,6 31,0 32,6 33,1 32,0 31,8 29,5 28,7
SADC 35,4 32,3 34,6 37,1 36,4 36,7 35,3 31,4 30,5 29,3 28,7
Voir sources et notes page 80.
98
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de ptrole 24,9 27,1 26,3 28,1 24,6 22,5 22,9 21,5 18,3 18,5 17,2
Hors Nigria 40,6 48,7 42,6 40,1 39,4 39,2 41,4 38,8 34,3 30,6 28,4
Pays importateurs de ptrole 33,8 32,5 33,7 36,6 37,8 38,0 37,4 36,0 33,3 32,0 32,0
Hors Afrique du Sud 37,3 36,8 40,1 43,5 43,5 41,4 40,3 38,8 35,0 34,8 35,0
Pays revenu intermdiaire 29,7 29,6 29,1 31,3 30,2 29,1 28,8 27,9 25,3 24,9 23,9
Hors Afrique du Sud et Nigria 41,2 45,1 42,5 43,3 43,7 42,5 43,2 41,8 35,9 34,4 33,1
Pays faible revenu 33,7 33,5 38,2 41,0 40,0 38,1 37,3 35,3 33,5 33,0 33,6
Hors pays en situation de fragilit 30,1 29,7 32,8 37,4 37,5 35,7 33,5 33,6 29,9 28,2 29,7
Pays en situation de fragilit 40,2 41,7 46,2 45,2 44,2 41,6 42,6 39,9 40,2 39,2 38,0
Zone franc 36,1 39,0 40,8 38,5 39,8 40,4 39,9 40,3 36,7 35,1 33,2
CEMAC 35,0 40,9 41,8 39,2 39,4 40,1 41,7 43,0 39,5 35,2 32,1
UEMOA 37,3 37,1 39,8 37,7 40,3 40,8 38,0 38,0 34,7 35,0 33,9
COMESA (pays membres d'AfSS) 36,7 34,1 38,8 42,1 38,9 37,0 36,6 33,9 30,3 30,1 30,0
CAE-5 29,1 29,2 31,7 36,7 34,1 31,7 30,6 28,5 24,7 24,8 25,4
CEDEAO 23,7 22,7 24,7 27,4 24,3 21,6 21,1 21,5 19,9 21,1 20,1
Union douanire d'Afrique australe 32,1 30,0 29,5 31,8 33,6 35,7 35,6 34,2 32,3 29,8 29,4
SADC 34,4 35,2 33,6 35,9 37,2 38,4 38,7 36,1 32,9 31,1 31,1
Voir sources et notes page 80.
99
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de ptrole 22,6 12,6 15,4 18,2 16,0 13,8 8,5 1,4 2,8 5,1 4,5
Hors Nigria 38,5 21,0 32,2 38,2 31,8 26,1 19,7 8,4 9,7 12,2 11,8
Pays importateurs de ptrole 4,0 4,3 3,2 3,8 6,4 6,4 6,4 6,8 5,3 4,8 5,0
Hors Afrique du Sud 7,5 9,1 8,5 9,3 11,0 9,6 9,5 10,5 8,4 8,1 8,0
Pays revenu intermdiaire 8,7 5,5 7,3 8,2 6,7 5,8 3,3 0,9 0,2 1,3 1,0
Hors Afrique du Sud et Nigria 14,0 6,9 12,2 15,7 12,4 9,5 6,7 0,4 0,5 1,4 1,5
Pays faible revenu 7,5 10,2 9,5 6,6 11,3 9,2 9,8 11,2 9,5 8,6 8,8
Hors pays en situation de fragilit 11,3 11,5 11,5 12,9 14,2 14,1 13,8 14,7 11,8 10,7 11,8
Pays en situation de fragilit 5,1 0,1 1,9 8,1 0,2 2,0 0,2 3,6 3,6 1,6 0,3
Zone franc 13,4 7,8 10,4 15,0 12,4 8,4 6,3 0,6 0,4 2,1 2,8
CEMAC 28,3 17,0 21,9 27,4 25,8 19,8 15,0 4,4 3,4 9,1 10,8
UEMOA 2,0 1,2 1,9 0,7 2,5 3,4 2,4 2,5 1,9 2,7 2,4
COMESA (pays membres d'AfSS) 9,8 11,1 10,0 11,4 11,7 10,3 11,1 11,5 10,2 9,6 9,3
CAE-5 10,8 11,4 12,9 15,9 15,3 14,5 13,8 11,5 9,2 9,6 10,4
CEDEAO 9,2 5,1 4,9 4,8 5,0 5,0 2,0 2,4 1,5 0,3 0,3
Union douanire d'Afrique australe 0,6 0,1 1,2 0,8 2,3 2,7 2,3 2,0 0,4 0,1 0,5
SADC 3,8 1,7 5,2 5,8 3,3 2,6 0,9 1,5 0,4 0,8 0,3
Voir sources et notes page 80.
100
APPENDICE STATISTIQUE
2004-08 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
Afrique du Sud 4,3 2,7 1,5 2,2 5,1 5,9 5,3 4,4 3,3 2,9 3,3
Angola 14,7 10,0 9,1 12,6 12,0 6,7 3,0 10,0 5,1 4,8 4,5
Bnin 6,7 8,3 8,2 7,3 7,4 7,4 8,6 8,4 7,2 8,7 7,1
Botswana 10,7 6,3 2,6 3,1 0,3 8,9 15,4 7,8 11,7 4,5 2,8
Burkina Faso 10,4 4,7 2,2 1,5 7,0 11,3 8,0 8,0 6,8 7,2 7,1
Burundi 7,8 1,7 12,2 14,4 18,6 19,3 18,5 17,7 13,1 12,4 11,8
Cabo Verde 9,5 14,6 12,4 16,3 12,6 4,9 9,1 5,0 3,7 6,1 6,0
Cameroun 1,0 3,5 2,8 3,0 3,6 3,9 4,3 4,1 3,6 3,6 3,5
Comores 6,3 6,9 0,2 4,9 7,3 8,3 8,0 0,4 10,1 9,5 11,3
Congo, Rp. du 6,7 14,1 7,8 3,2 17,7 1,7 11,6 42,9 70,1 15,9 2,5
