2014GRENT078
2014GRENT078
THSE
pour obtenir le titre de
docteur en sciences
de lUniversit de Grenoble
Mention : Signal, Image, Parole, Tlcoms
Prsente et soutenue par
Romain DAMBREVILLE
Jury :
Jaimerai tout dabord remercier mon directeur de thse, M. Jocelyn Chanussot, pour ses
conseils aviss et pour mavoir fait confiance depuis le dbut. Il ma permis de dcouvrir le
monde de la recherche par ses cours et son accompagnement lors de mes stages ; puis de my
panouir au cours de mon doctorat. Je remercie galement lensemble des personnes qui mont
accompagn dans mes travaux au cours de ces trois dernires annes, M. Giorgio Licciardi,
pour sa disponibilit et sa patience en particulier lors de nos premiers changes scientifiques.
Mme Stephanie Dubost qui a port le projet depuis son origine et qui a toujours montr une
motivation vivifiante lors de nos entretiens. Je tiens remercier tout particulirement M. Phi-
lippe Blanc, entr dans cette aventure par pure curiosit scientifique, il a su trouver les mots
pour me mettre en confiance et me permettre davancer lors des moments cls, sa prsence
en tant que co-directeur de thse lors de ma soutenance fut un honneur pour moi et un juste
reflet de nos collaborations pendant ces trois ans. Il mest galement impossible de ne pas citer
Dr. Didier Boldo et M. Alexandre Girard dont les apports scientifiques et techniques ont t
inestimables au cour de mes travaux. Je remercie enfin lensemble des personnes ayant contri-
bu lavancement de ce projet, M. Bruno Charbonnier, M. Laurent Dubus, M. Christophe
Chaussin, M. Martial Haeffelin, M. Jordi Badossa, M. Dominique Demengel, M. Guy dUrso,
et beaucoup dautres encore...
Jhsite placer mes proches dans cette section, ce que je leur dois sinscrit bien au del
des remerciements, je leur dois tout. Jai travers trois annes de thse qui sont galement trois
annes de vie, avec ce quelles comportent de joies, de tristesses, dchecs, de russites... Pen-
dant ces trois ans ils ont t mes appuis, ceux sur lesquels jai batti tout le reste, ceux qui ont
permis que jarrive jusquici. Donc pour tout, merci vous : Maman, Papa, Charles, Stpha-
nie, Mathias, Adle, Nomie, Jrme, Thomas, Thomas, Floriane, Sam, Nico, Quentin, Pef,
Mugi, Koho, Cresc, Niko, Cindy, Cline, Flo, Manu, Raphael, Ernesto, Clment, Clmentine,
Edouard, Jessica, Thomas P., Manon, Julien, Antoine ...
i
Table des matires
Introduction 1
1.1.1 Dfinitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2 Mesures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3.4 Mtriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.4.1 Variabilit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
iii
iv Table des matires
2.1.1 Capteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.1.2 Traitements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.2.7 Rsultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
[Link] Mthodologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
2.3 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
3.2.2 Traitement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
Table des matires v
[Link] Conversion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
[Link] Prvision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
3.2.3 HlioClim-3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
3.3.4 Rsultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
3.3.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
3.4.1 Mthodologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3.4.2 Rsultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
3.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
4.1 Mthodologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
Conclusion 105
Bibliographie 125
Table des figures
1.10 Les angles couramment utiliss pour le rayonnent solaire : z est langle
znithal,i est langle dlvation solaire, est langle azimutal . . . . . . . . . . 12
1.19 Modle ciel clair ESRA pour lanne 2011 valu sur le site du SIRTA. . . . . . 19
1. http ://[Link]/Features/EnergyBalance/[Link]
2. http ://[Link]/
vii
viii Table des figures
1.21 Modle de persitance appliqu directement au GHI pour une journe ciel clair. . 21
1.24 Exemple de profil pour chaque classe, le nom des classes est explicit dans le
tableau 1.8 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.4 Image seuille : bleu = ciel clair ; blanc = nuages clairs ; gris = nuages opaques 32
2.6 Disponibilit des images du TSI sur lanne 2011, les points rouges reprsentent
les images disponibles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.16 Test de seuil pour la mthode de segmentation par ratio : Seuil =0.65 . . . . . 47
2.22 Processus de cration des bases de donnes pour lapprentissage des rseaux de
neurone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
3.3 Rappel sur les relations entre lobservation depuis le satellite et le rayonnement
peru au sol. Image extraite de [IPC13]. La lettre "a" dsigne latmosphre, la
lettre "g" dsigne le sol (ground). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
3.10 Profil journaliers pour chacune des classes pour une prvision 30 minutes . . . 80
3.12 Exemple 1 : application du block matching sur deux images HC-3 conscutives.
(a) Image au temps t-1 ; (b) Image au temps t ; (c) image au temps t avec le
champ de vecteur rsultant. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
3.13 Exemple 2 : application du block matching sur deux images HC-3 conscutives.
(a) Image au temps t-1 ; (b) Image au temps t ; (c) image au temps t avec le
champ de vecteur rsultant. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
3.14 La zone dintrt est dfinie partir du pixel idal Pi, en amont du site Ps par
rapport au vecteur calcul V . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
3.16 Profils journaliers pour chacune des classes pour une prvision 30 minutes . . 90
3.17 Zoom sur un profil journalier pour une prvision 30 minutes. Le modle pr-
sent donne non seulement une prvision mais galement un "encadrement es-
tim" de la prvision. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
4.1 Selection des entres pour le modle PT SI90 : (a) ZI dfinie sur limage HC-3
daprs le vecteur vitesse ; (b) Cne de limage au sol slectionn partir du
vecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
4.2 Selection des entres pour le modle PT SIcone : (a) ZI dfinie sur limage HC-3
daprs le vecteur vitesse ; (b) Cone de limage au sol slectionn en fonction
du vecteur vitesse (bleu) et de langle azimutal solaire (rouge). . . . . . . . . . . 97
4.9 Profil journalier, h=15min, les ellipses noires indiquent les endroits o le modle
PT SIcone permet une modification positive par rapport lensemble des autres
modles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
A.1 Test de seuil pour la mthode de segmentation par ratio : Seuil =0.4 . . . . . . 110
A.2 Test de seuil pour la mthode de segmentation par ratio : Seuil =0.55 . . . . . 111
A.3 Test de seuil pour la mthode de segmentation par ratio : Seuil =0.6 . . . . . . 112
A.4 Test de seuil pour la mthode de segmentation par ratio : Seuil =0.65 . . . . . 113
A.5 Test de seuil pour la mthode de segmentation par ratio : Seuil =0.8 . . . . . . 114
1.6 Tests de qualit des donnes de rayonnement. Les pourcentages sont donns
par rapport au nombre de mesures de jour (angle znithal<90) soit un total
de 507159 points de mesures sur 2 ans. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2 Classes utilises pour classification par Heinle et al. [HMS10] (cf chap1) . . . . 32
xiii
xiv Liste des tableaux
3.3 Performances dHC-3 sur le site du SIRTA, mesures faites pour un angle solaire
znithal <85 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
3.6 MBE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
xvii
Introduction
Les principales pistes envisages pour pallier cette limitation sont les suivantes :
Le stockage : le stockage de lnergie permettrait de stabiliser la production des centrales
photovoltaques en stockant llectricit lors des priodes de forte production pour la res-
tituer pendant les chutes de production. Cependant, le stockage dimportantes quantits
dnergie reste un challenge lheure actuelle. Des solutions existent comme les STEP
(Stations de Transfert dEnergie par Pompage-turbinage) mais elles restent peu acces-
sibles. Aussi le dveloppement des batteries grande capacit de stockage est lune des
pistes les plus intressantes.
La prvision : la prvision de la production des nergies intermittentes permettrait dan-
ticiper la disponibilit des sources de production et donc de faciliter la gestion du rseau.
Cest dans cette seconde voie que sinscrivent les travaux mens dans cette thse.
1
2 Introduction
production mais le rayonnement solaire reu reste le facteur principal de variation. On choisit
dans le cadre de cette thse de prvoir le rayonnement solaire plutt que la production elle-
mme. De ce fait, les travaux dvelopps visent produire une prvision non dpendante de
conditions matrielles locales, et donc plus facilement transposable dautres sites ou moyens
de production (solaire thermique, nergie solaire concentre (ESC), etc). Cette approche sous-
entend le besoin futur dune tape de conversion entre le rayonnement solaire reu par les
panneaux et la production en sortie en fonction des caractristiques des panneaux instal-
ls. On dfinit comme variable principale dintrt le GHI (Global Horizontal Irradiance), ou
rayonnement global horizontal peru au niveau du sol.
La prvision de GHI est un domaine de recherche trs actif lheure actuelle pour les
raisons voques prcdemment. On distingue quatre grandes familles de mthode selon les
donnes utilises et lhorizon de prvision souhait :
1. Mthodes statistiques : les mthodes statistiques sappuient sur les sries temporelles
dun ou de plusieurs capteurs de GHI afin de construire des modles statistiques de
prvision. Ces mthodes supposent lexistence de squences rptitives dans la srie
temporelle que lon peut apprendre afin de les prvoir par la suite. On retrouve dans
cette famille de nombreuses mthodes de rgression (linaires et non linaires) existantes
en traitement du signal (rseaux de neurones, modles auto-rgressifs, ...). Lhorizon de
prvision atteint par ce type de mthode est trs dpendant de lchantillonnage choisi
pour la srie temporelle.
2. Modle de prvision mtorologique numrique : les modles numriques utilisent des
algorithmes de rsolution numrique des quations mtorologiques assimilant les don-
nes mtorologiques acquises par des stations de mesures rparties sur le globe. Ils
fournissent ainsi des prvisions de nombreuses variables qualifiant ltat de latmosphre
(temprature, pression, vent, etc.) pour chaque point de la grille spatiale de prvision.
Selon les modles, la rsolution de cette grille peut tre plus ou moins fine (10 km pour
le modle ALADIN de MtoFrance), cependant elle reste infrieure la rsolution des
images satellitaires dans la majorit des cas. Les prvisions ncessitent un temps de cal-
cul important, la rsolution temporelle des prvisions est de lordre de 3 6 heures. Ces
modles permettent une prvision du GHI long terme (plusieurs jours) via diffrents
traitements statistiques des sorties obtenues.
3. Imagerie satellitaire : les satellites mtorologiques gostationnaires fournissent des
images de latmosphre et de la terre sur lensemble du globe avec une rsolution tempo-
relle intra-horaire (15 minutes pour Meteosat seconde gnration). Ces caractristiques
font de limagerie satellitaire un outil de premier ordre pour la description et le suivi de
phnomnes mtorologiques de moyenne et grande chelle. Ainsi, de nombreuses m-
thodes de prvision du GHI profitent de ces images depuis 1980. Lhorizon de prvision
atteint est gnralement de lordre de quelques heures.
4. Imagerie hmisphrique : les images hmisphriques sont des images du ciel prises depuis
le sol via une camra possdant un angle de vision de 180. Les travaux impliquant ces
images ont merg il y a une vingtaine dannes avec lapparition de capteurs de plus
en plus performants. Ces images permettent une description trs fine de la couverture
nuageuse avec une rsolution temporelle de lordre de la seconde. Elles sont particuli-
Introduction 3
Modles numriques
Image satellitaire
100km
Rsolution spatiale
10km
1km
Image
0.1km
hmisphrique
0.01km
Mthodes statistiques
Rsolution temporelle
Figure 1 Les quatre grandes familles de modles de prvision (figure inspire de [Dia+13]).
rfrence pour la prvision, le modle de persistance, avant douvrir la discussion sur quelques
observations qualitatives concernant ltude des sries temporelles de GHI.
Le quatrime chapitre rassemble les connaissances acquises au cours des chapitres prc-
dents pour proposer une premire mthode de fusion des informations. La mthode dveloppe
consiste amliorer les performance dune mthode satellitaire en y intgrant de linformation
provenant de limage hmisphrique. On sappuiera pour cela sur les rsultats des chapitres 2
et 3. Les rsultats obtenus permettront didentifier lintrt dune telle fusion.
Enfin, la conclusion fera le bilan des rsultats obtenus afin de dgager les enjeux principaux
relatifs la fusion dinformation pour la prvision trs court terme de GHI. Nous ouvrirons
ensuite la discussion sur les perspectives de futurs travaux en rapport avec les conclusions
retenues.
Chapitre 1
Sommaire
1.1 Fondamentaux sur le rayonnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.1 Dfinitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.2 Le rayonnement solaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.3 Les nuages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2 Mesures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.1 Site dtude : le SIRTA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.2 Capteurs pyranomtriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.3 Contrle de qualit et bilan des donnes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.3 Fondamentaux pour la prvision du GHI . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.3.1 Modle ciel clair . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.3.2 Index de ciel clair Kc . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.3.3 Modle de rfrence : la persistance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.3.4 Mtriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.4 Caractrisation du site dtude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.4.1 Variabilit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.4.2 Rsolution temporelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
5
6 Chapitre 1. Le rayonnement global : gnralits
1.1.1 Dfinitions
Ondes lectromagntiques : une onde lectromagntique est compose dun champ lec-
trique et dun champ magntique. Ces deux champs oscillent perpendiculairement entre eux
et perpendiculairement laxe de propagation de londe (Fig. 1.1). La longueur donde est
dfinie par la distance entre 2 maxima de la sinusode, elle est lie la priode T par lqua-
tion 1.1 o c est la vitesse de propagation de londe. La frquence f est linverse de la priode.
Elle est communment utilise pour dcrire les ondes lectromagntiques et les classer dans
diffrentes catgories (Fig. 1.2).
c= (1.1)
T
Figure 1.1 Reprsentation dune onde Figure 1.2 Classification du spectre lec-
lectromagntique tromagntique
Angle solide : la notion dangle solide intervient dans la dfinition des termes nergtiques
utiliss en transfert radiatif. Il est dfini partir dune sphre unitaire centre en M (Fig. 1.3).
Langle solide lmentaire (d) dans la direction dfinie par langle par rapport la normale
~n et langle dans le plan de la surface de la sphre reprsente la fraction de sphre dans cette
direction. Langle solide entier correspond la surface de la sphre unit, i.e = 4. Lunit
dangle solide est le stradian (sr).
expos, dans le cas dun rayonnement isotropique, lclairement est donne par lquation 1.3.
Le GHI correspond lclairement solaire peru au niveau du sol sur une surface horizontale.
Z 2 Z /2
L= l(, ) cos d = l (1.3)
=0 =0
Le spectre solaire Le soleil peut tre assimil un corps noir qui met un rayonnement
lectromagntique dont le spectre est prsent en figure 1.4. Sur cette figure, on note la dif-
frence entre le rayonnement arrivant au sommet de latmosphre et le rayonnement arrivant
au niveau du sol. Cette diffrence est lie aux bandes dabsorption des gaz de latmosphre.
En effet, les gaz ont des facteurs dabsorption et de transmission qui dpendent beaucoup de
la frquence des ondes (Fig. 1.5). On remarque notamment que la vapeur deau absorbe une
grande partie de la partie des bandes de linfrarouge thermique reu. Ce phnomne explique
une partie de la variabilit du rayonnement puisque la composition atmosphrique est variable
8 Chapitre 1. Le rayonnement global : gnralits
Les nuages sont constitus de petites goutes deau et de cristaux de glace en suspension dans
lair. La plupart des nuages sont situs dans la troposphre ; ils se forment par condensation
habituellement au niveau des courants ascendants. Selon leur altitude et leur composition,
ils prsentent diverses formes et proprits. LOrganisation Mtorologique Mondiale (WMO)
1.1. Fondamentaux sur le rayonnement 9
Limpact des nuages sur le rayonnement peru au sol est difficile dcrire de faon quanti-
tative. En effet, les nuages dun mme type peuvent avoir un effet dattnuation diffrent en
fonction de leur proprits macroscopiques et microscopiques (gomtrie, paisseur optique,
quantit deau liquide, etc). Cependant les nuages ont gnralement un effet rducteur sur le
rayonnement reu au sol puisquils rflchissent une partie de la lumire incidente vers les-
pace. Diverses approches seront abordes au cours de cette tude pour caractriser de faon
quantitative leffet de la couverture nuageuse sur le rayonnement au sol.
1.2 Mesures
Lensemble des donnes de rayonnement utilises dans cette tude a t acquis sur le site du
SIRTA (Site Instrumental de Recherche par Tldtection Atmosphrique). Situ sur le plateau
de Palaiseau 2 , ce site dispose de nombreux capteurs ncessaires ltude de latmosphre et
plus particulirement du rayonnement incident au sol (Fig. 1.8). Il fait parti du BSRN (Baseline
Radiation Surface Network), un rseau regroupant 40 stations de mesure dans le monde et
garantissant un haut niveau de qualit et de suivi des instruments de mesure. Les capteurs
impliqus dans cette tude sont prsents dans la suite.
2. (48.7130 N,2.2080 E), 156m)
1.2. Mesures 11
Les radiations faibles longueurs donde (0.28-5 m) peuvent tre spares en trois com-
posantes (Fig. 1.9) :
Le rayonnement direct en incidence normale (DNI) : il sagit de la mesure du rayon-
nement arrivant par un chemin direct depuis le soleil sur un plan perpendiculaire la
direction du rayon. LOMM recommande lutilisation dun pyrhliomtre pour sa me-
sure.
Le rayonnement diffus horizontal (DHI) : il sagit de la mesure du rayonnement reu par
lensemble des autres chemins possibles sur un plan horizontal : diffusion de latmosphre,
rflexion simple ou multiple avec les nuages, latmosphre elle-mme, le sol ou des objets
de lenvironnement.
