Introduction à la physique des particules
Introduction à la physique des particules
particules
L. Marleau
Introduction la physique des
particules
L. Marleau
1 NOTIONS DE BASE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1 Survol rapide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.1 Matire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.2 Les types dinteraction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.3 Sommaire: Le "tableau priodique" du Modle Standard . . . . . . . . . . 5
1.2 Un bref historique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Systme dunits naturelles et Lorentz-Heaviside . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.1 Units naturelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.2 Units de Lorentz-Heaviside . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.4 Relativit et formalisme quadridimensionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.4.1 Transformations de Lorentz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.5 Notions de physique quantique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.5.1 Bosons et fermions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.5.2 Mcanique quantique relativiste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.5.3 Thorie quantique des champs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.6 Forces et interactions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.6.1 Approche de Yukawa et porte des interactions . . . . . . . . . . . . . . 21
1.6.2 Interactions lectromagntiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.6.3 Interactions faibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.6.4 Interactions fortes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.6.5 Interactions gravitationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.6.6 Tableau rcapitulatif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.7 Le Modle Standard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.7.1 Sommaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
1.8 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2 SOURCES ET DTECTEURS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.1 Sources . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.1.1 Radioactivit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
// / x y . .. i v
2.1.2 Rayons cosmiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.1.3 Acclrateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.2 Dtecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
2.2.1 La physique du dtecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
2.2.2 Instruments de dtection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
A Rfrences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 359
A.1 Manuels de rfrences complmentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . 359
A.2 Ressources sur Internet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 360
Version du 2017.4.6
Il nexiste prsentement que peu de livres qui introduisent les fondements de la physique
des particules dans un langage qui reste au niveau du 1er cycle universitaire (B.Sc.) et
malheureusement, ceux-ci sont presque tous en anglais. Cet ouvrage rpond donc un besoin
rel, cest--dire une rfrence, en franais, de niveau du 1er cycle qui introduit toutes les
facettes de la physique des particules. Lajout rcent dun chapitre de niveau plus avanc
contenant des notions de thorie des champs et des calculs de rgles de Feynman se veut aussi
un bon point de dpart pour les tudiants des 2e et 3e cycles (M.Sc. et Ph.D. respectivement)
qui poursuivent les tudes et recherches dans le domaine. titre dindication, les titres de ces
sections de louvrage sont suivis dtoiles (F ) dont le nombre signale le niveau de difficult.
Les Chapitres 1, 2 et 3 portent respectivement sur les notions de base, les techniques
exprimentales et la dynamique des collisions. Le Chapitre 4 contient une introduction
la thorie quantique des champs. Ce dernier est de niveau plus avanc et sadresse au
lecteur plus sintresse plus aux techniques de calculs des sections efficaces. Les Chapitres
5 et 6 couvrent les symtries et lois de conservation observes alors que dans le Chapitre
7 on introduit le modle des quarks. Les interactions lectromagntiques, faibles et fortes
sont traites aux Chapitres 8, 9 et 10. On termine par un survol des diffrentes tentatives
dunification ou dextension du Modle Standard.
De plus, dans un but essentiellement pdagogique, cet ouvrage contient: un bref his-
torique, une multitude de graphiques et illustrations et tableaux, des exemples ou exercices
avec solutions, des problmes, et en annexe, des rfrences complmentaires sur support
papier ou sur Internet (Annexe A), une liste des prix Nobel de physique (Annexe F), un
rsum des notations et des systme dunits SI et naturelles (SUN), un tableau des constantes
de physique (Annexe B), un tableau des coefficients de Clebsh-Gordan (Annexe C), un rappel
de la relativit restreinte (Annexe D), des tables de proprits des particules et une liste des
principaux acclrateurs (Annexe E), et finalement, un index complet.
Bonne lecture!
L. Marleau.
Dpartement de physique, de gnie physique et doptique
Universit Laval, Qubec, Canada
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Avant-propos
Mises jour
1 Version 2017.4.6:
2 - Corrections mineures.
3 Version 2017.02.13:
- Rvision des figures et graphiques pour permettre une meilleure unifomit des fontes.
4 - Corrections mineures.
5
Version 2016.02.13:
6
- Corrections au Chapitre "THORIE DES CHAMPS".
7 - Ajout de problmes de niveau avanc en thories des champs, interactions faibles et
fortes
8 - Corrections mineures.
9 Version 2016.01.06:
- Refonte du style de mise en page.
10 - Utilisation du package hyperref pour activer les hyperliens dans la table des matires
11 (globale ou partielle au dbut de chaque chapitre), dans lindex et dans le texte (quations,
figures, problmes,...).
A - Corrections mineures.
B Version 2015.04.13:
- Mise jour des tableaux de proprits des particules en annexe partir des donnes du
C Particle Data Group 2014.
- Corrections mineures.
D
E Version 2015.03.23:
- Corrections pour remdier labsence des ligatures de fl (fl apparaissait comme fl).
F - Corrections mineures.
0 // / x y . .. i
NOTIONS DE BASE
1
Chapitre 1
1.1 Survol rapide . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Un bref historique . . . . . . . . . 5
1.3 Systme dunits naturelles et
Lorentz-Heaviside . . . . . . . . . 7
1.4 Relativit et formalisme quadridi-
mensionnel . . . . . . . . . . . . 10
1.5 Notions de physique quantique 14
1.6 Forces et interactions . . . . . . 20
1.7 Le Modle Standard . . . . . . . 26
1.8 Exercices . . . . . . . . . . . . . . 30
L diversit des formes que prend celle-ci lchelle humaine, il est tentant de penser
qu une chelle plus petite, elle existe sous une forme plus fondamentale voire plus
simple. tort ou raison, lapproche scientifique sest laisse guider par ce concept
en esprant quune fois les briques fondamentales obtenues, il serait possible de reconstruire
ldifice jusqu notre chelle et mme au-del. Dans les faits, une telle reconstruction nous
chappe encore...
La premire notion dlments fondamentaux nous vient des Grecs. On pensait que la
Nature tait compose de quatre lments: lair, le feu, leau et la terre (voir figure 1.1).
Figure 1.1 JI
Air Les quatre lments fondamentaux de la Nature
(selon les Grecs).
Feu Eau
Terre
Ces lments furent ultrieurement remplacs par une notion simplificatrice, celle dune
particule indivisible de matire, latome. On attribue souvent lnonc de cette ide
Dmocrite (460 avant. J.-C Abdera, Thrace en Grce). Il faut toutefois mentionner que
cette approche na pas toujours fait lunanimit. En effet, un autre point de vue suggrait
plutt que les proprits dun objet devaient tre dcrites globalement et non partir de ses
constituants. Toutefois, dans la recherche dune structure microscopique fondamentale de
la matire comme dans dautres domaines, cette dernire approche se rvla tre un trs
srieux obstacle au progrs scientifique. Nos thories modernes de la matire, quant elles,
font appel au besoin aux deux approches: on dcrit les phnomnes physiques certaines
chelles par des descriptions empiriques (ex: modle en couches en physique nuclaire)
ou par des thories plus fondamentales (ex: Modle Standard en physique des particules).
Les constructions empiriques rvlent souvent des symtries du systme qui permettent
// / x y . .. i 1
Chapitre 1 1. NOTIONS DE BASE
2 daccder des thories plus fondamentales alors quil est aussi envisageable que les thories
plus fondamentales daujourdhui seront remplaces par des approches plus fondamentales
3 encore tout en continuant jouer un rle de modle approximatif ou efficace (ex: physique
newtonienne versus physique relativiste).
4 Ceci dit, le dernier sicle a vu la physique, et notamment la physique des particules,
faire un bond phnomnal. On a vu merger une version plus moderne de latome dans
5
laquelle celui-ci est form de constituants plus fondamentaux. Croyant que nous avions
6 affaire aux plus petites particules de la Nature, nous avons appel ces constituants (lectrons,
protons, neutrons,...) particules lmentaires. Mais la nature allait nous jouer un tour puisque
7 certaines de ces soi-disant particules lmentaires rvlrent une sous-structure (ex: quarks
et gluons). Tout en ralisant que le concept peut changer avec nos capacits dexplorer la
8 Nature, nous allons utiliser le terme particule lmentaire pour dcrire une particule, qui
selon ltat actuel de nos connaissances, ne possde aucune sous-structure.
9
Figure 1.2 N
10 chelles des composantes subatomiques.
1.1 Survol rapide
11 1.1.1 Matire
Notre perception de la matire est en constante volution mais, pour le moment, elle
A rvle une structure passablement riche dont voici une description sommaire: Commenons
par illustrer de faon simplifie la structure interne de latome la figure 1.2. On peut ds lors
B
identifier certaines des particules lmentaires comme llectron et le quark. Mais il existe
C dans la Nature dautres particules, certaines toutes aussi fondamentales, alors que dautres
sont composites. Pour le moment, notre classification de particules lmentaires se lit comme
D suit: (voir aussi figure 1.19)
i Figure 1.3 JI
Classification des particules fondamentales.
Leptons
Les leptons (ainsi nomms parce que leurs masses taient relativement petites) sont
caractriss par les proprits suivantes:
1. Ce sont des particules qui ninteragissent pas fortement (aucune interaction forte1 ).
2. Ils portent des charges lectriques entires ou nulles (multiples de la charge de
llectron).
3. Ils possdent une charge faible et peuvent tre regroups en paires appeles doublets
dinteraction faible.
4. Ils obissent la statistique de Fermi-Dirac cest--dire ce sont des fermions.
Les trois familles ou gnrations de leptons sont formes de trois leptons chargs (lectron
e, muon et lepton ) et de trois leptons neutres, les neutrinos (neutrinos e , et ):
1 Les interactions forte, faible, lectromagntique et gravitationnelle sont dcrites dans la Section 1.6.
2 // / x y . .. i
1.1 Survol rapide Chapitre 1
Leptons (spin 12 ) 1
Q=0 e 2
Q = 1 e
3
Quarks
Les quarks sont les particules lmentaires qui forment la matire nuclaire. 4
1. Ils interagissent fortement (soumis linteraction forte).
2. Ils portent des charges lectriques fractionnaires. 5
3. Ils possdent une charge faible et forment des doublets dinteraction faible.
6
4. On leur associe aussi une charge colore (# quantique appel couleur) et ils forment
des triplets dinteraction forte. 7
Les quarks apparaissent au moins en six saveurs (lexistence du quark le plus lourd, le
quark top, ayant t confirme en 1995): les quarks up, down, trange, charm, bottom 8
(encore appel aussi le quark beaut pour des raisons historiques) et le quark top.
9
Quarks ! Quarks !
10
Figure 1.4 JI
On compte six types ou saveurs de quarks: 11
le quark up, le quark down, le quark trange,
le quark charm, le quark bottom (encore ap- A
top pel aussi le quark beaut pour des raisons his-
up charme toriques) et le quark top. B
bottom C
down trange
D
Comme les leptons, ils peuvent tre regroups en doublets qui sont des copies conformes
sauf pour ce qui est de leurs masses. E
Quarks F
2
Q= 3 u(up) c(charme) t(top) i
Q = 13 d(down) s(trange) b(bottom)
De faon gnrale, on souponne que les familles de quarks et leptons sont relies; il
en existe trois de chaque. Pour le moment cependant, il semble que seuls des arguments de
symtrie viennent appuyer cette assertion.
Hadrons
Les hadrons ne sont pas des particules lmentaires. Ce sont des tats lis de quarks et
anti-quarks (voir figure 1.5). Ils sont caractriss par les proprits suivantes:
1. Ce sont des particules qui interagissent fortement (soumises linteraction forte
rsiduelle ou nuclaire).
2. Ils portent des charges lectriques entires (multiples de la charge de llectron).
3. Ils ont des interactions faibles.
4. Ils sont forms de quarks.
Dans les faits, on observe plus de deux cent hadrons. Ils peuvent eux-mmes tre
classs en deux groupes: les baryons, auxquels on associe un nombre quantique (le nombre
baryonique) et les msons qui sont responsables des interactions fortes entre hadrons.
Figure 1.5 JI
Classification des hadrons (tats lis de quarks
et dantiquarks).
// / x y . .. i 3
Chapitre 1 1. NOTIONS DE BASE
2 Hadrons
3 p proton
n neutron
4 +, 0, pions
+, 0, msons
5 lambda
K + , K 0 , K 0 , K msons K
6
Une liste plus exhaustive se trouve en Annexe E.
7
Les autres particules lmentaires connues sont directement lies aux interactions dont
8 voici une description sommaire.
forte
q q
Figure 1.6 JI
Les quatre type dinteractions recenses: gravita- faible
tionnelle, lectromagntique, faible et forte. n
e,p,
gravitationnelle
lectromagntique
Ici, nous ajoutons le Higgs aux quanta dinteractions bien quil nen soit pas un
proprement parler. Comme nous le verrons plus loin cependant, celui-ci est li au mcanisme
qui donne une masse aux bosons dinteraction faible Z 0 et W . Le graviton a pour le moment
lud toute tentative dobservation et nexiste que dans le cadre de thories quantiques de
la gravitation o il est interprt comme une fluctuation quantique du champ gravitationnel
classique. Cependant, aucune de ces thories nest entirement satisfaisante mme si certaines
sont prometteuses (supergravit, cordes, supercordes,...).
4 // / x y . .. i
1.2 Un bref historique Chapitre 1
Par ailleurs, la dcouverte du boson de Higgs reste confirmer. Dans le pass, on a
estim sa masse par des moyens indirects, mais ces estimations sont peu fiables et ont chang 1
frquemment notamment parce que les effets indirects du boson de Higgs sur les phnomnes
2
physiques sont relativement faibles. De plus, il existe plusieurs scnarios qui ne requirent
pas de bosons de Higgs alors que dautres modles proposent plusieurs Higgs. 3
En juillet 2012, les groupes ATLAS et CMS prsentaient leurs rsultats mettant en
vidence lexistence dune particule scalaire compatible avec le Higgs. La confirmation quil 4
sagit bien du Higgs exige toutefois une vrification des proprits de cette particule scalaire 5
notamment ses interactions avec les autres particules par des couplages de Yukawa.
Ces particules sont toutes de spin 1, sauf le Higgs et le graviton qui sont de spin 0 et 6
2 respectivement. Toutes les interactions sont donc la consquence dchange de bosons
7
(particules de spin entier).
8
1.1.3 Sommaire: Le "tableau priodique" du Modle Standard 9
Le tableau suivant rsume les principales proprits des particules lmentaires introduites 10
dans le Modle Standard. On peut y voir les 3 gnrations de quarks et leptons ainsi que les
bosons de jauge de la thorie et le Higgs. Le seul lment de ce tableau qui ne fait pas partie 11
intrinsque du modle est le graviton, particule qui reste ce jour hypothtique et qui serait
responsable des interactions gravitationnelles quantiques. A
Figure E.1 JI
D
"Tableau priodique" des particules lmentaires
du Modle Standard. Les encadrs indiquent E
quelles particules ont des interactions fortes, lec-
tromagntiques, faibles et gravitationnelles. F
// / x y . .. i 5
Chapitre 1 1. NOTIONS DE BASE
Anne vnement
1
1927 Dcouverte de la dsintgration .
2 P.A. Dirac propose son quation donde
1928
relativiste pour llectron.
3 1930 W. Pauli suggre lexistence du neutrino.
Particules lmentaires incluent: - lectron, proton, neutron
4 1930 (dans le noyau), neutrino dans la dsintgration , photon,
le quantum de champ lectromagntique.
5
Dcouverte du positron e+ (Anderson). Dirac ralise
1931
6 que le positron est aussi dcrit par son quation.
1932 Dcouverte du neutron n (Chadwick).
7 Thorie de Fermi de la dsintgration (interaction faible):
1933/4
ex. n p + e + e .
8 Hypothse de Yukawa sur les msons: La force nuclaire
1935
est due lchange de particules massives, les msons.
9 Dcouverte du lepton (muon). Interprt initialement,
10 1937 tort,comme le mson de Yukawa, le muon savre
trop pntrant.
11 1938 nonc de la loi de conservation du nombre baryonique.
1946/47 Dcouverte du mson charg , le pion (Powell).
A Thorie quantique de llectrodynamique (QED)
1946/50
(Feynman, Schwinger et Tomonaga).
B 1948 Production artificielle du + .
1949 Dcouverte du K + .
C
1950 Dcouverte du pion neutre, 0 + .
D Dcouverte dvnements en V Brookhaven, New York.
1951 Particules K 0 et ayant une vie moyenne trangement
E longue et nouveau nombre quantique ltranget.
1952 Dcouverte du (tat excit du nuclon).
F Yang et Mills proposent les thories de jauge
1954
non-abliennes.
i
6 // / x y . .. i
1.3 Systme dunits naturelles et Lorentz-Heaviside Chapitre 1
Anne vnement
1
1955 Dcouverte de lantiproton p (Chamberlain et Segre).
Lee et Yang suggrent que la force faible peut gnrer une 2
1956
violation P (parit).
Dcouverte de la violation de P dans les atomes de 60 Co. 3
1956
par Wu et Amber.
Dcouverte de centaines de particules lmentaires 4
1960/70
(, , K , , , ....) une vraie jungle!
5
1961 Gell-Mann propose la voie octuple SU(3).
1962 Dcouverte de et e . 6
1964 Existence des quarks u, d, s propose (Gell-Mann et Zweig).
1964 Le quark c est suggr. 7
Dcouverte de la violation de C P dans les systmes K 0 K 0
1964 8
par Cronin, Fitch, Christianson et Turlay.
Le nombre quantique de la couleur est propos:
1965 9
toutes les particules observes sont de couleur neutre.
Glashow-Salam-Weinberg proposent lunification des forces 10
1967
lectromagntique et faible. Prdiction de lexistence du Higgs.
1968-69 SLAC dtecte une structure ponctuelle du nuclon. 11
QCD: la thorie des interactions fortes entre particules
1973 A
colores. Prdiction de lexistence des gluons.
1973 Libert asymptotique postule.
Dcouverte du J/ et du quark charm c, B
1974
Stanford et Brookhaven, USA.
C
1976 Dcouverte dun troisime lepton charg, le .
1976 Dcouverte du D0 et confirmation de lexistence du quark c. D
Dcouverte dun cinquime quark, le bottom b,
1978
Fermilab, USA. E
1979 Dcouverte dun gluon DESY, Hambourg.
1983 Dcouverte du Z 0 et du W au CERN. F
Mesure au LEP (CERN) impliquant que le nombre de
1990 i
neutrinos lgers (m < 45GeV) est limit 3.
1995 Dcouverte dun sixime quark, le top t, Fermilab, USA.
1998 vidence de neutrinos massifs Super-Kamiokande, Japon.
2012 vidence du Higgs au LHC, CERN
[longueur]SI = 1 m.
[temps]SI = 1s
[masse ou nergie]SI = 1 kg ou 1 Joule
Ces units sont bien adaptes la vie de tous les jours mais sont peu pratiques tant aux
chelles microscopiques abordes en physique subatomique qu des chelles macroscopiques
requises en astrophysique. Pour simplifier le langage et malgr un souci duniformisation des
systmes dunits, les physiciens se sont dots au besoin de systmes dunits plus pratiques.
En physique des particules, les systmes tudis mettent en jeu des particules dont les
vitesses sont relativistes et dont les proprits quantiques ne peuvent tre ngliges. Par
ailleurs, la nature nous fournit deux constantes fondamentales qui sont particulirement
pertinentes pour de tels systmes: la vitesse de la lumire c et le quanta de moment cintique
// / x y . .. i 7
Chapitre 1 1. NOTIONS DE BASE
h , la constante de Planck rduite. Rappelons que dans le systme SI, ces constantes sont
1 numriquement ou trs grandes ou trs petites, ce qui complique le calcul algbrique,
2
c = 3 108 m s1 (1.1)
3
h = 1.054 1034 J s = 6.58 1022 MeV s (1.2)
4
o 1 MeV = 106 eV, eV dsignant llectron-Volt. Pour des systmes quantiques relativistes,
5 il est par contre plus naturel dexprimer une vitesse comme une fraction de c, et un moment
cintique en termes dunits de h /2 :
6
Vitesse = fraction de c
7 (1.3)
Spin = multiple de h /2
8
Le systme dunits naturelles (SUN) propose de suivre cette convention et dutiliser
9 comme talon de mesure
10
[vitesse]SUN = 1 c.
11 [moment cintique]SUN = 1 h
A [nergie]SUN = 1 eV
B o dans le dernier cas, on choisit llectron-Volt (1 eV = 1.602 1019 J.) et ses drivs tels
le MeV = 106 eV et le GeV = 109 eV comme ltalon de mesure de lnergie puisquil est
C beaucoup plus prs des chelles dnergie considres en physique des particules. Dans le
systme dunits naturelles,
D
h = c = 1 (1.4)
E et les masses de llectron et du proton sont respectivement
F me = 0.511 MeV
i mp = 938 MeV.
Exemple 1.1
titre dexemple, exprimons le mtre et la seconde en units naturelles: par analyse
dimensionnelle, il est facile de trouver la combinaison requise de h et de c qui permette
dliminer les units indsirables.
Pour le mtre, il suffit de diviser par h c (qui sexprime en units mMeV dans le SI):
1m 1m
=
h c 3 108 m s1 6.58 1022 MeV s
= 5.1 1012 MeV1 .
Pour la seconde, on divise par h (qui sexprime en units MeVs dans le SI):
1s 1s
=
h 6.58 1022 MeV s
= 1.52 1021 MeV1 .
On remarque de ces exemples que les units de longueur et de temps dans ce systme
sexpriment toutes deux en termes de linverse des units dnergie
8 // / x y . .. i
1.3 Systme dunits naturelles et Lorentz-Heaviside Chapitre 1
De faon gnrale, une quantit dans les units SI (systme international) possde des
dimensions 1
[E p Lq T r ]SI
2
o E, L et T reprsentent les units dnergie (en Joules), longueur (en mtres) et temps (en
secondes) respectivement et J p mq sr sont les units SI. Dans le SUN, cette quantit aura des 3
units dnergie la puissance p q r, soit E pqr .
La conversion du SI au SUN procde comme suit. Si dans le SI, E, L et T reprsentent 4
les units de masse, longueur et temps 5
q r p q r
p q r p L T E L T 6
[E L T ]SUN = E =
h c h SI cq h q+r SI
= [E p Lq T r ]SI 6.24 1012 MeV J1
p 7
q r
5.1 1012 MeV1 m1 1.52 1021 MeV1 s1 8
o les quantits dans les crochets [A]SUN et [A]SI sont respectivement en units SUN et SI. 9
Autrement dit, du SI au SUN, on remplace simplement le joule, le mtre et la seconde
par les facteurs suivants 10
D
nergie: 1 MeV 1.602 1013 J
Longueur: 1 MeV1 1.96 1013 m E
Temps: 1 MeV1 6.58 1022 s.
F
Systme SI SUN i
Quantit p q r n = pqr
Action 1 2 1 0
Vitesse 0 1 1 0
Masse 1 0 0 1
Longueur 0 1 0 1
Temps 0 0 1 1
Impulsion 1 1 1 1
nergie 1 2 2 1
Const. structure fine em 0 0 0 0
Const. de Fermi 1 5 2 2
Pour les systmes quantiques relativistes, lutilisation des units SUN comporte deux avan-
tages majeurs: deux des talons sont dfinis exactement (h = c = 1) et ce choix permet de
simplifier toute les quations o ces constantes apparaissent. Par exemple, la relation en
relativit restreinte entre lnergie E, limpulsion p et la masse m scrit
E 2 = p2 c2 + m2 c4 = E 2 = p2 + m2
| {z } | {z }
units SI units SUN
Malgr les avantages certains des units SUN pour des systmes quantiques relativistes, il est
souvent utile et plus intuitif dexprimer des quantits en termes des units SI. Par exemple,
lorsquon parle de la dure dun phnomne, il est plus facile de se visualiser un intervalle
de temps de 1021 s quun intervalle de 1.52 MeV1 . En consquence, nous adopterons le
systme dunits naturelles dans les chapitres qui suivent sans toutefois en faire un usage
exclusif. Le passage au systme SI ne sera pas explicitement mentionn dans la plupart des
cas mais il sera souvent vident compte tenu du contexte.
// / x y . .. i 9
Chapitre 1 1. NOTIONS DE BASE
A B A e B e = A B g (1.9)
o
g e e (1.10)
est appel le tenseur mtrique ou simplement la mtrique. Il est commun, et plus simple de
choisir une base o les vecteurs sont orthogonaux, cest--dire
g = 0 si 6= (1.11)
10 // / x y . .. i
1.4 Relativit et formalisme quadridimensionnel Chapitre 1
et donc
A B = A B e2 . (1.12) 1
Rappelons que pour deux vnements quelconques spars dans lespace de x, y et z 2
et dans le temps de t, on dfinit une quantit invariante de Lorentz, lintervalle2 entre ces
vnements comme 3
2 = (t)2 (x)2 (y)2 (z)2 . (1.13)
4
Pour le cas des quadrivecteurs despace-temps dans lespace de Minkowski, la longueur
gnralise dun vecteur de position espace-temps x correspond lintervalle entre le point x 5
et lorigine, cest--dire
6
xx = x x e2
7
= t x y2 z2 = 2
2 2
(1.14)
8
o dans le membre de droite x est la composante du quadri-vecteur le long de laxe des x.
Ainsi la norme des vecteurs de base est 9
2 1 si = 0 10
e = (1.15)
1 si = 1, 2, 3
11
et le tenseur mtrique scrit
A
1 0 0 0
0 1 0 0 B
g = . (1.16)
0 0 1 0
0 0 0 1 C
puisque
g g = (1.19)
do
A = g A (1.20)
et
g g = 4. (1.21)
Considrons les composantes contravariantes du quadrivecteur de position
x = (x0 , x1 , x2 , x3 )
= g x
0
1 0 0 0 x
0 1 0 0 x1
=
0 0 1 0 x2
0 0 0 1 x3
// / x y . .. i 11
= (x0 , x1 , x2 , x3 ) (1.23)
Chapitre 1 1. NOTIONS DE BASE
1 et donc
2 x = (x0 , x)
x = (x0 , x). (1.24)
3
Les notions dnergie et dimpulsion sont aussi intimement lies (tout comme lespace
4 et le temps) en relativit restreinte. On peut y dfinir le quadrivecteur nergie-impulsion
(composantes contravariantes)
5 p = (E, px , py , pz ) (1.25)
6 o E = m0 est lnergie totale et pi = m0 vi (i = x, y, z ou 1, 2, 3) sont les impulsions.
Lnergie cintique sobtient par
7
K = E m0
8 = ( 1)m0 . (1.26)
9 (rappelons quon utilise le systme dunits naturelles o c = 1).
10 Par ailleurs, la grandeur de p est un invariant de Lorentz et scrit comme
11 p2 = g p p
2 2 2 2
= p0 p1 p2 p3
A
= E 2 p2
B = m20 . (1.27)
C o m0 est la masse au repos de la particule soit un invariant de Lorentz. On a donc finalement
D E 2 p2 = m20 (1.28)
E ou
E 2 = p2 + m20 (1.29)
F
Les relations de conservation dnergie et dimpulsion peuvent maintenant tre exprimes
i de faon compacte. Lnergie-impulsion totale dun systme est la somme
P = pn . (1.30)
n
o pn est la quadri-impulsion de la particule n. Si on pose quil y a conservation dnergie et
dimpulsion, on aura
Pavant = Paprs . (1.31)
Il en dcoule que:
pour = i = 1, 2, 3
i i
Pavant = Paprs ou Pavant = Paprs (1.32)
ce qui reprsente la conservation de limpulsion totale
et pour = 0
0 0
Pavant = Paprs (1.33)
la conservation de lnergie totale, qui scrit aussi comme
tot tot
Eavant = Eaprs . (1.34)
12 // / x y . .. i
1.4 Relativit et formalisme quadridimensionnel Chapitre 1
x2 + y2 + z2 = t 2 . (1.35) 1
Un observateur dun repre S0 ,
qui concidait avec S t = 0 mais qui se dplace unifor- 2
mment par rapport S, verra la sphre
3
x02 + y02 + z02 = t 02 . (1.36)
4
On peut alors dduire de cette observation la transformation de Lorentz pour les coordon-
nes despace-temps, 5
t0 = (t V x) t= (t 0 +V x0 )
6
x0 = (x V t) x = (x0 +V t 0 )
(1.37)
y0 = y y = y0 7
z0 = z z = z0
8
les transformations de Lorentz des vitesses,
u0x +V 9
ux V ux =
u0x = 1u V 1+u0xV
0 ux u0y 10
uy = (1uy xV ) uy = (1.38)
(1+u0xV )
uz
u0z = (1u uz =
u0z
xV )
(1+u0xV ) 11
Remarque 1.1
i Toute quantit qui a la forme
a b = a b (1.41)
// / x y . .. i 13
Chapitre 1 1. NOTIONS DE BASE
Remarque 1.2
i Pour une description plus labore de la mcanique quantique relativiste et la thorie
quantique des champs, le lecteur peut se rfrer au Chapitre 4. i
14 // / x y . .. i
1.5 Notions de physique quantique Chapitre 1
Bosons:
Les bosons sont des particules de spin entier (0h, h , 2h, 3h, ...) qui obissent la statis- 1
tique de Bose-Einstein cest--dire quun systme de deux bosons identiques, dsigns par
2
les indices 1 et 2, est dcrit par une fonction donde qui est symtrique sous lchange des
particules 3
12
12 21 .
4
Fermions:
Les fermions sont des particules de spin demi-entier h2 , 32h , 52h , ... qui obissent la
5
statistique de Fermi-Dirac cest--dire quun systme de deux fermions identiques, dsigns
par les indices 1 et 2, est dcrit par une fonction donde qui est antisymtrique sous lchange 6
des particules
12 7
12 21 . (1.46)
8
1.5.2 Mcanique quantique relativiste
Historiquement, le passage de la mcanique quantique la mcanique quantique rela- 9
tiviste sest effectu partir dune gnralisation de lquation de Schrdinger un systme
10
relativiste.
Lquation donde de Schrdinger
11
Rappelons que lquation donde de Schrdinger est obtenue en dfinissant lhamiltonien A
H (dont les valeurs propres sont lnergie) et limpulsion p par les oprateurs diffrentiels
suivants: B
H ih (1.47) C
t
D
p ih , ih , ih = ih.. (1.48)
x y z
E
Dans le langage quadridimensionnel, on crit (h = c = 1)
F
p = ih , ih = ih = i . (1.49)
t x
i
La notation est souvent simplifie par
. (1.50)
x
Lquation de mouvement
p2
H =E = +V (1.51)
2m
devient alors lquation de Schrdinger
2
p
+V = H
2m
h 2 2
+V = ih
2m t
o est la fonction donde du systme.
Lquation de Klein-Gordon
Les quations de mouvement relativistes obissent plutt la relation (h = c = 1) dans le
cas dune particule libre
p p = E 2 p2 = m2 (1.52)
qui correspond, aprs substitution des quantits par leur reprsentation en termes doprateurs,
lquation de Klein-Gordon
2
ih (ih)2 = m2
t
2
+ 2 = m2 (1.53)
t 2
// / x y . .. i 15
Chapitre 1 1. NOTIONS DE BASE
ou encore
1
2
2 0 = 2 + 2 + m2
t
= m2
3
p2 m2 .
=
4
Cette quation dcrit les bosons (spin entier). Elle est toutefois non linaire en nergie E.
5
Incidemment, les tats ne se combinent pas en gnral de faon triviale.
6
Lquation de Dirac
7 Dans une tentative visant linariser lquation de Klein-Gordon (et rgler certains
autres problmes conceptuels comme des densits de probabilit ngatives), Dirac introduit
8 un systme linaire de quatre quations couples, lquation de Dirac. Voici sa version la
plus compacte de lquation donde pour une particule libre que nous crivons sans beaucoup
9 plus dinformations
10 i mI = 0. (1.54)
sont identifies aux gnrateurs du groupe SU(2) qui obissent aux rgles de commutation
[ i , j ] = i i jk k i = 1, 2, 3.
noter, les gnrateurs ne commutent pas. On dit alors que le groupe SU(2) est non
commutatif ou non ablien.
