0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
254 vues310 pages

Succion et stabilité des pentes en sols

Ce document présente une thèse de doctorat portant sur la stabilité des pentes dans des sols non saturés. La partie expérimentale a étudié les propriétés d'un limon belge sous différents états de saturation, montrant que la succion augmente la résistance au cisaillement. La partie numérique a utilisé la méthode 'c-φ reduction' pour modéliser deux cas réels et a trouvé que la prise en compte de la succion donne des coefficients de sécurité plus élevés.

Transféré par

athena7red
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
254 vues310 pages

Succion et stabilité des pentes en sols

Ce document présente une thèse de doctorat portant sur la stabilité des pentes dans des sols non saturés. La partie expérimentale a étudié les propriétés d'un limon belge sous différents états de saturation, montrant que la succion augmente la résistance au cisaillement. La partie numérique a utilisé la méthode 'c-φ reduction' pour modéliser deux cas réels et a trouvé que la prise en compte de la succion donne des coefficients de sécurité plus élevés.

Transféré par

athena7red
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

UNIVERSITE DE LIEGE

FACULTE DES SCIENCES APPLIQUEES

Stabilit des pentes et saturation partielle


Etude exprimentale et modlisation numrique

Par
Jean-Pierre MASEKANYA

Thse prsente en vue de l'obtention


du grade de Docteur en Sciences de l'Ingnieur

Jury: A. BOLLE, Professeur l'Universit de Lige, Prsident


R. CHARLIER, Professeur l'Universit de Lige, Promoteur
F. COLLIN, Chercheur Qualifi FNRS l'Universit de Lige, Co-promoteur
L. LALOUI, Professeur l'Ecole Polytechnique Fdrale de Lausanne
C. SCHROEDER, Charg de cours adjoint l'ULg, Professeur l'ULB et l'UCL
J.F. THIMUS, Professeur l'Universit Catholique de Louvain
C. TREVE, Gologue Senior, CFE
J.C. VERBRUGGE, Professeur l'ULB et la Facult Agronomique de Gembloux
Anne acadmique 2007-2008

Remerciements
En premier lieu, je voudrais remercier mon promoteur de thse le Professeur Robert
CHARLIER pour m'avoir fait l'honneur de me permettre de travailler sous sa direction depuis
le DEA et pendant ces annes de thse. J'tais un anonyme tudiant qui venait de dbarquer
d'Afrique, il n'tait pas au courant ni de ma personnalit, ni de mes comptences
professionnelles et il m'a accorde sa confiance en m'intgrant dans son quipe de recherche.
Je n'avais jamais touch un ordinateur, ni utilis un code de calcul, ni manipul un appareil
de laboratoire. Il a vite compris que l'enseignement de l'araigne n'est pas pour la mouche et il
a mis sur place une mthodologie approprie, un enseignement judicieux et rigoureux, il a fait
de moi ce que je suis aujourd'hui, qu'il trouve ici l'expression de ma sincre gratitude.
Je m'en voudrais d'attendre plus longtemps pour exprimer ma reconnaissance Frdric
COLLIN Co-promoteur de cette thse, qui je dois la moiti de mon titre. Patient et rsolu, il
m'a accompagn au cours de ce long cheminement o c'est le plus endurant qui arrive
destination.
Au cours de mon travail, le comit de ma thse s'est runi rgulirement pour mettre au point
les principales orientations de ce travail, cela m'a pouss formaliser les rsultats obtenus.
Merci donc :
Albert BOLLE Professeur l'Universit de Lige pour la partie exprimentale de mon
travail. Il m'a fait profiter de son exprience, ses conseils et ses critiques constructives.
L'aide apporte surtout l'interprtation des rsultats exprimentaux m'a permis de
valoriser tous mes essais, cela n'tait pas vident pour moi. Je le remercie galement
d'avoir accept de prsider ce jury.
Jean-Claude VERBRUGGE, Professeur l'Universit Libre de Bruxelles. J'ai
particulirement apprci la pertinence de ses conseils, de ses commentaires et de ses
encouragements pour mener bien l'exprimentation en non satur. Il a toujours manifest
enthousiasme et sympathie pour rpondre mes nombreuses requtes. Je me souviens
galement d'une visite enrichissante du laboratoire Jacques Verdeyen qui m'a inspir dans
la mise en place du dispositif de contrle de la succion par surpression d'air. Je saisis cette
occasion pour remercier Willy BODENGHIEN, technicien au sein de ce laboratoire.
Christian SCHROEDER, Charg de cours adjoint l'ULg, Professeur l'ULB et l'UCL
pour une multitude d'explications et de conseils. Je me souviendrai toujours de la phrase

qu'il prononait chaque fois que je toquais sa porte: "Que puis-je faire pour vous JeanPierre." Grand merci pour son apport mon travail.
Christian TREVE, Gologue Senior au Design Department CFE pour ses points de vue
d'entrepreneur, praticien et homme de terrain. Ses commentaires et suggestions ont apport
beaucoup d'intrts mon travail.
Jean Franois THIMUS, Professeur l'Universit Catholique de Louvain et Lyesse
LALOUI, Professeur l'Ecole Polytechnique Fdrale de Lausanne pour avoir accept de
faire partie de mon jury de thse.
Je tiens galement remercier l'quipe du Prof Robert CHARLIER. Malgr les thmes de
travail trs varis des uns et des autres, j'ai pu profiter des comptences de tous, ils ont relu
attentivement tout mon travail, merci pour le temps qu'ils ont consacr redonner un peu de
rigueur ma plume qui a tendance manifester sa couleur, il faut laisser le souci d'lgance
aux tailleurs et aux cordonniers, qu'il en soit donc ainsi. Merci donc :
Jean Pol RADU pour toute l'aide apporte surtout pour la partie numrique, sa
disponibilit, son attention ont t dterminantes pour l'apprentissage du code Lagamine.
Pierre GERARD, Arnauld DIZIER, Sverine LEVASSEUR ainsi que tous ceux ou celles
qui ont fait partie de cette quipe: Nathalie BOUKPETI, Ccile COLL, Gwenalle
TYBERGHEIN.
Je remercie galement toute l'quipe du laboratoire de gotechnologies de l'Universit de
Lige et en particulier Pierre ILLING et Philippe DEMOULIN qui m'ont permis de mener
bien mes essais, cette partie de mon travail n'aurait pas pu se concrtiser sans leur aide
prcieuse, je leur dis merci.
Sur un autre plan, la ralisation de cette thse a exig beaucoup de moyens, je voudrais
remercier le peuple burundais qui a financ ma bourse d'tude malgr la pauvret absolue
dans laquelle elle vit. J'espre en retour mettre sa disposition tout ce que j'ai appris durant
toutes ces annes.
Je suis reconnaissant envers l'Universit de Lige via le CECODEL, le service social des
tudiants pour leur aide financire octroye, la CUD qui m'a permis de garder le contact avec
mon Universit d'origine en finanant des missions d'enseignement. Un grand merci pour le
dpartement GEO3 qui a rgulirement financ mes sjours pour des confrences, des
formations, etc.

Enfin, un grand merci s'adresse ma femme, Madame Esprance et mes enfants Chris,
Nella et Jolle. En tenant compte de leur soutien, comprhension et sacrifices, je leur ddie
cette thse.

Rsum

RESUME
Les paramtres de rsistance au cisaillement des sols saturs sont souvent utiliss pour les
analyses de stabilit de pentes. Dans les couches de sol situes au-dessus de la nappe, les
pressions interstitielles de leau sont ngatives et leffet de la succion est gnralement
nglig. Cette hypothse est-elle raisonnable lorsque la majeure partie de la surface de
glissement est au-dessus du niveau de la nappe? Notre travail tient compte des
dveloppements rcents dans les procdures exprimentales et les approches thoriques. Ces
recherches mettent en vidence certains aspects du comportement d'un sol non satur et les
effets de la succion sur la stabilit des pentes.
Dans la partie exprimentale de ce travail, nous avons test un limon d'Awans, un matriau
naturel reprsentatif des sols de la rgion de Hesbaye (Belgique). Nous l'avons d'abord tudi
en conditions satures afin davoir un tat de rfrence. Ensuite, des essais oedomtriques et
triaxiaux succion ou teneur en eau contrle ainsi que les essais de mesure de succion
nous ont permis de mettre en vidence certains comportements hydromcaniques du matriau
en conditions non satures. Des essais oedomtriques succion contrle par la mthode
osmotique ont montr que la succion rend le matriau plus rigide et accrot sa surface de
plasticit. L'valuation de la rsistance au cisaillement a t faite de deux manires. D'une part
en ralisant des essais triaxiaux surpression d'air, une mthode assez complexe et qui dure
longtemps. D'autre part, des essais triaxiaux non consolids et non drains UU qui sont
nettement plus simple et plus rapide raliser, mais moins prcis. D'une faon gnrale, les
deux mthodes ont montr que la succion favorise le drainage du sol. Cet tat s'accompagne
d'une augmentation de la rsistance au cisaillement du matriau via la "cohsion capillaire".
Dans la partie numrique de ce travail, nous avons tudi deux cas d'tude afin de montrer
l'effet de la succion sur la stabilit des pentes. Pour cela, nous avons dvelopp des outils
numriques qui offrent la possibilit de prendre en compte la succion. Pour le calcul de la
stabilit, nous avons utilis la mthode appele "c- rduction" du code lments finis
LAGAMINE et nous l'avons compare aux mthodes de calcul classiques. Les applications
ont montr que la prise en compte de la succion dans le calcul de stabilit des pentes conduit
une augmentation du coefficient de scurit.

Mots cls: sol non satur, succion, cohsion capillaire, mthodes d'quilibre limite, mthode
"c- rduction", coefficient de scurit.

Abstract

ii

ABSTRACT
The shear strength parameters of saturated soils are usually used for the analyses of slope
stability. In the soil layers located above the water-table, the pore water pressures are negative
and the effect of suction is generally neglected. Is this assumption reasonable when the major
part of the slip surface is above the water-table? Our work takes account of the recent
developments in the experimental procedures and the theoretical approaches. This research
shows the aspects of unsaturated soils behavior and the effects of suction on slope stability.
In the experimental part of this work, we tested the Awans silt, a natural material
representative of soil in Hesbaye (Belgium). First, we studied this soil in saturated conditions
in order to have a reference state. After, oedometers and triaxial tests with control of suction
or water content, completed by suction measure test were realized. They showed us some
hydromechanics behaviors of material in unsaturated conditions. So, the oedometer test with
suction controlled by the osmotic method showed that suction makes material more rigid and
increases its plasticity surface. Two technics are used to analyse the shear strength: the first
one by controlling the excess air pressure in the sample, it is a complex method which takes
long time. The second one consists in controlling water content during unconsolidated and
undrained triaxial test (UU): this is a simple method, easy and more rapid to realize, but less
precise. In general, these two methods showed that suction induced drainage of the soil. This
involves the material shear strength increase by the "capillary cohesion".
In the numerical part of this work, we studied two cases in order to show the effect of suction
on slope stability. We developed numerical tools which take into account suction. We used
"c- reduction" method of the finite element code LAGAMINE and we compared it with
traditional methods of stability studies. These applications showed that taking into account of
suction in the slope stability calculation increases the safety factor.

Key words: unsaturated soil, suction, capillary cohesion, limit equilibrium method, "c-
reduction" method, safety factor.

Table des matires

iii

TABLE DES FIGURES............................................................................................................... vi


Table des notations.....................................................................................................................xiii
CHAPITRE I: Introduction ......................................................................................................... 3
1
2
3

Introduction gnrale............................................................................................................... 3
Objectifs .................................................................................................................................. 4
Plan du travail.......................................................................................................................... 5

CHAPITRE II: Etat des connaissances sur les sols non saturs............................................. 11
1

Introduction ......................................................................................................................... 11

Dfinition de la succion ....................................................................................................... 15

Aspects hydriques fondamentaux des sols non saturs.................................................... 18

3.1
3.2
3.3
4
4.1
4.2

Courbes de rtention d'eau ................................................................................................ 18


Phnomne d'hystrsis..................................................................................................... 20
Permabilit leau........................................................................................................... 22
Comportements mcaniques fondamentaux des sols non saturs .................................. 24
Comportement volumique................................................................................................. 24
Comportement dviatorique.............................................................................................. 26

Notion de contrainte effective pour les sols non saturs .................................................. 28

Prise en compte de la succion dans le problme de stabilit de pente ............................ 32

Conclusions .......................................................................................................................... 33

CHAPITRE III: Mthodes de calcul de la stabilit des pentes ............................................... 37


1
1.1
1.2
2
2.1
2.2
2.3
2.4
2.5
3
3.1
3.2
3.3
3.4

Gnralits ........................................................................................................................... 37
Notion de facteur de scurit............................................................................................. 38
Le choix du type de mthode de calcul ............................................................................. 39
Mthodes l'quilibre limite.............................................................................................. 40
Introduction ....................................................................................................................... 40
Principes et hypothses des mthodes d'quilibre limite .................................................. 41
Limitations des mthodes d'quilibre limite ..................................................................... 48
Prise en compte de l'effet de la succion. ........................................................................... 49
Modification de l'analyse de la stabilit en tenant compte de la succion.......................... 50
Mthode des lments finis ................................................................................................. 52
Introduction ....................................................................................................................... 52
Quelques concepts de base................................................................................................ 53
Formulation de l'lment fini coupl CSOL2 ................................................................... 57
Conditions aux limites....................................................................................................... 62

Table des matires

3.5
3.6
3.7
3.8
4

iv

Formulation d'une loi de comportement lasto-plastique: PLASOL ................................ 62


Modle frottement interne: modle PLASOL (Barnichon [1998]) ................................ 63
Calcul du coefficient de scurit avec un code lments finis .......................................... 68
Prise en compte de la succion ........................................................................................... 72
Conclusions .......................................................................................................................... 74

CHAPITRE IV: Techniques exprimentales de contrle et de mesure de la succion .......... 77


1

Introduction ......................................................................................................................... 77

Techniques de mesure de la succion .................................................................................. 77

2.1
2.2
2.3
2.4
3
3.1
3.2
3.3
3.4
4

Tensiomtre....................................................................................................................... 77
Mthode du papier filtre.................................................................................................... 78
Mesure psychromtrique de la succion ............................................................................. 79
Mesure de succion par dautres mthodes......................................................................... 80
Techniques de contrle de la succion................................................................................. 80
Contrle par plaque tensiomtrique .................................................................................. 80
Contrle par translation daxes ......................................................................................... 81
Technique de contrle osmotique ..................................................................................... 83
Technique de contrle par phase de vapeur ...................................................................... 85
Conclusions .......................................................................................................................... 86

CHAPITRE V: Rsultats exprimentaux ................................................................................. 91


1

Introduction ......................................................................................................................... 91

Description du matriau utilis.......................................................................................... 91

2.1
2.2

Caractristiques principales du limon dAwans................................................................ 91


Prparation des chantillons.............................................................................................. 95

Programme d'essais............................................................................................................. 97

Essais oedomtriques: rsultats et analyse........................................................................ 98

4.1
4.2
5

Essais oedomtrique satur ............................................................................................... 98


Essais oedomtriques non saturs (mthode osmotique) ................................................ 100
Essais triaxiaux saturs CU: rsultats et analyse ........................................................... 104

6
Essais triaxiaux non saturs-mthode par surpression d'air: mthodologie et
rsultats ...................................................................................................................................... 109
7
7.1
7.2
7.3
8

Essais triaxiaux non saturs (UU) - mthode simplifie: mthodologie et rsultats ... 120
Introduction ..................................................................................................................... 120
Description de la mthodologie....................................................................................... 120
Rsultats en contraintes totales ....................................................................................... 123
Courbe de rtention .......................................................................................................... 136

Table des matires

Interprtation des essais triaxiaux non saturs .............................................................. 139

9.1
9.2
9.3
9.4
9.5
9.6

Introduction ..................................................................................................................... 139


Effet de l'tat hydrique sur les paramtres de rsistance (densit constante).................. 139
Effet de la densit teneur en eau constante................................................................... 150
Effet de la densit tat de saturation constante............................................................. 154
Cohsion et angle de frottement pour la contrainte de Bishop ....................................... 160
Comparaison des essais rigoureux surpression d'air et essais simplifis UU............... 163

10

Conclusions .................................................................................................................... 165

CHAPITRE VI: Calcul de stabilit: tude de cas .................................................................. 171


1

Introduction ....................................................................................................................... 171

Etude thorique d'un talus homogne............................................................................. 171

2.2
2.3
3
3.1
3.2
3.3
3.4
4
4.1
4.2
4.3
5

Talus homogne sans eau................................................................................................ 173


Talus homogne avec eau ............................................................................................... 183
Modlisation de la teneur en eau dans la zone non sature........................................... 194
Modlisation de l'infiltration d'eau.................................................................................. 195
Effet de permabilit ....................................................................................................... 205
Effet de la rpartition temporelle des pluies.................................................................... 206
Application au cas du talus homogne............................................................................ 213
Talus dans un terrain form de deux couches ................................................................ 215
Mthode des lments finis ............................................................................................. 216
Mthodes d'quilibre limite............................................................................................. 229
Comparaison des mthodes............................................................................................. 230
Conclusions ........................................................................................................................ 231

CHAPITRE VII: Conclusions gnrales et perspectives....................................................... 235


1

Synthse.............................................................................................................................. 235

Contributions de cette thse ............................................................................................. 239

Perspectives de ce travail.................................................................................................. 240

ANNEXES.................................................................................................................................. 241
Annexe 1: Rsultat des essais UU............................................................................................... 243
Annexe 2: Rsultat des essais CD surpression d'air ................................................................. 257
Annexe 3: Etude de sensibilit sur les paramtres de rsistance c et ...................................... 266
REFERENCES .......................................................................................................................... 273

Table des figures

vi

TABLE DES FIGURES


Figure 2. 1: Structures possibles des sols non saturs, WROTH et al. [1985]........................ 12
Figure 2. 2: Profil type des pressions deau uw au-dessus dune nappe et volution du degr
de saturation Sr, JENNINGS [1960] ................................................................................ 13
Figure 2. 3: Evolution des permabilits relatives de lair kra et de leau krw en fonction du
degr de saturation Sr, SEKER [1983] ............................................................................ 13
Figure 2. 4: Actions des forces sur une molcule deau, DELAGE et al. [2001a].................. 16
Figure 2. 5: Remonte capillaire dans un tube, DELAGE et al. [2001a] ............................... 16
Figure 2. 6: Mcanismes possibles dadsorption la surface de largile, MITCHELL [1976]:
(a) liaisons hydrognes ; (b) hydratation des ions ; (c) attraction osmotique ; (d)
attraction lectrique du diple ......................................................................................... 17
Figure 2. 7: Courbe de rtention d'eau d'un sol non satur en cours de schage, LI [2000] . 19
Figure 2. 8: Courbes de rtention d'eau d'un sable argileux, CRONEY [1952] ..................... 21
Figure 2. 9: Mcanismes invoqus pour l'hystrsis des courbes de rtention d'eau, DELAGE
et al. [2001a].................................................................................................................... 22
Figure 2. 10: Permabilit kw dun sol non satur, LI [2000]................................................. 23
Figure 2. 11: Effets de la succion sur la compressibilit dun limon de Jossigny compact,
CUI et al. [1996].............................................................................................................. 24
Figure 2. 12: Essais oedomtriques succion contrle raliss sur des agrgats d'argile de
Boom, rsultats UPC, VOLCKAERT et al. [1996] .......................................................... 25
Figure 2. 13: Gonflement irrversible, CHU et MOU [1973]................................................. 26
Figure 2. 14: Essai sur un limon compact, CUI [1993] ........................................................ 26
Figure 2. 15: Module de cisaillement maximal de deux sols faiblement argileux en petites
dformations en fonction de la pression capillaire, BRULL [1980]................................ 27
Figure 2. 16: Variations des modules de Young (a) et de cisaillement (b), CUI [1993]......... 27
Figure 2. 17: Essais triaxiaux diffrents niveaux de succion, CUI [1993] .......................... 28
Figure 2. 18: Principe de contrainte effective en sol satur, DELAGE et al. [2001b] ........... 28
Figure 2. 19: Relation propose entre le paramtre et le degr de saturation Sr ................. 29
Figure 2. 20: Surface d'tat pour un sol non satur, MATYAS et al. [1968]........................... 31
Figure 3. 1: Exemple d'une rupture circulaire ........................................................................ 41
Figure 3. 2: Forces appliques sur une tranche dans la mthode de Fellenius ...................... 44
Figure 3. 3: Forces appliques sur une tranche dans la mthode de Bishop simplifie ......... 45
Figure 3. 4: Inclinaison des forces dans la mthode Sudoise modifie ................................. 46
Figure 3. 5: Coordonnes de la surface de glissement pour la mthode de Spencer .............. 47
Figure 3. 6: Mobilisation de la rsistance au cisaillement le long d'un plan de glissement,
DUNCAN et WRIGHT [2005].......................................................................................... 49
Figure 3. 7: Efforts sur la tranche et rpartition des pressions d'eau ..................................... 50
Figure 3. 8: Equilibre en surface et en volume........................................................................ 54
Figure 3. 9: Diffrentes configurations d'un corps: (conf. initiale), (conf. de rfrence), *
(conf. dforme). .............................................................................................................. 55
Figure 3. 10: Elment isoparamtrique huit nuds.............................................................. 58
Figure 3. 11: Les diffrents domaines dfinis par une surface de plasticit dans l'espace des
contraintes........................................................................................................................ 63
Figure 3. 12: Modle frottement interne dans le plan (I , II ) ........................................... 64

Table des figures

vii

Figure 3. 13: Angle de frottement en extension fonction de l'angle en compression............... 64


Figure 3. 14: Modles frottement interne dans le plan dviatoire ( = 20) ....................... 66
Figure 3. 15: Relation hyperbolique d'crouissage pour deux valeurs du coefficient Bp (avec
0 = 30, f =35)............................................................................................................. 68
Figure 3. 16: Reprsentation dun talus dit dj en place....................................................... 70
Figure 3. 17: Exemple de ralisation dun remblai ................................................................. 70
Figure 3. 18: Exemple de ralisation dun dblai ................................................................... 71
Figure 3. 19: Evolution temporelle du coefficient de rduction des paramtres c et .......... 72
Figure 4. 1: Tensiomtre et plaque de succion, LI [2000] ...................................................... 78
Figure 4. 2: Mthode du papier-filtre, DELAGE et al. [2001a].............................................. 78
Figure 4. 3: Courbe d'talonnage du papier filtre Whatman n 42 sec et humide, DELAGE et
al. [2001a]........................................................................................................................ 79
Figure 4. 4: Plaque tensiomtrique (faibles succions), DELAGE et al. [2001a] ................... 81
Figure 4. 5: Plaque tensiomtrique, DELAGE et al. [2001a] ................................................. 81
Figure 4. 6: Cellule de Richards pour le contrle de succion par translation daxe (DELAGE
et al. [2001a].................................................................................................................... 82
Figure 4. 7: Technique osmotique: relation entre succion et concentration, WILLIAMS et al.
[1969]............................................................................................................................... 83
Figure 4. 8: Mise en uvre de la technique osmotique, DELAGE et al. [2001a] ................... 84
Figure 4. 9: Contrle de succion par phase vapeur, l'aide d'un dessiccateur et d'une
solution saline sature, DELAGE et al. [2001a]. ........................................................... 86
Figure 5. 1: Courbe granulomtrique du limon d'Awans ........................................................ 92
Figure 5. 2: Limites d'Atterberg du limon d'Awans. ................................................................ 93
Figure 5. 3: Limon d'Awans dans la classification GTR. ........................................................ 93
Figure 5. 4: Rsultats de l'essai Proctor standard sur le limon d'Awans. ............................... 94
Figure 5. 5: Reconstitution des chantillons............................................................................ 96
Figure 5. 6: Courbe oedomtrique sature.............................................................................. 99
Figure 5. 7: Cellule oedomtrique succion contrle, DELAGE et al. [1992] .................. 100
Figure 5. 8: Courbe de calibrage de la concentration de la solution PEG en fonction de la
succion 25C. .............................................................................................................. 101
Figure 5. 9: Courbes oedomtriques succion contrle ..................................................... 101
Figure 5. 10: Evolution de la pression de consolidation en fonction de la succion .............. 102
Figure 5. 11: Evolution relative des indices d'lasticit Cs et de compression Cc en fonction de
la succion........................................................................................................................ 102
Figure 5. 12: Evolution du rapport des indices d'lasticit et de compression en fonction de la
succion............................................................................................................................ 103
Figure 5. 13: Evolution de l'indice des vides initial (aprs quilibre des succions) en fonction
de la succion, contrainte quasi nulle........................................................................... 103
Figure 5. 14: Diagramme dviateur-dplacement axial: a) 3= 50kPa, b) 3= 100kPa, c) 3=
200kPa............................................................................................................................ 105
Figure 5. 15: Diagramme pression d'eau-dplacement axial................................................ 106
Figure 5. 16: Diagramme dviateur-contrainte moyenne ..................................................... 106
Figure 5. 17: Cercle de Mohr et droite intrinsque ............................................................... 107
Figure 5. 18: Forme de la rupture (en barillet)..................................................................... 108
Figure 5. 19: Appareil triaxial modifi.................................................................................. 110

Table des figures

viii

Figure 5. 20: Modifications au niveau de lembase............................................................... 111


Figure 5. 21: Dispositif de tout lappareillage ...................................................................... 112
Figure 5. 22: Dispositif en T pour piger les bulles d'air...................................................... 113
Figure 5. 23: Chemin des contraintes au sein de lchantillon ............................................. 115
Figure 5. 24: Echange d'eau uair = 20 kPa ......................................................................... 116
Figure 5. 25: Courbe de cisaillement uair = 20 kPa: a) 3 = 50 kPa, b) 3 = 100 kPa, c) 3 =
200 kPa........................................................................................................................... 117
Figure 5. 26: Chemin des contraintes par rapport aux invariants de contraintes (p,q)........ 117
Figure 5. 27: Cercles de Mohr pour uair = 20 kPa (critre de rupture= qmax) ...................... 118
Figure 5. 28: Cercles de Mohr pour uair = 20 kPa (le critre de rupture est q 2% de
dformation) ................................................................................................................... 119
Figure 5. 29: Courbe Proctor et localisation des points pour les essais............................... 121
Figure 5. 30: Echantillons pour la mesure du gradient de compacit .................................. 121
Figure 5. 31: Dformation au cours de l'essai....................................................................... 123
Figure 5. 32: Dformation au cours de l'essai (points 1 et 8) ............................................... 124
Figure 5. 33: Courbe de cisaillement pour le point 2............................................................ 125
Figure 5. 34: Cercle de Mohr pour le point 2 (le critre de rupture est le dviateur maximum)
........................................................................................................................................ 126
Figure 5. 35: Cercle de Mohr pour le point 2 (le critre de rupture est le dviateur 2% de
dformation) ................................................................................................................... 126
Figure 5. 36: Courbe de cisaillement pour le point 8............................................................ 127
Figure 5. 37: Cercle de Mohr pour le point 8 (le critre de rupture est dviateur maximum)
........................................................................................................................................ 128
Figure 5. 38: Cercle de Mohr pour le point 8 (le critre de rupture est le dviateur 2% de
dformation) ................................................................................................................... 128
Figure 5. 39: Courbes de rtention du limon d'Awans (calage des courbes par l'quation de
VAUCLIN et al. [1976]), du limon de Limelette et du limon de Sterrebeek .................. 137
Figure 5. 40: Localisation des chantillons sur la courbe Proctor ...................................... 140
Figure 5. 41: Rsistance maximale en fonction de la teneur en eau ..................................... 140
Figure 5. 42: Evolution du module scant Es en fonction du confinement (points de mme
densit) ........................................................................................................................... 141
Figure 5. 43: Cohsion et angle de frottement en fonction de la teneur en eau (points de mme
densit) ........................................................................................................................... 142
Figure 5. 44: Cohsion et angle de frottement en fonction de la succion (points de mme
densit) ........................................................................................................................... 142
Figure 5. 45: Cohsion en fonction de la teneur en eau (points de mme densit) ............... 144
Figure 5. 46: Cohsion en fonction de la succion (points de mme densit)......................... 144
Figure 5. 47: Contraintes dans le plan de rupture ................................................................ 146
Figure 5. 48: Valeurs de la corrlation R2 en fonction de ................................................. 147
Figure 5. 49: Rgression linaire dans les axes semi-logarithmiques .................................. 147
Figure 5. 50: Comparaison entre la cohsion classique et la cohsion calcule par l'quation
[5.10], (densit constante). ............................................................................................ 148
Figure 5. 51: Changement de cohsion suite une variation de l'angle de frottement......... 148
Figure 5. 52: Comparaison entre la cohsion obtenue par la mthode classique et la cohsion
calcule par les quations [5.1], [5.3] et [5.10]............................................................ 150
Figure 5. 53: Effet de la densit sur la cohsion et l'angle de frottement (points 1-2).......... 151
Figure 5. 54: Effet de la densit sur le module scant (points 1-2) ....................................... 151

Table des figures

ix

Figure 5. 55: Effet de la densit sur la cohsion et l'angle de frottement (points 3-6-4-5) ... 152
Figure 5. 56: Effet de la densit sur le module scant (points 3-6-4-5) ................................ 152
Figure 5. 57: Effet de la densit sur la cohsion et l'angle de frottement (points 7-8-9-uair=50
kPa) ................................................................................................................................ 153
Figure 5. 58: Effet de la densit sur le module scant (points 9-8-7-uair= 50 kPa) .............. 153
Figure 5. 59: Effet de la teneur en eau et de la densit sur la cohsion et l'angle de frottement
(points 1-4-6-9-uair=100 kPa) saturation constante ................................................... 155
Figure 5. 60: Effet de la teneur en eau et de la densit sur la cohsion et l'angle de frottement
(points 2-3) saturation constante ................................................................................ 155
Figure 5. 61: Effet de la teneur en eau et de la densit sur la cohsion et l'angle de frottement
(points 5-8-uair=50 kPa) saturation constante ............................................................ 156
Figure 5. 62: Effet de la teneur en eau et de la densit sur la cohsion saturation constante
(3D) ................................................................................................................................ 156
Figure 5. 63: Effet de la teneur en eau et de la densit sur l'angle de frottement saturation
constante (3D) ................................................................................................................ 157
Figure 5. 64: Module scant des points ayant une mme saturation (1-4-6-9-uair=100 kPa)
........................................................................................................................................ 157
Figure 5. 65: Module scant des points ayant une mme saturation (points 1-4-6-9-uair=100
kPa: 3D) ......................................................................................................................... 158
Figure 5. 66: Module scant des points ayant une mme saturation (points 2-3)................. 158
Figure 5. 67: Effet de la teneur en eau et de la densit sur le module scant (points 2-3: 3D)
saturation constante ....................................................................................................... 159
Figure 5. 68: Module scant des points ayant une mme saturation (points 5-8-uair=50 kPa)
........................................................................................................................................ 159
Figure 5. 69: Module scant des points ayant une mme saturation (points 5-8-uair=50 kPa:
3D).................................................................................................................................. 160
Figure 5. 70: Cohsion (a) et angle de frottement (b) en fonction de la succion ( dtermins
par la mthode de surpression d'air) ............................................................................. 161
Figure 5. 71: Cercles de Mohr en contraintes de Bishop pour les chantillons ayant une
mme densit (points 2, 4, 6 et 8), essais UU................................................................. 162
Figure 5. 72: Evolution de la cohsion capillaire (Essais UU)............................................. 163
Figure 5. 73: Evolution de c (a) et (b) en fonction de la succion pour diffrentes mthodes
........................................................................................................................................ 165
Figure 6. 1: Gomtrie du talus ............................................................................................. 174
Figure 6. 2: Cercle de glissement critique (Fs minimum)...................................................... 175
Figure 6. 3: Conditions limites du talus................................................................................. 176
Figure 6. 4: Norme des vitesses (V) ....................................................................................... 177
Figure 6. 5: Vecteur des vitesses (V)...................................................................................... 177
Figure 6. 6: Incrment des dformations dviatoriques sur un pas (Var7)........................... 177
Figure 6. 7: Dformations dviatoriques quivalentes de Von Mises (E-EQ)....................... 177
Figure 6. 8: Effet de la cohsion (a) et de l'angle de frottement (b) sur Fs (c- rduction) .. 178
Figure 6. 9: Effet de la cohsion (a) et de l'angle de frottement (b) sur la courbe de glissement
........................................................................................................................................ 179
Figure 6. 10: Effet de la dilatance sur Fs ............................................................................... 180
Figure 6. 11: Comparaison des mthodes de calcul (effet de la cohsion (a) et de l'angle de
frottement (b)) ................................................................................................................ 181

Table des figures

Figure 6. 12: Entre en plasticit pour diffrents modles frottement interne dans le plan
dviatoire ( = 20), MC: Mohr Coulomb; DP: Drcker Prager; VE: Van Eekelen ... 182
Figure 6. 13: Talus homogne avec eau ................................................................................ 183
Figure 6. 14: Courbes de rtention obtenues au laboratoire sur chantillons non remanis185
Figure 6. 15: Estimation de la permabilit sur base des essais de permabilit au moyen du
permamtre de Guelph ................................................................................................. 186
Figure 6. 16: Calage des courbes de rtention (a) et de permabilit (b) du limon de Limelette
........................................................................................................................................ 187
Figure 6. 17: Conditions limites pour la mcanique ............................................................. 188
Figure 6. 18: Conditions limites pour l'coulement............................................................... 188
Figure 6. 19: Conditions initiales pour l'coulement............................................................ 189
Figure 6. 20: Profil des pressions d'eau (nappe au bord droit 35m).................................. 189
Figure 6. 21: Profil de saturation (nappe au bord droit 35m) ........................................... 189
Figure 6. 22: Norme des vitesses (V) ..................................................................................... 190
Figure 6. 23: Vecteur des vitesses (V).................................................................................... 190
Figure 6. 24: Incrment des dformations dviatoriques sur un pas (Var7)......................... 191
Figure 6. 25: Dformations dviatoriques quivalentes de Von Mises (E-EQ)..................... 191
Figure 6. 26: Norme des vitesses (V) ..................................................................................... 191
Figure 6. 27: Vecteur des vitesses (V).................................................................................... 192
Figure 6. 28: Incrment des dformations dviatoriques sur un pas (Var7)......................... 192
Figure 6. 29: Dformations dviatoriques quivalentes de Von Mises (E-EQ)..................... 192
Figure 6. 30: Comparaison des mthodes de calcul en hydromcanique ............................. 194
Figure 6. 31: Gomtrie du modle (colonne de terre) ......................................................... 196
Figure 6. 32: Courbes de rtention des couches C1 C4 ..................................................... 197
Figure 6. 33: Courbes de permabilit relative dtermine par les mesures in situ 1,5 m de
profondeur (permamtre de Guelph) et par approximation numrique pour les couches
1 4................................................................................................................................ 197
Figure 6. 34: Conditions limites dinfiltration et d'vapotranspiration ................................ 198
Figure 6. 35: Mesures des prcipitations et modlisation de linfiltration correspondante dans
le sol en fonction du temps (01/06/04 au 01/08/04) ....................................................... 199
Figure 6. 36: Exemple de calcul de linfiltration dans le sol en fonction du temps ............. 201
Figure 6. 37: Profil des pressions (a) et de saturation (b) initiales....................................... 202
Figure 6. 38: Dates choisies pour l'interprtation des rsultats............................................ 203
Figure 6. 39: Profil des pressions d'eau (a) et de la saturation (b) dans la colonne ............ 203
Figure 6. 40: Evolution temporelle des pressions (a) et de la saturation (b) sur 2 mois ...... 204
Figure 6. 41: Effet de permabilit sur le profil des pressions (a) et de saturation (b) ........ 205
Figure 6. 42: Prcipitations journalires de l'anne 2004 (Station mtorologique de
Bruxelles) ....................................................................................................................... 207
Figure 6. 43: Prcipitations mensuelles ................................................................................ 208
Figure 6. 44: Evolution temporelle des pressions (a) et de la saturation (b) sur 1 an.......... 208
Figure 6. 45: volution temporelle des pressions (a) et de la saturation (b) (moyennes
mensuelles) ..................................................................................................................... 209
Figure 6. 46: volution temporelle des pressions (a) et de la saturation (b) (rpartition
uniforme) ........................................................................................................................ 209
Figure 6. 47: Evolution temporelle des pressions (a) et de saturation (b) sur 1 an (dans la
couche C1)...................................................................................................................... 210
Figure 6. 48: Modlisation de l'infiltration aprs stabilisation............................................. 211

Table des figures

xi

Figure 6. 49: Profil des pressions (a) et de saturation (b) dans la colonne de sol................ 212
Figure 6. 50: Conditions limites pour l'coulement............................................................... 213
Figure 6. 51: Evolution temporelle de la pression pendant 2 ans ........................................ 215
Figure 6. 52: Gomtrie du modle compos de deux couches ............................................. 216
Figure 6. 53: Variation du coefficient de scurit en fonction de la cohsion ...................... 218
Figure 6. 54: Norme des vitesses (V), (rduction de c' et ' dans la couche de limon
uniquement).................................................................................................................... 219
Figure 6. 55: Vecteur des vitesses (V), (rduction de c' et ' dans la couche de limon
uniquement).................................................................................................................... 219
Figure 6. 56: Incrment des dformations dviatoriques sur un pas (Var7), (rduction de c' et
' dans la couche de limon uniquement) ....................................................................... 220
Figure 6. 57: Dformations dviatoriques quivalentes de Von Mises (E-EQ), (rduction de c'
et ' dans la couche de limon uniquement) ................................................................... 220
Figure 6. 58: Norme des vitesses (V) (rduction de c' et ' dans les deux couches) ............ 221
Figure 6. 59: Conditions initiales pour l'coulement............................................................. 221
Figure 6. 60: Courbe de rtention du limon d'Awans............................................................ 222
Figure 6. 61: Courbe de permabilit relative du limon de Limelette................................... 223
Figure 6. 62: Courbes de rtention dtermines l'appareil de Richards pour le sable de
Bierbeek.......................................................................................................................... 223
Figure 6. 63: Calibrage de la courbe de rtention du sable de Bierbeek.............................. 224
Figure 6. 64: Permabilits relatives d'un sable non satur, VACHAUD et al. [1974]........ 224
Figure 6. 65: Calibrage de la courbe de permabilit relative d'un sable non satur.......... 225
Figure 6. 66: Profil de succion (a) et de saturation (b) en fonction du niveau (bord droit du
talus)............................................................................................................................... 226
Figure 6. 67: Evolution de la cohsion capillaire ................................................................. 227
Figure 6. 68: Courbe de glissement obtenue en tenant compte de la cohsion capillaire .... 229
Figure 6. 69: Cercle de glissement critique (mthode des tranches)..................................... 230
Figure A.1. 1: Courbe de cisaillement pour le point 1 .......................................................... 243
Figure A.1. 2: Cercle de Mohr pour le point 1 (le critre de rupture est le dviateur
maximum) ....................................................................................................................... 244
Figure A.1. 3: Cercle de Mohr pour le point 1 (le critre de rupture est le dviateur 2% de
dformation) ................................................................................................................... 244
Figure A.1. 4: Courbe de cisaillement pour le point 3 .......................................................... 245
Figure A.1. 5: Cercle de Mohr pour le point 3 (le critre de rupture est le dviateur
maximum) ....................................................................................................................... 246
Figure A.1. 6: Cercle de Mohr pour le point 3 (le critre de rupture est le dviateur 2% de
dformation) ................................................................................................................... 246
Figure A.1. 7: Courbe de cisaillement pour le point 4 .......................................................... 247
Figure A.1. 8: Cercle de Mohr pour le point 4 (le critre de rupture est le dviateur
maximum) ....................................................................................................................... 248
Figure A.1. 9: Cercle de Mohr pour le point 4 (le critre de rupture est le dviateur 2% de
dformation) ................................................................................................................... 248
Figure A.1. 10: Courbe de cisaillement pour le point 5 ........................................................ 249
Figure A.1. 11: Cercle de Mohr pour le point 5 (le critre de rupture est le dviateur
maximum) ....................................................................................................................... 250

Table des figures

xii

Figure A.1. 12: Cercle de Mohr pour le point 5 (le critre de rupture est le dviateur 2% de
dformation) ................................................................................................................... 250
Figure A.1. 13: Courbe de cisaillement pour le point 6 ........................................................ 251
Figure A.1. 14: Cercle de Mohr pour le point 6 (le critre de rupture est le dviateur
maximum) ....................................................................................................................... 252
Figure A.1. 15: Cercle de Mohr pour le point 6 (le critre de rupture est le dviateur 2% de
dformation) ................................................................................................................... 252
Figure A.1. 16: Courbe de cisaillement pour le point 7 ........................................................ 253
Figure A.1. 17: Cercle de Mohr pour le point 7 (le critre de rupture est le dviateur
maximum) ....................................................................................................................... 254
Figure A.1. 18: Cercle de Mohr pour le point 7 (le critre de rupture est le dviateur 2% de
dformation) ................................................................................................................... 254
Figure A.1. 19: Courbe de cisaillement pour le point 9 ........................................................ 255
Figure A.1. 20: Cercle de Mohr pour le point 9 (le critre de rupture est le dviateur
maximum) ....................................................................................................................... 256
Figure A.1. 21: Cercle de Mohr pour le point 9 (le critre de rupture est le dviateur 2% de
dformation) ................................................................................................................... 256
Figure A.2. 1: Echange d'eau uair = 50 kPa........................................................................ 257
Figure A.2. 2: Courbe de cisaillement uair = 50 kPa .......................................................... 257
Figure A.2. 3: Chemin des contraintes par rapport aux invariants de contraintes (p,q) ...... 258
Figure A.2. 4: Cercles de Mohr pour uair = 50 kPa (le critre de rupture est le dviateur
maximum ou 20% de dformation) ............................................................................. 259
Figure A.2. 5: Cercles de Mohr pour uair = 50 kPa (le critre de rupture est le dviateur 2%
de dformation) .............................................................................................................. 260
Figure A.2. 6: Echange d'eau uair = 100 kPa...................................................................... 261
Figure A.2. 7: Courbe de cisaillement uair = 100 kPa ........................................................ 261
Figure A.2. 8: Chemin des contraintes par rapport aux invariants de contraintes (p,q) ...... 262
Figure A.2. 9: Cercles de Mohr pour uair = 100 kPa (le critre de rupture est le dviateur
maximum ou 20% de dformation) ............................................................................. 263
Figure A.2. 10: Cercles de Mohr pour uair = 100 kPa (le critre de rupture est le dviateur
2% de dformation)........................................................................................................ 264
Figure A.2. 11: Evolution du dviateur 3 = 50 kPa et sous des succions diffrentes ....... 265
Figure A.2. 12: Evolution du dviateur 3 = 100 kPa et sous des succions diffrentes ..... 265
Figure A.2. 13: Evolution du dviateur 3 =200 kPa et sous des succions diffrentes ...... 266
Figure A.3. 1: Evolution de la loupe de glissement en fonction de la cohsion .................... 268
Figure A.3. 2: Evolution de la loupe de glissement en fonction de l'angle de frottement . 269

xiii

Table des notations

TABLE DES NOTATIONS


Lettres grecques
Symbole

Unit

Degr

Signification
Angle de talus
Paramtre de la relation 2.11

Paramtre de la relation 2.11

Degr

Angle de Lode

Pa/C

Pente de la courbe de tension maximum de vapeur d'eau


saturante de l'air en fonction de la temprature (relation 6.4)

Pa/C

Constante psychromtrique (relation 6.4)

N/m

Poids volumique sec

N/m3

Poids volumique du sol humide

N/m3

Poids volumique des grains solides

kg/m

Poids volumique de l'eau

Dformation axiale pour un essai triaxial

1r

Dformation axiale la rupture pour un essai triaxial

Dformation gnralise

Dformation dviatorique quivalente

Dformation lastique

eqp

Dformation quivalente plastique

ij

Tenseur des dformations

ij

Tenseur des dformations dviatoriques

Dformation plastique

s,e

Dformation lastique lie des variations de succion

s,p

Dformation plastique lie des variations de succion

p
vol

Dformation volumique plastique

,e

Dformation lastique lie des variations de contraintes

,p

Dformation plastique lie des variations de contraintes

Coordonne locale de l'lment fini

Paramtre de la relation 2.9

xiv

Table des notations

Degr

Angle de contact l'interface au mouillage

Degr

Angle de contact l'interface au schage

Degr

Angle de raccordement entre le mnisque et le solide

Pente lastique lie des variations de contraintes dans le


plan (e-lnv)

Pente lastique lie des variations de succion

Pente plastique lie des variations de contraintes dans le


plan (e-lnv)

Coefficient de la relation 5.1 et 2.12

Coefficient de Poisson

Coordonne locale de l'lment fini

Pa

kg/m

Masse volumique sche

dcrit

kg/m

Masse volumique sche critique

di

kg/m

Masse volumique sche initiale

df

kg/m

Masse volumique sche finale

d max

kg/m

Masse volumique sche maximum

kg/m

Masse volumique des grains solides

kg/m

Masse volumique de l'eau

Pa

Contrainte totale

Pa

Contrainte normale au plan de rupture

Pa

Contrainte totale la rupture

Pa

Contrainte effective la rupture

N/m

Tension de surface eau- air

GL

N/m

Tension superficielle l'interface entre les phases G et L.

ij

Pa

Tenseur des contraintes

'ij

Pa

Tenseur des contraintes effectives

ij

Pa

Tenseur des contraintes dviatoriques

ij

Pa

Tenseur des contraintes nettes

SG

N/m

Tension superficielle l'interface entre les phases S et G.

SL

N/m

Tension superficielle l'interface entre les phases S et L.

