Équations Différentielles: Concepts Clés
Équations Différentielles: Concepts Clés
Lorsquun corps tombe en chute libre sans frottement, il nest soumis qu son poids P ~ . Par le principe fondamental
~
de la mcanique : P = m~ a. Tous les vecteurs sont verticaux donc mg = ma, o g est la constante de gravitation, a
lacclration verticale et m la masse. On obtient a = g. Lacclration tant la drive de la vitesse par rapport au
temps, on obtient :
dv(t)
=g (1)
dt
Il est facile den dduire la vitesse par intgration : v(t) = g t (en supposant que la vitesse initiale est nulle), cest--dire
que la vitesse augmente de faon linaire au cours du temps. Puisque la vitesse est la drive de la position, on a
dx(t)
v(t) = dt , donc par une nouvelle intgration on obtient x(t) = 12 g t 2 (en supposant que la position initiale est
nulle).
0
F~
~
P 0
~
P
x x
Le cas dun parachutiste est plus compliqu. Le modle prcdent nest pas applicable car il ne tient pas compte
des frottements. Le parachute fait subir une force de frottement oppose sa vitesse. On suppose que le frottement
est proportionnel la vitesse : F = f mv ( f est le coefficient de frottement). Ainsi le principe fondamental de la
mcanique devient mg f mv = ma, ce qui conduit la relation :
dv(t)
= g f v(t) (2)
dt
Cest une relation entre la vitesse v et sa drive : il sagit dune quation diffrentielle. Il nest pas vident de trouver
quelle est la fonction v qui convient. Le but de ce chapitre est dapprendre comment dterminer v(t), ce qui nous
permettra den dduire la position x(t) tout instant.
QUATIONS DIFFRENTIELLES 1. DFINITION 2
1. Dfinition
1.1. Introduction
Une quation diffrentielle est une quation :
dont linconnue est une fonction (gnralement note y(x) ou simplement y) ;
dans laquelle apparaissent certaines des drives de la fonction (drive premire y 0 , ou drives dordres suprieurs
y 00 , y (3) , . . .).
Voici des quations diffrentielles faciles rsoudre.
Exemple 1.
De tte, trouver au moins une fonction, solution des quations diffrentielles suivantes :
y 0 = sin x
y(x) = cos x + k o k R
y0 = 1 + ex
y(x) = x + e x + k o k R
y0 = y
y(x) = ke x o k R
y(x) = ke3x o k R
y0 = 3 y
y 00 = cos x
y(x) = cos x + ax + b o a, b R
y 00 = y
y(x) = ae x + bex o a, b R
Il est aussi facile de vrifier quune fonction donne est bien solution dune quation.
Exemple 2.
1. Soit lquation diffrentielle y 0 = 2x y + 4x. Vrifier que y(x) = k exp(x 2 ) 2 est une solution sur R, ceci quel que
soit k R.
2. Soit lquation diffrentielle x 2 y 00 2 y + 2x = 0. Vrifier que y(x) = kx 2 + x est une solution sur R, pour tout
k R.
1.2. Dfinition
Passons la dfinition complte dune quation diffrentielle et surtout dune solution dune quation diffrentielle.
Dfinition 1.
Une quation diffrentielle dordre n est une quation de la forme
F x, y, y 0 , . . . , y (n) = 0
(E)
o F est une fonction de (n + 2) variables.
Une solution dune telle quation sur un intervalle I R est une fonction y : I R qui est n fois drivable et
qui vrifie lquation (E).
Remarque.
Cest la coutume pour les quations diffrentielles de noter y au lieu de y(x), y 0 au lieu y 0 (x),. . . On note donc
y 0 = sin x ce qui signifie y 0 (x) = sin x .
Il faut shabituer au changement de nom pour les fonctions et les variables. Par exemple (x 00 )3 +t(x 0 )3 +(sin t)x 4 = e t
est une quation diffrentielle dordre 2, dont linconnue est une fonction x qui dpend de la variable t. On cherche
donc une fonction x(t), deux fois drivable, qui vrifie (x 00 (t))3 + t(x 0 (t))3 + (sin t)(x(t))4 = e t .
