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La Rome Des Borgia

Ce document décrit les mœurs violentes de l'Italie au début du 15e siècle, où la vie humaine n'avait que peu de valeur et l'assassinat était couramment utilisé comme moyen politique. Il fournit des détails sur la haine croissante envers la religion et l'Église à cette époque.

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Carmen Mitrea
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La Rome Des Borgia

Ce document décrit les mœurs violentes de l'Italie au début du 15e siècle, où la vie humaine n'avait que peu de valeur et l'assassinat était couramment utilisé comme moyen politique. Il fournit des détails sur la haine croissante envers la religion et l'Église à cette époque.

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AVANT-PROPOS

I^f nnimiMi ti m' la Romc dcs Borgia, qui est de /'Histoire romanesque, nous a t
remis par la veuve d'un illustre historien, cette Jin que l'ouvrage ft publi et le nom
de l'auteur ft cel. A un travail extrmement attrayant, mais qui, pour la dernire
partie au moins (celle de la mort du pape), suit une version abandonne par l'Histoire,
nous avons Joint un certain nombre de documents qui ne peuvent qu'augmenter
l'intrt historique d'un livre qui n'est nullement dirig contre la religion ni contre ses
ministres, mais relate simplement des murs trs diffrentes des autres.

hn ROIVIE DES BORGIA

i'KUi-UUL II

ivH. I.

rciii,'ioa.\. Itriccriu cl \>:s iuoimc"*. Peu de valeur de la vie humaine.

" tnr com[)rondn Tliisloire des Uorg:ia cl, de faon

aie, celle de l'IUilie an dbut du x\Y sicle, il

st indis])ensable de connailre la violence des murs

I . fait partie de la famille : on remploie

ul propos cl surtout hors de propos. Les dits de

:i sont faniili.'irist's avec ce mode d'assassi-

..., .... ,*oinl que rempoisonnemcnt n'est puni qu'an-

inl (ju'il a vis un rroupc ou une collectivit. Le

oison est admis pour ainsi dire, il a presque reu la

"iielle. Les pol;' ' , si on nous

j ne peuvent gU' .r recours la

>rce que ne peuvent employer que ceux qui sont

'etien des ; s prix

;. ..,. ^i.i, duc de N u.c. -, . ..irr sa


ne et celle de son pre, le pape Alexandre VI, arvieodra qu' peine cl au prix de
nombreux

crimes frucliieux. Que l'on n*allachc p Ij rprobulion indigrn(V que nous ('pi.,,,.;..^ ...
.u..; le crime sournois, lche, frocement inexorable, ce serait non seulement de la
sentimentalit inutile, mais

' * IV-pDf^ue, et ces

.1.

Ou*on lise le Pri/ic^, ce chapitre admirable de Phis-loire de l'Italie au xvi' si^cle, que
"^ il

la pointe de son stviet. Qu'on en ...... .,,.,..,.il la

dernire partie qui est le commentaire le plus profond, le plus simple et le plus
tragiquement vrai de riiistoire italienne pendant ''*

Csar Bor^'ia a t le / ivel,

(]ui se fit son apologiste sincre et s^tonnait qu'on

' la vie de ce hros tmirique.

. . y i ...uion admirable : cchr-'' ^"-'

heureux parmi les prinres qui r^?le sa selon les temps

un

cieux et indiscutable. Et si le lirre est sans aucun ' et ln! ire, ce n'est pas cpie

i (l une I.; : monstre, mais ^-" '"

ment parce qu'il a refll son potjue : * fi a / politique telon ies temps .

I.' ; des naliUs Uoiuinc le

)''! . limit, selon Michelet, a '

^ -oir parmi la Justice et la Haison m. Mais les superhtitions se dbattent. La


religion subsiste, 9*a-

V aOMB DES BORGU

H'\s font le signe de la croix en j ^ >;es cl supplient la Madone de


leur donner, dans leurs forfaits, scurit et profil. ;p se frlorifie, sp n'clame, en
littrature, de

t . ...^..juc, de Boccace, de Manuel Chrysoloras, venus liier peine; en philosophie et


science, de Corne de Mdicis, de Marsile Ficin, mme de Keuchtin, de Uamus, de
-1 de Vinci, de Tclesio, de Campa-

neila, de . , de GaliK*e, de Klper, de Jean

Bodin, de Grotius, et les indpendants ou les scep-tiquos ! le, Thomas Morus. La


philo-

s [)lc . ...*...!ace marque le passage de la

{iiilosophie scolastique, fonde sur l'autorit, la philosophie moderne d'inspiration


cartsienne, uvre de

' ^ ''e individuelle, et il faudra le Discours de la

:'' pour apporter dfinitivement de la clart,

de la prcision dans ce chaos gnial d'ides et de

Enfin, roniment oublier qu'en ; c'est

> le XV- sicle et le xvr que la ^sance a

.iti'ini son apoge. Ici, quoi bon citer les noms?... Balbutiements, garements,
conflits, rsurrection de

'''*' ' '^ ....:. .1... t., jM... fumier

hi Uenais-

Ce n

venus i* . .. , _ .. : i-

vel dit simpiemel, sans ambage : Oui, nous autres It !i ris, nous sommes
profondment irrligieux et (1 pi.i\ 's. Nl.'i'-liiavel crit cela, sans |)adeur, sans li.uil.
, s.m> . uii^iiie. S'il ajoute plus loin: Nous sommes irrligieux parc4 que l'giise
dans la personne de ses ministres donne l'exemple le plus

LA ROMB DIS iwnGl k

" , r* ' i coninientaire i*l non en


. .. ou en al

La haine de la religion naft, se propage. Le fameux COI Braccio de Mantouc avait la


; i en

une .< Il Murrciir qu'un jour cpril rntendil w r> v>iue5 chanter des psaumes il 1rs
fit monter sur une tour, leur banda les yeux et leur roconimanda de chanter m : ' iril :
Gar' ' ' ' -

cIki: > u tambour i

Tun aprs Tautre et chantant : Garde-nous... Ils faisaient quelques pas et


achevaient peine leur chant qu'ils tombaient dans le vide. Comme le Uni' boiir
couvrait leurs cris, le moine suivant s'avanait de mme et chantait de mme :
(iarde-nous... * A peinr ' - ;iait-il qu'il arrivait au bord dri pire et * ^ marcher sur le sol
ferme se j tait dans le vide. Quand ils eurent ainsi disparu dans lix du S. nj d'ar-

i ir au b. . ; o un

pas de plus le dlivrait de ce bas monde, et de lui dbander les yeux. Le moine,
effray, |>dlil. Hrarcio lui montra les cadavres des v ' ' -

rochers et, aprs lui avoir exp Je te donne la vie, mais une condition : c*est que tu
irtout*' inment sail ^r de Ilrac-

i eu, son ....;...., ou bien i ;...,, ^i lu veux,

prends rang {jarmi nous. Lcmoinescfit condottiere, et bientt des forfaits qui
ensanglantrent leurs victoires les plus horribles rev ' :

Nous avons besoin de ces <|i lons

liminaires avant d'aborder la vie mme des ISorgia. Iji lecteur non prvenu serait, en
effet, trop facile-

LA ROME DES BORGIA

lient indifirn par les murs d'une poque qui a proluit des individualits
reinarquahles malgr leur l''pravation, et des uvres d'art suijiimes.

La vie humaine n'a pas de valeur. Sa suppression si considre comme, un moyen


d'atteindre tel ou tel ul et non romme un crimi* ;il)ominabie, " ns

)iit connus qui font njlicr do hier conln _ .'s. !s sont tueurs professionnels comme
d'autres sont <, et avec moins de risques. /ci, \a/)les,
1 11 iMltanUS fi'^Tt "'' f'>'i(>' im,iit^ r>fii>f' iti>t> lit i^i'

run homme. On lue par le fer ou le poison

I f^ ^^ vont pas COnij'roincin" it-ur. wr <-i

r dans un iruel-apens aventureux ou une

encontre incertaine : ils font appel au poison. Le

Mf Salernc veut-il se dbarrasser du cardinal

..;ii, il lui verse le fameu.Y vencnum attermi-

latum el, sr de lui, prophtise : Tu mourras dans ;ael<|ues jours, parce que ton
pre, le roi Ferrante,

' s craser tous. La lettre que Catherine

a au pajK* devait coter la vie au i)ape, i celui-ci l'avait lue. Alphonse le Grand reeul
de ses

Tile-Live que

-. , , (pie les feuil-

ul imprtns d'une poussire impalpable et

Le secrtaire de Picxrinino enduisit de poison

porteurs du pape Pic IL Toute l'Ilalie se

a pour connatre le poison liquide qui coula

i rie au peintre Rosso Fiorenlino.

'' I un mol, le cri i'Iait toutes les portes.

.(jues bandits d enverg^urc en faisaient

>arade : Braccio de Manloue, Tiherlo Brandolino

Ul ROME DK BORUIA

dfendaient avec une ardeur redoutable leur r/>puU> lion de criminels o'^H'bres,
comme Hussi ce ' Wcrner d'IVslingen qui cncliait ses dcrsscih> >'<u-s cette devise
disrrHe : Ennemi de Dieu, df lit piti et de la cljarit , inscrite sur son cusso
F' ' ns !*olf ' ** fir, avt -

t)esu - . voqiier r- iLesIa, t

Himini, convaincu de meurtres, de viols, d'i

qui ne s'en cachait pas, et de qui le fils Robert faillit

subir les plus i: ' '"*^ violences, si, If" " ' ' t

main, il n'avai; iii son corps. 1'^

de Parme, fils de Paul III, violenta Tv^ue de Farno.

victimes. Nous ne l'voquons que pour ne pas ^tre su*!; partialit h l'occasion < uns

ont w. .. .iiii leur mmoire, d'auli<^ i\m 'c :

ceux-l se sont effrays, ceux-ci ont e\ leur

audace. Nous ne nous piquerons que d*impartialit, diU celle-ci tre implacable
leur mmoire.

CHAniili!: PREMIER

La Rctiir <l'-s n ir-i I. La 'luitdans le palais de Sauta-Mata in Voi-

ti. ' voir sa rnrr, la '

ti - Cc^nr f-t !r dur '.

Lt* |ia(iv Air v,.i!i,, ' \ ,.,(:- 1

ti'niio et liMi:: - ' '.Ml i . -

I ranc". Vlexaudrc \ 1. DiiTtrccci de caraclcre Uo Ct-i^ir 11 de 1 .

II tait 3 heures c'est--dire 9 heures du soir,

comme nous disons, et 21 heures comme disent les

Itali il tait 3 heures, le premier jour du

r de l'an du Seisrneur i^^t. Depuis

lonna V'annozza attendait, marchant


nerveusement travers la grsmde pice sans tapis,

iiix. Aux nu ^ ' tfis-

- : ^. :il qu'on ava. .. , _ en

faire parade devant ces Francis qu*il avait fallu recevoir comme des triomphateurs
dans Home, la Home des Uorg'ia.

... La Home des Borgia!... murmurait entre ses dents Madonna Vannozza. Elle
descendit une fois de plus les escaliers massifs qui

conduisaient au seuil, d'o elle p?- '---- >. quelqu'un. Couinic elle avait fait ce
soir, Vannozza remonta tristement les escaliers, j ! avec rag:e Tenlre des Franais
Rome,

'^ , , Jiir elle cunime pour tous les llomains, avait t une catastrophe. Elle Tint prs
du reliquaire, les mains jointes, puis s^apeiiouilla devant l'imai^e de la Vierire auprs
de laquelle une lampe brlait jour et nuit. Jamais cette lampe n'avait t teinte, et il
paraissait la Vannozza (]u'elle vacillait, ce soir. De ' ' ' ' dont elle

, j - , , - -u ne voulait

pas avoir les doigts huileux, ce soir. D'ordinaire, elle Pmchail de ses doigts qu'elle
es&uyail ses clicveux.

Puis, lasse d'attendre, Madonna Vannozza s'assil sur une haute chaise brune aux
coussins de sole vieil or, r ' ' ' V-s coudes sur le marbre de

In i .,.

' es larrons transalpins !

Aavuit-on pas dit aujourd'iiui d'j que des maisons avaient t pilles par eux ; et la
Vannozza rveuse, inquite, attardait ses regards sur la cr-(leiire, ce grand beau
meuble sculpt avec aulJHl de

swin qii' ' un

bijou, i _^ ^ ^ de

merveilles artistiques, coupes d'or, vases d'or, vaisselle d'or et d'nrjent, vases de
marbre vre aux li'iii prcieuses, autre It^" -l'i" " les . dames roniainc*.

El iH'rsonne ne venait...

Soudain la rue s'emplit de piauetueiiis ue ( iieviuix,


LA ROME DES BORC.IA

de jurons, d'ordres nerveux donns d'une voix lie. La vieille Romaine trembla. La
main droite

..aiil sur sa gorizc un lichu de soie noire, elle se

trana dfiante jusqu'au haut de l'escalier...

Alil tu m'as fait peur. J'ai cru que les Fran<;ais .1 rivaient...

Sanf \i drniron!,.. Si je les tenais... Bonjour, matrema i i

Ik)njoiir, .>arl Et Fraiirois?... dit la Madonna Vannozza en entranant. i)ar le


poignet, son fils Csar dans la grande pice.

Mon frre est toujours avec des putains. Hier, pendant que les Franais entraient, il
riait en cares-.sant la belle (jianina sous le fichu. Tous ces oisons stupides regardaient
les soldats dfiler, et il riait, il riait av " ' ' ;e balourd, au lieu de leur cra-rlrr (!> ^ ii
fait.

! Meu honore le .Seicrneur Dieu ! tu as fait cela, toi? Ah ! conmie c'est bien, ma
chair!

La Vannozza, debout devant lui. ''p ''>i > <t.ui,-.Mi...ni son masque pour le
contempler.

Chancres I si je l'ai fait ! dit-il. Je me mordais la l.iMLTi' pour ne pas crier des
ordures la face de ces i iti'i. -. en dansant devant eux cette maures(|ue pie Ton vit
faire aux Hongrois le jour du jubil.

'-^o'iplc et cambr, avec de 1. ' aules, t'.bur se

. ;, I I i sur (Il'S imiiltf *; .'tii \ ;il ;ii's iicr\ l'iiscs.

ri'iii CW'I'' ' f/ii iiirir lu- iciii fini .

Tuc, l'a|ipelle Madrmoiseile Je-nc-veu.1

lO I.A RQKB DC 80R<>U

en altitude de dfi. La main tendue en menace, il ricana, r - v,- :

Ou mfnt donc toucher un Borgia!

Sur son rire sinistre qui dcouvrait de belles dents <r^inail, la m^re pencha sa
bouche, coinmc une amoureuse, et prit un l>aiser. Ce rire a%\.,v ,, l'cho de sa joie
mauraise, elle la buvait sur les I6vns de son fils.

Bonjour, les amoureux. Pardonnez-moi si j \ " * vous en c>'

:.:- , , .. .^.^ j, par les a.._y.. , .., :..

prenez pas pour un Marforio envieux et vnneux.

Csar ne w'tait pas retourn. Il avait reconnu la voix de Franois, duc de Ciandie, s
-r.

Et Amen ! Tu peux dire que > > tous deux mes amours et rciter le Pater noster de
saint Julien,

a t tu eu voulant dfendre sa femme et son coffre contre les Franais?

mo<, , alors ceux-ci sont entrs

chez elle. La maison tait pleine comme un cruf, I '

monstrueux que celui qui est rest sec Corncto, cl le cocu en herbe a sorti le
couteau...

Si tous les Uomains avaient fait com:; leurs chefs surtout...

Csar! supplia .Madonna Vannozza.

Fran<;ois dvisag^ea son frre, mais il se contint et continua, dAdaIffnaiit le reproche


:

Alors il en a tu deux... ^^'v^^ i'^ rrin,->; r,,i,f pris et l'ont pendu sa porte.

Ilibauds! tratres! porcs I gronda e^ar.

Oui, oui, et assassins, et plus qu'assassins et tout ce que vous voudrez, dit
mlancoliquement une voix, mais il est certain que tout Rome est merveill de leur
entre cette nuit.

Ils et ' ' - ' IX.

1' soldais, continuait Alexandre VI qui venait d'arriver, el des chevaux, et des n.i ,
les lumires sur toute celle foule

lone.

Et taient admirables aussi sans duule les accia- ' squiaccueillaic'* ' ^ ''-anais!
jela Csar avoc
Alexandre s'tait retourn, le regpard svre. Csar se lut. I ? tnt alors tour tour
Franois

't \'anii _-- :, - - 1 :

La, toi, fa, mi\ r, uf... Pouvions-nous faire mieux? N'eiit-cc p lie de rsister alors
que Um plus importantes |m..> - ^ via Patrimoin^ " " ....ir-.. e.s mains, i\\\c ses
troupes parcourent viet campasrnes jus<]u' Monte-Marco et qu'entin le^ Orlin

' ' ' ' Varies VIII A qui

! a rsistance...

ta LA nOMX DU BOROU

Et ciera. Ah I ah ! a!i ! Comment, Csar, parler

'' "' !s rsultats as-lti ' ' : les

- de France e - . '- ,'i*ls

rsullals ai-jc obtenus nioi-m^nie avec les chefs de la

lande, fl . et les

. j . a maison Lrc est

pourtant considrable? Tu sais quelles rponses va-ils lircnl les tratres. La


rsistance? Oiicl beau

< ,.M,'>iliiirn u-- : -;s tondu au cardinal Gurgeose

(jui Paurail i h coups de pied.

Si j'avais t Alexandre VI, pape cl chef de la maison des I^)rgia, je ne me serais


n

devant le roi auquel le premier matre ci ucs

a t porter, avec force rvrences, les compliments de sa Saintetc, de tout le Collge


et du peuple romain.

Csar! j^ronda afTccItif-^ ni Vaniv" 'ni

admirait son fils pour son et son .

El que diront, continuait Csf>r d'une voix irrite,


< '" " ' rince d'Anhalt, .^ ' ' ' " ni-) icn, le roi de N , _ ^ > ur Lopez? Oubliez-vous donc
qu*au prince d'Anhalt vous avez demand d'implorer des secours auprs de
l'l!n|>ereur?

Je le dfends de parler ainsi, dit Franois.

l>e quel droit '/

C.\i ' ' - uis i'.>n .une ctjcne...

\a ^ iru le dise an Soiirncur Pieu ! Je

tw reois de leon de personne!

Franois, ! dit doucement Alexandre. Ll dis-f'' ' '*sar, ....... ..-je pas prvu tout <"
"' si

.irn . suis rest Home et si j'ai d les

LA ROME DES BORGIA

toi qui en es cause, o Csar, toi qui m'as empch de fuir, qui m'a oblig- d'accueillir
dans mes murs le vainqueur? Le roi Charles est matre de Rome, Rome, alors que le
vrai matre en est rduit se clo-tror dans le Vatican, et l, tandis que me restent
fulles les cardinaux CarafTa et Orfin qui, seuls, ont refus d'aller faire visite au roi,
les autres, tout le Sacr Collge, s'empressent d'aller fain. l'ennemi une cour
assidue et cauteleuse. Et tout ce spectacle-l, C bar, qui donc en est l'auteur? Mon
prestig-e branl, qui dois-je en demander compte, sinon celui (jui m'> ' ' ici
malgr moi et qui avait

os parler < , ^ que j'envisageais le parti

le plus sage : celui de m'isoler pendant le temps que dureraient rr.cs dmarches auprs
de Charlts VIII? ' ' se lova, prit son masque et s'apprta sortir, aie il passait devant
Franois, il croisa ses bras sur sa poitrine :

VA pourrait-on savoir ce que pense de tout cela niis^ire mon frre?

Franois allait rpondre quand sur un geste il' \ '^ il tourna le dos et, la main sur son
sly-

It I, ..la vers le fond de la salle.

<.. -ar n'avait pas boug. Il accompagna son frre d'un regard charic de mpris et de
haine.
r-'r,r !. ;- ' '' r- y^i le

ji.ij'^- ijU.. ' . V , ,iie dan-

ger pour Franois, son fils prfr el son gonfa-lonicr.

Parle, Csart dit enfin M.-vnndn' W <.t-;i r ;. , de plus grave apprendre

Le roi de France nous a demand de lui livrer

r , 14 ROlIt Des BOnOU

par rentreiniiie du marchal de

.... -, ....... ''" *"'*.

AprrH?

Il a voulu <*jraiement prendre possession du cas-' ' ' o nous nous sommes
retirs avec les

'S.

Et vous n'avez rien fait de tout cela, je pense ?

iule!

^ -,

Ton reproche une faute d'impression.

Vous n'avez pas fait cela? rponds 1 criait Monna Vair -

Li iicurait la tte basse, honteux comm< une

souris tombe dans Thuile. Il dit eu me

I ,.!;

ik>mme

nous ht>silion$, le roi a fait retirer Tartillerie du palais Saint-Marc et Ta braque sur
le chdteau...

cl <i .ire

Panneau du pcheur qu'il avait retir de son doigt.


fidles^ j*ai appris qu*on excite le roi de France me

< ! .isser du Irn e que i: s

' *'" ' 'n chiimin 1 f A iij|le funcMiv- t i.t |i-ffi-

; ranuic et du vice^. Corps de moi ! dit Madonna Vannozia, on vou-* l! que I ' "de

; es, les li , . , -re,

l>eut-tre, comme sainte Nafissa, celle qui donnait son corps par charit. Si on
coulait tout le monde, on en

ieott rduil se faire charlalans au Campo

Charle VllI, continua le pape, a demand l'in-\ '^titure du royaume de Naples et les
forteresses de ' itavcccliia, de Terracine, de Spolete, jusqu' ce

; il ail oritiremenl conquis le royaume, pour sa

' tirit el celle de son arme. Je dois encore oublier

t iiftv i -s que j'ai pu recevoir et pardonner

;.u.v la et barons tratres la foi qu'ils

m'avaient jure. Je n'ai pas fini. Je dois remettre le ': re de Bajazct que nous cardons
comme otag'e, le -uilan fme, la discrtion du roi de France.

Honte sur nous en Italie comme au dehors!... <Tia Csar, hors de lui.

r ' ux, il

. , ,ni les reproches de son frre, ni les supplications de sa mre Vannozza.

Laissc-lc partir, il c. ....l assez pour ce .w.. , demain il apprendra que le roi de
France exi^e que le cardinal V'alentinois, Csar liorgria, le suive en qua-1:'-' d. ' '
lique, c'est--dire qu'il l'emmne

Non, cria la Vannozza, cela n'est pas, cela ne

', non, non, non

... la cri de Im^Ic blesse elle s'abattit

pav, implorant la Virrft parmi d^a injures et des vux.


''Il _ _ -rte

de la salle. Et la Vannozza, s'lant prcite, entendit des pas dvaler l'escalier et se


perdre dans la nuit.

Il y <iit un court /'moi.

(^inmo personne n'avait licn remarqu, on pcr-suada Madonna Vannozza qu'elle


s*6tait trompe, et on lui ronsrilla d'aller se reposer.

Puis Trangois, duc de tJandie, prit cong mre riilelire et de son pre le pape.

J ai peur ipi un jour ces dispuics ne nnisscnl mal, dit Alexandre... Trop de san^ a
dj t vers par les Rorgia ; il ne faut pas qu'ils fassent couler le leur.

Ce serait ta faute, dit la Vannozza; Tautn -..., quand les cardinaux Orsiu et CarafTa
admiraient tour tour Franois et ton portrait, qui lui ressemble, tu n'as pas vu les
resrards de Csar c! ' ' " r...

\m Vanno/.za disfiil vrai. L'n soir , lUX

(^rafTa et Orsin, les fidles d'Alexandre, taient lA,

' ducdcCa! mi avec ^ >es

Ac Home pou. .. . .ilre le s.....,- , trc

re Charles VIII, l duc s'tait attard devant le portrait d'Alexandre et avait demand
si ce n'tait pas l le dur de (iandie. Le pape avait frmi d' ' Il

tait plus fier de sa beaut aujoiird'lin: ie.

empte, mais encore trs remarquable pourtant pie es en [)oliti(|ue.

Al... , ;i que le car-'' ' l'iirf;! l .-iv-iii

<!' d'une beaut partout vanli

N -K i le portrait que traa de lui l'historien Gaspard

Il est beau. Son visage est a^raMe el souriant, il

exprime avec lg:ance et douceur. Il n'a qu' jeter

un re-ard sur une belle femme pour l'enflammer

'''amour d'une trange manire el l'attirer lui '*"'


lus de puissance que l'aimant n'attire le fer.

Portius vante, en outre, la dlicatesse de ses

manires et de ses goilts : Il est l'ennemi de toute

personne dont la i)olilesse laisse dsirer, etc.

Enfin le clbre Jason Manius de Milan exalte aussi

en lui le port ltrani, le front serein, les sourcils

d'un roi, la figure portant l'empreinte de la libralit

de la majel, l'hroque et l'harmonieuse propor-

n de tous les membres.

A trop le considrer comuR- mi nu, junL-fiir ciiui-ci s'en est-il fait le courtisan.
Toujours est-il que le irdinal Borgia, avait t, dans sa jeunesse, d'une lgance et
d'une beaut admirables. Le duc de Gandie, Franois l'orcia, rappelait radieusement
celle jeu-'sse, et Alexandre l'aimait pour cette ressemblance. ir, dit Vannozza, sait
qu'on ne flattera pas nce, <pje chaque fois qu'il se trouvera devant .il sera ellac.
Crois-tu qu'il soit heureux de I prfrence que tu accordes sans contrainte son
neureux frre? Je vois tout cela moi, sa mre. Ai-je tort de lui dire : Mais tu n'as pas
la mme beaut, i, tu n*es pas n pour les mivreries, pour les fan-luches, avec ton
teint o le soleil ruisselle, avec les ux sombres comme la nuit, tu es n pour les
randes aventures. Laisse Franois sa beaut de llat, garde firement, toi, celle du
soldat. El (pie le rpond-il ? demanda rveusement \lexandre.

|8 LA ROMK DK8 BOIlGrA

l.;i Viinnozza se mordit les livres, h^ilAnl k r*^ pondre, et dU n^'ylitrcmmenl :

II so ' ' on veut rajrtj de iui i<' prhilel d. ^ .-p.

Franoisn'cst-il pas l*an? Ah I Csar I Csar! La Vanoo/.za osa, en i' >, rpter
le blas-

folio :

Si la Destine s'acharne vouloir faire de moi le ; * ' ^ )es-tiii

*^*a-l-il voulu dire ? demanda le pape.

Je no sais pas encore, murmura la Va*


I^iissions-nousno '">'-''^'' ' -'il Alt ......>..

qui baisa avec une bi oau du pi*-

cheur qu'il avait remis son doigt mince.

atfl. C(

TO :

in*-

ilr

l.w Jri'

ttle cuupcc.

Csar venait narrer sa mre les dernires noii-.,.11,.. p ...:, jjjj.u quVi>- '
'tirnerail de la pas-Ire, et se j lit de lui conter dans tous ses dtails la rception du rot
dans la

du P.M Vni dr Ml

[., .. <lonnfi ... : , xi-Malu ! .. , .au

decardinalf ce que le pape avait fait avec empresse-rnrrif il :it un manteau au de


Valen-

lijKii.S ilit-iir 111- *"

ricase.

'Iia{jeau au .mmiitl Cjintua-

0 LA nOMK DCS BOROU

Il projetait de lui conter par le menu celte cavalcade (lu roi accoinpagiK^ du pape cl
tous les cardinaux jusqu' rplise Saint-Paul o, l encore, le roi demanda et obtint un
nouveau chapeau de cardinal pour son cousin, rvque du Mans. Mais a peine la
Vannozza eut-elle reconnu le pas et la voix de C*sar qu'elle se prcipita dans
l'escalier et l, comme une furie, hurla d'abominables injures contre cette race
maudite de Fran(;ais . A travers ses imprcations et ses lamentations, Csar comprit
que la maison maternelle avait t pill'*e par des soldats franais, les bijoux vols,
les meubles saccads et la Vannozza a expose, selon SCS mois mmes, la brutale
passion d'un soldat
infiime "' ""i *^'' \ rilh'ss* .ivnil A uciiic 'ciaI If

t)oucli(M

La colre de (isar eut de quoi s'ulimeuler. l>.s l'entre, le '<' se rvla.


Aux murs, I' -^sse-ries prcici. lient lacres cl lam i ifiil

souilles, les piMUtures qui ornaient les murs avaient ti* taillades coups de hache
ou racl<s, les reliquaires gisaient sur le sol ventrs, fouls aux pieds, les irrands
lits taient briss, la literie macule d'huile verse pleines jarres, le g^rand bahut qui

renfermait tout le linge de la maison avait t ( '*

coup de massue et le linge vol. De la ci aux sculptures si dlicatement ouvrages il


ne restait Icrre que des dbris informes, souill ' ' Ax. De la bijouterie, de la vaisselle,
il ne n> a. Les

statues, les grands vases de marbre ci porphvre avaient t mis en pices. Sur les
pavs, dans toutes !' "" - liont des dbr-- ''- rhaises bris'-- '"^

LA ROME Uti BORCIA

La Vannozza poussait des hurlements de dmente. Csar voulut la consoler; elle


n'coutait rien, gesticulait -omnic une furie, mais, la fin, puise de crier, elle rlait
des injures, des blasphmes, les cheveux dnous, les yeux pochs de larmes.

Il y avail, sur la place Pizzo di Merlo, un jC"roupe de soldats franais prposs la


garde des banquiers g'nois et florentins qui tenaient l leurs assises. Csar les avait
vus en passant qui jouaient aux osselets. Il laissa sa mre ses lamentations et raf>-
sembla ses g:ens. Il s'arissait d'immobiliser les armes des soldais ou dVloicner ceux-
ci, et au sisrnal qu'il donnerait, lui, Csar, de les massacrer tous. Bientt, en effet, les
soldats, peu prs ivres et absorbs par le jeu, s'taient vus entours de gens
d'apparence dbonnaire. Soudain, Csar Borg-ia poiirnardait le soldat de faction, lui
arrachait sa pertuisane et l'enfon-(;ait dans le corps gisant du bless. L'arme le
traversa 1 terre. En quelques minutes, tout

i- - *^T.

Comme tout le quartier Ponte accourait : commer->, banquiers, fonctionnaires


pontificaux et courtes en renom, qui avaient Uibli l leur sjour, ' r runit ses gens et,
au pas de course, ils Lignrent la Torre di Nona. Il n'avait pas encore \ ' mre, rentes, \
' ' ti le salLs-

i. itj. Il hassait 1' ...^. . ,; , at qu'il les -t tous em[>oisonn8 s'il avait pu; il ne se
gnait pas jMiiir taler ses sentiments, il en faisait mme parade. l iH- joie secrte
pal; ' ' -i lui; non pas tant la satis-Iju-lion du mass;icr ,.li que l'espoir d'une ven-
Lreancc proi^haine dont garderaitsouvcnirCharlcs VIII.

HOU

l!IO|

Comme (i6me fut donc pr<^part' (!) par le Valen-

>i5, crit un historien du lrm[>s, le pn- ' ^ mil

t liirc les mains du roi, qui il lail cv, or-

mnis avec une stipulation d'acte public, en Tertu

H |MeI re ^ tin el 1" d

.irles, d'u:.. .^ .. ..lanjleur u. ... ..ais-

uirc, et se tournant avec un agrment plein de ten-(!r8se du clt* du pa\)e et du


cardinal de Valrnlinois

(jni /'laienl I -is les remercia de ' -'-> nts

lu'il avait r< is leur maison ( > le

vouloir recommander son nouveau prolecteur et

^ ,,(j_

.- 'J'-

l'avoir pris en sa cx)mpa^nie.

Comme on le voit, c'tait touchant. ( ux,

l'expression de celte jrralilude eussent ; le

< <i ur d'un forban : celui de Csar (1> u-

sible. Le roi emmenait donc le sultan Gme comme

proie utile, et > ' * pas

.. j . . : lit, le duc de Va jssi

souriait, et d'un rire sinistre, lui qui arait ml dans la boisson de sucre que le
pauvre* seigneur (linear .....,. .!... .... .--: ......i-.. ki .,.,.:..
(pli rcss^

tait trs propre pourenq)oisonner lesbret' ms

*ir par aucun mauvais ^uuL ou

- ^ ' de couleur .

tandis ({ue le malheureux sultan sVloig-nait dont joveux vers Naples, en attendant de
{rajrner l'Orient

LA ROMB DES BORUU

rr, le poison le ronjreait sourdement et peine tait-il entr. ' ' ' * ' .. . , ^^^

la mort le les

soins attendrissants que lui avait prodigus le duc de Vair "-.

.\i .. ,-..pe, ni Csai ... .,r proccupaient dsormais du sultan Gme, qui, selon le mme
historien, < avait t donn Sa Majest le roi Charles VIII sans condition, mais ' ~
n tel tat qu'il n'tait pas ncessaire d'en d la restitution comme

nous dirons bientt...

I! aient demander (ju'une chose, c'est que

Chii:. , .*vec sou arme, s'loignt au plus tt.

Pourtant le duc de Valentinois savait qu'il tait retenu auprs du roi comme ota^. Tous
avaient redouU^

' ' ^ violence du bouillant <' !: mais jamais,

raire, celui-ci ne fut plu *', il paraissait

joyeux ; les cardinaux de Saint-Pierre aux Liens '^' " " " lu roi, ni 'ni

- .,.. .,, lit que in : h;

trajet la mort ne ft mystrieusement son uvre dans leurs raiijT*. Aussi tait-il
surveill

I. If roi quilla Komc, lo p.'j" mu m

(!< AUX d'uMf VAVo JHMul/' il lui pr les


l>nd ici ions.

I.;i [drini " 'h

^lariiiu, tl i ' : , . j ....- i. i.:.... >ur-

veill : toute la nuit il guetta les enlours du logement y <]noa lui avait pr|)ar, mais
partout des V ii\ \. .;...; il (lui remettre une :'' -mi Il \ ( Il . Il projet. L'aube
l'avait snpj .nt

avec rage conmie un fauve enferm.

Lr leiulrinain, li roi alla coucher Villcllri. ('.Iiarii's VIII avait apprci, clans celte
journe, le cardinal de Valentinois comme un compafi:uun exquis, rudil et joyeux
viveur lu fois; ils ne se sparaient (|uc la nuit venue, par ' ' - - t r "t le

roi. I^M-ardiual de Vai _ i i> le

iogeuient qu'on lui avait prpar, le salua et se retira.

La nuit tombe, . froide, un pal se

irlissa, la faveur iK . ., ..cbres, hors des : de

soldats, et ipiitta la ville sans avoir t n et

fit ainsi, pied, prs d'un mille de chemin, redoutant chaque instant (|uc sa fuite
n'et t rrr ' et

quv des cavaliers ne fussent lancs sa p< . Il

longea les chariots, les dpassa sans encombre. Arriv prs d'un mille de la ville, il
j la

nuit un coup de sifflet. Aucun cho ne lui i\ , ..i. Il

attendit, puis, l'oreille au sol, il couta. Bien ne r|>ondit. Il rpta le mme appel et
tressaillit sou* dain : il avait cru entendre, au loin, le mme - ' Il renouvela le nirmo
appel : cotte fois, il n'; plus de doute, on avait rpondu. Rsolument, il s*^ mit en
chemin et bientt rencontra un valet avec deux chevaux.

Monter sur l'un, laisser le valet sauter sur l'antr*' fut TafTaire d'un instant. Bientt,
assez Villettri pour ii ' ' * ' :'

vaux j)it tre

Ils arrivrent Borne avant que le jour part, et Mo' ' liteur de rote, ne fut pas ) ris
de ; iiiii vi> i':ii-1i;>l viiii; :i \. "ii:i

palefrenier. Le lendemain il n'tait bruit dans Home que du

LA ROME I>r.S l;i)HrilA

l)on tour jou au roi par les Borgia : Gme mort, et "liai do Valenlinois, ofiii ! Le
sinistre

j , des Bor^ia tait n par ces deux

exploits. Mais Csar ne s'en contenta point. Il fit ' scr de flomc tous les Franais.que
des

.w,.^..,^,... .,,., .v^onques pouvaient retenir auprs du

l>a[>e. Lorsqu'il ceux-ci, ayant runi quelque arg-ent, s'loi-nrcnt de Kome, ils se
heurtrent aux cratures ' ' ' '' ' Illinois (I ' * rint et les mas-. i les d , ^ 'l(iues-uns, en

nombre considrable, avaient tenu faire leurs adieux au pape. Comme ils taient
asrenouills dans le Vatican mme, des sicaires du Valenlinois bondirent sur eux et
tentrent de les iforg^er. Beaucoup russirent s'enfuir et se barricader dans une
maison o ils purent attendre du secours.

Le pape avait envoy l'vtMjue de Nepi et de Sulri,

sou secrtaire, prsenter au roi ses excuses, pour la

' ' " ! cardinal de Valenlinois. (ju'il avait, disait-il,

...... Le peuple romain dlt''s:ua Ma" Porcani,

M yen de la Ilote, accompa^rn de deux genlils-Imjumes, chari;:^ de supplier le roi


de ne pas s'indi-

' ' ' '>iite, dont Borne av = ' ' ' md

, pendant ce temps, us-

saient de Charles VIII el punissaient les amis de ce

o, (|ui, dans un discours

, - d'acharnement contre les

. du pa|)e, c'est-i*i-dirc les Franais, fut ruin . Mais ce qui faisait surtout la joie des i
.le leurs amis, tait la plaisanterir- '" iraux soldats fr;ui<;ais. ijuand le duc de
Valenlinois tait parti avec le roi,

LA ROm bSS BOROU

il n. -, * - '

de I , ^ ^ ,. , _

la premire ta|>c, les charreliers du duc n*en avaienl '' (|ue deux : or ceux-ci ne
conlenaieni que

i.i ^ ..n 1 veill'- '''-'' -ror el d'."" ^m--"-

lutnix cl in.i il'artron

service , etc.. l>es soldais franais en d^'iluisaienl

^les cliarioU, ^h

> <Tles , taient aus> , : -

gs et se persuadaient ainsi que qui s'en allail avec

tan' viU* n'lail pas pour s'onfuir f.; il .

r f!'nvni! -.".'"'. ;' 1- '. ....riols

iill :jr^ i ; liCnt CU

arricrc, alin qu'ils pussent facilement, tant hors de

* : '. -.,i''e et I

I . . lui fait. ' ^

Valenlinois rvle, les soldats se rurent, de dpit cl

de fureur, au pilla<^i' des ( . Les couvertes >

arraclicr,s, ils ne dcouvrii '- ''''-^ " -i ^

billots de bois qui en c^*:

ment. Dnombrant les chariots, atin de retrouver ceux

alors combien ils avaient t jous, el que les deux s aux charges prcieuses taient
peut-tre dj
d on connut riiistoire Uome, ce fut par toute la ville un lanjr clat de rire, dont
bnficia la popularit des I3or(ria.

.^1 l'un avait dtiuand a Macliiavul djuger la len-

LA r.OME II

lalive d'assassinat de Jean Sforza, Machiavel n'et

de Sforza s'iinpo-, . . M'Hl, et selon les

murs du temps , le meurtre de Jean Sforza tait un meurtre n<vssaire.

n <'!!, pour apprcie. ... acle politique, car sa

ion n'et t qu'un de ces actes politiques

mxquels taient accoutums tous les princes italiens;

:' '" ' '' 'ier n<': ~ ' nment des morales

juirs, t' e (juelle situation

l<s Bor;7ia s'taient faite en Italie, et ds lors on con-

pour leur scurit comme aussi pour la

.. ,.. de leurs .riti.'fil^ l'i''jnifiriliini i?> Ti^Mii

sforza s'imposait.

Le meurtre de Jean Sforza fut donc ordonn par

Alexandre VI. Que l'on ne s'tonne pas de voir un

pape, chef vnr de Tglise, ordonner froidement

loi assassinat. Alexandre tait coutumier d'actes sem>

les ^t il ^'avraitcju'en Italie, comme en Turquie,

...me en France, on savait le pape familiaris avec

es excutions sommaires, si nous en croyons celte

;>le et surprenante lettre que Bajazet faisait


i i... . . [)ar SMii .u: ' ' ^ '^Kandre VI et dans

I iqurllr \r suit. tu .. anihajres sa

rs haute et trs vnre Saintet de vouloir bien

^' ' ' " ' il serait

-, ... .. ^are d'autn-

iexandre y est trs explicitement sollicit de lier <ieme et de renvoyer litre de


preuve le r^idavr* ! virlime. On ju^n par U\ de la simplicit charte des niiiirs
tlunl Machiavel s'est fait l'apologiste averti.

LA ROMB DES BOIiOI\

Donc, Tassassinat de Jean Sforza avait 6l^ n- '

par Alexandre, qui redoutait en Sforza un red-ennemi politique, et plus encore le


g^cridre du pape lubrique dont il connaissait les turpitudes.

Crsar fut choisi par Alexandre pour rexcution de Sforza ; mais comme Sforza, au
courant des moyens enploy<'*s par le pape, n'allait pas se facilement jouer ce rle
de placide victime, 4.l>. ;

pita ses efforts.

In soir que Lucrce et Jean Sforza s'entretenaient ni des ir.' ' ' "" ' fs qui si " ' '

< , - ., 'Al- Kouj' , - .- qui hou . i

toute ritalie et des difficults qui en rsultaient pour lui au Vatican, soudain le valet de
confiance de Sforza,

qui lui tait dvou corps et me, ^^ -''''' ' ' t

chambre et eut peine le temps di

mots que Sforza avait bondi sur son ptHg-nard et son

pe, prt la n'-^ ' * ' ' Mie aux

yeux, la haine aux . ,^> su|>-

pliante, cline et ferme, et lui persuada de fuir.

Sforza quitta la plire aprs avoir dit (pielcpi au valet, et peine tait-il sorti qur h*
pas t! martelait le lon^ vestibule.

Csar entrait. D'un coup d'il, il ju^a la scne. T ille de 1 ' tjjt solit'

. t : un i, niait. A^

farouche, il prcipita la dmarche, cynique, rsolu.

O est (iannino?

Giannino? dcmuiiM.. .-.liiiplement Lucrce, fci-jouant la surprise pour avoir le


temps de mesurer ses rponses et d'assurer sa Toix.

lUponds de suite mes questions, ias de rus.> !

Si je le vois hsiter ou rflchir, je t'tale l comme une chienne venlre.

Le |)uitjn;n"d de Csar prcisait sa menace. D'une main nerveuse ii tordait le poig^net


de Lucrce, dont la Ixmehe se convuisait sur un cri : O se cache Jean ? El vile I

Jean? A-l-il donc besoin de se cacher?

Salope ! O se cache-l-il ?

Ah ! tu me fais mal par Dieu !

Csiir raballil sur le lit. De ses cuisses nerveuses il

nserrait comme dans un lau le beau corps de I . De sa main auche il carta de sa


poitrine i .. ...., dnudant la g^orge de la jeune femme ; sa main

Iroite se referma en une emprise violente sur le cou j)le. Lucrce, immobilise,
s'ofTrait, proie admirable,

fTimc ou au rut. L'un et l'autre se prsentrent

rit et aux yeux de Csar. Ple, les cheveux

dnous, elle tentait le dsir dmoniaque db jeune

urne. Il couta les palpitations de celle chair

ire sa chair; son il se voila, il respirait les

odeurs qui parfumaient violemment cette femme, et

sa bouche penche sur la bouche de Lucrce qui ne


I>ouvait plus exhaler un cri, il lui parla, l'Iialeinc

I rlante, lvres lvres : t

Ah ! belle charosrne...

Tandis que C' ' !.iit ce verlige imprvu, une

lui't" de fureur le ameutait les gens tapis sur

la place, dans la rue et au coin des carrefours, l-bas. Sans qu'ils s'en fussent dduls,
sans qu'il l'eussent vu venir, alors que dissimuls ils piaient les entours de la maison
de Lucrce, un cavalier avait surgi au milieu d'eux, press sur ses triers, l'pe
tournoyant

au : ni sur lo rxrps, et ils demru-

r^rt... ..., is (U* stu|)cur, sans enlcndn!

MichcU'to, vur des liantes uvres de C^sar,

qui criait, d'une voix de gorge, en tapant sur sa cuisse iV ' . ux :

A ' Il de Dieu ! A cheval ! A cheval !

Toute la troupe se prcipitait vers une maison voisine (liris le jardin de ' leurs
chevaux avaient t allacli(''s. turbssu; c pour ne pas se heurter au haut de la
porte, cheval ds le jardin pour tre plus vite en course, Us sortaient bientt l'un
aprs r. ' ' !'chevaux, des ll^r^lis^< ^ us.

Sur la route claire de lune, sous les arbres dont le vent en s, la troupe passa, r [><.

Un . V... > retentissant, foniii........ de

Micheletto, /clata dans le silence de la nuit, le ?alop des chevaux se perdait au dtour
de la route, Tobo

1 ri . _ _ i

^ <TI

' ' . . , , 'ite

commena : Micheletto ayait reconnu le chcral de Jei

(.4 .. ... ntendit p .< . ofi de Micheletto. Il demandait, plus calme m. .!, ,nciv<*e,
na MPfir :
Ainsi, tu nous l'as Tol?

Je te dis < '-' u'uienl pour l'rsaro, el

- Je vais faire fouiller la maison, et si je le trouve,

ai terri' if.

j vcc un > i '

pi'i'! :. Jure-m<iiqu'; h.

qu'il n'est plus ici.

Je le le jure, Csar!

Ah! Dieu! Ctiarogne ! l'avoir laiss partir! Je >?3 avais prvenus qu'il nous
c!iapperait si nous lui

- '-"^pde temps. Les malins! Ils croyaient qu'il

lit pas. lml)ci!es! comme si on ne con-aKsait pas les liorg^ia. Lui surtout. Lui qui
sait tout,

'*"'' lie

ats

>rdonns par le pape et comment nous les avons per

s, qu'il a t de tous nos secrets, que nous

..^is eu en lui la m^me confiance qu'en un Borg'ia?

L'a-t-il donc Iraliie?

Aujourd'hui, pas encore peut-^tre, mais demain? -..,' -se,

ic nos mystres. C'est se demander s'il n'est pas

ifvenu bon donner la ^ >' imtx'cilc

. t ramolli. Confier son gc.v^.. ... ^...v.v de sa mai-ir. sse, et toi, sa fille, le soin de
l'initier l'amour! Car c'est ce qu'on dit partout, tu le sais bien, que toi f ' ... iiiartj:

, , i toi la
iiiaqurrelle du pa|>e. I)c Santa Maria, la foule a fait

un l) ... Et tu ne sais p.-i \Ae

.r.iu>|le Julie : la f .ii.'.'* <!< '.< es, tu seras rcfi

C'est toi, (V'sar, qui as vouiu'que Julie Famse t ma dame d' , . . - . '"mdit

.iii>si : tu as % _ ^ -i j)our

qu'on ne dabaudJt pas sur les risites que lu me faisais ff |>..iii- ' 'iriicr de f iix les

LA nOMR liBS BOUGU

dans le palais de Santa Maria in Portici un h

Pll j'i Dieu (|u'il ne vt rifn de pire. I

l>cuvenl |>as rcsisler leurs passions, ih. .. ,

coniment poiirrions>nous donc leur rsister, nous fenunes?El le peuple nous excuse.

Ixpeuple -seulement, laml.^ .,

ont vu, reux (p< t. ceux (pii comme J

et toi ont chaufT le lit o le vieillard du Vatican venait ranimer sa passion snile,
ceux-l pou Voil ce qu'il ne faut pas! Voil pui. ^ ^ venu ce soir faire une visite ton
mari. Voil pour-(|uoi, sur un coup de sifflet, mes hommes embusqu/'s vont bondir de
tous cots, sauter sur leurs chevaux et prendre la route de Pesaro. Quelle belle veuve
tu feras, Lucrce ! Je vais partir avec mes cens, je serais trop heureux de f f*r demain,
moi-m^me, la

bonne nouvelle : Lu .. iibre!

risar enlaait Lucrce, mais celle-ci, lasse et ini> Hante, le repoussa doucement :

Quehpi'un pourrait nous .^-i., ..,->.u.

Une rumeur venait de la rue. (X'sar, sollicit par un dsir imprieux^ n'y prenait pas
garde, et comme Lu " ;inait de son ' " ' ' illil

de 1 , il croyait \n , , 'U-

reux du plasir coupable qu'il prenait corrompre sa jolie siiMirqnedc sa pro()re


volupt.
Sous les fentres du couple ince*^'-" .1.-

blement s'tait form. Un cavalier . ^;nl

9U milieu d'eux, il disait :

Vous tous, seigneurs et bra\rs ^< aux Sforza, gardez les issues du palais ^

in Portici. Dans la chambre mme de Juan Sforza

LUCRECE BOKGIA, DUCHESSE DE FEKRARE D'aprs an Portrait du TlTlBX

qu'ils ont voulu assassiner ce soir, Csar Borgia

viola sa sur, concubine intrimaire du pape Alexan-

Ire VI, son pre. A qui hsite, la vrification de ce

(ue je dis est facile. Gravissez les escaliers, montez

I la chambre de Sforza et vous verrez le pourceau du

>ainlr-Sige s'enivrer de caresses sacrilges. Montez,


/, au profond de votre cur ce que

t vu, et si demain les Borifia veulent

ouiller la mmoire des Sforza, dites-leur qu'ils ont

iienti, que la honte et l'opprobre de leurs vices n'est

as sortie de chez eux et qu'ell* ^ ''^sfera jamais,

t vivent les Sforza !

La foule approuvait sans applaudir; elle ouvrit ses ranjjs au cavalier, qui s'loig'na.

La foule s'a^''itait dans la nuit, on parlait des Bor-

.'ia, des scandales qu'ils suscitaient, on faisait des

anleries ^'rasses; tour tour, Julie Farnse et sa

-, le pape, la Vannozza, Csar Bor^'ia et la pauvre

Lucrce en furent souills. A la lueur des torches que

iuelques-uns avaient apportes, la foule pntra sous

' * ir les murs blanchis de chaux trara

nes, des injures graveleuses. Quel-

{u'un, hiss sur tes paules d'un facchino, cloua sur

' )orrhe, au seuil mme de la maison et de telle

"!' (juc tous les passants pussent le voir, un

tue phallus en bois. La foule applaudit. On

cciama le symbole (|ue les proxntes antiques ri-

int au seuil des maisons closes.

;lqu'un crivit au-dessous : Pour Lucrce Bor-

Un autre, sans effacer, inscrivit en lettres

: Afl usitm Ahxandri, faisant allusion aux


Miii rniii-;iifnf en ville v\ sel)n N'Sinioilos

Alexandre, arriv au fiaroxysme de la dt^pravation avait besoin, pour que sa


sensibilit ^ rpr i des violences d'ordinaire rci><r u m

niii que le sien.

Les courtisanes qui taient l en assez grand

orU..... ^ ...... . ... 1-

tiole obscne qu'agg'ravaicnl les inscriptions. IN'h!;iiit que Csar et Lucrce


s'oubliaient a l

il.'. ' pprouv'^ ' ' ''

sai. i a, le * .1

avait t rejoint sur les bords du Tibre, et l, apr

une lutte ' , avait

pouss dai. . ...iive au i: . , - -

suivants allaient se saisir de lui et lui couper propn ment le cou pour ramener sa tte,
en troph*

1 le accomplie

regagnait Home en cbantant. Ils chantaient une char son flo "I le rei"' mi tu

trouve:.. .. _ is qui c ; les

mchants ne chantent pas

nr par le^ rumeurs qui .>

i.iiim n. -^r^or*. " "Ttl la ft'in ;

ordonnait. rselairc.

Malgr ce qu'avait dit le cavalier, (icrsonne n'avaii cru srieuschient son accusation
d'inceste; i l'apparition de Otar la fentre mme de < chambre, que tout Rome savait
dire la chambre d' Lti ' 'e soir d'une tmrit o la foule vi

de . ....].,......, e, cl une clameur de hues, d'ini-"--


rpondit au jeune cardinal, qui du haut du {'

inla Maria injuriait la fouli. v.. j.1.1 w^^.-. ^7..iit.-. 1 porte coclire fut referme. La
foule se rua alors mtrc elle, et aprs quelques heurts ta porte massive

i; ' ' ' -i. Des bkss''^ criaient.

L . , ms le reslibulf. Au dehors

la foule insultait Csar.

|ue. La foiiie ^trolc se ruait

.1 pris son sifflet et, p^ar trois fois, une riduiation d^hirante traversa Fair : Tappel
Vuidc " 7ia.

le Tarait reconnu et, trouperni apcurt*,

il (jue (.'^ar 1. ti iu 1uuh'> Lucrce,

,,.,., ^ie toutes ces cla:.. ... , uvait couiuiis la faute se montrer la fentre du palais.
El de loin, la ule, qui avait cru un dfi des coupal>les, continua

...:,_ I . :., : .. . i-, i: i! . i . v i.. . \- :

Le pcipe est dans leur lit, criait la foule, aoe* ij:.

Et, dchane, la pleine rclamait le pape. M Alexandre! .\le.\andrc! Montre-loi! % S


'i:'l..in tous se turent

A la U'Mclre V')-- - ' ce

t Csar, une on ile

<', interdite, ses srestes bnisseors descendaient.

icieuse et

, . _ . _ . . . ^ rssHiir d<*

aDt Pierre, et doucement la foule s*en alla.

*.>! r, Mil j)l i> ur ne j),i>i \ ui r >' IS

la plbe, descendit dans la rii< i :

MichelcUo! Personne ne rpondit. Il parcourut la rue tout e^^i^re, suivi des yeux
par Lucrce trem-blante, et sitt le mur de la maison Jaune (pii terminait la rue
dpass, Lucrtce rentra priVipitamment.

Paolo! Paolo!

Del chambre voihiut i .uju -

Paolo! Tu as tout vu, tout i. Rpte tout cela Jean Sforza et dis-lui ce que J*ai
subi, ce que j'ai offert connue sarrifice au Scigrneur par amour de lui. Va, dis-lui qu'il
hte ses pas et qu'il se mfie de ses amis. Vile, Paolo, va, et que DiiMi te rarde! Mais
auparavant appelle Antonio.

A Antonio Lucrce dit : Parle i jmi u-; mi :>i-u . ..

Il raconta que pour dpister les cens de Csar un valet avait enfourch un cheval et
fui h toute brid vers Pcsiro, poursuivi aussitt par i "

Jean Sforza en avait profit pour s . _,.... tranquillement cl avait eu le couragre de


venir son les fentres mmes de son dang-ercux rival et de so; mortel ennemi,
rappeler la foule au mpris des tur piludes des Ik)rgia.

Antonio parlait encore qu'une clameur joyeus-Clil . " ' ' * . *" ', " ',

d^^ .. .. . ^

mait Csar, on acclamait Lucrce

Le chef de la troupe des cavaliei*s h'avaii^^a rej -lurusemenl sous h'- f-........ ,i
palais, demanduiii d

doua Lucrc/ia de ;

(^uranie Lucrce paraissait, elle vit le cavalier lui

ndrc au bout de son bras comme un norme fruit lourd et juteux. Le cavalier, qui
n'tait autre que Michelelto, et qui croyait encore Csar dans la chambre de Lucrce,
dit alors celle-ci qu'ils avaient irouv au bord du Til)re quelque chose que pouvait
bien avoir perdu le seig-neur Jean Sforza. Et comme Lucrce se pencha pour mieux
voir, elle reconnut au poignet lev du capitaine une tte frachement coupe ' dont le
sang^ j^outtait sur la monture.

'* n! la ttc d'une pe qu'il tenait en main,

> dit, aux rires (le la troupe :

Voulez-vous dire notre seigneur et matre que Jii;m ^nrza l'attend au bout de
son pe.

I -' nnussa un rn et loMiI; SUT Ic carr*^!!

CHAPITRE m

La fte nu vigaolile de Sn-Pictro io Viocoli. Cardinaux et courli-

( '.our-

fi fiTs. /ta. A

L'ir: chnpctrfv

<] .Cf. Le

j< . vlaoii l'ob-

ii : .,ia. - Auiuur de Julie

l.ir. ,r |: . L couvent de San

SUto.

.c jour-l, i4 juin i497> c'tait ftHe au vig-noble de Saiat-P f

La Va.. . .^ ail tous les cardinaux, le pape,

Julie Farnse, le prince d'Anhalt, ambassadeur de Maximilien, el les ambassadeurs de


Franr4% d'Es-

ainsi (|uc les envoys des principauts H

los italiens.

La Vannozzn donnait la fte, certes, mais les convives Il les invits

de la \ ..., -: i pape, que

comme ceux du pape. Nanmoins, tous tmoignaient


LK r\OME I)K9 IIOROIA

la Vannozza les ^'gards dus une vritable reine. Tous !i\s htes se rpandnienl h
travers les virno-Itles, admirant la rcolte prochaine, mais surtout abritant leurs
confidences amoureuses parmi les ceps fiMiillus rt sous les p*' ' irles qui p > ''n!

les ranges de pieux l . - sur lesquc aait

la vitrne, par trois rangs superposs, distants de (luaranto ccntimiMres environ.


