Wiki Ifrs
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Le règlement européen du 19 juillet 2002, en imposant aux entreprises faisant appel public à
l’épargne de présenter leurs comptes consolidés selon les normes IFRS, vise principalement à
garantir une meilleure transparence comptable. En effet, la présentation des comptes de ces
entreprises selon des normes harmonisées en facilitera la compréhension et surtout la
comparaison à l’échelon européen.
Elles vont nécessiter de profonds aménagements informatiques, aussi bien dans les grands
groupes que dans les PME-PMI. Le changement de référentiel comptable que vont connaître
toutes les entreprises va transformer le fonctionnement des marchés financiers, des entreprises
et des économies, d’une part, et l’élaboration des comptes, d’autre part. Moins médiatisé dans
le grand public que le passage à l’euro, ce changement aux normes internationales IAS/IFRS
aura pourtant beaucoup d’impact. L’objectif est en effet de rétablir la clarté des comptes des
entreprises, la confiance des investisseurs sur les marchés boursiers, mise à mal ces cinq
dernières années par des scandales à répétition et par l’explosion de la dette des entreprises.
Le travail des veilleurs va devenir plus simple, plus rapide et accessible au néophyte.
• prééminence de l'économique sur le juridique : les comptes doivent donner une image
fidèle de l'entreprise et de son patrimoine (ainsi, le crédit bail rentre à l'actif du bilan)
• importance relative : une information ne doit figurer dans l'annexe que si elle peut
influer sur les choix futurs des utilisateurs.
Principes [modifier]
La logique de ces normes comptables repose sur quelques points (parfois divergents par
rapport au droit comptable français) en particulier l'option de valorisation à la juste valeur des
actifs et passifs, la primauté de la substance sur la forme, l’approche prioritairement
bilancielle, la prise en compte prioritaire de la vision de l’investisseur, le principe de prudence
subordonné à celui de neutralité et de pertinence, l’absence de textes spécifiques à un secteur
d’activité, la moindre reconnaissance de la comptabilité d’intention, la place plus importante
qu’occupe l’interprétationNote 1 dans l’application des normes.
Les états financiers et l’information comptable ne sont pas définis de la même façon dans le
référentiel international. Ces derniers comprennent désormais le bilan, le compte de résultat,
le tableau de flux de trésorerie (optionnel en France), l’annexe et « tout autre document utile à
la compréhension des comptes » comme le bénéfice par action pour les sociétés cotées. Quant
à l’information comptable, elle doit être « intelligible » : son lecteur doit pouvoir se forger une
opinion sur l’activité de l’entreprise à la simple lecture des informations comptables,
« pertinente » : les informations doivent permettre au lecteur de prendre des décisions
économiques appropriées sur le futur de l’entreprise, « d’une importance relative » : une
information comptable ne doit être divulguée que si et seulement si elle apporte des éléments
utiles à la prise de décision. Ce seuil de signification (langage usuel des auditeurs financiers)
dépend du jugement du professionnel. Par exemple, une baisse de l’activité économique de
l’entreprise peut-être importante en volume mais non significative par rapport au chiffre
d’affaire généré par le groupe. L'information doit enfin être « fiable », utilisée sans risque
d’erreur. La fiabilité repose sur quatre principes fondamentaux : la neutralité, l’apparence
juridique, la prééminence de la réalité économique sur l’apparence juridique et le respect de
l’image fidèle...
La juste valeur (I.A.S. 32) est le montant pour lequel un actif pourrait être échangé, ou un
passif éteint, entre parties bien informées, consentantes, et agissant dans des conditions de
concurrence normale. Le principe de l’évaluation des actifs à leur juste valeur représente un
impact majeur pour les établissements de crédit mais aussi pour toutes les entreprises qui ont
des participations financières importantes. Plus que toutes les autres normes, l'IAS 32 et 39
rompent avec l'esprit de la comptabilité française notamment.