Rechercher une primitive, cest dj rsoudre lquation diffrentielle y 0 = f (x). Cest pourquoi on trouve souvent
intgrer lquation diffrentielle pour trouver les solutions de lquation diffrentielle .
La notion dintervalle dans la rsolution dune quation diffrentielle est fondamentale. Si on change dintervalle,
on peut trs bien obtenir dautres solutions. Par exemple, si on se place sur lintervalle I1 = ]0, +[, lquation
diffrentielle y 0 = 1/x a pour solutions les fonctions y(x) = ln(x) + k. Alors que sur lintervalle I2 = ] , 0[, les
solutions sont les fonctions y(x) = ln(x) + k (k est une constante).
Si aucune prcision nest donne sur lintervalle I, on considrera quil sagit de I = R.
Exemple 3 (quation variables spares).
Une quation diffrentielle variables spares est une quation du type :
y 0 = g(x)/ f ( y) ou y 0 f ( y) = g(x)
QUATIONS DIFFRENTIELLES 1. DFINITION 3
Une telle quation se rsout par calcul de primitives. Si G(x) est une primitive de g(x) alors G 0 (x) = g(x). 0 Si
F (x) est une primitive de f (x) alors F 0 (x) = f (x), mais surtout, par drivation dune composition, F ( y(x)) =
0
y 0 (x)F 0 ( y(x)) = y 0 f ( y). Ainsi lquation diffrentielle y 0 f ( y) = g(x) se rcrit F ( y(x)) = G 0 (x) ce qui quivaut
une galit de fonctions : F ( y(x)) = G(x) + c.
Cest une simple vrification. On peut reformuler la proposition en disant que lensemble des solutions forme un
espace vectoriel.
Autrement dit, on trouve toutes les solutions en ajoutant une solution particulire aux solutions de lquation homogne.
Cest une consquence immdiate du caractre linaire des quations.
Mini-exercices.
1. Chercher une solution simple de lquation diffrentielle y 0 = 2 y. Mme question avec y 00 = y ; y 00 +
cos(2x) = 0 ; x y 00 = y 0 .
1
2. Rsoudre lquation diffrentielle variables spares y 0 y 2 = x. Mme question avec y 0 = y ln x ; y 0 = yn
(n > 1).
3. Soit lquation y 0 = y(1 y). Montrer que si y est une solution non nulle de cette quation, alors z = 2 y nest
pas solution. Que peut-on en conclure ?
Dfinition 2.
Une quation diffrentielle linaire du premier ordre est une quation du type :
y 0 = a(x) y + b(x) (E)
o a et b sont des fonctions dfinies sur un intervalle ouvert I de R.
Dans la suite on supposera que a et b sont des fonctions continues sur I. On peut envisager la forme : (x) y 0 +(x) y =
(x). On demandera alors que (x) 6= 0 pour tout x I. La division par permet de retrouver la forme (E).
On va commencer par rsoudre le cas o a est une constante et b = 0. Puis a sera une fonction (et toujours b = 0).
On terminera par le cas gnral o a et b sont deux fonctions.
2.1. y 0 = a y
Thorme 1.
Soit a un rel. Soit lquation diffrentielle :
y0 = a y (E)
Les solutions de (E), sur R, sont les fonctions y dfinies par :
y(x) = ke ax
Ce rsultat est fondamental. Il est tout aussi fondamental de comprendre do vient cette formule, via une preuve
rapide (mais pas tout fait rigoureuse). On rcrit lquation diffrentielle sous la forme
y0
=a
y
que lon intgre gauche et droite pour trouver :
ln | y(x)| = ax + b
On compose par lexponentielle des deux cts pour obtenir :
| y(x)| = e ax+b
Autrement dit y(x) = e b e ax . En posant k = e b on obtient les solutions (non nulles) cherches. Nous verrons une
preuve rigoureuse juste aprs.
QUATIONS DIFFRENTIELLES 2. QUATION DIFFRENTIELLE LINAIRE DU PREMIER ORDRE 5
y y
k=0 k=0
x x
k<0 k<0
Exemple 5.
Rsoudre lquation diffrentielle :
3 y0 5 y = 0
5
5
On crit cette quation sous la forme y = y. Ses solutions, sur R, sont donc de la forme : y(x) = ke 3 x , o k R.
