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La Rafle

Dossier pédagogique. Ce document d’accompagnement pédagogique a été rédigé par deux professeursd’Histoire et de Géographie dont un enseignant en Cinéma-audiovisuel, sous la directiond’un inspecteur pédagogique régional d’Histoire et de Géographie de l’académie de Paris.

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Carmen Vera
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La Rafle

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DOCUMENT DACCOMPAGNEMENT

[Link]/enseignants
Retrouvez ce document et des ressources pdagogiques complmentaires sur

AU CINMA LE 10 MARS

2009 - Rose Bosch, ancienne journaliste d'investigation, ralise un film


sur la Rafle du VeldHiv, du point de vue de Joseph Weismann,
qui avait dix ans lpoque. Tous les personnages du film ont exist.
Tous les vnements ont bien eu lieu.
Avec la participation et le soutien de Serge Klarsfeld.

Ce document daccompagnement pdagogique a t rdig par deux professeurs


dHistoire et de Gographie dont un enseignant en Cinma-audiovisuel, sous la direction
dun inspecteur pdagogique rgional dHistoire et de Gographie de lacadmie de Paris.
DES TMOIGNAGES AU FILM :
TROIS PERSONNAGES DANS LA TOURMENTE

DESTINS CROISS mme, c'est leur soeur Annette qui obtient la permission
d'aller acheter un peigne, et qui se souvient de sa mre
A l'origine du film La Rafle, il y a deux ans et demi de genoux, suppliant pour que ses enfants ne soient pas ar-
reportage et d'enqute : Rose Bosch a rassembl des t- rts. Les souvenirs des tmoins sont aussi l'origine de
moignages, crits ou enregistrs, pour construire son rcit certains choix de mise en scne : le plan serr sur les
et ses personnages. Elle est entre en contact, avec l'aide mains de Nono, qui refuse d'tre enferm dans le wagon
de Serge Klarsfeld, avec trois tmoins encore vivants : la fin du film, est la transcription visuelle d'une phrase
Fernand Bodevin, lun des pompiers du Veld'Hiv, Jo- d'Annette Leiris Monod qui se rappelle quatre bouts de
seph Weismann et Anna Traube. Elle a lu les lettres jetes doigts quand Jacquot crie je veux descendre .
sur les voies par les enfants dports Auschwitz, et vi- Ce parti pris de restituer ces gens la vie se retrouve
sionn les films de vacances d'Eva Braun. dans l'laboration des personnages : le travail d'enqute a
Tous les faits et anecdotes du film sont vridiques, qu'ils aussi eu pour objectif didentifier quelques destins .
soient directement lis ou non la rafle et la dporta- Rose Bosch utilise la fiction pour ce qu'elle permet : mon-
tion. C'est par exemple le cas de Michel Muller, oubli trer un rel que le documentaire ne peut enregistrer. Elle
devant l'cole par son frre Jean, lhistoire ayant t attri- le fait en travaillant partir du rel, des tmoignages
bue dans le scnario Nono et son frre Simon. De qu'elle a recueillis.

Joseph Weismann est arrt avec toute sa famille et s'vade


12 ans de Beaune-La-Rolande avec Joseph Kogan : il inspire Annette Leiris Monod, reconnue comme juste, est assistante so-
Jo, poulbot de Montmartre, contraint de porter l'toile jaune. ciale de la Croix Rouge et travaille non seulement au Veld'Hiv
mais aussi dans plusieurs camps du Loiret : elle devient l'infir-
mire Annette, qui suit les enfants de Paris jusqu' Beaune-La-
Rolande en s'attachant Nono, comme son modle s'est attach
Jacquot, enfant arriv au Veld'Hivaccompagn par une petite
fille qui ne le connaissait pas et trop jeune pour savoir son nom
de famille ; le personnage de Nono est ainsi n de deux phrases
d'Annette Monod : mon protg, c'est Jacquot et quand on
l'a mis dans le train, il a cri ''je veux descendre'' .

