PETIT GUIDE
MALICIEUX
DU PLAISIR FMININ
Fernanda Cohen
& Juan Carlos Kusnetzoff
Extrait de la publication
Elle est petite, brune, espigle.
Elle raconte et explore, lil ptillant,
les dessous du plaisir fminin.
Un zeste dimagination, une pince de dtermination,
un peu desprit daventure :
le bonheur vous attend !
Textes et illustrations de Fernanda Cohen.
Prface du psychiatre Juan Carlos Kusnetzoff.
Traduit de lespagnol (Argentine) par Hlne Harry.
Retrouvez toute notre actualit sur
www.autrement.com
Extrait desur
la publication
et rejoignez-nous
Facebook
PETIT GUIDE
MALICIEUX
DU PLAISIR FMININ
Extrait de la publication
Le suivi ditorial de cet ouvrage
a t ralis par Anne-Charlotte Sangam.
Libros del Zorzal, 2012.
dition originale publie en 2012
sous le titre Gua ilustrada del orgasmo femenino
par Libros del Zorzal, Buenos Aires, Argentine.
Cette traduction est publie par accord avec Libros del Zorzal
et Anna Spadolini agency, Milan, Italie,
en association avec LAutre Agence, Paris, France.
ditions Autrement, Paris, 2013,
pour la prsente dition.
Extrait de la publication
PETIT GUIDE
MALICIEUX
DU PLAISIR FMININ
Fernanda Cohen
& Juan Carlos Kusnetzoff
Traduit de lespagnol (Argentine) par Hlne Harry
ditions Autrement
Extrait de la publication
Aux hommes les plus importants de ma vie,
mon pre, mon frre Ale et mon grand-pre Isaac
Martn, Augusto, Ramiro, Juanito, Mariano, Clint, Ari, Ariel,
David, Fran, Jacob, Mark,
Nicolas, Pato, Roxana, Diego, Alejo, Chad,
Andrej, Ignacio et Antonio, le pre de mon ls.
Fernanda Cohen
Extrait de- la7 publication
-8-
Prface
On sait aujourdhui que le sexe joue un rle essentiel
dans la qualit de vie des tres humains. Les tudes
sur la vie sexuelle des femmes ne sintressent pas
uniquement la douleur mais tentent de dterminer
les raisons qui se cachent derrire le manque de libido et, bien entendu, le manque dorgasme.
Les discours sur les comportements sexuels, les satisfactions rotiques et la capacit atteindre lorgasme
sont souvent bass sur des lments qui conditionnent la sexualit et sur lducation reue par
chaque individu. Dans le pass, la femme tait leve selon le principe que le plaisir sexuel tait tout
fait immoral. La femme daujourdhui, en revanche,
cherche avoir une vie sexuelle non seulement plus
riche, mais galement plus panouie. Cette tendance
se traduit par une plus grande exigence lgard
des hommes, beaucoup plus habitus prendre les
devants. Mais face aux femmes ayant une certaine
exprience, les hommes ont parfois une raction de
Extrait de- la9 publication
peur et dinhibition qui les amne se tenir sur la
dfensive et se mer des comportements rotiques
de leurs partenaires.
Nous allons voir dans ce livre comment la femme
peut vivre sa sexualit de manire plus panouie, en
vitant les prjugs, les malentendus et en favorisant
la communication avec son partenaire.
Un peu dhistoire
Jusquau milieu du XXe sicle, la sexualit tait un secret bien gard, dissimul dans les profondeurs de la
subjectivit.
La sexualit de lpoque victorienne, partir de laquelle Freud chafauda la psychanalyse, sappuyait
sur des inhibitions et des refoulements qui taient
la cause dune srie de symptmes particulirement
impressionnants lpoque.
La socit bourgeoise du XIXe sicle xa de nouvelles rgles du jeu quant aux plaisirs ; la question ne
concernait plus la religion mais commenait relever
de la science mdicale, sur laquelle sappuyaient les
tats modernes, qui considraient comme un devoir
- 10 -
dorienter les pratiques sexuelles pour dnir ce qui
tait normal et ce qui tait pathologique .
An de dcrire la sexualit dite anormale , les
publications mdicales de lpoque mentionnaient
une tonnante liste de nouveaux termes drivs du
grec et du latin : zoophilie, coprophagie, pdophilie,
a tergo ou position de la levrette, cunnilingus, coitus
interruptus, entre autres. Lobjectif tait de distinguer
clairement la sexualit dite normale au service
de la procration, du bonheur de la femme au sein
du mariage et de la maternit, et de lhomme en tant
que pater familiae ( chef de famille ) de la sexualit
anormale , qui tait alors associe la maladie, la
mort et la recherche du plaisir absolu.
Il fallait valoriser la fonction de procration et la
dissocier de celle du plaisir, dimension historiquement laisse de ct, dnigre et, dans bien des cas,
condamne. On considrait par exemple cette sexualit anormale chez la femme hystrique qui, en
simulant ses symptmes, vitait la responsabilit de
la maternit.
