coursCDpujo 2010
coursCDpujo 2010
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Table des matires
4 Diffomorphismes 23
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
4.2 Thorme dinversion locale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
4.3 Thorme des fonctions implicites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3
6 Formules de Taylor 31
6.1 Formule de Taylor avec reste intgral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
6.1.1 Fonction dune variable relle valeur relle . . . . . . . . . . . . . . . . 31
6.1.2 Fonction dune variable relle valeur dans un espace de Banach . . . . . 31
6.1.3 Fonction dun espace de Banach valeur dans un espace de Banach . . . . 32
6.2 Formule de Taylor-Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
6.2.1 Fonction dune variable relle valeur dans un espace de Banach . . . . . 33
6.2.2 Fonction dune espace de Banach valeur dans un espace de Banach . . . 33
6.3 Formule de Taylor-Young . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
7 Extrema 35
7.1 Extrema libres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
7.1.1 Fonctions dune variable relle valeurs relles . . . . . . . . . . . . . . . 35
7.1.2 Fonctions dun espace de dimension finie valeurs relles . . . . . . . . . 36
7.1.3 Fonctions dun espace de Banach valeurs relles . . . . . . . . . . . . . 36
7.2 Extrema lis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
7.2.1 Fonctions dun espace de dimension finie valeurs relles . . . . . . . . . 37
7.2.2 Fonctions dun espace de Banach valeurs relles . . . . . . . . . . . . . 37
7.3 Convexit et minima . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
8 Equations diffrentielles 41
8.1 Premire dfinition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
8.2 Rsolution explicite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
8.2.1 Equations linaires scalaires dordre 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
8.2.2 Equations linaires scalaires dordre 2 coefficients constants . . . . . . . 42
8.2.3 Equations linaires coefficients constants . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
8.3 Lemme de Gronwall . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
8.3.1 Inquations diffrentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
8.3.2 Inquations intgrales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
8.4 Thorme de Cauchy-Lipschitz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
8.5 Solutions maximales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4
Chapitre 1
La plupart du temps on considrera la norme euclidienne (k = 2) ou bien lorsque lon sera dans le
cas gnral et que les espaces E et F seront gaux, on notera simplement la norme k.k.
Rappel 1 Norme. Nous rappelons quune norme sur un espace vectoriel est une APPLICATION
k.k : E R+
x 7 kxk
telle que
1. Pour tout x E, kxk = 0 x = 0,
2. Pour tout (x, ) E R, kxk = ||kxk,
3. Pour tout (x, y) E E, kx + yk kxk + kyk.
La donne du couple (E, k.k) sappelle un espace vectoriel norm.
Rappel 2 Espace vectoriel norm. Soit (E, k.k) un espace vectoriel norm, et soit (xn )nN une
suite dlments de E. Alors
1. (xn )nN converge dans E ssi il existe a E, tel que kxn ak 0,
n+
2. (xn )nN est de Cauchy dans E
ssi kxp xq k 0,
p,q+
ssi pour tout > 0, il existe N N tels que pour tous p, q N, kxp xq k ,
5
3. (xn )nN est borne dans E ssi il existe M > 0, kxn k M , pour tout n N.
ATTENTION : on a toujours (1.) (2.) (3.) mais les rciproques sont FAUSSES en gnral.
Dfinition 1 Espace de Banach. On dit que E est un espace de Banach si toute suite de Cauchy
de E converge dans E (autrement dit, on a (2.) (1.) dans les espaces de Banach).
Remarque 1 On voit assez facilement que toute fonction lipschitzienne est continue sur son do-
maine de dfinition.
Proprit 1 Toute fonction construite partir de fonctions continues par combinaison linaire,
multiplication, quotient (par exemple f /g mais alors il faut que le dnominateur ne soit pas nul)
ou composition est encore continue.
6
1.3 Applications linaires continues
= sup ku(x)k,
xE
kxk1
(1.1)
= sup ku(x)k,
xE
kxk=1
Ceci dfinit une norme sur L (E; F ). On peut prouver (pas fait ici) que si F est un espace de
Banach, alors L (E; F ) aussi.