Congo, Rp. dm. du 0,2 6,1 10,5 5,2 4,6 5,2 4,8 3,9 3,4 4,6 2,1
Cte d'Ivoire 1,1 6,6 1,9 10,4 1,2 1,4 1,4 0,6 1,1 2,9 2,8
rythre 3,1 7,6 5,6 0,6 2,3 0,1 0,6 2,2 0,1 0,7 0,3
thiopie2 8,4 6,7 1,4 2,5 6,9 5,9 6,4 11,6 9,9 8,3 7,4
Gabon 17,3 4,4 14,9 21,0 17,6 7,0 7,3 5,7 10,2 9,3 6,7
Gambie 8,5 12,5 0,7 12,3 7,9 10,2 10,8 15,0 8,9 9,4 12,0
Ghana 8,1 5,5 8,6 9,0 11,7 11,9 9,5 7,7 6,7 5,8 5,4
Guine 3,9 5,7 6,4 18,4 20,0 12,5 13,4 15,4 31,9 25,0 21,4
Guine Bissau 3,6 5,8 8,3 1,3 8,4 5,0 0,6 2,0 0,9 0,1 0,6
Guine quatoriale 13,6 9,7 20,2 5,7 1,1 2,5 4,3 17,7 10,5 8,0 7,4
Kenya 2,6 4,4 5,9 9,2 8,4 8,8 10,4 6,8 5,2 6,1 7,0
Lesotho 14,8 1,5 8,4 12,9 8,2 5,5 5,2 4,8 7,7 8,5 9,4
Libria 14,0 23,2 32,0 27,4 21,5 30,1 26,9 35,2 24,7 26,7 31,3
Madagascar 12,0 21,1 9,7 6,9 6,9 5,9 0,3 1,9 0,8 4,7 5,3
Malawi 12,9 10,2 8,6 8,6 9,3 8,4 8,4 9,5 13,5 9,1 8,1
Mali 7,3 10,8 10,7 5,1 2,2 2,9 4,7 5,3 7,1 7,0 5,6
Maurice 6,3 7,4 10,3 13,8 7,3 6,3 5,7 4,9 4,4 5,8 6,2
Mozambique 8,9 10,9 16,1 25,3 44,7 42,9 38,2 40,3 38,2 25,6 45,8
Namibie 6,7 1,5 3,5 3,0 5,7 4,0 10,8 12,6 14,0 7,3 6,6
Niger 9,2 24,4 19,8 22,3 14,7 15,0 15,4 18,0 15,5 18,6 18,3
Nigria 14,0 4,7 3,6 2,6 3,8 3,7 0,2 3,2 0,7 1,9 1,0
Ouganda 2,8 5,7 8,0 10,0 6,8 7,0 8,5 7,1 4,3 5,6 7,2
Rpublique centrafricaine 5,5 9,1 10,2 7,6 4,6 3,0 5,6 9,0 9,1 9,7 6,5
Rwanda 3,3 7,0 7,2 7,4 11,2 8,7 11,8 13,4 14,4 10,2 11,2
So Tom-et-Prncipe 27,3 24,7 22,9 27,7 21,9 13,8 21,9 13,0 6,2 10,2 9,9
Sngal 9,6 6,7 4,4 8,0 10,9 10,5 9,0 7,5 5,3 5,1 5,2
Seychelles 13,7 14,8 19,4 23,0 21,1 11,9 23,1 18,6 18,4 15,6 14,6
Sierra Leone 6,9 13,3 22,7 65,0 31,8 17,5 18,2 17,4 19,7 21,1 18,5
Soudan du Sud ... ... ... 18,2 15,9 3,9 1,6 7,2 4,7 1,7 12,7
Swaziland 3,1 11,2 8,6 6,9 3,3 5,3 3,4 10,8 0,7 1,1 0,2
Tanzanie 6,5 7,6 7,7 10,8 11,6 10,6 10,1 8,5 5,6 5,6 6,5
Tchad 0,4 8,2 8,5 5,8 7,8 9,1 8,9 12,3 9,2 2,0 2,8
Togo 8,8 5,6 6,3 8,0 7,5 13,2 9,9 11,1 9,7 8,3 7,3
Zambie 1,1 6,0 7,5 4,7 5,4 0,6 2,1 3,9 4,4 3,6 2,8
3
Zimbabwe 7,5 13,7 12,5 20,1 12,9 15,6 15,1 9,3 4,1 3,6 0,8
Afrique subsaharienne 2,0 2,4 0,8 0,8 1,8 2,4 3,9 6,1 4,2 3,4 3,6
Mdiane 6,3 7,2 8,1 7,3 7,4 6,3 8,4 8,0 6,8 7,0 6,6
Hors Nigria et Afrique du Sud 0,4 6,5 3,3 2,1 3,6 4,8 6,3 8,8 7,3 6,3 6,3
Pays exportateurs de ptrole 12,5 0,6 3,6 4,4 4,8 3,4 0,9 5,3 2,1 0,5 0,7
Hors Nigria 9,1 7,9 3,6 7,9 7,0 2,7 3,3 10,7 8,7 5,3 4,4
Pays importateurs de ptrole 4,3 4,5 3,9 4,7 7,0 7,3 6,8 6,7 5,6 5,3 5,6
Hors Afrique du Sud 4,2 6,0 6,2 7,2 8,6 8,4 7,7 8,1 6,9 6,7 7,0
Pays revenu intermdiaire 3,6 1,0 0,7 0,7 0,3 0,5 2,5 4,9 2,8 2,1 2,3
Hors Afrique du Sud et Nigria 3,3 5,0 0,0 1,8 1,6 1,1 3,8 7,4 6,0 5,0 4,6
Pays faible revenu 6,1 8,8 8,4 8,0 11,1 10,2 9,7 10,5 8,9 8,0 8,5
Hors pays en situation de fragilit 6,9 8,0 7,1 9,5 12,4 11,8 11,4 12,5 9,9 8,7 10,1
Pays en situation de fragilit 4,0 6,9 6,1 3,4 5,8 6,3 6,1 8,2 8,9 6,5 4,8
Zone franc 0,2 4,8 3,5 0,7 1,0 4,0 4,5 8,7 9,0 6,3 5,0
CEMAC 4,6 5,6 2,5 0,5 3,4 1,5 3,9 12,2 13,9 6,5 4,0
UEMOA 5,2 4,0 4,6 2,0 5,8 6,6 5,0 5,7 5,3 6,2 5,7
COMESA (pays membres d'AfSS) 4,5 6,2 5,6 6,8 6,0 6,6 6,9 7,3 6,1 6,1 5,8
CAE-5 4,0 5,7 7,1 9,9 9,4 9,2 10,2 8,0 5,8 6,2 7,2
CEDEAO 8,2 2,0 1,1 0,3 0,7 0,7 1,5 4,2 1,7 1,0 1,3
Union douanire d'Afrique australe 3,3 2,9 1,7 2,2 4,9 5,1 4,5 4,0 2,9 2,7 3,1
SADC 1,8 4,9 1,3 1,4 3,2 4,4 5,5 6,4 4,4 4,1 4,5
Voir sources et notes page 80.