Le rayonnement global horizontal (GHI) : il sagit de la combinaison du rayonnement
diffus et de la partie horizontale du rayonnement direct. Il peut tre calcul partir des
prcdents par lquation 1.4 o z reprsente langle znithal dcrit en Fig. 1.10.
GHI = cos(z ) DN I + DHI (1.4)
La zone 2 du SIRTA (situe sur un toit) est quipe dune station automatique Kipp&Zonen
2AP (Fig. 1.11) depuis Septembre 2002 4 . Cette station est constitue dun "sun tracker"
lui-mme quip de trois capteurs Kipp&Zonnen :
Un pyrhliomtre pour la mesure du rayonnement normal direct (Fig. 1.12).
Un pyranomtre pour la mesure du rayonnement horizontal global (Fig. 1.13).
Un pyranomtre masqu pour la mesure du rayonnement horizontal diffus.
Les spcifications de ces capteurs sont donnes dans les tableaux 5 1.1 et 1.2. Conformment
la norme BSRN, ils prsentent les meilleurs performances actuellement disponibles. Les
4. [Link]
136-sirta-instruments-radiometers-fluxmeters
5. [Link]
1.2. Mesures 13
mesures sont effectues toutes les minutes et correspondent une moyenne de 60 mesures (1
par seconde). Un exemple de journe de mesure est donn en figure 1.14.
Figure 1.11 Station auto- Figure 1.12 Pyrhlio- Figure 1.13 Pyranomtre
matique Kipp&Zonen 2AP mtre CHP 1 CMP 22
14 Chapitre 1. Le rayonnement global : gnralits
cos(z ) Direct
Diffus
700
Global
600
Rayonnement (W/m2 )
500
400
300
200
100
6 8 10 12 14 16 18
Temps (Heures)
Table 1.4 Conditions extrmement rares, S0 reprsente la constante solaire ajuste pour la
distance Terre-Soleil. est le cosinus de langle solaire znithal cos(z ).
Les mesures de rayonnement effectues sur un site du BSRN passent plusieurs tests de
qualit [Roe+11]. Ces tests sont dcrits dans les tableaux 1.3 1.5. Il sagit principalement
de vrifier dune part la prsence des donnes mais aussi leur cohrence physique :
Le premier test porte sur la possibilit physique des mesures faites (Tableau 1.3).
Le second test porte sur les conditions dites extrmes : elles sont tolres dans la mesure
o leur apparition reste exceptionnelle (Tableau 1.4).
Enfin le dernier test est un test crois entre les diffrentes mesures de rayonnement
(direct/diffus/global) afin de vrifier leur cohrence physique (Tableau 1.5).
Dans le cadre de cette thse, seules les donnes acquises en 2011 et 2012 sur le site du SIRTA
ont t utilises. La figure 1.15 illustre les deux cycles annuels de GHI mesur. On observe
parfois des bandes sombres indiquant un manque de donnes. Les tests prcdemment prsen-
ts ont t appliqus sur ces donnes, les rsultats sont synthtiss dans le tableau 1.6 et ne
tiennent pas compte des 32 jours de donnes manquantes sur les 2 annes. Ce tableau indique
effectivement une trs grande qualit des donnes : on ne remarque quasiment aucune dtec-
tion sur les tests croiss et aucune donne physiquement impossible ou trs peu dans le cas du
capteur de rayonnement direct. Enfin, on note galement trs peu de "conditions extrmes"
(<0.5% Tableau 1.6). Selon les capteurs, ces conditions ne semblent pas tre les mmes. Les
figures 1.16 1.18 prsentent la localisation temporelle des mesures dtectes comme extrmes
Test Condition
Test 1 Global/(Diffus + Direct) = 1.0 8% for GLOB >50 W/m2 , z <75
Global/(Diffus + Direct) = 1.0 15% for GLOB >50 W/m2 , 75 <z <93
Test 2 Diffus/Global <1.05 for Global >50 W/m2 , z <75
Diffus/Global <1.0 10% for Global>50 W/m2 , 75 <z <93
1200
1000
8
Temps (heures)
800
12
600
16
400
20
200
24 0
100 200 300 400 500 600 700
Temps (jours)
Figure 1.15 Mesures de GHI sur les annes 2011 et 2012 au SIRTA.
Table 1.6 Tests de qualit des donnes de rayonnement. Les pourcentages sont donns par
rapport au nombre de mesures de jour (angle znithal<90) soit un total de 507159 points de
mesures sur 2 ans.
selon les tests du tableau 1.4 pour chaque capteur. Pour le rayonnement global, les erreurs
apparaissent majoritairement la nuit, o des valeurs infrieures -2 W/m2 sont enregistres.
Pour le diffus, il sagit plus ou moins du mme cas mais on remarque quelques points en jour-
ne, avec une concentration particulire sur quelques journes de 2012. Enfin, les conditions
extrmes pour le rayonnement direct sont surtout observes pour les rayonnements trs forts,
la plupart du temps en milieu de journe en t.
1.2. Mesures 17
8
Temps (heures)
12
16
20
24
100 200 300 400 500 600 700
Temps (jours)
Figure 1.16 Dtection des conditions extrmes sur le rayonnement global en 2011/2012 au
SIRTA.
8
Temps (heures)
12
16
20
24
100 200 300 400 500 600 700
Temps (jours)
Figure 1.17 Dtection des conditions extrmes sur le rayonnement diffus en 2011/2012 au
SIRTA.
18 Chapitre 1. Le rayonnement global : gnralits
8
Temps (heures)
12
16
20
24
100 200 300 400 500 600 700
Temps (jours)
Figure 1.18 Dtection des conditions extrmes sur le rayonnement direct en 2011/2012 au
SIRTA.
1.3. Fondamentaux pour la prvision du GHI 19
8
Temps (heures)
12
16
20
24
50 100 150 200 250 300 350
Temps (jours)
Figure 1.19 Modle ciel clair ESRA pour lanne 2011 valu sur le site du SIRTA.
1000 2
800 1.5
GHI (W/m2 )
Kc index
600 1
400 0.5
200 0
6 8 10 12 14 16 18
Temps (heures)
A partir du modle ciel clair, on dfinit lindex Kc comme le rapport entre le rayonnement
mesur et le modle ciel clair (1.5). Cet index sans unit reprsente les variations lies unique-
ment la couverture nuageuse sur site. On obtient une variable thoriquement borne entre
0 et 1 (Fig. 1.20), mme si des valeurs suprieures 1 sont parfois observes dans certaines
conditions particulires. Il peut sagir dun effet lentille du aux nuages [Gue93], ou dune sous
estimation du modle de ciel clair utilis. En tudiant cette variable plutt que le GHI, on
saffranchit des cycles connus du rayonnement pour se concentrer uniquement sur les varia-
tions lies lenvironnement direct du capteur. Dans le cas dune journe ciel clair, on obtient
une variable constante et gale 1 toute la journe. Cet indice est donc gnralement prfr
au GHI dans la plupart des tudes sur la prvision ou lestimation locale du GHI.
GHI
Kc = (1.5)
GHICielClair
+ 1) = X(t)
X(t (1.6)
1.3. Fondamentaux pour la prvision du GHI 21
600
GHI mesure
Mod`ele de persistance
500
400
GHI (W/m2 )
300
200
100
100
0 5 10 15 20 25
Temps (heure)
Figure 1.21 Modle de persitance appliqu directement au GHI pour une journe ciel clair.
GHI(t + 1) GHICielClair (t + 1)
+ 1) = Kc(t
(1.7)
Kc(t + 1) = Kc(t)
Cette mthode de rfrence a lavantage dtre trs performante ds que les conditions m-
torologiques sont assez stables. Les scores de persistance sont dailleurs trs importants pour
valuer et comparer des mthodes de prvision dveloppes et testes sur des jeux de donnes
diffrents. Les scores du modle de persistance donnent dune part une rfrence pour la pr-
vision mais aussi une information sur la difficult de celle-ci, ou du moins sur la variabilit
relative des jeux de donnes. Un bon score du modle de persistance indique un site o les
conditions mtorologiques sont relativement stables et vice versa [MC13b].
La section suivante prsente les diffrentes mtriques utilises pour valuer les mthodes
dveloppes par rapport la rfrence.
1.3.4 Mtriques
Soit la srie temporelle X compose de N lments x(k), on note X une estimation de cette
srie par un modle quelconque. On peut alors valuer la qualit de ce modle en utilisant
diffrents scores. Dans le cas de ltude du GHI, ces scores sont calculs pour des angles solaires
znithaux suprieurs 80 afin de ne pas prendre en compte les mesures de nuit et les angles
22 Chapitre 1. Le rayonnement global : gnralits
1 PN
MBE (Mean Biased Error) = N k=1 x
(k) x(k) (1.8)
q PN
1 (1.9)
RMSE (Root Mean Square Error) = N k=1 (
x(k) x(k))2
k Xk )
V ar(X
R2 (Coefficient of determination) = 1 V ar(Xk )
(1.10)
Ces scores mettent chacun laccent sur des caractristiques particulires du modle de
prvision ou destimation. Il est important de bien comprendre le sens de chacune de ces
informations pour pouvoir ensuite les utiliser dans lvaluation comparative de modles. Les
figures 1.22.a 1.22.c prsentent des exemples destimations permettant de mettre en vidence
lintrt de chacun de ces scores. Ces trois figures illustrent trois estimations diffrentes dune
mme journe de mesure de rayonnement global. Le premier cas correspond un simple
dcalage damplitude de la courbe de mesure, le second lajout dun signal de bruit blanc
centr, et le troisime au modle de persistance brute (sans index Kc). Les scores obtenus dans
chacun des cas sont donns dans le tableau 1.7. Ces cas trs simples permettent de mettre en
vidence certaines proprits des mtriques prsentes :
La MBE donne une indication sur un dcalage systmatique du modle. Elle permet
de dtecter un biais. Elle ne donne aucune indication sur les autres types derreurs
puisquelle est nulle pour les cas (b) et (c).
La RMSE donne une indication plus gnrale de lerreur. En revanche son interprtation
doit tre faite avec beaucoup de prcaution. En effet, on notera quelle englobe tous les
types derreur. Daprs les rsultats du tableau 1.7, elle est impacte par le biais (cas
(a)), par le bruit (cas (b)) et aussi par les dcalage temporels (cas (c)), cest pourquoi
elle est souvent utilise comme rfrence pour caractriser un modle. Il est toutefois
important de remarquer ici que le meilleur modle daprs la RMSE est le modle (b).
Or on sait que le modle (a) contient lui la courbe exacte une addition prs, ce qui
est beaucoup plus intressant et facile extraire. Linterprtation de la RMSE doit
donc toujours se faire en rapport aux autres mtriques pour discerner les diffrents cas
derreurs possibles.
Le coefficient de dtermination permet davoir une indication sur la variabilit explique
par le modle. On dit dun modle quil caractrise parfaitement un phnomne lorsque
ce coefficient tends vers 1. Les modles (a) et (b) bien querrons subissent des variations
qui sont cohrentes avec les variations des mesures observes, en revanche le modle (c)
du fait du dcalage temporel important, subit des variations qui ne sont plus en lien
avec les fluctuations des mesures, do un coefficient de dtermination moindre.
Table 1.7 Rsultats pour chacune des estimations
MBE RMSE R2
Mesure - 20 20 20 1
Mesure + bruit centr ( = 0.05) 0 5 0.99
Persistance 0 43 0.88
1.4. Caractrisation du site dtude 23
100
100 100
0
0 0
5 10 15 20 5 10 15 20 25 5 10 15 20 25
A partir de ces mtriques absolues, on peut dfinir des mtriques relatives partir dune
valeur de rfrence. Trs souvent la moyenne du rayonnement mesur sur lensemble de mesure
considr est choisi comme rfrence. On peut ainsi dfinir la RMSE relative (RMSEr) ou la
MBE relative (MBEr) en divisant ces deux scores par la valeur de rfrence. On obtient alors
des valeurs un peu plus indpendantes du site tudi. Toutefois, pour comparer des mthodes
ayant t values sur des jeux de donnes diffrents, il est intressant de se rfrer des scores
prenant en compte les scores de persistance. Comme on la soulign prcdemment, les scores de
persistance portent en eux une information sur la difficult de la prvision en fonction du site.
Une tude complte sur ces scores est dcrite dans [MC13b]. Nous retiendrons particulirement
le score RM SEperf dcrit par lquation 1.11, qui est le rapport entre la RMSE et la RMSE du
modle de persistance RM SEp . Un score de 1 indique un prvision parfaite, 0 une prvision
de performance gale la persistance, et enfin, un score ngatif indique un score infrieur
celui de la persistance.
RM SE
RM SEperf = 1 RM SEp (1.11)
1.4.1 Variabilit
Au del de la qualit des mesures, il est intressant de savoir caractriser le site de mesure
de faon simple. Il sagit de savoir sil existe une mtorologie prdominante ou non, et si
oui laquelle. Par exemple, une tude de prvision sur un site bnficiant dune mtorologie
trs souvent dgage aboutira de meilleures performances. On propose pour cela de faire
une classification assez simple des types de jours observs, base sur les mesures journalires
24 Chapitre 1. Le rayonnement global : gnralits
0.35
0.3
III
0.25
0.2
V
0.15
II 0.1
0.05
0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4
Kc
A B C
Figure 1.23 Rpartition des journes de 2011 dans le plan (Kc ,V)
moyennes sur 15 minutes. Afin de garder une classification simple, 2 critres ont ts retenus :
La moyenne de lindex Kc sur la journe Kc dcrite par lquation 1.12 o Njour indique
le nombre de points de mesures hormis la nuit (z >90).
Une mtrique V [MC13b] adapte la description de la variabilit "de proche en proche"
permettant de mieux dcrire la difficult de la prvision (Eq. 1.13)
1 PNjour
Kc = Njour k=1 Kc(k) (1.12)
q PNjour
1
V = Njour k=1 (Kc (k))2
(1.13)
Kc (k) = Kc(k + 1) Kc(k)
En utilisant ces deux critres on obtient une rpartition des journes prsente en figure
1.23. Il existe diffrentes mthodes pour la classification dun tel nuage de points, cependant il
sagit ici simplement dextraire les tendances gnrales, cest pourquoi une simple classification
arbitraire a t effectue comme indiqu en figure 1.23. Cette classification sappuie sur des
seuils arbitraires dfinis sur chacune des mtriques afin reprsenter au mieux la rpartition des
points observs. Elle divise lespace de dcision en 9 classes dcrivant la fois le niveau moyen
de la journe et sa variabilit. Le niveau moyen est class de A C ou A correspond une
moyenne de Kc faible et C une moyenne forte. La variabilit est dcrite de la mme faon par
les niveau I III. On obtient donc 9 classes de AI CIII couvrant lensemble des donnes. La
figure 1.24 prsente un exemple de journe de chaque classe. Les rsultats de classification pour
les deux annes tudies sont rpertoris dans le tableau 1.8. Daprs ce tableau, le site du
SIRTA est relativement difficile dans la mesure o plus de la moiti des jours sont considrs
comme variables. On note galement plus de journes couvertes (classe A) que de journes
ciel clair (classe C), plus faciles prvoir. Cette classification sera rutilise plus tard dans le
dveloppement des jeux de donnes (section 2.2.6).
1.4. Caractrisation du site dtude 25
AI BI CI
Ciel clair
1200 1200 1200
GHI (W/m2 )
GHI (W/m2 )
GHI (W/m2 )
1000 GHI mesure 1000 1000
0 0 0
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
1200
A II 1200
B II 1200
C II
GHI (W/m2 )
GHI (W/m2 )
GHI (W/m2 )
1000 1000 1000
0 0 0
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
1200
A III 1200
B III 1200
C III
GHI (W/m2 )
GHI (W/m2 )
GHI (W/m2 )
1000 1000 1000
0 0 0
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
Figure 1.24 Exemple de profil pour chaque classe, le nom des classes est explicit dans le
tableau 1.8
Table 1.8 Rsultats de classification des journes 2011 et 2012 en pourcentage (total de
journes = 699)
600
(a) 500
(b)
500 400
GHI (W/m2 )
GHI (W/m2 )
400
300
300
200
200
100
100
0 0
100 100
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
500
(c) 500
(d)
400 400
GHI (W/m2 )
GHI (W/m2 )
300 300
200 200
100 100
0 0
100 100
0 5 10 15 20 25 0 5 10 15 20 25
Figure 1.25 Impact de la rsolution temporelle. (a) chantillonnage : 1 minute, (b) moyenne
sur 15 minutes, (c) moyenne sur 30 minutes, (d) moyenne sur 60 minutes
Les capteurs prsents prcdemment (section 1.2.2) fournissent des sries temporelles de
donnes avec une priode dchantillonnage dune minute. Ce paragraphe tudie les cons-
quences du choix de la rsolution temporelle. La rsolution temporelle de la srie doit parfois
tre ajuster pour la "synchroniser" avec dautres capteurs (camra hmisphrique, satellite,...).
Ce changement de rsolution par moyenne a dabord un impact sur le type de variations tu-
dies. La figure 1.25 illustre la mme journe avec diffrentes rsolutions temporelles. Avec
laugmentation de la priode apparat un effet de lissage classique li au filtrage des hautes
frquences par lopration de moyennage. Il est important de noter que les phnomnes lisss
ici correspondent la rponse du capteur des phnomnes observables (petits nuages, etc.)
et non uniquement un bruit quelconque. Aussi faut-il choisir la rsolution temporelle en
fonction de la sensibilit du capteur que lon souhaite utiliser pour la prvision et du besoin.