Elle remet en question les principes comptables « de base » dans la mesure où elle modifie
certains concepts du formalisme comptable. La comptabilité « traditionnelle » enregistre
l'acquisition d'un bien (disons, un titre pour une valeur de mille euros) et ne revient sur cette
valeur dite « historique » qu'au moment de la cession de ce titre, moment où l'on enregistre,
au compte de résultat, une perte ou un gain. Le principe de la juste valeur oblige, si l'on sait
que ce titre ne vaut plus que 500 euros, à reconnaitre une perte « potentielle » et de montrer
aux investisseurs potentiels et aux actionnaires la réalité économique du patrimoine de
l’entreprise (« mon titre vaut 500 euros ») plutôt qu’une réalité comptable (« j’ai acheté un
titre 1000 euros »).
Suite aux critiques formulées par de nombreuses parties prenantes à l'encontre de la norme
IAS 39, l'IASB a décidé de substituer cette dernière par une nouvelle norme : la norme IFRS 9
"Instruments financiers" qui va petit à petit se substituer à de nombreuses dispositions de la
normes IAS 39. Le premier volet de cette norme, relatif aux actifs financiers, fut publié le 12
novembre 2009 et devient applicable de manière anticipée dès l'année 2009 (et deviendra
obligatoire au 1er janvier 2013). Ce premier volet se fonde sur une nouvelle approche unique
pour déterminer si un actif financier doit être évalué au coût amorti où la juste valeur : une
approche basée sur la façon dont l’entité gère ses instruments financiers (son modèle
économique) et les caractéristiques contractuelles des flux de trésorerie rattachés aux actifs
financiers.
À moins de quelques semaines de l'entrée en vigueur des normes IAS/IFRS, une entreprise
sur deux n'a encore entamé aucun chantier. L'adoption de la norme SME destinée aux PME
s'effectuera à moyen et à long termes, sous l'impulsion des banques et des donneurs d'ordre.
À cet effet, les adaptations du système d'information nécessitent la mise en œuvre d’outils
informatiques qui permettent l’extraction de données plus nombreuses et souvent issues de
bases de données disparates. Les flux comptables classiques ne comportent à ce jour pas
suffisamment d’informations pour satisfaire aux normes IFRS. L’acquisition de ces outils
devra se faire avec précaution pour garantir leur compatibilité avec les systèmes existants et
leur évolutivité à raison des normes comptables qui n’ont pas fini d’évoluer. Il n’est pas exclu
que l’audit de l’existant conduise les entreprises à remettre intégralement en question leur
système d’information et à en revoir l’architecture globale de manière à privilégier un projet
d’ensemble harmonisé.
La mise en œuvre de ce volet sécuritaire serait incomplète sans une définition ou redéfinition
précise des procédures d’accès aux applications, des plans de secours, d’archivage et de
protection des données personnelles (voir la fonction de CPD décrite dans un précédent n° de
RIE).
Les exigences d’une information financière sécurisée vont entraîner une réorganisation
importante des procédures internes des entreprises et le renforcement corrélatif de la sécurité
de leur système d’information. Pour celles qui font appel public à l’épargne et qui sont
installées dans un État membre de l’Union européenne, il s’agit d’ores et déjà d’une priorité
en raison du règlement européen imposant à compter du 1er janvier 2005, de suivre le nouveau
référentiel dans leurs comptes consolidés.
Convergence [modifier]
La convergence des normes comptables, que la plupart des pays industrialisés appuient, est
avantageuse pour les entreprises cotées sur différentes bourses : elles ne doivent pas avoir à
produire plusieurs jeux d'états financiers et économisent ainsi d'importantes sommes d'argent.
Les investisseurs, pour leur part, peuvent mieux comparer et examiner les données financières
d'entreprises où quelles soient établies. Cette harmonisation comptable internationale est un
processus permettant de parvenir à un rapprochement de fond de diverses normes comptables.
D'un côté, les International Financial Reporting Standards (IFRS), sont plutôt considérées
comme des normes européennes, bien que le processus de développement soit dominé par des
experts anglo-saxons. La culture comptable anglo-saxonne est surreprésentée au sein du
Board, il est ainsi difficile de reconnaître le caractère européen des normes IFRS. C'est le cas
aussi en ce qui concerne la répartition géographique des membres du Board. De l'autre côté,
les US Generally Accepted Accounting Principles (US GAAP) américaines sont beaucoup
plus orientées au cas par cas et laissent peu de marge décisionnelle aux entreprises.
