Colmatage
Colmatage
Prsente
Alain GRASMICK
Rapporteur
Rapporteur
Olivier LORAIN
Examinateur
Alain LINE
Examinateur
Chris BUCKLEY
Invit
Corinne CABASSUD
Directrice
Christelle GUIGUI
Co-Directrice
Remerciements
Remerciements
Ici commencent les remerciements qui vont tenter de rsumer en quelques lignes pages ces trois
annes de thse et toutes les rencontres quelle a apportes.
Je tiens tout dabord remercier les personnes qui mont permis de raliser ce travail et qui lont
encadr. Merci Corinne de mavoir propos cette thse dans le cadre dun projet europen, me
rendant acteur de cette contribution internationale et crant ainsi de nombreuses rencontres lors de
multiples voyages : Montpellier, Trondheim, Berlin, Saint-tienne pour terminer Toulouse, et
maintenant Durban. Merci Christelle : tu mas accompagn durant cette traverse mouvemente et
seme dembches. Merci pour ta disponibilit et les discussions qui mont aid garder le cap.
Je remercie les membres du jury qui ont accept de juger le travail crit et qui mont fait part de
leurs remarques constructives, les Professeurs Jaap VAN DER GRAAF et Alain GRASMICK qui ont
rapport ce travail. Merci galement Alain LIN davoir accept de prsider le jury et davoir laiss
constamment sa porte ouverte mes questions. Les discussions taient trs enrichissantes et je vous
remercie personnellement et chaleureusement pour le temps, lattention et lintrt que vous avez
port mes travaux de recherche ; merci pour vos encouragements. Merci Olivier LORAIN,
responsable du secteur R&D chez Polymem, pour nos discussions et un stimulant travail de
collaboration. Un grand merci Chris BUCKLEY, directeur du Pollution Research Group Durban en
Afrique du Sud. Thank you very much Chris for having accepted to examine my work as a jury
member of my PhD defence. Your presence was an honour and symbolised the strength of the link
between Durban and Toulouse that will be reinforced from April 2009 with the post-doctoral position
opportunity you have offered me. Cheers.
Jai eu la chance de rencontrer chacun des membres du jury auparavant, dans le cadre du travail
ou autour dune bire, voire plusieurs pour certains dentre eux, en anglais et en franais, et ce fut un
rel plaisir de conclure ces trois ans par les discussions passionnes et passionnantes que nous
avons pu avoir tous ensemble.
Je tiens galement remercier lensemble des partenaires du projet europen EUROMBRA et
particulirement Torove LEIKNES, coordinateur de cette belle aventure. Je salue au passage les
nombreux doctorants de moult nationalits que jai croiss et avec qui jai pass dagrables
moments : LNA, Black, Evelyne, Steffen, Bart, Gudrun, Nicolas, Teresa, Igor et bien dautres.
Je remercie tous les professeurs et les matres de confrences du laboratoire. Je nai pas travaill
avec vous tous directement mais certains ont pu maider dune manire ou dune autre, et jai avec
dautres simplement partag des moments de dtente apprciables autour dun caf th. Merci
Philippe Bellan pour les enseignements de TD partags. Merci Michel ROUSTAN de mavoir
accord du temps et de stre pench sur mes travaux avec intrt. Merci Gilles pour le Run&Bike
(la prochaine, cest la bonne ;-) et Arnaud pour ces magnifiques vires pyrnennes en ski de fond.
ce niveau jaimerais galement avoir un petit mot pour les tudiants et stagiaires qui mont aid faire
avancer ce travail. Merci donc aux tudiants de TPIR, Yannick, et un big up Sam, pour tre venu
chercher le caca avec moi, nhsitant pas foutre les deux mains dans la merde ( en haut de la
colline ), un beau travail de collaboration et une trs bonne entente scelle en chor, debouts sur
le zinc du Borriquito Loco. Je remercie Sarah, qui a travaill avec Sam. Merci Sarah pour ta
persvrance, tout le travail abattu et ton speed, parfois un peu trop rapide pour moi
pour
ce kebab St-Mich qui a cltur en beaut nos manips au labo. La chanson liminaire de Jeanne
Cherhal rsume bien toutes ces vires la station dpuration. Elle est spcialement ddicace
vous deux, Sam&Sarah, la sludge team.
Un grand merci tout le personnel administratif et technique du laboratoire sans qui nos travaux
niraient pas bien loin. Merci en particulier Bernardo pour le travail effectu sur le pilote et le
dpannage au quotidien. Merci galement Evrard qui a toujours accept de filer un coup de main.
Je salue galement Christophe, rencontr de nombreuses fois latelier. Merci aussi Dominique
Remerciements
Auban Tlphone et Louis, toujours prt discuter, posment et calmement, avec un jeu de mots
laids pour ponctuer chaque phrase.
Merci Nathalie pour ton sourire et ta bonne humeur, et pour ces nombreux repas partags au
RU discuter de tout et de rien, cuisine, peinture, potager, mais surtout pas de boulot, et pour les
afters la Kfet autour des mots-flchs du 20 minutes. Merci aussi Danile qui ma bien aid pour
toute la paperasse administrative et Ccile qui a su prendre la relve et grer tout ce quimplique
une soutenance de thse. Je remercie ici galement Christelle, et un grand merci Clarisse, pour ta
gentillesse et ton sourire.
Je remercie toutes les personnes qui se sont succdes dans le bureau B4. On a russi faire
rgner sans relche une bonne ambiance durant ces 3 annes : merci PJ, qui ma trs vite montr
quon pouvait finir sa thse avec calme et srnit, au moins en apparence, merci Djoule pour les
nombreuses gaffes, blagues et conneries que tu as pu dire ou faire et pour cette bouteille partage au
Pre Louis. Un NORME MERCI miss Breizh, Marlnick alias Marie Ingalls, qui ma guid vers ce
bureau ds le premier jour, avec qui jai immdiatement sympathis, qui ma ensuite invit chez elle
boire des ths ou des bires, selon lheure et les jours. Une formidable amiti sest tisse et nest pas
prs de sbranler. Pour preuve, Marlne a accept de faire cuire des tartes au maroilles chez elle,
embaumant ses murs plusieurs jours durant comme en Thirache, cest dire ! Et il y a aussi Gnther
le chasseur, mmorable non-foutiste ronchon devant la tl, afficionado de la pomme et delectronic
music, discret mais toujours prsent. Thx.
Ce fut mon premier bureau, puis je suis rest l et est arriv le deuxime tryo ( Ce matin, un
lapin ). Le B4 power : les quizz musicaux, les vieux jeux de mots, les crasses sur les ordis, le
repas de bureau. Je souhaite la bienvenue Jrmy dans ce nouvel univers. Merci JP pour les
discussions, lentraide et les nombreuses activits sportives partages. Chatkaew pour ta
gentillesse, ton sourire, tous ces mots en thalandais que tu nous as appris, plus ou moins oss
( 55555). Un grand merci Tony&Laeti, anciens voisins dappart et compres des jeux
endiabls du dimanche. Merchi Tony de mavoir emmen tous les matins en covoiturage, pour les
dlires partags autant que pour les moments srieux, tu restes entier dans les deux. Clin dil la
vido quon a faite pour Julien et ton super montage. Merci pour celle que tu as ralise pour moi,
cest un norme cadeau conserver et revisionner. Jen profite ici pour remercier tous les acteurs
de la tl chti sans pub : Chest pas chorchier, si ztes nin delrgion, inquito vous nin min
garchons, vous s'ro bin accueilli, ch'a ch'est parole de ch'ti, vous parlro comme nous autres, fais gaffe
t'giffe tisaute. Vous savez judicieusement conjuguer le verbe dconner.
Un grand merci tous les doctorants, post-docs, ater du labo, actuels et anciens. Vous formez
une quipe soude sur qui on peut compter, tous prts sentraider pour le boulot et tout aussi
partants pour aller boire un pot. Vous rendez le cadre du boulot trs agrable.
Merci Matthieu, ma locomotive du Run&Bike, grimpeur et VTTiste hors-pair. Jean-Benot, merci
beaucoup, jai suivi tes traces seulement 3 mois dcart et ce fut un plaisir de partager science et
dtente, sport et fiesta. Merci pour ton accompagnement sur la dernire ligne droite. On se connat
depuis un paquet de temps, on a fait les mecs Montpellier, les grimpeurs arigeois, les skieurs de
lAlpes-dHu bref, thanks. Merci Laurence et Syrine -
pour les mots darabe crits - pour
votre gentillesse et vos sourires.
Zahia pour ta gentillesse, ton calme et ton rire. Merci pour
les cours darabe dont je retiendrai cette belle phrase qui nous dfinit :
Merci Adil, Damien et Zhu, qui ont toujours accept de discuter et qui mont beaucoup aid pour
ltude de la bulle, et qui veillent sur le labo une grande partie de la soire. Un coucou au passage au
gersois landais Vincentime et ses blagues qui nen valent pas plus.
Dans le grand bureau du fond, une foultitude de gens se sont croiss. Merci Sam lenfant du
soleil. Merci Laurette pour les dlires passs, de lArige aux meilleurs troquets bruxellois, ta culture
Remerciements
musicale ingalable, ton sourire, et les bonnes bires partages Toulouse, Berlin ou Lille, et
maintenant Bruxelles (meilleur choix pour ce doux breuvage). Merci Anglique, la plus grande
descendeuse de bire jamais rencontre, qui a aussi choisie de sexiler en Gelbique (trs bon choix
itou) et on ne se demande pas pourquoi. Merci Mint, YanPing, Mallorie, Florian. Maelle, merci pour
ta bonne humeur et ton entrain, les sances de piscine et les trs bons moments de rigolade et la
prochaine fois, fais attention en monocycle. Merci au grand clown Seb, tes chants rythms dans le
hall, tes acrobaties et les dlires que tu nous fais partager. Merci Cha-Cha pour ton sourire, les
discussions hydrodynamistiques et les escapades escalade et squash. Romuald, merci bonhomme
pour ton calme et ta znitude, et l encore plein de grands moments sportifs partags : piscine - avec
au passage un merci Sophie -, escalade, roller, squash, jogging Pat, pour tout ce que
tu nous as appris, donn, pour tout ce quon a partag, en franais ou en thalandais.
Vee pour toutes ces escapades passes discuter et rigoler, garde ton joli sourire.
On passe au btiment GPE, merci Super chinois, Sergio, Irene, Ahlem, Angela, Seb et de lautre
ct, merci Julien et Romain. Merci Yoyo les bons tuyaux, pour les quizz, les tranches de rire au hall
ainsi que pour tes aides et conseils multiples, toujours prte dgainer La solution pour dpanner. Je
remercie chaleureusement Dr Derlon, sportif, srieux et dconneur toute heure, toujours de bon
conseil, surtout pour la culture des graines germes. Un grand merci Geoffroy, devenu Pouff le
cascadeur, pour les merveilleuses fiestas tant au salon dhiver quau salon dt, autour dun feu avec
de la bonne musique et un verre la main, pour ta gentillesse et ta dconnade. Tu as fait de moi
lhomme qui tombe pic et lhomme de fer. Sans rancune mec, reste un freedom fighter.
Changeons de sphre, changeons dunivers. Merci Mick&Manu, le couple insparable de M&Ms
qui jouent les touristes devant la tour Eiffel. Je me souviendrai entre autres de la superbe vire en
VW T3 jusqu Cadaqus, de cette escapade VTT arigeoise - attention, archives audio et vido ardue, pentue et pleine de boue, des apros&repas chez lun chez lautre. Chouff et Boulan, merci
pour le piquetage des murs et la bonne ambiance rconfortante quon peut trouver chez vous,
accouds la chupiteria. Merci Shamok pour les wiches, wiches, wiches, wiches le midi la fac,
lescalade et les bons dlires et merci ma fufurufa, le plus grand danseur de salsa que je connaisse.
On rmonte un chtio peu plus au nord, la bise JB the frue Lyon, et on arrive Paris, salutations et
remerciements Phiphon&Wafa, Gainsbourg, Guys, miniMiss, Marc, Pupuce. Puis TGV gare du Nord
Lille Flandres. Merci Benouze&Flore, Carlouze&Amlie, Jibouze, Quentinou, Flo, Aurely,
Zbigniew&Anna, grand Nico&Agns, pour garder cette convivialit et ces bons moments partags
ensemble chaque fois que jremonte dinchnord, merchi bin tertous. En prenant lavion, on passe
ers
par Albufeira (PT) chez Joo et Basel (CH) chez Jrg : merci mes deux 1 colocs pour ces soires
arroses, filmes, dguises, danses. Jai normment apprci lanne passe ensemble, entre la
Plude, Woodstock et Bagdad caf. Restez vous-mmes, jvous adore.
Un remerciement du fond du cur toute ma famille, du Nord au Sud, mes grands-parents,
ma belle-famille et beau-Papi, cathare au cur dor. Azas est lendroit rv pour passer un dimanche
au calme et au vert comme la maison 2 pas de Tolosa, aller ramasser des champignons, arroser
les pieds de courge et jouer au Mllky avec le fabricant attitr.
Un merci plein damour au club des 5, au ti cocon familial : Papa, Maman, Greg et Anne. Sans
oublier les pices rapportes que jembrasse : Marie et un gros bcot Dr Tom-Tom, puis les
crations-maison : un bisou tout doux ma tit nice Solne.
Mon dernier MERCI revient lodie. Merci pour cette aventure deux sur cette belle plante,
pour tout lamour quon partage et pour cette superbe vie tes cts.
Chanson liminaire
Productions scientifiques
Productions scientifiques
Confrences
Communications orales
S. Pollet, C. Guigui et C. Cabassud (2007). Fouling and its reversibility in relation with flow
properties, and module design in aerated hollow fibres modules for membrane bioreactors.
International Water Association (IWA) Conference Harrogate (Royaume-Uni), Membranes for water
and wastewater treatment.
S. Pollet, C. Guigui et C. Cabassud (2007). Conception de modules dultrafiltration fibreux
me
congrs de la socit
franaise du Gnie des Procds Saint-tienne (France). Des rponses industrielles pour une
socit en mutation.
S. Pollet, C. Guigui et C. Cabassud (2009). Influence of aeration on fouling with supernatant
filtration in membrane bioreactors. International Water Institute of Southern Africa Membrane
Technology Conference au Cap (Afrique du Sud).
S. Pollet, B. Teychene, S. Khirani, M. Sperandio, C. Guigui et C. Cabassud (2009). New advances
in MBR aeration and fouling control. Final MBR-network Workshop Berlin (Allemagne).
properties, and module design in aerated hollow fibres modules for membrane bioreactors. 2
IWA
National Young Water Professionals Conference Berlin (Allemagne), Membrane technologies for
wastewater treatment and reuse.