101
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de ptrole 1,9 2,4 0,1 0,7 0,9 0,9 0,5 2,0 0,8 1,2 1,0
Hors Nigria 1,5 2,6 2,9 1,6 5,3 4,8 0,3 6,2 0,7 2,0 1,9
Pays importateurs de ptrole 1,9 2,8 4,1 3,0 3,9 3,2 2,6 2,0 3,9 3,5 3,9
Hors Afrique du Sud 2,9 3,3 7,2 4,9 6,9 5,2 4,7 4,0 6,2 5,8 6,2
Pays revenu intermdiaire 1,6 2,5 2,0 1,4 0,8 0,4 1,0 1,4 2,2 2,1 2,0
Hors Afrique du Sud et Nigria 2,0 3,1 4,0 1,2 0,9 0,3 2,7 5,1 5,5 5,4 4,9
Pays faible revenu 3,0 3,1 4,5 5,0 6,1 5,4 4,2 4,0 4,2 4,2 5,3
Hors pays en situation de fragilit 2,9 3,4 3,6 6,0 6,6 7,1 5,9 5,0 4,4 4,5 6,2
Pays en situation de fragilit 4,7 3,9 5,9 5,0 4,0 3,9 3,1 3,9 4,6 3,8 3,6
Zone franc 2,5 2,7 1,5 2,0 0,0 2,7 2,5 3,3 3,9 3,3 3,2
CEMAC 3,1 2,2 0,1 1,9 2,0 2,6 3,0 4,7 6,4 4,3 3,9
UEMOA 1,9 3,2 3,1 2,2 2,3 2,8 2,1 2,2 2,1 2,6 2,8
COMESA (pays membres d'AfSS) 2,6 1,7 9,8 3,1 6,6 3,8 4,0 2,9 7,2 6,9 6,8
CAE-5 2,3 2,2 2,0 3,7 3,4 3,2 3,1 2,5 2,5 2,6 3,1
CEDEAO 2,2 3,1 2,2 2,7 2,1 1,7 1,3 1,2 2,0 2,0 1,8
Union douanire d'Afrique australe 1,3 2,2 1,2 1,5 0,9 0,8 0,2 0,7 0,4 0,2 0,0
SADC 1,5 2,5 3,1 1,4 2,0 0,6 1,5 2,4 2,8 2,8 3,1
Voir sources et notes page 80.
102
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de ptrole 129,0 140,8 147,3 148,1 161,6 171,5 181,7 179,8 168,5
Hors Nigria 137,7 167,6 158,5 160,5 166,8 174,6 180,0 176,8 176,0
Pays importateurs de ptrole 96,4 101,5 99,8 98,6 99,9 96,7 93,6 94,2 91,7
Hors Afrique du Sud 94,0 107,5 94,6 94,1 99,7 101,2 99,9 101,3 101,1
Pays revenu intermdiaire 114,5 117,6 126,2 125,4 129,6 129,9 130,2 129,1 123,1
Hors Afrique du Sud et Nigria 122,3 134,8 133,3 132,6 136,0 139,1 136,3 134,6 137,3
Pays faible revenu 81,4 101,0 80,1 80,3 87,7 89,6 91,4 94,0 91,4
Hors pays en situation de fragilit 87,9 94,5 86,1 86,0 96,4 99,0 100,7 101,7 99,1
Pays en situation de fragilit 85,1 119,6 84,0 84,9 86,5 88,5 90,4 93,2 91,4
Zone franc 115,3 123,2 116,1 116,4 113,9 117,2 119,1 113,4 114,0
CEMAC 117,7 128,3 121,7 121,1 119,2 123,0 126,0 121,2 123,3
UEMOA 113,2 118,7 111,2 112,4 109,3 112,2 113,2 106,9 106,4
COMESA (pays membres d'AfSS) 91,6 117,6 93,4 93,6 102,8 104,2 105,8 111,5 111,4
CAE-5 91,2 98,2 94,7 90,0 102,0 106,1 108,5 108,1 107,6
CEDEAO 119,6 124,0 130,8 130,8 140,4 148,2 153,1 151,4 143,5
Union douanire d'Afrique australe 99,7 94,3 108,4 106,3 101,2 90,4 84,8 84,3 78,6
SADC 97,1 105,3 104,7 103,9 104,1 98,7 95,7 95,2 89,7
Voir sources et notes page 80.
103
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de ptrole 61,1 55,4 53,2 50,6 51,3 51,8 52,3 48,8 40,6
Hors Nigria 47,8 49,8 44,9 43,9 43,8 44,4 44,4 41,8 36,9
Pays importateurs de ptrole 72,9 61,1 62,0 58,3 56,2 52,5 49,1 47,5 44,1
Hors Afrique du Sud 65,3 56,9 53,4 49,5 49,2 48,3 46,3 45,0 43,0
Pays revenu intermdiaire 71,8 61,9 62,8 59,8 58,6 56,2 53,9 50,8 44,2
Hors Afrique du Sud et Nigria 65,9 61,9 59,0 56,4 55,9 55,3 52,2 49,2 45,9
Pays faible revenu 55,7 48,8 44,0 40,4 40,3 40,0 39,9 39,6 37,4
Hors pays en situation de fragilit 75,5 66,5 59,2 52,9 53,7 53,6 53,6 52,3 49,5
Pays en situation de fragilit 52,6 48,1 44,8 43,6 42,4 42,3 42,3 42,4 40,8
Zone franc 114,5 119,6 114,5 116,0 112,7 116,9 119,8 114,6 117,1
CEMAC 113,7 118,4 113,5 114,8 111,1 114,6 115,9 110,3 112,9
UEMOA 115,2 120,6 115,3 116,9 114,1 119,0 123,3 118,5 120,9
COMESA (pays membres d'AfSS) 54,5 46,1 42,8 38,5 39,0 38,1 37,4 37,5 35,7
CAE-5 75,7 69,9 66,2 58,4 61,3 61,7 61,6 59,2 57,2
CEDEAO 71,9 62,5 60,9 57,7 57,8 58,2 57,3 53,6 46,2
Union douanire d'Afrique australe 83,9 67,5 76,1 73,3 67,6 58,4 52,6 50,5 44,8
SADC 58,4 49,0 50,7 48,4 46,3 42,2 39,3 37,5 32,6
Voir sources et notes page 80.
104
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de ptrole 16,9 8,6 7,4 7,6 7,8 8,1 8,7 10,9 14,1 15,9 14,7
Hors Nigria 29,1 19,1 17,1 16,1 16,7 20,9 23,9 32,7 38,7 35,7 34,8
Pays importateurs de ptrole 22,1 17,7 16,1 16,2 17,9 19,0 20,5 22,5 25,5 25,5 25,6
Hors Afrique du Sud 38,6 26,5 22,6 22,3 21,2 22,3 24,0 28,4 29,0 29,8 29,8
Pays revenu intermdiaire 14,8 10,7 10,3 10,5 11,8 12,0 12,8 14,6 18,5 19,5 18,8
Hors Afrique du Sud et Nigria 29,3 21,3 19,3 18,8 18,6 21,0 24,0 30,8 33,3 32,6 32,0
Pays faible revenu 45,9 28,6 23,6 22,8 21,7 23,2 23,8 27,9 28,9 29,6 29,8
Hors pays en situation de fragilit 31,4 18,0 19,9 21,2 20,6 23,6 24,9 31,5 32,7 33,3 32,9
Pays en situation de fragilit 66,9 46,8 31,3 28,7 24,5 24,3 23,9 26,9 27,0 28,9 29,6
Zone franc 37,8 26,6 21,7 20,1 19,0 20,8 21,9 28,1 28,8 33,0 33,7
CEMAC 30,8 17,7 13,2 12,2 14,0 17,3 19,6 28,3 30,3 35,6 37,6
UEMOA 45,0 35,5 30,8 29,1 24,6 24,5 24,2 27,9 27,6 31,2 31,1
COMESA (pays membres d'AfSS) 39,7 24,6 20,0 20,0 19,9 20,2 21,6 26,1 26,7 27,7 27,8
CAE-5 28,5 17,6 18,7 19,9 19,7 19,9 21,6 24,5 25,8 28,1 28,6
CEDEAO 21,5 11,7 9,4 9,5 8,5 7,9 8,0 9,7 11,7 14,3 13,4
Union douanire d'Afrique australe 7,3 7,9 9,7 10,0 13,9 14,1 15,0 13,0 18,8 17,9 18,0
SADC 16,0 14,6 13,6 13,6 16,5 18,1 19,8 21,0 26,1 24,0 23,7
Voir sources et notes page 80.
