REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE.
MINISTERE DE LENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE.
UNIVERSITE MOULOUD MAMMERI DE TIZI OUZOU.
FACULTES DES LETTRES ET SCIENCES HUMAINES.
DEPARTEMENT DE LANGUE ET CULTURE AMAZIGHES.
Mmoire de Magister
Spcialit : Langue et Culture Amazighes.
Option : Linguistique.
Prsent par : Mlle Lydia GUERCHOUH
Sujet :
Fluidit catgorielle : tude des chevauchements syntaxiques
et/ou smantiques (transferts de classes) :
le cas des adjectifs et des adverbes.
Membres du jury :
- M. KAHLOUCHE Rabah
Professeur U.M.M.T.O.
Prsident.
- M. HADDADOU Mohand Akli
Professeur U.M.M.T.O.
Rapporteur.
- M. NABTI Amar
M.C.A.
U.M.M.T.O.
Examinateur.
- M. IMARAZENE Moussa
M.C.A.
U.M.M.T.O.
Examinateur.
Date de soutenance : 07 / 04 / 2010.
REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE.
MINISTERE DE LENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE.
UNIVERSITE MOULOUD MAMMERI DE TIZI OUZOU.
FACULTES DES LETTRES ET SCIENCES HUMAINES.
DEPARTEMENT DE LANGUE ET CULTURE AMAZIGHES.
Mmoire de Magister
Spcialit : Langue et Culture Amazighes.
Option : Linguistique.
Prsent par : Mlle Lydia GUERCHOUH
Sujet :
Fluidit catgorielle : tude des chevauchements syntaxiques
et/ou smantiques (transferts de classes) :
le cas des adjectifs et des adverbes.
Membres du jury :
- M. KAHLOUCHE Rabah
Professeur U.M.M.T.O.
Prsident.
- M. HADDADOU Mohand Akli
Professeur U.M.M.T.O.
Rapporteur.
- M. NABTI Amar
M.C.A.
U.M.M.T.O.
Examinateur.
- M. IMARAZENE Moussa
M.C.A.
U.M.M.T.O.
Examinateur.
Date de soutenance : 07 / 04 / 2010.
Remerciements
Au terme de ce travail, je tiens remercier mon directeur de recherche
M . Haddadou Mohand Akli.
Que soient galement remercis les membres du jury qui me feront lhonneur
dexpertiser ce travail.
Introduction
Les monmes dune langue ne se prsentent pas en forme dinventaire
organisation alatoire mais se regroupent dans des ensembles assez homognes tenant
compte des diffrents types de particularits qui les unissent. Ces regroupements sont en
fait ce que nous dsignons comme des classes (catgories). Ce magma de monmes a
t rang depuis A. Martinet dans deux grandes branches aujourdhui incontestables.
Cette classification a segment le lexique des langues en morphmes et lexmes selon
leur indpendance, nombre et nomenclature La ncessit de disposer dun inventaire
limit de catgories est dordre grammatical : Si la grammaire ne disposait pas de
catgories du type Nom, Verbe, Dterminant, Prposition, etc., il serait impossible de
formuler et dagir selon des rgles de caractre gnral (Moeschler J. et Auchlin A. :
2000 : 64). La thorie des parties du discours ou catgories grammaticales permet de
formuler des rgularits syntaxiques gnrales.
Le regroupement des units lexicales des langues en classes se fait gnralement
sur la base des particularits combinatoires ou, autrement dit, sur les types de modalits
avec lesquelles les units de chaque groupe se combinent. Cest ainsi que les catgories
des verbes et des noms sont dtermines dans toutes les langues, ce qui, en parallle, a
induit linstabilit du classement des autres ensembles. En dehors des deux grandes
sphres, les interrogations sur le regroupement des units constituantes de la phrase en
catgories ne sont pas encore arrives des conclusions stables. Les catgories
dadjectif et dadverbe sont, sans doute, les classes qui ont suscit le plus grand intrt
auprs des linguistes et des grammairiens. La question de la dlimitation de ces deux
classes est particulirement dlicate dans la description des langues et lune des raisons
qui maintiennent leurs dfinitions en lair est du fait que ces ensembles ne sont
homognes
ni
syntaxiquement,
ni
smantiquement
et
parfois
mme
pas
morphologiquement.
En berbre, le regroupement de ces units lexicales en catgories bien distinctes
sur les deux plans morphologique et syntaxique est une problmatique qui demeure
depuis une vingtaine dannes au stade hypothtique. Les premires hypothses qui ont
Introduction
t mises dans ce sens remontent aux travaux des premiers berbrisants dont A. Basset
qui se sont souvent contents de la transposition intgrale du systme des catgories
tabli dans la langue franaise qui taient plus thoriques que pratiques. Viennent
ensuite les travaux dautres brbrisants essentiellement F. Bentolila (1986) et S.
Chaker (1983) qui ont tabli une catgorisation plus ou moins adquate, rendant compte
plus de la morphologie que de la syntaxe de la langue berbre sans pour autant trop se
dtacher des travaux antrieurs et de linfluence de la langue franaise.
La catgorisation des units lexicales a, donc, toujours t tablie sur la base des
correspondances morphologiques (et rarement syntaxiques). Le verbe et le nom
apparaissent alors comme les catgories majeures et celles des adjectifs et des adverbes,
quand elles existent, hritent des proprits de lune delles. Tous les groupes dunits
qui sloignent de la sphre verbale ont alors t considrs comme des sous catgories
morphologiques des noms.
Ainsi, la classification des units significatives dpend tout ou en partie des
critres de dfinition du concept de catgorie. Jusque l, les travaux antrieurs ont mis
laccent sur les caractristiques morphologiques et/ou syntaxiques. Pratiquement, cette
dmarche distingue entre deux majeures classes (verbes et noms) qui ne prsentent que
des oppositions sur les deux niveaux danalyse. Chacune se subdivise son tour en sous
catgories qui, en dehors des compatibilits verbales ou nominales communes, se
distinguent par un/des traits formels, fonctionnels et/ou smantiques particuliers
chaque sous ensemble. Il convient donc ici, avant daller de lavant, de voir ce que nous
voulons faire couvrir ce terme.
Le terme de catgorie se confond souvent avec celui de classe1. Il dsigne une
classe dont les membres figurent dans les mmes environnements syntaxiques et
entretiennent entre eux des relations particulires. (DUBOIS J. et autres : 1994 : 78).
Ce qui forme une classe selon MARTINET A. (1985 : 108) sont les monmes qui
prsentent les mmes compatibilits, la condition quils sexcluent mutuellement un
mme point de chane . Concrtement, il suffit donc, que deux ou plusieurs units
affichent un quelconque caractre syntaxique similaire et en mme temps diffrent des
1
Une classe reprsente un ensemble dunits linguistiques ayant une ou plusieurs proprits communes
entre elles. DUBOIS J. et autres (1994 : 86).
Introduction
caractres qui unissent les autres units, pour quelles forment une catgorie bien
particulire. En dautres termes, on distinguera autant de catgories que de groupes de
caractristiques morpho syntaxiques. Or, nombreux sont les nominaux qui mnent une
double carrire en fonction de leur rle dans lnonc et de la relation quils
entretiennent avec le reste des autres units. Ce qui rend leur classification instable
voire mme impossible.
Si la dynamique de la langue berbre et les chevauchements syntaxiques et
smantiques qui sy oprent ont rendu difficile toute tentative de classification de
certains lexmes, quelles sont les units qui se dfinissent adjectifs et adverbes ?
La question principale que nous soulevons dans ce sujet est de savoir, dans le cas des
adjectifs, sils taient danciennes units spcialises dans la qualification qui, par la
suite, auraient t, substantives pour connatre un emploi plus large, ou, linverse, les
adjectifs taient plutt de simples substantifs ou des formes verbales dont seraient
forms des adjectifs qualificatifs ? En dautres termes, les units adjectivales que
connat aujourdhui le berbre ont-elles subies une extension syntaxique et/ou
smantique (qualifiants
substantifs / formes verbales) ou une restriction du mme
ordre (Substantifs / formes verbales
qualifiants) ?
Pour ce qui concerne les adverbes, nous claircirons aussi si ceux-ci taient danciens
dterminants verbaux exclusifs qui auraient subit, pour une partie, un largissement /
extension smantique et/ou syntaxique (devenus des substantifs), et pour lautre partie,
une grammaticalisation (devenus des fonctionnels), ou seraient-ils seulement issus des
substantifs ?
Ces interrogations nous semblent difficiles lucider sans soulever ltude de lun
des aspects qui serait sans doute lindice irrfutable de linstabilit catgorielle de
certains lexmes do les chevauchements syntaxiques et/ou smantiques. Quelles sont
donc les raisons, les conditions (contextes) et les limites des glissements qui affectent
ces units ? Quelle serait la procdure de classification la plus conforme qui rpondrait
en mme temps aux critres de la segmentation principale (du premier degr : noms verbes) mais surtout celle touche par le phnomne du chevauchement syntaxique
et/ou smantique qui brouillerait les frontires de ces deux ensembles qui devraient,
dun certain point de vue, rpondre au principe de lhomognit ? Enfin, nous nous
interrogerons sur la possibilit dtablir un schma du systme des catgories en berbre
4
Introduction
ainsi que le(s) type(s) de regroupement qui sy avreront les plus pertinents et surtout
les plus pratiques cette langue.
Le but de notre travail est double : dune part, il se propose danalyser le contenu
de chacun des ensembles dune manire indpendante pour dlimiter les critres
morphologiques, syntaxiques et smantiques de leur identification, et dautre part, de
reprer les conditions des chevauchements syntaxiques et/ou smantiques qui soprent
dans ces deux groupes dunits priori autonomes. Le premier consiste lucider les
frontires morphologiques et/ou syntaxiques de deux groupes de lexmes que nous
considrons les plus htrognes et les plus difficiles structurer. Le second,
dterminera quel point un adjectif comme awra$ peut tre substantiv dans
certains contextes dtermins, mais aussi comment des substantifs tel les noms dagent
comme amakar
deviennent aussi qualifiants que les adjectifs. Puis, nous
claircirons, dune part, le glissement des adverbes comme deffir en substantif et en
monme prpositionnel et, dautre part, comment certains substantifs comme ibeddi
sont-ils renforcs pour leur assurer lautonomie dont jouissent les adverbes.
Paralllement, nous dgagerons aussi les cas dadverbialisation de certains adjectifs.
Ltude des caractristiques typiques de chaque ensemble nous permettra de faciliter
leur classement et de prciser le segment auquel ils seront affilis dans lchelle du
systme catgoriel. Pour chacun de ces ensembles nous dgagerons les caractristiques
morphologiques, smantiques et syntaxiques qui nous amneront stabiliser leur
affiliation et dterminer les raisons de ces mutations de classes.
Les conclusions auxquelles nous parviendrons au terme de ce travail pourront
servir de rfrence et dappui sur le plan pdagogique et didactique. Bien quil soit plus
facile lenseignant, et encore plus llve, de transposer un seul systme des
catgories sur toutes les langues quils seront amens enseigner ou apprendre, nous
sommes partis du principe que chaque langue a sa propre structure. Un des objectifs
principaux de notre travail est, justement, de dgager toute la structure de la langue
berbre qui permettra de faciliter son enseignement en apportant une contribution
lamnagement, la standardisation et la stabilisation de cette langue.
Introduction
A linstar de lorigine nominal des prpositions, nous pensons que le phnomne
du chevauchement syntaxique et/ou smantique est, en partie (le cas des adverbes), reli
celui de grammaticalisation des lexmes. En fait, le premier serait simplement le point
de dpart du second : linstabilit catgorielle serait, priori, le premier symptme du
processus de passage des lexmes vers les morphmes. Pour dautres (les adjectifs), ils
auraient perdu certaines particularits combinatoires et/ou fonctionnelles induisant une
spcialisation et une restriction de leur champ dutilisation.
Par ailleurs, la spcification grammaticale pourrait aussi induire une
grammaticalisation complte mais dune manire plus lente vu lcart considrable
existant entre les particularits strictement lexmatiques prsentes chez les units
spcifies, contrairement aux units grammaticalises qui constitueraient des inventaires
intermdiaires entre la classe des lexmes et celle des morphmes. Celles-ci sont par
consquent, plus rapidement grammaticalises que les premires.
Comme support danalyse, notre corpus2 sera constitu de deux grandes parties :
dans la premire partie, nous avons dgag linventaire des nominaux qualifiants dont
les adjectifs, les noms dagent, les noms de patient, et celui des autonomes
(adverbes, locutions et syntagmes autonomes). La deuxime comportera des textes
littraires dont la prsence des deux types dunits est frquente. Ainsi, la premire
partie servira de base de donnes au chapitre de morphologie et la seconde nous
orientera quant aux fonctions et la smantique de chacune des units et nous
dterminera donc les contextes et les limites des chevauchements inter catgoriels.
Afin dapporter des lments de rponse notre problmatique et aux questions
que nous avons souleves, nous sommes amens dcortiquer les deux ensembles en
question sur les trois niveaux danalyse : morphologique, syntaxique et smantique. A
cet effet, nous avons rparti notre travail sur deux parties. Celles-ci succderont la
partie thorique qui regroupe, dune part, les travaux faits antrieurement sur les
tentatives de regroupement des units de la langue berbre en catgories tout en mettant
laccent sur les deux ensembles qui figurent dans notre objet de recherche, et, dautre
part, des dfinitions cls qui constitueront la trame thorique des parties pratiques.
La prsentation du corpus en dtails est donne en annexe (avant le corpus ).
Introduction
La premire partie sera consacre lanalyse formelle des deux ensembles
dunits dans laquelle nous tracerons les caractristiques morphologiques de chacun de
ces groupes qui nous permettront de proposer une premire classification provisoire. En
conclusion,
nous
dterminerons
les
premiers
critres
de
classification
morphologique qui regroupent les catgories du premier segment.
Dans la seconde partie, nous traiterons, dans des chapitres part, les contextes des
chevauchements syntaxiques et/ou smantiques des adjectifs et des autonomes ainsi que
les circonstances favorisant les glissements qui nous permettrons de revenir sur les
raisons et les limites de cette fluidit. Cette partie nous permettra aussi dachever le
classement des units de la langue berbre en catgories de paliers et de segments
diffrents en rfrence aux genres de particularits qui unissent les units de chaque
ensemble et la relation que ces derniers entretiennent avec la segmentation du premier
degrs en dpit de leur dynamique et de leur capacit de mutation syntaxique et/ou
smantique. Tous ces rsultats clairciront la gense et lvolution des catgories
adjectivale et adverbiale.
Partie I - Chapitre premier
Support thorique.
I.1. Les procdures et les critres de catgorisation :
La linguistique reconnat dans toutes les langues deux types de monmes : les
lexmes et les morphmes quelle identifie essentiellement en rfrence leurs
proprits syntaxiques. Cependant, la distinction catgorielle lintrieur des lexmes
nest pas aussi simple. Les grammaires se sont longtemps bornes dfinir et
dlimiter les parties du discours qui taient alors dcrites dune manire superficielle et
inefficace : le verbe indique laction ou ltat, le nom dsigne les tres et les choses et
ladjectif exprime la qualit. De nos jours, plusieurs classifications des constituants de
la langue (lexmes) ont t labores en rfrence trois critres essentiels. En effet,
lidal serait que chaque classe soit dfinie par un ensemble de caractristiques qui lui
soit propre et qui soit donc distinctif :
1- Le critre morphologique : chaque catgorie devrait avoir des proprits
morphologiques diffrentes. Sur la base de ce critre, nous pouvons distinguer
deux principales classes :
-
Les verbes : qui sont porteurs de dsinences personnelles de genre et de
nombre et de marque aspectuelle.
Les noms : qui sont porteurs des marques de genre et de nombre.
Cependant, ce type de classement ne peut pas aller plus loin dans larrangement
des lexmes et ne peut, par consquent, identifier les adjectifs de la classe des
noms
2- Le critre fonctionnel : ce critre dfinit les classes en rfrence aux types de
relations quelles entretiennent dans la construction de la phrase dans lequel
nous pouvons identifier titre additif :
-
Les adjectifs : qui sont des dterminants nominaux.
Les adverbes : qui sont des dterminants verbaux.
Toutefois, ce critre sous-entend quil y a une relation univoque entre catgorie
grammaticale et fonction grammaticale qui reviendrait dire qu chaque
catgorie correspond une fonction spcifique. Or, les units de certaines
catgories peuvent assumer plusieurs fonctions et certaines fonctions peuvent
tre communes plusieurs catgories.
10
Partie I - Chapitre premier
Support thorique.
3- Le critre smantique : il est gnralement le repre de la sous catgorisation
qui explique la grammaticalit et lagrammaticalit des phrases.
Limportance de ltablissement des classes dunits est double : elle est dordre
conomique mis en vidence dans lacquisition des langues et la production des phrases.
Elle permet donc au sujet parlant dassimiler les rgularits combinatoires en termes
dunits. Et elle donne les rgles (choix et contraintes) de la construction des phrases.
Ainsi, plus la classification est affine (pousse) plus elle permet une bonne matrise de
la langue.
Toutefois, les critres de classification des units que chaque langue exploite sa
manire, ne semblent pas tre unanimement pertinents et sont souvent briss par
quelques units rebelles caractre instable et htrogne.
I.1.1. Critres htrognes de rfrence :
Si lon arrive plus facilement distinguer les deux catgories du verbe et du nom
qui sont dailleurs les seules ne pas se pitiner les frontires, les autres ensembles sont
plus rigides toute tentative de regroupement et rclament un traitement particulier qui
ncessite de renouveler chaque fois les critres de slection. Or, lorsque ces derniers
ne sont pas rguliers, la catgorisation ne saverra pas pertinente puisque les
caractristiques de classification qui devaient tre le point de rfrence ne sont pas du
mme ordre. Avant toute slection, il faut bien pauser les aspects sur lesquels se portera
et se mesura la diffrentiation.
Ceci dit, outre laspect rgulier des critres, pourquoi aussi se retrancher derrire
des faits dun mme ordre et refuser doprer avec plusieurs critres dordre diffrents
mais de caractre stable. Aucune contrainte ne nous exige de se limiter des critres
homognes du moment que cette action plus ou moins autonome prcde la
classification. De faon plus concrte, ltablissement des catgories peut ne pas se
baser uniquement sur des faits morphologiques tel quil a souvent t le cas. Au
contraire, plus nous largissons et diversifions nos critres de slection plus nous
purifions notre classification. La slection catgorielle est nettement plus prcise et plus
11
Partie I - Chapitre premier
Support thorique.
rigide lorsquelle se base sur des critres rguliers qui rendent compte des diffrents
aspects de la langue savoir laspect formel, fonctionnel et smantique.
Par ailleurs, la dfinition de la classe ne peut pas se faire uniquement en termes du
signifiant ou du signifi car on manquerait de critres pour distinguer par exemple dans
le premier cas entre aqcic et ameqqran et dans le second entre amellal et mellul qui
dnotent le mme sens.
En outre, la classification des units impose aussi la classification des critres de
slection. Les critres combinatoires priment sur les critres morphologiques et
smantiques. Lorsquon tabli les classes lintrieur de la sphre verbale ou nominale
sur la base des critres morphologiques et smantiques, ceci prsuppose un classement
du point de vue combinatoire qui a dabord mis en vidence lexistence de la classes des
noms ou des verbes comme ralit linguistique. Ce nest quune fois la classe
monmatique dtermine quon pourrait examiner les variations du signifi et du
signifiant.
I.1.2. Critres majoritairement communs et distinctifs :
Ltablissement des catgories dune langue seffectue thoriquement sur la base
des diffrents critres qui unissent les units de celles-ci. Les membres dune catgorie
partagent ncessairement les mmes caractristiques. Ainsi, si un lment X rpond
tous les critres dune catgorie donne, il est membre de cette catgorie. Mais si un
seul critre nest pas rempli, il tombe irrmdiablement en dehors de celle-ci pour tre
recueilli par une autre catgorie presque identique mais qui manifeste le critre distinctif
mme si les deux catgories en question se croisent dans la majorit des critres.
Ceci dit, la diversit des critres peut entraner une surcharge du nombre de
catgories si chaque trait distinctif observ est interprt en catgorie. Ainsi, si la
rfrence rassemble les critres des trois aspects de la langue, alors ne sont catgories
que les ensembles dunits dont les traits distinctifs sont majoritaires. Ce qui veut dire
que dans le schma1 qui suit, nous nidentifions pas six catgories mais uniquement
Les chiffres reprsentent des ensembles dunits qui manifestent des caractristiques morphologiques,
syntaxiques et smantiques et chaque lettre regroupe les particularits de ces ensembles sur chaque niveau
12
Partie I - Chapitre premier
Support thorique.
trois qui regroupent des ensembles dont les critres sont simultanment en majorit
communs tous et majoritairement distinctifs par rapport aux autres catgories. Bien
que ceci implique souvent des croisements de critres entre les catgories, leur caractre
minoritaire exclut toute confusion.
A
I
A
II
D
II
Catgorie 1
A
III
F
G
Catgorie 2
A
IV
D
V
H
I
Catgorie 3
I.1.3. Critres hirarchiques :
Bien que le principe des critres majoritairement communs et distinctifs rduit
efficacement le nombre de classes, mais il narrange nullement leurs structures internes
qui sorganisent en ensembles pas totalement homognes et qui manifestent entre eux
des carts bien que minoritaires mais parfois tout fait importants dans lidentification
des possibilits combinatoires.
A linstar de la segmentation principale qui identifie les deux grandes sphres de
lexmes et de morphmes ainsi que celle qui distingue lintrieur des lexmes les deux
catgories du verbe et du nom, dautres segmentations peuvent tre entreprises
lintrieur de celles-ci et ainsi de suite. Ainsi, lidentification catgorielle sorganisera
dans ce sens sur diffrents paliers. Le premier sera compos des catgories dgages en
rfrence des critres primaires (critres en majorit communs et distinctifs), le second
comportera les catgories qui, dans la premire segmentation nont pas russies
simposer vu la minorit de leurs critres distinctifs et qui peuvent constituer des
ensembles diffrencis par des critres secondaires, et ainsi de suite. Le schma
catgoriel formera une structure pyramidale qui part dun ensemble indiffrenci de
monmes des catgories de plus en plus prcises et de niveau infrieur. Ce classement
vertical est organis selon des critres horizontaux qui sont, au fur et mesure de la
segmentation, de moins en moins importants.
13
Partie I - Chapitre premier
Support thorique.
Lexmes
Critres IA
Critres II.C
Critres II.I
D
J
L M
E
N
F
O P
G
Q
R S
H
T
V..
Par ailleurs, cette classification est elle exhaustive ? Aboutit-elle un nombre de
classes naturellement limit ?
A mesure quon introduit de nouveaux critres le classement devrait saffiner de plus en
plus. Lorsquon distingue les sous classes, il est vident que celles-ci ne peuvent
constituer des classes entires sopposant celle des verbes et des noms. Elles sont
caractrises par lensemble des traits combinatoires qui ont permis la distinction entre
la classe verbale et nominale, mais chacune se distingue des autres par les traits qui lui
sont propres. Ces sous classes donneront leur tour dautres groupes plus fins.
Toutefois, au fur et mesure quon avance dans la classification, on ne doit pas se servir
des critres qui taient exploits dans les classifications antrieures puisque ceux-ci
doivent rassembler les sous classes avant de les sparer. En effet, en multipliant les
critres, on peut affiner tout classement de monmes (Mahmoudian M. : 1976 : 125).
Mais ceci ne veut pas dire non plus que les classes peuvent tre subdivises linfini.
Au bout dun certain point, on tombe en opposition avec le principe des critres
majoritairement communs et distinctifs et les sous classes sencombreront sans grande
pertinence. Cest ainsi que les sous catgories sont souvent identifies selon trois types
de critres : morphologiques puis syntaxiques et enfin smantiques.
I.1.4. Critres en exclusion mutuelle :
Bien quil nexiste pas de barrires catgorielles trop strictes, les catgories sont
dfinies selon leurs proprits syntaxiques sur laxe syntagmatique (leur place et leur
distribution) et laxe paradigmatique (les commutations que lon peut oprer en tel point
de laxe syntagmatique). Tout en se rfrant aux proprits morphologiques, les
catgories sont dgages sur la base de leur substitution dans un contexte. On range
14
Partie I - Chapitre premier
Support thorique.
donc dans une mme classe les monmes qui sont dots des mmes compatibilits et qui
doivent rpondre positivement laction de substitution. Car si deux units regroupes
dans une mme catgorie manifestent quelques traits distinctifs quel quen soit leur
degr, ils rompent le principe de commutation et ne doivent donc pas appartenir la
mme classe. Les units quon peut regrouper sous la mme tiquette catgorielle sont
celles qui, aprs substitution ne changent rien aux rapports syntaxiques pr existants.
Toutefois, la substitution est aussi probable entre deux units qui affichent des
compatibilits diffrentes et qui appartiennent donc deux catgories distinctes. Ce
critre est, par consquent, insuffisant lui seul pour ltablissement des classes et
ncessite ladhsion dautres critres.
I.1.5. Particularits instables et transfert de classes :
En thorie, chaque unit lexicale a son identit catgorielle qui dfinit ses
proprits morphologiques et fonctionnelles. En pratique, certaines dentres elles
subissent des distorsions dues des chevauchements inter catgorielles. Ces
intersections de catgories qui font assumer la mme unit une double appartenance
catgorielle sont le rsultat ou dune restriction des possibilits combinatoires qui vont
dune simple spcialisation une totale grammaticalisation ou, au contraire, dune
extension une totale lexicalisation.
Bien que ces mutations et ces changes dunits concernent des catgories
bien dfinies, ce nest pas automatiquement lensemble des units de celles-ci qui
bnficient dune double identit et il arrive mme que ces transferts soient uni
directionnels. Dans sa dfinition des transferts, Martinet A. implique lexistence dun
monme de drivation signifiant zro chaque fois quun monme appartenant
normalement une classe de commutation (ou partie du discours ) donne, est
employ dans les contextes caractrisant une autre classes (Martinet A. : 1985 : 65).
Ces chevauchements syntaxiques et/ou smantiques qui seraient responsables de la
fluidit catgorielle seraient en fait, selon Martinet, dus lintroduction daffixe
dpourvu de signifiant qui a la capacit de changer la classes dun lexme donn tout
fait limage de lexemple tisser (verbe) : tissage (nom). Cependant, en labsence de
marque formelle, cette explication est trs peu convaincante. Toutefois, il est certain que
15
Partie I - Chapitre premier
Support thorique.
la fluidit catgorielle apparat uniquement avec des ensembles dunits qui subissent
un processus de spcialisation ou de grammaticalisation et qui, outre leurs particularits
initiales, acquirent celles de la catgorie vers laquelle ils sont en cours de transfert qui
peut tre interne (entre catgories du mme ordre : lexmes ou morphmes) ou externe
(de la catgorie des lexmes celle des morphmes).
I.2. Les tentatives de classification en berbre :
En berbre, trs peu de linguistes se sont intresss dgager la structure
catgorielle spcifique cette langue sans se rfrer aux descriptions faites sur les autres
langues. Concrtement, seul Bentolila F. (1981) et Chaker S. (1991) se sont penchs sur
cette question en dcortiquant de manire minutieuse les constituants de la langue tout
en dressant un schma de regroupement en catgories en rfrence aux particularits
internes de chaque ensemble dunits.
I.2.1. Classification de Bentolila F. :
Dans sa tentative de classification, Bentolila sest principalement rfr au critre
syntaxique qui dcrit les compatibilits fonctionnelles de chaque groupe de monmes.
Nayant pas constat de particularits formelles ou syntaxiques spcifiques, il exclut
lexistence dune catgorie dadjectif en berbre qui, selon lui, ne se distingue des noms
ordinaires que par leur capacit dapparition en fonction dapposition pris en charge par
leur contenu smantique qui regroupe le domaine des tats et qualits.
Verbes
Noms
Monmes
Adverbes
Coordonnants nominaux
Coordonnants
Coordonnants verbaux
16
Partie I - Chapitre premier
Support thorique.
I.2.2. Classification de Chaker S. :
Par la suite, Chaker a entrepris une dmarche plus stricte et une analyse plus
dtaille et plus rigoureuse. Il dgage alors les catgories dabord en rfrence
lopposition lexical / grammatical, puis sur la base de la combinatoire et enfin selon leur
fonctionnement syntaxique. Il signale au passage que mme lorsquon peut identifier
des classes avec des critres solides, ils restent rarement des ensembles bien stabiliss,
aux limites nettes : la rgle gnrale semble tre celle de la fluidit et des
chevauchements [ ] du fait mme que ces regroupements sont le rsultat dune
dynamique de spcialisation, jamais acheve (Chaker S. : 1991 : 58).
Substantifs
Sous cat. lexicales
Adjectifs
Numraux
Noms
Pronom. pers.
Sous cat. grammaticales
Cat. lexicales
Subst. non pers.
Verbes
Monmes
Subor. non propositionnels.
Connecteurs/relationnels
Subor./Coord. proposition.
Cat. grammaticales
Dterminants (adverbes)
[ cat. : catgories - pers. : personnels - subst. : substitut - subor. : subordonnants coord. : coordonnants ].
17
Partie I - Chapitre premier
Support thorique.
Par ailleurs, dautres descriptions ont t lobjet de la majorit des crits de
grammaire et de linguistique berbre. Toutefois, celles-ci nont pas t orientes vers
ltablissement des classes mais se sont uniquement bornes dcrire en vrac les
caractristiques des units significatives de la langue.
I.3. Cadre thorique :
Partant du fait quaucune catgorie nest totalement spcifique ou indpendante,
nous proposons une classification trois types dopposition en rfrence aux trois
niveaux : morphologie, syntaxe et smantique. Cest une dmarche qui consiste
transposer la typologie dopposition de classes tablie par MARTINET A. (1985 :
138/139) sur les niveaux danalyse linguistique. Ainsi, nous nous inscrivons dans le
cadre de la linguistique fonctionnelle o la fonction est mise en vidence dans la
description des langues (monmes). Nos concepts sont donc dfinis en rfrence cette
thorie initie par A. Martinet.
Dans syntaxe gnrale, Martinet a dgag trois types de classification des units
en catgories : en premier, il a dtermin les classes qui nont aucune compatibilit en
commun (1985 : 138) dans laquelle on identifie les classes des noms et des verbes. A
loppos, on aura les classes qui ne se distinguent que parce quil manque lune
delles certaines des compatibilits que possde lautre (1985 : 139) ; ce qui est le cas
des noms (communs) et des noms dinstrument. Entre les deux, on y mettra les classes
qui possde des compatibilits en communs, mais o chacune possde en outre les
siennes propres (1985 : 139) ; cest ce quon trouve dans le cas des verbes et des
participes.
Par ailleurs, nous ne pouvons penser proposer lexistence dune catgorie
distincte lorsque la divergence de compatibilits parait minime ou marginale tel la
distinction entre les noms dagent, de patient, dinstrument, Cest l toute
limportance de ladoption de la notion de sous-classe pour dsigner des ensembles de
monmes qui ne se distinguent des autres que par le manque de certaines compatibilits
qui sont dfinies dans le troisime type dopposition de classes.
18
Partie I - Chapitre premier
Support thorique.
Schmatiquement Martinet a prsent ces trois types dopposition o chaque classe est
reprsente par une lettre majuscule et chaque compatibilit par une lettre minuscule
dont les traits communs sont en caractre gras et souligns.
A
I
B
d
C
II
D
f
E
III
c
F
Ceci nous donnera la reprsentation densemble :
I
II
III
Ainsi, nous partirons de cette typologie pour aboutir trois types de
classification verticale qui regrouperait priori des catgories morphologiques et/ou
morphosyntaxiques (type I), des catgories typiquement syntaxiques (type II) et des
catgories smantiques (type III) condition que les compatibilits communes soient
pour les deux derniers types dopposition moins importantes que les compatibilits
particulires car dans le cas contraire on recourrait une sous catgorisation.
19
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
II. Etat de la recherche dans le domaine berbre :
II.1. Ladjectif (qualification) :
Ladjectif est traditionnellement dfini comme le mot qui est joint au nom pour
exprimer la qualit de lobjet ou de ltre, ou de la notion dsigne par ce nom
(Dubois J. et alii. : 1994 : 16) et qui saccorde en genre et en nombre avec le dtermin.
Toutefois, cette dfinition fortement smantique, ne peut pas constituer un critre
pertinent et suffisant pour la constitution dune classe dadjectif. En effet, la question de
la dlimitation dune classe dadjectif est particulirement dlicate dans la description
des langues et lune des raisons qui maintienne leur dfinition en lair est du fait que cet
ensemble ne se dmarque pas des noms du point de vu formel et nest pas
syntaxiquement homogne. De nombreux travaux ont montr dans ce sens, quil est
impossible de proposer une dfinition gnrale de ladjectif en termes
morphosyntaxiques, mais quon peut tout de mme dgager de la comparaison des
langues du monde une notion dadjectif en observant que les langues tendent avoir
une classe de mots qui se distingue la fois (bien que rarement avec une gale nettet)
de la classe des noms et de celle des verbes et qui regroupe typiquement les mots
exprimant un certain type de proprit (Creissels D. : 2005 : 75).
Les principales tentatives de dlimitation de la notion dadjectif se basent sur un
principe dopposition qui essaye, tant bien que mal, de diffrencier les units
adjectivales tantt de la sphre verbale tantt de la sphre nominale. Les particularits
qui pourraient regrouper ces qualifiants dans une catgorie distincte ne se dmarquent
pas trop de celles des deux catgories fondamentales qui affichent clairement cette
distinction.
En berbre, ladjectif na pas t trait dune manire explicite et dfinitive
comme le sont, plus ou moins, les catgories du verbe et du nom. Pendant longtemps,
les chercheurs berbrisants Basset (1952 / 1957) et Galand (1960) ont trait sans mme
poser la question de son existence (aucun argument na t avanc dans ce sens) mais
tout en ladmettant, de la morphologie, de la smantique et de la syntaxe de ladjectif.
Ils ont sans doute travaill en rfrence la classification des monmes de la langue
franaise qui leur servait de base de description pour la langue berbre qui ne disposait
pas encore de chercheurs qualifis dans ce sens. Tout tait alors accept dans la
21
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
description dune langue orale et tous tentaient de remplir le domaine vierge de la
linguistique berbre.
En revanche, les travaux syntaxiques rcents se penchent plutt du cot de la
question de lexistence de cette classe avant sa description. A cet effet, deux thses ont
t avances : Pour Willms (1972), Bentolila (1981) et El Moujahid (1981), il nexiste
pas dadjectif qualificatif en berbre. Avec une description analogue celle propose
par Willms qui traduit la notion dadjectif par apposition, Bentolila (1981 : 346)
argumente : Certains noms, du fait de leur contenu smantique, sont souvent utiliss
pour qualifier un autre nom auquel ils sont apposs. Cest pourquoi certains auteurs les
appellent adjectifs qualificatifs. Mais rien dans leurs latitudes combinatoires ou dans
leur comportement syntaxique ne les distingue des autres noms. . El Moujahid, dcrit
des synthmes qualifiants qui drivent des verbes de qualit et dtat. Mais il avance
quon ne peut pas les classer dans une catgorie spcifique dtermine vu quils
naffichent aucune diffrence morphologique et syntaxique avec celle des noms.
Dautres, Penchoen (1973) et Chaker (1991) posent irrvocablement lexistence dun
adjectif qualificatif en berbre (du moins en berbre nord) qui constitue une sous
classe du nom et est identifi fondamentalement par sa syntaxe et secondairement, par
sa morphologie (signifiant). (Chaker S. : 1991 : 22).
Nous prsenterons ci-aprs, dans un ordre chronologique, les travaux raliss sur
ladjectif en berbre dans ses diffrents dialectes.
II.1.1. LAOUST E. (Le Siwi) : 1931 :
Laoust E. relve des adjectifs de formes comparables aux formes nominales qui se
placent la suite du nom dont il prend le genre et le nombre :
Izi azwar (Une grosse mouche).
Agmar amellal (Un cheval blanc).
Si dautres auteurs reconnaissent dans certains autres dialectes deux constructions de
ladjectif, le Siwi, lui, est dpourvu de moyen grammaticaux lui permettant de
distinguer ladjectif pithte de ladjectif attribut (Laoust E. : 1931 : 103). Lnonc
comme cal iqqura peut bien tre interprt par la terre sche ou la terre est
sche .
22
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
II.1.2. RENISIO A. (Les dialectes des Beni Iznassen, du Rif et des
Sanhaja de Srar) : 1932 :
Lorsque la qualit est exprime au moyen dadjectifs qui sont constitus de la
mme faon que les substantifs, ils saccordent en genre et en nombre avec le nom
auquel ils sont apposs, sans subir les modifications du rapport dannexion :
Yused waryaz amellal n tmart (Lhomme la barbe blanche vint).
La mme ide qualificative peut tre exprime aussi par une forme verbale participale :
A tarbat iceben (O fille jolie !)
Par ailleurs, lauteur signale que dans ces dialectes, des noms ordinaires peuvent
tre employs comme qualifiants appuys par la particule d qui leur donne la
construction attribut :
Aryazu d a$yul (Cet homme est un ne).
Cek d aryaz (Tu es courageux).
II.1.3. LAOUST E. (Le berbre Marocain du Haut et de lAnti
Atlas) : 1936 :
Le berbre Marocain du Haut et de lAnti Atlas traduit lui aussi lide
qualificative essentiellement laide de verbes dtat ou de couleur. Nanmoins, il
possde quelques expressions adjectivales en nombre limit et qui regroupent des
champs smantiques bien prcis : adjectifs de couleur, adjectifs dsignant des dfauts ou
des infirmits physiques. Ces adjectifs peuvent, selon lauteur, tre pithte : ayis
oumellil (un cheval blanc) ou attribut laide du verbe attributif eg qui saccorde en
genre et en nombre avec ladjectif : ayis-a iga oumellil (ce cheval est blanc).
Ceci dit, il faudrait peut tre vrifier ladquation de ces concepts transposs sur la
langue berbre.
Par ailleurs, la qualification est aussi assure par les participes qui, dans certains
parlers varient selon le nombre : sing. ivlan (tant noir) -
pl. vlanin.
sing. melloulen (tant blanc) - pl. melloulin
Et qui, dans certains autres parlers (parler du tazerwalt) revtit mme la forme fminine
au singulier et au pluriel :
masc. ivlanin (tant noir) - pl. vlanin
fm. tevlan (tant noire) - pl. vlantnin.
23
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
Cette variation du participe confirmerait lhypothse de lorigine participale des
adjectifs que nous avons mis partir des donnes du parler Ghadamsi.
II.1.4. LANFRY J. (Le Ghadamsi) : 1968 :
Le Ghadamsi, limage des autres dialectes berbres du Sud, ne possde pas
dadjectifs qualificatifs en tant que lexmes nominaux spcifiques mais, utilise les
participes des verbes de qualit.
Contrairement au participe connus dans les dialectes du Nord comme le Kabyle, le
Ghadamsi connat un participe deux genres au singulier et au pluriel commun aux
deux genres (Lanfry J. : 1968 : 332).
Ex :
Weggid itrecen (un homme sourd).
Weggiden trecenin (des hommes sourds).
Talta tetrecet (une femme sourde).
En gnral, le participe en Ghadamsi se forme comme suit :
Masculin singulier
: i radical en.
Fminin singulier
: idem
ou t radical et.
Fminin/masculin pluriel : radical in.
Lauteur affirme toutefois, que la forme du fminin tend tomber en dsutude
devant la forme masculine et que la forme du pluriel, dans certains cas demploi plus
compliqus au moins, parait cder le pas la forme unique du masculin singulier
(Lanfry J. : 1968 : 332), ce qui nous ramne donc aux caractristiques figes du
participe connu au Nord.
Par ailleurs, cette particularit daccord en genre et en nombre de ces participes
verbaux expliquerait sans doute leur capacit de qualification que nous retrouvons de la
mme manire chez les adjectifs nominaux des parlers du Nord et qui rpondent aux
critres gnraux de dfinitions de ces units. On supposerait peut-tre mme lorigine
participale des adjectifs qui aurait donn en parallle des participes invariables.
24
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
II.1.5. PENCHOEN T.G. (Parler dAit Frah de lAurs) : 1973 :
Bien avant S. Chaker, T.G. Penchoen, dans son ouvrage Etude syntaxique dun
parler berbre (Ait Frah de lAurs) :1973, apporte dautres dtails sur ce quil
appelle les noms adjectifs . Il les dfinit comme tant une catgorie lexicale qui
renferme un grand nombre de monmes exprimant, par rfrence un nominal (hors
situation), ce quon peut appeler une qualit (Penchoen T.G. : 1973 : 17). Il admet
donc disoler les adjectifs dans une classe spcifique et particulire, et sous-entend
quelle est bien diffrente des deux classes primaires du verbe et du nom mais nest
quune fonction secondaire.
Penchoen sest intress dans son article au positionnement de ladjectif par rapport au
nom quil qualifie. Ainsi, ladjectif ne peut-tre spar du nom quil dtermine que
par deux autres sortes de dterminants du mme nom. (Penchoen T.G. : 1973 : 17),
savoir :
a- Une modalit dmonstrative (dictique) : Ex. Zzman-agi aneggaru (ces derniers
temps). Sans doute parce que cet lment est dpendant du nom dont il ne peut
se dtacher puisquil est li directement lui laide dun trait dunion. Ils
forment dans ce cas un ensemble uni et indcomposable.
b- Une dtermination constitue du pronom personnel affixe suivi de ladjectif :
Ex.
Yewwet-it s ufus-is ayeffus.
(Il la frapp avec sa main droite)
L aussi, le pronom personnel affixe du nom ne peut en aucun cas se dtacher du
nom auquel il est li laide du trait dunion et ne peut aussi subir aucun
changement de position puisquil est, tout comme le dictique, postpos au nom
quil dtermine.
Ou suivi dun nominal,mais seulement condition que ce nominal ne soit pas son
tour dtermin par dautre chose et apparemment, condition aussi quil ne soit pas du
mme genre et du mme nombre que le nom dtermin par ladjectif. (Penchoen
T.G. : 1973 : 17).
Ex. Gma-s n teslit ameyan. (Le petit frre de la marie), pour ne pas crer confusion
avec : welletma-s n teslit tameyant. Car, ici, tameyant peut qualifier tislit et welletma.
Lauteur souligne dans ce cas, que laccord peut avoir la valeur de marque fonctionnelle
qui permet de rtablir les rapports sans quivoque.
25
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
Cependant, quand ladjectif suit directement le nom dtermin, laccord nest ici que
formel :
Ex.
Gma-s ameyan n teslit
Welletma-s tameyant n teslit.
A travers ces exemples, Penchoen inclut une tout autre caractristique syntaxique de
ladjectif en berbre. En effet, les deux positions possibles de ladjectif doivent tre
interprtes plutt comme une preuve du caractre trs autonome de ces monmes : ils
portent largement en eux- mmes avec ou sans accord la marque de leur fonction.
Ce nest pas tant laccord qui assure leur fonction mais le sens de ladjectif en
expansion li sa position par rapport au nom. (Penchoen T.G. : 1973 : 18).
Et cest ce niveau que rside toute la nouveaut de ladjectif apporte par Penchoen et
qui ne sera plus reprise par les autres linguistes qui lui succdent. Aucune recherche na
t entreprise dans ce sens pour confirmer ou infirmer la probable autonomie de
ladjectif en berbre.
II.1.6. PRASSE K.G. (Le Touareg du Tahaggart) : 1974 :
A la diffrence de tout ce qui a t dcrit dans dautres dialectes berbres, du point
de vu morphologique, ladjectif en Touareg ne prsente pas de diffrence fondamentale
avec les noms daction puisque la vocalisation est exactement la mme part
quelques distinctions secondaires, obtenues laide dun allongement vocalique a et
l. (Prasse K.G. : 1974 : 97). Sur le plan smantique, Prasse signale que ce qui
manque un nom daction pour le transformer en adjectif verbal, cest ce que nous
avons appel le sens singulatif par opposition au sens collectif. Il doit ncessairement
signifier un individu au lieu dune collectivit (Prasse K.G. : 1974 : 97).
Syntaxiquement ladjectif en Touareg est un substantif qui inclut en soi le complment
et le complt. Il dsigne gnralement un humain ou un animal ayant telle qualit :
am$ar : homme grand et pas uniquement grand .
Ces deux composantes de ladjectif en Touareg sont indissociables. On les
retrouve gnralement dans des dnomination / dsignation figes puisque dans les
situations ordinaires de qualification, ce dialecte recourt beaucoup plus aux formes
verbales participiales.
26
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
Ce recourt aux participes dans la majorit des situations de qualification a amen
Prasse soutenir le point de vu de Bentolila. Il admet cet effet, quil semble
invitable daccepter que ladjectif employ comme pithte tait primitivement un
substantif en apposition (Prasse. K.G. : 1974 : 98). Il appuie son adhsion lide
dapposition par le fait que le berbre ne possde pas dadjectifs primitifs, du moment
que ces qualifiants sont tous, dverbaux ou dnominaux. En cela, ils ne se distinguent
point des autres noms drivs (nom daction, nom dinstrument, nom dagent, ).
II.1.7. CHAKER S. (Le kabyle) : 1991 :
Chaler dfinit dabord ladjectif comme tant une sous-classe syntaxique du nom
puisquil partage tous les traits combinatoires et fonctionnels du substantif. (Chaker
S. : 1991 : 22).
Du point de vu morphologique, ladjectif accepte de la mme faon que le nom, la
variation en genre, en nombre et en tat quand son initial et sa structure le permettent.
Du point de vu syntaxique, ladjectif peut aussi assumer toutes les fonctions du nom,
savoir :
-
prdicat nominal : d a$ezfan (il est grand).
point de rattachement : a$ezfan ufus / n ufus (voleur).
Mais il a su reprer les points qui nous permettront de distinguer ladjectif du
substantif : en plus du fait quil est dterminant direct de substantif, ladjectif :
-
se positionne immdiatement aprs le substantif dtermin sans rupture tonale
ni pause ;
porte la marque dtat libre qui loppose au complment de nom 1 :
Axxam aberkan
(une maison noire). (adjectif)
Axxam uberkan
(la maison du noir). (dterminant de nom)
saccorde en genre et en nombre avec le dtermin (le substantif) :
Argaz ader$al (homme aveugle) / Tameut tader$alt (femme aveugle).
Irgazen ider$alen (hommes aveugles) / Tilawin tider$alin (femmes aveugles).
Dans sa thse consacre ladjectif, Oussikoum dnote dautres diffrences dont :
Pour OUSSIKOUM (2004), ladjectif prend la marque dtat dannexion lorsquil est substantiv. C'est-dire quil est employ comme nom. Nous prcisons, cependant, que seul certaines fonctions ncessitent
cet tat.
27
Partie I - Chapitre deuxime
-
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
la possibilit pour ladjectif davoir un complment de cause rgit par la
prposition s :
D adrar amellal s udfel
(une montagne blanche par la neige).
la possibilit pour ladjectif dtre modifi par un adverbe de degrs :
Ifelfel-a qerri mli.
(ce piment est trs fort).
Puis, dans le but de lever lambigut installe avec la description que Willms et
Bentolila ont faite de cette classe, Chaker prcise que ladjectif en berbre ne peut en
aucun cas tre dfini comme apposition, car, premirement, lapposition suppose la
rupture tonale, et il faudrait alors introduire un autre terme pour dnommer
lapposition avec rupture tonale qui existe, elle aussi, en berbre. (Chaker S. : 1991 :
24).
Gma, ameyan, yemmut.
Gma ameyan, yemmut.
(Mon frre, Ameziane, est mort).
(Mon jeune frre est mort).
Et secondairement, dans lusage gnral, lapposition peut concerner tout nominal
libre (substantif, nom propre,), alors que seul un sous-ensemble bien dlimit de
noms peut assumer la fonction de dterminant direct dun autre nom. (Chaker S. :
1991 : 25)
Chaker dfinit, ensuite, ladjectif comme une sous catgorie morphologique des
nominaux dverbatifs et accentue cette dfinition sur lexistence dau moins un schme
(-----an) qui est exclusivement une marque de ladjectif, homogne dun bout lautre
du monde berbre.
Aprs avoir apport des claircissements et des mises au point concernant les
analyses antrieures faites sur ladjectif, Chaker nous a mme prsent une description
diachronique de celui-ci. Pour ce faire, il sest essentiellement bas sur le parler touareg
qui comporte deux sortes de qualifiants : les substantifs ou noms qualifiants2 et les
verbes ou participes. Il nous propose ici danalyser la question de savoir si ladjectif
qualificatif tait une forme primitive ou une innovation, du moment o le touareg
recourt toujours au verbe (participe) pour la qualification alors que les dialectes du nord
2
Dnomination propose par Chaker et nomm adjectifs verbaux par Prasse. Ces adjectifs ont la
particularit dinclure en eux le complment et le complt, et dnomment le plus souvent des tres
vivants auxquels est attribue une qualit stable : amellal (animal blanc). (Chaker : 1991 P.29).
28
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
ont le choix entre le verbe et ladjectif. A partir de l, il trace une hypothse sur
lapparition de ladjectif en berbre comme suit :
1- substantif
dtermination verbale
2- substantif
substantif qualifiant (appos)
3- substantif
dtermination adjectivale.
Mais, le point de vue morphologique trait ci haut, lamne avancer une explication
inverse, il conclut donc que le berbre commun possdait bien des adjectifs et le
touareg en a perdu lusage en tant qutre syntaxique. (Chaker S. : 1991 : 30).
II.1.8. KOSSMANN M.G. (Parler berbre de Figuig du Maroc
Central) : 1997 :
Lauteur dcrit ladjectif comme tant une sous classe du nom qui est susceptible
dadmettre les trois marques du nom la marque dtat, la marque du nombre et la
marque du genre et qui peut tre employ dans tous les contextes o lon peut
employer un substantif (Kossmann M.G. : 1997 : 119). A partir de cette dfinition,
nous remarquons que Kossmann ne fait aucune distinction entre ladjectif et le nom du
point de vue morphologique et syntaxique. La diffrence principale rside selon
lauteur, au niveau smantique puisque ladjectif, contrairement au nom, peut tre
employ pour modifier un autre nom suivi des caractristiques morpho syntaxiques
daccord en genre et en nombre avec le nom qualifi qui lui impose ltat libre :
N uyis amellal (Du cheval blanc).
II.1.9. TAIFI M. (Le Tamazight du Maroc Central) : 2002 :
Par ailleurs, M. Taifi (2002), pose dune manire plus explicite et plus profonde la
question de la distinction attribut/pithte de la qualification adjectivale en berbre que
les autres linguistes nont trait que superficiellement. Il a tudi la construction
adjectivale en tamazight avec et sans la particule d .
Ex. (1) Agmar d awessar (le cheval est blanc)/arba d ameruc (le garon est intelligent)
(2) Agmar awessar (le cheval blanc) / arba ameruc (le garon intelligent).
Dans les deux exemples (1) et (2), les lments ameruc et awessar ont la mme
fonction dadjectif, mais dans la premire construction il est attribut et dans la seconde
29
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
il est pithte3. Taifi utilise la nomination expression rfrentielle (ER) pour dsigner le
nom qualifi, et expression prdicative (EP) pour dsigner le nom qualifiant.
Ainsi, lER sert designer des entits : agmar cheval , arba garon , etc. ; elle
a une fonction dsignative. LEP sert signifier des proprits : awessar vieux ,
ameruc intelligent , etc. ; elle a une fonction descriptive puisquelle dcrit les
qualits attribues aux entits dsignes par lER (Taifi M. : 2002 : 405). Cest donc,
la particule prdicative (PP) d qui permet la transmutation dun syntagme nominal
en une squence phrastique.
Ceci dit, la relation prdicative dans la construction avec la particule prdicative est
cependant de double nature : elle est attributive ou quative. (Taifi M. : 2002 : 405).
Elle est quative quand les deux expressions ou noms peuvent tre permuts sans que
cela ait une incidence sur le rapport didentification (Taifi M. : 2002 : 406).
Ex. :
(1) Argaz n Iu d gma-s n Mussa. (ER1+PP+ER2)
(2) Gma-s n Mussa d argaz n Iu ( ER2+PP+ER1)
Ceci dit, cette permutation induit un changement par rapport linformation. Dans
(1) lER1 vhicule un savoir partag (linformation connue) et ER2, la nouvelle
information non connue, et le contraire dans lnonc (2).
Ainsi, le test de permutation permet de distinguer les constructions ER+PP+ER
des constructions ER+PP+EP car dans cette dernire, la relation est attributive
puisquune proprit est prdique dune entit pour un effet descriptif ou de
qualification (Taifi M. : 2002 : 406). Tout en sachant que la permutation des
constituants de cette construction produit un nonc inacceptable :
Ex.
Agmar awessar
Awessar d agmar (vieux est cheval)
Leffacement de la particule prdicative engendre soit des noncs incorrects, soit des noncs corrects
mais qui ont un autre sens puisque, dans ce cas, le nominal qui suit la particule prdicative rcupre sa
fonction dadjectif pithte. Ex :
Yemmut lqayed d ame$bun (le caid est mort pauvre)
Yemmut lqayed ame$bun (le caid pauvre est mort).
30
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
Cependant, cette permutation est possible selon Taifi, si le sens prdicatif de
lexpression rfrentielle est opacifi4. Gnralement, ce type dinterprtation est
frquent dans les proverbes dont la caractristique est justement de neutraliser la
rfrence des expressions nominales ou des descriptions dfinies au profit de la
prdication dans son sens gnralement gnrique. (Taifi M. : 2002 : 408).
Taifi sest galement intress la transformation et au passage de ladjectif
attribut ladjectif pithte. Dans les cas o la suppression de la particule prdicative
d nengendre pas dnonc smantiquement et syntaxiquement faux, comme dans
les noncs suivants :
(1)
Yemmut lqayed d ame$bun. (qualification limite dans le temps).
(2)
Yemmut lqayed ame$bun.
(qualification permanente).
Dans (2), cest le procs dnot par le prdicat verbal yemmut qui constitue
linformation nouvelle, or, dans (1), cest la construction adjectivale d ame$bun qui
constitue cette nouvelle information. Ladjectif pithte dans (2), ne se rfre quau
nom lqayed , alors que dans (1), ladjectif attribut se rfre tout lnonc yemmut
lqayed . Ceci est plus perceptible en changeant la construction de la phrase avec la
thmatisation :
(1-a) Yemmut lqayed d ame$bun - Lqayed, yemmut d ame$bun.
(2-b) Yemmut lqayed ame$bun
Lqayed ame$bun, yemmut.
Ainsi, les noncs sans la PP peuvent donc, constituer une rponse une question
portant sur le rfrant ou lentit, sujet ou patient du prdicat verbal dans lequel
ladjectif pithte qualifie le nom auquel il se rapporte. Et les noncs construits avec la
PP constituent plutt une rponse la question COMMENT ? dont ladjectif attribut
dcrit ltat dans lequel se trouve le sujet au moment du droulement du procs ou la
situation dans laquelle il se trouve. (Taifi : 1994 : 412)
LOPACITE : est un phnomne de translation des expressions prdicatives en expressions
rfrentielles, trs connu dans la construction des noms propres et noms communs. Il sagit en fait dune
translation smantique qui consiste en la transposition dune unit lexicale du domaine de la qualification
au domaine de la description. Ainsi, la proprit dsigne par lexpression transpose devient opaque.
Ex.:
Win yettakren loar-is d a$eddar. (celui qui vole son voisin est tratre)
D a$eddar win yettakren loar-is (tratre est celui qui vole son voisin)
Cette construction (syntagme phrastique essentiellement) est frapp dopacit rfrentielle et ne
fonctionne plus comme description dfinie puisquelle ne renvoie pas un individu dtermin dans le
temps et dans lespace, cest juste le procs (lacte ou fait de voler) en tant que prdication qui est
actualis. (Taifi : 2002 : 410).
31
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
Via cette dernire construction de ladjectif qualificatif, Taifi en profite pour exposer
brivement un probable lien entre ladjectif attribut et le domaine notionnel de la
manire : ladverbialit .
II.1.10. TAINE CHEIKH K. (Le Zenaga) : 2003 :
Dans son article ladjectif et la conjugaison suffixale en berbre , Taine Cheikh
a essay de localiser une clase part entire dadjectifs en Znaga bien quil nen soit
pas le cas dans dautres parlers berbres.
Lauteur a recens trs peu dadjectifs qui constituent un groupe vestigiel. Ces
qualifiants regroupent des champs smantiques restreints des noms de couleur, des
caractristiques physiques et des dfauts ou infirmits. Ils dsignent des qualits
durables ou mme permanentes (). Nombreux cependant sont les cas o lon ne
trouve pas la forme adjectivale laquelle on pourrait sattendre . (Taine Cheikh K. :
2003 : 662).
Bien que lon ne puisse se servir du critre morphologique trop diversifi pour
isoler les adjectifs, certaines proprits les distinguent la fois de la classe des noms et
de celle des verbes. Du point de vu formel, ladjectif manifeste deux particularits :
dune part, la voyelle initiale de ladjectif ne salterne pas en passant du singulier au
pluriel comme il est le cas pour les substantifs. Dautre part, le fminin des adjectifs se
forme avec affixation de at (ralis ad) qui est diffrent de t (d) des substantifs.
Au niveau fonctionnel, ladjectif se distingue du substantif par le fait quil peut assumer
comme le verbe, la fonction prdicative sans copule (ad), alors que cette dernire est
obligatoire pour les noms. Dautres caractristiques dmarquent aussi les adjectifs des
formes verbales tout en les loignant encore plus de la sphre nominale.
Bien que la similitude entre ladjectif et le verbe soit importante en Znaga, il se
dmarque de celui-ci par le fait que la conjugaison de ladjectif est dpourvue de
prfixes et il existe une opposition smantique constante entre le sens statif de
ladjectif conjugu et le sens processif des formes verbales . (Taine Cheikh K. : 2003 :
666).
32
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
Pour rpondre la question de lexistence dune catgorie distincte dadjectifs,
lauteur sinspire des travaux raliss sur dautres dialectes berbres. Elle pose quatre
groupes de dialectes selon quils connaissent ou pas la classe adjectivale et la
conjugaison suffixale et partir duquel on distingue : les parlers sans classes adjectivale
ni conjugaison suffixale, les parlers conjugaison suffixale complte dont ladjectif est
proche du verbe, les parlers formes adjectivales distinctes dont il est au contraire
proche du nom et les parlers adjectifs et conjugaison suffixale qui regroupe des
adjectifs assez htrognes la fois distinct et proche de chacune des deux classes.
En sappuyant sur ces rsultats et les travaux de D. Cohen sur la morphogense
des formes verbales dans les langues chamito-smitiques, Taine Cheikh K. suppose une
classe intermdiaire dadjectifs caractre verbo-nominal qui regroupe les particularits
combinatoires des noms (les marques de variation en genre et en nombre) et les
marques formelles des verbes en particulier le suffixe (e)n du participe qui serait
aujourdhui reconnu comme un schme typiquement adjectival.
II.2. Ladverbe (autonome) :
Le terme dadverbe nous vient du Latin adverbium qui signifie auprs du
verbe qui lui est un calque du Grec epirrhema . A linstar de ladjectif, beaucoup
de linguistes ont mnag leurs efforts pour faire sortir ladverbe du flou qui lentoure. Il
est aujourdhui difficile de poser une dfinition complte et positive de cette notion.
Ladverbe est vulgairement dfini comme le mot qui accompagne le verbe ou un
adjectif ou un autre adverbe pour en modifier ou en prciser le sens () la catgorie
traditionnelle de ladverbe groupe en ralit des mots qui nont de commun que
linvariabilit (Dubois et alii : 1994 : 19). Ce sont des units qui servent
essentiellement situer dans le temps, dans lespace et selon la manire des entits
diverses.
Par ailleurs, il est souvent dfinit dune manire ngative et dsigne toute unit
quon ne peut mettre ailleurs. Ladverbe selon Creissels, est tout au plus une faon
commode de dsigner les mots qui, pour une raison ou une autre, ne se rangent de
manire vidente dans aucune des autres classes de mots (Creissels D. : 2004 :
33
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
Chapitre IV : 01). Tout comme ladjectif, pour dfinir ladverbe, on ne peut se rfrer
une description interne qui concerne directement ces units. Faute de caractristiques
spcifiques apparentes, on cherche ailleurs identifier les points distinctifs qui
imposeraient de les isoler dans une classe particulire bien quelle ne le soit pas au
mme titre que celles des noms et des verbes.
