Risque Financier
Risque Financier
Document pdagogique
rdig par :
Louise St-Cyr1 et
David Pinsonneault2
1
Louise St-Cyr est professeure titulaire et titulaire de la Chaire de dveloppement et de
relve de la PME, cole des HEC.
2
David Pinsonneault est directeur de comptes la Banque Nationale du Canada.
Copyright 1997. cole des Hautes tudes Commerciales (HEC), Montral. Prire de ne pas citer sans
le consentement des auteurs. Tous droits rservs pour tous pays. Toute traduction ou toute
reproduction sous quelque forme que ce soit est interdite.
Document pdagogique :
Mesure et analyse du risque d'exploitation et du risque financier
Table des matires
1. Introduction ...................................................................................................................................... 2
2. Dfinition du risque........................................................................................................................ 2
5. Conclusion...................................................................................................................................... 15
ANNEXE 1 ....................................................................................................................................16
ANNEXE 2 ....................................................................................................................................20
1. Introduction
Dans ce document, nous commenons par dfinir les diffrentes formes de risque prsentes
pour une entreprise. Ensuite, nous analysons les consquences d'une modification du risque
sur la situation financire et dveloppons des outils pour mesurer le niveau de risque. Enfin, les
cas Alcan et Mtro-Richelieu servent illustrer la prise en compte du risque dans l'valuation de
la performance.
2. Dfinition du risque
loppos, si lindividu opte pour laction ordinaire, lincertitude lgard du futur est beaucoup
plus grande. Ignorant le prix de laction dans trois mois et le montant du dividende vers
pendant cette priode (sil y en a un), lindividu ne connat pas le rendement futur de ce
placement. Cette incertitude nous fait dire que les actions ordinaires sont des placements
risqus.
Illustrons ceci laide des entreprises Alcan et Qubec-Tlphone. Alcan uvre dans
lindustrie des mines intgres (aluminium) tandis que Qubec-Tlphone opre dans le secteur
Alcan
Donnes tires des tats financiers (en millions de dollars)
1995 1994 1993 1992 1991 1990 1989 1988 1987 1986
Bnfice net 263 96 -104 -112 -36 543 835 931 433 277
Avoir des actionnaires 4482 4308 4096 4206 4730 4942 4610 4109 3565 3116
Rendement de l'avoir 5,9% 2,2% -2,5% -2,7% -0,8% 11,0% 18,1% 22,7% 12,1% 8,9%
Qubec-Tlphone
Donnes tires des tats financiers (en millions de dollars)
1995 1994 1993 1992 1991 1990 1989 1988 1987 1986
Bnfice net 31 30 29 29 27 24 23 21 20 20
Avoir des actionnaires 244 233 222 210 199 189 180 169 162 159
Rendement de l'avoir 12.6% 13.0% 13.1% 13.7% 13.4% 12.7% 12.5% 12.7% 12.6% 12.5%
On peut identifier deux sources de risque distinctes qui rendent le rendement futur incertain et
qui ont donc un impact sur sa variabilit. Dabord, chaque entreprise fait face au risque
dexploitation. Ce risque est caus par une variation des lments qui dterminent le bnfice
dexploitation, variation qui a un impact direct sur le rendement. Cette source de risque est
supporte par lensemble des bailleurs de fonds. Ensuite, on retrouve le risque financier qui
dcoule du degr dendettement. La variabilit du rendement dune socit est ainsi influence
par limportance de sa dette par rapport la valeur de son avoir.
3. Risque d'exploitation
De cette liste, certains lments sont de nature plus qualitative. Il sagit des trois derniers
facteurs cits, soit : limportance de la firme dans son march, ltendue de la diversification et la
phase du cycle de vie dans laquelle elle se situe. Les autres lments sont considrs comme
quantitatifs en ce sens quon peut dresser divers scnarios et analyser leur impact sur la
rentabilit de lentreprise. Ceci reprsente la prochaine tape. Nous adoptons, ce moment,
une approche plus mathmatique au risque dexploitation.
