TH Spect
TH Spect
Introduction 5
3 Oprateurs auto-adjoints 25
3.1 Proprits spectrales des oprateurs auto-adjoints . . . . . . . . . . . . . . 25
3.2 Calcul fonctionnel pour les oprateurs auto-adjoint . . . . . . . . . . . . . 28
4 Oprateurs compacts 35
4.1 Dfinition et proprits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.2 Oprateurs de rang fini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
4.3 Proprits spectrales des oprateurs compacts . . . . . . . . . . . . . . . . 40
Bibliographie 61
4 Thorie spectrale
5
Introduction
Ce cours sinscrit comme une suite logique du cours danalyse fonctionnelle du pre-
mier semestre de Master 1. En analyse fonctionnelle, on tudie les proprits topologiques
des espaces de fonctions (et plus gnralement des espaces vectoriels de dimension infi-
nie). Dans ce cours, on sintresse plus particulirement aux proprits des applications
linaires, ou oprateurs, sur les espaces vectoriels de dimension infinie.
La thorie spectrale a pour origine dune part la gnralisation aux espaces de dimen-
sion infinie des thormes de rduction des endomorphismes dans les espaces de dimension
finie et, dautre part, des origines lies aux quations aux drives partielles (e.d.p.) et
aux quations intgrales. Plus prcisment, considrons par exemple le.d.p. rgissant la
temprature dun milieu (dite quation de la chaleur) en dimension 2 :
t u(x, t) u(x, t) = 0,
La premire quation est une simple e.d.o. dordre 1 simple rsoudre. Pour la seconde,
tant une application linaire dfinie sur des espaces vectoriels, le problme consiste
dterminer les valeurs propres et vecteurs propres correspondants de . On est donc
pass de la rsolution dune e.d.p. dynamique (i.e. dpendant du temps) une e.d.o.
couple un problme de recherche de valeurs propres. On obtient un rsultat analogue
en sappuyant sur des considrations issues de la physique. Par exemple, on considre
lquation rgissant la propagation ou la vibration des ondes, dite quation des ondes
donne par
t2 u(x, t) u(x, t) = 0,
o u(x, t) R est le dplacement (inconnue) du point x = (x1 , x2 ) R2 au temps t R.
Lorsque lon considre une onde qui oscille priodiquement en temps, on aboutit une
6 Thorie spectrale
Chapitre 1
Exemple 1.0.1. Soit E := C([0, 1]; K) lespace des fonctions continues de [0, 1] dans K
muni de la norme de la convergence uniforme kk . On dfinit loprateur de Volterra T
sur E par Z x
f E, T f (x) := f (t) dt, x [0, 1].
0
Dfinition 1.1.1. On rappelle quun oprateur T L(E) est dit inversible sil admet un
inverse dans L(E), i.e. il existe S L(E) tel que ST = T S = I, o I dsigne loprateur
identit de E. On note GL(E) lensemble des oprateurs T L(E) inversibles.
Remarque 1.1.2. Daprs le thorme de Banach (voir aussi la Proposition 1.1.3 ci-
dessous), si T L(E) est bijectif alors son inverse T 1 est continu donc T est inversible
si et seulement sil existe un oprateur S sur E tel que ST = T S = I.
Proposition 1.1.3. Soient (X, || ||X ) un espace vectoriel norm sur K et T L(E, X)
bijective. Alors, les proprits suivantes sont quivalentes :
1. T 1 L(X, E).
2. Il existe C > 0 telle que, pour tout x E, ||T x||X C ||x||E .
3. (X, || ||X ) est un espace de Banach sur K
Donc (xn )n0 est une suite de Cauchy dans lespace de Banach E et, par suite, converge
vers un lment x de E. Alors, puisque T est continue, la suite de terme gnral yn = T xn
converge vers T x X. On en dduit que X est un espace de Banach.
Enfin, 3. entrane 1. daprs le Thorme de Banach.
Corollaire 1.1.4. Soient (Y, || ||Y ) un espace de Banach sur K et T L(E, Y ). Alors,
les proprits suivantes sont quivalentes :
1. Il existe C > 0 telle que, pour tout x E, on a ||T x||Y C ||x||E .
2. T est injectif et Im(T ) est ferm dans Y .
Corollaire 1.1.5. Soient (Y, || ||Y ) un espace de Banach sur K et T L(E, Y ). Alors,
les proprits suivantes sont quivalentes :
1. Im(T ) = Y et il existe C > 0 telle que, pour tout x E, ||T x||Y C ||x||E .
1.1 Inversibilit dun oprateur 9
2. T est inversible.
Dmonstration. Si 1. a lieu, daprs le Corollaire 1.1.4, T est injectif et Im(T ) est ferm
dans Y . Alors, Im(T ) = Im(T ) = Y donc T est surjectif et, par suite, inversible. Rcipro-
quement, si 2. a lieu, on a Y = Im(T ) Im(T ) Y . Donc Im(T ) = Im(T ) = Y , ce qui
donne le rsultat daprs le Corollaire 1.1.4.
Proposition 1.1.6. Soit T L(E). Si ||T || < 1 alors I T GL(E) et on a
(I T )1 = T n.
X
n0
De plus, GL(E) est un ouvert de L(E) et lapplication T 7 T 1 est continue sur GL(E).