S. Pollet, C. Guigui et C. Cabassud (2008). tude hydrodynamique de lcoulement gaz-liquide au
mes
journes
Productions scientifiques
Remerciements .....................................................................................3
Productions scientifiques .................................................................. 11
Table des matires.............................................................................. 17
Nomenclature ...................................................................................... 29
Introduction ......................................................................................... 37
Chapitre I
tude
bibliographique
sur
laration
dans
les
bioracteurs membranes................................................................. 45
I.1 Les bioracteurs membranes : contexte et principe........................................................... 48
I.1.1 Contexte des bioracteurs membranes............................................................................. 48
I.1.1.1 Avantages du procd .................................................................................................. 49
I.1.1.2 Inconvnients du procd ............................................................................................. 50
I.1.2 Configurations des bioracteurs membranes.................................................................... 50
I.1.3 Gomtrie des modules fibres creuses ................................................................................ 52
I.2 Caractrisation de lhydrodynamique gaz/liquide dans les procds membranaires avec
aration ............................................................................................................................................ 53
I.2.1 Diffrents paramtres utiliss pour dfinir laration ............................................................ 53
I.2.2 coulements diphasique gaz-liquide dans des milieux confins.......................................... 56
I.2.3 Influence du dbit dair sur les caractristiques des bulles .................................................. 57
I.2.3.1 Taille des bulles et coulements induits par la prsence du gaz.................................. 57
I.2.3.2 Vitesses dascension des bulles.................................................................................... 59
I.2.4 Mcanismes physiques lis linjection dair ....................................................................... 60
I.2.4.1 Turbulence dans la phase liquide.................................................................................. 60
I.2.4.2 Contraintes la surface des membranes ..................................................................... 61
I.2.5 tude du mouvement des fibres induit par laration ........................................................... 63
I.3 Le colmatage dans les bioracteurs membranes................................................................ 64
I.3.1 Les mcanismes mis en jeu dans le colmatage ................................................................... 64
I.3.1.1 Ladsorption ................................................................................................................... 65
III.4.1.1 Analyses de DTS dans le module 1MS, sans aration, soit pour Ugs = 0 m.s ........ 207
-1
III.4.1.2 Analyses de DTS dans le module 1MS, avec aration, soit pour Ugs 0.038 m.s . 208
III.4.2 Analyse de DTS des modules membranaires .................................................................. 211
-1
III.4.4.1 Influence de la prsence des fibres sur le mlange, sans air Ugs = 0 m.s ........... 216
-1
III.4.4.2 Influence de la prsence des fibres sur le mlange, avec air Ugs 0.038 m.s .... 216
III.4.5 Influence de la position et de la densit des fibres sur le mlange .................................. 216
III.4.5.1 Influence de la position des fibres sur le mlange, sans air et avec air.................... 216
III.4.5.2 Influence de la densit des fibres dans le module sur le mlange, sans et avec air 217
III.5 Conclusions sur la caractrisation hydrodynamique ........................................................ 220
Nomenclature
Nomenclature
Lettres latines
Symbole
Descriptif
Unit
Dimension
Am
g.L
C0
C0, C0
-1
M.L
g.L
-1
M.L
C(t)
g.L
M.L
dbulle
Dc
diamtre du carter
de
Df
Dfibres
dH
diamtre hydraulique
dp
Eair
consommation nergtique
spcifique laration
kWh.m
E(t)
E()
Edissipe/V
W.m
Em
nm
Ex
nm
F()
constante de gravitation
m.s
hauteur
Hc
he
hs
flux local
-1
-3
-3
-1
-3
-3
-1
-1
M.L .T
T
-2
-1
-3
-2
L.h .m
-1
M.L .T
L.T
-3
-2
L
-2
L.T
-1
31
Nomenclature
32
Jav
L.h .m
-1
-2
L.T
-1
Jc
flux critique
L.h .m
-1
-2
L.T
-1
Jp net
L.h .m
-1
-2
L.T
-1
Jp
flux de permat
L.h .m
-1
-2
L.T
-1
largeur
longueur
Lc
Lfibre
m
-1
-2
Lp
permabilit
L.h .m .bar
Lutile
-1
-1
L .T.M
L
-1
-3
MES
matires en suspension
g.L
M.L
nfibres
nombre de fibres
Patm
pression atmosphrique
bar
L .M.T
PDc
-1
Pe
bar
Pm
primtre mouill
-1
L .M.T
L
-2
-1
-2
-1
-2
pression ct permat
bar
L .M.T
Ps
bar
L .M.T
PTM
pression transmembranaire
bar
L .M.T
Qg
dbit de gaz
Nm .h
Qg net
Nm .h
Ql
dbit de liquide
Nm .h
Qla
Nm .h
Qla
Nm .h
Qp
dbit de permat
Nm .h
Rc
rsistance de colmatage
-1
Rm
rsistance membranaire
-1
Sa
SADm
Nm .h .m
SADp
Nm .m
Sbase
Sc
Sentre
Sf
Sfibres
Sg
Slibre
-1
L .T
-1
-1
L .T
-1
-1
L .T
-1
-1
L .T
-1
-1
L .T
-1
-1
L .T
-1
-1
-1
2
-1
-2
-1
Pp
-2
-3
-2
L.T
-1
2
2
2
2
2
2
2
Nomenclature
Sl f
Sm
surface mouille
temps
tcrit
temps critique
TRc
m .m
-2
vitesse du fluide
m.s
-1
L.T
-1
Ubulle
m.s
-1
L.T
-1
Ugs
m.s
-1
L.T
-1
Ul
vitesse du liquide
m.s
-1
L.T
-1
Ula
m.s
-1
L.T
-1
Ul base
m.s
-1
L.T
-1
Uld
m.s
-1
L.T
-1
Ul entre
m.s
-1
L.T
-1
Ul ft vide
m.s
-1
L.T
-1
Uls
m.s
-1
L.T
-1
Um
vitesse du mlange
m.s
-1
L.T
-1
Urel
m.s
-1
L.T
-1
Utrans
m.s
-1
L.T
-1
UT
m.s
-1
L.T
-1
volume filtr
Vb
mL
Vc
volume du carter
Vfibres
Vg
Vl
Vlibre
volume libre
VT
mL
V0
mL
Ze
Zs
3
3
3
3
3
3
3
3
3
Lettres grecques
[Link]
L.M
rtention gazeuse
rtention liquide
trans
-1
-1
33
Nomenclature
Pa.s
L .M.T
kg.m
-3
M.L
kg.m
-3
M.L
N.m
-1
L .M .T
variance rduite
-3
-1
variance
temps adimensionnalis
Bo
nombre de Bond
Eo
nombre dEtvs
Mo
nombre de Morton
Re
nombre de Reynolds
Re avec fibres
Re base
Re entre
Re ft vide
Rebulle
Rem
Abrviations
Symbole
Descriptif
BA
boue active
BAM
bioracteur membranes
BAMI
CFD
COD
COT
DTS
EPS
exopolymres
HPLC-SEC
MEB
-1
-3
2t
Nombres adimensionnels
34
-1
-2
Nomenclature
MES
matires en suspension
PEG
polythylne glycol
PES
polyethersulfone
PN
protines
PMS
PS
polysulfone
PVDF
polyfluorure de vinylidne
RP
racteur piston
RPA
TSB
UF
ultrafiltration
UV
signal ultraviolet
1SS: module contenant 1 faisceau de petit diamtre (S) avec des fibres de petit diamtre (S)
1MS: module contenant 1 faisceau de diamtre moyen (M) avec des fibres de petit diamtre (S)
3MS: module contenant 3 faisceaux de diamtre moyen (M) avec des fibres de petit diamtre (S)
1LS: module contenant 1 faisceau de grand diamtre (L) avec des fibres de petit diamtre (S)
1LL: module contenant 1 faisceau de grand diamtre (L) avec des fibres de grand diamtre (L)
Vide: module la gomtrie identique aux modules prcdents mais ne contenant aucune fibre
(utilis pour la caractrisation hydrodynamique gaz-liquide)
35
Introduction
Introduction
Rduire de moiti, d'ici 2015, le pourcentage de la population qui n'a pas accs de faon durable
un approvisionnement en eau potable et un systme d'assainissement de base est lun des
Objectifs du Millnaire pour le Dveloppement, fixs par les Nations Unies en 2000. Les chiffres sont
loquents : plus d'un milliard de personnes n'a pas accs une eau propre la consommation,
2,6 milliards d'tres humains n'ont pas de systme d'assainissement et plus de 2,2 millions de
personnes meurent chaque anne ainsi quun enfant toutes les huit secondes de maladies lies
la mauvaise qualit de l'eau et des conditions sanitaires dplorables. La consommation en eau a t
multiplie par six au cours du dernier sicle, soit deux fois plus vite que laccroissement
dmographique. Il faut souligner que 90% des eaux uses et 70% des rejets industriels sont vacus
sans traitement. Amliorer le traitement de l'eau est un dfi majeur, aujourd'hui et pour les dcennies
venir
[1,2]
[3]
dans le projet EUROMBRA qui regroupe dix-sept partenaires europens et internationaux : douze
universits et institutions, dont lINSA de Toulouse, et cinq partenaires industriels, dont le fabricant de
membranes Polymem (Toulouse, France).
Ainsi, les bioracteurs membranes sont une technologie rcente en plein essor plus de vingt
installations BAM lchelle industrielle par an dans le traitement des eaux uses domestiques
[4]
dont le principal facteur limitant reste le colmatage membranaire, qui engendre notamment des cots
de fonctionnement levs. Contrler ce colmatage permettra aux bioracteurs membranes de
devenir rellement comptitifs face aux procds conventionnels actuellement utiliss. Malgr cette
problmatique industrielle simple, la problmatique scientifique reste complexe.
Linjection dair est couramment utilise dans les systmes BAM pour contrler le colmatage mais
loptimisation de laration nest pas aboutie cause dun manque de connaissances sur les
mcanismes induits par la prsence dair, tant sur la phase liquide que sur les membranes. La
difficult de mener terme une optimisation vient sans aucun doute de la diversit des modules
membranaires existants et des multiples configurations des systmes de filtration. Rappelons par
exemple que le module membranaire peut tre situ dans le bioracteur, ou lextrieur de celui-ci,
39
[1] [Link]
[2] [Link]
[3] [Link]
[4] Lesjean B. et Huisjes E.H. (2007). Survey of European MBR market, trends and perspectives. Desalination 231(1-3), 71-81.
Introduction
avec ou sans recyclage du concentrat vers le bioracteur (respectivement en filtration semi-frontale et
frontale). En configuration semi-frontale, prcisons que les conditions de circulation de liquide pour le
recyclage diffrent nettement en fonction du type de membrane : vitesses leves pour les
membranes tubulaires avec une filtration interne/externe, vitesses faibles pour les fibres creuses
externe/interne.
De manire plus prcise, il est indniable que lhydrodynamique dun tel procd, que lon peut
assimiler un systme gaz/liquide/solide (le solide tant reprsent par les membranes) sera
dpendante des volumes dair et de liquide prsents autour des membranes. Dans le cas de
membranes fibres creuses, ils dpendront ainsi de la densit de fibres prsentes ainsi que leur
disposition. Une caractrisation hydrodynamique la fois qualitative et quantitative de chaque
systme est alors ncessaire afin de pouvoir comprendre comment optimiser laration pour minimiser
le colmatage. Cependant, une caractrisation hydrodynamique locale requiert souvent des outils
complexes et parfois dlicats mettre en uvre dans certaines gomtries. Ce manque de
connaissances conduit saccorder sur le fait que la comparaison des systmes de filtration reste
difficile car les essais sont en fait raliss dans des conditions opratoires diffrentes, sans
paramtres daration pertinents pour faciliter la comparaison.
Espinosa-Bouchot, 2005 ;
Martinelli, 2006 ;
Stricot, 2008).
Actuellement,
la
configuration BAM tudie au laboratoire est celle boucle externe avec injection dair la base du
faisceau membranaire pour prvenir le colmatage. Ce choix est laboutissement de travaux raliss
en partenariat avec Polymem. En particulier pour les choix de la configuration dun module avec des
fibres creuses externe-interne libres confines dans un carter et dun fonctionnement en semi-frontal
avec une circulation du liquide faible vitesse qui se sont appuys sur les travaux de thse
dEspinosa-Bouchot (2005). La question qui se pose maintenant concerne larrangement du faisceau
de fibres dans le module : quelle densit de fibres, quelle taille du faisceau, combien de
faisceaux, etc. ? Il est donc important de connaitre linfluence des conditions hydrodynamiques sur les
performances de filtration dans ces diffrents modules.
Il est galement reconnu que linfluence des conditions daration sur le colmatage dpend des
caractristiques du fluide filtr. La complexit du fluide biologique compos la fois de particules, de
matires minrales, de flocs biologiques, de bactries libres, de composs de type exopolymres
sous forme soluble ou collodale lexplique en partie. Il est dailleurs alors possible de considrer une
quatrime phase solide, lors de la prise en masse du faisceau. Dune part, on peut penser que
lhydrodynamique induite dans la phase liquide naura pas les mmes effets sur le colmatage dit
" court terme" et celui dit " long terme". Les effets des contraintes hydrodynamiques au voisinage de
la membrane ne sont pas les mmes en fonction de la taille, de la densit des particules ou flocs, par
40
Introduction
exemple. Dautre part, on peut penser que les conditions de filtration (flux de permat, filtration
continue ou discontinue, etc.) sont lies leffet de laration sur le colmatage.
Lobjectif majeur de ce travail de thse est de caractriser le colmatage et lhydrodynamique dans
les bioracteurs membranes en fonction de la configuration du module et de laration.
Pour caractriser linfluence des conditions opratoires daration et de circulation liquide sur le
colmatage dans ce type de BAM, il convient de choisir une chelle de temps et un type de fluide. Le
choix a t fait de travailler court terme avec, dans un premier temps, un colmatage de type
particulaire pour tudier linfluence de la gomtrie du module. La dmarche adopte a consist
quantifier les performances de filtration dans ce cas, tout en caractrisant lhydrodynamique globale
du systme avec des outils faciles mettre en uvre et issus du domaine du Gnie des Procds,
tels que la mesure de rtention gazeuse et la distribution des temps de sjour. Les essais de filtration
et de caractrisation hydrodynamique ont t mis en uvre sur un mme pilote bioracteur
2
41
Introduction
membranaires. Linfluence de la gomtrie sur ce type de colmatage sera tudie. Les parties
rversible et irrversible du colmatage feront galement lobjet dexpriences adaptes. Cette partie
permettra de choisir la configuration du module optimale pour poursuivre les expriences avec des
fluides rels.
Dans le cinquime chapitre, des boues actives provenant dun pilote BAM sur site (station
dpuration de traitement des eaux uses domestiques de Labge, France) seront filtres dans le
module slectionn prcdemment. Des techniques nouvelles de squenages de laration et de la
filtration seront associes afin doptimiser les conditions daration et de filtration pour minimiser le
colmatage. Ces rsultats seront enrichis dune tude du colmatage induit par les composs solubles
et collodaux, ralise avec du surnageant de boues actives.
Enfin, lensemble des rsultats de ce travail de thse seront synthtiss et des perspectives
proposes.
42
Chapitre I
tude bibliographique sur laration
dans les bioracteurs membranes
CONDITIONS
OP
OPRATOIRES
Aration
Pression transmembranaire
Mode de filtration
Vitesse tangentielle
Flux de permat
ge de boues
MEMBRANE
COLMATAGE
Gomtrie
Matriau
Hydrophobicit
Porosit
Rugosit
Taille des pores
BOUES ACTIVES
Matires en suspension
Taille des flocs
Structure des flocs
Exopolymres
Produits microbiens solubles
Figure I-1. Facteurs influenant le colmatage membranaire dans les bioracteurs membranes.
tant donne la grande diversit de paramtres qui influencent le colmatage et du nombre
croissant de recherches sur ce sujet, ltude bibliographique prsente ici sattachera synthtiser les
travaux de recherche lis laration dans les BAM, point dintrt principal de ce travail de thse.
Ltude de laration se focalisera sur deux axes majeurs de recherche :
-
Le principe de fonctionnement des BAM sera tout dabord dtaill, avec une description des
avantages de cette technologie, mais galement les freins au dveloppement de ce procd. Les
recherches ralises sur les coulements gaz-liquide dans des milieux confins seront ensuite
synthtises afin de rpertorier lensemble des connaissances sur ce sujet. Le troisime volet de cette
synthse bibliographique sera consacr la description du colmatage pour pouvoir prsenter les
connaissances sur limpact de laration sur les performances de filtration de fluides biologiques, avec
un intrt spcifique pour linfluence du gaz sur la rversibilit et lirrversibilit du colmatage. Les
techniques dveloppes actuellement afin de minimiser le colmatage seront alors explicites. Enfin, la
conclusion de ce chapitre permettra dexposer la dmarche scientifique adopte dans cette thse.