Rompant la monotonie de CCS alles, ainsi bornes de cluuiue rot et envahies de
mauvaises herbes parmi quoi sautillaient les sauterelles, parfois des treilles Tormcs
de lourds pieux et de lattes entrecroises offraient aux couples lascifs une ombre
propice.

Les cardinaux et leurs amis vag^uaient, joyeux

sine des t'coliers en vacances ou des lus dans le

jMiiadis; des rires chantaient frais et purs; ! "pies

se penchaient sur les hautes jarres d >

recueillir Teau; dans cette eau trempaient des dbris

eau. C/esl de cette formule primitive que se sont souvenus les vigrnerons Iors(|ue,
plus tard, ils arnisrcnt

les plants avec de T''"' " '> "" -li-^-.'!:.. !>

Mil fille de cuivre.

Donc, sur ces jarres aux trois quarts vides, les jolies r" ' leurs amants v

i il, la voix rsonn

elles riaient alors cl le rire jaillissait en chos harmonieux, et les cardinaux et les
barons se "nt

alors comme Ir'"-'^ ....;..^ leurs ttes se ..cul,

leurs lvres se i :, et tandis que les femmes

riaient, amuses, les cardinaux, plus graves, une

LA nOME DE BORGIA

flamme aux prunelles, liaient de leurs lvres les h >ur!ics rieuses. Parfois, un chapeau
tombait d^ns l'eau tic la jarrf *' '- ^'"-'^-^ ^' "'"" vtaicnt en trilles sonores.

Sur presque toutes les jarres deux ttes se pen-'"' ' ' ! ' ' et se n' - 'ni,

l pas iji , icle pieux que cette suite de jarres aux ventres rebondis contre qu,oi se
frlaient les couples.

Parfois un livre jaillissait parmi les herbes, ou une perdrix fuyait, vol bas, que Ton
n'avait pas vue partir, et qu'un froissement d'ailes dnonait Tatten-lion. Ici et l,
tout au long: des pas, des piges ull'raient, parmi des branchaeres ou des herbes, leurs
pierres plates meurtrires. Des serpents se glissaient snupl.'s, onduleux, confondus
parmi les herbes.

i'iirfois, un cardinal, guettant les alentours, se blottissait, entranant son amie, et Ton
n'apercevait plus, de courts intervalles, que la tte du prlat, d' liante, w 'sus des
feuilles. Quelques-

uns, trop .1 -aient ces prcautions et,

quand ils se relevaient, ils rencontraient, ici et l, iiis parmi les grappes, des yeux
rieurs el

'S.

La Vannozza, |)endant ce temps, veillait la mai-

-Mti. m:' irii les domestiques, soucieuse do bien remplir ^.-. iujiclions de matresse de
maison. I^s ordres <] Mws, elle rejoignait, dans une salle du premier <^^sar, duc de
Valentinois, qui, les bras es, ploy sur un ptrin, s'absorbait dans sa

<:ette pice tait rserve la Vannozza et Csar.

\l t.A nOMB OB9 BINIOU

Seul, ic pape y avait le droit d'entre avec eux, mais

' ' "^ ' ' ' ^uil. Sur le

le. Sur ces tourtires en cuivre rouge entirement vert-de-grisc, im liquide qui ; til
incolore ^ ail.

l'.w ,],. ,-.s tu. .....:> lait loujo... iis i'iUre de

la (' pour que le courant d'air en activt

rvaporation. Tandis que la Vannozii rentrait, Csar dit en w ' :


J lidu de faire du feu, pourtant.

J\ii mis peine quelques braises pour hter un |>cn \o n'-sultai, nous n'aurions pas
eu de p>oudrc aujourd'iuii. Et j'en ai f'-' ''" "" '"' 'im li poudre ait pu roussir.

Ce n*est pas tant pour cela qu' cause des ccndrr5; ' ~ : t *lnnt k la poudre, la
rendent moins fine. I! , il que le cardinal de Uiaro est myope. Celle-ci est toujours
assez bonne pour lui... mais pour <'"

VannozTui.

Et comme le regard de Csar fuit le sien, elle craint de deviner, elle supplie :

Csar, mon fils chri, pargne-moi ce cha-^Tin. Pas luit Oh! je t'en supplie! Pas
lui! NonI pas C4'la...

Apporte-moi la tourtire, dit C^sar, elle doit <Hre sche maintenant. La


Vannozza lvo par les diMix poiirnes de fer la lourde tourtire en cuivre

uM'jr sr- ' '""pMe on Vf'-' ' - moisissure, des

l.iilMs . , .saup{4>

Avec une patte de livre, Csar le prcieu-

I.A ftOMK DES BOR<ilA L'S

sment celle poudre, puis arec une lame dUroire rade soigneusement e cuivre, fl
vere eosute ce rsidu dans un mortier en inarl>re, il l'crase avec un

pilon " ' ^'^* '"" ' * " luis il le prend p-" -

ct'^s ei. .aie, et la poudr.

impondrable, impalpable, sur un miroir d'argent poli.

Donne-moi la manne.

Csar appelait Tarscnic la manne aMcsIe.

Il mle aloi-s l'arsenic la jwudre p >, passe

..... ,^,. !.. .,..!.,...,. entre les deux poi..--. ..,s et, sa ': s'crie :

'( Dieu a dit : Qae la lumire soit! Et la lumire fa\. \<>n<, Bnrcrf.i, no<i8 pouvons
dire : Qae la riait S'ni ! A7 /-; ///.' 7 : rra ! w
E% comme la Vannozza hochait la t^te, inquite, il la prit par la taille, j\veux !n'

ment.

K"j irdoz Totre fils, ma jolie mre, est-il beau? Vous, vous 'tes r4nt fois, mil! '"
' ' ' " *' r tes resU'-e si jeunr! M;^is n" >

srieux! Une petite pince comme a Julie Farns* iM.ur Tanniversaire de leurs
amours! Qu'est-ce que tu PU iliM?

Tais-toi.

^i' > on sonnait le ffcnedicite. Cliiit l'heure de ' ^ ^'annorra descendit, laissant Crsar
sa

1^ tourtire tait vide. Il pissn dedans pour rem*

placer Tn' ' - r

<(4 >-A HOMK DE BOROU

liaient de Turine que faisaient vaporer ainsi la lozza et son fils. Les sels qui en
rsultaient, corn-> avec des sels < -^ .. .....i . i. ....m.....^,,;^

l'arsenic, et ce i^ m

des Horj^ia, ia cantarella.

On sait que c'est de l'urine que Hrarull ri Kunuel tirrent plus tard le phosphore, vers
1GG9. Brandt, chimiste hambourgeois, ne sut d'ailleurs pas toute l'importance de sa
dcouverte, dont il ne tira aucun parti et dont il vendit le secret h KrafTl, de Dresde.
Brandt se passionnait trop dans sa recherche de la pierre philosophale pour s'arrter k
cette dcouverte. Le s'. >; de l'urine avait t livr aux Bortria,

au jK!, par un moine espatrnol, qui truris-

sait et empoisonnait tour tour avec l'urine combina" d'autres mdicaments. C'est
ainsi qu'il alliait, sans en connatre exactement les proprits d/'- -^ le phosphore
l'arsenic, provoipjant, parcett. tien, des accidents souvent mortels. D'autre part, il ri ' '
on leur faisant boir'

(j. . , , ,. .. . rg-e .>.

Le phosphore que l'urine pouvait ainsi contenir agissait-il aussi erfiaicemcnt, nous ne
saurions I mais ce moine obtint aussi des cures merv ' v\ Savonarole fut oblig de le
foudroyer d. >-
qucnce, parce que les vieillards se laissaient aller au\ pires ex< " '" i ^

dans ce n ^ . .

Le poison tait d'autant plus prcieux que le moin

n . . qui tait la m 1-

"' ' ...w..., i.. . '^s prvisions w, ... .^, ,, ..ce

raine, qui . ai que le phosphore pou-

LA ROME DES BORUIA /{5

vail tre associ l'arsenic et que Tun comme l'autre avaient le mme antidote.

uiiid.> que uesar Bort,'ia, Ucniicr des secrets du inoiiic espa^jWiol, confectionnait
des petits sachets de toile qu'il emplissait d'une poudre blanche impalpable, les
convives prenaient place dans la vaste salle man-fc'er. Les plus belles courtisanes,
que Rome accueillait ses ftHes publiques, ornaient de leurs charmes connus et cots
la table o le chef vnr de l'glise prenait ' 'li-mme avec tout Tapparat et la
pompe d'une lie.

Csar Borgia arrivait. Le bracquemart insolemment hch dans sa ceinture, |)lus


gonfalonier que son frre, le duc de Gandie, il alTectait une dsinvolture d'attitudes
qui seyait assez son mas<pie rude, sa voix nerveuse, brutale mme. Il avait un
peu, avec ses bijoux et ses armes orfvre '' ifcl d'un condottiere, mais d'un condottiere
(> _ tt. En ralit, il l'tait plus que quiconque et jusqu'au fond de son iime. Il jouait
continu" ' avec son bracquemart,

loriir |)oignard lame ... _, l aigu?, <|ue l'on a trop souvent confondu avec les
malchus et fauchons, autres coutelas fd droit. Il l'avait toujours en main, et pour
appuyer une dmonstration, pour dissimuler une g^ne, toujours il jouait avec cette
arme, en appuyant la pointe sur l'ongle ou en prouvant le fr;i[ir]i.inf ^uv la paume d'
' 'n.

<.*ll i iltJiii U'i, et ! (MI is'iii. iiiL'-miiiii'nf .

croit-OD, dit :

A les comparer (ous deux, le beau duc de Gan-

lis que ce soil le duc

T.
Le pape foudroya le cardinal Orsini du regard, la Vnnnozza Irembla, et Franois, duc
deGandie, jui avait entendu, sourit:

Vous me faites reyreller de l'tre et de ne pouvoir lu cder la place... Cela Tiendra


peul-^tre..

mot qui donnait cette phrase une signification mys-nie. ,1 .aot. Alexandre dtourna
habile"'" !ion pour chasser le malaise sur Les yeux de Vannozza croisrent les
yeux de *

1' lie

antipathie qui devait se traduire, chez Alexandre, en

'{(* ce mot maladroit

Le cardinal Orsini

la rivalit sournoise qui r contre son aine.

noirs y ' ' ' ~ nie

;>e : il II _ , _ ^^

malheureuse vint aggraver les rsolutions de <

Il II ruil Home qu' ' haine que noui-

riSSit:' .i.r,!'!- !. dur i" ....il*.

i du (.'onfalonat, sans

(l'Utt, iij.iis elin avait galement d'autres causes

T-aimait dor- " ' . ' i. ,.

i ire la cour, i , i

.m su de tous, son rival heureux, et si Ton (leut dire qu<

doDna Sanzia avait donn Csar sa main baiser, I cciiaiii ' une

- et qu ' ... - . -*

celui-<i plus que sa main.

r'*;nr, une fois de plus auianl itiaiheureux, tait 'vijR. Une autre rivalit divisait
les deux frres. Csar aimait passionnment Lucrce Borgia. Il

'X, non

. . , ., ni, par

inclination, sans analyser si cette inclination corres-

' aux intentions du (' re de l'glise, qu'il

lit, non plus qu' i...... 'uno '"'(. quel-

. et il les ignorait toutes en phi' averti,

li ne se souciait ni de conseils ni de thories ' ' ' violences de son instinct. Or de>

<|ui voulaient que le duc de (ian-die trouvt meilleur accueil auprs de Lucrce que
Csar ne trouvait lui-mme, et de ces rumeurs-l celui-ci avait t inform.

De ce moment il pensa que dcidment la f-imille Borgia commenait d^tre trop


nombreuse

(|u'on avait appeles pour jouir de leurs propos licen-"ar 1rs vins 'nl

.. > tpjc leur pi. .. .. ;,.., Ai\.

tes compltaient les phrases, ou les commentaient, on s'en inspiraient. Des


convoitises s'allumaient .uix {u-nnf Iles des convives : une ; ' ' ^ 'lou-r us' jii.
tuait sur leurs cerveaux . .np-

tucux.

;^8 L4 ROME DBS BOKOIA

Soudain im brouhaha, des clameurs joyeuses, iro-

(\re

^ . ^^el

hruyante : un enfant de chur dclara, tout confus et en tremblant, qu'on venait de se


saisir dans les viirnes de San-Pictro ad Vincula, de trois moines faisant uvre de
chair, en une trinil bizarre runie h la faon de ces chapelets d'escar^'ots que Ton
voit dans les vignes r. . - - . - ^^

Le pape, ijc , , A, ica-


tions embarrasses du jeune enfant de chur de quoi il s' '. manda les trois moines.
Bientt ceux-ci,

|)^o^^ ,... -, genoux terre et le front aux pieds du pape, s'humilirent. .Mexandre leur
intima de figurer dans la salle du banquet la scne qui avait fait scandale. Ils s'y
refusaient, accabls de l ' ns aux pires expiations. .Moxarulre usa (' de menaces, rien
n'y fit.

(^sar vint alors dire quchpies mots l'oreille du pape.

Alexandre fit teindre les lumires et, dans Tobscu-rit peu prs complte, il
ordonna aux moines d'obir. Dans la nuit, avail-il dit, Dieu seul pour-rail les voir,
ou son envoy sur la terre ; il fallait, pour obtenir rmission du pch, que le pape
st faute et piHjugerdela pc ms

... , . i.iicnt donns en spectacle . Il

leur promettait de leur accorder ensuite l'-i jn.

Les moines parurent se rassurer peu peu et acceptrent la san : : ' .^ - '> ~ ^ - -
- . |^^

Pendant < , ^ .'S con-

vives se taisaient. Ils n'avaient aucune raison de

uc

s'impalienter, radieux qu'ils taient de ce secours inattendu et si heureusement


survenu : robscurit. r ' 's se nourent. Des corps s'enlaaient. On gure que des
murnmes ou des rires touffs parmi le grincement des liantes chaises lourdes que les
mouvements des convives g:itaient.

On savait que Csar prviendrait avant que l'on rallumt les lampes suspendues aux
voussures de la salle et les lustres blouissants d'argent et de cristal, ' -'< de
fleurs. Une profusion de fleurs odorantes la^eail l'atmosphre d'effluves voluptuotix.
La Siille tait pare comme un temple antiqu<

La Vannozza s'tait leve et, hisse sur uiu* cliaise, avait tir, sur une niche o
veillait constamment une lampe, de courts rideaux lams d'or, parsems de pierreries.
Elle voulait cacher la Vierge le spectacle qui allait se dron!'- ' - nujourfl''-" '^omnje
tant d'autres fois dj.

Pour ne pas aggraver Tinfamic de leurs altitudes spintriennes, Alexandre intima aux
nm' ' " uer les yeux. Et tandis que ceux-ci oboi , sar

apporta brusquement des lumires, rvlant aux coo* vives le 8|)cctacle de cette
lubricit et des hontes de la chair, pour parler comme l'Ecclsiaste.

Soudain une clameur monta parmi les cris joyeux de l'assistance. perdue, elle jaillit
de la bouche des ; vautrs terre, dans le sang, et * * ion-is la douleur conmie des
lombrics i I>e

ng s'talait : leurs coudes, leurs genoux, leurs

lains glissaient sur le pav gluant et rouge.

De sa dague abattue par deux fois. Csar avait sectionn leurs liens avec la mme
aisance qu'il et

fait du n<i!U(l ipordicn et il en jaillissail deux mixtions de sang.

La dagtie en main, Cf*sar publia^ rviii.|ii. . TU auront pri... par o ils ont pchr-!

i)n rarxrlama.

des ! le jMjK

Ijds valets avaient balay le sanfr des moines. On tivcnaitdj plus de la scMiequi
venait de se

Le cardinal Orsini, qui tenait enlaces aux siennes les jambes d'une lielle coui-tisane,
demanda en riant Alexandre (fuci il pouvait bir- - -- - -t au spectacle des trois
moines trouvs de

Sa Sainteti'*... Le cardinal Orsini ne prtendait pas 1 I>t pape. Il trouvait

i.i j... - .. j...- lie.

Pour toute rponse, Alexandre sourit mollement ; il parut ramener des souvenirs
agT^I>i^ de ses cils

! - ''^ sa main qui loitrnait la question^ d'un sou-

i tsif.

Un le pressait de parler. Julie Kamse le allina, assise sor ses genoux, mais le pape
refusait doucement.

Snn.s doote sonfvsait-il au chtiment ckrste qui t l-haut les trois moines invertis.
Son re^raril

' ' '" nobles penses faisaient

. '. ives. Puis Julie se faisant

I ' ' l' ipc pensa voix haute, en une vairuc

LA ROMB DES BOROIA

On ' ' 1.1 salle. Sous le prtexte

qu'il vi... , -_ les serviteurs, leur tour,

prissent leur repas, on leur interdit l'entre de la salle et de toute une partie du palais.

On ,(" = 'Mier au jeu de Qui trouve prend.

On ce jeu d'un nom fran^Mis par pudeur,

|iarcequc les cardinaux italiens qui l'avaient invent ne voulaii iiierla resf)onsal)ilit
de ces '

tiatives v. ^ Toulon en acceptant 1^ 1

Hce, ils en rejetaient sur d'autres la paternit>.

Voici en cjuoi consistait ce jeu, qui terminait d'or-

, .;rr. 1..5 org-ies :

lit la nuit dans plusieurs salles attenantes. 3 convives se dispersaient dans ces salles
au gr de leurs ^ * " ait dfendu d'y parler, sauf des ini , ^ d'un quart d'heure :
on prvc

nait alors les joueurs et joueuses qu'on faisait une sii^ '*s et, pour (jufUjues minutes,
les

'' ...viit les visages des convives.

lis dans ces salles, les convives devaient rencontrer au hasard des contacts et
chacun devait

'" - ' ^ -..-.. -^--. - : ... _ . . ^j^.^jj

I aux limes d'efHeurer les visages des hommes, pour


tout le reste du corps tait fiermis leurs

. Les hommes avaient libre droit de

les chevelures, sur les visages ou parmi les satins des inadonnas, recherclier loisir
ridentit/ do lours par-lenains. Le chucholement seul tait permis, et dans une
certaine mesure seulement : c*est ainsi que qui-ronque tait reconnu la voix tait
mis h Tamendect devait offrir sa partenaire un joyau. Si, d'aventure, il cherchait,
la faveur de l'obscurit, h sVrliapjKr des mains de sa partenaire, celle-ci devait
s'a^ip|>er lui jusqu' ce que l'heure de la suspension d'arm' sonuilt.

Beaucoup sans doute devaient s'efforcer de fn ainsi, parce que toutes ou presque
toutes les femme:* taient oblires de retenir les hommes elles par tous les
moyens, et dans cet effort, souvent le couple tombait terre. Parmi les velours et les
satins, ils se dbaltai'nt alors, sans violeri. ' ' "" f

fuir, celles-l s'effor;ant It nt

ils intervertissaient les rles, et ceux-l maintenaient celles-ci qui s'efforaient de fuir.

On et pu croire qu'un tel jeu ne pouvait aller ^.lii.-. l)eaucon|) de bruif fl de vacarme.
Mais il n'en tait rien.

Les heurts tlai' ;ii sans violcnci'S, les bim srieuses, absorbes iar des soins divers,
car ' devons la vrit d'crire que si les dames ne |k>* valent de leurs mains
effleurer les vis - honini'

pour les ctumalre, elles avaient toui ..ide de

faire par leur visage ; et Ion contait que telles donnai ci ce n'taient pas toujours des
courtisanes, taiei exjertes deviner, du seul ronlacl de leurs 1' a\cc le visage (|u'el!es
parcouraient, qui ce > appartenait.

Les premiers lasss d'avoir ainsi jou se retiraient en prires ou rejoignait les moines
qui, dans la chapelle rserve, clianlaienl les offices.

Le pape tait rput pour apporter ce jeu une fougue rare. Mais sa rsistance n'tait
pas longue : aussi le retrouvait-on toujours chantant des psaumes "ti banc des prieurs
avant la fin du jeu.

A la troisime suspension, Csar avait remarqu la sortie d'Alexandre. Il s'tait alors


assur de la place qu'Oi'Ciipait Julio, la matresse du pape, et avait teint les lumires
en se jetant au-devant d'elle dtelle sorte que, sans le vouloir, elle l'avait rencontr. Et
parce que l'un fuyait l'autre, peut-tre, ils taient tombs ms violences, sur le parquet
o ils demeurrent.
Vous ne pourrions dire tout ce que rvla Julie

>iar, mais elle lui rvla entre autres choses que j^ucrc** aimait beaucoup Franois,
duc de Gandie, co qui mit Csar dans une fureur pouvantable, mais fureur peine
comparable celle qui allait l'enflammer lorsque Julie lui apprit celte autre nouvelle :
T'i .ri-DJs venait d'abandonner le jeu et devait en ce ;it mme s'apprter partir pour
le couvent de

(i-Sisto. Si Julie avait pu voir les yeux de Csar,

' en eill t rffrnyiV.

lulif, {j'iImt p.ir l's vins, les fleurs, les caresses,

liait de trahir inconsciemment la confiance que iuise en elle conmie aussi celle de
Fran-

i, elle devait |)leurerde chaudes larmes.

<lar Julie Farnse aiiiuiit, elle aussi, Franois, duc

Gandie, et elle l'aimait d'une passion contenue et ' ' ' "" ' ' ' '!e l'aimait pour sa beaut,
>ses.

Lucrce aimait Franois, coininc il l*aimail lui inAme, avec fiert, mais sans que
rinceslc ne vnt souiller leur fraternel amour. Elle Paimait et l'admirait, mais sans
qu'un instinc4 amoureux se mOlt son sentiment.

CVtait leur bonheur de se retrouver el de causc lil' '. lui penrhf" sur sa jeunesse en
fleur, elle

le les veux levs vers lui, son an, son con-

seiller afTeclueux.

Et O'sar croyait toute autre chose, d'autant plu

qii ' " ' * ' un soin jal.mv

ai M.iranre de !i ms

entrevues.

Julie, demi ivre, avait appris C6sar que Fran ais fuyait v. lo, o devait '"

nonne aux agu . - .-. :c la petite porte .. . . ,.. sous le ^rand figuier, conduit la citerne.
Cette port liasse permettait, Tt, le {vassale aux paysans pieux (|ui venaient chercher
de l'eau fraclu- ' ; ' :-vrail ^'ure qu' la fin de juillet et ^ s

d*aol. Lucrce avait donc pu facilemeul s'en procu rer la clef. Grce la nonne
destin* il son st< elle pouvait gnsi recevoir le duc de Gandic, :' ! de tous, comme
elle et reu un amoureux.

Derrire la porte du couvent de San-Sisto, sous 1 liguier, o elle travaillait h se p

langue latine, car elle n'tait pas \... ,

attendait Franrois. duc de (taiidic Klle tait th inquite. Sup se, elle avait entendu une
'

tomber tout f)i : ' rt il lui

impv>ssil>le, m < retrouv

LA ROME DES BOnCIA

avait cherch longtemps, mais en vain, et, tourmente comme d'un mauvais prsage,
Lucrce fronait les

sourcils...

Elle attendait Franois...

ciiArni i\

Les

Char , Csar.

rem. r.n.- .j' n m:

fc-ssions des Bi>r;ji:i Kllc accuse < .-Ti I lo Mure. - 1 vcnlrc l'un.

doutent s'ils oot tu Sforza, qui leur chappe. <riiQ moioc. Le goupillon dea
Borgia. I. Le coursier de Giaaino bat celui de les Dorg'ia. Ivresse de Csar
Borg^ia. ' ' ^ . . jj,jpap^.

au cou-
' ' .. - c. i i.iif--> li.; -.1 i.tiiii.,'-, 1'.liij;. i des COn-

Hitour de Lucrce Horgia au Vatican.

-, .;,),. _ Lettre de Jeri" ^i '''> ' Ludoric

lit de leur |>r >a. Le

.ni-ii.,iin (lu tMii- .. .,., . jrg'ia.

Le SDir on MiriK'irlto avait puiiiMiivi Jimii .MorzA cl croyait l'avoir tur puis jel
dans le Til)re, il s'en tail revenu, coranie nous avons vu, joyeu.x, avec sa lrou|>c
chantante, vers le palais Santa-Maria in Porlici, o Lucrce sul)issail les violences de
Csar.

Il avait sous les fentres mmes de Lucrce tendu au bout de son pe la tte qu'il
disait tre celle de

1 ivail pens mourir de cliai^rin et d'|)Oii-

vante, car elle aimait Sforza, et elle l'et toujours

fit ourdi entre etix (i 'pii

1 ... niif i<.,''ii( Mil i ilil'USi'i 'IIX

de l'autre.

LA ROMr. t>KS BOKCIA

Elle avait cru au meurtre de Sfonea et on l'aTail ('tnporl/'e incrie.

Kn ralit, (nndis que Midielello revenait llonie,

il rfloliit quMI n'apportait aucune preuve Csar

iieurlre perptr, et redoutant la colore du duc de

...nitinois, il pensa qu'il aurait d couper la tte de lu victime... Une crainte lui vint :
qui lui assurait, lui, Micheletto, que c'tait bien Sforza cette ombre

i'il avait pourfendue et qui avait peine eu la force jeter dans le Tibre ses pieds?

Si ce n'tait pas Sfor/.a qu'ils avaient tu? se drniandait .Micheletto avec effroi.

II ' "' ir, il savait que, sous la colre, il


l'cl ; Il , et il avait peur.

C'est alors qu'il eut l'ide de lui rapporter la tte de la victime, et h rflchir mieux il
se convainquit que ce n'tait point l Sforza.

Il faut nu moins que nous puissions lui prouver que nous avions bien tu
quelqu'un, et les pcs frachement essuyes du sang dans lequel elles ont lrenq) ne
feonl pas " le.

Comme lui, ses aji:, . .riv;ifiriis ijiiC

ce n'tait |K>inl Sforza qu'ils avaient lu< Micheletto dcida qu'il fallait rapporter une
tte de

leur jiii(o, rf ' ' ' r-

l4Tie (h* rapj)t)rl m-

qu'ils rencontreraienl.

Or le premier homme qu'il n rent, mais

,,.,';iv f... ^ ireut |H'?"' ". cheval il

parmi ! la route

que surplombaient des oliviers, les reconnut bien.

I.A ROME DES BOROIA fx)

11 avait fait coucher son cheval terre et lai coai> primait les iiaseaiLX, tandis que,
Vpc la inain, il s'a|)i)rtail vendre chrement sa vie. Ils passrent prs de lui
sans savoir que Jean Sforza chappait miracuieusernent la iiiorl.

Mais, comnie ils s'approchaient de Home, une ide vint MicJjeletto : ils frapprent
la g^rille d'un couvent. Un moine vint qui ne leur ouvrit pas. Ils eurent t>eau dcliner
leurs qualits et le mandat qu'ils tenaient du cardinal de Vaicntinois, cela ne servit de
rien.

Le moine, trs dcid, refusa d'ouvrir.

I^ torche qu'il tenait la main, clairait admira-Llement sa figrure derrire la g^rille,


mais il ne voyait g^i: lie de ses interlocuteurs. A un moment,

Mi ij, furieux, exaspr, dcida de jouer au

moine un tour dont il se souviendrait loncirtenips, au |)aradis, peut<^tre...


Il s'avisa qu'il ixm" ' par une

chanette en argjMit, i i hrindis-

locco) de Csar. Le brandesloc est une faon de canne |M*e, dans le g-enre des
pes fourres.

y.;.i -I .. ' - -, fjonc son hr '- h ri, visant .1

li .1 porte la l> lu moine qui

\oulait se retirer, il le uiena^^a de son arme, dans i'onihre, tandis qu'il disait, tendant
une pice d'ar-'.iif :

i'rendsl Je ne veux pas pie ta l>ouclie dis** le moindre mal de nous.

I.* moine s*ap|)r(M' 1 1

^ille. A ce moment, ^ t.

uo

sur la barbe ot la robe du moine. La lame du bran-destoc sYHait enfoncs dans la


bouche du moine, qu'elle Irarersail de pari en part.

IVj le moine dlirait. Ses lvres riaient, marmonnaient, joyeuses, en expulsant des
caillots. De son nez le san^ d^routtait doucement.

Micheletto et sa bande plaisantaient le moine.

Mais la torche, qui tait tombe terre, menaait de sVleindre.

Micheletto dit :

Ne perdons pas trop de temps. Allons, vas-y proprement, toi !

Un soldat s'effon;a, en coupant le rou du njoiiir, do sparer la tlc du tronc. .Mais


l'ossalure tait solide. Ils y parvinrent bientt, alors pie la pointe du bran-destoc,
flchissait, menaait de casser, et le corps s'affala derrire la porte et contre elle,
comme un fagot qu'un homme laisse touibj'r terre.

Cette beso^ne les avait amuss.

Ils remontrent cheval en riant.

Micheletto tenait la t^te pique la |iomw cir pe, et comme le sang- g'outtait
enron^, il en a>. crait ses compagnons qui Juraient
Micheletto riait :

\ji ifOUpillon dfS i>ur 1 \sprr(jrs mr mj-^njni

ri miiniliihor...

Cest ainsi qu'ils arrivrent sous les fentres de Lucrce.

* '- ir n'tait plus l.

iroupe attendit, puis s'loignait, lorsque Csar survint, mont sur son eheval
fougueux. Il traita

LA ROME DES BURGIA Cl

Micheletto et sa bande d'imbciles, et en voyant la tte dit qu'il n'aimait pas les
pitreries.

La ti^le du moine ne servit donc de rien, sinon effrayer Lucrce et faire goter au
moine des batitudes autres que les terrestres.

D'un treste, Micheletto envoya la tl runnt au >cuii d'une maison. Csar rudoya la
troupe, leur commandant de crever leurs chevaux, s'il le fallait, qu'ils en auraient
d'autres au retour. Il imposa Micheletto d'abandonner son cheval et de monter une
b(' do race qu'un valet maintenait quelques pas de l.

"t en selle, ils taient partis la poursuite de .^i.u /d, du vrai Sforza, cette fois.

Ils l'aperurent l'aube, tandis qu'il gravissait au trot un chemin montant. Le vent
porta-t-il le bruit du g^alop des chevaux de Csar et de Micheletto? On ne saurait
dire, mais Sforza se retourna et aussitt pe-ronna jusqu'au sang sa monture.

Le duel s'engageait.

Les cavaliers n'avaient pu suivre la course effrne de Csar et de Micheletto. L'un


aprs l'autre, ils avaient tous abandonn la poursuite pour soigner If ' ' ' demi-
mortes. n< * ' " ' uls C<'sar

1 , sur leurs bi sar avait

>Ti un juron de triomphe : Sforza tait eux.

rsar avait eu soin, en effet, d'empoisonner ses trois meilleurs chevaux, de faon qu'il
ne put s'enfuir. Sforza montait la bte d'un soldat ou d'un baron quelconque, et sa
course serait vite termine, prsumait f^^sar.

( sar tait rput pour possder, Rome, avec Sforza et son frre Franois, les
meilleurs chevaux.

As LA KO! MS BOnU

Les b^les de Sforza ayant t limim^es par les Inmi-Ics u inorleDes, Sforza tait p-
rdii. (a'mt et Miche-lelto s'assaraienl dj de leurs annrs.

Mais bientt ils Tirent avec stupeur Sfona non seu-lenient maintenir In distance qui
In spnmt d*eii:i, mais encore Tauermenter. Ils pt^rdaicnl du terrain <!" inoment en
inouienl et Csar dut avouer priis al)ni> :.i bientt atmndonner. Il ue revenait pas de
xi stupeur : un i ' ' ' ' ' ' icii...

I . ira de vue.

Ils mirent pied terre : c^est Micheletto qui le premier pronona le nom de Franois.

D'aboril r/-- .. stupidc de rag^e, hsitait <\ croire. Pourtant 1 ^ st'ul, complice de
Lucrce, pou-

vait avoir fourni i^forza celte noonlnre. Il s'en corn vainquil au ;^ ' ' ' V

calions 1 , , sait plus profond Tabimequi les sparait.

Boi. ( -i' '

favoris sa fuite. Qu'nllait-il donc advenir? Deux factions rivales T che/ les 1" D'une
part, AI ..... , ji l'jiitre. T > Franois; les > 'iK-es en eussent -li' dsastreuses, t.cs.ir
n'oubliait qu'un point,c'est que lui siMil ju^'eait ainsi la situation. Il jiiirea la situation
ili'S4*^()**ri'*e et dcida qu'il fallait, pour tout sauver, se ri'soudre k un sacrifice.

Csar tait dcid l*accoDipitr ; mais la confidence ;ue lui arait faite Julie Farnse
le onvainquait qu'il V avait urpenoe.

Franois elaii venu San-rielro ad Vincula sur

une de ses plus belles blcs, cadeau de l'empereur

^Iaximilien. Lorsqu'il appela le palefrenier et lui

la l'ordre de seller le cheval, le palefrenier lui

adit que la hte tait malade. Franois palpa la

\ puis la ft saii^ner, aprs quoi, il la fit purger, et

|)Our la soulasrer plus rapidement il ordonna de lui


:' ' ' ' de vin sucr et chaud,

I ; s'il ne succombait pas, ne

se relevait pas non plus et Franois ne partait pas.

L'heure avanait. Il scGt prter un cheval el g"alopa vers San-Sisto sans s'tre excus,
ni M.'-nii. iv.wr fourni un prtexte de son dpart.

Mais peine tait-il parti que Csar s'inquitait de savoir o - --^ gti^ le duc de
Candie.

A ver une a !e, il se dsola que son

frre se ft ainsi loigrn. Personne ne se tourmenta i\(* < -e le pourquoi de sa


disparition, on le <uu|. le quchpie calante aventure et ce fut tout.

Mais son jihsenre avait t remarqu* et Csar l'avait s en la rerettanl.

Jn: * ' ' ' ' {Il II il-

fut . .'uvives

demeurrent, il arciipara l'attention ^nrale indus-> . fiarfois mme i ' . et co

: d dans la nuit, lorsi; iinona

que Michelotto venait d'arriver qu'on le vit chan^r.

G4 LA ROME DM BORQU

Il piHit, mal assur, les genoux flolUnls, ds qu'il cul aperu Mirlirlcllot on ne
reconnu! i ' , lui le Csar qu'il avail rvl de longues heur ml, ce soir,

mais une lo<|ue : il bgayait, buvait et rebuvait ; on dut remporter dans un tel lal
d'ivresse qu'il tait devenu un objet de dgot^ nauseux, cceurant.

Le lendemain, Rome apprenait avec stupfaction qu'on tait sans nouvelles du duc de
Handie, puis, coup sur coup, ({u'on craignait (|u'il n'et t assassin, et enfin qu'il
avait t s'orr, puis jet au Tibre.

Il V Mil UlU' I l'ill i'' MIllMlil . Wlli III in. .i

attenter aux Uorgia ? Mais cette slnj^eur fut . suivie d'une autre, indigne : l'assassin
ne pouvait tre que...

Personne n'osa prononcer le nom qui tremMail sur toutes les lvres.
Ds qu'elle apprit la nouvelle, Julie I-arnse lit seller son cheval, et, la t<^le d'une
bonn' ^s if, gagna le couvent de San-Sislo.

L'entrevue qu'elle eut avec Lucrce fut mouvante. '\ 1 Julie .1 ''- (lit les ' i

1 la V;n avait < , i

d'al)ord Julie de reproches, l'accusant de complicit dans le meurtre, puis, se r et


parce que Julie

s'arrachait les cheveux de 4...^, ^,..jr et voulait mirer jamais au couvent, Lucrce la
consola.

Julie avait avou sa faute, son crime, disait-elle,

d'avoir renseign Csar sur les relations de Franois t'I de Lucrce, et d'avoir ainsi
attis la haine du \"alonlinois. Juli' mt'nai.'-eait peu les pithles qu'elle 'Iccocliait
Csar, niais la situation n'en tait pas Modifie pour cela : rien ne pouvait redonner la
vie au cadavre tumfi que les bateliers avaient retir du Tibre.

Lucrce ne parlait de rien moins que d'aller se jeter sur le cadavre de son frre et de
crier l, devant tous, l'cceurenient qu'elle avait des siens; Lucrce s'exaltait, se
lamentait, tandis que Julie, affole, sanglotait, perdue, agenouille sur les dalles
froides. Le vestibule qui menait au parloir o Lucrce avait reu ' ' remplissait de
j)as menus qui glissaient sur

> comme un froissement discret ou un chu-[jotis. Espigles, curieuses comme des


enfants, les 's du couvent de San-Sisto, o Lucrce avait .. r, se pressaient la porte
pour couter. Sou-lain Lucrce les aperut : furieuse, connue en folie. Ile hurla avec
des sanglots dans la gorge : Oui, venez voir la fill' du pape. Elle si plus
iialheureusc que la dernire des filles que payent les alefreniers. Elle est fille de
criminels, sur de crimi-' e qu'elle ne veut pas tremper les mains :^, on veut plus que
sa mort. Oui, Csar, mon frre, m'a viole, tandis que je couvrais la fuite I mari, q(i.'il
voulait assassiner. Oui, ils i.. ,.Milu l'assassiner, vous entendez bien, cl, parce ju'ils
n'ont pas pu avoir Sforza, maintenant ils ont \oulu Franois, duc de Gandie, mon
frre. Inceste, ' ' T* ' ' !, nier des char-

toi! pape ignominieux!... Toi! toi! mre qui prostitues ta fiilo...

Dans les couloirs, troupeau effar, les rel'-''""''"'^ aTaicnt fui. Les injurt^s que
Lucrce jetait ac taient d'une violence rvoltante et Tod savait tuen ce '! " il les
cv " ' ' " ia.

Il I, se cou , i,'rcc pour

(les crimes qu'ils avouent, mais le cauchemar vanoui, ils redoutent la tratiison de
ceux-l qui ont entendu et qui '""Mil |tnr|pr... I.e poison, i -, i'^'it.

On avait cout Lucrce tant <iu'on avait cru des ' ' " \ sitt . "

, ;ius, toul

avaient fui, redoutant ses confidences comme un dit de morl. De mme, le pape
voulut un jour .se ronfes--" ' viinl le Sacr Collgrc : en vain \en cardinaux il-ils
de fuir. Ils .savaient le dangrcr qu'ils cou> raient dtenir les secrets des crimes
d'Alexandre. Ils s;n.ilf lit que, sitt t' ' ' ' oudrait

se (ll)arr.jsscr de ces et ils

avaient voulu fuir comme avaient fui les nonnes.

' I- .i\.iil i.iii >f:iMT Mil < iir>,ii fi

du Vatican. lle voulait aller cr >i

joUl au pape devant tous, rclamer pour elle ; Il (<- llorg^ia, ce poison m ' i-

r ( r i.rsar et Alex.'M'.r^ ..,: ... . .< v.

M ars de biens... 1 . elle criait tout celi.

LA ROMS I>S BORUIA. C7


rvlant qui voulait l'entendre des nionstruositcVs, mais tous feig^naient de |x>rler
ailleurs rintrt, attentifs ne pas paratre couler.

La petite troupe arriva au Vatican.

A |>eine Lucrce se trouva-l-cUe en face de Csar qu'elle clata en reproi^Jies, en


injures, en insultes si T ' -' * s qu' diverses reprises Qj-^ar dgaina le : l qu'il portait
la ceinture. .Mai.s sa menace ne faisait qu'exasprer Lucrce, qui le dfiait :

Tu n'oses pas! Tu n'oseras jamais, lche!

Et se jetant sur la dag-ue de C^sar, elle d(j:aina et tenta de se tuer; mais (ls;ir s'tait
saisi d'elle. Il lui

parla fi- iit et, fi- ' "'Mit, Lucrr<e, dans une

cri.se, . - des c^i iccourus, tomba, san-

glante et convulse.

J'ai |H*ur qu'rlk' ik* dt-vieiaie folle, dit ^rrave-raenl Cs;ir. Hier, Jean Sforza ;
aujourd'iiui, Franois: cela fait pour elle deux tres disparus qu'elle aimait par-dessus
tout.

' '' ' > ;.....,.....,....,,^

. seule avec Julie cl Csar, elle prouva une telle horreur du voisinage de soo r . t. !*
dressa contre le grand lit

li-, 1l< sse dfendit;

Pourquoi l'aurais-Je tu? Par intrt? J'aurais t'' un : r(ux et un imbcile. Ne


serais-jc pas ^'M! < ,...,..^ soutenir tout l'iirilage formidable >i . . I / Jamais je n'y
suflirai. Fran4iis vivant, nous formions une puissance. Lui disparu, c'en est ' ' "orgia.
Notre et. ' ' i-Atre (luel-

68 t. A noMK DES BORGU

de ia maison. Lui mort, il ne nous restera qu' fuir. IVul-lre mme nos ennemis ne
nous le permettront-ils pas!

C('*sar disait \U des choses vraisemblables et, sans s*en douter, prdisait lucidement
l'avenir. Il russit branlor Lucrce. Il continua :

Ueproclie-moi d'avoir loitrn Jean Sforza, ton mari! Je reconnais l la vritr.


Accuse-moi d'avoir voulu le tuer : j'accepte Paccusation. Mais ne le fai-1 ' ' ' ? Notre
vie nous tous " ail. 1 < le More se dclare 1 lirc d'Alexandre; or Jean Sforza, son
neveu, est sa solde comme aussi la solde d'Alexandre. Mari de Lucrce Borgia et
gendre d'.Alexandre Horgia, il prfre aux lk)rgia son oncle Ludovic Le More, dont le
but, en mariant Jean Lucrce, avait t de trouver ainsi dans le pape un associ et un
complice de sa |K>litiquc. Ton mari a accept le pacte...

Tu mens!

Mieux, confiijua Csar; au moment mme o Sforza devait choisir entre nous et
Ludovic, il nous fait serment de fidlit d'attachement et, voyant que nous le croyons,
il crit Ludovic une lettre prudente dans laquelle il lui oflfre son dvouement.

Tu mens ! le dis-je.

Je mens? Eh bien, alors, Lucrce, tu vas connatre (juel .ser|>enl...

Je te dfends.

Ouvre les oreilles, on pluUU lis toi-m^me. Lucrce lut :

... Hier, .S;i n signore (le Cit. a/-

Giovanni Sforsa, qu'as-tu me dire? Je lui r-

pondis : Saint-Pre, tout te monde croit, Rome,

que vous tes d'accord avec le roi de Napie, et il

est l'ennemi du Milanais. S'il en tait ainsi, Je me

trouverais dans une fcheuse situation, car Je

suis en mme temps la solde de Sa Saintet et

de l'tat susdit. Si les choses suivent ce cours, Je

a ne vois pas comment Je pourrais servir l'un sans

quitter l'autre, et pourtant Je ne voudrais me

dtacher d'aucun. Je prie Votre .Saintet de bien

me vouloir mettre mme de ne pas devenir l'en-

nemi de mon propre sang et de ne pas agir con-


'< Irai rement an.r devoirs o /.s* Je me suis

a astreint d'npri's ma capii envers Votre

Saintet et l'illustre tat de Milan. Il m*a rpondu

<( que je prenais l)eaucoup trop d'inquitude propos

M de ses afTaires et que je devais recevoir ma solde

de part et d'autre, conformment mon trait. Sur

quoi il donna l'ordre Monsig-nore d'Ascanio

" d'crire Votre Excellence, de faron que vous eu

verrez davanla^M' par les lettres de S;i Grandeur. Si

j'avais su, Monseigneur, me trouver en semblable

' ^ I, j'aurais plutt mant^ la paille sur

Il 1...^.,. .., je couche que de me livrer pareillement.

M Je me jette dans vos bras, je prie Votre E-xcellenct

de ne pas m'aliandonner, mais de tenir compte de

^H la position d ' " je me trouve, d' m'aidcr

^^ft de votre bit i. > t de vos conseils, afin que

^^r je puisse rester fidle serviteur de Votre Excel-

^^Ki len(*e. Consenez-moi la situation et le nid troit

^^V" que, ^riH'* Mil;in tniv. i tii-.*l r-< rn'urif lr:H<-

^Bfi mis.

L4 noMx oca borou

Oliii dont la personne et les troupes seront tou- jours au service de Votre
Excellence.

' Jean ."^forza. u RomCy avril r4f)4'


M- lamme illiiiiiin.i les r- ,c.

ir se mi'prit ol crut qu'eli' lis

son mai

Lucr(XM'lail l lie

lettre; elle lui p >

loyaut de sa conduite. Sforza avait toujours avou a l.ucrce Cxonibien les

Boria rc/euraient, et il rivait dr ' --r un jour

Pesaro avec Lucrce et, l, vivre ei> _ l scurit.

Cette lettre prouvait combien srorza tenait, en effet, M ' " " I), o il rvait

j i. . j.. (Je fois avait'il

' elle le projet que le pape nourrissait Mtnl de supprimer tous les petits tyrans et
.MM.-, (les Klals de l'Kfrlise, rr ' - fief de IVsaro entran dans la .

Lucrce avait rendu la lettre t^*sar.

Mr i-l-il.

Je ! j ,'qu'une chose,

c'est de me prouver que tu es capable d'aimer ta

'v comme tu prtends avoir aim ton frre. J'aime ..i"ii mari, (Jsar, tu entent'" ' ' *
'^' Mii l'ai aid il fuir, lorsque tu es venu . :>re... C'est

moi qui ai fait prendre dans les curies de Franois son mei' '",-- ' ' " , w-

jesavais . , ,. :.i ...:... , .

empoisonner ses chevaux pour l'emptcher de fui

Oui, c'est moi qui ai fuil tout cela par amour. Eh bien ! aujourd'hui, je te demande une
chose, et celle-l je la veux, tu entends : laisse-moi rejoindre mon mari, (jue le pape
m'y aulorisc. Julie et ma mre m'y accompagneront. Veille, Csar ce qu'il puisse en
tre ainsi, sinon, prie pour lu dynastie des Uor;^ia.

Lucrce n'ajouta pas un mot. Avec une dig^nit de reine ofTenst'e, elle tourna le dos
son frre, entranant Julie, et quitta In ' ' rc.
Mais on se iranla d -> de boire de l'eau du

puits, on se dfia des provisions, une surveillance niiiuitieusc fut exerce. Partout on
redoutait que le poison des Boraria n appart soudain. On tenait prts des
contrepoisons nergiques. Une mule tait l'curie, destine au sacrifice. La rumeur
voulait, en effet, qu'un duc de Ferrare et t sauv du poison en faisant ouvrir le
ventre une nmie et en se plongeant nu dans la chair chaude encore agite de
soubresauts.

Ainsi veillait une mule dans les curies de Lucrce.

Et que l'on n'aille point imaginer que ces prcautions taient prises en cachette ! Tout
le domestique

'!' ' ' MU, au contraire, tait prvenu et r;

'W .1 des instructions ainsi que les aini

fournisseurs.

Ami i,iiin rr ().>i;r ' ^'' ^7. Rvc de raodeur

il. Lucrce. L'i. aiie, rve des Borgia.

1 , r I.. ....,.-...,, v...:^..r, _ La vicillr

iii 'la. Le mari

d' .;a. Lucrce

f' son pre. Gasparo, le

fitiL :iies el les bellcviettres la

fin du XV* s. (I. La liuerature introduite fln in bor-

dello . < 1 iDot courtisane. pilaphe de la Belle

Impria. Cuurti&aiics rudiles el ptrarquistes. Luxe des courlisanes. La


\irago. Cclimnes du xv sicle. Dcam-roos chez Lucrce Borg^ia.

i-
Ti av

Ouoi qu^on en ait dit cl comme nous Pavons vu, l.iicrvri' ;v.iit pour Sforza plus (pio
o l'afTcctioii : elle ri's.^ciitait pour lui un profond attachement, et si plus tard on
n'avait ourdi contre leur bonheur et leur foyer des calomnies habiles, jamais Lucrce
n'aurait prouvr pour (iianinno Sforza la moindre haine. Lucrci' avait rormu le
bonheur dans ce palais de nta-Maria in Portici que le cardinal Hatti.sto Zeno avait fait
btir ' '. On pm urs W voir situ

gauche de li iN* la 1 Ir Sainl-Pirriv

s Liens.

\J\y SOUS la surveillance experte de donna Adrienne

' !->iiui, que le j)ape A' " < ayail ' son

svivice en qualil de gu aie et du dMion-

neur, LurrtVe apprenait le mtier de souveraine. Les li>riria nVaient de Tunit


italienne sous leur domina-' ^ l'un mariage qui leur apportt

Ia>s nombreux parents, les amis, les obligs^ les , en un mot les clients des Borgia lui
consli-i une cour.

On savait que Lucrce dpouillait le courrier du ' t -f t( l'Iulise et que par


desannotations elle simpli-li.iil ou plutt abrciTcait I.; * n\o du pape. Cette luiile
jeune femm* de dix-> , >, p:irini les soucis

de sa siuj^ulire et liante situation mondaine, trouvait le temps de se perfectionner


dans Ttude du latin.

I^ pa|)4' s'tait spar de la Vaiinozza, qu*il avait ment carte du Vuticiin et relgue
dans

son tre n'avait pu la prs(*rver, Vannozza, tort ou f)aru n'avoir plus totite "-'n.

.^ . !-< trmr le pa'"* '' **" '"*

raison ii i:rner.

La fortune sans cesse frandissante des tiorv'ia nr

^ ' t.-ii qu'avec er^ne la prsence de cette parente

1 lue.
Le pape accorda au mari de Vannozza une com-

n : il le. fit de Torre di Nona.

lUiit aussi promu .; . . <'' "N'ilicr secret du

pii]>c, et s*il se mettait ainsi I on des Borgria,

il y avait un srand intn"^!, car le poste tait lucratif.

LticK'.- ! la irr.iiKK lav. rin* de Rome.

Nous ne (i ^ is (|uVllc tait d/'j au Vatican la

grande favorite, ce serait nous n^ndrc complice d'unn l'-ende que nous ne rap|)elons
que pour mmoire. Il tait admis Home que Lucrce tait honore, par Alexandre
VI, son pre, des faveui*s les plus intimes. La prsence assidue de Lucrce au
Vatican et. In familinrit osrr que le pape lui tmoi-L'iuiit dniiiiMi'iil ,t (.'lit' itiui' il!*,
sinon du fondement, du moins quelque vraisemblance. Mais, cette ''[.)qiM', !r<
'lents n'taient pas aussi avancs.

f) M I (il cctip elle n'i'fiiM ii:\<< rumi'i^

<-^etle puissancr s'lail dvelop|>e |Jou peu depuis

^.'M mariage avpc .lean Sforza, qui avait eu lieu en

(ij)it du fameux (jasiianj, lequel avait tir de sa

situation de fianc ((uelques honneurs et trois mille

Il de <!' ' t' chantaire

- , :_..^r celi- ,.,,...

'.'est Lucrce qui aide la maison des Boria

Mi'indrc aux ''. vise. C'est Lucrce

qui, tout d'aijot.i iii. M '" a le plus fait pour

l>ort^r le nom <l<'s lUti. n et trs haut dans

Il rainle et le mpris. Si elle parait s'tre prte

II". '. : : ..: I vint un jour o Lucrce se rvolta. Cette rvolte, le l'avait
mat' is et en
" "''jiant un ..'..,. ,., ,:. ,......,, *..^ar tait

TO la AOMX DBS BOHOU

ordinaire, o se nii^laienl les letlres aux superstitions, l'ino'slc la poliliquc,


rainbition el le dtrol de son

tiiii'ii 11 <*itMiii>tii'rii> !! iiiif foison prcs(iu<' ^irii.

Il y avait Rome, cette poque, ce que nous appellerions anjourd'hui di's salons
littraires.

Celui ''' I iirr(''<'' i'!;iif imi Iimiii ijc ili'viMiir Ii iiliis;

brillant.

En Italie, peu pn;s abandonnes par leurs maris, les femmes se runissaient,
dissertaient sur la littrature, la philosophie elles arts. Beaucoup d'entre elles, qui se
sont illustres Home, cultivaient les lettres. On les voit exceller faire des canzone,
des sonnets, des improvisations, des piirrammes ; quelques-unes de ces po'tesses ne
ddai^'naient point la satire qui, interdite, arrivait s'exprimer par le ministre de
Marforio et de Pasquin, les statues railleuses.

A Venise, N'rone, Padoue, Brescia, h Gnes, Florence, Sienne, Uolog'ne,


Modne, Pavie, Urbin, Milan, .Nples, Paenne, Orvile, h Gaete, partout
nous retrouvons des noms de r.Mnm.-i qui ont t clbn^s dans les lettres el les arl>

On avait introduit la littraturey?/i in bordeiio.

Sache, disiiit le mari de \ ; -:i h un messirr d'An'nzo, sache que les ribi' sont
mises

^Tatter la harpe, bavarder du prochain et a chanter 1.1 trani! ! mieux ''US. Malheur

t|Ui Veul . .... .Jiire COUil... ; ..! ' l/n'H IkhiIim ,

bien causer, bien musiquer ! ><

On invente pour une belle personne que son esprit autant que sa beaut avait rendue
clbre dans Rome le mol poli de cortesana. Son pilaphe, qu'on lisait encore au
xvui* sicle, dans Tlise Sainl-Gra^oire, sur le mont Clius, tait ainsi conue :
Iniperia rortesana romann, (ju digna tanfo nomine...
C'est la iH'lle Impria, l'Aspasie du sicle de Lon X, qui ne faisait pas seulement
mtier d'tre belle, mais tait aussi une rudite autorise, une musicienne accomplie.
IJandello, qui nous dcrit le luxe parmi quoi elle vivait, nous parle de son luth, de ses
cahiers de musique, de sa bibliothque. Le tiiMt (le pfitlana tait trop laid pour une
personne aussi dlicaU et la courtoisie mme (pfelle inspirait tous fit natre ce nom
de courtisane, galant et lint(]iie la fois. On composai! des dialogues plate m iciens
sur V infini du pur amour. Ce sicle avait dj ses prcieuses qui plrarquisaient,
prtendant rformer le langaire, voulant qu'on dt halcone et non flnr-sira, porta et
non usrio, etc. I^s Climnes du 1' iiips savaient par cur tout Plrarcjue cl tout Hoc-
cac et d'infinis beaux vei*is de Virgile, d'Iiorace, d'Ovide et de mille autres auteurs.

I.orsrpie ces belles personnes aux noms singuliers et charmants sortaient dans Rome,
ce n'tait Jamais sans un cortge de grands seigneurs, de marquis, de

Iducs, d'ani' !'urs, qu'ace j-nait un train

princier dr , -le femmes vantes.

[ Les crivains reconnaissent aux femmes le pouvoir " -ont sur l*s hommes et
leur s<' il l'am-

L.:. .. le les gouverner. Antoine Calali ^ .. ..ant la jeune ik>nna Sforza lui dit qu'elle
est ne pour I

coiiimaudcr aux hommes : ad imperandum oirix

/?a/r/fi. C'est ces femm<*s-I '' Tpi-

ihlc de virago, qui irUiit u ... ....; injuie,

mais au contraire un cloe et la consi'cration de leur innuence. Jacque Bergaiiie, dans


son De plun'mis

Claris s-' '' - ' - ' us, n'apr'- i-.. .i ..,-, j^

virago i a U* plu ilii*-

riiic Sforza^ la fameuse hrone de Forli, est appele par Marinu Sanudo rirar/o cr
'ma ^ di gran

animo. Uome admira celle In ^ au )K>inl de la

charper de chanies d'or, lors<ju'ello dut Iravi^rser llomc vaincue.

On p< ' ' une Ile


salon, 1 . ', el la

femme virajE^o, femme de corps, mais de %'olonli>, de

t tre

u -,. , "' Ccli-

mne purte la cotte de mailles, puisque ( s il

y avail dj ; |K)urtant on cite des rencontres o de

courtisanes fun'nt reconnues sous le casque

par un coup d'|K'e. Parmi les Tiragos les plus clbres nous avons cit Cilliorine
Sfor/a, (|ui <" ' 'nt sa rille

contre Csar lk)r^ia ; . 1 .,..;.,.. qui, vrtui*

d'une armure de chevalier, prejid le commandement de Taormine aprs les Vpres


siciliennes. On pour

-* -'' -1......^ .1.. <^\f ...: -.1... 'ird,

^ , , . . , , , j 1 rt'

le marquis de Marii^nan, se rpartirent en trois M bandes h ce ' i>ar les dames


Fonteiruerra,

Pirolhuomini ei ....... i ausla. Ces trois bandes cons-

tituaienl uu elFectif de prs de cinq mille dames

genlilsfemines ou bourgeoises , affirme Biaise de

Moiilhir, t/'iiioin du sip^c. Elles Irav;*" r.)rli-

fier Ja vill^ nvfC (l<>s nrllcs. (t'S fiics. (! ^ cl (les

fascines.