Remarque 2 Deux mthodes utiles.
Soit u : E E un application linaire. Si on veut montrer que u est continue, on cherche k > 0,
tel que ku(x)k kkxk, pour tout x E. Grce la troisime galit de ce qui prcde on en
dduit |||u||| k.
Et si on sait que u est continue, grce la premire galit on dduit que pour tout x E,
ku(x)k |||u|||kxk, et cest la meilleure ingalit.
Par consquent, on procde comme suit :
1. On majore ku(x)k pour obtenir une ingalit du type ku(x)k kkxk valable pour tout
x E.
Comme on la dit au-dessus, cela assure la continuit de u et le fait que |||u||| k.
2. On espre que |||u||| = k. Reste donc prouver que |||u||| k.
ku(x0 )k
a. On peut chercher, sil existe x0 E, x0 6= 0 (resp. kx0 k 1) tel que = k (resp.
kx0 k
ku(x0 )k = k). Dans ce cas, grce aux galits (1.1) on en dduit que |||u||| k.
b. Sinon, on cherche une suite (xn )nN E, xn 6= 0 (resp.kxn k 1) telle que
ku(xn )k
k (resp. ku(xn )k k ),
kxn k n+ n+
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N.B. : la mthode a. ne marche pas toujours car un sup nest pas forcment atteint. Par contre, la
mthode b. marche toujours car un sup est toujours approch.
Remarque 3 Cas particulier important. Si la dimension de E est FINIE et si u : E F est
LINEAIRE, alors u est CONTINUE !
RappelP5 Soient E un espace vectoriel norm et (xn )nN une suite dlments de E.
1. xn converge dans E si et seulement si
n
X
il existe S E tel que Sn = xk S
n+
k=1
n
X
ou encore il existe S E tel que kS xk k 0 .
n+
k=1
X
On note alors S = xk .
k=1
8
2. Si E est une espace de Banach, on a alors
q
P X
xn converge dans E (Sn )nN est une suite de Cauchy k xk k 0 .
p,q+
k=p
3. On a les quivalences suivantes
P
xn converge normalement dans E
P
kxn k converge dans R+
n
X
il existe M 0, pour tout n N, kxk k M.
k=1
4. Si E est un espace
P de Banach, on a limplication suivante
P
xn converge normalement dans E xn converge dans E.
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10
Chapitre 2
2.1 Diffrentiabilit
Lapplication L est alors unique, elle est appele diffrentielle de f en a et elle est note dfa .
Dfinition 6 On dit que la fonction f est DIFFERENTIABLE sur U si elle est diffrentiable en
TOUT point x U . Dans ce cas, on appelle diffrentielle de f la fonction
df : U L (E; F )
(2.2)
x 7 dfx
11
Si de plus, df est continue on dit que f est CONTINUMENT DIFFERENTIABLE, ou de faon
quivalente que f est de classe C 1 .
ATTENTION : bien remarquer que la formulation (2.2) correspond df alors que dfx est daprs
la dfinition, linaire et continue de E dans F ! ! ! Ne pas confondre df et dfx .
est linaire et si est en plus continue, toutes les applications partielles sont continues et
est continment diffrentiable, de diffrentielle donne par
n
X
d(x1 ,...,xn ) (h1 , ..., hn ) = (x1 , ..., xj1 , hk , xj+1 , ..., xn ).
j=1
g: R F
t 7 g(t) = f (x + th)
est drivable en t = 0, et g 0 (0) = dfx (h). On dit alors que cest la drive de f dans la
direction h (si h est non nul).
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7. Fonctions A VALEURS dans un espace produit. Cest une fonction de la forme
f : U F = F1 ... Fn
x 7 f (x) = (f1 (x), ..., fn (x)).