Par exemple, une camra au sol filmant le ciel sera particulirement sensible aux petits nuages
passant sur le site, il est donc important de garder dans la srie temporelle de mesure lim-
pact de ces nuages. Dans le cas contraire, les variations observes dans limage auront de la
difficult, voire de limpossibilit, observer la correspondance dans la srie de mesure.
1.5 Conclusion
Tout dabord, ce chapitre a permis de prsenter le GHI sur le plan thorique et pratique.
Les mesures prsentes seront utilises dans les chapitres suivants pour valuer les modles
construits pour lestimation et la prvision du GHI. La caractrisation de la couche nuageuse
1.5. Conclusion 27
prsente sur le site a un impact trs important sur les variations du GHI par rapport au modle
"ciel clair". Dans les chapitres suivants, on tentera dextraire le maximum dinformation sur
la couverture nuageuse partir dimages prises depuis le sol, dimages satellitaires, puis en les
fusionnant.
Chapitre 2
Sommaire
2.1 Etat de lart des imageurs au sol . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.1.1 Capteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.1.2 Traitements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.1.3 Conclusion et positionnement des travaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.2 Estimation du GHI partir dimages au sol . . . . . . . . . . . . . . . 38
2.2.1 Prsentation de la mthode gnrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
2.2.2 Pr-traitement des images . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
2.2.3 Liste des caractristiques disponibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.2.4 Analyse des entres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2.2.5 Rseau de neurones artificiels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
2.2.6 Construction des bases dapprentissage/test . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
2.2.7 Rsultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
2.3 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
Ce chapitre traite de lutilisation dimages du ciel prises depuis le sol (quon appellera
images hmisphriques) pour lestimation et la prvision du GHI. Dans un premier temps,
on prsentera les capteurs habituellement rencontrs dans la littrature et utiliss pour cette
tude. Une prsentation synthtique de ltat de lart sur lutilisation de ces outils permettra
ensuite den dgager les principaux avantages et inconvnients. Enfin on dveloppera la m-
thode choisie ici pour tirer parti de ces images, dans un premier temps en estimation du GHI,
puis dans un objectif de prvision trs court terme de cette variable.
2.1.1 Capteurs
Ltude de la couverture nuageuse partir dimages au sol peut se faire laide dun
quelconque appareil photo du commerce. Toutefois, il existe des systmes dvelopps par des
29
Chapitre 2. Estimation par utilisation dimageurs hmisphriques du ciel depuis
30 le sol
Figure 2.1 TSI 880 Figure 2.2 Image brute et image traite
Le TSI est le dispositif le plus reprsent dans la littrature [Cho+11], [Pfi+03], [SLT01],
[MC13a]. Dvelopp par la socit Yankee Environmental Systems (YES) dans le Massuchus-
sets, le TSI 880 (Fig. 2.1) est le dernier modle de la gamme depuis 2006. Ses caractristiques
sont fournies dans le tableau 2.1. Le TSI est constitu dun capteur CCD (Charged Coupled
Device) observant un miroir hmisphrique en rotation synchronise avec langle azimutal so-
laire. Une bande noire sur le miroir attnue trs fortement le rayonnement normal direct pour
protger le capteur. Le TSI dispose dune fonction intgre permettant la segmentation des
images, le calcul de fraction nuageuse et laffichage des images traites ou non (Fig. 2.2). Plu-
sieurs paramtres de ces fonctions sont laisss la main de lutilisateur comme langle znithal
minimum pour lenregistrement ou les paramtres de calibration de la segmentation de cou-
verture nuageuse. De faon gnrale, les rsultats de segmentation du TSI ne sont performants
que pour des angles znithaux infrieurs 80[SLT01] ; les images ne sont donc traites que
pour un champ de vision de 160. Le TSI a trois principaux dfauts :
Le miroir est sensible lhumidit et peut tre endommag dans certaines conditions
climatiques.
Du fait de la bande noire protectrice et du placement de la camra au dessus du miroir,
8% du champ de vision inutilisable [LSC+06].
Cest le dispositif le plus cher.
2.1. Etat de lart des imageurs au sol 31
2.1.2 Traitements
Les images hmisphriques permettent galement deffectuer une classification des types
de nuages observs. Heinle et al. [HMS10] proposent une classification base sur les classes
dfinies par lorganisation mondiale de la mtorologie. Quelques modifications ont cepen-
dant t apportes : partir des 10 classes dorigines (section 1.4.1), 7 ont t retenues en
regroupant certaines classes considres trop proches comme indiqu dans le tableau 2.2. Ces
travaux ont ensuite t repris par Kazantzidis et al. en 2012 avec des critres de segmentation
diffrents, puis par Liu et al. dans une approche impliquant ltude de squences dimages sous
forme de tenseur. Les rsultats obtenus pour chacune de ces mthodes sont rapports dans
le tableau 2.3. Ces rsultats ont t tablis sur des jeux de donnes diffrents, leur comparai-
son directe reste donc difficile. Toutefois, ils semblent montrer que lintgration dinformation
temporelle permet une amlioration importante des scores de reconnaissance de classes. Ces
tudes, bien quindirectement lies la problmatique principale de la thse, reprsentent une
trs importante source dinspiration pour lutilisation dimages au sol dans un objectif de ca-
ractrisation de la couverture nuageuse. Des approches plus directes vers la prvision du GHI
sont prsentes dans la section suivante.
Chapitre 2. Estimation par utilisation dimageurs hmisphriques du ciel depuis
32 le sol
Table 2.2 Classes utilises pour classification par Heinle et al. [HMS10] (cf chap1)
Numro Classe
1. Cumulus
2. Cirrus et Cirrostratus
3. Cirrocumulus et Altocumulus
4. Ciel clair
5. Stratocumulus
6. Status et Altostratus
7. Cumulonimbus et Nimbostratus
Table 2.3 Comparaison des rsultats de classification : Les lments de la ligne i et colonne j
reprsentent le pourcentage de la classe i identifi comme classe j pour chacune des mthodes :
H Heinle et al. [HMS10], K Kazantzidis et al. [Kaz+12], L Liu et al. [Liu+13]. (Cf tableau 2.2)
1 2 3 4 5 6 7
Classes H K L H K L H K L H K L H K L H K L H K L
1. 67 92 96 16 5 0 15 3 4 0 0 0 0 0 0 0 1 0 2 0 0
2. 6 1.8 0 79 95 92 0 3 8 15 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
3. 11 9 5 3 8 0 81 78 95 0 0 0 2 5 0 3 0 0 0 0 0
4. 6 0 0 18 5 0 0 0 0 76 95 100 0 0 0 0 0 0 0 0 0
5. 0 0 0 0 0 0 33 0 0 0 0 0 41 93 90 26 2 10 0 5 0
6. 0 0 0 0 0 0 10 0 0 0 0 0 0 7 9 90 93 86 0 0 5
7. 0 0 0 0 0 0 14 0 0 0 0 0 0 17 9 0 0 5 86 83 86
2.1. Etat de lart des imageurs au sol 33
Depuis lapparition des imageurs dans la littrature, de nombreuses tudes se sont pen-
ches sur leur utilit quant la prvision du rayonnement peru au sol, dans le cadre gnral
de la prvision de production dnergie photovoltaque. Ces travaux sont en lien troit avec
ceux prsents sur la classification de la couverture nuageuse et en sont souvent trs inspirs.
En effet, les diffrentes classes de nuages ont potentiellement un effet diffrent sur le rayonne-
ment peru au sol. Ainsi, les paramtres permettant didentifier ces classes sont gnralement
pertinents pour lestimation du GHI. Il ny alors plus quun pas vers la prvision, combl soit
par une tape de traitement dimage (calcul de champ de vecteurs, cf chapitre 3), soit par
lutilisation dalgorithmes mathmatiques (rgression). Ces travaux constituent ltat de lart
le plus proche du modle qui sera prsent par la suite. Il est donc ncessaire dapprofondir da-
vantage leur dmarche respective. Les travaux de Chow et al. [Cho+11] ont pos les premires
pierres pour la prvision du GHI. Ils proposent dutiliser une mthode de traitement dimage
(Cross-correlation Method) pour calculer un champ de vecteurs reprsentatifs du mouvement
observ dans limage. En utilisant ces vecteurs, il sagit alors danticiper la future image par
translation de la couverture nuageuse, puis dappliquer les mthodes de segmentation pour
identifier les nuages dans cette image projete. La dernire tape consiste valuer limpact
des nuages sur le GHI. Cest sur ce dernier point que la mthode a ses points faibles, ne
proposant que deux niveaux de prvision, avec ou sans nuages. On notera galement de nom-
breuses restrictions sur les conditions dapplication de lalgorithme de calcul du champ de
vecteurs. Cest une stratgie similaire qui est propose par Marquez et al. [MC13a] mais pour
la prvision du rayonnement direct. La mthode est en effet plus adapte la prvision du
DNI, le champ de vecteurs permettant de prvoir notamment les probabilits dobstruction
du soleil dans limage. Les rsultats obtenus sont alors trs satisfaisants et pointent dj les
limites de limage au sol en terme dhorizon de prvision une vingtaine de minutes. Le lien
avec le GHI reste lui plus compliqu tablir. Fu et al. [FC13] proposent dtablir ce lien au
moyen dun apprentissage sur des caractristiques de limage. La prvision ne requiert alors
plus de champs de vecteurs mais une base dapprentissage et des critres adapts. Quatorze
caractristiques sont extraites pour chaque image, mais seules les plus corrles sont utilises
pour lapprentissage du modle de prvision. On obtient un modle diffrent pour chaque hori-
zon de prvision variant entre 5 et 15 minutes. Les rsultats dmontrent lintrt des modles
apprentissage pour la conversion dinformation entre image et GHI. Ces trois approches
diffrentes sont rsumes dans les tableaux 2.4 2.6.
Chapitre 2. Estimation par utilisation dimageurs hmisphriques du ciel depuis
34 le sol
Restriction/Hypothse
Image acquise pour : angle dlvation solaire >3
Zone traite : angle znithal <65
Hypothse : altitude de la base des nuages constante.
Attnuation due un nuage : 60% du ciel clair, choix arbi-
traire.
Situations cartes : jours compltement clairs ou couverts,
couches multiples, dformation rapide, formation ou vapora-
tion de nuages...
Rsultat
Estimation : 70% de bonne reconnaissance (ciel clair vs ciel
couvert)
Prvision : Pas de scores concernant directement le GHI
valuation de la reconstruction de limage aprs translation
par divers scores pour des horizons variant de 30 secondes 5
minutes (rsultats globalement satisfaisants)
Pas de prvision de GHI.
2.1. Etat de lart des imageurs au sol 35
Restrictions/Hypothses RAS
Rsultats
Prvision par TSI estime possible jusqu 12-18 minutes
RM SEperf entre 20% et 40%, volution des rsultats coh-
rente avec laugmentation de lhorizon de prvision
Chapitre 2. Estimation par utilisation dimageurs hmisphriques du ciel depuis
36 le sol
Restriction/Hypothses
Utilisation dartefacts propre la camra
Rsultats
RM SEr 15 minutes : 27,5%
M AEr 15 minutes : 24%
2.1. Etat de lart des imageurs au sol 37
Cette section prsente des travaux originaux dvelopps au cours de la thse. Comme indi-
qu prcdemment, ltude sinscrit dans la tendance donne par ltat de lart sur lestimation
de GHI par image au sol dveloppe antrieurement aux travaux de Marquez et al. [MC13a]
et de Fu et al. [FC13]. Les rsultats de ces travaux ont fait lobjet dune publication soumise
au journal "Sustainable Energy".
Nous disposons dinformations de limage hmisphrique que nous souhaitons utiliser pour
estimer le rayonnement. Il sagit alors de dterminer quelles caractristiques de limage sont
rellement pertinentes, et ensuite, comment sont-elles lies la variable dintrt. Si la premire
partie relve du traitement dimages pour lextraction des caractristiques, la seconde peut tre
identifie comme une tape de rgression. Il existe de multiples mthodes pour rsoudre les
problmes de rgression ([SL12], [Hue+96]), le choix sest port ici sur lutilisation dun rseau
de neurones artificiels (ANN) (cf 2.2.5). La figure 2.5 donne une vue densemble de la mthode.
Les parties 2.2.3 2.2.4 dcrivent lextraction des entres du rseau de neurone partir des
images brutes. Les rseaux de neurones sont ensuite prsents en section 2.2.5 suivis par la
mthode de cration des diffrentes bases de donnes ncessaires (section 2.2.6). Enfin, les
rsultats sont dtaills en section 2.2.7.
Les images utilises proviennent dun TSI-880 install sur le site du SIRTA moins de
10 mtres du capteur de rayonnement de rfrence. Les images brutes sont acquises toutes
les minutes. Ce sont des images classiques trois canaux RVB (Rouge/Vert/Bleu) avec une
rsolution de 480640 pixels. De la mme manire que pour les donnes de rayonnement, la
disponibilit des images sur lanne dtude a t teste. Les rsultats sont visibles en figure 2.6.
Globalement, sur les plages horaires correspondant un angle solaire znithal infrieur 75
les images sont disponibles plus de 99% (2151 images manquantes sur 176609 concernes).
Ces images ne sont pas exploitables directement pour ltude de la couverture nuageuse en
raison de diffrents lments gnant linterprtation des images (Fig. 2.7) :
la bande noire ;
le bras de la camra ;
lenvironnement du dispositif.
Ces diffrents lments ont donc t masqus afin de pouvoir extraire des informations ne
concernant que la couverture nuageuse. Dans le cas des deux derniers lments, un masque
fixe ralis manuellement suffit. En revanche, la bande noire provient dune bande de scotch
appose sur le miroir rotatif, sa position dans limage dpend donc de langle solaire azimutal.
Pour masquer cette bande, un masque a t cr sur une position fixe, puis mis en rotation en
fonction de langle solaire. Le rsultat du masque total est prsent par la figure 2.8. Aucune
2.2. Estimation du GHI partir dimages au sol 39
Extraction de
caractristiques
t(min)
Images (TSI)
Classification
Pyranomtre
TSI t(min)
GHI
Apprentissage Validation
Entranement
Apprentissage
Apprentissage du
du rseau
rseau de
de neurones
neurones
Extraction de
caractristiques
t(min)
Estimation de GHI
t(min) Rseau entran
TSI Images (TSI)
Estimation
Estimation partir
partir d'un
d'un rseau
rseau entran
entran
4
Heure de la journee (heures)
12
16
20
24
50 100 150 200 250 300 350
Jours de lannee
Figure 2.6 Disponibilit des images du TSI sur lanne 2011, les points rouges reprsentent
les images disponibles.
Figure 2.9 Information apporte par la dissymtrie sur une distribution donne
La moyenne M donne la valeur moyenne des pixels hors masque de ces images. La com-
paraison de la moyenne de chaque canal apporte une information intressante sur la situation
globale.
NP
pix
1 (2.1)
M C = Npix C(i)
i=1
Lcart type (STD) caractrise la distribution du niveau des pixels dans limage autour
de la moyenne. Il permet par exemple de diffrencier un ciel compltement homogne dun ciel
avec beaucoup de perturbation. Il est calcul pour chaque canal selon lquation :
s
NP
pix
1 (2.2)
ST DC = Npix 1 (C(i) M C)2
i=1
NP
pix
SKC = 1
Npix 1 ( C(i)M C 3
ST DC )
(2.3)
i=1
Nous nous intressons ensuite des caractristiques de textures de limage. Comme indiqu
par Heinle et al. [HMS10], nous utilisons pour cela la matrice de co-ocurrence des niveau de gris
Chapitre 2. Estimation par utilisation dimageurs hmisphriques du ciel depuis
42 le sol
(MCOO) [HSD73]. Cette matrice permet de caractriser la priodicit ainsi que la directivit
des textures. Elle sappuie sur la relation liant deux pixels, un pixel de "rfrence" et un pixel
dit "voisin". On peut par exemple choisir pour pixel voisin celui situ lest de la rfrence,
relation qui peut alors scrire (1,0) ce qui signifie 1 pixel dans la direction x horizontale et 0
pixel dans la direction y verticale. Le principe consiste compter le nombre doccurrence de
chaque combinaison possible de couple {rfrence,voisin} pour une direction donne dans une
matrice. On sappuiera pour lexplication de la MCOO sur limage exemple Fig. 2.11 1 . Limage
example ayant des valeurs comprises entre 0 et 3, lensemble des combinaisons possibles (dans
la direction (1,0)) peut tre reprsent dans une matrice de taille 4 4 comme illustr par la
figure 2.12. On obtient ainsi pour lexemple (Fig. 2.11) et dans la direction (1,0) la MCOO pr-
sente en figure 2.13. On peut y lire que la valeur 2 a 3 fois la valeur 2 comme voisin de droite.
Les caractristiques de textures voulues ncessitent lutilisation dune matrice symtrique. On
additionne donc les matrices de direction (1,0) et (-1,0) afin dobtenir une matrice symtrique
caractrisant les variations horizontales. Il est galement plus commode de travailler avec des
probabilit dapparition dun couple plus quavec un dcompte, cest pourquoi on normalise
les valeurs obtenues par le nombre maximal doccurrences possibles (li la taille de limage).
