Vigouroux DB III
Vigouroux DB III
TOME T R O I S I E M E
PREMIERE P A R T I E .
GI
ENCYCLOPEDIE
DES
R E D I G E E PAR
(En preparation)
DE LA BIBLE CONTENANT
PUBLIE PAR
F. VJGOTJROUX
EifETRE DE SAINT-SULPICE
DEUXIEME TIRAGE
TOME TROIS1EME
PREMIERE PARTIE
GI
PARIS
LETOUZEY ET ANE, EDITEURS
76b", R U E DBS SAINTS-PfcRES, 76"*
Imprimatur
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3 Ta . . . . _, 3 ^
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4 Ta . . . . O 3 A
cu /& ou i th anglais dur, le 9 grec.
5 Djim. . . E * f - dj g italien de giorno. En Egypte et dans quelques
. , parties de 1'Arabie, comme g dans garcon.
6 Ha . . , . C * ^' t h aspiration forte.
7 Ha . . . . i rs. aC
t h ou A"/i aspiration g utturale, j espagnol, ch allemand.
8 Dal. . . . > X d d-
>
^
MM. MM.
APOLLINAIRE (le R. P.) (f), de 1'ordre des Capucins. MARTIN Francois, professeur d'assyrien a 1'Institut catho-
AUTORE (le R. P.), de 1'ordre des Chartreux. lique de Paris.
RATIFFOL Pierre (M*1), prelat de la maison de Sa Sain- MELY (F. de), a Paris.
tete, docteur en th4ologie et es lettres, recteur de MICHELS (R. P. E.), de 1'ordre de Saint-Francois, pro-
PInstitut catholique de Toulouse. fesseur a Metz.
BELLAMY Julien Marie, ancien professeur d'Ecriture MINOCCHI Salvatore, pretre, professeur a Florence.
Sainte au grand seminaire de Vannes.
MISKGIAN Jean, superieur du College armenien a Sza-
BEURLIER Emile (f), docteur es lettres, cure de Notre- mos-Ujvar (Hongrie).
Dame d'Auteuil, a Paris.
NAU Francois, professeur a 1'Institut catholique de Paris.
BLIARD, Pierre, bibliographe, a Paris.
PALIS Eugene, aumonier, a Beziers.
BROISE (Rene de la) (f), docteur es lettres, ancien pro-
fesseur a 1'Institut catholique de Paris. PANNIER Eugene, professeur d'archeologie et de langues
orientales a la Faculte catholique de Lille.
DURAND (le R. P.), de la Compagnie de Jesus, a Cantor-
bery (Angleterre). PARISOT (le R. P. dom Jean), benedictin de la Congre-
gation de France, a Liguge.
ERMONI V., pretre de la Mission, docteur en theologie,
ancien professeur d'Ecriture Sainte au seminaire de PHILIPPE Elie, superieur du grand seminaire de
Saint-Lazare, Paris. Langres.
GATT, cure de Gaza (Palestine). PLAINE (le R. P., dom Francois), benedictin de la Con-
gregation de France, a Silos (Espagne).
HEIDET Louis, ancien secretaire du patriarche latin de
Jerusalem, ancien professeur a 1'Ecole des Etudes PRAT Ferdinand, ancien professeur d'Ecriture Sainte,
bibliques de Jerusalem. a Rome.
HEURTEBIZE (le R. P. dom Benjamin), benedictin de la REGNIER Adolphe, bibliothecaire a 1'Institut de France,
Congregation de France, lie de Wight. a Paris. .
HY Felix, professeur de botanique a la Faculte catho- RENARD !Paul, docteur en theologie, ancien professeur
lique d'Angers. d'Ecriture Sainte, superieur du grand seminaire dc
Chartres.
JACQUIER E., docteur en theologie, professeur d'Ecri-
sure Sainte aux Facultes catholiques de Lyon. REY Octave, du clerge de Paris.
LE CAMUS Emile (Ms r ), docteur en theologie, eveque de RUPERTO MARIA DE MANREZA (le R. P.), capucin, secre-
la Rochelle. taire du Cardinal Vives, a Rome.
LEGENDRE Alphonse (Mar), docteur en theologie, professeur SEDLACEK Jaroslaus, professeur a Prague.
d'Ecriture Sainte et d'archeologie biblique, doyen de SOMMERVOGEL (le R. P. Carlos^ de la Compagnie de
la Faculte catholique d:Angers. Je"sus, a Paris.
LESETRE Henri, cure de Saint-Etienne-du-Mont, Paris. TOUZARD, pretre de Saint-Sulpice, professeur d'Ecriture
LEVESQUE Eugene, pretre de Saint-Sulpice, professeur Sainte au seminaire de Saint-Sulpice, a Paris.
d'Ecriture Sainte au seminaire de Saint-Sulpice, a VAN DEN GHEYN (le R. P. Joseph), de la Compagnie de
Paris. Jesus, bollandiste, conservateur des Manuscrits de la
MANGENOT Eugene, professeur d'Ecriture Sainte au grand Bibliotheque royale, a Bruxelles.
seminaire de Nancy.' VITEAU (M. 1'abbe J.), a Paris.
DE LA BIBLE
G
G, troisieme lettre de 1'alphabet hebreu. Voir GHIMEL. Jerusalem, assimilait la montagne de Gaas a une colline
assez haute situee en face de ce village, au sud, et sur
GAAB Johann Friedrich, theologien protestant alle- les flancs septentrionaux de laquelle on voit encore un
mand, ne a Goppingen (Wurtemberg) le 10octobrel761, certain nombre d'excavations sepulcrales. Cette opinion,
mort a Tubingue le 2 mars 1832. Nomme professeur recue presque unanimement jusqu'ici, a ete ebranlte
extraordinaire a Tubingue en 1792, il y devint professeur par des recherches plus recentes. Le P. Sejourne pense
ordinaire en 1798 et bibliothecaire en 4814. Promu en que le successeur de Moi'se fut enterre plus haul, au
1822 surintendant general, il garda cette charge jusqu'a centre d'une vaste necropole qui se trouve a une heure
samort. On ade lui : Beitrdge zur Erkldrung der 1.2. environ a I'ouest-ouest-sud de Kefil-Hares, entre les
und 3. Bucher Mosis, in-8, Tubingue, 1776; Qbserva- deux villages de Serta et de Berukin, a 1'endroit appele
tiones ad historiam judaicam, in-8, Tubingue, 1787; Khirbet el Fakhdkhir. Voir la carte d'Ephrai'm, col. 1876.
Dogmengeschichte der alien griechischen Kirche, in-8, Dans ce cas, Gaas serait la montagne situee en face du
Jena, 1790;DasBuchHiob, in-8, Tubingue, 1809; Erkla- Khirbet au sud et qui, au temoignage formel des indi-
rung schwerer Stelien Jeremias, in-8, Tubingue, 1824; genes, porte le nom de Djebel el^Ghassdneh. Le village
Handbuch zum philologischen Verstehen der apocry- qui en occupe le centre s'appelle Deir el-Ghassdneh.
phen Schriften der Allen Testaments, in-8, Tubingue, Mais quelle relation y a-t-il entre 1'arabe 3LuxaJl, El-
1818-1819, etc.
Ghassaneh, et 1'hebreu ^7s, Gd'as? En retranchant la
GAAL. (hebreu : Gtfal; Septante : Facto), fils d'Obed, terminaison dneh, ajoutee par les Arabes, on peut voir
aventurier, qui, avec ses freres, porta secours aux Si- dans Ghass une contraction de Gd'as. Le changement
chemites en revolte contre Abimelech. Jud., ix, 26. du i, ghimel, en &, ghain (r grasseye), s'appuie sur des
Durant la fete ou les habitants de la ville offraient les
premices de la vendange a Baal leur dieu, Gaal les af- principes serieux de philologie. Cf. G. Kampffmeyer,
fermit dans leurs desseins de rebellion et chercha a se Alte Namen im heutigen Paldstina und Syrien, dans
faire mettre a leur tete. ZebuL, lieutenant d'Abimelech a la Zeitschrift des Deutschen Palastina-Vereins, Leipzig,
Sichem, avertit son maitre, en lui indiquant les moyens t. xv, 1892, p. 17. D'un autre cote, la gutturale 7, 'ot,
de saisir 1'aventurier. Abimelech vint avec une armee et s'est en quelque sorte confondue avec le ghimel dans
dent le fils d'Obed qui etait sorti de la ville pour le com- 1'unique lettre gham. C'est une des raisons qu'invoque
battre. Gaal voulut se refugier dans Sichem, mais Zebul le P. Sejourn pour identifier Thamnathsare avec Hares
1'en empecha. La suite du recit ne dit pas ce qu'il de- ou Kefil Hares. Cf. Revue biblique, Paris, 1893, p. 608-
vint. Jud., rx, 26-41 Josephe, Ant. jud., V, vn, 3, 4, qui 626. Voir THAMNATHSARE. A. LEGENDRE.
raconte les memes faits, 1'appelle TaaXY)?. *
E. LEVESQUE. 2. GAAS {Septante : omis dans le Codex Vaticanus;
GAAS (hebreu : Gd'aS), nom d'une montagne et d'un Codex Alexandrinus, Naa>.la;, union et contraction des
torrent de Palestine. /- deux mots hebreux nahale Gd'as, II Reg., xxin, 30;
Fade?, I Par., xi, 32), torrent mentionne deux fois dans
1. GAAS (Septante : Codex Vaticanus,Vot.\auiS; Codex 1'Ecriture, a propos d un des heros (gibborim) de David,
Alexandrinus, Faac, Jos., xxiv, 30; Faa?, Jud., n, 9), appele Heddai, II Reg., xxin, 30, et Rural, I Par., xi, 32,
montagne au nord de laquelle se trouvait le tombeau de dont il indique la patrie. Le mot nahale, au pluriel etat
Josue. Jos., xxiv, 30; Jud., n, 9. Elle fait partie du construit, signifie done ici les vallees plutot que le
massif central de la Palestine ou des monts d'Ephrai'm , torrent . C'est 1'equivalent de 1'arabe ouadi, qui- s'ap-
et n'est mentionnee dans 1'Ecriture que pour determiner plique aussi bien au torrent qu'a la valle"e dans laquelle
la position de Thamnathsare. Cependant com me cette il coule. L'ouadi Gaas devait ainsi prendre naissance ou
derniere ville est le point le plus important, c'est de son passer au pied de la montagne du meme nom. Si Ton
identification que depend celle de la colline en question. suit 1'opinion de V. Guerin, ce sera Tun des torrents
M. V. Guerin, Samarie, t. n, p. 98, qui croyait avoir qui partent des environs de Khirbet Tibneh. D'apres le
retrouve le tombeau de Josue pres de Khirbet Tibneh, P. Sejourne, ce serait plutot celui qui, partant du pied
a sept heures et demie environ au nord-nord-ouest de du Djebel El-Ghassdneh, sort des montagnes a gauche
DICT. DE LA. BIBLE. HI. -A
GAAS GABAA
de Medjdel Yaba, traverse la plaine, et va se joindre aux 29; Is., x, 29; Zach., xrv, 10; Septante: FaSaa, Jos.,
eaux de Ras el-Ain pour former .le Nahr el-Audjeh. Cf. xvm, 24; I Esd., n, 26; II Esd., vn, 30; xi, 31; Fa6a^,
Revue biblique, Paris, 1893, p. 621. Deja Mor Mislin, I Reg., xiv, 5; II Par., xvi, 6; Fa6at, I Par., VI, 60;
Les Saints Lieux, Paris, 1876, t. n, p. 137, avait donne Fa6ee, I Par., vm, 6; Foc6e, Zach., xiv, 10; Codex Vati-
le Nahr Ugeh (el-Audjeh), qui se jette dans la mer a canus, FaOsO; Codex Alexandrinus, Fa6^e, Jos., xxi,
une lieue au nord de Jaffa, comme etant le torrent de 17; Cod. Vat. FaigaX, Cod. Alex., Fagaa, IV Reg.,
Gaas de 1'Ecriture, et comme formant la limite entre la xxm, 8; Fagawv, II Reg., v, 25; pouv<5;, I Reg., xm, 3;
Samarie et la Judee. Voir GAAS 1. A. LEGENDRE. Vulgate : Gabaa, I Reg., xm, 3; xiv, 5; II Reg., v, 25;
IV Reg., xxm, 8; I Par., vm, 6; II Par., xvi, 6; Gabae,
GABA (hebreu : Geba'; omis dans les Septante), Jos., xxi, 17; Gaba, Is., x, 29; Gabee, Jos., xvm, 24;
ville de Palestine, mentionnee entre Machmas et Rama. I Par., vi, 60; Geba, II Esd., vn, 30; xi, 31; xii, 29;
Is., x, 29. Voir GABAA 2. collis, Zaeh., xiv, 10), ville de la tribu de Benjamin,
mentionnee entre Ophni (probablement Djifneh) et Ga-
GABAA (he"breu : Geba1, Gdba', Gib'dh; Septante : baon (El-Djib). Jos., xvm, 24. Elle fut, avec ses faubourgs,
Ta6aa, Fagae, Fagee), nom de plusieurs villes de Pales- attribute aux pretres en m^me temps que Gabaon, Ana-
tine. L'h^breu Geba', Gib'dh, indique la colline , thoth ('Andta) et Almath ou Almon (Khirbet 'Almit).
ainsi distinguee de la montagne , har; c'est le rapport Jos., xxi, 17-18; I Par., vi, 60. Elle est citee avec Rama
du tell arabe avec le djebel. Aussi, dans les Septante, (Er-Rdm) et Machmas (Mukhmas). 1 Esd., n, 26; II Esd.,
trouve-t-on plus d'une fois (Jo-jvd;, la ou la Vulgate a vii, 30; xi, 31. Le recit de I Reg., xrv, 4,5, nous montre
rnis Gabaa. Ce mot a ete applique comme nom propre qu'elle etait au sud de Machmas; c'est ce qui ressort
a plusieurs des sommets arrondis qui dominent les egalement du tableau ideal dans lequel Isaie, x, 28-32,
hauts plateaux de Juda, principalement dans les envi- contemple la marche des Assyriens centre Jerusalem.
rons de Jerusalem. Cf. Stanley, Sinai and Palestine, Laissant, pour 6tre plus libres, leurs bagages a Machmas,
Londres, 1866, p. 497. ceux-ci passent le defile (d'apres 1'hebreu), c'est-a-
dire 1'ouadi es-Sueinit, gorge profonde et abrupte,
1. GABAA (hebreu : Gib'dh; Septante : Fagadt), ville creusee entre les rochers au sud de Machmas; puis ils
de la tribu de Juda. Jos., xv, 57. Elle fait par-tie du troi- se disent: Que Geba soit notre quartier pour la nuit!
sieme groupe de la montagne , ou elle est citee entre s'encourageant ainsi, au milieu de ces difficultes, par
Accain et Thamna. L'ensemble des villes qui composent la perspective du repos qui les attend dans la belle et
ce groupe en fixe parfaitement la position au sud d'He- fertile Djeba', au sud-ouest. A la nouvelle de 1'approche
bron : Maon (Khirbet Ma'in), Carmel (El-Kurmul), des ennemis, les villes situees sur leur passage sont
Ziph (Tell ez-Zif), Jota (Yutta), Accain (Kirbet Yaqin). saisies d'effroi, Rama, Gabaath de Saul, etc. Tous ces
Voir la carte de la tribu de Juda. On ne trouve dans ce details reunis fixent d'une facon certaine la position de
district aucun nom qui reponde a celui de Gabaa; mais Gabaa au village actuel de 'Djeba', au nord-nord-est de
plus haut, au sud-ouest de Bethlehem, on rencontre un Jerusalem. Voir BENJAMIN 4, tribu et carte, 1.1, col. 15S9.
village, Djebd'a, qui reproduit exactement la denomi- Aux indications precises fournies par 1'Ecriture se joint
nation .hebraique. Situe sur le sommet d'une eminence, ici 1'exacte identite des noms: yaj, Geba', - *^/ Djeba'.
il ne renferme guere qu'une centaine d'habitants; mais Sur le changement du 3, ghimel, en ^,'djini, cf.
il contient plusieurs maisons qui paraissent fort an-
eiennes. Quelques cavernes artiflcielles, deux citernes et G. Kampffmeyer, Alte Namen im heutigen Paldstina
un tombeau creuse dans le roc appartiennent sans con- und Syrien, dans la Zeitschrift des Deutschen Palas-
teste, d'apres V. Guerin, Judee, t. in, p. 382, a la cite tina-Vereins, Leipzig, t. xv, 1892, p. 18; t. xvi, 1893,
judaique, peut-6tre meme chananeenne, dont le village p. 28. ' .
actuel occupe 1'emplaeement et dont il a conserve le Le village^ de Djeba' couronne la montagne sur les
nom. Pour le savant auteur, en effet, Djeba'a paralt etre flancs rocheux de laquelle serpente un sentier tres
1'antique cite de Juda dont nous parlons. Telle est aussi raide, pratique, sur plusieurs points, en escalier, et qui
1'opinion de Robinson, Biblical researches in Palestine, monte de 1'ouadi Souei'nit. II compte actuellement a peine
Londres, 1856, t. n, p. 6,16, et des explorateurs anglais, deux cents ames. Beaucoup de maisons sont renversees ;
Survey of Western Palestine, Memoirs, Londres, 1881- une trentaine seulement sont maintenant debout. Sur le
1883, t. in, p. 25; G. Armstrong, W. Wilson et Conder, point culminant du plateau ou elles s'elevent, on observe
Names and places in the Old and New Testament, un petit fort ou bordj, dont les assises inferieures sont,
Londres, 1889, p. 70. D'apres Robinson et le Survey, la sinon antiques, du moins composees de pierres de taille
meme locality representerait aussi la Gabatha, d'Eusebe qui le sont. a et la des citernes et des caveaux creuses
et de saint Jerome, Onomastica sacra, Go3ttingue, 1870, dans le roc datent ^videmment de 1'antiquite. II en est
p. 128, 246, donnee comme etant a douze milles (pres de mme d'un mur d'enceinte en gros blocs rectangu-
de dix-sept kilometre's) d'Eleutheropolis (aujourd'hui laires, dont quelques vestiges sont encore reconnais-
Beit-Djibrm) et comme renfermant le tombeau du pro- sables. V. Guerin, Judee, t. in, p. 68. Cf. Survey of
phete Habacuc. Cette derniere identification est admis- Western Palestine, Memoirs, Londres, 1881-1883, t. in,
sible ; mais nous doutons fort de la premiere. Malgre le p. 9, 94.
rapprochement onomastique, d'une incontestable exacti- La position de Gabaa lui donna une importance qui
tude, entre Djeba'a et Gib'dh, il manque ici un point fait tout le fond de son histoire dans les quelques pas-
d'appui tres important, le groupement methodique suivi sages ou elle est citee. A 1'epoque des luttes entre Saul
par Josue dans la description geographique des tribus, et les Philistins, ceux-ci, qui avaient penetr4 jusqu'au
facile a saisir surtout dans la tribu de Juda. Voir JUDA. cceur du pays, avaient, pour le maintenir dans la sou-
Le premier livre des Paraliponienes, n, 49, attribue a mission, etabli une garnison a Gabaa. Par un heureux
Sue la fondation ou la principaute de Gabaa (hebreu : coup de main, qui fut le signal de la guerre d'indepen-
Gib'a'; Septante : Codex Vaticanus, FaigaX; Codex dance, Jonathas la repoussa. I Reg., xm, 3. David, lui
Alexandrinus, Faigaa). A. LEGENDRE. aussi, battit un jour les Philistins et les poursuivit depuis
Gabaa jusqu'a Gezer (Tell Djezer). II Reg., v, 25. (Les
2. GABAA {hebreu : Gdba1, Jos., xvm, 24; I Reg., xiv, Septante ont mis ici Gabaon, de meme que la Vulgate
&;. I Esd., n, 26; II Esd., vn, 30; xi, 31; Geba', Jos., dans le passage parallele de I Par., xiv, 16.) Apres le
xxi, 17; I Reg., xni, 3; II Reg., v, 25; IV Reg., xxm, schisme, cette ville semble avoir marqu6 la frontiere
8;, I Par., vi, 60; vm, 6; II Par., xvi, 6; U Esd., XM, septentrionale du royaume de Juda. II est dit, en effet,
GABAA 6
IV Reg., xxni, 8, que le roi Josias detruisit et profana surs, le serviteur dit a son maitre : Allons, je vous
tons les hauts lieux depuis Gabaa jusqu'a Bersabee . prie, a la ville des Jebuseens, et demeurons-y. Celui-
L'ouadi Soueinit, qui court au nord de Djeba', est, en ci refuse de demander asile a la cite d'une nation
realite, une ligne de demarcation profonde, bien propre etrangere , et repond : Je passerai jusqu'a Gabaa, et,
a separer jadis, de ce cote, les deux royaumes de Juda quand je serai arrive la, nous y sejournerons, ou du
et d'Israel. Gabaa fut rehabitee au retou'r de la capti- moins dans la ville de Rama. t 12,13. Continuant
vite, avec Rama, sa voisine. I Esd., n, 26; II Esd., vn, leur chemin, ils se trouvent au coucher du soleil pres
30; xi, 31; XH. 29. Le prophete Zacharie, xrv, 10, de- de Gabaa. t- 14- Le temps du crepuscule est tres court
terminant les limites du pays dont il vient de predire la en Orient; force leur est done de s'arrter. C'est pen-
transformation, cite Geba? au nord et Remmon au sud. dant cette nuit, ou ils recoivent 1'hospitalite chez un
(Aulieu de dire avec la Vulgate: Depuis la colline,... Ephraimite, que les habitants de la ville commettent
il faut lire avec 1'hebreu et le grec : depuis Gebtf jus- leur crime infame. jfr. 15-25. D'apres cette premiere
qu'a Rimmon. ) Cette Gabaa est probablement distincte partie du recit, nous savons ainsi que Gabaa se trouvait
de Gabaa de Benjamin; elle Test certainement de Gabaa au nord de Jerusalem et au sud de Rama, sur la route de
de Saul. Voir GABAA 4, 5. A. LEGENDRE. Silo,c'est-a-dire celle qui va de la ville sainte a Naplouse.
Elle ne devait pas etre tres eloignee de Jebus, puisque
3. GABAA (hebreu : GiVdh, Jud., xix, 12, 14,16; la chute du jour ne permettait plus un long trajet.
xx, 4, 9, 13,14, 15, 19, 21, 25, 29, 43; une fois Geba', On salt quel cri d'horreur souleva dans tout Israel un
Jud., xx, 10; et Gdba'., Jud., xx, 34; Septante : pareil forfait. La guerre fut vite decidee, et, comme les
Ta.Sy.a.), ville de la tribu de Benjamin, comme 1'indique, Benjamites refusaient de livrer les coupables, elle eut
outre le contexte, 1'expression deux fois repetee : hag- lieu entre les tribus alliees d'Israel et celle de Benja-
Gib'dh dSer le-Binydmin ; Septante : ^ Fa6aa, TJ !<mv min. Le theatre fut la ville ainsi que les environs de Ga-
Iv TW Bevtajitv; Vulgate : Gabaa, quse est in tribu Ben- baa. Deux fois vaincus, les assiegeants livrerent une
jamin, Jud., xix, 14; Ta.Sa.0. TTJ? Bevta(Jisv; Gabaa Ben- bataille decisive. Apres avoir dresse des embuscades
jamin, Jud., xx, 4. On trouve aussi Gebct Binyamin; autour de la place, ils simulerent la fuite, se partageant
Fa6aa Bevtaiifv ; Gabaa Benjamin. Jud., xx, 10. Elle en deux corps, dont 1'un se dirigeait vers Bethel, au
est tristement celebre par 1'indigne outrage que plu- nord, et 1'autre vers Gabaa, Gib'dfdh bai-$ddeh, d'apres
sieurs de ses habitants firent subir a la femme du levite 1'hebreu; Ta&oni Iv aypw, d'apres les Septante. Jud., xx,
d'Ephraim, crime qui attira rexterminatibn^de la cite et 31. Qu'indique cette Gabaa dans la campagne ? On
de la tribu. Jud., xix, xx. C'etait une c ville , 'ir, ne sait au juste. Pour les uns, il s'agit des districts ru-
Jud., xix, 15, avec une place publique , rehob, 1.15, raux de la ville assiegee; pour les autres, de Geba1,
20, et pouvant fournir une troupe d'elite de sept cents aujourd'hui Djeba', au nord-est de Tell el-Foul. Voir
hommes. xx, 15, 16. La precision des details donnes GABAA 2. Le plan des confederes etait de faire sortir
par le recit nous permet d'en determiner la position. Le 1'ennemi et de 1'entrainer loin de la cite qu'ils voulaient
levite, accompagne de sa femme et d'un serviteur, quitte prendre. Pendant ce temps, 1'embuscade y penetrerait
Bethlebem dans la soiree, Jud., xix, 9, prenant, pour et y mettrait tout a feu et a sang. C'est ce qui arriva.
s'en retourner chez lui, la direction du nord. Au mo- Tous les enfants d'Israel, se levant done du lieu ou ils
ment ou les trois voyageurs arrivent pres de Jebus ou etaient, se mirent en bataille a 1'endroit appe!4 Baal-
Jerusalem, le jour commence a baisser. ^. 11. Le trajet Thamar. Les embuscades dressees autour de la ville
n'a du guere durer que deux heures. Cependant, pour commencerent aussi a paraitre peu a peu, et a s'avancer
n'etre pas surpris par la nuit dans des che rains peu du cote de la ville qui regarde 1'occident. xx, 33, 34.
GABAA 8
L'hebreu porte ici: L'embuscade s'elanga, mim-Ma'd- Benjamin. Cette distance conduit a peine a Scha'fdt,
reh-Gdba'; Septante : MapaayaSe. Ce passage obscur a village situe sur un plateau eleve, d'ou Ton decouvre
ete differemment rendu par les versions et diversement parfaitement les coupoles et les minarets de Jerusalem,
interprete par les commentateurs. Le Codex Alexandri- II y avait une ville ou est ce village; les citernes an-
nus, OL-KQ 8y fffiow TTJC Fa6aa, est d'accord avec la Vulgate, tiques et d'autres restes le disent assez : elle etait la
qui fait venir de 1'occident les troupes embusquees. premiere que devait trouver le levite sur sa route.
La maniere la plus simple, en effet, d'entendre le texte, L. Heidet, Maspha et les villes de Benjamin, Gabaar
est probablement de voir la ville attaquee a 1'ouest et au Gaboon et Beroth, dans la Revue biblique, Paris, 1894,
sud, les deux cot6s pour lesquels les assieges craignaient p. 337. D'apres 1'auteur de cet article, Scha'fat ne peut
le moins, puisqu'ils croyaient tout Israel enfui vers le representer que Gabaa. II est cependant un autre passage
nord et peut-etre vers Test. Cf. F. de Hummelauer, du meme historien juif qu'on peut rapprocher de
Comment, in lib. Judicum, Paris, 1888, p. 334. Presses celui-ci. Parlant, Bell, jud., V, n, 1, de la marche de
rudement, les Benjamites finirent par succomber et Titus sur Jeruralem, il nous apprend q-i'jls'avanca a
s'enfuirent en prenant le chemin du desert, c'est-a-dire travers la Samarie jusqa'a Gophna (aujourd'hui Djifneh).
vers Test. Jud., xx, 35-43. r- Cette seconde partie du La, dit-il, il campa une nuit, et le matin continua sa
recit ne nous apporte aucune lumiere, sinon que Gabaa marche; ayant fait une etape d'une journee, il etablit
se trouvait pres de Baal-Thamar, et, suivant 1'interpre- son camp dans le lieu appele des Juifs en leur langue la
tation qu'on peut donner a Jud., xx, 31, au carrefour vallee des Epines,pres d'un village appele TagaOo-aquXr;,
de deux routes, mesillot, 1'une se dirigeant au nord, Gabath-Saul (ce qui veut dire la hauteur de Saul ),.
1'autre probablement a Test. eloigne (Ste-/wv) de Jerusalem d'environ trente stades.
De tous les renseignements fournis par 1'ficriture, il Dans le texte grec, il est clair que le mot 8i-/a)v, Sloi-
ne ressort que deux points bien determines, entre les- gne, ne se rapporte pas au village de Gabath-Saul,
quels il faut chercher Gabaa : Jerusalem, au sud, et, au puisque xoifXYj est du feminin, mais a Titus ou a son-
nord, Rama, aujourd'hui Er-Rdm, a environ dix kilo- camp. C'est done, en realite, la vallee des fipines qui est
metres plus loin. Voir la carte de BENJAMIN, t. i, distante de trente stades, ou cinq kilometres 548 metres.
col. 1588. L'ouadi Samri ou Zamri, a Test de Tell el- Ce chiffre, d'apres M. Heidet lui-meme, Revue biblique,
Foul, rappelle peut-etre Baal-Thamar, Voir BAALTHAMAR, p. 337, note, nous conduit... a 1'ouadi ed-Dumm,
t. I, col. 1342. Josephe, Ant, jud., V, n, 8, rapportant vallee des Doumm, arbuste epineux, peut-etre celui
1'histoire du levite, nous dit que celui-ci, en passant de- que Josephe designe sous le nom generique de "AxavOoc.
vant Jebus, ne voulut pas sejourner dans une ville Or, 1'ouadi en question est un peii au-dessus de Tell el-
chananeenne, et prefera parcourir vingt stades (3 kilo- Ful, localite avec laquelle on identifie generalement
metres 700 metres) de plus pour s'arreter dans une ville notre Gabaa. On peut done croire que le bourg indique
d'Israelites; ce que faisant, il vint a Gabaa de la tribu de par 1'historien comme voisin du camp est celui-ci, plutot
9 10
que Scha'fat, situe plus bas ; on ne comprendrait guere, etre a Tell el-Foul. Depuis, Robinson, Biblical Re-
en effet, qu'il eut choisi comme point de repere le site searches in Palestine, Londres, 1856,1.1; p. 577-579, s'ap-
le plus eloigne. Mais comment concilier les deux pas- puyant sur les textes de Josephe et de saint Jerome que
sages, et quel chiffre faut-il preferer ? On repond que, nous avons rapportes, a mis cette hypothese plus en
clans le premier, les vingt stades peuvent Men n'avoir lumiere, en sorte que la plupart des voyageurs et des
qu'une valeur approximative : Marchons encore une exegetes Tont acceptee. Telle est en particulier 1'opinion
vingtaine de stades, dit le levite, et nous rencontrerons de Stanley, Sinai and Palestine, Londres, 1866, p. 213;
une ville habitee par des gens de notre nation. Cette W. M. Thomson, The Land and the Book, Londres,
explication est d'autant plus plausible que nous voyons, 1881, t. i, p. 436, 437; V. Guerin, Samarie, t. i, p. 188-
dans le m6me paragraphe de iosephe,Ant. jud.,V,n, 8, 197; Muhlau, dans Riehm, Handworterbuch des Bi-
quelques lignes au-dessus, combien les chiffres man- blischen Altertums, Leipzig, 1884, t. I, p. 511; Pillion,
quent d'exactitude ou tout au moms ont une certaine La Sainte Bible, Paris, 1899, t. n, p. 182; F. de Hum-
elasticite, puisqu'il place Bethlehem a trente stades de melauer, Comment, in lib. Judicum, Paris, 1888,
Jerusalem, alors qu'il aurait du dire quarante (sept ki- p. 315, etc. On identifie generalement Gabaa du livre
tnetres 398 metres). Ensuite, a la distance precise de des Juges avec Gabaa de Saul, mais est-elle identique a
3 700 metres, on ne trouve sur la route meme suivie Gabaa de Benjamin ? Voir GABAA 4. A. LEGENDRE.
par le levite aucune ruine de ville qui puisse repondre
a celle de Gabaa; tandis que, un peu plus loin, a une 4. GABAA DE BENJAMIN (hebreu : Gib'at Binydmin,
demi-heure environ au sud de Rama, ou il n'eut pas le I Reg., XHI, 2, 15; xiv, 16; Gib'at bene Binydmin, II
temps .de parvenir, a cause de la nuit qui 1'avait surpris Reg., xxni, 29; Geba* Binydmin, I Reg., xin, 16;
n chemin, s'eleve une colline repondant parfaitement III Reg., xv, 22; Gib'dh, 1 Reg., xiv, 2; Septante :
aux donnees de 1'Ecriture et a celles de Josephe. Elle FaSee TOU Bevia^efv, I Reg., XIII, 2; Fa6aa BsvtafAEtv,
s'appelle Tell el-Ful ou la colline des feves (fig. 2). I Reg., xin, 15; Ta6el Beviafxeiv, I Reg., xin, 16; xiv, 16;
Cette hauteur, par son elevation et sa forme conique, r<x6ae6 uSb; Beviajxstv, II Reg., XXlii, 29; POVIVO? Bevta-
justifie tres bien la denomination de gib'dh. Elle est [xefv, HI Reg., xv, 22; POUVO?, I Reg., xiv, 2; Vulgate :
actuellement cultivee d'etage en etage. Sur la plate-forme Gabaa Benjamin, I Reg., xin, 2,15,16; xiv, 16; IV Reg.,
superieure, on remarque les restes d'une tour rectangu- xv, 22; Gabaath ftliorum Benjamin, II Reg., xxni,
laire me&urant approximativement dix-huit metres de 23; Gabaa, I Reg., xiv, 2), ville de la tribu de Benjamin
long sur seize de large. Les fondations en ont ete son- qu'on identifie ou avec Gabaa de Jud., xix, xx, ou avec
dees par le lieutenant Warren, au mois de mai 1868, Gabaa de Jos., xvin, 24, aujourd'hui Djeba'. Voir GA-
jusqu'a une assez grande profondeur : elles consistent BAA 2 et 3. Bisons tout de suite que la Gabaa Ben-
en moellons peu reguliers cimentes seulement avec de jamin de Jud., xx, 10, se rapporte incontestablement a
la terre. Quant a la tour proprement dite, elle devait la premiere, comme le prouve le contexte. Mais la
ctre batie avec des blocs plus considerables, dont quel- question devient difficile lorsqu'on examine le recit du
ques-uns sont encore en place. Au centre avait ete premier livre des Rois, xin, xiv, dans lequel apparait
construit une sorte de puits carre, aboutissant, dans sa plus pleinement la forme Gabaa de Benjamin . II est
partie inferieure, a une grande pierre percee d'un ori- necessaire de determiner les points essentiels de ces
fice cjrculaire et placee au-dessus d'une cavite peu con- luttes entre Saul et ies Philistins. Nous trouvons d'abord
siderable. Autour regnaient un chemin de ronde et une Saul etabli, avec un corps de deux mille hommes, a
enceinte, aujourd'hui en grande partie demolie; elle Machmas, aujourd'hui Mukhmas, et sur la montagne
eiait construite avec des blocs assez mal equarris; les de Bethel (Beitin), c'est-a-dire dans le district eleve et
vides etaient remplis avec des blocailles. Au nord et au accidente qui s'etend entre ces deux localites. Voir la
bas de cette colline, s'etendent, le long de la route con- carte de BENJAMIN, t. i, col. 1588. Un second corps de
duisant de Jerusalem a Naplouse, pendant 1'espace de mille hommes, commande par Jonathas, fils aine du roi,
plusienrs centaines de metres, des ruines assez indis- se tient a Gabaa de Benjamin, au sud. I Reg., xin, 2.
tinctes, au milieu desquelles on remarque quelques gros Les Philistins, qui ont $a et la place des garnisons a
.blocs et des citernes creusees dans le roc. Ces ruines travers le pays hebreu, pour le maintenir dans la sou-
appartiennent a la m6me localite antique, dont la col- mission, ont entre autres a Gabaa (hebreu : Geba') un
line etait 1'acropole naturelle, que 1'art avait ensuite poste que Jonathas enleve dans un heureux coup de
ibrtifiee. Cf. V. Guerin, Samarie, t. I, p. 188; Swvey main. I Reg., xin, 3. II faut remarquer ici qu'au JL 3, le
of Western Palestine, Memoirs, Londres, 1881-1883, texte original donne, non plus Gib'dh, comme au }L 2,
t. in, p. 158. mais Geba', nom courant de la ville sacerdotale men-
On appuie encore Identification de Gabaa avec Tell tionnee dans Josue, xvin, 24, et ailleurs (Voir GABAA 2)
el-Foul sur un passage de saint Jerome, racontant le et situee entre Tell el-Foul et Moukhmas. On peut, il
pelerinage de sainte Paule en Palestine. II nous la est vrai, objecter que Gabaa de Jud., xix, xx, est ega-
montre se rendant d'Emmaus par Bethoron a Jerusalem, lement appelee Geba', Jud., xx, 10. Mais on peut re-
laissant a droite Aialon et Gabaon, puis s'arretant pondre aussi qu'alors elle est determinee par le mot
quelque temps dans la ville de Gabaa, detruite jusqu'aux Binydmin. Puis, s'il s'agit de la mme place, pourquoi
ibndements , entrant enfin dans Jerusalem. Cf. S. Je- lui donner deux denominations diflerentes a dix mots -
rome, Epist. cvm, t. xxn, col. 883. La seule conclusion d'intervalles ? La .du reste n'est pas la plus grande diffi-
-certaine a tirer de ce texte, c'est que Gabaa est distincte culte. La victoire de Jonathas est le signal d'une guerre
de Gabaon et qu'elle se trouvait au nord et non loin de d'independance. Saul fait un appel aux armes, et le
Jerusalem. Mais il est difficile d'y voir un argument peuple se rassemble a Galgala. Les Philistins, de leur
pour ou contre Tell el-Foul, de meme que pour Scha'fat. cote, se preparent a la lutte, et viennent prendre position
11 n'est pas moins impossible de confondre la ville dont a Machmas, que le roi a abandonne pour se rendre a
nous parlons avec Geba', actuellement Djeba', trop eloi- Galgala. I Reg., xin, 5. Les Israelites effrayes, resserres
.gnee pour que le levite eut pu 1'atteindre dans le court entre le Jourdain et les montagnes, se cachent dans les
intervalle qui s'ecoula entre le moment ou il passa de- cavernes ou s'enfuient dans le pays de Gad et de Galaad.
vant Jerusalem et celui ou le soleil disparut complete- Ceux memes qui demeurent avec Saul tremblent der-
ment a 1'horizon. riere lui. Apres 1'holocauste indument oflfert en 1'absence
C'est en 1843 qu'un savant allemand, M. Gross, dans les de Samuel, le prince desobeissant vient, avec Jonathas et
Theolog. Studien und Kritiken, 1843, p. 1082, cherchant une petite troupe de six cents hommes, a Gabaa de Ben-
Cabaa au sud de Rama, emit la conjecture qu'elle pouvait jamin, hebreu : Geba' Binydtnin, j. 16, comme Jud.,
11 GABAA
xx, 10. On peut done retrouver ici le premier poste de eviter les obstacles de la voie ordinaire, tenterait de se
Jonathas, jfr. 2, ou Tell el-Foul. Avant d'en venir aux frayer un chemin vers Test; le second defendant la
mains, les Philistins organisent le pillage, en envoyant grande route de Jerusalem a Naplouse. Les textes que
trois bandes de- maraudeurs, 1'une vers le nord, 1'autre nous venons d'expliquer ont leur obscurite, que nous
vers 1'ouest, la derniere vers Test; mais ils n'osent sommes loin de meconnaitre. L'identification de Gabaa
s'avancer vers le sud, ou Saul et les siens sont retranches de Benjamin avec Gabaa de Jud., xix, xx, est plus ge-
dans une forte position, i/. 17, 18. neralement acceptee. Quelques auteurs cependant pre-
Telle est, a la fin du chapitre XHI, la situation respec- ferent 1'assimilation avec Gabaa-Djeba'. Voir entre autres
tive des deux armees; mais, au ^. 23, 1'hebreu nous F. de Hummelauer, Comment, in libfos Samuelis,
montre les Philistins faisant un pas en avant : Le Paris, 1886, p. 143. A. LEGENDRE.
poste des Philistins sortit vers la passe de Mikmas,
c'est-a-dire vers 1'ouadi Es-Sue'mit, ravin profond 5. GABAA DE SAUL (hebreu : GiVdfdh, avec he
dont les parois s'elevent comme des murs, et qui forme local, I Reg., x, 26; Gib'dh, I Reg., xxn, 6; xxin, 19,-
un immense fosse entre Moukhmas et Djeba'. II semble xxvi, 1; Gib'af Sd'ul, I Reg., xi, 4; xv, 34; II Reg.,
que Saiil s'est avance de son cote. Cependant Saiil se xxi, 6; Is., x, 29; Septante : Ta6aa; Codex Alexan-
tenait a 1'extremite de Gabaa (hebreu : Gib'dh), sous le drinus, FaoaaOa, I Reg., X, 26; Fa6ad Trpb? SaouX,
grenadier qui e"tait a Magron (Septante : MayScov). I Reg., XI, 4; Fa6aa, I Reg., XV, 34; Tagawv Saov>,
I Reg., xiv, 2. L'extremite de Gabaa peut representer II Reg., xxi, 6; uoXt? Sao-jX, Is., x, 29; POUVO?, I Reg.,
ici le nord ou le nord-est du territoire de Gib'dh. C'est xxii, 6; XXHI, 19; xxvi, 1; Vulgate : Gabaa, 1 Reg., x,
alors que Jonathas tente et accomplit un second exploit. 26; xv, 34; xxii, 6; xxin, 19; xxvi, 1; Gabaa Saul,
Ne pouvant supporter 1'inaction en face de 1'ennemi, il II Reg., xxi, 6; Gabaa Saulis, 1 Reg., xi, 4; Gabaath
dit a son ecuyer : Viens, et passons jusqu'a ce .poste Saulis, Is., x, 29), ville mentionnee comme la demeure
des Philistins, qui est au dela de ce lieu, c'est-a-dire de Saiil, apres qu'il fut elu roi. I Reg., x, 26; xxii, 6.
au dela de 1'ouadi Soueinit. I Reg., xiv, 1. Franchissant C'est la que vinrent le trouver les envoyes de Jabes
tous deux, al'insu du roi, les ravins et lavallee princi- Galaad pour solliciter son appui, I Reg., xi, 4; la qu'il
pale, ou se dressent, comme des dents, deux collines retourna apres la sentence de reprobation portee centre
Isolees, 1'une du cote" de Machmas, 1'autre du cote de lui par Samuel, I Reg., xv, 34; la qua les habitants de
Gabaa (hebreu : Gaba'), ils montent, grimpant avec les Ziph vinrent lui decouvrir la retraite de David. I Reg.,
mains et les pieds le long des rochers, et tuent xxm, 19; xxvi, 1. Les Gabaonites demanderent un jour
vingt hommes du poste. t- 4, 5, 13, 14. Le gros de a David qu'on leur livrat sept des enfants de Saiil pour
1'armee philistine eroit a une attaque de toutes les forces les crucifier dans cette ville. II Reg., xxi, 6. Cette Gabaa
Israelites et s'enfuit epouvante. f . 15. Remarquons ici est parfaitement distincte de celle que 1'hebreu appelle
comment, aux f . 2, 5, est nettement marquee la dis- Geba' ou Gdba'. Jos., xvni, 24, etc. Voir GABAA 2. Isaie,
tinction entre les deux Gabaa, 1'une appelee Gib'dh, jt. 2, en effet, x, 28-32, decrivant la marche des Assyriens
et 1'autre Geba' ou Gaba,', a cause de la pause, la der- centre Jerusalem, nous les montre passant a Machmas
niere de"signant certainement Djeba'. Or, continue (Mukhmas), puis a Gaba (Djeba') au sud, portant 1'e-
le texte sacre, les sentinelles de Saiil, qui etaient a pouvante a Rama (Er-Rdm), faisant fuir les habitants
Gabaa de Benjamin (hebreu : Gib'af Binydmin), regar- de Gabaath de Saiil. Cette ville etait done au sud de
derent, et voici une multitude abattue ou fuyant ca et Rama, ce qui la fait identifier avec la Gabaa de Jud.,
la... Et pendant que Saiil parlait au pretre, le tumulte xix, xx, la Gabaa de Benjamin, suivant bon nombre
qui etait dans le camp des Philistins allait en s'etendant d'auteurs. Josephe, du reste, Bell, jud., V, n, 1, men-
et en augmentant... Et Saiil jeta un cri, ainsi que tout tionne une FaSaOffaouXyj a trente stades de Jerusalem,
le peuple qui etait avec lui, et ils vinrent jusqu'au lieu ce qui correspond au village actuel de Tell el-Ful. Voir
du combat. t-16,19, 20. II est clair que les sentinelles GABAA 3. Co rider assimile a tort la cite de Saiil avec
Israelites ne pouvaient etre a Tell el-Foul. Bien que la Geba' ou Djeba', qui aurait ete la capitale d'un district
colline soit tres elevee, sa distance de Machmas ne per- represente par le nom feminin gib'dh. Cf. Palestine Ex-
met pas de voir jusque-la, encore moins d'entendre le ploration Fund, Quarterly Statement, Londres, 1877,
bruit qui s'y fait. II s'agit done ici de 1'extremite du p. 104-105; 1881, p. 89. A. LEGENDRE.
territoire de Gabaa , JL 2, c'est-a-dire des hauteurs
assez rapprochees de Djeba'. Nous savons bien que, 6. GABAA (hebreu :bag-gib'dh, I Reg., VH, 1; II Reg.,
dans ce mme jfr. 2, les Septante ont pris le mot hag- vi, 3, 4; Septante : ev TW POUVW, I Reg., vn, 1; II Reg.,
gib'dh pour un nom commun, la colline; en sorte vi, 3), lieu ou se trouvait la maison d'Abinadab, dans
que le sens peut etre : Saiil se tenait a 1'extremite de laquelle fut transportee 1'arche d'alliance, lorsqu'on
la colline; mais cette maniere de lire ne tranche la 1'amena de Bethsames a Cariathiarim, I Reg., vn, 1, et
question ni dans un sens ni dans 1'autre. II n'en reste ou David vint la prendre pour 1'emmener a Jerusalem.
pas moins t'tabli : 1 que Geba' tout seul s'applique tou- II Reg., vi, 3, 4. La Vulgate a traduit le mot gib'dh par
jours a Djeba', jamais a Tell el-Fiil, en admettant le nom propre Gabaa; les Septante y ont vu plus juste-
1'identification proposee; 2 que Geba' Binydmin se ment^le nom commun, ev TW fJovvw, sur la colline.