Cette fonction f est diffrentiable en x si et seulement si les fonctions f1 , ..., fn sont diff-
rentiables. Et dans ce cas,
8. Fonctions DEFINIES SUR un espace produit. La situation ici, est un peu plus dlicate. Si
lon considre la fonction
f : U E = E1 ... En F
x = (x1 , ..., xn ) 7 f (x).
d(f + g) = df + dg ,
d(f ) = df.
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Cette proposition signifie que lensemble des fonctions diffrentiables sur U V et valeurs dans F
est un espace vectoriel et que la diffrentiation d est une application linaire de cet espace vectoriel
dans L (E; F ).
Autrement dit
d(g f )x = dgf (x) dfx quel que soit x U.
Cest ensemble est un ouvert de E ( faire en exercice). Noter que IdX (resp. IdY ) est lapplication
identit sur X (resp. sur Y ). Soit alors la fonction
f : U F := L (Y ; X)
u 7 u1 .
Lapplication
: E F F := L (X; X)
(u, v) 7 v u.
est bilinaire continue, et on a par dfinition (u, f (u)) = IdX . Ensuite, en supposant a priori que
f est diffrentiable, on a pour tout u U et h E,
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2.4 Dimension finie
Dans tout ce paragraphe on supposera que E = Rp et que F = Rq , o p, q N . Si lon considre
x Rp et y Rq , on notera x1 , ..., xp les composantes de x et y1 , ..., yq celles de y. On notera
galement e1 , ..., ep les vecteurs de la base canonique de Rp . Par dfinition, le vecteur ei (i
{1, ..., p}) a toutes ses composantes nulles sauf la i-me qui vaut 1.
gi : Vi (x) F
t 7 f (x1 , ..., xi1 , t, xi+1 , ..., xp ) = f (x + (t xi )ei )
est drivable en xi et
gi0 (xi ) = dfx (ei ),
cest la drive de f dans la direction ei au point x. Il est dusage de noter cette drive
f
(x), ou xi f (x), ou encore i f (x).
xi
On appelle drives partielles de f les fonctions, dfinies pour i {1, ..., p} par
xi f : U F
f
x 7 (x).
xi
dxi : Rp R
h 7 hi ,
est une forme linaire continue (autrement dit lment de L (Rp ; R)). De telle sorte que la diff-
rentielle de f au point x scrit
p
X f
dfx = dxi .
i=1
x i
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N.B. : Etant donn que F = Rq nous avons
f f1 fq
(x) = (x), ..., (x) ,
xj xj xj
et donc lexpression prcdente se lit
p
X t
f1 fq
dfx (h) = hi (x), ..., (x) . (2.3)
i=1
xj xj
ATTENTION ! Comme nous lavons dit prcdemment, lexistence de drives partielles nest
pas suffisante en gnral pour quune fonction soit diffrentiable. Ce qui nous amne au thorme
suivant.
Thorme 2 Une application f : U Rp F = Rq est continment diffrentiable si et seule-
ment si ses p drives partielles existent et sont continues sur U .
Preuve. Faite en cours.
N.B. : Si lon considre h = (h1 , ..., hp ), nous avons dfx (h) = Df (x)(h1 , ..., hp )t , qui correspond
la formule (2.3).
Remarque 6 Nous pouvons faire les quatre remarques suivantes :
1. Si p = q le dterminant de la matrice jacobienne de f en x est appel jabobien. Et dans ce
cas, la diffrentielle dfx est un isomorphisme linaire si et seulement si la matrice jacobienne
est une matrice (carre) inversible ou encore si et seulement si le jacobien est non nul.
2. Les coefficients de la matrice jacobienne de f dindice i {1, ..., q} en ligne et j
{1, ..., p} en colonne est
(Df (x))i,j = xj fi (x).
En particulier, si q = 1, Df (x) est une matrice ligne. Et de faon plus gnrale, les lignes
des Df (x) sont les Dfi (x).
3. On note parfois f (x) (qui se lit nabla f de x) la matrice transpose de Df (x), autrement
dit
(f (x))i,j = xi fj (x).