On avait appris Lucrce, pendant son enfance, sourire des prtentions de ces
coquettes littraires et ne voir dans leurs srols littraires et artistiques qu'une
affectation et les accessoires d'une profession (ilirale. Elle avait vcu dans une
atmosphre beaucoup trop simple, beaucoup trop familiale pour pouvoir envier ce
prestige convoit par tant d'autres. El d'autre part le sens trs pre des ncessits de
l'exis-irnce l'loiirnait des |)arades inutiles. Mais, utilitaire, rlli^ ju^ea qu'il tiiit
indispensable de paratre prise d'ides gnreuses et se rallia insensiblement aux en
ouvrant dans le palais de Saiita-Maria in

i une cour littraire o l'ont venait lire des

vers, des extraites choisis d*uvrcs remarquables et aussi des piirranimes, des
satires, des s<->nnets. Comme les courtisanes taient au premier rang |)armi les <
nobles dames romaines, Lucrce ne les carta point, et elles lui en surent gr. Elles
commen-' ^ amis n ' ' <c, l'esprit et la 1' la Van

I Cette rputation s'tendit assez Tite, encourage |)ar tous les amis des Horgia et tous
les courtisans. C'est (jui vanterait la grjice, l'lgance et l'rudition charmante de la
fille du pa|K' AUrxandre VI. Qucl(|ues nobles dames romaines s'empressrent

bO LA ROMB IlSS ttOROU

(rac4*ourir aux runions qui se donnaient au palais

" fa-Maria in Portici; ce qui incita If '" s les

r. I^ courtisane nVtait pas plus i. - dans

< ()nq)a^nies que ne le sont aujourd'hui nos

- i foni profession de vivre en l>eaut.

......uni niL'lier de vivre de leur l>eaut.

Patriciennes et courtisanes se mlaient donc chez

Lucrce. Elles portaient les nic^mcs lonsrues robes de

'n ou de moire, et sur ces rob'^'^ ' '" de

iirs toutes garnies de boulons, I In

^orge et parfois la poitrine nues.

Sur les cous ruis.selaient des colliers s, des

joyaux d'or et de pierreries. Leurs br.i. ....; ut nus

sous leurs vt^tements de dessus, aux long^ues manches

troites, mais ouvertes. Les plus dcolletes dVntre

" ^ frtaient pas les dames nobles, et ! - ' - hcs


_ iix n'ornaient pas les paules de ces u-s,

qui connaissaient parfois le prix que ces bijoux

mari pour les t)frrir leur ma-

... . i.i , on voyait des ^anymdes aux

formes lascives voquer Sodome, tandis que plusieurs, parmi ces belles Romaines,
faisaient en sorte qu'on n'ou!-'- * ; 'int fomorrbe.

A r> mieux le monde, Lucrce comprenait

mieux le d^^ot qu'en avaient les siens. Franois lui en avait toujours parl avec un
mp ' 'riant. Il

ne valait pas (|u'on le connt , ^ .1. Lucrc**

commenait h s>n convaincre. Parfois, ces runions termines, elle jugeait avec
svrit ceux et celles qui lui faisaient i ir .,..>, .... . ,.. i....j_

ner leup p!

mesquins, elle en arrivait leur prfrer les dpr.i-

LA ROMB DES BORGIA

8i

vs ou les sc^'lrals. Elles ne portaient pas de fard seulement sur leurs fig-ures
maquilles, celles qui venaient chez elle pour y faire des grces : tout en elles tait
fard, et "n "' m. tiv.iij MirvtM :\ .Mjr dcouvrir une me.

Ftc noclurnc au iKilais Snii(n->f.jria. Le ^anymde auv oreilles

ti.jwrlie. Les Les patres. L< -

f<0'-ti'|ue. La 1 ;<, - I^ fard dooin ^

l.os l)uiiC9 cornus. plH. La venreaucc de


Liicn.-cc, Les pa(ir<^h * Ferrare. Le mal fran- ais.

Un jour, Lucrce recevait au palais Santa-Maria tout n- iiK' Rome coiiipUiit de


nobles dames et de belles iMiiriisanes.

Comme elles entraient dans la grande salle o se tenait la runion, elles apercevaient
un groupe entourant un jeune liomnie. Des paravents prol/'eaient relui-ci contre les
rei^^ards des curieuses, mais ils le prottreaient mal, dessein, pour mieu.x
provoquer l.i v.^ visiletises. Toutes se penchaient et

vnj ^ le plus joli fc'anynide (pi'on piH

grever. Ck)mme il i|>:norait, ou paraissait ignorer leur prestance, il ne i^ardait aucune


mesure dans le souci ipTil avait de se parer. Avec une toile fine, il rpartisse il sur ses
joues et sa nuque le blanc et le rose. L)c i^rands miroirs le rcfl^^taient. Tour tour, il

patienta rougir ses lvres, ses gencives, pour rendre plus sduisant son sourire, ses
oreilles... il lissa ses cils, les r/'gularisant, dessinant une lismc nette au crayon et
arrachant minutieusement ave*-une pince piler les poils (]ui dpassaient la ligne
dessini'e.

Il dnudait son buste et lui accordait galement tous ses soins, puis mlangeait,
savamment, les doses trs exactement mesures de civette, d'amhre, de musc et
d'huile d'orange, dont il enduisait son corps et ses membres. Il baisait alors ses bras
blancs et poncs avec des yeux mi-pms de la tentation de prolonger le baiser.

AgacV'es, excites par ce spectacle, elles chuchotaient de leurs lvres treml>lantes


des mots de dsir, elles balbutiaient des clineries d'invite, mais le jeune homme
n'entendait |)as, et l'une d'elles dclara bientt (pi'il avait les oreilles closes par de la
cire rose, et toutes virent qu'elle avait raison. Il ne (levait |)is entendre les
complim

sductrices i>, expliqua un page ... , i

joli, aussi fard. Lucrce arriva. On descendit dans le jardin, sur la fMnlouse,
qu'clairait la lueur vacillante d(;s lampes.

Des tapis taient tendus, qui devaient prserver du contact frais de l'herbe et du sol.
Aux places o les conduisaient de jeunes pages ^ ' " les

dames devaient demeurer la s< - i'ar-

1er, sauf aux moments o l'on suspi-ndait la lecture. A genoux, prs de chacune
d'elles, se tenait un joli page aux cheveux boucls, aux longs cils et aux lvres trop
rouges. Il portait un plateau d'argent
charff de morceaux de tourte, de massepains de Sienne, de rafracliisscnients divers
et de confitures sches ou liquides. Lorsque chacune eut pris place, ayant son pag-e
auprs d'elle, un jeune pote vint demander la permission d'teindre toutes les
lumires et comme le ciel fleuri d'toiles laissait tomber sur la charmante C(>mi)a
rnie une vague clart, des toiles glissrent sur leurs ttes, le long de lattis mnags
pour cela, et l'obscurit devint complte.

Dans la nuit, toutes songeaient encore au jeune page sourd qui se fardait. Le mme
parfum qui le parfumait montait vers elles. Il montait des vtements et de la chair du
jeune page, qui attendait qu'on lui demandt des confitures, des massepains, des
rafrachissements.

l'ne clochette tinta.

Le mme poU? annona dans le noir que ces nobles dames allaient pouvoir
apprcier des littrateurs et potes inconnus, gnies de demain... Il parla d'une voix
chaude, harmonieuse, disant sur l'Art et la lieaut des choses trs belles, mais un peu
ennuyeuses : il associa les frles mes humaines qu'nilail bercer le rythme des vers
la ^rande me du bleu firmament. Mais comme plus d'une ne songeait gure Tnie
du firmament, plus d'une demanda au page, son joli voisin aux parfums et aux gestes
froleurs, des confitures, et comme il fallait parler bas, elle devait chercher la tte du
page de ses mains incertaines, pour lui parler l'oreille, et lui p.irler de trs prs, de si
prs que des lvres s'eflli'iirrent, des mains s'g;Mi'T'ni nu\ i rher-chaient et se
fuyaient.

S6 Uk. AOKK DU OAOU

La l)elle et gaillarde brigade se souciait peu d*en-tendro les pote wr leurs vers.

Cependant, 1< s les potes dclamrent des vers d'amour. 1 {s les pages et leurs
voisines cotrent la voix d'Amour qui conseille. Bientt les voix se turent. Lucrce
av.i'' * ' 'n intermde : on allait jouer une luytho-log-iques, que venaient rompre
et |rayer des querelles (! iras ;irieux ou grotesques. " ' de

pon

Lucr(*ce, un paire la prcdant une torche la main, parcounit alors le jardin.

Ixs pag-es avaient repris leur attitude respectueus*, mais le pagre comme la dame
avaient la fgtire macule de rouare. I><Mirs lvres a\ " ' sur leurs

flj^nrcs des empreinte; dnoiii Lucnce, en

passant, les conviait venir dans le rfectoire, o des gilleaux et d'autres


rafrachiss<'ments taient servis.
Ouand elles furent toutr ' ' " ' - '

lrent. Elles avaient toii

On pouvait, au dessin des empreintes, mesurer la

violence du baiser (pii les " "

lvres s'taient apf)uyes, ^ ; .., .:.........

ouvertts pour des morsures, d'autres avaient traix-leur ivrrssft le long de la chair.
Lucrce, son miroir

' '-i. riait p!- '' * - -

> qui la II '.

Bientt le s|)ccUicle commen^M.

I ' par le reflet <l-

lor .. ., _.;i du jardin, o le>

:. leurs jouaient. Pourtant une lumire douteuse.

LA nOUE IiF.S BORMA

quivcx^ue, frlail maintenant les spectatrices, silen cioiisi^s, a'' ' ' ' '!(.(>(

fosoir-laui .. L- --. - - , .

Il tait tard lorsque la fte prit fin. Le sommeil hienheureux et Plianlase, son fils,
fermaient parfois leurs paupires lasses. Elles baisrent leurs pagi's en sif^ne d'adieu
et Lucrce en sitrnc de remercienieiil.

Ces ftes se renouvelrent. L'art thtral, la posie, la musique et l'amour charnel en


f.i" frais, et l'on y vil quelquefois des roi < charmantes qui dansaient au loin et
disparaissaient soudain comme des divinits voluptueuses et pudi-i tondes.

La premire fle de Lucrce tait russie, et toutes les matrones avaient agrablement
et dlibrment o|)'' ' ... 'ose de leur mari

L'ii , ' -c cornu, selon

une expression qui se retrouvera dans Molire.

I > Ml Eliseo Pirnatclli avait dit un Jour de Lucrce :


i:i!" prott'-t (I'."t: . - '" ' ----- M ,

I ires qui Pavaient accueilli. \Jc fureur soudaine

s' d'elle, et elle tait alle prier r^ar

(i . .^ IV Mil MKiiiiIc iiiciliMir IjmIJi sii^nor l'i-

Mialrlli.

Voil pourquoi, ce soir, Lucrce regardait, l'il

Iri t ' tis, s'loipner le f^ -' ' ^ dames

!' s courtisanes. Elle i

\!i : \t)us ne voulez pas que vos femmes viennent

clu'z Lucrc<^ luaquercllc, fille de la maqiierdle Van-uo/.za! Eli bien, 'lies y sont
venues loul de m<^me : M'islfinenl celle qui n'lail nuKjueroUe que dans voire
imagination Ta H ce soir comme jamais maqucrellc ne l'a t, et vous toutes,
courtisanes et ! -

ras, vous avez t heureuses de la surpi.,. -

par donna Lucrczia; vous le serez encx)re plus fois, jusqu' ce que ces beaux jeunes
gens n'aient plus rien vous donner sans vous avoir jamais rien refus, mme le mal
Franais (]ui eorrompl leur sang, sme sur leurs corps des plaques lpreuses et creuse
dans leurs bouches des ulcres fconds. Vous les avez aspirs dans la nuit ces ulcres,
belles dames frntiques, vos maris les aspireront un jour, soyez-en sres. Quant
vous, l)clle Alessandra, matresse de don Pi^'natelli, mon dtracteur, vous ne pourrez
jamais dire si c'est vous qui aurez donn le mal votre amant ou si c'est votre amant
qui vous l'aura donn, Ciir le jeune pare qui f r

dans vos bras ce soir feignait l.i ... '

dans les bras de votre amant, don Pii^^natelii

Nous tenons le jeune page du duc do Ferrure qui,

<lans son palais, fait coi' r plusieurs trs jolis

jeunes gens et veille s*- . luent ce qu'ils ne

puissent apporter aucun soin leur tat. Ix>rs<]ue ce> fleurs vnneuses sont
arrives un tat de maturit v.iirnv;int, elles sont pares et olFerles, animes, volnj-
t's et tentanlps, mines du mal qui ne pardonne
[KIS.

ce pas, don l'ignatelli, qui l'avez aim?

Voil de quels souhails tendres Lucrce accompa-g-nait, ce soir, ses htes qu'elle
regardait s'loiner, heureux de leur soire voluptueuse et ig^norants du poison
qu'avait vers en eux la volupt.

Lucrce tait furieuse d'tre considre comme une petite fille, alors qu'on n'hsitait
pas souiller sa rputation comme on et fait de celle de la dernire des courtisanes.
Ce soir elle crispait ses jolis poinjrs, qui n'avaient encore meurtri personne. Elle
pensait que, dcidment, f)Ourtre prise en considration il fallait qu'elle se signalt
l'attention par (luelque forfait ou quelque trait d'audace. N'tait-ce pas ainsi que Csar
en tait arriv tre familier avec les cardinaux les plus orgueilleux? On ne lui
ouvrait pas les portes : il les avait brises. Elle se persuadait que tout la d-siL^nait au
mpris : son origine, son attachement aux

r - '<% sa gentillesse que l'on prenait pour

a; elle se reljellait et vonlnil prouver qu'il fallait compter avec elle.

Elle croyait l'avoir prouv ce suir. Lue allait io prouver plus d'une fois.

Elle ne projetait pas ses excs par got, comme t tant d'autres, mais par fiert, par
ambition .nv jiuissante malgr ;

Les

L'

r.-. de

Lucrce ne s'clait pas conlentt'e de reprocher Csar sa conduite, ni de lui faire pari
des rumeurs qui couraient Home au sujet de l'assassinat de ' Is. EU.- aail ail' ' ' ' ' " '

1^ lui aussi s<"s crimes. Elle avait parl son i)rc avec une violence Icllc que
celui-ci lait tonil> en ^ : niais

Lucrce n'en avait pas l'i intimide; ... naissait ces altitudes d'Alexandre, qui en
jouait t/uit propos et hors de tout propos.

T
iju'i

JKMI Ut

Il sV

presque son r, disait-on, et on l'accusait d'tre le plus fanit'iix " < nie du temf)s.

Au maiti'c dt.. ^...:iionies qui tait accouru pour porter s<'cours Alexandre, Lucrce
sig-niKa de ne

prendre garde en aucune faon ce qui se passait.

Va " ' ' ronforlaMoinriil sur le siK'*^ qu'occupait >i !il Alfxjindre, ivst)lur, nuus
pati*ntc.

Lorsque le pape revint lui, il ne fut pas peu surpris de la revoir.

Je crois que le Ciel m'a puni, djj-il, et que je n'ai mis au monde (pie des ser|>ents
el des vip^res.

Elle rpliqua :

PIl au Ciel (jur tu russes potif sni" tjii <"cuss)ii

des serpenls au lieu du taureau dont tu es si fier. Ils l'eussent mieux servi. Elle
ric;na...

Un taureau!... Mais tout le monde met sur la hte la tc^le du pape Alexandre VI, et
les Orsini vont partout rptant le mof de Kicciardo.

Alexandre se r/'sl^nait.

Dis-moi tout ce rpie tu voudras. Mais, par piti, ne me repousse pas, Lucrezia. J'ai
des torts, mais ne suis-je pas ton p^^e? J'ai tout perdu. Fi inorl, il ne me restait plus
(pie toi; que nemci. .... ;u?

Et Csar, jronfalonicr du pape son pre, qui lui confre ce titre pour le remercier
d'avoir assassin son frre.

Malheureuse!

Ose dire (pie tout Rome ment en t'accusant de ne pas vouloir trouver le coupable!

Immobile, prostr, le visajr' '''"i'' <Hr si i.nirn. Alexandre pl(*urait. Lucrce se


pencha sur lui :

Ne : ' Les l.irmcN iifs inu-

gria sont ^ lU*; hier encore, G*sar

pleurait toutes ses larmes en me jurant qu'il n't^ii

LA ROME DKS BOHGIA g'.i

pour Tien dans le crime, mais Je savais, moi, mais je sais. Continue fermer les
yeux! Les cardinaux rpteront partout qu'ils te gardent au Vatican par piti, comme
on garde prs du foyer le cliieu aveugle qui l'on donnera un Jour la boulette
lit)ratrice. Laisse dire aux autres que tu as peur de la V'annozza et de Csar, que tu
redoutes dans tes mets le poison que tu leur appris fabriquer. Crois-tu donc que
personne ne connaisse le repaire de Sainl-Pierre es Liens? Es-tu dj retomli en
enfance? J'ai visit l'antre avec Gianinno. J'ai vu les tourtires, leurs poisons, le
[)trin, la poudre et les petits sacs.

Tais-toi, malheureuse! suppliait Alexandre.

Sais-tu comment on ap[)elle ma mre dans toute l'Italie? La fossoyeuse.

Va-t'on ! Va-t'en ! Alexandre leva le poing.

Frappe donc!

Lucrce tendit son beau visage ple, fier et radieux de mpris, et le poing du vieillard
s'abattit comme un bouk'l sur la face de sa fille, cjui chancela comme une ivrognesse,
et lorsqu'elle sortit de cet tourdissement <*lle vil en face d'elle le vieillard grotant
et bondit sur lui, fline, furieuse, le reiiv'^ >' d-s.-v, in-un-: fermes lui martela la
Hgure.

Mais bientt le pa|)* se releva, la saisit aux [poignets, la maintint dans son emprise,
et, paralysant ses mouvements, se pencha sur elle. Elle ne s<' dbattait plus, et
maintenant il la calmait avec des mots clins et L'raves, lui baisant les yeux et la
chevelure. Il la respirait comme on respire l'arme d'une fleur violente. .\ la fin,
vaincue, elle s'aliandonnail, lorsque

la porte de la pice o ils se trouvaient et qui donnait sur le jardin secret s'ouvrit, Il
vaut passatrc quelqu'un d'atlair, dont la stupeur fut indicible lorsqu'il a|)er(;ut un
couple jL'isnnl terre et qu'il reconnut Alexandre VI et sa fille. Il ta son chapeau,
mais soudain la rflexion lui venant qu'il 'tait perdu si le pa|)e le souponnait d'avoir
vu, il recula brus(|uenient et se retira rejetant la porte sur lui. Et parles alles du jardin
un cardinal s'enfuit, effar.
Ni Lucnce, ni le pape, honteux de s'tre laiss surprendre dans C'Ctte situation
quivoque, n'avaient eu la prsence d'esprit de s; retourner pour voir qui entrait.

l^orsqu'ils entendirent la porte se refermer, il tait trop tnrd : le visiteur avait disi)ani,
eniporlant son secpi

Alexandre sclail ilcja rricve jj qui cUiil

ninsi entr l'improvisle; il de. : l les trois

>':s de marbre et scruta les coins et recoins du jar-

lin, mais ne trouva personne. Ixirsqu'il rentr;i,

LucnVc .s'tait relev'*e, elle aussi.

Ils ne purent souttMiir leui"s regards. Lucrce semblait dire qu'elle tait pH^te
n'importe quoi pour obtenir \v pardon de mx folie i ' I v

disiiil claiff'ment par son retraru qu'il pardonnait, que tout tait oubli, et il i mal
d^uiser sa srne. Or il a<lvint ceci ; Lucrtve

prit la l'r-- ' - \'-v ' '-il l'ac-

.lion rs^ i se les

envahit de voir que cette heure, qui aiu'ait pu leur

il un' " de

. . ... il L. ut, il 1' Ht

que cette solution tait trs acceptable.

LA ROME DES BOROU. <j.i

Ainsi conue, leur complicit ne les effrayait plus. Ils se rjouissaient tous deux que
le Ciel ou l'Enfer ne leur 'de sanction plus svre.

Lu ,. ....... purait le dsordre de ses atours.

11 y avait dans ce spectacle quelque chose d'irritant, (]ui fit se dtourner le pape de sa
fille. Il voqua

d'autres - ivec des courtis;ines.

La COI. -on s'imposa : il ne la chassa poini,


mais il redouta que Lucrce la devint.

* "' \andre croissait. II voulait embrasser

.- ... , .. : Lucrce, mais entre cette Lucrce

qu'il avait toujours aime comme son enfant et celle

lu'il avait devant lui, une autre Lucrce surt'issait,

ux lvres rouyes lentantes, aux dents blouissantes,

ti!x yeux de velours et d'ombre, au parfum envelop-

orfide, au corps souple dont il connaissait

'es nouvelles et qui inquitaient

. . :.. __ ir.

Le silence tomix' soudain entre eux a^srravait leur

n. Lucrce, p'u accoutume voir un vri-

rc en lui, ne se tourmentait pas autrement

iXjmplicit nouvelle. Lui ne s'en effrayait pas

lant comme d'un acte reprhensible que comme d'un

' ' * ?< ferait *' ' ux de son enfant.

toul, I :li Lucrce, ss

lions et ses vices, comme aussi ses ambitions et

.. racont au pape les pripties

za, son mari. Elle ne .s'tait pas

vante d'avoir subi d'incestueuses violences; elle se

' * ' ' r le paf iru la foule

e cxaspf . ! ces sou|>ons

ff/i LA mOMB DBS BORGU


d'inceste. Elle ne lui rvlait point que cette apparition avait t le fait d'un fi<lle
valet de Jean Sforza, revtu des vt^ement'^ " -^ 'i'"' f-io! *u or<*"''- ' |)opulace
dchant'e.

Aussi Tut-elle Taise pour demanderaupapecequ'elle nVni ' iiander en d'autres


rirtx)nstances.

Ai' I Lucrce, atlrrr, r.sij^n.

Elle demandait d'une voix douce mais rsolue, elle exitreait que le pape la laissait
rejoindre Jean Sforza, son mari. Puis comme le pape s'cITrayait de renier ainsi sa
politique d'hier, puisque c'tait revenir aux amis d'hier qu'il avait rpudis, elle le
prvint que cela ne lui suffisait pas. 1" O^sar, disait-

elle, et "Ile le savait pai . tiiie de luer sa

soeur comme il avait tu son frre : elle exisreait donc, comme i^^arantie contre les
tentatives d qu'on

lui laissait emmener eu ota^e la complir* ... .. >ar, sa propre mre, la Vannozza. En
outre, pour mieux la dfendre contre la faiblesse du pape, prisonnier de r, (pii le
dominait et en jouait '' elle

ail encore qu'Alexandre lui l.i: uer en

- sa propre matresse, Julie Farncse, dont elle ferait sa dame de compairnie jus(]u'au
jour o la paix serait comj!''''* rt^*''* ^-'^ <^f..r/rj . w-, i.r..i.i-p ^/..nr;!.*. assure.

C'tait d'une belle audace. .Mexandre Vi avait p.n-faitement compris. I^ simplicit.' * '
Tout ce

qui S4' passiul le droutait. le pi et de

jugement.

Que dire de celte famille, ^a rainille?... L-i lille ^ l" r. lulant contre le crime
p<i,sjlle de M>n pre < indant en oLa^e la matresse de son pre. La somm
ALkXANUkk VI bUKUlA l)'apr an Portrait du Titipn

se protsreant contre les tentatives de son frre, en emmenant comme otare la mre
de l'un et de l'autre, complice de ce dernier, avec qui elle aurait soin de partager la
nourriture iju'on lui destinait.

Alexandre ne joiiU'"nit pas les mains, il ne s'ag'C-nouilla point, demandant Dieu de


pardonner d'aussi pouvantables penses (pie celles (pii traversaient le cerveau de sa
fille. Il juy^ea lucidement que sa fille avait raison et, convaincu que c'tait peut-tre
l le seul recours contre les perfidies de Csar et le seul moyen d'viter, au nom des
Borgfia, quelque cla-l)Oussure sani,'^lante, il accepta.

nme, reconnaissante, elle voulait l'embrasser. Ces concessions que le vieillard lui
faisait la touchaient, elle le reccjnnaissait bon jusqu' la faiblesse pour les siens
comme il l'tait pour ses vices, et elle vint lui donner un baiser de piti.

Il feii;:nit de ne pas voir le geste de Lucrce, il lui prit sim|)lenient les mains, qu'il
porta en tremblant ses lvres balbutiantes, et il les baisa tendrement, l<^s yeux clos,
tandis que filtraient travers ses pau-pit tes des larmes tiedes, rdemptrices.

Klle dsira l'embrasser, mais elle se contint : une vai'ue rpulsion se mla la y)iti
(pii la portait vers lui. Dans le sentiment qui la liait dsormais lui, elle reconnaissait
qu'il n'y avait plus rien de filial, mais une piti tristr.

Lucrces'aviju.i .[ii. >i n- pauvre Immuum .ju m- .ivait

h devant les yeux implorait d'elle <pielque sacrifice,

consentirait, prte h toutes les consolations

I ; > ' " ''it (jue le vieillard du

I' riiiais ;ift'tulred';iutre.

CHAPITRE Vm

. Kirnri)

.in

( Il ois. LcUr<' du

da:.; .j. rt du Hullaii li.-ni.' >.

la tlmonic iXMKiHcalc

Le i)ape donna l'ordre d'aller oliercher le pcheur liiacouio dans la prison de Torre di
Nona. 11 prescrivit qiir Tunnlr 'in-ttu'nie viendrait accompacrner W \y.\\v\u'\ . . i s..,,>
..,..,,,. escorte.

i^nale, on s'eo souvient, n'tait autre que le mari

Il par Sa Sii m trradi' '

... ., la Torrc di ., Alexanan

ail besoin l d'un homme sa dvotion, et Thi-loire veut (|m* <Jniialc ait combl
It ' Jamaisoi) ne vil pri.soiiniers mourir si iii^.mim.

I.A n<iMK DES BOnulA


les sombres geles; ne mouraient gure, en outrei (|ue les ennemis du pape, comme si
la Providence iiiNTNiMinit. Or, lorsque la Proviilenre n*i lait

pas, la i'L'onde veut (juc Canale ail rempli . . actions intrimaires la satisfaction
vidente du pape, ptiisipio celui-ci l'appolait, avec un sourire et une rcvoiujaissancc
due, la l'rovidencc du diable. La foule, plus siuipliste, voulait que Tonale ne fdl que la
Providence des Borsria, et les annalistes du temps recon-

ne l'un et l'autre, le |)euple lent vrai.

Inclinons-nous et laissons Canale cc^, double prestige providentiel.

Peul-lre a-t-on exagr quehjuo pou la p"' capitaine gelier prit aux divers crimes
boi. s :

Miclieletio, semble-t-il, devait suffire la besogne que lui distribuait librn' '"^.ir.

On l'a pourlani f;! , , r la plupart des for-

faits qui ensanglantrent la renomme des Borgia. On l'a nil au meurtre (bi cardinal
Orsini, du cardinal de Mmlne, du cardinal d*' Nf-^-'-.*! bi canlinal <''\''-gon, et
de tant d'autres.

C'est sur la foi de cette lgende que tous redou-

' * Mtant que la mort d'<'* " "' t.-

. On sait que le pui ,1-

relle, n'agissait que dans un dlai de quelques

jours; or il ^ "a pie (piclques |Mrsonnes arr-

lrs et emp; rs pendant trs peu de temps,

tint" journe ou deux, Torrc di Nona, mouraient pies jours aprs. Simple
concidence, peut-lr< .

III. UN un^ " " - '- *- V -

run de > u-

LA ROME Lies BOROI ICI


mortelles favorisait en trpassant les intrts des Borgia.

Nous avons bien en Icin ronlrc celte

lgende les dpositions de i :is du temps...

Mais quelle crance pouvons-nous accorder ces affirmations, si nous invoquons le


souvenir de ce mdecin dont nous parle un historien autoris et qui attendait ses
clients riches au coin de la rue pour les assassiner, comme et fait le dernier des
sicaires de Csar?

Du reste, ces mdecins, comme ces prlats, comme ces capitaines, ne furent ni pires
ni meilleurs tjue les autres hommes de leur temps. Ils vivaient et agissaient en
harmonie avec les murs de l'poque.

\j} pape donna donc des ordres pour que le capitaine gelier Canale lui ament sans
dlai le prisonnier de marque qu'il savait, et sous Tescorte stipule par crit.

L'ordre tait mystrieux : qui donc mritiiit ces gards? Ouel crime se prparait, ou
quel forfait avait t perptr qui exigeait ce dploiement de prcautions?

Lors(|ue le prisonnier arriva enchan, masqu et compltement envelopp d'une robe


de moine qui le dissimulait compltement la foule qui accourait sur son - ' i^ait
le singulier cortge, toutes les

hU[<^ arent. Les uns prtendaient que

'tait Jean Sforza, d'autres, Franois, duc de Candie, d'aiitr rf soupronnrent le


prisonnier au mas(|ue dii. ...niant de Julie Farnsc. Car Rome venait d'apprendre avec
stupfaction le dpart de

lO L.A noME lifts BOROIA

Jiilii* Fnrn^sc, qui deraft accompagner Ltiorfcce A IVsaro. Toiil le monde avait cru
la ' de

jn- ' *" ''- vil .:i l| nViiii. ' -tif

dt I, et l(.s II-

taircs les plus nvraisembini ^ionnaienl ilomc

're.

ies curieux > ^ . ut-ils sur les f>as du

cort^|(re sinrulicr. A deux reprises, Canaie, la lte de dix frcns d'armes, < |xjur i'r t
de suivre plus avant. m.ii.-> .: ' ' j.j-

lint^i ou l>oust'uIe, se livra j luc et

ce fut un dsarroi indescriptible parmi le piaircment des c! nt les clameurs des blesss

et Icb jiieux.

Canale, codant une autre proccupation, celle qu*on lui son pr. les suiveurs

s< rallier Ihm stir son |..i--.ii.. . ii - ........ ;|,.

proltrer les <1 ^ de sa pelilc Iroupr ;. attaque possible. ^)uelques chalTourcs se


produise ' '^ ' I

A ' . . -^ ^ ... -

turbateurs les plus violents, quelqu'un jeta :

1/lu,,...,,. - ....aissa sans un .... .-i^ sabre de Caualt lui avait Fendu le c<M droit du
visiige et sVlait enfoncr^ dans le cou. Les injures cessi-rent. On vii le Mdarre et le
sang'qui s'talait. On allait commeiice. la poursuite.

tonale Wt ruer son cheval, que les femmes emp" rlwiieil <y ' ' ,,

pleine jKii j.i.

dani le sang par la t>

D'un vieux mur ruineux la foule tira des pierres u'ellc lana sur le ^Toupe de
soldats. Les chevaux,

" '' lient de c -nner les cavaliers.

sauta 1 iit bas de son cheval,

et allant droit l'homme au masque, d'un coup de sahre il coupa les orteils du pied
droit du prisonnier, pour l'empcher de fuir, si d'aventure il en avait eu l'ide. Simple
prcaution ! L'homme s'tiit abattu, rugissant de douleur, et se tordait terre, ag-it^nt
frntiquement son pied bless, moisrnon sang^lant.

\je soulevant alors de ses bras robustes, Ganale le hissa sur son cheval, sauta sur sa
selle et les pieds nssi ' ' ' " ' ' ' ).

L I , lintenait
son prisonnier jet sur la selle, les bras ballants, vanoui, tandis que de son pied le
sang- coulait g^rosses STontles.

Ils arrivrent bientt au Vatican. Le prisonnier, entour de dix hommes arms et


prcd de finale, fut port dans r'1 lat et en t^rande diliencc au j>apc.

Canale expliifua la poursuite de la foule et assura .111 ji.ipf (|iril avait t obliir <^ -
r le pri

j)i>iir rcmpr-rlier de f"''" " 1"- ^'*

auraient eu le dessus.

On tendit le bless sur les dalles. Les mdecins " ' .,,.nl^ sP Ij^ plaie et l'y

ils. ijC pape donna qucUpies recommandations et des

oiilr'-.. Hrt ,->\,,ii 1 V seul avec le bless.

l'uinqu n m ... ' ^^ i' li>il<' I;i vrl?

demanda Alexandre.

(lue Sa Saintet me pardonne : Je n*ai pas dit tcMilo la vrrit^ sans doute, mais tout
ce que j'ai dit, du moins, n\'Mait que la vrit.

Parle, aujourd'hui. L'heure est venue >our toi, -^-moi, de dire toute la vrit et
non pas scule-

...V al ce (|ue tu veux en dire.

Le batelier alors avoua.

La nuit tombait. Des ombres rdaient le long du fleuve. FatijL'u, il s'tait couch de
bonne heure au pied d'un massif d'arbrisseaux dont il avait fait son gte. Comme
matelas, quelques feuilles de mas; comme oreiller, un trros morceau de pain qui
devait lui faire encore toute la semaine. Il dormait, lorsque des pens marchrent prs
de lui, si prs de lui, qu'ils foulrent aux pieds les feuilles sches de ma^

Le froissement surprit les rdmrs ni mt

alors les yeux, dcouvrirent le corps du bai' ar-

mant. Le batelier aussi les avait vus, mais, effray, feigrnit de dormir, par prudence,
de crainte que, sa prsence les gnant, ils ne l'envoyassi^'nt dans le fleuve une pierre
au cou comme les rens de leur s<rte faisaient si souvent.
Comme ils fai>iiM-iil m ximmi, rcjMMjot u'^rm

Alexandre... es-tu siir?

Ah! Sainte Vierge! que de nuits je les ai vus

'*i qui guettaient si celui qu'ils venaient j lontait pas. Lue nuit ils ont jet au

Tibre cent cadavres (|ue j'ai compts un un.

Et il ex|>iiquait au pa|)e qu'ils nouaient dans un <''' Miorceau de toile une


grosse pierre et (|u'ils <nt ensuite ce faix au cou de la victime pour la maintenir au
fond de l'eau.

LA. ROME DES BORGIA

Mais le pape l'interrompait anxieux :

Lui, comment Tont-ils tu?

Ils avaient tous peur... Surtout ils craisrnaient d'tre reconnus par lui... Celui qu'ils
appelaientMiche-letto avait mme dfendu de parler... Ils avaient dit cela avant de
m'avoir aperu et ne se mfiaient donc pas de moi. Lorsque l'un d'entre eux faillit me
marcher dessus, il tait trop lard pour qu'il pt se soucier de moi. J'tais plus mort que
vif, mais je voyais bien qu'eux aussi avaient peur, car un cheval portant un cavalier
venait d'arriver toute allure et sitt celui-ci descendu de cheval, tous s'taient
prcipits les nus terre, les antres dans les broussailles, et l'un d'ertre eux, qui
paraissait le chef et que je n'avais pas encore vu, leur donnait des ordres du haut de
l'arbre o il tait...

Puis tout se tut. Le silence dura c\iu\ minutes au moins, un nouveau cavalier arrivait,
mais son cheval dut flairer le danger sans doute, car son matre le rassura, lui parlant
et le rassurant par petites tapes sur l'encolure; mais il n'avait pas fini de parler que
j'entendis le bruit d'une chute suivi d'un juron, des hommes coururent, j'entendis des
froissements

<r'pt'_'s.

Du haut de l'arbre, la voix cria :

Il est bien mort?... Micheletlo, assure-t'en...

Je lui pi(jue encore une fois le c<Kur, mais a fait le cinquime coiip rpi'il rrroif
l...

Attendez '
L'Iiomnic qu s.'iail caclu- dans les l)ran(hcs descendit, se mla eux, donna des
ordres. Les soldats soulevrent le corps, qui leur glissait des mains telle-

lC L4 nOXK DBS M>MGU

ment il tait inond de sancr, et le portrent an bord (lu flouvc. L, ils lui fltt ' ii et le

'''^^""vU tomb<r H IVati, ..j.. 1 ..^..,. .. ^-ps

ivoirlp jeter plus loin. Ensuite i! ni.

' N'as-tu pas reconnu la roix de Thomme qui 'lait sur l'arbre?

Non.

coute. Le cardinal va renir, tu resteras cach et tu me diras si tu reconnais bien sa


roix. Maintenant, dis-moi tout le reste, tout ce <"^'* " sais.

J'allais m'endormir, car ces sp se renouvellent souvent; mais il y a rarement autant


de monde qu'il y en avait ce ' N<ie gure de nuits sans qu'il y , , , . .J^-que bataille
OU simplement quelque homme qui vienne en jeter un autre...

J'allais donc me rendormir, .., ,,,- ''" tranquille et l'me m repos, lorsque je me r.
qu'un des soldats m'avait tu, qu'ils laienl c^pat>les de r me faire suivre le m^me
chemin qu'a

J'eus peur et me levai. Je m'loi^rnais du coin o s soirs lorsque j'entendis un

... je grimpai ''"> r.'Kr' im

' mont l'homme tout l'heure. I ' > chevaux se rapprochaionL " Ils ar^iv^^ent. l>es V
" ^ u-rr

Ils avaient letirs armes -ni. Je

compris vite que estait moi qu'ils en voulaient. " Je I' ' fort que ;

LA ROME DES BOAGIA lO:

Us ne me trouvrent pas. Ils partirent en plaisantant. Eux partis, je respirai enHn,


mais je ne voulus plus (! * de Tarbre, tellement j'avais

peur qu'ils ne i. .>onl.

Le matin ne se levait pas encore, mais la nuit palissait lorsque, de nouveau, des
cavaliers arri-

* ' " fois. L'un '" eux

.. Que Sa > nie

pardonne...

Tu es sr'?...

Il demanda .i' . " i u t-s int-ii >ur iju u esl njort, qu'il n'en n pas?... Je puis douter
de toi aprs le coup deSforza...

Miclulello lui jura qu'ils l'avaient tous rei^ard la lueur de la torche, qu'ils
l'avaient tous reconnu. Il voulut voir l'endroit exact o il avait t jet. Ils restrent un
quart d*heure, puis s'loig^nrenl...

" Je ne les ai plus revus.

Pourquoi as-tu fui ensuite? Pourquoi ne t'a-t-on plus retrouv, si lu n'avais rien te
reprocher?

J'ai eu peur que les soldats qui m'avaient vu ne

ment tu.

M lis le pa[>e n'Voulait plus. 11 avait tressailli. Il

coulait ur* ' - qui oit " !.:< ,.....i....'.... .Jans

le jardin. ]> ai [kis ^

La main gauche sur son pe, la droite sur son |MMtr!i:ird, le pape hsita. Il dit au
t>atelier

-^ Ne bouge pas, retiens ton souffle : lu joues li vie...

El le pape entra dans la pice voisine, o G!'sar, venant du jardin, entrait en mme
temps que lui.

Non.

C'est incroyable qu*oa ait os attenter un Bor-g'iB. Si jamais celui-l ou ceux-l


nous tombent sous la main...

Il nous tombera peut-^trc un jour sous la main...


Qu'est-ce que cela veut dire? Pourquoi ces hsitations, celte gravit mystrieuse?
Avez-vous appris quelque chose de nouveau? Parle/! Ne voye?.-vous pas dans quel
tat je suis?...

Oui, je vois, C'sar, dans quel eLiil je le mets... Pourquoi chancelles-tu? Car, Dieu
garde le Seifu.iir Dieu! tu chancelles... Assieds-toi, tu es livide.

Qu'avex-vous donc appris?

Je crois que demain l'assassin du duc de CJandie sera arrt, ses complices atissi...
Cela t'tonnerait-il, Csar?

Pourquoi cela pourrail-il m tonner?

Parce que tu palis en m'coutant.

Tu me mets la torture en ne me rvlant pas le nom de ces odieux assassins...

(Arsar, que ferais-tu aux assa> whijum .'s si tu les tenais? Dis-le-moi, cela m'h
Fort.

Je ne sais pas, mais...

Je me suis jur- " " > -plice (jue tu me .m ,1^ .- ,.

seille^moi, Cs;n

LA ROME DKS BORGIA lOQ

Je ne sais pas ce que vous avez ce soir, mais votre sourire est loin de me plaire et
vos manires sont bien pr^s df ni'airacer. Voulez-vous parler cur ouvert? ou sinon
permettez-moi de me retirer, car mes moments sont compts. Et je ne comprends pas
vos allusions ni ce sourire qui veut tre ironique.

Des allusions? Crains-tu donc que je puisse faire des allusions quelque chose en
le blessant? Mais comment se fait-il que tu ne sois pas San Pielro ad Vincula,
auprs de ta mre ?

C'est Juste, et j'allais partir en oubliant l'objet (le ma visite.

Est-il vrai que Lucrce doive rejoindre son mari? C'est une fable, n'est-ce pas?
Vous n'allez pas vous livrer ainsi la rise de Kome et de l'Italie tout entire ?

Tu m'interroges?... on me blmes dj I A quoi dois-je rpondre ?


Comment ! (jianinno sait cl tout Rome sait que nous avons voulu le tuer et que, s'il
n'est pas mort, r'esl qu'il nous a chapp, et nous allons lui renvoyer Lucrce !

Lucrce partira pour Pesano, quand elle le voudra, sous la jrardc de soldats de
confiance envoys par Gianinno Sforza. Elle emmnera avec elle une suite assez
nombreuse et mes gens lui feront <

En outre, comme Cianinno Sforza peut i< quelque chose de ma part, je confie
Lucrce, en olag^e, .Iulie, oui, Julie Karnse, mon amie...

Mais quel vent de folie...

J'oublie de dire quelque chose qui te concerne

peut avoir ^r.: ' quel-

.jii. iic*><: . ti\....vi., xiC loi, aiDsi que ,.!. loc*, " confie aux boos soins runis de
Ginninno et de L (Tc6la mre...

.^ ! vous < !

1 u saint, , mi qui sonne de la trompette sur le castel Saint-Ange, il en sera comme


je voudrai, ou malheur qui se mettra sur le chemin du pa|>e.

Le pontife avait dvalu le poifrnard qu'il portait la ceinture cl d'un coup nerveux
Pavail Gch dans une

' ' 1 lame vibrait encore.

ail, la main la poitrine en tmoignage de respect, Csar s*lait inclin, silencieux.


11 venait de rftrouvor devant lui la noble fi* ^ Horgia.

Demain, dit le pape, tu \........i.^ me montra"

loi-ni**me l'endroit o Ton assure que le ooq>s Franois a t enseveli. On afOrme


que la nuit du ni '- on t'a trouv [ ' ' '"

li lir le cadavre '.

i-erons demain et je veux que tu sois le premier le

reconnalre.

--Je vous <iln*ir;i nMs.i ntii> viin^ "i' '^'mander**T de le faire.

El lu IVmi! s... El tu lui demandi ra^ par don genoux...


Csar se couvrit, signiHant au pape que l'cntr* -lien tait termin, et complta cette
impertinence par ces mots :

Je crois que la mort de Franois a -"".*-votre cerveau un branlement tel que


vous le mnager...

Comprends de quoi je Taccuse, Csar, dil le : jeTaccuse d'avoir fait assassiner ton
frre, duc

uu Mundie, par ton sicaire Miciicletto, le soir mme de la (vie de San Pietro ad
Viucuia, et d'tre venu la iuit, aprs la fte, l'assurer avec Micbelctto que 1 raii<;ois
tait bien mort.

Est-ce tout?

Tu avais peur que les bateliers ne t'eussent tu, ussi as-tu voulu les faire assassiner.
Quelques-uns ni pri, mais d'autres vivent et qui t'ont vu et qui

jjeuvcnl raconter le drame ou dnoncer les assassins. Le pape cria :

(iiacomo ! I\t''()unds bur la ' die est la voix lue lu viens d'entendre avec la i: '

Celle du cavalier qui demandait au capitaine - ' '!o si le duc de Candie tait bien
mort. Je le ').... j.c. ma mre et par l'antiquit du fleuve, corps le moi et des pa{)es Lin
et Clin!

Jures-tu aussi que c'est Micbelelto qui a assassin le duc de Candie?

Je le jure par les sept Allgresses, parla mort i'Abel et celle d'lienne, le
protomartyr.

Entends-tu, Can, fr;' '

ri I.. r> .i.f.,,u\ r.rit raudi . ''*"^ et les fentres

V eoez tous voir le cardinal Csar Uorgia, assas-

' '" - 'il a fait jeter au Tibre...

, icment, une main serrait sa g'org'e comme dans un tau ; le pape s'vanouit.

Sans plus s'occuper de lui, Csar s'tait prcipit

Virii II s.i'li* d'o "'^i' \'mu' I. Viiiv II v lriii\n !<

inglantc.
Laisse<moi te payer pour ta belle besogne. \ oila un ducal pour te n'campenser de la
nuit passe nous pier. Avale-le de peur que lu ne le perdes... et maintenant donne-
moi ta langue ; alluns, vite, je l'achte et je paye. Vite, te dishje, quelqu'un gravit
l'escalier, vite, charogne...

Le batelier Irembln. secoua par la peur, comme un arbre qu'on gaule.

Csar s'tait approche de la porte, cpiunl les bruits. On venait.

Alors, il se hta, prit au pape son poignard et se prcipitant sur le pcheur, il lui
arracha la langue, qu'il cloua au milieu de la grande table, l'endroit mme o le pape
avait, tout l'heure, enfonc lui-mme la lame.

Prenant alors le pape par la tuain, il le iraina sur les dalles travers deux grandes
salles. Parfois le corps choquait au passage quelque meuble ou les portes. Ils
arrivrent ainsi dans la bugiale , qui tait la pice o -' nissaienl les
cardinaux pour rire et plaisantci.

L, du pied, il tassa le corps contre le mur, disposa deux cl i ' ' ' ' I aux regards des
gens <|ui ti'a\ rn fut trwnqnilli*-mcnt.

Lorsque les c-ardinaux et les serviteurs pnlrroi

dans cette partie des appartements du Vn''

aperurent, fich dans la grande table, le , 1

du pafte, qui fixait au bois une langue frachement coupe.

Le cardinal Ascanio Sforza dit simplement :

Encore une qui ne savait pas se tenir...

Le cardinal de Monral, neveu d'Alexandre VI, dit: Nous avons un nouveau


cuisinier, sope le

E^^ssu! Le cardinal Mchiel rflchit haute voix, sonar : Tchons (juun ne juge
pas un jour notre igue aussi embarrassante que dut l'tre celle-l. Tous trois ne se
doutaient gure qu'un jour vien-Ir lit o quelqu'un apprcierait leur meurtre avec le
iiuine dtachement, la mme indillerence qu'ils apportaient apprcier le meurtre de
celui dont ils voyaient la langue cloue l.

Tous trois prirent ne muii >ioitnle donne par les l}or^''ia. Mais en apercevant le
cadavre du batelier, ils ne it point leur dception. Ils pensaient tous

, assin devait tre une victime de marque et


s'tonnaient qu'on et prt le cadre grandiose du Vatican une aussi insignifante
besogne.

Mais le capitaine gelier Canale entrait lui aussi,

revenant d'excuter un ordre du pape. Il vit la

langue cloue sur la table et le cadavre du pcheur

1 Csar avait achev d'un coup de poignard au

' ' i r.

Tous croyaient que le pape avait excut lui-mme

le pauvre batelier. .Mais Canale n'y songea mme pas.

Il redouta un autre crime plus terriOant.

Il ne put contenir la crainte qui surgissait en lui et, sanglotant, s'arrachant les cheveux,
se disant perdu, i * :u'il allait se tuer, il e\pli<|ua aux car- linau.x . ts que ce ne
pouvait tre Alexandre

|ui avait tu le bachelier, et que seul (]uelqu'ufi qui pourait avoir intrt h faire
disparatre le batelier

\ crurent comprendre. Ils s'avisreot alors que Tliomme si prcieusement masc|o


n'lait

.ce (II)' les

..,., ; V., .. V.., .v:l>erSa .*- .v. .. '

pas qu'il craignait que le pape n'et l

Le drame s'ompliHait. Ils virent sur les dalles des

~ PS et se convainquirent qu'on avait tran un

vre.

lis iniaurinrent le boulevejrsement de Home en

Ile nouvelle. C'tait la ' ' de Tllalie

que celle mort allait bi;. cr.


Ils suivirent les traces, tout mus cette pense. Il arrivrent ainsi dans In L, ils
perdirent

' ' ' os. Mais tandis

.irriva jus(|u' eux...

Ln autre rle, pu

vinrent... llsdcouvi ....,.., ..

le corps tendu d'.Vlexandre, qui n

Canale se Jeta terre. 11 dfit les ts du

\y. ' ' ' 'ras, (pi'il frictionna j^uin rclablir

Le pape le reconnut et demanda qu'on le 1

.Mais

; . !.>>;

ins de r <l, .n-H, parmi des larmes et des sanglota, il leur rvla Ir I ri:;: ' ' ' '-nr.

Il .l'Ut le batelier avait vu les assassin^

et Csar cl Micheletlo ; .. . . . upplia qu'on Taidt retrouver le cadavre de son fils


an, son cher Fran-rois. Il leur jura que ce soir Csar serait emprisonn et que s'il
apprenait que - inent, c'tait sur l'ordre de Ct'siii- qu'un avait i. < le duc de Candie,
il

ferait prir Csar de la mme mort.

j .. ...... ...

Al ,. , d'eux des con-

solations, des mots affectueux, des paroles douces, mais ils se taisaient.

Alors il crut qu'ils se mfiaient de lui. Tour mieux leur prouver combien il tait
sincre, il se confia eux, il a\^oua ses crimes, il rvla les dessous des for-' '' " -ni
fait redouter. Il l^n '

. ;i ne le (juittait jamais, ; oreries, qui l'assistait dans ses dbauches avec Julie ' l' elle
l'avait assist dans toutes ses

i. ....,.v...., .i.v,; la Vannozza. Cette bote d'or contenait une hostie consacre. C'est
celle hostie, disait-il, ({ui le prservait du mal et l'assurait mme contre la ' Dieu. Il
leur avoua que si jamais il ire de criU' liosti.' pour (iuel(|ue prtexte que ce ft et
pour quelque dlai que ce ft, il

ite.

... , _... : :iii,mais

qu'il le faisait volontiers, qu'il se livrait eux qui evaient lui constituer une famille
maintenant qu'il avait plus, car il reniait Csar jamais, et t'ce, disait-il, tait perdue a
jamais pour lui. Il Tir faisait serment d'amiti fidle et dvoue. II les r sur lui et
de lui prodiguer

iia\ait lit'suiii. (jii'il iiioiirniit

d*en tre priv; il pleurait, il sanglotait et tombait genoux, implorant leur pardon,
Toubli des offenses (ju'il avait pu leur faire, qu'il s'ofTrail \ rparer.

La tte entre ses mains, Alexandre pleurait.

Lors<|u'il se releva, il chercha autour de lui. Aucun des cardinaux n'tait l. Avait-il
rv?N*taient-ce pas le cardinal de Monral, le cardinal Mchiel ? Seul, pourtant,
prs de lui demeurait Canale, le mari de Vannozza, son lidMe gelier

Il apprit alors par lui qu'il avait loiurteinps plcun-, long^rtemps parl, que d'autres
cardinaux taient arrivs, mais (|ue tous s'taient enfuis, ne voulant pas entendre sa
confession, et ne se cachant pak de dire entre eux que demain Alexandre regretterait
ses aveux et qu'il ne songerait plus alors qu' une chose : faire disparatre ceux qui les
avaient couts.

Alexandre se sentit bien seul dcidment. Il dut se convaincre qu'il n'tait de pacte
possible qu'avec les siens, (|ue tous les autres ne voyaient en lui qu'un ennemi et qu'ils
ne manciueraient pas de ' r

sa premire chute. Il fut donc contraint h i. -i< .die aux siens, persuad qu'il tait
que hors les siens, dsormais, il ne serait point pour lui de salut.

Quelques instants aprs, Canale partait avec ordre de lui ramener Csar.

Lorsque celui-ci revint, il jugea au premier coup d'il et aux premiers mots du pa|)e
(|uelle situation exacte lui tait faite. Il en dduisit que pour {{ue le pa|)e lui revint
avec cette humilit aprs ce qui s'tait pass, c'est qu'il ne pouvait se passer de lui,
c'est qu'il le reconnaissait son matre. Et Csar parla en matre.

Alexandre le suppliait de dire la vrit, l'assurait qu'il lui pardonnerait et toufTerait


le scandale pour viter la fltrissure aux Borg-ia maisrr son amour pour F-Yanois,
qui maintenant devait tre au ciel. Il reconnut qu'il ne servait plus rien de penser au
duc de Gandie, sinon de prier pour son me, et que maintenant sa tche tait de runir
autour de lui, le plus l'troitement possible, ceux qui lui restaient : Lucrce, Csar,
Vannozza et Julie.

' - r rpondit que si Alc.\;iiiuif ii\an jiarl de la Il-S le dbut de leur entretien, rien ne
serait

arriv.

Il avoua, avec un simplicit cl beaucoup de

naturel, qu'il avait li.. . .,..i(;ois et l'avait fait jeter au Tibre. Il ne l'avait pas tu par
jalousie comme on avait voulu le dire, mais par dvouement aux siens, par amour des
siens dont Franois s'cartait chaque jour davantage. Fran(;ois n'avait-il pas
publiquement dsavou l'empoisonnement de Gme, le sultan, dont il tait l'ami, et
qu'il rvait peulnHre de remettre un jour sur le trne aux lieu et plac>e de Bajazet,
l'insu d'.Mexandre? N'avait-il pas ravi, de concert avec ' . la lettre par laquelle Bajazet
demandait au

l.i,M , laisser mourir son frre Gme?

I^ pape .s'en tonna. Il ne connaissait pas cette lettre, que Csar lui remit, l'ayant
drobe Franois.

II celte missive rdige en

L . l:

k Le sultan Ikijazet Cham, fls de..., etc., au trs I excellent p<'Te vi srirneur de
tous les chrtiens, le It pape Alexandre sixime, par la grce de Dieu tr.s dign'
Souverain Pontife. Aprs avoir rendu Voire I

> Grandeur les saluts quVUe mrit ;ai lui

< sont (lus, nous lui dt'n^larons humltlcuieol el d'un

,.fp...^ c;,.,.;,p comme <|Uoi nous ave * "'- par


.. (il .zard,8ervitcurelnoncdeV .ce,

>i Tolre convalescence, ainsi que tout ce qu'il nous a

rn '','', ri di^ Votre frandcnr, r-

a . , ;, ni el nous a donne u ^

consolation. Il nous a dit entre autres choses que

" le roi de France est rsolu d'enlever fi^me, notre

frre, d'entre les mains de Votre Puissance, ce qui

serait fort contraire notre volont et fort prjudi-

ciable Votre Grandeur aussi bien qu' tous vos

chrliens. Aussi nous n\

quer nos esprits avec Ir , ,

" nonce, pour le bien de la vie et l'honneur de Votre

P' ' ; a serait mme encore ^ur ma

< s.i; .......,n que vous fissiez mourir lv..i .. ..le, mon

'< fr^re, qui e^jt sujet la mort et retenu entre les '< mains de Votre Grandeur (en
quoi vous lui procu-., ro- , i" -- '

' (|ue si Votre Grandeur veut nous complaire en cela,

cx)mme r< s de sa : o,eIlecl ' !

- plus r"-" de Sa . ....,.>auce et i ^ jius

" irrand ii, faire mourir Gme, le tirer il< s ^ misres de ce monde cl donner une
autre vie plus .. hrr- '-.' ' - " : ' .M. . :--

son corps eu quelque lieu que ce soit au del de " notre nier, nous, sultan

mettons d'envoyer l ou w.., ............ Un

- trois cent mille ducats, dont Votre Pnissanre

LA. ROME DES BORGIA


pourra acheter quelques domaines ses enfants^ i* cl que nous les faisons
consigner entre les mains li ' celui que Votre iirandeur ordonnera aupar.T "' - ledit
corps nous soil livr et que les v. " l'aient donn aux miens. Je promets encore Votn^
Pni iant ma vie, il y aura Ufi

" cl ^ . cnire nous et Votre 'i .

sans aucune dissimulation, et nous ferons mme encore tout ce qui nous sera
possible pour vous obli^r et vous plaire. Nous engageons outre cela ' notre parole
\'otre Puissance pour sa plus grande salisfaclion qu'aucun des chrtiens, de quelque

ques torts nous ou nos sujets, ne recevronl

ment ou dommage de moi, ni do

... w. , ni d'aucun de mes sujets, et pour

encore d'une plus grande satisfaction Votre

Grandeur, j'ai jur, dans le dessein de vous obliger

George, votre nonce, par le vrai Dieu que nous - et sur vos r

1 iKiint ce ij... ^...... .. ...., ,

us manquer ia moindre chose, ni (roii , en quoi que ce soit; mais afin de rendre
encore

Vr.re (raiif! ' ' * '

>^ rit ne r< .

sorte de scrupule, moi, susdit sultan Bajazet ('liam, le vrai Dieu qui a cn''! h* ciel
et la i-

le qui est en eux, en qui nous croyoi*>

que nous adorons, que faisant excuter ce que je

laO UA nOMK DB9 BORflU

demande ci-dessus, je m'engage par ledit jurement 0 de garder toutes les choses qui
sont marquises ci- devant sans rien omellre, ni contrevenir en (juoi que ce soit
Votre Grandeur. Donn Constanti-'ie, dans la cour de notre Autorit sultanique, le

. ^ vie septembre, I'.tm -" in iv^< ">'.. ," ,.''vii i,. Prophte iA9.'i. >
Tandis qu'Alexandre mditait sur c^tte lettre, Csar continuait :

Franois tait le meilleur ami de Gme. As-tu oubli les cavalcades qu'ils faisaient
de compagnie et les dt'baurlies qu'ils menaient tous deux '

dans de joyeuses maisons? Il tait donc i .,.. ..

nous sacrifit S4^s amis. Oublies-tu (pielle amiti il avait pour Cianinno Sforza? Ne
sais-tu pas que c'est par Fr, que Lucrce et Sforza ont t p- - is

de no- iiS? Ne sais-tu pas que c'est au i r

cheval de Franois que Sforza doit d*trc en vie aujourd'hui? J'avais empoisonn
toutes ses bt*s |>our le cas o l'attentat ne russirait pas, dans le but iW lui couper
toute retraite, toute fuite possible, l'.l lorsque nous l'avons poursuivi, Micheletlo et
moi, nos chevaux ont t crevs de fati :~ ' ? ' Or il n'y avait Rome (jue les c*
ceux de Franois qui pussent battre les miens. Puisque j'avais dtruit C47ux de
Sforza, restaient ceux (1-Franois. Le pape hsitait croire...

