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CABANTOUS

Droit Public

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RPIT'TIONS ECRITES
' sun LE

DROIT PUBLIC
__,.I- ....y ._. V

ADMINISTRATlF
LEXPOS DES PRINCIPES GNRAUX
LEURS MOTIFS

ET LA SOLUTION DES QUESTIONS THORIQUES

I'AI\

M. L. CABANTOUS .. .

PIOPE>SELR m: mon .munmnnm A L.\ FACULT nux

3 DITION, REVUE El' COhSIDRAUI.FMENT AUGMENTE. MISE AU COURANT '


DU PROGRAMME DE LA FACULT

_ PARIS
A. MARESCQ AIN, LIIIHAlHE-DI'IEUH
17, nus SOUFFLOI, I7 v
\ ,""' _ 1863 ' /hI
_-___.
REPTITIONS ECRITES

SUR LE

DROIT PUBLIC
L

ADMINISTRATIF
.o

nnprtmb par Charles Noblcl. me Sou!hl, 18.


u

RPTITIONS CRIT{IS

DROIT )UBLIG
5 ADMINISTRATIF
LEXPOS DES PRINCIPES GNRAUX
LEURS MOTIFS

ET LA SOLUTION DES QUESTIONS 'I'IIOBIQUES

'II

M. L CABIITDIJS
Prufcsseur de droit administratif ct_doyen de la facult d'Aix, ancien bitonnier de l'ordre
des avucau la Cour impriale de la mme ville.
membre correspondant de l'Acadmie de Lgislation de Toulouse.

TROISIME DITION
IEVI. Ilnl AU COURANT Dl LA LGIHLATIDN IT CDNIIDLRABLIIB'IT llGIENTIH

PARIS
MARESCQ AIN, LlBHAIRE-DITEUR
I7, aux sourno1, I7
t

I 863
.:!.I .II.
.J;'. |
PRFACE 7
DE LA TROISIME DITION

Je publie aujourdhui la troisime dition des Rptitions


crites sur le droit public et adminislratif. Deux ditions,
puises en moins de huit ans, tmoignent de la faveur que
mon ouvrage a obtenue du public, et m'encouragent lui con
server son titre et sa mthode, malgr les critiques dont l'un
et lautre ont t l'objet.
Jai maintenu le cadre que je m'tais primitivement trac,
et dont lutilit mest de plus en plus dmontre par lexp
rience. Jen ai seulement largi les proportions, et jy ai fait
entrer sans effort plusieurs matires importantes dont on
m'avait signal lomission. Les contributions directes et indi
rectes, les brevets d'invention, la proprit littraire et artis
tique s'y trouveront dsormais traits avec les dveloppe
men ts ncessaires.
Jai combl, sur dautres points, quelques lacunes par
tielles. Je me suis appliqu mettre en lumire les rgles
spciales ladministration de lAlgrie et des colonies, et
faire ressortir leur assimilation progressive aux institutions
de la mtr0pole.
\l rmmm.
Je nai pas besoin dajouter que jai revu mon manuscrit
avec soin, et que je lai partout mis au courant de la lgisla
tion et de la jurisprudence les plus rcentes. Tout crivain
didactique doit ses lecteurs la plus complte exactitude, et
ce devoir est particulirement imprieux vis vis de la jeu
nesse, que des notions mal dnies en mal justies indui-
sont si aisment. en erreur.
A chaque nouvelle dition, mon ouvrage sest accru et per
fectionn, et il en sera de mme lavenir. Jacquitte ainsi
une dette de reconnaissance envers le public, et je m'appro
che par degrs du but constant de mes efforts : la plnitude
dansla brivet, la clart dansla concision.
BPTITIONS GBITES

DROIT PUBLIC ET ADMINISTRATIF

NOTIONS PRLIMINAIBES

SOI IAIHE.

a.>o:wu. . Comparaison entre le droit public et le droit priv.


. Objet du droit public.
. Objet du droit administratif.
. Objet de cet ouvrage.
. Sources du droit public.
65 Constitutions.
7. Sources du droit administratif.
8. Lois.
9. Actes du pouvoir excutif,
lO. Caractre et division des pouvoirs publics.
11. Dnition et. nature de lautorit administrative.
12. Caractres essentiels de lautorit administrative.
13. Unit ou centralisation. .
li. Indpendance par rapport l'autorit judiciaire.
15. Sparation de laction, du contrle et du jugement.
16. Division gnrale de cet. ouvrage.

l. Le droit, dans son acception la plus gnrale, embrasse le Quelles sont les
droit public et le droit priv. Cette division, emprunte aux juris
consultes romains, s'est perptue travers les ges et conserve le dm Dm
aujourd'hui toute son autorit, parce quelle est fonde sur la na
ture mme des choses. On comprend, en effet, que les rgles qui
prsident l'organisation du gouvernement et ses rapports, soit
avec les gouvernements trangers, soit avec les gouverns, se rat
tachent ncessairement un autre principe que celles qui xent les
rapports mutuels des particuliers entre eux. Le principe fondamen
2 NOTIONS PRLIMINAIRES.
ta] du droit public est lintrt social, tandis que celui du droit
priv est l'quit naturelle.
De cette diffrence essentielle en dcoulent de secondaires qui
rendent encore plus sensible la sparation entre les deux grandes
branches du droit. Lintrt social tant minemment variable sui
vant lcs circonstances de temps et de lieu, le droit public doit pr
senter au plus haut degr le double caractre de diversit et de mo
bilit. Le droit priv, au contraire, tend incessamment devenir
uniforme et permanent, lexemple de lquit naturelle dont il est
lapplication. De mme, la difcult de runir en corps de doctrine
les donnes si multiples et si ottantes de lutilit politique, expli
que comment, dune part, la science du droit public est beaucoup
moins avance que celle du droit priv; comment, dautre part, le
droit public na pu, jusqu prsent, tre codi dans aucun pays,
tandis que le droit priv lest compltement en France depuis un
demi-sicle.
_En quoi le droit pu: Nonobstant ces diffrences, il est un point par lequel le droit pu
,QZL} blic et le droit priv, tels que nous les considrons ici, se rappro
chent et se ressemblent. L'un et lautre sont fonds sur des actes l
galement obligatoires, sur des monuments mans de la puissance
publique, et non sur les pures dductions de la raison, sur les opi
nions personnelles dun philosophe ou dun jurisconsulte. En dau
tres termes, ils appartiennent tous deux la lgislation positive, et
cest par la seulement qu'ils mritent la qualication de droit. Ce
que lon appelle communment droit naturel ou des gens, serait
mieux nomm philosophie sociale dans l'ordre des intrts privs,
philosophie politique dans lordre des institutions publiques, philo
sophie diplomatique dans lordre des relations internationales.
Quelles sont les di- 2. Tandis que le droit priv comprend essentiellement le droit ci
vet-ses branches du . , . . . . .
droit Public? Vil, la procedure cmle, le dr01t commercial et accessozrcment le
droit criminel, comme sanction et garantie des rgles du droit ci
vil : le droit public, dans son sens le plus tendu, embrasse le droit
international, le droit constitutionnel et le droit administratif.
d QunPd-qn par Le droit international est lensemble des rgles qui prsident aux
rmt Intel national. . . . , . . , .
rapports remproques des nations. C est ce dr01t qui a t Justement
appel par Grotius : Droit de la guerre et de la paix.
Q}Ienten-on par Le droit constitutionnel, nomm aussi droit public proprement
dm "" dit, est lensemble des rgles concernant lorganisation des pouvoirs
publics, leurs rapports mutuels, ainsi que les garanties assures
aux citoyens.
Queniepq-on_ par 3. Le droit administratif est lensemble des rgles qui xent les
dm" dm'msml' rapports des particuliers avec lautorit administrative.
l)irences entre la Cette dnition montre clairement en quoi la science du droit ad
f{,3 ;{'g};{,;g ministratif diffre de celle de ladministration. On a souvent con
"mlmi"ismlim fondu ces deux sciences qui se distinguent cependant lune de lau
NOTIONS PRLIMINAIRES . 3

tre par leur objet, leur caractre et leur but. La premire nem
brasse que laction de lautorit administrative sur les administrs,
tandis que la seconde comprend aussi et principalement les devoirs
hirarchiques des administrateurs entre eux. La premire est essen
tiellement domine par les principes gnraux du droit, tandis que
la seconde, beaucoup plus exclusivement pratique, est presque en
tirement subordonne lempire des traditions et des usages. La
premire, enn, ne se propose que dclairer les particuliers sur
leurs droits et leurs obligations envers lautorit; tandis que la se
conde tend former des administrateurs, au double point de vue
du gouvernement et des gouverns. Ainsi la science du, droit admi
nistratif peut tre considre comme une branche de celle de lad
ministration. Elle en est la partie qui prsente lutilit la plus gn
rale, qui a donn lieu au plus grand nombre de lois positives, et
dont la nature est la mieux approprie lesprit du droit priv. A
ces divers titres, elle devait tre, comme elle est en effet, la seule
comprise dans le cadre ofciel de lenseignement public.

4. Les considrations qui prcdent suffisent pour indiquer les Rapports rcipm.
limites naturelles de cet ouvrage. Nous ny traiterons nullement du g:lgelf mli;
droit international, dont les thories se meuvent dans une sphre droit administratif.
trop suprieure celle des intrts privs. Nous ny embrasserons
mme le droit constitutionnel ou droit public proprement dit, quau
tant que la connaissance en est ncessaire pour convenablement
coordonner et faire bien comprendre les rgles du droit adminis
tratif. Il est difcile, en effet, de les sparer compltement lun de
lautre, le droit public formant en quelque sorte les ttes de cha
pitre dn droit administratif, suivant la trsjuste observation de
lillustre Bossi, ou, ce qui revient au mme, fournissant les prin
cipes dont le droit administratif dtermine lapplication.
De l aussi dcoulent lordre que nous suivrons, et le choix que
nous avons d faire parmi les nombreuses matires qui soffraient
notre examen. Par les raisons que nous venons de dduire, les no
tions lmentaires sur le droit public prcderont celles plus appro
fondies et plus dveloppes que nous donnerons sur le droit ad minis
tratif. Pour chacun de ces droits, d'ailleurs, nous nous bornerons
lexposition des rgles les plus incontestables et de lintrt le plus
gnral; ngligeant dessein tout ce qui est vague et indcis, ou
tout ce qui na pour lensemble des particuliers qu'une porte trs
indirecte et trs-loigne. \
Cest ainsi que pour le droit public nous nous renfermerons scru- Quel est lobjet es
puleusement
y rattacher dans
les dveloppements
le cadre trac par
historiques
la constitution
indispensables
en vigueur,
pour
sauf
la blic'-

saine et complte intelligence de ses dispositions.


De mme, pour le droit administratif, nous ne nous occuperons Qqel est l'objet es
que de la hirarchie administrative; mais en ayant soin, au sujet des ""' d " ''
4 NOTIONS rerrnmamas.
mqtaire droit ad attributions de chaque autorit, d'exposer ltat de la lgislation et
"""" de la jurisprudence sur les matires administratives, les plus impor
tantes et les plus usuelles.
Sources histor ue_a 5. Les sources historiques du droit public consistent autant dans
EL_" d " les usages traditionnels que dans les constitutions crites. Ses sour
\
ces actuelles sont la constitution du 14 janvier 1852, et les snatus
consultes qui lui servent de complment.
Qu-emnd.nn p... 6. On donne le. nom de constitution lensemble des rgles fon
""" " damentales qui dterminent la forme du gouvernement et les ga
ranties des citoyens, soit que ces rgles aient t constates par
crit, soit qutablies successivement et graduellement, elles fassent
partie des murs nationales et se conservent par la seule autorit
de la tradition.
Comparaison entr_e Il ne faut pas croire que les constitutions purement traditionnelles
soient les moins respectes et les moins durables. Cest tout le con
5il'llons crite! traire qui a lieu. Leur origine, n'ayant rien daccidentel ni d'arbi
traire, est entoure de la vnration gnrale. Le temps qui les a
cres, les modie incessamment sans jamais les dtruire, et leur
existence na dautre limite que la nationalit ellemme dont elles
sont le produit spontan et progressif. La constitution romaine, dans
lantiquit, la constitution anglaise, dans}cs temps modernes, sont
deux exemples remarquables de la longvit des constitutions pure
ment traditionnelles. Les constitutions crites ne possdent pas, en
gnral, cette nergie de rsistance contre laction des rvolutions
politiques, parce quelles sont souvent ellesmmes le rsultat subit
et irrchi dvnements de ce genre. Elles ont toutefois une vri
table utilit en ce quelles supplent labsence de constitutions
traditionnelles, dans les pays o lesprit public na ni assez de fer
met ni assez de persvrance pour en prparer lavnement. Elles
peuvent dailleurs prsenter de notables chances de dure, lorsque
leurs fondateurs ont eu la sagesse de les adapter au caractre des
peuples quelles sont destines rgir, et dy rserVer des moyens
lgaux et paciques de transformation et de perfectionnement.
cnln ar:pqqsgav&: En France, avant 1789, il existait. certainement un ensemble
Variable mnsmun dinstitutions politiques, de maximes fondamentales qui prsidaient
'""""" au gouvernement de la monarchie; mais ces institutions et ces
maximes ntaient ni assez prcises, ni assez permanentes, ni assez
obligatoires pour mriter le nom dune vritable et srieuse consti
tution traditionnelle. En effet, quoiquil ft de principe que les lois
en gnral, et surtout les lois dimpt supposaient le consentement
explicite de la nation ou de ses mandataires, aucune convocation des
tats gnraux navait en lieu depuis 1614 jusqu 1789, cest-
dire durant le long intervalle de 175 ans. De mme, la rgle d'ina
linabilit du domaine de la couronne, quoique formellement crite
dans ldit de Moulins de 1566, navait empch aucun souverain de
NOTIONS PRLIMINAIRES. 5
consentir des alinations au prjudice de ce domaine. De mme
enn, les traditions ou les chartes qui garantissaicnt aux communes
la libre lection de leurs magistrats locaux n'avaient pas mis obs
tacle ce que ce droit d'lection, supprim dabord en 4690. puis
alternativement rendu et retir plusieurs reprises pendant prs
dun sicle, ft demeur dnitivement aboli depuis l'dit de novem
bre 1771. En rsum, partir du rgne de Louis XIV, lautorit
royale avait tout absorb, malgr la rsistance des parlements dont
laction politique, trangre leurs attributions lgales et mal dfi
nie dans son exercice, ntait elle-mme quun excs de pouvoir,
encourag et amnisti par l'opinion publique. La vritable expression
de}ancien rgime se trouvait dans le mot clbre de Louis XIV:
lEtat, c'est moi. Maxime trs-automatique; mais par cela mme
fort peu constitutionnelle.
La rvolution de 1789, justie dans ses causcs par labsence de , Quel a t, en poli
toute constitution traditionnelle ou crite, eut pour rsultat imm uque, le principe es
senticl et fondamen
diat et durable le changementlc plus profond dans lordre politique ta] de la rvolution de
4789?
aussi bien que dans l'ordre social. Dans lordre social, ses effets ne
sont contests par personne. Lgalit devant la loi, la libert civile
et le complet affranchissement du sol de toute charge fodale, ces
trois grandes bases de la socit actuelle, sont autant dinnovations
que leurs adversaires comme leurs partisans luiattribucnt dun avis
unanime, et dont ils lui reportent sans hsitation lhonneur ou le
blme. Mais, dans l'ordre politique, la continuit de son inuence est
l'objet dassez vives controverses. 11 se rencontre destimables es
prits qui soutiennent de bonne foi quen cette matire, luvre de la
rvolution de 4789, tantt dpasse, tantt dlaisse, na pu suppor
ter lpreuve du temps et quil nen reste plus trace aujourdhui.
Cest la une grave erreur, que l'observation attentive et impartiale
des faits suft pour dissiper. Le principe essentiel et fondamental
qui prvalut en 1789, ce fut lavnement de la nation l'exercice
habituel et rgulier du pouvoir lgislatif. Ce principe tait nouveau ,
car, depuis 175 ans, la nation avait pu tre impunment prive de
tout concours la confection des lois, et elle ny avait particip an
trieurement qu de longs intervalles et suivant le bon plaisir du roi.
Il a t fcond et durable;car toutes les constitutions ultrieures
lont dlement reproduit et maintenu, sauf lappliquer plus ou
moins largement en tendant ou restreignant la part de la reprsen
tation nationale. Cest ce que nous allons dmontrer par une rapide
analyse des diverses constitutions qui ont rgi la France depuis 1789
jusqu nos jours.
Ces constitutions, y compris celles qui nous gouvernent actuel numratiou des (li
lement, et en comptant aussi celles qui nont eu quune existence verses constitnuons
_
franaises depuis I789.
ofcielle ou qui sont restes ltat de projet, ont t au nombre de
dix-sept :
6 NOTIONS PRLIMINAIRES.

Constitution de 1 La constitution vote par la premire Assemble constituante,


m" le 3 septembre 1791, et sanctionne par Louis XVI le 14 du mme
mois, dfrit le pouvoir excutif au roi, et partageait le pouvoir
lgislatif entre le roi et une assemble unique, compose de repr
sentants temporaires lus par le peuple. La part du roi dans lexer
cice du pouvoir lgislatif tait limite au droit de refuserla sanction
aux dcrets de lAssemble lgislative; refus qui navait quun e'et
suspensif, puisque si les deux lgislatures postrieures celle qui
avait prsent le dcret reprsentaient successivement le mme
dcret dans les mmes termes, le roi tait cens avoir donn la
sanction. La constitution de 1791 ne fut pas soumise lacceptation
du peuple ; mais lassemble qui la dcrta tait investie du mandat
le plus tendu et le plus formel;
Constitution de 2La constitution vote parla Convention nationale le 25 juin 1703
'793' rservait aux citoyens euxmmes, runis en assembles primaires,
le soin de dlibrer sur les lois , confrait un Corps lgislatif,
compos de dputs directement lus par les assembles primaires;
le droit de proposer des lois sur les objets dintrt permanent, et
de rendre des dcrets sur les mesures accidentelles ou locales; con
ait enn Ia direction et la surveillance de ladministration gnrale
' un conseil excutif, compos de vingt-quatre membres nomms
par le Corps lgislatif. La constitution de 1793 fut prsente lap
probation du peuple et accepte par 1,801,918 citoyens contre
11,610 qui la rejetrent; mais elle ne fut jamais excute, ayant t
presque immdiatement remplace par l'institution dun gouverne
ment rvolutionnaire;
|,m constitutifs 3 Les dcrets de la Convention nationale des 19 vendmiairc et
'3' M_ frimaire an Il, aprs avoir dclarhque le gouvernement provi
soxrc de la France serait rvolutionnaire Jusqu' la paix, organis
rent ce gouvernement daprs les bases suivantes: la Convention
nationale fut le centre unique de limpulsion du gouvernement; le
Conseil excutif provisoire, les ministres, les gnraux, les corps
constitus, les fonctionnaires publics de tout ordre furent placs
sous la surveillance immdiate de deux comits de cette Assemble:
celui de salut public et celui de sret gnrale. Les dcrets de
lan II, en crant au prot de la Convention nationale le despotisme
le plus absolu dont l'histoire ait jamais offert lexemple, inaugurrent
l'poque sanglante connue sous le nom de rgime de la terreur;
constitution de pan 4 La constitution vote par la Convention nationale, le 5 fruc
"" tidor an Il], partageait le pouvoir lgislatif entre deux assembles
lectives: le conseil des Cinq-Cents, seul charg de la proposition
des lois, et le conseil des Anciens, ayant pour mission dapprouver
ou de rejeter dans son ensemble chacune des pr_opositions de loi
faite par le conseil des CinqCents. Elle dfrait le pouvoir ex
cutif un directoire de cinq membres nomms par le conseil des
NOTIONS PRLIMINAIRES. 7
Anciens sur une liste de candidats prsente par le conseil des Cinq
Cents. La constitution de l'an [Il fut soumise lapprobation du
peuple. 1,057,390 citoyens lacceptrent; 49,977 la rejetrent;
5 La constitutiou dcrte le 22 frimaire an VIIl par les deux Constitution de l'an
commissions lgislatives, nommes le 49 brumaire prcdent pour Il.
remplacer provisoirement les deux conseils des Anciens et des Cinq
Cents, partageait le pouvoir lgislatif entre le gouvernement qui
avait seul la proposition des lois, une premire assemble lective,
dsigne sous le nom de Tribunat, qui les discutait et en votait
ladoption ou le rejet, et une seconde assemble, pareillement lec
tive, spcialement appele Corps lgislatif, parce que ctait celle
qui faisait la loi en statuant par scrutin secret, et sans aucune dis
cussion de la part de ses membres, sur les projets de loi dbattus
devant elle par les orateurs du Tribunat et du gouvernement. Le
gouvernement, cestdire le pouvoir excutifdans sa plus complte
acception, tait con trois consuls nomms pour dix ans et ind
niment rligibles, avec des attributions privilgies pour le pre
mier consul, le gnral Napolon Bonaparte. Au sommet de cette
organisation, assez complique, tait institu un snat c07wcrvateur,
ainsi nomm parce quil tait errpressment charg de maintenir ou
dannuler tous les actes qui lui taient dfrs comme inconstitu
tionnels par le Tribunaou le gouvernement. Le Snat tait compos
de quatre-vingts membres, inamovibles et vie. Il se recrutait lui
mme en choisissant, pour chaque place, entre trois candidats pr
sents, le premier par le Corps lgislatif, le second par le Tribunat,
le troisime par le premier consul. Il lisait, dans la liste nationale
d'ligibilit, les lgislateurs, les tribuns et les consuls. La constitu
tion de lan VIII fut soumise au vote populaire. Elle fut accepte
par 3,011,000 suffrages contre 1,569 qui la rejetrent;
6 Le snatuscnnsulte du 16 thermidor au X napporta que deux Snstus-consulte de
changements considrables la constitution de lan VIII. Il substitua l'an x.

des consuls vie aux consuls nomms pour dix ans, et accrut beau
coup les prrogatives du premier consul. Ce snatusconsulte ne fut
pas soumis lacceptation du peuple; mais le peuple avait pra
lablement consult sur la question de savoir si le premier consul
devait tre consul vie; question sur laquelle il y avait eu
3,568,885 votes afrmatifs contre 8,374 votes ngatifs;
7 Le snatus-consulte du 28 oral au XII cona le gouvernement Snatus-nlulte de
un empereur hrditaire; investit le premier consul de la dignit lan XII.

impriale, sous le nom de Napolon I"; nadmit pour le recrute


ment du Snat que la prsentation de lempereur; y t entrer de
plein droit les princes franais et les titulaires des grandes dignits de
lempire; autorisa l'empereur y nommer directement les citoyens
quil en jugerait dignes. Le Tribunat fut divis en trois sections dis
tinctes, dont chacune devait discuter sparment les projets de loi
8 NOTIONS PRLIMINAIRES.

qui lui taient transmis par le Corps lgislatif. En aucun cas les pro
jets de loi ne pouvaient tre discuts par le lribunat en assemble
gnrale. Le snatusc0nsulte de lan XII ne fut pas soumis en entier
lacceptation du peuple; mais le peuple fut expressment consult
sur la disposition relative la dignit impriale. Le procsverbal
arrt le 12 brumaire an XIII constats 3 ,572,329 votes affirmatifs
contre 2,569 votes ngatifs;
woS;*natuscnnsulte de 8 Le snatus-consulte du 19 aot 1807 apporta un grand chan
' gement aux constitutions antrieures, en supprimant le 'lrihunat
et en confrant la discussion pralable des lois, dont ce corps tait
charg, trois commissions distinctes, formes au sein du Corps
lgislatif. Le snatusconsulte de 1807 ne fut ni prcd ni suivi
daucun vote populaire;
Constitution du a 9 La constitution dcrte par le Snat conservateur le 6 avril
' 1814, antrieurement la premire abdieation de Napolon I", r
tablissait le gouvernement royal au profit de Louis XVIII. Elle d
frait le pouvoir excutif au roi, et partageait le pouvoir lgislatif
entre le roi, le Snat et le Corps lgislatif. Le roi avait seul l'ini
tiative et la sanction deslois. Le Snat et le Corps lgislatif en avaient
tous deux successivement la discussion et le vote. Les snateurs
taient nomms par le roi; leur dignit tait inamovible et hrdi
taire de mle en mle par primoguiture. Les dputs au Corps l
gislatif taient choisis immdiatement par les collges lectoraux.
La constitution du 6 avril 1811 devait tre soumise lacceptation
du peuple et celle du roi; mais la rapidit des vnements nayant
permis de remplir ni lunen lautre de ces deux conditions, elle ne
fut quun simple projet sans aucune espce dexcution;
int-te du a ,um 10 La charte constitutionnelle, octroye par Louis XVIII en vertu
' de son autorit royale, et publiquement lue le 4 juin 1814 en sance
solennelle du Snat et du Corps lgislatif, dfrait au roi la puis
sance excutive, et partageait la puissance lgislative entre le roi,
la Chambre des pairs et la Chambre des dputs. Le roi avait seul
l'initiative et la sanction des lois. Les deux chambres taient suc
cessivement appeles les discuter et les voter. La nomination des
pairs appartenait au roi, qui pouvait les nommer vie ou les rendre
hrditaires, selon sa volont. Les dputs ne pouvaient tre admis
quautant quils taient gs de quarante ans et quils payaient une
contribution directe de mille francs. Ils taient nomms par des lec
teurs ayant au moins trente ans et payant trois cents francs de
contributions directes. Comme on le voit, la charte du 4 juin 1814
ne dirait essentiellement de la constitution vote le 6 avril prc
dent par le Snat conservateur, que sous le rapport du principe qui
lui servait de base et du droit dont elle manait. Elle tait luvre
de la prrogative royale, tandis que celle dentelle reproduisait les
plus importantes dispositions avait fait appel la souverainet du.
mucus PRLIMINAIRES. 9
peuple. Elle ne dut, par consquent, tre soumise aucune accep
tation demande aux citoyens. Elle fut seulement lobjet de deux
adresses dadhsion, de la part des deux assembles qui en avaient
entendu la lecture solennelle et publique;
H Lacte additionnel aux constitutions de lempire, dcrt le Acte additionnel
aux constitutions de
22 avril 1815 par Napolon 1", aprs son retour de lle d'Elbe, d l'empire.
frait le pouvoir excutif lempereur, et partageait le pouvoir
lgislatif entre lempereur, la Chambre des pairs et la Chambre des
reprsentants. Lempereur avait seul linitiative et la sanction des
lois. Les deux chambres en avaient la discussion et le vote. La
Chambre des pairs tait hrditaire ; les membres en taient nom
ms, pour la premire fois, par lempereur. La Chambre des repr
sentants tait lective ; les membres en taient directement choisis
parles collges lectoraux de dpartement et darrondissement.
Lacte additionnel aux constitutions impriales, videmment calqu
sur la charte royale de 18m, devait tre soumis lacceptation
du peuple; mais la guerre qui dut tre immdiatement soutenue
contre les trangers, ne permit pas de remplir cette formalit. En
consqueu, il fut procd durgence llection de la cham
bre des reprsentants;
i? Le projet dacte constitutionnel, prsent par la commission Projet de CI'Innlitu
tien de la chambre
centrale de la Chambre des reprsentants, le 29 juin 1815, aprs la des reprsentants.
seconde abdication de Napolon I", dfrait le pouvoir excutif
Napolon ll,son ls, et, aprs lui, un monarque de sa race. Le peu
voir lgislatif tait partag entrele monarque, une chambre des pairs
hrditaire et une chambre des reprsentants lue par les collges
lectoraux. Linitiative des lois appartenait galement chacune des
deux chambres et au gouvernement. Le projet de constitution sou
mis la Chambre des reprsentants devait tre prsent lac
ceptation du peuple; mais les vnements ne laissrent mme pas
le temps den achever la discussion. Les trangers, matres de Pa
ris, rent fermer la salle des sances de la Chambre des reprsen
tants, et, ds le 13 juillet t815, le gouvernement de Louis XVIII
tait rtabli et commenait fonctionner. Une ordonnance rendue
cette date pronona la dissolution de lancien Corps lgislatif, de
venu Chambre des dputs la suite de la promulgation de la
charte, et prescrivit llection dune nouvelle Chambre des dpu
ts, daprs un systme lectoral qui modiait en plusieurs points
essentiels les dispositions de la charte. Ces changements furent
rvoqus par lordonnance du 5 septembre 18I6, et ds lors la
charte de 1814 reut sa pleine et entire excution;
13 Les ordonnances du 25 juillet 1830 ne changeaient pas la Ordonnance: d01830.
rpartition des pouvoirs tablis par la charte de 1814 ; mais elles
suspendaient la libert de la presse priodique contrairement une
de ses dispositions formelles, et tablissaient un nouveau systme
10 ' NOTIONS PRLIMINAIRES.
lectoral en contradiction manifeste avec lensemble des lois en vi
gueur. La rvocation de ces ordonnances par une ordonnance ult
rieure du 29 juillet 1830 nempcha pas la rvolution quelles
avaient provoque de saccomplir ;
charte de 1830. M" La charte vote par la Chambre des dputs, le 7 aot 1830,
adopte le mme jour par la Chambre des pairs, et solennellement
accepte par le nouveau roi en prsence des deux Chambres le 9
du mme mois, transfrait la royaut au duc d0rlans, sous le
nom de Louis-Philippe I. Elle conait le pouvoir excutif au roi,
et partageait le pouvoir lgislatif entre le roi, la Chambre des
pairs et la Chambre des dputs. La pr0position des lois appar
tenait chacune des deux chambres, aussi bien quau. roi.
Le roi seul avait le droit de les sanctionner et de les promulguer.
La constitution de la pairie, qui avait t formellement rserve
lors du vote de la nouvelle charte, t lobjet dune loi spciale du
99 dcembre 1831, dont le texte devint un article de la charte
elle-mme. Aux termes de cet article, la nomination des membres
de la Chambre des pairs appartenait au roi qui ne pouvait les choi
sir que parmi certaines notabilits. expressment dsignes. Leur
dignit tait confre vie et ntait pas transmissible par droit
dhrdit. Daprs les dispositions de la charte, compltes par la
loi lectorale du 19 avril 1831 , les membres de la Chambre des d
puts deVaient tre gs de trente ans et payer cinq cents francs de
contributions directes. Ils taient lus par des lecteurs ayant au
moins vingt-cinq ans et payant deux cents francs de contributions
directes. La charte de 1830, qui ntait qu'une rvision de celle de
1814, fut vote par des assembles qui nen avaient pas reu le
mandat, et on ne la soumit aucune acceptation expresse de la
part des citoyens;
Cons!itutiondelBl8. 15 La constitution dcrte par la seconde Assemble consti
tuante, le 4 nowmbre 1818, dfrait le pouvoir lgislatif une as
semble unique, dsigne sous le nom dAssemhle nationale. Les
membres en taient nomms par le suffrage direct et universel des
citoyens. Le pouvoir excutif tait dlgu un prsident de la r
publique lu pour quatre ans, au scrutin secret et la majorit ab
solue des votants, par le suffrage direct de tous les lecteurs des
dpartements franais et de lAlgrie. Le prsident de la rpublique
partageait linitiative des lois avec les membres de lAssemble na
tionale; mais elles navaient pas besoin dtre sanctionnes par
lui, et il avait seulement le devoir de les promulguer dans un dlai
rigoureusement x. La constitution de 1818 ne fut pas soumise
l'acceptation du peuple; mais elle manait dune assemble issue du
surage universel et expressment nomme pour la voter;
, Constitution du M [6 La constitution faite le 11 janvier 1852, par le prsident de
jan\ll 1852. . . . . .
la ItPllbhtllt LouisNapolon Bonaparte,en vertu des pouvons
NOTIONS PRLIMINAMS. M
qui lui avaient t formellement dlgus, conait le gouvernement
de l'Etat pour dix ans au prince LouisNapolon Bonaparte, sous
le nom de prsident de la rpublique. La puissance lgislative tait
partage entre le prsident, le Snat et le Corps lgislatif. Le prsi
dent avait seul linitiative et la sanction des lois. Le Corps lgislatif
dont les membres taient lus par le surage universel, les discutait
et les votait. Le Snat dont les membres, inamovibles_etvie,taient
nomms par le prsident, les examinait avant leur promulgation
pour sassurer de leur constitutionnalit. La constitution du 14 jan
vier 1832. qui offre avec celle de lanVlll les plus grandes analogies,
et qui continue nous rgir, sauf la substitution du gouvernement
imprial la prsidence dcennale, na pas t soumise laccepta
tion du peuple ; mais le peuple avait t pralablement consult sur
les dispositions qui devaient lui servir de bases, ainsi que sur la
question de savoir si le pouvoir constituant serait dlgu Louis
Napolon. Cette question a donn lieu 7,439,216 votes afrmatifs,
contre 640,737 votes ngatifs;

17" Le snatus-consulte du 7 novembre 1852 na fait'quun seul Snmus-mnsulte du


7 novembre 52.
changement essentiel la constitution du 14 janvier prcdent, en
rtablissant lempire hrditaire au prot du prsident de la rpu
blique, sous le nom de Napolon 111. Ce snatusconsulte na pas
t soumis en entier l'acceptation du peuple; mais le peuple a t
expressment consult sur la question de savoir si la dignit imp
riale serait rtablie dans la personne de LouisNapolon Bomaparte.
avec hrdit dans sa famille. Cette question a donn lieu 7,824,189
votes afrmatifs, contre 253,145 votes ngatifs.
La constitution du M janvier 1852 et le snatusconsulte du tat politique ac
7 novembre de la mme anne, complt par un snatusconsulte el.
ultrieur du 25 dcembre suivant, composent dans leur ensemble
ltat politique actuel. La puissance excutive appa1tient lempe
reur. La puissance lgislative est partage entre lempereur qui a
seul linitiative et la sanction des lois; le Corps lgislatif qui les dis
cute et les vote; le Snat qui en vrie la constitutionnalit avant
leur promulgation. Les snateurs, inamovibles et vie, sont nomms
par l'empereur. Les dputs au Corps lgislatif sont lus pour six ans
par le suffrage direct et universel des citoyens.
Toutes les constitutions qui prcdent, sauf deux exceptions, ont Rsum gnral.
t plus ou moins explicitement fondes sur le principe de la souve
rainet du peuple. Seules, la charte de 1814 et les ordonnances de
1830 manaient directement de la prrogative royale. Quant lor
ganisation du gouvernement. durant la longue priode que nous
venons de parcourir, le pouvoir excutif a t constamment distinct
et spar du pouvoir lgislatif, et constamment aussi les mandataires
de la nation ont eu leur part dans la confection des loLs., Double
circonstance qui marque la limite entre lancien rgime et I, nou
12 NOTIONS mmuamss.
veau, entre les institutions antrieures 1789 et celles qui ont suivi
cette poque. Mais si toutes les constitutions franaises ont gale
ment admis lcs deux rgles fondamentales des gouvernements mo
dernes, elles les ont trs-diversement appliques. En ce qui concerne
la puissance excutive, la plus large part lui a t faite par la cons
titution de lan Vlll, les snatus-consultes de lan X, de l'au Xll et V
de 1807, la charte de 1814, les ordonnances de 1830, la constitution
et les snatusconsultes de 1852. Ses prrogatives ont, au contraire,
t renformes dans les limites les plus troites par la constitution
de 1793, les dcrets organiques du gouvemement rvolutionnaire,
la constitution de l'an 1H et celle de 1848. Entre ces termes extrmes,
une sorte de milieu a t occupe par la constitution de 1791 , la
constitution snatoriale de 1814, l'acte additionnel de 1815, le projet
de la Chambre des reprsentants et la charte de 1830. Au point de
vue de l'lment reprsentatif, il convient de faire une classication
analogue. mais inverse. Cet lment est secondaire dans les consti
tutions o prdomine la puissance excutive; il tient au contraire
le premier rang dans celles o la puissance excutive est moins favo
rise. Les constitutions intermdiaires conservent leur place et leur
caractre entre les unes et les autres. Quelles que soient les variations
qui puissent tre signales. il est deux traits distinctifs et essentiels
que l'on rencontre presque toujours, qui ne seffacent momenta
nment que pour bientt reparatre, et que lon doit considrer
comme le rsultat le plus certain de soixante-douze ans dexp
riences politiques. Cest lunit du pouvoir excutif. Cest le partage
du pouvoir lgislatif entre le gouvernement et deux assembles, dont
une lective.

ml?' gf 7. Les sources que nousaurous a consulter, pour le droit admi


gmrgrifge droit mstrataf, sont trs-multiplies et d origines trs-varies. Elles sont
cependant c1rconscntes par ces deux rgles essentielles :
1 Aucun acte antrieur la rvolution de 1789 nest aujourd'hui
en vigueur, moins quil nait t formellement maintenu et ratifi
par un acte postrieur cette rvolution;
2 Les circulaires et instructions ministrielles ne font pas loi pour
les particuliers, bien quelles soient obligatoires pour les adminis
trations publiques.
En dehors de ces deux exclusions, les sources du droit adminis
tratif sont :
1 Les lois;
2 Les dcrets, arrts du gouvernement, ordonnances royales
et rglements dadministration publique.
Quant; aux constitutions, do dcoule essentiellement le droit
public positif, elles ne forment une des sources du droit adminis
tratif que dans celles de leurs dispositions qui tiennent la fois de
lun et d c lautre de ces deux droits.
Q

NOTIONS PRLINIRES . 13
8. On a toujours dsign sous le nom de lois les actes mans du Lois proprement di
tes, dcrets et sna
pouvoir lgislatif, quelle que ft dailleurs la composition de ce tus-consultes.
pouvoir. Quelquefois, cependant, des actes ayant force de loi ont
t appels dcrets, notamment aux poques de dictature indivi
duelle ou collective. Les snatusconsultes ou actes mans du
Snat ont aussi force de loi lorsquils ont t constitutionnellement
rendus.
On distingue parmi les divers actes que nous venons de mention Actes organiques et
actes rglementaires.
ner ceux nomms organiques, ceux qualis de rglementaires, et
ceux ne portant aucune qualication particulire. Les premiers sont
ceux qui ont pour objet lorganisation de quelque branche de lad
ministration publique; les seconds sont ceux destins rgler les
formes dexcution, et qui, par consquent, auraient pu maner du
pouvoir excutif tout aussi bien que du pouvoir lgislatif; les troi
simes, de beaucoup les plus nombreux, sont ceux qui, ne prsen
tant dunc manire prcise ni lun ni lautre de ces deux caractres,
sont seulement qualis par leur objet. Il est de principe que les
actes du pouvoir lgislatif formellement intituls rglementaires
peuvent tre modis ou abrogs par de simples actes du pouvoir
excutif. La question est douteuse lgard de ceux qui, en lab
sence d'une qualication expresse, ont nanmoins, par leur objet,
un caractre purement rglementaire; mais en fait, elle a t sou
vent tranche dans le sens du pouvoir excutif.
9. Les arrts du gouvernement, les dcrets et ordonnances royales Arrts du gouver
nement, dcrets et or
ont cela de commun que, sous des noms divers suivant les diverses donnances royales.
poques, ce sont toujours des actes du poumir excutif.
Les rglements dadministratm publique sont aussi des actes du Rglements dadm
nistralion publique.
pouvoir excutif, mais avec dlibration pralable du conseil dEtat.
Ce n'est que sous lempire de la constitution du 4 novembre 1848
quil y a eu une classe de rglements dadministration publique
trangre laction du pouvoir excutif : ctaient ceux que faisait
le conseil dtat par dlgation du pouvoir lgislatif.
Il est dusage de distinguer les rglements dadministration publi rglements
Diffrence entre les
dadmini
que dcs dcrets ou ordonnances royales rendus dans la forme des rgle tution publique et les
ments dadministration publique. Les seconds ne diffrent des pre ordonnances ou d.
crets rendus dans la
miers que par leur objet, moins gnral et, en quelque sorte, plus forme de ces rgle
meute.
individuel. Cest ainsi que les autorisations des communauts reli
gieuses, des dons et legs aux tablissements publics, des socits
anonymes de commerce, sont accordes par dcrets rendus dans la
forme des rglements dadministration publique.
10. Dans le cours de lexpos historique des diverses constitua
tiens franaises depuis 1789, comme dans lindication des sources du
droit administratif, nous avons du souvent employer les locutions
de pouvoir lgislatif et de pouvoir excutif. Cest ici le lieu de dter
miner lc sens prcis de chacune de ces expressions.
'

14 NOTIONS PRLIMINAIRES.

Qu'entend-on par La souverainet, soit quon la place dans le peuple, soit quon la
"'" P"" fasse rsider dans une famille particulire en vertu dune sorte de
prdestination divine, est essentiellement une et indivisible. Les
pouvoirs publics, cest--dire les organes par lesquels sexerce la
souverainet, peuvent au contraire tre multiples et distincts entre
eux.
Woigivsmh La division des pouvoirs, depuis Monsquieu, a toujours t con
manne des anciens? sidre comme la premire base dun gouvernement libre, comme
la plus sre garantie des citoyens. Cette ide, qui tient une si grande
place dans lhistoire constitutionnelle des temps modernes, tait
entirement inconnue aux anciens. Dans les rpubliques grecques,
comme Rome, le peuple stait rserv luimmelexercice direct
de la souverainet, et il ne dlguait que certaines fonctions sp
ciales et dtermines. Dans les limites de cette dlgation, chaque
magistrat tait souverain, lgal du peuple quil reprsentait;
et la garantie des citoyens contre les excs de pouvoir navait t
obtenue quau moyen du droit de veto rciproque dont les divers
magistrats taient investis les uns par rapport aux autres.
,Ouelle est la divi- La division la plus gnrale des pouvoirs est en pouvoir consti
s|on la plus genrale t t t ._ tt .
des pontons uan e en pontons 60118 t ues.
Qu'qnnd.qn par Le pouvoir constituant, cest-dire le pouvoir de donner une
"""" commun constitution politique, nest autre chose que la souverainet elle
mme. Il appartient donc au peuple ou au prince, selon le choix
que lon fait entre les deux systmes rivaux sur le principe et la
source de la souverainet. Le pouvoir constituant peut tre dlgu
et la t notamment au dbut des institutions actuelles.
Qu'nndon par Les pouvoirs constitus, c'est--dire les pouvoirs tablis par la
{",,,.{n 'i,I constitution, sont ncessairement au nombre de deux : le pouvoir
"'9 lgislatif et le pouvoir excutif. Ils peuvent tre runis comme ils
ltaient en France avant I789. Ils peuvent tre spars comme ils
lont t depuis lors.
Qu'est-ce que. le Le pouvoir lgislatif est celui qui consiste faire la loi. Il est au
"' lgl" jourdhui partag entre lempereur pour la proposition et la sanc
tion ; le Corps lgislatif pour la discussion et le vote ; le Snat pour
la vrication constitutionnelle.
Quest-ce que le Le pouvoir excutif est celui qui a pour objet la promulgation et
"" mur? lexcution de la loi. Il appartient sans partage lempereur seul.
Lautorit judiciaire En dehors de ces deux pouvoirs, la constitution qui nous rgit
nen reconnat dautres ni expressment ni implicitement. Lusage a
33?; ,du P' toutefors prvalu de dsrgner sous le nom de pouvmr lensemble de
la hirarchie judiciaire. Cet usage nous parait contraire aux donnes
de la thorie, non moins quaux dispositions constitutionnelles. En
thorie, il est trsdifcile dadmettre plus de deux pouvoirs : celui
qui fait la loi et celui qui lapplique. En droit positif, il est certain
que la constitution en vigueur ne donne pas lautorit judiciaire la
qualication de pouvoir. Les constitutions ellesmmes qui l'ont ainsi
NOTIONS rai:meamns. 15
qualie, celle de 1848 notamment, lont presque toujours rattache
au pouvoir excutif par son origine ou par son mode dinstitution.
L'ide dun pouvoir judiciaire distinct des deux autres pouvoirs
remonte Montesquieu qui, en mettant cette clbre division,
avait plutt en vue lintrt des justiciables que la rigoureuse exac
titude des principes. Sans doute, lindpendance du juge est une
garantie prcieuse et ncessaire; mais on peut lobtenir, comme
dans la constitution actuelle, au moyen de la rgle dimmovibilit,
sans quil soit besoin de fausser la langue politique et de manquer
la logique. En rsum, lautorit judiciaire ne forme ni ne doit
former un troisime pouvoir. Par sa nature et son objet elle se rat
tache essentiellement au pouvoir excutif, elle en est une branche
comme lautorit administrative; mais, par des motifs dutilit so
ciale, elle en a t rendue plus indpendante que celleci.
1l. Lautorit administrative est lattribut essentiel, l'instrument Lautorit adminis
principal du pouvoir excutif. Cest par elle quil se met en contact trative se rattache-t
elle au pouvoir lgis
avec les particuliers, quil leur transmet ses ordres, tudie leurs be latifou au pouvoir ex
eutif?
soins et reoit leurs rclamations.
On a quelquefois distingu lautorit administrative de lauto Faut-il distinguer
l'autorit gouverne
rit gouvernementale, rservant pour cette dernire les rapports in mentale de l'autorit
ternationaux ou dordre purement politique. Cette distinction, qui administrative?

nest fonde sur aucun texte lgislatif ou rglementaire, nous parat


manquer dutilit pratique. Les rapports internationaux ou
dordre purement politique sont sans doute trangers au droit
administratif proprement dit; mais lautorit qui y prside est la
mme que celle qui pourvoit aux rapports avec les particuliers. A
la vrit, les personnes peuvent tre diffrentes pour des fonctions
diverses ; mais elles se rattachent toutes au mme principe, au mme
esprit, au mme pouvoir. Elles sont toutes lmanation et lexpres
sion du pouvoir excutif.
Lautorit administrative est cette portion du pouvoir excutif Quel est lobjet de
lautorit administra
qui est charge dassurer lapplication des lois dordre public. Lau tive? - Quel est celui
torit judiciaire a dans ses attributions lapplication des lois dordre de lautorit judi
laire?
purement priv et de celles dordre pnal. En dautres termes, le
domaine de la premire comprend les rapports du gouvernement
aux gouverns; celui de la seconde embrasse les rapports des gou
verns entre eux, et, comme consquence, la rpression des infrac
tions aux lois qui rglent ces rapports. Cette double dnition,
incontestable en thorie, donne lieu dans la pratique aux plus fr
quentes et aux plus vives controverses , raison des contacts
nombreux de lordre public et de l'ordre priv, de la difcult
dtablir entre eux une sparation nette et prcise, de la multipli
cit et de l'incohrence des lois qui ont statu sur les questions de
comptence.
12. Lautorit administrative, considre dans ses rapports avec Quels sont les en
16 NOTIONS PRLIMINAIBES.

ractres essentiels de le pouvoir excutif, se distingue par lunit ou la centralisation. Con


:;eii d"inism' sidre relativement lautorit judiciaire, elle a pour caractre
essentiel lindpendance. Considre en elle-mme, elle prsente un
triple aspect, remplit un triple ofce : laction, le contrle, le ju
gement.
Quels sont leshactes 13. Lunit,'cest--dire luniformit de direction et de pouvoir,
%gncgntungbgog a t leffort constant de la politique franaise depuis Hugues Capet.
3::itgipgiviaill Aprs de Ion gues' luttes, lunit sest faite dans le gouvernement par
ail aduxiistraiive la disparition dnitive des souverainets fodales devant la souve
rainet royale, sous Richelieu et Louis XlV; dans la jurisprudence,
par linstitution du tribunal de cassation en vertu de la loi des
27 novembre et 1", dcembre 1790 (1); dans la glgialation, par la
promulgation de nos codes gnraux; dans ladministration, par la
loi du 28 pluvise an Vlll.
Qu'est-ce que 1_.. Lunit dans ladministration est dsigne sous le nom de cen
g.f} dm" tralisation. Elle consiste dans la subordination des administrateurs
locaux lautorit centrale, qui les nomme et rvoque et qui se
rserve la dcision des aaires les plus importantes. Depuis la loi
du 28 pluvise au VTII, et malgr des attaques souvent ritres, la
centralisation administrative sest constamment maintenue et dve
loppe. On en avait toutefois exagr les consquences, en exigeant
lintervention centrale pour des affaires locales dune trsmdiocre
, importance.
Comment les abus Cest pour remdier ces abus quavaient t rndues les lois du
gmfgis,ffl 18 juillet 1837 et du 10 mai 1838. Cest dans le mme but, et avec
srccessivemenl corri- une porte plus tendue, quontt mis le dcretloi (2) du 25
g 8' mars 1852, et le dcret imprial du 13 avril 1861.
' Mais en supprimant lexcs de la centralisation administrative, ces
divers actes en ont conserv et forti le principe. En dcentralisant
les petites affaires, ils ont rendu inattaquable la centralisation de
celles dun intrt suprieur.