T n est normalement convergente donc
X
Dmonstration. Comme ||T || < 1, la srie S :=
n0
convergente puisque L(E) est complet. De plus, on a
Tn T n+1 = T 0 = I.
X X
(I T )S = S T S =
n0 n0
De plus,
||I T01 T || = ||T01 (T0 T )|| ||T01 || ||T0 T ||.
Alors, si ||T0 T || < ||T01 ||1 , on obtient ||I T01 T || < 1 et donc I (I T01 T ) est
inversible. Par suite, T est inversible. Finalement, on obtient B(T0 , ||T01 ||1 ) GL(E)
donc GL(E) est un ouvert de L(E). De plus, si T B(T0 , ||T01 ||1 ) son inverse est donn
par
n0 n0
Ainsi, on obtient
X
X
||T 1 T01 || = T01 T )n T01 T01
T01 T )n T01
(I =
(I
n0
n1
||I T01 T ||
= ||T 1 ||
1 ||I T01 T || 0
||T0 T ||
= ||T01 ||2 ,
1 ||I T01 T ||
qui tend vers 0 lorsque T tend vers T0 . Ce qui montre la continuit de lapplication
T 7 T 1 sur GL(E).
10 Chapitre 1 : Spectre dun oprateur
(T ) := { K | I T est inversible} .
R (T ) := ( I T )1 .
(T ) := K \ (T ).
Remarque 1.2.2.
1. Les dfinitions ci-dessus restent valables mme si E nest pas un Banach.
2. Lensemble des valeur propres est aussi appel spectre ponctuel et est parfois
not p (T ).
3. On a toujours Vp(T ) (T ).
4. Si E est de dimension finie, IT est inversible si et seulement si Ker( I T ) = {0}.
En particulier, on en dduit Vp(T ) = (T ). La situation est plus dlicate en dimen-
sion infinie comme le montre lexemple ci-dessous.
Exemple 1.2.3. Soient E := C([0, 1]; K) et T loprateur dfini dans lExemple 1.0.1.
Alors, on a Ker(T ) = {0} et Im(T ) = {g C 1 ([0, 1]; K) | g(0) = 0}. En particulier, T est
injectif donc 0
/ Vp(T ) mais non surjectif donc 0 (T ).
Dmonstration.
1. Si || > ||T || alors 6= 0 et ||1 T || < 1 donc, daprs la Proposition 1.1.6, I 1 T
est inversible, i.e. (T ).
2. Daprs le 1., (T ) est non vide. Soit lapplication dfinie de K dans L(E) par
K, () := I T.
donc est continue. Or, daprs la Proposition 1.1.6, GL(E) est un ouvert de L(E). Ainsi
(T ) = 1 (GL(E)) est un ouvert de K.
3. Daprs le 2., (T ) = K \ (T ) est ferm, or il est born daprs le 1., donc compact.
4. Daprs la Remarque 1.2.2, Vp(T ) (T ). De plus, (T ) est ferm donc Vp(T ) (T ).
dR
= R2 . (1.2.2)
d
Dmonstration. On a R = R (T ) = ( I T )1 donc
R = R (I T ) R = [R ( I T + ( ) I)] R
= [I + ( ) R ] R = R + ( ) R R ,
1
(R+h R ) = R R+h .
h
Alors, la continuit de 7 R entrane sa drivabilit et lgalit (1.2.2).
(1)n Rn+1 ( 0 )n .
X
R = 0
n0
12 Chapitre 1 : Spectre dun oprateur
n0
est normalement convergente dans L(E), ce qui permet de dfinir loprateur S L(E)
par
(R0 ( 0 ))n = (1)n Rn+1 ( 0 )n .
X X
S := R0 0
(1.2.3)
n0 n0
En particulier, on a
(0 I T )S = R1 (1)n Rn0 ( 0 )n .
X
0
S = (1.2.4)
n0
( I T ) S = (0 I T + ( 0 )I)S
= (0 I T )S + ( 0 )S
(1)n Rn0 ( 0 )n (1)n+1 Rn+1 ( 0 )n+1
X X
= 0
n0 n0
= I.
1
Notation 1.3.4. On pose r(T ) := lim ||T n || n .
n+
sont des rels positifs. Soit > 0 fix. Il existe q N tel que
1
||T q || q l + .
Or, pour n N , la division euclidienne de n par q assure quil existe (bn , rn ) N2 tel
que n = bn q + rn avec 0 rn < q. Supposons que ||T || =
6 0, alors on obtient
1 1 bn rn q bn rn
||T n || n = ||T bn q+rn || n ||T q || n ||T || n (l + ) n ||T || n .
Or on a q bn rn
lim (l + ) n ||T || n = l + ,
n+
rn q bn rn
0 et =1 1,
n n+ n n n+
do
1
lim ||T n || n l + , (1.3.1)
n+
(qui reste vraie pour ||T || = 0). De lestimation (1.3.1), valable pour tout > 0, on dduit
1
lim ||T n || n l.
n+
Dautre part, on a
1 1 1
lim ||T n || n lim ||T n || n = lim inf ||T k || k l,
n+ n+ n+ kn
1 1
car inf kn ||T k || k inf k1 ||T k || k = l. Finalement, on obtient
1 1 1
l = lim ||T n || n = lim ||T n || n = lim ||T n || n ,
n+ n+ n+
do le rsultat.