.Mon pauvre Franois bien-aim ! Alexandre :' ' t sur la mort de son f ' *" "
"^

Cn)i-tii. ^ irde sa voix la plu

que je n'ai pas souffert de voir que celui qui tait

le moins dvou sa famille tait ton prfr, malg^n* ses vices, sa frivolit, sa
paresse? Oui, parce qu'il tait beau, parce qu'il tait ton vivant portrait, il n'y avait que
lui qui existt. Je n'avais de toi que les gards que sollicitait ma mre de ta piti. Et
en' "'' piti n'allait-cllo pas sans prudenc-e, car tu ' ,, is sans cesse ma rvolte. 1^
craindre n'tait-ce pas la prvoir? Tu l'as prvue. Pourquoi m'en veux-tu d'avoir
excut un projet que tu concevais toi-mme? L'heure est venue. Elle ne t'a frapp
que parce qu'elle est venue un peu plus tt que tu ne pensais. Je regrette sincrement,
sur mon me, d'avoir tu Franois. El pourtant je sens que, la premire rvolte
laquelle lu m'aurais pouss, un jour ou l'autre, demain ou dans un an, j'aurais agi de
mme. N'en rejette donc pas la faute sur moi seul. El s'il y a plusieurs coupables,
sache assurer ta part de responsabilit. J'ai assez parl. Veux-tu que nous fassions la
paix ? Pleure-le pendant quelques jours ; aprs quoi, tu comprendras qu'il ne te reste
plus que moi sur celle terre, comme il ne me reste plus que loi. Dis-toi que si tu
meurs, tous se jetteront sur moi comme chiens la cure et me '' -ni proprement;
mais, si je meurs, tu perds l .,.> droit... Ou

jure par moi et les cornes du Diable : le Diable, c'est loi; le Taureau, c'est moi. Mfie-
loi que quelqu'un, un jour,

ne veuille couper au laureau se^ "'. Sans dfense,


^tu prierais Dirni qu'il nie fasse i icr... et il serait

peu tard... Laisse partir Lucrce et Julie et ma nre, | tu l'as promis. Mais songe
autre

lose qu ! inmes pendant qu'elles ne seront pas

li. Ne crois-tu pas que les cardinaux qui ont entendu

laa LA ROMI DSf BORGtA

la confession sont trop pauvres?... Que dis-tu de ce (list<]uc qiio ' it le cardinal
Asciano:

Vendit A , ..... i, altaria, Chri*'" '

Vendere Jare polesl, emera llle prias.

Tu ne d<^truiras jamais i*opinion que les Humains ont de loi. Ils veulent que lu aies
vendu les clefs, les autels et le Ciirisl, et que tu aies pu le faire avec droit, puisque tu
les avais d'alxird achets. ProQtes-

en. Ne I' ; '" le

(imc, de , .. 1; r-

rerons et, l)ien embaum, enfarin d*arscnic, nous enverrons Ikijazet un cadavre de
trois cent raille

'' ' ' ' '' ordinaux * - ^'onn^al

qui leii. . il est

temps que nous songrions les gurir. Je m'en vais,

.... .... .. .^^^

, , , ax besoins s.Mick

des leurs, s'ingniaient mme les prvoir A peine Cc^ar tait-il parti que le pape
faisait

'"'' ' '- et lui * ' ' '-' '-'-">rr

insparlt :!

il'
explosion soudaine d'u -. Canale exprima I

' avait eue i sans V.\

' M. 1'*...^. > ' ..-w...,

la i, qu'il . .iT son

iicment, c'est qu*H n'tait donc pas encore con-' ' ison. \ a avec un bon
.sourire p.ilerne et

lui donna sa bmxliction.

LA ROME DES BOnGtA

Canaie sortit; le pape rnchil que celui-l lait doublemenl dangereux qui tait un
imbcile. Le sort t ' fut ainsi dcid et il mourut bientt

t2

^.^^^^-^m:

TC&^-iC:

La fn

CHAPITRE IX

la flo du XV* sicle. La femme du capitaine

ris lies courtisanes pour les calants. Les

-. Csar Borgia se veng'C de la matresse

- Ijt fccondatiun artificielle. Le bcher

aux serpents. L'armoire aux rais o Ton

enferme deux aianls.

Il fui difficile Alexandre de faire comprendre aux Farnse pourquoi il exilait sa


matresse Julie, mais il le fil avec tant de diplomatie, il les combla de telles faveurs,
(juc ceu.\-ci finirent par accepter sans dplaisir l'exode de Lucrce et de sa suite.

Comme on avait fait courir le bniil <pu' Julie lar-ncsc avait l sduite par un amant
et (|ue le pape les avait surpris en situation d;licate, les Farnse taient alls
demander confirmation de cette rumeur au Saint-Pre, en lui promettant que si telle
tait la vrit, ils savaient ce qti'il leur restait faire.

Si nous nous en tenons aux exemples que l'Histoire n.ii- ..'..', , -,

des : . - :-. :.i : .- .-..-- - i '--- -.1 --.:.' -'

de la Renaissance et du moyen ^Oy la famille est

tout : le mnage peu de chose. CTest aux frres ou aux parents de lYpouse que le mari
amfic le soin de

punir " ' '' " n'elle lui a fait. l*n jour,

un c , invite les parents de sa

femme dner. Il les choie longuement. Au moment

i.]r ' " " ' J eou-

t:: i ..... , ,...., ..; ,.ri>s, il

ouvre un coffre et leur montre Tamant qui attend l chaque soir son dpart pour
rejoindre la femme adul-t^le. Il dit siiTf ' ' " ' :

t Vous cot jue je

ne saurais plus garder en mon logis la femme <|ui m'a tralii, em voudrez. J .

Les parents de la jeune femme remmenrent et, sans autre forme de proc>s, la
turent. Chacun dit :

matr<

Du iiiiKV'' sont IVnlicredi

homiu. ., >... . . wdt des faroiis d'esclaves. .., au lit comme dans leurs appartcnienls,
comi:. rue. Leurs maris les mprisent et n'ont d'gards qit pour les ' ^ pression vul-

gaire, 1-

Les hommes sont donc cnralement haTs fiar leui fc/iimes, ' leurs mail. >. ..
.Si nous fil les de V*

commun! les hommes ent avec les courti-

sanes :

>, dit luu d'eux, qui font des nier-

curs talents, et de tout petits person-

naces qu'ils taient ns deviennent des illustres et des s, des r 's et des
rvrendissimes,

i'r, .1 -liii.M. sont si ..ii.ii.r. qu'ils ne rougissent pas de voler aux courtisanes, dans
leurs chambres, des livi|2s, des miroirs, des peignes, des serviettes, des

^ .)are la courtisane une tortue qui

porte sur son dos tout ce qu'elle possde. Elle se plaint que les honmies, aprs avoir
abm ces femmes l'escalier et la mar^'elle de leur puits et de leur citerne , les
prirent d'un diamant faux et d'une haioe en laiton. I( r ' iiiies i iriujfiit sur

les 1' . : ils s'v montrent

' videmraent assez vils.

J'tais,!' d'uuc telle. Oh ! la

.tr,.' 1. .' ,,.,., ,. . ..... a sa croupe plus

I oie, l'haleine d'un cadavre, les pieds

puant la sueur, une valise au lieu de corps, un niar-

" par devant cf '^"* par d' ' " Ou

re : <* Quell* r vache truie

-aleuse I Elle veut avoir tout le paquet pour le rond

en d' " il.;

..lire, ellr -.- . . -- , .,'*>

^ le nettoie d'une faon laquelle on n'a jamais >>om:. '>

Les femmes ' ut les li , mais ceux-ci


souvent le leur i- _. ; bien. Ci rjria, avant se

venger du cardinal Ascanio, fil enlever sa lualresse et la conduisit San-lMetro ad


Vincula. L, il la Ht tendre sur des planches hrisses de clous et la destina sans
faon l'usage qu'il voulait. Il se vanta plus tard de ne jamais avoir prouv de
volupt plus vire. La mnlheun ';ie dans toute sa chair :

pointes, sVi.. . ne. Csar convia alors II

t^'ens de sa maison venir Timiter. Ce fut ce que 1*00 appelait un trente et un.

A tour de rle et au gr de leurs plus folU - ......

taisies, ils la violentrent. Puis on amena les chiens, cl les domestiques rassasis
s'efTorcrenl d'assouvir les btcs.

La matresse du cardinal Ascanio avait dit de Lucrce qu'elle n'tait qu'une chienne.
Csar voulut qu'on pt se vanter de l'tre tout autant. Elle succomba du reste ses
blessures, (]u'ign()ra le cardinal Asciinio et tjue rvla longrtemps aprs un serviteur
ivre de .Sau-Pietro ad Vincula, qui fut empal pour prix de sa rvlation.

On appelait Csar le Justiciery et il justifia plus

d'une fois ce titre. Il s'prit une fois d'une fille de

:sto, jeune et qui dbutait dans la n

..0 vivait. Il Taima sans pouvoir la fr,,,..,.. ;. II

: rit que la jeune fille recevait chez elle un jeune


PROMENADE UALANTK

LA ROME DES BORGIA l?.\)

amant. Il attendit long^teiiips sa vcng'eance. i^n matin, il proposa la jeune femme


une promenade San-Pietro ad Vincula et l'emmena avec lui.

D'autre part, il avait fait proposer au jeune homme une somme d'arg^enl assez forte
pour tre l'amant d'une nuit d'une jeune femme marie un vieux baron, laquelle
voulait un enfant.

Le jeune homme crut la fable ju'on lui conta et accej)la. On lui mit un masque
aveug-le sur le visasse, parce qu'il ne devait pas regarder le visage de la dame en
question. Et il arriva ainsi en mme temps que son amante San-I*ietro ad Vincula.

IJc son ct, Csar avait dit sa matresse qu'il voulait savoir si sa strilit ne
provenait pas de la violence de leur amour et lui demanda de se prter devant lui un
jeu galant avec un jeune homme qu'il choisirait. Mais elle devait porter un masque
avr---' rendant la tentative de fcondation. Un m-(Ici mI tre l, afin que la russite
ft certaine.

Le moment venu, les deux amants, bien parfums, se retrouvrent dans les bras l'un
de l'autre.

Avant les quelques prludes, le mdecin, metteur n scne, appareilla le couple


comme le bouvier con-'duit le taureau la vache. Csar de sa propre main [tenait un
creuset rem|)li de plomb fondu. Le mdecin disposa les chairs de telle sorte que Csar
put m tour 0[>rer convenablement. Les amants croyaient r i!( s du mdiraslre et
s'y pr''

iUn< , !ice ingnue. Soudain un t

le chairs brles, deux cris atroces...

'tus l'un sur l'autre, la prostitue et son t^^alant . ..l unis tout jamais.

|3o LA nOMB DCA BOMOU

On appela la domeslicil, les paysans, les ouvriers,

cl tandis que Csar souriait, heureux, la malheu-

Mil rlait, ! il la sd'ne, la

V ........ nlail, roiujji.-...: :...... ...-.du populaire

par des explications scientifiques aussi savoureuses qu'inattendues.

Tout Rome coinuil l'Iii.sloire. Csar fit fai amants de belles funrailles. Mais arriv au
cimetire, le cortge des filles el de qui acc<)mpagnait le cercueil vit ' w>u-

ju'on retirait de la bire le corps - iou-

reux avec une fourche fumier, pour le jeter dans une fosse pleine de purin,
dVntrailles el d'ordures i-*"-: ' ' en dc( > " '-'ion, poissons pourris, - par la N .La
puanteur, le s|)ec-

lacle taienl tels que beaucoup de femmes s'va-

furent celles qui en restrent

Une autre matresse de Csar, qui l'avait trahi ou qui n'avait peut-tre pas voulu se
plier au caprice de son seigneur, s'rnfuil '

avec une petite troui>e . i

Naples, o elle se croyait, elle el sa suite, plus en sret qu' Home; mais en rotit eurs
la
-*ont qu'ils taient suivis. I..1. - tver

us dans un couvent qu'ils rci .S'

gardant bien de rvler la qualit et le nom du poursuivant. Elle dil simf)^ ' lu
couvant r[uv df's bandits de gmii la drpiMiil-

1er. Los moines '"""^-enl donc les portes et se bar-rJcadt-K-nl.

Nais Csar donna i'assaut au couvent, se promet-truit d: ,' ' avaient

i -M lui ^ ^ _ _ :i quel

tait le poursuivant, ]a terreur les prit, ils se virent perdus ' icrent la rsistance. Ils
savaient la

inorl j . '" 'hlinient qu'invc!it<'r v'i 'V.sar

lk>rgia.

Ils ditirent un immense bcher avec leurs livres, !- ' ' ' " iirent sur le bcher de

iir le monceau auquel

ils mirent le feu, ils s'embrassrent tous dans une

le. Du foyer jaillissaient les flammes.

.^.^. .. ..^.. ^.*is survinrent lorsque le bcher com-

men<;ail flamber de toutes parts. Quelques moines

avaient dj pri asphyxis ou brls ; il s'empara de

- ic la mort ne lui avait pas encore ravis et que

^ brlures dvoraient.

il feignit de croire, les voir ainsi s'embrasser, jn'H h des treintes i'

il -a. . ,...,,.,-:er des pieu.x jju i. .. .-jinter.

Puis, tandis que les soldats chantaient et riaient, ils iiip.il r. :i! ! moines demi
morts et rl.
Ouaiil a cvAc qui lui avait menti, il iu i.i jt^iui dans un {^'land trou rreus/* dans le
sol. Dans cette fosse, il jeta galement cent serpents de toutes

. -, -, se

levaient, s'emmlaient, furieux, une torche tom-b;iit [);i; tant le dsarroi et la furie
parmi ces

lK*ir> r\u.-iM ..es, qui fuyaient irrites, rencontraient

|3a LA ROMI DKS BOROU

le corps de l.i roiirtsrmo. rMila(;ii^rit. la in<i daicnt aussi.

Elle mourut aprrs tic lontrues lieures d'une i'|>imi ante alrore, parmi les couleuvres
froides el grluantt > (^ar suivait sur la figure de la inailieureuse tuui les phases de
celle agonie terrifie avec joie el dler tation.

Pourquoi iio citerions-nous pa-^ geancc qu'il tira d'Alessandra Pai... . .. . ...c,.. , ^.. .-

nie avec son amant dans une armoire linge. Cett-armoire tait divise en deux
parties par une sparation en bois treillage. Dans l'un des con: ' ' se tenait Tamant,
auquel on donna coin gnons de captivit quatre gros rats.

Ces btcs ne pouvaient arriver justpr elle avaii! d'avoir rong ! frpi:l;i.ri. ,.t, i,,,;.
.^j pouv>i< '-"m livrer passage.

Tous deux, lui et elle, avaient les poignets lis par des menottes de fer. Elle assista
,^

amant, les mains lies, se dfendant < sures des rats alTams qui lui rongrent bientt
1* ventre. Il roula terre, saisi au cou, au bas-ver par les rongeurs nm 1. f;ifn
i#'t;if ^m- lui i-,i sur une proie.

.Messandra vit i'humme sVtfondrer entin, le ventre ouvert, cisaill de petites


hachures, par o ! ruisselait. Les btes s'en prirent alors sa fi^ dvorreDl les lvres,
pntrant dans la bouche; leurs dents jr 'tle barrire d'autre-

\,t'^ !" ^"cs rais arrivaient plus voraces, el dans la _ r d'Alessandra un rat venu elle
ne savait

ti'o pntra... Elle mourut son tour, aprs aroir vu mourir son

iimant.

' <u uit que Ofsar ne laissait a personne le soin de


ic M.-iiL'cr.

(..iiAMiiii; \

' < Piaxza RltODda. r

' . La Uvroe'< A II Ti .

i^ Vrsn. <lc ia Vcpa. La

L.i craiiitt* <|ij .^ais. La Vierge 9"

i jifii -sr. Conseil-, de la \>spa sa flile, fuluf' I.i nnlle du cifitaioe Torre et ^-
ivflla. Les ^ -. ri:r-

ti.infs tin ! . Les -OU sorcicto. Chii'<>.

iiinucir. . J la chi. lue, La prcdictioa.

Les virgiaJlc impcrissabies.

(lsar aimait aller rder le soir dans les tavernes, o ' " ' iitains(iii " iseset \* '

. , jint do . t, sou I

brod d'or massif et ses culottes de toile d*arent, il Il iM r.iif L'i! ro plus l'attention
que les riches mar-< li.in 1> Icvdiiti"^ '^" irnois venus l s'amu<'"- ^^"'^' iirs jlljes.

hs la Piazzii Hitonda, elles l'appelaient de pschitt! [srliitt ! s-iit on travorsan '


H^iifts .1 i'(ir>. lMiri rrs : -

de jalousie et les putains d'empanada. On api)eiait ' !!' Ms d'empanada celles qui
protgeaient leurs

Souvent il marchait sans rpondre : il ne se sou> ciait pas plus d'elles que du temple
du Panthon, de

raipuillc di piorrequi renfcrm' ' i ln*s de Ilomu-

lus el (le Ucmiis, la colonne s< u ses pas le

conduisit lent. Il arrivait ainsi (luelquefois jusqu' la place Navone, o le mercredi se


lenail le march.
C'tait sa distraction, souvent, de venir ce (^mpo di Fiore, le centre de la ville, o
les paysans ou les novices (nouveaux venus) viennent se faire voler hahiloracnt par
des charlatans, arracheurs ' ' nts, vendeurs de renu'des ou de mdecines i !cs

contre le mal franais.

Il arrivait ainsi la Juiverie. L se In" la

synagorue des Qitalans, plus bas celle de- . ....ues, plus loin la synagog-ue des
Allemands, et enfin celle des Franais. Il y avait aussi la synagogue des Romains et
Italiens, mais ceux-ci avaient la rputation, et non pas seulement parmi les juifs,
d'lrp lfs gens les plus htes qui fussent au monde.

Csar n'aimait |)as beaucoup les juifs, qui ne 1 aimaient pas davantage et qui le
reconnaissaient vite malgr son loup. Il ne sV aventurait donc que rarement, malgr
son dsir de faire bavarder ces juifs seux et trs riches qui, du fond de leur choppe,
..iss<'s sur leurs jambes replies comme une arai-gn/n; au fond de son trou, guettaient
les passants.

Csar, ce st)ir, voulut entrer dans la taverne A la Truie >, o venait presque tous les
jours la Vespa. La Vespa tait une courtisane du Ponte-Sislo, qui t joui jadis de
quelque rputation. File avait t ,-...ni les en"-'*:" '' des plu-^ '-"- .....;^-
.,^^f. de* jjIus diii . avait ; >H'

LA ROME DES BORGIA

pour les hommes le plus violent mpris et se vantait de n'avoir Jamais t aime par
quelqu'un qu'elle n'eut tu de ses caresses. < La professionnelle lf plus experte ,
dlsait-ou d'elle. Ses paris avaient t clbres. Elle avait fait un jour celui de tuer, en
les puisant, trois de ses amis. Elle avait fait vu qu'ils mourraient tous trois dans
l'anne, et il en fut ainsi. L'un tait un juif espagnol pourtant malin comme le diable,
l'autre un chanoine, majordome de Csar, et le troisime un camrier secret. On les
avait enterrs tous trois dans la mme anne. Seul le camrier secret avait rsist plus
long^temps, mais il mourut aprs une atroce ag^onie, dans des souffrances telles que
de toutes les rues avoisinantes on l'entendit crier.

La Vespa avait vu mourir le camrier. Elle n'avait pas eu besoin des reproches qu'on
lui fit de toutes j)arls, ni des srnades aux casseroles battues les unes contre les
autres qu'on venait faire sous ses fentres pour regretter son acte. Elle dut quitter la
maison contre laquelle les ruffians et les putains venaient jeter des melons pourris et
des conrsres remplies de matires fcales.

Elle s'tait repentie r *" " nt une marji rc (r- rnnus-sion publique et en di i un soir,
devant le ban

t'( l'arrire-ban des putains, ruffians et maquerelles, qu'elle tait prte h sacrifier sa
vie en expiation, et qu'elle venait de faire dou par-devant recx)rs, juristes et huissiers,
ici prsents, de toute sa fortune aux putains malheureuses invalides ou affliges du
mal franais.

Comme elle avait donn sa fortune elle tait prte

|S8 LX ROWt OIS BOftOU

donner sa vie. Elle ne tenait pas plus l'une qu'a l'autre.

Pourtant si on voulait conserver sa petite flile sa mcre, elle s'engarcait se


contenter dsonnais du logtMiient ordinaire des petites putains en siirne d'hu-

-'Mlion. C- ' nonl coniport" ' - tAniiemenl une

ci une - t'. 1^ loyer dix ducats de carlins par an, qui valent sept ducats cl demi d'or : j'
trois mois en trois mois r<> ' coutume.

Cl ;jait par trois mois vingl-tnn. ais.

Mais encore ne demandait-elle cela que dans Tint-rt de sa fille : elle avouait tenir
aul<int sa fille qu' Sa vie ou qu' sa fortune. Les hommes lui avaient fait trop de
mal, elle avait trop souffert d'eux et par eux, elle ne voulait rien leur devoir, et si elle
se oon-fessaitcest'* " * " ' "' ' <n-

surs les p , , lin

glorieuse, demander le pardon.

Habile, cile avait un mot pour les puttin.s Ho-p.,,i,,...c. ^ 1;, jr|. ...;,..,... i.'w.. .,.,.iw.
pour les putains

1*8 aux . > voix douce, |)Our

les putains siennoises la taille merveilleuse et

s surs les putains romaines de beaut re>

On lui avait pardonn. On lui avait accord de con-server sa fortune, n; avait refus,
et ri-

diH> au rang des {>..,.-. jaitains, qui la v. ... ....iit

comme une faon de Siiinte, malgr ses forfaits et sa haine inextinguible des
hommes, des mdlr^

drc , , !-
dialemcnt ses contemporains.

Csar aimail la Vespa et la Vespa aimait Csar, parce qu'elle le jiisrcait criminel et
dprav, non pas tant par inclination que par txEurcrnent de tous et de tout. Si la
Vespa se trompait, elle ne se trompait pas entirement, le fond du caractre de Csar
tant un mpris inassouvi de Dieu, de la famille et de

l ''-s humains ). Il aimait lo" '' ' mic les

y ^.lit-il, et les prfrait h jants.

D'amis, il n'en avait plus eu depuis le temps o il tudiait Pise, o il avait perdu son
premier et dernier ami. C'est l qu'tait venue le surprendre la nouvelle de la mutation
du cardinal Rodriirue Boria, son pre, en pape Alexandre VI. II avait alors, sur
l'ordre d'Alexandre, interrompu ses ludes et abandonn son ami, qu'il n'avait plus
revu.

Depuis, il n'avait rencontr, par le monde, que des '. parmi les siens, que des
dbauchs ou

Dans la taverne o entra Csar, la Vespa tait assise, le coude sur la table; devant elle,
un pichet l'tain et deux gobelets d'argent, un pour elle et un pour sa tille, assise prs
d'elle sur If mme banc de bois sculpt.

(\

f:iil |. ^ _. , is

elle devait boire, car elle disait redouter comme une

i-, ., ....... lenonc' aux vanits de on

monde, elle s'tait rejelw dans la vie mdiocre par

it des hommes ; la Vespe disait prfrer la

,, ---- ... ..... ..,., . _, . _ .,_^^

aimant les rvolts son iina^'e, les arurs, hommes et fenunes. T' ' ' ' " aimait
Csar.

C)n disait d r. (jno r'i'l.'iil iinr sjiinte

putaiti

Tout l'argent qu'elle relirait de ses couclieries, elle le consacrait ^ de bonnes uvres
ou ni<>me des cpuvres pieuses. Tel ulel de la Vierge 'lait couvert d'un surtout en
tissu de soie, brod de dentelles que qt ' ' nuils avaicnl pay. Pour telles caresses

i\v ^ aient ses amis d'aventure, la Vespa demandait un vase ou un chandelier d'argent
pour telle ou telle j^lise.

Elle faisait tout cola avec une inconscience tranquille et une impudeur difiante.
.Aussi Csar avait-il pu lui conseiller d'acheter toutes les dentelles, tous k'^ ' ' ' * ' sa
fleurs (pii p.. it

r.i . Ange, o l'un pr( le

mettre le portrait d'une Vierge parmi un envol d'anges ails, portrait qui n'tait autre
que .Inlie Farnse, la matresse officielle du pape Alexandre VI. Le^ .rr,,w^*< de
l'poque signalaient la prsence de Julie i a

la noce de Lucrce > par celle mention discrte parmi l'nun; ' * ri des convives : t
La belle Julie Farnse, la n du pape.

Csar souriait celle vocation : dans la chapelle VI r une courtisane la Vierge, la


Vierge tait

n I ... i ..ue sous les traits d'une autre courtisane el l'autel par d'objets offerts par une
troisime courtisane. Ouelle chapelle et mieux convenu aux courtisanes romaines
que celte chapelle consacre par elles?

Par ma vie! bois deux doigts de ce vin de (Ire-nache, petite. Cela t'ouvrira les
yeux, dit la Vespa sa Hlie.

Corps de moi ! dit-elle Csar, si je n'avais ma fille, je crois que j'en finirais tout
de suite avec cotte saloperie d'existence.

Mais la Vespa s'interrompait. Tandis que sa fille jouait avec la grosse chane d'or que
Csar portait au cou, un capitaine de gens d'armes faisait des signes d'appel l'enfant,
qui ne voulait pas comprendre. La Vespa s'en apcn;ul et bondit :

Chef de sbires d'arrosage, va donc maqnereiier ailleurs. Ruffian! Glu putains!

L'homme se rebiffait. Des fennnis criaient, cicicn-daient la Vespa. L'homme avait pris
la Vespa par son oilier et tira lui si violemment que la chane se nirri[>il.

Utsar se dressa, menaant.

Tais-toi, caboche pleine d'eau, ou je te crve! lui dit le capitaine, qui fut bientt
terre. Ddaigneux, C^ir lui laissait son poignard dans la poitrine.

.Mne a au baquet tripes, dit la Vespa, pile, la goi ne.


-^ . . nis manger, rvrendissime, dit ironiquement Csar l'htelier. Il n'y a rien
comme a pour vous mettre en apptit. Assieds-loi prs de La mre, gentille
mignonne.

Tandis (}u'un valet emportait le cadavre, quelqu'un

relira le poignard cl reconnut sur la poig^nt^e le chiffre

On se passa le poitrnnrd t ](^s

...... . , .>.onne ne songeait que riioniiii ,u

<iui dnait avec la Vespa pouvait tre C<'*sar It<ir|ria en pcrsoimt

L'hlein I I iii

mander : des an-. ,i le,

de la capilotade, de la porquela, des auber(^ines, des poires.

Tu l'entends mieux recevoir des bao4|Ufs <|u* servir de bons mets, plein de
tripes ; coule>moi, }fi ferai le menu, tarde pour tes porcs tes boudins, tes l)Oulrltcs
de hachis et trs :' --rf-- -^^g,

1 fi'iJIU'-lKMls (lu IJjriolJ avec t. iCf

de la truite aux cpres d'I^ypte. As-lu de bonnes

|)erdrix pas trop fraches ou un faisan? pr "s-

nous la sauce de noix pilcs. El un poc si

tendre que cette enfant, bien assaisonn de coriandre et de pimenls. Ht sers-nous tout
ce l)ue tu as de

meilleur comme vins. N'oublie j ' ' - ' * la

moelle do JMi'nf, snns In radier ' s

ta peau

L'htelier hcJuife'na, lier d avoir a servir un tel repas.

La taverne tait pleine de filles. Toutes les putains du Belvc*dcre, toute la ciicnti^le
du c de Torre

Savella, qui les filles devj; i un i '--'il


pour |>ouvoir exercer sans Inur pi i.

taient venues l, ce soir de fle, par^ comme des chsses ave< ' " . mules cl

colliers (les ^ ., ^..-.. _.. en voyait

d'autres qui alTeclaient de venir l sans faon et qn

dissimulaient leur fortune pour ne pas tenter le couteau de quelque ruffian : elles
portaient aux pieds des pai " ou en vehr '. comme si < ".^

des - -- :i de chez t.. .us le voisina- ,

alors qu'elles avaient t portes jusqu' la Plazza Hitonda, d'o elles venaient ensuite
pied.

' ' ^ '"s-unes ff'<-'''-'.nl d'tre pauvres ji./ui ii* jK! . de coii\ . d'autres simulaient un
cer-

tain luxe pour ne pas provoquer de piti. Celles-ci, (jui '*''' ' '

avec un plat de bouillie de fves ou une cuelle de pois chiches.

Aprs le repas, la nuit vem.., ... femmes demandaient aux hommes de donner un coup
de pied au cul de l'IuHelier, ils restaient tous entre eux bavarder faiT: ' - ~ r ---;
'lis une maison amie.

Ce II , .' o arrivaient les sorcires qui, elles, sur>'enaient au mitan de la nuit. On


buvait du vin de Grei i de la malvoisie de Candie et on man^'cait i^ its, des
confitures, des

amandes douces, des raisins et des p*Uisseries.

Il \ < sj)a, ce soir, parlait d'abondance. L'in.sulte qii'rllc avait suhio provoquait sa
verve. Elle matidi'^-sait, ce soir, les humuits et cxli<jrlait sa tille pai : >-ger sa
haine. Elle soutenait qu'il n'y a qu'une putain <|ui pt, \r 1 * ' ifs. Elle prparait sa ti.
_ . ^__ , .. . i r,leshau.

Elle donnait des conseils ingnieux et dconcertants cette enfant, qu'elle dressait au
mtier de courti-

c l'coutait, s'amusait de l'entendre. 11 savait

l^\ 1.4 Items DBS loRau

qu'elle ne Taimait que maternellement, comme un fUs qu'elle aurait souhait et de qui
elle et t^ Hre.
Elle rivait de rendre sa fille di^ne de Csar, comme i.rsnr rt'vail aussi de rendre
Lucrce diane de lui. Aussi nViJarK-nait-eile pas sa fille les conseils, les
admonestations afTectueuses; lorsqu'elle parlait des putains, elle se citait quelquefois
comme exemple,

nif^! ( !iic ! I IMe suivre, tantt C" no-

>l.'.' i mt plus vivantes ses .= la-

tion^

Lorsqu'elle catciiisait sa fille, elle ne se gnait point do Csar. " -ompltait parfoi-
-'^ instructions.

Elle disait ce soir l'enfant et elle parlait pour tout le monde :

Aujourd'hui, le nombre des putains est si grand que celle qui ne fait pas de miracle
en l'art de savoir se conduire ne peut russir. Il ne suffit pas d'tre un friand morceau,
d'avoir de l>eaux yeux, de blondes tresses : l'adresse ou la chance, seules, tirent
d'affaire. Si tu m'coutes bien, je te jure par les pate- |ue je mchonne toute la i 'ure

; 1 peu je te niets en perce, .i de

te voir monter plus haut que n'importe quelle faro-rite du pa|>e.

Keoute-moi .m. tomme le marmot coule le

matre d'cole ou comme les fidles coutciit le

prche. Dis-toi d'abord cec[ et mdite-le : Si les

' it autant de qualiti^ qu'elles ont de

, qui tant de trahisons de part et

d'autre ont fini par ouvrir les yeux, aprs les avoir

L\ ROXX DES BOnOlA ^Tt

supportes sLx ou sept ans peut-tre, les enverraient !a potence et trouveraient plus
de plaisir les voir lirer la lanrue qu'ils n'ont eu de plaisir se voir dpouills par
elles.

S'il yen a tant qui meurent de faim, et de lpre et " -. sans parler du mal franais,
c'est encore

,L lit jamais eu, une heure, en ltc le souri


de leurs affaires.

Comprends bien, dit Csar, et fiche-toi bien dans la tte ces plres et ces
vangiles. Le mtier de pulaiu n'est pas un mtier de sotte, et la mre, qui le sait bien,
ne se dpche pas en ce qui te concerne, elle sait bien pourquoi.

Oui certes, dit la mre, corps de moi, il faut savoir autre chose que relever ses
jupes et dire : va, fy suis, moins qu'on ne veuille faire banqueroute !e jour mme o
l'on ouvre boutique. Pour en venir .1 la moelle, beaucoup voudront tre les premiers
servis, ds qu'ils te sauront entame. Moi, je ressemblerai un ( " \r qui rconcilie
une foule, tant j'jinrai de , i ! > pschill! dans les oreilles <|ue me feront les
entremetteurs. Tu seras toujours

' nue d'avance par une douzaine, si bien qu'il fau-

I que cha({ue semaine soit aussi longue qu'un

!s si nous donnions un jour chaque client qui

se prsente. Me vois-tu en train de rpondre au valet

Iqui vienc ' ' - ' wv son matre?

\ Je 11 _ i<*rai de saligaud, de viande

I chiens, je dirai que lu n'as consenti encore qu'une leule fois, et encore (pi'on l'a
pris<' par force; je (irai au valet que son barbon de matre a beau avoir de l'argent,
qu'il n'en a pas encore assez pour se

{layer de l>eHes fleurs comme toi. Toi, co momeiii, tu traverseras en courant Ia


maison, les < dnout'"^ ""' '*" '""'" j>oir '|"" '- ^ '' bloui.

Oui, dit Csa, les valets sont aux matres, souvent, ce que ! lerelle est la "

le sens de l'ii un ei l'aiitn' n ,

sonne.

Oui, certes, tu ne saurais croire bents se passionnent rien que pour <
chambrires vanter leurs pnlrohnes, ou Ir ter les belles filles

< ' inire fois ou m rci!

es i; -, f)rce-loi rougir ;

ce soit. La Perugina, qui ne suivait plus rougir et qui savait combien cela est |) "
pisser ou autre chose, et v..i ..

pas, le rouge lui montait au visage. I^ i

pudeur met aux joues des femmes est plus tentant

I>our le vice que n'importe qn ' * -^i.

Olui qui veut de toi < . fra le dire :

J'ai toujourg ro de renntrer un jour une femme comme i^oua; ou bien : // ' '>lr
f/ufj> i'

naisse depuis dix ans, I ,*/ je vous <;.-., . v,.

bien : Votre mre a bien raison de voua adorer ; hi

autre fabriquent des filles, elle, des anges.

\Uy ' "

bl.

m'aimei et soni^e |>endant ce temps qu*il faut qu'il

t'achMe co' la, ou m se.

" Tii-* I , i., al, feins t.. . ii-...r i.MiiiMrv n !m

dr le si lu n'osais i

lement tu l'aimes. Il coiiinieacei-a croire que tu es ' de lui et il le croira (i';ii 'as que
tes

-- -, en le perscutant, l'en pei . _ . jnt. Il t'emmnera alors dans quelque coin o,


parmi les choses ,': il l'entranera (juelques foltreries aux-

I xiut (pie tu tches de rpondre, et sans que d cela senle trop le bordel. S'il le plat de
rire, ne Ta pas lever pulanesquement la voix, ris de telle * ' i de tes traits ne !' ' ' ''se.
Ne jure

\ ni par les saints, ei - ui arracht-r

plutt une dent qu'un vilain mot. Toute fille qui fait !'nouvelles pousailles doit
s'habiller plutt u ^.,. {.-i que de velours.

D'auUint plus, interrompit Csar en plaisantant, que gnralement ce ne sont pas


tes vtements qui te parrrnnt dn- ' ''t.

Tnilr i.i ' _ iiic riait.

A table, tiens-toi bien; il faut que tu saches te t-iiir aussi bien table qu'au lit. N(>
remplis jamais, ici et l, ton verre jusqu'au bord, dj)asses-en peine la moiti et ne
t>ois jamais tout. Ne niAche pas en iiiiiii!!? ! i-iidieusemenl et salaudement, garde-
toi '' - '' goulue et de sou larde.

d'un mets table, accepte-le avec une rvrence, tout en jetant un coup d'il ton
diiirinf te qui lui demande la permission

sis la . -. .- ..- iiT.

Donne-lui surtout des conseils pour la nuit, l ce qui importe davantage pour les
hommes,

|r. Oui, dit la V'espa, garde-toi d'arriver dans la [chambre avec prcipitation, tellement
l'envie de pis-

sor te dmange, et lorsque lu pisseras, garJe-toi d'tr* aper^Mio ou entendue pisser.


Que l'urine ne lo: ayec le bruit que fait le lait (|uand un trait !< ..>

La Vespa continuait ainsi, la grande joie dr amies qui Tcoulaient sans trop savoir si
clic t4iit sincre ou si elle l'V ' lil.

Celles-ci se pen^ sur un chi(|uicr, celles-l

sur un damier. Elles portaient des rot>cs couverte^ de broderies ou ornAes de


|)assen)enteries qui i taienl en relief les velours et les sjitins. D'aut.. riaient, parlaient
de courses de taureaux, de jeux d <|uintaine, de joutes la ba^'ue. De grosses
Lombarde^ au visage pltr de fards riaient fort en rel' les ds. D'autres jetaient des
cartes avec rage. J enfin, plus srieuses, s'ventaient en coutant la Vespa, ou
s'encourageaient avoir confiance >" l'avenir : elle citait l'exemple d'une courtisane,
..-du bas peuple, aujourd'hui haute dame romaine.

I^ Vespa, les coudes appuys sur un coussin en velours tann, f * d'or, que "' ' 'i r
avait

coutume de lui , , r pour qu blessai

point ses coudes anguleux et nus, dit sa fille :

lelle alTaire ! elles crvent d'envie voir n; > putain arriver la fortune, nuiis
elles ne regardcni pas ce qu'elles ont d soufTrir ou supi>orter avant d'y parvenir.
Pourvu qu'elles paient leur loyer, leur impt au . * ' Torre Savella, pourvu " "
portent en < l>eHux su;ons que leu;

mari ou la chambrire pour exciter les autres, elles croient avoir fait des merveilles et
blouir tout le monde.

" llegarde-les, alignes le long des tables avec leurs

su< 's, leurs lvres rouges, leurs dnis d'argent

ou u , elles jouent Iranquillement et nes'inqui-

tenl gure de leur fortune. Elles ont la 6gure vernisse comme un masque de Modne
et croient qu'ainsi tous les hommes tomberont amoureux d'elles ot leur offriront leurs
bra^'uclles. Tas de trobc-la-sagnes ! Ah ! enfin ! voil les stregas !

1 as ou sorcires enlraient. Elles vivaient de

la L- l des courtisanes. La Vespa disait que

c'taient les maquerelles qui les avaient inventes : elles deux elles se partageaient
le gain des courtisanes.

Depuis que les stregas taient entres, on ne parlait plus que stryges, fantmes,
dmons, esprits, sibylles, ha! ' Elles parcouraient les tables avec

leur . _ . t's, leurs poussires d'os, des yeux

de chat-huant, des dents de mort, des nombrils d'enfants, des peaux de serpents et des
crotes de mal franais .

Parmi tous ces dbris, les doigts crochus des slre-tras se promenaient, et les femmes
attendaient anxieuses <|nf 1.1 - *" ' ' > ambigus.

l.r> pilla , . is avec des

rires ou des clats de colre. Quelques courtisanes

tient de l'ventail une strega qui ne vendait

,. . aphrodisiaques base de coriandre VHr(.' ,.-

pMtiNsu'res d'ontries.

In valet au justaucorps de satin et aux chau8S(;s ' ' - * ' ' - ir et surveillait

iMus d'une fois, des disputes, des bagarres clataient, parce que ces sorcires avaient
essay de voler quelque cliente.
LA nom ou wmoi4

Csar avait arrt la plus habile stre^a et lui donnait sa main. I^ ripilic regarda ail
iigrnps et avant d'avoir dit ud mot se ' rherchant fuir, mais Csar la maintenait par le
bras :

Assieds-toi, si Ui ike veux pas que jf *" '"'" ' fig-ure avec les tripes, vieille
maquorelle.

La sorci6re obit, tremblante. Elle dcouvrit la qua-' ' ' ir, lui prril "' " * ; . . '..-e, d'o
il

roi des Franais; elle lui assura une trs brillante fortune, mais elle n'osa plus
conlinuer sa rh'

''"""" l'elle lisait dans les lignes de I.* ......*

r lui ordonna de parler. Elle s'y refusa et voulut fuir. Csar, furieux, dut lui courir
apN's et ' * ^ ^rsat:" ' " -' "

1 de Ces. Csar rattrapa l'charpe crasseuse dont elle courrait sa t(^te. Mime el!<'

la laM. *r fixa, t , ..

la table d*un cx)up de poignard. Elle hurla un cri d'effroi plus que de douleur,
n*osant remuer cette main loue dont elle ne * ' ' ' ' eux.

Il y a dix di -i lu parles, suceuse de chancres. Si tu ne parles pas, ce n'est plus la


main, c'eat ta gt)rre que je < le.

C4i disanl, Csar f' '"" '' ' .t*..v/..

enter sa promesse.

Alors la vieille parla.

Il devait lre cm: '-.ve<' des soins. Il <lr rait plus tard d'un conp de javelot.

' :. C'est cela qu; . _ _. que je l'ai promis et dix autres pour l'acheier des
remdes et (les L'rinls pour ta Messure.

Toutes !''^ ' ' ' pour la pliij<.ii juives mauresques, 1 et grecques, s'taient enfuies.
Les joueurs de fltes de cv7)rs s'taient tus.

(j (|ui n'avaient rien vu el ne

s't. , , (S du cri de la slreffa, conti-


nuaient voix haute leurs conversations.

L'une disait :

...Comme si j'tais sainte Nafissa, qui permettait tout le monde de la chevaucher


par charit^...

Une autre :

J'r' ' ' mes cicms dViri i u;nts en os d lii les garder i:

Uneautt

Avec de l'alun et de la noix de erallc, elle me l'a r^ndu semblable une bourse
sern''^ .v. r ...< r,>.,l,T..

Quoi? demandait quelqu'un. r.Mi^ clataient de rire.

l ne autre disait :

.1' ^.lis un livre de receltes pour la toilette. On y lit comme on fait les pilatoires
arec la trbenthine, ! ' '-fj la chaux et la cire vierire.

,11'on y lisait aussi quand vous devez

prendre la d('>coction de bois? ({uestionna quelqu'un.

I>a <l 1 du bois des Indes orientales ou l>ois

fr l'f . pour gurir '" ' '': ^ i^s

I nl.ii.i:-. i i..

Tne autre demanda qui savait prparer les vessies uu sang de pigeon ou au sang de
lapin pour du(>er

Ips richesamalcursde vi -. l'nejeune Ix)mharde,

frache et rose, qui m.i..>v...: des cormes, se vanUi d'avoir perdu la sienne deux cent
trente-trois fois. En une seule journe, disait-elle, j'ai dil servir deux virprinits. >
Deux riches marchand - ^is l'avaient vue et l'avaient demande sa i ,, qui leur

donna rendez-vous sparment ; elle la leur confia tous deux sutT< ' rid ils se rc "ni,

la nuit venue, il- ,...i. - deux l'hisl "->,

amis, qui en firent des l chaudes.


Il en rsulta pour la coquine deux mois de lit, non pns d'avoir trop ri, mais d'avoir
rencontr, au coin de Icirlisc San Salvador, un des deux <Jnois qui lui enfona un
poignard dans le venin

Csar sortit doucement en song^eanl molaacolique-ment aux nrfliciionsde la


sorcire.

jIj,.!-. .1...,.,^ ,-.^.:. 13 ruffiane -' ^'-'iti. Lettre de " < au duc H Ferrare.
Ri

, ^ ,... ..uielles. . jus d'i"">'""

^^liscs. Sacristain messatrer rlamour. La i

- lie. Le corlgc de Lucrce Borg^ia. Le jeu . _

Le collier de Julie Farnse. Priocesses pontificales.

Lucrce s'apprtait quitter Rome. Elle emmenait avec elle, outre Julie Farnse et
monna Vannozza, sa grouvernante, Adrienne, qui avait vrcu en liaison troite avec
Alexandre VI du temps qu'il tait le cardinal Rodri^'uez. Elle avait t pour lui non
seulement u ' i^ la confidente d' ' ' ' : elle

Si , -s et se prta i is du

pape. On rappelait, Rome, la rufliane du Vatican, -dire la procureuse,


l'enlrcmetteuse.

..;.^.Ionna Adriana L'rsina avait lev Lucrce dans le palais Orsini, situ sur le
Monte Giodarno. On Ta contest, mais une lettre cjue Pambassadeur de Ferrare
.itifrs de la cour de Rome, Rocaccio, vquc de M-hI. iuj crivit au duc Herculen
fait foi.

On a reproch Alexandre de n'avoir pas voulu confier sa fille aux couvents de


nonnes, mais on ne

wneBET - .

lS4 I A noMt ne tioiiriiA

pcul irure le di*S4i|)proiiver si Ton connat la Iic4*nce

qui ri^^gnait dans CCS couvents. Les r.i ii :"pe

et des cardinaux y avaient leurs ^'i i s

entres aux vu et su de tout le monde, et des orgies s*> " il (]ui n ' celles cel-
It - ;> plus nu- -. V ;^.

O rcMchemcni des murs conventuelles tait tellement connu que Ton citait les
couvents que Ton

croyait propres sn-- '- '" -rnnce des jeunes

lilles romaines. Les i. :, en elFel, pour

*trc des initiatrices singulires : des enfants mouraient chez elles, que i * ' ' ' " rs

< tudes, ni leur f<*rvour : s redoutables.

Trois couveuls l'iaienl rj \ : celui de

San Silveslro in Cajjite, oy *...,. ,'.i.., ,...

plusietirs de leurs filles, ou S,

Sisto, o fut leve Lucrce et o elle devait plus tard Ir. ' ' ,r

rer l'importance que la religion avait cette p

H *t femmes entraient au couvent parce qu'ils

!r'> il l un milieu convenable o ils pouvaient

vivre en conmiun. Dos lors, les faiblesses humaines ne pouvaient tre exclues de ces
couvents. La ni n'tait qu'une forme de l'ducation et n'avait gure iit valeur murale.
Les glises Santo-.\gostino, La Pace, San-Salvatori

< inient communment un lieu de r-

l'*s iinjonreux (pii -*'^" "^trouvaient, 4...

les lianes ou parf le sous les vases de 1

autels leur corrrapondance.

Le sacristain favorisait ces rencontres, faisait le g'uel et considrait cet lment de


re*^'"''< iniiim' 1' plus important de ses moluments.

A roccasion de son dpart, Lucrce fil envoyer des fleurs toutes les -: ^ de Rome.
Les chanoines firent brler des i>our appeler la bndiction
du Ciel sur les voyag:eurs. Au Vatican, Alexandre VI rs " ' donner une grande fte; il
songea d'abord lu ijier chez Vannozza. Alexandre VI voulait surtout, par cette
dmonstration, publier la concorde qui rfrnait chez les liorgia.

C'est le chteau d'Ostie qti- i w.. uui^u pimi celle clbration.

Csar imposa Vannozza de quitter le deuil de Franois. Dans I". "' * 'art et parmi la

proccujtaliun des .. , laient prcipits,

tous oubliaient le cadavre gonfl d'eau, aux yeux ri)n;rg, aux chairs entames,
sanguinolent et vcr-ltrc, que l'on avait retir du Tibre : celui du duc de Can<lic. On
l'avait enterr mystrieusement, cx)mme on et fait pour un pestifr ou un
excommuni.

On partit donc {)(>ui ' '" * . I.a

foule lait acrouruc 'f'.

^ *naient en lte trois cent cavaliers, que suivaient les litires aux rideaux ferms.
Deux cents cavaliers' arrivaient ensuite.

.\[>rs eux venaient des mules charges de vtements, de provisions, de vins rares, de
vaisselle pr-rlnisr. l,' !>rcux cliariots. Cinq ccnts fantassins

!' riii.iM'Ml iic.

Dans les litires fermes avaient pris place les amis intimes des Borgia, quelques
cardinaux amis rt

aseaeS99=S!9S9BS9=-9S9Ba9BMBBBHiHHm |50 LA nOMB DES BOROU

dt^vous, tels que (Jiorgonle et Peruggia, cratures d'Alexandre VI. SVtn' - ' ' inls
eux quelques courtisans, speclaleurs h.: > de ces fles et de ces dbauches pa|)ales.
Parmi les femmes, on remarquait Lucrc<*, V'annozza, Julie Farn<^se et qn- ' nobles
dames roM'iiiKv r.uf Mli<v; l'i (i-iiiv r.v! .vi,^ courtisanes.

Il y eut le Icndeinuin de leur arrive un banquet. On avait dress la table dans In -


" " - 'i chteau d'Oslie, toute tendue de tai' >. .\ux murs taient appendus les
tableaux licencieux du Pinturichio, qui les arait d'ailleurs accompagns Ostie.

Sous les Tentres, des joueurs de flte, de luth, de harpe, de rebec on de riole se firent
entendre pendnnt tout le repas.

Lors(pie le dner prit fin, les convives, excits par les mets pics, assaisonns de
coriandre, les vins de Capri, le vieux Falerne, le Lacrvma-Christi, le Mos-catcllo
d'Asti, s'abai)il<Min;iiMiJ .'i <l's tw.^tiDs IpsIi^s Les veux brillaient.

I^s vins de Sicile et de <irce, les clairs vins de France ajoutrent h l'ivresse des
convives. L*heure t.nil voluptueuse. Sous les tables, les jaml)es des ^, des
cardinaux, des femmes s'enlaaient.

Uesar, metteur en scne ordinaire, sur un pestr d'Alexandre fit tciniln' l>s Inmi
rev.. On .illait jouir au Jeu deschandellr

Tandis qu'on teignait les lumires, les convives sVnlaaient librement, se baisaient
pleine bouche. Les hnnunes buvaient dans la bouche des femmes, coupe ofTerte, les
vins prcieux. Les mains allgeaient

LA HOME DES BORGIA \J^

les chairs des salins ou des velours qui les vtaient. Les doisrts fbriles dnouaient les
chevelures qu'ils rpandaient sur les paules et les seins nus. Les corps glissaient sur
les tapis, s'enlaaient, lorsque le jeu commena.

Il tait dfendu de parler.

Il s'agissai de tenir la bouche une chandelle allume et de la maintenir allume


malgr les efforts que tous faisaient pour l'teindre. El l'on devait marcher quatre
pattes . Les corps souples des femmes ondulaient sous leurs costumes de satin et de
velours. Les lumires rvlaient par clats les blancheurs des chairs. Puis quel(|ues
courtisanes remplacrent dans leurs bouches les chandelles par des sucreries, que les
hommes essayaient de leur prendre la bouche mme. Bientt, toutes lumires
teintes, on poursuivit le jeu dans l'obscuril : il arriva que les treintes senourenl
dans la nuit complice.

Csar, parmi les corps emmls, avait enlev Julie Farnse son collier, Icseulsig-ne
auquel on pouvait la reconnatre, mais il n'avait pas abandonn le corps de Lucrce
qu'il enserrait troitement. Il mit le col-lifT au cou de Lucrce et provoquant un
remous dans la iiilrr des corps enlacs souleva dans sou treinte le corps voluptueux
de Julie <|uc maintenait Alexandre.

Aprs une courte surprise, .\lcxandre relntnx.iit Julie Farnse qu'il reconnut son
collier.

Bien des couples s'taient apaiss. Alexandre lui-mme, las, s'abandonnait, lorsqu'une
lumire s'arita prs de lui, clairant le pa|>e, les courtisanes et les jeunes pa^'es qui
gisaient l, assouviss cl demi nus,

purini les satins, les velours, les chevelures ployes ' -^ chairs sur lesquelles
reloinbaienl les UHes alour>
Meurtri, Alexandre conleiii|)la la matresse voluptueuse qui il devait son heureuse
lassitude et qui,

I" de lui, les yeux r! ' - '-, dormaiU II

'i il, mais d(\j la lumit > icintc...

Alexandre n*eut pas le dsir de fuir, ni d'loigner ^' i jeune ' De son br rdi, il

n. ........! 'I' !iii 1 . i'(>II> (iii'il 1 1 1*1 ri'

Julie Farn^'

Ses lvres si* jH'nchreiil sur le visatre de la dor-

! V -'alentirc: -ni les boucles sf "' '*t par-

1 le sa cil . sur ses lv^e^ '^, sir

ses paules.

Parmi les ni

parses, Ak... n

Lucrce lk)rria.

L.i

ic U'.-iii'-i ij"' 'C'' i')ii''ii 'tis ccciL'^iastiiiues.

I)piiis (jue la fle donne , ... . anozza dans son viirnble de San-Pielro in
Vincula, en Thonneur de Frau<;ois, duc de Gandie, qui venait d cire fait par son pre
dur de Bnvent, conile de Terracine et Ponle-Curvo, et en l'honneur aussi de Csar,
<{ui avait t choisi comme lgut apostolique pour couronner I'n'(l/'ric, roi de
Naples; (' que le [

ivait voulu tre une fric .ion entii . .

deux frres et qui se termina si tragiquement, le pape

i' s'i'tait donn aucun divertissement, et la partie de

la ! se d'Uslic fermait le deuil de

)is, qu
vr avait port avec ostentation.

Les historiens sont unanimes reconnatre la dou-

ort de son fils .' i . o , i-di, il ne prit au - .

Dourrilure. Il refusa m(^me les aliments que lui appor-

1.1 i ' . ' ' ;; ' ;i complice.* de toutes les heures, "'il'; ' ii * l.i!. donc p' ^""'rmcril
par peur

i :: onn par son in

t6o LA ROMB on BORGIA

Lorsqu*on lui ramena le corps de Franois perc (le neuf coups de couleau, dont le
f)riri ' ' lt dans la g^orge , el qui avait eucore tous n>

nients, son manteau, se^s ^ants sa ceinture et mme son ar^ent de poche ,
Alexandre le fil porter l'glise Nolre-Damo du Peuple. Le peiipk, ({ui n'en voulait
Franois <jue d'tre le fils des Horgia, lui fit un cort^'e imposant. Alexandre'avait
voulu les funrailles les plus soujplueusescju'on ait jan s.

Le pape tait tomb dans une telle pi _ n

(|u'on craigrnit pour sa vie. Il avoua qu'il voulait se laisser mourir de faim. C'est alors
que Csar, en personne, tenta de convertir le pape d'autres ides. De cet entretien il
tait rsult (|ue Csar obtnt sur Alexandre une toute-puissance (|ui le consacra le
. , ' ' '. ' , ' .1'.

; _ , ,'our le couronnement du roi

fut une faon de triomphe.

Ds le retour de Csar Rome, les meurtres el les assassinats recommencrent. Celui


qui fit le phi^ ' bruit fut celui de Mr Floride, archevque de Cos Cet assassinat ne
fut pas seulement remarqu comme un a( '' I moyen politi<|ii ' '* r-

gia. ^'"ni de tout, l s-

penscs , les indulgences >, les brefs se vendaient couramment.

Les tarifs taient aussi connus que le Tarij .; .

courtisanesy et comme les putains de Kome payaient

un impdt au pape par Pintermdiaire du capitaine de


' " ipposer (|ue les deux tarifs

-Ci avaient pu tre labors

au Vatican.

On se souTient du distique que plusieurs payrent de leur vie parce qu'ils furent
souponns d'en tre Ips auteurs :

Veodit Alexander claves, alLaria, Christum : Vendere jure polest, emerat illc prius.

Alexandre vendit les clefs, les autels, le Christ :

Il peut les vendre, les ayant lui-mme achets.

Gjsar fit emprisonner l'archevque Floride, que l'on accusa d'avoir envoy cent
onze mille brefs tous faux (jui accordaient des grces extraordinaires l mme
qui ne pouvaient pas tre accordes, alors que lui seul, Csar, l'instigation
d'Alexandre, les ivait vendues. Parmi ces dispenses, une qui concer-i.iii le Porlug^al
avait fait scandale : c'est celle qui motivait l'arrestation de l'archevque Floride.

On voulut contraindre celui-ci avouer. H refusa. On lui permit alors de recevoir en


prison don Jean Ma rades, camrier secret du pape, et (piclques amis qui venaient le
distraire en g^alante compagnie et

'-r- rr.-rr lui aux ds, aux dames, au trictrac et aux - us l'influence des vins chaleureux
et des

< arcsses des courtisanes, le malheureux vque, pcr-

f conseill, avoua une faute qu'il n'avait pas M\ On le dpouilla de tous ses biens, qui

< taient considrables, et que le pape confis(|ua au profil de r.sar.