Teneur en eau volumtrique de la relation 5.1

Succion osmotique, relation 2.10

xv

Table des notations

Pa

Contrainte verticale

Pa

Contrainte axiale pour un essai triaxial

1r

Pa

Contrainte axiale la rupture pour un essai triaxial

Pa

Contrainte de confinement pour un essai triaxial

3r

Pa

Contrainte de confinement la rupture pour un essai triaxial

Pa

Contrainte de cisaillement

Pa

Contrainte de cisaillement au plan de rupture

Pa

Contrainte de cisaillement mobilise la base d'une tranche

max

Pa

Contrainte de cisaillement maximum

Degr

Angle de frottement interne

cl

Degr

Angle de frottement interne classique (dtermin


exprimentalement)

'

Degr

Angle de frottement interne effectif

Degr

Quantifie l'augmentation de rsistance avec la succion

Degr

Angle de frottement en compression

Cf

Degr

Angle de frottement final en compression (Modle PLASOL)

C0

Degr

Angle de frottement initial en compression (Modle


PLASOL)

Degr

Angle de frottement en extension

Ef

Degr

Angle de frottement final en extension (Modle PLASOL)

E0

Degr

Angle de frottement initial en extension (Modle PLASOL)

Paramtre de Bishop

Paramtre de la relation 2.10

Paramtre de la relation 2.10

Potentiel de l'eau

Degr

Angle de dilatance en compression

Degr

Angle de dilatance en extension

xvi

Table des notations

Lettres latines
Symbole

Unit

m2

Paramtre matriel de la relation 4.87

Epaisseur de la tranche

Bc

Paramtre matriel de la relation 3.73

Bp

Paramtre matriel de la relation 3.73

Pa

Cohsion totale

c'

Pa

Cohsion effective

ca

Pa

Cohsion capillaire

ccl

Pa

Cohsion classique (dtermine exprimentalement)

cf

Pa

Cohsion finale (Modle PLASOL)

ci

Pa

Cohsion initiale

c0

Pa

Cohsion initiale (Modle PLASOL)

Pa

Cohsion quand =0 (relation 5.1 et 2.12)

Cc

Pente plastique

Cc0

Pente plastique du sol satur

Cs

Pente lastique

Cijkl

Pa

Cs0

Pente lastique du sol satur

CKW1

Paramtre de la relation 6.32

CSR1

Pa

Paramtre de la relation 6.30

CSR2

Pa

Paramtre de la relation 6.30

CSR3

Paramtre de la relation 6.30

Pa

Tenseur constitutif lastique

e*

Pa

Tenseur constitutif lastique gnralis

p*

Pa

Tenseur constitutif plastique gnralis

dc

Pa

Supplment de cohsion

ea

Pa

Signification
Paramtre matriel de la relation 3.62
Surface

Tenseur constitutif

Indice des vides


Pression effective ou actuelle de vapeur d'eau dans l'air (relation 6.4)

xvii

Table des notations

ei

Indice des vides initial

ep

Epaisseur de l'lment fini

es

Pa

Pression de vapeur d'eau saturation la temprature de la surface


vaporante (relation 6.4)

Pa

Module de Young

EL

Composante horizontale (gauche) de la force inter tranche

Emoteur

Effort moteur

ER

Composante horizontale (droite) de la force inter tranche

Eresist

Effort rsistant

Jacobien de la transformation de la configuration initiale la


configuration courante

Ff

Coefficient de scurit trouv par quilibre des forces

FLi

(*)

Force nodale nergtiquement quivalente


(* dpend du degr de libert considr)

Ext

FL

(*)

Force nodale extrieure nergtiquement quivalente


(* dpend du degr de libert considr)

Int

FL

(*)

Force nodale intrieure nergtiquement quivalente


(* dpend du degr de libert considr)

Fm

Coefficient de scurit trouv par quilibre moment

Fs

Coefficient de scurit

m/s

Pa

Module de cisaillement

G(t)

Fonction de pondration

Charge hydraulique

Hmax

Hauteur maximale de la pente

hc

Hauteur de remonte capillaire

Pa

hr

-1

Acclration de la pesanteur

Module de dformation lastique lie la succion


Humidit relative

hwt

Charge hydraulique totale (ou potentiel de leau), relation 2.5

IP

Indice de plasticit

Pa

Premier invariant des contraintes

II

Pa

Second invariant des contraintes dviatoriques

xviii

Table des notations

III

(Pa)

Jacobien de la transformation des coordonnes globales aux


coordonnes locales

krmin

Permabilit relative minimale

krw

Permabilit relative l'eau

kw

m/s

Permabilit l'eau (sol non satur)

kwo

m/s

Permabilit l'eau (sol satur), tableau 2.3

ks

m/s

Coefficient de permabilit (sol satur)

s-1

Tenseur gradient de vitesse

kg

Masse

Pente de l'tat critique dans le plan ( I , II )

m'

Pente de la surface d'coulement plastique du modle PLASOL dans


le plan ( I , II )

Paramtre trouv par la relation 3.3

Pente de la droite d'tat critique

Mmoteur

N.m

Moment moteur

Mresist

N.m

Moment rsistant

Ms

kg

Mw

kg/mole

Porosit

Coefficient matriel de la relation 3.62

Normale extrieure d'une surface

Force normale au plan de glissement

Fonction d'interpolation de l'lment fini

Pa

Contrainte moyenne

p'

Pa

Contrainte moyenne effective

p''

Pa

Pression ngative de l'eau (relation 2.9)

pw

Pa

Pression de l'eau

Patm

Pa

Pression atmosphrique

PE

Troisime invariant des contraintes dviatoriques

Masse du corps solide


Masse molaire de l'eau liquide

mm jour-1 Evapotranspiration potentielle

Ph

kg

Poids du sol humide

P0

Pa

Contrainte de pr-consolidation

xix

Table des notations

Pa

l/(m2.s)

Flux extrieur impos en surface

qmax

Pa

Contrainte dviatorique maximale

l/m3

Qf

Contrainte dviatorique

Dbit d'eau impos

kg/m.m/s Dbit massique du composant f

ra

s/m

rc

Rayon capillaire

rC

Rayon rduit pour un chemin triaxial de compression

rE

Rayon rduit pour un chemin triaxial d'extension

rs

s/m

Rsistance arodynamique (relation 6.4)

Rsistance de surface (relation 6.4)

J/(mole.K) Constante des Gaz Parfaits

Rayon du cercle

R2

Coefficient de corrlation

Re

W/m2

Rayonnement atmosphrique (relation 6.4)

Rn

W/m2

Rayonnement net (relation 6.4)

Pa

Succion

sad

Pa

Succion d'adsorption

sc

Pa

Pression d'entre d'air

sm

Pa

Succion matricielle

sosm

Pa

Succion osmotique

Sf

kg/m

Sr

Degr de saturation

Srf

Degr de saturation finale

Sri

Degr de saturation initiale

Sro

Degr de saturation naturelle

Sroc

Degr de saturation d'occlusion

Sru

Saturation rsiduelle

Srw

Saturation partielle en eau

Temps

Pa

Contraintes extrieures appliques en surface

Temprature

Ta

Temprature de l'air (relation 6.4)

Emmagasinement massique du composant f

xx

Table des notations

Force tangentielle au plan de glissement

Pa

Pression du fluide

ua

Pa

Pression de lair

uc

Pa

Contre pression d'eau

ur

Pa

Pression d'eau la rupture

uw

Pa

Pression interstitielle de leau

m/s

Vitesse du vent (relation 6.4)

Volume du moule pour la fabrication de lchantillon

V1

Volume de lchantillon (zone intacte)

V2

Volume de lchantillon (zone de rupture)

m/s

Tenseur vitesse

(*)

Flux intrieur normal la surface


(* Dpend du type de flux : coulement)

Vw

Volume d'eau

Vv

Volume des vides

Teneur en eau

wf

Teneur en eau finale

wi

Teneur en eau initiale

Paramtre de la relation 6.4 et 6.5

Poids des terres

WE

J/s

Puissance extrieure

WI

J/s

Puissance intrieure
Limite de liquidit

WL
wopt

Teneur en eau optimum


Limite de plasticit

WP
WPI

Poids de Gauss du point d'intgration

Bras de levier du poids des terres

XL

Composante verticale (gauche) de la force inter tranche

XR

Composante verticale (droite) de la force inter tranche

CHAPITRE I

Introduction

Introduction

CHAPITRE I: Introduction
1

Introduction gnrale

Les problmes de stabilit de pente, en relation avec les variations de teneur en eau (lies
une pluviomtrie trs irrgulire), provoquent d'importants dgts: ils affectent les versants
naturels ainsi que des talus crs de faon artificielle, et constituent une menace pour les
infrastructures ou les zones habites. Parfois, les moyens actuels ne permettent quun
pronostic souvent imprcis. En effet, il n'est pas rare d'observer certains talus trs raides qui
sont stables et on se demande ce qui les fait rellement tenir. Dans le cas contraire, on assiste
certains talus qui glissent d'une faon inattendue. Les actions en cours portent donc sur
lamlioration de la prdiction, avec le dveloppement doutils de modlisation plus
performants.
La scurit d'un talus dpend de nombreux facteurs, notamment:
- de l'inclinaison de la pente
- de la hauteur du talus
- de la position de la nappe aquifre
- des surcharges statiques et dynamiques
- des proprits du terrain
- etc.
Cest seulement lorsque lensemble de ces lments sont connus, qu'il est possible de raliser
un calcul de stabilit par diffrentes mthodes.
Depuis longtemps, la quasi-totalit des mthodes proposes sont des mthodes de calcul la
rupture bases sur des hypothses mises au sujet de la forme de la surface de glissement.
Nombreux sont ceux qui se sont intresss ce problme et qui y ont attach leur nom:
Fellenius, Caquot, Taylor, Bishop, Janbu, Taylor, etc. sans parler de Terzaghi qui apporta l
encore une importante contribution, comme il le ft dans tous les domaines de la mcanique
des sols. Pour la plupart, ces mthodes ne peuvent traiter que des lignes de rupture circulaire,
tout en ne vrifiant pas compltement les quations de lquilibre statique. Elles donnent de
bons rsultats pour les talus de hauteur moyenne, taills dans des sols relativement
homognes. En revanche, lorsque le site prsente des htrognits marques ou lorsque les

Introduction

pentes ont une trs grande extension, versants naturels par exemple, lhypothse de la rupture
circulaire peut se rvler inadquate. En outre, ces mthodes d'quilibre limite utilisent des
paramtres de rsistance des sols saturs et dans ce contexte, les diffrentes formulations
classiques ne tiennent pas en compte l'effet de la non saturation.
Depuis un certain temps, le dveloppement de puissants moyens de calculs a permis
lutilisation intensive de mthodes danalyses numriques donnant accs aux contraintes et
dformations au sein du sol. Ces mthodes sont encore assez dlicates utiliser pour des
raisons suivantes: difficult dans la dfinition de ltat initial, des conditions aux limites, des
lois de comportement des sols constituant louvrage, dans la schmatisation mathmatique de
ces lois, sans oublier que le traitement matriel des donnes et des rsultats est une opration
dlicate. Par contre, ces mthodes aux lments finis ne font pas d'hypothses sur la forme de
la rupture et elles offrent la possibilit de coupler les aspects mcaniques et coulements.

Objectifs

Les objectifs principaux de cette thse sont dtudier linfluence de la non saturation sur:

Le comportement hydromcanique:
Linteraction gaz-eau-solide rend le comportement plus complexe que celui dun sol satur.
En outre, la pression deau est toujours infrieure la pression de gaz dans un sol non satur.
Cette diffrence de pression entre le gaz et leau, appele succion, est lorigine de certains
comportements hydromcaniques particuliers du sol non satur. Notre objectif sera donc
dtudier le comportement du sol suite une variation de la succion, afin den tenir compte
lors du calcul de la stabilit des pentes.

La stabilit des pentes:


Les pentes ralises dans des sols partiellement saturs bnficient d'un accroissement de la
rsistance au cisaillement grce la cohsion capillaire. Notre objectif est de mettre en
vidence le lien entre la succion et le coefficient de scurit.

Introduction

Plan du travail

Pour arriver ces objectifs, nous nous proposons de subdiviser notre travail comme suit :

Chapitre II: Etat des connaissances sur les sols non saturs.
Contrairement un sol satur constitu de deux phases (solide et liquide), le sol non satur est
un milieu tri-phasique (solide, liquide et gaz). La prsence de ces trois phases engendre la
succion qui modifie le comportement du sol initialement sec ou satur. Dans ce chapitre, nous
exposons les diffrents aspects du comportement hydromcanique des sols non saturs.
En outre, dans un sol non satur, le concept de la contrainte effective de Terzaghi (pour les
sols saturs) n'est plus valable. De ce fait, nous montrerons dans ce chapitre les diffrentes
modifications apportes ce sujet par diffrents chercheurs notamment Bishop et Fredlund.
Enfin, nous montrerons comment la succion apporte un supplment de cohsion, qui
finalement, contribue la stabilit d'un talus.

Chapitre III : Etat des connaissances sur la stabilit des pentes.


Dans ce chapitre, nous exposons principalement les mthodes de calcul de stabilit savoir:
les mthodes d'quilibre limite et les mthodes aux lments finis.
Dans les mthodes d'quilibre limite, nous passerons en revue les principes de base ainsi que
les diffrentes hypothses faites pour la rsolution du problme. Nous montrerons comment
largir ces mthodes en y incorporant l'effet de la succion dans le calcul. Toutefois, ces
mthodes prsentent certaines limitations, c'est pourquoi nous allons introduire les mthodes
aux lments finis qui prsentent elles aussi des avantages et inconvnients. Dans les
mthodes des lments finis, aprs quelques rappels des concepts de base, nous dcrirons un
lment fini coupl CSOL2 qui permet de dcrire la fois les aspects coulements et
mcaniques. Nous parlerons des conditions limites qui sont souvent complexes dans ce genre
de problme et qui conditionnent la qualit de la modlisation. Comme les mthodes aux
lments finis permettent de calculer l'tat des contraintes et des dformations, il faut une loi
de comportement qui lie les diffrents paramtres, c'est ainsi que nous dcrirons une loi de

Introduction

comportement PLASOL pour reprsenter la rupture par cisaillement. Enfin, nous montrerons
comment on peut se servir de ces mthodes pour calculer un coefficient de scurit.

Chapitre IV : Techniques exprimentales de contrle et de mesure de la


succion.
Le contrle ou la mesure de la succion est trs dlicate car des techniques exprimentales
spcifiques doivent tre utilises. Cela explique la raret des donnes exprimentales sur le
comportement hydromcanique des sols non saturs. Dans ce chapitre, nous passons en revue
quelques techniques exprimentales spcifiques permettant la mesure et le contrle de la
succion dans les sols non saturs.

Chapitre V : Rsultats exprimentaux.


Le chapitre V rassemble et analyse les rsultats dessais effectus au laboratoire sur le limon
dAwans. Aprs une brve description du matriau tudi, nous dcrivons le programme
d'essais que nous nous sommes fixs. Nous avons ralis tout d'abord des essais
oedomtriques et triaxiaux en conditions satures pour avoir un tat de rfrence. Nous avons
ensuite effectu des essais en conditions non satures pour tudier le comportement
hydromcanique du matriau.
Pour ces essais, nous avons utilis diffrentes techniques exprimentales. Des essais
oedomtriques utilisant la mthode osmotique ont t raliss pour suivre le comportement
volumique du matriau. Le comportement dviatorique du matriau a t tudi en utilisant la
mthode de contrle de succion par surpression d'air et par des triaxiaux teneur en eau
contrle (non consolids et non drains UU).
Enfin, l'interprtation des essais permet d'tablir l'volution des diffrents paramtres
hydriques et mcaniques avec la succion.

Chapitre VI : Calcul de stabilit: tude de cas


Dans ce chapitre, nous nous proposons d'tudier deux cas: un talus thorique compos d'une
seule couche et un talus fort raide constitu de deux couches. Nous montrerons dans cette
partie l'effet de l'eau sur la stabilit des pentes. Pour cela, nous utiliserons deux mthodes de

Introduction

calcul: les mthode d'quilibre limite o l'effet de l'eau est surtout gravitaire, et les mthodes
aux lments finis qui permettent de bien coupler la mcanique et l'coulement. Dans cette
partie, nous abordons galement quelques aspects de modlisation de l'coulement car leur
comprhension permet de mieux coupler les diffrentes phases.

Chapitre VII : Conclusions gnrales et perspectives


Enfin, dans le chapitre VII, nous prsenterons les conclusions et les apports de notre travail
sans oublier les perspectives de cette thse.

CHAPITRE II

Etat des connaissances sur les sols non saturs

Etat des connaissances sur les sols non saturs

11

CHAPITRE II: Etat des connaissances sur les sols non saturs
1 Introduction
Historiquement, les dveloppements de la mcanique des sols ont principalement concern les
sols saturs. En effet, le dimensionnement gotechnique de la plupart des ouvrages aux tats
limites de service et ultime se basait souvent sur des caractristiques matrielles mesures au
laboratoire sur des chantillons thoriquement saturs en eau. Partant de l, des thories ont
t labores et le principe de Terzaghi a permis de dcrire le comportement d'un sol satur au
moyen de la contrainte effective dfinie par cette relation: ' = F ( , u ) = u o u est la
pression du fluide (gnralement l'eau) et est la contrainte totale. Cette relation est valable
dans le cas des sols saturs, o gnralement u est positive ou nulle. En fait, il existe des cas
o la pression du fluide u est ngative sans quil y ait dsaturation et o cette relation reste
valable. La validit de cette relation dpend galement dhypothses de compressibilit
ngligeable de la phase solide et de leau, et de contact ponctuel sans cimentation entre les
grains.
Cependant, il est ncessaire de prendre en considration le comportement des sols non saturs
pour plusieurs raisons:

on est souvent confront des ouvrages dont le comportement est directement li aux
conditions de saturation (barrages en terre, les remblais de route ou de chemin de fer,
les barrires ouvrages des centres d'enfouissement technique ou de stockage des
dchets radioactifs);

les ruptures dans les pentes et talus sont souvent lies des modifications du degr de
saturation;

les rservoirs d'hydrocarbures, dont l'exploitation provoque parfois des subsidences,


sont gnralement constitus de roches partiellement satures par plusieurs fluides
(huile, gaz, eau);

les variations volumiques de retrait et de gonflement, les phnomnes d'effondrement,


la gestion des nappes phratiques, etc.

Pour toutes ces raisons, beaucoup de chercheurs se sont intresss au comportement des sols
qui, d'une faon gnrale, sont composs de plusieurs phases, GEISER [1999]:

la phase solide peut tre considre comme un squelette dformable form de grains
supposs incompressibles;

12

Etat des connaissances sur les sols non saturs

la phase liquide est constitue deau et remplit partiellement les interstices du squelette
solide;

la phase gazeuse comporte essentiellement de l'air, de la vapeur deau et,


ventuellement, certains gaz organiques.

En fonction de la rpartition des phases solide, liquide et gazeuse, il est possible de distinguer
trois catgories de sol, figure 2.1:

Phase gazeuse continue Phase gazeuse continue


Phase liquide discontinue Phase liquide continue
(a)

(b)

Gaz

Phase gazeuse discontinue


Phase liquide continue
(c)

Liquide

Solide

Figure 2. 1: Structures possibles des sols non saturs, WROTH et al. [1985]

a)

Sur la figure 2.1a:


-

l'eau se trouve aux points de contact entre les particules et elle n'est pas continue;

l'air qui est suppos continu dans le sol;

Ce type de structure se trouve dans une zone d'influence saisonnire (prs de la surface du sol,
figure 2.2), s'il n'y a pas de prcipitations (sol dessch). Ainsi, le degr de saturation y est
faible et la permabilit l'eau est nulle (figure 2.3).
Sur la figure 2.1b, nous remarquons que toutes les phases sont continues. Ce type de

b)

structure se trouve dans la zone de transition entre la zone d'influence saisonnire et celle qui
est juste au-dessus de la nappe (figure 2.2). Le degr de saturation y est intermdiaire.
Sur la figure 2.1c:

c)
-

la phase liquide est continue;

l'air est sous forme de bulles d'air isoles;

13

Etat des connaissances sur les sols non saturs

Cette structure se trouve juste au-dessus de la nappe et en dessous de celle dfinie


prcdemment (figure 2.2). Le degr de saturation y est lev et la permabilit l'air est
nulle (figure 2.3).
[Link]
C

Surface du sol

his

B0

B
Etat transitoire
Zone dinfluence saisonnire

Sol humidifi aprs une pluie


Sol dessch

Sol humidifi aprs une pluie


(infiltration deau gravifique)

Zone de faible
variation de la
teneur en eau

(-)
hw

Profil lquilibre

Condition dquilibre
de succion
Niveau de la nappe phratique

Frange capillaire
(saturation 100 %)

hc
w.(z-h w)
(+)

Succion
Succion de seuil
(Pression ngative) ou dentre dair

Pression

100 %
Degr de saturation Sr

Figure 2. 2: Profil type des pressions deau uw au-dessus dune nappe et volution du degr
de saturation Sr, JENNINGS [1960]
kr
1.00
kra0

0.83

air

0.75

eau
0.50
kra

kr w
VACHAUD (1973)

0.25

calcul

0.00

25

50

75

Air

Gouttes deau
isoles

100 Sr [%]

Sr oc

Sr min
Eau
Phases
air et eau distinctes

Bulles dair
occluses

Figure 2. 3: Evolution des permabilits relatives de lair kra et de leau krw en fonction du
degr de saturation Sr, SEKER [1983]

14

Etat des connaissances sur les sols non saturs

Dans le cadre de ce travail, nous adopterons la terminologie du tableau 2.1:


Terminologie

Degr de saturation Sr

Commentaire

et succion s
Sol satur

Sr = 1, s = 0

Phase fluide forme deau


uniquement

Sol partiellement satur

Sr 1, s > 0

Phase dair discontinue, eau


continue

Sol non satur

Sr < 1, s >0

Phase air continue, eau


continue ou discontinue

Sol sec

Sr = 0, s >> 0

Phase air continue


uniquement

Tableau 2.1: Quelques dfinitions de la non saturation, GEISER [1999]

Etant donn que l'objectif principal de mon travail est d'tudier la stabilit de pentes dans des
sols pouvant contenir de l'eau, il est ncessaire de connatre la rpartition de l'eau dans le sol.
Comme on peut le voir sur la figure 2.2, pour un massif de sol lquilibre hydraulique, le
profil de succion est linaire. La variation de la succion suit le profil de la teneur en eau ou du
degr de saturation. Ce phnomne est illustr par les courbes de rtention (degr de
saturation en fonction de la succion) et les profils hydrauliques (figure 2.2). La dessiccation se
produit sur les premiers mtres, ce qui conduit des valeurs importantes de la succion. Pour
un faible coefficient de permabilit, linfiltration se limite la partie superficielle appele
zone dinfluence saisonnire his. Les succions sont ainsi rduites jusqu lquilibre,
JENNINGS [1960]. Au-dessus de la nappe, se trouve dabord une zone quasiment sature
appele frange capillaire. La pression de leau y est infrieure la pression atmosphrique. A
la limite suprieure de cette frange, la pression ngative de leau (succion de seuil) et la
pression atmosphrique de lair sont en quilibre linterface.
Au-dessus, la pression capillaire augmente et la saturation diminue jusqu atteindre la
saturation dquilibre: le profil dessin est statique. Daprs les lois de lhydrostatique, un
profil lquilibre correspond une variation linaire de la pression avec la profondeur. Le
potentiel ou la charge hydraulique H est donc constante:
H = z + uw/w, avec uw = et ua = 0

Dans la zone dinfluence saisonnire, on reprsente le profil dun sol dessch et celui dun
sol humidifi. En priode de pluie, leau sinfiltre par gravit et descend le long du profil. En

Etat des connaissances sur les sols non saturs

15

priode sche, les forces de capillarit lemportent sur les forces de gravit et lvaporation
engendre une circulation ascendante. Ainsi trois cas de profils de succion et de degr
saturation peuvent tre dfinis:

A (Sr) = Sr calcul = Condition dquilibre hydrostatique, variation linaire de sur toute


la hauteur hw;

B (Sr) = Sr max = Sol humidifi par la pluie (infiltration deau par gravitation);

C (Sr) = Sr min = Sol dessch en surface (saturation irrductible).

Donc, on peut dire qu'un sol non satur est un sol compos de trois phases. L'interaction
complexe entre les phases induit une contrainte supplmentaire qu'on appelle "succion" et le
principe des contraintes effectives tel que dfini par Terzaghi n'est plus applicable tel quel.
Nous prsenterons dans ce chapitre une premire partie qui sera consacre aux dfinitions de
la succion. Ensuite, nous parlerons du comportement hydromcanique des sols non saturs.
Finalement, nous passerons en revue les principaux travaux effectus sur la notion de
contrainte effective des sols non saturs. Pour plus de dtails, nous suggrons les travaux de
DELAGE [1987], DELAGE et al. [2001a] et [2001b], ainsi que les thses de GEISER [1999]
et LI [2000].

2 Dfinition de la succion
On dfinit la succion comme tant une mesure d'affinit entre le sol et leau interstitielle. Elle
se dfinit comme la somme de plusieurs composants, DELAGE et al. [2001a]:

Succion capillaire
Les phnomnes de capillarit se produisent l'interface entre deux fluides (G et L), car les
molcules y sont soumises un ensemble de forces d'interactions non quilibres, la
diffrence d'une molcule situe au sein du fluide. Une molcule d'eau au sein d'une masse
d'eau est soumise des actions de mme nature (figure 2.4a), alors que celle l'interface entre
deux fluides, eau-air par exemple, est soumise des actions diffrentes: actions dues l'eau et
actions dues l'air (figure 2.4b). Les molcules d'eau l'interface eau-air sont donc attires
vers la masse d'eau et la surface de l'eau est soumise une force perpendiculaire la surface
libre. C'est cette attraction qui engendre une tension de surface s l'interface et qui est
reprsente sur la figure 2.4 dans le cas dune interface plane.
La capillarit est souvent illustre par le schma de la figure 2.5, dcrivant la remonte
capillaire hc de l'eau dans un tube de rayon r plong dans un rcipient contenant de l'eau. La

16

Etat des connaissances sur les sols non saturs

relation entre le rayon de courbure du mnisque sphrique eau-air dans le tube et la diffrence
de pression entre l'air et l'eau est donne par la loi de Laplace, qui se simplifie dans
l'hypothse de pores cylindriques et prend l'expression de la loi de Jurin:

sc = ua uw =

2 s cos
r

[2.1]

avec: ua et uw, respectivement les pressions d'air et d'eau, sc est la succion capillaire, s tension
de surface eau- air, l'angle de raccordement entre le mnisque et le solide.
La hauteur dascension capillaire hc est ds lors dfinie comme :

hc =

2 s cos
r w

[2.2]

ss

ss

L
a

Figure 2. 4: Actions des forces sur une molcule deau, DELAGE et al. [2001a]
GL
s
s

G
q

ssGL

L
Figure 2. 5: Remonte capillaire dans un tube, DELAGE et al. [2001a]

Succion dadsorption
Ladsorption de leau sur des solides met en jeu des forces (succion) de nature
lectrostatiques: il se forme des zones lectriquement charges la surface des minraux (en
particulier pour les argiles). Les lments physiques (figure 2.6) engendrant cette succion
dadsorption sad sont:

la liaison hydrogne entre les molcules deau et les atomes doxygne ;

les hydroxydes situs la surface des feuillets argileux ;

17

Etat des connaissances sur les sols non saturs

leau ncessaire lhydratation des cations attirs par les dfauts de charge du
feuillet;

leau attire par lattraction osmotique cre par la concentration de cations au


voisinage du feuillet;

lattraction lectrique du ple positif du diple que forme la molcule deau ;

les forces dattraction de Van der Waals.

Toutes ces forces concourent lattraction de leau avec une intensit dcroissant trs
rapidement avec la distance. Ces forces se traduisent localement par des pressions deau trs
ngatives.

H
H

H
H
H
H
H
H
H
H
H
H
H

Diples
deau

ion

ion

Surface Argile

Augmentation de
la concentration
ionique

Molcules
deau

Diffusion des
molcules deau

Surface Argile

(b)

Surface Argile

(a)

(c)

Cations

Eau

ion

H
H

Surface Argile

H
H

Surface (OH)

Eau

Surface Oxygne

H
H

(d)

Figure 2. 6: Mcanismes possibles dadsorption la surface de largile, MITCHELL [1976]:


(a) liaisons hydrognes ; (b) hydratation des ions ; (c) attraction osmotique ; (d) attraction
lectrique du diple

Succion matricielle
La succion matricielle sm est dfinie comme la somme des deux succions prcites.
sm = sc + sad

[2.3]

Etat des connaissances sur les sols non saturs

18

Succion osmotique
La succion osmotique est la capacit de rtention deau par les sels prsents sous forme
dissoute dans leau interstitielle. Elle est due la diffrence de concentration en sel dans
diffrents points de la matrice du sol. Dans le cas o la concentration de sel est faible, cette
composante peut tre nglige et la succion totale sera donne directement par la succion
matricielle.

Succion totale
La succion totale est dfinie comme la somme des succions matricielle et osmotique:
s = sm + sosm = ( sc + sad ) + sosm

[2.4]

3 Aspects hydriques fondamentaux des sols non saturs


La plupart des travaux raliss sur les sols non saturs montrent que la succion influence le
degr de saturation, qui son tour influence la permabilit, ce qui rend le problme
hydraulique non linaire.

3.1 Courbes de rtention d'eau


La capacit des sols non saturs attirer et retenir l'eau est quantifie par la dtermination des
courbes de rtention d'eau, qui en constituent une caractristique essentielle. Ces courbes sont
dtermines en soumettant un chantillon un cycle de schage et de remouillage par
application de paliers de succion croissante, puis dcroissante. Diffrentes techniques de
contrle de la succion existent et seront dcrites au chapitre IV. Chaque technique est adapte
une certaine gamme de succion et peut donc permettre la dtermination de la courbe de
rtention, en imposant une augmentation de la succion (chemin de schage) ou une
diminution (chemin de mouillage). Les courbes de rtention d'eau sont obtenues en reportant
les valeurs de teneur en eau dans un diagramme "logarithme de la succion/teneur en eau". On
peut galement les reprsenter en reportant le degr de saturation en abscisse, ce qui permet
d'observer une valeur de saturation rsiduelle pour des succions trs leves.

19

Etat des connaissances sur les sols non saturs


1000

s (MPa)
100

10

scrit

1
0

Sru

20

40

60

80

100

Sr (%)
Figure 2. 7: Courbe de rtention d'eau d'un sol non satur en cours de schage, LI [2000]

Le point c (figure 2.7) indique une valeur de succion critique scrit. Si l'on impose une succion
infrieure celle-ci, on observe qu'il n'y a presque pas d'eau qui sort du sol. Il n'y a pas d'air
qui pntre dans le sol avant que la succion n'atteigne la succion critique. Ds que la succion
dpasse cette valeur critique, la saturation diminue. Cette valeur critique est en fait une
mesure de la taille maximale des pores d'un sol, car ce sont les plus grands pores qui drainent
d'abord l'eau. Cette valeur critique de la succion est souvent appele pression d'entre d'air. Si
le schage continue, on observe qu'une certaine quantit d'eau reste dans le sol mme si la
succion est trs grande. Cette eau reste dans le sol sous forme de mnisques isols ou de
couches immobiles adsorbes sur les particules de sol. L'coulement d'eau est tellement
difficile que l'on n'arrive pas extraire cette quantit d'eau. Aussi l'appelle-t-on teneur en eau
rsiduelle et la saturation correspondante s'appelle la saturation rsiduelle note Sru.
La courbe de rtention d'eau varie selon les types de sols. Plus le sol est fin, plus la pression
d'entre d'air est grande et plus la succion pour dsaturer le sol est importante. Pour une argile,
la succion peut atteindre des valeurs trs importantes. Ceci est li, d'une part, l'adsorption et,
d'autre part, la faible dimension des particules d'argile. Les pores sont alors plus petits, les
rayons de courbure des mnisques plus faibles et, d'aprs la loi de Jurin, la succion peut
atteindre des valeurs plus leves. La teneur en eau rsiduelle d'une argile est souvent plus
grande que celle d'un sable. Cela est li essentiellement aux phnomnes d'adsorption, la
couche d'eau adsorbe tant plus difficile extraire et la surface spcifique plus grande.
Diverses lois ont t proposes pour dcrire la courbe de rtention d'eau, deux d'entre elles
sont donnes dans le tableau 2.2.

20

Etat des connaissances sur les sols non saturs

Auteurs

quations
S r = S ru +

VAUCLIN et al. [1976]

( Sro Sru ) A
B
A + ( C.s )

A,B,C sont des paramtres


S r = S ru +

VAN GENUCHTEN [1984]

= 1

S ro S ru

(1 + ( .s ) )

Sro est la saturation naturelle


Sru est la saturation rsiduelle
, sont des paramtres
Tableau 2.2 Quelques lois de saturation Sr en fonction de la succion

3.2 Phnomne d'hystrsis


La figure 2.8 prsente les courbes de rtention obtenues par CRONEY [1952] sur un sable
argileux (11 % <2 m, 31%<0,08mm). Diffrentes observations typiques des proprits de
rtention des sols non saturs peuvent tre dduites de ces courbes. On note tout d'abord que
le chemin parcouru lors du schage se situe au-dessus du chemin de remouillage, ce qui met
en vidence un phnomne d'hystrsis. Il n'existe pas de relation biunivoque entre la succion
et la teneur en eau. La valeur de teneur en eau une succion donne dpend donc du chemin
hydrique parcouru pour parvenir ce point: dans l'exemple de la figure 2.8, une dsaturation
une succion de 100 kPa depuis l'tat satur conduit une teneur en eau de 15 %, alors qu'un
remouillage depuis l'tat sec conduit une valeur de 8 %. Cette hystrsis est typique des
milieux poreux constitus de pores de tailles variables interconnects en parallle ou en srie,
comme le montrent les schmas de la figure 2.9:

figure 2.9a: lors d'un schage, lorsque la succion correspond la vidange du plus gros
tube, le petit tube connect en parallle ne se vide pas, ce qui conduit une teneur en
eau plus forte. Lors d'un remouillage, la teneur en eau la mme succion est plus
faible du fait que le petit tube est vide;

figure 2.9b: dans une connexion en srie de pores de tailles diffrentes, l'effet de
goulot entrane galement, la mme succion, une teneur en eau plus forte lors du
schage, HILLER [1980];

21

Etat des connaissances sur les sols non saturs

figure 2.9c: l'angle de contact au remouillage et lors d'un drainage est diffrent,
comme l'illustre l'effet de goutte voqu par BEAR [1969]. Langle de contact 2 qui
correspond un mouvement relatif provoqu par lair qui pousse leau est infrieur
langle 1 qui correspond au mouvement relatif provoqu par leau qui pousse lair. En
consquence, la succion en schage ss est:

ss =

2 s cos 2
r

En mouillage, la succion correspondante sM est:

sM =

2 s cos 1
r

On trouve bien que la succion est diffrente suivant le chemin de drainage ou


dhumidification, savoir: ss>sM car 2< 1
Quand la succion a une influence sur le comportement mcanique, ce phnomne
dhystrsis doit tre envisag lorsque le sol est soumis des conditions cycliques.
0

7
pF
2

Succion (MPa)

10

10

4
Dessication

10-1

10-2

2
Entre
dair

Humidification

-3

10

-4

10

10

20
30
Teneur en eau w (%)

Figure 2. 8: Courbes de rtention d'eau d'un sable argileux, CRONEY [1952]

22

Etat des connaissances sur les sols non saturs

Schage

Schage

Remouillage
Angle de
drainage

Remouillage

hc

Angle de
remouillage

hc

(a)

(b)

(c)

Figure 2. 9: Mcanismes invoqus pour l'hystrsis des courbes de rtention d'eau, DELAGE
et al. [2001a].

3.3 Permabilit leau


Dans un sol satur, le coefficient de permabilit est essentiellement fonction de lindice des
vides et de la courbe porosimtrique. Dans une analyse dcoulement transitoire, il est souvent
suppos constant. Mais, dans un sol non satur, le coefficient de permabilit nest pas
constant, il varie en fonction de la combinaison de lindice des vides et de la saturation.
Physiquement, au fur et mesure que le sol se dshydrate, lair occupe de plus en plus le
volume des pores, de sorte que le trajet de leau devient de plus en plus troit et tortueux. Par
consquent, la permabilit diminue fortement lorsque la saturation diminue. Cette dernire
est fortement influence par la variation de la succion, mais peu influence par la variation de
la contrainte. Leffet de la variation de lindice des vides sur le coefficient de permabilit est
faible par rapport leffet de la saturation. Leffet de la contrainte sur la saturation est
galement secondaire par rapport leffet de la succion. Ds lors, pour lanalyse
dcoulements transitoires dans un sol non satur, le coefficient de permabilit est souvent
exprim soit en fonction de la saturation qui est lie la succion, soit directement en fonction
de la succion elle-mme, FREDLUND et al. [1993].
En consquence, la loi dcoulement pour un sol non satur correspond la loi de Darcy, qui
est gnralise un milieu non satur comme suit:

w = -kw(s) hwt

[2.5]

avec:

w: la vitesse de Darcy dans un sol non satur


kw(s): la permabilit du sol non satur
hwt: la charge hydraulique totale (ou potentiel de leau, est l'oprateur gradient)

23

Etat des connaissances sur les sols non saturs

La figure 2.10 montre schmatiquement la variation de la permabilit dans un sol non satur.
Diverses lois ont t proposes pour dcrire les variations de la permabilit. J'en reprends

permabilit kw (m/s)

quelques quations frquemment utilises et elles sont donnes au tableau 2.3.

8.E-07
6.E-07
4.E-07
2.E-07
0.E+00
0

80 100
60
20
40
degr de saturation (%)

Figure 2. 10: Permabilit kw dun sol non satur, LI [2000]

Auteurs

Equations

IMRAY [1954]

S Sru
kw = k w0 rw

1 S ru

Sru est la saturation rsiduelle

GARDNER [1958]

kw =

k w0

1 + ( a.s )

kw0 est la permabilit en tat satur


a, b sont des paramtres du sol

SCOTT [1963]

kw = kw0[1-n (1-Srw)]
n est la porosit

BROOKS et COREY [1966]

kw = kw0
kw = kw0 s
sb

si

s sb

si

s>sb

sb, sont des paramtres


Tableau 2.3: Quelques lois de permabilit kw en fonction de la succion ou de la saturation,
LI [2000]

24

Etat des connaissances sur les sols non saturs

4 Comportements mcaniques fondamentaux des sols non saturs


La succion influence le comportement mcanique des sols et son influence fait l'objet de
recherches en mcanique des sols. Beaucoup de travaux ont t raliss ces dernires annes
en contrlant ou en imposant la succion des chantillons.

4.1 Comportement volumique


On peut dire que leffet de laugmentation de succion sur le comportement des sols non
saturs se traduit par un renforcement de leurs proprits de rsistance. En termes de
compression, ce renforcement correspond une diminution de la pente plastique, qui rend le
matriau plus rigide (figure 2.11). On observe galement une augmentation de la contrainte
partir de laquelle le comportement du sol devient plastique ; cette contrainte peut tre relie
la pression de pr-consolidation des sols saturs. Cette contrainte marque la limite entre un
comportement lastique (quivalent au comportement dans la zone surconsolide des sols
saturs) et un comportement plastique (normalement consolid); quand on soumet le sol une
augmentation de succion, cette contrainte augmente.
0

[%]

2
v

v (%)

5
10

s = 200 kPa
s = 400 kPa
s = 800 kPa
s = 1500 kPa
50

100

500

1000

Contrainte isotrope p [kPa]


Figure 2. 11: Effets de la succion sur la compressibilit dun limon de Jossigny compact,
CUI et al. [1996]

25

Etat des connaissances sur les sols non saturs

Lorsqu'on remouille un sol sec (la succion diminue), on observe un phnomne de gonflement
s'il est sous une faible contrainte, mais un phnomne d'effondrement s'il est soumis une
forte contrainte. La contrainte verticale influence l'amplitude des gonflements ou
effondrements. Une fois le mouillage ralis, le sol se comporte comme un sol satur. La
figure 2.12 illustre ces observations par des rsultats d'essais oedomtriques succion
contrle raliss sur des agrgats d'argile de Boom. Lorsque les variations de volume sont
empches lors des chemins de mouillage, des pressions de gonflement importantes peuvent
apparatre. Ces pressions sont certes une donne intressante du matriau, mais elles
dpendent fortement de l'tat de contrainte et de succion initiale. Elles ne sont donc pas une
donne intrinsque du matriau.
15

Gonflement

10

v = 400 kPa

0
1
-5

-10

10

Effondrement

vert [%]

v = 50 kPa
v = 100 kPa

100

1000

10000

100000

s [kPa]

-15

Figure 2. 12: Essais oedomtriques succion contrle raliss sur des agrgats d'argile de
Boom, rsultats UPC, VOLCKAERT et al. [1996]

Le gonflement observ lors du mouillage n'est pas toujours rversible; il dpend de la


microstructure du sol et des contraintes mcaniques subies par le sol, CHU et MOU [1973],
cit par GENS [1993] (figure 2.13).

26

Etat des connaissances sur les sols non saturs

Echantillon A-1
Contrainte verticale : 1 psi

Echantillon A-2
Contrainte verticale : 1 psi

Gonflement (%)

3
Humidification
2

Dessication

1
0

2
3
4
Succion (psi)

6 60

2
3
4
Succion (psi)

Figure 2. 13: Gonflement irrversible, CHU et MOU [1973]

4.2 Comportement dviatorique


Les rsultats d'essais triaxiaux succion contrle CUI [1993] montrent que la rsistance au
cisaillement augmente avec la succion (figure 2.14). On remarque que la cohsion c augmente
linairement avec la succion, ce qui correspond d'autres rsultats disponibles (FREDLUND
et al. [1978], ESCARIO et al. [1986], DELAGE et al. [1987]). Quant l'angle de frottement,
il varie en fonction de la succion mais de manire peu claire, et en fonction du type de sol
(figure 2.14).
angle de frottement (degr)

35

300

200

30

c
100

25

20

cohsion c (kPa)

400

40

0
0

500

1000

1500

2000

succion s (kPa)

Figure 2. 14: Essai sur un limon compact, CUI [1993]

f
c

27

Etat des connaissances sur les sols non saturs

Les modules de cisaillement et de Young varient en fonction de la succion. Les essais de


BRULL [1980] montrent une augmentation sensiblement linaire du module de cisaillement
maximal avec la pression capillaire pour deux sols faiblement argileux compacts deux
densits diffrentes (figure 2.15). De mme, CUI [1993] a fait une srie d'essais sur un limon
compact et a montr que globalement les deux modules augmentent avec la succion et la
contrainte de confinement (figure 2.16):

Figure 2. 15: Module de cisaillement maximal de deux sols faiblement argileux en petites
dformations en fonction de la pression capillaire, BRULL [1980]
120

s =0 kPa
s =200 kPa
s =400 kPa
s =800 kPa
s =1500 kPa

40

s =0 kPa
s =200 kPa
s =400 kPa
s =800 kPa
s =1500 kPa

80

80

G* (MPa)

E* (MPa)

120

200

400

(a)

600

800

40

200

400

600

800

(b)

Figure 2. 16: Variations des modules de Young (a) et de cisaillement (b), CUI [1993]

Pour une dformation donne, la succion augmente le dviateur admissible q et donc la


rsistance maximale (figure 2.17), ce qui est en bon accord avec les rsultats de BISHOP et
al. [1961], DELAGE et al. [1987], KARUBE [1983] et [1988], TOLL [1990], WHEELER

[1992].

28

Etat des connaissances sur les sols non saturs

Contrainte dviatorique [kPa]

1500

1000

500

s = 200 kPa
s = 400 kPa
s = 800 kPa
s = 1500 kPa
0

15
5
10
Dformation axiale [%]

20

Figure 2. 17: Essais triaxiaux diffrents niveaux de succion, CUI [1993]

5 Notion de contrainte effective pour les sols non saturs


Dans le cas des sols saturs, lexpression bien connue de la contrainte effective est interprte
classiquement par la figure 2.18, o lon reprsente une facette du milieu bi phasique
caractristique dun sol granulaire.
Dans ce cas, la grandeur physique u est la contrainte neutre, qui agit dans leau et le solide
avec la mme intensit, dans toutes les directions. La figure 2.18 illustre ladditivit de la
contrainte inter granulaire et de la pression interstitielle. On a:
= F(,u) = u

Contrainte intergranulaire

Pression
interstitielle
Grain de sol

Figure 2. 18: Principe de contrainte effective en sol satur, DELAGE et al. [2001b]

Cette relation est valable dans le cas des sols saturs o gnralement u est positive ou nulle.
Les premires approches de la mcanique des sols non saturs ont vis tendre lutilisation
dune contrainte unique, fonction de la contrainte totale et de la succion, qui permettrait
lextension de lapproche en contrainte effective aux sols non saturs. Le phnomne
deffondrement (encore appel affaissement) des sols non saturs lors dun remouillage sous
charge ne peut pas tre dcrit laide dune contrainte effective unique.

29

Etat des connaissances sur les sols non saturs

Diverses tentatives dlargissement de la notion de contrainte effective aux sols non saturs
ont t effectues.
Une premire expression propose pour la contrainte effective dans le cas dun sol dont les
vides sont remplis deau et dair (partiellement satur) est celle de Bishop:
' = u a + ( u a u w )

[2.6]

o:
= contrainte normale totale,
= contrainte normale effective,
ua = pression interstitielle de lair,
uw = pression interstitielle de leau,
ua - uw = succion matricielle,
= paramtre de Bishop (= 1 pour les sols saturs et = 0 pour les sols secs).

Les valeurs intermdiaires du paramtre de Bishop dpendent principalement du degr de


saturation Sr. Cependant, elles peuvent tre aussi influences par des facteurs comme la
structure du sol et les cycles de dessiccation ou de rhumidification o les contraintes
changent, modifiant la valeur du degr de saturation Sr.
Bishop considre que la forme gnrale de la relation liant le paramtre au degr de saturation
Sr, = f (Sr), peut tre admise selon la courbe de la figure 2.19 ci-dessous. La valeur du

paramtre , donne par cette figure, correspond des conditions de contrainte effective la
rupture. Elle nest pas ncessairement valable pour estimer des variations de volume avant ce
stade de rupture.
1
=f(Sr )
=S r

Degr de saturation (%)

100

Figure 2. 19: Relation propose entre le paramtre et le degr de saturation Sr

VERBRUGGE et LECLERCQ [1985] ont quant eux propos pour le limon de Sterrebeek
l'expression:

= 2,33 0, 473. pF avec pF qui varie entre 2,8 et 4,8.

[2.7]

Etat des connaissances sur les sols non saturs

30

N.B: pF est le logarithme dcimal de la valeur absolue de la succion, exprime en cm d'eau.

Le problme est que cette expression se limite une certaine gamme de succion et d'autres
chercheurs ont propos une autre expression pour couvrir une gamme de succion complte:

= 0, 22 + 0, 78.S r

[2.8]

Cette expression donne de bons rsultats pour le limon et le sable, mais elle ne convient pas
pour l'argile; il faut remarquer aussi qu'elle ne peut pas tre gale zro quelle que soit la
valeur de S r .
Par la suite, et dans un but de simplification, nombre d'auteurs ont pris directement, par
commodit, = Sr.
La relation propose par Bishop convient assez bien pour les cas o les contraintes de
cisaillement jouent un rle important, CHARLIER et al. [1997a]. Sa validit a toutefois t
mise en doute par de nombreux chercheurs lorsque les aspects volumiques sont dterminants,
principalement car elle ne peut prendre en compte les phnomnes d'effondrement qui
caractrisent souvent les sols non saturs, JENNINGS [1962], GENS [1995].
D'autres expressions de la contrainte effective ont t proposes pour dcrire le comportement
des sols non saturs, citons quelques exemples:
expression de JENNINGS [1960], FREDLUND et al. [1993] s'crit:

' = + p ''

[2.9]

o est un paramtre quivalent (devant tre dtermin exprimentalement), p"


reprsente la pression ngative de l'eau.
expression de Richards:

' = ua + m ( s + u a ) + s ( + u a )

[2.10]

o m et s sont des paramtres dterminer exprimentalement. Rappelons que s est la


succion matricielle et est la succion osmotique.
Expression de KHALILI et al. [1995]:

' = 1uw 2ua

[2.11]

o 1 et 2 sont des paramtres effectifs lis aux compressibilits du sol soumis


respectivement des chargements mcanique et de succion. L'avantage de cette expression
est que les paramtres effectifs ont une signification physique claire. Leur dtermination
est relativement simple.
D'autres auteurs comme MATYAS et al. [1968], FRENDLUND et al. [1993], DELAGE et al.
[1995] ont propos une surface d'tat qui reprsente l'ensemble des volutions possibles des

31

Etat des connaissances sur les sols non saturs

variables d'tat pour tout chemin de sollicitation mcanique et hydrique. Cette surface d'tat
lie l'indice des vides e, la contrainte nette (-ua) et la pression capillaire (ua-uw). La figure 2.20
reprsente la surface d'tat:
e

4 : Gonflement sous charge nulle


5 : Saturation dun sol volume constant
pua-p-uw
a
w
2 : Compression
succion constante

6 : Compression
teneur en eau constante

3 : Saturation sous
charge constante

s-u
-paa

Figure 2. 20: Surface d'tat pour un sol non satur, MATYAS et al. [1968]

Lallure de cette surface montre, en comparant les diffrents chemins, de nombreux aspects
intressants du sol:

La comparaison entre les chemins 1 et 2 montre clairement que la compressibilit du


sol diminue quand la succion augmente: la pente de / d ( ua ) du chemin 2 (en tat
non satur) est moins forte que celle de chemin 1 (en tat satur).

La comparaison entre les chemins 3 et 4 montre les comportements gonflement effondrement: le chemin 3 correspond un chemin de mouillage sous une charge
constante et importante, lindice des vides diminue au cours du mouillage, cest
leffondrement; par contre, le chemin 4 reprsente un gonflement lors dun chemin de
mouillage sous une charge nulle.

Le chemin 5 reprsente, en fait, un chemin de mouillage dformations volumiques


empches. Il permet donc de dterminer la pression de gonflement du sol.

Partant de la notion de surface d'tat et dans l'impossibilit de dcrire compltement des sols
non saturs l'aide d'une contrainte effective unique, le passage aux variables indpendantes
s'est fait assez naturellement par de nombreux chercheurs.
COLEMAN [1971] a suggr le premier de considrer indpendamment les variables
contrainte nette ( ua) et succion (ua-uw) et dobserver exprimentalement, en variations de

Etat des connaissances sur les sols non saturs

32

volume et en mesure de rsistance au cisaillement, les effets de ces deux variables sur des
grandeurs telles que lindice des vides e ou le dviateur la rupture.
FREDLUND et al. [1977] ont montr quil existe trois choix possibles pour des variables,
correspondant aux trois combinaisons possibles entre , ua et uw:
( ua) et (ua - uw); ( ua) et ( - uw), ( uw) et (ua - uw).

Les deux variables les plus utilises actuellement sont la contrainte nette et la pression
capillaire, mais on peut utiliser en ralit n'importe quelle contrainte effective et la succion.

6 Prise en compte de la succion dans le problme de stabilit de


pente
Notre objectif est dtudier l'influence de la succion sur le comportement des gomatriaux
dans le cadre de calcul de stabilit des pentes. Il est ncessaire de prendre en compte l'effet de
la succion dans nos modles de comportement. Nous venons de montrer que la non saturation
peut modifier la fois les caractristiques lastique et plastique. Laugmentation de la
rsistance se marque principalement sur la cohsion et la contrainte de pr-consolidation.
Toutefois, pour les problmes de stabilit des pentes, cest surtout la rsistance au
cisaillement qui importe et lon peut donc se contenter de prendre uniquement en compte
linfluence de la succion sur la cohsion pour tudier le problme.
Lcriture gnrale de la cohsion totale est la suivante: c = ci + dc, o dc est le supplment
de cohsion apport par la succion; ci est la cohsion initiale.
La premire approche dveloppe a consist supposer une valeur empirique dc constante.
Pour un sol sableux de Sude, OBERG [1996] propose par exemple une valeur empirique de
dc = 15 25 kPa afin dexpliquer la tenue de nombreuses pentes de ce type de sols. Cette

approche a linconvnient vident de ne pas prendre en compte leffet du profil de succion


existant dans le massif de sol.
Une autre approche consiste utiliser le concept des contraintes effectives tendu aux sols
non saturs, propos par FREDLUND et al. [1978] et d'en tirer son corollaire. En effet, le
critre de rupture dfinit la contrainte de cisaillement de rupture:

f = c '+ ( ua ) tan '+ (ua uw ) tan b


o:

c= cohsion effective (sol satur);

' = angle de frottement interne effectif (sol satur);

[2.12]

33

Etat des connaissances sur les sols non saturs

b = angle indiquant le taux daugmentation de la rsistance au cisaillement en


fonction de la succion (ua-uw).
Lutilisation de ce critre est complexe dans la mesure o langle b nest pas constant, car
lenveloppe de rupture dans le plan /(ua uw) nest pas linaire. La dtermination de langle

b se fait en ralisant des essais de cisaillement triaxiaux succion contrle. On remarque


que ce critre de rupture propos par FREDLUND et al. [1978] correspond :
dc = (ua uw)tan b

[2.13]

Par rapport la premire approche, cette relation prsente lavantage de faire apparatre la
succion. Cest la raison pour laquelle elle est largement utilise dans les travaux dvelopps
rcemment.
Comme on peut le voir, l'quation [2.13] fait intervenir le terme de succion, ce qui demande
videmment de la dterminer par des essais spcifiques. C'est pourquoi d'autres chercheurs
comme MATSUSHI et MATSUKURA [2006] donnent une relation empirique qui permet
d'exprimer la valeur de la cohsion des sols non saturs comme une fonction exponentielle de
la teneur en eau volumtrique . Ds lors, la rsistance au cisaillement devient:

= ' tan ' + Ce

[2.14]

o
': la contrainte effective;

' : l'angle de frottement effectif;


C: valeur hypothtique de la cohsion quand = 0 ;

: coefficient qui montre la susceptibilit de la rduction de la rsistance ( >0).


L'avantage de cette quation est que tous les paramtres peuvent tre obtenus en ralisant des
essais de cisaillement diffrentes teneurs en eau et de considrer un angle de frottement
constant. [Link] et [Link] montrent que la rsistance au cisaillement mesure et
celle qui est calcule par l'quation [2.14] sont proches.