Les IFRS sont décrites comme fondées sur des principes, ce qui signifie qu'elles laissent une
grande marge de manoeuvre aux entreprises en ce qui concerne l'évaluation des données
comptables. Les US GAAP sont décrites comme fondées sur des règles et ont pour but de
réglementer tous les aspects possibles de la présentation des comptes. Ces normes exigent
donc des informations très détaillées de la part des entreprises. Dans le cadre de la
convergence IASB FASB, l'harmonisation des IFRS et US GAAP est actuellement à l'œuvre
et des solutions communes ont été déjà trouvées. Cela n'empêche pas la divergence de
plusieurs points de vues, parmi les principaux aspects à résoudre on évoque les instruments
financiers et la présentation des performances.
IAS 10 Events After the Balance Sheet Date Evénements postérieurs à la date de clôture
Non-current Assets Held for Sale and Actifs non courants destinés à être vendus et
IFRS 5
Discontinued Operations activités abandonnées
L’adoption du référentiel complet par l’Europe ne s’est pas fait sans heurt : on se rappellera
des difficultés d’adoption d’IAS 39 sur les instruments financiers que les banques françaises
refusaient en bloc, soutenues officiellement par Jacques Chirac, alors Président de la
République. Une fois le jeu de normes comptables arrêté, les entreprises cotées ont dû
effectuer l’opération de « transition » comptable de leur propre référentiel national, en France
le CRC 99-02, vers les IFRS afin de présenter leurs états financiers selon le nouveau
référentiel dès le 1er janvier 2005. Certaines entreprises européennes avaient anticipé très en
amont cette étape : celles cotées aux Etats-Unis, pour lesquelles les divergences entre
référentiel US et IFRS étaient faibles, ou encore celles qui avaient déjà adoptés les IFRS
localement car leur organe de contrôle de bourse le permettait. Pour les autres, le processus a
été plus difficile. D’une part, il a fallu s’approprier un référentiel où le conceptuel est très
présent, avec des préceptes parfois très divergents des anciennes approches (par exemple, la
comptabilisation des stock-options) ; d’autre part, il aura fallu souvent effectuer des analyses
complémentaires lourdes et contraignantes pour déterminer certains retraitements (par
exemple les évaluations actuarielles des retraites). D’une manière générale, la mobilisation a
été forte et n’a pas été exclusivement réservée aux fonctions comptables et financières mais a
amené le management, les directions opérationnelles, techniques et juridiques à partager les
informations financières exigées par les normes. Le résultat fut positif puisque, dans
l’ensemble, les états financiers IFRS ont été de qualité dès 2005 pour l’ensemble des
entreprises, même si toutes n’ont pas vécu la transition de la même façon, les plus petits
groupes ayant en effet rencontré plus de difficultés. Disposant de moins de moyen, bien
souvent sans assistance externe d’experts pour l’analyse et l’évaluation IFRS des opérations
les plus complexes, ils ont plus « subi » l’application de normes que profité des opportunités
qu’elles représentaient.
Difficulté d’application des principes [modifier]
Les normes IFRS ne constituent pas des règles mais bien des principes. Ainsi, si la maîtrise
des principes est acquise, l’application peut être bien plus difficile et nécessiter une formation.
Si la transition pour les sociétés s’est déroulée de façon globalement satisfaisante, de
nombreuses difficultés subsistent. En effet, la complexité des normes et le caractère parfois
artificiel des résultats publiés mécontentent régulièrement les utilisateurs. L’information
financière n’est en effet pas toujours comprise en dehors du cercle des initiés. La meilleure
illustration étant le retraitement souvent systématique des chiffres IFRS afin de les rendre
exploitables pour les opérationnels, le management ou encore en externe pour les fonds
d’investissement. Par ailleurs, l’une des caractéristiques du référentiel est son aspect ultra
conceptuel, et notamment le principe de prééminence de la substance sur la forme. Ces
concepts, certes souvent pertinents en matière économique et financière, ne précisent pas
toujours de façon explicite le traitement à appliquer à tel ou tel contrat ou opération
spécifique. Il en résulte toujours certaines difficultés d’application. On peut citer, parmi les
principaux thèmes concernés, les problématiques IAS 39 (Instruments financiers) de transfert
des risques lors de la décomptabilisation des créances cédées dans le cadre d’un contrat
d’affacturage, de l'escompte de crédits documentaires2 ou bien encore le traitement des
décotes des Plans d’Epargne Entreprises. En cas de difficulté d’application des normes,
l’IASB peut être consulté via son organe dédié à l’interprétation des textes, l’IFRIC.