On obtient alors une valeur Pi,j donnant la probabilit dapparition du couple point par la
ligne i et la colonne j. De la mme manire on obtient une MCOO verticale que lon peut
combiner avec la matrice horizontale en faisant une moyenne pour obtenir une MCOO unique
pour limage. Cest partir de cette matrice que sont calcules les diffrentes mesures de tex-
ture. Toutefois, pour pallier le problme de la bande noire et du masque, ces mesures nont pas
t calcules directement pour toute limage mais pour plusieurs sous-images de taille 20 20
ne comportant aucun pixel masqu. La moyenne de ces mesures est ensuite retenue comme
valeur pour limage entire. Les quation suivantes dcrivent les caractristiques extraites de
la MCOO :
Contraste (CON)
1
NP
CON = Pi,j (i j)2 (2.4)
i,j=0
Dissemblance (DIS)
1
NP
DIS = Pi,j |i j| (2.5)
i,j=0
Homognit (HOM)
1
NP
Pi,j
HOM = 1+(ij)2 (2.6)
i,j=0
1. [Link]
2.2. Estimation du GHI partir dimages au sol 43
0 0 1 1
0 0 1 1
1
0 2 2 2 2
2 2 3 3
3
1 2 3 4
Figure 2.12 Combinaisons possibles Rf- Figure 2.13 MCOO pour limage exemple
rence/voisin Fig. 2.11
XXX
XXX Rfrence 4 2 1 0
XXX 0 1 2 3
Voisin XX X 2 4 0 0
0 0,0 0,1 0,2 0,3 1 0 6 1
1 1,0 1,1 1,2 1,3 0 0 1 2
2 2,0 2,1 2,2 2,3
3 3,0 3,1 3,2 3,3
Les statistiques cites prcdemment sont des critres classiques utiliss dans de nom-
breuses applications en traitement dimage. Dautres caractristiques plus spcialises peuvent
galement tre extraites. Il sagit des caractristiques bases sur la segmentation de la cou-
verture nuageuse voque dans ltat de lart. A partir de limage segmente, il est possible
dextraire au moins deux critres simples, le ratio de ciel couvert et le nombre de nuages
dtects. Ltat de lart propose de multiples pistes pour la segmentation de la couverture
nuageuse. Les critres souhaits tant assez gnraux, nous nous attacherons choisir une
mthode simple et robuste. Afin de choisir le critre de segmentation, quelques tests ont t
effectus pour comparer les mthodes les plus classiques :
Seuil sur le ratio R/B [LSC+06].
Seuil sur la diffrence R - B [HMS10].
Il nexiste pas de rgle absolue pour juger de la qualit dune segmentation de nuage, les rsul-
tats sont toujours compars lestimation faite par un observateur. Cest donc en comparant
visuellement les rsultats de segmentation limage dorigine que lon jugera la mthode et/ou
les paramtres tests. Afin de tester la robustesse des mthodes de segmentation, les images
tests sont choisies de faon tre reprsentatives des diffrentes conditions dillumination
possible. On choisit pour cela trois critres :
Langle solaire : Haut ou rasant.
La prsence de nuage devant le soleil : nuage ou soleil.
Ciel uni ou fractionn.
Un ensemble de test de 8 images prsentes en figure 2.14 est ainsi dfini, ces images repr-
sentent lensemble des situations observables. Les seuils donns dans les rfrences respectives
de chaque mthode dpendent de la camra utilise. Une tude pralable visant la dfinition
des seuils de chaque mthode a t mene. Ltude concernant la mthode de ratio est dtaille
ci-dessous, les autres mthodes ont t calibres de la mme manire.
Dfinition du seuil pour la mthode R/B : La valeur conseille [LSC+06] du seuil pour
la mthode du ratio R/B est de 0.6. Afin de vrifier la validit de cette valeur pour les images
du capteur utilis ici, une srie de tests a t effectue avec des valeurs de seuils avoisinant 0.6.
Pour chacun de ces tests, les 8 images tests sont reprsentes avec un contour de segmentation
rouge reprsentant la frontire des nuages selon le seuil utilis (Fig. A.1 A.5). Un seuil trop
faible conduit une segmentation de limage entire en tant que nuage (Fig. A.1) tandis que
le phnomne inverse se produit pour un seuil pris trop grand (Fig. A.5) o lensemble de
limage est toujours considr comme ciel clair. Le compromis se situe donc bien autour de la
valeur 0.6. Notons toutefois deux problmes :
Pour les angles rasants, le "halo de diffusion" est considr comme un nuage. Cette zone
de mauvaise classification est dautant plus large que le seuil sur le ratio R/B est faible.
Certains nuages ne sont pas correctement identifis lorsque le ratio augmente, notam-
ment sous condition dangle solaire proche du znith.
Aprs une analyse visuelle dtaille des rsultats prsents, un seuil de 0.65 a t choisi pour
cette mthode. Cette valeur semble tre le meilleur compromis tant donns les problmes
2.2. Estimation du GHI partir dimages au sol 45
Figure 2.14 Set dimages test pour la comparaison des mthodes de segmentation
voqus ci-dessus.
De la mme manire, nous fixons les seuils pour la mthode utilisant la diffrence R-B.
Les rsultats sont synthtiss dans le tableau 2.8. Les rsultats obtenus avec les seuils choisis
sont donns en figure 2.15 et A.4. De manire gnrale, les rsultats sont similaires et assez
difficiles dpartager. La mthode utilisant la diffrence semble toutefois introduire plus de
bruit notamment dans le cas de couverture de type "uni". Cest pourquoi nous lui prfrerons
le ratio R/B dailleurs plus couramment utilis dans la littrature. Au vu des diffrents cas
de segmentation, lune des pistes pour amliorer cette tape serait de modliser limpact de
lclairement sur limage pour pouvoir corriger limage avant de la segmenter.
Le nombre de nuages N bnuage : il est calcul en utilisant une fonction de labelisation des
objets segments (connexit 8) puis un dcompte. Ce nombre permet de diffrencier les
Chapitre 2. Estimation par utilisation dimageurs hmisphriques du ciel depuis
46 le sol
Figure 2.15 Test de seuil pour la mthode de segmentation par diffrence : Seuil = 65
seuil = 65
2.2. Estimation du GHI partir dimages au sol 47
Figure 2.16 Test de seuil pour la mthode de segmentation par ratio : Seuil =0.65
seuil = 0.65
Chapitre 2. Estimation par utilisation dimageurs hmisphriques du ciel depuis
48 le sol
Figure 2.17 Effet de blanchissement de la bande noire en prsence de rayonnement direct
(b)
(a)
900
800
GHI(W/m2 )
700
600
500
400
300
200
6 8 10 12 14 16
Temps(h)
Mesures
Ciel clair
(d) titre4
900
800
700
GHI(W/m2 )
600
500
400
300
200
100
10.3 10.4 10.5 10.6 10.7 10.8 10.9 11 11.1
Temps(h)
cas de ciel partiellement couvert de petits nuages des cas de ciel prsentant un ou deux
nuages importants.
La bande noire appose sur le miroir a pour objectif de masquer le rayonnement direct du
soleil afin de protger les cellules de la camra sur le long terme. Toutefois, une observation
approfondie a permis de mettre en vidence un comportement particulier : en prsence de
rayonnement direct, la zone circumsolaire de la bande noire subit un effet de blanchissement
li la rflexion spculaire du rayonnement direct. Ce phnomne napparat pas lorsque le
rayonnement provient uniquement de sources diffuses (Fig. 2.17). Pour avoir une observation
indirecte de loccultation ou non de la zone circumsolaire, le niveau moyen de la zone cricum-
solaire de la bande noire (entoure en rouge sur la figure 2.17.b) est extrait et utilis comme un
critre additionnel Ban. Sagissant dun effet de blanchiment, les trois canaux se comportent
de faon similaire, seul le niveau du canal rouge a t extrait apportant ainsi une information
trs lie la prsence de rayonnement direct, composante dterminante pour lestimation du
GHI.
Bilan : Nous retenons finalement un ensemble de 20 critres extraits pour chaque image
rassembls dans le tableau 2.9
2.2. Estimation du GHI partir dimages au sol 49
Table 2.10 Entres slectionnes aprs ltude de la matrice dinter-corrlation (Fig. 2.18)
Ce paragraphe analyse la pertinence des entres choisies et propose un premier tri des
donnes. Les 20 entres ont t extraites daprs des considrations bibliographiques sur lin-
terprtation de limage en vue de son utilisation pour lestimation du GHI. Nous nous in-
terrogeons sur la redondance des critres slectionns ainsi que sur leur pertinence quant
lestimation du rayonnement. Pour rpondre la premire question, nous observons la matrice
dintercorrlation des entres : si deux entres sont extrmement corrles, elles apportent alors
potentiellement la mme information. Cette matrice est prsente en figure 2.18. Il apparat
alors clairement que les canaux rouge, vert et S (somme) sont trs corrls entre eux quels
que soient les critres pris en comptes (moyenne, cart type ou skewness). Cela sexplique
par limpact similaire sur les canaux rouge et vert des nuages. Daprs ces observations, il
semble raisonnable de ne garder quun seul de ces canaux pour la suite de ltude sans perdre
dinformation. Nous garderons donc de faon arbitraire le canal rouge en supprimant les en-
tres 2,4,6,8,10 et 12. Les critres de textures sont galement redondants, le contraste (Con)
est extrmement corrl la dissemblance (par construction) et anti-corrl lhomognit,
lentropie est corrle lnergie, les entres 14 et 15 et 17 sont donc supprims pour ne garder
que le contraste et lentropie. Finalement un ensemble rduit 11 entres est prsent dans le
tableau 2.10.
Chapitre 2. Estimation par utilisation dimageurs hmisphriques du ciel depuis
50 le sol
1
1
2
0.8
3
4
0.6
5
6
0.4
7
8
0.2
9
10
0
11
12
0.2
13
14
0.4
15
16
0.6
17
18
0.8
19
20
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
2.2. Estimation du GHI partir dimages au sol 51
Les rseaux de neurones sont apparus en tldtection dans les annes 1990 et se sont mon-
trs trs performants par rapport aux algorithmes statistiques pour lanalyse de problmes
multi-sources [BSE90]. Leur capacit de gnralisation dans des environnements bruits en
font des techniques robustes dans les cas o les donnes dentres sont incompltes ou biaises
[FS98]. De plus, les ANN sont flexibles et peuvent combiner diffrents types de donnes [BS97].
Ces qualits font des ANN de trs bons outils pour estimer le GHI partir de caractristiques
dimages au sol. Dun point de vue pratique, un rseau de neurones est un modle mathma-
tique. Linformation est traite par un groupe inter-connect de neurones artificiels utilisant
une approche calculatoire connectionniste [Bis95]. Parmi les diffrentes topologies de rseau de
neurones, nous utilisons ici le Perceptron Multi-Couches (PMC) appartenant la famille des
rseaux en boucle ouverte (feedforward). Dans un rseau en boucle ouverte, chaque neurone est
connect lensemble des neurones de la couche prcdente (2.20), linformation se dirige dans
une seule direction vers la sortie. Chaque neurone - aussi appel nud - dispose dune fonction
dactivation non linaire f active par la somme pondre des entres (Fig. 2.19). La phase
dapprentissage dun PMC consiste optimiser les poids associs aux connexions du rseau en
minimisant lerreur en sortie [Bis95]. Cette opration est souvent effectue par des mthodes
supervises comme les approches de rtro-propagations. Nous choisissons dans le cadre de
cette thse la mthode dapprentissage dite "scaled conjugate gradient" (SCG). Cette confi-
guration du rseau de neurones est trs adapte au problme de rgression [Hsu+92], toutefois
son utilisation inadapte peut mener de mauvais rsultats notamment lis aux problmes
de sur-apprentissage. Il y a sur-apprentissage lorsque la phase dapprentissage conduit un
rseau tellement proche des donnes dapprentissage que toute capacit de gnralisation sur
dautres donnes est perdue. Par consquent, deux problmes majeures sont traiter lors de
lutilisation de PMC :
La dfinition dun critre darrt de lapprentissage
Le choix dun nombre de neurones dans le(s) couche(s) cache(s) de la topologie.
Afin dviter les problmes de sur-apprentissage, nous effectuons un apprentissage arrt
prmatur [Bis95]. La phase dapprentissage implique alors galement une base de validation
contenant des lments indpendants de la base dapprentissage. A chaque nouvelle itration,
les paramtres du rseau sont toujours ajusts pour rduire lerreur en sortie sur la base dap-
prentissage, mais en parallle, on value galement les performances du rseau ainsi paramtr
sur la base de validation. La phase dapprentissage sarrte lorsque lerreur minimale sur la
base de validation est atteinte (Fig. 2.21). En utilisant cette mthode, lerreur finale sur la
base dapprentissage peut tre plus grande mais la capacit de gnralisation du rseau est
amliore. Concernant le second problme, il est dusage de minimiser lerreur de sortie en
fonction du nombre de neurones cachs laide dune srie de tests.
Entre 1
R entres Modle du neurone
Entre 2
p1 w1,1 Sortie
Entre 3
p2
n a
p3
f Entre 4
pR w1,R b Entre 5
-1 Poids optimiser
Poids optimiser
a = f(wTp - b)
Figure 2.20 Structure dun rseau de neu-
Figure 2.19 Modle dun neurone rones en boucle ouverte
Validation error
Learning error
Learning Network
No
Stop?
Data Validation Test
Yes
Test Final
Network
1
63%
2 7%
30%
3 Base d'apprentissage
63%
4 7% Base de validation
Dataset complet
30%
Base de test
9
Classes
Figure 2.22 Processus de cration des bases de donnes pour lapprentissage des rseaux
de neurone
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
Ban SkR SkB MR Icc StdB StdR MB Ent Con Nbnu
0.82 0.76 0.73 -0.66 -0.63 0.57 0.56 -0.44 -0.17 0.12 0.12
2.2.7 Rsultats
[Link] Mthodologie
Entreemoyenne(Entree)
Entreenorm = max(|Entreemoyenne(Entree)|) (2.8)
Analyse Quantitative Les tableaux 2.12 2.14 synthtisent les rsultats des multiples
expriences ralises en rassemblant les trois critres retenus dans le chapitre 1. Les rsultats
de RMSE sont les plus aptes qualifier la qualit du rseau tant donn que la fonction
dapprentissage du rseau de neurones sappuie sur la minimisation dune fonction de cot qui
est elle-mme lerreur quadratique en sortie. Les rsultats de RMSE varient entre 83.9W/m2
et 99.6W/m2 ce qui correspond une volution en valeur relative non ngligeable de 27.1%
32.3% (en rfrence la moyenne annuelle de 306 W/m2 ). Il y a donc un rel intrt
tester les multiples combinaisons de structures pour amliorer les rsultats. Daprs lanalyse
du tableau 2.12, les moins bons rsultats sont obtenus pour un nombre dentres allant de 1
3 ce qui suppose un manque dinformation prvisible. Il est toutefois intressant dobserver
que la diminution de la RMSE ne va pas de paire avec laugmentation du nombre dentres.
En effet, le nombre dentres optimal semble tre atteint pour cinq entres. Avant ce stade,
chaque ajout semble diminuer la RMSE, prouvant ainsi sa pertinence. En revanche, aprs 5
entres, on obtient des rsultats moins bons et assez stagnant (entre 89 et 93 W/m2 ) quel que
soit le nombre dentres ou la structure choisie. Il apparat donc que les entres suprieures au
rang 5 napportent pas de relle information supplmentaire pour lestimation du GHI. Ces
rsultats sont confirms par ltude des scores de coefficient de dtermination (tableau 2.14).
La mme tendance est observe avec une amplitude moindre puisque les rsultats varient
entre 0.86 et 0.90. Le tableau de MBE doit tre tudi avec prcaution, la MBE peut tre
considr comme un score auxiliaire, il nest pas directement vis par la mthode utilise ici
qui se focalise sur la RMSE. Aussi, les rsultats sont-ils compris entre -9.83 et 9.61 W/m2
ce qui reste relativement faible ( 2%) en comparaison des scores de RMSE avoisinant les
30%. Notons toutefois que les scores obtenus pour 5 entres sont relativement faibles, ce qui
conforte lhypothse pralablement tablie. Du point de vue de la structure du rseau, les
rsultats sont relativement difficiles exploiter. Le nombre optimal de neurones ne semble
pas tre li aux nombre dentres, les rsultats semblent en effet assez indpendants les uns
des autres. On retiendra donc quune tude sur la structure du rseau est toujours ncessaire
lorsquon choisit une approche par rseau de neurones.
Analyse Qualitative Daprs le tableau de RMSE (tableau 2.12) le rseau optimal choisi
possde 5 entres et 1 neurone dans la couche cache. Nous tudions les rsultats classe par
classe pour mieux interprter les erreurs du modle. Les tableaux 2.15 2.17 prsentent len-
semble des scores pour chaque classe. La figure 2.23 donne un exemple de profil journalier
pour chaque classe. La RMSE semble voluer avec le niveau moyen de lindex Kc des journes
(classes A,B,C). Des RMSE faibles sont observes pour les journes couvertes alors que les
plus fortes sont enregistres pour les journes relativement claires. En effet, limpact dune
erreur destimation a tendance tre plus important pour les journes claires car les valeurs
de GHI y sont beaucoup plus leves. En revanche lvolution du coefficient de dtermination
est elle plus dpendantes de la variabilit de la journe. Les journes peu variables obtiennent
des scores faibles alors que de trs bonnes performances sont observes pour les journes pr-
sentant un profil trs perturb. Ces rsultats sont confirms par les courbes de la figure 2.23
Chapitre 2. Estimation par utilisation dimageurs hmisphriques du ciel depuis
56 le sol
o la cohrence globale de lestimation est meilleure lorsque les phnomnes observs ont une
grande amplitude. Ces importantes variations sont principalement dues aux fluctuations du
rayonnement direct, en dautre terme au passage de nuages dans laxe soleil/camera. Dans
ces conditions, le ciel observ par la camra prsente des nuages blancs ou gris sur un fond
bleu. Ces conditions particulirement contrastes forment des conditions idale pour ltude
par traitement dimage. Par ailleurs, la caractristique Ban extraite de la bande noire est trs
sensible aux attnuations du rayonnement direct, permettant de meilleures performances dans
ce cas. En revanche dans le cas de journes couvertes, il ny a que peu de contraste dans
limage, il sagit globalement de faibles nuances de gris. Dans ces conditions, les caractris-
tiques extraites ne permettent plus dexpliquer les variations du GHI (mauvais coefficient de
dtermination). Pour conclure, la mthode est intrinsquement performantes pour caractriser
les fortes variations de GHI, en revanche elle donne peu de prcision sur les faibles fluctuations.
