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Histoire des Sciences : Évolution et Concepts

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Histoire des Sciences : Évolution et Concepts

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Histoire des Sciences

Prologue

Connaissance :
Daprs C. Godin, la connaissance est une facult mentale produisant une
assimilation par lesprit dun contenu objectif pralablement traduit en signes et
en ide. Cest une possession symbolique des choses.

Savoir :
Daprs Littr, cest un ensemble de connaissances ou daptitudes reproductibles
acquises par ltude ou lexprience. Cest une construction mentale individuelle
qui peut englober plusieurs domaines de connaissance : tude, observation,
apprentissage et/ou lexprimentation.

Epistmologie :
Etude de la connaissance scientifique en gnral. Elle a pour objet l'tude critique
des postulats, des conclusions et mthodes d'une science considre du point de
vue de son volution afin d'en dterminer l'origine logique, la valeur et la porte
scientifique.
pistmologie est un mot grec qui veut dire :
- Connaissance vraie, science, discours.
- L'tude critique des sciences et de la connaissance scientifique.
Elle a 4 piliers:
- Sciences formels : mathmatiques, etc.
- Sciences physicochimiques : physiques, chimie, etc.
- Sciences du vivant : biologie, etc.
- Sciences humaines et sociales : sociologie, etc.

Science :
D'aprs Le Robert, tout corps de connaissance ayant un objet dtermin et reconnu
et une mthode propre.
Chaque science a des pratiques spcifiques.
Son but est de faciliter la vie.
Qualificatifs de la science :
- Systmatique (cohrente).
- Rationnelle (logique).
- Crdible.

Technique :
Une technique est un ensemble de connaissances pratiques visant exercer une
action de manire efficace sur la matire.

Quelques recherches personnelles :

Postulat :
- Proposition que lon demande dadmettre comme principe dune
dmonstration, bien quelle ne soit ni vidente ni dmontre.
- Proposition non dmontre que lon accepte et que lon formule la base
dune recherche ou dune thorie.
- Axiome, hypothse, thorie, convention, loi scientifique.

Thorie de la connaissance :
Philosophie de la connaissance, parfois assimile lpistmologie, est la partie
de la philosophie qui tudie la nature, les origines, les contenus, les moyens et les
limites de la connaissance.

Lexprimentation :
Mthode scientifique reposant sur lexprience et lobservation contrle pour
vrifier des hypothses.

Lobservation scientifique :
Elle consiste mesurer/examiner et prendre note des faits observables, en toute
objectivit.

Mthode scientifique :
Elle dsigne lensemble des dmarches ncessaires pour obtenir des
connaissances valides par le biais dinstruments fiables. Elle a pour mthode de
protger le chercheur de la subjectivit. Elle est base sur la reproductibilit et la
rfutabilit.
Chapitre 2 : Les origines

2.1 Science ou Magie ?


Magie : l'anctre de la science.
Fabrication d'outils rudimentaires : allumage du feu et plus tard l'agriculture.
Ces activits demandaient la transmission par l'ducation d'une connaissance
acquise par l'observation et l'exprience. Cependant, il y avait d'autres
connaissances associes des forces ou des puissances de la nature.
La magie a rempli un rle d'organisation et de prservation des connaissances
pratiques.

2.2 Les critres de la science :


Selon l'APS, le succs de la crdibilit de la science prend sa source dans la
volont du scientifique de :
- Soumettre ses ides et ses rsultats la vrification et la reproduction
indpendante par d'autres scientifiques, ce qui ncessite l'change complet
et ouvert des donnes procdes et matrielles.
- Abandonner ou modifier les conclusions lorsque confront des
vidences exprimentales plus compltes ou plus fiables. L'adhsion ces
principes procure un mcanisme d'autocorrection qui est le fondement de
la crdibilit de la science.