La crise financière qui a touché les économies mondiales à partir de 2008 a conduit à de
sévères attaques contre les normes IFRS notamment de la part du PDG d’AIG et de Dexia ou
encore d’AXA. Ces derniers estiment que l’application de la norme IFRS 7 sur l’évaluation
des actifs financiers à la juste valeur (fair-value) serait à l’origine des importantes
dépréciations constatées par les sociétés menacées de faillite. Selon Eric Seyvos, associé chez
Bellot Mullenbach & Associés dans un article d’Option Finance, « la crise soulève de
véritables questions. La combinaison des IFRS et des règles Bâle II pour les organismes
financiers conduisent à des anomalies. Les règles prudentielles des banques sont basées sur
des instruments de mesure, sans aucun filtre. Il en ressort un effet procyclique dévastateur en
temps de crise qui nécessite une réflexion pour restaurer la cohérence des deux références »3.
Selon Philippe Danjou et Gilbert Gelard, membres de l’IASB, ils estiment bien au contraire
que l’application des normes IFRS a permis d’afficher en toute transparence l’état et la nature
de la crise. Ils ajoutent même que la méthodologie de la juste valeur est certes le pire des
systèmes si on exclut toutes les autres méthodologies. Ils déclarent enfin que la crise de
confiance qui affecte largement les marchés financiers pourra être dépassée dès lors qu’on
aura renforcé la transparence et multiplié les révélations. Cependant, un véritable problème se
pose sur des marchés moins liquides c’est-à-dire où il y a peu de transactions. Afin de
résoudre cette difficulté, le Board de l’IASB a constitué un panel d’experts financiers entre
mai et août 2008 afin de déterminer les meilleurs critères afin de passer de la valeur du
marché et les modèles financiers. Un consensus est paru à cette occasion sur le site de l’IASB.
ert
Convergence vers les IFRS : les pays émergents suivent le mouvement [modifier]
• L’important nombre de pays émergents qui ont ou vont appliquer les principes IFRS et
l’accélération du processus entre 2008 et 2011
• Les modalités de transition choisies par nombre de ces pays, qui diffèrent de
nombreux pays européens comme la France, qui avait fait le choix d’interdire les IFRS
dans les comptes sociaux et de faire converger très progressivement le référentiel
national vers les principes des IFRS. Cette solution prudente a rendu incontournable le
débat sur un troisième référentiel (un quatrième si l’on compte le CRC 99-02 pour les
comptes consolidés en France) : le référentiel « IFRS entités privées » appelé
couramment « IFRS PME ».