48
Bioracteur
Dcanteur
Eau traite
(a)
Boue
Bioracteur
Filtration membranaire
Eau traite
(b)
Boue
Source : Wikipedia (A. Drews)
Figure I-2. Schma de principe des filires de traitement des eaux uses
(a) procd boues actives conventionnel, (b) procd de bioracteur membranes.
I.1.1.1 Avantages du procd
Le couplage racteur biologique-membranes prsente de nombreux avantages en termes de
qualit de leffluent trait. Notamment :
-
une grande qualit de leau filtre (Xing et al., 2000) exempte de particules (absence
totale de matires en suspension et de matires collodales) avec une trs faible turbidit
(< 0,5 NTU, Chiemchaisri et al., 1993)
une dsinfection pousse, avec par exemple un abattement des coliformes fcaux de
6 log (Churchouse, 1997) dont lintensit dpend du seuil de coupure et de la distribution
des diamtres de pores des membranes, et la rtention de certains virus, parfois mme
plus petits que la taille des pores (Ueda et Horan, 2000)
le maintien dans le racteur dune teneur contrle en biomasse et si cette option est
choisie, la teneur peut tre leve en biomasse ce qui permet une intensification des
processus biologiques et une augmentation de la compacit des installations
une rtention par la membrane des matires en suspension non dcantables dont le
temps de sjour dans le systme devient gal au temps de rtention de la phase solide
(ge des boues), facilitant ainsi leur assimilation et rduisant la production de boue
(certains auteurs observent une rduction de prs de 50% de la production massique de
boues par rapport un procd conventionnel, Ct et Buisson, 1997).
En plus de ces avantages en termes de qualit de leffluent et dune activit biologique accentue,
un avantage galement souligner pour lexpansion des BAM, est quils sont faciles mettre en place
au sein mme de stations dpuration existantes.
49
une aration utilise pour limiter le colmatage qui induit une dpense nergtique
additionnelle par rapport aux systmes boues actives conventionnels
des lavages chimiques frquents qui peuvent tre coteux en produits chimiques mais qui
permettent dassurer un fonctionnement long terme
Lenjeu majeur des tudes portant sur les bioracteurs membranes est donc de limiter le
colmatage, afin de rduire les cots de fonctionnement et dinvestissement et en particulier les cots
nergtiques, dans le contexte mondial dune matrise ncessaire des ressources nergtiques et de
la production de CO2 associe aux procds. Il sagit donc la fois de rendre ainsi encore plus
comptitif et plus soutenable ce type de procd. La ncessit de rduire les cots dinvestissement
et de fonctionnement des BAM a conduit au dveloppement dans le temps de diffrentes
configurations de BAM qui se sont succdes avec de fortes modifications technologiques.
relativement forte (> 0,5 m.s ), entranant des dpenses nergtiques de lordre de la dizaine de
kWh.m
-3
pour cette recirculation (Le-Clech et al., 2006). Cest cette consommation dnergie leve
50
lordre du cm.s . Ce type de systme utilise donc une boucle de recyclage du liquide faible cot
nergtique. Laration utilise dans le module est une aration de type "grosses bulles" pour
matriser le colmatage des membranes. Cette filtration est appele semi-frontale, car le type de
filtration correspond un intermdiaire entre les deux autres systmes : la filtration nest pas frontale
car le liquide est recycl dans le bioracteur avec une vitesse tangentielle, mais cette filtration nest
pas non plus tangentielle car ce recyclage seffectue faible vitesse. Certains systmes voisins
utilisent lair pour faire circuler la suspension et nutilisent alors pas de pompe de circulation. Ils sont
appels bioracteurs membranes en systme airlift (Heran et al., 2006 ; Moreau et al., 2008).
Prcisons ici que les travaux de recherche qui seront prsents dans ce travail ont t effectus
avec un pilote bioracteur membranes de taille semi-industrielle fonctionnant en boucle externe
avec une recirculation du liquide trs faible vitesse.
Les membranes utilises dans le traitement des eaux uses domestiques sont des membranes de
micro ou dultrafiltration. On rencontre des membranes tubulaires, planes et de type fibres creuses.
Les membranes tubulaires sont des membranes minrales, cramiques ou polymres dont les canaux
de circulation ont un diamtre hydraulique de lordre de quelques millimtres. Les membranes planes
et les membranes fibres creuses sont des membranes organiques fabriques partir de polymres
[les plus rpandus tant les polysulfones (PS), polyethersulfones (PES) et polyfluorures de vinylidne
(PVDF)]. Le diamtre externe des fibres creuses doit tre compatible avec les contraintes mcaniques
imposes en BAM et sa valeur est comprise entre 1,4 et 2,5 mm, selon la structure et la longueur de
la fibre.
De nombreuses tudes portent sur la caractrisation
membranes, savoir la taille des pores (Le-Clech et al., 2003a ; Madaeni, 1997), la distribution des
pores et la porosit des membranes. Les proprits chimiques, lhydrophobicit et le type de matriau
membranaire font galement lobjet de recherches (Madaeni et al., 1997). Seule les membranes de
type fibres creuses, objet de cette tude, seront dtailles ici.
51
disposs
en
Yu et al., 2003 ;
Permat
faisceaux avec des fibres empotes aux deux extrmits (Hong et al., 2002 ; Chang et
Fane, 2002 ;
Martinelli, 2006).
Les
fibres
sont
soit
tendues
(a)
(b)
permat
permat
faisceaux
avec
des
fibres
libres
empotes
une
seule
extrmit
(Espinosa-Bouchot, 2005 ; Pollet et al., 2007 ; Buetehorn et al., 2007 ; Lebgue, 2008).
Cette configuration permet aux fibres dtre libres de tout mouvement dans leur partie
haute [Figure I-5]
permat
Figure I-5. Module avec fibres libres empotes sur une extrmit.
52
Existe-t-il un ou des paramtres pertinents pour dfinir laration pour lensemble des
systmes membranaires et ainsi pouvoir les comparer ?
Cette influence de laration peut-elle tre compare dune configuration une autre ?
Si oui, quelles sont les similitudes rencontres dans ces diffrents systmes ?
SADm =
Qg
(I-1)
Am
Avec :
3
-1
Qg
Am
surface membranaire (m )
Le SADm prend donc en considration lair inject par rapport la surface membranaire, mais ne
donne pas dinformation sur la proportion de gaz inject par rapport au dbit de permat produit. Ainsi,
un autre paramtre couramment utilis par les industriels pour comparer le volume dair inject
53
SAD p =
Qg
(I-2)
Qp
Avec :
3
-1
Qg
Qp
-1
U gs =
Qg
(I-3)
S libre
Avec :
-1
Ugs
Slibre
section libre = espace interstitiel entre et autour des fibres lintrieur du carter =
2
section qui peut tre occupe par les phases gaz ou liquide (m )
La vitesse superficielle est un paramtre qui caractrise lhydrodynamique lchelle des
membranes. Lorsquun coulement de liquide supplmentaire intervient, il est galement possible, de
la mme manire, de dterminer la vitesse superficielle du liquide [quation (I-4)]
U ls =
Ql
S libre
(I-4)
Avec :
Uls
54
-1
U m = U gs + U ls
(I-5)
Il est alors possible de dterminer le nombre de Reynolds de mlange prenant en compte les deux
phases, et qui est calcul en utilisant la vitesse de mlange [quation (I-5)]. Ce nombre adimensionnel
est dfini par la relation (I-6).
Rem =
l U m d H
l
(I-6)
Avec :
Rem
Reynolds de mlange
Um
dH
-3
-3
-1
-1
-3
-1
Dans un module fibres creuses confines dans un carter, les fibres sont prises en compte et
interviennent dans le calcul du diamtre hydraulique [quation (I-7)].
dH =
2
2
4 S m Dc n fibres D fibre
=
Pm
Dc + n fibres D fibre
(I-7)
Avec :
dH
Sm
surface mouille (m )
Pm
Dc
Dfibre
nfibres
Pour g < 0,2, lcoulement bulles (bubble flow) o les bulles dair sont disperses dans
la phase liquide
Pour 0,2 < g < 0,9, lcoulement poches (slug flow) avec une alternance de poches de
gaz et de bouchons de liquide
Pour g > 0,9, lcoulement annulaire (annular flow) o la phase gaz scoule de manire
continue au centre du tube.
Dans les systmes membranaires gaz-liquide, les coulements les plus couramment rencontrs
sont les coulements bulles et poches. En milieu confin, les limites de g pour les divers
coulements peuvent tre modifies (Laborie et al., 1999). Les coulements bulles ont lieu lorsque
le diamtre des bulles est largement infrieur au diamtre de la conduite (moins de 60% pour un
coulement en conduite). Lcoulement bouchons concerne un coulement avec de larges bulles
dont le diamtre est proche de celui de la conduite ou de lespace libre pour lcoulement, avec la
possibilit que de petites bulles suivent les larges paquets de gaz (Figure I-6). Lorsque le gaz est
56
-1
et 0,48 m.s et Uls = 0,12 et 0,24 m.s , soient des Rem compris entre 1210 et 5600), Ducom (2001)
observe des bulles de diffrentes tailles et formes avec un important phnomne de recirculation
interne dans la cellule. En effet, lorsque la vitesse du liquide est non nulle et la vitesse du gaz est
faible, cet auteur observe un coulement diphasique instationnaire : de petites bulles sortent
prfrentiellement prs du point dentre de lair et recirculent dans la cellule. Les petites bulles sont
alors bien rparties la surface de la membrane mais couvrent moins la zone centrale de la cellule.
Cest pourtant dans cette zone que Ducom (2001) observe des dpts plus pais avec des particules
de bentonite. Lorsque la vitesse du mlange augmente (Uls ou Ugs qui augmente), la recirculation
devient plus importante (en particulier pour les vitesses du liquide plus leves) et les petites bulles
ont tendance coalescer (en particulier pour les vitesses leves du gaz). Ces auteurs concluent sur
une meilleure rpartition spatiale de la phase gaz lorsquUm augmente. En effet, la recirculation
57
dterminer
la
taille
des
bulles
dans
une
cuve
en
milieu
non
confin
(l x L x h : 0,08 x 0,3 x 1,2 m), Wicaksana et al. (2006) ont enregistr laide dune camra une
succession dimages dun coulement de gaz ascendant vertical dans un liquide au repos le long de 7
fibres creuses immerges. Les clichs ont t raliss pour trois dbits de gaz (0,12 ; 0,36 et
3
-1
0,6 Nm .h ) et sont prsents sur la Figure I-7. Le mme type de mesures sera galement prsent
dans ce travail pour des modules lchelle semi-industrielle sur la priphrie dun faisceau de 441
fibres. Nanmoins, Wicaksana et al. (2006) nont pas prcis les vitesses superficielles de gaz
auxquelles ces dbits correspondent, rendant ainsi la comparaison difficile.
Figure I-7. Photographies de bulles et de fibres creuses dans de leau (prises une hauteur entre 50 et
70 cm pour des fibres ayant une longueur de 70 cm et un diamtre dinjection dair de 1 mm) pour
diffrents dbits dair : (a) 0,12 ; (b) 0,36 et (c) 0,6 Nm3.h-1 [Wicaksana et al., 2006].
Ces diffrentes images (Figure I-7) illustrent de manire qualitative que plus le dbit de gaz est
lev, plus le nombre de bulles est grand et plus elles se dforment. Une analyse de ces images afin
de dterminer le diamtre des bulles confirme ces rsultats. La taille des bulles maximale pour un
3
-1
dbit dair de 0,12 Nm .h est comprise entre 17 et 17,5 mm, alors quelle atteint 20 mm pour un dbit
3
-1
dair de 0,6 Nm .h . Wicaksana et al. (2006) ont test deux tailles dinjecteurs dair (0,5 et 1 mm) et
les tailles de bulles sont similaires pour les deux diamtres.
Nous venons de voir que Wicaksana et al. (2006) trouvent une taille maximale des grosses bulles
gale
20 mm
pour
-1
Qg = 0,6 Nm .h .
Cette
taille
est
proche
de
celle
obtenue
par
Essemiani et al. (2001) pour linjection de calottes la surface de membranes planes. En les
supposant sphriques, Essemiani et al. (2001) obtiennent un diamtre de 23 mm, ce qui souligne que
les bulles de 20 mm mesures par Wicaksana et al. (2006) ne sont a priori pas sphriques, ce qui est
confirm par les enregistrements dimages raliss par ces auteurs (Figure I-7).
58
vitesses superficielles de liquide comprises entre 0,08 et 0,9 m.s . En comparant Vs la vitesse
moyenne de lcoulement, la relation suivante est propose par ces auteurs pour des capillaires de
1 mm de diamtre interne : Vs = 1,24 x Um.
Wicaksana et al. (2006) ont mesur la vitesse dascension des bulles en fonction du dbit dair
exprimentalement laide denregistrements vidos pour deux types dinjecteurs et les ont compars
ceux calculs par la relation de Davies et Taylor ( U
2
g d e avec de le diamtre quivalent
3
Figure I-8. Vitesse moyenne dascension des bulles en fonction du dbit dair et du diamtre de
linjecteur dair, valeurs exprimentales et calcules par la relation de Davies et Taylor
[Wicaksana et al., 2006].
La vitesse dascension des bulles est plus leve pour linjecteur de 1 mm que de 0,5 mm alors
que les tailles de bulles sont similaires. Ces vitesses comprises entre 0,016 et 0,036 m.s
-1
sont
suprieures celles dtermines par lquation de Davies et Taylor. Ces auteurs expliquent cette
diffrence par plusieurs facteurs possibles : linteraction entre deux bulles adjacentes, la forme non
sphrique des bulles et les effets de lcoulement ascendant du liquide induit par lascension des
59
quivalent de 23 mm injecte une vitesse superficielle de 0,01 m.s dans un liquide au repos. La
vitesse exprimentale a t dtermine par lenregistrement dimages. La valeur moyenne dans le
-1
temps est gale 0,26 m.s , avec une oscillation de la bulle autour dun axe vertical de plus ou moins
20. Cette tude souligne que mme dans un liquide au repos, les bulles ont un mouvement oscillant
autour dun axe vertical pour une vitesse dascension constante. La forme de la bulle ne change pas
sur la hauteur du module et cest pourquoi la vitesse dascension est constante. Ces auteurs ont
galement utilis un modle dcoulement multiphasique Volume of Fluid et ralis des simulations
numriques de lascension dune bulle isole dans un liquide au repos couvrant une surface gale
celle dtermine exprimentalement. Trois simulations successives avec un nombre de mailles
croissant (44 800 ; 91 400 et 179 200) ont permis de quantifier limportance du maillage dans les
simulations. Les vitesses dascension obtenues sont respectivement gales 0,13 ; 0,19 et
-1
0,24 m.s . Cette comparaison justifie limportance des critres de maillage lors dune simulation
numrique et le fait quil est primordial de valider les valeurs obtenues par modlisation avec des
mesures exprimentales. Elle justifie galement la difficult de mener des simulations dans un cas
relativement simple. Les simulations demandent en effet des temps de calcul longs et se complexifient
rapidement lorsque plusieurs bulles ou les membranes sont prises en compte.
polysulfone, avec aration (vitesses superficielles de gaz Ugs comprise entre 0 et 0,12 m.s ), pour de
leau pure ou des solutions contenant des composs solubles. Lcoulement de gaz est vertical et la
60
-1
-1
gazeuses allant de 0,237 0,603, des tailles de bulles entre 0,4 et 7,2 mm et des vitesses de liquide
-1
-1
allant de 0,071 0,098 m.s . Pour des Ugs > 0,05 m.s , cette vitesse de liquide atteint un plateau
-1
autour de 0,09-0,10 m.s , ce qui est suprieur la vitesse superficielle du liquide inject. Ces valeurs
justifient lintrt de la mthode pour mesurer les vitesses locales qui sont diffrentes de la vitesse
liquide dinjection due la turbulence cre par lcoulement bulles. Le-Clech et al. (2006) ont choisi
de travailler avec de leau pure et pour un systme donn, tant donn que la concentration de
leffluent et la largeur entre deux plaques sont des paramtres qui influencent la mesure.