Pour cette raison, lquation de Dirac convient la description des fermions (spin demi-
entier). En fait, des quatre degrs de libert du bi-spineur , deux servent reprsenter la
particule dans les tats de spin 12 et deux autres, lantiparticule dans les tats de spin 21 .
Il faut donc comprendre que lquation de Dirac est en fait un systme de quatre quations
couples
i 3 i 4 m 1 = 0
t z x y
i + 4 +i 3 m 2 = 0
t z x y
i 1 i 2 m 3 = 0
t z x y
i + 2 +i 1 m 4 = 0.
t z x y
16 // / x y . .. i
1.5 Notions de physique quantique Chapitre 1
Particule-antiparticule
La notion dantiparticule fut propose par Dirac en 1928. Ce dernier interprta certaines 1
solutions de lquation qui porte son nom comme des antiparticules. Les solutions associes
2
aux antiparticules donnent lieu diffrentes interprtations, ex. une particule qui se propage
rebours dans le temps ou encore des trous dans une mer de particules. Lantiparticule est 3
caractrise par
1. des charges opposes celles de la particule (charges lectrique, faible, et autres 4
nombres quantiques...)
2. une masse, un spin et une vie moyenne identiques celles des particules. 5
Lexistence dantiparticules fut confirme par Anderson en 1933 la suite de la dcouverte
du positron (aussi appel le positon3 ou antilectron). Certaines particules (ex. le photon 6
et le boson faible Z 0 ) sont leurs propres antiparticules, les charges de la particule et de
7
lantiparticule sont les mmes.
Par convention, nous dsignerons lantiparticule par une barre au-dessus du symbole de 8
la particule.
e (lectron) e (positron) 9
(neutrino) (antineutrino)
p (proton) p (antiproton) 10
(sigma) (antisigma)
11
Nous appelons particules de matire les particules qui sont gnralement observes
comme les protons, les neutrons et les lectrons alors que leurs antiparticules sont de A
lantimatire.
La terme matire est aussi tendu, selon la convention, : B
Tout quark, (charge 23 ou 31 ).
C
Tout lepton charg ngativement.
Tout neutrino de chiralit gauche4 . D
Par opposition, lantimatire est constitue de:
Tout antiquark, (charge 32 ou 13 ). E
Tout antilepton charg positivement.
Tout antineutrino de chiralit droite. F
On fait ici une distinction entre les chiralits du neutrino parce que le neutrino de chiralit
droite est dcoupl des interactions faibles, lectromagntiques et fortes. Il ninteragit i
pas avec lunivers sauf par linteraction gravitationnelle qui est toutes fins pratiques,
ngligeable. De la mme faon, lantineutrino dhlicit gauche naurait que des interactions
gravitationnelles.
Une particule faite de quarks, comme un baryon, est appele matire. De mme une
particule faite dantiquarks, comme lantibaryon, est appele antimatire.
Pour les bosons, une telle distinction entre la matire et lantimatire nest pas toujours
pertinente (ex: photon = antiphoton). Cette classification ne sapplique simplement pas. Par
exemple, un pion charg positivement est form dun quark up et dun antiquark down alors
quun pion charg ngativement est form dun antiquark up et dun quark down. Chacune
de ces particules est lantiparticule de lautre et la distinction entre matire et antimatire est
jusqu un certain point arbitraire. Par ailleurs, les particules dchange, mdiatrices dune
force, sont identifies individuellement et on ne fait pas rfrence leur appartenance la
matire ou lantimatire.
Dans le Modle Standard, les proprits de la matire et lantimatire sont presque
identiques. Par ailleurs, un des grands mystres de la cosmologie (la thorie de lvolution
de lunivers) savre tre la raison de la prdominance de la matire sur lantimatire. Un
univers o la matire et lantimatire auraient t produites en quantits gales ne contiendrait
pas de galaxies, mais plutt de la radiation de type corps noir - comme le bruit micro-onde
observ dans toutes les directions de lunivers.
3 En franais, on accepte deux terminologies pour nommer certaines particules. Cest le cas du positron ou
positon et du deutron qui est aussi appel deuton. Dans cet ouvrage, nous adopterons le nom qui sapparente le
plus la nomenclature anglaise.
4 La chiralit et lhlicit est dfinie dans la section suivante.
// / x y . .. i 17
Chapitre 1 1. NOTIONS DE BASE
Chiralit et hlicit
1 Un objet est dit chiral si celui-ci nest pas identique son image dans un miroir. Par
ailleurs, on peut dfinir une transformation, appele parit, qui a pour effet de changer la
2
parit dune particule ou dun systme. Lorsque le systme est invariant par rapport cette
3 transformation, on dit quil y a symtrie chirale.
Une exprience sur la dsintgration faible de noyaux de Cobalt-60 effectue par Chien-
4 Shiung Wu et ses collaborateurs en 1957 a dmontr que la parit nest pas une symtrie de
lunivers.
5 En pratique, le spin est souvent utilis pour dfinir la chiralit dune particule. Cependant,
la direction relative du spin, cest--dire son hlicit, ne correspond pas toujours sa chiralit.
6 Une particule est dhlicit droite si son spin et sa quantit de mouvement sont dans
la mme direction. Elle est est dhlicit gauche si son spin et sa quantit de mouvement
7
sont en directions opposes. On trouve lhlicit avec loprateur suivant
8 p
H= = 1. (1.55)
|p|
9
o et p sont les oprateurs de spin et dimpulsion respectivement. Les particules avec
10
H = +1 sont dites dhlicit droite et celle avec H = 1 sont dhlicit gauche.
11 Le concept de chiralit dune particule est plus abstrait. Celle-ci est dtermine selon
que la particule se transforme dans la reprsentation droite ou gauche du groupe de Poincar
A et ne dpend pas en tant que tel de son mouvement. Dans certaines reprsentations, telles
que celle des spineurs de Dirac, les deux composantes sont prsentes. Dans de tels cas, nous
B pouvons dfinir des oprateurs de projection permettant de sparer les deux composantes
et les analyser individuellement. Par exemple, loprateur de projection qui dtermine la
C chiralit dun spineur de Dirac est
D 1
PL,R = (1 5 )
2
E
o
F 5 = i 0 1 2 3 = 5 = i 0 1 2 3
18 // / x y . .. i
1.5 Notions de physique quantique Chapitre 1
Rfrences 1.1 1
i Pour plus dinformations, on peut consulter les sites web suivant: 2
http://en.wikipedia.org/wiki/Chirality_(physics)
http://www.quantumfieldtheory.info/Chiralityvshelicitychart.htm 3
i
4
// / x y . .. i 19
Chapitre 1 1. NOTIONS DE BASE
1 de mouvement pour des champs quantiques libres (aucun potentiel dinteraction implique
des solutions libres). La mthode utilise les fonctions de Green auxquelles R.P. Feynman a
2 donn son interprtation doprateur.
Considrons lquation de mouvement dun boson libre (quation de Klein-Gordon)
3
(p2 m2 )(p) = 0 (1.58)
4
o (p) est une fonction donde scalaire. La fonction de Green G(p), dans lespace des
5 impulsions, obit
(p2 m2 )G(p) = 4 (p) (1.59)
6
ou encore
7 4 (p)
G(p) = . (1.60)
(p2 m2 )
8
avec la fonction delta de Dirac 4 (p) dfinie comme 4 (p) = (p0 ) (p1 ) (p2 ) (p3 ). Feyn-
9 man interprte cette fonction G(p) comme un oprateur cest--dire comme une amplitude
de probabilit associe au boson qui se propage avec une quadri-impulsion p
10
i
Propagateur = . (1.61)
11 p 2 m2
De la mme faon, Feynman dfinit un oprateur de sommet dcrivant lmission dun boson
A
par la particule 1 (et/ou absorption par la particule 2). Cet oprateur est proportionnel
B la force de linteraction et dpend directement de la constante de couplage g1 (g2 ) avec la
particule 1 (particule 2)
C Sommet g1 (et g2 ). (1.62)
D Ici, la forme de loprateur de sommet est trs simple, mais il est noter quelle est en gnral
plus complexe. Cette interprtation a permis de dvelopper une mthode graphique simple
E pour illustrer et calculer la probabilit de certains processus: Les oprateurs de propagation
et de sommet dfinissent des recettes de calculs appeles rgles de Feynman auxquelles
F correspondent des diagrammes dcrivant les trajectoires et interactions entre les particules,
cest--dire les diagrammes de Feynman.
i
Exemple 1.2
Linteraction lectromagntique entre deux particules charges via lchange dun
boson (voir figure 1.10) est dcrite par une amplitude de probabilit qui correspond au
produit doprateurs (oprateurs de sommet avec couplage g1 (et g2 ) et propagateur):
i
Amplitude g1 2 g2
p m2
g1 g2 2
Probabilit p2 m2 .
Figure 1.10 N
Exemple de diagramme de Feynman: deux parti-
cules (lignes pleines) interagissent par lchange En QED (thorie quantique de llectrodynamique), la masse du photon est nulle et le
dun quanta (ligne ondule). couplage est proportionnel la charge e. La section efficace pour la collision de particules
charges est
2
d 2 e2 e4
2
2
= 4, (1.63)
dp p p
un rsultat qui a aussi t obtenu par Rutherford laide de mthodes plus rudimentaires.
20 // / x y . .. i
1.6 Forces et interactions Chapitre 1
Chacune des interactions connues est caractrise par un certain nombre de proprits.
Qui plus est, la nature des particules lmentaires est souvent dfinie grce leurs interactions 1
ex: les leptons nont pas dinteractions fortes. Nous revenons donc sur les interactions plus
en dtails pour identifier leurs principales proprits. 2
3
1.6.1 Approche de Yukawa et porte des interactions
En 1935, H. Yukawa propose une connexion entre la porte dune interaction et la masse 4
du quantum chang pendant linteraction. Il sintresse plus particulirement dcrire
les interactions nuclaires (ou "fortes rsiduelles") qui ont une porte finie de quelques 5
femtomtres.
6
Considrons par exemple lchange virtuel dun boson de masse m. Le principe dincertitude
de Heisenberg (1.56) nous indique que le processus est indtectable dans la mesure o il se 7
produit lintrieur dun dlai
h h 8
t . (1.64)
E m
Il est donc caractris par une porte maximale de (h = c = 1) 9
1 10
R = ct = t . (1.65)
m
11
puisque la vitesse de ce boson ne peut excder c. On remarque alors la relation
1 A
R (1.66)
m B
entre la porte de linteraction et la masse de la particule change.
Ce rsultat peut tre dduit plus formellement de lquation de Klein-Gordon (1.53). Si C
le boson dinteraction de masse m se propage librement entre deux interactions, il est dcrit
par lquation suivante: D
2
2 + 2 m2 = 0. E
t
Considrons une fonction donde statique ayant une symtrie sphrique. Alors la com- F
posante radiale de la fonction donde peut sexprimer
i
(x ) = U(r).
En insrant cette fonction dans lquation de Klein-Gordon, on a
2U(r) m2U(r) = 0
1 2
r U(r) m2U(r) = 0
r2 r r
o r = 0 est identifi lorigine. Cette quation a pour solution
g r/R
U(r) = e , r>0 (1.67)
4r
o
1
R = : porte des interactions
m
g = constante dintgration.
On note alors que la fonction donde de la particule dchange subit un amortissement
exponentiel er/R une distance r = R. Lchange est donc limit dans sa porte une
distance R qui est inversement proportionnelle la masse de la particule dchange.
Exemple 1.3
Interaction lectromagntique.
Le photon est le quantum dchange dans une interaction lectromagntique mais la masse
du photon tant nulle
2U(r) = 0, r > 0
// / x y . .. i 21
Chapitre 1 1. NOTIONS DE BASE
do
1 g Q
U(r) = = .
4r 4r
2 Si on interprte U(r) comme le potentiel lectrostatique, alors Q est la charge lectrique
3 une constante multiplicative prs.
4 Dans ce dernier exemple, nous voyons que g, la constante dintgration, joue le rle de la
charge lectrique. Cette interprtation peut tre transpose dautres interactions.
5 Revenons aux calculs de Yukawa dans le cadre des interactions fortes. La porte des
interactions nuclaires (interactions fortes) est de R ' 1015 m, ce qui poussa Yukawa
6
prdire une particule dchange de masse m = R1 ' 100 MeV et sans spin pour les interactions
7 fortes. En 1947, le pion (spin 0, m = 140 MeV) fut dcouvert. Un peu avant, on avait mis en
vidence lexistence du muon () ayant approximativement la mme masse mais il devint
8 vident par la suite que celui-ci ne pouvait tre la particule de Yukawa, le muon nayant pas
dinteractions fortes.
9 Lapproche de Yukawa permit une nouvelle interprtation des phnomnes nuclaires,
mais elle reste toutefois trop nave pour expliquer adquatement les interactions fortes dans
10 leur ensemble.
11
1.6.2 Interactions lectromagntiques
A Linteraction lectromagntique est la mieux connue des interactions. Nous verrons au
Chapitre 8, que la description des interactions lectromagntiques que nous donne la physique
B savre en fait le plus grand succs de la science, tous domaines confondus.
C La magnitude des interactions est tout dabord relie la grandeur du couplage (ex:
couplage aux sommets de la figure 1.11(a)). Pour les interactions lectromagntiques, celle-ci
D est dtermine par la constante adimensionnelle suivante
E e2 e2 1
em = = = . (1.68)
4 h c 4 137.0360
F
Par exemple, la formule de Rutherford (q. 1.63) qui dcrit la section efficace pour une
i collision entre deux particules charges pourrait sexprimer comme
d2 2
2
em . (1.69)
dp p4
22 // / x y . .. i
1.6 Forces et interactions Chapitre 1
En thorie quantique des champs, toute variation de champ lectromagntique ou
onde lectromagntique peut tre dcrite en termes de photons. Quand un trs grand 1
nombre de photons sont impliqus, leffet global est donn par la thorie classique
2
correspondante, savoir les quations de Maxwell.
3
4. Photons:
Les photons, appeles particules , produits dans des dsintgrations radioactives sont 4
sont aussi des manifestations des interactions lectromagntiques, ex: ondes radio,
microondes, rayons-X ou rayons-. 5
7
Figure 1.11 JI
8
Exemples dinteractions lectromagntiques: (a)
effet photolectrique ( + e e), (b) diffusion de
Rutherford (e + e e + e), (c) rayonnement de 9
freinage (e + N e + N + ) et (d) diagrammes
plusieurs boucles pour la self-nergie. 10
11
B
Plus gnralement, les interactions lectromagntiques (voir figure 1.11) sont alors C
caractrises par les proprits suivantes:
elles mettent en jeu des particules charges lectriquement; D
e2 1
le couplage lectromagntique relativement petit: em = 4 = 137.0360 ;
un temps dinteraction et/ou vie moyenne typique de 10 20 s; E
une section efficace typique de 1033 m2 ; F
lelles change de photons ();
m = 0, donc porte R = . i
1.6.3 Interactions faibles
Les principales manifestations des interactions faibles sont:
1. La dsintgration du neutron, ex. n p + e + e .
2. La capture dantineutrinos, ex. p + e n + e+ .
3. Les ractions hadroniques pures, ex. la dsintgration des , peuvent passer par le
mode faible ou le mode lectromagntique, mais les caractristiques diffrent suivant
le mode de dsintgration:
// / x y . .. i 23
Chapitre 1 1. NOTIONS DE BASE
1
Figure 1.12 JI
2 Exemples dinteraction faibles: (a) dsintgration
du neutron (n p + e + e ) et (b) capture de
neutrinos (p + e n + e+ ). Les contenus en
3 quarks du proton et du neutron, p = (uud) et n =
(ddu) son illustrs clairement.
4
5
Les interactions lectromagntiques et faibles (lectrofaibles) sont unifies dans le modle
6 de Glashow-Weinberg-Salam (1967). Mais basse nergie, la symtrie qui relie ces deux
interactions est brise et les deux forces semblent distinctes. Les interactions faibles mettent
7 en jeu un couplage faible gW et lchange des bosons de jauge W et Z 0 . Il sensuit que les
ractions faibles sont dcrites par une amplitude de probabilit de la forme
8
gW2
9 Amplitude 2
. (1.70)
q2 MW,Z
10
o q2 est le transfert de quadri-impulsion porte dans lchange du quantum.
11 Le modle de Glashow-Weinberg-Salam a succd au modle de Fermi longtemps utilis
en physique nuclaire. Ce dernier expliquait bien les phnomnes basse nergie mais
A rsistait toute tentative de calculs perturbatifs qui auraient augment la prcision des
prdictions. Cette difficult est identifie la non renormalisabilit de la thorie de Fermi,
B cest--dire limpossibilit de faire des calculs perturbatifs sans rencontrer des problmes de
divergences irrconciliables (nous dcrirons ces problmes au Chapitre 11). Des divergences
C apparaissent aussi dans le modle de Glashow-Weinberg-Salam mais il existe une procdure
D qui permet de les liminer systmatiquement. On dit alors que le modle est renormalisable.
F Figure 1.13 JI
La thorie de Weinberg-Salam versus thorie
de Fermi: (a) Linteraction faible selon la thorie
i de Weinberg-Salam procde par lchange de
bosons massifs W ou Z 0 . (b) Le mme
phnomne peru des chelles dnergies plus
faibles (ou de distances plus grandes) ressemble
une interaction ponctuelle entre quatre particu- Les deux modles se distinguent par la faon dont les interactions se droulent. Par
les conformment la thorie de Fermi. exemple, dans le modle de Fermi, quatre particules interagissent directement (voir figure
1.13(b)). On dit alors que linteraction est quatre points et la force de linteraction est alors
donne par la constante de Fermi GF = 105 GeV2 . Dans le modle de Glashow-Weinberg-
Salam, les mmes quatre particules interagissent par lchange dun W ou Z 0 (voir figure
1.13(a)) et linteraction fondamentale est une interaction trois points, cest--dire quelle
implique trois particules, deux fermions et un boson, avec un couplage gW . Dans le processus
(a), le sommet fermion-fermion-boson apprat deux fois Par contre, dans la limite de basse
nergie q2 0, la thorie de Glashow-Weinberg-Salam se devait de reproduire les succs
de la thorie des interactions faibles de Fermi (1935). Linteraction des quatre particules est
dcrite par lamplitude de probabilit suivante:
1
Amplitude gW 2
gW (1.71)
q2 MW,Z
o on peut lire quun facteur gW est attribuable chacun des deux sommets dinteractions
1
de la figure 1.13(a) et le facteur q2 MW,Z
2 vient du propagateur du W ou Z 0 . Pour
q2 0 lamplitude se ramne celle donne par la thorie de Fermi si gW
2 G M2 .
F W
2
gW
Amplitude 2
(1.72)
q2 MW,Z
2
gW
2
GF
= 105 GeV2 (1.73)
q2 0 MW
24 // / x y . .. i
1.6 Forces et interactions Chapitre 1
Physiquement, la limite de basse nergie est quivalente examiner le processus de la figure
1.13(a) dune distance loigne. Lchange du W ou Z 0 se fait alors sur une chelle trop 1
petite pour tre perceptible et le diagramme ressemble celui de la figure 1.13(b). 2
Le modle de Glashow-Weinberg-Salam a donc remplac la thorie de Fermi puisquil
a lavantage sur lui dtre renormalisable. Cest aussi un exemple dunification de forces 3
(faible et lectromagntique) dont nous verrons les dtails dans le Chapitre 9, consacr aux
interactions faibles. 4
Exemple 1.5
Interaction forte rsiduelle
basses nergies, les tats lis de quarks (hadrons) interagissent entre eux globalement
via les interactions fortes rsiduelles La figure 1.15) illustre un diagramme de Feynman
pour une interaction forte entre le neutron et le proton via lchange de msons .
Figure 1.15 N
Exemple dinteractions fortes rsiduelles.
// / x y . .. i 25
Chapitre 1 1. NOTIONS DE BASE
plus petites que linteraction faible. Donc, toutes fins pratiques, les effets de la gravitation
1 peuvent tre ignors dans des processus de physique de particules impliquant de petits
nombres de particules.
2 Mais alors pourquoi la gravit est-elle si vidente pour nous?
3 La seule raison pour laquelle nous subissons des effets perceptibles de la gravit est quil
ny a rien de telle que de lnergie ngative et, ainsi, les effets gravitationnels de tous les
4 objets sajoutent - aucune annulation nest possible.
La Terre exerce sur nous une force gravitationnelle beaucoup plus forte que sa force
5 lectrique. En fait, les charges lectriques sur Terre sont toutes quilibres (autant de charges
positives de noyaux atomiques que de charges ngatives des lectrons), mais les masses de
6 tous les atomes de la Terre se combinent pour donner un effet gravitationnel mesurable sur
7 des objets situs la surface de la Terre.
La particule dchange des interactions gravitationnelles a t nomme graviton. Cepen-
8 dant, il nexiste pas actuellement de thorie quantique gravitationnelle satisfaisante bien que
la supergravit, les cordes ou les supercordes soient de bonnes candidates. Ainsi lintgration
9 de la gravit la physique des particules reste un problme majeur en suspens. Beaucoup
defforts en physique thorique sont orients sur ce problme.
10 Si nous voulons comprendre le Big Bang - les tout premiers moments dans lhistoire de
lunivers - nous devrons comprendre la gravit quantique. Selon la thorie du Big Bang,
11
lunivers, ce moment-l, tait un liquide trs dense form de particules de trs hautes
A nergies. Les interactions gravitationnelles sont comparables en importance aux autres
interactions entre particules dans cet environnement, donc nous avons besoin dune thorie
B cohrente qui peut traiter tous les types dinteractions sur le mme pied pour tre en mesure
de vraiment comprendre ce qui sest pass pendant cette lointaine poque.
C Malgr ces incertitudes, il est gnralement tabli quune thorie quantique gravitation-
nelle devrait possder les caractristiques suivantes:
D
elle implique tout ce qui possde une nergie-masse et qui modifie la mtrique (tenseur
E nergie-impulsion);
un couplage extrmement faible au niveau subatomique: le couplage typique entre
F G m2
deux protons est G = N4 p ' 4.6 1040 ;
le graviton, boson dinteraction de spin 2 correspond une fluctuation quantique de la
i mtrique;
une masse nulle du graviton, la gravitation ayant une porte infinie.
Interactions
Gravit lectromagntique Faibles Fortes
change 10 gravitons photon Z 0 ,W 8 gluons
SpinParit 2+ 1 1 , 1+ 1
Masse (GeV) 0 0 90, 81 0
Porte (m) 1018 , 1015
Source masse-nergie charge lec. charge faible couleur
Couplage 4.6 1040 1
137 8.1169 107 '1
typique(s) 1020 108 1023
typique (m2 ) 1033 1044 1030
26 // / x y . .. i
1.7 Le Modle Standard Chapitre 1
Pour les scientifiques, lexpression "la thorie de ..." signale une ide particulirement
bien vrifie. Une hypothse est une ide ou une suggestion qui a t avance pour expliquer 1
un ensemble dobservations. Elle peut tre exprime en termes dun modle mathmatique.
Le modle, quant lui, fait un certain nombre de prdictions qui peuvent tre confirmes par 2
les expriences. Aprs de nombreuses vrifications exprimentales, si le modle peut tre 3
raffin pour correctement dcrire tous les rsultats, alors il acquiert un statut plus lev.
Le scientifique nutilise le terme thorie que pour des ides qui ont t vrifies et dvelop- 4
pes un point tel que nous savons quil y a en effet une certaine gamme de phnomnes
pour lesquels ils donnent systmatiquement des prdictions correctes. Bien sr, une thorie 5
ne peut jamais tre compltement prouve. Si elle ltait nous en parlerions comme si
ctait une loi - cest pourquoi nous avons pratiquement vacu loi de notre vocabulaire. 6
Cependant, la thorie doit obir au mme ensemble de rgles vrifies dans un domaine tabli
7
dapplicabilit, tout comme les ides anciennement appeles des lois.
Ces thories resteront toujours une partie de notre comprhension de la matire, mme 8
si de rcentes dcouvertes venaient les infirmer. Par exemple, la thorie de la relativit
restreinte dEinstein a remplac les lois de la mcanique de Newton. Toutefois, la version 9
newtonienne reste une excellente approximation de la thorie dEinstein quand les objets se
dplacent des vitesses qui sont petites compares la vitesse de lumire. (En ralit, les 10
lois de Newton restent valides dans la thorie dEinstein pour autant que lon utilise leurs
formes correctes ainsi que les dfinitions relativistes correctes pour lnergie et limpulsion.) 11
De la mme manire, la thorie atomique nest pas infirme, mais plutt tendue, par la A
dcouverte dune structure de protons et de neutrons. Si nous dcouvrons plus tard que les
particules maintenant considres comme lmentaires dans le Modle Standard ont effec- B
tivement une sous-structure, ou quil y a dautres types de particules dchange plus massives
absentes du Modle Standard, cela mnera de la mme faon des extensions du Modle C
Standard. Cependant, nous avons cumul suffisamment de confirmations exprimentales pour
tre convaincus quil y aura toujours un ensemble de phnomnes pour lesquels le Modle D
Standard fournit des prdictions adquates.
E
Donc pour rpondre la question, nous avons bien ici une thorie! Mais ce qui est un peu
particulier, cest quelle porte le nom Modle Standard. Historiquement, il y a eu un certain F
nombre de modles rivaux semblables; celui qui a rsist aux multiples tests exprimentaux
est devenu le Modle Standard et finalement, la thorie des particules lmentaires et leurs i
interactions. Les physiciens continuent utiliser le terme Modle Standard, mais utilisent
souvent des majuscules pour dnoter son statut plus lev que celui de simple modle!
La recherche en physique des particules va souvent au-del du Modle Standard, pour
rpondre aux questions auxquelles celui-ci napporte pas de rponses ou pour expliquer des
quantits qui sont introduites comme des paramtres dans la description fournie par le Modle
Standard. Bien sr, on cherche aussi vrifier les prdictions ou dans certains cas, tablir
ces prdictions ou leurs domaines dapplicabilit dans les secteurs qui restent inexplors
(notamment des plus hautes nergies).
Les chapitres qui suivent dcrivent ltat de la situation pour le Modle Standard versus
les donnes exprimentales. Le Chapitre 11 est consacr aux perspectives dextensions de
cette thorie.
// / x y . .. i 27
Chapitre 1 1. NOTIONS DE BASE
1.7.1 Sommaire
1
Leptons
2
3 Figure 1.16 JI
Les 3 gnrations de leptons du Modle Stan-
4 dard.
10
Figure 1.17 JI
11 Les 3 gnrations de quarks du Modle Standard.
Quarks
A
i
Figure 1.18 JI
Particules dchange pour les interactions lectro-
magntiques, faibles, fortes et gravitationnelles.
28 // / x y . .. i
1.7 Le Modle Standard Chapitre 1
Le "tableau priodique" du Modle Standard
1
4
Figure 1.19 JI
"Tableau priodique" des particules lmentaires 5
du Modle Standard. Les encadrs indiquent
quelles particules ont des interactions fortes, lec- 6
tromagntiques, faibles et gravitationnelles.
7
10
11
// / x y . .. i 29
Chapitre 1 1. NOTIONS DE BASE
1.8 Exercices
1
1.1 Champs et particules
2 Laquelle de ces affirmations est la plus conforme la thorie quantique des champs :
(a) chaque particule (comme llectron) produit un champ (comme le champ lec-
3 tromagntique) qui remplit lespace, transporte lnergie et communique les
interactions entre les particules;
4 (b) ce sont les quanta des champs (dinteraction) qui transportent lnergie et limpulsion
dune particule une autre, celles-ci tant elles-mmes des tats quantifis de
5 champs (de matire).
6 1.2 Tableau des particules les plus stables
Voici la liste de quelques particules parmi les plus stables:
7
e , 0 , , , 0 , , e , p, , , + , 0
8 + , 0 , , , , + , , n, ,
9 Dans un tableau, classez ces particules ainsi que leur antiparticule en fonction de
leur famille (leptons, hadrons, msons et baryons). Indiquez galement leur temps de
10 vie, leur masse, leur charge lectrique ainsi que leur spin. Indiquez si la particule est
bosonique ou fermionique. Pour ce faire, vous devez utiliser les tableaux disponibles
11 la fin des notes de cours.
1.3 Un peu de rflexion
A (a) Si linteraction gravitationnelle a une porte infinie, quelle est la masse du
B graviton ? Pourquoi ?
(b) Quelle particule lmentaire serait la plus abondante dans lunivers ?
C (c) Quelles interactions agissent sur leurs propres quanta ?
(d) Quel type de particules constitue la matire : les bosons ou les fermions ?
D Comment expliquer ce fait laide du principe dexclusion de Pauli ?
1.4 Types dinteractions
E Identifiez le type dinteraction (faible, forte ou lectromagntique) qui intervient dans
les ractions suivantes :
F
(a) le rayonnement (mission de noyaux dhlium) ;
i (b) le rayonnement (flux dlectrons) ;
(c) le rayonnement (photons de grande nergie) ;
(d) la dsintgration du muon e + + e ;
(e) lannihilation de llectron et du positron e+ + e ;
(f) lattraction entre les neutrons et protons ;
(g) la dsintgration dun antipion + + + ;
(h) la dsintgration dun lambda p+ + ;
(i) la rpulsion de 2 protons;
(j) lattraction de 2 lectrons.
1.5 Diagrammes de Feynman
Reprsentez les processus suivants laide de diagrammes de Feynman et prcisez
aussi la nature des interactions en cause (lectromagntique, faible, forte):
(a) 2 protons se repoussent par lchange dun photon virtuel ;
(b) un neutron se transforme en un proton par lmission dun W virtuel qui se
dsintgre ensuite en un lectron et un antineutrino lectronique ;
(c) un lectron et un antineutrino lectronique deviennent respectivement un antineu-
trino lectronique et un lectron via lchange dun W virtuel;
(d) un lectron et un antineutrino lectronique se diffusent par lchange dun Z 0
virtuel.
1.6 Units naturelles
(a) Convertissez les quantits suivantes en units naturelles :
i. lunit de force 1 N = 1 kgm/s2 ;
ii. la masse du proton m p = 1.672 1027 kg;
iii. constante de Coulomb k = 1/(4 0 ) = 9 109 Nm2 /C2 (1 C = 6.24
1018 );
iv. constante de structure fine = ke2 /(hc) 1/137;
v. constante de Boltzmann kB = 1.381 1023 J/K.
30 // / x y . .. i
1.8 Exercices Chapitre 1
(b) Les expressions suivantes sont crites en units naturelles. Retournez aux units
SI en rintroduisant les symboles h et c: 1
1 2
i. quation de Schrdinger 2m x2
(x,t) +V (x)(x,t) = i t (x,t);
2
ii. onde plane (x,t) = e i(pxEt) ;
iii. nergies relativistes E 2 = p2 + m2 , E = m = 1 2 m; 3
1v
2 1
iv. longueur donde = p = ; 4
E 2 m2
1
v. porte maximale dune interaction R t 2m . 5
1.7 Dynamique relativiste 6
(a) Quel est le momentum dun proton dont lnergie cintique est de 1 MeV ?
(b) Le temps de vie moyen du mson au repos est de 2 106 s. Dans une 7
exprience, on mesure un temps de vie moyen de 4 106 s. Quelle est la vitesse
moyenne des particules dans le laboratoire ? 8
(c) Un proton passe du repos une vitesse de 0, 9c. Quel est son changement en
nergie ? 9
(d) Un lectron a une vitesse de 0, 3c. Quelle est lnergie ncessaire pour tripler 10
cette vitesse ?
(e) Prs dun noyau massif, un photon de 2 MeV est absorb par un lectron quasi- 11
stationnaire. Si lnergie de recul du noyau est ngligeable, quelle est la vitesse
finale de llectron ? A
(f) Quelle doit tre la vitesse dune particule pour que son nergie cintique soit
gale son nergie de masse ? B
1.8 Lquation de Klein-Gordon
C
Considrons une particule relativiste de masse m se dplaant sur une ligne (axe des x)
avec un moment linaire p. D
(a) Montrez que, si la particule est dcrite par une onde plane de de Broglie (t, x) =
ei(pxEt)/h et par la relation de dispersion relativiste E 2 = m2 c4 + p2 c2 , lquation E
donde de la particule est la suivante:
F
2 1 2 mc 2
(t, x) = 0 . i
x2 c2 t 2 h
(t, x) + J(t, x) = 0
t x
o la densit de probabilit et le courant de probabilit J sont donns par
ih
(t, x) = et J(t, x) = ( x x ) .