Quant leur structure interne, outre lorganisation classique qui identifie des
adverbes de temps, de lieu, de manire, , de son ct, Mahmoudian distingue trois
types dadverbes en rfrence au point dincidence :
1- Les adverbes qui peuvent dterminer un syntagme.
2- Les adverbes qui ne peuvent pas dterminer un syntagme.
3- Les adverbes qui peuvent dterminer un syntagme ou un constituant dun
syntagme.
Toutefois, bien quil est difficile de cerner le comportement des adverbes qui
chevauchent entre diffrentes classes, ils ont en commun les traits suivants :
-
Ils ne sont pas dterminables comme les noms et les verbes. Ils ont ce trait en
commun avec les adjectifs.
Ils peuvent dterminer les monmes de la classe des verbes et ne dterminent
les noms que dans des conditions particulires.
Ils se dterminent les uns les autres mais avec des restrictions spcifiques. La
majorit des adverbes ne connaissent pas la ngation parce quils sont souvent
conus en opposition : toujours - jamais
Dans le domaine berbre, Chaker S. (1983), Basset A. (1952) et Galand L. (2002)
demeurent les seuls avoir soulev la problmatique de linstabilit du comportement
des units quon peut qualifier dadverbes. Loin dignorer cet aspect, les autres
grammairiens et linguistes qui ont travaill sur le berbre dans ses diffrents dialectes,
ont prfr sarrter de simples descriptions trs souvent inspire de la grammaire
franaise.
34
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
II.2.1. BASSET A. (Le Kabyle) : 1952 :
Basset sest particulirement intress lorigine des adverbes et des locutions
adverbiales et sest pass des descriptions et des typologies traditionnelles. Ayant
constat que certains noms ltat libre peuvent reprsenter des adverbes dans leur
fonction, il a centr son analyse sur la composante des adverbes et essentiellement les
dterminants temporels et locatifs.
Aprs avoir suppos un ddoublement fonctionnel, puis un glissement smantique
qui se penche vers linexistence de la catgorie adverbiale, il explique travers
lexemple ass-a (ce jour-ci) dont le nominal ass accompagn du dictique a ,
et attest en dehors du compos, quon peut bien supposer lexistence dune classes
dadverbes qui serait en majorit forme par adverbialisation.
Par ailleurs, outre lorigine nominale de la base des adverbes, dautres sont
constitus avec des formes verbales figes. Lexemple drus en kabyle dont le verbe
idras attest dans un autre dialecte, tmoigne de ce passage vers ladverbe. Dautres
encore, auraient connu une adverbialisation complte favorise par la tendance
lvolution et la disparition des bases verbales.
Basset conclu que le systme adverbial du berbre ne se prsente pas comme un
systme originellement autonome, mais comme constitu secondairement et
progressivement, de faon disparate et suivant un rythme gographiquement ingal, en
partant de noms, de dmonstratifs, de verbes et demprunts (Basset A. : 1952 : 42).
II.2.2. LANFRY J. (Le Ghadamsi) : 1968 :
Dans son tude linguistique et ethnographique sur le ghadamsi, Lanfry rsume
lide de la dtermination adverbiale sous le titre de la localisation. Il na abord que les
adverbes de lieu sous ses diffrentes expressions : o lon vient, do lon vient, o lon
va quil met en troite relation avec lide dmonstrative.
Les adverbes de lieu en ghadamsi peuvent tre accompagns par des prpositions
qui marquent la provenance ou la direction, mais ces complexes adverbiaux ne sont que
trs rarement employs devant les principaux adverbes sans prposition :
35
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
Da / addet : pour la proximit.
Denn / dannet : pour lloignement.
Din : en rfrence un lieu mentionn ou connu.
Dawi : l-bas.
Bien que denn est employ pour lloignement, il est distinguer de dawi puisque
le premier ne semploie que pour dsigner le lieu loign o se trouve une personne
ou une chose (Lanfry J. : 1968 : 365), et le second dsigne le lieu loign uniquement.
II.2.3. PENCHOEN T.G. (Parler dAit Frah de lAurs) : 1973 :
Penchoen a consacr un chapitre entier ltude des complments directs
autonomes qui se manifestent sous diffrentes formes (monmes ou syntagmes) et qui,
pour certains, peuvent tre en expansion autonome de virtuellement nimporte quel
prdicat, dautres napparaissent comme autonomes, que dans des contextes trs
limits . (Penchoen T.G. : 1973 : 133). Il distingue donc, certains monmes de la classe
des noms ayant la capacit dassumer la fonction dautonome et la classe adverbiale.
I. Les noms autonomes : ils regroupent plusieurs ensembles diffrencis sur le plan
smantique.
I.1. Les complments allatifs : ces noms dsignent des emplacements ou des
lieux. Cependant, ils ne doivent leur caractre autonome qu des contextes trs limits
qui imposent la prsence dun verbe de dplacement et labsence dindicateur de
fonction. Toutefois, le dialecte ne semble pas faire un grand usage de lautonomie
virtuelle de ces noms : ittuiia yudan abrid (Il ramne les gens au/dans le droit chemin).
I.2. Noms autonomes de temps : ces noms exprimant le temps sont trs frquents
et apparaissent souvent dtermins car dans le cas contraire, ils ncessite la prsence
dun fonctionnel qui, par consquent, leur rend leurs caractristiques nominales
ordinaires.
Ex : errzen-hen d-ass ne$ d yiv (Ils les surveillent jour et nuit).
Les noms autonomes de temps font partie des paradigmes qui expriment la dure, le
point dans le temps o se place le fait ou la priodicit (noms ou syntagmes dsignant
un jour de la semaine, un mois, une fte, priodiques).
36
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
I.3. Complments autonomes doccurrence : ce sont des noms employs pour
prciser, de faon indfinie dans le temps loccurrence du processus exprim par le
verbe soit le nombre de fois, soit la nature dune des occurrences . (Penchoen T.G. :
1973 : 139). Ils sont le plus souvent dtermins par un numral.
Ex :
ittas-d remvan ioo n tugg i useggas (Le Ramadan a lieu une fois par an).
I.4. Noms autonomes de mesure : ils sont moins nombreux que les prcdents. Ils
expriment des notions de mensuration spatiale et ne peuvent accompagner quun
nombre restreint de verbes dsignant des mouvements mais non exclusivement.
Ex : beiden iecra ne$ tnac n i$allen (Ils sont une distance de dix ou douze coudes).
II. Les adverbes : ce sont des monmes qui nont dautres fonctions que celle
dautonomes. Ils peuvent tre regroups, dune part, selon les lments avec lesquels
chaque monme entre dans un rapport dexclusion dans la chane, dautre part sur le
niveau auquel il peut dterminer . (Penchoen T.G. : 1973 : 140).
II.1. Autonomes quasi aspectuels : ils accompagnent le prdicat verbal pour en
augmenter les possibilits de prcision aspectuelle. Ils sont souvent mis contribution
pour marquer le rapport dans le temps entre des prpositions indpendantes
juxtaposes (Penchoen T.G. : 1973 : 141).
Ex :
tiebba, iemmel, nkemmel-asent (Les grains, nous les avons presque termines).
II.2. Autonomes quantitatifs, de degr et de qualit : ils dterminent le plus
souvent des noms adjectifs et sauto dterminent entre eux.
Ex : tirag rri (Elle est un peu amre).
Ssaiat ne$ kter qli (Une heure ou un peu plus).
II.3. Autonomes temporels : ils constituent un paradigme temporel du point dans
le temps abord avec les noms autonomes de temps.
Ex :
utli$-awen-d fell-as zik (Je vous en ai parl prcdemment)
II.4. Autonomes dmonstratifs : ils sont tymologiquement forms partir des
dmonstratifs et jouissent dune grande capacit de dplacement. On distingue les
autonomes de lieu proprement dits qui sont initial d (da : ici
37
dagg : ici
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
mme), les autonomes de point dorigine ou de passage forms avec ssi et un
lment dmonstratif (ssiya : dici - ssidin : de l, ) et ceux du point daboutissement
awr (awra : vers ici - awrdin : vers l-bas, )
II.5. Autonomes divers : ceux-ci nappartiennent aucun paradigme prcis : berk
(seulement), uglan (dabord), da$ (encore),
En outre, Penchoen dtermine un autre ensemble dautonomes quil qualifie de
dterminants de syntagmes auquel il a consacr une analyse morphologique et
smantique plus dtaille. Leur point dincidence nest pas uniquement un nominal ou
un prdicat verbal mais aussi un syntagme entier : awalay (surtout), daya (cest tout),
qu (tout fait) Certains dentre eux peuvent mme constituer un syntagme
prdicatif non verbal.
Ex : Ma illa dug gvav as-teqqes, d aya ay sehlen (Si cest au doigt quil a t piqu,
cest tout ce quil y a de plus facile).
Toutefois, ces autonomes peuvent, par ailleurs, tre interprts comme des connecteurs
reliant deux propositions.
II.2.4. BENTOLILA F. (Parler dAit Seghrouchen dOum Jeniba :
Maroc) : 1981 :
Avant dexaminer les units quil dsigne comme adverbes, Bentolila signale
dabord lhtrognit de cet ensemble dans lequel il introduit plusieurs sous
ensembles : ladverbe de ngation, les adverbes interrogatifs, les adverbes de
comparaison, les adverbes compatibles avec les prpositions, les adverbes non
compatibles avec les prpositions et les adverbes as et li (seulement). Chaque groupe
est
minutieusement
dcortiqu et
analys
dans
sa
forme,
sa
composante
(synthmatique), ses valeurs, sa combinaison dans lnonc,
Dans la partie rserve la syntaxe, lauteur aborde les expansions autonomes qui,
selon lui, sont assures par les adverbes ou les nominaux.
Dans lensemble des adverbes, il a identifi des adverbes de temps, de lieu et de
quantit et dfend particulirement les adverbes de manire/qualit du type qdidi (tout
nu). Bien que ceux-ci peuvent dterminer un nominal, particularit des adjectifs,
38
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
Bentolila insiste sur leur caractre adverbial : ri$ ioo uryaz qdidi (Jai vu un homme
tout nu).
Par ailleurs, la fonction dautonome peut aussi tre assure par quelques nominaux
indiquant le plus souvent le temps. Frquemment, ces nominaux sont accompagns par
le dmonstratif u (ce) qui, gnralement, constituent ensemble un synthme fig : ivu
(aujourdhui) qui soppose iv (la nuit). Le signifi nest donc pas le rsultat de
laddition des deux lments : asu ne signifie pas ce jour-ci mais actuellement ou
de nos jours . Nanmoins, dautres adverbes de mme construction sont traduits par
la somme du nom et du dmonstratif : aseggas-u (cette anne).
Certains nominaux qui assurent la fonction dautonome sont conditionns par la
prsence dun des dterminants suivants : dmonstratif, nom de nombre, complment
dterminatif ou une combinaison de ces dterminants. Ex : suq wis nat iwc ca (Au
deuxime souq, il donne quelque chose),
Cependant, dautres noms nont pas besoin de dtermination pour fonctionner
comme autonomes. Il sagit notamment des nominaux qui ne se construisent pas avec
i/di (dans) : imal (lanne prochaine), asenna (hier) qui ont les particularits
nominales et qui peuvent, en outre, apparatre dans les mmes fonctions que les noms
ordinaires. Et des nominaux qui se construisent avec i/di (dans) qui sont dune
autonomie moins importante soit parce quils apparaissent aussi souvent seuls
quaprs la prposition i/di, soit parce quils ne peuvent fonctionner comme autonomes
quen tte dnonc (Bentolila F. : 1981 : 275). Cet ensemble regroupe les noms des
saisons, des jours de la semaine, des mois, des parties de la journe,
II.2.5. CHAKER S. (Le Kabyle) : 1983 :
En 1983, Chaker S. consacre tout un chapitre de sa thse aux units qui se
chargent elles-mmes dindiquer leur fonction quil rassemble sous ltiquette
dautonomes. Ces derniers sont fondamentalement identifis par labsence de marque
formelle de liaison syntaxique sur laxe syntagmatique. Cette autonomie entrane une
capacit de dplacement dont les degrs varient selon les types dautonomes (voir plus
loin). Et sur laxe paradigmatique, par la possibilit de commutation avec des
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Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
syntagmes dont la relation au prdicat est assure par des indicateurs de fonctions
explicites.
Comme dans beaucoup de langues, en berbre les autonomes, souvent dcris par
leur aspect de fourre tout, constituent un ensemble foisonnant difficile structurer
(Chaker S. : 1983 : 439) qui regroupe des units disparates appartenant diverses
classes. Par consquent, il est difficile de cerner les autonomes dans une catgorie
indpendante et homogne.
Toutefois, Chaker a essay dnumrer quelques critres distinctifs qui lont
amen tablir une classification diversifie lintrieur mme des autonomes :
1- Spcificit non spcificit : il y identifie dune part, les autonomes spcifiques
qui, par nature, ne connaissent dautres emplois que celui de dterminants
autonomes. Et de lautre, les autonomes non spcifiques qui sont presque
toujours antrieurement identifis dans la classe des noms avec lesquels ils
partagent la totalit ou une partie des compatibilits.
2- Incidence et dplaabilit : il en dtermine aussi deux ensembles. Le premier
comporte les autonomes incidence large qui dterminent lnonc entier. Cette
incidence leur acquiert des latitudes de dplacement trs grandes. Le second est
constitu dautonomes incidence troite qui ne dterminent quune seule unit
(prdicat ou expansion). Leur capacit de dplacement est limit voire nulle car
ils ne peuvent tre loigns de leur point dincidence sans modifier le sens ou la
structure de lnonc.
A partir de ce systme dopposition, Chaker identifie trois types dautonomes :
1- Autonomes spcifiques incidence troite (adverbes) : ils constituent un
ensemble restreint et ont, pour la plupart, une forme nominale qui leur donne un
caractre particulier les situant la limite entre le lexical et le grammatical. Ces units
sont des unifonctionnels stricts : elles nont aucun recoupement, ni avec les nominaux
(malgr le signifiant de certains dentre elles), ni avec les fonctionnels (Chaker S. :
1983 : 444). Ils sont pluri nuclaires puisquils dterminent le prdicat(oide) verbal ou
nominal, ladjectif, un autre dterminant autonome et regroupent gnralement des
dterminations de manire ou daspect.
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Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
2- Autonomes non spcifiques : ces units appartenant aux ensembles quantitatif,
locatif et manire peuvent dterminer comme les adverbes diffrentes units. Toutefois,
une partie de ces autonomes peut, en outre, occuper les fonctions du nom lexception
de celle de prdicat. Ainsi, ils peuvent tre considrs comme des substituts. Par
ailleurs, on identifie aussi dans ce type dautonomes les temporels qui dterminent la
phrase dans son ensemble, jamais un monme isol (Chaker S. : 1983 : 447). Ils ont
les particularits combinatoires des noms et peuvent ainsi, assurer toutes les fonctions
de ceux-ci. Une partie de ces autonomes est en voie de grammaticalisation puisquelle
apparat comme monme fonctionnel.
3- Autonomes spcifiques incidence large (connecteurs) : ils forment une
catgorie indpendante et dterminent toujours lnonc entier. Ils ont un rle de
coordination / subordination mais leurs trs grande dplaabilit interdit de les
considrer comme de vritables monmes coordonnants ou subordonnants (Chaker
S. : 1983 : 450).
II.2.6. GALAND L. (Le berbre du Djebel Nefousa) : 2002 :
Dans son article sur le dialecte Nfousi, Galand sest intress aux interfrences
quil a dceles entre les adverbes de lieu qui dessinent une certaine organisation de
lespace et les pronoms personnels qui situent le locuteur dans ce mme espace. Ces
glissements bidirectionnels quaucun linguiste na signals dans dautres dialectes, ne
seraient, en fait, pas une particularit de ce dialecte berbre mais lauteur a soulev le
mme phnomne dans dautres langues tel le Latin, le Germanique, lAnglais, o la
srie adverbiale est souvent prfre aux pronoms personnels ou dmonstratifs.
En Franais, par exemple, Galand dmontre comment y (ici) et en (de l)
fonctionnent comme adverbe assurant la distinction entre anim et inanim : jy gote
(je gote cela) et je le gote (je gote cela), ou, jy crois (je crois cela) et je le crois
(je crois cela). Plus explicite encore, les langues germaniques compltent laide
dadverbes les paradigmes des pronoms personnels (Galand L : 2002 : 189) :
davon (de l) simpose souvent la place du pronom personnel ou dmonstratif
correspondant eux/ils : Ex : Er hat vier kinder, das jungste ist das klugste davon. (Il
a quatre enfants, le plus jeunes dentre eux est le plus intelligent).
41
Partie I - Chapitre deuxime
Etat de la recherche dans le domaine berbre.
La description qua fait Galand des mutations dunits est principalement fonde
sur la gense des pronoms personnels de litalien ci/ne (nous) et vi (vous) qui
remonterait aux adverbes de lieu du Latin ecce et ibi . De mme que lindo
europen qui ne possdait pas de pronom personnel pour la troisime personne stait
servi des adverbes au mme titre que il du Franais qui nest que le passage du
dmonstratif ille du Latin vers un pronom personnel.
Toutefois, Galand se montre prudent quant lemploi des adverbes la place des
pronoms personnels en prcisant que lintrusion de ladverbe dans les paradigmes
pronominaux nentrane pas ncessairement quil cesse dtre usit comme adverbe ou
quil limine compltement le pronom auquel il vient faire concurrence (Galand L. :
2002 : 188).
Par ailleurs, le berbre du Djebel Nefousa manifeste ces glissements dans les deux
sens. Dune part, il nous montre comment un syntagme compos dune prposition et
dun pronom personnel peut jouer le rle dun localisateur. Lemploi de dis qui est
compos du pronom s et de la prposition di (dans) comme adverbe et frquent
dans ce parler mme lorsque le pronom s ne renvoie aucun autre terme du
contexte : Ex : Dis wesser $ares sebia n ara (dans lui/l alors, un vieillard chez lui sept
fils il existait un vieillard qui avait sept fils). Dautre part, le transfert seffectue plus
couramment en sens inverse, les adverbes compltent le systme des pronoms
personnels. Certains localisateurs sont employs dans des contextes qui renvoient des
indicateurs personnels. Le locatif gis (en lui/en elle) ralis gid dans un autre
parler, est substitu par $id (ici) pour prendre le mme signifi que gis . Enfin,
cette contamination de gis par $id na t rendue possible que par la
similitude de certains emplois. (Galand L. : 2002 : 190).
42
Partie II
Reconstitution formelle
Avant dentamer la partie rserve aux chevauchements inter catgoriels et
constituant le cur de notre tude, nous devrons dabord essayer dclaircir
lappartenance catgorielle des deux ensembles qui prsentent ces transferts. Au fait,
avant de cibler les contextes et les conditions de la fluidit catgorielle des adjectifs et
des adverbes, nous sommes tenus de partir dune appartenance prcise de rfrence qui
sera le point de mesure de ces carts : nous naurons pas pu dtecter ces
chevauchements si, linitial, ces units navaient pas une appartenance catgorielle
plus ou moins prcise. Ainsi, partant du fait que ces cas dcarts ne se manifestent que
sur laxe syntagmatique et jamais hors contextes et que ceux-ci sont trs diversifis et
instables, nous dduisant que les caractristiques initiales de chaque ensemble ne
peuvent tre identifies que dans des contextes stables et indpendamment des contextes
dans lesquels ces units apparaissent. Ceci dit, hors contexte, seuls les critres
morphologiques voire peut tres quelques critres morpho syntaxiques, peuvent tre
tablis et ceci rpondra la premire segmentation dordre morphologique.
Dans cette partie, nous dterminerons donc les proprits morphologiques des
units de chaque groupe travers une reconstitution formelle de leurs constituants
respectifs. Cette dmarche pralable nous permettra didentifier le segment auquel sera
affili chacun. Toutefois, certains ensembles peuvent paratre rebelles une
classification morphologique et ncessite lintervention dautres critres syntaxiques ou
mme smantiques. Cependant, nous pourrons aussi isoler les cas qui ne se soumettent
pas la segmentation pr tablie : noms verbes, pour quils constituent justement
dautres segments indpendants au mme titre que ceux-ci et qui seront par la suite
rorganiss en rfrence aux autres critres syntaxiques et smantiques que nous
aborderons dans la seconde partie.
44
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
I. Reconstitution formelle des adjectifs :
I.1. Procdures de formation des adjectifs en kabyle :
Comme tout autre substantif, ladjectif est lui aussi un driv verbal ou nominal. Il
est form avec diffrentes manires sur des bases presque toujours vivante et exprimant
ltat et la qualit, mais ceci ne suppose pas que toutes les bases acceptent la formation
dun adjectif.
I.1.1. La drivation :
Parmi les procdures de formation des adjectifs en berbre comme en chamito
smitique, la drivation dtient la premire place avec 84,57 % selon notre corpus. Ils
sont en majorit forms sur une base verbale vivante et une minorit dcoule dune base
nominale. On distingue deux types de drivation : la drivation expressive (de manire)
et la drivation grammaticale (dorientation syntaxique).
I.1.1.1. La drivation expressive :
Aprs avoir dfini la drivation dans son sens gnrique, nous la traiterons ici plus
en dtail en rfrence ladjectif et sous toutes les formes dans lesquelles elle peut se
manifester.
La drivation expressive est trs peu utilise aussi bien dans la formation des adjectifs
que dans la formation des verbes expressifs ordinaires. Elle est trs peu productive voir
mme non productive dans le domaine des adjectifs mme si les schmes qui la
constituent sont bien nombreux.
Plusieurs procds sont attests dans la formation des drivs expressifs :
1- Le redoublement de la racine :
a) Redoublement complet.
b) Redoublement partiel.
2- Laffixation :
a) Prfixation : b- ; k- ; lu- ; cku- ; c- ; j- ; lu- ;
b) Infixation : -- ; -k- ; -m- ; -w- ;
c) Suffixation : -c ; - ; -y(t) ;
3- La combinaison :
a) Prfixation et redoublement.
46
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
b) Prfixation et infixation.
c) Prfixation et suffixation.
d) Infixation et suffixation.
4- Allongement vocalique et tension consonantique (sur base nominale).
A travers le corpus recueilli, nous avons pu dgager une poigne trs peu
nombreuse dadjectifs forms par drivation expressive. Ce nombre (03,89 %) est
pertinent et explicatif du moment que ladjectif lui-mme assure une fonction
smantique de la qualification (ltat et la qualit) qui est aussi le domaine des drivs
expressifs. Ainsi, ce genre dadjectifs dnote une intensit de la qualit plus expressive
que les autres adjectifs que nous verrons plus loin.
Mais il est aujourdhui trs difficile de dterminer, si ce nest travers une tude
diachronique, les bases de certains drivs expressifs puisquelles ne sont plus attestes
en synchronie et un quelconque rapprochement serait sans doute, dans ces cas, une
initiative personnelle et parfois hasardeuse (on associe gnralement les drivs dont la
racine nest pas atteste, des bases qui comportent peu prs les mmes consonnes
dans un mme ordre, or il existe des racines homonymiques : imli donne deux adjectifs
bien diffrents : amelan (beau) et amelan (sal). Pour viter de tomber dans les
mmes erreurs et de suspendre notre tude sur le probable et le hasard, nous nous
sommes contents de relever les adjectifs dont les bases sont bien attestes en
synchronie.
Les diffrents procds relevs :
1- Redoublement
a) Redoublement partiel : aleqluq
ilqiq
ameciu
amecu
amau
imi
adeimamac
imu
abehlul
buhel
aberqaqac
berqec
aceirur
ccier
47
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
2- Affixation :
a) Suffixation : abeKuc
ibki
akeluc
kel
b) Prfixation : abelheddar
hder
abergaz
argaz
c) Infixation : aqedlala
qlile
3- Combinaison : prfixation redoublement partiel suffixation : adeimamac imu
Nous constatons donc que le redoublement partiel de la racine est la procdure la plus
importante dans la formation des adjectifs que nous pouvons appeler adjectifs
expressifs en rfrence la drivation expressive. Cette procdure regroupe galement
le plus grand nombre des drivs de manire. Ceci dit, il est trs indispensable de
signaler que pour la quasi majorit des adjectifs expressifs, on atteste dautres adjectifs
drivs des mmes bases (avec une drivation grammaticale). Ainsi, pour une mme
racine, nous obtenons deux adjectifs diffrents : le premier est un driv grammatical et
le second (expressif) est un surdriv1 du premier, ce qui lui octroi la force dune
expressivit suprieure et plus intense.
Ex.
qlile
aqlala
aqedlala
Berqec
aberqac
aberqaqac
Par ailleurs, nous avons identifi un adjectif particulier que nous pouvons analyser de
deux manires, il sagit de ladjectif abel$ezfan .
Dabord mettons nous daccord sur le fait quil y a bien une diffrence entre cet adjectif
et ladjectif abelheddar car le premier drive de la base i$zif qui ne contient pas
le suffixe "an" et le prfixe "abel" alors que le second hder ne contient que llment
prfix "abel".
Ainsi, deux explications sont possibles pour dterminer la procdure de formation de ce
genre dadjectif : Si nous omettons lanalyse faite plus haut pour les autres adjectifs
1
Dans le cas des adjectifs, il nous apparat que la surdrivation est trs probablement le premier critre de
la formation des adjectifs expressifs car il est trs difficile de dterminer ce genre dadjectifs notamment
ceux drivs par prfixation, puisquils sont forms par la mme procdure que les adjectifs drivs
grammaticalement et en smantique, tous les adjectifs assument le sens de lexpressivit. Nous concluons
donc que les adjectifs expressifs sont utiliss pour apporter un trait smantique expressif au trait dj
exprim par sa base c'est--dire, le premier adjectif driv.
48
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
expressifs (aqedlala) et que nous nous basons uniquement sur les procdures gnrales
de formation des drivs expressifs (tales en tte du sous-titre), nous dirons alors quil
sagit dune combinaison : prfixation et suffixation :
i$zif
Ex.
abel$ezfan.
Cependant, ceci nous amnera, dune part ngliger le lien smantique et
morphologique trs troit qui existe entre le premier adjectif driv "a$ezfan" et le
second "abel$ezfan", donc ngliger le phnomne de la surdrivation qui existe belle
et bien en berbre, et dautre part, accepter lexistence de deux ou plusieurs adjectifs
issus dune seule et mme base, sachant que le second driv comporte en lui le premier
adjectif driv, sans nuances smantiques entre eux (nous ne parlons pas l des
diffrentes variations).
Ex.
i$zif
a$ezfan
abel$ezfan
Appuy essentiellement par les deux raisons cites, nous optons pour la seconde version
car la combinaison dans la drivation expressive exige linsparabilit des deux
procds combines dans la formation du driv : a$ezfan existe bien sans le prfixe
"abel" alors que les drivs expressifs (avec combinaison) tel deimumec de la racine
imu ne pourraient exister avec un seul des deux affixes.
Un autre genre dadjectifs suscite galement une attention particulire. Ainsi,
aberqaqac peut aussi faire lobjet de deux analyses diffrentes encore plus loigne
lune de lautre :
- Il peut tre interprt comme un driv ou un surdriv expressif tenant compte de la
racine de drivation :
berqec
aberqac
aberqaqac.
- Ou comme un driv grammatical si la base verbale retenue est celle du driv
expressif (verbe) dont ladjectif dcoule :
berquqec
aberqaqac.
I.1.1.2. La drivation grammaticale :
Cest de trs loin la procdure la plus importante dans la formation des adjectifs en
berbre qui regroupe 96,11 % des drivs aussi bien sur base verbale que nominale. En
thorie, toute base verbale qui implique lide de proprit et dtat est susceptible den
driver un adjectif, mais en pratique, certaines formes verbales du domaine de la qualit
ne produisent pas des adjectifs. Ce phnomne serait sans doute conditionn par des
causes, reste donc les cerner: ames (tre sale)
49
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
Avant daborder les deux aspects de cette drivation, nous tenons dabord dterminer
et rcapituler les points de divergence entre celle-ci et la drivation expressive pour
faciliter lassimilation de la premire.
La drivation grammaticale
La drivation expressive
- Elle concerne les rapports entre le - Elle ne change rien aux rapports existant
prdicat verbal et les participants (sujet et entre le verbe et les participants de
objet).
laction.
- Elle relve plus de la syntaxe car elle - Elle relve de la smantique pour
change les rapports du verbe.
apporter un ou plusieurs traits smantiques
au prdicat verbal.
- Elle appartient la grammaire.
- Elle appartient plus, au lexique.
- Les drivs dorientation constituent un - Les drivs expressifs constituent un
paradigme ferm et trs restreint.
paradigme assez- vaste
- Elle se forme laide de prfixation de - Elle se forme avec diffrents procds en
morphmes
en
distribution distribution alatoire.
complmentaire.
- Ces drivs sont bien attests en - Cette drivation est plutt une donne de
synchronie.
la diachronie.
- Les morphmes dorientation sont - Les schmes expressifs sont dune
vivants et dune productivit leve.
productivit faible voire nulle.
50
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
Comme tous les autres substantifs, les adjectifs sont aussi drivs sur les deux bases :
I.[Link]. La drivation base verbale :
Ces adjectifs sont trs nombreux et reprsentent 93,17 % des drivs
grammaticaux. Ils sont le plus souvent forms partir de verbes dtat sur la base de 12
schmes principaux2 relevs partir du corpus recueilli :
I-
Schme : a/i/u :
Cest le schme le plus productif dans la formation des adjectifs grammaticaux. Il
se combine avec des bases verbales bilitres, quadrilitres et fondamentalement
trilitres.
Ex.
Cmume
acmama.
ebber
aebbar.
Rre
urri.
Quand la voyelle "i", nous navons identifi quun seul adjectif igellil dont la base
nest pas atteste. La prfixation dune des trois voyelles, se manifeste dans les sous
schmes :
ac1C2vc3
ac1Wac2
zux
azewwax
ac1c2vc3
iullev
ailuv
ac1vc2vc3 :
ggugem
agugam
ac1uC2ic3 :
kuffet
akuffit
ac1c2c3vc4 :
der$el
ader$al
ac1c2ac3ac4 :
diqer
adaqar
ic1ic2c3
iqer
iiiqer
aC1vc2
uc1c2ic3
$der
a$eddar
ooel
:
:
aooal
fcel
ufcil
La majorit des bases verbales qui forment ce genre dadjectifs sont initiale
consonantique, mais, nous avons dtect quelques unes qui sont initiale vocalique, et
2
Nous vous renvoyons lannexe II corpus 1 pour plus dexemples et aux tableaux rcapitulatifs pour
plus de dtails.
51
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
l, nous ne parlerons plus de prfixation dune voyelle mais dalternance de la voyelle
initiale :
Ex.
II-
i / a : ilqiq
aleqqaq.
i / u : i$zif
u$zif.
Schme : am / im / an / ims / abu .. :
Les adjectifs forms avec ces prfixes sont classs selon les sous schmes :
amuc1ic2
aven
amuvin
amvC1vc2
dder
amuddur3
amvc1c2vc3
nev
amanav
amc1c2vc3
ctiq
amectaq
amc1ac2
ji
amja
amC1uc2
ssev
amessuv
amc1ac2c3
namer
amnamer
imic1c2ic3
irqiq
imirqiq
imsc1iC2c3
sqizzeb
imesqizzeb
imc1C2c3
cennef
imcennef
imc1c2c3c4
jelwe
imjelwe
imc1c2C3c4
tqelleq
imetqelleq
imc1c2c3c4c5 :
sfenxer
imesfenxer
abuc1C2vc3
cemmet
abucemmat
Certains adjectifs forms avec ce schme, et plus prcisment avec le sous schme
imic1c2ic3 sont susceptibles dtre intgrs dans la classe des adjectifs expressifs car
le morphme im dnote, dans ce cas, une nuance smantique qui sintgre beaucoup
plus dans le rle smantique assur par les schmes expressifs :
ibrik
imibrik (noirtre)
Pour mieux cerner cette nuance, nous proposons dopposer ces adjectifs dautres
forms des mmes bases verbales avec dautres schmes :
Certaines bases verbales forment jusqu trois adjectifs : parfois de schmes diffrents et parfois de sous
schmes diffrents.
52
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
ibrik
aberkan (noir)
imibrik (noirtre)
ilwi$
alegga$/alegg$an (lisse)
imilwi$ (trs lisse)
irqiq
areqqaq/arqaqan (fin/maigre)
imirqiq (trs fin)
izwi$
azegga$ (rouge)
imizwi$ (rougetre)
Dautres adjectifs sont, priori, forms partir de deux bases verbales :
fsed
imsefsed
sefsed
imsefsed
Le premier est un verbe simple, le second est un driv actif. Le problme dans ce cas
rside encore une fois au niveau de la procdure : sagit-il dune simple drivation avec
prfixation de ims ou dune surdrivation avec uniquement prfixation de im ?
L encore, nous dfendons notre premire analyse de la surdrivation car imsefsed
est agent alors que fsed est patient.
Les adjectifs qui se manifestent sous la forme abu. crent, eux aussi, des
confusions par rapport la procdure de leur formation.
Ex.
cemmet
abucemmat
jennew
abujenniw.
Ces deux adjectifs peuvent tre de simples drivs grammaticaux avec prfixation de
abu . Mais si lon tudie lvolution de ces units, leur explication sera une toute
autre ralit car, lorigine, abu tait une unit dtache (bu) qui servait former
des complexes ou locutions o il marque essentiellement une relation dappartenance.
On serait donc tents de maintenir quil sagit dune locution lexicalise.
III-
Schme : a / u .an :
Cest le schme que la totalit des linguistes qui ont trait ce point, considrent
comme typique la morphologie de ladjectif dans tous les dialectes du berbre. Il est
tout de mme class en troisime position et regroupe dans les sous schmes :
ac1vc2an
uzur
azuran
ac1ic2an
cib
aciban
aC1vc2an
ar
auran
ac1c2vc3vn
ihriw
53
ahrawan
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
ac1C2c3an
ilwi$
alegg$an4
ac1c2c3an
i$zif
a$ezfan
ac1c2yan
imi
ameyan
ac1c2uc3c4an :
qmumes
aqmumsan
ac1c2uc3yan
luli
alulyan
ac1c2ayan
mu
amayan
uC1c2an
issin
ussnan
Les bases verbales qui se manifestent avec une initiale consonantique imposent
lintroduction de la voyelle a lors de la formation de ladjectif :
cib
aciban.
Quant celles qui sont initiale vocalique, elles connaissent soit un syncrtisme soit
une alternance vocalique selon le schme de formation de ces adjectifs.
Les verbes qui se terminent par la voyelle i et u subissent un lger changement.
Celles-ci se transforment en y ou w lors de la formation de ladjectif pour viter
le hiatus5 et parfois il apparat aussi hors ces contextes pour servir, notre avis, de
lubrifiant ou de support qui facilite la prononciation :
IV-
er$
ar$ayan.
Schme : a.i :
Ce schme est moins frquent et recouvre les sous schmes :
ac1c2c3i
kfer
akefri
ac1c2c3ac4i
qerieo
aqeriaoi
ac1c2ac3i
ac1c2wani
zhu
azehwani
ac1c2ayc3i
errem
araymi
ahwawi
Quand lune des consonnes "w", "$" et "v" de la base verbale est amene tre tendues lors de la
formation dun adjectif, elles se transforment dans le mme ordre, en "gg", "qq" et "" : Ex. ameqqran
(im$ur) / acea (cve).
5
Le hiatus est une succession de deux voyelles appartenant deux syllabes diffrentes dun mme mot, et
qui doivent toutes les deux tre prononces.
54
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
Ce schme est gnralement identifi par les linguistes berbres, comme emprunt
larabe. Il serait peut-tre vrai, surtout quand on voit que la majorit crasante des
adjectifs de cette forme sont galement des emprunts cette mme langue (il y a eu
intgration du schme travers lemprunt lexical larabe). Mais, lexistence de rsidus
dadjectifs sous la mme forme : aiezri ; aawali ; ( notre avis ils sont trs
anciens puisque mme les bases dont ils drivent ne sont, aujourdhui, plus attestes),
nous amnera formuler une toute autre interprtation et on pourrait tout simplement
expliquer le grand nombre demprunts larabe par le fait que les bases verbales de
cette langue sont plus susceptibles de former des adjectifs avec ce schme ou que cette
forme est commune aux deux langues.
V-
Schme : am / im .i :
Cest un schme combin qui est construit sur la base de la prfixation (schme II)
et de la suffixation (schme IV). Il est rparti sur les schmes suivants, mais il nest pas
aussi important que le prcdent.
amc1ac2i
bai
ambai
amc1vC2v
ud
amaddi
amc1c2uc3i
truzi
ametruzi
imc1ic2c3i
cihwi
imcihwi
imc1c2i
nfu
imenfi
imc1C2i
cudd
imceddi
imc1c2uc3i
truzi
imetruzi
imc1c2uC3i
kluffi
imekluffi
imc1c2c3i
seti
imseti
Une bonne partie des bases verbales qui forment ce genre dadjectifs sont finale
i : amami , amrayi . Pourrait-on dans ces cas, les intgrer dans ce schme ? A
notre avis, il serait trs erron de les classer ainsi car si lon les dfinit de la sorte, il ne
serait pas adquat, dune part, de parler de suffixation de i alors quil existe dj
dans la base et dautre part, de classer ces adjectifs au mme titre que ceux drivs de
base finale autre que i . Ceci dit, nous les avons classs sous ce schme uniquement
55
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
dans lintrt de susciter son analyse en opposition au second type. Ce schme se
composerait donc, dun prfixe dorigine berbre et dun suffixe qui serait un emprunt
larabe. Ce dernier est donc devenu productif et vivant dans la langue de rception (le
Kabyle).
VI-
Schme : l :
Ce schme ne prte pas confusion quant son origine arabe (larticle dfinit
el ) et on le retrouve trs souvent combin avec des bases elles aussi empruntes
cette langue et parfois, ladjectif form avec ce schme prend mme le suffixe i . Il
se manifeste dans les sous schmes :
lc1ac2(y)c3
$lev
l$alev
lc1ayc2
xun
lxayen
lc1ac2
uo
lao
lc1C2
yu
leyy
lc1ac2i
fnu
lfani
Cependant, il existe quelques adjectifs tel : lefel, loifa qui, notre avis, sont dorigine
berbre affichant une morphologie qui sest arrte la premire tape de lvolution de
linitiale du nom en berbre6, ce qui explique leur initial consonantique.
VII- Schme : am / anu :
Cest un schme combin qui est reprsent par les sous schmes :
am/anC1vc2v :
lla
amellau
amC1aC2u
al
ameallu
amc1uC2u
$ul
am$ullu
amC1ac2c3u
qqers
ameqqarsu
amc1c2u
rku
amerku
Linitiale du nom en berbre a connu, selon lhypothse reprise de Vycichl et Basset A., une volution
lamenant dune initiale consonantique une initiale vocalique laide des dmonstratifs wa, wi, ta, ti
pris comme article dfinit. Cette volution aurait connu trois tapes pour le fminin et quatre pour le
masculin :
qcic
wa qcic
waqcic
aqcic.
Ex.
qcict
ta qcict
taqcict.
-
56
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
amc1c2ac3u
qleb
ameqlabu
anc1yac2u
iib
aneiyabu
anc1ic2u
iib
aniibu
VIII- Schme : a..aw / iw / ay :
Cest un schme moins important et moins frquent que les prcdents et regroupe
les formes :
ac1uc2c3aw
kuffet
akuftaw
ac1ac2c3iw
kfer
akafriw
ac1c2c3C4ay
kerei
akereay
ac1C3ay
ccetki
acekkay
Lapparition de la semi-voyelle y est, notre avis, non pas un schme mais
une contrainte phontique qui carte la semi-voyelle w qui est un schme. Ainsi, les
bases verbales qui sont finale i , cette dernire se transforme en ay dfaut de
iw car y est la semi-voyelle la plus proche phontiquement de la voyelle i et
ceci facilite la prononciation.
IX-
Schme : (a) :
Les adjectifs qui prennent cette forme sont trs rares et se manifestent sous les
constructions suivantes :
X-
C1ac2c3
cer
ccaer
c1c2c3ic4
misken
meskin
C1c2ac3a
cmet
ccmata
Schme : am / abuan :
Cest un schme qui combine le suffixe an dit spcifique la formation
dadjectifs en berbre et un prfixe :
abuc1c2yan
ierri
57
abuieryan
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
Ce sont les seuls exemples que nous avons retrouvs sous cette forme. Mais ces deux
adjectifs supposent aussi dautres explications : abuieryan peut tre dfini comme
une locution (bu + ieryan) qui sest lexicalis en devenant initiale vocalique comme la
majorit des noms berbres. Pour amidan , on serait aussi tent de linterprter
comme driv expressif tel abel$ezfan qui serait surdriv de aidan avec
prfixation de an et redoublement partiel .
XI-
Schme : amw / v :
On na galement repr que deux adjectifs forms avec ce schme combin :
amakrav et amusnaw . Quant lexplication de lapparition de v dans le
premier, certains le rallient la base krev (gratter), mais nous nous abstenons ici de
formuler une quelconque argumentation.
XII- Schme : a..ur :
Nous navons retrouv dans cette forme emprunte la langue franaise (eur)
quun seul adjectif, lui aussi appartenant au lexique de cette langue, qui a subi une
berbrisation totale pour pouvoir sadapter morphologiquement (initial vocalique) et
phontiquement (eur : ur) avec la langue de rception (le Kabyle) : chmeur = acumur.
Cependant, ce schme nest pas du tout productif et sarrte au seul exemple cit.
Compatibilit des adjectifs avec les modalits obligatoires :
La compatibilit des adjectifs drivs (sous toutes ses formes) avec les modalits
obligatoires dpend trs fortement de linitiale de ces lexmes et secondairement, de
leur contexte social.
a- Le genre : La grande majorit des adjectifs drivs connaissent lopposition
masculin/fminin lorsque leur construction le permet (linitial vocalique), y
compris ceux emprunts larabe ou au franais (ceux qui sont intgrs au
niveau de leur initiale). Ceux qui ont gard larticle dfinit de larabe :
l$alev, lameq, ne connaissent pas cette variation mme si elle est bien
atteste dans leur langue dorigine. Cependant, quelques uns de ces adjectifs
connaissent un fminin form la manire arabe malgr leur initiale
consonantique : loayea (loaye), laooa (laoo) . Dautres par contre, sont
58
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
initiale consonantique mais de souche berbre. Ceux-ci sont dits mixtes ou
invariables : ccmata (masc. et fm.)
b- Le nombre : Tous les adjectifs acceptent la formation du pluriel. Cependant,
une anomalie est perue avec ceux qui prsentent, leur initial, larticle
dfinit de larabe l : lfahmin (lfahem). Mme sils connaissent
lopposition de nombre, leur pluriel nest pas obtenu avec les procdures
connues en Kabyle. Il est form, dans ce cas, avec le suffixe in connu
lors de la formation du pluriel en arabe. Nous retrouvons galement ce
suffixe en kabyle mais lanomalie se situe au niveau de la voyelle i .
Celle-ci se manifeste, en kabyle, avec un pluriel fminin qui loppose la
voyelle e du pluriel masculin. Nous retrouvons galement le suffixe
at de larabe : lxaynat.
c- Ltat : En principe, les adjectifs se manifestent ltat libre lorsquils sont
en emplois adjectival. Ceci dit, vu leur capacit de fonctionner comme
substantifs, certains contextes leur imposent ltat dannexion quand leur
construction le permet.
Les noms dagent :
Comme en franais et dans la majorit des langues, les noms dagent prsentent,
morphologiquement et smantiquement des similitudes parfaites avec certains adjectifs.
Cependant, du point de vue syntaxique, ils se distinguent des lexmes qualifiants par
leur fonction au sein des noncs que nous tudierons dans le chapitre rserv la
syntaxe.
I.[Link]. La drivation base nominale :
La formation des adjectifs par drivation sur des bases nominales est trs rduite
compare celle sur base verbale. La grande majorit de ces adjectifs sont drivs de
bases empruntes larabe et vivantes dans le rpertoire lexicale kabyle (lecic (acic) :
acayci/acic) ou empruntes directement de larabe sans que la base de leur drivation
ne le soit : (acqiq- caqiqun).
Outre lemprunt lexical des adjectifs, nous avons galement identifi le schme ai
qui serait aussi dorigine arabe :
59
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
awerdi
lwerd.
amidadi
lmidad.
Nous avons relev dans cette procdure, des schmes qui ne nous sont pas
trangers puisque nous les avons retrouvs, presque tous, dans la drivation base
verbale : a. ; am/ams/im/ab/aw.. ;
a..i ;
[Link] ;
am/an/imi ; aist.
Le schme a..ist est un morphme emprunt la langue franaise (dstin
former les noms de mtiers) qui na produit en Kabyle, que les deux adjectifs aiist
et axebzist 7 dont les bases seraient dorigine arabe (galement utiliss en kabyle).
Par ailleurs, nous navons pas identifi, dans notre corpus, des adjectifs (drivs
nominaux) qui portent dans leur initial la consonne l de larticle dfinit de larabe
comme nous lavons retrouv dans la prcdente catgorie (drivs base verbale).
Ceci est paradoxal car linventaire des adjectifs qui reprsente cette catgorie comporte
un nombre demprunts larabe bien plus lev que dans linventaire de la prcdente
catgorie. Les bases nominales qui ont maintenu cet article, le perdent automatiquement
lors de la formation des adjectifs.
lxuf
Ex.
amaxuf
lbavna
abavni.
Cette intgration totale des emprunts fait que la totalit des adjectifs de cette catgorie
rponde plus facilement aux flexions selon les modalits obligatoires.
Remarque :
Le schme a.i est aussi utilis dans la formation des noms dhabitants
ou dethnies et des noms de mtiers :
maer
amari.
bwira
abwiri.
lqahwa
aqehwaoi.
Ce schme est de plus en plus productif mais se manifeste dune faon individuelle (dans les
interfrences). Les deux exemples cits sont les plus attests.
60
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
I.1.2. Les locutions adjectivales :
A voir le nombre, les constituants et les contraintes de composition des lments
des locutions adjectivales, on serait amen dire que ce genre dadjectifs est apparu
lorsque la langue berbre sest trouve aux limites du processus dadjectivation des
substantifs. Pour des contraintes morphologiques et/ou smantiques, certains noms ne
peuvent former des adjectifs laide des morphmes drivationnels adjectiveurs que
nous venons de passer en revu. Cest entre autre, les lments bu / m / at / sut / bab /
lal / imawlan qui donnent ces substantifs la capacit de fonctionner, smantiquement
et syntaxiquement, comme adjectifs. Ainsi, ladjectif bu uqerru (entt) ne pouvait
tre form en une seule unit (par drivation). Devant les besoins dexpression, la
langue sest trouve un autre moyen de le faire8.
"Bu", morphme qui se combine potentiellement avec tous les noms, est llment
dun grand nombre de complexes o il marque une relation dappartenance qui, dans
certains cas, peut tre trs vague. Il est suivi dune dtermination et demande
lannexion..Et quand le sens le permet, on a un fminin avec "m" (DALLET J.M. :
1982 : 04).
Dune manire gnrale, les locutions adjectivales reprsentent deux champs
smantiques qui affectent la disposition personnelle : bu tila (homme rus) et les
proprits physiques : bu ucelqii (chauve) et concernent essentiellement les tres
anims.
Cependant, ces locutions tendent prendre de lampleur et cerner mme les tres
non anims :
Abernus bu tqelmunt (un burnous capuche).
A$rum bu lecic (varit de galette aux herbes).
De ce fait, la qualification avec ces adjectifs, vient en second lieu. Ils sont beaucoup
plus utiliss pour la dsignation (dtermination) dun tre dont on ignore le nom ou qui
est tranger au locuteur, laide dun trait physique, mental, caractre ou autre qui, la
fois, le distingue des autres et est mis en vidence chez lui :
argaz bu warquqen
(lhomme aux gros yeux).
NAIT ZERRAD K. (2001 : 42/43) regroupe ses adjectifs sous lensemble des composs, or, llment
bu nest pas susceptible dun emploi autonome tel que dfinit par le mot composition.
61
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
Quand bu ou ses variantes est combin avec un substantif dsignant une
caractristique (qualit, dfaut, ), la locution dsignera alors une qualit stable qui
renferme une relation perceptible entre le sens global de ladjectif et celui du nom.
Mais, lorsquelle se combine avec un substantif uniquement nominatif, il aura dans ce
cas, un sens figur (mtaphorique) : bu yiles (beau parleur et non lhomme la langue).
Certains linguistes berbrisants notamment HADDADOU (1985 : 123), rattachent
le morphme bu formateur dadjectifs celui de larabe (abu) qui dsigne aussi dans
cette langue la possession. Toutefois, "bu" pourrait bien tre une volution
phontique, une contraction de "bab" ; quant au signifi il est le mme (Kahlouche :
1992 : 409). Suivant ce raisonnement, nous ne retrouvons aucune ressemblance formelle
entre la variante fminine "m" et "lal". Cependant, selon Kahlouche, "m" pourrait tre
un rsidu du monme touareg "msa" matresse. Ceci dit, cette hypothse sur
ltymologie de "bu" et "m" nexclut pas totalement lventualit dune origine arabe.
Par ailleurs, on a relev quelques rares locutions qui ont connu un processus
dunification des deux lments qui les composent. Il sagit entre autres, des exemples
abuieryan, buneyyiw et abuzegga$ . Bu ieryan et bu nniyya, aussi bien attests que les
prcdents, taient, notre avis, une transition qui a assur le passage de la locution
vers lunit adjectivale. Une tape qui devait chasser les contraintes et repousser les
limites du phnomne dadjectivation des substantifs. Ils se combinent de la sorte plus
facilement avec les modalits obligatoires du genre et du nombre : abuneyyiw /
tabuneyyiwt / ibuneyyiwen / tibuneyyiwin, contrairement aux autres locutions qui ne
ncessitent pas obligatoirement un accord entre le morphme adjectiveur bu (ou ses
variantes) et le nom qui le suit :
bu useqviv / bu yiseqviven (gourmand).
m useqviv / m yiseqviven (gourmande).
at useqviv / at yiseqviven (gourmands).
sut useqviv / sut yiseqviven (gourmandes).
Le nom dterminant nexige pas un accord en genre et en nombre avec le morphme
mais, ce dernier doit obligatoirement saccommoder avec lindice de personne du
prdicat verbal de lnonc ou avec le nom dtermin :
62
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
Aqcic bu yiles / yilsawen. (le garon beau parleur).
Taqcict m yiles / yilsawen (la fille belle parleuse)
Yella bu nniya (lhomme naf existe)
Llan at nniya (les hommes nafs existent).
Tella m nniya (la femme nave existe) /
Llant sut nniya (les femmes naves existent)
La convention fait aussi quun simple changement de genre et/ou de nombre induit
un changement smantique trs important :
1- Le genre : Bu ccla$em : moustachu
M ccla$em : femme forte / courageuse.
2- Le nombre : Bu temgert : homme au petit cou
Bu tmegrav : assassin
Les locutions qui interprtent le champ smantique des proprits physiques
fonctionnent dune manire particulire quant leur raction au genre : quand le nom
dterminant saccorde en genre (peu importe le nombre) avec le morphme, la locution
prend alors son sens habituel. Mais quand celui-ci est en dsaccord (fminin/masculin
masculin/fminin), le sens obtenu est pjoratif (valorisant ou dvalorisant).
En kabyle, la marque du fminin caractrise tout ce qui est petit, beau et mignon quand
elle qualifie un fminin et devient dvalorisante quand elle est associe un masculin et
inversement, la marque du masculin renvoie la force et la grandeur quand elle
qualifie un masculin et devient dvalorisante avec le fminin.
Ex. bu yicenfiren (qualification. normale)
/ m tcenfirin (qualifi. normale/valorisante)
bu tcenfirin (qualification dvalorisante) / m yicenfiren (qualifi. dvalorisante)
Le nom peut aussi se combiner avec le morphme war / tar (sans / dpourvu
de) pour servir de qualifiant : war/tar isem (sans nom). Laccord dans ce cas, doit aussi
tre entre war/tar et le nom dtermin. Selon MAMMERI M. (1986 : 39), war tait
un adjectif qui sest fig en emploi de prposition.
63
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
I.1.3. Les adjectifs dorigine trangre :
Le berbre a longtemps t influenc dabord par la langue arabe puis par la
langue franaise. Lincidence de ces deux langues sur le kabyle se manifeste sur
diffrents plans : lexical, phontique et syntaxique. Le lexique kabyle sest trouv
envahi par les emprunts essentiellement la langue arabe. Ceux-ci sont, soit
compltement berbriss (morphologiquement et/ou phontiquement) : de camion (en
franais) on obtient akamyun en kabyle, partiellement berbriss (intgrs partiellement
dans la langue de rception) : de tlvision on obtient tilibizyu au lieu du fminin
tatilibizyut ou non berbrsiss (nont subi aucun changement pour sadapter avec le
reste du lexique de la langue kabyle).
Le kabyle a eu recourt deux mthodes pour enrichir son inventaire des adjectifs :
I.1.3.1. Lemprunt dadjectifs (emprunt direct) :
Lemprunt dadjectifs dans la langue kabyle est essentiellement motiv par le
manque de lexmes dsignant des qualifications nouvelles ou qui sont dj entreprises
par dautres lments linguistiques (le participe, le verbe dtat, le complment
dterminatif, la paraphrase,) ou par la pression des langues trangres en contact avec
le kabyle dont rsulte le sentiment du snobisme et de linscurit linguistique vu le
dsquilibre quil y a entre ces langues.
Certains adjectifs kabyles se trouvent mme concurrencs par ceux de larabe qui
finissent par cder leur place ceux-ci.
Ce genre demprunts a t directement introduit dans le lexique kabyle. Les units
comme amehzul (muhzalun) ont intgr le paradigme des adjectifs kabyles sans
modifications formelles majeures et ne sont utilises dans cette langue, que comme
adjectifs. Ils nont subit et nont fait lobjet daucune drivation. Il sagit l, dune
transposition ou emprunt direct.
Dautres, trs rares, ont t transfr directement la langue de rception mais ont
donn des drivs verbaux (considrs comme base de leur drivation) :
meskin (mesquin)
smisken.
acumur (chmeur)
ccumi.
64
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
I.1.3.2. Les adjectifs drivs demprunts (emprunt indirect) :
Ces adjectifs par contre, nont pas t introduits dune manire directe. Ils ont
suivi un processus de drivation partir de bases qui, elles, sont empruntes larabe.
Lutilit et le besoin de la qualification ont induit la formation dadjectifs quivalents
aux bases empruntes en se rfrant aux procdures de formation des adjectifs de la
langue de rception (kabyle) :
lael
anali
lqahwa
aqehwi
Ladjectif ainsi que la base de sa drivation sont attests dans le rpertoire lexical
kabyle.
Ou laide de suffixes de la langue franaise qui se combinent avec ces bases
empruntes larabe :
lxebz
axebzist
liv
aiist
Remarque :
La diffrence entre ces procdures demprunts est plus clair dans les deux
exemples : ajdid dont la base nest pas utilise en kabyle et aqdim qui drive de
lemprunt qdem qui est bien vivant dans notre langue.
I.1.4. Les adjectifs proprement dits :
Lorsque nous avons procd au classement des adjectifs par schmes, nous nous
sommes arrts devant certains dentre eux qui ne prsentaient pas de base de
drivation, du moins synchroniquement. Ainsi, nous avons isol une vingtaine de ces
lexmes que nous appelons adjectifs proprement dits . A notre avis, ils reprsentent
des rsidus de la catgorie spcifique dadjectifs en kabyle : amcum, abeili, aawali,
Ces adjectifs ne sont issus daucun verbe ou nom et nont donn leur tour aucun
driv.
Serait-il juste une ralit alatoire ou le dtail qui appuiera et actualisera la thse de
lexistence de la catgorie dadjectif en berbre ou du moins en kabyle ?
Ceci dit, on nexclut nullement lventualit diachronique de la drivation de ces
adjectifs dont les bases ne nous sont pas parvenues.
65
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
TABLEAU RECAPITULATIF
Rpartition des adjectifs selon leur procdure de formation :
577 adjectifs9 (100 %)
488 adjectifs drivs* 84,57%
76 adjectifs locutions 13,17 %
19 adjectifs expressifs 03,89 %
13 Adjectifs proprement dits 2,25%
469 adjectifs grammaticaux 96,11 %
437 base verbale 93,17 %
32 base nominale 06,82 %
Nous avons compt tous les adjectifs sous leurs diffrentes formes y compris ceux qui dcoulent dune
mme base.
66
Partie II - Chapitre premier
Procdures
Procdure
Reconstitution formelle des adjectifs
Schmes
Pourcentage des schmes
Nbre dadjectifs
Procd
Pourcentage
Pourcentage des sous schmes
Sous schmes
Pourcentage
Nbre
Bu / M / At / Sut
+ Nom.
Bab / Lal / Imawlan
+ n + nom.
LOCUTION
EXPRESSIVE
DERIVATION
Adjectifs proprement dits
76
13,19 %
13,17 %
Divers
13
02,26 %
02,25 %
- redoublement
partiel.
- prfixation.
- infixation.
- suffixation.
19
03,9 %
03,89 %
45,99 %
vc1c2(C2)vc3
ac1c2c3vc4
ac1vc2(C2)vc3
ac1c2ac3ac4
vC1vc2
ic1ic2c3
L
a/u/i...................
Totaux
201
L
A
67
139
34
10
10
07
01
31,81 %
07,78 %
02,29 %
02,29 %
01,60 %
00,23 %
Partie II - Chapitre premier
D
E
R
I
V
A
T
I
O
N
G
R
A
M
M
A
T
I
C
A
L
E
Reconstitution formelle des adjectifs
am/im/abl/abu..
95
21,74 %
a/u..an
48
10,98 %
a...i
21
04,05 %
am/im...i
20
04,58 %
am/an....u
17
03,89 %
68
am/abl/abc1c2(C2)vc3
imc1C2c3
imc1c2c3(C3)c4
vmvc1c2vc3
am/an vc1(C1)vc2
amc1ac2c3
amc1(C1)vc2
imsc1iC2c3
imc1c2c3c4c5
37
26
10
07
07
04
02
01
01
08,47 %
05,95 %
02,29 %
01,60 %
01,60 %
00,91 %
00,46 %
00,23 %
00,23 %
ac1c2(C2)c3an
ac1(C1)vc2an
ac1c2vc3an
ac1c2uc3c4(y)an
ac1c2ayan
uC1c2an
ac1c2c3i
ac1c2c3ac4i
ac1c2ac3i
ac1c2ac3c4i
ac1c2wani
ac1c2ayc3i
imc1vc2(C2)i
imc1c2(C2)i
vmc1c2vc3(C3)i
imc1c2c3i
imc1ic2c3i
20
11
10
04
02
01
16
01
01
01
01
01
10
04
03
02
01
04,58 %
02,52 %
02,29 %
00,91 %
00,46 %
00,23 %
03,66 %
00,23 %
00,23 %
00,23 %
00,23 %
00,23 %
02,29 %
00,91 %
00,68 %
00,46 %
00,23 %
amc1c2ac3u
am/anc1(C1)vc2(C2)u
amc1c2u
amC1ac2c3u
anc1yac2u
06
05
03
02
01
01,37 %
01,14 %
00,68 %
00,46 %
00,23%
93,17 %
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
V
E
R
B
A
L
E
A BASE NOMINALE
B
A
S
E
DERIVATION GRAMMATICALE
lc1ac2(y)c3
lc1ayc2
lc1ac2i
lc1ac2
lc1C2
ac1c2c3C4ay
ac1uc2c3aw
ac1ac2c3iw
ac1C2ay
09
03
02
01
01
02
01
01
01
02,06 %
00,68 %
00,46 %
00,23 %
00,23 %
00,46 %
00,23 %
00,23 %
00,23 %
l..