AI BI CI
600
1000
GHI(W/m2 )
GHI(W/m2 )
GHI(W/m2 )
200
500
800
150 400
600
300
100
400
200
50 200
100
0
3500 3600 3700 3800 3900 4000 6300 6400 6500 6600 6700 6800 6900 0 100 200 300 400 500 600 700 800
GHI(W/m2 )
GHI(W/m2 )
1000
300
800
250 800
800 1000
GHI(W/m2 )
GHI(W/m2 )
GHI(W/m2 )
1000
800
600 800
600
400 600
400 400
200
200 200
0
0 0
5100 5200 5300 5400 5500 5600 5700 5800 3700 3800 3900 4000 4100 4200 4300 4400 100 200 300 400 500 600 700 800
Mesures
Estimations
2.3 Conclusion
Lanalyse de la bibliographie a montr lintrt de ltude des images au sol pour la carac-
trisation de la couverture nuageuse. De nombreuses tudes ont permis de mieux segmenter les
nuages et de trouver les caractristiques adaptes la classification des types de couverture.
En sappuyant sur ces lments et indications bibliographiques nous avons montr lintrt
de ces mme images pour lestimation du GHI. Lhypothse formule ici est la suivante : les
nuages ont un impact fort sur le GHI. Si nous disposons doutils pour les caractriser, alors
ces mme outils peuvent aussi servir lestimation du GHI. Cette hypothse a t ici valide
via lapprentissage dun rseau de neurones aliment par des caractristiques choisies et dis-
cutes issues de lanalyse des images hmisphriques du ciel acquises par le TSI. Les rsultats
ont permis de dfinir un set de caractristiques optimales pour lestimation du GHI parmi
lensemble des caractristiques extraites pralablement. On obtient alors une estimation trs
satisfaisante, avec des scores de 27% de RMSE relative.
Chapitre 3
Sommaire
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
3.2 Etat de lart . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
3.2.1 Acquisition des images . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
3.2.2 Traitement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
3.2.3 HlioClim-3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
3.3 Prvision du GHI par modle de prvision linaire spatio-temporel . 67
3.3.1 Performances dHlioClim-3 sur le site du SIRTA . . . . . . . . . . . . . . 67
3.3.2 Les modles Autoregressifs (AR) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
3.3.3 Dfinition des modles tests . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.3.4 Rsultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
3.3.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
3.4 Prvision par calcul de champ de vecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3.4.1 Mthodologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3.4.2 Rsultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
3.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
3.1 Introduction
Les images provenant des satellites gostationnaires dobservation sont probablement les
donnes les plus adaptes la prvision court terme (de lordre de lheure) de GHI. Elles
couvrent la totalit du globe terrestre avec des rsolutions spatiale et temporelle plus fines que
celles obtenues en sortie des modles numriques de prvision. Le dveloppement des capteurs
embarqus au cours des dernires annes a permis une plus large utilisation de ces images
notamment grce lamlioration des rsolutions spatio-temporelles et spectrales. Ce chapitre
est consacr lensemble des travaux dvelopps partir de ces images. En premire partie,
nous prsenterons une tude bibliographique des mthodes de prvision court terme partir
dimagerie satellitaire gostationnaire. La seconde partie dcrit une premire approche globale
permettant de mettre en vidence lapport de linformation spatio-temporelle par rapport
dautres modles plus simples. Enfin, la troisime partie dcrit une approche plus locale
59
60 Chapitre 3. Imagerie satellitaire pour la prvision du GHI
sappuyant sur lextraction de vecteur de mouvement directement issus des images satellites
prcdant linstant de la prvision. Ces deux dernires parties ont fait lobjet de publications
dans le journal international Renewable Energy pour la premire (en cours de publication),
par la confrence IREC 1 2014 pour la seconde [Dam+14].
Les images utilises dans ce chapitre proviennent du satellite Meteosat 10 qui est un
satellite gostationnaire appartenant la famille des Meteosat. Le projet Meteosat est dirig
par EUMETSAT (European Organization for the Exploitation of Meteorological Satellites)
et lagence spatiale europenne (ESA). Quatre satellites sont actuellement actifs et couvrent
diffrentes parties du globe (Tableau 3.1). A lheure actuelle, il existe deux gnrations de
satellites, une premire (MFG) dont le dernier reprsentant est Meteosat 7 sur lOcan Indien
et une seconde gnration (MSG) regroupant les satellites Meteosat 8 10. Les satellites de
seconde gnration, dont Meteosat 10, sont quips entre autres du capteur SEVIRI (Spinning
Enhanced Visible and InfraRed Imager) qui permet lacquisition dimages terrestres dans douze
bandes spectrales alors que le capteur de premire gnration nen autorisait que trois. Sur
les douze canaux, huit concernent linfrarouge thermique et quatre le domaine visible dont un
en haute rsolution (HRV). Ce dernier dispose dune rsolution spatiale au NADIR de 1 km
tandis que les autres canaux ont une rsolution de 3 km au NADIR. Des exemples dimages
brutes sont donns en figures 3.1 et 3.2. Sur ces images, la valeur de chaque pixel correspond
la rflctance perue par le satellite.
Figure 3.1 Canal visible de Meteosat 9 Figure 3.2 Canal Infrarouge de Meteosat 9
62 Chapitre 3. Imagerie satellitaire pour la prvision du GHI
3.2.2 Traitement
[Link] Conversion
Afin de mieux comprendre ltape de conversion, rappelons le lien entre lobservation depuis
le satellite et le rayonnement peru au sol. La figure 3.3 prsente les flux interagissant dans
la comprhension du phnomne. Sur cette figure, le GHI mesur correspond la somme
g g
du rayonnement incident au sol Iin et du rayonnement rflchi par celui ci Iout tandis que le
T OA 2 . La relation liant ces variables (3.1) fait
signal peru par le satellite est li la valeur de Iout
intervenir le rayonnement incident au sommet de latmosphre Iin T OA , le rayonnement absorb
a a
Iin et le rayonnement rflchi par latmosphre et les nuages (Iout ). Si le premier (Iin T OA ) est
une variable relativement aise calculer, les suivantes justifient une partie de la bibliographie
concernant lestimation du GHI partir dimage satellite.
g g T OA I a I a
Iin + Iout = Iin in out (3.1)
Figure 3.3 Rappel sur les relations entre lobservation depuis le satellite et le rayonnement
peru au sol. Image extraite de [IPC13]. La lettre "a" dsigne latmosphre, la lettre "g"
dsigne le sol (ground).
Deux types de mthode sont alors envisages pour tablir le lien entre lobservation satel-
litaire et le GHI : les modles physiques [NRF93a] et les modles statistiques ou empiriques
2. TOA = Top Of Atmosphere
3.2. Etat de lart 63
[NRF93b]. Les modles physiques ont lavantage dtre gnraux et peuvent sappliquer direc-
tement. Ils requirent en contrepartie des mesures prcises sur la composition de latmosphre
et une calibration fine des images satellites. Au contraire, les mthodes statistiques bases sur
des rgressions ncessitent un historique de donnes mais sont moins lourdes en calcul et plus
robustes. On retiendra parmi les modles physiques ceux de Gautier-Diak-Masse [GDM80],
de Marullo-Dalu-Viola [MDV87], de Mser-Raschke model [MR84] et enfin celui de Dedieu-
Deschamps-Kerr [DDK87]. Du ct des modles statistiques, les plus connus sont ceux de
Hay-Hanson [HH78], le modle oprationnel de Perez [Per+02] et enfin la mthode Heliosat
de Cano [Can+86]. Les rfrences donnes ici correspondent aux premires publications pour
chacun des modles, il y a eu ensuite de multiples volutions dans chacun des cas. On trouvera
une prsentation plus dtaille de ces modles dans la revue propose par Inman [IPC13] dont
ce paragraphe est inspir.
[Link] Prvision
Le tableau 3.2 rsume les choix concernant ces deux problmes dans les publications r-
centes sur le sujet :
64 Chapitre 3. Imagerie satellitaire pour la prvision du GHI
Les mthodes dcrites dans ce tableau effectuent dabord une tape de prvision par traite-
ment dimage puis une conversion menant une prvision de GHI. Les algorithmes de conver-
sion rcents ont un temps de calcul qui permet la production de carte de GHI en temps rel
au moins sur des zones rduites. Nous nous interrogeons sur la possibilit dinverser les deux
tapes et deffectuer une prvision directement issue des cartes de GHI produites. Lintrt de
cette approche est multiple :
Saffranchir du savoir faire ncessaire la bonne conduite de ltape de conversion.
Travailler avec des donnes dentres directement lies la variable que lon souhaite
prvoir. Cela permet notamment douvrir le champs des mthodes possibles pour la
prvision.
En contrepartie, nous incluons les erreurs lies la mthode destimation dans le modle de
prvision. Cest sur cette alternative que sarticulent les travaux prsents au cours de ce
chapitre. La mthode de conversion Hliosat-2 a t choisie pour ses rsultats, mais galement
pour la disponibilit des carte de GHI rsultantes par lintermdiaire de la base de donnes
Hlioclim-3. Ce sont les cartes extraites de cette base que lon notera carte HC-3 qui seront
utilises comme uniques donnes dentres satellitaires tout au long de ce chapitre. HC-3 et la
mthode Hliosat-2 sur laquelle elle sappuie sont dcrites plus amplement dans le paragraphe
suivant.
3.2.3 HlioClim-3
Cet indice nt (i, j) est ensuite mis en relation avec lindice de ciel clair Kc (section 1.3.2)
suivant les quations 3.3. Multiplier cet indice par le modle ciel clair ESRA permet alors de
produire lestimation de GHI attendue.
Les rsultats de cette mthode ont t tests sur 35 sites en Europe avec des erreurs variant
entre 18% et 45% de RMSE relative selon les mois tests pour une estimation en irradiation
horaire de GHI.
Le projet Hlioclim a t lanc en 1997 par MINES ParisTech [Bla+11]. Lobjectif prin-
cipal de ce projet est de pouvoir fournir des donnes de rayonnement en surface pour une
grande zone gographique sur un intervalle temporel long afin de mener des tudes long
terme. La premire base de donnes HlioClim-1 (HC-1) propose des valeurs moyennes jour-
nalires pour les zones Europe, Afrique et Ocan Atlantique de 1985 2005. Elle a t cre
partir des images des satellites MFG dEUMETSAT traites par la mthode Hliosat origi-
nelle [Can+86]. Profitant des meilleures performances des satellites de seconde gnration et
66 Chapitre 3. Imagerie satellitaire pour la prvision du GHI
Avant dutiliser HC-3 pour la prvision nous nous intressons aux rsultats destimation
effectivement obtenus sur le site du SIRTA 3 . Grce aux positions golocalises du site de
mesure, une large zone de la carte HC-3 centre sur le site a t extraite pour deux annes
conscutives (2011 et 2012) dans le cadre de la thse. La srie temporelle destimation du pixel
HC-3 couvrant le site de mesure a t compare la srie de mesures au sol. Les rsultats sont
donns dans le tableau 3.3. Les performances sont cohrentes avec les performances attendues
dHC-3 cette rsolution temporelle, savoir environ 25% de RMSE relative et un biais
ngatif de 20W/m2 [Bla+11]. Les pourcentages de RMSE relative donns ici font rfrence
la valeur moyenne du GHI sur lensemble des mesures prises en compte (306W/m2 en 2011 et
291W/m2 en 2012). Ces scores tablissent le seuil le minimum des performances que lon peut
attendre en prvision partir de ces images si on ne considre pas de processus de calibration
par rapport au site. En revanche il est possible de diminuer cette erreur en calculant une
courbe de calibration partir dun historique de mesure sur site. Nous utilisons alors lanne
2011 pour la calibration et lanne 2012 pour tester les modles de prvision.
Comme indiqu au chapitre 1 (section 1.3.2), il est plus intressant de travailler avec lindex
de ciel clair Kc pour saffranchir des phnomnes climatiques connus. Aussi, la calibration a
t effectue sur lindex de ciel clair Kc. Lenjeu est de trouver une rgression permettant de
diminuer lcart entre lindex KcHc3 issu de HC-3 et lindex Kc issu de la mesure au sol. La
figure 3.4 illustre le polynme dordre 4 retenu pour effectuer une correction simple du nuage
3. (48.7130 N,2.2080 E), 156m)
68 Chapitre 3. Imagerie satellitaire pour la prvision du GHI
1.8
1.6
1.4
1.2
1
Kc
0.8
0.6
0.4
0.2
0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1
KcHC3
Figure 3.4 Nuage de points entre KcHC3 et Kc, le rsultat de la rgression polynomiale
dordre 4 est reprsent par la courbe. Donnes impliquant lanne 2011 uniquement.
de point. Dautres solutions sont galement proposes dans la bibliographie [Sch+11] [VBP13].
Cette correction tablie partir de lanne 2011 permet damliorer les performances dHC-3
sur lanne 2012 comme le montre le tableau 3.3 o tous les scores sont amliors par la version
calibre.
Nous cherchons dans un premier temps identifier les zones dintrt de la carte Hc-3
en fonction de lhorizon de prvision. A chaque pixel (i,j) de la carte HC-3, correspond une
srie temporelle HC3i,j (t) donnant les valeurs de GHI estimes en ce point par HC-3 sur une
priode donne. Nous calculons un coefficient de corrlation rGHI,HC3i,j ( ) entre cette srie
temporelle et la srie temporelle de mesure GHI(t) en suivant lquation 3.4. reprsente
Table 3.3 Performances dHC-3 sur le site du SIRTA, mesures faites pour un angle solaire
znithal <85
5 5 0.85 5 0.25
0.92
10 10 10
0.8 0.2
15 0.9 15 15
0.15
20 20 20
0.88 0.75
25 25 25 0.1
30 0.86 30 30 0.05
0.7
35 35 35
0.84 0
40 40 0.65 40
10 20 30 40 10 20 30 40 10 20 30 40
a b c
le dcalage temporel entre les deux sries temporelles exprim en valeur entire du pas des
donnes HC-3, i.e. 15 minutes. La carte de corrlation correspond la carte des coefficients de
corrlation obtenus pour chacun des pixels. Elle permet de localiser les pixels les plus corrls
la mesure faite par le pyranomtre (GHI) en fonction du dcalage temporel. Lorsque que
lon calcule ces coefficients avec = 0, le maximum de corrlation se situe bien au centre
de la carte (Fig. 3.5.a). En effet la carte est par construction centre sur le pixel couvrant le
site dont la position a t obtenue par go-rfrencement. Le maximum de corrlation obtenu
est de 0.94 ce qui confirme les bonnes performances dHC-3 en estimation. Toutefois, une
large rgion autour du site est galement trs corrle la mesure sur cette carte. Dans le
but de fournir une meilleure localisation graphique de linformation, deux autres cartes de
corrlation on t cres. Lune est calcule partir de lindex de ciel clair Kc (Fig. 3.5.b), la
seconde partir du gradient temporel de lindice de ciel claire Kc, obtenu par diffrence finie
Kc (Fig. 3.5.c, eq.3.5). Si la valeur absolue des coefficients de corrlation diminue de faon
importante en utilisant ces variables, elles permettent nanmoins une meilleure distinction du
pixel dintrt dans la figure 3.5.c utilisant Kc . Lobservation des variations du GHI semble
plus discriminante que celle du GHI lui mme. Cest cette variable qui sera utilise par la suite
pour localiser les pixels dintrt pour la prvision. Lutilisation de carte de corrlation pour
= 0 a permis dune part de vrifier la pertinence de ce descripteur pour retrouver les pixels
dintrt, mais aussi daffiner la mthode en choisissant une variable plus sensible ltalement
spatial observ.