. rapporte certainement dans un endroit, Jud., xx, 10, a II designe, en eflet, la partie haute de la ville, ou etait
Tell el-Foul et non a Djeba', et que, dans 1'autre, I Reg., la demeure d'Abinadab, a moins que Ton ne fasse de
XIH, 16, rien n'oblige a changer la signification; 3 que Gabaa un quartier special, comprenant le point cul-
le texte sacre semble bien nettement distinguer Geba' de minant de la cite. Ce qu'il y a de certain, c'est que les
Gib'af Binydmin. 1 Reg., xin, 2, 3; xiv, 2, 5. Reste habitants de Cariathiarim ne transporterent pas ailleurs
un passage du troisieme livre des Rois, xv, 22, dans 1'objet sacre qui leur etait confie. Voir t. n, CARIATH,
lequel nous voyons Asa rebatir ou fortifier Gabaa de col. 268; CARIATHIARIM, col. 273. A. LEGENDRE.
Benjamin avec les materiaux arraches a Rama (Er-Rdm),
Le texte hebreu porte ici Geba' Binyamin, mais le recit 7. GABAA (Codex Vaticanus, Tat6af; Codex Alexan-
parallele de II Par., xvi, 6, donne Geba', Septante : drinus, Fai65; Codex Sinaiticus, FaiSiv), pays dans
Fagots. II y a done lieu d'hesiter. D'ailleurs Djeba' et lequel vint Holopherne apres avoir traverse la Syrie
Tell el-Foul sont deux points rapproches d'Er-Ram et de Sobalr toute 1'Apamee et toute la Mesopotamie .
occupent une position strategique importante, le premier Judith, in, 14. La Vulgate, qui donne ce detail, place
commandant le large fosse A'Es-Sue'lnit et pouvant la terre de Gabaa dans 1'Idumee, ou elle est com-
.barrer le passage a 1'ennemi dans le cas ou celui-ci, pour pletement inconnue. Ce district n'est du reste mentionoe
13 GABAA GABAATH DE PHINfiES
nulls part ailleurs. Le grec porte : Et il vint devant dans 1'enumeration de Josue1, xvin, 21-28, la cite en
Esdrelon, pres de Dothai'a, qui est en face de la grande question n'est pas mentionnee avant Jebus, dans le
Scie de la Judee, et il campa entre Gaba et Scythbpolis. meme groupe que Gabaon, Rama et Mesphe. Voir BEN-
Judith, m, 9, 10. Esdrelon est la plaine bien connne, JAMIN 4, t. i, col. 1589. La place qifelle occupe ici
qui coupe la Palestine aux deux tiers de sa longueur; semble la mettre plutot a 1'ouest de Jerusalem, du cote
Dothai'a est Dothain, aujourd'hui Tell Dothdn, au sud de Cariathiarim (Qariet el-Enab). Les explorateurs
du Sahel 'Arrabeh; Scythopolis n'est autre que Beisan, anglais 1'assimilent a Djibi'a, localite situee a pres de
1'ancienne Bethsan. Dans ces conditions, Gabaa pent cinq kilometres au nord de cette derniere. Cf. Survey
done avoir pour representant le village actuel de Djebcf, of Western Palestine, Memoirs, Londres, 1881-1883,
au sud de Tell Dothan, sur la route de Sebastiyeh ou t. in, p. 43; G. Armstrong, W. Wilson et Conder,
Samafie a Djenin. Bati sur le flanc d'une colline, ce Names and places in the Old and New Testament,
bourg florissant est entoure de beaux bouquets d'oliviers. Londres, 1889, p. 70. L'ordre d'enumeration conduirait
C'est apparemment un site antique, avec des grottes se- plus exactement a Khirbet el-Djubei'ah, a gauche de la
pulcrales taillees dans le roc, a 1'est. Cf. Survey of route qui va de Jerusalem a Qariet el-'nab, et pres de
Western Palestine, Memoirs, Londres, 1881-1883, t. n, Qastal. A. LEGENDRE.
p. 155, 185; G. Armstrong, W. Wilson et Conder,
Names and places in the Old and New Testament, 2. GABAATH DE PHIN&ES (hebreu : Gib'at Pine has;
Londres, 1889, p. 67. A. LEGENDRE. Septante : Codex Vaticanus, Pa6aap ^ewss;; Codex
Alexandrinus, Pa6a6 *tvsi?), lieu de la sepulture
8. GABAA HACHILA (hebreu : Gib'af ha-JfoMldh; d'Eleazar, fils d'Aaron. Jos., xxiv, 33. II se trouvait dans
Septante : dv TW POVVW TW 'E^eXa). I Reg., xxvi, 3. II la montagne d'Ephrai'm, sur un terrain donne a Phi-
s'agit ici de la colline d'Hachila , comme la Vulgate nees. Josephe, Ant. jud., V, I, 29, place le monument
a mieux traduit. I Reg., xxm, 19. Voir HACHILA. et le tombeau du grand-pretre dans la ville de Ga-
batha . Eusebe et saint Jerome, Onomastica sacra,
GABAATH (hebreu : GiVaf, etat construit/ de Gcettingue, 1870, p. 128, 246, appellent la ville de Phi-
Gib'dh), nom de plusieurs villes de Palestine. nees Gabiath, Pagcta;, et 1'assignent a la tribu de Ben-
jamin. Saint Jerome, Epist. cvm, t. xxn, col. 888, rap-
1. GABAATH (Septante : Codex Vaticanus, Pa6aw- porte que sainte Paule, montant de la vallee du Jourdain
Otapesji.; Codex Alexandrinus, Fa6aa0 xa\ u6Xt; 'lapifx), vers Bethel et Naplouse, venera sur la montagne
ville de la tribu de Benjamin. Jos., xvni, 28. Elle fait d'Ephrai'm les tombeaux de Josue et d'Eleazar, situes,
partie du dernier groupe et doit etre cherchee dans les 1'un a Thamnath-Sare au nord du mont Gaas, 1'autre a
environs de Jerusalem; mais son identification donne Gabaa de Phinees. V. Guerin, Samarie, t. n, p. 106-
lieu a plusieurs difficultes. Comme Gib'af en hebreu est 109, s'est appuye sur ce passage pour identifier Gabaath
a. 1'etat construit et n'est pas distingue par la conjonction avec DjibVa, au nord-ouest de Djifneh. Voir la carte de
et du mot suivant, Qiryaf (Cariath), on a suppose que la tribu d'EpHRAi'M, col. 1876. Ce village, en effet, n'est
les deux noms ne designaient qu'une seule ville, Gib'af qu'a quelques kilometres de Khirbet Tibneh, ou le sa-
Qiryaf. Cf. R. J. Schwarz, Das heilige Land, 1852, vant explorateur croit avoir retrouve le tombeau de Jo-
p. 98, 102. Mais il faut remarquer que les plus sue\ Voir THAMNATHSARE. Les deux monuments veneres
anciennes versions ont admis la conjonction : nous la par 1'illustre Romaine se repondaient ainsi en quelque
trouvons dans le manuscrit alexandrin des Septante, sorte sur deux hauteurs voisines, au milieu du massif
dans la Vulgate et dans la Peschito, qui porte : et Ge- d'Ephrai'm. Le nom arabe, tel que 1'ecrit V. Guerin,
beath et Quriathin. Ajoutons que le vav manque plus
id'une fois, dans certaines enumerations, entre des villes ^&., Djibi'a, peut representer 1'hebreu n733, Gib'dh.
certainement distinctes, comme Adullam et Socho, 11 y a difficulte cependant pour 1'orthographe. Cf. G.
Jos., xv, 35; Accai'n et Gabaa. Jos., xv, 57. II est juste Kampffmeyer, Alte Namen im heutigen Palastina,
enfin de dire que le mot Qiryaf etant lui-mme a 1'etat dans la Zeitschrift des Deulschen Paldstina-Vereins,
construit suppose un complement; voila pourquoi on a t. xvi, 1893, p. 28-31. Djibi'a ne renferme actuelle-
conjecture que la lecture primitive pouvait etre Qiryaf ment qu'un fort petit nombre d'habitants; on y
Ye'drim, la ville des forets, Cariathiarim. On peut, remarque une dizaine de citernes et un birket ou re-
il est vrai, meme dans ce cas-la, regarder Gib'at comme servoir antique, creuse dans le roc, qui mesure treize
un quartier special ou un faubourg de Cariathiarim, pas de long sur autant de large. A cinq minutes a 1'est,
celui ou fut transported 1'arche d'alliance, I Reg., vu, 1 et sur le meme plateau eleve dont ce village occupe la
(voir GABAA 6), en sorte que Gib'af-Qiryaf signi- partie occidentale, s'etendent, au milieu d'un petit bois
lierait Gabaa de Cariath[iarim]. Mais d'abord il n'est de vieux oliviers ou de hautes broussailles, des ruines
pas sur que Gabaa de I Reg., vu, 1; II Reg., vi, 3, 4, appelees Khirbet Seid. A cote de maisons renversees,
soit un nom propre; il est plus probable meme qu'il qui paraissent avoir ete baties avec des pierres assez
faut, avec les Septante, le prendre pour le nom regulierement taillees et de dimension moyenne, on
commun colline , poyvo?. Ensuite il parait singulier observe les vestiges encore reconnaissables d'une
qu'on ait fait passer la frontiere de Juda et de Benjamin ancienne eglise chretienne. Plusieurs troncons de co-
juste entre la ville et son faubourg, bien.Nque celle-ci lonnes separes de leurs bases et de leurs chapiteaux
soit sur la limite extreme des deux tribus et puisse a sont gisants sur le sol. La tradition juive place le
la rigueur avoir appartenu a 1'une et a 1'autre. Voir tombeau d'Eleazar plus haut, a 'Auerlah, au sud de
pour plus de details ce que nous avons dit a propos de Naplouse, sur les bords du Sahel Makhnah. Telle est
CARIATH, t. H, col. 268. celle des rabbins dont les ecrits et temoignages ont et^
Nous sommes ici dans les conjectures. II est permis recueillis par E. Carmoly, Itineraires de la Terre
toutefois de suivre 1'autorite des anciennes versions et Sainte, in-8, Bruxelles, 1847, p. 186, 212, 386, 445. Tel
de prendre Gabaath pour une ville distincte. Mais dans est aussi le sentiment de R. J. Schwarz, Das heilige
ce cas ou la placer? Faut-il l'identifier avec Gabaa de Land, 1852, p. 118, 355. Des auteurs modernes ont ac-
Benjamin ou Gabaa de Saul, qu'on croit generalement cepte cette opinion. Cf. Survey of Western Palestine,
retrouver a Tell el-Foul, au nord de Jerusalem ? Voir Memoirs, Londres, 1881-1883, t. n, p. 288; Conder,
GABAA 3, 4, 5. Le voisinage de la ville sainte fait pen- Handbook to the Bible, Londres, 1887, p. 256, 412.
cher M. V. Guerin, Samarie, 1.1, p. 191, vers cette opi- D'autre part, on a conteste, ces derniers temps, 1'empla-
nion. On peut neanmoins se demander pourquoi alors, cement du tombeau de Josue a Khirbet Tibneh, et Toil
15 GABAATH DE PHINEES. GABAON 16
a cm le reconnaitre plus loin vers le nord, entre les Benjamin, Jos., xvm, 25, etdonneeaux enfants d'Aaron.
deux villages de Serta et de Berukin, a 1'endroit 'appele Jos., xxi, 17.
Khirbet el-Fakhdkhir. On ajoute que 1'indication tiree I. SITUATION. Les villes avec lesquelles elle est
du voyage de sainte Paule est vague, et que le rappro- mentionnee nous permettent de fixer, au moins d'une
- chement entre les deux sepulcres, inspire par le texte facon generate, son emplacement. La confederation dont
de la Bible, n'en exige pas le voisinage. Cf. P. Sejour- elle etait le centre comprenait : Cariathiarim, aujour-
nc, Thimnath-SerachetThimnath-Heres,dansla Revue d'hui Qariet el-'Enab, au nord-ouest de Jerusalem,
biblique, Paris, 1893, p. 625. Des fouilles pourraient Caphira ou Caphara, actuellement Kefireh, au nord de
seules nous donner ici une solution. la premiere, et Beroth ou El-Bireh, sur la route de la
A. LEGENDRE. ville sainte a Naplouse. Voir la carte de la tribu de
3. GABAATH DES FILSDE BENJAMIN. II Reg., XXIII, BENJAMIN, 1.1, col. 1588. Dans 1'enume'ration des localites
29; I Par., xi, 31. Voir GABAA 4. appartenant a la tribu, Jos., xvm, 25, elle est citee avant
Rama, Er-Rdm, qui se trouve entre Jerusalem et El-
4. GABAATH DE SAUL. Is., X, 29. Voir GABAA 5. Bireh. C'est done dans la partie occidental de Benja-
GABAATHITE (hebreu : hag-Gibe'dfi; Septante : min, et dans le rayon determine" par ces diflerents points
6 Pa6a6txr,s), originaire de Gabaa 4. I Par., xn, 3. qu'il fautla chercher. Or, a 1'ouest d'Er-Rdm, existeun
Voir SAMAA 4. village dont le nom rappelle, bien qu'imparfaitement, la
forme hebraique, et dans lequel on a generalement,
GABA^. Jos., xxi, ll. Voir GABAA 2. pour ne pas dire unanimement, jusqu'a nos jours re-
connu Gabaon. C'est El-Djib (fig. 3). Les donnees
GABAEL (Septante :Ta6^X; Codex Alexandrinus : traditionnelles sont malheureusement peu precises et
Tajia^).), ancdtre de Tobie d'apres le texte des Septante. pretent matiere a difficultes. Josephe, Bell, jud., II, xix,
Tob., I, 1. Selon le Codex Vaticanus, ce Gabael estdit 1, place le bourg (xwfir^) de FaSato a cinquante stades
simplement de la race d'Asiel, tandis que, d'apres le Co- (9 kilometres 247 metres) de Jerusalem; maisdans ses
dex Sinaiticus, il est dit, de plus, fils de Raphael, lequel Antiquites judaiques, VII, xi, 7, il n'indique que qua-
1'etait de Raguel. La vulgate omet completement cette rante stades (7 kilometres 398 metres). En realite, 1'in-
gnealogie. teryalle compris eatre les deux endroits est d'environ
dix kilometres. Eusebeet saint Jerome. Onomastica sa-
GABAON (bbreu : Gib'on, qui appartient a une cra, Goeltingue, 1870, p. 127, 243, parlant de Gabaon,
colline; Septante : Pagatdv), ville de Palestine, primiti- t metropole et cite royale des Heveens, disent qu'il y
vement habitee par les Heveens. Jos., xi, 19. C'etait avail encore de leur temps un bourg ainsi appe!4 pres
une grande cite, une des cites royales, Jos., x, 2, de Bethel, du cote de 1'occident a quatre milles environ
de laquelle dependaient Caphira, Be"roth et Cariathia- (pres de six kilometres), et voisin de Rama. Cette
rim. Jos., ix, 17. A 1'arrivee des Hebreux, elle surprit derniere condition est parfaitement remplie par El-
par ruse la bonne foi de Josue, et echappa ainsi a 1'ex- Djib, qui se trouve d'ailleurs au sud-sud-ouest de Beitin,
termination. Jos., ix. Elle fut assignee a la tribu de 1'ancienne Bethel, mais a onze kilometres au lieu de
17 18
six. Les m&mes auteurs, a propos de Beroth, Onoma- cola que cet endroit etait repute le pins grand des lieux
stica, p. 103, 233, semblent, si 1'on prend a la lettre et de sacrifice et que Salomon s'y rendit. On ne compren-
physiquement 1'expression sous Gabaon , placer cette drait guere, du reste, que le roi 1'eut choisi de prefe-
derniere a moins de sept milles (dix kilometres) de Je- rence uniquement en raison des 150 ou 200 metres qui
rusalem sur la route de Nicopolis, 'Amoas, suivant 1'elevent au-dessus des collines environnantes. C'est cette
Eusebe, de Neapolis, Naplouse, suivant saint Jerome. grandeur morale qu'y voient generalement les commen-
Nous avons expose, a 1'article BEROTH 2, t. i, col. 1621, tateurs et qui ressort le plus naturellement du contexte.
ies difficultes qui naissent de ces textes et les reponses Ajoutons maintenant en faveur d'El-Djib deux consi-
qu'on y peut faire. derations tirees de 1'histoire. Les rois amorrheens vain-
C'est principalement sur 1'autorite de cette assertion, cus par Josue sous les murs de Gabaon s'enfuient du
concernant directement Beroth, indirectement Gabaon, cote de 1'ouest, par le chemin qui monte vers Betho-
qu'une opinion recente place la premiere de ces locali- ron. Jos., x, 10. Cette marche s'explique tres bien avec
tes a ElrDjib, et la seconde a Nebi-SamuU. Cf. L. El-Djib qui setrouve sur la voie en question; tandis que,
Heidet, Maspha et les villes de Benjamin, dans la pour Nebi-Samouiil, il semble que les ennemis devaient
Revue biblique, Paris, 1894, p. 321-356. Depuis plu- plutot se precipiter par la route de Biddou et de Qou-
sieurs siecles on designe par le nom du prophete Sa- beibeh. Le m^rne fait se reproduit plus tard sous Cestius
muel , Nebi Samuil, la mosquee batie au sommet de Callus, qui, laissant le siege de Jerusalem pour battre
la plus haute colline (895 metres) des environs de Jeru- en retraite, gagne avec peine son camp de Gabaon, puis,
salem ; le sanctuaire a communique son nom au petit apres deux jours de perplexites, s'avance vers Bethoron,
village arabe qui s'est forme autour et a la montagne ayant abandonne tout ce qui pouvait le retarder. C'est
elle-meme. Du haul du minaret le regard embrasse un d'ailleurs le chemin qu'il avait suivi pour venir atlaquer
vaste horizon, d'un cote vers la Mediterranee, de 1'autre la ville sainte. Cf. Josephe, Ant. jud., VII, xi, 7; Bell,
vers. le Jourdain. De nombreux debris du passe, une jud., II, xix, 1.
piscine, des tombeaux tailles dans le roc, attestent Nous ne faisons pas difficulte d'avouer que le nom
1'existence d'une antique cite. El-Djib, situe a une petite actuel <_<,<>" )\, El-Djib, ne represente qu'a demi 1'he-
distance au nord, est un bourg de cinq cents habitants, breu F'lyas, Gib'on. On peut s'etonner surtoutde la chute
couronnant une belle colline, jrioins elevee (710 metres), de la gutturale, 7, dm, alors que *;*^, Djebtf, a garde
aux gradins a la fois nalurels et artificiels. Plusieurs cellede 73s, Gebtf. Voir GABAA2. Ilarriveparibis cepen-
maisons, interieurement voutees, paraissent fort an-
ciennes. Quelques citernes, creusees dans le roc, dant qu'une gutturale, a la fin des mots, disparalt, com-
doivent remonter a une epoque assez reculee. Tous les pensee seulement par une voyelle longue, ainsi : Gilbtfa
palestinologues, s'appuyant sur le nom et les donnees est devenu Djelbun; Ydnoafy, Ydnun; Neftdal.i Liftd.
generates de TEcriture indiquees plus haut, recon- Cf. G. Kampffmeyer, AlteNamen im heutigen Palastina,
naissent la Gabaon. dans la Zeitschrift des Deutschen Palastina-Vereins,
Quelles seraient done les raisons de preferer Nebi- t. xv, 1892, p. 26, 71. El-Djib peut done 6tre regarde
Samouil V Outre le temoignage d'Eusebe et de saint comme une forme abregee de Gabaon; il la reproduit
Jerome, on apporte celui de saint Epiphane, Adv. h&r., assez bien pour ne ceder que devant des temoignages
XLVI, 5, t. XLI, col. 844, qui, parlant des points les historiques incontestables qu'il nous faut attendre encore.
plus eleves auxalentours de Jerusalem, cite le mont des On avouera, en tous cas, que ce mot rappelle mieux
Oliviers, puis ajoute : A huit milles, est Gabaon, le Gabaon que Beroth. On trouve sur les listes egyp-
tiennes de Karnak, peu apres Bierotu, la Beroth de
plus eleve de tous. Mais on convient que la distance
ne s'applique pas exactement a Nebi-Samouil. En-
suite,, dans I'ltineraire de sainte Paule, nous voyons
la pieuse pelerine montant d'Emmaus par Bethoron a
Jerusalem, et apercevant a droite A'ialon et Gabaon
Benjamin (n 109), le nom de
J , Gabdu (n 114).
A. Mariette, Les listes geographiques des pylortes de
Karnak, Leipzig, 1875, p. 43, y voit Gabaa de Juda; mais
{cf. saint Jerome, Epist. cvni, t. xxn, col. 883), ce qui M. Maspero, Sur les noms geographiques de la lisle de
suppose que cette derniere ville n'etait pas sur 1'ancien Thoutmes III, qu'on peut rapporter a la Judee, extrait
chemin de Bethoron a Jerusalem, detail vrai pour des Transactions of the Victoria Institute, 1888, p. 19, y
Nebi-Samouil, mais non pour El-Djib. En realite, El- reconnait plutot Gib'ah, aujourd'hui El-Djib . Le
Djib est a une petite distance de la route en question, savant auteur a sans doute voulu dire Gib'on, puisque
qui laisse le village un peu a droite. Les quarante le combat entre les gens de Joab et d'Abner, qu'il men-
stades de Josephe, Ant. jud., VII, xi, 7, conviennent a tionne, eut lieu, non aupres de Gabaa, mais de Gabaon.
Nebi-Samouil. Oui, mais les cinquante de Bell, jud., II, Cf. II Reg., n, 12,13. C'est ainsi que, pour lui, le n 112
XIX, 1, conviennent mieux a El-Djib. C'est une autorite de la liste, Khalokatu, est identique a ce tfelqaf ftas-
qui se neutralise, et qu'U vaut mieux laisser de cote. surim, ou champ des vaillants , d'apres la Vulgate,
La Bible enfin, III Reg., in, 4, appelle Gabaon le haut ou se passa 1'episode en question. Cf. II Reg., H, 16.
lieu le plus grand , tiab-bdmdh hag-geddldh; les Sep- II partage 1'opinion de M. Tyrwhitt Drake, dans le
tante ont traduit : aoTYj [Fa6aa>v] V^Y]XOTCXT/] xat [leYaXr,, Palestine Exploration Fund, Quarterly Statement,
Gabaon etait la plus elevee et la plus grande, para- Londres, 1873, p. 101, qui pehse que 1'ouadi el-Askar,
phrasant ainsi, croit-on, le mot gedoldh, pour qu'on ne la vallee des soldats, au nord du village d'El-Djib,
le prenne point dans le sens purement moral. II y a represente cet endroit, et est une traduction ou une
pour ncus ici une mauvaise traduction; il fallait litte- reminiscence du nom hebreu. Dans ce cas, le mot qui
ralement : <&vt\ TO in}/r)X6v x6 (isya, Gabaon etait le precede immediatement Gabaon, c'est-a-dire 'En-gan-
haut lieu le plus grand, c'est-a-dire le plus important. dmu, serait la source d'El-Djib.
On sait que le bdmdh ou les bamot, TOC u4/r(Xa, designent II y a, en effet, une source abondante appelee 'Am el-
les collines ou les hauts lieux sur lesquels en offrait Djib, a une faible distance a 1'est du village, au pied
des sacrifices. Or, parmi ceux qui etaient 'consacres a d'un monticule actuellement cultive et convert de superbes
Jehovah, le plus grand, non au point de vue phy- oliviers et de grenadiers, autrefois compris dans 1'en-
sique, mais au point de vue moral, etait Gabaon. Si ceinte de 1'antique cite. Elle est renfermee dans une
1'arche d'alliance etait a ce moment sur le mont Sion, grotte oblongue, qui a eie regularisee et agrandie par la
1'ancien tabernacle et 1'autel des holocaustes etaient main de 1'homme. On y descend par plusieurs degres;
bab-bdnidh as.er be-Gib'6n, sur le haut lieu qui etait 1'eau est fraiche et limpide. Avec plusieurs autfes, qu'on
-a Gabaon. I Par., xvi, 39; II Par., i, 3, 4. G'est pour voit autour de la ville, elle represente bien c les eaux
20
abondantes *dont parle Je're'mie, XLI, 12. A cent metres de les voila maintenant tout sees et tombant en morceaux.
la, est un vieux reservoir, piscine ou birket, de forme Les Israelites se laisserent tromper et, sans consulter le
rectangulaire, mesurant vingt-quatre pas de long sur qua- Seigneur, firent alliance avec eux, promettant de leur
torze de large. Construit avec des pierres d'un appareil sauver la vie. Mais, trois jours plus tard, apprenant que
moyen, du moins dans la partie qui subsiste encore, il ces gens demeuraient dans le voisinage, ils vinrent dans
est a present aux trois quarts comble (fig. 4). La vallee les villes de la confederation c'est-a-dire Gabaon, Caphira,
que domine la petite montagne d'El-Djib est plantee Beroth et Cariathiarim. Fideles a leurs serments, ils en
d'oliviers, de figuiers et de grenadiers; ailleurs, elle est epargnerent les habitants, mais les obligerent a couper
ensemencee de ble et d'orge. Les steppes qui s'etendent du bois et a porter de 1'eau pour le service de tout le
Vers 1'est sont ce que 1'Ecriture appelle le desert de peuple, et les divers besoins de la maison de Dieu. Les
Gabaon (midbdr Gib'on) . II Reg., H, 24. Voir DESERT, Gabaonites et leurs allies accepterent volontiers ce role de
t. n, col. 1287. Cf. V. Guerin, Judee, 1.1, p. 385; Robinson, serviteurs. Cependant les rois amorrheens du sud, ayant
Biblical Researches in Palestine, Londres, 1856, t. i, appris la defection de Gabaon, qui etait une grande ville,
4. Ancienne piscine de Gabaon. D'apres une photografhie de M. Roinard. La piscine est a droite,
marquee par les personnages qui sont af ses quatre extre"mites.
p. 455; Survey of Western Palestine, Memoirs, Lon- et dont les gens de guerre 4taient tres vaillants, resolu-
dres, 1881-1883, t. in, p. 94-100. rent de chatier la cite coupable de trahison et d'enlever
II. HISTOIRE. lL'histoire des Gabaonites commence par la-m^me une tres forte position aux Hebreux. Ils
par un acte de ruse audacieuse. L'arrivee des Hebreux vinrent done 1'assieger. Les amis de Josue implorerent
dans la Terre Promise avait effraye tous les habitants du son secours. Celui-ci,montant de Galgala, arriva, par une
pays, qui se liguerent centre eux. Ceux de Gabaon, marche forcee, dans une seule nuit, et, tombant a 1'im-
apprenant ce que Josue avait fait aux villes de Jericho proviste sur les assiegeants, les mit en deroute. Apres
et d'Hai, et craignant de subir le meme sort, userent leur avoir inflig^ une grande defaite sous les murs de
d'adresse pour obtenir la paix sans combat. Prenant avec Gabaon, il les poursuivit par la montee de Bethoron. C'est
eux des vivres, comme des hommes qui entreprennent dans cette memorable journee qu'il arre'ta le soleil. Cf.
un tres long voyage, ils mirent de vieux sacs sur leurs Jos., ix, x, 1-15. Voir BETHORON 1 ,Histoire, 1.1, col. 1702.
anes, avec des outres de peau toutes rompues et recou- 2 Gabaon fut egplement le theatre d'une lutte acharnee
sues. Converts de vieux habits, ils portaienf aux pieds entre les partisans de David et ceux d'Isboseth. Abner et
des souliers rapiece's. C'est dans cet etat qu'ils se presen- Joab, avec leurs troupes, s'y rencontrerent pres de la
terent a Josue, qui etait alors a Galgala, dans la plaine piscine de fa ville, prohablement celle dont nous avons
du Jourdain, et lui dirent qu'ils venaient d'une contree parle plus haut. Le premier proppsa de s'en remettre
tres eloignee, dans le desir de faire la paix. Poussant aux chances d'un combat singulier. Le second acceptant,
jusqu'au bout la finesse, ils firent 1'eloge de Jehovah, au douze champions de chaque cote entrerent en lice, et
nom duquel ils pretendaient etre venus, et dont ils con- leur ardeur fut telle qu' ils se passerent tous 1'epee au
naissaient les merveilles anterieures. Voyez, ajoutent-ils, travers du corps, et tomberent morts tou ensemble; et
ces pains que nous avons pris tout chauds en partant; ce lieu s'appela le Champ des vaillants a Gabaon . La
21 GABAON GABRIEL 22
mel<5e devint alors generate, Abner fut battu et mis en duire le jeune Tobie, dit connaitre parfaitement Gabe-
fuite. Cf. II Reg., n, 12-17, 3 C'est aussi pres de la lus et etre meme demeure chez lui a Rages. Tob., v,
grande pierre qui est a Gabaon , probablement quelque 8 (Septante : 6). Apres son mariage avec Sara, le jeune
rocher isole, bien connu, que, plus tard, le meme Tobie prie le pretendu Azarias d'aller seul a Rages re-
Joab tua traitreusement Amasa. II, Reg., xx, 8-10. clamer 1'argent qui lui etait du : celui-ci fait le voyage,
4 Lorsque David ramena 1'arche d'alliance a Jerusalem, rend a Gabelus son recu et reprend la somme pretee.
le tabernacle resta a Gabaon. Sadoc et les autres pretres Gabelus sur son invitation vient a Ecbatane chez Raguel
y offraient sur 1'autel le sacrifice quotidien. I Par., xvi, et a la vue du fils de son ami , il se jette dans ses
39, 40; xxi, 29. C'est la que Salomon vint, au debut de bras avec larmes et benit le Seigneur. Tob., ix, 1, 8.
son reghe, offrir mille victimes en holocauste au Sei- Pendant ce temps, le vieux Tobie s'inquietait de
gneur, qui lui apparut en songe et lui demanda ce qu'il ne point voir revenir son fils; anxieux il se demandait
desirait. Le roi sollicita la sagesse comme le don le plus quelle pouvait bien etre la cause de ce retard. Gabelus
precieux; il la recut avec les richesses et la gloire qu'il serait-il mort? pensait-il, et personne n'a-t-il pu lui
n'avait point demandees. Ill Reg., in, 4-15; ix, 2; rendre 1'argent? Tob., x, 2. E. LEVESQUE.
II Par., i, 3-13. 5 Isai'e, xxvm, 21, voulant mpntrer
comment Jehovah delivrera son peuple menace par Sen- GABER (hebreu : Geber, homme; Septante :
nacherib, rappelle la victoire miraculeuse de Josue fils d'Uri, intendant de Salomon pour la province de
dans la vallee de Gabaon . 6 C'est aupres des Galaad et de Rasan au dela du Jourdain. Ill Reg., iv,
grandes eaux qui sont a Gabaon , que Johanan, fils 19. Les Septante le font fils d'Adai et le placent, d'apres
de Caree, et ses guerriers rencontrerent Ismahel, fils le Codex Vaticanus, dans la terre de Gad ; mais le Codex
de Nathanias, le meurtrier de Godolias, et qui, n'osant Alexandrinus a, comme 1'hebreu, Galaad. Sur le Ga-
lutter centre des forces superieures, s'enfuit chez les ber de III Reg., iv, 13, dans les Septante, vlb'c Noc6sp
enfants d'Ammon. Jer., XLI, 12,16. 7 Apres la capti- (pour Fa6ep), fils de Gaber. Voir BENGABER, t. i,
vite, les Gabaonites travaillerent a la reconstruction des col. 1585. E. LEVESQDE.
murs de Jerusalem. II Esd., in, 7. Quatre-vingt-quinze GABIM (hebreu : hag-Geblm, avec 1'article; Septante:
revinrent avec Zorobabel. II Esd., vn, 25. rt86eip), ville mentionnee une seule fois dans 1'Ecriture.
, A. LEGENDRE. Is., x, 31. Le prophete, decrivant dans un tableau ideal
GABAONITE (hebreu: Gibe '6ni, yosbe Gibe'6n,etc.; la marche triomphale des Assyriens centre Jerusalem,
Septante : Fa6awv(TY];; Vulgate : Gabaonita), habitant Ja trace du nord au sud par Ai'ath, 1'antique Ai', Magron,
de Gabaon ou originaire de cette ville. Le nom ethnique, Machmas (aujourd'hui Mukhmas), Gaba (Djeba*), Rama
Gibe'oni, ne se lit en hebreu que dans le chapitre xxi (Er-Rdm], Gabaath de Saiil (Tell elr-Ful). Voir la carte
de II Samuel, ou il est question des Gabaonites qu'avait de BENJAMIN, t. i, col. 1588. Puis, s'etant adresse a Ana-
fait massacrer Saul, et I Par., xn, 4. Partout ailleurs thoth (lAndta), il ajoute (d'apres 1'hebreu) :
les Gabaonites sont designes par une periphrase. Jos.,
Madmenah s'enfuit;
ix, 3; x, 6, etc. Plusieurs personnages sont nommes Les habitants de Gabim se sauvent.
comme Gabaonites dans les Ecritures : Hananie, fils Encore un jour de halte a Nob,
d'Azur, prophete de Gabaon, Jer., xxvm, 1; Semaias, Et il agite sa main vers la montagne de Sion,
I Par., xii, 4; Meltias, II Esd., in, 7; Jadon Meronathite. Vers la colline de Jerusalem.
II Esd., in, 7. Sur Jehiel, qui peut etre regarde Tout ce que nous pouvons savoir d'apres ce texte,
comme le fondateur de Gabaon, voir ABIGABAON, t. i, c'est que Gabim etait assez rapprochee de la ville sainte.
col. 47, et JEHIEL. Aussi Eusebe et saint Jerome, Onomastica sacra, Goet-
GABATHON (hdbreu : Gibbefon;Septante : Fe6sSav), tjngue, 1870, p. 130, 248, ont-ils tort d'identifier Gebin,
ville de la tribu de Dan, Jos., xxi, 23, appelee ailleurs Fri^siv, dont parle Isai'e, avec le village de G^ba, a cinq
Gebbethon. Voir GEBBETHON. milles (plus de sept kilometres) de Gophna (Djifneh) en
r allant vers Naplouse . Le bourg de Djibia qu'on trouve
GABBATHA (Fa66aOa), mot'arameen, probablement dans cette direction ne saurait convenir a 1'itineraire
Nras (cf. hebreu 33 gab, dos ), qui signifie lieu trace par Isai'e. Aussi fausse est 1'opinion de R. J. Schwarz,
Das heilige Land, Francfort-sur-le-Main, 1852, p. 101,
eleve , d'apres 1'explication la plus commune. C'est 1'en- qui assimile cette localite a Gob, II Reg., xxi, 18, ou
droit ou siegeait Ponce Pilate, en dehors du Pretoire, Gazer, I Par., xx, 4, a 1'ouest de Jerusalem. On a voulu
lorsque Jesus-Christ fut amene" devant son tribunal. II egalement la chercher au sud-est de Djeba*. Cf. Pales-
portait en grec le nom de Lithostrotos, pave en pierres, tine Exploration Fund, Quarterly Statement, Londres,
mosai'que. Joa., xix, 13. Voir LITHOSTROTOS. Cf. Frz. 1877, p. 57,58; 1880, p. 108. Saint Jerome, Comment.in
Delitzsch, fiora? hebraicas, dans la Zeitschrift fur die Is., t. xxiv, col. 142, interprete Gebim par collines .
lutherische Theologie, 1876, p. 605; P. Schanz, Com- Le nom, qui se rencontre IV Reg., in, 16, signifie plu-
nientar uber das Evang. des Johannes, Abth. n, Tubin- tot fosses, citernes ; mais la ville qui le portait autre-
gue, 1885, p. 552. fois est inconnue. A. LEGENDRE.
GABEE (hebreu: Gdba',Jos., xvin,24; Geba', I Par., GABRIAS (Septante : Fagpia;; Codex Sinaiticus :
VI, 60; Septante : Fa6aa, Jos., xvm, 24; Fa6af, I Par., vi, FaSpet), frere de Gabelus, d'apres le texte de Tob., lf
60), ville de la tribu de Benjamin. Jos., xvhi, 24; I Par., 14, dans les Septante ; mais selon Tob., iv, 20, dans la
vi, 60. Voir GABAA 2. meme version, il est donne comme son pere : Fa6a^X<
TG TOU FaSpefe. II doit y avoir la quelque erreur de
GABELUS (Septante : Fa&XTJXo;; Codex Sinaiticus: copiste ou de traducteur ; le nom meme est altere dans
Fag^os; Vulgate : Gabelus) etait, d'apres la Vulgate, d'autres versions, comme dans 1'ancienne Italique qui
Tob., i, 17, un pauvre Israelite de Rages en Medie a : Gabelo fratri nieo filio Gabahel. Tob., 1, 14; iv, 20.
auquel Tobie avait prete sur un recu dix talents d'ar-
gent. Selon les Septante, I, 14, Gabelus, qu'on ne fait GABRIEL (hebreu : Gabri'el; Septante : F6ptr>;
pas indigent, est dit frere de Gabrias et la somme re- Vulgate : Gabriel), 1'un des trois anges nommes dans la
mise est a simple titre de depot. Au jour de Pepreuve, Sainte Ecriture. 1 Gabriel apparait deux fois a Da-
Tobie avertit son fils de ce pret (Vulgate, Tob.,iv, 21), niel dans ses visions, une premiere fois pour lui expli-
ou de ce depot (Septante, Tob., rv, 1, 20). L'ange Ra- quer le symbole du belier et du bouc, qui figurent les
phael, qui se donne pour Azarias et s'offre pour con- empires des Medes et des Grecs, Dan., vin, 16, et une
23 GABRIEL GAD (LE DIEU) 24
s^conde fois pour lui reveler la prophetic des soixante- II Par., xxix, 29. La premiere fois que nous levoyons
dix semaines. Dan., ix, 21. Le nom donne a 1'ange, paraitre, c'est lorsque David se retire au pays de Moab
form6 de ge'ber, homme fort, et de 'el, Dieu, devant la persecution de Saul et pourvoit a la surete de
signifie homme ou heros de Dieu . II ne s'agit son pere et de sa mere en les etablissant a Maspha sous
pourtant pas ici d'un homme, mais d'un etre superieur la protection du roi de Moab. I Reg., xxii, 5. Le pro-
qui se montre avec une apparence d'homme, Dan., vin, phete Gad, envoye peut-etre par Samuel, vint trouver
15, obeit a un autre etre mysterieux, t. 16,releve le pro- David et lui conseilla de rentrer dans la terre de Juda.
phete tombe a terre, t> 18, et a des ailes qui lui permet- Quand plus tard David, par un sentiment d'orgueil, fit
tent de \oler rapidement. ix, 21. II se peut que Daniel faire le denombrement du peuple, Gad vint le lui repro-
ait vu 1'ange sous la figure d'un homme aile, analogue a cher au nom du Seigneur et le menacer d'un chatiment:
ceux qui se voyaient sur les palais de Babylone, voir 1.1, seulement il lui laissa le choix entre une famine de sept
col. 1155; t. II, col. 666, et symbolisaient par leur male ans, une guerre malheureuse de trois mois, ou une peste
attitude la force du geber, et par leurs ailes leur agilite de trois jours. Le roi choisit le fleau du Seigneur, la
surhumaine. C'est sous des images analogues qu'Ezechiel peste. II Reg., xxiv, 11-15; I Par., xxi, 9-14. La peste
avait vu d'autres esprits celestes. Voir GHERUBINS, t. n, sivit done a Jerusalem et dans le royaume; mais le
col. 662. Gabriel est certainement un ange au service de Seigneur, touche de compassion pour le peuple et de
Dieu, puisqu'il fait des revelations et formule des pro- 1'humble repentir du roi, arreta 1'ange exterminateur et
pheties qui ne peuvent venir que de Dieu. 2 Gabriel tit prescrire a David, par le prophete Gad, de lui elever
apparait de nouveau, avec une forme sensible, au pretre un autel dans 1'aire d'Orhan. II Reg., xxiv, 16-19;
Zacharie pour lui annoncer la naissance de Jean-Baptiste. I Par., xxi, 15-19. Quand Ezechias retablit la mu-
11 enonce lui-meme son nom et declare qu' il se tient sique sacree dans le temple, II Par., xxix, 25, telle que
devant Dieu , Luc., I, 19, qu'il est par consequent, David 1'avait organisee, il est rappele que cette organisa-
comme Raphael, Tun des sept anges qui se tiennent tion s'etait faite d'apres les avis des prophetes Gad et
devant Dieu, Tob., xn, 15; Apoc., vin, 2, pour etre Nathan. La fin du premier livre des Paralipo-
prets a accomplir ses ordres en qualite de hauts digni- menes, xxix, 29, signalant les sources de 1'histoire de
taires celestes. De la le nom d'archange decerne a Ga- David, mentionne le livre de Gad le voyant, Dibre Gad
briel. 3 Enfin, le meme ange est choisi pour porter hd-fyozeh. E. LEVESQUE.
a Marie le message de 1'incarnation et il commence par
la saluer avec un souverain respect. Luc., I, 28. Dans ces 3. GAD (h<5breu : hag-Gad, avec 1'article; Septante :
deux dernieres apparitions, la forme dont 1'ange est Saijiovtov; dans plusieurs manuscrits : Tu^ ; Vulgate:
revetu n'est pas decrite; il est dit seulement qu'il se Fortuna), nom d'une divinite.
tint debout. Luc., I, 11. Quand il entre chez Marie ou I. CE QU'ETAIT LE DIEU GAD. Ce nom se rattache a.
qu'il la quitte, Luc., I, 28, 38, rien ne marque qu'il se la racine gadad, couper, determiner, comme MoTpa,
serve d'ailes, comme dans 1'apparition a Daniel. Gabriel Parque, de p.Etpo|xa:. II signifie done la destinee, le sort,
est appele 1'ange de 1'incarnation a cause de la triple mais pris en bonne part et marquant par consequent le
mission qu'il a recue pour annoncer a Daniel 1'epoque bonheur. Gad fut employe d'abord dans un sens appel-
de I'accomplissement du mystere, a Zacharie la naissance latif, comme substantif commun. On le personnifia
du precurseur et a Marie celle du Messie. C'est le mes- ensuite et Ton en fit une divinite, Frd. Baethgen, Bei-
sager des bonnes nouvelles : il reconforte Daniel, Dan., trage zur semitische Religionsgeschichte, 1888, p. 77;
vin, 18,ilannoncela haute mission de saint Jean-Baptiste, mais, dans cette derniere signification, Gad est precede
Luc., 1,13-17, et lesalutque le filsde Marie apportera au de 1'article : hag-Gad. Is., LXV, 11. Les deux sens sont
monde. Luc., I, 31-32. Les legendes juives racontent comme meles et reunis dans des formules de serment
que Gabriel fut un des anges qui ensevelirent Moi'se usitees dans les^ siecles qui precederent et suivirent im-
(Targum sur Deut., xxxiv, 16) et qu'il detruisit 1'armee mediatement la naissance de Notre-Seigneur. On jurait
de Sennacherib (Targum sur II Par., xxxn, 21). alors par la fortune, gaddd, du rq^ comme on lit dans
Mahomet, qui connaissait le role de Gabriel dans les les Actes des martyrs; Act. martyr., edit. Assemani,
Ecritures, pretendit recevoir par son intermediate les t. i, p. 217; P. Smith, Thesaurus syriacus, 1.1, col. 649;
chapitres du Goran, ix, 1; xx, 7, etc. Gabriel figure par la TU^T) de Seleucus ou par celle de Fempereur, etc.
aussi dans le livre d'Henoch, comme un des grands G. Hoffmann, dans la Zeitschrift der deutschen mor-
archanges. A. Lods, Le livre d'Henoch, in-8, Paris, 1894, genlandischen Gesellschaft, t. xxxn, 1878, p. 742.
p. 44, 53, 85, etc. H. LESETRE. On a assimile autrefois le dieu Gad a des planetes di-
verses; aujourd'hui on s'accorde assez communement a
GAD (hebreu : Gad; Septante : TocS), nom d'un pa- y voir la planete Jupiter, mais cette identification ne
triarche, d'une tribu d'lsrael, d'une vallee et d'une doit pas etre primitive. Gesenius, Commentar uber
divinite. Jesaia, t. n, p. 285-286; Movers, Die Phonizier, t. i,
p. 174 (lui-meme identifie Gad avec la planete Venus,
1. GAD, septieme fils de Jacob, le premier que lui ibid., p. 636, a cause de Gad-Astoret mentionne dans la
donna Zelpha, servante de Lia, ne, comme Aser son frere, 3' inscription de Carthage, ibid., p. 650); Winer, Biblisches
en Mesopotamie. Gen., xxx, 11; xxxv, 26. Pour 1'origine Realworterbuch, 3e edit., t. i, p. 283; D. Chwolson,
de son nom, voir GAD 3. II occupe 1'avant-dernier rang Die Ssabier, 2 in-8, Saint-Petersbourg, 1856, t. n, p. 226;
dans 1'enumeration des enfants du patrjarche. Exod., I, C. Siegfried, Gad-Meni, dans les Jahrbucher fur pro-
4; I Par., n, 2. II cut sept fils, Gen., XLVI, 16, qui don- testantische Theologie, 1875, p. 360; P. Smith, The-
nerent naissance a autant de families. Num., xxvi, 15-18. saurus syriacus, t. i, col. 649. Cette planete etait consi-
C'est tout ce que nous savons sur sa personne. Les autres deree par les Arabes comme portant bonheur.
passages de 1'Ecriture ou se trouve son nom, la prophetie Les Grecs et les Remains transformerent Gad en une
de Jacob, Gen., XLIX, 19, et la benediction de Moise, divinite femelle : T-J-/YJ, Fortuna, et la deesse devint,
Deut., xxxiii, 20, se rapportent a la tribu. Voir GAD 4. comme le dieu, la personnification de 1'heureuse chance,
A. LEGENDRE. de la prosperite et des succes. On la represente avec des
2. GAD, prophete, ami de David, qui est appele tantot attributs divers,, une corne^ d'abondance et un gouver-
levoyant, hd-hozeh,I Par.,xxix, 29,tantot Tinspire nail, comme dans la statue dn musee du Vatican (Braccio
ou prophete, han-ndbf, 1 Reg., xxii, 5; II Reg., xxrv, 11, ou nuovo, n 86), etc. Voir W. H. Roscher, Ausfuhrliches
plus specialement, comme son titre officiel, le voyant du Lexicon der griechischen tind roniischen Mythologie,
roi . II Reg., xxnr, 11; 1 Par., xxi, 9; I Par., xxix, 25; t i, 1884-1890, col. 1503-1558. Plutarque raconte, Defor-
25 26
fit. row., ^ qu'en entrant a Rome, cette deesse enleva La m6me divinite apparait sur les monnaies de plu-
ses ailes et sa chaussure et jeta loin d'elle le globe sieurs villes, a Laodicee, a Edrai (fig. 5), etc., F. de
qu'elle portait afin de marquer qu'elle residerait desor- Saulcy, Numismatique de la Terre Sainte, in-4, Paris,
mais d'une maniere permanente dans la ville eternelle. 1874, p. 4-5; 373-374; pf. xxin, 1-3; et de plusieurs em-
La Fortuna differait a plusieurs egards du Gad ara- pereurs,par exemple d'Elagabale. H. Cohen, Description
meen, mais ces deux divinites avaient de commun leur historique des monnaies f rappees 'sous I'empire romain,
trait le plus caracteristique, celui de porter bonheur, 2* edit., 8 in-8, Paris, 1880-1892, t. iv, p. 328, n" 46;
c'est pourquoi saint Jerome a traduit avec raison Gad cf. t. vni, p. 385. Sur une inscription bilingue de Pal-
par Fortuna. Is., LXV, 11. myre, Gad est nomme comme le dieu protecteur de la
II. LE DIEU GAD DANS L'ANCIEN TESTAMENT. 1 Isale, tribu des Bene-Theima. De Vogue, Inscriptions semi-
LXV, 11, reprochant aux impies d'abandonner le vrai tiques, in-4, Paris, 1868-1877, n 3. Cf. J. H. Mordtmann,
Dieu, les interpelle en disant : Vbus qui dressez une Gad-Tyche, dans la Zeitschrift der deutsch. morgenl.
table pour Gad et remplissez une coupe pour Meni Gesellschaft, t. xxxi, 1877, p. 99-101. Plusieurs noms pro-
(texte hebreu). Meni personnifiait le destin comme Gad. pres palmyreniens, TI, NHJ, nbna, Nnyia, IXTTJ, de
Voir MENI. Gad etait une divinite chananeenne et ara- meme que pheniciens, Nil, m, nani, 073^5, nayaii,
meenne. Elle ne figure point dans le pantheon chaldeo- n7ia, etc., renferment comme element essentiel 1'appel-
assyrien. 2 Des une haute antiquite, elle avait ete lation de Gad. G. Kerber, Hebrdische Eigennamen,
honoree dans le pays de Chanaan, comme le prouvent les 1897, p. 68.
denominations geographiques de Baalgad , t. i, col. Son culte se perpetua longtemps en Syrie. Isaac d'An-
1336; Jos., xi, 17; xn, 7; xm, 5, et de Magdal-Gad. Jos., tioche, Opera, xxxv, edit. Bickell, 2 in-8, Giessen,
xv, 37. 3 Une des families juives qui retournerent de 1873-1877, t. II, p. 210, 211, raconte que, a son e'poque,
Babylone en Palestine avec Zorobabel s'appelait Bene- on dressait encore des tables sur les toits des maisons
'Azgdd. I Esd., n, 12; II Esd., vn, 17. 'Azgdd peut au dieu Gad, et le Talmud mentionne aussi ces offrandes.
signifier : Gad est force ou secours. Ce nom est ce- P. Scholz, Gotzendienst und Zauberwesen bei den
pendant susceptible de recevoir d'autres interpretations. alten Hebraern, in-8, Ratisbonne, 1877, p. 410. Du
D'autres noms propres hebreux ou Ton a cru retrouver temps de saint Porphyre, eveque de Gaza,, qui fut mar-
le nom de Gad, Num., xin, 12; I Mach., n, 2, etc., sont tyrise en 421 de notre ere, il y avait encore dans cette
encore plus douteux, a 1'exception de celui du fils de
Jacob, qui merite d'etre examine a part. 4 Un cer-
tain nombre de commentateurs (voir J. Selden, De Diis
Syris, in-12, Londres, 1617, i, 1, p. 2-15), veulent retrou-
ver le dieu Gad dans le nom d'un des fils de Jacob; ils
appuient leur opinion sur le texte meme de la Genese,
xxx, 11: Zelpha, servante de Lia, enfanta un fils a Jacob,
et Lia dit: -12, ba-gad, et elle 1'appela du nom de Gad.