14 Chapitre 1 : Spectre dun oprateur
T n1 n . Par unicit du
X
Or, daprs la Proposition 1.3.6, si || > r(T ), alors R =
n1
dveloppement en srie de Laurent, on obtient
an = 0 si n 0 et an = T n1 si n 1. (1.3.4)
Alors, (1.3.3) et (1.3.4) entranent
T n1 n .
X
C, R =
n1
P ((T )) (P (T )),
et lgalit a lieu si K := C.
P () I P (T ) = ( I T )Q(T ) = Q(T )( I T ).
( I T )Q(T )S = I = SQ(T )( I T ),
P (T ) I = c(T 1 I) . . . (T n I).
On a J 2 = I donc
(T 2 ) = Vp(T 2 ) = Vp(J 2 ) = {1}.
Dautre part, le polynme caractristique de J est X 2 + 1, do
(T ) = Vp(T ) = Vp(J) = ,
P ((T )) = P () = ( (P (T )) = {1}.
Chapitre 2
Dfinition 2.1.1. Soit E un K-espace vectoriel. On dit que B est une forme sesquili-
naire sur E si cest une application de E E dans K vrifiant, pour tous x, y, z E et
tout K,
Dfinition 2.1.2. Soit E un K-espace vectoriel. Une forme sesquilinaire B sur E est
dite hermitienne si
x, y E, B(x, y) = B(y, x).
Si K := R, on dit aussi que B est une forme bilinaire symtrique.
autrement dit !
rx ry
B , 1,
||x|| ||y||
do
1
|B(x, y)| ||x|| ||y||,
r2
qui est encore vrai si x ou y est nul.
2.1 Rappels sur les formes sesquilinaires 19
Notation 2.1.7. Pour (X, k k) un K-espace vectoriel norm, on note S2 (X) lespace
vectoriel sur K des formes sesquilinaires continues sur X. Si B S2 (X), on pose
sup |(T x, y)| sup ||T x|| kyk sup ||T x|| = ||T ||.
||x||1,||y||1 ||x||1,||y||1 ||x||1
Tx
De plus, en posant par convention = 0 si ||T x|| = 0, on a
||T x||
!
Tx
sup |(T x, y)| sup T x,
= sup ||T x|| = ||T ||,
||T x||
||x||1,||y||1 ||x||1 ||x||1
do le rsultat.
x, y H, BT (x, y) := (T x, y) . (2.1.1)
Dmonstration. Lapplication est clairement linaire et, daprs la Lemme 2.1.8, pour
tout T L(H), on a
||(T )|| = ||BT || = sup |BT (x, y)| = sup |(T x, y)| = ||T ||.
||x||1,||y||1 ||x||1,||y||1
20 Chapitre 2 : Adjoint dun oprateur
Donc est une application linaire isomtrique et, en particulier, injective. Il reste
montrer que est surjective. Soient B S2 (H) et x H. On note x lapplication
dfinie sur H par x (y) := B(x, y). Alors, x est une forme linaire et, de plus, continue
car
y H, |x (y)| = |B(x, y)| ||B|| ||x|| ||y||.
Ainsi x H 0 et donc, daprs le thorme de reprsentation de Riesz, il existe un
unique T (x) H tel que x (y) = (y, T (x)), pour tout y H. Ainsi, on a construit une
application T de H dans H, telle que
x, y H, B(x, y) = (y, T (x)) ,
do
x, y H, B(x, y) = (T (x), y) . (2.1.2)
Pour x, x0 , y H et K, on a
(T (x + x0 ), y) = B(x + x0 , y) = B(x, y) + B(x0 , y)
= (T (x), y) + (T (x0 ), y)
= (T (x) + T (x0 ), y) ,
donc T est linaire. De plus, pour tout x H, on a
||T x||2 = (T x, T x) = B(x, T x) kBk ||x|| ||T x||,
do
||T x|| ||B|| ||x||, x H.
Finalement, T L(H) et, daprs (2.1.2), B = BT = (T ). Donc lapplication est
surjective.
Dfinition 2.1.10. Soit T L(H). On dit que T est positif (resp. dfini positif )
si lapplication BT dfinie par (2.1.1) est une forme sesquilinaire positive (resp. dfinie
positive). Autrement dit,
T est positif si, pour tout x H, (T x, x) 0,
T est dfini positif si, pour tout x H\ {0} , (T x, x) > 0.
Chapitre 3
Oprateurs auto-adjoints
Dans ce chapitre, on sintresse aux oprateurs dits auto-adjoints dont on tudie les
proprits spectrales et pour lesquels on dfinit un calcul fonctionnel continu. Le cadre
est celui des espaces de Hilbert. Ainsi, dans tout le chapitre, (H, (, )) dsigne un espace
de Hilbert sur K := R ou C et k k la norme associe.
Exemple 3.1.2. Soient a := (an )n0 l (K) et Ta loprateur dfini sur H := l2 (K) par
On a vu (Td, fiche no 1) que Ta L(H). De plus, on montre (voir Td, fiche no 2) que Ta
est dfini par
x := (xn )n0 H, Ta x := (an xn )n0 .
En particulier, Ta est auto-adjoint si et seulement si a l (R). De plus, on vrifie aisment
que Ta est normal.
Dmonstration.