PN
PN t=1 (HC3i,j (t)HC3i,j )(GHI(t )GHI)
rGHI,HC3i,j ( ) = 2
PN 2
(3.4)
t=1 (HC3 i,j (t)HC3i,j ) t=1 (GHI(t )GHI)
Nous calculons prsent les cartes de corrlations en faisant varier de 0 4 afin de loca-
liser les zones dintrt pour des prvisions allant de 15 60 minutes. Nous utiliserons par la
suite la notation h pour indiquer lhorizon de prvision normalis par la rsolution temporelle
70 Chapitre 3. Imagerie satellitaire pour la prvision du GHI
5 5 5
10 10 10
15 15 15
20 20 20
25 25 25
30 30 30
35 35 35
40 40 40
5 10 15 20 25 30 35 40 5 10 15 20 25 30 35 40 5 10 15 20 25 30 35 40
(a) (b) (c)
SIRTA PARIS
5 5
10 10
15 15
20 20
25 25
30 30
35 35
40 40
5 10 15 20 25 30 35 40 5 10 15 20 25 30 35 40
(d) (e) (f)
Figure 3.6 Cartes de corrlations utilisant les sries temporelles de Kc : (a) Dcalage 0 ;
(b) Dcalage 1 (15 min) ; (c) Dcalage 2 (30 min) ; (d) Dcalage 3 (45 min) ; (e) Dcalage 4
(60 min) ; (f) Rgion quivalente sur google map
des cartes HC-3. Un horizon h=2 correspond une prvision 30 minutes. Les cartes ainsi
calcules sont prsentes en figure 3.6. Ces cartes permettent dobserver la position des pixels
les plus intressants pour chacun des horizons de prvision. Les pixels les plus intressants
restent trs proches du site pour des horizons faibles (15-min) et sloignent ensuite progressi-
vement lorsque le dcalage augmente. Ce phnomne traduit leffet dadvection caractrisant
le mouvement moyen des nuages arrivant sur le site. Le dcalage temporel que lon souhaite
combler en faisant de la prvision peut tre ici traduit en dcalage spatial sous hypothse de
conservation des masses nuageuses. La position des pixels dintrt ainsi dfinie sous entend
un vecteur moyen de vent sur la priode utilise pour le calcul de ces cartes (lanne 2011).
On remarque sur ces cartes une domination de la direction ouest correspondant en effet la
direction privilgie des vents sur la rgion du SIRTA. La "zone dintrt" regroupant les pixels
de forte corrlation est relativement petite et dense pour des horizons faibles, puis slargit
entre le nord ouest et le sud-ouest lorsque h augmente. Ce sont ces zones qui seront prises en
compte par la suite dans le modle de prvision linaire.
La principale difficult lors de la construction dun tel modle rside dans le choix de lordre
M [Aka69] du processus AR, correspondant au nombre M de dcalages du signal X prendre
en compte. Cet ordre correspond la longueur de lhistorique que lon intgre dans le calcul
de la prvision. Dans le cadre de ce chapitre, lobjectif est dtendre ce modle afin dintgrer
non seulement un historique de mesure, mais aussi des valeurs provenant de la carte HC-3.
Dans un premier temps, nous dvelopperons un modle AR simple sur les mesures au sol. Ce
modle permettra daborder les problmes de construction des modlisations ARs et servira
de rfrence dautres modles plus complexes par la suite. Nous cherchons donc construire
un modle AR appliqu aux mesures qui scrit :
PM
Kc(t) = m=1 am Kc(t m) + a0 (3.7)
Nous utiliserons le modle ciel clair ESRA pour effectuer la conversion de lindex de ciel clair
Kc en GHI. La rsolution dun modle AR est un problme classique [Vai07] et bien connu.
Elle se rsume dans les tapes suivantes :
Dans la recherche dune solution optimale pour les coefficients du modle, on cherche
minimiser, en fonction de chacun des coefficients, lerreur quadratique moyenne (EQM) :
EQM 2]
= E[(Kc(t) Kc(t))
PM (3.8)
= E[(Kc(t) m=1 am Kc(t m) + a0 ]
EQM
am = 0
PM
E[Kc(t m)(2(Kc(t) k=1 ak Kc(t k))] = 0
PM (3.9)
2E[(Kc(t) k=1 ak Kc(t k))Kc(t m)] = 0
PM
E[Kc(t)Kc(t m)] k=1 ak E[Kc(t k)Kc(t m)] = 0
T =tk (3.10)
72 Chapitre 3. Imagerie satellitaire pour la prvision du GHI
On obtient :
PM
E[Kc(t)Kc(t m)] k=1 ak E[Kc(T )Kc(T (m k))] = 0 (3.11)
Or par dfinition, le coefficient dautocorrelation rKc (m) pour un dcalage de m peut scrire :
RM a = Rm (3.14)
o RM est la matrice dautocorrlation de taille NxM avec NM, a le vecteur des coefficients
que lon cherche, et Rm le vecteur des coefficients dautocorrlation de rKc (m) de taille M 1.
Pour illustration, ce systme est crit en quation 3.15 pour un ordre M=3 :
rKc (0) rKc (1) rKc (2) a1
rKc (1)
Ainsi, ds lors que la matrice dautocorrlation est estime, il est possible de trouver les
coefficients am optimaux par inversion :
1
a = RM Rm (3.16)
Dans le cas pratique, les coefficients de la matrice dautocorrlation sont obtenus en suivant
lquation suivante :
XN
rKc (m) = Kc(i)Kc(i m) (3.17)
i=1
pour un signal centr et norm o N est la taille de la base de donne disponible. Puisque la
matrice dautocorrlation est ncessaire la rsolution du modle, il apparat ici clairement
que le modle AR ncessite une "base dapprentissage" pour estimer cette matrice.
84
1 PACF (a)
RMSE (b)
Partial autocorrelation function (PACF)
83
RMSE (W/m2 )
82
81
0 5 10 15 20 25
Lag for the partial autocorrelation function/ order for the RMSE
Figure 3.7 (a)Autocorrlation partielle (PACF) ; (b) RMSE sur le rsultat de la prvision
correspond la corrlation entre Kc(t) et Kc(t-k) obtenue lorsque linfluence des variables
Kc(t-k+i), i<k est retire. Etant donne une srie temporel Xt , la PACF au rang k scrit :
P ACF (k) = Cor(Xt+k Pt,k (Xt+k ), Xt Pt,k (Xt )) pour k > 2 (3.18)
o Pt,k (X) dsigne la projection de X sur lespace engendr par Xt+1 ,...,Xt+k1 . La RMSE
est quant elle obtenue en appliquant le modle sur lanne 2011 pour h=1. La figure 3.7
prsente lvolution de ces deux variables en fonction de lordre choisi. Les deux critres choisis
prsentent une volution similaire. Le gain principal se situe entre lordre 1 et lordre 2 o
lon observe une chute de la RMSE. Ensuite, les deux fonctions montrent un palier pour les
ordres 2 et 3 et se stabilisent partir de lordre 6. Dans un objectif de limitation des donnes
dentres, il serait envisageable de choisir un ordre 3, toutefois, afin doptimiser les rsultats,
nous choisirons ici lordre 5 pour la suite de ltude. Lordre temporel de ltude est donc choisi
uniquement sur tude de la srie temporelle de mesure au sol, et non sur ltude des cartes
HC-3. Cest un choix justifi puisque les cartes HC-3 utilisent la mme variable (GHI) dans
une zone relativement proche du site de mesure.
Afin de pouvoir estimer plus prcisment lapport de chaque nouvelle information, plusieurs
modles AR ont t construits. Chaque nouveau modle inclut une information supplmentaire
en entre afin den valuer limpact dans les rsultats. Les modles mis en uvre sont dcrits
ci-dessous :
74 Chapitre 3. Imagerie satellitaire pour la prvision du GHI
P (t + h) = Kc(t), t = 1..T
P :Kc (3.19)
Le modle At est un modle de prvision linaire simple sur la srie temporelle Kct .
Il permet dvaluer lintrt du modle de prvision linaire et donc de lhistorique de
mesure du capteur. Il scrit :
M
At (t + h) =
X
Kc (m Kc(t m)) + (3.20)
m=0
Le modle Ast est le premier modle prendre en compte linformation provenant dHC-
3. Il sagit dun modle de prvision linaire prenant en compte la fois la srie temporelle
de mesure, mais aussi les 9 pixels HC-3 environnant le site de mesure. La localisation
des pixels est donc toujours la mme quel que soit lhorizon de prvision. Ce modle
permet dtablir une rfrence pour les modles spatio-temporels. Il scrit :
M 9 X
M
Ast (t + h) =
X X
Kc (m Kc(t m)) + (p,m KcHc3 (t m, p)) + (3.21)
m=0 p=1 m=0
Enfin Ast2 prend galement en compte linformation provenant dHC-3, mais de faon
guide par les cartes de corrlation prsentes dans la section prcdente [Link]. Cela
permet dvaluer lintrt de cette mthode de slection des zones par rapport la zone
fixe du modle Ast . Ainsi le choix des pixels inclus dans la prvision dpend de lhorizon
de prvision vis. Toutefois, afin de garder un modle comparable au modle Ast , le
nombre de pixels est restreint 9. Ce choix implique quelques modifications : selon
lhorizon de prvision, il est parfois difficile de contenir les zones intressantes selon
la carte de corrlation dans 9 pixels. Aussi, les zones dintrt ont-elles t moyennes
spatialement selon lhorizon de prvision afin de couvrir de larges zones tout en ne
gardant que 9 points in fine. Les zones ainsi dfinies sont prsentes en figure 3.8. Sur
cette figure, les entres slectionnes en fonction de lhorizon de prvision sont prsentes
dans un carr rouge. La carte prsente en arrire plan est la carte de corrlation entre
les mesures au sol et la carte HC-3 dcrite en section [Link]. Le dcalage appliqu pour
la corrlation est ici directement li lhorizon de prvision h. Pour un horizon h=2 (30
min), nous choisirons les entres sur la carte de corrlation calcule pour gal 2.
3.3.4 Rsultats
12
SIRTA 5 SIRTA
14
10
16
Selected inputs
18 15
20 20
22
25
24
26 30
28 35
30
40
5 10 15 20 10 20 30 40
(d) (e)
Figure 3.8 Localisation des entres slectionnes en fonction de lhorizon de prvision sur
les cartes de corrlation de Kc . Lhorizon de prvision h est directement lie au dcalage
appliqu aux cartes de corrlation : (a) h=0, estimation ; (b) h=15 min, filtrage moyen 2x2 ;
(c) h=30 min, filtrage moyen 3x3 ; (d) h=45 min, filtrage moyen 4x4 ; (e) h=60 min, filtrage
moyen 5x5
Les tableaux 3.4 3.6 regroupent les critres de qualit obtenus pour chacun des modles
en fonction de lhorizon de prvision. Nous donnons galement une prsentation plus visuelle
de lvolution de la RMSE en fonction de lhorizon de prvision et du modle en figure 3.9.
Ces rsultats peuvent tre analyss en fonction de lapport de chaque nouvelle information :
Apport de la carte HC-3 simple : Il sagit cette fois-ci de comparer les modles At et Ast
qui ne diffrent lun de lautre que par lintgration des donnes spatio-temporelles de la carte
Hc3. Nous observons alors une amlioration des rsultats plus importante pour les horizons
76 Chapitre 3. Imagerie satellitaire pour la prvision du GHI
de prvisions faibles. Linformation spatiale ajoute est extraite des 9 pixels environnant le
site de mesure, soit une zone de plus ou moins 10 km2 . Cette zone apporte de linformation
utile pour une prvision trs court terme (jusqu 30 minutes), en revanche elle semble
trop restreinte pour apporter les mme gains de performances plus long terme. En dautres
termes, les nuages susceptibles daffecter le site des horizons plus lointain sont situs en
dehors de la zone dinfluence de la pondration linaire. Les rsultats tendent donc vers le
modle At lorsque lhorizon de prvision augmente.
Pour une analyse plus dtaille, nous observons les rsultats obtenus en fonction des classes
dfinies au chapitre 1. Le tableau 3.9 prsentent les rsultats de RMSE en fonction de lhorizon
de prvision et du modle utilis pour chaque classe. Si de manire gnrale on observe bien
la mme tendance que pour les scores globaux, quelques points particuliers sont toutefois
noter :
3.3. Prvision du GHI par modle de prvision linaire spatio-temporel 77
140
Persistance
At
130
Ast
Ast2
120
RMSE (W/m2 )
110
100
90
80
70
1 2 3 4
Horizon de prevision h
Figure 3.9 Evolution de la RMSE en fonction de lhorizon de prvision pour chacun des 4
modles tests.
Les classes peu variables : Les scores de la classe I (peu variable) sont toujours meilleurs.
Cette classe compte en effet les jours les plus faciles prvoir puisquils ne prsentent que peu
de variations. A lintrieur de cette classe, les meilleurs scores sont obtenus lorsque le niveau
moyen de Kc est lev (CI), ce qui correspond aux journe dites "ciel clair". Ces journes
ne prsentent aucun phnomne perturbateur do les bonnes performances de lensemble des
modles. En revanche, si la classe A1 obtient de meilleurs rsultats que B1, cest uniquement
grce une plus faible valeur moyenne de Kc impactant intrinsquement la RMSE.
Gains en fonction de la classe : Alors que les rsultats globaux portaient croire que
les performances samliorent toujours avec la complexit du modle, ce nest pas toujours le
cas selon la classe considre. De manire gnrale, le modle de persistance est toujours plus
performant lorsquil y a peu de variations dans la journe (classe I). Lapport de la complexit
des modles se fait principalement sur les journes forte variabilit (classe III) o les limites
du modle de persistance sont atteintes. Pour un horizon de prvision de 60 minutes par
exemple, le gain est de -5 W/m2 pour la classe ciel clair (CI) entre le modle de persistance et
78 Chapitre 3. Imagerie satellitaire pour la prvision du GHI
le modle de Ast2 alors que ce gain est de 36 W/m2 pour la classe CIII trs variable. Or, nous
savons daprs le chapitre I que les journes variables sont majoritaires sur le site du SIRTA,
ce qui explique limpact de ces effets sur le score global.
La figure 3.10 prsente un profil journalier par classe pour un horizon de prvision de 30
minutes. Les courbes observes confirment les rsultats prcdemment dcrits daprs lanalyse
de tableau de RMSE. En revanche, ces courbes montrent que le gain obtenu pour les journes
trs forte variabilit sexpliquent plus par un effet de lissage des variations extrmes que par
une relle anticipation de ces fortes variations.
3.3.5 Conclusion
Cette section prsente une premire tape pour la prvision du GHI en utilisant les cartes
destimations HC-3. Lutilisation de cartes de corrlation entre les pixels de HC-3 et la me-
sure au sol a permis une fois pour toute de localiser la zone la plus propice tablir un lien
de rgression linaire avec la prvision pour un horizon de temps donn. Les zones dintrt
3.3. Prvision du GHI par modle de prvision linaire spatio-temporel 79
180
Mesures
Persistance
800
350
160
Ast2 700
GHI(W/m2 )
GHI(W/m2 )
GHI(W/m2 )
140 300
120 600
250
100 500
200
80
150 400
60
100 300
40
20 50 200
890 895 900 905 910 30 35 40 45 50 545 550 555 560 565 570 575 580
AI BI CI
1200
600 900
1000 800
500
GHI(W/m2 )
GHI(W/m2 )
GHI(W/m2 )
800 700
400
600
300 600
500
200 400
400
100
200 300
0 200
0
640 650 660 670 680 1530 1540 1550 1560 1570 1580 1065 1070 1075 1080 1085 1090 1095 1100 1105 1110
AII BII CII
1200
600
1000
1000
GHI(W/m2 )
GHI(W/m2 )
GHI(W/m2 )
500
800
800
400 600
600
300 400
400
200 200
200
100 0
0
5 10 15 20 25 30 35 40 1220 1225 1230 1235 1240 1245 1250 1255 1260 1265 0 10 20 30 40 50
AIII BIII CIII
Figure 3.10 Profil journaliers pour chacune des classes pour une prvision 30 minutes
ainsi dfinies ont ensuite t intgres dans un modle de prvision linaire combinant lhis-
torique de mesure du capteur au sol et linformation spatio-temporelle des cartes HC-3. Le
modle construit a t entrain sur lanne 2011 et test sur lanne 2012. Plusieurs modles
de complexit croissante ont ensuite t dvelopps afin de quantifier limpact de chaque ap-
port dinformation sur les rsultats de prvision pour des horizons allant de 15 minutes 60
minutes. Les rsultats obtenus confirment la pertinence du modle spatio-temporel relative-
ment lensemble des autres modles tests. Toutefois, lintrt dun tel modle est dautant
plus important que lhorizon de prvision est grand. Daprs lanalyse dtaille des critres de
qualit obtenus, les principales amliorations du modle sont observes pour les journes pr-
sentant une variabilit importante o les limites de lhypothse de persistance sont atteintes.
En revanche, daprs lobservation des profils journaliers de prvision, ces amliorations sont
plus souvent dues un effet de lissage qu une relle anticipation des variations. Cela constitue
la limite dun modle construit sur des zones dintrt moyennes. Afin dobtenir des rsultats
plus proches des variations rellement observes, nous proposons une nouvelle approche per-
mettant la dfinition de zone dintrt plus localise dans la section suivante. On utilisera
la mthode Ast2 dfinie dans cette section comme rfrence, cependant, rappelons que cette
mthode ncessite une mesure du GHI au sol en temps rel.
3.4. Prvision par calcul de champ de vecteur 81
Il sagit dans cette section dutiliser la rsolution spatio-temporelle fine de limagerie sa-
tellitaire pour tablir un modle de prvision en fonction de la situation mtorologique en
cours. Dans le modle prcdant (Ast2), les zones dintrt choisies comme entres pour le mo-
dle de prvision linaire taient dpendantes de lhorizon de prvision, mais pas des instants
considrs. Dans cette nouvelle approche, nous tenterons destimer la direction et la vitesse
des vents en action laide dun algorithme de traitement dimages afin de redfinir pour
chaque prvision une nouvelle zone dintrt. Cette mthode se rapproche ainsi des mthodes
prsentes dans la littrature avec une tape de "prvision" plus classique. La mthodologie
employe est dcrite en section 3.4.1.
3.4.1 Mthodologie
du bloc est petite, la rsolution du champ de vecteur sera naturellement fine galement.
Il sagit donc de fixer une rsolution souhaite et dajuster ensuite le coefficient par
rapport b afin dobtenir le rsultat souhait. Dans le cas de lobservation de masses
nuageuses, cette question est lie la distance pour laquelle il est possible de considrer
des caractristiques homognes pour les vitesses de vent. Nous avons retenu une valeur
= 50%, quivalant lestimation dun vecteur de dplacement tous les 10 pixels.