En fait, cette notation est surtout utilise lorsque q = 1, auquel cas, f (x) est un vecteur
colonne, que lon identifie un vecteur de Rp appel gradient de f au point x.
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4. Si f : U E F est diffrentiable en un point x U et si g : V F G est
diffrentiable en un point y = f (x) V , alors la fonction compose g f : U E G
est diffrentiable en x comme nous lavons dit prcdemment et si en plus E = Rp , et
F = Rq , la composition des diffrentielles revient faire une multiplication matricielle des
jacobiennes
D(g f )(x) = Dg(f (x)).Df (x).
: U Rp R
grad : U Rp Rp
x 7 (grad)(x) := (x1 (x), ..., xp (x))t .
Divergence
Pour une fonction diffrentielle f : U Rp Rp (q = p) de composante f1 , ..., fp on dfinit
sa divergence par
divf : U Rp R
p
X
x 7 (divf )(x) := tr(Df (x)) = xi fi (x),
i=1
o tr(Df (x)) est la trace de la matrice jacobienne. On peut crire parfois div(f ) = .f , o le
produit scalaire canonique sur Rp est dfini par
p
X
x.y = xi yi .
i=1
Rotationnel
Si p = 3 on dfinit le rotationnel de f par
rotf : U R3 R3
x 7 (rotf )(x),
o
(rotf )(x) = (x2 f3 (x) x3 f2 (x), x3 f1 (x) x1 f3 (x), x1 f2 (x) x2 f1 (x)).
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Chapitre 3
Rappel 6 Thorme de Rolle. Soit f : [a, b] R, o a < b, une fonction continue sur [a, b] et
drivable sur ]a, b[ telle que f (a) = f (b). Alors il existe c ]a, b[ tel que f 0 (c) = 0.
Preuve. Faite en cours.
Thorme 3 Egalit des accroissements finis. Soit f : [a, b] R continue, drivable sur ]a, b[,
o a < b, alors il existe c ]a, b[ tel que
f (b) f (a) = (b a)f 0 (c).
Preuve. Faite en cours.
Dfinition 8 Ensemble convexe. On dit que A E est convexe si pour tout (a, b) A2 , le
segment ferm [a, b] A.
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3.3 Fonction dune variable relle
Alors
kf (x) f (y)kF k|x y| quel que soit (x, y) I I. (3.1)
Remarque 8 On remarque :
1. que lon peut avoir une ingalit (3.1) plus fine en prenant
pour tous x, y I.
2. que ce rsultat sapplique mme pour x et y au bord de lintervalle I condition que f soit
continue sur lintervalle ferm I et que lon ait une estimation de f 0 sur lintervalle ouvert
I.
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Thorme 7 Soit f : U E F une fonction diffrentiable sur un ouvert CONVEXE U. On
suppose quil existe k > 0 tel que
Alors
kf (x) f (y)kF kkx ykE quel que soit (x, y) U U.
Nous avons en fait un rsultat un peu plus gnral qui ne ncessite pas le fait que U soit convexe.
Il est donn dans la proposition suivante.
Dfinition 10 Un sous-ensemble dun espace topologique X est dit connexe sil nadmet pas de
sous-ensemble la fois ouvert et ferm autre que lensemble vide et lui-mme.
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Thorme 8 Soit f : U E F , o U est un ouvert de E.
1. Si f est constante sur U , alors f est diffrentiable sur U et pour tout x U dfx 0.
2. Si U est CONNEXE, f diffrentiable sur U telle que dfx 0, alors f est constante sur U .
Thorme 9 Soient E1 , ...En des espaces de Banach et E = E1 ... En muni (par exemple) de
la norme
k(x1 , ..., xn )kE = kx1 kE1 + ... + kxn kEn .