1. Si Vp(T ), alors il existe x H\ {0} tel que T x = x. Donc
(x, x) (T x, x)
= = R.
||x||2 ||x||2
T x = x et T y = y.
Comme T = T et R, on obtient
m := inf (T x, x) et M := sup (T x, x) .
kxk=1 kxk=1
Alors,
1. m, M [||T ||, ||T || ] R.
2. m, M (T ).
3. (T ) [m, M ].
4. ||T || = sup {| (T x, x) |, x H et kxk = 1}. En particulier, ||T || = max (|m|, |M |).
Dmonstration.
1. Soit x H tel que ||x|| = 1. Daprs lingalit de Cauchy-Schwarz, on a
BS (x, y) = (T x m x, y) = (T x, y) (m x, y)
= (x, T y) (x, m y) = (x, Sy)
= BS (y, x).
BS (x, x) = (T x m x, x) = (T x, x) m ||x||2 0,
et donc BS est une forme sesquilinaire hermitienne positive sur H. Daprs lingalit de
Cauchy-Schwarz, pour tous x, y H, on a
soit encore
| (Sx, y) |2 (Sx, x) (Sy, y) . (3.1.1)
Dune part, par dfinition de m, il existe une suite (xn )n0 de H avec kxn k = 1, pour
tout n N, telle que
(T xn , xn ) m,
n+
autrement dit
(Sxn , xn ) 0. (3.1.2)
n+
On en dduit
||Sxn ||4 (Sxn , xn ) ||S|| ||Sxn || ||Sxn ||,
et donc
||Sxn ||2 (Sxn , xn ) ||S||. (3.1.3)
Alors, daprs (3.1.2) et (3.1.3), on obtient
Sxn 0.
n+
28 Chapitre 3 : Oprateurs auto-adjoints
xn = S 1 Sxn 0,
n+
inf (T x, x) (T ),
kxk=1
do
M = sup (T x, x) = inf (T x, x) (T ).
kxk=1 kxk=1
P ((T )) = (P (T )),
a lieu mme si K := R.
Dmonstration. Voir Td, fiche no 2.
Notation 3.2.2. Soit P K[X] donn par
k
an X n ,
X
P (X) := (3.2.1)
n=0
Lorsque K := R, on a P = Pe et, si K := C, on a
Pe (z) = P (z), z C.
(P (T )) = Pe (T ).
(P (T )) = Pe (T ).
Dmonstration.
1re tape. On pose Q(T ) := P (T )Pe (T ). On va montrer que Q est un oprateur auto-
adjoint positif de norme
kQ(T )k = max |P ()|2 . (3.2.3)
(T )
Pour tous x, y H, on a
(Q(T )x, y) = P (T )Pe (T )x, y = Pe (T )x, Pe (T )y
= x, P (T )Pe (T )y = (x, Q(T )y) ,
et
(Q(T )x, x) = Pe (T )x, Pe (T )x = kPe (T )xk2 0.
Donc Q(T ) est auto-adjoint positif. Alors, daprs le Corollaire 3.1.6 et le Corollaire 3.1.7,
on a
kQ(T )k = max .
(Q(T ))
Comme (T ) R, on a
an n
X X
= max an n
(T )
n=0 n=0
= max |P ()|2 ,
(T )
30 Chapitre 3 : Oprateurs auto-adjoints
kw w k = kw wk = kwk2 .
Q(T ) = R(T ).
do le rsultat.
f (T ) := (f
e ).
3.2 Calcul fonctionnel pour les oprateurs auto-adjoint 31
Dmonstration. On montre en premier lieu que est une application linaire. Soient
Pj P((T )) et j K, avec j = 1, 2. On a
(1 P1 + 2 P2 ) = (1 P1 + 2 P2 )(T )
= 1 P1 (T ) + 2 P2 (T )
= 1 (P1 ) + 2 (P2 ).
Soit f C((T ); K). Daprs le thorme de Stone-Weierstrass, il existe une suite (Pn )n1
de P((T )) telle que
Pn f dans C((T ); K).
n+
(f
e ) = lim (P ).
n
n+
De plus, on a
kPn k kf k ,
n+
et
k(Pn )kL(H) = kPn k ,
car est une isomtrie. On en dduit
k(f
e )k
L(H) = lim k(Pn )kL(H) = lim kPn k = kf k .
n+ n+
Donc
e est une application linaire isomtrique.
pour toute suite (Pn )n1 de K[X] qui approche f uniformment sur (T ).
g := ( f )1 C((T ); K),
R (f (T )) = ( f )1 (T ). (3.2.6)
On en dduit
(f (T )) f ((T )) .
Pour montrer linclusion inverse, on utilise le rsultat suivant qui sera dmontr plus
bas.
Lemme 3.2.11. Soient T L(H) un oprateur auto-adjoint et f C((T ); K) valeurs
relles positives. Si f (T ) est inversible, alors 0
/ f ((T ))
Soit son adjoint I f (T ) = I f (T )
/ (f (T )). Alors, I f (T ) est inversible,
aussi et donc le produit ( I f (T )) I f (T ) lest galement. Or on a
( I f (T )) I f (T ) = ( f )(T )( f )(T ) = | f |2 (T ).