16
03,66 %
aaw/iw/ay
05
01,14 %
..(a)
04
00,91 %
c1ac2c3
c1c2ac3a
c1c2c3ic4
02
01
01
00,46 %
00,23 %
00,23 %
[Link]/v
02
00,46 %
amvc1c2aw(v)
02
00,46 %
..ur
01
00,23 %
ac1uc2ur
01
00,23 %
abuan
01
00,23 %
abuc1c2yan
01
00,23 %
a.i
12
37,5 %
am/im/ams/ab/aw
07
21,87 %
06
18,75 %
am/an/im.i
04
12,5 %
[Link]
02
06,25 %
abuiw
01
03,12 %
69
06,82 %
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
I.2. Les nuances smantiques des schmes adjectivaux :
Les caractristiques smantiques des adjectifs sont immdiatement perceptibles
de la base de leur drivation. Certaines bases donnent jusqu trois adjectifs qui
diffrent par leurs schmes ou morphmes adjectiveurs. Si lon exclut les variantes
combinatoires (sexuelle, rgionale, libre,), cette diversit adjectivale, partie dune
seule et mme base, doit probablement avoir une explication pertinente. Nous avons
relev 74 bases (verbale et nominale) qui manifestent cette ralit mais, un peu plus de
la moiti (42) seulement rpond notre proccupation. Quelques uns de ces adjectifs
appartiennent deux systmes de drivation bien diffrents que nous allons traiter
sparment.
I.2.1. Drivation expressive :
Dans leur logique de formation, les adjectifs expressifs apportent toujours un
trait smantique en plus du trait dj exprim par sa base de drivation tout en gardant
le minimum de sens en commun. Cest la caractristique majeure de tout driv de ce
genre laquelle nous avons rajout, dans le cas typique des adjectifs, le critre de la sur
drivation (Chapitre II.2.).
Les procds relevs dans cette catgorie reprsentent autant de nuances smantiques
que peut avoir ladjectif en fonction du contexte o il est intgr :
1- Le redoublement partiel : induit principalement deux changements smantiques
lgers :
a) Lintensit ou lexagration : abuhal (idiot) - abehlul (trop bte).
aberqac (bariol) - aberqaqac (trs bariol).
b) Le diminutif et le classement : amecu (petit)
ameciu (trop petit).
2- Laffixation : les morphmes sont les lments les plus aptes nuancer car
chaque affixe est dfini dans chaque langue par son rle smantique puisque cest
grce eux que lon peut crer et recrer un lexique sans lencombrer. Les
linguistes jouent avec les affixes quand ils projettent de modifier le sens dun
lexme tout en respectant son sens de base.
70
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
2.1. Les prfixes :
a) la dmesure : a$ezfan (long) - abel$ezfan (trop long).
b) lexagration : aheddar (bavard) - abelheddar (trop bavard)
c) la pjoration : azegzaw (vert) - aberzegzaw (qui a une mauvaise peau verte).
d) lattnuation/imperfection de la qualit : aidan (doux/sucr) amidan
(doucetre).
2.2. Les suffixes :
a) lattnuation/imperfection de la qualit : akeluc (brun).
b) lattnuation et/ou la pjoration : ader$al (aveugle)-ader$elluc (qui a la vue
diminue)
2.3. Les infixes :
Laccentuation : aqlala (agit) - aqedlala (hyper agit).
I.2.2. Drivation grammaticale :
Quand on forme un adjectif partir dune base, celui-ci reprend exactement ce
que sa base exprimait. Mais, parfois, ce qualifiant, bien quil soit le plus adquat,
montre certaines dfaillances smantiques face la ralit quon veut dcrire et qui
nest pas forcment aussi parfaitement similaire celles dcrites ailleurs et par dautres
personnes. Nous recourons, dans ce cas, dautres morphmes chargs de sens quon
combine avec la mme base qui porte elle aussi son sens. Les deux sens sont alors
additionns pour en donner un autre10.
Dans le cas des adjectifs drivs grammaticalement, nous navons dtect que deux
majeures nuances vhicules par deux prfixes :
1- Le prfixe imi :
il est trs souvent prfix pour attnuer lgrement
lintensit de la qualification :
azegga$ (rouge) -
imizwi$ (rougetre).
areqqaq (fin)
imirqiq (qui tend tre fin).
2- Le prfixe am : il part dans le sens oppos, celui de laccentuation ou
lintensification de la qualit.
unciw (dplum) - amancaw (dplum sauvagement).
aiziz (chri)
- ameizuz (plus que chrit).
10
Ceci dit, il est difficile de dterminer sil sagit de rsidus de valeurs anciennes ou de
rinterprtations locales rcentes (CHAKER S. : 1995 : 27).
71
Partie II - Chapitre premier
Reconstitution formelle des adjectifs
Ce morphme est aussi utilis pour actualiser une affirmation car il suppose
lintervention dun agent qui rend la qualification encore plus concrte. Tout ceci
consiste dire que les adjectifs quon pourrait appeler simples (azegga$, unciw,)
rendent compte dune situation mdiane.
Paralllement, le morphme am oppose entre un adjectif dont le sujet est
patient et un autre dont il est agent :
ame$dur (trahi) - a$eddar (tratre).
amequr (mpris) - aeqqar (mprisant).
Llment m a donc de trs forte ressemblance avec celui des verbes passifs.
Remarque :
Une tension mise sur lune des consonnes du radical de ladjectif
(gnralement sur la deuxime consonne) engendre aussi un changement smantique
qui tend vers laccentuation et lintensification de la qualification : aberrkan,
aderr$al,
Selon M.A. HADDADOU (1985 : 123), le morphme bu ou ses variantes qui
permet aux noms dtre adjectivs, exprime des valeurs diverses :
1- La possession : ou lappartenance
Bu yezgaren : propritaire de bufs.
2- Le mtier : renvoie galement aux noms dagent
Bu we$rum : boulanger.
3- Linfirmit : exprime soit un dfaut physique ou mental.
Bu teirurt : bossu - Bu yiles : idiot.
4- Le trait physique : constitue gnralement une description.
Bu leiyun : qui a de beaux cils ou qui a des cils mal tracs.
Le prfixe bu entre galement dans la formation de vocabulaires spcialiss
(HADDADOU M.A. : 1985 : 124) :
Le vocabulaire mdical : buzegga$ (rougeole) , buneggaf (asthme),
Le vocabulaire de la flore : burekku (varit de pomme prcoce), bu yefzimen (plante
corymbifre).
72
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
II. Reconstitution formelle des adverbes :
En kabyle, les adverbes ou plus prcisment les monmes et syntagmes pouvant
tre adverbes et que nous rsumons sous ltiquette dautonomes, se manifestent sous
trois principales structures : autonomes simples mono monmatiques, autonomes
synthmes et autonomes syntagmes. Dans le classement qui suit nous exposerons toutes
les constructions correspondant chaque structure pour chaque type dadverbe1.
Ceci dit, tablissons dabord les distinctions entre ces trois structures et
expliquons les motivations terminologiques du choix des concepts. Aprs avoir
dcortiqu notre inventaire dautonomes, nous avons constat que celui-ci ntait point
homogne, il est mme extrmement htrogne. Ce premier constat nous a
automatiquement orient vers lanalyse des structures de surface de ces segments afin
dy mettre un peu dorganisation en les regroupant dans des ensembles en rfrence
leur combinaison qui est, par la suite, rorganis en fonction des constructions de
chaque structure ou, autrement dit, en fonction de la nature des monmes combins et
ce, pour la seconde et la troisime structures uniquement.
Ainsi, nous appelons autonomes simples monomonmatiques tout adverbe se
constituant dun seul lexme abstraction faite de leur origine/appartenance. Par ailleurs,
par manque de rfrences, nous avons introduit dans ce mme ensemble certaines units
dont la structure nous parait en synchronie indissociables ou celles dont les constituants
sont tellement amalgams travers la diachronie quil serait aujourdhui difficile et
mme incertain de formuler une quelconque hypothse reconstructive.
Par adverbes syntagmes on entend toute combinaison de monmes dont les
rapports mutuels sont trs troits et dont la combinaison rsulte dun choix multiples,
c'est--dire que les constituants de ce genre de syntagmes ou certains dentre eux
peuvent aisment tre substitus par dautres monmes pour assurer des nuances
smantiques voire mme des changements au niveau du signifi de lentit complte.
Le classement des adverbes par types est donn en annexe I Corpus 4.
74
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
Quant aux adverbes synthmes, ils sont le rsultat dune combinaison de deux ou
de plusieurs monmes qui, contrairement aux syntagmes, correspondent un choix
unique. (Martinet A. : 1998 : 133). Par opposition aux adverbes syntagmes dont le
signifi est obtenu, dune certaine manire, par laddition des signifis de ses
constituants, les adverbes synthmes, eux, nquivalent pas la somme des signifis de
leurs constituants mais renvoient un signifi unique et commun. Les adverbes
synthmes se prsentent sous une forme fige et leurs constituants nadmettent ni la
substitution ni lintrusion dautres monmes lexception des noms de nombres et/ou
des morphmes dterminants comme il est souvent le cas avec les adverbes syntagmes.
(Nous y reviendrons plus loin en dtails)
En outre, comme il est difficile de distinguer entre les deux structures, on se
rfre plus facilement aux constituants de ces autonomes : les autonomes syntagmes
sont ceux dont lun des constituants (gnralement le noyau) est un nom exprimant les
mmes rfrences que le type dadverbe form : les noms de priodes cycliques pour les
autonomes temporels, les noms daction ou de proprits morales et physiques pour les
autonomes de manire et les noms de situation spatiale pour les autonomes locatifs. Ces
substantifs ordinaires acquirent la capacit de dtermination adverbiale une fois
combins avec dautres monmes.
Dans les tableaux qui vont se succder, nous prsenterons, travers une
reconstitution formelle, les diffrentes structures et constructions que peuvent recouvrir
les autonomes. Chaque type dautonomes (typologie smantique) est rpartis
sparment en fonction de la structure de lautonome : syntagme, synthme et mono
monmatique et de la nature des composants. Cette rpartition est organise selon
limportance de la structure en premier puis de celle des diffrentes constructions
internes correspondant chaque structure. Ces statistiques sont dgages en rfrence
au nombre global dautonomes recueilli pour chaque type :
- Les autonomes temporels :
112
- Les autonomes de manire :
63
- Les autonomes locatifs :
62
- Les autonomes quantitatifs :
45
75
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
II.1. Les autonomes temporels :
Structure
Construction
Autonomes
- ar/di taggara
- ar/di tazwara
- deg uzal
Prposition + nom de priode
10 %
cyclique ou nom ordinaire
- di lawan
- di ssmana
- di/si leivil
- i lebda
- s umata / di tuget
- aggur-a / nni / nniven
- aseggas-a / nni / nniven
- ass-a / nni / nniven
Nom de priode cyclique +
- lawan-a / nni / nniven
09 %
dictique / modalit daltrit.
- leiwam-a / nni / nniven
- ssmana-ya / nni / nniven
- tameddit-a / nni / nniven
A u t o n o m e s
- deg yiv
- di cehrayen
s y n t a g m e s
- deg wass
- taebit-a/ nni / nniven
- tikkelt-a / nni / nniven
- umayen-a / nni
- aggur d-iteddun
- aggur iieddan
Nom de priode cyclique +
expansion prdicatoide base
participale.
- aseggas d-iteddun
07 %
- aseggas iieddan
- ass d-iteddun
- ass iieddan
- ssmana d-iteddun
- ssmana iieddan
76
Reconstitution formelle des adverbes
09,5 %
Partie II Chapitre deuxime
- akka aggur
- akka aseggas
Adverbe + nom de priode cyclique
%
9 , 5
Adverbe de manire
+ nom de priode
- akka lawan-a
06 %
cyclique.
- akka lweqt-a
- akka ssaia
- akka ssmana
Adverbe de quantit
+ nom de priode
- akk ass
3,5 % - akk iv
cyclique
- kullass
- yal ass
- aggur kan
Nom de priode cyclique +
adverbe de quantit
- aseggas kan
04,5 % - ssmana kan
- tameddit kan
- taebit kan
A u t o n o m e s
s y n t a g m e s
- akka dqiqa
- aggur s waggur
Nom de priode cyclique +
prposition + nom de priode
cyclique
- ass s wass
04,5 % - iv s yiv
- ssmana s ssmana
- tikkelt s tikkelt
Nom de priode cyclique +
support de dtermination +
- aggur aya
02,7 % - aseggas aya
dictique.
- ssmana aya
Nom de priode cyclique +
- taggara n wass
complment dterminatif
77
02 %
- tameddit n wass
14,5 %
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
- assa kan
- azekka kan
Adverbe de temps +
adverbe de quantit
- imir kan
06 %
- ivelli kan
- tura kan
a d v e r b e
- zgelli ciu
- imir imir
Adverbe de temps +
adverbe de temps
03,5 %
- tikkelt tikkelt
- tura tura
- zik zik
Adverbe de manire +
adverbe de temps +
A d v e r b e
7 , 5
2
A u t o n o m e s
s y n t h m e s
- tikwal kan
01 %
- akka imir-a
01 %
- ciu / cwiya kan
01 %
- din din
01 %
- akka ciu / cwiya
01 %
- din kan
dictique
Adverbe de quantit +
adverbe de quantit
Adverbe de lieu +
adverbe de lieu
Adverbe de manire +
adverbe de quantit
Adverbe de lieu +
adverbe de quantit
- seg ilindi
- seg imir
Prposition / morphme
drivationnel + adverbe de
temps
05,5 %
- seg ivelli
- sellazekka
- sellilindi
- sendivelli / sellivelli
78
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
- aas aya
Adverbe de quantit + support
03,5 %
de dtermination + dictique
- ddeqs aya
- drus aya
- xilla aya
Adverbe de lieu + prsentatif +
adverbe de lieu
Adverbe de manire +
02 %
Interrogatif + support de
dtermination + dictique
- sya d asawen
01 %
- akka ar sdat
01 %
- si melmi
01 %
- acal aya
prposition + adverbe de lieu
Prposition + interrogatif
- sya d afella
- azekka
- ilindi
- imir
- ivelli
- leica
2 2 , 5 %
- leimer
- llina
- mbeid / umbeid
- qabel
Adverbes temporels
18 %
- sakin
- ticki
- tikkelt
Autonomes
mono
monmatique
- dima
- tikwal
- tura
- uqbel
- wabel
- weroin
- zgelli
- zik
79
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
- tafejrit
- tafrara
Noms de priodes cycliques
05 %
- taggara
- tameddit
- taebit
- tazwara
Les rsultats du tableau nous rvlent que sur 112 autonomes temporels, prs de
la moiti se prsente sous la structure dun syntagme, suivi de prs par des autonomes
synthmes et enfin en dernier, des adverbes mono monmatiques avec un pourcentage
assez reprsentatif aussi.
II.1.1. Les autonomes temporels syntagmes :
Les statistiques ont dmontr que les autonomes temporels sont en majorit des
syntagmes incluant diffrents monmes sous diverses combinaisons. Le noyau de ces
autonomes syntagmes est souvent un nom dsignant une priode cyclique : le jour, la
nuit, la semaine, le mois, lanne, la matine, laprs midi, le soir, Ce point de
rattachement est dtermin par les diffrents procds de dtermination que connait la
langue, en position antrieure ou postrieure : les prpositions, expansion prdicatoide
base participiale, dictiques / modalit daltrit, complment dterminatif, un autre
nom de priode cyclique, un adverbe (de manire ou de quantit uniquement) qui
situent de manire plus prcise la priode ou le moment explicit par le noyau nominal
auquel ils renvoient.
Par ailleurs, la prsence des noms renvoyant des rfrents quantitatifs /
dnombrables facilitent lintrusion des noms de nombre ou des adverbes de quantit
kra (certains) / aas (beaucoup) pour plus de prcision encore. Ceux-ci sont
antposs au noyau auquel ils servent de dterminants qui peuvent galement se mettre
au pluriel sans nom de nombre. Quant laccord, le genre est impos au nom de nombre
par le nom dtermin et inversement pour le nombre qui, lui, est impos par le nom de
nombre.
80
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
Du point de vue formel, les autonomes temporels syntagmes se manifestent sous
trois constructions runies par le noyau constant et diffrencies par la nature des units
qui accompagnent ce mme noyau.
II.1.1.1. Nom de priode cyclique + dterminant :
Ces autonomes se subdivisent en deux selon le type du dterminant qui peut tre
lexical ou grammatical
A Nom de priode cyclique + dterminant lexical :
Certains noms de priodes cycliques font appel des dterminants lexicaux pour
apporter une dtermination adverbiale temporelle dont le complment dterminatif qui
prcise le rfrent auquel renvoie le nom de priode cyclique : tameddit n wass (la fin
de la journe) ou une expansion prpositionnelle qui vient en redondance pour marquer
une rpartition temporelle : ass s wass (un jour sur deux).
Ces noms peuvent galement recevoir des expansions prdicatoides base
participiale qui sont au nombre de deux : iieddan/yezrin (pass) et d-iteddun ( venir)
qui renvoie le rfrent du nom vers le pass ou le projette vers le futur :
Yezweo aggur iieddan (il sest mari le mois dernire)
Ad yezweo aggur d-iteddun (il se mariera le mois prochain)
B Nom de priode cyclique + dterminant grammatical :
Les mmes noms de priodes cycliques cits plus haut, peuvent aussi tre
accompagns de certains dterminants grammaticaux en postposition. Ceux auxquels
sont adjoints des dictiques / modalit daltrit (dmonstratifs de proximit et
dabsence) renvoient des situations temporelles du prsent et du futur : aseggas-a, ad
iru (cette anne, il va partir), et ceux combins avec le complexe : support de
dtermination + dictique dnotent lloignement temporelle dans le pass par rapport
linstant dnonciation : iru, aggur aya (il est parti, il y a un mois)
81
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
II.1.1.2. Adverbes + nom de priode cyclique :
Les types dadverbes qui se combinent avec les noms de priodes cycliques sont
les adverbes quantitatifs mkul / yal (chaque) et akk (tous) et les adverbes de manire
akka (ainsi). Les premiers sont antposs au nom et marquent la dure temporelle de
reproduction : mkul aseggas, yettas-d (il vient chaque anne). Le second, quant lui, est
postpos au nom et dnote la projection temporelle dans le futur par rapport linstant
dnonciation et ce contrairement aux autonomes traits dans le prcdent sous titre
(nom de priode cyclique + support de dtermination + dictique) qui le situe dans le
pass.
Akka aggur, ad iru (il partira dans un mois)
Remarque :
Lorsque le nom de nombre est combin avec un support de dtermination +
dictique (aya), le prdicat verbal de lnonc se met au prtrit et lorsquil est
accompagn dun adverbe de manire (akka), le prdicat est automatiquement mis
laoriste.
II.1.1.3. Prposition + nom de priode cyclique :
Si dans les cas prcdents la combinaison ne se fait quavec certains noms de
priodes cycliques selon lunit variable, tous sont, dans ce cas, susceptibles dtre
prcds dune des prpositions : di, deg, s, i, ar
pour constituer des autonomes
temporels :
Iru deg yiv (il est parti la nuit)
La majorit de ces complexes notamment ceux incluant des noms dnombrables,
peuvent tre suivis dun dictique (dmonstratif de proximit, dloignement et
dabsence) ou de la modalit daltrit nniven (autre) et/ou dun nom de nombre
indiquant avec prcision le renvoi temporel.
II.1.2. Les autonomes temporels synthmes :
Ce qui distingue principalement les autonomes synthmes des autonomes
syntagmes rside au niveau du noyau du complexe : un noyau adverbial pour le premier
et nominal pour le second. Le noyau nominal de lautonome syntagme ne peut lui seul
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Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
tre en fonction dadverbe temporel dans un nonc que trs rarement. Ce sont les
diffrents monmes avec lesquels il se combine qui lui acquire cette particularit : en
dehors des combinaisons et structures numres dans le tableau, le noyau demeure un
substantif ordinaire et napparat que dans les fonctions que cette catgorie lui permet.
Quant aux autonomes temporels synthmes, leur caractre adverbial est orient par la
nature adverbiale de leur noyau auquel sont adjoint dautres adverbes de mme type ou
de type diffrent, des prpositions, des supports de dtermination combins avec des
dictiques, Ils sont construits sur la base des procdures de cration lexicale que
connat la langue notamment la drivation et la composition2 ainsi que dautres
combinaisons synthmatiques.
II.1.2.1. Les autonomes temporels synthmes par composition :
Les autonomes synthmes construits avec la combinaison de deux adverbes de
divers types constituent le plus important inventaire aussi bien en rfrence aux autres
constructions dautonomes synthmes qu la totalit des autonomes temporels
recenss. Ils peuvent tre le rsultat de la combinaison de deux adverbes non temporels :
adverbe de lieu + adverbe de lieu, adverbe de manire + adverbe de quantit, adverbe de
lieu + adverbe de quantit, ou dun adverbe temporel combin avec un autre adverbe de
temps ou un autre type dadverbe (adverbe de quantit, adverbe de manire). Par
ailleurs, nous identifions ici deux types de combinaison : le ddoublement dadverbe et
la composition de deux adverbes.
II.[Link]. Le ddoublement dadverbe :
Le ddoublement dadverbe est un procd principalement utilis dans la
formation des drivs expressifs. Il est ici appliqu sur les adverbes mono
monmatiques dans le but de renforcer la rfrence temporelle de ladverbe ddoubl.
Cependant, ce ne sont pas tous ces adverbes qui acceptent le ddoublement. En effet,
sur une vingtaine dadverbes mono monmatiques, seul quatre sont favorables cette
procdure et aucun argument, moins quil ne soit smantique, nest explicite pour
cerner les caractristiques distinctives qui ont permis ceux-ci et non aux autres la
possibilit de ddoublement.
2
Ces procdures de formation des adverbes synthmes ne sont pas communes tous les types dadverbes.
Nous les dfinirons progressivement selon ces types.
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Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
Toutefois, il faudrait diffrencier entre le ddoublement dun adverbe temporel du
ddoublement dautres types dadverbes non temporels. Lorsquun adverbe de temps est
renforc par le mme adverbe imir imir (sur le coup), ce ddoublement dnote des
nuances smantiques de prcision de la situation temporelle contenue dans ladverbe
ddoubl :
Imir imir (sur le coup), tura tura (immdiatement) dnotent lexigence, la rapidit,
la prcision,
Zik zik (il y a longtemps / trs tt) dnote lloignement dans le temps par rapport
un point de rfrence
Tikkelt tikkelt (une fois sur deux) dnote la rpartition temporelle.
Mais, le ddoublement dun adverbe non temporel tel ladverbe de lieu din (la
bas) nimplique pas de nuance smantique sur ladverbe ddoubl puisque ce dernier ne
fait rfrence aucune situation temporelle. Cest, par contre, ce ddoublement qui a
permis cet adverbe locatif de renvoyer une situation temporelle. Le second adverbe
nest donc pas une prcision du premier comme il est le cas du ddoublement dadverbe
temporel, mais cest lensemble ( les adverbes jumeaux ) qui agit comme adverbe de
temps bien que ladverbe ddoubl nait rien voir avec laspect temporel.3
II.[Link]. La composition dadverbes :
La combinaison de deux adverbes concerne tous les types dadverbes et nexige
pas que lun deux soit un adverbe de temps pour que lensemble ait cette rfrence
temporelle. Cette composition peut tre entre : adverbe de temps + adverbe de quantit,
adverbe de manire + adverbe de quantit, adverbe de lieu + adverbe de quantit,
adverbe de quantit + adverbe de quantit4, adverbe de manire + adverbe de temps +
dictique. Toutefois, ce ne sont pas tous les adverbes des types cits qui sont concerns
par cette composition. Principalement pour des raisons smantiques, certains dentre
eux seulement peuvent se combiner avec certains autres aussi.
Nous navons recens quun seul autonome non temporel ayant cette particularit de ddoublement : din
din (sur le coup / immdiatement).
4
La composition de ces deux adverbes est distinguer du ddoublement dadverbe puisque les
constituants de ce genre de composs appartenant au mme type dadverbes sont diffrents contrairement
au ddoubl qui lui, est constitu de deux adverbes identiques.
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Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
Les adverbes composs sont rpartis sur deux selon la nature des adverbes
combins. Dune part, il y a les composs dont lun des adverbes (gnralement le
noyau) est temporel et de lautre, ceux qui sont composs de deux adverbes non
temporels. Dans le premier cas, lautonome compos ne peut tre que temporel du
moment que son adverbe central renvoie cet aspect l et son signifi est directement
perceptible du signifi du mme adverbe central. Ainsi, le second adverbe combin avec
ce noyau peut tre considr comme une expansion ou une dtermination adverbiale
quantitative ou de manire qui situe avec plus de prcision le renvoi temporel de
ladverbe recteur. Par consquent, ce genre de complexe adverbial pause une certaine
ambigut quant la nomination dadverbe compos puisque la combinaison nimplique
pas de dtermination interne mais impose un rfrent unique et commun. Toutefois, le
principe de substitution partielle que le compos nadmet pas est aussi rejet par ces
complexes adverbiaux puisque ladverbe de temps recteur ne peut tre accompagn
dautres adverbes de quantit ou de manire que ceux avec lesquels il est combin :
(01) Ivelli kan (hier seulement)
Ivelli ddeqs* (hier assez*)
Ivelli aas* (hier beaucoup*)
(02) Akka imir-a ( ce moment l)
Meqlubi imir-a* ( lenvers ce moment*)
Akken imir-a* (comme cela ce moment*)
Ces combinaisons dadverbes ne font donc pas lobjet dun choix multiple mais
constituent des monmes complexes figs. Cependant, il est clair que le second adverbe
apporte une certaine prcision smantique au signifi de ladverbe noyau mais cest
lensemble qui est commutable avec dautres adverbes du mme paradigme.
Dans le second cas, il ny a de trait smantique dans aucun des deux adverbes
combins qui renvoie une quelconque rfrence temporelle. Cest sans doute, la
combinaison qui a permis ces deux adverbes non temporels dacqurir cette rfrence.
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Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
Si le doute est fort prsent dans les composs incluant un adverbe temporel, il est
totalement cart dans le cas de la composition de deux adverbes non temporels. En
effet, labsence de la rfrence temporelle dans les deux adverbes lve toute ambigut
quant la nature de ces complexes autonomes.
Ces composs sont constitus dun adverbe de quantit ciu / cwiya (peu),
kan (uniquement) combin avec un autre adverbe de quantit, de lieu ou de manire.
Cet lment constant mais variable peut tre dans deux positions : ladverbe ciu /
cwiya se combine en postposition de manire fige avec ladverbe de manire
akka (ainsi / dici) : akka ciu (dans peu de temps) et ladverbe kan succde
ladverbe de lieu din (l bas) ou ladverbe de quantit ciu / cwiya : din
kan (sur le coup).
Notons par ailleurs, que ces diffrents types de composs ne forment pas des
schmes productifs et ne constituent pas des moules de transposition dans la formation
dautres autonomes car en dehors de ces constructions, les adverbes qui forment le
compos ne peuvent rentrer dans dautres combinaisons. Toutefois, chacun peut prendre
son autonomie vis--vis de lautre pour assurer sa rfrence adverbiale primaire.
Dautres autonomes apparaissent aussi sous la forme de composs synaptiques.
Les deux constituants de ce genre de composs qui sparment ne font aucun renvoi
temporel (adverbe de lieu + adverbe de lieu, adverbe de manire + adverbe de lieu) sont
relis laide dune prposition ar (jusqu) ou dun prsentatif d pour assurer
approximativement la mme rfrence temporelle (dornavant / partir daujourdhui) :
Akka ar sdat
Sya d asawen / afella
II.1.2.2. Les autonomes temporels synthmes par drivation :
Le nombre de ce genre dautonomes est trs rduit et ferm. Les seuls morphmes
dgags sont : sell qui est lquivalent de aprs et send qui va loppos du
premier et qui est lquivalent de avant . Ceci dit, le morphme send apparat
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Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
aussi sous la forme assimile de sell 5 selon le contexte phontique de ladverbe quil
prcde mais aussi selon la variante rgionale : sendivelli / sellivelli (avant-hier) mais
linitiale phontique de ilindi (lan dernier) impose le morphme sell : sellilindi
qui est plus fluide et plus compatible phontiquement que send . Cette
transformation phontique induit une confusion smantique et formelle avec le mme
morphme dsignant son oppos. Cette ambigut est toutefois carte par le contenu
smantique de ladverbe avec lequel le morphme se combine.
En thorie, ces monmes grammaticaux peuvent se combiner avec tout adverbe
mono monmatique dont le signifi est combinable avec celui du morphme. Mais en
pratique, ils ne se combinent quavec trois adverbes temporels uniquement :
Ivelli : sendivelli
azekka : sellazekka
Ilindi : sellilindi
qabel : wabel ??
Si ladverbe azekka sopposant ivelli acceptent tous deux la drivation
adverbiale, ladverbe qabel ne se soumet pas cette drivation mais lexpression
(dans deux ans) sexprime avec un tout autre lexme wabel bien que son oppos
ilindi ait cette particularit.
Par ailleurs, il faudrait signaler que cette drivation dadverbes est diffrente de la
drivation ordinaire connue dans la formation dautres units appartenant dautres
catgories. En effet, ce type dautonomes ne rsulte pas de la combinaison dune racine
(verbale ou nominale) avec un morphme drivationnel mais ce dernier se combine
plutt avec un autre adverbe de mme type que celui que lon veut former. Ces
morphmes ne sont donc pas productifs puisquils ne sont pas spcialement
adverbialisateurs comme lest par exemple -ement dans la langue franaise.
Toutefois, ces morphmes peuvent tre ddoubl, tripl, selon le nombre de fois
ladverbe rpt :
Certains confondent entre ces deux morphmes qui, selon eux, reprsentent un seul et mme signifiant
dou de deux signifis (avant et aprs). Nous pensons quil sagit l de deux morphmes totalement
diffrents et que cet amalgame nest que le rsultat dune influence phontique.
87
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
Ilindi (lan pass)
Sellilindi (il ya deux ans)
ilindi n yilindi
Selli u sellilindi (il ya trois ans)
ilindi n yilindi n yilindi / ilindi n sellilindi
Tout en considrant laspect fonctionnel du morphme send qui est, par
extension, employ comme prposition : send tagrawla (avant la rvolution), nous avons
inclus dans ce mme ensemble dautonomes les complexes construits avec la
prposition seg (depuis) postpos lun des adverbes temporels : ilindi, (lan
dernier), ivelli (hier), azekka (demain), imir (au moment mme) et ass-a (aujourdhui).
II.1.2.3. Autres construction des autonomes temporels synthmes :
Les diffrentes constructions de ces autonomes naffichent pas les caractristiques
daucune des procdures de formation lexicale de la langue et nont rien de commun
avec les constructions pr cites. Ils ne sont donc ni des drivs, ni des composs et
encore moins des syntagmes mais peuvent tre considrs comme des locutions
adverbiales figes et dont les composants sont variables : certains impliquent des
adverbes (de quantit) combins avec des supports de dtermination auxquels sont
adjoint des dictiques qui orientent ladverbe quantitatif vers une rfrence temporelle :
ddeqs aya (cela fait longtemps). Dautres sont forms laide dinterrogatifs melmi
(quand) et acal (combien) renforcs pour le premier avec la prposition si
(depuis) en antposition (si melmi) et le complexe support de dtermination + dictique
aya en postposition pour le second (acal aya). Ces lments transforment laspect
interrogatif en une dtermination adverbiale temporelle.
II.1.3. Les autonomes temporels mono monmatiques :
Les autonomes mono monmatiques sont rpartis sur deux ensembles dont les
limites ne sont pas totalement et dfinitivement traces dans la mesure o certaines
units chevauchent entre ces deux ensembles, ce qui les rend instables. Toutefois, pour
clarifier momentanment les frontires entre eux, nous nous sommes rfrs la fois
la combinaison morphologique et surtout lemploi syntaxique qui nous rvle les cas
frquents de leur utilisation et travers lesquels nous distinguons :
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Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
II.1.3.1. Les noms de priodes cycliques :
Les noms exprimant des priodes cycliques sont les plus susceptibles davoir des
emplois adverbiaux. Mais pour se faire, la quasi majorit de ces nominaux ncessite
lintervention dautres monmes avec lesquels ils formeront ensemble des dterminants
adverbiaux. Les nominaux dont la flexibilit leur permet de ragir comme adverbes sans
autre support, sont dune part, ceux qui renvoient aux diffrentes parties de la journe et
dont la majorit est dorigine arabe : taebit (la matine), tafejrit ( laube), tameddit
(le soir), auxquels sont rajouts les deux noms : tazwara (au dbut) et taggara (en
fin). Dautre part, ceux qui expriment la dure temporelle :
Ex :
Yeqqim-n aseggas. (il y est rest un an).
II.1.3.2. Les adverbes temporels mono monmatiques :
Ces autonomes mono monmatiques sont ceux quon qualifie ordinairement
dadverbes. Ils sont en nombre restreint mais la majorit jouit dune stabilit morphosyntaxique qui lve toute ambigut quant leur nature. Toutefois, quelques units,
essentiellement celles initiale vocalique, tombent dans des emplois nominaux, cest le
cas par exemple des adverbes : ivelli (hier), azekka (demain). Mais ces transferts restent
limits quelques rares contextes.
Ex :
Yekfa yivelli, (hier est pass)
yella uzekka. (il y a demain)
Contrairement aux noms de priode cycliques qui sont forte dominance de
lemprunt, les adverbes mono monmatiques sont en majorit de souche berbre. Les
quelques rares adverbes emprunts larabe sont dailleurs mis chemin entre la
rfrence temporelle et locative, une instabilit due linfluence de cette langue sur le
berbre et la diffrence des deux systmes.
Ex :
Uqbel, nella nettagem-d di tala (avant, on puisait leau de la fontaine)
Tella tala uqbel axxam-nne$ (il y a une fontaine avant notre maison).
89
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
II.2. Les autonomes de manire :
%
Construction
57 %
Structure
Autonomes
- beimada
- s i$imi
- s ibeddi
- s leder
n o m
- s lem$awla
- s lweiran
Prposition + nom
daction
- s sshala
28,5 % - s tazzla
- s tibbuhelt
- s tidder$elt
- s tierci
s y n t a g m e s
- s leiwej
- s ttiamda
i t i o n
- s ucennef
p o s
- beddrei
P r
7
5
A u t o n o m e s
- s tuffra
- di / s leqq
- s uiekki
- s ukellex
- s uqeer
- bessif
- di / s lbael
- di vvalem
Prposition + nom
simple
28,5 % - s dd$el
- s ddrei
- s leiqel
- s leqq
- s lwaoeb
90
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
- s nnas
- s nneqma
- s nniya
- s nnmara
- s teraymit
- s tmara
- s ttawil
Autonomes par drivation
%
2 7
Autonomes
synthmes
19 %
- s yi$il
- beliebbuv
- bellegdis
Schme + nom
09,5 %
- bellegni
- fellai
- ti$endist
- tinnegnit
- meiwaju
Schme + verbe
06,5 %
- meqlabu
- mezleg
- mjelwe
Schme + adverbe de
lieu
Autonome avec dictique
Autonome par ddoublement
(adverbe de quantit)
91
03 %
03 %
- timendeffirt
- timenzzat
- akka
- akken (ni)
- ciu ciu
05 %
- swa swa
- kra kra
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
- dir
- afi
16 %
monmatiques
Autonomes mono
- bael
- ieryan
Adverbes de manire
16 %
- jmii
- lwaid
- mli
- qrib
- tamara
- xir
Les statistiques sur la rpartition des autonomes de manire affichent des carts
considrables dune structure une autre. La moiti est reprsente par les autonomes
syntagmes et lautre moiti est rpartie entre les autonomes synthmes et les autonomes
mono monmatiques qui constituent eux aussi, la moiti des synthmes.
Les structures des autonomes de manire forment des groupes assez homognes
dans la mesure o ils ne prsentent pas beaucoup de constructions diffrencies. Par
ailleurs, la particularit synthmatique spcifique ces autonomes rside dans le
nombre lev des drivs adverbiaux (12 sur 16 autonomes synthmes) et la diversit
des schmes adverbialisateurs.
II.2.1. Les autonomes de manire syntagmes :
Ils sont constitus des diffrents noms dsignant un tat ou une proprit physique
ou morale auxquels sont antposs les prpositions di (dans/) et s (avec) qui
transforment ces simples noms en des syntagmes autonomes. Ceux-ci sont diffrencier
des complexes prposition + expansion prpositionnelle puisque dans le cas des
autonomes, les noms ne peuvent se combiner quavec les deux prpositions pr cites et
la majorit ne se combine dailleurs quavec la prposition s . La substitution de cette
prposition par une autre appartenant au mme paradigme est smantiquement exclue.
La commutation ne peut seffectuer que sur lensemble de lautonome contrairement
la prposition qui prcde lexpansion prpositionnelle qui peut tre, plus ou moins,
substitue par dautres prpositions assurant de ce fait des nuances smantiques :
92
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
(3)
yewwi-t-id s yi$il (il la eu par la force)
(4)
yewwi-t-id deg yi$il (il la ramen dans les bras)
(5)
yewwi-t-id $ef yi$il (il la ramen sur le bras)
Lexemple (3) est diffrent de (4) et (5) dans la mesure o le complexe prposition +
nom dans (3) rfre une dtermination adverbiale (comment ?) alors que dans (4) et
(5) il est expansion indirecte du prdicat verbal (dans / sur quoi ?). Lorsque la
prposition s de lautonome est remplace par une autre prposition, le complexe
change totalement de fonction et lon aperoit une sorte de dtachement entre les deux
composantes puisque le nom devient compatible avec diffrentes prpositions. En outre,
le complexe autonome peut tre substitu par un autre autonome mono monmatique de
mme type sans perturbation de la structure de lnonc et en exclusion mutuelle, ce qui
nest pas le cas du complexe prposition + expansion prpositionnelle qui peut exister
mme au ct dun autre complexe de mme type :
Yewwi-t-id s yi$il (il la par la force)
Yewwi-t-id tamara (il la eu difficilement)
Yewwi-t-id $ef weirur. (il la ramen sur le dos)
Yewwi-t-id $ef weirur n u$yul. (il la ramen sur le dos dun ne)
Par ailleurs, certains de ces noms qui rentrent dans la formation des autonomes se
combinent galement avec le morphme bu ou ses variantes pour assurer une
dtermination adjectivale. Le choix de lun ou de lautre entrane un changement radical
de la nature de lunit obtenue (adverbe adjectif) :
Yemmeslay-d weqcic s nniya (lenfant a parl navement)
Yemmeslay-d weqcic bu nniya (lenfant naf a prix la parole)
Quant aux noms constituant le noyau de ces autonomes syntagmes, ils sont
rpartis sur deux : dune part, il y a les noms simples renvoyant des manires
physiques ou morales et ayant la capacit de recevoir la prposition s . Une grande
partie de ces noms sont dorigine arabe non intgrs la langue et nous avons constat
aussi lintrusion de la prposition bi de cette langue quivalent de s du berbre
93
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
qui ne semble toutefois pas productive du moment quelle napparat que dans deux cas
combine avec deux empreints cette mme langue : bessif (obligatoirement) et
beddrei (par la force).
La prposition s se combine dautre part avec des noms daction dsignant
aussi ltat ou la manire. Cependant ce ne sont pas tous les noms daction qui peuvent
rentrer dans cette combinaison dautonomes et il est difficile de slectionner ceux qui
ny sont pas compatibles moins de se rfrer encore une fois la smantique. Ces
noms daction ne peuvent pas tre en fonction dexpansion prpositionnelle, ce qui lve
toute ambigut quant leur nature adverbiale : yea s ibeddi (il a mang debout).
II.2.2. Les autonomes de manire synthmes :
La majorit de ces autonomes qui prennent la structure de synthme est
reprsente par des drivs adverbiaux combinant diffrentes units avec diffrents
morphmes / schmes qui paraissent en distribution complmentaire et non alatoire.
Les autres apparaissent soit avec des dictiques akka (comme a) et akken/ni
(comme cela) ou avec un ddoublement dadverbe de manire swa swa
(exactement) ou de quantit ciu ciu (peu peu / progressivement / doucement).
II.2.2.1. La drivation base verbale :
Les autonomes de manire drivs sur des bases verbales dnotent tous des
dfauts essentiellement physiques perceptibles partir du sens de leurs bases qui sont
exclusivement des verbes dtat. Cette drivation adverbiale est obtenue laide des
deux schmes : m -------u6
et
m--------
Qleb (renverser)
meqlabu (inversement)
Zleg (tordre)
mezleg (tordu)
Bien que les deux drivs adverbiaux soient issus dun mme thme verbal
(c1c2ec3), les schmes utiliss sont diffrents, ce qui nous oriente vers une distribution
alatoire de ces morphmes lintrieur de chaque schme.
Lorsque ladverbe est form sur ce schme, la voyelle neutre e de la base verbale salterne en
voyelle pleine a .
94
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
II.2.2.2. La drivation base nominale :
Lorsque la base de drivation des autonomes passe du verbe au nom, les schmes
aussi changent. La majorit de ces drivs est obtenue avec la prfixation de bell qui
connat dans tous les usages une orientation expressive pjorative (ngative).
bell + idis (ct)
bellegdis (par le ct)
Quant aux noms susceptibles de subir cette drivation adverbiale, aucun indice
particulier ni trait smantique ne nous permet de runir un ensemble de noms favorable
celle-ci lexception de quelques uns qui renvoient des orientations spatiales :
bell + igenni (ciel)
bellegni (vers le ciel / sur le dos)
En outre les mmes units qui se combinent avec le morphme bel semblent
parfaitement sadapter aussi avec dautres schmes7 qui les orientent dans le mme sens
que le premier.
in + igenni
tinnegnit
i$en + idis
ti$endist
Par ailleurs, comme pour les adjectifs, on peut galement former des adverbes sur
le schme -------i que lon apparente la langue arabe bien quil soit aussi prsent
dans les archasmes berbres. Le seul exemple que nous avons identifi porte une base
empreinte cette mme langue :
Fella (agriculteur) + i
fellai ( la manire paysanne)
Toutefois, nous enregistrons des utilisations individuelles de ce schme combin avec
dautres bases nominales dorigine berbre, notamment les expressifs.
Aelwaq (chiffon) + i
elwaqi ( la manire chiffonnire)
Les schmes in et i$en imposent la modalit du fminin t-----t lors de la formation de lautonome
bien que leurs bases nominales soient masculine.
95
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
II.2.2.3. La drivation base adverbiale :
Ce genre de drivation est spcifique aux autonomes de manire. Cependant, seuls
deux autonomes sont forms par la combinaison dun schme imen et dune base
adverbiale locative qui, grce au morphme prfix, devient un dterminant de manire.
Ex :
Iteddu timendeffirt (il marche en arrire)
Contrairement aux morphmes adverbialisateurs sur base nominale, le morphme
imen nest pas du tout productif et cela est souvent du des contraintes smantiques
et quelques fois aussi morphologiques / combinatoires.
Ex :
imen + daxel (intrieur)
imendaxel* ( la manire intrieure*)
Signalons aussi que thoriquement, il ne peut se combiner quavec des adverbes
de lieu mono monmatiques car ils sont smantiquement les plus compatibles avec le
morphme de manire imen du moment que ce genre dautonomes dnote une ide
dorientation/direction spatiale perceptible aussi dans ces drivs adverbiaux.
II.2.3. Les autonomes de manire mono monmatiques :
Ils sont trs peu nombreux et ne regroupent pas toutes les possibilits smantiques
renvoyant la dtermination de manire : ihedder iinani (il parle avec franchise). Ce
manque est combl par le recourt la formation des autonomes syntagmes, ce qui
justifie leur nombre assez lev.
96
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
II.3. Les autonomes locatifs :
%
Construction
19,5 %
Structure
Autonomes
- ar / seg ugemmav
- ar / si berra
Autonomes incluant un adverbe
Prposition + adverbe
de lieu
- ar / si deffir
14,5 %
- ar / si sdat
- ar da
- ar din / dihin
- s ddaw / s wadda
- s ufella
Adverbe de lieu +
dictique
- akkina
05 %
- dihina
- dinna
s y n t h m e s
- ar / si daxel
- akkin mli / mavi
5 0
A u t o n o m e s
- akkin ciu / cwiya
- berra kan.
- dagi kan
- daxel kan
Adverbe de lieu + adverbe de
- deffir ciu / cwiya
19 %
quantit
- deffir kan
- deffir akk / mavi
- din kan
- sdat ciu / cwiya
- sdat kan
- sdat akk / mavi
- s yihin (a)
Prposition + dictique
05 %
- sya
- syen (a)
97
Reconstitution formelle des adverbes
- ulanida / ulanda
Ngation + interrogatif
spatial
05 %
- ulansi
- ulasani
Interrogatif spatial +
modalit daltrit
01,5 %
- anda nniven
- agemmav
- akkin (a)
- berra
- da
- daxel
- ddaw
26 %
Adverbes locatifs
- deffir
- din (a)
2 6
Autonomes mono monmatiques
Autonomes incluant un interrogatif
06,5 %
Partie II Chapitre deuxime
- lewhi
- mbeid
- metwal
- qbala
- sdat
- ukessar
- uqbel
- usawen
98
Reconstitution formelle des adverbes
- $ef yeffus
- $ef zelmev
- ar / di ccerq
- ar / di l$erb
- ar / di tqernit
Prposition + nom de situation
spatiale
- ar / seg / seg / yidis
05 %
- ar / si / di tama
- ar / si rrif / erf
2 4
Autonomes
syntagmes
Partie II Chapitre deuxime
- di / si lqerb
- di tlemmast
- di tmazzya
- si lebiid
Prposition + adverbe de
- di / si / mkul / yal loiha
01,5 % - di / si / mkul / yal tama
quantit + nom
- di / si mkul / yal amkan
Dans le cas des autonomes locatifs, bien que les pourcentages soient trs
rapprochs, cest plutt la structure synthmatique qui est la plus reprsentative. Par
ailleurs, les autonomes mono monmatiques eux aussi sont plus nombreux que les
autonomes syntagmes qui, dans le cas des temporels, sont en tte de par leur nombre.
Ces autonomes ne sont pas construits avec les mmes procdures que les temporels et
impliquent peu la drivation et la composition.
II.3.1. Les autonomes locatifs synthmes :
Les autonomes locatifs synthmes se manifestent sous sept constructions incluant
la combinaison de diffrents types dunits.
II.3.1.1. Autonomes synthmes incluant un adverbe :
La majorit de ces autonomes sont construit autour dun noyau adverbial locatif.
Lorsque ladverbe renvoie une rfrence quantitative, il est automatiquement suivi par
un nom dsignant lespace auquel renvoie ladverbe : usan-d si mkul amkan (ils sont
99
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
venus de partout). Cependant, ce genre de combinaison constitue plutt des autonomes
syntagmes puisque leur noyau nest pas ladverbe mais le nom dsignant lespace.
Par ailleurs, le noyau adverbial locatif peu tre combin avec un autre adverbe de
type quantitatif kan (uniquement) qui lui succde : Ssers-it din kan (pose-le juste la).
Ou avec des prpositions si / ar en postposition ou le dictique a (proximit) et
ina (loignement) en antposition qui orientent laction du prdicat que ladverbe
dtermine : ssers-it dinna (pose-le l-bas), ssers-it ar sdat (pose-le par devant)
II.3.1.2. Autonomes synthmes incluant un interrogatif :
Ceux-ci sont le rsultat de la composition dun interrogatif rfrence spatiale
avec la modalit daltrit nniven (autre) qui est en postposition ou la modalit de
ngation ula (il ny a pas) en antposition. Cette dernire se combine avec trois
interrogatifs spatiaux diffrents et dnote chaque fois des nuances smantiques
orientant aussi laction du prdicat auquel ils renvoient :
Ula + sani (vers o) : ulasani truev (nul part vers o aller)
Ula + anda (o) : ulanda truev (nul part o aller)
Ula + ansi (par o) : ulansi truev (nul part / aucun chemin par o passer)
II.3.1.3. Prposition + dictique :
Quelques autonomes synthmes locatifs nincluent aucun lexme et ne se
composent que de morphmes. Toutefois, le centre de ces complexes (dictiques)
renvoie toujours lespace. Ces dictiques succdent la prposition s (par) qui
oriente, elle aussi, laction du prdicat dtermin.
Proximit :
ru sya (pars par ici)
Situation mdiane :
ru syen(a) (pars par l)
Eloignement :
ru syihin(a) (pars par l-bas)
100
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
II.3.2. Les autonomes locatifs mono monmatiques :
Ces autonomes appels adverbes de lieu sont en nombre assez important. Ils sont
gnralement construits en opposition binaire : daxel berra, sdat deffir, da dihin / din,
uqbel mbeid, . La majorit de ces adverbes peuvent se combiner avec les
prpositions ar (jusqu) / si (de) . Quand ils ne sont pas accompagns des
prpositions, ils renvoient une situation spatiale fixe et lorsquil y a implication de ces
fonctionnels, ils dnotent lorientation spatiale avec des nuances smantiques :
Tette$laq daxel (elle se ferme lintrieur)
Tette$laq ar daxel (elle se ferme vers lintrieur)
Tette$laq si daxel (elle se ferme de lintrieur)
Par ailleurs, nous avons identifi deux units double emploi, principalement
nominal et adverbial par extension. En fonction dadverbe, ces units se mettent ltat
dannexion mme si le contexte ne limpose gnralement pas : une particularit propre
elles qui soulve beaucoup dinterrogations quant leur caractre adverbial.
Nom :
yeqqim deg usawen (il est assis sur la cte)
Adverbe :
yeqqim usawen (il est rest en haut)
II.3.3. Les autonomes locatifs syntagmes :
Ils ne sont ni nombreux ni varis en constructions puisquils se prsentent sous
une seule combinaison regroupant lune des prpositions : $ef, ar, di, si et un nom
dsignant une situation spatiale.
Yeqqim di tama (il est assis dans un coin)
101
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
II.4. Les autonomes quantitatifs :
Structure
Construction
Autonomes
- acemma
- aas
- akk
- annect
- aqel
- azgen
- bezzaf
- cwi / ciu
- ddeqs
- di$en
- drus
%
5 8
mono - mon matiques
- ahdum
- galium
Adverbes
mono
monmatiques
58 %
- aqa
- imexva
- kan
- kra
Autonomes
- kter
- mli
- nezzeh
- nnef
- qrib
- tuget
- ugar
- ulac
- xilla
102
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
- azgen / nnef kan
- cwi / ciu kan
- cwi / ciu mavi
Adverbe de quantit + adverbe de quantit
- ddeqs kan
4 2
Autonomes
synthmes
42 %
- acemma kan
Adverbe de quantit +
adverbe de quantit
29 %
- drus akk
- drus mavi
- kra kan
- qrib akk
- qrib nnef / azgen
- qrib ulac
- ulac akk
- ulac mavi
- acemma acemma
Adverbe de quantit
ddoubl
- aas aas
13 %
- akk akk
- ciu ciu
- mli mli
- swa swa
A la diffrence des autres types, les autonomes quantitatifs se prsentent sous
deux structures seulement : autonomes synthmes et autonomes mono monmatiques.
Labsence dautonomes syntagmes tmoigne en quelque sorte de la puret de ces
dterminants quantitatifs dans la mesure o ils nincluent pas les noms ou dautres
units appartenant un autre paradigme dans leurs structures. Ils sont construits
uniquement sur la base de dterminants adverbiaux et nimportent aucun autre monme
ni adverbe dautre type pour leur servir de support de quelque nature quil soit.
103
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
II.4.1. Les autonomes quantitatifs mono monmatiques :
Ces adverbes reprsentent plus de 60 % des autonomes quantitatifs attests. Ils
sont gnralement construits en opposition binaire : drus / ciu (peu) aas (beaucoup),
aqel (moins) kter (plus), et quelques fois en opposition ternaire incluant une
valuation quantitative mdiane : ulac (rien) azgen (moiti) akk (tous), ulac (rien)
ciu (peu) aas (beaucoup), ou mme quadrilitaire : ulac (rien) ciu (peu) aas
(beaucoup) bezzaf (trop),
Par ailleurs, lintrusion des emprunts la langue arabe a induit une diversit de
signifiants renvoyant un seul rfrent dont lemprunt concurrence rudement ladverbe
de souche berbre, le cas de azgen qui est supplant par nnef .
Quant leur construction, les adverbes quantitatifs se prsentent dans des formes
htrognes dont la majorit est initiale consonantique. Seules deux de ces units
drivent dune base verbale :
Qreb (se rapprocher)
qrib (proche)
Udrus (tre peu)
drus (peu)
II.4.2. Les autonomes quantitatifs synthmes :
Bien que ces autonomes paraissent assez homognes, nous pouvons en distinguer
deux constructions diffrentes.
II.4.2.1. La composition dadverbes :
La majorit des autonomes quantitatifs synthmes combinent deux adverbes
quantitatifs diffrents. Cette composition nest pas alatoire mais rpond des
exigences smantiques :
Yea ciu mavi (il a mang un tout petit peu / il a trs peu mang)
Yea aas mavi* (il a mang beaucoup du tout)*
Ici, ladverbe mavi nest compatible quavec les adverbes dsignant les petites
quantits uniquement.
104
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
Gnralement, le second adverbe vient prciser le contenu smantique du premier
mais parfois ce dernier est postpos au premier, ce qui est le cas de ladverbe qrib
qui ne peut succder un autre adverbe.
En outre, cette combinaison nest rendue possible quavec la srie des adverbes
exprimant la graduation quantitative : akk (tous), qrib (approximativement / presque),
kan (uniquement), et mavi (du tout).
Toutefois, ces adverbes composs peuvent tre interprts autrement. En effet, le
second adverbe peut tre considr comme un dterminant adverbial dun autre adverbe
autonome de lui puisquil est aisment supprimable et peut connatre un emploi
adverbial indpendamment de son point de rattachement. Toutefois, lexistence de
ladverbe mavi qui na de sens quune fois combin avec certains autres adverbes
quantitatifs, tmoignerait en quelque sorte de la structure unifie de ces autonomes
rfrents complmentaires mais unique. En outre, ce deuxime point de vue pourrait
tre appuy et consolid par le fait que ce ne sont pas tous les adverbes qui peuvent
recevoir un dterminant adverbial quantitatifs de graduation (13 adverbes sur 26)
comme il devrait ltre sil sagissait dune dtermination.
Par ailleurs, les adverbes exprimant la graduation quantitative nous permettent de
nuancer avec prcision et finesse le rfrent de ladverbe recteur sans recourir dautres
formes dadverbes. En effet, ces dterminants offrent plus de possibilits de
dtermination et rendent compte de plusieurs situations quantitatives que lon ne peut
obtenir si lon recourait aux diffrentes oppositions adverbiales qui, elles, ne dnotent
que les quantits standards.
Ex :
Yella ciu (il en reste peu)
Yella ciu kan (il en reste juste un peu)
Yella ciu mavi (il en reste trs peu)
105
Partie II Chapitre deuxime
Reconstitution formelle des adverbes
II.4.2.2. Le ddoublement dadverbes :
Quant la minorit, elle est obtenue par le ddoublement du mme adverbe.
Ceux-ci dnotent souvent lintensit et laccentuation de la dtermination adverbiale
contenue dans un seul adverbe simple. Cependant, ce ne sont pas, l aussi, tous les
adverbes mono monmatiques qui peuvent tre ddoubls et une bonne partie dentre
eux changent de type de dtermination une fois ddoubls et deviennent gnralement
des autonomes de manire. En effet, cette transformation est souvent obtenue lorsque le
point de rattachement de lautonome est un verbe intransitif.
Ex :
Ileu acemma acemma (il marche / avance doucement)
Par ailleurs, certains de ces autonomes ddoubls peuvent en mme temps
renvoyer une dtermination quantitative et de manire selon les contextes.
Ex :
verse-le petit petit (quantit)
Smir-it ciu ciu
Verse-le progressivement (manire)
Tableaux rcapitulatifs :
Les pourcentages sont tablis en rfrence au nombre global des autonomes tous
types confondus qui slve 282 autonomes. Le premier tableau dtermine le nombre
dautonomes pour chaque type en rfrence au nombre gnral. Le second met en
vidence la rpartition des autonomes selon les trois structures dgages suivie des
statistiques de chaque type dautonomes correspondant chaque structure. Ces rsultats
nous permettront de dgager les conclusions relatives la combinatoire et
lappartenance formelle des dterminants adverbiaux et constitueront le point de dpart
de lanalyse des chevauchements syntaxiques et/ou smantiques quon verra dans les
deux chapitres de la troisime partie.
Types dautonomes
Pourcentages
Autonomes temporels
39,5 %
Autonomes de manire
22,5 %
Autonomes locatifs
22 %
Autonomes quantitatifs
16 %
106
Partie II Chapitre deuxime
Structure
Autonomes
syntagmes
Autonomes
( 98 )
35 %
Autonomes
mono
monmatiques 27,5 %
( 78 )
Type dautonomes
Autonomes temporels
52 %
Autonomes de manire
34 %
Autonomes locatifs
14 %
Autonomes quantitatifs
00 %
Autonomes temporels
31,5 %
Autonomes de manire
17,5 %
Autonomes locatifs
31,5 %
Autonomes quantitatifs
19,5 %
Autonomes temporels
33,3 %
Autonomes de manire
13 %
37,5 %
( 106 )
synthmes
Reconstitution formelle des adverbes
Autonomes locatifs
20,5 %
Autonomes quantitatifs
33,3 %
107
Partie II Conclusion
Reconstitution formelle
Conclusion
Dans la prsente partie, nous avons bien constat que le classement des adjectifs
et des autonomes en rfrence aux critres morphologiques est une opration assez
dlicate. Celle-ci est rendue difficile voire impossible dans le cas des autonomes. A
partir de la reconstitution des deux ensembles et en rfrence la segmentation
principale opposant clairement les deux catgories des verbes et des noms, nous
mettons les conclusions partielles suivantes :
Dans le cas des adjectifs, nous ne pouvons absolument pas nier leur forme
nominale dans la mesure o, outre leur compatibilit avec les modalits nominales et
ltat, certains schmes des adjectifs se retrouvent aussi dans la formation des noms
dagent et/ou de patient. Nous soulevons l, la question qui sinterroge sil sagit dun
seul et mme morphme drivationnel utilis et dans la formation des adjectifs et dans
celle des noms dagent et de patient ou bien il renvoie deux signifis diffrents dont
les signifiants seraient communs. Nous navons hlas pas assez dinformations pour
traiter ce point et nous nous contenterons de les considrer comme un seul schme
divers signifis.
Par ailleurs, comme pour la majorit des units incluses dans la catgorie
nominale, les adjectifs sont aussi forms sur des bases verbales ou nominales laide de
morphmes assez varis que lon ne pourrait qualifier de schmes adjectiveurs dans la
mesure o ils ne sont pas systmatiques. Ceux-ci ragissent aussi de la mme manire
que les noms face aux modalits du genre, du nombre et dtat qui identifient la classe
nominale et qui, en mme temps, les distinguent de celle des verbes. Ainsi, hors
contexte et ne tenant compte que des proprits morphologiques, les units quon range
dans ltiqute des adjectifs font primordialement partie de la grande sphre nominale.
108
Partie II Conclusion
Reconstitution formelle
Quant aux autonomes, nous ne pouvons trancher au sujet de leur appartenance
catgorielle puisquils ne rpondent ni aux critres dfinitoires de la classe nominale ni
ceux de la classe verbale. Lhtrognit de leur structure formelle nous empche de
les inclure dans lune ou lautre classe. Bien que certains dentre eux se prsentent sous
une forme nominale, ils constituent une minorit et ils ne peuvent donc pas imposer leur
caractre une majorit qui est non seulement formellement htrognes mais aussi
dont les proprits ne relvent daucune des catgories prexistantes.
Face aux ngatives tentatives de classement dans le groupe des lexmes, nous
serions tents de se rfrer celui des morphmes. Mais les autonomes sont loin dtre
des monmes grammaticaux et nont pas besoin de contexte dapparition comme il est
le cas des morphmes de ce groupe. Ceci nous amne, la fin, proposer une autre
classe lexmatique dautonomes aux cts de celles des verbes et des noms sans marque
formelle prcise.