0
3
Remarque.
Lquation diffrentielle (E) admet donc une infinit de solutions (puisque lon a une infinit de choix de la
constante k).
La constante k peut tre nulle. Dans ce cas, on obtient la solution nulle : y = 0 sur R, qui est une solution
vidente de lquation diffrentielle.
Le thorme 1 peut aussi sinterprter ainsi : si y0 est une solution non identiquement nulle de lquation
diffrentielle (E), alors toutes les autres solutions y sont des multiples de y0 . En termes plus savants, lensemble
des solutions forme un espace vectoriel de dimension 1 (une droite vectorielle).
Preuve du thorme 1.
1. On vrifie que les fonctions proposes sont bien solutions de (E). En effet, pour y(x) = ke ax , on a
y 0 (x) = ake ax = a y(x).
2. Montrons que les fonctions proposes sont les seules solutions. (Cest--dire quil ny en a pas dun autre type que
y(x) = ke ax .) Soit y une solution quelconque de (E) sur R. Considrons la fonction z dfinie par : z(x) = y(x)eax .
Alors, par la formule de drivation dun produit :
z 0 (x) = y 0 (x)eax + y(x) aeax = eax y 0 (x) a y(x)
Mais, par hypothse, y est une solution de (E), donc y 0 (x) a y(x) = 0. On en dduit que z 0 (x) = 0, pour tout
rel x. Ainsi z est une fonction constante sur R. Autrement dit, il existe une constante k telle que z(x) = k pour
tout x R. Do :
z(x) = k donc y(x)eax = k donc y(x) = ke ax .
Ce qui termine la preuve du thorme.
2.2. y 0 = a(x) y
Le thorme suivant affirme que, lorsque a est une fonction, rsoudre lquation diffrentielle y 0 = a(x) y revient
dterminer une primitive A de a (ce qui nest pas toujours possible explicitement).
Thorme 2.
Soit a : I R une fonction continue. Soit A : I R une primitive de a. Soit lquation diffrentielle :
y 0 = a(x) y (E)
Les solutions sur I de (E) sont les fonctions y dfinies par :
y(x) = keA(x)
QUATIONS DIFFRENTIELLES 2. QUATION DIFFRENTIELLE LINAIRE DU PREMIER ORDRE 6
Si a(x) = a est une fonction constante, alors une primitive est par exemple A(x) = ax et on retrouve les solutions du
thorme 1.
Une preuve rapide du thorme 2 est la suivante :
y0
y = a(x) ln | y(x)| = A(x) + b | y(x)| = eA(x)+b
y(x) = e b eA(x) y(x) = keA(x) avec k = e b
Une preuve rigoureuse (puisque lon vite de diviser par quelque chose qui pourrait tre nul) :
Dmonstration.
y(x) solution de (E)
y 0 (x) a(x) y(x) = 0
eA(x) y 0 (x) a y(x) = 0
0
y(x)eA(x) = 0
k R y(x)eA(x) = k
k R y(x) = keA(x)
Exemple 6.
Comment rsoudre lquation diffrentielle x 2 y 0 = y ? On se place sur lintervalle I+ = ]0, +[ ou I = ] , 0[.
Lquation devient y 0 = x12 y. Donc a(x) = x12 , dont une primitive est A(x) = 1x . Ainsi les solutions cherches sont
1
y(x) = ke x , o k R.
La recherche de la solution gnrale de (E) se rduit donc la recherche dune solution particulire. Parfois ceci
se fait en remarquant une solution vidente. Par exemple, lquation diffrentielle y 0 = 2x y + 4x a pour solution
2
particulire y0 (x) = 2 ; donc lensemble des solutions de cette quation sont les y(x) = 2 + ke x , o k R.
Exemple 9.
Les solutions de lquation diffrentielle y 0 + y = x sont les
y(x) = x 1 + kex kR
et sont dfinies sur I = R. Pour chaque point (x 0 , y0 ) R , il existe une unique solution y telle que y(x 0 ) = y0 . Le
2
(x 0 , y0 )
2.6. Exemples
Exemple 10.
On considre lquation diffrentielle (E) : x 3 y 0 + (2 3x 2 ) y = x 3 .