1
1
Si 0 f ((T )) alors, sup n. Alors, on aurait par passage la li-
+ f (x)
x(T ) n
Exemple 3.2.13. Soient T un oprateur auto-adjoint positif, > 0 et, pour tout x 0,
f (x) := x . Alors, f C((T ); K) et on peut dfinir T qui, daprs le Corollaire 3.2.12,
est auto-adjoint positif. De plus, daprs la Proposition 3.2.9, on a T + = T T , pour
tous , > 0.
34 Chapitre 3 : Oprateurs auto-adjoints
35
Chapitre 4
Oprateurs compacts
BX := {x X | ||x||X 1} .
Ci-dessous on rappelle le thorme dAscoli qui est un outil classique et puissant pour
montrer quun oprateur est compact.
36 Chapitre 4 : Oprateurs compacts
Exemple 4.1.4. Loprateur T de Volterra (primitive sannulant en 0) dfini sur E := C([0, 1]; K),
muni de la convergence uniforme k k , est compact.
Soit x K fix. Alors, pour tout > 0, il existe V := {y K | |x y| < } V(x) tel
que, pour tout g H et tout y V , on a |g(x) g(y)| < . Autrement dit, H est bien
quicontinue. De plus, pour tout x [0, 1], H(x) est une partie de K donc si H(x) est
borne alors H(x) est relativement compacte. Or, pour tout x [0, 1], on a
Z x
f BE , |T f (x)| |f (t)| dt x 1,
0
On fera appel plusieurs reprises au thorme de Riesz (voir par exemple [4], page 43,
pour la dmonstration) que lon rappelle ci-dessous sous forme de lemme.
Lemme 4.1.6 (Thorme de Riesz). Soit X un espace vectoriel norm. Alors, la boule
unit ferme de X est compacte si et seulement si X est de dimension finie.
Remarque 4.1.7.
1. Une application directe du thorme de Riesz est que lapplication identit sur X
est compacte si et seulement si X est de dimension finie.
2. Si E et F sont de dimensions infinies, le thorme de Riesz entrane (voir Td,
fiche no 3) que si T L(E, F ) est inversible alors T nest pas compact.
4.1 Dfinition et proprits 37
donc K(E, F ) L(E, F ). De plus, 0 K(E, F ). Montrons que K(E, F ) est stable par
combinaisons linaires. Soient S, T K(E, F ) et K. Daprs la Proposition 4.1.2,
pour toute suite borne (xn )nN de E, il existe une sous-suite (Sx(n) )nN de (Sxn )nN
qui converge vers un point y de F . De mme, il existe une sous-suite (T x((n)) )nN de
(T x(n) )nN qui converge vers un point z de F . Finalement, on obtient
(S + T )x((n)) y + z.
n+
En conclusion, pour toute suite borne (xn )nN de E, la suite ((S + T )xn )nN admet une
sous-suite ((S + T )x((n)) )nN qui converge dans F . On en dduit, daprs la Proposi-
tion 4.1.2, que S + T K(E, F ) donc K(E, F ) est un sous-espace vectoriel de L(E, F ).
Il reste montrer que lespace vectoriel K(E, F ) muni de la norme induite par celle
de L(E, F ) est ferm. Soit T K(E, F ). Alors, il existe une suite (Tn )nN de K(E, F ) qui
converge dans L(E, F ) vers T . On veut montrer que T K(E, F ) donc que T (BE ) est un
compact de F .
On rappelle un rsultat classique de topologie (voir par exemple [4], page 13, pour la
dmonstration) qui sera utile pour la suite.
Lemme 4.1.10. Si K est un ferm dun espace mtrique complet (X, d), alors K est
compact si et seulement si pour tout > 0, il existe n N et y1 , . . . , yn X tels que
n
[
K B(yi , ),
i=1
do
n
[
T x B y i0 , B yi , .
2 i=1 2
On en dduit
n
[
T (BE ) B yi , .
i=1 2
On obtient donc
n n n
[ [ [
T (BE ) B yi , B yi , B (yi , ) ,
i=1 2 i=1 2 i=1
On termine cette section avec une proprit sur la composition des oprateurs com-
pacts.
Dmonstration. Si T K(E, F ). Alors, pour toute suite borne (xn )nN de E, la suite
(T xn )nN admet une sous-suite (T x(n) )nN qui converge vers un point y F . Puisque S
est continu, (S(T x(n) ))nN converge vers Sy G. Donc ST K(E, G).
Si S K(F, G). Alors, pour toute suite (xn )nN dlments de E borne par une
constante M , la suite (T xn )nN est une suite borne dans F . En effet, pour tout n N,
on a
||T xn ||F ||T || ||xn ||E M ||T ||.
Comme S K(F, G), la suite (S(T xn ))nN admet une sous-suite S(T x(n) ) qui
kN
converge vers un point z G. Donc ST K(E, G).
Dfinition 4.2.1. Soit T L(E, F ). On dit que T est un oprateur de rang fini
si Im(T ) est de dimension finie.
Alors, T est valeurs dans F := R2 [X] (espace des polynmes coefficients rels de degr
infrieur ou gal 2). Comme F est de dimension finie, loprateur T est de rang fini.
Proposition 4.2.6. Soit T K(E, F ). Alors, Im(T ) est ferm si et seulement si T est
de rang fini.
Dmonstration. Si Im(T ) est ferm dans lespace de Banach F , cest aussi un espace
de Banach. Alors, T est un oprateur continu et surjectif de lespace de Banach E sur
lespace de Banach Im(T ). Daprs le thorme de lapplication ouverte, T est ouverte, i.e.