Linconvnient majeur de cette mthode est sa sensibilit aux modifications extrieures, quelles
soient dues aux caractristiques du fluide ou au passage des bulles. Il reste difficile de caractriser
lhydrodynamique avec des fluides synthtiques ou biologiques et de mesurer des vitesses de liquide
dans un systme diphasique par ce type de mthode.
charge dans le module de filtration par deux mthodes : soit en conservant Uls constante (0,4 m.s ) et
-1
en augmentant Ugs, soit en conservant Ugs constante (0,4 m.s ) et en augmentant Uls. Ces rsultats
sont prsents sur la Figure I-9.
61
Figure I-9. Influence des vitesses superficielles de gaz (et de liquide) sur la perte de charge dans la
cellule de filtration, Uls (Ugs) = 0,4 m.s-1.
Daprs la Figure I-9, les pertes de charge augmentent pour les deux mthodes. Cette
augmentation de perte de charge est plus importante pour Uls constante que pour Ugs constante.
Chang et Fane (2000) justifient cela par laugmentation des pertes de charge par frottement lorsque
Uls augmente et par un effet dominant des contraintes de cisaillement la paroi engendres par
lcoulement liquide. Il est important de noter que les vitesses superficielles de liquide sont leves
-1
diffrents
systmes
membranaires,
comme
les
fibres
creuses
(Laborie, 1997 ;
Laborie et al., 1999 ; Nguyen Cong Duc et al., 2007; Chan et al., 2007) et les membranes planes
(Ducom et al., 2002; Tacke et al., 2007).
Dans ltude de Ducom et al. (2002), la sonde a t place au centre de la membrane (7 cm de
large et 14,7 cm de haut) et le signal obtenu, o une rponse basse frquence du signal apparat
priodiquement, a t confront des observations visuelles des bulles Uls = 0,2 m.s
-1
et
-1
Ugs = 0,4m.s . Les bulles observes ont des diamtres quivalents trs variables mais ces auteurs
suggrent que la rponse basse frquence obtenue provient du passage des grosses bulles prs de
la sonde.
62
(7,9 Pa), mme vitesse de mlange (0,99 m.s ). Par contre, le taux de cisaillement la paroi du film
liquide autour de la bulle est ngatif et 13 fois suprieur (108 Pa) celui obtenu sans air toujours
mme vitesse de mlange. Le taux de cisaillement induit par laration est donc largement suprieur
celui du liquide mesur en monophasique ou en diphasique. Pourtant, dans le module fibres creuses,
Cabassud et al. (2005) trouvent que laugmentation de la vitesse superficielle du gaz ne permet pas
daugmenter la contrainte de cisaillement.
Il est donc possible de dterminer la contrainte de cisaillement dans des milieux confins pour des
gomtries de membrane diffrentes (milieux de quelques mm dpaisseur). Ces contraintes sont
mesurables lintrieur de tubes ou dans lespace entre deux membranes planes. Nanmoins, dans
le cas des coulements diphasiques en milieu "moins" confins et avec des fibres mobiles, ce
cisaillement nest pas quantifi car il ncessite une mesure locale difficilement ralisable au voisinage
de fibres mobiles. Par ailleurs, la mesure exprimentale est difficile dans le cas de contraintes de
cisaillement dorientation non dfinie dans lespace (non tangentielle la cellule de mesure), ce qui
peut tre le cas si des recirculations prennent place.
-1
(dbits compris entre 0 et 0,36 Nm .h ) laide dun traitement dimages. Leurs rsultats montrent de
manire claire quil existe un mouvement priodique des fibres d au passage du gaz : plus le dbit
de gaz est important, plus la frquence et lamplitude du mouvement des fibres sont leves. Ces
3
-1
63
nouveau que
laration
induit
un
mouvement des
fibres.
Buetehorn et al. (2007) ont utilis cette mthode pour mesurer les porosits spatiales (prsence du
solide dans le module) sur toute la hauteur du module. Ces auteurs montrent limportance de la
configuration du module et larrangement des fibres sur lefficacit de laration par des simulations
numriques (CFD). Ils ajoutent que lintensit du mouvement des fibres est beaucoup plus faible dans
la partie infrieure que dans la partie suprieure du module. Ils ont dailleurs pris comme hypothse
que le mouvement des fibres est ngligeable dans la partie basse du module.
La caractrisation de laration vient dtre expose. Diffrents mcanismes sont induits par
laration, notamment des contraintes de cisaillement la surface de la membrane et le mouvement
des fibres, plus intense dans la partie suprieure quinfrieure pour des fibres libres empotes par le
bas. Ces deux phnomnes peuvent influencer le colmatage. Avant de dtailler linfluence de
laration sur le colmatage, la prochaine partie sintressera tout dabord la dfinition du colmatage
des membranes et des mcanismes mis en jeu, puis aux caractristiques dune boue active et enfin
aux composs biologiques qui la composent et qui jouent un rle dans le colmatage des membranes.
64
I.3.1.1 Ladsorption
Ladsorption est un phnomne de colmatage induit par les composs prsents dans la phase
soluble des boues actives. Des composs organiques sadsorbent en surface ou lintrieur de la
membrane. Cette adsorption provient des affinits entre la membrane et les composs colmatants et
dpend donc de la nature physico-chimique de la membrane et des proprits des composs
colmatants. Ce phnomne peut rduire la taille des pores et provoquer un colmatage accru.
65
Figure I-10. Illustration de laccumulation de matire appele gangue de boue (Mass, 2004).
Dans les premiers instants de la filtration les fibres peuvent bouger indpendamment les unes des
autres puisque la gangue de boue nest pas encore forme. Ds lapparition de la gangue, elle alourdit
le faisceau et limite alors le mouvement individuel des fibres. Seul le mouvement de lamas de fibres,
du faisceau colmat en interne, est alors possible.
Lors de la filtration dun effluent concentr, la modification de concentration des espces
prsentes aux abords de la membrane va influencer les mcanismes de colmatage.
66
vitesse de colmatage dPTM / dt trs faible durant la premire phase, infrieure 0,011 kPa.h
(Wen et al., 2004).
Cette tendance est confirme par Guglielmi et al. (2007a) lors de filtrations long terme de boues
-1
-2
actives pour diffrents flux de permat compris entre 17,1 et 30.0 L.h .m . Pour chacun des six flux
tests, lallure de la pression est exactement la mme, avec un plateau constant pendant une dure
longue puis une augmentation brusque de la pression sur une dure trs courte. Ces auteurs ont
montr que le temps critique, temps partir duquel laugmentation de pression est brutale, diminue
lorsque le flux de permat augmente.
Cette volution du colmatage dcrite en deux tapes a t complte par une troisime tape :
une tape de conditionnement qui prcde les deux autres et a lieu au tout dbut de la filtration. Cette
premire phase, mme si elle na t dcrite que rcemment, semble tre un aspect fondamental
pour la formation du colmatage dans les BAM (Le-Clech et al., 2006). Elle a t dailleurs prise en
compte dans un modle mathmatique (Li et al., 2006). Ces trois tapes sont dtailles sur la
Figure I-11 puis les mcanismes sont dtaills en dessous de lillustration.
PTM
tcrit
t
tape 1
tape de conditionnement
Fortes interactions
entre la membrane et les
exopolymres
tape 2
tape 3
Colmatage lent,
faible volution de la PTM
Colmatage rapide,
forte augmentation de la PTM
Attache de particules et
de collodes la membrane
Figure I-11. Illustration des trois tapes du colmatage lors dune filtration flux constant.
En sappuyant sur les travaux de Zhang et al. (2006), il est possible de dtailler les mcanismes et
phnomnes de colmatage qui ont lieu pendant ces trois tapes. Pendant la premire phase,
correspondant ltape de conditionnement du colmatage (conditioning fouling), il semblerait que de
67
68
Figure I-12. Schma de la redistribution des flux locaux pendant une filtration long terme
avec J le flux local, Jav le flux moyenn sur la surface, Jcr le flux critique (Yu et al., 2003)
Lors de la filtration dans un faisceau de fibres, il est possible de faire une analogie entre
lhtrognit de distribution du flux travers le faisceau (Lebgue et al., 2008b) et la distribution le
long de la fibre. En effet, pour une filtration flux constant, le phnomne est identique : les flux sont
faibles dans les zones colmates et les flux de permat augmentent alors dans les zones moins
colmates pour compenser la diminution de flux. Une modlisation de ce phnomne a t ralise
(Yeo et al., 2006) pour un petit faisceau. Pour viter cela, une forte aration ou une vitesse de liquide
importante peuvent permettre de limiter le colmatage et ainsi damliorer la distribution travers le
faisceau de fibres. Nous dvelopperons ces aspects au paragraphe I.4.5.1.
69
70
diffrentes
cellules.
De
nombreuses
tudes
dtaillent
la
composition
des
EPS
(Morgan et al., 1991 ; Wingender et al., 1999 ; Laspidou et Rittmann, 2002 ; Grner et al., 2003 ;
Garnier et al., 2005) et la plupart dentre elles montre que les EPS sont principalement composs de
protines et de polysaccharides.
71
filtrations
ralises
avec
du
charbon
actif
qui
adsorbe
ces
composs
(Choksuchart Sridang et al., 2006 ; Lesage et al., 2008) et implique une rduction du colmatage.
Les recherches dans ce domaine font toujours lobjet de nombreux travaux. Ainsi, des tudes
rcentes montrent limportant rle dans le colmatage membranaire de composs de petite taille
(environ 100 nm) [Ivanovic et Leiknes, 2008]. Une autre tude mene par Kim et Dempsey (2008)
montre une augmentation du colmatage dune membrane dultrafiltration (100 kDa) lorsque les
composs particulaires et collodaux (dfinis comme composs suprieurs 20 nm) sont spars des
suspensions filtres. Ils attribuent ce phnomne une augmentation du temps de contact entre la
membrane et les composs dissous de leffluent en labsence des composs particulaires et
collodaux. Par consquent, la connaissance de la contribution au colmatage des composs
colmatants collodaux ou solubles reste encore imprcise.
72
peut
conduire,
long
terme,
un
colmatage
des
membranes
important
rapport 2 de la teneur en EPS lis (70 35 [Link] ) et de la taille des flocs, rsultat confirm par
Brookes et al. (2003), et Al-Halbouni et al. (2008) par analyses HPLC-SEC. Mass (2004) explique
que la diminution dEPS lis provoque une dfloculation. Par contre, lorsque le TSB est augment de
53 110 jours, cela entrane une augmentation des EPS lis et donc de la taille des agrgats. Cet
auteur explique que cette augmentation pourrait provenir dune augmentation de la lyse cellulaire et
une libration des substances favorisant la floculation.
Concernant la concentration en matires en suspension, la majorit des publications montre que
lorsque la concentration en MES augmente, le colmatage augmente. Certains auteurs contredisent
nanmoins cette tendance (Harada et al., 1994 et Yamamoto et al., 1999). En effet, Le-Clech et al.
-1
(2003b) montre que lorsque la concentration en MES passe de 4 12 g.L , certes le flux critique
-1
-2
leve apparat.
Pour ce qui est de la viscosit de la liqueur mixte, elle augmente durant les priodes faible
cisaillement, alors quun fort cisaillement diminue cette viscosit. Van Kaam et al. (2007) lont
notamment dmontr lors dune filtration ralise avec une aration intermittente.
30 j compar des ges de boue de 10 et 20 j. Mass (2004) relie dailleurs la rsistance spcifique
du gteau la teneur en EPS lis. Grelier et al. (2005) montrent galement que les performances de
filtration dun bioracteur membranes immerges augmentent avec lge de boue, avec des
11
-1 -1
rsistances de filtration beaucoup plus leves pour un TSB de 8 j (2,3.10 m .j ) que pour des ges
11
-1 -1
et
trouvent
que
lorsque
la
concentration
des
-1
exopolymres lis est infrieure 10 [Link] et suprieure 80 [Link] , aucune relation claire
nexiste entre les performances de filtration et les EPS lis. Nanmoins entre ces deux concentrations
limites, les performances de filtration des fluides biologiques semblent tre intimement lies la
concentration en EPS lis. Cette tendance est notamment confirme par Rosenberger et
73
de la concentration de ces EPS lis (pour des valeurs comprises entre 0 et 260 [Link] ) permet
damliorer la filtration (Mikkelsen et Keiding, 2002). De nombreux auteurs sattachent ltude des
polysaccharides et des protines et trouvent un lien entre le colmatage et la concentration de ces
composs.
Le problme est le mme quant ltude des PMS. Ils peuvent jouer un rle relativement
important dans la filtrabilit de boues actives mais leur impact prcis nest pas clairement dfini dans
la littrature (Orantes, 2005). Bouhabila et al. (1998) ont compar la filtrabilit dune boue et dun
surnageant de boue et considrent les PMS comme les principaux acteurs du colmatage : une
augmentation du colmatage lorsque la concentration en PMS augmente. Kim et al. (2001) observent
galement une diminution de la filtrabilit des boues lorsque la concentration en PMS augmente.
Cependant, Lee et al. (2003) ne trouvent aucun paramtre de la phase liquide (quantit totale de
PMS, carbone organique dissous, angle de contact) qui influence le colmatage. Une tude rcente de
Drews et al. (2008) compare trois BAM diffrents (ge de boues de 20 30 jours) et aucune
corrlation entre la quantit de PMS et le colmatage membranaire na t trouve. Ces auteurs
considrent que le colmatage est intimement li la quantit de PMS uniquement lorsque lge de
boue est faible et que la taille des pores des membranes est suffisamment grande pour permettre la
pntration des PMS.
Lesjean et al. (2005) identifient les composs majoritairement responsables du colmatage en
comparant les composs prsents dans le surnageant de la boue et dans le permat. Ils montrent
quun groupe de matires organiques, comprenant une grande concentration en polysaccharides,
protines et en collodes organiques est retenu par la membrane. Des rsultats similaires ont
galement t reports par Evenblij et al. (2004). Peu dtudes tentent didentifier le rle des
substances humiques dans le colmatage, prfrant quantifier les substances protiniques ou les
polysaccharides.
Concernant le rle des polysaccharides et des protines en particulier, des rsultats trs divers
peuvent tre reports dans la littrature. Rosenberger et al. (2005) ont compar les performances de
six bioracteurs membranes utiliss par diffrents groupes de recherche europens. Dans chacun
des cas, une relation a pu tre trouve entre le colmatage et la concentration en polysaccharides,
avec une diminution du flux de permat spcifique et une augmentation de la vitesse de colmatage
lorsque la concentration en polysaccharides augmente. Une relation linaire entre vitesse de
colmatage et concentration en polysaccharides a dailleurs t propose par Lesjean et al. (2004).
Le-Clech et al. (2005) souligne dailleurs que les polysaccharides (carbohydrates) prsents dans le
surnageant sont un facteur influenant le colmatage, ce qui est confirm par Tarnacki et al. (2005) et
74
toxique conduit la libration de protines dans le milieu biologique (jusqu prs de 1 g.L ). Cette
augmentation de la concentration en protines entrane une augmentation trs rapide de la pression
transmembranaire traduisant la mise en place dun colmatage important. Mass (2004) a montr
clairement une augmentation de la vitesse de colmatage lorsque les concentrations en protines et en
polysaccharides augmentent. De plus, la dtermination de la rsistance spcifique du gteau pour
diffrentes pressions transmembranaires montre que le dpt de filtration est compressible et que
cette compressibilit peut tre relie la concentration en protines dans le surnageant (Figure I-13).