2.3 Lorigine des civilisations :

2.3.1 La prhistoire :

- Le palolithique : L'poque la plus ancienne, caractrise par la pierre taille,


lignorance de l'levage et de l'agriculture, la chasse et la cueillette, il y a 3
millions dannes.
Les techniques dveloppes durant cette priode : domestication du feu,
fabrications de vtements et des contenants partir de peaux animales, outils de
chasse, domestication de chien.
- Le nolithique : Initialisation par la pierre polie, apparition de llevage et de
lagriculture, la sdentarisation, lart de la poterie, le tissage, la construction en
pierres, linvention de la roue.
L'invention de l'agriculture reprsente la plus grande dcouverte rvolutionnaire
dans l'volution de la race humaine. Outre la sdentarisation, elle a ncessit une
planification qui s'est dvelopp long terme pour faire l'inventaire des rcoltes.
L'apparition des premiers fourneaux, avec le dbut de "l'ge des mtaux".
Les premiers mtaux (or, argent et cuivre) taient utiliss des fins dcoratives.
Cet ge concide avec l'apparition des premires civilisations.
La mtallurgie (science des mtaux) est une activit relativement sophistique
demandant un sens aigu de l'observation et une forme volue de transmission des
connaissances rationnelles et systmatiques.

2.3.2 Lapparition de la civilisation :

Civilisation :
Driv du latin civis qui veut dire citoyen (socit), avec un rle dtermin. Les
tches y sont spcialises et les rapports entre les individus sont rgis par des
rgles organises autour d'un rapport d'autorit (lois et systme judiciaire).
Les premires civilisations sont nes de l'organisation grande chelle de
l'agriculture sur les rives et les fleuves du Moyen-Orient, Chine, etc.
L'organisation des travaux d'irrigation d'apparition des villes est une consquence
de la civilisation demandant une spcialisation du travail pour justifier une
agglomration d'artisans, marchands, paysans, et agriculteurs.
Cette priode dbute avec l'invention de l'criture vers 3000 ans avant notre re.
Avec l'criture apparait la classe des scribes (savants).

2.3.3 L'ge du fer :


L'gypte et la Msopotamie tait la civilisation de l'ge de bronze, elles furent
branles au milieu du 2me millnaire par l'arriv de l'ge du fer.
Le fer est plus difficile travailler que le bronze en raison de sa plus grande
temprature de faiseur rcurrent des fours plus sophistiqus. Par contre le fer tait
le plus abordant.
Le fer a contribu au dveloppement de l'agriculture : les travaux
communautaires, irrigation et distribution.
L'arriv du fer a dmocratis l'outillage en mtal, le fer a permis d'tendre
l'agriculture et de nombreuses innovations techniques et conomiques
(navigation=guerre, closion de nouvelles civilisations).
L'gypte et la Msopotamie taient les premires grandes civilisations de
l'antiquit.
Scribe : sorte de fonctionnaire comptable responsable de linventaire et de la
distribution de rcoltes. Entre leurs mains reposait le savoir transmissible des
gyptiens.
Leurs connaissances avaient un caractre technique et utilitaire.

Les mathmatiques :
Absence de raisonnement, ils sont remplis d'applications de rgles pratiques de
calcul.
Ils avaient un systme de numration juxta positionnelle, des signes de l'unit, les
dizaines, les centaines en rptant les symboles le nombre de fois requis.
Limportance du nombre 10 revient nos 10 doigts. Ils ne connaissent pas les
entiers, les fractions unitaires (1/n), etc.
Ils peuvent rsoudre des quations linaires par la mthode de fausse position qui
consiste deviner une solution et corriger au besoin.
On leurs attribue l'invention de la gomtrie.
Leurs connaissons gomtriques tait pratique et empiriques.
Ils savent calculer l'aire d'un rectangle, un trapze et triangle, et connaissent le
16 2
volume d'une pyramide. Ils adoptent la valeur de =( ) .
9

1 = |, 10 = , 100 = e, 4 = ||||, etc.