T transforme tout ouvert de E en un ouvert de F . La boule ferme BE est un voisinage
de 0 dans E et T est ouverte, donc T (BE ) est un voisinage de T (0) = 0 dans Im(T ).
Alors, il existe r > 0 tel que
BF = T (BF ) T (BE ),
do BF est un ferm de E, inclus dans T (BE ), qui est un compact de E car T K(E).
Donc BF est un compact de F . On en dduit, daprs le Lemme 4.1.6, que F est de
dimension finie.
4.3 Proprits spectrales des oprateurs compacts 41
do le rsultat.
Proposition 4.3.6. Si T K(E) alors Im(I T ) est ferm dans E.
Dmonstration. On note F := Ker(I T ) et G le supplmentaire topologique de F . Soit
z Im(I T ). Alors, il existe (zn )nN une suite dans E telle que
zn T zn z.
n+
Lemme 4.3.7. Soit (X, || ||) un espace vectoriel norm sur K. Si Y est un sous-espace
vectoriel ferm de X, distinct de X, alors il existe x X tel que ||x|| = 1 et d(x, Y ) 1/2.
:= d(y, Y ) > 0.
Alors, il existe z Y tel que 0 < ||y z|| 2. On pose x := (y z)/||y z||, alors kxk = 1
et, pour tout t Y , on a
1
||x t|| = ||y z ||y z|| t||
||y z||
1
= ||y u|| o u := z + ||y z|| t Y
||y z||
1 1
d(y, Y ) = ,
2 2
donc d(x, Y ) 1/2.
On en dduit que
En+1 est ferm dans E. (4.3.3)
De plus, en utilisant En+1 En , et linjectivit de I T on obtient
Alors, on obtient
n+1
X n+1
X
n+1 fn+1 = i n+1 ei et T fn+1 = i i ei .
i=0 i=0
n
Autrement dit, (n+1 I T ) fn+1 = i (n+1 i ) ei Xn .
P
i=0
44 Chapitre 4 : Oprateurs compacts
{ Vp(T ) | || },
est fini.
Dmonstration. Supposons le rsultat faux. Alors, il existe une suite (n )nN de Vp(T )
dont les lments sont distincts les uns des autres et vrifient, pour tout n N, |n | .
Par dfinition de Vp(T ), il existe une suite (en )nN de E\{0} telle que
n N, T en = n en .
Comme (n )nN est une suite de valeurs propres de T , 2 2 distinctes, la suite (en )nN
forme une famille libre de E. Pour tout n N, on pose
En : = Vect {e0 , . . . , en } .
Daprs le Lemme 4.3.9, il existe une famille libre (fn )nN de E telle que, pour tout n N,
on a
En = Vect{f0 , . . . , fn }, (4.3.7)
1
||fn || = 1 et d(fn+1 , En ) , (4.3.8)
2
et
(n+1 I T )fn+1 En . (4.3.9)
Soit n N, on pose yn := 1 1
n fn En . Comme |n | et ||fn || = 1, on a kyn k .
Soient p, q N , q > p. Daprs (4.3.9), on a
1
q (q I T )fq Eq1 .
T yp T (Ep ) Ep Eq1 .
On en dduit T yp + 1
q (q I T )fq Eq1 . Alors, daprs (4.3.8), on obtient
||T yq T yp || = ||fq (T yp + fq T yq ) || = ||fq T yp + fq 1
q T fq ||
= ||fq T yp + 1
q (q I T )fq || (4.3.10)
1
d(fq , Eq1 ) .
2
Or, pour tout n N, kyn k 1 do la suite (yn )nN est borne et donc, comme
T K(E), la suite (T yn )nN admet une sous-suite qui converge dans E, ce qui est impos-
sible daprs (4.3.10).
n N, |n+1 | |n | et lim n = 0.
n+
Dmonstration.
/ (T ) alors T est inversible dans L(E) et I = T 1 T K(E) daprs la Propo-
1. Si 0
sition 4.1.11. Or daprs la Remarque 4.1.7, loprateur identit de E est compact si et
seulement si E est de dimension finie.
2. On a (T ) \ {0} si et seulement si 6= 0 et I T est non inversible dans L(E),
ce qui quivaut encore 6= 0 et I 1 T est non inversible dans L(E). Or, daprs
la Proposition 4.3.8 applique 1 T , I 1 T nest pas inversible dans L(E) si et
seulement si I 1 T nest pas injectif. Donc (T ) \ {0} si et seulement si 6= 0
et Vp(T ). De plus, daprs le Lemme 4.3.3, Ker(I 1 T ) est de dimension finie
donc Ker( I T ) est de dimension finie.
3. Daprs le Lemme 4.3.10 et 2., pour tout > 0 lensemble { (T ) | || } est fini.
Soit n N fix. Alors lensemble { (T ) | || 1/n} est fini, soient 0 , . . . , n0 ses
lments classs de la faon suivante :
1
|0 | |n0 | .
n
De mme, lensemble
1 1
n := (T ) || < ,
n+1 n
est fini. On pose n = {n0 +1 , . . . , n1 } o les i sont classs de la faon suivante
1 1
|n1 | |n0 +1 | < |n0 | |0 |
n+1 n
En procdant ainsi par rcurrence, on peut ranger les lments de (T )\ {0} en une suite
(n )N qui dcrot, en module, vers 0.
x T x = y, (4.3.11)
Chapitre 5
Un rsultat classique dalgbre linaire affirme quen dimension finie tout oprateur
auto-adjoint est diagonalisable dans une base orthonorme. Le but de ce chapitre est de
gnraliser ce rsultat en dimension infinie mais, pour ce faire, il est ncessaire dajouter
une hypothse de compacit et donc de considrer des oprateurs auto-adjoints compacts.