1. Rsoudre lquation diffrentielle (E) sur ]0, +[ et ] , 0[.
2. Peut-on trouver une solution sur R ?
3. Trouver la solution sur ]0, +[ vrifiant y(1) = 0.
Correction.
2
1. (a) Rsolution de lquation homogne (E0 ) : x 3 y 0 + (2 3x 2 ) y = 0. Pour x 6= 0, on a y 0 = 23x
x 3 y. Donc la
23x 2
R
2 2
solution gnrale de (E0 ) est y(x) = ke x 3 dx = ke3 ln |x| e1/x = k|x|3 e1/x . Donc la solution gnrale de (E0 )
2 2
sur ]0, +[ est : y(x) = k1 x 3 e1/x ; et sur ] , 0[ : y(x) = k2 x 3 e1/x .
(b) Rsolution de lquation avec second membre (E) par la mthode de variation de la constante. On cherche
2
une solution sous la forme y(x) = k(x)x 3 e1/x . En drivant et en remplaant dans lquation diffrentielle,
2 1/x 2 2
on obtient k0 (x)x 3 e1/x = 1. Donc k(x) = e x 3 dx = 12 e1/x + c. Do une solution particulire de (E) sur
R
2
]0, +[ ou ] , 0[ : y0 (x) = k(x)x 3 e1/x = 21 x 3 .
2
(c) Solution gnrale sur ]0, +[ : y(x) = 21 x 3 + k1 x 3 e1/x .
2
Solution gnrale sur ] , 0[ : y(x) = 21 x 3 + k2 x 3 e1/x .
2. x 3 e1/x tend vers + (resp. ) lorsque x 0+ (resp. 0 ), donc pour k1 ou k2 non nul, y ne peut pas tre
2
prolonge par continuit en 0. Pour k1 = k2 = 0, y(x) = 12 x 3 est continue et drivable sur R. Cest la seule solution
sur R.
2
3. Si lon cherche une solution particulire vrifiant y(1) = 0, alors on a y(x) = 12 x 3 + kx 3 e1/x , y(1) = 1/2 + ke = 0,
1 1 3 1/x 2
donc k = 2e . Donc y(x) = 21 x 3 2e x e .
QUATIONS DIFFRENTIELLES 3. QUATION DIFFRENTIELLE LINAIRE DU SECOND ORDRE COEFFICIENTS CONSTANTS 9
Exemple 11.
Rsoudre x(1 + x) y 0 (x + 2) y = 2x.
1. quation homogne.
x+2
Lquation homogne est x(1 + x) y 0 (x + 2) y = 0. Pour x 6= 0 et x 6= 1, lquation scrit y 0 = x(1+x) y.
x+2 2 1
La dcomposition de la fraction en lments simples est : a(x) = = x(1+x) 1+x .
Une primitive de a(x) est
x
R x+2
donc A(x) = x(1+x) dx = 2 ln |x| ln |x + 1|. La solution gnrale de lquation homogne est y(x) = keA(x) =
x2 2 2
ke2 ln |x|ln |x+1| = keln |x+1| = k |x+1|
x x
= k x+1 . Cette solution est bien dfinie en x = 0. On obtient donc la solution
2
x
gnrale de lquation homogne : y(x) = k x+1 sur ] , 1[ ou sur ] 1, +[.
2. Solution particulire.
2
x
On cherche une solution de lquation non homogne sous la forme y0 (x) = k(x) x+1 par la mthode de variation
de la constante. En remplaant dans lquation, on obtient k (x)x = 2x. Donc pour x 6= 0, on a k0 (x) = x22 , et
0 3
2
k(x) = 2x . Do la solution gnrale de lquation non homogne y(x) = x+1
2x x
+ k x+1 . Cette solution est dfinie
sur ] , 1[ ou ] 1, +[.
3. Existe-t-il une solution dfinie sur R ?
x(kx2)
On a y(x) = x+1 . Donc pour k = 6 2, on ne peut prolonger y en 1. Pour k = 2, on peut prolonger y en 1.
On obtient une solution dfinie sur R : y = 2x.
Mini-exercices.