Une fonction
f: U E F
x = (x1 , ..., xn ) 7 f (x)
est continment diffrentiable si et seulement si pour tous i {1, ..., n} et x = (x1 , ..., xn ) U ,
lapplication partielle
yi 7 (x1 , ..., xi1 , yi , xi+1 , ..., xn )
est diffrentiable en yi = xi et sa diffrentielle dfinit une fonction (appele diffrentielle partielle)
continue de U dans L (Ei , F ).
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Chapitre 4
Diffomorphismes
4.1 Introduction
Soient U et V des OUVERTS ( non vides) despaces de Banach E et F respectivement.
Corollaire 2 Sil existe un diffomorphisme dun ouvert de E sur un ouvert de F , les deux es-
paces sont ISOMORPHES. En particulier, si lun deux est de dimension finie, lautre aussi et sa
dimension est la mme.
Thorme 10 Si
1. f : U V est de classe C 1 ,
2. a U est tel que dfa soit un isomorphisme de E sur F ,
alors il existe un voisinage ouvert Ua de a dans U et un voisinage ouvert Vb de b = f (a) dans V
tel que la restriction de f Ua soit un diffomorphisme de Ua sur Vb .
23
Preuve. Faite en cours.
f (x, y) = 0,
et doit son nom au fait que, sous les hypothses que lon va prciser, on peut en tirer y comme
fonction de x : on dit alors que f (x, y) = 0 dfinit implicitement y, ou encore y comme fonction
implicite de x.
Soient E, F et G, trois espaces de Banach.
: Wa F
telle que
((x, y) U(a,b) et f (x, y) = 0G ) y = (x).
Proposition 6 Sous les hypothses du thorme des fonctions implicites, et quitte rduire Wa on
a
dx (h) = (d2 f(x,(x)) )1 d1 f(x,(x)) (h)
pour tout x Wa et pour tout h E.
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Thorme 12 Si E et F sont des espaces de Banach, si u est un application linaire continue et
bijective de E sur F , alors sa rciproque est continue.
N.B. :
1. on rappelle quen dimension finie ce rsultat na pas dintrt puisque toutes les applications
linaires sont continues.
2. Ainsi, pour vrifier que u est un isomorphisme de E sur F , il suffit de vrifier que u est
linaire, continue et bijective.
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Chapitre 5
Dfinition 12 Une fonction f dfinie sur un OUVERT (non vide) U dun R-espace de Banach E
et valeurs dans un R-espace de Banach F est dite deux fois diffrentiable en x U si
1. elle est diffrentiable dans un voisinage ouvert Ux de x et si,
2. sa diffrentielle df : Ux L (E; F ) est diffrentiable en x.
On dit que f est deux fois diffrentiable dans U si elle est diffrentiable en tout point de U .
Par sa dfinition, la diffrentielle de df en x, que lon crit d(df )x est une application linaire
continue de E dans L (E; F ). Autrement dit, on a
df : U L (E; F ),
et
d(df )x : U L (E, L (E; F )).
Mais elle sidentifie naturellement avec une application linaire continue sur E E grce la
proposition suivante.
Proposition 7 Soient E, F et G des espaces de Banach. Alors les espaces L (E; L (F ; G)) et
L (E, F ; G) munis des normes usuelles
klkL (E;L (F ;G)) = sup{kl(h)kL (F ;G) , khkE 1},
kkL (E,F ;G) = sup{k(h, k)kG , khkE 1 kkkE 1},
sont isomtriques.
Preuve. Faite en cours.
Dfinition 13 La diffrentielle seconde dune fonction f : U E F deux fois diffrentiable
est lapplication
d2 f : U L (E, E; F )
x 7 d2 fx
dfinie par
d2 fx (h, k) = d(df )x (h)(k) pour tout (h, k) E E.
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Remarque 10 On peut interprter cette dfinition de la faon suivante (quon utilise en pratique
pour calculer d2 f ). Si f est deux fois diffrentiable sur U , alors, quel que soit k E, lapplication
g: U F
x 7 dfx (k)
est diffrentiable et
dgx (h) = d2 f (h, k).
f
d2x f (ei , ej ) = (x).
xi xj
Alors la matrice
2f 2f
(x) . . . (x)
x21 x1 xn
.. ..
d2 fx := Hess fx := . .