Figure I-13. volution du produit C en fonction de la PTM pour diffrents chantillons de boues
actives et donc diffrentes concentrations en protines (PN) et polysaccharides (PS) (Mass, 2004).
Les protines joueraient donc un rle dans la structuration du dpt et sa compressibilit, soit en
crant des liens entre les particules soit en formant des couches de protines en surface de la
membrane. Mass (2004) propose que ce mcanisme de cration dune structure protinique
compressible
puisse
expliquer
laugmentation
brutale
moyen
terme
de
la
pression
transmembranaire lors dune filtration pression constante. Cette formation dun dpt protinique ou
dun gel la surface de la membrane a t confirme par les travaux de Teychen et al. (2008).
Evenblij et al. (2005) ont tudi le colmatage dans trois BAM diffrents (fibres creuses,
membranes planes et des membranes
chaque procd et ont donc des concentrations en exopolymres spcifiques. Ces auteurs nont pas
trouv de corrlation entre la quantit de polysaccharides prsents et le colmatage. Les conclusions
sur le type exact de composs influenant le colmatage sont toujours contradictoires.
75
76
laration
provoque
une
augmentation
de
la
vitesse
superficielle
tangentielle
de
la
filtration
de
suspensions
de
bentonite
lintrieur
de
fibres
creuses,
Laborie et al. (1997) mesurent le flux de permat pour deux expriences, avec et sans aration.
Laration permet de multiplier par deux le flux de permat ds les premires minutes de filtration et
cette tendance est conserve sur toute la dure de filtration. Le flux de permat aprs 3 h de filtration
-1
-2
est de 52 et 111 L.h .m respectivement pour les expriences sans et avec aration.
Chang et Fane (2000 & 2001) ont compar les performances de filtration obtenues avec et sans
-1
air, pour une vitesse superficielle de mlange identique (0,4 m.s ), dans un coulement poches
gaz-liquide ascendant lextrieur de fibres creuses dans lespace entre les fibres. Laration permet
damliorer les performances de filtration avec une rsistance au colmatage plus faible de 35%
(Figure I-14) et un volume filtr aprs 90 min augment de 30% en comparaison avec les valeurs
sans aration. Ils ont galement valu les rsistances de colmatage rversible et irrversible pour
deux expriences, avec et sans air (Figure I-14).
77
Figure I-14. Comparaisons des rsistances (irrversible Rir et rversible Rr) au colmatage
aprs 90 min de filtration dune suspension de levures 5 g.L-1 (Chang et Fane, 2000).
Daprs la Figure I-14, Chang et Fane (2000) montrent que laration joue un rle la fois sur le
colmatage rversible et irrversible.
Kim et al. (2004) ont galement compar les vitesses de colmatage initiale avec et sans aration
-1
lors de la filtration de suspensions de bentonite (100 mg.L ). Ces auteurs ont trouv que les vitesses
de colmatage sont beaucoup plus faibles avec aration que sans.
-1
-2
-1
pour Qg = 0 et 0,38 Nm .h
fibres creuses de gomtries diffrentes : avec un faisceau de fibres creuses disposes en U, avec
sept faisceaux de fibres creuses et avec des fibres libres empotes par le bas. Ces trois modules ont
2
respectivement des surfaces membranaires de 4,2 ; 4,2 et 1,2 m . Linjection dair ralise la base
du module permet de rduire la pression transmembranaire dans les deux premires configurations
de module. Pour le module avec les fibres libres, seule une trs petite diffrence de PTM (< 0,015 bar)
a pu tre mesure entre les expriences avec et sans aration. Lexprience est ralise sur
15 minutes et cest probablement pourquoi aucune diffrence na t trouve dans ce module alors
quune diminution marque de rsistance de colmatage a pu tre mesure dans les autres modules
-1
(divise par 2 lorsque Ugs passe de 0 0,043 m.s ). Selon la configuration du module, linfluence de
laration nest donc pas la mme. Ces expriences soulignent que les conditions de filtration et la
gomtrie du module sont des paramtres prendre en compte pour tudier laration.
Laration joue donc un rle sur le colmatage, rversible et irrversible, mais des tendances
diffrentes peuvent tre trouves, entre autres selon la gomtrie du module.
78
Madec (2000) a filtr une suspension de bentonite 5 g.L dans un module Zenon ZW500 (surface
2
-1
-2
membranaire de 42 m ). Le flux critique est pass de 32 80 L.h .m lorsque le SADm est pass de
3
-1
-2
0,19 1 m .h .m .
Cette influence de laration sur le colmatage est dautant plus importante que le flux de permat
est lev (Howell 2004). En effet, Germain et al. (2005) ont travaill un flux de permat de
-1
33 L.h .m
-2
-1
soit une
-1
augmentation dun facteur 2, la vitesse de colmatage passe de 10,6 1,98 kPa.h soit une diminution
dun facteur 5. Dailleurs, Pscoch et Schiewer (2008) montrent que laration a un impact plus
important sur le colmatage lorsque la solution a un potentiel colmatant et une viscosit levs.
Lebgue et al. (2008a) soulignent limportance de laration dans des conditions de filtration intensives
(forte concentration en MES et sans squence de rtrolavage), notamment fort flux de permat
-1
-2
-1
-2
(30 L.h .m par rapport 10 L.h .m ). Ce constat a t soulign pour des membranes fibres creuses
externe/interne
par
et
pour
une
filtration
interne/externe
par
Cabassud et al. (2001), et galement des membranes planes par Mercier-Bonin et al. (2000).
Howell et al. (2004) modlise la vitesse de colmatage en fonction de laration et du flux de
permat et trouve que la vitesse de colmatage est en lien avec linverse de la vitesse de gaz. Plus la
vitesse superficielle de gaz est leve, plus la vitesse de colmatage est faible. Ces auteurs ont tudi
-1
lvolution du flux critique en fonction de la vitesse de gaz et trouvent quau del de 0,150 m.s , le flux
critique naugmente pratiquement plus (Figure I-15).
Figure I-15. Flux critiques pour diffrentes valeurs de Ugs. MES = 17,5 g.L-1 (Howell et al., 2004).
Espinosa-Bouchot et al. (2003) ont test cinq dbits gazeux pour un SADm allant jusqu
3
-1
0,33 Nm .h .m
-2
-1
-2
bentonite 10 g.L . Ces auteurs montrent galement que la PTM diminue lors que le SADm est
3
-1
-2
-3
(SADp = 31,4 Nm .m ).
Au del de cette demande spcifique en aration, la PTM reste inchange (Figure I-16).
79
Figure I-16. volution de la pression transmembranaire (TMP) au cours du temps de filtration pour
diffrents SADp lors de la filtration dune suspension de bentonite (Espinosa et al., 2003).
Ce flux de gaz au del duquel la PTM reste inchange est appel flux daration optimal. De
nombreux auteurs saccordent dfinir un SADm optimal au dessus duquel laration ninfluence plus
le colmatage et les conditions de filtration (Ueda et al., 1997 ; Fane et al., 2002 ; Hong et al., 2002 ;
Chang et Fane, 2002 ;
Xu et Yu, 2008). Cette conclusion peut tre relie pour les modules fibres creuses libres aux rsultats
3
-1
de Wicaksana et al. (2006) qui trouvent quau del de 0,15 Nm .h , la frquence et lamplitude du
mouvement des fibres restent constantes. Dans cette gomtrie, ce nest pas seulement le dbit dair
qui est prendre en compte mais galement le mouvement des fibres induit par laration.
De nombreux auteurs saccordent donc sur lexistence dune aration optimale mais ne prcisent
pas le paramtre daration pertinent pour le dfinir et faciliter la comparaison entre diffrents
systmes.
Certains auteurs montrent quaugmenter laration peut dans certains cas diminuer les
performances de filtration avec un colmatage plus important (Ueda et al., 1997 ; Liu et al., 2000 ;
Fane et al., 2002 ; Chang et Fane, 2002 ; Hong et al., 2002).
En effet, Chang et al. (2006) ont observ une augmentation de la rsistance de filtration lorsque la
demande spcifique en aration SADm augmente pour la filtration deffluents synthtiques flux
constant (Figure I-17).
Tableau I-1. Conditions daration dans des bioracteurs membranes fibres creuses chelle
industrielle (adapt dun rapport europen ralis par luniversit de Cranfield, D1, Data acquisition
and compilation, disponible sur [Link]).
Socit
Capacit du systme
3 -1
(m .j )
Jp
-1
-2
(L.h .m )
SADm
3 -1
-2
(Nm .h .m )
SADp
3
-3
(Nm .m )
Zenon
48*
18 24
0,29 0,40
16 17
M. Rayon
0,38
10
0,65
65
USF Memcor
0,61
16
0,18
11
Asahi-Kasei
0,9
16
0,24
15
KMS Puron
0,63*
25
0,25
10
Polymem
10 20
0,15 0,25
13-25
* aration intermittente compos de cycles avec aration alterns avec des cycles sans aration.
les flux de permat utiliss dans les BAM lchelle industrielle sont situs entre 10 et
-1
25 L.h .m
-
-2
la demande spcifique en aration divis par la surface membranaire, SADm, est comprise
3
-1
-2
-3
81
Tableau I-2. Conditions daration dans des bioracteurs membranes fibres creuses chelle pilote.
Jp
-1
(L.h .m )
SADm
3
-2 -1
(Nm .m .h )
SADp
3
-3
(Nm .m )
Rfrences
17
60
280
10
1,2-4,8
120
Bouhabila (2001)
1,2
132
0,33
0,002
Espinosa-Bouchot (2005)
10
1,2
120
Lesage (2005)
0,1
20
Mass (2006)
8,5
117
Stricot (2008)
10
0,45-1,36
45-136
30
0,25
-2
Nous voyons daprs le Tableau I-2 que les gammes daration chelle pilote sont encore plus
3
-1
-2
et SADp entre
-3
0,002 et 280 Nm .m ). Ces modes daration trs diffrents les uns des autres soulignent nouveau
la difficult de choisir un dbit dair de travail et surtout de comparer les donnes entre ces diffrents
travaux.
Laration reste un paramtre cl utilis dans les bioracteurs membranes, mais les gammes
daration utilises chelle pilote ou industrielles sont trs variables dune tude lautre. De plus
les conclusions des diverses tudes en terme deffet de laration sur le colmatage peuvent tre
contradictoires. Ces deux points ne permettent pas de conclure quant aux conditions daration
utiliser et soulvent nouveau le besoin dutiliser des paramtres pertinents pour pouvoir comparer
les expriences entre elles.
82
superficielle de gaz (Ugs = 0,017 m.s ), linjection de fines bulles leur permet de ne pas avoir
daugmentation significative de la PTM pendant 250 jours, alors que pour linjection des bulles
coalesces, la PTM augmente de manire trs rapide aprs seulement 25 jours. Ils expliquent cette
diffrence par la rpartition des bulles la surface des fibres plus homogne lors dinjection de fines
bulles ce qui permet un meilleur contrle du colmatage. Ces rsultats sont contredits par
Li et al. (1997), qui ont tudi leffet de la taille des bulles et de leur frquence sur le flux de permat
lintrieur de membranes tubulaires de 12,7 mm de diamtre (filtration interne/externe). Ils observent
une augmentation du flux de permat lorsque la frquence des bulles ainsi que leur taille augmente.
Ils trouvent une taille de bulles au dessus de laquelle le flux de permat naugmente plus, lorsque les
bulles sont larges et occupent toute la section droite de la fibre.
Martinelli (2006) a test deux types de bulles, linjection de fines bulles et de calottes. Pour un
mme volume dair inject et pour des fibres lches, linjection de calottes amliore les performances
de filtration. Cet auteur justifie cela par deux effets positifs des calottes par rapport aux fines bulles : la
mise en mouvement des fibres et le passage des calottes lextrieur des fibres alors que les petites
bulles sont dans le sillage des fibres. Quel que soit le type de bulles injectes, cet auteur a mis en
vidence un coulement liquide horizontal dans le sillage des bulles qui provoquerait un apport de
matire supplmentaire vers les fibres pouvant engendrer davantage de colmatage.
Linfluence de la taille des bulles sur le colmatage reste encore incertaine tant donn les rsultats
contradictoires trouvs dans la littrature. Dailleurs, Madec (2000) nobserve aucune influence de la
taille des bulles pour des diamtres de bulles compris entre 1 et 10 mm sur les performances de
filtration dans un bioracteur membranes immerges, en termes de flux critique.
Afin
de
complter
ces
tudes,
le
rle
dautres
paramtres
tudi
par
Nguyen Cong Duc et al. (2007) qui ont tudi la phase gaz dans une cuve avec des fibres creuses
immerges laide dune double sonde optique afin de dterminer les tailles de bulles, les rtentions
gazeuses, les vitesses dascension des bulles et la frquence des bulles. Ces auteurs ont montr que
la contrainte de cisaillement la paroi et la frquence des bulles semblent tre lies la rtention
gazeuse. Ils concluent que la dtermination de la distribution de lair la surface des fibres est
particulirement difficile mais encourageante. Par contre, cette mthode de mesure est une mthode
intrusive qui peut modifier lcoulement. Nous insistons sur le fait que les mesures ralises dans ce
83
-2
filtration flux constant (18 L.h .m ) sur neuf fibres creuses. Deux positions dinjection ont t
testes, lune prs des neuf fibres creuses et lautre plus loigne, en suivant lvolution du flux sur
chaque fibre individuellement. Aprs trois heures de filtration, la rpartition du flux de filtration est
meilleure sur chacune des fibres lorsque la position de larateur est loigne des fibres. Une injection
situe trop prs des membranes semble favoriser le colmatage comparativement une injection plus
loigne. Ces auteurs ont attribu cette diffrence labsence de circulation de liquide entre les fibres
lorsque linjection dair est trop proche des fibres.
I.4.4.3 Influence des contraintes de cisaillement engendrs par laration sur le colmatage
Laborie et al. (1997) ont tudi linfluence dun coulement poches de gaz lintrieur de fibres
creuses pour la production deau potable lors de la filtration de suspensions de bentonite
-1
(concentrations entre 0,9 et 5,2 g.L ). Linjection dair provoque une expansion du dpt de particules
par laugmentation de la porosit et de lpaisseur du dpt et permet des flux de permat plus
levs. Cette augmentation du flux de permat proviendrait du taux de cisaillement lev induit par les
poches des gaz. Ce rsultat est confirm pour dautres types de membrane de type fibres creuses
(Laborie et al., 1998) et membranes planes (Ducom et al., 2002). En effet, Ducom et al. (2002) ont
montr dans une cellule de filtration compose dune membrane plane de nanofiltration, que
laugmentation du flux pouvait tre relie deux paramtres : le taux de cisaillement moyenn dans le
temps divis par le taux de cisaillement obtenu uniquement pour la phase liquide, sans aration, et le
ratio entre lamplitude du taux de cisaillement pour les deux phases et le taux de cisaillement du
liquide. Ces auteurs concluent quil est possible de contrler le colmatage particulaire en appliquant
un taux de cisaillement appropri la surface de la membrane.
Ces tudes ont t approfondies (Cabassud et al., 2001) afin dessayer de dterminer quel critre
hydrodynamique (taux de cisaillement moyen ou total, nombres de Reynolds de mlange ou un
Reynolds li lamplitude et la frquence des poches) pourrait expliquer cette augmentation du flux
de permat. Ils concluent que laugmentation du flux semble tre lie au mlange et la turbulence
cres par les bulles dans la phase liquide. Cette conclusion saccorde avec les rsultats de
Mercier-Bonin et al. (2000) lors de la filtration de levures sur des membranes planes en cramique
2
(surface filtrante de 0,06 m ). Mercier-Bonin et al. (2000) concluent que laugmentation du flux de
permat pour diffrentes conditions hydrodynamiques est lie aux instabilits du fluide, beaucoup plus
84
pour
dcrire
ce
systme.