La Vulgate traduit ba-gad par feliciter, heureusement,
et les Septante, dans un sens analogue, par Iv tvyvi- Mais
5. Gad-Tych6 sur une monnaie d'u.drai.
parmi les anciens Juifs, plusieurs ont decompose le mot
Monnaie de Lucille, frappee a Edrai. ATrOTCTA|AOY-
ba-gad en TI N3, bd' Gad, Gad est venu, et 1'ont ainsi
KIAAA. Buste de Lucille, a droite. - ^. TYXH AAP|
explique 3113 bin N3, bff mazal tob, la Bonne Fortune
AHNQNv Buste, a droite, toured, de la TU^V) d'Edra'i.
est venue, c'est-a-dire un astre propice ou un demon
favorable. D'apres les Massoretes, ba-gad est en effet une
des quinze locutions de la Bible hebrai'que qui s'ecri- ville un Tycheon ou temple de la Fortune. Acta sanclo-
vent en un seul mot, mais qui doivent etre decompo- rum, februarii t. m, p. 655, n 64. Voir F. Vigouroux,
sees en deux, de maniere a lire ici bd' Gad. Cette opi- Le dieu Gad et son culte en Orient, dans le Bulletin
nion est ancienne, car, dans,le Targum d'Onkelos, ce de I'Institut catholique de Paris, juillet 1899, p. 324-334.
que dit Lia est interprete en chaldeen par 'ata' Gad, On honorait le dieu Gad en dressant pour lui une
Gad est venu. Jonathas ben-Uzziel paraphrase ainsi: table et en lui offrant des libations, en faisant pour lui
'aa' Mazala" toba', Mazala (la Bonne Fortune) est ve- ce que les Latins appelerent lectistemia. Voir S. Je-
nue. Le Targum de Jerusalem s'accorde avec ces inter- rome, In Is., LXV, 11,t. xxiv,col. 639. Aux rve et ve siecles
pretations : 'afd" Geda' toba', le bon Gad est venu. de notre ere, les Juifs avaient encore, dans une partie de
Cette explication rabbinique du nom du fils de Jacob leur maison, un lit prepare pour Gad. Voir Chwolson,
n'est-elle pas plus ingenieuse que solide ? S'il est diffi- Die Ssabier, t. n, p. 226. Un auteur arabe, En Nedim,
cile d'en prouver la faussete, il est aussi difficile d'en dans le Fihrist, 1. ix, c. v, 8, ouvrage compose en
etablir 1'exactitude. Lia, originaire du pays d'Aram, pou- 1'an 987 de notre ere, nous a laisse une curieuse des-
vait connaitre le dieu Gad et me'me lui rendre un culte, cription de la maniere dont les Sabeens honoraient
comme le dit saint Augustin, QusRst. in Heptat., i, 91, encore de son temps le dieu de la Fortune. Au se-
t. xxxiv, col. 571, mais cela n'est point demontre. cond Tischri (novembre), a partir du 21 de ce mois,
III. CULTE RENDU A GAD-TYCHE. Le culte de Gad fut dit-il, ils jeunent neuf jours. Le dernier jour (de ce
tres repandu en Syrie. Pausanias, vi, 2, 4. II s'y main- mois), le 29, est consacre en 1'honneur du dieu Rab el-
tint fort longtemps, comme le prouvenf les inscriptions Bacht (le dieu de la Fortune ou du Bonheur). Chaque
recueillies dans le pays. Baethgen, Beitrdge, p. 77-78. nuit (des jours de fete), ils emiettent du pain tendre,
Les Acta martyrum Orient., edit. Assemani, t. n, p. 124; ils le melangent avec de 1'orge, de la paille, de 1'encens
cf. P. Smith, Thesaurus syriacus, 1.1,1879, col. 650, men- et du myrte frais ; ils versent de 1'huile dessus, remuent
tionnent un bef Gado\ ou temple de la Fortune, a Sa- le tout ensemble et le repandent dans leurs demeures
mosate (voir aussi Jacques de Sarug, Homelie, trad. P. en disant : Voyageurs nocturnes de la Fortune! vous
Martin, dans la Zeitschrift der deutschen morgenlandi- avez ici du pain pour vos chiens, de 1'orge et de la
schen Gesellschaft, t. xxix, 1875, p. 138); les monuments litiere pour vos betes, de 1'huile pour vos lampes et du
epigraphiques parlent de ses pretresses, Le Bas et Wad- myrte pour vos couronnes. Entrez en paix ct sortez en
dington, Voyage archeologique, Inscriptions, t. in, 1870, paix et laissez pour nous et pour nos enfants une
2413 g, comme de ses temples, Tux7)? ispov, ibid., 2176 bonne recompense. Voir le texte et la traduction pu-
(Batanee); Tuy.aTov, ibid., 2413 f ; 2512, 2514, et de sa blies par Chwolson, dans Die Ssabier, t. H, p. 32.
statue ou representation appelee : T) Ty/ea, ibid., 2413 h. F. VIGOUROUX.
GAD (TRIBU) 28
4. GAD, ting des douze tribus d'Israel. sur la carte une limite fictive, mais assez probable. Voir
I. GEOGRAPHIE. La tribu de Gad occupait, au dela, AMMON 4, t. i, col. 489, et fig. 119. 11 faut remarquer
c'est-a-dire a Test du Jourdain, Num., xxxii, 32; neanmoins que plus tard elle s'agrandit assez considera-
Jos., xm, 8, dans le pays de Galaad, Num., xxxn, 29; blement et s'etendit dans la terre de Basan jusqu'a
Deut., in, 12,16, le territoire compris entre Ruben au Selcha , aujourd'hui Salkhad, au sud du Djebel Hauran,
sud, et Manasse au nord. Elle avail partage" avec la pre- a 1'extreme limite des possessions Israelites. Cf. I Par.,
miere le royaume de Sehon, roi des Amorrheens, dont v, 11,16.
die posseda la partie septentrionale. Num., xxxn, 33; n. .VILLES PMKCIPALES. Les villes attributes a Gad
Jos., xm, 8-10, 21, 27. Voirla carte. par Josue, xm, 25, sont les suivantes :
/. LIXITES. Ses limites precises sont ainsi decrites 1. Jaser (hebreu : Ya'zer; Septante : 'Ia?T)p) ou Jazer,
par Josue1, xin, 24-28 : Moise donna aussi a la tribu de Num., xxxn, 1, 3. Eusebe et saint Jerome, Ononiaslica
Gad, aux enfants de Gad selon leurs families [la terre sacra, Goettingue, 1870, p. 131,264, la placent a dix milles
dont voici la division] : Leurs possessions etaient Jazer, (pres de quinze kilometres) a 1'ouest de Philadelphie,
toutes les villes de Galaad (ou plutot la moitie de la pro- c'est-a-dire Rabbath Ammon ou Amman, et a quinze
vince, comme on le dit ailleurs, Deut., HI, 12; Jos., xin, milles (vingt-deux kilometres) d'Hesebon ou Hesbdn. On
31) et la moitie de la terre des enfants d'Ammon jusqu'a a propose de la reconnaitre dans Beit Zer'ah, a cinq
Aroer, qui est en face de Rabba; depuis Hesebon jusqu'a kilometres environ au nord-est d'Hesbdn, a seize kilo-
Rdmaf-ham-nrispeh (Vulgate : Ramoth, Masphe) et metres au sud-ouest d'Amman. Cf. G. Armstrong,
Betonim, et depuis Maliana'inv jusqu'a la frontiere de W. Wilson et Conder, Names and places in the Old and
Lidbir (Vulgate : Dabir). Dans la vallee [ils possedaient] New Testament, Londres, 1889, p. 97. Khirbet Sdr ou
Botharan, et Bethnemra, etSocoth, et Saphon, le reste Sir, a 1'ouest d'Amman, repondent bien mieux aux indi-
du royaume de Sehon, roi d'Hesebon; le Jourdain [for- cations de rOnomasticon.
mait] la limite jusqu'a I'extremite de la mer de Genereth, 2. Ramoth-Masphe (hebreu : Rdma} ham-mi?peh;
au dela du Jourdain vers 1'orient. Tel est 1'heritage des Septante : 'Apa6<i6 xara r/)v Maaffyjapi). Plusieurs identi-
enfants de Gad selon leurs families, [avec] leurs villes et fications sont proposees ici, suivant qu'on separe ou
leurs villages, La frontiere est nettement tracee de qu'on unit les deux mots. Une opinion assez commune
deux cotes. An sud, elle comprend une ligne droite est en faveur d'Es-Salt;mais elle n'a rien de certain. On
allant du Jourdain vers 1'est et passant au-dessus d'fles- trouve ailleurs Ramoth en Galaad (hebreu: Ra'mof bag-
bdn. Cette ville represente, en effet, 1'ancienne Hesebon, Gil'dd; Septante : 'Apr)(A()9 ev TV) ra),aa8; 'PajxwO Iv T^
qui terminait au nord le territoire de Ruben, Jos., xm, TaXaaS) comme cite levitique et'ville de refuge. Jos., xx,
17, et marquait au sud, nous venons de le voir, la limite 8; xxi, 38; I Par., vi, 80.
de Gad. II faut dire cependant que cette ligne de demar- 3. Betonim (hebreu : Betonim; Septante : Boraves';
cation est ici un peu flottante, comme ailleurs du reste, Codex Alexandrinus, Boravtv), generalement reconnue
par exemple entre Dan et Juda. Ainsi Hesebon, bien aujourd'hui dans Baldnah ou Batneh, a quelque dis-
qu'attribuee a Ruben, Jos., xm, 17, est neanmoins tance au sud-ouest d'Es-Salt. Cf. Van de Velde, Memoir
comptee parmi les villes levitiques de Gad. Jos., xxi, 37; to accompany the Map of the Holy Land, Gotha, 1858,
I Par., vi, 80,81. Peut-6tre lui fut-elle reellement donnee p. 298. Voir t. i, col. 1764.
plus tard, ou bien faut-il tenir compte d'une certaine 4. Mana'im (hebreu : Mahanaim; Septante : Maav),
indecision entre les villes frontieres. Noussavons, d'autre citee ailleurs comme ville de refuge et donnee aux en'
part, que la tribu voisine possedait de ce meme cote fants de Levi. Jos., xxi, 38; I Par., vi, 80. C'est peut-etre
Bethjesimoth, aujourd'hui Khirbet Sueimeh, Jos., xm, Mahneh ou Mihneh. Cf. G. Armstrong, W. Wilson et
20, Asedoth, Ayun Muca, Jos., xm, 20, et Eleale, El- Conder, Names and places, p. 120; F. Buhl, Geographic
'Al. Num., xxxii, 37. A 1'ouest, le Jourdain constituait des Alien Paldstina, 1896, p. 257.
la limite naturelle. Deut, in, 17; Jos., xm, 27. Gad pos- 5. Betharan (hebreu : Bef hdrdm; Septante : Comdex
sedait ainsi toute la plaine ou 1'Arabah depuis 1'extremite Alexandrinus, By)6apan), aujourd'hui Tell er-Rameh,
meridionale du lac de Genesareth jusque pres de la mer au nord-est de I'embouchure du Jourdain dans la mer
Morte. Deut., in, 17; Jos., xm, 27. Cependant la partie Morte. Voir t. I, col. 1664.
montagneuse qui lui appartenait n'allait pas si haut vers 6. Bethnemra (hebreu: Bet Nimrah; Septante: Bou6a-
Je nord. Le texte sacre, en effet, lui assigne, dans un va8pa), voisine de Betharan, avec laquelle elle est tou-
passage, Deut., m, 16, comme frontiere septentrionale, jours citee (cf. Num.,xxxn, 36), se retrpuve acluellement
le torrent de Jaboc, c'est-a-dire le Nahr ez-Zerqa, qui souS le nom a peine change de Tell Nimrin, au nord de
separait autrefois les deux royaumes amorrheens et de- Tell er-Rameh. Voir t. i, col. 1697.
vait separer de meme Gad de Manasse oriental. Mais 7. Socoth (hebreu : Sukkof, Septante : Soxxw8a). On
ailleurs, Jos., xm, 26, 30, la limite entre les deux tribus propose de 1'identifier avec Tell Dar'ala, au-dessus du
est fixe'e par Mahanaim (Vulgate : Manai'm). Cette localite Nahr ez-Zerqa. Cf. G. Armstrong, Names and places,
se trouvait au nord du Jaboc. Cf. Gen., xxxn, 2, 22. Mal- p. 170. C'est problematique.
heureusement son emplacement exact n'est pas connu. 8. Saphon (hebreu : $dfon; Septante : Sa<pav). C'est
Plusieurs auteurs ont cru la retrouver sous un nom qui r'Amatho du Talmud (cf. A. Neubauer, La geographic
la rappelle assez bien, Mahneh, a une certaine distance du Talmud, Paris, 1868, p. 249), l"A(xaOoyi; de Josephe,
au nord du Nahr ez-Zerqa. Voir MAHANAIM. Si Ton adopte Ant. jud., XIILxm, 5, etc. Les uns la placent a El-
cette opinion, il faut done reculer jusque-la la frontiere Hammeh, sur les bords du Scheriat el-Menddireh ou
de Gad. L'expression de Josue, xm, 26 : Depuis Maha- Yarmouk, au sud-est du lac de Tiberiade. Cf. Names
naim jusqu'a la irontiere de Lidbir, ne nous apporte and places, p. 180. D'autres la cherchent a Tell Amateh,
aucune lumiere. Voir DABIR 3, t. n, col. 1200; LODABAR. pres de 1'embouchure de Youadi Radjib dans le Jour-
De meme en est-il pour celle qui indique la ligne de de- dain. Cf. F. Buhl, Geographic, p. 259.
marcation du cote de 1'est: Jusqu'a Aroer, qui est en A cette liste il faut ajouter, d'apres celle des Nombres,
face de Rabba. Jos.,xm, 25. Rabba est bien 1'ancienne xxxn, 34-36:
Rabbath-Ammon, aujourd'hui Amman; mais 1'Aroer 9. Jegbaa (hebreu : Yogbehdh; Septante : if^wtrav
mentionnee ici est inconnue. Voir AROER 2,1.1. col. 1024. aura?) parait bien identifiee avec El-Djubeihdt, au
Nous devons croire. cependant que le territoire de Gad nord-ouest d'Ammon.
ne depassait pas la capitate des Ammonites, puisque cette Faut-il ajouter egalement Etroth et Sophan, qui pre-
tribu n'avait yecu que la noitie de la terre des fils cedent Jazer et Jegbaa, Num., xxxn, 35? L'hebreu
d'Ammon . Jos., XIEF,- 25 Nous marquons en pointille porle : 'Atrof Sofdn, II y a la one obscurite dont on ne
Dictioimaire de la Bible Lefcouzey et, Ane.- Paris
S? J niJdaitei-Jiam
ii:-J~$:yftt
t.-- 3 t-z\ai(r*Mi.L ,p op.
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PHI LAD Et P H I A / / f a r fl-
Jmab ( \ i 'Xl-BoueldaA. ^
TRIBU
DEGAD
noms ds'afres la, Vu l^ate soni ecriis en,
caracteres drovts roug&s .- Les norrLs bibliques quA. se
inwofnt surles monuments egyptiens et assyriens
sent en- camcteres pendies bleus; ceuas mii ne sont
pas biMiyues en carafleref droits bleus.
du Talmud, 1868. p. 250. Ces villes n'etaient pas les Joseph venaient de Galaad avec leurs chameaux charges
seules; sur la plupart des sommets de Galaad s'elevaient de resines aromatiques qu'ils allaient vendre en Egypte.
des cites et des bourgades; c'est ce que demontrent les Gen., xxxvn, 25. A 1'arrivee de Moise avec les enfants
ruines antiques que Ton trouve dans le pays de 'Adjloun d'Israel, Sehon, roi des Amorrheens, qui habitait Hese-
et dans le Belqa'. bon et regnait sur le sud de Galaad, voulut s'opposer au
III. HISTOIRE. 1 Avant la captivite de Babylone. passage des Hebreux. Moi'se le battit et s'empara de tout
Dans les temps les plus recules, on voit le pays de le territoire jusqu'au Jaboc. Les Gadites et les Rubenites
Galaad habite par la race des RaphaTm ou des Geants . 1'ayant demande pour leur part, Moi'se le leur conceda,
Vaincus a Astaroth Carnaim par Chodorlahomor dont a la condition qu'ils assisteraient leurs freres dans la
ils avaient voulu secouer le joug, ils durent laisser le roi conquele de la terre de Chanaan. Ils laisserent leurs
. d'Elam et ses allies parcourir la region pour se rendre femmes, leurs enfants et leurs troupeaux dans les villes
a Sodome. Gen., xiv, 5. Ces populations etaient appelees preparees et fortifie'es par eux, et ils passerent le Jaboc
les Emim par les Moabites et les Zuzim ou Zomzommin avec le reste de 1'armee. Le roi de Basan, Og, rejeton des
par les Ammonites. Les descendants de Lot s'emparerent Raphai'm, regnait sur le pays au nord du fleuve. II
sur elles de toute la region qui devait former, au dela s'avanca centre les Israelites et les rencontra pres d'Edrei.
du Jaboc, la partie meridionale de Galaad; mais les II fut defait et toute la partie nord de Galaad devint
Amorrheens devenus maitres du pays au nord du meme ainsi la possession des Hebreux. Moise la donna a Gad
lleuve, refoulerent les Moabites au dela de 1'Arnon et et a la famille de Machir, de la tribu de Manasse, qui
les Ammonites vers Test, au dela de Jazer. Gen., xiv, 5 avait particulierement contribue a la conquete de la
et Deut., n, 10-11, 20-21; m, 11-13; Num., xxi, 23-30. region. Num., xxi, 21-35; xxxii, 39-42; Deut., n, 26-37;
Ce peuple etait en possession de toutes les montagnes ra, 1-20; Jos., rv, 12; I Par., n, 21-22. La conqufite
de Galaad quand Jacob venant de Haran y arriva. Voir de Chanaan achevee, la propriete de Galaad et de toute
GALAAD 2. Apres s'etre separe de Laban, Jacob s'avancait la terre transjordanienne fut confirmee par Josud et
53 GALAAD
I'assemblee de Silo aux deux tribus de Gad et de Ruben Londres, 1890, p. 137-138. Les trentefcsde Jarre1 taient
et a la demi-tribu de Manasse. Gad recut toute la region chefs de trente villes appelees Havoth Jai'r dont une
de Galaad au sud du Jaboc, jusqu'a Hesebon et Eleale partie devait 6tre aux alentours de Camon. Jephte
et une part de la region septentrionale. Cette portion delivra Galaad du joug des Ammonites qui depuis dix-
s'etendait d'est a ouest, de Mahanaim au Jourdain et du huit ans 1'opprimaient durement. Les Galaadites don-
sud au nord, du Jaboc au lac de Cinnereth. Manasse cut nerent le signal de 1'independance en rejetant toutes les
le reste et le pays de Basan et d'Argob. Onze villes divinites etrangeres. Us mirent a leur tete Jephte qui fut
furent assignees aux levites pour leur habitation dans proclame a Maspha chef de tout le peuple de Galaad et
la transjordane, dont trois de la tribu de Gad apparte- les delivra du joug de ses ennemis. Jud., x, 8-18; xi.
naient au pays de Galaad proprement dit : c'etaient Les Ephraimites, se plaignant de n'avoir pas ete'appeles
Ramoth, Mahanaim et Jazer. Ramoth fut designee en a prendre part a la guerre contre les Ammonites, pas-
outre pour ville de refuge. Les levites habitant Galaad serent le Jourdain et envahirent Galaad. Jephte appela
appartenaient aux families de Gerson et de Merari. Josue, a son aide tous les habitants de Galaad, battit les Ephrai-
xin, 8-32; xvn, 1-6; xx, 8; xxi, 7, 27, 36-37. Les habi- mites et fit immoler les fuyards sur les bords du Jour-
tants de Galaad separes de leurs freres par le Jourdain dain dont il avait fait surveiller les gues. Jud., xn. Voir
negligerent plus d'une fois d'aller les assister centre JEPHTE. Cinquante ans environ apres la mort de Jephte,
leurs ennemis. Debora leur reprocha leur indifference les Ammonites, conduits par Naas leur roi, envahirent
pour n'avoir pas pris part a la guerre conlre Jabin, roi de nouveau le pays de Galaad, passerent le Jaboc et
d'Azor, et les Chananeens coalises, Jud.,v, 17; Gedeon vinrent mettre le siege devant Jabes. Saul, qui venait
chatia severement les habitants de Socoth et de Phanuel, d'etre proclame roi, franchit le Jourdain avec une im-
pour avoir refuse de fournir du pain a lui et a ses guer- mense armee, tomba sur le camp des Ammonites avant
riers, alors qu'il poursuivait a travers le pays de Galaad la fin de la nuit et les mit en complete deroute. I Reg.,
les Madianites vaincus et en fuite, Ibid., vm, 6-9, 13-17; xi, 1-11. Peu de temps apres, Galaad servit de refuge
les habitants de Jabes furent extermines pour n'avoir aux fuyards abandonnant la region a 1'Occident du Jour-
pas repondu a 1'appel de 1'assemblee de la nation et dain devant 1'invasion des Philistins. I Reg., xin, 7. II
n'etre pas venus prendre part a la guerre contre Ben- offrit quelque temps la sepulture aux ossements du roi
jamin. Ibid., xxi, 8-11. D'apres la lecture actuelle, Jud., Saul et de Jonathas son fils, ensevelis par les habitants
vn, 3, il semblerait que Gedeon, avant d'attaquer les de Jabes dans un bosquet voisin de leur ville, jusqu'au
Madianites, fut campe dans les monts de Galaad, mais il jour ou David les fit prendre pour les ensevelir dans le
faut lire en cet endroit Gelboe au lieu de Galaad : c'est tombeau des ancStres de Saul. I Reg., xxxi, 8-13; II Reg.,
de Gelboe en effet qu'il doit descendre pour se rendre a n, 4-7; xxi, 12-14. A la mort de Saul, le pays de Galaad
la fontaine de Harad. Voir HA.RAD. Plus d'une fois les se soumit a Isboseth son fils. II Reg., n, 9. Abner, chef
Galaadites tomberent dans 1'idolatrie comme leurs freres de 1'armee d'Isboseth, vaincu par Joab, chef de 1'armee
de 1'autre rive du Jourdain, et comme eux ils subirent la de David, chercha un asile en Galaad et vint a Mahanaim.
domination etrangere etsatyrannie. Deux jugesoriginaires Ibid., 29. David fuyant devant Absalom se retira aussi
de Galaad, les defendirent et les delivrerent : Jair et en Galaad et a Mahanaim. II fut genereusement accueilli
Jephte. Jair appartenait a Manasse. II jugea son peuple par les Galaadites qui lui offrirent un lit, de la vaisselle
vingt-deux ans et fut enseveli a Camon sa pa trie. Jud., x, et toutes sortes de provisions pour lui et ses hommes.
3-6. Cf. Estori Parchi, Caftor va-Pherach, ch. 21, edit. II Reg., xvn, 22, 24, 27-29; xix, 32. (La Vulgate dans
Luncz, p. 311; G. Schumacher, Northern 'Adjlun, in-8, ces passages traduit Mahanaim par Castra.) Absalom
55 GALAAD 56
poursuivant son pere, passa a son tour en Calaad. II Reg., Israel coupable et etre emmene's en captivite. Ose., vi, 8;
xvn, 26. Le combat entre 1'armee de David et 1'armee du xii, 11. Cf. x, 6; IV Reg., xvn, 23. Sous le regne de
revolte se livra dans la foret d'Ephrai'ra, au norddu Jaboc Phacee, Theglathphalasar envahit le nord et Test du
et non loin sans doute de la localite appelee aujourd'hui royaume d'Israel et transporta les habitants de Galaad,
Fara'. Voir EPHRAIM (FoRfir D'), t. n, col. 1880. L'armee avec ceux de la Galilee superieure, en Assyrie (734).
d'Absalom fut vaincue et dispersee et Galaad devint le IV Reg., xv, 29. Les inscriptions cuneiformes font men-
tombeau de son chef. II Reg., xvm. Des delegues de tion de 1'evenement et ajoutent que le roi assyrien
Juda vinrent en Galaad prendre David pour le ramener institua ses generaux gouverneurs de ces provinces de-
en Judee. Le vieux Galaadite Berzellai qui avait assiste peuplees. Western Asiatic Inscription, t. in,, p. 10,
David de ses biens, 1'accompagna jusqu'au Jourdain, n 2. Cf. Vigouroux, La Bible et les decouvertes nio-
mais ne voulut]point quitter son pays. II Reg., xix, 9-40. dernes, 6 edit., 1896, t. HI, p. 522-524. Treize ans plus
Le recensement execute par Joab, la quarantieme annee tard, les restes des tribus de Gad, de Ruben et de Ma-
du regne de David, constata en Galaad deux mille sept nasse oriental demeures en Galaad furent deportes a
chefs de groupes de famille de grande valeur; ils furent Hala, a Habor et sur les rives du fleuve Gozan (721),
preposes au pays pour tout ce qui concernait le culte avec les autres Israelites faits captifs apres la prise de
divin et le service du roi. II Reg., xxiv, 5-6; I Par., Samarie. I Par., v, 26. Cf. IV Reg., XVH, 23.
xxvi, 31-32. Jaddo, fils de Zacharie, etait charge de la Le pays de Galaad fut occupe alors par les Ammo-
demi-tribu de Manasse. I Par., xxvn, 21. Sous Salo- nites, les Moabites et probablement aussi par les Arabes
mon, les prefets de tribut en Galaad etaient Bengaber a ismaelites, idumeens ou madianites qui habitaient le
Ramoth de Galaad et Ahinadab fils d'Addo a Mahanaiim; desert a Torient. Cf. Is., xv; Jer., XLVIII; XLIX, 1;
Gaber,filsd'Uri, avait sous lui le pays qui avait appartenu Amos, i, 13. Ces populations s'unirent aux Syriens et
a Sehon et a Og (probablement la portion du royaume a leurs voisins pour repousser les pretentious du roi
de ce dernier qui se trouvait au sud du Jaboc). Ill Reg., d'Assyrie [Assurbanipal] leur demandant de s'assujettir
iv, 13-14. La gloire la plus pure de Galaad est d'avoir a lui payer le tribut. Judith, grec, I, 8. (Dans la Vul-
donne la naissance au prophete Elie et de 1'avqir' derobe gate on lit Cedar au lieu de Galaad.) Une arm^e con-
a la fureur d'Achab et de Jezabel. Peut-etre est-il en duite par Holopherne vint venger le roi d'Assyrie de ce
droit de revendiquer encore le prophete Osee, comme refus. La terre de Moab et d'Ammon, dont Galaad for-
le pretend une tradition actuelle. mait la principale partie, est specialement mentionnee
Les Syriens, avec leur roi Benadad II, envahirent Ga- parmi les pays qui furent devastes et dont les habitants
laad au temps d'Achab, et s'emparerent de Ramoth. furent passes au fil de 1'epee. Judith, I, 12. Les villes
Achab, voulant reprendre cette ville, s'avanca en Galaad, de la region du Jaboc, d'apres la version Peschito,
accompagne par Josaphat, roi de Juda; mais il fut Judith, n, 14, furent detruites. La Vulgate lit Mambre
atteint d'une fleche des le commencement du combat, pour Jaboc; le grec, n, 24, porte 'A6pcova. Les popula-
mourut le meme jour et son armee s'eloigna. Ill Reg., tions terrifiees deputerent des ambassadeurs au puissant
xxii, 1-36; II Par., xvm. Joram, fils et deuxieme suc- monarque pour faire acte de la plus entiere soumis-
cesseur d'Achab, porta de nouveau la guerre en Ga- sion. Cette demarche n'evita pas a leurs pays une nou-
laad; il ne reussit pas mieux que son pere; blesse velle devastation. Les villes furent detruites, les arbres
comme lui d'une fleche, il se retira laissant Jehu gene'- coupes et les habitants enroles par force dans les
ral des troupes continuer la lutte. Un disciple d'Elisee troupes auxiliaires reunies pour marcher avec les troupes
envoye par le prophete vint a Jehu, le sacra roi et le regulieres centre la Samarie et la Jude"e. Les peuples occu-
chargea, au nom du Seigneur, de venger les crimes pant Galaad, Moabites, Ammonites, Idume'ens, se trou-
commis par la maison d'Achab. L'expedition paralt avoir vaient dans 1'armee faisant le siege de Bethulie. Judith,
ete abandonnee. IV Reg., vm, 26-29; ix; II Par,, xxii, in. Cf. Judith, Vulgate, v, 23; vn, 8; grec, vi, 1; vn, 8,
5-6. Tandis que Jehu regnait sur Israel, Hazael, succes- 17-18. La concentration des forces eut lieu, d'apres la
seur de Benadad II, sur le trone de Damas, se jeta Vulgate, Judith, n, 14-15, dans la terre de Gabaa, habi-
sur Galaad et le parcourut en tout sens, pillant, incen- tee par les Idumeens. Peut-etre faudrait-il lire Galaad.
diant et commettant les plus affreuses atrocites. IV Reg., Les habitants de Galaad, en apprenant la mort d'Holo-
x, 32-33; xm, 3. Cf. vm, 10-12; Jos., Ant. jud., IX, pherne, se joignirent aux Juifs et aux Galileens pour
VHI, 1. Le prophete Amos, I, 3,13, annonce des chati- poursuivre les soldats assyriens en fuite. Judith, xv, 5
ments a Damas etaux Ammonites pouravoirecrase Galaad (grec).
sous les herses de fer et eventre les femmes en- .Plus d'une fois, pendant les invasions de Sennacherib
ceintes. Sous les regnes de Joachaz, fils de Jehu, et de et de Nabuchodonosor, les fugitifs juifs chercherent une
Joas, frere et successeur de Joachaz, Galaad avait ete retraite en Galaad; il y furent mal accueillis par les
delivre quelques instants, ainsi que le reste d'Israel, de Ammonites et les Moabites possesseurs du pays. Lea
la longue et dure tyrannic des Syriens. IV Reg., xm, prophetes reprennent ceux-ci et leur annoncent qu'eux.
4-5, 23-25. Jeroboam II, fils de Joas et son successeur, aussi seront expulses a leur [tour, que Galaad reverra.
brisa le joug de Damas et i'assujettit elle-mSme. IV Reg., ses anciens habitants, les fils d'Israel, et reprendra son
Xiv, 26-28. Galaad eut encore quelques jours de prosp6- antique splendeur. Jer., XLIX, 1-3; L, 19; Amos, I, 13-
rite. Le recensement opere' sous ce roi compte pour le 15; Abdias, 19; Zach., x, 10. Cf. Is., xvi; Ezech., xxv;
pays transjordanien quarante-quatre mille sept cent Soph., n, 8-10.
soixante guerriers munis de boucliers, d'epees et d'arcs, 2 Depuis la captivite jusqu'a Jesus-Christ. De re-
parfaitement formes a la guerre. Aides de leurs voisins, tour de Babylone, les Juifs ne tarderent pas a s'etablir
ils combattirent les Agareens vivant a 1'est de Ga- dans le pays de Galaad. Hyrcan, fils de Joseph, neveu lui-
laad, leur tuerent un grand nombre d'hommes, firent meme par sa mere du grand pretre Onias, repouss^ par
prisonniers cent mille autres et ramenerent cinquante ses freres parce qu'il ^tait le plus jeune, alia se fixer au
mille chameaux, deux cent cinquante mille brebis et dela du Jourdain, dans la partie meridionale de Galaad.
deux mille anes. Le peuple de Galaad etait innom- La, non loin d'Hesebon, sur un rocher environn6 de
brable; il occupa le pays des Agtreens jusqu'a la capti- profonds ravins, il s'eleva une puissante forteresse.
vite. II Par., v, 11-23. De vastes constructions devaient servir a son habitation
Les Galaadites,quand eclata le schisme de Jeroboam Ier, et a recevoir ses amis. Les murailles etaient ornees de
avaient accepte le culte du veau d'or et s'etaient livres representions d'animaux gigantesques; des jardins
a tous les desordres qu'il entrainait a sa suite; ils de- arroses par des eaux courantes faisaient Pagrement de-
vaient subir le chatiment annonce par les prophetes a ce sejour. Ce chateau fut appele Tyr. II est connu au-
57 GALAAD 58
jourd'hui sous le nom de 'Araq-el-Emir, la roche du villes de la Peree, Gerasa, Gadara, Pella, Abila, Dios,
Prince, et ses grandes mines font encore 1'admiration s'unirent aux villes des pays voisins de Gaulanitide, de
desvisiteurs; elles sont a dix-sept kilometres, nord-nord- Batanee, de Galilee et formerent une sorte de confede-
est, de Hesban. Dans cette situation, Hyrcan fut comme ration connue sous le nom de Decapole. Voir DECAPOLE,
le roi de la contree. II faisait la guerre aux Arabes, leur t. n, col. 1333-1336. Auguste joignit Gadara au royaume
tuait du monde et faisait de nombreux prisonniers. II se d'Herode. Ant. jud., XV, vii, 3. A la mort de ce prince,
maintint ainsi sept ans, jusqu'a 1'avenement d'Antio- la province de Peree, s'etendant de Pella a Macheronte,
chus TV Epipharie (175). Redoutant la puissance de ce fit partie de la tetrarchie d'Herode Antipas; mais Gadara,
prince et des represailles, il se donna la mort. Josephe, qui etait une ville grecque, fut reuni a la Syrie (39).
Ant. jud., XII, iv, 11. Cf. de Saulcy, Voyage en Terre Ant. jud., XVII, xi, 4; Bell, jud., II, vi, 3.
Sainte, in-8, Paris, 1865, p. 211-234. Les Juifs, etablis 3 Depuis Jesus-Christ. Sous les Herode, les Juifs
dans les diverses localites de Galaad, y vecurent assez se retablirent en colonies en Decapole et en Peree. Un
tranquilles jusqu'a la persecution d'Antiochus IV qui grand nombre d'entre eux vinrent ecouter les enseigne-
surexcita le fanatisme des Grecs et des Syriens. Ces ments de Jesus. Math., iv, 25; Marc., in, 8. Le Seigneur
paiens maltraiterent les Juifs. Juda Machabee passa en se rendit plus d'une fois au milieu d'eux. Marc., vii, 31;
Galaad, au sud du Jaboc, pour les reprimer. II trouva x, 1. Jean avait baptise Jesus dans cette partie de la
Timothee, chef des Ammonites, a la tete de forces puis- Peree qui appartenait a la Galaaditide largement enten-
santes. II lui livra de nombreux combats, fmit par le due. Joa., I, 28; HI, 26 ; x, 40. Macheronte, ou Jean fut
reduire, s'empara de Jazer (Vulgate : Gazer) et de tous emprisonne et mis a mort par Herode Antipas, etait de
les pays des alentours et retourna en Judee. Tous les la meme contree. Josephe, Ant. jud., XVII, v, 2. Lorsque
peuples de Galaad se reunirent alors et deciderent de ce prince eut ete exile dans les Gaules, la Peree fut
massacrer tous les Juifs vivant parmi eux. Timothee annexee au royaume d'Herode Agrippa (39-44). Ant.
etait le chef du mouvement. Us commencerent a mettre jud., XVIII, vii, 2; Bell, jud., II, ix, 6. A sa mort, la
leur dessein a execution dans le pays de Tubin (grec : region transjordanienne retomba sous la domination
Tw6i'ou, probablement 1'ancien pays de Tob, au nord directe de Rome. Ant. jud., XIX, ix, 2. Le massacre
du Jaboc). Plus de mille hommes y perirent; les des Juifs a Cesaree par les Syriens, sous le procurateur
femmes et les enfants furent reduits ea esclavage et tous Florus, provoqua le soulevement des Juifs de la Peree ;
les biens pilles. Tous les autres Juifs du pays se refu- ils tuerent une multitude de paiens, a Ge"rasa, a Pella,
gierent dans la forteresse de Datheman et ecrivirent a a Philadelphie, a Hesebon et dans tout les pays des
Juda pour 1'informer du peril extreme ou ils se trou- alentours. Les Syriens exercerent des represailles (64).
vaient. Juda et Jonathas son frere passerent le Jourdain Bell, jud., II, xvni, 1-2. Les Juifs de Jerusalem organi-
et s'avancerent a trois journees de marche. Les Naba- sant le pays, apres la defaite de Cestius et des troupes
theens leur raconterent tout ce qu'avaient souffert leurs romaines, nommerent Manasse prefet de Pe"ree (65).
freres, leur firent connaitre la situation critique des Bell, jud., H, xx, 4. Pella etait la capitale de la topar-
Juifs en Galaad et le dessein de leurs ennemis d'atta- chie formee dans cette region. Bell, jud., Ill, HI, 5.
quer des le lendemain les villes occupees par les Juifs Vespasien, aussitot arrive pour reprimer la revolte de
et de s'emparer de toutes le mme jour. Juda marcha Judee, vint a Gadara, metropole de la Peree, ou il fut
toute la nuit avec sa troupe et sur le matin arriva a la accueilli par une partie de ses habitants comme un libe-
forteresse ennemie. A sa vue, les ennemis, qui se prepa- rateur. II chargea son lieutenant Placide de soumettre
raient a 1'assaut, prennent la fuite. Juda les poursuit le reste de la Peree. Bell, jud., IV, vn, 3-6. L'ancien
et en fait un grand carnage. De la, il se dirige sur pays de Galaad, pendant toute la duree de la guerre,
Maspha, la prend, la brule et en massacre tous ses donna 1'hospitalite a la chretiente de Jerusalem. Avertis
habitants males. II s'empare de me'me de la plupart des par les propheties de Jesus, les fideles conduits par
villes de Galaad. Timothee avait reuni une nouvelle et leur ev4que Simeon, fils de Cleophas, s'etaient retires
nombreuse armee composee d'Arabes mercenaires.Juda a Pella ou sans doute se trouvaient deja d'autres dis-
va a sa rencontre et le met en deroute. Voyant cependant ciples du Seigneur (67-70). Eusebe, H. E., iv, 5, t. xx,
que les Israelites n'etaient pas assez nombreux ni assez col. 221-224; S. Epiphane, Advers. h&r., xxix, t. XLI,
forts pour se defendre et se maintenir en Galaad en face col. 401; De mens. et pond., xv, t. XLIII, col. 261. La
de leurs adversaires, il les reunit tous avec leurs femmes guerre finie, des colonies greco-romaines s'eleverent en
et leurs enfants pour les emmener en Judee. Arrive tout lieu, Umm-Keis (Gadara), Fahel (Pella), Beit-Rds
avec toute cette multitude a Ephron, les habitants de ' (Capitolias), Irbid (Abila), DjeraS (Gerasa) surtout, avec
cette ville veulent 1'empe'cher de passer outre. Juda en les ruines de leurs temples, de leurs theatres, de leurs
fait immediatement le siege, la prend d'assaut le lende- bains, de leurs palais et leurs immenses portiques, te-
main matin, la rase, passe sur les cadavres de ses moignent combien grande fut leur splendeur et le luxe
habitants et va franchir le Jourdain en face de Bethsan de leur civilisation. De nombreuses voies de communi-
(164). I Mach., v, 1-52. Galaad retombe au pouvoir des cation, dont on peut encore suivre les traces, les reliaient
Arabes et des Greco-Syriens. Alexandre Jannee, de- entre elles.
venu roi de Judee (106-79), y fait plusieurs expeditions Le christianisme, qui n'avait point quitte le pays avec
militaires et, malgre quelques echoes, finit par le re- Simeon reconduisant son peuple a Jerusalem, s'y deve-
duire. Les habitants de Pella ayant refuse de se sou- loppa a la faveur de la liberte et de la protection qu'accor-
mettre a la religion des Juifs, leur ville fuj d^lruite. derent aux Chretiens les empereurs de Byzance (325-636).
Josephe, Ant. jud., XIII, xv, 3-4; Bell, jud., I, iv, 3. Les noms de Gadara, Pella, Abila, Philadelphie ('Amman),
Bientot apres les armees de Rome envahirent la con- Esbus (Hesebon), Madaba, Livias et de plusieurs de leurs
tree et Poffipee passa par Pella pour aller assieger Jeru- eveques, se lisent dans les actes des anciens conciles ou
salem (63). A son retour, il rendit 1'independance aux sur les listes des villes episcopales du patriarcat de Jeru-
\illes soumises par Alexandre. Le nom de Galaad dispa- salem. Voir Le Quien, Oriens christianus, in-f, Paris,
rait; il est remplace par celui de Peree. La Peree unie 1740, t. HI, p. 698-719; Ad. Reland, Palxstina, 1. I,
a la Ccele'syrie est souvent confondue avec elle et elle est cap. xxxv, in-4, Utrecht^ 1714, p. 214-229. Pendant cette
placee sous le gouvernement d'un preteur romain. Ant. periode, les souvenirs bibliques de 1'antique terre de
jud., XIV, in, 4; iv, 4; Bell, jud., I, vi, 5; vii, 7. Ga- Galaad y attirerent souvent les pelerins. Sainte Sylvie,
binius y e>igea deux tribunaux (duv8pia) pour 1'admi- ou la pelerine du ive siecle designee sous ce nom, apres
nistration du pays, Fun a Gadara, 1'autre a Amathonte. avoir visite Livias (1'ancienne Betharan, aujourd'hui
., XIV, v, 4; Bell.jud., I, vm, 5. Les principals I'ell-Rdmeh), centre du campement des Hebrcux avant le
59 GALAAD GALATE 60
passage du Jourdain, apres avoir gravi les pentes raides GALAADITE (hebreu : Gil'ddl; Septante :
da Nebo, celebre par la mort de Moise, voulut voir le FaXaaS^tvic; Vulgate : Galaadita, Galaadiles), descen-
tombeau de Jephte, la ville ou naquit Elie et le torrent dant de Galaad ou habitant du pays de ce nom. 1 Les
ou il se cacha, avant de se rendre au pays de Job, dans Galaadites en general sont mentionnes, Num., xxvi, 29;
1'ancien territoire de Manasse oriental. Des monasteres Jud., xi, 40; xii, 5; IV Reg., xv, 25. 2 Le texte sacre
s'elevaient dans la plupart de ces lieux et des moines parle de trois Galaadites en particulier : de Jair, Jud., x, 3;
nombreux etaient venus de loin s'y enfermer pour de Jephte, xi, 1; xn, 7; de Berzellai, II Reg., xvii, 27;
mediter et prier. Peregrinatio, edit. Gamurrini, in-4, xix, 31, 32; HI Reg., H, 7; I Esd., n, 61; II Esd., vn, 63.
Rome, 1887, p. 58-60. La grande victoire gagnee sur les Voir GALAAD 1.
bords du Yarmouk, non loin d'Umm-Keis, par les ge-
neraux de 'Omar sur les armees d'Heraclius, arracha ces GALAADITIDE (Septante : ^ FaXaaStTc?; Vulgate :
pays a Byzance et les placa sous le joug de Tlslam (636). Galaaditis), nom donne dans I Mach., v, 17, 20, 25, 27,
T heophane, Chronogr., A. M. 6126, t. cvin, col. 692. 36, 45, et xni, 22, au pays de Galaad. Voir GALAAD 3.