2m
Montrez que lquation de Klein-Gordon implique aussi une quation de continu-
it avec :
ih ih
(t, x) = ( t t ) et J(t, x) = ( x ) .
2m 2m
Par contre, on ne peut plus interprter comme tant une densit de probabilit.
Pourquoi ?
1.9 Lquation de Dirac
// / x y . .. i 31
Chapitre 1 1. NOTIONS DE BASE
(a) Dmontrez quil est impossible de trouver une paire de nombres complexes a et
1 b telle que :
C = aA + bB et C2 = A2 + B2
2
o A, B et C sont des oprateurs qui commutent entre eux.
3 (b) Montrez que les 2 expressions prcdentes sont possibles si :
4
0 1
1 0
a = x et b = z
1 0 0 1
5
6 (c) Utilisez les rsultats prcdents pour justifiez le fait que lquation de Dirac,
10
(t, x)
(t, x) = .
X(t, x)
11
(e) Obtenez lquation de Dirac indpendante du temps en utilisant la sparation de
A
variables suivante:
B
(x)
(t, x) = (x)eiEt/h = eiEt/h .
(x)
C
D (f) Prenez la limite non relativiste (faible nergie) et montrez que la (petite) com-
posante devient ngligeable alors que la (grande) composante obit
E lquation de Schrdinger suivante:
F h 2 d 2
(x) = (E mc2 ) (x) .
2m dx2
i
(g) Montrez quune interprtation probabiliste est possible en vrifiant que lquation
de Dirac implique une quation de continuit,
(t, x) + J(t, x) = 0
t x
o
(t, x) =
ih
J(t, x) = ( x x ) ,
2m
puis que la densit est toujours positive.
(h) Montrez enfin que les vecteurs
1 0
(x)+ = , (x) =
0 1
sont des solutions de lquation des tats stationnaires. Quelle est leur nergie
respective ? Interprtez ce dernier rsultat.
1.10 Initiation la thorie quantique des champs : bosons non relativistes
Ce problme sadresse aux personnes ayant de solides bases en mcanique quantique.
On prsente ici lide de la seconde quantification en une dimension. La premire quan-
tification consiste essentiellement lever les variables de position x j et de momentum
p j au rang doprateurs hermitiens dont la relation de commutation est [x j , pk ] = ih jk
; la premire quantification donne ainsi lquation donde de Schrdinger dans le cas
non relativiste. La seconde quantification consiste quantifier la fonction donde,
32 // / x y . .. i
1.8 Exercices Chapitre 1
cest--dire considrer la fonction donde (x,t) comme tant un oprateur satisfaisant
les relations de commutation (en temps gal) suivantes : 1
[(x,t), (x0 ,t)] = (x x0 ), [(x,t), (x0 ,t)] = 0 = [ (x,t), (x0 ,t)] (1.74) 2
10
11
// / x y . .. i 33
SOURCES ET DTECTEURS
2
Chapitre 2
2.1 Sources . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.2 Dtecteurs . . . . . . . . . . . . . 42
2.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . 56
VANT D ABORDER les modles sur lesquels est base notre vision de la physique
2.1 Sources
2.1.1 Radioactivit
La radioactivit provient de la dsintgration spontane (relevant de linteraction faible)
de noyaux lourds. Elle est caractrise par lmission dune ou plusieurs des particules
lgres suivantes
e , e+ , , p, n et (He++ )
dont les nergies sont de lordre de grandeur des nergies de liaison nuclaire (environ 10
MeV).
// / x y . .. i 35
Chapitre 2 2. SOURCES ET DTECTEURS
a observ des rayons cosmiques avec des nergies au-del de 5 1019 eV. Tout indique que
1 ceux-ci pourraient avoir t produits par des galaxies actives.
2
2.1.3 Acclrateurs
3 Outre les sources naturelles, les physiciens des hautes nergies se sont donns des outils
pour tudier les phnomnes subatomiques: les acclrateurs de particules. Ces appareils
4
ont men un progrs phnomnal notamment en physique des particules en permettant de
5 sonder la matire des distances de plus en plus petites.
On doit ce progrs en grande partie laccroissement constant de lnergie des particules
6 projectiles. Cet accroissement rpond deux objectifs:
1. La production de nouvelles ractions ou de nouvelles particules finales souvent plus
7 massives, ce qui nest possible que si lnergie initiale dans le centre de masse est
suffisante.
8
2. Sonder la matire de plus en plus profondment pour dcouvrir des sous-structures, en
9 diminuant la longueur donde des particules incidentes ( = 1p ) pour obtenir un plus
grand pouvoir sparateur au cours de diffusions hautes nergies (exemple : diffusion
10 trs inlastique dlectrons trs nergtiques sur des protons).
11 La physique de lacclrateur
Pour acclrer une particule lnergie voulue, on utilise ses proprits lectroma-
A gntiques. Une particule de charge q place dans les appareillages qui produisent des champs
E et B subira une force
B
C F(t) = qE + qv B (2.1)
D (consquence des quations de Maxwell). Cette relation tient pour des systmes relativistes
si on dfinit:
E dp d
F(t) = (mv) (2.2)
dt dt
F
Dautre part, le taux de travail accompli sur une particule charge ou le gain dnergie par
i unit de temps de la particule scrit
dW d p0
= = F v = qE v.
dt dt
o p0 est lnergie. Notons que le champ B neffectue aucun travail sur la particule. Donc de
faon gnrale, le champ lectrique est ncessaire pour acclrer les particules tandis que
les champs magntiques sont utiliss pour contrler leur trajectoire. Un champ magntique
perpendiculaire la vitesse des particules permet de maintenir celles-ci sur une trajectoire
circulaire si ncessaire. Des aimants quadripolaires (et quelques fois sextupolaires et octopo-
laires) tiennent le faisceau de particules charges focalis sinon le faisceau aurait tendance
se disperser tant form de particules avec des charges lectriques de mme signe.
36 // / x y . .. i
2.1 Sources Chapitre 2
Cette contrainte est toutefois moins importante pour une particule lgre puisque ds 1
quelle atteint une nergie cintique comparable sa masse, sa vitesse sapproche de c et la
longueur des lectrodes requise est alors pratiquement constante. Elle peut alors tre acclre 2
par une onde lectromagntique produite dans une cavit rsonnante. Les particules charges,
3
qui sont en gnral acclres en paquets, se propagent alors en phase avec cette onde.
Les acclrateurs linaires lectrons permettent dacclrer simultanment des positrons 4
en alternant les paquets dlectrons et de positrons. Les positrons sont acclrs dans le
mme sens puisque soumis une diffrence de potentiel, V , leur sortie des lectrodes. Il 5
est ensuite possible de sparer les faisceaux la sortie de lacclrateur grce un champ
magntique. 6
Le plus grand de ces acclrateurs lectrons est encore celui de Stanford (U.S.A.) qui
7
atteint une nergie de 20 GeV avec une longueur de 3 km. Pour fin de comparaison
me = 0.511 MeV 8
K = 20000 MeV 9
Puis pendant plusieurs annes, il fut utilis comme injecteur pour un projet plus ambitieux,
le SLC. On y sparait les faisceaux lectron-positron pour les orienter sur des trajectoires 10
distinctes et, tout en continuant de les acclrer, on les guide vers une collision face--face 11
(50 GeV sur 50 GeV) (voir figure 2.2). Depuis peu, il sert alimenter une manufacture de
msons beaux, B et B, dans les anneaux de storage de PEP-II (projet BaBar). A
Acclrateurs circulaires (Cyclotron et Synchrotrons) B
Figure 2.2 N
Lanctre de ces appareils est le cyclotron, une invention due Lawrence (1930). Il est Le collisionneur SLC du SLAC (Stanford Linear
bas sur lide de contenir la particule dans une rgion limite en y appliquant un champ Accelerator Center) Stanford, USA. Les premi- C
magntique. Lacclration est obtenue au moyen dun champ lectrique. res tapes de lacclration se produisent dans la
partie linaire originale de lacclrateur du SLAC D
La source de particules est place au centre dune enceinte cylindrique sous vide. Les
(reproduit avec lautorisation de SLAC, Stanford,
particules se propagent entre les deux pices polaires dun lectro-aimant et sont donc USA).
E
constamment soumises un champ magntique uniforme B. Lappareil ressemble un
sandwich cylindrique coup en deux le long de son diamtre (voir figure 2.3). Les lectro- F
aimants ont une forme de D (do le nom de dee qui les caractrise). Deux lectrodes entre
lesquelles est applique une tension variable haute frquence (HF) sont disposes dans i
lespace sparant les deux D.
Figure 2.3 JI
Cyclotron: la trajectoire des particules charges
est circulaire entre les lectro-aimants en forme
de D alors que celles-ci sont acclres grce
une tension applique dans la rgion sparant
les deux D.
Puisque le champ lectrique est nul lintrieur dun D, lquation de mouvement scrit
dp d
= m v = qv B
dt dt
la vitesse |v| tant constante.
Pour un champ uniforme et constant, si la vitesse initiale est perpendiculaire la direction
de B, la trajectoire sera circulaire tout en demeurant dans le plan perpendiculaire B puisque
dp d
B = (B p) = B (qv B) = 0
dt dt
Le rayon de la trajectoire entre les D est donn par
m |v| |p|
= = (2.3)
|q| |B| |q| |B|
// / x y . .. i 37
Chapitre 2 2. SOURCES ET DTECTEURS
3 |q| |B|
' .
m
4
Il est possible dacclrer la particule chaque passage dun D lautre, en appliquant
5 une tension haute frquence bien synchronise. Il sensuit un accroissement dimpulsion de
6 d |q|
p = |q| |E| t = |q| |E| = V
|v| |v|
7
o d est la distance entre les D et V, la tension applique.
8 Puisque le rayon de la trajectoire dpend de limpulsion, le tout se traduit par un ac-
croissement correspondant du rayon , et la trajectoire ressemble globalement une spirale
9 faite de demi-cercles.
Pour un rayon , un champ magntique et une impulsion exprims en mtre, Tesla et
10
GeV respectivement, (2.3) scrit (|q| = 1),
11
|p| = 0.3 |B| .
A
Par ailleurs, la direction de la courbure permet en gnral de dterminer le signe de la charge.
B Aires
d'interaction
Lorsque la vitesse devient relativiste, la frquence de rotation = |q||B|
m est modifie
C Aimant dipolaire chaque passage. Il est donc ncessaire de modifier la frquence du champ lectrique pour le
Aimant quadrupolaire
synchroniser aux passages dun paquet de particules au centre de la machine. Cest sur ce
D Cavits principe que sont construits les synchro-cyclotrons.
rsonantes
E Toutefois, on atteint vite les limites raisonnables pour la dimension des lectro-aimants si
~ RF ~ RF on persiste utiliser les synchro-cyclotrons pour des protons de plus de 1 GeV.
F Finalement, dans les synchrotrons, on ajuste le champ magntique B pendant lacclration
de faon maintenir le rayon de courbure du faisceau peu prs constant (voir figure 2.4).
i Lacclrateur consiste en une srie daimants dipolaires qui servent courber la trajectoire,
ainsi que, intercals des endroits stratgiques des aimants quadripolaires pour focaliser le
faisceau, des cavits rsonnantes haute frquence pour acclrer les particules et finalement
Figure 2.4 N des aires dinteractions o sont logs les dtecteurs. Le faisceau lui-mme est sous un vide
Schma lmentaire dun synchrotron. Il faut presque parfait pour viter des dispersions inutiles et des pertes dintensit et dnergie.
noter quen gnral, un acclrateur est compos Lun des plus grands dfis techniques dans la conception de ces appareils rside dans la
de beaucoup plus dlments (aimants sextupo-
laires, systmes de refroidissement et de con- focalisation optimale du faisceau. Puisque le faisceau est compos de particules de charges
trle,...), leur disposition tant complexe. identiques, ces dernires ont tendance sloigner les unes des autres causant une dispersion
du faisceau de plus en plus grande. En plaant un champ magntique non homogne
(quadruples), il est toutefois possible de focaliser le faisceau en ramenant les particules dans
la direction principale.
Luminosit
Figure 2.5 N
Aimants dans une section du tunnel au Tevatron,
De faon gnrale, le collisionneur qui consiste en deux anneaux concentriques (syn-
Fermilab Batavia, USA (reproduit avec lautori- chrotrons) o sont acclres les particules en sens inverse est un des plus performants
sation de Fermilab, Batavia, USA). puisque lnergie disponible dans le centre de masse est trs grande. Cependant, la proba-
bilit dune interaction lorsque deux faisceaux arrivent face--face est beaucoup plus faible
que dans le cas dune collision sur cible fixe cause de la densit des faisceaux notamment.
38 // / x y . .. i
2.1 Sources Chapitre 2
Cette probabilit est paramtre par une quantit appele luminosit, L . Le taux de raction
T pour un processus ayant une section efficace est alors 1
2
T = L .
3
La luminosit dpend uniquement de la conception de lacclrateur et non du processus:
4
N1 N2
L = f n 5
A
6
o f est la frquence de rvolution des particules, n, le nombre de paquets dans les faisceaux,
N1 et N2 , le nombre de particules par paquet dans chaque faisceau et finalement, A est la 7
section efficace des faisceaux dans le cas simple o ceux-ci se recouvrent compltement. La
luminosit sexprime en units de pb1 s1 o pb dnote une unit de surface appele le 8
picobarn ( 1 pb = 1036 cm2 = 1040 m2 ).
9
Figure 2.6 JI 10
Projet pour la prochaine gnration de collision-
neurs linaires lectron-positron, ILC ou Interna- 11
tional Linear Collider (Image: ILC/Form One).
A
E
Rayonnement synchrotron
F
La nature des particules acclres joue aussi un rle important dans le choix du design.
Par exemple, on sait que des particules charges en mouvement acclr mettent un rayon-
i
nement lectromagntique. Lorsque lacclration est normale la direction de propagation,
comme cest le cas pour une trajectoire circulaire, il est appel rayonnement synchrotron. Il
y a donc perte dnergie mme si on ne fait que maintenir les particules charges sur leur
trajectoire circulaire. Lnergie perdue par tour est donne par
4 e2 v2 4
E =
3
1
o v est la vitesse des particules, = 1 v2 2 est le facteur relativiste et le rayon de
courbure du faisceau. Cependant, on voit aisment que la perte dnergie est dautant plus
grande que la masse des particules est petite pour des faisceaux de mme nergie. En effet
E
= ,
m
et, par exemple, si on compare des faisceaux dlectrons et de protons de mmes nergie et
courbure,
4
(E)e mp
= ' 1013 .
(E) p me
En fait, les derniers grands acclrateurs ont tous t construits sur le principe du collisionneur.
La prochaine gnration dacclrateurs dlectrons (au-del du TeV) devra tre base sur le
principe des machines linaires (voir figure 2.6).
Voici une liste partielle des collisionneurs. Pour une liste plus exhaustive ou plus jour,
se rfrer au site du Particle Data Group (voir http://pdg.lbl.gov/).
// / x y . .. i 39
Chapitre 2 2. SOURCES ET DTECTEURS
1
Collisionneurs
2 nergie Circonfrence
Projet/Laboratoire
(GeV) (km)
3
CESR-C (2002-2008)
e+ e 6+6
4 CornellIthaca,USA
PEP-II (1999-2008)
12 + 4 2.2
5 SLACStanford,USA
KEKB (1999-2010)
8.33 + 3.64
6 TsukubaKEK,Japon
SLC (1989-1998)
50 + 50
7 SLACStanford,USA
LEP I et II (1990-1999) I: 45 + 45
26.659
8 CERNGenve,Suisse II: 87 + 87
VEPP-2000 (2010- )
1.0 + 1.0
9 Novosibirsk, Russie
SppS (19811990)
pp
p p, 315 6.911
10 CERNGenve,Suisse
Tevatron (1987-2001)
980 + 980 6.28
11 FermilabBatavia,USA
LHC (2009-)
A 7000 + 7000 26.659
CERNGenve,Suisse
SSC (Annul)
B 20000 + 20000 87.12
SSCWaxahachie,USA
HERA (1992-2007)
C ep e: 30 + p: 920 6.336
DESYHambourg,All.
D
Outre leur utilisation en physique des particules, les acclrateurs savrent maintenant
E essentiels dans ltude du rayonnement synchrotron, pour des expriences en physique
nuclaire, en physique atomique, en physique du solide, en physique des surfaces, en
F mtallurgie, en biologie, en mdecine et, pour talonner certains instruments dastrophysique.
Notons quils se rvlent des instruments de vrification trs efficaces de la thorie de la
i
relativit restreinte.
Figure 2.7 JI
Vue arienne du Tevatron de Fermilab Batavia,
USA (reproduit avec lautorisation de Fermilab,
Batavia, USA).
40 // / x y . .. i
2.1 Sources Chapitre 2
3
Figure 2.8 JI 4
Plan des acclrateurs (PS, SPS, LEP et LHC)
et des sites dinteractions (ALICE, ATLAS, CMS
et LHC-b) au CERN (reproduit avec lautorisation 5
du CERN, Genve, Suisse).
6
10
11
F
Figure 2.9 JI
Vue arienne du LHC au CERN (reproduit avec
i
lautorisation du CERN, Genve, Suisse).
// / x y . .. i 41
Chapitre 2 2. SOURCES ET DTECTEURS
1 2.2 Dtecteurs
Un dtecteur sert identifier les caractristiques des particules en jeu dans une raction.
2 De manire plus gnrale, les dtecteurs peuvent remplir de nombreuses fonctions.
I Dcrire dans la mesure du possible la trajectoire de chacune des particules. cet effet,
3
on utilise plusieurs mthodes soit des petits compteurs dont la position et lalignement
4 permettent de dterminer la direction dune particule, soit des dtecteurs entrecroiss
et empils formant une matrice pouvant identifier les directions de plusieurs particules,
5 ou bien encore tout simplement un dtecteur trace, qui comme son nom lindique,
trace la trajectoire des particules qui le traversent.
6 Mais ce nest pas tout de voir la particule, il faut aussi tre en mesure de:
I Dterminer limpulsion et la charge lectrique des particules charges. Dans bien des
7 cas, ces informations sont obtenues en observant la trajectoire de la particule dans un
8 champ magntique appliqu sur une partie du trajet;
I Identifier chaque particule en mesurant sa masse. Pour les particules charges, la
9 mesure simultane de leur impulsion et de leur vitesse par lionisation dun milieu
mne ce rsultat;
10 I Finalement, slectionner des vnements par ce quon appelle triggers ou dclencheurs
est une fonction cruciale dans les dtecteurs pour viter un cumul inutile dvnements
11 qui ne sont pas pertinents dans ltude en cours. Cette slection doit seffectuer trs
rapidement. Elle est en gnral effectue par des dtecteurs possdant un temps de
A
rponse trs court.
B Ce ne sont pas les seules contraintes auxquelles sont confronts les exprimentateurs.
Le dtecteur parfait devrait tre aussi efficace quel que soit le type de particules, devrait
C prendre ses mesures sans influencer le systme ou sans tre affect par le faisceau, devrait
avoir une prcision illimite, devrait offrir une couverture totale de tout langle solide (soit
D de 4 stradians) malgr les faisceaux de particules incidentes, etc... Dans la pratique, on
fait appel une combinaison de dtecteurs diffrents, chacun spcialis dans des tches bien
E prcises afin doptimiser la quantit et la qualit des mesures effectues. Ces dernires sont
F alors mises en commun et analyses.
Mais avant de dcrire les principaux dtecteurs, examinons quels principes physiques
i sont exploits dans la construction de ces appareils.
Ionisation
Le processus le plus courant est lionisation. Le champ lectromagntique dune particule
charge en mouvement acclre les lectrons des atomes avoisinants sa trajectoire et les
ionise. Lion est alors dtectable soit chimiquement, soit lectriquement (voir figure 2.10).
Dans le processus, la particule charge continue sa trajectoire mais une partie de son
nergie est absorbe par le milieu. La thorie permet de trs bien prdire le taux de ces pertes
qui sont principalement dues la diffusion coulombienne par des lectrons atomiques ( ne
pas confondre avec la diffusion coulombienne par les noyaux).
Les calculs de Bethe, Bloch et autres chercheurs dans les annes 30 mnent la formule
de Bethe-Bloch qui exprime le taux de perte en fonction de la longueur de pntration x,
Figure 2.10 N
DZ 2 ne 2mv2 2
Processus dionisation dun atome. La partic-
dE 2
= ln v (2.4)
ule charge (un lectron ici) transfre suffisam- dx v2 I 2
ment dnergie un lectron atomique quil peut
schapper en produisant un ion. o m, Z et v sont respectivement la masse, la charge et la vitesse de la particule (} = c = 1).
42 // / x y . .. i
2.2 Dtecteurs Chapitre 2
1
est le facteur de Lorentz 1 v2 2 . La constante D est donne par 1
4 em
D= 2
m
3
alors que I est le potentiel dionisation moyen (I = 10Z eV pour Z > 20). Le facteur
paramtrise leffet dcran dilectrique et introduit une correction due la densit du milieu. 4
Finalement, ne est la densit lectronique du milieu.
En principe, la formule ci-dessus sapplique seulement aux particules de spin-0, mais les 5
corrections pour les particules de spin- 12 sont faibles et toutes fins pratiques ngligeables.
petite vitesse, le comportement de dE 2 dans lexpression 6
dx est domin par le facteur v
(2.4). Toutes les particules charges passent par un minimum dionisation pour des valeurs
7
v denviron 3 ou 4. Finalement, pour de trs grandes impulsions, v est pratiquement lunit
et lexpression augmente logarithmiquement jusqu ce quelle soit contrebalance par leffet 8
dcran.
Une connaissance approfondie du milieu ionis permet alors de dterminer la vitesse et 9
la charge de la particule charge.
10
Diffusion de Coulomb
La particule charge peut aussi interagir lectromagntiquement avec des noyaux lourds. 11
Cest ce quon appelle la diffusion de Coulomb (voir figure 2.11). La raction est en gnral
plus brutale pour la particule incidente cause de la masse comparativement plus leve du A
noyau. Ce processus est caractris par:
B
une cible immobile ou presque;
une diffusion transverse ou un angle de diffusion apprciable; C
une collision lastique ou quasi-lastique (conservation de lnergie).
D
Rayonnement de freinage
Figure 2.11 N
Dans ce processus, la collision particule-noyau est accompagne de lmission dun Diffusion de Coulomb: La particule charge est E
photon et donc se distingue de la diffusion de Coulomb par son inlasticit (voir figure 2.12). diffuse lectromagntiquement au passage prs
Des calculs dtaills mnent un taux de perte dnergie pour des lectrons relativistes (avec dun noyau lourd. F
E m 1 ) de
em Z 3 i
dE E
=
dx
o est la longueur de rayonnement
Z (Z + 1) 3 183
1 = 4 n
em a ln 1
m2 Z3
avec la densit atomique na , les autres quantits tant dfinies plus haut. Contrairement Figure 2.12 N
Rayonnement de freinage: Une collision particule-
lionisation, le rayonnement de freinage dpend fortement de la masse de la particule charge noyau est accompagne de lmission dun pho-
( m2 ) et sera dominant pour des particules peu massives (lectrons et positrons). ton. Il en rsulte un perte dnergie (ou un
freinage) de la particule.
Absorption de photons par la matire
Les photons ont une forte probabilit dtre absorbs ou diffuss de plus ou moins
grands angles suivant leur nergie par les atomes dans un matriau. La densit I de photons
monochromatiques dun faisceau (ou lintensit dun faisceau) varie selon
dI I
=
dx
o est le chemin libre moyen. est inversement proportionnel la densit du milieu na et
la section efficace dabsorption ou de diffusion :
1 = na .
Figure 2.13 N
Intgrant lquation prcdente, on trouve Effet photolectrique: Un photon est absorb par
un lectron atomique qui en schappant cre un
I(x) = I(x0 )e(xx0 )/ , ion.
// / x y . .. i 43
Chapitre 2 2. SOURCES ET DTECTEURS
7 Figure 2.14 JI
Effet Compton: Un photon est absorb et un autre
8 mis par une particule charge. Limpulsion et
lnergie du photon sont modifies dans le pro-
9 cessus.
E
Figure 2.15 JI
F Un photon cre une paire particule-antiparticule.
On note que le processus ncessite la participa-
i tion dun deuxime photon pour que lnergie-im-
pulsion soit conserve.
Figure 2.16 JI
Chambre ionisation: Le gaz dans lenceinte est V
44 // / x y . .. i
2.2 Dtecteurs Chapitre 2
2. Le rgime du compteur proportionnel o Vion < V < VGM : Pour un potentiel suff-
isamment grand, les ions sont acclrs des nergies telles quils ionisent eux-mmes 1
les autres atomes du gaz. Il en dcoule une amplification du signal via la forma-
2
tion dune avalanche dlectrons/ions autour du fil danode ce qui vite dutiliser un
filtre lectronique bas bruit. Le nombre total dionisations et le signal est alors 3
proportionnel au nombre dionisations initiales.
3. Le rgime du compteur de Geiger-Mller o V > VGM : Dans ce rgime, une partic- 4
ule charge dclenche lionisation complte du gaz. Le signal consiste alors en une
brve impulsion dont lintensit est indpendante de lnergie de la particule incidente. 5
Ces trois types de dtecteurs peuvent aussi dtecter des photons mais ceux-ci sont absorbs 6
dans le processus.
7
8
Chambre fils (ou compteur proportionnel multifils):
9
Le compteur proportionnel multifils, introduit par G. Charpak (1968-70), est bas sur 10
lide daligner cte cte des compteurs proportionnels. Les tubes sont remplacs par deux
plans cathodiques espacs de 1 2 cm entre lesquels on place des fils anodiques parallles 11
tous les 1 mm, avec un diamtre typique de fil de 20 m. Lenceinte entre les deux plans est
remplie de gaz ionisant (voir figure 2.17). A
Figure 2.17 JI
Schma dune chambre multifils. B
particule E
ionisante
F
i
plaques
(cathodes)
fils (anodes)
Une particule charge passant travers cet appareil produit une impulsion lectrique sur
le fil le plus proche de sa trajectoire. En disposant un deuxime dtecteur de faon ce que
les fils des deux compteurs forment un quadrillage, on obtient la position de la particule. Un
empilement de plusieurs de ces compteurs permet de dterminer la trajectoire de la particule
500m prs avec un temps de rponse typique de 30 ns.
// / x y . .. i 45
Chapitre 2 2. SOURCES ET DTECTEURS
1
particule
ionisante
2
Figure 2.18 JI
3 Schma dune chambre drive.
cathode
4 anode
-3.5kV
lectrons
1.7kV
5
6 -.5 -1 -2 -2.5 -3 kV
fils formant le champ
7 de drive
9
Pour une impulsion de trs haut voltage, il se forme une ionisation complte entre le
10 point de passage de la particule et le fil, produisant ainsi un flash. Dans ce rgime, on parle
de chambres flash. Elles sont formes dune multitude de tubes transparents et sont donc
11 limites dans leur rsolution spatiale par le diamtre des tubes. Ces dtecteurs sont toutefois
plus simples et moins coteux que des chambres multifils, ce qui reprsente un avantage
A certain dans la construction de dtecteurs de grande dimension tels que les calorimtres.
B
Chambre drive
C Les chambres drive reprsentent aussi un choix valable face aux chambres multifils.
Dans ces dtecteurs, les fils sont spars dune bonne distance. Les lectrons primaires
D crs par une particule charge qui traverse le gaz mettent alors un certain temps avant
dtre recueillis par les lectrodes (voir figure 2.18). La trajectoire est reconstitue en
E
tenant compte du temps de drive des lectrons primaires jusquau voisinage du fil (o ils
F dclenchent lavalanche) qui est typiquement de lordre 2s. Ceci reprsente aussi une
contrainte puisquun seul vnement peut tre reconstitu pendant ce temps. On dit alors
i que la capacit de comptage est limite. Avec une vitesse de drive denviron 40 km/s et des
drives typiques de 10 cm, on atteint une rsolution spatiale de 0.1 mm.
Dtecteurs semi-conducteurs
Dans le mme ordre dide, on a mis au point plus rcemment des dtecteurs semi-
conducteurs, qui sont en quelque sorte des chambres ionisation au silicium ou au germanium.
Les paires lectron-trou y jouent le rle des paires lectron-ion dans le dtecteur gaz. Ces
dtecteurs, beaucoup plus petits, ont une rsolution spatiale sans gale (5 m) et sont
souvent utiliss pour localiser prcisment la position dun sommet dinteraction. Ils sont
particulirement utiles en spectroscopie de rayonnement . Par ailleurs, il sont facilement
endommags par les radiations et ne peuvent tre utiliss prs du faisceau principal.
46 // / x y . .. i
2.2 Dtecteurs Chapitre 2
1
Figure 2.19 JI 2
Exemple dvnement dans une chambre bulle
du SPS au CERN ( gauche) et de sa reconsti-
tution ( droite) (reproduit avec lautorisation du
3
CERN, Genve, Suisse).
4
7
Finalement, les mulsions photographiques sont sensibles aux radiations. Le milieu
enregistre chimiquement la trajectoire des particules. Les mulsions sont exposes pendant 8
un certain temps puis ensuite doivent tre dveloppes et analyses. La rsolution spatiale est
excellente soit 1 m mais la rsolution temporelle est presque inexistante cause des dlais 9
de dveloppement.
10
Compteur scintillations
11
Lexcitation datomes dans certains milieux peut induire la luminescence (scintillation)
qui son tour est dtectable par des photomultiplicateurs. Cest ce principe qui est utilis A
dans les compteurs scintillations.
Le scintillateur peut tre soit organique, inorganique, solide ou liquide. Dans tous les Scintillateur B
cas, le passage de particules charges entrane lmission de lumire visible, dans le cas guide
d'ondes
dun cristal, ou ultraviolette (UV) dans des matriaux organiques. Dans ce dernier cas, des Tube
C
colorants sont incorpors aux matriaux pour convertir lUV en lumire bleue visible par photomultiplicateur
fluorescence. La lumire ainsi produite est ensuite guide vers un tube photomultiplicateur. D
Celui-ci est form dune photocathode enduite dune mince couche de mtal alcalin. Les
E
photons, en arrivant sur la photocathode, librent des lectrons par effet photolectrique. Le
signal est alors amplifi en passant par une srie dlectrodes pour donner une impulsion F
lectronique rapide (voir figure 2.20). Figure 2.20 N
Schma dun compteur scintillation.
Le temps de rponse total est trs rapide typiquement de 10 ns ce qui fait de ces i
dtecteurs des dispositifs de dclenchement idaux (trigger). Un compteur scintillations
typique a des dimensions de 1m 10cm 1cm et donc une faible rsolution spatiale. Une
disposition judicieuse de plusieurs de ces dtecteurs peut, bien sr, amliorer sensiblement
cette rsolution.
Compteur Tcherenkov
Lorsquune particule charge traverse un milieu dispersif dindice de rfraction n (cest-
-dire cmilieu = nc ), des atomes sont excits dans le voisinage de sa trajectoire et de la lumire
est mise. Si la vitesse de la particule v est plus grande que celle de la lumire dans le
milieu, cmilieu = nc , alors un effet analogue au bang sonique mis par un avion supersonique
se produit, cest--dire quun front donde se forme et se propage un angle (voir figure
2.21),
1
cos = .
vn
Cest ce quon appelle leffet Tcherenkov2 . Les compteurs Tcherenkov permettent donc de
dterminer la vitesse des particules. On en utilise surtout de deux types:
1. Les Tcherenkov seuil, o lon compte les particules dont la vitesse dpasse une
vitesse seuil. Ce seuil peut tre ajust en variant lindice n dans les Tcherenkov gaz
de pression variable.
2. Les Tcherenkov diffrentiels, qui mesurent directement langle et donc v.
Dtecteur rayonnement de transition
Lorsquune particule charge traverse linterface entre deux milieux de constantes dilec-
triques diffrentes, un rayonnement de transition est mis. Celui-ci est caus par un change-
Figure 2.21 N
2 Tcherenkov
scrit parfois Cerenkov ou simplement Cerenkov. Forme du front donde dans leffet Tcherenkov.