A l’inverse, les pays émergents profitent de la refonte de leur réglementation comptable pour
« aller plus loin » que certains pays développés, et adopter un plan comptable national
compatible avec les IFRS. A titre d’exemple, l’Algérie a adopté un plan comptable très
largement inspiré des IFRS : les grands principes et les principales notions sont identiques aux
IFRS, seules les normes les plus complexes et inadaptées à l’économie locale ont été
modifiées. Sur le panel de 27 pays émergents (selon les critères retenus par le FMI pour
recenser ces pays), BMA Conseil & Formation a identifié 17 pays, soit 63% de l’échantillon
qui, à fin 2007, interdisaient le référentiel IFRS. Ils ne seront plus que 3 (11%) en 2012 (sous
réserve de décisions non encore officialisées) puisque 14 (52 %) d’entre eux ont ou vont
entamer un processus de convergence. Ils vont venir étoffer la liste déjà significative des pays
qui avaient déjà adopté le référentiel (10 pays à fin 2007, soit 37%) avec des modalités
d’application diverses (référentiel IFRS autorisé pour toutes les sociétés, obligatoire pour les
sociétés cotées uniquement…). Sur le panel de 128 pays (critères FMI), le recensement est
plus difficile (manque d’information, décisions en cours mais non officialisées…). BMA a
cependant recensé 69 pays (54%) autorisant déjà le référentiel IFRS. Sur ces 69 pays environ
la moitié ont choisi d’autoriser ou de rendre obligatoire les IFRS pour toutes les sociétés
quelles que soient leur taille. Cette diffusion des normes IFRS à travers le monde a même
amené l’IASB à envisager l’élargissement du board à de nouveaux continents en ajoutant un
critère géographique aux critères de sélection des membres. Le board devrait ainsi intégrer 16
membres supplémentaires dont 4 européens, 4 membres originaires du continent américain et
4 autres du continent asiatique. Les quatre derniers membres pourraient être des représentants
du continent africain.
La Chine a rendu obligatoire pour les entreprises cotées en Chine l’application du nouveau
système Chinois de Normes de Comptabilité depuis le 1er janvier 2007. Bien que des
différences subsistent entre ce nouveau système et les normes IFRS, la convergence vers le
référentiel international reste le principal objectif. L’Inde et la Malaisie envisagent la
convergence de leur système vers les IFRS ou leur adoption. Un référentiel commun entre
l’Europe et l’Asie semble être plausible à horizon 2011. en Algérie c'est Mr saadane qui le
corrige. Il y a encore quelques années, nombreux étaient les sceptiques qui n’imaginaient pas
les IFRS s’imposer comme une alternative crédible aux US GAAP. Aujourd’hui les temps ont
bien changé et la domination sans partage des US GAAP sur les plus grandes capitalisations
n’est plus d’actualité. Les IFRS font aujourd’hui « jeu égal » au niveau du nombre
d’utilisateurs parmi les grandes entreprises au monde. Depuis l’Union européenne en 2005,
plusieurs pays ont également suivi comme l’Australie, la Nouvelle Zélande, l’Afrique du
Sud… et l’inversement des tendances se confirme puisque d’autres encore ont annoncé leur
décision d’adopter ou de converger progressivement vers le référentiel IFRS. C’est le cas par
exemple du Japon (date prévue pour basculer en IFRS : 2011), du Canada (2011), le Brésil (à
partir de 2010), et bien d’autres suivront. Autre illustration de la marche en avant des IFRS :
le 15 novembre 2007, la SEC (équivalent américain de l’AMF) a adopté à l’unanimité une
règle permettant aux émetteurs étrangers désirant lever des capitaux aux USA de conserver les
normes IFRS sans avoir à justifier les différences avec le référentiel américain : le passeport
IFRS est dorénavant valide aux USA. Selon une proposition du SEC d’août 2008, certaines
entreprises américaines triées sur le volet qui répondraient à certaines caractéristiques
pourraient volontairement abandonner les normes US GAAP et appliquer les normes IFRS
dès 2009. Une position définitive de la SEC serait véritablement prise en 2011 et pourrait
conduire à rendre obligatoire l’application du référentiel international d’ici 2014 pour les
entreprises américaines cotées. Afin de permettre l’application des normes IFRS en Europe, le
référentiel est resté relativement stable depuis 2005 et devrait le rester jusqu’en 2009.
D’importantes modifications sont à prévoir entre 2009 et 2011 et vont précéder un nouveau
temps de stabilité afin de permettre la transition des nouveaux pays adoptant le référentiel
comptable international.
La création d’un référentiel pour les entreprises non cotées et de taille modeste
[modifier]
Toutes les études récentes montrent que les différents acteurs du marché utilisant les IFRS se
disent plutôt satisfaits de la qualité du référentiel et considèrent les IFRS comme un progrès.