Lhorizon de recherche hr : lhorizon de recherche permet principalement de limiter le
temps de calcul pour chaque itration. Il est fix partir du dplacement maximal at-
tendu entre 2 images. Il est donc li la rsolution spatio-temporelle de la srie dimages,
mais aussi la vlocit des phnomnes observs. Dans le cas prsent, un horizon hr de
10 pixels permet de suivre des nuages se dplaant jusqu environ 140 km/h, ce qui
couvre largement les conditions normales estimes. Cette restriction de la zone de re-
cherche permet galement dviter les rsultats aberrants.
A B
Lapplication de cet algorithme sur les images HC-3 avec les paramtres b=20, =50%
et hr=10 conduit aux rsultats illustrs en figure 3.12 et 3.13. Nous nobtenons pas toujours
les neufs vecteurs souhaits, lorsquil existe plusieurs maxima pour la recherche dun bloc
correspondant, nous choisissons de ne pas calculer le vecteur. Cela se produit gnralement
dans les zones homognes ou lors de cas particuliers assez rares. Si les champs obtenus sont
gnralement homognes (Fig.3.12), une certaine disparit est parfois observe parmi les vec-
teur calculs proches du site (Fig.3.13). Afin de dfinir un vecteur de dplacement unique
pour la suite de ltude, nous slectionnons les 9 vecteurs les plus proches du site dtude
pour en prendre la moyenne. Cette mthode permet dobtenir des rsultats plus robustes aux
ventuelles erreurs de lalgorithme.
84 Chapitre 3. Imagerie satellitaire pour la prvision du GHI
600
40 40 620 40 620
580
600 600
50 50 50
560
580 580
60 540 60 60
560 560
520
10 20 30 40 50 60 10 20 30 40 50 60 10 20 30 40 50 60
Figure 3.12 Exemple 1 : application du block matching sur deux images HC-3 conscutives.
(a) Image au temps t-1 ; (b) Image au temps t ; (c) image au temps t avec le champ de vecteur
rsultant.
650
600 600
10 600 10 10
550 550
550
500 500
20 20 20
500
450 450
450
30 30 400 30 400
400
350 350
40 350 40 40
300 300
300
50 50 250 50 250
250
10 20 30 40 50 60 10 20 30 40 50 60 10 20 30 40 50 60
Figure 3.13 Exemple 2 : application du block matching sur deux images HC-3 conscutives.
(a) Image au temps t-1 ; (b) Image au temps t ; (c) image au temps t avec le champ de vecteur
rsultant.
3.4. Prvision par calcul de champ de vecteur 85
Zone d'intrt
300
Pi 10 280
260
Ps 20
240
30 220
200
40
180
V 50
160
140
60
120
100
10 20 30 40 50 60
partir de lquation :
tZI = 1 + 2 h (3.22)
Elle est dpendante de lhorizon de prvision. En effet, plus lhorizon de prvision est grand,
moins lhypothse de persistance du vecteur calcul est probable. Il est galement envisageable
de faire varier la taille de la zone dintrt en fonction dun indice de confiance sur le vecteur
calcul. Un tel indice est toutefois relativement difficile obtenir, nous ne retenons pas cette
option dans un premier temps. La taille tZI ainsi dfinie prend bien un seul pixel Hc3 en
condition destimation (h=0), mais peut considrer une zone de 99 pixels pour une prvision
60 min (h=4).
86 Chapitre 3. Imagerie satellitaire pour la prvision du GHI
Paramtre Valeur
Block matching
Taille bloc tb = 20 pixels
Horizon de recherche hr = 10 pixels
Taux de recouvrement = 50%
Zone dintrt
Taille de la zone tZI = 1 + 2 h
3.4.2 Rsultats
Afin de garder des rsultats comparables ceux des modles de prvision linaire prsents
dans la section prcdente, les modles Pid , Pmoy et Pmed ont galement t tests sur lanne
2012. Cela permet par ailleurs de bnficier de la correction faite en section 3.3.1 sur lanne
2011. Les paramtres choisis pour ces rsultats sont rappels dans le tableau 3.10
Les trois modles dfinis en section [Link] ont t tests pour des horizons de prvision
allant de 15 minutes 45 minutes. La carte HC-3 dont nous disposons pour ltude a une taille
de 69 69 pixels ce qui limite les horizons possibles pour cette mthode : les vecteurs calculs
pointent des rgions non couvertes lorsque lhorizon de prvision et la vitesse des vents sont
3.4. Prvision par calcul de champ de vecteur 87
importants. Les rsultats globaux sur lanne 2012 sont exposs dans les tableaux 3.11 3.13.
Les performances du modle Ast2 de la section prcdente ont t ajouts pour faciliter la
comparaison.
Interprtation de la ZI : Il ny a que trs peu de diffrence entre les modles Pid , Pmoy
et Pmed . Quelle que soit la mtrique considre, les rsultats tendent se dissocier lorsque
lhorizon de prvision augmente. Pour des horizons de prvision faibles (h petit), la manire
dinterprter la ZI na pas de rel impact sur le score de prvision. Dans ces conditions, la
taille de la ZI tZI est trs faible (3 3 pour h=1) ce qui explique en partie les scores observs.
En revanche pour un horizon de prvision de 45 minutes, la ZI reprsente 7 7 pixels, ce qui
semble suffisant pour engendrer une dissociation notable entre les trois modles. Le modle
Pmoy est alors le plus robuste des trois, confirmant lintrt de la prise en compte dune zone
dintrt par rapport au modle idal. Pour les raisons cites ci-dessus, nous choisissons les
rsultats du modle Pmoy pour la suite de lanalyse des rsultats.
Comparaison avec le modle Ast2 : De faon gnrale la mthode dveloppe dans cette
section aboutit des rsultats moins performants que ceux du modle Ast2 . La comparaison
des rsultats de RMSE doit se faire nanmoins en rapport avec la MBE observe (cf chap1).
Contrairement au modle Ast2 , le modle Pmoy ne prend pas en compte les mesures passes du
pyranomtre, il ne sappuie que sur les estimations dHC-3. Or ces estimations, mme corriges
(section 3.3.1), prsentent un biais ngatif que lon retrouve ici. Les meilleures performances du
modle Ast2 sont principalement dues cette diffrence majeure. Dailleurs, lorsque lhorizon
de prvision augmente et que linfluence de la persistance diminue, les rsultats deviennent
comparables entre les deux modles toutes mtriques confondues.
Les rsultats par classes de la mthode Pmoy sont donns dans les tableaux 3.14 3.16. Ces
rsultats font apparatre de nouveau les tendances relatives prcdemment observes en section
[Link]. Cependant les erreurs lies au biais dHc3 et labsence de prise en compte de la per-
sistance ont de lourdes consquences sur les scores prsents. Les qualits du modle prsent
ici ne sont donc pas directement visibles travers les mtriques classiques utilises jusqu
prsent. Observons alors les profils journaliers des diffrents modles de prvision dabord
pour chacune des classes (Fig.3.16) puis pour une journe choisie pour sa forte variabilit
(Fig.3.17). Ces figures prsentent la fois les courbes issues de la mthode dveloppe dans
cette section mais galement la prvision du modle Ast2 pour comparaison. Pour faciliter les
commentaires, nous nous appuierons sur les courbes de la figure 3.17 pour plus de visibilit.
Deux faits importants sont remarquables :
Indication de bornes extrmes : Les bornes Pmin et Pmax dtermines en mme temps
que la prvision Pmoy apportent une information supplmentaire la prvision que ne peut
fournir le modle Ast2 . Ces indications permettent de mieux comprendre les erreurs de prvi-
sion faites. Si la mesure est comprise entre ces bornes, alors la ZI contient bien linformation
ncessaire la prvision. Dans le cas contraire, soit la ZI a t mal positionne (mauvais calcul
de vecteur) soit elle ne permet pas de dcrire les phnomnes luvre (limite de rsolution
spatiale du satellite). Dans un cadre applicatif, il peut tre trs intressant de fournir une
borne minimale la prvision.
Absence de "leffet de persistance" : Le modle Pmoy semble plus "en phase" avec
les mesures que le modle Ast2 . Les variations brutales du GHI sont toutes anticipes par
Pmoy ou au moins par ses bornes ce qui confirme la prsence de linformation "de prvision"
dans la ZI. Afin dillustrer de manire plus rigoureuse ce phnomne, observons la fonction
dintercorrlation entre la prvision et la mesure effective avec diffrents dcalage temporels
(Fig 3.18). Sur cette figure, les fonctions dintercorrlation ont t traces pour les modles de
persistance, Pmoy et Ast2 . Le modle de persistance permet davoir une rfrence, il prsente
un maximum pour un dcalage de -2 cohrent avec lhorizon de prvision h=2. Le score
obtenu en 0 correspond au coefficient de corrlation entre la mesure et la prvision lhorizon
de prvision considr. Si les scores des modles Ast2 et Pmoy sont trs similaires en 0, il est
important de noter le dcalage pour lequel le maximum est atteint. Le modle Pmoy atteint son
maximum en 0, il est bien "en phase" avec la mesure que lon cherche prvoir. En revanche
3.4. Prvision par calcul de champ de vecteur 89
le modle Ast2 atteint lui son maximum en -2, il prsente un certain "effet de persistance".
Cet effet permet damliorer grandement les performances du modle comme nous lavons vu
prcdemment mais cre aussi un effet de retard prjudiciable, notamment lorsque lhorizon de
prvision augmente. Ainsi, alors que les scores taient similaires pour un horizon de prvision
de 30 minutes, le modle Pmoy obtient une meilleure corrlation en 0 pour un horizon de
prvision de 45 minutes (Fig. 3.19). Dans ce cas, leffet de persistance du modle Ast2 est
toujours prsent mais moins marqu, le maximum est atteint en 0 mais reste plus faible que
celui obtenu avec Pmoy . Ainsi au del de 30 minutes, les effets positifs de la persistance ne
sont plus prdominants sur les performances des modles de prvision.
90 Chapitre 3. Imagerie satellitaire pour la prvision du GHI
GHI(W/m2 )
GHI(W/m2 )
350 700
700
300 600
600
250 500
500
200 400
150 300 Pmoy 400
100 200
Pmin 300
Pmax
50 100 Ast2 200
460 465 470 475 480 485 490 495 500 90 95 100 105 110 115 120 125 130 970 975 980 985 990 995 1000 1005 1010 1015
AI BI CI
1000 900
700
800
800
GHI(W/m2 )
GHI(W/m2 )
GHI(W/m2 )
600
700
500
600
600
400 500
300 400 400
200 300
200
100 200
100
690 695 700 705 710 715 720 725 730 735 1405 1410 1415 1420 1425 1430 1435 1440 1445 1450 1070 1075 1080 1085 1090 1095 1100 1105 1110
AII BII CII
800
600
GHI(W/m2 )
500 600
400
400
300
200
200
100 0
0
5 10 15 20 25 30 35 40 500 510 520 530 540 550 560
AIII
Figure 3.16 Profils journaliers pour chacune des classes pour une prvision 30 minutes
3.4. Prvision par calcul de champ de vecteur 91
1000
Mesures
Pmoy
Pmin
900
Pmax
Ast2
800
700
GHI(W/m2 )
600
500
400
300
200
100
4495 4500 4505 4510 4515 4520 4525 4530 4535 4540
Temps
Figure 3.17 Zoom sur un profil journalier pour une prvision 30 minutes. Le modle
prsent donne non seulement une prvision mais galement un "encadrement estim" de la
prvision.
0.95
0.9
Persistance
Ast2
Pmoy
0.85
0.8
Coefficient de correlation
0.75
0.7
0.65
0.6
0.55
0.5
0.45
10 8 6 4 2 0 2 4 6 8 10
Figure 3.18 Fonction dintercorrlation entre la prvision et la mesure pour trois modles
diffrents. Les prvisions sont effectues pour un horizon de prvision de 30 minutes (h=2).
92 Chapitre 3. Imagerie satellitaire pour la prvision du GHI
0.95
Persistance
0.9
Ast2
Pmoy
0.85
0.8
Coefficient de correlation
0.75
0.7
0.65
0.6
0.55
0.5
0.45
10 8 6 4 2 0 2 4 6 8 10
Figure 3.19 Fonction dintercorrlation entre la prvision et la mesure pour trois modles
diffrents. Les prvisions sont effectues pour un horizon de prvision de 45 minutes (h=3).
3.5 Conclusion
130
Persistance
At
120 Ast
Ast2
Pmoy
110
100
90
80
70
1 1.2 1.4 1.6 1.8 2 2.2 2.4 2.6 2.8 3
Les deux modles de rfrences Ast2 et Pmoy sont complmentaires. Le premier bnficie de
la robustesse de lapprentissage et de leffet de persistance, le second apporte des informations
trs riches et plus en phase avec les variations relles de la mesure grce une meilleure prise
en compte du mouvement observ. Deux pistes sont donc envisageables :
Intgrer des informations provenant du sol dans la mthode Pmoy pour amliorer ses
performances trs court terme
Intgrer la prise en compte dun champ de vecteur dans la mthode utilisant les modles
AR.
La premire solution est dveloppe dans le chapitre 4 de cette thse, la seconde reste au stade
de perspective dans le cadre de ces travaux.
Chapitre 4
Sommaire
4.1 Mthodologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
4.2 Rsultats exprimentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
4.2.1 Procd exprimental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
4.2.2 Analyse quantitative . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
4.2.3 Analyse qualitative . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
4.3 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
95
96 Chapitre 4. Fusion dinformation pour la prvision du GHI
26
28
30
32
34
36
38
40
(b)
42
44
26 28 30 32 34 36 38 40 42 44
(a)
Figure 4.1 Selection des entres pour le modle PT SI90 : (a) ZI dfinie sur limage HC-3
daprs le vecteur vitesse ; (b) Cne de limage au sol slectionn partir du vecteur
4.1 Mthodologie
Nous souhaitons ainsi fusionner des informations provenant de la mthode Pmoy et des
caractristiques de limage provenant du TSI au mme instant afin de produire une prvision
amliore de GHI. Comme indiqu au chapitre 2 (section 2.2.5), les rseaux de neurones
artificiels sont des outils bien adapts aux problmes de rgression non linaires de ce type.
Parmi les caractristiques slectionnes au chapitre 2, nous ne conservons pas linformation
"Ban" (tableau 4.1) pour la prvision. Cette information est extrmement lie la prsence
de rayonnement direct, elle est donc importante pour lestimation, mais induit un effet de
persistance trs important en prvision. Par ailleurs, nous disposons galement grce aux
travaux du chapitre 3 dinformations sur la direction des vents. Il est donc possible didentifier
dans limage au sol des informations plus cibles en fonction de la direction des vents observe.
Cette zone est dfinie en isolant un cone de 90 centr sur la direction oppose au vecteur de
dplacement calcul dans le chapitre prcdent par block matching sur les images satellite.
La figure 4.1 illustre ce procd. Cependant, en utilisant cette technique, la position du soleil
dans limage nest pas prise en compte. En choisissant la position de la zone uniquement en
fonction du vecteur vitesse, nous supposons que le soleil est toujours au centre de limage, ce
qui est naturellement faux. Nous dfinissons alors une nouvelle zone dintrt dpendante
la fois de la vitesse calcule des vents, mais aussi de langle azimutal du soleil. De cette faon
la zone cible contient les nuages susceptibles de passer entre le soleil et le capteur dans les
instants futurs. Le procd utilis est dcrit en figure 4.2, toutefois, la zone ainsi obtenue est
de taille variable contrairement aux zones dcrites prcdemment.
4.2. Rsultats exprimentaux 97
10
20
30
40
50
(b)
60
10 20 30 40 50 60
(a)
Figure 4.2 Selection des entres pour le modle PT SIcone : (a) ZI dfinie sur limage HC-3
daprs le vecteur vitesse ; (b) Cone de limage au sol slectionn en fonction du vecteur vitesse
(bleu) et de langle azimutal solaire (rouge).
Nous disposons ainsi de plusieurs degrs de complexit qui justifient la construction paral-
lle des modles suivants :
Pmoy est le modle satellite de rfrence dvelopp dans le chapitre prcdent.
Ppyr est un rseau deux entres fusionnant la prvision Pmoy (t + h) et la mesure du
pyranomtre GHI(t).
PT SI est un rseau cinq entres fusionnant la prvision Pmoy (t + h) et les quatre
caractristiques extraites de limage hmisphrique du TSI retenues au chapitre 2 prises
au temps t. Elles sont rappeles dans le tableau 4.1.
PT SI90 est un rseau cinq entres fusionnant la prvision Pmoy (t + h) et les quatre
caractristiques extraites uniquement dans un cone de 90 du TSI dfini par le vecteur
de dplacement des nuages (Fig.4.1).
PT SIcone est un rseau cinq entres fusionnant la prvision Pmoy (t + h) et les quatre
caractristiques extraites uniquement dans le cone du TSI dfini par le vecteur de d-
placement des nuages et langle azimutal solaire (Fig.4.2).
Nom Description
Ban Moyenne du canal rouge dans la zone circumsolaire sur la bande noire de protection
du TSI.
SkR Skewness du canal rouge.
SkB Skewness du canal bleu.
MR Moyenne du canal rouge.
Icc Indice de couverture nuageuse.