7 Conclusions
Globalement, nous pouvons dire que leffet de laugmentation de succion sur le
comportement des sols non saturs se traduit par un renforcement de leurs proprits de
rsistance. En termes de compression, ce renforcement correspond une diminution des
pentes plastiques, qui rend le matriau plus rigide. Comme les sols saturs, les sols non

Etat des connaissances sur les sols non saturs

34

saturs gardent la mmoire de la plus grande contrainte subie pendant leur histoire, qui est la
contrainte de prconsolidation. Cette contrainte marque la limite entre un comportement
lastique (quivalent au comportement dans la zone surconsolide des sols saturs) et un
comportement plastique (normalement consolid). Quand on soumet le sol une
augmentation de succion, cette contrainte augmente.
En terme de rsistance au cisaillement, le comportement avant rupture obit aux mmes
rgles, avec une rigidification du matriau avec laugmentation de succion. Le renforcement
la rupture se traduit toujours par une augmentation de cohsion, que lon peut illustrer comme
tant la consquence dun renforcement des liens au contact inter particulaires. En revanche,
diverses tendances ont t observes en ce qui concerne langle de frottement: indpendance
vis--vis de la succion, croissance ou dcroissance. Lvolution semble dpendre des
proprits du sol: densit, teneur en eau et indice de plasticit.
La courbe de rtention en eau, qui donne les variations de teneur en eau en fonction de la
succion applique, en suivant des chemins de schage (succion croissante) ou de remouillage
(succion dcroissante), est une caractristique fondamentale dun sol non satur. Elle permet
de quantifier, chaque teneur en eau ou degr de saturation, lampleur de lattraction de l'eau
sur le sol, ce qui provoque les modifications de la rsistance du sol par l'augmentation des
contraintes effectives. Cette attraction reste assez faible dans les sols sableux ou peu
plastiques (quelques dizaines de kPa); elle atteint quelques centaines de kPa dans les limons et
peut monter des valeurs suprieures dans les sols plus plastiques, au sein desquels les
interactions eau-argile sont importantes. Lampleur de la succion, qui dpend galement de la
microstructure, conditionne les mouvements deau dans les sols non saturs et influe
fortement sur les proprits mcaniques.
En terme de contraintes effectives pour les sols non saturs, les premires approches de la
mcanique des sols non saturs ont vis atteindre lutilisation dune contrainte unique,
fonction de la contrainte et de la succion, qui permettait lextension de lapproche en
contrainte effective aux sols non saturs. Le phnomne deffondrement des sols non saturs
lors dun remouillage sous charge ne peut pas tre dcrit laide dune contrainte effective
unique. La majorit des auteurs utilise maintenant deux variables de contrainte indpendantes,
qui sont le plus souvent constitues de la contrainte nette ua et de la succion ua uw.
Cependant, lutilisation en modlisation dautres couples de variables de contraintes
'
indpendantes, intgrant quelquefois lexpression de Bishop ( Bishop
= ua + ( ua u w ) )

donne galement satisfaction.

35

CHAPITRE III

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

37

CHAPITRE III: Mthodes de calcul de la stabilit des pentes


1 Gnralits
Les problmes de stabilit de pentes se rencontrent frquemment dans la construction des
routes, des canaux, des digues et des barrages. En outre, certaines pentes naturelles sont ou
peuvent devenir instables.
Une rupture dun talus peut tre catastrophique et provoquer des pertes en vies humaines ainsi
que des dgts naturels considrables.
Ltude dun talus comporte, outre la reconnaissance du site et le choix des caractristiques
mcaniques des sols, un calcul de stabilit pour dterminer dune part la courbe de rupture le
long de laquelle le risque de glissement est le plus lev, dautre part la valeur correspondante
du coefficient de scurit.
Comme on le sait, les mouvements de terrain sont trs varis, par leur nature (glissements de
terrains, boulements rocheux, coules de boues, effondrements de vides souterrains,
affaissements, gonflement ou retrait des sols ...) et par leur dimension. Leur rpartition
spatiale est guide par la topographie et par la gologie (nature et fracturation des formations
affleurantes, hydrogologie). En effet, une bonne connaissance de la gologie donne une
information sur la sensibilit du site et donc sur le volume des investigations ultrieures; elle
donne aussi une information sur la forme de la surface potentielle de rupture et l'homognit
ou non des couches du sous sol, ce qui va influencer le choix de la mthode de calcul.
Un autre lment important lors de l'analyse de la stabilit est la prsence de l'eau. En effet,
l'instabilit est trs marque par les variations climatiques (priodes de fortes pluies, fonte des
neiges, scheresse) mais peut aussi tre lie des secousses sismiques ou encore tre induite
par les activits humaines.
Dans leur principe, les mouvements de terrain sont bien compris: ils surviennent lorsque la
rsistance des terrains est infrieure aux efforts moteurs engendrs par la gravit et l'eau
souterraine ou par les travaux de l'homme; leur dynamique rpond naturellement aux lois de
la mcanique.
Dans la pratique cependant, les choses sont trs complexes, du fait des incertitudes:

sur les conditions initiales, notamment en profondeur;

sur les proprits mcaniques des terrains, en gnral htrognes, non linaires,

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

38

anisotropes, discontinus;

sur les conditions hydrauliques: position de la nappe, phnomnes se produisant en


zone non sature; l'eau est la cause dclenchante de la plupart des mouvements; c'est
un facteur variable dans le temps.

Dans ce chapitre, nous prsenterons d'abord la problmatique lie la notion de coefficient de


scurit ainsi qu'au choix de la mthode de calcul. Ensuite, nous aborderons les diffrentes
mthodes de calcul de la stabilit savoir les mthodes d'quilibre limite et nous montrerons
comment dterminer le coefficient de scurit par la mthode des lments finis. Dans toutes
ces mthodes, nous verrons comment tenir compte de l'influence de la succion dans le calcul
du coefficient de scurit. Finalement, nous tirerons les conclusions de ce chapitre.

1.1 Notion de facteur de scurit


Si les donnes gotechniques ncessaires sont dfinies, le calcul de la stabilit des pentes peut
tre effectu laide dune des mthodes de calcul connues. Le principe de calcul consiste
dterminer le facteur de scurit Fs par lequel il faut diviser la rsistance de la surface de
glissement pour que la masse potentiellement stable soit la limite de lquilibre. On
distingue deux manires diffrentes d'utiliser les mthodes de calcul:

Dans la premire, le glissement a dj eu lieu, il sagit dune valeur de Fs infrieure ou


gale 1, dans ce cas la surface exacte est connue et on cherche dterminer, pour Fs =1,
les caractristiques correspondantes.

La deuxime, la plus frquente, consiste dterminer la marge de scurit disponible et


adopter les solutions adquates pour amliorer la scurit de louvrage en rpondant des
exigences en fonction de lemploi des talus.

Pour valuer la stabilit dune pente, lingnieur doit choisir entre plusieurs dfinitions du
coefficient de scurit, ce coefficient peut tre un rapport de forces, de moments, de grandeurs
par rapport une grandeur limite comme le montre le tableau 3.1:

39

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

Dfinition

Formule

Rapport de contraintes

F=max/

Rapport de forces

F=Ersist/Emoteur

Rapport de moments

F=Mresist/Mmoteur

Rapport de grandeurs

Par ex: H/Hmax

Tableau 3.1: Diffrents exemples de dfinitions dun coefficient de scurit, LAMBE [1973].

Ds que l'ingnieur fait un choix et calcule le coefficient de scurit, la surface de rupture


dterminante, trouve par essais et erreurs, est celle qui fait paratre le plus petit coefficient de
scurit. Ce facteur de scurit minimal adopter dpendra du type d'ouvrage et de son
utilisation. Il est vident que pour des ouvrages dont la stabilit doit tre garantie tout prix
(risque pour les personnes, site exceptionnel), le facteur de scurit Fs doit tre lev, tandis
que pour certains sites peu importants ou pour certains ouvrages courants, et lorsquil ny a
pas de risque pour la vie humaine, on peut accepter des valeurs plus faibles (valeur courante
de Fs est de 1.5).

1.2 Le choix du type de mthode de calcul


Un autre choix important, qui dpend des moyens que lon peut mettre en oeuvre, doit tre
pos entre une mthode modlisant toute la masse de sol (mthode des lments finis) et une
mthode cinmatique, dfinissant une surface de rupture par exemple (mthode d'quilibre
limite). Cependant, avec les possibilits danalyse dun grand nombre de courbes de rupture
potentielles, les deux approches se rejoignent. Dans le cas dune mthode intressant toute la
masse, le calcul fournira directement la zone de rupture la plus probable, alors quune
mthode sappuyant sur une courbe pralablement dfinie sera ritre un grand nombre de
fois pour un rsultat semblable. Ce choix doit tre fait en examinant les moyens disponibles,
le comportement global de la pente, mais aussi en sassurant de la possibilit dobtenir les
paramtres de calcul correspondant au modle.
Le comportement global de la pente correspond quatre mcanismes qui se traduisent par des
dplacements du sol diffremment rpartis (VAUNAT et al. [1994]):

Pr-rupture, o le comportement du sol est lasto-visco-plastique et o le massif est un

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

40

milieu continu, sans zone de discontinuit, les dformations sont quasi homognes ;

Rupture, o une partie du massif se dplace par rapport lautre, le modle de sol est
lasto-plastique, voire rigide-plastique ;

Post-rupture, o une partie du sol se dplace sur lautre, comme un coulement visqueux
et avec une vitesse apprciable ;

Raction, quand la partie du sol ayant dj gliss et stant stabilise, le mouvement


reprend sur une surface, suivant un comportement rigide-plastique;

La distinction entre ces quatre mcanismes est fondamentale pour une tude fiable des pentes,
et ceci va bien sr influer sur le choix dune mthode de calcul. Elle permet de choisir entre
les types de mthodes rappels ci-aprs.

2 Mthodes l'quilibre limite


2.1 Introduction
Quand on tudie la stabilit d'un massif, deux cas de figure peuvent se prsenter:

Soit il n' y a pas de surface de glissement prfrentielle, c'est le cas des sols relativement
homognes ne prsentant pas de discontinuits gologiques, la surface sur laquelle il
pourrait y avoir rupture nest pas connue. Elle est alors dfinie sur la base dun
coefficient de scurit minimal et dune rupture cinmatiquement possible. Afin de
prciser la surface de rupture la plus critique et le coefficient de scurit qui lui est
associ, on utilise gnralement des mthodes lquilibre limite itres de nombreuses
fois.

Soit la masse rigide en glissement se dplace le long dune surface de gomtrie bien
dfinie, cest le cas des massifs rocheux fracturs, pour lesquels la cinmatique du
mouvement est conditionne par les discontinuits et leur orientation spatiale. Cest aussi
le cas pour les sols lorsquil peut y avoir mouvement le long dune surface de glissement
prexistante.

Dans les deux cas, le comportement du gomatriau est suppos suivre la loi de MohrCoulomb, qui donne la rsistance au cisaillement la rupture: = c ' + ' tan ' . Les mthodes
dites lquilibre limite sont trs appropries car on peut crire facilement les quations qui
relient les variables, mais, sauf pour les cas les plus simples, le nombre d'inconnues est bien

41

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

suprieur au nombre dquations. Pour pouvoir rsoudre les quations, il faut alors introduire
des hypothses supplmentaires et simplificatrices de manire galer le nombre dinconnues
et le nombre dquations.

2.2 Principes et hypothses des mthodes d'quilibre limite


Le principe de base de toutes ces mthodes est de dcouper le volume de sol tudi en un
certain nombre de tranches et d'appliquer les diffrentes forces comme le montre titre
indicatif la figure 3.1. Toutes ces mthodes ont en commun la mme difficult qui est de
trouver la fois:

la surface critique;

les contraintes normales et tangentielles le long de cette surface;

le facteur de scurit (sur le critre de rupture) en partant des quations d'quilibre.

X o
a

XL
EL

XR

ER

Figure 3. 1: Exemple d'une rupture circulaire

Comme on peut le voir sur la figure 3.1, les forces agissant sur la tranche peuvent tre dfinies
comme suit :
W

= poids total de la tranche de largeur b et de hauteur h

N , T = composantes normale et tangentielle de la force agissant la base de la tranche

X, E

= composantes verticale et horizontale des forces inter tranches

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

= paisseur de la tranche ( b = [Link] )

= angle que fait la base de la tranche avec lhorizontale

= rayon du cercle de rupture de centre o

= longueur du plan de glissement de la tranche

= bras de levier du poids des terres

42

Dfinissons les efforts comme suit:


N = l et T = ml

o m est la contrainte de cisaillement mobilise la base de la tranche qui peut tre exprime
par:

m =

Fs

est donne par l'quation de Mohr- Coulomb: = c ' + ( u ) tan '

Fs est le facteur de scurit par lequel la rsistance au cisaillement du sol doit tre

rduite pour amener la masse de sol dans un tat d'quilibre limite.


Il vient alors:

T=
T=

ou

Fs

l=

l '
c + ( u ) tan '
Fs

1 '
c l + N ul tan '

Fs

[3.1]

Pour une tranche:

En projetant verticalement toutes les forces:

N cos + T sin = W ( X R X L )

[3.2]

Si on remplace T par sa valeur (quation [3.1]), on obtient:

1
N = W ( X R X L ) ( c ' l sin ul tan 'sin ) / m
Fs

[3.3]

tan '
m = cos 1 + tan

Fs

[3.4]

43

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

En projetant horizontalement toutes les forces:

T cos N sin + ER EL = 0

[3.5]

Si on remplace T par sa valeur (quation [3.1]), on obtient:

ER EL = N sin

1
c ' l + N ul tan ' cos

Fs

[3.6]

On peut dfinir le coefficient de scurit comme suit:


1. soit on le dfinit partir de l'quilibre moment de toutes les forces et on va le dsigner
par Fm;
2. soit on le dfinit partir de l'quilibre global des forces horizontales, les unes tendant
bouger la masse de sol, les autres tendant la stabiliser, et on va le dsigner par Ff.

Equilibre global des moments:

W .x = T .R et si on remplace T par sa valeur (l'quation [3.1]) et x par R sin :


[c ' l + ( N ul ) tan ']
W sin

F =
m

[3.7]

Equilibre global des forces:


En absence de tout chargement de la masse de sol tudie:

E
X

EL = 0

XL = 0

D'o, l'quation [3.6] donne:

Ff =

[c ' l + ( N ul ) tan ']cos


N sin

[3.8]

En gnral, les deux facteurs de scurit sont assez proches et BISHOP [1955] montre que Fm
est moins sensible aux hypothses sur les forces inter tranches.
Pour trouver les deux facteurs de scurit Fm et Ff , certaines hypothses doivent tre poses
pour rsoudre les quations. A titre indicatif, nous citons certaines mthodes dquilibre limite
et leurs hypothses:

44

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

2.2.1

Mthode de Fellenius [1927]

Hypothses:
- la mthode suppose une surface de glissement circulaire et divise le talus en tranches;
- elle nglige les forces entre les tranches (verticales et horizontales), figure 3.2. A
partir des quations [3.2] et [3.5], la force normale N devient:
N .cos + T .sin = W

N = W .cos
T
.cos
N
.sin
0

On nglige les forces


verticales et horizontales

N
W

On nglige les forces


verticales et horizontales

W
T

T
N=[Link]
N
Figure 3. 2: Forces appliques sur une tranche dans la mthode de Fellenius
La mthode de Fellenius vrifie l'quilibre global des moments tout en ngligeant les forces
entre tranches comme nous venons de le voir, ce qui fait qu'en remplaant dans l'quation
[3.7] N par la valeur trouve ( N = W .cos ), on aura:

c l + (W cos ul ) tan
W sin
'

Fm =

'

[3.9]

C'est une mthode moins prcise que les autres mthodes des tranches et elle est sre pour des
sols homognes seulement.

2.2.2

Mthode simplifie de BISHOP [1955]

Hypothses:
- la mthode suppose une surface de glissement circulaire;
- elle nglige les forces verticales entre les tranches (figure 3.3).

45

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

EL

N
W

ER
T

T
Projection verticale: [Link]+[Link]-W=0
N
Figure 3. 3: Forces appliques sur une tranche dans la mthode de Bishop simplifie
La mthode de Bishop vrifie l'quilibre des moments ainsi que l'quilibre vertical pour
chaque tranche, mais elle nglige l'quilibre horizontal des forces.
L'quilibre vertical donne l'quation [3.3] et d'aprs l'hypothse faite sur les forces entre les
tranches ( X R X L = 0 ), nous aurons:

1
N = W ( c ' l sin ul tan 'sin ) / m
Fs

Si on remplace N dans l'quation [3.7] nous aurons:

[c l cos + (W ul cos ) tan ] / m


=
W sin
'

Fm

'

[3.10]

tan '
o m = cos 1 + tan

Fm

Nous constatons que le coefficient de scurit Fm (d l'quilibre moment) se retrouve dans


les deux membres de l'quation, et donc, la rsolution passe par des techniques itratives.
Gnralement, on prend la valeur du coefficient obtenue avec la mthode de Fellenius comme
point de dpart de cette itration. Cette mthode est plus prcise que celle de Fellenius et le
calcul se prte particulirement bien au traitement par ordinateur.

2.2.3

Mthode simplifie de JANBU [1956]

Hypothses:
- la mthode suppose une surface de glissement quelconque (non circulaire);
- elle suppose que les forces entre les tranches sont horizontales.

46

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

La mthode de Janbu vrifie l'quilibre des forces horizontales et verticales tout en ngligeant
l'quilibre des moments, ce qui aboutit l'quation [3.8]:

Ff =

[c ' l + ( N ul ) tan ']cos


N sin

[3.11]

et si on projette paralllement la base de la tranche, cette quation quivaut :


Ff =

[c ' l + ( N ul ) tan '] / cos


W tan

[3.12]

Ce coefficient de scurit Ff est corrig par un facteur f0 dpendant de l'allure de la courbe de


rupture et des proprits du sol: F f' = f 0 .Ff .

2.2.4

Mthode Sudoise modifie, U.S. Army Corps Of Engineers [1970]

Hypothses:
- la mthode suppose galement une surface de glissement quelconque (non
circulaire);
- contrairement la mthode de Janbu, elle suppose que les forces entre les tranches
sont inclines paralllement la pente moyenne (figure 3.4).
Comme la mthode de Janbu, elle vrifie l'quilibre horizontal et vertical des forces, mais elle
nglige l'quilibre des moments.

Figure 3. 4: Inclinaison des forces dans la mthode Sudoise modifie


Cette mthode est moins prcise qu'une solution avec l'quilibre complet des forces et dpend
de l'hypothse faite sur l'inclinaison des forces entre les tranches.

47

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

2.2.5

Mthode de Spencer [1967], Morgenstern-Price [1965]

Hypothses:
- la mthode suppose une surface de glissement non circulaire.
- elle suppose que les forces entre les tranches sont parallles entre elles afin de rendre
le problme dtermin (figure 3.5).
- elle suppose aussi que la force normale N agit au centre de la base de chaque tranche.
Cette mthode vrifie l'quilibre horizontal et vertical des forces, l'quilibre des moments en
un point quelconque; et dtermine galement l'inclinaison des forces entre les tranches, ce qui
donne une inconnue supplmentaire. Cette mthode est prcise et elle est applicable toutes
les gomtries et types de sol.
y

X
E
Q
Q

yb

yQ

q
T

xb

x
N

Figure 3. 5: Coordonnes de la surface de glissement pour la mthode de Spencer


Pour SPENCER [1967] l'inclinaison est constante et pour MORGENSTERN et PRICE
[1965] le rapport

X
= f ( x ) , o f(x) est une fonction qui varie continuellement le long de la
E

surface de glissement, tant le facteur d'chelle.


Dans ce travail, nous ne donnons pas les dtails de toutes ces mthodes classiques, qui par
ailleurs ont t dveloppes depuis longtemps par beaucoup de chercheurs. Pour beaucoup
plus de dtails, nous suggrons les rfrences ANDERSON et RICHARDS [1987], et
DUNCAN et WRIGHT [2005].

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

48

2.3 Limitations des mthodes d'quilibre limite

La difficult de toutes ces mthodes d'quilibre limite est qu'elles sont fondes sur
l'hypothse de la division de la masse susceptible de glisser en tranches et ceci implique
des hypothses supplmentaires sur les forces entre tranches et par consquent sur
l'quilibre. Pour toutes les mthodes qui satisfont toutes les conditions d'quilibre,
FREDLUND et al. [1977] montrent que les hypothses faites n'ont aucun effet
significatif sur le coefficient de scurit; par contre, dans les mthodes qui satisfont
uniquement l'quilibre des forces, le coefficient de scurit est affect d'une faon
significative par l'inclinaison suppose des forces entre tranches, c'est pourquoi ces
mthodes sont moins utilises par rapport aux mthodes qui satisfont toutes les
conditions d'quilibre.

Dans l'analyse de la stabilit par les mthodes d'quilibre limite, le comportement du sol
est suppos rigide parfaitement plastique, donc elles ne donnent aucune informations sur
les dplacements.

Le coefficient de scurit Fs est suppos identique en chaque point du plan de glissement.


Or nous voyons sur la figure 3.6 que la rsistance au cisaillement ultime n'est pas
ncessairement mobilise simultanment le long de la surface de glissement.

Pour des gomtries complexes, il peut y avoir un minimum local qui reste non dtect et
des surfaces de rupture complexes (non circulaires) peuvent tre difficilement
dtectables.

49

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

Figure 3. 6: Mobilisation de la rsistance au cisaillement le long d'un plan de glissement,


DUNCAN et WRIGHT [2005]

2.4 Prise en compte de l'effet de la succion.


Depuis longtemps, les paramtres des sols saturs ont t utiliss dans l'analyse de la stabilit
des pentes. Cependant, il est ncessaire de prendre en considration les couches de sol situes
au dessus de la nappe et surtout quand la majeure partie de la masse susceptible de glisser est
au dessus de cette dernire. Dans le Chapitre II, nous avons montr l'effet de la succion sur la
rsistance au cisaillement des sols non saturs ainsi que la rpartition de la pression
interstitielle dans un massif de sol comprenant des zones satures et non satures. Nous
pouvons retenir ces deux expressions de la rsistance au cisaillement selon BISHOP et al.
[1960], FREDLUND et al. [1978]:

= c '+ ( ua ) tan '+ (ua uw ) tan '

(Bishop)

= c '+ ( ua ) tan '+ (ua uw ) tan b

(Fredlund)

o:
= contrainte normale totale
ua = pression interstitielle de lair

50

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

uw = pression interstitielle de leau


ua - uw = succion matricielle
= paramtre de Bishop
c=cohsion effective en conditions satures

' = angle de frottement interne effectif


b = angle indiquant le taux daugmentation de la rsistance au cisaillement en
fonction de la succion (ua-uw).
L'enjeu consiste largir la mthode d'quilibre limite des sols saturs en y incorporant la
rsistance au cisaillement des sols non saturs dans les quations.

2.5 Modification de l'analyse de la stabilit en tenant compte de la succion.


x

Evapo-transpiration

Prcipitations
XL

uw <0

EL

XR

ER

d
Profil hy

non satur
t= c+(s-ua)tanf+c(ua-uw)tanf
ou
b
t= c+(s-ua)tanf+(ua-uw)tanf

uw =0

satur
t= c+s tanf

ue

rostatiq

uw >0

byj

Figure 3. 7: Efforts sur la tranche et rpartition des pressions d'eau


Dans l'analyse de la stabilit par les mthodes dites d'quilibre limite, l'effet de la succion
dans le calcul du coefficient de scurit se traduit par une prise en compte de la rsistance au
cisaillement du sol non satur.

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

51

Deux approches peuvent tre utilises pour obtenir le coefficient de scurit, FREDLUND
[1981a]:

Premirement, on peut considrer que la succion augmente la cohsion selon l'expression:


c = c '+ ( ua uw ) tan b

[3.13]

La force de cisaillement mobilise la base de la tranche T garde la mme forme que


dans l'quation [3.1] part que la cohsion est donne cette fois-ci par l'quation [3.13].
Cette approche a l'avantage de garder la forme conventionnelle de l'quation de la force
de cisaillement, et il est possible de dvelopper un mme programme pour rsoudre le
problme des sols saturs et non saturs, FREDLUND et al. [1981b].

Deuximement, il est possible de dfinir un coefficient de scurit utilisant l'quation de


la contrainte de cisaillement des sols non saturs:
La force de cisaillement mobilise la base de la tranche devient:

T=

l
c '+ ( ua ) tan '+ (ua uw ) tan b
Fs

[3.14]

Comme nous l'avons fait dans le paragraphe prcdent, en sommant toutes les forces dans la
direction verticale on obtient la force normale la base de la tranche N :

W (XR XL)
N=

c ' l sin
l sin
l sin
(tan ' tan b ) + uw
tan b
+ ua
Fs
Fs
Fs
tan tan '
cos 1 +

Fs

[3.15]

Le plus souvent, dans l'analyse, la pression d'air ua est prise gal zro et l'quation devient:

c ' l sin
l sin
tan b
+ uw
Fs
Fs
tan tan '
cos 1 +

Fs

W (XR XL)
N=

[3.16]

Quand le sol devient satur, nous pouvons prendre que b est gal ' et l'quation [3.16] est
quivalente l'quation [3.3], c'est dire qu'on peut utiliser la mme quation pour les sols

52

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

saturs et non saturs; b tant utilis quand on a des pressions d'eau uw ngatives, et '
quand on a des pressions d'eau uw positives.
Nous pouvons crire aussi deux quations indpendantes du coefficient de scurit; une qui
respecte l'quilibre global moment et l'autre qui respecte l'quilibre global des forces:

tan b
tan b
'
+

c
lR
N
u
l
u
l

w
a 1
'

tan
tan '

Fm =
Wx

'
R tan

[3.17]

ou en posant x = R sin

tan b
tan b

'
c
l
N
u
l
u
l
w tan ' a 1 tan ' tan '

Fm =
W sin

[3.18]

En considrant l'quilibre global des forces:

tan b
tan b

'
cos
cos tan '
c
l

N
u
l
u
l

w
a 1
'
'
tan
tan

Ff =
N sin

[3.19]

De mme, quand la pression de l'air ua est gale la pression atmosphrique et que le sol est
satur b = ' , la formulation devient la mme pour les sols saturs et non saturs, car
l'quation [3.18] devient la mme que l'quation [3.7] tandis que l'quation [3.19] est la mme
que l'quation [3.8].

3 Mthode des lments finis


3.1 Introduction
Dans le paragraphe prcdent, nous avons pass en revue les diffrentes mthodes d'quilibre
limite pour l'analyse de la stabilit des pentes. Toutes ces mthodes reposent sur le fait de
choisir arbitrairement une srie de surfaces de glissement et de dfinir celle qui donne la
valeur minimale du coefficient de scurit. Mais depuis un certain temps, nous assistons une
utilisation intensive de mthodes danalyses numriques donnant accs aux contraintes et
dformations au sein du sol. Pour y parvenir, il est ncessaire de connatre la loi de
comportement pour le sol considr; ensuite, le volume de sol est divis en lments

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

53

gomtriques simples, chaque lment tant soumis l'action des lments voisins. Le calcul
consistera dterminer des champs de contraintes et de dplacements compatibles avec les
quations de la mcanique et la loi de comportement adopte.
Beaucoup de travaux ont t faits dans le domaine des lments finis et on pourrait citer les
travaux de rfrence de ZIENKIEWICZ et al. [2000] ou DHATT et al. [1981].
Le code aux lments finis que nous avons utilis est le code LAGAMINE qui a t mis au
point l'Universit de Lige depuis les annes 80, et pour plus de dtails, nous suggrons les
thses de CHARLIER [1987], HABRAKEN [1989] et COLLIN [2003].
Aprs un bref aperu de quelques concepts de base, nous prsenterons l'lment fini CSOL2
adopt dans notre modlisation. En effet, nous traitons un problme de stabilit des pentes et
nous savons que les pressions interstitielles ngatives augmentent la rsistance au cisaillement
dans la surface de glissement potentielle. Cette contribution additionnelle diminue
progressivement lors de l'infiltration des eaux de pluies, ce qui provoque parfois des
instabilits. Donc, il convient d'tudier la rponse vis vis des prcipitations en terme de
variation de succion matricielle et de profil de succion. C'est pour cette raison que nous
prsenterons un lment fini CSOL2 qui permet de rsoudre simultanment les aspects
coulement et mcanique. Ensuite, nous prsenterons une loi constitutif qui permet de bien
reprsenter le comportement des sols et, enfin, la faon dont on calcule le coefficient de
scurit.

3.2 Quelques concepts de base

Dfinition du tenseur contrainte et dformation:

Si on utilise les contraintes et les dformations sous forme de tenseurs, le tenseur dformation
de Cauchy s'crit en fonction des dplacements:

1 ui u j
+

2 x j xi

ij =

[3.20]

Ici, la variable duale est le tenseur contrainte de Cauchy. Si on prend par exemple un tat plan
de dformation qui se caractrise par une dformation nulle dans le sens perpendiculaire au
plan considr, les tenseurs se rduisent :

54

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

11 12 0
11 12

= 21 22 0 et = 21 22
0
0
0 33
0

0
0
0

Equation d'quilibre statique d'un volume lmentaire et l'quation d'quilibre en


surface:

Figure 3. 8: Equilibre en surface et en volume

div( ) + g = 0

[3.21]

t = n

[3.22]

o reprsente la masse volumique du milieu, g est le vecteur de l'acclration de la


pesanteur, t les contraintes appliques en surface et n le vecteur normal cette surface.

Equation de bilan local de conservation de la masse de fluide:


S f + div (V f ) Q f = 0

o Sf reprsente la quantit de fluide emmagasin, V

[3.23]
f

le flux massique de fluide et Qf une

source de fluide en volume.

Forme faible des quations de bilan

Pour passer des quations d'quilibre local des quations d'quilibre global qui sont
ncessaires pour la modlisation en lments finis, on peut utiliser le thorme des puissances
virtuelles. Pour un champ de vitesses virtuelles v , cinmatiquement admissibles (respectant
la continuit du solide et les conditions limites), l'galit des puissances virtuelles extrieure
et intrieure entrane le respect de l'quilibre local en tout point du domaine et donc de

55

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

l'quilibre global. Les puissances virtuelles correspondent la puissance dveloppe par les
forces extrieure et intrieure, pour le champ de vitesse considr:

WE = g v dV + t v dA

[3.24]

WI =  dV

[3.25]

o t reprsente les forces de surface appliques au domaine et  est le tenseur vitesse


de dformation virtuelle associ au tenseur contrainte.
Notons que dans les problmes traits, les configurations initiale et dforme sont diffrentes
quand de grandes dformations (et/ou dplacements) sont possibles comme le montre la
figure 3.9:

Z, z, z*
Y, y, y*
X, x, x*

Figure 3. 9: Diffrentes configurations d'un corps: (conf. initiale), (conf. de rfrence), *


(conf. dforme).

Dans ce travail, nous utilisons une formulation Lagrangienne actualise dans la dernire
configuration l'quilibre . Les contraintes utilises dans la relation [3.25] sont les
contraintes de Cauchy, exprimes dans la configuration dforme, dans les axes cartsiens
globaux.  est donc le tenseur vitesse de dformation virtuelle de Cauchy.
Le Jacobien de la transformation de la configuration initiale la configuration courante
s'crit:
F=

x
X

[3.26]

56

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

Dans la configuration dforme, le tenseur vitesse v et le tenseur gradient de vitesse L


peuvent s'crire :

dx
= x
dt

[3.27]

v v X
1
=
= F F
x X x

[3.28]

v=
L=

Cette dernire relation peut tre rcrite comme la somme d'une partie symtrique et d'une
partie antisymtrique :

L=

) (

1
1
T
T
L+L + LL
2
2

[3.29]

Nous pouvons prsent introduire les quations d'quilibre en volume et en surface dans
l'expression de la puissance virtuelle extrieure [3.24] et nous obtenons :

WE = div( ) v dv + n v dA
V

= ( div ( ) v + div ( v) ) dV
V

[3.30]

= grad ( v) dV = WI
V

Nous trouvons ainsi l'expression du tenseur dformation de Cauchy et en tenant compte de la


symtrie du tenseur contrainte, nous pouvons crire :

1 v j vi
 =
+
xj
2 xi

1
T
= L + L
2

[3.31]

qui reprsente la partie symtrique du vecteur gradient de vitesse L .


L'galit des puissances virtuelles WE et WI constitue une forme faible des quations
d'quilibre statique.
Un raisonnement similaire peut tre tenu pour les quations de conservation de la masse de
fluide. Ainsi, la puissance virtuelle extrieur WE dveloppe par les dbits imposs en
volume Q et en surface q, pour un champ de perturbation virtuelle arbitraire admissible p (de
la pression) s'exprime selon :

57

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

WE = Q. [Link] + q. [Link]
V

[3.32]

En introduisant les expressions de lquilibre local en volume et en surface, il vient:

WE = (div(V p ) + S ). [Link] + ( nV
. p ). [Link]
V

[3.33]

par le thorme de Gauss, on obtient :

( div(V
V

). p + S. p div(V p . p ) dV =

( S. p V

.grad ( p ) dV = WI

[3.34]

Lgalit de la puissance virtuelle extrieure WE et de la puissance virtuelle intrieure WI


constitue une forme faible des quations de bilan.

3.3 Formulation de l'lment fini coupl CSOL2


L'lment fini CSOL2 est un lment isoparamtrique de type Serendipity, ZIENKIEWICZ et
al. [2000]. Dans ces lments, la gomtrie et les champs discrtiss (dplacement, pression)
sont dfinis en fonction de leurs valeurs nodales l'aide des fonctions d'interpolation N. Ces
dernires sont exprimes dans le plan des coordonnes locales (, ) qui facilitent l'expression
analytique de l'lment ainsi que les intgrales sur son volume.
N = N ( , )

[3.35]

Dans ce paragraphe, nous prsenterons uniquement l'lment fini 2D en tat plan de


dformation (figure 3.10). La dfinition dtaille des diffrentes fonctions d'interpolation peut
tre trouve dans un des ouvrages de rfrence cits prcdemment.
Dans l'lment CSOL2, trois quations d'quilibre (2 directions en mcanique, 1 fluide)
doivent tre vrifies et l'lment possde donc trois degrs de libert par nud. Les deux
degrs de libert mcaniques seront les coordonnes gomtriques x et y. Pour les degrs de
libert coulement, plusieurs possibilits s'offrent nous : la pression du fluide, la saturation,
la succion. Nous liminerons tout d'abord la saturation ; en effet, dans le cas gnral d'un
domaine comprenant plusieurs couches de terrains avec des proprits de rtention
diffrentes, la saturation ne sera pas une fonction continue dans tout le domaine. Nous avons
ds lors choisi de prendre la pression du fluide pw.

58

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes


7

Noeud
x Point dint.

3x

5
4x

2x

(0,+1)

(-1,0)

(+1,0)

(0,-1)

Figure 3. 10: Elment isoparamtrique huit nuds


En fait, ces choix ont une consquence directe sur le mode d'imposition des conditions
limites. Le degr de libert de pression implique un contrle direct de la pression de fluide en
tout point du domaine. Par contre, il est difficile d'imposer une succion ou une saturation avec
une pression de fluide variable. Cela peut demander par exemple le dveloppement d'lments
spcifiques de conditions limites.
Ainsi, dans l'lment CSOL2, les coordonnes, les dplacements, les vitesses et la pression
sont exprims en fonction de leurs valeurs nodales grce aux fonctions d'interpolation:
xi = N L X Li
u i = N LU Li et pw = N L PwL

[3.36]

vi = N LV Li
o L varie de 1 au nombre de nuds de l'lment.
Nous pouvons prsent reprendre les expressions des puissances intrieures [3.30] et [3.34]:

WI = ij
V

1 vi v j
+
xi
2 x j

WI ,q = S p p V p
V

dV

p
dV
xi

[3.37]

[3.38]

59

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

o les gradients des perturbations virtuelles s'crivent :

vi N L
=
VLi
x j
x j

[3.39]

p N L
=
PL
xi
xi

[3.40]

Les drives spatiales des fonctions d'interpolations sont exprimes dans la configuration
dforme :

N L N L N L
=
+
x j
x j x j

[3.41]

Les drives spatiales des coordonnes locales s'obtiennent grce la matrice Jacobienne de
la transformation des coordonnes globales (x1, x2) vers les coordonnes locales (, ) :
x1

J =
x 2

x1

x 2

[3.42]

Le Jacobien de la transformation inverse peut alors s'crire :


x
= 1

x1


x 2

1
x 2
=
J x 2


x 2

x1

x1

[3.43]

sous rserve que le dterminant J soit non-nul :

J =

x1 x 2 x1 x 2

[3.44]

Nous pouvons prsent reprendre les expressions de la puissance intrieure [3.37] et [3.38]
en utilisant l'intgration numrique de Gauss:

1 NL
NL
VLi +
VLj ) ep J WPI

2 xj
xi

WI = ij (
PI

[3.45]

60

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

WI = S p N L V p

PI

N L
ep J WPI P
xi

[3.46]

o ep est l'paisseur de l'lment, PI est le nombre de points d'intgration et WPI est le


poids de Gauss du point d'intgration.
Ces quations peuvent tre rcrites en termes de forces nodales nergtiquement
quivalentes FL,i relatives chaque degr de libert :

WI = FL ,1VL1 + FL , 2VL 2

[3.47]

WI,q = FL ,q PL

[3.48]

qui peuvent s'expliciter comme suit :

FL1 = ( 11

NL
NL
+ 12
) ep J WPI
x1
x2

[3.49]

FL 2 = ( 12

NL
NL
+ 22
) ep J WPI
x1
x2

[3.50]

PI

PI

N L
N L
ep J WPI
FL pw = S w N L V pw1
V pw 2
x1
x 2
PI

[3.51]

L'effet du poids propre est pris en compte dans le modle d'coulement : l'expression du flux
de Darcy contient un terme li la gravit. Par contre, dans la partie mcanique, nous devons
ajouter une force nergtiquement quivalente Fg correspondant au poids propre du milieu et
dirige selon l'axe vertical :
Fg = ( app gN L ) ep J WPI

[3.52]

PI

FL 2 = ( 12
PI

NL
NL
+ 22
- app gN L ) ep J WPI
x1
x2

[3.53]

La masse volumique apparente doit tre calcule dans la configuration dforme en tenant
compte des dformations du milieu et des modifications de teneur en fluide des pores du
milieu :

app = (1 n). s + n.S rw . w

[3.54]

61

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

Nous venons donc de prsenter la mthode de discrtisation spatiale l'aide des lments
finis. Toutefois, il reste encore un aspect dfinir: le temps. En effet, il intervient directement
dans les quations de bilan de fluide. Il est donc ncessaire de le discrtiser. On introduit ainsi
la notion de pas de temps (les lments finis temporels) et de discrtisation temporelle.
Un pas de temps est dlimit par deux instants, que nous notons A et B. Nous supposons que
la pression varie linairement sur le pas, que ce soit en un point quelconque ou en un nud.
t = (1- )t A + t B
p = (1- )p A + p B

[3.55]

o est compris entre 0 et 1.


Ds lors, la drive par rapport au temps de la pression (par exemple) se rduit :
dp p B - p A p
= B A =
dt
t
t -t

[3.56]

Il s'agit donc d'un schma qui s'apparente ceux des diffrences finies.
Nous avons discrtis l'volution temporelle des inconnues nodales. Nous connaissons la
valeur des forces nodales nergtiquement quivalentes en tout instant. De plus, nous
voudrions que les quations de bilan soient respectes sur l'ensemble du pas de temps. Pour
cela, nous pouvons utiliser la mthode des rsidus pondrs, avec une fonction de pondration
G variant dans le temps. L'quilibre discrtis temporellement et spatialement s'crit alors :
tB

tB

int
ext
G(t) F L dt = G(t) FL dt

tA

[3.57]

tA

Diffrentes fonctions de pondration sont possibles mais nous avons dcid de rduire la
fonction G(t) une collocation. Ds lors, on exprime l'quilibre en un instant .
int
ext
F L ( ) = FL ( )

[3.58]

62

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

3.4 Conditions aux limites


Dans un problme coupl que nous analysons, nous distinguons les conditions aux limites
mcaniques et celles lies l'coulement. Nous dcrivons les lments spcifiques aux
conditions limites en supposant que le milieu est discrtis par des lments CSOL2 huit
nuds et quatre points d'intgration.
En mcanique, nous pouvons imposer aux frontires soit des dplacements nodaux soit des
forces nodales. Afin d'imposer des contraintes le long d'un contour ou sur une surface, nous
utilisons respectivement des lments liniques de chargement (appels LICHA) et
surfaciques (appels SUCHA) dont le seul rle est de calculer les forces nodales
nergtiquement quivalentes.
Dans un modle d'coulement monophasique, les conditions limites sont similaires. Nous
pouvons imposer soit une variation de pression soit des dbits nodaux de fluide. Par dfaut,
une frontire sans imposition particulire est impermable. Nous utilisons galement des
lments liniques (LICHT) et surfacique (SUCHT) afin d'imposer des flux d'coulement, le
long d'un contour ou sur une surface.

3.5 Formulation d'une loi de comportement lasto-plastique: PLASOL


Une loi constitutive dfinit la relation entre les contraintes et les dformations. En lastoplasticit, l'espace des contraintes est divis en trois parties par la surface de plasticit note f :
l'intrieur de la surface dtermine la zone lastique tandis que la surface correspond un tat
plastique. Aucun point reprsentatif de l'tat de contrainte ne peut se trouver en dehors de la
surface de plasticit (figure 3.11).
La loi lasto-plastique est crite sous une forme incrmentale, elle dfinit alors une relation
entre une vitesse de contrainte et une vitesse de dformation.

 = f (, , )

[3.59]

o ~ij est la vitesse de la contrainte objective de Jaumann, ij est la vitesse de dformation, et

est une variable interne de la loi dpendant de l'histoire des contraintes.


Dans un formalisme lasto-plastique, la vitesse de dformation peut s'crire comme la somme
de composantes lastique et plastique :

63

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

 =  e +  p

[3.60]

1
Zone interdite

Zone lastique
f<0

f=0
Surface plastique
2

Figure 3. 11: Les diffrents domaines dfinis par une surface de plasticit dans l'espace des
contraintes

3.6 Modle frottement interne: modle PLASOL (BARNICHON [1998])


Dans notre travail de stabilit, nous avons choisi de reprsenter la rupture par cisaillement par
un modle frottement interne, dont le plus connu est sans doute le modle de MohrCoulomb. Toutefois, son introduction dans un code de calcul demande un traitement
particulier car sa surface prsente des coins dans le plan dviatorique. C'est pourquoi d'autres
modles se rapprochant de ce dernier ont t proposs.
Le modle de DRUCKER-PRAGER [1952] consiste en une surface de plasticit conique
circonscrite au critre de Mohr-Coulomb dans l'espace des contraintes principales (figures
3.12 et 3.14). Cette surface peut tre exprime en fonction de l'angle de frottement en
compression et de la cohsion [DESAI et al., 1984] :

3c( s )
f II m I +
tan C

= 0

[3.61]

o c est la cohsion, C est l'angle de frottement pour des chemins de compression et m


un paramtre dfini par la relation suivante :

64

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

m=

2 sin C

[3.62]

3( 3 sin C )

II^

I
3c/tan C

Figure 3. 12: Modle frottement interne dans le plan (I , II )


BARNICHON [1998] a montr que, dans cette formulation, l'angle de frottement en extension
est fonction de l'angle en compression. La figure 3.13 montre que la diffrence entre les
angles de frottement est d'autant plus grande que l'angle de frottement en compression est
lev. La rsistance en extension est alors surestime.

E []

90
80
70
60
50
40
30
20

36.87

10
0
0

10

20

30

C []

40

Figure 3. 13: Angle de frottement en extension fonction de l'angle en compression


VAN EEKELEN [1980] a dvelopp un modle plus proche de Mohr-Coulomb en
introduisant la dpendance de l'angle de Lode dans le modle de Drucker-Prager. L'quation
du modle est identique mais le paramtre m n'a plus la mme dfinition :

65

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

m = a (1 + b sin 3 )

[3.63]

o a et b sont des coefficients dpendant des angles de frottement en compression et en


extension et n est une constante qui dfinit la courbure de la surface de plasticit dans le plan
dviatorique. Une valeur de n = -0.229 assure la convexit de la surface, VAN EEKELEN
[1980].

rC

r
b= E
rC

rE
a=

1
n

1
n

[3.64]

+ 1

rC

(1 + b )n

[3.65]

o rC et rE sont les rayons rduits pour des chemins triaxiaux axisymtriques de


compression et d'extension dfinis par les relations suivantes :
rC =
rE =

2 sin C
3( 3 sin C )
2 sin E
3( 3 + sin E )

[3.66]
[3.67]

De ce fait, la forme de la surface dans le plan dviatorique n'est plus un cercle et il est
possible de dfinir les angles de frottement en compression et extension. La figure 3.14
montre les diffrences entre les trois modles pour un angle de frottement de 20.

66

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

MC
DP
VE

Figure 3. 14: Modles frottement interne dans le plan dviatoire ( = 20)


Dans le modle PLASOL (BARNICHON [1998]), les modles de Drucker-Prager et de Van
Eekelen sont disponibles. Nous utiliserons toutefois de prfrence le dernier cit afin d'viter
tout problme pour des angles de frottement levs.
Les variables internes de ce modle sont les angles de frottement C , E et la cohsion c.

3.6.1

Surface d'coulement

Pour travailler en plasticit non-associe, nous avons dfini une surface d'coulement g
similaire la surface de plasticit.

3c
g II m ' I +
=0
tan C

[3.68]

o m' est dfini par la mme relation que le paramtre m [3.62] en remplaant les angles
de frottement par des angles de dilatance C et E.
En plasticit associe, il suffit de dfinir des angles de frottement et de dilatance identiques.

67

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

3.6.2

Rgle d'crouissage

Pour reproduire l'crouissage ou l'adoucissement, nous crivons des relations hyperboliques


entre les variables internes du modle (les angles de frottement C et E et la cohsion c) et les
dformations plastiques quivalentes de Von Mises (dformations dviatoriques) :

C = C0 +
E = E0 +
c = c0 +

(cf

( Cf

C 0 ) eqp

B p + eqp

( Ef

E 0 ) eqp

[3.69]

B p + eqp
c 0 ) eqp

Bc + eqp

o 0 et c0 sont les valeurs initiales tandis que f et cf sont les valeurs finales des
paramtres d'crouissage. Les coefficients Bp et Bc correspondent la dformation plastique
quivalant respectivement la moiti de l'volution de l'angle de frottement et de la cohsion
(figure 3.15).
La dformation quivalente eqp reprsente la valeur cumule des dformations plastiques :

p
eq

= eqp dt

[3.70]

o les incrments des dformations quivalentes sont donns par la relation suivante :

eqp =  p

2 g g 1 g g

3 ij ij 3 kk ll

[3.71]

68

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

f= 35
34
Bp=0.01

33
moyen
32

Bp=0.1

31

Angle de frottement

0= 30
29
28
27
26
25
0

0.1
0.2
Dformation plastique quivalente

0.3

0.4

0.5

Figure 3. 15: Relation hyperbolique d'crouissage pour deux valeurs du coefficient Bp (avec
0 = 30, f =35)

3.7 Calcul du coefficient de scurit avec un code lments finis


Lorsqu' une pente se rompt, la rsistance au cisaillement mobilisable n'est plus suffisante pour
s'opposer au cisaillement le long de la surface de glissement critique. Le coefficient de
scurit est alors utilis pour dterminer la stabilit d'une pente. Pour des valeurs de Fs
suprieures 1, on dira que le talus est stable tandis que des valeurs infrieures 1 indiquent
que le talus est instable. Plusieurs dfinitions du coefficient de scurit ont t proposes, il
est donc indispensable de prciser celles-ci ainsi que la mthode de calcul chaque fois qu'une
valeur est donne. Dans le paragraphe 2.2 de ce chapitre, le coefficient de scurit Fs est
dfini comme le facteur par lequel la rsistance d'un sol doit tre divise pour amener le talus
la limite de la rupture et cette dfinition est analogue celle de BISHOP [1955] et de
DUNCAN [1996]. Donc, une faon de le dterminer par la mthode des lments finis est de
rduire simplement les caractristiques de rsistance jusqu' ce que la rupture se produise: le
coefficient de scurit est alors gal au facteur de rduction de la rsistance.
Il y a plusieurs faons de dcrter la rupture d'un talus dans un calcul lments finis: lorsque
le calcul ne converge pas ou lorsque les dformations atteignent des valeurs juges
inadmissibles, tant donn que les dformations doivent rester petites.
Chaque critre prsente des inconvnients. Le premier suppose que la non-convergence du
code a pour origine une ralit physique: les caractristiques de rsistance ne sont plus

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

69

suffisantes pour soutenir les efforts. Il faut toutefois se mfier car les sources de nonconvergence d'un code de calcul peuvent tre multiples: erreur dans les donnes, problme ou
influence du maillage, etc. Les rsultats devront donc toujours tre analyss avec un esprit
critique.
Le second critre dpend naturellement de la norme de dplacement choisie. La valeur du
coefficient de scurit Fs trouve sera directement lie cette norme et la correspondance
avec le coefficient obtenu par des mthodes d'quilibre limite n'est naturellement pas assure.
A priori, il pourrait sembler quivalent de dfinir le coefficient Fs en rduisant les
caractristiques du matriau jusqu' la rupture (diminution de l'effort rsistant), ou en
augmentant le poids propre du sol jusqu' la rupture (effort sollicitant), le coefficient de
scurit tant dfini comme le rapport de l'effort rsistant par l'effort sollicitant. Cela n'est
valable que pour un sol cohsif. En effet, dans le cas du sol purement frottant, le coefficient
de scurit est indpendant de la densit du sol. Dans notre travail, nous utiliserons la
mthode de rduction des proprits de rsistance du sol, dite aussi la mthode de "c-
rduction".
Certains travaux ont t faits ce sujet, et beaucoup de chercheurs ont utilis cette mthode;
on peut citer les travaux de MATSUI et KATSURAYA [1990], SAN et MATSUI [1991],
UGAI [1990], etc.

Algorithme de base pour le calcul de Fs par rduction des paramtres de


rsistance
Considrant des matriaux se comportant selon le modle PLASOL, nous pouvons rsumer la
mthode en trois tapes:
1.

Application du poids propre et de l'tat de contrainte initial.

2.

A partir de l'quation de Mohr-Coulomb et de la dfinition du coefficient de scurit, on


rduit d'un facteur Fs les paramtres de rsistance, d'o, on peut crire:

Fs

tan
c'
tan '

c
+
ou
= ccrit + tan crit ;dans ce cas: ccrit = et crit = arctan

Fs
Fs
Fs
Fs
Fs

sont les nouveaux paramtres qu'il faut introduire dans le calcul des dformations.
3.

On rpte la deuxime tape en incrmentant le facteur de rduction Fs jusqu' la non


convergence du calcul, autrement dit jusqu' la rupture du talus. La valeur critique de

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

70

Fs devient le coefficient de scurit pour le talus considr.

Remarques:
a) L'application de l'tat de contraintes initiales pourrait, a priori, avoir une influence sur la
stabilit du talus dun point de vue purement mcanique. Afin de confirmer ou dinfirmer
cette constatation, DIZIER [2007] a tudi la modlisation du talus fictif de trois
manires diffrentes:
La premire faon de crer un talus consiste en une augmentation progressive du poids
propre du talus (figure 3.16). Cette mthode relativement artificielle est trs simple
mettre en uvre. Les deux autres mthodes, plus physiques, prennent en compte la
chronologie des vnements et consistent en la ralisation dun talus par remblai et par
dblai (figures 3.17 et 3.18). Ces constructions se font, dans le code, par une activation ou
par une dsactivation de groupes dlments correspondants aux couches de sol que lon
veut ajouter ou enlever. la diffrence de la premire technique, ces modlisations
rclament un travail plus important. En effet, ces techniques demandent la modlisation
de chaque couche enlever ou ajouter, ce qui est diffrent de la premire mthode o
on considre directement le talus dans toute sa gomtrie.