Anna Traube, rebelle qui refuse de porter ltoile jaune, tente


de sauver sa famille le jour de la rafle, puis s'enfuit du Vel
d'Hiv : elle est un personnage important du film.
LES POPULATIONS JUIVES PARIS

LES JUIFS PARIS EN 1939


En 1939, la veille de la Seconde Guerre Mondiale, la popu-
lation juive en France compte environ 300 000 personnes.
Celle-ci est plurielle, aussi bien dun point de vue sociologi-
Montmartre Belleville
18 e

que que politique ou encore au regard des origines : les Juifs


19 e
17 e

franais en reprsentent alors 60 %, dont 110 000 par filiation,


9e
8e 10 e

et 70 000 par naturalisation; le nombre de juifs de nationali-


Gestapo franaise 2e

ts trangres, immigrs dEurope centrale et orientale dans


les dernires dcennies, approche quant lui les 120 000.
1 er 3e 20 e

Paris est le coeur de cette population juive avec prs de


16 e 7e
4e 11 e

200 000 personnes, dont la localisation dans les quartiers re-


6e Le Marais

flte le niveau social et les origines gographiques. Cest ainsi


5e
12 e
Vlodrome d'Hiver 15 e

que les quartiers ouest abritent les gens les plus aiss, tandis
que les nouveaux arrivants, polonais, hongrois, roumains ou
Prfecture
14 e de police

russes sinstallent dans le Marais, le XIme arrondissement,


13 e

Belleville ou dans une moindre mesure, Montmartre et le


XVIIIme, depuis les annes 1920.

UNE SOCIT DIVERSE


Sur le plan social, environ les trois-quarts des Juifs, autochtones
et immigrs confondus, se rattachent aux classes moyennes, de
la plus aise la plus fragile : petits industriels, professions li-
brales, fonctionnaires, commerants et artisans. Mais prs de
25 000 Juifs, immigrs de date rcente, vivent Paris dans la
pauvret et parfois la misre. Plusieurs milliers, parmi eux, tra-
vaillent faon dans la petite industrie du vtement, du cuir, du
meuble, souvent sans permis de travail, sans protection syndi-
cale et sont sous-pays.
Les vagues dimmigrs juifs des annes 20 et 30 comportent un
taux relativement lev de militants politiss, rpartis ingale-
ment entre bundistes, communistes et sionistes. La population
ouvrire, rceptive aux messages de la gauche, compte un nom-
bre de militants relativement faible. Toutefois, les cercles cul-
turels et sportifs anims par les nombreuses associations de
diffrentes tendances ainsi que les organisations politiques tou-
chent un public nombreux.
Si la pratique religieuse peut rester sensible chez une partie des
immigrs, la majorit sen loigne de plus en plus, le judasme
sinscrivant davantage dans une sociabilit et une culture, no-
tamment lusage du yiddish. Pour les Juifs franais, la religion
apparat au contraire comme un lment identitaire certain.
LES RAFLES

LES RAFLES DE LT 1942 mne les ngociations avec Ren Bousquet, Secrtaire
Gnral la police de lEtat franais : pour les Alle-
Les rafles dhommes juifs en France, demandes par mands, il sagit dobtenir la collaboration de la police
les allemands et ralises en collaboration avec la po- franaise en zone occupe et la livraison par Vichy de
lice franaise, commencent Paris en mai et aot 1941, Juifs de la zone libre. Le 2 juillet, un accord est ent-
avant la dcision des nazis, lautomne, dassassiner rin. 20 000 Juifs trangers seront arrts en zone oc-
les Juifs dEurope. Dirige par Adolf Eichmann, la pla- cupe, 10 000 autres en zone libre. En contrepartie, le
nification pour les trois pays occidentaux occups par gouvernement de Vichy obtient le contrle de la police
les nazis (France, Belgique et Pays-Bas) dbute en juin franaise. Le 3 juillet, Ptain et Laval donnent leur ac-
1942. Le 15 juin, alors que deux convois ont dj quitt cord; le Prsident du Conseil dclare se dsintresser
la France pour Auschwitz, le quota pour lHexagone est des enfants en zone occupe et propose aux allemands,
fix 40 000 personnes dporter en 1942. qui ne lavaient pas rclam, la dportation des enfants
Theodor Dannecker, reprsentant dAdolf Eichmann, dont les parents seront arrts en zone libre.