109
Partie III
Contextes et limites des chevauchements inter catgoriels
En linguistique fonctionnelle, les catgories dans lesquelles sont ranges les
diffrentes units de la langue sont principalement tablies en rfrence aux
compatibilits propres chacune. Les classes se dfinissent selon la nature des units et
non selon leurs fonctions ou leur comportement syntaxique et encore moins en
rfrence au smantisme qui est presque totalement cart de toute tude des monmes.
En se rfrant la thorie dans laquelle nous puisons nos raisonnements, il y a primaut
des compatibilits morphologiques sur les critres syntaxiques. Mais cela ne signifie
point que les fonctions syntaxiques correspondent des catgories sinon un mme nom
qui, par sa nature est plurifonctionnel, appartiendrait plusieurs catgories y compris
celle des verbes avec laquelle le nom est en opposition principale. En pratique, la
rfrence au comportement syntaxique dans la classification est trs rarement voque
dans cette thorie.
Nous avons vu dans la partie prcdente, les limites de la catgorisation selon les
compatibilits morphologiques. De ce fait, il ne serait pas pratique de regrouper un aussi
grand inventaire dans deux classes uniquement : les verbes et les noms. Cest ce
niveau quinterviendra la syntaxe dans le but dallger les deux grandes classes cites.
Toutefois, faut-il tenir compte de toutes les compatibilits syntaxiques ?
Vu le grand nombre de proprits syntaxiques existantes, si lon les traduit en
catgories, nous serons face un nombre lev de classes comportant un moins grand
nombre dunits. Ce sont l, les deux extrmits viter. Pour une analyse plus fine et
moins encombrante des catgories, il est ncessaire de prendre en compte, pour chaque
catgorie, un certain nombre de variables selon lesquelles chaque lment pourra
prendre une valeur donne. Ces variables de niveaux diffrents doivent tre pertinents,
c'est--dire que pour quelles soient oprationnelles, il faudra procder par niveau
danalyse et lorsque les critres morphologiques ne peuvent plus aller plus loin dans le
regroupement en classes, on se rfre au niveau syntaxique dans lequel les
caractristiques des variables doivent tre en majorit distinctives pour opposer les
catgories.
111
Partie III
Contextes et limites des chevauchements inter catgoriels
Par ailleurs, nous pouvons faire face des groupes qui ne peuvent tre dfinis en
rfrence ces variables pralablement choisies selon leur importance et leur frquence.
On dira dans ce cas, quil y a neutralisation de la variable ou que les units de ce groupe
marquent labsence de cette variable qui est gnralement expliqu par une raction
ngative. Dans ce cas, il est prfrable de recourir une sous catgorisation qui affinera
minutieusement le classement et qui privilgie la smantique. Les variables doivent tre
le point commun de rfrence qui nous permet dopposer les catgories les unes contre
les autres et les groupes dunits doivent en majorit rpondre ngativement ou
positivement ces variables et viter au maximum les critres qui voquent la
neutralisation.
112
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
I.1. Quest ce quun adjectif ? Identification syntaxique de ladjectif en
berbre :
Aprs avoir pass en revu le comportement morphologique des adjectifs que nous
avons pu collecter, nous avons conclu que sur le plan formel, il est quasiment
impossible de reconnaitre dans un ensemble de noms, les units quon pourrait appeler
adjectifs. Comment dans ce cas dfinir les units adjectivales ? Peuvent-elles constituer
une catgorie particulire ou rentrent-elles dans la sous catgorisation ?
En effet, voir la morphologie des adjectifs, on se demande srieusement en quoi
ces lexmes seraient-ils diffrents des nominaux notamment des noms dagent et de
patient qui, eux, ne sont que des extensions de la sphre nominale. Par ailleurs,
lappartenance une catgorie se rsume-t-elle uniquement aux compatibilits
morphologiques. Heureusement que non, sinon on se serait arrt la premire
segmentation partir de laquelle merge la classe nominale par opposition la classe
verbale. Par ailleurs, instinctivement, tout le monde est capable de reconnaitre la
catgorie des adjectifs quils soient dans ou hors contexte. Il devrait donc y avoir une
dfinition en termes positifs de ladjectif. Cest dans ce sens que nous tenterons, dans ce
qui suit, de dfinir ce que nous pouvons ranger dans le concept dadjectif en berbre et
nous verrons partir de leurs caractristiques syntaxiques, leur appartenance
catgorielle primaire et nous pourrons par la suite, expliquer les contextes et les limites
de la fluidit catgorielle qui rendent ces units instables.
I.1.1. Constructions des adjectifs : y-a-t-il un attribut en berbre ?
Dans dautres langues, notamment le franais, on distingue plus ou moins
nettement deux constructions de ladjectif : pithte et attribut. En berbre, Taifi M. est
le seul linguiste avoir pos clairement cette distinction. Ce nest pas par ignorance que
les autres linguistes berbrisants ont omis de parler de ladjectif attribut en berbre mais
bien parce quil soulve une problmatique assez importante quant sa fonction et sa
structure formelle qui inclut lauxiliaire de prdication d qui, syntaxiquement est
114
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
hors contexte, mais aussi par rapport sa rfrence smantique qui sloigne nettement
de la qualification nominale.
Ex :
iru wul ad d-yekkes urrif, yufa-n imdukkal d imuvan
A premire vue, le complexe d imuvan vient qualifier le nom qui le prcde et
prend les mmes marques de genre et de nombre que celui-ci. A priori, il ragit de la
mme manire quun adjectif sans la particule d . Serait-il une seconde forme de
lemploi de ladjectif ou remplit-il une autre fonction distincte ?
Lorsque nous testons ce genre dunits formes partir dun adjectif prcd dun
prsentatif qui nest employ ailleurs que comme auxiliaire de prdication, nous
affirmerons sans doute quelles rpondent positivement aux principaux critres de
dfinition des adjectifs. Toutefois, un examen plus approfondi nous dmontrera quil
serait difficile dintgrer ce genre de construction dans la sphre des qualifiants
adjectivaux et ce pour deux principales raisons que nous expliquerons successivement ci
aprs :
Sur le plan syntaxique :
En berbre comme dans dautres langues, ladjectif est un qualifiant directe du
nom qui lui impose les marques de genre et de nombre. Ainsi, lautonomie de ladjectif
dpend de celle du nom qualifi puisquil ne peut tre spar de lui. Etudions cette
capacit de dplacement des deux constructions en question et voyons si le complexe dit
attribut fonctionne de la mme manire que ladjectif pithte dans le mme exemple
prcdent.
1- Iru wul ad d-yekkes urrif, yufa-n imdukkal d imuvan
2- Iru wul ad d-yekkes urrif, yufa-n imdukkal imuvan
1- Iru wul ad d-yekkes urrif, imdukkal, yufa-ten-in d imuvan
1- Iru wul ad d-yekkes urrif, d imuvan i n-yufa imdukkal
2- Iru wul ad d-yekkes urrif, imdukkal imuvan yufa-ten-in.
115
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
Lorsque nous tentons la procdure dantposition qui explicite au mieux les
capacits de dplacement de ladjectif, on remarque que ladjectif pithte ne peut
absolument pas se repositionner dans lnonc sans quil ne soit accompagn du nom
quil dtermine. Contrairement au complexe attribut qui est totalement indpendant du
nom quil est cens qualifier. Ils ne se succdent dailleurs que lorsque la phrase est
construite dans un ordre canonique1 sinon, chaque lment est indpendant de lautre.
On suppose alors, que llment d qui interrompe la liaison directe entre ladjectif et
son qualifi serait probablement responsable de lindpendance du qualifi de son
qualifiant.
Sur le plan smantique :
Dans ce point, nous examinerons la rfrence smantique des deux dterminants
et nous ciblerons leur point dincidence au niveau smantique. La nature du point de
rfrence est dcisive dans lidentification de la fonction de certains lexmes. Dans le
mme exemple cit plus haut, ladjectif dit attribut peut tre substitu par un adjectif
pithte sans engendrer des perturbations au niveau syntaxique. Toutefois, voyons sur le
plan smantique si le choix de lun ou de lautre est pertinent. Si la substitution est
satisfaisante sur tous les points cits, les deux units pourront dans ce cas tre ranges
dans la mme classe ou auront du moins la mme fonction.
3- Iru wul ad d-yekkes urrif, yufa-n imdukkal d imuvan
4- Iru wul ad d-yekkes urrif, yufa-n imdukkal imuvan
Dans 4, imuvan qualifie imdukkal puisquil dtermine ltat du nom (comment
taient ses amis ?). Mais, dans 3, il renvoie prcisment ltat dans lequel est le nom
lors de la ralisation du procs exprim gnralement par le prdicat verbal (comment /
dans quel tat a-t-il trouv ses amis ?). Nous navons pas effectu une analyse profonde
Lordre canonique des noncs varie selon les langues. En berbre, il prend la construction : verbe
sujet complment.
116
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
mais il savre que ces dterminants ne peuvent jamais succder un prdicat nominal
alors que la nature de celui-ci ninflue point sur lapparition de ladjectif pithte.
Ex :
D imdukkal imuvan
D imdukkam d imuvan*
Par ailleurs, pour dterminer si les deux qualifiants ont le mme point dincidence,
nous les soumettons la substitution verbale.
Ex :
Yufa-n imdukkal d imuvan
Yufa-n imdukkal uvnen
Yufa-n imdukkal imuvan
Yufa-n imdukkal yuvnen
Chaque forme de qualifiant est substitue par une unit distincte qui oppose un
verbe dtat au statut de compltive un participe qui est toujours une expansion
secondaire c'est--dire une dtermination dune expansion nominale. La premire forme
a une incidence smantique plus large/tendue.
En outre, ladjectif pithte ne peut jamais se passer de son dtermin et non
seulement a, mais il nadmet mme pas de se rfrer une entit reprsente par un
affixe ou un indice de personne mme si le renvoi est clair et explicite. Ladjectif
attribut, lui, ne ncessite pas que le qualifi soit une entit nominale bien prcise. Il se
contente de la plus simple rfrence anaphorique. La suppression du qualifi devient
possible avec ce genre dadjectif. Toutefois, son absence totale nest pas non plus
tolre puisque sa suppression impose une rfrence anaphorique.
Ex :
Iru wul ad d-yekkes urrif, yufa-ten-in d imuvan
Iru wul ad d-yekkes urrif, yufa-ten-in imuvan*
Rajoutons ces arguments le fait que lattribut ne soit pas compatible avec tous
les types de verbes dont il dpend en priorit puisquil apparait souvent en rfrence
un verbe daction. Tout ceci, tmoigne doublement sur la question de lexistence de
117
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
lattribut en berbre puisque, dune part, cette rfrence imprcise implique quelle ne
soit pas le point dincidence de ladjectif (qui renvoie donc au prdicat verbal) et dautre
part, limpocibilit de suppression totale du qualifi nominal, bien quil soit facultatif,
rend compte quil y a rellement rfrence cette entit quon pourrait qualifier de
rfrence indirecte.
En somme, si lon se rfre la nature du point de rattachement (un verbe) et
la rfrence smantique, nous serons tents de ranger ces complexes dans la sphre des
adverbes. Mais le renvoi bien que indirecte, qui le rattache au nom travers laction du
prdicat verbal, laisse la question de lexistence de ladjectif attribut en berbre
suspendu jusqu ce quune tude approfondie de la question soit aborde. Toutefois,
bien que lemploi de cette forme reprsente la moiti de lemploi des adjectifs pithtes,
elle demeure assez frquente dans les usages notamment dans les textes prescriptifs.
Ainsi, dfaut de solution tranche, nous avons pris en considration les deux structures
en question.
I.1.2. Position et autonomie de ladjectif :
La position de ladjectif nest pas la mme dans toutes les langues et varie selon
le fonctionnement de chacune bien quil ne sloigne jamais trop de lentit quil vient
qualifier. Dans certaines langues, la position de ladjectif par rapport son point
dincidence devient smantiquement pertinente, ce qui nest pas le cas dans la langue
tudie. En berbre, le qualifiant succde toujours au qualifi et naccepte pas
lintrusion dautres monmes (voir p. 24/25). La relation entre les deux units nest
assure par aucun indicateur de fonction. Cest principalement au niveau smantique
que lon arrive facilement reprer un adjectif et ce critre est renforc par laccord en
genre et en nombre.
Cette position fixe rduit les capacits de dplacement de ladjectif qui se voit
totalement dpendant des capacits de dplacement du nom qualifi. Il ne se
repositionne donc jamais sans lui.
118
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
I.1.3. La dtermination et les dterminants des adjectifs :
Dans ce point, nous recenserons les diffrents dterminants qui peuvent
accompagner ladjectif :
Lorsquun lexme est employ comme adjectif, il perd toutes les caractristiques
syntaxiques de la classe nominale dans laquelle il sidentifie sur le plan formel. Il
acquiert de ce fait, dautres comportements spcifiques cette fonction.
Outre la marque dtat qui demeure libre, ladjectif refuse toute autre
dtermination lexception du dterminant adverbial qui vient le rajuster au niveau
smantique. Cependant, mme l, ce ne sont pas tous les qualifiants qui peuvent
recevoir cette modification et cela dpend principalement des compatibilits
smantiques du dtermin et du dterminant qui doivent tre combinables. Tenant
compte de ces latitudes smantiques de combinaison, les adverbes de quantit sont
priori, les seuls autonomes capables de dterminer un adjectif. Toutefois, ce ne sont pas
non plus tous les adverbes quantitatifs qui peuvent accompagner tous les adjectifs, et
une tude plus approfondie des smes nous dterminera prcisment les points
pertinents permettant cette dtermination mais ceci nest pas notre objectif.
En dehors de ce dterminant, ladjectif naccepte aucun autre modificateur quil
aurait bien reu sil tait en fonction nominale comme la possibilit dtre le point de
rattachement dun complment dterminatif, dun affixe ou dun anaphore. Le test de
laffixe (la modalit daltrit nni ) nous permet dailleurs, en cas de doute, de
reprer la fonction adjectivale notamment lorsque lunit manifeste un syncrtisme
dtat ou que la fonction ne permet pas lapparition de ltat dannexion qui est la
principale marque de distinction adjectif - nom.
Ex :
D is$aren ireqqaqen i yesser$ayen izuranen
D is$aren ireqqaqen i yesser$ayen izuranen-nni
119
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
Ainsi, les deux qualifiants en gras ont pris deux fonctions diffrentes. Le premier
ne peut pas recevoir daffixe : il est donc un adjectif et le second est compatible avec
cette modalit : il nest de ce fait quun simple nom en fonction dexpansion objet
directe.
I.1.4. La ngation et les adjectifs :
En berbre, lexpression du contraire est trs souvent exprime laide de la
ngation que prend en charge le monme signifiant discontinu ur .. ara , le
monme mai , Dans le cas des adjectifs, le lexme est totalement remplac par
un autre de mme fonction pour exprimer un tat oppos au premier.
Ex :
is$aren izuranen
is$aren ireqqaqen
En thorie, tout qualifiant est susceptible davoir son oppos : cest le domaine
mme des oppositions dtats. En pratique, beaucoup dentre eux nont pas leurs
quivalents ngatifs ou positifs et certains les expriment dans un sens approximatif ou
avec dautres types dunits. Les adjectifs de dimension et dapprciation illustrent le
mieux cette opposition binaire et parfois mme ternaire rendant compte dune situation
mdiane. Mais les plus reprsentatifs demeurent ceux exprimant les dispositions
personnelles et physiques bien que beaucoup dentre eux soient de simples qualifiants
nvoquant pas de situation oppose.
I.1.5. Adjectifs noms participes :
A partir des conditions syntaxiques que nous avons numrs ci avant pour un
emploi correct des adjectifs, on se met dans lobligation dlaborer une analyse
comparative afin dtablir les points pertinents qui nous permettent de distinguer ces
units des deux grandes sphres nominale et verbale.
120
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
A cet effet, nous avons choisis parmi ces derniers, les cas dont les situations de
confusion sont les plus frquentes que ce soit au niveau syntaxique ou smantique.
Ainsi, nous dcrirons dans le tableau suivant, les points communs et les points de
divergence permettant disoler les adjectifs de la fonction dterminative des nominaux
et du rle qualificatif des participes et des verbes dtat.
En effet, outre ltroite correspondance smantique entre eux, les deux formes
verbale et nominale peuvent trs aisment substituer ladjectif dans lordre de la
qualification. Ceci aurait sans doute amen certains linguistes rapprocher le participe
de la catgorie nominale : Bentolila : 1981 : 353, le considre comme tant la forme
nominale du verbe et Cadi (1981) le considre comme tant une catgorie intermdiaire
entre la catgorie nominale (adjectif) et la catgorie verbale.
Ex :
as$ar iiewjen ur iqeiied / as$ar uiwij ur iqeiied.
En outre, le participe accepte de la mme manire que ladjectif une
dtermination adverbiale et non dautres expansions tel le complment dterminatif,
Le nom (complment
dterminatif)
Ladjectif
Le participe / le verbe dtat
- Ladjectif apparat avec un - Le nom nest pas oblig de - Le participe affiche une
schme nominal et saccorde saccorder
avec
lentit forme
verbale
obligatoirement en genre et en dtermine. Il peut saccorder invariable
et
fige,
incompatible
nombre avec le nom qualifi. uniquement en genre ou en avec les modalits du genre et
Une quelconque alternance de nombre, saccorder en genre et du nombre.
ces marques sur le qualifi en
induit
automatiquement
nombre
de
ladjectif :
ne
pas
une saccorder du tout. Et si lon
correspondance parfaite avec alterne
celles
ou
afus marques
aberkan / ifassen iberkanen.
lune
des
deux
du
dtermin
le
dterminant reste fig : afus n
uberkan / ifassen n uberkan.
Le verbe dtat saccorde en
genre et en nombre avec le
nom
qualifi
manifeste
au
se
niveau
de
lindice de personne) : yusa-d
weqcic yuven
warrac uvnen.
121
(laccord
usan-d
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
- Ladjectif ne peut pas tre - Le complment dterminatif - Le participe et le verbe dtat
dtermin
par
un
locatif
dmonstratif
accepte
les
affixe peut tre dtermin par les sont
caractriss
mais locatifs et surtout par les lorientation
modificateurs possessifs
adverbiaux.
et
accepte
spatiale
par
et
la lactualisation aspectuelle et
dtermination laide dun peuvent tre dtermins par
autre
nom :
dterminatif
complment une
rgit
par
unit
adverbiale
la postpose.
prposition dappartenance (de
proprit) n .
- Lorsquil est rattach un - Il occupe souvent la fonction - Les deux formes verbales
syntagme
prdicatif
verbal, dexpansion secondaire : nur- apparaissent
en
expansion
ladjectif ne peut en aucun cas d aderwic n taddart. Mais peut prdicatode secondaire rgit
tre expansion primaire mais aussi
nur-d
secondaire :
tre
en
expansion par le subordonnant (relatif)
am$ar primaire lorsque le prdicat est i lorsquils
sont
aderwic. Avec un syntagme nominal : d axxam n tmurt
complments dun nonc
nominal,
base de syntagme prdicatif
il
est
expansion
primaire : d am$ar aderwic.
verbal
nur-d
argaz
yedrewcen, ou en expansion
primaire avec un syntagme
nominal : d argaz yedrewcen.
- Les adjectifs qui assurent le - Le complment dterminatif - Les deux formes verbales
rle de la qualification comme est toujours ltat dannexion apparaissent
premire
substantifs
comme
fonction
qui
seconde
et
les car il est prcd de la morphologie
avec
une
diffrente
des
lassurent prposition n qui loblige adjectifs et des complments
fonction prendre cet tat.
apparaissent ltat libre et en
aucun cas ils ne peuvent tre
ltat dannexion moins quils
ne soient employs dans des
fonctions nominales.
122
dterminatifs.
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
- Sur le plan smantique, les - Syntaxiquement, ils sont - Au niveau smantique, ils
adjectifs sont des qualifiants de utiliss
des
fins
de sont trs proches des adjectifs
noms qui relvent du domaine dtermination qui relve plus car ils
relvent aussi
du
des tats et syntaxiquement ce de la proprit.
domaine de la qualification et
sont des dterminants primaires.
des tats. Et syntaxiquement,
ils
sont
des
dterminants
secondaires.
- Ladjectif peut
sous
deux
apparatre - Le complment dterminatif - Selon la nature de la
constructions napparat quavec une seule qualification, un nom peut tre
diffrencies par la particule de construction [n (prposition) + dtermin par un participe ou
prdication
qui
rend nom ( ltat dannexion) ].
par un verbe dtat. La nuance
ladjectif attribut en sa prsence
smantique dtecte entre les
et pithte en son absence. Ce
deux
prsentatif confre ladjectif
identique celle releve entre
une relative autonomie.
ladjectif attribut et ladjectif
formes
pithte.
123
verbales
est
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
I.2. Contextes et limites des chevauchements adjectifs substantifs :
Dans ce deuxime volet sur les qualifiants et la qualification, nous ciblerons et
dfinirons dans un premier temps, les units que nous pourrons appeler adjectifs.
Pratiquement, nous soulignerons partir dun tableau que nous expliquerons plus loin,
les caractristiques qui font que tel groupe dunits est principalement dfini par sa
nature de qualifiant adjectival. A dfaut dexistence dadjectifs proprement dits qui
serait priori illusoire, nous trierons les domaines par excellence qui font assumer ces
units le rle dadjectif comme fonction primaire. Dans un second temps, nous
tudierons les cas des chevauchements qui soprent entre les deux types de catgories :
dabord, les transferts orients de la catgorie des nominaux vers la catgorie syntaxique
des adjectifs, puis inversement, de celle des adjectifs vers celles des substantifs. Enfin,
nous conclurons ce chapitre par lanalyse de certaines units qui font barrage aux faits
de transferts. Nous prsenterons ici, les caractristiques intra et extra lexmatiques qui
refltent les limites de ces mouvements inter catgoriels.
Tableau rcapitulatif des transferts syntaxiques :
Type de qualifiant
%
81 %
Adjectifs primaires
Adjectifs secondaires
19 %
Fonctions
Adjectif
58,5 %
Fonctions nominales
22,5 %
Fonctions nominales
11,5 %
Adjectif
07,5 %
Dans le tableau qui va suivre, nous avons valu tous les cas de permutations
syntaxiques entre les adjectifs quon appellera primaires et les adjectifs dits secondaires
(substantifs) en rfrence aux diffrents types de textes recueillis dans notre corpus.
Dans chaque groupe, nous avons relev le nombre de cas dans lesquels les constituants
respectifs apparaissent dans leur fonction originale et ceux dans lesquels ils sont
employs
dans
des
fonctions
124
secondaires.
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
Tableaux rcapitulatifs des transferts syntaxiques :
Type de texte
Nbre de
qualifiants
Type de qualifiant
Adjectifs primaires
adjectifs
substantifs
Fonctions
Adjectifs
65,5 %
Fonctions
nominales
07 %
Adjectif pithte
51 %
Adjectifs attribut
14,5 %
Prdicat
05,5 %
Indicateur de thme
01,5 %
Prdicat
05,5 %
Indicateur de thme
05,5 %
Expansion dterminative
01,5 %
72,5 %
Devinettes
55
Substantifs
27,5 %
125
Fonctions
nominales
13 %
Adjectifs
secondaires
14,5 %
Adjectif pithte
11 %
Adjectifs attribut
03,5 %
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
Adjectifs
Adjectifs primaires
73,5 %
Fonctions
nominales
25,5 %
47,5 %
Proverbes et
dictons
Adjectif pithte
19 %
Adjectifs attribut
06,5 %
Indicateur de thme
16,5 %
Prdicat
12 %
Expansion rfrentielle
08 %
Expansion indirecte
04,5 %
Hors syntaxe
04,5 %
Expansion directe
90
Fonctions
nominales
Substantifs
20 %
26,5 %
Adjectifs
secondaires
126
06,5 %
02 %
Prdicat
05,5 %
Indicateur de thme
03,5 %
Expansion directe
03,5 %
Expansion indirecte
02 %
Hors syntaxe
02 %
Expansion dterminative
02 %
Adjectif pithte
01 %
Adjectifs attribut
05,5 %
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
Adjectif pithte
Adjectifs
Adjectifs primaires
Recettes de cuisine
61 %
94,5 %
33,5 %
97 %
Adjectifs attribut
72
Fonctions
nominales
Adjectifs
secondaires
Substantifs
03 %
127
02,5 %
03 %
Expansion directe
01,25%
Expansion rfrentielle
01,25%
Adjectif pithte
03 %
Adjectifs attribut
00 %
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
I.2.1. Les adjectifs primaires :
On dsigne par adjectif tout nominal tant employ comme qualifiant dune
autre entit de mme type et qui apparait avec les caractristiques morpho syntaxiques
imposes par la fonction adjectivale. Par ailleurs, les adjectifs primaires , sont les
units de forme nominale dont la fonction est principalement adjectif. En effet, ces
units assurent le rle de la qualification comme premire fonction. Les adjectifs
primaires sont donc, isoler des noms dagent et de patient avec lesquels ils partagent
certains schmes de formation. Ils doivent tre qualifiants et non dnominatifs et pour
se faire, ils ne doivent inclure dans leur signifi que ltat dterminatif et exclure la
rfrence au dtermin. Lorsquune unit fait rfrence un tre anim en mme temps
qu sa qualification, elle dmontre trs souvent son caractre nominal. On reviendrait
l encore aux divers dfinitions ngatives qui affirment que toutes les units incluant
lide de la qualification / dtermination et qui ne peuvent tre ranges dans les sous
groupes nominaux notamment celui des noms dagent et de patient, sont des adjectifs
primaires. Voici les champs smantiques qui sont les plus reprsentatifs en matire
dadjectifs primaires :
1- Les couleurs : cest le champ par excellence de la fonction dadjectif puisquils
ont toujours besoin du nom qualifi.
2- Les adjectifs de dimension ou de forme : ceux-ci font aussi souvent appel au
nom dtermin sans lequel la qualification est incomplte.
3- Les apprciatifs et quelques adjectifs de disposition physiques ou
personnelles : nous ne dsignons l que les adjectifs dont le rfrent dtermin
nest pas inclus dans le signifi.
Cependant, ce ne sont pas tous les qualifiants dfinis dans ces champs qui sont
automatiquement adjectifs primaires mais uniquement ceux qui ne se suffisent pas eux
seuls pour exprimer et la qualification et le qualifi et pour lequel ce dernier nest pas
128
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
facultatif. Toutefois, il est important de signaler que ces adjectifs dont la slection est
plus ou moins dlicate et conditionne, sont assez nombreux puisquils reprsentent
plus de 80 % des qualifiants recenss travers notre corpus.
Par ailleurs, nous verrons plus loin que mme ces stricts adjectifs subissent,
dans des contextes plus ou moins prcis et dlimits, des extensions syntaxiques
remettant en cause leur rle qualificatif.
I.2.2. Substantifs en fonction dadjectif :
La catgorie des noms regroupe un nombre assez important de sous ensembles
dfinis par leur morphologie, syntaxe et / ou smantique. Les sous ensembles qui
prtent ici notre attention sont bien videment ceux qui incluent la rfrence de
qualification / dtermination que nous tudierons dans les deux points qui vont
succder. Notre intension est de cibler les types de nominaux qui peuvent apparaitre
exactement dans les mmes conditions smantiques et syntaxiques que les adjectifs
primaires. A travers lexamen des caractristiques smantiques, morphologiques et
contextuelles, nous isolerons les nominaux affects par la spcification restrictive de
leurs principales proprits qui leur assigne la fonction secondaire dadjectif.
I.2.2.1. Les noms dagent et de patient2 :
On a souvent tendance confondre les noms dagent et de patient avec les
adjectifs de par leur contenu smantique qui, dans certains cas, relve du domaine des
tats et des qualits. Voyons dabord, les correspondances et les points distinctifs entre
les deux ensembles :
Sans exposer ici leur structure formelle, les noms dagent et de patient se forment
en gnral partir des schmes suivants :
Pour ne pas sortir de notre objectif principal, nous considrons les deux types de nominaux (noms
dagent et noms de patient) comme un ensemble homogne bien quils soient clairement distincts.
129
Partie III Chapitre premier
Drivs
base
verbale :
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
a ;
am/an/im/in. ;
as ;
am/an/im..u/i.
Drivs base nominale : ames . ; a.i/gi ; im/an ; bu/abu.
Drivs expressifs : affixation
Ceux-ci sont comparables aux morphmes formateurs des adjectifs qui, toutefois,
sont plus varis. Daprs une tude faite sur la morphologie des noms dagent (Aoudia
A. et Djemai S. : 1999), on remarque que la quasi majorit de ces nominaux se
prsentent avec les deux schmes am/im.. qui sont dailleurs les plus connus
comme formateur de noms dagent et de patient. Quant aux adjectifs, ils sont
principalement forms partir des morphmes a/i/u.. et aan .
Toutefois, cette sparation des schmes nest pas aussi claire que dcrite ici puisque
nous retrouvons dans lun comme dans lautre de ces ensembles des noms les mmes
formes de drivs classes simultanment dans la liste des noms dagent ou de patient et
dans celle des adjectifs. Or, nous pouvons plus ou moins tablir cette distinction en se
rfrant leurs bases de drivations. En effet, les deux ensembles en question se
dpartagent la rfrence smantique : les noms dagent et de patient relvent du
domaine actif et anim et sont donc souvent drivs partir de verbes daction et les
adjectifs relvent du domaine des qualits en gnral et sont drivs de verbes dtat.
Toutefois, cette distinction nest pas non plus aussi pertinente et ninclus pas le
fonctionnement syntaxique dans la mesure o les units de chacun de ces ensembles se
retrouvent parfois en dehors du contexte dans lequel ils sont censs apparaitre.
A partir de notre corpus, nous avons relev une quarantaine de substantifs (18%)
susceptibles de fonctionner comme adjectifs sans distinguer leurs fonctions dans les
contextes o ils sont inclus. Aprs distribution de ces fonctions, il savre que lemploi
de ces noms comme adjectifs reprsente plus de la moiti des cas demploi original de
ces nominaux. Ce constat est essentiellement relev partir des locutions figes
notamment les devinettes qui est le domaine par excellence de la description et donc de
la qualification. Ceci dit, ladjectivation des noms dagent et de patient ne semble pas
130
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
tre totale. Daprs les contextes tudis, ceci concerne essentiellement les noms dont
laffiliation est dlicate et imprcise notamment les noms drivs de verbes dtat tel
am$ar (vieux / vieillard), amuvin (malade) ou ceux drivs de verbes daction
mais incluant une qualification et forms pour la plupart avec le schme im/ am :
ameslub (fou).
En gnral, ladjectivation des substantifs concerne essentiellement les noms
dont le rfrent de lagent ou du patient est plus ou moins similaire celui de la
qualification et dont le rfrent abstrait et concret sont communs. Toutefois, ce transfert
de fonction se prsente souvent sous un adjectif attribut puisque cette structure nest pas
aussi exigeante que la structure pithte qui est plus conditionne.
I.2.2.2. Les noms de mtiers et les qualifiants mtaphoriques3 :
Le contenu smantique des noms de mtiers qui rentrent dans les noms dagent
rpond favorablement au principe de la qualification. Ils sont bien souvent utiliss
comme adjectifs mais leur emploi dans cette fonction nest pas systmatique dans la
mesure o ce ne sont pas tous ces nominaux qui acceptent de succder dautres noms
pour les qualifier et cela ne dpend pas des conditions syntaxiques mais bien
smantiques . Dans certains cas, il est smantiquement lourd de faire prcder les
noms de mtiers par des noms sur lesquels ils auront un impact de qualification.
Ex :
Yusa-d wergaz bu we$rum - yusa-d bu we$rum
Par qualifiants mtaphoriques nous sous entendons les noms qui sont employs
comme adjectifs dans des contextes bien prcis. Ils sont trs souvent des noms
danimaux auxquels on reconnait une qualit ou un dfaut particulier et assez dominant
et ces qualifiants sont essentiellement portes et transmis travers les fables et les
contes danimaux. Par ailleurs, aucune transformation formelle nest apporte ces
noms pour quils deviennent qualifiants. Ce sont des transpositions smantiques qui
3
Les cas que nous citons dans ce point ne sont malheureusement pas attests dans notre corpus, nous les
avons pris appart dans dautres contextes.
131
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
consistent attribuer une entit nominale le contenu dominant de lun de ses smes.
Voici quelques uns de ces smes correspondant chaque qualifiant mtaphorique :
-
A$yul (ne)
idiotie
Aqelwac (bouc)
puanteur.
Aqerniv (cureuil)
conome.
Aqjun (chien)
sans principes.
Awtul (livre)
peur.
Azger (taureau)
nul / fonce sans rflchir.
Baba$ayu (perroquet)
imitation sans intelligence.
Bururu (hibou)
malheur.
Ibki (singe)
laideur.
Ifker (tortue)
lenteur et patience.
Ilef (sanglier)
force destructrice.
Itbir (pigeon)
beaut.
Izem (lion)
courage.
Ta$zalt (gazelle)
beaut et rapidit.
Tafunast (vache)
grosseur.
Tagerfa (corbeau)
laideur et malheur.
Tasekkurt (perdrix)
beaut.
Taweuft (fourmi)
minutie.
Ti$irdemt (scorpion)
vice.
Uccen (loup)
ruse.
L aussi, lemploi de ces noms danimaux comme qualifiants se prsente le plus
souvent sous la structure dadjectif attribut car celle-ci nest pas aussi rigoureuse que
celle de lpithte.
132
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
I.2.3. Adjectifs en fonctions nominales :
Aprs avoir repr les conditions et les limites de lemploi de certains substantifs
dans des fonctions dadjectif, nous tudierons ici le processus inverse o les adjectifs
primaires sont employs dans des fonctions typiquement nominales.
Sur 177 adjectifs primaires recenss, prs dun tiers occupe des fonctions
rserves principalement aux substantifs mais, la grande majorit reste dans son emploi
primaire.
I.2.3.1. Les contextes dapparition des adjectifs dans des fonctions
nominales :
Lemploi des adjectifs primaires dans lune des fonctions nominales nest pas
systmatique dans la mesure o ce ne sont pas tous les adjectifs qui peuvent subir ce
transfert fonctionnel. Ceux qui sont favorables ces chevauchements sont rgis par des
conditions contextuelles incluant trs souvent la relation entre la qualification et lentit
qualifie.
I.[Link]. Regroupement de la qualification avec un qualifi
antrieurement voqu :
La majorit des cas dapparition des adjectifs primaires dans des fonctions
secondaires nominales se prsente soit aprs un ou plusieurs emplois de la mme unit
adjectivale dans sa fonction primaire dadjectif qui, devenant thme connu, se suffit de
la qualification lors des prochaines vocations. C'est--dire que le qualifi se mle au
qualifiant aprs plusieurs emplois indpendants de ces deux parties dans le contexte de
qualification.
Ex :
Anwa ara yamnen argaz bu lekdub, ula ma yenna-d tidet, d bu lekdub
133
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
Ou, lorsquune mme entit est qualifie deux fois ou plus par des adjectifs diffrents
dans des fragments dnoncs ou dans un mme paragraphe rfrent unique.
Ex :
D is$aren ireqqaqen i yesser$ayen izuranen
Cette substantivation des adjectifs nest au fait quune abrviation anaphorique
regroupant un qualifi antrieurement voqu avec diverses qualifications renvoyant
la mme entit qualifie. Bien que ce ne soit pas tous les adjectifs primaires de notre
corpus qui sont soumis ces emplois secondaires, mais il semblerait daprs les
conditions de passage vers les fonctions nominales, que tous peuvent subir ce
regroupement de la qualification avec le qualifi du moment que ce dernier a fait lobjet
dune identification antrieure.
I.[Link]. Les adjectifs construits avec bu + nom :
Les adjectifs incluant dans leur structure le morphme bu ou ses variantes
apparaissent trs rarement dans leur emploi primaire de qualification. Ils sont moins
qualifiants que les autres adjectifs dverbatifs ou dnominatifs et sont frquemment
utiliss comme substantifs bien quils aient une rfrence qualificative. En effet,
llment bu renvoyant principalement une personne de sexe et de nombre
dtermin joue le plus souvent le rle du dtermin et nexige de ce fait, aucune autre
identification de ce dernier qui, dailleurs, rend le couple [ nom + adjectif (bu + nom) ]
smantiquement lourd puisque le qualifi est doublement reprsent et constitue une
redondance.
Toutefois, lapparition de ces locutions dans leur contexte de qualification devient
fluide lorsque lentit qualifie est autre quun tre anim.
Ex :
Asagem bu tejbirin
134
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
Ici, il y a rupture de la redondance puisque bu ne se rfre plus aux choses ou aux
animaux et perd de la sorte son caractre rfrentiel. Ainsi, ladquation quil y avait
entre bu et la personne qualifie disparait et bu constitue alors avec le nom qui
lui succde une entit adjectivale fige qui ncessite la prsence de lunit pour laquelle
elle sert de qualifiant.
I.[Link]. Les adjectifs dont le qualifi est probable :
Nous dsignons par cette expression les cas de fusion de la qualification avec le
qualifi. Cest un cas presque similaire au premier contexte abord plus haut, mais il est
dun degr plus volu et ne concerne que quelques adjectifs bien prcis comme
ameqqran, amecu, ameyan, ) Ils peuvent aisment apparaitre dans leur fonction
originale seulement leur qualifi est tellement probable quils se suffisent eux mme
pour faire rfrence aux deux faces qualifi qualifiant. Peu importe la nature de
lentit laquelle ils renvoient condition bien sur que le sujet de la description soit
bien clair mme implicitement, ces adjectifs censs apporter des qualifications
deviennent presque aussi dnominatifs que les substantifs notamment lorsque le rfrent
renvoie des personnes.
Ex :
ef-iyi imeca, imeqqranen, zemmre$-asen
Cependant, contrairement aux deux cas prcdents, les adjectifs de ce genre sont
en nombre restreint et constituent une liste presque ferme puisquelle est susceptible
dtre enrichie mais long terme : le figement du qualifi dans le contenu de la
qualification nest obtenu quaprs un emploi trs frquent du mme qualifi et
qualifiant jusqu ce que lvocation du qualifiant fasse en mme temps rfrence au
qualifi.
I.[Link]. Contextes particuliers de figements :
Certains adjectifs primaires voquant des situations de qualification permanentes
et stables apparaissent eux aussi dans des fonctions nominales. Dans ces cas prcis, la
135
Partie III Chapitre premier
Contextes et limites des chevauchements
adjectifs - substantifs
qualification disparait presque et laisse place la dnomination. Ce sont bien sur des
situations particulire et bien dlimites qui touchent quelques adjectifs uniquement
notamment ceux relevant du domaine des couleurs qui, pourtant, devrait tre
particulirement celui de la qualification.
Ex :
Yedda uzegzaw d uqquran
Yea awra$ n tmellalt
Ainsi, ces adjectifs ne sont employs dans des contextes nominaux que dans des
cas particuliers et uniques et qui nacceptent pas dtre transposs sur dautres situations
bien quelles soient similaires. Leur qualifi se confond avec la qualification puisque
cette dernire se suffit elle seule pour se rfrer aussi lentit qualifi portant la
mme marque permanente du qualifiant. Toutefois, dans la majorit des cas, le
qualifiant est soit renforc par un complment dterminatif qui prcise son contexte et
loigne les cas o la confusion est probable, ou rendu plus ou moins apparent travers
une vocation explicite ou implicite sans qualification contrairement aux cas dont le
qualifi doit tre antrieurement voqu (premier contexte des chevauchements).
I.2.3.2. Les fonctions nominales assures par les adjectifs :
Lorsquun adjectif acquiert les caractristiques syntaxiques des nominaux, il
devrait donc pouvoir apparatre dans les mmes fonctions que ceux-ci. En effet, nous
avons retrouv les adjectifs cits dans le points prcdent dans les diffrents rles
syntaxiques et dans ces cas, ils acquirent automatiquement les mmes caractristiques
morpho syntaxiques que celles des noms, notamment les marques dtat, la possibilit
de recevoir des affixes, la possibilit dtre rduit en affixe, Ils peuvent tre :
- Prdicat : d amellal am yizimer, itess aman am uzger
- Expansion : Directe : ef-iyi imeca, imeqqranen, zemmre$-asen
Indirecte : am win iceen i uder$al
Rfrentielle : wab, yettawev-it umeqqran, yettawev-it umeyan
- Indicateur de thme : amessas n yiv, i$il ur yettali wass
136
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
II.1. Quest ce quun adverbe ? Identification de ladverbe en berbre :
Lhtrognit de la structure formelle des autonomes a rendu toute tentative de
regroupement et de classification au niveau morphologique inoprable. Si lon se rfre
aux proprits dordre morphologique, on aurait obtenu plusieurs groupes dont certains
ressemblent fortement aux nominaux avec leur initiale vocalique, dautres aux
morphmes de par leur forme brve et dautres encore des syntagmes quant leur
combinaison. Ainsi, on ne peut donc se rfrer ce niveau pour dterminer laffiliation
catgorielle de ces units morphologiquement disparates. Toutefois, leur aspect plus ou
moins nominal nous permet de les inclure dans cette sphre. Mais en labsence de
marques particulires ou de morphmes drivationnels nous ne pouvons spcifier le
sous ensemble quils constituent dans ce groupe assez diversifi. Cest pour cela que
nous tenterons de spcifier leur appartenance en localisant dautres caractristiques
dfinitoires notamment sur le plan syntaxique o ces units apparaissent dans des
contextes bien particuliers.
II.1.1. Constructions des autonomes :
Les autonomes se prsentent sous des constructions diverses et il est trs difficile
de les regrouper dans des sous ensembles dont les frontires seront strictement tablies.
Toutefois, nous pouvons plus ou moins nettement, constituer trois types dautonomes en
rfrence aux lments constituant chaque construction. Nous avons pu identifier des
autonomes mono monmatiques, autonomes synthmes et autonomes syntagmes.
- Les autonomes mono monmatiques : ce sont gnralement ceux quon appelle
traditionnellement adverbes. Ils constituent la plus petite unit significative
indissociable. Ils ne sont ni des drivs ni des composs : imir, deffir,
- Les autonomes synthmes : ils sont le rsultat de lassociation dun morphme et
dune racine qui, gnralement, est un adverbe mono monmatique : ilindi,
sellazekka,
138
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
- Les autonomes syntagmes : ce sont des fragments dnoncs incluant, pour la
majorit, un nominal qui acquiert les caractristiques des adverbes une fois inclus
dans un cotexte linguistique dtermin et prcis : aseggas d-iteddun,
La question qui se pose dans ce dernier genre dautonomes est de savoir sil sagit
rellement de syntagmes figs ou sont ils constitus dunits indpendantes dont le
point de rattachement est ailleurs dans lnonc. Pour dterminer si un syntagme est une
seule entit rfrent unique, il faut quil rponde aux critres suivants :
-
Critre de la forme libre minimum : il doit constituer la plus petite unit
significative dont le signifi est unique et homogne.
Critre de non sparabilit : il ne doit pas accepter lintrusion dautres lments
sauf les adverbes et les cas de coordination.
Critre de non permutabilit : il naccepte pas le changement de lordre des mots
le constituant car un changement de lordre des mots pourra entrainer un
changement de sens, tandis quun changement de lordre des parties dun mot
nen sera pas capable.
Cependant, la slection des syntagmes autonomes est assez dlicate car beaucoup
dautres syntagmes ont les mmes structures et ragissent exactement de la mme
manire sans pour autant faire rfrence une dtermination adverbiale.
Par ailleurs, ces syntagmes quon identifie comme autonomes suscitent aussi
plusieurs interrogations tournant autour des concepts autonome / autonomis. En effet,
certains des autonomes syntagmes sont construits sur la base dune prposition et dun
nominal exactement comme une expansion indirecte dun syntagme prdicatif. Bien que
ceux-ci aient clairement une rfrence smantique adverbiale mais au niveau purement
syntaxique, ils sont des syntagmes autonomiss par la prposition qui rentrent dans leur
composition. Cependant, la majorit de ces autonomes sont spcifiques dans la mesure
o ce ne sont pas tous les noms qui peuvent acqurir cette rfrence adverbiale rien
quen se combinant avec une prposition comme il est le cas des expansions indirectes.
En effet, les units qui peuvent constituer avec une prposition un autonome sont soit
des adverbes (autonomes mono monmatiques), des noms dactions (pour les
139
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
autonomes de manire), des noms dsignant des priodes cycliques (pour les autonomes
temporels) ou des noms de localisation (pour les autonomes locatifs).
Outres ces arguments, le principe de commutation accentue le caractre adverbial
de ces syntagmes puisquils peuvent tre substitus par des autonomes mono
monmatiques et en linguistique fonctionnelle, toutes les units qui ont la capacit de se
substituer lune lautre dans un nonc appartiennent au mme groupe et ont par
consquent les mmes caractristiques syntaxiques.
Par ailleurs, lune des devinettes de notre corpus que nous remodelons pour les
besoins de conformits (mis entre parenthses), nous rvle que les autonomes peuvent
prendre la construction prposition + nom :
Ex :
Timeqbert n wairaben, wa (rran-t) tinnegnit, wa (rran-t) $ef wudem.
Dans cet exemple, nous avons une juxtaposition de deux noncs complets dont la
rfrence smantique et la construction syntaxique sont identiques puisque ladverbe
tinnegnit nest que substitu dans le second fragment par $ef wudem sans aucune
autre modification au niveau syntaxique. Les deux constituants appartiennent donc au
mme paradigme adverbial.
Les autonomes de ce type sont, pour une partie, des units qui, smantiquement,
peuvent faire rfrence une dtermination adverbiale mais pour des raisons lexicales /
synthmatiques ne peuvent se combiner avec des morphmes qui leur permettraient
dacqurir cette rfrence sans faire appel dautres monmes indpendants delle
(exemple prcdent). Pour une autre partie, il sagit dadverbes mono monmatiques
qui, l aussi, pour des raisons smantiques, ne peuvent se suffire eux seuls et qui se
seraient mme lexicaliss travers le temps : seddaw (s + ddaw), sufella (s + afella),
Certains, ont besoin de ces prpositions pour rendre compte de certaines nuances
adverbiales qui ne peuvent tre contenues dans un seul monme :
Ex :
Muggre$-d tarbait n elba, rran tilwiin ar deffir
140
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
Ce syntagme est smantiquement diffrent de :
Muggre$-d tarbait n elba, rran tilwiin deffir
La prposition ar a permit ladverbe deffir dont la rfrence renvoie la
manire (comment les lves ont-ils pris leurs ardoises ?) davoir une autre rfrence
locative (o les lves ont-ils mis leurs ardoises ?).
Cependant, les syntagmes dont le nom nappartient pas aux quatre groupes cits
plus haut ne sont pas des autonomes. Ils ont souvent une rfrence locative mais ne
sont autonomes que ceux dont le noyau est un adverbe de lieu mono monmatique. Et
pour appuyer davantage ce point de vue qui confirme le caractre adverbial de ce genre
de syntagmes, on se rfre ceux constitus de prposition et de dictiques : sya (s + a),
syen (s + in). Ils sont sans aucun doute des adverbes bien quon peut aisment reprer
leurs constituants exactement comme les syntagmes prcdents.
Quant aux syntagmes nom + participe (aseggas d-iteddun), ils sont aussi des
autonomes puisquils sont indpendants de lnonc quils dterminent et ne peuvent
avoir aucune autre fonction que celle dautonome. Toutefois, nous ne pouvons les
inclure dans linventaire des autonomes puisque, dune part, ils sont variables et on ne
peut les rpertorier et, dautre part, ils demeurent des combinaisons dunits forces
avoir la fonction de dterminant adverbial quils ne connaissent dailleurs quune fois
mis en contexte.
II.1.2. Position et autonomie des autonomes :
Les autonomes sont des synthmes ou des segments dnoncs dont les rapports
avec le contexte de la phrase sont parfaitement clairs. Ce sont des expansions primaires
qui se rattachent principalement au prdicat et secondairement des nominaux
(adjectifs en particuliers). Toutefois, la nature du rapport dun monme autonome
avec le reste de lnonc ne dpend pas de sa place dans cet nonc (Martinet A. :
1998 : 111) mais celle-ci devient quelquefois smantiquement pertinente.
141
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
En berbre, Chaker S. (1983) a identifi deux types dautonomes : ceux
incidence troite par opposition ceux incidence large. En effet, certains autonomes
se rapportent une seule unit dans un nonc et dautres au prdicat donc lnonc
complet.
Ex :
Yea ifelfel aqeran mli (autonome incidence troite)
Ivelli, yedda yid-ne$ s axxam (autonome incidence large)
Cependant, bien que certains autonomes soient typiquement incidence troite ou
large, il nexiste priori pas de classement strict en rfrence au type dincidence
puisque le mme autonome peut, dans un premier contexte, avoir une incidence troite,
et dans un second, une large incidence.
Ex :
Yea ifelfel aqeran mli
Iemmel ifelfel aqeran mli
Iemmel mli ifelfel aqeran
Mli i iemmel ifelfel aqeran
Par ailleurs, cette incidence oriente lemplacement des autonomes dans lnonc
et guide leur autonomie. Du coup, les autonomes incidence troite sont moins
autonomes que ceux incidence large. Le degr dautonomie de ces units se mesure
travers leurs capacits de dplacement. Ainsi, les possibilits de dplacement des
autonomes incidence large sont plus importantes compares celles des autonomes
incidence troite dont lautonomie est plus ou moins dpendante de leur point
dincidence. Ces derniers ne sloignent jamais de lentit quils viennent dterminer et
leur dplacement est conditionn par les capacits de dplacement de cette entit. Quant
aux premiers, ils peuvent prendre plusieurs emplacements dans lnonc quils
dterminent : position initiale, mdiane ou finale. Toutefois, pour des raisons
smantiques, certaines positions mdianes de ces autonomes ne sont pas tolres et trs
souvent, lune de ces positions est toujours prfrable aux autres sur le plan smantique.
142
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
Par ailleurs, les autonomes qui sont senss apparatre aux cts
de
leur
dtermin, jouent un rle smantique pertinent quant leur emplacement par rapport
celui-ci. Au fait, dans certains contextes particuliers et trs peu frquents, la position
antrieure ou postrieure lunit dtermine engendre des nuances au niveau
smantique notamment lorsque lnonc est constitu dun verbe / auxiliaire
apprciatif :
Ex :
Ilaq ad yettazzal aas
(il faut quil court beaucoup)
Ilaq aas ad yettazzal
(il est trs important quil court)
Toutefois, les autonomes ayant cette particularit sont en nombre trs rduit et ils
relvent gnralement des champs smantiques de quantit et de manire car ceux-ci
sont avant tout des apprciatifs subjectifs que le locuteur peut facilement manier pour
aboutir divers significations.
II.1.3. La dtermination et les dterminants des autonomes :
Les autonomes sont principalement des dterminants de verbes et secondairement
ils se rfrent des adjectifs y compris lorsque ces derniers prennent des fonctions
nominales. Mais peuvent-ils dterminer de simples nominaux dans des fonctions
dexpansions ? Et peuvent-ils tre dtermins par des complments dterminatifs ?
Pour rpondre ces interrogations assez complexes, nous partirons du fait que
toute analyse linguistique regroupe tous ses aspects : morphologique, syntaxique et
smantique et quune tude qui se focalise sur un seul niveau demeura incomplte. Ce
que nous sous entendons par l est que nous ne nous baserons pas uniquement sur la
syntaxe pour expliquer ces points soulevs en haut bien quils relvent de cet aspect
mais nous nous servirons aussi de la smantique comme repre invariable des
phnomnes syntaxiques. Il faudrait nanmoins, signaler que ces points nont pas t
abords antrieurement et que nous prsenterons l nos simples et modestes
propositions bases sur une analyse fonde sur les arguments que nous enchainerons
dans ce qui suit.
143
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
Partons des exemples suivants :
Smiret-as azgen n llitra n waman
Err-it daxel n nnef n lkas n waman
Nous avons signal dans le prcdent titre sur lautonomie des adverbes que
certains contextes rduisent les capacits de dplacement et imposent des positions fixes
aux autonomes. Peut-on alors considrer les deux units azgen et nnef comme
des adverbes ?
Si lon revient une analyse purement syntaxique et que lon distribue les
fonctions, nous serons amens confirmer non que azgen est complment dobjet
mais que lensemble azgen n llitra n waman remplit cette fonction. Mais lorsquon
se prte une analyse plus dtaille de ce complexe, que pourrait-on dire au sujet de
azgen ? Est-il le noyau de cette expansion qui est dtermine par des complments
dterminatifs ?
Un point de vu smantique nous dmontrera quil nen est pas le cas puisquil
vient juste prciser et nuancer la quantit de lobjet llitra n waman . Ce dernier
constitue donc le noyau de lexpansion objet1, et azgen nest quun dterminant
adverbial de cette expansion. Cependant, existe-t-il un dterminant dtermin par les
mmes units quil dtermine et lesquelles il est sens renvoyer ?
Il est difficile de trancher sur cette question puisque, sur le plan smantique, azgen
est le dterminant et sur le plan syntaxique, il est le dtermin. Le principe de possibilit
de suppression qui localise llment le plus facultatif, donc ladverbe, nous semble tre
le seul recourt qui pourrait claircir ce point : azgen est de ce fait le dterminant
puisquil est aisment supprimable.
Par ailleurs, nous pouvons consolider cet argument par lanalyse de lexemple
suivant :
Rnu-yas ifelfel d cwi n waman
Nous ne nous attarderons pas dmontrer le point prcis de ce noyau puisquil nest pas notre objet
danalyse.
144
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
Dans cet exemple, nous avons deux principales expansions de mme ordre :
ifelfel et aman subordonnes par la particule daddition d (et) qui les a
regroupes sous la fonction dexpansion objet. Ici, cwi apparait clairement comme
dterminant adverbial de aman bien que sur le plan syntaxique, il constitue un point
virtuel de rattachement dun complment dterminatif.
Ainsi, les autonomes peuvent dans des contextes syntaxiques tre des dtermins
alors quau niveau smantique, ils sont irrvocablement des dterminants et rien ne les
empche pour autant de conserver leur caractre adverbial.
Quant la capacit de recevoir des affixes anaphoriques, nous avons constat que
ce ne sont pas tous les autonomes qui peuvent dj accepter cette dtermination. Mais
pour le reste, il ny a aucune raison qui empcherait la mme unit qui peut tre
dtermine par un complment dterminatif dtre le point de rattachement dun affixe
dautant plus que ces derniers ne sont que les formes brves / anaphoriques des
dterminants lexmatiques. Ceci est, par ailleurs, confirm par ladverbe wed qui
napparait jamais sans affixe personnel et qui ne lempche point de remplir sa fonction.
II.1.4. La ngation et les autonomes :
Tout comme les adjectifs, lexpression des contraires ne sexprime pas laide
des morphmes de ngation quon utilise trs souvent en berbre pour rendre compte
dune situation oppose.
Ex :
S ufella, teqbe, s daxel, tecbe
La majorit des autonomes sont construits sur le principe des oppositions binaires
au minimum et allant mme jusqu cinq combinaisons relevant des nuances
smantiques graduelles. Le champ par excellence de ces oppositions est celui exprimant
les quantits.
145
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
II.1.5. Autonomes noms, autonomes fonctionnels :
Lorsque nous avons numr les caractristiques syntaxiques des units que lon
nomme autonomes ainsi qu travers les rsultats de leur analyse morphologique, nous
constatons quil est trs utile de dresser un tableau comparatif qui nous permettra
disoler clairement ce groupe, dune part, de la sphre nominale avec laquelle certains
autonomes partagent quelques caractristiques, et, dautre part, du segment regroupant
les monmes grammaticaux qui, nous le verrons plus loin, accueille quelques uns de ces
dterminants adverbiaux. Nous examinerons les proprits de chacun de ces ensembles
en rfrence des variables communes. Ceci, nous aidera mieux cerner les contextes
des chevauchements : autonomes noms fonctionnels que nous traiterons dans le
prochain titre. En effet, tout cart constat par rapport aux caractristiques primaires que
nous tablissons dans le tableau qui va suivre nous permettra de clarifier les raisons des
transferts inter catgoriels.
Autonomes
Noms
Fonctionnels
- Les autonomes sorganisent - Formellement, les noms - Sur le plan formel, ils
en sous groupes formellement constituent un ensemble assez nont aucun trait dfinitoire
htrognes.
homogne.
qui pourrait les regrouper
dans un ensemble plus ou
mois homogne part leur
forme brve.
Ils
sont
soit
mono- - Ils sont le rsultat de la - Beaucoup de morphmes
monmatiques, synthmes ou combinaison :
syntagmes.
racine
+ auraient comme origine les
schme ou de la composition verbes ou les noms.
synthmatique.
- Leur contenu smantique est - Ils sont dous de sens hors - Ils ne peuvent avoir de
clairement
identifi
mme ou
dans
leur
contexte sens quune fois mis dans
hors contexte de par leur puisquils appartiennent aussi les
contextes
leur
appartenance la classe des au lexique.
correspondant car ce sont
lexmes.
des monmes appartenant
la grammaire.
146
Partie III Chapitre deuxime
Les
autonomes
principalement
dterminants
verbaux
secondairement
ils
rapportent des adjectifs.
sont -
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
Les
noms
peuvent - Les morphmes jouent le
des apparatre
sous
un
statut rle
et prdicatif
ou
tre
dindicateur
de
des fonction.
se expansions de divers types
notamment des dterminants
dautres noms.
- Ils nont besoin daucun - Aucun nominal ne peut - Ils sont eux mme des
indicateur
de
fonction sauto suffire pour indiquer sa monmes fonctionnels et ils
implicite ou explicite pour fonction dans lnonc. Ils ne peuvent donc quindiquer
rendre
compte
caractre
de
de
leur recourent
toujours
dterminants fonctionnels
adverbiaux.
marques
ou
internes
des les fonctions des units
des appartenant au lexique.
pour
distinguer leurs diffrentes
fonctions.
-
Lautonomie
dont
ils - Lorsquils sont en fonction - Leur rle dindicateur de
jouissent leur acquiert des objet,
ils
peuvent
tre fonction
impose
une
capacits de dplacement plus dplacs en position initiale dpendance totale de lunit
ou moins importantes sans ou finale de lnonc mais ou
du
syntagme
interrompre leur fonction de ceci leur attribue une autre prcdent.
dterminants adverbiaux.
fonction
dindicateur
ne
dexpansion gardent
se
dplacent
toujours
indirecte, ils sont dans ce cas, caractre fonctionnel.
autonomiss.
147
se
de dplacent donc que lorsque
thme. Et lorsquils sont en ceux-ci
fonction
Ils
quils
et
leur
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
II.2. Contextes et les limites des chevauchements : autonomes noms
fonctionnels :
Comme nous lavons fait pour les qualifiants, nous examinerons dans ce point,
les diffrents contextes syntaxiques dans lesquels apparaissent les autonomes. Nous
identifierons dans un premier temps, les autonomes qui napparaissent que dans leur
fonction originale et quon appellera aussi autonomes primaires. Et nous verrons par la
suite, les emplois secondaires de ces autonomes primaires ainsi que les conditions
dadverbialisation de certains syntagmes ordinaires. Par ailleurs, nous ciblerons les
conditions des transferts qui soprent de la fonction dadverbe celle des noms dans
ses diverses apparitions et celle des monmes fonctionnels. Ceci nous amnera
expliquer les contextes de passage des lexmes vers la sphre des morphmes en
passant par la nominalisation. En dautres termes, nous dlimiterons les cas qui
expliqueront dune part, le processus li la grammaticalisation qui, priori, aurait
comme point de dpart la spcification ou la restriction des caractristiques syntaxiques,
et le processus de nominalisation / substantivation dont lexplication rside dans
lextension de ces caractristiques.