Espinosa-Bouchot
(2005)
suggre
que
les
rgimes
-2
cramiques, et a obtenu un flux quatre fois plus important (100 L.h .m ) sur une dure plus de quinze
-1
-1
fois suprieure (100 pour une vitesse de 4 m.s compar une vitesse de 0,5 m.s . Des observations
visuelles de ces membranes cramiques ont galement rvl quil ny a aucun dpt de flocs lorsque
le systme fonctionne forte vitesse. Ces auteurs ont avanc lhypothse que le gteau de filtration
se forme partir des petites particules prsentes dans leffluent traiter alors que les particules de
taille plus importante sont facilement enleves par laction de la vitesse tangentielle du liquide.
Le choix de la vitesse du liquide optimale est donc important afin de rduite les cots
nergtiques. Dans cet objectif, le bioracteur membranes avec faible recirculation du liquide a t
mis en place. Dans ce type de systme, linjection dair semble plus efficace pour limiter le colmatage
et la vitesse superficielle du liquide aurait peu deffet sur les performances de filtration (Chang et
Fane, 2000 ; Liu, 2000). En effet, Chang et Judd (2002) comparent ainsi les systmes immergs et
85
fibres est suprieure 20 [Link] . Linfluence de la densit de fibres joue un rle sur la taille des
bulles dair et donc lhydrodynamique locale et globale.
Zheng et al. (2005) ont travaill dans des contacteurs fibres creuses et la vitesse effective dans le
contacteur diminue lgrement avec laugmentation de la densit de fibres. Ils expliquent que cette
diminution de vitesse peut tre due la diminution de la surface libre dans le module, et
laugmentation rapide de la rsistance au flux par laugmentation de la densit de fibres
(Happel, 1959).
De plus, la position des injecteurs dair est importante (Yeo et al., 2006) et plus prcisment la
distance entre les bulles dair et les fibres. Les phnomnes induits par laration diffrent lorsque
lcoulement de bulles slve travers les fibres ou si les bulles ne sont pas en contact avec les
fibres (Martinelli, 2006).
86
le
rle
de
la
densit
de
fibres
sur
les
performances
globales
du
BAM
(1 g.L ) dans un carr contenant neuf fibres, arranges en trois lignes de trois fibres. Ils trouvent que
la fibre du milieu est la fibre qui produit le plus petit flux de permat, et que chaque fibre a une vitesse
87
fibres
limite donc
Wang et al. (1994) et Wicaksana et al. (2006) qui concluent que le mouvement des fibres induit par
laration augmente les performances de filtration et rduit le dpt de particules la membrane.
Wang et al. (1994) ont montr galement que la prise en compte du flux de permat ne modifie
pas le champ de flux lextrieur des fibres et nont donc pas pris en compte la succion du permat
travers les fibres. Cette tude justifie la possibilit danalyser lhydrodynamique gaz-liquide sans
raliser de filtration.
Linfluence de la tension des fibres a t tudie par Martinelli (2006). Sans aration, la rsistance
au colmatage est plus leve pour les fibres lches que les fibres tendues. Martinelli (2006) souligne
que cela peut tre d lhtrognit du flux de filtration accentu par la courbure de la fibre. Avec
une aration fines bulles, cet auteur trouve la mme tendance et justifie quil nest pas intressant
dutiliser une aration fines bulles qui traverserait le faisceau de fibres sans le mettre en mouvement.
Un deuxime type daration a t utilis par Martinelli (2006) : laration par calotte. Pour des
3
calottes de 14 cm , la rsistance au colmatage est la mme que les fibres soient tendues ou lches.
3
Ensuite, pour des volumes de calotte plus importants (27 et 55 cm ), la rsistance au colmatage est
plus faible lorsque les fibres sont relches avec un gain plus important pour les calottes de volume
3
intermdiaire (27 cm ).
88
plus efficace. Ils ont ralis une srie de trois expriences : un SADm de 166 L.h .m
1 min daration 200 L.h
-1
-1
-1
-2
-2
-1
-2
en continu,
(100 L.h .m ). Pour le premier test, en mode continu, une forte vitesse de colmatage de 493 Pa.h
apparat aprs 3 jours dexprience. Ces vitesses sont beaucoup plus faibles lors de laration
-1
-1
discontinue, de 58 Pa.h pour laration 1/6 et 39 Pa.h pour laration1/12. Ils compltent leur tude
par une analyse de lindice de dcantabilit et de cot nergtique, qui sont meilleurs avec le mode
daration discontinue. Dans cette tude, laration discontinue permet de prvenir du colmatage. La
floculation de la liqueur mixte est dailleurs moins limite par une forte mais courte aration quune
aration continue dans un bioracteur membranes immerges.
Dufaye et al. (2008) ont galement test diffrents cycles daration en alternant un fort dbit dair
avec un faible dbit dair (dures de 15/15 ; 30/0 ; 10/20 et 5/25 s respectivement pour les forts/faibles
3
-1
-2
dbits dair, 0,50 et 0,23 Nm .h .m ). Ils nont trouv aucun modification de la pression
transmembranaire sur du colmatage court terme (5 min) quel que soit le squenage utilis. Pour
des expriences long terme, Dufaye et al. (2008) ont trouv des rsultats prometteurs en termes de
colmatage lors de lutilisation dune faible aration durant la filtration puis dun fort dbit dair durant la
phase de rtrolavage. Limpact dune faible aration sur les proprits biologiques de la boue est
encore mconnu.
89
Membranes
fibres creuses,
mode de
filtration
Rfrences
externe/interne
Smith et al.
(2005)
18 72
-1
-2
L.h .m
interne/externe
Jiang et al.
(2003)
10 kPa
interne/externe
Katsoufidou
et al. (2005)
Flux ou
pression de
filtration
Dure
du RL
Intervalle entre
chaque RL
15 s
15 min
5 10 min
8s
80 90 kPa
5 min
1h
20 kPa
35 s
10 min
18 L.h .m
60 s
60 min
100 KPa
10 L.h .m
-1
96 L.h .m
-2
-1
48 L.h .m
-2
-1
-2
externe/interne
Rosenberger
et al. (2002)
-1
-2
externe/interne
Hernandez
Rojas et al.
(2005)
Bouhabila et al. (2001) ont soulign lintrt du rtrolavage lors de conditions critiques de filtration.
La
permabilit
aprs
rtrolavage
correspond
90%
de
la
permabilit
-1
Visvanathan et al. (1997) ont trouv que le flux de permat passait de 6 30 L.h .m
-2
initiale.
aprs une
squence de rtrolavage. Ces auteurs ont tudi dans un BAM immerg une squence de 15 min de
filtration puis de 15 min de rtrolavage lair. Ils trouvent de meilleurs rsultats en termes de stabilit
de flux et de volume de permat net cumul quen mode continu. Mme si le rtrolavage ne permet
pas denlever tout le colmatage membranaire, ce mode de filtration discontinu permet damliorer le
flux de permat. Ces rsultats sont contredits par Van Kaam (2005) qui a test des squences de
filtration arrt rtrolavage avec aration. Il conclut que le rtrolavage est inutile et quil permet
uniquement de dconcentrer lgrement le module.
Cette mthode de filtration discontinue avec des rtrolavages est consommatrice deau et
prsente des rsultats contradictoires selon les auteurs. Des essais de filtration avec des priodes de
relaxation mais sans rtrolavage sont alors envisages, afin de rduire la perte de permat induit par
le rtrolavage.
90
-2
choisi une relaxation de 2 min aprs 8 min de filtration un flux de 10 L.h .m car avec ce mode de
fonctionnement, ils ne dtectent aucun colmatage irrversible, mme pour une vitesse superficielle de
-1
-1
-2
gaz trs faible de 0,018 m.s . Pour un flux de permat lev de 25 L.h .m , le colmatage est en
-1
revanche observ mme pour des vitesses superficielles de gaz leves de 0,201 et 0,220 m.s . La
relaxation pendant laquelle le flux convectif vers la membrane est arrt permet donc principalement
denlever la partie rversible du colmatage.
Gui et al. (2002) expliquent que le dpt qui se forme la surface de la membrane dpend de
lquilibre entre la vitesse de lcoulement travers la membrane Vf impos par le flux de permat et
le rtrotransport des particules Vb induit par les forces de cisaillement provenant de laration et de la
vitesse tangentielle Vs (Figure I-18).
Laration durant la phase de relaxation joue donc un rle primordial dans la limitation du
colmatage au voisinage de la membrane.
La baisse du temps de relaxation ou laugmentation du temps de filtration provoquent une
augmentation de la vitesse de colmatage (Gui et al., 2002). propos des conditions de relaxation, ces
91
immerges (surface membranaire de 0,0013 m ) flux constant et ont test diffrents modes de
squenage de laration et de la filtration. Ils ont compar leurs rsultats de modlisation avec une
exprience mene avec un module fibres creuses disposes en U et ayant une surface membranaire
2
de 0,3 m . Leur modle sous-estime la pression transmembranaire pour les trois expriences qui ont
t compares et avec des modes de filtration et daration discontinus mais lvolution de la pression
est bien retranscrite. Les diffrents modes choisis ont t ralis pour tester la robustesse du modle,
qui rpond correctement ces variations. Ils ont ainsi compar le temps de relaxation (2 min et 6 min)
pour des priodes de filtration de 10 min. La pression transmembranaire et la rsistance au colmatage
sont plus faibles lorsque le temps de relaxation est gal 6 min. Nanmoins, ces auteurs soulignent
que diffrents paramtres ne sont pas pris en compte ce qui explique lcart entre la modlisation et
lexprience : la variation de la porosit du gteau, lintensit de la turbulence, Cette tude justifie la
fois lintrt et la difficult de modliser un systme membranaire complexe. Une fois le modle
robuste et valid par de nombreuses expriences, il permet de prdire le comportement du systme
membranaire vis vis de nombreuses conditions opratoires faciles modifier. Nous avons choisi
dans notre tude de nous baser uniquement sur les rsultats exprimentaux et de comparer diffrents
squenages pour des boues actives ayant les mmes caractristiques.
Metzger et al. (2007) ont filtr de la boue active dans un BAM immerg ar (surface
2
membranaire de 0,05 m ) et ont compar quatre modes de filtration diffrents : continu, discontinu
avec relaxation, discontinu avec rtrolavage, et discontinu avec squenage du flux de permat et
-1
-2
rtrolavage. Le flux de permat net des quatre modes est identique (20 L.h .m ) et la dure de
-1
-2
filtration est de 24 h. La filtration continue est ralise un flux constant de 20 L.h .m . Pour le mode
-1
-2
discontinu avec relaxation, la filtration se fait Jp = 22 L.h .m avec un arrt de la filtration (relaxation)
de 20 s toutes les 220 s. Le mode discontinu avec rtrolavage consiste effectuer un rtrolavage de
-1
-2
-1
-2
20 s toutes les 220s un flux de rtrolavage de 34 L.h .m , la filtration est ralise Jp = 25 L.h .m .
Le dernier mode discontinu est ralis avec une squence de filtration avec deux flux de permat
-1
-2
-1
-2
(40 L.h .m pendant 80 s et 20 L.h .m pendant 340 s), squence suivie par un rtrolavage de 30 s.
Metzger et al. (2007) trouvent une pression transmembranaire plus faible pour le mode continu que
les trois modes discontinus, que ce soit en termes de flux net ou de flux instantan. Le mode avec des
92
Cette tude souligne que le facteur influenant le colmatage est le flux de permat appliqu. Les
expriences de squenage prsentes dans ce travail de thse sont toutes ralises un mme flux
de permat afin dvaluer linfluence du squenage sans tenir compte de linfluence du flux de
permat. Nanmoins, ces auteurs ne prcisent pas les conditions daration avec lesquelles ils ont
travaill. Le squenage de laration est galement une alternative qui sera dveloppe dans ce
travail.
93
Hydrodynamique gaz-liquide
Concernant la caractrisation hydrodynamique, peu dtudes portent sur la connaissance prcise
des volumes dair et des coulements de gaz dans des modules fibres creuses confins. De
nombreuses questions restent :
Quel est le rgime dcoulement (taille, forme, vitesse des bulles, taux de gaz) dans des modules
membranaires fibres creuses ? Les fibres creuses constituent une phase solide qui modifie
lcoulement et elles influent sur lhomognit du mlange : dans quelle mesure ? En effet, on se
demande sil y a des passages prfrentiels dans le module sous la forme de courts-circuits et si
lintrieur du faisceau se comporte comme une zone morte. Le degr de mlange dans le liquide est-il
homogne sur toute la hauteur du module et quelle est linfluence de la mobilit des fibres sur
celui-ci ?
94
Optimisation du procd
Quelle est linfluence de priodes discontinues daration ou de filtration sur les proprits
biologiques de la boue ? Elles peuvent modifier les proprits du dpt et sa rversibilit lors dun
squenage de laration, de la filtration, ou des deux simultanment. Quapportent ces techniques de
squenage sur le colmatage ?
La dmarche adopte dans ce travail de thse est schmatise sur la Figure I-19. Elle a t
ralise pour diffrents modules afin dtudier linfluence du taux de remplissage (nombre de fibres) et
de la disposition des fibres (nombre de faisceaux) sur lhydrodynamique et le colmatage. Les dfis de
connaissance sur ce sujet ont t souligns lors de cette tude bibliographique.
Le prochain chapitre dfinit les moyens mis en uvre afin de mener ltude. Le pilote et les cinq
modules membranaires utiliss durant cette tude seront prsents. Les outils de caractrisation de
lhydrodynamique et du colmatage ainsi que les analyses permettant dtudier les proprits des
fluides y seront dcrits.
Le chapitre III sera consacr ltude hydrodynamique des phases eau et air, ralise sans
filtration dans chacun des modules pour des larges gammes de vitesses superficielles de gaz et de
liquide. Une attention toute particulire sera porte sur lair, son coulement, sa distribution et le
mlange induit par laration et le mouvement des fibres une chelle globale laide de mthodes
exprimentales non intrusives.
Une fois lhydrodynamique gaz-liquide caractrise, ltude se poursuivra au chapitre IV avec
ltude du colmatage particulaire lors de la filtration de suspensions de bentonite pour diffrents
modules et conditions opratoires. Le colmatage particulaire sera tudi laide de mthodes
spcifiques permettant de caractriser laptitude au colmatage et lirrversibilit du colmatage une
variation de flux dun systme donn pour des conditions opratoires donnes avec le mme effluent.
Aprs avoir caractris le colmatage particulaire, le chapitre V se portera alors sur la filtration
deffluents rels, avec dun ct, linfluence de laration sur le colmatage des composs collodaux et
solubles prsents dans le surnageant de boues actives, et de lautre la filtration de boues actives
pour diffrents squenages de laration et de la filtration. Enfin, les conclusions gnrales de ce
travail de thse seront synthtises afin damener les perspectives ce travail.
95
Lgende
Chapitre IV
Influence de laration
sur le colmatage particulaire
Bulles dair
Particules
Collodes et solubles
Flocs biologiques
Chapitre III
Chapitre V
Caractrisation de lhydrodynamique
Gomtrie du module
Taux de remplissage
Nombre de faisceaux
96
Chapitre II
Matriels et mthodes
filtration tangentielle dune part, procd avec une forte vitesse de liquide (> 1 m.s ), et la filtration
frontale dautre part. Le systme prsent est intermdiaire car la vitesse superficielle de liquide est
faible, de l'ordre du centimtre par seconde.