Le dveloppement algbrique qui suit permet de retrouver les quatre facteurs quantitatifs qui
BAII
rendent lexploitation dune entreprise risque, via limpact sur sa rentabilit : .
V
BAII = V CMV FE
Sparons le total du cot des marchandises vendues (CMV) et des frais dexploitation (FE) en
frais fixes (FF) et cots variables ( C v ).
BAII = (P Q) (C v Q) FF
BAII
=
(P C v ) Q FF
V (P Q)
BAII 1 FF
= (P C v ) (1)
V P Q
En conclusion, nous pouvons affirmer que le risque d'exploitation est reli la variabilit de la
marge de profit unitaire et l'importance des frais fixes dans la structure de cots d'une
entreprise.
Mesurer le risque d'exploitation exige que lon value l'incertitude autour de la rentabilit
d'exploitation future. Idalement, une mesure de risque devrait faire appel des projections de
rsultats futurs. l'aide de donnes prvisionnelles, il serait possible de calculer la rentabilit
espre ainsi que la dispersion autour de cette dernire. Cependant, il est parfois difficile
d'tablir de telles projections avec un niveau de confiance suffisant. Dans un tel cas, il est
possible de poser l'hypothse que le pass est garant du futur, c'est--dire que la variabilit de
la rentabilit passe est reprsentative de l'incertitude future. Les donnes historiques sur la
rentabilit permettront alors davoir une estimation de la dispersion future.
L'cart-type est une statistique qui fait tat de la dispersion autour d'une moyenne ou d'un
nombre espr. Lcart-type3 du rendement est souvent utilis en finance comme mesure
quantitative du risque. Il peut tre calcul partir de donnes prvisionnelles ou historiques
comme le montrent les dveloppements algbriques qui suivent :
( )
j
1 n
p (X )
2
SX = Xt X X = i i E( X)
n 1 t=1 i =1
BAII BAII
o X t = de la priode t; o X i = de l'tat de nature i;
V V
j
1 n
X = X t , et E( X) = p X i i ;
n t=1 i =1
n : le nombre de priodes. j : nombre d'tats de nature, et
pi : probabilit doccurrence de l'tat de
nature i
Pour illustrer ces mthodes de calculs, prenons lexemple de deux entreprises. Pour la mesure
de lcart-type partir de donnes historiques, nous utiliserons les donnes dIntrawest, leader
nord-amricain dans le domaine du ski alpin. En ce qui concerne le calcul de lcart-type
partir des donnes prvisionnelles, nous utiliserons une entreprise fictive, Bta. Il est en effet
difficile davoir accs aux donnes prvisionnelles de vritables entreprises.
3
Lcart-type est une bonne mesure du risque condition que la rentabilit dexploitation soit distribue
normalement.
SX =
1
4 1
(
(12,4% 13,4%)2 + (7,5% 13,4%) + (13,3% 13,4%) + (20,3% 13,4%) = 5,3%
2 2 2
)
partir de donnes prvisionnelles de l'entreprise Bta :
1. Calcul du rendement espr : E( X ) = 25% 8% + 50% 16% + 25% 25% = 16.25%
2. Calcul de l'cart-type prvisionnel :
2 5 %(8 % 1 6.2 5 % ) + 5 0 %(1 6 % 1 6.2 5 % ) + 2 5 %(2 5 % 1 6.2 5 %)
2 2 2
X = = 6.0 2 %
Donc, en se basant sur les informations fournies par lcart-type uniquement, on peut avancer
que le risque dexploitation de Bta est plus lev que celui de l'entreprise Intrawest puisque la
variabilit de son rendement dexploitation est plus grande.