1. Rsoudre lquation diffrentielle y 0 + y ln 2 = 0. Tracer les courbes intgrales. Trouver la solution vrifiant
y(1) = 12 .
2. Rsoudre lquation diffrentielle 2 y 0 + 3 y = 5. Trouver la solution vrifiant y(0) = 31 . Tracer la courbe
intgrale.
3. Trouver une solution vidente, puis rsoudre lquation diffrentielle 2x y 0 + y = 1. Trouver la solution vrifiant
y(1) = 2. Tracer la courbe intgrale. Mme travail avec lquation x y 0 y = x 2 .
4. Par la mthode de variation de la constante, trouver une solution particulire de lquation diffrentielle
2
y 0 2x y = 3x e x . Mme travail avec y 0 + 2 y = sin(3x)e2x .
3.1. Dfinition
Une quation diffrentielle linaire du second ordre, coefficients constants, est une quation de la forme
a y 00 + b y 0 + c y = g(x) (E)
o a, b, c R, a 6= 0 et g est une fonction continue sur un intervalle ouvert I.
Lquation
a y 00 + b y 0 + c y = 0 (E0 )
est appele lquation homogne associe (E).
La structure des solutions de lquation est trs simple :
Thorme 4.
Lensemble des solutions de lquation homogne (E0 ) est un R-espace vectoriel de dimension 2.
Dfinition 3.
Lquation ar 2 + br + c = 0 est appele lquation caractristique associe (E0 ).
y(x) = e r1 x + e r2 x o , R.
2. Si = 0, lquation caractristique possde une racine double r0 et les solutions de (E0 ) sont les
y(x) = ( + x)e r0 x o , R.
Exemple 12.
1. Rsoudre sur R lquation y 00 y 0 2 y = 0.
Lquation caractristique est r 2 r 2 = 0, qui scrit aussi (r + 1)(r 2) = 0 ( > 0). Do, pour tout x R,
y(x) = ex + e2x , avec , R.
2. Rsoudre sur R lquation y 00 4 y 0 + 4 y = 0.
Lquation caractristique est r 2 4r + 4 = 0, soit (r 2)2 = 0 ( = 0). Do, pour tout x R, y(x) = (x + )e2x ,
avec , R.
3. Rsoudre sur R lquation y 00 2 y 0 + 5 y = 0.
Lquation caractristique est r 2 2r + 5 = 0. Elle admet deux solutions complexes conjugues : r1 = 1 + 2 i et
r2 = 1 2 i ( < 0). Do, pour tout x R, y(x) = e x ( cos(2x) + sin(2x)), avec , R.
Dmonstration. La preuve consiste trouver deux solutions linairement indpendantes, ce qui permet daffirmer
quelles forment une base daprs le thorme 4 (que lon a admis).
1. Si > 0, alors lquation caractristique a deux racines relles distinctes r1 , r2 . On obtient ainsi deux solutions
y1 = e r1 x , y2 = e r2 x qui sont linairement indpendantes car r1 6= r2 . Comme lespace des solutions
r xunr espace
vectoriel de dimension 2 (par le thorme 4), alors une base de lespace des solutions de (E0 ) est e 1 , e 2 x .
La solution gnrale de (E0 ) scrit y(x) = e r1 x + e r2 x , o , R.
2. Si = 0, alors lquation caractristique a une racine relle double r0 . On obtient ainsi une solution y1 = e r0 x . On
vrifie que y2 = x e r0 x est aussi une solution : a y200 + b y20 +c y2 = (2ar0 +ar02 x)e r0 x +(b+ br0 x)e r0 x +c x e r0 x = (2ar0 +
b)e r0 x = 0 car 2ar0 + b = P 0 (r0 ) = 0, o
rP(r) = ar 2 + br + c. Ces deux solutions sont linairement indpendantes.
Une base de lespace des solutions est e 0 , x e r0 x , et la solution gnrale de (E0 ) scrit y(x) = ( + x)e r0 x , o
x
, R.