2f 2f
(x) . . . (x)
xn x1 x2n
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Le thorme de Schwarz montre que les drives partielles croises sont gales, cest dire
f f
=
xi xj xj xi
pour tous i, j {1, ..., p}. Et donc la matrice hessienne est symtrique. Ces drives sont en
gnral notes
2f
.
xi xj
Par bilinarit, si h et k sont deux vecteurs de Rp de composantes (h1 , ..., hp ) et (k1 , ..., kp ) respec-
tivement, alors
p p
X X 2f
2 t
dx f (h, k) = k.Hess fa .h = hi kj (x).
i=1 j=1
xi xj
Autrement dit, Hess fa est la matrice de la forme bilinaire d2 fa par rapport la base canonique
de Rn . Lgalit de Schwarz assure de plus que la matrice hessienne est symtrique.
Dfinition 15 Soit une fonction f dfinie sur un ouvert (non vide) U dun R-espace de Banach E
et valeurs dans un R-espace de Banach F , et n un entier au moins gal 2. On dit quelle est :
1. n fois diffrentiable en x U si elle est diffrentiable dans un voisinage ouvert Ux de x, et
si sa diffrentielle df : Ux L (E; F ) est (n 1) fois diffrentiable en x.
2. n fois diffrentiable dans U si elle est n fois diffrentiable en tout point de U .
3. de classe C n si et seulement si sa diffrentielle est de classe C n1 .
4. de classe C est de classe de C n pour tout n 1.
Proprit 2 Les applications linaires continues et plus gnralement les applications k-linaires
continues sont de classe C .
29
Preuve. Faite en cours.
On notera Lns (E; F ) lespace des applications n-linaires continues et symtriques sur E n .
dp+1 fy (h1 , ..., hp+1 ) = dp+1 gy[p] (hp+1 ) pour g [p] (h1 , ..., hp , y) := dp fy (h1 , ..., hp ),
et enfin,
4. dn1 f est diffrentiable en x et
dn fx (h1 , ..., hn ) = dn gx[n1] (hn ) o g [n1] (h1 , ..., hn1 , y) := dn1 fy (h1 , ..., hn1 ).
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Chapitre 6
Formules de Taylor
31
Quels que soient x, y [a, b], on a par dfinition
Z y Z x
g(t)dt = g(t)dt,
x y
Z x
et donc g(t)dt = 0, et
x
Z y Z z Z y
g(t)dt = g(t)dt + g(t)dt,
x x z
Z y
pour tout z [a, b]. De plus lapplication y 7 g(t)dt est drivable et sa drive est g.
x
Inversement, pour toute primitive G de g, on a
Z y
G(y) G(x) = g(t)dt.
x
Z b
q
Remarque 11 Si F est de dimension finie, F = R pour simplifier g(t)dt est simplement le
Z b a
vecteur dont les composantes sont gi (t)dt o les gi sont les i 1, ..., n sont les composantes
a
de g dans la base canonique.
Corollaire 5 Si I est un intervalle ouvert de R contenant [0, 1], F est un espace de Banach et
g : I F une fonction de classe C (n+1) , alors
Xn Z 1
1 (0) (1 t)n (n+1)
g(1) g(0) g = g (t)dt.
p=1
p! 0 n!
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6.2 Formule de Taylor-Lagrange
6.2.1 Fonction dune variable relle valeur dans un espace de Banach
alors n
X 1 p M
kf (x + h) f (x) d fx (h[p] )k khkn+1 .
p=1
p! (n + 1)!
La dernire ingalit qui gnralise lingalit des accroissements finis, est connue sous le
nom de formule de Taylor avec reste de Lagrange, le reste tant cependant connu travers une
majoration contrairement au reste intgral qui est exact.