Les croises y etablirent leur domination ephemere
(1100-1187); un immense chateau, semblable a celui de GALAL (hebreu : Galdl; Septante : Fa).aaX), nom de
Kerak et assez bien conserve jusqu'a ce jour, fut eleve deux levites.
au sommet de la montagne, a deux kilometres a 1'ouest
du village de 'Adjloun, pour surveiller et protger la 1, GALAL, levite de la famille d'Asaph, I Par., ix, 15.
du nombre de ceux qui habiterent Jerusalem au temps
contree au nord du Zerqa', au centre de laquelle il se
trouve : il est appele Qala'at er-Rabbad. Depuis le de Nehemie. II n'est pas nomme dans la liste parallele.
depart des croises, il servit de residence a un chef II Esdr., xi, 17.
arabe qui se regardait comme le maitre du pays.
L'an 1632, 'Aly, fils de Fahr ed-Din, emir des Druzes, 2. QALAL, levite, fils d'Idithun, et pere de Samua,'
1'assiegea et s'en empara. II y mit une forte garnison lequel 1'etait d'Abda. Ce dernier fut du nombre de ceux
pour arreter les courses des Arabes bedouins qui sou- qui habiterent Jerusalem au retour de la caplivite, du
vent infestaient la region et allaient meme porter leurs temps de Nehemie. II Esdr., xi, 17. Dans la liste parallele
ravages au dela du Jourdain. Sous cet emir, le pays do de I Par., ix, 16, ce Galal est nomme, mais les noms de
'Adjloun, delivre de la tyrannic des pachas de Damas, Samua et d'Abda sont changes en Semeias et Obdia.
continuait a jouir d'un regime de liberte et de justice : GALALAI (hebreu : Gilalai; Septante : FeXwX), un
les cultivateurs etles Chretiens y vinrent nombreux pour des fils des pretres qui jouerent des instruments pres-
1'habiter et le travailler. L'annee suivante, une armee crits par David, a la dedicace des murs de Jerusalem au
turque vint attaquer les soldats de I'emir; ils resisterent temps de Nehemie. II Esdr., xn, 35 (hebr. 36).
jusqu'en!637. Eug. Roger, La Terre Sainte, 1.1, ch. xvm,
in-4, Paris, 1646, p. 190-192. Les Chretiens se sont GALATE (grec : FaXatri; ; Vulgate, Galata), habitant
maintenus dans la plupart des villages du district de de la Galatie (fig. 9 ). 1 Ce mot s'applique dans la Bible
'Adjloun, releves alors; il y en a 'Adjlun, a 'Ain Djen-
neh, a Andjera, a Suf, a Hoson, a 'Ordjdn, a Dje-
deita' aKefr 'Abil, a Fdra', a Kefrendji et en plusieurs
autres lieux. Le patriarcat latin de Jerusalem a fonde,
depuis quelques annees, des missions et des ecoles dans
plusieurs de ces localites, au nord du Zerqa' et, au sud,
a Salt, a Feheis, a Er-Rememm. La population mu-
sulmane a ete augmentee, en 1878, par une immigration
de Circassiens fuyant leur pays conquis par les Russes.
Ils ont occupe les campagnes les plus fertiles de 1'ancien
Galaad et ont eleve des villages au milieu des ruines de
'Amman et de Djeras, dans 1'ouadi Sir, non loin de
Salt, pres du Khirbet-Sar, dont le nom rappelle peut-
<Hre 1'ancien Jazer, et en plusieurs endroits du Hauran et
du Djolan. L'antique pays de Galaad proprement dit est
divise actuellement en deux districts (QacZo'), subdivises
eux-memes en divers cantons (ndhiiel) : le district de
'Adjloun, avec 'Irbid, une des Arbela de 1'histoire.
pour chef-lieu, comprend toute la partie au nord du
Zerqa' jusqu'au Seri'at el-Menadreh ou Yarmouk; celui
du Belqa', au sud, a Es-Salt pour chef-lieu : les deux
dependent du gouvernement general (oualdiiet) de
Damas.
IV. BIBLIOGRAPHIE. A. Reland, dans Palsestina, 1.1,
c. XXXH, Departibus Terrse trans-Jordanix, Persea, etc.,
in-4, Utrecht, 1714, p. 193-204; Seetzen, dans Reisen
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capolis, in-8, Londres, 1890; Guy le Strange, A ride
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in-8, Fribourg-en-Brisgau, 1896, p. 241-267. province romaine de Galatie. II est question de Galates
L. HEIDET. dans II Mach., vm, 20. Judas, pour encourager ses
Cl GALATE GALATES (EPITRE AUX)
troupes, leur rappelle la bataille livree centre les Galates y avait parmi les lecteurs des Juifs de naissance et des
en Babylonie. Les Macedonians, c'est-a-dire 1'armee du proselytes, n, 15; in, 13, 23, 25, 28; rv, 3. En outre,
roi de Syrie, allaient etre battus, quand les 6000 Juifs, les lecteurs de 1'Epltre devaient etre tres familiers avec
qui servaient comme auxiliaires, remporterent la, vic- 1'Ancien Testament, et meme habitues a la dialectique
toire et defirent a eux seuls 120000 Galates, a 1'aide du rabbinique; autrement Paul n'aurait pas cite aussi sou-
secours que leur donna le ciel. Le resultat de cette vic- vent les Livres saints et appuye presque toute son argu-
toire fut pour les Juifs d'obtenir un grand nombre de mentation doctrinale sur 1'autorite de I'Ecriture. Si nous
faveurs de la part des rois de Syrie. La Sainte Ecriture exceptons 1'Epitre aux Romains il n'est aucune Epitre
ne s'explique pas sur la nature du secours que le ciel de saint Paul, ou 1'on trouve une aussi forte proportion
donna aux Juifs. S'agit-il (d'un orage, de grele ou de de citations de 1'Ancien Testament. Done les destina-
tonnerre ? Nous 1'ignorons. La bataille a laquelle il est taires de cette Epitre etaient en majorite des pai'ens et
fait allusion ici fut livree dans la guerre qu'Antiochus III pour la plupart probablement des proselytes et une mi-
le Grand fit a Molon, satrape rebelle de Medie, qui avait norite de Juifs de naissance.
a sa solde des mercenaires galates, comme en avait II. OCCASION ET BUT DE L'EPITRE. L'Epitre aux Ga-
Antiochus lui-rneme. Polybe, v, 53. Cf. G. Wernsdorf, lates est une lettre toute de circonstance; c'est done en
De republica Galatarum, in-8, Nuremberg, 1743, relevant les allusions qui y sont contenues, que nous
p. 137; Id., Commentalio historico-critica de fide libro- pourrons retracer les rapports de Paul avec les Eglises
rum MachabsBorum, in-4, Vratislav, 1747, p. 97; C. F. de Galatie et les circonstances qui ont donne naissance
Keil, Gommenlar uber die Backer der Makkabaer, a cette lettre. Saint Paul avait evangelise lui-meme ces
in-8, Leipzig, 1875, p. 361-362. Eglises, i, 8, 9, et cela, lorsqu'il souffrait de cette ma-
2 Les Galates sont encore nommes dans 1'Epltre qui ladie, dont il parle aussi aux Corinthiens. II Cor., xii, 7.
leur est adressee. Gal., in, 1. Galates insenses! leur Malgre cet etat, qui aurait pu faire de lui un objet de
ecrit 1'Apotre, qui vous a fascines au point de vous em- mepris et de degout, iv, 14, les Galates 1'avaient recu
pecher d'obeir a la verite, vous aux yeux de qui Jesus- comme un ange de Dieu, comme Jesus-Christ, iv, 14.
Christ a ete peint comme crucifie ? Les Galates sont II se souvient de leurs temoignages d'affection; ils se
depeints comme inconstants, se detournant prompte- seraient arrache les yeux pour les lui donner. iv, 15.
ment de celui qui les a appeles par la grace de Jesus- Aussi les appelle-t-il ses petits enfants; il souffre encore
Christ pour passer a un autre Evangile, et cela unique- pour eux les douleurs de 1'enfantement. iv, 19. Son mi-
ment parce qu'il y a des gens qui les troublent et qui nistere avait ete fructueux, car les Galates avaient recu
veulent renverser 1'Evangile du Christ. Gal., i, 6-7. Ces le Saint-Esprit, m, 2; des eglises avaient ete fondees;
adversaires de saint Paul et de 1'Evangile etaient les des miracles avaient ete faits parmi eux, in, 5; Dieu
Juifs et les judaisants. II y avait en effet un grand avait envoye dans leurs coeurs 1'Esprit de son fils, iv,
nombre de Juifs en Galatie. Josephe, Ant. jud., XVI, 6; ils couraient bien. v, 7. Apres la premiere evangeli-
vi, 2. Voir GALATIE, GALATES (EPITRE AUX). sation Paul fit aux Galates, au moins une seconde vi-
E. BEURLIER. site, Gal., iv, 13, si Ton restreint le sens de icpdrepov, et
GALATES (PITRE AUX). litre et souscription. deja, peut-etre, a ce moment s'apergut-il que les senti-
Les manuscrits onciaux les plus anciens, N ABK et ments des Galates etaient changes a son egard et que leur
plusieurs minuscules, 3, 17, 37, 47, 80, 108, portent en foi t'tait chancelante, puisqu'il eut besoin de raffermir,
tete de cette Epitre : Trpo; FaXara?; d'autres ajoutent : Act., xvi, 5; xvm, 25, et que, dans sa lettre, il dit aux
ETCKTToXYi. Voir Tischendorf, Novuni Testamentum grssce, Galates: Comme nous 1'avons dit precedemment et main-
editio octava major, t. n, p. 627. Les manuscrits N A B* C, tenant je le repete : si quelqu'un vous annonce un
6, 17, 135 ont pour souscription : Ttpo; yaXata?; quel- autre Evangile que celui que vous avez recu qu'il soit
ques codex y ajoutent IXTCO PW^YIC, airo 9so-ou, Sia TITOU, anatheme. i, 9. II ne s'agit pas ici de ce que Paul vient
8ca mov xai >.ouxa, 8ta TUXIKOV. Pour les souscriptions de dire, car la repetition ne renforce pas la phrase
plus developpees, voir Tischendorf, Nov. Test., t. n, precedente. Mais bientot apres Paul apprit que le mal
p. 662. avait fait des progres nouveaux. Est-ce par une lettre
I. DESTINATAIRES DE L'EPITRE. Cette' lettre est ou par des delegues venus de ces Eglises qu'il connut
adressee aux Jiglises de Galatie . i, 3. Mais, ainsi cet etat? Nous ne pouvons le savoir, mais 1'Apotre pa-
qu'on 1'a vu a 1'article precedent, ce terme : Galatie, au rait tres bien informe et certain de la verite des ren-
temps de saint Paul, designait ou le pays des Galates, seignements qu'il a, car il ne parait pas mettre un seul
ou la province romaine de Galatie. L'Epitre peut done instant en doute leur exactitude. Des gens, venus pro-
avoir ete ecrite aux Galates proprement dits, que Paul bablement d'Antioche, avaient enseigne aux Galates un
aurait evangelises pendant son second et son troisieme Evangile different de celui de Paul, i, 6-8. Qui etaient-
voyagemissionnaire, Act., xvi, 6; xvm, 23, ou aux habi- ils? nous 1'ignorons, car Paul en parle toujours a mots
tants de la province romaine de Galatie, c'est-a-dire aux couverts et meme assez dedaigneux; il les appelle TCVSC.
Eglises d'Antioche de Pisidie, d'Iconium, de Lystre et de i, 7. C'etaient des chrotiens d'origine juive, IV, 29; I, 3;
Derbe, que Paul avait fondees, lors de son premier vi, 12-17, et il est probable qu'il y en avait plusieurs;
voyage missionnaire, Act., xm, 14-xiv, 22, et qu'il visita cela ressort du pliiriel employe a leur sujet, i, 7; iv,
ensuite a deux reprises. Act.,xvi, 1-5; xvm,23. Les deux 17; v, 12; mais un d'entre eux predominait et devait
opinions ont pour elle des defenseurs et des arguments etre un homme d'une autorite reconnue, car Paul dit
de valeur, au point qu'il est difficile de prorioncer un de lui : Celui qui vous trouble, quel qu'il soit, en por-
verdict definitif. tera le jugement. v, 10.
Reste a determiner si les Galates, a qui la lettre etait La lettre de 1'Apotre nous indique tres nettement par
adressee, etaient Juifs ou Gentils, ou s'il y avait des les reponses qu'il y fait la taclique de ses adversaires.
uns et des autres et dans quelle proportion ils etaient. Elle etait dirigee contre son autorite apostolique et centre
Les Gentils ou les incirconcis etaient certainement en ma- ses enseignements dogmatiques et moraux. 1<> On at-
jorite. v, 2; vi,12; iv,8; HI, 28, 29. En effet, toute 1'ar- taquait la vie apostolique de Paul et surtout son inde-
gumentation de FEpitre tend a etablir que les lecteurs ne pendance a 1'egard des premiers Apotres. II n'avait eu
doivent pas se faire circoncire, car ce n'est pas la cir- a leur egard tout d'abord, c'est-a-dire apres sa conver-
concision qui justifie, mais la foi en Jesus-Christ. S'ils sion, qu'une position subordonnee, i, 1,16-20; c'est d'eux
se font circoncire, le Christ ne leur servira de rien, qu'il avait recu son enseignement et meme, au concile
\, 2; s'ilssont au Christ, ils deviendront posterite d'Abra- de Jerusalem, il avait du le .leur soumettre, n, 1-11; a
ham, in, 29. Cepeadant plusieurs textes prouvenf qu'il Anlioche, Pierre n'avait pas approuve sa couduite avec
63 GALATES (fiPITRE AUX)
les Gentils, et s'etait ostensiblement se"pare de lui. n, 1'impossibilite ou il est d'aller les visiter, il prend la
11-15. II n'avait aucun mandat pour remplir une mis- plume et, au lieu de dieter sa lettre, comme il le faisait
sion parrai les paiens, n, 7-9; car il n'avait rien, ni d'ordinaire, il ecrit de sa propre main aux Galates, vi, 11,
personne qui attestat cette mission, sinon lui-meme. La persuade que ce temoignage de sollicitude les touchera
maniere de vivre qu'il preconisait etait contraire aux et que sa propre ecriture aura plus d'efficacite que celle
usages des Eglises de Palestine et a la predication des d'un secretaire. Personne ne s'interposera ehtre lui et
Apotres. G'etait pour plaire aux nouveaux convertis et ses chers Galates. II est vrai que le sens de cette phrase,
obtenir de plus grands succes, I, 10, qu'il diminuait vi, 11, n'estpas tres clair. Saint Paul a-t-il voulu dire :
TEvangile dans ses parties essentielles. II sait d'ailleurs Vous voyez quelle grande lettre je vous ai ecrite de ma
s'adapter aux circonstances, faire des concessions, i, 10; propre main, ou bien : Voyez avec quelles grandes lettres
v, 11, et parler aux Juifs d'une tout autre maniere. je vous ai ecrit de ma propre main. De plus, Paul veut-il
2 On attaquait surtout 1'Evangile de Paul. La loi parler ici de toute sa lettre ou bien appeler 1'attention
mosaique avait ete donnee aux hommes par Dieu comme. des Galates seulement sur les dernieres phrases, vi, 11-18,
un signe eternel d'alliance; par consequent, si les Ga- qu'il aurait ajoutees lui-meme? Ce petit probleme, sou-
lates voulaient participer a cette alliance, etre des chre- leve depuis longtemps, n'a pas ete encore resolu. Cf.
tiens complets, des membres de la communaute chre- Comely, Comm. in Gal., p. 604.
tienne, avoir part au salut messianique, ils devaient se En resume, 1'argumentation des adversaires de 1'Apotre
faire circoncire, v, 2; vi, 12, observer les jours et les pouvait etre reduite a trois points : 1 L'Evangile de Paul
fetes des Juifs. rv, 10. Mais les adversaires de Paul n'in- n'etait pas d'origine divine et son apostolat etait secon-
sistaient pas sur les autres obligations, imposees par la daire. 2 En detruisant la loi, il est en opposition avec
loi mosaique; ils n'avaient pas ose enseigner que le cir- Dieu lui-me'me, qui a etabli celle-ci comme condition de
concis devait s'astreindre a toute la loi, v, 3, cette loi que les son alliance avec 1'homme. 3 II ouvre la porte a toutes
Juifs de naissance eux-memes n'observaient pas en entier. les licences. II est peu probable que les attaques des
vi, 13. Ils rappelaient que les convertis da paganisme, judai'sants aient reve'tu cette forme logique, et c'est Paul
en se faisant circoncire, participaient a tous les privi- lui-meme qui leur a imprime cette puissance de dia-
leges que les Juifs avaient obtenus du pouvoir civil, et lectique. II suit done ses adversaires dans toutes leurs
qu'ainsi ils evitaient la persecution, v, 11. 3 En pro- attaques et leur repond en etablissant : 1. 1'origine di-
clamant la de"cheance de la loi, Paul met en doute la vine de son Evangile et son independance a 1'egard des
valeur des promesses divines, enleve toutes les barrieres autres apdtres; 2. que la justification nous est accprdee
qui restreignaient le peche, et la liberte chretienne, qu'il par la foi en Jesus-Christ crucifie et ressuscite, et non
proclame, est la licence, 1'autorisation de se livrer a tous par la loi; que celle-ci n'a ete qu'une alliance transitoire
les vices. entre Dieu et 1'homme; 3. que la decheance de la loi
L'attaque des judaisants etait habile, car leur doctrine ne brise pas tout frein moral, car, desormais, la charite"
paraissait avoir pour elle 1'Ancien Testament, la pratique chretienne sera la regie de nos actions. Telles sont les
de Jesus-Christ lui-me'me, des premiers Apotres et des verites que saint Paul etablit dans sa lettre aux Galates.
Eglises de Palestine; elle frappait au coaur mSme 1'Evan- III. DATE ET LIEU DE COMPOSITION. On ne sait ni la
gile de 1'Apotre. Le salut est-il accorde a 1'homme uni- date exacte de 1'Epitre aux Galates, ni la place que celle-
quement par la foi en Jesus-Christ ou a-t-il, pour condi- ci occupe dans 1'ordre des autres Epltres de saint Paul.
tion necessaire, 1'observance de la loi mosaique? Paul II existe sur ces deux points, ainsi que sur le lieu de com-
a nettement pose la question lorsqu'il dit aux Galates : position, des opinions tres diverses et cela des les temps
Je vous declare que, si vous vous faites circoncire, le anciens. Marcion, d'apres S. Epiphane, Hssr., XLII, 9, t. XLI,
Christ ne vous servira de rien. v, 2. La question etait col. 708, place 1'Epitre aux Galates en tete des autres
done de savoir si la loi etait une institution transitoire, Epitres de saint Paul. Victorin, vers 380 (Mai, Script,
actuellement depassee, qui avait produit tous ses effets vet. nova coll., in, 2, 1), rapporte que Paul ecrivit cette
et qui maintenant etait remplacee par une nouvelle al- epitre, au temps ou il prechait a Ephese, par consequent
liance, dont Je"sus-Christ etait 1'initiateur et la condition. pendant son troisieme voyage missionnaire. Saint Jean
La question etait certes difficile a resoudre,et il est pos- Chrysostome, In Rom. horn. 1,1, t. LX, col. 393, con-
sible que les judai'sants aient ete de bonne foi. L'on ne jecture qu'elle est plus ancienne que 1'Epitre aux Remains
peut done s'etonner que ces insinuations centre la per- et qu'elle a du etre ecrite vers la fin du troisieme voyage
sonne de 1'Apotre, que ces attaques contre son autorite de Paul. Theodoret, Comm. in Ep. Pauli, Prsef.,
et ses enseignements aient trouble profondement les Ga- t. LXXXII, col. 41 et 504; saint Jerome, In Gal., rv, 20, vi, 11,
lates et que leur foi ait ete ebranlee. i, 6. Ils etaient t. xxvi, col. 414 et 452; Euthalius, Argum. in Epist.
fascines, in, 1, et leur marche en avant fut arr&ee, v, 7; Pauli, t. LXXXV, col. 760; Pseudo-Athanase, Syn. S.
ils croyaient que Paul ne leur avait appris qu'un Evan- Script., 62, t. xxvni, col. 417; OZcumenius, Comm. in
gile incomplet, que, n'etant pas un disciple immediatdu Ep. Pauli, t. CXVIH, col. 1089, pensent qu'elle fut ecrite
Seigneur, il ne savait pas tout. Ils etaient sur le point a Rome, pendant la premiere captivite de saint Paul. Les
d'accepter un autre Evangile, I, 6, et de finir par les manuscrits, Bcor KPL, 37, 47, 48, les deux versions
ceuvres de la chair, apres avoir si bien commence par syriaques, la version copte portent en souscription OL-KO
celles de 1'esprit.in, 3. Deja ils observent les jours et les P<I>[I.TI;. Cette opinion a encore de nos jours quelques
mois, les temps et les annees, iv, 10; ils veulent se placer representants. Halmel, Koehler, et cela a cause des pas-
. entierement sous la loi. rv, 21. II ne semble pas cepen- sages, rv, 20; vi, 17, ou Ton voit des allusions a la capti-
dant qu'ils se soient deja fait circoncire, v, 2, ni que les vite de saint Paul, et de 1'emploi qu'il fait des termes
adherents du nouvel Evangile aient ete encore bien nom- . de droit romain. rv, 2; in, 20. Zahn, Einl. in das N. T.,
breux, et que tout espoir de les ramener et de retablir i. i, p. 140-143, a montre que ces preuves etaient insuf-
les Galates dans la foi en Jesus-Christ ait ete perdu, car fisantes et qu'en particulier, si Paul avait ete captif au
Paul, tour a tour, exprime son anxiete, iv, 20, et sa moment ou il ecrivait, il j'aurait dit plus nettement,
confiance, v, 10; il eprouve de nouveau pour eux les ainsi qu'il le fait dans les Epitres, ecrites certainement
douleurs de 1'enfantement, mais enfin il espere qu'ils pendant sa captivite. De la diversite d'opinion sur les
obeiront a la ve'rite et qu'ils persevereront comme lui. destinataires de 1'Epitre est n^e la divergence des hypo-
v, 10. Quel qu'eut ete le succes de ses adversaires aupres theses sur la date et le lieu de composition. Elle est, a-
de ses enfants tendrement cheris, Paul fut tres inquiet, t-on dit, la premiere Epitre de saint Paul (Marcion,
iv, 20, et il aurait voulu tre aupres d'eux pour changer Zahn); la derniere (Krehler); elle a ete ecrite avant
de langage et les exhorter plus vivement. iv, 20. Dans 1'an 54 (Calvin, Michaelis, Keil); peu de temps apres la
65 GALATES (EPITRE AUX) 66
conference de Jerusalem (Comely, Hausrath- Pfleiderer); critiques, 1'evangelisation est raconte"e au ch. xvi, 6, des
a Antioche (Kenan, Ramsay); a Jiphese, pendant le Actes et la seconde visite est mentionnee au ch. xvm, 23.
troisieme voyage missionnaire (Meyer, Reuss, Holtz- Ce serait done a Ephese, ou Paul se rendit apres avoir
mann, Lipsius); a Gorinthe, apres son sejour de trois ans parcouru les hautes provinces de 1'Asie, Act., xix, 1,
a Ephese (Bleek, Lightfoot); a Rome (saint Jerome, qu'il ecrivit sa lettre aux Galates. A peu pres a cette
Schrader). Etablissons d'abord les faits auxquels doit epoque, en Tespace de deux ou trois ans, 1'apotre ecrivit
satisfaire line solution du probleme. L'Epitre a du tre ses Epitres aux Galates, aux Corinthiens et aux Remains.
ecrite apres le concile de Jerusalem, puisque, de 1'aveu Or, il y a entre ces lettres, surtout celles aux Galates et
de presque tous les critiques, le voyage a Jerusalem et aux Remains, des ressemblances indeniables, ressem-
les entretiens de Paul avec les Chretiens de cette ville et blances d'idees et mme tres souvent d'expressions.
les apotres, Gal., 11, 1-10, doivent etre identifies, avec le Nous le montrerons bientot d'une maniere precise -. II
voyage de Paul, raconte au ch. xv des Actes. En outre, faut done placer 1'Epitre aux Galates, a peu pres au
elle a ete ecrite apres une seconde visite aux Eglises de meme temps que les autres Epitres aux Remains et aux
Galatie, car saint Paul dit a ses lecteurs : Vous savez Corinthiens, par consequent a Ephese, vers 1'an 55-57,
que je vous ai pour la premiere fois annonce 1'Evangile ou a Corinthe en 58. La conclusion n'est pas inatta-
a cause d'une infirmite de la chair, iv, 13; ce qui sup- quable. Elle peut avoir sa valeur pour les critiques, qui
pose que 1'apotre a visite ces Eglises au moins une admettent chez 1'apotre un developpement doctrinal et
seconde fois. II est vrai que TrprftEpov ne signifie pas ne- pensent que ses idees ont suivi le cours des evenements,
cessairement une premiere fois, mais peut etre traduit et que Paul n'avait pas de son Evangile une idee com-
par : auparavant, anterieurement. Cependant, qu'il y ait plete et definitive avant les controverses avec les ju-
eu une seconde visite aux Eglises de Galatie avant 1'envoi dai'sants. C'est pour repondre a leurs attaques que
de 1'Epitre, cela ressort assez nettement du ch. i, 8, 9 : 1'apotre aurait esquisse, d'abord dans sa lettre aux
Mais quand nous-meme, quand un ange du ciel Galates, son systeme theologique et qu'il 1'aurait deve-
annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous loppe ensuite dans PEpltre aux Romains. Dans la
avons pr^che, qu'il soit anatheme! Comme nous 1'avons premiere lettre il avait etabli la decheance de la loi et
dit precedemment et maintenant je le dis de nouveau : montre la raison d'etre de la loi mosaique dans le plan
si quelqu'un vous annonce un autre Evangile que celui divin; dans la deuxieme, il developpe dans son ensemble
que vous avez recu, qu'il soit anatheme. II est impos- le plan de Dieu dans 1'histoire de 1'humanite et prouve
sible que ces mots, comme nous 1'avons dit precedem- que la loi mosaique n'a ete qu'un moment de cette
ment, se rapportent a ce qui vient d'etre dit, que ce soit histoire. Nous dirons plus loin quels sont les rapports
une simple repetition. Us font allusion a une parole entre les Epitres aux Galates et aux Romains, et nous
prononcee, lors d'une visite aux Eglises evangelisees. reconnaitrons que la seconde peut tre regardee comme
Or, elles n'ont pu etre dites lors de la premiere evange- un complement ou un developpement de la premiere,
lisation, car, a cette epoque, il n'y avait pas lieu de pre- mais cette constatation ne nous oblige pas du tout a
munir les convertis contre un autre Evangile qui leur croire que saint Paul n'a vu que peu a peu Pensemble
aurait ete preche. En outre, la lettre fut ecrite peu de de sa doctrine. Dans 1'Epitre aux Galates, epitre decir-
temps apres cette seconde visite, car saint Paul exprime constance, il adapte ses enseignements a une situation
aux Galates son etonnement de ce qu'ils se sont de- donnee, et, par suite, traite une partie seulement de la
tournes aussi promptement de celui qui les a appeles question, celle qui etait 1'objet des attaques des ju-
par la grace du Christ. I, 6. Le terme Ta^ewc est, il est dai'sants, tandis que, dans 1'Epitre aux Romains, il
vrai, assez vague, mais cependant ne permet pas de sup- presente un expose complet de son Evangile, destine a
poser un trop grand espace de temps entre la conversion prepare'r les Chretiens de Rome a le recevoir et a ac-
des Galates et leur defection. A quel moment eut done cepter sa doctrine. En outre, la situation de FEglise de
lieu cette seconde visite aux Eglises de Galatie ? Pour Corinthe, telle qu'elle nous est presentee surtout dans
les uns la seconde visite est celle dont il est parle au la seconde Epitre aux Corinthiens, offre des analogies
ch. xvi, 6, des Actes. L'evangelisation du pays est racontee frappantes avec celle des Eglises de Galatie. Des deux
aux ch. xiii et xiv. Paul aurait done ecrit sa lettre pendant, cotes, ce sont les memes insinuations, les memes
son deuxieme voyage missionnaire; a quel moment precis attaques contre 1'autorite apostolique de Paul, les
et en quel lieu, il est difficile de le dire exactement. Le m6mes adversaires, des judai'sants. Les Epitres aux Ga-
P. Comely, Comm. in Gal., p. 368, pense qu'elle a pu lates, aux Corinthiens et aux Romains ont done cer-
etre ecrite a Troade, ou Paul aurait appris par Luc les tainement ete ecrites a peu pres a la meme epoque, el
menees des judaisants et les succes de leur predication a un moment ou la situation etait a peu pres identique,
chez les Galates. L'Epitre aux Galates aurait done ete la mais il peut y avoir eu entre elles un intervalle de
premiere en date des lettres de saint Paul. Cependant, quelques annees. Le contenu mSme de ces lettres le
pour rester, en accord avec les Peres et les critiques prouve. Dans les premieres, la pol^mique est ardente,
catholiques, qui placent en premiere ligne les Epitres elle est personnelle; dans la derniere il semble qu'elle
aux Thessaloniciens, il suppose que 1'Epitre aux Galates est apaisee. L'Epitre aux Romains est une exposition
a ete ecrite a Corinthe vers 1'an 53. II pense meme que large et tranquille d'une verite desormais assuree. II est
le porteur de la lettre fut Silas, le compagnon de saint done possible que Paul ait ecrit 1'Epitre aux Galates vers
Paul, pendant ce voyage. Charge par les apotres, Act., xv, 1'an 53, les Epitres aux Corinthiens en 57 et 1'Epitre
22, de porter a Antioche le decret de Jerusalem, il etait aux Romains en 58, a moins qu'on ne prefere rap-
mieux a meme que personne de retablir 1'exactitude des procher davantage 1'Epitre aux Galates des. autres
faits, denatures par les judai'sants. La premiere epitre Epitres et la placer en 1'an 56-57.
de Pierre, v, 12, prouve que Silas ou Silvanus etait bien IV. CANONICITE. La canonicite de 1'Epitre aux
connu des Eglises de Galatie* Zahn, Einleit,, t. i, Galates ressort de ce fait que, ainsi que nous allons le
p. 140, pense aussi que 1'Epitre aux Galates a ete ecrite demontrer, elle a ete tres probablement connue des
a Corinthe, probablement vers mars 53, mais avant les Peres apostoliques, qu'elle a ete certainement employee
Epitres aux Thessaloniciens, parce que dans la lettre par les Peres de 1'Eglise, des le milieu du n* siecle, et
aux Galates il n'est fait aucune mention de Silas et de .qu'elle est catalogued dans la plus ancienne liste d'ecrits
Timothee, bien connus cependant des Galates; c'est done canoniques, le canon de Muratori, et dans les autres
qu'elle a ete ecrite avant que les deux missionnaires, canons. Elle est dans les vieilles versions latines, sy-
qui s'e'taient separes de Paul a Beree, Act., xvn, 15, ne riaques, egyptiennes, et dans les plus anciens ma-
1'eussent rejoint a Corinthe. Act., xvm, 30. Pour d'autres nuscrits, Valicanus, Sinaiticus, Alexandrinus, etc.
DICT. DE LA BIBLE. III. - 3
67 GALATES (EPITRE AUX}
V. AUTHENTICITY. L'authenticite de 1'Epitre aux sage du Deuteronome, xxvn, 26, que saint Paul, Gal.,
Galates aurait a peine besoin d'etre etablie, tellement in, 10, et xcvi, t. vi, col. 70 i, il cite encore un autre
elle ressort avec evidence des fails racontes dans la lettre passage du Deuteronome, xxi, 23, de la m4me facon
et des doctrines qui y sont exposees. Aussi l'a-t-on, des que saint Paul, Gal., HI, 13, et il s'en sert pour faire un
les temps les plus anciens, reconnue comme ayant ete raisonnement, analogue a celui de saint Paul. II intro-
ecrite par 1'apotre Paul. Si nous ne tenons pas compte duit le premier par une phrase, qui ressemble beaucoup
des doutes emis par 1'Anglais Evanson (1792), c'est en a celle de Gal., in, 10. Ce qui parait decisif sur 1'em-
notre siecle surtout que des critiques ont me I'authen- prunt, fait par saint Justin a saint Paul, c'est que ces
ticite de cette lettre. deux textes sont, mot pour mot, semblables a ceux de
Le premier en date fut Bruno Bauer, qui 1'attaqua 1'Epitre aux Galates. Or, ici, Paul n'a reproduit ni les
dans la premiere partie de sa.Kritik der paulinischen Septante que nous avons, ni le texte hebreu. Athena-
Briefe, Berlin, 1852. Le point de depart etait une reac- gore dans son Apologie, xvi, t. vi, col. 921, parle comme
tion contre le systeme de Christian Baur, sur Pauthen- saint Paul, IV, 9, des : rot irTwxot xa\ adflsvTj <rTotx, les
ticite des quatre grandes Epitres et le rejet des autres elements faibles et pauvres, expression tres singuliere et
Epitres et des Actes des Apotres. Naber et Pierson, Veri- qu'il a du emprunter a saint Paul. Ces textes, on le vdit,
similia, laceram conditionem N. T. exemplis illustra- a part un ou deux, sont peu probants. Ceux des here-
verunt et ab origine repetierunt, Amsterdam, 1887; tiques le sont davantage. Lightfoot, Ep. to the Gal.,
Loman, Quaestiones Paulinas, Leyde, 1882; van Manen, p. 61, dit que les Ophites ont fait un grand usage de
Bezwaren tegen de echtheit van Paulus brief aan de cette lettre. On en trouve des citations textuelles dans
Galatiers, Th. Tijdsch, 1886; Volter, Die Composition leurs ecrits. Ainsi ils auraient cite Gal., iv, 26; voir Phi-
der paulinischen Hauptbriefe; 1, Der Romer und losophumena,v,l,Pat. gr.,t. xvi, col. 3139; Gal., iv, 27,
Galater-Brief, Tubingue, 1890; Scholten, Bijdragen, et Philos., v, 8, col. 3150, etc. Les Valentiniens d'apres
1882, ont marche dans la meme direction et attaque les Irenee, i, 3, 5, Adv. Hser., t. vn, col. 478, s'en seraient
quatre grandes Epitres. Us les out remaniees, depecees, servis aussi. Marcion Pavait placee dans son Canon en
niutilees, n'en ont meme conserve que des fragments ou tete des Epitres de Paul. Voir les parties qui nous en
les ont declarees entierement supposees. Rudolf Steck, restent dans Zahn, Gesch. des N. T. Kanons, p. 495-505.
Der Galaterbrief nach seiner Echtheit untersucht, Ber- Celse parle de ceshommes qui disent: i[jt,o\ x6apioc iamv-
lin, 1888, a concentre ses efforts sur PEpitre aux Galates. PWTOU xdyw TW x6<T[wp. Gal., vi, 14. C'est, dit Origene, la
J. Friedrich (Mahliss),Die Unechtheit des Galaterbriefes, seule sentence que Celse ait empruntee a saint Paul.
Halle, 1899, a resume les objections des uns et des autres, Cont. Gels,, v, 65, t. xi, col. 1288. L'auteur 6bionite des
surtout de Bauer et de Steck. Toutes leurs objections Homelies Clementines, xvn, 19, t. n, col. 401, met dans
seront refutees par Petablissement de Pauthenticite par la bouche de saint Pierre un discours, ou celui-ci
des preuves positives. Quelques mots suffiront ensuite reproche a Simon le Magicien, c'est-a-dire a Paul, de
pour resoudre celles de leurs difficultes, qui n'auront s'etre oppose a lui, evavrtoj; av&<rrr)xaj pot, de Pavoir con-
pas encore eie eclaircies, principalement celles qui damne, xaTeYvwcr[xevov, paroles qui rappellent Gal., n, 11.
naissent des rapports entre 1'Epitre aux Galates et les II s'y trouve encore d'autres allusions a 1'Epitre aux
Actes des Apotres. Galates. On pourrait trouver d'autres rapprochements
1 Preuvev extrinseques. r Saint Irenee est le pre- dans Justin le gnostique, dans Tatien, les Actes de Paul
, mier qui ait fprmellement attribue 1'Epitre aux Galates et de Thecle, XL. Gal., n, 8. Mais pour ce temps-la,
a saint Paul; mais des ecrivains ecclesiastiques, plus deuxieme moitie du ne siecle, nous avons les textes
anciens que lui, 1'ont connue, car on trouve dans leurs precis de saint Irenee : Heer., v, 21,1, t. vn, col. 1179,
ecrits quelquefois des citations presque textuelles et soir- Voir aussi in, 6, t. vn, col. 863. Au me siecle, Clement
vent des passages qui la rappellent de pres. Les rap- d'Alexandrre, Strom., in, 15, t. vin, col. 1200. Tertul-
prochements avec 1'Epitre de Clement Romain sont tres lien, De prescript., c. vi, t. n, col. 18, etc.
vagues. Cf.-I Cor., n, 1, t. i, col. 209, et Gal., -in, 16; Preuves internes. Ce tsmoignage de la tradition
I Cor., 49, 6, t. i, col. 312 et Gal., I, 4; II Cor., qui est fortement corrobore par Petude de 1'Epitre elle-meme.
n'est pas de Clement Romain, mais remonte au milieu 1 Cette J^pitre rentre bien dans la suite des evenements,
du m siecle, 1'auteur, n, 1, t. i, col. 332, cite le pas- que nous presentent pour cette epoque les autres Epi-
sage d'lsai'e, LIV, 1, comme le fait saint Paul, Gal., iv, 27, tres de Paul et les Actes des Apotres, et Pon ne retrouve
ct Tinterprete de la meme facon. Tous deux reprodui- pas au ne siecle une situation historique, qui puisse
sent les Septante. ,Les autres comparaisons, ix, 7, t. I, 1'expliquer; 2 les doctrines sont en accord avec celles
col. 228, et Gal., iv, 10; xvn, 3, t. i, col. 244, et Gal., I, 14, qu'a enseignees saint Paul et 3 le style est identique a
sont tres vagues. On trouve dans les lettrss authen- celui des lettres de 1'apotre. 1 L'Epitre aux Galates est
tiques d'Ignace martyr plusieurs coincidences, mais on une des premieres .Lpitres de saint Paul, et, quelle que
ne pourrait affirmer qu'elles j>rouvent une relation entre soit Phypothese que Pon adopte sur sa date ou ses des-
ces lettres et 1'Epitre aux Galates. Voir Ephes., xvi, 1, tinataires, elle doit Stre placee a peu pres au meme
t. v, col. 658 et Gal., v, 21; Polyc., i, t. v, col. 720, temps que les Epitres aux Corinthiens, quelques annees
et Gal., vi, 2; Rom., vn, t. v, col. 693 et Gal., v, 24; apres les discussions d'Antioche sur les conditions d'ad-
vi, 14; Philad., i, t. v, col. 697 et Gal., i, 1; Roni., n, mission des pai'ens dans la communaute chretienne,
t. v, col. 688 et Gal., i, 10, etc. Les rapports avec 1'Epitre apres le concile de Jerusalem, ou fut reglee la question
de saint Polycarpe paraissent plus nets; Peveque de et avant ou apres la deuxieme aux Corinthiens, ou se.
Smyrne emploie des membresde phrase, qu'il a du lire discute encore 1'autorite apostolique de Paul. Elle repond
dans 1'Epitre aux Galates. Ainsi v, 1, t. v, col. 1009 : de tout point a ces diverses situations et n'a pu etre.
e!8($Te; oivoTt Oeo? ou {ioxTY]p:gTat. Cf. Gal., VI, 7. Cepen- ecrite qu'a cette epoque, car ces questions n'ont pas ete~
dant cette expression : on ne se moque pas de Dieu, posees de nouveau dans les temps posterieurs. L'Eglise
peut etre una expression proverbiale. Cette formule : chretienne se rattachait etroitement au judaisme par ses
courir en vain, qu'emploie saint Paul, n, 2, se retrouve, origines, ses doctrines et ses premiers predicateurs. Une
IX, 2, t. V, col. 1013. HeTOifffxivou; OTI outoi irav; ovx question se posa done, des les premiers jours ou des
ct; xevbv sSpajiov, aXA'lvwjarei xa\ Jixatoo-ivr). Cf. encore, incirconcis ecouterent la parole apostolique. Devait-on
Hi, 2, t. v, col. 1008, et Gal., rv, 26; vi, 3, t.' v, col, 1012, les admettre dans la societe chretienne et a quelles con-
Gal., iv, 18; xii, 2, t. v, col. 1014, et Gal.ri, 1. Saint Jus- ditions? Saint Pierre trancha la premiere question en
tin a certainement connu cette Epitre. Dans son dialogue baptisant le centurion Corneille et sa maison. Act., x.
avec Tryphon, xcv, il cite, t. vi, col. 701, le meme pas- La deuxieme question etait plus delicate. Les Chretiens
69 GALATES (EPITRE AUX) 70
avaient des assemblies, ou ils mangeaient en commun. fait Paul a des-spuffrances, qu'il a eprouvees en sa chair
Act., H, 46; xx, 7. Or, le Juif et surtout le pharisien ne chez les Galates, iv, 11-16, souffrances, dont il parle
pouvaient, d'apres leur coutume, participer a un repas, aussi aux Corinthiens, II Cor., xn, 7, mais en les melant
ou se trouvaient des incirconcis. La conclusion etait a des idees totalement differentes, ce qui exclut toute
done qu'il fallait circoncire les pai'ens convertis. La idee de copie. Citons encore ce qui est dit de saint Jac-
discussion sur ce point, soulevee a Antioche, fut reglee ques, ch. I et n, et qui se trouve en parfaite conformite
par le concile de Jerusalem. Les incirconcis furent admis avec ce qu'en disent Iss Actes, ch. xv. On trouve, v, 19,
dans la socieie chretienne sans etre astreints a la circon- une de ces enumerations de peches et de vertus, qui
cision eta 1'obsen'ance de la loi mosaique.Mais certains leur sont opposees, tres familieres a saint Paul; Rom.,
Juifs, surtout parmi les pharisiens, ne desarmerent pas i, 29; I Cor., vi, 9; II Cor., xii, 20; Eph., v, 3, 5, 9;
tout d'abord, et la question, de purement doctrinale, Col., in, 5, 12, etc. 2 Nous retrouvqns dans 1'Epitre
devint personnelle. Ils attaquerent celui qui represents it aux Galates les doctrines des autres Epitres de saint
cette doctrine de la decheance de la loi, saint Paul, et Paul et principalement celles de 1'Epitre aux Romams.
le representerent comme un apotre secondaire, un Les points de contact entre ces deux lettres sont tres
hornme qui n'avait aucune autorite, sinon celle qu'il se nombreux; ils le sont meme tellement qu'on a pu sou-
donnait lui-m&ne. Nous trouvons dans les Actes les faits tenir que 1'une est, en partie, empruntee a 1'autre. II
qui trahissent cette hostilite centre saint Paul et dans la faut done reconnaitre les rapports etroits qni existent
deuxieme Epitre aux Corinthiens, sinon dcja dans la entre elles, mais montrer que les arguments, tout en
premiere, nous voyons saint Paul defendre son autorite etant les memes, sont employes de telle facon, qu'ils
apostolique centre les judaiisants. Or, si nous examinons prouvent 1'identite d'auteur et non des emprunts, faits
1'Epitre aux Galates, nous constatons que son contenu par un faussaire. Les idees, ainsi que la doctrine a eta-
repond a 1'ensernble de ces faits et de ces doctrines. blir, sont identiques, mais ni 1'ordre dans lequel elles
1. Saint Paul etablit son independance apostolique, en sont disposees, ni les termes qui les expriment ne sont
racontant a sa maniere ce qui nous est connu par ailleurs; les memes. II y a rapprochement et non dependance
en y ajoutant des details tout personnels, que nous ne litteraire. Relevons d'abord les idees exprimees en termes
connaissons pas par d'autres ecrits, ce qu'un faussaire assez rapproches. On a signale vingt-quatre ressemblances
n'aurait pu faire; en procedant souvent par des allusions, avec 1'Epitre aux Remains; Gal., in, 11; Rom., in, 20;
que nous ne comprenons plus, et qui engendrent des Gal., m, 19; Rom., v, 20; Gal., in, 23; Rom., HI, 18;
difficulty's inextricables pour nous, mais tres intelligibles Gal., m, 27; Rom., vi, 3, etc., quatorze avec la pre-
pour les lecteurs du temps. Or, a quelle autre epoque, miere Epitre aux Corinthiens, Gal., 1,8, 9; I Cor., xvi, 22;
sinon du vivant de Paul, etait-il necessaire de demontrer Gal., m, 26; I Cor., xii, 13, etc., etonze avec la deuxieme
son independance apostolique? et a-t-elle etc discutee Epitre aux Corinthiens. Gal., iv, 17; II Cor., xi, 2; Gal.,
plus tard? Tout au contraire. Un grand nombre d'Eglises x, 10; II Cor., n, 3, etc. Ce sont, pour la tres grande
reclamerent saint Paul comme leur fondateur et bientot majorite, des phrases, exprimant, il est vrai, la meme
il fut appele 1'apotre par excellence et reuni a saint idee, ce qui prouve 1'identite d'auteur, mais en des
Pierre comme un des piliers de 1'Eglise naissante. Si, termes differents, quoique tres rapproches, ce qui exclut
dans le milieu du ne siecle, une secte infime, issue du la dependance litteraire. Citons quelques exemples :
judeo-christianisme, les ebionites, attaqua saint Paul, Gal., I, 20 : a 81 Ypa?w vi(uv, J8ou v<orctov toO OeoO, ott
ce ne fut pas comme apotre qu'il fut pris a parti, mais oy ^e^Sopiai, etRom., ix, 1 : d^vjOstav Xyto iv Xpiatw, ou
comme menteur, imposteur; ce qui n'est pas du tout le 'j'sijSojji.at, et II Cor., xi, 31: o 6sb;... olSev OTI ou ^euSojiai.