En revanche, un consensus se dégage sur le fait que les normes s’adaptent difficilement aux
sociétés non cotées et/ou de taille plus modeste. C’est pourquoi, l’IASB a souhaité offrir un
jeu de normes pouvant répondre aux PME qui ont des problématiques de communications
financières auprès de partenaires comme des investisseurs privés ou des banquiers. On ne
parle pas d’IFRS sur la déclaration fiscale ni pour les dirigeants d’entreprises. Ce référentiel
en cours d’élaboration appelé « référentiel IFRS entités privées » communément appelés
« IFRS PME » se veut plus court, plus simple et plus adapté aux contraintes des PME tout en
conservant ses impératifs de qualité. Cependant, les sociétés privées et les commentateurs de
ce référentiel souhaitent disposer des mêmes options que dans le référentiel des IFRS
classiques. C’est pourquoi la structure pourrait être composée des normes dans le corps du
référentiel et les options en annexes. Le projet est encore en cours puisque la période de
consultation et de test se termine à peine. Le planning fixé permet d’envisager une publication
pour le premier trimestre 2009. La publication du texte n’entraînera pas pour autant une
application obligatoire en France. L’Europe a d’ores et déjà confirmé son intention de ne pas
imposer l’application du référentiel et de laisser les Etats membres décider comment utiliser
cette nouvelle possibilité offerte aux PME. Il est probable que la France fasse de même et
permette aux sociétés concernées, le périmètre restant également à définir, d’opter ou non
pour les IFRS. Cependant, certains pays ont adopté ce référentiel « entités privées » puisque
en Afrique du Sud toutes les entreprises y sont soumises. Le Danemark et le Royaume-Uni
pour les entreprises non cotées de taille moyenne et grande se sont, quant à eux, montrés
favorables à un référentiel « entités privées ».
Une dizaine de sujets nécessite une amélioration ou une actualisation, dans la mesure où
certaines normes actuelles s'avèrent anciennes ou incomplètes. L’IASB travaille en
collaboration avec ses homologues américains au remplacement des normes actuelles à partir
du 1 janvier 2009 :
• Les instruments financiers : de l'avis unanime des utilisateurs, les normes IAS 32 et 39
sont trop complexes. A ce sujet, suivant les conseils et recommandations des parties
prenantes, l’IASB a publié, le 12 novembre 2009 le premier volet de la norme IFRS 9
« Instruments financiers », norme qui vise à remplacer la norme IAS 39 « Instruments
financiers : comptabilisation et évaluation ». Il est important de noter que la norme
IFRS9 retient une approche nouvelle pour le classement et la comptabilisation des
instruments financiers par rapport à la méthodologie de la norme IAS 39. IFRS 9
retient en effet une approche unique pour déterminer si un actif financier doit être
évalué au coût amorti où la juste valeur : une approche basée sur la façon dont l’entité
gère ses instruments financiers (son business model) et les caractéristiques
contractuelles des flux de trésorerie rattachés aux actifs financiers.4.
• La présentation des états financiers : l’IASB s'interroge sur les besoins des utilisateurs
en matière d’informations financières. Ses travaux consistent à déterminer les
éléments devant ressortir en lecture directe des comptes et ceux devant figurer en
annexe. La présentation de l'ensemble - bilan, compte de résultat, tableau de flux de
trésorerie et tableau de variation des capitaux propres - pourrait changer pour une
meilleure lecture et compréhension. Par exemple, la lecture transversale des trois
supports - bilan, compte de résultat et tableau des flux de trésorerie- devrait faciliter la
compréhension de toutes les incidences d'opérations de financement.
• La distinction entre capitaux propres et dettes : aujourd’hui, la frontière entre les
capitaux propres et la dette n’est pas toujours nette. L’objectif de l'IASB est de
déterminer un mode rigoureux de distinction entre capitaux propres et dettes, afin de
ne pas s'interroger à chaque création de nouvel instrument.
• La reconnaissance des revenus : IAS 18 est une norme courte qui nécessite un
approfondissement. L'IASB souhaite préciser en particulier les règles de
comptabilisation, dans le cas de transactions à composantes multiples.
• La consolidation : les règles de consolidation sont à revoir, en particulier les critères
pour consolider ou non une entité particulière (ad hoc).