Il faut toutefois faire attention aux comparaisons inter-entreprises. L'cart-type mesure le risque
autour de la rentabilit espre. Si on compare des entreprises ayant des rentabilits espres
diffrentes, il peut tre hasardeux d'utiliser l'cart-type en valeur brute comme nous l'avons fait
prcdemment. L'effet de taille peut biaiser notre interprtation. Par exemple, une entreprise
avec une marge dexploitation moyenne de 10 % et un cart-type de 1,5 % ne prsente pas
ncessairement moins de risque quune autre prsentant une marge dexploitation de 20 % et
un cart-type de 2 %. Pour viter ce biais, il est prfrable d'exprimer l'cart-type en termes
relatifs la rentabilit espre. Cette mesure s'appelle le coefficient de variation de la marge
SX X
CVME = ou (4)
X E( X)
Revenons aux exemples prcdents, les coefficients de variation sont les suivants :
5 ,3 % > 6.0 2 %
C V M E - In tra w e st = = 0 .3 9 6 CVM E - Bet a = = 0.3 7
1 3 ,4
4 %4 4 44
144444 42 4
R isq u e d 'In tra w e st
3 1 444441 2644444
.2 5 % 3
Risque de Bet a
Le coefficient de variation est un excellent outil pour mesurer le risque d'exploitation d'une
entreprise. Il permet de mesurer l'impact global de la variabilit de la marge de profit unitaire et
de l'importance relative des frais fixes sur l'incertitude entourant la marge d'exploitation. Il
permet en outre la comparaison du risque d'exploitation avec celui d'autres socits.
Cependant, comme il est calcul habituellement partir dune srie historique de valeurs prises
par la marge dexploitation, ce coefficient permet difficilement dobserver lvolution temporelle
du risque dexploitation.
cet effet, Il existe une autre mesure qui permet d'valuer les modifications du risque issues
uniquement des changements de la structure de cot d'une entreprise. Cette mesure est
appele coefficient de levier d'exploitation. Elle met en relation la variation du BAII provenant
dune variation des quantits vendues. Quoique trs intressante, il faut tre conscient que
cette mesure est partielle. En effet, elle ne nous donne aucune information sur le risque associ
la variabilit de la marge de profit unitaire. Le dveloppement algbrique qui suit prsente la
mthode de calcul du coefficient de levier d'exploitation.
BAII
CLE = BAII
Q
Q
( )
Rappel : BAII = Q P C v FF .
Une variation Q des quantits entrane une variation BAII de : BAII = Q P C v , ( )
puisque les frais fixes ne varient pas par dfinition. Donc :
Q(P C v ) Q
CLE =
BAII Q
CLE =
(P Cv )Q
BAII
V Couts variables
CLE = (5)
BAII
Illustrons ceci laide dun exemple. Nous devons avoir recours une entreprise fictive puisque,
dans les faits, il est trs difficile de connatre la vritable proportion de cots fixes dune
entreprise.
Nous avons effectivement une augmentation du BAII de 2,5 % (2,5 % x 2 000 $ = 50 $). On
comprend que plus le CLE est lev, plus la variabilit du BAII est importante et donc, plus le
risque dexploitation est lev.
Le coefficient du levier d'exploitation est un concept intressant. Son principal avantage par
rapport aux autres mesures rside dans sa capacit nous renseigner sur l'volution temporelle
du risque d'exploitation. Toutefois, ce coefficient est souvent difficile appliquer en pratique,
tant donn quil n'est pas toujours vident de faire la distinction entre frais fixes et variables.
4. Risque financier
Le risque d'exploitation dont nous venons de traiter est support par l'ensemble des bailleurs de
fonds. Ainsi, cette forme de risque rend le rendement de tous les fournisseurs de capitaux d'une
entreprise incertain. Du point de vue des cranciers, le risque reprsente la probabilit que les
bnfices gnrs par l'exploitation soient insuffisants pour rencontrer les obligations
financires contractuelles (paiement des intrts et remboursement du capital). Pour les
actionnaires, la variabilit de la rentabilit d'exploitation influencera le prix des actions et la
quantit de dividendes recevoir.
Le dveloppement algbrique qui suit permet d'identifier les composantes de cet effet de levier
financier.
Im p.
o TAX = car :
BAI
[Link] = BAI Im p.
BAI
[Link] = BAI Im p.