Lastronomie :
Ils distinguent les plantes et les toiles disposant de mthodes rudimentaires des
positons astronomiques.
Ils disposent du meilleur calendrier d'une anne divis en 12 mois de 30 jours, ce
calendrier sous-estime d'environ 6 heures la dure de l'anne un dcalage
progressif de saison.
Ils mesurent le temps l'aide de cadrons solaires durant le jour et de clepsydres
(horloge l'eau) durant la nuit, qui manquait de prcision car ils ne connaissaient
pas la relation entre le niveau de l'eau et la pression exerce au fond du rcipient.
La mdecine :
Le fondateur de la mdecine gyptienne IMHOTEP au service du Pharaon
utilisait une mdecine hybride qui contenait de la magie accompagne de
connaissances naturelles.

La chirurgie :
Recourbe des plaies, ils procdaient des oprations dentaires avec de l'or. Ils
rparaient les fractures en remplaant les os en les maintenant l'aide d'clis de
bois.
Chronologie sommaire de lhistoire de lhumanit.
Chapitre 3 : La science grecque

3.1 Gnralits sur la science grecque :


La philosophie grecque est caractrise par un souci dintelligibilit : comprendre
les phnomnes en les insrant dans un systme caractris par lusage de
raisonnement logique mais gnralement trs spculatif. Ils sefforcent de
convaincre leurs interlocuteurs. Ils taient dexcellents dialecticiens.
A lpoque de Socrate, des philosophes appels sophistes taient des experts en
persuasion.
Les grecs sont les premiers vrais mathmaticiens, ils conservaient les
mathmatiques pour elles-mmes et non en association avec un problme
pratique. Lidalisation et la capacit dabstraction sont lhonneur. En
contrepartie, un sens pratiques moins dvelopp et labsence dexprience.
La science grecque est divise en 3 priodes :
- Lpoque archaque.
- Lpoque classique.
- Lpoque hellnistique.

3.1.2 Les causes de lessor de la science chez les grecs :

Causes conomiques et sociologiques :


La vie trouverait son origine dans leau. , Thals.
- Le commerce, lartisanat et la navigation ont tenu une place prpondrante
dans lconomie. Les besoins techniques ont stimul les rflexions sur la
nature. Le dfaut de cette explication est que la Grce na pas fait preuve
dune plus grande innovation que lEgypte. Dautre part, les philosophes
tels quAristote et Platon, ont dmontr un mpris lgard des artisans et
des activits manuelles en gnral.
- Lutilisation des grecs dune criture alphabtiques. Ce type dcriture
sapprend rapidement et est plus largement rpandu dans la population.
Lalphabtisation a favoris lclosion de la pense abstraite.
- Lessor de la science tient aussi au rgime dmocratique li la petitesse
des tats grecs. Un tel rgime favorise lapprentissage et lart de convaincre
par des moyens rationnels.
3.2 Les mathmatiques chez les grecs :