cas des adversaires, dont il est parle dans 1'Epitre aux Ou encore : Gal., m, 27, 6'<roi el; Xpiurbv igoumaQ-rfte,
Galates. 2. Dans 1'Epitre aux Galates on voit que la XpnTTbv dveSuffairOe, etRom., xin, 14, IvS-JdaaOe-rov xupioy
controverse sur les observances legales, close en prin- 'IrjffoOv XpKTTdv. Les rapprochements les plus textuels
cipe, renait sous une forme attenuee; les Galates se sont sont les suivants : Gal., iv, 30, aM ti Xsyet T) fP a ?^j e*
laisse persuader que, pour faire partie de la vraie com- Rom., iv, 3, TI yap TI ypa?^ X^et; Gal., I, 11, yvwp^w 84
munaute chretienne ou, tout au moins, pour atteindre a u(v, aSeX^ot, TO eOaYfeXtov, TO eijaYYeXiaGev yTt'e^oO, et
un plus haut degre de perfection, il fallait 6tre circoncis, I Cor., xv, 1, Yvwp(w 8s vy.iv, aSsXspof, TO eyaYY^Xtov,
sinon, on restait dans .un etat inferieur. C'etait bien la S eyaYY^ta-ti[i.-ov ufitv; Gal., v, 9, puxpa ^yjiv) 6'Xov TO <pu-
maniere de voir de certains Chretiens primitifs de Jeru- pa(ia tu(J.oT, et I Cor.,v, 6, oux oi'SaTe OTI (xixpa ypiY) 6'Xov
salem, telle qu'elle ressort du recit des Actes. Mais voit- TO 9iipa(Jta Cu^ot. Cf. encore Gal.,m,6; Rom.,iv,3; Gal.,
on que, plus tard, c'est-a-dire apres leur tentative aupres m, 12; Rom., x, 5; Gal., v, 14; Rom., xin, 9. Or, ces
des Chretiens de Galatie, les Juifs convertis aient voulu ressemblances textuelles, bien peu nombreuses, on le
imposer la circoncision?Ce fut leur dernier effort et peu voit, ne prouvent pas du tout qu'un faussaire a copie les
apres, a Corinthe, ils n'essayent plus de le faire; ils Epitres de Paul pour ecrire la lettre aux Galates. La pre-
attaquent surtout 1'autorite de Paul. A quoi done aurait miere est une formule de citation, la troisieme un pro-
servi au ne siecle la demonstration, que donne saint verbe et la deuxieme une idee tres generale, toutes
Paul, de 1'inutilite de la circoncision pour le salut? formes, qu'on ne peut s'etonner de retrouver sous la
C'etait une question tranchee depuis longtemps. Aussi, plume de saint Paul a plusieurs reprises. Les autres
aucun document de la fin du ier ou du n siecle ne fait textes mis en presence sont des citations de 1'Ancien
allusion a cette controverse, et Ton voit les paiens con- Testament. Un faussaire empruntant a saint Paul des
vertis entrer de plain pied dans la communaute chre- passages en aussi grand nombre les aurait copies plus
tienne. Les ebionites attaquerent 1'enseignement de saint textuellement et n'aurait pas su les varier ainsi par des
Paul, mais n'essayerent pas d'imposer la circoncision formules differentes, quoique reproduisant la meme idee.
aux paiens convertis. Le contenu de 1'Epitre aux Galates C'est 1'Apdtre lui-meme qui, ayant a exprimer des idees
s'adapte done bien aux circonstances historiques et doc- analogues, n'a pas craint de se repeter lui-meme mais
trinales du temps de saint Paul et ne repond a aucune non servilement. Pourquoi d'ailleurs n'aurait-il pas agi
des situations historiques posterieures. Done elle aete ainsi dans ses differentes lettres lorsqu'on le voit suivre
ecrite par saint Paul, car on ne peut supposer qu'un ce procede dans le cours d'une meme lettre ? Cf. Rom.,
contemporain ait pu avec succes prendre son nom. in, 17; ix, 4, etc. (cdnsulter les references marginales
Comme confirmation, on pourrait trouver, en com pa- de 1'Epitre aux Remains).
ran tcelte Epitre aux autres leltres de Paul ou aux Actes. Si maintenant nous ^tudions la doctrine des deux
ties rapports de faits, qui ne s'expliquent pas, si 1'auteur epitres dans son ensemble, nous constatons que, des
n'est pas 1'Apotre. Citons seulement les allusions, que deux cotes,'il est etabli que la circoncision est inutile
71 GAL AXES (EPITRE AUX)
pour la justification; dans 1'Epitre aux Galates tout 1'ef- de saint Paul est absolument inimitable, parce qu'il ne
fort de 1'Apotre est donne pour etablir cette proposition suit pas des regies fixes et determiners. On peut imiter
seule et 1'argumentation est entierement dirigee dans ce le style d'un ecrivain, qui travaille a tete reposee, qui
sens; dans 1'Epitre aux Romains, Paul expose, dans son emploie toujours les memes precedes, mais comment
ensemble, sa doctrine sur la justification, et 1'inutilite imiter un style, tel que celui de Paul, un style dont les
de la .circoncision pour le salut entre dans Texpose precedes varient avec les circonstanees, qui change a
general comme une partie. Toutes les idees et les preuves chaque instant, tout en restant au fond le meme, un
qui, dansl'Epitre aux Galates, e'tablissent 1'inutilite de la style ou souvent les regies de la grammaire sontviolees,
circoncision se retrouvent dans 1'Epitre aux Romains, Paul se preoccupant seulement d'exprimer sa pensee et
mais dans un ordre different et avec une portee plus s'inquietantpeu de la forme? C'estd'ailleurs supposer a
generate; elles sont introduces a leur place dans la de- ce faussaire une preoccupation qui n'etait pas du tout de
monstration du plan de Dieu dans 1'histoire de 1'huma- son temps. Aux premiers siecles du christianisme il y a
nite. Mises en face 1'une de 1'autre, il faut reconnaitre eu des livres pseudepigraphes, mais dans aucun de ces
que 1'Epitre aux Galates est une ebauche partielle, dont ecrits, on ne voit que 1'auteur ait essaye d'imiter le style
1'Epitre aux Romains est le tableau definitif. II suffit de de 1'auteur suppose.
suiyre les principales idees pour s'en convaincre. Paul 4 Rapports entre I'Epltre aux Galates et les Actes des
affirme dans la premiere que 1'homme est incapable Apotres. Toutes les divergences qu'on a relevees entre
d'accomplir toutes les osuvres de la loi; or, il prouve 1'Epitre aux Galates et les Actes, s'expliquent si Ton se
dans les trois premiers chapitres de la seconde qu'en place au point de vue particulier des deux ecrivains.
fait ni le Gentil, ni le Juif n'ont observg la loi. L'homme Saint Luc a ecrit en historien et saint Paul en apolo-
n'est pas justifie par la loi, car le juste vivra par la foi, giste de sa conduite. Le premier raconte ce qui inte-
Gal., H, 11; Rom., i, 17; ce mode de justification estle resse 1'Eglise tout entiere, ce qui importe a 1'histoire de
plus ancien, puisque Abraham a et6 justifie par sa foi, sa fondation et de son extension, il laisse de cote tous
avant d'etre circoncis, Rom., iv, 11, etlongtemps avant les faits personnels ou de detail; le second raconte seu-
la promulgation de la loi. Gal., m, 6; iv, 3. La promesse lement ce qui lui est personnel. Luc a voulu en faire un
est faite a Abraham et a sa posterite et cette posterite recit complet et objectif. Paul choisit parmi les faits
c'est le Christ et ceux qui croient en lui, Gal., n, 16, car ceux qui conviennent a sa these. II n'a pas 1'intention
Abraham n'a pas etc" le pere des Juifs seulement, mais il d'ecrire une page d'histoire; il veut ddmontrer que son
a etc le pere de tous ceux qui croient sans etre circoncis. Evangile lui vient directement de Dieu, qu'il n'a recu
Rom., iv, 11. Les consequences morales de cette doctrine aucun enseignement humain, qu'il ne depend pas des
de la justification par la foi sont exposees rapidement premiers Apotres, qu'il est avec eux sur un pied d'ega-
dans 1'Epitre aux Galates, v, 13, tandis gue, dans 1'Epitre lite; pour demontrer cette independance apostolique il
aux Romains, Paul s'y arrete longuement et etablit en cite seulement les faits qui la prouvent, car il n'avait
detail ce que sera la vie du fidele dans le Christ. Rom., pas a faire un recit detaille des evenements, bien connus
vr, VH, vni. Peut-on conclure de cette comparaison que de ses lecteurs. D'ailleurs, si Ton prend une a une les
1'epitre abregee est un resume ou que 1'epitre la plus divergences, elles s'expliquent a la condition de ne pas
longue est un developpement de 1'autre? Non, car, bien presser les termes, de leur donner, au contraire, un
que les doctrines de 1'Epitre aux Galates se: retrouvent sens large et de tenir conipte des exigences de la po!6-
dans 1'Epitre aux Romains, elles sont presentees d'une mique. Les divergences entre Act., ix, 1-21, et Gal.,
facon trop independante, elles s'enchainent trop logi^ i, 15,16, s'expliquent facilement a la condition de suivre
quement pour marcher a une conclusion tres particu- les principes d'ex^gese que nous venons de rappeler.
liere, pour qu'on puisse les croire glanees, une a une, Entre Act., ix, 19-30, et Gal., I, 16-24, il y a deux diver-
dans un autre expose. Elles viennent du meme fond, gences plus difficiles a concilier. 1 Paul dit qu'apres sa
mais ne sont pas empruntees 1'une a 1'autre. On comprend conversion il se retira en Arabic et que c'est apres trois
tres bien qu'un ecrivain, ayant a exposer deux fois la ans seulement qu'il alia a Jerusalem, i, 17-18. Les Actes,
m&ne doctrine, se soit repete de cette facon, tantot lit- ix, 23, ne parlent pas du voyage en Arabic et rapportent
terale, tantot independante; tandis qu'on ne voit pas que Paul alia a Jerusalem, w; 6s ercXTjpoOvro ^(xlpai ixavatV
pourquoi un faussaire aurait reproduit les textes ici ser- lorsque furent accomplis des jours nombreux; Jxav6;
vilement, ici tres largement. II aurait ete bien habile. ^a aussi ce sens, car la Vulgate le traduit toujours par
Le plus simple est de croire que saint Paul a ecrit les multus et saint Luc 1'emploie lorsqu'il ne connait pas
deux Epitres. exactement le temps ecoule; il n'y a done aucune contra-
3 Style de I'Epltre. II est inutile de prouver dans diction reelle entre les deux recits. 2 Saint Paul,
le detail que le style de 1'Epitre aux Galates est bien Gal., i, 19, dit que, pendant son sejour a Jerusalem, il
celui de 1'Apotre dans les lettres, que tous reconnaissent ne vit que Pierre et Jacques et qu'il etait inconnu de
comme authentiques. Le nier, c'est nier 1'evidence et il visage aux Eglises de Judee, tandis que les Actes, ix>
suffit de lire attentivement une page de cette Epitre et 26-29, rapportent qu'a Jerusalem il essaya de se mettre
une page de 1'Epltre aux Romains, par exemple, pour en rapport avec les disciples, qui se defiaient de lui;
etre convaincu de 1'identite d'ecrivain. On releve des Barnabe le conduisit aux Apotres et, depuis lors, il allait
airaS Xeyojjieva, mais toutes les Epitres de saint Paul en et venait avec eux dans la ville et discutait avec les Gen-
ont et meme en de plus fortes proportions que 1'Epitre tils. Les deux recits donnent aux faits une physio-
aux Galates. On n'y trouve pas certaines figures de rhe- nomie differente, mais non contradictoire. Saint Paul
torique qui sont frequentes dans les Epitres aux Corin- appuie principalement sur ce fait qu'il n'a vu que Pierre
thiens. Mais peut-on obliger 1'Apotre a employer tou- et Jacques parce qu'ils etaient les Apotres les plus en
jours les memes formes de langage? En fait, il a use a vue et les seuls qui auraient pu lui imposer une doc-
peu pres de toutes les formes de rhetorique, les unes, trine; or, ils ne 1'ont pas fait. Les rapports qu'il a pu,
plus souvent dans telle Epitre, les autres dans telle autre avoir avec les autres n'avaient, a son point de vue, aucune
Epitre, mais que conclure de la? Rien, sinon que sa dis- importance; aussi n'en parle-t-il pas. Les divergences
position d'esprit ou son sujet n'etaient pas le meme. entre GaL, n, 1-10, et Act., xv, 1-35, ne sont pas reelles,
De cette ressemblance de style avec 1'Epitre aux Romains, parce que Paul s'est place dans son recit a un point de
de ces memes expressions, de ces monies mots, employes vue tout a fait personnel et les Actes, au contraire, ont
dans les deux lettres, peut-on conclure a une imitation, donne 1'ensemble des faits; les evenements mentionnes
exiecutee par un faussaire? Ce serait supposer un faus- gont, en definitive, les mgmes dans leur origine, dans
saire trop 'habile et tel qu'il n'y en eut jamais. Le style leurs grandes lignes et dans leur resultat. Saint Paul ne
73 74
mentionne que ses rapports prives avec les Apotres 24; il declare qu'il n'a pas recu son Evangile d'un
parce que cela seul importait a sa these, tandis que homme, mais de Jesus-Christ, 1,11,12. Premiere preuve,
saint Luc raconte les faits publics, qui seuls interessaient sa conversion et sa vocation, i, 13-17; il a ete d'abord
1'histoire. Paul fait cependant une allusion tres claire a juif zele et persecuteur des Chretiens, 13, 14, jusqu'au
1'exposition qu'il a faite de sa predication a toute la com- jour ou Dieu lui revela son fils, 15,16, et sans consulter
munaute, ll,l, 2. 'AvegYjv etc 'lepdaoXytwc... xa\ avs6e{)v .personne ni monter a Jerusalem, il se retira en Arable,
oytot? TO eyayysXiov 8 XYjpyffirw Iv -rot; e'Oveatv, xar' tSt'av puis vint a Damas, 17. Deuxieme preuve, 1,18-24. Trois
rot? Soxouaiv : je montai a Jerusalem et je leur (a ceux ans apres, il visita Pierre et ne vit que lui et Jacques,
de Jerusalem) exposai 1'Evangile que j'annonce aux na- 18-20; il vint ensuite en Syrie et en Gilicie, etant inconnu
tions, et, en particulier, a ceux qui paraissent (aux plus aux Eglises de Judee, qui, cependant, ayant appris que
consideres), car ccy-rot; ne peut se rapporter ici aux 1'ancien persecuteur prechait la foi, glorifiaient Dieu a
Apotres; il est commande par 'Iep6'<TyXu{ta; il y eut done cause de lui, 21-24. n. Saint Paul montre que sa doctrine
un expose aux fideles de Jerusalem et des conferences a ete reconnue conforme a celle des Apotres, n, 1-21,
privees avec les Apotres, TOIC Soxovirtv. La seule difficulte par deux faits : 1 a la conference de Jerusalem, 11, 1-10
veritable est dans 1'affirmation de Paul que les Apotres il a expose a toute FEglise et aux Apotres en particulier
ne lui ont rien impose, n, 6, tandis que d'apres les son Evangile, n, 1-2, et Ton n'obligea pas Tite a etre
Actes, xv, 28, 29, on a exige des pa'iens convertis 1'obser- circoncis, #. 3, malgre les faux freres qui voulaient entra-
vance de quatre preceptes. Saint Paul, il est vrai, ne ver la liberte en Jesus-Christ, t- 4, et Paul ne leur a
parle pas de ces quatre defenses, mais il ne les exclut point cede, ^. 5; les apotres, les plus consideres, n'ont
pas non plus, car les paroles que Ton cite ne s'y rap- rien ajoute a son Evangile, ^. 6, mais, voyant que 1'Evan-
portent en aucune facon. Saint Paul dit, n, 6 : e|/.o\ gile lui avait ete confie pour les incirconcis comme a
yap o\ Soxoyvte? ov8sv itpoffavlOsvTO. Quel est le sens Pierre pour les circoncis, Jacques et Cephas et Jean lui
exact de itpo<ravs8svTo ? Faut-il traduire par ils ne m'ont donnerent la main d'association, t- 7-9, lui demandant
rien impose ou : ils ne m'ont rien communique? seulement de se souvenir des freres, JK 10 2 La con-
Le conlulerunt de la Vulgate, entre les sens divers qu'il troverse avec Pierre a Antioche prouve aussi son inde-
comporte, a ce dernier sens. C'est d'ailleurs la signifi- pendance apostolique, n, 11-21. Paul en fait le recit; il'
cation primitive dercpoffaveOsvTo,qui vent dire : com- a resiste en face a Pierre qui, tout d'abord, mangeail1
muniquer de plus. avec les paiens, mais se retira, lorsque arriverent des
V. TEXTE DE L'EPITRE. Des vingt manuscrits onciaux emissaires de Jerusalem, ^. 11-12; d'autres Juifs et Bar-
qui contiennent les Epitres de saint Paul, dix possedent nabe imiterent son exemple, ji. 13. Voyant cette con-
1'Epitre aux Galates en entier, N A B C D E F G K L P , trois duite, qui n'etait pas selon 1'Evangile, Paul lui dit : Si
F a HN en ont des fragments; on la trouve aussi dans toi, Juif, tu vis a la maniere des paiens, pourquoi obliges-
les cursifs qui, pour saint Paul, sont au nombre de 480, tu les paiens a juda'iser? ^. 14; nous, Juifs, sachant que
ainsi que dans 265 lectionnaires; nous ne pouvons dire Ton n'est pas justifie par les oeuvres de la loi, mais par
si tous contiennent cette Epitre. Voir Tischendorf, No- la foi, nous avons cru en Jesus-Christ pour etre justifies
vum Testamentum grssce, t. HI, Prolegomena, auctore par la foi en lui, #. 15-16, de sorte que si, en cherchant
C. R. Gregory, p. 418-435,653-675, 778-791. Les manus- a etre justifies par le Christ, nous sommes trouves p-
crits presentent un certain nombre de variantes; une cheurs, ce n'est pas que le Christ soit le ministre du
douzaine seulement ont quelque importance. Voir Tis- peche; mais je suis transgresseur, si je rebatis ce que
chendorf, Novum Testamentum grsece, t. n, p. 627-662; j'ai dctruit, ^. 17-18; mais non, par la loi je suis mort
t. in, p. 1291-1292. a la loi; crucifie avec le Christ; c'est lui qui, etant mort
VI. CITATIONS DE L'ANCIEN TESTAMENT. II y a dix- pour moi, vit en nioi, f . 19-20. Si la justice s'obtient par
neuf citations de 1'Ancien Testament dans 1'Epitre aux la loi, le Christ est mort en vain, j^. 21.
Galates; neuf livres sont cites : la Genese, six fois, xn, Deuodeme partie. Partie dogmatique, in, l-iv, 31.
3; xv, 6; xxn, 18; xxi, 10; xvn, 8; xxiv, 7; le Deutero- i. Saint Paul prouve que la justification nous est accor-
nome, deux fois, xxvn, 26; xxi, 23; les Psaumes, trois dee non par la loi, mais par la foi. 1 Preuve d'exp6-
fois pour le mSine texte, cxxn, 3; cxxrv, 5; cxxvn, 6; rience, in, 1-7. Qui done a fascine les Galates ?;fr. 1. C'est
Isaie, deux fois, XLIX, 1; LIV, 1; le Levitique, deux fois, par la foi et non par la loi qu'ils ont recu VEsprit; ils
xvni, 5; xix, 8; Habacuc, une fois, n, 4, ainsi que ont commence par 1'Esprit, finiront-ils par la chair?
1'Exode, xii, 40; Nehemie, ix, 29, et Ezechiel, xx, 11. Huit t. 2-4; serait-ce en vain qu'ils ont souifert? jL 5.
citations, in, 6, 8, 10, 11, 12, 13; iv, 27, 30 sont tex- 2 Preuve d'Ecriture, m, 8-iv, 20 1. Abraham fut jus-
tuelles ou presque textuelles et empruntees aux Septante; tifie par la foi; tous ceux qui croient comme lui sont
trpis sont introduites par yeypanrai yap, ni, 10; iv, 22, ses fils, t- 6-7. Dieu en disant que toutes les nations se-
27; une par T( Xeyei ^ yp?^, iv, 30, et une autre, in, 13, ront benies en lui, annoncait que les pai'ens seraient jus-
par OTI yeypairrat. tifies par la foi, JL 8; et ceux qui croient sont benis avec
VII. ANALYSE DE L'EPITRE. On peut distinguer le Abraham le croyant. JL 9. Car, 2. la loi ne confere pas
preambule, le corps de 1'Epitre et 1'epilogue. Le corps cette benediction; au contraire, elle prononce la male'-
de 1'Epitre se subdivise en trois parties : la premiere est diction sur ceux qui s'attachent aux reuvres de la loi,
1'apologie de 1'apotre; la seconde partie est dogmatique qu'il est impossible d'accomplir en entier, t-10, et 1'Ecri-
et expose 1'Evangile de Paul, tandis que la troisieme ture dit que le juste sera justifie par la foi, j^. 11; car la
partie elablit les consequences morales, qui en de- loi ne parle pas de ce qu'il faut croire, mais de ce qu'il
coulent. faut faire, t- 12. Mais le Christ nous a rachetes de la
1 Preambule, i, 1-10. Salutation de Paul, apotre par malediction, lorsqu'il 1'a prise sur lui, afin que la ben6-
la seule vocation divine, et des freres aux Eglises de diction d'Abraham parvint aux paiens, t- 13-14.
Galatie, 1,1, 2; actions de graces et souhaits de paix de 3 a) Paul prouve que la loi n'a pas annule la promesse
la part de Dieu et de Jesus-Christ qui nous a sauves, 3-5. faite a Abraham, n, 15-18; les contrats faits entre les
J&tonnement de 1'Apotre en apprenant 1'inconstance des hommes ne sont pas annules, a plus forte raison ceux
Galates, 6; anatheme a quiconque, fut-ce lui ou un qui ont ete faits entre Dieu et les hommes, t-15; or, la
ange, qui prScherait un autre Evangile que celui qu'il promesse a ete faite par Dieu a Abraham et a sa postu-
leur a annonce, 7-9; s'il parle ainsi, c'est qu'il veut rite, qui est dans le Christ, et la loi, venue quatre cents
plaire a Dieu et non aux hommes, 10. ans plus tard, ne peut annuler la promesse faite gra-
Premiere partie. Apologia de VApotre, 1,11-n, 21. tuitement a Abraham, t-16-18. &) II etablit la raison
I. Saint Paul etablit son independance apostolique, i, 11- d'etre de la loi et ses caracteres, in, 19-iv, 7. La loi a &i&
75 GALATES (fiPITRE AUX) 76
ajoute"e a la promesse pour faire ressortir les transgres- tombes, prenez garde a vous-me'me, vi, 1; aidez-vous
sions, mais elle est temporaire et n'a pas etc donnee mutuellement, y.~2; celui qui s'enorgueillit se trompe
directement par Dieu, mais par les anges et transmise* lul-meme, t- 3> qne chacun s'examine, mais non par
par un mediateur, J. 19-20. La loi n'est pas contraire a rapport a autrui, t- 4-5; qu'ils fassent part de leurs biens
la promesse; elle le serait, si elle pouvait justifier, car a ceux qui leur enseignent la parole, jfr. 6. Qu'ils ne
alors la justice viendrait de la loi, t- 21; elle a enferme s'abusent point; on moissonne ce qu'on a serne; la chair
tous les hommes sous le peche, elle a ete notre garde engendre la corruption et 1'esprit la vie eternelle, t- 7-8;
et notre pedagogue pour nous amener au Christ, t- 22- faisons du bien a tous, surtout aux fideles, et nousmois-
24. Les Galates ne sont plus sous ce pe"dadogue, etant flls sonnerons en son temps, $. 9-10.
de Dieu par Jesus-Christ, jfr. 25-26; ils ont revStu le Epilogue, vi, 11-18. Paul a crit cette longue lettre
Christ par le bapteme et il n'y a plus aucune distinc- de sa propre main, f . 11; ceux qui leur imposent la
tion de nationalite ou de religion; tous sont la posterite circoncision, quoiqu'ils ne gardent pas la loi, veulent
d'Abraham et les heritiers de la promesse, jfr. 27-29. eviter la persecution et se glorifier a cause d'eux, ^. 11-
L'heritier, tant qu'il est enfant, est^sous la tutelle; ainsi 14; pour lui, il ne se glorifle que de la croix de Jesus-
en etait-il de nous, asservis sous la tutelle de la loi, iv, Christ, car la circoncision n'est rien; etre une nouvelle
1-3; mais Dieu a envoye son ills pour racheter ceux creature est tout, t- 15; paix et misericorde a ceux qui
qui etaient sous la loi et faire de nous ses enfants suivront cette regie, jfr. 16. Que personne ne 1'attaque
d'adoption, t- 4-5; et par 1'Esprit du Fils ils ne sont plus desormais, car il porte sur lui les stigmates du Seigneur
esclaves mais fils et heritiers, jfr. 6-7. n. Conclusions Jesus, j. 17; que la grace du Seigneur soit avec leur
et exhortations, iv, 8-20. 1 Comment done, connais- esprit, f . 18.
sant Dieu maintenant, retournez-vous a ces pauvres ele- VI. BIBLIOGRAPHIE. Peres grecs : S. Jean Chry-
ments auxquels vous voulez etre encore asservis ? ai-je sostome, Homilise in Epist. ad Galatas, t. LXI,
done travaille en vain a votre egard? jt 8-11. Soyons col. 610-J682; S. Cyrille d'Alexandrie, Fragmenta expla-
unis; rappelez-vous 1'accueil que vous m'avez fait; vous nationis, t. LXXIV, col. 916; Theodoret de Cyr, Interpre-
m'avez recu comme un ange de Dieu, vous m'etiez tout tatio, t. LXXXII, col. 459-504; Theodore de Mopsueste,
d4voue, $. 12-16; d'autres sont zeles pour vous, mais afin Commentaire sur les pilres de saint Paul, dans Pitra,
de vous detacher de moi et de vous attirer a eux, ^. 17- Spicilegiuni Solesmense, t. i, p. 49; Eusebe d'Emese et
18; mes petits enfants, je souffre de nouveau pour vous Severien, Catenas graecorum Patrum in N. T., ed.
les douleurs de 1'enfantement et je voudrais etre au mi- Cramer; (Ecumenius, Commentarius, t. cxvin, col. 1093-;
lieu de vous, t-19-20. 2 Preuve de la decheance de 1168; Theophylacte, Explanatio, t. cxxiv, col. 951-1032;
la loi par 1'allegorie des deux flls d'Abraham, types des S. Jean Damascene, Loci selecti, t. xcv, col. 775-832.
deux alliances, iv, 21-31. Paul demande aux Galates s'ils Euthymius Zigabene, Comm. in XIV Epist. S. Pauli,
comprennent la loi. Abraham eut deux fils : 1'un, fils de Athenes, 1887. Peres latins : Victorinus Afer, Libri
1'esclaye et ne selon la chair; 1'autre, fils de la femme duo in Epist. ad Galalas, t. vm, col. 1145-1198; Am-
libre et n6 selon la promesse, f . 21-23; ces deux meres brosiaster, Commentarius, t. xvn, col. 805-824; Pelage
representent les deux alliances; 1'une, Agar, esclave, ou un Pelagicn, Commentarius, t. xxx, col. 337-272;
represente 1'alliance du Sinaii et la Jerusalem dechue et S. Jerome, Comm. in Ep. ad Galatas, libri tres,
cnfante des esclaves, %. 24-26; 1'autre, Sara, represente t. xxvi, col. 307-438; S. Augustin, Epistolas ad Galatas
la Jerusalem d'en haut et, bien que sterile, a, suivant expositionis liber unus, t. xxxv, col. 2105-2147; Ca^sio-
la promesse, enfante de nombreux enfants, parmi les- dore, Complexiones in Epistolas Apostolorum, t. LXX,
quels nous sommes, t. 27-28; comme Ismael a perse- col. 1343-1346; Primasius d'Adrumete, Conimentaria,
Cute Isaac, ainsi maintenant ceux qui sont nes selon la t. LXVIII, col.'415-608; Sedulius Scotus, Collectanea,
chair persecutent ceux qui sont nes selon 1'esprit, mais t. CHI, col. 181-194; Claudius Taurinensis, Commen-
1'esclave a ete chassee, et seul le fils de la femme libre ' tarius, t. crv, col. 838-912; Florus Lugdunensis, Com-
sera heritier. Et nous, nous sommes les enfants de la mentarius, t. cxix, col. 363-374; Raban Maur, Enarratio-
femme libre, t-29-31. num in Epist. Pauli libri XXX, t. cxii, col. 246-382;
Partie morale, v, 1-vi, 10. I. Conclusions pra- Walafrid Strabon, Glossa ordinaria, t. cxiv, col. 570-
tiques, v, 1-25. 1 Si les Galates se remettent sous 588, Moyen age : Haymon d'Alberstadt, Expositio,
le joug de la loi et s'ils se soumettent a la circoncision, t. cxvii, cof. 669-700; Hugues de Saint-Victor, Qusestio-
le Christ leur devient, inutile; ils doivent observer toute neS) t. CLXXV, col. 553-568; Herve de Bourges, Com-
la loi et ils sont dechus de la grace, v, 1-4; car, nous, mentarius, t. CLXXXI, col. 1129-1202; Pierre Lombard,
c'est de la foi que nous attendons la justice, jfr. 5; en Collectanea, t. cxci, col. 93-190; Hugues de Saint-Cher,
Jesus-Christ, il ne sert de rien d'etre circoncis ou non, Postilla; S. Thomas d'Aquin, Commentarius, Paris,
il faut avoir la foi, agissant par la charite, t. 6 2 Ce 1880; Nicolas de Lyre, Postilla; Denys le Chartreux,
n'est pas Dieu qui a detourne les Galates de la voie ou ils Commentaria. xvie, xvne, xviil6 siecles : Cajetan,
couraient si bien; celui qui les a troubles en portera le Literalis Expositio, Rome, 1529; J. Gagnus, Brevis-
' jugement, t- 7-10; et si moi, je preche encore la circon- sima Scholia, Paris, 1543; Salmeron, Commentaria-
cision, pourquoi suis-je persecute? t. 11; <Iue ceux qui rum, t. xiv, Cologne, 1602; Mayer,e Der Brief Pauli an
vous troublent soient retrenches, jL 12 3 Que les die Galater, Vienne, 1788. xix siecle : Catholiques
freres, appeles a la liberte, n'en abusent pas pour vivre (commentaires speciaux): F. Windischmann, Erkldnmg
selon la chair, mais qu'ils se soumettent les uns les des Briefes an die Galater, Mayence, 1843; Messmer,
autres par la charite, qui est toute la loi, jK 13-14; car Erkldnmg des Briefes an die Galater, Brixen, 1862;
s'ils se hai'ssent, ils seront detruits les uns par les autres, A. Bisping, Erklarung des Briefes an die Galaler,
f . 15. Qu'ils vivent selon 1'Esprit et ils n'accompliront Miinster, 1863; Fr. Reithmayr, Commentar zum Brief
pas les oeuvres de la chair, car ces deux vies sont con- an die Galater, Munich, 1865; Drach, Les Epitres de
traires 1'une a 1'autre, t. 16-18; 1'esprit les delivrera de saint Paul, Paris, 1871; D. Palmieri, Commentarius
la loi et des ceuvres de la chair, j. 19; ceux qui com- in Epist. ad Galatas, Gulpen, 1886; Al. Schafer, Die
mettent ces choses, qu'il enumere, n'heriteront pas le Briefe Pauli an die Thess. und an die Galater, Miins-
royaume de Dieu, t- 20-21; les fruits de 1'esprit, qu'il ter, 1890; Comely, Commentarius in Epist. ad Ga-
e'numere, sont 1'oeuvre de ceux qui ont et crucifies avec latas, Paris, 1892; Seidenpfenning, Der Brief an die
Jesus-Christ et qui marchent selon 1'esprit, }. 22-25. Galater, Munich, 1892; Niglutch, Brevis Commentarius
n. Conseils, v, 26-yi, 10. Evitons la vaine gloire et in S. Pauli Epist. ad Galatas, Trente, 1899; Belser,
1'envie, v, 26; redressez avec douceur ceux qui sont Die Selbstvertheidigung des hi. Paulus im Galater-
77 GALATRS (fiPITRE AUX) GALATIE 78
Jtriefe, Fribourg, 1896. Non cathoKques : Winer, maine, trad, franf., t. x, in-8, Paris, 1887, p. 94-118.
Pauli ad Galatas Epist., Leipzig, 1821; Paulus, Des I. LA GALATIE AU TEMPS DES MACHABEES. T- D'apres
Ap. Paulus Lehrbrief an die Galater, 1831; Ruckert, I Mach., viii, 2, Judas entendit parler des combats livres
Kom. uber den Brief an die Galater, 1833; Usteri, par les Remains, des prodiges de valeur qu'ils avaient
Kom. uber den Brief[ an die Galater, 1833; Sardinoux, faits dans la Galatie (iv TOIC FaXatat?, Vulgate: in Galatia),
Commentaire sur I'Epitre aux Galates, Valence, 1837; dont ils s'etaient empares et qu'ils avaient reduite a payer
Hilgedfeld, Galaterbrief', Leipzig, 1852; Ellicott, St. Paul's tribut. Les commentateurs hesitent sur la question de
Epistle to the Galalians, Londres, 1854, Wieseler, Kom. savoir quel est le pays designe ici sous le nom de Ga-
uber den Brief an die Galater, Goettingue, 1859 ; latie. S'agit-il des Gaulois d'Europe ou des Gaulois
Hofmann, Der Brief an die Galater, 1863; Lightfoot, d'Asie ? L'un et 1'autre sont egalement admissibles. En
St. Paul's Epistle to the Galatians, Londres, 1865; effet, a cet epoque, les Remains avaient remporte des
Holsten, Inhalt und Gedanksngang des Briefs an die victoires a la fois sur les Gaulois d'Asie et sur les Gau-
Galater, Rostock, 1859; Id. Der Brief an die Gemein lois d'Europe. En 189, le consul Cn. Manlius Valso
den Galatiens, Berlin, 1880; Schaff, The Epistles of Paul, avait envahi la Galatie, accompagne d'Attale, frere du
Galatians, New-York, 1881; Beet, Com. on St. Paul's roi de Pergame, et avait defait les Galates. Les auteurs
Epist. to the Galatians, Londres, 1885; Corssen, Epis- romains evaluent a 40000 le nombre de ceux qui
tula ad Galatas, Berlin, 1885; Steck, Der Galaterbrief etaient restes sur le champ de bataille et une foule con-
nach seiner Echteit unlersucht, Berlin, 1888; Findlay,
The Epist. to the Galatians, New-York, 1889; Schlat-
ter, Der Galaterbrief, Cal, 1890; Gloel, Die jungste
Kritik des Galaterbriefes, Leipzig, 1890; Lipsius,
Der Brief an die Galater, Fribourg, 1891; Schmidt,
Der Galaterbrief im Feuer der neuesten Kritik, Leip-
zig, 1892; Drummond, The Epistle of St. Paul to the
Galatians, Londres, 1893; Jowet, Epistle to the Gala-
tians, Londres, 1894; Dalmer, Der Brief Pauli an die
Galater, Giitersloh, 1897; Sieflert, Der Brief an die
Galater, 1899; V. Weber, Die Abfassung des Galater-
briefs vor dem Apostelkonzil, Ravensburg, 1900.
E. JACQUIER.
GALATIE. Le mot grec FaXatfa avait trois accep-
tions differentes. II designait: 1 le pays d'Europe habite
par les Gaulois et appele en latin Gallia. Ce pays com-
prenait la Gaule transalpine situee entre le Rhin,
POcean, les Pyrenees et les Alpes, et la Gaule cisalpine,
c'est-a-dire la partie nord de PItalie ou la plaine du P6;
2 la region d'Asie-Mineure occupee par les Gaulois a
la suite de 1'invasion qu'ils firent en Asie-Mineure au
iv siecle. Trois tribus qui avaient fait partie de Pimmi-
gration, apres la defaite que leur infligea Prusias, roi
de Bithynie, en 216 avant J.-C., s'installerent definiti-
vement dans la region situee entre le Sangarius et
1'Halys; les Troemiens au nord-est avec Tavia pour ca-
pitale, les Tolisboi'ens a 1'ouest a Pessinonte et les
Tectosages, entre les deux, a Ancyre; 3 la province
romaine de Galatie, formce du royaume d'Amyntas o 55 35 35 ' iooJCl
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L.ThtiiUierdel. Imp, Dufreftoy
89 GALILEE 90
viie dogmatique et non au point de vue politique ou stra- tentrional. Les flancs abruptes sont noanmoins boise's,
tegique, ils divisent la Galilee en trois parties : La parfois tapisses de vignes, et portant des terrasses suc-
Galilee superieure (pays montagneux), an dela de Kefar cessives soutenues par de gros murs. Du sein de ces
Hananyah (Kefr 'Andri), pays ou Ton ne trouve pas broussailles, au milieu d'epais fourres de chenes verts,
de sycomores; la Galilee inferieure (pays de plaine), en d'arbousiers et de .caroubiers, surgissent aux yeux de
deca de Kefar Hananyah, qui produit des sycomores; 1'explorateur des arasements de murs d'enceinte, de
enfin, le cercle de Tiberiade (pays de vallees). Cf. A. Neu- tours et de maisons, des decombres de villes ou de for-
bauer, La geographie du Talmud, Paris, 1868, p. 178. teresses, perohees comme des nids d'aigles surdescimes
Ils mettent ainsi plus haul que Josephe la ligne de elevees, des vestiges de temples, de synagogues et d'eglises.
demarcation entre les deux divisions de la province. Le roc est perce de tombeaux, de citernes, de magasins
2 Description. La Galilee est ainsi determinee, du soutcrrains, de pressoirs. II y a la des ruines de toutes
cote du sud, par une ligne qui, partant du Carmel, suit les civilisations, depuis 1'epoque chananeenne jusqu'a
le bord septentrional des monts de Samarie, et forme un la domination des croises.
arc de cercle dont 1'extremite orientale aboutitaux envi- Les monts de la Basse Galilee, moitie1 moindres
rons de Biiisan et au Jourdain. Du cote de Test, elle a de hauteur, atteignent a peine 600 metres dans leurs
pour limites le fleuve sacre et les deux lacs de Tiberiade plus hauls points. Les principaux sommets sont : le
et de Merom. Au nord le Nahr el-Qasimiyeh, ou fleuve Djebel el-Kummaneh (570 metres), le Djebel Tur'dn
de la separation , constitue une barriere toute naturelle. (541 metres) et le Djebel et-Tur ou Thabor (562 metres).
Enfln du cote de 1'ouest, la plaine cotiere s'allonge comme Ces chainons meridionaux sont plus symetriquement
une bordure plus ou moins large entre les monts gali- orientes sur leurs deux versants et entourent quelques
leens et la Mediterranee. Notre description se bornera hautes plaines. La plus importante est celle de Battauf,
a la region montagneuse qui donne en somme le vrai marecageuse a 1'est, mais tres fertile, longue de 14 a
relief du pays. Pour la plaine, voir ESDRELON, t. n, 15 kilometres, et large de pres de 4 kilometres, a
col. 1945. 150 metres au-dessus de la mer, et entre des montagnes
La Galilee, dans son ensemble, est un systeme monta- qui la dominent de 350 a 400 metres. Plus has, au pied
gneux qui peut tre considere comme le prolongement sud du mont Tour'an, est une vallee du meme nom,
du Liban. Cependant elle comprend deux massifs dis- longue de 8 kilometres, sur 1 kilometre et demi de
tincts, de niveau et d'aspect differents, qui ont justement large, egalement fertile. A 1'ouest, le versant mediterra-
servi de base a la division bien connue en Haute et neen forme un double bassin, celui du Nahr Na'man
Basse Galilee. En suivant les Talmuds, qui nous sem- (1'ancien Belus), dont les branches principales sont les
blent avoir mieux que Josephe indique la limite entre ouadis Scha'ib, el~Halazun, 'Abilin, et celui de I'ouadi
les deux, tirons une ligne de Saint-Jean d'Acre a 1'extre- el-Malek, affluent du Cison ou Nahr el-Muqatta. A'
mite nord du lac de Tiberiade, et nous rencontrerons 1'est, Youadi er-Rabadiyeh et I'ouadi el-Hartidm des-
une vallee, appelee Medjdel Kerum, courant de 1'ouest cendent au lac de Tiberiade. Enfin, dans les directions
a 1'est, et situee a 250 metres au-dessus de la Mediter- sud-est, sud et sud-ouest, d'autres torrents s'en vont vers
ranee. Les montagnes qui la dominent au nord sont le Jourdain ou ses affluents, et vers le Nahr el-Muqatta.
sensiblement plus elevees qiie celles du sud; 1'encheve- Les villages, encore plus nombreux autrefois qu'aujour-
trement des collines et des vallees donne au premier d'hui, s'elevent dans les vallees, sur le penchant ou sur
groupe une physionomie que n'a pas le second. Nous le sommet des montagnes. Celles-ci etaient jadis culti-
avons done la un trait physique suffisamment caracterise vees jusqu'au plateau superieur. On voit encore s'etager
pour etablir une demarcation entre les deux parties de sur leurs pentes des plantations d'oliviers et de figuiers,
la province. ou des bouquets de terebinthes et de chines, ou des
Le massif septentrional est un vrai labyrinthe de hau- fourres de lentisques et de houx.
teurs, dans lequel on peut cependant distinguer imme- La Galilee se rattache au Liban, on peut dire comme
diatement au-dessus de la ligne transversale que nous la racine a 1'arbre. Et c'est a cette dependance qu'elle
venons de tracer, une arete principale de trois sommets, doit en partie la fertilite qui la met, aujourd'hui encore,
le Djebel Addthir (1025 metres), le Djebel Djarmuk bien au-dessus de la Samarie et de la Judee. Le Liban,
(1198 metres) et le Djebel Zabud (1114 metres). Ce en effet, emmagasine 1'humidite que lui envoient'les
falte, avec ses prolongements, forme quatre bassins ine- vents d'ouest satures des vapeurs de la mer; il tient en
gaux, dont trois a Vest et un a 1'ouest, bien qu'en realite reserve les neiges de 1'hiver, et dispense jusque dans
il-y ait deux versants mediterraneens et deux jordaniens. ses racines les tresors amasses en son sein. De la
Vers le sud-est, plusieurs torrents descendent des monts viennent, avec des pluies un peu plus abondantes, les
de Safed a la cote nord-ouest du lac de Tiberiade. Plus nombreuses sources qui arrosent la contree. Avec cela,
haut, les ouadis s'en vont dans la direction de 1'est, la temperature est douce sur la cote, chaude dans la
aboutir au Jourdain ou au lac Houleh. Mais, au-dessus vallee du Jourdain, et tonjours fraiche dans la mon-
du Djebel Hadireh, un versant se dirige vers le nord tagne. L'air y est vivifiant. Autrefois surtout, fordts,
pour tomber dans le Nahr el-Qasimiyeh, vers le coude prairies, champs cultives, plaines couvertes de ble et
que fait ce fleuve en se rendant a la Mediterranee. A d'orge, jardins, vergers, vignobles, fontaines, lacs et ri-
1'ouest, se profilent transversalement ou obliquement des vieres, cites nombreuses et prosperes, donnaient a cette
chainons tourmentes, rattaches entre eux par des con- region un aspect aussi varie qu'attrayant. Les benedic-
trelbrts lateraux. A douze kilometres sud-est d'lskande- tions de Jacob et de Moi'se, relatives aux tribus du nord,
rouneh, le Tell Beldt atteint 750 metres, et, plus has, le Gen., XLIX, 13, 14, 20, 21; Deut., xxxni, 18, 19, 23, 24,
rebord de Terschiha est a 632 metres. Sur ce versant, font allusion a ces richesses. Au ier siecle de notre ere,
les rivieres arretees jadis dans les cavites des entrecroi- ce petit coin de la Palestine etait ravissant. La descrip-
sements, ont rompu cette barriere, et quelques marais tion que nous en a laissee Josephe, Bell, jud., Ill, in,
seulement indiquent aujourd'hui pendant les pluies la 2; x, 8, en fait une veritable merveille. Douceur du cli-
place des anciens lacs. De nombreux ouadis descendent mat, beaute de la nature, fecondite inepuisable du sol,
de la montagne et viennent dechiqueter la cote mediter- tout y etait reuni. Le lac de Tiberiade surtout etait 1'or-
raneenne. Les principaux, en allant du nord au sud, gueil de la contree. Incessammentanime par les barques
sont les ouadis el-Humraniyeh, el^Ezziyeh, el-Qurn, des pecheurs, il offrait sur ses bords la vegetation la
le nahr Mef'schukh et le nahr Semiriyeh. Des sentiers plus abondante et des arbres de toutes les essences. La
raides, parfois tailles en escaliers et d'une ascension fertilite de la Galilee n'est pas moins vantee par les
penible, courent le long de ces chainons du groupe sep- Talmuds. Le pays de Nephthali, dit celui de Babylone.