Figure 3. 16: Reprsentation dun talus dit dj en place

Figure 3. 17: Exemple de ralisation dun remblai

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

71

Figure 3. 18: Exemple de ralisation dun dblai


Aprs analyse de l'tat des contraintes dans le talus et aprs calcul du coefficient de
scurit pour les diffrents cas, DIZIER [2007] a remarqu que la faon de mettre en
place le talus modifie la distribution des champs de contraintes, mais qu'elle n'influence
pas le coefficient de scurit.
Ceci rejoint la conclusion faite par d'autres chercheurs. BORJA et al. [1989]; SMITH et
GRIFFITHS [1998] ont montr que pour des modles lasto-plastiques simples, en
excavant ou en remblayant couche par couche, le chemin des contraintes peut tre
diffrent, mais le coefficient de scurit n'est pas affect. Enfin, GRIFFITHS et LANE
[1999] ont compar la mthode aux lments finis et les mthodes d'quilibre limite qui,
gnralement, ne prennent pas en comptent la squence de chargement. Ils ont montr
que le coefficient de scurit tait insensible tout mode de chargement quand on utilise
un modle lasto-plastique parfait de Mohr-Coulomb. C'est pourquoi dans la suite de
notre travail, nous allons utiliser la premire mthode dite du talus dj en place car sa
simplicit apparat la mieux adapte ltude de la stabilit des pentes.
b) Au point 2 de notre algorithme, nous rduisons les paramtres de rsistance c et tan . En
pratique, notre code de calcul utilise un fichier annexe, dans lequel nous dfinissons
l'volution dans le temps du coefficient rducteur des paramtres c et (figure 3.19). A
chaque pas de temps, le code va relire ce fichier. Au temps t1 correspondant la fin de
l'application du poids propre le coefficient F t1 est gal 1 et les paramtres de rsistance
ne sont pas rduits. Nous dfinissons un temps t2 suffisamment grand, pour lequel le

72

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

coefficient F t 2 est lev, le code rduit ainsi c et tan de faon linaire dans l'intervalle
de temps t1 et t2. Au cours du temps, les paramtres c et tan diminuent jusqu'au temps t
qui correspond au dernier pas converg ( la rupture pour notre cas) et nous dterminons
le coefficient de scurit par la formule suivante:

Fs = F t = F t1 + F t2 F t1

) ((t

t t1 )
2

t1 )

Figure 3. 19: Evolution temporelle du coefficient de rduction des paramtres c et tan

3.8 Prise en compte de la succion


La mthode des lments finis offre la possibilit de tenir compte de l'effet de la non
saturation via deux approches:

La contrainte effective de Bishop:

En effet, la non saturation intervient directement au niveau de la contrainte effective de


Bishop donne par lexpression:

' = ua + ( Sr )( ua uw )
o ( S r ) est le coefficient de Bishop qui dpend de la saturation du sol et varie entre 0 et 1 et

( ua u w ) = s

est la succion du sol.

73

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

Si uw 0 : ( S r ) = S r 1
Si uw < 0 : ( S r ) = S r
L'expression de la rsistance au cisaillement devient:

= c '+ ' tan '

= c '+ ua + Sr ( ua uw ) tan '


= c ' + Sr tan ' s + ( ua ) tan '


ca

Le terme ca = Sr .tan ' .s est la cohsion capillaire dduite de l'expression de la contrainte


effective de Bishop. Donc, connaissant le profil hydrique s = s(z) et ltat de saturation du
talus, il est possible dtablir en tout point du massif le profil c a ( s ) . A partir de ce profil, il est
ensuite possible dtudier la stabilit du talus par application de la mthode " c rduction".

La cohsion capillaire dtermine par essais mcaniques

Lorsqu'on ralise des essais mcaniques sur des sols non saturs, la cohsion qu'on trouve est
suppose comme tant la somme de la cohsion intrinsque et dune cohsion capillaire qui
dpend de ltat de succion dans le sol.
Sol non satur :

ctotal = c'+c a ( s )

Sur base des rsultats exprimentaux, il est possible d'tablir une relation entre la cohsion
apparente ca et la succion. Comme pour l'approche prcdente, connaissant le profil de
succion dans le massif de sol, il est possible dtablir en tout point le profil c a ( s ) et ensuite on
peut tudier la stabilit du talus par application de la mthode c rduction. Notons que
dans ce cas, on utilise la contrainte effective de Tezaghi.

Mthodes de calcul de la stabilit des pentes

74

4 Conclusions
Les mthodes d'quilibre limite sont les plus classiques en mcanique des sols mais elles
ncessitent une prdtermination des lignes de rupture (ou une recherche automatique du
minimum parmi un ensemble de courbes). Quant aux mthodes par lments finis dans
laquelle la courbe de glissement la plus probable se dduit naturellement de l'analyse de l'tat
des contraintes et dformations, elles ncessitent la connaissance des caractristiques de
dformabilit du massif, en plus de celles de rsistance. Le choix de l'une ou l'autre mthode
dpendra donc de la disponibilit des caractristiques mcaniques et de la bonne apprciation
qu'il est possible de faire de la position de la ligne de rupture critique.
Evaluer une stabilit de pente passe surtout par le choix du coefficient de scurit qui est
associ aux mthodes, ce qui peut poser des problmes lors des comparaisons. Mais quelle
que soit la mthode adopte, une analyse de sensibilit est recommande, car il est toujours
bon de savoir le rle de chacun des paramtres afin de dterminer le paramtre prpondrant,
celui qui pilote la stabilit. Ltude gotechnique devra en tenir compte et un retour sur le
terrain est souhaitable.

75

CHAPITRE IV

Techniques exprimentales de contrle et de mesure de la succion

Techniques exprimentales de contrle et de mesure de la succion

77

CHAPITRE IV: Techniques exprimentales de contrle et de


mesure de la succion
1 Introduction
La connaissance de la succion dans un sol non satur a de multiples intrts. En effet, la
succion conditionne les mouvements et lquilibre de leau dans la zone non sature. En outre,
elle influence fortement le comportement mcanique des sols. Il est donc indispensable de
pouvoir mesurer la succion lorsquun sol est en tat non satur. Pour mieux matriser
linfluence de la succion sur le comportement hydromcanique des sols, il est essentiel de
savoir contrler ou imposer la succion dans les essais gotechniques.
Au laboratoire, le contrle et la mesure de la succion dans les chantillons permettent de
raliser des essais selon diffrents chemins dans le plan (s).
Dans ce chapitre, une synthse des techniques courantes de mesure de la succion est tout
d'abord prsente. Ensuite, un rsum des techniques de contrle de la succion est donn.
Pour plus de dtails, on peut se rfrer VERBRUGGE [1975], WRAY [1984], RIDLEY et
al. [1993], GEISER [1999], WOODBURN et al. [1993] et [1995], LEE et al. [1995],

DELAGE et al. [2001a], COUSSY et al. [2002].

2 Techniques de mesure de la succion


2.1 Tensiomtre
Le tensiomtre est le plus ancien appareil de mesure de la succion. Dans ce dispositif, le sol
est mis en contact avec un rservoir d'eau se trouvant la pression atmosphrique par
l'intermdiaire d'une plaque poreuse permable au liquide et impermable l'air. L'eau du
rservoir est soumise une dpression qui l'quilibre mesure la pression capillaire (figure
4.1). Ce systme limite la gamme de mesure environ 100 kPa, du fait de la cavitation. En
remplaant l'eau par un autre liquide et en tablant sur les phnomnes d'osmose, la gamme de
mesure peut tre considrablement tendue (jusqu' 1.5 MPa). Un tensiomtre eau
permettant de mesurer des pressions capillaires jusqu' 1.5 MPa a t dvelopp dans les
annes 90 l'Imperial Collge (RIDLEY et al. [1993]). Il est compos d'une pierre poreuse
trs faible entre d'air et d'un capteur de pression miniature; entre ces deux lments, le

78

Techniques exprimentales de contrle et de mesure de la succion

volume du rservoir est rduit environ 3 mm3. La qualit du contact sol-lment poreux
conditionne celle des mesures.

Figure 4. 1: Tensiomtre et plaque de succion, LI [2000]

2.2 Mthode du papier filtre


La mesure de la succion par la mthode du papier filtre consiste mettre le sol en contact
avec un papier filtre pralablement tar. Ainsi, la mesure de sa teneur en eau permet d'en
dduire la pression capillaire (figures 4.2 et 4.3). Cette mthode peu prcise a le mrite d'tre
simple mettre en uvre pour autant que la pression capillaire mesurer ne fluctue pas. Elle
est applicable dans une gamme de variation de 50 kPa 10 MPa.

Sol

Equilibre
des succions
(4 jours)
Papier-filtre

Papiers-filtre
chargs
dhumidit

Parafine

Figure 4. 2: Mthode du papier-filtre, DELAGE et al. [2001a]

79

Techniques exprimentales de contrle et de mesure de la succion

pF

3
Parcevaux
2

Fawcett et
Collis-George

0
0

50

100

150

w (%)

Figure 4. 3: Courbe d'talonnage du papier filtre Whatman n 42 sec et humide, DELAGE et


al. [2001a]

2.3 Mesure psychromtrique de la succion


Le psychromtre est un appareil qui mesure l'humidit relative hr de la phase gazeuse du sol.
Des considrations thermodynamiques permettent d'tablir une relation avec la pression
capillaire qui, dans une large gamme de valeurs, correspond des valeurs de hr suprieures
99 %. La mesure de l'humidit relative est effectue en se basant sur les proprits
thermolectriques des thermocouples. Un talonnage pralable au moyen de solutions de
concentrations connues est ncessaire. Cette mthode, qui se prte bien l'automatisation des
mesures, convient dans une gamme variant de 100 kPa 15 MPa. Il existe galement d'autres
types de psychromtres o les thermocouples sont remplacs par deux transistors (TRUONG
et al. [1995]). S'ils prsentent des avantages du point de vue sensibilit, prcision et tendue

de mesure (jusqu' 100 MPa), ils ont toutefois l'inconvnient de prsenter de l'hystrse et de
ne pas bnficier de l'effet Peltier pour le transistor humide, ce qui ncessite une intervention
extrieure. Les psychromtres prsentent l'inconvnient d'tre sensibles aux fluctuations de
temprature.

Techniques exprimentales de contrle et de mesure de la succion

80

2.4 Mesure de succion par dautres mthodes


RIDLEY et WRAY [1995] dcrivent d'autres systmes de mesure de la succion. Une mthode
ancienne consiste mettre en contact le sol tester avec des corps poreux, dont la variation de
rsistivit en fonction de la teneur en eau a t talonne, et mesurer la rsistivit du corps,
une fois l'quilibre hydrique avec le sol atteint. La connaissance de la courbe de rtention
d'eau du corps permet d'obtenir la succion partir de la teneur en eau. Ce systme, applicable
pour des succions comprises entre 50 kPa et 3 MPa, est trs sensible la salinit de l'eau
interstitielle, et n'est plus frquemment utilis. Une autre proprit du corps poreux
dpendante de la teneur en eau, utilise pour obtenir une mesure de succion, est la
conductivit thermique (SATTER et FREDLUND [1989]). Ces capteurs ne se sont pas
rvls trs performants l'usage.

3 Techniques de contrle de la succion


Les techniques de contrle sont conues de telle manire quon puisse imposer une succion au
sol et mesurer la teneur en eau correspondant lquilibre hydrique.

3.1 Contrle par plaque tensiomtrique


Une des premires techniques utilises, la plaque tensiomtrique (figure 4.4), consiste
mettre l'eau d'un chantillon sous tension en le mettant au contact d'une pierre poreuse
cramique sature d'eau, connecte un rcipient d'altitude variable par le biais d'un tube en
U. Un rcipient plac plus bas que l'chantillon permet d'exercer une dpression gale la
hauteur d'eau. Ce systme permet d'avoir une excellente prcision aux trs faibles succions,
entre 0 et 10 kPa (1m d'eau).
Dans des conditions normales, l'eau ne peut tre mise sous tension que jusqu' la limite
impose par la cavitation, qui est de 80kPa pour une eau naturelle, ce qui dfinit la gamme
tensiomtrique (0-80kPa). Cette gamme peut tre couverte avec un procd analogue, en
plaant du mercure dans le tube en U (100 kPa 760 mm de mercure).
Sur le systme de la figure 4.5 (CRONEY, COLEMAN et BLACK [1958]), la succion est
impose par une pompe vide et le tube en U rempli de mercure sert de manomtre. Ce
systme permet galement de mesurer la succion d'un chantillon non satur dans la gamme

81

Techniques exprimentales de contrle et de mesure de la succion

tensiomtrique, en appliquant le vide ncessaire pour n'obtenir aucun mouvement du


mnisque d'eau dans le tube horizontal.
Air
Sol
Eau

Cellule
Pierre poreuse
cramique

Eau

Figure 4. 4: Plaque tensiomtrique (faibles succions), DELAGE et al. [2001a]

Cellule
Echantillon

Pompe vide

Pierre poreuse cramique


Rservoir rempli deau

Mnisque
Manomtre

Figure 4. 5: Plaque tensiomtrique, DELAGE et al. [2001a]

3.2 Contrle par translation daxes


La technique de translation d'axes a t mise en uvre par les pdologues (RICHARDS
[1941]) l'aide du dispositif de la figure 4.6 : il s'agit d'une cellule tanche l'air dont la base,
sur laquelle repose l'chantillon, est constitue d'une pierre poreuse cramique de fine porosit
immerge dans un rcipient d'eau la pression atmosphrique ; les pores de la pierre poreuse
sont suffisamment petits pour qu'elle ne soit pas dsature par la pression maximale d'air

Techniques exprimentales de contrle et de mesure de la succion

82

applique dans la cellule. La loi de Jurin montre qu'une cramique capable de contenir une
pression maximale de 500 kPa devra avoir des rayons de pore infrieurs 0,29 m. Des
membranes semi-permables cellulosiques, poses sur une pierre poreuse normale peuvent
galement tre utilises; ces membranes, qui sont la base de la technique osmotique de
contrle de succion dcrite plus loin, constituent une sorte de grillage avec une maille de
l'ordre de 5 nm. Il est ncessaire que le contact entre l'chantillon de sol tester et l'lment
poreux soit de trs bonne qualit, pour faciliter la continuit de la phase liquide entre
l'chantillon et la pierre poreuse fine. Il en rsulte que la pression d'eau est maintenue nulle au
sein de l'chantillon (uw =0).
La pression d'air tant fixe une valeur positive suprieure la pression d'eau, on impose
artificiellement une valeur de succion: s = ua - uw
L'exprimentation consiste placer l'chantillon sous pression jusqu' ce que l'quilibre soit
atteint, ce qui se produit en quelques jours pour des chantillons centimtriques. Une fois
l'quilibre atteint, on relche la pression et on extrait rapidement l'chantillon de la cellule,
afin de dterminer par pese sa teneur en eau sous la succion impose.
Le principe de translation d'axes a t adapt par les gotechniciens sur des appareils de
mcanique des sols (oedomtres, essais triaxiaux, bote de cisaillement). L'ordre de grandeur
des succions maximales imposes avec cette technique est de 1,5MPa, ce qui impose la
ralisation de cellules mtalliques de confinement extrmement fiables, vu l'nergie lastique
emmagasine par les volumes de gaz comprim. Plus rcemment, des extensions plusieurs
dizaines de MPa ont t ralises en Espagne, dans le cadre d'tudes de la rtention de
matriaux trs plastiques pour l'tude des barrires ouvrages pour le stockage des dchets
nuclaires (VILAR [1995]).
Pression dair
Pierre poreuse
Echantillon

Eau

Figure 4. 6: Cellule de Richards pour le contrle de succion par translation daxe (DELAGE
et al. [2001a]

83

Techniques exprimentales de contrle et de mesure de la succion

3.3 Technique de contrle osmotique


La technique osmotique provient de la biologie, o elle est utilise en particulier pour les
dialyses. Elle est base sur l'utilisation de membranes (de dialyse) semi-permables et d'une
solution aqueuse de molcules organiques de polythylne glycol (PEG) de (C2H4), ce qui
leur confre une masse molaire considrable, pouvant aller de 1000 20000g/mole.
L'eau peut traverser la membrane contrairement aux molcules de PEG en solution qui du fait
de leur grande taille ne le peuvent pas. Un chantillon mis au contact d'une membrane semipermable derrire laquelle circule une solution de PEG est alors soumis une succion
osmotique, d'autant plus forte que la concentration en PEG est leve. Le diagramme de la
figure 4.7 regroupe les essais effectus par divers chercheurs sur des PEG de 6000 et
20000g/mole (WILLIAMS et SHAYKEWICH [1969]), et les essais d'extension fortes
succions (12 MPa) sur des PEG de 1500, 4000, 6000 et 20000g/mole (DELAGE et al.
[1998]). On observe une excellente compatibilit entre toutes les donnes et une relation
unique, indpendante de la masse molaire, entre la concentration et la succion. Pour les
succions infrieures 6,25 MPa, la relation prend la forme simple : s = 11 c2 o c est la
concentration en PED. De 6,25 12 MPa

( s 3,5), la courbe s'inflchit lgrement (figure


16

s (MPa )

4
3.5

s (MPa)

4.7).

2.5
4

2
1.5

1
0.5
0

0.2

M = 20 000
M = 4 000
M = 20 000

0.4

0.6

0
0.8
1
1.2 1.4
Concentration (g/g eau)

M = 6 000
M = 1 500
M = 6 000 (Williams & Shaykewich)

Figure 4. 7: Technique osmotique: relation entre succion et concentration, WILLIAMS et al.


[1969]

Techniques exprimentales de contrle et de mesure de la succion

84

Film plastique
(PEG: M = 20 000)

Sol
Membrane
semi-permable

0
Agitateur mlangeur

Figure 4. 8: Mise en uvre de la technique osmotique, DELAGE et al. [2001a]


La mise en uvre de la technique osmotique pour la dtermination de la courbe rtention
d'eau se fait suivant le principe de la figure 4.8. Un chantillon entour d'une membrane
osmotique cylindrique est plac dans un bain de solution de PEG pos sur un agitateur
magntique. Des lastiques sont placs autour de l'chantillon de sol pour assurer un bon
contact entre le sol et la membrane, et les transferts d'eau interviennent au travers de la
membrane jusqu' l'quilibre, au bout de quelques jours. On extrait alors l'chantillon pour en
dterminer la teneur en eau. Du fait des changes, la concentration de la solution varie
lgrement. Sa valeur finale est dtermine par rfractomtrie, sachant que le degr Brix de la
solution est trs sensible aux variations de concentrations (DELAGE et al. [1998]).
L'intrt majeur de cette technique est que la gnration d'une succion positive s =ua - uw, ne
se fait pas artificiellement par application d'une surpression d'air au sein de l'chantillon. La
pression d'air ua reste gale la pression atmosphrique, et c'est rellement la pression d'eau

uw qui est ngative, comme dans la ralit. Des succions atteignant 12 MPa peuvent tre
atteintes sans prcautions particulires, la diffrence de la technique de la surpression d'air
qui requiert ces pressions d'importantes dispositions de scurit.

Techniques exprimentales de contrle et de mesure de la succion

85

3.4 Technique de contrle par phase de vapeur


La technique de contrle par phase vapeur est base sur la loi de Kelvin:

ua u w =

RT
ln hr
gM w

o:
ua: la pression d'air
uw: la pression de l'eau
hr: humidit relative
Mw: la masse molaire de l'eau (M= [Link]-1)
g: acclration due la pesanteur
R: constante molaire des gaz (R= 8.3143 [Link]-1.K-1)
T: temprature (K).
Elle consiste placer un chantillon dans une atmosphre confine humidit contrle dans
un dessiccateur, et laisser les transferts d'eau s'effectuer sous phase vapeur jusqu'
l'quilibre. Ce processus est assez long et peut durer jusqu' une dizaine de jours, voire plus
selon la taille de l'chantillon et la valeur de la succion. L'humidit relative peut tre impose
en plaant dans le dessiccateur une solution d'acide sulfurique concentration donne, ou une
solution saline sature (figure 4.9). Cette dernire mthode est plus simple d'emploi et moins
dangereuse. Le tableau 4.1 donne les succions obtenues avec diffrents sels. Ce tableau
montre qu'il n'existe pratiquement pas de limite suprieure en succion. Cependant, il est
noter que les diffrentes rfrences utilises pour l'laboration du tableau 4.1 (SPENCER
[1926], SCHNEIDER [1960], WEAST [1968], TESSIER [1975], DELAGE et al. [1998])
donnent parfois plusieurs valeurs d'humidit relative pour le mme sel. Il est possible de
prciser la valeur d'un sel donn en l'talonnant diffrentes concentrations par rapport un
sel dont la courbe concentration/humidit relative est bien tablie, comme par exemple NaCl
au-dessus de 76% (LANG [1967]). Il est prfrable d'utiliser cette technique en conditions de
temprature contrle 20oC. L'inconvnient principal est la lenteur des changes par phase
vapeur.

86

Techniques exprimentales de contrle et de mesure de la succion

Echantillon

Eau
Solution saline sature

Figure 4. 9: Contrle de succion par phase vapeur, l'aide d'un dessiccateur et d'une
solution saline sature, DELAGE et al. [2001a].

Sel

Succion (MPa)

Humidit relative (%)

K2SO4

4,2

97

ZnSO4, 7H2O

12,6

91,3

29

81

NaCl

37,8

76

NaNO2

57,3

66

Mg(NO3)2

82,4

55

K2CO3

137,8

44

KCH3CO2

182,1

20

KOH

331,9

(NH4)2SO4

Tableau 4.1 Relation humidit relative succion - nature du sel


(en solution aqueuse sature), DELAGE et al. [2001a]

4 Conclusions
Dans ce chapitre, diffrentes techniques de mesure et de contrle de la succion sont
prsentes. Ces techniques peuvent tre scindes en deux catgories, les techniques du type
psychromtre et le tensiomtre qui permettent de mesurer rellement la succion dans
l'prouvette, et les techniques du type surpression d'air, mthode osmotique, qui imposent et
maintiennent une succion une valeur prdtermine. Chacune de ces techniques prsente des
avantages et des inconvnients.

87

Techniques exprimentales de contrle et de mesure de la succion

Tout d'abord, chaque technique est adapte une gamme de succion particulire.
FREDLUND et al. [1993] prcisent les ordres de grandeur de la succion relatifs chacune de
ces mthodes (tableau 4.2):
Mthode

Succion mesure

Domaine
d'application
(kPa)

totale

100-8000

des heures

temprature

papier filtre

totale ou
matricielle

100-10000

des semaines
1 semaine

temprature

plaque de succion

matricielle

<90

des heures

bon contact

tensiomtre

matricielle

<90

des heures

bon contact

surpression d'air

matricielle

0-1500

des jours

temprature

osmotique

matricielle

0-1500

des jours

temprature

psychromtre

Temps
d'quilibre

Paramtres
sensibles

Tableau 4.2 Ordre de grandeur des succions pour diffrentes mthodes, FREDLUND et al.
[1993]
Par ailleurs, un autre point important est linfluence de la temprature sur les mesures dans la
plupart des techniques. Des prcautions supplmentaires sont donc prendre par rapport aux
essais traditionnels.
De plus, la plupart des techniques donnent une rponse lente. Quelle que soit la mthode
utilise, la mesure n'est correcte que si l'prouvette atteint un tat d'quilibre correspondant
aux conditions d'essais. Ceci demande souvent un temps considrable. De plus, la dure de
mise en quilibre dpend galement des types de sols et de la taille des prouvettes. Une
argile demande plus de temps qu'un sable pour atteindre l'quilibre (VERBRUGGE [1975]).
La dtermination du moment o l'quilibre est atteint est fort dlicate et dpend souvent du
mode opratoire utilis.
Dans certains cas (mthode de la surpression d'air, plaque de succion, etc.), cette
dtermination se fait par pese des prouvettes intervalles rguliers. Ceci prsente le risque

Techniques exprimentales de contrle et de mesure de la succion

88

d'altrer l'prouvette, ainsi que le contact entre la pierre poreuse (ou la membrane) et le sol.
Cela apporte, par consquent, une certaine imprcision. Dans le cas du psychromtre, les
peses ne sont pas ncessaires, il suffit de faire directement des mesures au psychromtre
intervalles rguliers. Lorsque les lectures cessent d'voluer, l'quilibre est atteint.
La longue dure ncessaire l'quilibre entrane galement certaines difficults
exprimentales. Par exemple, la membrane semi-permable utilise dans la mthode
osmotique risque d'tre dfectueuse au bout d'un certain temps cause des bactries se
dveloppant dans la solution.
La mesure et le contrle de la succion sont donc des oprations dlicates. C'est en partie pour
cela que peu de rsultats exprimentaux sur les sols non saturs existent l'heure actuelle.
Dans le chapitre suivant, nous allons mettre en uvre certaines de ces techniques
(principalement la mthode osmotique et la mthode de surpression d'air) afin de caractriser
le comportement non satur du limon dAwans qui est un matriau naturel reprsentatif de
sols de la rgion de Hesbaye.

89

CHAPITRE V

Rsultats exprimentaux

Rsultats exprimentaux

91

CHAPITRE V: Rsultats exprimentaux


1 Introduction
Depuis longtemps, la Mcanique des sols et des roches s'intresse l'tude des sols en tat
satur. Or, dans la nature les sols sont le plus souvent en tat non satur et leur comportement
est encore mal dfini. Afin de dgager certains paramtres ncessaires ltude de la stabilit
des pentes, nous avons ralis une tude exprimentale d'un sol non satur. Lidentification
ainsi que le comportement en conditions satures sont dabord considrs afin davoir un tat
de rfrence. Ensuite, une srie dessais oedomtriques et triaxiaux succion ou teneur en
eau contrle est ralise et permet dtudier le comportement du sol en conditions non
satures.

2 Description du matriau utilis


Le matriau utilis est un limon d'Awans. C'est un matriau naturel reprsentatif des sols de la
rgion de Hesbaye. Des chantillons ont t prlevs une profondeur denviron 1.50m. Il ny
a pas eu de conditions particulires de prlvement.
Ce type de matriau offre les avantages suivants:

le limon tant plus permable que l'argile, la dure des essais peut tre rduite. Par
rapport au sable, il est moins permable, mais trs cohsif, ce qui facilite la
reconstitution des chantillons.

pour des appareils ne supportant pas de fortes pressions, le limon est prfr par
rapport l'argile car les succions imposer pour le dsaturer sont moins fortes que
pour l'argile.

2.1 Caractristiques principales du limon dAwans


Les essais classiques d'identifications ont fourni les rsultats suivants :

Courbe granulomtrique, figure 5.1 (passant 80 m = 95%)


Dtermination des limites d'Atterberg, figure 5.2:
Limite de liquidit WL = 32,6

92

Rsultats exprimentaux

Limite de plasticit WP = 22,5


Indice de plasticit IP = 10,1

Catgorie: A1 (Classification franaise GTR) Limon peu plastique, figure 5.3


Essais Proctor standard, figure 5.4:
Teneur en eau optimum

wopt = 15,4 %

Masse volumique sche maximum d max = 1690 kg/m3

Figure 5. 1: Courbe granulomtrique du limon d'Awans

93

Rsultats exprimentaux

Figure 5. 2: Limites d'Atterberg du limon d'Awans.

Figure 5. 3: Limon d'Awans dans la classification GTR.

Rsultats exprimentaux

Figure 5. 4: Rsultats de l'essai Proctor standard sur le limon d'Awans.

94

95

Rsultats exprimentaux

Les autres caractristiques sont donnes dans le tableau 5.1:

Caractristiques

Symboles

Valeurs

Poids volumique sec

d (KN/m3)

16.11

Poids volumique des grains

s (KN/m3)

26

Sr (%)

64

Indice des vides

0.61

Porosit

0.38

w (%)

15

ks (m/s)

5.2 10-8

Degr de saturation

Teneur en eau
Permabilit

Tableau 5.1: Autres caractristiques gnrales du limon d'Awans au prlvement

2.2 Prparation des chantillons


Dans la littrature, la plupart des rsultats exprimentaux sur les sols non saturs sont obtenus
partir d'essais sur des chantillons soit compacts, soit non remanis et trs peu sur les sols
remanis. C'est pourquoi, dans notre tude, nous allons axer l'effort sur l'tude des sols
remanis. La prparation des chantillons est faite de telle sorte qu'ils soient trs proches de
l'tat initial de l'chantillon lors du prlvement.
Le sol est d'abord sch, puis broy et on dtermine la teneur en eau rsiduelle de cette
poudre. Ensuite, pour un point donn dans le diagramme Proctor et selon la teneur en eau
qu'on veut avoir, on calcule la quantit d'eau rajouter la poudre. Aprs un mlange bien
soign pour permettre une bonne distribution de l'eau dans le sol, on conserve le mlange
obtenu dans des seaux bien ferms pour ne pas perdre l'humidit et on attend quelques jours
pour que la teneur en eau s'homognise au sein du sol.
La reconstitution des chantillons est une opration dlicate. Une des principales difficults
est de reproduire un chantillon homogne et proche de l'tat initial du matriau lors du
prlvement, compte tenu des difficults contrler la densit et la teneur en eau et grer le
problme de frottement entre le moule et l'chantillon. En pratique, nous avons procd de la
manire suivante: connaissant le volume du moule (V), la teneur en eau de l'chantillon (w)

96

Rsultats exprimentaux

ainsi que son poids volumique sec (d), on peut trouver son poids volumique humide

h = d (1 + w ) ; de cette faon, on peut dterminer le poids du sol humide ( Ph = V . h ) qu'il


faut compacter dans le moule. Pour le compactage, on a utilis une presse avec une vitesse
trs lente pour que l'air ait le temps de s'chapper. Aprs on dmoule l'chantillon et on peut
faire l'essai en prenant le soin de ne pas perdre son humidit. Le processus de reconstitution
des chantillons est prsent sur les images de la figure 5.5. Pour les essais oedomtriques,
nous avons appliqu le mme principe, connaissant le volume de la bague, le poids volumique
sec ainsi que la teneur en eau, il est facile de dterminer le poids du sol humide mettre dans
la bague, le problme d'htrognit se pose moins tant donn sa faible paisseur.

Remplissage du moule par un


sol aprs pese

Mise en place du moule dans la


presse

Compactage du sol dans le


moule

Extraction de l'chantillon du moule

Figure 5. 5: Reconstitution des chantillons

97

Rsultats exprimentaux

3 Programme d'essais
Pour bien comprendre le comportement de ce matriau en conditions non satures, il est
ncessaire de raliser des essais saturs pour avoir une rfrence, c'est dans ce cadre que des
essais oedomtriques et triaxiaux saturs sont effectus. Par ailleurs, d'autres essais
spcifiques sont galement effectus pour tudier le comportement en conditions non
satures, il s'agit d'essais oedomtriques par la mthode osmotique pour le comportement
volumique; pour ce qui est du comportement dviatorique, nous avons effectu des essais
triaxiaux non consolids et non drains (UU) diffrentes teneurs en eau et des essais
triaxiaux par la mthode de surpression d'air. Du fait de la dure de ces derniers essais, nous
nous sommes limits quelques niveaux de succion. Le tableau 5.2 donne un rcapitulatif de
l'ensemble des essais.
Type d'essai

Succion (s) ou

Niveau des contraintes

pression d'air

(kPa)

(ua): (kPa)

Triaxial

Satur

s= 0

Non consolid

Dduction de s

et non drain

suivant la courbe

(UU)

de rtention

3 (kPa)

50-100-200
50-100-200

3 (kPa)

+ deux essais complmentaires


0 et 600 kPa pour le point le plus
sec et dense (point1)

Surpression

ua= 20

d'air

ua= 50

3 (kPa)

50-100-200

ua= 100
Satur

5-49-98-196-392-785-1570-3139, plus une


dcharge partir de la plus grande contrainte

Oedomtrique

s= 25

5-49-98-196-392-785-1570-3139, plus une

Mthode

s= 50

dcharge partir de la plus grande contrainte

osmotique

s= 100
s= 200

Tableau 5.2: Rcapitulatif des essais raliss.

98

Rsultats exprimentaux

4 Essais oedomtriques: rsultats et analyse


4.1 Essais oedomtrique satur
Afin de dterminer le comportement du sol soumis une augmentation de contrainte
verticale, on procde un essai oedomtrique. Une prouvette de sol est place dans un
cylindre mtallique indformable entre deux pierres poreuses destines permettre la
consolidation du sol par dissipation des pressions interstitielles. La pression est exerce par
paliers. Pour chaque charge ou dcharge, le tassement est mesur en fonction du temps. Puis
lorsque la stabilisation du piston est atteinte, on mesure l'enfoncement ou le soulvement
correspondant. Les caractristiques initiales de l'chantillon sont donnes au tableau 5.3.
L'chantillon est ensuite satur avant d'tre soumis un chargement.

Caractristiques

Valeurs

w (%)

14.70

d (KN/m3)

16.05

h (KN/m3)

18.41

e (-)

0.619

n (-)

0.383

Sr (%)

63

Tableau 5.3: Caractristiques initiales de l'chantillon soumis l'essai oedomtrique

99

Rsultats exprimentaux
limon d'Awans remani

0.65

indice des vides

0.6

0.55

Cc

0.5

0.45
Cs
0.4
0.001

P0

0.010

0.100

1.000

10.000

contraintes (MPa)

Figure 5. 6: Courbe oedomtrique sature


Nous dduisons les caractristiques lasto-plastiques suivantes:

Caractristiques

Valeurs

Cs

0.0053

Cc

0.0523

P0 (kPa)

85

Tableau 5.4: Caractristiques de l'chantillon dduites de la courbe oedomtrique


Daprs la figure 5.6, l'indice d'lasticit Cs vaut 0,0053 ce qui correspond une valeur de la
pente lastique (Cs/2,3) gale 0.0023. L'indice de compression Cc vaut 0,0523, ce qui
correspond une pente plastique (Cc/2.3) gal 0,0227. Quant la pression de prconsolidation P0 qui marque la limite entre les pentes lastique et plastique, elle vaut 85 kPa
et elle dpend de la faon dont l'chantillon a t fabriqu, de la vitesse de compactage, de la
perte d'nergie due au frottement au cour du compactage,

100

Rsultats exprimentaux

4.2 Essais oedomtriques non saturs (mthode osmotique)


Le dispositif de la cellule oedomtrique succion contrle que nous avons utilis est
schmatis la figure 5.7 ci-dessous:

Contrle des
changes deau

Tube tmoin

Contrainte
verticale
Membrane
semi-permable

Tamis
Echantillon

Pompe

Solution de
PEG 20000

Bain
thermostatis

Figure 5. 7: Cellule oedomtrique succion contrle, DELAGE et al. [1992]

Principe
Lchantillon est plac en contact avec la solution de PEG 20000 correspondant une succion
donne. La solution circule en permanence dans des rainures creuses dans lembase de la
cellule (labyrinthe). Pour assurer un bon contact entre la solution et lchantillon, un fin tamis
mtallique est plac au-dessus du labyrinthe. Une membrane semi-permable spare le tamis
de lchantillon. Ainsi, lorsque la solution circule, un change deau entre lchantillon et la
solution va se produire. On peut mesurer le volume deau chang. La contrainte verticale v
peut tre contrle sparment.

Procdure
Aprs avoir mis l'chantillon dans le corps de l'oedomtre, il est satur pour se donner un tat
initial de rfrence sr, la succion initiale de l'chantillon n'tant pas connue. Une fois
l'chantillon satur, on fait circuler la solution de PEG et on mesure le volume d'eau chang
ainsi que la dformation axiale due la succion. Comme nous lavons dj mentionn au
chapitre IV paragraphe 3.3, nous nous sommes servis de la courbe dtalonnage de la solution

101

Rsultats exprimentaux

de PEG 20000 de Williams et Shaykewish (VICOL [1990]) pour dduire la succion partir de
la concentration comme le montre la figure ci-dessous:

Figure 5. 8: Courbe de calibrage de la concentration de la solution PEG en fonction de la


succion 25C.
Aprs quilibre des succions, on charge l'chantillon comme pour un oedomtre classique.

Remarque
Lorsquil y a change deau dans le flacon qui contient la solution de PEG une certaine
concentration, celle-ci change. Gnralement cette modification est nglige, en supposant
que le flacon est tellement grand que cette variation est minime.

Rsultats:
0.65

s = 0 Kpa
s = 25 kPa
s = 50 kPa
s = 100 kPa
s = 200 kPa

indice des vides

0.6

0.55

0.5

0.45

0.4
0.001

0.010

0.100

1.000

Contrainte (MPa)

Figure 5. 9: Courbes oedomtriques succion contrle

10.000

102

Rsultats exprimentaux

250

200
y = 0.9447x - 70.295
R2 = 0.9721
s( kPa)

150

100

50

0
0

50

100

150

200

250

300

P0( kPa)

Figure 5. 10: Evolution de la pression de consolidation en fonction de la succion


1

cc

Cc/Cc0
Cs/Cs0

0.9

0.8
cs

0.7
0

50

100

150

200

250

succion (kPa)

Figure 5. 11: Evolution relative des indices d'lasticit Cs et de compression Cc en fonction de


la succion

103

Rsultats exprimentaux
13

cc/cs

12

11

10

9
0

50

100

150

200

250

succion (kPa)

Figure 5. 12: Evolution du rapport des indices d'lasticit et de compression en fonction de la


succion

indice des vides ei

0.63

0.62

0.61

0.6
0

50

100

150

200

250

succion (kPa)

Figure 5. 13: Evolution de l'indice des vides initial (aprs quilibre des succions) en fonction
de la succion, contrainte quasi nulle.

Rsultats exprimentaux

104

La courbe de compressibilit montre l'volution de l'indice des vides sous l'effet de la


succion. On remarque qu'avant la mise en charge de l'chantillon, l'indice des vides
diminue avec la dsaturation (figure 5.13). Quand l'chantillon est mis en charge, l'effet de
la succion est plus significatif dans la partie lastique que dans la partie plastique pour des
succions infrieures 100 kPa (figure 5.11). Au del, Cs tend vers une constante tandis
que Cc continue dcrotre lgrement avec la dsaturation. L'espace compris entre les
deux courbes de cette mme figure montre l'volution de la composante plastique de la
compressibilit en fonction de la succion. Le sol se rigidifie donc avec la succion. Cette
observation a t confirme par CHARLIER et al. [1997], GEISER et al. [1997],
LALOUI et al. [1997] sur un limon de Sion. Dautres chercheurs comme JOSA et al.
[1992], WHEELER et al. [1995], FUTAI et al. [1999] ajoutent quil ne faut pas ngliger
leffet de la contrainte moyenne sur lvolution de la pente Cc.

La contrainte partir de laquelle la compression plastique se produit augmente quand la


succion augmente, cest--dire que la succion rend la surface de plasticit plus grande
(figure 5.10), ce qui est confirm par le modle d ALONSO et al. [1990].

Toutes ces observations correspondent celles qui ont t faites par d'autres auteurs comme
MATYAS et al. [1968], VERBRUGGE [1978], LECLERCQ et al. [1985], DUCHENE et al.
[1991], FLEUREAU et al. [1990], ALONSO et al. [1990], KOHGO et al. [1993], CUI et al.
[1995], etc.

5 Essais triaxiaux saturs CU: rsultats et analyse


Un essai triaxial de type consolid-non drain a t effectu pour dterminer les
caractristiques de rsistance du sol tudi. Il a t ralis des pressions de confinement 3 =
50 kPa, 100 kPa et 200 kPa.
Lessai est compos de trois phases:

Nous avons mis l'chantillon en contre pression, c'est dire que nous avons augment
la pression de pore de lchantillon et paralllement, la pression de cellule augmente
de manire viter tout gonflement de la membrane. En ralit, la pression de cellule
est toujours lgrement suprieure de quelques kPa. Cette phase se droule donc
contrainte effective presque nulle et nentrane donc pas de variation de volume. Le

105

Rsultats exprimentaux

but de cette contre pression est damliorer la saturation de lchantillon en assurant la


dissolution des gaz prsents.

La consolidation permet damener lchantillon une contrainte effective moyenne


dtermine. Durant cette phase, lchantillon est toujours drain (pierres poreuses et
drains latraux), leau peut donc sortir de lchantillon et provoque des variations de
volume. Cette opration permet de dresser la courbe de consolidation, partir de
laquelle la vitesse de cisaillement peut tre dtermine.

La phase de cisaillement proprement dite consiste augmenter la contrainte axiale


pour une contrainte de confinement constante. Le cisaillement a t effectu dans des
conditions non draines avec une vitesse de 6 mm/heure.

Voici les rsultats:


0.40

1 3 [ MPa ]

0.32
c

0.24

b
0.16
a
0.08
(%)
0.00
0

12

16

20

24

Figure 5. 14: Diagramme dviateur-dformation axiale: a) 3= 50kPa, b) 3= 100kPa, c) 3=


200kPa

106

Rsultats exprimentaux

0.40

u+u0 [ MPa ]

0.32

0.24

b
a

0.16

0.08
(%)

0.00
0

12

16

20

24

Figure 5. 15: Diagramme pression d'eau- dformation axiale


0.48
0.40

q [ MPa ]

0.32
0.24
0.16
c

0.08
a
0.00
0.00

p' [MPa]
0.16

0.32

0.48

0.64

Figure 5. 16: Diagramme dviateur-contrainte moyenne

0.80

107

Rsultats exprimentaux
0.400

Contraintes totales

c = 0.019 MPa - = 18.9

Contrainte de cisaillement [MPa]

Contraintes effectives c' = 0.003 Mpa - ' = 30.4


0.320

0.240

0.160

0.080

0.000
0.000

a' a

0.160

b'

c'

0.320

0.480

0.640

Contrainte normale [MPa]

Figure 5. 17: Cercles de Mohr et droite intrinsque

0.800

108

Rsultats exprimentaux

Figure 5. 18: Forme de la rupture (en tonneau)


Epr

uc

'3

di

wi
3

mm

mm

kPa

kPa

kPa

kg/m

51.13

102.5

251

200

51

1680

14.9

51.12

102.0

300

200

100

1680

51.20

101.5

400

200

200

1678

Avant essai

Sri

wf

df

Srf
3

ur

'3r

'1r

1r

kPa

kPa

kPa

kg/m

0.71

22.56

1626

0.98

210

41

132

20.00

14.9

0.71

22.82

1620

0.98

229

71

239

19.86

14.9

0.70

21.40

1652

0.97

287

113

351

17.92

Aprs essai (Critre: dviateur maximum)

Tableau 5.5: Caractristiques des prouvettes avant et aprs essai pour le triaxial CU.

Rsultats exprimentaux

109

Pour l'analyse, le critre de rupture d'un chantillon est gnralement le dviateur maximum,
qui pour ce matriau est gnralement assimil au dviateur aprs 20% de dformation axiale.
Ceci permet de dire que la courbe de rsistance est caractrise par une cohsion c= 19 kPa et
un angle de frottement interne = 18.9 (en contrainte totale) et c' = 3 kPa, ' = 30.4 (en
contrainte effective). On peut estimer qu'en rupture des pentes, 20% de taux de dformation
sont rarement atteints. Une seconde analyse est possible avec un taux de dformation
diffrent. Nous avons choisi arbitrairement 2% (figure 5.14), et pour cette valeur, on a une
cohsion c = 13 kPa et un angle de frottement = 16.9 (en contrainte totale) et c' = 8 kPa,

' = 26.4 (en contrainte effective). Notons qu'aprs cisaillement, les trois chantillons se
dforment en tonneau et on n'observe pas de plan de glissement (figure 5.18).

6 Essais triaxiaux non saturs-mthode par surpression d'air:


mthodologie et rsultats
Afin de bien tudier le comportement des sols non saturs, nous avons ralis des essais
triaxiaux succion contrle par la mthode de surpression dair, les succions appliques
tant en gnral faibles par rapport aux niveaux de contraintes. Le principe est dinjecter de
lair pression contrle en haut de lchantillon pralablement satur, dont le bas est
connect un circuit d'eau la pression atmosphrique (uw= 0). Comme la succion

s = ua uw , on aura s = ua .

110

Rsultats exprimentaux

6.1

Appareillage

Capteur de charge
Pierre poreuse
Echantillon
Pression dair

Pression deau

Rservoir

Pierre cramique
Pompe
Capteur de pression
interstitielle

Contrainte latrale

Contrainte verticale

Figure 5. 19: Appareil triaxial modifi

111

Rsultats exprimentaux

R1

R5 Pompe

R3

R2

R4

R7

R6

R8

Figure 5. 20: Modifications au niveau de lembase


1: Pierre poreuse haute pression dentre dair pour empcher lair inject de passer travers
celle-ci.
2: Pierre poreuse ordinaire avec une grande permabilit.

112

Rsultats exprimentaux

R1-R2-R3-R4-R5-R6-R7-R8: Robinets de 1 8
Voici tout le dispositif aprs le montage :

Figure 5. 21: Dispositif de tout lappareillage


C'est un quipement triaxial classique o les principales modifications se situent au niveau
des pierres poreuses de la cellule. La pression dentre dair de la pierre poreuse de lembase
(1) est leve (>100 kPa et jusque 1500kPa) et celle de la pierre poreuse (2) est nulle ou la
plus faible possible.
Pour nos essais, nous avons utilis une pierre poreuse (1) pression dentre dair gale 500
kPa. Cette pierre est pralablement sature et relie un rservoir deau dsare (A) la
pression atmosphrique pour mesurer la variation de volume. Ce rservoir est constitu dune
burette gradue ferme par un bouchon en caoutchouc perc dune aiguille hypodermique
pour maintenir la pression atmosphrique tout en limitant lvaporation. Une pompe de faible
dbit et pression (type pompe daquarium, dbit environ 6l/min) est insre dans ce circuit de
faon vacuer les bulles dair qui se formeraient sous la pierre poreuse en cas de
dsaturation de celle-ci. La pierre poreuse suprieure est relie un dispositif rgul de
pression dair.

Rsultats exprimentaux

6.2

113

Mode opratoire

Le mode opratoire comprend les tapes suivantes:

Saturation du circuit infrieur


On remplit deau dsare le circuit sous la pierre poreuse infrieure et on amorce la pompe
pour bien vacuer lair prsent dans le circuit. Pour cela, on ouvre les robinets R1, R3, R4,
R6, R8 et on ferme les robinets R2, R5 et R7 (figure 5.20).

Saturation de la pierre poreuse de lembase


On remplit la cellule deau, le circuit infrieur la pression atmosphrique, on ferme les
robinets 1, 3, on ouvre 2 et 5; puis on applique dans la cellule une pression en peu suprieure
la pression dentre dair de la pierre poreuse. On maintient cette pression jusqu ce quun
volume deau gal au volume de la pierre poreuse lait travers. On vide la cellule de son eau
en veillant ce que la surface de la pierre poreuse reste humide sans affleurement deau et en
maintenant une circulation deau sous celle-ci.
Nous avons insr dans le circuit infrieur un systme en T avec des sections diffrentes pour
piger dans le rservoir A les bulles dair qui sortent de la pierre poreuse haute pression
dentre dair.

Figure 5. 22: Dispositif en T pour piger les bulles d'air

Saturation de lprouvette
On met en place lprouvette gaine dans une membrane impermable, puis on fixe celle-ci
sur lembase au moyen dO-rings, et on remplit compltement la cellule deau comme pour un
essai triaxial classique.

Rsultats exprimentaux

114

Comme le circuit d'eau est ouvert en bas de l'chantillon, uw= Patm, on travaille donc avec de
faibles valeurs de confinement pour rduire le gradient au sein de lchantillon (figure 5.23).
Pour cela, nous appliquons un confinement de 50 kPa et en mme temps nous injectons en
tte de l'chantillon de l'eau sous une pression de 40 kPa. Ensuite, on ouvre le robinet 7, le
circuit infrieur de la pierre centrale reste ferm par les robinets R6 et R8 et on maintient ces
pressions jusqu ce quun volume deau gal au volume de lchantillon l'ait travers et
quon ne voit plus des bulles dair qui sortent de lchantillon. Cette phase dure plusieurs
heures voire des jours tant donn qu'on travaille avec de faibles pressions pour viter le
gradient des contraintes au sein de l'chantillon, mais aussi cause de la faible permabilit
des chantillons. Ensuite, on ferme le robinet R7 pour homogniser les pressions au sein de
lchantillon. A la fin de lhomognisation, on ouvre R6 et R8 pour ramener le bas de
l'chantillon la pression atmosphrique, tandis qu'en haut on arrte d'appliquer la contre
pression, 3 reste constante, ce qui marque le dbut de la consolidation avec le confinement
appliqu.

Consolidation
R7 reste ferm, le circuit en bas reste ouvert et leau circule la pression atmosphrique. 3
reste constante et on contrle le volume chang au cours de la consolidation par le rservoir
A. Cette phase dure plusieurs jours vu la faible permabilit de la pierre poreuse haute
pression d'entre d'air qui contrle la sortie d'eau en bas de l'chantillon. Si on veut consolider
avec un confinement plus grand, on incrmente 3 juste la fin de lhomognisation des
pressions deau lintrieur de lchantillon (figure 5.23). Quand il ny a plus deau change,
la consolidation est termine. Il est alors important de noter ce point car il servira comme
point de dpart pour la mesure deau change pendant la mise sous succion.

Application de la succion
On injecte de lair en haut de lchantillon et on contrle le volume chang via le rservoir
A. Quand il ny a plus deau change, on considre que c'est la fin de la mise en succion et
on peut cisailler lchantillon. Notons quen mme temps qu'on injecte de l'air dans
l'chantillon, on incrmente 3 dune pression gale celle de lair (figure 5.23) et on parle
dans ce cas de contrainte nette constante et de contrainte effective de Bishop croissante.

115

Rsultats exprimentaux

Cisaillement de lprouvette
La circulation deau sous la pierre poreuse reste maintenue la pression atmosphrique et le
reste de cette tape se droule de faon identique lessai triaxial sur le sol satur. La vitesse
de dformation doit tre lente pour que la pression interstitielle lie la mise en charge soit
dissipe. Elle peut tre dtermine partir des mesures de volume deau vacu en fonction
du temps au cours de la consolidation et de lapplication de la succion. En gnral, les vitesses
dessai varient de 1 15 mm/jour. Pour nos essais, nous avons cisaill les chantillons avec
une vitesse de 10mm/jour (soit 0.42mm/h).
Voici le rsum du chemin des contraintes suivi durant les diffrentes phases (figure 5.23).
t0-t1: saturation
t1-t2: homognisation
t2-t3: consolidation
t3-t4: application de la succion
t4-t5: cisaillement
tte de l'chantillon

70
60

'3 Bishop

40
'3 Terzaghi

30

uc

20

uair

10
0 t0 t
1 t2
0

t3

3 net
'3 Bishop

3 total

40
30

'3 Terzaghi

20

uc
uair

10
uc

ou 3 >50

50
3 -'3-u c (kPa)

3-'3-u c (kPa)

50

60

3 net

ou 3 >50 kPa
3 total

Bas de l'chantillon

70

12

16

20

24

t4

t5
28

uc
t0 t t
0 1 2

t3

12

temps (jours)

(a)

16

20

24

t4

t5
28

temps (jours)

(b)

Figure 5. 23: Chemin des contraintes au sein de lchantillon

6.3

Interprtation

A partir des mesures faites, on peut tracer les diagrammes suivants:


-

Volume deau vacu en fonction du temps au cours de la consolidation et de


lapplication de la succion pour chaque prouvette.