// / x y . .. i 47
Chapitre 2 2. SOURCES ET DTECTEURS
Figure 2.22 JI
Schma dun calorimtre lectromagntique.
+
e
-
e
gaz rare ou
scintillateurs
Plomb
48 // / x y . .. i
2.2 Dtecteurs Chapitre 2
10
11
// / x y . .. i 49
Chapitre 2 2. SOURCES ET DTECTEURS
4 Figure 2.23 JI
Schma du dtecteur SLD utilis au collisionneur
SLC, Stanford, USA (reproduit avec lautorisation
5 du SLAC, Stanford, USA).
10
11
50 // / x y . .. i
2.2 Dtecteurs Chapitre 2
Figure 2.24 JI 6
Schma du dtecteur H1 utilis au collisionneur
HERA (lectron-proton de 30 GeV + 820 GeV) 7
de DESY Hambourg, Allemagne (reproduit avec
lautorisation DESY, Hambourg, Allemagne ). 8
10
11
// / x y . .. i 51
Chapitre 2 2. SOURCES ET DTECTEURS
4 Figure 2.25 JI
Dtecteur CDF au Tevatron de Fermilab, Batavia,
5 USA (reproduit avec lautorisation de Fermilab,
Batavia, USA)
6
10
11
Figure 2.26 JI
Dtecteur D0 au Tevatron de Fermilab, Batavia,
USA (reproduit avec lautorisation de Fermilab,
Batavia, USA).
52 // / x y . .. i
2.2 Dtecteurs Chapitre 2
2
Figure 2.27 JI
ATLAS est lun des deux dtecteurs polyvalents 3
du Grand collisionneur de hadrons (LHC). Situ
100 m sous terre, il mesure 46 m de long, 25 4
m de haut et 25 m de large, et pese 7000 tonnes
ce qui en fait le plus volumineux jamais construit
(reproduit avec lautorisation ATLAS CERN, Su- 5
isse).
6
10
11
A
Figure 2.28 JI
Le Solnode compact pour muons (CMS) est B
un dtecteur polyvalent install sur lanneau du
LHC. Il mesure 21 mtres de long, 15 mtres C
de large et 15 mtres de haut et pse 12 500
tonnes (reproduit avec lautorisation CMS CERN, D
Suisse).
E
// / x y . .. i 53
Chapitre 2 2. SOURCES ET DTECTEURS
Dtecteur hybride
1
3 Figure 2.29 JI
Exemple de reconstitution dvnements dans
le dtecteur SLD: Une vue transversale de
4 lvnement et du dtecteur est illustre (repro-
duit avec lautorisation du SLAC, Stanford, USA).
5
9
Les dtecteurs qui sont dcrits plus haut ont des caractristiques diffrentes, chacun ayant
10 des forces et des faiblesses. Les grands dtecteurs modernes sont en fait des hybrides forms
dun regroupement quelques fois assez imposant (de la hauteur dun difice de trois tages)
11
de ces diffrents appareils, exploitant ainsi chacune de leurs caractristiques (voir figures
A 2.23, 2.24, 2.25 et 2.26). La reconstitution des vnements est alors prise en charge par
llectronique et les ordinateurs (voir par exemple figures 2.29 et 2.30). Vu la complexit
B de ces appareils, on a mis au point des programmes de simulation bass sur la gnration
alatoire de collisions (simulation Monte Carlo). Ces tudes permettent de dterminer
C lefficacit du dtecteur hybride dans une situation raliste.
De nombreux dfis se posent durant la conception et le fonctionnement des dtecteurs:
D Le dclenchement: Seule une faible portion (typiquement 1 sur 105 ) des collisions sont
E intressantes. Il faut donc prvoir des processus de veto rapide pendant les expriences
dfaut de quoi il serait ncessaire daccumuler et danalyser une banque de donnes
F inutilement grande.
Le bruit: Tout vnement est caractris par ce quon appelle sa signature, cest--dire
i une combinaison de traces ou particules. Souvent, cette signature peut tre imite par
dautres processus. Il est donc ncessaire danalyser (par simulation ou autre mthode)
quelle portion du signal vient de ce bruit.
Le taux de comptage: Avant mme dentreprendre lanalyse dun processus, il faut tre en
mesure destimer son taux de production. Le taux dun vnement par anne est en
gnral inacceptable. Celui-ci dpend de la section efficace mais aussi de la luminosit
et du temps-machine disponible. Une bonne partie des travaux aux acclrateurs vise
dailleurs rehausser le plus possible ces paramtres.
Figure 2.30 JI
Exemple de reconstitution dvnements dans le
dtecteur ZEUS utilis dans le projet HERA
DESY, Hambourg, Allemagne. Une vue transver-
sale de lvnement et du dtecteur est illustre
( droite). Lanalyse des rsultats permet de re-
constituer comment lnergie sest dpose dans
les calorimtres priphriques en fonction de la
direction. Dans ce cas les trois pics ( gauche)
suggrent la production de trois jets dans la rac-
tion (reproduit avec lautorisation de DESY, Ham-
bourg, Allemagne).
1
2
.
ECM
54 // / x y . .. i
2.2 Dtecteurs Chapitre 2
o ECM est lnergie dans le centre de masse de la raction. Cela implique que plus on
sonde profondment la matire, moins les collisions sont frquentes, cest--dire le 1
taux de comptage est plus faible.
Les rumeurs et les prjugs: Finalement, la science tant une entreprise humaine, il faut 2
bien sr prendre toutes les mesures possibles pour viter que les prjugs en faveur 3
de telle ou telle thorie ou rsultat et les rumeurs de dcouverte par dautres groupes
ninfluencent lanalyse et les conclusions. 4
10
11
// / x y . .. i 55
Chapitre 2 2. SOURCES ET DTECTEURS
2.3 Exercices
1
2.1 Rayonnement synchrotron
2 Expliquer pourquoi dans un synchrotron les protons perdent plus dnergie que les
lectrons bien quils aient initialement la mme nergie cintique.
3 2.2 Particules
Des particules (N = Z = 2) ayant une nergie de 30 MeV sont extraites dun
4
synchrotron qui utilise un champ magntique de 1 T. Calculer le rayon de sortie des
5 particules.
2.3 Particules relativistes
6 (a) Quelle est la vitesse dun lectron aprs son acclration dans un potentiel
lectrostatique de 1.022 106V ?
7 (b) Des lectrons sont soumis un champ magntique uniforme de 0.03T . Leur
trajectoire circulaire a un rayon de 0.2 m. Quelles sont la vitesse ainsi que
8
lnergie cintique des lectrons ?
9 (c) Quelle est lintensit du champ magntique si un lectron, dont lnergie cintique
est 0.8 MeV, se dplace dans le champ magntique selon une trajectoire circulaire
10 de 5 cm de rayon ?
(d) Quel est le rayon de la trajectoire circulaire dun lectron de 20 MeV se dplaant
11 perpendiculairement champ magntique de 5T ?
2.4 Collisionneur HERA
A Le collisionneur HERA Hamburg acclre des protons 820 GeV pour les entraner
dans une collision de front avec des lectrons de 30 GeV. Quelle est lnergie totale
B
dans le centre de masse dune telle collision? Pourquoi cette asymtrie dans lnergie
C des particules? Quelle nergie serait ncessaire des protons lancs sur des lectrons
au repos pour gnrer la mme nergie totale dans le centre de masse que pour les
D collisions lectrons-protons de HERA?
2.5 Collisionneur LHC
E Au collisionneur LHC, on prvoit acclrer des faisceaux de protons 7 TeV chacun en
se servant du tunnel du LEP (circonfrence de 27 km). Estimer le champ magntique
F
moyen ncessaire pour courber la trajectoire des protons dans le tunnel. En supposant
que lacclrateur est form de 1296 aimants supraconducteurs ayant chacun une
i
longueur de 13.5 m (toute la circonfrence nest pas occupe par des aimants), quel est
le champ magntique dans chaque aimant?
2.6 World Wide Web
Le World Wide Web a t invent par un employ du CERN. Utiliser les ressources
pour rpondre aux questions suivantes (indiquer le liens qui vous a servi rpondre)
(a) Quel est lorigine de lacronyme LHC?
(b) Combien y a-t-il dexprience proposes au LHC?
(c) Quel est lorigine de lacronyme OPAL?
(d) Quel est lorigine de lacronyme DELPHI?
(e) O se trouve le KEK Accelerator CForatory?
(f) Quel est le sous-titre du livre publi par R.P. Feynman traitant QED?
(g) Combien y a-t-il dtats membres du CERN?
(h) Quand fut annonce la dcouverte du quark top?
(i) Quelle est la masse du top selon la collaboration CDF Collaboration?
(j) Do vient le nom: particule de Higgs?
(k) Pourquoi a-t-on attribu le prix Nobel F. Reines?
(l) Quel est lorigine de lacronyme PDG?
2.7 Publications importantes
Les publications suivantes rapportent toutes des dcouvertes importantes en physique
des particules. Dans chaque cas, dterminer la nature de la dcouverte et expliquer
brivement le signification du titre de la publication.
(a) Evidence for anomalous lepton production in e+ e annihilation. Physical Re-
view Letters 35, (1975), 1489.
(b) Observation of a hyperon with strangeness minus three. Physical Review Letters
12, (1964), 204.
(c) Observation of a narrow charged state at 1876 GeV/c2 decaying to an exotic
56 // / x y . .. i
2.3 Exercices Chapitre 2
combination of K. Physical Review Letters 37, (1976), 569
(d) Discovery of a narrow resonance in e+ e annihilation. Physical Review Letters 1
33, (1974), 1406.
(e) Observation of a dimuon resonance at 9.5 GeV in 400 GeV proton-nucleus 2
collisions. Physical Review Letters 39, (1977), 252. 3
(f) Evidence for planar events in e+ e annihilation at high energies. Physics
Letters 86B, (1979), 243. 4
(g) Experimental observation ofisolated large transverse energy electrons with
associated missing energy at s = 540 GeV. Physics Letters 122B, (1983), 103. 5
(h) Experimental observation of lepton pairs of invariant mass around 95 GeV/c2 at
the CERN SPS collider. Physics Letters 126B, (1983), 398. 6
10
11
// / x y . .. i 57
DIFFUSION ET INTERACTION EN-
TRE PARTICULES
3
Chapitre 3
3.1 Cinmatique dune raction Vari-
ables de Mandelstam . . . . . . 59
3.2 Les interactions en mcanique
quantique . . . . . . . . . . . . . 66
3.3 La matrice de diffusion, S . . . . 68
3.4 Espace de phase . . . . . . . . . 70
3.5 Section efficace . . . . . . . . . . 71
3.6 Largeur de dsintgration et vie
moyenne . . . . . . . . . . . . . . 74
3.7 Calcul des lments de matrice 78
3.8 Exercices . . . . . . . . . . . . . . 82
A PLUPART des renseignements sur les proprits des particules nous proviennent des
// / x y . .. i 59
Chapitre 3 3. DIFFUSION ET INTERACTION ENTRE PARTICULES
1 (o lindice i dsigne chacune des particules donc ici i = 1, 2, 3, 4), on peut dfinir les trois
quantits invariantes de Lorentz, les variables de Mandelstam s,t, et u:
2
s (p1 + p2 )2 = (p3 + p4 )2
3 t (p3 p1 )2 = (p4 p2 )2 (3.2)
2 2
4 u (p3 p2 ) = (p4 p1 )
5 Alors
6 s (p1 + p2 )2
= p21 + p22 + 2p1 p2
7 = m21 + m22 + 2 (E1 E2 p1 p2 )
8 = m23 + m24 + 2 (E3 E4 p3 p4 )
10 s (E1 + E2 , p1 + p2 )2
= (E1 + E2 )2 (p1 + p2 )2
11
= E12 + 2E1 E2 + E22 p21 + 2p1 p2 + p22
C De la mme faon
Exemple 3.1
Considrons la raction (3.1) impliquant deux particules initiales (1 et 2), et deux
particules finales (3 et 4) (voir figure 3.1). Prouver que
s + t + u = 4m2 (3.6)
si les masses des quatre particules sont identiques, cest--dire que la masse de la particule
mi = m pour tout i (i = 1, 2, 3, 4).
Les quantits s,t, u sont invariantes de Lorentz. Il est donc possible de choisir de travailler
dans le rfrentiel de notre choix sans craindre de modifier le rsultat. Considrons ici
Figure 3.1 N la raction telle que vue dans le rfrentiel du centre de masse (CM) pour lequel les
Processus quatre corps: 1 + 2 3 + 4. impulsions des particules incidentes
(p1CM + p2CM ) = 0
60 // / x y . .. i
3.1 Cinmatique dune raction Variables de Mandelstam Chapitre 3
et pour des particules de masses identiques
1
mi = m pour i = 1, 2, 3, 4
2
|p1CM | = k = |p2CM |
= angle entre p1CM et p3CM . 3
s = (p1 + p2 )2 5
= (E1CM + E2CM )2 (p1CM + p2CM )2 6
2 2
= (E1CM + E2CM ) = (2E1CM )
7
= 4 k 2 + m2 .
8
La variable t est donne par
9
t = (p3 p1 )2
= p23 + p21 2p3 p1 10
2
= 2m 2 (E3CM E1CM p3CM p1CM ) 11
p p
= 2m2 2 k2 + m2 k2 + m2 k2 cos
A
= 2k2 (1 cos )
B
alors que u est par symtrie (p1 p2 )
C
u = (p3 p2 )2 = 2k2 (1 + cos ) .
D
En sommant, s,t et u, on obtient comme il se doit
E
s + t + u = 4m2 .
F
i
Notons que la relation (3.6) de lexemple ci-haut se gnralise
4
s + t + u = m2i (3.7)
i=1
Figure 3.2 JI
Collision dans le repre du centre de masse.
Les particules initiales 1 et 2 ont des impulsions
gales mais opposes. Puisquil y a conservation
dnergie, limpulsion totale finale est aussi nulle.
Remarque 3.1
i Variables de Mandestam pour un processus n corps
Pour un processus n corps, on peut dfinir les variables de Mandelstam suivantes:
si j = (pi + p j )2 i, j = 1, 2, 3...n.
Comme on la vu dans lexemple prcdent, ces variables sont des invariants de Lorentz
puisque ce sont des produits scalaires de quadri-impulsions mais ces quantits ne sont pas
ncessairement toutes linairement indpendantes. i
// / x y . .. i 61
Chapitre 3 3. DIFFUSION ET INTERACTION ENTRE PARTICULES
6 s + m21 m22
E1CM =
2 s
7
s + m22 m21
E2CM =
8 2 s
q
9 s, m21 , m22
pCM |p1CM | = |p2CM | = (3.8)
2 s
10
s + m23 m24
E3CM =
11 2 s
s + m24 m23
A E4CM =
2 s
B
q
s, m23 , m24
p0CM |p3CM | = |p4CM | =
C 2 s
D o
(x, y, z) = x2 + y2 + z2 2xy 2xz 2yz.
E
F
3.1.2 Repre de la cible fixe (4 corps)
i De la mme faon, on peut crire des relations semblables dans le repre de la cible fixe,
quon identifie souvent avec le repre du laboratoire1 (voir figure 3.3).
Dans ce cas, on considre quune des particules, la cible, est au repos, cest--dire que
lon peut assigner les impulsions suivantes
o |p1 | = p1CF est limpulsion longitudinale dont la direction concide avec laxe des z par
convention.
Alors le calcul des variables de Mandelstam dans le repre de la cible fixe mne
s = (p1 + p2 )2
= p21 + p22 + 2p1 p2
= m21 + m22 + 2m2 E1CF
t = (p3 p1 )2 (3.13)
= m21 + m23 2E1CF E3CF
+2 |p1CF | |p3CF | cos CF
4
u = m2i s t
i=1
1 Par tradition, le repre du laboratoire est identifi au rfrentiel o une des deux particules initiales est au repos
(la cible fixe). Ce nest videmment pas le cas pour les expriences se droulant dans des collisionneurs puisque les
deux particules initiales sont en mouvement dans ce repre.
62 // / x y . .. i
3.1 Cinmatique dune raction Variables de Mandelstam Chapitre 3
et encore une fois
2
EiCF = p2iCF + m2i pour i = 1, 2, 3, 4. 1
Inversant ces relations en faveur des nergies et impulsions dans le repre de la cible fixe, on 2
obtient
3
s m21 m22
E1CF =
2m2 4
q
s, m21 , m22 5
|p1CF | =
2m2
E2CF = m2 (3.14) 6
|p2CF | = 0 7
Lavantage dutiliser des invariants de Lorentz dans les calculs cinmatiques est main- 8
tenant manifeste. Il est possible de calculer ces quantits indpendamment dans un rfrentiel
donn puis de trouver les nergies et impulsions des particules dans un deuxime rfrentiel 9
sans utiliser les transformations de Lorentz. Par exemple, si on connat les nergies et impul-
sions dans le repre dune cible fixe, il est facile de calculer s,t et u suivant (3.13). On peut 10
alors dduire de (3.8) toutes les nergies et impulsions des particules dans le repre du centre
11
de masse (CM). La procdure se rsume comme suit:
A
Cible fixe: p1 = (E1CF , 0, 0, p1CF ) et p2 = (m2 , 0, 0, 0)
B
qs (3.13) qs (3.14)
C
Calcul de s,t et u
D
qs (3.8) qs (3.3-3.5)
E
CM: E1CM , E2CM , pCM |p1CM | = |p2CM | ... F
m = m f mi
peut tre positive. Si tel est le cas, la raction nest possible alors que si les particules initiales
possdent une nergie suprieure un certain seuil.
Dfinition 3.1
i On dfinit lnergie de seuil comme lnergie cintique des particules initiales
ncessaire pour produire les particules finales au repos dans le repre du centre de masse
ou plus gnralement, le repre dimpulsion nulle (CM). i
s + m21 m22
E1CM =
2 s
s + m22 m21
E2CM =
2 s
o 2 2
s= E f CM = mf
puisque les particules finales sont au repos.
// / x y . .. i 63
Chapitre 3 3. DIFFUSION ET INTERACTION ENTRE PARTICULES
B 3.1.4 La rapidit
La vitesse dune particule change en fonction du rfrentiel de lobservateur, changement
C
qui sobtient en effectuant une transformation de Lorentz. Pour faciliter ce genre de manip-
D ulation, on dfinit une quantit associe la vitesse dune particule mais plus approprie
aux transformation de Lorentz, la rapidit. Nous introduisons ici cette quantit par souci de
E cohrence bien que nous ny ferons pas appel trs souvent dans cet ouvrage. Deux cas se
prsentent alors:
F 1. Lorsque le mouvement de la particule est identifi au repre S0 (ici S0 correspond au
rfrentiel de la particule dont la vitesse est V = V ez par rapport un rfrentiel S),
i alors les transformations de Lorentz nous donnent
0
E 0 = (E V pz ) E p0z = (E pz )
0 = (3.18)
pz = (pz V E) E 0 + p0z = 1 (E + pz )
E + pz E0
= = . (3.19)
E0 E pz
La rapidit est alors
1 (1 +V )
= ln = ln
2 (1 V )
1 E + |p|
= ln (3.20)
2 E |p|
E + |p| = me
E |p| = me
E = m cosh (3.21)
|p| = m sinh .
64 // / x y . .. i
3.1 Cinmatique dune raction Variables de Mandelstam Chapitre 3
2. En gnral, p nest pas parallle laxe du faisceau (cest--dire laxe Oz).
Les composantes perpendiculaire, pT = (px , py , 0), et longitudinale de limpulsion, 1
pL = (0, 0, pz ), de la particule sont alors non-nulles. Il est toutefois possible didentifier
le systme S0 avec une composante p0L = p0z = 0 et on aura encore 2
E + pz 3
2 =
E pz 4
1 E + pz
= ln = ln (3.22) 5
2 E pz
10
Dfinition 3.2
i Soit la quadri-impulsion p = (E, px , py , pz ) , sa rapidit est donne par 11
1 E + pz A
= ln = ln (3.24)
2 E pz B
o on dfinit aussi la "masse transverse" par
C
q
mT = m2 + p2T . (3.25) D
et on peut crire E
i i
Lavantage dutiliser la variable de rapidit devient vident lorsquon effectue une trans-
formation de Lorentz paralllement pL . Cette transformation correspond une diffrence
de rapidit soit
1 Eb + pbz 1 Ea + paz
b a = ln ln
2 Eb pbz 2 Ea paz
1 (Eb + pbz ) (Ea paz )
= ln (3.26)
2 (Ea + paz ) (Eb pbz )
mais cette diffrence est une quantit invariante de Lorentz. En effet, on dmontre facilement
avec (3.18) que la diffrence de rapidit dans S0
est la mme que dans S. La rapidit est donc une quantit beaucoup plus facile manipuler
que la vitesse lorsquon effectue un changement de rfrentiel. Sous la mme transformation,
bien sr, la quantit pT demeure galement invariante.
// / x y . .. i 65
Chapitre 3 3. DIFFUSION ET INTERACTION ENTRE PARTICULES
|i = |(t)iS
Q = QS indpendant de t.
66 // / x y . .. i
3.2 Les interactions en mcanique quantique Chapitre 3
2. La reprsentation des interactions:
La reprsentation des interactions est plus utile pour dcrire les interactions entre 1
particules. Dans ce cas, aussi bien les tats |(t)iI que les oprateurs peuvent prendre
une dpendance temporelle. Le principal avantage de cette reprsentation est quelle 2
permet de traiter sparment la partie de lhamiltonien qui cause les interactions (terme 3
V qui lui seul recle toute la dpendance temporelle qui nous intresse) en crivant
4
HI (t) = HI0 (t) +VI (t)
5
Les reprsentations des tats sont relies par une transformation unitaire du mme type
que prcdemment 6
|(t)iI = eiH0 t |(t)iS
7
et partant de la relation de Schrdinger
d 8
i |(t)iS = H |(t)iS
dt 9
d d iH0 t
i |(t)iI = i e |(t)iS
dt dt 10
iH0 t d iH0 t
= i (iH0 ) e |(t)iS + ie |(t)iS 11
dt
= H0 |(t)iI + eiH0 t HeiH0 t |(t)iI A
Dfinissant les oprateurs dans la reprsentation des interactions B
iH0 t
H0I (t) = e iH0 t
H0 e = H0 C
H (t) = eiH0 t HeiH0 t = H0 +VI (t)
I
D
o on dfinit loprateur VI tel que
E
VI (t) = eiH0 t VeiH0 t
F
de sorte que
i
d iH0 t iH0 t
i |(t)iI = H0 |(t)iI + e He |(t)iI
dt
= VI (t) |(t)iI .
Donc dans cette reprsentation, lvolution des tats |(t)iI est uniquement due au
potentiel dinteraction VI . Mentionnons par ailleurs que de faon gnrale, les reprsen-
tations des interactions et de Schrdinger pour les oprateurs QI (t) et QS respectivement
sont relies par la transformation unitaire suivante
|i = |iH indpendant de t
Q = QH (t).
// / x y . .. i 67
Chapitre 3 3. DIFFUSION ET INTERACTION ENTRE PARTICULES
On note que la valeur moyenne de loprateur, q, doit tre la mme dans toutes les
1 reprsentations, notamment celles de Schrdinger et de Heisenberg. Si on pose que les
tats |(t)iS et |iH concident dans les deux reprsentations linstant t0 , cest--dire
2 |(t0 )iS = |iH et QS = QH (t0 ), il sensuit que q (t) est gal
3 h| QH (t) |iH = h(t)| QS |(t)iS
4 = h(t0 )| T 1 (t,t0 ) QS T (t,t0 ) |(t0 )iS
= h| T 1 (t,t0 ) QH (t0 )T (t,t0 ) |iH .
5
Donc, la dpendance temporelle de loprateur Q dans la reprsentation de Heisenberg
6
scrit
7 QH (t) = T 1 QH (t0 )T
o ici, pour simplifier nous avons crit T T (t,t0 ) . Par ailleurs, lvolution de
8 loprateur QH (t) est donne par lquation diffrentielle
9 d d 1
i QH (t) = i T QH (t0 )T
dt dt
10 1
dT dT
= i QH (t0 )T + T 1 QH (t0 )
11 dt dt
1 1
= i iHT QH (t0 )T iT QH (t0 )T H
A
= [HQH (t) QH (t)H]
B = [QH (t), H] . (3.29)
C Puisque, dans cette reprsentation, toute la dpendance temporelle est contenue dans
loprateur, on conclut que les quantits conserves sont associes des oprateurs
D
qui commutent avec lhamiltonien.
E De faon plus gnrale, si loprateur Q dpend explicitement du temps, le rsultat
prcdent se gnralise comme suit
F
dQ Q
i =i + [Q, H] .
i dt t
68 // / x y . .. i
3.3 La matrice de diffusion, S Chapitre 3
La matrice S est unitaire. Cette importante proprit dcoule de la conservation de la
probabilit et du fait que la probabilit de trouver le systme dans un tat final, quel quil 1
soit, est gale un. Alors
2
2
1 = C f i (+, )
f
3
= h f | S |ii h f | S |ii 4
f
5
= hi| S | f i h f | S |ii
f
6
= hi| S S |ii
7
o on a utilis la relation de fermeture f | f i h f | = I. S est donc unitaire
8
S S = I.
9
Il est utile de sparer la matrice de la faon suivante
10
Sfi = f i + iT f i
= f i + i (2)4 4 Pf Pi M f i
(3.30) 11
de Dirac
1
Z
4 (p) = d 4 xeipx
(2)4
1 V
Z Z
4 (0) = d4x = dt
(2)4 (2)4
o V est le volume dintgration. Il en dcoule que le taux de transition par unit de volume
macroscopique est donn par
1 dP
fi =
V dt
2
= (2)4 4 Pf Pi M f i .
(3.31)
f
Ce dernier rsultat requiert une somme sur les diffrents tats finals. On sous-entend ici tous
les tats dnergie-impulsion, de spin ou autres nombres quantiques permis par les lois de
conservations. Les divers tats de spin ou de nombres quantiques sont gnralement faciles
dnombrer. Toutefois, si on veut tenir compte des tats dnergie-impulsion, il nous faut
considrer ce quon appelle lespace de phase disponible.
// / x y . .. i 69
Chapitre 3 3. DIFFUSION ET INTERACTION ENTRE PARTICULES
7 = Aeipx ,
70 // / x y . .. i
3.5 Section efficace Chapitre 3
3.5 Section efficace
1
Nous avons maintenant en main tous les ingrdients pour effectuer le calcul dune
observable, la section efficace. La section efficace est une mesure de la probabilit dun 2
processus de diffusion. Dans un processus classique (par exemple, la lumire qui claire
un objet) elle correspond la surface perpendiculaire au flux des projectiles qui dcrit la 3
zone dinteraction autour de la cible (voir figure 3.5). Cependant, mme si cette analogie
4
est parfois utile, la section efficace est plutt identifiable la probabilit de diffusion et ne
doit pas tre confondue avec la vraie zone dinteraction, cest--dire lendroit physique o 5
linteraction est ressentie. Donc, si linteraction entre les particules est plus importante, la Figure 3.4 N
section efficace augmente. Collision mettant en jeu deux particules initiales 6
Lunit de section efficace couramment utilise au niveau subatomique est le barn dfini et n 2 particules finales.
comme suit 7
Le calcul de la section efficace met en jeu le taux de transition (3.31) pondr par le nombre B
dtats disponibles dans lespace de phase (3.36). En gnral, on connat les nergies et
impulsions des particules initiales (ex. faisceau quasi-monochromatique de particules dans C
un acclrateur). Lespace de phase pour n 2 particules finales doit par contre tre inclus
Figure 3.5 N D
La section efficace dune raction ne correspond
n d4 p f
p2f m2f p f 0
dN3 dN4 dNn = pas une zone dinteraction comme lanalogie
(2)4 2 (3.38)
classique semble le suggrer mais bien une
E
f =3
mesure de la probabilit dun processus de diffu-
F
sion.
si bien que le taux de transition pondr est donn par
i
1 dP 2
= (2)4 4 Pf Pi M f i dN3 dN4 dNn .
f i =
V dt f
La somme f est effectue sur tous les tats possibles des particules finales et dpend dans
quelle mesure le processus est slectif. Par exemple, le taux de transition pondr total met
en jeu une somme sur tous les cas o n 2 particules sont produites dans nimporte quel
tat de spin. Un processus plus slectif pourrait impliquer par exemple, une somme sur tous
les tats de spins de (n 2) lectrons si on cherche connatre le taux de probabilit du
processus 1 + 2 (n 2) lectrons et que nos dtecteurs ne peuvent faire la distinction entre
les tats de spins des (n 2) lectrons finals.
Pour une densit de flux de particules initiales (cest--dire le nombre de particules par
unit de temps et de surface qui arrivent sur une cible fixe), la section efficace diffrentielle
scrit
f i
d = . (3.39)
Le flux est proportionnel la vitesse relative projectile-cible, cest--dire
p1 p2
|v1 v2 | = .
E1 E2
Dans le systme du laboratoire (cible fixe avec v2 = 0), la vitesse relative est simplement
q
p1CF s, m21 , m22
|v1 v2 | = =
E1CF 2m2 E1
o E2CF = m2 .
// / x y . .. i 71
Chapitre 3 3. DIFFUSION ET INTERACTION ENTRE PARTICULES
4
Cependant, le flux, qui scrit dans le systme du laboratoire = 2E1 2E2 |v1 v2 |, est
5 un invariant de Lorentz qui prend la forme gnrale
6 q
= 2 s, m21 , m22
7 q
= 4 (p1 p2 )2 m21 m22 .
8
Finalement, la section efficace totale est obtenue en intgrant (3.39) sur tout lespace de phase,
9 cest--dire en sommant la probabilit de transition de tous les tats dnergie-impulsion,
spin, etc... possibles
10
" #
n d4 p
1
Z
11 f
(2)4 2 p2f m2f p f 0
(1 + 2 3 + 4 + + n) = q
2 s, m2 , m2 f =3
1 2
A
4 4
2
M f i
(2) Pf Pi . (3.40)
B f
C Dans les cas de processus non polariss2 , lexprience mesure la probabilit totale que
les particules finales se retrouvent dans nimporte quel tat de spin alors quon se doit de
D
Figure 3.6 N considrer la probabilit moyenne sur les tats de spin possibles des particules initiales ne
Processus quatre corps mettant en jeu deux sachant pas prime abord dans quels tats les particules initiales vont se prsenter. Pour y
E particules initiales et deux particules finales.
parvenir, il suffit de substituer
F 2 2
M f i M f i
(3.41)
i f i f
o i et f signifient respectivement la moyenne sur les tats de spin possibles des particules
initiales et la somme sur les tats de spin des particules finales.
s (p1 + p2 )2 = (p3 + p4 )2
= m21 + 2E1 E2 2p1 p2 + m22
t (p3 p1 )2 = (p4 p2 )2
= m21 2E1 E3 + 2p1 p3 + m23
u (p3 p2 )2 = (p4 p1 )2
= m21 2E1 E4 + 2p1 p4 + m24 .
1 d 4 p3 d 4 p4
Z
2 p23 m23 (p30 )
(1 + 2 3 + 4) = q 4 4
2 s, m21 , m22
(2) (2)
2
2 p24 m24 (p40 ) (2)4 4 (p3 + p4 p1 p2 ) M f i .
2 En gnral, les faisceaux des particules initiales ne sont pas polariss et les dtecteurs ne sont pas en mesure de
72 // / x y . .. i
3.5 Section efficace Chapitre 3
Six des intgrales sont triviales si on utilise les six fonctions de Dirac notre disposition,
1
1 d 3 p3 d 3 p4 4
Z 2
(p3 + p4 p1 p2 ) M f i .