Pmoy
SkR
Pmoy
SkB
Prvision Prvision
GHI
MR
TSI ne sont disponibles dans le cadre de la thse que pour lanne 2011. La mthode Pmoy
applique dans le chapitre prcdent sur lanne 2012 et bnficiant de la calibration dHC-3
effectue sur lanne 2012 est ici applique lanne 2011 avec une calibration faite sur lanne
2012 par le mme procd (rgression polynomiale dordre 4). Cette mthode sert de rfrence
lexprience mene dans ce chapitre sur lintroduction des donnes acquises sur site. La
structure du rseau de neurones pour chacun des modles Ppyr , PT SI , PT SI90 et PT SIcone a t
optimise via une approche exprimentale telle que celle dveloppe dans le chapitre 2. Les
structures retenues sont reprsentes sur les figures 4.3 et 4.4.
Les rsultats prsents dans les tableaux 4.2 4.4 ont t calculs sur la base de test
dfinie au chapitre 2. Cette base a t construite de faon tre reprsentative de lensemble
des situations observes sur lanne 2011 via la classification effectue au chapitre 1 (section
1.4.1). En premire observation, lintgration dinformation in-situ via cette mthode nap-
porte que des effets positifs. Les performances initiales de la mthode satellitaire Pmoy sont
toutes amliores quel que soit lhorizon temporel ou le critre de qualit concern (except
pour la mthode PT SIcone qui sera commente plus tard). Ces amliorations semblent tre
principalement dues la rduction du biais tant donns lamlioration des biais obtenus. Les
4.2. Rsultats exprimentaux 99
coefficients de dtermination sont relativement insensibles aux diffrences introduites dans les
modles.
Ces rsultats sont galement visibles sur les profils journaliers de prvision. La figure
4.8 expose un exemple de profil o leffet de persistance observ pour le modle Ppyr est
identifiable pour une prvision 15 minutes. Par ailleurs, si les rsultats quantitatifs et les
fonctions dintercorrlation ne semblaient pas indiquer de quelconque avantage la dfinition
de zone dans limage du TSI, certains profils journaliers prouvent le contraire. Par exemple
la figure B.1 illustre deux situations o le modle PT SIcone permet de prvoir une chute de
rayonnement quaucun autre modle ntait en mesure de prvoir. La raison des performances
moindres de ce modle sexplique par son manque de robustesse. Les zones dfinies rendent
le modle dpendant du calcul de vecteur mais entrainent galement un apprentissage plus
dlicat : en donnant les statistiques globale de limage nous attendons de lANN quil corrige
le biais de la prvision satellite en fonction des conditions observes sur site, ce quil ralise
correctement. En revanche, en dfinissant des zones dans limage, nous tentons dintgrer une
nouvelle information de prvision physique dans le modle. Or les statistiques de limage du
TSI telles quon les a dfinies semblent trop instables pour raliser cette tape de faon robuste.
La distorsion de limage et labsence de prise en compte de laltitude de la couverture nuageuse
sont autant de paramtres qui rendent lutilisation des statistiques de nuages trs instables
dans le temps. Il existe des cas o les conditions sont runies pour obtenir de trs bons rsultats
4.2. Rsultats exprimentaux 101
Pmoy
Ppyr
PT SI
0.9
PT SI90
PT SIcone
Coefficient de correlation
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4
10 8 6 4 2 0 2 4 6 8 10
Figure 4.5 Fonction dintercorrlation entre les modles et la mesure pour un horizon h =
15 minutes.
0.95
Pmoy
0.9
Ppyr
PT SI
PT SI90
0.85
PT SIcone
0.8
Coefficient de correlation
0.75
0.7
0.65
0.6
0.55
0.5
0.45
10 8 6 4 2 0 2 4 6 8 10
Figure 4.6 Fonction dintercorrlation entre les modles et la mesure pour un horizon h =
30 minutes.
102 Chapitre 4. Fusion dinformation pour la prvision du GHI
0.95
Pmoy
Ppyr
0.9
PT SI
PT SI90
0.85 PT SIcone
0.8
Coefficient de correlation
0.75
0.7
0.65
0.6
0.55
0.5
0.45
10 8 6 4 2 0 2 4 6 8 10
Figure 4.7 Fonction dintercorrlation entre les modles et la mesure pour un horizon h =
45 minutes.
(Fig.B.1) mais le manque de robustesse affecte trs fortement lensemble des rsultats. Dautres
profils journaliers sont prsents en annexe (B) pour mieux illustrer lensemble des horizons
de prvision tests.
4.3 Conclusion
Mesures
Pmoy
900
Ppyr
PT SI
PT SI90
800
PT SIcone
Base de test
700
600
ylabel
500
400
300
200
100
0
07:00 09:00 11:00 13:00 15:00 17:00
14/Juil./2011
Figure 4.8 Profil journalier, h=15min, sur ce profil, le "dphasage" du modle Ppyr li
leffet de persistance est trs marqu par rapport aux autres modles, en particulier dans la
zone point dans lellipse noire.
900
Mesures
Pmoy
Ppyr
PT SI
800 PT SI90
PT SIcone
Base de test
700
600
500
ylabel
400
300
200
100
12/Aot/2011
Figure 4.9 Profil journalier, h=15min, les ellipses noires indiquent les endroits o le modle
PT SIcone permet une modification positive par rapport lensemble des autres modles.
Conclusion et perspectives
Cette thse porte sur la prvision trs court terme (intra-horaire) du rayonnement so-
laire indicent au sol sur un plan horizontal par lintermdiaire dimagerie satellitaire et/ou
hmisphrique vue du sol. Lobjectif principal tait de fusionner les deux types dinformation
afin damliorer les performances de prvision. Dans un premier temps, chacun des capteurs a
t tudi sparment. Un modle destimation du GHI partir dimages hmisphriques dun
TSI a t dvelopp dans le chapitre 2. Cette tude a permis didentifier les caractristiques
de limage pertinentes pour ltude du GHI mais aussi dtablir des bases de donnes et un
cadre de travail pour lutilisation de rseaux de neurones artificiels. Le chapitre 3 prsente des
modles de prvision trs court terme partir de donnes satellitaires. Deux modles ont
ainsi t construits et valids. Le premier modle est un modle autoregressif spatio-temporel
qui sappuie sur des sries temporelles spatialement tendue et rsolue sur des zones dintrt
fixes dans le voisinage immdiat du site dintrt. Il intgre galement un historique de me-
sures au sol. Le deuxime modle sappuie, quant lui, sur des zones dintrt slectionnes en
fonction des mouvements observs par traitement dimage sur les sries temporelles dimages
satellitaires. Ces modles ont permis dune part de valider lutilisation de cartes Hlioclim-3
comme seule source dentres la place des images satellites brutes. Cette approche consti-
tue une innovation en regard de la bibliographie et a fait lobjet dune publication accepte
dans un journal international comit de lecture. Dautre part, ils ont permis dtablir une
rfrence pour la prvision satellitaire et de cibler les inconvnients/avantages de ces modles
en fonction de la mthode utilise. Enfin, le chapitre 4 prsente une mthode fusionnant la
prvision satellitaire et les informations provenant de limagerie hmisphrique en utilisant la
structure prcdemment tablie des rseaux de neurones. Nous avons alors montr lintrt
dune telle fusion en comparant limpact de lintgration de donnes du TSI par rapport
lintgration de donnes du capteur de rayonnement lui-mme. Alors que lajout de donnes
du pyranomtre implique gnralement un "effet de persistance" limitant quelque peu lintrt
de la fusion dinformation, lutilisation de caractristiques de limage hmisphrique permet
damliorer les performances de la mthode satellitaire sans impact sur les capacits de pr-
vision intrinsques la mthode satellitaire. Pour rsumer, nous disposons de trois sources
dinformation, le pyranomtre, la base de donnes satellitaire HC-3 et le TSI que nous sou-
haitons fusionner dans le but de fournir une prvision du GHI amliore. La fusion dimage
au sens direct du terme semble difficile tant donnes les carts de rsolutions la fois tem-
porelle et spatiale entre les deux types dimage. Par ailleurs, cette approche aurait ncessit
de nombreux paramtres physiques prcis supplmentaires tels que laltitude des nuages et
leur paisseur optique qui sont des paramtres relativement difficiles obtenir. Cest donc une
approche diffrente qui a t adopte dans cette thse : identifier les caractristiques fortes de
chaque information afin de pouvoir les utiliser de faon complmentaire. Il sagit donc dune
fusion dinformation extraite des trois sources. Limagerie satellitaire permet davoir une ob-
servation large des phnomnes mtorologique permettant leur prvision. En revanche, elle
ne dispose pas dune rsolution spatiale suffisante pour pourvoir estimer limpact de ces ph-
nomnes sur la mesure dun capteur ponctuel comme le pyranomtre. Au contraire, le TSI
105
106 Conclusion
dispose de cette information mais reste limit en terme dhorizon de prvision par son champs
de vision restreint. Les rsultats obtenus au chapitre 4 montrent lintrt de la combinaison
de ces deux outils pour une prvision court terme du GHI.
Lensemble de ces travaux a t men et prsent dans cette thse de faon progressive,
ce qui permet de quantifier lapport de chaque changement de mthode ou de nature des
donnes dentre comme les mesures pyranomtriques ponctuelles, les images hmisphriques
du ciel, ou encore, les sries temporelles de cartes de GHI issues de HC-3 centres sur des
zones dintrt fixe ou variables. Cette approche permet de quantifier les amliorations re-
latives tout en identifiant les sources derreurs afin de dgager les pistes damlioration. Sur
le plan industriel, elle pourrait permettre de proposer une rponse adapte aux installations
existantes pour le client. Ainsi, il est possible de fournir une prvision en fonction des donnes
effectivement disponibles en opration : donnes issues de satellite, station pyranomtrique,
TSI ou autres. Les rsultats obtenus par les modles plus labors peuvent dsormais justifier
de faon quantitative linstallation de capteurs in-situ pour de meilleurs performances trs
court terme.
Pour conclure, nous retiendrons en tant que rsultats principaux de cette thse les points
suivants :
Limage hmisphrique du TSI permet destimer le GHI malgr lobstruction de la bande
protectrice.
Les images HC-3 peuvent tre utilises comme seules sources dinformation satellitaire
pour la prvision du GHI, y compris pour le calcul de mouvement des masses nuageuses.
Lutilisation dimages hmisphriques est prfrable celle de pyranomtres dans le
cadre dune fusion dinformation pour la prvision car elle permet dviter l"effet de
persistance" caractristique.
Les travaux raliss ont galement ouvert la voie dautres pistes. A la suite de ltude des
images hmisphriques, lintgration des travaux raliss en prvision du rayonnement direct
dans la littrature permettrait daffiner les performances trs court terme en indiquant une
probabilit de prsence ou dattnuation du rayonnement direct. Par ailleurs, ces travaux
font souvent appel une tape de calcul de champ de vecteur ralis sur la srie dimages
hmisphriques. La comparaison des champs de vecteurs obtenus de cette faon avec ceux
obtenus par traitement dimages satellitaires permettrait dune part daffiner la rsolution des
champs, mais galement de dtecter les situations de couches multiples de nuages souvent
sources derreurs pour la plupart des mthodes.
relle plus faible avec, par exemple, des irradiations 30 minutes permettrait damliorer les
rsultats pour des horizons de prvision plus importants.
Enfin, les mthodes dveloppes au cours de de cette thse ont t compares une mthode
servant actuellement de rfrence dans la bibliographie actuelle, la persistance sur lindice de
ciel clair. Toutefois, leur confrontation dautres mthodes de la bibliographie permettrait
mieux juger de leurs forces et faiblesses sur les mmes jeux de donnes et les mmes m-
thodologie de validation consistant distinguer absolument les donnes dapprentissage des
donnes de validation. Cest pourquoi il pourra tre intressant de confronter les diffrentes
mthodes proposes en participant des activits internationales de comparaison de mthodes
de prvision de la ressource solaire telles que celles proposes par la tche 46 du programme
Solar Heating & Cooling(SHC) 1 . Ce sera aussi loccasion de contribuer en proposant les nou-
velles approches dvaluation de la qualit de la prvision exposes dans la thse comme celle
consistant dcomposer lanalyse suivant une classification des diffrents types de journes
propose dans le chapitre 1 ou encore celle proposant lanalyse des intercorrelations entre les
modles et la variable dintrt qui a permis la caractrisation de leffet de persistance dans
les chapitre 3 et 4.
1. [Link]
Annexe A
109
Annexe A. Tests sur le ratio pour la mthode de segmentation de limage
110 hmisphrique
Figure A.1 Test de seuil pour la mthode de segmentation par ratio : Seuil =0.4
seuil = 0.4
111
Figure A.2 Test de seuil pour la mthode de segmentation par ratio : Seuil =0.55
seuil = 0.55
Annexe A. Tests sur le ratio pour la mthode de segmentation de limage
112 hmisphrique
Figure A.3 Test de seuil pour la mthode de segmentation par ratio : Seuil =0.6
seuil = 0.6
113
Figure A.4 Test de seuil pour la mthode de segmentation par ratio : Seuil =0.65
seuil = 0.65
Annexe A. Tests sur le ratio pour la mthode de segmentation de limage
114 hmisphrique
Figure A.5 Test de seuil pour la mthode de segmentation par ratio : Seuil =0.8
seuil = 0.8
Annexe B
Les figures suivantes prsentent des profils journaliers permettant de comparer les rsultats
du modle Pmoy aux diffrents modles dvelopps dans le chapitre 4.
1000
Mesures
900 Pmoy
Ppyr
PT SI
800
PT SI90
700
600
500
400
300
200
100
0
07:30 08:30 09:30 10:30 11:30 12:30 13:30 14:30 15:30 16:30 17:30
test
Figure B.1 Profil journalier, h=15 minutes.
115
116 Annexe B. Exemples de profils journaliers de prvision
800 Mesures
Pmoy
Ppyr
700
PT SI
PT SI90
600
500
400
300
200
100
test
Figure B.2 Profil journalier, h=15 minutes.
900
Mesures
Pmoy
Ppyr
800
PT SI
PT SI90
700
600
500
400
300
200
test
Figure B.3 Profil journalier, h=30 minutes.
117
1000 Mesures
Pmoy
Ppyr
900
PT SI
PT SI90
800
700
600
500
400
300
200
100
test
Figure B.4 Profil journalier, h=30 minutes.
Mesures
Pmoy
1000
Ppyr
PT SI
PT SI90
800
600
400
200
test
Figure B.5 Profil journalier, h=45 minutes.
118 Annexe B. Exemples de profils journaliers de prvision
Mesures
1000
Pmoy
900
Ppyr
PT SI
PT SI90
800
700
600
500
400
300
200
100
test 23/Mai/2011
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Rsum Lintgration des nergies intermittentes sur le rseau lectrique existant soulve
des problmes de stabilit de la balance consommation/production. Afin de limiter les risques,
la loi autorise un taux de pntration maximum de ces nergies de 30% de la puissance
installe. Afin de pallier cette limitation, deux pistes sont envisages, le stockage dnergie et
la prvision de production. Les travaux mens dans cette thse sinscrivent dans la seconde
catgorie et se concentrent sur la prvision du rayonnement global au sol, ressource principale
des systmes de production dnergie photovoltaque. Dans lobjectif dune prvision trs
court terme (infra-horaire), la problmatique dveloppe concerne la fusion dinformations
provenant dune part dobservations satellitaires et de lautre dobservations in-situ telles que
des images hmisphriques. Lapproche suivie se veut progressive et sarticule autour de 4
grand axes. Le premier chapitre nonce les dfinitions et les enjeux principaux lis ltude
du GHI en dcrivant les diffrents facteurs physiques ayant des interactions sur sa mesure. Le
second chapitre permet dvaluer le potentiel des images hmisphriques pour lestimation du
rayonnement global. On y dveloppe une mthode destimation du GHI base sur lutilisation
dun rseau de neurones artificiels permettant deffectuer une rgression non linaire entre des
caractristiques choisie de limage et le rayonnement mesur sur site par un pyranomtre. Le
troisime chapitre concerne lutilisation des images satellitaires pour la prvision trs court
terme du rayonnement global. Loriginalit des mthodes proposes provient de lutilisation
en entres de cartes de rayonnement drives des images satellitaires via une mthode externe.
Lutilisation de ces cartes de rayonnement permet la construction de modles linaires
simples (modles auto-rgressifs) grce lhomognit des donnes utilises. Cependant,
leur pertinence pour le calcul de champ de vecteurs a galement t prouv et valid dans un
second modle. La comparaison des deux modles ainsi crs partir dimagerie satellitaire
a permis de caractriser les forces et faiblesses de ces modles. Lintrt de lobservation
satellitaire rside dans lanticipation du dplacement des masses nuageuse. Cependant, un
biais non systmatique persiste dans la conversion des valeurs des pixels en rayonnement.
Ce biais est inhrent la rsolution spatio-temporelle de ces observations. tant donn ces
considrations, le chapitre 4 prsente alors une mthode dintgration des donnes acquises
par limagerie hmisphrique, disposant une meilleure rsolution spatio-temporelle, dans les
rsultats de prvision satellitaires prcdemment voqus. On joint alors les caractristiques
retenues au chapitre 2 dans un rseau de neurone avec la prvision pour produire une
prvision dont le biais est largement rduit. Lutilisation de caractristiques drives de
limagerie hmisphrique la place de simple mesures du pyranomtre est justifie par leffet
de persistance non souhait apportes par ces dernires. Ainsi, aprs avoir tudi chaque
source dinformation sparment, on a pu dvelopper un modle leur permettant de se
complter.
Keywords : Artificial neural networks, image processing, machine learning, solar ir-
radiance, remote sensing, satellite images.