Mais comme on tu- puio-m n- uiur .i>>.i>>iiM i s,uit% soulever I\oine un trop
grand S4:andale, on tenta de l'empoisonner. Or l'archevque, (lui se mfiait, exi-
L'OH'\i i\w \< " r (|ui lui apportait ses aliments partag*l s , avec lui.

On commen;a par enduire la pice o on le ren*

fermait d*un poison violent qui devait Taspliyxier. L'archevque persista ne pas
mourir. On recouTrit

eau friiils, sur unr Tare, d'un poison fou-. Ce coutcaU) en coupant une |>oire, devait
empoisonner une moiti de fruit. Ce projet ne russit encore pas. On mit dans son
mouchoir une poudre (|ui devait le rendre aveugle, de faon permettre ^pi'on
robli^'CiU absorber la nourriture prpare ad hoc . L*archevque djoua encore
ce projet. De Mi.'rre lass*' jue sa forlm '" * ' ' ri-

:ic, on Hv I' laisser im dr

soif.

Chaque Ciirdiaal dunl les Bortria con\ la

forlune tait accus de quelque forfait ini et

dpouill de ses biens avant d'tre envoy < >u,

o il mourait discrtement. Parfois, on conviait la :.i, ^ rV! 'v que le --' ' ' lait ;\ , >
L lire lo p .lit,

le pape envoyait des hommes de confiance 8*assurer des trsors que le ' ? avait chrz
lui et les em-

portait^ non sans It;.. '"^ v..tv;..nrs stu|>faits.

C'est ainsi que sera d mal de Turin.

L'envoy charg d'emporter les objets prcieux et Tarirent quf ' ! d Turi ' -^ ' K

cardiual de * . . \k'U i\v

qui avait reu le prix de sa vilenie, subit le mme soi

Leur fortune assure, Alexandre songea 4 l'ambition dt*8 siens.

(>sar commena par se dmettre de ses fonctions

ecclsiastiques, afin de {>ouvoir se marier, et |Mirtit

' ''- ' " - ' ''-na qui

^,1:

i^M.^^::-7l"^M?-;^^

CHAPITRE XIII

,'i eu France. Faste du duc de ' ce

.ntr iMM i..-tiicl!r .!- S, !."l'-. C.ii <ie


au

la

1. Le ta mrre du

>\p ;.->n ftl iirats. La

in

d'Ali>houic. liniii Je U llc d'Llit>Ml>ctti Ue GoaiA^xit

Csar arriva en France. II y fut reu en grande 'ijni|>e. On vanta la cour du Roy
trs chrtien

aux bords de lames d'or. Les chevaux eux-ra*mos

Mi fprrs d'or. Cela produisit une forte inipres-

Un historien crivit ce sujet qu'il n'tait

is tomb dans la pense des houmies de faire

>uleraux pieds des chevaux cet or dont on honore

s ttes des Uois .

que (

lit .tiii

.1 VU Irancc, coiubJ d'hon-

|64 LA ROMB DBS BOROU

iruvait pas t oublie par le pape, qui l'avait faitr grouvernante pcrpluelle de
Spolle. Don Joseph d'Arag^on, son si^cond mari, l'avait abandonne. Eih* ^'apna
donc son gouvernement avec une pompe el un apparat inconnus jusqu'alors. Dans son
cortge fig-uraienl un y:ran(l nombre de ch;; '" :,r

meubles couverts de rirlics c\ , .

Lucrce tait cheval.

Mais un nmlet portail un lit tendu, o il ne manquait rien : avec des matelas, une
couverte cramoisie toute couverte de fleurs, deux oreillers et un btau ciil de lit que
les hommes devaient soutenir lorsque ladite dame voudrait aller mieux son aise,
tant lasso d'tre cheval . L'n autre mulet portait une selle aussi confortable qu'une
chaire . Deux cents chevaux suivaient, monts par des courtisans, prlats et dame5
romaines. Venaient g^alement de beaux pa^es fards, aux cheveux onduls, les
favoris de Lucrce, les doisrts lourds de bagues, les bras cercls de bracelets, av^^ "' '
' - t - , - I . des c^iii nions et ftes.

Csar et Lucrce mritrent que dsormais on ne pt parler de pompe sans que \c


faste borgien s'impost l'imagination.

Csar, son retour de France, guerroya en Italie, prouvant tour h. tour des succs et
des revers : vain-qtieur Imola et tenu en i i Forli, o Calh-

riie Sforza lutta longtemj ic lui avant d'tre

oblige de se rendre et d'tre envoye en prison i

Home, o elle traversa la ville charge de chanes d'or.

C'est celle poque (|ue Csar fil assassiner son neveu, le cardinal Bortria, qui il ne
pardonnait pas raffection que celui-ci avait eue pour le duc de Candie.

Le c^ardinal Borg^ia, qui gag:nait Rome avec une modeste suite, fut convi dner
par le duc de Valen-tinois. Or, pendant le repas, on vint appeler le cardinal pour lui
dire que son cheval se mourait. Tandis qu'il se retournait et donnait des ordres, on
substitua son gobelet un autre g'obelel identique que Michelelto, qui dnait leur
table, irlissa insidieusement devant le cardinal Boriria. Le verre contenait le poison.

I^ duc de Valentinois conseilla de se hler, de terminer le repas et, dans la htc, le


cardinal absorba la ]uiMi iT-vic par Michelelto, iV""' /^""/'"'-' de

(^sar tait tomb amoureux d'une jolie femme

larie don Cervig-lion, capitaine de la garde des

^'cns '" s do Sa Saintet. Une nui' hii-ri

tait .1 per et se divertir chez don ! 'igna-

lli, chevalier de Saint-Jean, Csar pntra chez sa

rnme, que la Vespa avait pressentie diverses


j>rises et qui s'tait refuse cder aux instances

Il duc de Valentinois. Celui-ci se rsolut la prendre

de force. Il assigea donc la maison, tandis que Miche-

' " tlait le retour du mari. Mais la jetme femme

I ricade, croyant avoir afTaire des rtleurs.

oyant son plan djou. Csar trouva une solution

r06 LA ROME D BOROIA

plus simple. Il attendit, arec Micheletto, don Cervi-glion et, lorsque celui-ci parut, ils
le turent. Csar

rovAlit alors les vAtcrru'nts '< encore chauds de In viclinie el, dans ces vlemenLs
; '"'!>^^i - r^ porter chez la jeune femme qui, recou urne de

son mari lu lueur des lorchcs, ouvrit au simulateur. r" onnut aussitt C^sar et se
dfendit ronire les es de l'amoureux le poignard h lu main. Michclelto plongea les
torches dans Teau et, dans la nuit, nida (V"*ar dans ses desseins.

Or les gens qui nr '^m.t. ,jrnaienl Cerviglion avaient prvenu ceux de W. , el les deux
troupes rivales

en venaient aux armes, attaquant les sbires de Osar qui sVtaient enferms dans le v
' ' < , alluma une torche. A la luniirre, i -

telli reconnut sur son vainqueur les vtements vritables de son mari souills de sang.
Elle poussa un cri el s'vanouil sous la surprise.

hientt Michelclto poussa Csar la fentre. Sous

la lueur des torches et dans Tloignement, les sol-

! *- iirent reconnatre, sain et sauf, Piqrnatelli lui-

r^ar put donc rentrer et terminer tranquillement sa nuil. Il revint . le la jeune

pas repris coni;......... c. Lorsque, .1 . ...." , .

vint le rveiller. Csar, puis, donnait sur le la jeune femme, qui ne se rveilla
point.

l^' duc uo Csar Itorgia. ^


tour, le cardinal Orsini, le cardinal de Modne, le cardinal MchicI, le r ' ' de
Monra! ' rdinal d'Aragon meurent .^ .nns ou n^ ; s au

coin d'une rue. Non contents de tuer, les Borgia font chanter les parents des viclimos,
tmoin la mre du cardinal Orsini : le cardinal avait dj absorb la can-tarelie,
lorsque Csar envoya un messager sa mre lui offrant de sauver son fils en change
de deux mille ducats.

Voici le dtail de celte affaire :

Alexandre avait fait emprisonner le cardinal au V ' I;, par gard pour sa liante
naissance,

ei- . |>eur qu'on ne russt le lui enlever.

Chaque nuit, il couchait dans une chambre diffrente ; puis on le logea dans
Tappartement qui est sur la chapelle ponlilicale, et enfin dans le chteau mme, prs
de lui. Alexandre tolra qu'on lui apporlt sa nourriture et ses effets, ce que faisait un
certain

A ve.

-,^ ..iiait le cardinal Orsini d'avoir beaucoup d'argent cach. Il promit la matresse
du cardinal de lui rendre son amant si elle consentait lui accorder les satisfactions
intimes qu'il attendait d'elle. Dupe, elle consentit, mais Csar obtint d'elle, qui ' royait
en tre quitte si bon compte, des rensei-<.' sur la ' ' ' ' 'ni.

usi qu'il . , , mre d'Orsini tenait

:i rserve deux mille cus et une perle dont la : I >-;'ur et la beaut taient
extraordinaires et telle in'aurun souverain au monde n'en avait t.

On olfrit alors la malheureuse mre du cardinal le lui rendre son fils si elle
consentait donner au

pape les deux mille cus qu'elle avait et la fameuse perle.

La mre accepta et donna les deux mille cus. Quant la [K>rle, la matresse du
cardinal, qui lui tait trs dvoue, tenta de l'avaler de crainte qu'on ne l'en dpouilliU
avant (ju'elle ne ft arrive auprs fi ^ Saintet.

Elle ne put y parvenir, car la perle tait grosse. Mais elle eut recours un antre
moyen, et, dguise en homme, .se rendit au palais.

On se saisit d'elle, on la dpouilla de ses vtements <iue l'on dchira pour mieux
s'assurer que la perle n'y tait point cache. tale nue, on lui ouvrit la houche, puis
on scruta soigneusement un rduit plus .secret. Elle s'y prta sans rvolte, fei^^nant
d'tre rassure, a.ssurant qu'on ne pouvait trouver sur elle la |>erle, qui n'y tait pas.
Son a.ssiuiirnc drouta c*s examinateurs si peu pudiques.

Revtue d'autres vlements, tlle parvint donc jusqu'au V*'P^> '' M"' c"*" remit,
devant Csar, les Ciim-riers et des amis dvotis la famille Orsini, la fameuse perli

Les exaniiii;ii' il nii iiisttint'ii du

temps, avaient Im< .r les portes d'en-

tre, mais ils avaient nglig celle de sortie.

Alexandre eut ainsi la perle avec les deux mille <lucats et, respectueux de la parole
donne, rendit la libert au cardinal Orsini, que la cantarellc tua au hout de quelques
jours.

Ia*s Borgia sont plus redouts que jamais. Le duc de Valenlinois est appel, par le
peuple, le tyran. Il se rend en grande pompe chez les courtisanes et y demeure, tandis
qu' la porte veillent des compagnons fidles et dvous.

Lorsque l'on voyait la troupe de Csar la porte d'une maison, on savait quelles
occupations se livrait le tyran. Il y allait parfois vtu, par drision, comme pour les
srrandes crmonies, habill d'une veste de riche brocart qui lui tombait jusqu'aux
enoux, et portait un toquet de velours cramoisi, tout parsem d'hermines, avec un
cordon en broderie garni aux ({uatre cts de quatre gros boutons de perles d'un
grand prix. Une coIoml>e tout en perles H'! 'ml le Saint-Esprit, et dont les rayons

la - - ilcnicnl rn pcrlj's. triMiiMail .au sommet du toquet.

Pendant que le Saint-Esprit s'attardait ainsi chez les courtisanes, les soldats
interdisaient le passage (! la rue qui que ce ft.

Sur ces entrefaites mourut Monsieur Gatan ; que l'on empoisonna pour le
dpouiller.

Parce que ses ' Csar eut peur qu- ,

Il le fil enterrer dans l'glise de Saint-Barthlemy alors qu'il agonisait encore. Sous la
gninde dalle

rcfcrmt'e sur le caveau, on entendit longtemps la (lu mol' ' ;iie sa m^^e et ses

...iTcnl, i. ..:cr le cadavre du

caveau. Celui-ci, expost^ nu grand jour, rvla par des taches violtres et des
boursouflures la prsence du |M)ison.

C'e.st ce momoiit :: t que meurt Ali>liv>iisc

d'Aragon, le mari de L. Lorsque Jean Sforza

ne fut plus Jug assez bon pour Lucrce, on dcrta sa mort. De mme aujourd'hui,
Alphonse d'Aragon ne suffisait plus aux ambitions des Borgia, qui r^ vaient pour
Lucrce d'une autre alliance.

.\lphonse d'Aragon fut prvenu des desseins de r^f.ir. mns il eut la faiblesse de se
laisser sduire par ses .'laiteries.

C.t'Siw fit ;irrtHer quelques courtisanes qui Ton

I d'avoir particip divers crimes. On les

- ' : ' ' ' ' -nit

statue de la Volupt dans les arnes l'occasion d'une

, ..:, prfrant la mort certaine tous

les risques. Elles parurent dans l'arne immobiles sur un pirdestal, recouvertes
entirement d'un vernis

dor. I.' ' -ipurs (>i~ * ' ''uis

l'arne i uor les -s.

Deux de ces statues d'or, clatantes, qui avaient peut-,r^ furen' " ' ' , -r ....... Les tro.
..... .Lotirent indeumes : on les promena triomphantes sur

les chars qui portaient les taureaux tus, travers Rome, mais ds la nuit elles
entrrent en agonie et malirr tous les efTorts (jue firent leurs parents pour ler ce
vernis, elles succombrent dans d'atroces ""- -PS.

qu'elles mouraient, Alphonse d'Aragon, qui les avait applaudies, tait attaqu par les
gens du dur de V " .is, sur les ' > m(^mes du

dei,''r de Saim-. , o ils le I ' ii^nr iniwt

et s'enfuirent par la porte Portes

risport dans son palais de Tour-Neuve sur le ^...,..; jardin, il fut confi des
mdecins trangers au parti des Borgia.
Csar feignit de souponner l'oncle d'Alphonse comme raul<ur de l'attentat et lui fit
couper la ' ' bien que ce ffil lui. an ronfrair^. qui l'nvait sati\ recueilli.

content, et redoutant qu'Alphonse put gurir V*. v., bicsstires, il pntra de vive force
quelques jours de l dans son appartement de Tour-Neuve et sous le prtexte de
s'entretenir en secret avec le bless, le ' ' '' ' 'lassa de la chambre

t'iis l.'s i\ "decins.

Lorsque Alexandre sortit, prcd de Micbeletto, les fjrv.^- ot les amis d'Alphonse se
prcipitrent dans sa chauhre. Il tait couch comme s'il reposait ; on reconnut aux
marques qu'il portait au cou l'uvre du lacet de Michcictto : Alphonse d'Aragon avait
t '--- -l.

ure, Lucrce ne voulut rien entendre et s'exila , malgr les exhortations ou les
remontrances Uc Lcsar et du pa[>e.

I7> LA nous OIS BOROU

Csar, aprs divers checs gruerricrs, partagea son temps, la mauvaise saison venue,
entre Csane, Imola et Forli, o ses crimes et ses dbauches ajoutrent sa
redoutable clbrit.

C'est ce moment qu'il connut le rapt de la fille d'Elisabeth Gonzague, duchesse


d'Urbin, laquelle, fiance Jean-Bapliste Cararciole, capitaine il

de l'infanterie de la llpublique de Venise, rr^ _.. il ce dernier par la voie de la


Romatrne sous l'escorte de deux cents cavaliers.

Csar la rencontra. Il fut Iroulnr j,.ii la beaut- vi. la jeune fille et la dsira
ardemment. Il sortit donc de Csane avec un important rfTectif de cavalerie et se mil
I <uite de la petite troupe. Il tua ou dis-

persa 1 .._ :c et ramena la jcunr fille G'^sane.

Il ne put venir bout de la rsistance de la jeune fille. 11 essaya des narcotiques, mais
elle se mfiait et refusa toute nourriture, rsolue se laisser Thourir de faim.

Sur les conseils de Miclieletto, il la livra nue des pages nus et des courtis,'

prescrivit de lui donner 11 , . ,. _

ce qu'ils firent tous. Comme elle n'tait pas encore vaincue, ils l'attachrent les liras
en croix contiv le mur et s'ingnirent alors corrompre la jeune fille.

Ce n'est qu'ainsi que Csar put arriver victorieusement ses fins. Il ne se vanta pas de
cette victoire. Mais lorsque Cn ' '. le fian la jeune fen)me, on ne li i )>int > i

fiance tait morl<

*>fl4* d'nn eouvcDt. Lettre imprime adresse Silrius Sarello, sur - nionies et
les dbauches pontificales. Les taureaux et les "1 La courtiMoe et les ciuq
soldais. Les cbleos du Vati-cnii. La jumeat et les tatoos.

Lorsque Csar eut dvast tout le pays qui s'tend en der;'! et au del de Vullurne
jusqu' Averse et eut pris d'assauUlapoue, tous, soldats ou paysans, furent passs au
fil de Ppe. Quant aux moines et aux reli-L'ieusps, il leur rserva une autre mort.

Entr de force dans un couvent de femmes, dit uo historien, il les observa toutes
avec tout le soin et l'exactitude dont son apptit brutal tait capable, et en fit rserver
quarante pour servir ses dsirs rliarnels, laissant le reste In brutalit de ses soldats.

il les condamna mourir de la main de ses soldats si Ton peut employer cet
euphmisme. Les soldats ne devaient les abandonner <\uf mortps. Quant aux

moines, il les fit pendre par les parties ooblef. Des joiiours de flilte accompagnrent
les lamentations des mallicureux.

On a peine croire h tant de dbauches et d'atrocits. Il faut renoncer les citer


toutes, et encore plus les dcrire. Nous formerons pourtant un extrait d'une lettre
imprime' adresse Silvius Savcllo, qui tait alors auprs de l'empereur. Cette lettre
tomba entre les mains du cardinal de Molne, qui la communiqua au pape < ' ' - ' ^" '
* s.

< Au t; ir Silvius de Sabelli,

en trs trrande estime et fort honor auprs du si 0 roi des Uomaiiis.

" M.......iiue Scijrri'"'" ^lui

H 11 te faut dcouvrir aux yritables mdecins la

1. pla" ' " ' ' "' ' " ' ' - :" :rs

qui i

' chrtienne...

De sorte qu'il semble que le tcnn*^ T" ^t venue de u l'^Vntchrist, marqu par les pr
, est venu

<i et qu'il n'en natra jamais un autre qui soit ou < qu'on puisse s'i ' ior tre plus
ouvcrlemcn ' ' nemi de Jsu>-

Les bnfices et dignits ecclsiastiques sont ven- dus pu! ' ..

On \,i ^. pour acheter, au prix de l'or,

n les mvstre de la foi ; on voit l le ministre d' a crimes, le vendeur des Bnfices, ce
cardinal Moln<

Il n'y a point de crime ni de vice qui nesecommeltc maintenant Uome


publiquement et dans la mai-c son du pape mmo; jusque-l on peut dire qu'on su ' '
w ce (jui est du ' les

< . _ . \ les Caus et 1' i en

<r cruaut et en barbarie, car il serait impossible de 0 raconter les homicides, les
violements, les incestes qui ont t commis et jusqu'au Vatican. Il n'y a personne
dans la ville, de quelque condition qui a soit, qui ne craiifne pour soi et les siens.

c Combien d'adultres, de violements, combien d'incestes, combien d'impurets des


enfants et des

'< filles, conihien de femme de mauvaise vie, oti pour <* mietijc dire de /Jiitoins,
voit-on courir dans le Palais de Saint-Pierre, combien d'assembles impu- diques
dont l'insolence et l'effronterie vont un tel <i point que 1rs hordrls et les lieux plus
infmes sont partout pins moflt'stes et plus retenus.

< On a vu le premier jour de novembre, qui est la f*le dr Ions les SS., cpie (' ms
de la

^ "- oat clc inviiccs au PaL. . -ire, les

iiionies tant faites, et qu'elles y ont donn un a spectacle extrmement honteux et


vilain et mme c tout fait dtestable.

' Le Bon Pape, lequel s'adonne ces plaisirs sans hose qu" ' * " ' (

c a; ,. , iiesetori _, j , c

sa fille qu'il a eue par ses voies criminelles... et

tablir la fortune le ses enfants inces-tueux.

* Quant son fils Cs.t- ' ' ide, des soldats

arnu^ le nnenl nu milieu dr plusieurs troupeaux < de putains lu mode des


Turcs.
Que les Princes viennent donc au secours de < Rome et de la ChnHientr, qu'ils
arrachent de son sein cette peste commune.

Nous l'crivons toutes ces choses, Sylvi, qui ne sont que trop vritables...

A Dieu, souviens-toi de nous en faisant cla, et f sache que tu es \omain. A Dieu,


encore une fois. Donn Ta rente, dans le camp royal, ce 20, jour de novembre.

Cela n'est plus de l'anecdote ou un commentaire d'hislurieri indiirn*, r'est le libell


d'une lettre publique, impriiiircet adresse par des contemporains renseigns sur les
murs du Vatican SilviusSavelIo.

Dans ttre lettre, on ne fait qu'effleurer certains scandales que tout Home avait
connus : celui '' ' jument, par exemple.

Le pape Alexandre VI, se promenant avec ses enfants et sa suite, rencontra un


troujHMu de taureaux et de vaches. Or les lauroau.x se ruaient sur une vache et se
blessaient grivement coups de cornes dans l'ardeur de < leurs desseins .

Le pape Alexandre s'en amusa et, ' s()ectarle celui (]ue lui donnait (]i. hommes
et les femmes, il fit mander au palais une li^^ane (pi'il livra cinq soldats en leur 1
ji; un seul d'entre eux, le plus fort, aurait le droit de prendre la femme, et autant qu'il
le vou* drait.

Ds que ceux-ci cntirrent, ils en vinrent aussitt aux mains, excits par les caresses
et les ruses de la t'ourtisane. Comme ils n'avaient pas d'armes, le combat dura
long:teraps : les honmies se dchirrent avec les ongles, s'entre-mordircnt et
n'arrivaient qu'assez difficilement s'entrc-tuer. L'un deux amusa beaucoup
Alexandre : tant le plus faible, il ne visait que !es yeux de ses adversaires. Son pouce
pntrant dans l'orbite, il en faisait, d'un brustjuc mouvement de lOlation, jaillir l'il,
(jui pendait ensuite sur la joue, sang-uinolent. Ce fut lui qui fut dclar le vainqueur,
niais il titubait sous les coups reus, demi mort. M is, comme on l'applaudissait, il
vit au haut de la ' une fentre rillaire derrire lac|uelle taient les spectateurs. Les
autres soldats n'taient pas morts, ' rs de combat ; ils comprirent qu'ils n'avaient se le
pape et ses amis.

L'n cri de ras^c et de haine monta comme un blasphme vers la fentre, tandis (ju'im
autre cri, terri-' ' relui-l, jaillit de la ^ori,'^c de la courtisane. Le lat vainijueur, et
qui chancelait, eut la force de se ruer sur elle et, de deux coups de pouce, lui avait
arrach ! ' ' ''irha de s ' ts et avala.

Puis, I lamenl.i i, il cher-

ha, coups de dents, mettre son cur nu pour le dvorer ; mais le pape lit licher
sur lui les chiens, t|ui les dchiquetrent l'un et l'aurle.
Ces chiens jouaient un grand rie au Vatican : ils

nt dresss dvorer les hommes, et quiconque

- I if ri ' '] nuit dans la maison des V f^t

r\r mil ' inent dvor. Ils taient <'ni

redoutables que, pour les faire rentrer dans le chenil

fpii leur iail r^rvt*, t'homme charge de ccUe mission Uit cuirass et srieusement
arm, comm^ aurait pu VMxv un "ur do fauves.

C'est aprs le S|k .^ du coml)at '" '-"f soldat^

qui se disputrent la courtisane qu'A e et se>

fils mirent Taris (jue les hommes taient encore plu froces >, i^i^nre rentrait

Csar s ^ i lis autres se ^

que c'tait une loi naturelle pour les uns comme pom les autres. Il cita l'fxemple
d'oiseaux de proie, et il assura p. .. ... _...... .i, ...

saienl quelquefois, {)Our se distraire en rnlii parce qu'ils ne trouvaient gure


d'autre spectaclo ' - -^nx qui r * - ._ i j i. .i,_... i i

hes H Et comme de belles patriciennes s'tonnaient, il alla choisir lui-mr-nie uuo.


jumout qu'il juga en

provo<]ucr les ardeurs d'talons sralenicnl ^

par lut, et alors, sous les yeux du pape et de ses amies, se droula le spectacle qu'un
historien dcrit ainsi :

c On exposa en public une jument, en prsence du pape, de ses enfants et de ses


confidents, afin que

" ' devinssent

^ . . ; ^ V si...

I/histoirc vent que les talons s'enlrc-<1vorrn'nt comme avaient fait les hommes.

1. - - ' '

fin.
lvres charnues, faisait * plusieurs fois le signe de la

croix sur soi avec sa croix .

La fle d saint Pierre. Le Consistoire. Le pap dlor chez le

cr-i " !riaoo Corneto. Oubli de la custode d'or. La

'< aflt fiarfois sans dlai. Le pape mrurt. Csar

li |)pe au poison. Prodigrieuse pulrfaclioa du paf>e

.S I. Fin de (a carrire de Csar Dorffia. Cioitas

r/esl au lendemain de la fte de saint Pierre

'' rr publia dans le C * ' ' ''

il avait d'lever an > les plus riches de la cour : Jean Castellar, Valenlinois, de Trani;
Fran;ois Reniolino, aiiibas-

roi d'Aragon; Franois Soderini, vfjue

de V'ollerre; .Melcliior Copis, Allemand, voque de l>M - il*; Nicolas Fiesco,


vque de Frjus; Franois ' - rie, voque de Leone ; Adrian Castr"

le Oonirto, clerc de la Chambre, li' :: lierai et secrtaire des Brefs; Franois Floris,
N'"'!'!' ' '\>\e et pre-

mitl ht. ,i.. ,..;, . . .. , i\.' i.rnlo-

riniaire et camrier secret de Sa Saintet.

lous ces futurs cardinaux, choisis parmi le.t plus

riches, taient destins, croyait-on, une mort cer-lainc, mais chacun croyait toujours
prendre des pr6-

: - s mieux que fes autres n'avaient fait. Les pr-

s taient acci'pliVs par le pajM*. Ainsi table, le pain, les fruits taient oflfertj)
tous, avant de revenir au pajM', (|ui choisissait alors |>armi ceux pie les htes lui
laissaient. Il en tait.de mme des mets, des vins. Mais il tait plus difticiie d*exercer
sur les vins cette surveillance, parce que les valets servaient eux-mmes la lK)isson.

C'est un peu par mfiance (|uc tous demandrent ce que le dner que leur offrait le
pa|)e et lieu dans la maison de pi.'' du cardinal de '
Or celui-ci aw..: . choisi avec quei.i - ..- de ses futurs collgues par Alexandre et
Csar comme devant absorber le poison. C*tait donc l'occasion de la fte de saint
Pierre que le pape voulut donner ces riches prlats le cha|>eau cardinalice.

Alexandre et pu se souvenir que quelques annes avant, l'occasion de la mme fte


de saint Pierre, il avait donn Home une grande joie. Le feu prit la plus haute
chemine du Vatican, alors (ju'.Mexandre se trouvait avec le cardinal de Capoue et
yU^ I*olo, son camrier secret, au Vatican mme. Sous la violence du vent, le feu
avait pris de Texten-sion, g^agnanl les pices o se trouvait le pape. Le toit rompu
sV^roula, ;?''. ';s.

Suus le poids des p" , , i !<*

la pice s*afTaissa, ensevelissant le pape. Le cardinal et le camrier, dgags,


s'taient pnVipits aux fentres, criant aux gardes de la |)orte du j' i ^ no le
)).i{><.' (lait mort. Prs de lui mouraient I !

Mariano Cliig^i, c'enlilloniine siennois, et deux autres qui taient tombs avec les
ruines de la chambre suprieure o ils taient.

On l'avait cru mort, parce que l'ayant appel plusieurs reprises on n'avait point
obtenu de rponse. On le retrouvait bientt bless assez g^rivement, mais non pas
mortellement. On sut bientt que la nouvelle tait fausse qui avait laiss croire que le
pape tait mort.

Il rendit publiquement ses actions de grces Dieu et la Vierge . Il se rendit en


grande pompe l'arlise de Notre-Dame du Peuple, cette glise que le pape aimait,
sans doute parce qu'il y avait une chapelle ) gauche du matre-autel o, sous la
figure d'une sainte, le peuple venait vnrer la Vannozza.

Le pape tait port en chaise par deux caniriers, deux cuyers et deux palefreniers,
dont on changea vinK't-quatrc fois pendant le trajet. Les cardinaux venaient ensuite,
deux deux, aprs la croix.

Le pape monta au grand autel et y offrit un grand et riche calice, o il y avait trois
cents cus d'or, que le ( ' ^ de Sienne mit sur l'autel, la vue de I M1 11 M le .

C'tait donc au lendemain de la fle de saint Pierre que le pape arriva chez le cardinal
.\drian de Cor-neto. Le t buuteiller > tait achet par le duc d* Valentinois, qui lui
avait remis une somme impor* tante pour servir au souper quelques nacx)ns dans
lesqu'l ' avait jet le poison. I>orsque le pap

arriva, par la chaleur, il s'aper;ut qu'il avait

oubli chez lui une petite botte en or dont il ne se sparait jamais. Cette boite
contenait le Trs Saint Sacre-
menl de Taulel. Uo astrologue avait prMit Alexandre qu*il ne mourrait jamais tant
qu'il porU>rait sur lui ce Siainl Sacrement. Or, ce jour-l, Alexandre l'avait oubli
dans sa chambre : il ordonna a Monsieur CarafTa >, qui devint plus tard pape sous
le nom de Paul IV, de l'aller chercher aussitt.

Tandis que CarafTa obissait, le pape, nervt, a^rac par la chaleur et par cet
incident, demanda qu'on lui servt boire avant de se mettre table pour souper. Un
camrier s'empressa. Mais il arriva que le bou-teiller ou sommelier tait absent au
moment o le camrier se prsenta. Le camrier se fit servir par le

sous-bouteiller. Celui-ci, ienorant, v - * ' ' " ^'on

du vin prpar par le duc de Val . i'<>

distrait, but le vin, ainsi d'ailleurs que le cardinal de Valentinois, qui venait d'arriver.

On se mit table. Le cardinal CarafTa arrivait, apportant la bote en or avec le Saint


Sacrement. Il rtail trop tard. Le pape s'afTais,sait. Le cardinal Valentinois lui-mme se
convulsait terre, tandis que le cardinal Adrian de Corneto et tous les prlats,
del>out, les regardaient mourir en murmurant des fHiter qu'ils ; ' f

srenoux, les: ^ ., . u'ii

ou de rmission sur les deux corps, et en disant :

fieqniescat in fKiCf.

Le c^irdinal Adrian de Corneto avait interrog h* o bouteiller qui, bientt, trahit le


d*5s'in di duc de Valentinois.

I^ dose du [)>: " I-

leur agtrrtva-t-t: Ui , -i!

qu'Alrxandrc entra en agonie.

On i>:>avH tie lui laire rendre la c canUrella u, on le sai^ma, rien n'y (il. II mourut
le huitime jour, sans avoir reu les sacrements de Tglise, sans avoir nomm ni
Csar ni Lurrece.

A peine !' pai!^ ((ail-il mort que le cadavre entrait en putrfaction; il devint noir,
avec de grosses plaques verdtres, et enfl au point qu'on crut qu'il pourrissait. IF
enfla si prodieieusoment qu'il devint mconnaissable. Un sang" ml de pus coulait
de ses narines, de ses oreilles. Il mourut les yeux ouverts, la bouche grande ouverte,
avec une expression d'horreur ou dVIfroi indicible. Le corps dgageait une telle
odeur, ds l'agonie, que le sjour dans la chambre tait insupportable. Il se vidait
avant de mourir et le lit litii im.nil(' (i'iiri ^nnj^ corrompu et de innfi. ros ftide-

Le cadavre dut lru rellement hideux. Le marquis lie Mantoue crivait sa femme
Isabelle : Son corps < est entre en putrfaction; sa l)Ouche s'est mise c rf>andre
de Tcume comme une marmite qui est * sur le feu, et la a dur tant qu'il n'a pas t

enterr. Il a si monstrueusement enfl qu'il n'avait

plus forme humaine et qu'on ne pouvait plus reconnatre la longueur de la largeur


de son r corps. ')

l'ti s. il ne ne voulut toucher cet amaa de chair et de ])us. Personne ne voulut le mettre
en bire. Les gens

qui r.i ' f ' , 1^^

On , consentirent le

I rainer, au moyen de cordes qu'ils lui attachrent aux |)if Is, du lit mortuaire jusqu'au
caveau, o on le

!.ii-s;i t-T"'"" "< 'hairs se dtachaient pendo?'' '"

|84 LA RUMF. DIS lt<>l\MIA

trajVl, laissant un silln^e de sanir diH:ompos^, d*eau et de lambeaux pourrissants.

Ainsi mourut Alexandre VI, le pape simoniaque, r^l^e de 71 ans, aprs onze annes
de ponliBcat, le 8 aoiV "

Lorsque Csar tait parti pour la PVance, le i** octobre 1498, o il pousa, en mai
i499> Charlotte d'AIbret, il connut l deux hommes qui devaient exercer sur lui une
jurande influence et dcider de sa destine : Georg^es d'Amboise, archevque de
Rouen, auquel il apportait le chapeau de cardinal, et Julien Kovre.

Julien Rovrc, d'abord ennemi d'Alexandre, s'allia aux liorgia. Un mariage devait
sceller la rconcilia-lion ch'S deux familles. Le a septembre iTxk), le prfet Jean
Hovre, frre de Julien Hovre, fiana son HIs, ii: de 8 ans, avec la jeune An-ela
ftorria, fille de Jofr I^or^ia.

Csar lk)rgria, qui avait Mii>tii .1 .vnx.miiii W, parce qu'il s'tait fait plonger nu
dans le ventre d'une mule vivante, avait perdu sa gurisou et son prcs-tijje et sa
puissance. Julien Kovre, devenu son ennemi, riait pape sous le nom de Jules II aprs
le trs court pontificat de Pie III, qui dura vingl-six jours; il le fit arr^lcr alors qu'il
tiit matre de toute l'Italie centrale, aprs avoir Vras Varano, Vitclli, les Orsini,
les liaglioni. Csar rsista un ao, soutenu par l'inbranlable fidlit de ses capitaines
et de ses soldats. Il cda enfin en i5o/i, fut remis en libert.

mais tomba cnlre les mains de Gonzalve de Cordoue, qui l'envoya en Espag-ne.

vad, il reprit du service en qualit de condottiere prs de son beau-pre, le roi de


Navarre. Il mourut, en i5o7, dans un combat, transperc par un javelot.

Avec lui prirent les destines des Borg^ia; mais, chose notable, ce fut leur uvre
politique que continua Jul*s II, le pape g-uerrier et platonicien,* et la Rome de Jules
II restait la Rome des Borg-ia : Civitas meretri.

FIN

APPENDICE

TFXTES ET DOCUMENTS

M^cl^iAvel et Csar

r.v.Tr Borgia fut le Prince de Machiavel.

des lettres et des extraits du Prince qui montrent que ^la (ii.tvel trouvait dans son
hros toutes les quai'' tiques dont il a fait une doctrine que l'on a appele 1 vlisme.

( OMMKNT LE DfC DB VALB.NTIXOIS SE DFAIT DE VITELLOZZO VilKLU,


d'olivier de FERMO, DU SEIG.XEt'R PAOOLO ET DU DUC DB GRAVt.NA.

' '. iluc (Je IV;/ se rsout n s'em;

<h' ! r en faire la de ses tats. A a

les Viletli et les Orsini forment une ligue contre lui.

Le duc de Valentlnois, pour chapper au danger, amuse ses adversaires par des
ngociations, puis, avec toute Cas-fil' :!,able, arrive leur persuader de l'at-

f'" ' L, il les Jlt assassiner.

dans cette lettre, adresse aujc Dix. Machiavel ne . /jo sa secrte sympathie pour
cette politi</ue.
Ia; ao dcembre i5oa, avant de partir de Fano, le duc fit part de ^on projet huit de
ses plus intimes amis, parmi les<iuels 86 trouvaient dum Michel et Mgr d'Euna. qui
fut depuis cardinal ; et il fut ronvenu, d'aprs ses ordres. qu'nussit<)t que \'it. l'.igoltj
Orsino, le duc de

[' !. deux d'entre eux en p.

l>our le conduire. Il dsigna chacun relui auquel ils w .A s'attacher, leur


recommandant de ne le quitter que

lorsqu'ils seraient entrs dans Siniga^lia et arrivs au loi{v-

fp,. ....,.,...

C'Jl

de cavaierio et de dix miiie hommes d'infanterie, se trouvt.

1 '* ' -"-nncl matin, sur le Mlauro. rivire qui coule

.1 iio. ot d'y attendre scM ordre^t. Le dur arriva

! : il m

ic; note suivait; venait ensuite le lvst^ de la i-avalerie, au

' ' <olle il s'tait placcv Fano et Sinigiiglia sont deux

rche. situes sur le bord de la mer Adriatique. 1 lo.

f .- 1 .ni

la ba!e se trouve <! is 1 prs de ia mer qu'il ne re^tc

presqueplus do chii..... > ollcs deux; et, dans les parties

o elles sont le plus <-! . il n'y a pas une distance do

plus <i

La V trouve une porte d'arc du pied

des montagnes et a environ un mille des bords de la mer. Prs de la ville cuule une
petite rivire qui en baigne le ronrs du ct de Funo et en face du chemin qui vient
de cetle dernire \illt >ignlia. !>?. moulagiK tftl on id de la livit-re q. kr.iu. ii' < t

ou ctoie celle i .- ,^ ,.. . , ..,. . ,. j;: l.i ^t^i^-


sur un pont qui est en face de la porte par laquelle oo entre

asdirecieroeot, mais uopeu de ct. Devant

un p4>Ut fauhours: t aae place borde par

^ le* ordres iktVeMeires

pour tout prparer et recevoir le duc oonven : pour

faire place ' *^ * t^ i1ntis

dlITrenle' im^-a-

glla et iU II avuieii' tu^ la ville < ver su troiiDP. <<tmpoe(' Motassins et ' . rav;
<-

> dans le fanbonry dont nous avons dji pari

loi. * ^^ ' ' ' ,'--: r mit 0X1 m.lIlIK-

pour "^ arriva au petit

,. ' ... .!

1-- I ' . un; , ' ^

deux un espace par lequel l'infanterie dt^HIa et entra dao^ I <

" --... ^ V'." ^.-, P---I. .. 1- ,jc ,j^ r.ravina

;rn's d'un petit

LA ROSUC DES BORGIA

nombre de cavaliers. Vitellozxu tait saus armes, couvert d'un maotaau double* de
vert, l'air trisle et abattu, comme s'il eitt pressenti le sort qui l'attendait. Sa tristesse
frappa mme quel-qu6s-tins de *s amis, qui ii)iiai<v.;ii(^nt sin rxurasre pI
tout ce q; pour

vt ^ , c^ ; qu'il

recommanda aux chefs de sa famille tout ce qui lui appartenait et ses petits enfonts
de songer plutt i\ la valeur de leurs H ur^ires qu' sa (Candeur passif.
- le salurent ave- iMvau-~ a^'cc un air riaut ; aussitt ceux qui avaient ordre de s
emparer d'eux se placrent chacun leur c<!>tt'. Mais le duc ne voyant pas avec eux
Olive-rotto. qui tait rest Sinitrairlia avec sa troupe qu'il exerait s;: ;\ dom yy

q<: .il ne pu

^ '. h ipper. Dom Michel prit aussitt les devants et, ayant joint Oliverutto, il lui fil
observer que ce n'tait pas le moment de tenir ainsi ses troupes hors de leur quartier,
parce qu'il tait ' ' ,"' r,

et .it

VfiJii avec lui au-devant du duc. < '>*. rendit a cet avi.<ii

et .s'ilana vers le duc, qui l'api^ iinil h- vit Vi.r.s

r.ivoir salu, CMiverotto se mit sa suite.

i'.s Siuigaf:! ' ;. ;; i avaii

(in. J*s qu<: '' m. i. rji' une

pire ^ onlesi' ' \ . 1 .itiMois

monte ^ .<_tildonu - i;./i^ il : i-

i(tto et des Orslni. Ceux d'Oliverolto furent surpris et e nt' lit M [x.ui!' s: mats ceux
des Orsini et de.s Vitelli,qui > ,. :. V r M doulaiejit du malheur arriv leurs i ii l^

.U-- ii- 1" :.., - -i ' ilirl-

ttUjI <i pi<'Iil . 1 'Il , 4 . li'ilU.s

par Is0rsial et les Vtli>lli, Um formreot un t>ataiIlou carr et sortirent du pays


malr les cfTorts des habitants et de l'arm** eniMfDie. I^H soldats du duc.
moonteats de n'avoir que les dpoulll*'s 1^

fie Siuiga^ -1

n'e4t arn^le leur audace eo faisant {MUilr les plus mutins.

n" ment fut npnl*4^ et que In nuit fii* le

d mI c*/n(ioI (It> se l/'fnlro l N et

(1 t donc (-: 'U


c - -. On ne . !.le

remarquable et digne de leur grandeur passe. Vitellozzo dit qu'il priait le pape de lui
accortier indulgence plnirc pour tous ses pchs ; Olivcrolto, en pleurant, arrusait
Viiellorzo d'Mre la rausc de tout ce qu'il itic. Oo

laissa la vie l'agolo et au duc <: , (|u' ce

que le duc ft instruit que le pape avait fait galement arrter, Home, le cardinal
Orsino, l'archevque de Floi^nce et le seigneur de Sainte-Croix. Ds qu'il en eut reu
la nouvelle. Il fit et' ^es deux prisonniers au chteau de la I*lvre. le

Extraitt du Prince.

DES PRINCIPAUTS XOUVKLLBS QCI S'ACQCIKRKNT AVEC LU rORCSS


BT LE SECOURS D' AUTRUI, OU QU'ON DOIT A SA BOXXE rORTlTHE

Ceux qui de particuliers deviennent pi jlemcnt par

les faveurs de la fortune ont peu de peine .> . mais infi-

niment se maintenir. Nul ob.<(tacle ne li ^ ii '. sur le chenil " <'S qii II au m<' Mit,
ou par la faveur d'un pui

Tels lu....: ^ hommes que Darius plaa eu s

villes de rionie et de riiellespont, et dont il fil des souverains, pour sa silrclc et pour sa
gloire; tels taient :>,

qui de particuliers parvenni**nt k !'emi>ire en ^

holdals. ('.eux-<M ne se l.i

volont et la fortune de , ni

mobiles et peu sAres. Us ne savent ni ne peuvent conaerrer ( rang. Ils oe savent :


parce qu' moir * li>

grand 'ournire. quirnnqu<* a v^'U ] ut

if .1

puls!>etit compter. D'ailleurs, les tats qui se forment si m * -me tout ce qui dans In -
- - t> ' avoir pris racine et

PL. AI
em; le lo premier vent contraire, la premire tein' '

ne . rse; moins que ceux, comme nous i'avon^ :

qui sont si subitement devenus princes n'aient de^ talents si suprieurs qu'ils trouvent
d'abord les moyens de conserver ce que la fortune leur a mis en main, et qu'aprs tre
devenus princes ils ne sachent se faire des appuis que les autres s'taient faits avant
de le devenir.

A l'occasion de ces deux manires de devenir souverain, ou par un effet de la fortune,


ou par son talent, je veux citer deux exemples de nos Jours : ceux de Franois Sforce
et de Csar Borgia.

Le premier, par des moyens lgitimes et sa grande habilet, de particulier devint duc
de Milan, et il conserva, sans beaucoup de peine, ce qui lui a%'ait tant cot
acqurir.

Csar Borsria, appel communment le duc de Valentinois, acquit une souverainet


par la fortune de son pre et la perdit ds que son pre n'exista plus ; cependant il mit
tout en oMivre, il employa tous les moyens qu'un homme habile et prudent doit
mettre en usage, pour asseoir ses tats qu'il ne tenait que de la fortune et des armes
d'un autre. Sans doute il est possible un homme suprieur qui n'a pas encore jet ses
fuu(l>ments de les jeter aprs : mais ce n'est qu'avec bien de la priiif de I;i p.irl <!<
1' ' et de danger iK)ur l'difice. Si

nu veut cx.'iniiiK 1 t. :. uduite du duc, on verra tout ce

qu'il fit et tout ce qu'il avait fait pour jeter les fondements de SA future puissance. Cet
examen ne sera rien moins que superflu : car Je ne saurais donner un prince
nouveau rietl de nii' ~~

mais bien Ictiet d une ntauvaitc fortune constante le perse cuter.

Alexandre VI voulant donner son fils une souverainet en Ital: I de grau' le


moment et

en i . ind^ poiii i, il ne voyait

aucun niovfii ic ii-faire ^oiivi-raiii d'aucun btat qui ue fdt pas tat do rLglio. S il se
dclcrminait en dmembrer un, il avait que le duc de Milan et les Vnitiens n'y
consentiraient jaiii ' ((ue dj Ftk^niA et Rlmini talent sous la protec-

ti .1^; il voyait en outre que les armes d'Italie, et

l%\ LA ROME Ut BOROIA

spiclalen Aains d< ,

Il ne poavatl lonc y comp' les talMit au pouvoir

desOrsinI, dosColoone et 1*<..;- |>...%..^..a. H fallait donc reoTerser cet ordre de


chwas et boulevereer It

ctaieot dtermiti' if^ker les hranats pd Italie. Le pape

"" -"'-' <- '!u .V iour projet; il le favuri&a mjne, eu

r le premier mariaffe de I^)uis XII. Ce roi

nbUent de lui des tr ir s orapaier de ia !'

qu'il aauiert par le rcu urmi-^du rui auquel il il

Le duc ayant donc acciuis la Homairne et abattu les Coloauo

peu NUI <Mce; c'esi*-<iiru qu li

que les _ .. .. . -il servi, ne lui man-

au moment, et non seulement ne l'cmp^rbaMeut I ai qu' i ir. mais n ' 1! avait In


m*ni' m'*;

'uve du I

,. aprslai-. _.._, . _.

o U las vit se conduire mollement. Et quant au roi. Il avait juflr ses intentions,
loraque, aprs la pr' ' ' hin.

il fit une Invamlon n TriifM. ioul le i sls-

ter. Le <l ution de ii< . ] inii. ui de in

fortune, i

Il oommeua d'abord affaiblir les partis Orsinl et Colonne Kome, en allirani 1 ' '
.'agnanl t ' "'^hoaune

attach ces deux m ^nr de l'.i -ottveroe-

roeota, daaeaplola, su ng, un M>rto quen pou^ de

mob leur afltelioo, u : les autres, se toama en

rfilier v(vs le duc 11 atslt dispers les Colonne avec infiniment de %ucc* et de
mnagemeiit. Il attendit l'orcaslon (*.p perdre les (irxliil. Ceux-ci. s'apercevant un
peu tard que lapn. -aor> du elle de l'frlIse ferai(nt Ir

une dii'l' vione, dans le Pronain,

LA ROME DES BORGU lof

> mouvements de la HomaKoe et les dao-

. duc, et qu'il surmonta, a l'aide des Fran-

iffair une fois rtablies, il ne voulut plus se fier ni

tre force extrieure; et [K)ur n'avoir

plus que la ruse et sul ti-llemenl -ini se i >ver

i. Il ne m. , user

avec celui-ci de tous les moyens qu'il fallait pour se l'assurer, par des prsents en
habits, en argent et en chevaux ; les autres tu:tut assez dupci pour se mettre entre ses
mains Sini-u'iu '^ de
'.';. 1 sa

toute la Konia^ue et le duch d'Urbiu; .........un de ces deux peuples (surtout du


prenaient dj les avantages de sou gouvernement. *-st digne de remarque et . je no
veux pas la laisser

..,,.-,, , ... empar de la Romagno. il trouva

qu'elle avait t gouveroe par une inHnil de petits princes,

psdedtj leur sujets que de les

> forre >'. -, Bvaiont p!i<> servi

> faite \ 1^ pays

lire par u i livr

t ii: . i-s . tous les excs, il sentit que pour j rtablir

Il '< M.i]i, I '^et le soumettre ft l'autorit du prince,

i: Mil II ment vigoureuv. En conxqu<>nre, il y

I,;,' \

.i.iif. ,1 ,_ _ , , ,

cl, en peu de temps, nents, runit tous les

partis, et s'ar*quit ' ... w a^Ar pacifi tout le pays.

Le duc. hiciitMt it. ne Jugea pas ncessaire de

Iesslves et qui seraient < fp la province, un tribunal nvil. ) isnit de l'estime publique,
ail}.. . , ait on avocat 11 l'tait aperu <|iio l's > ru iui< 5 de Hamiro lui avaient attir
< l.iMT de tout K 1 .i .lifctlion. il vou. I

ne devaient pn<t lui attribuer les cniautt^A qu'on avait pu mettre, mais les attribuer au
caractre froce de son mlni En consquence, il saisit la premire occasion favorable
^ projet, et il fait i' m. et fait expoM-r

son corps, au mi ur un pion, n^-nnt

tout auprs un coutelas ensanglant. L'horreur de ce en satisfaisant lesesprits, les glat


' '^'-i- 'V-'.,.v...,,.. et d'effroi.
Mais 1 A notre sujet. I,

8ant;ll livr, en grande p.

employant contre eux les arme de son choix, en voisins puissants qui pouvaient lui
nuire. Il ne lu. . assurer et accrotre sa conqute que de n'avoir pas re<l< le roi de
l'Yance. Il savait que ce prince, w tard, aperu de son erreur, ne souffrirait p,. ment.
Kn cons^'-quence, il chercha d'abord des

alliances nouvelles; Il tergiversa avec la France a.. nton

les l-'ranals s'taient ports Naples contre les Espagnols qn assigaient Gaf'to. Son
dr 'itdesef ' "

et certes il y et n'*u*si si f^ VI oli

fut na conduite dans les n'

Mais il avait encore i redouter pour

l'avenir ; il devait craindre que le nouveau pape ne lui ft opp^ ' -'ionht lui enlever
ce que son prdcesseur lui av.i il s'occupa de parer i\ rp.sdnnrers. Premfrem'*ni.

il d de tous las ^

afin I futur pape i ^

tnf'tni I < rond lieu, il s'attacha tous les . nouic. itiii de contenir le pape par eux ; tri
fit le plus de cratures qu'il put dans le saci mement ' n'-solut <!

oel et iiice. a>.i

rsistera une premire attaqu*

De ces quatre moyens, il en ...,..; . .i.j.. ,.. ...... ........ ,t

mort d'AIPxandre. et 11 avait tout dispos |K)ur mettre le quatrime en usage !" il en
massacra le ,

Il avait (ragn tous le^ <main8. il avait le i

grand parti dan* le t ^ .iii-.n . ...-v ,.

' re de la Toscane ; il pos-st-dait |ai s't'taieut mis(*s sous sa pro-tt ctioa et doot il
u'avait qu'a prendre possession. 11 u'avait plus mnager les Fran^'ais ; ceux-ci
avaient t chasses par l< s Kspaj^uols du royaume de Naples, et chacun de ces deux
p.'uiilei <: r. Lucqueset >icijiie 1 '. partie par hatue <lt IIS, partie par crainte. Les
Murentins ne pouvaient se -1. ^. Tous ces projets lui auraient russi et avaient

dj commenc s'excuter la mme anne o Alexandre iiiurut. II acqurait tant de


force et do rputation qu'il se ^ 1 :iil soutenu par lui-mme, sans dpendre de la
fortune ou de lu pi: : ui.

.Mai \T mourut cinq ans aprs qu'il avait com-

menc tirer l'pe. Il laissa son fils avec le seul tat de la f, . ...^ Ijjgp consolide;
toutes ses autres conqutes taient lit en l'air, entre deux puissantes armes ; lui-mme

Le duc avait tant d'habi->i bien les hommes qu'il

levait s'attacher ou perdre, les fondements qu'il avait su jeter <-ii peu de temps
taient si solides que s'il n'et pas eu ces

ieux armes ennemies ou qu'il et t bien portant, il et surmont U> ''S.

La prch its taient bons, c'est que la

Huma^iruo lui fut tidele et ratt<'ndit pendant plus d'un mois

il fut, quoique demi mort, en sret Home; et, quoique

los na^rlioui, les Vllelli et les Orsini s'y fussent rendus, ils

livre. II parvint sinon k faire lire celui

"j, du moins emfrher ju'on n'lt

il qu il voi: 'cr. SI dans letem; ' -ju-

lai il n'et p.i-. .. ... lade, tout lui et >,:, ........ :: :._ ^.t, le

Jour o Jules II fut nomm, qu'il vail pens tous les

' t natre la mort de son pre et qu'il y

pi'il n'avait pas prvu qu' sa mort il

^.; ,iil lu . : .1 ;;i 'ii: II'.

Kii II ^ .1'Il U! du duc, je ne saurais lui

reprocher d'avoir manqu rien ; et 11 me parait qu'il mrite ((u'on \o propose,


comme Je l'ai fait, pour modle h tous ceux (]ui, j.i: f :Uine OU par les armes
d'autrui, sont arrivs la
ou> ivc d t."

S ( ne pouvai

s'opposa sas dewing fui la mort trop prompte d'Alexandre t-i la maladie dont lut-
m^me fut attaqu. (>uiconque donc Ju^e noeasaire dans une principaut'- nouvelle
de s'assurer de ses ennemis, de se faire dc^ amis, de v < r oo par

ruse, de se faire aimer et craindre u o et res-

pecter par le soldat, de dtruire tous ceux qui peu>'ent ou doivent lui nuire, de cnScr
de lois nouvelles pour lai substituer d'anciennes, d't^tre k la fois srre et
reconoais^aot. magnanime > laquelle oo

nepeutbcflei se cooaenrer

tellement l'amiticdes ; des rois qu ila aiment vous

faire du bleu et qu'ils ut de vous uvoir pour ennemi.

cclui'l, dis-je, ne peut pas trouver des exemples plus roeoUs que ceux que pr>< '

S*u1>ment on p Ire quant l'lection de Jule^ Il

Mcat. Il no pt> , comme nous l'in

:-i. amer un homii .iie il ledl voulu, m^. , .i,

du moine donner l'exclusion un autre : or il oe devait Jamais consentir k l'exaltation


de l'un des cardinaux auxquels il avait nui ot qui. devenus pontlfM, auraient eu le
redouter; rar les liommes nous ofFet: ,<ar haine, on par crainte.

Coux qu'il avait ofltoas t.< f e autres Saini<PiarrB-au\-

Lions, Colonne, SalntHieorfes, Ascagoe. Tous les autres venant

tre lus avaient le craindre, exT-<' ' - ' "

Espagnols : oae derniers tenaient i

et des services et le cai i^e, oul4)uu p<ir U 1- raucc,

tait trop paissant pou

Le duc devait donc d'abord o&saver de faire nommer un Espagnol, et ne pouvnr' * -


^-<4ir, il fallait qu'il consentit la nomination de l'arcli Itouen. ei jamais k celle de
Salnt>Hterre-auxLieos. Ce - cbss le

grands personnages les s**; iblier le<t

anciennes offenses. I^ duc comi iors de cetti*

lection ei fut lui-mme lacavjMs... .^.. ......

r tout. 'imiro d'Orco. // en [ii-ojtt'i pour adresser au duc de Vatentinois des loges
iitr sa />uiitlque.

Machiavel tant alors l|^t de la Rpublique de Florence Csne, son gouvernement


lui fit demander ce qu'il pensait do . -. !.. . ,j Ramiro d'Orco.

e que fit Machiavel :

Magnijlques seigneurs.

Je ne puis rien oous dire toucftant Vexcution de Ramiro

li'fjrro, sinon qr " '/ est le prince qui sait le

rnuij- faire et es selon leurs mrites.

Nicolas Machiavel.

Le futur Alovanlre \l, jeune encore, ni<-iilHit <!< foudres de son oncle le pape Pie
II. c>!ni-4i fut i scnes do d<'-bautlie auxquelles fui m' le,

qui avait reu lo chapeau en i.^&G ; il h ->.

<le bftios de i'etriolo, la lettre suivante.