(1 + 2 3 + 4) = q 2
2 (2)2 s, m21 , m22
2E3 2E4
1
Z 3
= d |p3 | |p3 |2 d(cos )d
8 (2)2 (2) 4
q q
p23 + m23 + p23 + m24 ECM 5
M f i 2
q q
p23 + m23 p23 + m24 6
1 |p3CM |
Z 2
= d(cos ) M f i . (3.42) 7
32 s |p1CM | s
8
o p4 = p1 + p2 p3 , p240 = E42 = p24 + m24 et p230 = E32 = p23 + m23 et dans le centre de masse
p3 = p4 , 9
q
s, m21 , m22
10
|p1CM | = |p2CM | =
2 s 11
q
s, m23 , m24 A
|p3CM | = |p4CM | =
2 s
B
ECM = E1CM + E2CM = s.
C
Lintgrale sur est simplifie si on fait appel la symtrie cylindrique dune collision. Elle
se rsume un facteur de 2. D
Finalement le dernier rsultat peut sexprimer sous une forme diffrentielle soit
E
d 1 |p3CM | 2
= M f i F
d cos 32s |p1CM |
t1 t t0
// / x y . .. i 73
Chapitre 3 3. DIFFUSION ET INTERACTION ENTRE PARTICULES
o
1
t0 correspond t pour CM = 0 (diffusion avant)
2 t1 correspond t pour CM = (diffusion arrire)
3 avec
4 t1 = t0 4 |p1CM | |p3CM |
1
q
5 = t0 s, m21 , m22 s, m23 , m24 .
s
6 Donc la section efficace totale
Z t0
1 1 2
7 = 2
dt M f i
64s |p1CM | t1
8 1
Z t0 2
= 2 2
dt M f i .
9 16 s, m1 , m2 t1
E t 1
1.
Figure 3.8 JI
Spectre dnergie des particules finales: re-
prsente la largeur mi-hauteur du pic dans le
spectre dnergie de la dsintgration. On ob-
serve un pic centr E = 400 MeV et = 60 MeV.
74 // / x y . .. i
3.6 Largeur de dsintgration et vie moyenne Chapitre 3
do 1
" #
1 n d4 p f
Z
2
1 p2f m2f p f 0
= (1 2 + 3 + + n) = (2)4 2
2m1 f =2
2 3
4 4
Pf Pi M f i .
(2)
4
2 2
Pour des particules non polarises, on substitue M f i i f M f i dans lquation
5
prcdente.
La probabilit quune particule de masse m1 au repos survive pendant un temps t ou 6
plus est dcrite par le comportement exponentiel
7
t t
P (t) = e =e
8
12 9
Par ailleurs, si la particule possde une nergie-impulsion (E1 , p1 ) , un facteur = 1 v2 =
E1
m1 d la dilatation du temps vient contribuer pour donner la probabilit 10
t m
E 1 t 11
P (t) = e = e 1
A
et la probabilit quelle parcourt une distance x ou plus est
B
m
1 x
P (x) = e |p1 | . C
titre dexemple, examinons des dsintgrations dune particule en deux et trois corps D
respectivement.
E
3.6.1 Dsintgration en 2 corps F
Dans une dsintgration en deux corps, la cinmatique est trs simple. Dans le rfrentiel
du centre de masse (qui correspond au rfrentiel o la particule 1 est au repos), nous avons i
les contraintes suivantes p1 = (m1 , 0, 0, 0) et p2 = p3 et on trouve
Figure 3.9 N
m21 m23 + m22 Cinmatique dun diffusion deux corps.
E2CM =
2m1
|p2CM | = |p3CM |
h i 1
2
m21 (m2 + m3 )2 m21 (m2 m3 )2
=
2m1
d 4 p2
2 p22 m22 (p20 )
=
(2)4
d 4 p3
2 p23 m23 (p30 ) (2)4 4 (p2 + p3 p1 )
(2)4
1 |p2CM | 2
d = M f i d2CM
32 2 m1
o d2CM = d 2CM d (cos 2CM ) est llment dangle solide associ la particule 2 dans le
rfrentiel du centre de masse.
// / x y . .. i 75
Chapitre 3 3. DIFFUSION ET INTERACTION ENTRE PARTICULES
C Les fonctions- permettent dintgrer sur les nergies p20 , p30 , et p40 et sur limpulsion
D p4 :
d 3 p2 d 3 p3
Z
E N tot = ds24 ds34 (E1 E2 E3 E4 )
(2)5 8E2 E3 E4
F
s24 (p2 + p4 )2 s34 (p3 + p4 )2 .
i o
p4 = p1 p2 p3 ,
q
pf0 = E f = p2f + m2f .
Dans le repre du centre de masse, p1 = 0, E1 = s = m1 o ici nous allgeons la notation
en omettant lindice CM. On peut donc crire
|p2 |2 |p3 |2
Z
N tot = d |p2 | d |p3 | d cos 23 ds24 ds34
4(2)3 E2 E3 E4
s E2 E3 E4 s24 (p2 + p4 )2 s34 (p3 + p4 )2 .
76 // / x y . .. i
3.6 Largeur de dsintgration et vie moyenne Chapitre 3
o J est le Jacobien de la transformation,
1
(|p2 | , |p3 | , cos 23 ) E2 E3 E4
J= =
(E2 , E3 , E4 ) |p2 |2 |p3 |2 2
Les intgrales sur E2 , E3 et E4 sont facilement effectues (avec les trois fonctions de Dirac) 3
et on obtient
1 1 4
d N tot = ds24 ds34 = dE2 dE4 (3.43)
16(2)3 m21 4(2)3
5
ou 2 2
1 M f i 1 M f i
d = ds24 ds34 = dE2 dE4 (3.44) 6
(2)3 32m31 (2)3 8m1
7
Le dernier rsultat est significatif: lespace de phase dans le cas dune dsintgration en
trois corps est indpendant des variables s24 et s34 . Donc, moins quil y ait une dpendance 8
2
explicite en s24 et s34 de la matrice de transition M f i , la distribution des vnements
en fonction des invariants s24 et s34 doit tre uniforme. Cest--dire, quaprs analyse des 9
vnements, si on identifie par un point (s24 , s34 ) chaque dsintgration, les points seraient
distribus uniformment sur le diagramme de la figure 3.11. Toutefois, dans le cas dune 10
2
dpendance explicite de M f i , la distribution des vnements nest plus uniforme. Cest ce
11
qui se produit lorsque des rsonances sont produites et peuvent tre dcrites par la forme de
Breit-Wigner A
2
M f i 2
M0
s24 m2 + im . (3.45) B
On observe alors une concentration des points prs de la ligne verticale s24 = m2 sur la figure C
3.11.
D
Remarque 3.2
E
i La forme relativiste de la distribution de BreitWigner provient du propagateur dune
particule instable dont le dnominateur est p2 m2 + im o p est la quadri-impulsion F
de la particule tel que illustr dans un diagramme de Feynman. Le propagateur de la
particule au repos est proportionel lamplitude de probabilit pour la dsintgration i
dune pariticule ou rsonance. La probabilit de dsintgration est obtenue en prenant le
module au carr de cette amplitude. i
Par ailleurs, seule une rgion dans lespace des s24 et s34 est cinmatiquement permise:
s
24 = (m2 + m4 )2
2
s+
24 = s m3
s
34 = (m3 + m4 )2
2
s
34 = s m2
De plus, pour une valeur de s24 donne, s34 est minimum ou maximum lorsque p3 et p4 sont
parallles ou anti-parallles dans le rfrentiel du CM des particules 2 et 4:
2 2
s34 = E30 + E40 p03 + p04
q q 2
0 0 2
smin,max 02 m2 02 m2
34 = E 3 + E 4 E 3 3 E4 4 (3.46)
Ce rsultat permet dexprimer le domaine permis de lespace de phase dans la section s24
versus s34 . Ce type de diagramme est appel diagramme de Dalitz (voir figure 3.11).
// / x y . .. i 77
Chapitre 3 3. DIFFUSION ET INTERACTION ENTRE PARTICULES
2
Figure 3.11 JI
3
Diagramme de Dalitz: Ce diagramme illustre
lespace de phase disponible dans une dsin-
4 tgration trois corps exprime en termes des
variables cinmatiques s24 et s34 avec s = 2 GeV.
5 Chaque point correspond un vnement. Une
distribution uniforme indique quil ny a pas eu
6 formations dtats intermdiaires pendant la ds-
intgration.
7
10
11
A
3.7 Calcul des lments de matrice
Il nous manque un ingrdient pour tre en mesure deffectuer des calculs de section
B efficace ou de vie moyenne: le calcul explicite de la matrice de transition partir dune
thorie. Dans cette section, nous faisons un survol des outils utiliss pour ce type de calculs,
C
le but ntant pas de les dcrire formellement. Un traitement plus approfondi est donn au
D Chapitre 4 pour le lecteur plus avanc. Toutefois, ces sujets font lobjet douvrages plus
spcialiss et la description restera quelque peu superficielle et certains rsultats seront
E fournis sans preuve. Nous supposerons que le lecteur possde dj des notions approfondies
en mcanique quantique.
F
3.7.1 Modle thorique (prototype QED)
i
titre dexemple, considrons ce qui se passe dans le cas de llectrodynamique quan-
tique. Nous ne donnons ici quune description succincte de la thorie. Pour plus de dtails,
consulter aux Sections 4.5 ou 8.6. La thorie peut se rsumer sous la forme dune densit
lagrangienne qui se divise en trois parties:
1. La densit lagrangienne pour llectron libre
Llibre = (x)(i
m)(x)
o (x) et (x) = (x) 0 sont le champ de llectron et son conjugu, les matrices
de Dirac et = x , la drive partielle.
2. Le terme dinteraction
Lint = e(x)
(x)A (x) (3.48)
1
LJauge = F (x)F (x)
4
1
LQED = (i
m) + e
A F F . (3.49)
4
78 // / x y . .. i
3.7 Calcul des lments de matrice Chapitre 3
3.7.2 Rgles et diagrammes de Feynman 1
Une mthode dveloppe par R.P. Feynman et toujours utilise aujourdhui, les rgles
de Feynman (voir page 20), permet de calculer les taux pour des processus impliquant des 2
particules dont les interactions sont dcrites par une densit lagrangienne. Qui plus est, les
diagrammes de Feynman (voir page 20) quil a introduits fournissent une mthode graphique 3
commode pour visualiser et effectuer les calculs. Cest presque devenu avec les annes un
4
langage quutilisent les physiciens pour parler de leurs calculs.
Diagrammes de Feynman
5
Dans les diagrammes de Feynman, on a: 6
1. La direction du temps va de gauche droite dans le diagramme, cest--dire quun
processus commence gauche et finit droite. (Souvent une autre convention est 7
utilise, soit la direction du temps du bas vers le haut)
2. Chaque ligne dans le diagramme reprsente une particule qui se propage librement. Il 8
y a trois types de particules en QED et par convention, nous reprsentons:
9
Diagramme Description particule 10
Ligne droite, flche droite lectron
11
Ligne droite, flche gauche Positron
Ligne ondule Photon A
3. Les directions des lignes de gauche droite (ou vers le haut selon la convention) B
indiquent le mouvement de la particule, mais ne sont pas reprsentatives des direction
C
ou vitesse des particules.
4. Tout sommet (o trois lignes se rencontrent) reprsente une interaction lectroma- D
gntique. Ce type dinteraction est d au terme Lint dcrit plus haut et implique la
prsence de trois champs, ceux du positron (x), de llectron, (x) et du photon E
A (x). On observe ces sommets quand
F
e e + e + e e+ e+ +
e+ + e+ e+ + e e+ + e
(Notez que ces six processus sont le mme si on ne tient pas compte des orientations)
5. Tout diagramme qui peut tre construit utilisant ces parties est un processus possible
condition:
(a) Quil y ait conservation dnergie et dimpulsion chaque sommet.
(b) Les lignes externes (entrant ou sortant du diagramme) reprsentent des particules
relles et doivent obir la relation E 2 = p2 + m2 .
(c) Les lignes internes (dans les boucles ou tapes intermdiaires du diagramme)
reprsentent des particules virtuelles, nont pas obir la relation E 2 = p2 + m2
et ne peuvent tre observes E 2 6= p2 + m2 .
Le processus le plus simple que nous pouvons considrer est la collision ou la diffusion
de deux particules charges. Dans un tel processus, les particules initiales et finales, par Figure 3.12 N
Dans le processus le plus simple, la collision ou la
exemple un lectron et un positron, restent intactes, seules leurs impulsions et nergies sont diffusion de deux particules charges, les particu-
modifies. les initiales et finales restent les mmes, seules
Dans lapproche propose par Feynman, on commence par dessiner tous les diagrammes leurs impulsions et nergies sont modifies.
possibles. La premire possibilit consiste ajouter une ligne de photon intermdiaire.
// / x y . .. i 79
Chapitre 3 3. DIFFUSION ET INTERACTION ENTRE PARTICULES
6 (a) (b)
7 Ce qui distingue ces deux diagrammes, cest que lchange du photon virtuel ne se fait
pas entre les mmes particules.
8 Nous pouvons aussi dessiner des diagrammes plus compliqus avec lchange de plusieurs
(et mme de nimporte quel nombre de) photons, par exemple:
9
10
11
C
Les diagrammes de Feynman sont particulirement utiles surtout parce qu chaque
D diagramme correspond une quantit complexe bien dfinie appele une amplitude de
probabilit donne par un ensemble de rgles, les rgles de Feynman. Une de ces
E
rgles associe chaque sommet (donc chaque change de photon) un facteur multiplicatif
F relativement petit, ce qui a pour consquence de rduire les amplitudes pour des diagrammes
impliquant beaucoup de photons par rapport ceux o il ny en a quun. Cette quantit, cest
i e , le couplage lectromagntique ou la charge lectrique.
Techniquement, les rgles de Feynman permettent dobtenir le taux de transition comme
un dveloppement en srie de puissances du paramtre de couplage (calculs perturbatifs).
La mthode est utile seulement quand ce paramtre est suffisamment petit pour que la
convergence de la srie soit rapide, cest--dire pour les interactions lectromagntiques ou
faibles, mais ne savre utile pour les interactions fortes qu de trs hautes nergies.
Des calculs perturbatifs en QED mettant en jeu jusqu quatre photons changs ont t
effectus pour certaines quantits. Les rsultats concident avec les donnes exprimentales
la douzime dcimale prs (voir Chapitre 8)!
Rgles de Feynman
Les rgles de Feynman dune thorie sont en gnral trs simples, mais elles gnrent
des expressions mathmatiques de plus en plus compliques pour des diagrammes de plus en
plus complexes.
Les rgles de tout processus se lisent:
1. Dessiner tous les diagrammes possibles (jusqu un certain nombre de photons, selon
la prcision dsire).
2. tablir partir des impulsions et des nergies initiales la direction, les impulsions et
les nergies initiales de chaque ligne du diagramme. Pour chaque diagramme ayant
80 // / x y . .. i
3.7 Calcul des lments de matrice Chapitre 3
une boucle ferme, lnergie et limpulsion sont arbitraires et il faut intgrer sur toutes
les valeurs possibles. 1
3. Chaque ligne interne contribue lamplitude concurrence dun facteur appel le
propagateur 2
ig
(a) Propagateur du photon de quadri-impulsion q : q 2 3
(b) Propagateur de llectron ou positron de quadri-impulsion p et de masse m:
i 4
p m
q2
Notez que plus est grand pour le photon et que plus p m est grand pour 5
llectron ou le positron, alors plus la particule est virtuelle et donc plus petite
sera sa contribution au diagramme. 6
4. chaque sommet dinteraction lectron-positron-photon on associe le facteur ie .
5. Sommer les amplitudes de tous les diagrammes pour obtenir lamplitude totale associe 7
au processus.
En rsum, nous avons comme rgles de Feynman pour QED 8
Rgles de Feynman 9
lectrodynamique quantique:
10
1
L = (i/ m) (F )2 e A 11
4
Propagateur de Dirac : A
/ + m)
i(p B
=
p2 m2 + i
C
Propagateur du photon:
ig D
=
q2 + i E
F
Sommet de QED:
i
Le taux de transition recherch pour le processus peut alors tre calcul - il est propor-
tionnel au carr du module de lamplitude totale. Notons ici que ce rsultat est diffrent de la
somme des valeurs absolues au carr des amplitudes individuelles de chaque diagramme. Tout
comme pour les ondes lumineuses en optique, en prenant le carr du module de lamplitude to-
tale, on fait jouer le principe de superposition des ondes qui peut tre destructif ou constructif
et cela peut mettre en vidence le phnomne dinterfrence.
Dans cette section, nous navons qunumrer les tapes et les outils ncessaires au calcul
explicite de la matrice de transition, le but ntant pas de les dcrire formellement. Le chapitre
4 pouvoit cette lacune. Il sadresse toutefois au lecteur plus avanc et peut tre ignor dans
une premire lecture ou dans un cours dintroduction la physique des particules.
// / x y . .. i 81
Chapitre 3 3. DIFFUSION ET INTERACTION ENTRE PARTICULES
3.8 Exercices
1
3.1 Variables de Mandelstam
2 Soit s, t et u, les variables de Mandelstam dans une raction a + b c + d, prouver la
relation s + t + u = i m2i pour le cas gnral o les masses des particules en jeu, mi
3 (i = a, b, c, d), sont distinctes.
3.2 nergie de seuil relativiste : approche gnrale
4 Considrons la raction m1 + m2 m3 + . . . mN dans laquelle la particule de masse m2
est la cible au repos. Dterminez lnergie cintique de seuil Ks = K1 dans le repre
5 de la cible sachant que le seuil de raction correspond la production de particules
6 au repos dans le repre du centre de masse. Montrez que, dans la limite des faibles
nergies, cette quantit devient le seuil classique :
7
1
Ks = Q(m1 + m2 ) Q = m1 + m2 m3 . . . mN .
8 m2
82 // / x y . .. i
3.8 Exercices Chapitre 3
MeV/c2 . Avec quelle nergie cintique doivent-ils tre crs une altitude de h =
30 km pour quon en dtecte une proportion de 10% la surface de la mer. (Supposez 1
que les muons arrivent perpendiculairement la terre).
3.9 Neutrinos 2
Au LEP, on produit un Z 0 dont lnergie et la quantit de mouvement sont respective- 3
ment E et P = |P| . Celui-ci se dsintgre en une paire de neutrinos
4
Z 0 e e .
5
On observe que le neutrino est mis un angle L , par rapport la direction de vol
du Z 0 quon identifie laxe des z. Exprimer tan CM en fonction de tan L , E, P o 6
CM est langle dmission du neutrino par rapport laxe des z pour un observateur
situ dans le rfrentiel du CM du Z 0 ? Nous supposerons ici que le neutrino e a une 7
masse ngligeable. ( noter qu cause de la conservation de quantit de mouvement,
le neutrino et lantineutrino ont la mme impulsion |p | = |p | dans le repre du CM, 8
ce qui nest pas le cas en gnral dans le repre du LEP o L est mesur.) 9
3.10 Vitesse du proton
(a) Calculer la vitesse du proton dont lnergie cintique est de 20 MeV, 1 GeV, 840 10
GeV et 1.8 TeV.
(b) Combien de temps prend un proton initialement au repos pour parcourir une 11
distance de 3 m dans un tube o on applique un champ lectrique uniforme de 10
MV? A
B
3.11 Collisionneurs vs cible fixe.
Expliquer les avantages et inconvnients dun collisionneur par rapport un acclra- C
teur projetant des particules sur cible fixe.
3.12 nergie dans le CM D
Calculer lnergie dans le centre de masse pour lacclrateur du SLAC et de HERA
(voir tableau en appendice). E
3.13 nergie cintique
Calculer lnergie cintique du K 0 et K 0 requise pour que les ractions suivantes soient F
possibles
K 0 + p + +
i
et
K0 + p + K0 + K+
3.14 Espace de phase: Dsintgration en 2 ou 3 particules
Considrons la dsintgration dune particule au repos de spin nul et de masse M en
3 particules de spin nul et de masse mi et impulsion pi , o i = 1, 2, 3. Ltat final est
dtermin par cinq variables indpendantes quon choisit tre les nergies de deux des
particules, E1 et E2 , deux angles qui fixent la direction de p1 et un angle qui dfinit les
rotations du systme (p2 , p3 ) autour de p1 . Calculer le volume de lespace de phase
de dsintgration en ces 3 particules. Comparer le taux de dsintgration en ces 3
particules au taux de dsintgration en 2 particules dans la limites o les particules
finales sont sans masse.
// / x y . .. i 83
THORIE
CHAMPS FF
QUANTIQUE DES 4
Chapitre 4
4.1 Mcanique quantique relativiste F
86
4.2 Thorie classique des champs FF
104
4.3 Thorie quantique des champs FF
106
FFF
4.4 Fonctionnelle gnratrice 116
4.5 Thorie de jauge locale et QED 121
4.6 Rgles et diagrammes de
Feynman FFF . . . . . . . . . . 124
4.7 Calcul des lments de
matrice FFF . . . . . . . . . . . 128
4.8 Thories de Yang-Mills FF . . 135
4.9 Brisure de symtrie FF . . . . 140
4.10 Exercices . . . . . . . . . . . . . 145
N Le but est de donner une ide des outils utiliss en physique des particules et
de comprendre comment sest fait le passage de la mcanique classique la
mcanique quantique, puis la mcanique quantique relativiste, puis finalement
la thorie des champs. Lapproche vise ultimement tablir les rgles de Feynman. Il sagit
dun formalisme qui, en pratique, savre indispensable dans le traitement perturbatif des
thories et le calcul de sections efficaces et taux de dsintgration.
Remarque 4.1
i Avertissement:
Comme lindiquent les symboles FF.F dans le titre du chapitre, il sadresse un lecteur
expert et couvre des sujets qui sont typiquement du niveau des tudes suprieures. Malgr
tout, la description reste relativement sommaire, ces sujets faisant lobjet douvrages
beaucoup plus spcialiss.
Remarque 4.2
i Certains de ces sujets et concepts ont dj t mentionns et le lecteur se rendra
compte dune certaine redondance; le propos de ce chapitre est de revenir sur ces sujets
afin les dcrire plus formellement. i
// / x y . .. i 85
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
2
ih (ih)2 = m2
t
2
+ 2 = m2
t 2
ou encore
2
2
0 = 2 + + m2
t
= m2
p2 m2
=
Cette quation dcrit les bosons (particules de spin entier). Elle est toutefois non linaire en
nergie E.
Remarque 4.3
i Cette substitution pose toutefois un problme dinterprtation. Lquation de Klein-
Gordon semble tre en mesure de gnrer des solutions dnergie ngative
p
E = p2 c2 + m2 c4 .
86 // / x y . .. i
4.1 Mcanique quantique relativiste F Chapitre 4
Donc il existe des solutions avec E < 0. Mais de telles solutions nont pas de sens pour
1
une particule libre. i
2
La rsolution de cette ambigut passe par la thorie des champs o il est possible
dinterprter les solutions dnergie ngative comme des antiparticules. Cependant, cette 3
difficult a men historiquement lquation de Dirac.
4
4.1.3 Lquation de Dirac (spin 1/2) FF
5
Dans une tentative visant linariser lquation de Klein-Gordon et rgler certains
autres problmes conceptuels (comme des densits de probabilit ngatives et des solutions 6
dnergies ngatives), Dirac introduit un systme linaire de quatre quations couples,
lquation de Dirac. 7
Rappelons que lquation de Klein-Gordon qui dcrit les bosons (spin entier) se lit:
8
2
2 = 2 + m2 2
ou 0 = + m (4.5) 9
t
Dirac propose de linariser cette quation dans les drives par rapport aux coordonnes de 10
temps et despace (quation diffrentielle du premier ordre)
11
i = H,
t A
o
B
H = i i + mc2
xi
C
est linaire en drives et i et sont des constantes. On impose que lquation reproduise
D
E 2 = p2 + m2 . (4.6)
E
o nous identifions comme il se doit
F
p = (E, p) ih , ih . (4.7)
t
i
Calculons le "carr" de lquation
( p + m) = i (4.8)
t
soit
2
= ( i pi + m)( j p j + m).
t 2
= ( i j pi p j + 2 m i pi + 2 m2 ).
Remarque 4.4
i Il faut liminer le terme crois, donc on doit avoir = 0 ou i = 0 i, ce qui limine
aussi un des autres termes. i
2
= ( i j pi p j + ( i + i )mpi + 2 m2 )
t 2
1
= ( ( i j + j i )pi p j + ( i + i )mpi + 2 m2 )
2
Pour reproduire (4.6), il faut que
{ i , j } = 2 i j , { i , } = 0, 2 = I.
// / x y . .. i 87
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
B Alors si on dfinit
( 0 , i ) avec 0 = , i = i
C alors on obtient
( p mI) = 0 (4.10)
D
ou simplement
E i m = 0 (4.11)
F On peut reproduire les calculs pour dterminer et effectus plus haut en levant au carr
cette dernire quation, on obtient
i
(i m) i m = m2 = 0. (4.12)
Pour concider avec (4.5), il est ncessaire que
+ = 2g
Ceci nest possible que si les sont des matrices de dimensions 4 4 ou plus. Dans leur
reprsentation la plus simple (reprsentation de Dirac), les matrices scrivent
1 0 0 0 0 0 0 1
0 1 0 0 0 0 1 0
0 = 0 0 1 0
1 =
0 1 0 0
0 0 0 1 1 0 0 0
0 0 0 i 0 0 1 0
0 0 i 0 0 0 0 1
2 = 0 i 0 0
3 =
1 0 0 0
i 0 0 0 0 1 0 0
ou encore, crit de faon plus abrge,
0 I 0 i 0 i
= = = i = 1, 2, 3
0 I i 0
o chaque lment ici est une matrice 2 2 soit, 0 qui reprsente la matrice nulle, I, la
matrice identit, et les i sont les matrices de Pauli. Par extension, on utilise aussi souvent
une cinquime matrice dfinie comme
0 I
5 = 5 i 0 1 2 3 i 0 1 2 3 = .
I 0
88 // / x y . .. i
4.1 Mcanique quantique relativiste F Chapitre 4
Remarque 4.5 1
i Par souci dallger le texte, la notation suivante est utilise
2
A A/ (4.13)
3
et lquation de Dirac scrit
4
0 = ( p m)
5
/ m).
= (p
6
i
7
Lquation (4.11) ou (4.10) est la forme la plus commune de lquation de Dirac. Il sagit 8
dune quation matricielle et il faut comprendre que , appel bi-spineur, possde quatre
composantes 9
1
2
10
= 3 .
4 11
Les ( = 0, 1, 2, 3) sont les quatre matrices 4 4 de Dirac et I, qui est souvent omise, A
est la matrice identit 4 4. Les matrices intgrent la notion de spin puisque quelles
correspondent une version gnralise des matrices de spin de Pauli. Pour cette raison, B
lquation de Dirac convient la description des fermions (spin demi-entier). En fait, des
quatre degrs de libert du bi-spineur , deux servent reprsenter la particule dans les tats C
de spin 12 et deux autres, lantiparticule dans les tats de spin 12 . Lquation de Dirac D
est en fait un systme de quatre quations linaires couples. Dans la base de Dirac, elles
scrivent E
it 1 + ix 4 + y 4 + iz 3 m 1 = 0 (4.14) F
it 2 + ix 3 y 3 iz 4 m 2 = 0 (4.15)
it 3 ix 2 y 2 iz 1 m 3 = 0 (4.16) i
it 4 ix 1 + y 1 + iz 2 m 4 = 0 (4.17)
alors que dans la base chirale ou de Weyl (voir page 90, premier choix), on a
it 3 + ix 4 + y 4 + iz 3 m 1 = 0 (4.18)
it 4 + ix 3 y 3 iz 4 m 2 = 0 (4.19)
it 1 ix 2 y 2 iz 1 m 3 = 0 (4.20)
it 2 ix 1 + y 1 + iz 2 m 4 = 0. (4.21)
Matrices
Puisque et i sont hermitiens
( 0 ) = = = 0 ,
alors que
( i ) = ( i ) = i = i = i = i .
En combinant ces relations, nous obtenons
= 0 0 .
De plus,
+ = 2g . (4.22)
En posant la reprsentation prcdente pour et i , il est possible dcrire
0 I 0 i 0 i
= = . (4.23)
0 I i 0
// / x y . .. i 89
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
noter que cette reprsentation nest pas unique bien que (4.22) restent valide pour toutes
1 les reprsentations.
Mentionnons sans preuve quelques relations auxquelles obissent les matrices . Les
2 traces des matrices sont values comme suit
3
Tr(I) = 4
4 Tr(tout # impair de ) = 0
Tr( ) = 4g
5
Tr( ) = 4(g g g g + g g ) (4.24)
6 5
Tr( ) = 0
Tr( 5 ) = 0
7
Tr( 5 ) = 4i .
8
Une autre identit permet de renverser lordre des matrices lintrieur dune trace (cyclicit
9 de la trace)
Tr( ) = Tr( ). (4.25)
10
Les contractions des matrices entre-elles donnent
11
= 4
A
= 2 (4.26)
B = 4g
= 2 .
C
Dans certains calculs, il est utile de rarranger des produits de combinaisons bilinaires
de fermions au moyen des identits de Fierz. Soient u1 , . . . , u4 , des spineurs de Dirac et
uiL = 21 (1 5 )ui ,1 la projection gauche. Alors la formule de rarrangement de Fierz la plus
commune se lit
(u1L u2L )(u3L u4L ) = (u1L u4L )(u3L u2L ). (4.28)
Des formules supplmentaires peuvent tre gnres en utilisant les identits suivantes pour
les matrices en bloc 2 2 de Dirac :
( ) ( ) = 2 (4.29)
( ) ( ) = 2 . (4.30)
Les matrices sont dfinies une transformation unitaire prs. En effet, une autre base
toute aussi valable que la base de Dirac dfinie plus haut peut tre construite partir dune
matrice unitaire U
X = U DU
1 Selon le contexte, nous utiliserons la notation 1 ou I pour dsigner la matrice identit quel que soit sa dimension.
Ici, par exemple, le 1 dans (1 5 ) correspond la matrice identit 4 4 alors que dans lquation (4.23) I est la
matrice identit 2 2.
90 // / x y . .. i
4.1 Mcanique quantique relativiste F Chapitre 4
Reprsentation de Weyl ou chirale
On utilise plus particulirement la base de Weyl, W , parce quelle permet de sparer 1
facilement les composantes de chiralit opposes L/R,
2
1 I I 3
W = U DU
avec U = ,
2 I I
4
0 I 0 i I 0 5
0W = iW = 5W = .
I 0 i 0 0 I
6
alors les composantes de chiralit opposes L/R sont obtenues par les projections chirales
7
1 5
0 0
R = 1 + W = 8
2 0 I
9
1
5
I 0
L = 1 W =
2 0 0
10
donc 11
L
= .
R A
1
I I
C
W = U DU
avec U = ,
2 I I
D
E
0 I 0 i I 0
0W = iW = 5W = .
I 0 i 0 0 I F
De la mme faon alors les composantes de chiralit opposes L/R sont obtenues par les i
projections chirales
1 5
I 0
R = 1 + W =
2 0 0
1 5
0 0
L = 1 W =
2 0 I
donc ce choix diffre par un simple change des composante L/R, cest--dire
R
= .
L
2
1 I
= U DU
M avec U = U = ,
2 2 I
2 2
0 0
0M = 5M = ,
2 0 0 2
i 3 0 0 2 i 1 0
1M = 2M = 3M = .
0 i 3 2 0 0 i 1
// / x y . .. i 91
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
E ce qui nous ramne au problme des nergies ngatives que nous avions avec lquation de
Klein-Gordon.
F Les solutions pour nergies positive et ngative sont donc
i = p pour E > 0
E+m
p
|E|+m
= pour E < 0
Au repos, elles se simplifient
= pour E > 0
0
0
= pour E < 0.
Remarque 4.6
i En fait, on pouvait sattendre obtenir des solutions avec E < 0 puisque lquation
de Dirac est drive de lquation de Klein-Gordon
(ip/ m)(ip/ m) = ( + m2 )
1
= ( { , } + m2 )
2
= (g + m2 )
= ( + m2 ) = 0.