LA RALISATION
La ralisatrice utilise deux dispositifs tech-
niques. Les scnes poses de la vie quo-
tidienne et celles l'intrieur du Veld'Hiv
sont filmes avec une camra sur pied (avec
grue ou chariot de travelling). Les scnes de
violence sont filmes avec des camras plus
mobiles : la sparation des familles au camp
de Beaune-La-Rolande est enregistre par
trois camras, une l'paule et deux sur
steadycam (harnais et bras articul stabili-
sant les mouvements). Dans les plans de la
rafle dans l'immeuble, le cadreur, camra
l'paule, se trouve au milieu des acteurs et
figurants, bouscul par eux. Il s'agit d'tre
au cur de laction.

LA RAFLE DU VLODROME DHIVER


En zone occupe, les arrestations dbutent ds le 13 juillet.
Dans lagglomration parisienne, la rafle du VeldHiv, dite
opration Vent printanier , est ralise les 16 et 17 juillet
par des fonctionnaires de police franais. 13152 Juifs, dont
4115 enfants, la plupart ns en France, sont arrts leur do-
micile, sur la base du fichier labor par la Prfecture de Po-
lice. Gardiens de la paix, inspecteurs en civil, lves des
coles de police, soit prs de 7000 hommes, participent la
rafle qui concerne pour la premire fois femmes et enfants.
Les adultes seuls sont envoys Drancy ; les familles, soit
8160 personnes, sont parques pendant 3 5 jours au Vel
dHiv, puis achemines vers les camps du Loiret.
LE VEL DHIV

LA RECONSTITUTION directeur de la photographie a reconstitu la lumire


DU VEL D'HIV particulire du Veld'Hiv pendant la guerre, puisque la
verrire situe 50 m de hauteur tait peinte en bleu
Les btiments de ce type n'existant plus aujourd'hui fonc dans le cadre de la dfense antiarienne. Lors
en France et en Europe, la production a pris le parti de de la post-production, la tribune portant les 500 figu-
reconstruire un quart du vlodrome, en travaillant rants a ensuite t duplique par effets spciaux nu-
partir de plus de 700 photographies de manifestations mriques pour obtenir les plans gnraux en plonge
sportives et meetings politiques. Lors du tournage, le montrant l'ensemble du lieu et des 10 000 prisonniers.

LE VLODROME DHIVER
Lors des rafles, les autorits prfectorales utilisent des lieux permet-
tant de regrouper les populations juives arrtes massivement par-
tir de mai 1941. Ainsi, des casernes ou encore le gymnase Japy sont
utiliss en mai 41. Haut lieu de la culture populaire, le Vlodrome
dHiver, rig en 1909 pour accueillir 17000 spectateurs, est prvu
pour des courses cyclistes et des matchs de boxe; il accueille en 1941
et 1942 des manifestations collaborationnistes. Il est choisi pour la
rafle de juillet 42.
Les conditions de dtention sont alors effroyables : rien na t pr-
par ou prvu, ni ravitaillement, ni confort, et les sanitaires sont vite
hors dusage. Gards par des fonctionnaires de police franais, les
femmes et les enfants, majoritaires, sont masss, debout ou accrou-
pis sur des gradins. La piste est rserve linfirmerie improvise.
Les familles sans soin, sans eau potable, dans une chaleur estivale
touffante, respirent un air empuanti et poussireux. Elles sont sou-
mises un clairage violent jour et nuit et sont assourdies par les ap-
pels incessants des hauts-parleurs. Elles sont exposes la contagion,
la promiscuit et la terreur, le suicide fait 5 victimes. Laide ext-
rieure est trs limite et seules quelques personnes parviennent leur
porter secours ; peu parviennent senfuir. A partir du 19 juillet, les
familles sont diriges en train vers les camps de Pithiviers et Beaune-
La-Rolande.
Dtruit en 1959, le site reste utilis pour les crmonies du souvenir.
Il est symbolis par un monument construit sur le quai de la Seine,
au mtro Bir Hakeim. Depuis la dcision de Franois Mitterrand de
1992, le 16 juillet est un jour de commmoration nationale.
LES CAMPS DU LOIRET