Tableau rcapitulatif des transferts syntaxiques : Nombre total dautonomes : 456
Type dautonome
Fonctions
Adverbes
Autonomes primaires
75,5 %
Fonctions nominales
Monmes fonctionnels
Autonomes secondaires
24,5 %
Fonctions nominales
Autonomes
148
%
62,25 %
10 %
00,25 %
06 %
18,5 %
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
Tableaux rcapitulatifs des transferts syntaxiques :
Type de texte
Nbre dautonomes
Type dautonomes
autonomes
substantifs
autonomes
fonctionnels
Fonctions
Adverbes mono
monmatiques
79,5 %
Adverbes
67,5 %
Adverbes be
monmatiques
Autonomes primaires
Devinettes
Fonctions
59
nominales
Substantifs
20,5 %
149
Adverbes
secondaires
17 %
12 %
20,5 %
50,5 %
Prdicat
12 %
Prposition + substantif
17 %
Interrogatifs
01,7 %
Monmes de ngation
01,7 %
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
Adverbes
Autonomes primaires
32 %
62,5 %
Fonctions
nominales
30,5 %
Proverbes et
dictons
118
Fonctions
nominales
Substantifs
24 %
37,5 %
Adverbess
secondaires
150
13,5 %
Adv. mono monmatique
15 %
Adv. Be monmatique
17 %
Expansion rfrentielle
07,5 %
Expansion dterminative
07 %
Indicateur de thme
05 %
Expansion indirecte
05 %
Prdiact
03,5 %
Prdicatoide
02,5 %
Expansion indirecte
05 %
Indicateur de thme
05 %
Expansion directe
05 %
Expansion rfrentielle
04 %
Prdicat
02,5 %
Expansion dterminative
02 ,5%
Adv. mono monmatique
04 %
Adv. be monmatique
09,5 %
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
Autonomes primaires
Recettes de
54,5 %
24,5 %
Adverbes
79 %
Adv. be monmatique
Fonctions
nominales
01 %
Expansion directe
80,5 %
279
cuisine
Fonctionnels
Substantifs
Adv. mono monmatique
19,5 %
Adverbes
secondaires
00,5 %
Monme fonctionnel
propositionnel
Adv. mono monmatique
00,5 %
00 %
19,5 %
Adv. be monmatique
151
01 %
19,5 %
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
II.2.1. Les autonomes primaires :
Par autonomes primaires, nous identifions les lexmes ou syntagmes qui assurent
dans la majorit de leurs emplois la fonction de dterminant adverbial. Ils doivent donc
remplir cette fonction non dans des conditions secondaires mais lassurer parce quils
existent initialement pour a : les autonomes primaires sont ceux dont la frquence
demploi en tant quadverbe ne peut tre quantifie mais bien dont les contextes
dapparition dans dautres fonctions peuvent aisment tre numrs. Ces units
assurent, en effet, la fonction dadverbe comme premire fonction. Mais ceci
nimplique pas quelles ne saffichent que dans ces contextes puisque beaucoup
dautonomes primaires connaissent dautres fonctions quils ne remplissent que dans
des contextes secondaires (voir plus loin). Ceci dit, on sinterroge justement sur les
critres didentification de ces autonomes qui ne sont certainement pas typiquement
adverbiaux mais dont la majorit des emplois le sont.
Avant dnumrer les conditions qui nous permettent de distinguer ces stricts
adverbes, nous tenons souligner que cette identification ne peut en aucun cas tre
tablie en rfrence une analyse syntaxique uniquement ou smantique. La complexit
syntaxique et lhtrognit morphologiques de ces monmes imposent lintervention
simultane ou successive mais complmentaire des deux niveaux danalyse linguistique.
Contrairement aux adjectifs dont les critres syntaxiques sont pralablement
dfinis et clairement identifis sans prter confusion avec dautres fonctions, les
autonomes, eux, nont jusque l jamais fait lobjet dune tude dont ressortiraient les
diffrentes caractristiques du comportement syntaxique de ces lexmes. Ceux-ci se
manifestent trs souvent dans des contextes semblables ceux dautres fonctions
notamment celle dexpansion indirecte, qui, dfaut dexistence de critres rfrentiels
de dlimitation de cette fonction, sont frquemment confondus. Toutefois, ce ne sont
pas tous les autonomes qui subissent cette confusion et qui se manifestent dans ces
contextes damalgame mais uniquement ceux ayant une construction semblable celle
quimposent certaines autres fonctions. Et cest pour lever cette ambigut mais surtout
pour faciliter la reconnaissance des autonomes que nous traduirons, avec illustration, les
152
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
repres et les axes fondamentaux qui serviront de rfrence dans la distinction de la
fonction dautonome des autres fonctions avec lesquelles elle se confond. Ainsi, pour
identifier un lexme en fonction dadverbe, nous proposons de suivre les tapes
suivantes :
I- Critre smantique : identifier smantiquement si un lexme est bien un autonome
consiste reprer une incidence adverbiale dont le point de rattachement est un verbe
ou un nom, ou travers les questions qui imposent lintgration de laction passive ou
active du prdicat ou du point dincidence : Comment ? Quand ? O ? Combien ?
II- Bien quau niveau smantique le lexme se prsente sans aucun doute dans son rle
de dterminant adverbial, nombreux sont les cas qui, au niveau syntaxique, ne sont pas
confirms. Il est donc trs utile de joindre les deux niveaux du moins lors de
lidentification des autonomes. Ainsi, sur ce plan, il faudrait vrifier cette fonction sur
plusieurs points :
- Dabord vrifier les possibilits de dplacement du lexme qui doivent tre
importantes et nous dsignons par l le dplacement indpendant. Toutefois,
cette dplaabilit dpend du type dincidence et lincidence troite qui diminue
voire annule toute capacit de dplacement ne signifie pas que le lexme ne soit
pas en fonction adverbiale. De ce fait, les autonomes incidence large qui
peuvent apparaitre indpendants dans plusieurs positions confirmeront sans
doute leur caractre adverbial voqu au niveau smantique. Quant ceux
incidence troite qui rduit leur autonomie, ils doivent tre soumis au point
suivant :
- Vrifier les possibilits de suppression de lautonome. Toute dtermination
adverbiale peut tre supprime sans perturber les rapports syntaxiques existants.
Cependant, ceci nest pas uniquement valable dans le cas des autonomes mais
aussi sur toute autre expansion qui, de par leur dfinition, ne sont que des
complments gnralement facultatifs : il faudrait donc les soumettre au
prochain critre :
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Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
- Les possibilits de commutation, la nature et la fonction du monme remplaant
nous dterminent celles du lexme autonome.
Err-it ar daxel n waman
Err-it sufella n wman
Aprs commutation :
Mais, lautonome ar daxel peut aussi tre substitu par dautres monmes de
nature et de fonctions diffrentes :
Err-it deg waman
Ceci nous amne affirmer que les autonomes sont des morphmes fonctionnels
alors quils ne font aucune indication fonctionnelle et nont besoin daucun
fonctionnel pour marquer leur rle dadverbe. Par ailleurs, pour lever cette
ambigut, on se rfra au dernier critre ci-aprs.
- Lauto suffisance de lautonome fait rfrence sa fonction : nous avons bien
expliqu que les autonomes apparaissent dans une fonction de dtermination et
quils peuvent aussi recevoir dautres dterminants tels les complments
dterminatifs. Cest justement ce dernier cas qui nous fait douter de la fonction
des autonomes. Prenons les deux exemples prcdents :
Err-it ar daxel n waman
Err-it deg waman
On obtient partir du premier nonc :
Err-it ar daxel-(is)
Err-it ar daxel
Quant au second, on ne peut obtenir quune abrviation anaphorique du nom
succdant la prposition et en aucun cas, cette dernire ne peut se suffire elle
seule :
Err-it deg-(s)
Err-it deg*
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Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
En somme, aucun de ces critres ne peut tre pertinent sans les autres. Il sagit l
dune fonction trs difficile cerner et dont les rfrences thoriques sont restreintes,
trs peu explicites et difficilement applicables sur le berbre. Elle ncessite une analyse
smantique et syntaxique rigoureuse regroupant tous les points traits ci avant.
Par ailleurs, la langue berbre dispose dune liste dautonomes plus ou moins
spcifique dans la dtermination adverbiale et le nombre trs rduit (10 %) des cas
demploi secondaire dans des rles nominaux ou encore moins fonctionnels diminuent
les cas de confusion.
Les autonomes quon pourrait classer dans cet ensemble sont gnralement ceux
qui saffichent sous une forme mono monmatique. Mais, nous avons galement
recens, dans notre corpus, des autonomes be monmatiques dont le caractre adverbial
est irrvocable (nous traiterons ces points au fur et mesure dans les prochains titres).
Quant aux autonomes que nous avons appels syntagmes, ceux-ci ne rpondent pas aux
critres prcdents, ils ne sont donc pas des autonomes primaires comme nous le
verrons plus loin.
II.2.2. Substantifs / syntagmes en fonction dautonome :
Dans ce volet, nous nous intresserons justement aux monmes et syntagmes qui
acquirent la fonction adverbiale comme rle secondaire. Il sagit de certains substantifs
et syntagmes bien dtermins qui ne sont pas alatoirement choisis mais qui rpondent
certaines exigences syntaxiques et trs souvent smantiques.
Ainsi, nous examinerons sparment les caractristiques qui ont permis aux
premiers comme aux seconds dapparaitre dans des conditions syntaxiques restrictives
compares celles dans lesquelles ils sont ordinairement employs. Ces cas restent tout
de mme trs peu frquents et nous ne les avons rencontrs dans notre corpus que dans
18 % des cas impliquant une dtermination adverbiale.
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Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
II.2.2.1. Les substantifs :
Beaucoup de substantifs sont utiliss pour servir dautonomes mais, ces nominaux
sont slectionns selon leur contenu smantique en rfrence chaque type dautonome
et ne sont jamais employs indpendamment dautres lments, en particulier les
prpositions.
Comme nous lavons signal plusieurs reprises, les substantifs qui sont capables
de former avec dautres monmes des autonomes sont ceux qui se rapprochent
smantiquement de ceux-ci et que lon peut dailleurs classer selon les types
dautonomes :
- Les noms dsignant des priodes cycliques pour la dtermination temporelle.
- Les noms daction pour la dtermination de manire.
- Les noms dsignant des situations spatiales pour la dtermination locative.
Quant la dtermination quantitative, nous navons constat aucun lexme intrus qui
pourrait remettre en cause leur caractre dautonomes primaires. Ils en sont dailleurs la
rfrence.
Cependant, linterrogation qui nous interpelle aussitt est comment dterminer si
ces noms forment avec les prpositions des autonomes ou bien de simples expansions
indirectes ?
Sur le plan smantique, ce sont sans aucun doute des dterminants autonomes. Mais,
comme expliqu plus haut, le caractre adverbial ne peut tre identifi uniquement en
rfrence ce niveau danalyse bien que pour ces lexmes il y a une tendance qui fait
primer le smantique sur le syntaxique.
Prenons lexemple suivant :
Teqqel $ef wudem ur ten$il
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Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
Au niveau syntaxique, $ef wudem pourrait, en effet, renvoyer une expansion
indirecte du prdicat verbal ou une dtermination adverbiale du mme prdicat. Pour
dpartager cette double fonction, voyons la compatibilit du nom udem avec
dautres prpositions et dans un autre contexte :
Teqqel deg wudem ur ten$il
En alternant la prposition, lnonc devient smantiquement incorrecte alors que hors
de ce contexte, le nom udem pourrait tre prcd de diverses prpositions qui se
dpartagent les contextes :
Tessakked-it $er wudem (Elle la regard au visage)
Tessakked-it s wudem iferen (Elle la regard avec un visage joyeux)
Ainsi, lorsquun nom reste fig avec une seule prposition et nacceptent donc pas
les autres sous linconvnient de dtruire le sens de lensemble prposition + nom
ou de rendre lnonc smantiquement incomprhensible, celui-ci revtit trs souvent la
fonction adverbiale.
Par ailleurs, dans la majorit des cas, lorsquil sagit dun autonome, il constitue la
rponse la question COMMENT ? (pour la manire), mais quand il constitue une
rponse dautres questions telles OU ? POURQUOI ? alors quil ne relve pas de
ces contextes, il sagit l dune expansion nominale indirecte. Cependant, ceci nest
valable que dans les cas des autonomes de manire, car pour les autres types, la question
est plus complexe et nous y reviendrons plus loin.
Par contre, les complexes constitus de la prposition s et de nom daction, ils
sont automatiquement des dterminants adverbiaux. Certains de ces noms peuvent tre
accompagns des prpositions autres que s mais assurent au nom la fonction
dexpansion nominale indirecte. On ne peut donc retrouver un nom daction
accompagn de la prposition s dans une autre fonction que celle de dterminant
adverbial.
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Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
Ceci dit, alors que pour les autres autonomes de manire il y a distribution
complmentaire des prpositions en rfrence aux contextes syntaxiques, pour les
autonomes locatifs et temporels, il est trs difficile de distinguer leur fonction en se
rfrant aux critres syntaxiques. En effet, les composants prpositions + nom se
confondent entre la fonction adverbiale et celle dexpansion indirecte puisque la
prposition nest pas ici pertinente. Et la smantique qui tait souvent le point de
rfrence des autonomes, est, dans ces cas pas aussi pertinente dans la mesure o les
expansions indirectes elles aussi rpondent aux mmes interrogations smantiques :
OU ? QUAND ?
Nennum adfel di ccetwa, ye$li-d ur nebni fell-as
Le complexe di ccetwa rpond positivement aux critres didentification des
adverbes que ce soit au niveau syntaxique ou smantique, mais en quoi il est adverbe et
non expansion indirecte puisquil rpond galement aux critres didentification de
celle-ci ?
Au fait, les deux fonctions sont identifies sur plus ou moins les mmes critres
notamment celui du dplacement qui leur donne dans les deux cas le caractre dun
syntagme autonomis. Toutefois, les linguistes ont insist sur le fait que les autonomes
nont besoin daucun indicateur de fonction pour rendre compte dune dtermination
adverbiale, ce qui exclurait les complexes cits de la sphre adverbiale. Mais, ces
prpositions sont elles vraiment des indicateurs de fonction ou font-elles partie
intgrante des noms quelles prcdent pour en constituer un ensemble homogne ?
Daprs ce que nous avons remarqu en tablissant la reconstitution formelle des
autonomes, il savre que lorsquune situation voquant une dtermination adverbiale
ne dispose pas dun autonome adquat, et sachant aussi que la liste de ceux-ci et plus ou
moins ferme qui senrichit difficilement et lentement, on recourt dautres procds
plus faciles et plus rapide pour combler les vides dont les complexes prpositions +
noms.
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Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
Dautre part, beaucoup dautres autonomes impliquent ces prpositions sans pour
autant remettre en cause leur fonction adverbiale ou leur caractre dautonome : sufella,
s daxel, s ddaw, . Ceux-ci suivent un processus damalgame mais les parties qui les
constituent sont bien claires et distinctes.
Enfin, nous rappelons que ce ne sont pas tous les noms prcds de prposition et
dont la rfrence smantique et temporelle ou locative qui acquirent la fonction de
dterminants autonomes mais uniquement ceux qui dsignent des priodes cycliques
(aggur, aseggas, ) pour la premire rfrence et quelques noms de situation spatiale
(tama, taqernit, idis, ) pour la seconde.
II.2.2.2. Les syntagmes et autres lexmes :
Parfois, nous retrouvons en marge des noncs, des syntagmes entiers auxquels on
ne saurait attribuer aucune fonction dans la mesure o ils ne peuvent dune part se
suffire eux seuls pour les dtacher du reste de lnonc et, dautre part, ils ne
rpondent aux critres daucune des fonctions connues pour les introduire dans
lnonc. Ce sont des dterminants trs large incidence qui peuvent aller de la
dtermination dun nonc tout un paragraphe.
Ces syntagmes prennent plusieurs structures :
- Nom + participe : concerne gnralement les autonomes temporels qui
nincluent donc que des noms dsignant des priodes cycliques que le
participe situe prcisment dans le temps : aseggas d-iteddun
- Si + nom / autonome + ar + nom / autonome : si tifawt ar tmeddit, si tikkelt ar
tayev.
- Tikkelt + (tis) + nom de nombre : i tikkelt tis snat.
- etc
Nous pouvons et nous devons mme introduire dans ce groupe dautonomes ceux
construits sous la structure prposition + nom car eux aussi forment ce que la syntaxe
fonctionnelle dcrit par syntagme en rfrence au degr de figement et au critre de
159
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
dtermination. Mais puisque nous retrouvons des autonomes proprement dits qui
saffichent avec cette structure et qui, pour certains ont mme connus une lexicalisation,
nous avons prfr les mler ceux-ci et les diffrencier des syntagmes dont au moins
deux constituants sont des lexmes. En outre, sur le plan smantique et parfois mme
syntaxique, les autonomes incluant des prpositions refltent mieux leur caractre
adverbial que ceux que nous avons nomms syntagmes.
Par ailleurs, nous retrouvons galement dautres monmes dont la fonction initiale
est spcifique et autre que la dtermination adverbiale (interrogatifs, monmes de
ngation). Ceux-ci sont en nombre trs rduits et apparaissent moins frquemment que
les substantifs dans la fonction adverbiale.
Ex :
Yemma meikufa, tbubb acal d ccuka
Toutefois, ce ne sont pas toutes les units de chacun de ces types de lexmes qui
connaissent ces glissements syntaxiques et smantiques. Certains dentre eux,
notamment les interrogatifs, perdent leur contenu relevant de linterrogation pour
acqurir un rle de dterminant. Parfois, ceux-ci chevauchent mme dun type
dautonome un autre selon les contextes dans lesquels ils sont introduits.
Ex :
Iru acal d aseggas
(la quantit)
Iru acal-aya
(le temps)
II.2.3. Les fonctions secondaires des autonomes :
Les substantifs ne sont pas les seuls subir ces mutations syntaxiques. Certains
autonomes primaires sloignent aussi de leur fonction originale pour assurer celles des
nominaux. Toutefois, ces cas de transferts autonomes substantifs sont trs peu
nombreux et ne refltent que 10 % de leurs emplois.
Par ailleurs, lextension syntaxique des autonomes est trs troitement relie
leurs caractristiques et au co-texte linguistique que nous expliquerons ci-aprs.
160
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
II.2.3.1. Les contextes dapparition des autonomes dans des fonctions
nominales :
Comme dans le cas des adjectifs, ce ne sont pas non plus tous les autonomes qui
sont favorables ces chevauchements syntaxiques. Bien que nous ne pouvons pas
recenser tous les contextes dapparition des autonomes mais la majorit reste
typiquement adverbiale. Trs peu dentre eux ragissent la double fonctionnalit.
II.[Link]. Les autonomes quantitatifs :
Notre corpus ne nous permet pas de reprer les capacits de substantivation de
tous les autonomes quantitatifs, mais les caractristiques releves sur certains nous
permettent daffirmer que lensemble de ces autonomes quantitatifs peuvent tous
aisment prendre lune des diffrentes fonctions nominales. En effet, la rfrence
smantique de ceux-ci peut inclure en elle le dtermin et le dterminant condition
bien sur que le sujet renvoyant au dtermin soit antrieurement voqu ou constitue le
thme principal auquel se rattacheront tous les dterminants et les qualifiants. Ainsi, ce
rfrent constant ou unique sera amalgam la dtermination et cette dernire peut, par
consquent, se suffire elle seule et apparaitre dans les mmes rles syntaxiques dans
lesquels le dterminant est cens apparaitre.
Trs souvent, ces autonomes prennent la fonction de prdicat ou dindicateur de
thme puisquils constituent dsormais le rfrent principal de lnonc ou du
paragraphe.
Par ailleurs, dans les locutions, les mutations des autonomes quantitatifs dans des
fonctions nominales sont assez frquentes dans la mesure o elles renvoient des
rflexions dordre gnral quon pourrait transposer sur diffrentes situations de
communication donc sur diffrents rfrents.
Ex :
D cwi i yesian sser
161
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
II.[Link]. Quelques autonomes temporels et les autonomes locatifs
incluant des prpositions:
Les autonomes temporels qui peuvent assurer des fonctions nominales sont
gnralement ceux qui affichent une morphologie nominale notamment linitiale
vocalique. Toutefois, ce ne sont pas tous ces autonomes que lon retrouve dans ces
contextes et ce ne sont pas non plus toutes les situations de communication qui
autorisent ces chevauchements. En effet, la prose soppose le plus souvent aux divers
transferts dunits. Elle demeure stricte quant lemploi de chaque type de lexme dans
la fonction laquelle il est principalement destin et ne tolre que trs rarement les
carts.
Par contre, ces phnomnes sont plus ou moins frquents en posie et dans les
locutions figes qui, dune part, privilgient laspect stylistique et, dautre part,
renvoient des situations gnrales et parfois aussi mtaphoriques.
Ex :
Lhemm (n) uzekka, eoo-it kan i uzekka
Quant aux autonomes locatifs, la majorit concerne par la substantivation inclut
des prpositions et nous les retrouvons trs souvent dans un statut prdicatif dans lequel
on peut reconnaitre le rle dactualisation de la prposition composant tout noyau dun
nonc.
Ex :
A$enja-s, ar daxel i yettseqqi
II.2.3.2. Les fonctions nominales assures par les autonomes :
Les autonomes que nous avons traits ci-avant peuvent en principe prendre
nimporte quelle fonction nominale condition bien sur dacqurir toutes les
caractristiques morpho syntaxiques que ces rles imposent et dans les limites de la
structure de lautonome aussi.
162
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
- Prdicat : d cwi i yesian sser
- Expansion :
Rfrentielle : yella wass-a, yella uzekka, yella uekka
Indirecte : lhemm uzekka, eoo-it kan i uzekka
- Indicateur de thme : cwi, yesseqra; cwi, yessefra
- Prdicatoide : ax a uemmu, ma drus, ad ak-in-rnu$
II.2.3.3. Les contextes dapparition des autonomes dans des
fonctions grammaticales :
Outre le glissement syntaxique vers la sphre nominale, certains linguistes,
notamment Chaker, affirment que quelques autonomes peuvent aussi tre employs
comme des indicateurs de fonctions. Nous analyserons cet aspect fonctionnel des
autonomes
dans ces deux fonctions : prpositionnelle et propositionnelle et nous
verrons travers lapplication des critres dfinitoires des uns et des autres si,
rellement, il ya transfert dunits de la catgorie des lexmes vers celle des
morphmes.
II.[Link]. Autonomes fonctionnels prpositionnels :
Certains autonomes apparaissent dans des contextes syntaxiques qui voquent le
rle des prpositions dans lindication de la fonction dexpansion indirecte. Chaker S.
nous a montr brivement dans sa thse, les contextes dans lesquels lautonome
deffir chevauche entre adverbe, nom et prposition en basant son argument, pour le
dernier cas, sur la simple et unique raison quil prcde un nom quil met en tat
dannexion. Nous verrons partir dexemples et en rfrence dautres critres si des
autonomes remplissent bien les conditions imposes par cette fonction grammaticale.
Ex :
Mlale$-t-id nnig wexxam
nnig aurait priori, pris la place dune prposition tout en rajoutant une indication
smantique plus prcise que la prposition deg par exemple qui, dailleurs, peuvent
facilement se substituer. Cet autonome prcde un nom auquel il impose ltat
163
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
dannexion. Ces constats vont certainement confirmer le caractre fonctionnel des
autonomes tels que nnig . Mais, en poussant plus loin lanalyse syntaxique, nous
verrons que ces autonomes ne sont, au fait, pas responsable de lapparition de ltat
dannexion du nom lui succdant puisque nous pouvons introduire la prposition n
entre lautonome et le nom en question et quon a tendance aspirer.
Mlale$-t-id nnig n wexxam
Alors que sil sagissait dune vritable prposition, cette intrusion ne sera jamais
tolre.
Mlale$-t-id deg n wexxam*
Ceci tmoigne nettement du caractre adverbial de ces autonomes puisquils viennent
uniquement rajouter une prcision locative qui, pour des contraintes syntaxiques,
nadmettent pas de succder la prposition prsente avant lintroduction de
lautonome.
Sans dtermination adverbiale :
Mlale$-t-id deg wexxam
Avec une dtermination adverbiale :
Mlale$-t-id deg nnig wexxam*
Ce qui donne :
Mlale$-t-id nnig wexxam
Par ailleurs, ce ne sont pas tous les types dautonomes qui, en sintroduisant dans
un nonc, imposent la suppression de la prposition dj prsente. Seuls les autonomes
locatifs apparaissent dans ces conditions et ceci nest pas sans raison. En effet, sur le
plan smantique, certains des dterminants locatifs rejoignent certaines prpositions et
dautres ne sont que les extensions des limites smantiques de ces mmes prpositions.
Deg
daxel
$ef
s ufella
Seg / si
sya / syen
$er
metwal
164
Partie III Chapitre deuxime
Contextes et limites des chevauchements
Adverbe noms fonctionnels
II.[Link]. Autonomes fonctionnels propositionnels :
Quelques autonomes temporels acquirent la particularit de relier deux
syntagmes exactement comme les conjonctions de coordination ou de subordination.
Cependant, ceux-ci sont trs peu nombreux et ne concernent que les autonomes
voquant une situation temporelle prcdant ou succdant celle quil vient dterminer :
imir, mbeid, sakin, uqbel, ticki,
Ex :
Ooet-t ad yismiv uqbel ad t-tesxedmem
Dans ces cas, nous pouvons bien confirmer le passage de certains autonomes de leur
caractre lexical un comportement proprement grammatical.
165
Partie III
Contextes et limites des chevauchements inter catgoriels
Conclusion :
Dans la prcdente partie, nous avons vu le classement que nous proposent les
compatibilits morphologiques de chacun des ensembles adjectival et adverbial. Dans la
partie prsente, nous avons repr le degr de stabilit des units les constituant selon
les critres des niveaux syntaxique et smantique. Elle nous a, au fait, rvl que toutes
les catgories mergeant de la classification morphologique connaissent des transferts
inter catgoriels qui, pour une partie, rduisent et spcifient leurs caractristiques
syntaxiques et / ou smantiques, et les largissent pour lautre partie. Cependant, cette
fluidit catgorielle naffecte que certaines units reprsentes par des proprits
secondaires particulirement proches de celles dfinissant les units appartenant aux
classes vers lesquelles les transferts seffectuent.
Par ailleurs, les chevauchements que nous avons relevs ne concernent pas toutes
les composantes de ces deux ensembles. Les adjectifs sont les plus reprsentatifs
puisque leur morphologie est semblable celle des noms avec lesquels les transferts
stablissent double sens. Lorsque certains substantifs bien dtermins sont employs
dans une fonction de dtermination adjectivale, leurs proprits morpho syntaxiques
subissent des restrictions et des conditionnements plus stricts : absence dopposition
dtat, tre en apposition directe vis--vis de lentit dtermine, accord en genre et en
nombre obligatoire, et lorsque les adjectifs sloignent de leur fonction, ils subissent
une extension de leurs proprits morpho syntaxiques qui les libre de toutes les
contraintes et conditionnements imposs par leur rle primaire de qualification.
Les autonomes, par contre, sont moins affects que les adjectifs par cette fluidit
catgorielle et ceci et fortement d leur structure formelle particulire et leur degr
intense dautonomie dans lnonc. Les dterminants adverbiaux subissent deux types
de chevauchements : transfert adverbe nom et transfert adverbe fonctionnel :
166
Partie III
Contextes et limites des chevauchements inter catgoriels
Dans le premier, les transferts seffectuent dans les deux sens vu que les deux groupes
appartiennent au mme segment des lexmes. Quant au second, ils sont extrmement
rduits et limits, rendus difficiles par le lourd processus de grammaticalisation qui
impose aux lexmes des proprits morphmatiques accentues. En effet, ce glissement
vers un segment totalement oppos ncessite une restriction intense des particularits
lexmatiques qui seffectue lentement et sur un nombre insignifiant de ces units. Ces
chevauchements sont par ailleurs, sens unique car les proprits morpho syntaxiques
des fonctionnels sont trop spcifiques et trs diffrentes de celles du segment oppos
pour quils puissent les adopter.
167
Conclusion gnrale
A travers ltude de la fluidit catgorielle dans la langue berbre nous avons
voulu atteindre deux principaux objectifs qui visent dune part analyser les contextes
et les limites des chevauchements inter catgoriels qui concernent les deux ensembles
dunits adjectivale et adverbiale et, dautre part, rviser leur emplacement dans le
schma catgoriel que nous proposons la fin pour cette langue. En dautres termes,
nous avons voulu cerner les particularits contextuelles et co textuelles qui permettent
certaines units de chacun des ensembles tudis dtre transfres vers dautres
ensembles dont les proprits dfinitoires sont plus ou moins rapproches. En outre,
nous avons voulu cibler les sens de ces transferts qui, en fin, nous amnent dterminer
le type de classement et les segments qui pourraient dfinir les deux groupes dunits
par rapport aux diffrents rangements dautres units.
Les rfrences thoriques que nous avons pris soin dtaler en dtails dans la
premire partie nous ont clairement rvles que les procdures et les critres de
catgorisation ont des limites dapplication assez pertinentes qui rompent le systme de
catgorisation et ce dans beaucoup de langues. Lhtrognit morphologique et
linstabilit syntaxique sont les facteurs qui remettent en cause toute tentative de
catgorisation. Les linguistes ont tous conclu que les adjectifs et les adverbes sont les
exemples les plus pertinents affichant de srieuses rsistances toutes les propositions
de rangement.
Afin dtablir un schma catgoriel pratique et qui prendrait en charge toutes les
units dont le comportement est instable, une tude dtaille relevant toutes les
proprits des trois niveaux danalyse linguistique est irrvocable. Toutefois, il nous a
fallu dterminer un seul point de dpart que nous ne devions absolument pas choisir
alatoirement. Par consquent, nous sommes partis du principe de segmentation des
monmes en lexmes et morphmes car celle-ci est non seulement tablie en rfrence
plusieurs types de particularits : morphologiques, syntaxiques, phontiques, mais
169
Conclusion gnrale
aussi parce que les classements de niveau infrieur seffectuent en rfrence cette
distinction principale.
Une fois identifi le segment lexmatique dans lequel se rangent les units des
deux ensembles tudis aux cts dautres groupes, il nous fallait identifier le niveau de
segmentation secondaire qui organisera le magma de lexmes que la premire
segmentation na pas pris la peine de diffrencier. Ainsi, nous avons choisi de travailler
en rfrence aux trois niveaux danalyse linguistique dans lordre que nous le propose la
thorie fonctionnaliste. En effet, celle-ci suppose ltude des units du point de vue
morphologique puis syntaxique et enfin smantique. Cependant, chaque niveau
napparait pas autonome des autres et nexclut pas la prsence de critres distinctifs
relevant dun autre niveau dont la pertinence est moins importante.
Les particularits morphologiques des lexmes de la plupart des langues opposent
deux grandes classes : celle des noms et celle des verbes sans se soucier des autres
units appartenant au mme rangement quelles considrent secondaires et sans grand
intrt du moins son niveau. Tout en se rfrant la thorie fonctionnaliste dans
laquelle nous avons puis nos concepts et nos raisonnements, nous tenterons dapporter
des lments de rponses aux questionnements qui sinterrogent, dune part, sur les
critres didentification des adjectifs et des adverbes et, dautre part, sur lanalyse des
contextes des glissements inter catgoriels. Sur quel niveau peut-on isoler les deux
ensembles
dunits et
quelles
sont
leurs
caractristiques
morphologiques
et
syntaxiques ? Vers quelles classes stablissent les chevauchements incluant les
adjectifs et les adverbes ? Et enfin, quelles sont les units favorables ces transferts et
dans quels contextes seffectuent-ils ?
Aprs avoir retrac une reconstitution formelle partir de donnes gnralement
synchroniques, nous avons conclu que les adjectifs se manifestent sous les mmes
proprits morphologiques qui identifient les noms dans ses diverses constructions.
Rien de formel ne nous permet donc dimposer sur ce niveau, une troisime classe
adjectivale.
170
Conclusion gnrale
ils sont tous les deux initial vocalique :
aman (nom) -
aberkan (adjectif)
ils varient tous les deux en fonction de ltat :
aman / waman - aberkan / uberkan
ils peuvent varier selon le genre et le nombre avec les mmes marques :
aqcic taqcict iqcicen (arrac) tiqcicin
aberkan taberkant iberkanen tiberkanin
Quant aux adverbes, leur intense htrognit impliquant diffrents types de
constituants ne nous permet ni den faire une classe particulire puisquaucun trait
formel ne nous autorise les identifier comme il est le cas des noms (initial vocalique,
marques de genre, de nombre et dtat, ) et des verbes (marques personnelles,
marques aspectuelles, ) ni de les introduire dans lune des deux classes pr identifies
puisquils ne se mlent pas aux units de celles-ci dont les particularits formelles sont
bien diffrentes (ne portent pas de marque de genre, de nombre ou dtat, initial vari et
diffrenci, ).
Par consquent, lanalyse formelle nous a permis dintroduire les adjectifs dans la
sphre nominale que dautres proprits de niveau infrieur arriveront certainement
diffrencier. Par contre, aucune classification des adverbes nmerge de cette analyse.
Lappartenance catgorielle des adverbes peut tre soit extra lexmatique qui reviendrait
tudier ladquation de leurs proprits avec celles des morphmes ou elle rside au
niveau dune segmentation de niveau infrieur quil faudrait donc vrifier avant de les
rejeter totalement de la sphre des lexmes.
Avant dentamer ltude des chevauchements qui ne peuvent tre explicits
quune fois lappartenance catgorielle cerne, nous avons soumis nos deux ensembles
dunits une analyse de segment infrieur et de niveau syntaxique. Celle-ci nous a
permis didentifier clairement les critres de dfinition des adjectifs et des adverbes qui
peuvent aisment tre distingus des autres constituants que le niveau syntaxique a
paralllement rvls. Les caractristiques syntaxiques de chacun des deux ensembles
imposent des regroupements catgoriels distincts et particuliers. Ainsi, les adjectifs sont
formellement une partie intgrante de la sphre nominale, et syntaxiquement une
171
Conclusion gnrale
catgorie part entire. Les adverbes, eux, font bel et bien partie du segment des
lexmes sans marques ni appartenance formelles particulires mais dont les proprits
syntaxiques confirment leur existence en tant que classe. Par ailleurs, le niveau
smantique permet galement la formation de sous catgories en rfrence au
classement de chacune dentre elles.
Enfin, la slection des units adjectivales et adverbiales nous a permis de cibler
les chevauchements qui soprent entre ces catgories et les classes avec lesquelles elles
se confondent au niveau syntaxique. Dans le cas des adjectifs nous avons identifi des
chevauchements double sens allant et venir vers la classe des substantifs. Toutefois,
les transferts de la classe adjectivale vers celle des substantifs sont plus importants que
ceux allant dans le sens inverse. Par ailleurs, les transferts adjectifs - substantifs
concernent presque toutes les units qualifiantes qui apparaissent dans diffrents
contextes :
Regroupement de la qualification avec un qualifi antrieurement voqu :
D is$aren ireqqaqen i yesser$ayen izuranen
Les adjectifs construits avec bu + nom
Les adjectifs dont le qualifi est probable :
ef-iyi imeca, imeqqranen, zemmre$-asen
Contextes particuliers de figements :
Yedda uzegzaw d uqquran
Yea awra$ n tmellalt
Les adverbes, eux, chevauchent avec deux autres classes dunits. Lune
appartient au mme segment des lexmes (substantifs) et lautre au segment des
morphmes (fonctionnels). Contrairement aux chevauchements concernant les adjectifs,
les transferts qui impliquent les adverbes sont presque sens unique dans la mesure o
la catgorie adverbiale ne reoit que rarement dautres lments externes et cela est
principalement du la complexit et la diversit de leurs traits dfinitoires. Par ailleurs,
172
Conclusion gnrale
les transferts de la classe adverbiale vers les autres catgories sont trs limits : 1 / 6
vers les substantifs et presque rien vers les fonctionnels et les units qui acceptent cette
fluidit sont souvent rgis par des contextes bien cerns et concernent gnralement :
Les adverbes construits avec une prposition :
A$enja-s, ar daxel i yettseqqi
Les adverbs de quantit :
D cwi i yesian sser
En rsum, nous proposons le schma suivant qui relve les diffrentes
segmentations en rfrence aux niveaux danalyse ainsi que les cas et les
caractristiques des chevauchements impliquant les adjectifs dune part et les adverbes
dautre part.
-----------
Transferts limits (ne concernent pas toutes les units).
Transferts extrmement limits (ne concernent que quelques rares
units).
Transferts sens unique.
Transferts double sens.
173
Catgorisation
MONEMES
Morpho syntaxique..
LEXEMES
MORPHEMES
Morphologique /
combinatoire
Syntaxique ..
Fonctionnels
Modalits
NOMS
VERBES
Adjectifs
Substantifs
Adverbes
Substituts
_________
________________________________
_
_ _
Smantique..
N. daction
dimension
personnels
de temps
N. dagent
ge/temps
non personnels
de lieu
N. dinstr.
disp. physique
de quantit
N. ordinaires
[Link]
de qualit
couleur
apprciation
localisation
forme
V. dtat
V. daction
Participes
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180
Annexe I
Rsum en Kabyle
Awalen i yebnan tutlayt ur d-ttilin ara kan d ammud maca ddukkulen d taggayin
almend n yimeli n tulmisin i ten-izeddin. Azal n usesmel yettbini-d mi ara kecmen
wawalen-agi di tefyirt imi s tulmisin i d-yesbegginen taggayin isi nezmer ad nebnu
tifyar tu$dimin ama si tama n tel$a, n unamek ne$ n tseddast.
Ma yella banen yinammalen n tesmilin n umyag d yisem di tmazi$t d tuget n
tutlayin nniven, awal mazal iteddu $ef urbib d umernu. Deg tezrawt-agi, newwi-d awal
$ef yemyekcamen i d-yettilin gar taggayin-a d taggayin nniven i yebnan amawal n
tutlayt tamazi$t gar-asent taggayt n yismawen d taggayt n yiwuranen. Deg-s, neirev, si
tama, ad d-nesbeggen tulmisin n taggayin n yirbiben d yimerna akken ad d-nessegzi, si
tama nniven, anda d wamek i d-ttilin yemyekcamen-agi.
Arbib d awal di tefyirt, yettas-d sdat n yisem akken ad d-yemmel ta$ara-s. Ma d
amernu d awal nniven i d-yettasen s tuget ar tama n umyag akken ad t-iguccel s yimeli
n yinumak akken da$en i yettguccul tikwal ismawen d yirbiben. Amek i nezmer ad dnessukkes irbiben d yimerna si taggayin n yismawen d yimyagen ? D acu-tent tulmisin
isi nezmer ad neiqel taggayin-agi n wawalen ?
Maca, aas seg-sen i nettaf ff$en i twuri nnsen tagejdant, ttruunt-asen tulmisin nnsen
ttu$alen deg wadeg n yismawen. Akken da$en i nettaf kra n yismawen kemen di lmul
n yirbiben d yimerna. Anwi-ten ihi yisatalen ideg d-ttbanen yimyekcamen-agi ? Anwiten da$en wawalen-agi i izemmren ad ddun si taggayt ar tayev ?
Akken ad d-nerr $ef yisteqsiyen-a, nebna tazrewt nne$ $ef wammud yettwarun
yakkan imi yewier ad d-nessukkes ayen i nettnadi s usekles. Nebva ihi ammud nne$ $ef
sin yiricen igejdanen : deg umezwaru nefka-d akk irbiben d yimerna i yellan di tutlayt
i neqied almend n unamek d tel$a, deg wis sin negrew-d kra tewsatin n yivrisen ideg
yeuqqet useqdec n sin n yiferdisen-a i$ef nra ad neg tasle gar-asen : inzan, timseiraq,
d yivrisen nniven.
183
Annexe I
Rsum en Kabyle
Drus mavi n yisnalsiyen i inudan $ef urbib d umerrnu di tmazi$t. Tuget deg-sen
gan-asen taslevt tal$awit. Wid i d-yewwin awal $ef urbib ff$en $er snat n turdiwin
tinemgalin : gar-asen wid (Bentolila, Willms, ) ur nessemgirid ara gar urbib d yisem,
d wid (Chaker, Taifi, ) i isfernen irbiben di taggayt tasuddimt n yismawen. Maca, ar
ass-a mazal ur d-tufrar ara tbadut tunibt iwatan i urbib. Ma d wid d-yemmeslayen $ef
umernu gan-as kan asesmel almend n unamek iseg i d-ff$en : amernu n wakud, amernu
n wadeg, amernu n tesmekta d umernu n t$ara. Ulamma tekcem tmazi$t s a$erbaz, aas
n wawalen i yeqqimen mebla asefren n yinammalen-nnsen ama d il$awiyen ne$ d wid n
tseddast. ef waya i nra deg leqdic-agi nne$ ad d-nesbeggen inammalen-agi send ad dnemmeslay $ef wudem arurkid n yal taggayt seg wawalen-agi.
Agraw n yirbiben d yimerna gar yigrawen ur nerkid ara imi aas seg-sen i
izemren ad ttwasqedcen deg twuriwin nniven yeff$en $ef twuri ideg ilaq ad ilin. Akken
ad d-nesbeggen tulmisin yemgaraden n wudem-agi, yessefk di tazwara ad d-nemmel
taggayt i$er ttekkin. ef waya nga-yasen di sin taslevt tal$awit d teslevt taseddasit.
Deg uric amenzu n teslevt, newwi-d awal $ef tulmisin til$awiyin n yirbiben d
yimerna. Yal agraw nessefruri-t akken ad a$-d-tban taggayt i$er nezmer ad ten-nernu
ne$ ma mgaraden yinammalen-is ad as-d-neg taggayt tamaynut. Seg tezrawt n 577 n
yirbiben i neawev ad d-nejmei, nessegzi-d tarrayin n usuddem n yerbiben ama seg
umyag ne$ seg yisem. Aya yeawev-a$ ad nesselkem agraw n wawalen-a ar taggayt n
yismawen imi ur mgaraden ara mavi fell-asen deg wayen icudden ar tel$a : amagrad
a$rayan, amvawi almend n tewsit, udem d waddad,
Md:
- di sin beddun s yiwet gar te$ra tiuranin :
aman (nom) -
aberkan (adjectif)
- di sin ttemvawin almend n waddad :
aman / waman - aberkan / uberkan
- ur mgaradent ara limarat nnsen n umvawi almend n tewsit d umvan :
aqcic taqcict iqcicen (arrac) tiqcicin
aberkan taberkant iberkanen tiberkanin
184
Annexe I
Rsum en Kabyle
Ma d taslevt n yimerna, tbeggen-a$-d belli temgarad aas tel$a nnsen $ef tid n
yismawen ne$ n yimyagen imi ur ttawin ara limarat n wawalen ibennun taggayin-agi
yerna ur tban ara tel$a nnsen seg wakken temgarad seg umernu ar wayev imi yal yiwen
yeddes s wawalen yemgaraden $ef wid n yimerna nniven : azekka, sellazekka, dagi,
ef waya d$a ur neawev ara da$en ad ten-nesselkem di taggayt tamaynut ar tama n tid
n yismawen d yimyagen imi akken agraw n wawalen ad yebnu taggayt tal$awit ilaq
xersum ad yesiu inammalen ara ten-yezdin, ara ten-id-yesbeggnen d wid ara tenyessemgirden $ef taggayin nniven.
Deg uric wis sin, send ad d-nemmeslay $ef yemyekcamen i d-yettilin gar
taggayin, nesbeggen-d tulmisin tiseddasiyin n yal aferdis i$ef d-newwi awal imi ma ur
d-banent ara taggayin nnsen, d awez$i ad d-nessegzi udem arurkid n wawalen-agi i tentyebnan. Seg tulmisin-agi, nesbeggen-d belli seg uzenzi$ n tseddast kan i zemmrent ad dbinent taggayin n yimerna d yirbiben imi anagar mi ara kecment di tefyirt i d-tettban
twuri-nnsen i ten-yessemgiriden $ef twuriwin n wawalen i ikecmen di taggayin nniven.
Maca, Yewier ass-a ad d-nesbeggen taggayt n wawalen i nessemras d irbiben ne$
d imerna imi aas n yismawen i izemren ad fen adeg nnsen di tefyirt am yismawen n
umeggay :
Yerwel umakar
(d isem)
Yerwel weqcic amakar
Ne$ ismawen n yiricen n wass :
Iru deg yiv (d amernu)
Iru yiv
(d isem)
185
(d arbib).
Annexe I
Rsum en Kabyle
Akken da$en i nezmer ad naf irbiben d yimerna fen tiwuriwin n yismawen. Nger
tamawt i kra n yerbiben i yettu$alen d ismawen di kra n twuriwin :
Yea awra$ n tmellalt (asemmad usrid).
Yella wass-a, yella uzekka, yella uekka (asemmad asegzan)
Maca ay-a yettili-d kan di kra n yisatalen :
- Mi ara temlil t$ara d yisem i d-yettwabedren yakan :
D is$aren ireqqaqen i yesser$ayen izuranen
- Irbiben yebnan s bu + isem :
- Irbiben umi iban yisem i ttgucculen :
ef-iyi imeca, imeqqranen, zemmre$-asen
Tuget n yirbiben zemmren ad fen yiwet seg twuriwin n yismawen maca drus n
yimerna i izemmren ad d-binen di twuriwin-agi yerna yessefk ad ilint tulmisin isi
zemmren ad ff$en i twuri nnsen tagejdant :
D cwi i yesian sser
imerna n tesmekta :
kra n yimerna yebnan s tenze$t : A$enja-s, ar daxel i yettseqqi
Ma d ismawen i izemmren ad fen adeg n yirbiben d yimerna, wigi da$en tekkan
$ef kra n tulmisin yecban anamek, asentel, Ismawen-agi tzeggir-iten-id tenze$t garasen wid d-yesbegginen iricen n wakud i d-yettezzin, ismawen i d-yemmalen adeg ,
Maca, nufa-d belli d imexva seg-sen wid i izemmren ad d-binen d iwuranen yerna
amyekcem-agi yettili-d kan seg yimerna ar taggayt n yiwuranen imi tulmisin n taggaytagi mgaraden aas $ef wid n umawal.
Ar taggara, ad d-nefk azenzi$-agi ideg nessekcem akk taggayin n wawalen almend
n tulmisin d yinammalen nnsen akken da$en i d-nesbeggen imyekcamen i d-yettilin gar
taggayin-agi d wamek i d-ttilin.
186
Annexe I
Rsum en Kabyle
Amawal :
- Adeg : lieu.
- Awudam : personnel.
- Aguccel : dtermination.
- Awuran : fonctionnel.
- Akud : temps.
- Iferdisen : lments, units.
- Al$ac : morphme.
- Imyekcamen : chevauchements.
- Allal : instrument.
- Inammalen : indices, modalits.
- Ama$un : participe.
- Ini : couleur.
- Amagrad a$aran : initial vocalique
- Inumas : substantifs.
- Ameggay : agent.
- Isnalsiyen : linguistes.
- Amernu : adverbe.
- Ta$ara : qualit.
- Amvawi : variation
- Ta$ara : qualit.
- Amyekcem : chevauchement.
- Tafekka : corps
- Anamek : sens, signification.
- Taggayt : catgorie.
- Anamek : sens, signification.
- Tal$a : forme.
- Anmawal : lexme.
- Taseddast : grammaire, syntaxe.
- Arbib : adjectif.
- Taskart : modalit.
- Arudam : non personnel.
- Taslevt : analyse.
- Arurkid : instable.
- Tasmekta : quantit.
- Asatal : contexte.
- Tawuri : fonction.
- Asenfal : substitut.
- Tazrewt : tude.
- Asentel : sujet, thme.
- Tigawt : action.
- Asuddem : drivation.
- Tuddsa : construction, combinaison.
- Awalec : monme.
187
Aselkem
IWALACEN
INMAWALEN
ILACEN
Al$awi-aseddasi
Al$awi
Aseddasi
ISMAWEN
Iwuranen
Tiskarin
IMYAGEN
Irbiben
Inumas
Imerna
Isenfalen
_________
________________________________
_
_ _
Asnamki
n tigawt
n lqis
iwudamen
n wakud
n umeggay
n wakud
ariwudamen
n wadeg
n wallal
n tfekka
n tesmekta
n tel$a
n t$ara
n yini
n usmenyaf
n wadeg
Am. n t$ara
[Link]
Ima$unen
Prsentation du corpus :
Notre corpus est constitu de deux parties : la premire comporte linventaire des
adjectifs et des adverbes organise selon plusieurs types de classifications : classification
smantique, classification en rfrence aux schmes et classification selon le thme. La
seconde regroupe diffrents types de textes dans lesquels les adjectifs et les adverbes sont mis
en contextes syntaxiques et smantiques dont : les proverbes, les dictons, les devinettes et les
recettes de cuisine.
Le choix qui nous a amen confectionner notre corpus de la sorte nest pas le rsultat
de ce que nous avions prvu au dpart. On y a recourut aprs lchec et les difficults que
nous avons rencontres en essayant denregistrer un corpus synchronique et spontan. En
effet, pour pouvoir cibler les contextes des chevauchements inter catgoriels travers
lvolution de la langue, nous devions transcrire des actes de paroles naturels et non des
corpus crits et pr tablis dont la langue a t plus ou moins bien soigne et rajuste en
rfrence la norme acadmique qui ne reflte pas souvent la ralit de la langue parle.
Cependant, aprs avoir effectu un premier enregistrement, nous nous sommes rendu compte
que celui-ci ne contenait quun nombre trs rduit des units sur lesquelles nous menons notre
tude et ne pouvait donc absolument pas tre reprsentatif. Nous ne pouvons pas non plus
demander nos locuteurs dintroduire des qualifiants et des autonomes dans leurs discours car
ceux-ci constitueraient de fausses bases de donnes incites et non naturelles.
Enfin, pour aboutir un corpus spontan et riche en qualifiants et en autonomes, nous
lavons collect partir des locutions verbales figes car elles manifestent un grand nombre
de ces units employes dans diffrents contextes. Toutefois, comme il est trs difficile de
collecter tous ces noncs proverbiaux hors de leurs contextes de vie et que lon exigeait de
nos locuteurs den slectionner ceux qui y intgre au minimum lune des deux units en
question, nous navons pas procd par enregistrement mais nous nous sommes rfrs des
listes tries et pr tablies de dictons, proverbes, locutions et devinettes que nous avons
189
slectionnes dans des ouvrages 1 . Ces listes sont par la suite dictes nos sujets pour
confirmer leur existence et vrifier leurs constructions. En outre, nous avons renforc nos
noncs bruts par des textes dfinis dans les recettes de cuisine extraits aussi dun ouvrage.
Quant la transcription du corpus, elle est faite en notation usuelle adopte par la
majorit des brbrisants. Toutefois, pour les inventaires et les classements tablis en
rfrence aux thmes des bases de formation, nous avons choisis de reprsenter les consonnes
tendues avec une majuscule afin de les diffrencier des cas de succession de deux diffrentes
consonnes.
Ex :
azeGa$ : ac1eC2ac3
azegzaw : ac1ec2c3ac4
Quant au corpus de lannexe 3, nous avons accompagn la transcription usuelle par une
premire traduction littrale qui dtermine la structure de la langue (uniquement pour les
corpus de devinettes et de proverbes) et une seconde traduction libre qui propose
approximativement le sens des noncs. Nous avons, en outre, dgag tous les monmes et
locutions renvoyant des qualifiants ou des autonomes et tous les adjectifs et les adverbes
employs hors de leurs contextes habituels en mettant les premiers en gras et les seconds en
gras et entre parenthses.
Liste des ouvrages utiliss :
- BENTOLILA F. (sous la direction de), 1986, Devinettes berbres 3, Fleuve et Flamme,
Paris.
- ABDESSELAM A., 1998, Recueil de proverbes berbres (ammud n yinzan), ENAG,
Alger.
- CHABI H., [s.d.], Recettes dantan kabyles, Dar El hadith lil Kitab, [s.l.]
Les rfrences des ouvrages sont donnes plus bas, en fin de la prsentation du corpus.
190
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
Les schmes des adjectifs1 :
I- A base verbale :
I.
a/u/i.
II.
am/im/an/abu/imes.
III.
a/[Link].
IV.
a..i.
V.
am/imi.
VI.
am/an..u.
VII. l..
VIII. [Link]/iw/ay.
IX.
..(a).
X.
am/[Link].
XI.
am..aw/av
XII. [Link].
II- A base nominale :
I.
a.......i
II.
am/ab/im/ams/aw
III.
IV.
am/an/imi
V.
a..ist
VI.