On note par ailleurs, que si est une solution de lquation de Dirac, elle vrifie aussi
lquation Klein-Gordon. i
92 // / x y . .. i
4.1 Mcanique quantique relativiste F Chapitre 4
Il est possible de construire une interprtation des solutions avec E < 0 : cest ce que 1
Dirac a fait avec sa thorie en introduisant la notion des trous. Cette interprtation est,
certains gards, un peu artificielle. Une interprtation plus intuitive de ce problme passe 2
par une thorie dcrivant plusieurs particules (thorie quantique des champs) au lieu dune
thorie une particule (mcanique quantique). Ce sujet est abord la Section 4.3. Mais 3
dabord, il est possible de dgager certaines relations de lquation de Dirac. 4
Parit
5
Considrons loprateur de parit P (rflexion par rapport lorigine) et son effet sur les
fermions. Lquation de Dirac qui dcrit la particule et lantiparticule 6
i m (t, x) = 0 7
i 0 0 i i i m (t, x) =
8
devient sous laction de P qui transforme x x et i i , 0 0 , i i (voir
plus bas) 9
i 0 0 i i i m (t, x) = 0.
10
En multipliant cette expression par 0 et en utilisant la relation danticommutation { , } =
2g on obtient 11
i 0 0 + i i i m 0 (t, x) = 0.
A
Mais 0 est en fait loprateur de parit pour les fonctions donde de Dirac, cest--dire
0 (t, x) = (t, x) ou (t, x) = 0 (t, x). Plus prcisment, les tats dnergie positive B
et de spin 12 , et les tats dnergie ngative et de spin 12 sont reprsents par les solutions
C
1 0 0 0
0 1 0 0 D
u1 = 0 ,
u2 = 0 ,
v1 =
1 ,
v2 = 0
E
0 0 0 1
F
qui se transforment sous P suivant
i
1 0 0 0
0
0 0
1 0 0
0 v1 = 0 v2 =
u1 = 0 ,
u2 =
0
,
1 ,
0
0 0 0 1
do on tire que les fermions ont une parit positive et les antifermions, une parit ngative.
Covariants de Dirac ou combinaisons bilinaires
En thorie relativiste des champs, les lagrangiens doivent tre invariants par rapport
des transformations de Lorentz. Ceci impose que leurs proprits par rapport une
transformation de Lorentz obssent certaines rgles mais aussi puisquon parle de fermions,
que les spineurs et matrices de Dirac se combinent pour donner un singulet dans un lagrangien.
Il est donc utile de connatre quelles combinaisons des et de matrice forment un singulet.
Considrons un spineur de Dirac (E > 0) au repos
(0) = .
0
// / x y . .. i 93
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
C
o est une matrice 4 4 relle. Sous cette forme, on peut inclure deux types de change-
ment de rfrentiel: les rotations et les pousses (changement de vitesse) dj mentionnes.
D
Une rotation laisse la composante temporelle intacte et pourrait scrire
E
1 0
R =
F 0 R
o R est une matrice 3 3, orthogonale (RT R = I), de dterminant 1; les matrices R sont
i
lments du groupe SO(3). Dans le cas dune rotation dun angle autour dun axe pointant
R prend la forme
dans la direction du vecteur unitaire n,
R = exp(in J )
et J est le gnrateurs de SO(3). R tant
o est langle de rotation autour de la direction n,
relle, J est imaginaire, hermitienne et de trace nulle
0 0 0 0 0 i 0 i 0
Jx = 0 0 i Jy = 0 0 0 Jz = i 0 0
0 i 0 i 0 0 0 0 0
[Ji , J j ] = i i jk J k . (4.33)
x0 j = Rij xi
' (1 in J )ij xi = (1 in J )ij xi = x j + (n x) j .
Par ailleurs une pousse (changement de vitesse V ) le long de laxe des z correspond
loprateur
0 0 0 1
0 0 0 0
B(z) = exp (n z Kz ) o Kz =
0 0 0 0 .
1 0 0 0
94 // / x y . .. i
4.1 Mcanique quantique relativiste F Chapitre 4
Ce rsultat se gnralise pour une pousse dans la direction n et scrit en terme des gnra-
teurs de pousse K 1
(p) = exp(n K) 2
On remarque une correspondance entre les oprateurs K et les oprateurs , soit K =/2. 3
Ici
4
0 1 0 0 0 0 1 0 0 0 0 1
1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 5
Kx =
0 0 0 0
Kx = 1 0 0 0
Kx =
0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 6
i j 1
i
0
10
[ , ] = i i jk k , o i =
2 2 2 0 i
11
Alors on peut crire
A
R ( ) = exp in
2 B
o on note une correspondance entre les oprateurs J et les oprateurs , soit J
/2.
C
Remarque 4.7 D
i On peut combiner les gnrateurs K i et J i suivant
E
i 1 i 1 i
K + Ji i
K Ji
M = N = F
2 2
do on tire i
[Mi , M j ] = i i jk M k [Ni , N j ] = i i jk N k [Mi , N j ] = 0.
On reconnat alors les relations de commutations associes deux groupes SU(2) distincts.
Autrement dit, ce sont les gnrateurs du groupe SU(2) SU(2). i
Rappelons que nous voulons construire des combinaisons des qui forment un singulet
(scalaire) de Lorentz. Considrons tout dabord la combinaison . Nous devons nous
assurer que cet objet est invariant par rapport aux rotations et transformations de Lorentz.
Rotations: Sous une rotation
exp(in ), exp(+in )
2 2
parce que est hermitien. Donc se transforme
exp(+in ) exp(in )
2 2
[exp(n )] 6=
// / x y . .. i 95
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
0.
5 = 5 = i 0 1 2 3 et { , 5 } = 0.
Remarque 4.8
i On peut crire
i
5 = (4.37)
4!
o est un tenseur compltement antisymtrique avec 0123 = 1. i
96 // / x y . .. i
4.1 Mcanique quantique relativiste F Chapitre 4
Les 16 matrices indpendantes sont alors
1
matrices nombre
I 1 2
5 1
(4.38) 3
4
5 4
4
2i [ , ] 6
5
Ici, est un quadrivecteur de Lorentz si il obt la rgle de transformation
6
0 = 0 0 = ,
7
o est une transformation de Lorentz.
Pour effectuer une rotation ou une transformation de Lorentz sur lexpression 5 , 8
il faut utiliser les oprateurs suivants
9
]
R = exp[in
2 10
(p) = exp[ n ].
2 11
Mais A
[, 5 ] = 0, [
, 5 ] = 0
B
alors 5 se transforme comme si le 5 tait absent
C
0 5 0 = 5 .
D
On serait donc tent de penser que 5 est aussi un quadrivecteur de Lorentz. Ce
nest pas tout fait le cas. En fait, il existe dautres relations auxquelles obissent un vecteur, E
par exemple, celle qui implique la parit P (rflexion par rapport lorigine). Sous laction
de P, les rotations ne changent pas de signe, alors que les transformations de Lorentz F
changent de signe
P P 1 = , PP 1 = . i
La matrice qui commute avec et anticommute avec est est simplement
P = 0 = = P 1 .
Autrement dit, les composantes spatiales changent de signe, mais pas la composante tem-
porelle, ce qui est typique dun quadrivecteur.
Par contre, pour loprateur 5 , on aura sous P
5 = 0
5 P 5 P 1 =
+ 5 = 1, 2, 3
Cest--dire, cause du 5 , cest la composante temporelle qui change de signe alors que les
composantes spatiales ne changent pas. On dit alors que 5 est un vecteur axial ou un
pseudo-vecteur.
Les 16 covariants de Dirac sont donc
covariant type
scalaire
5 pseudoscalaire
vecteur
5 pseudovecteur
tenseur
// / x y . .. i 97
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
Spineurs de Dirac
1 On peut crire (x) en fonction des ondes planes
2 (x) = u(p)eipx ,
3
o u(p) est un spineur avec E > 0 satisfaisant
4
(p/ m)u(p) = 0.
5
La normalisation de u(p), que nous ne driverons pas ici, est
6
7 u(p) = E + m p
E+m
8
u(p)u(p) = 2m,
9
avec = 1.
10
11 Remarque 4.9
i Attention: cette normalisation est une un question de choix. Dautres ouvrages
A
peuvent utiliser une normalisation diffrente (ex. Mandl & Shaw). i
B
Pour la solution avec E < 0, nous avons
C
D (x) = v(p)eipx
F (p/ + m)v(p) = 0.
p
|E|+m
v(p) = E + m
avec = 1.
Hlicit
Considrons loprateur de rotation
i
0
R = exp in , i = .
2 0 i
Les spineurs [u(p)] et [v(p)] sont des tats propres de R (cest--dire, des tats de spin).
Par exemple,
1
=
0
est une particule avec spin + dans la direction z .
Considrons la limite o lnergie tend vers linfini, cest--dire. E m:
p
' p = z
E +m
o ici nous avons choisi p = z .
Pour E > 0,
u(p) ' E .
z
98 // / x y . .. i
4.1 Mcanique quantique relativiste F Chapitre 4
Ceci correspond deux tats
1
1 0
0 1 2
u+ (p) = E
1 u (p) = E
0 .
0 1 3
Considrons loprateur (base de Dirac) 4
1 1 I I
(1 5 ) = . 5
2 2 I I
6
Alors, on remarque que u (p) sont des tats propres de (1 5 )/2, respectivement. Ce sont
des tats dhlicit droite (R) et gauche (L), respectivement. 7
De la mme faon, pour E < 0,
8
z
v(p) E
9
Ceci correspond deux tats diffrents
10
1 0
0 1 11
+
v (p) = E
v (p) = E 1
0
A
0 1
Ici, v (p) sont des tats dhlicit gauche (L) et droite (R), respectivement. B
C
Remarque 4.10
i On note que les tats L/R de v(p) sont inverss par rapport aux tats de u(p). i D
E
Il existe un cas limite o certaines prcautions doivent tre prises. En gnral, un
changement de rfrentiel peut occasionner un changement de signe de limpulsion dune F
particule. Cest le cas pour une particule massive. Il est donc possible pour lhlicit de
passer de L R ou vice-versa en effectuant une transformation de Lorentz. Ce nest pas le i
cas pour une particule sans masse qui garde son hlicit indpendamment du rfrentiel dans
lequel on lobserve.
Sommes sur le spin
Les calculs de probabilit requirent souvent dvaluer la somme sur les tats de spin. Il
arrive, par exemple, quon ne connaisse pas le spin initial des particules. On calcule alors
la moyenne sur les tats de spin. Un autre cas se prsente lorsquon considre un tat final
dans lequel les particules peuvent prendre nimporte quel tat de spin. Il est alors possible de
sommer les probabilits associes tous les tats de spin finals. Dans les deux cas, on doit
valuer la somme
s p
u (p, s)u (p, s) = (E + m) E+m p ( s , s )
s
s
s E +m
o nous utiliserons le fait que
1 0
s s = .
s
0 1
On obtient alors
p !
1 E+m
u (p, s)u (p, s) = (E + m) p p2
E+m (E+m)2
!
E +m p
E +m p
= p2 =
p E+m
p E m
= [(E p + m) ] = [(p/ + m) ]
// / x y . .. i 99
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
ou en rsumant
1 u(p, s)u(p, s) = (p/ + m).
2 De la mme faon, on obtient galement
5 1 + 5/s
u(p, s)u(p, s) = (p/ + m)( )
2
6
1 5/s
7 v(p, s)v(p, s) = (p/ m)( )
2
8 o le quadrivecteur de polarisation s est dfini par s p = 0 et s s = 1. Les spineurs
u (p) et v (p) sont les tats propres de loprateur 5/,
s cest--dire des solution de
9
s (p) = u (p)
5/u
10
s (p) = v (p)
5/v
11
avec les valeurs propres = 1.
A
4.1.4 Lquation de Klein-Gordon (spin 1) FF
B
Une particule vectorielle possde un champ indpendant par degr de libert de po-
C larisation, cest--dire trois, correspondant au nombre de valeurs propres de la troisime
composante de spin s3 = 1, 0 et 1. Dans une approche covariante 4 dimensions, le point
D de dpart sera un champ quatre composantes obissant lquation de Klein-Gordon
E ( + m2 ) = 0.
F Donc peut tre crit sous la forme
i
= eipx
p (p) = 0 = p = 0
= ii = 11
i
1 = 1 eipx 2 = 0 3 = 0.
100 // / x y . .. i
4.1 Mcanique quantique relativiste F Chapitre 4
On peut toutefois choisir une base diffrente
1
1 1
01 = (1, i, 0) 02 = (1, i, 0) 03 = (0, 0, 1)
2 2 2
= i 0i = 1 01 4
i
5
alors on a une polarisation dite "circulaire"
6
1 i 1
1 = 1 eipx 2 = 1 eipx = 1 ei(px+ 2 ) 3 = 0.
2 2 2 7
Si la particule vectorielle est de masse nulle, par exemple un photon, lquation de 8
Klein-Gordon se simplifie
9
A = 0 avec A = 0.
10
On obtient de ces deux quations
11
A A = 0
A
ce qui correspond la forme covariante des quations de Maxwell
B
F = 0 avec A = 0
C
o
F = A A D
Puisque le photon na pas de masse, la composante de polarisation longitudinale nexiste pas
E
et seulement deux champs sont ncessaires pour dcrire totalement le photon et est form
seulement des composantes transversales (troisime composante de spin s3 = 1 et 1). F
Posons A = eipx dans F = 0, on obtient dans lespace des impulsions
i
p p p = 0
mais p2 = 0 et donc
p = 0
Posons une quadri-impulsion p = (p, 0, 0, p) ainsi que les quadrivecteurs de polarisation
1 = (0, 1, 0, 0) et 2 = (0, 0, 1, 0) ( 3 nest pas ncessaire) alors
= 1 1 + 2 2 est une solution
= 1 1 + 2 2 + p est aussi une solution qui correspond une transfor-
mation de jauge de la premire solution. Aucun effet physique ne rsulte de cette
transformation.
Exemple 4.1
Jauges axiales:
Jauges avec tel que 2 = 1 et (p) = 0. En gnral, la solution scrit
p
= 1 1 + 2 2 +
p
et le projecteur (somme sur les tats de polarisation) est donn par
!
p + p p p
(p) = (p) (p) = g .
=1
p (p )2
// / x y . .. i 101
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
Exemple 4.2
1
Jauges de Coulomb:
2 Jauges avec = (1, 0, 0, 0) et (p) = 0, ce qui impose
3 A0 = 0
5 p
= 1 1 + 2 2 +
p
6
et le projecteur (somme sur les tats de polarisation) est donn par
7 !
p + p p p
8 (p) = (p) (p) = g
.
=1
p (p )2
9
10
11 Exemple 4.3
A Jauges covariantes:
Jauges dont le projecteur est manifestement covariant
B Cas 1:
(p) = (p) (p) = g .
C =1
D Cas 2:
p p
E (p) = (p)
(p) = g
.
=1
p2
F
On peut valuer cette expression dans nimporte quel rfrentiel. Dans le rfrentiel du
W au repos,
q = (MW , 0, 0, 0)
et nous avons
(q) (q) = A.
=1,0
Mais, dans ce mme rfrentiel, les vecteurs de polarisation prennent la forme +1 =
(0, 1, 0, 0), 1 = (0, 0, 1, 0), 0 = (0, 0, 0, 1) tel que
0 0 = 0 1 1 = 2 2 = 3 3 = +1
102 // / x y . .. i
4.1 Mcanique quantique relativiste F Chapitre 4
si bien que A = 1. Donc,
1
q q
(q) (q) = [g 2 ].
q 2
=1,0
3
Le propagateur pour un W massif scrit donc
2)
4
i(g q q /MW
iDF (q) = 2
.
q2 MW + i 5
6
4.1.5 Lquation de Dirac et Klein-Gordon (spin 3/2) FF
Une particule de spin 3/2 possde 4 composantes indpendantes correspondant aux 7
troisimes composantes de spin s3 = 3/2, 1/2, 1/2, 3/2. Son antiparticule est aussi dcrite
par 4 composantes indpendantes. Donc lquation donde doit contenir au total 8 com- 8
posantes de champs.
9
Une particule de spin 3/2 peut tre obtenue par laddition dun tat de spin 1 avec un tat
de spin 1/2. La construction partir dun tat de spin 1 avec un tat de spin 1/2 peut tre 10
effectue de deux faons:
On peut la voir comme une particule vectorielle 2 composantes spinorielles dcrite 11
par lquation de Klein-Gordon
A
2
( + m ) s =0 avec s = 1, 2 (indice spinoriel)
B
(4 composantes spatiales 2 composantes spinorielles = 8 composantes). C
De faon quivalente, on peut la dcrire comme une particule vectorielle 4 com-
posantes spinorielles dcrite par lquation de Dirac D
0
(i/ m) s = 0 avec s0 = 1, 2, 3, 4 (indice spinoriel) E
0 i
s = 0 4 conditions (jauge covariante)
0
s = 0 4 conditions
( + m2 )h = 0
(p2 m2 )h (p) = 0.
// / x y . .. i 103
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
11 o nous omettons ici toute dpendance temporelle explicite du lagrangien par souci de
simplification.
A Posons quau temps t = t1 , le systme est la position qi = ai alors qu t = t2 , il se
trouve la position qi = bi . Le systme volue entre t = t1 et t = t2 selon une trajectoire
B
dcrite par qi = Xi (t), o Xi (t) est dtermin par les quations du mouvement.
C En principe, il existe plusieurs trajectoires qui mnent aux mmes points limites. Une
seule correspond la trajectoire physique. Le principe de Lagrange consiste assigner une
D quantit, appele laction, chaque trajectoire et dterminer la trajectoire physique en
supposant quelle correspond un optimum de laction. Laction est dfinie comme suit
E
Z t2 N
F S= dt L(qi , qi ,t)
t1 i=1
i Considrons une trajectoire entre ai et bi
o est petit et i (t1 ) = i (t2 ) = 0. On cherche la trajectoire qui minimise (optimise pour
tre plus exact) laction. Ceci quivaut trouver la trajectoire pour laquelle la variation de
laction est nulle, cest--dire S = 0, pour toutes variations j (t). Il en dcoule les quations
dEuler-Lagrange
d L L
=0
dt q j qj
qui correspondent aux quations du mouvement. Autrement dit, la trajectoire physique est un
point stationnaire de laction, menant directement aux quations du mouvement. Cest ce
quon appelle le principe de moindre action dHamilton.
En thorie classique des champs, on passe dun systme discret un systme continu.
Pour ce faire, qi est remplac par la variable = ( ,t) qui dpend de faon continue du
paramtre et du temps t (lindice i est remplac par le paramtre qui en gnral dcrit
les degrs de libert de lespace des configurations). Ici, = ( ,t) est un champ prenant
des valeurs diffrentes pour chaque point de lespace-temps.
En passant des variables discrtes aux variables continues, on introduit une intgrale sur
le volume spatial Z
d
i
et
L = d L .
o L est maintenant une densit lagrangienne.
104 // / x y . .. i
4.2 Thorie classique des champs FF Chapitre 4
En 3D, laction prend la forme
Z Z 1
S= Ldt = L ( , )d x,
4
2
o L est la densit lagrangienne (quon appelle souvent le lagrangien par abus de langage). 3
Le principe de moindre action devient alors
4
S = 0
5
L L
Z
= d 4 x{
+ ( )}
( ) 6
L L L
Z
= d 4 x{ + ( ) ( ) } 7
( ) ( )
Le deuxime terme est une drive totale et puisque lintgration est value sur des points 8
stationnaires, la variation de S provenant de ce terme est nulle, alors 9
L L
Z
0 = S = d 4 x{ }. 10
( )
11
Il reste la contrainte que S = 0 doit savrer pour une variation arbitraire ce qui implique
que A
L L
= 0. B
( )
Ce sont les quations du mouvement (Euler-Lagrange) pour le champ. C
Remarque 4.11 D
i Il est utile de constater que ces quations sont invariantes de Lorentz si le lagrangien E
se transforme comme un scalaire de Lorentz. i F
L L
Z
p(x) = (x)d 3 x, o (x)
cest--dire, (x) est la densit dimpulsion, conjugue (x). Lhamiltonien est donn par
Z Z
H= d 3 x (x) (x) L = d 3 xH ,
// / x y . .. i 105
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
o est un paramtre infinitsimal. Cette transformation est une symtrie si elle laisse
1 invariantes les quations de mouvement. Cest le cas si laction est aussi laisse invariante,
cest--dire si le lagrangien ne change que par une drive totale soit
2
L (x) L (x) + J (x)
3
o J (x) est dfini par la transformation du champ et son effet sur le lagrangien.
4
Par exemple, considrons la transformation (4.39). Le lagrangien se transforme suivant
5
L L
4L = (4 ) + ( ) (4 )
6 ( )
L L L
7 = ( 4 ) + [ ( )]4 .
( ) ( )
8 Puisque le deuxime terme est nul cause des quations dEuler-Lagrange, on a
9 L
J (x) = ( 4 )
10 ( )
ou
11 L
( 4 J (x)) = 0.
( )
A
Alors, on peut dfinir un courant conserv j (x) tel que la quadri-divergence de j (x) est
B nulle
L
C j (x) = 0, j (x) = 4 J (x),
( )
D Par consquent, une symtrie du lagrangian implique une loi de conservation dun courant.
Cette relation est appele thorme de Noether.
E Une charge conserve est associe ce courant conserv
F
Z
Q= j0 d 3 x
Volume
i
Cest une constante du temps.
x(t)
x,
p(t) p
[x, =i
p]
106 // / x y . .. i
4.3 Thorie quantique des champs FF Chapitre 4
Notons que dans la reprsentation de Schrdinger, les oprateurs sont indpendants du temps
alors quils varient en fonction du temps dans la reprsentation de Heisenberg. 1
En thorie des champs, lapproche est similaire: (x) et (x) deviennent des oprateurs
et il faut aussi imposer des relations de commutation. 2
Pour un systme discret, nous avons 3
[qi , q j ] = 0, 4
[pi , p j ] = 0,
[qi , p j ] = i i j . 5
6
On remarque que ces relations sont trs similaires aux crochets de Poisson entre variables
canoniques pour la mcanique classique. 7
En ce qui concerne un systme continu, (x) devient une densit dimpulsion et on doit
utiliser une fonction de Dirac au lieu dune fonction de Krnecker 8
[(x), (y)] = 0, 9
[ (x), (y)] = 0,
10
[ (x), (y)] = i 3 (x y).
11
Lhamiltonien (fonction de (x) et (x)) est aussi un oprateur.
Nous limiterons la discussion aux champs scalaires (bosons de spin 0, 1 et 2) et aux A
champs de fermions de spin 1/2.
B
4.3.1 Champs de spin 0 FF
C
Lquation de Klein-Gordon est lquation dEuler-Lagrange correspondant au lagrangien
D
1 1
L = m2 2
2 2 E
o ici, le champ est rel2 . On vrifie aisment que cest le cas puisque F
L L i
( ) = 0.
( )
( + m2 ) = 0.
Puisque
L
(x) = (x),
lhamiltonien devient
1 1 1
Z
d 3 x[ 2 + ( )2 + m2 2 ]
H=
2 2 2
On reconnat chacun des termes comme lnergie due au mouvement, lnergie due au
gradient et lnergie due au champ lui-mme respectivement.
Lobjectif est de quantifier les champs de lquation Klein-Gordon (dans le sens de
seconde quantification). Pour y arriver, on a besoin de dterminer le spectre de lhamiltonien.
Considrons la transforme de Fourier du champ (x,t)3
d 3 p ipx
Z
(x,t) = e (p,t)
(2)3
2
[ + (|p|2 + m2 )] (p,t) = 0.
t 2
1 Remarque 4.12
i Cette quation est identique lquation du mouvement dun oscillateur harmonique
2 de pulsation q
3 p = |p|2 + m2 .
5
En mcanique quantique, lhamiltonien de loscillateur harmonique scrit
6 1 2
H = ( p + m2 2p x2 )
7 2m
8 ou ici par souci de clart, laccent circonflexe dnote un oprateur. Considrons a et a , les
oprateurs dannihilation et de cration tels que
9
m p x + i p m p x i p
a p a p
10 2m p 2m p
A a ] = 1.
[a,
C
r
a + a m p
x = p p = i a a
2m p 2
D
en termes des oprateurs dannihilation et de cration
et H,
E
F 1
H = (a a + ) p . (4.40)
2
i On obtient alors le spectre en introduisant |0i, ltat qui est annihil par a,
alors
1 (a )n
H|ni = (n + ) p |ni avec |ni = |0i.
2 n!
Le spectre de lquation Klein-Gordon est dtermin de la mme faon: chaque mode
de Fourier (p,t) est un oscillateur harmonique indpendant avec son propre a et a . Alors
considrant les dfinitions de x et p en fonction des a et a , et les substitutions
x (x) p (x) a ap a ap
on peut crire
d3 p 1
Z
(x) = (ap eipx + ap0 eipx )
(2)3 2 p
p
r
d3 p
Z
p
(x) = (i) (ap eipx ap0 eipx )
(2)3 2
Exprimant H en fonction des ap et ap tout en ignorant les infinits non physiques4 , on obtient
d3 p
Z
H= p ap ap .
(2)3
4 Le 1
terme proportionnel 2 dans 4.40 mne une contribution infinie non physique.
108 // / x y . .. i
4.3 Thorie quantique des champs FF Chapitre 4
Ces rsultats permettent de dterminer le spectre de la thorie. Posant ltat fondamental
comme |0i tel que loprateur dannihilation donne un rsultat nul 1
ap |0i = 0 2
pour tout p, on construit les autres tats en utilisant loprateur ap Par exemple, ltat 3
construit partir dune excitation ap |0i est un tat propre de H. Utilisant [H, ap ] = p ap , on
4
vrifie que
H(ap |0i) = ( p ap + ap H)|0i = p (ap |0i) 5
ce qui confirme que ap |0i est bel et bien un tat propre de H avec nergie (ou valeur propre 6
de H) q
Ep = p = |p|2 + m2 . 7
8
Remarque 4.13
9
i On note que sous cette forme, lnergie est toujours positive! i
10
galement, lopration successive de ap et aq sur |0i donne ltat ap aq |0i qui possde une
11
nergie Ep + Eq , et ainsi de suite pour lespace des tats est engendr par les tats ap aq . . . |0i.
On note par ailleurs que les tats ap |0i sont aussi des tats propres de limpulsion. Loprateur A
dimpulsion est donn par
B
d3 p
Z Z
3
P d x(x)5 (x) = pa ap .
(2)3 p C
Ltat |pi ap |0i est donc un tat propre de loprateur dimpulsion dont la valeur propre F
est simplement limpulsion p.
q i
Comme p = |p|2 + m2 , nous avons
E 2 = p2 + m2
et il en dcoule que les tats ap |0i ont pour nombres quantiques E, p et m et quils carac-
trisent ce quon appelle les excitations des particules.
Remarque 4.14
i Ce sont des particules dans lespace des impulsions. Quen est-il dans lespace des
configurations? i
Pour rpondre cette question, considrons ce qui se passe lorsque loprateur (x) agit
sur ltat |0i
d3 p 1
Z
(x)|0i = 3
p (ap eipx + ap eipx )|0i
(2) 2Ep
d3 p 1
Z
= eipx |pi
(2)3 2Ep
p
Ceci correspond une superposition linaire dtats dune particule, chacun de ces tats
ayant une impulsion bien dfinie. Cette superposition a pour effet (sur le vide) de crer une
particule la position x.
Puisque les ap commutent, nous pouvons crire
ap aq |0i = aq ap |0i,
// / x y . .. i 109
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
donc ltat obtenu aprs change de deux particules est identique ltat initial. De plus, il
1 est possible davoir deux particules dans le mme tat
2 ap ap |0i 6= 0.
3
Ces particules obissent donc la statistique Bose-Einstein. Il sagit donc de particules
4 scalaires. Par consquent, lquation Klein-Gordon dcrit des particules scalaires (ex. partic-
ules de Higgs).
5
Dpendance temporelle FF
6 En mcanique quantique, lorsquon passe de la reprsentation de Schrdinger (tats:
dpendants du temps, oprateurs: indpendants du temps)
7
|i = |(t)iS
8
Q = QS indpendant de t
9
la reprsentation de Heisenberg (tats:indpendants du temps, oprateurs: dpendants du
10 temps)
11 |i = |iH indpendant de t
A Q = QH (t),
B la valeur moyenne de lobservable doit tre identique (voir Section 3.3.2). Il sensuit que
E o
T (t,t0 ) = exp (iH (t t0 )) .
F
est loprateur dvolution. noter que T est une transformation unitaire, cest--dire
i T T = 1.
Par consquent, la dpendance temporelle de loprateur Q dans la reprsentation de
Heisenberg est donne par
QH (t) = T 1 QH (t0 )T
et les oprateurs obissent aux quations du mouvement de Heisenberg
d
i QH (r,t) = [QH (t), H] . (4.41)
dt
De la mme faon, ces oprateurs doivent obir aux quations du mouvement de Heisenberg,
soient
i (x,t) = i(x,t),
t
i (x,t) = i(2 + m2 ) (x,t).
t
Combinant ces deux rsultats, on retrouve lquation Klein-Gordon
2
= (2 m2 ) .
t 2
110 // / x y . .. i
4.3 Thorie quantique des champs FF Chapitre 4
Exprimons ces objets en fonction des oprateurs dannihilation et de cration. Alors (x)
et (x) prennent la forme 1
2
d3 p 1
Z
(x,t) = 3
p (ap eipx + ap eipx )
(2) 2Ep 3
r
d3 p Ep
Z
(x,t) = 3
(i) (ap eipx ap eipx ) 4
(2) 2
5
o (x,t) est un oprateur de lespace dHilbert qui cre (ap ) et dtruit (ap ) des particules.
Cest aussi une combinaison linaire des solutions (eipx , eipx ) de lquation Klein-Gordon. 6
0
On remarque que les deux signes apparaissent devant t cest--dire dans les termes eip t ,
0 7
eip t , avec p0 > 0. Si les taient des fonctions dondes dune particule, ils correspondraient
aux tats dnergie positive et ngative 8
( 0
p0 pour eip t 9
H = i = 0
t p0 pour eip t
10
Cependant, les ne sont pas des fonctions dondes. On parle plutt de modes de frquence
11
positive et ngative:
Une solution de frquence positive a comme coefficient ap , loprateur qui dtruit une A
particule.
Une solution de frquence ngative est le conjugu hermitien de la solution de B
frquence positive; elle a comme coefficient ap , loprateur qui cre une particule.
C
Remarque 4.15 D
i Donc, les particules ont toutes une nergie positive, mais on interprte les signes
E
dans les solutions comme des frquences positive ou ngative. i
F
Propagateur Klein-Gordon FF
Considrons lobjet suivant [ (x), (y)]:
i
Utilisant le thorme de Cauchy (rsidus dans le plan complexe), il est possible de lcrire
sous une forme plus utile (la prescription de Feynman)
d4 p i
Z
DF eip(xy)
(2)4 p2 m2 + i
Figure 4.1 JI
Propagateur Klein-Gordon: le contour qui est
dform en-dessous du ple p0 = Ep et au-
dessus du ple p0 = +Ep .
On peut aussi dplacer les ples lgrement, de sorte que le contour suit laxe x.
Dans ce
cas, les ples se trouvent (Ep i), ce qui correspond lexpression pour DF ci-dessus:
// / x y . .. i 111
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
9 Remarque 4.16
10
i DF (x y) est le propagateur de Feynman pour une particule de Klein-Gordon. Il
reprsente lamplitude de probabilit pour une particule associ sa propagation du point
11 x au point y. Cest--dire, une particule est cre au point x, elle se dplace au point y, o
elle est annihile. i
A
L = (i m). (4.42)
D
o (x) est le champ de fermion.
E
Les champs conjugus dans le formalisme dHamilton sont
F L L
= = (i 0 ) = i , = = 0.
i
Pour quantifier les champs de lquation de Dirac, crivons dabord et comme la
somme des solutions, multiplies par des oprateurs de cration et dannihilation:
d3 p 1
Z
ipx
(x) = (asp us (p) eipx + bs s
p v (p) e )
(2)3 2Ep
p
s
d3 p 1
Z
(x) =
(2) 3
p (asp us (p)eipx + bsp vs (p)eipx ).
2Ep s
Les impulsions canoniques sont alors
d3 p 1
Z
ipx
(x) = i (as s
p u (p)e + bsp vs (p)eipx ).