D'ailleurs, on peut douter de son authcnut m*- ci immi- nr croyons pa que


perwinne n ait vu le levte latin. I-a teneur de diffrenlev

de M. de M. reproduision.s

Il y a qUatli"J<jui-. imi'^niii.^ <i.nin-:<,iiii|i->^ >-ii iii m i 4111 lU

lu sicle, tant runies dans les Jardins de notre cher flia Jean <!' "isl, nousavon!

m la sagesse (Ixh>-

nettl) et d ne que vous tmp4iall la dignit!' dont vouh

<f(es revtu ,.. . ..^.luois), tu es rest avec elles, depuis 17JUS-


qu' 32 heures, en compagnie d'un membre du collffe des cardinaux, que son Age, si
< xo

apostolique, aurait d A rappi-:

L, on a dans, nous a-t'On dit, en t<> . il y a eu

des galanteries, des privauts, et toi, tu i-.s .^..- .a, comme si tu tais un Jeune homme
du monde. La dcence empche de rappoi' pporte

(LeoDt me des

rhosc9 rai do la situ is don-

ner plus de ..: .:.. :..... .. plai.Hir5. \-.. .. .. ..i l'acc

aux maris, prM, frrea ot autre* parents des damas. Voua deux, seuls avec qvelqur '
* : <>. vous aves t lea robde la fla n dlrifeant 1m d.

LA nOME DES BORGIA

. \olre l^t-rel a t la rise de tout le mnde, et vous tes la fable du public (de
l'pinois).

On prtend que dans Sienne on parle pu!' ' <1

cette lg^ret, et que tout le monde se moque dt iti .

<i il est certain qu'ici, aux bains, o il y a beaucoup d'ecclsiastiques et de sculiers,


tu es devenu la fable de tous. Dire que de tels faits ne nous dplaisent pas seraient
mal. Ils nous d{i' : il us que nous ne pouvons le dire, car

(oi .' est compromise; on mdit de notre

minislere, ou uftirme que nous voulons tre riches cl grands, non pour faire le bien,
mais pour nous livrer plus librement nos caprices. De l, le mpris des princes et
des puissants, les sarcasmes quotidiens des sculiers. De l, leur facilit nous
opposer notre propre vie, si nous leur reprochons la leur. El l'on vicaire mme du
Christ, en le jugeant capable de

fer/i , ux.

Toi, cher fils, dj la tte de l'glise de Valence, une des premires de l'Espagne,
et chef de la ihancelleri' ' '
lu es encore plus blmable, car tu fais partie du romain.

Nous te laissons juger si courtiser des jeunes filles, leur envoyer des fruits et du vin
auxquels on a got, en signe de prdilection, et tout un jour se livrer au plaisir et
assister tous les passe-temps de ce genre, sont des choses convenables ta dignit.

Si ces faiUi se renouvelaient, nous serions oblig de montrer qu'ils ont eu lieu
notre grand dplaisir. Heccvoir des reproches de nous serait un dshonneur pour toi.
Nous t'avons t(jij i , ' '"' ' " "

. i ,..

nous l'avons liun>r- le uolrc faveur. Fais donc en sorte de continuer la mriter
ainsi que notre estime, ce qui sera facile si tu prends une vie plus srieuse. Ton ftge
nous fait esprer qur* tu tv is, et il nous engage t'tdreMcr cette admo-

iu>i.iti. .. lie.

Ii4gltimation t dotation de Cirolaifia, tille ntttui^Ue du vdinal Rodpigues

le IU\ .a,

e-

la

. hODoCto et vertueuse demoiselle leronimam sororeni

r.< ,,,ientis el generosi adolfscenti* Dni Ptri Ludovlci de

Borgia et Johannit de Dorgia in/anlla germanor. /ratrum

l'i

ire et pro honore dicte $ue domus et fan rn

"'*r maritare ac dotare... *^"i'"ni |<j ..,.,,

s. L'acte se termine ainsi :

i''t. * Suivent les noms 1 .1

.. Nardiab, appcU^ cardinal M.. .:.i.. .^

duquel a lieu la crmuoie), le cardinal Jcan*Daptista ^

1< I rnes d'armes Virginie Orsioi, Julien Ce&anii^


A i.i.

ai l'acte Qstev oie do ( '^neiAbeno.

Portrait de f^odpigtiez Bopgia

pat* Jaeob de Voltepva

(i486)

" f 'est un homme dont l'esprit est apto A tout et de grande il:' ; il parle habilement <

V' :.s de connaissances 1: < >t

naturellement adroit et apporte un art merveilleux dans la conduite des aiTaires. Il est
extrmement riche et la protection de plusieui-s rois et princes lui dunnentdu renom.
11 habite un p. vo

ii' i . ' '

revenus do ses fonctions ecck -, de plusleui

q,,'ii .X. -...,1(5 en Italie et on l>-.j..._,..>: et des trois t.^.... - Ui' \ Portus et de
Cartharo : la charge de vice-chance<

11. -Mil.' liP

(J .lll-ill. .

1 i>)ih> hfoii. . d'or et de soie et de livres sur

^ iuacc^ qu il a eu sa possession est trs c<)usic; ^:

luxe diurne d'un roi ou d'ua pape, ^o ne parle pas des orue-

I! ^ (lonibro dont ses lits sont chargs, ni de ses che-

>f.s objets prcieux d'or, d'argrent et d sole, ui de

tiv^ gaide-riibe, ni de la gr d'or mon-

I fiifi. s.'s mains. On est pi: , i plus d'or

! ir M !i ^ iiiivs >ut(osque tous les autres cardinaux.

\ ptiMij d l'.stoulcvillc.
PoptPttlt d Csar Bopgia

iNouN <I<mn)ii> ,1 lilri' de tim; p.'riraii de '

Ik>rgi.i. lest h' picMiiier qui ai: lui. Il est du

pluiue de Itucoacoiu, qui dpei;. jeune homme dp

dix-sept ans au duc Hercule.

Boccaccio parait videmment avoir t bloui par le Jeune C^sar Bor^ia, si nous en
Jugeons par les termes trcsadmiratif de <'tt> lettre :

> >ntrc avant'hier. dit-il, Csar dans sa m

Trai . Il i-lait pr^t il partir pour la chasse eii

laque, c'est-Ji-dire que ses habits taient de soie et qu'il tait arm; il n'avait qu'une
petite clertca, comme un simple clerc tonsur. Kn chevauchant de compagnie, nous
nous sommes entretenus quelque t<*mps ensemble. Je sul> ' lui. l\ a un g-ule vaste
et suprieur et un ses dehors sont ceux du flis d'un grand prince ; 11 est surtout gai
et Joyeux : tout est fte en lui. Il a beaucoup de bleos-n-et fait une flgure bien
meilleure et bien plus distinguer .son fr(>re le duc de (iaudie. O ; Iui-m('ii;

L'archevque n'a Jamais eu d- i it pour 1'

tique; mais s^jn In^uflce lui rapporte plus de seize i; ducatt. Si ce projet de mariage
avait abouti, sa bntli<<-auraient chu son frre Jofr, qui a environ treize ans. "

Lorsque fui conclu, par procuration, au Vatican, le i6 uoiU i/93, le mariage de don
Jofr, de treize ans, avec donna Sanzia, fille naturelle du du<- Alphonse de
Caiabre, Alexandre n-solut de donner Csar le chapeau de cardinal.

Ct'qui fut fait un mois environ plus tard, le ao septembre i'i9^>. Auparavant, on avait
eu soin de lgitimer la naissance de Ccsar.

Le soin de cette lgitioiation avait t confi aux cardinaux Pallavicini et Orsini.

A la date du a5 fvrier i493, Boccaccio en rendait compte h la cour de Ferrare par une
lettre dont voici un extrait :

<i On a enlev la tache qu'il portait comm^ enfant naturel, eu Jugeant avec raison
qu'il est lgitime, puisqu'il est n dans la maison et du vivant de l'poux de la mre.
C'est un fait acquis : on voyait alors ceIui-<M tantt dans la ville, tantt dans les
terres de l'Kglisi^ o l'appelaient ss fonctions, et il voyageait dcote et d'autre, n
Hercule, duc de Ferrare, remercie Alexandre VI d neurs qi'*" - .-... ^ son flh
''- '- f" -.'i Rom)

Al!.':. :

rem.irtji: I

doutait p.i^ jeune femme charmante et d*une ii

gence raiv \.......,..; un j<""-''*''"' >'' .ii-"-f..

rare, pour y devenir sa ce

Alphoi)S4> demeura h ]\

qui il hc dovnit de rendiv visiU'. Alexandre VI le combla dVynrds et c'est en


recouuaissancc de cet accueil qu "" " '^ Hercule, duc de Perrare, crivit celte
lettre au pape :

P^^o et Selfii

Se:. f" <?e Votre l:

hii

do^ , _ .

les missives de 1 rv^que de Mod^ne, mon on de ' ' ' . .

pit!

intoun^ tout lo monde, mais surtout moi et les mleos,de sa

Ixinti^, de sn *" ' "* ' ' ' et d (Mtn

amour Inex ' |tendint

In <lnn'' dt* mu

IVtnj.H dj de '

davant^e encore l'oblig d6 Votre Sainteli, et je loi ai

des remerciements ternels et aussi nombreux que le monde

peut eo couteuir, en me disant le tr^s dvou et tout prpar


' de Votre Sa: ' * ' qui lui est cher et

et en me re que tous les miens,

iitet avec l'iiumilit U pIu^ profonde comme son fils

ur,

Herculs, duc de Ferrare.

Uettrcs de Boeaaeoio

sup 1 maipiage d Liucpae Bopgi,

advenu le 12 juin 1493,

svea Sfopza

Le mariage de Lucrce fut clbr au Vatican avec une {>ompe inaccoutume et de


grrandcs dmonstrationn de Joie. Ces dmonstrations furent telle qu'elles surprirent
mme, par leur ct li l'histori' ira,

La la magi <le Home, tous les ambasiui.

deur! > prirent part a cette manifestation, qui prit les

propoi: - : au vnement.

A la fte donne au Vatican on donna des comdies que l'on reprsenta d'une manire
In: lu

Vatican, si nous en croyons 1

mondaine et trs lascive.

Le chroniqueur romain ne nous parait pas avoir e\

dans la relation qu'il nous a laisse de celte fte, et nous trouverions mme une
conflrmatio: ! dans li< ' li-vante que l'ambassadour du . : ire, Boc< vit 5 :i, c'esiHt-
dire le lendemain mcme de la clcL : : i^e.

On verra par celte lettre avec quelle discrtion diplomatiqu-Boccacclo y parle de Julie
Farnee. la n " u-

trense du pape, ndeqna est tant us sermo . t

l'oiijct de toute* les conversations. Les satire, moiu* diKivio^ que Itocccacdo,
l'appellent la runciu ou Cbaist .

Hier 13, les pousailles ont t clbres publiquement .n>.

' '- en grande pon- - -* .- ' 'rai*. Toutes le* mnt

considrables; dix cardinaux y assistaient et le pape tait assis au milieu d'eux sur son
trAne pontifical. Lepalaiset les apptant lient sa fiance, puis Tvdque'dc Concordia
pronona un superbe discours. II n'y avait d'auti*es ambassadeurs que celui de
Venise, celui de Milan et moi, et enfin un de ceux du roi de PYsoce.

c< Le cardinal Ascanio tait d'avis que J'offrisse le cadeau pendant la crmonie cl
que je fisse interroger le pape cet gard ; mais je lui reprsentai que cela ne me
paraissait i>as

convenable et que le mieux serait de faire le moins de dmony-trati ..._.. ^ ^^^^ ^^j ^^

le p ire : a 11 me

semble que ton ide est L>onne , et ion dcida que je devais me prc'scntcr au palais
assez tard sur le soir avec mon prsent. Sa fiaintet y donnait un dtner de famille en
l'honneur des deux il y avait 1 ' <]<-> Saint-.\

.iia, pini ;<> et. dei ;

! cumlt; de 1' n- de 1 glise, le seigneur Jules

Orsini, puis M ., dont on parle tant (de qua est

tantus sermo). M Torodina avec sa fille la marquise do CiCT.i nile du sus<I!t


capitaine, pouse du ' "

Fai ' (\o I; susdite >!< Julie. Ces

'I"'- .\drii-tiue

Julie; elle a

lev constamment l'pouse chez elle, o elle tait regarde comme la nice du
pape. Elle est fille du cousin charnel du pape, le feu seigneur Pedro de .Milla que
Votre Excellence a connu.

Quand la table fut enleve, ce qui eut lieu de troi.<< quatre heures de la nuit, le
prsent de l'illustre duc de Milan fut ofTt'rt k l'pouse. Il consistait en cin(| pices
diffrentes de !'! X ,11 ts d'or et de deux anneaux, l'un de diamant et l'autredi> t iibi' I
^llm i,o<K) du
li<'s'iii jrneurie avec i

vos fliritations et la Joie que vous eau mosI

que l'offre absolue de vos services. O pi .^ ..i .. .^.....u)* plu au pape. Indi
p^'udammeut de rpousi>e et de l'poux, il a

11

aO LA ROMC DU BOIIOU

<-v - T. -''. ~ -y , Volrts

i "H un

i{ M>mplet de %fusHeHe de crdeaoe en . ri',

\.i..4... .:viron i,)o ducal.H. I.e cardinal de Monln... ,,. , ala

detix anneaux, un do saphir et un do diamants trs beaux, al

>:i 3.oor> ducat; le i t lire Cesarini fit doo

. t do son iKjrn!, vj Moo <lii<*nt< : \f du-

lit* liindip diMinu un vase i! t^;

le protonolaire l.ussate pr-si!.:.. _ . .... .: ..;.- jm-

position ix'Hsemblant a du Jaspe et orn^ d'argVQt dor, qui pouvait valoir de * tl n'y
eut pms d'autres

radeaux. Ouand < i -e, !<< autre* rardlfiaux,

mhrjssadptiis, eir.. suppWVruul * qui m "n

rAtc, je mefTorceral de les imiter. Je cr mi

dimanche prochain, mais ce n'est pas sr

Pour terminer, les dames dansrent, ' n

in>i^ d'intermde, une l)onne comdie a> int

musique. l.,e pBi>e et nous tous y a do

Je n'en HnirAi.5 pa. Nous avens pa^ il;


enl-ce bien, est-ce mal? Votre Seifneurie en Jugera.

Ile poi Ferdinand flieite Jean Sfopza au sujet du mariage de Sforza et de Iiuerce

iiiuMrf xrfs <n<*i" ami, ii<>ui avons n'r\i votic

lellre du 22 \i'\ par Iiqiil vous non* nvcr informtj

de voire alli ' e de Su

Saintet, noti ^ li, tant

cause de l'amiti que nous ayons porttl'e, et que nous portons encore, vous et votre
maison, que parce que nous croyons que rien ne pouvait vousMre plus avantageux
que ce mariasre.

' plus pn' lous

f union . ! lu

puiA^nrc et ta considration de votre personne, ainsi que celle de votre tat.

Projet de fianailles de la fille de Julie Fttf*nse et d'Aleseandre VI

En 1^93, Julie Faru^sc> avait donni' le Jour une petile flUe. Cette oDfanl fut
donn<''e ofnciellemeDt comme fille d'Orsini, le rn.ui <! '' n'tait un mystre pour
per

U's rarnis>, comme les l*ucci, l'i^rnoraient moins que per-Nonnu cl ih ne se


cachaient pas pour tcher d'en tirer parti. Julie, elle-ni^mo, redoutait si peu le ju^meot
qu'on pouvait I " ia In Portici,

Alexandre hariH'sc ne devait d'avoir rU' pi ilt

de cardinal qu' l'adultre de sa sur Julie, a;, , ut

Home la fiance de Jsus-Christ , ainsi que nous l'avons d^ dit.

Le peuple romain appelait plaisamment Alexandre Parot'se le cardinal de la Jupe


1*.

.Mais les FarntXsese souciaient peu de provoquer ou mme de

justiAer les moqueries du peuple. Ils ne soufeaient qu' ta>

<roltro leur fortune, ainsi qu'en tmr'-- ' ttre


1 ma Farn-se crivait de t'.as5iguano i.

ia dal*) du ai octobre ihfj'i :

... Vous avez d recevoir des lettres de Florence aotrieup's H la mienne et


apprendre quels bnflces Laurent a obtenus et if re que Julie lui a procur. Vous en
ressenlln niul ir.

" f tMiie ne suffisait plus aux Farn<f*sc. lu rivaient

< ; 'I n'. - il' iii.iiitea.

luiurent t'ucxi avait t envoy par le |rou>' de Fl<>-

.incien comnus><aire l-ai-nza et ambassadeur do Florence Home.

I^urent Pucoi devait, plus tard, sous le 'de

L<!*on X, devenir un cardinal influent. Les Farn lient

l'amiti de Laurent Pucci, mais leurs dsirs no s'arrtaient pas l.

Un Jour, le cardinal Farnse, alors Viterbe, pria Laurent de ' |>our les ftes de
N'ot'l. Ils furent

iciii .1 Rignano, o les barons de la mai-

son Savelli leur firent une rception pompeuse, puis ils repartirent pour Rome,
('hemin faisant, le cardinal rvla I^tu-rent le sujet de ses mditations : le projet de
fianailles de la 'le de Julie, a Avec qtii i qu'il dsirait fiancer I .ManfredI de Fanza.
Or Pierre MMicis convoitait pour sa propre fille cett "' " avec le jeune Astorre.

A ces .'S et d'autres, Laurent Pucci rpliqua par

cett neur.Je crois fermement quf

i\ot' me rail sa Jllte ce seigneur

(Astorre); Je veux (tire que je crois cette enfant /lIle ftu pape comme 3f">*> Lurresia,
et nice de Votre minence.

Le jeune cardinal lil)ertin Ale.xandrc Farnse ne riposta

poi'i " " "

d-.i-
nous de citer cet extrait duue lettre critt par lui son frre

( >i:i util //! .1 11 il l'i' <!.>< '* >t ' inilli'i i'ni.'.

lu

ou quatre rtuiteaux \> llo. ix>cardinal a dit encore

que, dan.s le cas ou U -.. \igelo (son frre) resterait

sans enfants, ses biens tomberaient en partage cette enfant

(!ii"i! " "" ., . .. ... ; .,.

I';. ;

.i't,.. ti.'.

'. Ji VOUS ai crit hier soir, mon cher Gianooii. . . ;iii S4> trouve ci-dessus; je suis
mont cheval aujourd'hui, veille de la f*" .1 Farns< l'-r aux vpres au

1> i l.mt que iteneur arrive A la

b 'Mi

p" '. ';

olle tait asAise auprs du feu avec M* Lucpuc. Bllc de ttoXn Selg^ncur, et M*
Adrienn* <>' 'If m'a accueilli, ainsi que es cofn{Ni^es. avec de irrnr mslralion de
joie. .>! Julie

voulut quf : elle ni' ne

j'avais coii' 'le et m .li

(encore l'y rarnenor pour lui ^tre agrable. M* Adrienne itjouta : Est-ce vrai qu'il
ne lui est pas plus permis de venir ici qu' Capodimonte et Marta? Je lui rpoudix
que je ri;- . ^ 1 ,; : - - : --,---,/ : ii

fil IIS

ses lettres, et qu'elles pouvaient maintenant eu agir a leur ^ise. Je laissjiisaux soius de
M* Julie, suffisamment habile pour ce qui la coocerne, de faire en sorte qu'elle.H
pussent ae remontrer !e-

mAme de % .le
grands reii! * mdit i^ " moi.

Je lui rappi... ;..,;... j'tais n.- ;.i .; -.^ueurie

de ce qu'elle avait fait pour moi, et que Je ne pouvais pas tn' ' ' on ttooigner qu'en
amenant la maison

M !iia. Elle me que de telles bcratelle ne

ni pas de re< ire; qu'elle esprait encore

ni-:.- --^:!;il)le en des ot plus importantes et qu<>

ferais l'exprience temps utile. M Adrienne prit la (.

son tour et dit que Je devais tre certain que ce :

inesser Aiitt)uio ni son ambassadeur. m.<

.MiM Julie que J'tais redevable des rsultats que J'avaia ubti-

nus.

J'eus l'air d'tre convaincu pour ne pas la contredire et je remerciai encore une fois
Sa Sei^euri ' ilte me

demanda des nouvflle< de roeaser Pi e trs

preannteetmt >us feron ui un

Jour et si, en tl, [ou* nos :ion pu

obtenir quand il tait Id, nous in aujourd'hui sans

di'" ' Elle m'assura an ' ' ' ' 1

de ce dont nous n lit .!> \n\a d'tVcTlre; elle peuae iH>urtaii' li.iiic p.Tr \otre
eotromlse. Pierre le Mat i

LA BOXE DES BORGIA

volontiers. Tel est le point, comme vous voyez, o la chosf on est. EUe a voulu tuss
que je voie l'enfant; elle est dj trrand' t. ". au pape '

,if r-TP >'.! Julie a pu- ;

i'"f ' et est ievenue une femme de toute* beaut Elle a


dt:. Jieveux en ma prsence et s'est foit coiffer; ils lui

tombaient jusque sur les pieds : Je n'ai {amais rien vu de pareil; elle a les plus beaux
" : . Elle pos' f

une'coiffe de toile fine i-l \. ,.ce de rc- ..:

qui faisait l'offct de la fume, avec certains filets d'or. Elle rayonnait vrnimeot comme
le soleil. J'aurais beaucoup donn pour que vous fussiez prsent et que vous puissiez
vous con-vair ' : vous a\ez souvent dsir savoir. Elle por' l

u" ni de fourrures la mode napolitaine, .

':i en changer au bout de que! ; '' avec un costume presque en 11. ic-jnent de velours
violet. Comme les vpres taient finies et que les cardinaux s'en allaient, je les quittai.

On peut penser qu'Alexandre Farnse n'exagrait pas lors-M<> ' l)eaucoup cette
enfant de

J'i . . '>nt sur la ressemblance de

1 enfant avec le pape Alexandre VI, dans celle courte phrase

peine di.scrte : Adeo ut vere ex tjussemine orta df~ ',

doit provo(juer chez Alexandre une grande fiert. Il n

*'<' 'lie enfant quu loul le

Alexandre VI blme mai fille Ltueriae

>n

' . ' - un,

la lettn- sunanto. que Lucrce mritait. M avnMHUo pas, en effet, permis Julie
Farnsc, dori< \i.v in.ir.. i.ii .x .; ,.>r,i.. la trarde, de s'lnif^ner d'elle?

' a

Jw .II-

dnilt I H.

Or Jt , ubitemcnt de Pesaro pour aller voir son


frre An^iulo qui tait gravement maJade. Dans une lettre, le

^ '^fl rmc qu'elle tait surtout partie i ii-.

. .1 de SCS parents; cependant, la . <le

i pus un prtexte cherch, puisque Angiolo en

l>' --' ..

Alexandre VI. pape; de sa propre mai<

V I>w 1. ma tn''s chre lle. \ on.1 s

pif ri. ji.is reu le lellre de Uil ; n-

Nt lu ofUfef de ti m%

d nouvelles de ta ^.< m.

notre blen-aim flls. A l'avenir, sois plus so t plus

diligente. M" Adrienne et Julie sont r--'-' t,..

ou elle ont trouv le frre mort. Ce i -

fondement '-mu et trou'

tous deux ont pri.<i la n\ i

pour aller le^ voir et nous n

mtWlecin et de tout ce q-- * n-- .'i.ii> .-

;;rdce Dieu et li la irl le, l'un et Tm '


promplement rtal'

eu bicu |K>u d'gai

AIb*' Adrieiitu' et ilf Julie, car vous les avez laisst-cs sVii aller sans noln-
i*rrni*ivj..f) '\-presse; vous auriez iil j>*>ii<'M". <omme c't. si brusque l ' janl

II' lait le plus \.: _ ,. _ i. -i tu

objectes qu'elles l'ont voulu ainsi parce que le cardinal Farnse l'avait ordonn, Je te
rpondrai que vous auriez dd vous demander si cela plairait au pape. Maintenant c'est
fait; mais une nous aurons soin

de . _ ions nos afTaire^,

Jrce Dieu et la glorieuse Vierge, nous sommes en trs bonne sant. Nous avons
eu une entrevue avec l'illustre roi .\lphoa.se, qui nous a trait avec autant d'amiti que
d'obis-l' s'il avait t n -.re fils. Nous ne -

mt avec quelle > et quel conl<

mutuels nous nous sommes quitts. Sois persuade que Sa .Majest sacrifierait i>our
notre service sa personne mme et tout ce qu'elle possde en ce monde.

u * ..!ati.

vem ;> ou

quatre jours, il ne me reste plus qu'a te recommander de vcil-l.T .. t.t sant et de prier
assidment la Madone.

tittre Sylvius de Sabello

MACNiriCO VIRO DOIII!<0

SILMO DE SABRLLIS honor. apud SerenU*. Roman. liegem.

Il

fortunis luis, ab Urbe !

cl rabiem evasiss(>. Dolumi

moilis. sec tamoD inU>r tt i

in (i<
gain

im

u,

et liorum latronum furorem,

' quum fuit, (le tuis incom-

. isi sumus. te inrolumem

Ui-

cum uiicre, ut in tote^riioi restituaris, %'alde aUntraU samu. prudeutiain, tuam eo


cre<iulitatis, vel, ut ronflilcolius tecum airamuft. levitatis dt'vtMiisse. ut sports hUDC
hotniium prtkdito-'tiimarii, < > mIh

1 ad do i| ^iiid

uoquain quod justum sit vei posM, vel ceJlc afrere, nlii roeUt, cl viribu cixTcealur.

Erras rarlMime, et lonffc falleris.si existimas uUam unquam paci II .im

po^h lia

- . ....iii-

dum. Opus est aiitur teutare alias via, et pubiicuxn flomana*

j)e?ilil' ' et

<;'lri I ,ur

ic uifaini iH'liua in , '

iiiiiit iiarrarv dcteMui , , luiii

ni exitium roluinittuotiir, quir quam atroria.

' "ifndiwert 'im

enarraadn, h-c committenda pluribus excmplis, atquc per omDium manus tradpnda,
pt di.s.s>ininenda.

I ' il omette anli-


qu<) _ f um multitu-

dinem abduxerit; cum iste dovus .Mahomettus omnis criminum sceieritat! illurn
loosrc supcravorit, et hoc fldei, et reliionis reliqiium validissimis morhorum
incendiis exarscrit. Veaisse teiT! i)usjam ' lica-

tus ,, . neque aut,

excos^itari poluisso, qui ap<^rtior Dei hostis Christi, oppugDator fidei, et religiouLs
subversor inveniretur.

Jam beocticia, et dicrnitates Ecclesiasticas, qua; antiquo sanc-torum *. , imis

viris ull i>ari,

tt illi.s soluminodo cedere, qui aperta emptiooe plus i)ecuDia-rum, qum c>tari
largiunlur.

Itur ad Falatium cum auro ad emenda fldei mysterias; stat ibl Ji Muti-

neii ilus,

qui Oribi'i-u:>, liu>lio iiit'eroruni uppusitus, el omni-

bu5 ^. : :s, nuilo pudore unumquemque peasitat, quid quocuroque fcratur intelli^t;
admittuntur soli divites, et locu-piets, tenuiores vero om. ' unelia exclu-

duntur : nmriia jarn ;tpud '< ., di^nilatcs,

hoii . i>. curuinia Mjlutiones, dlvor-

tia, I , .1 mulla, qua- iicque a>tas parea*

tum nostrorum vidit, neque Chri^Uaua tonsueludoadmittitsc

ss publir-' '^ rre, el n tam, et nova dogmata el

Christi < im p<ipu: >. Nihil essA jam *ri>lorum.

dia, immanitato el sa^vitia Noroncs, et Cajos. Nam cardes, rapi-nas, strupa, et


Inccstus n'ferro. ionumcri, et iofiiiiti propr operifl furet Confiv.tus rii(l4'lisMimi.s
vulneribus. et bis prope-

iu eju:( KTi-mut trucidatus, vercndo^i uiim Vaticani l'enat*>a cniore fddavil, cl


Aulicos omnes ronsternatiune, et fuga disi4-pavit. Lon:;um est pruM'qui ca*leros, qui
vcl intorfecii, vel \'ul-
aao LA noMB db horou

nprnU, vel vivi in Tiberum (1 ' r ,iil,

quorum qiitirn inflnitus sis iii-

cies, -^ ilomtiui pHn-alur, qui .< . ri KraUa

alios i . iut, ncmu in Urbe est cUam ; : furtuiiar, qui

sibi, et suis Jam non Umeat. Quis horrcntla libidinum mon->^* ire non f ' t^ jam ii
et

I. atque ;lia. tom toi

iilupra, quot inceslu. quut tiiititum cl filiaruui lot

per Ptri l'alactum merelricura, quot lenouiiin . ,]ue

concursus, prostibula, et lupanaria, majori ui' i-undia

' i Kal. Novombris ' ' omiiniiu >.iiuloruin

- qninqiiae'intn m n.i' fl ronvivium in

t ;n speclaru-

lii . , Il deesscnl,

acta es sequcntibus diebus in publicum spectaculum, equa, qua spectante cum fillis
PontiBcc, inlromJs- - ! - - rios nimis Wnpris artiore roncitatns in fumrom, i .r-

ri-

iir.

Propoitum est In Turcas bcllum publicare, ob eam specleni

peromnr^ '' ii; .( vendiUp exti - :.:...ii... -m-

torum iti' et e\ hao c^>i in

^ in-

' . 1^-

sia* tributa sTuin IralicnK, iuxu inaudito ad maritum acccde-ret, et und' "i....,
.,,1,,...;^ rivitatibus et veri dominis infer-retur. l'ui is vle re* Inrolas. maximam
urbis

lUm\' lU-

quo> . '.>,

ut ex eorum cninmitatlbus l'ontiHris iidem tilii -! e\

in.'.^....... .....t.. ..II.... i.. . ..,.i. "H^ientes ad r*...

Il j

pii-

V^iiHtarn t im.et l'iMurum pulMs l'hncipibut

rcceptum j.. -. .:a(N>rio hulc de civitatib*"^ i./.-Ui,

i PontiRre Qrsenam, ut Fortuna Fanum cum Kr

largiore littiii; -

L'rbinatibus machinatur, ut his depressis omni Piceuo, conce-dente Pontifier, solus


fM>tiatur, ot dpiniim afflirtis omnibus ct. .1 se tra-

bai s iu ejus

jam esse dicuntur potestate, Spoletum, l'rbem velerem, Vejos, Nepesum, Terracinam,
Molem Adriani illius prsesidio teneri, et demum eo veotum esse, ut ejus arbitrio ad
libitum omnia ulur, qui iKtn tariquam hujus Imperii Protector, aut i velut lostis
aperlissiinus umnia dilapidt. In hoc solummodo Patri adgnitus, atque caris.simus,
quia persimili*, in omnes adco perniciosus. et $a;vus, ut judicare, sit difficilli-mum,
utrum eorum detestabiliorem natura produxerit. Supe-itu in Flaminiam ]< ns, per
terras

agruni hoslilem |> uidus incesse-

tal. di-inum s|xjiiatis, atque in pr>dam datis oppidis piuribus, ad Favcntiam


devenerat : vastata erat in prufectione L'mbria cum Pfceni parte, et tota Flaminia ;
sequum videbatur, profec-lion! reditum persimilem ostendere, atque reductus est ex.-
i-cilus ad i'iumbinum primum, deinde ad l'ibom Florentin. -rum; ibi plaratis omnibus,
nec quioquam taie metuenttbu> Florentinis, por aiiquot dies praedarum licentia
stativa habita, el omnibus concessum tantum raperc, et diripere, quantum unicuiquc
libuisset. Moni Ducis Imperium secuti ii "" :nniu rapinl. tiipris, c.rdibus. et in<-
(>ndiis miscuero; iiiju-

! >s tanquani nto(bti> cunta-. 1. Hela, TIbur insignes civi-

tates, quum contra alios adessct pugnandi, aut rapiendi mate-ria inlra se vertro arma,
ibi Duces factionum hujus - ' -lionc. et facinore. el prirlera tem{)orum lirentia nixi

1 -'IN, >l

mares forint, uldatt tn lucem, simut et in mortem raperentur; cm intrim bonus


Pontifi-x suis libidinus inteutus, gemmas undique, et monilia conquirat, quibus fliiam
per scelu.<> nefan-

llll:

:iiu

I : hi" t, scd apcrtis subornati)nibus fovet, atque irritt, quu :^< tlicfl uppressis
exulibus, et adversariis, qui (^sarie, et l\o-maoi Imperii partes sequuntur, quorum
bona ab eo proscri-

LA nuMX UKS DORtiU

* niblIcAta per Injurlam fur * <HtuoiU flUls, et

i* Lllurum furluiiis tr.> . uiiila conflrmet,

i.'ilos, 5i qui sunt, qui seiiUaiit mrliits: nam t : partim pulsis, partim opprcssis, ncmo
Jam et

exreliquls. qui hiaocre audoat; alil pcr scelas, atqup i^nomi-niam rrell, nuro, cl
faciDoribus malis cmp' -

aiiulationibus tuniitur, faviMit l'ontifiri. (>l hl.

tum : hujus molu, et volunlat omnia ad libidinfin guber> uantur, ilhini intcr f^re^res
meretricnm Turcanim ^ '-UU

HnU>m armati militp.s rustodiunt. Illlus jussii, et i* 'nr-

rum fams, rapina, sitis buroano sanguine satiantur : quamm immauitatum metu
cetiere Jam ab l.'rbo nr ' ' fnmilia.

intitarr optimo5 civf, et nisi lot mails sueur-

l Ca'Hare, unumquomque de dosereuda l tltc, et de fu^a .ire oportebit. U


detpstandam rerm, ot t>mporum conditiooem! quantum ab nntiqua Summorum
l'outiHcuni sauctitiitc donnera tum est t quantum Jusliiia diviatum ! vlx unquam
credet paitteritjis tantum ignntn ah bac face g^neris humntii i > oma-

n.ivsr. et tariHMi Intrim (>hristiaui l'ro:cro* d idos Re-

plis statu rovritare vidonlur. Ouomodo in lurcus aut A.<..'C> g:en;iotur liolluni, si
istud domcsticum incendium prias non extiniruntur, quo inBdcIe.s f^laroli
Franconim Re^ I ". srcndr-

1 "K eju>

; votum t'um I '<!-

i..v> tuenda. atqi.. ._. :)d;

Hicntsolyma ftusccptum est.

" -1 i>.

.'lUs

'<i>:iitri, ut irilicct liodericus i jm

' ' iit^ima %omir'> ^itorum.et ;;: ... i-t .

' I. orania divina atque bumana Jnm t<-.

r< Nt :o 'riiatil tandem Principes labenti Rotigi' <-

tuant : Roddant Komana* Irbi Justitiam, et tranquilliliitem : Tollant o m^dift hanr.


mromunem pestpm In hiijus Keipnblica* oni

i . . '"^

Ha^c i^tur omnia, Silvi. qu<* plusquam veriima sunt, io

orationis formamreducta. et ta publico Principura CoDTentu,

vel si hoc non licuerit. in aliqua solemni Missarum ceremoDta

!Iu-

. ibis

et abseotibus lie^itiu.s transmittes. \ aie. et iii hoc asrendo m-


mioeris te uostrem, et Komanum esse, lien!"' '^''" f>>tuin

Tareai, ex Ca^trts Re^iis die i5 Novembris.

TliADLCTIoy

AL' mis uuaofttjtjt sricxicii

SILVIO DE SAVELLI

y,, /-..v .rr-n fiff^ .'^i",> et fort honor afif'r'-' 'ti> <..,-^K',>;,.^ ftoi dex
tlomains.

M > -iieur Silvio, saiut. Nous avons apprLs par

dtts U V... - ,^... ... amis nous ont crites, que tu es banni par

un effet do porfidii, que tous tes bieos ont vie mb au piliairo.

que tu e tquetut'esp> les

rnains d< ^fTt! <1g ces v<> > 't

aniir'-. <'oriime ii cLait juste, de te voir souitrir : mais nous

nous Mimmcs rjoui de savoir que tu es enfin ttcurousemeat

arriv Min et sauf en Allema^e parmi tant do malbeur, et

s i6 bien m .uit

11} tu fiiis ton I da-

tiud et li'v pricr-s d'.ti.ti ,!i .iii tju rtabli.

nous iMus soiumi'-i lur. i Luniiv \lc \ .. .,-. :.. ,-._-.vuci soit

>-enue ii ce potut de crdolit, ou poor te le dire plos franche-

' Ii;*rvti'. <I'aUeiidr^ i{u<r <-t?t hi>mnio(|u'(m doit appeler

du iffnn* hum^iin, lui i j)ass. |,njt> i vir dan te>

iinpuretcs f't li's v..I.n, et qui n"u imi d ,nUn; rm pOT

les honunes, ait jamais pu ni voulu fj ri- m Je


Juste que par la force ou la cnlnte.

Tu es dans l'erreur et tu te trompes beaucoup ni tu croU pouvoir jamais faire aucune


paix avec cette tAte moniitrueuM! :

car iii ' ........

ricc -

et puisqu on i qu'a tr perdre H te donner en proie, il

faut que tu te a ne fluir celte guerre continuelle avec

lui que par une haine ternelle. Il te faut donc tenter d'autres

voies et drouvrir aux vritables mdecins la plaie puMique de

In ppste de Home, proposer Csar et aux autres Princes de

romain tous les tlrsordres et les malheurs que cette

L tiM' .1 causs la ruine de la foi chrtienne; dclarer

les d< t t <t : s forfaits qui sont commis au mpris de la Divi> nil et la destruction de
la T ' . lesquels - * s et

si cruels qu'il n'y a point di pour si < Ile

soit, qui puisse en faire la peinture. Il te les faut racunlei dan les assembles
publiques des Princes, eu donner plusieurs copies et les faire savoir un chacun, pour
en informer gn-ralemcnt tout le monde.

C'est eu vain que la Relifrion chrtienne st^ plaint de Maho-rmt. sin an' >tit

innombrable '';... >ur-

pass de beaucoup en toute sorte de crimes et qu'il a embras

ste de foi et de Reli|rion d'un incendie bien dr; - do

SOS maladies : de sorte qu'il semble que 1 de

... -riue de 1 ' ' l qu'il n'eu II .

N imaginer tre plus ouvertement l'ennemi de Jsu qui

combatte le plus sa foietqui ronverseenfin davantage. -.< >< ....^lon.


Les bnfices et les dignits eccl.siastiques. qui selon les l.'s SS. Pres, n';. -i.inds
hommes pai publiiiuement et accords seulement ceux qui donnent I -plu d'argent
dans l'achat qu'ils en font.

On va au Palais pour acheter au prix de l'or les mysti-res de la F' ^ crimes, le vi l-s
nn-

tire .1 n'a point d |)Ioi que

celui d assouvir 1 avance du Pontife; aussi >li pour

I,..,., .1.. \:,r,j.,ii\ .1.. v,,i.. qu'on dirait que c'e,s: c un rer-

enfers, aboyant aprN un chacun,

( ! - \i IW)ll('l \

CESAR BORGIA

Portrait vatiriouc

LA HOME OES BORGI.V aSj

mettant tout le monde la bal < ir ce


qu'un chacun porte. On ne rt--^ puis-

sants, au lieu qu'on chasse les pauvres avec mille paroles injurieuses ; toutes choses
sont vnales mainteuant chez le Pape, les dirnits, les honneurs, les dispenses, et les
dissolutions des i :is, et plusieurs autres

s, ni la coutume chr-tifuue ri-(;iii'>s,!>e vendent publiquement, et se pratiquent la


vue do tout le monde d'une telle sorte qu'une nouvelle secte, des nouveaux dogmes
s'introduisent insensiblement parmi le peuple au mpris de Jsus-Christ. Il n'y a point
de crime ni de vice qui m^ w* romm<ttent maintenant Rome publiquement et
:'<^ mme, i qu'on peut dire qu'on

. )urcequ! ircin, les Carthaginois

en perfidie, et les Cajus et les Nron en cruaut et en barbarie : car ce serait


entreprendre un ouvrage infini de vouloir raconter les liomicides, les rapines, les
violements el les

>mmis; le trs noble jeune - ' du Pape, bles.s cruelle-

ment, ou, pour mieux dire, mis deux fois mort, et un autre Gentilhomme de la
chambre du mme Pape, appel Perrolte, urorg dans son sein, a pollu par le sang
cet ausmste Vatican, dont les dieux lut Mon,

et a mis les CKurti u-s a

tt)us obligs de s'enfuir. 11 serait trop long do vouloir nommer tous les autres qui ont
U; tus ou blesss, ou Jets en vie dans le Tibre, ou qui ont t enfln empoisonns :
parce que le ' "il. et qu'il s'augn

me nux per9onDe^ les plus important- - !. i. _ si bien qu'il u'y u

j;.. is la ville, de queliiuc -jadHiju qu'il soit, qui ne

craigne pour soi ou pour les siens ; qui est-ce, de grce, qui * pas horr* ' ' ;? de tant
et de si horribles

>, qui s -a maison k \n vue do ti^ut

!' lu ;i<le, au II' Dieu, et sans a

h'juiiut_> ; combiri Hre, de violemen'

cestes, combien d'impurets des enfants et des filles, combien de femmes de


mauvaise vie, ou. pour mieux dire, de putains voil-uu rciuiir dans le Palais do Saint-
Pierre? combien de trou-
pcuii\ rigo-

lent' le*

\ plus infiDCii sont partout nh.'

^" If* premier Jour do No\. ,... , ... loun

. que cioquaitte putulus de U ville ont t Invitvs au

jour

i. .,. ..... j - - , -iif^nla,

afin quo le.s talons anims d'une ardeur ^ >^onl

il puur I ane-

-.i Iux des --., 1 ^ , . -. ! la

t-Q aux Turcs, et on s'est servi de ce mojren pour vendre ; .' '. !'- V du monde les
indulgences en public*

i.>^ sommes d'argent pour faire de^ qoe le Pape et de quoi cliArtrei 5.1 . - comme
il fit; car en s'h illaut

trouver son mari avec une pompe et un luxe exti es,

elle cmpoilA les tribats de rtglise pour sa d * t

cause que le.s anriennes villes et leurs vrilabW <iut

vus enr<ifr> Inn la c ux hal>ii

cha5S(^!i de leurs inal> g^rande

Rome a t bannie et evlhe. lI les aucie.s Seigneurs de la RonfMgne priv. de


leurs bion5 et de leurs poese--' nfin que les rnfaulH du l*ape. au>l bien que les
neveu lUs

par la vole d'u nerce, etqui sont maaoucore

dans le bent.' .1 des tats et k des erandes

richesies par leurs t leurs calamits.

Il est vident tl ' ' '"-!-


et le Friuul ont t rut: li*

Kavence, d H rc des

l'ruu-es, qui uiembr

CesBiie, Fane et Unictiuaro du ittrlise, pour i -r son

domaine; afin que sou fils. Muablabie au p.... ^irralast

mieux, avec plus de licence et moins dt contrainte; tandis que relui-ri, songeant a des
plus grandes choses, tchait

de fiire la guen* de CnOMiins t d'L'rbin, afin que

L4 ROME DES BOKi.lA

tout lo n)uii(l>\ i: ^:iipart de tous les droiUi et do tous les

'' iue : d'autant que toute les meilleurc-

^Dt, ce qu'on dit. hous sa puissance,

t le

ou

cnhii A it ne se lait rien que par sou

' ^... .. ^ ...^oQ qu'oa ne dirait pas qu'il en

t eu prolecteur de l'Empii^, ou de chef : mais en

on.

i>ar-

.<ie, et qu'it oht si

^-.. . , - , j..^'er si la nature a

]jniai rien pro<]uit de si dtestable. Lorsqu'il s'en alla avec


ssa dans les

- ennemis, ou

il arriva

. . . , ^ tout ce

qui se trouva sur sa route : car toute l'Ombrie ou Duch de

' 7 ' * ~ partie de !- " - Vo d'Anconc cl toute la Fla-

iTt'-es ; vo i voir en cfla qu'il tait

il tait

lieu ai i

ilrp.iis .. s avoir paciH toutes les

it^ < I menant rien moins que cv (ui .nitva,

ion h un chacun de piller et de prendre tout

' quoique^

rnandenit

!''S impurets, cl ! , ^

j..^ ., , ... i^ioer, fai<Mint un tli;

toiix .(> aes avec mille homicides et mille > La

'-e mal se communi nrio mnfndt^ {

i.itre les autres ou d'en chercher l'occasloD, se firent la g^uerre .1 :'. -Il * f* des
partis, tant svbor-

lus p.i. ivoriss et appuys par ses

aaS LA ROMS DU SORGU

nrhantemoU, par les crimes et par In .

tomp.vl, IN ^(rorfr*r^nl toni, npr* sV;


leurs ad' saut p<^rir uu m

brable cJl . -. , , .-l, que s'il y avait . -

qui s'accoucha5sent, ils prenaient les enfanta mflles pour leur donner la mort le
premier jour do leur vie, et leur fni.Haient trouver leur spulcre dt^sle moment qu'lh
vennlonl au jour. 1/* bon Pape. lequel s'adonnait cependant .t irs s^ins sorj-

ger outre chose qu' amasser des i et des orne-

ments de toutes parts, pour faire paratre sa fille (quil a eue par une vole extrmement
criminelle), avec une r ^ W"

luxe inous en la mariant, bien loin d'empAchr m ulro

tous ces crimes ; Il par ses menes ; ;i

que les ennemis qui suivent le parti de Csar et de l'Empire romain, et dont les biens
ont t confisqus par Injustice, il puisse tablir la fortune de ses enfants incestueux
et de ses

y (Il a quelques-uns d'entre eux qui soient d'un meilleur senti-intiit, car les plus
puissants tant bannis et en partie oppri-iu> V. ie reste n'ose rien avancer qui lui soit
contraire : si bien

tchent de se conserver dans

r 1 .....: ...i, favorisent le Pape dans ses

' iinenls, le louent et l'admirent ; ils le craifcnent tous pour-mis son fils, fratri .
,.^ij

jiil fHlt tout - le

lie plusieurs troupeaux de putains la moK-l1 . 1.. ; . :,.arl des ^ns sont, ou tus, ou
bles.ss, ou pr-

cipits dans le Tibre, ou empoisonns et privs de leurs biens par son commandement
et son ordre. Leur r< f it

leurs rapines se rassasient du sang humain, > l<<s

plus nobles familles s'enfirteut de Rome, que I n .

citoyens se cachent, apprhendant toutes ce* cru i il

faudrait mme qu'un chacun sonfeAt quitter U ville, si Csar ne rrr- ' ' - At tous
ces malheurs. t> t des aOsires et misrable condition de

temps ! O combieu on est loign de Tancienne saintet des Souverains Pontifes! et


combien on diffre de leur justice! A peine la postrit pourra-l-elle se persuader
qu'un tel flambeau du i; : ait donn un si grand feu pour dtruire le

jx-uj t les Princes Chrtiens semblent souger la

propiiiraiiuu de la foi ; mais comment est-ce qu'on fera la guerre aux Turcs et aux
Arabes, s'ils n'ont pas teint auparavant cet incendie domestique? puisque du temps
mme de Charles, Roi de France, les Infidles ont t appels, pour s'en venir
desc^^ndre i;Ti<* In Pouill ver six mille rhevaux, et qu'ils Ol:'

que le iv . ^, ' i ^ i

part. EstK:e bien pour ce sujet que les grands Princes ont rsolu autrefois et mme
employ leurs soins et leurs armes pour dfendre et pour augmenter la Religion de
Jsus-Christ et ! idrc Jrusk-m ? que tant de braves martyrs ont

don il iiig. et que tant de saints Docteurs de cette Ilpu-

blique ont su, pass les nuits et travaill, afin que Rodrigue Borgia, ce gouffre des
vices le plus dtestable qu'on ait jamais vti. renverst sens dessus dessous toute sorte
de droits divins et . aprs avoir achet le Souverain Pontificat. Que les viennent
donc au sccuurs, pour empcher que la Rell-ifion ne tombe pas tout fait en ruine ;
Qu'ils remettent au port la nacelle de saint IMerre, en la retirant du milieu du
naufrage et de la tempte ; Qu'ils rendent la justice et la paix ii la Ville ; Qu'ils .1:
;:iune, qui

que poui et (|ii'ils

se pi(ip>ieut, dan ce dessein, do procurer aux lKn^ i ni ; 11 do \ivic il l'avenir en


paix et de jouir en repos de leurs bi. n>. Nous t'crivons toutes ces choses, Silvlo, qui
ne sont que trop vcji ' ' * nous avons mises er form " ^on : afin

(|ii. s h haute v(ix dans l'asst^'i Princos

1)11 ! le Messe, en cas qu'il ne lu - i ; i p ;-

mi- ^ . ' ces Souverains seront ens'inSN, .4)1. s

quoi tu donneras des copies de ceci tous les Princes pour lea faire Jiro, et en
enverras mme aux Rois qui seront absents. Adieu, S4nivieus-toi de nous en faisant
cela, et sache que tu es

Donn Tarente, dans locamp


Lettre du Sultan Bjazt.

:. 1 liim> ' mximus.

Papop Alexaodro Sexto Hoinaoap Errieslv summo PonUHcl

dignlsslmo. Poet deblUr- -' --Htorlam ^r' - ex bono

animo. t pnrvn rorda ' rnu veslr li. qiia-

qujr rptulit pro pnrt ejijit1<^ . ex qiiibus

i.,.tH sumiit, r' " iqiio ,.,.. ,,. 1 ,,..u. Inter alla

retulll. Kex Pranri.i' aoimatuK est prenderc

omnoH > tur

Iv. ., ... ..j pni'falo O- . - -ipl-

mu<i pro vit utiUtat, et honore vestra pot^ntlip, et adhuc pro mea ftalUfA'^lione
bonum eu! < ' ' meus fkter.

qui subjoclu.-* el morti, et deteic . rtnr Maf nl-

tudlnin ohire tnortem f. naet, et potMlU.-r

vMtrn* ullU\ et qulcU t ....i juc poaiM frrati*

lin et si in hoc Magnitudo vestra contenta ait complare

Miut in nua pradntla conBdimut tare irelle, dbet

P' irl !* pot*ntlie, et pm mnjorl noMra mtlcfaetlmie

M veH-

l . ;, . ,. 'tUH

mundi, et tranaferre ejun animtim in a1i< >. iibl melio-

rem hntM>blt qulet^r ' ' - "- i>vira poten*

Ha, cl iniiudflhit u '""O dira

Mare nostruiu ; promitlimus nos Sulthan Kajazit Cham supra-scriptus in quocumque


loco placuerit vostra* M.ii^nitudiDi ducaUi treccnta millia, quatcDus possit vestra
poteutia ex illis cmerc filiis suis aliqua DomiDia : qux ducata trecenta millia consi-
gn.i ' '!lt, cuiordinnbit v(\straMa'nitudino,aDlequain

di< t L Dobis datum, el per vosiros mcis consigna-

lum ; adliut prutnittu veslra Polentia*. qxicxi vita mea comit, et quandi vixero
liabebimus scmper bonam, et maaam ami-cittam cum eadcm vestra Magniludine
sine aliqua deceptione et item faciemijs nmni ' ' " * : 'ia nobis pr v '

liisuper promiitri pdi i <na sati

qii' tie. aut i. n por aliijtieiii

ox 1 eril dat;: . . ..tiim. aut f.i<-

tum damnum ChrisUanis, cujuscumque qualitatis, aut condi-tionU fuerint, ttive in


terra, aut in mnri, nsieasent aliqui, qui nobis. aut subditis nostris damnum farere
vellcnt : Et pro ma ' siu.

juMvi, et atrirmavi in priesentia (ieorgii par verum Deum, qiS'm adoramus, et super
Evangrcllia veslra, obervare vestnf* PoteatiiP omtiia. usque ad complementum.
neque in aliqua re

tatione renianoat, imo sit certissimu.s de noN pradictus

Sulthnn Bajazit Cham, juro par Deum verum. ,u. vil xnlum

et terram, ut omnia quie in eis luut, et in quera credimus, et .idoremus, ijuod facii-ixlo
ad'

rpqiit''o ;>r<t!Tiifto [KT ili. liini .

I" II'. **t in aliquarn nuiiquam conlrefacere, ueq ;

L\,:i\: ;lra> Mag-nitudini. Datum iu Aula nostrcc Sul-

thaoicjr auctorltarisinConslantinop. i494>anDo Josu Propheta-Nativit. iSScptemh.

T/iADCCr/0\

Sultan Bnjazet Cham. fih du dfunt Sultan Mahomet Cham, par la ; " ^ . t . - |x>i^.Mr
de tous k

deux c Karap et des pays

maritimes, au trs excellent Pne el Seigneur de tous le Chn^-


I.A ROMi tOU

liens !< l'.ij' Al< \atulro Stxlnn , ifr.\cfi do Dieu Xr*

di(rne Souverain Pontife. Aprs avoir rendu votre Grandeur Ir- ' ' furellc mrite et
qui lui sont dus, nouf lui dclaroa h ni et d'un cipur sincrre comme quoi nous avons

H] f ..Mir.> It'i/.inl. Pui-

Sii: (''ii\.1 Ic^ri'iii'.', ,!. ^ _ ^ a rap-

port de la part de votre Grandeur, ce qui nous a beaucoup rjoui et nous a donn
une g-rande consolation. Il nous a dit entre autres choses que le Roi de France est
rsolu d*enle%'er Cn litre les > votre Pu luI

s I- h notn et fort i

votre Grandeur, aussi bien qu' tous vos Chrtiens; ainsi nous avons commenc
appliquer nos esprits avec ledit Georges pour le bien de la vie et l'honneur de votre
Puissance: et il

V. ' -if*

Vt . , . UU

entre les mains de votre Grandeur (en quoi vous lui procure* riez une meilleure vie.
un avantage et reposa votre Puissance), ce serait pour moi une chose fort agrable ;
que si votre Gran-d. ,io

s.. .ce

et nuire pi faire mourir Gt-m, k* lin-rdes

misres de . une autre vie plus heureuse .

son Ame, de la meilleure faon qu'il plaira voire Grandeur. aprs quoi, si elle nous (
n corps en " it

au-*lerA de notre mer, n ' tn Hnjn/ ><,

pr yCT l ou !lt

m . .A votre l'u , . iuc

domaine ses enfants, et que nous les ferons consigner entri

le mnins do celui que votre Grandeur or! ni


que ledit corps nous soit livr, cl que les i

aux mien. Je promets encore i

ma vie il y aura une grande % 'l

votre Grandeur sans aucune dissimulatiou et nous ferons mmeencore li - ' ; -i nous
sera possible pour vous obliger et vous plaire. iffeons outre cela notre parole votre

Puissance p m

tiens de qu<'ii< ihm . '<

%ur terre ou sur nier, hormis qu'ils nous tissent quelque tort

nos sujfls, ne recevront aucun empcVhemenl ni dommage par

moi ni pur mes serviteurs, ni par aucun de mes sujets ; et pour

combler encore d'une plus grande satisfaction votre Grandeur,

Il de vous obliger croire, sans aucune

lue nous vonnn* de dire, et j'ai promis

ice uo tieuiges par le ^ -erver de point en

; que dessus voire r ts manquer la

moindre chose ni tromper en quoi que ce soit; mais afin de

rendre encore votre Grandeur plus assure, et empocher que

son esprit ne reste dans le doute, en lui <'itant enfin toute sorte

l'.ham jure par le vrai . _ ce qui est en eux, en

qui nous croyons et que nous adorons, que faisant excuter ce que jp demande ci-
dessus, je m'engage f>ar ledit jurement de trarder toulrs los < lio-^cs qui sont
marques ci-devant, sans rien

que ce soit vot i'^ur.

la cour de notre ai ilta-

nique, io m de septembre, l'an de la naissance de Jsus le Prophte 149V


/ngtructiones tihi Georgio Auniio, i-t familiari nottro.

.>.-o>.seri9. lir is,

.um M.icnuin 1 1)1-

; quem |>ustquam dbite h, t divinl

.. ..4.... ^iii, et amorem. et si^niflcahi <mine nostro

(lualiter Hex Fraadip poperal cuni mairnn potcntin trrreisth.

' " im.