(1) Quoique, dans les recueils, les lois portent habituellement deux dates ,
celle de lmission et celle de la promulgation, il est dusage de les dsigner
seulement par la premire. On nindique deux dates que pour les lois dcr
.tes par lAssemble constituante de 1789 et par lAssemble lgislative de 179l ;
ces deux dates correspondent : la premire, au dcret de lAssemble; la se
conde, la sanction royale. Cette exception a pour but de distinguer les d
crets de I'Assemble non sanctionns par le roi, et qui n'en avaient pas moins
force de loi aprs un certain laps de temps, le veto royal tant alors purement
suspensif, des lois proprement dites, ou, en dautres termes, des dcrets de
lAssemble sanctionns par le roi. Pour la priode historique dont il sagit,
les dcrets non sanctionns sont dsigns par une seule date; les lois le sont
par les deux dates, dont la runion constitue et exprime leur caractre.
(2) Nous qualions ainsi les dcrets rendus aux poques de dictature et
ayant, par consquent, force de loi, pour les distinguer des dcrets qui ne sont
que des actes du pouvoir excutif.
NOTIONS PRLIMINAIRES. 17
14. La sparation de lautorit administrative et de lautorit ju Qu_elle est.la' date
diciaire nexistait que partiellement et confusment sous lancien gg,g ;3ffgf;
rgime. Elle a t rige en principe par lart. 13, tit. 2, de la loi Wiff adrnisPit
des 1624 aot 1790. fit
Lindpendance de lautorit administrative par rapport lauto Quels sont les m0
rit
qucs.judiciaire
Ces moyens
est assure
sont : 1 l'aide
la dfense
de dinars
sousmoyens
peine positifs
de forfaiture,
et prati d.? delm 1

tous les membres de lordre judiciaire, de simmiscer en aucune fa- EL3 jiiiti
on dans les matires attribues aux autorits administratives, d- ""
fense rsultant de lart. 127, n. 2, du Code pnal ; 2 la dvolution
au chef du gouvernement, en Conseil dEtat, du droit de statuer
sur les conits dattributions entre lautorit judiciaire et lautorit
administrative ; ainsi que la rserve, cette dernire seule, du pou
voir dlever ces conits; 3 linterdiction prononce par lart. 75
de la constitution de lan VIII, dintenter aucune poursuite judi
ciaire contre les agents du gouvernement, pour faits relatifs leurs
fonctions, sans une autorisation pralable, donne en Conseil
dEtat.
15. Pour remplir pleinement sa mission, lautorit administrative Quelles sonnes trois
doit agir, sclairer sur les consquences de ses actes, faire droit ;,;g,gg
aux rclamations quils soulvent. Il convient quelle runisse ces "MW?
trois fonctions essentielles, pour assurer sa marche et atteindre son
but. En coner une seule lautorit judiciaire, ce serait entraver
lexercice des deux autres et s'exposer des luttes incessantes. Notre
organisation administrative nencourt pas ce reproche. Elle pr
sente un tout complet et homogne, et comprend dans son vaste
cadre : des agents pour laction;'des conseils pour le contrle; des
tribunaux pour le jugement.
Mais si les agents, les conseils et les tribunaux de lordre admi Sparation des a
nistratif doivent tre les membres dun mme corps, il est utile et gg,gf
convenable quils soient distincts entre eux. Lintrt des adminis- nistratifs.
trs est mieux garanti lorsque lagent nest pas appel se contrler
luimme, et statuer sur les difcults auxquelles ses propres
actes ont donn lieu. Malgr ces raisons, ce nest que lentement et
par degrs que la sparation dont il sagit sest introduite dans nos
institutions, et aujourdhui mme elle nest pas encore complte et
absolue.
Sous la constitution du 3 septembre 1791,1'aetion et le jugement cette sparation
taient cumuls par des corps lectifs soumis au contrle dautres ;j,j,
' corps lectifs, plus nombreux, auxqugls ils sadjoignaient ensuite sous celle de ml"?
pour toutle surplus de leurs dlibrations. Ce systme, qui ne spa
rait qu'imparfaitement le contrle de laction et du jugement, et qui
confondait entirement ces deux derniers faits, fut encore aggrav
par la constitution du 5 fructidor au III. Aux termes de cette cons
titution, les mmes corps lectifs cumulaient laction, le contrle et
le jugement.
2
i8 NOTIONS PRLlMINAIRES.

Comment elle a t La constitution du 22 frimaire an Vlll, et la loi du 98 pluvise de


g&J" la mme anne distingurent, pour la premire fois, dune manire
ndojnderjgz nette et prcise, laction, le controle et le jugement. chtton fut;
ne. dvolue des fonctionnaires 1ndmduels. Le contrle et le jugement
furent cons des corps distincts.
Di'rencesentre le Cette sparation des trois attributs essentiels de ladministration
nest pas la seule diffrence entre le systme de lan VIII et les syst
antrieurs. mes prcdents. Leur comparaison prsente deux autres diffrences
non moins importantes : 1" laction, comme nous venons de le dire,
fut dvolue des fonctionnaires individuels, tandis que auparavant
elle avait appartenu des corps; 2" les fonctionnaires actifs, les
corps chargs du contrle et ceux chargs du jugement furent mis
la nomination du chef de lEtat, tandis que auparavant tous les
membres de ladministration avaient en le caractre lectif.
La premire de ces deux diffrences tait fonde sur le principe
que si dlibrer est le fait de plusieurs, agir-est le fait d'un seul. Ce
principe, dune incontestable vrit et pleinement justi par lex-
prience, sest constamment maintenu jusqu nos jours.
La seconde diffrence a partiellement disparu par leffet des lois
du 21 mars 1831 et du 22 juin 1833. Les fonctionnaires chargs de
laction et les corps chargs du jugement sont rests la nomina
tion du chef de lEtat; mais les corps chargs du contrle sont rede
venus lectifs.
Exception a rgle Enn, il importe de remarquer que si le contrle et laction sont
{lgmfgjamje invariablement spars, laction et le jugement ne le sont pas ton
ment. jours. Par exception la rgle gnrale, certains administrateurs
ont aussi dans leurs attributions le jugement de certaines affaires
contantieuses. .
Division gnrale Nonobstant ces anomalies et en les rservant, il est parfaitement
le 1'Mmiuihlmli0n- vrai de dire que ladministration se divise en trois branches : lad
ministration active, ou lensemble des agents administratifs ; ladmi
nistration consultative. ou lensemble des conseils administratifs ;
ladministration conlmtieuse, ou lensemble des tribunaux adminis
tratifs.
apports cm, rud_ Toutes ces institutions sont troitement lies lorganisation et
So'lljlnb les au mode daction des grands pouvoirs publics. Ladministration
sous toutes ses formes est insparable de la constitution politique.
Elle en prend les caractres, en subit les variations, en partage les
destines. Tout changement introduit dans le droit public ragit
sur le droit administratif.
16. Ces notions gnrales sufsent pour nous indiquer la division
et l'ordre de cet ouvrage. Nous traiterons successivement, dans
quatre livres : 1 des pouvoirs publics; 2 des agents administratifs;
3 des conseils administratifs; 4 des tribunaux administratifs. Le
premier livre comprendra le droit public; les trois autres auront
pour olujct le droit administratif.
DROIT ADMINISTRATIF. - LIVRE 1". 49

LIVRE PREMIER
DES POUVOIRS PUBLICS

SOMMAIRE.

{1. ide gnrale de la constitution.


18. Division de ce livre.

17. La constitution du 44 janvier 1852 et le snatusconsulte du IQuellessontles rin


25 dcembre de la mme anne, aprs avoir rappel et garanti g;",,J}
les grands principes proclams en 1789, dfrent le gouvernement
de l'Etat l'empereur et partagent la puissance lgislative entre lui,
le Snat et le Corps lgislatif. Lempereur gouverne au moyen des
ministres et du Conseil dEtat. Une hautecour de justice est insti
tue pour juger, sil y a lieu, les attentats ou complots contre lem
pereur et contre la sret intrieure ou extrieure de lEtat. Enn,
un snatusconsulte spcial, du 17 juillet 1856, a organis la rgence
de lempire.
48. Cet ensemble dinstitutions nous conduit naturellement la
division de ce livre. Les ministres se rattachant aux agents admi
nistratifs dont ils sont les chefs, et le Conseil dEtat aux tribunaux
administratifs dont il est le rgulateur, nous navons pas nous en
occuper ici. Nous traiterons donc, dans cinq titres distincts : 1 des
principes placs sous la garantie des pouvoirs publics; 2 des pou
voirs lgislatifs; 3 du pouvoir excutif; 4 de la rgence de lem
pire; 5" de la haute-cour de justice.

TITRE PREMIER .'


. DES PRINCIPES PLACB SOUS LA GARANTIE DES POUVOIRS PUBLICS.

SOMMAIRE.

19. numration de ces principes.


20. Squverainet de la nation et sparation des pouvoirs.
21. Vote de limpt par les reprsentants de la nation.
22. Responsabilit des.agents du gouvernement.
23. galit civile.
24. Sret et libert individuelles.
25. Libert religieuse.
26. Libert de la presse.
20 mon ADMINISTRATIF. LIVRE i",
27. Droit de runion.
28. Droit de ptition.
29. inviolabilit de la proprit. .
30. indpendance et gratuit de la justice.
. 31. Institution d'une force publique essentiellement obissante.
32. Conclusion.
33. De la qualit de citoyen.

Texte de mm, 4.. 19. Larticle 1" de la constitution du 24 janvier 4852 est ainsi
de la constitution du concu :
M J&DVIGI 1852. * . . ' ' '
La constitution reconnat, conrme et garantit les grands pun
cipes proclams en 1789, et qui sont la base du droit public des
Franais.
En se reportant la constitution de 1791, la premire et la plus
pure expression des principes de 1789, on na pas de peine consta
ter que ces principes sont au nombre de douze :
Quels sontlesprinci- 1 La souverainet de la nation et la sparation des pouvoirs;
pes Prochm7w 2 Le vote de limpt par les reprsentants de la nation,
3 La responsabilit des agents du gouvernement;
4 Lgalit civile;
5 La sret et la libert individuelles;
6 La libert religieuse;
7 La libert de la presse;
8 Le droit de runion;
9" Le droit de ptition;
10 Linviolabilit de la proprit;
11 Lindpendance et la gratuit de la justice;
12" Linstitution dune force publique essentiellement obissante.
_ Ces principes ont. Parmi ces principes, les trois premiers se rfrent la nation
;_gf, mme " elle-mme, la socit tout entire: ce sont des droits sociau. Les
sept suivants concernent chaque personne en particulier : ce sont
des droits individuels. Les deux derniers ont pour objet la garantie
et la protection de tous les autres : ce sont des droits sanctionna
teurs. Nous tudierons successivement ces divers principes ou droits,
en nous attachant montrer, pour chacun deux, quil est maintenu
par les institutions actuelles, avec le sens et la porte que lui don
nait la constitution de 1791. .
quelles Mem les 20. La souverainet de la nation et la sparation des pouvoirs
v faisaient lobjet de plusieurs dispositions prcises dans la constitution
le pr_n0i ede la 5011 de 1791. Le sens de ces dispositions tait que la souverainet ap
verame et sur le - . . . - - .
partage des pouvoirs? partenait essentiellement a la nation, que le pouvmr lgislatif de
vait tre distinct du pouvoir excutif, et que le pouvoir excutif
tout entier tait dlgu un monarque hrditaire sous le nom
de roi.
Quelles squtanjpu:- Nos institutions actuelles sont le rsultat d'une dlgation ex
" 19 dsp" presse et directe de la souverainet nationale. Le pouvoir lgislatif
constitutionnelles sur _ _ . . - -
le mme Pomtt est distinct du pouvmr excutif, Plsque 10 l"3mler 95 Partag,
DES POUVOIRS PUBLICS. 21

la diffrence du second qui ne lest point et dont se trouve investi


un monarque hrditaire sous le nom dempereur. Le principe de
1789 reoit ainsi la plus complte et la plus exacte application.
21. Lart. 14 de la dclaration des droits de lhomme et du ci- d,ouel_les taient les
toyen, place en tte de la constitution de 1791, reconnaissait tous ti', ,,,
les citoyens le droit de constater, par eux-mmes ou par leurs re '" de mm!
prsentants, la ncessit de la contribution publique, et celui de la
consentirlibrement. Conformmentce principe, lart. 1", chap.3,
tit. 3, de la constitution elle-mme, dfrait au Corps lgislatif,
indpendamment du vote des lois, le pouvoir dtablir les contri
butions publiques, et d'en dterminer la nature, la quotit, la du
re et le mode de perception.
Lart. 39 de la constitution du 14 janvier 1852 porte express y0qelles w_nt aujour
ment que le Corps lgislatif discute et vote les projets de loi et lim- OLtiimIIL
pt. Il est bien vrai qu la diffrence de ce qui avait lieu sous lem- ' mme P''
pire de la constitution de 1791, daprs laquelle il tait seul charg
d'tablir les contributions publiques sans proposition ni sanction
royale, il ne vote plus aujourd'hui limpt que sur la proposition
et avec la sanction de l'empereur ; mais les termes de la constitu
tion actuelle nen conservent pas moins une trs-grande porte. Il
en rsulte que les impts ne peuvent tre tablis par simples dcrets
impriaux; quils doivent tre proposs, dans la forme des projets
de loi, la discussion et au vote du Corps lgislatif, et quils ne sau
raient tre perus sans lassentiment de ce corps. Ce quil y avait
dessentiel dans le principe de 1789 se trouve donc ratifi et main
tenu.
22. Lart. 15 de la dclaration des droits de lhomme et du ci Quelles taient _les
toyeu tait ainsi conu : ,3,._;,,;
La socit a le droit de demander compte tout agent public LJPNHII
de son administration. ment?
Conformment ce principe, lart. 8, sect. 4, chap. 2, tit. 3 de
la constitution de 1791, autorisait le Corps lgislatif dcrter dac
cusation les ministres pour faits de leur administration. La pour
suite devait avoir lieu devant une haute-cour nationale forme de
membres du tribunal de cassation et de hautsjurs, aux termes de
l'art. 23, chap. 5, tit. 3.
La constitution actuelle a maintenu le principe de 1789; mais 'ngellcs squtaujqur
elle
Snatenqui
a modifi lapplication.
peut seul Au lieu duenCorps
mettre les ministres lgislatif,
accusation. cest
Telle le le mme Point?
est la

disposition expresse de lart. 13 de la constitution du 14 janvier


1852.
23. Daprs lensemble des dispositions contenues dans la consti d,Q"elll taient les
- . - . . . . . l. . ,
tutton de 1791, legaht cmle comprenait les dr01ts suivants : tiJiIe liiir
1 Lgale admissibilit aux places et emplois; "5 -
[S Il DROIT ADMINISTRATIF. LIVRE 1".

2 L'gale rpartition de limpt, proportionnellement aux facul


ts de chacun ;
3 Lgalit de peine galit de dlit, sans aucune distinction
des personnes;
4 Labsence de tout privilge, de toute exception au droit com
mun en faveur daucune partie de la nation ou daucun individu.
Par application de cette dernire disposition, la constitution de
1791 portait quil n'y aurait plus ni noblesse, ni pairie, ni distinc
tion hrditaire, ni distinction dordres, ni _rgime fodal, ni justices
patrimoniales, ni aucun des titres, dnominations et prrogatives
qui en drivaient, ni aucun ordre de chevalerie, ni aucune des cor.
porations ou dcorations pour lesquelles on exigeait des preuves de
noblesse, ou qui supposaient des distinctions de naissance, ni au
cune autre supriorit que celle des fonctionnaires publics dans
lexercice de leurs fonctions, ni enn vnalit ou hrdit d'aucun
ofce public.
Malgr la gnralit de ces prohibitions, la constitution de 1791
elle-mme reconnaissait le titre de prince royal pour l'hritier pr
somptit de la couronne, et la dnomination de princes franais pour
les membres de la famille du roi appels la succession ventuelle
au trne. En outre, une loi des 30 juillet et 6 aot 1791 portait que
lAsscmble nationale se rservait de statuer sil y aurait une dco
ration nationale unique, qui pourrait tre accorde aux Vertus, aux
talents et aux services rendus ltat, et quen attendant quelle
et statu sur cet objet, les militaires pourraientcontinuer de por
ter et de recevoir la dcoration militaire alors existante.
(mues son, jour. Aujourdhui lgale admissibilit aux fonctions publiques,la pro
dl:g1fogtigg portionnalit de limpt, lgalit des lois pnales sont garanties par
le mme peint? . les murs autant que par les institutions. Quant labsence de tout
privilge, il ny a plus ni pairie hrditaire ni distinction dordres,
ni rgime fodal, ni justiccs patrimoniales, ni aucune corporation
ou dcoration pour laquelle on exige des preuves de noblesse, ou
qui suppose des distinctions de naissance. Sous tous ces rapports,
les principes de 1789 sont littralement en vigueur.
Il est vrai que, contrairement au texte de la constitution de 1791
et en vertu dun dcret-loi du 24 janvier 1832, les titres de noblesse
sont lgalement reconnus; mais aucun privilge ny tant attach,
le principe de 1789 est observ dans son esprit sinon dans sa lettre.
' Il est vrai aussi que, depuis la loi du 99 oral au X, il existe une
dcoration nationalesous le nom dordre de la Lgion d'honneur ;
mais cette dcoration tant accessible toutes les vertus, tous
les talents, tous les services, aucune preuve le noblesse, autme
distinction de naissance ntant exiges pour y tre admis, cest
une institution qui rentre essentiellement dans les principes de
1789. Elle nest mme, au fond, que la ralisation de la grande
\
ces rouvoms PUBLICS, 23
pense dmulation nationale contenue en germe dans la loi des 30
juillet et 6 aot 4791.
Quant la suppression de toute vnalit, ou hrdit des ofces
publics, elle continue former la rgle gnrale; mais une exception
y a t implicitement apporte par lart. 9l de la loi du 28 avril
4816. Aux termes de cet article, les avocats la Cour de cassation,
notaires, avous, grefers , huissiers, agents de change, courtiers,
commissaires-priseurs, peuvent prsenter des successeurs l'agr
ment du gouvernement. Ce droit de prsentation accord 'titre de
compensation des supplments de cautionnement imposs ces divers
ofciers ministriels, a t considr dans l'usage comme quivalant
il un vritable droit de transmissibilit. Les ofces ministriels sont
ainsi devenus une sorte de proprit, sur la foi de laquelle ont t
passs dinnombrables contrats. C'est l, on ne saurait le contester,
une drogation regrettable au principe de I789; mais, part cette
drogation, le principe conserve toute sa force et vigueur. '
En rsum, tout ce quil y avait (lessentiel dans les dclarations
de I789 relativement lgalit civile, est mis en pratique dans les
institutions actuelles. La constitution du M janvier 1832 en garantit
le maintien, non-seulement par la disposition gnrale de l'art. 1";
mais encore par le texte plus prcis et plus spcial de lart. 96, qui
classe expressment au nombre des lois la promulgation desquelles
le Snat devrait sopposer, celles qui seraient contraires ou qui per
teraient atteinte lgalit des citoyens devant la loi.
24. La sret et la libert individuelles sont deux termes inspa {rapport csscntio
rablcs
rlatif.lun de lautre.
En effet, et dont
la sret chacun comprend
individuelle celui pour
ne peut avoir qui lui est cor-
objet ',',,;,,",,
que Virtuelles.

le libre exercice des facults naturelles, et la libert sans sret


nest quun vain mot.
Les divers droits que la constitution de 1791 rattachait la sret _Quells taient llcs
et a la libert individuelles taient les suivants: ::g:;;;;;;,2;;23;
4 De pouvoir faire tout ce que la loi ne dfendait pas, et de ne lls, "Ww
pouvoir tre contraint faire ce quelle n'ordonnait pas; ' '
2 De pouvoir librement aller, rester, partir, sans avoir craindre
d'tre arrt ni dtenu arbitrairement;
3" De pouvoir librement travailler et choisir sa profession, sans
que dsormais il dt exister ni jurandcs, ni corporations de profes
sions, arts et mtiers;
4 De ne pouvoir tre accus, arrt ni dtenu que dans les cas
dtermins par la loi et selon les formes par elle prescrites;
5 De ne pouvoir tre puni quen vertu d'une loi tablie et pro
mulgue antrieurement au dlit et lgalement applique;
6 De ne pouvoir tre distrait de ses juges naturels, par aucune '
commission, ni par dautres attributions et vocations que celles d
termines par les lois.
24r DROIT ADMINISTRATIF. LIVRE 1".

Quelles sqn!ai_1jpur- Tous ces principes sont maintenus, conrms et appliqus par
nos lois actuelles, sans aucune exception ni restriction. On ne doit
le mme Point? pas, en effet, considrer linstitution dune justice militaire et lexis-'
tance des juridictions disciplinaires, comme des drogations la
rgle que nul ne peut tre distrait de ses juges naturels. Linstitu
tion d'une justice militaire avait t expressment rserve par
l'art. 13, tit. 4 de la constitution de 1791, et lexistence des juridic
tions disci plinaires, exclusivement renfermes dans lordre profession
nel, n'enlve rien aux juridictions ordinaires quant l'application
des peines de droit commun. Les principes de 1789 sont donc plei
nement en vigueur, et.le maintien en est garanti pour lavenir par
l'art. 26 de la constitution du 11 janvier 1852, aux termes duquel
le Snat doit sopposer la promulgation des lois qui seraient con
traires ou qui porteraient atteinte la libert individuelle.

'Quelles taient les 95. La constitution de 1791 garantissait, comme droit naturel et
,,j.",; civil, la libert tout homme dexercer le culte religieux auquel il
la libert religieuse? tait attach. Elle posait en principe que nul ne devait tre inquit
pour ses opinions religieuses, pourvu que leur manifestation ne trou
blt pas l'ordre public tabli par la loi.
Qqelles sont aujour- Nos lois actuelles maintiennent exactement ce principe, et ny
fa,,;;.,,;,}gg;gi apportent dautre restriction que celle qui avait t rserve ds
le mme Point? l'origine, en vue dviter toute atteinte lordre public. Ainsi s'expli
quent et se justient les mesures de police concernant les assembles
religieuses. Ainsi se comprend surtout la prohibition de lexercice
public d'aucun autre culte que le culte isralite et les cultes chr
tiens. Ce ne sont pas la des drogations au principe de 1789; cest
son application renferme dans les limites prescrites par le respect
des murs publiques et par le maintien de la paix sociale. La libert
religieuse est donc passe du domaine des thories dans celui des
faits, et sa conservation pour lavenir est garantie par l'article 26 de
la constitution du 14 janvier 1852, aux termes duquel le Snat doit
sopposer la promulgation des lois qui seraient contraires ou qui
porteraient atteinte la libert des cultes.

Quells taient_les 26. La constitution de 1791 garantissait, comme droit naturel et


gfggige civil, la libert tout homme de parler, dcrire, dimprimer et pu
lu libertdc la Presse? blier ses penses, sans que ses crits pussent tre soumis aucune
censure ni inspection ,avant leur publication, sauf rpondre de
l'abus de cette libert dans les cas dtermins par la loi.
Quclies >qu nujour- Nos lois actuelles maintiennent et respectent la libert de la
20%:{ifgoll'fg'ggg presse,en ce sens quaucun crit nest soumis aucune censure m
le mme point? inspection avant sa publication.
Il est vrai que les dlits commis par la voie de la presse ou par
tout autre moyen de publication sont svrement punis par la loi
du 17 mai 1819; mais ces mesures rpressives ne sont que lappli
nus rouvoms rennes. 25
cation de la responsabilit rserve ds 1791 contre ceux qui abu
seraient de la libert de la presse.
Il est vrai aussi que la presse priodique politique est soumise,
par le dcret-loi du 17 fvrier 1852, un ensemble de conditions
prventives assez rigoureuses; mais aucune de ces conditions n'a le
caractre d'une censure ou inspection pralable. En effet, si aucun
journal ou crit priodique traitant de matires politiques ou d
conomie sociale ne peut tre cr ou publi sans lautorisation ex
presse du gouvernement, linsertion des divers articles nest subor
donne aucune permission de la part de lautorit. -
Il est vrai, en troisime lieu, quaux termes de larticle 22 du de
cret du 17 fvrier 1852, aucuns dessins, aucunes gravures, litho
graphies, mdailles, estampes ou emblmes, de quelque nature et
espce quils soient, ne peuvent tre publis, exposs ou mis en
vente sans autorisation pralable du ministre de lintreur a Paris
ou des prfets dans les dpartements.Cestl incontestablement une
vritable censure; mais la constitution de 1791, en prohibant
expressment la censure par rapport aux crits, avait gard le
silence sur les dessins et gravures, et lon ne saurait nier que ce
dernier genre de publications prsente pour la morale et l'ordre
public de bien plus graves dangers, contre lesquels des mesures
exclusivement rpressives seraient peut-tre impuissantes.
Il est vrai enn quen vertu des lois du 30 juillet 1850, du 30juil
let 1851 et du dcretloi du 30 dcembre 1852, les ouvrages dra
matiques doivent tre soumis, avant leur reprsentation, lauto
risation du ministre de lintrieur Paris, et des prfets dans les
dpartements. Cest encore la un cas de censure proprement dite;
mais qui se justie par les plus hautes considrations de morale et
dordre public, et qui nest pas formellement contraire au texte de
la constitution de 179|, ce texte probibant seulement la censure
avant la publication, sans rien prciser quant la reprsentation.
En rsum, les mesures prventives ou rpressives contre les abus
de la libert de la presse ont pu tre plus ou moins multiplies, plus
ou moins nergiques selon ltat des esprits et les besoins des temps;
mais toujours les crits d quelque tendue et formant corps don
vrage ont t affranchis des permissions et approbations pralables
auxquelles leur publication tait soumise sous lancien rgime. Cet
affranchissement tait le vritable but du principe proclam en 1789.
Ce principe, ainsi entendu, conserve aujourdhui toute sa force, et
reoit sa pleine et entire excution.

27. La constitution de 1791 garantissait, comme droit naturel et Quelles taient les
- ,-il, la liberte
cn ' ' aux Citoyens
' de s - assembler
' ' '
paisiblement et sans dis silions
0:,1allcs constitu
de,m, sm.
armes, en satisfaisant aux 1015 de police. le droitde reunion?
. . du 11janVier
La constitution . . 180.
,,) ne contient
. . . .
aucune disposuion Quel, mm m0ur_
relative au droit de runion. Les abus de ce droit ont rendu nces lm les disrslions
26 mon ADMINISTRATIF. LIVRE 1".
constitutionnelles sur saires les mesures qui lont successivement rglement et restreint.
mme p" Aujourdhui, daprs le dcret-loi du 25 mars 1852, combin avec
larticle 991 du Code pnal, ainsi quavec la loi du 10 avril 1834, les
socits secrtes sont interdites, et aucune runion publique de plus
de vingt personnes, de quelque nature quelle soit, lors mme qu'elle
serait partage en sections dun nombre moindre, et quelle ne sas
semblerait pas tous les jours ou des jours marqus, ne peut se
former qu'avec lagrment du gouvernement et sons les conditions
quil plat lautorit de prescrire. Il est certain que le droit de
runion, ainsi limit, a beaucoup moins dtendue que ne voulaient
lui en donner les auteurs de la constitution de 1791. Toutefois, il
nen reste pas moins maintenu en principe , et les restrictions quil
a subies ne sont quune large applicationde la rserve faite ds
lorigine au sujet des lois de police.
_Qneiis taient _les 28. La constitution de 1794 garantissait, comme droit naturel et
,,,{ZG -}3;; civil, la libert dadresser aux autorits constitues des ptitions si
dm" de P""" gnes individuellement.
IQu_elles sqniavur Ce droit peut aujourdhui tre exerc, dans les termes o il avait
t garanti ds lorigine, lgard des autorits secondaires. Quant
le mme P aux grands pouvoirs publics. il faut faire, sous ce rapport. une
distinction entre eux. Daprs larticle 45 de la constitution du jan
vier 4852, le droit de ptition sexerce auprs du Snat. Aucune
ptition ne peut tre adresse au Corps lgislatif. En ce qui concerne
lempereur, tous les citoyens ont la facult de lui adresser directe
ment leurs rclamations, et un dcret imprial du 48 dcembre 1852
a prescrit la formation, dans le sein du Conseil d'tat, d'une com
mission de ptitions, charge d'examiner les ptitions adresses
l'empereur et de lui en rendre compte. Parmi les grands pouvoirs
publics, le Corps lgislatif est donc le seul qui ne puisse pas recevoir
de ptitions.
.Qnelles taient lieu 29. La constitution de 1791 garantissait expressment linviola-
bilit des proprits, ou la juste et pralable indemnit de celles
de " dont la ncessit publique , lgalement constate, exigerait le
sacrice.
Quelles sont auipur Ce principe est aujourdhui pleinement en vigueur, et son main
tien pour lavenir est garanti par larticle 26 de la constitution du
le mme PM? 44 janvier 4832, auxtermes duquel le Snat doit s'opposer la pro
' mulgation des lois qui seraient contraires ou qui porteraient atteinte
linviolabilit de la pr;oprit.
.Quclls taient _les 30. La constitution de 1791 portait que la justice serait rendue
},ZHL,SO gratuitement par des juges lus temps par le peuple, et institus
Kpnelp;nicg par lettrespatentes du roi, qui ne pourrait les refuser: Ces juges ne
pouvaxenttre m dest1tus que pour forfa1ture dment juge, ni sus
pendus que par une accusation admise.
DES rouvoms ruaucs. 27
Nos lois actuelles ont conserv dune manire absolue le principe _Qu_elles sont aujour
de ladministration gratuite de la justice. Quant lindpendance du ,,,,h,,.lL
juge, que la constitution de 1791 avait surtout place dans llection 9 mm P"= ?
populaire, lexprience a fait reconnatre quune telle origine pro
cur'ait rarement, dans la personne des magistrats, les lumires
spciales que les justiciables ont le droit dattendre de ceux qui sont
appels statuer sur leurs intrts. Aussi llection na-telle t
maintenue que pour les tribunaux de commerce, et cette lection
est-elle exclusivement cone aux notables commerants de chaque
ressort. Tous les autres juges sont directement nomms par le chef
de ltat, depuis la constitution de lan VIII; mais, sauf les juges
de paix, et sauf aussi lapplication de la limite dge, telle quelle
est xe par le dcretloi du 1" mars 1832 , ils conservent leurs
fonctions toute leur vie, aux termes de larticle 68 de cette consti
tution. Tel est le principe de l'inamovibilit de la magistrature,
principe qui forme la plus srieuse garantie de son indpendance,
qui a travers victorieusement plusieurs rvolutions, et dont le
maintien pour lavenir est assur par larticle 96 de la constitution
du 14 janvier 1852. Cet article porte, en effet, que le Snat doit
sopposer la promulgation des lois qui seraient contraires au prin
cipe de linamovibit de la magistrature.
31. La constitution de 1791 , aprs avoir pos en principe que la 'Quelles taient _ies
force publique tait institue pour lavantage de tous, et non pour SL' L,
lutilit particulire de ceux auxquels elle tait cone, lui donnait 1'L'33 de"
expressment la mission de dfendre ltat contre les ennemis du p q '
dehors, dassurer au dedans le maintien de lordre et lexcution des
lois. Elle y comprenait l'arme de terre et de mer, la troupe sp
cialement destine au service de lintrieur, et subsidiaircment les
citoyens inscrits sur le rle de la garde nationale. Elle dclarait enn
que la force publique tait essentiellement obissantc, que nul corps
arm ne pouvait dlibrer.
Toutes ces rgles sont aujourdhui en vigueur, sans aucune res- 'Quclles sgniaquur
triction ni modication. La force publique se compose principale 2.,;,;,,33,2g;;3{;;
ment de larme de terre et de mer, ainsi que de la gendarmerie, le mme Poil?
et subsidiairement des citoyens organiss en garde nationale. Lo
bissance, sans rexion ni dlibration, est toujours la loi fonda
mentale de la force publique. Sous ce rapport, la constitution du
Mjanvier 1852, en reconnaissant et conrmant le principe pro
clam en 1789, ne fait que ratier et garantir ltat actuel de la
lgislation.
32. Comme il est facile de le conclure des dveloppements qui Quelle sthporttc
prcdent, la disposition par laquelle la constitution du 14 jan dgg,g"gggg ,,.
vier 1852 reconnat, conrme et garantit les grands principes pro :lcgnslmn l'
clams en 1789, et dclare quils sont la base du droit public des
Franais, nest pas une vague profession de foi pour lavenir, une
28 mon ADMINISTRATIF. LIVRE I".

simple abstraction sans ralit pratique. Cest lexpression des faits


sociaux actuellement existants; cest, en quelque sorte, le rsum
de toute la lgislation en vigueur. Les principes proclams en 1789
avec le sens et la porte que cette lgislation leur donne, sont in
. corpors la constitution ellemme par le rappel collectif dont ils
sont lobjet. Ils en deviennent partie intgrante, et consquemment,
aux termes de larticle 26, le Snat devrait sopposer . la promul
gation des lois qui leur seraient contraires ou qui leur porteraient
atteinte. Si larticle prcit prvoit expressment les infractions
quelquesuns des principes dont il sagit, ce nest pas en vue dune
interprtation limitative, cest titre de redondance, et pour dsi
gner nominativement les faits qui aecteraient le plus profondment
lopinion publique. .
Quel estle yrai sens 33. Parmi les droits que garantit la constitution , il en est qui
de q" M " ont pour objet le libre dveloppement des facults individuelles,
uyen?
tandis que d'autres consistent dans une participation plus ou moins
directe lexercice de la puissance publique. Ce sont ces derniers
dont lattribution confre la qualit de citoyen. La qualit de citoyen
est dans la jouissance du droit de concourir linstitution ou
lexercice des pouvoirs publics. En dautres termes, laptitude aux
fonctions publiques proprement dites, les droits de vote et dligibi
lit sont les _seuls droits essentiels qui dpendent de la qualit de
citoyen. On les dsigne communment sous le nom de droits civi
ques ou politiques.
Quels sont ceux qui La constitution de 1791 distinguait la qualit de citoyen de celle
" 1? q" de " de citoyen actif. Elle donnait la dnomination de citoyen tous les
inyen
Franais, et n'exigeait de conditions particulires que pour tre ci
toyen actif. La constitution de lan Illet celle de lan V[[I, uappelan
citoyens que ceux qui avaient lexercice des droits civiques, spa
rrent nettement la qualit de citoyen de celle de Franais. Cette
sparation 3 t rendue encore plus prcise par larticle 7 du Code
Napolon, aux termes duquel lexercice des droits civils, qui est
lattribut de tout Franais, est indpendant de la qualit de citoyen,
laquelle ne sacquiert et ne se conserve que conformment la loi
constitutionnelle.,0n peut donctre Franais sans tre citoyen; mais,
en sens inverse comme nous le verrons bientt, on ne peut tre ci
toyen sans tre Franais. Daprs ltat actuel de la lgislation, tel
quil rsulte du dcret organique du 9 fvrier 4852, de la loi du
7 juillet 1852 et de celle du 5 mai 1855, pour tre citoyen, il faut
tre Franais de naissance ou par naturalisation, mle et majeur,
cest-dire g de vingt et un ans rvolus. La runion de ces trois
conditions ne suft pas pour confrer tous les droits politiques, no
tamment les droits dligibilit ou daptitude toutes les fonctions
publiques; mais elle est indispensable pour l'exercice dun droit
civique quelconque : cest en ce sens quelle doit tre considre
comme le point de dpart de la qualit de citoyen.
DES POUVOIRS PUBLICS. 29

TITRE 11.

DES ronvoms LGISLATIFS.

SOMMAIRE

34. Division de ce titre.

34. Les trois pouvoirs lgislatifs, daprs le rang hirarchique qui


leur est donn par la constitution, sont lempereur, le Snat et le
Corps lgislatif. D'aprs lordre suivant lequel ils concourent la
confection des lois, ce sont lempereur, le Corps lgislatif et le Snat.
Nous adopterons ce dernier classement, comme tant plus propre
faire bien comprendre le mcanisme de luvre lgislative, et nous
traiterons en consquence, dans trois chapitres distincts, de lempe-
reur, du Corps lgislatif et du Snat.

CHAPITRE PREMIER.

DE LEMPEREUR.

SOMMAIRE.

,35. De la dignit impriale.


36. De l'hrdit impriale.
31. De la famille impriale.
38. De la famille prive de lempereur.
39. Puissance lgislative de l'empereur.
60. Ouverture et clture des sessions lgislatives'.
M. Rapports mutuels et rglements intrieurs des pouvoirs lgislatifs.
42. Proposition des lois.
l3. Sanction des lois.
il. Proposition des snatus-consultes.
45. Sanction des snatosconsultes.
46. Du serment politique.

35. Les actes qui ont {rtabli en France la dignit impriale sont Quai, sonnes me,
au nombre de trms. Ce sontce: rtablissement,
1 le snatus-consulte du 7quil
novembre
serit q?
gmt'.mpm'e?
3 '
4852, qui, en prescrivant ordonnait
soumis l'acceptation du peuple; 20 le dcret imprial du 2 d
cembre 1852 qui, aprs le recensement gnral des votes et en vertu
de son rsultat afrmatif, a promulgu et dclar loi de l'Etat le
snatus-consulte du 7 novembre prcdent; 3 enn, le snatus
consulte du 25 dcembre 1859., portant interprtation et modica
tion de la constitution du 44 janvier de la mme anne.
30 mon ADMINISTRATIF. LIVRE 1".

Dans uelle mesure De lensemble de ces trois actes, il rsulte expressment que la
la constitution du M
janvier 1852 est-elle
constitution du M janvier 4852 est maintenue dans toutes celles de
encore en vigueur ? ses dispositions qui ne sont pas modies ou abroges. Nous aurons
lieu dindiquer chacune de ces modications ou abrogations, en
u
traitant des matires quelles concernent. Pour le moment, il suft
de constater les changements relatifs au principe mme et lordre
du gouvernement. Aux termes de lart. H du snatusconsulte
du 25 dcembre 1852, sont abrogs les art. 2, 15, 16, 17 et 18
de la constitution du M janvier prcdent. Ces articles avaient pour
objet de limiter dix ans la dure de la prsidence de la rpubli
que, dassurer cette dignit lallocation d'une somme annuelle et
de rgler, en cas de dcs du prsident avant lexpiration de son
mandat, comment il serait procd une nouvelle lection et pourvu
en attendant au gouvernement intrimaire de l'tat. Labrogation
de ces dispositions tait la consquence naturelle et force de la
substitution de lempire hrditaire la prsidence dcennale;
Quant aux articles de la constitution du 14 janvier 1852, qui ne
sont ni abrogs ni modis, il est vident que la dnomination de
prsident de la rpublique doit toujours y tre remplace par celle
dempereur.
Quels sont les biens Les biens affects la dignit impriale se composent de deux
nects a la dignit
impriale? lments distincts : la liste civile de l'empereur et la dotation de la
couronne. Aux termes de lart. 9 du snatusconsulte du 25 d
cembre 1852, la dotation de la couronne et la liste civile de lem
pereur sont rgles, pour la dure de chaque rgne, par un snatus
consulte spcial. Ce snatus-cousnlte spcial pour le rgne actuel
avait dj t rendu la date du 42 dcembre l852. D'aprs l'en
semble de ses dispositions, la liste civile de lempereur rgnant est
xe la somme annuelle de vingt-cinq millions. La dotation de
la couronne sa divise en immobilire et mobilire. La dotation im
mobilire comprend les palais, chteaux, maisons, domaines et
manufactures numrs dans un tableau annex au snatusconsulte
luimme. La dotation mobilire comprend les diamants, perles,
pierreries, statues, tableaux, pierres graves, muses, bibliothques
et autres monuments des arts, ainsi que les meubles meublants
contenus dans lhtel du Garde-Meuble et les divers palais et ta
blissements impriaux.