CAMPS DINTERNEMENT 50 000 interns; le nombre denfants passe de 2295


EN FRANCE plus de 4000 en janvier 1941.
Les anciens camps de prisonniers de guerre, Pithiviers
et Beaune-La-Rolande deviennent des camps dinter-
Avec la guerre et la dfaite, les camps dinternement nement pour les 3700 Juifs trangers arrts Paris par
ouverts au moment de larrive de 500 000 rfugis la police franaise lors de la rafle parisienne du 14 mai
fuyant lEspagne (Gurs, Rivesaltes, Le Vernet) sont 1941. Le camp dinternement de Drancy, dans la ban-
mobiliss par le gouvernement de Vichy pour interner lieue parisienne, est ouvert en aot la suite de la se-
des opposants politiques, les trafiquants, les criminels. conde rafle, dite du XIe arrondissement, qui se traduit
Aprs la promulgation de la loi du 4 octobre 1940 sur par larrestation de 4230 hommes juifs. A partir des
linternement des Juifs trangers, des dizaines de mil- grandes rafles de lt 1942, les camps dinternement
liers dentre eux sont achemins vers les camps avant de la zone occupe accueillent massivement les femmes
mme la fin de lanne. A lautomne, on compte prs de et les enfants, dornavant dportables.

LA RECONSTITUTION
DU CAMP
DE BEAUNE-LA-ROLANDE
L'quipe technique a travaill partir des rares images
existantes des camps du Loiret, mises sa disposition
par le Mmorial de la Shoah. Il existe en effet quel-
ques photographies montrant des familles l'intrieur
d'un camp : les femmes et les enfants des hommes ra-
fls ds 1941 et interns Pithiviers ont eu l'autorisa-
tion de venir leur rendre visite lors d'un pique-nique;
les hommes ont ensuite t dports avant la rafle du
Veld'Hiv, dans laquelle leurs familles ont t arrtes.

LE SORT DES ENFANTS


DANS LES CAMPS DINTERNEMENT
Les familles transfres du Veldhiv entre les 19 et 22 juillet 1942 arrivent
aux camps de Pithiviers et Beaune-La-Rolande, grs par ladministration
franaise. Les parents sont rapidement dports alors que les allemands nont
pas encore donn leur rponse quant au sort des enfants. Ags de 2 15 ans,
ceux-ci restent seuls durant plusieurs semaines. Dsorients par labsence de
leurs parents et vivant dans des baraques inadaptes la prsence denfants,
ils connaissent des conditions dhygine catastrophiques. Huit meurent durant
cette priode. Le 13 aot, le service dEichmann fait savoir que les enfants
doivent galement tre dports : ils sont alors transfrs vers Drancy et, de
l, embarqus dans les convois partant pour Auschwitz. Les tmoignages rap-
portant cet vnement font tat de scnes difficilement supportables.
LE RETOUR ET LA MMOIRE

LE RETOUR ET LA MMOIRE
Les dports juifs franais rescaps sont, en majorit, dans les camps de concen-
tration aprs avoir subi, partir dAuschwitz, les marches de la mort. Prs de
2500 survivants sont rapatris en France dont la majorit a t dporte en 1943
et 1944. Rares sont les rescaps de lanne 1942. Ils sont accueillis pour la plu-
part lhtel Lutetia dans le VIIme arrondissement de Paris, o les familles at-
tendent des nouvelles de leurs parents, collant des photographies, demandant des
renseignements aux survivants. Dabord pris en charge au Lutetia, certains, trs
malades, sont accueillis par des institutions mdicales. Les autres retrouvent leur
foyer mais sont trs nombreux, par la suite, rejoindre des sanatoriums.
La mmoire de la dportation juive est, aprs-guerre, occulte par la volont de
rconciliation nationale et le prisme dominant de la dportation rsistante. Ce
nest qu partir de la fin des annes 1970 que les survivants franais sont enten-
dus. A la fin des annes 1980, les programmes scolaires accordent une place plus
importante lhistoire de la Shoah. Mais cest le discours de Jacques Chirac, le
16 juillet 1995, lors de la commmoration de la rafle du Vlodrome dHiver qui
est un vritable tournant en reconnaissant officiellement la participation de la
France dans la perscution des Juifs : il reprsente une tape importante de lin-
tgration des victimes dans la mmoire nationale.