.1 lu fr-

^--.. . .i._- ,11111, et

III. cum quo sumus in n-

:. ... j^

\' u-

^ . i'or

I >ros nostro*, et per nos fuerunt invesUU, el Incoro-

1 H'Ln : rt lin 1 hacderaii ' - rf.T

.! I . ^ 1 ,i;:.i: i im :. ; r qui nc': ;in

1 '

'. pmut K ' iti Halls inuotevrore debit : et dlcuot,

.iu.^'i mllf'" "1 SullUan cum clawo In Tun'hiam:

et ciim n< re. et so drfendere tanta HeirU

.IcaUa, ' I

pnrare . ,

<a. coirimur recurrere ad ubsidluni pnrfati


...,,.....-1., '-M.i bonu, quaii) ''v. .t

habeiDus, quod in lali nolra nec^-^^^silale juvabil nos; iji; rogalti:), et aomine
nostro exhortaberis, ac ex te persua*i i> cum omni Instaotia, ut placeat sibi quam
citis mittere nobis Ducatos qua?- millia in auro Venettas pro Annata anni
prspsentis, . , erit ultima die Novcmbris vpuliiri, ut

:, in qu

: Ksentia \' ;. >-

iKrealiud giavamen, ut siccxponendo vires, et cooatus nostros in resistentia facienda,


ne dictus Rex Francise aliquam victo-riam contra nos potiatur. et C4)ntra fratrem
sua* Majestatis. Cii: tior

volunt nobis e.vs(> auxilio, imo babent arctissimum comii ' r-cium cum inimiris
nostris, et dubitamus, quod sint uubis cootrarii, quod e.t nobl^ arsrumentum m^gne
ofTousionis, et

supra, et qvr Kl SI h ranci ! ' '

mafnum interesse, tum p:,.: . -. ,. _ tiu-

trissui, tum etiam quia prosequerentur exi)editioncin, et long

cum majuri ' ' i suam. et in tali <

hnberent hw -. Mnxintiliano, et li raris. T ulissimi I' cjpes, p _ i suain (quiUi teoemur


ccrtiurcm nvMere ob verain, et bonam amii itiam, quam a" ' ' .-.:-. .:.. . i :... .,,

:4Latim ::

inde Itetrniiui .N>ai>oiitanum, domum lerra mariquo contra s.

prrtpror.tK-: < velle facerp omr: ,.^- ; r-i se

'i.f< ii.i> I. ..et (icviare, ne t ;rex

'iir, el Inslrii

un, drhont f^ sioni nostnr, et HegiN A que, qu

amicos noHtras et prinuiu. ....,, ; pro bon.- ..,.,,..-

suis, et nrHtros iiiimi<-ns pro tiiiniicis; et si Dominium pollti<>-

Mtir
36 LM ROMS Dd BOROIA

quod dlcti Veiieli dclarent se osm ^micos, et adjutnrnto nobis, et negi AlphoDso, et ^
contra inimicos Francurum, et aliorum adha'rentium He^i Fraociie : et si
cuiilradiieriut, orator aifaio flcet quod Dom > ^^^ qq,;, i>t>ste

recdt abois i crodHn: ^i sua

Mi^estas ardcnter adstriii(!rMt ooi modo cui. i-

descendent ad facicndumvolunlatemMaje>:.... .... , ,. , ea

persuadeas ei muTlum, ut facre hoc vclit, quia istud majua a^Juvamen, et ' ; :i ' " " .
t,

resistendi inju >

Uam talis oraU.>ris ; tiam inuiluin

Oouotabis paritcr .Magno Turci . ..i .--^-.

Soldant ad nos cum litterls, et muneribus, qu transmUit n- ' fralrcm suum peliit,
ac magnas

ol - quasi nobi* fvl( d* magno

Iheaauru, ac de inuUi^ uiii.s rbus, ut '.<*

quidcm tuo medio omnia sunt practicat.;, :u

Capitulis, qu dictus orator nobis fecit, et ddit, s '\s

Majestati susp intentioncm no.slram, quod qu.r ' > pru-

mi&simus. flrmitrr tonchimuH. ot iiiH|iiam rou uuk in

aliquit I esct-'ie, re

nolr;ii j iivjbises*; ,;

multum pnvamur, et bortamur Dominatiunem suam, quod

pro aliquo tempore non impediat, nr- '""i iropedire

Hungarum, neque in aliqua parte M et maximi*

in Croatia, et CUvilale l.vgin, ' iv,


quod liungaru! non iufcral ei . , h

Majestas Kua hahebit occasionem compluccudi nobis, attento maxime niotu


Francorum, et alorum Primipum : quo<l si in bellando persvrarent, habcat pro
comperto sua Mairnitud . quod in eorum auxilii.s cftsent

dolere pustea Majchlalem suan ai

nostruro, quod danius .<ibi primo ex oflicio, qui< n

Kumus Pater et Domiuus omnium ChrisUanorum : i^-- .

dcramus quietcm sua; M^Jestatis ad bunam et mutuam ami< i-

tlani : itor Mi^e^'

molf-! ,., cotr<

non pusM>inus obviare maximis apparatibus, qui Hunt conti

M;iict.iti II) suam.

Dedimus tibi duo Brevia, qua? exhibebis Turcae ; in uno coq-tioetur quod faciat Ubl
dare, et consienare quadraginta millia ducatorum pro .. ntiale, ut

sNt tihj fi.lom . nomin.

^ Us (luadragiiita milie duratis in loco consueto

f' . im secundum consuctudinem, et venins recio

trnmite cum navi tuta, et corne illa applicueris, certiores nos rp'V * * '' am nosti

Ici' far!e<r: , ,

'1 Midu ^ilniiite.

c . : : ---laris prafatae Sanc-

titatis suP, per prsens scriptum,etsubscriptum manu propria fidem facio, et confileor
omnla supradicta habuissc in corn; sis ab ore pra'faU* Sanrtiatis. Homa* de mensc
Junii ; <*' L'ijum Turcam in quantum fuil

n>'' .1 quantum ad oratorem, quem

roquisivit prsefata Sanctilas Turca mittendum Venetias. est obtentum, qui v vestigio
dcbebat recedere Constantinopoli mense Soplembris post me ad exequendum in
quantum orat vol.. ^

loi .

scripsi. Kt ego l'iiillippus de Patriarchis Clericus Foroliviensis Apostolica, et


Imperiali autoritate pubticus scriptor sub> scriptus, instructione. ot original! ex
Senogaila fldeliter transmisse, <! \ ' verbum transumpto, et scrlpto. nihil miitntiflt.
ii< . io ; et hoc ipsum transumptum prout id iittcram feci requisitus, et rogntus ; in
oujus rel

aium hic me subscripsi, et signum w""^ " -* -on-

suetum. Florentisf, die a5 Nuvembris i4r>4>

r/iADLCTIOX

Al.fcXANDRB VI. pap>.

/ ' Instructions que nous te donnons (Jfortjes Itiunnl notre Nonce et notre familirr

','u Mil ' 1 - M ,. parti d*lrl, t .. tu

lM>iii t.i><. ' I i>i: 11' plus droit . . , nu

tr6s puissant -t ::raiKl Seigneur des Turcs Sultan Bajazet, en

SS8 LA nOllK ou MMUilA

<|Uo! lieu t|i '" '" * *'; ' . 'il

avoir rnJ' ts

Jl! If

h. - .

l de mer avec les secours que lui donneot t les Breton^ * "" ' ' " ' >

Nations; it: Je

.sa Hautes ulc du i les, et

rhasser le ; . . ' nui ih li par

un lien Irs troit do cona i que nous

t^oi * nu de d(" * ' '


M rv^ qu'il

qi;

SIC: I _ Ut

par nos p: irs et par nous-mOme, et couronnM Hois

de tout le l. en a l investi : c'e^t ' ' ' ' "oi

de l-'ranrc > u notre ennemi, il n .1

P-m >uitr. s'il peut.

peut-<>tre u^ blii v.

ledit Geni Sultan avec une i

r< ' ;ue nous

h si cm;

Chrtien, nous dcN tous nos eirort5, et nous '

bien en tat; ce qu ; ci'l, vi ne pouvant pus i..-.

de faire de irrandes di-pcnBCs, nous >mmes obliff d'avoit

recours :

qu'en vertu

une M'mblablc iu ie prieras nu

en notre nom. .i citeras avec tout 1\...,

(^Inable, comme venant de toi>mme qui lu

cil' ; . .

iu

II.

; - - -. .

Inns imposer encore prissent uoo autre ot fera beaucoup; savoir qu'an ezpoaant uv-
notre possible pour r!iiter romme il f .a'., < :iv

LA ftOMR DES BORGIA zig

que- 1.^ Moi de Fraure remporte sur nous, ni contre le frre de ', quelque victoire;
ainsi comme ledit Roi de France ...iv (>ui!isauce terrestre et maritime bien pV - '
ntre, nous aurions be.soiu du -^Lours dts \

ronl contrires et de craindre qu'il ne nous en peut provenir que de trs grands
dsavantages ; ainsi comme il n'y a point pour nous d'autre moyen de nous les rendre
favorables et les encra-

vi loriii\. ^ i-ecevrajt un grand dsavantage, tant

raison lu Vf. it de Gem Sultan, son frre, qu' cause

qu'ils poursuivraient leure expditions avec plus de chaleur et

d't'fr ' ,,,.u^

I>=" , les

' vl Jl-5 i >, qui sont tous de trs grandes

es. Tu r .. .1 mme 'sadite Majest que nous sonunes oblig de l'avertir, en vertu de
la sincre et bonue amiti qv avons entre nous, de peur qu'il ne souffro

quelqiir t ; qu'il erivo!' sanc |er<!re <!^ t^mps un

um?

'; .. . - -I. posait

venir Rome pour prendr-e Gem Sultan son frre, s'en aller conqurir cnsuitf le
l\oynunie ' "" ' ' ' *i,i la

guerre par teire .l ji:ir iikt \ t de

' ux, . lins,

qu'il le sollirlle et l'engage venir notre dfense et noire se<-<M!N fit -i qu' celui
du Roi Alphonse, par terre et par mer, pli faisons tant d'Lit de son amiti, et qu'il
aur

I II- ses boi

^je si sa 11 (lies ces demandes ; que


1 "-.- ^...... .. ... ,...iir point de Venise jusqu'

ce qu'il ait vu l'effet de son ambassade, que lea Vnitiens ne se soient dolnri'.s <! du

secours, .iiii>.i qii H-ai'

que ceux qui tiendront le parti de leur Hoi ; que s'ila contre-

>v

disent h cela, que sa Hautoft.ie ne les ait plus pour amis, et qu'il s'en nillo fort
indi<cn<'* contre eux. Conimp nous ne dou-tons pas qu'ils np condcstcpiidcnt fain*
In volont de sa Majest, si elle los presse h cela commo il faut, tu lui persua* deras,
autant que tu pourras, de le faire; parce que c'est le plus grand remde que nous
puissions avoir pour rsister aux injures qu'on nous peut faire, et le solliciteras enfln
de t'accor-d ' do cet Ambassad' il

in .tu plus tt de sa c< u.

Tu feras savoir aussi de plus au Grand Turc l'arrive de r.Xmbassadeur du (trand


Sultan auprs de nous, et comme quoi il nous h port des lettres et des pn'scnts de la
part de u'il a demand (em Sultao son frre,

C" lies offi-cs et les grandes promesses qu'il

nous a faites d un grand trsor, et de plusieurs autres choses comme tu sais, vu que
tout a tt' ngoci par toi et compris dans les articles que ledit Ambassadeur nous a
proposs et donns. Tu " ' " - ,i,.

rance que !

que nous lui avons promis, .sans que nous le contn'vaiiions Jamais la moindre
chose; qui est bien plus, nous n'avons point d'autre intention que d'accrotre et de
rendre notr\-Bi! ' iinrfaite. N lise, et

U' iime in>' tse de

n'occuper pas le iiot de iiougrie de quelque i de ne

souffrir pas que d'autres le fassent en aucuu a de la

Chrtient, surtout dans la Croatie et la ville de Lcgine, lui pt " : ! notre ct que
les Hongrois nr ' ' ' nt

n "n Majest aura sujet de se lou ;-.

> ' rauais et des autres Priuci que


SI . la guerre, sa IlautesM doit tr

assure que beaucoup d'autres Princoj Chrtiens venant k leu: iccour ' ' - ''
' ' ' n'avoir pn^

notre ont pni

nne et mutuelle amiti; que si sadite M.i ur d'inf] ' '-" ' de perscuter les 1^
oblig 10 d'autre mesures; t

ne I iiper autrement aux grands apprts

qui -t.

Nou> t'avons dunnc- deux Brefs que lu prsenteras au Turc, dans Tun desquels il est
dit qu'il te fasse consigner quarante mille ducats pour l'anne prsente ; l'autre est un
bref de crance pour tout ce que tu lui diras de notre part. Ds que tu auras reu dans
le lieu accoutum les quarante mille ducats, lu en di ' !ice selon la coutume; tu
viendras ensuite

sur un I par le plus court dhrtnin qu'il lsera

possible, et tu nous avertiras de tout ce qui se passe attendant notre rponse. Nous
prtendons que ton voyage soit prompt et que tu fas.ses toute la diligence possible
pour t'en aller trouver le Turc, tant pour pres.ser ton expdition que pour revenir
promplemcnt.

Moi Georges Buzard, Nonce et familier de sadite Saintet, dclarons par ce prsent
crit soussign de notre main et confessons avoir reu tous les ordres qui sont
compris ci-de^ sus do la lx)uctu' de sadite Saii > ordre de Ic^ '

l'an i494t <iu mois de Juin, d.> -. et que j'ai

tout chat le Grand Turc .selon le commandement que j'en av:ns reu ci-dessus; Quant
ce qui est de l'/Vnibassadeur que &i Saintet demandait au Turc pour l'envoyer
Venise, je l'ai obtenu, de Htirl<> qu'il devait partir de ConslanHnoplc apn-moi an
m!; d'^ S<'[t<>mlrp ; afin d'oxruU-r de point fn p'linf la ' !llustrissii:

i} ^ - : : .. .^ ^ :t'\\ el sm

ma propre main ; et moi Philippe de Patriarchis, clerc de Frioul,

Notaire public, souscrit par autorit Apostolique et Impri t

iii tiiuiiiit pl ttiUjsriH do mot U mot sans rin ajouter ou fl


nupp; 1 !

ce que j . . :

me suis sign, et ai mis mon sceau ordinaire. Fait Florenct*.

le af) de Novembre i494-

IJ

Extraits des Chroniquss de Commlnes

Mt SI sou'i 'tr

l f qu'H . -il

su _ li : i . 1 rn

F> !.uni. iMi .; , , ! !

(Je nuit se retira & Naples : et le conduisit jusqu' la portr lo

--filial Ascaigne. Et le Hoi entra dedans Rome en armes,

M(> ayant autoriU* de faire partout son htm ftlaisir: ni lui

' !n

.-( si

le quartier de Coutonniiis. ?ie5 amis et !(er\ et

le f*Hpe se retira au chteau &iint-Ai!"- >le

de croire que le Roi Alphonse, si la

t: '

IV it

que le Duc do Milan branlait, et le^ \ il

une iifTue, qui vl t conclue, si <] u-

faite Viterbe. ou k Rome, comme J < u

qu'il euR^ il
qif Dieu i { uvsancc des li i noter

iir de la vilh : ...* -' ' i"

es den avant-murs du rlu\teu S;i coutil pluicun, et cotre outrer dcu\ uiKiinnux nm
}

. !

I.' I Rome, I

M,^-! iirschosc>-

\, et aulree qui

g^rauds ennemis du Paj>e. et amis l'un de l'autre/, celui de

Guise, saint Denis, saint Svcrin, Savelli, Colonne, el utivs :

It i^t qu'au Paj'

pr IIX foi fut i

toute prte, comme m'ont dit des plus frands : mais toujours

le Roi par sa bont y r^ista. Le lieu n'est pas dfendable, car

la motte est de main d'homme faite, et petite.

f t qui ne pou-

^' et fut graml

c'Hii.ur >i<- I 11.. u!, ! -ue, dont aprs sera parlr. Par cedlt appuiiUcmcnl div.ui lIk,
paix entre le Pape et ses Cardinaux. et autres devaient tre paj's du droit de leur
chapeau, absents t.'oramo pn'senLs : de-. " '' " '

;i qu'il l'eut promise; et se

. , ^ Roi partirait de Naples : el

ainsi le fit, combien que le Pape l'eut tromp. Il bailla au Roi

par cedlt .TpiKtintom.'nt le frre du Tur.


mille dtic.its Kii ,iM (ludit Turr^. pt ! |

touchaient le couslstoire, et baillait son flis en otage, le Cardinal de Valence (';=


..m..:. . .. .1:. . :. - _ . . lui fit le Roi loi

. do la maison de

1-- I .'. * - ^ ''- ' ' ' ^\ r:

^ando amiti avec le Pape.

Micuia :

-, - .11.', el qu' ..., .,,

: mais son frre oe s'tait point eticore dclar c<

is.

' Rn| 'nrhomina A Rom*. d'w\ I* Pnp* njipnravant voulait Qvojrrent quelques
gens : le Duc de Milan lui en en\ .v ,

usi ; ol otmbion qu'ils y fussent t. le

Pape, Donob.sUtiit (|uc le llol no lui iir

et s<rvicr. et nit^ine lui av:i lo

prier dalleniire : mais il o I :. . i : . j^e,

ayant laiss les Cardinaux Homo, lesquels recueillirent le Roi, qui y arrta peu et o
oui dplaisir ne fut fait aucun.

Liettr8 du poi de Ft*anse et du Cardinal Gupgsnze

CaruI'; ' ira Kex, universis iiiisii imo-

libus \). luris, zeliim Calholica* fldei,

el salutrm iii Uomiiio seinpileriiam. Considrantes attenlius, et inta nostra* mentis


urcaua sjepeuumero revolveules innume-rabilia damna, et incommoda, c<edes,
strates, ac nobilium civi-tiitum. et Hdellun ' ' 'ationem, et devaslationem.

ao plura alia hn; >ia. qn;e uperhi-^siml Tiir-


ca* .s.'ini^uincni C.hi isliauuui i quagiuta annis citri, ut m ^

dignis, inhumanissim pcrpetrarunt ; cupientes juxta morem progenilorum nostrorum


Francorum Hegnum Christianissimo-rum. lanti* reloiUjus, qxup ipsi perfldissimi
Tuir.e Hcliirioni Clit silij, ' ,. . ,, . .._, _ _ , _ -

cuit allissimo in Reyno, el Dominllls nostris suam pacem ponere, tola flrmitate
proposuimus pro repellendo Turcarum furorc rapido. el retup<randis terra sancta. et
aliis dominiis,

SI lll

mis uxore, et Hliu noslro unico, Hei^noqucamplissimo pa* i: et opulentissimo,


pra>ler voluulalem prlnclpum, el pi ;^v nim Iteirni nostri. relicti, statuimus cum
adjutorio Dei, cuju^

-. T' .

li. 1-^

sidio, ho<- ^ iiun opus tideli dev<tioiu', ul in.i

anime aggr.A.. . .,,. .i quidem sanctum proiwsltum divina i dimus {uspiratiooe


nostru rordi tulsne iufuBum. Nec arbitrerur

M "1.

tain(|U( Inudabile aggrediamur : he ut ipso l)<-u ltu*i'

vtrus lestls est, sohi" "-' >.i 'i" i >"!-. cl Klorla?"-

fidei. et Christinuv m. et an m

W r-

f,.

riuin iiostruni. ;>ordurtui :ii

Sicili.r, quiK] ,\i^..,. j., l, por Pi v.

nianibus inflilolium, et alioruin, Romau Ecclesl^r

ol

\ t
di int, (t

- I- ^1 "^ ".

8UO0 ex humill plelie uatos ad Pi i rn

-1

Uuni

oUp, '; . - X. _.- ,

poterit. 1^0 illud auxiliante Intendlmus recuperare, ut n>

nobh fai-ilis jugre<;^ j^i-essu, ac tutum pra*Miiiiii -

p<i(isit. NiiT jnl*nHi ptcre aima* urbi Uoiii.i . j.r'iit

modcr <oia, c it^ressort'^

Alfon^ ^oa Ifm ; i.b^W.ui

dendo eain, fecorunt aut aliis toni Romanir I

dirum, aliqiiod eu damniirn !r '-^ !

RcriMin' subditnn pm iIHuit, M

rfverentia, b

cooservarc : n- . rii

more dlrtorutn proonitorum nostronun, qiiiiin IHh) a^JuTant*

poteriinu ndniiirt'ii'! "r'n veto in -'-' *>: -

rando. et no^tro .<uii :w)<tiU>Ax

l)' ai] uriK'i

: trnai'

itium, rtominiini

'uni. ad acr

. lier non qu.<


H.

ha!' ' ''">que in Domino requiiimus, hurUimur, et

ic m quemadmodum hoi>Ubu8 Dostris, et in

h< ...

(ji,,

libiTiim int:i'->um, et re^rfsMiin :

cl iLHa pli (li. la, ac victuaria ucl

sumptibus ovliiltere dif^nenlur: Nisi enim in hoc saluberrimo

(,|.. >sonl credinuis, jam urbem ^ ' : "'

m {nrlt-rn rxjmgaassont. et in

{Mwxiinr 1 :m in^retii ;

iuKri'^sus,'- - _-. ... "T trausilus,

no?>tris solummodo per dbita prelia, fueriot, quod non credi-

m ' ' ' ' canabimur tolis virii" '"

iti lia nici?$aria. quibu^

i.i

j"^. . . .

non rect sapientes nuslruin pium, et fyinctura propositum

vor - (Jin*. l'rotestamur insuper injuriis Deo, cl

ii( <lanini$ quoque. et interesse pcr nos propterca

t.-

jH. litalis, quos convenir^

saii. 11.--..II.. ^,..,..,.,ne I)e) duce fclicitcT a , '... ,-

rum omfiiujn liilini. et t>(inionium pr;fsentes litoras fleri, et


I" '

I i I

i ii< iiliir (tic UA. \icnis ;ViovembrtB, auuo iiutuiui 1/4^. l^

I ,1 ^.i. .it Kratribu, et AmJcls Pneiatis, cX liis Curialibus lit, et D. IliustriMlmis


Archiduris Phllippi iu i <>us.

Carmsimi. F.Ui pro eo, ut leftii* est Deuti. q

' ' '"'M (K)SSUmtl.- . > -''

m, Lam nomitii* xurnoi

i "-

H^ntitlconi. fl UrikllautsMinum itcfein, uiiiilouuuus, lyi*^

s.ys iionoiA

rtim rulpn nesrio, haclenus fuimus impediti, non per IpAum Cliristiaiii.Hsimiim
l\c^m. cm nihil aliud cupiat. qu.'iin so tU . -- '

lai ..-:, I >. ;i

Deo prliicipalitcr pniptcr pcccala iiostra, *

olTensi), iInp(^dilnentum dicUr unioiiis pn . ,

prccibuft dcvotarum porsoDanim fuerit plaratus, dicta unio in

dies l! Il flal, |> ni

Hogis. u_ ' ' L'rbo.

simum lle^cm, ne aliqua damna confrrant sut An; i-

buscinnque Corsianis in l'rlM nioram IraheuUL.. ut;

oli&m etcris quibuounique, undccumque sint oriandis, nisi i -. . .^

lu it

SU.i M.'i ^l'-- "IM'i.'^ 8UlMiituS SUb M'P

Uuiii.iuujum lUj;r sciniHr Augusto, >.:......... -


Philippo cjus inclyto nalo Austri Archiducc, et Bur(!:<

Duce I ! ' \

qum ^

l\ u

i - :- .

nentoni.ad significandum pro parte sua* Majestatis, ut r. n< ' por quoscuinquc A'
: .

q' II! in(>lrslins fjori

u . , _ . :ii

s et Domlnt Archiducis Philippi. Kt de re tiac volui

> -'iflcare, ut si contingat (quod absll) Ai" '" \..i.

ti 1'.ogH inlrare l>bem cum manurorli.

s 1 voluntate ip5(iut <

Il - vo.H, cl l>ona ve>'

quod cum lK)na liiuMitia Uiiminl Secreiarti Doralni '

SeduDcnsis r(><'urralis ^i tuniuUus fuerit in t'rbe a.. .

mca; habilaliunis quatn inhabito. et irnitia dlcti Secrelarli. cui

in pr.rviis

quml lie nil.

(iiern nir provtttii ad precci bun. mem. D<

S'roitKntrnt iUimanoruin llegis patri et

runi : nuapropler quandi %'ixero conabor

ludinis ipsis Domiuo Serenlssimo Ilomaoorum He^i Domiuo Archiduci Philippo, et


omnibus eorum subditis, non mimus quoU >i ' ' ' . fellces Catis-
sinii, ci cm uuiversa-

lem iul> 111 uni>ursuiem cuiitra Turcas,

^ "sler amicus,

Cardinalis Gurgexsis.

T/iADUCTIONDE LA LETTRE DU ROI

Cliarles. par la grce de Dieu, Roy de France, tous les fidles Clirc'tiens (jui verront
ces lettres, salut en Christ, et zMu del Foy Catholique. Considrant fort
attentivement, et faisant it en nous-11. w les dn:

*mmoditcs, 1 , les carii

JUinectla dcsokition de tant de iH'lk's villes, dotant de ijeuples lidles, et plusieurs


autres horribles crimes que les Tuic. orgueilleux, toujours insatiables du sang
Chrtien, ont commis

si nous ;i nos aeux,

int au r 1 !' <"'inlume

de 1-e.nous urs,

don'... - ... -_ at continu.. ion

Chrtienne, et touffer tout autant qu'il nous sera possible la ' ' " 'l a plu Dieu
dedon-

lu do refKiusscr leur

gner no biens, nos soins, et notre propre vie ; Jusiue-l m^me,

q, ,.;...,... ....I. ......... I. ;.,. I,,. iiien-aim''HIsunique,

et 1 ><1. et pacifique, contre

main, do mme que celle du Souverain l'ontife et Fasteurdes < hr<!i>n<i, et la


dfense de tous les fidles, d'entreprendre une ^i >iiit.' truvre avec un grand zle et
un courage tout fait

croie nanmoins que nous faisons ceci pour nous emparer des

aSo
L4 ROMI DCS MMOIA

Il .t.. .!.> 'indique souverain, du domaine d qu* I' -< villes, ni que nous
ootreprtMiions un*

ou

.le

lionoeur '

ii;it:.itiull li.

ancc que le mmo Dieu, qui nous a insp

ns

nos AncHivx, qui en ont reu vinft-<iuatre foie 1

'- ' ' ' ' : !f> divers I' ' ' *

me

: ar

! ,

IX

r--

^tu

Koyaume injustement, pour le donner un certain Ferdloand

d'Araptin ? * - - -n< ledit Rn- - *-'. nous donnerait une

irrande t;> r faire 1. Turra surtout a va ut

t. et t^Ui :

I rela, noi %'rer; afin d'avoir n aiiro. Nou! ne v> le jeune Alphonse esseur*,
sav< i qui uni os^i'*!' l'^alr, ni ! train- <lc Ir. sibli

no %"

<ljr M.,.
outume de ii' gritiif. MaU p fa ili: iMjur {"

cl CX4<-ut<

lerrt'a do 1 '.^ _ -

. une sortie, et m N nanmoins faii et quelque-^ nulr^

tout autant qu'il do

tif-

lU-

ite it

d.

n-

Iv

.m

afTma-

^.. --... .solon la

nous eo fait la

la voie la plus

il nous partons.

IIS quelques

'<MiH au iii'ta

de Dleo, le trs aaint Pre eo Christ, et Sei^near.

LA MOMB DES BORGIA 5l

Alcxnndro Sivi-'-me, Pape par la divine Provideuce, et le Sacr Coll- u't' dt > I
iplitiauxde l'glise Romaine, tout ainsi que les r "'S Magistrals. les Officiers, les
donner leurs secours f>t tout ce e, et qu'ils nous ' t du

, -. :jit nos ennemis, c' ^ui se

sont montrs contraires aa bon dessein que nous avons, en nous donr "'- ' ' . *
y>art,

un' N,et

li^'UK de Ifi. la vie, en I'

ils onl fait un si bon dessein, il esl certain qu'ils auraient d^j pris la ville de Naples,
et qu'if' - -jt m^rne pu entrer dans les terres des ennemis au cov. . nt du printemps

non s^, te que nous ne crojons pas, nous ferons tout

notftr j/v. ...ie pour nous ouvrir ce passage par la force des armes, et de nous procurer
par toutes sortes de moyens les vivres

ne doit ps nous en 6tre impute, et qu'on doit la jeter

qui, jugeant mal de notre foi et de nos pieux et bons ui . .

lchent dv s'y opposer par un effel d'une noire et perfide

M reste contre les in' "on pocr*'

M d^ dommaff' 'is avons

- :iro de tout . de tous les Princes Clirtiens, qxie nous

' ' iilrplusfi ' * bout d'une

la fr u. en fol de

b l>Urtw et le* faire

i-dM0oas et les faire

publier npr^ les avoir scelles de notre sceau Royal. Dono6

le aa du mois de Novembre l'an de notre Seigneur

If notre U<ne le la.

l.>a LA ROMS un BOROU


TliADUCTIOS DE LA LETTRE

DU CllDlSAL GUnaE.\SE

A nos trs chers rn-ros cl amis les Pnl <le

cour de la nation Allemande, et de l'IIl.. i<

Philippe, qui font leur rsidence dans la ville

Trs chejs Amis. ^>uolque nous ayons fait t^ut ii sJM* (comme I>leu. qui
p'''n''lro juiqiir dnn"* I \%\\%% ]> ur

ni- : ''n,

en sollicitant ce dernier avec beaucoup d'empresement cette union, tant notre


nom qu' relui du '" : ' *nnt

que nous n'avons pas pu ri^iissir.jf 110 . n-

corebien q un

grand dM v lu-

mis au Saint Sige et au Saint Pre (selon l'ancienne coutume

de se An<*'- ' - ' ' - ^ re

que nous : nie

c .le

' ... :-*r^

lent l^^che de l'apaiser par leurs ,...... . .. .-.-.. j,.,..,...,., .,iio cette mt^mc union nes'en
est pas

ensuivie, cause que les ennemis de ladite Majest Trs Chrtienne, qir ' ville, s'> !t :
quoi qu'il ' i.iiit fait . i-n qu'il m'a promis que sc^ troupes ne feraient aucun mal qui
que ce ft des courtisans qui faisaient leur sjour dans la ville, ni d'autres personnes
de quelle condition ou tat qu'elles \ii qu'on ne !- lin Majest ou s* i. qu'entre tous
ceux qui taient dan^ r.^

I' "fiiU que tous les sujets ns sou ..... .ine

^ur, le roi des Romains, toujours Auguste, et le tr>


i'--iiu<' F'iiiK '" '' ' (>t

^ I'.- 'iir Jioj. Il' l's

-ij- ili' L'ii'rr<' 'iii' si's jii l't ic,-* Il II-

Cioni'-, el cCil [.'tu . . Nujil 14.. - ..L ;.. .: xivoj de 1:

Monseigneur U- < mt. le .Montpensler sou beau-ft^re, et son

Lieutenant Gtinral, pour lui dclarer de la part de sa Majest de prendre garde ne


souffrir point qu'aucun de ses geus fit la moindre in' lits habitants; principalement aux
Car-

dinaux, aux < -. aiiv liourareois, cl surtout aux sujets

et de l'.\ ; ainsi j'ai bien voulu

N que s'il . i neu ne plaise) que les

troupes du Roi tr>s Chrtien entrassent par force et main arme dans la ville, vous
devez tre assurs de la bonne volont d sa Majosi Ir^s Chrtienno. Mais afin que
vous soyez plus

et de vos biens, j'es-; _ -ordre vous voqs ren-

diez tous dans la maison o je loge d'ordinaire, avec la permission de Monsieur le


Secrtaire de Monseigneur le Cardinal de Sedan, qui j'cris ds prsent de vous
recevoir bnigne-menl. Je me souviens toujours que Dieu m'a cri- de rien et qu'il m'a
lev la dignit i-t la charge de Cardinal, la prire de feu l'Empereur de bonne
mmoire, Pre de sa Majest, le Srnissime Roi des Romains, et des Princes
lecteurs ; aussi ne manquerai-je jamais tout autant que je vivrai d'en tmoi-
reconnaissante . nie Roi des Romains-,

.it^ur l'Archiduc 1'; qu' ses sujets, de la

mme faon que si j'tais n dans leur iitats. Adieu, mes chers et heureux amis, et
priez Dieu qu'il fasse russir mes desseins, qui ne tendent qu' donner une bonne paix
au Christianisme, et de faire qu'on entreprenne une guerre gnrale contre le Turc. Ce
a5 de Dcembre.

Votre ami, Lb (Uroinal (iURGKKSE.

Tir de la Vie d Ctar Borgia... dcrite par Thomas Tho-masl. Traduit de l'italien.
Imprime Monte-Chiaro. M. C. LXXf.
Le VakntinoU rsolut avec les mmes asscMins que le jeudi delaaem.i ^<-ir> dcjoio,
serait <\u

dpart de < qui prcdernif c ait

celle de la mort du ^oi, comn^ ils avaient dj reaaar-

qu, en donna un "'"yen en s'en allant et rslDur-

nant, ou seul uu ni \ de son contmcrce d'amour.

" ' < VanDooa sachant le

ifit n Tf*\^ de jouir ce

..- -^ - ^iJ

pour lor dao5 Komc poor fan, mais aanM de la vie pour l'autre. Irs InN' . . ne
belle

maison (le pi 'fa aux

Liens, vu q '*'^

l.i . .itnpagii'-'. U: ^ . . .t.

qu'il tait bien assur que rien oe pourrait s*0|>:

Il sa frti

^ ) .

fl 1^ Cardinal, Don Hodrigues Borgia. Cai . l'alais

n - r.loffroy. " : Cardin > . Lgat

I : Don A)| riria. et autres

jojuMemeut quelques heures du jour et y soupreot ce oir-

imrce que le fratridiU' rsolu ne causait aucune altration ce >eur qui n'aTait aucune
tendresse; oi m^me le moindre senti-

. Il .:.'. i:-., i^jjjj jj.jj jivoir dr frre. Le Cardinal

de la njt>re quelque temps apn*s s'Atrc


lii

' a

^OD pt-re, avant qu'il se mtt au Ut. Il presse encore son dpart

du Palais, afin qu'il y eut assez de temps pour excuter le

crime qu'on avait dessein de commettre: ainsi lui et le Duc

ils

lait

se^ plaisirs

..,,v wu ,^..... <*i.......v lit ce temps,

qi' ' ' ' il rao sa vie, prit conir du f^re lorsqu'il fut

- - - 1q^

;di-entre eux, qu'avant e se retirer au

.- j - : quelques heures se divertir avec une

Dame ; quoi le Cardinal de Valentinois lui rpondit

' -^Ir sa i "" ' tMit,

,1 vn r' ,,-l

loutsou

- . , ;. croupe

^ur sa mule qui tait venu le trouver tout masque l o il .._ 1 .._ 1... ,_ . _., :i avait
a- * ' dfaire

rit nu 11. ! nrriv

i ver

nitit longtemps k %'enir apK^s cela, il s'en retouroflt

up
HJS-

"i " j .*..-.,...; sa

lesoirau|>aravant, el envoy son train dans la pensiye de

uns, tant parce qu'elles ont t ensevelies par l'auto*

s56 t.A noMC ncs borgia

riti' de celui qui l'ordouna que par les tnbres de U nuit. Il est bien vrai que l'on peut
croire selon beaucoup de conjec* ^ que le Cardinal de Valontlnols eut pri ;ii*il fut
romonl cheval, il s'en alla .

urir au fratricide un poste ou Iv ^^ ! / 1 ; 1 ioment, et que celui-ci tant arriv<<>


bientt aprs avec l'estarfier dont nous avons d^ parl, il fut r; : ! "i 'f' nue la
main par cinq tratres, si Iti quol-

i.it k roniialtri pour celui cpril * ! ' <

V qui le p Mirs, cela ! et il fut laisii priv de vie par les coups que ces meurtriers lui '
nrent et son dit valet laiss h demi mort sur la plat'e, .' 1 ayant touch de piti par ses
Inmcntatioos et ses ' gens qi! une

. , il y fut ' : un

lit, ou aprs avoir voulu dire quelque chose de son infortune, et de celle de son
matre, accabl de son mal, rendit l'esprit, comme on le divulgua bientt aprs. Ses
courtisans qui avaient Duc et ' s le palais,

,.iil ne rr\ avec beau,

coup d l'tonncment de toute sorte de p m absence,

laquelle tant sue du l'apc, ne le troubla ,-.. ... ..ucoup. quoiqu'il en ft un peu touch,
parce qu'il s'imnerinait que le Duc,

ivait dans les embr irie

Il par le jour, il u

propos d'en sortir pour lors, et qu'il attendait irer la

faveur des ombres de la nuit, comme il y i... : mais

commo il se vit tromp dans ses esprances, et qu'il ne le vit paratre ni la nuit ni le
matin ensuite, touch au reste d'un bruit qui courait dj qu'il avait perdu la vie par un
assassin, il s'abandonna un regret si rand (|u'on eiU dit qu'on lui avait arrach le
c<L'ur de sa poitrine, et qu'il ne lui restait plus d'esprit que pour les rsoudre en
larmes et pour dire de temps en temps ^ ' -lens de soupirs : Cfir ' n.

ft i tnn tn qu>ir infettr*'. i

'ne, / ./ rf

' On peu' '^

commandement, et de l'importance de roccasion, la diligru c

PL. Vin

PORTRAIT DE LUCRKCE RORGIA iMcwc i>r. NiMM)

!U< firent ses domestiques pour dcouvrir le succs de cette (Taire ; et parce que
tous les soins imaginables ne servirent de ien pour pouvoir trouver en aucun endroit
de In ville ou des nvirons I< corps du Duc. et ceux qui taient employas au reste .1 !
< la pratique de ce
i -.lire pour le mieux

cher on l'avait Jet dans les goutTres du Tibre, on examina >us ceux qui pouvaient
observer, soit ou des maisons ou des irques. tout ce qui pouvait tre arriv les nuits
prcdentes ce fleuve, et entre autres un certain batelier, qui metiait du bois par la
rivire Kipetta, lequel ctant intt^rrog si la nuit du mardi au mer-1 edi il avait vu jeter
quelque chose dans le fleuve du haut des ivages, il fit franchement et distinctement
cette rponse : X Messieurs. harge de lois le mercredi,

j'ctis la nuit .i > ma barque le repos que

la vig-ilance pouvait permettre, afin que d'autres ne se char-freassent pas de ce que


j'avais dcharg, lorsque Je vis venir jr les cinq heures du matin deux hommes du
chemin gaucho fie n<'' " de Saiut-Jrme, qui entraient tous deux

pied '. -rand chemin, lesquels tmoignaient assez en

liant d^;d et de-l qu'ils n'tjtient venus eu cet endroit que Ijuur voir s'il n'y avait
personne qui fdt en ce lieu, ce qu'ayant bien considr et n'ayant vu qui que ce soit,
lis retournrent aiers pas. aprs quoi on en vit paratre deux -. prs avoir us de la
mme prcaution sans t. firent signe leurs t-umpagnons de ent d'abord, conduisant
hors du chemin un homme sur un cheval gris pommel, lequel portant eu - :: - ' nme
mort, dont la tte et les bras pendaient d'an < de l'autre, soutenu par les deux hommes
qui

rte, afin ' "^r

.inc VtM JVH

resUtieut pour garder le chemin) et s'tant

iKiioit o la ville a accoutum de dcharger see

i ms le Tibre, celui qui tait cheval ayant

v'rs la rivirre, les deux qn ' ses

l>s du mort, l'un par les pic iire par

et aprs l'avoir rudement agit deux ou trois fols

aU LA MMB DU SOirOA

lejek'rent enfin dans t'ean ; povr lors relal qui 't*-' - ^ '

ayant drjoand aux deax autres s'iU l'avaient <1 iIsT


dOB

telle action, il Ht voti-face du ete de la riTlcra des qu'il eut uteadu lu rponse
qu'on lui donnait; mais r^-r-f -uc )e manteau du mort surnasealt encore Mir l'eau, il <
ce

qae c'tait que ce noir lit Bottor encore, cl oii lui dit :

Cest, Monsieur, le m < i mort. Ce que voyant un de la

troupe, il se mit lui jeter des pierres ei le fit enfoncer par ce moyen. Ccd fait, ils s'en
allt-rent tous de compagnie et prirent le chemin qui conduit Saint-Jacques. Voil
tout que j'ai pu remarquer et que je puis voosdire touchant la demande que vous
m'avea faite.

'Les serviteurs du Pape qui avaient fait cette enqute h rchiavono rpliqurent cela
: poan{uoi est-ce qu'il no s'en tait pas all trouver d'abord lu (iouvemeur pour lui
donner oonnaissan inoonliiK ' > si irranri ^ Mais il leur

rpondit avec la mmt >o qu'aup o qui suit :

Depuis le temps que j'ai fait le oaiierqneje faia sur l'eau yai vu jeter cent fois des
corps morts de la mme manire, sans que j'en aie eaienda dre le moindre cmb :
ainsi, comma Je croyais qu'il en serait de mme de oelui-ci, dent ^-ous vous
informez, qui est pourtant phis privilgi que les autres, j'ai tait mon ordinaire,
c'esV^hdlre que j'ai pris soin de mes aflklres, sans me mettre en peine d'une chose si
dangereuse.

Les serviteurs du Pape ayant eu cette lumii*re, qui n'tait que tr<^ claire pour venir A
la oonnaisBanoe de ce qu'on prtendait savoir, firent venir en diligwM tout ot qu'il y
avait de bateliers el de mariniers qal hi> r i rivira, de sorte que

comme on leur eut promis une . rcompenss s'ils trou-

vsient le corps du mort, qiU avait t jet dans le Tibre qacla - nuparavant, aeloa le
rcit de Scbiavooe, Il s*eo

trou il- cent on fort peu de lempa, lesquels s'tsnt mis

avtour de Klpetta avec laurs instruments de pche tlrfrtnt hors de Tean sur les trois ou
quatre heures du mme jour, qui tait un vendredi, deux hommes morts, un desquels
ft fn-ralement reconnu pour tre Muforlan Duc, perc de neuf conps, le principal
desquels tait dans la forfe. sans qu'on

i
< ill pria au reste la moindre chose : car il avait tous ses

.u. bi, M)D manteau, ses gauts la ceinture, et mme mb

irf:ent de poche. On mit son corps dans une bnrque, et on le

lit fort honoi. ' i. aprs quoi on le transporta dann

itmu. ou on ^>9 habit, pour lui en donner de

:u-ul a >a qualit de G<'nral de la sainte

, .- , . paujt domestiques le porteront sur le soir

se de Notre-Dame du Peuple avec toute la plus grande

pe que pouvaient donner l'Kfrliise et la Cour un fils de

. La grandeur de son infortune, qui avait effac toute la

aise estime qu'on i>ouvait avoir conue de ses petits et

iiiaires dfauts, fut cautie que toute la ville (qui l'aimait

tendrement comme une personne, laquelle n'tait odieuse que

"- avoir un mchant p^-re et uu frre encore plus mauvais;

latit son malhi-ur. et rrretta sa perte avec une teo

('me pre, qui l'avait

sse, tomba dans des

uiort, non acfalemeut parce

ill M II ..-...i M ui^i. liiviit. ^l'uiiji-pre, mais encore par no

efTet (le piti*- la vue d'un si funeste accident, dout il avait su

ne passion "i et d

. qu'il dt . M frn-

<-; et quoiqu'un lui fit ti>u<-ber au doigt par les indices

...i^nta qu'on lui donnait que le mal ne pouvait v>nir d'ail


leurs que de sa propre maison, cela ue fut pourtant pas

L apable de le mettri) en repos, ni d'empclier qa'tant praaqe

rsolu de ne plus survivre au fils, il oe se icotenAI dans une

de ses plus !eLn-ic chaiukjres, et qa'laiitl il De s'alMukdonD&t

<!n proie une douleur desespre, sans prendre ni n<mrritiare

ni repos : luais tant enfin rainai par Ica prires cootioueUcs

qse faisaient la poite de su chambre le Cardinal de Sgovle

4 plualears autres de ses plus familire doaeeetlqaee, et ooo

l>.i> !c Cardinal de Liaboone, eomoM dit Garimberti, leqeel se

h ^lupo dans les vies des Cardinaux, et dans son petit livre de

la fortuue, non seulement quand il prsuppose que ledit Car

" jucuup

di-je,

|Nir ceux

ij sdii, on

<aBaK9BSBSs=^E=s^^Be=^^^aBBBBa^9aaaaHHHainHiHHMBB aCo LA KOMK


OBS BOROU

leur ouvrant la porte, non

mme celle (le son esprit de ;. _ .. .-

desquels le Cardinal lui reprsenta franchement, quoique aver

.lise. U*> iuUi e, lie surle que

.s'lant i< . i . . M an t lui-mme, il

mangea quelquo chose, ce qu'il n'avait pas fait dspuls le soir du mercre<li. et se remit
faire aprs cela les mmes r - ' drcnls son propre tal comrn* il nvail fuit anpnr.'
quoiqu'il mU [rolest*- dans les ;
de vouloir celle semonce de li .

dit Guicciardin, quitter le mauvais chemin qu'il avait pris pour en prendre un meilleur
et plus conforme & sa difrnit et de reformer enfin sa conduite -l r<'Ile des autres, il
n'en Rt

passion les plus . allait facilement d'une extrmit a

l'autre ; si bien qu- ^ i umi oubli bentiH apr - - -solution. et des malheurs du Duc. il
reprit plus .-i tit qu'il

; .1 1.1 \i-I llr

ce que veut dire Jovius quand il assure que le l'ape remit et sa personne et les autres
choses au premier tat, comme si la mort ne ft pas arrive, de peur que le Cardinal
de Valeoti-nois, mcontent de toutes ces ' sa |iersonne une action si inf.H

plus grande; car quoique la perfidie inhumaine de ce ccrur donnt sujet de croire qu'il
tait C4ipable de faire une action si norme et d'en commettre encore de plus noires,
comme il

l>crir le l'ape, qui tait la base de aa vie aussi bien

,.,I.M.. "

Alexandre VI ne faisail mystre personne des secrets de

sa famillo. Si ijutlqu'un avait ignor les liens qui l'unissaient

Lucrce et a ^os autres enfants, Alexandre VI les lui aurait

vite rvls. Il ne donnait pas seulement rception ses flileset

dans le Vatican, mais il leur rser\'ait en outre

- plares dani les glises, o, trs souvent, la place

>' par Lucrce, Sa'i lie autre

, jipert d'un passage rn.ttrr'

<1<^ < I rnonies Burchard dans son journal :

VV/i// Papa in Basilicam Apostolorum. .^inn imi npun


t'um iitper palpitum marmoreum, in quo Canonici S. Ptri

lium ftecnntnre ronsuevei iria

' mailis aliis niulierihus, / y^am

pulpitum, et terram circumcirca occiipantibus, cum magno

dedecore, tgnominia, et sranda/o populi. *

Le pape vint dans l'glise des Saints Aptres. tant ici, il

int-

ivec

>aii(-ia et Lu' plusieu: femmes qui

occupaient toL.. ,-.., ^l tonte i.i y qui tait aux

environs, la grande honte, ignominie et scandale du peuple.

Tmoignage do Burchard, touchant les dbauches pontifioales

1,0 dernier dimaoche du mol d'octobre, rlnquanl cOMrtl-

.( : ' ; ;' .l:i apost<''

Je "'''' iiiui-i-, ; :>i->r'-s avoir siji . .

ot les serviteurs, d'abord vtues de leurs habits, eusuile nues ; aprs 1q souper, on
enleva la table, un posa svn "-' ment les i-aod^Uhn^ t/rre, et l'on sfif^n >ur lo pu.
grande

)icau\ iiiilcnU; le Pape Alexandre, le duc de Valentinois et sa

scrur I.ntrcce, qui regardaient ce spectacle d'une -'

fncDura^reaieiit |iar leurs npplaudissement<i les pin

cl de detj lis un plissa 4 do nouveaux plaisirs.

Controwetfses bup la mort d'AlexQndi> VI (1503)

La moK d'Alexaadre Vi a fait l'objel de aninlM disontsians et les historiens ne se sont


pas mis d'accord sur raatlienticit des divers docnxnents que nous ont transmis les
coauMeata-teurs.
Seuk>. pourliiijt. H vnion de Btr ^ mriter do

retenir noUt- Hiu^nlion. Nous citati . k titre de

curiosit, la V'wrifttioa d cadavre du pape qu'en fait le marquis de MnnUiue dans


une lettre qn'-' "^' h sa fcouw Isabelle :

Son cr^rp^ f>st <mtr* en pulrtactioDf sa buuclie s'eil aise

rpandr*- d*> I <m unie, comme une numnite qid est sar le km., ei

<:eta a dur tant qu'il n pas c t fnlerr. Il a avssi aMMUtraev-

^fHPnt enfl, de trlle sorte qa'il n'avait plas fonne huaaiaeet

i n'y avait plus de dUlreooe aire la Vfcear et la lar-

orps... Un porteftiix l'a tr/i' nioyoo d^uae

avait attacb an pied, du . .aire ao liea

de la 9pultar'. *m i>orMooe ne poavaJt le iouciier.

I^ plupart des hislorietui s'taient accords recoanaftre l'empoisoaneiiient


d'Alexandre \1. Mais, de mm Jours, celte virsioii trtnive pes de creaoe. Il aoas fei
ooaiviiir qu'elle wfTre trop (l'invrsfwmWaiMes pow qu'en s'hsite point ta
rcprxiss.T. Voltair ifnel rtiiMM erreors. griinrtrni

qui faisaient resso; ^me eafkutloe 4e cette hypothse.

De nos Jours, cette hypothse ae nous talase aocun doute. ! hkAoriens aucquels nous
aveas fait alluaioa avaient ae >e : ils Ifasr a leat trs oarlalaeneot Burehord.

Les historiens aaodemes se rslUeut tous aujoufifhui la

'j6.\ 14 ROMB DBS BORGIA

version qui- iniu> m (Imiiu' Ilimh.inl et ou no iKirlo iiu<> i!-maladie.

SaDS Itmlc ic~. u-iii' ' u" <t'n\ (jui i-iii "ippr

corps sont faits pour n Inr, Kn vniri un :

Il i>i

noir, . . |ue
pas reconnaissable; il coulait de son ocz une matire toute putr(^flc ; sa bouche tait
ouverte d'une manire si effroyable ((u'nn ne pouvait le refarder sans horreur, ni en
souffrir la l>UMritMir s(iM>i pfi 'f. p

Mais il scr.iii e\.i iiclure & un ompnsonnomont.

Voici, d'autre part, ce que dit Thomasi

Parce qu'il tait ncessaire d'tre j...u,^ hvh-wa vj. jamais de tout ce qui tait
ncessaire In cuerre. surtout d'argent, le Pajie et le Du en

usage, non seulement les m uuo

de se servir, et qui n'entranaient apK^s eux que des violences et des plaintes, pour
accumuler des trsors, mai^ ....,-...-.. ^0 colui de la promotion des Cardinaux, qui leur
r le

I les

1 la.

de mme que tous les l'relats qui devaient

et uu\ ufflnes vac4ints par la promotion, ;.... ; .,.. ..,;;v.s

leur dite promotion. Sa Saintet publia cependant le lendemain matin de la fte de


saint Pierre. 1 >u-

tum, le dessein qu'il avait d'lever ii ta.

les plus riches de la Cour; savoir : Jean t.astelinr, Salentinois, Archevque de Trani ;
Franvois Hcmoliuo, natif de Kelida, Ambassadeur du Hoi d'Arngon ; Franois
Soderini, vqve de ^. .. .... . ,.. * Vi,-o-

I de

LeoiMi , la

< Ji.itnbre, .. ... u .: .. .... _ _. , ,<jI>

I !i>. Valeutinois, vque d'Elve, Patriarche de ConstaoU< iiopio ft i !ii Pape ;


Jacques Caaeoea^'e,

eiii re \ .. et Camrier secret de a Sain-

tet : mais qtii |><iiirratl cruiii* qu' peine lea fou >m
^{ ai:r..ijtum de faire, et qui semblent donner nf.

faon l'achvement et la posseeeloo de la dignit de Cardinal.

le Pape et le Duc de Valenlinois furent ports d'une si insatiable avidit dur et


d'argent, dont quelques-uns des Cardinal; Jaienl, que de vouloir dtruire cti. .t de
crer dans ce moment. La chu:ie arriva cuiiimt* seusuit, et la divine Providence le
permit ainsi ; parce qu'elle voulut que leurs mmes crimes si normes servissent
d'instruments sa justice, pour en prendre un chtiment exemplaire. L,e Pape et le
Duc de \" ' "'^ is concertrent entre eux avec une impiti inoue >1 :iucr plusieurs dos
nouveaux Cardinaux, et quelques-una mme des vieux, qui taient les plus riches,
dans un souper qu'ils voulurent faire (afin de mettre en pratique toute sorte de
mchancets) dans une maison de plaisance du mme Can'- - ' Adrien de Corneto, qui
comme trt's riche devait tre ci son' II. Le Duc de > , ; l*ape, qui devait servir au
souper quelques flacons de vin infects de cette poudre blanche, semblable du
sucre, dont ils avaient accoutum de se ser>'ir si souvent, et si inhumainement, avec
ordre de ne donner point boire de ce vin qu' ceux qu'il dirait. Le Pape vint sur le
soir ii ladite maison de plaisance en A>mpa^uie du Duc de Valentinois ; lorsqu'il
commenait faire frais : parce qu'tant au deuxime d'Aot, les chaleurs taient les
plus excessives de toute l'anne. Il arriva pour lors un - !<^r si je n i-vai fti. \.o ;
Il rter urdiuairemeul sur soi

me:.: laus une boite ronde d'or; p. ^ . ... .. :

logue lui avait prdit que tout autant qu'il porterait le Saint Si. r.riient sur soi. il ne m
^ ' ; t : mais ]'< ' .'

Mil ;.i p.tr lin accident dans ^

s'lant I'' (ju'il 11' 1 '. point : en ci

vigiie, ! rdre a M < .n.iff., qui fut ensi;

et appel Paul IV, de l'aller chercher en diligence, et de le lui [)nrtrr .M. CnralTa obit
: cependant le Pape tout en feu, tant

i I M>' Il de l'ardeur des passions qu'il nourrissait dans son IIm .j\ic (le la ie la
sals'

ravaiil lie se inrt ie pour &< . ^

leiller ne se trouvaol pas l, parca qu'ayant oubli une soucoupe

%M LA mOM DBS BOIUMA

de p^hes qai aTil U- envojno quelque peu de temps auparavant eo <IoD au Pape.
fKHir s'tre amus voir un harafk do 4:bevaux, ei do >Mtir s'tre tntu^' l

prsent, s'en et. uo enfin 11 n'y a\-ali

pour Ion que le aov9-boutciiler qui no .suivait pas l'ordre que le Duc de Valontlnols
avait donn touihant Wa flacons dont ooas aTons dj parl, on qui ne s'Alalt p<^ut-
tro pas inuifiii4 autre diosa, ai oa n'est qu'Uaiaient remplis d'un vin plusexqaisque
les autres, donna du mme rchannon. si b\cn fu^ ^ f**pe en bat, de mme que le
Duc de V.i x

m^mo temps. Caraflkvint cepend.i _..... -^j^-,

l'entix^ do laquelle il s'apparut lui, ce qu'on dit, te Papf; mort ilnns une bire, ot
< ' ' r sarpris et

qua^i i'>ut donn de ct^: cinrooraf

Hot-rame, il alla prendre la bui(o dur, aprs quoi il ae remit en chemin pour s'en
retourner en diligence la Ti|rne et la remit entre la<% mains du f'ape, au dedans
duquel la boisson mortello avait djii fisit son effet : car peine s'tait-U assis table
pour souper qu'uno faiblesite le rendit pre<Mfa demi mort ; et soit quo le vin ft
plus cli.ir^ dett i-

oteuso qu' l'ordinairo, ou que la diiiposition .us

^ande, h cause de la chaleur, cela lui flt faire son ttlTet a^ec plaa de violonre, si bien
que l'un et l'autre furent |>ortt presque sans Tir dan^ leurs appartements au Vatioiu.
sans qu'ils se rissent plus ds cette heure : c^r ^n

Saintet re>int soi, il fut nanmoins sui^ 'i

violente quH ne recevant point aucun soulsfement de la aai-

ierneet des mdecines qu'on lui avait donnes, nt- -'ire son

mal s'smpirant de plus on plus, et les forces di h vue

d'il, cause de sa vieillaaae, il expira miarabu m^^ui le huitime Jor. aprs avoir
reu les Sacrements de l'h^lLse. sans avoir Jamais nomm ni le Duc do Valentinols,
ni sa Lucrce, qui avaient t les deux ples sur lesquels les machines ds aes plus
drfiss aflKlioiis avalent roul, et l'occasion dasqneli il avait renvers tout le
monda. V< i J'Mexandn* apr

71 ans do vis el mus do PooUli i ^n pout-dire que

ooflune il est csftela que cet sccidsot le 1 .iblnble en


mourant Alexandre, 00 doit svooer auiu. ." " v'oir aussi bien que lui dans sa
vie une roajssl ds oorpft, une |rrander

LA ROHB DES BORCIA aO?

de courag. et de si rares talents qu'il tait capable de ^u-vemer ua Kmpire aussi


grand que celui d'Alexandre, il est vrai pourtant qu'il et t p' nre pour la
Monarcliie tyranoique qui s'exerce Or i>le sous Mahomet que

^t> doit extv foi et Nil ; o[) ( manire de vivre cl la faon barbare de ou-

vei.i<.. .).ic de Valentinois ne mourut pas; parce que Dieu voulut perm>:Uiv pour uu
plus rand flau de son esprit ambitieux et rru< U la fortune, l.^ur et au
r^labliss*iii' i'mis les plus abat. i force de -ion tem|x^ninrji et de son jeune sre
surmonta celle du poison, tant sfcoaii''- par les bons remdes que lui donnrent les
mdecins, qui iques-uos desquels veulent que le plus eflficace remd' "\ d'avoir t
m^ ' " fois dai. d'un mulet ouvert elfet, k lexrrnpic de l/iuislas, roi de Nuples, qui fut
<: la faon du venin qu'on lui avait donn dans sa ^ _... D'autres crivent d'avoir
entendu dire audit Cardinal de Cor-neto. dans la mai>on de plaisance duquel il prit lo
poison, rommeul il fiit ploii dans no grand vaiiw^n d'eau froide d'o il nr uti! ;oint
qu'auparavant sa peen ont fait enlevi p,r muitreaux; parce que se entrj! it
entirement brdl fs. Quoi qu'il en soit de sa gurison. il resta extrmement et
longuement oppress du nuil dans un temps o il avnit Ihi plus besoin d'une parfaite
sant pour remtlier la r< \ affaires; de < de vi revers de l:

ce qui pourrait arriver de pire dans la mort du prc et mis orrlr' h t~i;V <!tf le
mettait dans un tat pour lors incapablt* <lre chose par une si dan^reuse maladie, qui
imais tmagii) prpar comnir-faon que Dieu 5*; moque des ooosatlsdo la ;

quand i' - = ' " '"^ rgles de la j..c..v> ,... ,.