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Megillah, 6 a; Berakhot, 44, a, est partout convert de vaient : Beth Moon (aujourd'hui Maoun), et Arbel ou
champs feconds et de vignes; les fruits de cette contree Arbela (Irbid),citee dans le Talmud, Midrasch Koheleth,
sont reconnus pour etre extremement doux. C'est i, 18, pour sa fabrication de tissus communs, et fortifiee
1'huile surlout qu'on trouvait en abondance dans cette par Josephe, Vita, 37.
province. II est plus facile, dit encore le Talmud, Dans la Galilee superieure, nous mentionnerons :
Bereschit rabba, chap, xx, d'elever une legion (foret) Kefar Hananyah, dont les habitants etaient en inajeure
d'oliviers en Galilee que d'elever un enfant en Palestine. partie des marchands de pots de terre noire (Talmud
C'est pour cela que d'apres 1'Ecriture, Deut., xxxm, 24, de Jerusalem, Maaseroth, H, 3); 'Akabara (actuellement
Aser trempait son pied dans 1'huile . Le vin y etait Akbara), ou 1'on clevait des faisans, et que Josephe
plus rare, et, pour ce motif, plus estime. On ne man- fortifia, Bell, jud., II, xx, 6; Vita, 3v; Sefathou Safed,
quait pas non plus de tin; les femmes y confection- une des localites les plus importantes aujourd'hui, et
naienl des vetements de lin file d'une grande finesse. batie sur une hauteur d'ou 1'on jouit d'une vue splen-
Cf. A. Neubauer, La geographic du Talmud, p. 180. dide; Meron (Meiron), presque toujours citee dans les
Malgre sa decheance, le pays garde encore des ves- Talmuds conjointement avec Gusch Halab, renommee
tiges de son ancienne beaute. Les forets y sont plus pour 1'abondance de ses huiles; cette derniere est 1'an-
pares; mais on y trouve, outre les arbustes et les cienne Giscala, place fortifiee par Josephe, la derniere
plantes aromatiques, de nombreuses especes vegelales, qui tint centre les Remains, Bell, jud., II, xx, 6; IV, H,
1'olivier, le figuier, le chene, le terebinthe, le noyer, 1-5, et appelee aujourd'hui El-Djisch. Les vieilles citt's
le palmier, le cedre, le cypres, le pin, le sycomore, bibliques de Cedes et de Cana ont subsiste jusqu'a nos
le murier, 1'amandier, le grenadier, le citronnier et jours sous les memes noms de Qades et de Qana.
de magnifiques lauriers-roses. Parmi les principales Dans la Galilee inferieure : Gabara (Khirbet Kabra),qui
productions, outre le ble et 1'orge, on peut citer le mil, etait, d'apres Josephe, Vita, 25, 46, une des trois plus
1'indigo, le riz, la canne a sucre, les oranges, les poires, grandes villes de la Galilee, avec Sepphoris et Tibe-
les abricots, etc. Les poissons du lac de Tiberiade sont riade; Sektmis (Khirbet Sellameh), fortifiee par Jo-
excellents. La grande plaine d'Esdrelon est un grenier sephe, Bell, jud., II, xx, 6; Siknin, la Swyavv) de Jo-
d'abondance, celles de Battaouf et de Tour'an sont ega- sephe, Vita, 51, actuellement Sakhnin Kabul ;l'antiq\ie
lement tres fertiles. Rien de plus gracieux et de plus cite d'Aser, Jos,, xix, 27, la Xa6wXw de Josephe, Vita,
frais que les sources du Jourdain vers Tell el Qadi et 43, portant encore le meme nona de Kabul; Yodafat
Banias. 1'ancienne, mentionnee dans la Mischna, Erakhin, ix,
Ajoutons enfin, pour terminer cette description, que 6, comme un endroit de la Galilee fortifie par Josue;
le calcaire cretace qui compose la Galilee est perce de c'est la 'IwTarcaira de Josephe, celebre par le siege qu'il
roches voleaniques dans les environs de Safed, de Naza- y soutint contre Vespasien, et ou il fut fait prisonnier,
reth, et sur les bords du lac de Genesareth. De la, les Bell, jud., HI, vil, 7-36; vin, aujourd'hui Khirbet Dje-
sources d'eaux chaudes qu'on trouve sur la rive occi- fat; Schefar'am (Schefa 'Amr), ville ou le sanhedrin
dentale a Hammam. Voir EMA.TH 3, t. ir, col. 1720. De la vint tenir ses seances apres avoir quitt^ Uscha (Khirbet
aussi les tremblements de terre qui ont plusieurs fois Huscheh); Talmud de Babylone, Rosch haschanah,
bouleverse la contree. En 1759 et en 1837, Safed fut 51 &); Ruma (Khirbet Rumeh); Sippori, SeTt^wpn;, cite
ainsi ruinee; le dernier fit perir pres de 5000 per- tres importante dont parlent souvent les Talmuds et
sonnes dans cette malheureuse ville. Josephe, Ant. jud., XIV, v, 3; XVII, x, 9; Bell, jud., I,
3 Population; villes. Josephe, Bell, jud., Ill, in, vin, 5, etc., prise par Herode le Grand, brulee par
2, nous represente la Galilee comme habitee dans les VafUs, rebatie par Herode Antipas, devint la place la
plus petits coins, parsemee de villes, avec une popula- plus forte et le chef-lieu de la Galilee, actuellement en-
tion tres nombreuse, dont il exagere meme les chiffres. core une ville de 3,500 habitants nommee Seffuriyeh;
Dans sa Vie, 45, il compte 204 villages et 15 villes Beth-Lehem [Na]$eriyeh, Bethlehem pres de Naza-
fortifiees. Cette densite de la population peut d'ailleurs reth, pour la distinguer de Bethlehem de Judee, est
s'expliquer, quand on pense a tout ce qui devait la favo- toujours appelee Beit Lahm; Simonid, StpLwvta; (Jo-
risec, les avantages du climat, les richesses du sol, les sephe, Vita, 2i), conservait, a la fin du ne siecle, une
ressources de i'industrie et du commerce. A 1'epoque population juive, et subsiste sous le nom de Semuniyeh.
chananeenne, lorsque cette region septentrionale fut par- Les villes connues surtout dans le Nouveau Testament
tagee entre les quatre tribus d'Aser, de Nephthali, de sont Nazareth et Cana (Kefr Kenna). Enfin, dans la
Zabulon et d'Issachar, on comptait deja 69 villes impor- plaine d'Esdrelon et celle du Jourdain, nous signale-
tantes, que la Bible cite par leurs noms. Jos., xix, 10-39. rons : Nairn (Nam), appuyee au Djebel Dahy ou Petit-
La tribu de Nephthali avait 16 villes fortifiees, 'are Hermon; Beth Sche'an ou Scythopolis (Beisdn), dont un
mib$dr. Jos., xix, 35-38. On trouvera a 1'article concer- rabbin disait : Si le paradis doit se trouver en Pales-
nant chacune de ces tribus la nomenclature de ces an- tine, la porte en est a Beth Sche'an; Ftvata, Josephe,
tiques cites. Nous mentionnerons settlement ici, avec les Bell, jud., Ill, HI, 4, c'est-a-dire Djenin, 1'ancienne En-
plus connues du Nouveau Testament, celles dont parlent gannim. Cette rapide revue, qui n'embrasse que les
Josephe et les Talmuds, aim de donner la physionomie principales villes de Galilee, nous montre, partout ou
de la Galilee a 1'epoque la plus importante de son nous jetons les yeux, sur les hauteurs ou dans la plaine,
histoire. des centres importants d'agglomeration, une population
La vie etait surtout concentree sur les bords du lac de nombreuse, riche et active. Cf. A. Neubauer, La geo-
Tiberiade. Une seule ville, Tabariyeh, renferme aujour- graphic du Talmud, p. 188-240.
d'hui dans ses murailles ebrechees le mouvement qui 4 Routes. La Galilee fut une province privilegiee
animait autrefois ces parages enchanteurs. Mais au non seulement par la richesse du sol, le nombre des
temps de Notre-Seigneur, on rencontrait, en montant habitants, mais encore par sa position g^ographique et
vers le nord, Magdala, la ville de Marie-Madeleine, les voies de communication qui la reliaient aux contrees
Caphamaum, la patrie d'adoption du Sauveur, Coro- voisines. Alors que la Judee est toujours restee un pays
zaln, la cite maudite, Bethsalde, la patrie de Pierre, ferme, la Galilee a ete un pays largement ouvert. Des .
d'Andre et de Philippe, et, en descendant vers 1'extre- routes la traversaient pour aller des cotes pheniciennes
mite meridionale du lac, Tarichee, Tapt%i(xi, Tapix<xfot en Samarie, en Galaad, dans le Hauran, a Damas, comme
une des places fortifiees par Josephe et prises par Titus. pour aller d'Egypte en Assyrie. Elles suivaient non seu-
Cf. Josephe, Bell, jud., II, xx, 6; III, x, 1,5. Dans le lement la plaine d'Esdrelon, la vallee du Jourdain et les
m6me cercle, a une certaine distance de la cote, se trou- hrges plateaux de la Basse Galilee, mais elles couraient*
94
a travers le dedale des monts de la Haute Galilee. la Judee, confia le gouvernement de la Galilee a son ills
Certaines ligncs de trafie, quelques khans en ruine et Herode, age de vingt-cinq ans, Ant. jud., XIV, ix, 2,
des vestiges de voies roniaines les jalonnent encore. qui y domina plus tard en roi. A la mort de celui-ci,
Depuis les temps les plus anciens jusqu'a nos jours, Herode Antipas devint tetrarque de la Galilee et de la
Da mas a eu ses debouches vers la mer. Us ont varie Peree, Ant. jud., XVII, vin, 1, fonction qu'il garda
suivant les ages et les circonstances politiques. Les jusqu'a son bannissement, 39 apres Jesus-Christ, c'est-a-
ports qui servirent d'entrepots a la grande ville furent dire pendant la periode pu s'ecoula la vie du Sauveur.
tantot Tripoli, Beyrout, Sidon, tantot Tyr, Saint-Jean Luc., in, 1; xxiil, 7. La contree passa ensuite a Herode
d'Acre ou Khai'fa. Les trois derniers furent longtemps Agrippa Ier, puis, apres lui, fut placee sous 1'autorite du
les preferes et les plus commodes. Une route, longeant procurateur remain de la Judee, a 1'exception d'un petit
le pied de I'Hermon, passait par Banias, traversait le district qui fut donne a Herode Agrippa II. Elle demeura
Jourdain a Tell el-Qadi et, par Abrikfia, s'en allait en dans cette situation jusqu'a la ruine finale de la nation.
droite ligne a Tyr. Pour atteindre Akka ou Cai'pha, une La Galilee doit surtout a 1'tvangile la place qu'elle
autre descendait, dans la direction du sud-ouest, vers le tient dans 1'histoire du monde. C'est dans une ville
Djisr Bendt Yaqub, au sud du lac Merom, et s'en- de Galilee, nominee Nazareth , que le Fils de Diett s'in-
gageait a travers la limite des deux Galilees, ou suivait carna, passa son enfance et sa jeunesse, et fit entendre
le lac de Tiberiade pour rejoindre la plaine d'Esdrelon. sa parole att debut de son ministere. Gf. Luc., I, 26; n,
Une troisieme avec ses embranchements passait le 4, 39; iv, 14, 16; Matth., n, 22, 23; iv, 12, 13; xxi, 11;
Jourdain au sud du lac de Genesareth et se rattachait Marc., i, 9, 14. Cana de Galilee fut le theatre de son
au reseau de la grande plaine, qui fut comme le carre- premier miracle. Joa., n, 1,11; iv, 46. Capharnaum,
four des nations anciennes. Celle qui, par les bords si ville de Galilee, lui servit de sejour, quand il eut
frequentes du lac de Tiberiade, traversait les tribus de quitt^ Nazareth, et recueillit les nombreuses marques de
Nephthali et de Zabulon, etait cette voie de la mer sa puissance et ses divins enseignements. Matth., iv,
dont parle Isai'e, ix, 1, en annoncant les divines clartes 13; ix, 1; xi, 20; Luc., iv, 31. La mer de Galilee
que le Messie devait repandre sur ces contrees. La fut temoin de plusieurs evenements importants de sa
Galilee etait ainsi sillonnee par une foule de routes qui vie publique : vocation des apotres, tempete apaisee,
la coupaient de Test a 1'ouest, convergeant vers les peche miraculeuse, etc. Matth., iv, 18; xv, 29; Marc.,
points importants de la cote mediterraneenne et du I, 16; vii, 31. Jesus parcourut la Galilee, prodiguant
Jourdain. D'autres la parcouraient en sens inverse, sui- partout, dans les villes et les villages, les marques de
vant la plaine maritime du sud au nord, ou s'engageant sa bonte; les' foules venaient des moindres hameaux
a travers les collines, dans la mme direction, par exem- pour le voir et 1'entendre. Matth., iv, 23, 25; Marc., I,
ple, par Safed, Qades et Hounin vers le Nahr el-Qasi- 14, 28, 39; in, 7; Luc., iv, 44; v, 17; xxm, 5. C'est la
miyeh. qu'il se transfigura sur une montagne, Matth., xvn, 1,
III. HISTOIRE. Les Israelites, en s'etablissant dans Marc., ix, 1; Luc., ix, 28, et enfin qu'il se montra a
le nord de la Palestine, garderent au milieu d'eux un ses Apotres, des Galileens eux aussi, apres sa resurrec-
grand nombre des Chananeens vaincus. Jud., I, 30-33; tion. Matth., xxvi, 32; xxvni, 7,10, 16; Marc., xrv, 28;
iv, 2. Cette faiblesse fut pour eux la source de frequentes xvi, 7. La Galilee fut done le berceau de la foi chre-
difficultes. D'un autre cote, en raison du voisinage des tienne, le theatre des actions et de la predication du
nations idolatres, 1'element pai'en resta toujours assez Sauveur pendant une bonne partie de son ministere.
fort dans cette region. Is., ix, 1. II devint predominant Est-il etonnant que tant de pages des Evangiles refletent
lorsque Theglathphalasar, roi d'Assyrie, eut emmene en la physionomie physique et morale de cette contree ? Les
captivite les habitants de la Haute Galilee et de la terre miracles, les discours, les paraboles de Notre-Seigneur,
de Nephthali. IV Reg., xv, 29f Josephe, Ant.jud., IX, les evenements qui marquent chacune de ses journees,
xi, 1. Apres le retour de 1'exil, a 1'epoque asmoneenne, tout nous est un tableau faisant revivre a nos yeux les
les Juifs e'taient peu nombreux au sein de ces popu- richesses et les beaut^s de la nature, les moeurs du
lations qui ies opprimaient. Us envoyerent un jour pays. Qu'on se rappelle, en particulier, le sermon sur la
demander protection a Judas Machabee. en disant que montagne, Matth., v-vn; la resurrection du ills de la
les gens de Ptolemaiide, de Tyr et de Sidon, et toute a veuve de Nai'm, Luc., vn, 11-16; la multiplication des
Galilee des nations s'etaient assembles contre eux pour pains, Matth., xiv, 13-21; Marc., vi, 31-44; les noces de
les perdre. Celui-ci chargea de eur defense Simon, son Cana, Joa., n, 1-rll; la vocation et le festin de Levi, Luc.,
frere, qui partit avec tfois mill& hommes, livra de v, 27-39; les paraboles de la semence, de 1'ivraie, du
nombreux combats aux gentils, dont pres de trois mille grain de seneve, Matth., xni; etc. Rien n'echappe au
tomberent sous ses coups, puis emmena avec lui en regard et a 1'esprit du Maitre : le ciel, la terre, la mer,
Judee, a la joie de tout le peuple, les Juifs de Galilee, les champs de ble, les fleurs, 1'herbe de la prairie, les
avec leurs femmes, leurs enfants et tout ce qui leur poissons, les oiseaux, tout sert de base a ses admirables
appartenait. I Mach., v, 14-23, 55; Josephe, Ant. jud., enseignements.
XII, vili, 2. Sous Jonathas Machabee, le pouvoir des Patrie du Christ et des Apotres, la Galilee devint, apres
Asmoneens s'accrut rapidement et s'etendit apparem- la ruine de Jerusalem, le centre religieux des Juifs, le
ment sur la Galilee. Ant. jud., XIII, n, 3; TV, 9; v, 6. siege de leurs plus brillantes ecoles, la residence de
Jonathas defit les generaux de Demetrius a Cades, I Mach., leurs plus celebres rabbins. On trouve encore en
xi, 63-74; Ant. jud., XIII, v, 6; mais il finit par se plusieurs endroits de beaux restes de leurs synagogues.
laisser prendre au piege que lui tendit Tryphon, tandis Tiberiade surtout fut leur ville sainte. C'est la que se
que les deux mille hommes qu'il avait renvoyes en fixer'ent les lois orales et traditionnelles, auxquelles fait
Galilee reussirent a rentrer sains et saufs en Judee. si souvent allusion Notre-Seigneur^ et qui formerent, au
I Mach., xii, 47-52; Ant. jud., XIII, vi, 2. La Galilee commencement du ine siecle, un vaste recueil connu
forma une partie du royaume asmoneen, et participa sous le nom de Mischna, a repetition ou seconde
sans doute a la prosperite generate sous le gouvernement loi , complete plus tard par la Gemara. Les deux
de Jean Hyrcan. C'est peut-etre a cette epoque que les compilations reunies constituent le Talmud de Jeru-
Jiiifs commencerent a s'etablir dans la province. On salem. C'est la egalement que naquit la Massore ou
comprend d'ailleurs" que la fertilite du sol et les facilites travail critique sur le texte hebreu de la Bible, fruit de
du commerce aieni attire un bon nombre d'emigrants longues et consciencieuses etudes. Pour le caractere
des collines moins riches de la Judee. L'an 47 avant et le dialecte des habitants de la Galilee, voir GALILEEN. .
Jesus-Christ, Antipater ayant etc nomine gouverneur de IV. BIBLIOGRAPHIE. H. Reland, Palsestinat Utrecht,
95 GALILEE GALL AS (VERSIONS) DE LA BIBLE 96
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Geographic des alien Paldstina, Friboursr-en-Brisgau les pretres immolaient en leur nom des victimes, furent
et Leipzig, 1896, p. 72-74, 82, 107, 113, 214-237. immoles eux-mmes sans pitie, de sorte que leur
A. LEGENDRE. sang se mela au sang de leurs sacrifices . Les souleve-
2. GALILEE (MER DE). Voir TlBERiADE (LAC DE). ments n'etaient pas rares a cette epoque, surtout a 1'oc-
casion des fetes, et les Galileens se rencontraient tou-
GALILEEN (raXiXato;). Ce nom, qui ne se troure jours parini les zelotes les plus exaltes et les plus
que dans le Nouveau Testament, designe les habitants remuants. Pilate reprimait 1'emeute sans misericorde,
de la Galilee en general, LUC.,XIII, 1, 2; Joa., iv, 45, ou sans etre arrete par la saintete du temple juif. On
bien est applique a Notre-Seignetir, Matth., xxvi, 69; sait comment la Galilee fut un centre de rebellion aux
Luc. XXIH, 6, a saint Pierre, Marc., xiv, 70; Luc., XXH, derniers jours de 1'histoire juive, avant la chute de Je-
59, a Nicodeme, Joa., vn, 52, aux Apotres, Act., I, 11; rusalem. Les apotres avaient bien un peu de ce ca-
n, 7, et a Judas dont parlent les Actes, v, 37. ractere bouillaht, temoin 1'episode de saint Pierre et de
La Galilee, a 1'epoque de N.-S., etait en majeure par- Malchus, au Jardin des Oliviers. Joa., xvm, 10.
tie habitee par les Juifs, mais elle comprenait aussi une Au point de vue religieux, les talmuds mentionnent
population melee de Grecs, d'Arabes, de Syriens, de plusieurs differences entre la Galilee et la Judee. Dans
Pheniciens. Le vieux sang hebreu ne s'y etait pas con- ce dernier pays, les jeunes maries pouvaient se trouver
serve pur comme en Judee. Le contraste entre les deux en tete a tte immediatement apres la ceremonie nup-
peuples du nord et du sud de la Palestine etait aussi tiale, liberte qu'ils n'avaient pas dans le premier, ou les
frappant que celui qui existait entre les deux pays. D'un mariages, en general, se celebraient avec plus de deco-
cote, une nature tour a tour riante et grandiose et une rum. Les Galileens etaient plus severes dans les pra-
population a la foi simple et profonde, aux idees neuves tiques religieuses; la veille de Paques on travaillait en-
et hardies; de 1'autre, un sol aride et desole et un peuple core en Judee, tandis qu'en Galilee on avait deja cesse1
attache a ses traditions, ne voulant connaitre que la tout ouvrage. Les talmuds enumerent encore des diffe-
lettre de la loi. L'esprit du paysan galileen s'ouvrait vo- rences dans le rite des synagogues, dans la composition
lontiers aux croyances nouvelles; chez le Juif de Jeru- des tribunaux civils, dans les poids et mesures. Cf. A.
salem, dominaient au contraire la routine et les prejuges. Neubauer, La geographic du Talmud, Paris, 1868,
La Galilee a ete le berceau du christianisme, tandis que p. 182. Les habitants de la Judee etaient plus verses que
la Judee etait dessechee par un pharisaiisme etroit et un les Galileens dans la science religieuse. A cela rien
saduceisme a courte vue. Par leurs frequents contacts d'etpnnant. C'est dans la province du sud que se trou-
avec les nations voisines, les Galileens avaient acquis vaient la corporation sacerdotale et la grande ecole des
une certaine largeur d'idees et un caractere conciliant, docteurs. Celle du nord etait agitee, toujours consideree
qui les faisaient mal voir en Judee. Us passaient, aux comme en etat de 'guerre; elle n'avait probablement que
yeux des fervents et des orgueilleux de la ville sainte, des maitres ambulants et non pas des e"coles fixes
pour des ignorants et des sots. Cf. Talmud de Babylone, comme la Judee. Une difficulte peut-etre eloignait en-
Erubin, 53 b. II etait convenu que rien de bon, aucun core les Galileens de la chaire des rabbins Juifs, c'etait
hornme serieux, aucun prophete, ne pouvait venir de leur prononciation defectueuse, qui les rendait presque
Galilee, et en particulier de Nazareth. Cf. Joa., I, 46; ridicules aux yeux des meridionaux. On connait 1'his-
vn, 52. Meritaient-ils un tel m^pris? Non. Josephe, toire de saint Pierre trahissant son origine par son
Sell, jud., Ill, in, 1, nous les represente comme labo- accent. Matth., xxvi, 73. En Galilee, en effet, on ne dis-
rieux, hardis et vaillants. Le Talmud de Jerusalem, Ke- tinguait pas entre elles les gutturales. Les habitants
tuboth, iv, 14, declare lui-meme qu'ils etaient plus de Beth-Schean, de Haifa et de Tibaon confondaient
soucieux de 1'honneur que de 1'argent, tout le contraire dans leur prononciation le 'am, 7, avec le aleph, x;
de ce que Ton trouvait en Judee. En Galilee, la veuve c'est pourquoi on ne pouvait les admettre pour reciter
restait dans la maison du mari defunt, tandis qu'en Judee les prieres a haute voix au nom de la communaute.
les heritiers avaient la faculte de 1'eloigner, en lui ren- Talmud de Babylone, Megillah, 24 b. On en cite des
dant sa dot. Mischna, Ketuboth, iv, 14. D'autres passages exemples : Un Galileen demanda un jour un noN,
talmudiques nous montrent chez les Galileens un pro- 'amr; on lui repondit: Fou de Galileen, que demandes-
fond sentiment de charite : Dans un endroit de la tu? est-ce un ane pour monter dessus, nDn, fyamdr, du
Galilee superieure, on avait soin de faire servir tous les Vin pour boire, nnn, hemer, un habit pour te couvrir,
jours a un pauvre vieillard une portion de volaille, parce no7, 'amar, ou une brebis pour 1'egorger, nDN,'eiar?
qu'il avait 1'habitude de prendre cette nourriture aux Talmud de Babylone, Erubin, 53 b. Si les Judeens
jours de sa prosperite. Tosiftah, Peah, ch. vm. ct les Galileens s'aimaient peu, cependant ils n'eprou-
Si les Galileens avaient dans la douceur de leur ca- vaient les uns contre les autres rien qui ressemblat a de
ractere quelque chose de la douceur de leur climat, il la haine. Ils etaient trop voisins pour que leur jalousie
y avait bien aussi dans leur temperament, comme dans mutuelle ne s'eveillat pas, mais leur rivalite portait
leur terr/>, quelque pointe volcanique. Us etaient prompts toujours sur des points de detail, et, dans les grandes
a la r6 volte, plus irritables que les habitants de la Judee; questions religieuses et patriotiques, ils savaient 6tre
le peuple de Tiberiade surtout etait par nature ami des profondement unis. E. Stapfer, La Palestine, 1885,
changements et se complaisait facilement dans les sedi- p. 119. < A. LEGENDRE.
tions. Cf. Josephe, Vita, 17. Judas le Galileen, Act.,
v, 37, se fondant sur le principe que Dieu etait le seul GALLAS (VERSIONS) DE LA BIBLE. - Les
souvejain de son peuple, et representant comme une Gallas, envahisseurs, d'apres les uns; barbares,
97 GALLAS (VERSIONS) DE LA BIBLE GALLION
d'apres les autres, sont des negres d'un type particulier 2. GALLIM (Septante: Codex Vaticanus, Po^fta; Co-
qui habitent Test et le sud de 1'Abyssinie. Us s'appellent dex Alexandrinus, TaXXet), lieu d'origine de Phalti ou
eux-raemes Oroma, Ilmorma. Le Nouveau Testament a Phaltiel, a qui Saul avait donne Michol, femme de
etc traduit en leur langue par un missionnaire pro- David, que celui-ci reclama plus tard. I Reg., xxv, 44.
testant, J. E. Krapf. II a publie lui-meme Evangelium Nous n'avons aucun renseignement pour en determiner
Matthan translatum in linguam Gallarum, Ankobari, la position. Nous lisons bien, II Reg., in, 16, qu'Abner,
Tegni Shoanorum capitalis, 1841. La Societe biblique en ramenant a Hebron 1'epouse royale, passa par Bahu-
anglaise a publie le Nouveau Testament entier en ca- rim, petite localite a Test de Jerusalem, d'ou il renvoya
racteres amhariques en 1876; il a etc imprime a Chri- Phalti, qui avait suivi Michol en pleurant. Mais que
shona pres de Bale, de meme que la Genese, parue en conclure de la, sinon que Gallim devait se trouver dans
1872, l'Exode,paru en 1877, et les Psaumes, parus en 1872. la tribu de Benjamin? C'est peut-etre alors la meme ville
Voir J. L. Krapf, Reisen in Ost-Afrika, 2 in-8, Korn- que mentionne Isai'e, x, 30, quand il decrit la marche
thal, 1858,1.1, p. 484; W. Ch. Plowden, Travels in Abys- des Assyriens centre la cite sainte. Apres avoir trace
sinia and the Galla Country, in-8, Londres, 1868; leur route du nord au sud par Ai'ath, 1'antique Ai, Ma-
Ph. Paulitschke, Beitrage zur Ethnographic und An- gron, Machmas (Mukhmas), Gaba (Djeba'), Rama (Er
thropologie der Somal, Galla und Harari, 2e edit., in-4, Ram), Gabaath de Saul (Tell el-Ful), il montre la ter-
Leipzig, 1888; [le cardinal] J. Massaja, Lectiones gram- reur repandue par 1'invasion, en s'ecriant :
maticales pro Missionariis qui addiscere volunt lin- Fais retentir ta voix, fille de Gallim!
guam amancam necnonet linguam oromonicam, Prends garde, La'isa! pauvreAnathoth!
in-8, Paris, 1867; Id., Imiei trentacinque anni diMis-
sioninell' alta Etwpia, 12 in-4, Rome, 1885-1892; Fr. Les dernieres localites, depuis Gaba jusqu'a Anathoth
Prsetorius, Zur Grammatik der Gallasprache, in-8, ('Andta), forment un groupe situe au nord-est de Jeru-
Berlin, 1893, p. in-v. salem. C'est done de ce cote qu'il serait permis de cher-
cher celle dont nous nous occupons. Aussi trouvons-nous
GALLIM (hebreu : Gallim, monceaux de pierres peu fondee 1'opinion qtii propose de 1'idientifier avec
ou sources ), nom de trois localites situees, les deux Beit Djdla, gros village pres de Bethlehem. Cf. Survey
premieres dans les environs de Jerusalem, la troisieme of Western Palestine, Memoirs, Londres, 1881-1883,
dans le pays de Moab. t. in, p. 20. Ce village representerait bien plutot, croyons-
nous, la ville de Juda appelee FctX^ (Codex Alexandri-
1. GALLIM (Septante: Codex Alexandrinus, Ta.\\i\i.; nus, FaXX((x) par les Septante, Jos., xv, 59 (manque
Codex Vaticanus, FaXet/.; correspond a Thebreu Gal- dans 1'hebreu et la Vulgate), et mentionnee entre Kapejx,
lim), ville de la tribu de Juda, que x ne mentionnent ni actuellement 'Am Karim, au sud-ouest de Jerusalem, et
le texte hebreu ni la Vulgate, mais qu'on trouve dans 0e6rip (Codex Alexandrinus, Bat'6r)p),aujourd'hui Bittir,
les Septante avec dix autres formant un meme groupe. au sud de la precedente. Voir GALLIM 1. Eusebe et saint
Jos., xv, 59. Saint Jerome, Comment, in Mich., t. xxv, Jerome, Onomastica sacra, Gosttingue, 1870, p. 129,246, a
col. 1198, suit la lecon du Codex Alexandrinus en 1'ap- propos de Gallim, patrie de Phalti, parlent d'un bourg
pelant Gallim. La place qu'elle occupe dans 1'enumera- situe pres d'Accaron, Aqir, daas la plaine de Sephelah,
tion de Josue indique tout naturellement sa position, et appele Galla, FaXXaia. D'apres ce que nous venons
Citee entre Carem, aujourd'hui 'Am Kdrim, a six kilo- de dire, on ne saurait y voir ni Gallim, ni Galem.
metres a 1'ouest de Jerusalem, et Bsether, actuellement A. LEGENDRE.
Bittir, au nord-ouest de Bethlehem, elle doit etre cher- 3. GALLIM (hebreu : 'Eglaim, les deux etangs;
chee dans le voisinage de ces deux localites. Or, entre Septante : 'AyaXet'ix; Codex Sinaiticus, 'AyaXXtjx), ville
Bittir et Bethlehem, on rencontre un gros village, Beit de Moab, mentionnee une seule fois dans 1'Ecriture. Is.,
Djdld, dont le nom, dans son dernier element, peut xv, 8. Le prophete, voulant montrer comment les cris
rappeler Gallim. On a voulu 1'identifier avec differentes de douleur se feront entendre en Moab d'un bout a
cites bibliques, Rama, Ephrata, Bezec, Bethel, Sela, 1'autre du territoire, prend deux points opposes, Gallim
Gilo. Cf. T. Tobler, Topographic von Jerusalem und sei- et Beer-Elim ou le Puits d'Elim . Celui-ci corres-
nen Umgebungen, Berlin, 1854, t. n, p. 413. Tout au pond a une des dernieres stations des Israelites au dela,
plus pourrait-on tenter une assimilation avec la der- c'est-a-dire au nord de 1'Arnon. Voir BEER^ELIM et BEER
B^ere, hebreu : Giloh, Jos., xv, 51, comme 1'a fait V. 2, t. i, col. 1548. Celui-la doit done etre cherche au sud.
Ouerin, Judee, 1.1, p. 118. En tenant compte cependant C'est probablement I'Agallim, 'AyaXXet'tXj qu'Eusebe et
de I'ordre suivi par Josue dans le groupement des villes saint Jerome, Onomastica sacra, Goattingue, 1870, p. 98,
de chaque tribu, de Juda en particulier, nous ne croyons 228, signalent a huit milles (pres de douze kilometres)
pas pouvoir faire remonter si haut un endroit que le au sud d'Areopolis, Er-Rabbah. C'est peut-etre aussi
ontexte place plutot au sud d'Hebron. Voir GILO. Nous l"AyaXXa de Josephe, Ant. jud., XIV, I, 4, une des
acceptons plus volontiers 1'identiiication de Beit Djdld douze villes prises aux Arabes par Alexandre Jannee.
avec Gallim ou Galem, deja proposee par les explora- Son emplacement est inconnu. Quelques jauteurs
teurs anglais. Cf. Survey of Western Palestine, Me- confondent Gallim avec Engallim (hebreu:'En-'Eglaim;
moirs, Londres, 1881-1883, t. nr, p. 20. Le village actuel Septante : 'EvayaXXe^). Ezech., XLVII, 10. II y a entre
Be renferme aucun debris important de 1'antiquite, mais les deux noms une difference d'orthographe et de signi-
c'est un des plus considerables de la contree; il possede, fication qui ne permet guere d'adopter ce sentiment.
suivant certains renseignements, trois mille habitants, Voir ENGALLIM, t. u, col. 1801.
parmi lesquels 2 700 grecs schismatiques et 300 grecs A. LEGENDRE.
catholiques. Aucun musulman n'ose y sejourner long- GALLION (FaMi(6v) (L. Junius Ann^us Gallio), pro-
temps; car, d'apres une ancienne legende qui trouve consul d'Achai'e, au temps ou saint Paul evangelisa Co-
encore quelque creance dans le pays, les sectateurs de rinthe. Les Juifs se souleverent centre saint Paul et con-
Mahomet qui oseraient y demeurer trois jours sans se duisirent 1'Apotre devant le tribunal de Gallion, en disant:
faire Chretiens courraient risque d'y mourir de mort Get homme excite les gens a servir Dieu d'une maniere
subite. V. Guerin, Judee, t. I, p. 113. On y remarque contraire a la loi. Saint Paul allait repondre; Gallion
surtout la chapelle et le seminaire batis par le patriarche Tempecha de parler et dit aux Juifs : S'il s'agissait de
latin de Jerusalem. Les environs sont tres fertiles, et le quelque injustice ou de quelque mauvaise action, je vous
vin qu'on y recolte est renomme. ecouterais, mais s'il s'agit de discussions sur une parole,
A. LEGENDRE. sur des noms ou sur votre loi, cela vous regarde; je no
DICT. DE IA BIBLE. HI. - 4
GALLION GALLOISES (VERSIONS) DE LA BIBLE 100
veux pas etre juge de ces choses. Et il les renvoya du of every Land, Londres, 1860, p. 153. Dans la preface
tribunal. Alors tous se saisirent de Sosthene, chef de la de sa traduction du Nouveau Testament, parue en 1567,
synagogue, et le battirent devant la synagogue sans que Richard Davies mentionne aussi une version galloise du
Gallion s'en melat. Act., xvm, 12-18. L. Junius Annseus Pentateuque, qui existait vers 1527, et dont il avait vu
Gallio etait le frere aine de Seneque. Par la naissance lui-meme une copie manuscrite entre les mains d'un de
il portait le nom de M. Annaeus Novatus. Adopte par le ses parents; mais il ne donne aucun detail, ni sur le
rheteur Junius Gallio, il prit le nom qu'il porta depuis. traducteur, ni sur la date de la traduetion. En 1526, un
.Pline, H. N., xxxi, 33; Tacite, Ann., xvi, 17; Quin- decret du Parlement d'Angleterre ordonna de faire une
tilien, Inst. orat,, IX, n, 91. Seneque parle de lui dans version galloise .de toute la Bible, sous la haute direction
la preface du livre II des Quxstiones naturales et le des eveques de Saint-Asaph, de Bangor, de Saint-David,
depeint comme un homme universellement aime. Cf. de Llandaff et d'Hereford. Le travail fut confie a William
Stace, Silv., II, vn, 32. Ce fut egalement a lui que Salisbury, qui traduisit seulement les Evangiles, les
Seneque dedia le De Vita beata. Apres que Claude eut Actes des Apotres et les Epitres. Encore six de ces
rendu 1'Achaie au Senat et que, par consequent, elle eut dernieres, 1'Epitre aux Hebreux, les deux a Timothee,
pour gouverneur un proconsul (Suetone, Claud., 25), 1'Epitre de saint Jacques et les deux Epitres de saint
Gallion fut mis a la tete de cette province. Ce fut tres Pierre, furent-elles traduites par Richard Davies, eveque
probablement apres que Seneque eut ete rappele d'exil. de Saint-David. Oh y ajouta la version de 1'Apocalypse
F. Blass, Acta Apostolorum, in-8, Goettingue, 1895; par Huet, chantre de la paroisse de Saint-David, et Ton
Prolegom., p. 22. Cf. Wieseler, Chronologic des Apos- eut ainsi la premiere version complete du Nouveau Tes-
tolischen Zeitalters, in-8, Goettingue, 1848, p. 119. tament, sous le titre de : Testament Newydd ein Harg-
Gallion quitta ce gouvernement, parce que le climat du Iwydd an Hiachawdur Jesu Crist, Nouveau Testament
pays etait defavorable a sa sante; Seneque, Epist. 104. du Seigneur et Sauveur Jesus-Christ. La traduction,
II ne fut pas des derniers a plaisanter sur la mort de qui fut faite sur le grec, est assez fidele en general; mais
Claude, Dion Cassius, LX, 35* et il flatta la vanite de elle laisse a desirer sous le rapport litteraire. A 1'exception
Neron. Dion Cassius, LXI, 20. La mort de son frere lui de 1'Apocalypse et de quelques Epitres, elle n'est pas di-
inspira une grande terreur et il implora la pitie de son visee en yersets, mais seulement en chapitres. Dediee a
meurtrier. Tacite, Ann., x, 73. On ignore de quelle fa?on la reine Elisabeth, cette traduction parut a Londres, en
et a quelle epoque il mourut. E. BEURLIER. 1567, in-4. Voir Archaeologia Cambrensis, 3eserie, t. xi,
Londres, 1865, p. 89.
GALLOISES (VERSIONS) DE LA BIBLE. 3 Une vingtaine d'annees apres, on s'occupa de 1'Ancien
Le gallois, ou breton-gallois, est un des trois grands Testament. Ce fut un pasteur de Llanrhaidr-Mochnant,
rameaux de la branche britannique du celtique. Actuel- dans le comte de Denbigh, William Morgan, plus tard
Jement, il differe assez des deux autres, le breton-armo- eveque de Llandaff en 1595, et de Saint-Asaph en 1601,
ricain et le breton-cornique, pour constituer vis-a-vis qui entreprit cette tache, tie sa propre initiative. Aide de
d'eux un groupe a part. Comme 1'indique son nom, on plusieurs collaborateurs, il traduisit 1'Ancien Testament
le parle dans la principaute de Galles, en Angleterre. sur le texte original, et revisa la version que Salisbury
1 La litterature biblique du gallois du moyen age est avait faite du Nouveau Testament. L'ouvrage tout entier
peu importante. Elle se reduit, en somme, a des frag- fut termine et imprime en 1588, sous le titre : Y Bibl
ments plus ou moins considerables, dont une partie est Cyssegr-lan, sef yr Hen Destament a'r Newydd, La
contenue dans le Llyvyr agkyr Llandewivrevi, Livre Sainte Bible ou 1'Ancien Testament et le Nouveau; in-
de 1'anachorete de Llan-dewivrevi, manuscrit de 1346, fo, Londres. II existe encore deux exemplaires de cette
conserve a la bibliotheque de Jesus College, a Oxford. edition : l'unr a la Societe biblique de Londres et 1'autre
Ce manuscrit a ete public dans les Anecdota Oxoniensia, a la bibliotheque du chapitre de Westminster. On fit un
mediaeval and modern series, part, vi, par MM. Morris tirage a part de la traduction des psaumes, sous le titre :
Jones et John Rhys, sous le titre : The Elucidarium Psalmau Dafydd, Psaumes de David, in-8, Londres,
and other Tracts in Welsh from the Llyvyr, Oxford, 1588. Quatre exemplaires de ce tirage a part existent en-
1894. Les principaux fragments bibliques qu'il contient core : 1'un, au college de 1'Universite de Cardiff; deux
sont : 1 le recit de 1'Annonciation de 1'ange Gabriel, autres au British Museum, et le quatrieme a la biblio-
Luc., I, 26-38; 2 le debut de 1'Evangile de saint Jean, I, theque de Shirburn Castle. Au reste, on vient de reedi-
1-14; 3 une explication de 1'Oraison dominicale. D'autres ter ce psautier gallois, avec un fac-simile photographique
fragments se trouvent dans le second volume des extraits de la curieuse gravure qui est en tete de 1'ouvrage, Lon-
de manuscrits gallois qui ont ete publics sous ce titre : dres, 1898. La publication a ete dirigee par Thomas Po-
Welsh Manuscript Literature, completion of selections well, professeur au college de 1'Universite de Cardiff.
from the Hengwrt manuscripts preserved in the Pen- Le D* Morgan avait entrepris, aussitot apres sa traduc-
iarth library, edited and'translated by the Rev. Robert tion de la Bible, une seconde revision du Nouveau Tes-
Williams and the Rev. G. Hartwell Jones, 2 in-8, Car- tament de Salisbury; et son travail allait etre livre a 1'im-
diff, 1874-1892. Outre plusieurs morceaux apocryphes, pression, en 1604, quand il mourut. L'ouvrage parait elre
comme 1'evangile de 1'Enfance, 1'evangile de Nicodeme, reste en manuscrit. Voir, pour 1'appreciation detaillee des
1'histoire de Ponce-Pilate, 1'histoire de Judas, etc., ce vo- ceuvres du Dr Morgan, le volume gallois qui est intitule :
lume contient: 1 le recit de la Passion selon saint Mat- Bywyd ac amser yr esgob Morgan, La vie et 1'epoque
thieu, p. 250; 2 les signes precurseurs du jugement der- de 1'eveque Morgan, par Charles Ashton, Treherbest,
nier, d'apres le meme evangeliste, p. 274; 3 les memes 1891.
fragments, avec quelques variantes, que ceux du Livre 4 Les travaux bibliques du Dr Morgan furent continues
de 1'anachorete, p. 291, 296-97. Voir aussi les parties par son successeur sur le siege episcopal de Saint-Asaph,.
bibliques de 1'office de la sainte Vierge, d'apres un ma- le Dr Richard Parry. Avec 1'aide de son savant secretaire,
nuscrit du xrve siecle, dans la Myvirian Archawlogy of le Dr John Davies, il entreprit une revision complete de
Wales, publi^ par Owen Jones, Londres, 1795. toute la Bible galloise, en y apportant des corrections si
2 La premiere version galloise de la Bible parait avoir nombreuses et si importantes, que son travail ressemble
te executee dans la seconde moitie du xve siecle, vers plutot a une version nouvelle qu'a une revision pro-
1470, a Celydd Sfan, pres de Bridgend, dans le comte prement dite. Cette version est tres estimee dans 1'eglige
de Glamorgan. Mais elle n'a jamais ete publiee, et meme anglicane du pays de Galles; et la plupart des editions
le manuscrit, qui existait encore au commencement de posterieures n'ont guere fait que la reproduire. Elle
ce siecle, a disparu depuis. Voir S. Bagster, The Bible parut a Londres, in-f, en 1620, avec une dedicace au roi
101 GALLOISES (VERSIONS) DE LA BIBLE GAMALIEL 102
Jacques. L'exemplaire qui fut offert au roi est conserve en ce siecle, les livres que les protestants appellent
au British Museum. Comme le format de 1'edition n'e- apocryphes , c'est-a-dire les deuterocanoniques.
tait guere portatif, on en fit une autre plus commode, in- Voir 1'puvrage gallois : Lyfryddiaeth y Cymry, yn
8, Londres, 1630, qui contenait, outre 1'Ancienet le Nou- cynnwys hanes y llyfrau a gyhoeddwyd yn yr iaith
veau Testament, le Book of Common Prayer, et une Gmraeg, ac mewn perthynas i Gmru a'i thrigolion o'r
traduction du Psautier en vers. Cette traduction, qui est flivyddyn 4546 hyd y flwyddyn 4800, Bibliographie
encore en usage dans 1'eglise anglicane du pays de galloise, contenant 1'indication des livres en gallois, et
Galles, etait I'ceuvre du Dr Pryce, archidiacre de Merio- de ceux relatifs au pays de Galles, publies de 1546 a
neth. Precedemment, il avait paru une autre traduction 1800, in-8, Llanidloes, 1869. Cet ouvrage, qui est de
versifiee des Psaumes, par le capitaine Middleton, Lon- William Rowlands, a ete continue par M. Silvan Evans
dres, 1603. pour la periode 1800-1869, et doit etre complete par les
5 Nous devons signaler aussi, parmi les versions du supplements parus dans la Revue celtique, Paris, 1872-
xvii* siecle s'etendant a toute la Bible, celle qui fut 1875, t. i, p. 376-394; t. n, p. 31-43, 346-351.
publiee a Oxford, in-f, 1690, et qui est connue sous J. BELLAMY.
le nom de Bishop Lloyd's Bible, parce que I'eveque GAMALIEL, nom de deux personnages, 1'un de 1'An-
Lloyd en surveilla la publication, et s'occupa speciale- cien, 1'autre du Nouveau Testament.
ment de la chronologic et des notes qui accompagnent
le volume. Ce fut la premiere Bible galloise imprimee 1.GAMALIEL(hebreu: Gamli'el, Dieurecompense;
en caracteres remains. Voir, pour de plus amples de- Septante: raji.aXtriX), fils de Phadassur. etait chef de la
tails sur les versions galloises de la Bible des xvi et tribu de Manasse, a 1'epoque du sejour au desert du
xvii siecles, les remarquables etudes critiques qui ont Sinai. II etait a la tete de 32200 combattants. Comme
te faites a ce sujet par Walter Davies, plus connu sous les autres chefs de tribu, il fit des presents au sane-
le nom bardique de Gwalter Mechain, et qui ont ete tuaire. Num., i, 10; n, 20; vn, 54, 59; x, 23.
reunies apres sa mort ({ 1849) dans ses oeuvres com-
pletes, Gwaith y Walter Davies, 3 in-8, Carmarthen et 2. GAMALIEL (Nouveau Testament : rafjuxXiY)X), sup-
Londres, 1868. nomme 1'ancien (haz-zdqeri) ou Gamaliel Ier, pour le dis-
6 En 1718, parut a Londres la premiere Bible de la tinguer de son petit-fils, Gamaliel le jeune ou Gama-
Society for promoting Christian Knowledge. Elle est liel II, est ordinairement identifie avec le membre du
plus connue sous le nom de Moses Williams' Bible, du Sanhedrin, du meme nom, qui prit en pleine seance la
nom d'un pasteur de Dyfinoy, dans le comte de Breck- parole en faveur des Apotres. II etait de la secte des
nock, qui en surveilla la publication. Elle contient, outre pharisiens et un docteur de la loi, honore par tout le
les deux Testaments, les Psaumes en vers, quelques peuple. Act., v, 34. Chef d'une importante ecole rabbi-
hymnes et prieres bibliques, avec des notes marginales nique a Jerusalem, il eut pour disciple saint Paul qui
et des sommaires en tete des chapitres. D'autres edi- declare avoir ete instruit par son maitre dans 1'exacte et
tions de la Bible ont ete publie'es, dans le courant du stricte interpretation de la loi paternelle, telle que la
xviii8 siecle, a Carmarthen, Londres, Cambridge et concevaient les pharisiens. Act., xxn, 3. Sa famille se
Oxford. Elles different peu des precedentes, si ce n'est considerait comme appartenant a la tribu de Benjamin,
par des changements orthographiques. quoique plus tard elle ait ete comptee au nombre des
7 Au commencement du xixe siecle, Thomas Charles, descendants de David. Si Hillel etait de la race de Da-
pasteur de Bala, trouvant que la diffusion de la Bible se vid, on ne peut regarder Gamaliel comme son petit-fils
faisait trop lentement dans le pays de Galles, concut le qu'en supposant, ou bien que Hillel descendait de David
projet d'une vaste association qui remedierait a cet etat par sa mere, ou bien que Gamaliel etait fils d'Hillel par
de choses. Ce fut 1'origine de la Societe biblique de le cote maternel. G. Dalman, Die Worte Jesu, t. i, Leip-
Londres (British and Foreign Bible Society), fondee le zig, 1898, p. 265. La litterature juive le donne comme la
7 mars 1804. Un des premiers soins de la societe souche des derniers patriarches juifs de Palestine, et
naissante fut de preparer une edition stereotypee d'une plusieurs critiques, J. Lightfoot, Horse hebraicse et tal-
Bible galloise, qui devait etre tiree a vingt mille exem- mudicse in Acta Apostolorum, Leipzig, 1679, p. 45;
plaires in-8. Le texte devait dtre celui de 1'edition J. Cohen, Les Pharisiens, Paris, 1877, t. i, p. 415; t. II,
d'Oxford de 1799, que Thomas Charles voulut reviser au p. 54; E. Stapfer, Les idees religieuses en Palestine a
prealable. Sur ces entrefaites, le Rev. J. Roberts, 1'epoque de Jesus-Christ,1" edit., Paris, 1878, p. 198-199,
pasteur de Tremerchion, dans le comte de Flinth, cri- en avaient conclu que Gamaliel presidait le Sanhedrin,
tiqua vivement 1'opportunite et la justesse des modifi- quand Jesus comparut devant cette assemblee. Mais cette
cations projetees par son co legue; et, par 1'intermediaire conclusion est contraire au livre des Actes, v, 34, qui fait
de la Society for promoting Christian Knowledge, il de Gamaliel un simple membre du Sanhedrin, un des
adressa des reclamations en ce sens au president de la scribes ou docteurs qui avaienl siege et voix a ce tri-
Societ^ biblique de Londres. On nomma un comite bunal. J. et A. Lemann, Valeur de I'assemblee qui pro-
pour examiner la question. II fut reconnu queries chan- nonca la peine de mort contre Jesus-Christ, 3e edit.,
gements orthographiques mis a part, le travail de Paris, 1881, p. 30; E. Stapfer, La Palestine au temps de
Th. Charles avait au moins le merite de 1'exactitude. Jesus-Christ, 3e edit., Paris, 1885, p. 94-98. Gamaliel,
Quant aux modifications d'orthographe, la question, quoique siegeant seulement dans le groupe des juges
depassant la competence du comite, fut soumise ail assesseurs, jouissait dans le grand conseil d'une haute
savant philologue Walter Davies, pasteur de Meifod, consideration et y exercait une reelle influence. On le
dans le comte de Montgomery. Ce dernier se prononca vit bien a la comparution des Apotres. Les disciples de
contre les innovations de Charles, et, en consequence, Jesus, qui temoignaient avec tant de fermete en faveur
1'edition projetee fut abandonnee. La Societe biblique de leur Maitre, allaient etre condamnes a mort, quand
de Londres en publia alors une autre en 1806, semblable ce docteur si savant et si vante se leva dans le conseil
a celle qui avait paru en 1752, par les soins de la Society et demanda qu'on fit momentanement sortir les Apotres,
for promoting Christian Knowledge. Les nouvelles et afin d'exposer en toute liberte son avis. II fit entendre
nombreuses editions qui ont eie faites depuis cette alors des paroles de prudence et de moderation. En
epoque ne different pas sensiblement des precedentes. conseiller sage et prevoyant, il premunit les juges contre
II est bon de noter, d'une facon generate, que les une resolution violente et precipitee et il tire ses con-
bibles galloises, ayant ete publiees par des editeurs non siderants des faits de 1'histoire contemporaine. II
catholiques, ne contiennent pas ordinairement, du moins rappelle Tissue a laquelle avaient abouti, d'elles-memes,
GAMALIEL GAMZO 104
les tentatives recentes de .Theudas et de Juda le Ga- saint Pierre et saint Jean. Epistola Luciani ad omnem
iileen. Le cas present pourra avoir la meme solution, Ecclesiam, 3-4, t. XLI, col. 809-812; Photius, Biblio-
etau lieu de recourir a une repression violente, il faut theca, col. 171, t. an, col. 500-501. Cf. Tillemont, Me-
laisser au temps la conclusion de 1'aflaire. Si 1'idee ou moires pour servir a I'histoire ecclesiastique, Paris,
1'entreprise des Apotres, dit-il en terminant, vient des 1694, t. n, p. 10-13,27-30. Son corps, decouvert alors a
hommes, elle se dissoudra d'elle-m&me; si elle vient de Caphargamala avec celui de saint Etienne, .serait con-
Dieu, vous n'etes pas capables de 1'entraver et vous serve a Pise. J.-C. Wagenseil, Sota, Altdorf, 1674,
vous exposez a combattre centre Dieu meme. Get avis p. 992-993. Plusieurs martyrologes citent Gamaliel
sage et modere prevalut dans le Sanhedrin qui renvoya comme saint et le martyrologe romain mentionne, au
les Apotres apres les avoir fait frapper de verges. Act., v, 3 aout, 1'invention de ses restes mortels et de ceux de
33-40. On a discute le mobile qui avait inspire Gamaliel. saint Etienne. Cf. J. Derenbourg, Essai sur I'histoire
.On a pretendu tour a tour qu'il avait parle ainsi par et la geographic de la Palestine, t. I, 1867, p. 241;
opposition aux Sadduceens et pour faire echouer leurs H. Graetz, Geschichte der Juden, 3 edit., 1878, t. in,
projets, ;ou par politique, afm de menager la situation p. 373; M. Bloch, Institutionen des Judentums, t. 11 1,
.du Sanhedrin en face du peuple et des Romains, ou par 1884, p. 118-202; E. Schurer, Geschichte desjud. Volkes,
un sentiment de droiture naturelle, ou enfin par un 2e edit., t. n, p. 300; M. Braunschweiger, Die Lehrer
secret penchant vers la nouvelle doctrine. H.-J. Crelier, der Mischnah, 1890, p. 50.