(2)3 2Ep
p
s
Remarque 4.17
i La forme (4.42) est souvent remplace par le lagrangien
i
L =
m. (4.43)
2
qui traite de faon plus symtrique et . Dans ce cas, les impulsions canoniques sont
aussi plus symtriques.
L i i L i
= = ( 0 ) = , = = 0
2 2
2
112 // / x y . .. i
4.3 Thorie quantique des champs FF Chapitre 4
i
1
2
Remarque 4.18
i Les champs obissent des relations danticommutation (et non des relations de 3
commutation):
4
3
{ a (x), b (y)} = i (x y) ab ,
5
{ a (x), b (y)} = { a (x), b (y)} = 0.
6
i 7
d3 p F
Z
H= Ep (as s s s
p ap + bp bp )
(2)3
s
i
o nous avons laiss tomber la constante infinie qui provient de lanticommutateur
3 3 rs
{bsp , bs
q } = (2) (p q) .
On peut alors vrifier que les particules cres par les a et b contribuent toutes deux
positivement lnergie.
Loprateur dimpulsion scrit
d3 p
Z Z
P= d 3 x (i) = p(as s s s
p ap + bp bp ).
(2)3
s
Remarque 4.19
i Notons que lutilisation des relations de commutation aurait eu pour consquence
que les particules de type b diminueraient lnergie du systme et le vide nexisterait pas.
Avec des relations danticommutation, le vide est ltat dnergie minimale. i
La divergence de ce courant, supposant que satisfait lquation de Dirac est donne par
j = ( ) +
= (im) + (im) (4.44)
= 0.
// / x y . .. i 113
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
Ainsi j est toujours conserv si (x) satisfait lquation de Dirac. La charge correspondante
1 est
Z Z Z
3 0 3 0
2 Q= d xj = d x = d 3 x
3 d3 p
Z
= (as s s s
p ap bp bp )
(2)3
s
4
On remarque que la charge des excitations de type b est oppose celle des excitations de
5 type a. Loprateur as
p cre des particules dnergie Ep , impulsion p et charge Q, tandis que
6 bs
p cre des particules dnergie Ep , impulsion p et charge Q. Cette charge est appele
nombre fermionique et on dsignera les particules de type a et b comme tant des fermions
7 et antifermions respectivement.
8 Remarque 4.20
11
Remarque 4.21
A i Puisque (x) contient les oprateurs asp et bs
p , il annihile des particules ou cre des
B antiparticules. i
C
La normalisation des tats dune particule est similaire celle des solutions de lquation
D de Klein-Gordon, soit
|p, si = 2Ep as
p
p |0i
E
hp, r|q,si = 2Ep (2)3 3 (p q) rs
F Comme nous lavons dmontr, a1 2
p et ap ont une hlicit oppose. Cest aussi le cas pour
b1 2
p et bp . Mais, lhlicit
est oppose
pourdes particules et antiparticules. Ainsi,
i 1 0
Pour des particules, et correspondent aux spins +1/2 et 1/2, respec-
0 1
tivement.
1 0
Cependant, pour des antiparticules, et correspondent aux spins 1/2
0 1
et +1/2, respectivement.
Propagateur de Dirac
Comme pour lquation de Klein-Gordon, on exprime {(x), (y)} en fonction des
intgrales de contour. Avec la prescription de Feynman, ceci prend la forme
d 4 p i(p/ + m) ip(xy)
Z
SF (x y) = e
(2)4 p2 m2 + i
h0|(x), (y)|0i pour x0 y0 > 0
=
h0|(y), (x)|0i pour x0 y0 < 0
h0|T (x)(y)|0i
Dans lespace des impulsions (transforme de Fourier)
i(p/ + m)
SF (p) =
p2 m2 + i
Remarque 4.22
i SF (x y) est le propagateur de Feynman pour une particule de Dirac. Il reprsente
lamplitude de probabilit pour une particule fermionique de se propager du point x au
114 // / x y . .. i
4.3 Thorie quantique des champs FF Chapitre 4
point y. Cest--dire, un fermion est cr au point x, il se dplace au point y, o il est
1
annihil et inversement pour lantifermion. i
2
Remarque 4.23 3
i Il y a un signe moins qui sajoute quand on change des oprateurs fermioniques qui 4
dcrivent des particules identiques. i
5
1 1 A
L = F F + m2 A A
4 2
B
Toutefois, ce lagrangien nest pas tout fait appropri lorsquon tente de faire la quantification
canonique. Voici pourquoi: le moment canonique scrit C
L D
(x) = = F 0
0 A
E
et donc sa composante temporelle est nulle
F
0 (x) = 0,
i
ce qui est incompatible avec les relations de commutation
A (x) = 0,
A (x) = 0.
alors
A0 (x) = A (x) + f (x)
// / x y . .. i 115
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
On note que la condition A (x) = 0 ne tient que pour des jauges o f (x) = 0. Cette
1 contrainte sur les jauges est appele condition de Lorentz. Elle ne sapplique pas sur des choix
de jauge comme la jauge de Coulomb A0 (x) = 0 qui nest valable que pour un rfrentiel
2 donn.
3 Les solutions dans lespace des impulsions de cette quation sont
4 A = (p)eipx ,
9
o = 0, 1, 2, 3 dnote une base de vecteurs de polarisation et des relations connues
10 0
[ap , ap0 ] = 0 (2)3 (2)p0 3 (p p0 )
11
Les vecteurs de polarisation sont orthonorms
A
(p) 0 (p) = 0
B
Ainsi pour m 6= 0
C
p p
D (p) =
(p)
(p) = g
=1
m2
E
alors que pour m = 0
F
(p) = (g + termes dpendant de jauge)
i
Ce projecteur a pour fonction de conserver seulement les hlicits non-utilises.
Puisque
h0|A (x)|p, i = (p)eipx
on aura le propagateur de la particule vectorielle
DF (x y) = h0|TA (x)A (y)|0i
d 4 p i (p) ip(xy)
Z
= e
(2)4 p2 m2 + i
i (p)
DF (p) =
p2 m2 + i
FFF
4.4 Fonctionnelle gnratrice
4.4.1 Fonctions de corrlation et thorme de Wick FFF
Dans le calcul perturbatif damplitudes de probabilit, on a besoin de connatre les
fonctions de corrlation (aussi appeles fonctions de Green npoints). On doit valuer des
expressions de la forme
h0|T { (x1 ) (x2 ) (xn )}|0i,
cest--dire, les valeurs moyennes dans le vide des produits chronologiques dun nombre fini
(mais arbitraire) doprateurs de champs libres.
Pour n = 2, cette expression est juste le propagateur de Feynman.
116 // / x y . .. i
4.4 Fonctionnelle gnratrice
FFF Chapitre 4
Pour n > 2, on pourrait valuer cet objet par la force brute, insrant dans le dveloppe-
ment de les expressions en termes doprateurs dchelle. Il est possible de beaucoup 1
simplifier de tels calculs.
Un des problmes qui se posent, cest que les oprateurs de cration et de destruction 2
ne sont pas toujours dans le bon ordre: on devrait crer une particule avant de pouvoir la 3
dtruire.
Dfinissons le symbole N() pour lopration qui place les oprateurs dans lordre normal, 4
par exemple,
N(ap ak aq ) ak ap aq . (4.46) 5
Lordre de ap et de aq du ct droit ne fait aucune diffrence puisquils commutent. Dans la 6
littrature, on dnote souvent le produit normal par
7
N( 1 2 ) = : 1 2 : .
8
Dfinissons une autre opration, la contraction de deux champs, comme suit:
9
[ + (x), (y)] pour x0 > y0 ;
(x) (y) (4.47)
[ + (y), (x)] pour y0 > x0 . 10
A
(x) (y) = DF (x y). (4.48)
B
La relation entre les produits chronologique et normal est maintenant extrmement simple
crire, du moins pour deux champs: C
D
T { (x) (y)} = N{ (x) (y) + (x) (y)}. (4.49)
E
Avec cette nouvelle notation, il est galement facile dcrire la gnralisation un nombre
arbitraire de champs, soit F
Cette identit est connue sous le nom de thorme de Wick. Pour m = 2 il est identique
(4.49). Lexpression toutes contractions possibles signifie quil y a un terme pour chaque
faon possible de contracter les m champs 2 2.
Ainsi pour m = 4, nous avons (crivant (xa ) comme a pour tre bref)
T { 1 2 3 4 } = N{ 1 2 3 4 + 1 2 3 4 + 1 2 3 4 (4.51)
+ 1 2 3 4 + 1 2 3 4 + 1 2 3 4
+ 1 2 3 4 + 1 2 3 4 + 1 2 3 4
+ 1 2 3 4 }
Quand le symbole de contraction relie deux oprateurs qui ne sont pas adjacents, nous le
dfinissons toujours de faon donner un facteur DF . Par exemple,
N{ 1 2 3 4 } signifie DF (x1 x3 ) N{ 2 4 }.
Pour la valeur moyenne dans le vide de (4.51), nimporte quel terme dans lequel il reste des
oprateurs non contracts donne zro puisque
h0|N(tout oprateur)|0i = 0.
// / x y . .. i 117
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
Seulement les trois termes entirement contracts dans la dernire ligne survivent, et ils
1 donnent tous des valeurs complexes, ainsi nous avons
2 h0|T { 1 2 3 4 }|0i = DF (x1 x2 )DF (x3 x4 )
3 +DF (x1 x3 )DF (x2 x4 ) (4.52)
+DF (x1 x4 )DF (x2 x3 ).
4
Reprsentons chacun des points x1 x4 par un point sur un diagramme, et chaque facteur
5 DF (x y) par une ligne joignant x y. Alors lquation (4.52) peut tre reprsente comme
la somme de trois diagrammes (appels diagrammes de Feynman):
6
7
h0|T { 1 2 3 4 }|0i = (4.53)
8
9
Ainsi mme dans un cas plus complexe, chacune des fonctions de corrlation pourra tre
10
interprte en termes de diagrammes de Feynman.
11
4.4.2 Fonctionelle gnratrice FFF
A Les fonctions de Green telles que les propagateurs, fonctions de sommet, etc... sont
interprtes comme des amplitudes de probabilits en thorie des champs.
B
C Remarque 4.24
i Rappel: Dans lapproche lagrangienne de la thorie des champs, on donne un poids
D statistique chaque trajectoire possible. Les quations de mouvement sont obtenues par
E la minimisation de laction. i
F La fonctionelle gnratrice est une expression gnrale qui permet de trouver les fonctions
de Green qui nous intressent. Elle est base sur le principe des intgrales de parcours.
i En mcanique quantique, lapproche usuelle consiste solutionner une quation diffren-
tielle, lquation donde de Schrdinger, Klein-Gordon ou Dirac, sujette des conditions
initiales = (x,t0 ). Une approche quivalente est de trouver la solution de lquation
intgrale correspondante en utilisant les fonctions de Green. La solution en x0 au temps t 0 ,
(x0 ,t 0 ) est obtenue grce la convolution
Z
(x0 ,t 0 ) = K(x0 ,t 0 ; x,t0 )(x,t0 )dx
o K(x0 ,t 0 ; x,t0 ) est une fonction de Green. On peut diviser ce parcours en segments arbi-
trairement petits ce qui permet subsquemment de dcrire lvolution du systme
118 // / x y . .. i
4.4 Fonctionnelle gnratrice
FFF Chapitre 4
Exemple 4.4
1
Pour une particule libre L = L0 = 12 p2 , on a
(n+1)/2 Z
2
1 1
Z
0 0
K0 (x ,t ; x,t0 ) = dx1 dxn exp i(x1 x0 )2 3
2i 2
1 1
exp i(x2 x1 )2 exp i(xn+1 xn )2 . 4
2 2
5
Mais en utilisant lintgrale dune gaussienne
1/2 6
i
Z
iau2
e du = 7
a
11
A
Le principe peut tre gnralis la thorie des champs o les degrs de libert sont
reprsents par des champs au lieu des positions. On crira alors B
Z Z
K = [d ] exp i d 4 xL C
D
o K est pass dune fonction une fonctionelle et lintgrale fonctionelle svalue sur les
configurations de champs . Si on ajoute des termes de source, on obtient la quantit E
Z Z
Z[J] = [d ] exp i d 4 x (L + J(x) (x)) F
i
quon appelle fonctionelle gnratrice qui comme nous le verrons nous permet de gnrer
beaucoup de rsultats importants dont les rgles de Feynman. Notamment, les fonctions de
Green npoints G(x1 , x2 , , xn ) sont obtenues par
Z[J]
= in h0|T { (x1 ) (x2 ) (xn )}|0i
J1 (x1 ) J2 (x2 ) Jn (xn ) J=0
= in G(x1 , x2 , , xn )
Cette expression gnrale inclut toutefois les contributions qui mettent en jeu des particules
qui se propagent sans interagir. En effet, en se servant du thorme de Wick pour effectuer
des contractions sur h0|T { (x1 ) (x2 ) (xn )}|0i pour obtenir des produits de fonctions
de corrlations irrductibles, on remarque quil existe en gnral des combinaisons qui
correspondent des diagrammes de Feynman dont certaines parties sont dconnectes des
autres (non connexes). Chaque partie non connexe dun diagramme, cest--dire, chaque
partie qui nest pas relie un point externe, reprsente des particules qui ninteragissent pas
avec les autres et dont les diagrammes sont des contributions superflues et inutiles dans le
calcul des interactions. Figure 4.2 JI
Fonction 4points: Le premier diagramme re-
prsente une interaction alors que les deux autres
ne contiennent que des propagateurs libres.
// / x y . .. i 119
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
2
Heureusement, ces contributions superflues peuvent tre factorises et limines. Les
3 fonctions de Green connexes npoints GC (x1 , x2 , , xn ) sont obtenues simplement en
divisant par Z[J]
4
(i)n
Z[J]
GC (x1 , x2 , , xn ) =
5 Z[J] J1 (x1 ) J2 (x2 ) Jn (xn ) J=0
6 (i)n1 W [J]
=
Z[J] J1 (x1 ) J2 (x2 ) Jn (xn )
7
o
8 Z[J] = exp[iW [J]]
10 Figure 4.3 JI
Fonctionelle gnratrice et diagrammes connexes
11
A
Par contre, le lagrangien L peut scrire
B
L = L0 + LI
C
o L0 est le lagrangien pour les particules libres, par exemple
D 1
L0 =
m2 2
champ scalaire rel :
E 2
fermion de spin 1/2 : L0 = (i m)
F 1 1
champ vectoriel : L0 = F F + m2 A A
4 2
i typiquement une fonction quadratique du champ. LI est le lagrangien qui dcrit les interac-
tions entre particules (fonction typiquement, mais non exclusivement, polynomiale des
champs) , par exemple pour la thorie en 4
LI = : 4 (x) :
4!
Considrons le lagrangien libre du champ scalaire rel par exemple
Z Z
Z0 [J] = [d ] exp i d 4 x (L0 + J(x) (x))
Z
1
Z
[d ] exp i d 4 x + m2 2 i + J(x) (x)
=
2
Cette expression a la forme dune gaussienne et peut tre value en utilisant le rsultat
gnral
Z n 1/2
dxi exp (xi Ai j x j + 2Sk xk ) = det A exp Si A1
ij Sj
i=1
do on tire
i 1
Z Z
4 4
Z0 [J] = exp d x d yJ(x) J(y)
2 2 + m2 i
o lexpression entre parenthses est le propagateur du champ scalaire
1
DF (x y)
2 + m2 i
d4 p i
Z
= eip(xy)
(2) p m2 + i
4 2
120 // / x y . .. i
4.5 Thorie de jauge locale et QED Chapitre 4
Ceci dit, on peut crire
Z 1
4 1
Z[J] = exp i d xLI Z0 [J]
i J(x) 2
Z
1 i
Z Z
4 4 4 3
= exp i d xLI exp d x d yJ(x)DF (x y)J(y)
i J(x) 2
4
Connaissant les fonctions de Green connexes npoints GC (x1 , x2 , , xn ),
5
(i)n
Z[J]
GC (x1 , x2 , , xn ) =
Z[J] J1 (x1 ) J2 (x2 ) Jn (xn ) J=0 6
il est possible de rduire chacune de celles-ci en un nombre fini de fonctions de Green 7
connexes lmentaires (propagateurs, fonctions de sommet, etc.) et dobtenir la recette
pour les combiner de faon systmatique. Elles contiennent donc lessentiel des rsultats 8
ncessaires pour dduire les rgles de Feynman.
9
h0|T { (x1 ) (x2 ) (xn ) exp i d 4 xLI [ (x)] }|0i
R
GC (x1 , x2 , , xn ) = 10
h0|T {exp (i d 4 xLI [ (x)])}|0i
R
Exemple 4.5 A
4
Considrons la thorie du champ scalaire avec un terme dinteraction en com-
B
munment appele "thorie 4 "
C
LI = : 4 (x) :
4! D
F
Les fonctions de Green connexes npoints GC (x1 , , xn ) est donne par
1 i
p i
h0|T { (x1 ) (xn ) d 4 y1 d 4 y p : 4 (y1 ) : : 4 (y p ) :}|0i
R R
p p! 4!
GC (x1 , , xn ) = p
1 i
h0|T { d 4 y1 d 4 y p : 4 (y1 ) : : 4 (y p ) :}|0i
R R
p p! 4!
Puisque nous avons dans cette thorie une interaction 4champs, considrons la fonction
de Green connexes 4points pour trouver la rgle de Feynman associe cette interaction
i
Z
GC (x1 , x2 , x3 , x4 ) = h0|T { (x1 ) (x2 ) (x3 ) (x4 ) d 4 y : 4 (y) :}|0i
4!
On utilise alors les produits de Wick pour dcomposer cette expression en produits de
fonctions 2points. Diffrentes combinaisons sont possibles mais ici la seule contribution
non nulle provient dun terme de la forme
i
Z
GC (x1 , x2 , x3 , x4 ) = d 4 yh0|T { (x1 ) (y)}|0ih0|T { (x2 ) (y)}|0i
4! permutations
h0|T { (x3 ) (y)}|0ih0|T { (x4 ) (y)}|0i
Z
= i d 4 yDF (x1 y)DF (x2 y)DF (x3 y)DF (x4 y).
(4.54)
// / x y . .. i 121
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
o (x) est une fonction arbitraire de la position. On dira alors de QED quelle est invariante
1 par des transformations de jauge locales par opposition des transformations de jauge
globales o ne dpend pas de la position.
2
Toutefois, L
dans (4.42) nest pas invariant sous les transformations locales du groupe
3 U(1). Pour rendre le lagrangien de QED invariant, on doit remplacer la drive partielle
par une drive covariante,
4 D = ieA , (4.56)
6 1
A A + . (4.57)
e
7
On peut alors vrifier que le lagrangien modifi
8
m
i D m
i
9
A
= (i m) + e (4.58)
10 = L
+ LA
(4.59)
11
est invariant par rapport une transformation de jauge locale.
A
Remarque 4.25
B i Considrons un terme de masse pour le photon
C 1
L = m2 A A . (4.60)
D 2
Ce terme brise linvariance de jauge locale: puisque
E
1 1
F A A (A (x))(A (x)) 6= A A (4.61)
e e
i i
Par consquent, en demandant que la thorie soit invariante par U(1), il devient ncessaire
dintroduire un champ vectoriel A , appel champ de jauge, qui se couple aux particules
reprsentes par . En fait, A est associ au photon physique, cest--dire la particule
bosonique qui est responsable de linteraction lectromagntique. Notez que le terme de
couplage dans le lagrangien peut scrire j A .
En ralit, pour que A puisse tre associ au photon, il est ncessaire dintroduire le
terme dynamique
1
LJauge = F F ,
4
o F = A A est le tenseur de champ du photon. Il est intressant de noter que
lintroduction dun terme de masse pour le photon nest pas permise puisque 12 m2 A A nest
pas invariant par rapport aux transformations de jauge locales. Le photon doit donc tre sans
masse. Le fait dimposer sur le lagrangien fermionique libre une condition dinvariance par
des transformations locales mne donc une thorie avec interaction,
1
LQED = (i
m) + e
A F F . (4.62)
4
1
LJauge = F F . (4.63)
4
Comment est-il introduit?
122 // / x y . .. i
4.5 Thorie de jauge locale et QED Chapitre 4
En lectromagntisme classique, le comportement des champs E et B sont dcrits par les
quations de Maxwell 1
1 E 1 2
E = , B = + j
c t c
3
1 B
B = 0 , E =
c t 4
o et j correspondent aux sources. Dans les deux dernires quations, on peut substituer
5
1 A
B = A , E = , 6
c t
o et A sont les potentiels scalaires et vectoriels. 7
Ces relations ne dterminent pas de faon unique les potentiels. En effet, des transforma-
8
tions de la forme
1f
0 = + , A A0 = A f 9
c t
o f (x,t) est une fonction quelconque mnent aux mmes quations pour les champs E et B. 10
Cest ce quon appelle linvariance par rapport une transformation de jauge.
Les champs E et B peuvent scrire sous la forme covariante 11
0 Ex Ey Ez
A
Ex 0 Bz By
F (x) =
Ey Bz 0
B
Bx
Ez By Bx 0 C
o F est un tenseur de rang 2. Pour des champs libres (aucune source, = j = 0), les D
quations de Maxwell deviennent
E
F (x) = 0, F (x) + F (x) + F (x) = 0.
F
En termes des potentiels, F se dcline
i
F (x) = A (x) A (x)
i (p)
DF (p) =
p2 + i
// / x y . .. i 123
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
o
1 (p) = (g + termes dpendant de jauge) .
2 Mentionnons quen principe, linvariance de jauge permet dcrire un lagrangien plus
gnral
3
LQED2 = aA0 F F + a0
D + am
4
0 m
F + a6 F F F +
+a5
5 | {z } | {z }
dim=5 dim=6
6
o chacun des termes est invariant de Lorentz et de jauge. Cependant, la cohrence au niveau
7 des units requiert que le lagrangien ait des units de masse la puissance 4 ou
8 dim [LQED2 ] = 4
9 Alors puisque
10
dim [F ] = 4
11 3
dim [] = dim [] =
A 2
dim [ ] = dim = 0
B
on trouve que
C
dim aA0 = dim a0 = dim [am
0]=0
D dim [a5 ] = 1
E dim [a6 ] = 2
dim [an>5 ] < 2
F
Ce qui pose problme dans le cas de coefficients dont dim[an ] 6= 0, cest que ces termes sont
i "non-renormalisables", une proprit essentielle pour quil soit possible de grer convenable-
ment le calcul des corrections radiatives et dutiliser les mthodes perturbatives. Donc pour
obtenir une thorie cohrente, il faut que an>3 = 0.
Le lagrangien de QED est dtermin en faisant concider les quations dEuler-Lagrange et
les quations de Maxwell ce qui correspond aussi au choix an>3 = 0.
Remarque 4.26
i i 4.
Le facteur i est la rgle de Feynman pour le sommet dinteraction de la thorie
Feynman a associ aux fonctions de Green npoints une reprsentation graphique trs
intuitive: les diagrammes de Feynman. On associe chacun des propagateurs DF (z1 z2 )
une ligne qui relie le point externe z1 au point z2 . Dans le cas prcdent, une ligne relie
chaque point externe xi au mme point arbitraire y. On obtient le diagramme suivant
124 // / x y . .. i
4.6 Rgles et diagrammes de Feynman FFF Chapitre 4
1
Figure 4.4 JI
Fonctions de Green 4points: diagrammes de 2
Feynman.
3
Finalement, il faut intgrer les amplitudes de probabilit associes chacune des positions 5
y. Il reste le facteur i qui correspond lamplitude de probabilit dinteraction au sommet
6
y. Donc chaque sommet dinteraction ( 4points) dans un diagramme requiert un facteur
i et lintgration sur la variable de position arbitraire. 7
Remarque 4.27 8
i Une fois ces rgles graphiques tablies, il nest plus ncessaire de passer par la 9
fonctionelle gnratrice pour effectuer le calcul explicite de chaque processus. Les rgles
et diagrammes savrent un outil intuitif dune dconcertante puissance. i 10
11
Considrons le cas de llectrodynamique quantique dont le lagrangien scrit
1 A
L = (i/ m) (F )2 e A
4 B
Nous avons dj dtermin la forme des propagateurs pour le fermion
C
F
SF (x y) = h0|T (x)(y)|0i = (x)(y)
Z
d 4 p i(p/ + m) ip(xy)
i
= e
(2)4 p2 m2 + i
et le photon
DF (x y) = h0|TA (x)A (y)|0i = A (x)A (y)
d 4 q i (q) iq(xy)
Z
= e
(2)4 q2 m2 + i
LI = e A
// / x y . .. i 125
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
6
On remarque les trois propagateurs qui ont tous comme point dintersection le point dinteraction
7 z. Lintgrale fait la somme sur toutes les positions possibles de z.
8 Remarque 4.28
9 i Il reste le facteur ie qui est interprt comme lamplitude de probabilit que ces
trois objets interagissent au point z, cest--dire la rgle de Feynman pour la fonction de
10 sommet:
11
C i
D
Cas particuliers
E
Dans toutes les thories, on prend pour acquis que limpulsion est conserve chaque
F sommet, et que les impulsions indtermines dans les boucles sont intgres :
i
d4 p
Z
.
(2)4
Rgles de Feynman
Thorie 4
Le lagrangien scrit
1 1
L = ( )2 m2 2 4
2 2 4!
Propagateur scalaire:
i
=
p2 m2 + i
Sommet 4 :
= i
Scalaire externe :
=1
126 // / x y . .. i
4.6 Rgles et diagrammes de Feynman FFF Chapitre 4
Polarisations des particules externes
Les spineurs us (p) et vs (p) obissent lquation de Dirac 1
0 / m)us (p) = us (p)(p/ m)
= (p (4.64) 2
/ + m)vs (p) = vs (p)(p/ + m),
= (p
3
/ = p . Les matrices de Dirac obissent aux relations danticommutation
o p
4
{ , } = 2g . (4.65)
Par souci de simplification, nous utilisons ici la reprsentation chirale (voir page 4.1.3), 5
0 5 1 0 6
= , = , (4.66)
0 0 1
o 7
= (1, ), = (1, ). (4.67)
8
Dans cette base les spineurs normaux de Dirac peuvent tre crits
9
ps p s
s
u (p) = s
, v (p) = , (4.68)
ps p s
10
o et sont des spineurs deux composantes normaliss. Dans la limite de grande nergie,
ces expressions se simplifient 11
s
1 1 s
u(p) 2E 2 (1 p ) , v(p) 2E 2 (1 p ) . (4.69) A
1 s
2 (1 + p ) 12 (1 + p ) s
B
Utilisant la base standard pour les matrices de Pauli,
C
1 0 1 2 0 i 3 1 0
= , = , = , (4.70)
1 0 i 0 0 1
D
1 0
nous avons, par exemple, s = pour le spin dans la direction de z , et s = E
0 1
pour le spin dans la direction de z. Pour des antifermions, le spin physique est en direction
1 F
oppose de celui du spineur soit, s = correspond au spin dans la direction de z, et
0
ainsi de suite. i
En calculant les sections efficaces non polarises, on rencontre les sommes de polarisation
us (p)us (p) = p/ + m, vs (p)vs (p) = p/ m. (4.71)
s s
Pour les sections efficaces polarises, on peut se servir de lune ou lautre des formules
explicites (4.68) ou insrer les matrices de projection
1 5
(4.72)
2
qui projettent sur les spineurs droits ou gauches, respectivement. De plus, pour des an-
tifermions, lhlicit du spineur est en direction oppose de lhlicit physique de la particule.
Les vecteurs de polarisation pour des photons et dautres bosons de jauge sont par
convention normaliss lunit. Pour les bosons sans masse, la polarisation doit tre
transversale donc
= (0, ), o p = 0. (4.73)
Si p est dans la direction de z , les vecteurs de polarisation sont
1 1
= (0, 1, i, 0), = (0, 1, i, 0), (4.74)
2 2
pour des hlicits droite ou gauche, respectivement.
En calculant les sections efficaces non polarises impliquant des photons, on peut sub-
stituer
g , (4.75)
polarisations
en vertu de lidentit de Ward. Sans plus de dtails, mentionnons que des rgles particulires
sajoutent dans le cas des bosons de jauge non abliens.
// / x y . .. i 127
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
Rgles de Feynman
1 lectrodynamique quantique:
2 1
L = (i/ m) (F )2 e A
3 4
Propagateur de Dirac :
4 i(p/ + m)
=
p2 m2 + i
5
6 Propagateur du photon:
ig
=
7 q2 + i
8
Sommet de QED:
9
10
B Fermions externes :
C = us (p) (initial)
D
= us (p) (final)
E
F Antifermions externes :
i = vs (p) (initial)
= vs (p) (final)
Photons externes:
= (k) (initial)
= (k) (final)
Nous avons maintenant tous les ingrdients ncessaires pour le calcul des lments de
matrice. Sappuyant sur le Chapitre 3, il est donc possible de calculer une section efficace et
un taux de dsintgration.
A titre dexemple, considrons le processus e+ e + . On peut reprsenter ce
128 // / x y . .. i
4.7 Calcul des lments de matrice FFF Chapitre 4
processus par un diagramme de Feynman:
1
2
Figure 4.5 JI
Diagramme de Feynman pour la diffusion e+ e 3
+
4
6
2
On veut calculer M f i , o i = e+ (p, s)e (p0 , s0 ) et f = + (k, ) (k0 , 0 ). Ici, q =
(p + p0 ) = (k + k0 ). 7
Suivant les rgles de Feynman 8
e
annihil : u(p0 , s0 ) 9
e+ annihil : v(p, s)
terme de sommet : ie 10
cr : u(k0 , 0 )
+ cr : v(k, ) 11
ig
propagateur du photon : q2 +i A
conservation dnergie-impultion : (2)4 (4) ( pi p f )
B
on forme les objets suivants. En suivant la ligne du muon on a
C
u(k0 , 0 ) (ie ) v(k, )
D
De la mme faon, la ligne de llectron est dcrite par lamplitude
E
v(p, s) (ie ) u(p0 , s0 )
F
Ajoutant le propagateur du photon
ig i
q2 + i
on trouve lamplitude de diffusion.
ig
M f i = (ie)2 [u(k0 , 0 ) v(k, )][v(p, s) u(p0 , s0 )]
q2 + i
Mais on cherche la probabilit quun processus se produise, donc il faut calculer le carr
de lamplitude. On suppose que les spins ne sont pas mesurs. Il faudra alors calculer la
somme des spins finals et la moyenne des spins initiaux, soit
1
|M f i |2
4 spins
Or,
// / x y . .. i 129
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
B Tr[(p/ me ) (p/0 + me ) ]
F o
M = Tr[(k/0 + m ) (k/ m ) ] = 4(k k0 + k k0 (m2 + k k0 )g )
i
E = Tr[(p/ me ) (p/0 + me ) ] = 4(p p0 + p p0 (m2e + p p0 )g )
Donc
M E = 32(k pk0 p + k p k0 p + m2 p p0 + m2e k k0 + 2m2 2m2e )
Comme nous avons un processus 2 2, P1 (p)P2 (p0 ) P3 (k)P4 (k0 ), il est utile dintroduire
les variables de Mandelstam (voir Chapitre 3):
s = (p + p0 )2 = (k + k0 )2 ,
t = (k p)2 = (k0 p0 )2 ,
u = (k p0 )2 = (k0 p)2
Figure 4.6 N
On obtient alors lexpression trs simple
1 2e4
|M f i |2 = 2 (t 2 + u2 )
4 spins s
Finalement en invoquant les relations du Chapitre 3, la section efficace peut sexprimer sous
une forme diffrentielle soit
d 1 |p3CM | 2
= M f i
d cos 32s |p1CM |
ou encore en utilisant (3.4),
d 1 1 M f i 2 .