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Chapitre 7
Extrema
Dans ce qui suit, on ne parlera en fait que de minima pour simplifier : les maxima dune fonction
f peuvent en effet tre vus comme les minima de f .
Dfinition 18 Si f est une fonction dfinie sur une partie D dun espace de Banach E et valeurs
relles, un point a U est un minimum local de f sil existe un voisinage Va de a ouvert dans D
tel que
f (x) f (a) pour tout x Va .
On dira que a est un minimum global de f si
Un minimum est dit strict si lingalit est stricte, cest dire f (x) > f (a), pour tout x 6= a.
Proposition 10 Soit g une fonction dfinie sur un intervalle ouvert I de R valeurs dans R,
drivable en a I. Si a est un minimum local de g alors g 0 (a) = 0. Si de plus g est deux fois
drivable en a, alors g 00 (a) 0.
Inversement, si b I est tel que g 0 (b) = 0 et g 00 (b) > 0 alors b est un minimum local de g.
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7.1.2 Fonctions dun espace de dimension finie valeurs relles
Remarque 15 Dterminer si Hess fa est dfinie ngative ou positive revient dterminer les
valeurs propres de Hess fa .
1. Si toutes les valeurs propres sont > 0, Hess fa est dfinie positive.
2. Si toutes les valeurs propres sont < 0, Hess fa est dfinie ngative.
3. Si les valeurs propres de Hess fa sont non nulles mais de signes diffrents, on dit que a est
un point col (ou un point selle).
Thorme 22 Soit f une fonction dfinie sur un ouvert U dun espace de Banach E et valeurs
relles, diffrentiable en a U .
Si a est un minimum local de f alors dfa = 0.
Si de plus f est deux fois diffrentiable en a, alors d2 fa (h, h) 0 pour tout h E.
Inversement si b U est tel que dfb = 0 et il existe C > 0 avec d2 fb (h, h) Ckhk2 pour tout
h E, alors b est un minimum local de f .
Remarque 16 En dimension finie, lexistence de C > 0 tel que d2 fb (h, h) Ckhk2 pour tout
vecteur h E quivaut d2 fb (h, h) > 0 quel que soit h 6= 0E .
36
7.2 Extrema lis
7.2.1 Fonctions dun espace de dimension finie valeurs relles
df a + dga = 0.
N.B. : ce thorme est une gnralisation du thorme prcdent (si on prend p = 1).
Dfinition 20 Si f et g1 ,...,gp sont des fonctions dfinies sur un ouvert U dun espace de Banach
E valeurs dans R, un point a U tel que g1 (a) = 0,...,gp (a) = 0 est un minimum local de f
sous les contraintes g1 ,...,gp sil existe un voisinage Va de a tel que
f (x) f (a)
Le prochain thorme est une condition ncessaire pour quun point soit un minimum local
sous contraintes lorsque les fonctions f et g1 ,...,gp sont continment diffrentiables.
On dira que les contraintes g1 ,...,gp sont indpendantes au point a U si la famille de formes
linaires continues {(dg1 )a , ..., (dgp )a } est libre.
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Thorme 25 Soient f et g1 ,...,gp sont des fonctions de classe C 1 dfinies sur un ouvert U dun
espace de Banach E valeurs dans R. Soit a U tel que g1 (a) = 0,...,gp (a) = 0 et les contraintes
g1 ,...,gp sont indpendantes au point a. Si a est un minimum local de f sous les contraintes g1 ,...,gp ,
alors il existe des rels 1 ,...,p tels que
Dfinition 21 Un sous-ensemble C dun R-espace vectoriel E est dit convexe si pour tous x, yC,
pour tout [0, 1], x + (1 )y C. Une fonction f est dfinie sur un convexe C valeurs
dans R est dite convexe, si pour tous x, y C, pour tout [0, 1],
Elle est dite strictement convexe si lingalit ci-dessus est stricte lorsque x 6= y et ]0, 1[.
d2 fx (y x, y x) 0.