Le matriel exprimental utilis sera tout dabord dtaill. Ensuite, les paramtres caractristiques
du systme pour quantifier le colmatage seront explicits et les liquides, suspensions et effluents
utiliss lors des expriences de filtration seront dtaills. Les mthodes de nettoyage utilises pour
liminer ce colmatage seront dveloppes ainsi que les techniques analytiques mises en uvre pour
caractriser la biomasse. Les mthodes utilises pour tudier lhydrodynamique gaz-liquide ainsi que
celles pour caractriser le colmatage seront enfin explicites.
II.1.1 Pilote
Les expriences ont t ralises avec un pilote de bioracteur membranes chelle
2
semi-industrielle, compte-tenu des surfaces membranaires utilises allant de 0,75 3,02 m . Ce pilote
est dcrit sur la Figure II-1.
101
P Sortie
P Rtrolavage
P Entre
(10)
(4)
(6)
(7)
(3)
(1)
(9)
(5)
(2)
P Permat
(8)
Air
dbitmtre flotteur [0-300 L.h ] (3). La suspension d'alimentation circule alors l'extrieur des fibres
-1
une faible vitesse superficielle de liquide (maximum de 40 mm.s ) et est renvoye dans le rservoir
d'alimentation. Ce circuit de circulation liquide forme la boucle de recyclage. Le permat est aspir
travers les fibres par une pompe d'aspiration (8) et est ensuite collect dans un bac de rcupration
de 200 L (10). Une vanne trois voies permet galement de renvoyer le permat dans le bac
d'alimentation, et ainsi fonctionner en boucle ferme. Le flux de permat est mesur l'aide d'un
-1
dbitmtre lectromagntique [0-250 L.h ] (9). Trois capteurs de pression sont placs l'entre, la
sortie du module et du ct permat afin de calculer la pression transmembranaire (PTM). Les
manipulations sont arrtes lorsque la pression ct permat passe en dessous de -0,5 bar. La PTM
est comprise entre 0,0 et 0,6 bar. L'air (circuit en traits pointills) peut tre inject en bas du module
par trois diffuseurs d'air (embouts microporeux de 5 mm de diamtre) situs autour de la base du
faisceau. La position des arateurs est dtaille dans le paragraphe suivant. Le dbit d'air est mesur
3
-1
-1
par un dbitmtre flotteur [0-2 m .h ] (5) et la vitesse superficielle du gaz peut atteindre 0,2 m.s .
Un rtrolavage avec leau du permat envoye en sens contraire, de lintrieur vers lextrieur des
fibres, peut tre ralis laide dune pompe centrifuge (7) et le dbit de rtrolavage est lu sur un
dbitmtre flotteur (6). Un manomtre est galement situ sur la boucle de rtrolavage afin de
suivre la pression lors de cette opration.
102
Fibres creuses
Empotage
Figure II-2. Schma dun module membranaire compos de fibres creuses, empotes par le bas.
Chaque module est quip de trois arateurs, composs de trous de 5 mm de diamtre
surmonts de diffuseurs d'air microporeux. Ils sont quidistants (vue de dessus sur la Figure II-3) et
sont situs la base infrieure du module. La coupe longitudinale et la vue de dessus de la base du
module sont prsentes sur la Figure II-3, avec la position de l'empotage, des fibres creuses et des
trois arateurs.
Fibres creuses
Empotage
A
Arateurs
Base du module
Coupe longitudinale
Figure II-3. Coupes horizontale et verticale de la base du module avec les positions des trois
arateurs et des fibres creuses.
103
Taille du faisceau
Diamtre de la fibre
1
3
Small S
Medium M
Large L
Small S
Large L
Cinq permutations possibles avec ces trois catgories ont t tudies : les modules 1SS, 1MS,
3MS, 1LS et 1LL. Ils ont t fournis par le fabricant de membranes Polymem (Toulouse, France).
Les membranes utilises sont des membranes fibres creuses en polythersulfone (PES) et donc
hydrophobes, fonctionnant en mode de filtration externe/interne. Les deux types de fibres creuses
utilises sont les suivantes :
-
Afin d'tudier l'influence de la prsence des fibres sur l'hydrodynamique au sein du module, un
module vide identique aux autres mais sans aucune fibre a t utilis lors des expriences de
caractrisation de l'hydrodynamique des phases gazeuse et liquide. Ce module vide sert de module
de rfrence. Diffrentes dimensions du module (diamtres, surfaces, volumes) ont t employes et
pour clarifier les notations, elles sont rpertories ci-dessous. Les diamtres utiliss sont les suivants :
-
104
Dfibre
Df
Dc
Figure II-4. Description des diffrents diamtres utiliss pour le calcul des surfaces.
Plusieurs surfaces peuvent alors tre calcules :
-
la section droite des fibres, correspondant la section droite occupe par lensemble des
2
fibres Sfibres (m )
S fibres = n fibres
D 2fibre
(II-1)
Avec :
nfibres
Dfibre
Sf =
D 2f
(II-2)
Avec :
Df
-
Sc =
Dc2
(II-3)
Avec :
Dc
-
la section droite libre Slibre (m ), qui correspond la surface occupe par le gaz et le liquide,
soit la surface du carter diminue de la section occupe par les fibres
S libre = S c S fibres
-
(II-4)
2
(II-5)
Avec :
Lutile
PD f =
-
S fibres
(II-6)
Sf
la densit de fibres au sein du carter PDc (-), qui correspond au taux de remplissage du
module.
PDc =
S fibres
(II-7)
Sc
(II-8)
Avec :
Lfibre
-
le volume libre Vlibre, qui est le volume disponible pour le gaz et le liquide
Vlibre = Vc V fibres
(II-9)
Avec :
3
volume du carter (m )
Vc
Il est galement possible de dterminer le taux de remplissage du carter TRc, qui correspond au
rapport entre le volume des fibres et le volume du carter,
TRc =
V fibres
Vc
(II-10)
L'ensemble de ces paramtres pour chacun des modules est rcapitul dans le Tableau II-2.
106
1SS
1MS
3MS
1LS
1LL
1,45
1,45
1,45
1,45
2,3
27,2
37,4
22,0
53
53
67,8
67,8
67,8
67,8
67,8
0,75
0,75
0,75
0,75
0,75
0,08
0,08
0,08
0,08
0,03
0,36
0,73
0,73
1,46
1,12
0,58
1,10
1,14
2,21
2,21
3,61
3,61
3,61
3,61
3,61
3,25
2,88
2,88
2,15
2,49
Surface membranaire Am (m )
0,75
1,51
1,51
3,02
1,46
10
20
20
40
31
63
66
64
66
51
3,05
3,05
3,05
3,05
3,05
0,27
0,55
0,55
1,09
0,84
2,78
2,50
2,50
1,96
2,21
670
700
600
200
200
220
441
441
883
269
-1
-2
-1
Les modules 1SS, 1MS, 3MS et 1LS contiennent des fibres de mme diamtre. Les modules 1MS
et 3MS diffrent uniquement par leur nombre de faisceaux, 1 pour le module 1MS et 3 pour le module
3MS. laide de ces deux modules, il est possible d'tudier l'influence du nombre de faisceaux et
ainsi linfluence du placement des fibres, sur le colmatage et l'hydrodynamique au sein des modules
membranaires.
Les modules 1SS, 1MS et 1LS ont des fibres de diamtres identiques mais des diamtres de
faisceaux diffrents. Le diamtre du faisceau du module 1SS correspond la moiti de celui du
module 1MS qui correspond lui mme la moiti de celui du module 1LS. Ces modules permettent
alors d'tudier l'influence de la taille du faisceau de fibres sur lhydrodynamique de lcoulement et le
colmatage membranaire.
Les modules 1LS et 1LL ont un faisceau de mme diamtre mais avec des densits de fibres
diffrentes puisque les fibres ont un diamtre diffrent. La comparaison de ces modules permet
dtudier linfluence du diamtre des fibres sur lhydrodynamique et le colmatage.
107
U ls =
Ql
S libre
U gs =
Qg
(II-11)
(II-12)
S libre
Avec :
-1
Uls
Ql
Ugs
Qg
Slibre
-1
-1
-1
Les dbits de liquide et de gaz sont ramens aux conditions normales de temprature et de
pression (CNTP, 0C et 1 atm). La gamme des vites ses superficielles de liquide utilise est
-1
-1
0-0,038 m.s et celle de gaz est 0-0,154 m.s . Ces vitesses superficielles correspondent donc des
dbits qui diffrent selon les modules. Les dbits liquides et les dbits de gaz correspondant aux
vitesses superficielles utilises sont prsents dans les Tableau II-3 et Tableau II-4.
Tableau II-3. Dbit de liquide (103 Nm3.h-1) pour chacun des modules correspondant chacune des
trois vitesses superficielles de liquide non nulles testes.
3
-1
Ql (10 Nm .h )
Module
108
Vide
1SS
1MS
3MS
1LS
1LL
-1
156
143
127
127
96
107
-1
312
285
253
253
192
214
-1
288
321
Tableau II-4. Dbits de gaz (Nm3.h-1) pour chacun des modules correspondant aux quatre vitesses
superficielles de gaz non nulles testes.
3
-1
Qg (Nm .h )
Module
vide
1SS
1MS
3MS
1LS
1LL
-1
0,49
0,44
0,39
0,39
0,29
0,33
-1
0,98
0,89
0,79
0,79
0,58
0,67
-1
1,46
1,31
1,16
1,16
0,84
0,98
-1
1,16
1,35
demande
3
SADm (Nm .h
SADm =
spcifique
en
aration
vis
vis
de
la
surface
membranaire,
-1
-2
.m membrane)
Qg
(II-13)
Am
Avec :
2
Am
Qg
dbit de gaz (m .h )
-1
SAD p =
SADm
Jp
-3
permat)
(II-14)
Avec :
Jp
-1
-2
membrane)
-1
-2
Les SADm et SADp (pour un flux de permat de 10 L.h .m ) sont rpertories respectivement
dans les Tableau II-5 et Tableau II-6 pour chaque module.
109
Tableau II-5. SADm (Nm3.h-1.m-2membrane) en fonction des modules et des vitesses superficielles de gaz
non nulles testes.
3
-1
SADm (Nm .h .m
-2
membrane)
Module
1SS
1MS
3MS
1LS
1LL
-1
0,59
0,26
0,26
0,10
0,23
-1
1,19
0,52
0,52
0,19
0,46
-1
1,75
0,77
0,77
0,28
0,67
-1
0,38
0,92
Tableau II-6. SADp (Nm3.m-3permat) en fonction des modules et des vitesses superficielles de gaz non
nulles testes pour Jp = 10 L.h-1.m-2.
3
SADp (Nm .m
-3
permat)
Module
1SS
1MS
3MS
1LS
1LL
-1
59
26
26
10
23
-1
119
52
52
19
46
-1
175
77
77
28
67
-1
92
Ces valeurs sont du mme ordre de grandeur que celles utilises dans l'industrie
(De Wilde et al., 2007).
PTM =
[P ( P
e
] [
+ g Z e ) + Ps ( Pp + g Z s )
2
(II-15)
Ps
Zs
Pe
Ze
Pp
J p (T ) =
Qp
Am
1
PTM = L p (T ) PTM
(T ) Rm
(II-16)
Avec :
-1
2
membrane)
Jp(T)
une temprature T
Qp
Am
surface membranaire (m )
(T)
Rm
rsistance membranaire (m )
PTM
Lp(T)
-1
-1
-1
-2
-1
Afin de comparer les flux une mme temprature de rfrence, les flux de permat sont
ramens 20C [quation (II-17)].
111
J (20C ) =
Qp
(T )
(II-17)
Am (20C )
(20 T )
( T + 105 )
(II-18)
Avec :
T
temprature (C)
J p (20C ) =
1
PTM
(20C ) ( Rm + Rc )
(II-19)
Avec :
Jp
flux de permat
Rc
rsistance au colmatage (m )
-1
112
et 7 g.L . La bentonite est mise en suspension dans de leau dminralise. Cette suspension est
-1
durant quatre heures puis mise au repos toute une nuit pour favoriser
lhydratation des particules. Elle est de nouveau agite au dbut de chaque manipulation afin de
remettre en suspension les particules. Des mesures de taille de particules ont t ralises avec un
granulomtre laser en supposant que les particules de bentonite sont sphriques, mais elles sont de
forme cubique, voire paralllpipdique (Mendret, 2007). Le principe du granulomtre sera explicit
au paragraphe II.4.1. Un exemple est prsent sur la Figure II-6 pour plusieurs expriences des
dates diffrentes et de manire alatoire o sont reprsentes les rpartitions en volume et en
nombre des tailles des particules de bentonite.
(a)
(b)
Figure II-6. Rpartitions (a) en volume et (b) en nombre de la taille des particules de bentonite.
La premire observation est que le diamtre moyen sur la rpartition en volume est le mme
quelle que soit lexprience et que chacune des courbes est centre autour dune seule taille,
correspondant une seule population de particules. Pour la rpartition en nombre, le volume diffre
lgrement entre les expriences mais lcart reste minime. Tous ces profils sont centrs sur le mme
diamtre gal 3,8 et 0,8 m respectivement pour la rpartition en volume et en nombre. Les
expriences ont donc t ralises avec les mmes suspensions et sont toutes comparables entre
elles. Chacune des expriences a donc t ralise avec une population de particules de taille
identique, avec des rpartitions en volume et en nombre identiques. Cette taille de particules justifie
galement le fait que le colmatage est un colmatage en surface et quil ny a, a priori, pas de
bouchage des pores car la taille des particules est prs de dix fois suprieure la taille des pores. La
113
module utilis sur ce pilote est un module fibres creuses avec une surface membranaire de 7 m . La
boue est prleve dans le bassin biologique du pilote. Chaque prlvement effectu correspond donc
une purge et lge de boue est fix 40 jours. La concentration en matires en suspension varie
-1
entre 6 et 10 g.L . Le pilote est du mme type que celui utilis lors de nos expriences avec un
module plus grand permettant une surface de filtration plus importante (plus du double que celle du
module 1LS). Le pilote de Labge est donc un bioracteur membranes configuration externe, avec
une filtration semi-frontale en mode externe-interne fonctionnant avec une boucle de recyclage
faible circulation de liquide (Figure II-7). Lorain et Espenan (2007) ont choisi pour le fonctionnement
du pilote Labge, en considrant un dbit dentre gal 4Q (100%), que le dbit de la boucle de
recyclage dans le bac dalimentation serait de 3Q (75%) et celui sous-tir, cest--dire le dbit de
permat, quivalent 1Q (25%). Ces dbits sont reprsents sur le schma du pilote (Figure II-7).
Alimentation
Recirculation
Permat
3Q
Q
Membrane
Bioracteur
4Q
Figure II-7. Schma de principe du pilote de Labge.
La mesure des tailles de particules a galement t ralise sur des chantillons de boue active
et un exemple est prsent sur la Figure II-8. Cette mesure est ralise en considrant les particules
sphriques, mme si les flocs biologiques ne le sont pas (Stricot, 2008).
114
(b)
(a)
Figure II-8. Rpartition (a) en volume et (b) en nombre de la taille des particules
prsentes dans les boues actives.
Le diamtre moyen des particules prsentes dans les boues actives supposes de forme
sphrique est centr autour de 100 m [Figure II-8 (a)]. Au regard de la rpartition en nombre
[Figure II-8 (b)], il existe une trs forte proportion (prs de 20%) de petites particules de 1,9 m de
diamtre moyen. La boue est donc compose de quelques grosses particules (7%) avec une taille
caractristique de 100 m et dun grand nombre de petites particules (20%) ayant un diamtre moyen
centr autour de 1,9 m.