[Link]
Le classement des adjectifs par schme est tabli par rapport limportance des schmes (nombre dadjectifs)
193
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
Classement des adjectifs par schme :
A- Drivs base verbale :
I. Schme : a/u/i
I.1. vc1c2(C2)vc3 :
I.1.1. uc1c2ic3 :
Adjectif
verbe
Thme du verbe
Signification en franais
u$zif
i$zif
ic1c2ic3
long
ubqis
bqes
c1c2c3
fracass
ubzig
bzeg
c1c2c3
humide
ucbi
icbi
ic1c2ic3
beau / blond
ucfii
cfei
c1c2c3
sauveur / protecteur
uciif
cief
c1c2c3
qui se repent
uclix
clex
c1c2c3
cart
ucmit
icmit
ic1c2ic3
moche
ucrim
crem
c1c2c3
mal fait
udhin
dhen
c1c2c3
huil
udyiq
dyeq
c1c2c3
troit
udiq
deq
c1c2c3
poli
ukim
kem
c1c2c3
matris / command
uric
rec
c1c2c3
rus / malin
uvim
vem
c1c2c3
cassant
uwir
wer
c1c2c3
dgourdi
uzin
zen
c1c2c3
triste
ufcil
fcel
c1c2c3
faible
ufhim
fhem
c1c2c3
intelligent
ufrin
fren
c1c2c3
lu / choisi
ufvi
fve
c1c2c3
rvl / divulgu
ugzim
gzem
c1c2c3
coup
uigiz
igez
c1c2c3
paresseux
uiqil
iqel
c1c2c3
notable
uiwij
iwej
c1c2c3
tordu
uizil
izel
c1c2c3
cart / isol
ujgir
jger
c1c2c3
peint / fard
194
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
ujhil
jhel
c1c2c3
un sans piti
ukmic
kmec
c1c2c3
froiss
uknif
knef
c1c2c3
grill
ukrif
kref
c1c2c3
paralytique
ukris
kres
c1c2c3
noueux
ulfi$
lfe$
c1c2c3
cras
umiin
mien
c1c2c3
utile
umlik
mlek
c1c2c3
possd
umlil
imlul
ic1c2uc3
blanc
un$id
n$ed
c1c2c3
moulu
unciw
ncew
c1c2c3
dplum
unfii
nfei
c1c2c3
utile / sens / bon
unfiv
nfev
c1c2c3
cart
ungif
ngef
c1c2c3
idiot
until
ntel
c1c2c3
isol
uni
ne
c1c2c3
conseill
uzin
zen
c1c2c3
tempr
uqbi
qbe
c1c2c3
mal poli
uqcir
qcer
c1c2c3
pluch
uqiid
qied
c1c2c3
aiguis
uqmic
qmec
c1c2c3
droit
uqmiv
qmev
c1c2c3
court
uqris
qres
c1c2c3
dchir
uqsi
iqsi
ic1c2ic3
fort dsagrable
uqvii
qvei
c1c2c3
aiguis
urhif
faible / dbile
urhin
rhen
c1c2c3
bailleur
urxis
irxis
ic1c2ic3
ne vaut pas grand chose / tratre
usbi$
sbe$
c1c2c3
teint / fard
ushil
shel
c1c2c3
facile
usiib
sieb
c1c2c3
difficile / dur
uwib
web
c1c2c3
bon / droit
uviif
vief
c1c2c3
maigre / chtif / faible
uvrif
[varifun]
emp. larabe
gai
195
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
uwiir
wier
c1c2c3
difficile
uwqim
wqem
c1c2c3
griff
uwzin
wzen
c1c2c3
quilibr
uxbic
xbec
c1c2c3
griff
uxliv
xlev
c1c2c3
melange
uxrib
xreb
c1c2c3
embrouill
uzlig
zleg
c1c2c3
oblique
uzmir
zmer
c1c2c3
fort
uzmiv
zmev
c1c2c3
serr
uzwi$
izwi$
ic1c2ic3
rouge
uzyin
zyen
c1c2c3
beau
uzyir
zeYer
c1C2c3
serr
I.1.2. ac1C2ac3 :
a$eDar
$der
c1c2c3
tratre
a$eLay
a$lay
ac1c2ac3
vent cher
abeSal
bsel
c1c2c3
collant / embtant
acea
cve
c1c2c3
danseur
aceYat
ceYet
c1C2c3
flatteur
aeBar
eBer
c1C2c3
soucieux
aeGas
we
c1c2c3
qui rafle
aeMaq
meq
c1c2c3
press / impatient
aeQar
qer
c1c2c3
mprisant
aeSad
sed
c1c2c3
goste
aeSas
eSes
c1C2c3
lcoute
aeTac
eTec
c1C2c3
enquteur
aeWas
eWes
c1C2c3
promeneur
aeZab
eZeb
c1C2c3
prudent
aeZaz
eZez
c1C2c3
flatteur
afeNan
feNen
c1C2c3
artiste / chanteur / pote
afeSas
ifsus
ic1c2uc3
lger
ageZan
geZen
c1C2c3
diseur de bonnes volonts
aeMai
vmei
c1c2c3
gourmand
akeDab
kdeb
c1c2c3
menteur
196
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
akeFar
kfer
c1c2c3
mcrant
aleGa$
ilwi$
ic1c2ic3
lisse
aleQaq
ilqiq
ic1c2ic3
tendre / mou
aleQav
lqev
c1c2c3
qui cueille
aleXax
leXex
c1C2c3
dgueulasse
ameDa
mde
c1c2c3
chanteur ambulant
ameLal
imlul
ic1c2uc3
blanc
ameSas
imsus
ic1c2uc3
fade / ennuyeux
aneKar
nker
c1c2c3
qui dni
aqeDac
qdec
c1c2c3
serviteur
aqeHar
qher
c1c2c3
tyran / oppresseur
aqeJam
qeJem
c1C2c3
moqueur
aqeMar
qeMer
c1C2c3
passionn des jeux
aqeTal
qtel
c1c2c3
tueur / assassin
aqeZab
qeZeb
c1C2c3
flatteur
areQaq
irqiq
ic1c2ic3
fin / mince
aseLaw
isliw
ic1c2ic3
fltri
aseMam
ismum
ic1c2uc3
aigre
aseMav
ismiv
ic1c2ic3
frais
aseQav
sqev
c1c2c3
gourmand
aveBal
veBel
c1C2c3
joueur de tambour
aweHam
whem
c1c2c3
bahi
aweSar
iwsir
ic1c2ic3
axeDam
xdem
c1c2c3
travailleur
axeDai
xdei
c1c2c3
tratre
axeMas
xeMes
c1C2c3
ouvrier tout faire au bas salaire
azeGa$
izwi$
ic1c2ic3
rouge
aeQal
$el
c1c2c3
chaud
aiear
colporteur
197
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
I.1.3. ac1C2uc3 :
adeBuz
dbez
c1c2c3
gros et lourd
aieug
ieg
c1c2c3
sourd
aieGun
iuGen
c1uC2c3
idiot / stupide
akeNur
kuNer
c1uC2c3
repli sur soi
aseTut
seTet
c1C2c3
mgre
abcir
bcer
c1c2c3
porteur de nouvelles
anin
inin
ic1c2ic3
compatissant
aiziz
iiziz
ic1c2ic3
aim / chrit
ajdid
[oadidun]
emp. larabe
nouveau / neuf
aqdim
qdem
c1c2c3
vieux
I.1.4. ac1c2ic3 :
I.1.5. ac1c2uc3 :
ailuv
iuLev
c1uC2c3
idiot / imbcile
akiur
kier
c1c2c3
maigre
azduz
zdez
c1c2c3
gros et maladroit
aksas
eks
c1c2
agneau qui commence brouter
am$ar
im$ur
ic1c2uc3
vieux
awra$
iwri$
ic1c2ic3
jaune
c1uc2
vaniteux
I.1.6. ac1c2ac3 :
I.1.7. ac1Wac2 :
azeWax
zux
I.2. ac1c2c3vc4 :
I.2.1. ac1c2c3ac4 :
a$erwas
erwes
C1c2c3c4
chiffonnier
abeba
Bebe
C1c2c3c4
enrou
abelbav
Belbev
C1c2c3c4
plat
aberbac
Berbec
C1c2c3c4
tachet
aberqac
Berqec
C1c2c3c4
bariol
198
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
acelhab
Celheb
C1c2c3c4
au teint blanc
ader$al
Der$el
C1c2c3c4
aveugle
aercaw
ercew
C1c2c3c4
rude au touch
aerar
erer
C1c2c3c4
essouffl
afenyan
Fenyen
C1c2c3c4
fainant
afermac
Fermec
C1c2c3c4
dent
afervas
Ferves
C1c2c3c4
chauve
ajelwa
Jelwe
C1c2c3c4
tordu
ane$na$
Ne$ne$
C1c2c3c4
nasilleur
aqefqaf
Qefqef
C1c2c3c4
actif
aqermav
Qermev
C1c2c3c4
court
aqewqaw
Qewqew
c1c2c3c4
bgue
azegzaw
Zegzew
C1c2c3c4
vert / bleu
azelmav
Zelmev
C1c2c3c4
gauche
I.2.2. ac1c2c3uc4 :
abebu
Bebe
C1c2c3c4
enrou
abehlul
Behlel
C1c2c3c4
simple desprit / sot
abelbul
Belbel
C1c2c3c4
gros
abeqbuq
Beqbeq
C1c2c3c4
obse
aberbuz
Berbez
C1c2c3c4
court et gros / rondelet
abexbux
Bexbex
C1c2c3c4
gros / lourdaud
aerfuf
erfef
C1c2c3c4
sans huile ni bouillon
afe$nun
Fe$nen
C1c2c3c4
nasilleur
afecuc
Fecec
C1c2c3c4
gai / souriant
agerbuz
Gerbez
C1c2c3c4
non mr
ajerbub
Jerbeb
C1c2c3c4
loqueteux
aqelqul
Qelqel
C1c2c3c4
trot
aqerquc
Qerqec
C1c2c3c4
non mr
atextux
Textex
C1c2c3c4
fl
C1c2c3c4
fou
I.2.3. ac1c2c3ic4 :
aderwic
Derwec
199
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
I.3. ac1vc2(C2)vc3 :
I.3.1. ac1uc2ac3 :
abuhal
Buhel
C1uc2c3
stupide / sot
abujad
bujed
c1uc2c3
maladroit / malhabile
agugam
Gugem
C1uc2c3
muet
aqudar
quder
c1uc2c3
boiteux
asufaj(o)
Sufej(o)
C1uc2c3
sauvage
asusam
susem
c1uc2c3
silencieux
C1uc2c3
orphelin
c1uC2c3
effervescent / bouillant
c1uC2c3
rus / hypocrite
knef
c1c2c3
grill
abraraz
brurez
c1c2uc3c4
gros / dodu / dune belle taille
acmama
cmume
c1c2uc3c4
souriant
adaqar
diqer
c1c2ic3c4
remuant / tourdi
ararad
rured
c1c2uc3c4
qui se trane sur le sol
agraraz
grurez
c1c2uc3c4
beau gracieux
aqlala
qlile
c1c2ic3c4
agit
aqlaqal
qluqel
c1c2uc3c4
trot
aqmamas
qmumes
c1c2uc3c4
beau et mignon
axbabav
xbibev
c1c2ic3c4
qui ne peut se tenir tranquille
azmamag
zmumeg
c1c2uc3c4
souriant
I.3.2. ac1uc2ic3 :
agujil
Gujel
I.3.3. ac1uC2ic3 :
akuFit
kuFet
I.3.4. ac1ac2ic3 :
axabit
xuBet
I.3.5. ac1ac2ac3 :
akanaf
I.4. ac1c2ac3ac4 :
200
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
I.5. vC1vc2 :
I.5.1. uC1ic2 :
uDiz
Dez
C1c2
cras
uSiv
Sev
C1c2
enrag
uFir
Fer
C1c2
cach
uQin
Qen
C1c2
au mailles fines
uRiz
Rez
C1c2
cass / infirme
uis
es
C1c2
lent
Oel
C1c2
veuf
iqer
c1c2c3
strile
I.5.2. aC1ac2 :
aOal
I.6. ic1ic2c3 :
iiiqer
II. Schme : am/im/an/abl/abu/ims.
II.1. am/abl/abu+c1c2(C2)vc3 :
II.1.1. amc1c2uc3 :
ame$bun
$ben
c1c2c3
pauvre malheureux
ame$dur
$der
c1c2c3
tu par tratrise
amec$ul
c$el
c1c2c3
occup
amecluc
clec
c1c2c3
tre vide sans force
ameclux
clex
c1c2c3
cart
amed$ul
d$el
c1c2c3
qui veut du mal
amednub
dneb
c1c2c3
coupable
amebus
bes
c1c2c3
prisonnier
amequr
qer
c1c2c3
mpris
amezun
zen
c1c2c3
triste
amehbul
hbel
c1c2c3
fou/qui dit ou fait des extravagances
amehzul
hzel
c1c2c3
faible / malade
ameicuq
iceq
c1c2c3
passionn / amoureux
201
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
ameidur
ider
c1c2c3
mpris
ameizul
izel
c1c2c3
mis lcart / isol
ameizuz
iiziz
ic1c2ic3
aim / chrit
amejhul
jhel
c1c2c3
un sans piti
amejru
jre
c1c2c3
bless
amen$ud
n$ed
c1c2c3
moulu
amenus
nes
c1c2c3
goste
amengur
nger
c1c2c3
sans postrit
amerbu
rbe
c1c2c3
bienvenu
amerum
rem
c1c2c3
dfunt
amerhun
rhen
c1c2c3
bailleur
ameslub
sleb
c1c2c3
fou / insens
amevrur
vur
c1uc2
misrable
amexluv
xlev
c1c2c3
mlange
amezlug
zleg
c1c2c3
oblique
II.1.2. amc1c2ac3 / amc1c2ac2 :
ameca
cu
c1uc2
conome / avare
amectaq
ctiq
c1c2ic3
qui ressent la privation
amedhar
dher
c1c2c3
circoncis
amelqav
lqev
c1c2c3
qui cueille
amenas
nes
c1c2c3
goste
amerwal
rwel
c1c2c3
qui fuit
c1c2c3
bavard
c1c2c3
calomniateur / diffamateur
c1C2c3
colrique
II.1.3. ablc1C2ac3 :
abelheDar
hder
II.1.4. abuc1C2ac3 :
abuceMat
cemmet
II.1.5. abuc1C2ic3 :
abujeNiw
jeNew
202
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
II.2. imc1C2c3 :
im$eBen
$ben
c1c2c3
malheureux
imbeCer
beCer
c1C2c3
porteur de bonnes nouvelles
imbeQes
beQes
c1C2c3
fracass
imceBel
ceBel
c1C2c3
embarrassant / inquitant
imceKem
ceKem
c1C2c3
pre / rude au got
imceNef
ceNef
c1C2c3
snobe / hautin
imdeWer
deWer
c1C2c3
rond
imeReq
req
c1c2c3
brlant
imeZeb
eZeb
c1C2c3
prudent
imeZez
eZez
c1C2c3
flatteur
imfeCec
feCec
c1C2c3
boudeur
imfeTet
feTet
c1C2c3
parpill / miett
imieQer
ieQer
c1C2c3
pic
imieWer
ieWer
c1C2c3
qui louche / strabisme
imkeBer
keBer
c1C2c3
orgueilleux / vaniteux
imneFex
tneFex
c1c2C3c4
orgueilleux
imneZeh
neZeh
c1C2c3
spectateur
imqeLeq
qeLeq
c1C2c3
agit / impatient / toujours press
imqeNei
qeNei
c1C2c3
satisfait
imqeRec
qeRec
c1C2c3
qui a la tte rase
imseGem
seGem
c1C2c3
arrang
imseLek
seLek
c1C2c3
sauveur
imseRe
seRe
c1C2c3
dcontract
imveGei
veGei
c1C2c3
dpensier
imzeLem
zeLem
c1C2c3
qui louche
imzeYer
zeYer
c1C2c3
svre
II.3. imc1c2c3(C3)c4 :
II.3.1. imc1c2c3c4 :
imcece
cece
c1c2c3c4
au grosses mailles
imekek
ekek
C1c2c3c4
drang / dbile
imerwec
erwec
C1c2c3c4
nergumne
203
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
imjelwe
jelwe
c1c2c3c4
tordu
imnecre
Necra
C1c2c3ac4
gai / souriant
imsefsed
Sefsed
C1c2c3c4
corrompue
imtextex
Textex
C1c2c3c4
fl
II.3.2. imc1c2C3c4 :
imetkeBer
tkeBer
c1c2C3c4
orgueilleux / vaniteux
imetneFex
tneFex
c1c2C3c4
orgueilleux
imetqeLeq
tqeLeq
c1c2C3c4
agit / impatient / toujours press
II.4. vmvc1c2vc3 :
II.4.1. imic1c2ic3 :
imibrik
ibrik
ic1c2ic3
noirtre
imilwi$
ilwi$
ic1c2ic3
lisse
imirqiq
irqiq
ic1c2ic3
fin / mince / maigre
imizwi$
izwi$
ic1c2ic3
rougetre
II.4.2. amac1c2ac3 :
amanc()aw
nc()ew
c1c2c3
dplum
amanav
nev
c1c2c3
raseur
c1c2c3
rondelet
II.4.3. amuc1c2ic3 :
amubrin
bren
II.5. am/an+vc1(C1)vc2 :
II.5.1. amaC1ac2 :
amaGad
agad
ac1ac2
peureux
amaTar
Ter
C1c2
mendiant
ac1c2
malade
II.5.2. amuc1ic2 :
amuvin
aven
204
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
II.5.3. amuC1ic2:
ic1ic2
vivant
ic1ic2
vivant
ac1c2
voleur
aier
ac1c2
difficile
amcafei
cfei
c1c2c3
sauveur / protecteur
amkacef
kcef
c1c2c3
devin
amnamer
namer
c1ac2c3
contradicteur
amnaef
neef
c1C2c3
moiti
c1ic2
exil
Sev
C1c2
enrag
qiZeb
c1iC2c3
flatteur
amuDir
idir
II.5.4. amuC1uc2 :
amuDur
idir
II.5.5. amac1ac2 :
amakar
aker
II.5.6. anac1uc2 :
anaiur
II.6. amc1ac2c3 :
II.7. amc1(C1)vc2 :
II.7.1. amc1ac2 :
amja
ji
II.7.2. amC1uc2 :
ameSuv
II.8. imsc1iC2c3 :
imesqiZeb
II.9. imc1c2c3c4c5 :
imesxenfer/imesfenxer
sxenfer/sfenxer
c1c2c3c4c5
205
grincheux
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
III. Schme : a/u an
III.1. ac1c2(C2)c3an :
III.1.1. ac1c2c3an :
a$ezfan
i$zif
ic1c2ic3
long / grand
aberkan
ibrik
ic1c2ic3
noir
abezgan
ibzig
ic1c2ic3
humide
aceban
icbi
ic1c2ic3
blanc
acemtan
icmit
ic1c2ic3
moche
amelan
imli
ic1c2ic3
beau
amer$an
imri$
ic1c2ic3
trop sal
aqeran
iqri
ic1c2ic3
piquant
aqesan
iqsi
ic1c2ic3
au cur dur
aekran
ker
c1c2c3
ivre / soul
awesran
iwsir
ic1c2ic3
awezlan
iwzil
ic1c2ic3
court / petit
aweiran
iwiir
ic1c2ic3
difficile
azedgan
izdig
ic1c2ic3
propre
III.1.2. ac1C2c3an
aleG$an
ilwi$
ic1c2ic3
lisse
ameLan
imli
ic1c2ic3
sale
ameQran
im$ur
ic1c2uc3
grand
aseMvan
ismiv
ic1c2ic3
frais
III.1.3. ac1c2yan :
aieryan
ieRi
c1C2i
nu
ameyan
imi
ic1c2i
petit
206
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
III.2. ac1(C1)vc2an :
III.2.1. ac1ic2an :
aciban
cib
c1ic2
chenu
acivan
civ
c1ic2
grill / brl
akiwan
Kiw
C1ic2
sec
aidan
iid
ic1ic2
doux / sucr
III.2.2. ac1uc2an :
afuan
fu
c1uc2
puant
aquran
Qar
C1ac2
dur / sec
azuran
uzur
uc1uc2
gros / pais
III.2.3. ac1ac2an :
aayan
aay
ac1ac2
lourd
afayan
afay
ac1ac2
gros / replet
C1ac2
gros
C1ac2
gros
III.2.4. aC1uc2an :
auran
ar
III.2.5. aC1ac2an :
aaran
ar
III.3. ac1c2vc3an :
III.3.1. ac1c2ac3an :
a$layan
a$lay
ac1c2ac3
cher / onreux
afsasan
ifsus
ic1c2uc3
lger
ahrawan
ihriw
ic1c2ic3
large
alqaqan
ilqiq
ic1c2ic3
tender / mou
aragan
irig
ic1c2ic3
amer
ailayan
ailay
ac1c2ac3
long
aisayan
aisay
ac1c2ac3
dur
207
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
III.3.2. ac1c2ic3an :
ahcican
ihcic
ic1c2ic3
lger
arqiqan
irqiq
ic1c2ic3
fin / mince
axfifan
ixfif
ic1c2ic3
lger / nerveux
III.4. ac1c2uc3c4(y)an :
III.4.1.ac1c2uc3c4an :
agrurzan
grurez
c1c2uc3c4
beau et mignon
aqmumsan
qmumes
c1c2uc3c4
beau et mignon
aqnuncan
qnunec
c1c2uc3c4
petit et mignon
luli
c1c2uc3i
trop humect
amayan
mu
c1c2u
chaud
ar$ayan
er$
c1c2
brlant / trs chaud
iSin
iC1ic2
sage
III.4.2. ac1c2uc3yan :
alulyan
III.5. ac1c2ayan :
III.6. uC1c2an :
uSnan
IV. a...i
IV.1. ac1c2c3i :
a$erbi
$eReb
c1C2c3
de lOuest
abe$vi
b$ev
c1c2c3
haineux / envieux
abeldi
[baladiyun]
empr. larabe
qui fait le bourgeois / villageois
abexli
bxel
c1c2c3
paresseux et jaloux
ace$li
c$el
c1c2c3
occup
acerqi
ceReq
c1C2c3
de lEst
aevri
[avariyun]
empr. larabe
citadin
208
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
ajehli
jhel
c1c2c3
un sans piti
akefri
kfer
c1c2c3
mcrant
aqerni
qui se situe au coin
aseidi
sied
c1c2c3
heureux / chanceux
averfi
urfi
C1uc2c3i
cart loin des yeux
aweci
wec
c1c2c3
sauvage / craintif
axemri
xmer
c1c2c3
brun
axerfi
xeRef
c1C2c3
gratuit
azemni
[zamaniyun]
empr. larabe
sage
qerieo
c1c2c3c4
fouineur / curieux
hwu
c1c2u
frivole
Ber (?)
C1c2
qui nose pas revendiquer ses droits
zhu
c1c2u
luron / gai
eRem
c1C2c3
tricheur
IV.2. ac1c2c3ac4i :
aqeriaoi
IV.3. ac1c2ac3i :
ahwawi
IV.4. ac1c2ac1c2i :
abrabri
IV.5. ac1c2wani :
azehwani
IV.6. ac1c2ayc3i :
araymi
V. Schme : am/im.i
V.1. imc1vc2(C2)i :
V.1.1. amc1ac2(C2)i :
ambasi
Basi
C1ac2i
condamn
amaDi
ud
c1uc2
protecteur
amami
ami
c1ac2i
qui aide
amgani
Gani
C1ac2i
qui est en entire dpendance
amayi
ayi
c1ac2i
dcideur / chef
209
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
V.1.2. imc1iC2i :
imcii
cu
c1uc2
conome / avare
imciKi
cuk
c1uc2
souponneux / douteux
imiOi
uo
c1uc2
plerin / un hadji
V.1.3. imc1uC2i :
imcuQi
cuq
c1uc2
gt / chouchou
imzuXi
zux
c1uc2
vaniteux
imceDi
cuD
c1uC2
peu gnreux
imceKi
cuk
c1uc2
souponneux / douteux
imenfi
nfu
c1c2u
exil
imreBi
reBi
c1C2i
duqu
c1c2uc3i
naturalis
c1c2uc3i
naturalis
kluFi
c1c2uC3i
qui se mle des affaires des autres
imle$wi
Le$wi
C1c2c3i
souple
imseti
Seti
C1c2c3i
timide
cihwi
c1ic2c3i
insatiable
V.2. imc1c2(C2)i :
V.3. vmc1c2vc3(C3)i :
V.3.1. imc1c2uc3i :
imetruzi
truzi
V.3.2. amc1c2uc3i :
ametruzi
truzi
V.3.3. imc1c2uC3i :
imekluFi
V.4. imc1c2c3i :
V.5. imc1ic2c3i :
imcihwi
210
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
VII. Schme : am/an.u
VII.1. amc1c2ac3u :
ameigazu
igez
c1c2c3
paresseux
ameiwaju
iwej
c1c2c3
tordu
ameqlabu
qleb
c1c2c3
inverse
ameragu
irig
ic1c2ic3
amer
ameviafu
vief
c1c2c3
maigre / chtif / faible
amezwaru
zwir
c1c2ic3
premier
C1ac2
affam
C1ac2
qui pratique la prire
c1uc2
injuste / trompeur
c1ic2
infirme / estropi
Gri
C1c2i
dernier
amenzu
nzu
c1c2u
premier / an
amerku
rku
c1c2u
rpugnant / sale
ameru
Re
C1c2
infirme / cass
VII.2. am/an+c1(C1)vc2(C2)u :
VII.2.1. amC1ac2u :
ameLau
La
VII.2.2. amC1aC2u :
amaLu
al
VII.2.3. amc1uC2u :
am$uLu
$ul
VII.2.4. anc1ic2u :
aniibu
iib
VII.2.5. anC1ac2u :
aneGaru
VII.3. amc1c2u :
211
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
VII.4. amC1ac2c3u :
ameQarsu
Qres
C1c2c3
dchir
amealmu
vlem
c1c2c3
fautif
iib
c1ic2
infirme / estropi
VII.5. anc1yac2u :
aneiyabu
VI. Schme : l
VI.1. lc1ac2(y)c3 :
l$alev
$lev
c1c2c3
trompeur
lakem
kem
c1c2c3
administrateur
lameq
meq
c1c2c3
impatient
lfahem
fhem
c1c2c3
intelligent
lfased
fsed
c1c2c3
corrompu
liaqel
iqel
c1c2c3
notable
lkafer
kfer
c1c2c3
mcrant
lkamel
kmel
c1c2c3
entier / parfait
loahel
ohel
c1c2c3
brute
l$ayeb
$ib
c1ic2
absent
loaye
ji
c1ic2
farfelu
lxayen
xun
c1uc2
voleur / brigand
l$ani
$nu
c1c2u
riche
lfani
fnu
c1c2u
prissable
uo
c1uc2
plerin / un hadji
VI.2. lc1ayc2 :
VI.3. lc1ac2i :
VI.4. lc1ac2 :
lao
212
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
VI.5. lc1C2 :
leY
yu
c1c2u
vivant
VIII. Schme : a..aw/iw/ay
VIII.1. ac1c2c3C4ay :
akereay
kerei
c1c2c3C4i
touffu / crpu / fris
akerneNay
kerneNi
c1c2c3C4i
rond
kuFet
c1uC2c3
effervescent / bouillant
kfer
c1c2c3
mcrant
Cetki
C1c2c3i
plaignant
VIII.2. ac1uc2c3aw :
akuftaw
VIII.3. ac1ac2c3iw :
akafriw
VIII.4. ac1C3ay :
aceKay
IX. Schme : .........(a)
IX.1. C1ac2c3 :
Caer
cer
c1c2c3
agile
Valem
vlem
c1c2c3
fautif
misken
c1ic2c3c4
mesquin
cmet
c1c2c3
moche
IX.2. c1c2c3ic4 :
meskin
IX.3. C1c2ac3a :
Cmata
213
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
X. Schme : abuan
X. abuc1c2c3(y)an :
abuieryan
ieRi
c1C2i
nu
XI. Schme : amaw/av
XI. amvc1c2aw(v):
amakrav
krev
c1c2c3
voleur
amusnaw
iSin
iC1ic2
sage
C1uc2i
chmeur
XII. Schme : a..ur
acumur
Cumi
214
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
B- Drivs base nominale :
I. Schme : a...i :
abavni
lbavna
discret / ne divulgue pas
aberrani
beRa
tranger
abersi
lbers
qui a des taches sombres
aini / ainawi
ina
orange (couleur)
acayci
lecic
vert
aeQani
leQ
juste
amidadi
lmidad
violet
anifi
Nif
qui tient son honneur
aqehwi
lqahwa
marron
asbayii
sebia
n au septime mois
awerdi
lwerd
rose (couleur)
II. Schme : am/ams/im/ab/aw.. :
abergaz
argaz
homme fait / robuste
amaxuf
lxuf
charmant
amesrar
Ser
passager
amsebrid
abrid
montagnard
amsedrar
adrar
de conduite honteuse
aweliar
liar
poilu
imceier
ccier
peureux
III. Schme : a.. :
aceirur
Cier
poilu
acqiq
caqiq
emp. larabe
fraternel / proche
acic
lecic
vert
aermaq
azraq
emp. larabe
aux yeux bleus
aerqaq
azraq
emp. larabe
aux yeux bleus
awid
waid
emp. larabe
solitaire / seul
215
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
IV. Schme : am/an/im..i :
amesbali
lbael
injuste
amrabii
rebia
carr
anali
lael
natif / originel
imnifi
Nif
qui tient son honneur
V. Schme : [Link] :
aiist
liv
chmeur
axebzist
lxebz
court pour subvenir ses besoins
simple / innocent / naf
VI. Schme : abuiw :
abuneYiw
NiYa
216
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
C- Drivs expressifs :
abarabuz
norme / lourd
abehlul
Buhel
C1uc2c3
simple desprit / trop idiot
abeKuc
ibki
silencieux / tranquille
abel$ezfan
i$zif
ic1c2ic3
trs long / trs grand
abelheDar
hder
c1c2c3
trs bavard
abergaz
argaz
homme fait
aberqaqac
Berqec
C1c2c3c4
trs bariol
aberzegzaw
Zegzew
C1c2c3c4
vert fonc
aceirur
Cier
trs poilu
adeimamac
imu
c1c2c3c4
qui cligne des yeux pour mieux voir
ader$elluc
Der$el
c1c2c3c4
aveugle
afetfut
feTet
c1C2c3
trs parpill / miett
akeluc
kel
c1c2c3
noir sombre
aleqluq
ilqiq
ic1c2ic3
trs tendre / mou
amau
imi
ic1c2i
cadet
ameciu
amecu
tout petit
amidan
iid
ic1ic2
un peu sucr
aqedlala
qlile
c1c2ic3c4
trs agit
aqerquc
Qar
C1ac2
non mre
217
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
D- Les adjectifs proprement dits :
abeili
qui na pas besoin deau
abudali (w)
idiot / faible desprit
aawali
pauvre
ageswa
malheureux / pitoyable
aiezri
clibataire avanc dans lg
amcum
malin / mchant
amecu
petit
amerkanti
riche
igellil
pauvre
lefel / afeli
puissant / courageux
loifa
charogne
uday
juif
usgin
sombre
218
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
E- Les locutions et syntagmes adjectivaux :
bab n lerma
bab + lerma
homme dhonneur
bab n leiqel
bab + leiqel
qui agit avec pondration
bab n lieZa
bab + lieZa
homme respect
bab n lxir
bab + lxir
homme de bien
bab n Ray
bab + Ray
qui sait diriger
bab n wawal
bab + awal
qui tient sa parole
bab n Zin
bab + Zin
qui est beau
bu Ce
bu + Ce
homme de malheur
bu Ciia
bu + Ciia
homme renomm
bu Cla$em
bu + Cla$em
moustachu / svre
bu deXan
bu + deXan
fumeur
bu Drei
bu + Drei
homme violent
bu leB
bu + leB
qui a des boutons
bu lenak
bu + lenak
gros
bu leruz
bu + leruz
sorcier
bu leirur / bu liar
bu + leirur / liar
homme de conduite honteuse
bu lekdub
bu + lekdub
menteur
bu lekluf
bu + lekluf
qui se mle de ce qui ne le regarde pas
bu lerma
bu + lerma
homme dhonneur
bu lxir
bu + lxir
homme de bien
bu Neqma
bu + Neqma
contradicteur
bu Nif
bu + Nif
homme dhonneur
bu NiYa
bu + NiYa
naf
bu Nmara
bu + Nmara
contradicteur
bu Ser
bu + Ser
charmant
bu tecrav
bu + ticrav
le tatou
bu tedayin
bu + tidayin
coureur de femmes
bu teluqin
bu + tiluqin
qui aime les bons plats
bu teraymit
bu + taraymit
tricheur
bu tila
bu + tiila
qui joue de ruses
bu teimamt
bu + taimamt
qui porte un turban
bu teirurt
bu + tairurt
le bossu
bu tekliwin
bu + tikliwin
coureur / travailleur
219
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
bu texnanasin
bu + tixnanasin
le lubrique
bu texnunt
bu + taxnunt
le morveux
bu tidet
bu + tidet
homme de vrit
bu tienqiqt
bu + taienqiqt
qui a un beau cou
bu tiMi
bu + tiMi
aux sourcils bien dessins
bu tiSas
bu + tiSas
homme respect
bu tmegrav
bu + timegrav
assassin
bu Tnefcic
bu + Tnefcic
boudeur
bu tqurdac
bu + tiqurdac
homme rus
bu tuF$iwin
bu + tuF$iwin
qui aime sortir
bu tuFriwin
bu + tuFriwin
cachottier
bu tuyat
bu + tuyat
gros / fort / pistonn
bu txentust
bu + taxentust
homme dsagrable
bu txidas
bu + tixidas
lastucieux
bu uamar
bu + aamar
le barbu
bu ucelqii
bu + acelqii
au crne chauve
bu ugerjum
bu + agerjum
criard
bu uieBuv
bu + aieBuv
gourmand / gros mangeur
bu ujeNiw
bu + ajeNiw
nerveux
bu ujeOiv
bu + ajeOiv
galeux
bu uqeLal
bu + aqeLal
gourmand
bu uqelmun
bu + aqelmun
capuche
bu uqeRu
bu + aqeRu
entt
bu uriruc
bu + ariruc
trou
bu useqviv
bu + aseqviv
gourmand
bu wanzaren
bu + anzaren
au gros nez
bu warquqen
bu + arquqen
au gros oeils
bu wawal
bu + awal
bavard / qui tient sa parole
bu wudmawen
bu + udmawen
multi facette
bu wurfan
bu + urfan
colrique
bu yi$erwasen
bu + i$erwasen
chiffonnier
bu yiberdan
bu + iberdan
qui est souvent dehors
bu yiceiufen
bu + iceiufen
poilu / mal ras
bu yigalulen
bu + igalulen
au gros mollets
220
Annexe II Corpus 1
Ineventaire des adjectifs (Classement par schmes)
bu yihwah
bu + ihwah
de mauvaise conduite
bu yiienfuren
bu + iienfuen
homme grandes dents
bu yijerbuben
bu + ijerbuben
loqueteux
bu yikururen
bu + ikururen
sorcier
bu yiles
bu + iles
beau parleur
bu yiqesbuven
bu + iqebuven
gros
bu yiriran
bu + iriran
qui vomit
bu yise$
bu + ise$
homme dhonneur
bu yiween
bu + iween
sale
bu yizerdumen
bu + izerdumen
morveux
221
Annexe II Corpus 2
Schmes des adjectifs
a / i / u.
(203)
Classement des adjectifs selon le thme du verbe
Sous schmes
Thmes des verbes
uc1c2ic3
(73)
ac1C2ac3
(48)
ac1c2c3ac4
(19)
ac1c2c3uc4
(14)
ac1c2ac3ac4
(10)
ac1c2ic3
(8)
ac1uc2ac3
(6)
uc1ic2
(6)
Pourcentages
c1c2c3
ic1c2ic3
c1c2uc3
c1C2c3
c1c2c3
c1C2c3
ic1c2ic3
ic1C2uc3
ac1c2ac3
C1c2c3c4
c1c2c3c4
C1c2c3c4
(65)
(6)
(1)
(1)
(21)
(15)
(7)
(4)
(1)
(18)
(1)
(14)
32.02 %
02.95 %
00.49 %
00.49 %
10.34 %
07.38 %
03.45 %
01.97 %
00.49 %
08.86 %
00.49 %
06.90 %
c1c2uc3c4
c1c2c3c4
c1c2c3
ic1c2ic3
C1uc2c3
c1uc2c3
C1c2
(7)
(3)
(6)
(2)
(3)
(3)
(6)
03.45 %
01.48 %
02.95 %
00.98 %
01.48 %
01.48 %
02.95 %
c1c2c3
c1uc2c3
c1C2c3
c1c2
ic1c2uc3
ic1c2ic3
c1c2c3
c1uC2c3
c1uc2
(2)
(2)
(1)
(1)
(1)
(1)
(2)
(1)
(1)
00.98 %
00.98 %
00.49 %
00.49 %
00.49 %
00.49 %
00.98 %
00.49 %
00.49 %
ac1C2uc3
(5)
ac1c2ac3
(3)
ac1c2uc3
(3)
ac1Wac2
(1)
ac1uc2ic3
(1)
C1uc2c3
(1)
00.49 %
ac1uc2ic3
(1)
c1uc2c3
(1)
00.49 %
ac1ac2ic3
(1)
c1uc2c3
(1)
00.49 %
ac1ac2ac3
(1)
c1c2c3
(1)
00.49 %
ac1c2c3ic4
(1)
C1c2c3c4
(1)
00.49 %
ic1ic2c3
(1)
c1c2c3
(1)
00.49 %
ac1ac2
(1)
C1c2
(1)
00.49 %
c1c2c3
ic1c2ic3
c1uc2
c1C2c3
c1c2c3
c1c2C3c4
C1c2c3c4
c1c2c3c4
C1c2c3ac4
(26)
(1)
(1)
(23)
(2)
(1)
(4)
(2)
(1)
27.66 %
01.06 %
01.06 %
24.47 %
04.08 %
01.06 %
04.25 %
02.13 %
01.06 %
amc1c2uc3
(28)
imc1C2c3
(26)
imc1c2c3c4
(7)
223
Annexe II Corpus 2
Classement des adjectifs selon le thme du verbe
(4)
c1c2c3
c1uc2
c1c2ic3
c1c2c3
c1ac2c3
c1C2c3
ic1c2ic3
(4)
(1)
(1)
(2)
(1)
(1)
(4)
04.25 %
01.06 %
01.06 %
02.13 %
01.06 %
01.06 %
04.25 %
(3)
c1c2C3c4
(3)
03.19 %
amaC1ac2
(2)
amac1c2ac3
(2)
ac1ac2
C1c2
c1c2c3
(1)
(1)
(2)
01.06 %
01.06 %
02.13 %
amuc1ic2
(1)
ac1c2
(1)
01.06 %
amuC1ic2
(1)
ic1ic2
(1)
01.06 %
amuC1uc2
(1)
ic1ic2
(1)
01.06 %
amac1ac2
(1)
ac1c2
(1)
01.06 %
anac1uc2
(1)
ac1c2
(1)
01.06 %
amuc1c2ic3
(1)
c1c2c3
(1)
01.06 %
abuc1C2ac3
(1)
c1C2c3
(1)
01.06 %
abuc1C2ic3
(1)
c1C2c3
(1)
01.06 %
imsc1Ic2c3
(1)
c1Ic2c3
(1)
01.06 %
amc1ac2
(1)
c1ic2
(1)
01.06 %
amC1uc2
(1)
C1c2
(1)
01.06 %
imc1c2c3c4c5
(1)
c1c2c3c4c5
(1)
01.06 %
ac1c2c3an
(14)
ac1c2ac3an
(7)
ac1C2c3an
(4)
ac1uc2an
(3)
ac1ic2an
(3)
ac1c2ic3an
(3)
ic1c2ic3
c1c2c3
ac1c2ac3
ic1c2ic3
ic1c2uc3
ic1c2ic3
ic1c2uc3
c1uc2
C1ac2
uc1uc2
c1c2
C1ic2
ic1ic2
ic1c2ic3
(13)
(1)
(3)
(3)
(1)
(3)
(1)
(1)
(1)
(1)
(2)
(1)
(1)
(3)
27.66 %
02.13 %
06.38 %
06.38 %
02.13 %
06.38 %
02.13 %
02.13 %
02.13 %
02.13 %
04.25 %
02.13 %
02.13 %
06.38 %
ac1c2uc3c4an
(3)
c1c2uc3c4
(3)
06.38 %
ac1ac2an
(2)
ac1ac2
(2)
04.25 %
ac1c2yan
(2)
c1C2i
ic1c2i
(1)
(1)
02.13 %
02.13 %
amc1c2ac3
(6)
amc1ac2c3
(4)
imic1c2ic3
am/im/an/ims/abu imc1c2C3c4
(94)
a / u..an
(47)
224
Annexe II Corpus 2
Classement des adjectifs selon le thme du verbe
ac1c2ayan
(2)
(1)
c1c2u
c1c2
C1ac2
(1)
(1)
(1)
02.13 %
02.13 %
02.13 %
aC1uc2an
ac1ac2an
(1)
C1ac2
(1)
02.13 %
ac1c2uc3yan
(1)
c1c2uc3i
(1)
02.13 %
uc1c2an
(1)
ic1ic2
(1)
02.13 %
ac1c2c3i
(12)
c1c2c3
c1C2c3
C1uc2c3i
c1c2c3c4
(8)
(3)
(1)
(1)
38.09 %
14.28 %
04.76 %
04.76 %
ac1c2c3ac4i
(1)
ac1c2ac3i
(1)
c1c2u
(1)
04.76 %
ac1c2ac1c2i
(1)
C1c2
(1)
04.76 %
ac1c2ayc3i
(1)
c1C2c3
(1)
04.76 %
amc1ac2(C2)i
(5)
imc1c2(C2)i
(4)
am / im .i
imc1ic2i
(3)
C1ac2i
c1ac2i
c1uc2
c1uc2
c1uc2
c1c2u
c1C2i
c1uc2
(2)
(2)
(1)
(1)
(1)
(1)
(1)
(3)
10.00 %
10.00 %
05.00 %
05.00 %
05.00 %
05.00 %
05.00 %
15.00 %
(20)
imc1uc2i
(2)
c1uc2
(2)
10.00 %
imc1c2c3i
(2)
C1c2c3i
(2)
10.00 %
imc1ic2c3i
(1)
c1ic2c3i
(1)
05.00 %
imc1c2uc3i
(1)
c1c2uc3i
(1)
05.00 %
amc1c2uc3i
(1)
c1c2uc3i
(1)
05.00 %
imc1c2uc3i
(1)
c1c2uc3i
(1)
05.00 %
amc1c2ac3u
(6)
amc1c2u
(3)
amC1ac2c3u
(2)
am / an u
amC1ac2u
(1)
c1c2c3
ic1c2ic3
c1c2ic3
c1c2u
C1c2
C1c2c3
c1c2c3
C1ac2
(4)
(1)
(1)
(2)
(1)
(1)
(1)
(1)
23.53 %
05.89 %
05.89 %
11.76 %
05.89 %
05.89 %
05.89 %
05.89 %
(17)
amC1Ac2u
(1)
C1ac2
(1)
05.89 %
amc1uc2u
(1)
c1uc2
(1)
05.89 %
anc1ic2u
(1)
c1ic2
(1)
05.89 %
anC1ac2u
(1)
C1c2i
(1)
05.89 %
anc1yac2u
(1)
c1ic2
(1)
05.89 %
a..i
(21)
225
Annexe II Corpus 2
Classement des adjectifs selon le thme du verbe
lc1ac2(y)c3
(9)
c1c2c3
(9)
56.25 %
lc1ayc2
(3)
lc1ac2i
(2)
c1ic2
c1uc2
c1c2u
(2)
(1)
(2)
12.50 %
06.25 %
12.50 %
lc1ac2
(1)
c1uc2
(1)
06.25 %
lc1C2
(1)
c1c2u
(1)
06.25 %
ac1c2c3C4ay
(2)
c1c2c3C4i
(2)
40.00 %
ac1uc2c3aw
(1)
c1uc2c3
(1)
20.00 %
ac1ac2c3iw
(1)
c1c2c3
(1)
20.00 %
ac1C3ay
(1)
C1c2c3i
(1)
20.00 %
C1ac2c3
(2)
c1c2c3
(2)
50.00 %
..(a)
c1c2c3ic4
(1)
c1ic2c3c4
(1)
25.00 %
(04)
C1c2ac3a
(1)
c1c2c3
(1)
25.00 %
abu ..an
ac1uc2yan
(1)
c1C2i
(1)
100 %
amuc1c2aw
(1)
ic1ic2
(1)
50.00 %
amac1c2av
(1)
ac1c2
(1)
50.00 %
ac1uc2uc3
(1)
C1uc2i
(1)
100 %
l
(16)
[Link] / iw / ay
(05)
amw/v
aur
226
Annexe II Corpus 3
Classement smantique des adjectifs
Tri des adjectifs par classes smantiques :1
I. Adjectifs de disposition personnelle :
N
Adjectif
Signification en Franais
01
a$erwas
Chiffonnier
02
abavni
Ne divulgue pas les secrets
03
abcir / imbeCer
Porteur de nouvelles
04
abe$vi
Haineux / envieux
05
abehlul
Simple desprit / sot
06
abelheDar
Bavard
07
abergaz
Homme fait
08
abeSal
Collant / embtant
09
abexli
Paresseux et jaloux
10
abrabri
Craintif
11
abuceMat
Calomniateur / diffamateur
12
abudaliw
Idiot / faible desprit
13
abuhal
Simple desprit / sot
14
abujad
Maladroit / malhabile
15
abujeNiw
Colrique
16
abuneYiw
Simple / innocent / naf
17
acea
Danseur
18
aceKay
Plaignant
19
aceWaf
Devin
20
aceYat
Flatteur
21
acmama
Souriant
22
acqiq
Fraternel / proche
23
acumur
Chmeur
24
aderwic
Fou
25
aawali
Pauvre
26
adaqar
Remuant / tourdi
27
aeBar
Soucieux
Les sens donns ici sont gnriques, la majorit, si ce nest la totalit des adjectifs, connaissent des glissements
smantiques. Le tri par classes smantiques tabli ici nest quun simple classement et ne rfre aucun cadre thorique
donn.
228
Annexe II Corpus 3
Classement smantique des adjectifs
28
aeGas
Qui rafle
29
aeMaq
Press / impatient
30
aerar
Essouffl
31
aeSad
Egoste
32
aeSas
Qui est lcoute
33
aeTac
Enquteur / fouineur
34
aeWas
Promeneur
35
aeZaz / imeZez
Flatteur
36
aFaf
Coiffeur
37
aiist
Chmeur
38
araymi
Tricheur
39
arur
Libre
40
auri
Mort clibataire
41
afeli
Puissant / courageux
42
afeNan
Artiste / chanteur / pote
43
afenyan
Fainant
44
ageswa
Malheureux / pitoyable
45
ageZan
Diseur de bonne aventure
46
agujil
Orphelin
47
ahwawi
Frivole
48
aiear
Colporteur
49
aieGun
Idiot / simple / muet par stupidit
50
aeMai
Gourmand
51
aiezri
Clibataire dun ge avanc
52
ailuv
Imbcile
53
ajerbub
Loqueteux
54
akeDab
Menteur
55
akefri
Mcrant
56
aksas
Agneau qui commence brouter
57
aleXax
Sale / dgueulasse
58
am$uLu
Injuste / trompeur
59
amaGad
Peureux
60
amakar / amakrav
Voleur
61
amanav
Collant
229
Annexe II Corpus 3
Classement smantique des adjectifs
62
amaTar
Mendiant
63
amaxuf / axeWaf
Peureux
64
ambai
Condamn
65
amcum
Malin / mchant
66
ame$bun
Pauvre
67
ame$dur / a$eddar
Tu par tratrise / tratre
68
amaDi
Protecteur
69
amami
Qui aide
70
amec$ul
Dbord
71
ameca / imcii
conome / avare
72
amectaq
Qui ressent la privation
73
amed$ul
Qui veut faire du mal
74
ameDa
Chanteur ambulant
75
amednub
Coupable
76
amebus
Prisonnier
77
amequr / aeQar
Mpris / mprisant
78
amehbul
Fou/qui dit/fait des extravagances
79
amealmu / Valem
Fautif
80
ameicuq
Passionn / amoureux
81
ameidur
Mpris
82
ameifun
Dgotant / malodorant
83
ameigazu / uigiz
Paresseux
84
ameizuz / aiziz
Chrit / aim
85
ameLazu
Affam
86
amenas / amenus
Egoste
87
amengur
Sans postrit
88
ameQersu / uqris
Dchir
89
amerhun / urhin
Bailleur
90
amerkanti
Riche
91
amerku
Sale / rpugnant
92
amerwal
Qui fuit
93
ameslub
Fou / insens
94
ameSuv / uSiv
Enrag
95
ametruzi / imetruzi
Naturalis
230
Annexe II Corpus 3
Classement smantique des adjectifs
96
amevhar
Circoncis
97
amevrur
Misrable
98
amexluv / uxliv
Mlange
99
ameZaLu
Pratique la prire
100
amgani
Qui est en entire dpendance
101
amja
Exil
102
amkacef
Devin
103
amnamer
Contradicteur
104
amrayi
Dcideur / chef
105
amsebrid
Passager
106
amuDur / amuDir
Vivant
107
amusnaw / uSnan
Sage
108
amuvin
Malade
109
anaiur / aweiran / uwiir
Difficile / dur
110
anali
Natif / originel
111
aneKar
Qui dnie
112
anifi / imnifi
Qui tient son honneur
113
aOal
Veuf
114
aqeDac
Serviteur
115
aqefqaf
Actif
116
aqeHar
Tyran / oppresseur
117
aqeJam
Moqueur
118
aqeMar
Passionn des jeux
119
aqeran
Piquant
120
aqeriaoi
Fouineur / curieux
121
aqesan / ameqsu
Au Coeur dur
122
aqeTal
Assassin
123
aqlala
Agit
124
aqlaqal
Trot
125
asbayii
N au septime mois
126
aseQav
Gourmand
127
aseTut
Mgre
128
asusam
Silencieux
129
aekran
Ivre / soul
231
Annexe II Corpus 3
Classement smantique des adjectifs
130
aufaj / aufao
Sauvage
131
aveBal
Joueur de tambour
132
aweci
Sauvage / craintif
133
aweHam
bahi
134
awid
Seul / solitaire
135
aweliar
De conduite honteuse
136
axabit
Ruse / hypocrite
137
axbabav
Qui ne peut se tenir tranquille
138
axebzist
Court pour gagner son pain
139
axeDai
Tratre
140
axeDam
Travailleur
141
axeMas
Ouvrier au salaire misrable
142
azedgan
Propre
143
azehwani
Luron / gai
144
azemni
Sage
145
azmamag
Souriant
146
Caer
Agile
147
igeLil
Pauvre
148
iiiqer
Strile
149
im$eBen
Malheureux
150
imceBel
Embarrassant / inquitant
151
imceDi
Peu gnreux
152
imceNef
Snobe / hautain
153
imcihwi
Insatiable
154
imciKi
Souponneux / douteux
155
imcuQi
Gt / chouchou
156
imeZeb / aeZab
Prudent
157
imiOi / lao
Plerin / un hadji
158
imekluFi
Se mle des affaires des autres
159
imenfi
Exil
160
imesqiZeb / aqeZab
Flatteur
161
imetneFex / imneFex
Orgueilleux
162
imfeCec
Boudeur
163
imekek
Drang / dbile
232
Annexe II Corpus 3
Classement smantique des adjectifs
164
imerwec
Fou
165
imkeBer / imetkeBer
Orgueilleux / vaniteux
166
imnecre
Gai / souriant
167
imneZeh
Spectateur
168
imqeLeq / imetqeLeq
Agit / impatient
169
imqeNei
Satisfait
170
imreBi
Eduqu
171
imsefsed
Gaspilleur
172
imseGem
Arrang
173
imseLek
Sauveur
174
imseRe
Dcontract
175
imseti
Timide
176
imtextex / atextux
Fl
177
imveGei
Dpensier
178
imzeYer / uzyir
Serr / svre
179
imzuXi / azeWax
Vaniteux
180
ineslem
Musulman
181
l$alev
Fautif
182
l$ani
Riche
183
l$ayeb
Absent
184
lakem
Dcideur / chef
185
lameq
Impatient
186
leY
Vivant
187
lefel
Fort / courageux
188
lfani
Prissable
189
lfased
Gaspilleur
190
liaqel / uiqil
Notable
191
lkafer
Mcrant
192
loaye
Brute
193
loifa
Charogne
194
lxayen
Voleur / brigand
195
meskin
Mesquin
196
ucfii / amcafei
Sauveur / protecteur
197
uciif
Qui se repent
233
Annexe II Corpus 3
Classement smantique des adjectifs
198
uday
Juif
199
udiq
Poli
200
ukim
Condamn / matris
201
uric
Rus / malin
202
uwir
Dgourdi / habile
203
uzin / amezun
Triste
204
ufcil
Faible
205
ufhim / lfahem
Intelligent
206
uFir
Cach
207
ufrin
Choisi / lu
208
ufvi
Rvl / divulgu
209
uis
Lent
210
ujhil / ajehli / amejhul
Un sans piti
211
ukrif
Paralytique
212
umlik
Possd
213
umsix
Sale
214
un$id / amen$ud
Moulu
215
unciw / amancaw
Dplum
216
unfiv
Ecart
217
ungif
Idiot
218
uni
Conseill
219
uqbi
Mal lev / impoli
220
uqcir
Epluch
221
uqsi / aqesan
Fort dsagrable
222
urhin / amerhun
Bailleur
223
urzin
Tempr
224
ushil / asehlan
Facile
225
usiib / aseiban
Difficile / dur
226
uwib
Juste / droit
227
uvrif
Poli
228
uwzin
Equilibr
229
uzmir
Fort
230
uzmiv
Serr
234
Annexe II Corpus 3
Classement smantique des adjectifs
Locutions adjectivales:
Homme dhonneur
01
bab n lerma
Qui agit avec pondration
02
bab n leiqel
Homme respect
03
bab n lieZa
Homme de bien
04
bab n lxir
Qui sait diriger
05
bab n Ray
Qui tient sa parole
06
bab n wawal
Homme de malheur
07
bu Cer
Homme renomm
08
bu Ciia
Fumeur
09
bu deXan
Homme violent
10
bu Drei
Homme de dignit / dhonneur
11
bu lerma
Sorcier
12
bu leruz
Homme de conduite honteuse
13
bu leirur
Menteur
14
bu lekdub
Qui se mle des affaires dautrui
15
bu lekluf
Homme de bien
16
bu lxir
Contradicteur
17
bu Neqma
Homme dhonneur
18
bu Nif
Naf
19
bu NiYa
Contradicteur
20
bu Nmara
Coureur de femmes
21
bu tedayin
Qui aime les bons plats
22
bu teluqin
Tricheur
23
bu teraymit
Qui joue de ruses
24
bu tila
Coureur / travailleur
25
bu tekliwin
Lubrique
26
bu texnanasin
Homme de vrit
27
bu tidet
Homme respect
28
bu tiSas
Assassin
29
bu tmegrav
Boudeur
30
bu Tnefcic
Homme rus
31
bu tqurdac
Qui aime les sorties
32
bu tuF$iwin
Cachottier
33
bu tuFriwin
Astucieux
235
Annexe II Corpus 3
Classement smantique des adjectifs
34
bu txidas
Criard
35
bu ugerjum
Gourmand / gros mangeur
36
bu uieBuv
Nerveux / colrique
37
bu ujeNiw
Galeux
38
bu ujeOiv
Gourmand
39
bu uqeLal
Entt
40
bu uqeRu
Gourmand
41
bu useqviv
Bavard
42
bu wawal
Homme multi facettes
43
bu wudmawen
Colrique
44
bu wurfan
Chiffonnier
45
bu yi$erwasen
Qui est souvent dehors
46
bu yiberdan
De mauvaise conduite
47
bu yihwah
Loqueteux
48
bu yijerbuben
Sorcier
49
bu yikururen
Beau parleur
50
bu yiles
Qui vomit
51
bu yiriran
Homme dhonneur
52
bu yise$
Qui a des poux
53
bu yiween
Morveux
54
bu yizerdumen
II. Adjectifs de proprit physique :
01
a$ezfan / u$zif / abel$ezfan
Long / grand
02
abarabuz
norme / lourd
03
abebu / abeba
Enrou
04
abeili
Qui na pas besoin deau
05
abeKuc
Silencieux / tranquille
06
abelbav
Plat
07
abelbul
Gros
08
abeqbuq
Obse
09
aberbuz
Rondelet
10
abersi
Qui a des taches sombres
236
Annexe II Corpus 3
Classement smantique des adjectifs
11
abexbux
Gros / lourdaud
12
abezgan / ubzig
Humide
13
abraraz
Gros dodu
14
abudri
De belle taille
15
aaran / auran
Gros
16
aceirur / imceiier
Poilu
17
aciban
Chenu
18
acivan
Brl / grille
19
adeimamac
Qui cligne des yeux pour voir
20
ader$al
Aveugle
21
aayan
Lourd
22
aercaw
Rude au touch
23
aerfuf
Sans huile ni bouillon
24
aidan / amidan / imiid
Doux / sucr
25
alulyan
Trop humect
26
afayan
Gros
27
afe$nun
Nasilleur
28
afecuc
Gai / souriant
29
afermac
Edent
30
afervas
Chauve
31
afeSas / afsasan
Lger
32
afuan
Puant
33
agerbuz
Non mure
34
agrurzan / agraraz
Beau gracile
35
agugam
Muet
36
ahcican
Lger
37
aieryan
Nu
38
ailayan
Long / grand
39
aiayan
Dur
40
ajelwa / imjelwe
Tordu
41
akeNur
Rondelet
42
akereay
Touffu / crpu / fris
43
akerneNay
Rond
44
akiur
Maigre / chtif
237
Annexe II Corpus 3
Classement smantique des adjectifs
45
akiwan
Sec
46
akuFit / akuftaw
Effervescent / bouillon
47
aleGa$ / aleG$an / imilxi$
Lisse
48
aleQaq / imilqiq / alqaqan
Mou / tendre
49
amecluc
Vide / sans force
50
ameiwaju / uiwij
Tordu
51
amejru
Bless
52
ameLan
Trop sale
53
ameqlabu
Invers
54
amer$an
Trop sale
55
ameru / uRi
Cass / infirme
56
ameSas
Fade / sans sel / ennuyeux
57
amesrar
Charmant
58
ameviafu / uviif
Maigre / chtif / faible
59
amezlug / uzlig
Oblique
60
amieWer
Qui louche
61
ane$na$
Nasilleur
62
aniibu / aneiyabu
Infirme /estropi
63
aqerquc
Non mure
64
aqewqaw
Bgue
65
aqudar
Boiteux
66
aquran
Dur / sec
67
ar$ayan
Trs chaud
68
aragan / ameragu
Amer
69
aseLaw
Fltri
70
aseMam
Aigre
71
aseMav / aemvan
Frais / froid
72
axfifan
Lger
73
azduz
Gros et maladroit
74
azeQal
Chaud
75
azubriz
Gros / dodu / dune belle taille
76
azuran
Gros / pais
77
imbeQes / ubqis
Fracass
78
imceKem
Apre / rude au got
238
Annexe II Corpus 3
Classement smantique des adjectifs
79
imcercer
Au grosses mailles
80
imeReq
Brl
81
imesfenxer / imesxenfer
Grincheux
82
imfeTet / afetfut
Eparpill / miett
83
imieQer
Epic
84
imle$wi
Souple
85
imqeRec
Qui a la tte rase
86
imzeLem
Qui louche
87
lkamel
Entier / parfait
88
uclix
Ecart
89
ucmit / acemtan / ccmata
Moche
90
ucim
Mal fait
91
udhin
Huil
92
uDiz
Ecras
93
ugzim
Coup
94
ujgir
Peint / fard
95
ukmic
Froiss
96
uknif
Grill
97
ukris
Nou
98
ulfi$
Ecras
99
uqiid
Droit
100
uQin
Aux mailles serrs
101
uqmic
Froiss
102
usbi$
Teint / fard
103
uxbic
Griff
104
uxrib
Embrouill
Locutions adjectivales :
01
bu Cla$em
Moustachu / svre
02
bu leB
Qui a des boutons au visage
03
bu lenak
Au grosses joues / gros
04
bu tecrav
Le tatou
05
bu teimamt
Qui porte un turban
06
bu teirurt
Le bossu
07
bu texnunt
Le morveux
239
Annexe II Corpus 3
Classement smantique des adjectifs
08
bu tienqiqt
Qui a un beau cou
09
bu tiMi
Au sourcils bien dessins
10
bu tuyat
Gros / fort / pistonn
11
bu uamar
Le barbu
12
bu ucelqii
Au crne chauve
13
bu uqelmun
A capuche
14
bu uriruc
Trou
15
bu wanzaren
Au gros nez
16
bu warquqen
Au gros oeils
17
bu yiceiufen
Poilu / mal ras
18
bu yigalulen
Au gros mollets
19
bu yiienfuren
Au grandes dents
20
bu yiqesbuven
Gros
III. Adjectifs de couleur :
01
aberbac
Tachet
02
aberkan / imibrik
Noir
03
aberqac / aberqaqac
Bariol
04
aceban / ucbi
Blanc
05
acelhab
Au teint blanc
06
aini / ainawi
Orange
07
acayci / acic
Vert
08
akeluc
Noir / brun
09
amejwar
Rouge
10
ameLal
Blond
11
amidadi
Violet
12
aqehwi
Marron
13
awerdi
Rose
14
awra$
Jaune
15
axemri
Brun
16
azeGa$ / imizwi$
Rouge
17
azegzaw
Vert / bleu
18
azermaq
Aux yeux bleus
240
Annexe II Corpus 3
Classement smantique des adjectifs
19
azerqaq
Aux yeux bleus
20
usgin
Sombre
IV. Adjectifs de dimension :
01
ahrawan
Large
02
amecu / ameciu
Petit
03
ameyan
Petit
04
ameQran
Grand
05
amnaef
Moiti
06
aqermav
Court
07
areQaq / arqaqan / imirqiq
Fin / mince
08
awezlan
Court / petit
09
azuran
Gros
10
udyiq
Etroit
11
uqmiv
court
V. Adjectifs dapprciation :
01
a$layan
Chaire
02
abergaz
Homme fait
03
amelan
Beau
04
amerbu
Bienvenu
05
aqmamas / aqmumsan
Beau et mignon
06
aqnuncan
Petit et mignon
07
aseidi
Heureux
08
umiin
Utile / sens / bon
09
unfii
Utile
10
urxis
Nest pas chaire / tratre
11
uwqim
Bon / droit / pas mal
12
uzyin
Beau
13
bu Ser
Charmant
14
bu Zin
Beau
241
Annexe II Corpus 3
Classement smantique des adjectifs
VI. Adjectifs de localisation :
01
a$erbi
De lOuest
02
abeldi
Villageois
03
abeRani
Etranger
04
acerqi
De lEst
05
aevri
Citadin
06
amsedrar
Montagnard
07
aqerni
Qui se situe au coin
08
averfi
Qui se situe au coin
09
azelmav
Gaucher
10
uizil
Ecart/ isol
11
until
isol
VII. Adjectifs de temps/dge :
01
ajdid
Nouveau / neuf
02
am$ar
Vieux
03
amauz
Cadet
04
amenzu
An
05
amezwaru
Premier
06
aneGaru
Dernier
07
aqdim
Vieux / us
08
aweSar
Ag
09
ilemi
jeune
VIII. Adjectifs de forme :
01
amrabii
Carr
02
amubrin
Rondelet
03
imdeWer
rond
242
Annexe II Corpus 4
Inventaire des adverbes (Classement smantique)
I. Autonomes temporels :
N
Adverbes de temps
Signification en franais.