Comment est rgle 36. Aux termes des art. 2, 3 et 4 du snatusconsulte du 7 no


lhrdit impriale ?
vembre 4852, la dignit impriale est hrditaire dans la descen
dance directe et lgitime de LouisNapolon Bonaparte, de mle en
mle , par ordre de primogniture, et lexclusion perptuelle des
femmes et de leur descendance. Louis-Napolon Bonaparte, s'il n'a
pas denfants mles, peut adopter les enfants et descendants lgi
times, dans la ligne masculine, des frres de l'empereur Napolon I".
Les formes de ladoption sont rgles par un snatus-consulte. Si,
DES POUVOIRS PUBLICS. 31

postrieurement ladoption, il survient Louis-Napolon des


enfants mles, ses fils adoptifs ne pourront tre appels lui suc-
cder quaprs les descendants lgitimes. Ladoption est interdite
aux successeurs de Louis-Napolon et leur descendance. Louis
Napolon Bonaparte rgle par un dcret organique, adress au
Snat et dpos dans ses archives, lordre de succession au trne
dans la famille Bonaparle, pour le cas o il ne laisserait aucun
hritier direct. lg'itime ou adoptif. Ce dcret organique, rendu le
18 dcembre 1852, est ainsi conu : Dans le cas o nous ne lais
serions aucun hritier direct, lgitime ou adoptif, notre oncle bien
aim JrmeNapolon Bonaparte, et sa descendance directe, natu
relle et lgitime, provenant de son mariage avec la princesse
Catherine de Wurtemberg, de mle un mle, par ordre de primo
gniture et l'exclusion perptuelle des femmes, sont appels
nous succder. .
Daprs lart. 5 du snatus-consulte du 7 novembre 1852, dfaut Comment devraitil
dhrier lgitime ou d'hritier adoptif de LouisNapolon Bona M L"!
parte, et des ccesseurs en ligne collatrale, qui prennent leurs :;n:} dy" ""
droits dans le dcret organique du 18 dcembre 1852, un snatus
consulte propos au Snat par les ministres, forms en conseil de
gouvernement, avec ladjonction des prsidents en exercice, du S
nat, du Corps lgislatif et du conseil dtd, et soumis laccepte-
tion du peuple, nomme lempereur et rgle dans sa famille l'ordre
hrditaire de mle en mle, lexclusion perptuelle des femmes
et de leur descendance. Jusquau moment o llection du nouvel
empereur est consomme, les affaires de ltat sont gouvernes par
les ministres en foctions, qui se forment en conseil de gouverne
ment et dlibrent la majorit des voix.

37. Aux termes de lart. 6 du snatusconsulte du 7 novembre Quels sontlesmcm


1852, les membres de la famille de LouisNapolon Bonaparte ap a "'"e ""'
pels ventuellement lhrdit et leur descendance des deux
sexes, font partie de la famille impriale. Daprs lart. 3 du statut
du 21 juin 1853, la famille impriale se compose : 1 de la descen
dance lgitime ou adoptive de lempereur; 9 des autres princes
appels ventuellement lhrdit par le snatus-consulte du 7 no
vembre 1852, de leurs pouses, et de leur descendance lgitime.
Daprs les art. 6, 7 et 8 du snatus-consulte du 25 dcembre .Qnelle cs_t la posi
185?, les membres
lhrdit de la familleportent
et leurs descendants impriale appels
le nom ventuellement
de princes franais. g:;,,.g:g
impriale?

Le ls an de lempereur porte le titre de prince im rial. Les


princes franais sont membres du Snat et du conseil dEtat quand
ils ont atteint lge de dix-huit ans accomplis. Ils ne peuvent y si
ger quavec lagrment de l'empereur. Les actes de ltat civil de la
famille impriale sont reus par le ministre dtat, et transmis, sur
32 mon ADMINISTRATIF. - LIVRE 1".
un ordre de lempereur, au Snat qui en ordonne la transcription
sur ses registres et le dpt dans ses archives.
Quelssont les biens Aux termes de lart. 47 du snatus-consulte du 42 dcembre
Ef,,g"' 1852, une dotation annuelle de quinze cent mille francs est affecte
riale? aux princes et princesses de la famille impriale. La rpartition de
cette dotation est faite par dcret de lempereur. Daprs lart. 16
du snatus-consulte prcit, le douaire de limpratrice est fix par
un snatus-consulte lors du mariage de lempereur.
Quelle est la condi- Lart. 6 du snatusconsulte du 7 novembre 4852 porte que les
clge uli, membres de la famille impriale ne peuvent se marier sans lauto
aricllliresdtsmtm' risation de lempereur. Leur mariage fait sans cette autorisation
lrps. de la famlll lIn- . . . , . . . , . .
prialc'. emporte privation de tout drmt a lhered1te, tant pour celui qui l'a
contract que pour ses descendants. Nanmoins, sil nexiste pas
denfant de ce mariage, en cas de dissolution pour cause de dcs,
le prince qui laurait contract recouvre ses droits lhrdit. Lar
ticle prcit donne en outre lempereur pleine autorit sur tous
les membres de sa famille, et lautorise rgler leurs devoirs et leurs
obligations par des statuts qui ont force de loi. Le statut du 21 juin
4853, rendu en vertu de cette disposition, soumet les membres de
la famille impriale un grand nombre de rgles drogatoires au
droit commun, notamment en ce qui concerne l'exercice de la
puissance paternelle, la validit du mariage et des conventions ma
' trimoniales, la sparation de-corps, la tutelle, linterdiction, la
libert individuelle, la juridiction en matire rpressive et pour les
actions purement personnelles. Lesprit gnral de ce statut, en
grande partie calqu sur celui du 30 mars 1806, est de donner au
chef de lEtat une action et une surveillance constantes sur les
membres de la famille impriale, lexistence sociale des princes ap
pels rgner a partenant plus au droit politique quau droit civil,
et la raison (1 tat devant leur imposer des obligations dont les
simples citoyens sont ararchis.

b Quls og llmem. 38. La famille prive de lempereur comprend tous les membres
mmsde 0,.empereur,p
a, mm e n- de sa famille,
' qu1'ne
' rentrent pas dans quelqu une des catgories
'

que nous avons dsignes sous e numro precedent. v


Quelle est leur po- Aux termes de lart. 6 du snatusconsulte du 7 novembre 1802,
"0" Pbqe" lempereur xe les titres et la condition des membres de la famille
impriale, autres que ceux qui sont directement ou ventuellement
. ) v - ' '
appeles a 1 hered1te.
Quelle cellenr posi- En vertu de lart. 6 du snatosconsulte du 7 novembre 1852,
{i :b'ggg l'empereur a pleine autorit sur tous les membres de sa famille
particulires aux- indistinctement; il rgle leurs devoirs et leurs obligations par des
a m sur statuts qui ont force de loi. En consquence, la plupart des dispo
sitions du statut du 2] juin 1853 sont expressment dclares com
munes aux membres de la famille prive de lempereur, qui ont ou
acquerront la qualit de Franais. Ces membres, la diffrence de
ses POUVOIRS LGISLATIFS. 33
ceux qui font partie de la famille impriale, restent nanmoins sou
mis au droit commun, en ce qui concerne les actes de ltat civil,
lexercice de la puissance paternelle, la validit des conventions
matrimoniales et la juridiction pour les actions intentes par des
tiers trangers la famille.

39. Lempereur a la plus grande part dans lexercice de la puis Quels sont les divers
actes par lesquels
sance lgislative. A lui seul appartient le droit d'en commencer lempereur concourt
comme den consommer les actes. Indpendamment de ce double lexercice de la uis
sauce lgislative
attribut par lequel il concourt directement la confection des lois,
il a encore deux prrogatives essentielles qui manent de son pou
voir rgulateur. Ces deux prrogatives consistent dans louverture
et la clture des sessions lgislatives, ainsi que dans le droit de
faire ou de modier les rglements intrieurs du Snat et du Corps
lgislatif. Nous examinerons sparment chacune de ces grandes
attributions impriales.
40. Il rsulte des art. 24 et 46 de la constitution du 1-1 janvier Quelles sont les pr
rogatives de lempe
1852, que lempereur convoque et proroge le Snat et le Corps reur relali1ement aux
lgislatif. Aux termes de lart. 11 de la mme constitution, le pr sessions lgislatives?

sident de la rpublique devait prsenter, tous les ans au Snat


et au Corps lgislatif, par un message, ltat des affaires de la
rpublique. Cette disposition, emprunte n la constitution de 1848
et conforme aux usages suivis par les tats-Unis dAmrique, na
pas t juge compatible avec les conditions dun gouvemement
monarchique. En consquence, elle a t formellement abroge par
lart. 17 du snatus-consulte du 25 dcembre 1852. Aujourdhui,
cest par un discours, au lieu d'un message, que lempereur, en
ouvrant chaque anne la session ordinaire du Snat et du Corps
lgislatif, donne sur la politique gnrale et sur les travaux qui
doivent remplir la session tels claircissements quil croit utiles et
dans la mesure qui lui convient. Cette exposition solennelle et orale
nest dailleurs qu'une facult et non une obligation constitution
nelle pour le chef de lEtat.
41. Les rapports du Snat et du Corps lgislatif avec le prsident Par quelle nature
de la rpublique et le conseil dEtat, ainsi que les conditions een dactes sont rgls les
rapports mutuels des
tielles de leurs travaux, avaient t rgls par le dcret organique pouvoirs lgislatifs,
ainsi que lordre int
du 22 mars 1852. Aux termes de lart. 5 du snatus-consultc du 25 rieurde leurs travaux?
dcembre de la mme anne, les dispositions de ce dcretloi peu
vent tre modies par des dcrets de lempereur. Cest en vertu de
ce principe que le dcret originaire a t successivement remplac
par celui du 31 dcembre 1852 et par celui du 3 fvrier 1861. Ce
dernier, seul actuellement en vigueur, reproduit en grande partie
ceux qui lont prcd et forme un code complet, tant sur les rapports
du Snat et du Corps lgislatif, avec lempereur et le Conseil
dEtat, que sur les conditions or guniques de leurs travaux.
a
34 DROIT ADMINISTRATIF. mm 1".
A qui appartient la 12. Aux termes de lart. 8 de la constitution du 14 janvier 1859,
m'""" d lempereur a seul linitiative des lois. Cette disposition qui assure
aux projets de loi la maturit et lesprit densemble que des parti
culiers ne pourraient jamais leur donner, se trouvait dj, sauf la
diffrence de dnomination du chef du gouvernement, soit dans la
constitution de lan Vlll, soit dans la charte de 1811. Linitiative
des lois avait au contraire t rendue commune au roi et aux deux
chambres par la charte de 1830 ; au prsident de la rpublique et
lAssemble nationale par la constitution de 1818.
dexc Daprs lart. 53 du dcret du 3 fvrier 1861, les projets de loi
vernemen. auprs 1,. prsents par lempereur sont apports et lus au Corps lgislatif par
""* "i="" les ministres sans portefeuille ou par les conseillers dEtat, commis
a cet effet, ou transmis, sur les ordres de lempereur, par le minis
tre dEtat, au prsident du Corps lgislatif, qui en donne lecture en
sance publique.

En quoi comim la 13. Lart. 10 de la constitution du 11 janvier 1852 porte que


" de505? lempereur sanctionne les lois. Ce droit de sanction consiste dans
la ratification que donne lempereur au vote du Corps lgislatif, et.
qu'il pourrait refuser lors mme que le Snat n'aurait pas dclar
sopposer la promulgation. La sanction est le complment indis
pensable de la loi, tandis que la promulgation en est la pmclama
tion ofcielle par le pouvoir excutif. La sanction prcde donc
ncessairement la promulgation.
Quelle en es. l'o- La sanction des lois par le chef de lEtat est un emprunt fait aux
15" institutions anglaises, ainsi qu'aux chartes de 1811 et de 1830. Elle
nexistait ni dans la constitution de lan Vlll, ni dans les snatus
consultes organiques de lan X et de lan Xll. A cette poque, la
loi rsultait du vote mis par le Corps lgislatif sur la proposition
du gouvernement, sans quil ft besoin daucune approbation ult
rieure, sauf tontefois le droit rserv au Snat dannuler pour cause
dinconstitutionnat les dcrets rendus par le Corps lgislatif, sils
lui taient dfrs avant leur promulgation.
(agrment se donne Il est dusage, en Angleterre, que la sanction royale se donne en
sance de la chambre des lords, ou par le chef de lEtat en per
sonne, ou par des commissaires qu'il a dsigns. Chez nous, la
sanction des lois na jamais t accompagne daucune solennit.
Sous la monarchie r0yalc, elle tait constate par cette formule
place la suite du texte de chaque loi lors de sa promulgation :
La prsente loi, sanctionne par nous eejourd'hui, sera excnte
comme loi de lEtat. La sanction impriale est actuellement cons.
tate, aux termes du dcret du 9 dcembre 1852, par lapposition
de la formule suivante, en tte de chaque loi, lors de sa promulga
tion : Nous avons sanctionn et sanctionnons, promulgu et pro
mulguons ce qui suit. n
DES POUVOIRS LGISLAT IFS . 35

Daprs lart. 1", tit. 4, de la loi du 13 aot 1814, le roi refusait Comment se rem.
sa sanction par cette formule : Le roi saviscra. Cette dclaration "*
des volonts du roi tait notie la chambre des pairs par le chan
celicr et celle des dputs par une lettre des ministres adresse
au prsident. Aujourdhui, le refus de sanction n'aurait besoin ni
dtre exprim. ni plus forte raison d'tre noti, et il sufrait
lempereur de ne pas promulguer les lois quil ne voudrait point
sanctionner. '
41. Lart. 27 de la constitution du 14 janvier 1852 porte que le A qui appartient l'i
nitiative des snatus
Snat rgle par un snatus-conaulte diverses matires expressment consultes '!
numres. Cette disposition laissait dans le doute la question de
savoirsi linitiative des snatusconsultes,cnmme celle des lois, nap
partiendrait quau chef de lEtat; ou si, au contraire, pour les s
natus-consultes, le Snat la partagerait aveclui. Cc doute a t lev
par lart. 16 du dcret du 22 mars 1852, dont le texte a t exacte
ment reproduit danslarticle correspondant du dcret du 31 dcem
bre de la mme anne et de celui du 3 fvrier 1861. En vertu de ce
texte, lempereur propose les snatusconsultes rglant les objets
numrs dans lart. 27 de la constitution; linitiative de la propo
sition peut aussi tre prise par un ou plusieurs snateurs. Le droit
de proposer les snatusconsultes est donc commun lempereur et
aux membres du Snat. Nous navons ici nous occuper que du
cas o linitiative mane du gouvernement.
Aux termes de lart. 17 du dcret du 3 fvrier 1861, les projets Comment sexerce
de snatus-consultes proposs par l'empereur sont ports et lus au linitiative du gouver
nement auprs du s
Snat par les ministres sans portefeuille en par les conseillers dtat uni?
a ce commis. Ce mode est le seul autoris pour la prsentation des
projets de snatus-consnltes, tandis que pour celle des projetsde loi
au Corps lgislatif, le gouvernement a le choix entre la transmis
sion au prsident de ce corps et lapport direct par des conseillers
d'tat ou des ministres sans portefeuille.
45. En vertu de l'art. 10 de la constitution du 11 janvier 1852, A qui a partient la
sancuon es snama
lempereur sanctionne les snatus-consultes. Cette disposition est cousuls ?
gnrale, et s'applique aux snatus consultes proposs par le gon
vernement, aussi bien qu ceux qui manent de linitiative snato
riale. On conoit, en effet, que soit raison des changements intro
duits dans le cours de la discussion, soit par suite de circonstances
nouvelles et imprvues, le gouvernement puisse avoir intrt ne pas
ratier une mesure quil avait lui-mme originairement propose.
Ce motif eXplique aussi pourquoi les lois, encore bien que lempe
reur en ait seul linitiative, doivent nanmoins recevoir sa sanction
avant dtre promulgues et excutes.
La sanction des snatusconsnltes est une innovation de la cons Quelle en est l'art.
titution actuelle. Sous lempire de la constitution de lan Vlll, ainsi glne?

que des snatusconsultes organiques de lan X et de lan XII, lacte


36 DROIT ADMINISTRATIF. - LIVRE 1".

du Snat navait pas besoin dtre complt par la ratication du


chef de ltat.
t_ Il rsulte du dcret du 2 dcembre 1852 que la sanction des sna
elle? lsconsultes est donne ou refuse exactement dans les mmes for
mes et de la mme manire que pour les lois. Nous navons donc,
cet gard, qu renvoyer aux dveloppements prsents sous le
numro 43.
Quel est l'objet du 46. Lempereur est insparable de la constitution, dont il est la
se"epf""q fois lme et le bras. Le serment politique devait, par consquent,
tre prt sa personne autant qula constitution ellemme. Cest
aussi ce qui a lieu et ce quexprime clairement la formule prescrite
cet effet.
Quelle en est la tors Cette formule; aux termes de lart. 16 du snatuscousul du
'" 25 dcembre 1852, est ainsi conue:
et Je jure obissance la constitution et dlit l'empereur. b
Par qui doitil tre Conformment lart. 14 de la constitution du M janvier 1852,
l" le serment politique doit tre prt par les ministres, les membres
du Snat, du Corps lgislatif, du conseil dtat, les ofciers de terre
et de mer, les magistrats et les fonctionnaires publics. Cette disposi
tion, aussi gnrale que possible, embrasse tous les fonctionnaires
publics sans exception, ceux qui ne touchent pas de traitement
comme ceux qui en reoivent; ceux qui sont lus par les citoyens
comme ceux qui sont nomms parle gouvernement. Mais lexercice du
droit lectoral nest pas considr comme une fonction publique, et
nest soumis en consquence la prestation pralable daucun ser
ment. Cest cc qui rsulte soit des deux dcrets du 2 fvrier 1852
sur llection des dputs au Corps lgislatif, soit des lois concernant
llection des conseils gnraux,, darrondissement et municipaux.
,Quelle' est la sanc- Tous ceux qui doivent le serment politique sont tenus de le pr
uon de l obligation du . , .
sermon. MW? ter dans les termes prescrits par lart. 16 du senatus-consulte du
25 dcembre 1852. Toute addition, modication, restriction, ou
rserve quivaut au refus de serment et produit le mme effet. Le
refus ou le dfaut de serment est considr comme une dmission.
Telles sont les dispositions expresses du dcret du 8 mars 1852,
Combin avec le snatns-cousulte du 25 dcembre de la mme un
ne. '

CHAPITRE Il.

au cours LGISLATIF.

SOMMAlRE.

11. Composition du Corps lgislatif.


48. lecteurs qui en nomment les membres.
19. Formation des listes lectorales.
nus POUVOIRS LGISLATIFS. 37
50. Rvision annuelle des listes lectorales.
51. Conditions d'ligibilit .
52. lncompablits.
53. Collges lectoraux.
54. Formes et conditions de llection.
:15. Dure du mandat.
56. Remplacements individuels.
57. Sessions du Corps lgislatif.
58. Runion du Corps lgislatif et sa division en bureaux.
59. Vrication des pouvoirs, et constitution du Corps lgislatif.
60. Rdaction, discussion et vote de ladresse.
61. Discussion des projets de loi, au sein des bureaux.
61. Amendements.
63. Discussion en assemble gnrale.
61. Formes et constatation du vote.
65. Vote de limpt.
66. Vote du budget.
67. Vote des crdits supplmentaires et extraordinaires.
68. Vote de la loi des comptes.
69. Tenue des sances.
10. Procs-verbaux.
71. Comptes rendus, et reproduction intgrale des dbats parla stnographie.
72. Publications individuelles .
7t. Ajournement, prorogation et dissolution du Corps lgislatif.
75. Messages et proclamations de l'empereur. >
73. Dotation du Corps lgislatif.
.3. Administration et police intrieures.
T7. Garanties personnelles des dputs au Corps lgislatif.

-17. Aux termes des art. 34 et 35 de la constitution du 14 janvier Quel est le nombre
I852, llection des dputs au Corps lgislatif a pour base la popu f,ff}' ""
lation. Il doit y avoir un dput raison de trentecinq mille lec
teurs. Par application de ces principes, le dcret organique du
2 fvrier 1852 avaitjx le nombre total des dputs au Corps lgis
latif deux cent soixante et un. Un tableau annex ce dcret d
terminait le nombre de dputs attribu chaque dpartement. Ce
tableau devait tre rvis tous les cinq ans, cause des variations
qui peuvent survenir dans le chiffre de la population, et que les
recensements quinquennaux ont pour but de constater. La premire
rvision a dj en lieu, et un dcret du 29 mai 1857 a port le
. nombre des dputs deux cent soixantesept, en tenant compte
dun snatusc0nsultc du 27 du mme mois, qui a substitu le
chiffre de dix-sept mille cinq cents celui de vingt-cinq mille x
par le dcret organique, pour la fraction en sus de trentecinq mille
a laquelle un dput de plus est attribu par dpartement. [1 faut
ajouter au nombre ci-dessus les cinq dputs attribus, par dcrets
du 11 novembre 1860, aux trois nouveaux dpartements des Alpes
Maritiues, de la Savoie et de la Haute- Savoie. Le nombre total des.
dputs a t ainsi port deux centsoixante-douze. LAlgrie et les
colonies ne nomment pas de dputs au Corps lgislatif. Elles
nen nommaient pas non plus sous la monarchie royale; mais la
38 nnorr ADMINISTRATIF. LIVRE I".

constitution de 1818 et la loi lectoraleu 15 mars 1849 leur recon


naissaient le droit d'en lire.
l Commentsones Daprs lart. 2 du dcret organique du 2 fvrier 1852. chaque
es crrconscnpttons , - . - -
lectorales? departement est dIVIS, par un decret du pouvorr excutif, en err
conscriptious lectorales gales en nombre aux dputs qui lui sont
attribus. Conformment ce principe, un dcret du pouvoir ex
cutif du 29 mai 1857 a x le nombre et la composition des circon
scriptions lectorales pour chaque dpartement. Les dcrets sp
ciaux prcits, du 14 novembre 1860,10nt fait ultrieurement pour
les trois nouveaux dpartements. Chaque circonscription lit un seul
dput.
ommunt_sontnom- Lart. 43 de la constitution porte que le prsident et les vicepr
F*,,_,KL } sidents du Corps lgislatif sont nomms par l'empereur pour un
Corps lgislatif? au. Ils sont choisis parmi les dputs. Ni la constitution ni aucune
autre loi ne dtermine le nombre des vice-prsidents. Ce nombre
est aujourdhui de deux.
Quels sont les lec- 48. En vertu de l'art. 36 de la constitution, les dputs sont lus
",; " par le suffrage universel. Ce surage est direct, aux termes de
lart. 2 du dcret orgamque du 2 fcvner 1852. En consquence,
lart. 12 du mme dcret dclare lecteurs, sans condition de cens,
tous les Franais gs de vingt et un ans accomplis, jouissant de
leurs droits civils et politiques, cestdire tousceux qui ont la qua
lit de citoyens, conformment la dnition que nous en avons
donne sous le numro 33.
Par qui sont ares. 49. D'aprs les art. 13 et 14 du dcret organique du 2 fvrier
"5
raies,'et"5
quels_ sont 1852,
_ la liste lectorale est dresse, pour, chaque
. commune, par le
les elmeurs cm doi- marre. Elle comprend, par ordre alphabtique : 1 tous les lecteurs
m y me msmM habitant dans la commune depuis six mois au moins; 2 ceux qui
nayant pas atteint, lors de la formation de la liste, les conditions
dge et dhabitation, doivent les acqurir avant la clture dni
tive; 3 les militaires en activit de service et les hommes retenus
pour le service des ports ou de la otte, en vertu de leur immatricu
lation sur les rles de linscription maritime, qui taient domicilis
dans la commune avant leur dpart.
la condition de six Comme on le voit, les rgles concernant la formation des listes
lectorales ne sont que la mise en pratique, lapplication complte
33935,, mas et loyale du suffrage universel. La condition de six mois de rsi
dence dans la commune nest prescrite quan de pouvoir consta
ter lidentit des lecteurs. Cest dans ce but quelle avait t re
quise par la loi lectorale du 15 mars 1849, et la constitution de
l'an Il! ne lavait pas mme juge suffisante, puisquelle exigeait
un an de rsidence au lieu de six mois pour lacquisition de la qua
lit de citoyen.
Quels sont ceux qui Aux termes de l'art. 15 du dcret organique du 2 fvrier 1852,
d" 1 ne doivent pas tre inscnts sur les listes lectorales : 1 les indivi
DES rouvoms crsr.arrrs. 39

dus privs de leurs droits civils et politiques par suite de condam- inscrits sur les liste!
nation soit des peines afictives ou infamantes, soit des peines "'esr '
infamuntes seulement; 2 ceux auxquels les tribunaux, jugeant
cormctionnellement, ont interdit le droit de vote et dlection. par
application des lois qui autorisent cette interdiction ; 3 les condam
ns certaines peines correctionnelles ou disciplinaires, conform
ment !) lnumration contenue dans larticle prcit; 4 les inter;
dits ; 5 les faillis non rhabilits dont la faillite a t dclare soit
par les tribunaux franais, soit par jugements rendus ltranger,
mais excutoires en France. '
Les diverses prohibitions que nous venons dindiquer nont pas Quel est le principe
toutes le mme principe. La premire catgorie a pour cause la dspmhihn"
perte de la qualit de citoyen. Les deuxime, troisime et cinqui
me sont fondes sur lindignit judiciairement prononce ou lga
lement prsume. La quatrime nest que la consquence dune in
capacit naturelle dans la personne des interdits. .
Parmi les individus atteints par les dispozitions prohibitives de Quels sont ceux qui
lart. 15 du dcret organique du 2 fvrier l852, il en est plusieurs ulljmg
qui n'en sont passibles que temporairement. Ainsi ceux qui ont t iwils sur les limes
. . . ,. . . . ectomlch
prives du dr01t de vote et d clectwn par un jugement correction
ncl, ne doivent tre exclus des listes lectorales que durant lespace
de temps pour lequel cette privation a t prononce. De mme, les
faillis recouvrent par la rhabilitation, les interdits par la main
leve de linterdiction, le droit dtre inscrits sur les listes lecto
rales. Indpendamment de ces cas o le terme de la dchance est
sousentendu, lart. 16 du dcret organique a directement tabli
une nouvelle catgorie de prohibitions temporaires. Les divers
condamns quil numre ne peuvent tre inscrits sur la liste lec
torale pendant ans, dater de lexpiration de leur peine ; mais,
pass ce terme, ils rentrent dans la plnitude de leur droit.
Tous ceux qu'il est dfendu dinscrire sur les listes lectorales, Comme, d0i,em
sont par cela mme frapps dincapacit lgale pour l'exercice du gli::igfsggjj
droit dlecteur. On doit distinguer les incapacits en perptuelles de listes lectorqles
et temporaires,suivant que la prohibition est indnie ou a temps.
Linscription constate le droit de llecteur, mais ne le cre pas. En 35 I'
consquence, quiconque ayant perdu la capacit lectorale aura
vot en vertu de son inscription sur les listes encourt toujours une
peine pour ce fait. La peine est plus ou moins grave, suivant que
linscription aura t opre avec ou sans sa participation; mais le
dlit existe dans tous les cas. Cest ce qui rsulte expressment des .
art. 31, 32 et 33 du dcret organique.
Lgalit la plus absolue devant prsider lexercice du droit leuton scfaircins
lectoral, nul ne peut se faire inscrire sur les listes de deux ou plu de
sieurs communes. Celui qui aura rclam et obtenu une inscription
multiple est puni conformment l'art. 31 du dcret organique, et
celui qui en aura prot pour voter plus dune fois, encourt une
40 DROIT ADMINISTRATIF. - LIVRE 1".

peine encore plus grave aux termes des art. 33 et 34 du mme d


cret.
p...- que] pouvoir 50. Daprs lart. 18 du dcret organique du 2 fvrier 1852, les
g;;,,;;ff,;g d: listes lectorales sont permanentes, sauf une rvision annuelle dont
listes lectorales? les rgles et les formes sont dtermines par un dcret du pouvoir
excutif. Cest en vertu de cette disposition qua t rendu un de
cret rglementaire, portant la mme date que le dcret organique
et statuant sur tout ce qui est relatif la rvision annuelle des
listes lectorales.
Comment se fait- Cette rvision annuelle est cone au maire de chaque commune.
"" Du 1"r au 10 janvier de chaque anne, le maire fait la liste lecto
rale les additions et retranchements prescrits par les lois. Le tableau
contenant ces additions et retranchements est dpos au plus tard
le 15 janvier au secrtariat de la commune, pour tre communiqu
tout requrant. Le jour mme de ce dpt, avis en est donn par
afches aux lieux aceoutums. Cest partir de cette publication que
court le dlai de dix jours dans lequel les demandes en inscription
ou en radiation doivent tre formes. Ces demandes sont instruites
et juges suivant les rgles que nous exposerons dans le quatrime
livre en traitant du contentieux lectoral. En mme temps qu'il
donne avis au public du dpt contenant les additions et retran
chements, le maire transmet une copie de ce tableau au sousprfet
de larrondissement, qui ladresse, dans les deux jours, avec ses
observations, au prfet du dpartement. Le 31 mars de chaque
anne, le maire opre toutes les rectications rgulirement ordon
nes, transmet au prfet le tableau de ces rectications et arrte
dnitivement la liste lectorale de la commune. La minute de la
liste lectorale reste dpose au secrtariat de la commune : le ta
bleau recticatif transmis au prfet reste dpos avec la copie de la
liste lectorale au secrtariat gnral du dpartement. Communi
cation on doit toujours tre donne aux citoyens qui la demandent ;
mais nous pensons avec la jurisprudence que le refus de communi
cation constituerait un fait administratif, qui ne pourrait tre dfr
qu lautorit administrative suprieure et non aux tribunaux de
l'ordre judiciaire. .
Quelles sont la du. Daprs lart. 8 du dcret rglementaire, la liste lectorale reste
;gsg:;g;g'mdeslistes jusquau 31 mars de lanne suivante, telle quelle a t arrte,
sauf lexcution des dcisions ultrieurement rendues sur les de
mandes en inscription ou en radiation, et sauf aussi la radiation des
lecteurs dcds ou privs des droits civils et politiques par juge
ment ayant force de chose juge. Il rsulte de cette disposition que
les individus qui acquerraient les conditions dge et de rsidence
postrieurement au 31 mars de chaque anne ne devraient tre ins
crits sur les listes qu lpoque de la rvision de lanne suivante.
Ils ne pourraient par consquent voter aux lections qui auraient
nss rouvoms LGISLATIFS. 41
lieu durant le temps intermdiaire ; car, aux termes de lart. 25 du
dcret organique, llection est faite sur la liste rvise pendant
toute lanne qui suit la clture de la liste.
51. En vertu de lart. 26 du dcret organique, sont ligibles, sans Quels sont ceux qui
condition de domicile, tous les lecteurs gs de vingtcinq ans. " ligibles "
Cette disposition est littralement reproduite de lart. 26 de la cons
titution de 1848. Lligibilit ntant subordonne aucune con
dition de domicile, il faut en conclure : 1" qu'un citoyen a le droit
dtre nomm dput par une circonscription lectorale dans le res
sort de laquelle il ne rside pas ,- 9 quil pourrait ltre, lors mme
quil n'aurait dans aucune commune la rsidence de six mois, et
quil ne serait consquemment inscrit sur aucune liste lectorale.
La seule. condition prescrite aux candidats, cest quils doivent, Quelle es! la mm.
huit jours au moins avant louverture du scrutin, dposer la pr ,j,;g,g
fecture du dpartement o ils veulent tre lus un crit par eux
sign, contenant la formule du serment politique. Telle est la dis
position du snatusconsulte du 17 fvrier 1858, qui a eu pour but
de prvenir ainsi les refus de serment de la part des dputs
lus.
Autant le lgislateur sest montr facile et libral relativement Quellcs_ s_ont_ vies
aux conditions dligibilit, autant il devait tre svreet rigoureux ,
quant aux causes dindignit. Aussi lart. 27 du dcret organique
dclareHi indignes dtre lus tous ceux qui sont frapps dune
incapacit lectorale quelconque, soit perptuelle, soit temporaire.
Si un dput encourt lindignit pendant la dure de son mandat,
sa dchance est prononce par le Corps lgislatif sur le vu des
pices justicatives, aux termes de lart. 28 du dcret organique.
52. Lart. 44 de la constitution porte que les ministres ne peuvent Quelle est ltendue
tre membres du Corps lgislatif. Daprs lart. 29 du dcret orga f" nnc;rllequi
nique, toute fonction publique rtribue est incompatible avec le :5 d%nlre le ,madat
pour butdedassurerlindpendance
mandat dusiCorps
dput. Ces dispositions lgislatif,
absolues et dempcher
et si prcises ont en """
fonctioiuxpuhllqne

que les fonctionnaires publics ne pussent un jour en former la ma


jori t, comme cela tait presque arriv durant les dernires annes
qui ont prcd la rvolution de 1818. Cest cet abus quia fait radi
calement proscrire une facult dont lusage modr et t loin de
prsenter les mmes inconvnients. Aujourdhui, les fonctionnaires
gratuits, tels que les maires ou adjoints, les conseillers gnraux,
darrondissement ou municipaux, les membres des bureaux de bien- '
laisance ou des commissions administratives dhospices, les juges
supplants prs les tribunaux de premire instance, les supplants
des juges de paix et les membres des tribunaux de commerce, sont
les seuls qui puissent cumuler le mandat de dput avec l'exercice
de leurs fonctions. Toutefois, daprs lart. 15 du snatus-consulte
du 25 dcembre 1852, les ofciers gnraux placs dans le cadre de
I
42 DROIT mnmrsrnsrrr. une 1".

rserve peuvent tre membres du Corps lgislatif. Ce nest pas l


une vritable exception au droit commun; car si les ofciers gn
raux de la rserve reoivent un traitement et continuent faire
partie de larme, ils ne sont cependant pas en ralit des fonction
naires publics, puisque, hors le temps de guerre, ils ne peuvent
tre appels aucun emploi, exercer aucun commandement ni ob
tenir aucun avancement. En temps de guerre, il est vrai, les lois
autorisent leur dfrer des commandements lintrieur; mais,
en vertu de larticle prcit, ils sont rputs dmissionnaires de leur
qualit de dput ds quils sont employs activement.
_ Quelle estla sanc Aux termes de lart. 29 du dcret organique, tout fonctionnaire
,f,f,f '" rtribu, lu dput au Corps lgislatif, sera rput dmissionnaim
de ses fonctions par le seul fait de son admission comme membre du
Corps lgislatif, s'il na pas opt avant la vrication de ses pouvoirs.
Tout dput au Corps lgislatif est rput dmissionnaire par le seul
fait de lacceptation de fonctions publiques salaries. La premire de
ces deux dispositions est reproduite de lart. 81 de la loi du 15 mars
1819; mais sans les exceptions quyapportaient les articles suivants.
La seconde est emprunte la loi du 12 septembre 1830; mais
sans la facult de rlection qui en neutralisait les effets.
, Quels sont les fonc Le lgislateur ne sest pas content d'interdire le cumul du man
uonnaurea qui, mme , . . . ,
aprsavoircess leurs dat de dput avec lexercnce des fonctions pubhques. Lors meme
',';;gg;,,gg que ces fonctions ont cess, il a prohib toute lection qui pourrait
{HI 51: {f tre raisonnablement suppose avoir subi leur inuence rtrospec
tains lieux? tive. Lart. 30 du dcret organique dfend dlire dans tout ou partie
de leur ressort, pendant les six mois qui suivraient leur destitution,
leur dmission ou tout autre changement de leur position, les fonc
tionnaires publics ci-aprs indiqus: les premiers prsidents, les
procureurs gnraux; les prsidents des tribunaux civils et les pro
cureurs impriaux; le commandant suprieur des gardes nationales
de la Seine; le prfet de police, les prfets et les sousprfets ; les
archevques, vques et vicaires-gnraux; les ofciers gnraux
commandant les divisions et subdivisions militaires ; les prfets
maritimes. Le principe de cette disposition se trouvait dj dans
lart. 64 de la loi du 19 avril 1831, ainsi que dans les art. 82 et 83
de celle du 15 mars 1849, sauf sa mise en rapport avec la lgisla
tien lectorale de ces deux poques. Les catgories de fonctionnaires
auxquelles sappliquaient les articles prcits, ntaient pas entire
ment _les mmes que celles qui rsultent de la loi actuelle; mais le
dlai de la prohibition depuisla cessation des fonctions tait, comme
aujourdhui, de six mois. _
53. Aprs avoir indiqu les citoyens qui ont le droit dlire les
dputs, et ceux qui peuvent tre lus, nous sommes conduits par
lordre naturel des ides nous occuper des assembles qui proc
dent llection, et des formes auxquelles cette lection est sou
mise.
nas rouvoms utersrsrms. 43
On appelle collge lectoral la runion des lecteurs dune com- Quentend-on par
mune. Ces lecteurs peuvent tre rpartis, par arrt du prfet, en {"eCL?
autant de sections que leur nombre le rend ncessaire. lge?
En principe, daprs lart. 3 du dcret organique, chaque collge (,, se ,..mimm les
lectoral se runit au cheflieu de la commune. Il en est de mme ff
des diverses sections dont il peut tre compos. Toutefois, aux ter
mes de larticle prcit, le prfet a la facult de xer le sige de ces
sections hors du cheflieu de la commune. Cette dernire disposi
tion a pour but, en cas de distances considrables ou de communi
cations difciles, de permettre le plus grand rapprochement possible
entre l'urne lectorale et les citoyens appels donner leur suffrage.
Cest une pense du mme ordre qui a fait tablir le vote la com
mune. la place du vote au canton qui formait la rgle gnrale - -
sous lempire de la loi du 15 mars 1849.
En vertu de lart. 4 du dcret organique, les collges lectoraux Comment sont con
sont convoqus par un dcret du pouvoir excutif. Lintervalle entre ""
la promulgation du dcret et louverture des collges lectoraux est
de vingt jours au moins. Daprs lart. 9 du dcret rglementaire,
les collges lectoraux doivent tre runis, autant que possible, un
dimanche ou un jour fri, afin de faciliter aux lecteurs l'exercice
de leur droit.
Aux termes des articles 12, 13 et 14 du dcret rglementaire, e Comment est rom
quatre
hureau assesseurs, et dun ou
de chaque collge secrtaire
section choisi par eux
est compos parmi
dun les lec
prsident, " l&iih
de

teurs. Les prsidences appartiennent de droit au maire,aux adjoints


etaux conseillers municipaux de la commune. A dfaut de ces fonc
tionnaires, les prsidents sont dsigns par le maire, parmi les lec
teurs sachant lire et crire. Les assesseurs sont pris suivant lordre
du tableau, parmi les conseillers municipaux sachant lire et crire;
leur dfaut, les assesseurs sont les deux plus gs et les deux plus
jeunes lecteurs prsents sachant lire et crire. Ces dispositions sont
empruntes aux art. 34 , 35 et 36 de la loi du 15 mars 1849, sauf
qu raison du vote au chef-lieu de canton qui tait alors le droit
commun, les prsidences appartenaient en premier ordre au juge de
paix et ses supplants, leur dfaut, au maire, aux adjoints et aux
conseillers municipaux. '
Daprs l'art. 16 du dcret rglementaire, combin avec les arti .Quolle.est Il mis
cles M, 12 et 45 du mme dcret, le bureau prononce provisoire ,Q
ment surles difcults qui slvent touchant les oprationsdu collge i,gffff'&;
ou de la section. Trois de ses membres au moins doivent tre pr 11 prsident?
sents pendant tout le cours des oprations. Dans ses dlibrations,
le secrtaire na que voix consultative. Ses dcisions sont motives.
Toutes les rclamations et dcisions sont inscrites au procs-verbal;
les pices ou bulletins qui sy rapportent y sont annexs, aprs Noir
t paraphs par le bureau. Le prsident a seul la police de lassem
ble. Il peut seul autoriser la prsence de la force arme, et ses r
M nnorr ADMINISTRATIF. - man 1".

quisitions sont obligatoires pour les autorits civiles et militaires.