Le dviateur q en fonction de la dformation axiale pour chaque prouvette.

Le chemin des contraintes sous la forme des invariants de contraintes (p,q).

116

Rsultats exprimentaux

Les cercles de Mohr la rupture dans les axes ou Bishop pour chaque valeur

de la succion. Nous rappelons les diffrents types de contraintes utilises pour notre
reprsentation:
Contrainte effective de Bishop: Bishop = ( ua ) + S r . ( ua uw ) = ( ua ) + S r .s
O: est la contrainte totale, ( ua ) est la contrainte nette, s est la succion, ua est
la pression d'air, tandis que S r est le degr de saturation (= au paramtre de Bishop

pour notre cas).


Les cercles de Mohr 2% de dformation dans les axes ou Bishop pour

chaque valeur de la succion.


-

La courbe donnant lvolution de la cohsion totale c et de l'angle de frottement en


fonction de la succion pour lensemble des cas traits.

6.4

Dure des essais

Selon la nature du sol, son tat hydrique initial et la succion appliquer pour lessai, la dure
de celui-ci est trs variable et des dures dun mois par prouvette sont prvoir.

6.5

Rsultats

Nous prsentons les rsultats pour une pression d'air de 20 kPa, le reste des rsultats (uair=50
et 100 kPa) est prsent en annexe 2.
uair=20 kPa

8000
7000

vol. chang (mm3)

6000
5000
4000
3000

consolidation (sig3=50kPa)
succion (sig3=50kPa)

2000

consolidation (sig3=100kPa)
succion (sig3=100kPa)

1000

consolidation (sig3=200kPa)
succion (sig3=200kPa)

0
0

10

12

14

temps(jours)

Figure 5. 24: Echange d'eau uair = 20 kPa

16

18

20

117

Rsultats exprimentaux

uair = 20 kPa

0.48

0.40

1 3 [ MPa ]

0.32

0.24
b

0.16

a
0.08

0.00
0

12

16

20
(%)

24

Figure 5. 25: Courbe de cisaillement uair = 20 kPa: a) 3 = 50 kPa, b) 3 = 100 kPa, c) 3 =


200 kPa
uair=20 kPa

0.32

y = 0.9148x + 0.0243
R2 = 1

q [ MPa ]

0.24

0.16

0.08

0.00
0.00

b
0.16

p [MPa]

0.32

Figure 5. 26: Chemin des contraintes sous la forme des invariants de contraintes (p,q)

118

Rsultats exprimentaux

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.400

0.320

0.240

c = 0.012 MPa
phi = 23.4

0.160

0.080
b

0.000
0.000

0.160

c
0.320

0.480

0.640

0.800

0.320
0.480
0.640
Contrainte (Bishop) [MPa] o 'Bishop= -ua +[Link]

0.800

Contrainte normale [MPa]

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.400

0.320

0.240

c = 0.003 MPa
phi = 23.4

0.160

0.080
b

0.000
0.000

0.160

Figure 5. 27: Cercles de Mohr pour uair = 20 kPa (critre de rupture= qmax)
Epr

wi

sri

wf

df

kg/m3 %

0.59

15.3

68.85 23.70 1551

96.1

150.5 19.21

1642

0.58

15.1

67.29 23.05 1600

96.0

266.0 19.37

1640

0.59

15.2

67.51 22.02 1628

95.9

496.7 19.59

di

kPa

kg/m3

50

1638

100

200

Avant essai

srf

1r

1r

kPa

Aprs essai

Tableau 5.6: Caractristiques des prouvettes avant et aprs essai (uair = 20 kPa)

119

Rsultats exprimentaux

0.160

0.120

c = 0.020 MPa
phi = 14.3

0.080

0.040

0.000
0.000

0.080

b
0.160

c
0.240

0.320

0.400

Contrainte normale [MPa]

[MPa]

0.280

Contrainte de cisaillement

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.200

0.240
0.200
0.160
0.120

c = 0.010 MPa
phi = 16.6

0.080
0.040
a

0.000
0.000

0.080

0.160
0.240
0.320
0.400
0.480
Contrainte (Bishop) o Bishop= -ua +[Link] [MPa]

0.560

Figure 5. 28: Cercles de Mohr pour uair = 20 kPa (le critre de rupture est q 2% de
dformation)

Rsultats exprimentaux

120

Essais triaxiaux non saturs (UU) - mthode simplifie:


mthodologie et rsultats

7.1 Introduction
Face la complexit et la dure des essais utilisant la mthode par surpression d'air, nous
avons ralis des essais par une mthode nettement plus simple et plus rapide, base sur la
reconstitution d'chantillons directement la densit et la teneur en eau souhaite.
En effet, lorsqu'on prlve un chantillon, il a une humidit (une succion) qu'on peut
dterminer comme prsent aux chapitres II et IV. De mme, lorsqu'on reconstitue des
chantillons, on les soumet une certaine succion et en les cisaillant directement, on peut
avoir une ide de l'effet de la succion sur les caractristiques de rsistance du sol. Mais un
inconvnient est que l'tat de l'chantillon n'est ni sur le chemin de schage, ni sur le chemin
de mouillage de la courbe de rtention.

7.2 Description de la mthodologie


Choix des tats tester:
La saturation d'un sol dpend de certaines caractristiques, notamment sa teneur en eau ainsi
que sa compacit. Elle est galement lie la succion comme le montre la courbe de
rtention. Notre objectif tant d'tudier le comportement du sol soumis diffrentes succions
qui leur tour sont lies aux saturations, une tude minutieuse de cette caractristique est une
faon dtourne d'tudier l'effet de la succion sur les caractristiques de rsistance d'un sol.
Pour dterminer l'tat initial des chantillons, on a procd de trois faons:

On fixe la densit et on varie la teneur en eau, ce qui implique la variation de la saturation,


donc de la succion (points 2, 4, 6, et 8 de la figure 5.29).

On garde la saturation constante, et pour arriver cet tat, on varie la densit et la teneur
en eau en mme temps de faon garder la saturation plus ou moins constante (points 1-46-9, 2-3 et 5-8). Notons que le changement de la densit implique la variation de l'indice
des vides et ce dernier paramtre influence la succion dans le sol.

On varie la densit et on garde la teneur en eau constante (points 3-6-4-5, 2-1, 9-8-7).

La figure suivante montre les 9 tats tests dans le diagramme Proctor.

121

Rsultats exprimentaux

1.85
1

sig3=50 kPa

Sr 80%

sig3=100 kPa

1.8
1.75

sig3=200 kPa

Sr 68%

1.7

courbe proctor

Sr=1

di (g/cm )

2
4

1.65
Sr 54%

1.6

1.55

1.5
1.45

w 11%

w 18.7%

w 15.2%

1.4
10

15

20

25

w (%)

Figure 5. 29: Courbe Proctor et localisation des points pour les essais
Il convient de remarquer la variabilit des chantillons lors de leur fabrication. En effet,
daprs la figure 5.29, on remarque que pour un mme objectif, il y a une dispersion des
valeurs des densits initiales pour les diffrentes prouvettes. Au sein dun chantillon, nous
avons mesur les variations de compacit. Pour cela, nous avons confectionn deux
prouvettes et nous les avons dcoupes en trois tranches, puis nous avons mesur les densits
de ces tranches, voici le rsultat:
Echantillon 1

Echantillon 2

Figure 5. 30: Echantillons pour la mesure de l'homognit

122

Rsultats exprimentaux

Echantillon 1

Echantillon 2

d = 1.6695 g/cm3

d = 1.6812 g/cm3

d1

1.6356 g/cm3

d2

1.6561 g/cm3

d3

1.6966 g/cm3

d = 3.7%

d4

1.6430 g/cm3

d5

1.6542 g/cm3

d6

1.7335 g/cm3

w= 12.12 %
w1

12.23%

w2

12.14%

w3

11.99%

w= 12.11 %

w = 2 %

w4

12.12%

w5

12.16%

w6

12.67%

Sr= 56.54
Sr1

53.93 %

Sr2

55.38 %

Sr3

58.54 %

d = 5.5%

w =4.5 %

Sr= 57.61
S r = 8.5 %

Sr4

54.1 %

Sr5

55.3 %

Sr6

65.9 %

S r = 21.8 %

Tableau 5.7: Variation des caractristiques (d, w, Sr) au sein dune prouvette
On voit qu'au sein d'une mme prouvette, il existe une variabilit de la densit de l'ordre de 3
5 %, la teneur en eau varie de 2 4 % tandis que la saturation varie significativement de 8
22 %, ce qui va sans doute affecter la prcision des rsultats des essais.
De mme, nous avons voulu connatre l'effet du confinement sur la compacit de l'chantillon
et nous avons remarqu que plus la contrainte de confinement augmente, plus le volume de
l'chantillon diminue (tableau 5.8), donc la densit augmente. Cela signifie que la saturation
change au cours de l'essai.

Confinement

3 = 50 kPa

3 = 200 kPa

di [g/cm3]

1.6783

1.6758

volume [cm3]

-3.2780

-4.4620

df [g/cm3]

1.7060

1.7140

1.65

2.26

d [%]

Tableau 5.8: Effet du confinement sur la compacit: diffrence entre tat initial et aprs
consolidation

123

Rsultats exprimentaux

En plus du confinement sajoute l'effet du chargement au cours de lessai, sans oublier toute la
problmatique lie la mesure de la densit finale. En effet, lorsquun chantillon se rompt, la
densit varie sensiblement dans la zone de rupture alors qu'on ne mesure que la densit finale
moyenne (df) de tout l'chantillon comme on peut le voir sur la figure 5.31:

df

df
di

di

VV

VV1
V2
V

di

dcrit
di

Figure 5. 31: Dformation au cours de l'essai


L'idal serait de dterminer la densit dans cette zone de rupture. Elle devrait tre lgrement
diffrente de celle que l'on mesure en moyenne la fin de l'essai.
Les paramtres qui influent sur la saturation sont donc difficiles matriser au cours de la
prparation des prouvettes ainsi qu'au cours de l'essai. Ceci se rpercute sur les rsultats.
Il est important de rappeler que dans tous nos essais, nous essayons de reconstituer des
chantillons proches de l'tat in situ, cest pourquoi, lors de linterprtation, nous allons nous
focaliser plus sur des points ayant une valeur de la densit proche de ltat initial, c'est--dire

d 1.65 do, les points 2, 4, 6 et 8 de la figure 5.29.

7.3 Rsultats en contraintes totales


Pour ces essais UU non saturs, il n'est pas possible de mesurer la pression de pore, c'est
pourquoi, pour la prsentation des rsultats, nous allons utiliser les contraintes totales.
Suivant la teneur en eau et la densit, certains chantillons prsentent un maximum qmax avant
la fin de la dformation qui est fixe plus ou moins 20 % de la hauteur initiale, dautres
atteignent cette dformation sans quon puisse atteindre la valeur de qmax. Pour des

124

Rsultats exprimentaux

chantillons secs et denses (point 1 et 2), nous observons un plan de rupture trs net tandis
que le reste des chantillons se dforme en tonneaux (figure 5.32).
Nous prsentons les rsultats complets pour les point 2 et 8 (diagrammes caractristiques pour
la plupart des cas), ainsi que les tableaux qui rsument les caractristiques de tous les essais,
le reste sera prsent en annexe.

Rupture nette pour le point 1 (plan de

Rupture en forme de tonneau pour le point 8 (pas

glissement)

de plan de glissement)

Figure 5. 32: Dformation au cours de l'essai (points 1 et 8)

125

Rsultats exprimentaux

Point 2:
0.80
0.72
c

0.64

1 3 [ MPa

0.56
b

0.48
0.40

0.32
0.24
0.16
0.08
0.00
0

12

16

20
(%)

24

Figure 5. 33: Courbe de cisaillement pour le point 2


Volume H

wi

di

Sri

df

cm3

mm

kPa

kg/m3

205

100.3

50

11.3

1659

205

100.8

100

11.3

205

101.2

200

11.6

Epr

Srf

1r

1r

kg/m3 %

kPa

51.8

1618

48.4

451

2.6

1660

51.8

1652

50.0

607

7.3

1654

52.9

1693

56.5

645

13.4

Tableau 5.9: Caractristiques des prouvettes avant et aprs essai (point2)

126

Contrainte de cisaillement

[MPa]

Rsultats exprimentaux

0.400

0.320

0.240

c = 0.102 MPa
phi = 26.4

0.160

0.080

0.000
0.000

0.160

0.320

0.480

0.640

c
0.800

Contrainte normale [MPa]

Figure 5. 34: Cercle de Mohr pour le point 2 (le critre de rupture est le dviateur maximum)

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.360
0.320
0.280
0.240

c = 0.153 MPa
phi = 12.3

0.200
0.160
0.120
0.080
0.040
a

0.000
0.000

0.080

0.160

0.240

0.320

0.400

b
0.480

0.560

c
0.640

0.720

Contrainte normale [MPa]

Figure 5. 35: Cercle de Mohr pour le point 2 (le critre de rupture est 2% de dformation)

127

Rsultats exprimentaux

Point 8:
0.56
0.48
c

1 3 [ MPa ]

0.40
0.32
b
0.24

0.16
0.08
0.00
0

12

16

20
(%)

24

Figure 5. 36: Courbe de cisaillement pour le point 8


Volume H

wi

di

Sri

df

cm3

mm

kPa

kg/m3

207

102.1

50

19.1

1504

205

102.0

100

19.1

206

102.5

200

19.0

Epr

1r

1r

kg/m3 %

kPa

68.2

1697

90.9

155

20.0

1517

69.4

1687

89.7

244

20.0

1505

67.9

1733

97.6

408

20.0

Srf

Tableau 5.10: Caractristiques des prouvettes avant et aprs essai (point8)

128

0.320

Contrainte de cisaillement

[MPa]

Rsultats exprimentaux

c = 0.040 MPa
phi = 23.8

0.000

0.000

0.320

0.640

Contrainte normale [MPa]

0.320

Contrainte de cisaillement

[MPa]

Figure 5. 37: Cercle de Mohr pour le point 8 (le critre de rupture est dviateur maximum)

c = 0.032 MPa
phi = 15.7

0.000
0.000

0.320

0.640

Contrainte normale [MPa]

Figure 5. 38: Cercle de Mohr pour le point 8 (le critre de rupture est 2% de dformation)
Nous pouvons rassembler les rsultats de tous les essais dans ces tableaux, qui ne diffrent
que par le mode de classement.

129

Rsultats exprimentaux

Etat initial
3 (kPa)

di (kg/m3)

Sri

df (kg/m3)

Srf

1r (kPa)

11.0

50

1817

66.2

1751

58.8

844

1817

1769

60.9

100

1815

66.2

1775

61.4

1192

11.0

200

1813

65.7

1782

62.5

1105

11.3

50

1659

51.8

1618

48.4

451

1658

52.2

1654

51.6

11.3

100

1660

51.8

1652

50.0

607

11.6

200

1654

52.9

1693

56.5

845

15.0

50

1504

53.5

1548

57.0

221

15.2

66.32

11.0

11.4

Etat de contrainte la rupture

wi (%)

11.0

Etat final

1529

56.5

1632

67.0

15.4

100

1538

57.9

1643

68.3

362

15.3

200

1544

58.1

1704

75.6

640

c (kPa)

()

200

29.5

102

26.4

24

28.2

130

Rsultats exprimentaux

Etat initial
3 (kPa)

di (kg/m3)

Sri

df (kg/m3)

Srf

1r (kPa)

15.2

50

1668

70.9

1664

70.4

328

1644

1658

72.0

100

1630

66.0

1608

70.6

426

15.3

200

1635

67.1

1702

75.1

683

14.9

50

1755

80.5

1714

75.0

418

1749

79.97

1728

77.1

14.9

100

1748

79.7

1730

77.2

560

15.0

200

1745

79.7

1741

79.2

841

15.6

50

1620

67.0

1596

64.5

280

15.9

68.0

15.1

14.9

Etat de contrainte la rupture

wi (%)

15.2

Etat final

1630

68.5

1640

70.8

16.3

100

1638

69.3

1646

73.1

384

15.8

200

1630

69.0

1678

74.7

619

c (kPa)

()

64

24.3

82

28.4

53

22.9

131

Rsultats exprimentaux

Etat initial
3 (kPa)

di (kg/m3)

Sri

df (kg/m3)

Srf

1r (kPa)

18.6

50

1683

84.5

1644

78.2

269

1691

1671

81.6

100

1705

88.9

1684

83.2

374

18.6

200

1686

85.3

1685

83.4

538

18.6

50

1623

80.3

1697

90.9

252

1632

81.97

1706

92.7

18.7

100

1628

81.3

1687

89.7

346

18.8

200

1646

84.3

1733

97.6

599

19.1

50

1504

68.2

1584

77.6

155

19.07

86.23

18.8

18.7

Etat de contrainte la rupture

wi (%)

18.67

Etat final

1509

68.5

1654

87.1

19.1

100

1517

69.4

1656

86.9

244

19.0

200

1505

67.9

1722

96.9

408

Tableau 5.11: Rsultats des essais UU

c (kPa)

()

69

16.3

40

23.8

28

14.7

132

Rsultats exprimentaux

50

3 (kPa)

Etat initial

Etat final

wi (%)

di (kg/m3)

Sri

df (kg/m3)

Srf

1r (kPa)

11

1817

66.2

1751

58.8

844

1817
11.3

1659

51.8

1618

48.4

451

15

1504

53.5

1548

57.0

221

15.2

1668

70.9

1664

70.4

328

14.9

1755

80.5

1714

75.0

418

15.6

1620

67.0

1596

64.5

280

18.6

1683

84.5

1644

78.2

269

18.6

1623

80.3

1697

90.9

252

19.1

1504

68.2

1584

77.6

155

133

Rsultats exprimentaux

100

3 (kPa)

Etat initial

Etat final

wi (%)

di (kg/m3)

Sri

df (kg/m3)

Srf

1r (kPa)

11.0

1815

66.2

1775

61.4

1192

11.3

1660

51.8

1652

50

607

15.4

1538

57.9

1643

68.3

362

15.1

1630

66

1608

70.6

426

14.9

1748

79.7

1730

77.2

560

16.3

1638

69.3

1646

73.1

384

18.8

1705

88.9

1684

83.17

374

18.7

1628

81.3

1687

89.7

346

19.1

1517

69.4

1656

86.9

244

134

Rsultats exprimentaux

200

3 (kPa)

Etat initial

Etat final

11.0

1813

65.7

1782

62.5

1105

11.6

1654

52.9

1693

56.5

845

15.3

1544

58.1

1704

75.6

640

15.3

1635

67.1

1702

75.1

683

15.0

1745

79.7

1741

79.2

841

15.8

1630

69.0

1678

74.7

619

18.6

1686

85.3

1685

83.4

538

18.8

1646

84.3

1733

97.6

599

19.0

1505

67.9

1722

96.9

408

Tableau 5.11bis: Rsultats des essais UU

135

Rsultats exprimentaux

Points c (kPa) : critre= qmax c (kPa) : critre= q 2% df Variation de c (%)

() : critre = qmax () : critre = q 2% df Variation de (%)

200

225

+12.5

29.5

23.2

-21

102

153

+50

26.4

12.3

-53

24

37

+54

28.2

13.7

-51

64

68

+6

24.3

12.9

-47

82

86

+4

28.4

22.4

-21

53

71

+34

22.9

9.0

-61

69

53

-23

16.3

10.9

-33

40

32

-20

23.8

15.7

-34

28

21

-25

14.7

6.4

-56

Tableau 5.12: c et suivant diffrents critres de rupture

Rsultats exprimentaux

136

8 Courbe de rtention
Nous avons utilis trois mthodes pour dterminer la courbe de rtention:

Mthode osmotique de contrle de la succion

Au chapitre IV, paragraphe 3.3, nous avons montr que lorsqu'on met en contact un
chantillon et la solution de PEG d'une certaine concentration correspondant une succion
donne, cause de la succion osmotique, une partie de l'eau de l'chantillon va migrer vers la
solution afin d'galer les potentiels. De mme que l'on peut mesurer la dformation initiale de
l'chantillon sous l'effet de la succion seule afin d'obtenir la teneur en eau aprs quilibre, on
peut dterminer une courbe de rtention qui met en relation la succion et la teneur en eau ou le
degr de saturation. Partant d'un tat satur (juste avant application de la succion), le chemin
suivi est celui de schage.

Mthode de contrle de la succion par surpression d'air

Au paragraphe 6 de ce chapitre, nous avons montr qu'en injectant de lair pression


contrle en haut de lchantillon pralablement satur, une partie de l'eau de l'chantillon
passe travers la pierre poreuse haute pression d'entre d'air jusqu' l'quilibre. Une faon
de dterminer la courbe de rtention par cette mthode est de mesurer les caractristiques de
l'chantillon juste aprs quilibre des succions. Ainsi, nous pouvons tracer la courbe qui met
en relation la succion (uair) et le degr de saturation ou la teneur en eau. Comme pour la
mthode osmotique, le chemin suivi est celui du schage.

Mthode du papier filtre

Cette mthode est dcrite au chapitre IV, paragraphe 2.2, elle mesure directement la succion
par pese de papier filtre insr dans des chantillons reconstitus. Comme la mesure de la
succion se fait sans avoir pralablement satur ou sch l'chantillon, nous avons un tat
intermdiaire entre le chemin de schage et celui de mouillage.

Rsultats exprimentaux

137

Synthse des rsultats


courbe de rtention

30

surpression d'air (schage)


osmose (schage)
papier filtre (intermdiaire)

teneur en eau w (%)

25

20

y = 33.58x-0.1369
R = 0.9782 (surpression d'air)

y = 27.181x-0.1091
R = 0.9199 (osmotique)

y = 26.681x-0.1101
R = 0.9036 (papier filtre)
2

15

10
0

200

400

600

800

1000

succion (kPa)

100

surpression d'air (schage)


Vauclin (surpression d'air)
osmotique (schage)
Vauclin (osmotique)
papier filtre
Vauclin (papier filtre)

Vauclin (surpression d'air)

90

Vauclin (osmotique)

80

Vauclin (papier filtre)

70

Sr (%)

60

limon d'Awans

50
40

limon de Limelette

30
20
limon de Sterrebeek

10
0
1

10

100

1000

10000

100000

1000000

Succion [ kPa ]

Figure 5. 39: Courbes de rtention du limon d'Awans (calage des courbes par l'quation de
VAUCLIN et al. [1976]), du limon de Limelette et du limon de Sterrebeek
Nous prsentons les courbes de rtention du limon d'Awans obtenues suivant les trois
mthodes cites prcdemment. Nous les avons compares aux courbes de rtention de deux
limons (Limelette et Sterrebeek).

Rsultats exprimentaux

138

Nous avons cal les courbes de rtention du limon d'Awans partir dune loi de saturation Sr
en fonction de la succion. Lquation de la loi est la suivante (VAUCLIN et al. [1976], voir
chapitre II, paragraphe 3.1):

S r = S res +

CSR3 ( S r , field S res )


CSR3 + ( CSR1 . s )

CSW 2

o CSR1, CSW2, CSR3, Sr,field et Sres sont des paramtres dterminer par calage de courbes
numriques sur des courbes exprimentales (figure 5.39). Nous rsumons ces paramtres de
l'quation dans ce tableau:
Mthode

S res

S r , field

CSR1

CSR3

CSW2

Surpression d'air

0.57

0.990

0.000019

1.85

1.54

Osmotique

0.53

1.00

0.000080

8.00

1.18

Papier filtre

0.53

0.986

0.000090

8.50

1.30

Tableau 5.13: Paramtres de l'quation de Vauclin pour diffrentes mthodes utilises.


Bien que la mthode du papier filtre soit facile raliser, elle est moins prcise par rapport
aux autres mthodes. En effet, lorsque nous interpolons les points tests sur la courbe
d'talonnage du papier filtre Whatman 42 (chapitre IV, paragraphe 2.2, figure 4.3), une
imprcision d'une dcimale implique une grande variation de succion. Par exemple, un pF de
4 quivaut une succion de 1000 kPa tandis qu'un pF de 3.9 donne une succion gale 794
kPa.
Quant aux deux mthodes (osmotique et surpression d'air), elles sont assez proches et
correspondent un chemin de schage car nous partons d'un tat satur, contrairement la
mthode du papier filtre o nous mesurons directement la succion laquelle est soumise
l'chantillon.
D'aprs la figure 5.39 et le tableau 5.1 ( S r = 64% et w = 15%) qui rsume les paramtres
initiaux lors du prlvement de l'chantillon, nous pouvons estimer que le sol a une succion
initiale comprise entre 200 et 300 kPa.

Rsultats exprimentaux

139

9 Interprtation des essais triaxiaux non saturs


9.1 Introduction
D'une faon gnrale, nous postulons que le critre de Mohr Coulomb reste applicable. Il nous
faut donc dterminer la cohsion et l'angle de frottement interne en fonction d'une variable
reprsentant l'tat hydrique. Toutefois, ces paramtres de rsistance dpendent galement de
la densit (ainsi que d'autres facteurs que nous ne considrons pas ici, tels le mode de
fabrication des chantillons, la texture, la microstructure, etc., supposs constants sur tous
nos chantillons).
Nous dterminons donc successivement les variations de c et en contraintes totales en
fonction des variations de:

La densit d

La teneur en eau w

La saturation (lie la succion par la courbe de rtention)

La succion (dduite de la saturation/teneur en eau via la courbe de rtention)

Les modles de variation publis dans la littrature et que nous considrons sont souvent
linaires, parfois des lois de puissance ou des exponentielles.
Toutefois, cette interprtation reste d'un usage difficile. Une seconde approche est base sur
l'hypothse que seule la cohsion dpend de l'tat hydrique. Il faut dans ce cas d'une part
dterminer un frottement interne moyen (ou mieux dpendant seulement de la densit) et faire
dpendre la cohsion de l'tat hydrique. Nous tenterons galement cette approche.
Enfin, des publications rcentes suggrent que la contrainte "effective" de Bishop pourrait par
sa forme prendre en compte l'essentiel de la cohsion capillaire. Nous rinterprterons donc
nos essais dans ce cadre.

9.2 Effet de l'tat hydrique sur les paramtres de rsistance (densit


constante)
Nous allons essayer d'analyser les points de mme densit d 1.65 g/cm3 (points 2, 4, 6 et 8
de la figure 5.40), c'est dire qui ont presque la mme densit que l'tat initial du sol.

Rsultats exprimentaux

140

1.85

sig3=50 kPa
sig3=100 kPa
sig3=200 kPa

1.8
5

1.75

di (g/cm )

Sr=1

courbe proctor

1.7
1.65

8
6

uair =50 kpa

1.6

uair =20 kpa

uair =100 kpa

1.55
3

1.5

9
Sr=80%
Sr=54%

1.45
w 11%

w 15.2%

1.4
10

Sr=68%

w 18.7%

15

20

25

w (%)

Figure 5. 40: Localisation des chantillons sur la courbe Proctor


900

sig3=50 kPa
sig3=100 kpa
sig3=200 kpa

800

700

y = -38.477x + 1274.7
2
R = 0.9422

1r (kPa)

600

500
CU

y = -28.312x + 883.09
2
R = 0.9182
400

300
y = -26.287x + 728.33
2
R = 0.9595

200

100

0
10

12

14

16

18

20

22

24

w (%)

Figure 5. 41: Rsistance 1 maximale en fonction de la teneur en eau


La figure 5.41 montre lvolution de la rsistance 1 maximale en fonction de la teneur en eau
pour les points de mme densit (2, 4, 6 et 8). On observe que pour un confinement donn,
plus la teneur en eau augmente, plus la rsistance du sol diminue. De mme, pour une teneur
en eau donne, plus le confinement diminue, plus la rsistance du sol diminue. Ce qui nous
permet de dire que la succion rend le sol plus rsistant.

Rsultats exprimentaux

141
di 1.65 g/cm3

point2 (w= 11.4%)


point4 (w= 15.5%)
Module scant Es (MPa)

50

y = 94.286x + 31.8
R2 = 0.9912 (point2)

point6 (w= 15.9%)


point8 (w= 18.7%)
2

y = 89.143x + 15.4
R2 = 0.9175 (point4)
y = 30x + 23.5
R2 = 0.75 (point6)
y = 77.143x + 7.4
R2 = 0.9729 (point8)

35
6
4

20

5
0

0.05

0.1
0.15
contrainte de confinement 3 (MPa)

0.2

0.25

Figure 5. 42: Evolution du module scant Es en fonction du confinement (points de mme


densit)
La figure 5.42 montre la variation du module scant qui est dfini comme le rapport entre le
dviateur q 0.5% de dformation axiale et cette dformation. On observe que le module Es
augmente avec la dessiccation du matriau et avec l'augmentation du confinement. Toutefois,
les courbes des points 4 et 6 (pour des confinements de 50 et 100 kPa) contrarient cette
observation, probablement parce qu'au dbut de l'essai, le piston n'est pas souvent en bon
contact avec l'chantillon, ou bien parce que pour ces points, l'tat initial de la densit est
dispers et son effet sur le module scant est non ngligeable comme nous allons le voir dans
la suite.

Rsultats exprimentaux

142

di 1.65 g/cm3

32

120

100

y = -8.8055x + 199.38
R2 = 0.9846

80

()

60
6
8

24

cohsion (kPa)

28

40

20

angle frottement
CU

cohsion
20

0
10

12

14

16

w (%)

18

20

22

24

Figure 5. 43: Cohsion et angle de frottement en fonction de la teneur en eau (points de mme
densit)
120

32
2

28
()

80

60

6
8

24

40

angle frottement
CU

20

cohsion

20
10

c (kPa)

y = 23.31Ln(x) - 60.99
R2 = 0.9866

100

100

0
1000

succion (kPa)

Figure 5. 44: Cohsion et angle de frottement en fonction de la succion (points de mme


densit)
Les figures 5.43 et 5.44 nous montrent lvolution de la cohsion et de langle de frottement
en fonction de la teneur en eau ou de la succion pour les mmes points (2, 4, 6 et 8). On
remarque que la cohsion dcrot linairement avec l'augmentation de la teneur en eau (figure

Rsultats exprimentaux

143

5.43). La mme observation est valable pour la variation de la cohsion en fonction de la


succion, on voit qu'elle dcrot linairement dans les axes semi-logarithmiques avec la
diminution de la succion (figure 5.44). Quant langle de frottement, cet effet nest pas aussi
marqu ( varie entre 22.9 et 26.4). Ceci peut s'expliquer par les valeurs de densit assez
proches pour les diffrents chantillons.
Ce modle linaire nous permet de dgager deux relations qui lient la cohsion c et la teneur
en eau w d'une part, et la cohsion et la succion d'autre part:

c = 8,8055.w + 199.38 avec R2= 0,9846 (les units sont en kPa)

[5.1]

c = 23,[Link]( s ) 60,99 avec R2= 0.9866 (les units sont en kPa)

[5.2]

Dans une reprsentation sous forme de puissance, la figure 5.45 donne une relation entre la
cohsion et la teneur en eau qui peut s'crire:

c = 10463.w1,8968 avec R2= 0.987 (les units sont en kPa)

[5.3]

Ce qui rejoint, pour la frange des teneurs en eau explores, la relation donne par
LECLERCQ et al. [1985] sur le limon de Gembloux savoir:

c = 27247.w2,3574 avec R2= 0.99 (les units sont en kPa)

[5.4]

De mme, la figure 5.46 donne une relation entre la cohsion et la succion:

c = 9,5454.s 0,3439 avec R2= 0.9748 (les units sont en kPa)

[5.5]

Cette relation rejoint galement l'observation faite par VERBRUGGE [1978] sur le limon de
Sterrebeek o il avait pu tablir pour ce sol une relation:

ca = 0, 07142.s 0.84 (les units sont en bar et 1 bar = 100 kPa)

[5.6]

Rsultats exprimentaux

144

800

Verbrugge (limon Gembloux)


Masekanya (limon d'Awans)

d =1.5 g/cm3
y = 27247x-2.3574
R2 = 0.9814

cohsion c (kPa)

600

400

200

d =1.65 g/cm3
y = 10463x-1.8968
R2 = 0.987

0
0

10

15

20

25

30

w (%)

Figure 5. 45: Cohsion en fonction de la teneur en eau (points de mme densit)


120
2
100
0.3439

y = 9.5454x
2
R = 0.9748

cohsion (kPa)

80
4
60
6
40

20

0
0

200

400

600

800

1000

1200

succion (kPa)

Figure 5. 46: Cohsion en fonction de la succion (points de mme densit)


Une autre approche, base sur la publication de MATSUSHI et MATSUKURA [2006],
considre que seule la cohsion dpend de l'tat hydrique et que l'angle de frottement est
constant pour un sol ayant une densit constante. Ces auteurs ont propos une relation
empirique exprimant la cohsion des sols non saturs comme une fonction de la teneur en eau

Rsultats exprimentaux

145

volumtrique . Nous allons utiliser les rsultats des essais UU sur le limon d'Awans pour
dterminer cette relation.
MATSUSHI et MATSUKURA [2006] proposent une relation exponentielle:

= tan + Ce

[5.7]

: la contrainte totale

: l'angle de frottement
: la teneur en eau volumtrique ( =

w d

C: valeur hypothtique de la cohsion quand =0

: coefficient qui montre la susceptibilit de la rduction de la rsistance ( >0)


Donc, il faut trouver , et C.
Nous analysons par rgression les rsultats des essais UU diffrentes teneurs en eau afin de
trouver une quation qui permet de reprsenter la cohsion en fonction de la teneur en eau.
Pour cela, nous procdons comme suit:

Nous considrons que pour une densit constante, l'angle de frottement interne
varie d'une faon trs ngligeable par rapport la cohsion (voir figure 5.43)

Nous rendons linaire l'quation [5.7] comme suit:


ln [ tan ] = + ln C

[5.8]

Nous donnons une valeur arbitraire de et nous calculons le premier membre de


l'quation [5.8] pour toutes les valeurs de et la rupture.

Par une rgression linaire de ln [ tan ] en fonction de , nous trouvons une


valeur de donnant la valeur de la corrlation R2 la plus grande (figure 5.48).

Finalement, on peut tirer les valeurs de C et partir de la ligne de rgression


correspondant cet angle (figure 5.49) et ayant la forme:
ln [ tan trouv ] = a + b ; d'o: a= - et b= lnC

En rcapitulant les rsultats des points 2, 4, 6 et 8, nous pouvons les prsenter dans le tableau
5.14:

Rsultats exprimentaux

w (%)

146

f (kPa)

f (kPa)

cl ()

ccl (kPa)

26.4

102

24.3

64

22.9

53

23.8

40

(g/cm3)
Point 2

Point 4

Point 6
Point 8

11.3

1.659

0.1875

161.39

179.61

11.3

1.660

0.1876

240.84

227.09

11.6

1.654

0.1919

379.17

288.90

15.2

1.668

0.2535

131.83

126.70

15.1

1.630

0.2461

195.96

148.57

15.3

1.635

0.2502

342.17

220.13

15.6

1.620

0.2527

120.27

105.95

16.3

1.638

0.2670

186.77

130.82

15.8

1.630

0.2575

328.02

193.00

18.6

1.623

0.3019

110.26

92.42

18.7

1.628

0.3044

173.39

112.55

18.8

1.646

0.3094

319.03

182.55

Tableau 5.14: Rcapitulatif des caractristiques des chantillons ayant presque une mme
densit.
O f et f sont les contraintes la rupture (dans le plan de rupture) obtenues pour diffrentes
teneurs en eau, ccl et cl sont la cohsion et l'angle de frottement dtermins classiquement
partir de 3 essais diffrents confinements.
Les valeurs de f et f peuvent tre obtenues suivant cette figure:

Cercle de Mohr

(3 )rupt

(1 )rupt

Figure 5. 47: Contraintes dans le plan de rupture

1r 3r
2

f =

3r

(1 + sin ) + 1r (1 sin )
cos et f =
2
2

Rsultats exprimentaux

147

Voici les courbes donnant le coefficient de corrlation R2 en fonction de l'angle de frottement

ainsi que la ligne de rgression correspondant pour R2 maximal:

coeff. Corrlation R

0.895

0.885
23.3

0.875

0.865

0.855

0.845
19

20

21

22

23

24

25

()

Figure 5. 48: Valeurs de la corrlation R2 en fonction de


5.5

ln(-tan 23.3) = -10.45962431 + 6.83733495


= - + lnC

ln(-.tan)

= 10.45962431
C = 931.34
4.5

y = -10.45962431x + 6.83733495
R2 = 0.87828695

3.5

3
0.15

0.17

0.19

0.21

0.23

0.25

0.27

0.29

0.31

0.33

teneur en eau volumtrique ()

Figure 5. 49: Rgression linaire dans les axes semi-logarithmiques


Finalement, on a:

= tan 23.3 + 931.34e10.46 ou = tan 23.3 + 931.346e

10.46 w

d
w

[5.9]

Rsultats exprimentaux

148

En terme de cohsion, on a:

c = 931.34e

10.46 w

d
w

[5.10]

En comparant la cohsion dtermine par une mthode classique (exprimentale) et celle qui
est obtenue par l'quation [5.10], nous obtenons la figure 5.50:
c par la mthode classique
c calcule par l'quation 5.10

130
Ecart max 28 kPa

cohsion (kPa)

110

90

70

50

30
10

15
teneur en eau (%)

20

Figure 5. 50: Comparaison entre la cohsion classique et la cohsion calcule par l'quation
[5.10], (densit constante).
On voit que l'cart maximal est de 28 kPa pour un sol trs sec, et il peut provenir du fait que
l'angle de frottement passe de 26.4 23.3 pour l'tat le plus sec, or, quand on diminue
l'angle , la cohsion tend augmenter et vice versa, figure 5.51:

t
f

c2
c1

cercle de Mohr
s
s3rupt

s1rupt

Figure 5. 51: Changement de cohsion suite une variation de l'angle de frottement

Rsultats exprimentaux

149

Donc, si l'on compare la cohsion calcule par l'quation [5.10] et celle dtermine
exprimentalement, il est ncessaire de rajuster cette dernire en gardant un angle de
frottement =23.3. La cohsion exprimentale peut alors tre compare la cohsion
calcule. Notons qu'il est trs difficile d'avoir les mmes valeurs tant donn toutes les
difficults exprimentales et numriques pour la dtermination de cette relation.
Aprs rajustement de la cohsion exprimentale pour un angle de 23.3, nous obtenons les
valeurs suivantes:

w (%)

f (kPa)

f (kPa)

()

(g/cm )
Point 2

Point 4

Point 6
Point 8

11.3

1.659

0.1875

161.39

179.61

11.3

1.660

0.1876

240.84

227.09

11.6

1.654

0.1919

379.17

288.90

15.2

1.668

0.2535

131.83

126.70

15.1

1.630

0.2461

195.96

148.57

15.3

1.635

0.2502

342.17

220.13

15.6

1.620

0.2527

120.27

105.95

16.3

1.638

0.2670

186.77

130.82

15.8

1.630

0.2575

328.02

193.00

18.6

1.623

0.3019

110.26

92.42

18.7

1.628

0.3044

173.39

112.55

18.8

1.646

0.3094

319.03

182.55

c ajuste

c calcule

(kPa)

(kPa)

125.10

129.06

69.12

68.23

52.50

63.96

41.00

38.26

23.3

Tableau 5.15: Rcapitulatif des caractristiques des chantillons ayant presque une mme
densit (aprs ajustement)
Nous venons donc de dterminer pour ce limon d'Awans trois relations qui lient la cohsion et
la teneur en eau par les quations [5.1], [5.3] et [5.10]:

c = 8,8055.w + 199.38
c = 10463.w1,8968

c = 931.34e

10.46 w

d
w

et deux relations qui lient la cohsion et la succion par les quations [5.2] et [5.6]:

c = 23,[Link]( s ) 60,99
c = 9,5454.s 0,3439

Rsultats exprimentaux

150

La figure 5.52 montre les carts entre la cohsion dtermine l'aide des trois relations et
celle obtenue par la mthode classique. Nous voyons que l'cart entre la cohsion classique et
celle obtenue par la relation [5.1], [5.3] est assez petit par rapport l'cart obtenu par la
relation [5.10] de MATSUSHI [2006]. La prcision est d'une quinzaine de kPa (de 10 15
kPa)
130

c dtermine par la mthode classique


c calcule par l'quation [5.1]
c calcule par l'quation [5.3]
c calcule par Matsushi [5.10]

110

cohsion (kPa)

2
90

70
4
6

50

8
30
10

11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

teneur en eau w (%)

Figure 5. 52: Comparaison entre la cohsion obtenue par la mthode classique et la cohsion
calcule par les quations [5.1], [5.3] et [5.10]

9.3 Effet de la densit teneur en eau constante


Toujours sur la figure 5.40 du paragraphe prcdent, nous distinguons les groupes de points 12, 5-4-6-3 et 7-8-9-uair= 50 kPa suivant leurs teneurs en eau qui sont plus ou moins constantes:

Rsultats exprimentaux

151
teneur en eau w 11%

31

angle de frottement

250

29

200

27

150

cohsion c (kPa)

angle de frottement ()

cohsion

2
25
1.64

1.66

1.68

1.7

1.72

1.74

1.76

1.78

1.8

100
1.84

1.82

densit d (g/cm )

Figure 5. 53: Effet de la densit sur la cohsion et l'angle de frottement (points 1-2)
75

teneur en eau w 11%


sigma3= 50 kPa
sigma3= 100 kPa
sigma3= 200 kPa

Module scant Es (MPa)

65

55
2

45

35
1.64

1.66

1.68

1.7

1.72
1.74
1.76
3
densit d (g/cm )

1.78

1.8

Figure 5. 54: Effet de la densit sur le module scant (points 1-2)

1.82

1.84

Rsultats exprimentaux

152
teneur en eau 15.2%

30

angle de frottement
cohsion

100

80

4
60

25
6

cohsion c (kPa)

angle de frottement ()

5
27.5

40

22.5
y = 265.31x - 378.81
R2 = 0.966
3

20

20
1.5

1.55

1.6

1.65
densit d (g/cm3)

1.7

1.75

1.8

Figure 5. 55: Effet de la densit sur la cohsion et l'angle de frottement (points 3-6-4-5)
teneur en eau w 15.2%
sigma3= 50 kPa
sigma3= 100 kPa
sigma3= 200 kPa

Module scant Es (MPa)

40

y = 79.009x - 97.71
R2 = 0.9717

4
6

30

y = 59.603x - 74.226
R2 = 0.9163

y = 39.381x - 44.952
R2 = 0.3098

3
20

10
1.5

1.55

1.6

1.65

1.7

1.75

densit d (g/cm3)

Figure 5. 56: Effet de la densit sur le module scant (points 3-6-4-5)

1.8

Rsultats exprimentaux

153
teneur en eau w 18.7%

uair=50 kPa

25

angle de frottement ()

70

angle de frottement
cohsion

60
y = 205.21x - 284.86
R2 = 0.8227

22

50

19

16

40

30

cohsion c (kPa)

28

20

13

10
1.45

1.5

1.55

1.6

1.65

1.7

10
1.75

densit d (g/cm3)

Figure 5. 57: Effet de la densit sur la cohsion et l'angle de frottement (points 7-8-9-uair=50
kPa)
teneur en eau w 18.7%

Module scant Es (MPa)

40

30

sigma3= 50 kPa
sigma3= 100 kPa
sigma3= 200 kPa
uair= 50 kPa (sigma3= 50 kPa)
uair=50 kPa (sigma3= 100 kPa)
uair=50 kPa (sigma3= 200 kPa)
uair= 50 kPa

y = 87.138x - 121.62
R2 = 0.9255

y = 61.945x - 85.706
R2 = 0.9567

20

y = 51.95x - 72.233
R2 = 0.9901

10

9
0
1.45

1.5

1.55

1.6

1.65

1.7

1.75

densit d (g/cm )

Figure 5. 58: Effet de la densit sur le module scant (points 9-8-7-uair= 50 kPa)
D'une faon gnrale, nous remarquons que la cohsion augmente avec la densit du sol
(figures 5.53, 5.55 et 5.57) avec des pentes de 205 265 kPa/g/cm3, except pour le point de
pression d'air uair= 50 kPa (figure 5.57) dont la cohsion est infrieure celle du point 9 alors

Rsultats exprimentaux

154

qu'il est le plus dense. Cette erreur vient probablement de la procdure exprimentale qui n'est
pas la mme ou bien de l'humidit du matriau qui est un peu plus leve par rapport aux
autres points. Quant l'angle de frottement, il crot ou dcrot comme le montrent ces mmes
figures. Nous ne pouvons donc pas dgager la tendance gnrale pour sa variation. Ceci n'est
pas en accord avec la littrature qui dit que pour des sols granulaires, l'angle de frottement
augmente avec la densit.
Les figures 5.54, 5.56 et 5.58 montrent l'volution du module scant en fonction de la densit
pour des chantillons tat hydrique constant. On remarque qu'en gnral, le module Es
augmente avec la densit et le confinement du sol, avec une pente comprise entre 40 et 135
MPa/g/cm3, et une pente moyenne de 80 MPa/g/cm3.

9.4 Effet de la densit tat de saturation constante


Nous localisons sur la figure 5.40 (paragraphe 9.2 du mme chapitre) les groupes de points
ayant une mme saturation: 2-3, 1-4-6-9-uair=100 kPa et 5-8-uair=50 kPa. Remarquons que ces
points s'organisent sur des droites obliques dans le diagramme densit-teneur en eau.
L'interprtation peut donc se faire de manire quivalente, soit en fonction de la teneur en eau,
soit en fonction de la densit. Il est impossible de privilgier l'un plutt que l'autre.
L'volution de la cohsion et de l'angle de frottement est donne sur les figures 5.59, 5.60,
5.61 (en plan) et figures 5.62, 5.63 (en 3D). On sattendait ce que la cohsion reste plus ou
moins identique, la saturation tant quasi constante, et ce que l'angle de frottement augmente
avec l'augmentation de la densit du matriau. Les rsultats d'essais montrent qu'en gnral,
pour tous les chantillons tests, l'effet de la densit et de la teneur en eau est fort important,
particulirement pour la cohsion qui augmente avec la dessiccation et la densit du matriau.
Quant l'angle de frottement, il diminue avec l'humidification et la diminution de la densit
(figure 5.59, 5.61). Le couple de points 2-3 n'est pas en accord avec ces observations.
La mme remarque est valable pour la variation du module scant des points de mme
saturation (figures 5.64, 5.65, 5.66, 5.67, 5.68 et 5.69), l'effet de la densit et de la teneur en
eau est fort important. Pour un mme confinement, nous voyons une augmentation du module

Es avec la dessiccation et la densit du matriau.