01
Acal aya
Il y a longtemps
02
Aggur aya
Il y a un mois
03
Aggur d-iteddun
Le mois prochain
04
Aggur iieddan
Le mois pass
05
Aggur kan
Un mois seulement
06
Aggur s waggur
Un mois sur deux
07
Aggur-a / nni / nniven
Ce mois-ci (l) / lautre mois
08
Aas aya
Cela fait longtemps
09
Akk iv
Toute la nuit
10
Akka aggur
Dans un mois
11
Akka aseggas
Dans une anne
12
Akka ciu / cwiya
Dans peu de temps
13
Akka dqiqa
Dans une minute
14
Akka imir-a
A ce moment ci
15
Akka lawan-a
A ce moment ci
16
Akka lweqt-a
A ce temps ci
17
Akka ssaia
Dans une heure
18
Akka ssmana
Dans une semaine
19
Ar/di taggara
A la fin
20
Ar/di tazwara
Au dbut
21
Aseggas aya
Il y a un an
22
Aseggas d-iteddun
Lan prochain
23
Aseggas iieddan
Lan dernier
24
Aseggas kan
Une anne seulement
25
Aseggas nniven
Une autre anne
26
Aseggas-a / nni
Cette anne (l)
27
Ass d-iteddun
Le jour suivant
28
Ass iieddan
Le jour pass
29
Ass s wass
Un jour sur deux
30
Ass-a
Aujourdhui
244
Annexe II Corpus 4
Inventaire des adverbes (Classement smantique)
31
Assa kan
Aujourdhui seulement
32
Ass-nni / nniven
Ce jour (l) / lautre jour
33
Azekka
Demain
34
Azekka kan
Demain seulement
35
Ciu / cwiya kan
Peu de temps (aprs)
36
Ddeqs aya
Cela fait longtemps
37
Deg uzal
Laprs midi
38
Deg wass
La journe
39
Deg yiv
La nuit
40
Di cehrayen
En deux mois
41
Di lawan
A temps
42
Di ssmana
En une semaine
43
Di tuget / s umata
Souvent
44
Di/si leivil
Entre temps
45
Dima
Toujours
46
Din din
Soudain / tout -coup
47
Din kan
Sur le coup / aussitt
48
Drus aya
Il y a peu de temps
49
I lebda
Pour de bon
50
Ilindi
Lan pass
51
Imir
A linstant
52
Imir imir
Sitt
53
Imir kan
Au moment mme
54
Iv s yiv
Une nuit sur deux
55
Ivelli
Hier
56
Ivelli kan
Hier seulement
57
Kul ass / akk ass / yall ass
Chaque jour / tout le temps
58
Lawan-a / nni
A ce moment (l)
59
Leica
La veille
60
Leimer / weroin
Jamais
61
Leiwam nniven
Dautres annes
62
Leiwam-a / nni
Ces annes (l)
63
Llina
Il y a un moment
245
Annexe II Corpus 4
Inventaire des adverbes (Classement smantique)
64
Mbeid / umbeid
Il y a un moment / tout lheure
65
Qabel
Lan prochain
66
S umata
En gnral
67
Sakin
Puis / aprs
68
Seg ilindi
Depuis lan dernier
69
Seg imir
Depuis ce temps l
70
Seg ivelli
Depuis hier
71
Seg wass nni
Depuis ce jour l
72
Sellazekka
Surlendemain
73
Sellilindi
Il y a deux ans
74
Send ivelli / sellivelli
Avant-hier
75
Si / di leivil
Entre temps
76
Si melmi
Cela fait longtemps
77
Ssmana aya
Cela fait une semaine
78
Ssmana d-iteddun
La semaine prochaine
79
Ssmana iieddan
La semaine passe
80
Ssmana kan
Une seule semaine
81
Ssmana s ssmana
Une semaine sur deux
82
Ssmana-ya / nni / nniven
Cette semaine (l) / lautre
83
Sya d afella / akka ar sdat / s ya d asawen Dornavant / dsormais
84
Tafejrit
Avant le lev du soleil
85
Tafrara
Au lev du soleil
86
Taggara (ar / di taggara)
En fin
87
Tameddit (n wass)
Fin de journe
88
Tameddit kan
Le soir seulement
89
Tameddit-a / nni / nniven
Ce soir (l) / lautre soir
90
Taebit
Au matin
91
Taebit kan
Le matin seulement
92
Taebit-a/ nni / nniven
Ce matin (l) / lautre matin
93
Tazwara (ar / di tazwara)
Dabord / premirement
94
Ticki
Aprs / dans peu de temps
95
Tikkelt
Une seule fois
96
Tikkelt tikkelt
Une fois sur deux
246
Annexe II Corpus 4
Inventaire des adverbes (Classement smantique)
97
Tikkelt-a / nni / nniven
Cette fois (l) / une autres fois
98
Tikwal
Parfois / tantt / quelques fois
99
Tikwal kan
Des fois seulement
100
Tura
Maintenant
101
Tura kan
Tout de suite
102
Tura tura
Immdiatement
103
Umayen-a / nni
Ces jours ci (l)
104
Uqbel
Auparavant / avant
105
Wabel
Dans deux ans
106
Weroin
Gure
107
Xilla / aas aya
Cela fait longtemps
108
Zgelli
Tout lheure (accompli)
109
Zgelli ciu
Il y a un peu de temps
110
Ziik
Tt
111
Zik
Jadis
112
Zik zik
Trs tt
247
Annexe II Corpus 4
Inventaire des adverbes (Classement smantique)
II. Autonomes de manire :
N
Adverbes de manire
Signification en franais
01
Akka
Ainsi / comme a
02
Akken (ni)
Comme cel
03
Bael
Gratuit(ement)
04
Beddrei
Par la force
05
Beimada
Exprs
06
Beliebbuv
Sur le ventre
07
Bellegdis
Sur le ct
08
Bellegni
Sur le dos
09
Bessif
Obligatoirement
10
Ciu ciu
Progressivement / doucement
11
Di / s lbael
A tort
12
Di s / leqq
Avec justice
13
Di vvalem
A tort
14
Dir
Mal / mauvais
15
afi
Pied nu
16
Fellai
A la manire paysanne
17
ieryan
Nu
18
Jmii
Ensemble
19
Kra kra
Doucement / progressivement
20
Lwaid
Ensemble
21
Meiwaju
Avec torsion
22
Meqlabu
A lenvers
23
Mezleg
Avec torsion
24
Mjelwe
De biais
25
Mli
Fortement
26
Qrib
Presque
27
S dd$el
Avec haine
28
S ddrei
Avec force
29
S i$imi
Assis / en position assise
30
S ibeddi
Debout
248
Annexe II Corpus 4
Inventaire des adverbes (Classement smantique)
31
S leder
Avec douceur / dlicatement
32
S leqq
A raison
33
S leiqel
A raison
34
S leiwej
Tordu
35
S lem$awla
Rapidement / vite
36
S lwaoeb
Obligatoirement
37
S lweiran
Difficilement
38
S nnas
Par jalousie
39
S nneqma
Avec contrarit
40
S nniya
Navement
41
S nnmara
Avec contrarit
42
S sshala
Facilement
43
S tazzla
Rapidement
44
S teraymit
Avec ruse / vice
45
S tibbuhelt
Par idiotie
46
S tidder$elt
Aveuglement
47
S tierci
Avec perspicacit
48
S tmara
Difficilement / obligatoirement
49
S ttawil
Doucement
50
S ttiamda
Exprs
51
S tuffra
En cachette
52
S ucennef
En boudant
53
S uiekki
Avec moquerie
54
S ukellex
Avec plaisanterie
55
S uqeer
Avec plaisanterie
56
S yi$il
Par force
57
Swa swa
Exact(ement)
58
Tamara
Obligatoirement / difficilement
59
Ti$endist
Par le ct
60
Timendeffirt
En marche arrire
61
Timenzzat
En marche avant
62
Tinnegnit
Sur le dos
63
Xir
Mieux
249
Annexe II Corpus 4
Inventaire des adverbes (Classement smantique)
III. Autonomes locatifs :
N
Adverbes de lieu
Signification en franais
01
ef yeffus
A droite
02
ef zelmev
A gauche
03
Agemmav
L bas plus loin
04
Akkin (a)
Plus loin
05
Akkin ciu / cwiya
Un peu plus loin
06
Akkin mli / mavi
Plus loin encore
07
Anda nniven
Ailleurs
08
Ar / di ccerq
A lEst
09
Ar / di l$erb
A lOuest
10
Ar / di tqernit
Au fond / au couin
11
Ar / seg / yidis
A ct
12
Ar / si / di tama
Au coin
13
Ar / si berra
A / vers lextrieur
14
Ar / si daxel
A / vers lintrieur
15
Ar / si deffir
En / vers (l) arrire
16
Ar / si rrif / erf
Au / par (le) bord
17
Ar / si sdat
En / vers (l) avant
18
Ar da
Vers ici
19
Ar din (dihin)
Vers l-bas
20
Berra
Dehors / lextrieur
21
Berra kan.
Dehors seulement
22
Da
Ici / l
23
Dagi kan
Ici seulement
24
Daxel
A lintrieur
25
Daxel kan
A lintrieur seulement
26
Ddaw
Sous / dessous
27
Deffir
Derrire
28
Deffir ciu / cwiya
Un petit peu derrire
29
Deffir kan
Derrire seulement
30
Deffir mli / mavi
Compltement derrire
250
Annexe II Corpus 4
Inventaire des adverbes (Classement smantique)
31
Di / si / mkul / yal loiha
De partout
32
Di / si / mkul / yal tama
De partout
33
Di / si lqerb
A proximit
34
Di / si mkul / yal amkan
De partout
35
Di tlemmast
Au milieu
36
Di tmazzya
Aux alentours
37
Dihina
L-bas
38
Din din
Juste l
39
Din kan
Seulement l
40
Dinna
L-bas
41
Lewhi
En direction de
42
Mbeid
Aprs
43
Metwal
En direction de
44
Qbala
Tout droit / directement
45
S ddaw / s wadda
Par dessous
46
S ufella
Par-dessus / dessus
47
S yihin (a)
Par l-bas
48
Sdat
Devant
49
Sdat ciu / cwiya
Un peu en avant
50
Ssdat kan
Devant seulement
51
Sdat mli / mavi
Plus en avant
52
Si lebiid
De / au loin
53
Sya
Par ici / par l
54
Syen (a)
Par l
55
Syihin / syadi
Par l-bas
56
Tama d tama
Cte cte
57
Ukessar
En bas
58
Ulanda / ulanida
Nulle part
59
Ulansi
Nulle part
60
Ulasani
Nulle part
61
Uqbel
Avant
62
Usawen
En haut
251
Annexe II Corpus 4
Inventaire des adverbes (Classement smantique)
IV. Autonomes quantitatifs :
N
Adverbes de quantit
Signification en franais
01
Acemma
Rien / trs peu
02
Acemma acemma
Partie par partie
03
Acemma kan
Trs peu
04
Ahdum
Beaucoup trop
05
Aas
Beaucoup
06
Aas aas
Enormment
07
Akk
Tous
08
Akk akk
En entier
09
Annect
Autant
10
Aqel
Moins
11
Azgen
Moiti
12
Azgen / nnef kan
Juste la moiti
13
Bezzaf
Trop
14
Ciu / cwi kan
Juste un peu
15
Ciu / cwi mavi
Juste un tout petit peu
16
Ciu ciu / cwi cwi
Partie par partie
17
Cwi / ciu
Peu
18
Ddeqs
Assez / bien
19
Ddeqs kan
Assez uniquement
20
Di$en
Encore
21
Drus
Peu
22
Ddrus akk
Trs peu
23
Drus mavi
Vraiment peu
24
Galium
Suffisamment
25
aqa
Excessivement
26
Imexva
Quelques uns
27
Kan
Uniquement
28
Kra
Certains
29
Kra kan
Quelques uns seulement
30
Kter
Plus
252
Annexe II Corpus 4
Inventaire des adverbes (Classement smantique)
31
Mli
Davantage
32
Mli mli
Encore davantage
33
Nezzeh
Fort
34
Nnef
Moiti
35
Qrib
Presque
36
Qrib akk
Presque tout
37
Qrib nnef / azgen
Presque la moiti
38
Qrib ulac
Presque rien
39
Swa swa
Pile
40
Tuget
Majorit
41
Ugar
Plus
42
Ulac
Rien
43
Ulac akk
Rien du tout
44
Ulac mavi
Vraiment rien
45
Xilla
beaucoup
253
Annexe III Corpus 1
Corpus de devinettes
01- Abubra isennden s aru : ameu$
/ plat / sappuyant / au / rocher / - / oreille /
(Le plat qui sappuie sur le rocher : loreille)
02- Aamar n baba am$ar yewwev adaynin : lamba
/ barbe / de / pre de moi / aeul / il atteint / curie / - / lampe /
(La barbe de grand pre qui atteint lcurie : la lampe)
03- Akli ielleq deg yimiv : d aeqqa uzemmur aberkan.
/ esclave noir / il est pendu / par / nombril / - / grain / de / olive / noir /
(Lesclave noir pendu par le nombril : lolive noire).
04- Akli-inu aemami, inna-yi ru di mana : d rrzana
/ esclave noir / de moi / bruyant / / il a dit / moi / pars / dans / sauvegarde/ - / cadenas /
(Mon bruyant esclave me dit de partir en toute tranquillit : le cadenas)
05- Amacahu, (be) iteddu $ef reba, (tameddit) $ef sin, (leca) $ef tlata : d amdan
/ / mythe / matin / il marche / sur / quatre / aprs midi / sur / deux / crpuscule / sur /
trios / - / individu /
(Il tait une fois, le matin, il marche sur quatre, laprs midi, sur deux, au crpuscule, sur
trois : la personne).
06- Aqadum d a$erda, tamaagt n tfunast, di tegnawt d afrux : aze$nennay
/ visage / cest / rat / / mamelles / de / vache / / dans / ciel / oiseau / - / chauve souris /
(De visage, cest un rat, sa mamelle est celle dune vache, dans les aires cest un oiseau :
la chauve souris).
07- Asenduq lme$luq, (ar daxel) ifuq : ajuj
/ coffre / ferm / en / dedans / il est beau / - / noix /
(Un coffre bien clos et dedans quelle splendeur : la noix)
256
Annexe III Corpus 1
Corpus de devinettes
08- Asenduq lme$luq, yekka-d (s nnig) ssuq : d igenni
/ coffre / ferm / / qui / domine /vers ici / dessus / march / - / ciel /
(Un coffre clos domine le march : le ciel.)
09- Asmi i d-nnulfan, i nzan yergazen (s rrxa) : d idrimen
/ quand / vers ici / ils sont invents / / que / ils sont vendus / homes / avec / - / sous /
(Cest le jour o ils furent invents que les hommes se sont vendus : les sous)
10- Axxam imzerzer, waleq elqen : lemmam
/ maison / bourdonnante / haillons / ils sont suspendus / - / le bain maure /
(La maison bourdonnante aux haillons suspendus : le bains maure)
11- Azger-iw azegga$, asif (s ddaw)-as : d iles
/ boeuf / de moi / rouge / fleuve / en / dessous / lui / - / langue /
(Mon buf rouge a un fleuve sous lui : la langue).
12- Aerqub amcum, zerria-s d aksum : d timeqbert
/ champ / maudit / semence / de lui / cest / viande / - / cimetire /
(Un champ maudit o lon sme de la viande : le cimetire).
13- Aerqub amellal i ksant t$een tiberkanin : udem n tira
/ oliveraie / blanche / que / elles paissent / chvres / noires / - / page / de / criture /
(Une oliveraie blanche o paissent des chvres noires : la page et lcriture)
14- Baba am$ar akararaf, a win umi tecbe tikli, afus-is deg ufus-inu, iccer-is yettazu tixsi :
d lmaun
/ pre / vieux / courb / / / celui / qui / elle est belle / dmarche / main / de lui / dans /
main / de moi / / ongle / de lui / il dpce / brebis / - / charrue /
(grand pre courb, la trs belle dmarche, sa main est dans la mienne, son ongle
dpce la brebis : la charrue)
15- Baba am$ar amekakuf, igren irebbi i ucruf : tajebba.
/ pre / vieux / tout courb / sapprtant / sur les genoux / au / rocher / - / tendeur /
257
Annexe III Corpus 1
Corpus de devinettes
(Grand pre tout courb qui retient un rocher : le tendeur)
16- D amellal am yizimer, itess aman am uzger : d arekti
/ cest / blanc / comme agneau / il boit / eau / comme / boeuf / - / pte /
(Elle est blanche comme un agneau, elle boit de leau comme un buf : la pte).
17- D inanaven d iblalaven, sked tamurt ur wwiven : idrimen
/ cest / trainards / cest / raplaplas / / pas un / pays / ne pas / ils sont arrives / - / sous /
(Ce sont des trainards et des raplaplas, mais ils connaissent touts les pays : les sous)
18- D imenfi d imerbi, deg unebdu tekfel-it-id tidi, di ccetwa yettergigi.
/ cest / un proscrit / cest / gourmant / en / t / elle apparat / sur / sueur / en / hiver / il
tremble /
(Cest un proscrit et cest un gourmand, en t il a trop chaud, en hiver il tremble de
froid)
19- (Deg wass) ttemyexaren, (deg yiv) ttemyemalen : d llwa n tewwurt
/ dans / jour / ils se regardent de travers / dans / nuit / ils saiment / - / battants / de /
porte /
(Le jour ils se regardent en chien de faence, la nuit ils saiment : les battants dune
porte)
20- (Deg yiv) cudden, (deg wass) sen : lerbaq
/ dans / nuit / ils sont attachs / / dans / jour / ils dorment / - / traits de bufs /
(La nuit ils sont attachs, le jour ils dorment : les traits de bufs).
21- Veggre$-t d amellal, yu$al-d d awra$ : d tamellalt.
/ jai jet / le / cest / blanc / il est devenu / vers ici / cest jaune / - / uf /
(Je le jette blanc, il revient jaune : luf)
22- beq imebbeq, iger di temda yereq : llufan di tadist
/ corbeille / elle a t plie / elle est mise / dans / mare / elle a disparu / - / bb / dans /
ventre /
258
Annexe III Corpus 1
Corpus de devinettes
(Une corbeille plie dans une mare cach : le bb dans le ventre de sa mre)
23- Ikerri-w abeba, sked tamurt ur iba : d aberi
/ blier / de moi / la voix enroue / sans exception / pays / ne pas / il a pntr / - /vent/
(Mon blier la voix enroue pntr tous les pays : le vent.)
24- Ilul-d d amellal, ittim$ur d azegzaw, ittmettat d aberkan : d aeqqa uzemmur aberkan.
/ il est n / vers ici / cest / blanc / / il grandit / cest / vert / / il meurt / cest / noir / - /
grain / de / olives / noir /
(Elle nat blanche, devient verte en grandissant, elle est noire quand elle meurt : lolive
noire).
25- Iru (i$il i$il), yu$al (i$il i$il) : ayail
/ il est parti / crte / crte / / il est reparti / crte / crte / - / peigne tasser /
(Il est parti de crte en crte, il revient de crte en crte : la peigne tasser la laine).
26- Issawel mummu, yerwel bu wacciwen : ikkuk d uzger.
/ il a appel / quelquun / il sest enfui / celui / corne / - / coucou / et / buf /
(Quelquun appelle et aussitt senfuit la bte aux corne : le coucou et le buf).
27- Isu$ i lqum n teooal, ye$li (ar daxel) ufenoal : amqerqur.
/ il a cri / au / people / de / nains / / il est tomb / vers / dans / tasse / - / crapaud /
(Il crie au peuple de nains avant de tomber dans une tasse : le crapaud)
28- Ixneq ittwaelleq, win i t-ixedmen isa leqq, d acu i d amnar-is, yu$al d amnafeq :
afzim
/ pendu / il est suspendu / / celui / qui / le / faisant / il a / raison / / cest / quoi / que /
cest / punition / de lui / / il devient / cest / excommuni / - / broche /
(Elle est pendue et suspendue par quelquun qui a raison, ensuite elle est punie et
devient excommunie : la broche)
29- Izgaren imellalen, qqnen s lerbaq izegga$en : tu$mas - aksum n wuglan
/ bufs / blancs / / ils sont attachs / avec / traits / rouges /- / dents / gencives /
259
Annexe III Corpus 1
Corpus de devinettes
(Les bufs blancs attachs avec des traits rouges : les dents et les gencives)
30- Jeddi icbe d awencuf, itezzi yettcuf : d abernus.
/ grand pre de moi / il est beau / / cest / narcissique / il tourne / il se gonfle / - /
burnous/
(Mon grand pre est beau, et pntr de son importance, il tourne et se gonfle : le
burnous).
31- Jeddi wenadis, tawwurt (deg yidis), axxam yeur d iba : d ta$rast.
/ grand pre de moi / un ventre / / porte / dans / ct / / maison / il est plein / de /
sauterelles / - / ruche /
(Grand pre le ventru, sa porte est de ct, sa maison est pleine de sauterelles : la ruche)
32- Kki$-d (ssya) ff$e$-d (ssya), bni$ taxxamt (di dqiqa) : lemvella
/ je viens/ vers ici / par l / je sors / vers ici / par l / jai construit / maisonnette / en /
minute / - / chapeau de paille /
(Je viens de l, je sors par l et je construis une maisonnette en une minute : le chapeau
de paille)
33- Lmena yeooa-tt (ar deffir), ixaq fell-as ur yeffir : am$ar
/ misre / il a laiss / la / vers / arrire / il languit / sur / la / ne pas / il a cach / - / vieux/
(Il a laiss sa misre derrire lui, mais il en parle plein de regrets : le vieux)
34- Linser (s ddaw) weru, effer ad d-yeddu : anzaren
/ source / en / dessous / / siffle / il marchera / - / nez /
(La source sous le rocher, siffle et elle marchera : le nez)
35- Meyya $ef meyya, dlen s yiwet n tgertilt (daxel) tmeremt : acebbub
/ cent / sur / cent / / ils sont couverts / avec une natte / dans / foulard / - / cheveux /
(Cent et cent dorment sous la mme natte : les cheveux dans le foulard)
260
Annexe III Corpus 1
Corpus de devinettes
36- Mlale$-t-id (nnig) wexxam, nni$-as sani, yenna-k sani ur d-ttu$ale$ : d dexxan
/ jai rencontr / le / vers ici / au dessus / maison / / jai dit / o / il a dit / lui / o / ne pas
/ vers ici / je reviendrai / - / fume /
(Je lai rencontr au dessus de la maison, je lui ai dit : o vas-tu ? elle a rpondu : l o
je ne pourrai revenir : la fume).
37- Muggre$-d baba am$ar, nni$-as anda tettedduv, inna-d : ar trui uqerru-w : d afvis
/ jai rencontr / vers ici / pre de moi / vieux / / jai dit / lui / o / tu marches / / il a
dit / vers ici / vers / cassure / de tte / de moi / - / marteau /
(Je rencontre grand pre, je lui dis : o vas-tu ? il me rpond : vers mon casse tte : le
marteau)
38- Muggre$-d tarbat n elba, rran tilwiin (ar deffir) : ivudan d waccaren
/ jai rencontr / vers ici / groupe / de / lves / ils ont mis / ardoises / vers / arrire / - /
doigts / et / ongles /
(Jai rencontr un groupe dlves, ils avaient leurs ardoises derrire eux : les doigts et
les ongles).
39-
Nuda$ abrid ar $ur-s, iggul wer yiwen d amwanes : Rebbi
/ jai cherch / chemin / vers / chez / lui / / il a jur / sans / un / de / compagnon / - /
Dieu/
(Jai cherch le chemin qui mne lui, il a jur de rest sans compagnon : Dieu)
40-
Rsent $ef erb, wwvent (ar l$erb) : allen
/elles se sont poses / sur / clture / / elles sont arrives / / ouest / - / yeux /
(Poss sur une clture, ils parviennent toucher louest : les yeux)
41- (S ddaw) n tegi d lberquq, (s ddaw) n lberquq d lmenfuq, (ddaw) lmenfuq d lqiyama :
acebbub, allen, anzaren, imi.
/ en / dessus / de/ fort / cest / prunes / / en / dessous / de prunes / cest / foss / /
dessous / de / foss / cest / gouffre / - / cheveux / yeux / nez / bouche /
(Au dessous de la fort il y a des prunes, au dessous des prunes, il y a deux fosss et
sous les fosss un gouffre : les cheveux, les yeux, le nez, la bouche)
261
Annexe III Corpus 1
Corpus de devinettes
42- (S ufella) d ta$rast, (ar daxel) d taglast : d abelluv.
/ au / dessus / cest / corce / / en / dedans / cest / pte / - / gland /
(Du dehors cest une corce, lintrieur cest de la pte : le gland).
43- (S ufella) d tasea, (s wadda) d tasea, (ar daxel) d lfea : d ti
/ au / dessus / cest / branche / / en dessous / cest branche / / en dedans / cest / argent / / oeil /
(Au dessus, cest une branche, en dessous, cest une branche, en dedans, cest de
largent : lil).
44- (S ufella) teqbe, (s daxel) tecbe : d takermust.
/ au / dessus / elle est hargneuse / / en / dedans / elle est belle / - / figue de barbarie /
(Elle est hargneuse mais elle a bon cour : la figue de barbarie).
45 - (S ufella) teweq, (s daxel) d sdeq : d takermust.
/ au / dessus / elle est difficile / / en / dedans / cest / cadeau / - / figue de barbarie /
(A lextrieur, elle est difficile, lintrieur, elle est adorable : la figue de barbarie).
46- (S ufella) zegzaw izerre, (s wadda) d agric : d aerqub n lbaaa.
/ au / dessus / il est vert / il est touffu / / en dessous / cest / gravier / - / champ / de /
pomme de terre /
(Au dessus cest le vert qui sparpille, en dessous cest du gravier : le cham de pomme
de terre).
47- Seba lbizan $ef lkaf, ezzmen s ufilali, ad d-tekker tsekkurt, ad tt-gezmen (di naf), a
sear a oilali : tu$mas, talqimt
/ sept / foucons / sur / rocher // ils sont attachs / avec / maroquin // vers ici / survient /
perdrix / / elle / ils ont coup / en / moiti / / protecteur / / djilali /- / dents / bouche /
(Sept foucons sur un rocher, ceintur de maroquin rouge, que survienne la perdrix, ils la
coupe en deux, protecteur djilali ! : les dents et la bouche).
48- Sin iverfan icebanen deg yiwen aq : imi, aevsu
/ deux / lignes / blancs / dans / une / fentre / - / bouche / dents de devant /
262
Annexe III Corpus 1
Corpus de devinettes
(Deux lignes blanches donnent sur une fentre : la bouche et les dents de devant).
49- Snat tyessetmatin, (deg wass n lid) ur ttem$afarent : allen
/ deux / soeurs / dans / jour / de / fte / ne pas / elles sembrassent / - / yeux /
(Deux surs qui ne sembrassent pas mme le jour de la fte : les yeux)
50- Ta$a-iw taberkant, tekcem di tegi tereq : d tilkit.
/ chvre / de moi / noire / / elle est entre / dans / fort / elle sest gare / - / pou /
(Ma chvre noire sest perdue dans la fort : la pou)
51- Tabla n nnas, azrem yennev-as, ameslub isuref-as : remvan
/ dalle / de / bronze / serpent / il passe dessous / elle / fou / il enjambe / la / - / ramadan /
(La dalle en bronze, le serpent passe dessous, le fou lenjambe : le ramadan)
52- Taemret (ddaw) uru : d iles
/ rouge-queue / en / dessous / rocher / - / langue /
(Un rouge queue sous un rocher : la langue)
53- Tafunast-iw talembu, imi-s d icc : d tabrikt.
/ vache / de moi / dodue / / bouche / de lui / cest / corne / - / cane /
(Ma vache bien dodue, sa bouche cest une corne : la cane)
54- Tamada$t (s ddaw) sin isaffen : d ccla$em
/broussaille / en / dessous / deux / fleuves / - / moustaches /
(Une broussaille sous deux fleuves : les moustaches)
55- Tamaagt (s ddaw) yifer : d tabexsist.
/ mamelle / en / dessous / feuille / - / figue /
(La mamelle au dessous de la feuille : figue).
56- Tame$ra tella, abar ima, jeddi bu zegza yettru : anar
/ fte / elle a lieu / poudre / il est chaud / grand pre de moi / matre / bleu / il pleure / - /
orage /
263
Annexe III Corpus 1
Corpus de devinettes
(La fte bat son plein, les coups de feu clatent, grand pre habill de bleu pleure :
lorage).
57- Taqejmurt (s nnig) lkanun : tam$art
/ bche / au / dessus / kanoune / - / vieille /
(La bche ct du kanoune : la vieille).
58- Taqejmurt m seba tefla : aqerru
/ tronc / celui / sept / trous / - / tte /
(Le tronc aux sept trous : la tte)
59- Taekkazt tamekakuft, ifassen-is (ar deffir), accaren-is (ar sdat) : d lmaun
/ canne / tordue / main / delle / vers / arrire / / ongles / delle / vers / avant / - / charrue/
(Une canne tordue, ses mains sont derrire, ses ongles sont devant : la charrue)
60- Tekker tmes, tensa (wed-s) : d urrif
/ elle a pris / feu / elle sest teinte / seule / - / colre /
(Le feu qui prend et qui steint tout seul : la colre)
61- Tella ur telli, tetteddu mebla tikli, win i teef seg wul, weroin ur yeddi $ef uf$ul, win i
teffe$ deg ucentuf, ad yu$al d amencuf : tamusni
/ elle est / ne pas/ elle est / / elle marche / sans / marche / / celui que / elle a pris / par /
cur / jamais / ne pas / il cherche / sur / cuillre / celui / que / elle a pris / dans / cheveux
/ il deviendra / cest / belliqueux / - / connaissance /
(Elle existe sans vraiment exister, elle marche sans vraiment marcher, celui quelle saisit
au cur, jamais il ne court aprs le manger, celui quelle saisit la tte, il devient
comme un fou : la connaissance)
62- Tem$i-d ur tezri (s e), ercawet d aqerdac qerre, yella yiwen d adaw-is, ad tt-
yewwet ad tt-yegzem (s cce), terna-d lebni (s wadda), tekseb timizar tefre : d tamart
/ elle pousse / vers ici / ne pas / elle est seme / avec / vrai / elle est rugueuse / cest /
carde / dure / il existe / un / cest / ennemi / de lui / elle / il a frapp / la / il a coup /
264
Annexe III Corpus 1
Corpus de devinettes
avec / duret / elle recommence / avec / construction / avec / dbut / elle remporte / prs
/ elle est contente / - / barbe /
(Elle pousse mais on ne saurait dire quelle a t seme, elle est rugueuse comme une
carde aux durs piquants. Elle a un ennemi qui lui porte des coups dcisifs et la coupe
ras. Pourtant, elle repart zro, se remet debout et occupe tout le terrain, triomphe : la
barbe)
63- Teqqel ($ef wudem) ur ten$il : d tamaagt
/ elle sest mise / sur / visage / ne pas / elle est renverse / - / mamelle /
(Elle est lenvers mais ne se renverse pas : la mamelle).
64- Tigi-w taberkant : acebbub
/ fort / de moi / noire / - / chevelure /
La mienne de fort est noire : la chevelure)
65- Timeqbert n waraben, wa (tinnegnit), wa ($ef wudem) : d lqermud.
/ cimetire / de / arabes / celui ci / sur le dos / celui ci / sur / figure / - / tuiles /
(Dans le cimetire des arabes, les uns sont enterrs sur le dos, les autres sur le ventre :
les tuiles)
66- Yemma kukta teur (s yal) ccuka : d tife$wet.
/ mre de moi / bien ferme / elle est pleine / de / chaque / aiguillons / - / artichaut /
(Ma mre est comme une boite ferme et elle a toutes sortes daiguillons : artichaut)
67- Yemma jida m yijerbuben, ilsan annect ilsa uerqub : d tayai.
/ mre de moi / aeule / celle / haillons // stant habille / autant / elle sest habille /
oliveraie / - / poule /
(Grand-mre aux haillons qui en a sur elle autant qune oliveraie : la poule).
68- Yemma jida tamekakuft, turew-d i tt-yifen : d tajnant.
/ mre / aeule / rabougrie / / elle engendre / vers ici / ce que / la / valant mieux / - /
vigne /
(Grand-mre toute rabougrie, elle engendre mieux quelle : la vigne).
265
Annexe III Corpus 1
Corpus de devinettes
69- Yemma jida tamekakuft, ur tetteffe$ mebla taluft : tamegelt
/ mre de moi / aeule / courbe / ne pas / elle sort / sans / malheur / - / fusil /
(Grand-mre toute courbe ne sort quen cas de malheur : le fusil)
70- Yemma jida tevre, baba am$ar icee : tarbut d u$erbal
/ mre / aeul / elle est allonge / pre / vieillard / il danse / - / plat / et / tamis /
(Pendant que ma grand-mre sallonge, grand pre, lui, il danse : le plat en bois et le
tamis)
71- Yemma mekufa, tbubb (acal) d ccuka : d tife$wet.
/ mre de moi / tordue / elle porte sur le dos / combine / de / aiguillons / - / artichaut /
(Mon aeule toute tordue qui porte sur le dos combien daiguillons : artichaut).
72- Yemma tam$art tettru, tislit telleq lullu, am$ar ittgalla irennu : d abandu.
/ mre de moi / vieille / elle pleure / fiance / elle a suspendu / jouet / vieux / il jure / il
rajoute / - / orage /
(Grand-mre pleure, la fiance sest pare de bijoux
73- Yemmut (di lqaa), inel (deg yigenni) : d ajgu
/il est mort / dans / terre / il est enterr / dans / ciel / - / poutre fatire /
(Il meurt sur la terre et on lenterre dans le ciel : la poutre fatire)
74- Yenna-yas : a baba am$ar acal ? yerra-yas : mi meqqrev ad ak-d-tas (s wulac) : d
taekkazt
/ il a dit / lui / / pre / vieux / combien / il a rpondu / lui / : / quand / tu es grand /
te / vers ici / elle reviendra / / rien / - / canne /
(Il lui dit : grand pre combien las-tu achet ? il lui rpondit : quand tu seras grand, tu
lauras gratuitement : la canne)
75- Yenoem i t$uri, tagella (s tirni) : Aqemmuc
/ il est capable / pour / phrase // la nourriture / avec / exhaustivit / - / bouche /
(Matre de la phrase, matre du manger : la bouche).
266
Annexe III Corpus 1
Corpus de devinettes
76- Zere$ lebra (deffir) wedrar, ur ssine$ ma d irden ne$ d timin : gar wergaz d tmeut.
/ jai sem / poigne de crales / derrire / montagne / ne pas / je connais / si / cest /
bl / ou / cest / orge / - / entre / homme / et / femme /
(Jai sem une poigne de crales derrire la montagne, je ne sais si ce sera du bl ou
de lorge : la relation entre femme et homme)
267
Annexe III Corpus 2
1-
Corpus de proverbes et de dictons
Aksum amer$an, ttgerrimen (akk) deg-s.
/ viande / sale / ils mangent / tous / dans / le /
(Tout le monde aime la viande sche)
2-
Akud afermac yeb$an iqubac.
/ temps / dent / voulant / pioches /
Le temps dent qui cherche les pioches)
3-
Am i$uraf n tessirt, (s ufella) ttemyezaqen, (ar daxel) ttemyen$aden.
/ comme / meules / de / Moulin / / au / dessus / ils se serrent / / vers / intrieur / ils se
moudent /
(Semblable aux meules du moulin, ils se dtestent mais lextrieur ils font semblant de
saimer)
4-
Am seksu (ddaw) texsayt.
/ comme / couscous / sous / courge /
(Comme du couscous sous la courge)
5-
Am tmes (ddaw) walim.
/ comme / feu / sous / son /
(Comme du feu sous le son)
6-
Am usagem bu tejbirin
/ comme / jarre / celui / atles /
(Comme un pot bris quon essayerai de rparer)
7-
Amessas n yiv, i$il ur yettali wass.
/ fade / de / nuit / / il croit / ne pas / il monte / jour /
(La nuit ennuyeuse qui croit que le jour ne se lvera pas)
8-
Amsuter yessen anda yessenday uraw-is
/ mendiant / il connat / o / il tend / poigne / lui /
(Le mendiant sait qui il tend sa main)
269
Annexe III Corpus 2
9-
Corpus de proverbes et de dictons
Amezwaru zwarent-as, aneggaru ggrant-as,
/Premier / elles sont avances / le / / dernier / elles sont restes / lui /
(les premiers et les derniers sont les mieux servis)
10- Amuvin i$aven aan-is
/ malade / ayant piti / maladie / de lui /
(Le malade a piti de sa maladie)
11- Am win iceen i uder$al
/ comme / celui / il danse / pour / aveugle /
(Comme celui qui danse un aveugle)
12- Am win yefen as$ar (di tlemmast)
/ comme / celui / il tient / bton / au / milieu /
(Comme celui qui tient un bton au milieu)
13- Am win yesserwaten uzzu (afi)
/ comme / celui / il dpique / aubpines / nu /
(Semblable celui qui moissonne les aubpines pieds nus)
14- Am win yulin taslent (s werur)
/ comme / celui / il monte / frne / avec / dos /
(Comme celui qui monte le frne sur le dos)
15- Aneggaru ad yerr avar
/ dernier / il retient / pied /
(Les premiers servent dexemples aux derniers)
16- Anwa ara k-yamnen a bu lekdub asmi ara tu$alev ar tidet.
/ qui / toi / il croira / / celui / mensonges / quand / tu reviendras / vers / vrit /
(Qui te croira, menteur, quand tu diras la vrit)
270
Annexe III Corpus 2
Corpus de proverbes et de dictons
17- Anwa i d ass ur nesi (tameddit), anwa i d iv ur nesi tifawt.
/ qui / qui / cest / jour / ne pas / il possde / soir / / qui / qui / cest / nuit / ne pas / il
possde / matin /
(Quel jour na pas de soir et quelle nuit na pas de jour)
18- Aqerru-iw (ddaw) tcacict-iw
/ tte / de moi / sous / chachia / de moi /
(Ma tte est sous ma chachia)
19- Aql-a$ nettekbel, s wawal imfeccel.
/ nous / sommes / on est ligot / avec / parole / affaiblissante /
(Nous sommes ligots par la parole affaiblissante)
20- A$aref yekka (nnig) wayev
/ meule / il positionne / au dessus / autre /
(Meule sur meule)
21- A$enja-s (ar berra) i yettseqqi
/ louche / de lui / vers / extrieur / il sauce /
(Sa louche sauce vers lextrieur)
22- (Ar tama)-s ur yewwiv, (ar ugemmav) yeb$a ad yessuref
/ vers / ct / de lui / ne pas / il parvient / / vers / lautre bord / il veut / aller /
(Il ne parvient pas partir ct, vers lautre bord, il songe y aller)
23- (Ass) i ubak, (iv) i ubrak.
/ jour / pour / frappe / / nuit / pour / sommeil /
(La journe est faite pour lactivit et la nuit pour le repos)
24- Asagem bu tejbirin, ar yiwen wass ad iru (kra) (din).
/ jarre / celui / atles / / vers / un / jour / il partira / quelques / l /
(La jarre aux atles ne rsiste que quelques temps)
271
Annexe III Corpus 2
Corpus de proverbes et de dictons
25- (Asawen) ($ef wudem), imdukkal d (akessar).
/ Mont / sur / visage / / amis / cest / descente /
(Dans la difficult point damis) (Lamiti sapprcie la difficult)
26- (Asawen) ala am$ar i s-izemmren.
/ mont / uniquement / vieux / qui / lui / il peut /
(Il n y a que les vieux qui peuvent monter une cote)
27- (Asawen) d (ukessar) twalav-ten, abrid i k-yehwan tawiv-t.
/ mont / et / descente / tu voix / les / / chemin / qui / toi / il plait / tu prends / lui /
(La cote et la descente sont devant toi, alors prends le chemin que tu veux)
28- Asmi ifer-iw itthuzzu, unage$ d amenzu.
/ quand / ail / de moi / il vibre / / jmigre / cest / premier /
(Lorsque javais lail qui battait, jtais le premier migrer)
29- Asmi tfukk dewessu, $li$ (ddaw) lenaya-s
/ quant / elle finit / maldiction / je tombe / sous / autorit / elle /
(Quand la maldiction passe, je me retrouve sous son autorit)
30- (Ass-a) d (uzekka) d atmaten.
/ Aujourdhui / et / demain / cest / frres /
(Aujourdhui et demain sont des frres)
31- (Ass-a) fell-i, (azekka) fell-ak.
/ aujourdhui / sur / moi / / demain / sur / toi /
(Aujourdhui pour moi et demain pour toi)
32- Awal d aneggaru, amezwaru yewwi-t wavu.
/ parole / cest / dernier / / premier / il emmne / lui / vent /
(La parole est la dernire, la premire se perd dans le vent)-(on se souvient souvent de la
dernire parole)
272
Annexe III Corpus 2
Corpus de proverbes et de dictons
33- A welletma m wudem mellul, ttif lemwarba akurur.
/ / soeur / moi / au / visage / blond / / mieux / divorce / sorcellerie /
( ma sur au teint blond, mieux vaut le divorce que la sorcellerie)
34- A win ileun (deg yiv), (deg uzal) d acu i tuggadev ?
/ / celui / il marche / dans / nuit / / dans / jour / cest / quoi / qui / tu as peur / ?
( celui qui marche la nuit, de quoi as-tu peur le jour ?)
35- Ax a uemmu, ma (drus) ad ak-nernu
/ tiens / / Uhemmou / / si / peu / toi / je rajouterai /
(Tiens Uhemmou, si cest peu je ten rajouterai)
36- Ay am$ar teooa tezmert, ay ilemi yettnadin fell-as
/ / vieux / elle quitte / force / / / jeune / il cherche / sur / elle /
( vieux que la force a quitt, jeune qui la recherche)
37- Ayaziv sse-it (aseggas), ui n tecrit-is (yiwen wass).
/ Coq / tu fais manger / lui / anne / / nourriture / de / viande / lui / un / jour /
(Le coq, on le nourrit toute lanne et on le mange en un jour)
38- Ay ifer ibawen, yegma d (asawen), xellun-tt ecra yessidir-itt yiwen.
/ / feuille / fve / / il grandit / cest / haut / / ils dsertent / elle / dix / / ils dsertent /
elle / un /
( feuille de fve qui grandit vers le ciel, un la cultive et dix la consomme)
39- Ayen i d-yewwi (wass), yea-t (yiv).
/ ce qui / vers ici / il ramne / jour // il mange / le / nuit /
(Ce que gagne le jour, la nuit le dpense)
40- A yessetma sut wenzaf, zi$ tayri tessenzaf.
/ / soeurs / celles / souffrance / en fait / amour / fait souffrir /
( mes surs au cur bris, lamour fait tellement souffrir)
273
Annexe III Corpus 2
Corpus de proverbes et de dictons
41- Ay ul ur ttayes, yella umdakkel d amwanes.
/ / Coeur / ne pas / il dsespre / / il y a / ami / cest / compagnon /
(Oh mon cur ! ne dsespre pas, il y a ton ami comme compagnon)
42- Ay ul ddu (s leqel), nadi smuqel
/ / cur / moi / tu vas / avec / prudence / / tu cherches / et / tu regardes /
( mon cur ! avances avec prudence, cherches et observes)
43- Azref d adebbuz (ddaw) tecva
/ droit / cest /gourdin / sous / cape /
(Le droit est une poigne de fer dans un gant de velours)
44- Bu yiwen umur yeqqar abbuh a sin imuren
/ celui / un / part / il dit / / / deux / parts /
(On veut toujours plus que lon ait)
45- Bu nnif irewwu lif.
/ celui / honneur / il est pris / misre /
(Celui qui court derrire lhonneur, vit dans la misre.)
46- Bu rras yettnadi $ef waman.
/ celui / arme / il cherche / sur / eau /
(celui qui porte un fusil ne cherche que la paix)
47- Bu sin wudmawen ur deg-s ifadden.
/ celui / deux / visages / ne pas/ dans / lui / force /
(Lhomme deux visages na pas de force)
48- Bu waas yessutur s waas.
/ celui / beaucoup / il demande / avec / beaucoup /
(Celui qui a en demande encore)
274
Annexe III Corpus 2
Corpus de proverbes et de dictons
49- Bu wayla yeqqen ti, bu wulli yee.
/ celui / terrain / il a ferm / il / / celui / brebis / il es fch /
(Le propritaire de la terre a ferm les yeux, celui des brebis est fch)
50- Bu yiles, medden (akk) ines.
/ celui / langue / / gens / tous / lui /
(Le bon parleur attire les gens)
51- (Cwi) netteddi fell-as, a win yeb$an ad as-yim$ur, ma d (aas) ur t-nettaooa, amer win
iteddun me$rur.
/ peu / on est pass / sur / lui / / / celui / voulant / lui / il grandit // quant / cest /
beaucoup / ne pas / lui / on laisse / / peut- tre / qui / il marche / mpris /
(On a tous pass des moments de faiblesse mais il ne faut jamais se mpriser)
52- (Cwi) yesseqra, (cwi) yessefra.
/ peu / il blesse / / peu / il rend heureux /
(Le minimum peut nous rendre heureux ou malheureux)
53- i$ asfel d asemmav.
/ jai mang / victime / cest / froid /
(Jai mang une victime froide)
54- D acu i d adrus ay aeryan, d tixutam.
/ cest / quoi / qui / cest / manqu / / celui nu / / cest / bagues /
(Que te manques-t-il homme nu, les bagues ?)
55- D ameca i d-yennan a.
/ cest / radin / qui / vers ici / disant / aie /
(Cest le radin qui se plaint)
56- D a$ref n (wadda) i itetten win (ufella).
/ cest / people / de / bas / qui / il mange / celui / haut /
(Cest le peuple den bas qui mange celui den haut).
275
Annexe III Corpus 2
Corpus de proverbes et de dictons
57- D bu wudmawen am tata.
/ cest / celui / visages / comme / camlon /
(Il a plusieurs facettes limage du camlon)
58- D (cwi) i yesan sser.
/ cest / peu / qui / ayant / charme /
(La raret fait le charme)
59- (Ddaw) usemmiv d times, di ccetwa ur tesi nnuba.
/ sous / froid / / cest / feu / / en hiver / ne pas / elle a / tour /
(Sous le froid il y a le feu, en hiver il est omni prsent)
60- Ddu d bu nniya mai d bu tila.
/ tu pars / avec / celui / navet / non / avec / celui / ruses /
(Allies toi avec les nafs et non avec les expdients)
61- (Deffir) (yal) argaz tebges-as-d tmeut.
/ derrire / chaque / homme / elle se cache / lui / vers ici / femme /
(Derrire tout homme il y a une femme)
62- D ifassen iberkanen i itetten a$rum aberkan.
/ cest / mains / noires / qui / mangeant / pain / blanc /
(Ce sont les mains noires qui mangent le pain blanc)
63- D imeqqranen i tent-yessem$aren.
/ cest / grands / qui / les / grandissant /
(Ce sont les grands / vieux qui crent plus de problmes)
64- D is$aren ireqqaqen i yesser$ayen izuranen.
/ cest / btons / fins / qui / brlant / pais /
(Ce sont les btons fins qui brlent les btons pais) (on allume les btons pais avec
les fins)
276
Annexe III Corpus 2
Corpus de proverbes et de dictons
65- (Drus) n watmaten yerna idawen
/ peu / de / frres / il rajoute / ennemis /
(Il a peu de frres et il se fait des ennemis)
66- D taqejjirt ugujil i yes$eren tarakna.
/ cest / pied / orphelin / qui / il dchire / le tissage /
(Cest le pied dun orphelin qui peu dtruire ta vie)
67- Eg i yelhan deg at (merra), ur teriv sani ara k-terr (tmara).
/ fais / qui / tant bien / dans / ceux / tous / / ne pas / tu sais / vers o / tu te retourneras/
(Fait du bien autour de toi car tu ne sais vers qui tu ten retourneras)
68- Eoo-as abrid i umcum ad ieddi, ad yawev anda tundi, ad yettwet ur yesi amaddi.
/ tu laisses / lui / chemin / / mchant / il passera / / il arrivera / o / elle est pig / / il
sera frappe / ne pas / il a / protecteur /
(Laisses le tordu passer, un jour il se fera piger et naura personne ses cts)
69- Ekk-d (s wadda), ad twaliv (asawen)
/ tu pars / de / bas / / tu verras / haut /
(Pars den bas pour atteindre le haut)
70- Ffe$ (ar berra) ad tim$urev
/ tu sors / vers / extrieur / tu grandiras /
(Sors lextrieur et grandis)
71- Furar ma yeffe$ d a$er$ar, anebdu heggit ti$rar.
/ Fvrier / si / il sort / cest / scheresse / /t / vous prparez / scheresse /
(Si en fvrier il ne pleut pas, lt sera encore plus sec)
72- Gan i$erdayen urar (deffir) wemcic
/ ils ont fait / souris / fte / derrire / chat /
(Les souris font la fte en labsence du chat)
277
Annexe III Corpus 2
Corpus de proverbes et de dictons
73- Hudden a$rab n tegmat, lsas-is ooan-t eryan.
/ ils ont dmoli / mr / de / amiti / / base / lui / ils ont laiss / le / nu /
(Ils ont dmoli le mr de lamiti et ont laiss sa base nue)
74- Ibawen iqquranen ttazgen
/ fves / secs / ils se mouillent /
(Les fves dures se mouillent)
75- (Ivelli) nennu$ nefra, (ass-a) nu$al d atmaten
/ hier / on sest chamaill / on sest rconcilis / / aujourdhui / on est devenu / cest /
frres/
(Les vritables amis se chamaillent et se rconcilient aussitt)
76- I yu$en irgazen ur ttrun, (sdat) edd ur kennun
/ qui / il arrive / hommes / ne pas / ils pleurent / / devant / personne / ne pas / ils
sagenouillent /
(Les hommes courageux sont ceux qui soufrent sans pleurer et qui ne sagenouillent
devant personne)
77- Ikcem ar (tlemmast) n yirij
/ il rentre / dans / milieu / de / braise /
(Il est rentr en pleine braise)
78- Ili-k d izem (yiwen wass), wala d izimer aksas (yal ass).
/ sois / cest / lion / un / jour / / non / cest / agneau / broutant / tous / jours /
(Sois un lion pour un jour mieux quun agneau de toujours)
79- Imensi i$ef mtawan at wexxam d aidan.
/ dn / sur lequel / ils se sont entendus / ceux / maison / cest / dlicieux /
(Le dn sur lequel les membres de la famille sentendent est dlicieux)
278
Annexe III Corpus 2
Corpus de proverbes et de dictons
80- Imezwura tban-asen, ineggura tban-asen, alil ay (ilemmasen).
/ premiers / elle est Claire / eux / / derniers / elle est Claire / eux / / pauvre / / ceux
du milieu /
(Les premiers nont pas le choix, les derniers en ont bnficis, pauvre ceux du milieu)
81- Imi nettezzib, ma neqqim eryan d lib.
/ puisque / nous prvenons / / si / nous restons / nu / cest / honte /
(Puisque nous prvenons, honte nous si on reste nus)
82- Inebgi n (yiwen wass) d afessas, inebgi n (sin wussan) d amessas, inebgi n (yal ass) ef-
as aekkaz.
/ invit / de / un / jour / cest / lger / / invite / de / deux / jours / cest / fade / / invite / de
/ tous / jours / tu prends / lui / bton /
(Linvit dun jour est lger, celui de deux est ennuyant, celui de toujours fais-le sortir)
83- Iru ar medden ad yerr ayetma-s d ucmiten.
/ Il est parti / vers / gens / / il rendra / frres / lui / cest / mauvais /
(Il sest rendu vers les gens / trangers pour rabaisser ses frres)
84- Iru wul ad d-yekkes urrif, yufa-n imdukkal d imuvan.
/ il est parti / cur / vers ici / il enlve / nerfs / / il trouve / amis / cest / malades /
(Je suis partis me soulager / mapaiser, jai trouv mes amis malades)
85- Irwel-as-d i Rebbi (deg wass).
/ il a fuit / de lui / vers ici / de / Dieu / dans / jour /
(Il a fuit Dieu en plein jour)
86- Is$i d amellal, ui-s d amurvus.
/ vautour / cest / blanc / / nourriture / de lui / cest / pourriture /
(Le vautour blanc se nourrit de pourriture)
87- Itellem lif (tamara).
/ il travaille / misre / difficilement /
(Il essaye de shabituer la misre)
279
Annexe III Corpus 2
Corpus de proverbes et de dictons
88- Iij d abernus igellil
/ soleil / cest / burnous / pauvre /
(Le soleil est lhabit du pauvre)
89- Iij n (tmeddit) ur yeskaw aceiv, ur itekkes asemmiv.
/ soleil / de / soir / ne pas / il sche / linge / / ne pas / il enlve / froid /
(Le soleil du soir ne sche pas le linge et ne rchauffe pas du froid)
90- (Kra) yella, (kra) yerna.
/ peu / il y a / peu / il est rajout /
(Il y a un peu de vrai et un peu de faut)
91- Lael d aqdim ur iru akken ad t-id-nerr.
/ origine / cest / ancien / ne pas / il est perdu / pour / le / vers ici / on rendra /
(Lorigine est ancien, il nest pas perdu pour quon le rcupre / renouvelle)
92- Lhemm (uzekka) eoo-it (kan) i (uzekka).
/ souci / demain / tu laisses / le / uniquement / jusqu / demain /
(Le souci de demain laisse-le demain)
93- Ma llan wid n (tmeddit), ad d-teggri talwit.
/ si / il y a / ceux / de / soir / / vers ici / il restera / paix /
(Sil existe des gens courageux, la paix rgnera)
94- Ma neooa-t (yiwen wass), ad tt-yerr i (yal ass).
/ si / nous laissons / lui / un / jour / / la / il rendra / pour / chaque / jour /
(Si on lui tolre une fois, a lui sera une habitude)
95- Meqqer yeder deg ufus ugujil.
/ grand / il a particip / dans / main / orphelin /
(
280
Annexe III Corpus 2
Corpus de proverbes et de dictons
96- Mi s-d-ufan ssebba ad t-en, qqaren-as (bezzaf) i yetteggiv.
/ quand / lui / vers ici / il trouve / raison / le / ils mangeront / / ils dissent / lui / trop / qui
/ il crie /
(Pour trouver une raison de le manger, ils disent quil crie trop.)
97- Mi teiv a bu yimiv, (s werur) i yi-tezziv.
/ quand / tu as mange / / celui / nombril / / avec / dos / qui / moi / tu a tourn /
(Quand tas fini de manger pauvre, tu mas tourn le dos)
98- Nerwa tid n (ukessar) d (usawen).
/ on est rassasi / celles / de / bas / et / haut /
(On en a mare de la misre de toutes sortes)
99- Nawle$-t, i$-t d asemmav.
/ jai cuisin / lui / / jai mang / lui / cest / froid /
(Je lai prpar et je lai mang froid)
100- Necde$-t-id d inebgi, yu$al-iyi d imezgi.
/ je lai invit / lui / vers ici / cest / invit / / il devient / moi / cest / habitu /
(Il vient en tant quinvit et il devient un habitu)
101- Nennum adfel (di ccetwa), ye$li-d ur nebni fell-as.
/ on est habitu / neige / dans / hiver / / il tombe / vers ici / ne pas / on sattendait / sur /
lui /
(On est habitu voir la neige en hiver mais on a t surpris quand il a neig)
102- Nettnadi afran, ur nufi ife azuran.
/ on cherche / qualit / / ne pas / on trouve / le manger / pais /
(On cherche la qualit alors quon meurt de faim)
103- (Nnig) ubrid, (ddaw) ubrid, leqrar-is d abrid.
/ Dessus / chemin / / sous / chemin / / finalit / lui / cest / chemin /
(Au dessus ou au dessous du chemin, cest toujours un chemin)
281
Annexe III Corpus 2
Corpus de proverbes et de dictons
104- Rnan (tifawt) zemmren i (tmeddit).
/ Ils combattent / matin / ils peuvent / pour / soir /
(Ceux qui ont triomph sur le matin le peuvent aussi sur le soir)
105- ur-k ad akin yis-k d bu truggza.
/ attention / toi / ils se rveilleront / avec / toi / cest / celui / tmrit /
(Fais attention, ne rend pas les gens au courant de ta tmrit)
106- wab yettawev-it umeqqran, yettawev-it umeyan.
/ juste / il parvient / lui / grand / / il parvient / lui / petit /
(La logique est connue par le grand et le petit)
107- (S ufella) yellemlem, deg ugensu d ilem
/ avec / haut / il est dodu / / dans / intrieur / cest / vide /
(Il a une belle apparence mais au fond il est vide)
108- (S ufella) yecbe yerqem, mi t-ldi$ ufi$-t yerka.
/ avec / haut / il est beau / il est dessin / / quand / lui / jouvre / je trouve / lui / pourrit /
(A lextrieur il est beau est bien prsent, quand on louvre, on le trouve pourrit)
109- Sseftayen tamusni (ufella)
/ ils valorise / connaissance / haut /
(On a tendance valoriser la science qui vient den haut)
110- Sser $ur-ne$ d imezgi mai d inebgi
/ charme / chez / nous / cest / habitu / non / cest / invit /
(Chez nous, le charme est un habitu et non un invit)
111- Sser ma (drus), ma yegget messus
/ charme / si / peu / / si / il dborde / fade /
(Le charme nest apprci que lorsquil est en quantit raisonnable)
282
Annexe III Corpus 2
Corpus de proverbes et de dictons
112- (Si tifawt) ar (tmeddit), terwiv ay aglim ti$rit.
/ de / matin / jusque / soir / / tu es rassasi / / peau / coups /
(Du matin au soir, ma peau ne reoit que des coups)
113- Siwev akeddab ar tewwurt.
/ tu accompagnes / menteur / jusque / porte /
(Accompagne le menteur jusqu sa demeure)
114- ef-iyi imeca, imeqqranen zemmre$-asen.
/ tu tiens / moi / petits / / grands / je peux / eux /
(Tiens moi ces petits, les grands je men charge)
115- Tu$al luva d (asawen).
/ elle devient / valet / cest / mont /
(Le plat devient une mont)
116- Tudert tettdawal, rnu-d a bu wawal.
/ vie / elle fais souffrir / tu rajoutes / vers ici / / celui / parole /
(La vie est dj ennuyante et toi bavard, tu en rajoutes)
117- Tufeg ttnefxa (di tlemmast)
/ elle vole / orgueil / dans / milieu /
(Lorgueil sest cass en deux)
118- Tirrugza d m tissas.
/ tmrit / cest / celle / prestance /
(La tmrit est pleine de prestance)
119- Tem$er d m leyub
/ vieillesse / cest / celle / dfauts /
(La vieillesse est pleine de dfauts)
283
Annexe III Corpus 2
Corpus de proverbes et de dictons
120- Ur qqar lbavna (sdat) weqcic, ur tett taqei (sdat) wemcic.
/ ne pas / tu dis / secret / devant enfant / / ne pas / tu manges / viande / devant / chat /
(Ne divulgue jamais un secret devant un enfant et ne mange pas de viande devant un
chat).
121- Ur d-ooin imezwura ayen ara snernin ineggura.
/ ne pas / vers ici / ils laissent / premiers / ce / qui / ils rajoutent / derniers /
(Les premiers nont rien oubli pour quon le rajoute)
122- Urare$ (di tifawt), $ille$ ulac (tameddit).
/ jai jou / dans / matin / jai cru / rien / soir /
(Jai jou le matin car je croyais quil ny avait pas de soir)
123- Ulin waman d (asawen)
/ ils sont monts / eau / cest / haut /
(Leau est monte vers le haut)
124- Ui ma (drus), zmev agus.
/ nourriture / si / peu / / tu serres / ceinture /
(Sil y a manque de nourriture, tu serres ta ceinture)
125- Udiq yesser-iten, ungif irfed-iten.
/ duqu / il pose / eux / / mal duqu / il prend / eux /
(Celui qui est duqu les a dposs et le mal duqu les a repris)
126- Ul azedgan d yiles aidan, d ayen yuqan.
/ Coeur / propre / et / langue / doux / / cest / ce / trop /
(Quant le cur est bon et le langage doux, on en a suffisamment)
127- Ur ttamen asif asusam.
/ ne pas / tu crois / rivire / calme /
(Ne crois jamais leau qui dort)
284
Annexe III Corpus 2
Corpus de proverbes et de dictons
128- Ur yelli (kra) s (wulac).
/ ne pas / il y a / quelques / avec / rien /
(Il ny a rien sans rien)
129- Usi$-d d amaddi mai d amgelli.
/ je suis venu / vers ici / cest / protecteur / non / cest / opposant /
(Je viens en tant que protecteur et non en tant quopposant)
130- Win i s-yennan tfukk tegrest, aeggan (sdat) me$res.
/ celui / qui / lui / il dit / elle est termine / hiver / / attente / devant / Mars /
(Celui qui croit que lhiver est pass, il na qu guetter le mois de mars)
131- Wwet kan (s wadda) fiel awal n tuzzya.
/ tu frappes / uniquement / de / dessous / sans / parole / de / tournant /
(Soit directe, ne tournes pas autour de linformation)
132- Win yettnadin $ef (cwi), yettruu-yas (waas).
/ celui / cherchant / sur / peu / il se perd / lui / beaucoup /
(Celui qui cherche le minimum perd le maximum)
133- Win yettaggaden yezmer i (ukessar) d (usawen).
/ celui / ayant peur / il peut / pour / descente / et / mont /
(Le peureux peut tout faire)
134- Yeef-a$ lam (deg wass).
/ il tient / nous / nuit / dans / jour /
(On est dans lobscurit en plein jour)
135- Yettwaef bu tesrafin.
/ il est pris / celui / trappes /
(Lhomme aux trappes sest fait prendre)
285
Annexe III Corpus 2
Corpus de proverbes et de dictons
136- Yesmentag deg yi$ed asemmav
/ il allume / dans / cendre / froid /
(Il essaye dallumer les cendres froides)
137- Yenza smid s (lgelba), (azgen)-is d akerfa.
/ il est vendu / semoule / avec / abondance / / moiti / de lui / cest / inutile /
(Il a vendu de la semoule en abondance mais la moiti est inutilisable)
138- Yerra luva d (asawen).
/ il rend / plat / cest / mont /
(Il transforme le plat en cote)
139- Yella (wass-a), yella (uzekka), yella uekka.
/ il y a / aujourdhui / / il y a / demain / il y a / tombe /
(Nul ne peut compter ses jours de vie)
140- Yekcem wuccen (talemmast), yal wa anda yerra.
/ il est renter / loup / milieu / / chaque / celui / o / il va /
(Quand le loup se met au milieu, la meute se disperse)
141- Yedda uzegzaw d uqquran.
/ il rassembl / vert / et / sec /
(On a mlang les torchons et les mouchoirs)
142- Yerwa zzhu deg umakkis, (di ccetwa) yedda eryan.
/ il est rassasi / amusement / dans / t / / en / hiver / il se marche / nu /
(Celui qui danse en t, assume la souffrance de lhiver)
143- Yal wa tegguni-t (tmeddit)-is.
/ chaque / celui l / elle guette / lui / soir / de lui /
(Chacun est guett par sa fin)
286
Annexe III Corpus 2
Corpus de proverbes et de dictons
144- Yerre ujgu n (tmara).
/ il est cass / poutre / de / obligation /
(La poutre de lobligation est casse)
145- Yif ma yeqqim d asaki, wala ad t-yekrez (yir) tayerza.
/ mieux / si / il reste / cest / aride / / au lieu / lui / il laboure / mauvais / labeur /
(Mieux vaut quil reste aride que mal labour)
146- Yu$al ber ar tuooal, yewhem bab n leqel
/ il devient / courage / vers / veuves / / il est tonn / pre / de / raison /
(Les veuves deviennent courageuses, la raison en est tonne)
287
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Acrab
Achrav
Smiret snat litrat n waman $er tasilt
Dans une marmite, versez deux
ara d-yezgen. (Di levil), ddzet (daxel)
litres deau, portez sur le feu et amenez
umehraz aalim-nni, tikkest n tassemt
bullition. Entre temps, dans un
taqqurant, tisent, ieqqaren d ifelfel
mortier en bois, pilez les oignons, le
azegga$.
morceau de graisse sche, sel, les pices
et le poivre rouge.