=
dt 64s |p1CM |2
130 // / x y . .. i
4.7 Calcul des lments de matrice FFF Chapitre 4
Considrons le problme dans le rfrentiel du centre de masse
1
p = (E, p) , p0 = (E, p) ; k = (E, k) , k0 = (E, k)
2
Si on dfinit les vitesses de llectron et du muon
3
|p| |k|
e ,
E E 4
et langle entre les directions e+ e et + : p k cos alors la section efficace 5
diffrentielle est donne par
6
d 2
(e+ e + ) = [(1 + 2 2e cos2 ) + (2 2e 2 )]
d cos 2s e 7
o e2 /4 8
On peut intgrer la section efficace sur les variables angulaires. On nglige la masse des
e ( e = 1) et on utilise 9
2
Z
cos2 d cos = 10
3
pour obtenir la section efficace totale du processus e+ e + prdit par llectrodynamique 11
quantique
2 2
A
2 4 2 3
(e+ e + ) = [1 + + 1 2 ] = ( ) . B
s 3 3s 2
i
Figure 4.7 JI
Diffusion Compton: Un photon est absorb et un
autre mis par une particule charge.
// / x y . .. i 131
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
1 e4
|M2 |2 = Tr[(p/0 + m) (q/0 + m) (p/ + m) (q/0 + m) ]
4 spins 16(p k0 )2
1 2e4
2
[m4 m2 p k0 + (p k) p k0 ].
|M2 | = 0 2
4 spins (p k )
Le 3e terme se lit
1 1 e4
M1 M2 =
4 spins 4 4p kp k0
Tr[(p/0 + m) (q/ + m) (p/ + m) (q/0 + m) ]
1 1 e4
M1 M2 = [32p p0 q q0 + 16m2 p q
4 spins 4 4p kp k0
+ 16m2 p0 (p + q) + 16m2 q0 (p + q) + 16m2 q0 p0 324 m]
132 // / x y . .. i
4.7 Calcul des lments de matrice FFF Chapitre 4
On exprime tous les produits scalaires en fonction de m2 , p k et p k0 . De plus, q q0 = m2
1
1 e4
M1 M2 = m2 [2m2 + p k p k0 ] 2
4 spins p kp k0
1 1 4
M1 M2 = 4 (M1 M2 ) ,
4 spins spins 5
soit
1 e4 6
1 M M2 = m2 [2m2 + p k p k0 ].
4 spins p kp k0 7
Le rsultat est
8
1 p k0 pk 1 1
|M12 |2 = 2e4{[ + ] + 2m2 [ ] 9
4 spins pk p k0 p k p k0
1 1 2 10
+ m4 [ ] }.
p k p k0
11
Maintenant: il faut calculer la section efficace. Ici, comme il y a un photon dans ltat
initial, il est plus utile de la calculer dans le rfrentiel du laboratoire, dans lequel il y a A
un photon incident sur un lectron au repos. Donc, les quadri-impulsions sont: p = (m, 0),
p0 = (E 0 , p0 ), k = (, k), k0 = ( 0 , k0 , ). B
Posons lexpression gnrale pour la section efficace totale
C
d 3 p0 d 3 k0 1 1 1
Z Z
= (2)4 (4) (p + k p0 k0 ) q 2
4 |M12 | . D
(2)3 (2)3 2Ei, f 2 2
2 s, m1 , m2 spins
E
Nous savons que p0 = k k0 ,
F
q p
E 0 = m2 + (k k0 )2 = m2 + 2 + 02 2 0 cos ,
i
o est langle entre les photons incident et final. Mais nous savons aussi que p k = p0 k0 =
(p + k) k0 ,
m = m 0 + 0 0 cos = m = m + (1 cos )
0
Dans le rfrentiel du laboratoire,
1 0 1 1
|M12 |2 = 2e4 {[ + 0 ] + 2m2 [ ]
4 spins m m 0
1 1 2
+ m4 [ ] }.
m m 0
Mais utilisant
1 1 1
= (cos 1)
0 m
on obtient
1 0
|M12 |2 = 2e4 { + 0 sin2 }.
4 spins
Finalement:
d 1 0 2 1 4 0
= ( ) e { + 0 sin }
d cos 16 m2
2 0 2 0
= 2 ( ) { + 0 sin }.
m
// / x y . .. i 133
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
1 Remarque 4.29
i Dans la limite de basses nergies, m donc, lnergie cintique de llectron de
2 recul est ngligeable. Alors 0 et on retrouve la section efficace de la diffusion de
Thomson, soit
3 d 2
= 2 [1 + cos ]
4 d cos m
5 i
6
4.7.3 Rsum
2
Nous avons tabli une mthode de calculs des lments de matrice M f i , un ingrdient
7
essentiel dans le calcul des sections efficaces et des taux de dsintgration. On dcrit une
8 thorie essentiellement par un lagrangien o on pose son contenu en particules ainsi que la
nature de leurs interactions. Le dveloppement perturbatif permet alors dlaborer des rgles
9 pour ces calculs: les rgles de Feynman. Une des faons dy parvenir est de passer par la
10 fonctionnelle gnratrice. Qui plus est, linterprtation de ces rgles est rendue trs intuitive
par lusage dune mthode de reprsentation graphique, les diagrammes de Feynman, qui
11 permettent de suivre lvolution des processus comme une srie de propagateurs et sommets
dinteraction.
A tant donn un calcul de |M f i |2 , la section efficace pour un processus gnral a t
calcule. Voici les rsultats:
B Pour une diffusion gnrale de deux particules i (1, 2) f = (3, 4, . . . , n), La section
efficace est donne par
C
" #
n
1 d4 p
Z
2 2
D (1 + 2 3 + 4 + + n) = q (2)4 2 p f m f p f 0
2 s, m2 , m2 1 2
f =3
E 2
4 4
Pf Pi M f i .
(2) (4.76)
F
Pour une diffusion gnrale de deux particules en deux particules i (1, 2) f = (3, 4),
i la section efficace diffrentielle dans le centre de masse est
d 1 |p3CM | 2
= M f i
d cos 32s |p1CM |
ou encore en utilisant (3.4),
d 1 1 M f i 2 .
= 2
dt 64s |p1CM |
134 // / x y . .. i
4.8 Thories de Yang-Mills FF Chapitre 4
Lorsquon ne peut dterminer les tats de polarisation initial et final des particules en
jeu, on doit sommer sur toutes les configurations finales possibles et faire la moyenne sur 1
2 2
les configurations initiales. Bref, on substitue M f i i f M f i dans lquation
2
prcdente o i dsigne la moyenne sur les spins initiaux et f , la somme sur les spins
finals. 3
4
4.8 Thories de Yang-Mills FF
Dans cette section, nous ferons appel quelques reprises des notions de thorie des 5
groupes. Le lecteur est rfr la Section 7.2 pour plus de dtails.
6
Les thories de Yang-Mills (ou non-abliennes) sont des gnralisations de QED. Elles se
basent sur lquation de Dirac et mais au lieu des transformations de phase locales simples, 7
on considre de transformations unitaires gnrales de la forme
8
U(x).
9
Deux distinctions importantes existent entre une thorie de jauge ablienne, telle que QED,
et une thorie de jauge de non-ablienne: 10
1. reprsente un ensemble dtats et U(x) transforme un des tats de cet ensemble en
un autre tat du mme ensemble; 11
2. deux transformations successives U1 (x) et U2 (x) ne commutent pas contrairement un
simple changement de phase dans une thorie ablienne. A
Considrons lquation de Dirac sans masse
B
L = i .
C
o reprsente des fermions de masse m. Par exemple, ils peuvent appartenir la reprsen-
D
tation fondamentale du groupe G avec U(x) G. Alors (x) a pour composantes
1 (x)
E
2 (x)
(x) =
(x) = ( 1 (x), 2 (x), , N (x)) F
..
.
N (x) i
Notons que pour tre unitaire U(x) doit obir
U U = I
U = exp (iTi i )
L iU (x) U(x),
L = iU (x) ( U(x)).
Par consquent, lquation de Dirac nest pas invariante par rapport une transformation
unitaire gnrale.
Pour remdier la situation, on introduit un ensemble de champs Ai
A = Ai i
avec le lagrangien
L = i g A .
Supposons une transformation unitaire telle que
U(x) A A0
// / x y . .. i 135
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
Alors
1
L 0 = iU (U) gU A0 U
2
= i + iU ( U) gU A0 U.
3
Ce lagrangien est invariant si les deux derniers termes sannulent
4
iU 1 ( U) gU 1 A0 U = gA
5
cest--dire que les champs A = Ai i se transforment
6
i
A A0 = UA U 1 + ( U)U 1
7 g
8
Remarque 4.30
9
i Si U est une transformation de phase locale du type U(1), U = exp[i(x)]
10
1
A0 = A (x), (4.78)
11 g
A
ce qui est la transformation quon avait pour QED. i
B
( U)U 1 = (lnU)
U = eiH = iH = lnU.
et donc
Tr[A0 ] = Tr[A ]
136 // / x y . .. i
4.8 Thories de Yang-Mills FF Chapitre 4
Remarque 4.31 1
i On peut donc choisir les i tels que
2
Tr[i ] = 0. (4.79)
3
i 4
i 6
A0 1
= (UA U ) [( U)U ]
1
g 7
i
= UA U 1 U( U )
g 8
Mais 9
(UU ) = 0 = (U)U +U (U )
10
ce qui implique que
i 11
A0 1
= UA U + ( U)U 1
g
A
donc
A0 0 0
A = U(A A )U
1
A ,U. B
C
Remarque 4.32
D
i Ceci est possible seulement si
E
A = A . (4.80)
F
Il en dcoule que les i sont hermitiens. i i
Les i sont hermitiens et sans trace: il sagit donc des gnrateurs de la symtrie.
Dsormais, on crit i Ti , avec
[Ti , T j ] = i fi jk Tk
[T j , Ti ] = i fijk Tk
= i f jik Tk
i
A0 = UA U 1 + ( U)U 1 ,
g
// / x y . .. i 137
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
donc
1
i
A0 = UA U 1 + ( U)U 1
2 g
= U A U +U( A )U 1 +UA ( U 1 )
1
3
i i
+ ( U)U 1 + ( U)( U 1 )
4 g g
5 Alors on a
0
F 6= F
6 cest--dire F nest pas invariant de jauge.
Considrons la drive covariante
7
D + ieA
8
Elle se transforme sous une transformation de jauge comme suit
9
D U 1 D0 U.
10
Mais on remarque que
11
UD U 1 = U( + igA )U 1
A
= +U( U 1 ) + igUA U 1
B = ( U)U 1 + igUA U 1
C = + igA0 = D0
Par consquent,
D
U 1 D0 U = D
E et lexpression D
D D
F
est invariante de jauge.
i Ce rsultat suggre de remplacer le terme cintique pour A quon avait pour QED
F = A A
par
F D A D A
Une transformation de jauge aura pour effet
0
F = D0 A0 D0 A0
= ( + igA0 )A0 ( )
i i
= ( + ig[UA U 1 + ( U)U 1 ])[UA U 1 + ( U)U 1 ]
g g
( )
0 i
F = ( U)A U 1 +U( A )U 1 +UA ( U 1 ) + ( U)U 1
g
i
+ ( U)( U 1 ) + igU(A A )U 1 UA U 1 ( U)U 1
g
i
( U)A U 1 ( U)U 1 ( U)U 1 ( )
g
Aprs simplification, il reste
0
= U + igA A U 1 UA ( + igA )U 1
F
= UF U 1 ,
138 // / x y . .. i
4.8 Thories de Yang-Mills FF Chapitre 4
Alors, le lagrangien gnralis
1
1 1
L = Tr[F F ] = F i F
i
2
2 4
est invariant de jauge. Ici nous avons utilis Tr[Ti , T j ] = i j /2 3
4.8.3 Rsum FF 4
Nous avons construit un lagrangien qui est invariant sous des transformations unitaires 5
locales (SU(N), SO(N), etc...). Il met en jeu des champs de jauge dont le nombre est gal au
nombre de gnrateurs du groupe. Le lagrangien Yang-Mills scrit alors 6
1 7
LY M = i D m Tr[F F ],
2
8
o
9
D = + igA
A = Ai Ti 10
F = D A D A 11
= A A + ig[A , A ]
A
On remarque lexistence de termes cubiques et quartiques (self-interactions) impliquant les
A. Ce sont des proprits particulires des champs de Yang-Mills. B
Tout comme en QED, un terme de masse pour les champs de jauge A donn par C
1
LA = m2 A A D
2
E
brise linvariance de jauge. Donc, sil y a symtrie de jauge locale, les bosons de jauge
doivent tre sans masse. Pour avoir des bosons de jauge massifs, il faut briser la symtrie. F
Rgles de Feynman
i
Thorie non-ablienne (Yang-Mills)
1
L = (i/ m) ( Aa Aa )2 + gAa t a
4
1
g f ( A )A A g( f eab Aa Ab )( f ecd Ac Ad )
abc a b c
4
Les propagateurs de fermion et de boson de jauge sont les mmes que dans QED, multiplis
par une matrice didentit dans lespace du groupe de jauge. De mme, la polarisation
des particules externes est traite comme en QED, sauf que chaque particule externe a
galement une orientation dans lespace du groupe.
Propagateur du gluon:
ig ab
q2 +i
igs Tiaj
// / x y . .. i 139
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
Sommet 3 bosons:
1
3
gs fabc (p q) g (q r) g (r p) g
4
6
Sommet 4 bosons :
7
10
11
A Propagateur de fantme:
B i ab
p2 + i
C
D Sommet de fantme :
F
g f abc p
i
140 // / x y . .. i
4.9 Brisure de symtrie FF Chapitre 4
Notons que le minimum du potentiel se trouve = 0 et le lagrangien possde la symtrie
discrte . Si le terme de masse change de signe, alors la thorie aura plutt la forme 1
1 1 1 2
L = ( )( ) + 2 2 4
2 2 4 3
Encore une fois, le lagrangien est symtrique sous lchange . Cependant, le potentiel
V ( ) = 12 2 2 + 14 4 prend la forme dun chapeau mexicain 4
7
Figure E.1 JI
Le minimum dnergie du champ de Higgs est 8
dtermin par le terme de potentiel (9.6) (cha-
peau mexicain). 9
10
11
D
et pour celui-ci, ltat fondamental se trouve un des minima, E
| | = ou = ei F
ce qui brise la symtrie . Ceci est un cas typique o la symtrie du lagrangien est
i
brise par le vide (ou tat fondamental). Cest ce quon appelle une brisure spontane de
symtrie.
Supposons que ltat fondamental 0 prend la valeur
0 = .
Nous pouvons faire un dveloppement du champ autour de sa valeur minimale:
= 0 + .
1 1
L = ( )( ) (2 2 ) 2 + termes en 3 , 4
2 2
Autrement dit, le champ se comporte comme sil avait acquis une masse 2 2 .
1 1 1
L = ( i )( i ) + 2 i i ( i i )2 ,
2 2 4
// / x y . .. i 141
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
7 les champs peuvent faire lobjet dun dveloppement en srie autour de leur valeur minimale
8 1 = + 1, i = i (i = 2, . . . , N).
9 Alors le lagrangien
10 1 1
L = ( i )( i ) + 2 [( 0 + 1 )2 + ( 2 )2 + . . . + ( N )2 ]
11 2 2
1
[( 0 + ) + ( 2 )2 + . . . + ( N )2 ]2
1 2
A 4
C 2 3 2 1 2 1
[ + 0 ]( ) = (2 2 )( 1 )2 ,
2 2 2
D 2 1 2 i 2
[ + 0 ]( ) = 0 (i = 2, . . . , N)
2 2
E
peuvent tre identifis des termes de masse donc, le 1 a maintenant une masse 2 2 , tandis
F que 2 , . . . N restent sans masse. On dit alors que la symtrie est brise spontanment de
O(N) O(N 1).
i
Thorme 4.1
Thorme de Goldstone:
chaque symtrie globale brise de faon spontane correspond un boson scalaire sans
masse appel boson de Goldstone.
Exemple 4.6
Groupe O(3) (groupe rotations en 3 dimensions)
La procdure ci-haut brise O(3) vers O(2), qui correspond des rotations autour dun axe.
Donc, on brise 2 symtries et il y a 2 bosons sans masse. Ce rsultat est compatible avec
le thorme de Goldstone cit plus haut.
Exemple 4.7
Cas gnral:
Le groupe O(N) compte N(N 1)/2 gnrateurs. De la mme faon, O(N 1) en possde
(N 1)(N 2)/2. Donc, une brisure de symtrie O(N) O(N 1) rduit le nombre de
gnrateurs de N(N 1)/2 (N 1)(N 2)/2 = (N 1) de faon spontane. Il aura
donc (N 1) bosons scalaires sans masse.
142 // / x y . .. i
4.9 Brisure de symtrie FF Chapitre 4
Le minimum du potentiel se trouve
1
2 v2 v
h i0 = , ou h i0 = 2
2 2
Ici, v est appele la valeur moyenne du vide (ou vev). Elle correspond v = Re . 3
Supposons que la thorie possde la symtrie U(1) locale (ex: interactions lectroma-
gntiques). Cette symtrie de jauge est ajoute en remplaant la drive par la drive 4
covariante,
5
D = + ieA ,
et en ajoutant le terme qui dcrit les champs de jauge 41 F F . On crit un lagrangien 6
invariant de jauge
7
1
L = F F + {( + ieA ) } {( + ieA ) } V ( ) 8
4
o le premier terme est le lagrangien de jauge avec 9
F = A A 10
et 11
1 1
V ( ) = 2 + ( )2
2 4 A
Lorsque acquiert une valeur moyenne dans le vide non-nulle, le terme qui vient de la
combinaison {(ieA ) } {(ieA ) } prend la forme B
v v e2 v2 1 C
(ieA ) (ieA ) = A A = m2 A A
2 2 2 2 D
On dit alors quun degr de libert du boson de Higgs sest combin avec le champ vectoriel E
A sans masse pour produire un champ vectoriel massif, de masse m = ev. Cest ce quon
appelle le mcanisme de Higgs. Ce mcanisme se produit lorsquon brise une symtrie de F
jauge locale de faon spontane.
Plus explicitement, le dveloppement des champs autour de leurs tats fondamentaux i
peut scrire
v+
= ei /v ,
2
o et sont les champs dont les tats fondamentaux sont hi = h i = 0 = h i = v/ 2.
Alors, en substituant dans L
1 v+ i
= ei /v + ei /v ,
2 2 v
on obtient
1 1
L = ( )2 + ( )2 + . . .
2 2
o napparat aucun terme crois en et .
Avec cette notation toutefois, il reste apparemment deux champs scalaires alors quon
sait quun dentre eux est "mang" par le A afin de former un champ vectoriel massif. Pour
le dmontrer, il suffit dutiliser la libert de jauge et de faire la transformation
v+
= ei /v =
2
i i 1
A A + ( ) = A + .
e v ev
Aprs substitution dans L , le champ disparat de lexpression en , mais apparat dans
celle de A . Le lagrangien devient alors
1 1 e2
L = ( )( ) V () F F + (v + )2 A A
2 4 2
// / x y . .. i 143
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
144 // / x y . .. i
4.10 Exercices Chapitre 4
4.10 Exercices
1
4.1 Matrices FFF
Dmontrer les identits suivantes: 2
= 2 , (4.81) 3
= 4g , (4.82)
4
= 2 , (4.83)
= 2( + ) (4.84) 5
6
4.2 Hlicit FFF
Soit les matrices de Pauli = ( x , y , z ), dmontrer que 7
( p)2 = p2 . 8
= g + g g i 5
Remarque: si vous utilisez une proprit des matrices , il faut la dmontrer aussi (
moins que ce ne soit trivial).
4.7 Transformations de Fierz FFF
Dans la base
i = {I, , , 5 , 5 },
montrer quon peut crire
5
u3 i u2 u1 i u4 = i j u1 j u2 u3 j u4
j=1
o
1
1 1 2 1 1
4 2 0 2 4
1
ij = 12 0 2 0 12 .
4
4 2 0 2 4
1
1 1 2 1 1
// / x y . .. i 145
Chapitre 4 4. THORIE QUANTIQUE DES CHAMPS FF
Indice: crire
1 u2 u1 = a I + b + c + d 5 + f 5
2 et trouver les coefficients
{a, b , c , d , f }
3 en multipliant chaque ct de cette expression par une matrice approprie et en calculant
la trace.
4
4.8 Rgles de Feynman FFF
5
(a) Drivez les rgles de Feynman pour les vertex dinteraction qui dcoulent du
6 lagrangien
7 Lint = 3 + 4 .
3! 4!
(b) Posant = 0, dessinez tous les diagrammes de Feynman qui contribuent jusqu
8
lordre 3 inclusivement
9 i. la fonction 2 points (self-nergie),
ii. la fonction 4 points (corrections linteraction 4 ).
10 4.9 Champ scalaire complexe FFF
On considre la thorie quantique dun champ scalaire complexe (x) satisfaisant
11 lquation de Klein-Gordon. Laction de cette thorie scrit
Z
A S = d 4 x m2
B
Il est plus facile danalyser cette thorie laide des variables dynamiques (x) et
C (x) qu laide des parties relles et imaginaires de (x).
(a) Montrer que (x) satisfait lquation de Klein-Gordon.
D (b) Trouver les impulsions conjuges (x) et (x). Montrer que lhamiltonien
scrit Z
E H = d 3 x( + + m2 ).
F (c) Montrer que H peut tre diagonalis en introduisant deux types doprateurs: de
cration et dannihilation, et en crivant
i
d3 p 1
Z
(x) = (ap eipx + bp eipx ).
(2)3 2Ep
p
(d) Montrer que la thorie contient deux particules de masse m. Le lagrangien est
invariant sous la transformation ei .Cette symtrie donne lieu au courant
conserv
j = i )
o
X Y X Y ( X)Y.
Rcrire la charge conserve
Z
Q= d 3 x j0
146 // / x y . .. i
4.10 Exercices Chapitre 4
o
1 1
F (q, p) =
(q2 + 2p q + m2 )A
2
(Ces trois intgrales sont souvent utilises dans les calculs de corrrections radiatives.)
3
10
11
// / x y . .. i 147
SYMTRIES ET ESPACE-TEMPS
5
Chapitre 5
5.1 Symtries en mcanique quantique
149
5.2 Invariance par translation . . . 151
5.3 Rotation en trois dimensions 153
5.4 Parit . . . . . . . . . . . . . . . 155
5.5 Renversement du temps . . . 159
5.6 Invariance de jauge . . . . . . 162
5.7 Exemple rcapitulatif . . . . . 166
5.8 Exercices . . . . . . . . . . . . . 169
A PREMIRE TAPE de toute analyse scientifique est didentifier et de classer les ob-
L jets ou processus que lon veut dcrire. La physique des particules ny a pas chapp
et cest dailleurs un exercice qui continue de demander un effort exprimental
soutenu soit, dterminer quelles particules sont produites lors de collisions, leurs
proprits puis quels processus ou ractions sont permis ou semblent interdits. Aprs
des tudes exhaustives, il est possible de classer les particules en leur associant des nombres
quantiques (ex. masse, charge lectrique,...) et de dterminer des lois de conservation qui
doivent ou non tre respectes durant un processus dinteraction.
Certaines lois de conservation abordes dans ce chapitre sont universelles et sont valides
dans toutes les interactions, par exemple la conservation de limpulsion et du moment
cintique. Dautres ne sappliquent que dans certains domaines de validit, comme cest le
cas de la conservation de la parit, qui nest valide que dans lapproximation o lon nglige
les interactions faibles.
Ces lois de conservation sont dautant plus importantes quon peut dmontrer quil existe
un lien entre celles-ci et la prsence de symtries dans le systme tudi (voir thorme
de Noether plus bas). Mais en plus de servir la classification, ltude des symtries dun
systme se rvle de nos jours un outil essentiel dans llaboration de thories en physique
des particules lmentaires. Le Modle Standard lui-mme est, comme nous le verrons dans
les chapitres subsquents, une construction base sur des symtries dites de jauge.
// / x y . .. i 149
Chapitre 5 5. SYMTRIES ET ESPACE-TEMPS
o U reprsente la transformation unitaire sur les tats. La transition de ltat initial ltat
1 final requiert la matrice-S et puisque dans le cas qui nous intresse, le rsultat demeure
inchang, les lments de matrice sont invariants par la transformation
2
0 0
h f | S |ii = f S i
3
= h f |U SU |ii
4
ce qui implique que loprateur de transformation U commute avec la matrice-S
5
[S,U] = 0. (5.1)
6
Comme la matrice S est relie lhamiltonien, U doit aussi commuter avec ce dernier
7
[H,U] = 0, (5.2)
8 pour que le systme soit invariant. Rappelons lexpression (3.29) qui implique que, si tel
est le cas, on peut associer la transformation U une quantit conserve. La conclusion
9
prcdente peut tre formule sous la forme plus gnrale du thorme de Noether pour la
10 mcanique quantique:
11 Thorme 5.1
Thorme de Noether:
A toute transformation qui laisse invariantes les quations de mouvement ou autrement
dit, qui commute avec lhamiltonien, on peut associer une quantit conserve.
B
E H H 0 = UH = H
0 = U
F
Lorsque lquation donde est soumise cette transformation
i
U (H) = H 0 0 = (UH) (U) = H 0U = HU
il en rsulte
(UH HU) = [U, H] = 0
et la relation de commutation
[U, H] = 0.
On reconnat lexpression (3.29), qui indique quune quantit associe la transformation U
est conserve.
Plus schmatiquement:
U = eiA
150 // / x y . .. i
5.2 Invariance par translation Chapitre 5
1. La transformation continue (ex. translation, rotation): 1
On peut, dans ce cas, examiner leffet dune transformation infinitsimale ( 1)
2
U = eiA ' 1 + iA.
3
Si la transformation laisse les observables physiques invariantes, le commutateur (5.1)
obit 4
[S, A] = 0
5
ce qui implique que lobservable associe A est conserve. Par ailleurs, considrons
des tats initial et final qui sont des tats propres de loprateur A 6
A |ii = ai |ii 7
A| f i = af | f i, 8
le commutateur [S, A] tant nul, la valeur moyenne h f | [S, A] |ii est aussi nulle, ce qui 9
implique
(a f ai ) h f | S |ii = 0 10
o 11
(a f ai ) = 0 si h f | S |ii 6= 0.
A
Autrement dit, les valeurs propres de A sont conserves durant la transition |ii | f i.
Loprateur A dfinit donc une quantit conserve ou une constante du mouvement. B
2. La transformation discrte (ex. parit, conjugaison de charge,...):
Dans le cas de transformations discrtes discutes dans ce chapitre, telle que la parit, C
la conjugaison de charge, etc..., une action double de loprateur de transformation
D
laisse le systme invariant, cest--dire
E
U 2 |i = |i
F
Si U a des tats propres | U i alors
i
U | U i = U | U i
alors
U 2 | U i = ( U )2 | U i = | U i
et les valeurs propres U sont
U = 1.
U doit alors tre hermitien et U sont les observables.
La discussion qui prcde peut aussi tre gnralise aux symtries internes de lhamiltonien
comme nous le verrons plus loin. -6
3
-4
2
-2
Pour une particule libre non relativiste de masse m, lhamiltonien est simplement
2
2 2
1 2 1
H(x) = = + +
2m 2m x2 y2 z2
// / x y . .. i 151
Chapitre 5 5. SYMTRIES ET ESPACE-TEMPS
x n
n
D f lim D = lim 1 +
n n n x
= exp (ipx)
Invariance par
translation 3D
m
[D, H] = 0 = D f , H = 0 = [p, H] = 0
m
p est une quantit conserve
cest--dire que si les quations de mouvement sont laisses invariantes suite une translation
cela implique que limpulsion est conserve.
Il est facile de gnraliser ce rsultat un systme invariant par rapport une translation
en quatre dimensions, cest--dire dans lespace-temps, en substituant dans le calcul prcdent
152 // / x y . .. i
5.3 Rotation en trois dimensions Chapitre 5
x x et p p . On obtient
1
Invariance par
translation 4D 2
m
3
p , H = 0
m 4
p est une quantit conserve
5
ce qui implique que lnergie-impulsion est conserve.
6
11
3
2 2 2 -3
-2
1-1
-2
1-1
-2
1-1 A
-2
0
0
-1 1 0 1 2
-3 -2
0
-1 100
1 2
-2 -1 1 0
0
0
1 2
2 -1 2 -1 3 2 -1
3
-2
-3
-2 -2
B
C
Position originale.
Rotation Rx 2 . Rotation Rz 2 .
D
3 3
2 2 2
-2
1-1
-2
1-1
-2
1-1 E
-2
0
0
-1 1 0 1 2
-2
0
0
-1 1 0 1 2
-3 -2
0
-1 100
1 2
2 -1 2 -1 2 -1 3
-2
-3
-2
-3
-2 F
i
Position originale.
Rotation Rz 2 . Rotation Rx 2 .
Par exemple posons une rotation infinitsimale, qui modifie les vecteurs de position selon
x x0 = x + x. Un hamiltonien H(x1 , x2 , ...) dpendant des positions x1 , x2 , ... est alors
remplac par H(x01 , x02 , ...) mais si le systme est invariant par rotation
Cest le cas de tout systme ferm et dune particule soumise un potentiel central (sphrique-
ment symtrique)
1 2 p
H(x) = +V (r) o r = x2 + y2 + z2 .
2m
Linvariance par rotation implique la conservation du moment cintique. Comme pour la
translation, examinons dabord le cas dune rotation infinitsimale autour de laxe des z pour
des particules sans spin pour en driver la loi de conservation.1
Leffet de la rotation sur une fonction donde passe par un changement infinitsimal de la
variable angulaire + (en coordonnes sphriques), soit
( ) 0 ( ) = ( + )
( )
+ O ( )2
= ( ) +
( ) + O ( )2
= 1+
R( )
1 La conservation du moment cintique pour des particules avec spin est plus complexe et dpasse le cadre de cet
expos.
// / x y . .. i 153
Chapitre 5 5. SYMTRIES ET ESPACE-TEMPS
Un systme symtrie sphrique est invariant par rapport une rotation autour de nimporte
quel axe et a comme quantit conserve, le moment cintique J.
Invariance par
rotation arbitraire
m
[J, H] = 0
m
J est une quantit conserve.
Remarque 5.1
i Il est noter que J est loprateur de moment cintique total. Lorsque le spin dune
particule est non nul
J = L+S
o L est le moment cintique orbital et S est celui de spin. Linvariance par rotation
implique la conservation de J mais ne signifie pas ncessairement que L et S sont con-
servs sparment. De plus, en mcanique quantique, toutes les composantes du moment
cintique ne commutent pas entre-elles et donc seulement |J|2 et Jz sont observables
simultanment. i
154 // / x y . .. i
5.4 Parit Chapitre 5
5.4 Parit 2
x x0 = x, 3-4
-6
4
2-2
1
0
-6 -4 -2 20
dfinit loprateur de parit sur une fonction donde 4-1
-2
0 2 4 6 5
6 -3
7
Il sagit dune transformation discrte puisquune rflexion dans lespace ne peut par df-
inition tre continue comme la rotation ou la translation. Pour une fonction propre de 8
P,
Figure 5.2 N
P P (t, x) = P P (t, x) Rflexion dun objet par rapport lorigine. 9
o P et P sont respectivement la valeur propre et la fonction propre du systme. Puisque 10
aprs deux rflexions, le systme retourne son tat initial
11
P 2 P (t, x) = P (t, x)
= 2P P (t, x), A
B
o la valeur propre P correspondant la parit prend les valeurs
C
+1 pour P (t, x) paire
P =
1 pour P (t, x) impaire. D
E
Remarque 5.2
F
i En gnral, la fonction donde dune particule ou dun systme (t, x) nest pas une
fonction propre de P et sa parit nest pas dfinie. i i
Quantit P(Quantit)
t t
x x
p p
, J, L , J, L
E E
B B.
Bien que reprsente par des vecteurs, , J et L ne changent pas de signe aprs une
rflexion. De telles quantits sont dites axiales ou pseudo-vecteurs. De la mme faon,
certaines quantits dites pseudo-scalaires, pourtant le rsultat dun produit scalaire, changent
de signe aprs une rflexion (ex. p , x L,...).
Un systme (ou des interactions) qui conserve la parit est dcrit par un hamiltonien qui
commute avec P, soit
[P, H] = [P, S] = 0.
Comme nous le verrons dans les chapitres qui suivent, la parit est une quantit conserve
dans les interactions lectromagntique et forte. Par ailleurs, les interactions faibles ne
respectent pas cette symtrie par rapport une rflexion
// / x y . .. i 155
Chapitre 5 5. SYMTRIES ET ESPACE-TEMPS