Les Actes des Apotres, Paris, 1883, p. 67-71; G. Fouard, E. MANGENOT.
Saint Pierre, Paris, 1886, p. 45-48; E. Le Camus,
L'CEuvre des Apotres, Paris, 1891, p. 84-92. GAMARIAS, nom de deux Juift. mentionnes par
. L'enseignement de Gamaliel, que son disciple Saul Jeremie.
.declare conforme a la plus exacte interpretation de la 1. GAMARIAS (hebreu : Gemarydh; Septante :Ta[JLa-
Loi dans le sens des Pharisiens, Act., xxn, 3, ne nous pta;), fils d'Helcias, envoye a Babylone pres de Nabucho-
est connu que par quelques decisions juridiques que lui donosor avec Elasa fils de Saphan. Jeremie leur remit
.attribue la Mischna. Au traite Orla, n, 12, Talmud de une lettre pour les captifs afin de les premunir contre
Jerusalem, trad. Schwab, t. m, Paris, 1879, p. 34, il a les faux prophetes qui annoncaient un prompt retour et
.ddcide, d'accord avec les sages, que la levure profane les engager a s'etablir en paix dans la terre d'exil au
tombant dans la pate avec la levure d'oblation, n'entraine moins pour soixante-dix ans. Jer., xxix, 3, 4.
1'interdit de la pate que si elle suffit a la faire fermenter.
Au traite Yebamoth, xvi, 7, ibid., t. vn, 1885, p. 219- 2. GAMARIAS (hebreu : Gemarydhu; Septante: Ta-
220, on rapporte qu'il permettait d'epouser une femme (xapiac), fils de Saphan, un des conseillers du roi Joa-
.sur 1'avis du deces de son mari, enonce par un seul chim, devant lesquels Baruch lut, dans la chancellerie,
temoin, et qu'il autorisait les veuves a se remarier sur une prophetie de Jeremie. Effrayes de cette lecture, ils
1'assertion du deces de leurs epoux par un seul temoin. en donnerent connaissance au roi qui dechira le rou-
D'apres le traite Guitin, iv, 2, ibid., t. ix, 1887, p. 2, il leau et le jeta dans le feu, malgre les representations de
modifia, dans 1'interet de 1'ordre du monde et des bonnes Gamarias. Jer., xxxvi, 12,13, 25.
regies, les conditions de 1'annulation de 1'envoi de 1'actc
de divorce. II ne permit plus qu'elle se fit a 1'insu de la GAMUL (hebreu :.Gdmul; Septante : Fa^oy),), chef
femme et voulut que Ton inscrivit sur 1'acte les noms de la vingt-deuxieme des families sacerdotales, distri-
de 1'homme et de la femme avec tous leurs surnoms. II buees en vingt-quatre classes par David. I Par., xxiv, 17.
e'tablit aussi, ibid., iv, 3, p. 5, que la veuve pourrait
desormais se faire payer son douaire, en vouant tel GAMZO (hebreu : Gimzo, lieu fertile en syco-
ol>jet que les orphelins designeront. II est raconte, mores; Septante : Codex Vaticanus, FaXe^w; Codex
Scliabbath, xvi, 1, ibid., t. iv, 1881, p. 161, que Ga- Alexandrinus, Fap.ai?at), ville de Palestine mentionnee
maliel, se trouvant debout sur un echafaudage de con- une seule fois dans la Bible. II Par., xxvm, 18. Situee
. struction a la montagne sainte, recut un exemplaire de dans la plaine de Sephelah, elle fut prise, avec les vil-
Job transcrit en chaldeen, et qu'il dit aux macons de lages qui en dependaient, par les Philistins, qui s'y eta-
1'enfouir sous le mur fondamental. Cette action est rap- blirent. Get eVenement eut lieu sous le regne d'Achaz,
portee pour prouver qu'il faut enfouir les exemplaires roi de Juda. Les autres cites qui eurent le meme sort
fiacre's hors d'usage, en quelque langue qu'ils soient appartiennent ou au nord ouest de la tribu de Juda,
ecrits. Les autres paroles de R. Gamaliel, reproduces comme Socho (Khirbei Schueikeh), ou a la limite de
dans le Talmud, ont e"te prononce"es par Gamaliel II. On Juda et de Dan, comme Bethsames ('Am Schems).,
ne peut, sur de si faibles indices, determiner le carac- Thamna (Khirbet Tibneh),on au sud-est de Dan, comme
tere theorique ou pratique de 1'enseignement du maitre Ai'alon (Ydlo). Gamzo etait la plus septentrionale, et elle
de saint Paul. Cf. Fouard, Saint Pierre, p. 143-150. a subsiste jusqu'a nos jours exactement sous le meme
Gamaliel Ier est mort avant 1'an 70, puisqu'il n'est pas nom. On trouve, en effet, un peu au sud-est de Loudd
question de lui dans les recits du siege et de la prise ou Lydda, un village dont le nom arabe i^j+s*., Djimzu,
de Jerusalem par les Romains, tandis que son fils reproduit parfaitement la forme hebrai'que, 'ITDJ Gimzo.
Simeon joua alors un role important. La Mischna, Sota, Cf. G. Kampffmeyer, Alte Namen im heutigen Palas-
ix, 16, ibid., t. vn, p. 342, dit que, depuis cette mort, tina und Syrien, dans la Zeitschrift des Deutschen
la gloire de la Loi s'est eteinte, et avec elle sont ruines Paldstina-Vereins, Leipzig, t. xvi, 1893, p. 34. II cou-
la purete et le pharisaisme. Cela signifie seulement, ronne une colline assez elevee. Des bouquets d'oliviers
. d'apres le contexte, que depuis son epoque Pausterite et et quelques palmiers s'elevent alentour. II compte
la vie religieuse des pharisiens stricts ont disparu. 400 habitants, et Ton y rencontre plusieurs puits, proba-
L'auteur des. Recognitions Clementines, I, 65-67, t. i, blement antiques, mais celui qui approvisionne actuelle-
col. 1242-1244, suppose que Gamaliel, encore membre ment le bourg en est assez eloigne. Cf. V. Guerin,
du Sanhedrin, etait secretement Chretien et n'etait reste Judee, t. I, p. 335; Robinson, Biblical Researches in
exterieurement attache au judaisme que pour mieux Palestine, Londres, 1856, t. li, p. 249; Survey of Wes-
servir ses freres. Au v* siecle, 1'ancien sanhedrite apparut tern Palestine, Memoirs, Londres, 1881-1883, t. n,
au prdtre Lucien et lui revela 1'endroit ou il avait ense- p. 297., Le Talmud de Babylone, Taanith, 21 a, cite
veli les restes mortels du diacre Etienne; il lui apprit Gimzo comme ville natale d'un certain Nahum, qui
qu'il s'etait converti au christianisme avec son fils avait, dit-il, pour maxime que Dieu dirige toutes choses
Abib et Nicodeme et qu'ils avaient ete baptises par pour le mieux. Lui arrivait-il un desagrement ou un
105 GAMZO GARIZIM 106
malheur, il avait pour coutume de dire philosophique- col. 600. De la il fait passer le cordeau sur la colline
ment: rmiob IT 01, Gam zu letdbdh, ceci egalement de Gareb et vers Goatha , tourne- ensuite au sud par la .
est pour le bien. C'est la un jeu de mots SUP le nom vallee de Hinnom, qu'il appelle la vallee des cadavres
de la ville. Cf. A. Neubauer, La geographic du Talmud, et des cendres , et arrive enfin au torrent de Cedron,
Paris, 1868, p. 98; Reland, Palxstina, Utrecht, 1714, et jusqu'a Tangle de la porte des Chevaux a 1'orient .
t. n, p. 812. A. LEGENDRE. D'apres cette description, il semble clair que la colline
dont nous parlons se trouvait a 1'ouest ou au sud-ouest
GANGRENE (grec : yayypaiva; Vulgate : cancer), de la ville; mais son emplacement exact est inconnu.
destruction de la vie dans une partie des tissus du corps La signification du nom fait croire que c'etait la col-
(fig. 14), a la suite de contusions, de brulures, d'alteration line des lepreux , c'est-a-dire 1'endroit ou demeuraient
du sang ou de troubles dans sa circulation, d'introduction confines ces malheureux a qui 1'on interdisait 1'entree
de germes putrides, etc. Sous de la cite. Scholz pense que c'est aujourd'hui la mon-
1'influence de ce mal, les tagne du Mauvais-Conseil ou Djebel Deir Abu Tor. Cf.
chairs perdent toute sensi- J. Enabenbauer, Comment, in Jer., Paris, 1889, p. 396.
bilite et parfoismemeentrent D'autres identifient plutot Gareb avec la montagne que
en putrefaction comme des signale le livre de Josue", xv, 8; xvm, 16, et qui est
chairs mortes. Assez souvent vis-a-vis de Geennom a 1'occident, et a 1'extremite de la
la gangrene s'etend deproche vallee de Rephai'm ou des Geants vers le nord . Cf.
en proche, envahit rapide- Keil, Der Prophet Jeremia, Leipzig, 1872, p. 341; Pil-
ment les tissus et amene la lion, La Sainte Bible, Paris, 1898, t. v, p. 647.
mort. Saint Paul fait allusion A. LEGENDRE.
a cette marche envahissante GARIZIM (hebreu : Gerizzim; Septante : Fapt^fv),
du mal, quand il compare montagne de la chaine d'Ephrai'm, situee au sud de
1'enseignement des faux doc- Naplouse, en face du mont Hebal. Deut., xi, 29; xxvn,
teursa la gangrene qui ronge, 12; Jos., vin, 33; Jud., ix, 7; II Mach., v, 23; vi, 2.
vopwiv eet. II Tim., n, 17. Le I. NOM. On a differemment interprete le mot hebreu.
mot vo[xv) signifie 1' action Gesenius, Thesaurus, p. 301, y voitle nom d'une peu-
de ronger , en parlant des plade, les Gerizeens (hebreu : hag-Girzi ou Gerizzi;
ulceres. Hippocrate, Pronos- Vulgate : Gerzi), I Reg., xxvn, 8, dont une colonie au
tic., 98. La fausse doctrine moins ^urait habite la contree, et a laquelle la montagne
., _ . rongera done les ames et aurait emprunte sa denomination, comme une autre du
V: **, fera perir comme la gan- meme massif tenait son nom des Amalecites. Jud., XH,
sains en arriere du sillon; grene ronge les chairs et de- 15. Tel est aussi le sentiment de Stanley, Sinai and
2. sillon au niveau du point truit le corps. L'expression Palestine, Londres, 1866, p. 237, note 3. Cependant la
d'&imination; 3. portion gan- energique du texte grec est legon de I Reg., xxvn, 8, est douteuse; le qeri porte
greneuse devant se detacher, rendue dans la Vulgate par Gizri. D'autres s'en rapportant a la racine gdraz, qui,
un equivalent : ut cancer comparee a 1'arabe, vent dire couper, separer , ou
serpit, rampe, s'etend comme un cancer . Le can- designe une terre sterile , reconnaissent dans Geriz-
cer est une tumeur maligne qui se developpe dans un zim une allusion a 1'aspect physique du mont, abrupt
organe, se reproduit apres Fablation etfinit par atrophier et denude . On peut trouver d'autres explications de
1'orgare et faire perir le malade. L'action du cancer est meme valeur, c'est-a-dire egalement conjecturales. Cf.
aussi dangereuse que celle de la gangrene, mais elle est J. Simonis, Onomasticum Vet. Test., Halle, 1741, p. 67.
moins apparente et moins repugnante. Voir CANCER, II. SITUATION ET DESCRIPTION. La situation du Ga-
t. n, col. 129. H. LESETRE. rizim est, avec celle de 1'Hebal, determinee de la maniere
suivante dans le premier passage de la Bible ou il en
est question, Deut., xi, 30 (traduit d'apres 1'hebreu) :
GARDE DU CORPS. Voir ARMEE, t. i, col. 973. [Ces montagnes] sont au dela du Jourdain, c'est-a-
dire a 1'ouest, par opposition aux campements des
GARDIENS DES FORTES DU TEMPLE. Voir Hebreux, qui alors se trouvaient a Test; derriere la
PORTIERS. route de 1'occident, ou au dela de la route qui traverse
le pays de Chanaan, conduisant de Syrie en Egypte et
GAREB (he'breu : Gdreb; Septante : r<xp6), nom passant par le cceur meme de la contree, celle qu'avaient
. d'un Israelite et d'une colline. suivie Abraham et Jacob, 1'antique voie qui, de la plaine
d'Esdrelon, se dirige par les monts de Samarie vers
1. GAREB, un des vaillante guerriers de 1'armee de Jerusalem et le sud; dans la terre du chananeen, qui
David. II Reg., xxm, 38; I Par. xi, 40. Dans ces deux habite dans 1'Arabah, ce dernier mot designant, non
endroits le nom propre est snivi de 1'adjectif ou nom pas, comme le veulent certains auteurs, la vallee de
patronymique hay-yifu que la Vulgate rend par Je- Sichem ou la plaine d'El Makhnah, mais celle du Jour-
thrseus dans I Par., xi, 40 et par et ipse Jethrites dans dain ou le Ghor, que les Israelites avaient en ce moment
II Reg., xxiii, 38. Elle ajoute etipse parce que dans ce sous les yeux et qui leur representait la terre de Cha-
verset le nom precedent Ira est suivi de la mme epi- naan ; vis-a-vis de Gilgal, non pas Galgala, premier
thete, Jethrites. Gareb comme Ira seraient-ils fils de campement des Hebreux pres de Jericho, Jos., iv, 19,
Jether, pere d'une famille de Cariathiarim? I Par., n, aujourd'hui Tell Djeldjul, mais la ville dont il est ques-
53. Ou bien ne faudrait-il pas plutot y voir un nom de tion dans 1'histoire d'Elie et d'Elisee, IV Reg., n, 1;
lieu hay-yattiri, de Yattir (Vulgate : Jether), ville dans la iv, 38, actuellement Djildjilia, au nord de Bethel, a
montagnedeJuda?IReg., xxx, 27; Jos., xv, 48; xxi, 14. 1'ouest de la route de Jerusalem a Naplouse (voir GAL-
E. LEVESQUE. GALA 2); pres des terebinthes de Moreh, ou cette
2. GAREB, colline voisine de Jerusalem, mentionnee vallee illustre (d'apres la Vulgate; 'elon Mdreh,
one seule fois dans 1'Ecriture. Jer., xxxi, 39. Le pro- d'apres 1'hebreu), que la Genese, xn, 6, a propos
phete, tracant le pourtour de la nouvelle Jerusalem, part d'Abraham, mentionne pres de Sichem. Pour avoir mal
de la tour d'Hananeel, situee tres probablement vers le compris ce verset, en ce qui concerne Galgala, Eusebe. et
nord-est des remparts, puis vient a la porte de 1'Angle, saint Jerome, Onomastica sacra, Go3ttingue, 1870, p. 126,
c'est-a-dire au nord-ouest. Voir ANGLE (PORTE DE L'),t. r, 242, 243, placent faussement le Garizim et 1'Hebal aupres
108
de Jericho. II est clair cependant, en dehors de 1'expli- ouadi Rds el-'Aln. C'est par ce gracieux ravin, qui trace
cation qui vient d'etre donnee, que 1'auteur sacre designe sur les flancs denudes du Garizim un sillon de vei*-
les deux monlagnes non dans le voisinage du Jourdain, dure, que Ton monte de la ville sur le sommet. De la
mais a 1'extreme horizon, ou elles sont Cachees a sa vue. source qui donne son nom a 1'ouadi, on peut d'un coup
D'ailleurs 1'episode de Joatham, montant sur un des d'oeil embrasser Naplouse et les magnifiques jardins qui
eperons du Garizim pour adresser la parole aux habitants 1'entourent. A partir de la, une montee raide et pier-
de Siehem, Jud., ix, 7, 1'histoire de la Samaritaine de- reuse, tapissee cependant de fleurs au printemps et cul-
signant du geste la montagne sur laquelle ses ancetres tivee sur certains points, conduit sur un large plateau
avaient leur lieu d'adoration et qui dominait le puits de accidente, couvert de broussailles et de monceaux de
Jacob, Joa., rv, 20, 21, en determinent suffisamment la pierres. Du point culminant on jouit d'un splendide pa-
position. C'est la, pres de Neapolis ou Naplouse, que les norama : au nord, par dela les monts de Samarie et de
vieux pelerins ont reconnu le sommet dont nous parlons: Galilee, se dressent dans le lointain les times neigeuses
le peleriri de Bordeaux (333), sainte Paule (404), saint du Grand Hermon; a Test, au dela de la plaine d.'El
Willibald (723-726), etc. Cf. Itinera Terras Sanctse, edit, Makhnah, apparaissent, derriere une chaine de collines
de Id Societe de 1'Orient latin, Geneve, 1877, t. i, p. 16, entrecoupee de vallees fertiles, les hauteurs coupees a
38, 269. pic qui resserrent le Ghor et le Jourdain; au sud la vue
Le Garizim est appele aujourd'hui Djebel es-Sumara, s'etend sur les montagnes d'Ephraim, et, a 1'ouest, sur
la montagne des Samaritains, et Djebel et-fur; ce la plaine de Saron et les flots bleus de la Mediterranee.
dernier nom lui est commun avec plusieurs autres Plusieurs vestiges de 1'antiquite appellent, sur ce
monts celebres les Arabes appliquant le mot Tur, qui plateau, 1'attention du voyageur. (Voir fig. 16, et cf. le
signifie montagne, hauteur , notamment au Sinai, au plan detaille que donne le Palestine Exploration Fund
Thabor, a la colline des Oliviers. II domine, de sa paroi Quarterly Statement, Londres,1873, p. 66.) Apres avoir
septentrionale, la ville de Naplouse et la vallee qui le passe pres de 1'endroit ou campent les Samaritains, lors-
separe de 1'Hebal (fig. 15); du cote de Test, il borde la qu'ils viennent celebrer les fetes de Paques, de la Pen-
plaine H'El-Makhnah, projette assez loin ses ratines vers tecote et des Tabernacles, on arrive aux blocs ^normes
le sud, et se rattache, a 1'ouest, au massif ephraimite. et non tailles connus sous le nom de Tena'scher Bald-
Forme presque entierement de calcaire nummulite, il tah, les douze pierres plates. Fendus par le temps
s'etend de Test a 1'ouest, et s'eleve a une hauteur de et separes en deux et meme trois parties, ce qui rend
868 metres au-dessus de la Mediterranee. II se termine assez difficile d'estimer au juste leur nombre reel et pri-
en un petit plateau protege a 1'est et au nord par un mitif, ils sont'agenCes de maniere a constituer une
escarpement qui constitue comme un gigantesque esca- sorte de plate-forme longue de 25 pas sur 7 de large.
lier sur la plaine orientale. Ce plateau superieur s'abaisse Depuis les fouilles du capitaine anglais Anderson, en
par une pente douce a 1'ouest, ou 1'escarpement se 1866, il n'est plus permis de les prendre pour des
, creuse au nord-ouest en une riante vallee nominee rochers naturels, avec lesquels ils se confondent'faci-
109 GARIZIM
lement; mais il faut admettre qil'ils cnt ete apportes et Au milieu de ce quadrilatere s'elevait un Edifice octo-
places la par la main de Fhomme. On voit, en effet, gone, dont les arasements seuls sont visibles; il avait
qu'ils reposent sur trois assises superposees d'autres ete bati en pierres de taille tres regulieres et complete-
blocs moins considerables. Les Saniaritains qui, tous les ment aplanies, a en juger par quelques assises encore
samedis, viennent faire la leurs prieres, pretendent que en place. L'abside, tres exactement tournee vers 1'orient,
est demi-circulaire et a une profondeur de 9 metres,
egale a la longueur du cote sur lequel elle s'appuie. Ab-
straction faite de cette abside et des chapelles laterales,
qui debordent en dehors, 1'edifice devaitofl'rir une grande
ressemblance avec la mosquee d'Omar. Son orientation
semble bien indiquer une ancienne eglise chretienne.
Aussi y reconnait-on generalement celle de Sainte-
Marie,fondee parZenon,et que Juslinien avait environnee
d'une enceinte fortifiee pour la mettre a 1'abri des de-
predations des Samaritains. De Saulcy, Voyage autour
de la mer Morte, Paris, 1853, t. n, p. 410, a cru retrou-'
ver dans les ruines que nous venons de decrire les ves-
tiges de 1'ancien temple samaritain fonde par Sanabal-
lete et dont nous parlons plus loin. V. Guerin, Samarie,
t. i, p. 427, pense que 1'enceinte en gros blocs a bossage
est bien le temenos du temple, temenos qui fut ensuite
restaure par Justinien. Par consequent, 1'edifice octo-
gone occupe lui-meme 1'emplacement de 1'ancien sanc-
tuaire sarnaritain; mais les debris qu'on voit la ne sont
evidemment pas ceux de ce temple, rase par Jean
Hyrcan. II est probable que Sanaballete, en voulant
etablir sur le (iarizim un temple rival de celui de Jeru-
salem, avait du imiter la forme de celui-ci, c'est-a-dire
celle d'un rectangle. C'est la meme qu'on trouve sur les
magnifiques medailles imperiales d'Antonin le Pieux,
frappees a Neapolis, et representant sur la montagne en
question le temple bati par Adrien en 1'honneur de Ju-
piter Tres-Haut, lequel avait du succeder a celui de
Jupiter Hellenien, identique lui-meme avec celui des
Samaritains (fig. 17). Quant a 1'enceinte exterieure, on
1'appelle encore aujourd'hui El-Qala'ah, la forteresse,
L.TKniHiei?, <iel5
16. Carte du mont Garizim.
a cause de 1'epaisseur des murs qui la delimitent et des
tours qui la flanquent. Elle renfermait aussi de nom-
ces pierres, representant par leur nombre les douze breuses chambres qui s'appliquaient sur les murs.
tribus, sont celles erne, conformement a leur Penta- En dehors et au nord de cette enceinte, on en re-
teuque, Josue aurait, d'apres 1'ordre de Dieu, placees marque une seconde, batie comme la precedente, et
sur le mont Garizim pour servir d'autel. Mais la Bible, datant de la meme epoque. Elle contient une vaste pis-
on le sait, porte cine longue de 35
dans tous les ma- metres sur une
nuscrits hebrai'- largeur de 18. Ce
ques, a ce sujet, reservoir, aujour-
le mot 'Ebal au d'hui a sec, a ete
lieu de Garizim. construit avec des
Cf. Deut., xxvii, blocs d'un appa-
4; Jos., VIH, 30. reil un peu moins
On soupconne les considerable; les
Samaritains eux- murs ont l m 15
memes d'avoir centimetres d'e-
plus tard erige ce , paisseur. Le trop
monument, dans ;' plein de la piscine
1'intention de con- s'ecoulait, par un
sacrer ainsi leur regard tres habi-
texte errone. lement taille en
Un peu au dela, forme de niche
vers Test, sur le 17. M^daille de bronze d'Antonin le Pieux, frappee & Neapolis (Sichem). dans un puits
point" culminant ANTQNINOS EEB. EYSE. | AYTOK. KAISAP. Buste d'Antonin le Pieux, a droite. creuse a quelques
s'etend une vaste ^ *A. NEASHOAEQS SYPlAS HAAAISTI | NHS. Le mont Garizim, au m^tres plus iojn^
enceinte quadran- sommet du(rael *le temPle des Samaritains. On trouve la ega-
gulaire, encore en lement un assez
partie debout, flanquee aux quatre angles d'avant-corps grand nombre de tombes musulmanes, et c'est proba-
ou petites tours carrees. Les murs ont une epaisseur de blement ce cimetiere qui a eloigne les Samaritains de
lm 35, et sont revetus de gros blocs, la plupart tallies en 1'eniplacement de leur ancien temple, a la fois profane1,
bossage et poses sans chaux ni ciment. Les faces sud d'apres eux, par une eglise chretienne et par des torn-
et nord ont 79 metres de longueur, celles de Test et de beaux arabes.
m
1'ouest, 64 50. Sur le milieu de la face meridionale on A quatre-vingts pas environ au sud du Qala'ah, se
remarque un avant-corps semblable a ceux des angles, trouve une plate-forme rocheuse dont les contours irr-
et auquel repond, dans la face opposee, une grande guliers sont hordes de pierres. Inclinee de 1'est a 1'ouest,
porte, la seule qui donnait jadis acces dans 1'enceinte. elle aboutit de ce dernier cote a une large fente, qui
Ill
n'est atitre chose que I'orifice d'une sorte de puits ou de aupres de son beau-pere, et fut suivi par beaucoup
citerne creusee dans le roc. Parmi les Samaritains, d'Israelites et meme des pretres engages dans des ma-
quelques-uns pretendent que ce serait-la 1'ancien autel riages analogues, auxquels le satrape fournit de Targent,
de leurs sacrifices; d'autres croient que 1'arche d'al- des terres et des maisons. Cependant Alexandre, vain-
liance s'est jadis reposee en cet endroit. A quelques pas queur de Darius, a'avanca alors en Syrie et Vint mettre
ausud, ilsvenerent comme le lieu du sacrifice d'Abraham le siege devant Tyr. Sanaballete, pour se menager les
one sorte d'auge oblongue grossierement taillee dans le bonnes graces du conquerant, lui amena des auxiliaires
roc. Pour eux, en efiet, le Garizim est le mont Moria, et lui exposa le desir de son gendre Manasses, frere de
dont la tradition generate fait plutot la colline du temple Jaddus, grand pretre des Juifs, de construire un temple
a Jerusalem. Voir MORIA. Enfin, a 1'ouest, au nord et au sur les terres soumises a son autorite. II lui represen-
sud de la vaste enceinte decrite plus haut, sont eparses tait habilement que la realisation d'un pareil projet lui
ou accumulees sur le sol des ruines appelees Khirbet serait tres utile, parce que c'etait diviser la nation juive?
Liiza. En suivant la direction de plusieurs rues, qu'on qui, unie, pourrait songer a la revolte, comme sous la
distingue encore, on marche entre les debris d'une foule domination assyrienne. Alexandre se laissa persuader, et
de petites maisons baties avec des materiaux de moyen Sanaballete batit aussitot un temple sur le mont Garizim,
appareil. Une vingtaine de citernes recueillaient, avec la et Manasses fut invest! du souverain pontificat. Tel est
grande piscine que nous avons mentionnee, les eaux en resume le recit de Josephe. Mais plusieurs critiques
pluviales destinees aux besoins des habitants. Aucune font remonter la fondation de ce monument a une
source, en eflet, ne coule sur le plateau de Garizim. soixantaine d'annees auparavant, s'appuyant sur le
Cette ville, d'ailleurs sans histoire, est sans doute eelle II6 livre d'Esdras, xni, 28, ou il est dit qu'un des fils du
qu'Eusebe et saint Jerome, Onomastica sacra, Gcel- grand pretre Joi'ada fut exile par Nehemie pour avoir
tingue, 1870, p. 135, 274, mentionnent pres de Sichem. epouse une fille de Sanaballat le Horonite. Ce dernier
1 III. BiSTOfRE. 1 Le Garizim apparait pour la pre- etait gouverneur de Samarie pour le roi de Perse. Est-il
miere fois dans la Bible a propos de la ceremonie si done probable qu'il y ait eu, a deux epoques differentes,
imposante des benedictions et des maledictions, pres- deux satrapes de Samarie de meme nom et ayant chacun
crite par Moise, Deut,, xi, 29; xxvn, 12, et accomplie pour gendre un pretre juif ? D'un autre cote, selon Bar-
par Josue, vni, 33. Les tribus qui se placerent, non pas ges, Les Samaritains de Naplouse, Paris, 1855, p. 118,
evidemment sur le sommet, mais sur les premieres le recit de Josephe est en contradiction avec la tradi-
pentes de la montagne, etaient Simeon, Levi, Juda, tion des Samaritains d'apres laquelle leur temple, cons-
Issachar, Joseph et Benjamin. Deut., xxvn, 12. C'est de truit primitivement par Josue, ruine ensuite par 1'armee
la egalement que Joatham, 4chappe seul au massacre de de Nabuchodonosor, roi d'Assyrie, aurait ete restaure,
ses freres, fit entendre son magnifique apologue, pour au retour de la captivit^, par Samballat ou Sanaballat,
reprocher aux habitants de Sichem d'avoir elu roi Abi- chef de leur nation. Cf. Chronicon Samaritanum ara~
melech. Jud., ix, 7. Le texte hebreu, tres fidelement bice conscriptum cui titulus est Liber Josue, Leyde,
suivi par les Septante et la Vulgate, porte bien ici : 1848, p. 216, 298, 314. II est clair que cette tradition
be-ro's har-Gerizzim, [il se tint] sur le sommet du se trompe quand elle fait Sanaballat contemporain de
mont Garizim. Mais il ne faut pas prendre ces mots a Zorobabel, avec lequel elle semble le confondre; mais il
la lettre. Quelque puissance, en effet, que Joatham ait pu est, selon toutes les apparences, le meme personnage,
donner a sa voix, quelles que soient en cet endroit la que le Sanaballat du livre de Nehemie, lequel se montra
purete de 1'air et ses proprietes acoustiques, il cut ete si hostile aux Juifs revenus de 1'exil.
impossible a 1'orateur d'etre entendu des Sichemites. On 3 Le Garizim est nomme, II Mach., v, 23, pour repre-
doit done admettre qu'il gravit derriere la ville un point senter le territoire des Samaritains. Comme les Syriens
eleve de la montagne, d'ou sa parole put etre saisie, se defiaient de cette nation remuante, qui ne tenait guere
d'ou il put lui-meme se soustraire ensuite facilement a moins que les Juifs a sa religion et a ses coutumes,
la vengeance d'Abimelech. Voir Vigouroux, La Bible et Antiochus Epiphane mit a-la tete des troupes chargees
les decouvertes modernes, 6e edit., t. in, p. 156. ,de la maintenir dans 1'obeissance des officiers sans
2 Longtemps apres, les Samaritains, etrangers im- pitie, tels qu'Andronique, qui commandait la garnison
;plantes en Palestine et regardes par les juifs comme etablie sur la montagne. Le meme roi, voulant profaner
idolatres, ayant ete exclus par ceux-ci de toute coopera- le temple de Garizim comme celui de Jerusalem, le fit
tion au retablissement du temple de Jerusalem, reso- appeler temple de Jupiter 1'Hospitalier . II Mach., vi, 2.
lurentde se batir a eux-memes un sanctuaire, qui fut Josephe, Ant. jud., XII, v, 5, pretend que ce fut a la
le centre de leur culte et de leur nationality. Us choi- demande des Samaritains eux-memes que leur temple
sirent pour cela le mont Garizim. Suivant Josephe, Ant. fut dedie a Jupiter Hellenien. Le meme auteur, Ant.
jud., XI, vn, 2; vin, 1-4, ce monument aurait ete cons- jud., XIII, ix, 1, nous apprend qu'il fut detruit par Jean
truit sous le regne d'Alexandre le Grand. Jaddus, fils du Hyrcan, 1'an 132 avant Jesus-Christ, apres avoir dure
grand pretre Jean et son heritier dans le souverain deux cents ans. Cependant les termes dont il se sert L
Dontificat, avait un frere nomme Manasses, a qui Sana- II arriva que ce temple fut devaste (litteralement,
ballete, satrape de Samarie, avait donne sa fille en ma- devint desert), ne veulent pas dire qu'il fut renverse
riage, esperant par cette alliance se concilier toute la de fond en comble avec 1'enceinte sacree qui 1'entourait.
nation juive. Mais a Jerusalem, les membres du conseil Celle-ci put etre epargnee, du moins en partie; le sanc-
ne purent souffrir que le frere du grand pretre, devenu tuaire seul, comme ayant ete profane par le culte de
1'epoux d'une femme etrangere, participat au sacerdoce. Jupiter Hellenien, dut etre traite avec plus de rigueur.
Us finirent par lui enjoindre de divorcer ou de cesser L'an 36 de notre ere, sous le gouvernement de Ponce
ses fonctions. Jaddus lui-meme, cedant a 1'indignation Pilate, un imposteur attira, par de fallacieuses promesses,
generate, ecarta de 1'autel Manasses, qui alia trouver son une foule de Samaritains sur le Garizim. Mais le gouver-
beau-pere, en lui disant qu'il aimait mieux consentir a neur romain, craignant une sedition, fit occuper par ses
une separation douloureuse que de renoncer a ses droits troupes les abords de la montagne, et il y eut un grand
au sacerdoce. Sanaballete lui promit alors, s'il mainte- nombre de tues ou de prisonniers.
nait son union, non seulement de lui conserver sa di- 4 Suivant la Chronique des Samaritains, Adrien,.
gnite, mais encore de le faire parvenir au souverain ayant rase Jerusalem, passa a Naplouse, ou il ordonna
pontifical et, avec le consentement du roi Darius, de de tuer tous les Samaritains partout ou Ton en rencon-
.batir sur le Garizim un temple semblable a celui de trerait. Ensuite il batit sur le Garizim un village (qarlyeh)
Jerusalem. Manasses, ebloui par ces promesses, resta auquel il .donna le nom de son pere Cesar, et construisit
113 GARIZIM GATEAU 114
un temple an pied de la montagne, au-dessus de la ville. que le pain ordinaire. Les Egyptiens savaient faire
Ce temple etait consacre a Jupiter, comrne nous 1'ap- diyerses especes de gateaux. Wilkinson, Manners and
prennent Dion Cassius, xv, 12, le philosophe Marinus customs of the ancient Egyptians, Londres, 1878,
de Naplouse qui vivait au v* siecle, tous les deux cites t. n, p. 385-386. Les Israelites en fabriquerent aussi, et
par Photius dans sa Bibliotheque (codex 242) : 'Ev opei les ecrivains de PAncien Testament en font assez sou-
'Apyapt'Cw xaXou(iivw, dit Marinus, sur une montagne vent mention.
appelee Hargarizon (corruption de I'hebreu, .har Ge- I. DlFFERENTES ESPEGES. 1 La hdlldh, de hdlal,
rizzim, mont Garizim ), Jupiter Tres-Haut possede percer, gateau que 1'on perforait pour emp6cher les
un temple tres venere. Cf. Barges, Les Samaritains, gaz de le boursoufler. La hdlldh, aptoc, xoXXupf?,;
p. 101. C'est celui que nous voyons represente sur les panis, collyris, collyrida, servait surtout dans les sa-
medailles imperiales d'Antonin le Pieux (fig. 17). II est crifices. Lev., xxiv, 5, etc. On voit cependant que
rectangulaire, a deux frontons, orne d'un peristyle et David en oifrit une a chacun de ceux qui avaient assiste
environne d'une enceinte exterieure ou temenos. Un a la translation de 1'arche a Jerusalem. II Reg., vi, 19.
gigantesque escalier y conduit. Mais quel etait 1'empla- 2 Les lebibof, de Idbab, etre gras, xoXXuptSec,
cement de ce sanctuaire? Barges, p. 100,102, se fondant sorbitiunvulse, sont des gateaux succulents et delicats
sur une phrase de la Chronique samaritaine, le place au qu'une fille de David, Thamar, ne dedaignait pas de
pied du Garizim, sur un plateau qui domine Naplouse. petrir elle-mdme et qu'elle faisait cuire dans la poele.
D'apres V. Gueriri, Samarie, t. i, p. 435, il se trouvait II Reg., xin, 6-11. 3 Les niqqudim, de ndqad,
plutot sur le bord extreme du plateau superieur de la percer, xo^Xyp(8a, crustula, sont des gateaux per-
montagne, au milieu de 1'enceinte qui avait contenu le fores conime les hallof. La femme de Jeroboam en em-
sanctuaire samaritain bati par Sanaballete. L'escalier porta a Silo pour les offrir au prophete Ahias. Ill Reg.,
subsistait encore Fan 333 de notre ere; car le Pelerin de xrv, 3. 4 La 'ugdh (ma'og, I (III) Reg., xvn, 12;
Bordeaux dit que Ton montait au sommet du Garizim Ps. xxxv (xxxiv), 16), de 'ug, avoir la forme ronde,
(mons Agazaren) par trois cents marches. Ce chiQre, eyxpuopia;, panis subcinericius. G'est une espece de
ajoute 1'explorateur francais, est evidemment insumsant galette qu'on pouvait preparer rapidement, dans les cas
pour atteindre de Naplouse le sommet de Garizim, qui presses, et emporter avec soi en voyage. On la cuisai.t
domine cette ville d'environ 350 metres; mais rien ne sur des pierres chauffees au feu, III Reg., XIX, 6, ou
nous dit qu'il partait de Neapolis; il pouvait fort bien ne sous les cendres d'un combustible quelconque. Ezech.,
commencer qu'a 1'endroit ou 1'ascension de la montagne rv, 12. Dans le premier cas, il fallait la retourner afin
devenait plus raide; dans tous les cas, les mots ad qu'elle ne fut pas cuite d'un seul cote. Ephi'ann, se
summum moritem prouvent qu'il faut chercher, non au melant aux peuples pai'ens et adoptant leurs usages, est
pied, mais sur le plateau superieur de Garizim, le temple compare a une 'ugdh non retournee , Ose., vn, 8,
represente sur les medailles d'Antonin le Pieux, et qui, par consequent brulee d'un cote, non cuite de 1'autre,
d'ailleurs, etant dedie a Jupiter Tres-Haut, semble indi- et en somme bonne a rien. Ce genre de gateau est pre-
quer par ce nom meme, qu'il occupait une position pare a la hate par Abraham quand il recoit la visite des
culminante sur la montagne. Sous le regne de Zenon, trois anges. Gen., xvm, 6. A leur sortie d'Egypte, les
les Samaritains furent expulses de Garizim par ordre de Israelites en font des leur premiere etape, sans y mettre
cet empereur, a cause des acles de cruaute qu'ils avaient de levain, leur depart precipite ne leur ayant pas permis
commis centre les Chretiens, et une eglise en 1'honneur des'enmunir. Exod., xn,39. Surl'ordre d'Elie, la veuve
de sainte Marie fut construite sur la montagne et envi- de Sarepta fait une 'ugdh avec ce qui lui reste de farine
ronnee d'un simple mur de defense en pierres amonce- et d'huile. Ill Reg., xvn, 13. 5 Le selul, de $dlal,
lees. Devastee par les Samaritains sous le regne d'Anas- rouler, gateau en forme de boule, capable de rouler
tase, elle fut retablie plus tard par Justinien et entouree sur une pente. Quand Gedeon se rend secretement au
alors d'une enceinte plus difficile a forcer. Telle est 1'ori- camp des Madianites, il entend un soldat racontant un
gine des ruines que nous avons etudiees. reve qu'il vient d'avoir : il lui semblait voir un $elul qui
Voir Robinson, Biblical researches in Palestine, Lon- roulait sur le camp et renversait sa tente. II ajoute que
dres, 1856, t. n, p. 274-279; F. de Saulcy, Voyage en ce selul doit etre la figure de Gedeon qui s'apprete a les
terre sainte, Paris, 1865, t. u, p. 246-250; Voyage autour terrassef. Jud., vn, 13. Le sens du mot selul est deter-
de la mer Morte, Paris, 1853, t. n, p. 400-411; Stanley, mine par les versions : Septante : (iayt;; Symmaque :
Sinai and Palestine, Londres, 1866, p. 248-252; V. Gue- xoXXypa; Aquila : eyxpu9sa?; Josephe, Ant., jud., V, vi,
rin, Samarie, Paris, 1874, t. I, p. 424-444; Palestine 4 : (jui^a; Vulgate : pants subcinericius. 6 Le rdqiq,
Exploration Fund, Quarterly Statement, Londres, 1873, de rdqaq, etre leger, Xdyavov, gateau leger a 1'huile,
p. 66-71; Survey of Western Palestine, Memoirs, Lon- laganum. Ce gateau n'apparait que dans les sacrifices.
dres, 1881-1883, t. n, p. 187-193; W. M. Thomson, The Lev., n, 4, etc. 7 La $apihif, de $dfaf, etre large,
Land and the Book, in-12, Londres, 1890, p. 470-477; lyxp^e, gateau au miel, large et peu epais, auquel on
C. R. Conder, Tent Work in Palestine, Londres, 1889, compare la manne a raison de son gout. Exod., xvi, 31.
p. 29-35. A. LEGENDRE. La Vulgate traduit simplement par simila. 8 Le
lesad, lyxp\? 1% lXa:ou, panis oleatus, gateau a 1'huile
GARMI (hebreu : hag-Garml; Septante: rap(xO;nom auquel est aussi comparee la manne a cause de son
patronymique qu'il ne faut pas unir au mot precedent gout. Num., xi, 8. 9 Le kikkdr, de kdrar, etre
Ceila,lequelest un nom de ville, mais au nomdupereou rond, ap-roc, panis, I Reg., n, 36; Prov., vi, 26, etc.,
fondateur de cette cite, Naham. I Par.,rv, 19. Ce passage est moins un gateau qu'un pain proprement dit. Voir
est du reste tres obscur et a donne lieu a des interpreta- PAIN. 10 Le kawdn, nom d'une espece de gateau
tions contradictoires et toutes purement hypothetiques. qu'on offrait a Astarte, la reine du ciel . Jer., vii,
18; XLIV, 19. Gesenius, Thesaurus, p. 669, rattache ce
GASPHA (hebreu : Gispd'; omis dans 1'edition mot au radical chaldeen kavven, preparer. Saint Je-
sixtine des Septante; mais dans le Codex Alexandrinus, rome, In Jerem., n, 7, t. xxiv, col. 732, adopte cette
on lit: rctrpa), chef de Nathineens, habitant le quartier meme etymologic : placentas sive prxparationes. Les
d'Ophel apres le retour de la captivite. II Esdr., xi, 21. Septante traduisent par -/auwv, qui n'a pas de sens en
grec et reproduit phonetiquement le mot du texte
GATEAU, patisserie composee de farine et de hebreu, et la Vulgate par placenta. II semble plus pro-
quelque autre substance, huile, miel, etc., que Ton fait bable que kawdn est un mot d'origine etrangere, spe-
cuire au four et qui constitue un aliment plus delicat cialement usite dans le cuite de la deesse, et emprunte
145 GATEAU GAULON 116
par Je'remie pour parler d'une pratique idolatrique poele, etc. I Par., ix, 31. David en prepdsa plusieurs a
qu'avaient adoptee certains Israelites. Sur ces offrandes ce service. I Par., xxni, 29. 3 La halldh et le rdqiq
de pains et de gateaux aux idoles, yoir Bahr, Symbolik figurent ensemble dans differentes ceremonies litur-
des mosaischen Cullus, Heidelberg, 1837, t. i, p. 435- giques : les offrandes ordinaires, Lev., n, 4; la conse-
438. 11 La debeldh, gateau de forme arrondie, ap- cration des pretres, Exod., xxix, 2; la consecration
pele en grec itaXa6r), du syriaque debaltd', dont le d'Aaron et des grands-pretres, Exod., xxix, 23; Lev., vin,
T,d, initial est tombe, et dans la Vulgate: massa,palatha. 26; le sacrifice d'actions de graces, Lev., vu, 12, et
LaTOtXaOyjetait une masse de figues ou de raisins sees, celui du nazareat. Num., vi, 15,19. Les pains de propo-
formant par compression une sorte de gateau tantot sition, renouveles chaque sabbat, consistaient en douze
rond comme un pain, tantot carre comme une brique, hallof. Lev., xxiv, 5. C'etaient egalement des hallof
et qui pouvait se conserver assez longtemps. C'est encore qu'il etait commande de faire avec les premices de la
sous cette forme que nous arrivent les figues desse- pate. Num., xv, 20. Au meme genre se rapportent les
chees. Ce genre de gateau, dans lequel n'entrait aucune gateaux de fleur de farine petrie a 1'huile qu'on offrait
farine etait bien connu cbez les differents peuples de pour la consecration des levites. Num., vin, 8.