Rret ayen akken yeddzen d snat n
t$enjawin n wui n zzit, baaa, taxsayt,
Jetez le hachis avec les deux
$ummet-t teooem-t ad yeww (s ttawil)
cuillres soupe dhuile, les pommes de
azal n mraw semmus n dqayeq. Mi
terre ainsi que les courges, couvrez et
tekcem
laissez cuire feu vif environ 15
tiwwin
izegza-nni,
rnut-as
minutes. A mi-cuisson des lgumes,
berkukes-nni ($er daxel).
ajouter le berkoukes en pluie dans le
bouillon.
asset-t mi ara yettewwa, reggit-t (si
tikkelt ar tayev) s t$enoayt n wes$ar
Surveillez la cuisson en remuant de
akken ur ineev ara berkukes-nni.
temps autre afin que les grains
nattachent pas.
Mi yewwa, smiret berkukes-nni $er
tbaqit, teem akken yema.
Versez le berkoukes dans un plat en
terre cuite. Servez chaud.
289
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Ahlaw
La soupe de semoule (Ahlaw)
Smiret snat n litrat n waman $er
Dans une marmite large, versez
tasilt hrawen, terrem-ten $ef tmes ad
deux litres deau, portez sur le feu et
rekmen, terrem-as ticcert, tisent, aalim,
amenez bullition, ajoutez loignon
ieqqaren, zzit uzemmur, taumaict
hach, lail pil, le sel, les pices,
ittwagezmen d tikkas, $ummet-t s
lhuile dolive la tomate pele ppine
tadimt. Ooet-t ad yeww azal n mraw
et coupe en cubes, couvrez et laissez
semmus n dqayeq.
cuire pendant 15 minutes.
Incorporez la semoule en pluie pour
Zuzret-as ssmid-nni (cwi cwi) ($er
viter les grumeaux.
daxel).
Surveillez la cuisson en prenant soin
Reggit-t s t$enoawt n wui alamma
de remuer sans cesse laide dune
yewwa i waken ur ittkebruri ara.
cuillre en bois.
Smiret-t ($er daxel) tbaqit, terrem-as
Donnez quelques bouillons jusqu
zzit uzemmur.
ce que la semoule soit bien cuite.
Cette soupe doit avoir un aspect
velout
et
non
pais.
Arrosez
gnreusement dhuile dolive avant de
servir.
290
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Ccwa n at yanni
Ragot dagneau
Gezmet aksum-nni d tikkas terrem-t
Coupez la viande en ds, disposez-
(daxel) n awat, get-as zzit, aalim
les dans une cocotte fond pais.
igezmen,
ifelfel
Ajoutez lhuile, loignon hach, le
azegga$, tisent akked umaict, terrem-t
poivre noir, le poivre rouge, sel et
$er tmes. Smiret-as (azgen) n litra n
tomate rpe.
ifelfel
aberkan,
waman yeman.
Faites revenir petit feu. Mouillez
ummet-t ooet-t ad yeww azal n
dun demi litre deau tide, laissez cuire
(wezgen) n tsaet $ef tmes iekkmen,
couvert pendant 30 minutes. Une fois
mi yewwa weksum-nni yeswa aseqqi
la viande est cuite, baissez la flamme,
sexsit i tmes, smiret-t ($er daxel) n
laissez mijoter jusqu obtention dune
uqeddu.
sauce paisse.
Dressez la viande dans un plat en
terre assez large.
291
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Taxtax
Takhtakh
(Daxel) n tmermi, rret tifelfelin
Dans une casserole, trempez les
tiqquranin deg waman imue$len azal n
piments rouges secs dans de leau tide
tsaet, (imiren), sewwem-tent azal n
pendant une heure, ensuite, faites-les
mraw semmus n dqayeq. Suddmem-tent
bouillir pendant 15 minutes.
kksem-asent zerria, dem-tent s tessirt
ufus alamma u$alent d taelwi, get-as
Les goutter et ppiner, mettez-les
(cwi) n tisent, $umet-tt s zzit uzemmur.
au mixeur, dfaut, au moulin
lgumes,
arqaqan,
taqerruyt-nni
ticcert
dobtenir
une
pte
homogne. Salez et couvrez avec un
(Daxel) n tmermi, rret aalim-nni
ittwagezmen
afin
filet dhuile dolive.
rnut-as
tazegzawt
yettwagezmen d tareqqaqt, umaic-nni
Dans une marmite, mettez loignon
ittwaqecren yettwagezmen (cwi cwi),
coup en lamelles fines, la gousse dail
surget-as (azgen) ugelduj n waman,
rpe, lail vert hach, lhuile, sel,
rrem-t $ef tmes iekkmen.
poivre noir, poivre rouge et les tomates
peles et coupes en ds. Mouillez avec
(Imiren),
rnut-as
un demi-verre deau. Faites revenir sur
baaa-nni
le feu doux.
yettwagezmen d tikkas, rnut-as (azgen)
ugelduj n waman yemmue$len. Ooet-t
Ajoutez
ad yeww s tmes iekkmen alamma tefsi
les
pommes
de
terre,
coupez en cubes, couvrez avec un demi
baaa-nni ad yingiv useqqi-nni.
litre deau tide, laissez cuire petit feu
(Di taggara), zuzret-as (s ufella)
jusqu ce que les pommes de terre
tacict n ccerba. Yettmaa yema s
deviennent fondantes et la sauce rduite.
telwi n ifelfel azegga$.
Saupoudrez de coriandre hache,
servez chaud accompagn dun coulis
de piment sec et la galette non leve.
292
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Leowaz s uksum ubeqri
Ragot de boeuf aux lgumes
dhiver
Smiret zzit ($er daxel) n tasilt, rnutas (s lem$awla) aalim igezmen, ticcert
Dans une marmite, faites revenir les
iqecren, ieqqaren, ifelfel azegga$,
morceaux
tisent d ugelvuj n waman. (Imiren), rret-
successivement loignon hach, lail
t ad yeww azal n ecra dqayeq $ef tmes
pil, les pices, le poivre rouge, sel et
d tareqqaqt. (Imiren), rnut-as snat n
un verre deau. Faites revenir 10
litrat n waman immue$len teooem-t ad
minutes feu doux. Couvrez de deux
yayzag.
litre deau tide et portez bullition.
Rnut-as ikiker-nni d lxevra-nni
avec
lhuile,
ajoutez-y
Ajoutez les pois chiches et les
teooem-t ad yeww azal n 40 dqayeq.
lgumes et laissez cuire environ 40
minutes.
(Imiren), ad tefrum aqerru-nni n
lekremb, tesirdem-t (aas) n tikkal deg
Epluchez et effeuillez le chou de
waman yiwet n tikkelt di lxel. (Mbed),
faon ne garder que les feuilles
rret-t (daxel) n (waas) n waman iwwan
claires. Lavez le chou plusieurs eaux,
isan tisent, ooet-t ad yeww azal n
dont une vinaigre. Plongez le chou
semmus dqayeq, (imiren), squddret-t
entier dans une grande quantit deau
teooem-t ad yismiv. (Mbed), met-t
bouillante sale et laissez cuire 10
gar
minutes, gouttez-le et laissez refroidir.
lkeffat
ifassen-nwen
alamma
Pressez les feuilles de chou entre les
udamen (akk) waman-nni.
paumes de vos mains pour extraire
lexcs deau.
(Mbed), rnut-as lbaaa, lekremb
teooem-t ad yeww azal n 15 dqayeq. Mi
Ajoutez les pommes de terre, le
yeswa aseqqi ssexsit-as tessurgem ad
chou la sauce et laissez encore cuire
teem akken yema.
pendant 15 minutes. A la rduction de la
sauce, teignez le feu et servez chaud.
293
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Leowaz s buzelluf n uzger
Ragot la viande de tte de
veau.
Rret aksum-nni igezmen d iftaten
($er daxel) n tasilt tameqqrant, rnut-as (s
Dans une grande marmite, mettez la
lem$awla) aalim-nni igezmen, ticcert-
viande
nni iqecren, tisent, ieqqaren, ifelfel
successivement loignon hach, lail
aberkan, ifelfel azegga$, zzit d yiwen
pil, le sel, les pices, le poivre noir, le
ugelvuj n waman. Rret-t $ef tmes ad
poivre rouge, lhuile et terminez avec
yeww (s ttawil) azal n 10 dqayeq.
un verre deau.
coupe
en
cubes,
ajoutez
(Imiren), gezmet-as rudeyya-nni d
Grattez et lavez les carottes coupes
tikkas ($er daxel), rnut-as lemme-nni
en tronons, mouillez avec un litre
d litra n waman. (Imiren), ooet-t ad
deau tide, ajoutez les carottes, puis les
ikemmel tiwwin $ef tmes d tareqqaqt
pois chiches. Poursuivre la cuisson
azal n 30 dqayeq.
couvert sur feu modr pendant 30
minutes.
Mi yeswa aseqqi yeqqim d anegdan
sneqset-as lmerqa-nni i d-yufraren (s
Laissez rduire jusqu obtention
ufella), (imiren), surget $er uvebsi, rnut-
dune sauce assez paisse. Retirez
as a$rum n temtunt teem.
lexcdent dhuile et servez dans une
soupire en terre accompagne dune
bonne galette faite maison.
294
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Tinsa s llubya taqqurant
Pieds de veau aux haricots secs
Sewwet tinsa-nni (s daxel) n snat
Faites cuire les pieds de veau coups
litrat n waman azal n snat n tsatin.
en morceaux dans deux litre deau sale
Akken
durant
kan
ara
bdun
ye$san-nni
deux
heures
environ,
en
ttensaren-d $ef uksum, kkset-ten-id.
surveillant toujours le niveau de leau.
Ssudmet-ten, tekksem-asen i$san-nni.
Retirez ds que les os peuvent se
dtacher de la chair.
(Mbed), ad nerr llubya-nni ad dteww azal n 5 dqayeq, (imiren), ad nerr
Egouttez et dsosser. Ajoutez la
tinsa-nni ($er daxel) n tasilt, ad as-nernu
viande au bouillon, les haricots blanchis
taalimt-nni
ticcert-nni
cinq minutes leau bouillante, lail
imeqen, lkemmun, ifelfel azegga$,
cras, le cumin, poivre rouge, lhuile,
zzit, tisent, takuift n ifelfel aberkan d
loignon hach, sel, pinc de poivre
(cwi) n waman.
noir.
igezmen,
(Imiren), kemmlet-as asewwi azal n
Poursuivre la cuisson pendant 30
30 dqayeq $ef tmes d tareqqaqt. Rnut-as
minutes dcouvert et petit feu.
tifelfelt tazegga$t ma teb$am d$a surget
Ajoutez le piment rouge et servez
ad teem akken yema.
chaud.
295
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
A$rum n lewal
Galette fourre aux herbes
Di terbut meqqren, gezmet aalim-
Dans un grand plat en bois, coupez
nni d tikkas, ddzet (daxel) umehraz
loignon vert en petits morceaux. Dans
tassemt-nni, tifelfelt tazegga$t, rnut-as
un mortier pilez la graisse, le piment
ieqqaren tisent, surget ayagi $er terbut
rouge, les pices, le sel, les ajouter au
ideg yella ualim, (imiren), zuzret-as
premier mlange.
awren (cwi cwi).
Incorporez la semoule tamise petit
Rnut-as zzit uzemmur, fetlet-t s
petit suivie dhuile dolive et roulez
ifassen nwen, ttruccut-t s waman (cwi
avec la main, ajoutez peu peu leau
cwi), jemet-t d tabunyiwt s ivudan
tout en roulant toujours, jusqu ce que
nwen mebla ma teggam (aas). (Imiren),
la pte forme une boule, sans trop la
zuzret awren (s ufella) n llu, qerset-t d
ptrir,
taqrist azal n yiwen usentim di tuzert,
Saupoudrez la boule avec un peu de
bvut-t d tirbetin, sewwet-t deg uvajin,
semoule. Sur une table de travail,
ilaq ad wwent ($ef sin idisan).
aplatissez-la pour donner la forme dune
avec
les
doigts
seulement.
galette dune paisseur de 1 centimtre.
Coupez des carrs rguliers.
Mi wwant, kkset-tent $er teqdut.
Dehnet-tent s zzit uzemmur. Yettmaa
Faites cuire dans un plat en terre ou
alamma semmev.
en fonte. Les carrs doivent tre cuits et
bien dors sur les deux cts. Aprs
avoir retir du feu, mettez dans une
assiette plate, arrosez dun filet dhuile
dolive. Servir froid.
296
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Ti$rifin s ualim
Gezmet
Crpes aux oignons
d
Hachez les oignons secs, le morceau
tifelfelt
de graisse sche et le piment sec ou
tazegga$t ne$ ddzet-t (daxel) umehraz,
bien pilez le tout dans un mortier en
teooem-ten (di tama). Rwit i$es-nni d
bois et laissez de ct. Faites diluer dans
tkuift n ssker deg (uzgen) ugelvuj n
un demi verre deau tide, la levure
waman immue$len, teooem-t (di tama)
avec une pince de sucre et laissez lever
ad yali.
de ct.
tikkas,
aalim-nni
tikkest
aqquran
tassemt,
Smiret awren $er terbut, $zet-as
Dans un grand plateau en terre assez
amruj (di tlemmast), zuzret-as tisent,
large, disposez la semoule en fontaine,
ruccet-t s waman, rwit-t alamma yu$al d
saupoudrez de sel et arrosez deau, en
arekti, (imiren), rret-as i$es-nni d la
mlangeant au fur et mesure, jusqu
farce, kemmlet uggu, selqamet-as aman,
obtention dune pte. Aspergez la pte
jebbdet-t alamma yeluli am urekti n
petit petit deau, tout en la travaillant
te$rifin, $ummet-t s ubenuq, terrem-t
pour la rendre uniforme, ajoutez la farce
deg umkan anda yema lal teooem-t
et la levure dlaye. Travaillez encore
azal n snat n tsatin akken ad yali.
en tirant la pte et en la ptrissant avec
les deux poings jusqu ce que celle-ci
Rret avajin $ef tmes, dehnet-t s zzit,
devienne suffisamment liquide et lisse.
mi yema ddmet-d yiwen u$enja urekti
Couvrez et laissez lever pendant deux
tesmirem-t
(s
heures une temprature ambiante.
tlemmast)
uvajin-nni
leqel)
(kan)
(ar
tesseluyem
Lorsque la pte aura doubl de
arekti-nni (s werur) u$enja. Ooet-t ad
volume, portez sur le feu un plat en
yeww ($ef yiwen yidis).
terre. Avec un petit morceau de tissu
tremp dans lhuile, enduire le plat.
Mi tewwa te$rift-nni, kkset-tt-id,
Versez une louche de pte dans le plat
terrem-tt $er uvebsi, tdehnem-tt s zzit
et talez lgrement la surface avec le
uzemmur. Sewwet akk arekti-nni am
dos de la louche. Laissez cuire un seul
tmezwarut.
ct de la crpe de faon ce quelle ne
forme pas dalvoles. Arrosez dun filet
dhuile dolive.
297
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Tarkect ucebbav
Tarkoucht ou chebadh
Di terbut, rret awren-nni, xedmet-as
Mettez la semoule en fontaine dans
amruj (di tlemmast), rret (daxel)-is
un plateau en bois, versez au centre le
tisent akked (cwi) n waman, sxelvet-ten
sel et un peu deau. Mlangez le tout du
(akk). Ttleqqimet arekti-nni s waman (si
bout des doigts. Aspergez cette pte de
tikkelt ar tayev), gget-t alamma yu$al d
temps autre deau, en la travaillant en
aleqqaq, d alegg$an am urekti n
mme temps jusqu obtention dune
lemsemmen, (imir), dehnet ifassen
pte lgre et maniable (genre de pte
nwen s zzit, bvut arekti-nni d tibunyin
msemmen). Enduisez vos mains dhuile.
annect n teqqayt n lmandari (s ufella) n
Divisez la pte en petites boules, de la
llu ittwadehnen s zzit.
grosseur dune mandarine et disposez
sur un plateau huil.
Zuzret awren (s ufella) n llu,
ddmet-d yiwet n tbunit, qerset-tt s
Sur une table farine, posez une
ivudan nwen alamma tu$al d tareqqaqt
boule et du bout des doigts aplatissez
am tferret di tuzert, (imiren), rret-tt ad
jusqu obtention dune feuille fine de
teww (daxel) uferra yellan $ef tmes
deux millimtres dpaisseur. Faites
iekkmen, mi tewwa ($ef yiwen yidis)
cuire dans un plateau en terre cuite ou
ttit-tt ($ef yidis wis sin). Kemmlet
en fonte ; prenez la feuille et glissez-la
akken asewwi n tbunyin-nni (akk) am
dans le plat, faites cuire petit feu une
tmezwarut.
face et retournez-la pour cuire la
deuxime
face.
Recommencez
lopration jusqu puisement de toutes
(Daxel) tasilt, rret aalim akked
les boules.
ticcert-nni yettwaden, rnut-as zzit
uzemmur, ieqqaren, takuift n tisent,
ifelfel azegga$ ne$ umaic n tbellart
Dans un fait-tout, hachez loignon,
tessefsim-t (daxel) n (nnef) ugelvuj n
lail, ajoutez lhuile, les pices, le sel, le
waman, ooet-t ad iemmes (cwi),
poivre rouge (ou la tomate concentre
imiren rnut-as litra n waman yeman,
dilue dans un demi verre deau). Faites
$ummet tasilt-nni, ooet-t ad yeww azal
revenir petit feu quelques instants.
n mraw semmus n dqayeq.
Mouillez avec un litre deau tide et
298
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Gezmet tiferra-nni yewwan deg
laissez cuire couvert pendant 15
uferra d tikkas timeca, (imiren),
minutes.
veqqret-ten (daxel) useqqi-nni, ooet-t ad
yeww azal n mraw n dqayeq. Mi
Coupez
les
feuilles
en
petits
yewwa smiret-t (daxel) n tbaqit, dehnet-
morceaux, plongez-les dans la sauce
t s wareg n zzit uzemmur et-t akken
environ un bol de tachepat et continuez
yema
la cuisson pendant dix minutes. Versez
dans un grand plat de terre, servez
chaud, arrosez dun petit filet dhuile
dolive.
299
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
A$rum aqquran
Galette non leve.
Siffet awren ($er daxel) n terbut,
Dans un plateau en bois, tamisez la
rret-as i$es, tisent, (azgen) ugelvuj n zzit
semoule de ses impurets, faites un puit,
uzemmur.
mettez-y la levure sche, sel et lhuile
dolive.
Rwit (akk) isufar-nni s ifassen
nwen, ruccet-t s waman, (imiren),
Mlangez le tout, arrosez deau en
jemet-d arekti-nni $ef yiwet n tbunit d
mlangeant au fur et mesure la pte
tameqqrant.
sans trop ptrir jusqu obtention dune
pte ferme, formez-en une boule.
Meslet a$rum-nni (s ufella) n llu
alamma yewwev azal n sin isentimen di
Abaissez-la en forme de galette sur
tuzert, rret avajin ad yemu $ef tmes,
1,5 centimtre dpaisseur. Chauffez un
terrem taqrist-nni ad d-teww (daxel)
plat en terre ou en fonte sur un feu
uvajin.
moyen, glissez-y la galette.
Laissez cuire feu modr les deux
Mi ara d-teww ($ef sin yidisan),
faces de la galette et servez avec un filet
dehnet-tt s zzit uzemmur.
dhuile dolive.
300
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Tamtunt s lbaaa
Galette la pomme de terre
Sewwet lbaaa deg waman d tisent.
Lavez les pommes de terre et faites
Mi tewwa, sqecret-tt, srekcet-tt s
les cuire dans leau sale, aprs cuisson,
t$enjayt rret-as zzit uzemmur, ooet-tt
pelez-les et crasez-les la fourchette,
(daxel) tqeddut.
arrosez dun filet dhuile dolive et
laissez de ct.
Siffet awren (daxel) n terbut, rnut-as
takuift n tisent, tayev n ssker, i$es
Dans un plateau large, tamisez la
akked isufar-nni, rucet-ten s waman
semoule. Faites un puit, mettez-y le sel,
le$eb)
la levure sche et une pince de sucre.
alamma yu$al d aleqqaq. Bvut arekti-
Mlangez le tout en ajoutant de leau
nni $ef snat tbunyin. Zzuzret awren $ef
tide jusqu obtention dune pte
llu, meslet tabunyiwt-nni (s ufella)
souple. Ptrissez longuement la pte en
azal n sin isentimen di tuzert, llit-tt (di
aspergeant de temps autre deau tide
tlemmast) terrem-as snat t$enoawin n
jusqu ce quelle devienne souple et
lbaaa, $elqet-t (mli), zuzret-as awren.
lgre.
Ooet-tt ad tali azal n 25 dqayeq.
Saupoudrez la table de travail avec la
yemmue$len,
teggem-t
(s
Divisez
en
deux
boules.
farine, aplatissez-la avec la paume de la
Rret avajin ad yemu $ef tmes,
main sur une paisseur de 2 centimtre.
(imiren), rret taqrist-nni ad d-teww ($ef
Incisez la galette au milieu fourrez avec
sin yidisan). Mi d-tewwa gezmet-tt d
deux cuillres soupe de la pure de
tirbetin.
pomme de terre, fermez en soudant bien
le centre, saupoudrez dun peu de
farine,
aplatissez
lgrement
une
seconde fois et laissez lever pendant 25
minutes environ une temprature
ambiante.
Chauffez un plat en fonte ou en terre
sur un feu moyen. Glissez la galette et
laissez cuire sur deux faces puis coupez
en tranches.
301
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Irekman
Irekman
(Daxel) n tasilt n seksu, gezmet
Dans une marmite couscous,
aalim, tikkest n tassemt, tisent, ifelfel
hachez
aberkan, zzit, tifelfelt tazegga$t akked
morceau de graisse sche, sel, poivre
ieqqaren. Slexset (akk) wigi s waman
noir, huile, le piment rouge sec et les
semven, rret tasilt-nni $ef tmes, ooet-t
pices. Mouillez le tout deau froide et
ad yuzag, (imiren), smiret-as lemme,
portez sur le feu. Amenez bullition,
ibawen iqquranen yellexsen, akked
jetez dans la sauce les pois chiches, les
irden, rret-as a$ummu ad yeww $ef
fves sches dcortiqus et le bl,
tmes.
couvrez et laissez cuire feu vif.
loignon,
ajoutez
le
petit
Rret seksu (daxel) n tbaqit, slexset-t,
Mettez le couscous dans une petite
ssirdet-t, tesquddrem-t, teooem-t ad
cuvette, rincez bien, gouttez et laissez
icuf, (imiren), rret-t ad ifur (s ufella) n
gonfler. Placez le haut du couscoussier
tasilt-nni
useqqi-nni
rempli de couscous sur la marmite
yettayzagen, anfet-as ad yeww azal n
contenant le bouillon en bullition,
mraw semmus n dqayeq, mi d-ifur,
laissez cuire pendant 15 minutes. Aprs
kkset-d taseksut-nni $ef tasilt smiret
chappement de la vapeur, retirez le
seksu (daxel) n terbut, ruccet-t s waman
haut du couscoussier que vous versez
iwumi tuqmem (cwi) n tisent, rwit-t s
dans une cuvette, arrosez deau sale.
t$enoawt n wes$ar iwakken ad yefren
Ecrasez le couscous laide dune
(aeqqa aeqqa). Ooet-t ad isew ne$ ad
cuillre en bois en sparant les grains et
icuf (i tikkelt tis snat) azal n mraw n
laissez gonfler une deuxime fois
dqayeq, (imiren), dehnet-t s wareg n
pendant quelques minutes, enduisez
zzit uzemmur, rret-t (i tikkelt nniven) ad
avec un filet dhuile dolive. Remettez-
ifur, mi d-ifur (i tikkelt taneggarut),
le cuire une deuxime fois la vapeur.
kkset-t, smiret-t ($er daxel) n tbaqit. Ma
Aprs cette dernire opration, retirez le
ur wwin ara urkimen-nni iquranen,
couscous et versez dans la cuvette ;
ooet-ten ad kemmlen tiwwin walit ma
vrifiez lassaisonnement du bouillon, si
mazal deg-sen aseqqi, ma wwan d$a
les lgumes secs ne sont pas encore trs
sexsit i tmes, (imiren), smiret seksu-nni
bien cuits, couvrez la marmite et laissez
(daxel) n terbut.
encore cuire.
ideg
yella
302
Annexe III Corpus 3
Suddmet
(akk)
Corpus de recettes de cuisine
urkimen-nni
Egouttez tous les lgumes cuits,
yewwan, sxelvev-ten akked seksu-nni,
mlangez-les au couscous, arrosez dun
dehnet-ten s wareg n zzit uzemmur,
filet dhuile dolive et saucez avec une
seqqit-t s (cwi) useqqi-nni, cebbet-t s
petite louche de sauce, garnir avec les
tmellalin tuftiyin.
ufs.
303
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Seksu s tjilbant d uksum uyaziv
Couscous au petits poids et au
poulet
Smiret snat n litrat n waman ($er
Dans une marmite couscous,
daxel) n tasilt, terrem-ten $ef tmes ad
versez deux litre deau, portez sur le feu
ayzagen, terrem iqquranen-nni ad wwen
et amenez bullition. Jetez les
azal n warem n dqayeq.
lgumes secs (pois cass, pois chiche) et
laissez cuire pendant 20 minutes.
Rret seksu ($er daxel) n terbut
tahrawant,
ssirdet-t,
tesquddrem-t,
Mettez le couscous dans une cuvette
teooem-t ad icuf. Mi wwan iqquranen-
large, rincez bien, gouttez et laissez
nni, rnut-asen aksum-nni uyaziv, aalim
gonfler. A mi cuisson des lgumes secs,
igezmen, zzit, tisent, ieqqaren, aman
ajoutez la sauce, les morceaux de
yuyzagen ma yella aseqqi-nni yenqes.
poulet, loignon hach, lhuile, le sel,
Smiret seksu-nni ($er daxel) n tseksut,
les pices, de leau bouillante (si la
terrem-t (s ufella) n tasilt, teooem-t ad
sauce a t rduite). Placez le haut du
ifur azal n semmus n dqayeq $ef
couscoussier rempli de couscous sur la
iraggen, kkset-t-id ($er daxel) n terbut
marmite contenant
tahrawant, ruccet-t s (cwi) n waman
bullition, laissez cuire cinq minutes.
imelen. Meqet seksu-nni s t$enoawt n
Aprs chappement de la vapeur, retirez
wes$ar, frut-t, teooem-t (kra) n dqayeq
et versez dans un plat assez large et
akken ad isew aman-nni. Dehnet-t s zzit
arrosez deau sale. Ecrasez le couscous
uzemmur, terrem-t ad ifur (tikkelt tis
laide dune cuillre en bois en
snat),
sparant les grains et laissez absorber
tekksem-t-id,
tesmirem-t
$er
terbut.
le
bouillon
en
quelques minutes. Enduisez dun filet
dhuile dolive. Remettez-les cuire
Mi
yewwa
uksum-nni
uyaziv,
une deuxime fois la vapeur. Retirez
zuzret-as (azgen) n t$enoawt n lebeq
et versez dans une cuvette.
idan, teooem-t ad irnu (cwi) n
Une fois le poulet cuit, saupoudrez
wayzag, sexsit-as. Squddret aksum-nni
avec une demi cuillre caf de basilic
uyaziv, teooem-t (di tama). Ssurget
moulu, donnez quelque bouillon et
seksu ($er daxel) n terbut n wakal,
teignez le feu. Dressez dans un plat
seqqit-t, ternum-as aksum-nni (s ufella)
creux, arrosez de sauce et disposez les
teem akken ima.
morceaux de poulet. Servez chaud.
304
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Seksu s t$eddiwt d dewwara
Couscous aux ctes de chardon
et aux tripes.
Sirdet
dewwara
deg
waman
Rincez les tripes leau froide, puis
tikkas
dcoupez en grands morceaux, trempez
rret-tt
chaque morceau dans leau chaude
(daxel) n waman iman azal n dqiqa,
pendant une minute. Retirez rapidement
kkset-tt-id tkervem-as idis-nni aberkan,
et grattez toute la partie noire qui les
iwdet-as tarda (i tikkelt tis snat) deg
recouvre puis rincez nouveau grande
waman immue$len, squddret-t teooem-
eau tide. Egouttez-les et laissez de
t (di tama).
ct.
iemmaven,
gezmet-tt
timeqqranin,
(mkul)
Cerwet
tikkest
ta$eddiwt-nni,
teooem
Effeuillez les ctes de chardon,
acriwen-nni (di tama), sirdet ta$miwin-
rservez les feuilles de cte. Dans une
nni n t$eddiwt (aas n tikkal) (daxel) n
grande cuvette, lavez les ctes de
lila, (tikkelt taneggarut) rnut-as (cwi)
chardon plusieurs reprises, la dernire
n lxel ($er daxel) n waman-nni.
leau doit tre lgrement vinaigre.
Squddret-t, tgezmem-t ooet-t azal n
Bien goutter ensuite, coupez en petits
semmus n dqayeq (daxel) n waman
tronons. Faites blanchir pendant 5
imellen, tesquddrem-t.
minutes dans une bonne quantit deau
sale filtre dans une passoire.
Rret ($er daxel) n tasilt dewwaranni, aalim igezmen, rudeyya igezmen,
Dans une marmite couscous,
zzit, tisent, ieqqaren, ifelfel aberkan,
mettez les tripes en morceaux, loignon
snat n litrat n waman teooem-t ad
hach, la carotte, coupe en ds, lhuile,
yayzag.
lemme-nni,
sel, les pices, poivre noir, mouillez
ta$miwin-nni n t$eddiwt, $ummet-t,
avec deux litres deau et amenez
taooem-t ad yeww azal n tsaet d
bullition. Ajoutez les pois chiches, les
(wezgen).
ctes de chardons dans la sauce,
Rnut-as
couvrez et laissez cuire 1 h 30.
305
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Seksu n yirden d uyaziv
Couscous dorge au poulet
Rret sin n yeftaten n weksum u$elmi
Faites tremper les morceaux de
iqquren ($er daxel) n waman azal n 60
viande sche dans leau pendant une
dqayeq akken ad sen-tekkes tisent-nni.
heure afin de les dessaler. Nettoyez et
Ddmet-d ayaziv-nni tekksem-as (akk)
videz le poulet, le faire flamber sur le
ayen yellan (daxel), zelfet-t $ef tmes.
feu pour le dbarrasser de tout le duvet
Rret-as tisent, ssirdet-t, (imir), gezmet-t
puis le frotter avec le sel, le rincer et le
d tikkas. Smiret snat n litrat n waman
couper en morceaux. Dans une marmite
isemmaven ($er daxel) n tasilt, rret-ten
couscous, versez deux litres deau
$ef tmes ad ayzagen. Rret aksum-nni
froide, mettez sur le feu et portez
u$elmi aqquran ($er daxel), iwdet tarda
bullition. Disposez lintrieur les
i yibawen-nni yebrin, (imiren), rret-ten
morceaux de viande, rincez les fves et
ad wwen akken d weksum-nni azal n
les pois chiche, couvrir et laissez cuire
ecrin dqayeq, rnut-as tikkas-nni n
pendant 20 minutes. A mi-cuisson de la
weksum uyaziv, taalimt
igezmen,
viande, ajoutez les morceaux de poulet,
ieqqaren, ifelfel aberkan, takuift n
loignon hach, les pices, poivre noir et
tisent.
une pince de sel.
emret seksu-nni $er tseksut. Rret-t
Placez le haut du couscoussier
(s ufella) n tasilt, ooet-t ad ifur azal n
rempli dorge sur la marmite. Laissez
mraw dqayeq $ef iraggen, kkset-t-id
cuire 10 minutes aprs chappement de
($er daxel) n terbut, meqet-t s t$enoawt
la vapeur, retirez et versez dans une
n wes$ar, ruccet-t s (cwi) n waman,
cuvette. Ecrasez les grains avec une
rwit-t s ifassen nwen, ooet-t azal n
cuillre
mraw semmus n dqayeq akken ad isew
progressivement deau. Mlangez les
aman-nni. Dehnet-t s zzit uzemmur,
grains la main et laissez absorber
rret-t ad ifur (tikkelt tis snat), (imiren),
environ 15 minutes. Enduisez dhuile
smiret-t (srid) ($er daxel) n terbut
dolive avant de remettre cuire, aprs
dehnet-t
une
(cwi)
zzit
uzemmur,
en
deuxime
bois.
cuisson,
Aspergez
versez
le
$ummet-t s lkettan. Kkset-d aksum-nni
couscous directement dans la cuvette.
u$elmi imelen d weksum-nni uyaziv
Lenduire dun filet dhuile dolive et
couvrir avec un torchon.
306
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
($er daxel) n tqeddut, ooet-t (di tama).
Retirez les morceaux de viande (poulet
Rnut-as (cwi) n waman iman ma yella
et viande sche), disposez-les dans un
ixu aseqqi, teooem-t ad yayzag,
plat et laissez de ct. Ajoutez de leau
tessexsim-as.
chaude si la quantit du bouillon est
insuffisante. Donnez quelques bouillons
et teignez le feu. Au moment de servir,
dressez le couscous dans un plat creux
en terre cuite, garnir de viande et
arrosez de sauce.
307
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Seksu n tasilt
Couscous tassilt
(Daxel) n tasilt, smiret krad n litrat n
Dans une grande marmite, versez
waman, rret-t (s ufella) n tmes, rret
trios litres deau. Mettez sur le feu et
(cwi
portez
cwi)
tassemt,
ieqqaren-nni,
aalim,
ifelfel
tisent,
bullition.
successivement
aberkan,
les
Mettez
pices,
sel,
la
lemme, lubyan n leqbayel, $ummet-t,
graisse, loignon hach, poivre noir, les
ooet-t ad yeww (s ufella) n tmes
pois chiche, les haricots, couvrir et
(talemmast) azal n (nnef) n tsaet.
laissez cuire sur feu modr 30 minutes.
Dans un mortier en bois, pilez
(Daxel) n umehraz n llu, ddzet
finement un oignon avec une demi-
(mli) aalim-nni akked (nnef) n
cuillre soupe dpices, laissez de
t$enoawt n ieqqaren, ooet-t (di rrif).
ct. Faites cuire deux fois le couscous
Sewwet seksu-nni (s ufella) n useqqi-
la vapeur du bouillon pendant 20
nni $ef (sin iberdan) am akken tu$em
minutes. Versez ensuite le couscous
tanumi, (imiren), smiret-t (daxel) n
dans un grand plat, crasez laide
tawant meqqren, meqet-t s t$enoawt n
dune cuillre en bois en sparant les
llu akken ad yefreq (aeqqa aeqqa),
grains.
ooet-t (di rrif), (imiren), rnut-as aalim-
minutes,
nni
(mli),
couscous, mlangez bien le tout. Mettez
(imiren), emret seksu-nni $er tseksut-
le couscous dans un couscoussier et
yettwaddzen,
sxelvet-t
pil
au
pomme de terre et le piment sec.
aqquran.
Remettez le couscous cuire une 3 me
(Imiren), rret (s ufella) seksu-nni ad
fois.
ifur i (tikkelt tis krad). Mi yewwa
Versez le couscous dans un plat
seksu-nni, smiret-t (daxel) n tawant
creux. Enlevez la graisse. Mettez au
ye$uban, rret-as di (tlemmast) izegzayudamen,
loignon
couscous. Jetez dans le bouillon la
useqqi-nni lbaaa-nni akked ifelfel
quelques
graisse. Recouvrez ensuite la surface du
tasemt, $ummet-t (s ufella). Rnut ar
yewwan
ajoutez
reposer
mettez-y au milieu un morceau de
nni, rret-as di (tlemmast) tikkest-nni n
nni
Laissez
milieu les lgumes cuits et gouttez les
rnut-as
tranches dufs, arrosez avec deux
timellalin-nni tuftiyin merqet-t s sin
louches
igelvujen n useqqi-nni, rwit (s leqel)
de
dlicatement
(kulci), smiret-t (daxel) n tawant n
sauce.
le
tout
Mlangez
et
gnreusement dhuile dolive.
talaxt, dehnet-t s zzit uzemmur.
308
arrosez
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Turbon du roi El Kadi
Tamamt n ugellid lqavi
Sifet awren ($er daxel) n terbut.
Mettez la farine tamise dans un plat
Surget ($er daxel) udi, tisent d tmellalt.
en bois. Versez au milieu le beurre
Rwit (akk) isufar-nni tmeqem-t gar
fondu avec une pince de sel et uf.
ifassen nwen alamma yu$al uwren-nni d
Mlangez le tout en frottant entre les
alegg$an. Slexset (cwi cwi) s waman
mains afin que la farine simprgne bien
arekti-nni, teggem-t (s le$eb) alamma
de la matire grasse. Mouillez peu peu
yu$al d aleqqaq. (Imiren), ferqet-t d
la pte deau tide en la travaillant
tibunyin am tmellalt, ooet-t ad yestefu
nergiquement, continuez la ptrir
10 n dqayeq.
jusqu ce quelle devienne souple.
Divisez cette pte en boules de la
grosseur dun uf. Laissez reposer 10
Zuzret awren $ef abla, (imiren),
minutes.
meslet arekti-nni d areqqaq. Gezmet-t d
tikkas azal n 25 isentimen di te$zi d 5
isentimen di tehri. fet arekti-nni s
Saupoudrez la table de travail de
yiwen ufus s idis-nni $ezzifen, gret-t
farine, talez la pte au rouleau 1
($er daxel) n zzit yeman s ufus nniven.
centimtre dpaisseur, laide dun
Ddawaret-t s tferci alamma yu$al am
couteau coupez des bandes de 25
temamt, (imiren), ooet-t ad icuf ad
centimtres de longueur et 5 centimtre
yizwi$. Squddret-t (s daxel) n tseksut
de largeur. Tenez la pte dune main,
teseddim-t di tament.
dans le sens de la longueur et la tremper
dans la friture chaude non fumante, de
lautre main, laide dune fourchette,
enroulez la pte sur elle-mme ; laissez
gonfler et cuire modr. Egouttez bien
dans un couscoussier et trempez dans du
miel fondu.
309
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
A$rum s ssker
Losanges au miel
Sifet awren d tisent ($er daxel) n
Dans un plat en bois, tamisez la
terbut. Smiret-as yiwen ugelvuj n zzit
semoule en fontaine, ajoutez-y le sel.
uzemmur yeman. Rwit-t s ifassen
Versez au centre lhuile dolive tide,
nwen. Slexset s waman, (imiren),
sablez entre les mains. Mouillez deau,
jemet-t-id d tabunyit d tameqqrant,
travaillez juste pour obtenir une pte
(imiren),
homogne et lisse ; ramassez-la en
tameqqrant. Gezmet-t d tikkas n 6
boule, aplatissez en galette sur une
isentimen di tehri, (imiren), iwdet-as
paisseur
agzam d tirbetin d timeyanin.
Dcoupez des bandes de 6 centimtres
meslet-t
taqrist
de
deux
centimtres.
de large en losanges, coupez ensuite
chaque bande en petits carrs ou
Rret zzit ($er daxel) n tawat, ooet-t
losanges.
ad d-temu, (imiren), rret tirbetin-nni
($er daxel) n zzit-nni, mi d-wwant
Faites frire les losanges dans une
kkset-tent-id ad uddument, (imiren),
grande friture chaude non fumante ;
rret-tent ($er daxel) n siru.
dorez les deux faces, gouttez-les puis
trempez-les dans le sirop tide.
Aheggi n siru : surget aman, ssker,
(nnef) n tlimet teooem-ten ad wwen
Le sirop : dans une casserole fond
azal n ecra n dqayeq. Sneqset i tmes-
pais, versez le sucre, leau, le citron.
nni teooem-t ad ikemmel azal n 20
Portez bullition pendant 10 minutes.
dqayeq akenni, kkset-t-id $ef tmes. Siru
Diminuez le feu, laissez cuire pendant
ad d-yezg neggav (cwi) mai (aas).
Ooet-t
ad
yismiv
(uqbel)
ad
20 minutes environ. Retirez du feu. Le
t-
sirop doit tre pais sans quil ne soit
tesxedmem.
trop
lourd,
lutilisation.
310
laissez
refroidir
avant
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
A$rum n wucwawen
Galette feuillete
Sifet awren ($er daxel) n terbut
Tamisez la semoule dans un grand
tameqqrant. Rwit tisent (daxel) ugelvuj
plat
n waman tesmirem-t ($er daxel).
impurets. Faites un creux au centre,
large, lui
enlever toutes
les
mettez-y le sel, diluez dans un verre
Gget-t akk terrem-as (cwi cwi) n
deau.
waman alamma yu$al urekti-nni d
alegg$an. (Imiren), bvut-t $ef tlata n
Mlangez le tout puis ajoutez peu
tbunyin.
peu de leau en travaillant au fur et
mesure la pte pour obtenir une pte
Ddmet-d yiwet gar tlata-nni n
lgre et molle. Divisez la pte en trois
tbunyin meslet-tt s ifassen nwen am
boules. Saupoudrez la table de semoule
teqqrist $ef abla isan isemsel.
moyenne. Aplatissez une des trois
boules en forme de galette avec la
Jebdet-tt s ifassen nwen s te$zi s
paume de la main. Etirez-la du bout des
tehri alamma tu$al d tareqqaqt azal n 2
doigts en longueur et en largeur sur une
imilimetren. Dehnet taqqrist-nni s zzit
paisseur de 2 mm.
uzemmur, zuzret-as isemsel, (imiren),
Arrosez
ebqet-tt ($ef reba), iwdet-as akken
la
galette
dhuile,
(snat n tikkal). Terrem-tt ad teww $ef
saupoudrez-la de semoule et pliez-la en
uvajin yeman.
quatre, refaire deux fois la mme
opration pour lui donner la forme
dune galette ronde, en veillant ce que
la pte ne souvre sur les cts. Laissez
cuire.
311
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Ti$rifin
Crpes
Rwit i$es di (nnef) n ugelvuj n
Diluez la levure dans un demi verre
waman, rnut-as tagamumt n t$enoawt n
deau avec une pointe de sucre, laissez
wui n ssker, (imiren), ooet-t deg
lever dans un endroit chaud.
umviq anda yema lal.
Dans un grand plat en terre cuite,
Siffet awren-nni d tisent di terbut.
Surget-as
i$es-nni
waman
mlangez la semoule, le sel et les passer
(ar
au tamis. Faites la fontaine, versez au
tlemmast), niwlet-t s tdikelt ufus rennut-
milieu la levure et leau. Travaillez le
as (cwi cwi) n waman alamma yu$al
tout avec la paume de la main en
urekti-nni d azuran, (imiren), smiret-t
allongeant de temps autre deau tide
teooemt-t ad yali deg wemviq yeman.
jusqu obtention dune pte veloute.
Versez dans une marmite large et
Rret avajin $ef tmes ad yemu,
laissez lever dans un endroit chaud.
dehnet-t s zzit, (imiren), ddmet-d a$enja
urekti smiret-t (di tlemmast) uvajin,
Mettez un plat en fonte sur le feu.
$ummet-t s useksut teooem-t ad yeww
Laissez bien chauffer, trempez un petit
($ef yiwen yidis) alamma teur d tixba.
morceau de tissu propre dans lhuile,
Kkset-tt-id, tessersem-tt $ef yidis-nni
enduisez la surface du plat. Prlevez
yewwan ($er daxel) uvebsi, dehnet-tt s
une louche de pte, versez-la au milieu
zzit uzemmur. Kemmlet arekti-nni (akk)
du plat en formant un rond, laissez cuire
alamma yekfa.
sur une surface, une seule face. La crpe
est cuite lorsque la surface se recouvre
de
petites
alvoles.
Retirez-la
dlicatement et arrosez avec de lhuile
dolive.
Recommencez
lopration
jusqu puisement de toute la pte.
312
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Lemsemmen
Msemmen
Di terbut, smiret awren yufafen,
surget-as ($er daxel) tisent d (cwi) n
Dans un grand plat en bois, tamisez
waman yeman, terwim-t. Gget arekti-
la semoule de ses impurets, disposez la
nni tettruccum-t s waman (cwi cwi)
semoule en fontaine, versez le sel, un
alamma yu$al d alegg$an. Dehnet
peu deau tide, mlangez le tout.
ifassen nwen s zzit txedmem arekti-nni
Ptrissez longuement en larrosant de
d tibunyin, (imiren), ooet-t ad yestefu
temps autre deau pour avoir une pte
azal n (uzgen) n ssaa.
mallable. Enduisez vos mains dun peu
dhuile
afin
que
la
pte
glisse
Rret avajin ad yemu $ef tmes
facilement. Faites des boulettes de la
iekkmen, (imiren), dehnet-t s zzit
grosseur dune mandarine, disposez-les
uzemmur.
sur une table huile et laissez reposer
Dehnet
abla
tmeslem
couvert pendant 30 minutes.
tabunyit-nni, jebdet-tt ($ef yidisan),
(imiren), $elqet-tt am tebrat terrem-tt ad
Mettez le dhajine sur le feu et
teww ($ef sin yidisan). (Imiren), ddmetam
enduisez sa surface dhuile. Prenez une
tmezwarut, (imiren), rret tabrat-nni
boule, posez-la au milieu dune table
tamezwarut i d-yewwan (di tlemmast)
huile, crasez avec les doigts puis
t$elqem-tt (i tikkelt tis snat) terrem-tt ad
donnez-lui la forme dune galette.
d-teww am tmezwarut.
Etirez-la des bouts des doigts en
Kkset-tt-id, dehnet-tt s zzit uzemmur
longueur et en largeur jusqu obtention
tkemmlem tibunyin-nni nniven alamma
dune feuille trs fine et rabattre les
ifukk urekti-nni.
cts en enveloppe. Faites cuire les
tabunyit
tis
snat.
Ldit-tt
deux faces de lenveloppe sans faire
dorer. Etalez la deuxime boule comme
la premire. Mettez lenveloppe cuite au
centre et repliez comme auparavant.
Aspergez dun filet dhuile dolive et
faites les cuire au fur et mesure
jusqu puisement de toutes les boules.
313
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Tibulin (lesfeno)
Beignets
Rret i$es d tkuffi n ssker ($er daxel)
Mettez la levure dans un verre deau
ugelvuj, ooet-t ad yali deg tama anda
avec une pince de sucre, laissez lever
yema lal. Siffet awren ($er daxel) n
dans un endroit chaud de ct. Tamisez
terbut. Rret-as ($er tlemmast) i$es-nni,
la semoule dans un grand plat, faites un
tisent, d anuo xelvet-t (akken) iwata.
creux, versez au milieu le sel, la levure
(Imiren), slexset-t s waman (akken)
et le sanoudj, mlangez bien le tout.
iwata, ddmet-d arekti-nni d tabunit ooet-
Ajoutez de leau tide pour bien
t ad yestefu (kra) n dqayeq. (Imiren),
mouiller, ramassez la pte en boule et
ddmet-t-id teggem-t s tdikelt ifassen
laissez
nwen azal n ecrin dqayeq. Kemmlet
Reprenez la pte, ptrissez avec les
uggu (di lweqt $er wayev) rnut-as (cwi)
paumes des mains pendant 20 minutes.
n waman.
Continuez ptrir et aspergez de de
reposer
quelques
minutes.
temps autre la pte avec de leau en la
Refdet-t-id tettemsalem-t s ifassen
soulevant avec les deux mains, puis
nwen (aas) n tikkal alamma yu$al d
rabattez-la dans un plat. Recommencez
alegga$
plusieurs reprises jusqu ce quelle
yettnejbad.
Slexset
tasilt
tameqqrant, rret-tt (daxel) ad tali azal n
devienne trs molle et lastique.
ssaa d (wezgen) deg umkan anda
Mouillez une grande marmite, glissez la
yema lal (cwi). mut zzit (daxel) n
pte, couvrez avec un linge propre et
tawat hrawen. Dehnet ifassen nwen
laissez lever pendant une heure et demi
teddmem-d yiwet n tbunit tamecut,
une temprature ambiante. Faites
jebdet-tt s ivudan nwen alamma tu$al
chauffer lhuile dans une pole large.
am teqqrist. Rret-tt (daxel) n tawat,
Huilez les doigts et prenez une petite
ttruccut-tt s zzit s t$enoawt n wes$ar
boule de pte. Bien ltirer entre les
alamma tewwa-d ($ef sin yidisan),
doigts.
kkset-tt-id ad tuddum (daxel) n tseksut.
doucement dans la
Akenni kan alamma yekfa (akk) urekti-
dhuile chaude laide dune cuillre en
nni.
bois, dorez les deux cts, retirez et
gouttez
Formez
dans
un
un
rond.
Glissez
pole, arrosez
couscoussier.
Procdez de la mme manire jusqu
puisement de la pte.
314
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Lesfeno s texsayt tazegga$t
Sqecret
zerria-nni,
taxsayt
Beignets la courge
tekksem-as-d
gezmet-tt
Epluchez la corge. Retirez les
graines et la partie fibreuse. Coupez la
tikkas
tezzuzrem-as tisent, rret-tt ad ifur. Mi
pulpe
en
petits
morceaux,
salez
yewwa, ooet-t ad iqudder, ad yismid,
lgrement. Faites cuire la vapeur.
(imiren), sedit-t di tessirt.
Une fois que les morceaux de la courge
sont cuits, les goutter et passer au
mixeur, dfaut, un moulin lgumes.
Di terbut tameqqrant, smiret tarkectnni n texsayt, rnut-as i$es yulin, tisent,
Dans un grand saladier, versez la
rwit-t (s le$eb) s t$enoawt n wes$ar,
n
pure de la courge, ajoutez une cuillre
am
soupe de levure sche dlaye dans un
urekti n lesfeno, (imiren), ooet-t ad yali
peu deau avec une pince de sucre, une
deg umkan anda yema lal. Slexset
pince de sel, travaillez le tout avec une
(cwi cwi) s waman arekti-nni, teggem-
cuillre
t (s le$eb) alamma yu$al d aleqqaq.
progressivement la farine. Mlangez
(Imiren), ferqet-t d tibunyin am tmellalt,
vigoureusement pour obtenir une pte
ooet-t ad yestefu 10 dqayeq. Zuzret
beignets. Laissez lever pendant une
awren $ef abla, (imiren), meslet arekti-
heure
nni d areqqaq, tessewem-t.
Incorporez progressivement de leau
(imiren),
wewren
rennut-as
(cwi
cwi)
alamma teffe$-awen-d
en
bois
en
temprature
incorporant
ambiante.
la pte en la travaillant rapidement de
sorte obtenir une pte tendre. Coupez
la pte en petites boules de la taille dun
uf et laissez reposer 10 minutes.
Huilez les doigts et prenez une boule de
pte, bien ltirer entre les doigts,
formez un rond fin. Glissez dans le
pole et faites cuire toutes les boules.
315
Annexe III Corpus 3
Corpus de recettes de cuisine
Angul n tziri
Gteau de lune
Smiret ($er daxel) n terbut awren-
Versez la farine dans un grans
nni, tekuift n tisent, i$es, aman n zzher,
saladier, ajoutez une pince de sel, de
rwit-t. Rre-as timellalin (yiwet yiwet),
levure et deau de fleur doranger,
teggem-t alamma arekti-nni ur ineev
mlangez le tout. Incorporez les ufs
ara deg ifassen.
un un. Ptrissez de faon obtenir une
pte qui se dcolle des doigts.
Zuzret awren $ef abla-nni i$ef ara
txedmem, (imiren), meslet-t alamma
Sur un plan de travail farin, talez
yewwev azal n (uzgen) usentim di
la
tuzert. (Imiren), gezmet-t s yimi-nni
dpaisseur laide dun emporte-pice,
ugelvuj
dtaillez des cercles de pte en forme de
alamma
tessuff$em-tent-id
(akk) di tal$a am tziri.
pte
sur
un
demi
centimtre
petites lunes.
mut zzit, rret ungulen-nni ($er
Faits chauffer lhuile, plongez les
daxel) ooet-ten ad wwen dqiqa i (mkul)
petites lunes dans le bain de friture, les
idis. Mi tewwa kkes-iten-id ad uddumen
cuire une minute de chaque ct, les
(daxel) n tseksut. Ooet-ten ad ismiven
retourner avec un cumoire. Poursuivez
(cwi),
la cuisson et les goutter dans un
(imiren),
zuzret-asen
ssker
alegg$an.
couscoussier. Laissez tidir et les
saupoudrer de sucre glace.
316
Table des matires
Table des matires
Introduction...01
PARTIE I :
Partie thorique
Chapitre premier :
Support thorique
I.1. Les procdures et les critres de catgorisation 09
I.1.1. Critres htrognes de rfrence.10
I.1.2. Critres majoritairement communs et distinctifs..11
I.1.3. Critres hirarchiques ..12
I.1.4. Critres en exclusion mutuelle .....13
I.1.5. Particularit instables et transferts de classes ..............14
I.2. Les tentatives de classification en berbre ................15
I.2.1. Classification de Bentolila F.....15
I.2.2. Classification de Chaker S................16
I.3. Cadre thorique......17
Chapitre deuxime : Etat de la recherche dans le domaine berbre
II. Etat de la recherche dans le domaine berbre ....20
II.1. Ladjectif (qualification) ...............20
II.1.1. Laoust E. (1931) ................21
II.1.2. Renisio A. (1932) ...22
II.1.3. Laoust E. (1936).................22
II.1.4. Lanfry J. (1968) .................23
II.1.5. Penchoen T.G. (1973) ....24
II.1.6. Prasse K.G. (1973) .................25
II.1.7. Chaker S. (1983).26
II.1.8. Kossmann M.G. (1997) .....28
II.1.9. Taifi M. (2002) ..28
II.1.10. Taine Cheikh K. (2003) ...31
Table des matires
II.2. Ladverbe (autonome) ...............32
II.2.1. Basset A. (1952) ....34
II.2.2. Lanfry J. (1968) .34
II.2.3. Penchoen T.G. (1973) 35
II.2.4. Bentolila F. (1981) .37
II.2.5. Chaker S. (1983) 38
II.2.6. Galand L. (2002) ....40
PARTIE II : Reconstitution formelle
Chapitre premier : Reconstitution formelle des adjectifs
I. reconstitution formelle des adjectifs.45
I.1. Les procdures de formation des adjectifs en berbre.....45
I.1.1. La drivation...................................45
I.1.1.1. La drivation expressive............................45
I.1.1.2. La drivation grammaticale...49
I.[Link]. La drivation base verbale.50
I.[Link]. La drivation base nominale..............................58
I.1.2. Les locutions adjectivales.......................................................60
I.1.3. Les adjectifs dorigine trangre....................................................63
I.1.3.1. Lemprunt dadjectifs (emprunt directe)...63
I.1.3.2. Les adjectifs drivs demprunts (emprunt indirecte)...................64
I.1.4. Les adjectifs proprement dits......................................64
I.1.5. Tableau rcapitulatif des pourcentages.......................................................65
I.2. Les nuances smantiques des schmes adjectivaux....69
I.2.1. Drivation expressive.........................69
I.2.2. Drivation grammaticale70
Chapitre deuxime : Reconstitution formelle des adverbes
II. Reconstitution formelle des adverbes.74
II.1. Les autonomes temporels...76
II.1.1. Les autonomes temporels syntagmes80
Table des matires
II.1.1.1. Nom de priode cyclique + dterminant..81
II.1.1.2. Adverbe + nom de priode cyclique.82
II.1.1.3. Prposition + nom de priode cyclique82
II.1.2. Les autonomes temporels synthmes ...82
II.1.2.1. Les autonomes temporels synthmes par composition83
II.[Link]. Le ddoublement dadverbes..83
II.[Link]. La composition dadverbes 84
II.1.2.2. Les autonomes temporels synthmes par drivation ...86
II.1.2.3. Autres constructions des autonomes temporels synthmes..88
II.1.3. Les autonomes temporels mono monmatiques ...88
II.1.3.1. Les noms de priodes cycliques...89
II.1.3.2. Les adverbes temporels mono monmatiques..89
II.2. Les autonomes de manire 90
II.2.1. Les autonomes de manire syntagmes .92
II.2.2. Les autonomes de manire synthmes .94
II.2.2.1. La drivation base verbale.94
II.2.2.2. La drivation base nominale .95
II.2.2.3. La drivation base adverbiale ...96
II.2.3. Les autonomes de manire mono monmatiques .96
II.3. Les autonomes locatifs...97
II.3.1. Les autonomes locatifs synthmes ...99
II.3.1.1. Autonomes synthmes incluant un adverbe 99
II.3.1.2. Autonomes synthmes incluant un interrogatif .100
II.3.1.3. Prposition + dictique ..100
II.3.2. Les autonomes locatifs mono monmatiques .101
II.3.3. Les autonomes locatifs syntagmes..101
II.4. Les autonomes quantitatifs ..102
II.4.1. Les autonomes quantitatifs mono monmatiques ..104
II.4.2. Les autonomes quantitatifs synthmes ...104
II.4.2.1. La composition dadverbes ...104
Table des matires
II.4.2.2. Le ddoublement dadverbes 106
II.5. Tableaux rcapitulatifs ....106
Conclusion .......108
PARTIE III. : Contextes et limites des chevauchements inter catgoriels
Chapitre premier :
Contextes et limites des chevauchements :
adjectifs substantifs.
I.1. Quest ce quun adjectif ? Identification de ladjectif en berbre.114
I.1.1. Constructions de ladjectif : y a-t-il un attribut en berbre ?...........................114
I.1.2. Position et autonomie de ladjectif....118
I.1.3. La dtermination et les dterminants des adjectifs.119
I.1.4. La ngation et les adjectifs..120
I.1.5. Adjectifs noms participes......120
I.2. Contextes et limites des chevauchements : adjectifs substantifs .....124
I.2.1. Les adjectifs primaires.128
I.2.2. Substantifs en fonction dadjectif129
I.2.2.1. Les noms dagent et de patient..129
I.2.2.2. Les noms de mtiers et les qualifiants mtaphoriques..131
I.2.3. Adjectifs en fonctions nominales133
I.2.3.1. Les contextes dapparition des adjectifs dans des
fonctions nominales.....133
I.[Link]. Regroupement de la qualification avec un qualifi
antrieurement voqu...133
I.[Link]. Les adjectifs construits avec bu + nom .134
I.[Link]. Les adjectifs dont le qualifi est probable...135
I.[Link]. Contextes particuliers de figements135
I.2.3.2. Les fonctions nominales assures par les adjectifs136
Table des matires
Chapitre deuxime :
Contextes et limites des chevauchements :
Adverbes noms fonctionnels.
II.1. Quest ce quun adverbe ? Identification de ladverbe en berbre...138
II.1.1. Constructions des autonomes....138
II.1.2. Position et autonomie des autonomes...141
II.1.3. La dtermination et les dterminants des autonomes....143
II.1.4. La ngation et les autonomes.145
II.1.5. Autonomes noms, autonomes fonctionnels......146
II.2. Contextes et limites des chevauchements : autonomes noms fonctionnels.....148
II.2.1. Les autonomes primaires ..152
II.2.2. Substantifs / syntagmes en fonction dautonome..155
II.2.2.1. Les substantifs..156
II.2.2.2. Les syntagmes et autres lexmes..159
II.2.3. Les fonctions secondaires des autonomes......160
II.2.3.1. Les contextes dapparition des autonomes dans des fonctions
nominales.161
II.[Link]. Les autonomes quantitatifs.161
II.[Link]. Quelques autonomes temporels et les autonomes locatifs
incluant des prpositions...162
II.2.3.2. Les fonctions nominales assures par les autonomes..162
II.2.3.3. Les contextes dapparition des autonomes dans des fonctions
grammaticales......163
II.[Link]. Autonomes fonctionnels prpositionnels...163
II.[Link]. Autonomes fonctionnels propositionnels...165
Conclusion.166
Conclusion gnrale.168
Bibliographie174
Table des matires
Annexes
Annexe I :
Rsum en Kabyle...183
Annexe II : Inventaires et classements
Corpus 1 : Inventaire des adjectifs (Classement selon les schmes)...192
Corpus 2 : Classement des adjectifs selon les thmes.222
Corpus 3 : Classement smantique des adjectifs 227
Corpus 4 : Inventaire des adverbes (Classement smantique)243
Annexe III : Textes, proverbes et devinettes
Corpus 1 : Les devinettes ...255
Corpus 2 : Les proverbes et les dictons ..268
Corpus 3 : Les recettes de cuisine...288
Table des matires...317