BAI
[Link] = BAI (1 TAX )
[Link] BAI
= (1 TAX )
AV AV
Intuitivement, on peut comprendre que s'il est possible d'obtenir des capitaux qui gnreront un
rendement suprieur leur cot, les actionnaires recevront la diffrence ce qui augmentera leur
rendement. Il n'est pas illogique que les cranciers acceptent de financer des activits un
cot infrieur leur rendement puisqu'ils supportent moins de risque que les actionnaires et ce,
pour deux raisons : premirement, leur rmunration est fixe et deuximement, ils ont un rang
prioritaire celui des actionnaires en cas de difficults financires. Ainsi, dans le tableau 7 de
lannexe 2, on peut constater que si la structure de capital A est choisie, les cranciers sont
rmunrs en totalit alors que le bnfice net (qui reprsente la rmunration des actionnaires)
est nul. En fait, ce sont les actionnaires qui courent le plus de risque puisque les charges
financires relies la dette sont fixes comme nous l'avons vu prcdemment alors que le
Nous pouvons conclure que le risque financier affecte dabord et avant tout les actionnaires qui
sont les derniers recevoir leur rmunration. Il est galement support par les cranciers non
prioritaires. En effet, ces derniers courent un plus grand risque de ne pas se faire payer si les
frais financiers sont importants et que lentreprise ne peut les couvrir. En fait, le risque financier
reprsente un risque additionnel qui s'ajoute au risque d'exploitation pour crer l'incertitude
l'gard du rendement futur de lavoir. Cette forme de risque est en fait relie l'importance des
charges financires fixes.
Nous avons prcdemment dfini le risque financier comme un risque additionnel sajoutant au
risque dexploitation. Le risque financier a pour consquence d'augmenter la variabilit de la
marge nette BN et, par voie de consquence, la variabilit du rendement de lavoir. On pourrait
V
tre tent de mesurer la variabilit de la marge nette comme nous lavons fait prcdemment
avec la marge dexploitation. Cette faon de faire n'est toutefois pas adquate car la marge
nette est aussi influence par le risque d'exploitation. Afin d'isoler le risque financier, il faut
mesurer uniquement la variabilit additionnelle cre par le recours l'effet de levier financier.
Comme pour le risque d'exploitation, nous pouvons utiliser le coefficient de variation pour
mesurer le risque financier. Cependant, ce coefficient sera exprim relativement au coefficient
de variation du risque d'exploitation, ceci afin de connatre l'impact marginal du risque financier
sur la rentabilit nette. L'expression 6 prsente la mthode de calcul du coefficient de variation
relatif du levier financier.
CVMN
CVR =
CVME
SY Y
CVR = Y ou Y (6)
SX X
X X
o X reprsente la marge d'exploitation et Y la marge nette.
L'interprtation du coefficient de variation relatif du risque financier est simple. Plus le rsultat
obtenu est lev, plus le risque financier l'est aussi car la marge nette fluctue avec plus
d'amplitude par rapport aux fluctuations de la marge d'exploitation.
Reprenons notre exemple avec les entreprises Intrawest et Bta. Nous avons dj trouv la
moyenne et lcart-type de leur marge dexploitation :
Nous avons dsormais en main toutes les informations ncessaires pour calculer les
coefficients de variation relatifs au risque financier (CVR) des deux entreprises.
Intrawest Bta
CVMN 0,556 CVMN
CVR = = = 1,40 CVR = = 0,4 =
CVME 0,396 CVME 0,37
1,08
On constate quIntrawest est expose un risque financier plus lev que Bta puisque son
CVR est plus lev, sa marge nette fluctuant davantage suite une variation de sa marge
dexploitation.
Il existe galement une mesure analogue celle du coefficient de levier d'exploitation qui
permet de mesurer le risque additionnel engendr par l'importance du recours leffet de levier
financier. Cette mesure est appele coefficient de levier financier (CLF). Elle met en relation la
variation du bnfice par action (BPA) suite une variation de 1 % du bnfice d'exploitation
(BAII). Le dveloppement algbrique suivant prsente le coefficient de levier financier.