3. Si < 0, alors lquation caractristique a deux racines complexes conjugues r1 = + i , r2 = i . On
obtient deux solutions complexes Y1 = e(+i )x = ex ei x , Y2 = e(i )x = ex e i x . Comme les parties relles
et imaginaires sont des solutions relles, on obtient deux solutions relles y1 = ex cos( x), y2 = ex sin( x),
qui sont linairement indpendantes. Alors, une base de lespace des solutions est ex cos( x), ex sin( x) . La
solution gnrale de (E0 ) scrit y(x) = ex ( cos( x) + sin( x)), o , R.
QUATIONS DIFFRENTIELLES 3. QUATION DIFFRENTIELLE LINAIRE DU SECOND ORDRE COEFFICIENTS CONSTANTS 11
y(x 0 ) = y0 et y 0 (x 0 ) = y1 .
Dans la pratique, pour rsoudre une quation diffrentielle linaire avec second membre (avec ou sans conditions
initiales), on cherche dabord une solution de lquation homogne, puis une solution particulire de lquation avec
second membre et on applique le principe de superposition :
Proposition 4.
Les solutions gnrales de lquation (E) sobtiennent en ajoutant les solutions gnrales de lquation homogne (E0 )
une solution particulire de (E).
Si g(x) = ex P1 (x) cos( x) + P2 (x) sin( x) , o , R et P1 , P2 R[X ], on cherche une solution particulire sous
la forme :
y0 (x) = ex Q 1 (x) cos( x) + Q 2 (x) sin( x) ,si + i nest pas une racine de lquation caractristique,
y0 (x) = x ex Q 1 (x) cos( x) + Q 2 (x) sin( x) , si + i est une racine de lquation caractristique.
Dans les deux cas, Q 1 et Q 2 sont deux polynmes de degr n = max{deg P1 , deg P2 }.
Exemple 13.
Rsoudre les quations diffrentielles :
(E0 ) y 00 5 y 0 + 6 y = 0 (E1 ) y 00 5 y 0 + 6 y = 4x e x (E2 ) y 00 5 y 0 + 6 y = 4x e2x
Trouver la solution de (E1 ) vrifiant y(0) = 1 et y 0 (0) = 0.
1. quation (E0 ). Lquation caractristique est r 2 5r +6 = (r 2)(r 3) = 0, avec deux racines distinctes
r1 = 2, r2 = 3. Donc lensemble des solutions de (E0 ) est e2x + e3x | , R .
2. quation (E1 ).
(a) On cherche une solution particulire (E1 ) sous la forme y0 (x) = (ax + b)e x . Lorsque lon injecte y0 dans
lquation (E1 ), on obtient :
(a x + 2a + b)e x 5(ax + a + b)e x + 6(ax + b)e x = 4x e x
(a 5a + 6a)x + 2a + b 5(a + b) + 6b = 4x
2a = 4 et 3a + 2b = 0
a = 2 et b = 3
Donc y0 (x) = (2x + 3)e x .
QUATIONS DIFFRENTIELLES 3. QUATION DIFFRENTIELLE LINAIRE DU SECOND ORDRE COEFFICIENTS CONSTANTS 12
(b) Lensemble des solutions de (E1 ) est (2x + 3)e x + e2x + e3x | , R .
(c) On a y(x) = (2x +3)e x +e2x +e3x . On cherche , tels que y(0) = 1, y 0 (0) = 0. Cest--dire que 3++ = 1,
5 + 2 + 3 = 0. Donc = 1, = 1, cest--dire que y(x) = (2x + 3)e x e2x e3x .
3. quation (E2 ). Comme 2 est une racine de lquation caractristique, on cherche une solution particulire sous la
forme y0 (x) = x(a x + b)e2x . On obtient y0 (x) = x(2x 4)e2x .
0 y1 + 0 y2 =
0
(S) g(x)
0 y10 + 0 y20 = a .
Mini-exercices.
1. Rsoudre lquation diffrentielle y 00 + 2 y = 0. Trouver la solution vrifiant y(0) = 1 et y 0 (0) = 1. Tracer la
courbe intgrale. Rsoudre lquation diffrentielle y 00 + 2 y = sin(x).
2. Rsoudre lquation diffrentielle y 00 + y 0 6 y = 0. Trouver la solution vrifiant y(1) = 1 et y 0 (1) = 0.
Tracer la courbe intgrale. Rsoudre lquation diffrentielle y 00 + y 0 6 y = e x .