Toutes ces dispositions sont littralement empruntes aux art. 33,
34,37 et 38 de la loi duJ mars 1849.
Quelles sonths dis 54. Les formes de l'lection sont subordonnes aux trois rgles
fondamentales qui suivent :
1"" 1 Il ny a pas de scrutin de liste. Lart. 36 de la constitution, en
posant ce principe, a eu pour but dempcher que llection ne ft
vicicpar la multiplicit des votes mettre, et de pourvoir ce que
chaque lecteur, nayant quun seulnom inscrire sur son bulletin,
pt agir en plus parfaite connaissance de cause. En consquence,
aux termes de lart. 2 du dcret organique, chaque circonscription
lit un seul dput. Il en tait autrement sous lempire de la loi du
15 mars 1849. A cette poque, chaque dpartement lisait au scrutin
de liste le nombre de reprsentants qui lui tait attribu. Ce sont les
abus et les dangers de ce systme, constats par lexprience, qui en
ont fait prononcer la suppression. '
2 Le scrutin est secret. Cette disposition de lart. 3 du dcret or
ganique est textuellement emprunte lart. 24 de la constitution
de 1858. Elle est dailleurs conforme tous les prcdents de la l
gislation franaise en matire lectorale, tandis que le systme con
traire prvaut en Angleterre. On ne saurait se dissimuler que si le
vote oral et public est plus favorable au dveloppement et la mise
en pratique du courage civil, le scrutin secret convient beaucoup
mieux un tat social o cette vertu se rencontre fort rarement.
3 Linscription sur la liste lectorale est la condition la fois n
cessaire et sufsante du droit au vote. Nul ne peut tre admis
voter sil nest inscrit, moins qu'il ne soit porteur dune dcision
judiciaire ordonnant son inscription ou annulant sa radiation. En
sens inverse, tout lecteur inscrit a le droit de prendre part au vote,
sauf la suspension de ce droit pour les dtenus, pour les accuss
contumaces et pour les personnes non interdites, mais retenues, en
vertu de la loi du 30 juin 1838, dans un tablissement public dali
ns. Ces dispositions des art. 18 et 49 du dcret rglementaire ne
sont que lexacte reproduction des art. 40, M, 42 et 43 de la loi du
15 mars 1849. .
que, esu.hjc, des Indpendamment des trois rgles fondamentales que nous venons
mule de dtail rela- danalyser, les formes de llection sont soumises a un grand nombre
mes 8 de dispositions de dtail dont le but commun est dassurer le main
tien du bon ordre, la rgularit du vote et la dlit du dpouille
ment. Les art. 20 32 du dcret rglementaire, qui sont presque
littralement emprunts aux art. 49 59 de la loi du 15 mars 4849,
ont minutieusement x la manire dont il doit tre procd dans
tout le cours des oprations lect0rales. Ces oprations forment lu
nique but de la convocation des collges lectoraux. Aux termes de
lart. 10 du dcret rglementaire, ils ne peuvent soccuper que de
pas rouveras LGISLATS. 45
llection pour laquelle ils sont runis. Toutes discussions, toutes
dlibrations leur sont interdites. Une disposition analogue se trou
vait dans toutes les lois lectorales antrieures, et sa ncessit rsulte
du besoin de prvenir toute atteinte l'ordre public, tout empite
ment sur les droits des pouvoirs politiques.
Quiconque aura commis quelque infraction aux rgles tablies Quel es!_l'eet de_
pour garantir le libre et paisible exercice du droit lectoral, ainsi ii:muon de ces
que la loyale constatation desvotes, est plus ou moins svrement
puni suivant la nature du fait et le caractre des circonstances qui
lont accompagn. Les peines applicables chaque cas sont dter
mines par les art. 35 a 50 du dcret organique, qui ont presque
textuellement reproduit les art. 10). 1112? de la loi du 15 mars
1819. La seule diffrence essentielleque les deux lgislations pr
sentent sous ce rapport, cest quaux termes de lart. 117 de la loi
de 1819, les dlits aussi bien que les crimes commis en cette matire,
devaient tre jugs par la cour dassises; tandis que aujourdhui,
en vertu de l'art. 18 du dcret organique, les crimes seuls sont jugs
par la cour dassises, et les dlits par les tribunaux correctionnels,
conformment au droit commun. En rsum, linfraction aux me
sures dordre et de sret prescrites pour la tenue des collges lec
toraux soumet une peine celui qui s'en rend coupable; mais elle
ne saurait jamais vicier llection. Daprs lart. 51 du dcret orga
nique, entirement conforme lart. 122 de la loi de 1849, la con
damnation, sil en est prononc, ne peut, en aucun cas, avoir pour
effet dannuler llection dclare valide par les pouvoirs comp
tents, ou dment dnitive par labsence de toute protestation r
gulire forme dans les dlais voulus par les lois spciales.
Daprs lart. 33 du dcret rglementaire, les procsverbaux des Comment sont con.
oprations lectorales de chaque commune sont rdigs en dou ;Pmi"5
ble. Lun de ces doubles reste dpos au secrtariat de la mairie ;
lautre double est transmis au sousprfet de larrondissement qui
le fait parvenir au prfet du dpartement.
Le recensement gnral des votes, pour chaque circonscription Comment se en le
lectorale, se fait au chef-lieu du dpartement , en sance publi Zf", gf;j
que. Il est opr par une commission compose de trois membres 909195 conditigns rq
du conseil gnral, dsigns par le prfet. Cette opration est cons 2linur q 11 y a
tate par un procsverbal. Le recensement gnral des votes tant
termin, le prsident de la commission en fait connatre le rsul
tat. Il proclame dput au Corps lgislatif celui des candidats qui a
satisfait la double condition davoir runi : 1 la majorit absolue
des suffrages exprims; 2 un nombre gal au quart de celui des
lecteurs inscrits sur la totalit des listes de la circonscription lec
torale. Si aucun des candidats na rempli ces deux conditions, l
lection est continue au deuxime dimanche qui suit le jour de
la proclamation du rsultat du scrutin. Au second tour de scrutin,
l'lection a lieu a la majorit relative, quel que soit le nombre
46 mon mmxsmrrr. mm 1".
des votants. Dans le cas o les candidats auraient obtenu un nom
bre gal de suffrages, le plus g est proclam dput. Tel est
lensemble des rgles qui rsultent du rapprochement de lart. 6 du
dcret organique avec les art. 34, 35 et 36 du dcret rglemen
taire. Sous lempire de la loi du 15 mars 1849, qui admettait les
scrutins de liste, il sufsait pour tre lu et proclam au premier
tour de scrutin, davoir runi un nombre de voix gal au huitime
de celui des lecteurs inscrits sur la totalit des listes lectorales
du dpartement. Dans le cas o le nombre des candidats runissant
au moins ce chiffre de voix serait rest infrieur au nombre de re
prsentants attribu au dpartement par la loi, il tait procd
un second tour de scrutin o llection avait lieu comme aujour
dhui, la majorit relative, quel que fut le nombre des suffrages
obtenus.
Quelle est aujour 55. En vertu de lart. 38 de la constitution du 14 janvier 1852,
dhui ludure du man
datlgielutifet quelle les dputs _sont_ nomms pour six ans, et intgralement
- - ' renou
F1l-ellewuslsspr'n- vels lexpiration de ce terme. Dapres la constitution de lan Vil!
mpales constitutions
antrieures ? et la charte de 1814,13 dure de chaque lgislature tait de cinq
ans, avec renouvellement annuel par cinquime. Elle fut de sept
annes sous la loi du 9 juin 1824, de cinq sous la charte de 1830,
de trois sous la constitution de 1848, sans quil aucune de ces
poques il y et aucun renouvellement partiel. La constitution ac
tuelle, en nadmettant que le renouvellement intgral, a donc suivi
les leons dune longue exprience. Quant la dure du mandat,
elle la porte au double du terme que lui avaient assign les cons
tituants de 1848. Cette prorogation tait ncessaire pour laisser aux
dputs le temps dacqurir lhabitude et lesprit des fonctions
quils sont appels remplir.
Quelles sont les 56. il peut arriver, dans le cours dune lgislature,.quilyait lieu
causes qui vent
donner lieu a es rem remplacer un ou plusieurs dputs. Les causes qui sont de nature
plucqmemsindirduels motiver ces remplacements individuels, nont pas t limitative
de dputs ?
ment numres parle lgislateur. Lart. 8 du dcret organique,
aprs avoir prvu les cas de vacances par option, dcs et dmis
sion, ajoute les mots ou autrement .' expressions gnrales qui com
prennent sans aucun doute le cas de dchance tel que nous lavons
dni sous le n 51, mais qui sappliquent aussi lannulation
dune lection en vertu dun vote du Corps lgislatif.
Du ras doption. Le cas doption est rgl par lart. 7 du dcret organique; aux
termes de cet article, le dput lu dans plusieurs circonscriptions
lectorales doit faire connatre son option au prsident du Corps
lgislatif dans les dix jours qui suivent la dclaration de la validit
de ces lections. Cette disposition est emprunte lart. 91 de la
loi du 15 mars 4849, qui avait substitu le dlai de dix jours
celui dun mois accord par lart. 63 de la loi du 19 avril 183|. Les
deux articles prcits portaient, en outre, qu dfaut doption
ces rocvoms LGISLATIFS. 47
dans le dlai prescrit, la question serait dcide par la voie du
sort. Nous croyons quil devrait encore en tre ainsi, nonobstant
le silence du dcret organique, ce dcret n'ayant abrog les lois
antrieures quen ce qu'elles auraient de contraire ses propres
dispositions.
La dmission est expresse ou tacite. La dmission expresse doit De la dmission.
tre donne par crit et adresse au prsident du Corps lgis
latif. La dmission tacite a lieu soit pour dfaut de prestation de
serment dans le dlai de quinzaine prescrit par l'art. 50 du
dcret rglementaire du 3 fvrier 1861, soit par suite d'accepta
tion de fonctions publiques rtribues, conformment ce que
nous avons dit sans le n 52. _
Aux termes de lart. 8 du dcret organique, en cas de vacances Quel est le. dlai
pour une cause quelconque, le collge lectoral qui doit pourvoir ;g;;,
au remplacement est runi dans le dlai de six mois. Ce dlai est ment?
celui qui avait t x par lart. 11 de la loi du 31 mai 1850,
tandis quil ntait que de quarante jours pour la France continen
tale et de deux mois pour la Corse daprs lart. 92 de la loi du 15
mars 1819, aussi bien quen vertu de lart. 65 de la loi du 19 avril
1831.
57. Le Corps lgislatif est convoqu par lempereur. Ses ses- Quelles sontles r
ges au-del
sions de durent
ordinaires ce termetrois
parmois;
dcretmais
imprial. Il peuttre
elles peuvent aussi tre mai"? "FL,
proro-

runi en sessions extraordinaires dont lpoque et la dure sont


xes parles dcrets de convocation. Ces diverses rgles rsultent
des art. 11 et 46 de la constitution du 14 janvier 1852.
58. Le Corps lgislatif se runit au jour indiqu par le dcret de A quelle poque se
convocation. A louverture de la premire sance, le prsident pro- {fg
cde, parla voie du tirage au sort, la division de lassemble en il, lymPi"d sa,divi
neuf bureaux. Il est assist, cet effet, des quatre plus jeunes mem- s'" en bureau
bras prsents, lesquels remplissent les fonctions de secrtaires jus
qu llection de six secrtaires dnitifs.
Les bureaux se renouvellent chaque mois pendant la session par cOmm. m les bu.
la_vme. du tirage
. -
au sort. Ils lisent -
leurs prmdcnts reaux etsont-ils
et leurs secr- mes renou
consms ,
terres.
Ces diverses dispositions du dcret du 3 fvrier 1861 sont en Quelle est ml me
partie reproduites de celui du 31 dcembre 1852, et en partie nou- ;,;{g;;;:
velles. Il y a identit quant la runion du Corps lgislatif, la vers Points?
dure et la constitution des bureaux. Mais le nombre des bureaux
a t port de sept neuf, et le Corps lgislatif a t appel lire
ses secrtaires dnitifs, tandis que auparavant les secrtaires provi
soires conservaient leurs fonctions pendant toute la dure de la ses
sion. Les nouvelles dispositions ont t empruntes aux rglements .
et usages des assembles antrieures.
18 nnorr ADMINISTRATIF. LIVRE 1".
En quoi consiste la 59. La vrication des pouvoirs consiste dans l'examen des pro
:l;scicgmnf masverbaux d'lection. Cet examen a lieu, pour chaque lection,
faitellc? dans le bureau qui en a t charg par le prsrdent du Corps lgis
latif, et qui, son tour, dsigne un de ses membres pour en faire le
rapport en sance publique. L'assemble statue sur ce rapport, en
dclarant la validit ou la nullit de llection. Si llection est con
rme, llu prte le serment politique de vive voix ou par crit
adress au prsident, au plus tard dans la quinzaine du jour o la
dcision a t rendue, et le prsident prononce ensuite son admis
sion. Si llection est annule, le collge lectoral doit tre de nou
veau convoqu dans le dlai de six mois, conformment ce que
nous avons dit sous le n 56.
Quand et comment Aprs la vrication des pouvoirs, et, sans attendre quil ait t
S}IL,, ,L.,, statu sur les lections contestes ou ajournes, le Corps lgislatif
m? lit parmi ses membres,pour la dure de la session, six secrtaires,
dont quatre, tuteur de rle, sigent au bureau pendant les sances
publiques. Llection a lieu en sance publique, au scrutin de liste
et la majorit absolue des suffrages. Aprs deux tours de scrutin,
et en cas de ballottage, la majorit relative suft. En cas dgalit de
suffrages, le plus g est nomm. Le droit, pour le Corps lgislatif,
dlire ses secrtaires, est une innovation du dcret du 3 fv. 1861 ;
mais c'est en mme temps un retour aux traditions des anciennes
assembles parlementaires. '
_Q'.and le _Corps l Aprs llection des secrtaires, le Corps lgislatif est constitu, et
.,""f " le prsident a mission de le faire connatre lEmpereur.
Toutes ces dispositions rsultent des art. 49, 50, 51 et 52 du d
cret du 3 fvrier 1861.

Que] ,5, ml, qui (50. lltait dusage, dans les anciennes assembles parlementaires,
;(;' gfgfe ; quune adresse la couronne tait annuellement vote, en rponse
les assembles}iili- au discours d'ouverture de la session. Cet usage avait cess dtre
que suivi, depuis le rtablissement de la monarchie, par les snatuscon
suites des 9 novembre et 25 dcembre 1852. Il a t remis en vigueur
par le dcret imprial du 94 novembre 1860. Aux termes de ce
dcret, le Snat et le Corps lgislatif votent, tous les ans, a louver
ture de la session, une adresse en rponse au discours de l'empe
reur. Ladresse est discute en prsence des commissaires du gou
vernement, qui donnent aux chambres toutes les explications
ncessaires sur la politique intrieure et extrieure de lempire.
,Commem est nii- En vertu de lart. 90 du dcret du 3 fvrier 1861, le projet
. ,dtscute ct vote . . . _ ,
Fciresse du Corps l- dadresse du Corps lgislatif est rdig par une commtssnon compo
si>a se du prsident et dun membre nomm par chacun des bureaux
de lassemble. Le projet dadressa est lu en comit; il est imprim
et distribu. La discussion a lieu en sance publique. Les amende
ments sont rdigs par crit, remis au prsident, et communiqus
aux commissaires du gouvernement. Aucun amendement n'est lu et
o
mas rouvoms LGISLATIFS. 49
mis en discussion sil nest sign par cinq membres. Le renvoi la
commission est toujours de droit quand les commissaires du gou
vernement ou la commission le demandent. Aprs avoir t vot
par paragraphe, le projet dadresse est vot dans son ensemble; les
votes ont lieu conformment eequi est prescrit pour les projets de
lois. Ladresse est prsente l'empereur par une dputation de
vingt membres tirs au sort en sance publique. Le prsident et le
bureau en font toujours partie. Le prsident porte la parole.
611. Les projets de loi prsents par lempereur, aprs avoir t Comment] |cg_ b;
. . . . o ' ' I,- S ll'lt e
lus en Sance publique par les ministres sans portefeuille, ou par (le: ,50ij
les conseillers
- .
d'Etat
. .
commis cet effet, ou par le prsuient du Corps " q" "" '
suliat de cet axe.
lgislatif, sont imprims et distribus. Immdiatement aprs la dis men ?
tribntion, et au jour x par le prsident, le Corps lgislatif, avant
de nommer sa commission, se runit en comit secret; une discus
sion sommaire est ouverte sur le projet de loi, et les commissaires
du gouvernement y prennent part. Aprs la discussion sommaire,
les projets de lois sont mis l'ordre du jour des bureaux. Les pro
jetsde lois dintrt local, et ceux pour lesquels lurgence aura t
dclare, sont envoys lexamen des bureaux, aussitt qu'ils ont
t imprims et distribus. Chaque bureau discute les projets de
lois dont il a t saisi, et nomme au scrutin secret et la majorit
un membre de la commission charge den faire le rapport. Cette
commission, ainsi compose de neuf membres, dsigne ellemme
son prsident, son secrtaire et son rapporteur. Lorsque ltendue
ou limportance des projets examiner lexige, le Corps lgislatif
peut dcider que les commissions nommer par les bureaux seront
de dix-huit membres au lieu de neuf, et que, par consquent, cha
que hureau nommera deux commissaires au lieu dun seul. Cette
facult de doubler le nombre des commissaires existait dans les as
sembles antrieures ; mais navait pas t expressment accorde
un Corps lgislatif par le dcret du 22 mars 1852. Larticle 51 de
celui du 31 dcemb de la mme anne a combl cette lacune,
et une disposition analogue se trouve aussi dans lart. 55 de celui du
3 fvrier 1861.
La division en bureaux forms par la voie du sort et priodique La dmsion en bu_
ment renouvels, pour lexamen des projets de loi et la nomination reg! -'ieref
des commissions, est lusage qui avait gnralement prvalu dans plac?pr la division
les assembles antrieures. Le systme des comits permanents, au e 7
moyen de loption individuelle ou de la dsignation par la majo
rit, avait toutefois obtenu la prfrence dans les premiers temps
qui suivirent la rvolution de 1789. Lassemble constituante de
1848 cumula les deux mthodes, en admettant la fois quinze co
mits permanents par le choix des membres appels en faire partie,
et quinze bureaux mensuels par la voie du sort, et se rservant
ellemme le renvoi des questions, soit un comit, soit aux bu
4
50 naorr ADMINISTRATIF. mm I".
reaux. Par leffet des traditions les plus rcentes, ce fut le renvoi
aux bureaux qui eut lieu le plus frquemment. Le rglement de
l'Assemblc lgislative ne conserva que ce dernier mode, qui est
aussi seul admis, comme on la vu, au sein du Corps lgislatif
actuel.
Quelles' sont les 62. Le droit damendement avait t trs-largement exerc de
puis 1830, au point damener quelquefois de fort graves inconv
fnqnfj'oit d'amende- nients et de changer par surprise lconomie gnrale dune loi. Ces
abus ont ncessit les dispositions restrictives contenues dans lar
ticle 40 de la constitution. Daprs cet article, un amendement ne
peuttre soumis la dlibration du Corps lgislatif, qu'autant
quil a adopt par la commission charge dexaminer le projet
de loi et admis par le Conseil dEtat, sur le renvoi que lui en a fait
le prsident du Corps lgislatif. Cette rgle constitutionnelle a t
complte et organise par les art. 58 62 du dcret du 3 t
vrier1861. Il rsulte de leurs dispositions que les amendements,
pour pouvoir tre reus, doivent tre prsents avant le dpt du
rapport de la commission; que la commission peut dlguer trois
de ses membres pour faire connatre au Conseil dEtat les motifs
qui ont dtermin son vote, et que si elle se met daccord avec lui,
le texte du projet est modi conformment la nouvelle rdaction
adopte. Cette marche est exactement celle qui avait t trace par
le dcret du 13 dcembre 1852.
Quel est le principe 63. Aux termes de lart. 39 de la constitution de 1852, le Corps
g: ,* lgislatif discute et vote les projets de loi. Il en tait autrement
nle'. sous lempire de la constitution de lan Vil], qui avait spar la
discussion et le vote, pour donner la premire au Tribunat et ne
laisser que le second au Corps lgislatif, quon aurait pu par suite
justement qualier dassemble de muets. Aujourdhui la discus
sion en sance gnrale et publique, virtuellement prescrite par la
disposition constitutionnelle que nous Venons de rappeler, est r
glemente par les art. 63, 61, 65 et 66 du dcret du 3 fvrier
1861.
Quelles sont lesr Daprs lensemble de ces articles, le rapport de la commission
l..J" sur le projet de loi par elle examin est lu en sance publique, im
prim et distribu vingt_-q_uatrc heures au moins avant la discus
sion, sauf le cas durgence dclar par le Corps lgislatif, sur la
proposition du prsident. Dans ce,cas, lAsscmble fixe le moment
de la discussion. A la sance xe par lordre du jour, la discussion
souvre et porte d'abord sur lensemble de la loi, puis sur les divers
articles. A la diffrence de ce qui avait t pratiqu dans plusieurs
assembles antrieures, il n'y a jamais lieu de dlibrer sur la ques
tion de savoir'si lon passera la discussion des articles; mais les
articles sont successivement mis aux voix par le prsident. Le vote
a lieu par assis et lev. Si le bureau, cestdire la runion du
y
DES POUVOIRS LGISLATIFS. al

prsident et des secrtaires, dclare lpreuve douteuse, il est pro


cd'au scrutin public. Sil intervient sur un article un vote de
rejet, larticle est renvoy un nouvel examen de la commission.
Chaque dput peut alors, dans la forme ordinaire, prsenter tel
amendement quil juge convenable. Si la commission est davis
quil y ait lieu de faire une proposition nduvelle, elle en transmet
la teneur au prsident du Corps lgislatif, qui la renvoie au Con
seil d'tat. Il est alors procd comme pour les amendements, et le
vote qui intervient au scrutin public est dnitif. Ces dispositions
se trouvaient dj dans le dcret du 31 dcembre 1852, sauf celles
concernant la dclaration durgence, et le renvoi des articles rejets
un nouvel examen de la commission. Cette dernire disposition,
qui a pour but de faciliter lexercice du droit damendement, est un
retour au dcret du 22 mars 1852, qui prescrivait aussi le renvoi
la commission des articles sur lesquels tait intervenu un vote de
rejet.
64. Aprs le vote sur les articles, il est procd au vote sur l'en Cumment est-il pro
cd au vote '.
semble du projet de loi. Le vote a lieu au scrutin public et la ma
jorit absolue. Le scrutin est dpouill par les, secrtaires et pro
clam par le prsident. La prsence de la majorit des dputs est
ncessaire pour la Validit du vote. Si le nombre des votants nat
teint pas cette majorit, le prsident dclare le scrutin nul et or
donne quil y soit procd de nouveau.
Par exception la rgle gnrale qui prescrit le. vote au scrutin Comment sont vo
tes les lois d'intrt
sur l'ensemble de chaque projet de loi, les propositions de lois re communal ou dpar
temental 7
latives des intrts communaux ou dpartementaux, raison de
leur frquence et de leur caractre purement local, sont votes par
assis et lev, lorsquelles ne donnent lieu a aucune rclamation.
Toutes les fois quil y a lieu de voter par assis et lev, cest- Dans quel cas le
vote par assis et lev
dire pour les projets de lois dintrt local et pour les articles des doit-il tre remplac
autres projets de lois, il est procd au scrutin public si dix mem par le vote au{scmliul
bres au moins en font la demande.
A lexemple de la plupart des assembles antrieures, le Corps mComment est expri
et constat le r
lgislatif ne motive ni son acceptation ni son refus; sa dcision ne sultat du vote 1'
sexprime que par lune de ces deux formules : Le Corps lgisla
tif a adopt, ou le Corps lgislatif na pas adopt. En cas dac
ceptation, la minute du projet de loi adopt par le Corps lgislatif
est signe par le prsident et les secrtaires, et dpose dans les
archives. Une expdition revtue des mmes signatures est porte
lempereur par le prsident.
Ces diverses dispositions contenues dans les articles 67, 68, 69
et 70 du dcret du 3 fvrier 1861, se trouvaient dj, sauf quelques
diffrences de rdaction, dans les deux dcrets antrieurs du 22
mars et du 31 dcembre 1852.
65. Lart. 39 de la constitution porte que le Corps lgislatif dis Quelles sont la por
52 mon mn1nrsrnxrrr. mm t".
ne; et ltendue du cute et vote les projets de loi et l'impt. Cette mention expresse
,,}', ,QP; de limpt a en pour but dempcher qu'on ntablit des contribu
Corps lgislatif trous par srmple decret, en sabstenant de les presenter sous forme
de projet de loi. Le principe constitutionnel qui prescrit linterven
tion et le concours des trpis pouvoirs lgislatifs en matire d'impt,
est une rgle gnrale et absolue qui sapplique aux contributions
indirectes aussi bien quaux contributions directes.
dgpqueueqlcr La seule exception quelle comporte est prvue par lart. 3 du
peu. ue modi par snatusconsulte du 25 dcembre 1852. Aux termes de cet article,
22319 CM impt" les modications de tarifs stipules dans les traits de commerce faits
par lempereur, ont force de loi indpendamment de toute inter
vention du Corps lgislatif. Cette disposition est contraire la juris
prudence parlementaire qui, sous la charte de 1830, avait rig en
principe que les tarifs tablis ou modis par un trait de com
merce ne seraient dnitifs quaprs avoir t convertis en loi par
les chambres. Elle est fonde sur le double motif que les stipula
tions douanires insres dans un trait dalliance sont presque tou
jours domines par de hautes questions politiques que le chef de
lEtat doit seul trancher, et qu'en effet la constitution lui donne
exclusivement le droit de les rsoudre en lui confrant par son ar
ticle 6, de la manire la plus absolue, le pouvoir de faire les trai
ts de paix, dalliance et de commerce, quel quen puisse tre
lobjet.

Comment mit vous 66. Daprs un usage parlementaire dont le premier essai, sous
',g,:gsg;gggq la charte de 1814, avait t contest par le gouvernement, mais
qui, . la suite de la rvolution de 1830, avait t rig en rgle
t1ezre vot daprs le obligatoire par les articles 11 et 12 de la loi des comptes du 29 jan
,;;f'f Vier 1831, le budget des dpenses de chaque ministre tait vot par
chapitres, et il tait de principe que les ministres devaient se ren
fermer rigoureusement dans les limites des crdits affects chaque
chapitre, sans pouvoir en rien distraire pour les autres divisions du
mme ordre. Ce systme, connu sous le nom de spcialit des cha
pitres lgislatifs, avait le triple inconvnient de multiplier les an
nulations de crdits, de rendre invitables les demandes de crdits
supplmentaires, et de gner ladministration sans lobliger plus
dconomie. La constitution du 14 janvier 1852 navait cependant
rien chang sous ce rapport la jurisprudence antrieure, et le
dcret du 22 mars de la mme anne, art. 53, portait express
ment que la discussion devait successivement souvrir sur les divers
chapitres, sil sagissait de lois de nances. Il nen fut plus de mme,
partir du snatus-consulte du 95 dcembre 1852. Daprs lart. 12
de ce snatus-consulte, le budget des dpenses devait tre prsent,
comme auparavant, avec ses subdivisions administratives par (ma.
pitres et par articles; mais le Corps lgislatif ntait plus appel
le voter que par ministre. La rpartition par chapitres du crdit
nns rouvoms LGISLA'FS. 53

accord pour chaque ministre tait rgl par dcret de lempereur


rendu en conseil dtat. Des dcrets spciaux, rendus dans la mme
forme, pouvaient autoriserdes virements dun chapitre un autre.
Ainsi la spcialit des ministres avait remplac la spcialit des cha
pitres qui ntaient dsormais que des divisions administratives, et
le gouvernement pouvait librement se mouvoir dans les limites des
crdits a'ects chaque ministre.
En vertu des art. 1 et 2 du snatus-constte du 31 dcembre ggg}f'*
1861, portant modification de l'art. 12 de celui du 95 dcembre m '
1852 le budget des dpenses est prsent au Corps lgislatif avec ses
divisions en sections, chapitres et articles. Le budget de chaque mi
nistre est vot par sections.La rpartition par chapitres, des crdits
accords pour chaque section, est rgle par dcret de lempereur,
rendu en conseil dtat. Des dcrets spciaux, rendus dans la mme
forme, peuvent autoriser des virements dun chapitre un autre,
dans le budget de chaque ministre. Comme on le voit, le gouver
nement continue se mouvoir librement dans les limites des crdits
a'ects a chaque ministre, puisquil peut autoriser des virements
entre tous les chapitres dun mme ministre. La spcialit des mi ,
nistres reste donc en vigueur, nonobstant l'introduction du vote par
sections, au lieu du vote par ministres. Ce changement na eu
dautre but que de donner au Corps lgislatif une action plus ef
cace sur lesnances publiques, en lui permettant de rejeter tel
crdit qui lui dplairait, sans tre oblig de rejeter le crdit total
dun ministre. La nomenclature des sections du budget des dpenses
est annexe au snatusconsulte du 31 dcembre 1861, et a par con
squent le caractre dacte constitutionnel, ne pouvant tre modi
par de simples lois. Les sections comprises dans cette nomenclature
sont au nombre de soixante-six, ingalement rparties entre les
neuf ministres qui gurent au budget des dpenses, celui de la
maison de lempereur en tant naturellement exclu.
Le budget des recettes est vot aujourdhui, comme sous les Comment est vot
chartes de 1814 et de 1830, par valuation gnrale des voies et ," de "
moyens, avec accompagnement dtats relatifs chaque nature de
recette.
Sous la royautparleme}ntaire, le budget des recettes et celui des mmlfmli5lggsg
dpenses taient scparement prsents au vote des chambres lgig pars?
latives. Depuis 1818, ils sont runis lun et l'autre en un seul projet
de loi; mais lancienne sparation du budget des recettes et du bud
get des dpenses vient dtre remplace par une sparation d'origine
nouvelle, entre le budget ordinaire et le budget extraordinaire. Con
formment au rapport du ministre des nances l'empereur, en
date du 14 novembre 1861, chacun de ces deux budgets est spa
rment prsent au vote du Corps lgislatif; mais ils sont renvoys,
lun et lautre, l'examen de la mme commission.
Le budget donnant ncessairement lieu de nombreuses et lon- mmm 95 ""
54 DROIT ADMINISTRATIF. LIVRE I".
pose la commission gues investigations, il est dusage invariable den coner lexamen
" bde? une commission de dixhuit membres au lieu de neuf, en vertu
du droit que nous avons constat sous le numro (il.
9!'P P? 67. On entend par crdits supplmentaires ceux quexige linsuf
crednts supplcmentm- , _ . . , . ,
res el_pa_r crdits ex- sauce des fonds aectes un dcpartemcnt ministriel; par cre
"""" dits extraordinaires, ceux destins pourvoir aux services im
prvus et urgents dont la dpense navait pu tre comprise au
budget.
Comment l,uns_et Antrieurement au snatus-consulte du 31 dcembre 1861, les
uns et les autres pouvaient tre ouverts par dcret imprial, dans
if, lintervalle des sessions du Corps lgislatif; aux_ termes de lart. 21
dcembre 48647 de la 101 des finances d 5 mai 1853, Ils devaient tre soumis la
sanction lgislative, savoir : les crdits extraordinaires, dans les
deux premiers mois de la session qui suivait leur ouverture, et les
crdits supplmentaires dans les deux premiers mois de la session
qui suivait la clture de chacun des exercices sur lesquels les sup
plments auraient t accords. Ainsi cest lempereur qui autori
t
sait les crdits supplmentaires ou extraordinaires, et le Corps lgis
latif qui en votait la rgularisation.
.Cm"}{m. %,"*.S Aujourd'hui, il ne peut tre accord de crdits supplmentaires
atcord<:au;outdbun? _ _ _ . , .
ou de crdits extraordinaires quen vertu dune 101. 1elle est la dis
position formlle de lart. 3 du snatus-consulte du 31 dcembre
4861, portant modication de lart. 4 de celui du 25 dcembre 1852.
Cette importante restriction l'une des prrogatives les plus habi
tuelles du chef de ltat dans les gouvernements constitutionnels a
paru ncessaire pour rendre plus srieux et plus dnitif le vote du
budgetpar le Corps lgislatif. Elle navait dailleurs rien d'1ncompa
' tihle avec les exigences des services publics, sous lempire dun sys
.tme qui admet la spcialit par ministre, la facult de virement
et la prsentation distincte dun budget extraordinaire. Au surplus,
la prohibition douvrir des crdits supplmentaires ou des crdits
'extraortlinaires, par dcret imprial, ne sapplique pas aux dpenses
dexercices clos restant payer, aux dpenses des dpartements, des
communes et des services locaux, et aux fonds de concours pour de
penses d'intrt public. Ces divers objets sont expressment rservs
par l'art. 4 du snatus-consulte du 31 dcembre 1861. Les crdits
qui les concernent continuent tre ouverts par dcrets impriaux,
sauf rgularisation ultrieure par le Corps lgislatif.
seqngotlr 68. la loi des. comptes, dont lobjet consiste rendre compte de
des comptes? lemplm des credtts alloues au gouvernement, est prsente au Corps
lgislatif dans le mme ordre etla mme forme que la loi du budget.
A la diffrence de celleci, elle est vote par chapitres et articles et
non pas par sections. La spcialit aprs les faits accomplis ne peut
tre une gne pour ladministration, et elle forme lindispensable
condition dun contrle efcace et srieux. Aussi lart. 12 du se
mas rouvoms LGISLATIFS. 55
natusconsulte du 25 dcembre 1852 na-t-il rien chang sur ce
point ltat antrieur de la lgislation. Cest ce qui a t formelle
ment reconnu et dclar dans le texte du rapport fait au Snat par
M. Troplong.
69. Aux termes de lart. 11 de la constitution du 11 janvier Les sances du
1852, les sances du Corps lgislatifsont publiques, mais la demande "
de cinq membres suft, pour quil se forme en comit secret. Daprs
lart. 82 du dcret du 3 fvrier 1861, les demandes de comit secret
sont signes par les membres qui les font et remises aux mains du
prsident, qui en donne lecture, y fait droit et les fait consigner au
procsverbal.
Le prsident du Corps lgislatif ouvre et clt les sances, en a Quelles sont les'r
seul la police et fixe la n de chacune lordre du jour de la sui '&TT,XI
vante, aprs avoir consult lAssemhle. Aucun membre ne peut 57
prendre la parole sans lavoir demande et obtenue du prsident,
ni parler dailleurs que de sa place, lexemple de ce qui a lieu dans
les chambres anglaises; mais a la diffrence de ce qui avait t pra
tiqu dans la plupart des assembles franaises antrieures, o
lusage de la tribune tendait favoriser une loquence souvent vide
et sonore au dtriment de la prompte et saine expdition des af
faires. Les ministres sans portefeuille et les membres du conseil
dtat chargs de soutenir, au nom du gouvernement, la discussion
des projets de loi, ne sont point assujettis au tour dinscription
et obtiennent la parole quand ils la rclament. Les rclamations
dordre du jour, de priorit et de rappel au rglement ont la prf
rence sur la question principale et en suspendent la discussion. Les
votes dordre du jour ne sont jamais motivs, tandis quils pouvaient
ltre dans la plupart des assembles antrieure's, o lon distin
guait les ordres du jour purs et simples de ceux motivs, dont la
discussion tait presque toujours loccasion de dbats orageux et
passionns. La question pralable,.cestdire celle quil ny a lieu
dlibrer, est mise aux voix avant la question principale. Elle ne
peut tre demande sur les propositions faites par lempereur. Tel
est le rsum des art. 73 8-1 du dcret du 3 fvrier 1861, qui ne
sont que la reproduction des art. 63 71 de celui du 31 dcem
bre 1852. '
70. Le procsverbal est dress, lissue de chaque sance, par les Comment son. dm.
soms du prsident du Corps lgislatif. Dap:s lart. 71 du dcret du sles Procswcrbaux
. , _ , es sances, et que
22 mars 1852, les proses-verbaux devaient contemr les noms des doivent-ils contenir?
membres qui avaient pris la parole et le rsum de leurs opinions.
Aujourdhui, en vertu de lart. 13 du snatusconsulte du 25 dcem
bre de la mme anne, le procsverbal de chaque sance constate
seulement les oprations et les votes du Corps lgislatif. W W som_s r_
Les art. 81 86 du dcret du 3 fvrier 1861 rglent ainsi quil digj- signs ctlus.et
smt. les dtails
, . dexcution
. : - La rdaction
. . des procesverharu
\ mscii
' t- "
'
56 DROIT ADMINISTRATIF. LIVRE I".

est cone des rdacteurs spciaux nomms par le prsident du


Corps lgislatif et qu'il peut rvoquer. Le procs-verbal de chaque
sance est sign du prsident, et lu par lun des secrtaires la
sance suivante. Les procsverbaux des sances, aprs leur appro
bation par lassemble, sont transcrits sur deux registres, signs par
le prsident.
leEclmigirggsg; 71. Daprs lart. 42 de la constitution, le compte rendu des
sances d'aprs 1.. sances du Corps lgislatif par les journaux du tout autre moyen de
" publication ne devait consister que dans la reproduction du procs
verbal, exclusivement plac sous la haute direction du prsident
du Corps lgislatif. .
d_guoi| Lart. 13 du snatusconsulte du 25 dcembre 1852 avait chang
m...u| du 25 dcem_ ces dispos1tions. Distinguant le procsverbal du compte rendu, il
h 485 avait prescrit que le compte rendu, au lieu dtre livr lappr
ciation souveraine du prsident du Corps lgislatif, ft soumis avant
sa publication une commission compose du prsident de lassem
ble et des prsidents de chaque bureau.
en quoi onsiste+il Aujourdhui, le snatus-consulte du 2 fvrier 1861, tout en
""'" maintenant la sparation entre le procsverbal et le compte rendu.
a replac ce dernier sous lautorit exclusive du prsident du Corps
lgislatif.
cogglJallg Aux termes des art. 84 et 87 du dcret du 3 fvrier I861, les
que doiventils co'n comptes rendus sont cons aux rdacteurs des procsverbaux. A
m la diffrence de ceuxci, les comptes rendus contiennent les noms
des membres qui ont pris la parole et le rsum de leur opinion.
mCOHrljnutsle s En vertu du snatuseonsulte du 2 fvrier 1861 , les comptes ren
ommuui n; un dus des sances du Corps lgislatif sont mis, chaque soir, la dis
J" position de tous ls journaux. Le mode de communication est x
par un arrt spcial du prsident du Corps lgislatif, conform
ment l'art. 88 du dcret du 3 fvrier 1861.
Indpendamment du compte rendu, il existe aujourdhui un mode
.gu1 mode de pub1m. plus complet et plus exact de publication des dbats. Daprs le s
des dm? natus-consulte du 2 fvrier 1861, portant modication de lart. 42
de la constitution, les dbats des sances du Corps lgislatif sont re
produits parla stnographie et insrs in extenso dans le journal
ofciel du lendemain.
A qui est cone la Aux termes de l'art. 84 du dcret du 3 fvrier 1861, la reproduc
productmn m u:- . . , . n - .
toma des dbats? tion m elenso des debats est placee sous la haute direction du pre
sident du Corps lgislatif, et cone aux rdacteurs spciaux des
procs-verbaux et des comptes rendus.
lusAjgxpangbliss Les journaux ne sont pas tenus de rendre compte des sances
le. rendre comme du Corps lgislatif ; mais sils veulent le faire, ils sont obligs de se
ffg," ' conformer aux dispositions du snatus consulte du 2 fvrier 1861.
En vertu de ce snatusconsulte, le compte rendu des sances du
Corps lgislatif par les journaux ou tout autre moyen de publica.
ces rouvoms LGISLATIFS. 57
I
tien ne peut consister que dans la reproduction des dbats insrs
in extenso dans le journal ofciel, ou du compte rendu rdig sous
lautorit du prsident. Nanmoins, lorsque plusieurs projets auront
t discuts dans une sance, il sera permis de ne reproduire que
les dbats relatifs un seul de ces projets. Dans ce cas, si la discus
sion se prolonge pendant plusieurs sances, la publication devra
tre continue jusquau vote et y compris le vote. Ces dispositions
ont videmment pour but d'empcher les journaux de dnaturer le
caractre et la physionomie des dbats par des publications arti
cieusement tronques. Dans leur ensemble, elles constituent un in
contestable progrs sur ltat de choses immdiatement antrieur,
par la facult quelles donnent aux journaux de reproduire lint
gralit des dbats d'aprs la stnographe ofcielle; mais elles ne
leur confrent pas le droit dont ils avaient joui, jusqu la cons
titution de 1852, de prsenter, comme ils lentendaieut et sous
leur responsabilit, le tableau des sances lgislatives. On a main
tenu la suppression de cette facult dont labus avait souvent con
tribu garer lopinion publique, parce quon a craint que l'exer
cice nen prsentt encore de trop graves dangers.
72. A la diffrence de ce qui avait lieu dans les assembles ant- t. Sous malles condi
. . . . Ions les membres du
meures depuis 1814, les membres du Corps lgislatif ne peuvent Corps lgislatif peu
faire imprimer et distribuer leurs frais les discours quils ont pro
noncs, quaprs en avoir obtenu l'autorisation. Cette autorisation, mure qu'ils ou! pro.
aux termes de lart. 4 du dcret du 22 mars 1852, tait directe- noms
ment demande au Corps lgislatif. Aujourdhui, en vertu de lart.
89 du dcret du 3 fvrier 1861, elle est donne par une commission
compose du prsident du Corps lgislatif et des prsidents de cha
que bureau, sauf approbation par lassemble.
73. D'aprs lart. 46 de la constitution, l'empereur ajourne, pro Par qui sont pro
roge et dissout le Corps lgislatif. Lajournement consiste en sus Li,, f;
pendre les sances, la prorogation en prolonger les sessions au .ig;t"g
u c . . v . - i

dela du terme originairement xe, la dissolution mettre n au uCorps lgislatif?


mandat de ses membres avant quil soit lgalement expir.
Ce triple droit est inhrent la qualit de chef de lEtat sous Quel est le rappo|rj
tous les gouvernements sincrement monarchiques. Le pouvoir ex- g,,,.|, ",4,f.
' en est au contraire
cutif ' '
essentiellement
priv, '
toutes les fers nement,et e,.aioume_
que prononcer roi: a

la forme repubhcatne est prise au ser1eux. ment, la prorogation


ou la dissolution du
' Corps lgislatif?
Aux termes des art. 46 et 33 de la constitution, en cas de disso Quelles _sont les
lution du Corps lgislatif, l'empereur doit en convoquer un pou- "l,f{ljj "":
veau dans le dlai de srx mon. Jusqu la convucatron, le Senat, Corpslcslslauf?
sur la proposition de lempereur, pourvoit, par des mesures dur
gence, tout ce qui est ncessaire la marche du gouvernement.
Ainsi se trouvent concilis le droit du chef de lEtat, celui de la na
tion et les besoins du service public.
58 mon ADMINISTRATIF. LIVRE i".
En quoi consistent 74. Nous avons vu, sous le numro 40, quil ny a plus de mes
les messages et pro , . . -
rlamalions de l'erppe- sage annuel du gouvernement au Senat et au Corps lgislatif, sur
056;; ltat gnral des affaires publiques; mais l'empereur peut, toutes
letfet! les f015 quil le juge convenable et sur tels objets qu'il lui plat,
adresser des messages et proclamations chacune de ces deux as
sembles ou l'une delles seulement. Ces messages et proclamations
snnt apports au Corps lgislatif et lus en sance par les ministres
ou les conseillers dEtat commis cet effet. Ils ne peuvent tre
lobjet daucune discussion ni daucun vote, moins qu'ils ne con
tiennent une proposition sur laquelle il doive tre vot. Telles sont
les dispositions expresses de l'art. 71 du dcret du 3 fvrier 1861 .
{Quel 'es} l'cet,des Daprs lart. 72 du mme dcret, les proclamations de lempe
|ln(lama!lonsdc 1 em- . . . . .
prepr, relatives aux reur portant ajoumement, prorogation ou dissolution du Corps le
"" 1" gislatif, sont lues en sance publique, et le Corps lgislatif se spare
linstant. Quelle que soit la gnralit de ces derniers termes, il
est vident quils ne peuvent sappliquer quaux deux cas d'ajour
nement et de dissolution; mais non celui de prorogation, si l'on
donne ce mot, comme nous l'avons fait sous le numro prc
dent, le sens de prolongation dune session. Que si, pour ne pas res
treindre un article qui semble absolu, on entend par prorogation
, le renvoi des sances une poque ultrieure, on est amen con
. clure quajournement et prorogation sont entirement synonymes
et forment plonasme dans le texte de la constitution. Quoi quil
en soit, la question na et ne saurait avoir quun intrt purement
grammatical. Au fond, il est certain que,sous lenom dajournement
ou de prorogation, lempereur peut suspendre le cours des sances
du Corps lgislatif, et que, s'il la ainsi ordonn, cette assemble
doit immdiatement se sparer. Dautre part, il est non moins
certain que lempereur peut prolonger la dure dune session, que
les dcrets rendus cet effet portent expressment prorogation, et
quen pareil cas le Corps lgislatif na point se sparer surle
ehamp, puisquon lautorise au contraire rester plus longtemps
en session.
__Quels sont les pr 15. Sous lancien rgime, les dputs aux tats gnraux rece
ced: nu roustltuiwn- . . . , . .
ne], m |,, estion valent une indemnit pour leurs frais de dplacement et de sjour.
ggj;" 5 d' Depuis la rvolution de 1789, un traitement fut toujours attach
la qualit de membre des Assembles politiques, jusqu la pro
mulgation de la charte de 1811. Ds lors, lexemple des institu
tions anglaises, les membres de la chambre des dputs cessrent
dtre rtribus. Il en fut de mme daprs la charte de 1830. Avec
la rvolution de 1818 reparut lindemnit pour les reprsentants
du peuple, soit I'Asscmble constituante, soit lAssemblc l
gislative.
Quelles taient, sur Tel tait ltat des faits, au moment de la constitution du l-1jan
{,,,," vier 1852. Cette constitution sattacha, sous ce rapport, aux erre
ans rouvoras LGISLATIFS. 59
ments de la royaut parlementaire. En consquence, l'art. 37 posa tion du n janvier
en principe que les dputs ne recevraient aucun traitement. Da '
prs lart. 13, le prsident du Corps lgislatif devait seul toucher
un traitement qui tait fix par un dcret.
Celle de ces dispositions qui attribuait un traitement au prsident Quelles sont les r
du Corps lgislatif a t maintenue; celle qui tablissait la gratuit 5}cuj"m'hu' "
du mandat de dput a t change par le snatus-consulte du 95
dcembre 1852. Aux termes de lart. 14 de ce snatusconsulte, les
dputs au Corps lgislatif reoivent une indemnit qui est xe
deux mille cinq cents francs par mois, pendant la dure de chaque
session ordinaire ou extraordinaire. Le retour aux traditions du
consulat et du premier empire tait la fois command par le prin
cipe du gouvernement et par la ncessit dlargir le cercle des li
gibles, dans un pays tel que la France o les grandes fortunes
sont trsrares et sous une loi qui prohibe tout cumul du mandat
lgislatif avec une fonction publique rtribue.
La dotation du Corps lgislatif comprend toutes les sommes n Quest-ce que la do
cessaires pour acquitter le traitement du prsident, lindemnit des t,,f&{g
dputs et les frais dadministration intrieure de lAssemble. En P au buds?
vertu de l'art. 101 du dcret du 3 fvrier 1861, cette dotation est
in5crite au budget de lEtat, immdiatement aprs celle du Snat,
cest--dire la suite des dpenses de la dette publique.
76. Aux termes des art. 92, 93 et 97 du dcret du 3 fvrier 1861, , A qtli_appaiennent
le prsident du Corps lgislatif a essentiellement la haute ndminis :
tration, ainsi que la police intrieure de ce corps, et il pourvoit par C"P Bi5"
des arrts rglementaires tous les dtails quexige cette double
mission. Divers articles du dcret prcit ont eu pour objet de d
terminer le mode dadministration du Corps lgislatif, et d'indiquer
les principales mesures que comprend sa police intrieure. Voici le
rsum de leurs dispositions.
En ce qui touche ladministration, le prsident rgle, par des ar- 'Qucls sont les prip
rts spciaux, lorganisation de tous les services et lemploi des ?L,J
fonds affects aux dpenses du Corps lgislatif. Il pourvoit tous 30)8 8islm
les emplois, et prononce les rvocations quand il y a lieu.
Il est asaist de deux questeurs nomms pour lanne par l'em Quelles sont les
pereur, qui reoivent un traitement spcial et auxquels il peut d (233? de q""
lguer tout ou partie de ses pouvoirs administratifs. Les questeurs
ordonnancent, conformment aux arrts pris par le prsident, et
sur la dlgation de crdit faite par le ministre des nances, les
dpenses du personnel et du matriel.
Les comptes du trsorier du Corps lgislatif sont soumis au ju e1j;gggi
gement dune commission de neuf membres, nomms par les bu- du cul-{,5 lgislatif!
reaux chaque session annuelle. Cette commission transmet son
arrt au prsident du Corps lgislatif, qui en assure lexcution.
En ce qui concerne la police, le droit du prsident nest pas li Quelles sont les
60 DROIT ADMINISTRATIF. LIVRE I".
principales ngles qui mit la salle des sances, et stend toutes les dpendances du
durll palais lgislatif. Nul tranger ne peut, sous aucun prtexte, sin
sisln ? troduire dans l'enceinte o sigent les dputs. Toute personne qui
donne des marques dapprobation ou dimprobation, ou qui tron
ble lordre, est sur-le-champ exclue des tribunes par les huissiers
et traduite, s'il y a lieu, devant l'autorit comptente. Aucun mem
bre du Corps lgislatif ne peut sabsenter sans obtenir un cong de
lAssemble. Les passeports sont signs par le prsident du Corps
lgislatif, qui, sauf le cas durgence, ne peut les dlivrer quaprs
le cong obtenu. .
Quell{on,t lesme- 77. Il importe la sincrit du contrle lgislatif que les dputs
sures drstmees ga- . . . - - p -
ramirl l'indpenam ne puissent pas etre lgerement distraits de laccomphssement du
{;;ggggg,,j;g mandat qui leur est confi, et quaucune crainte de responsabilit
1337de Corps lsis- ultrieure ne pse sur la libert de leurs votes. Cest ce double
besoin que rpondent les articles 9, 10 et 11 du dcret organique
du 2 fvrier 1852. Le premier de ces articles garantit lindpen
dance du dput, en dfendant de le rechercher, accuser ou juger
en aucun temps pour les opinions quil aurait mises dans le sein du
Corps lgislatif. Les deux suivants assurent la libert personnelle
des membres du Corps lgislatif en les a'ranchissant de toute con
trainte par corps durant la session et pendant les six semaines qui
lauront prcde ou suivie, et en nepermettant, sauf le cas de fla
grant dlit, de les poursuivre ou arrter en matire criminelle,
quen vertu dune autorisation pralable de lAssemble. '
Exisuit-il antricu- Des dispositions analogues se rencontraient dans la plupart des
E,J" constitutions ou des lois lectorales antrieures. Toutefois, sous
lempire de la constitution de 1848, la contrainte par corps contre
les dputs tait prohibe dune manire beaucoup moins absolue.
Aux termes d'une loi spciale du 11 janvier 1831, lexercice pou
vait en tre autoris par une dcision de l'Assemble, et le repr
sentant contre lequel elle avait t permise tait rput et dclar
dmissionnaire sil ne justiait pas de sa dcharge, dans les trois
mois partir de lautorisation.