Euclide :
Il a vcu Alexandrie au dbut du 3me sicle. Son uvre principal Les
lments comporte 467 thormes rpartis en 13 livres diviss comme suit :
gomtrie, thorie des proportions et ses applications, la thorie des nombres
entiers, les nombres rationnels, gomtrie de lespace,
Cet uvre a fait autorit en matire de gomtrie utilisable de nos jours, ce qui
est une marque incontestable de sa qualit et de sa profondeur.
Lapport principal dEuclide est la mthode axiomatique : la construction dun
ensemble de propositions mathmatiques obtenues partir dun nombre fini de
postulas laide de raisonnement logique rigoureux. En cela, il est le vritable
fondateur des mathmatiques.
Le premier livre contient un ensemble de dfinitions (point, droite, angle,) ainsi
que 5 postulas qui forment la base de la gomtrie :
- On peut tracer une droite dun point quelconque un autre.
- On peut prolonger tout segment de droites en une droite infini.
- On peut tracer un cercle de centre et de rayon quelconques.
- Tous les angles droits sont gaux entre eux.
- Si deux droites sont coupes par une 3me droite et que la somme des angles
intrieurs coups par cette dernire du mme ct, est infrieur 2 angles
droits alors les deux premires droites se rencontreront de ce ct.
La plus grande partie du livre est en fait une thorie des objets quon peut
construire laide de rgles et de compas idaux.
La construction gomtrique par rgles et compas est loutil qualitatif essentiel
des mathmatiques grecques.
Par opposition lalgbre et au calcul arithmtique, les quantits mathmatiques
considres par Euclide sont les grandeurs, les entiers et le rapport entre les deux.
Il rdigea Les lments sous le rgne de Ptolme 1. Il ny a pas de vie royale
la gomtrie.
Archimde :
Il a pass la plus grande partie de sa vie en Syracuse en Sicile. Il tait gomtre et
mcanicien, et excellait dans les sciences thoriques et pratiques.
En mathmatiques, il est considr comme un prcurseur du calcul intgral, calcul
des volumes, et des longueurs de courbes. Dans son livre La mesure du cercle ,
il obtient une valeur approximative de =3.1429
Dans Larnaire , il dcrit la manire dexprimer des nombres trs grands quil
compare au nombre de grains de sable contenu dans la sphre des toiles fixes.
Ce nombre est plus grand que le nombre de protons que lunivers pourrait contenir
quils taient tasss les uns sur les autres.
Dans son livre Les corps flottants , il nonce le clbre principe dArchimde :
tout corps merg dans leau subit une force vers le haut = poids de leau
dplace, cest--dire leau qui serait contenue dans le volume merg.
Les principes de lhydrostatique sont utiliss par Archimde pour tudier la
stabilit des navires et leurs lignes de flottaison comme modles. Il a tudi la
flottaison dun parabolode de rvolution et a nonc quune forme suffisamment
rode est toujours stable alors quune forme plus longue nest stable que pour
une densit suffisamment grande.
Archimde nest pas seulement un des plus grands mathmaticiens de son temps,
il est aussi un mcanicien hors pair. Rput pour son invention de la vis dite vis
dArchimde, ainsi que la moufle qui multiplie les forces de lutilisateur. Il
construit aussi des machines de guerre dont un systme de miroirs destin
enflammer les navires romains.

Aristote :
Cest lun des rares avoir abord tous les domaines de la connaissance : biologie,
physique, philosophie, etc.
Il est n en 384 avant J-C, en Stagire en Grce. Il est admis 17 ans lAcadmie
de Platon o il enseigne la rhtorique. Il ntait pas seulement le dernier
philosophe grec, mais galement le premier grand biologiste en Europe. Sa
philosophie se divise en 3 parties :
- Philosophie thortique : physique et mathmatiques.
- Philosophie pratique : conomie et politique.
- Philosophie potique.
Logique Aristotlicienne :
Aristote tait un homme dordre qui voulait faire un peu de rangement dans les
concepts des tres humains, ainsi cest lui qui a fond la logique comme science.

Le syllogisme :
Cest un raisonnement logique 2 propositions :
- Prmisse majeure.
- Prmisse mineure.

1. La conclusion du syllogisme doit tre contenue dans la prmisse majeure.


2. Dans un syllogisme simple, il ny a que 3 propositions.
3. Une des prmisses doit tre une proposition gnrale. On ne peut rien conclure
de 2 propositions particulires.
4. Une des prmisses doit tre affirmative. On ne peut rien conclure de 2
propositions ngatives.
Le syllogisme est lanctre de la logique mathmatique.