3. Rsoudre lquation diffrentielle 2 y 00 2 y 0 + 12 y = 0. Trouver la solution ayant une limite finie lorsque x +.
Rsoudre 2 y 00 2 y 0 + 21 y = x 1.
QUATIONS DIFFRENTIELLES 4. PROBLMES CONDUISANT DES QUATIONS DIFFRENTIELLES 13
4.1. Parachutiste
Revenons sur lexemple du parachutiste de lintroduction : sa vitesse verticale vrifie lquation diffrentielle
dv(t)
= g f v(t)
dt
o g (la constante de gravitation) et f (le coefficient de frottement) sont des constantes.
F~
0
~
P
g
Vitesse limite. Lorsque t +, v(t) v = f , qui reprsente la vitesse limite que le parachutiste ne
peut dpasser. Exprimentalement, on mesure que v vaut environ 5 m/s (soit environ 20 km/h), et comme
g 9,81 m/s2 , cela permet de calculer le coefficient de frottement f .
dx(t)
Position. Comme v(t) = dt , trouver la position x revient trouver une primitive de v :
g g
x(t) = t + 2 e f t 1
f f
en prenant comme convention x(0) = 0.
Ceci nest bien sr quun modle qui ne correspond pas parfaitement la ralit, mais permet cependant de mettre en
vidence des proprits vrifies par les conditions exprimentales, comme la vitesse limite par exemple.
QUATIONS DIFFRENTIELLES 4. PROBLMES CONDUISANT DES QUATIONS DIFFRENTIELLES 14
4.2. Demi-vie
Dans un tissu radioactif, la vitesse de dsintgration des noyaux radioactifs est proportionnelle au nombre de noyaux
radioactifs N (t) prsents dans le tissu linstant t. Il existe donc une constante strictement positive telle que :
N 0 (t) = N (t)
Le signe de cette quation diffrentielle traduit la dcroissance du nombre de noyaux. Si N0 dsigne le nombre
de noyaux linstant initial, on a donc :
N (t) = N0 et
Dans ce contexte apparaissent souvent deux grandeurs quil est bon de savoir interprter graphiquement :
Le temps caractristique, not , est dfini par :
1
=
Si (T ) dsigne la tangente lorigine de la courbe (C) de la fonction N , le temps caractristique est labscisse du
point dintersection de la droite (T ) avec laxe du temps. En effet, une quation de (T ) est :
y = N 0 (0)t + N (0) = N0 t + N0
On constate que si t = , on a bien y = 0. Plus le temps caractristique est petit, plus la vitesse de dsintgration
initiale est leve.
N (t)
N0
N0
2
(T )
1/2 t
La priode de demi-vie, note 1/2 , est la priode au bout de laquelle la moiti des noyaux se sont dsintgrs.
On a donc :
N0
N (1/2 ) =
2
N
Donc N0 e1/2 = 20 , do 1/2 = ln 2. Ainsi :
ln 2
1/2 =
= ln 2
On peut aussi exprimer N (t) en fonction de la priode de demi-vie :
t t ln 2 t
N (t) = N0 et = N0 e = N0 e 1/2 = N0 2 1/2
Notez que 1/2 ne dpend pas de N0 , et cest bien le temps ncessaire pour que la moiti des noyaux se soient
dsintgrs, ce quel que soit linstant initial :
t+1/2
t 1 1 t N (t)
N (t + 1/2 ) = N0 2 1/2
= N0 2 1/2 = N0 2 1/2 =
2 2
Loi de Malthus.
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Un premier modle est de supposer que la vitesse daccroissement des bactries est proportionnelle au nombre de
bactries en prsence. Cela signifie que le nombre N (t) de bactries vrifie lquation diffrentielle
y 0 = a y,
o a > 0 est une constante dpendant des conditions exprimentales. Nous savons rsoudre cette quation ! Ainsi
selon ce modle
N (t) = N0 e at .
Le milieu tant limit (en volume, en lments nutritifs,. . . ), le nombre de bactries ne peut pas crotre indfiniment
de faon exponentielle. Ce modle ne peut donc sappliquer sur une longue priode.
Modle de Verhulst.