CHAPITRE [[1.

DU SNAT.

SOMMAIRE.

18. Composition du Snat.


19. Caractres essentiels du Snat.
80. Sessions du Snat.
81. Runion du Snat et sa division en bureaux.
82. Rdaction, discussion et vote de l'adresse.
83. Examen des projets de loi.
pas rouvoms orsrsrrrs. 61
81. Vote des snatusconsultes.
85. Annulation des actes inconstitutionnela.
86. Proposition de projets de loi d'un grand intrt national.
87. Propositions de modications la constitution.
88. Examen des ptitions.
89. Mesures d'urgence en cas de dissolution du Corps lgislatif.
90. Tenue des sances. '
91. Comptes rendus et reproduction intgrale des dbats par la stnograplnie.
92. Ajournement, prorogation et clture des sessions du Snat.
93. Dotation du Snat.
91. Administration et comptabilit du Snat.

78. Aux termes de lart. 20 de la constitution, combin avec Comment est com
lart. 7 du snatusonsulte du 25 dcembre 1852, le Snat se com pos le Snat?

pose : 1 des cardinaux, des marchaux, des amiraux; 2 des ci


toyens que lempereur juge convenable dlever la dignit de
snateur; 3 des princes franais, lorsquils ont atteint lge de dix
huit ans accomplis, et sous la condition de ne pouvoir y siger
quavec lagrment de lempereur. _
Lart. 19 de la constitution portait dune manire absolue que le Le nombre des s
nateurs estil limite?
nombre des snateurs ne pourrait excder cent cinquante. Cette
disposition a t modie par lart. 10 du snatosonsulte du 25 d
cembre 1852, aux termes duquel la limite prcite ne sapplique
quaux snateurs nomms directement par lempereur. Par cons
quent ceux qui sont membres du Snat en vertu de leur titre ou
qualit, tels que les cardinaux, les marchaux, les amiraux, et les
princes franais restent en dehors du npmbre de cent cinquante, et
ne concourent pas le former.
Daprs lart. 23 de la constitution, le prsident et les vicepr Comment sont nom
ms le prsident et
sidents du Snat sont nomms par lempereur et choisis parmi les les vice-prsidents du
snateurs. Ils sont nomms pour un an. Le nombre des vicepr Snat?
sidents est aujourdhui de quatre; mais il pourrait tre infrieur ou
suprieur, aucune loi ne layant x dune manire prcise.
79. En vertu de lart. 25 de la constitution. le Snat est le gar Quel est le rle _quc
la2c0nstitution2amgnu
dien du pacte fondamental et des liberts publiques..Cest de ce au Snat 'I
principe que dcoulent toutes les attributions qui lui sont cones,
et cest aussi le motif pur lequel ses membres sont inamoviblcs et
a vie, aux termes exprs de lart. 21 de la constitution. Lindpen
dance personnelle des snateurs garantit et rehausse lautorit mo
rale du Snat.
80. Conformment l'art. 21 de la constitution, lempereur con Quelles sont les re
les conrnant les
voque le Snat et fixe la dure de ses sessions par un dcret. 8sessions du Snat!
Nonobstant le silence gard cet gard parles textes constitutionnels,
les sessions du Snat, comme celles du Corps lgislatif, se divisent
en ordinaires et extraordinaires; mais, les sessions ordinaires du
Snat. la diffrence de celles du Corps lgislatif, ne sont pas limi
tes davance une dure de trois mois. En outre, tandis que le
62 DROIT ADMINISTRATIF. LIVRE 1".

Corps lgislatif ne peut jamais se runir hors du temps des sessions


ordinaires ou extraordinaires, il rsulte de lart. 6 du dcret du
3 fvrier1861 que le Snat peut avoir des runions accidentelles
aprs la clture des sessions, pourvu que ces runions aient t
autorises par un dcret de lempereur.
Le Snat avait-il Sous lempire de la constitution de lan Vlll, le Snat n'avait pas
des se<swns sous la . . , . . . . .
.nnsmmion de nm de sess10n proprement dite et nta1t jamais qu accidentellement
""" convoqu. La raison de cette diffrence avec les institutions ac
tuelles, cest qu'alors tous les projets de loi ne devaient pas, comme
ils le doivent aujourdhui, tre soumis au Snat avant leur pro
mulgation.
d?,.j 81. Daprslart. 6 du dcret du 3 fvrier 1861, le Snat se runit
' sur la convocation de son prsident pendant la dure des sessions ,
en vertu dun dcret de lempereur, quand la session est close. -
refgg gecdz Aux termes de lart. 7 du dcret prcit du 3 fvrier 1861, le S
se_t-_il et quelle est la nat se divise par la voie du sort en cinq bureaux. Malgr labsence
""'" M " 7 de texte sur ce point, ces bureaux, comme ceux du Corps lgislatif,
se renouvellent chaque mois pendant la session, par la voie du ti
rage au sort, et nomment leurs prsidents ainsi que leurs secrtai
res. Larticle susmentionn porte dailleurs expressment que les
bureaux examinent les propositions qui leur sont envoyes et lisent
les commissions quil y a lieu de nommer. Tout ce qui concerne
lorganisation et les fonctions des bureaux est donc rgl de la mme
manire pour le Snat et pour le Corps lgislatif, sauf que ce der
nier tant plus nombreux se divise en neuf bureaux, tandis que le
Snat nen a que cinq.
F'F. 9" rdi- 82. Le dcret du 21 novembre 1860 a autoris le vote annuel
"ce, discute et vote , . .
ladresse du Snat? dune adresse de la part du Snat, aussxbrcn que de la part du corps
lgislatif. En vertu de lart. 31 du dcret du 3 fvrier 1861, modi
par le dcret du 28 dcembre de la mme anne, le projet d'a
dresse du Snat est rdig par une commission compose du prsi
dent ct de deux membres, au lieu dun seul, nomms par chacun
des bureaux de lassemble. Le projet d'adresse est lu en sance g
nrale; il est imprim et distribu. La discussion a lieu en sance
gnrale. Les rgles concernant les amendements, le renvoi la
commission sil y a lieu, le vote par paragraphe avant le vote du
projet dans son ensemble, la prsentation de ladresse ' lempereur,
sont exactement les mmes que pour ladresse du Corps lgislatif,
Quant au mode de votation, il est conforme celui prescrit au S
nat pour l'adoption ou le rejet des projets de snatus-consultes.
l'Ip:me%uo chi;j 83. Le Snat ne discute aine vote les projets de loi; mais ils doi
delo,w,,gmg vent tous llll tre soumis avant dtre promulgue. Il soppose la
promulgation, 1 des lois qui seraient contraires ou qui porteraient
atteinte la constitution, la religion, la morale, la libert des
nas rouvoms LGISLATIFS. 63
cultes, la libert individuelle, lgalit des citoyens devant la loi,
linviolabilit de la proprit et au principe de linamovibilit de
la magistrature; 2 de celles qui pourraient compromettre la dfense
du territoire. Telles sont les dispositions expresses des art. 25 et 26
de la constitution. Il en rsulte qu la diffrence de la Chambre des
pairs,des chartes de 1814 et de 4830, le Snat nest pas, pour ainsi
dire, une doublure du Corps lgislatif. Il nest pas appel discuter
et voter de nouveau ce qui a t discut et vot dans une autre
assemble. -Il remplit une mission qui est son attribut exclusif et
personne]. Il nexamine les projets de loi que sous le rapport de
leur conformit ou de leur contrarit avec les principes sociaux et
constitutionnels, et agit par consquent en sa qualit de gardien du
pacte fondamental et des liberts publiques.
Ce contrle constitutionnel du Snat sur tous les projets de loi _0uclle en est lori
grue.
avant leur promulgation est une innovation de la constitution ac
tuelle. Toutefois le principe s'en trouvait dans les art. 70, 71 et 72
du snatusconsulte du 28 oral au XII. Aux termes de ces articles,
tout dcret rendu par le Corps lgislatif tait susceptible I'tre d
nonc au Snat par un snateur pour cause dinconstituonnalit.
Sur cette dnonciation et le rapport dune commission spciale, le
Snat pouvait exprimer lopinion quil ny avait pas lieu promul
guer la loi, opinion qui devait tre soumise lempereur et la
quelle il restait maitre daccorder ou de refuser son adhsion. On
na fait que gnraliser et simplier ces dispositions, en supprimant
la ncessit dune dnonciation pralable et en donnant la dcla
ration du Snat un effet immdiat et dnitif.
Les art. 8 15 du dcret du 3 fvrier 1861 rglent tous les d Comment y est-il
tails de lexamen auquel les projets de loi adopts par le Corps procd?
lgislatif sont soumis au sein du Snat. Sans entrer dans ces dtails,
nous nous bomerons dire que le vote du Snat, ne se rfrant qu
la question de promulgation, ne comporte la prsentation daucun
amendement, et quaucune autre question que la question consti
tutionuelle ne peut tre discute; que la discussion est soutenue, au
nom du gouvernement, par les ministres sans portefeuille ou par
les conseillers dEtat commis cet effet, comme devant le Corps
lgislatif; que la dlibration peut tre prpare par la discussion
des bureaux; mais quelle doit toujours avoir lieu en sance gn
rale.Le vote est pris la majorit absolue par un nombre de votants
suprieur au tiers de celui des membres du Snat. Le rsultat du
scrutin est constat en ces termes : Le Snat soppose, n ou le
Snat ne soppose pas la promulgation. Il est transmis au mi
nistre dEtat par le prsident du Snat.
84. En vertu de lart. 27 de la constitution, le Snat rgle par un Quelles sont les ma
tires qui doivent tre
snatusconsulte : Ile rgime des colonies etdel'Algrie; 2 tout ce rgles par un sana
qui na pas t prvu par la constitution et qui est ncessaire saJus-wnsul?
64 naorr mnmrsrum. LIVRE 1".
marche; 3 le sens des articles de la constitution qui donne lieu
diffrentes interprtations.
Queue es, lym.,gine Ces dispositions ont t presque littralement empruntes- lar
4054i5105i1i?"5 0005- ticle 54 du snatusconsulte du 16 thermidor au x, sauf que cet ar
ntutronnelles a cet- . . . . . .
gard r trcle quahartexpressmentd orgamquesles senstusconsultes rendus
sur les matires dont il s'agit, tandis que aujourd'hui ils ne portent
pas ofciellement ce nom qui leur est nanmoins assez souvent donn
dans lusage et mme dans les lois.
.Quelssont les prin- Le Snat a dj exerc son droit relativement chacun des grands
fff,m objets quil est appel rgler. Cest ainsi que le rgime des colo
leur! nies de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Runion a t x
par le snatus-consulte du 3 mai 1854; que la constitution a t
complte par les snatuseonsultes du 10 juillet 1852 et du 4 juin
1858, sur lorganisation et sur la comptence de la haute cour de
justice, par celui du 12 dcembre 1852 sur la dotation de la con
ronne, par celui du 25 du mme mois sur les droits de la puissance
impriale, par celui du 17 juillet 1856 sur la rgence de lempire;
par celui du 2 fvrier 1861 sur la publication des dbats du Snat
et du Corps lgislatif; quenn un snatus-consulte du 23 avril
1856 a, par interprtation des dispositions constitutionnelles, d
termin les pouvoirs de ladministrateur de la dolation de la con
ronne, et quun autre snatus-consulte encore plus rcent, du 27
mai 1857, a modifi larticle de la constitution concernant la com
position du Corps lgislatif. '
Comment le Snat Ainsi que nous lavons dit sous le numro 44, les projets de sna
procde-t-ll a lu (115- . . , .
eussion d,.,pmje de tus-consulte peuvent etre proposes par lempereur ou emaner de
"alus'wns1 linitiative des snateurs. Ceux proposs par l'empereur, aprs avoir
' t lus au Snat par les ministres sans portefeuille ou par les con
seillers dtat ce commis, sont discuts dans les bureaux et exa
mins par une commission qui en fait rapport en sance gnrale.
Ceux provenant de linitiative des snateurs ne sont lus en sance
gnrale quautant que la prise en considration en a t autorise
par trois au moins des cinq bureaux. Dans ce cas, le texte en est
immdiatement transmis par le prsident du Snat au ministre
dElat, et une commission est nomme comme pour les projets de
snatus-consultes proposs par lempereur. Telles sont les disposi
tions de l'art. 17 du dcret du 3 fvrier 1861.
Quelles sonnes). Tandis que les projets de loi ne peuvent tre lobjet daucun
' amendement de la part du Snat qui ne connat, par rapport eux,
que de la question de promulgation , les projets de snatus-consultes,
pour lesquels il fait ofce de Corps lgislatif, sont susceptibles dtre
modifis et amends par lui. Aux termes de lart. 18 du dcret pr
cit, les amendements proposs sur le projet de snatus-consulte
sont, jusqu louverture de la dlibration en sance gnrale, ren
voys par le prsident du Snat la commission qui exprime son
avis, soit dans son rapport principal, soit dans un rapport suppl-.
ans rouvoras utorsrarrrs. 65
mentaire. Les amendements produits pendant la dlibration en
sance gnrale ne sont lus et dvelopps quautant quils sont
appuys par cinq membres. Le texte en est toujours, et lavance,
communiqu aux commissaires du gouvernement. La commission a
le droit, qui appartient galement aux commissaires du gouverne
ment, de demander quavant le vote lamendement lui soit renvoy.
En comparant ces rgles celles qui rgissent le droit damende
ment au sein du Corps lgislatif, on reconnat aisment quelles en
diffrent sous trois rapports essentiels. Les amendements, pour tre
soumis la dlibration du Snat, nont besoin ni dtre approuvs
par la commission charge de lexamen du projet, ni dtre pr
sents avant le dpt de son rapport, ni, plus forte raison, dtre
pralablement transmis au conseil dEtat pour obtenir son assen
timent.
Daprs les art. 19 et 90 du dcret du 3 fvrier 1861, le vote, soit Comment est mis
sur les articles du projet de snatusconsulte, soit sur son ensemble, """ le "
a lieu la mme majorit que pour les projets de loi. Le rsultat en
est exprim en ces termes: Le Snat a adopt, ou le Snat
na pas adopt. B Ce rsultat est port lempereur par le prsident
du Snat ou par deux viceprsidents quil dlgue.
85. En vertu de lart. 99 de la constitution de 1852. le Snat sng'jg
maintient ou annule tous les actes qui lui sont dfrs comme in- aptes argusd'ipmnxi
constitutionnels par le gouvernement, ou dnoncs, pour la mme {t;g;;,,?
au Snat
cause, parpar
les l'art. 21 de
ptitions deslacitoyens.
constitution de lan
Ce droit avaitVlII;
aussimais alors le '
t reconnu '

Tribunat pouvait, dfaut du gouvernement, saisir le Snat de la


question dinconstitutionnalit. Aujourdhui, quil nexiste plus,
dinstitution analogue au Tribunat, tout citoyen est admis se por
ter vengeur de la constitution par voie de ptitin au Snat.
La manire dont le Snat statue sur les actes qui lui sont dfrs Cpmmontce droit
ou dnoncs comme inconstitutionnels, est rgle par les art. 21, 22 es"" exerce!
et 23 du dcret du 3 fvrier 1861 . Il rsulte de ces articles que la
demande est renvoye aux bureaux qui lexaminent, et nomment
une commission, sur le rapport de laquelle il est procd au vote
dans la forme ordinaire. Le prsident proclame le rsultat en ces
termes : a le Snat maintient ou annule. La dcision du Snat
est transmise, par les soins du prsident, au ministre dEtat. Si lin
constitutionnalit est dnonce par une ptition, il ny a lieu ren
voi aux bureaux quautant quaprs lecture de la ptition en sance
gnrale, la question pralable naurait pas t propose et admise.
86. Daprs lart. 30 de la constitution, le Snat peut. dans un _in quoi consiste l'i
rapport adress lempereur, poser les bases des projets de loi dun {;t{3g,,g
grand intrt national. Ainsi le Snat qui partage avec lempereur de 10
linitiative directe des projets de snatus-consultes, a en outre la
facult de provoquer linitiative du gouvernement relativement aux
5
06 DROIT ADMINISTRATIF. LIVRE 1.
projets de loi. Cest l une des plus importantes prrogatives de ce
grand corps, une de celles qui lassocient le plus efcacement
luvre de la politiquegnrale, et qui montrent le mieux la place
leve quil occupe dans lensemble de nos institutions.
_Qnelles sont les ori- Cette prrogative navait t accorde au Snat ni par la constitu
',J" de tion de l'an VII[, ni par les snatus-consultes de lan X et de lan X11.
Mais lart. 29 de la constitution de lan VI[I confrait au Tribunat
un droit analogue en lautorisant exprimer son voeu sur les lois
faites et faire, sur les abus corriger, sur les amliorations en
treprendre dans toutes les parties de l'administration publique.
Cest ce droit prcis et agrandi, transform de simple vu en un
rapport au chef de l'Etat, que la constitution actuelle a transport
au Snat. Sous la charte de 1811, les chambres qui ne possdaient
aucune espce dinitiative directe, avaient nanmoins la facult de
supplier le roi de proposer une loi sur quelque objet que ce ft, et
dindiquer ce qui leur paraissait convenable que la loi contint. Telle
tait la disposition expresse de lart. 19 de cette charte. Quant
celle de 1830, elle avait fait beaucoup plus et avait rellement inau
gur le rgime parlementaire en admettant, par son art. 15, cha
cune des deux chambres au partage de linitiative directe avec le
chef de lEtat.
pomme. ,-emce_ Les art. 91 9.8 du dcret du 3 fvrier 1861 dterminent la ma
"" " nire dont le Snat;exerce son droit dinitiative indirecte en matire
de projets de loi. Aux termes de ces articles, tout snateur peut
proposer de prsenter lempereur un rapport posant les bases
dun projet de loi dun grand intrt national. La proposition est
toujours renvoye dans les bureaux; mais une commission nest
nomme qu'antaut que trois bureaux au moins sont davis de la
prise en considration. La commission rdige le projet de rapport
envoyer lempereur. Ce projet de rapport transmis lavance au
ministre dEtat, est discut en sance gnrale. Il peut tre amend
suivant les rgles prescrites pour les projets de snatus-consultes.
Le vote a lieu dans les formes ordinaires. Le rsultat en est exprim
en ces termes : a le rapport est adopt ou le rapport nest pas
adopt. En cas dadoption le rapport est envoy par le prsident
du Snat au ministre d'Etat.
s,Quel est {0 droit du 87. Aux termes des art. 3| et 32 de la constitution, le Snat peut
e ' - . .
,,Z;,,dif,i_mg proposer des modifications a. la constitution.
. .
Si. la proposmn
. .
est
"" ? adopte par le pouvorr excutif, il y est statu par un scuatus-con
suite. Nanmoins, doit tre soumise au suffrage universel toute
modication aux bases fondamentales de la constitution (1). Cest

(1) Ces bases, telles qu'elles ont t poses dans la proclamation du 2 d


cembre 1851, et adoptes par le vote populaire des 20 et 21 du mme mois,
sont au nombre de cinq, savoir: 1 un chef responsable nomm pour dix
ces rouvoms LGISLATIFS. / 67 _
en vertu de cette dernire rserve que le snatusconsulte du
7 novembre 1852, portant rtablissement de la dignit impriale
au lieu et place de la prsidence dcennale, ordonna que la propo
sition ayant pour objet ce rtablissement fiit prsente laccep
tation du peuple franais.
Le droit du Snat de proposer des modications la constitution Quelle est lorigine
ntait pas expressment crit dans la constitution de lan VIII; de ce dm"?
mais il rsultait clairement de son esprit et de lensemble de ses
dispositions. Aussi fut-il exerc sans difcult aux deux poques
successives du snatnsconsulte de lan X et de celui de l'an XII.
Daprs lart. 29 du dcret du 3 fvrier 1861 , toute proposition ' pommems'exerce l
de modication la constitution ne peut tre dpose par des
membres du Snat quautant quelle est signe par dix snateurs
au moins. Quand une proposition est dpose dans ces conditions,
il est procd comme pour les projets de snatns-c0nsultes prove
nant de linitiative des snateurs. Le rsultat de la dlibration est
port par le prsident du Snat lempereur.
88. En vertu de lart. 45 de la constitution, le droit de ptition APlff5dd 5';
s'exerce auprs du Snat, . lexclusion du Corps lgislatif. L m eM
Il en tait autrement sous la constitution de lan Vlll. D'aprs Aupr.;s de qui se
lart. 83 de cette constitution, ce ntait pas au Snat, mais au Tri 'I{HI nem.
bunat que les citoyens devaient adresser leurs ptitions. Lar
ticle 53 de la charte de 1811 reconnut expressment l'une et a
lautre des deux chambres de droit de recevoir des ptitions. La
mme disposition fut reproduite dans lart. 45 de la charte de 1830.
Enn, lart. 8 de la constitution de 1848 admettant sans rserve,
de la part des citoyens, le droit de ptitionner, ce droit fut exerc,
sous son empire, auprs de I'Asscmble lgislative.
La1t. 30 du dcret du 3 fvrier 1861 porte que les ptitions Quelles sonilesror
adresses au Snat sont examines par des commissions nommes 5queneb
chaque mois dans les bureaux. Il est fait rapport des ptitions en
sance gnrale, et le rsultat du vote peut tre lordre du jour
par et simple, le dpt au bureau des renseignements ou le remoi
au ministre comptent. Dans ce dernier cas, la ptition et un extrait
de la dlibration sont transmis au ministre dEtat.
89. Aux termes de lart. 33 de la constitution, ainsi que nous Qullegsmll"
. ,. . . . . . rogahves du Snat, en
levons deja dit sous le n 73, le Scnat, en cas de dissolution du me de dissolution du
Corps lgislatif et jusqu une nouvelle convocation, est appel " '5"

ans; 2 des ministres dpendants du pouvoir excutif seul; 3f un conseil dtat


form des hommes les plus distingus, prparant les lois et en soutenant la
discussion devant le Corps lgislatif; liun Corps lgislatif discutant et. votant les
lois,nomm par le suffrage universel,saus scrutin de liste qui fausse llection;
5- une seconde assemble, forme de toutes les illustrations du pays, pouvoir
pondraleur, gardien du pacte fondamental et des liberts publiques.
68 DROIT mlesrnxrrr. man I".
prendre, sur la proposition de l'empereur, toutes les mesures dur
gence qui peuvent tre ncessaires la marche du gouvernement.
Cest la une des plus importantes attributions du Snat, une de
celles qui se rattachent le plus directement sa qualit de gardien
du pacte fondamental.
Les sances du se 90. A la diffrence de ce qui a lieu pour le Corps lgislatif, lar
,,,,""" P"' ticle 94 de la constitution porte que les sances du Snat ne sont
pas publiques. Elles ne ltaient pas non-plus daprs lart. 23 de la
constitution de lan VlII. Toutes les dlibrations de la chambre
des pairs devaientaussi tre secrtes, aux termes de lart. 32 de
la charte de 1811; mais cela fut chang par lart. 27 de la charte
de 1830, qui prescrivit que les sances de la chambre des pairs
fussent dsormais publiques comme celles de la chambre des d
puts. .
Quel est lordre g- D'aprs les art. 32 et 33 du dcret du 3 fvrier 1861, les ordres
"c"d Sance du jour des sances sont envoys lavance au ministre dEtat,
et le prsident du Snat veille ce que tous les avis et communica
tions ncessaires lui soient transmis en temps utile. Dans toute
dlibration du Snat, le gouvernement a le droit dtre reprsent
par les ministre sans portefeuille ou par des conseillers dEtat ce
commis par des dcrets spciaux. Les commissairesdu gouiverne
ment ne sont point assujettis au tour de parole. Ils doivent tre
entendus toutes les fois quils le demandent.
lair qui sur prsi- En vertu de lart. 2 du snatusconsulte du 23 dcembre 1852,
g%,'a"ccs use" lempereur prside le Snat, quand il le juge convenable. A dfaut
de lempereur, les sances sont prsides par le prsident du Snat;
et, en cas dabsence de sa part, par le premier viceprsident, con
formment aux art. 35 et 36 du dcret du 3 fvrier 1861 .
Demi, queue po_ 91. Antrieurement au snatusconsulte du 2 fvrier 1861, il ne
que existe-HI
comme un pouvait
rendu chie, ' etre
- ' aucun'compte rendu des sances. du Scm_rt._C
fait '. est le

des seuncca du Smart snatusconsulte prcit qui, pour la premxerc fms, a assmd sous
ce rapport les sances du Snat celles du Corps lgislatif.
Comment mm ,di. Les comptes rendus des sances du Snat, comme ceux des sances
gs et commuut l i' ' ' ' ' ' ' ' _
aux journaux 1 du Corps lgislatif, sont rdigs par des secrtaires rdacteurs,pla
comptes rendus des ces sous lautonte du prsrdent, et 11115 chaque sorr la disposmon
sances du snat! -
de tous les Journaux. .
N, a-.-" pas m, Indpendamment du compte rendu qui en est tait, les dbats
MOL mode
aulr- des dm:
d d! du Senat,
bt'- ' comme ceux du Corps legmlatrt,
' ' ' sont reproduits
' par la
cn:{1t,etquplles&ont, stnographe et msres m ertenso dans le Journal ofc1el du len
nous
CC e,rjguffu,ff
' - demain.
. Les Journaux
. ne peuvent rendre compte des sances du
Snat, quen reproduisant la stnographe ofcielle ou le compte
rendu ofciel. Toute publication cesse pour les sances ou parties
de sances lgard desquelles le comit secret aura t dcid sur
la demande de cmq membres, conformment au snatusconsulte
du 2 fvrier 186| . Sous ce rapport, la rgle est la mme pour le Snat
nas rouvoms LGISLATIFS. 69
et pour le Corps lgislatif, sauf que les sances du Snat ne sont
jamais publiques, tandis que celles du Corps lgislatif le sont de
droit, a moins que le comit secret nait t ordonn.
92. Lart. 24 de la constitution porte que lempereur proroge le Pu qui sont ajour
Snat. Par consquent, cest a lui seul quappartient le droit den LI, .22;fj,, 3,j
ajourner ou den clore les sessions. Conformment ce principe, ;; TEUI
lart. 31 du dcret du 3 fvrier 1861 dispose que les proclamations nm
de lempereur prononant ajournement, prorogation ou clture de
la session, sont portes au Snat par les ministres ou les conseillers
dEtat ce commis. Elles sont lues toute affaire cessante, et le
Snat se spare linstant. Ces dernires expressions donnent lieu
aux mmes observations que nous avons prsentes sous le numro
14, en traitant de la disposition analogue concernant le Corps lgis
latif. Nous nous bornons y renvoyer.
93. Aux termes de lart. 22 de la constitution, les fonctions de 1lftjncti0llsdcs
suateur taient gratuites : nanmoins, le prsident de la rpublique iini "" 5'
pouvait accorder . des snaturs, en raison de services rendus et
de leur position de fortune, une dotation personnelle qui ne pou
vait excder trente mille francs par au. Lart. 11 du snatucon
sulte du 25 dcembre 1852 a fait la rgle de ce qui tait lexception.
En vertu de cet article, une dotation annuelle et viagre de trente
mille francs est affecte de plein droit la dignit de snateur. Les
motifs de ce changement ont t que la facult de dotation exerce
individuellement vis vis de quelques membres du Snat tait peu
compatible avec la dignit de ce grand corps, et quil convenait de
crer tous les snateurs une situation de parfaite galit.
La constitution de lan VII avait aussi admis un traitement an- Quel tait oct 6
nuel pour les membres du Snat. Il rsultait du rapprochement de i
ses art. 22 et 43, que ce traitement devait tre de vingt-cinq mille
francs. Quant aux chartes de 1814 et de 1830, elles prescrivaient
implicitement la gratuit des fonctions de pair comme celle du man
dat de dput.
En vertu de lart. 23 de la constitution, le prsident du Snat, Le phsdcnt du s
comme celui du Corps lgislatif, a un traitement particulier qui est FLIiimue"
fix par un dcret. .
Daprs lart. 22 de la constitution de lan VIII, les revenus de Qu'estm q}1_e la du
domaines nationaux dtermins taient affects aux dpenses du i1 e2i sablise i
Snat, et le traitement annuel de chacun de ses membres se pre- Mg? '
nait sur ces revenus. Aujourdhui la dotation du Snat consiste en
une somme annuellement porte au budget de lEtat, et qui com
prend tout ce qui est ncessaire pour acquitter le traitement du
prsident, les dotations individuelles des snateurs et les frais dad
ministration intrieure du Snat. Conformment lart. 11 du d
cret du 3 fvrier 1361, la dotation du Snat prend place au bud
get de lEtat, la suite des dpenses de la dette publique.
70 DROIT ADMIN!STRATIF. LIVRE 1".
Qulsmptlesdivera 94. Aux termes de divers articles du dcret du 3 fvrier 1861,
fonctmnnmreschargs , . . . . . . . , .
de radminisumion in. 1 administration intrieure du Senat est partagee entre le presuient,
"ie"re d 5' le grand rfrendaire et le secrtaire.
mgLe: adgistf En vertu des art. 35 et 39 du dcret prcit, le prsident du
lives du prsident? Snat le reprsente dans ses rapports avec le chef de lEtat et dans
les crmonies publiques. Il en nomme directement les employs
suprieurs; il en nomme aussi les employs secondaires, mais sur
la prsentation du grand rfrendaire pour le service administr
tif, et sur celle du secrtaire pour le service lgislatif.
oullcs sont les Le grand rfrendaire du Snat est nomm par l'empereur, sans
{3S 5 '' assignation de terme la dure de ses fonctions. Ses attributions
ont beaucoup danalogie avec celles des questeurs du Corps lgis
latif. Daprs l'art. 37 du dcret du 3 fvrier 1861, il est charg de
la direction des services administratifs et de la comptabilit. [1 est
le chef du personnel des employs; il veille au maintien de lordre
intrieur et de la sret. Lart. 39 du dcret prcit lui confre la
nomination de tous les gens de service.
d"lf Le secrtaire du Snat, comme le grand rfrendaire, est nomm
taire? par lempereur pour un temps indfini. En Vertu de lart. 38 du
dcret du 3 fvrier 1861, il est charg du service lgislatif. Il dirige
la rdaction des procs-verbaux, dont il est responsable, et quil
prsente, aprs chaque sance, la signature du prsident ou vice
prsident qui aura tenu la sance. Il a la garde du sceau du Snat,
et l'appose sur les ordres du prsident. Daprs lart. 13 du dcret
prcit, cest lui quest con le recensement des votes du Snat,
dans toutes les dlibrationsde ce corps. il est assist cet effet de
deux secrtaires lus pour chaque session.
hg;:m! ." " .f Les art. 42 46 du dcret du 3 fvrier 1861 dterminent, ainsi
pmbt|ll du c , . _ , _ _
nul? qu11smt, les rgles q1n prsnlent la comptabilit du Snat. Le
budget des dpenses de ce corps est propos chaque anne par le
grand rfrendaire, approuv par le prsident, examin par la com
mission de comptabilit qui en fait son rapport l'assemble, dis
cut et vot par le Snat. Le grand rfrendaire mandate les d
penses sur les crdits qui lui sont ouverts par les ordonnances de
dlgation du ministre des nances. Le compte de chaque exercice
est prsent par le grand rfrendaire, soumis au prsident, vri
par la commission de comptabilit qui en fait son rapport, et arrt
dnitivement par le Snat.

TITRE III.

DU POUVOIR EXCUTIF.

SOMMAIRE.

95. Caractres essentiels du pouvoir excutif.


96. Ses caractres daprs les institutions en vigueur.
97. Prrogatives quil tient de la constitution.
nu ronvom EXCUTIF. 71
98. Prrogaves quil tient du snatusconsulte du 25 dcembre 1852.
99. Modications introduites par le smtusconsulte du 31 dcembre 1861.

95. Le pouvoir excutif a deux caractres essentiels, lunit et la Quels sont les en
ractres essentiels du
responsabilit; lunit comme condition, la responsabilit comme pouvmr excutif?
consquence de la libert daction quil doit ncessairement avoir.
Ces deux caractres nont pas toujours t reconnus au pouvoir Ces caractres exis
tent-ils sous toutes les
excutif, et ne le sont mme pas aujourd'hui dune manire una formes de gouverne
nime. Cest ainsi que les anciennes rpubliques avaient gnrale ment?

ment proscrit lunit du pouvoir excutif. et que les monarchies


absolues de tous les temps ont refus et refusent dadmettre la res
ponsabilit du souverain, autrement que devant Dieu. Toutefois,
sous linuence dides plus exactes sur la nature et 'le mcanisme
du gouvernement, lunit du pouvoir excutif tend stablir dans
toutes les rpubliques modernes. Elle avait t consacre par la
constitution de 1848, elle existe pleinement en Amrique, et, en
Europe, la dernire constitution de la confdration helvtique
sen est beaucoup rapproche. D'autre part, la responsabilit des
gouvernements devant les peuples est un fait historique si bien de
montr par de nombreux et rcents exemples, que les dngations
et les rticences cet gard ne tarderont sans doute pas tre con
sidres comme de veines purilits. Ce quil y a de vrai et de s
rieux en ceci, cest que la responsabilit du pouvoir excutif, qui
est souvent ombrageuse et tracassire sous les rpubliques, nest et
ne doit tre sous les monarchies, et surtout sous les monarchies
fortement constitues, quun hommage solennel la vrit histo
rique, quune loyale et explicite reconnaissance des droits de la
nation. Quant au moyen terme des monarchies parlementaires o
lirresponsabilit royale est couverte par la responsabilit minist
rielle, cest une ide plus thorique que pratique, laquelle les
faits ont frquemment donn de terribles dmentis, qui na pu
prvenir aucune catastrophe sur le continent, et qui ne semble
avoir une relle efcacit quen Angleterre o elle est soutenue par
les murs, le caractre et les traditions de ce grand peuple.
96. Nos institutions actuelles sont lapplication directe et com Quels sont les carac
tresdu pouvoirexcu
plte des principes qui viennent d'tre noncs. Aux termes de tif. daprs les insti
tutions en vigueur?
lart. 3 de la constitution, combin avec lart. 1 du snatuscon
sulte du 7 novembre 1852, la puissance excutive nappartient
qu lempereur seul. Ainsi se trouve garantie lunit du gouver
nement. Dautre part, lart. 5 de la constitution, non ahrog.par
le snatusconsulte du 25 dcembre 1859, porte expressment que
lempereur est responsable devant le peuple franais, auquel il a
toujours le droit de faire appel. Ainsi est proclam le principe de
la responsabilit du pouvoir excutif, de la manire et dans les
limites qui sont seules compatibles avec les conditions d'une forte
monarchie. - v
7% DROIT ADMINISTRATIF. LIVRE I".
Qn_elle es} la quali-
97. Toutes les prrogatives du pouvoir excutif sont nergiq ue
ment rsumes en ces mots que contient lart. 6 de la constitution :
d P"' " lempereur est le chef de lEtat. Cest dans le mme sens et avec
la mme porte que soit l'art. 14 de la charte de 1811, soit lart. 13
de celle de 1830 donnaient au roi la qualication de chef suprme
de lEtat. Au contraire, rien de pareil ne se rencontrait dans la
constitution de 1818, qui avait entour de restrictions et de dantes
rserves tous les droits quelle navait pu sempcher de reconnatre
au pouvoir excutif.
Quelles Bulles pr Les art. 6, 7, 9,10 et 12 de la constitution numrent les diverses
prrogatives virtuellement comprises dans la qualication de
dans " chef de lEtat. Aux termes de ces articles, l'empereur ales droits
suivants :
1 Il commande les forces de terre et de mer;
2 Il dclare la guerre;
3 Il fait les traits de paix, dalliance et de commerce ;
A Il nomme tous les emplois;
b Il promulgue les lois et les snatus- consultes;
6 Il fait les rglements et dcrets ncessaires pour lexcution
des lois;
7 La justice se rend en son nom;
8 Il a le droit de faire grce;
9" Il a le droit de dclarer ltat de sige dans un ou plusieurs
dpartements, sauf en rfrer au Snat dans le plus bref dlai.
Ces rrogatives Tous ces droits importants et nombreux, qui appartiennent au
j0urd'hui lempereur, en sa qualit de chef du pouvoir excutif,
royale? taient aussi reconnus au roi, soit par la charte de 1814, soit mme
par celle de 1830. Cest ce qui rsulte des art. 14, 2:2, 57 et 67 de
la premire; des art. 13, 18, 48 et 58 de la seconde.
5,,iem_eme5m_ La constitution de 1848, au contraire, navait accord ces divers
gj, ,"' droits au prsident dela rpublique que sous des modications trs
restnctwes. '
Daprs lart. 50, il disposait de la force arme, mais sans pou
voir jamais la commander en personne.
Daprs lart. 54, il veillait la dfense de lEtat , mais il ne pou
vait entreprendre aucune guerre sans le conscntementdfa lAssem
blc nationale. . '
Daprs lart. 53, il ngociait et ratiait les traits, mais aucun
trait ntait dnitif quaprs avoir t approuv par lAssemble
nationale.
Daprs l'art. 64, il nommait aux emplois; mais pour certains
d'entre eux, il ne pouvait le faire quen conseil des ministres.
Daprs lart. 56, il promulguait les lois; mais, daprs lart. 59,
dfaut de promulgation par lui dans le dlai de trois jours pour
les lois durgence, dans le dlai dun mois pour les autres lois, il y
tait pourvu par le prsident de lAssemble nationale.
DU POUVOIR EXCUTIF; 73
Daprs lart. 49, il surveillait et assurait lexcution des lois;_
mais, daprs lart. 75, le conseil dEtat faisait seul les rglements
dadministration publique lgard desquels lAssemble nationale
lui avait donn une dlgation spciale.
Daprs les art. 85 et 86, il nommait les magistrats de lordreju
diciaire ; mais, daprs lart. 8|, la justice ne se rendait pas en son
nom, elle tait rendue au nom du peuple franais.
Daprs lart. 55, il avait le droit de faire grce ; mais il ne pou
vait exercer ce droit quaprs avoir pris lavis du conseil dEtat.
Enn, daprs les art. 2 et 3 de la loi du 9 aot 1849, rendue en
excution de lart. 406 de la constitution de 1848,1Assemble na
tionale avait seule, en principe, le droit de dclarer ltat de sige. '
Ce ntait quen cas de prorogation de lAssemble et de lavis du
conseil des ministres, que le prsident de la rpublique pouvait d
clarer ltat de sige.