Le raisonnement hypothtico-dductif :
Cest une formule dargumentation dans laquelle certaines choses tant poses,
une chose distincte celles qui ont t poses sensuit ncessairement, par la vertu
mme ce qui a t pos.
A ct de cela, il tablit une classification des tres vivants une me mais de
natures diffrentes. Il difie une chelle de la nature. Parmi ses crits :
- Premier analytique : sur les syllogismes tropiques.
- Second analytique : sur les dmonstrations.
Chapitre 4 : LOrient et le Moyen-Age
4.1 La chine :
Ils nont pas pratiqu de philosophie spculative et dductive comme les grecs.
Leur science est la fois pratique base sur lobservation.
Leurs techniques taient en gnral suprieures celles des europens.
4.1.1 Innovations techniques des chinois :
- Limprimerie, gnralement sans caractres mobiles.
- La boussole.
- Le joint universel (dit de Cardan en Occident).
- Lhorlogerie mcanique.
- Poudre canon.
- Compas magntique.
- Circulation sanguine.
Parmi les scientifiques les plus importants de la Chine : Shen Kuo (1031-1095) et
Zhang Heng (78-139).

4.1.2 Les mathmatiques :


Ils ont utilis un systme de numration base 10. Leur langue comporte des mots
monosyllabiques pour tous les nombres de 1 10, en plus de 100 et 1000. Les
calculs taient relativement plus simple ce qui explique leur prouesse en Algbre,
contrairement aux grecs, mais aussi leur faiblesse en gomtrie.
Le 0 fut introduit au 8me sicle. Labaque a t invent en le 3me et le 4me sicle.
Il a permis de faire des calculs arithmtiques compliqus.

4.1.3 La gomtrie :
La gomtrie chinoise tait moins dveloppe que celle des grecs. Ils
connaissaient le thorme de Pythagore.
La valeur de est remarquablement prcise au 3me sicle. (=3.14159)
4.2 Le monde Arabe :
LIslam a t fond au dbut du 7me sicle en Arabie. En un sicle (jusquen 750),
les Arabes ont conquis tout le Proche-Orient, lAfrique du Nord et lEspagne, un
rythme de conqute jamais vu. Ils semparrent ainsi de plus de la moiti de
lempire romain dOrient (empire byzantin) et de la totalit de la Perse sassanide,
contres hautement civilises. En fait, les Arabes imposrent leur religion aux
peuples conquis, mais assimilrent leur profit les connaissances de ces mmes
peuples.

4.2.1 Caractres de la Science arabe :


La science arabe nest pas seulement la science des peuples arabes, mais la
science crite en arabe, ce qui inclut de nombreux savants persans et mme non
musulmans (juifs). En fait, pendant le premier sicle de lIslam, la majorit des
savants en territoire musulman sont chrtiens. La religion islamique fut, dans une
certaine mesure, plus favorable au denveloppement des connaissances
scientifiques que la religion chrtienne la mme poque. Non seulement les
connaissances astronomiques sont-elles importantes pour dexterminer
prcisment le dbut du Ramadan et la direction de la Mecque, mais le Coran
encourage ltude de la Nature.
Les Grecs ont normment inspir les Arabes. On peut considrer, grosso modo,
que la science Arabe est le prolongement logique de la science grecque, ou du
moins, de ce qui en restait lpoque romaine. Citons Al-Biruni : Nous devons
nous en tenir aux sujets tudis par les Anciens et apporter des amlioration l o
cest possible.