Le cadre est celui des espaces de Hilbert et, dans tout le chapitre, (H, (, )) dsigne
un espace de Hilbert sur K := R ou C, non rduit {0}.
H = Ker( I T ),
Vp(T )
Pour les oprateurs de rang fini, on a tout dabord le rsultat auxiliaire suivant :
Si 0
/ Vp(T ), alors Ker(T ) = {0} donc
Si 0 Vp(T ) alors
On en dduit
X X X
Tx = T x = x = P x.
Vp(T ) Vp(T ) Vp(T )
Remarque 5.1.5.
1. On retiendra que si T L(H) est un oprateur auto-adjoint de rang fini, alors,
quitte considrer la somme directe H = Im(T ) Ker(T ), on peut ramener ltude
spectrale de T , celle de loprateur T1 induit par T sur Im(T ). On peut alors
appliquer T1 le Thorme 5.1.1 (Thorme spectral en dimension finie) vu que
Im(T ) est de dimension finie.
2. On remarquera que la dcomposition spectrale (5.1.1) a un sens car la somme est
finie puisque Vp(T ) est fini. Si lon ne suppose plus T de rang fini, priori Vp(T )
peut ne plus tre fini. Alors, il est ncessaire de pouvoir dfinir une somme infinie
doprateurs, cest lobjet du rappel ci-dessous.
Dfinition 5.2.1. Une famille {xi }iI dlments dun espace vectoriel norm (E, k k)
est dite sommable dans E de somme x si, pour tout > 0, il existe un sous-ensemble
fini J0 I tel que, pour tout ensemble fini J J0 , on a
X
x xj
< .
jJ
On note alors
X
x= xi .
iI
i, j I, (ei , ej ) = ij .
2. La famille {ei }iI est dite totale si elle engendre un sous-espace vectoriel dense
dans H, i.e.
H = Vect{ei | i I}.
Dfinition 5.2.5. Une famille orthonormale totale de H est appele une base hilber-
tienne.
Remarque 5.2.6. Le Thorme de Zorn, permet de montrer que tout espace de Hilbert
non rduit {0} admet une base hilbertienne, sous laxiome du choix. Sans laxiome du
choix, on a existence dune base hilbertienne pour tout espace de Hilbert sparable.
Proposition 5.2.7. Soit {ei }iI une base hilbertienne de H. Alors, pour tout x H,
on a
X
x= (x, ei ) ei ,
iI
cette somme tant comprise au sens des familles sommables. De plus, pour tout x H,
on a
kxk2 = |(x, ei )|2 .
X
iI
5.3 Dcomposition spectrale des oprateurs auto-adjoints compacts 51
Remarque 5.3.2. Lhypothse H 6= {0} est ncessaire afin dassurer lexistence dune
valeur propre. Par contre, 4. reste vrai si H = {0}.
Dmonstration.
1. Soit j {1, . . . , k}. Comme j 6= 0 et T est compact, Ker(j I T ) est de dimension
k
finie. On en dduit que G = Ker(j I T ) est un sous-espace de dimension finie de H,
j=1
donc un ferm, do H = G G .
k
2. Si x G, alors x = ej , o ej Ker(j I T ), j = 1, . . . , k, donc
P
j=1
k
X
Tx = j ej G.
j=1
52 Chapitre 5 : Oprateurs auto-adjoints compacts
y G, (T x, y) = (x, T y) = 0,
Vp(TF ) Vp(T ) \ {1 , . . . , k } ,
Ker( I T ) G = F,
y = T (xG + xF ) = T xG + TF xF .
Proposition 5.3.4. Soit T L(H) un oprateur auto-adjoint compact. Alors, Vp(T ) est
fini si et seulement si T est de rang fini.
Remarque 5.3.5. Daprs le thorme spectral des oprateurs compacts (Thorme 4.3.11),
si T est un oprateur compact alors Vp(T ) \ {0} = (T ) \ {0} et (T ) est dnombrable.
En particulier, on obtient que Vp(T ) est dnombrable. La Proposition 5.3.4 permet de
prciser ce rsultat.
Dmonstration. Si T est de rang fini alors Vp(T ) est fini daprs le thorme spectral des
oprateurs de rang fini (Thorme 5.1.4). Rciproquement, supposons que Vp(T ) est fini.
Si T = 0 le rsultat est immdiat. Sinon, daprs le Lemme 5.3.1, Vp(T ) \ {0} =6 . Alors,
on obtient
Vp(T ) \ {0} = {1 , . . . , k },
ce qui donne le rsultat daprs le Lemme 5.3.3.
5.3 Dcomposition spectrale des oprateurs auto-adjoints compacts 53
Vp(T ) \ {0} = {n | n N } ,
o
n N, |n+1 | |n | et lim n = 0. (5.3.2)
n+
Pour montrer que (5.3.1) a lieu au sens des familles sommables, on fixe > 0 et on
considre une partie finie J de Vp(T ) \ {0}. On pose
GJ := Ker( I T ) et FJ := G
J.