98. Quelle que fut la porte de la qualication de chef de ltat, Quel estle carac
quelle que
pouvoir fut ltendue
excutif, certainsdes
de droits confrs
ces droits partla diversement
avaient constitution in-
au d
,95 dcembre "951
. . . . , , _, concernant les prou-0'
tcrpretes, avenant meme etc eontestes dans quelquesunes de leurs gatives du pouvoir
consquences les plus lgitimes, notamment sous lempire de la e
charte de 1830. Cest pour prvenir le retour de controverses
fcheuses, pour trancher formellement des questions qui ntaient
qu'implicitement rsolues par la qualication de chef de l'tat, que
le snatuscousulle du 25 dcembre 1852 a complt, par un petit
nombre de dispositions additionnelles, l'numration des prroga
tives du pouvoir excutif, telle que lavait donne la constitution.
Ce snatusconsulte a donc plutt procd par voie de restitution
que par voie daccroissement la prrogative impriale.
Nous avons dj indiqu, sons les numros 65 et 66, la porte et En 'quoi. _consistont
l'objet des deux changements introduits par le snatus-consulte du C d5""5"
25 dcembre 1852, relativement aux modifications de tarifs de
douanes consenties par des traits et au vote du budget des dpenses
par le Corps lgislatif. Il ne nous reste plus qu exposer le compl
ment donn au droit de grce et lautorisation des travaux publics
par le pouvoir excutif.
1 Aux termes de lart. 1" du snatus-consulte du 25 dcem Lemperenra-t-il le
bre 1852, lempereur na pas seulement le droit de faire grce, 2;;,3, q.,,
il a aussi celui daccorder des amnisties. Lamnistie diffre le la ggngiif; ;
grce sous trois rapports principaux. En premier lieu, lamnistie quel tait r tatanl
la
metgrce na pour
en ouin objet le
et au nant quefaitden remettre ou
incriminable den mmmuer
luimme, la
tandis que "M
,,,Z,.,"f

peine, En second lieu, lamnistie est accorde par mesure collec


tive et gnrale, tandis que la grce est essentiellement indivi
duelle. En troisime lieu, lamnistie relve de toutes les incapacits
encourues, tandis que la grce les laisse subsister. Nonobstant ces
74 DROIT ADMINISTRATIF. LIVRE 1".

diffrences, le pouvoir excutif a exerc le droit damnistie aussi


bien que celui de grce , sur toutes les constitutions qui lui conf
raient le second sans lui retirer expressment le premier. La seule
constitution qui lui ait formellement attribu le droit damnistie
a t lacte additionnel de 1815, art. 57, et la seule qui le lui ait
formellement refus pour le rserver au pouvoir lgislatif, a t la
constitution de 1848, art. 55. En prsence de tels prcdents, lexer
cice du droit damnistie par lempereurne pouvait tre srieusement
contest en pratique ; mais on a voulu le rendre inattaquable,
mme au point de vue de la thorie constitutionnelle.
4 Lempereur_ at-_il 2 Daprs lart. 4 du snatus-c0nsul du 25 dcembre 1859,
"11 le dm" dm"' tous les travaux publics indistinctement, mme ceux pour lesquels
ser les travaux publics,
q"' 3 il fallait antrieurement une loi, toutes les entreprises d'mtrt
l'tat antrieur la
lgislation, et _quello gnral, sont ordonns ou autoriss par dcret de l'empereur; mais
P pour plus de garantie, ces dcrets doivent tre rendus dans la forme
d l"' l3 des rglements dadministration publique, cest--dire aprs dli
bration du conseil dtat. De pareils actes tant essentiellement
des actes de haute administration, il est naturel que le pouvoir ex
cutif ait seul le droit de les faire lexclusion du pouvoir lgislatif.
Cest ce qui eut lieu jusqu'aux lois du 21 avril 1832 et du 3 mai
1841. Lart. 10 de la premire et lart. 3 de la seconde de ces lois
crrent une distinction jusqualors sans exemple, en attribuant au
pouvoir lgislatif lautorisation des travaux publics les plus consi
drables et ne laissant au pouvoir excutif que celle des travaux
dune moindre importance. Cette distinction consacrait un empi
tement de la puissance lgislative sur l'excutive, et avait pour
rsultat invitable de retarder la ralisation des entreprises les plus
utiles et souvent aussi les plus urgentes. En la supprimant, le s
natusconsulte du 25 dcembre 1852 a eu'pour double but un retour
aux vrais principes du droit public et une plus prompte issue aux
exigences de lintrt gnral; mais il est une autre distinction
beaucoup plus logique, beaucoup plus conforme aux attributions
respectives des deux pouvoirs : cest celle entre le travail et la de
pense. Le travail, quelles quen soient les proportions, doit exclu
sivement rester dans le domaine du pouvoir excutif; mais la de
pense est une question toute diffrente qui ne peut demeurer
trangre au pouvoir lgislatif, si cest le trsor public qui en est
grev. Aussi larticle prcit du snatusconsulte, aprs avoir pos
en principe le droit de lempereur quant aux travaux, rserve-t-il
expressment celui de la loi quant aux charges nancires qui peu
vent en rsulter. Si les travaux et entreprises ont pour condition
des engagements ou des subsides du trsor, le crdit doit tre ac
cord ou lengagement rati par une loi avant la mise excution.
Cet ensemble de dispositions concilie les droits du pouvoir lgislatif
avec ceux du pouvoir excutif, et satisfait pleinement tous les in
trts lgitimes : celui de la prompte ralisation des travaux, par
DE LA RGENCE on LEMPIRE. 75
la rapidit que comporte lmission dun dcret; a celui des pro'
prits quil pourra tre ncessaire dacqurir ou d'exproprier, par
la garantie de l'examen pralable du conseil dEtat; celui du tr
sor public, enn, par lintervention de la loi toutes les fois quil y
a engagement ou subside sa charge.
99. On a dj vu, sous les n 66 et 67, en quoi le snatuscon _ En quoi les dispo.ni -
tions u senatus4un
suite du 31 dcembre 1861 a modi les rgles prcdemment exis suite du 25 dcembre
1852 ont-elles t mn
tantes, au sujet du vote du budget des dpenses par le Corps lgis dies par celui du
latif, et relativement aux crdits supplmentaires et extraordinaires. 31 decembrc 1861.
En ce qui concerne les travaux publics, un seul changement a t
apport au snatus-consulte du 25 dcembre 1852. La facult que
donnait lart. 4 de ce snatus-consulte, lgard des travaux direc
temeut excuts pour le compte de lEtat_, douvrir, en cas durgence,
des crdits extraordinaires par simple dcret imprial, sauf rgu
larisation ultrieure par le Corps lgislatif, a d naturellement dis
paratre devant le principe nouveau, quil ne peut plus dsormais
tre accord de crdits supplmentaires ou de crdits extraordinaires
quen vertu dune loi.

TITRE IV.

DE LA RGENCE DE LEMPIRE.

SOMMAlHE.

100. Transition.
101. Dure de la minorit de lempereur.
102. Rgence dfre par lempereur prcdent.
103. Rgence de limpratrice mre.
10-1. Rgence des princes franais.
105. Rgence lective.
106. Entre en exercice de la rgence.
' 107. Fonctions de la rgence.
108. Cessation et vacance de la. rgence.
109. Garde de l'empereur mineur.
110. Composition du conseil de rgence.
111. Sa convocation et sa prsidence.
112. Ses attributions.

100. Il ne sufsait pas davoir constitu les pouvoirs publics et sa Quel est l'acte qui
gement rgl leurs rapports mutuels, il fallait, en outre, prvoir le aorgnnis la rgence
de lempna
cas o le plus important dentre eux, le pouvoir imprial, serait
dans limpossibilit de sexercer directement, par suite de ltat de
minorit de lempereur. Cest ce besoin de prudence politique qua
pourvu le snatus-consulte du 17 juillet 1856, qui forme ainsi le
complment de la constitution du 11 janvier 1852 et du snatus
consulte du 25 dcembre de la mme anne.
76 nnorr ADMINISTRATIF. uvaa i".
I,pr 3:52] 3qu 101 . Aux termes de lart. 1cr du snatus-eonsulte du 17 juillet
,,,..,,e,queue hh 1856, lempereur est mineur jusqu lge de dixhuit ans accom
_{'|f-,f'f, plis. Lintrt politique commandait dabrger pour le chef de
pl'e'? du chef de LEtat la dure de la minorit de droit commun; mais les nces
s1ts du gouvernement et de ladministration nont pas paru per
mettre de la rduire de plus de trois ans. Sous lancienne monarchie,
les rois taient majeurs quatorze ans ; mais depuis la rvo
lution de 1789, le chef hrditaire de lEtat a t constamment d
clar mineur jusqu lge de dixhuit ans accomplis. Lart. 1'r du
snatus-cousulte de 1856 nest quels. reproduction de l'art. 1'", sec
tion 2, chapitre 2, titre 3 de la constitution de 1791 ; de lart. 17 du
snatus-consultc du 28 oral au XII ; de lart. 1" de la loi du 30
aot 1812.

Par qui la rgence 102. En principe, lempereur rgnant peut dfrer la rgence de
;'..,;,eid lempire pour la dure de la minorit de son successeur. Cest ce
qui rsulte clairement des art. 2 et 4 du snatusconsulte du 17
juillet 1856, et ce n'est qu dfaut de disposition de la rgence par
l'empereur quil y est pourvu par la loi, sauf la condition de pu
blicit prescrite pour pouvoir exclure limpratrice mre, confor
mment ce que nous dirons sous le numro suivant.
Quelletai_t la lgis- Le droit de disposer de la rgence avait t formellement re
1333,f;gggg connu lempereur, soit par lart. 19 du snatusconsulte du 28
N"cn? oral un X11, soit par lart. 10 de celui du 5 fvrier 1813. Sous
lancienne monarchie, le droit de nommer les rgeuts avait souvent
t exerc par les rois eux-mmes ; mais souvent aussi il leur avait
t*contest soit par les princes qui se regardaient comme appels
la rgence par la loi du sang, soit par les tats gnraux, soit par
le parlement de Paris. Cest ainsi que, pendant la premire croi
sade de saint Louis, et aprs la mort de la reine Blanche, Alphonse
et Charles, frres du roi, se saisirent euxmmes de la rgence et
en exercrent tous les droits. Ce fut par les tats gnraux, assem
bls Orlans. que la reine Catherine de Mdicis fut dclare
rgente jusqu la majorit de Charles [X son ls. Enn de sim
ples arrts du parlement de Paris constiturent les trois dernires
rgenccs que prsente lhistoire de lancienne monarchie : celle
de Marie de Mdicis sous la minorit de Louis X111 ; celle dAnne
dAutriche sous la minorit de Louis XIV, et celle du duc d'Orlans
sous la minorit de Louis XV. La premire de ces trois rgences
fut tablie en labsence de toute disposition de la part de Henri IV;
la seconde, par suppression du partage dautorit quavait prescrit
Louis XIII entre la rgente sa veuve et le duc d0rlans son frre ;
la troisime par annulation du testament de Louis XIV qui avait
nomm le duc d0rlans, son neveu, non pas rgent du royaume,
mais seulement chef et prsident dun conseil de rgence. Depuis
la rvolution de 1789, ni la constitution de 1791, ni la loi du 30
DE LA RGENCE DE LEMPIRE. 77

aot 1812 navaient reconnu au prince rgnant le droit de dfrer


la rgence : elles y pourvoyaient directement ellesmmes.
Daprs lart. 10 du snatus-consulte du 5 fvrier 1813, lempe Par quel genre da.
reurlettres
par disposait de la rgence,
patentes. En vertusoit
despar
art.acte
2 etde1- dernire volont, soit ce
du snatusconsulte ,

du 17 juillet 1856, il peut en disposer par acte public ou secret.


Au fond, la rgle est la mme aux deux poques ; mais les expres
sions actuellement employes ont l'avantage dtre la fois plus g
nrales et plus prcises.
Lart. 7 du snatus-consulte du 17 juillet 1856 porte que les M5 qui doivept tre
actes par lesquels lempereur dispose de la rgence sont adresss d;;OLdS ,
au Snat et dposs dans ses archives. Cet article ne distinguant E""
pas entre les actes publics et ceux secrets, il sensuit que la me
sure quil prescrit sapplique aux seconds aussi bien quaux pre
miers. Elle ne sappliquait qu l'acte public daprs lart. 7 du
projet soumis au Snat; mais la disposition a t complte dans
le cours de la discussion. _
Usant de la facult accorde par le snatusconsulte du 17 juil- _%rgperegrd nlctugt
let 1856, lempereur actuel a dispos de la rgence par lettres .gl.,l";...&.
patentes du 1" fvrier 1858, et par un message au Snat en date 9" P"-
du mme jour. Les lettres patentes confrent l'impratrice le titre
de rgente, pour le porter et en exercer les fonctions partir de
lavnement de lempereur mineur. Le message dsigne en outre,
dfaut de limpratrice et pour lui succder dans la rgence, les
princes franais suivant lordre de lhrdit de la couronne. Toute
incertitude a t ainsi leve, ds prsent, sur la dvolution et lexer
cice de la rgence.
103. En vertu de l'art. 2 du snatusconsulte du 17 juillet 1856, 0895 quel cas la r
limpratrice mre, indpendamment de toute dsignation person- lip rJllentt-l
nelle, est rgente si lempereur mineur monte sur le trne sans que P""" m
lempereur son pre ait dispos, par acte rendu public avant son
dcs, de la rgence de lempire. Il faut donc, pour exclure lim
pratrice mre de la rgence, un acte de disposition contraire et
publique de la par: et du vivant de lempereur son poux. Un acte
rest secret ne sufrait pas. Les raisons qui ont fait prescrire cette
condition de publicit, ont t ainsi dduites dans l'expos des motifs
prsent au Snat au nom du gouvernement. a Il a paru convena
bl, y est-il dit, que celui qui, prince ou citoyen, pourrait tre
a en possession dune conance assez exceptionnelle et assez grande
pour remplacer, par le choix du souverain, la rgente appele
par le vu de la loi, et t investi en quelque sorte, aux yeux
de la nation, de ce mandat auguste, par un acte de lempereur
publi avant son dcs. Il faut dailleurs quil ne puisse slever
aucun doute sur la volont du souverain, et que, dans un cas
a aussi grave, chacun sache a lavance ou quelles mains le gouver
moment doit tre remis.
78 DROIT ADMINISTRATIF. LIVRE I.
lm?xnelteniizhalg; . La rgence des reines mres avait souvent t admise sous lan
], rgence de, .m_ c1cnne monarchie. Lart. l du snatusconsulte du 5 fvrier 1813
mes? dfrait expressment la rgence limpratrice mre, dfaut de
disposition contraire de lempereur. Mais antrieurement, l'art. 48
du snatusconsulte du 28 oral an XII avait exclu les femmes de
la rgence, et une disposition semblable se trouvait aussi dans lar
ticle 2, section 2, chapitre 2, titre 3 de la constitution de 1791 . En
fin, la loi du 30 aot 1842 les avait virtuellement cartes de la
rgence, en ne les y appelant dans aucun cas.
plus quels cas et 104. Daprs lart. 4 du snatus-consulte du 47 juillet 1856,
sauvant quel ordre la , ,. . . . , , . _
rgence est-elle} d- defaut de 11mperatncc, et 81 lempercur n en a autrement dispose
f;Cf,,,f" p par acte public et secret, la rgence appartient au premier prince
franais, et, son dfaut, lun des autres princes franais dans
lordre de lhrdit de la couronne. Ainsi, la diffrence de ce qui
a lieu pour limpratrice mre, un acte secret de lempereur suft
pour exclure de la rgence les princes franais.
Ouelles_mient les Lart. 3 du sntus-consulte du 5 fvrier 18l3 contenait une dis
lols antrxeuressurla . . . . , .
rgence des princes? posxon exactement semblable a celle qui nous reg1t actuellement.
Le mme ordre de dvolution entre les princes appels la rgence
tait aussi admis, soit par lart. 2, section 2, chapitre 2, titre 3 de
la constitution de 1791. soit par lart. 20 du snatus-consulte du
28 oral au XII, soit par lart. 2 de la loi du 30 aot 1842, sauf
qu toutes ces poques les princes ntaient pas prims par la mre
du roi ou de lempereur mineur, les femmes se trouvant alors abso
lument exclues de la rgence.
Quel g doivent Il rsulte de lart. 6 du snatusconsulte du 17 juillet 1856 que
les princes franais, pour pouvoir exercer la rgence, doivent tre
06" 80m? gs de vingt et un ans accomplis, cestdire avoir atteint la ma
jorit de droit commun. Telle tait aussi la disposition de lart. 8
du snatus-consulte du 5 fvrier 48l3 et de l'art. 2 de la loi du
30 aot 1842 ; mais lart. 18 du snatus-consulte du 28 oral
au X11 et lart. 2, sect. 2, chap. 2, tit. 3 de la constitution de 1791
exigeaient lge de vingtcinq ans accomplis.
1 .'! I" 3? _M 405. Daprs les art. 2, 4 et 5 du snatusconsulte du 17 juillet
-ll heu lclemon . . ,, . , , ,
d'un rgent e 1856, il ny a lieu lelecon d un regent qu autant que se rencon
trent et concourent les trois circonstances suivantes : l absence de
toute dvolution de la rgence par lempereur; 2 dfaut dimpra
trice mre ; 3 dfaut de princes franais habiles exercer la
rgence.
Comment est-il Lorsqu'un rgent doit tre nomm, les ministres en. fonctions se
JJDL' forment en conseil et gouvernent les affaires de lEtat jusquau
"" ? moment o llection est faite. Ils dlibrant la majorit des voix.
Telles sont les dispositions des deux premiers alinas de lart. 5 du
snatus-consulte du 17 juillet 1856.
DE LA mcanos ne LEMPIRE. l 79
En vertu des trois derniers paragraphes de larticle prcit, cest Par qui et comment
le rgent est-il lu 1
le Snat qui lit le rgent, sur la proposition du conseil de rgence,
et parmi les candidats qui lui sont prsents par ce corps, dont nous
indiquons lorganisation et les attributions sous les n 110, 111 et
112. Immdiatement aprs la mort de lempereur, le Snat est con
voqu cet effet par le conseil de rgence. Dans le cas o le conseil
de rgence naurait pas t nomm par lempereur, la convocation
et la proposition sont faites par les ministres forms en conseil, avec
ladjonction des prsidents en exercice du Snat, du Corps lgislatif
et du conseil dEtat.
Aux termes de lart. 6 du snatusconsulte du 17 juillet 1856, le Quelles sont les con
ditions requises pour
rgent doit tre Franais et g de vingt et un ans accomplis. Le pouvoir tre nomm
rgent 1'
snatusconsulte du 28 oral au XII et la constitution de 1791 exi
geaient, pour le rgent lectif comme pour le rgent de droit, lge
de vingtcinq ans rvolus.
La loi du 30 aot 1812 navait pas tendu ses prvisions jusquau Quelles taient les .
lois antrieures sur
cas o la famille royale naurait compt dans son sein aucun prince llection du rgent?
en ge d'tre rgent. Ctait avec une intention rchie et ofciel
lement dclare, que les auteurs de cette loi avaient omis de pr
voir et de rgler lventualit de llection dun rgent. cette ven
tualit leur ayant paru trop peu probable pour quil ft ncessaire
dy pourvoir davance. Le snatus-consulte du 5 fvrier 1813 n'ad
mettait pas non plus de rgence lective. Daprs son art. 1-, d
faut de prince du sang habile exercer la rgence elle tait dfre
de droit lun des princes grands dignitaires de lempire, en fonc
tions au moment du dcs de lempereur, suivant un ordre de prio
rit expressment x. Au contraire, en vertu de lart. 21 du sna
tus-consulte du 98 oral au XII, si, lempereur nayant pas dsign
le rgent, aucun des princes franais ntait g de vingt-cinq ans
accomplis, le Snat devait lire le rgent parmi les titulaires des
grandes dignits de lempire. Ctait, comme aujourdhui, llection
par le Snat, mais avec beaucoup moins de latitude dans le choix.
Quant la constitution de 1791, elle avait formellement prvu le
cas o un roi mineur naurait aucun parent runissant les qualits
prescrites pour tre rgent, et, dans ce cas, ctait l'lection
quelle remettait la nomination du rgent. Cette lection tait inter
dite au Corps lgislatif et devait se faire, au scrutin individuel et a
la pluralit absolue des suffrages, par une assemble compose des
mandataires des districts.
106. Au; termes de lart. 10 du snatusconsulte du 17 juillet A quelle poque
souvre lu rgenre?
1856, les fonctions de limpratrice rgente commencent toujours au
moment du dcs de lempereur. Celles du rgent, soit quil ait t
dsign davance par un acte rendu public du vivant de l'empereur,
soit quil tienne son droit de la loi, _commencent aussi a la mme
poque, au moins en rgle gnrale ; mais si un acte secret concer
80 DROIT ADMINISTRATIF. LIVRE 1".

nant la rgence a t adress au Snat et dpos dans ses archives,


les fonctions du rgent ne commencent quaprs louverture de cet
acte. Jusqu ce quil y ait t procd, le gouvernement des affaires
de lEtat reste entre les mains des ministres en fonctions, conform
ment ce que nous avons dit sans le numro prcdent. Cest ce qui
a lieu pareillement, daprs lart. 25 du snatus-consulte prcit, en
cas dabsence du rgent au commencement dune minorit, si l'em
pereur, avant son dcs, na pas pourvu cette ventualit. Quant
au rgent lectif, il est vident quil ne peut entrer en exercice
quaprs sa nomination par le Snat.
p52; - Si lempereur a dispos de Ila rgence par un acte secret, lart. 7
actes secrets couver; du snatusconsulte du 17 juillet 1856 prescrit que louverture en
"m'a "530M? soit faite au Snat, immdiatement aprs la mort de lempereur. Il
est procd cette opration, par le prsident du Snat, en prsence
, des snateurs qui auront pu rpondre la convocation, ainsi que des
ministres et des prsidents du Corps lgislatif et du conseil dEtat
dment appels.
_ Quelle cst}la condi- Il rsulte de lart. 46 du snatusconsulte du 17 juillet 4856, que
i:(.mGHI , impratrice rgente ou le rgent sont astreints la prestation d'un
5"" serment pour lexercice de la rgence. Ce serment peut avoir t
prt du vivant de l'empereur prcdent. Sil ne la pas t, il doit
l'tre lempereur mineur. Cette condition dun serment spcial,
pour lexercice de la rgence, tait aussi prescrite soit par lart. 12,
sect. 2, chap. 2, tit. 3 de la constitution de 1791, soit par les arti
cles 54 et 55 du snatusconsulte du 28 oral an Xll, soit par les
art. 32 et suiv. de celui du 5 fvrier 1813, soit enn par lart. 5 de
la loi du 30 aot 4842. Seulement, tandis que la constitution de
1791 et le snatusconsulte de lan X[I obligeaicnt formellement le
rgent prter serment avant de commencer lexercice de ses fonc
tions, que le snatus-consulte de 1813 lui accordait cet effet trois
mois depuis le dcs de lempereur, et la loi de 1842 quarante jours
partir de l'avnement du roi mineur, le snatus- consulte de 1856
se borne, sans assignation daucun dlai, poser le principe de la
prestation de serment par limpratrice rgente ou par le rgent. Il
s'ensuit que cette prestation pourrait avoir lieu plus de trois mois
aprs le dcs de lempereur, bien que lesprit vident du snatus
consulte conseille de laccomplir le plus tt possible.
Comment est prt En vertu de lart. 46 du snatus-consulte du 17 juillet 4856, le
}.',E,,;"' serment de limpratrice rgente ou du rgent lempereur mi
' neur est entour de la plus grande solennit. Lempereur mineur
est assis sur le trne. Il est assist des princes franais, des mem
bres du conseil de rgence, des ministres, des grands ofciers de
la couronne et des grandscroix de la Lgion dhonneur. Le serment
lui est prt sur lEvange, en prsence du Snat, du Corps lgis
latif et du conseil dEtat. Il peut aussi lui tre prt avec moins
dapparat, en prsence des membres du conseil de rgence, des
DE LA antennes m: LEMPIRE. 81
ministres et des prsidents du Snat, du Corps lgislatif et du
conseil dtat; mais, dans ce cas, la prestation de serment est
rendue publique par une proclamation de limpratrice rgente ou
du rgent.
La crmonie de la prestation de serment, par limpratrice r Comment taitpr
gente ou par le rgent, telle que nous venons de la dcrire, est ,. ,J,.L II
peu prs littralement reproduite de celle qui tait prescrite par les rieum?
art. 33 et 35 du snatus-consulte du 5 fvrier1813. Les dispositions
actuelles diffrent cependant de leurs devancires sous deux rap
ports importants. Aujourdhui, le serment de limpratrice rgente
ou du rgent doit tre prt sur lEvangile, tandis quil ntait pas
fait mention de cette circnnstance en 1813. Le Corps lgislatif
assiste la prestation de serment; tandis que le snatusconsultc
_ de 1813 ne le comprenait pas parmi les corps qui devaient y tre
prsents. Deux diffrences capitales et qui sont l'expression dune
diversit relle dans ltat religieux et politique de la France aux
deux poques dont il sagit. Le snatus-consulte de lan XII conte
nait les mmes rgles que celui de l813 sur la prestation de ser
ment du rgent. La loi de 4842 prescrivait quelle et lieu devant
les deux chambres, et la constitution de 1791, devant lAssemble
nationale.
La formule du serment de la rgence a vari suivant les temps. Quelle est la for
Cclle aujourdhui prescrite est la mme pour limpratrice rgente E,.J,,, M
et pour le rgent. D'aprs lart. 17 du snatusconsulte du 17 juillet
1 856, elle est conue en ces termes : Je jure dlit lempereur,
je jure de gouverner conformment la constitution , aux sna
tus-consultes et aux lois de lempire, de maintenir dans leur int
grit les droits de la nation et ceux de la dignit impriale; de
ne consulter, dans lemploi de mon autorit, que mon dvoue
u ment pour lempereur et pour la France, et de remettre dle
ment lempereur, au moment de sa majorit, le pouvoir dont
lexercice mest con. Cette formule ressemble beaucoup a
celles que les art. 34 et 35 du snatus-consulte de 4813 avaient
sparment tablies, soit pour-le serment de limpratrice rgente,
soit pour celui du rgent. Les diffrences consistent en ce que les
deux formules de 1813 ont t fondues en une seule, rendue com
mune limpratrice rgente et au rgent, et en ce quil ny est
plus fait nominativement mention des lois du concordat, de la libert
des cultes, de lgalit des droits, de la libert civile, de lirrvoca
bilit des ventes des biens nationaux et du maintien de la Lgion
dhonneur. Toutes ces garanties sont nergiquement rsumes sous
les noms de lois de lempire et de droits de la nation. Si l'on a omis
de dsigner expressment chacune delles, cest, suivant la trs
juste observation consigne dans lexpos des motifs, quelles se
rapportaient, soit des proccupations transitoires, soit des points
que le cours des temps a mis hors de discussion et que le sentiment
l 6
82 naorr ADMlNISTRATIF. LIVRE 1".
public serait tonn de voir signaler spcialement, lorsquils sont
profondment consacrs par les murs et la conscience publiques.
Comment esteons- Aux termes de l'art. 17 du snatus-consulte du 17 juillet 1856,
procsverbal de la prestation de serment, par l'impratrice rgente
ce? ou le rgent, est dress par le ministre d'tat. Ce procsverbal
est adress au Snat et dpos dans ses archives. Lacte est sign
par limpratrice rgente ou le rgent, par les princes de la famille
impriale, par les membres du conseil de rgence, par les minis
tres, et par les prsidents du Snat, du Corps lgislatif et du conseil
dEtat.
9uclssuntdnnalrur 107. Il rsulte des art. 8 et 9 du snatus-consulte du 17 juillet
ensemble les droits . . . .
attachs la rgence? 1856 que trou rgles fondamentales dominent et resument tous les
droits attachs la rgence. Ces trois rgles sont les suivantes :
l Jusqu la majorit de lempereur, limpratrice rgente ou le
rgent exerce pour lempereur mineur lautorit impriale dans
toute sa plnitude, sauf les droits attribus au conseil de rgence.
ainsi que nous lexpliquerons sous le n 112;
9. Toutes les dispositions lgislatives qui protgent la personne
de lempereur sont applicables limpratrice rgente et au rgent;
3 Tous les actes de la rgence sont au nom de lempereur mi
neur.
Ces trois rgles, dans ce quelles ont dessentiel, se trouvaient
dj consacres, soit par la constitution de 1791, soit par le sna
tus- consulte de lan XII, soit par celui de 1813, soit par la loi de
1842.
La rgence u-t-elle Lart. 23 du snatusconsulte du 17 juillet 1856 porte express
,}j, ment que, durant la rgence, ladministration de la dotation de la
533";{;fg fmlf couronne continue selon les rgles tablies. L'emploi des revenus
ronce? est dtermin dans les formes accoutumes, sous lautorit de lim
pratrice rgente ou du rgent. > .
img Sbgfsg rgence ntant que lexercice temporaire de la puissance im
sont xes lesdpen- penale, il est naturel que son budget particulier se confonde avec
,;" celui de la couronne. Lart. 94 du snatusconsulte prcit dcide,
en consquence, que les dpenses personnelles de limpratrice r
gente ou du rgent et lentretien de leur maison font partie du bud
get de la couronne. La quotit en est xe par le conseil de rgence.
Comment se dvi: 108. Les causes qui mettent n la rgence peuvent tre rame
senl. les causes qui ' . . . .
mm". un i | .,c. nes a deux classes essentiellement distinctes. Les unes la font ces
5" ser dune manire absolue et dnitive; les autres ont seulement
pour etlet d'en transporter lexercice dune personne lautre. Les
premires teignent la rgence elle-mme; les secondes ne sappli
quent quau rgent en fonctions. Dans un cas, il y a cessation; dans
lautre il y a simple vacance. '
0udlcs son! les cau- Les causes qui font cesser toute espce de rgence sont au nom
ses de cessation de la
rgence? bre de deux :
DE LA RGENGE m: L'EMPIRE. 83

1 La majorit de lempereur, majorit xe l'ge de dix-huit


ans accomplis, comme nous lavons vu sous le n 101;
2 La mort de lempereur mineur, si lordre dhrdit appelle au
trne un prince majeur dune autre branche.
Les causes qui peuvent occasionner les vacances dans lexercice Les causes de va
.
de la rgence venant .
suivant quil. sagit
. de limpratrice
. . .
rcgcnte ou ca ce de miens,
sol.enes la r once
1es
. > mmes quelle que
d un regent' soit la personne char
ge de la rgence?
Les causes de vacances spciales limpratrice rgente sont au Quelles sonne, en.
nombre de deux : "" e de "
,, ,. . . _ rgence, spciales
1 Le convoi de 11mperatnce rgente de secondes noces, fart lmpralrncergenP
par lequel elle est dchue de plein droit de la rgence, aux termes
de lart. 3 du snatusconsulte du 17 juillet 1856 ;
2 Le dcs de lempereur mineur si lordre dhrdit appelle
au trne un prince mineur dune autre branche, cas dans lequel la
rgence de limpratrice cesse, en vertu de lart. 12 du snatus
consulte prcit.
La premire de ces deux dispositions 3 t insre dans le sna
tus-consulte de 1856, par suite de la discussion dont il a t lobjet
au sein du Snat. L'art. 3 du projet, conforme lart. 2 du sna
tus-consulte de 1813, portait que:limpratrice rgente ne pourrait
passer de secondes noces. On a pens avec raison quune telle pro
hibition serait trop contraire aux principes de droit commun, et
que le but de la loi serait galement atteint par la simple dchance
de la rgence prononce contre limpratrice mre qui convolerait
de secondes noces. Quant la seconde disposition, elle a t
textuellement emprunte lart. 16 du snatosconsulte de 1813.
Le motif en est que la rgence de limpratrice tant unique
ment fonde sur sa qualit de mre, elle ne saurait en continuer
l'exercice ds que lempereur rgnant, quoique mineur, nest pas
son ls.
Le snatus-nsulte du 17 juillet 1856 nindique aucune cause de Existe-H1 des cm{
vacance de la rgence qui soit spciale au rgent. et il ne nous , ail
semble pas possible de suppler au silence de la loi sur un point 8
dune aussi haute importance. .
Il nexiste que deux causes de vacance de la rgence communes Quelles sont les
pas
limpratrice rgente
besom dtre et au rgent.
formellement Cesetdeux
prvues qui,causes,
en effet,qui
nenavaient
lont pas cnlgf;ggjm {

et dans le texte du snatus-consulte de 1856, sont le dcs de lune


ou de lautre durant la minorit de lempereur, ou leur dmission
des fonctions de la rgence.
Quel que soit le fait qui rende la rgence vacante, il ny a lieu de Comment est-_
' ' 1 ; pourvu aux vacances
recouru au remplacement de drort qu autant que l empereur pr- de |. rgence?
cdent na pas Hui-mme rgl davance cette ventualit. En effet,
aux termes de lart. 4 du snatuscunsultc du 17 juillet 1856, lem
pereur peut, par acte public ou secret, pourvoir aux vacances qui
81 DROIT ADMINISTRATIF. uvaa I".
pourraient se produire dans lexercice de la rgence pendant la mi
norit. Ce droit, que lart. 10 du snatus-consulte de 1813 lui cou
frait implicitement en lautorisant dune manire gnrale dis
poser de la rgence, lui est aujourd'hui expressment accord. Le
projet du gouvernement nen faisait pas mention, et c'est la discus
sion du Snat qui, pour prvenir tous les doutes, lui a donn place
dans le texte dnitif du snatus-consultc de 1856. Les actes pu
blics ou secrets, au moyen desquels lempereur pourvoit aux va
cances ventuelles de la rgence, sont soumis toutes les rgles que
nous avons exposes sous les numros 102 et 106, pour les actes de
mme nature portant nomination directe du rgent. - A dfaut de
disposition de lempereur, leremplacement a lien suivant lordre de
dvolution tabli par la loi. C'est pour mieux montrer cette iden
tit entre lordre de remplacement et celui de dvolution primitive,
quen appelant par lart. 4 du snatus-consulte le premier prince
franais dfaut de limpratrice, on a en soin dajouter ces mots :
quelle ait. ou non exerc la rgence, mots qui ne se trouvaient
pas dans la rdaction propose par le gouvernement, et dont la
discussion a fait sentir lutilit. Le mme principe est videmment
applicable aux mutations de la rgence entre princes franais et de
ceux-ci au rgent lectif. \
Quels sont les v- Il est des cas dans lesquels le changement de rgne nempche pas
la rgence de suivre son cours. Ainsi, aux termes de lart. 11 du
snatusconsulte du 17 juillet.1856, si lempereur mineur dcde
laissant un frre hritier du trne, la rgence de limpratrice ou
celle du rgent continue sans aucune formalit nouvelle. De mme.
en vertu de lart. 13 du snatus-consulte prcit, si lempereur mi
neur dcde laissant la couronne un empereur mineur dune autre
branche, le rgent, la diffrence de limpratrice rgente, reste en
fonctions jusqu la majorit du nouvel empereur. Ces dispositions,
suggres par le haut intrt de la stabilit dans le gouvernement,
sont textuellement reproduites des art. 15 et 17 du rsnatus-con
suite de 1813. Le mme motif a inspir lart. 14 du snatuscon
sulte de 1856. Daprs cet article, le rgent en exercice conserve la
rgence jusqu la majorit de lempereur, encore bien quil ny
ait t appel qu dfaut dun rgent de droit qui le primait et qui
sest trouv, au moment de louverture de la rgence, dans un cas
dempchement qui aurait cess depuis lors. Cette disposition,
comme les prcdentes, est emprunte au snatusconsulte de 1813.
En quoi consiste la 109. On a toujours distingu la rgence de la garde du prince
gf, "empereur mineur. La rgence est le gouvernement intrimaire de lEtat. La
garde du prince mineur nest pas autre chose que sa tutelle, sous
un nom qui ne s'applique qu lui seul et que la tradition a con
sacre.
A qui appartient |. Aux termes de lart. 15 du snatusconsulte du 17 juillet 1856,
DE LA nGENGB DE L'EMPIRE. 85

la garde de lempereur mineur, la surintendance de sa maison, la garde de l'empereur


surveillance de son ducation sont cones sa mre. Il en est """""
ainsi lors mme que lempereur prcdent aurait dispos de la r
gence par un acte rendu public avant son dcs. A dfaut de la mre,
la garde de lempereur mineur appartient la personne qu'aura
dsigne lempereur prcdent. A dfaut dune telle dsignation,
elle est dfre la personne nomme par le conseil de rgence.
Il rsulte du rapprochement des art. 2 et 15 du snatnsconsnlte La rgnn:c et la
du
garde17 de
juillet
son fils
1856,
mineur,
que limpratrice
mais elle seulergente
jouit dea cette
de plein
prrogative,
droit la 9 m="

Toute autre rgence ne confre aucun droit sur la personne de l'em


pereur mineur. Il est mme expressment dfendu au conseil de
rgence de dsigner le rgent ou ses descendants pour la garde de
lempereur mineur.
Quel que soit lintrt qui sattache ce que limpratrice mre pans quel cas l'im
ait et conserve la garde de son ls mineur, il est un cas o elle a ?"i.
du en tre immdiatement prive. En vertu de lart. 4 du snatus 5 5 mineur?
consulte prcit, l'impratrice mre qui convole de secondes noces
perd de plein droit la garde de son ls mineur.
En principe, la garde du prince mineur a toujours t cone _0ueils taient les
sa mre, le vu de la nature et lintrt politique. concourant ga ';
lement suggrer une mesure si prvoyante. On en trouve une gne; Princes l"iv
disposition expresse dans lart. 29 du snatns-consulte du 5 f- '
vrier1813, dans lart. 30 de celui du 98 oral au XII, aussi bien
que dans lart. 6 de la loi du 30 aot 1842 et dans lart. 17, sect. 2,
chap. 2, tit. 3 de la constitution de 179| .
HO. Lide de placer auprs du gouvernement de la rgence un _Quclle est l'origine
conseil permanent, destin lclairer et quelquefois mme en g'ggg;g" ""
limiter les pouvoirs, ne se rattachait qu de lointaines et vagues
traditions, lorsqu'elle fut organise et xe par le snatus-consulte
de 1813. Cest ce snatus-cousulte que la emprunte celui
de 1856.
Daprs lart. 18 du snatus-consulte du 47 juillet 1856 un con Comment est 00m
seil de rgence est constitu pour toute la dure de la minorit de "" de ""
lempereur. Il se compose : 1 des princes franais dsigns par
l'empereur; dfaut de dsignation par l'empereur, des deux
princes franais les plus proches dans l'ordre dhrdit; 2 des
personnes que lempereur a dsignes par acte public ou secret. Si
lempereur na fait aucune dsignation, le Snat nomme cinq per
sonnes pour faire partie du conseil de rgence. Ainsi, le conseil de
rgence peut avoir t formpar le prcdent empereur avant son
dcs. Sil ne la pas t, il doit ltre ds l'ouverture dela rgence,
conformment aux dispositions cidessus.
Les actes publics ou secrets par lesquels lempereur nomme les Queues,onlles ra.
membres du conseil de rgence sont, en vertu de l'art. 7 du sna ss si-lives m nu
86 mon ADMINISTRATIF. uvnz I".
Lesimprimix pormmtus-nsulte de 1856, soumis aux mmes conditions denvoi au
{flLij Snat, de dpt dans ses archives et aux mmes formes d'ouver
5W? turc, sils sont secrets, que les actes portant disposition de la r
' gence.
Quelles taient les Les art. 19, 20 et 21 du shatus-consulte de 1813 ne diffraient
de lart. 18 de celui de 1856 quen un seul pomt essentiel. Les
de sente? princes franais taient appels faire partie du conseil de regence
suivant un ordre lgalement x et indpendamment daucune d
signation de la part de l'empereur. Le projet du snatusconsulte
de 1856, allant encore plus loin, les y admettait tous indistincte
ment. C'est la suite de la discussion du Snat que le texte actuel a
t dnitivement adopt.
diggllcllgggg; Aux termes de 6 du snatus-consulte du 17 juillet 1856,
pouvoir tre nomm les membres du conseil de rgence, comme le rgent lu1-mme,
;:gggg:f " doivent tre Franais et gs de vingt et un ans accomplis. Telle
tait dj la rgle pose dans l'art. 8 du snatus-consulte de 1813.
gagne Pour que le _conseil de rgence puisse toujours remplir la haute
aux membres du a}... mission qui lui est cone, l'art. 19 du snatus-consulte de 1856,
d "80? exactement conforme l'art. 22 de celui de 1813, porte qufaucun
membre du conseil de rgence ne peut tre loign de ses fonctions
par limpratrice rgente ou le rgent.
Comment est-il Ni le snatwwnsulte de 1813 ni le projet de celui de 1856 na
visaient au moyen de tenir le conseil de rgence toujours au com
cunseil de rsenw plat. Cette lac1me_a t comble la suite de la discussion, et l'ar
ticle 18 du snatusconsulte de 1856 renferme aujourdhui une
disposition expresse sur ce point. En cas de mort ou de dmission
dun ou plusieurs membres du conseil de rgence, autres que les
rinces franais, le Snat est formellement charg de pourvoir
leur remplacement.
epe.auafm Le; mme dsir de faire cesser pour lavenir toute cause dincerti
ilenani xoonstigm, tudaqet de doute, qui a dtermin lempereur rgnant disposer de
;;gg 93"" C"" la rgence en faveur de l'impratrice, la aussi port instituer ds
maintenant le conseil de rgence. Aux termes d'un dcret imprial
' du 1" fvrier 1858, ce conseil a t compos des mmbres du con
seil priv, avec adjonction des deux princes franais les plus pro
ches' dans lordre dhrdit. Toutefois le conseil priv ne doit
former le conseil de rgence quautant que lempereur nen aurait
pas dsign un autre par acte public; Le dcret prcit du 1" f
vrier 1858 navait nomm que sept membres pour faire partie du
conseil priv. Ce nombre a t port neuf par un dcret ultrieur
en date du 5 mai 1859. _
en qui convo 111. En vertu de lart. 20 du snatus-consulte du 17 juillet 1856
{SE . L ' le conseil de rgence est convoqu et prsid par limpratrice
rgente ou le rgent, qui peuvent toutefois dlguer, pour prsider
leur place, lun des membres de ce conseil. La mme disposition
se trouvait dj dans l'art. 23 du snatus-consulte de 1813.
DE LA HAUTE COUR DE JUSTICE. 87 '

112. Les attributions du conseil de rgence se divisent en trois Comment se divi


. . ,, . . sent les attributions
grandes classes : 1 celles relatives a l clectron du regent, dont nous du conseil de rgcm:
avons parl sous le n 105; 2 celles qui donnent lieu des dlib
rations proprement dites; 3 celles qui nont quun caractre pure
ment consultatif.
Aux termes de lart. 21 du snatus-consulte de 1856, conforme Quelles sont ses u
en substance aux art. 21, 25 et 26 de celui de 1813 le conseil de ',;33' """'
rgence dlibre ncessairement :
1 Sur le mariage de lempereur;
2 Sur les dclarations de guerre, la signature des traits de paix,
dalliance ou de commerce;
3 Sur les projets de snatusconsultes organiques.
En vertu de larticle prcit, les dlibrations se prennent la Comment, se pren
. . _, . . _
de l,.impra nentleadhbrauom?
majorit absolue des vmx. En cas de partage, la mm
trice rgente ou du rgent est prpondrante. si la prsidence est
exerce par dlgation, l'impratrice rgente ou le rgent dci
dent.
Les attributions purement consultatives du conseil de rgence mg:5 50' 1P5
. . . . . mns purement
embrassent toutes les questions qui 1111 sont soumises par limp consultatives du ron
ratrice rgente ou le rgent, sansquils soient tenus de les lui df '" d "5
rcr. Sur toutes ces questions, lart. 22 du snatus-consulte de
1856, identique lart. 27 de celui de 1813, ne donne au conseil de
rgence que voix consultative.

TITRE V.

un LA HAUTE cous DE wsrms.

SOI!AIRE.

l13. Motifs de l'institution dune haute cour de justice.


tlt. Son origine.
115. Sa juridiction et sa comptence.
116. Sa composition.
I17. Composition de chaque chambre.
118. Composition du haut jury.
119. Formes de linstruction.
120. Formes de lexamen et du jugement.

1 13. Les tribunaux ordinaires sufsent la rpression des crimes .[9095 mnr95. _r
et dlits contre les particuliers, et mme, dans la plupart des cas, iinr"n3ii 23;
celle des crimes et dlits contre la chose publique. Il peut arriver d j""
cependant que ceux de cette dernire classe, soit par la qualit de
leurs auteurs ou complices, soit raison de latteinte directe et pro
fonde quils porteraient au pacte fondamental, demandent tre
jugs avec plus de solennit et par une magistrature en quelque
sorte politique. Cest pour satisfaire ce besoin, qu' lexemple de
88 DROIT ADMINISTRATIF. - LIVRE l".

ses devancires, la constitution de 1852 a cr, sous le nom de


haute cour de justice, une juridiction charge de statuer sur les
crimes ou attentats contre lordre constitutionnel, lorsque le pou
voir excutif aurait eXpressment renvoy devant elle les personnes
prvenucs de ces crimes ou attentats.