Al-Khwarizmi :
Il a expliqu clairement dans son traite comment rsoudre des problmes une
inconnue en utilisant deux oprations :
- Al-jabr (Algbre) : transposer certains termes dans une quation pour
liminer les valeurs nergatives. Par exemple, transformer x = 40 4x en
5x = 40.
- Al-muqabala : quilibrage des valeurs positives restant dans lquation.
Par exemple, 50 + x 2 = 29 + 10x devient x 2 + 21 = 10x. Tout ceci peut
paraitre puril, mais la notation algbrique nexistait pas lpoque et les
manipulations et quations taient nonces en langage courant. Le mot al-
jabr est devenu algebra en latin et algbre en franais. Le nom latinis dAl-
Khwarizmi est Algorismus, lorigine du mot franais algorithme.
Al-Khwarizmi explique la solution lquation quadratique, en particulier le fait
de complter le carr, de manire gomtrique, en sinspirant dEuclide.
Supposons quon ait rsoudre lquation x 2 + 10x = 39. Soit AB la longueur
reprsentant linconnue x. Construisons un carr ABCD avec cette longueur.
Prolongeons ensuite les segments DA vers DH et DC vers DF, de sorte que les
longueurs AH et CF soient la moiti du coefficient de x dans lquation, soit 5. La
somme des surfaces des rgions I, II et III est alors x 2 + 2 5x, et donc gale
39. Compltons le carr en ajoutant la rgion IV, daire 5 5 = 25, de chaque ct
de lquation. Laire totale du grand carr est alors (x + 5)2 = 39 + 25 = 64. Il
suffit ensuite de prendre la racine carre et x + 5 = 8, ou encore AB+CF=8. Donc
AB = 8-5 = 3, qui est la racine recherche. Bien sr, cette approche gomtrique
interdit de considrer les racines nngatives (ici, x = 13) et encore moins les
racines complexes. Notons encore que lalgbre littrale nest utilise ici que pour
soutenir lexplication et tait inconnue lpoque.

Al-Kashi :
Lastronome et mathmaticien Persan Al-Kashi (mort en 1429) est la dernire
grande figure de la science arabe. Dans la clef de larithmtique (1427) Il donne
un expos pdagogique des fractions dcimales (introduites en Europe la fin du
XVIe sicle seulement), il montre comment extraire des racines carres, comment
procder larithmtique sexagsimale. Il donne mme une estimation du nombre
exacte 16 ddcimales, par la mme mmthode quArchimde, mais en
effectuant des calculs numriques plus efficaces.
L'incroyable essor des sciences arabes
Les sciences mditerranennes naissent au IIe Millnaire av JC., en Msopotamie. On sait que
les Msopotamiens sont parvenus reprer les cycles dclipses de Lune et de Soleil au terme de
plusieurs sicles dobservations quils se transmettent de gnration en gnration, jusqu
lavnement du monde grec. Celui-ci sempare de ces extraordinaires relevs et commence
produire des textes scientifiques qui explicitent les rsultats msopotamiens. Puis, entre les IIe et
IXe sicles ap JC., les observations se font plus rares : on nen a relev que neuf autour du berceau
mditerranen. Aprs Ptolme (IIes. ap JC.), il ny a plus davances en astronomie et on ne fait
plus que commenter les anciens textes. Par contre, du ct des mathmatiques, la recherche
continue et elle subsiste mme jusqu'au IVe sicle.

Toutes les sciences dmarrent au IXe sicle, sous le califat dal-Mamn. A partir de 813, celui-
ci fait traduire tous les textes grecs philosophiques et scientifiques possibles. Il cre la Maison de la
Sagesse, un centre qui fonctionne comme une acadmie : on y dpose les textes traduire, puis les
traductions. Ce centre, financ par le pouvoir, permet le redmarrage de lactivit scientifique. La
recherche nat donc immdiatement de la traduction. Ainsi, aprs la premire traduction de
lAlmageste de Ptolme (ouvrage grec dastronomie du IIe sicle), on construit le tout premier
observatoire du monde arabe, et les observations continues reprennent. Au Xe sicle, Bagdad, les
astronomes arabes tablissent un programme dobservations sur trente ans ! (dure ncessaire pour
pouvoir observer le plus grand cycle des plantes connues l'poque)

Ce surprenant et fulgurant essor des sciences dans le monde arabe sexplique en partie par la
gographie de lempire. Le passage du monde byzantin au monde musulman sest pratiquement fait
sans dplacement de frontires car les Arabes se sont installs sur des territoires quils ont repris aux
Byzantins. Les scientifiques arabes disposent ainsi de manuscrits grecs qui sont dj sur place et
quils nont pas besoin de rechercher. De plus, les plerinages La Mecque favorisent les
changes . Le voyage peut durer quatre ans. Les savants sarrtent au Caire, Damas, Bagdad,
etc. et ils transmettent leur savoir de ville en ville.