Il nn t uis qu'il et rleo perdu !

flr' IIS que Jamais 'N

UT; jes aflhires. A> u

f'^ LA nOMK DU BORGIA

teniiiT l'entra et la sortie des chambres qui que ce ft, aprs en avoir ferm les
p<irtes, de piller lesdites chambres du Pape el d'emporter tout ce qu'il y aurait
d'argrent ou de tt ' ' rie prix, auparavant que d'on faire In valeur. r que i >

l-..' ;,t

Ht. i . _ . . . ' . VO
Jusqu' lui porter le poignard au sein, de lui remettre en main les clefs des lieux o
Alexandre tenait son argent et les autres choses de irrande valeur. Les ayant reues, il
en tira en d ,Ks d'or et

1. . piller une

chambre qui tait derrire celle du l'ape, ou il y avait une grande quantit d'argent, et
de plus une cassette pleine de pierreries. Ce pillage tant fait, on ouvrit les portes et
on publia la mort du Pape, qui donna le,

mais mmo bient<)t aprs toute la < .ne

mritaient les actions de sa vie, un chacun ne pouvant pas .V.. T ^p rjouir de voir
terre ce Chef si pernicieux, qui ne i qu' infecter les membres et ruiner tout* le
corps de i ' do voir abattue une si violente ' tit

! .'ouvanle ses propres sujets (."-

hcnder de tout le monde. On peut dire que s il fut craint pendant sa vie, il ne fut pas
moins mpris aprs .sa mort ; parce que si tant dlaiss des parents et des amis, qui
talent occups U d'autres affaires, il ne fut pas expos h la fureur du peuple, h cause
que la crainte des armes du Duc de Valen-'iiK is, qui entouraient le Vatican, le tenait
en bride; il fut n< .iiimons si mal servi et dans ses obsques et dans sa spul* turc
surtout que son corps tait devenu difforme el horrible y. - .rasion d'obaenrer la

j, >nne

Ou ne saurait dcrire lir ' '-

lie tous ceux qui avaient . - . . ''

Duc de Valenllnois; les premiers de ceuxci furent le Colonnes, qui ayant repris
leurs tats tenus par les Orslos en Abrtine, avec le secoure dei^ armes virtorieu<e
des Rspafnols dans le Royaume ' . s'en t.t Mime en volant dan<i

le terre* iIl .. .... parla pt-i ^onsalve, pour recou-

vrer le autre dont ils avaient t injustement dpouill;

bieu que le Duc de Valeolinois, lequel s'imagina que dans une M triste conjoncture il
tait trop dsavaotaeux d'avoir les r^ iils, et jugeant au

re^: parce qu'outre la

perte de leurs htats, ils taient offeiisfs jusqu'au sang, il crut qu'il tait propos de se
rconcilier avec ceux-ci, eu leur rendant leurs places bien pourvues et amliores par
le Pape. Le Duc d'irbin, qui fr "Mes tats de I

Mai il le la Rovre. : > du lloi de I

s'en vint pas avec moins de vilo^e, appel par ses su ses Llats, de mme que les
Seigneurs de Pesare, de < de Citta de Castello, et de Piombine; et encore bien que
Mala-teste s'en allt aussi pour reprendre Rimini, n'tant pas si heureux que d'avoir la
bienveillance du fM'uple ainsi qup Ifsautre-s, l'I ayant trouv une bonne ri-^ ims la d-

teau qui tenait pour le Duc d lois, il fu

l'abandonner de nouveau. Baglione uni avec Louis Orsini, Comte de Pitigliane, et


avec l'Alviane de la mme maison, lequel, avec la permission et avec beaucoup de
gens des Vni-tie-

gr. . .

dans Todl, et aprs avoir mme uielquos sanglants

combats, se saisit de Prouse. " . .< > partisans du Duc

de Valentinols et donna du liX autres Orsins pour

rr

fc en confusion et en brouillerio dans Home, ce qui fut cause que le SaCr Collge,
au lieu de songer aux honneurs funbres du dfunt Pape et l'lection d'un nouveau,
ne songeait k autre choso qu' rparer les ri. "re et ni' '^

. 1 I aois se m

samment nrm** dans le Vatican, et ses gens, cuuduit^ par D Mirhelet, se faisaient
voir quelquefois dans Homo avec Ih iiK Mup d'apprhension du peuple et des
Cardiniux mme. !. (.h.it ' - ' w

dre !' ,i: du l>uc de >

ull..... : oitro et non t> ,

et aux dsordres. De oudoyer un grand nombre de soldats

'7^ LA. IIOKK iJi * uum.iA

pour le service du CoIlf et qui servit oon sealcavit sa ilronsc. nuiU mAnic k
celle de Ia ville, r'tVtait une affaire qui r<^ LcnUdon' en si frande iici>
!> t> is mme : aux dpenses ncae

sairaa, enHn on Ht tant dans les c>n|rrviir*lloi>^ tenues tanlAl dans la Minene,
tantt dans la nuiison do Cardinal Caraffa, qu'on trouva le mo.vua de mettre deux
mille fantasitias sur pi ries Tam <: pour

Cl j'-, aprs (j titeau

Saint-Auge et te Duc de Valeulinois fureut disposs prter

leseri'^ ' ' llit^ au Sacr CoUi^ l'on et Tautt-^ ^ ^-

confin la possession de leurs charres, ju-

tiond'uu 1 fe : mau il :> < ut

CTV avoir rhovs par . n. mi vil

r' -^ : car nonobstant les

Ici.... --. ,.... . ...... .^..i-u. aiix Ck)lonne et anx

Orsins de ne s'approclier pas plu.s pr.<t que de dix milles de

r^ (iolonaa y -' dcnols,

faire nannx is res-

p> par i'vque de < t ainsi

quv ;ours aprs le Cci. ;...,..> Orsin

avec deux cents chenaux et |>los de mille lioounea de pied, lesquels ports entre
mesure fm ' >-ontre les Borirte que eoolre le^ n-i latent Il valent

nii- -- - u .-u , - - . - ... . -I.-

lenrs personnes et de leurs m.>

cru " ' I * ' ni,- haLio ajaul lue

un )< r\ )a (>ouche de

>is ne

- . -,,-.... sfis-
aaienl hardiment de leur cl, d parce qw^om voyait eafiu out- ' 'f - : ' , 1,,

Il u

^ . , . . .

le Sacr (joUfe, ajant fait appeler les Amboasadeurs d* . ^ perenr, des HoU de '-de
Vealae, qol n\ar.

sreU> et la libert du Conclare, leur recommanda la conservation de crlle-<:i, les


priant en m^mc temps de vouloir travailler ensemble, aflo que Home ft libce de
toutes ses troupoei Tac-lioDu.'iires, lesQuelk*s ^lar leurs dc-bats la pouvaient
beaucoup troublfi- l > ' ,11,"

ta;;' 'lu [Ml .

se LT'iis hor^ tlt ia ville, et qu'en c<ts qu il t avoir de

la n'pu^naiice a cela, do le menacer de le .-. ...... par force,

en mettant ensemble les troupes espagnoles et franaises qui taient l auUiur. L> " "
- chargrent de cette

commission et sN-m' 'fnt h cette ;tfT:ir. : de

sorte qu'apr

<iuc le Ihic p : .. ^,, .., ,_i- -

contrer de grandes difficults vaincre en lui, soit raison <le ses i" ions, <.t cause
des Jalousies de ses eam

iL5 s'en nlrpnn'nflrc leurs ngociations ensmi

spHr<'DU3iil, is(.-lon r<' ' du besoin. Les 0r5tns obciiciil

promptement, eu s< i - premiers de la ville, et Prus-

pcr Colonna tmoigna tre prt d'en faire aussi de m^me, quoique son dpart avec les
tronr - cjnoles ft rctr->V

jusqu'il ce qu'il eiU vu les rsolut uic de Valcnti:

Ton Uir ., . . . -

tait au ju^ri-mcni des m61ecins, et faisait voir de l'autri^ comme


quoi il ne p-m^-tit pns tin nsson- hors du palais et sans ses

gen^ : .')iii>i i! i pii^^'iiait fort k ne vooluir pa^ ubandoiioer ni

l'un ni l'uuirc. <mi iiii>;<>*.i <li trer le Du

tcau; maj^ il li-inan-li .lo . t? pour s-

qui ne trouv<'r<'iit i).i^ s n'-inrnt t lOQ re<|uisc dans le

i'.o)\i'?f. m.tis rniiic mi \U que k; ...llgo se di.spoeia au

( ( I t: ir< (!> t'iiirlo Conclave, tandis que le Dur nslerait dans le iMkti . ir liceoci
Daomoins ses troupes. Enfin

lout'-s r(r> i iis. Jointes l'suiorlt tiesdlts Ambassa-

deurs, ''ureot Lint de pouvoir qu'on 0t cet accord. 1^ Collge promit de donner un
passage libre et par la viile et par les terres de l'glise au iHic, toutes ses troupee,
son artillerie et ses chariots; et le Snat et le Peuple ronwln pront r : ' encore de ne
lui foire aucune iojare et de le Uiiwer pSKr l'inquiijtcr en aucune faon ; et loi
s'obligea ausai dt son t\i>

VA KOMB DM BOnCU

do sortir de Homo dans trois Jours; de faire on %otXc que icn Romain!!! ne
souffriraient point aucun tort ; qu'ils conserveraient leurs biens et qu'ils ne s'npprorh^r
-' : n*

do Homo que de dix milles. Landis quo ! it.

IV

S'-' . . :'<^

entrtronl en caution pour lui et pour le Valentinuis, ainsi que coux de France et de
Venise pour le Orsinset pour V * -n^s de France. Cette convention tant passe,
et les scrn nt

donns do part et <1 Duc Ht ^ ir

aller vers Tivoli, et i ut do co r-

lillerio, convoyes par quatre cents fantassins du (killgf, auxquels il ft donner quatre
cents ducats de paye; ayant fait avancer aprs cola son avant-g-nrdo pour attendre son
bairaga et ses charioLs qui taient plus do cent, et "O
chemin, il sortit du palais par la porto *!i us

un lit soutenu par douzo de sos hnllobardiers et couvert d'uno (Carniture d'oarlate,
ayant toutefois un boau cheval auprs do lui, en cas de besoin, couvert d'une housse
de velours noir, sur lai 1 voyait ses armes en brod t

p.i '*, et que toutes ses troupe il

m ' devant ot aprs lui. I.' iriue I attendit

!.. de la porte pour s'aboi. .ui : maison lut

flt faire excuse de ce que le Duc ne pouvait pas lui donner audience. Prosper
Colonna. pour donner encore un .H^^

de sa bonne rconciliation, l'attendit avo<- une te

romaine, suivi do beaucoup de ses p I i i i' i- lu

Peuple pour l'accompagner h Tivoli. . . ...i qu'il pa:.ciail .

Ponte Molle, et prendrait ce chemin. Ijh Duc lui flt savoir qu'il ne devait pas pas.ser
par l et qu'il l'att ' ' !u

pont, mais l'rospor ne Jugea pat que ce li

d'allor en cet endroit ; parce ]' les g?u>

Il y avait des partis de l'an., !. K.aiso qui : s

courses Jusque-l, et qu'on pourrait encore lui lever le pont et

l'arrtr^ - ; riu^ poursuivit s<in voyage du C'*' ' * ;'i

t t'en < Titta ('.astellane qui tait mi <I '

prs d' tmpe en'

lecontt . '! .4 ii$ de Haut .'.

u dfaut de U Trmoullle. qui tait rest malade eu Lombai

<' iir la libert <! .ve,

'i .r les gens dl jue

Prosper avait emmens, et que tioiisalve pouvait envoyer en plus grand uumbre ;
quoique ce ne ft en effet que pour favoriser avec d'autant plus de chaleur les
prtentions du Cardinal cl ' -aut, lequel tait venu depuis peu de

i lui Ascanie et d'Araj^on, qu'il estimait

t pour lui. que les Cardinaux aniisdu Valentinois, l'quel, nonuL - offres que les
Espagnols lui avaient faites, s'tait uni plus que Jamais au parti de France, d'autant
quo rpux-ci lui firent entendre qu'il recevrait de plus grands dijniin.i:;r>s tant leur
ennemi, et de plus grands avantages s'il leur -tait ami que des autres. L>es Cardinaux
tant donc pnvsqut' tous arrivs, les affaires du (k)nclave tant dans le meilleur ordre
qu'il tait possible, et les obsques du dfunt l'apc taient faites dans Saint-Pierre,
selon la coutume ordinaire, ils se renfermrent aprs un mois de sige vacant pour

I d'un uuuvt-au l'onlife, qui fut faite contre lo iimun dans cinq jours, car comme on
ne pouvait pas terminer que par une lon^^e suite de temps et par des grandes
ngociations les diffrends qui se trouvaient entre les principales factions, et les
armes qui taient au dehors,

-te un point qui donnait graii' 1 .ip-

( ne tombassent dans quelque :. -es,

'cnt propos de s'accorder, comme par forme de provl-

. i, eu lisant pour Pape Franois Picoilomini, Cardinal de

Si*une, qui fut appel depuis Pie III, lequel, outre qu'il tait

ait alors si acc/ibl d'uu mal la

'Toyait que d'eu moins d'un mois

il en devait mourir, t.' >ii fut approuve gnralement

de tout le monde, comn. faite en faveur d'une personne

qui pos.*tdait les qualits dignes du Pontificat; et quoique les i" jMJur ami tant ' ' '
ils ne

il dt tre leur en.. ..il Pape,

d'Italie avaient cliougc de face, et

[. :: , . il ne pouvait pas avoir de penses

qui ne fussent conformes soo grade de Pre commua.


I.e N ait iitintiis l'approuva encore tant raison de l'Aye

{lit. ]Ki!ve que, quoiqu'il ne ft pas crature d'Alexandre,

74 ^ l^<(> DM MRCU

Il l'avait nanmolos toujours Irail comme coDfldtot et comoie uml.

L'arme de Pran n'ayant plun do sujet cependant da rw-ter dans les campagnes de
Homo, ello prit a marche du ct du l\oyaume et paasa par Poote Molle, sant entrer
nanmoiasi dans la ville. C-e dpart ayant presque dAp<> > >> le

VaWnlinuU, parce qu'il en avait donn QOf lan-

dais mmes, I et sachant au r$te que H Alviane

levaieiit des soldats du c6t de l'ruse pou cnir h Koom.

dana le dessein qu'enrjore hlen qu'ils us&ent demand Justioo au Pape et au Sacr
Collge contre lu' ! tient de se la

faire eux*mmes par la vole des arn)i :ro pas assur

en cet endi-olt, d'autant mieux encore qu li v sentait fort preea de. son mal ; de sorte
qu'ayant deaiaud et bkenll obtenu un sauf-conduit du Pape, qui se laissant
persuader de pouvoir mfttlro An par U prsence dm parties h \ ' lie.

el les m^tre d'accord, s'en alla k Rom* mxi

Palais; quoique la rsolution d q< i plus

assure pour sa personne et ses g . - ^ ^a mort

d'Alexandre, vu qu'il n'y pouvait plus commander. Pour la Itnmaf ne, o il tait ei se
serait maintenu matre, il ne aefou-Yarna pas en ceci olon les maximes de (^sar; il
el vrei qu'il en reconnutbieuUM aprs la faute; maisro futalor^ 'ait

plias ta tat d'y apporter du remde, en quoi nou j.iiv

sons bien videmment que ces encbenlements de ju^enient

>>i t dea coup de la Justice divine. A peine tait-Il encore irt .vu Rome qua
Coasalve flt publier, devant sa maison et par lottiM les pr&ncipnlet ptacet, k son de
trompe, un dil an mon dn SDa Roi que tona sai au)ets ou see vaatnux. de qnalle

. it qu'ils fuasnnt, dussent s'en aller dans un certain tempH


prr^xn 4ana l'arMa dudit Consalve pour porter les annas

leur enrrien, noua peine aux transfresseur da la vie et tes

bitna, auani bkn qa do ceux des Mrak daa enfants ei de

uevsux; en qui a fui fUH qu' i'o cc a ato n du N'alenlinote,

lo priver des meiileurt uKlriers et des plus luams

' lu'il at auprs de lui. lesquels <'>taiaaL suJaU la

' (l'Espagne. Ln Duc ayant appria cetin policatlon

r : oiiA un jonr apra dlnat al lorsqu'on annfanil lamoJna,

I :n^n:be. iiour provver U CMisInooa et U fol da ses sorfAts,

Jclaraal ses Capitaions qu'il voulait sortir de Rome; parce qu'il n'y croyait plus tre
eu assurance, vu l'union qu'il

avaient

, et s'en

'l' < ' dont Jean Jordain qui en iail seigneur,

' .iiime lu-^ - .juBant au service du Roi de France, avait

ir au Cardinal de Rohau et aux Ambassadeurs de Sa

lui donner un lieu d .. t un

son de^<!ri ne fut en .ire une

' I !i''-' lui reussitsimal

: : le a ic.N atTaires : car son

m ayant t dcouvert par les Orstns et les Baglioni, qui

it venus Rome bien arms et rsolus l'attaquer, ceux-ci

nt par la fiorle de Saint-Pancrace, de sorte qu'ayant

. ils lui vinrent couper chemin aprs qu'il


; rg et qu'il fut sorti par la porte du Vatican,

t lui parurent en face. Le Valeutinols fut si surpris. leur reu-

nlre, lorsqu'il songeait le moins de les voir, et se trouvant

u reste avec des forces bion moindres que les leurs, pour leur

-qu'uni irtie de ses

il Ht V. du ct de

i.' iii". ou, pour tre plus en as:>urauce, il se retira dans l'appar*

' " "' 'm " 'lis que le Pape avait donn au cardinal deRohan,

fois que ses conemis ne cessaient pas de le pour-

.t-

int

me que le Pape

- I " "<r le couloir

.'(US le chteau Saint-Ange, accomp.i uaux d'Ar

^ilerne, dt* Sorenliiic el m

< pt d"> |H>liLs Dui s il> 'II

is dans Iv. < h.'ilc.iu lui mit sa vie a ciiuvert ;

Ut perdi-c presque eutirumeut et ses truupes

i ses tt : car oelles-l se voyant sans leur chef, qu'elles ' courir sou infortune,
comme elles l'avaient vu cou-rospril et son boaheur, l'alNiadonnrent et se it de-
et <IM4, except le peu que D. Michelot cornet ceux*i, c'eetp-dlre les Yllles de
la Romagne, qui talent toujours conserves sa dvoUon, songrent, ayant

perdu espraiocc do p ijreo dans

son domaioet prcip > h coiueils

dif7renUi, les uns retournant a I <!<> leurs anciens


matres et les autres en se suunu.....^ .. ! - '--inre de l't Hpublique de Venise,
laquelle avait envoy p deiren

au Vcnier, Bailly <lt' Ha\< Hion qui se prcsonliiit d .' moins les chtelains
conservrent ton

CCS villes fidles au Valentinois. Le I'.i,,^ ......... -, ....,

dans ces entrefaites, n'ayant pu faire autre chose pendant \c-

26 j' ' -in pontificat qu'il f '

cou ut et se faire coii.-.

par les mains du Cardinal de Saint-Pierre aux Liens, ayant et>

lu Fnpe lorsqu'il n'tait encore que simple Diacre.

tt L'entre du Conclave fut encore diffre cette fois, quelque-joui (ju' l'ordinaire,
p<n '

des - (Jrsins et des Bau

entra depuis avec le Pape lu contre ia coutume; vu que ! Cardinal de Saint-Pierre


aux Liens, qui tait en fp'ande rputation dans le Sacr Cx>llge tant raison de la
grandeur de sa maison qu' cause de son exprience dans le maniement de> plus
importantes affaires qu'il avait eues, non sentemf^nt sou-> le pontifical de son oncle,
mais mme apr^'s; c si .i

cause do son rare gnie, digne i la vrit de ^ r un

grand Empire, attira soi indiffremment les voix de ses amis, qui '* ' ' n grand
nombre, et celles de ceux mftr \

pn^ i le plus, un chacun tl'eux Jugeant plus .

voyaul qu'il n'y avait rien faire en leur faveur dMUs'tl<-rencontre, de rendre
service au public, en lisant un Pap<> proportionn aux besoins de l'I-Iglise, et de
s'tudier eosomblo a leurs intrts particuliers, en tchant de s'acqurir ! naiaaance
d'nn esprit sincre et gnnnix. On obtint i' tmeDt iH et de -

tant qu< <'hs dan^

oal tmoigna d'une manire tout fait gnreuse d l'avoir pour ami, cl lui promit de
vouloir Ttre touj ' '~ '- quand mAme il M>ralt lov nu Souvorain P<

harge de Gnral et de Portft-Enseine de la Sainte glise, et,


c qui tait encore bfen plus important, de l'aider de ses armes

t de son autorit pour recouvrer les tats de la R et

ni, qui rin-ioii du mauvais train que ses affaires a is,

'lies du l\oi de Franc**, qui pouvait li-e son

.. . se voyait contraint de prendre conseil de la

II.., vsit, s'engagea avec tous les Cardinaux ses adhrents de

fer la Papaut; ainsi avant d. ' - - le Conclave, son

>n fut onrliii. et il en rwul pu. it les congratu-

claiil ferm depuis le

i)e au premier scrutin et

! un commun consentement, aprs quoi il prit le nom de

ules II. Son lection fut reue avec un consentement et un

r>piaudis.sement universels, tant il est vrai que U>ut le monde

u une grande estime de l'intgrit et du mrite de

nie.

Ije Pape ne passa pas silAl au Vatican pour y faire sa rsi-

flence qu'il y assigna fort gnreusement un appartement au

>uc de Valentinois, pour preuve de l'amiti qu'il lui avait

ir-

la-

I1 1 de ses affaires, aimant beaucoup mieux la vrit

<l ver les villes de la Romagne la dvotion du Duc de

ilentinois, comme Vicaire de l'glise, que de permettre

.... .... ... j^


tonte la ju'on y avait, et de voir aug-

-Uo mme i, ,. ,.. j. un point de grandeur pour

>Q domaine en Italie, qu'elle se rendit formidable plus que

iiveralns Pontifes. Mais Sa S * " se

irmeset ^n argent pniir

"ir de S aU'nllnols 11 de gens,

-dit t capables de u . ..^._ s et ce for-

H, auparavant qu'iU eussent pris d'autre parti : d'autant

auraient' *' ' 'inl

d* -a ri lit

.ut.- la I. r-

lussl qu*' , , : us-

-aites son obissance, elles ne pouvaient que lui outre et les

tion, ni < lates que le* forliTts'.s de Kor me,

de Forlia.,... .. de Barllnor. avec la villi dt> qui

tomba bientt aprs itou la domioatiun do la Hi^publique de

Venise, ayant

rendante In t

av>c le romtnatidi'niPiit des fr^ns d'armes pour toujours, Ml^^

parler du titre de noblesse, qu'on lui accorda lui et Ions

ses successeurs ; voil pourquoi, aprs plusieurs consultM, le

Pa|>e r^^ .....

auprs (1>

de Tivoli pour It Mjllnilci


il n'avaient aucun droit, cl .^. . .. . . ... ^

tion souveraine de l'glise : mais comme lui et le Valeutinois

.se furent aperus qu'ils ne rapportaient de 1

semeuts que de belles par<Ir>*' iann aurun t

poM que sa Saintet se cor;*

forteresses : afin que le rc-,

aux Vnitien.H, pour le.s empcher deo'oflTenser pas direvtement

la juridiction pontificale, et les oblifrer se : * ~

promps-^p df Ips lui rendre enulte. lorM*Ue n .iqu. I>e I*.i' pas
occasion,

de n'tre plu5 son ami, comme il lui avait promis d'tre, au

-^ il aima mieux lui '- "rede s'en aller par mer h

t de l aux l-^laLs <' < par terre, et ensuite daiiv

ptiudant l^t par la

avec qu.1i vaux, et

quelque peu d'inf fin de s'unir aux gens de Nalde.

Vaini et Sa<i.Hatelli. -v-. .mis, et les principaux chefs (! ---

Il partit donc ensuite de cette convention, failt* par 1

dur.

V.iJ.

iiovere, neveo de sa halntete. et

....... .. r^... ,.v>.ii : mais comme le* nouvelles ;.<... .<

<lans c mme tem|s que les Vnitiens, aprs avoir pri ^

forteresse de Panza par l'intelligiM


aouvemear, avalent pris par la fui

Ul ROMB DKS BORGtA S79

l'avaient enleve d'eatre les mains de Astorre Manfredi, lequel avait t appel peu de
temps auparavant, comme tant de la raff ' ' _ jiie du cH p.! t

^eu. u'bu domaioi

la l\un)a:^i:e. vu 1m autjs pii' '^nt emparM :

mais para- que le leodamain d . . u : _:ij Valentinols, le Duc Guido Ubaldo d'Urbin
(lequel avait grand intH^tqu la fortcifssede Korll ft entre les mains du Pape,
comme celle o < Uiit'iit toutes les d'-pouiiles de son riche Palais, do quoi il sollicita
le plus qu'il lui fut possible le Pape) arriva dans catt Cour; le i'ape, en considration
de ces deux respects, la fit suivre par les Cardinaux de Sorrento et de Volterre (voyant
combien 11 tait propoa de recevoir la consignation de ces forteresses, qui se
conservaient pour le Doc de Valantlnois, et qu'il lui avait mme ofCeites) : mi'II avait

ju^'. vu les progrs que le> dans la

Hotnagne, ne devoir pas refuser la conslnaiion des fortereeees sous les mmes
conditions qu'il les lui avait offertee; afin que le respect de rsutoriU'* pontiHaile mtt
un frein leurs dee-

[KJur > otn-

missioii <|uon leur avait donne; mais tous leurs soins furent irmtilis; d'uutanl que le
duc de Valeutinols sachant de quelle runsiwjuence cV-tait, par la rponse que le Pape
lui avait donne, il" f/)iisijfner ]es,\ nesses, refusa p*)ur lors fort hardi*

incni (le le f.kiru . , a(^ les Cardinaux ne purent rien plus

luik* que d<* s'* ii reioururr sur leurs pee avec ce relWlf qui ci^LUt su du i'apc,
cxlrmenieut ardent dans tontes ses rAsolu-tions, ordonna d'atnird qu'on i'arrt;U,
comme on fit, sur les mmes galrt's o ' ' embarqu pour Ealreson voyage.

I^ Da<> de VsU' ,10; c'tait fait de lui lorsqu'on

pas croire^ setoo eee aiaxlnes, que

> t ti, eecompagne fane telle ofltoee,

ftlt 11,4 latiun de le perdre* d'autant mieux que ae

ntralt asses qu'il n'y avait p.xs manque de


ur cela : mais le cur de Jules tait d'ne

du ala, car il tait aoeal tcUe s'apni'

I ae BMltre en coliee. leotiloac conduit

a r.oii . ne ft pas appnreouMat en qoalil de

prisonnier, il fut reu dans le paUi avec les honneur accoutums, et reu par le
Pape avec toute la civiliti^ possible, escore Iilcn qu'on lo gardt avec un soin assez gr.
' ' *- 1t<-s (l'ncrord aynnt t repris npr^ii rela. le Duc do .n

Il la dvotion de rkgliso. l^ pape envoya Pierre d'Oviedo, Espa-irnol, au Gouverneur,


qui s'appelait Diego Chinone, qui tait aussi de la mme nation, avec les
contremarques : mais celui-<-i fit jelor du haut d< lo,

disant que r't'-lail une action , ne

jouiss,'iit pas de la libert, en donnant ces ordres, et que celui qui le sollicitait
commettre une semblable faute mi^ritait d'tre puni, (^i tant venu aux oreilles du
Pape, et reconnala-sant qu'il ne pourrait pas venir k bon' iie

lellf voie, crut qu'il ferait mieux, n^< de

faire cette convention avec le Duc de Valenlinois, laquelle fat depuis confirme^ par
une bulle; savoir que le Duc serait tenu de consigner dans 4o jours les forteresses de
Csane et de liertinore. '> de la

forterossf* u-, pour

quinze mille ducats qu on donnerait au (ouvcrneur de cette place, pour les dpenses
qu'il disait avoir faites; etquelePaiie de son ct le ferait accomparner Ostie, o il
pourrait rester librement dans la > ' " -. i-

j il, lit de Saintv<:i .s

promesses, serait tenu de le laisser aller o il lui plairait, uu li?u qu'il le renverrait
prisonnier dans le chteau Saint-Ange s'il ne ls acromplissait pas. Cette convention
tant faite, le Duc de V^lentinois .s'en alla par la ri >'

du Trsorier de sa Saintet et de i <.

aprs quoi le Cardinal de .Sainte-Croix s'y en alla |M>ur s'acquitter de son devoir;
mais parce que le Duc de N'alentinois apprhendait qu'on ne lui tiendrait pas la
parole, qu'on lui lie, de le lai ir aller lA o il voudrait,
M a m^me il .< t h ses prome^se^, II fit

Iciiiandrr Consalvo, avec le consrntement di.

tle Saiot^M^roix, par le moyen desCanlinaux lit..^.-

(qui comme ses allis, ne croyant pas tre assurs dans Rotn

LA ROMS DES BORGU sSl

s'taient retirs Naples) le sauf-conduit et deux galres pour s'enfuir l; si bien que
l'ayant eu, il s'en alla par terre en cachette Nettune avec l'aveu du Cardinal, qui il
avait t donn en garde, et l'observation du trait ds qu'il eut fait la cori !. * l
laquelle il s'tait engag, sans attendre mme les ^ u'on lui avait promises, et se mit
ensuite sur une

petite liarque qui le porta Naples. pour y trouver les trahisons et les infortunes qu'il
tchait en vain de fuir, d'autant qu'il portait avec soi un certain mrite, qui demandait
au Ciel un chtiment de toutes celles qu'il avait fait souffrir aux autres : car apn-s que
Consalve l'eut reu avec le plus orand honneur qu'on peut s'imaginer, qu'il ! rlici-

panl des afl.iin"< qui marquaient une i -, en

quoi il entretenait st^s penstes de tenter une nouvelle fortune, qu'il lui eut permis de
lever des troupes dans le Iloyaume, ce qui lui fui assez facile, vu le grand nombre des
vieux amis et <i Mi'ill'eul I irni de galres

pou' ^ du ct' , o il avait

rsolu avec lui d'aller donner du secours, et la soumettre au Hoi Catholique, le fit
arrter au sortir de la chambre par Nugnio Campcjo, en lui disant qu'il tait prisonnier
du Roi, I r<(lii il tait sur le point de s'e; , aprs que ledit

C'.ns.ilve l'avait rombl de nouN. aille tmoignages

d'amiti et l'avait mme souvent tendrement embrass, avec une extraordinaire


dissimulation, eu prenant cong de lui la sortie du chteau. Le Duc de Valentinols
entendant dire qu'on r.rr.'t lit de la part du iVoi fit un grand soupir et maudit m
iii.iiN.ii.se fortune, qui l'avait tromp, se plaignit d'avoir t trahi sous la foi et leha
de se sauver, mais en vain, r ' fut conduit en prison, sans qu'aucun des siens ou
quelque auti que ce ft lui pt donner du secours; on peut dire que ce fut I sa fortune
le quitta pour toujours et qu'il

|, U's ses esprances, un tel point que s'il avait

. du Ci'sar selon ses entreprises i -s, il se


uv.uL dornavant un rien dans le monde; qu'il me

semble qu'on peut lui attribuer ds ce moment ce distique de Saanazare :

Omnla vlnetba, $perab<u omnia Car : Omnla d^ciunt, Inctpls este nthit.

s8a LA noMK on boiigu

ft Voici l'explication :

Oitar tu triomphais, tu esprait l>raoooap, SlalotrnaDl tout te quitte, et tu n'ea rico du


tout. u Coa9al\'o ayant arrt prisonniar le duc de ValentiooU. U

lui a ne

fiU {>et-}(uad qu'il le lui avait donn^ : ainsi il s'attacha de m mettre couvert du
blme qu'on |>ouvait lui attribut d'aroir mau(]u de foi. par un manirt>!4te plein de
raiMn. et surtout p;irc<' ' tr-

ier Mii tlUt

et fit tout Uie pour obtenir ; d'au-

tant que le i ..,.. ayant fait de trs j.i.. . a pour

solliciter sa dtention ; afln de s'assurer tout aiosl que les Princes tPi . ret cspi ' 'tur
donnait m tt df^^ar; . n-gager le Uoi le retenir, < en iui faisant dire secrtement do
m loi dans des

termes qui demandaient l'ordre express de l'arrter, si bleu qu'il l'amusa adroitement,
afin qu'il ne partit pas jus<| jti'il

et reu le commandement qu'il attendait. C'(>^ i le

fluAme Consalvc clant tomb dan> In dis^rftcc n-

fesaa ses amis qu'il n'avait fait ces deux iu. ur

rendre service son fVinoe, au su|et desquellee il rtl

reifrrct de ce monde et avin; l)< * ,.qi

les manquomeuts de foi faits K ' ic.

et (isar liorgia ; niaJH luut relu n providence de Dieu, afin de punir le i

pour dlivrer l'Italie d'un feu qui aurait pu lui flaire eouAIr encore de nouvelles mines
et d'tran|r* >' '

(lonsalvo recul dans le mfiine temps 1 ^liro arrVHer

le Duc de Valenlinois et deTeoToyer en E ; us

Ip-ando assurance, ce qu'il ne manqua i 'u-

vnyant sur l'arme de liscano, ot la faisant a icr par

beaucoup de vaisMcanx de guerre comnian< "- -per

Ctilonna. d p^urqueles PraDrals n* l'enloviui um

riiuiir

le* .]. -:..,!: .'...

que le Duc de Vaientioois ne fUt un sujet pour obliger losdiia

Franais renouveler la guerre, laquelle ne pouvait tre que trs d''savantageuse et


prt^judiciable leurs nouvelle:} conqutes d'Italie, qui n'taient pas encore fort bieo
assures. L'arme arriva heureusement en Espagne, o le Duc de Valen-linois fut mis
pq prison dans Concilia, et quelque temps aprs dans la fortrrtsso do Mcdina dp|
Tainpo. Il rosia l deux ans durant, mais il ne perdit pas t< * ni son adresse

dans ses misres qu'il ne sut 1' >yens de se sau-

ver et les excuter mme heureusement par les moyens d'une corde et la faveur des
chevaux que le Comte de Bnvent lui fournit, avec lesquels il se sauva auprs de
Jean. Hoi de Navarre, son beau-frre. Il aurait bien voulu passer de l er; France pour
tcher, avec la faveur du Koi, de remettre sa fortune sur pied ; mais sa Majest ne le
lui voulut pas permettre : parrp qu'ayant fait la paix et s'tant mme allie avec le l\oi
<lAiiii;on, ils avaient conspir tous deu.\ ensemble contre le H<ii <It' N.ivaii-' : .:in^i
<!!. if juLTOa pas prop sous sa protection rr l)iic, ji.iniil de l'un et enn' i outre que
sadite Majest avait amfisqu son Duch de Valence, ainsi que toutes les autres
pensions qu'il avait dans l'tat, pour

iilitrir Ferdinand ; de sorte qu'il fut contraint de rester dans I.i l' tant qu'il s'en .' son
Hoi combattre

1. ; , son rebelle, ou .11 ; fait tout ce qu'on

pouvait attendre d'un brave homme, dans une rencontre au-d**ysous de Viane, o son
parti resta vainqueur, il fut malheu-
I ii^rment tu d'un coup de javelot. Mort la vrit qui semble trop 11' tait uiK

plus qu'en C-esar : mais si 1 on considre qu il etuil dctiiu de toutes ses (grandeurs
auparavant que de perdre la vit . (1 on'i" tait rduit du haut de tant d'KtaU et de
riohe.sses p. H'

il avoir 1

que l'e;.-. , ..- - . '

approprie au Duc de Valeutinois, avec ce mot : Ftriant sum-,,, ' -dirc : les foudres
frappent les

j, il hors de doute que li's foudn*

K- la punitiuu divinu uni abattu son urfueil avaut que de

gaae^g^^a^ i Il i , i m aesatim^m a84 LA ROME DES Bonou

perdre la vie. Les Navarrals n'ayant pas reconnu le corpa mort du Duc de Valenlinois
le dpouillrent tout nu suMtxhamp; mais ayant t reconnu depuis par un do ses
cuyers, il fut conduit l'anipelone et enseveli dans la mAmo f IIm dont il avait t
Ai rhevrque dans son adolescot; le

disposant les cho!H^s d'une telle main , t

mort \h o il n'avuil pas voulu tre on vie par un effet d'une ambition trop immodre.

Os ti^moKiiatre^i donuernient du poids k l'hypothse de 1. r irnage

i rnme

d'en connatre et d'eu parler. Michelet a dit, propos des faits que nous rapporte
Hurchard : Ses rvcits ont ce caractre imposant de simplicit vridique qui rassure
tout fait. J'ai lu et vu bien des menteurs. On ne ment pas ainsi, n

Voici comment Hurchard dcrit la mort du Pape. Noua en donnons la traduction


littrale :

l<e samedi 12 aot au matin, le Pape se sentit malade ; la vingt et unime ou vingt-
deuxime heure, la fivre vint et resta continue. Le i5 aot, on lui tira trei/< et la
fivre tierce survint. l>c Jeudi 17. i

Le vendredi 18. vers midi ou une heure de 1 apn^s-midi, il se confessa Pierre,


vque do (lalmense, qui dit ensuite In messe, et aprs avoir lui>romo communi
porta au Pape, assis dans son lit, le sacrcnu'ti' sa messe, laquelle asM^

le Pape leur dit qu'il se sentait trs mal. A l'heure aprs avoir reu de l'vque de
Calmense l'extrnu il expira en prsence du dataire, de l'cvquo susdit, etc.

MoFt de Vannozza Dernire lettre de Vannozza Iiueree

Alexandre VI et f/sar morts. Vannozra n'avait oas t rrun-pliement oublie.

' la mi-Tc* <i<' i-iicrtrc, (iiirin.'>se de Fertiiir. i n jims

// princesse, si l'on en croit le I>oyal ierviteur. Komu ne |jouvait l'oublier. Elle no


pouvait non plus oublier que le duc de Valenlinois, son fils, avait gouvern toute la
ville et presque toute l'Italie .

I^s Rovre et les Mdicis se succdrent Rome du vivant do Vannozza. Tons lui
reconnurent une autorit qu'elle ne (1. ;?ia. Du reste elle-nn'^me, p"'

p, ; 'il *<** lettres du nom de 1'.

Dans svs relations prive.s, elle terminait ses lettres d'un. i. ^ formules suivantes :
Votre heureuse et malheureuse nu-rc Vannozza de Cattanis, V Heureuse et
malheureuse Van-

noZZit /far;/tu.

l'arnii 1< s uures conserves aux archives de la maison d'Est et datt.v .1^ mis i5i5,
i5iet i5i7,II en est deux adresses h Lucrivi.

On volt quel caractre, quelle nergie armaient encore Van. iio/v.i Ijes liort t morts,
malselle tait digne d'eux. Le

in.'nio <* machi.i , si l'on ose dire, qui faisait la force

de Csar est galement le ressort de Vannozxa.

On verra galement, par la lettre que nous allons citer, les dvouements que les
Rorgia avaient su mriter et la recon-oaissa: savaient leur garder.

Agai .erardj, dont II est fait mention dans la lettre

que nous allons citer, fut le secrtaire fldle de Ctar. Son

dtWouompnt no se di^mentit Jamais. Il mourut sans avoir trahi l'attachement


inbranlable qu'il avait vou k Csar et qu'il avait ri*|ort sur Vanmizza.

Lettre itr tinnna X'onnnrrn Lucrce, date de dcembre i.',i:>, nu S': 'ia. qut avait
rempli auprs

(te Csar /.- ., lire.

c Ilustra Signora. salut et recommandation.

<4 Votre Excellence doit so - : - ' les servi r

Ajrapyte il'Amolla. de bonne i . a consat i 1-

h>: 'lue, et (Il il qu'il nous n luu. 'i-

cu. . to. Il m- : qu'on soutienne : .se

les siens, non seulement dans les petites choses, maisgi'nrale-ment et en toute
occasion. Or il a transport*- avant >*' ir

u faveur de ses neveux tnus sps |>''ni>flrM k iV\ l.i

(i'.Aquila ; il s'en trc le peu

<lo valeur qui sont : i ^ n* ; le

di'-funt a ag-i de la sorte pour favoriser davanta^ ses it car il ne p - " vtmais penser
qu'il seraient inquiet' votre rvt'i et illustrissime rardiiiHi qui et

v^que de ' e

agrable, j . . ii-

loir recommander lesdils neveux Sa H^^vrendissime .Sei-^eurie. Nicolas, le


porteur de la pr'-'' -- ' '-ne le neveu dudit Afrapyte. fournira V< s

ex 1-

len _ ;.!ie

sant.

Pott-tcripta. Votre Excellence atcjr.i u celle ri^'-^"-stancT! c^mme il lui


semblera bon, car J'ai t forc do lui la prsente. Qu'elle ne fasse donc que ce qui
sera de nauiti a convenir au itiHrendiasime Mooaeignenr. of (tour le momeiit nde
comme il lui paratra '<<.

I "rio sans cosse p"'<r V..l simo <soltrneU>

Va>7(0/./.A. >
Mort de Vannozza. CTlatresse du pape Alexandre VI, c donna dabbene

II et t difficile de reconnatre l'ancienne collaboratrice de irne que nous pn^nte


l*aul Jove : II? *, Vannozza, dame de bien.

Dans les h<)pitaux de Latran et de la Consolaziono on put

lire les insriptions relatant l'attachement de Vannozza aux

glises, la biirosit qu'elle tmoignait aux uvres relirieuses

i ns. Ces i: OUI i

i prenait )m-

n\iiv pas d'elle-mme, celte me le r.i ilrs

Hun. , tjue ses dons comportaient l'obligal. .. , . les

Ix'iicti i.iires de dire des messes pour le repos de l'me de Vannozza.

C'est k nom** qtio Vannozza monrut, selon toutes vraisem-bl.t; '6 1518.

( . . ,1 issii f).i< n.iDei'U. tomme i'.ittNle coflo

lettre d'un Vnitien :

it Avan* * ' t mort'" *i > i : //i. ijui lui m

pape A! dont ell- Mit le duc de Vair t la

lui hess*? ti' leiiare. I^ u li.iiis un lieu l'ou l'on |>oii

mort selon la coutume romaine; on la faisait dans ces termes consTiTi'-s : Mcsser
Paolo fait savoir que M Vannozza, la rtH T< lu duc de (iaridie, est morte; elle est
de la Compag^uie du Goufalone. On l'a enterre, hier, k Santa Maria del Popolo;

on lui a fait des funraillca presque au.ssl pompeuses qu> celles d'un rardinal. Klle
avait soixante-six ans; elle a lfu tout son bien (qui est considrable) Saint-Jean do
Letran. l^es c^niiTiors du pape assistaient au sienice funbre, ce qui n'a pas lieu en
d'autres cas. s

Le testament de Vannozxtt LiQ vanit des funrailles qa'elle demanda

' iar

1.11 d<-
\

uJU-

ire Vl, et avec une si grande simplicit qu'elle loigne tout

soupon de l'inauthcnticit^> de sesaffi ' 1=;.

Ce manuscrit se trouve dans les ai la Compafrnie.

t' '^- i'.i! ! ; , \ ,in-

i, de la mais mei. l'heureuse mi-re des illuslris-

..i.iO,s seigneurs k: ^, .*,,.. .jr duc de Gaodie, le seigneur duc

Je Valcntinois, le prince de Squillace et de M* Lucrce,

lie Ferrai ' ''m-

1.' lui a I . l y

a .ij"ute tant <1 tits que la confrrie a pu se librer

(]ucIquos annct.^ pi a., la: I de certaines obligations, et ce par

l'entremise du noble seigneur mosscr Mariano Castellsoo et de

i ont t gardien* nagure.

t et r^lAhre orfvre Cara-

- lui donna <: ducats .>' ?rce

-. i hors ligne, il,. . au dsir .. noble et

lioQore dame. De plus, elle nous a lalas la possession de tant

i iii en tirons le revenu ann lul-

. ducalH pour en nourrir 1< <><

, li iiont. hctas! eu si grand non

. :r ses disp>sitions si pieuse* <*

bienfaits mritoires et charitables pour tant de noeasiteux,


:' \y*'U\\H\ mais fucorf -vtT un tombeau magu.. ,.. ...,.-

tlocide d'un accord manifesto k il<'*brcr daos l'ytlM del P"PIo. o olle n l
cnicrrcc, " <alr* de ses obsque*

eu toute l.WoHon par de* mess' f*mnl et UD frand

(oorours lits, non sans un lu.\' <beaux et di-

rierges; a . . , .a pour recommander a - salut de son

Ame que pour prouver tout le monde que nous hassons et rprouvons l'ingratitude.

U8 Obsques de Vttnooxza

Ii'pitaphe qui en fixe la dats

Lon X tait pape lorsque mourut Vanoczza. 11 prescrivit

le cooscra-

la face du

" ' '" ' uni Alexandre VI, prdcesseur de

Ltou A ^u; . : ., u Pierre, Vannozza.

Par les donations que Vannozza avaient faites k la confrrie de

' ' " osait cellcM-i d. .ve<-

Or Vannozza av.i. use

lit quo les personnages les plus distin-

t de la bourgeoisie de Rome faisjuent

t'"tie de cette confrrie : c'tait s'assurer ainsi un cortge

i/iiposant et tel quVilt pu le rCver la plus haute dai ine.

Sur le rawau qui ruforma Vannozza, k Sam .lel

' se trouvait dj son mallieureux fils

'1 -utrur tfslMnictil.'iiic d. Vannozza Ht


graver l'pitaphe suivante :

* A Vannozsa Caitaneo t/uc ir dur ,,ig,

Juan dfl fJnndie, Jofr d^ Sqnlllnri e' are

rrteni distingue - -., ^e, Hteronymu$ Picus, Jldicommis et ej'ruleur testamentaire,


a/ait lever ce monument en mmoire ' nds seroices rendus par elle i'Mpital de
Latran. eu itre mois treize Jours. Elle est morte

lorte, les prtres durent chanter pendant prs de

deux sicles det mcases po Vaiinozza romporUleot (vr|t>.si,'i*(tiquc> flnit par


dispenser Sanln-Maxia dcl i'opulo de chaiit>r l'Ame de Madonna Vannozza.

On ne sait pas quelle main iitar.i t.niu- xi.io' m- >>ij i m-Iteau.

Isabelle, veuve du marquis Ft^anoi^Gonzogue

de JAQntoue, qui venait de mourir

le 20 fvrier 1519

Ulu^lli- .111' ..J..I ..... ,,, i,v.iv-,^... et 1res honore^ -.u;. [^ perte cruelle que vous
avez prouve par la mort de l'poux

" nce

i de

Il i^Tn que j'ai moi-mmo trop besoin de consolation pour

pouvoir en donner, surtout Votre Excellence, chez laquelle

cette grande perte a d provoquer la peine la plus vive. Je

ii<". aux regrets dont ce malheur ;i

je ne saurais parvenir ri lui ovpri;.

il iii inne et m'afflige. ' ; l'heure qu il est uu

fait ........,,.i qu'il a plu NoL _!ieur de vouloir; nous

devons donc nous conformer ses desseins, et je prie et exhorte

l, comme 11
is le ferez, ie

ne vuuk ' de plus uujuurd'iiui, siuuu que je me recom-

m.inrli- t vous.

Votre beUe-s<iur, LicnicB, duchesse de Ferrare,

Ferrare, le dernier mars iSi.

fWoiit d Lura

1^ 1^ juin tTiif), Lucrce accoucha d'un nfaiit morl-u<^. Elle

tirs apri dictait

C'et une ieltre tr^^s belle par la simplicit avec laque)!

Lucrce se prpare la mort et '' ' - -ime rsi-

(oatiou. Otte lettre et la dei rce; on

eai surpris sa ledurt te la coi remet aux mains ^ Set^mem. >

sa 1) ri sN-ec M telle nu' ne cl tuute

exalUiti 'II. >|iiL) l'on pcutsedem^" > fautes dout

les hhloricus uni charg sa mt i au peu, par

quelque <:U*> du moins, dos lguuUts. Voi.i rf>tt..> loltre :

ut Pre et okoa Seigneur v

;c tout le respect menV'^l j. -.11 atitadtfelie no recoi: i!<

\ V .: ' . I.! .l|\ / .!, . .il',. ^ s.ul);.i

Il . _' i-v-. J,.

uc il a ;

1 i< ma (kl...i.v, .... ^.....^.

on II tl; mais le contraire a ou l> <

la tin de mn vie np
quclquGK hoiiret elle m ^i.. .,.. .,

Iilcmcnt les f^aiitUi sacrements de l'glise. A e point.

Je me ul rappeli!'^ ' '

demander Vutro iW . bont au trsor spirituel alin de pouvoir offrir quoiq<

LA ROVK I>KS BOnOlA X^S

{rement mon me par sa sainte bndiction. Je l'en supplie d< ' poux et

m iiitet.

lie Votre Saintet l'humble servante, I.ucRCK b'Em. i Ferrare, le 2a juin iSig
la vingt-quatrime heure, n

Lucrce mourut le 2/) juin i5i9, dans la nuit.

* ' on fut profondment affect, si l'on

; .le, qu'il crivit aussitt son neveu

Illustrissime seineur, mon respectable frre et neveu. II a plu k Dieu Notre-


Seigneur de rappeler lui cette heure

l'mo do l'illustrissime dame duchesse, ma trs chrr- ^

j.' Il- lois pas iii'irliffpr d'en faire part Votre Ex.

'lue. qui me donne la . r, . iir de l'un afferUMil > . ;i.

lutre. El ce n'est pas sans rpandre des larmes que je trace - mots, tant il m'est cruel
de me voir priv d'une comp ' "' -. I lie et si douce: car elle l'tait pour moi par sa 1

"' .

Uons de Votre Excellence, mais je sais que vous pivndrez part ri m-^ |i^i!'"ur et je
prfre que vous accompagniez mes larmes [lie de m'adresser des paroles de
consolation. Je mo rocontniaude Votre Seigneurie.

Alpboxsb, (tac de Ferrare. Ferrare, le x^ juin iGig, la cinquime heure de la natt.

lettre suivante :

i'^ Votre I 11.... luv


d'irl r' n'ont pas

son illustre pouse au Heu di>

' "S le couver-' ' '' '' '

Il o sa l:

.ii^- l)eaucoup de chagiiu tlaus tuulc la Mlle, ci >

Gramlfor diicAl^ a nurtout manifrstA uda doul<ur xtrAmc. M

Jours et communiait chaque mois trois ou quatre fois. Je coo tinue il me


recommander sans cesse & Votre Excellence.

'I Forrarc. le !>8 Juin i5i<.

TABLiE DES MATIRES

i > c. ; A la fin du xv sicle. C-sar

(! iL'ia : i,' / La Rcnai-ssaDoe et les Hti-

m.-ii!-!cs. Atlai reUglfUX. Braccio

Cl les moines. '^. - Pc dp valetir de la vie humaior

< IIAPITAB PREMICH

rgia. La nuit d.ins le palais de Saota-Maria

. r !'rir'i.:i \i(rit \oir s:> nuMc. in XuiiTutiza.

I. .>,('. . .:r->.jr! '"l'-i I'.

'rii\ tN le. xi^roccs de

' i.,irii'-\ j. ,' s cxandrc VJ. Ptfff'-

rfi'Qces de caractre de Ccsar cl de Frau^ois. .

(rtAPITIlE II

Krcc|.Uon du roi dr France. Pillage du palais de la nml-

.^. .11. f,'>i i . 'iT- !.> I- r-iii.-ii.. ( ....ar ll.irii'in ('.'nr tlnr-
par

'ntr*

"{ucreliu iiu paix-. . '^

. l'n mvnllrr i "

i . turciif i;

; . ., . .in. Ia '.

coupcc .

:^ TAnUR DES MATlkllU

UIAFITIUin

!.'

inniv de Cwr el '*

.... ,^

CIIAPITM tV

Horia, i.fsnT p ' iria. 1

bjt I 'Iiii .le Csar. !cs .!cs

.1. As-

(lu ji-tr"

Ycntrc il uuc iuulc%i>aj'.

iliTTnB >

Ir

^. _ -rc

Rome pour la >o

iiuilrr-<*hsntf>i>r et
.1-e

cl

:(-

mcuct lu xr* iccic. i>ctitervo ci>c Lucrc ilvrf

CBArrrnE vi

irac au palais Sautn-M.irta. Le ganyniide aux ,cles. Les petous's tapisses.


L pa^es. I '-^ car s- I 'tiques. La comerJic uiytlioloi^qae. Le fard
Jciioiicuiirui . Les boucs cornus. lH>n Eliaeo Pi^a-telli. La Tcng^eancc de
Lucrce. Les pa^res-poisoos du duc de Fcrrare. Le mal rrau<;ai8 . 83

CHAriTHe VII

Ijca vanouissemenls d'Alexandre VI. Le taureau des

,,^1,; I 1 r .>s ;'..- :^, r,-im*-ina50n In^i'i '- ''

.1 . ''ceBor^ '

veut des uiaX' looxxa elJu..<,. .....<..>.....

01

ClIAPiTRK VIII

.lu Tibre. Lu c di Nooa.

i-, mari dp si ss. Le

riorfia, la te daui un dlai de

rs. Lr 'U. Hasrrr<*<.

.r>;iiictir cviiUr. i.c fialiiciilc. ^. La < bu(;ifiale >. Les canlin lie le.
L<-- U paj..-

1 I.l IIIMII < I

r la simonie

atAFITIUI IX

rnilte en tafe i la On du xr* sicle. - Ij* ffmm- rt' qI. MpHn des ouirti^an' .-s
de hfMumes. C*ar Bore.

aaio. La fcoodatiou irt ics et la tMM anx atntenU. arc auA. raU uu l'uu cofcrue
deux amaul.

Sou TAHLC Dr3 MATI1\ES

ciiAriTni

I .V ).is..r..n.U .1.' t l{..in.. /!.- i'..

I"

fille, futur <- Lu r

S'rivrlri. - I . ., (Ifs ru

ou sorcit ! nnc. I..T ;

(.HAprrne xi

ne <lu Vatican. iluc llfrculr le Fi

^ ' i'uiiiinri4ji-s

Il i:Mrnr xii

L pulsitaDCe de Ciar. - I.<- t:irir drs ifiil'ilir''nrr Urir des couriiMoes. Floride.
Csar se dcmrt

CIIAriTIlE XIII

'V*r Borfis en Frsnre. PMe di dne il<f Vsf^ntliMH.

cHAPrriu XIV

S.ir riifi roijvrnl Lrllrc n>i>rliiu'^ adrfssrc A Sit*lut S4-

Lm ehieas dtt Valicaa. La juuieal ci le eUJuita.

CHAPITRE A\

La tXe de saiot Pierre. Le Consistoire. Le pape dne chez le cardinal Adriaoo


Cornoio. Oub'.i de la eu-' ! d'or. La i c.intarella d a^it jtarfois sans dlai. L' ;
im^iirt. Ccsar IJorgria ffcliappe au puisoo. I' p>iti>-faction du pape .Mcxandre
VI. Fin de la t^^sar Bortria. Cioitas nierelrij: .
APPENDICE

Textes st Documents

^! ir . . . Igg

I Kaodre . oo

otaliOQ de iiroiama, niif o.'iiuri.'iif du caroi-

Horffia, par Jacob de Vollerra 0486). . Mi

ia w>4

...; la lgitimation de r.sar ai

lue de Ferrare, au pape Alexandre VI. . . . to6 -CIO sur le mariai^e de Lucrce Borg-
ia avec

ao8

VI I

I. I KrrdliiaKl r-licite Jean Sforza au sujet du mariai de

le la filie de Julie Farorse et d'AIcxan-

!rr V! hIAme ^n flile Lucrce i t

i s3o

! 'c 34

I -s de Commiof.-) x4a

i 'cet du cardinal Gur^cn i'.

; ff VI

ard, tuucbaot IM dtiaucbes pootili

303

vrrses sur la mort d'Alexandre VI 63


<"- " Vaonozza Lucrcr agi

87

'. annOZZa '"*"

>zza

j'bease de Ferrare, i Iiabclie. vmvir du is-iionzairue de Maotou' *tt 04

-3,

BINDING SCCT. DEC 121968

PQ Apollinaire, Guillai

2601 La Rome des Borgia

P6R6

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