Quelles ontt, dans 114. Toutes les constitutions antrieures ont admis une juridic
le pass, les institu
nous analt;ttes la tion plus ou moins analogue la haute cour de justice. La consti
hautecour ejustice tution de 1791, tit. 3, chap. 5, art. 23, tablissait une haute cour
nationale, forme de membres du tribunal de cassation et de hauts
jurs, pour connatre des dlits des ministres et agents principaux
du pouvoir excutif, ainsi que des crimes qui attaqueraient la s
ret gnrale de Itat, lorsque le Corps lgislatif aurait rendu un
dcret daccusation. La constitution du 5 fructidor au III, art. 265
et suiv., crait une haute cour de justice, forme aussi de membres
du tribunal de cassation et de hauts jurs, pour juger les accusa
tions admises par le Corps lgislatif, soit contre ses propres mem
bres, soit contre ceux du directoire excutif. La constitution de
lanVlll, art. 73, dfrait galement une haute cour, compose de
juges et de jurs, le jugement des ministres mis en accusation par un
dcret du Corps lgislatif. Le snatusconsulte du 28 oral an XII
inaugura un systme tout diffrent. Daprs les art. 101 et suiv. de
ce snatusconsulte, une haute cour impriale connaissait dune
multitude de cas soigneusement dtermins, mais qui avaient pour
caractre commun, soit d'maner des membres de la famille imp
riale ou de hauts fonctionnaires, soit d'intresser directement lordre
constitutionnel. Cette haute cour avait son sige dans le Snat,
tait prside par I'archichancelier de lempire, et se composait des
princes, des grands dignitaires et grands ofciers de lempire, du
grand juge ministre de la justice, de soixante snateurs, des six
prsidents de section du conseil dtat, de quatorze conseillers
dtat et de vingt membres de la Cour de cassation, les snateurs,
les conseillers dtat et les membres de la Cour de cassation tant
appels par ordre danciennet. Elle jugeaitsans assistance de jurs.
Comme on le voit, la haute cour impriale, fonde par le snatus
consulte de lan XII, ntait en grande partie que le Snat constitu
en cour de justice. Cette ide fut recueillie et complte par la
charte de 1811, dont lart. 33 portait que la chambre des pairs, des
tine remplacer l'ancien Snat, connatrait des crimes de haute
trahison et des attentats la sret de l'tat qui seraient dnis
par la loi, et dont lart. 31 attribuait a la chambre des pairs seule
le jugement de ses membres en matire criminelle. Lacte constitu
tionnel du 22 avril 1815, art. 16, 40 et 4l, dfrait aussi la
chambre des pairs le jugement de ses membres, et la connaissance
des accusations dcrtes par la chambre des reprsentants, soit
contre les ministresj soit contre les commandants d'arme de terre
DE LA HAUTE COUR DE JUSTICE. 89
ou de mer. La charte de 1830 ne t que reproduire, dns ses arti
cles 28 et 29, les dispositions des art. 33 et 34 de celle de 1814. La
chambre des pairs continua donc tre investie des fonctions de
haute cour de justice. La constitution de 1848 reprit le systme qui
avait t abandonn depuis lan XII. Aux termes des art. 91 et
suiv. de cette constitution, une haute cour de justicefdevait juger,
sans appel ni recours en cassation, les accusations portes par lAs
semble nationale contre le prsident de la rpublique ou les mi
nistres. Elle jugeait galement toutes personnes prvenues de cri
mes, attentats ou complots contre la sret intrieure ou extrieure
de ltat, que lAssemble nationale aurait renvoyes devant elle.
A lexemple de toutes les juridictions du mme genre, depuis 1791
jusquen lan XII, cette haute cour tait compose de juges et de
jurs. Son organisation et sa procdure ont t en grande partie
appliques linstitution actuelle, sauf les diffrences que nous au
rons soin de constater sous les numros suivants.
115. La juridiction de la haute cour de justice prsente cinq ca Quels sont les ca
ractres essentiels de
ractres essentiels: la juridiction de la
1 Aux termes de l'art. 54 de la constitution, la haute cour ne haute cour de justice?
peut tre saisie quen vertu dun dcret du pouvoir excutif;
2 Conformment au mme article, elle juge sans appel ni recours
en cassation;
3 Daprs lart. 12 du snatus-consulte du 10 juillet 1852, sa
juridiction stend sur tout le territoire de la France;
4 En vertu du mme article et de lart. 17 du snatusconsulte
prcit, elle procde selon les dispositions du Code dinstruction cri
minelle, en tant que ces dispositions ne sont pas contraires aux lois
spciales qui la rgissent; .
5 Daprs lart. 22 du mme snatus-consulte, modi par
lart. 4 de celui du 4 juin 1858, les peines iniges par la haute
cour sont prononces conformment aux dispositions du Code pnal
en des autres lois en vigueur.
De ces cinq rgles, les quatre dernires ont t en gnral appli Quel tait, sous ce
rapport, l'lalde la le
ques sous toutes les constitutions antrieures, sauf que la cour des gislntion antrieure?
pairs avait cru pouvoir quelquefois arbitrerles peines, sans se ratta
cher rigoureusement aux textes du Code pnal. Quant la pre
mire, elle na t en vigueur que sous lempire du snatus-cousulte
de lau XII, de la charte de 1814 et de celle de 1830. La constitution
de 1791, celle de lan [11, celle de lan VIII et celle de 1848 attri
buaient au pouvoir lgislatif, lexclusion du pouvoir excutif, le
droit de saisir la haute cour de justice.
Lart. 54 de la constitution porte que la haute cour de justice Quelle est la com
plcnce de la haute
juge toutes personnes qui auront t renvoyes devant elle comme cour de justice p
prvenues de crimes, attentats ou complots contre lempereur et
contre la sret intrieure ou extrieure de lElat. Cette disposition
90 DROlT ADMINISTRATIF. LIVRE 1".

a t complte par lart. 1" du snatus-consulte du 4 juin 1858.


Aux termes de cet article, la haute cour de justice connat, en
outre, des crimes et des dlits commis par des princes de la fa
mille de lempereur, par des grands ofciers de la couronne, par
des grandcroix de la Lgion dhonneur, par des ambassadeurs ,
par des snateurs. par des conseillers dEtat. Sa comptence se rat
tache ainsi un double principe. Tantt elle est dtermine par les
caractres du fait incrimin, quels quen soient les auteurs. Tantt,
au contraire, elle est fonde sur la qualit des personnes, quelle que
soit linfraction par elles commise. Dans tous les cas, le pouvoir
excutif est seul et souverain apprciateur des motifs qui peuvent
provoquer le renvoi devant la haute cour de justice. Cest par d
cret imprial quelle est saisie des affaires qui rentrent dans sa
comptence. .
.9 mPm Daprs l'art. 91 de la constitution de 4848, la haute cour de
an-elle la mme . . ,. .
sous la constitution Justice, relanvement aux cnmes, attentats ou complots contre la
de "8 sret intrieure ou extrieure de lEtat, avait exactement la mme
comptence qu'aujourdhui, sauf que le pouvoir lgislatif tait
alors substitu au pouvoir excutif pour examiner et rsoudre la
question de savoir si elle devait ou non tre saisie. Quant sa
comptence, raison de la qualit des personnes, elle ne stendait
qu'aux accusations portes contre les ministres ou contre le prsi
dent de la rpublique.
Q,ul _st lacte gui 6. Lart. 55 de la constitution porte quun snatusconsultc
J ,J dterminera lorganisation de la haute cour de justice. Ce snatus
i"""" consulte a t rendu le 10 juillet 1852.
Comment ..ene Aux termes de son art. 1", la haute cour de justice se com
compose? pose :
l Dune chambre des mises en accusation et dune chambre de
jugement formes de juges pris parmi les membres de la Cour de
cassation; 2 d'un haut jury pris parmi les membres des conseils
gnraux des dpartements.
En quoi sa compo- La division de la haute cour en juges et en jurs, les premiers
silion se rap nmcbe-t- .
eue ou dm re.l-eu,, pour appliquer la 101- et prononcer la peme,
.
les seconds .
pour recon
natre le fait et dclarer le prvenu coupable ou non coupable, n'est
que la reproduction de ce qui avait dj exist sous toutes celles
des constitutions antrieures qui ne plaaient pas le sige de la
haute cour, soit au Snat, soit la chambre des pairs. En cela
lorganisation actuelle ressemble beaucoup celles qui lavaient
prcde; mais elle en diffre profondment par la subdivision des
juges en chambre daccusation et chambre de jugement. Aupara
vant, et notamment sous la constitution de 1848, la mise en accu
sation tait prononce par les cours dappel, conformment aux
rgles du droit commun, et ctait en tat daccusation que les pr
venus taient renvoys, sil y avait lieu, devant la haute cour de
DE LA HAUTE COUR DE JUSTICE. 9l

justice, qui ntait par consquent et ne pouvait tre quun tn'bunal


de jugement. La rpartition des juges de la haute cour en deux
chambres, lune daccusation et lautre de jugement, est donc une
innovation des lois actuelles. Cette innovation a en pour but de
prvenir la difcult quil y avait concilier le respect d un
arrt de cour dappel avec la prrogative du pouvoir charg de
saisir la haute cour de justice, et avec le droit absolu de cette
cour elle-mme, quant la qualication des faits qui lui taient
dfrs.
117. D'aprs les art. 2 et 3 du snatus-comulte du 10 juillet Cmmenl est cvur
1852, chaque chambre de la haute cour de justice est compose de E.L ,,,
cinq juges et de deux supplants. Les juges et supplants de chaque 3 j;&F
chambre sont nomms tous les ans dans la premire quinzaine du temps en sont npm
mois de novembre par lempereur. Leurs pouvoirs durent donc m membre"
un an. Nanmoins, les chambres de la haute cour restent saisies,
audel de ce terme, de linstruction et du jugement des affaires
qui leur ont t respectivement dfres. En cas de vacance par
dmission ou dcs de lun des juges, le magistrat nomm en rem
placement demeure en fonctions jusquau terme fix pour lexpira
tion des pouvoirs de son prdcesseur.
Aux termes de lart. 5 du snatus- consulte prcit, chaque cham- Par qui chaque
bre est prside par celui de ses membres que dsigne le dcret " l"""
imprial qui saisit la haute cour.
En vertu du mme article, le procureur gnral prs la haute 0mmentsontnom
cour de justice et les autres magistrats du ministre public sont ,,,,,,&LH,
nomms pour chaque affaire par le dcret imprial qui saisit la {J%_," 00" de 5
haute cour de justice.
Conformment l'art. 6 du snatus-consulte prcit, le prsident Quelles sont les r
de chaque
cour chambre
de justice na dsigne un ni
ni greffe, grefer qui prte
archives serment.
qui lui soient La haute 5.,}e
propres. _et!a gaule mur de
Ses procdures et arrts sont dposs au greffe de la Cour de cas- M me
sation.
Lart. 92 de la constitution de 1818 contenait, sur lorganisation Quelles amant, sur
de la haute cour de justice, les mmes dispoSitions que celles au- gpggggs'g'lbjo
jourd'hui en Vlglllll, sauf les dl'rences smvantes : lilulion de1818 ?
1 La haute cour, au lieu d'tre divise en deux chambres, nen
comprenait quune seule;
2 Cette unique chambre tait compose du mme nombre de
juges et de supplants que chacune des deux actuellement exis
tantes; ces juges et supplants devaient, comme aujourdhui, tre
pris parmi les membres de la Cour de cassation, mais au lieu dtre
dsigns par le pouvoir excutif, ils taient nomms par la Cour de
cassation ellemme, au scrutin secret et la majorit absolue,
3 Le prsident, au lieu dtre dsign par le pouvoir excutif,
tait choisi par les cinq juges appels siger;
9? DROIT ADMINISTRATIF. LIVRE I.

4 Lcs magistrats du ministre public, au lieu dtre nomms


dans tous les cas par le pouvoir excutif, devaient ltre par lAs
semblc nationale en cas daccusation des ministres.
C9mmm .0 cm 118. Aux termes de l'art. 7 du snatusconsulte du 10 juillet
me le hmury 1852 , le haut jury de la haute cour de justice se compose de
trente-six jurs titulaires et de quatre jurs supplants.
Q{mn_lenlsom dei- Ce nombre est celui requis pour que le haut jury soit constitu.
ljily'?embm du On lobtient au moyen dun tirage au sort parmi les jurs prsents
au jour indiqu pour le jugement. Ces jurs sont dsigns de la ma
nire suivante : dans les dix jours qui suivent le dcret de convo
cation de la chambre de jugement de la haute cour de justice, le
premier prsident de la cour dappel, et, dfaut de cour dappel,
le prsident du tribunal de premire instance du cheflieu judiciaire
du dpartement tire au sort, en audience publique, le nom de lun
des membres du conseil gnral. La liste du haut jury comprend
ainsi quatrevingtneuf membres, un pour chaque conseil gnral.
Elle na pas de caractre permanent, et est forme sparment pour
chaque affaire soumise au jugement de la haute cour. Cet ensemble
de dispositions rsulte des art. 15 et 18 du snatus-consulte du
10 juillet 1852. .
Quelles sont les in- En principe, aux tenues de l'art. 16 du snatus-consulte prcit,
L,.,,L5S les incompatibilits, incapacits et excuses rsultant des lois sur le
"fL?, "wmb9 jury sont applicables aux jurs prs la haute cour. Tous les chan
l jury ? . . . .
gements que peuvent subir les lors gnerales, sous ces trors rapports,
sont tendus de plein droit la composition du haut jury, mais
sauf une importante rserve. Les fonctions de haut jur sont, dune
manire absolue et sans corrlation au droit commun, dclares in-
compatibles avec celles de ministre, snateur, dput au Corps lgis
latif et membre du conseil dEtat. On n'a pas voulu que les organes
de la pense politique pussent jamais avoir pour justiciables des
accuss de crimes politiques. Par consquent, quoique daprs la loi
du 4 juin 1853 qui forme aujourdhui le droit commun en matire
de jury, les fonctions de snateur et de dput au Corps lgislatif ne
soient que des causes dexcuse pour le jury ordinaire, elles nen
restent pas moins des causes d'incompatibilit pour le haut jury,
conformment la loi spciale qui le rgit,
.Qieilvlesvient, sur Toutes les dispositions qui prcdent se trouvaient dj, en ce
(Lb ers pomts, les . , v
lisppsitionsdelacons- qu elles ont d essentiel, contenues dans les art. 92 et 93 de la cons
" ' de "3? titution de 1848. Le mode adopt par cette constitution pour la for
mation du haut jury a t entirement conserv par le snatus
consulte du 10 juillet 1852.
Quelles son, le, ,9. 1 19. Linstruction des crimes qui tombent sous la comptence de
fj,;,,3ffg: la haute cour de justice, par leur nature et indpendamment de la
.;.es|de; qompnc qualit de leurs auteurs, a t rgle avec le plus grand soin par le
i:e ,Pm snatusconsulte prcit. Ses art. 8, 9 et 10 xent la manire dont
O.

DE LA HAUTE COUR DE JUSTICE. 93


il doit tre procd avant que la haute cour soit saisie; ses art. 11, ment de la qualit des
personnes?
12, 13 et 14 dterminent les formes quelle doit suivre elle-mme,
jusquau renvoi devant la chambre de jugement. Nous nous occu
perons successivement de chacune de ces deux priodes.
1 Instruction antrieure linvestiture de la haute cour de us
tz'ce. - Lofcier du parquet qui recueille des indices sur lexistence
de l'un des crimes dsigns par lart. 54 de la constitution, est tenu,
sans que linstruction de laffaire doive tre discontinue ni retab
dc, de transmettre directement, et dans le plus bref dlai, au mi
nistre de la justice, copie de toutes les pices lappui de laccusa
tion. Si par suite de la continuation de linstruction, la chambre des
mises en accusation dune cour est appele statuer sur une affaire
qui serait de la comptence de la haute cour, le procureur gnral
est tenu de requrir un sursis et le renvoi des pices au ministre de
la justice : la chambre doit ordonner ce sursis, mme dofce. Les
pices sont transmises immdiatement au ministre de la justice. Si,
dans les quinze jours, un dcret de lempereur na pas saisi la haute
cour, les pices sont renvoyes au procureur gnral, et la cour
dappel statue conformment au Code d'instruction criminelle. Tant
quelle na pas statu, la haute cour de justice peut toujours tre
sarsxe.
2 Instruction devant la Iaute cour dejustice Lorsquun dcret
de lempereur a saisi la haute cour de justice de la connaissance
dune affaire, la chambre des mises en accusation de la haute cour
entre immdiatement en fonctions. Si le fait ne constitue pas un
crime de la comptence de la haute cour, elle ordonne le renvoi de
vant le juge comptent quelle dsigne. Ses arrts sont attributifs
de juridiction et ne sont susceptibles daucun recours. si elle pro
nonce le renvoi devant la chambre de jugement, lempereur con
voque cette chambre, fixe le lieu des sances et le jour de louver
ture des dbats. .
Le snatusconsulte du 4 juin 1858, ayant ajout la comptence Quelles sont les r
gles de linstruction,
purement relle de la haute cour de justice une comptence en quel relativement aux d
que sorte personnelle, .1 du rgler linstruction quidevraittre suivie lits de la comptence
c la haute cour de
devant elle, lorsquelle aurait juger des dlits imputs aux per justice, raison de la
sonnes soumises sa juridiction. Tel est, en effet, lobjet de son de " '
art. 2. Aux termes de cet article, si la poursuite concerne un dlit,
la chambre des mises en accusation de la haute cour est saisie et
procde suivant les formes ordinaires; mais, dans ce cas, la cham
bre de jugement statue sans lassistance du jury. Le premier pr
sident de la Cour de cassation et les trois prsidents de chambre de
cette cour lui sont adjoints. Elle est prside par le premier pr
sident.
En vertu de lart. 3 du snatus-consulte du 4 juin 1858, si des glesQuelles sont les r
spciales a;lgard
ministres sont mis en accusation par le Snat, conformment des ministres mis en
accusation par le se
lart. 13 de la constitution, la Chambre de jugement de la haute nat i
94 DROIT ADMINISTRATIF. -- LIVRE 1".

cour est convoque par un dcret imprial qui xe le lieu des san
ces et le jour de l'ouverture des dbats. La chambre daccusation
na donc pas intervenir dans ce cas, et il est naturel quil en
soit ainsi, puisque les fonctions en sont remplies par le Snat lui
mme.
ticgli;yr a-till qedpar- Par respect pour les dignits ou fonctions_ dont ils sont revtus,
taire, oE, ,' les dignitaires ou hauts fonctionnaires, justicrables de la haute cour,
Egg:ghaugggr; sont provisoirement suspendus de leurs fonctions, ds quil a t
dcern contre eux un mandat de dpt, unmandat darrt ou une
ordonnance de prise de corps. Telle est la disposition expresse de
l'art. 5 du snatnsconsulte du 4 juin 1858.
Qu-y a... de puni. Lart. 6 du snatnsconsulte prcit porte quaucun membre du
,Pm'gjilfsd" Snat ne peut tre poursurvr n_1 arrt pour crime ou dlit, ou pour
la haute cour? contravention entranant la peme de lemprisonnement, quaprs
que le Snat a autoris la poursuite. En cas darrestation, pour
crime agrant, le procsverbal est immdiatement transmis par le
ministre de la justice au Snat, qui statue sur la demande dauto
risation de poursuite. Cette garantie personnelle, attache la qua
lit de snateur, est un emprunt fait aux chartes de l8Met de -l 830.
Daprs lart. 34 de la premire, devenu le vingtneuvime de la
seconde, aucun pair ne pouvait tre arrt que de l'autorit de la
chambre, et jug que par elle en matire criminelle. Sur ce dernier
point, la lgislation a t change. Ce nest pas le Snat qui est
appel juger les snateurs; mais bien la haute cour de justice,
ainsi quon la vu cidessus.
L.imm,on de, Tout cet ensemble de dispositions qui satisfait dune manire si
OHS): complte et si simple au quadruple besoin de la prompte constata
nvaibell antijeure- tion des crimes, du libre exercice de la prrogative impriale, de la
327;,
vreciaWim';{; , situations
pleine indpendance de la haute
exceptionnelles, courprcdents
tait sans et des gards dusgenre
d'aucun avant

les snatus-consultes du 10 juillet 1852 et du 4 juin 1858. Aucune


des constitutions ou lois antrieures ne contenait rien de prcis sur
linstruction des affaires pralablement leur renvoi devant la
haute cour. Tout tait faire sous ce rapport, et tout a t fait
dans lesprit la fois le plus prvoyant et le plus libral.
Quelles sont les r- l20. Daprs les art. 18, 19, 20 et 21 du snatusconsulte du
E,,,,,L,,J 10 juillet 1852, sil y a moins de soixante jurs prsents, au jour
du hantiurr? indiqu pour le jugement, ce nombre est complt par des jurs
supplmentaires tirs au sort par le prsident de la haute cour
parmi les membres du conseil gnral du dpartement o elle sige.
Ne peut point faire partie du haut jury le membre du conseil gn
rai qui a rempli les mmes fonctions depuis moins de deux ans.
Le haut jur absent sans excuse valable peut tre condamn une
amende de 1,000 10,000 fr. et la privation de ses droits poli
tiques pendant un an au moins et cinq ans au plus. Les accuss et
ns LA HAUTE cous DE JUSTICE. 95

le ministre public exercent le droit de rcusation, conformment


aux lois sur le jury. Par consquent,un nombre gal de rcusations
peut avoir lieu de part et dautre, et si les jurs sont en nombre
impair, les accuss ont droit une rcusation de plus que le procu
reur gnral. Ces dispositions doivent tre compltes par celles
du Code dinstruction criminelle sur la formation du jury ordinaire,
puisque ce code demeure applicable dans tout ce qui nest pas con
traire aux lois spciales du haut jury, comme nous lavons dit sous
le n 115. Il suit de l quau jour indiqu pour le jugement et lors
que le nombre de soixante jurs a t complt sil y a eu lieu, les
noms de tous les jurs prsents doivent tre dposs dans une urne.
Le droit de rcusation doit tre exerc mesure que les noms sor
tent de lurne ; mais tandis que, daprs le droit commun, les rcu
sations sarrtent seulement lorsquil ne reste que douze jurs, elles
sarrtent plus tt devant la haute cour. Le jury se composant de
quarante membres, y compris les supplants, le droit de rcusation
est puis ds quil ne reste plus que quarante jurs. Ces quarante
jurs doivent tous prendre sance; mais il ny en a que trentesix
qui participent la dlibration nale. Les quatre jurs supplants
ne sigent que pour remplacer au besoin ceux dentre les jurs
titulaires qui durant le cours des dbats viendraient tre em
pchs.
Toutes les rgles que nous venons dexposer, relativement la (les rgles taient
formation dnitive du haut jury, ont t empruntes aux art. 94, elles les mmes sous
la constitution de
95 et 96 de la constitution de 1848. Le snatus-consulte du 10 juil 18
let 1852 a dlement reproduit le fond de ces articles, sauf quel
ques diffrences de rdaction de peu dimportance.
En vertu du snatus-consulte prcit, comme sous lempire de la Comment es '-il pro
constitution de 1818, toutes les rgles de droit commun, concer cd lexamen des
nant la comparution des accuss, le serment des jurs, les droits accuss dev.mt
haut jury?
le

et les devoirs de la dfense, laudition des tmoins, la publicit


des dbats, le rsum du prsident et la position des questions, sont
applicables devant la haute cour de justice comme devant les
cours dassises.
Aux termes de lart. 92 du snatus-consulte du 10 juillet 1852, Comment est rendu
le verdict du liant ju
la dclaration du haut jury portant que laccus est coupable, et la "Y ?
dclaration portant quil existe, en faveur de laccus reconnu cou
pable, des circonstances attnuantes , doivent tre rendues la
majorit de plus de vingt voix, cest-dire une plus forte majo
rit que la majorit simple qui, sur trente-six votants, serait seu
lement de dix-neuf voix. Le projet du gouvernement proposait sur _
ce point le renvoi au droit commun, en se bornant dire que les
deux dclarations dont il sagit seraient rendues la majorit pres
crite par les lois sur le jury. Le Snat a pens quil convenait, sur
un point dun si grand intrt pour les accuss et devant une juri
diction dun caractre si lev, dtablir une rgle directe et per
96 DROIT ADMINISTRATIF. LIVRE 1.
manente qui ft l'abri des variations lgislatives sur le jury ordi
naire. Par consquent, quoique la dcision du jury ordinaire, tant
contre laccus que sur les circonstances attnuantes, se forme au
jourdhui la simple majorit, en vertu de la loi du 9 juin 1853, la
rgle dune majorit suprieure nen reste pas moins applicable de
vant le haut jury. '
Comment tait-il La constitution de 1848 avait t plus favorable aux accuss.
I,j"* Laissant la dclaration des circonstances attnuantes sous lempire
du droit commun de cette poque, qui nexigeait que la simple ma
jorit pour en faire acqurir le bnce, elle disposait, par son
art. 97, que la dclaration du haut jury contre laccus ne pourrait
tre rendue qu la majorit des deux tiers des voix, cest-dire,
la majorit de vingt-quatre voix contre douze.
Parqui etcnmmen! Si la dclaration du haut jury porte que laccus est coupable,
est rr-ndu le juge- , . . .
ment? larret de condamnation est rendu par la chambre de jugement de
la haute cour. Il ne peut tre prononc dautres peines que cella
formellement prvues, pour chaque cas, par les dispositions du Code
pnal ou des autres lois en vigueur, conformment au principe
nonc sous le n 1 15.
nss AGENTS ADMINISTRATIFS. 97

LIVRE II
DES AGENTS ADMINISTRATIFS.
SOIMAlBE.

121. Principe dqladministration active.


122. Division de ce livre.

.124. principe sur lequel, depuis lan VllI, repose toute lad ro,g }?f
m1n15trahon active, est lumte de fonctionnaires. Pour chaque ministmtion active?
branche des services publics, chaque degr de la hirarchie admi
nistrative, un seul agent centralise la direction et la responsa
bilit.
122. Parmx- les agents, les uns, Vritables
' - '
fonctzonnazres, Comment se divi
ont ca seuues agents admi_
ractre et autorit vis vis de toutes personnes, sont ofciellement mistrntifs? Quen
. . ,. . . . . tend-on par [agents
connus du public et lui servent d Intermdiaire oblige avec le pou- auxiliaires?
voir excutif: ce sont les agents directs. Dautres, simples employs,
sans caractre public, sans notorit ofcielle, prparent le travail
des agents directs : ce sont les agents auxiliaires. '
Chacune de ces deux classes fera lobjet dun titre distinct; mais
la premire tant la seule qui offre une importance relle au point
de vue du droit administratif, nous lui consacrerons des dvelop
pements beaucoup plus tendus.

TITRE PREMIER.
mas AGENTS nmncrs.
SOMMAIRE.

123. Notion gnrale des agents directs.


124. Division de ce titre.

123. Tous les agents directs sont placs sous lautorit du chef de _ Comment sont re
lEtat, et rattachs entre eux par les liens dune forte hirarchie. er{ ,
Cest laide de ce double caractre quils reoivent et transmet- Ben diWCb?
tent tour tour une direction uniforme, et qu'ils sont lexpression
vivante du principe de centralisation.
124. La srie des agents directs, dans lordre descendant, com .Quellc. est la srie
prend les fonctionnaires suivants : 2,,,',.f '
1 Les ministres;
98 DROIT ADMINISTRATIF. -- LIVRE II.
2 Les prfets;
3 Les secrtaires gnraux de prfecture;
4 Les sousprfets ;
5 Les maires et adjoints ;
6 Les commissaires de police. .
Chacun de ces ordres de fonctionnaires fera lobjet d'un chapitre
distinct.

CHAPITRE PREMIER.

DES MINISTRES. '

SOMMAIRE.

125. Dnition des ministres.


126. Leur origine.
127. Pouvoir charg de xer leur nombre et leurs attributions.
128. Leur nombre. 7
129. Leur nomination et leur rvocation.
130. Leurs attributions.
131. Leur responsabilit.
132. Conseil des ministres et conseil priv.
133. Fonctions analogues celles des ministres.

Quentendonparmi- 125. Les ministres sont les subordonns immdiats du pouvoir


;3 central, les chefs des grandes divisions de ladministration publique.
;;ggi Ces divisions portent le nom de dpartements ministriels; les mi
secrtaires dEtati nistres eux-mmes sont aussi qualis de secrtaires dElat tel ou
tel dpartement, raison du contre-seing qu'ils apposent aux actes
du chef de l'Etat.

_0utaient le, mi- 126. Lorigine des ministres se confond presque avec celle de la
:231 .,;g;e"m- monarchie franaise. Ds que la puissanee royale eut acquis un peu
de consistance et dtendue territoriale, la ncessit la conduisit
se donner des auxiliaires de ce genre ; mais aucune rgle xe nexis
tait, ni sur leur nombre, ni sur leurs attributions.T0ut tait laiss
cet gard au pouvoir discrtionnaire du souverain. Les titres m
mes des ministres prsentaient la plus complte diversit, et con
servaient lempreinte des poques successives o ils avaient t
crs. Ceux de ces titres qui occupent la plus grande placq.dans
lhistoire, et qui se recommandent le mieux au respect de la post
rit par les services et le talent des hommes qui les portrent, sont
ceux de chancelier de France et de surintendant ou contrleur gn
ral des nances.
Depuis _ms, quelle Aprs la rvolution de 1789, la premire loi rendue sur l'organi
le'e'ia.g sation des ministres fut celle des 27 avril et 25 mai 1791. Cette
dmir? loi, malgr les drogations qui y ont t apportes, reste encore la
loi fondamentale de la matire. \
nns mmsrpns. 99
127. Aux termes de lart. 2 de la loi des 27 avril95 mai 1791, le:mfgfylm
ctait au pouvoir lgislatif seul quappartenait le droit de xer le buttons des ministres
nombre et les attributions des ministres, de rpartir entre eux len gL,L{SH 2
semble des services publics. gg{,gjfggggj , E
Cette disposition fut reproduite dans lart. 150 de la constitution Par lequel de ces deux
du 5 fructidor an Il] ; mais ni la constitution du 22 frimaire an Vlll, Ej,J ""'"
ni aucune des constitutions ultrieures jusqu celle du 4 novembre
1848 ne layant rpte, on avait conclu de ce silence que le pouvoir
excutif trouvait dans le caractre de sa mission le droit de rgler le
nombre et la division des dpartements ministriels. Ctait dans ce
sens que stait xe la pratique gouvernementale.
La constitution du 4 novembre 18t8, par son art. 66, revint aux
errements de la loi de 1791. Mais , son tour, la constitution ac
tuelle du 14 janvier 1852 a rtabli lusag antrieur. L'art. 13
de cette dernire constitution portant que les ministres ne dpen
dent quc du chef de lEtat, il en rsulte explicitement quils sont
sous la dpendance de lui seul, non-seulement pour leur nomina
tion et leur rvocation, mais aussi pour leur nombre et leurs
attributions. Aujourdhui donc, cest au pouvoir excutif seul
quappartient le droit de xer le nombre et les attributions des
ministres.

128. Le nombre des ministres a beaucoup vari suivant les temps Quel a t le nom
- -
et_ les circonstances. Il avaIt tt.5 fixe' a; 51x
-
par l ) art. 4 de la 101* de bre des ministres aux
principms.muesqe
1 191 ; a 51x au moms et a hmt au plus, par l art. 100 de la const1 pg;ghmeadppi
. . . . 5 -I
tutmn de lan 111. Il est aujourdhui de dix. aujourd'hui?
Les dix dpartements ministriels actuellement existants sont les Quelle est la dsi
suivants, en les classant dans l'ordre qui leur a t assign par une gggg;gg,g
dcision impriale du 20 dcembre 1860 : rie 8?
1 Le ministre dEtat;
2 La justice;
3 Les affaires trangres;
4 Lintrieur;
5Les nances;
6 La guerre;
7 La marine et les colonies;
8 Linstruction publique et les cultes;
9 Lagriculture, le commerce et les travaux publics;
10 La maison de l'empereur.
Les dpartements ministriels crs par la loi de*1791 taient: prgcigffefafigg
la justice, lmtrmm, les contnbuhons et les revenus pubhcs, la dans la dsignation
guerre, la marine, les affaires trangres. ,S'"" m"
Parmi les quatre nouveaux ministres, il en est deux :linstruc- -
tion publique et les travaux publics, qui ne sont que des dmem
brements du ministre de lintrieur. Ce ministre luimme a t
diversement constitu dans ces derniers temps. Le dcret du 92 jan
100 DROIT ADMINISTRATIF. - LIVRE Il.
vier 1852 en avait dtach la police gnrale pour en former un
nouveau dpartement ministriel, et celui du 25 janvier de la mme
anne y avait runi, par compensation, le ministre de l'agriculture
et du commerce. Deux dcrets ultrieurs ont rtabli ltat prcdent
de
deslafaits:
policelun,
gnrale
du 21etjuin
ordonnant
1853, portant
sa runion
suppression
celui dedul'intrieur;

l'autre, du 23 juin 1853, rtablissant le ministre de l'agriculture


et du commerce, et y runissant celui des travaux publics. Le de
partement de la marine est rest ce quil tait; mais on a compris
les colonies dans son titre pour mieux prciser son objet. Cest par
un motif semblable que le ministre de la justice a t aussi quali
de garde dessaur. Le dpartement des contributions et des revenus
publics est devenu le dpartement des nances, parce que aujour
d'hui il embrasse, indpendamment des recettes, la dette publique
et le mouvement gnral des fonds, double service qui tait con
en 1791 aux commissaires de la trsorerie nationale. Un dcret du
24 juin 1858 avait cr un ministre spcial de lAlgrie et des co
lonies. qui devait tre form de la direction des affaires de l'Alg
rie et de la direction des colonies, distraites cet e'et du ministre
de la guerre et du ministre de la marine. Un dcret ultrieur, du
24 novembre 1860, a supprim le ministre de lAlgrie et des co
lonies, et runi de nouveau les colonies au ministre de la marine.
Quant aux affaires algriennes, elles nont t runies au ministre
de la guerre que sous la rserve des droits trstendus, confrs
au gouverneur gnral de lAlgrie, ainsi que nous lexpliquerons
sous le no 133.
En et consiste le Le ministre dEtat est une cration du rgime actuel. Il a t
minis re dEtnl ?
institu par dcret du %2 janvier 1852. Aux termes de ce dcret, la
principale attribution du ministre dEtat a pour objet de prsider
aux rapports mutuels des grands pouvoirs publics , et son dparte
mentaesnellement un caractre gnral et dordre constitution
nel. Toutefois plusieurs attributions dordre administratif y ont t
successivement runies. Cest ainsi que le dcret du 14 fvrier 1833
a rattach au ministre dEtat les services des beauxarts et des
archives impriales, distraits cet effet du ministre de lint
ricur. Celui du 23 juin 1854 a prescrit la mme mesure pour les
services des btiments civils, des thtres et de la censure dramati
que. Celui du 24 novembre 1860 a encore accru les attributions du
ministre dEtat, en y plaant le service des haras qui avait jus
qualors appartenu au ministre de lagriculture, du commerce et
des travaux publics, et les services purement scientifiques et litt
raires du ministre de l'instruction publique. Le snatusconsulte
du 25 dcembre 1852 a investi, en outre, le ministre d'Etat des
fonctions dofcier de ltat civil de la famille impriale.
En uoi consiste le Le ministre de la maison Lde lempereur a pour objet ladmi
minis redeIa'malsou
de lempereur l nistration de la liste civile et de la dotation de la couronne. Cette
uns MINISTRES. 101
administration avait dabord t cone, par dcret du 11 dcem
bre 1852, au ministre dEtat qui portait, en consquence, le titre de
ministre dEtat et de la maison de lempereur. Un dcret du 21 no
vembre 1860 la distraite du ministre dEtat, pour la confrer au
grand marchal du palais, et un autre dcret, en date du 4 dcem
bre suivant, l'a rige en ministre distinct, au profit de ce grand
ofcier de la couronne, sous le nom de ministre de la maison de
lempereur.
129. a toujours t de principe quau pouvmr executhseul ap l,gg;, o%uljgf
partenarent le chou: et la rvocation des ministres. Cette regle, re- yuquexculif ont tou
produite par les constitutions successives, na jamais cess dtre en ,,; ,,' :*;ggg;,gg
vi ueur_
gLe choix du pouvoir excutif, pour la nomination des ministres, esA ministres
quelles oques
rvolution
ne
na pouvait de
mme t 1789.
exercer Aux
limitles
que termes
fonctions depremiers
dans les lart. 3 de
ministre, la loi
temps
sil quide
ne 1791, nul
runissait
suivirentles
la hui?

conditions ncessaires la qualit de citoyen actif. Parmi ces condi


tions, les plus importantes taient lge de vingtcinq ans accomplis
et le paiement d'une contribution directe, au moins gale la valeur
de trois journes de travail. Lart. 148 de la constitution de lan [Il
ne permettait pas de choisir les ministres audessous de lge de
trente ans. Lart. 58 de la constitution de lan VIII prescrivait de
les prendre parmi les citoyens inscrits sur la liste nationale, cest
dire sur la runion des listes dresses, dans chaque dpartement,
par les notables dpartementaux. Aucune restriction de ce genre
nayant t crite dans aucune des constitutions ultrieures, il en
rsulte que la,seule condition pour pouvoir tre nomm ministre
est la qualit de citoyen, cest--dire aujourdhui, lge de vingt et
un ans accomplis, joint la jouissance des droits civils et politiques.
La question de savoir si les fonctions de ministre taient incom le:fml?fjd:il
patibles avec le mandat lgislatif a t diversement rsolue suivant mont-elles t com
les temps. Cette incompatibilit a t formellement prononce par 'bStii-epma:
lart. 2, section 4, chapitre 2, titre 3 de la constitution de 1791; SE? 95" aird
par lart. 136 de la constitution de l'an III. Elle rsultait virtuelle
ment de la constitution de l'an VIII, et surtout de lart. 64 du s
natusconsulte organique du 16 thermidor au X, cet article portant
que les ministres pouvaient tre snateurs, et, par son silence, les
excluant implicitement du _Corps lgislatif. Enn la mme incompa
tibilit est aujourdhui expressment tablie par lart. 44 de la cons
titution du 14janvicr1852. Au contraire, le mandat lgislatif a t
dclar compatible avec les fonctions de ministre par lart. 54 de
la charte du 4 juin 1814; par les art. 17, 18 et 19 de lacte addi
tionnel du 22 avril 1815; par lart. 46 de la charte du 14 aot1830;
par lart. 85 de la loi lectorale des 828 fvrier et 15 mars 1849 (l).

(i) Les lois rendues sous lempire de la constitution de 1848, hors des cas
102 mon annm1sraar1r. LIVRE [1.
La rgle actuelle de lincompatibilit est donc un retour aux pre
mires traditions de la rvolution franaise, mais une rupture avec
la pratique des trente-sept annes les plus rcentes.
En qpoiponsistent 130. Les attributions gnrales des ministres nont jamais t
L,Q,,E,Q' mieux dnies que par lart. 51 de la constitution de lan V111. Aux
termes de cet article, les ministres procurent lexcution des lois et
des rglements dadministration publique. Pour complter cette
dfinition, il suffit dajouter qu'ils procurent aussi lexcution des
actes du pouvoir excutif autres que les rglements dadministra
tion publique. Le moyen a laide duquel ils remplissent leurs fonc
tions est la correspondance immdiate avec les autorits qui leur
sont subordonnes : droit qui leur a t formellement reconnu,
pour la premire fois, par lart. 119 de la constitution de lan 111,
et quils nont pas cess dexercer depuis lors.
Comment sont. a. Les attributions spciales de chaque ministre sont aujourdhui
" ' """
s;_cisles de chaque xes,
_ comme
_ nous lavons
. dit, par
. . actes
. du pouvoir
- excutif.
r - L'or
mlmslrc?Cmment gamsatmn centrale des divers munsteres, destine repartir entre
iniiaieoglggg: les employs les attributions ainsi xes, avait t rgle jusqu'en
q """ 1813 par simples dcisions ministrielles. 11 en tait rsult des
changements trop frquents et trop peu justis par les besoins du
service. Cest pour remdier ces abus que lart. 7 de la loi du
24 juillet 1843 posa en principe, que dsormais lorganisation cen
trale de chaque ministre serait rgle par ordonnance royale.
Sous la constitution actuelle, les dcrets impriaux remplacent
cet effet les ordonnances royales.
De combien de ma- Les ministres agissent ou par le contre-seing qu'ils apposant aux
',,*' les actes du pouvoir excutif, ou en leur nom personnel et en vertu de
lautorit que ce pouvoir leur a dlgue.
A quelles poques Lobligation du contre-seing ministriel pour donner effet aux
{ggfggfgg ",,,;_ actes du pouvoir excutif a t formellement nonce par lart. 23
g,_&;f de la loi de 1791 sur l'organisation des ministres; par lart. 1,
aujourdhui? sect. 1v, ch. 11, tit. iii, de la constitution de 1791; par lart. 55 de
la constitution de lan V111; par lart. 38 de lacte additionnel du
22 avril 1815. Ni la charte de 1811 ni celle de 1830 nont reproduit
cette disposition; mais, sous lempire de ces deux chartes, la n
cessit du contre-seing ministriel rsultait virtuellement du double
principe de lirresponsabilit royale et de la responsabilit des mi

durgence, portent trois dates, indpendamment de celle de la promulgation.