LE SORT DES ENFANTS PENDANT LA GUERRE


11400 enfants juifs ont t dports de France, principalement vers Auschwitz,
trs peu sont revenus. A ce jour, un seul enfant de moins de 16 ans dport en
1942 et revenu vivant a t identifi par Serge Klarsfeld. Des 4115 enfants du
Vlodrome dHiver dports, aucun nest revenu.
Des milliers denfants juifs, spars de leurs parents, ont t cachs dans des
familles ou dans des institutions, notamment religieuses, souvent sous de
fausses identits mais aussi moyennant une rtribution. La mdaille des Justes
reconnat les personnes qui firent tout ce quelles purent pour soustraire des en-
fants, mais aussi des familles entires, aux arrestations. La France compte
2740 Justes parmi les nations .
Des milliers denfants ne revirent jamais leurs parents. Ils ont t pris en main
par des associations juives, notamment lOSE (Oeuvre de Secours aux En-
fants). Certains seront adopts, dautres grandiront dans des orphelinats, dau-
tres enfin gagneront la Palestine britannique et le foyer national juif en devenir.

DISCOURS DU PRSIDENT DE LA RPUBLIQUE, M. JACQUES CHIRAC, LORS DES CRMONIES


COMMMORANT LA GRANDE RAFLE DES 16 ET 17 JUILLET 1942 - PARIS, 16 JUILLET 1995 (extrait)
Il est, dans la vie dune nation, des moments qui blessent la mmoire, et lide que lon se fait de son pays.
Ces moments, il est difficile de les voquer, parce que lon ne sait pas toujours trouver les mots justes pour rappeler lhor-
reur, pour dire le chagrin de celles et ceux qui ont vcu la tragdie. Celles et ceux qui sont marqus jamais dans leur me
et dans leur chair par le souvenir de ces journes de larmes et de honte.
Il est difficile de les voquer, aussi, parce que ces heures noires souillent jamais notre histoire, et sont une injure notre
pass et nos traditions. Oui, la folie criminelle de loccupant a t seconde par des franais, par lEtat franais.
Il y a cinquante-trois ans, le 16 juillet 1942, 450 policiers et gendarmes franais, sous lautorit de leurs chefs, rpondaient
aux exigences des nazis.
Ce jour-l, dans la capitale et en rgion parisienne, prs de dix-mille hommes, femmes et enfants juifs, furent arrts leur
domicile, au petit matin, et rassembls dans les commissariats de police.
On verra des scnes atroces : les familles dchires, les mres spares de leurs enfants, les vieillards dont certains, an-
ciens combattants de la Grande Guerre, avaient vers leur sang pour la France jets sans mnagement dans les bus pa-
risiens et les fourgons de la Prfecture de Police.
On verra, aussi, des policiers fermer les yeux, permettant ainsi quelques vasions.
Pour toutes ces personnes arrtes, commence alors le long et douloureux voyage vers lenfer. Combien dentre elles re-
verront jamais leur foyer ? Et combien, cet instant, se sont senties trahies ? Quelle a t leur dtresse ?
La France, patrie des Lumires et des Droits de lHomme, terre daccueil et dasile, la France, ce jour-l, accomplissait lir-
rparable. Manquant sa parole, elle livrait ses protgs leurs bourreaux.
Conduites au Vlodrome dHiver, les victimes devaient attendre plusieurs jours, dans les conditions terribles que lon sait,
dtre diriges sur lun des camps de transit, Pithiviers ou Beaune-La-Rolande, ouverts par les autorits de Vichy. Lhor-
reur, pourtant, ne faisait que commencer.
LA RAFLE : UN REGARD NOUVEAU
SUR LES VNEMENTS DE JUILLET 1942