105
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de ptrole 137,3 129,7 147,2 169,7 169,9 170,0 161,2 112,0 102,2 110,7 109,6
Hors Nigria 138,6 129,4 157,3 187,2 189,3 186,8 169,6 100,7 86,0 101,7 99,8
Pays importateurs de ptrole 124,6 137,1 151,8 160,4 154,4 152,7 152,4 156,0 160,6 159,0 155,9
Hors Afrique du Sud 131,3 141,1 163,7 171,4 164,0 160,5 160,5 162,8 168,0 164,7 161,1
Pays revenu intermdiaire 125,7 130,1 144,3 160,3 157,6 157,6 151,0 125,3 122,7 127,4 125,1
Hors Afrique du Sud et Nigria 123,1 127,9 151,0 171,1 167,8 164,6 150,9 120,9 118,8 121,4 119,2
Pays faible revenu 150,2 151,7 178,4 185,3 178,0 174,5 180,6 178,9 185,2 184,7 180,3
Hors pays en situation de fragilit 80,4 99,6 110,4 118,1 112,0 104,8 103,8 104,7 107,1 106,6 104,1
Pays en situation de fragilit 194,1 191,2 228,9 234,0 231,4 233,8 248,5 249,5 267,6 265,5 260,7
Zone franc 124,9 138,2 161,7 179,2 171,5 164,3 156,0 130,5 137,5 136,2 133,0
CEMAC 142,4 136,6 167,8 192,3 185,9 185,1 166,6 101,9 88,6 97,6 93,8
UEMOA 106,1 139,7 155,3 164,2 155,5 142,6 145,3 154,4 173,9 163,0 158,6
COMESA (pays membres d'AfSS) 162,5 154,2 181,5 181,2 170,8 169,4 177,3 182,4 183,3 183,7 180,9
CAE-5 76,7 93,4 93,8 89,2 87,0 87,5 88,6 96,9 98,6 96,4 95,5
CEDEAO 130,7 135,0 150,7 170,0 168,1 166,4 160,0 126,7 128,3 130,9 127,8
Union douanire d'Afrique australe 116,8 130,3 137,3 146,7 140,8 140,7 138,8 143,1 143,9 145,9 143,7
SADC 135,0 142,0 156,3 166,9 164,5 166,4 166,5 160,6 162,3 164,1 161,9
Voir sources et notes page 80.
106
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de ptrole 7,3 6,4 4,4 5,3 6,7 6,0 6,0 7,3 6,4 5,7 5,4
Hors Nigria 3,7 4,8 4,7 6,2 6,4 5,9 6,9 7,5 5,8 4,7 4,3
Pays importateurs de ptrole 3,5 4,2 3,8 4,0 4,1 4,1 4,5 4,6 4,3 4,2 4,2
Hors Afrique du Sud 3,6 3,8 3,4 3,3 3,2 3,3 3,6 3,6 3,3 3,3 3,4
Pays revenu intermdiaire 5,5 5,5 4,3 4,9 5,8 5,5 5,8 6,7 5,9 5,6 5,3
Hors Afrique du Sud et Nigria 4,1 4,7 4,4 5,1 5,3 5,1 6,1 6,4 5,1 4,7 4,5
Pays faible revenu 2,9 3,2 2,7 3,0 2,7 2,6 2,7 2,6 2,4 2,3 2,4
Hors pays en situation de fragilit 3,8 3,8 3,2 3,1 3,0 3,1 3,1 3,3 3,1 2,8 2,8
Pays en situation de fragilit 2,1 3,0 2,9 3,9 3,2 2,8 2,9 2,1 1,6 1,8 2,3
Zone franc 3,6 4,6 4,0 4,3 4,1 4,0 4,1 3,7 2,3 2,4 2,6
CEMAC 4,1 5,2 4,3 5,0 5,0 4,8 5,4 4,5 2,2 2,5 2,7
UEMOA 3,1 4,0 3,7 3,5 3,0 3,1 2,8 3,1 2,5 2,3 2,5
COMESA (pays membres d'AfSS) 2,4 3,0 2,6 2,7 2,9 2,9 3,4 3,4 3,2 3,2 3,2
CAE-5 4,1 4,3 3,7 3,4 4,0 4,1 4,8 4,9 4,6 4,7 4,5
CEDEAO 7,5 6,2 4,0 4,5 5,9 5,3 5,0 6,2 5,5 5,1 5,0
Union douanire d'Afrique australe 4,0 5,0 4,5 4,9 5,1 5,2 6,0 6,3 6,1 6,0 5,8
SADC 3,7 4,5 4,2 4,8 5,0 5,0 5,8 6,2 5,6 5,2 4,9
Voir sources et notes page 80.
107
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de ptrole 18,6 27,2 26,5 24,6 26,8 28,1 30,1 40,8 42,9
Hors Nigria 17,1 25,3 25,7 23,8 26,5 27,8 30,1 42,4 44,5
Pays importateurs de ptrole 47,4 53,8 57,2 58,5 58,9 61,0 62,1 62,5 63,2
Hors Afrique du Sud 45,3 51,7 55,4 56,8 57,2 59,4 60,5 60,5 61,4
Pays revenu intermdiaire 57,4 66,3 68,8 70,0 70,7 72,6 72,9 75,9 74,3
Hors Afrique du Sud et Nigria 55,8 64,8 68,3 69,7 70,5 72,8 73,1 75,9 74,4
Pays faible revenu 28,2 33,0 35,9 35,8 36,5 38,5 40,6 40,4 42,9
Hors pays en situation de fragilit 25,2 30,7 34,3 36,0 37,7 40,4 44,2 47,5 48,2
Pays en situation de fragilit 30,2 35,4 37,6 37,1 38,2 39,5 40,7 40,2 42,9
Voir sources et notes page 80.
108
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de ptrole 59,0 63,4 62,9 57,3 58,3 63,2 63,2 66,9 72,3
Hors Nigria 56,1 60,8 62,8 57,4 58,8 64,0 62,9 66,7 71,5
Pays importateurs de ptrole 66,5 68,7 68,5 71,4 72,5 72,7 71,8 74,8 74,6
Hors Afrique du Sud 64,7 67,1 66,9 70,1 71,0 71,2 70,4 73,3 73,1
Pays revenu intermdiaire 66,5 66,9 68,0 70,1 70,5 71,8 72,0 73,8 75,2
Hors Afrique du Sud et Nigria 62,8 63,2 65,3 68,4 68,6 69,9 69,9 71,6 72,7
Pays faible revenu 63,7 68,7 67,0 67,1 68,8 69,8 68,2 72,5 72,9
Hors pays en situation de fragilit 68,4 76,3 74,4 79,8 79,7 81,0 80,3 78,1 79,6
Pays en situation de fragilit 61,6 64,6 65,2 62,4 64,0 65,2 61,9 70,5 70,8
Voir sources et notes page 80.