38
3. Si f est diffrentiable, une condition ncessaire pour quun point a C soit un minimum
de f|C est
dfa (y a) 0,
pour tout y C. Si de plus f|C est convexe, cette condition est galement suffisante.
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40
Chapitre 8
Equations diffrentielles
Cas particuliers.
1. Lorsque E = R, lquation diffrentielle est dite scalaire.
2. Lorsque f est linaire par rapport (u, u0 , ..., u(n1) ), lquation diffrentielle est dite li-
naire homogne ( coefficients constants si de plus f ne dpend pas de t). Si f est de la
forme
f (t, u, u0 , ..., u(n1) ) = g(t, u, u0 , ..., u(n1) ) + b(t),
avec g linaire par rapport (u, u0 , ..., u(n1) ), lquation diffrentielle est dite linaire avec
terme de source.
3. Lorsque f est indpendante de t, lquation diffrentielle est dite autonome.
u0 = a(t)u + b(t),
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admet pour solutions les fonctions de la forme
Z t Z t
a( )d Z t a( )d
u(t) = u0 e t0 + e s b(s)ds,
t0
avec t0 I, u0 R.
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puisque par dfinition de Ej , (A j I)n|Ej = 0 pour n sj . Autrement dit, les solutions de
lquation diffrentielle u0 = Au sont alors de la forme
k
X
u(t) = etj Pj (t)u0,j ,
j=1
avec a et b C (I; R). On multiplie chacun des membres de lingalit par le nombre strictement
positif Z t
a( )d
e t0
et on en dduit Z Z
t t
d a( )d a( )d
(e t0 u(t)) e t0 b(t),
dt
do, en intgrant Z Z
t s
a( )d Z t a( )d
e t0 u(t) u(t0 ) e t0 b(s)ds,
t0
et finalement Z Z
t t
a( )d Z t a( )d
u(t) u(t0 )e t0 + e s b(s)ds.
t0
43
8.3.2 Inquations intgrales
Thorme 28 Soit f C (I U ; E), on suppose de plus quil existe un voisinage de (t0 , u0 ) dans
I U et L > 0, tel que pour tous (t, x) et (t, y) dans ce voisinage
On a alors
1. Existence : il existe > 0 et u C 1 ([t0 , t0 + ]; U ) solution du problme de Cauchy
0
u = f (t, u),
u(t0 ) = u(0).
2. Unicit : si v est une autre solution, elle concide avec u sur un intervalle dintrieur non
vide inclus dans [t0 , t0 + ].
3. si de plus f est de classe C r , r 1, alors u est de classe C r+1 .
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Lemme 3 Si u1 C 1 (J1 ; U ) et u2 C 1 (J2 ; U ) sont deux solutions de lquation diffrentielle
u0 = f (t, u),
sur des intervalles J1 , J2 respectivement, et sil existe t0 J1 J2 tel que u1 (t0 ) = u2 (t), alors
u1 (t) = u2 (t),
pour tout t J1 J2 .
Ce lemme montre quil existe un plus grand intervalle J sur lequel le problme de Cauchy
du paragraphe prcdent admet une solution, et que cette solution est unique. Cette solution est
appele solution maximale. Par dfinition on ne peut pas la prolonger I\J. Lorsque J = I on dit
que cette solution est globale.
Thorme 29 Soit u C 1 (J; U ) une solution maximale de u0 = f (t, u). Notons b la borne
suprieure de I et la borne suprieure de J. Alors, soit = b, soit u sort de tout compact de U ,
autrement dit, pour tout compact K U , il existe < tel que
u(t) U \K,
Lemme 4 Supposons que f soit continue, borne et lipschitzienne par rapport x dans [t
2 , t + 2 ] B(u, 2R) pour > 0 et R > 0. Alors il existe ]0, ] tel que pour tout (t0 , u0 )
[t , t + ] B(u, R), la solution maximale du problme de Cauchy du paragraphe prcdent
soit dfinie sur un intervalle contenant [t0 , t0 + ].
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