1'antiquite. Herodote, iv, 23; Lucien, Piscat., 41; Theo- 4 L'offrande de ces gateaux, composes de farine et
phraste, Hist, plant., IV, in, 1; S. Jerome, In d'huile, avait pour but de consacrer a Dieu les sub-
Ezech., n, 7, t. xxv, col. 62. La debeldh etait une con- stances qui servent a 1'alimentation de 1'homme, et de
serve que Ton emportait dans les expeditions et les rappeler a ce dernier le souverain domaine du Createur
voyages. David en avail dans son camp. I Reg., xxx, 12. sur la vie humaine comme sur tout ce qui sert a 1'en-
Abigail lui ayait apporte precedemment d'abondantes tretenir. Ces gateaux devaient tre azymes, parce que le
provisions, entre autres cent debelim de raisins sees et levain est comme un symbole de corruption par sa
deux cents debelim de figues. I Reg., xxv, 18. A Hebron, nature meme. Cf. Bahr, Symbolik des mosaischen
on le munit egalement de provisions et de gateaux de Cullus, t. n, p. 300-302, 316-320. H. LESETRE.
figues et de raisins. I Par., xn, 40. Quand Judith sortit
de Bethulie pour aller trouver Holopherne, elle prit avec GATHAM (hebreu : Ga'tdm; Septante, : ro6<5(A,
elle des provisions au nombre desquelles se trouvaient Gen., xxxvi, 11, FowOajJi.; Codex Alexandrinus, T<fia.\).,
des palath&. Judith, x, 6. On se servait aussi de la I Par., i, 36), quatrieme fils d'Eliphaz, fils d'Esau.
debeldh de figues en medecine. Isaie en fit appliquer Gen., xxxvi, 11; I Par., i, 36. II etait "alluf, chef
une sur le mal du roi Ezechias. IV Reg., xx, 7; Is., d'une tribu dans la terred'Edom. Gen., xxxvi, 16. Cette
xxxvni, 21. Saint Jerome, In Is., xi, 38, t. xxiv, col. 396, tribu n'a pu encore etre identifiee.
dit que, d'apres la science medicale, les figues des-
sechees et aplaties ont la propriete d'attirer toute GAUCHE (MAIN). Voir MAIN.
1'humeur a la surface. Voir FIGUE, t. n, col. 2241.
12 La 'dsisdh, gateau de raisins comprimes, que Ton GAULANITDDE. Voir GAULON.
mangeait pour reparer ses forces, Cant.,n, 5, particulie-
rement apres une marche fatigante. II Reg., vi, 19; GAULON (hebreu : Golan, Deut.,iv, 43; Jos., xx, 8;
I Par., xvi, 3. Dans le culte idolatrique, on faisait usage xxi, 27; I Par., vi, 56; le qeri porte Galon, Jos., xx,
de ces gateaux. Ose., in, 1. Quelques anciennes versions 8; xxi, 27, mais un grand nombre de manuscrils don-
ont fait venir 'dsisdh de ses, six, et lui ont prete le nent Golan [cf. B. Kennicott, Vet. Testam. cum variis
sens de setier , sixieme partie d'une mesure de vin. led., Oxford, 1776, t. I, p. 472, 473J; Septante : Codex
Mais la plupart des anciens interpretes ont pris ce Vaticanus, FauXwv, Deut., iv, 43; Jos., xx, 8; xxi, 27;
mot dans le sens de gateau , qui convient beaucoup FwAav, I Par., ~vi, 71; Codex Alexandrinus, Fw>>av,
mieux au contexte dans ces differents passages. Cant., Jos., xx, 8; xxi, 27; FauXtov, I Par., vi, 71; Vulgate :
n, 5, les Septante ont : v [lypot;, avec des parfums, Gaulon, Jos., xx, 8; xxi, 27; I Par., vi, 71; Golan,
probablement au lieu de iv afxopais, avec des gateaux Deut., iv, 43), ville de refuge situee en Basan, dans la
de miel; Vulgate : floribus; II Reg., vi, 19 : Xayavov tribu de Manasse oriental, Deut., iv, 43; Jos., xx, 8, et
arcb Tviyavou, gateau de la poele, simila frixa oleo; assignee aux Levites fils de Gerson. Jos., xxi, 27;
I Par., xvi, 3 : ijiopfn]?, frixa oleo simila; Ose., HI, 1 : I Par., vi, 71. Josephe 1'appelle Fau>,ava, Ant.jud., IV,
ns(X(/.ata [isTa (rta^t'Soc, vinacia uvarum. On peut vii, 4; FavXavv), Ant.jud., XIII, xv, 3; Bell, jud., I, iv,
traduire Kippa. par placenta pu crustula, qu'on offre 4, 8, et nous dit qu'elle fut prise par Alexandre Jannee.
aux idoles et que les Grecs appellent udratva (galettes Ant. jud., XIII, xv, 3. Le Talmud de Babylone, Mak-
de sacrifices). S. Jerome, In Ose., i, 3, t. xxv, koth, 9 b, cherchant a etablir la situation parallele des
col, 842. Rosenmiiller, Hoseas, Leipzig, 1812, p. 102, cites de refuge de chaque cote du Jourdain, place Go-
fait venir 'dsisdh de 'es, feu. Mais ce gateau de lan en face de Cedes de Nephthali. Cf. A. Neubauer, La
raisins ne devait point passer par le feu. L'etymologie geographic du Talmud, Paris, 1868, p. 55. Eusebe et
de Gesenius, Thesaurus, p. 166, qui le tire d'un radical saint Jerome, Onomastica sacra, Gfflttingue, 1870,
'dsa, comprimer (en assyrien, aSsusu, affermir ), p. 125, 242, mentionnent Gaulon, FauXwv, comme tin
semble preferable. tres gros village, xtojXY] [xeycaTY], de la Batanee. On trouve
II. LES GATEAUX OFFERTS DANS LE TEMPLE. 1 DeUX encore dans la region transjordane, a la hauteur du lac
sortes de gateaux seulement apparaissent dans les sacri- de Tiberiade, sur I'ouadi esch-Schefeil, une localite
fices, la halldh et le rdqiq. Les hallof sont des gateaux importantedu nom de Sahem ek-Djauldn,{^^*J\ ^st-x^.
gras et epais, composes de fleur de farine sans levain et On peut, a la suite de G. Schumacher, Across the Jor-r
d'huile, cuits dans une poele ou sur une plaque et en- dan, Londres,1886,p. 19, 91; TAeJattkm,Londres,1888,
suite arroses d'huile. Le rdqiq est une espece de galejte, p. 1, 1'identifier avec la ville dont nous parlons. Elle
ayant a peu pres la me'me composition, mais beaucoup est un peu en dehors des limites geographiques du Djo-
plus legere, et ressemblant a une crepe durcie au feu. lanactuel, qui represente 1'ancienne Gaulanitide; mais,
Ces gateaux etaient manges par les pretres, apres qu'un en realite, on la regarde toujours comme faisant partie
morceau en avait ete brule sur 1'autel. Cependant, ceux de ce district. Du reste, on ne sait guere jusqu'ou s'eten-
qu'offraient Aaron ,et ses fils devaient etre entierement dait a 1'est cette derniere province. En tout cas, Sahem
consumes. Lev., vi, 20-22. Cf. Reland, Antiquitates el-Djauldn appartient bien a 1'ancien pays de Basan et
sacrae, Utrecht, 1741, p. 195-196. 2 Un levite avait la peut representer par son nom 1'antique cite biblique.
charge de veiller dans le Temple a tout ce qui se rap- Voir la carte du pays de Basan, 1.1, col. 1488. C'est au-
portait aux gateaux sacres, preparation, cuisson a la jourd'hui un grand village, mieux bati que beaucoup
117
d'autres de la cortree. Les maisons, dont plusieurs sont trefois tres habite. On y rencontre, comme en Galaadet
abandonnees et en ruine, sont construites en pierre; en Moab, des dolmens remarquables, monuments pro-
tres peu ressemblent a ces huttes en terre que Ton voit bables des antiques populations amorrheennes. Voir
assez frequemment dans ces parages. Les rues sont lar- MANASSE ORIENTAL, tribu et carte. Pour les details, cf.
ges et generalement droites. Certains restes d'edifices G. Schumacher, Der Dscholan, dans la Zeitschrift des
montrent, par leur ornementation et leur caractere, qu'il Deutschen Palastina-Vereins, Leipzig, t. ix, 1886,
y avait la une petite ville chretienne, que la population p. 167-368, avec cartes, plans et gravures; traduction
actuelle, avec pres de 300 ames, ne remplit pas a moitie. anglaise, The Jauldn, in-8, Londres, 1888; Across the
Bien que le climat soit sain, le sol riche, 1'eau abon- Jordan, in-8<>, Londres, 1886, p. 1-102.
dante, cette population va neanmoins en diminuant. Des A. LEGENDRE.
jardins et des vergers bordent le ruisseau qui coule a GAVER (MONTEE DE) (hebreu : ma'aleh-Gur;
1'ouest du village, mais ils sont en mauvais etat. D'apres Septante : Iv TW avaSatvetv Faf; Vulgate : ascensus Ga-
une tradition conservee par les habitants, confirmee par ver), lieu ou fut mortellement frappe Ochozias, roi de
les mines assez etendues, par la grandeur et par le plan Juda, fuyant devant Jehu, apres la mort de Joram.
general de Sahem el-Djaulan, cette localite aurait ete, IV Reg., ix, 27. L'Ecriture, qui ne le mentionne qu'une
dans les temps anciens, la capitale du Djolan et le seule fois, le place pres de Jeblaam . Les Septante le
siege du gouvernement. Les principaux vestiges de 1'an- confondent m6me avec cette derniere ville, Tat, ^ eartv
tiquite se trouvent dans le quartier nord. II y a la un 'Ie6Xaa;x; mais les autres versions anciennes ont exacte-
grand edifice construit en pierres de basalte soigneuse- ment traduit 1'hebreu comme la Vulgate. Jeblaam
ment taillees, et qui a toute 1'apparence d'une eglise des (hebreu: Yble'dm), ou Baalam (hebreu: .Biraw.),laBelma
croises. Assez bien conserve, il forme, avec trois autres, de Judith, vii, 3, est generalement identified aujourd'hui
tin carre qui entoure la cour du scheikh. On yremarque avec Khirbet Bel'ameh, a deux kilometres au sud de
plusieurs ornements en bas-relief. Cf. G. Schumacher, Pjenin. C'est done une colline des environs qui doit re-
Across the Jordan, p. 91-99. presenter la montee dont nous parlons. Djenin, du
Gaulon ou Golan a donne son nom a un district de reste, 1'ancienne 'En-Gannim, ou source des jardins ,
la region transjordane, appele rau).avltic, la Gaulani- est probablement la Bet hag-gdn, maison du jardin
tide, par Josephe, Ant. jud., IV, v, 3; VIII, n, 3; XIII, (Vulgate : domus horti), dans la direction de laquelle
xv, 4; Bell, jud., II, xx, 6; III, in, 1, 5; x, 10; IV, i, 1. s'enfuit Ochozias en quittant Jezrael (Zer'in). Voir EN-
C'etait, a 1'epoque romaine, une des quatre divisions de GANNIM 2, t. n, col. 1802, et JEBLAAM.
1'ancien royaume de Basan; les autres parties etaient : A. LEGENDRE.
la Batanee, la Trachonitide, 1'Aufanitide. Bornee au sud
par le Scheriat el-Menddireh ou Yarmouk, elle s'ap- GAZA (hebreu rw 'Azzdh, la forte; Septante :
puyait a 1'ouest sur le lac de Tiberiade et le Jourdain, Ta?a; en egyptien : Gazatu; en assyrien : Hazzatu;
s'etendait vers le nord jusqu'au pied de 1'Hermon, et
confmait a 1'est a la grande plaine du Hauran. Elle ren-
trait ainsi dans le royaume amorrheen d'Og, que Josephe,
Ant. jud., IV, v, 3, appelle roi de Galadene et de Gaula-
nitide. Elle avait comme villes principales et fortifiees :
Seleucie, Sogane et Gamala. Sell, jud., II, xx, 6. Elle
se divisait en deux parties : la Gaulanitide superieure,
avec Sogane comme capitale, et la Gaulanitide infe-
rieure, avec Gamala. Bell, jud., IV, i, 1. Parmi les 18. Drachme d'un dynaste de Gaza.
autres cites renfermees dans ses limites on trouve : Double tete janiforme, diad^m^e. S|. "MO (Gaza). Chouette
Hippos (aujourd'hui Susiyeh), 1'ancienne Aphec (Fik), entre deiix 6pis.
Alimes (Kefr el Md), Casbon (Khisfln). Apres la mort
d'Herode le Grand, elle appartint a la tetrarchie de Phi- en arabe : Ghazzeh (&J&), Ghazzat-Hachem), ville des
lippe. Ant. jud., XVIII, iv, 6. Philistins. Cette cite, 1'une des plus anciennes du monde
Le nom de cette region survit dans le Djoldn actuel, encore existantes, est nommee la premiere fois Gen., x,
^j"^*., dont la limite vers 1'est s'etend jusqu'au Nahr 19. Elle se trouve dans Tangle sud-ouest de la Palestine,
el 'Allan. C'est un plateau qui monte progressivement non loin de la frontiere egyptienne, a quatre kilometres
vers le nord, avec une hauteur moyenne de sept a huit environ de la Mediterranee, sur un plateau en grande
cents metres au-dessus de la Mediterranee. De formation partie artificiel (^wfta), eleve d'une vingtaine de metres
basaltique, avec une couche de lave recouvrant le cal- au milieu d'une vallee large d'une heure de 1'ouest a
caire, il est arrose par de belles sources et de nom- 1'est et longue de deux heures du nord au sud. Cetle
breux ruisseaux, et cultive aux alentours des villages. vallee est remplie de jardins de toute sorte dans toutes
Entre le Nahr er-Ruqqdd, qui 1'enferme a 1'est comme les directions; elle est entouree vers 1'ouest des dunes
un fosse naturel descendant du nord au sud, et la de- de la mer et vers le nord et 1'est de collines peu elevees.
pression du Jourdain, a 1'ouest, il est coupe par des La plus remarquable de ces collines, situee au sud-est de
torrents qui viennent se perdre dans le lac Houleh ou la ville, est appelee maintenant Djebel El-Mountar, au-
se dirigent vers le lac de Tiberiade, principalement a sa trefois probablement Aldioma Angaris.
pointe nord-est. Au nord, une curieuse chaine / volca- I. HISTOIRE. 1 Origine. Tout ce que disent les an-
nique, parallele au Jourdain, aligne une serie de monts ciens auteurs sur la fondation de Gaza ne sont que
isoles, d'un aspect singulier; ce sont des crateres de fables invente'es apres coup; on ne sait ni quand ni
volcans eteints, les tells El-Ahmar (i 238 m.), Abu en- par qui cette ville a ete fondee. Cependant il est tres
Neda (1257 m.), Abu Yusef (1029 m.), Elr-Faras probable qu'elle existait deja au temps d'Abraham, peut-
(948 m.). Le sol, couvert de monceaux de rocs basal- etre depuis des siecles. Les premiers habitants de Gaza,
tiques, ressemblant a des sites ruines, ne possede pas que nous connaissons, etaient les Heveens, Deut., n, 23;
cet humus fin et rouge qui fait la richesse du Hauran. a ceux-ci se reunirent d'autres Chananeens, Gen., x, 19,
II n'en forme pas mains, surtout dans la partie septen- venant du nord, les Philistins, Deut., n, 23, venant du
trionale, d'excellents paturages, ou 1'herbe pousse tres sud (Etienne de Byzance, De Urbibus, in-4, Leipzig,
bien au printemps, et ou les Arabes Anazeh nourrissent 1825, aux mots Faa et Mtvwa, p. 128,300, dit que la ville
de nombreux troupeaux. Les ruines, les inscriptions, les de Gaza etait une colonie cretoise, cf. Soph., n, 5) et
restes de voies romaines prouvent que ce pays fut au- les Rephaifm ou Enacim expulses de la montagne par
119 120
Josue. Jos., xi, 22. La Gaza philistine <5tait la me'tropole 4 Gaza & I'epoque de$ figyptiens, des Assyriens,des
principals des Philistins, entouree de villes et de vil- Perses et des Grecs. Etant situee sur .la seule route
lages, sous la domination d'un prince appele aussi roi. qui conduit de 1'Asie en Egypte, Gaza etait exposee a 1'in-
Gaza appartenait a la Terre Promise, Gen., xv,18, et fut vasion des armees des conquerants, qui se disputaient le,
attribute par Josue a la tribu de Juda. Jos., xv, 47. Ce- pouvoir en Orient et ne pouvait pas en consequence
pendant Josue ne put conquerir cette ville. car elle etait toujours garder son independance. Tantot elle dut se
entouree d'une haute muraille. Am., I, 7. La tribu de soumettre aux Egyptiens, tan tot aux Assyriens et Chal-
Juda, Jud., i, 18, et plus tard Salomon, III Reg., iv, 24, deens, et a la fin aux Perses. Gaza dut souffrir de ces
et Ezechias, IV Reg., xvm, 8, reussirent a la soumettre expeditions contumelies dans les temps historiques et
passagerement. prehistoriques; car les habitants n'etaient pas disposes
2 Propheties contre Gaza. La haine des habitants a se soumettre a des etrangers. Les anciens auteurs van-
de Gaza contre les Juifs etait grande et ils faisaient tent leur courage et la fidelite de ses habitants. Cepen-
commerce d'esclaves juifs, Am., I, 6, c'est ce qui leur dant ils etaient toujours inclines vers TEgypte. Une des
attira les maledictions des prophetes d'Israel disant : leltres trouvees a Tell-el-Amarna et ecrite par Yatibiri a
Je ne pardonnerai pas a Gaza; je jetterai le feu sur Amenhotep III, nous apprend que cette ville &ait alors
les muraillesde Gaza et il mangera ses palais. Am., i, sous la domination des pharaons. Proceedings of the
6-7. Gaza souffrira et le roi de Gaza souffrira. Zach., Society of Biblical Archaeology, t. xv, 1893, p. 504. Le
ix, 5. Gaza sera *azubdh, lpir(xo?, deserta, desolee. pharaon mentionne HI Reg., ix, 16, et le pharaon Sesac,
Soph., ii, 4. Jeremie menace cette ville de la colere du III Reg., xiv, 25, passerent par Gaza. Theglathphalasar III,
Seigneur, xxv, 20, et lui predit que la calvitie (deuil, roi deNinive,la prit et la rendit tributaire (734). eF. Vi-
desolation) viendra sur elle . Jer., XLVII, 5. L'histoire gouroux, La Bible et les decouvertes modemes, 6 edit.,
de Gaza prouve que ces maledictions ne sont pas restees t, in, p. 522. Elle s'allia avec 1'Egj'pte contre les Assy-
sans effet. riens, mais Sargon la remit sous le joug et en fit le roi
3 Samson a Gaza. Jud., xvi, 1-3, 21-31. La Hannon prisonnier. Ibid., p. 570, 587, 588. Cf. Is., xx,l.
tradition a 1'egard de Samson est attachee a la ville Elle resta soumise a Sennacherib, ibid., t. nr, p. 31,33;
actuelle; les indigenes le connaissent sous le nom a son fits Assaraddon, ibid., p. 71, et a son petit-fils
d'Abou'lasni, 1'energique. II n'y a plus de traces du Assurbanipal, ibid., p. 87. Nechao II, roi d'Egypte,
temple de Dagon, qui se trouvait probablement dans le reprit Gaza de vive force. Jer., XLVII, 1. Sur le territoire
voisinage du tombeau fictif erige a ce heros par les mu- de Gaza, les Scythes furent arretes par Psammetique.
sulmans au sud-est de la ville, a cote de la porte, dont Herodote, I, 105.' Apres la bataille de Carchamis (606),
Samson emporta les battants au Djebel El-Mountar, Gaza fut obligee d'accepter la domination du roi deB aby-
comme on le croit generalement avec raison. Le moulin lone. Lorsque Cambyse, roi de Perse, s'avanca contre
a bras de Samson est encore en usage dans le pays I'Egypte, Gaza seule osa lui resister et subit un siege,
malgre deux ou trois moulins a vapeur. dont le resultat nous est inconnu (529). Polybe, xvi. Elle
121 GAZA 122
.fut, en tout cas, soumise aux Parses. Kadytis, dont parle sur la mer, surtout pendant la peri ode hellenique. Le
llerodote, n, 159, etait une grande ville sur la seule port appele d'abord Mayouma devint avec le temps une
route qui conduit de la Mesopotamie en Egypte dans .ville proprement dite entouree d'une enceinte, dont on
le pays des S-jpot IlaXatcrrivo! en face des emporia peut encore, suivre les traces en partie. Cependant cette
.arabes, entouree d'un territoire qui touchait a la mer; ville maritime faisait toujours partie de Gaza, dont elle
Herodote 1'a vue lui meme et la compare avec Sardes. forma le quartier maritime, jusqu'aux temps de Cons-
. Stark, Gaza, p. 218, croit, avec plusieurs auteurs, que tantin. Gaza devint done comme Ascalon, Azot et
Kadylis est Gaza, tandis que d'autres 1'identifient avec Janinia, une ville double, 1'une sur le rivage de la mer,
.Jerusalem appelee aujourd'hui el-Qods. On ppurrait 1'autre dans 1'interieur des terres. Pour distinguer ces
penser aussi a Cades. II va sans dire, que 1'opinion de deux villes on se servait de diverses expressions, par
Stark est beaiicoup plus probable que celle des autres. exemple : YJ naXatya^a, Y| via Faa, -f) irapaXio?, r)
Le nomne presente pasde difflcultes, si on le rapproche (xeaoYeto;, Y| epY](xo<;. La distance etait de vingt stades.
de la prononciation egyptienne Gazatu. Gaza se trou- Deplacement de Gaza. On a pretendu que Gaza a
vait en tout cas sur la route prise par Herodote. Gaza t'te deplacee par la suite des temps; c'est 1'opinion de
avait comme Sardes une acropole entouree de faubourgs. Stark, Gaza, p. 509. Saint Jerome avait dit expresse-
Vers Tautomne 332, Alexandre le Grand arriva avec ment (Eusebe, Onomasticon, edit. Larsow, 1862, p. 137):
son armee a Gaza. Les habitants lui fermerent les On retrouve a peine des vestiges des fondements
portes et il fut oblige de faire un siege en regie qui dura de la cite antique; celle que 1'on voit maintenant a et6
deux mois. II n'est pas possible que toute la ville fut batie en un autre lieu que 1'ancienne. On a voulu
alors entouree d'une digue. Un amas de terre au sud- aussi conclure d'un passage d'un geographe anonyme,
ouest de la ville appele aujourd'hui bab el-darun, ou se que cette pretendue nouvelle Gaza se trouvait au sud de
fait le carnaval grec, peut etre un reste de cette digue. 1'ancienne, a une demi-heure a peu pres; la distance de
C'est du cote ou la ville a &te prise, que Ton a bati la ville maritime ainsi que du port restait toujours la
plus tard une eglise nominee Irene. Ce siege fut le troi- meme. Voici le passage en question : Meta TOC Pivoxo-
sieme que soutint Gaza. La ville fut devastee a cette poupa Y) VEOC Faa xettat TrdXt; oO<7a xa\ CCUTY) etS' Y) epY)(JLo;
occasion, mais pas detruite; elle fut bientot retablie au Faa EiTa YJ 'AaxaXwv TroXi?. L'ancienne Gaza se trouvait
meme lieu avec la permission d'Alexandre. On a voulu done a Gebalia et son port etait Anthedon. Si Ton
pretendre que la nouvelle ville s'elevait a cot de 1'an- demande quand a eu lieu ce deplacement, les uns repon-
cienne, qui serait restee deserte (sprj(j.o?) au dire de dent : apres la destruction de la ville par Alexandre
Strabon, xvi, p. 370. Mais cette opinion est en contra- (332), d'autres apres sa destruction par les Syriens
diction avec les donnees de Diodore, xvn, 49, d'Arrien, (198) et d'autres, apres sa destruction par Alexandre Jan-
u, 23, et d'autres. Done Gaza continua a exister sur le nee. II suffit de voir la ville actuelle, pour connaitre
meme emplacement, mais elle cessa d'etre une ville qu'elle n'a pu jamais etre deplacee.
philistine pour devenir une ville hellenique. D'abord le passage cite plus haut ne prouve rien pour
Le territoire de Gaza devint alors un champ de bataille ce deplacement pretendu, parce que Y| via Faa n'est
pour les armees des rois egyptiens, syriens et juifs, jus- pas cette pretendue nouvelle Gaza au sud de 1'ancienne,
qu'a la conquete de la Palestine par les Remains. Occu- mais Son port, Mayoumas. Apres avoir nomme Rhinoco-
pee d'abord en 320 par Ptolemee (Appien, Syr., 52), lure, 1'auteur nomme la nouvelle Gaza, qui se trouvait
Gaza fut prise en 315 de vive force par Antigone, Dio- aussi pres de la mer; ne pouvant pas passer 1'ancienne
dore, xix, 59, qui y laissa Demetrius. Appien, xix,69. Gaza sous silence, il la place entre la nouvelle et Asca-
Gelui-ci fut battu en 312 a Gaza (non a Gamala, Jus- lon. Ce passage prouve, en outre, que 1'ancienne Gaza
tin, xv, 1), par Ptolemee (Diodore, xix, 90), qui abaltit etait alors une ville florissante; car il remarque comme
les fortifications de la ville. Diodore, xix, 93. Occupee en une chose singuliere, que la nouvelle Gaza etait aussi
306 par Antigone (Diodore, xx, 73), elle tomba de nou- une ville, done 1'ancienne devait 1'etre aussi; du reste
veau en 302 entre les mains de Ptolemee et resta sous il parle de villes florissantes, non ruin^es. Done le mot
la domination egyptienne pendant un siecle. L'armee epr,5JLoc ne signifie ici ni deserte, ni abandonnee, ni de-
syrienne se rassembla en 218 et en 217 a Gaza pour la solee, mais tout simplement terrestre , en arabe barri,
bataille de Raphia a la suite de laquelle la ville fut par opposition a maritime . Le passage de saint Je-
occupee de nouveau par les Egyptiens. Le texte de Po- rome doit etre explique par un malentendu; il parle
lybe, v, 80, est alter6; il n'existe pas de Gaza en probablement d'un faubourg ruine de Gaza, car 1'Acro-
Egypte entre Peluse et Rhinocolure. L'annee 198, Gaza . pole etait alors encore entouree d'une enceinte.
fut prise par force et devastee par les Syriens et resta Nous avons encore d'autres raisons contre ce depla-
sous leur domination pendant un siecle. La ville se re- cement pretendu. Point de traces d'une ville importante
leva bientot de nouveau sur le meme emplacement. dans le voisinage de Gebalia. Chaque village ruine a
Antiochus IV Epiphane passa par Gaza se rendant en laisse des traces; peut-on supposer que 1'ancienne Gaza
Egypte en 170 et 168; une armee egyptienne traversa ait disparu, sans en laisser ? Si 1'ancienne Gaza etait a
Gaza en 152 et en 147. Josephe, Ant. jud., XIII, v, 5. L'an Gebalia, elle devait avoir Anthedon pour port; mais le
145, Jonathas Machabee arriva avec son armee devant port de Gaza etait toujours Mayoumas. La ville actuelle
Gaza, qui lui ferma ses portes ; Jonathan incendia se trouve sur un plateau artificiel de 6 a 10 metres de
les faubourgs et les habitants demanderent la paix; ils decombres. Deux mille ans ne suffisent pas pour for-
donnerent des otages, qui furent envoyes a Jerusalem. mer un semblable plateau artificiel; il en faut bien
I Mach., xi, 61. (Dans I Mach., xin, 43, il faut lire Gazara quatre ou cinq mille pour cela. La tradition de Samson
au lieu de Gaza.) En 104, Gaza fut occupee par Lathu- est attachee a la ville actuelle. La tradition d'Alexandre
rus. Josephe, Ant. jud., XIII, xm, 3. Alexandre Jannee le Grand etait au iv siecle Chretien attachee a la
assiegea Gaza pendant une annee (98) et prit la ville par ville actuelle. Les indigenes ne savent absolument rien
trahison. Les habitants furent massacres et la ville de- de ce deplacement pretendu de leur ville, au contraire,
vastee. C'est ainsi que les Juifs eux-memes ont execute ils sont pleinement convaincus que Gaza n'a jamais ete
les menaces des Prophetes contre Gaza. La ville de- deplacee.
truite fut rebatie de nouveau sur le meme lieu par Le passage des Actes, vm, 26 : hxc est deserta, ne
Pompee, Josephe, Ant. jud., XIV, iv, 4, et par Gabinius. souffre pas la moindre difficulte; deserta, se rapportant
Appien, Syr., 51 (cf. 54). a Gaza, ne dit pas que la ville etait ruinee, mais seule-
II. LA NODVELLE GAZA. Une ville commerciale im- ment qu'elle se trouvait sur la terre ou dans le desert,
portante comme Gaza ne pouvait pas rester sans port non sur la mer. Si 1'on demande pourquoi Gaza etant
123 GAZA GAZABAR 124
une ville florissante a && appetee fpvitio;, deserta, on de Mahomet. Gaza est aussi la patrie de 1'amam el-Cha-
pourra repondre, parce qu'elle fat devastee a plusieurs fai, le fondateur d'une des quatre sectes orthodoxes dc
reprises ou parce qu'elle se trouvait isolee dans 1'inte- 1'Islam. Le bazar est double, Tun en haul, 1'autre en has.
rieur du pays. Gaza a un kai'makam avec tous les tribunaux ordinaires
Malgre tant d'incursions hostiles et de devastations et services de poste et telegraphe international. Le dis-
plusieurs fois repe'tees, Gaza ne disparaissait pas; au trict de Gaza comprend tout le pays des Philistins avec
contraire, la ville devenait toujours plus florissante, 60 villages habites par 50000 fellahs, et la partie me-
grace aux richesses, fruit d'un commerce considerable el ridionale de la Palestine habiteepar 50000 bedouins. La
de la fertilite du pays, surtout pendant la domination population de Gaza est paisible, moins fanatique qu'ail-
romaine, qui donna a Gaza beaucoup de libertes. Gaza leurs. La fertilite du pays n'a pas change. On peut
avait alors ses propres monnaies (fig. 18), sa propre encore dire avec Medjir ed-din : Heureux qui habite a
ere, qui commence en 1'an 62 avant J.-C. Elle avait Gaza! C'est une des meilleures villes de la Palestine avec
les litres de igpa, aaiAoc yTe5vo[i.oc nurrij, euasftfjc, beaucoup d'arbresetde palmiers, de legumes et toutes
>an.rcpa, (tsYaXTj. Les auteurs grecs la nomment une sortes de fruits, avec un climat excellent, un air pur et
grande ville, la plus grande ville de la Syrie. Plu- une trentaine de puits d'eau douce, abondants. Gaza se
tarque, Alex., 25. Gaza exportait du ble, du vin, de maintient par ses propres ressources, surtout par le
1'huile, etc. Les auteurs latins vantent Gaza comme commerce d'orge et de ble, dont 1'exportation a Gaza
civitas insignis, populo frequens et clara, splendida, meme donne aux habitants, si la recolte est bonne, un
deliciosa, eminens, in negotio ebulliens et abundans revenu d'un a deux millions de francs par an. L'orge est
omnibus.
III. GAZA. DANS LE NOUVEA.U TESTAMENT, 1 Le re-
pot de la sainte famille. II n'est pas probable
que la sainte famille ait passe par Gaza en allaht en
gypte, parce que cette ville etait alors sous la domi-
nation du roi Herode; au contraire, elle a du passer par
Gaza au retour, d'apres la tradition des indigenes, qui
indique le lieu du repos dans un jardin au sud-est de la
ville (non dans 1'eglise grecque). Du reste on n'y voit
aucun monument.
2 Le christianisme a Gaza. Les habitants de Ga-
za n'etaient pas disposes a se faire Chretiens, car cette
ville etait un centre du paganisme hellenique et son
temple principal, appele Marneion, rjvalisait avecle Se-
rapeion d'Alexandrie. Au contraire les habitants de
Mayoumasne faisaient pas autant de difficulte a embras-
ser la religion chretienne, c'est pourquoi Constantin
donna ordre de separer Mayoumas de Gaza. Mayoumas
devint done une ville independante sous le nom de
Constantia jusqu'a 1'avenement de Julien 1'Apostat, qui
la reunit de nouveau a Gaza. Enfm vers la fin du
rve siecle le paganisme fut extirpe aussi a Gaza par
les miracles de saint Hilarion, 1'energie de saint Por-
phyre et la force militaire. Le territoire de Gaza avait
alors trois eveques, un a Gaza, un a Mayoumas et un a
Anthedon. Gaza et Anthedon ont encore des titulaires. 20. Plan de Gaza. D'apres G. Gatt.
L'ecole chretienne de Gaza a ete illustree pendant les
ve et vi* siecles par Zozime, Procope, Chorikios, Isidore, fournie par les Bedouins, le ble par les fellahs. Les restes
Enee, Timqthee et Jean. Voir K. Seitz, Die Schule von de la ville ancienne sont ensevelis sous les decombres;
Gaza, in-8, Heidelberg, 1892. II y avait alors a Gaza au partout ou 1'on creuse, on en trouve des debris. Au-dessus
moins cinq eglises, dpnt une, YEudoxiana, remplaca le du sol, on ne voit que morceaux de marbre disperses
Marneion, probablement la grande mosquee actuelle. Les ca et la en grande quantite. Comme les materiaux de
fetes se faisaient avec grande solennite. La ville etait construction sont tres rares, on demolit les maisons de-
remplie de palais, lorsqu'elle. tomba au pouvoir des labrees pour en batir de nouvelles. L'enceinte de la ville
Arabes apres la bataille de Tadoun pres de Gaza (635). a disparu completement; cependant on peut en suivre
IV. ETAT ACTUEL. Qupique Gaza ne soit plus que la direction et les portes. La ville sur la mer a comple-
I'ombre de son ancienne splendeur, elle est encore tement disparu, le port ou plutot la rade est frequente
neanmoins une des plus grandes villes de la Palestine, par des bateaux a vapeur et voiliers pendant 1'ete, pour
avec 30000 habitants a peu pres, dont 800 Grecs, charger les cereales. La mission anglicane a ete fondee
120 juifs, 70 catholiques, 50 protestants et le reste mu- en 1876, la mission catholique en 1879. La frontiere
sulman. Gaza est une ville orientale et musulmane sous egyptienne se trouve a Rapha, a 8 heures au sud de Ga-
tous les rapports. Vue du dehors (fig.19), la ville, entou- za. On jouit dans cette ville d'un climat tempere : on
ree de jardins, parsemee de palmiers,est charmante; 1'in- n'y souffre pas du froid pendant 1'hiver ni de la chaleur
terieur est rebutant avec ses rues etroites et sales, et ses pendant 1'ete. Voir Starck, Gaza, in-8, lena, 1852;
maisons basses et sans fenetres par dehors, dont une V. Guerin, La Judee, t. n, p. 196; A. von Herman, Ga-
grande partie est en briques cuitesau soleil. La ville est za, Brixen, 1876, Ch. Clermont-Ganneau, Archaeological
composee de deux parties (fig. 20), une superieure sur le Researches in Palestine, t. n, Londres, 1896, p. 379-427.
plateau et une inferieure dans la plaine au sud-est, ap- G. GATT.
pelee Sadjaiye; chacune est divisee en plusieurs quar- GAZABAR (hebreu : hag-gizbdr avec 1'article), mot
tiers. Le quartier chretien se trouve dans la ville haute. faussement pris pour un nom propre par la Vulgate, qui
L'eglise, qui contient le tombeau de saint Porphyre, est en fait le pere d'un Mithridate. Ce nom d'origine per-
ancienne. La grande mosquee, dans le centre de la ville sane signifie tresorier : Mithridate le tresorier. Les
haute, est remarquable; celle deHachem, au nord de la Septante comme Josephe, Ant. jud., XI, i, 3, ont bien
ville, contient le tombeau de ce personnage, grand-pere rendu ce mot par Y*?o?yXaS, tresorier.
125 GA2AM GAZER 126
GAZAM (hebreu : Gazzdm; Septante : Fo^ei/.), chef Sa couleur s'harmonise si parfaitement avec celle du
d'une famille de Nathineens qui revinrent de la cap- desert qu'il est malaise de la distinguer a quelque dis-
tiyite avec Zorobabel. I Esdr., n, 48. Dans la liste paral- tance. La chair de la gazelle est tres estimee, bien que
lele, II Esdr., vn, 51, la Vulgate le nomme Gezem. moins succulente que celle de la chevre sauvage. Dans
les grandes chasses, on se sert du levrier pour atteindre
GAZARA (Fa&xpa, Ta^/ipa, tantot au singulier, tantot la gazelle; on y joint aussi le faucon. Les Arabes se
au pluriel, en grec comme en latin), place importante contentent de se mettre en embuscade pour attendre le
de la Palestine, plusieurs fois mentionnee dans 1'histoire passage de 1'animal dans les defiles ou sur les sentiers
des Machabees. I Mach., vn, 45; ix, 52, etc. Elle est qui menent aux mares. Dans le Hauran, on attire les
identique a Gazer, 1'ancienne cite royale chananeenne. gazelles, au moyen d'appats, dans des enceintes fermees
Jos., x, 33, etc. Voir GAZER 1, col. 126. ou on les prend dans des pieges. Tristram, The natural
history of the Bible, Londres, 1889, p. 127-131; Wood,
GAZEEN (hebreu : hd-'azzdfi; Septante : Ta?aTo;, Bible animals, Londres, 1884, p. 133-140; Socin-Ben-
Jos., xm, 3; ol airb Ta^?, I Mach., xi, 62; Vulgate : zinger, Palastina und Syrien, Leipzig, 1891, p. LXI. La
Gazsei, Jos., xm, 3; Gazenses, I Mach., xi, 62), habi- gazelle etait bien connue et fort estimee sur les bords
tant de Gaza. Voir GAZA. du Nil. L'un des nomes de la Moyenne-Egypte portait
son nom. Au milieu des tombes royales de Deir el-Bahari,
GAZELLE (hebreu : ?ebi, feminin : sebiydh; Sep- on a trouve la momie d'une gazelle favorite d'lsimkho-
tante : 8opxas, SopxaStov; Vulgate : caprea), quadrupede biou. Cf. Maspero, Histoire ancienne des peuples de
ruminant, appartenant au genre antilope, voir t. i, I'Orient classique, Paris, t. 11,1897, p. 523. Le gracieux
col. 669, caracterise par ses comes annelees et recour- animal charmait done les figyptiens aussi bien que les
bees en forme de lyre, son ceil noir, vif et doux, ses Hebreux. 2 La Sainte Ecriture parle plusieurs fois
membres tres fins, sa queue courte terminee par une de la gazelle. G'est le type de 1'agilite. On lui compare
touffe noire, son pelage fauve sur le dos et blanc sous le les guerriers rapides a la course, II Reg., n, 18;
ventre, avec une bande plus foncee separant les deux I Par., xii, 8, et sa vitesse estl'image de 1'empressement
teintes. La gazelle (fig. 21) a la taille un peu plus petite avec lequel il faut fuir le mal. Eccli., xxvn, 22. Car la
que le chamois. Elle est remarquable par sa douceur, gazelle est en eveil a la moindre alerte, Is., xm, 14, et
elle salt meme s'echapper de la main du chasseur qui
croit la tenir. Prov., vi, 5. Elle est aussi le type de la
beaute. Le bien-aime et 1'epouse duCantique, n,9; iv,5,
sont represented avec les qualites de la gazelle, et c'est
par les gazelles et les biches, c'est-a-dire par la portion
la plus aimable et la plus seduisante de son troupeau,
que 1'epouse fait ses adjurations. Cant., n, 7; HI, 5.
Enfin la chair de la gazelle sert d'aliment, et c'est'me'me
une nourriture qui peut servir a designer ce qu'il y a de
meilleur. Deut., xn, 15, 22; xiv, 5; xv, 22. Elle figurait
avec honneur sur les tables de Salomon. Ill Reg., iv, 23.
3 Le nom de la gazelle a ete donne a des personnes,
Sebia, ?ibydy, 1 Par., vin, 9; Sebia, $ibydh, IV Reg., xn, 1;
II Par., xxiv, 1, et a une ville, Seboim, ?ebo'im,
Gen., x, 19; xiv, 2; Deut., xxix, 23; Os., xi, 8. Sous sa
forme arameenne, tabyd', il devient celui d'une femme
de Joppe, Tabitd', Tabitha, ressuscitee par saint Pierre,
Act., ix, 36. H. LESETRE.
GAZER (hebreu : Gezer; Septante : Fa?ep, Jos., x,
33, etc.; 'laCiv ou 'IaY!p) I Mach., v, 8)r nom de deux
villes, situees 1'une a 1'ouest, 1'autre a 1'est du Jourdain.
Sch
monarque Israelite. Ill Reg., ix, 16. Celui-ci la rebatit. 21. La Gazara de II Mach., x, 32, place forte ou cha-
Ill Reg., ix, 15,17. Cf. F. Vigouroux, La Bible et les de- teau fort (en grec : Pa^apa Xeyotxevov oxypwjxa, e3 (j.aXa
couvertes modernes, 6e edit., Paris, 1896,t. in,p.266-270. tppoijpiov), ou Timothee se refugia, et ou il fut assiege,
A 1'epoque des Machabees, Gazer figure souvent dans par Judas, puis vaincu et mis a mort, prete matiere a
les luttes soutenues par les Juifs centre les Seleucides, difficultes. Parmi les commentateurs, les uns 1'assimilent
et elle devient un des principaux boulevards des princes Jazer de Num., xxxn, 35, situee dans la tribu de Gad,
asmoneens. Judas Machabee, ayant dcfait les troupes de a 1'est du Jourdain; les autres y voient Gazer ou Tell
Gorgias non loin d'Emmaiis, les harcela jusqu'a Gazer el-Djezer; d'autres enfin ne savent comment 1'identifier.
(Vulgate : Gezeron) et j usque du cote d'Azot et de Jam- Cf. Fillion, La Sainte Bible, t. vi, p. 860; F. X. Patrizi,
nia. I Mach., iv, 15. Plus tard, il remporta pres d'Adarsa De consensu utriusque libri Machabseorum, in-4, Rome,
une brillante victoire sur Nicanor, qui perit dans le 1856, p. 259; C. F. Keil, Die B'iicher der Makkabaer,
combat, et il poursuivit, 1'espace d'un jour de marche, in-8. Leipzig, 1875, p. 386. Ce qu'il y a de certain, c'est
Tarmee fugitive jusqu'a Gazara ou Gazer. I Mach., vii, 45. que les details donnes, II Mach., x, 32-38, sur le siege
Apres la mort de Judas, Bacchide se rendit maitre de de cette place, siege qui dura quatre jours, conviennent
la place et la fortifia. I Mach., ix, 52. Elle retomba bien a Tell el-Djezer. Cf. Ch. Clermont-Ganneau, Ar-
ensuite au pouvoir de Simon Machabee, qui y laissa chaeological Researches in Palestine, Londres, 1896, t. n,
une garnison juive. I Mach., xiv, 7, 34; xv, 28, 35. Le p. 224-265. A. LEGENDRE.
siege en est raconte d'une maniere assez tragique
I Mach., xm, 43-48. Bien que tous les manuscrits grecs 2. GAZER (Codex Alexandrinus : 'Iav)v; Codex Sinai-
et les anciennes versions nomment ici Gaza, il est tres ticus : 'Iar)p), ville situee a 1'est du Jourdain et prise
probable qu'il faut plutot, avec Josephe, Ant. jud,, XIII, par Judas Machabee. I Mach., v, 8, La lecon probable
vi, 6; Bell, jud., I, 11, 2, lire Gazara. C'est a cette du grec est 'la^p. Aussi reconnait-on ici Jazer de la
lecon que les critiques donnent assez generalement et a tribu de Gad. Jos., xm, 25. Voir JAZER.
bon droit la preference. En effet, la lointaine Gaza ne GAZARA (hebreu: Gdzerdh; Septante : Ta^pa), ville
nuisait en rien a 1'independance des Juifs. II n'en etait de Palestine, signalee a propos d'un combat de J)avid
pas de meme de Gazara, si rapprochee de Jerusalem, et contre les Philistins. I Par., xiv, 16. Elle estidentique a
qui etait, avec 1'Acra, le principal appui du parti helle- Gazer. Voir GAZER 1. A. LEGEXDRE.
niste. Cf. I Mach., ix, 52; x, 12; xiv, 7, 34. Fillion,
La Sainte Bible, Paris, 1899, t. vi, p. 768. Les details GAZERIN, nom chaldeen d'une classe de devins de
133 GAZERIN GAZOPHYLACIUM 134
Babylo*ne qui predisaient 1'avenir au moyen des astres. le-tresor du Temple, puisqu'ils etaient reserves a 1'usage
Dan., n, 27; iv, 4; v, 7, 11. Vulgate : Aruspices. Voir des pretres. Voir DiME, t. Ii, col. 1434. 8 Antiochus IV
DIVINATION, 11, t. n, col. 1