Les trois dates dmission correspondent aux trois dlibrations de lAssemble
nationale, ncessaires pour le vote dnitif, aux termes de cette constitution.
Nanmoins, l'usage sest introduit, dans la plupart des recueils, d'indiquer seu
lement la dernire de ces trois dates, en y joignant, comme dhabitude, celle
de la promulgation. Quant aux lois durgence rendues sous l'empire de la
mme constitution, elles ne portent et ne peuvent porter qu'une seule date
d'mission, tant le rsultat d'une seule dlibration.
DES MINISTRES. 103
nistres. Aussi taitil dusage invariable que tous les actes du pou
voir royal fussent contre-signs par un ministre, mme ceux qui
avaient pour objet la nomination ou la rvocation des ministres. La
constitution de 4848, ayant substitu au roi un chef responsable,
maintint par son art. 67 la rgle gnrale de la ncessit du contre
seing ministriel, mais en excepta les actes portant nomination ou
rvocation des ministres. La constitution actuelle nimpose ni im
plicitement ni explicitement l'obligation du contreseing minist
riel; mais lusage s'en est conserv dans la pratique du gouverne
ment pour les actes autres que ceux portant nomination ou
rvocation des ministres. Ces derniers mme sont habituellement
contresigns par le ministre dbtat, et ce nest que pour la nomi
nation ou la rvocation de ce ministre quil y et absence complte
de contreseing. En rsum, la seule constitution sous laquelle le
contre-seing ministriel nait t ni obligatoire, ni volontairement
pratiqu, a t celle de lan lll. Sauf cette poque, le contre-seing
des actes du pouvoir excutif na pas cess d'tre un des attributs
essentiels, une des principales fonctions de l'autorit ministrielle.
Les actes que les ministres font en leur nom personnel portent le Comment se divi
sent les actes person
nom d'imtrurtions ou de circulaires, sils ont un caractre inter nels des ministres et
prtatif; darrts, sils ont un caractre dautorit. Les arrts quelle est la force de
ces actes ?
des ministres sont toujours susceptibles dtre rforms par les mi
nistres eux-mmes, on dofce, ou sur la rclamation des parties
intresses, toutes les fois qu'ils ont t rendus en matire purement
administrative, conformment la maxime quen pareil cas, il est
toujours permis d'appeler de ladministration mal informe lad
ministration mieux informe. En matire contentieuse, au con
traire, les arrts des ministres sont de vritables jugements, dont
nous examinerons la porte et les effets en traitant des tribunaux
administratifs.
131. La responsabilit des ministres, crite pour la premire Quelle est lorigine
fois dans l'art. 29 de la loi des 27 avril 95 mai 1791, a t cons du principe de respon
sabilit ministrielle
tamment formule, depuis lors, dans les diverses constitutions. Dans quelle mesure
existe-Hi aujourd'hui?
Elle fait lobjet de lart. 13 de la constitution actuelle. Aux termes
de cet article, les ministres ne sont responsables que chacun en ce
qui le concerne des actes du gouvernement; il ny a point de soli
darit entre eux. Ces expressions restrictives ont t motives par
ltat antrieur des faits. Sous les chartes de 4814 et de 1830,
lusage stait tabli dans l'opinion publique et mme dans la pra
tique gouvernementale, de rendre les membres dun cabinet soli
daircs les uns des autres. Cest cet usage, continu sousla constitution
de 18l8, quon a voulu faire cesser en dclarant la responsabilit
des ministres exclusivement individuelle, et en supprimant la res
ponsabilit collective des cabinets.
Aucune loi nest jamais intervenue sur les consquences pratiques Quelle est la seule
c
6

101 mon ADMINISTRATIF. - LlVRE II.

consquence pratique de la responsabilit ministrielle, et sur les droits qui en rsultent


;,,,,f ,ni pour les particuliers. En labsence de tout texte cet gard, la Ju
09? risprudence refuse aux particuliers toute action contre les ministres,
mme ns purement civiles, our des faits relatifs leurs fonc
tions. Dans lordre gouwrnemental, lart. 13 de la constitution
actuelle se borne dire que les ministr ne peuvent tre mis en ac
cusation que par le snat. Lart. 3 du snatus-consulte du 4 juin
1858 ajoute que sils ont t mis en accusation par le Snat, un d
cret imprial les traduit directement devant la chambre de jugement
de la haute cour de justice.
A queues poques 132. Daprs lart. 15 de la loi de 1791, les ministres runis au
05 minimes Ont-"5 roi formaient le conseil dEtat. La constitution de lan 111, au con
ou non form un cou- . , . . - -
seil ? Qu'en est-il traire, declarmt expressement, par son art. 151, que les ministres
j"h 7 ne formaient point un conseil. La constitution de lan Vlll et toutes
celles qui lont suivie jusquen 1848 ont t muettes sur ce point ;
mais on peut dire que la constitution de lan Vlll excluait virtuel
lement la formation des ministres en conseil, tandis que la charte
de 1814 et celle de 1830 ladmettaient implicitement. Sous lempire
de cette dernire, des lois spciales la prescrivaient expressment
dans certains cas dtermins. La constitution du 4 novembre 1818
tait non moins explicite : elle exigeait la dlibration du conseil des
ministres pour certaines nominations qunumrait son article 61.
La constitution actuelle, par lensemble de ses dispositions et sur
tout par celle qui rend la responsabilit ministrielle exclusivement
individuelle, est incompatible avec lexistence dun conseil des mi
nistres indpendant du chef de lEtat. Aujourd'hui, le conseil des
" ministres nest et ne peut tre que la runion des ministres dlib
rant en commun par lordre et sous lautorit de l'empereur.
Quest-ce quelecon- Indpendamment du conseil des ministres, lempereur a prs de
" P" sa personne un conseil priv. Ce conseil, ainsi que lindique son
nom, est essentiellement compos de hauts dignitaires, investis de la
conance particulire du souverain. Il a t institu par le dcret
. du 1" fvrier 1858, et complt par celui du 5 mai 1859. Il peut
tre convoqu avec ou sans le conseil des ministres. Ses membres
sont destins former, sil y a lieu, le conseil de rgence, ainsi quon
la vu sous le n 110.
133. Diverses fonctions analogues celles de ministre ont exist
diffrentes poques ou existent actuellement. Voici leur numra
tion avec les titres servant les dsigner : .
Qu9 l c'- 1 Le secrtaire dEtal, dont linstitution remonte larrt du
taire (1 Eau du consu< . . ,. , , .
la}. et du premier em- 28 mvose an Vlll, dont limportance s accrut par ltablissement du
l"' 1 gouvernement imprial, et qui fut conserv pendant toute la dure
de ce gouvernement, tait le secrtaire officiel et public de lempe
reur, le principal dpositaire de sa pense, le certicateur des actes
dordre constitutionnel. .
mas MINISTRES. 103
' ' ' - Quentendon par
2 Les ministres sans portefeuzlle,dont Il y a eu de frequents exem minime\. ms pom_
ples, sont des fonctionnaires admis participer aux dlibrations du feuille ?
conseil des ministres sans tre chargs d'aucun dpartement minis
triel. Ils ont en outre, aujourdhui, aux termes du decret du 94
novembre 1860, la mission de reprsenter le gouvernement devant
les chambres, de concert avec le prsident et 165 membres du 00n
seil dEtat.
3 Les soussecrtaires dEtat, dont linstitution remonte lor- SOSLeLQS ,_
donnance royale du 9 mai 1816, et dont lexistence ne seraitnul un?
lement incompatible avec la constitution actuelle, sont des adyomts
aux ministres, recevant directement du pouvoir excutif la dlga
tion dune partie des attributions ministrielles.
Les ministres dEtat, que le gouvernement de la restaura _Qu'taint lps mi
tion avait emprunts lancien rgime, qui avaient t supprims """ " Em
par lordonnance royale du 28 aot 1830. et qui furent rtablis,
mais seulement en principe et sans quil y ait t donn aucune
suite, par lordonnance royale du 23 dcembre 1812, taient des
conseillersprivs du souverain.
5 Le gouverneur gnral de lAlgrie, depuis le dcret du 10 d,ggete f:}i
dcembre 1860, est en quelque sorte un ministre local de lAlgrie. du g>uverneur gn
En e'et, daprs les dispositions de ce dcret, le gouvernement et " de A'ger'
la haute administration de l'Algrie sont centraliss Alger sous
son autorit. Il correspond directement avec l'empereur. Il est
nomm, comme les ministres, avec le contre-seing du ministre
dEtat. Il commande les forces de terre et de mer en Algrie. Il
nomme directement aux emplois qui, en France, sont la dsigna
tion des ministres. Les seuls ministres mtropolitains, dont l'auto
ri t stende l'Algrie, sont les ministres de la guerre et de la ma
rine, mais seulement dans la mesure o leur pouvoir sexerce sur
les armes en campagne et sur les stations; le ministre de la jus
tice, pour la magistrature franaise ; le ministre de linstruction pu
blique et des cultes, pour les cultes europens et pour les coles non
indignes. Ces quatre ministres contresignent , chacun dans les li
mites de son dpartement ministriel, les dcrets impriaux con
cernant lAlgrie. Quant tous les autres services algriens, les de
crets qui sy rfrent sont prsents par le ministre de la guerre et
contre-signs par lui. En outre, le budget de lAlgrie est compris
dans celui du ministre de la guerre. La direction des affaires de
lAlgrie na donc t que trsincompltement runie au minis
tre de la guerre, et les pouvoirs du gouverneur gnral sont de
vrais pouvoirs ministriels, sauf en ce qui concerne le contre-seing
des dcrets impriaux, que son loignement du sige du gouver
nement n'a pas permis de lui donner.
106 DROIT ADMINISTRATIF. - uvnn 11.

CHAPITRE Il.

mas rmrars.

SOMHA1RE.

134. Dnition des prfets.


135. Leur origine.
136. Leur nomination et leur rvocation.
137. Leur rsidence.
138. Leur remplacement temporaire.
l39. Leurs attributions.
HO. Leurs arrts.
Hi. Rgles spciales pour les dpartements de la Seine et du Rhne.
142. Rgles spciales pour les dpartements dont le cheflieu a plus de qua
rante mille habitants.
153. Rgles spciales pour l'Algrie.
164. Rgles spciales pour les colonies.

Qp'enftend-on par 134. Les prfets sont les subordonns immdiats des ministres,
mm les chefs de ladministration active dans chaque circonscription d
partementale , les reprsentants de leur dpartement considr
comme tre moral.
Qu'qntepdnit - _on, 135. Avant 1789, la France tait administrativement divise en
,' gnralits au lieu de l'tre en dpartements. Le nombre des g
'}" 5;" nrahtes tait de trente-deux. A la tete de chaque gnraht se
d'lections? ' trouvait un ofcier du roi appel intendant. Le pouvoir de linten
dant n'tait pas partout le mme : simple surveillant dans les pays
dtats, ce fonctionnaire tait seul et vritable administrateur dans
les pays dlections. On nommait pays dtats ceux o des tats pro
vinciaux, forms limitation des tats gnraux , se runissaient
priodiquement pour voter le contingent de la province dans les
impts, en xer la rpartition et en rgler la perception. On nom
mait pays dlections ceux o tous les impts taient directement
tablis par le roi, et o la rpartition sen faisait par des ofciers
sous ses ordres appels lus (l), et qui se formaient en bureaux d
lections pour statuer sur les difcults nes du recouvrement des
taxes. Cette double dnition suft pour expliquer comment lau
torit des intendants avait beaucoup moins d'tendue et defcacit
dans les pays dtats que dans les pays dlections.
Q""" = l"' La loi des 22 dcembre 1789-8 janvier 1790 divise. la France en

(1) Ce nom dlus leur venait de ce qu l'poque de leur premire institu


tion, sous le rgne de saint Louis, ils devaient tre lus dans une assemble
de chaque communaut. Cet tat de choses fut chang par Charles VII, qui les
institua en titre d'ofce; mais ils conservrent leur nom primitif, quoiquils ne
fussent plus lus et choisis par le peuple.
nns rnrsrs. 107
dpartements. Ladministration active, dans chaque dpartement, mire 0siqe des d,
fut cone un directoire , corps lectif compos uniformment de P'Sdir-ectglr
huit membres, choisis par ladministration du dpartement et dans d" dp"
son sein. Cette administration, dont les membres du directoire
ne cessaient pas de faire partie, et avec laquelle ils dlibraicnt
ds quils avaient rendu leurs comptes annuels, tait compose
son tour de trentesix membres, nomms par les lecteurs du d
partement.
La constitution de lan Il] dfra l'action administrative, dans Qu'taieutles admi
chaque dpartement, une administration centrale, compose de L,mM
cinq membres nomms par les lecteurs du dpartement.
Enn, la loi du %8 pluvise an VIII tablit pour chef de ladmi- oueuc_ est la pre
nistration active, dans chaque dpartement, un fonctionnaire uni- ,}{f "g" des ""
que, la nomination du pouvoir excutif, et quelle appela prfet.
Telle est lorigine du nom et de linstitution des prfets.
136. Aux termes de lart. 18 de la loi du 28 pluvise en VIII, A qui a wui_oum
ctait au premier consul quappartenait le droit de nommer et, "Jai
par consquent, de rvoquer les prfets.Le principe de cette dispo- 9"" ' P="
sition s'est constamment maintenu, et le pouvoir excutif a toujours
conserv la nomination et la rvocation de cette classe de fonction
naires. Seulement, lart. 64 de la constitution de 1848 soumettait
lexercice de cette prrogative lavis pralable du conseil des mi
nistres. Une telle restriction na plus lieu sous la constitution ac
tuelle. Aujourdhui, ainsi quavant 1848 , le pouvoir excutif
nomme et rvoque librement les prfets.
Aucune condition, mme d'ge , nest lgalement prescrite pour in libert duphoix,
tre nomm prfet : comme lgard des fonctions ministrielles, Zg,,g,,ggl
la qualit de citoyen suft. Lart. 175 de la constitution de lan [Il me?
exigeait lge de vingt-cinq ans au moins pour tre membre dune
administration dpartementale ou municipale; mais cette dispo
sition nayant pas t reproduite pour les prfets depuis leur cra
tion, ou a pens que, malgr sa gnralit, elle ne saurait les
atteindre, son application tant inconciliable avec l'absolue libert
des choix que doit conserver en cette matire le pouvoir excutif.
Les fonctions de prfet ont presque toujours t incompatibles Les fonctions du
avec le mandat lgislatif. Elles le sont aujourdhui en vertu de g;,,JLI
lart. 29 du dcret organique du 2 fvrier 1852, article qui pro- ,}g 3 manda!
nonce dune manire gnrale lincompatibilit entre toute fonction 3 '
publique rtribue et le mandat de dput au Corps lgislatif.
Les prfets sont nomms sur le rapport du ministre de lintrieur, Comment on: 1_;..u
dont 115 sont plus spcialement les subordonns. Avant dentrer en Lggg
fonctions, Ils prtent serment entre les mains du chef de lhtat, ou
en celles du commissaire dlgu cet effet. Telle est la disposition
femelle de lart. 2 de l'arrt du 17 ventse an V[II.
137. Le prfet rside au chef-lieu de son dpartement. Lart. 5 ou doit rsider le
108 naorr ADMINISTRATIF. LIVRE u.
prfet de ch 412,ne ms
Imrmom, d- del qrrete
'
du 17 ventose an Vlll lui prescrit
' de faire,
' chaque anne,
ljubss'abngltons
1 l e ' ' gu. purne dans son dcparlement
' et de rendre compte a chaque
1nis re, en ce qui le concerne, des rsultats de ses tournes.
L art. 8 du mme arret lu1 dfend de sabsenter de son dparte
ment, sans la permwsron du chef de ltat, pour lobtention de la
quelle il doit sadresser au ministre de lintrieur.
138. Les fonctions de prfet, raison de leur importance et de
leur multiplicit, ne doivent jamais cesser dtre remplies. Aussi
a-t-11 t pourvu au remplacement temporaire des prfets absents,
empchs, ou non encore dnitivement remplacs. Il faut distin
3) a cet: gard deux ordres de cas, bien diffrents : ceux de mort,
dmission ou rvocation, jusqu la nomination du successeur; ceux
dabsence ou dempchement.
C!"emprousmre-
=onbils
1SDrlm La remire srie de cas a d'abord t rfrie
D
ar l'arrt du 27
mentremplursyn cas pluvise un X. Aux termes de cet arretc, dans le cas de mort dun
;,g&;g prfet, et par consquent dans ceux de dmissron ou rvocation, il
est remplac provisoirement , et pendant lintrim; par le plus
ancien des membres du conseil de prfecture : celuici exerce dans
toute leur tendue, pendant lintrim, les fonctions attribues au
prfet. Cette disposition a t renouvele par lart. 2 de lordon
nance royale du 29 mars 1821 ; cet article ajoute seulement que si,
avant la vacance de la prfecture, ladministration avait t dl
gue, celui qui elle aurait t dlgue continuerait dexercer
jusqu ce quil en ft autrement ordonn par le ministre de lint
rieur.
Cm;nmenlles prfets La seconde srie de cas a fait successivement lobjet des arrts
ll'm; du 17 ventse anVlll, du 17 nivse an IX, du 13 germinal an IX
.'""? W W et de lordonnance royale du 29 mars 1821. Cette ordonnance, qui
, meut forme sur ce pomt,
_ comme sur le precdent,
. le dermer
. tat
. de la
lgislation, contient diverses dispositions dont vomi le rsum:
1 Le prfet qui sabsente du chef-lieu, mais qui ne sort pas de
son dpartement, peut dlguer ses fonctions un conseiller de pr
fecture, ou au secrtaire gnral de la prfecture, son choix. La
dlgation, dans ce cas, na pas besoin dtre approuve par le mi
nistre de lintrieur; '
2 La mme rgle est applicable au prfet qui se trouve momen
tanment empch par maladie ou par toute autre cause semblable;
3 Le prfet qui sabsente de son dpartement et qui a du y tre
autoris, comme nous lavons dj dit, peut ausm faire la dlga
tion dont il sagit; mais la dlgation dOit alors tre soumise lap
probation du ministre de lintrieur; _ _
A. En cas dabsence ou dempchement dun prfet sans qu'il ait
dlgu ladministration, le premier conseiller de prfecture dans
lordre du tableau, cest--dire le plus anc1enncment nomm, prend
de droit ladministration du dpartement.
tues rnrnrs. 109
Ajoutons qu'il rsulte du silence de lordonnance de 1821, et de
lusage invariablement suivi, que le fonctionnaire dlgu par le
prfet ne peut pas dlguer son tour. Dans tous les cas dabsence
ou dempchement de sa part, ladministration appartient de droit
au premier conseiller de prfecture dans lordre du tableau.
139. Aux termes
seuldede lart. 3. de. la loi
. duIl 98 pluvise an et
W,. le
. leprifeit ribnous
En quoi consistent
prfetest charg ladm1n1strahon. a sans partage in1 ' du

viduellement, dans toute ltendue de son dpartement, l'action


administrative qu'avaient collectivement exerce les directoires de
dpartement et, aprs eux, les administrations centrales. Son unit
a inaugur la maxime dj cite, que si dlibrer est le fait de plu
sieurs, agir est le fait dun seul. Il correspond avec tous les ministres,
mais est plus spcialement plac sous l'autorit de celui de lint
rieur. Il est dans le dpartement le surveillant de tous les services
publics et le chef de ceux pour lesquels nexistent pas de chefs sp
ciaux. .
Le prfet a deux qualits essentielles et distinctes: celle dagent Quelles sontles deux
du pouvoir central, celle de reprsentant du dpartement. qualits distinctes du
fet ?
Comme agent du pouvoir central, il est, dans le dpartement, le De quoi est-il char
reprsentant judiciaire et civil de lEtat. Il est charg ('. d assurer
. gc comme
pouvoir agent
central P du
lexcution des lois, des dcrets et des mesures de sret gnrale.
lors mme quelles rsulteraient de simples arrts ministriels. Il
a par consquent la direction de la police" du dpartement. Cette
direction ne lui avait nullement t retire par la cration des ins
pecteurs gnraux et des inspecteurs spciaux de police, en vertu
du dcret du 30 janvier 1852. Ces inspecteurs concouraient a son
action relativement la police; mais loin de lannuler ou de la sup
planter, ils lelairaient, la fortifiaient et lui venaient en aide.- Cest
ce que dmontrait clairement la lecture attentive du dcret prcit.
Au surplus, un dcret ultrieur, du 5 mars 1853, a supprim les
inspecteurs gnraux ainsi quc les inspecteurs spciaux de police,
et, par cette mesure, a mis hors de doute, dans la personne des pr
fets, la qualit de directeurs de la police dans ltendue de chaque
dpartement.
Le prfet est, en outre, reprsentant lgal du dpartement. Pour De quoi est-il Chut.
bien comprendre la porte de ce second caractre, il faut savoir que g comme reprsen
tant du dpartement?
le dpartement nest pas seulement une circonscription administra
tive; quil est aussi un tre moral, personniant les intrts collectifs
des habitants, pouvant contracter, acqurir, possder, aliner, com
paratre en justice. Le prfet est le reprsentant actif de cette per
sonnalit civile, commele conseil gnral en est le reprsentant dans
lordre dlibratif. En consquence, cest le prfet qui gure en jus
tice et dans les actes civils au nom du dpartement; cest lui qui a,
auprs du conseil gnral, l'initiative de toutes les mesures intres
sant le dpartement, qui les dfend dans son sein et qui prside
seul lexcution de ses dlibrations.
HO nnorr ADMIN!STRATIF. LIVRE II.
Qu'entnd-op par Le prfet, en ce qui concerne l'excution des lois, des dcrets et
procuranon dacnon . . , . . .
de la part du prfet? des mesures de srete generale, nath pas toupurs directement et
' personnellement. Ainsi que les ministres, il a moins faire par lui
mme qu mettre les sous-prfets dans l'obligation de faire, et
ceux-ci encore sont moins obligs laction qu assurer celle des
maires qui, leur tour, ont presque autant ordonner qu faire.
Ce rle du prfet dans les parties dadministration remises ses
subordonns est ce que M. Rderer a quali de procuration d'ac
tion, dans leXpos des motifs de la loi du 28 pluvise au VllI .
M oE}:fn ld;gris Daprs M. Rderer, la procuration daction comprend onze fonc
vers lmenls
prum" de la tions
d'l" diverses :
[0 Linstruction, consistant expliquer aux subordonns le sens
des lois, rglements ou ordres quil s'agit de faire excuter;
2 La direction, consistant donner les ordres spciaux que les
circonstances de temps et de lieux peuvent exiger;
3 Limpulsion, consistant presser, dterminer lexcution;
Il Linspection, consistant vrier lexcution accomplie;
3 La surveillance, consistant se faire rendre compte, recevoir
les rclamations des personnes intresses ou les observations des
prposs;
6" Lapprciation, consistant . autoriser ou rejeter les proposi
tions dintrt public;
7 Le contrle, consistant valider ou laisser sans valeur les actes
soumis la vrication ;
8 La censure, consistant rprimander les agents qui mcon
naissent leurs devoirs;
9" La rformati0n, consistant inrmer les actes contraires aux
lois ou aux ordres suprieurs;
40 Le redressement, consistant rparer les omissions ou les in
justices;
ll La correction, consistant suspendre, destituer ou faire des
tituer les agents qui ont encouru ces diverses peines.
_A quel nombre ces Cette analyse de la procuration daction est trop subtile, plusieurs
frse'nagj des termes qui la composent rentrant videmment les uns dans les
ns 1 autres. Cest ainsi que la direction comprend limpulsion; que lins
pection nest quune forme de surveillance ; que lapprciation, la
censure, la rtormation, le redressement, la correction, sont des
modes diVers du contrle. Nous pensons donc quil serait la fois
plus logique et plus clair de dire que la procuration daction em
brasse quatre fonctions essentielles : l'instructim1 , la direction,
la surveillance, le contrle.
_De combien de_ m}l- Laction directe du prfet se manifeste de quatre manires diff
mres se mamies! ,
l'action directe du rentes. Il agit :
l""" ? l Par voie dinformation, comme agent des communications r
ciproques entre la volont publique et les intrts particuliers;
nus rarrnrs. tt1
2 Par voie de gestion, pour les intrts conomiques de ltat et
du dpartement;
3 Par voie de tutelle administrative, lgard des communes et
des tablissements publics;
4 Par voie dautorit, sur les choses et sur les personnes prives,
principalement en matire de police. '
Ces quatre divisions comprennent toutes les attributions des Quelle a nnuu.
prfets. Nous nessaicrons pas den faire une numration qui nau fgffj
rait aucune utilit thorique et qui offrirait peu dintrt pratique, {je 43 avril {psi sur
parce quelle serait ncessairement incomplte. Nous nous borne i' 9 p
rons constater que les pouvoirs des prfets ont t accrus par le
dcretloi du 25 mars 1852, et par le dcret imprial du 13 avril
1861, sous un double rapport :
1 En ce que ces fonctionnaires sont appels statuer, sans lau
torisation des ministres, sur des objets pour lesquels cette autorisa
tion tait prcdemment requise;
20 En ce qus sont appels statuer, seuls, dans des cas o, au
paravant, ils dvaient consulter leur conseil de prfecture.
440.
.
Les actes dautorit
,
et. de
.
tutelle administrative, mans
. .
des ,
Ou entend-on par
prefets, portent le nom d arretes, comme tous les actes admmistra- arrts des prfets?
tifs en gnral.
Les arrts des prfets se divisent en deux classes : ceux des Qu.emnd_0n a,
prfets seuls, ceux des prfets en conseil de prfecture. Les premiers mls des Pr ets
. ,. . seuls. par arrts des
sont ceux rendus par les prefets sans qu ils somnt tenus de prendre prfets en conseil de
pralablement aucun avis. Les seconds sont ceux quils ne peuvent p"" '
rendre quaprs avoir entendu l'avis de leur conseil de prfecture,
avis que dailleurs ils ne sont pas obligs de suivre. Ce sont les lois
ou les rglements qui dterminent les cas dans lesquels les prfets
doivent statuer en conseil de prfecture; mme alors, la dcision
nappartient quaux prfets; le rle du conseil de prfecture tant
purement consultatif dans cette circonstance, ainsi que nous venons
de le dire. '
Nous examinerons successivement, par rapport aux arrts des
prfets, leur forme, leur excution, leur rformation.
4 Forme. - Les arrts des prfets ne sont soumis aucune Queue (.5, la forme
forme de rigueur. Dans les usages administratifs, ils comprennent ff; f'; Pif,
le plus souvent trois parties distinctes: lnonciation des pices en onseii de p'rfec
produites, IES motifs et le dispositif. La seule condition imprative me?
meut prescrite d'aprs la jurisprudence du conseil dEtat, c'est que
les arrts de la classe de ceux qui ne peuvent tre rendus quen
conseil de prfecture doivent, peine de nullit, contenir la men.
tion que le conseil de prfecture a t consult. Cette mention est
ordinairement faite,en ces termes: l'avis du conseil de prfecture
entendu. .
, . A " . I A
2 Eecutzon. Avant detre executes, les arrets des prfets, A queue coud-mon
112 mon mumxsrnxrm. man il.
sont soumis les arr- sils ont un caractre gnral, doivent tre publis ou par afches
If; g;:,g:5igg et proclamations, ou au moins par insertion au recueil adminis
cules? trat1f de la prfecture. Sils nont quun caractere lnlelduel, ils
doivent tre notis aux parties intresses, ou par huissier, ou
P tu. voie administrative.. c'est--dire ar le ministre dun a eut de
pohce.
onQuelle est la sauc-
pnale attache '
contravention '
aux arrets '
des prefets '
est punie d ! une amende
p:arrs des pr- de simple police, aux termes de l art. 471, n l, du Code pnal.
e
Cm? . 50 3 Rformatzon. En matire purement administrative, les ar
quelle distinction les . . .
nrxtfs des prfets rts des prfets, comme ceux des ministres, sont toujours suscep
tibles de rformation. On pourra sadresser, cet effet, ou aux
prfets euxmmes dans les limites de leurs dpartements respec
tifs, ou aux ministres selon leurs attributions. Par lune ou lautre
voie aucun dlai ne fait encourir de dchance. En matire conten
tieuse, les arrts des prfets, de mme encore que ceux des mi
nistres, sont de vritables jugements qui, une fois rendus, ne peu
vent plus tre discrtionnairement rtracts. Ils sont seulement
susceptibles dtre attaqus par les voies de recours que les lois
dterminent, sous les conditions et dans les dlais quelles xent.
Ml . Les dpartements de. la Seine et du Rhne, raison de
limportance et du caractre particulier de leurs chefs-lieux, ont t
soumis des rgles spciales en ce qui concerne les fonctions prfec
torales.
p,mm;mm: Dans le dpartement de la Seine ces fonctions sont partages
rectorale> dans le d- entre deux prfets : le prfet de la Seine et celui de police.
pa_rwn;ent de la
benne _ ' , ' '
Queues son, ,es ,,,_ Le prfet de la Seine a, de plus que les prefets des autres doper
ibmi".s 5 Pr tements, ladministration conomique de la commune cheflieu :il
de la Sema ! . . . . .
est maire central de Paris. Il a de moms queux la police du depar
tement. Cette police forme, avec la police municipale de Paris, le
lot du prfet de police. .
En qubi consiste Linstitution du prfet de police remonte la loi du 28 pluvise
LS}# 4 M un Vlll. Lart. 46 de cette loi avait cr sous ce nom un fonction
naire qui devait tre charg de la police municipale de Paris. Un
arrt du 4). messidor au VlIl lui confra en outre, mais sans ten
dre sa circonscription territoriale, les attributions de police gn
rale; le plaa sous lautorit immdiate des ministres et lui donna le
droit de correspondance directe avec eux. Un autre arrt du 3 bru
maire an lX tendit ses attributions de police gnrale tout le d
partement de la Seine, et aux communes de SaintCloud, Engbien,
Meudon et Svres du dpartement de Seineet-Oise. Enn, la loi du
10 juin 1853 lautorise exercer dans toutes les communes du d<
portement de la Seine, sauf certaines restrictions, les fonctions, mme
de simple police municipale, qui lui taient dfres, pour Paris seu
lement, par larrt du 12 messidor au VIll. Il est, en outre, charg
DES rmrsrs . 113
de la direction gnrale de la sret publique au ministre de lin
trieur, en vertu dun dcret du 30 novembre 1859. Cest ainsi que
ses fonctions, originairement limites la seule ville de Paris, se
sont successivement accrues, au point de stendre la France tout
entire.
Dans le dpartement de la Seine et dans la ville de Paris, les pou- e}_f 02er drels
voirs respectifs du prfet de la Seine et du prfet de police taient eihb tudrprieted
quelquefois mal dnis et inrtains,_notamment en matire de pe
tit vome; de baux, marchs et adjudications; de droits munici qu'ils giemdansl'o
peux percevoir dans les balles et marchs. Un dcret imprial du ngme'
10 octobre 1859 a fait cesser toute incertitude et supprim pour
lavenir toute occasion de conit, en tendant considrablement les
attributions du prfet de la Seine, tout en conservant au prfet de
police les droits essentiellement attachs son titre.
Le dcretloi du 25 mars 1859 portait expressment que ses dis Le dcret du 25
positions ntaient pas applicables au dpartement de la Seine, en iiJQ
ce qui concernait ladministration dpartementale proprement dite seine?
et celle de la ville et des tablissements de bienfaisance de Paris. Un
dcret imprial du 9 janvier 1861 a rapport cette exception. Le
dcret-loi du 25 mars 1852 est donc applicable au dpartement de
la Seine comme tous les autres dpartements de lempire, sauf en
ce qui concerne les budgets de la ville de Paris, qui doivent conti
nuer tre soumis lapprobation de lempereur, aux termes de
lart. 2 du dcret prcit du 9 janvier 1861.
Ce nest que rcemment que le dpartement du Bh6ne a fait Qufeat-ce que les
lobjet de dispositions spciales. Une loi du 19 juin 1851 a confr jgg;gg,,j
au prfet du Rhne les attributions de prfet de police dans les com- d:nhl&e4frarwwnl
. munes de Lyon, la Guillotire, la CroixRousse, Vaise, Calluire, '
Oullins et SainteFoy, du dpartement du Rhne; dans celles de
Villeurbane, Vaux, Brou et Venissieux, du dpartement de llsre ;
dans celles de Rillieux et Miribel, du dpartement de lAin. Un
dcret du 4 septembre 1851 a rgl lapplication et les effets de
cette mesure. Enn, un dcretloi du 21 mars 1852 a complt,
en le modiant, cet tat de choses. Daprs ce dcret, les communes
de la Guillotire, la CroixRousse et Vaise sont runies la com
mune de Lyon. Le prfet du Rhnc administre la commune de
Lyon ainsi agrandie, et il exerce les fonctions de prfet de police,
soit dans cette commune, soit dans celles numres par la loi du
19 juin 1851, soit enn dans celle de Saint-Rambert, du dparte
ment du Rhne, qui est ajoute lnumration prcite. De plus,
les communes de Villeurbane, Vaux, Brou et Venissieux, sont dis
traites du dpartement de lIsre et runies celui du Rhne. En
rsum, le prfet du Rhne est aujourd'hui maire central de Lyon,
comme le prfet de la Seine est maire central de Paris. 11 a, en
outre, dans la commune de Lyon, les attributions du prfet de po
lice Paris; dans les communes de Calluire, Oullins, Sainte-Foy,
8
114 DROIT ADMINISTRATIF. - LIVRE II.

SaintRambert Villeurhane, Vaux, Brou et Venissieux, du dpar


tement du Rhne, les attributions du prfet de police dans les com
munes rurales du dpartement de la Seine; dans les communes de
Rillieux et Miribel, du dpartement de lAin, les attributions du
prfet de police dans les communes de Saint-Cloud, Enghien,
Meudon et Svres, du dpartement de Seine-et-Oise.
roggflg. que le! 142. Les mmes raisons qui avaient port le lgislateur a inves
.prefectorsles _ , _ , , , _ .
prsentent de spcial t1r lautorue prefcctorale du servrce de la police municipale dans
" ,J},Z les villes de Paris et de Lyon, semblaient devoir faire tendre cette
gg;m 1"? mesure tous les chefslieux de dpartement dont la population et
limportance exigeaient aussi la surveillance directe du gouverne
ment. Cest ce qui a t fait par la loi du 5 mai 1855. Aux termes
de lart. 50 de cette loi, dans les communes chefs-lieux de dparte
ment, dont la population excde quarante mille mes, le prfet
remplit, sauf certaines restrictions, les fonctions de prfet de police,
telles quelles sont rgles par l'arrt du 12 messidor au VIII. Par
consquent, dans les dpartements dont le chef-lieu a plus de qua
rante mille habitants, le prfet cumule avec ses autres fonctions
celles de prfet de police du cheflieu; mais il nen est pas maire
central. Sil est assimil au prfet du Rhne sous le premier rap
port, il en diffre essentiellement sous le second.
A quelle poque rc- 143. La division de l'Algrie en trois provinces est aussi au
cienne que la conqute franaise, et elle a t emprunte lorga
Wlivedel'lsrie nisation antrieure de ce pays; mais la division de chaque province
en territoire civil et en territoire militaire ne date que de larrt du
pouvoir excutif du 9 dcembre 1848. Aux termes de cet arrt, le
territoire civil de chaque province forme un dpartement admi
nistr par un prfet. Le territoire militaire de chaque province est
administr par le commandant de la division territoriale. Ces dis
positions ont t exactement reproduites par le dcret imprial du
27 octobre 1858, qui forme cet gard le dernier tat de la lgisla
tion Il y a donc en Algrie trois dpartements et trois prfets : les
dpartements et les prfets dAlger, d'0ran et de Constantine.
sa uoi_lesl tats La principale diffrence qui distingue les prfets de lAlgric de
;.j L,E,,'Q ceux de la mtropole , cest que leur dpartement est coup par des
08! de anw? portions de territoire places en dehors de leurs attributions , tandis
que en France le dpartement de chaque prfet constitue un tout
homogne et continu, entirement soumis son autorit. La raison
de cette diffrence est prise du degr davancement de la colonisa
tion, du degr daccomplissement dela conqute. Toutes les parties
de chaque province , o la population europenne est en majorit
et o prdominent les intrts paciques, sont riges en territoire
civil et concourent former le dpartement, exclusivement plac
sous la direction du prfet. Les parties, au contraire, o la popula
tion indigne est en majorit et o le besoin de dfense militaire se
nrs rnrnrs. 115

fait encore sentir, sont riges en territoire militaire et concourent


former la fraction de la province, o ladministration civile est
runie au commandement des troupes entre les mains du gnral
divisionnaire. u
Dans le territoire militaire de chaque province, le commandant _Que_lles so_nt les ag
de la division territoriale exerce les attributions civiles dvolues 'MJSI
lautorit prfectorale dans le dpartement. Telle est la disposition "
expresse de lart. 13 du dcret du 27 octobre 1858. Il en rsulte
que les trois gnraux divisionnaircs dAlger, d0ran et de Cons
tantine sont les vritables prfets du territoire militaire de chacune
de ces trois provinces. Ladministration civile en Algrie se trouve
ainsi partage entre les prfets pour le territoire civil, et les gn
raux divisionnaires pour le territoire militaire.
Ce partage aurait pu nuirelunit de direction et l'uniformit Quel cal 10 ".
eirimgsc'rlui
d'esprit, si ladministration civile tout entire navait pas t cen
tralise, au sige du gouvernement, entre les mains dun fonction- di*i5
maire unique. Ce fonctionnaire unique est le directeur gnral des
services civils, dont les attributions ont t dtermines par le d
cret du 13 avril 1861. Aux termes de ce dcret, le directeur gnral
des services civils exerce, sous lautorit du gouverneur gnral et
en son nom, la haute direction de l'administration civile. Il propose
et soumet au gouverneur gnral toutes les mesures qui concernent
cette administration. Il prside la correspondance administrative
avec les gnraux divisionnaires et les prfets, et leur sert par cela
mme de lien mutuel et de centre commun.

l. Les possessions coloniales de la France sont : Q .enes m; le,- ou.


1 La Martinique, dans l'archipel des Antilles ; mies "
2 La Guadeloupe et ses dpendances, Marie-Galante, la Dsi
rade, les Saintes et la partie franaise de SaintMartin, galement
dans larchipel des Antilles;
3 Saint-Pierre et Miquelon, prs de Terre-Neu ve, dans lAmri
que du Nord;
4 La Guiane franaise, sur le continent de lAmrique mri
dionale;
5 En Afrique, le Sngal et ses dpendances, Gore, Albrda,
Grand-Bassan, Assinie et Gabon ;
6 Sur les ctes orientales dAfrique, lle de la Runion et ses
dpendances, Saint-Paul, Amsterdam;
7" Sur les mmes ctes, Sainte-Marie Madagascar, Mayotte et
NossiB, prs de cette grande le;
8 Dans l0canie, la Nouvelle-Caldonie, les les Marquises
et celle de Taiti; cette dernire, seulement titre de protectorat;
9 Dans l[nde asiatique, Pondichry et ses dpendances, Kari
kal, Mah, Yanaon et Chandernagor;
10 Dans lIndo-Chine, la partie mridionale de la Cochinchine.
116 nnon ADMINISTRATIF. - LIVRE n.
A qui est_ cone Danschaque colonie, le commandement gnral etla haute admi
l'ndmimstrahcn cmle . . . , . .
dans les colonies? mstratwn sont cons a un gouverneur, sous l autorit directe du
ministre de la marine et des colonies. Cest le mme systme que
pour les territoires militaires de lAlgrie. En ce qui touche ladmi
nistration civile, les gouverneurs coloniaux ont des pouvoirs ana
logues ceux des prfets mtropolitains.
Les pou'ors .des Les gouverneurs coloniaux ont des pouvoirs identiques dans ton
gouverneurs coloniaux . . . . . .
sont . in les mmes tes les colonies indistinctement. Le fond est partout le meme; mais
;;;; 1 "* les actes constitutifs sont diffrents. La constitution de nos trois
plus grandes colonies, la Martinique, la Guadeloupe et la Runion,
est aujourdhui xe par le snatusconsulte du 3 mai 1854, tandis
que les autres colonies continuent tre rgies par dcrets de lem
pereur.

CHAPITRE III.

DES sncnrramss GNRAUX DE rasrrcruan.

SOMMAIRE.

145. Dnition des secrtaires gnraux de prfecture.


166. Leur origine.
117. Leur nomination et leur rvocation.
118. Leur remplacement temporaire.
149. Leurs attributions.
150. Rgles spciales pour lAlgerie et les colonies.

Qu'entend-on par 115. Les secrtaires gnraux de prfecture sont les fonction
g,;gggg,,g* naires prposs, dans chaque prfecture, la garde des papiers et
la signature des expditions.
Quelle est la p. 146. Lorigine des secrtaires gnraux de prfecture remonte
ggrggimjud s" la loi du 28 pluvise au V[Il. Lart. 7 de cette loi avait tabli dans
1 en M! e . . . . ,
Prelerturc ? chaque dpartement un fonctionnaire de ce nom, distinct et scpar
du conseil de prfecture.
Comment les sucre Lordonnance royale du 9 avril 1817 supprima les secrtaires
,,,.,",L ; gnraux de prfecture dans tous les dpartements autres que celui
;,ng;j"'gnigs de la Seine; mais les fonctions quils remplissaient ne furent pas et
supprimtsetreublisf ne pouvaient pas tre supprimes. Elles furent dfres au doyen
de nomination des conseillers de prfecture, et, son dfaut, au
plus ancien aprs lui. Cette ordonnance ne tarda pas tre rappor
te par celle du 1" aot 1820. Les secrtaires gnraux de prfec
ture, ainsi rtablis, furent de nouveau supprims par l'ordonnance
royale du 1'r mai 1882, sauf dans les dpartements des Bouches
du-Rhne, de la Gironde, du Nord, du Bhne, de la Seine et de la
SeineInfrieure. Le dpartement de la HauteGaronne fut, en
1842, ajout ceux excepts de la suppression. Dans chacun des
dpartements autres que les sept dnomms ci-dessus, un des con
ras sncarxmns GNRAUX DE retracrcu. 117

seillers de prfecture, dsign par le ministre de lintrieur, devait


tre charg des onctions de secrtaire gnral. Sous ce rapport,
lordonnance de 1832 di'rait de celle de 1817 qui, comme on la .
vu, appelait de droit aux fonctions de secrtaire gnral le plus au
cien des conseillers de prfecture. Larrt du 15 dcembre 1848
supprime les places de secrtaire gnral de prfecture dans tous
les dpartements o elles avaient t conserves, celui de la Seine
except. En consquence. les secrtaires gnraux des deux pr
fectures de ce dpartement furent seuls maintenus. Partout ailleurs,
il dut tre pourvu au service du secrtariat gnral, conformment
lordonnance du 1" mai 1832. Enn, la loi du 19 juin 1851 cra
dans le dpartement du Bhne deux secrtaires gnraux, lun
pour l'administration, lautre pour la police.
Ltat de choses rsultant de larrt du 15 dcembre 1818 et de Ogel e,stl',m actuel
la loi du 19 juin 1851 a t chang par le dcret du 2 juillet 1853, &l."l
portant rtablissement des secrtaires gnraux dans les dparte P"
ments des Bouches du-Rhne, de la Gironde, de la Haute-Garonne,
de la Loire-lnfjrieure, du Nord, du BasRhin, de la Seine-Infrieure
et de Seine-et-Oise. Un dcret ultrieur, du 29 dcembre 1851, a
tendu ce rtablissement aux dpartements du Calvados, de lH
rault, dllle-etVilaine, de lIsre, de MaineetLoire, de la Meur
thc, de la Moselle, du PasdeCalais, des Basses-Pyrnes et de la
Somme.
Des dcrets successifs ont prescrit la mme mesure pour les d
partements de la Loire, du Doubs, du Gard. du Loiret, de la Haute
Vienne, de la Corse, de la Savoie et des Alpes maritimes. Actuel;
lemcnt donc, les places de secrtaires gnraux de prfecture exis
tent dans les vingtsix dpartements prcits, ainsi que dans ceux
de la Seine et du Rhne. Dans tous les autres, ces fonctions sont
remplies par un conseiller de prfecture, que dsigne le ministre de
lintrieur. '
117. Les secrtaires gnraux de prfecture, dans les vingt-huit Commentsontnom
par le chef de o
dpartements ils ont
lEtat, t conservs,
conformment sont18nomms
lart. de la loi etdurvoqus
28 plu- de Prfecture?

vise an Vlll. Dans les autres dpartements, les fonctions de secr


taire gnral, remplies par un conseiller de prfecture, sont conf
res et retires par arrt du ministre de lintrieur, conformment
lordonnance du 1" mai 1832. - .
Pour tre nomm une place de secrtaire gnral, dans les d _Quelles sonllescon
partcmcnts o elle
Dans les autres existe, aucune
dpartements, pourcondition spciale
tre appel nest prescrite.
remplir les fonc- 'rgym de 9"

tiens de secrtaire gnral, la qualit de conseiller de prfecture '


suft.
Les secrtaires gnraux de prfecture, avant dentrer en fonc "Comment a lieu
lions,
lart. 2prtent
de larrt
serment
du 17entre
ventse
les mains
an Vlll.
des prfets, conformment P""""
8 DROIT ADMINISTRATIF. mm; H.
Comment ''5 secr- 118. Daprs le dcret du 18 prairial au XIII, ctait aux prfets
mires gnraux de ,. . . . .
prfecturesont-ilspro- qu il appartenant de pourvorr au remplacement prowsmre des
Zl "" secrtaires gnraux, en cas d'absence ou de maladie. D'aprs lor
donnance du 29 mars 1821, encore en vigueur sur ce point, le se
crtaire gnral absent, empch ou charg par dlgation des
fonctions de prfet, est remplac dans les fonctions de secrtaire
gnral par le conseiller de prfecture le dernier dans lordre du
tableau.
labqqpppogsgf 119. La loi du'28 pluvise an Vl[l ne confrait au secrtaire
maires gnrgux de gnral de chaque prfecture que la garde des archives et la signa
P" turc des expditions. Lordonnance royale du 9, avril 1817 lui a
prescrit, en outre, de veiller ce que les registres des arrts et d
cisions du prfet et des dlibrations du conseil de prfecture soient
constamment jour, et ce que les actes que ces registres couv
tiennent soient signs mesure qu'ils y sont inscrits. Tel est au
jourdhui lensemble des attributions de ce fonctionnaire. Elles suf
sent pour lui donner le caractre et la qualit dagent direct de
ladministration, parce quil a, en vertu de son titre, et indpen
damment de la dlgation du prfet, la signature ofcielle des
expditions. Cest par l quil se distingue des secrtaires gnraux
des ministres, qui ne sont que des agents auxiliaires, nayant
aucune signature ofcielle que par dlgation expresse de leur mi
nistre.
m{'5*pfj secrtaire gnral de chaque prfecture remplaait de plein
tm e;-qrolrpgl_ drort le prefet absent ou empcche, d apres l_art.'6 de _l arret du
.,. ;b,,.m ...{ emp_ 17 ventse an VIII; mais cette prrogative 1111 a t retire par les
arrts du 17 nivse et du 13 germinal au 1X, et il ne conserve
plus que laptitude tre dlgu par le prfet, concurremment
avec les conseillers de prfecture, ainsi que nous lavons dj
expos.
mlgrgg suce 150. En Algrie, aux termes de lart. 7 du dcret du 27 octobre
p1vIuclurc ' M. 1858, il y a prs de chaque prfecture un secrtaire gnral, pris en
" " 3 1 dehors du conseil de prfecture et nen faisant point partie. Les trois
dpartements de lAlgrie, sans doute a raison de leur immense
tendue, sont assimils sous ce rapport aux vingt-huit dpartements
les plus importants de la mtropole.
Existe:t-elle dans Dans les colonies, il nexiste pas de secrtaire gnral prs de
9 "" chaque gouverneur, l'exemple des secrtaires gnraux de prfec