BPA
CLF = BPA
BAII
BAII
Rappel : BPA =
(BAII Int.)(1 t) d p
#AO
o dp = dividendes privilgis et AO = actions ordinaires
CLF =
(1 t) BAII
(BAII Int.)(1 t) d p
BAII
CLF = (7)
dp
BAII Int.
(1 t)
Le coefficient de levier financier est trs utile pour mesurer le risque financier. L'interprtation
est la mme que celle du coefficient de variation relatif du risque financier : plus le rsultat
obtenu est lev, plus le risque financier l'est aussi car la marge nette fluctue avec plus
d'amplitude par rapport aux fluctuations de la marge d'exploitation.
Reprenons les donnes de lentreprise Intrawest afin dillustrer le coefficient de levier financier.
Il est noter que cette entreprise na pas vers de dividendes privilgis au cours de lexercice
se terminant en 1995. Pour cette anne, son CLF est de :
24035
Donc : CLF = = 1,5
24035 7989
Cette mesure nous permet darriver aux mmes conclusions que celles obtenues avec le
coefficient de variation relatif du risque financier.
Il peut tre galement intressant de mesurer le sens et la force de leffet de levier. Le ratio de
la dette totale lavoir D permet de mesurer la force de l'effet de levier tandis que la
AV
comparaison des ratios du rendement de l'exploitation (RAII) et du cot de la dette (kd =
( )
INT/Passif total) en mesure le sens. Si RAII k d est suprieur zro, leffet de levier est
positif. Il est ngatif dans le cas contraire.
L'effet de levier peut aussi tre mesur globalement (impact conjugu de la force et du sens de
l'effet de levier) afin de faire ressortir son impact sur le rendement de lavoir. Plus l'impact est
grand, plus le risque financier l'est aussi. Cette mesure pourrait tre appele multiple du levier
financier et se calcule en faisant le rapport du rendement de lavoir sur le rendement de l'actif.
5. Conclusion
Le risque reprsente l'incertitude l'gard du rendement futur. Il existe deux formes de risque
distinctes : le risque d'exploitation et le risque financier. Le risque d'exploitation provient de la
variabilit de la marge de bnfice unitaire et de l'importance des frais fixes dans la structure de
cot de l'entreprise. Le risque financier est, quant lui, tributaire de l'importance des charges
financires fixes.
Les deux formes de risque peuvent tre mesures l'aide de coefficients de variation
statistiques et de coefficients de levier. L'avantage des coefficients de variation rside dans le
fait qu'ils permettent d'excellentes comparaisons inter-entreprises. Ils ne permettent cependant
pas de conclure sur l'volution temporelle du risque. Les coefficients de levier ont l'avantage
principal de permettre d'observer l'volution temporelle du risque. Le coefficient de levier
d'exploitation est par contre souvent difficile calculer puisqu'il ncessite que l'on puisse
distinguer les frais variables des cots totaux, ce qui n'est souvent pas facile faire.
Dans cet annexe, nous allons essayer dillustrer, travers des exemples chiffrs, limpact des
diffrentes variables tudies sur le risque dexploitation. Dans un premier temps, examinons ce
qui ce passerait si l'entreprise tudie n'avait aucun frais fixe supporter.