Rsultats exprimentaux

155

Effet sur la cohsion et l'angle de frottement


saturation Sr 68%

26
angle de frottement ()

y = -1.7971x + 50.332
R2 = 0.9473

1(d=1.817)

250

angle de frottement
cohsion
uair=100kPa(d=1.620)

200

150

22
y = -21.965x + 422.15
R2 = 0.8898

100

18

cohsion c (kPa)

30

4(d=1.644)
14

6(d=1.63)

50

9(d=1.509)

10
10

11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

teneur en eau w (%)

Figure 5. 59: Effet de la teneur en eau et de la densit sur la cohsion et l'angle de frottement
(points 1-4-6-9-uair=100 kPa) saturation constante
saturation Sr 54%
angle de frottement
2(d=1.658)

cohsion

angle de frottement ()

29

120

100

28

80

27

60

26

40

cohsion c (kPa)

30

3(d=1.529)
20

25

24
10

11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

teneur en eau w (%)

Figure 5. 60: Effet de la teneur en eau et de la densit sur la cohsion et l'angle de frottement
(points 2-3) saturation constante

Rsultats exprimentaux

156
saturation Sr80%

30

85

angle de frottement
cohsion

5(d=1.749)

75
65
26

55

uair=50kPa(d=1.625)

45

24
8(d=1.632)

cohsion c (kPa)

angle de frottement ()

28

35

22
25
15

20
14

15

16

17

18

19

20

teneur en eau w (%)

Figure 5. 61: Effet de la teneur en eau et de la densit sur la cohsion et l'angle de frottement
(points 5-8-uair=50 kPa) saturation constante

1
200

160

c (kPa)

120

5
80

4
6
40

8
uair=100 kPa
uair=50 kPa

0
10.0
12.5
15.0

w (%

1.6
1.5

17.5
20.0

1.4

1.8

1.7

1.9

)
cm
/
g
(
3

Figure 5. 62: Effet de la teneur en eau et de la densit sur la cohsion saturation constante
(3D)

Rsultats exprimentaux

157
1

ent ()
Angle de frottem

30

5
2

3
4

uair= 50 kPa
8
uair= 100 kPa

20

10

1.8
w(

15
%)

1.6

(g

20 1.4

/ cm

Figure 5. 63: Effet de la teneur en eau et de la densit sur l'angle de frottement saturation
constante (3D)

Effet sur le module scant


75
65

Module scant Es (MPa)

saturation Sr68%

1(d=1.817)

sigma3= 50 kPa
sigma3= 100 kPa
sigma3= 200 kPa
uair= 100 kPa (sigma3= 50 kPa)
uair=100 kPa (sigma3= 100 kPa)
uair= 100 kPa (sigma3= 200 kPa)

y = -7.8609x + 156.46
2
R = 0.9898

55

y = -6.2974x + 124.8
2
R = 0.9472

45
y = -5.6095x + 112.21
2
R = 0.9603

35

6(d=1.63)
uair=100kPa(d=1.620)

25
4(d=1.644)
15

9(d=1.509)

5
10

11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

teneur en eau w (%)

Figure 5. 64: Module scant des points ayant une mme saturation (1-4-6-9-uair=100 kPa)

Rsultats exprimentaux

158

80

Module scants Es (MPa)

sigma3= 50 kPa
sigma3= 100 kPa
sigma3= 200 kPa

60

4
6

40

uair= 100 kPa

20

08

(g/c 3
d
m)

1.9
1.8
1.7
1.6
1.5

12

w (%)

16

20 1.4

Figure 5. 65: Module scant des points ayant une mme saturation (points 1-4-6-9-uair=100
kPa: 3D)
saturation Sr54%

55

sigma3= 50 kPa
sigma3= 100 kPa
sigma3= 200 kPa

2(d=1.658)

Module scant Es (MPa)

45

35

25

3(d=1.529)

15

5
10

11

12

13

14

15

teneur en eau w (%)

Figure 5. 66: Module scant des points ayant une mme saturation (points 2-3)

16

Rsultats exprimentaux

159

Figure 5. 67: Effet de la teneur en eau et de la densit sur le module scant (points 2-3: 3D)
saturation constante
saturation Sr80%

45

sigma3= 50 kPa
sigma3= 100 kPa
sigma3= 200 kPa
uair= 50 kPa (sigma3= 50 kPa)
uair=50 kPa (sigma3= 100 kPa)
uair= 50 kPa (sigma3= 200 kPa)

5(d=1.749)

Module scant Es (MPa)

35

uair=50kPa(d=1.625)
25
8(d=1.632)

15

5
14

15

16

17

18

19

20

teneur en eau w (%)

Figure 5. 68: Module scant des points ayant une mme saturation (points 5-8-uair=50 kPa)

Rsultats exprimentaux

160
5

sigma3= 50 kPa
sigma3= 100 kPa
sigma3= 200 kPa

)
Module scants Es (MPa

40

uair= 50 kPa

20

1.8

16

w (%)

20

1.6

(
d g/c
m 3)

1.7
12

Figure 5. 69: Module scant des points ayant une mme saturation (points 5-8-uair=50 kPa:
3D)

9.5 Cohsion et angle de frottement pour la contrainte de Bishop


Essais surpression d'air
Nous allons dterminer les paramtres de rsistance (c et ) en utilisant la contrainte effective
de Bishop qui est donne par la relation:

Bishop = ua + ( ua uw ) o ua uw = s et = Sr
Comme nous l'avons dj expliqu dans les paragraphes prcdents, il existe plusieurs
incertitudes notamment sur la courbe de rtention. Par la mthode de surpression d'air, nous
contrlons la succion et nous savons la maintenir constante tout au long de l'essai
contrairement aux essais triaxiaux UU. Pour ce type d'essai (surpression d'air), nous pouvons
donc reprsenter aisment les chemins de contrainte Bishop et dterminer c et comme le
montre la figure 5.27 et les figures A.2.4, A.2.9 de l'annexe 2.
Sur les figure 5.70a et 5.70b sont reprsents la cohsion et l'angle de frottement dtermins
partir des cercles de Mohr Coulomb en contrainte totale et en contrainte de Bishop, ainsi que
la cohsion capillaire dtermine partir de la courbe de rtention ( ca = s.S r .tan ' ). On
remarque qu'en passant des contraintes totales aux contraintes de Bishop, la cohsion diminue
d'une faon trs significative, jusqu' tendre vers zro. Cela signifie que lorsqu'on considre la
contrainte de Bishop, on prend en compte automatiquement la cohsion apparente due la
succion. Ce point va nous intresser dans le chapitre suivant, lorsqu'on va utiliser la contrainte

Rsultats exprimentaux

161

effective de Bishop lors de nos calculs de stabilit, on n'aura pas besoin de tenir compte de la
prsence de la cohsion gnre par la succion.
Par cette mme figure, nous remarquons que la succion contribue l'augmentation de la
cohsion capillaire.
44

cohsion en contrainte totale

ca = [Link]'

Cohsion c (kPa)

cohsion en contrainte de Bishop


cohsion apparente (ca=[Link])

33

22

c = 0.2806s + 4.8238
2
R = 0.9827

c (triaxial satur)

11
c' (triaxial satur)
0
0

20

40

60

80

100

120

succion (kPa)

(a)

angle de frottement ()

34

phi en contrainte totale


phi en contrainte de Bishop

' (triaxial satur)

30

26

22
(triaxial satur)
18
0

20

40

60
succion (kPa)

80

100

120

(b)
Figure 5. 70: Cohsion (a) et angle de frottement (b) en fonction de la succion ( dtermins
par la mthode de surpression d'air)

Rsultats exprimentaux

162

Essais UU
Pour ces essais, nous considrons les chantillons de mme densit ( d 1.65 g/cm3) car ce
sont les seuls dont nous connaissons la courbe de rtention.
Toutefois, quelques observations sont relever. Nous remarquons qu'en gnral, quand nous
passons en contraintes de Bishop, la cohsion tend vers zro et l'angle de frottement tend vers
une valeur comprise entre 23 et 28 avec une moyenne de 25.5. Ceci nous pousse
reprsenter tous les cercles de Mohr dans un mme diagramme avec un angle de frottement
constant ( =25.5) comme le montre la figure 5.71.

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.64

c'= 0.008 MPa


'= 25.5

0.32

2
4

6
8
6
8

0
0

8
6

4
0.32

0.64

0.96

1.28

Contrainte Bishop [MPa]

Figure 5. 71: Cercles de Mohr en contraintes de Bishop pour les chantillons ayant une
mme densit (points 2, 4, 6 et 8), essais UU
Nous constatons que la cohsion des chantillons 4, 6 et 8 tend vers une valeur nulle.
L'chantillon 2 correspondant l'tat le plus sec (forte succion) est un peu loign des autres,
ce qui est questionnant et nous pousse dire que:

Soit la succion de ce point a t mal dtermine tant donn les limites de notre
procdure exprimentale, ce qui l'loigne des autres quand nous surestimons la
succion.

Soit le modle de Bishop ne reprsente pas correctement la cohsion capillaire dans le


domaine de fortes succions.

Rsultats exprimentaux

163

Une approche inverse consisterait rabattre les trois cercles jusqu' ce qu'ils touchent la droite
intrinsque, et par l dduire la succion correspondante tant donn que la saturation S r est
connue. Nous n'avons pas privilgi cette piste tant donn l'incertitude sur l'origine de cette
dispersion.
Nous pouvons galement reprsenter, partir de la courbe de rtention, l'volution de la
cohsion capillaire en fonction de la succion sous forme de la relation: ca = s.S r .tan ' , figure
5.72. Nous voyons que pour de fortes succions, la cohsion dtermine partir de la courbe
de rtention est de loin suprieure celle obtenue par des essais mcaniques ( partir des
cercles de Mohr). On peut donc estimer que la prise en compte implicite de la cohsion
capillaire par le modle de Bishop n'est plus valable pour les tats trs secs.
400

variation logarithmique
Bishop ( partir de la courbe de rtention: papier filtre)

cohsion apparente (kPa)

300
ca = [Link]'.s

200

100
ca = 23.31Ln(s) - 60.99

0
0

100

200

300

400

500

600

700

800

900

1000

succion (kPa)

Figure 5. 72: Evolution de la cohsion capillaire (Essais UU)

9.6 Comparaison des essais rigoureux surpression d'air et essais


simplifis UU
Notons tout d'abord que les deux mthodes n'ont pas la mme procdure exprimentale et que
l'tat des chantillons avant le cisaillement est diffrent. Ceci va rendre difficile la
comparaison des rsultats pour ces deux mthodes. En effet, pour la mthode de surpression
d'air, aprs la mise en place de l'prouvette dans la cellule triaxiale, on commence par la
saturation de l'chantillon avant les tapes de mise en succion et de cisaillement, tandis que

Rsultats exprimentaux

164

pour des essais UU, nous cisaillons directement l'chantillon dans l'tat d'humidit o il se
trouve.
Nous prsentons dans ce tableau un comparatif de ces deux mthodes:
Mthode de surpression d'air

Difficile raliser, prend plus de

Mthode simplifie (UU)

temps mais elle est prcise

Saturation de l'prouvette avant mise

prcise

en succion et cisaillement

Etat de schage car l'chantillon est

Contrle de succion par injection d'air


et succion constante pendant l'essai

Eprouvette cisaille directement, pas


de saturation pralable

dsatur partir d'un tat satur

Facile raliser, rapide mais moins

Etat intermdiaire entre schage et


mouillage

Pas de contrle de succion, dduction


de celle-ci par la courbe de rtention

Tableau 5.16: Comparaison entre les essais surpression d'air et les essais UU
Si on compare les chantillons 2-4-6-8 ( d = 1.65g/cm3) tests par les essais simplifis UU et
les chantillons tests par la mthode de surpression d'air (voir figure 5.40), on peut tirer
certaines conclusions:

Par rapport des essais de surpression d'air, les essais UU semblent surestimer la
cohsion du sol (figure 5.73a), nous observons un dcalage qui augmente avec la
succion. Remarquons que cette observation ne peut pas tre gnralise car nous
essayons de comparer un paramtre qui dpend beaucoup d'autres facteurs que la
succion (par exemple la densit) et on ne sait pas dans quelle mesure la cohsion est
influence par tel ou tel autre facteur.

En ce qui concerne l'angle de frottement, il se trouve dans la mme fourchette pour les
deux mthodes (22< <26), avec ' =30.4 pour le sol satur (figure 5.73b).

Rsultats exprimentaux

165

120

Cohsion c (kPa)

90

4
60
6

uair= 100 kPa

30

c (Triaxial satur)
uair= 20 kPa

cohsion (UU)

uair=50 kPa

cohsion (surpression air)

c' (Triaxial satur)

0
10

100

1000

succion (kPa)

(a)
phi (UU)

' (Triaxial satur)

phi (surpression air)

30

()

26

uair=50 kPa
uair= 20 kPa

c (kPa)

uair= 100 kPa

22

c
(Triaxial satur)
18
10

100

1000

succion (kPa)

(b)
Figure 5. 73: Evolution de c (a) et (b) en fonction de la succion pour diffrentes mthodes

10 Conclusions
10.1 Essais oedomtriques
Nous avons test des chantillons dont les paramtres d'essais varient dans le domaine
suivant:

Rsultats exprimentaux

Les teneurs en eau varient entre w [15 24%]

La saturation S r [ 66 100% ]

La succion s [ 0 200kPa ]

La contrainte verticale v [5 3139kPa ]

166

L'effet observ de la succion est le suivant:

La pression de consolidation varie entre 85 et 280 kPa (figure 5.10)

Le rapport des indices de compression Cc Cc 0 varie entre 1 et 0.89 (figure 5.11)

Le rapport des indices lastiques Cs Cs 0 varie entre 1 et 0.74 (figure 5.11)

Le rapport des indices Cc Cs varie entre 9.87 et 12 (figure 5.11)

L'indice des vides initial ei varie entre 0.619 et 0.604 (figure 5.13)

10.2 Essais triaxiaux


Nous avons test des chantillons dont les paramtres d'essais varient dans le domaine
suivant:

Les teneurs en eau varient entre w [11 24% ]

La saturation S r [53 100% ]

La succion s [10 1000kPa ]

Le confinement 3 [50 200kPa ]

La masse spcifique sche d 1.5 1.85 g / cm3

Aprs essais, l'effet observ des variations de ces paramtres d'tat est le suivant:

Sur la cohsion (contraintes totales):


Elle varie en gnral entre 0 et 100 kPa, sauf un point sec et dense 200 kPa. Nous avons pu
tablir les relations suivantes:

Relation linaire en fonction de w, quation [5.1] et figure 5.43

Relation en loi de puissance de w, quation [5.4] et figure 5.45

Relation en loi de puissance de , quation [5.10] et figure 5.49

Relation linaire en fonction de log s , quation [5.2] et figure 5.44

Rsultats exprimentaux

167

Relation linaire avec d (facteur 2 4 pour une densit de 1.5 1.85 g/cm3), figure
5.53, 5.55 et 5.57.

Sur l'angle de frottement (contraintes totales):

Il varie entre 22 et 31 avec une moyenne de 26.5 (figure 5.43 et 5.44, essais UU,
densit constante).

Valeur de rfrence pour tous les essais UU: 23.3 (figure 5.48).

Pas de tendance claire en fonction de w et s (figure 5.43 et 5.44).

Pas de tendance claire en fonction de la densit (figure 5.53, 5.55 et 5.57).

Sur le module scant:

Il varie entre 5 et 75 MPa.

Augmentation linaire d'un facteur 1.4 2 avec 3 (figure 5.42)

Augmentation linaire d'un facteur 2 3 avec w, 3 constante (figure 5.42).

Augmentation linaire avec d d'un facteur 1.5 2 (figures 5.54, 5.56 et 5.58).

Passage en contraintes de Bishop:

L'utilisation des contraintes de Bishop introduit implicitement une cohsion capillaire

ca = Sr .tan .' s (figure 5.70a pour les essais surpression d'air) et (figure 5.72 pour les
essais UU).

Pour les essais surpression d'air, la cohsion s'annule (figure 5.70a).

Pour les essais surpression d'air, l'angle de frottement s'uniformise 24 (figure


5.70b).

Pour les essais UU densit constante, malgr une dispersion plus grande des
rsultats, inhrente la mthode exprimentale et la complexit du dpouillement, la
cohsion tend s'annuler et l'angle de frottement interne tend s'uniformiser 25.5.
Ds lors, nous pouvons mettre tous les cercles de Mohr mme densit sur une seule
figure (figure 5.71)

La contrainte de Bishop semble donc permettre de concentrer les effets des variations
hydriques dans un seul terme que nous appellerons cohsion capillaire.

169

CHAPITRE VI

Calcul de stabilit: tude de cas

171

Etude de cas

CHAPITRE VI: Calcul de stabilit: tude de cas


1 Introduction
La stabilit des pentes est un problme complexe pour de multiples raisons. Le comportement
mcanique des sols et des roches dpend de nombreux paramtres (densit, teneur en eau, )
qui ne sont pas forcment connus pour des problmes rels car la reconnaissance du terrain ne
peut tre exhaustive. La gomtrie des diffrentes couches de sols peut mme ne pas tre
connue prcisment.
Au chapitre III, nous avons expos, sans tre exhaustif, les diffrentes mthodes de calcul de
stabilit en passant en revue les mthodes cinmatiques et la mthode des lments finis
appele "c- rduction". Dans le prsent chapitre, nous allons appliquer les mthodes de
calcul de stabilit diffrents cas d'tude.
Avant de les utiliser pour des problmes rencontrs dans la pratique du mtier, nous voulons
valider ces outils en confrontant les rsultats fournis par le code de calcul lments finis non
linaire LAGAMINE ceux des mthodes classiques (Mthode de Fellenius, Bishop et
Janbu) pour un problme simple c'est dire le cas thorique de la stabilit d'un talus dans une
couche homogne.
Ensuite, nous avons tudi un talus inspir d'un cas rel: il s'agit d'un talus fort raide form de
deux couches de sol dont la plus profonde est forme d'un sable de cohsion presque nulle.
Pour chaque cas, nous mettons en vidence l'effet de la succion sur la stabilit. De ce fait, il
est important de pouvoir prdire avec prcision la rpartition des teneurs en eau dans le sol
soumis des conditions pluviomtriques variables. Notons que les mthodes classiques qui
sont utilises ici ne tiennent pas compte de l'effet de la succion car les dveloppements du
chapitre III (paragraphe 2.5) ne sont pas implments dans le programme de calcul utilis
(programme STABLGIH-GEOMAC dvelopp au Laboratoire de Gologie de l'Ingnieur,
d'Hydrogologie et de Prospection Gophysique).

2 Etude thorique d'un talus homogne


Dans le cadre de ce travail nous avons dvelopp des outils numriques afin de traiter le
problme de la stabilit d'une pente. Les mthodes utilises sont d'une part les mthodes
classiques (Mthode de Fellenius, Bishop et Janbu) et d'autre part le calcul par le code
d'lment finis LAGAMINE en utilisant la mthode "c- rduction". Avant d'utiliser ces

Etude de cas

172

mthodes, nous les rappelons brivement ci-aprs.

2.1 Rappels des mthodes utilises dans notre travail


a)

Les mthodes l'quilibre limite (ou la rupture) sont bases sur l'hypothse que la

masse de terrain peut tre divise en tranches (ou lamelles) verticales, limites d'une part par
la ligne de glissement considre et d'autre part par la surface du talus. Chaque tranche est
considre en quilibre sous l'ensemble des forces qui la sollicitent et nous supposons donc
que les trois quations d'quilibre sont vrifies pour chaque tranche. Le nombre d'inconnues
dpassant le nombre d'quations, la rsolution du systme impose de faire d'autres hypothses
simplificatrices et/ou de recourir des processus itratifs. Les diffrentes mthodes
(Fellenius, Bishop, Janbu, Morgenstern-Price etc.) ne diffrent que par ces hypothses
simplificatrices et par leurs modes de rsolution. Dans tous les cas, nous supposons que :

la loi de Coulomb s'applique la rupture : = c ' + ( u ) tan '

la relation de Terzaghi est valable: contrainte effective = contrainte totale - pression


interstitielle: ' = u

On dtermine ainsi un coefficient de scurit, dfini comme le rapport de la contrainte de


cisaillement maximale mobilisable celle ncessaire lquilibre du sol. On postule aussi que
le coefficient de scurit est constant tout le long de la courbe de rupture, donc l'tat des
contraintes aussi.
Pour un talus homogne, nous pouvons galement utilis la mthode du cercle de frottement
qui envisage lquilibre des moments de tout le lambeau de glissement.
b)

La mthode des lments finis permet de calculer ltat des contraintes et des

dformations dans un massif, soumis au poids propre des terres moyennant lhypothse dune
loi de comportement du sol (modle). Dans nos calculs, un modle frottement interne sans
crouissage (Modle lasto-plastique parfait) est utilis, ce qui correspond aux hypothses de
base des mthodes analytiques. Toutefois, la diffrence de ces mthodes analytiques qui
utilisent le critre de Coulomb, nous utiliserons pour la mthode des lments finis le critre
de plasticit de Van Eekelen (loi PLASOL, cf. chapitre III, paragraphe 3.6). En effet, le critre
de Mohr Coulomb est difficile introduire dans le code de calcul cause de la forme de sa
surface qui prsente des coins dans le plan dviatorique. Cela aura videmment une lgre
influence sur le rsultat comme nous le verrons lors de la comparaison avec les mthodes
analytiques.

173

Etude de cas

La dtermination du coefficient de scurit par lments finis se fait par la mthode de "c-

rduction". Elle consiste diminuer la cohsion et langle de frottement interne jusqu la


rupture du massif, qui se traduit numriquement par la non convergence de la mthode
(indiquant quil nest pas possible de trouver un tat de contrainte admissible en quilibre
avec les charges appliques).
Le calcul fournit galement une information sur la cinmatique de la rupture trouve par le
calcul (au dernier pas converg) grce trois variables.
1. La norme des vitesses de dplacement V (= dui ) qui met en exergue les zones
subissant un dplacement (zones instables) des zones immobiles (zones stables).
2. Le terrain la frontire entre le massif en rupture et le massif sain est soumis de trs
forts cisaillements. Ces dformations de cisaillement (ou dviatoriques) peuvent tre
calcules par le code EF. La valeur cumule des dformations dviatoriques quivalentes
de Von Mises (note eqp ) depuis le dbut du calcul (nomme E-EQ) est donne
t

par: eqp = eqp dt avec eqp calcule partir de l'quation [3.71] du chapitre III.
0

3. Lors du calcul, il se peut que plusieurs lignes de rupture soient actives successivement.
L'indicateur prcdent ne permettra pas de les diffrencier la fin du calcul. C'est la
raison pour laquelle un indicateur supplmentaire a t introduit: il correspond
l'incrment de dformations dviatoriques lors du dernier pas (nomm VAR 7). Cet
incrment est donn par: VAR 7 =

eqp

eq

o eqp est l'incrment du taux de dformation

quivalente entre deux pas successifs. Cet indicateur fournira donc une information sur la
ligne de rupture qui est active en fin de calcul.

2.2 Talus homogne sans eau


Nous considrons tout d'abord un talus homogne sans influence de la nappe, avec une pente
de 25. Le domaine tudi stend sur une largeur de 140m (figure 6.1). Les dimensions sont
choisies de faon viter les effets de bords.

174

Etude de cas

Figure 6. 1: Gomtrie du talus


Les mthodes utilises pour ce cas sont : les mthodes dquilibre limite (mthode du cercle
de frottement, mthode des tranches de Fellenius, Bishop simplifi et Janbu) ainsi que la
mthode des lments finis.
Les valeurs suivantes ont t adoptes pour les proprits physiques et mcaniques du talus
(tableau 6.1):

Caractristiques

Mcaniques

Paramtres

Valeurs

c [kPa]

20.00

[]

20.00

d [kN/m3]

16.74

s [kN/m3]

27.00

E [MPa]

131.00

[-]

0.38

Dilatance ()

Tableau 6. 1: Caractristiques mcaniques du talus


Notons que les valeurs des caractristiques lastiques E et (utilises uniquement pour la
mthode des lments finis) sont leves afin d'obtenir un comportement rigide pour se
rapprocher de l'hypothse faite dans les mthodes classiques l'quilibre limite
(comportement rigide plastique).

175

Etude de cas

2.2.1

Calcul avec les mthodes d'quilibre limite

Nous calculons le coefficient de scurit pour un nombre suffisant de cercles. Le coefficient


de scurit rel du talus est celui qui correspond au cercle donnant la valeur minimale de Fs.
Le tableau 6.2 nous donne les valeurs de Fs pour le cercle critique trouv (cercle de pied,
figure 6.2).

Figure 6. 2: Cercle de glissement critique (Fs minimum)

Mthode

Cercle phi

Fellenius

Bishop simplifi

Janbu

Fs

1.510

1.492

1.565

1.565

Tableau 6. 2: Valeurs des coefficients de scurit pour les diffrentes mthodes

2.2.2

Calcul avec la mthode des lments finis

Nous utilisons le code LAGAMINE pour le calcul aux lments finis, le problme est tudi
en tat plan de dformation. Nous avons choisi de reprsenter la rupture par le modle
frottement interne PLASOL avec un critre de Van Eekelen (cf. chapitre III, paragraphe 3.6).
Nous reprenons les caractristiques mcaniques donnes dans le tableau 6.1.

Modlisation
Nous ralisons une mise en charge du poids propre du talus de faon progressive. Pour cela,
nous crons un premier maillage constitu d'lments plans mcaniques appels PLXLS dans
le code. A ce premier maillage, nous en superposons un second constitu d'lments de mise
en charge appels SUCHA qui permettent d'appliquer le poids propre l'aide d'un coefficient

176

Etude de cas

multiplicateur variant entre 0 et 1. La valeur 1 signifie que tout le poids propre est appliqu
tandis que la valeur 0 reprsente l'tat initial. Le maillage est choisi de faon discrtiser le
mieux possible la zone de concentration des contraintes notamment dans la zone du talus.

Conditions limites

Comme conditions aux limites, nous considrons que les bords latraux du domaine sont
libres de glisser verticalement mais sont empchs de tout dplacement horizontal. La base est
par contre empche de tout dplacement horizontal et vertical (figure 6.3).

Figure 6. 3: Conditions limites du talus

Conditions initiales

Initialement, nous considrons que les contraintes sont nulles. Nous ajoutons le poids des
terres, grce aux lments SUCHA, progressivement en augmentant un coefficient
multiplicateur qui vaut 1 la fin de l'application du poids propre.

Rsultat

Par la mthode de "c- rduction", nous obtenons un coefficient de scurit de 1.742. Le


calcul fournit galement une information sur la cinmatique de rupture grce aux 4
diagrammes suivants:

177

Etude de cas

* 1.000E-09
676
615
553
492
430
369
307
246
184
123
61
0

Figure 6. 4: Norme des vitesses (V)

Figure 6. 5: Vecteur des vitesses (V)


* 1.000E-02
132
120
108
96
84
72
60
48
36
24
12
0

Figure 6. 6: Incrment des dformations dviatoriques sur un pas (Var7)


* 1.000E-05
700
641
583
525
466
408
350
291
233
175
116
58
0

Figure 6. 7: Dformations dviatoriques quivalentes de Von Mises (E-EQ)

178

Etude de cas

Nous voyons sur la figure 6.4 une ligne courbe qui spare une zone en mouvement (audessus) et une zone immobile (en dessous). Cela est confirm par la figure 6.5 qui nous
montre les vecteurs vitesses ainsi que leur direction. Nous constatons que la rupture est de
forme circulaire et passe au pied du talus, ce qui est en accord avec les mthodes classiques.
Les figures 6.6 et 6.7 nous montrent une zone cisaille entre les blocs (en mouvement et
immobile).
Une tude de sensibilit des paramtres de cohsion et dangle de frottement interne sur le
coefficient de scurit donne le rsultat suivant:

=20

c = 20 kPa

c (kPa)

()

Fs

Fs

1.050

1.022

1.148

10

1.211

10

1.405

15

1.474

15

1.581

20

1.742

20

1.742

25

2.018

30

2.057

30

2.268

Tableau 6. 3: Effet de la cohsion et de l'angle de frottement sur Fs (c- rduction)


constant = 20

cohsion constante = 20 kPa


2.5

coeff. scurit

coeff. scurit

2.5

y = 0.0358x + 1.014
R2 = 0.9937

1.5

y = 0.0525x + 0.7053
R2 = 0.9977

1.5

10

15
20
cohsion (kPa)

(a)

25

30

35

10

15
20
25
angle de frottement ()

30

35

(b)

Figure 6. 8: Effet de la cohsion (a) et de l'angle de frottement (b) sur Fs (c- rduction)
Les rsultats graphiques des diffrents calculs lments finis se trouvent en annexe 3.
L'annexe 3 (figure A.3.1) montre les cercles de glissement obtenus pour une cohsion variable
et un angle de frottement fix. Globalement plus la cohsion augmente, plus le cercle de
glissement devient profond.

179

Etude de cas

En effet, pour un talus homogne dans un sol purement frottant ( c = 0 ), nous savons que, si la
pente est peu prs gale l'angle de frottement interne , la loupe de glissement est presque
confondue avec la pente du talus. Ceci rejoint nos observations car, pour un angle de
frottement = 20 (pente du talus = 25 ) et une cohsion c =2 kPa, la loupe de glissement
tend vers la pente du talus et le cercle ne passe pas ncessairement par le pied du talus.
Pour une cohsion c plus importante, le cercle critique devient plus profond et passe par le
pied du talus (c =30 kPa). Remarquons que si l'on continue augmenter la cohsion c, l'effet
de cette dernire devient prpondrant sur celui de l'angle de frottement . Dans ce cas, le
cercle de glissement devient trs profond et ne passe plus par le pied du talus (figure 6.9a)
De mme, l'annexe 3 (figure A.3.2) montre les rsultats des cercles de glissement obtenus
pour un angle de frottement variable et une cohsion fixe. Les conclusions sont identiques
celles que nous avons tires pour le cas prcdent. Lorsque l'effet de la cohsion est
prpondrant par rapport l'angle , le cercle glissement est trs profond et ne passe plus par
le pied du talus ( = 5, c = 20kPa ). Lorsque l'angle de frottement augmente, le cercle de
glissement tend vers le pied du talus, l'illustration est donne la figure 6.9b.

c croissante

(a)

f croissant

(b)

Figure 6. 9: Effet de la cohsion (a) et de l'angle de frottement (b) sur la courbe de glissement
Nous avons galement analys l'effet de la dilatance sur le coefficient de scurit et nous
remarquons qu'il est ngligeable (figure 6.10). Dans la suite de nos calculs, nous considrons
une dilatance nulle.

180

Etude de cas
c= 20 kPa - phi = 20

2.5

[Link]

1.5

0.5

0
0

10

15

20

25

dilatance ()

Figure 6. 10: Effet de la dilatance sur Fs

2.1.3

Comparaison des diffrentes mthodes

Nous comparons les coefficients de scurit minimum trouvs l'aide des mthodes
analytiques (tableau 6.2) et le coefficient trouv l'aide de la mthode "c- rduction".
Notons que le cercle de glissement utilis pour le calcul du coefficient de scurit l'aide des
mthodes analytiques n'est pas ncessairement le mme que celui obtenu par la mthode des
lments finis. Le tableau 6.4 donne les coefficients trouvs l'aide des diffrentes mthodes:

Mthode Cercle
Fs

1.510

Fellenius Bishop simplifi Janbu

c rduction

1.492

1.742

1.565

1.565

Tableau 6. 4: Comparaison des coefficients de scurits trouvs par diffrentes mthodes de


calcul
Afin de poursuivre la comparaison des diffrentes mthodes, nous avons tudi l'influence des
paramtres c et . Fixant un de ces deux paramtres, nous calculons le coefficient de scurit
minimum pour les diffrentes mthodes (figures 6.11a et 6.11b).

181

Etude de cas
c constante=20 kPa

constant=20
Fellenius
Bishop
Janbu
cercle phi
c-phi rduction

coeff. scurit

2.5

y = 0.034x + 1.0461
R = 0.9936 (c- rduction)

y = 0.0281x + 1.0299
R2 = 1 (Bishop)

1.5

y = 0.0291x + 0.9165
y = 0.0282x + 0.9565 R2 = 0.996 ( cercle )
R2 = 1 (Fellenius)

0.5
0

10

15
20
cohsion (kPa)

y = 0.0278x + 1.0283
R2 = 0.9999 (Janbu)

30

y = 0.0278x + 1.0283
R2 = 0.9999 (Janbu)
y = 0.0291x + 0.9165
R2 = 0.996 ( cercle )
y = 0.0282x + 0.9565
R2 = 1 (Fellenius)

35

y = 0.0281x + 1.0299
R2 = 1 (Bishop)

1.5

0.5
25

y = 0.034x + 1.0461
R2 = 0.9936 (c- rduction)

Fellenius
Bishop
Janbu
cercle phi
c-phi rduction

coeff. scurit

2.5

(a)

10

15

20

angle de frottement ()

25

30

35

(b)

Figure 6. 11: Comparaison des mthodes de calcul (effet de la cohsion (a) et de l'angle de
frottement (b))
Pour l'ensemble des mthodes, nous observons:

Une augmentation linaire du coefficient de scurit avec l'augmentation de la cohsion


(figure 6.11a) et de l'angle de frottement (figure 6.11b).

Dans l'ensemble, les valeurs obtenues par les diffrentes mthodes sont comparables.
Toutefois, la mthode de "c- rduction" donne un coefficient de scurit lgrement
suprieur celui trouv l'aide des mthodes analytiques.
L'origine de cette surestimation provient de l'hypothse faite sur le comportement du sol qui
est rgi par le critre de Van Eekelen alors que les mthodes analytiques utilisent le critre de
Mohr Coulomb. La figure 6.12 reprsente la trace des surfaces de plasticit de Mohr Coulomb
et de Van Eekelen dans le plan dviatorique (cf. Chapitre III, paragraphe 3.5). Nous voyons
que le modle de Mohr Coulomb prdit une rsistance au cisaillement plus faible que celle du
modle de Van Eekelen pour les chemins de cisaillement pur. Le critre de Van Eekelen
prdira donc un coefficient de scurit suprieur.

182

Etude de cas

surestimation de la rsistance
MC
DP
VE

Figure 6. 12: Entre en plasticit pour diffrents modles frottement interne dans le plan
dviatoire ( = 20), MC: Mohr Coulomb; DP: Drcker Prager; VE: Van Eekelen

Cet cart a galement t mis en vidence par DIZIER [2007] lors d'une comparaison des
coefficients de scurit calculs par la mthode des lments finis pour diffrents critres de
rupture et ceux calculs par les mthodes d'quilibre limite. Les tableaux 6.5 et 6.6 rsument
les rsultats obtenus pour une cohsion c= 20 kPa et un angle de frottement =20.

Mthodes

Cercle phi

Fellenius

Bishop simplifi

Janbu

1.510

1.492

1.565

1.565

analytiques
Fs

Tableau 6. 5: Valeurs des coefficients de scurit par mthode des tranches (c=20 kPa =20)

Mthode des

Mohr Coulomb

Van Eekelen

Drcker Prager

1.508

1.740

1.875

lments finis
Fs

Tableau 6. 6: Valeurs des coefficients de scurit par c rduction (c=20 kPa - =20)
Nous voyons que le coefficient de scurit trouv l'aide de la mthode de c et rduction
selon le critre de Mohr Coulomb est proche des coefficients trouvs par les mthodes
analytiques. Les critres de Van Eekelen et Drcker Prager donnent des coefficients de
scurit plus levs, ce qui est en accord avec les traces des surfaces de plasticit (figure
6.12). Dans le cadre de ce travail, nous nous intressons plus particulirement l'influence de
la saturation partielle sur la stabilit des pentes et nous avons utilis prioritairement le modle

183

Etude de cas

de Van Eekelen pour y introduire l'influence de la succion car l'implmentation de ce modle


est plus simple dans un code de calcul.

2.3 Talus homogne avec eau


Les calculs prcdents ont t effectus en supposant que les pressions d'eau sont
uniformment nulles dans le talus. La prise en compte des effets de l'eau peut se faire de
diffrentes manires selon les mthodes de calcul utilises. Dans ce contexte, les mthodes
analytiques diffrentient habituellement le sol l'tat sec de l'tat satur. De ce fait, seule la
contribution de l'eau donnant lieu des pressions interstitielles positives est prise en compte.
Toutefois les talus sont souvent raliss dans des sols partiellement saturs. Ds lors, il se
produit un accroissement de la rsistance au cisaillement d la succion par ce que nous
avons appel la cohsion capillaire. La mthode des lments finis offre la possibilit de
prendre en compte automatiquement ce phnomne de couplage hydromcanique.

2.3.1

Mthodes d'quilibre limite

Nous commenons par le calcul simple avec les mthodes classiques (Fellenius, Bishop,
Janbu). Nous reprenons le talus utilis prcdemment (figure 6.1), mais cette fois avec une
nappe telle que donne sur la figure 6.13.

Figure 6. 13: Talus homogne avec eau

Les proprits mcaniques du talus sont identiques celles prises dans le cas sans nappe, sauf
que nous dfinissons le poids volumique satur sous la nappe. Celles-ci sont rappeles au
tableau 6.7:

184

Etude de cas

Cohsion Angle de frottement Poids volumique sec Poids volumique satur


c [kPa]
Valeurs

d [kN/m3]

[]

20

20

16.74

sat [kN/m3]
21.00

Tableau 6. 7: Caractristiques mcaniques du talus avec eau


Pour l'valuation du coefficient de scurit Fs, nous supposons que les pressions d'eau u = 0
au dessus de la nappe et u = w hw en dessous de celle-ci.
Nous obtenons des coefficients rsums dans le tableau 6.8. Nous voyons que la remonte de
la nappe dstabilise le talus et s'accompagne donc d'une diminution du coefficient de scurit.

Niveau d'eau z (m)

Fs (Fellenius)

Fs (Bishop simplifi)

Fs (Janbu)

21

1.512

1.588

1.585

30

1.456

1.526

1.528

35

1.424

1.492

1.490

40

1.357

1.423

1.422

Tableau 6. 8: Coefficients de scurit suivant les mthodes d'quilibre limite

2.3.2

Mthode des lments finis


Proprits mcaniques

Le comportement mcanique est toujours un modle lasto-plastique frottement interne avec


un critre de Van Eekelen. Les caractristiques mcaniques sont donnes au tableau 6.1.
La masse volumique apparente pour dterminer le champ des contraintes dans le cas purement
mcanique est donne par l'quation = (1 n ) . s . Pour le cas semi coupl, celle-ci prend en
compte l'effet de l'eau et la relation devient: = [ (1 n). s + nS r w ] .

Proprits hydriques

Le couplage hydromcanique par la mthode des lments finis ncessite la connaissance des
proprits hydriques du sol, notamment la courbe de rtention et de permabilit relative du
sol. Nous avons utilis les caractristiques d'un limon de Limelette, qui par ailleurs se
rapproche du limon que nous avons expriment. En effet, dans le cadre d'un projet
coordonn par le CSTC (Centre Scientifique et Technique de la Construction) sur la stabilit
d'une fouille test dans la localit de Limelette situe prs de Bruxelles, nous avons la chance

185

Etude de cas

de disposer d'un ensemble de donnes des caractristiques hydriques diffrentes


profondeurs. Nous allons nous en servir pour la modlisation. Pour plus de dtails, nous
suggrons les travaux de WHENHAM V., DE VOS M., LEGRAND C., CHARLIER R.,
MAERTENS J. et VERBRUGGE J.C. [2007].

Courbe de rtention

Comme nous l'avons dcrit au chapitre II et IV, nous rappelons que pour un sol donn, des
variations du degr de saturation correspondent des variations de succion. Nous appelons
courbe de rtention deau la courbe donnant la succion en fonction du degr de saturation ou
de la teneur en eau. Dans cette analyse, nous avons utilis les caractristiques du limon de

Teneur en eau volumique (%)

Limelette prlev 1.5m de profondeur (figure 6.14).

1,5 m
2,5 m
3,5 m
10000

1000

100

10

Succion (kPa)

Figure 6. 14: Courbes de rtention obtenues au laboratoire sur chantillons non remanis
Le calage de la courbe de rtention est ralis partir dune loi de saturation Sr en fonction de
la succion. Lquation de la loi est la suivante (VAUCLIN et al. [1976]):

S r = S res +

CSR3 ( S r , field S res )


CSR3 + ( CSR1 . s )

CSW 2

[6.1]

O CSR1, CSW2, CSR3, Sr,field et Sres sont des paramtres dterminer pour que la courbe
numrique se rapproche au mieux de la courbe exprimentale. Notons galement que pour

186

Etude de cas

passer des donnes de teneur en eau volumique des valeurs de saturation S r , nous avons
utilis la formule suivante :

Sr =

o n est la porosit du sol

Courbe de permabilit

Nous avons utilis une courbe de permabilit (celle obtenue avec le permamtre de Guelph
1.5m de profondeur). Cette courbe est approxime par une loi de permabilit relative en
fonction de la saturation dont lquation est la suivante:

kr =

( Srw Sres )

(S

r , field

CKW 1

S res )

CKW 2

si

kr = kr ,min

S rw S res

[6.2]

si S rw < S res

o CKW1 et CKW2 sont des paramtres dterminer en calant la courbe numrique sur la
courbe exprimentale. Sr,field et Sres sont les paramtres dtermins prcdemment pour dfinir
les courbes de rtention des diffrentes couches.
Permamtre de Guelph - 1.5m de profondeur

1.40E-06
1.20E-06
1.00E-06

6.01E-07

kw (m/s)

8.01E-07

4.01E-07
2.01E-07

10000

1000

100

10

0.1

1.00E-09
0.01

succion (kPa)

Figure 6. 15: Estimation de la permabilit sur base des essais de permabilit au moyen du
permamtre de Guelph

187

Etude de cas

Ainsi, nous obtenons les courbes de rtention et de permabilit donnes respectivement sur
les figures 6.16a et 6.16b. Le tableau 6.9 rassemble les caractristiques hydriques utilises
lors de la modlisation.
Caractristiques

Hydrauliques

Paramtres

Valeurs

CSR1 [kPa]

7.10-6

CSW2 [kPa]

0.90

CSR3 [-]

1.20

Srs [-]

0.53

Sfield [-]

1.00

CKW1 [-]

9.00

CKW2 [-]

9.00

ks [m ]

1.32.10-13

Porosit n

0.38

Tableau 6. 9: Caractristiques hydriques du talus


1

exprimental
Numerique

0.8

Exprimental
numrique

0.8

0.6

Kr

Sr

0.6

0.4

0.4

0.2

0.2

0
0.1

10

100
1000
Succion [ kPa ]

10000

100000

0
0

0.2

(a)

0.4

0.6

0.8

Sr

(b)

Figure 6. 16: Calage des courbes de rtention (a) et de permabilit (b) du limon de Limelette

Modlisation

La modlisation est divise en trois phases:


1

mise en charge du talus par son poids propre tout en bloquant l'coulement;

blocage de la mcanique et mise en charge de la nappe;

blocage des pressions d'eau et tude de la stabilit par la mthode de "c-


rduction".

188

Etude de cas

Nous utiliserons des lments CSOL2 qui permettent d'intgrer les pressions d'eau comme
dcrit au chapitre III. Nous utiliserons de la mme faon des lments SUCHA pour appliquer
le poids propre.

Conditions limites

Les conditions limites pour la mcanique et l'coulement sont respectivement donnes aux
figures 6.17 et 6.18. Pour la mcanique, elles restent inchanges, c'est dire que les bords
latraux du domaine sont libres de glisser verticalement mais sont empchs de tout
dplacement horizontal. La base est empche de tout dplacement horizontal et vertical
(figure 6.17).
Pour l'coulement, nous imposons les pressions d'eau sur les bords AB, BC et DE. En fin de
chargement de la nappe, la rpartition des pressions d'eau est hydrostatique le long de AB et
DE tandis que dans le modle, la distribution des pressions est fournie par le calcul
coulement avec ces conditions limites (figure 6.18).

Figure 6. 17: Conditions limites pour la mcanique


E
C
B

Figure 6. 18: Conditions limites pour l'coulement

Conditions initiales

Les conditions initiales en mcanique sont telles que le champ des contraintes est nul au
dpart, aprs nous mettons en charge le talus de son poids propre. Pour l'coulement, on a une
nappe qui, initialement, est la base du modle (figure 6.19) et on la fait monter jusqu'au
niveau voulu.

189

Etude de cas

Figure 6. 19: Conditions initiales pour l'coulement

Rsultats

Rpartition des pressions d'eau et de la saturation

Figure 6. 20: Profil des pressions d'eau (nappe au bord droit 30m)

Figure 6. 21: Profil de saturation (nappe au bord droit 30m)


Le champ des pressions ainsi que la distribution de la saturation sont donnes sur les figures
6.20 et 6.21. Nous localisons une zone au dessus de la nappe o les pressions d'eau sont
ngatives. Dans cette partie du modle, le degr de saturation S r est compris entre 0.8 et 0.9
tandis qu'en dessous de la nappe, Sr est gal 1. Nous remarquons que la zone dsature
n'est pas grande, ce qui fait que l'effet de la non saturation ne sera pas trs important comme
nous allons le voir dans la suite.

Calcul du coefficient de scurit

Les mthodes d'quilibre limite considrent qu'il n'y a pas d'influence de l'eau au dessus de la

190

Etude de cas

nappe et que la distribution des pressions est hydrostatique sous la nappe.


Dans la mthode aux lments finis, nous pouvons tenir compte du couplage entre la pression
d'eau et le comportement mcanique via le postulat de Terzaghi:

' = u si u 0
' = si u <0
Cette dfinition correspond de fait aux hypothses des mthodes d'quilibre limite.
Par ailleurs, nous avons montr au chapitre III, paragraphe 3.8 que la mthode des lments
finis offre la possibilit de tenir compte de l'effet de la non saturation via la cohsion
capillaire dduite notamment de la contrainte effective de Bishop: ca = Sr .tan ' .s .
Nous allons donc faire le calcul en utilisant d'abord la contrainte effective de Terzaghi,
ensuite nous allons utiliser la contrainte de Bishop pour prendre en compte la succion.

a)

Contrainte effective de Terzaghi: ' = u (si u 0 ) ou ' = (si u <0)

Nous obtenons un coefficient de scurit Fs = 1.413, avec la forme de la rupture reprsente


sur la figure 6.22.
* 1.000E-09
795
723
650
578
506
433
361
289
216
144
72
0

Figure 6. 22: Norme des vitesses (V)

Figure 6. 23: Vecteur des vitesses (V)

191

Etude de cas

* 1.000E-04
368
334
301
267
234
200
167
133
100
66
33
0

Figure 6. 24: Incrment des dformations dviatoriques sur un pas (Var7)


* 1.000E-04
127
116
106
95
85
74
63
53
42
31
21
10
0

Figure 6. 25: Dformations dviatoriques quivalentes de Von Mises (E-EQ)

b)

Contrainte effective de Bishop: Bishop = Sr .uw (ou Bishop = + S r .s )

Nous obtenons un coefficient de scurit Fs=1.49 et la forme de la ligne de glissement


reprsente sur la figure 6.26.
* 1.000E-09
495
450
405
360
315
270
225
180
135
90
45
0

Figure 6. 26: Norme des vitesses (V)

192

Etude de cas

Figure 6. 27: Vecteur des vitesses (V)


* 1.000E-05
124
112
101
90
79
67
56
45
33
22
11
0

Figure 6. 28: Incrment des dformations dviatoriques sur un pas (Var7)


* 1.000E-04
126
115
105
94
84
73
63
52
42
31
21
10
0

Figure 6. 29: Dformations dviatoriques quivalentes de Von Mises (E-EQ)

Comparaison des deux approches

Nous observons que, pour les deux types de contrainte, nous obtenons des coefficients de
scurit assez proches du fait que la zone non sature n'est pas trs tendue et donc l'effet de
la succion est trs faible. De plus, nous obtenons des courbes de glissement qui passent en
pied du talus ce qui est en accord avec l'approche des mthodes classiques dans le cas d'une
nappe dans le talus.

193

Etude de cas

Nous avons fait varier le niveau de la nappe sur le bord droit du talus. Les rsultats obtenus
sont rsums au tableau 6.10:

Niveau d'eau (bord droit)

Fs (d'aprs Terzaghi)

Fs (d'aprs Bishop)

21

1.591

1.780

30

1.497

1.600

35

1.413

1.490

40

1.309

1.350

Tableau 6. 10: Coefficients de scurit suivant les diffrents types de contraintes effectives et
suivant diffrents niveaux de la nappe
Nous observons d'abord que plus la zone non sature se rtrcit, plus les coefficients de
scurits calculs suivant Terzaghi ou Bishop se rapprochent car l'effet de la saturation
devient insignifiant. Nous observons galement que quel que soit le type de contraintes
considr, une remonte de la nappe s'accompagne d'une diminution de Fs, et donc d'une
dstabilisation du talus.

2.3.3

Comparaison des mthodes et conclusion

Nous reprsentons sur une mme figure les diffrents coefficients de scurit trouvs avec les
mthodes cinmatiques et la mthode des lments finis (figure 6.30). Nous remarquons que
les mthodes d'quilibre limite et celle de "c- rduction" utilisant la contrainte effective de
Terzaghi donnent un rsultat assez proche. Quant au coefficient de scurit utilisant la
contrainte effective de Bishop, nous voyons que plus la zone non sature est importante (effet
de la succion), plus celui-ci est lev. Quand cette zone non sature rtrcit, le coefficient de
scurit diminue et converge vers celui calcul l'aide de la contrainte effective de Terzaghi.

194

Etude de cas
1.8

c-phi rduction (Terzaghi)


c-phi rduction (Bishop)
Fellenius
Bishop simplifi
Janbu

y = -0.0223x + 2.2586
R2 = 0.9937

coefficient de scurit Fs

y = -0.0146x + 1.9128
2
R = 0.9714
1.6

y = -0.0083x + 1.7673
2
R = 0.9638
y = -0.0084x + 1.7704
R2 = 0.9677

1.4
y = -0.0078x + 1.6837
2
R = 0.9608

1.2
20

25

30

35

40

45

Niveau de la nappe (m)

Figure 6. 30: Comparaison des mthodes de calcul en hydromcanique


Il convient de remarquer que les calculs que nous venons d'effectuer supposent que la
rpartition initiale des pressions d'eau dans la zone au dessus de la nappe est hydrostatique.
Comme nous venons de le voir, l'tat de la succion dans cette zone influence le coefficient de
scurit. Ceci nous pousse tudier l'tat de la rpartition des saturations dans la zone non
sature du fait que cette zone est souvent le sige des fluctuations hydriques suivant les
saisons.

3 Modlisation de la teneur en eau dans la zone non sature


L'tude de la stabilit d'une pente doit pouvoir tenir compte de la prsence ventuelle d'une
zone non sature. Dans les mthodes de calcul, l'existence d'une succion dans la partie non
sature d'un massif de sol, au-dessus de la nappe souterraine, a pour effet d'augmenter la
rsistance au cisaillement du sol et donc la stabilit de la pente. Comme l'infiltration de l'eau
dans le sol change le profil hydrique de ce dernier, il est important de connatre tout moment
la rpartition des pressions interstitielles sous l'effet des prcipitations afin de bien tudier le
problme de la stabilit d'un massif. Des travaux ont t faits ce sujet, nous citerons par
exemple les travaux de ALONSO et al. [2002]; ALEOTTI et al. [2002], SIMEONI et al.
[2000], CAI et al. [2004] etc. Tous ces travaux montrent que l'infiltration des pluies implique

Etude de cas

195

une modification hydrique dans le sol qui se traduit par une augmentation des pressions
interstitielles, donc une diminution de la succion. Par ailleurs, ils montrent que la diminution
de la succion s'accompagne de la perte de rsistance au cisaillement des sols, ce qui diminue
le coefficient de scurit et donc augmente le risque d'instabilit. CAI et al. [2004] prcisent
que la variation des pressions interstitielles est influence par les conditions hydrauliques du
milieu, la saturation initiale, l'intensit des prcipitations et la dure de celles-ci, sans oublier
la faon de considrer les conditions aux frontires du modle. Il faut toutefois remarquer que
le changement de succion d aux variations hydriques s'estompent rapidement avec la
profondeur, et que l'amplitude de la rduction de la succion matricielle aprs un orage s'avre
tre fonction de la succion matricielle initiale rgnant juste avant les prcipitations (SIMEONI

et al. [2000]).
Dans ce paragraphe, nous commenons par un cas simple, le problme pos tant celui de
l'coulement dans une colonne de sol dont les diffrentes couches se rfrent la stratification
du site de Limelette. Nous nous proposons donc de modliser ce problme et de mettre en
vidence l'influence des phnomnes d'infiltration/vaporation sur la rpartition des teneurs en
eau dans le massif.
Notre objectif est ici d'obtenir une rpartition qualitativement bonne de la teneur en eau afin
de raliser des calculs de stabilit avec une distribution raliste de la succion.

3.1 Modlisation de l'infiltration d'eau

Gomtrie

Nous avons choisi de modliser lcoulement dans une colonne de sol du site de Limelette.
Nous supposons que le sol limoneux est un milieu poreux isotrope compos de 4 couches de
proprits diffrentes telles que donnes par la stratification du site, la nappe tant situe 10
m de profondeur (figure 6.31).

196

Etude de cas

1m
1m
1m
1m

C1

C 1z

C2

C2

1m
1m

C3

C3

7m
7m

C4
C4

0
Figure 6. 31: Gomtrie du modle (colonne de terre)

Proprits du modle

Courbe de rtention

Les courbes de rtention utilises pour modliser la colonne sont des courbes moyennes
obtenues par le laboratoire de Gembloux partir dessais sur chantillons non remanis
prlevs sur le site de Limelette une profondeur de 1.5, 2.5 et 3.5 m (voir figure 6.14).
Ainsi, la courbe de rtention correspondant 1.5m de profondeur est utilise pour les deux
premires couches de sol (de 0 2m de profondeur). La courbe de rtention correspondant
2.5m de profondeur est utilise pour la 3me couche (2 3m de profondeur) tandis que celle
correspondant 3.5m de profondeur est utilise pour la 4me couche de sol (3 10m de
profondeur).
Le calage des courbes de rtention est ralis partir de l'quation [6.1]. La figure 6.32
montre le calage des courbes numriques sur les donnes exprimentales.