La Bible, et plus particulirement la Gense, o la
Terre est dcrite comme une tendue dsertique dont
- 11 -
Extrait de- 12
la publication
il fallait peupler les immenses zones inhabites, est
lun des fondements de ces positions dogmatiques.
Paralllement lordre de Dieu Croissez et multipliez-vous ! , tout ce qui nest pas reproductif,
tel que la masturbation, le cot interrompu, lhomosexualit, est dcri et puni. Bien quayant connu des
volutions, la question est encore dactualit ; lglise
rejette toujours lusage du prservatif et le recours
aux mthodes de fcondation articielle.
Ce nest quau milieu du XXe sicle quapparat la
premire analyse systmatique et scientique de la
sexualit, ralise par Alfred Kinsey. Dans les annes
1960, William Masters et Virginia Johnson commencent leurs tudes contrles de laboratoire dont
les rsultats sont publis dans Les Ractions sexuelles
(1967).
Ces travaux de recherche sinscrivent dans le contexte
des annes 1960 et 1970, au moment o une contreculture soppose la culture dominante. Mme sil
ne concerne quune minorit de la population, ce
mouvement contestataire exprime les ides, les rves
et les aspirations de lpoque et modie limaginaire
social. Les mouvements gay sorganisent dans la lutte
- 13 -
pour leurs revendications. Les groupes fministes
provoquent une rvolution qui remet en question la
soumission de la femme la culture patriarcale.
La rvolution sexuelle, sous limpulsion de la pilule
contraceptive, dont la vente est autorise dans les
annes 1960, contribue librer le plaisir. La famille
cesse dtre le but ultime du couple.
Cependant, le fminisme militant pour lgalit associe la sexualit de la femme celle de lhomme,
sans prendre en considration les diffrences et
les nuances. Ainsi, la sexualit gnitale et le mythe
de lorgasme vaginal, en tant que modle de sant
sexuelle dite normale, continuent dtre au centre de
la vie sexuelle de la femme.
Au cours des annes 1980, les combats fministes
voluent ; la femme est alors encourage sapproprier sa sexualit en dehors du modle htrosexuel
patriarcal. La sexualit fminine commence tre
considre diffremment de celle de lhomme, et le
corps de la femme apparat tout entier rotis.
Extrait de- 14
la publication
Linsatisfaction sexuelle
Lexprience clinique classique montre souvent,
de manire directe ou indirecte, que de nombreux
couples ne sont pas panouis sexuellement. Il est
essentiel que les femmes acquirent une meilleure connaissance de leur potentiel sexuel et que
les hommes les aident le dvelopper. La situation
a considrablement chang au cours des dernires
dcennies. Il ne faut cependant pas nous leurrer : il
existe encore beaucoup de couples et cela va sans
dire de trs nombreuses femmes qui souffrent dinsatisfaction sexuelle.
Des sicles doppression, de discrimination, de
condamnation des satisfactions et des plaisirs sexuels
ont favoris lapparition de tabous. Le genre fminin
a, par consquent, longtemps t un sujet marqu
par lignorance, de la simple anatomie de la femme
aux diffrentes faons dobtenir satisfaction et plaisir
sexuel.
Il est pourtant des socits o il est davantage permis, voire attendu des femmes quelles aient un
rle actif aussi bien avant que pendant lacte sexuel
Extrait de- 15
la publication
et quelles prennent des initiatives en vue de satisfaire
leurs dsirs. Il existe un consensus pour afrmer que
la diffrence entre une socit et une autre se situe
au niveau du degr de libert sexuelle accorde au
cours de ladolescence et des tapes prcdentes. L
o les socits font preuve dune grande rigueur sur
ces questions et o lon croit encore que la modestie et la soumission sont des vertus fminines quil
faut exalter, les femmes ont tendance se considrer
malhabiles et incapables, peu enclines prendre des
initiatives et jouer un rle actif dans les rapports
sexuels. Il ne faut donc pas stonner que les problmes sexuels fminins soient plus frquents dans
ces socits.
Lors des entretiens cliniques, il est courant dentendre des femmes se plaindre de leurs partenaires
qui se montrent trop rapides et maladroits, car leurs
pratiques sexuelles sont extrmement limites. Crer
et maintenir un climat rotique est essentiel pour
pouvoir apporter des rponses certains problmes
lis la sexualit des couples et, plus particulirement, celle des femmes.
- 16 -
Stimulations et prliminaires
Limportance quil faut accorder au toucher est
fondamentale au moment des prliminaires. Cela
passe ncessairement par des baisers, des caresses
et des treintes mutuels. Mais un procd important doit galement tre mis en pratique : aprs les
caresses et les baisers, il convient dexplorer tout le
corps. Ainsi, lhomme doit se consacrer stimuler la zone du clitoris pendant un certain temps. Il
est cependant impossible dindiquer, ne serait-ce
que de manire approximative, la dure idale de
ces caresses. Chaque femme est un monde part ;
la dure dpend souvent de la fatigue du moment, des uctuations motionnelles et de ltat
de sant gnral.