Tableau 1
Hypothses
Quantits vendues : 10 000 units
Prix de vente unitaire : 10,00 $
Cots variables unitaires : 7,00 $
Frais fixes : 0$
- 10 % Prix + 10 %
9,00 $ 10,00 $ 11,00 $
- 10 % 6,30 $ 27 000 $ 37 000 $ 47 000 $
Cv 7,00 $ 20 000 $ 30 000 $ 40 000 $
+ 10 % 7,70 $ 13 000 $ 23 000 $ 33 000 $
- 10 % Prix + 10 %
9,00 $ 10,00 $ 11,00 $
- 10 % 6,30 $ 30,0 % 37,0 % 42,7 %
Cv 7,00 $ 22,2 % 30,0 % 36,4 %
+ 10 % 7,70 $ 14,4 % 23,0 % 30,0 %
Tableau 2
Hypothses
Quantits vendues : 10 000 units
Prix de vente unitaire : 10,00 $
Cots variables unitaires : 7,00 $
Frais fixes : 0$
- 10 % Quantit + 10 %
9 000 10 000 11 000
27 000 $ 30 000 $ 33 000 $
- 10 % Quantit + 10 %
9 000 10 000 11 000
30,0 % 30,0 % 30,0 %
On constate que pour toute entreprise qui ne supporte aucun frais fixe, les quantits vendues
n'ont aucune influence sur le risque dexploitation puisqu'il n'y a aucun frais fixe absorber. En
fait, la variabilit du rendement de lexploitation peut survenir uniquement suite des
modifications de la marge de profit unitaire
P C v . Au tableau 1 on peut constater que si
P
les prix et les cots n'voluent pas dans le mme sens et dans les mmes proportions, la
rentabilit s'en trouve affecte.
La variabilit des prix de vente et des cots variables reprsente donc une source de risque
uniquement si l'entreprise n'a pas la capacit de contrler sa marge de profit unitaire. En fait,
pour une entreprise nencourant aucun frais fixe, il n'y aurait aucun risque d'exploitation (et donc
aucune variabilit de la rentabilit dexploitation) s'il tait possible de refiler toute augmentation
de cots aux clients et toute baisse de prix de vente aux fournisseurs.
Dans le cas o il y a prsence de frais fixes, ce qui reprsente la presque totalit des
entreprises, la situation est diffrente comme le dmontrent les tableaux suivants :
Tableau 3
Hypothses
Quantits vendues : 10 000 units
Prix de vente unitaire : 10,00 $
Cots variables unitaires : 7,00 $
Frais fixes : 15 000,00 $
On fait varier, encore une fois, les prix et les cots variables unitaires de 10 %.
- 10 % Prix + 10 %
- 10 % Prix + 10 %
9,00 $ 10,00 $ 11,00 $
- 10 % 6,30 $ 13,3 % 22,0 % 29,1 %
Cv 7,00 $ 5,6 % 15,0 % 22,7 %
+ 10 % 7,70 $ -2,2 % 8,0 % 16,4 %
Lorsqu'il y a prsence de frais fixes, le contrle de la marge de profit unitaire est tout aussi
important et affecte directement le risque d'exploitation. On remarque par contre qu'un maintien
de la marge de profit unitaire ne permet plus d'liminer le risque d'exploitation. En effet, si on
observe les chiffres de la diagonale du tableau 3, on constate qu'un contrle de la marge de
profit unitaire ne permet plus de conserver la mme rentabilit d'exploitation. La raison est
simple : la marge de profit unitaire est maintenue en % des ventes mais le bnfice mesur en
dollars change quand mme. Une modification des prix ou des cots variables modifie donc la
marge de profit unitaire en plus d'entraner un changement au niveau de la capacit absorber
les frais fixes de l'entreprise.
Tableau 4
Hypothses
Quantits vendues : 10 000 units
Prix de vente unitaire : 10,00 $
Cette fois-ci, on fait varier de 10 % les quantits vendues. On observe leffet de cette variation
selon diffrentes structures de cots (variables ou fixes).
- 10 % Q + 10 %
Cv / unit FF 9 000 10 000 11 000
7,50 $ 10 000 $ 12 500 $ 15 000 $ 17 500 $
7,00 $ 15 000 $ 12 000 $ 15 000 $ 18 000 $
- 10 % Q + 10 %
Cv / unit FF 9 000 10 000 11 000
7,50 $ 10 000 $ 13,9 % 15,0 % 15,9 %
7,00 $ 15 000 $ 13,3 % 15,0 % 16,4 %
6,50 $ 20 000 $ 12,8 % 15,0 % 16,8 %
Ce dernier tableau dmontre que le niveau de frais fixes a aussi un effet considrable sur le
risque d'exploitation. L'effet est toutefois indissociable des quantits vendues. En fait, le risque
d'exploitation dpend non seulement du niveau des frais fixes, mais aussi de la capacit de
l'entreprise les absorber. Dans ce tableau, les lignes horizontales prsentent des possibilits
de cots variables unitaires et de frais fixes totaux qui donnent le mme niveau de frais totaux
pour l'ensemble de l'exploitation de l'entreprise pour des ventes de 10 000 units. C'est pour
cette raison que la rentabilit est la mme peu importe la structure de cot choisie au niveau de
10 000 units.