J
Daprs le Lemme 5.3.3, T (FJ ) FJ et loprateur TFJ induit par T sur FJ est un
oprateur auto-adjoint compact vrifiant
on a X
x = xJ + yJ , o xJ = P x GJ et yJ FJ .
J
ce qui entrane q q
||x xJ || = ||yJ ||2 ||xJ ||2 + ||yJ ||2 = ||x||.
On en dduit
X
X
X
T
P x =
T x
P x
=
T x
T P x
J J J
X
=
T x P x
= kT (x xJ )k
J
= kTFJ (x xJ ) k kTFJ k kx xJ k
max {|| | Vp(T ) \ J} kxk.
54 Chapitre 5 : Oprateurs auto-adjoints compacts
do le rsultat.
On termine ce chapitre par trois consquences du thorme de dcomposition spectrale.
Remarque 5.3.8. Si T est de rang fini, alors Vp(T ) \ {0} est fini. Daprs le Corol-
laire 5.3.7, on en dduit que Im(T ) admet une base orthonormale forme de vecteurs
propres de T .
Dmonstration.
1. Pour tout x H, on a X
Tx = P x,
Vp(T )\{0}
L
do Im(T ) Vp(T )\{0} Ker( I T ). De plus, si Vp(T )\{0} alors Ker( I T ) Im(T ),
on en dduit M
Im(T ) = Ker( I T ). (5.3.3)
Vp(T )\{0}
On construit alors la base {fn }nN en prenant la runion des bases finies de chaque espace
propre Ker( I T ) associs aux valeurs propres non nulles.
2. Si Vp(T ) \ {0} et x H, alors P x Ker( I T ). Soit {e1 , . . . , ek } une base
orthonormale de Ker( I T ), alors on obtient
k
X
x= (x, ei ) ei ,
i=1
do
k
X
Tx = (x, ei ) ei .
i=1
En particulier, on a la dcomposition
X
x H, x= P x.
Vp(T )
Dmonstration. Comme T est auto-adjoint, Ker(T ) = Im(T ) . On en dduit H = Ker(T )
Im(T ), ce qui donne le rsultat daprs (5.3.3).
Dmonstration. Si H est sparable alors Ker(T ) aussi. Daprs la Remarque 5.2.6, il existe
une base hilbertienne (en )n0 de Ker(T ). Puisque H = Ker(T ) Im(T ) et que, daprs
le Corollaire 5.3.7, il existe une base hilbertienne (fn )n0 de Im(T ), on obtient une base
hilbertienne de H forme de vecteurs propres de T en regroupant les famille (en )n0
et (fn )n0 .
56 Chapitre 5 : Oprateurs auto-adjoints compacts
57
Chapitre 6
Dans ce dernier chapitre, on donne une application du thorme spectral des opra-
teurs auto-adjoints compacts pour les quations aux drives partielles elliptiques. On
commence par le cas dune formulation abstraite que lon appliquera ensuite au cas de
loprateur Laplacien.
Soit a(, ) une forme bilinaire symtrique, continue et coercive sur V . On considre le
problme suivant (problme spectral variationnel) :
Trouver R et u V \ {0} tels que
(6.1.2)
a(u, v) = (u, v)H , v V.
Dfinition 6.1.1. Si R et u V \ {0} vrifient (6.1.2), on dit que est une valeur
propre de la formulation variationnelle (6.1.2) et que u est un vecteur propre
associ.
Thorme 6.1.2. Les valeurs propres de (6.1.2) forment une suite croissante (k )k1 de
rels positifs qui tend vers linfini et il existe une base hilbertienne de H forme de vecteurs
propres (uk )k1 , i.e. qui vrifient
m ||Af ||2V a(Af, Af ) = (f, Af )H ||f ||H ||Af ||H c ||f ||H ||Af ||V ,
donc T est auto-adjoint et dfini positif dans H. Le Corollaire 5.3.10 appliqu T entrane
quil existe une suite dcroissante (k )k1 de rels positifs qui tend vers 0 et une base
hilbertienne (uk )k1 de H forme de vecteurs propres de T , i.e.
T uk = k uk , k 1.
De plus, uk V puisque uk = 1 1
k T uk = k Auk V . Le problme (6.1.2) scrit encore
Il reste vrifier que (vk )k1 est une base hilbertienne de V pour le produit scalaire a(, ).
Pour k, j 1, on a
a(uk , uj ) (uk , uj )H
a(vk , vj ) = q = k q = kj ,
k j k j
car (uk )k1 est une base hilbertienne de H. Enfin on a le rsultat en remarquant que
lorthogonal de (vk )k1 dans V est contenu dans lorthogonal de (uk )k1 dans H qui est
rduit {0}.
6.2 Valeurs propres du Laplacien 59
Bibliographie
Index
Oprateur adjoint, 20
Oprateur auto-adjoint, 25
Oprateur born, 7
Oprateur coercif, 23
Oprateur compact, 35
Oprateur de rang fini, 38
Oprateur de Volterra, 7
Oprateur dfini positif, 20
Oprateur elliptique, 23
Oprateur intgral, 36
Oprateur inversible, 8
Oprateur normal, 25
Oprateur positif, 20