109
Publications du Dpartement Afrique du FMI, 200917
LIVRES ET MONOGRAPHIES
2017 16/6
Women, Work, and Economic Growth: Leveling the Playing Field A Work in Progress: Integrating Markets for Goods, Labor, and
Kochhar, Kalpana, Monique Newiak, Sonali Jain-Chandra Capital in the East African Community
Alper, Emre, Fan Yang, Herv Joly, Jemma Dridi, Wenjie Chen
2016
Construire des conomies intgres en Afrique de lOuest : 16/5
expriences de la gestion de la croissance, de l inclusion et de la Financial Development in Sub-Saharan Africa: Promoting
volatilit Inclusive and Sustainable Growth
Kireyev, Alexei Mlachila, Mountford, Larry Cui, Ahmat Jidoud, Monique
Newiak, Bozena Radzewicz-Bak, Misa Takebe, Yanmin Ye,
Africa on the Move: Unlocking the Potential of Small Middle-
Jiayi Zhang
Income States
Leigh, Lamin, Ali M. Mansoor 16/4
Cyclical Behavior of Fiscal Policy among Sub-Saharan African
2015 Countries
The Quest for Regional Integration in the East African Community:
Konuki, Tetsuya, Mauricio Villafuerte
Drummond, Paulo, S.K. Wajid, Oral Williams
16/3
2014 Walking a Find Line: Public Investment Scaling-Up and Debt
The Mystery of Missing Real Spillovers in Southern Africa: Sustainability in Burkina Faso
Some Facts and Possible Explanations
Lonkeng Ngouana, Constant A., Malangu Kabedi-Mbuyi,
Basdevant, Olivier, Andrew W. Jonelis, Borislava Mircheva, Mame Astou Diouf
Slavi T. Slavov
16/2
2013 Trade Integration and Global Value Chains in Sub-Saharan
Building a Common Future in Southern Africa Africa : In Pursuit of the Missing Link
Mongardini, Joannes, Tamon Asonuma, Olivier Basdevant, Allard, Cline, Jorge Ivn Canales-Kriljenko, Jesus Gonzalez-
Alfredo Cuevas, Xavier Debrun, Lars Holger Engstrom, Garcia, Emmanouil Kitsios, Juan P. Trevino, Wenjie Chen
Imelda M. Flores Vazquez, Vitaliy Kramarenko,
Lamin Leigh, Paul R. Masson, Genevive Verdier 16/1
Make Investment Scaling-up Work in Benin: A Macro-Fiscal
2012 Analysis
Oil Wealth in Central Africa: Policies for Inclusive Growth
Barhoumi, Karim, Larry Cui, Christine Dieterich, Nicolas
Coorey, Sharmini, Bernardin Akitoby End, Matteo Ghilardi, Alexander Raabe, Sergio Sola
2009 15/10
The Impact of the Global Financial Crisis on Sub- Strengthening the West African Economic and Monetary
Saharan Africa Union: The Role of Fiscal and Market Institutions in Economic
African Department Stabilization
2009 Basdevant, Olivier, Patrick A. Imam, Tidiane Kinda,
Tanzania: The Story of an African Transition Aleksandra Zdzienicka
Nord, Roger, Yuri Sobolev, David Dunn, Alejandro 15/8
Hajdenberg, Niko Hobdari, Samar Maziad, Stphane Roudet Evolving Banking Trends in Sub-Saharan Africa : Key
Features and Challenges
DOCUMENTS DU DPARTEMENT AFRIQUE Mecagni, Mauro, Daniela Marchettini, Rodolfo Maino
17/4 15/7
Structural Transformation in Employment and Productivity: Monitoring and Managing Fiscal Risks in the East African
What Can Africa Hope For? Community
Fox, Louise, Alun H. Thomas, Cleary Haines Mauro, Paolo, Herve Joly, Ari Aisen, Emre Alper, Franois
Boutin-Dufresne, Jemma Dridi, Nikoloz Gigineishvili,
17/4 Tom Josephs, Clara Mira, Vimal V Thakoor, Alun H.
A Rebalancing Act for China and Africa : The Effects of Chinas Thomas, Fan Yang
Rebalancing on Sub-Saharan Africas Trade and Growth
Chen, Wenjie, Roger Nord
111
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
15/6 13/8
Toward a Monetary Union in the East African Community: Mali: Achieving Strong and Inclusive Growth with
Asymmetric Shocks, Exchange Rates, and Risk-Sharing Macroeconomic Stability
Mechanisms Josz, Christian
Drummond, Paulo, Ari Aisen, C. Emre Alper, Ejona Fuli,
Sebastien Walker 13/7
Responding to Shocks and Maintaining Stability in the West
15/5 African Economic and Monetary Union
Building Resilience in Sub-Saharan Africas Fragile States Kolerus, Christina, Aleksandra Zdzienicka, Ermal Hitaj,
Gelbard, Enrique, Corinne Delechat, Ejona Fuly, Douglas J. Shapiro
Mumtaz Hussain, Ulrich Jacoby, Dafina Mulaj, Marco Pani,
Gustavo Ramirez, Rui Xu 13/6
West African Economic and Monetary Union: Financial Depth
15/4 and Macrostability
Dollarization in Sub-Saharan Africa: Experiences and Lessons Imam, Patrick A., Christina Kolerus
Mecagni, Mauro, Juan S. Corrales, Jemma Dridi, Rodrigo
Garcia-Verdu, Patrick A. Imam, Justin Matz, Carla Macario, 13/5
Rodolfo Maino, Yibin Mu, Ashwin Moheeput, Futoshi Senegal: Financial Depth and Macrostability
Narita, Marco Pani, Manuel Rosales, Sebastian Weber, Imam, Patrick A., Christina Kolerus
Etienne B. Yehoue 13/4
15/3 Senegal: Achieving High and Inclusive Growth While
Pan-African Banking: Opportunities and Challenges for Cross- Preserving Fiscal Sustainability
Border Oversight Kireyev, Alexei, Gaston K. Mpatswe
Enoch, Charles, Paul Henri Mathieu, Mauro Mecagni, 13/3
Jorge Ivn Canales-Kriljenko Banking in Sub-Saharan Africa: The Macroeconomic Context
15/2 Mlachila, Montfort, Seok Gil Park, Masafumi Yabara
Sustaining More Inclusive Growth in the Republic of Congo
13/2
Hakura, Dalia, Adrian Alter, Matteo Ghilardi, Rodolfo Energy Subsidy Reform in Sub-Saharan Africa: Experiences
Maino, Cameron McLoughlin, Maximilien Queyranne and Lessons
15/1 Alleyne, Trevor, Mumtaz Hussain
Making Senegal a Hub for West Africa : Reforming the State,
Building to the Future 13/2
Boom, Bust, or Prosperity? Managing Sub-Saharan Africas
Kireyev, Alexei, Ali M. Mansoor Natural Resource Wealth
14/4 Lundgren, Charlotte J., Alun H. Thomas, Robert C. York
Mozambique Rising: Building a New Tomorrow
13/1
Ross, Doris C., Victor Duarte Lledo, Alex Segura-Ubiergo, Restoring Sustainability in a Changing Global Environment:
Yuan Xiao, Iyabo Masha, Alun H. Thomas, Keiichiro Inui Options for Swaziland
14/3 Basdevant, Olivier, Emily Forrest, Borislava Mircheva
The Mystery of Missing Real Spillovers in Southern Africa:
Some Facts and Possible Explanations 11/07
Macroeconomic Vulnerabilities Stemming from the Global
Basdevant, Olivier, Andrew W. Jonelis, Borislava Mircheva, Economic Crisis: The Case of Swaziland
Slavi T. Slavov
Basdevant, Olivier, Chikako Baba, Borislava Mircheva
14/2
Issuing International Sovereign Bonds: Opportunities and 11/06
Challenges for Sub-Saharan Africa What Do Fast Job Creators Look Like? Some Stylized Facts
and Perspectives on South Africa
Mecagni, Mauro, Jorge Ivn Canales-Kriljenko, Cheikh A.