Pour tenir compte de ces observations, on prsente un autre modle dvolution. On suppose que le nombre N (t) de
bactries vrifie lquation diffrentielle
y 0 = a y(M y), (E)
o a > 0 et M > 0 sont des constantes.
On cherche les solutions y de (E) telles que y(t) > 0 pour t I = [0, +[. Supposons quune telle solution y existe.
Changement de fonction.
1
On transforme lquation (E) en une quation plus facile rsoudre. Pour cela on pose z(x) = y(x) . La fonction z
est drivable sur I et :
y0 a y( y M ) aM
z0 = 2 = 2
=a = a aM z
y y y
Solutions z.
Ainsi la fonction z doit vrifier lquation diffrentielle
z 0 = a aM z,
qui est une quation diffrentielle linaire dordre 1 coefficients constants avec second membre constant. On en
dduit que, pour tout x I,
1
z(x) = keaM x +
M
o k R est une constante.
Solutions y.
Cela permet dobtenir y :
1 1 M
y(x) = = 1
= x +1
z(x) keaM x + M kM e aM
M 1 1
La constante k est dtermine par la condition initiale y(0) = kM +1 = N0 , ainsi k = N0 M.
1
Exemple. On suppose N0 = 0, 01 (en million de bactries) et M = 1, a = 1. Alors k = N0 M1
= 99. Ainsi selon ce
modle :
1
N (t) =
1 + 99et
Il est clair que 0 < N (t) < 1 pour tout t > 0, et N (t) 1 lorsque t +.
Pour connatre les variations de la fonction N , nul besoin de calculs car on sait dj que N est solution de lquation
diffrentielle (E), donc N 0 (t) = N (t)(1 N (t)). Ainsi N 0 (t) > 0, donc la fonction N est croissante.
N (t)
modle de Malthus
modle de Verhulst
Le modle de Verhulst a lavantage de bien faire apparatre un comportement asymptotique particulier : le nombre de
bactries finit par se stabiliser.
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~
R
T~ F~
~
P
x
0
Force de rappel
La force de rappel est une force horizontale. Elle est nulle la position dquilibre, qui sera pour nous lorigine x = 0. Si
on carte davantage la masse du mur, la force de rappel est un vecteur horizontal qui pointe vers la position dquilibre
(vers la gauche sur le dessin). Si on rapproche la masse du mur, le ressort se comprime, et la force de rappel est un
vecteur horizontal qui pointe encore vers la position dquilibre (cette fois vers la droite sur le dessin). On modlise la
force de rappel par
T~ = kx ~i
o x est la position de la masse (on peut avoir x > 0 ou x 6 0), et k > 0 est une constante qui dpend du ressort.
T~ T~
0 x 0 x 0 x
Exemple 15.
On lche la masse au point dabscisse 1, sans vitesse initiale. Cela nous donne les conditions initiales x(0) = 1 et
x 0 (0) = 0. Comme x(0) = 1 alors = 1. Comme x 0 (0) = 0 alors = 0. Ainsi on trouve une solution priodique :
k
x(t) = cos mt
x(t)
On rajoute une force de frottement F~ = f m dt qui est proportionnelle la vitesse et soppose au dplacement ( f
dx(t)
Mini-exercices.
1. Un circuit lectrique constitu dun condensateur de capacit C se dcharge dans une rsistance R. Calculer
dq(t)
lvolution de la charge lectrique qui vrifie q(t) = RC dt .
2. Calculer et tracer les solutions du systme masse-ressort pour diffrents niveaux de frottements.
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3. Un tasse de caf de temprature T0 = 100 C est pose dans une pice de temprature T = 20 C. La loi de
dT (t)
Newton affirme que la vitesse de dcroissance de la temprature dt est proportionnelle lcart entre sa
temprature T (t) et la temprature ambiante T . Sachant quau bout de 3 min la temprature du caf est
passe 80 C, combien de temps faudra-t-il pour avoir un caf 65 C ?
Auteurs du chapitre
Daprs un cours de Gilles Costantini pour le site Bacamaths et des cours de Guoting Chen et Abdellah Hanani
Repris et mixs par Arnaud Bodin
Relu par Stphanie Bodin et Vianney Combet