197

Etude de cas
1

exprimental (1.5m)
Numerique (1.5m)
exprimental (2.5m)
Numerique (2.5m)
exprimental (3.5m)
Numerique (3.5m)

0.8

Sr

0.6

0.4

0.2

0
0.1

10

100

1000

10000

100000

Succion [ kPa ]

Figure 6. 32: Courbes de rtention des couches C1 C4

Courbe de permabilit

Nous avons utilis une mme courbe de permabilit (celle utilisant le permamtre de
Guelph 1.5m de profondeur, voir figure 6.15) pour les diffrentes couches de sol car nous ne
disposons pas d'autres mesures exprimentales. Nous l'avons cale avec l'quation [6.2] tel
que dcrit prcdemment.
1
Exprimental
numrique
0.8

Kr

0.6

0.4

0.2

0
0

0.2

0.4

0.6

0.8

Sr

Figure 6. 33: Courbes de permabilit relative dtermine par les mesures in situ 1,5 m de
profondeur (permamtre de Guelph) et par approximation numrique pour les couches 1 4

198

Etude de cas

Le tableau 6.11 reprend les valeurs des diffrents paramtres de la loi numrique pour les
diffrentes couches:

1re et 2 me couche

3mecouche

4mecouche

CSR1

7.10-6

9.10-6

1.10-5

CSW2

0.90

0.80

1.30

CSR3

1.20

1.50

0.50

Srs

0.53

0.33

0.27

Sr,field

1.00

1.00

1.00

CKW1

9.00

9.00

9.00

CKW2

9.00

9.00

9.00

Porosit n

0.38

0.43

0.39

1,32.10-13

1,32.10-13

1,32.10-13

Paramtres

ks (m2)

Tableau 6. 11: Paramtres utiliss pour les 4 couches de limon

Conditions limites

Initialement, nous considrons que la base du modle est pression impose et constante
(aquifre de niveau). La surface libre du modle est alimente par les eaux de pluies comme le
montre la figure 6.34
2

q (l/m .s)

Figure 6. 34: Conditions limites dinfiltration et d'vapotranspiration


Pour modliser lapport des pluies, nous appliquons un flux d'eau sur la surface suprieure du
modle qui tient compte des infiltrations calcules partir des mesures des prcipitations
deau allant du 1 juin 2004 au 1 Aot de la mme anne telles que donnes sur la figure 6.35:

199

Etude de cas
30

Prcipitation
Infiltration

25

Pluie - infiltration (mm)

20
15
10
5
0
-5
-10
0

10

20

30

40

50

60

Temps (jours)

Figure 6. 35: Mesures des prcipitations et modlisation de linfiltration correspondante dans


le sol en fonction du temps (01/06/04 au 01/08/04)
En effet, un calcul dinfiltration et dvapotranspiration deau dans/hors du sol sur 2 mois a
t ralis par le CSTC grce une simulation 1D en utilisant le logiciel de calcul VADOSE.
Nayant pas ce logiciel notre disposition, nous avons galement ralis une estimation de
linfiltration et de lvapotranspiration partir de mthodes traditionnelles dvaluation de
lvaporation.
Nous savons que les eaux provenant des prcipitations atmosphriques peuvent svaporer et
retourner latmosphre par des phnomnes physiques ou biologiques. Le reste, soit
ruisselle la surface du sol et rejoint le rseau hydrographique et les masses deau libres, soit
sinfiltre dans le sol et pntre des profondeurs variables dans le sous-sol. Nous pouvons
traduire cette notion par un bilan hydrologique:

P = E+R+I
o :

P: prcipitations
E: vapotranspiration
I: infiltration
R: ruissellement
Si nous ngligeons le ruissellement, nous nous intressons aux deux processus qui gouvernent
les changes hydriques entre la surface du sol et latmosphre, soit linfiltration et

200

Etude de cas

lvapotranspiration. Le premier dpend principalement des proprits du sol comme la


conductibilit hydraulique. Lvaluation des flux dvapotranspiration est, quant elle, plus
complexe, tant donn que le taux dvapotranspiration dpend non seulement des proprits
du sol mais aussi des conditions climatiques.
Il existe plusieurs faons pour estimer l'vapotranspiration en fonction des prcipitations.
Nous donnons quelques exemples tirs dans l'article de OUDIN et al. [2005]:
Modle simplifi (OUDIN et al. [2005]) :
R T +5
si Ta + 5 > 0 sinon PE=0
PE = a a
100
PENMAN [1948] :

PE =

Rn + (ea es )W
avec W = 2,6.(1 + 0,536.U )
( + )

PENMAN-MONTEITH [1965] :
Rn + (ea es )W
avec W = 1500 / ra et ra = 208 / U
PE =
rs
( + (1 + ))
ra

[6.3]

[6.4]

[6.5]

o:

PE est le taux dvapotranspiration potentiel (m/jour), Ra est la radiation extraterrestre


(MJ/m.j), est le flux de chaleur latente (MJ/kg), est la densit de leau (= 1000
kg/m), Ta est la temprature journalire moyenne de lair (C), est la pente de la
courbe de pression de vapeur (kPa/C), est la constante psychromtrique (kPa/C), es est
la pression de vapeur saturante (kPa), ea est la pression de vapeur relle (kPa), ra est la
rsistance arodynamique (s/m), rs est la rsistance de surface dune culture de rfrence
(s/m), U est la vitesse du vent 2 m au-dessus du sol (m/s), Rn est radiation solaire nette
(MJ/m.j).
Ces mthodes traditionnelles fournissent une valuation du taux dvaporation potentiel ou
maximum dtermin sur base des conditions climatiques (temprature, vitesse du vent,
rayonnement, etc.). Elles supposent que le sol est constamment satur. Remarquons toutefois
que les taux dvapotranspiration la surface des sols partiellement saturs sont en gnral
grandement rduits par rapport au taux dvapotranspiration potentielle.
A titre indicatif, la figure 6.36 reprend lvolution de linfiltration/vapotranspiration obtenue
par diffrents modles (moyennant des hypothses sur les paramtres des diffrentes
quations).

201

Etude de cas

Nous voyons que les valeurs calcules par le CSTC (vapotranspiration relle) constituent une
borne infrieure toutes les valeurs calcules avec les modles repris ci-dessus. Cela est assez
surprenant car les mthodes ci-dessus calculent lvapotranspiration potentielle et non relle.
Lvapotranspiration relle tant thoriquement plus faible ou gale lvapotranspiration
potentielle, les valeurs du CSTC paraissent donc surestimes, mais nous les choisissons par la
suite pour effectuer les simulations.
Les valeurs positives de la figure 6.36 traduisent linfiltration alors que les valeurs ngatives
indiquent une vapotranspiration.
30

Pluie
Oudin

25

Penman
Pluie - infiltration (mm)

20

Penman-Monteith
CSTC

15
10
5
0
-5

-10
0

10

20

30

40

50

60

Temps (jours)

Figure 6. 36: Exemple de calcul de linfiltration dans le sol en fonction du temps


(TYBERGHEIN [2007])

Conditions initiales

Initialement, nous considrons que la base du modle est pression impose (aquifre de
niveau). La rpartition des pressions interstitielles est hydrostatique comme le montre la
figure 6.37a, avec une base qui est en aquifre et la surface libre du modle qui subit de fortes
pressions deau ngatives. Quant au profil de saturation (figure 6.37b), nous voyons que la
base du modle est sature (Sr=1) avec une dsaturation progressive au fur et mesure qu'on
s'loigne de la nappe.

202

Etude de cas
10
9
8
7

-120

-100

-80

-60
P (kPa)

-40

-20

(a)

z (m)

z (m )

10
9
8
7
6
5
4
3
2
1
0

6
5
4
3
2
1
0
0.5

0.6

0.7
0.8
degr de saturation (Sr)

0.9

(b)

Figure 6. 37: Profil des pressions (a) et de saturation (b) initiales

Principe de la modlisation

Nous ralisons une modlisation de la colonne en tat plan de dformation. Lanalyse du


problme se fait en coulement pur, cest--dire sans prise en compte des effets mcaniques.
La colonne est discrtise en lments finis, soit 41 lments surfaciques isoparamtriques 8
nuds du type CSOL2. Les lments CSOL2 sont des lments coupls hydromcaniques,
mais comme, pour le moment, ltude porte uniquement sur lcoulement, les degrs de
libert mcaniques sont bloqus. Les paramtres des lois dcoulement ECOU-S (lois de
rtention et de permabilit) pour les diffrentes couches sont rsums dans le tableau 6.11.
Pour modliser lapport des pluies, nous avons appliqu un lment LICHT qui sert
appliquer le flux deau infiltr et/ou vapor au cours du temps sur la surface libre horizontale

q [l/m2.s]. Les donnes dinfiltration et dvapotranspiration du 1 juin au 31 juillet 2004 sont


reprises la figure 6.38. Nous appliquons le flux d'eau en 61 pas de temps, chaque pas
correspondant une journe tel que donn sur cette figure 6.38. Les dates qui seront
considres pour prsenter les rsultats sont indiques sur la figure 6.38 :

203

Etude de cas
30

Prcipitation
Infiltration

25

22/7/2004

Pluie - infiltration (mm)

20
15

2/6/2004
1/6/2004

10
5

31/7/2004

0
-5
-10
0

10

20

30

40

50

60

Temps (jours)

Figure 6. 38: Dates choisies pour l'interprtation des rsultats

Rsultats et interprtations
9

z (m )

10

01-juin

22-juil

-300

-200

-100

P (kPa)

(a)

02-juin
22-juil
31-juil

-400

01-juin

02-juin

31-juil
-500

10

z (m )

0.5

0.6

0.7
0.8
degr de saturation (Sr)

0.9

(b)

Figure 6. 39: Profil des pressions d'eau (a) et de la saturation (b) dans la colonne

204

Etude de cas
0

-100

z=7m

-150

z=8m

P (k P a )

-50

z=0m

z=0.148m
z=7.02m
z=8.02m
z=9.02m
z=9.92m

0.9
0.8

z=9m

-250

z=10m

Sr

-200
-300
-350

0.7
0.6

-400
-450

0.5
0

10

20

30
40
temps (jours)

(a)

50

60

70

10

20

30
40
temps (jours)

50

60

70

(b)

Figure 6. 40: Evolution temporelle des pressions (a) et de la saturation (b) sur 2 mois
Nous prenons comme rfrence la courbe des pressions correspondant au 1 juin (flux nul).
Nous remarquons que dans les couches C1 C3, la courbe correspondant au 2 juin est droite
de la courbe de rfrence (figure 6.39a), avec des pressions d'eau qui augmentent, ce qui est
tout fait logique tant donn que cette date correspond une journe de pluie. Le 22 juillet
correspond une journe trs pluvieuse, mais nous voyons que la courbe correspondante est
gauche de la courbe de rfrence, ce qui est d au fait que les jours prcdents ont t
marqus par une forte vaporation (valeurs ngatives) avec de fortes valeurs de succion. Le 31
juillet correspond une journe trs sche, cest pourquoi les pressions d'eau dans ces
couches y sont rduites. Les mmes observations restent valables pour la saturation (figure
6.39b) o l'on voit que les jours pluvieux font que le sol se sature de plus en plus, tandis que
les jours secs correspondent une dsaturation du sol. Nous observons aussi des ressauts de
pressions et de saturation dans la colonne de sol cause des courbes de rtention qui sont
diffrentes dans la colonne.
Les figures 6.40a et 6.40b montrent que la variation de la pression et de la saturation dans le
temps une profondeur donne dpend directement du flux d'infiltration d'eau dans le sol.
Cette influence est d'autant plus marque que le point considr est proche de la surface: cela
se traduit par des pics dans les courbes d'volution de pression et de saturation faible
profondeur, et des volutions moins rapides plus forte profondeur.
Nous remarquons aussi que la rpartition des pressions d'eau ou de la saturation dpend de
toute l'histoire de la pluviomtrie et pas uniquement celle du jour mme.

205

Etude de cas

3.2 Effet de permabilit


Nous avons voulu connatre leffet de la permabilit et pour cela nous avons diminu la
permabilit d'un facteur 10 dans les diffrentes couches. Les rsultats sont donns aux
figures 6.41a et 6.41b:
10

5
4
3

1
-300
P (kPa)

(a)

-200

-100

5
4

-400

z (m )
z (m )

02-juin;k=1.32E-14
22-juil;k=1.32E-14
31-juil;k=1.32E-14
01-juin;k=1.32E-13
22-juil;k=1.32E-13
31-juil;k=1.32E-13
02-juin;k=1.32E-13
-700
-600
-500

10

02-juin;k=1.32E-14
22-juil;k=1.32E-14
31-juil;k=1.32E-14
01-juin;k=1.32E-13
02-juin;k=1.32E-13
22-juil;k=1.32E-13
31-juil;k=1.32E-13

2
1
0
0.5

0.6

0.7

0.8

0.9

Sr

(b)

Figure 6. 41: Effet de permabilit sur le profil des pressions (a) et de saturation (b)
Nous remarquons que quand la permabilit diminue, l'eau a du mal pntrer dans le sol et
la partie superficielle du modle se sature de plus en plus. A titre d'exemple:

au 2 juin, quand la permabilit diminue, l'infiltration se limite la partie suprieure


et le sol se sature de plus en plus (les courbes des pressions et de saturation sont
droite par rapport aux courbes correspondant au 2 juin avec une permabilit leve);

au 22 juillet (jour de pic pour linfiltration), et pour un faible coefficient de


permabilit, linfiltration se limite la partie superficielle appele "zone dinfluence
saisonnire", les succions y sont rduites, leau sinfiltre par gravit, descend le long
du profil. Cette infiltration sera plus difficile quand la permabilit est faible;

au 31 juillet, plus la permabilit diminue, plus le sol se dessche (la pression


interstitielle diminue) et la dessiccation se produit dans les premiers mtres, ce qui
conduit des fortes valeurs de succion car les forces de capillarit lemportent sur les
forces de gravit et lvaporation engendre une circulation ascendante.

Etude de cas

206

3.3 Effet de la rpartition temporelle des pluies


Afin de bien voir leffet de la rpartition de la pluie, nous modlisons des prcipitations de
lanne 2004 pour une station mtorologique de Bruxelles, les donnes ayant t tires du
site "Mto Belgique". Faute de donnes sur les eaux infiltres, nous considrons que toutes
les prcipitations se sont infiltres dans le sol, ce qui nest pas raliste. Notre objectif est de
montrer leffet de la rpartition de la pluie dans le sol: considrant une pluviomtrie
journalire, mensuelle, ou uniforme sur toute lanne tel que montre sur les figures 6.42 et
6.43:

Distribution journalire (figure 6.42):

207

Etude de cas

janvier

fvier

Mars

Avril

mai

Juin

juillet

aot

septembre

octobre

novembre

dcembre

Figure 6. 42: Prcipitations journalires de l'anne 2004 (Station mtorologique de Bruxelles)

208

Chapitre 6 : Etude de cas

Moyennes mensuelles des pluies (figure 6.43):


variations mensuelles

140

prcipitations (l/m2)

120
100
80
60
40
20
0
1

10

11

12

mois

Figure 6. 43: Prcipitations mensuelles


Au total, les prcipitations annuelles sont de lordre de 720 l/[Link] (soit 2,27.10-5l/m2.s), ce
qui correspond un flux d'eau uniforme ayant une intensit de 60 l/[Link].
Les figures de 6.44 6.47 mettent en vidence l'effet de la rpartition des pluies. En effet,
nous observons une variation des pressions et de saturation qui dpend directement du flux
d'eau d'infiltration d'eau inject dans le sol, selon qu'il s'agit des flux journaliers, mensuels ou
d'un flux uniforme.
variation journalire

z=7m
z=8m
z=9m
z=10m

-20
-40

0.85

-60

Sr

P (k P a )

variation journalire

0.9

-80

0.8

z=7.02m
z=8.02m
z=9.02m
z=9.92m

-100
-120
0

0.75
100

200
temps (jours)

300

400

100

200
temps (jours)

300

(a)
(b)
Figure 6. 44: Evolution temporelle des pressions (a) et de la saturation (b) sur 1 an

400

209

Chapitre 6 : Etude de cas

variation mensuelle

-50

variation mensuelle

0.9

-60

0.88

-70

0.86

z=7.02m
z=8.02m
z=9.02m

Sr

P (k P a )

z=9.92m

0.84

-80
-90

-100

6
8
temps (mois)

10

z=7m
0.82
z=8m
z=9m
z=10m
0.8
0
12
14

(a)

10

12

14

temps (mois)

(b)

Figure 6. 45: volution temporelle des pressions (a) et de la saturation (b) (moyennes
mensuelles)
0.9

-60

0.88

-70

0.86

rpartition uniforme
z=7.02m
z=8.02m
z=9.02m
z=9.92m

Sr

P (k P a )

rpartition uniforme (1an)


-50

0.84

-80
-90

-100

10

z=7m
0.82
z=8m
z=9m
z=10m
0.8
12
14
0

temps (mois)

(a)

6
8
temps (mois)

10

12

(b)

Figure 6. 46: volution temporelle des pressions (a) et de la saturation (b) (rpartition
uniforme)

14

210

Chapitre 6 : Etude de cas


0.88

-55

0.87
-65

Sr

P (kPa)

0.86
-75

0.85
0.84

-85

z=9m (flux journalier)


z=9m (flux mensuel)
z=9m (flux uniforme)

-95
0

100

200
temps (jours)

300

z=9.02m (flux journalier)


z=9.02m (flux mensuel)

0.83

z=9.02m (flux uniforme)

0.82
400

100

200

300

400

temps (jours)

(a)
(b)
Figure 6. 47: Evolution temporelle des pressions (a) et de saturation (b) sur 1 an (dans la
couche C1)
Pour des flux d'eau mensuels, les variations de pressions et de saturation sont moins marques
que les flux journaliers (figures 6.44 et 6.45). Ceci s'explique par le fait que les apports de
flux d'eau mensuels injects dans le modle sont des moyennes de pluies journalires. Il en est
de mme pour le flux uniforme qui reprsente la moyenne des flux mensuels. Si nous
considrons par exemple la couche C1 (figure 6.47) nous voyons clairement que si l'on injecte
dans le modle un flux d'eau uniforme, l'volution des pressions d'eau ou de saturation tend
se stabiliser.
Nous remarquons ainsi sur la figure 6.46 qu' partir du 5me mois, les profils de pressions
d'eau et de la saturation tendent se stabiliser. Ceci nous pousse nous poser la question sur
la notion de l'tat initial.

Notion d'tat initial

Les calculs prcdents ont t effectus en partant dun tat non stabilis, avec une rpartition
hydrostatique des pressions, mais il savre quaprs une certaine priode dinfiltration d'eau,
les profils de pressions deau et de saturation voluent et tendent se stabiliser vers une
valeur dquilibre (figures 6.46). De ce fait, un tat initial hydrostatique n'est donc pas
raisonnable vu que les sols subissent au cours de leur histoire des variations hydriques
complexes. C'est pour cette raison que nous avons voulu connatre l'effet de l'coulement en
partant d'un tat stabilis. Pour cela, nous injectons dans le modle un flux d'eau uniforme q =
2 l/jour.m2 pendant une anne afin de stabiliser les pressions d'eau. Ensuite nous injectons des

211

Chapitre 6 : Etude de cas

flux deau dfinis au paragraphe 3.1 afin de mettre en vidence l'influence de l'tat initial de
saturation du sol.

rpartition uniforme (1an)


-50

-70
-80
z=7m
z=8m
z=9m
z=10m
12
14

-90
-100

10

sta

bi

lis

temps (mois)
t

at

30

ea

pa

rtir

d
un

Prcipitation
Infiltration

25

de
sf

lux

20
2/6/2004
1/6/2004

10

ec
tio

15

inj

Pluie - infiltration (mm)

P (kPa)

-60

31/7/2004

0
-5

-10
0

10

20

30
40
Temps (jours)

50

Figure 6. 48: Modlisation de l'infiltration aprs stabilisation

60

212

Chapitre 6 : Etude de cas

Comparaison des profils de pressions et de saturation avant et aprs


stabilisation

01-juin-avant
02-juin-avant
22-juil-avant
31-juil-avant
01-juin-aprs
02-juin-aprs
22-juil-aprs
31-juil-aprs
-500

-400

10

10

-100

P (kPa)

aabb

a b

01-juin-avant
02-juin-avant
22-juil-avant
31-juil-avant
01-juin-aprs

02-juin-aprs

22-juil-aprs

31-juil-aprs

-200

a b

-300

z (m )
z (m )

a: A partir d'un tat hydrostatique


b: A partir d'un tat stabilis
aa b b
b
a
b

0.5

0.6

0.7

Sr

0.8

0.9

(a)
(b)
Figure 6. 49: Profil des pressions (a) et de saturation (b) dans la colonne de sol

(avant et aprs stabilisation)


Nous remarquons que ltat initial influence le profil des pressions et de saturation. En effet,
nous observons qu'en gnral, les pressions d'eau (figure 6.49a) et la saturation (figure 6.49b)
augmentent dans les premires couches quand on part de ltat stabilis (succion diminue).
De faon gnrale, nous pouvons dire que:

Au-dessus de laquifre, les pressions diminuent linairement jusqu la zone dinfluence


saisonnire et cette diminution est caractrise par une augmentation de la succion. Dans
cette zone, les pressions deau augmentent pendant la saison des pluies et diminuent
pendant la saison sche, ce qui est en accord avec les rsultats de JENNINGS [1960]
(chapitre II, paragraphe 1, figure 2.2).

La rpartition des prcipitations, l'intensit ainsi que la permabilit du sol jouent un grand
rle sur la distribution des pressions deau et de la saturation. Nous avons vu qu'une
pluviomtrie uniforme et de longue dure tend stabiliser les profils de pression d'eau et
de saturation. Selon que l'tat initial au dessus de la nappe est hydrostatique ou stabilis,
les profils initiaux de pression sont diffrents et naturellement les rsultats de la simulation
de l'effet de la pluie le sont galement.

213

Chapitre 6 : Etude de cas

Nous allons appliquer dans le paragraphe qui suit, l'effet de cet tat stabilis un calcul de
stabilit.

3.4 Application au cas du talus homogne


Comme nous venons de le voir, l'tat initial des pressions et de la saturation change quand on
injecte un flux d'eau uniforme dans la colonne de terre et cet tat tend se stabiliser aprs une
certaine priode.
Pour le calcul de stabilit, nous allons montrer l'effet de l'tat stabilis par rapport la
rpartition hydrostatique des pressions en respectant la dmarche suivante:
1 Mise en charge du talus par son poids propre tout en bloquant l'coulement.
2 Mise en charge de la nappe en bloquant la mcanique. Pour nos calculs, nous montons
la nappe jusqu' 21m (figure 6.50) pour obtenir une zone non sature tendue.
3 Application d'un flux d'eau la surface libre du talus (figure 6.50) pendant une priode
de deux ans pour stabiliser les pressions d'eau, la nappe tant bloque 21m. Notons
que l'on applique sur la pente du talus un flux d'eau gal [Link] de telle sorte que le
flux soit nul quand = 90 .
4 Etude de la stabilit par de "c- rduction" (les pressions d'eau tant bloques).Nous
utilisons la contrainte effective de Bishop pour prendre en compte la saturation dans
cette zone.

Figure 6. 50: Conditions limites pour l'coulement

Chapitre 6 : Etude de cas

214

Les paramtres mcaniques et hydrauliques restent inchangs (voir tableau 6.1 et 6.9).
Mais la question qui se pose est la suivante: que faut-il injecter dans le modle pour stabiliser
la zone non sature?
Si nous prenons l'exemple de la pluviomtrie de l'anne 2004 sur une station de Bruxelles
(voir paragraphe 3.3), nous voyons qu'en moyenne il a plu 720 l/[Link], soit 60 l/[Link]
(2,3.10-5l/[Link]). Etant donn qu'on ne connat pas la quantit d'eau s'infiltrant par rapport
ce qui pleut, nous proposons d'estimer cette infiltration en terme de pourcentage comme suit:
-

Dans le pire des cas, nous considrons que 100 % des eaux pluvieuses s'infiltrent dans
le talus, ce qui est videmment irraliste.

Nous considrons que 60 % des eaux pluvieuses s'infiltrent dans le sol, soit 432
l/[Link] ou 36 l/[Link] (1,39.10-5l/[Link]).

Nous nous rfrons CHOISNEL et NOILHAN [1995] qui ont tudi l'infiltration
d'eau dans des zones non montagneuses en France et qui ont trouv que 40% des eaux
de pluie s'infiltrent dans le sol. Dans ce cas, nous injectons 40 % des 720 l annuelles,
soit 288 l/[Link] ou 24 l/[Link] (9,26.10-6l/[Link]).

Rsultat

Nous calculons le coefficient de scurit l'aide de la contrainte effective de Bishop.


A titre d'exemple, nous reprsentons l'volution temporelle de la pression au nud 486 (x=
105 m, y= 27.14 m) et voici le rsultat:

215

Chapitre 6 : Etude de cas

temps (mois)
0

10

15

20

25

-40

Pression d'eau (kPa)

-45

c et phi rduction
Fs= 1.666

-50

c et phi rduction
Fs= 1.707
c et phi rduction
Fs= 1.725

-55

-60

c et phi rduction
Fs= 1.780

q=100% (60l/mois)
q=60% (36l/mois)
q=40% (24l/mois)

-65

Figure 6. 51: Evolution temporelle de la pression pendant 2 ans


Nous remarquons qu'aprs une certaine priode (2 ans), les pressions tendent vers une valeur
d'quilibre et une tude de stabilit utilisant la contrainte effective de Bishop donne un
coefficient de scurit Fs gal 1.666 (pour q=60 l/[Link]), 1.707 (pour q=36 l/[Link]) et
1.725 (pour q=24 l/[Link]). Nous voyons que plus nous alimentons la zone non sature par
un flux d'eau lev, plus le coefficient de scurit diminue (figure 6.51). En effet, les
pressions d'eau augmentent et ceci engendre une diminution de la succion au fur et mesure
que cette zone se sature. Nous n'avons pas fait le calcul avec la contrainte effective de
Terzaghi car, dans ce cas, tant que les pressions d'eau restent ngatives, les contraintes
effectives ne sont pas affectes par des modifications de succion.

4 Talus dans un terrain form de deux couches


La construction des ouvrages de gnie civil ncessite frquemment l'dification de remblais
sur des sols souvent diffrents. Il en est ainsi par exemple dans le cas de l'amnagement des
zones industrielles au bord des fleuves ou de la mer, des liaisons routires et autoroutires,
etc.

Chapitre 6 : Etude de cas

216

Ces sols peuvent prsenter de faibles caractristiques mcaniques comme la cohsion, il en


rsulte que la stabilit de ces remblais est prcaire. Il est donc ncessaire de faire des tudes
de stabilit pour dterminer d'une part la courbe de rupture le long de laquelle le risque de
glissement est le plus lev, d'autre part la valeur correspondante du coefficient de scurit.
Le talus qui fera l'objet de notre tude est constitu de deux couches: une couche de limon
reposant sur un sol sableux. Le talus est taill dans le limon avec une pente de 70 et une
hauteur de 10m (figure 6.52).

Figure 6. 52: Gomtrie du modle compos de deux couches

4.1 Mthode des lments finis


4.1.1

Cas purement mcanique

Comme prcdemment, le comportement des deux couches est lasto-plastique et il est


reprsent par une loi PLASOL frottement interne, avec des lments SUCHA pour
distribuer le poids propre sur toute la surface. Nous retenons toujours le critre de Van
Eekelen. Les conditions limites restent les mmes que pour le talus homogne, cest--dire
que les bords latraux peuvent bouger verticalement et sont empchs de tout dplacement
horizontal tandis que la base est fixe horizontalement et verticalement.

217

Chapitre 6 : Etude de cas

Caractristiques mcaniques des couches

Pour le limon, nous avons utilis les caractristiques du limon d'Awans que nous avons
expriment au laboratoire, dont les proprits sont donnes au chapitre V. Quant au
module de Young E et du coefficient de Poisson , pour les mmes raisons que le cas
prcdent, nous avons choisi des valeurs leves de manire obtenir un comportement
rigide afin de se rapprocher de l'hypothse faite dans les mthodes classiques
l'quilibre limite. Nous rsumons dans le tableau 6.12 les caractristiques du limon
d'Awans utilises pour le calcul:

Cohsion
c' [kPa]
Limon

Angle de

Poids

Porosit

frottement volumique sec


' []
d [kN/m3]
30.4

Module

Coefficient

de Young de Poisson

16.11

n [-]

E [MPa]

[-]

0.38

131

0.38

Awans

Tableau 6. 12: Caractristiques mcaniques du limon d'Awans utilises pour la modlisation

Pour le sable, nous avons utilis les caractristiques du sable de Bierbeek qui a t
expriment dans le cadre du projet CSTC. Les autres paramtres ncessaires la
modlisation ont t estims partir de la littrature. Les caractristiques utilises sont
rsumes au tableau 6.13:
Cohsion
c' [kPa]

Angle de

Poids

Porosit

frottement volumique sec


' []
Gamma d

Module

Coefficient

de Young de Poisson
n [-]

E [MPa]

[-]

0.4

131

0.38

[kN/m ]
Sable

0.035

35

16.20

Tableau 6. 13: Caractristiques mcaniques du sable de Bierbeek


Nous aurions d prendre une cohsion nulle pour le sable, mais nous utilisons une faible
cohsion pour la convergence de notre code lments finis.

218

Chapitre 6 : Etude de cas

Modlisation

Le principe de la modlisation est identique celui utilis dans le cas d'un talus compos
d'une couche homogne. Par contre, on peut se demander s'il faut rduire les paramtres c' et

' dans les deux couches ou bien dans la couche suprieure uniquement. En effet, dans le cas
considr, la rupture va principalement apparatre dans la couche de limon et nous pourrions
donc rduire c' et ' dans le limon uniquement. Afin de vrifier que cette approche n'empche
pas un autre mode de rupture d'apparatre, nous allons galement appliquer la rduction de c'
et ' simultanment pour les deux couches.

Rsultat

Pour la gomtrie du modle considr et les proprits utilises dans le calcul, nous avons
remarqu qu'il n'est pas possible de mettre en charge le poids propre. Cela signifie donc que le
coefficient de scurit est infrieur 1.

Dans le cas d'une rduction de c' et ' dans la couche de limon uniquement, nous avons
effectu une tude de sensibilit sur la cohsion, et nous obtenons les coefficients de
scurit reprsents la figure 6.53. Nous pouvons voir qu'une cohsion suprieure 10
kPa est ncessaire pour viter toute rupture (ceci explique pourquoi une cohsion de 3
kPa n'est pas suffisante pour assurer la stabilit du talus).
constant=30.4

1.8

1.6

y = 0.0392x + 0.5825
2
R = 0.9986

Fs

1.4

1.2

0.8
10

15

20

25

30

cohsion (kPa)

Figure 6. 53: Variation du coefficient de scurit en fonction de la cohsion

35

219

Chapitre 6 : Etude de cas

A titre indicatif, nous montrons les diagrammes qui reprsentent la cinmatique de la rupture
pour une cohsion c' = 20 kPa et un angle '= 30.4 (Fs=1.37).
5.5 m

* 1.000E-09

399
363
326
290
254
217
181
145
108
72
36
0

Figure 6. 54: Norme des vitesses (V), (rduction de c' et ' dans la couche de limon
uniquement)

Figure 6. 55: Vecteur des vitesses (V), (rduction de c' et ' dans la couche de limon
uniquement)

Chapitre 6 : Etude de cas

220

* 1.000E-04

108
98
88
78
68
59
49
39
29
19
9
0

Figure 6. 56: Incrment des dformations dviatoriques sur un pas (Var7), (rduction de c' et
' dans la couche de limon uniquement)

* 1.000E-05

309
281
252
224
196
168
140
112
84
56
28
0

Figure 6. 57: Dformations dviatoriques quivalentes de Von Mises (E-EQ), (rduction de c'
et ' dans la couche de limon uniquement)

Dans le cas d'une rduction de c' et ' dans les deux couches, nous obtenons des
coefficients lgrement infrieurs au cas prcdent. Ainsi pour c' = 20 kPa et '= 30.4
dans le limon (c' = 0.035 kPa et '= 35 pour le sable), Fs est gal 1.3 contre 1.37
trouv prcdemment. La forme de la rupture est donne la figure 6.58 o nous
voyons que la courbe de glissement effleure lgrement la couche sablonneuse.

Chapitre 6 : Etude de cas

221

313
285
256
228
199
171
142
114
85
57
28
0
Y
X

Figure 6. 58: Norme des vitesses (V) (rduction de c' et ' dans les deux couches)

4.1.2

Couplage hydromcanique

Nous procdons de manire identique au cas purement mcanique, mais cette fois nous avons
une nappe situe la base du modle, c'est dire dans la couche sableuse (figure 6.59). Les
conditions limites et initiales pour la mcanique restent inchanges. Quant l'coulement, la
nappe reste bloque la base et le reste se passe comme dans le cas du couplage
hydromcanique d'un talus compos d'une couche homogne.

Figure 6. 59: Conditions initiales pour l'coulement

Les caractristiques mcaniques

Les proprits mcaniques des deux couches restent inchanges par rapport au cas purement
mcanique (tableaux 6.12 et 6.13).

222

Chapitre 6 : Etude de cas

Les caractristiques hydriques

Limon d'Awans

Au chapitre V, paragraphe 8, nous avons dtermin la courbe de rtention suivant plusieurs


mthodes et nous rappelons ces rsultats sur la figure 6.60. Pour dterminer les
caractristiques hydriques ncessaires la modlisation, nous allons utiliser la courbe de
rtention obtenue par la mthode de surpression d'air.
100

surpression d'air (schage)


osmotique (schage)
papier filtre

90

Vauclin (surpression d'air)


Vauclin (osmotique)
80
Sr (%)

Vauclin (papier filtre)

70

60

50
1

10

100

1000

succion ( kPa)

Figure 6. 60: Courbe de rtention du limon d'Awans


Quant la permabilit, nous ne disposons pas de la courbe qui lie la saturation la
permabilit, c'est pourquoi nous allons utiliser la courbe de permabilit du limon de
Limelette que nous rappelons la figure 6.61:

223

Chapitre 6 : Etude de cas


1
Exprimental
numrique
0.8

Kr

0.6

0.4

0.2

0
0

0.2

0.4

0.6

0.8

Sr

Figure 6. 61: Courbe de permabilit relative du limon de Limelette

Sable de Bierbeek

Nous avons utilis la courbe de rtention moyenne du sable de Bierbeek dtermine l'aide
de l'appareil de Richards (figure 6.62):

Figure 6. 62: Courbes de rtention dtermines l'appareil de Richards pour le sable de


Bierbeek

224

Chapitre 6 : Etude de cas

Rappelons que la transformation de la teneur en eau volumtrique en saturation est donne par

Sr =

. Le calage de la courbe exprimentale par l'quation [6.1] nous donne:


Courbe de rtention du sable de Bierbeek

exprimental
Numerique

Sr

0.8

0.6

0.4

0.2

0
0.1

10

100

1000

10000

Succion [ kPa ]

Figure 6. 63: Calibrage de la courbe de rtention du sable de Bierbeek


Ne disposant pas la courbe de permabilit de ce sable, nous l'avons extraite de la littrature
existante:

Permabilit relative kr

1
0.75
kra
0.5

krw

0.25

25

50
Sr (%)

75

100

Figure 6. 64: Permabilits relatives d'un sable non satur, VACHAUD et al. [1974]

225

Chapitre 6 : Etude de cas

Nous l'avons calibr par l'quation [6.2] et nous obtenons la figure 6.65:
1
Exprimental
numrique
0.75

Kr

0.5

0.25

0
0

0.25

0.5

0.75

Sr

Figure 6. 65: Calibrage de la courbe de permabilit relative d'un sable non satur.
Nous rassemblons pour la modlisation du talus tous les paramtres hydriques dans le tableau
6.14:

Caractristiques

Hydrauliques

Paramtres

Sable de Bierbeek

Limon d'Awans

CSR1 [kPa]

49.10-5

1,9.10-5

CSW2 [kPa]

2.90

1.54

CSR3 [-]

2.10

1.85

Srs [-]

0.09

0.57

Sfield [-]

1.00

0.99

CKW1 [-]

9.00

8.60

CKW2 [-]

9.00

8.36

ks [m2]

10-12

1,32.10-13

Tableau 6. 14: Caractristiques hydriques des deux couches (limon d'Awans et sable de
Bierbeek)

226

Chapitre 6 : Etude de cas

Rsultats de la modlisation

La nappe tant la base du talus, le profil des pressions d'eau est hydrostatique. La succion et
la saturation sont respectivement reprsentes sur les figures 6.66a et figure 6.66b.
nappe la base du talus: profil des pressions hydrostatiques

Niveau y (m): bord droit

Niveau y (m): bord droit

15
couche de limon d'Awans
10
couche de sable de Bierbeek

nappe la base du talus: profil de saturation

25

20

20
couche de limon d'Awans

15
10

couche de sable de Bierbeek

5
0

0
0

50

100

150

200

250

0.2

0.4

0.6

0.8

saturation Sr

succion (kPa)

(a)

(b)

Figure 6. 66: Profil de succion (a) et de saturation (b) en fonction du niveau (bord droit du
talus)
Rappelons que pour la colonne de sol et le talus homogne, nous avions montr qu'en faisant
pleuvoir une quantit d'eau uniforme pendant un certain temps, le profil des pressions d'eau et
de la saturation tendait se stabiliser vers une valeur d'quilibre. Pour le talus homogne,
nous avions montr que ce profil influenait le coefficient de scurit.
De faon analogue, nous allons injecter un flux d'eau dans le talus pour stabiliser la zone non
sature et calculer ensuite le coefficient de scurit par c rduction.
Comme pour le cas d'un talus homogne (paragraphe 3.4), nous appliquons le flux d'eau pour
stabiliser la zone non sature suivant les valeurs:
-

Un flux d'eau q gal 100% des prcipitations (720l/[Link]) soit 60 l/[Link];

Un flux d'eau q gal 60% des prcipitations soit 36 l/[Link];

Un flux d'eau q gal 40% des prcipitations soit 24 l/[Link].

Afin de quantifier leffet de la succion sur la stabilit, trois approches sont analyses:
-

Dans la premire approche nous utilisons la contrainte de Terzaghi pour avoir un cas
de rfrence (sans effet de la succion);

Dans la deuxime approche, la rsistance supplmentaire du sol est prise en compte


travers la contrainte effective de Bishop: ca = Sr .tan ' .s ;

227

Chapitre 6 : Etude de cas

Dans la troisime approche, en association avec la contrainte effective de Terzaghi,


nous utilisons la cohsion capillaire obtenue par essais de laboratoire et exprime sous
forme de modle logarithmique. En effet, au chapitre III (paragraphe 3.8), nous avons
montr qu'on pouvait prendre en compte l'effet de la succion sur la stabilit via la
cohsion capillaire dtermine partir des essais mcaniques. Au chapitre V,
paragraphe 9.2, nous avons exprim par la relation [5.2], l'volution de cette cohsion
en fonction de la succion sous forme d'un modle logarithmique: c a = . ln s +

o et sont dtermins sur base des rsultats exprimentaux.

Nous rappelons par la figure 6.67 (en chelle non logarithmique) l'volution de la cohsion
apparente en fonction de la succion.
300

variation logarithmique
Bishop ( partir de la courbe de rtention: surpression d'air)

cohsion apparente (kPa)

ca = [Link]'.s

200

100
ca = 23.31Ln(s) - 60.99

0
0 20

100

200

300

400

500

600

700

800

900

1000

succion (kPa)

Figure 6. 67: Evolution de la cohsion capillaire

Le tableau 6.15 donne un rcapitulatif des coefficients de scurit trouvs par la mthode

c rduction (dans la couche de limon uniquement) pour les diffrentes approches et


suivant diffrentes distributions de succion dans la zone non sature:

228

Chapitre 6 : Etude de cas


Mthode

Fs

Terzaghi
Cohsion

<1

uw hydrostatique

Zone non sature, coulement stabilis

capillaire
c- rd.

q=60 l/[Link]

ca Bishop

q=36 l/[Link]

q=24 l/[Link]

2.55

1.14

1.22

1.39

2.41

1.15

1.24

1.42

ca modle
logarithmique

Tableau 6. 15: Coefficients de scurit du talus deux couches (couplage hydromcanique)

Contrainte effective de Terzaghi (sans effet de succion)

En utilisant la contrainte effective de Terzaghi, le code ne converge pas lors de la mise en


charge du poids propre, le coefficient de scurit est donc infrieur 1. Ceci rejoint le cas
purement mcanique (Terzaghi considre qu'au dessus de la nappe, = ' mme si les
pressions d'eau sont ngatives).
A titre indicatif, nous avons augment la cohsion c' = 20 kPa et nous obtenons un
coefficient de scurit Fs= 1.28 lgrement infrieur au cas purement mcanique (Fs= 1.37).
Cela s'explique par le fait que, dans le cas coupl, la masse volumique apparente du sol tient
compte de la prsence de l'eau = (1 n ) s + nS r w , tandis que dans le cas purement
mcanique, la masse volumique utilise tait la masse volumique sche d = (1 n ) s . Ainsi,
le terme supplmentaire ( nS r w ) rend le poids du talus lgrement plus lev, ce qui diminue
lgrement le coefficient de scurit Fs.

Prise en compte de la cohsion capillaire (effet de la succion)

Avec une prise en compte de l'effet de la succion via la cohsion capillaire (modle de Bishop
ou modle logarithmique), nous obtenons des coefficients de scurit Fs>1 (tableau 6.15), ce
qui montre bien l'influence de la non saturation sur le coefficient de scurit.
Toutefois, nous remarquons que les valeurs de Fs trouves l'aide de la cohsion capillaire
dduite des deux modles (Bishop ou logarithmique) sont lgrement diffrentes. Cela
s'explique par la figure 6.67 donnant lvolution de la cohsion apparente en fonction de la
succion. En effet, pour ces deux approches, nous obtenons une courbe de glissement qui passe

Chapitre 6 : Etude de cas

229

par le pied du talus (dans la couche de limon), figure 6.68. Quand la zone non sature est
stabilise par diffrents flux d'eau tel que dfinis prcdemment, les succions sont partout
infrieures 100 kPa. Or d'aprs la figure 6.67, nous remarquons que pour de telles succions,
la cohsion capillaire dtermine l'aide de la contrainte de Bishop est infrieure celle
dtermine par le modle logarithmique. Ceci explique des valeurs de Fs lgrement plus
leves pour ce dernier modle. Par contre, lorsque la distribution des pressions d'eau dans la
zone non sature est hydrostatique, les succions sont comprises entre 100 et 200 kPa et nous
voyons sur la figure 6.67 qu'entre les deux succions, la cohsion capillaire dtermine l'aide
de la contrainte de Bishop est suprieure celle dtermine par le modle logarithmique. De
ce fait, le coefficient de scurit trouv l'aide de la cohsion capillaire "modle de Bishop"
est suprieur celui trouv l'aide de la cohsion capillaire "modle logarithmique".

Figure 6. 68: Courbe de glissement obtenue en tenant compte de la cohsion capillaire

4.2 Mthodes d'quilibre limite


Nous procdons de la mme faon que pour le cas d'une couche homogne. Le calcul est
ralis en utilisant la mthode des tranches de Fellenius, Bishop et Janbu.
Nous reprenons les mmes caractristiques mcaniques que prcdemment (tableaux 6.12 et
6.13).
Nous obtenons, pour le cercle critique donn la figure 6.69, le coefficient de scurit
minimum peu prs gal 0.6 (tableau 6.16), donc le talus est instable.

230

Chapitre 6 : Etude de cas

3.73m

Figure 6. 69: Cercle de glissement critique (mthode des tranches)

4.3 Comparaison des mthodes


Quand l'effet de la succion n'est pas pris en compte, les mthodes d'quilibre limite et des
lments finis (purement mcanique et Terzaghi sans cohsion capillaire) donnent toutes des
valeurs de coefficient de scurit infrieures 1 (tableau 6.16). Lorsque l'effet de la non
saturation entre en jeu via la cohsion capillaire, nous remarquons que le coefficient de
scurit augmente sensiblement selon le flux d'eau inject pour stabiliser la zone non sature.
Mthodes
Classiques

Fs

Fellenius

0.601

Bishop

0.608

Janbu

0.555

Purement

<1

mcanique
Terzaghi
c- rd.

Cohsion

<1

uw hydrostatique

Zone non sature, coulement stabilis

capillaire
q=60 l/[Link]

ca Bishop

q=36 l/[Link]

q=24 l/[Link]

2.55

1.14

1.22

1.39

2.41

1.15

1.24

1.42

ca modle
logarithmique

Tableau 6. 16: Comparaison des coefficients de scurit minimum trouvs par la mthode des
tranches et la mthode "c- rduction"

Chapitre 6 : Etude de cas

231

Conclusions

Nous avons compar des calculs de stabilit par diffrentes mthodes savoir:
- Mthodes " la rupture" (Fellenius, Bishop et Janbu) classiques en mcanique des sols
mais ncessitant une recherche du minimum parmi un ensemble de courbes.
- Mthode par lments finis (code LAGAMINE) dans laquelle la courbe de glissement la
plus probable se dduit naturellement de l'analyse de l'tat de contraintes. Cette mthode
requiert de connatre ou de postuler des caractristiques de dformabilit du massif, en
plus de celles de rsistance. Par ailleurs, elle offre la possibilit de coupler les aspects
mcaniques - coulement et ne contraint en rien la forme de la ligne de rupture.
En mcanique pure, la comparaison des deux mthodes montre qu'elles fournissent des
rsultats quivalents en terme de cercle de glissement critique et de coefficients de scurit.
Par ailleurs, nous avons montr l'influence du choix de critre de plasticit sur la valeur du
coefficient de scurit trouv l'aide de la mthode des lments finis. En effet, le coefficient
obtenu en utilisant le critre de Van Eekelen est lgrement plus lev que celui obtenu sous
l'hypothse du critre de Mohr Coulomb.
Pour la prise en compte de l'eau sur la stabilit d'un talus, nous avons considr deux cas: soit
la nappe est peu profonde et le cercle de glissement critique se trouve majoritairement sous la
nappe, soit la cette dernire est profonde et la zone d'instabilit se trouve entirement en
condition non-sature.
Dans le premier cas, lorsque la nappe est dans le talus, nous avons montr que l'effet de la
non-saturation devient faible. L'influence nfaste de l'eau provient essentiellement du gradient
de pression (positive) sous la nappe qui dstabilise le talus. Ds lors, les mthodes classiques
qui, gnralement, ne prennent pas en compte l'effet de la succion, donnent satisfaction.
Dans le deuxime cas, si la nappe est plus profonde, l'effet de la saturation devient important.
Nous avons montr l'effet de la rpartition des pressions d'eau dans la zone non sature (tat
hydrostatique ou stabilis) sur le coefficient de scurit. Dans le calcul de ce dernier, nous
avons galement montr l'importance des effets capillaires, qui videmment sont significatifs
lorsque l'tendue de la zone non sature est importante.
Bref, le choix entre la mthode des lments finis et les mthodes d'quilibre limite dpend de
la disponibilit des caractristiques, de la position de la nappe et de la bonne apprciation qu'il

Chapitre 6 : Etude de cas

232

est possible de faire de la position de la ligne de rupture critique. Le savoir-faire de


lutilisateur reste donc le garant du bon emploi de ces mthodes.

233

CHAPITRE VII

Conclusions gnrales et perspectives

Conclusions gnrales et perspectives

235

CHAPITRE VII: Conclusions gnrales et perspectives


1

Synthse

Nous nous tions fixs l'objectif d'tudier le comportement hydromcanique d'un sol
partiellement satur et l'effet de la succion sur la stabilit des pentes. Pour y arriver, nous
avons subdivis notre travail en trois tapes:
- La premire tape consiste en une synthse bibliographique (chapitre II, III et IV)
notamment sur le comportement gnral des sols non saturs, sur les techniques
exprimentales de contrle et de mesure de la succion et sur les mthodes de calcul de
stabilit des pentes.
- La deuxime tape est essentiellement consacre aux essais de laboratoire et leur
interprtation (chapitre V), l'objectif vis tant d'tudier le comportement d'un limon en
conditions non satures.
- Enfin, la troisime tape est consacre au calcul numrique (chapitre VI) pour montrer
l'effet de la succion sur la stabilit des pentes.
A l'issue de ce travail et malgr quelques difficults inhrentes la procdure exprimentale
et au calcul numrique, nous pouvons tirer certaines conclusions, qui par ailleurs sont en
accord avec certaines observations dj tablies par d'autres auteurs.

Effet de la succion sur le comportement hydromcanique

Au chapitre V, nous avons ralis un grand nombre d'essais sur un limon d'Awans l'aide de
deux types d'appareils: un oedomtre utilisant la mthode osmotique et un triaxial utilisant
d'une part, une mthode rigoureuse de contrle de succion (surpression d'air) et d'autre part,
une mthode plus simple contrlant la teneur en eau (essais UU). Nous avons suivi l'volution
des paramtres hydromcaniques en fonction de la succion. En voici une synthse:

a)
-

Comportement mcanique
Les rsultats obtenus sur le limon d'Awans au moyen de l'oedomtre succion

contrle par la mthode osmotique montrent que l'effet de la succion se traduit par un
renforcement des proprits du limon. Ce renforcement correspond une diminution des

Conclusions gnrales et perspectives

236

indices de compression (le matriau soumis une succion devient plus rigide), et une
augmentation de la pression de pr-consolidation (limite entre la zone lastique et la zone
plastique). Ceci rejoint les observations dj faites par d'autres auteurs comme nous l'avons
dj dit au chapitre V, paragraphe 4.2.
-

Nous avons valu la rsistance au cisaillement l'aide d'essais triaxiaux UU et

d'essais triaxiaux succion contrle utilisant la mthode de surpression d'air. Globalement,


le comportement avant rupture obit aux mmes rgles, avec une rigidification du matriau
avec l'augmentation de la succion et du confinement. Le renforcement des proprits la
rupture se traduit toujours par une augmentation de la cohsion, que l'on peut illustrer comme
tant la consquence d'un renforcement des liens aux contacts inter particulaires, autrement
dit un effet de cimentation inter granulaire d la succion. En revanche, des tendances
diverses ont t observes en ce qui concerne l'angle de frottement: indpendance vis--vis de
la succion, croissance ou dcroissance. Nous n'avons pas mis en vidence de tendance nette.
-

Nous avons dtermin la cohsion et l'angle de frottement (en contraintes totales) pour

des chantillons soumis diffrentes succions et nous avons propos des lois d'volution de la
cohsion en fonction de la teneur en eau ou de la succion, dont une relation d'volution
linaire de la cohsion en fonction de la teneur en eau. L'avantage de cette relation est que la
teneur en eau est une caractristique facile dterminer par rapport la succion.
-

En utilisant les mmes essais, nous avons rinterprt les rsultats l'aide de la

contrainte effective de Bishop et nous avons remarqu que la cohsion tend vers de trs
faibles valeurs. Ceci est intressant car, comme nous l'avons vu au chapitre VI consacr au
calcul numrique, la prise en compte de la contrainte effective de Bishop a comme
consquence une prise en considration automatique de la cohsion capillaire.

b)

Comportement hydrique

Nous avons dtermin, en chemin de schage, la courbe de rtention du limon d'Awans de


deux manires: par mesure directe de la succion l'aide de la mthode du papier filtre et par
imposition de la succion l'aide de l'oedomtre succion contrle ou du triaxial
surpression d'air. Nous avons eu des difficults exprimentales pour dterminer la courbe de
rtention du matriau tudi. Les raisons sont multiples et nous pouvons en citer quelques
unes:

Conclusions gnrales et perspectives

237

- L'imprcision de notre systme de mesure du volume d'eau chang, la matrise difficile


des fuites et de l'vaporation, malgr toutes les prcautions prises. De plus, comme nous
travaillons des faibles valeurs de succion, l'application de la succion induit de faibles
changes d'eau qui peuvent prendre plusieurs semaines et qui peuvent tre difficiles
mesurer.
- L'effet de la temprature n'a pas t mis en vidence, on a suppos qu'elle tait constante
tout au long de nos essais.
- L'htrognit de l'chantillon: il est difficile de produire une prouvette homogne
densit donne. Au sein mme de l'prouvette, nous avons montr qu'il peut y avoir un
gradient de densit.
- Par ailleurs, notre procdure exprimentale ne nous a pas permis de suivre le
comportement du sol en chemin de mouillage.
Pour un chemin de schage, nous avons obtenu des courbes de rtention grce trois
mthodes: la mthode osmotique, la mthode de surpression d'air et celle du papier filtre.
Malgr les difficults exprimentales, ces trois mthodes ont donn des rsultats concordant
pour la gamme de succion tudie (de 0 1000 kPa). Cela nous permet de dfinir le
comportement au schage du matriau qui se traduit par une diminution de la teneur en eau
(ou du degr de saturation) du sol en fonction de la succion. Nous avons ainsi pu dfinir une
relation succion-saturation par l'quation propose par VAUCLIN et al. [1976].