Gueye, Yibin Mu, Masafumi Yabara, Sebastian Weber Zhan, Zaijin
14/1 11/04
Managing Volatile Capital Flows: Experiences and Lessons for South Africa: Macro Policy Mix and Its Effects on Growth
Sub-Saharan African Frontier Markets and the Real Exchange RateEmpirical Evidence and GIMF
Simulations
Gueye, Cheikh A., Javier Arze del Granado, Rodrigo Garcia-
Verdu, Mumtaz Hussain, B. Jang, Sebastian Weber, Canales-Kriljenko, Jorge Ivn
Juan S. Corrales 11/02
Measuring the Potential Output of South Africa
Klein, Nir
112
PUBLICATIONS DU DPARTEMENT AFRIQUE DU FMI, 200917
113
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
17/48 15/268
Understanding Inflation in Malawi: A Quantitative Investigation Exiting From Fragility in sub-Saharan Africa : The Role of
Wu, Dong Frank Fiscal Policies and Fiscal Institutions
Delchat, Corinne, Ejona Fuli, Dafina Mulaj, Gustavo
16/247 Ramirez, Rui Xu
Food Inflation in Sub-Saharan Africa: Causes and Policy
Implications 15/236
Uppal, Ali, Emre Alper, Niko Hobdari Public Investment in a Developing Country Facing Resource
Depletion
16/205 Alter, Adrian, Matteo Ghilardi, Dalia Hakura
Surprise, Surprise: What Dirves the Rand/U.S. Dollar
Exchange Rate Volatility? 15/235
Schimmelpfennig, Axel, Nasha Mave, Roberto Perrelli Financial Inclusion and Development in the CEMAC
Alter, Adrian, Boriana Yontcheva
16/140
Gender Equality and Economic Diversification 15/221
Kazandjian, Romina, Lisa Kolovich, Kalpana Kochhar, Spillovers from China onto Sub-Saharan Africa: Insights from
Monique Newiak the Flexible System of Global Models (FSGM)
Anderson, Derek, Jorge Ivn Canales-Kriljenko, Paulo
16/137 Drummond, Pedro Espaillat, Dirk Muir
South Africa: Labor Market Dynamics and Inequality
Anand, Rahul, Siddharth Kothari, Naresh Kumar 15/190
Systemic Risk Assessment in Low-Income Countries : Balancing
16/120 Financial Stability and Development
Monetary Policy Implementation and Volatility Transmission Marchettini, Daniela, Rodolfo Maino
along the Yield Curve: The Case of Kenya
Alper, Emre, R. Armando Morales, Fan Yang 15/189
On the Drivers of Inflation in Sub-Saharan Africa
16/118 Nguyen, Anh D. M., Jemma Dridi, D. Filiz Unsal, Oral Williams
Womens Opportunities and Challenges in Sub-Saharan
African Job Markets 15/185
Dieterich, Christine, Anni Huang, Alun H. Thomas Sub-Saharan Employment Developments : The Important Role
of Household Enterprises with an Application to Rwanda
16/115 Thomas, Alun H.
Investing in Electricity, Growth, and Debt Sustainability:
The Case of Lesotho 15/169
Andreolli, Michele, Aidar Abdychev Household Financial Access and Risk Sharing in Nigeria
Carlson, Stacey, Era Dabla-Norris, Mika Saito, Yu Shi
16/113
The Consequences of Policy Uncertainty: Disconnects and 15/149
Dilutions in the South African Real Effective Exchange Rate Network Effects of International Shocks and Spillovers
Export Relationship Kireyev, Alexei, Andrei Leonidov
Hlatshwayo, Sandile, Magnus Saxegaard 15/126
16/111 Pension Reforms in Mauritius: Fair and FastBalancing
Inequality, Gender Gaps and Economic Growth: Comparative Social Protection and Fiscal Sustainability
Evidence for Sub-Saharan Africa Soto, Mauricio, Vimal Thakoor, Martin Petri
Hakura, Dalia, Mumtaz Hussain, Monique Newiak, 15/99
Vimal Thakoor, Fan Yang How to Improve the Effectiveness of Monetary Policy in the
16/24 West African Economic and Monetary Union
South Africas Exports Performance: Any Role for Structural Kireyev, Alexei
Factors?