Ils rvolutionnent les disciplines scientifiques

Lalgbre est sans doute la plus tonnante des disciplines scientifiques pratiques par les Arabes.
On ne sait pas vraiment comment est ne cette science, il semble que Al Khwrizm lait cre
partir de rien en 830 dans son trait dalgbre (ce mme Al Kwrizm qui donnera par la suite son
nom algorithme). Les Arabes parviennent rflchir sur des inconnues et mener des
raisonnements indpendants des objets sur lesquels ils travaillent. Cest un degr dabstraction qui
na encore jamais t atteint. Pas mme par les Indiens qui ont pourtant un grand nombre
dinventions : la numration de position, le sinus et le cosinus, et les fameux faux chiffres
arabes !

Loptique a galement t rvolutionne par les Arabes, et en particulier par Ibn al-Haytham. Au
dbut du Xe sicle, cet homme remet en cause toute loptique ancienne. Avant lui, on pensait que
loeil mettait un rayon qui palpait les choses pour quon puisse les voir. Si on ne voyait pas de loin,
cest que notre rayon ntait pas assez puissant et il retombait avant datteindre lobjet. Ibn al-
Haytham comprend que loeil nmet pas la lumire, il ne fait que la recevoir ! Il dveloppe par la
suite tout un travail sur larc-en-ciel en identifiant la rfraction due aux gouttes deau.
La mdecine nest pas en reste, Al-Razi est le premier identifier la variole et la rougeole, tandis
que Al-Quarashi dcrit pour la premire fois le passage du sang du ventricule droit au ventricule
gauche via les poumons.

En 1258, la prise de Bagdad par les Mongols marque leffondrement dun monde. Les
bibliothques sont mises sac et les savoirs arabes se dispersent. Heureusement, un savant, Nasr
al-Dn al-Tsi, reprend les choses en main. Il remet au got du jour tous les textes arabes quil
retrouve et refait une bibliothque des classiques. Tous les textes sont rcrits en tenant compte
des avances scientifiques du moment. Il rcrit ainsi l'Almageste et modifie les raisonnements
trigonomtriques en intgrant les sinus et cosinus arrivs d'Inde la fin du VIIIe sicle. Les sciences
renaissent sur les ruines de Bagdad. Al-Tsi est galement le matre doeuvre du clbre
Observatoire de Margha (au nord-ouest de lIran actuel) qui fournit pendant 60 ans des sries
dobservations en continu. Cest sur ces donnes, et non sur celles de Ptolme, que sappuie par la
suite Copernic pour laborer sa nouvelle cosmologie. Ce qui fait de lui le dernier lve de lEcole
de Maragha.
A partir du XVe sicle, la communaut scientifique arabe se dissout. Le rtrcissement
gographique de lempire affecte la diffusion des savoirs et la langue arabe perd sa valeur de langue
scientifique. Cest la fin de lge dor des sciences arabes.

Certains savoirs scientifiques ont pu transiter par des points de passage entre le monde arabe et le
monde latin. En Sicile, la cour de Roger II (vers 1150) puis celle de Frdric II (vers 1250) est
bilingue latin / arabe et favorise les changes entre les deux cultures. En Italie du Nord, il existe
galement un milieu juif arabis qui traduit des connaissances arabes en latin, en passant par
lhbreu. Mais, il ny a pas dans le monde latin du XIIe sicle la volont politique quil y a au IXe
sicle dans le monde arabe avec AlMamoun. Par contre, la philosophie et la thologie connaissent
dnormes dveloppements et, en astronomie, on atteint la perfection des systmes gocentriques
avec picycles.

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