Effet de l'eau sur la stabilit

Nous avons tudi deux pentes:


- Un talus thorique constitu d'une couche homogne.
- Un talus fort raide, inspir d'un cas rel, constitu de deux couches dont la plus basse est
un sable de cohsion presque nulle.
Pour tous ces deux cas tudis, nous avons utilis les mthodes classiques (Fellenius, Bishop,
Janbu) et la mthode aux lments finis avec rduction de c et .

a)

Mthodes classiques

Les mthodes classiques diffrencient habituellement le sol l'tat sec ou l'tat satur. De ce
fait, seule la contribution de l'eau donnant lieu des pressions interstitielles positives est prise

Conclusions gnrales et perspectives

238

en compte et cela induit une augmentation de la masse volumique du sol, lment dfavorable
dans la stabilit de la pente. Nous avons vu qu'en gnral, la remonte de la nappe
s'accompagne d'une diminution du coefficient de scurit, donc d'une diminution de la
stabilit du talus. Par ailleurs, une tude de sensibilit des paramtres de rsistance c et
nous a permis d'estimer leur influence sur le coefficient de scurit Fs et nous avons vu que
celui ci augmente linairement avec ces deux paramtres.

b)

Mthode aux lments finis: " c rduction"

Par la mthode des lments finis, nous avons commenc notre tude de stabilit d'un talus en
absence d'eau. Nous avons vu que, dans ce cas, la mthode aux lments finis et les mthodes
classiques donnent des rsultats semblables. Toutefois, l'utilisation d'un critre de Van
Eekelen surestime lgrement le coefficient de scurit par rapport celui obtenu par le
critre de Mohr Coulomb (utilis par les mthodes d'quilibre limite). Cette diffrence
s'explique aisment en comparant la trace des deux critres dans le plan dviatorique. Le
critre de Van Eekelen prdit une rsistance au cisaillement lgrement suprieure.
Ensuite, nous avons pris en compte le couplage hydromcanique l'aide de l'lment CSOL2.
L'effet de la succion peut se traduire de deux manires:
- Nous avons utilis la contrainte effective de Bishop, tant donn qu'au chapitre V on
avait montr que l'utilisation de cette contrainte prend automatiquement en compte la
cohsion.
- Nous avons concentr tous les effets de la succion dans un terme de cohsion capillaire
dont l'expression a t obtenue sur base des essais raliss. Dans ce cas, il faut utiliser la
contrainte effective de Terzaghi.
Dans tous les cas, nous avons vu que la succion contribue la stabilit de la pente en
augmentant le coefficient de scurit. L'effet est naturellement plus marqu quand la zone non
sature devient importante.

Conclusions gnrales et perspectives

239

Contributions de cette thse

La contribution de cette thse porte la fois sur des aspects exprimentaux mais galement
numriques. Certes, nos dveloppements ne sont pas ncessairement novateurs par rapport
ce qui existe dj dans d'autres quipes de recherches mais ils constituent des avances pour
notre quipe de l'Universit de Lige et assurment pour l'Universit du Burundi. Nous
pouvons ainsi mentionner les apports principaux de notre travail.

a)

Du point de vue exprimental:


-

Pour effectuer les essais succion contrle, il a fallu d'une part remettre en marche
les cellules oedomtriques succion contrle et d'autre part dvelopper un appareil
triaxial surpression d'air. Notre travail aura donc permis la mise en place dans le
laboratoire de l'Universit de Lige d'une cellule triaxiale o, comme nous l'avons dj
dit au chapitre V, nous avons modifi l'embase de l'appareil triaxial classique en y
incorporant une pice qui permet le contrle de la succion et en mme temps facilite la
ralisation de toutes les phases de l'essai.

Compte tenu de la raret des donnes exprimentales sur les sols non saturs, et
surtout sur les sols remanis, nous avons contribu l'enrichissement de la base des
donnes des sols non saturs en gnral, et en particulier, du limon d'Awans qui est un
sol reprsentatif de la rgion de Hesbaye. L'interprtation des essais et surtout la
comparaison des rsultats existants contribuent la connaissance du comportement
hydromcanique des sols non saturs.

b)

Du point de vue numrique:


-

Nous avons introduit dans le code lment fini (LAGAMINE) la mthode de c


rduction.

Nous avons implment dans le code, une relation qui lie la cohsion capillaire la
succion en nous rfrant aux rsultats des essais raliss, afin de bien tudier l'effet de
la succion sur la stabilit.

Nous avons de plus bien mis en vidence l'influence de la pluviomtrie sur la


rpartition des succions dans les sols et donc sur la stabilit d'un talus.

Conclusions gnrales et perspectives

240

Perspectives de ce travail

A la fin de ce travail, nous nous rendons compte que certains points n'ont pas t approfondis,
c'est pourquoi quelques perspectives peuvent tre envisages:
-

Les essais de laboratoire ont t raliss l'aide du limon d'Awans, un sol reprsentatif
de la rgion de Hesbaye (Belgique). Il serait intressant d'tudier d'autres types de sol
comme le sable ou l'argile pour voir si le comportement observ sur le limon d'Awans
se gnralise sur d'autres types de sols. Il serait galement bnfique pour mon pays
(Burundi) d'tudier un matriau caractristique de la rgion afin d'apporter une
meilleure comprhension de certains phnomnes dus la non saturation du sol et qui
sont propres aux pays tropicaux en gnral.

Notre travail a mis l'accent sur l'aspect mcanique en non satur, bien que l'aspect
hydrique n'a pas t compltement oubli notamment dans la dtermination de la
courbe de rtention en chemin de schage. Il serait intressant de complter nos
travaux en dterminant galement la courbe de mouillage. En effet, les deux chemins
sont trs souvent diffrents car des phnomnes d'hystrse apparaissent. Il serait aussi
intressant de dterminer la courbe de permabilit en non satur car nous avons vu
que la permabilit du sol influence l'coulement dans le sol, donc modifie le profil de
succion, qui son tour joue un rle important dans la stabilit des pentes.

La caractrisation du comportement du limon d'Awans a t faite pour une teneur en


eau variant entre w= 11 et 24%, soit une succion comprise entre s= 0 et 1000 kPa. Il
serait intressant d'analyser des chantillons soumis de fortes succions (secs) afin de
tirer des conclusions qui ne se sont pas limites une gamme rduite de teneur en eau
et de succion.

La pluviomtrie influence beaucoup la stabilit des massifs. Au chapitre VI, nous


avons fait le calcul de stabilit et nous avons montr que la nappe dstabilise le talus.
Nous avons modlis la nappe dans le talus en imposant des pressions d'eau jusqu'au
niveau voulu. En ralit, la nappe varie suivant qu'il y a infiltration ou
vapotranspiration d'eau de pluie. Cette thmatique est assez complexe car l'estimation
de l'infiltration d'eau partir de la pluviomtrie ncessite une attention toute
particulire. Un travail approfondi ce sujet devrait tre fait en vue de mieux
modliser les nappes relles.

241

ANNEXES

243

Annexes

Annexe 1: Rsultat des essais UU

Point 1:
1.92
d

1 3 [ MPa ]

1.44

0.96

c
b
a

0.48

e
0.00
0

12

16

20
(%)

24

Figure A.1. 1: Courbe de cisaillement pour le point 1


Volume H

wi

di

Sri

df

cm3

mm

kPa

kg/m3

207

101.9

10.9

1820

207

101.9

50

11.0

207

101.9

100

208

102.1

207

101.5

Epr

1r

1r

kg/m3 %

kPa

66.3

1790

66.3

652

1.97

1817

66.2

1751

58.8

844

2.20

11.0

1815

66.2

1775

61.4

1005

2.74

200

11.0

1813

65.7

1782

62.5

1292

3.68

600

11.1

1821

67.2

1790

63.5

2444

10.30

Srf

Tableau A.1.1: Caractristiques des prouvettes avant et aprs essai pour le point 1

244

Contrainte de cisaillement

[MPa]

Annexes

1.28

0.96

c = 0.200 MPa
phi = 29.5

0.64

0.32

0
0

0.32

0.64

0.96

1.28

1.6

1.92

2.24

2.56

2.88

Contrainte normale [MPa]

Figure A.1. 2: Cercle de Mohr pour le point 1 (le critre de rupture est le dviateur
maximum)

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.96

0.64
c = 0.225 Mpa
phi = 23.2
0.32

0
0

0.32

a
0.64

b
0.96

d
1.28

1.6

1.92

Contrainte normale [MPa]

Figure A.1. 3: Cercle de Mohr pour le point 1 (le critre de rupture est 2% de dformation)

245

Annexes

Point 3:
c

0.48

0.40

1 3 [ MPa ]

0.32
b
0.24
a
0.16

0.08

0.00
0

12

16

20
(%)

24

Figure A.1. 4: Courbe de cisaillement pour le point 3


Volume H

wi

di

Sri

df

cm3

mm

kPa

kg/m3

207

102.1

50

15.0

1504

202

99.5

100

15.4

201

99.7

200

15.3

Epr

1r

1r

kg/m3 %

kPa

53.5

1548

57.0

221

20.0

1538

57.9

1643

68.3

362

20.0

1544

58.1

1704

75.6

640

20.0

Srf

Tableau A.1.2: Caractristiques des prouvettes avant et aprs essai pour le point 3

246

0.320

Contrainte de cisaillement

[MPa]

Annexes

c = 0.024 MPa
phi = 28.2

0.000
0.000

0.320

0.640

Contrainte normale [MPa]

Figure A.1. 5: Cercle de Mohr pour le point 3 (le critre de rupture est le dviateur
maximum)

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.320

c = 0.037 MPa
phi = 13.7

0.000
0.000

c
0.320

0.640

Contrainte normale [MPa]

Figure A.1. 6: Cercle de Mohr pour le point 3 (le critre de rupture est 2% de dformation)

247

Annexes

Point 4:
0.56
c
0.48

1 3 [ MPa ]

0.40
b

0.32

0.24
0.16
0.08
0.00
0

12

16

20
(%)

24

Figure A.1. 7: Courbe de cisaillement pour le point 4


Volume H

wi

di

Sri

df

cm3

mm

kPa

kg/m3

204

100.5

50

15.2

1668

209

103.1

100

15.1

208

102.5

200

15.3

Epr

1r

1r

kg/m3 %

kPa

70.9

1664

70.4

328

9.7

1630

66.0

1608

70.6

426

17.9

1635

67.1

1702

75.1

683

19.5

Srf

Tableau A.1.3: Caractristiques des prouvettes avant et aprs essai pour le point 4

248

0.320

Contrainte de cisaillement

[MPa]

Annexes

c = 0.064 MPa
phi = 24.3

0.000

0.000

0.320

0.640

Contrainte normale [MPa]

Figure A.1. 8: Cercle de Mohr pour le point 4 (le critre de rupture est le dviateur
maximum)

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.320

c = 0.068 MPa
phi = 12.9

0.000
0.000

0.320

0.640

Contrainte normale [MPa]

Figure A.1. 9: Cercle de Mohr pour le point 4 (le critre de rupture est 2% de dformation)

249

Annexes

Point 5:
0.80
0.72
c

0.64

1 3 [ MPa

0.56
0.48

0.40
a

0.32
0.24
0.16
0.08
0.00
0

12

16

20
(%)

24

Figure A.1. 10: Courbe de cisaillement pour le point 5

Epr

Volume H
3

wi

di

Sri
3

df
3

Srf

1r

1r

cm

mm

kPa

kg/m

kg/m

kPa

207

102.2

50

14.9

1755

80.5

1714

75.0

418

5.1

208

102.1

100

14.9

1748

79.7

1730

77.2

560

9.8

208

102.2

200

15.0

1745

79.7

1741

79.2

841

18.1

Tableau A.1.4: Caractristiques des prouvettes avant et aprs essai pour le point 5

250

Contrainte de cisaillement

[MPa]

Annexes

0.320

c = 0.082 MPa
phi = 28.4

0.000
0.000

0.320

c
0.640

0.960

Contrainte normale [MPa]

0.320

Contrainte de cisaillement

[MPa]

Figure A.1. 11: Cercle de Mohr pour le point 5 (le critre de rupture est le dviateur
maximum)

c = 0.086 MPa
phi = 22.4

0.000
0.000

0.320

c
0.640

Contrainte normale [MPa]

Figure A.1. 12: Cercle de Mohr pour le point 5(le critre de rupture est 2% de dformation)

251

Annexes

Point 6:
0.48
c

0.40

1 3 [ MPa ]

0.32
b
0.24

0.16

0.08

0.00
0

12

16

20
(%)

24

Figure A.1. 13: Courbe de cisaillement pour le point 6


Epr

Volume H
3

wi

di

Sri
3

df
3

Srf

1r

1r

cm

mm

kPa

kg/m

kg/m

kPa

208

102.3

50

15.6

1620

67.0

1596

64.5

280

9.0

201

102.1

100

16.3

1638

69.3

1646

73.1

384

14.7

207

102.0

200

15.8

1630

69.0

1678

74.7

619

14.7

Tableau A.1.5: Caractristiques des prouvettes avant et aprs essai pour le point 6

252

Annexes

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.320

c = 0.053 MPa
phi = 22.9

0.000
0.000

0.320

0.640

Contrainte normale [MPa]

Figure A.1. 14: Cercle de Mohr pour le point 6 (le critre de rupture est le dviateur
maximum)

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.320

c = 0.071 MPa
phi = 9

a
0.000
0.000

c
0.320

0.640

Contrainte normale [MPa]

Figure A.1. 15: Cercle de Mohr pour le point 6 (le critre de rupture est 2% de dformation)

253

Annexes

Point 7:
0.40
c
0.32

1 3 [ MPa ]

b
0.24

0.16

0.08

0.00
0

12

16

20
(%)

24

Figure A.1. 16: Courbe de cisaillement pour le point 7


Volume H

wi

di

Sri

df

cm3

mm

kPa

kg/m3

208

102.6

50

18.6

1683

205

102.2

100

18.8

208

102.4

200

18.6

Epr

1r

1r

kg/m3 %

kPa

84.5

1644

78.2

269

20.0

1705

88.9

1684

83.2

374

20.0

1686

85.3

1685

83.4

538

20.0

Srf

Tableau A.1.6: Caractristiques des prouvettes avant et aprs essai pour le point 7

254

Annexes

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.320

c = 0.069 MPa
phi = 16.3

0.000
0.000

0.320
Contrainte normale [MPa]

0.640

Figure A.1. 17: Cercle de Mohr pour le point 7 (le critre de rupture est le dviateur
maximum)

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.320

c = 0.053 MPa
phi = 10.9

a
0.000
0.000

c
0.320

0.640

Contrainte normale [MPa]

Figure A.1. 18: Cercle de Mohr pour le point 7 (le critre de rupture est 2% de dformation)

255

Annexes

Point 9

1 3 [ MPa ]

0.26

0.18

b
a

0.10
0.02
0

12

16

20

24

-0.06
-0.14
-0.22
-0.30

(%)

Figure A.1. 19: Courbe de cisaillement pour le point 9


Volume H

wi

di

Sri

df

cm3

mm

kPa

kg/m3

207

102.1

50

19.1

1504

205

102.0

100

19.1

206

102.5

200

19.0

Epr

1r

1r

kg/m3 %

kPa

68.2

1584

77.6

155

20.0

1517

69.4

1656

89.9

244

20.0

1505

67.9

1722

96.9

408

20.1

Srf

Tableau A.1.7: Caractristiques des prouvettes avant et aprs essai pour le point 9

256

Annexes

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.320

c = 0.028 MPa
phi = 14.7

0.000
0.000

c
0.320

0.640

Contrainte normale [MPa]

Figure A.1. 20: Cercle de Mohr pour le point 9 (le critre de rupture est le dviateur
maximum)

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.320

c = 0.021 MPa
phi = 6.4

0.000
0.000

c
0.320

0.640

Contrainte normale [MPa]

Figure A.1. 21: Cercle de Mohr pour le point 9 (le critre de rupture est 2% de dformation)

257

Annexes

Annexe 2: Rsultat des essais CD surpression d'air

Pression d'air uair = 50 kPa


uair=50 kPa

12000

8000

6000
consolidation (sig3=50kPa)

4000

succion (sig3=50kPa)
consolidation (sig3=100kPa)
succion (sig3=100kPa)

2000

consolidation (sig3=200kPa)
succion (sig3=200kPa)

0
0

10

15

20

25

30

35

temps(jours)

Figure A.2. 1: Echange d'eau uair = 50 kPa


uair = 50 kPa

0.48

0.40
c
0.32
1 3 [ MPa ]

vol. chang (mm3)

10000

0.24

0.16
a
0.08

0.00
0

12

16

20
(%)

Figure A.2. 2: Courbe de cisaillement uair = 50 kPa

24

258

Annexes

Epr

di

kPa

kg/m

50

1668

100

200

wi

Sr

wf

df
3

Srf

1r

1r
%

kg/m

kPa

0.56

15.2

72.21

19.50

1623

84.3

166.95 13.30

1630

0.59

15.1

67.81

19.10

1627

83.1

340.26 19.93

1635

0.59

15.3

68.37

19.30

1624

83.6

542.00 19.88

Tableau A.2.1: Caractristiques des prouvettes avant et aprs essai pour uair= 50 kPa
uair = 50 kPa

0.40

q [ MPa ]

0.32

y = 0.9901x + 0.0394
R2 = 0.9738

0.24

0.16

0.08

0.00
0.00

b
0.16

p [MPa]

0.32

Figure A.2. 3: Chemin des contraintes par rapport aux invariants de contraintes (p,q)

259

Annexes

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.400

0.320

0.240

0.160

c = 0.020MPa
phi = 24.9

0.080

0.000

0.000

0.160

0.320

[MPa]

0.480

0.640

0.800

0.640

0.800

Contrainte normale [MPa]

0.400

Contrainte de cisaillement

0.320

0.240

0.160

c = 0.001MPa
phi = 24.9

0.080

0.000

0.000
0.160

0.320

c
0.480

Contrainte (ishop) [MPa]

Figure A.2. 4: Cercles de Mohr pour uair = 50 kPa (le critre de rupture est le dviateur
maximum ou 20% de dformation)

260

Annexes

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.200

0.160

0.120

0.080

c = 0.024 MPa
phi = 14.6

0.040

0.000
0.000

0.080

b
0.160

0.240

0.320

0.400

Contrainte normale [MPa]

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.280
0.240
0.200
0.160
0.120

c = 0.011 MPa
phi = 15.3

0.080
0.040
a

0.000
0.000

0.080

0.160

b
0.240
0.320
0.400
Contrainte Bishop [MPa]

c
0.480

0.560

Figure A.2. 5: Cercles de Mohr pour uair = 50 kPa (le critre de rupture est 2% de
dformation)

261

Annexes

Pression d'air uair = 100 kPa


uair=100 kPa

15000

10000

consolidation (sig3=50kPa)
succion (sig3=50kPa)
consolidation (sig3=100kPa)

5000

succion (sig3=100kPa)
consolidation (sig3=200kPa)
succion (sig3=200kPa)

0
0

10

15

20

25

30

35

temps(jours)

Figure A.2. 6: Echange d'eau uair = 100 kPa


uair = 100 kPa

0.48

c
0.40

0.32

1 3 [ MPa ]

vol. chang (mm3)

20000

b
0.24
a
0.16

0.08

0.00
0

12

16

20
(%)

Figure A.2. 7: Courbe de cisaillement uair = 100 kPa

24

262

Annexes

Epr

di

wi

kPa

kg/m

50

1640

100

200

Sri

wf

df
3

Srf

1r

1r

kg/m

kPa

0.59

15.5

68.85

17.00

1625

73.7

231

18.03

1644

0.58

15.4

68.86

17.50

1616

74.8

361

19.79

1639

0.59

15.3

67.85

17.10

1620

73.6

616

20.01

Tableau A.2.2: Caractristiques des prouvettes avant et aprs essai pour uair= 100 kPa
uair = 100 kPa

0.48

0.40
y = 1.0398x + 0.0636
R2 = 1
q [ MPa ]

0.32

0.24

0.16

0.08

0.00
0.00

b
0.16

0.32

p [MPa]

0.48

Figure A.2. 8: Chemin des contraintes par rapport aux invariants de contraintes (p,q)

263

Annexes

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.400

0.320

0.240

0.160

c = 0.032 MPa
phi = 25.9

0.080

0.000

0.000
0.160

0.320

0.480

0.640

0.800

Contrainte normale [MPa]

Contrainte de cisaillement

[MPa]

0.400

0.320

0.240

0.160

c = 0 MPa
phi = 25.5

0.080
a
0.000
0.000

0.160

0.320

c
0.480

0.640

0.800

Contrainte (Bishop) [MPa]

Figure A.2. 9: Cercles de Mohr pour uair = 100 kPa (le critre de rupture est le dviateur
maximum ou 20% de dformation)

264

Annexes

[MPa]

0.200

Contrainte de cisaillement

0.240

0.160

0.120

0.080

c = 0.044MPa
phi = 11.5

0.040
a

0.000
0.000

0.080

0.160

0.240

0.320

0.400

0.480

[MPa]

0.280

Contrainte de cisaillement

Contrainte normale [MPa]

0.200

0.240

0.160
0.120
0.080

c = 0.037MPa
phi = 11.3

0.040
a

0.000
0.000

0.080

0.160

0.240

b
0.320

c
0.400

0.480

0.560

Contrainte Bishop [MPa]

Figure A.2. 10: Cercles de Mohr pour uair = 100 kPa (le critre de rupture est 2% de
dformation)

265

Annexes
3 = 50 kPa

0.48

0.40

1 3 [ MPa ]

0.32

0.24
uair=100 kPa

0.16

uair=50 kPa
uair=20 kPa

0.08

0.00
0

12

16

20
(%)

24

Figure A.2. 11: Evolution du dviateur 3 = 50 kPa et sous des succions diffrentes
3 = 100 kPa

0.48

0.40

1 3 [ MPa ]

0.32
uair=100 kPa
0.24

uair=50 kPa

0.16

uair=20 kPa

0.08

0.00
0

12

16

20
(%)

24

Figure A.2. 12: Evolution du dviateur 3 = 100 kPa et sous des succions diffrentes

266

Annexes
3 = 200 kPa

0.48

uair=100 kPa

0.40

uair=50 kPa
0.32
1 3 [ MPa

uair=20 kPa

0.24

0.16

0.08

0.00
0

12

16

20
(%)

24

Figure A.2. 13: Evolution du dviateur 3 =200 kPa et sous des succions diffrentes

Annexe 3: Etude de sensibilit sur les paramtres de rsistance c et


Etude de sensibilit sur la cohsion, l'angle de frottement tant constant ( =20)
Cohsion

Norme des vitesses

Fs

(kPa)

* 1.000E-08

106
95

1.050

85
74
63
53
42
31
21
10
0

267

Annexes

* 1.000E-08
691
628
565

1.148

502
439
377
314
251
188
125
62
0

* 1.000E-08
179
161
143

10

1.405

125
107
89
71
53
35
17
0

* 1.000E-08
183
165
146

15

1.581

128
110
91
73
55
36
18
0

* 1.000E-09
676
615
553
492

20

1.742

430
369
307
246
184
123
61
0

268

Annexes

* 1.000E-08

420
381
343
305
267

30

2.057

229
190
152
114
76
38
0

Figure A.3. 1: Evolution de la loupe de glissement en fonction de la cohsion


Etude de sensibilit sur l'angle de frottement, la cohsion tant constante (c=20 kPa)

()

Norme des vitesses

Fs
* 1.000E-07

346
311
276
242
207

1.022

173
138
103
69
34
0

* 1.000E-07

363
330
297
264
231

10

1.211

198
165
132
99
66
33
0

269

Annexes

* 1.000E-07

142
127
113
99
85

15

1.474

71
56
42
28
14
0

* 1.000E-09
676
615
553
492

20

1.742

430
369
307
246
184
123
61
0

* 1.000E-08

522
474
427
379
332

30

2.268

284
237
189
142
94
47
0

Figure A.3. 2: Evolution de la loupe de glissement en fonction de l'angle de frottement

271

REFERENCES

Rfrences

273

RFRENCES
ALEOTTI P., POLLONI G., CASAGLI N. et DAPPORTO S. - Shallow faillures triggered
by the November 2002 meteoric event in the Albaredo valley, Valtellina (Italian Central
Alps): mechanics and stability analyses, 2002.

ALONSO E.E., GENS A., JOSA A. - A constitutive model for partially saturated soils,
Gotechnique, 40, (3), pp. 405-430, 1990.

ALONSO E.E., GENS A. et DELAHAYE C.H. - Influence of rainfall on the deformation


and stability of a slope in overconsolidated clays: a case study, 2002.

ANDERSON M.G, RICHARDS K.S. - Slope Stability: Geotechnical Engineering and


Geomorphology, John Wiley and Sons Ltd., 1987.

BARNICHON J.D. - Finite element modelling in structural and petroleum geology, Thse
de Doctorat de l'Universit de Lige, 1998.

BEAR J. - Dynamics of fluids in porous media. Elsevier, Amsterdam, 1969.


BISHOP A.W. - The use of the slip circle in the stability analysis of slopes, Gotechnique,
5 (1), pp. 7-17, 1955.

BISHOP A.W., MORGENSTERN N.R. - Stability coefficients for earth slopes.


Geotechnique, 10, pp. 50-129, 1960.

BISHOP A.W., DONALD I.B. - The experimental study of partly saturated soils in the
triaxial apparatus, Proc. 5th Int. Conf. on Soil Mechanics, Paris, 1, pp. 13-21, 1961.

BISHOP A.W. - The influence of progressive failure on the choice of the method of
stability analysis, Gotechnique, 21 (2), pp. 168-172, 1971.

BLACK W.P.M. - A method for estimating the California Bearing Ratio of cohesive soils
from plasticity data. Gotechnique, 12, pp.271-282, 1962.

BORJA R.I., LEE S.R. et SEED R.B. - Numerical simulation of excavation in elastoplastic soils. Int. J. Numer. Anal. Methods Geomech., 13 (3), pp. 231-249, 1989.

BRULL A. Caractristiques mcaniques des sols de fondations de chausses en fonction


de leur tat d'humidit et de compacit, Proc. Int. Conf. On Compaction, Paris, France,
Vol.1, pp. 19-37, 1980.

CAI F. et UGAI K. - Numerical analysis of rainfall effects on slope stability, 2004.

Rfrences

274

CHARLIER R. - Approche unifie de quelques problmes non linaires de mcanique des


milieux continus par la mthode des lments finis, Thse de doctorat, Universit de Lige,
1987.

CHARLIER R., LI X.L., BOLLE A., GEISER F., LALOUI L., VUILLET L. - Mechanical
behaviour modelling of an unsaturated sandy silt, Proc. 14th Int. Conf. Soil Mech. And
Found. Eng., Hamburg, R.F.A., Balkema, pp. 641-644, 1997.

CHARLIER R., RADU J.P., CESCOTTO S. - The Effect of Hydromechanical Coupling


on the Numerical Modelling of Strain Localisation, Proc. COMPLAS 5, Barcelona,
Espagne, 1997a.

CHU T.Y. et MOU C.H. - Volume change characteristics of expansive soils determined by
controlled suction tests. In: Proceeding of the 3rd International Conference on Expansive
Soils, Haifa, Academic Press, Jerusalem, pp. 177185, 1973.

CHUGH A.K. - Variable factor of safety in slope stability analysis. Gotechnique, 36 (1),
pp. 57-64, 1986.

COLEMAN J.D. - Stress strain relations for partly saturated soil. Correspondence,
Gotechnique, 12 (4), pp. 348-350, 1962.

COLLIN F. - Couplages thermo-hydro-mcaniques dans les sols et les roches tendres


partiellement saturs, Thse de Doctorat, Universit de Lige, 2003.

COUSSY O. et FLEUREAU J.M. - Mcanique des sols non saturs, Herms, 2002.
CRONEY D. - The movement and distribution of water in soils. Gotechnique, 3 (1) pp.116, 1952.

CRONEY D., COLEMAN J.D., BLACK W.P.M. - The movement and distribution of
water in soil in relation to highway design and performance. Highway research board,
Special Report, 40, Washington, 1958.

CUI Y.J. - Thse de Doctorat, Etude du comportement d'un limon compact non satur et
de sa modlisation dans un cadre lasto-plastique - Ecole Nationale des Ponts et
Chausses, 1993.

CUI Y.J., DELAGE P., SULTAN N. - An elastoplastic model for compacted soils, 1st Int.
Conf. On Unsaturated Soils, Paris, 2, pp. 703-709, 1995.

CUI Y.J., DELAGE P. - Yielding and plastic behaviour of an unsaturated compacted silt.
Gotechnique, 46 (2), pp.291-311, 1996.

Rfrences

275

DELAGE P. - Aspects du comportement des sols non saturs. Revue Franaise de


Gotechnique, 40, pp. 33-43, 1987.

DELAGE P., SURAJ DE SILVA G.P.R., DE LAURE E. - Un nouvel appareil triaxial pour
les sols non saturs. Comptes rendus de la 9me Confrence Europenne de Mcanique des
sols et des Travaux de Fondations, 1, pp. 26-28, DUBLIN, 1987.

DELAGE P., SURAJ DE SILVA G.P.R., VICOL T. Suction controlled testing of


unsaturated soils with an osmotic consolidometer Proceedings 7th International Conf. On
expansives Soils, Dallas, pp. 206-211, 1992.

DELAGE P., GRAHAM J. - Mechanical behaviour of unsaturated soils: Understanding the


behaviour of unsaturated soils requires conceptual models, Proc. Unsaturated Soils, Paris,
pp.1223-1256, 1995.

DELAGE P., HOWAT M., CUI Y.J. - The relationship between suction and swelling
properties in a heavily compacted unsaturated clay. Engineering Geology, 50(1-2), pp.3148, 1998.

DELAGE P., CUI Y.J. - L'eau dans les sols non saturs. Extrait de la collection:
Techniques de l'Ingnieur C301, 2001a.

DELAGE P., CUI Y.J - Comportement des sols non saturs, Extrait de la collection:
Techniques de l'Ingnieur C302, 2001b.

DESAI C.S., SIRIWARADANE H.J. - Constitutive laws for engineering materials with
emphasis on geologic materials, Prenctive-Hall, 1984.

DHATT G., TOUZOT G. - Une prsentation de la mthode des lments finis Maloine
(Paris) et les Presses de l'Universit Laval (Qubec), 1981.

DIZIER A. - Stabilit des pentes: Etude par lments finis Travail de fin d'tudes,
Universit de Lige, 2007.

DRUCKER D.C., PRAGER W. - Soil mechanics and plasticity analysis or limit design,
Quarterly Applied Mathematics, 10 (2), pp.157-165, 1952.

DUCHENE P., VERBRUGGE J.C. - Etude de l'influence de la teneur en eau sur les
proprits mcaniques des sols limoneux, Compte-rendu Coll. Sols non Saturs, Ecole
Polytechnique Fdrale de Lausane, Lausane, Suisse, pp. 1-15, 1991.

DUFFIE J. R. et BECKMAN W.A. - Solar Engineering of thermal processes. John Wiley


and Sons, New York, 1980.

Rfrences

276

DUNCAN J.M., WRIGHT S.G. - The accuracy of the equilibrium methods of slopes
stability analysis. Proc. Int. Symp. On Landslides New Delhi, 1, pp. 247-254, 1982.

DUNCAN J.M., STARK T.D. - soils strengths from back analysis of slope failure.
Stability and performance of slopes and embankments 2. ASCE GSP 31, pp. 890-904,
1992.

DUNCAN J.M. - State of the art: limit equilibrium and finite element analysis of slope,
Journal of Geotechnical Engineering, 122 (7), pp. 577-596, 1996.

DUNCAN J.M, WRIGHT S.G. - Soil Strength and Slope Stability, John Wiley and Sons
Inc., Hoboken, New Jersey, 2005.

ESCARIO et SAEZ - The shear strength of partly saturated soils. Gotechnique 36 (3), pp.
453-456, 1986.

ESCARIO V., JUCA J. - Strength and deformation of partly saturated soils. Proc. 4th Int.
Conf. Expansive Soils, 1989.

ESCARIO V. - Strength and deformation testing of soils under controlled suction. Coll. sur
les sols non saturs, Ecole Polytechnique Fdrale de Lausane, Suisse 1990.

FAURE R.M. L'volution des mthodes de calcul en stabilit de pentes, Partie I,


mthodes la rupture, Revue Franaise de Gotechnique, 92 (3), 2000.

FELLENIUS W. Erdstatische berechnungen mit reibung und kohaesion. Berlin, Ernst,


1927.

FLEUREAU J.M., TAIBI S., SOEMITRO R., INDARTO - Prise en compte de la pression
interstitielle ngative du sol dans l'estimation du gonflement, Compte-rendu Coll. Int.
Fondations Spciales, Tlemcen, Algrie, 1990.

FLEUREAU J.M. - Contribution l'tude et la modlisation des matriaux


polyphasiques, Mmoire d'habilitation, Ecole Centrale, Paris, 1992.

FREDLUND D.G., KRAHN J. - Comparison of slope stability methods of analysis.


Canadian Geotechnical Journal, 14, pp. 429-439, 1977.

FREDLUND D.G., MORGENSTERN N.R. - Stress state variables for unsaturated soils.
ASCE J. Soil Mech. And Found. Eng., GT 5, pp. 447-466, 1977.

FREDLUND D.G., MORGENSTERN N.R., WIDGER A. - Shear strength of unsaturated


soils. Canadian Geotechnical Journal 15(13), pp. 313-321, 1978.

Rfrences

277

FREDLUND D.G. - The shear strength of unsaturated soils and its relationship to slope
stability problems in Hong Kong. Hong Kong Engineer, J. Hong Kong Inst. Engrs., April,
pp.37-45, 1981a.

FREDLUND D.G., KRAHN J., PUFAHL D.E. - The relation between limit equilibrium
slope stability methods. Proc. Int. Conf. SMFE, Stockholm, 3, pp.16-409, 1981b.

FREDLUND D.G., RAHARDJO H. - Soil Mechanics for unsaturated soils. A WileyInterscience Publication, John Wiley and Sons, Inc.517 p., 1993.

FUTAI M.M., ALMEIDA M.S.S., FILHO F.C.S., CONCIANI W. - Experimental and


theoretical evaluation of the maximum Collapse, Proc. 11th Panam. Conf. Soil Mechanics
and Found. Eng., Iguau, Brazil, 1, pp. 267-274, 1999.

GEISER F., LALOUI L., VUILLET L. - Constitutive modelling of unsaturated sandy silt,
Computer Methods and Advances in Geomech., Yuan ed., Balkema, pp. 899-904, 1997.

GEISER F. Comportement mcanique d'un limon non satur, tude exprimentale et


modlisation constitutive. Thse de Doctorat, Ecole Polytechnique Fdrale de Lausanne,
1999.

GENS A. - Constitutive modelling of expansive soils- Unsaturated soils: -Recent


Developments and Applications. Civil Engineering European Courses, Programme of
Continuing Education, Barcelona, June, 1993.

GENS A. - Constitutive modelling: Application to compacted soils, Proceedings of the 1th


International Conference on Unsaturated Soils UNSAT95, Paris, 3, pp. 1179-1200, 1995.

GRIFFITHS D.V. et LANE P.A. - Slope stability analysis by finite elements.


Gotechnique 49 (3), pp. 387-403, 1999.

HABRAKEN A.M. - Contribution la modlisation du formage des mtaux par la


mthode des lments finis, Thse de Doctorat, Universit de Lige, 1989.

HILLER D. - Fundamentals of soil physics. Academic press, 413 p., 1980.


JANBU N. - Application of composite slip surfaces for stability analysis. Eur. Conf.
Stability Earth Slopes, Stockholm, 3, pp. 9-43, 1954a.

JANBU N., BJERRUM L., KJAERNSLI B. - Soil mechanics applied to some engineering
problem. Norwegian Geotechnical Institute, Publ., 16, 1956.

Rfrences

278

JENNINGS J.E. - A revised effective stress law for use in the prediction of the behaviour
of unsaturated soils, Proceedings of the conference on the pore pressure and suction in
soils, Butterworth, London, pp. 26-30, 1960.

JENNINGS J.E.B., BURLAND J.B. - Limitations to the use of effective stresses in partly
saturated soils. Gotechnique, 1, pp.125-144, 1962.

JOSA A., BALMACEDA A., GENS A., ALONSO E.E. - An elastoplastic model for
partially saturated soils exhibiting a maximum of collapse, Proc. 3rd Int. Conf.
Computational Plasticity, Barcelona, Espagne, 1, pp. 815-826, 1992.

KARUBE D - Effect of suction on the soil behaviour. Proc. 7th Asian Reg conf. On SMFE,
1, pp. 30-35, Hafa, 1983.

KARUBE D. - New concept of effective stress in unsaturated soil and its providing test.
Advanced triaxial testing of the soil and rock. ASTM STP 977, pp. 539-552, Philadelphia,
1988.

KASSIFF G., LIVNEH M., WISEMAN G. - Pavements on expansive clays. Jerusalem


Academic Press, 218 p., 1969.

KHALILI N., KHABBAZ M.H. - On the theory of tree-dimensional consolidation in


unsaturated soils, Proceedings of the 1th International Conference on Unsaturated Soils
UNSAT95, Paris, 3, p.745-750, Presses ENPC, 1995.

KOHGO Y., NAKANO M., MIYAZAKI T. - Theoretical aspects of constitutive modelling


for unsaturated soils, Soils and Foundations, 33, (1), pp. 49-63, 1993.

LALOUI L., CHARLIER R., LI X.L., BOLLE A., GEISER F., VUILLET L. Characterisation of the mechanical behaviour of an unsaturated sandy silt, Proc. 14th Int.
Conf. Soil Mech. And Found. Eng., Hamburg, R.F.A., Balkema, pp. 347-350, 1997.

LAMBE T.W. Predictions in soils engineerings, Geotechnique, 23, 1973.


LANG A.R.G. - Osmotic coefficient and water potentials of sodium chloride solutions
from 0 to 40C. Austrian Journal of Chemistry, 20, pp. 2017-23, 1967.

LECLERCQ J., VERBRUGGE J.C. - Proprits gomcaniques des sols non saturs,
Compte-rendu Coll. Int. Sur le Travail du Sol, Facult des Sciences Agronomiques de
Gembloux, Gembloux, Belgique, pp. 1-8, 1985.

Rfrences

279

LEE H.C., WRAY W.K. - Techniques to evaluate soil suction, a vital unsaturated soil
water variable. Proc. 1th Int. Conf. On Unsaturated Soils (UNSAT'95), Paris, France,
Presses ENPC, 2, pp. 615-622, 1995.

LI X.L. - Comportement hydromcanique des sols fins : de ltat satur ltat non satur,
Thse de doctorat l'Universit de Lige, 2000.

MATSUSHI Y., MATSUKURA Y. - Cohesion of unsaturated residual soils as a function


of volumetric water content. Bull. Eng. Geol. Env., 65, pp. 449-455, 2006.

MATYAS E.L., RADHAKRISHNA H.S. - Volume change characteristics of partially


saturated soils. Gotechnique, 18(4), 1968, pp.432-448, 1968.

MITCHELL J.K. - Fundamentals of soil behaviour, John Wiley and Sons, 1976.
MONGIOVI L., TARANTINO A. - An apparatus to investigate on the two effective
stresses in unsaturated soils. Proceedings of the 2nd International Conference on
Unsaturated Soils UNSAT98, Beijing, vol. 1, p.422-425, 1998.

MORGENSTERN N.R., PRICE V.E. The analysis of the stability of general slip
surfaces, Geotechnique, 15(1), pp.79-93, 1965.

OBERG A.L. - Improving engineering practice of slope stability for unsaturated soils.
Proc. of the 7th Int. Symposium in Landslides, pp. 1481-1486, Trondheim, 1996.

OUDIN L. et al. "Which potential evapotranspiration input for a lumped rainfall-runoff


model? Part 2 Towards a simple and efficient potential evapotranspiration model for
rainfall-runoff modelling". Journal of Hydrology, 303, pp.290-306, 2005.

PENMAN H.L. - Natural evaporation from openwater, bare soil and grass. Proceedings of
the Royal Society of London 193, pp 120145, 1948.

PENMAN-MONTEITH - Evaporation and environment. Symp. Soc. Exp. Biol. 19, 205234, 1965.

RICHARDS L.A. - A pressure-membrane extraction apparatus for soil solution. Soil


science, 51, pp. 377-386, 1941.

RIDLEY A.M., BURLAND J.B. - A new instrument for the measurement of soil moisture
suction. Gotechnique, 43(2), pp. 321-324, 1993.

RIDLEY A.M., WRAY W.K. - suction measurement: a review of current theory and
practices. Proc. 1th Int. Conf. On Unsaturated Soils (UNSAT'95), Paris, France, Presses
ENPC, 3, pp. 1293-1322, 1995.

Rfrences

280

SAN K.C., MATSUI T., KATSURAYA R. - some aspect of the slope stability analysis by
shear strength reduction technique, Proc. Symposium on Geology and Slope Failure,
JSSMFE, pp. 43-48, 1990.

SAN K.C., MATSUI T. - Finite element slope failure prediction by shear strength
reduction technique, Proc. Symposium on Natural Disaster Reduction and Civil
Engineering, JSCE, Osaka, pp. 359-366, 1991.

SATTLER P., FREDLUND D.G. - Use of thermal conductivity sensors to measure matric
suction in laboratory. Canadian Geotechnical Journal, 26, pp.491-498, 1989.

SCHNEIDER A. - Neue dagramme zur bestmmung der relativen luftfeuchtigkeit uber


gesattinghen wasseringen salzslosungen und wasserigen schwefelsaurelosingen bei
verschedenen temperaturen. Holz als Rohund Werkstoff, 18, pp.269-272, 1960.

SCHROEDER C., FLAMION B., BERGER J.L., BRIXKO J., RAMOS DA SILVA M. et
CHARLIER R. Evaluation of instability hazards in rock masses influenced by mining
works in the coal basin of Liege. Post-Mining 2008, Nancy, France, 2008.

SEKER E. - Etude de la dformation d'un massif de sol non satur, thse n 492, pp.224,
EPFL Lausanne, 1983.

SIMEONI L., TARANTINO A. et MONGIOVI - Effects of unsaturation on stability of a


moraine slope, 2000.

SMITH I.M. et GRIFFITHS D.V. Programming the finite element method, 3rd edn.
Chichester: Wiley, 1998.

SPENCER H.H. - Laboratory methods for maintaining constant humidity. International


critical tables of numerical data, physics, chemistry and technology. Published for the
National Research Council, McGraw-Hill, New York, 1926.

SPENCER E. A method of analysis of the stability of embankments assuming parallel


inter-slice forces, Geotechnique, 17(1), pp.11-26, 1967.

TAVENAS F., TRAK B, LEROUEIL S. - Remarks on the validity of stability analyses on


the validity of stability analyses, Canadian Geotechnical Journal. 17, pp. 61-73, 1980.

TESSIER D. - Recherches exprimentales sur lorganisation des particules dans les argiles.
Thse CNAM, Laboratoire de Gologie Applique, Paris, 1975.

Rfrences

281

TYBERGHEIN G. - Effet de la non saturation du sol sur la stabilit des tranches et


fouilles temporaires, cas de la fouille de Limelette, rapport interne, Universit de Lige,
pp.16, 2007.

TOLL D.G. - A framework for unsaturated soil behaviour. Gotechnique 40, 1, pp. 31-44,
1990.

TRUONG H.V.P., HOLDEN J.C. - Soil suction measurement with transistor


psychrometer, Proc. 1th Int. Conf. On Unsaturated Soils (UNSAT'95), Paris, France,
Presses ENPC, 2, pp. 659-665, 1995.

UGAI K. - Availability of shear strength reduction method in stability analysis, Tsuchi-toKiso, 38(1), pp.67-72, 1990.

U.S. Army Corps of Engineers Engineering and Design: Stability of Earth and Rock-Fill
Dams, Engineer Manual EM 1110-2-1902, Department of Army, Corps of Engineers,
Office of the Chief of Engineers, Washington, DC, April, 1970.

VACHAUD G., GAUDET J.P. et KURAZ E. - Air and water flow during ponded
infiltration in a bounded column of soil. Journal of hydrology, 22, pp.89-108, 1974.

VAN EEKELEN H.A.M. - Isotropic yield surfaces in tree dimensions for use in soil
mechanics, Int. Journal for Numerical and Analytical Methods in Geomechanics, 4, pp. 98101, 1980.

VAN GENUCHTEN M. Th. - A closed-form equation for predicting the hydraulic


conductivity of unsaturated soils, Soil Sci. Soc. Am., 44, pp. 892898, 1984.

VAUCLIN et al. Etude exprimentale et numrique du drainage et de la recharge des


nappes surface libre, avec prise en compte de la zone non sature. Journal de Mcanique,
15 (2), pp. 307-348, 1976.

VAUNAT J., LEROUEILS., FAURE R.M.- Slope movements: a geotechnical perspective,


7th IAEG congress, Lisbonne, pp. 1637-1646, 1994.

VERBRUGGE J.C. - Validit des rsultats fournis par les appareils usuels de mesure de la
succion et par les psychromtres effet Peltier: Considrations thoriques. Rev. Gn. des
Routes et Arodromes, 515, pp. 56-65, 1975.

VERBRUGGE J.C. - Emploi dune mthode psychromtrique dans les essais triaxiaux sur
un limon remani non satur. Revue Canadienne de Gotechnique, 15, pp.501-509, 1978.

Rfrences

282

VERBRUGGE J.C. et LECLERCQ J. - Proprits gomcaniques des sols non saturs,


Compte-rendus du Colloque sur le travail du sol, Facult des Sciences Agronomique de
Gembloux, 1985.

VICOL T. - Thse de Doctorat, Comportement hydraulique et mcanique d'un sol fin non
satur, application la modlisation - Ecole Nationale des Ponts et Chausses, CERMES,
Paris, 1990.

VILAR O.M. - Suction controlled oedometer tests on a compacted clay. Proc. 1th Int. Conf.
On Unsaturated Soils (UNSAT'95), Paris, France, Presses ENPC, 1, pp.201-206, 1995.

VOLCKAERT G., BERNIER F., ALONSO E., GENS A., SAMPER J., VILLAR M.,
MARTIN P.L., CUEVAS J., CAMPOS R., THOMAS H., IMBERT C., ZINGARELLI [Link]-hydraulic-mechanical and geochemical behaviour of the clay barrier in
radioactive waste repositories (Model development and validation), Final report Contract
N FI2W/CT90/0033 and FI2W/CT91/0102, European Commission, Nuclear science and
technology, 1996.

WEAST. - Chemical rubber company, 1968.


WHEELER S.J. - The stress-strain behaviour of soils containing gas bubbles, Thse de
doctorat, Oxford University, 1986.

WHEELER S.J., SIVAKUMAR V. - Critical state concepts for unsaturated soil. Proc. of
the 7th Int. Conf. On Expansive Soils. Dallas, Texas 1, pp. 167-172, 1992.

WHEELER S.J., SIVAKUMAR V. - An elastoplastic critical state framework for


unsaturated soil; Gotechnique, 45, (1), pp.35-53, 1995.

WHENHAM V., DE VOS M., LEGRAND C., CHARLIER R., MAERTENS J. et


VERBRUGGE J.C.: - Influence of soil suction on trench stability. Proc. of the 2th Int.
Conf. On Mechanics of Unsaturated Soils, USS2007. Experimental Unsaturated Soil
Mechanics. Weimar 2007. Ed T. Schanz., pp. 495-501, 2007.

WILLIAMS J., SHAYKEWICH C.F. - An evaluation of polyethylene glycol PEG 6000


and PEG20000 in the osmotic control of soil water matric potential. Canadian Journal of
Soil Science, 102 (6), pp.394-398, 1969.

WOODBURN J.A., HOLDEN J.C., PETER P. - The transistor psychrometer - A new


instrument for measuring soil suction. Proc. ASCE Conv. On Unsaturated Soils
(UNSAT'93), Dallas, U.S.A., pp. 91-102, 1993.

Rfrences

283

WOODBURN J.A., LUCAS B. - New approach to the laboratory and field measurement
of soil suction. Proc. 1th Int. Conf. On Unsaturated Soils (UNSAT'95), Paris, France,
Presses ENPC, 2, pp. 667-671, 1995.

WRAY W.K. - The principle of soil suction and its technical applications. Proc. 5th Int.
Conf. On Expansive Soils, Adelade, South Australia, pp. 114-118, 1984.

WRIGHT S.G., KULHAWY F.G., DUNCAN J.M. - Accuracy of equilibrium slope


stability analysis, ASCE, [Link], 99, pp. 791-793, 1973.

WROTH C.P., HOUSLBY G.T. - Soil mechanics, property characterization and analysis
procedures, Proc. 11th Int. Conf. On Soil Mech. Found. Eng., San Francisco, pp.1-55, 1

ZIENKIEWICZ O.C., TAYLOR R.L. - The finite element method (Fifth edition),
Butterworth-Heinemann, 2000.

Vous aimerez peut-être aussi