15/83
Anand, Rahul, Roberto Perrelli, Boyang Zhang Do Resource Windfalls Improve the Standard of Living in Sub-
16/17 Saharan African Countries?: Evidence from a Panel of Countries
Unintended Consequences: Spillovers from Nigerias Fuel Lee, Munseob, Cheikh A. Gueye
Pricing Policies to Its Neighbor
15/49
Mlachila, Montfort, Edgardo Ruggiero, David Corvino Remittances and Macroeconomic Volatility in African Countries
16/12 Jidoud, Ahmat
Commodity Price Shocks and Financial Sector Fragility
15/25
Kinda, Tidiane, Montfort Mlachila, Rasman Ouedraogo Harnessing Resource Wealth for Inclusive Growth in Fragile States
Delechat, Corinne, Will Clark, Pranav Gupta, Malangu Kabedi-
Mbuyi, Mesmin Koulet-Vickot, Carla Macario, Toomas Orav,
Manuel Rosales, Renee Tapsoba, Dmitry Zhdankin, Susan Yang
114
PUBLICATIONS DU DPARTEMENT AFRIQUE DU FMI, 200917
15/17 13/237
Fiscal Policy Implications for Labor Market Outcomes in The InvestmentFinancingGrowth Nexus: The Case of Liberia
Middle-Income Countries Clark, Will, Manuel Rosales
Stepanyan, Ara, Lamin Leigh
13/226
15/12 Making Monetary Policy More Effective: The Case of the
Revisiting the Concept of Dollarization: The Global Financial Democratic Republic of the Congo
Crisis and Dollarization in Low-Income Countries Fischer, Felix, Charlotte J. Lundgren, Samir Jahjah
Mwase, Nkunde, Francis Y. Kumah
13/216
14/241 Fiscal Discipline in WAEMU: Rules, Institutions, and Markets
Global Financial Transmission into Sub-Saharan Africa Hitaj, Ermal, Yasin Kursat Onder
A Global Vector Autoregression Analysis
Canales-Kriljenko, Jorge Ivn, Mehdi Hosseinkouchack, 13/215
Alexis Meyer-Cirkel Inclusive Growth and Inequality in Senegal
Kireyev, Alexei
14/231
Safe Debt and Uncertainty in Emerging Markets: 13/201
An Application to South Africa Africas Got Work to Do: Employment Prospects in the New Century
Saxegaard, Magnus Fox, Louise, Cleary Haines, Jorge Huerta Muoz,
Alun H. Thomas
14/172
A Quality of Growth Index for Developing Countries: A Proposal 13/188
Mlachila, Montfort, Rene Tapsoba, Sampawende J.-A. Tapsoba Resource Dependence and Fiscal Effort in Sub-Saharan Africa
Thomas, Alun H., Juan P. Trevio
14/159
Introducing a Semi-Structural Macroeconomic Model for Rwanda 13/176
Charry, Luisa, Pranav Gupta, Vimal Thakoor Benchmarking Structural Transformation Across the World
Dabla-Norris, Era, Alun H. Thomas, Rodrigo Garcia-Verdu,
14/150 Yingyuan Chen
How Solid Is Economic Growth in the East African Community?
Gigineishvili, Nikoloz, Paolo Mauro, Ke Wang 13/173
Tax Administration Reform in the Francophone Countries of
14/149 Sub-Saharan Africa
Islamic Finance in Sub-Saharan Africa: Status and Prospects Fossat, Patrick, Michel Bua
Gelbard, Enrique, Mumtaz Hussain, Rodolfo Maino,
Yibin Mu, Etienne B. Yehoue 13/161
Financial Depth in the WAEMU: Benchmarking Against
14/143 Frontier SSA Countries
Africa Rising: Harnessing the Demographic Dividend Ahokpossi, Calixte, Kareem Ismail, Sudipto Karmakar,
Drummond, Paulo, Vimal Thakoor, Shu Yu Mesmin Koulet-Vickot
14/94 13/147
Does Openness Matter for Financial Development in Africa? Investing Volatile Oil Revenues in Capital-Scarce Economies:
David, Antonio, Montfort Mlachila, Ashwin Moheeput An Application to Angola
Richmond, Christine, Irene Yackovlev, Shu-Chun Yang
14/51
Surging Investment and Declining Aid: Evaluating Debt 13/144
Sustainability in Rwanda Fiscal Sustainability, Public Investment, and Growth in Natural
Clark, Will, Birgir Arnason Resource-Rich, Low-Income Countries: The Case of Cameroon
Samak, Issouf, Priscilla Muthoora, Bruno Versailles
13/261
Natural Gas, Public Investment and Debt Sustainability in 13/139
Mozambique Inclusive Growth: An Application of the Social Opportunity
Melina, Giovanni, Yi Xiong Function to Selected African Countries
Adedeji, Olumuyiwa, Huancheng Du, Maxwell Opoku-Afari
13/250
Africas Rising Exposure to China: How Large Are Spillovers 13/116
Through Trade? Inclusive Growth and the Incidence of Fiscal Policy in
Drummond, Paulo, Estelle X. Liu MauritiusMuch Progress, But More Could be Done
David, Antonio, Martin Petri
13/239
Money Targeting in a Modern Forecasting and Policy Analysis 13/53
System: an Application to Kenya The Quality of the Recent High-Growth Episode in
Andrle, Michal, Andrew Berg, Enrico Berkes, Sub-Saharan Africa
Rafael A. Portillo, Jan Vlcek, R. Armando Morales Mlachila, Montfort, Marcelo Martinez
115
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
13/51 12/148
Benchmarking Banking Sector Efficiency Across Regional The Relationship between the Foreign Exchange Regime
Blocks in Sub-Saharan Africa: What Room for Policy? and Macroeconomic Performance in Eastern Africa
Boutin-Dufresne, Franois, Santiago Pea, Oral Williams, Stotsky, Janet Gale, Olumuyiwa Adedeji,
Tomasz A. Zawisza Manuk Ghazanchyan, Nils O. Maehle
13/39 12/141
Monetary Transmission Mechanism in the East African Exchange Rate Pass-Through in Sub-Saharan African
Community: An Empirical Investigation Economies and its Determinants
Davoodi, Hamid, Shiv Dixit, Gabor Pinter Razafimahefa, Ivohasina Fizara
12/136
13/34
Welfare Effects of Monetary Integration: The Common
Determinants of Bank Interest Margins in Sub-Saharan Africa
Monetary Area and Beyond
Ahokpossi, Calixte Asonuma, Tamon, Xavier Debrun, Paul R. Masson
13/32 12/127
Exchange Rate Liberalization in Selected Sub-Saharan African As You Sow So Shall You Reap: Public Investment Surges,
Countries: Successes, Failures, and Lessons Growth, and Debt Sustainability in Togo
Mhle, Nils, Haimanot Teferra, Armine Khachatryan Andrle, Michal, Antonio David, Raphael A. Espinoza,
13/31 Marshall Mills, Luis-Felipe Zanna
Inward and Outward Spillovers in the SACU Area 12/119
Canales-Kriljenko, Jorge Ivn, Farayi Gwenhamo, Saji Thomas Tracking Short-Term Dynamics of Economic Activity in Low-
Income Countries in the Absence of High-Frequency GDP Data
13/12 Opoku-Afari, Maxwell, Shiv Dixit
Bond Markets in Africa
Mu, Yibin, Peter Phelps, Janet Stotsky 12/108
Mobilizing Revenue in Sub-Saharan Africa: Empirical Norms
12/290 and Key Determinants
Inequalities and Growth in the Southern African Customs Drummond, Paulo, Wendell Daal, Nandini Srivastava, Luiz
Union (SACU) Region E. Oliveira
Basdevant, Olivier, Dalmacio Benicio, Yorbol Yakhshilikov 12/94
12/280 Monetary Policy in Low-Income Countries in the Face of the
Striking an Appropriate Balance Among Public Investment, Global Crisis: The Case of Zambia
Growth, and Debt Sustainability in Cape Verde Baldini, Alfredo, Jaromir Benes, Andrew Berg, Mai Dao,
Mu, Yibin Rafael Portillo
12/272 12/93
The East African Community: Prospects for Sustained Growth Fiscal Policies and Rules in the Face of Revenue Volatility
Within Southern Africa Customs Union Countries (SACU)
McAuliffe, Catherine, Sweta Saxena, Masafumi Yabara
Basdevant, Olivier
12/249
Financing Growth in the WAEMU through the Regional 12/92
Securities Market: Past Successes and Current Challenges Real Wage, Labor Productivity, and Employment Trends in
South Africa: A Closer Look
Diouf, Mame Astou, Franois Boutin-Dufresne
Klein, Nir
12/208
12/73
Exchange Rate and Foreign Interest Rate Linkages for
Exchange Rate Volatility Under Peg: Do Trade Patterns Matter?