Nous allons essayer travers les exemples prsents ci-dessous de mieux expliquer comment
l'utilisation de la dette peut modifier le rendement de lavoir.
Ces exemples sont construits ainsi : les lettres A, B et C reprsentent trois structures de capital4
diffrentes, A tant la moins endette et C la plus endette. Dans chacun des cas, la quantit
d'actif est la mme, soit 80 000 $. Cest la rentabilit de lexploitation qui diffrencie les trois
prochains tableaux. Le tableau 5 prsente l'effet des diffrentes structures de capital sur le
rendement de lavoir dans l'ventualit o le bnfice d'exploitation (BAII) atteint 15 000 $. Les
tableaux 6 et 7 prsentent les mmes informations dans l'ventualit o le bnfice
d'exploitation diminue 8 000 $ et 2 000 $. Le but vis est de vrifier l'impact sur le
rendement de lavoir des diffrentes structures de capital pour diffrents niveaux de rentabilit
d'exploitation.
Tableau 5
A B C
Actif 80 000 80 000 80 000
Passif (dette (kd=10 %)) 20 000 40 000 60 000
Avoir 60 000 40 000 20 000
Tableau 6
A B C
4
Structure de capital : la structure de capital dune entreprise reprsente les proportions relatives du
financement de ses actifs qui provient de la dette (des cranciers) et de lavoir (des actionnaires).
Tableau 7
A B C
Actif 80 000 80 000 80 000
Passif (dette (kd=10 %)) 20 000 40 000 60 000
Avoir 60 000 40 000 20 000
Les tableaux qui prcdent permettent de faire des constatations intressantes. Dabord, le
rendement de l'actif avant intrts et impts est indpendant de la structure de capital choisie.
Cela n'est pas une grande surprise puisque les sources de variabilit du rendement de lactif
avant intrts et impts sont relatives lexploitation uniquement et non au financement. Notez
que dans chacun des tableaux prsents, le rendement de l'actif avant intrts et impts est le
mme quelque soit la structure de capital.
En fait, le levier financier sera positif si une entreprise peut obtenir du financement par dette
un cot infrieur au rendement avant intrts et impts de ses actifs. L'inverse est aussi vrai.
Lorsque le cot de la dette est suprieur au rendement de l'actif avant intrts et impts, le
rendement de lavoir dcrot avec laugmentation de lutilisation de lendettement.
Tableau 8
A B C
RAII (18,8 %) > kd (10 %) 13,0 % 16,5 % 27,0 %
RA II (10 %) = kd (10 %) 6,0 % 6,0 % 6,0 %
RAII (2,5 %) < kd (10 %) 0% -3,0 % -12,0 %
30,0%
Rendement des fonds propres (%)
25,0%
20,0%
15,0%
10,0%
5,0%
A
0,0%
0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 16000 B
-5,0%
C
-10,0%
-15,0%
Bnfice d'exploitation (BAII)
Le graphique 1 illustre aussi le risque de chacune des structures de capital. Plus la pente5 de la
droite est leve, plus la variation du rendement de lavoir sera grande pour une variation
donne du bnfice d'exploitation. La structure C est par consquent plus risque que les
structures A et B.
5
Pente : De faon purement mathmatique, on peut dfinir la pente dune droite comme le taux de
variation de lordonne (axe vertical) par rapport labscisse (axe horizontal). Dans notre cas, la pente
reprsente donc le rapport de la variation du rendement de lavoir pour une variation donne du bnfice
de lexploitation.