La stimulation de la zone du clitoris se poursuit
jusqu ce que la femme exprime le besoin dtre pntre. Au moment des prliminaires, interviennent,
cela va de soi, les caresses buccognitales entre les
deux partenaires. Cependant, de nombreuses femmes
se refusent avoir des orgasmes pendant les prliminaires. Elles sont troubles par lide quil sagit de
Extrait de- 17
la publication
pratiques masturbatoires, susceptibles de les empcher datteindre lorgasme lors de la pntration.
Bien au contraire, avoir des orgasmes au cours des
prliminaires est souvent le prlude la multiplicit
orgasmique de la femme.
Pour un grand nombre de femmes, les prliminaires
ne durent pas assez longtemps, ce qui les empche de
dvelopper entirement leur capacit orgasmique ;
et le pire est de ne pas le faire savoir leurs partenaires, de peur quils se vexent, quils ne veulent plus
avoir de rapports sexuels avec elles, voire quils les
abandonnent.
Loin de penser que ces femmes sont nymphomanes ou hypersexues , il est important de garder lesprit que la force de leurs pulsions sexuelles
et leur nergie vitale sont des caractristiques normales. En ralit, ce devrait tre des rgles plutt que
des exceptions, sil ny avait pas autant dinhibitions
sociales qui continuent de peser sur les femmes dans
de nombreuses cultures.
Extrait de- 18
la publication
Positions sexuelles
Les couples pratiquent diffrentes positions quand ils
ont des rapports sexuels. Les jeunes croient souvent
(du fait des images ou des vidos pornographiques)
que le bonheur sexuel dcoule dune espce de jeu
dacrobatie. Au contraire, chaque couple doit exprimenter et trouver la meilleure position dans laquelle
le clitoris puisse tre stimul, que ce soit grce la
friction nergique du pnis au moment de la pntration ou grce la stimulation manuelle par la femme
elle-mme ou par son partenaire.
La position connue sous le nom de missionnaire ,
o la femme sallonge sur le dos, les jambes cartes
et lhomme se place sur elle, est la plus courante. La
pntration peut tre supercielle ou profonde. Mais
elle prsente linconvnient de limiter considrablement la libert de mouvement de la femme, qui
peut cependant jouer sur la profondeur et langle
de pntration en soulevant lgrement les jambes,
crant ainsi un mouvement du bassin qui facilite la
pntration.
Extrait de- 19
la publication
La position inverse, cest--dire la femme califourchon sur lhomme, permet une pntration profonde
du pnis et une plus grande libert de mouvement
de la femme. De nombreuses femmes racontent quil
est plus facile davoir un orgasme dans cette position.
Lhomme a les mains libres pour caresser et stimuler
sa partenaire.
Il existe dautres possibilits, telles que le fameux 69 :
lhomme peut stimuler le clitoris et lentre du vagin,
pendant que la femme lche et suce le pnis en rection. Dautres variantes permettent aussi certaines
femmes datteindre lorgasme plus rapidement. Par
exemple, si la femme se met quatre pattes, position
appele communment levrette , la pntration est
en gnral profonde. De cette faon, lhomme peut
continuer caresser la zone du clitoris.
Les positions latrales sont particulirement apprcies des femmes enceintes. Ainsi, par exemple,
lhomme peut se placer perpendiculairement sa
partenaire tandis que celle-ci se tient demi allonge,
un ou deux oreillers dans le dos. Lhomme enlace la
jambe oppose de sa partenaire, de telle faon que la
pntration vaginale se trouve facilite.
Extrait de- 20
la publication
Biographies des auteurs
Fernanda Cohen est argentine, comme Mafalda et son
crateur. Elle est diplme de la School of Visual Arts
de New York, o elle travaille pour le New York Times
ainsi que pour dautres revues et journaux. Elle expose
ses uvres dans des galeries dart aux tats-Unis et en
Argentine et de nombreux lieux ont fait appel ses
talents et installations. Critique dart, elle enseigne
galement la School of Visual Arts de New York et
lUniversit de Palermo (Buenos Aires). Elle a reu de
nombreux prix internationaux pour ses illustrations.
Juan Carlos Kusnetzoff, le prfacier, est psychiatre.
Il dirige le dpartement de sexologie de la facult de
mdecine de la Buenos Aires. Il a crit plusieurs livres
sur la question.
- 123
Extrait de
la publication
Achev dimprimer en avril 2013
sur les presses de limprimerie Corlet Cond-sur-Noireau (Calvados), France,
pour le compte des ditions Autrement,
77 rue du Faubourg-Saint-Antoine, 75011, Paris.
Tl. : 01 44 73 80 00. Fax : 01 44 73 00 12.
N ddition : L.69EHAN000940.N001. ISBN : 978-2-7467-3606-1.
N dimprimeur : XXXXX.
Dpt lgal : mai 2013.
Extrait de la publication