Sub-Saharan Africa Floaters
Lonkeng Ngouana, Constant
Thomas, Alun H.
12/32
12/196 Assessing Bank Competition within the East African Community
A Financial Conditions Index for South Africa
Sanya, Sarah, Matthew Gaertner
Gumata, Nombulelo, Nir Klein, Eliphas Ndou
12/20
12/177 Prudential Liquidity Regulation in Developing Countries:
Estimating the Implicit Inflation Target of the South African A Case Study of Rwanda
Reserve Bank Sanya, Sarah, Wayne Mitchell, Angelique Kantengwa
Klein, Nir
12/18
12/160 Capital Market Integration: Progress Ahead of the East African
Monetization in Low- and Middle-Income Countries Community Monetary Union
McLoughlin, Cameron, Noriaki Kinoshita Yabara, Masafumi
116
PUBLICATIONS DU DPARTEMENT AFRIQUE DU FMI, 200917
12/7 11/204
International Reserves in Low-Income Countries: Have They South Africa: The Cyclical Behavior of the Markups and
Served as Buffers? Its Implications for Monetary Policy
Cripolti, Valerio, George Tsibouris Klein, Nir
11/294 11/202
Inflation Differentials in the GCC: Does the Oil Cycle Matter? Burkina FasoPolicies to Protect the Poor from the Impact of
Mohaddes, Kamiar, Oral Williams Food and Energy Price Increases
Arze del Granado, Javier, Isabell Adenauer
11/281
Effectiveness of Capital Controls in Selected Emerging Markets 11/198
in the 2000s De Jure versus De Facto Exchange Rate Regimes in
Baba, Chikako, Annamaria Kokenyne Sub-Saharan Africa
Slavov, Slavi T.
11/280
How Costly Are Debt Crises? 11/196
Furceri, Davide, Aleksandra Zdzienicka Financial Deepening, Property Rights and Poverty: Evidence
from Sub-Saharan Africa
11/275 Singh, Raju Jan, Yifei Huang
Monetary Policy Transmission in Ghana: Does the Interest
Rate Channel Work? 11/178
Kovanen, Arto FDI from BRICs to LICs: Emerging Growth Driver?
Mlachila, Montfort, Misa Takebe
11/274
Does Money Matter for Inflation in Ghana? 11/176
Kovanen, Arto Determinants of Interest Rate Pass-Through: Do Macroeconomic
Conditions and Financial Market Structure Matter?
11/273
Gigineishvili, Nikoloz
On the Stability of Monetary Demand in Ghana: A Bounds
Testing Approach 11/174
Dagher, Jihad, Arto Kovanen The Quest for Higher Growth in the WAEMU Region: The
Role of Accelerations and Decelerations
11/268
Kinda, Tidiane, Montfort Mlachila
Oil-Price Boom and Real Exchange Rate Appreciation: Is There
Dutch Disease in the CEMAC? 11/172
Trevio, Juan Pedro Fiscal Policy Implementation in Sub-Saharan Africa
Lledo, Victor Duarte, Marcos Poplawski Ribeiro
11/266
The Design of Fiscal Adjustment Strategies in Botswana, 11/149
Lesotho, Namibia, and Swaziland Post-Conflict Recovery: Institutions, Aid, or Luck?
Basdevant, Olivier, Dalmacio Benicio, Borislava Mircheva, David, Antonio, Fabiano Rodrigues Bastos, Marshall Mills
Joannes Mongardini, Genevive Verdier, Susan Yang, Luis-
11/104
Felipe Zanna
Ghana: Will It Be Gifted, or Will It Be Cursed?
11/246 Aydin, Burcu
Do Remittances Reduce Aid Dependency?
Kpodar, Kangni, Maelan Le Goff 11/102
Oil Spill(over)s: Linkages in Petroleum Product Pricing Policies
11/233 in West African Countries
Determinants of Non-oil Growth in the CFA-Zone Oil David, Antonio, Mohamed El Harrak, Marshall Mills,
Producing Countries: How Do They Differ? Lorraine Ocampos
Tabova, Alexandra, Carol L. Baker
11/80
11/232 Feeling the Elephants Weight: The Impact of Cte dIvoires
Inflation Dynamics in the CEMAC Region Crisis on WAEMU Trade
Caceres, Carlos, Marcos Poplawski-Ribeiro, Darlena Tartari Egoum-Bossogo, Philippe, Ankouvi Nayo
11/207 11/73
External Sustainability of Oil-Producing Sub-Saharan African ICT, Financial Inclusion, and Growth Evidence from
Countries African Countries
Takebe, Misa, Robert C. York Andrianaivo, Mihasonirina, Kangni Kpodar
11/205 11/69
The Cyclicality of Fiscal Policies in the CEMAC Region Fiscal Sustainability and the Fiscal Reaction Function for
Mpatswe, Gaston K., Sampawende J. Tapsoba, South Africa
Robert C. York Burger, Philippe, Alfredo Cuevas, Ian Stuart, Charl Jooste
117
PERSPECTIVES CONOMIQUES RGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
11/64 10/191
Reviving the Competitive Storage Model: A Holistic Approach A Macro Model of the Credit Channel in a Currency Union
to Food Commodity Prices Member: The Case of Benin
Miao, Yanliang, Weifeng Wu, Norbert Funke Samak, Issouf
11/59 10/166
Inflation Uncertainty and Relative Price Variability in WAEMU How Do International Financial Flows to Developing
Fernandez Valdovinos, Carlos, Kerstin Gerling Countries Respond to Natural Disasters?
11/57 David, Antonio
Modeling Inflation in Chad 10/162
Kinda, Tidiane Exchange Rate Assessment for Sub-Saharan Economies
11/48 Aydin, Burcu
Fiscal Expectations under the Stability and Growth Pact: 10/148
Evidence from Survey Data Balance Sheet Vulnerabilities of Mauritius during a Decade
Poplawski-Ribeiro, Marcos, Jan-Christoph Rulke of Shocks
11/40 Imam, Patrick A., Rainer Koehler
Growth in Africa under Peace and Market Reforms
10/140
Korbut, Olessia, Gonzalo Salinas, Cheikh A. Gueye Beyond Aid: How Much Should African Countries Pay to Borrow?
11/20 Gueye, Cheikh A., Amadou N.R. Sy
Feeling the Elephants Weight: The Impact of Cte dIvoires
10/136
Crisis on WAEMU Trade
Banking Efficiency and Financial Development in
Egoum-Bossogo, Philippe, Nayo Ankouvi Sub-Saharan Africa
11/9 Kablan, Sandrine
Capital Flows, Exchange Rate Flexibility, and the Real
10/132
Exchange Rate
FDI Flows to Low-Income Countries: Global Drivers and
Kinda, Tidiane, Jean-Louis Combes, Patrick Plane Growth Implications
10/292 Dabla-Norris, Era, Jiro Honda, Amina Lahrche-Rvil,
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