D’autres thèmes sont à l’étude : comptabilisation des avantages post retraite, pensions et
avantages assimilés (norme IAS 19), les contrats de location (IAS 17), … Ainsi, les émetteurs
et utilisateurs de comptes en IFRS doivent se maintenir en veille permanente et s’organiser
pour absorber la déferlante de nouvelles normes et interprétations à horizon 2009. On attend
également avec impatience que la logique des IFRS s'adapte finalement aux enjeux du
développement durable, et conduise les entreprises à publier des données beaucoup plus
détaillées dans les domaines sociaux et environnementaux. C'est une question d'orientation
des normes, mais aussi de gouvernance de l'IASB qui devrait tenir compte de l'avis des
différentes parties prenantes, et changer son orientation "investisseurs" en considérant que ces
derniers négligent les aspects durables alors même que la bonne gestion du "capital humain"
et du "capital naturel" sont des enjeux vitaux pour le développement économique et la planète.
Notes [modifier]
1. ↑ Ne serait-ce que parce que l’IASB fixe des règles très générales valables pour tout le monde mais que
l’application concrète dans un secteur d’activité doit donner lieu à une interprétation.
Sources [modifier]
Références [modifier]
1. ↑ Sylvain de Boissieu et Yann Morell y Alcover, « Les banques en pertes de valeur », dans Investir, 9
février 2008, p. page 30
2. ↑ Dominique et Etienne Doise, « Un moyen de financement du besoin en fonds de roulement :
l’escompte « sans recours » de crédit documentaire et son traitement au regard des normes IFRS »,
Journal des Sociétés, janvier 2009, n°61, p.72s
3. ↑ La crise signe-t-elle la fin de la juste valeur ? Eric Seyvos, Associé BMA, << Option Finance n°998
>>
4. ↑ Publication de la version définitive d'IFRS 9 "Instruments financiers" (phase 1) ,
http://www.focusifrs.com/menu_gauche/actualites_phare/iasb/publication_de_la_version_definitive_d_
ifrs_9_instruments_financiers_phase_1 [archive]
Bibliographie [modifier]
• Dossier, les normes IFRS : premier bilan avec les contributions de W. Nahum, J-L.
Mullenbach, P-J. Gaudel, N. Klapisz, F.Gintrac, S. Bonnet Bernard, F. Chevalier, E.
Seyvos et E. Doise, Journal des Sociétés, n°50, Janvier 2008,
• Bruno Bachy, Analyse financière des comptes consolidés, Normes IAS/IFRS, Dunod,
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• Pascal Barneto, Normes IAS/IFRS, Application aux états financiers, Dunod, 2005
• J.-F. Casta, B. Colasse, Juste valeur/Enjeux économiques et politiques, Ed.
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• Frederick D.S. Choi, Ann C. Frost, Gary K. Meek, International accounting,
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• Elie Cohen, Le Nouvel Age du capitalisme, Fayard, 2005.
• Sophie Dumas, La réforme comptable de l’IAS 39 et ses impacts sur les comptes
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• Ernst & Whinney, L’Impact de la septième directive: la consolidation des comptes en
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• Gérard Hautefeuille, Spécificités Banques, ouvrages IFRS 2005, Ed. Francis Lefebre,
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• IASB, IAS 39 Financial Instruments: recognition and measurement, IASB, 2003.
• IASC, International Accounting Standards Explained, Wiley, 2000.
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• Catherine Maillet, Anne Le Manh, Les normes comptables internationales IAS/IFRS,
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• PricewaterhouseCoopers, IFRS 2005, Divergences France/IFRS, Francis Lefebre,
2005.
• Nicole Rueff, Normes IAS/IFRS. Que faut-il faire ? Comment s’y prendre ? , Éditions
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• Laurent Bailly, Comprendre les IFRS - Guide pratique des différences à connaître
entre les normes IFRS et la comptabilité française - 3e édition, Éditions Maxima,
2007.
Compléments [modifier]
Formation Continue [modifier]
• Gouvernance d'entreprise
• Reporting financier aux États-Unis
• Stock-option
• Produit dérivé