LHISTOIRE DU FILM
1942. Joseph a onze ans.
Et ce matin de juin, il doit aller lcole, une toile Jaune cousue sur sa poitrine...
Il reoit les encouragements dun voisin brocanteur, les railleries dune boulangre.
Entre bienveillance et mpris, Jo, ses copains juifs comme lui, leurs familles, apprennent la vie
dans un Paris occup, sur la Butte Montmartre, o ils ont trouv refuge.
Du moins le croient-ils, jusqu ce matin du 16 Juillet 1942, o leur fragile bonheur bascule...
Du Vlodrome DHiver, o 13 000 rafls sont entasss, au camp de Beaune-La-Rolande, de Vichy
la terrasse du Berghof, La Rafle suit les destins rels des victimes et des bourreaux.
De ceux qui ont orchestr. De ceux qui ont eu confiance.
De ceux qui ont fui. De ceux qui se sont opposs.
Tous les personnages du film ont exist.
Tous les vnements, mme les plus extrmes, ont eu lieu cet t 1942.

UN POINT DE VUE ORIGINAL Quant Pierre Oscar Lvy il filme dans Les Enfants du
Veld'Hiv, le rcit de Michel et Annette Muller, de M-
Dans les annes 1970, la Rafle du Veld'Hiv apparat nilmontant jusqu' Drancy dont ils parviennent sortir.
dans deux fictions. Nanmoins si Les Guichets du Lou- Ces films ont pour point commun de montrer la rafle et les
vre de Michel Mitrani se droule dans les rues quadril- dtentions dans les camps du Loiret de l'extrieur : le
les par la police, Monsieur Klein de Joseph Losey ne la point de vue est celui de ceux qui se sont chapps ; la
montre pas expressment. 1992, anne du cinquante- rafle, le Veld'Hiv et les camps restent dans l'arrire
naire, ouvre la priode des documentaires : Blanche Fin- plan, le hors-champ, mme si la puissance d'vocation
ger et William Karel, dans Opration Vent Printanier : des tmoins est forte. Rose Bosch dans La Rafle ren-
la Rafle du Veld'Hiv, recueillent les tmoignages d'en- verse la proposition : le point de vue est celui des enfants
fants qui ont chapp aux arrestations ou la dporta- qui ne reviendront pas du Veld'Hiv et d'Auschwitz.
tion, parmi lesquels Joseph Weismann, du mdecin Ceux qui s'chappent disparaissent dans le hors-champ.
Henri Russak et de l'assistante sociale Annette Monod. Mais Auschwitz reste hors de ce qui peut tre reprsent.

CHRONOLOGIE SUCCINCTE DE LA PERSCUTION DES JUIFS DE FRANCE


27 septembre 1940 : 1re ordonnance allemande obligeant les Juifs se faire recenser
3 octobre 1940 : 1er statut des Juifs
14 mai 1941 : rafle dans le XIme arrondissement de Paris
2 juin 1941 : 2me statut des Juifs
20-21 aot 1941 : 2me grande rafle Paris
27 mars 1942 : 1er convoi de dportation des Juifs de France
6 juin 1942 : entre en application de lordonnance allemande obligeant les Juifs
de plus de 6 ans porter une toile jaune
16-17 juillet 1942 : rafle du VeldHiv
/ Ce document a t imprim sur du papier

26 aot 1942 : rafle en zone libre


11 aot 1944 : dernier convoi vers Auschwitz partant de Lyon

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Pour en savoir plus : [Link]/enseignants
Ce document a t initi par Parenthse Cinma.
Rdaction : Iannis Roder, Catherine Magistry, sous la direction de Jean-Pierre Lauby (IA-IPR) - Photos : Bruno Calvo- 2010 Gaumont-Lgende
Avec le soutien de la Rgion Ile de France

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