II.3.4 Surnageant
Une srie dexpriences a t mene en filtrant uniquement le surnageant des boues. La boue
active contient des particules, des collodes et des composs solubles. Afin de sparer les composs
particulaires des composs collodaux et solubles, la boue a t centrifuge 4 000 g pendant
10 minutes, temprature ambiante. Le culot de centrifugation est jet. Le surnageant obtenu
contient donc la fois les collodes et les composs solubles, mais est exempt de particules
(Figure II-9). Cest avec ce surnageant que des expriences de filtration ont t ralises.
Boues actives
Particules
+
Collodes
+
Composs solubles
Centrifugation
4000 g
Collodes
+
Composs solubles
Surnageant
Particules (culot)
115
II.4 Techniques
analytiques
mises
en
uvre
pour
116
117
II.4.4 Analyse
chromatographique
dexclusion
strique
haute
performance
Le principe gnral de lanalyse chromatographique dexclusion strique haute performance
(HPLC-SEC) est dcrit ici. Les conditions opratoires et le choix des dtecteurs utiliss seront ensuite
dvelopps.
Grosses molcules
Petites molcules
Gel (silice)
Intensit
118
Na2HPO4 pH 6.8) et de 0,025 M de Na2SO4. Le flux de la phase mobile est fix 1 [Link] et le
volume dinjection est de 1 mL. Les chantillons ont t pralablement dilus avec 1 mL dluent
(dilution de facteur 2), afin de ne pas saturer les dtecteurs en sortie de colonne.
En sortie de colonne, les composs spars sont analyss par un dtecteur de fluorescence
(Varian, France) dispos en srie. Cette analyse est effectue aux longueurs donde dexcitation et
dmission spcifiques des protines (soit Ex/Em 280/350 nm, Her et al., 2004) et des substances
humiques dans leur environnement (Ex/Em 350/445 nm, Coble et al., 1996).
-1
1,5 bar pendant 30 secondes et avec un dbit de gaz important (Qg = 0,9 Nm .h ) maintenu
lextrieur des fibres ct concentrat, afin de dcoller plus facilement les composs dposs sur la
membrane.
119
Annexes. Le lavage le plus utilis est un mlange de chlore (200 ppm) et de soude (4 g.L ). Il est
effectu aprs chacune des expriences ralises avec les effluents rels afin de replacer la
membrane dans un tat physico-chimique identique au dbut de chaque nouvelle exprience.
PTM
J5
J4
J3
J2
J1
120
Mode de filtration
Rfrence
-1
-2
frontal
Mass (2004)
-1
-2
tangentiel
tangentiel
tangentiel
frontal
10 min 10 L.h .m
60 min 10 L.h .m
-1
80 min 5 L.h .m
-2
-1
30 min 20 L.h .m
-2
-1
-2
-2
frontal
-1
-2
frontal
-1
-2
frontal
Lu et al. (2008)
-1
-2
tangentiel
-1
-2
frontal
30 min 5 L.h .m
5 min - 5 L.h .m
5 min - 5 L.h .m
Au vu de toutes ces valeurs, il est difficile de dterminer les conditions utiliser pour cette
mthode des paliers de flux. Pourtant, Le-Clech (2003a) prconise une hauteur de palier faible et une
dure modre (entre 15 et 30 min) et ajoute que ce type dexprience permet une bonne
comparaison pour tudier le colmatage. La comparaison entre deux expriences permet, pour un seul
paramtre modifi, de dterminer linfluence de ce paramtre sur le colmatage. Ainsi, Lu et al. (2008)
-1
-2
-1
-2
utilise cette mthode (flux initial de 10 L.h .m , palier de 5 L.h .m , dure du palier de 30 min) pour
tudier linfluence de la taille de linjecteur lors de la filtration dune solution de levure concentre
-1
-2
paliers 5 L.h .m . Ces conditions ont t dtailles dans un rapport du projet EUROMBRA (Rapport
D2 : Definition of normalised parameters and common methodologies, 2006) et ont t tablies afin
dutiliser un protocole dtude du colmatage commun pour pouvoir raliser des comparaisons entre les
diffrentes expriences ralises dans des systmes et des gomtries divers. Les variations de la
pression transmembranaire sont mesures au cours du temps et les rsistances au colmatage
correspondantes calcules.
121
du palier (10 et 30 minutes respectivement pour les suspensions de bentonite 0,65 et 7 g.L ) et
correspond laptitude au colmatage dun effluent en particulier, pour des conditions opratoires
spcifiques et un flux donn. Les diffrentes vitesses de colmatage obtenues pour chacun des
paliers sont ensuite reprsentes en fonction du flux de permat (Figure II-13)
dRc ou dRc
dt
dV
J1
J2
J3
J4
J5
Jp
122
-2
lchelon de 3 L.h .m . Lobjectif est de sapprocher des conditions opratoires utilises dans les
installations industrielles. Cette tape supplmentaire permet la membrane dliminer le colmatage
rversible avant datteindre un nouveau palier de flux.
De la Torre et al. (2008) ont galement dvelopp une seconde mthode, adapte de cette
-1
seconde mthode. Elle consiste, au dbut de chaque palier, se placer un flux faible de 10 L.h .m
-2
pendant un temps trs court de 2 min. Cette tape tant la mme pour chaque nouveau palier, elle va
permettre de comparer le colmatage irrversible qui reste aprs la priode de relaxation. La dure de
-1
-2
-2
relaxations entre chaque palier, ils filtrent en continu une trs faible valeur (5 L.h .m ).
Une autre mthode a t utilise par Kosoeoglu et al. (2008). Elle est prsente sur la
Figure II-14.
Figure II-14. Mthode des paliers de flux dveloppe par Kosoegulu et al. (2008).
123
de suite. Les auteurs expliquent quils redescendent au flux du palier prcdent puis 0 L.m .h
afin
de dterminer lirrversibilit du colmatage entre chaque palier. Si la PTM un flux donn est plus
importante que celle obtenue pour le mme palier de flux prcdemment, un degr dirrversibilit a
t atteint.
Ces mthodes pour caractriser laptitude au colmatage sont trs nombreuses et personne ne
saccorde sur le protocole utiliser. Ces mthodes peuvent malgr tout tre complmentaires entre
elles et apportent chacune des informations diffrentes. Nous avons voulu caractriser lirrversibilit
du colmatage une variation de flux (correspondant un relchement de la pression), et non une
relaxation. Nous avons donc choisi la mthode des paliers de flux ascendants puis descendants de
manire successive, afin dobserver au fur et mesure lvolution de ce colmatage irrversible pour
chacun des flux tests.
II.6.3.2 Mthode des paliers de flux ascendants et descendants utilise dans cette tude
La mthode des paliers de flux ascendants puis descendants de manire successive a t
dveloppe par Espinosa-Bouchot et al. (2006) et est adapte dune mthode paliers de pressions
utilise par Espinasse et al. (2002). Cette mthode permet de caractriser lirrversibilit du
colmatage une variation de flux et est prsente sur la Figure II-15.
Jp
PTM
J4
J3
J2
J1
J2
J1
Figure II-15. Description de la mthode des paliers de flux ascendants puis descendants.
Le flux est maintenu constant pendant 30 minutes, et lincrment de flux entre chacun des paliers
-1
-2
est relativement faible (4 L.h .m ). Ces valeurs ont t adaptes ltude du colmatage irrversible
afin d'valuer plus prcisment cette rversibilit du colmatage une variation de flux. Le principe de
la mthode est le suivant, dcrit laide des notations de la Figure II-15.
Aprs le palier de flux J2, le flux est ramen au prcdent palier correspondant au flux J1, afin
d'observer si une rversibilit du colmatage une variation de flux apparat ou non. Lorsque la PTM
initiale, au dbut du palier, est la mme pour les deux paliers J1, cest--dire avant et aprs le flux J2,
le colmatage est considr comme rversible pour ce flux.
124
C V
dt
=
+ Rm
dV A m PTM Am
(II-20)
PTM =
C
2
m
Q p2 t +
Rm
Am
Qp
(II-21)
Avec :
t
volume filtr (m )
Qp
Am
surface membranaire (m )
Rm
rsistance membranaire (m )
PTM
-1
-3
-1
-1
125
Leffluent est maintenu dans ce rservoir pendant 2h30 avant chaque exprience afin de replacer
la boue dans des conditions arobies comme sur le pilote de la station dpuration.
Une sonde pH plonge dans le rservoir afin de contrler sa valeur. Il nest pas rgul car il a t
observ que ce paramtre variait peu au cours du temps sur linstallation de Labge : sa valeur est
comprise entre 6,8 et 7,2 pour lensemble des exprimentations.
Lagitation se fait par un agitateur deux ples, de type ples marines et la vitesse de rotation est
-1
fixe 30 [Link] .
Laration est contrle par une sonde oxygne relie une lectrovanne avec une consigne de
2.5 0.5 mgO2/L. Le dbit dair est fix pour que le rapport dbit dair (en L.h ) sur volume de boue
-1
(en L) soit gal 2 afin davoir une aration suffisante dans le rservoir et de maintenir la liqueur
mixte en conditions arobies.
La temprature est fixe 14 0.1C.
126
P Sortie
Permat
P Entre
Concentrat
M
O
D
U
L
E
P Rtrolavage
Eau
Ultrafiltre
Boue
active
Alimentation
P Permat
Air
Figure II-16. Schma de linstallation avec les trois prises dchantillons
utilis pour la filtration de surnageant de boues actives.
Sur la Figure II-16 sont galement prciss les points de prlvements des diffrents
chantillons : alimentation, concentrat et permat.
127
P Sortie
Q
M
O
D
U
L
E
P Entre
2Q
Concentrat
P Rtrolavage
Eau
Ultrafiltre
Permat
Boue
active
Q
P Permat
Air
Figure II-17. Schma du pilote pour les expriences de filtration ralises avec des boues actives.
Sur la Figure II-17 sont schmatiss le rservoir dalimentation o est place la boue active, le
bac o est rcupr le concentrat, un autre bac pour le permat et le bac deau ultrafiltre utilis lors
de la squence de rtrolavage.
Les expriences avec les effluents rels ont t ralises sur des courtes priodes (moins d1 h)
flux constant, pour diffrents dbits dair et dures daration, priodes de relaxation. Laration et la
filtration discontinues ont galement t couples. Comme prcis sur la Figure II-17, avec un dbit
de permat gal Q, le dbit de recirculation est galement gal Q, et le dbit dentre correspond
-1
-1
donc 2Q. Le flux de permat a t pris gal 30 L.h .m (45,3 L.h ), le dbit dentre Ql est donc
-1
,
-1
Afin de pouvoir comparer les expriences entre elles, certaines ont t ralises successivement
avec le mme chantillon de boue. la fin de la premire exprience, le permat et le concentrat sont
mlangs pour effectuer une seconde exprience. Les proprits de la boue ont t mesures et sont
identiques entre la boue initialement prleve et la boue aprs mlange.
-2
-1
-2
-1
10 min, chelon entre deux paliers : 5 L.h .m , flux initial : 10 L.h .m ; Ugs = 0,038 m.s ). La seule
diffrence est la vitesse superficielle de liquide, constante pour la bentonite, et croissante pour
lexprience avec la boue active. Cette comparaison a t ralise afin de justifier ltude ralise
avec la bentonite, pour savoir si les vitesses de colmatage taient comparables avec celles obtenues
avec des boues actives. Elle est prsente sur la Figure II-18.
128
Q g net =
Q g faible
aration
t faible
aration
+ Qg
t faible
aration
+ t forte
forte aration
t forte
aration
(II-22)
aration
Avec :
3
-1
Qg net
Qg
dbit de gaz (m .h )
dure (s)
-1
Diffrentes priodes et diffrents dbits dair ont t utiliss et sont rpertoris dans le
Tableau II-8.
129
J p net = J p
t filtration
(II-23)
t filtration + t relaxation
-1
-2
Jp net
Jp
dure (s)
-1
-2
Ces deux types de squenage, filtration et aration, ont galement t coupls, en plaant une
forte aration pendant la priode de relaxation. Le dtail de ces expriences se trouve galement
dans le Tableau II-8.
130
Tableau II-8. Conditions opratoires des expriences ralises avec des effluents rels, dtails des modes et des priodes daration et de filtration.
Numro de
lexprience
II
III
IV
VI
VII
VIII
IX
XI
XII
XIII
XIV
290/10
450/60
450/60
450/60
450/60
0,195
0,390
0,195
0,145/1,641
0,195
0,195
0,195
0,195
0,112/0,820
0,195
0,081/0,820
0,081/0,820
0,112/0,820
0,195
0,195
0,390
0,195
0,195
0,195
0,195
0,195
0,195
0,195
0,195
0,168
0,168
0,195
0,195
0,019
0,038
0,019
0,014/0,158
0,019
0,019
0,019
0,019
0,011/0,079
0,019
0,008/0,079
0,008/0,079
0,011/0,079
0,019
0,129
0,258
0,129
0,096/1,086
0,129
0,129
0,129
0,129
0,074/0,543
0,129
0,054/0,543
0,054/0,543
0,074/0,543
0,129
4,3
8,6
4,3
3,2/36,4
4,3
4,3
4,3
4,3
2,5/18,2
4,3
1,8/18,1
1,8/18,1
2,5/18,2
4,3
300/150
450/150
600/150
300/60
450/60
450/60
450/60
450/150
30
30
30
30
30
30
30
30
30
30
30
30
30
30
30
30
30
30
20
22,5
24
25
26,5
26,5
26,5
30
30
22,5
AERATION
Mode
priodes on/off (s)
3
-1
Qg (Nm .h )
3
-1
Qg net (Nm .h )
-1
Ugs (m.s )
3
-1
-2
SADm (Nm .h .m )
SADp (Nm
-3
.m p)
FILTRATION
Mode
priodes on/off (s)
-1
-2
Jp (L.h .m )
-1
-2
Jp net (L.h .m )
c continu d discontinu
131
II.8.1 Schma
du
pilote
utilis
pour
la
caractrisation
de
lhydrodynamique
Les expriences menes pour mesurer les pertes de charge, les rtentions gazeuses et les
analyses de distribution des temps de sjour ont t ralises sans filtration. Un schma simplifi de
linstallation pour raliser ces expriences de mesures hydrodynamiques est prsent sur la
Figure II-19. Les lments prsents restent les mmes que ceux de la Figure II-1.
P
Sortie
Eau
ultrafiltre
Entre
Ql
Qg
Air
Figure II-19. Schma simplifi du pilote utilis pour les tudes de lhydrodynamique.
132
-1
Patm
Patm
Sortie
Patm
Ps
hs
hs
he
he
Zs
Entre
Pe
Ze
Figure II-20. Dispositif pour les mesures de pertes de charge et de rtentions gazeuses.
Avec :
h
pression (bar)
e,s
Ces mesures ont donc permis de calculer les pertes de charge dans le module laide de
lquation (II-24), en supposant
133
P = Pe Ps = l l g ( h' e h' s ) = l l g ( Z s Z e )
(II-24)
Avec :
g, l
l, g
-3
-2
l =
Vl
h he
((h hs ) ( Z e Z s ))
= 1 s
= e
Vlibre
Zs Ze
Zs Ze
(II-25)
Avec :
3
Vl
volume de liquide (m )
En prenant en compte le volume libre, les seules phases prsentes sont le gaz et le liquide donc :
l + g =1
(II-26)
Daprs les quations (II-25) et (II-26), on en dduit la rtention gazeuse [quation (II-27)].
g =
Vg
Vlibre
hs he
Zs Ze
(II-27)
Daprs les quations (II-25) et (II-26), on en dduit la rtention gazeuse [quation (II-27)].
g =
Vg
Vlibre
hs he
Zs Ze
(II-28)
Avec :
3
Vg
volume de gaz (m )
sur
des
installations
BAM
compltes
Brannock et al. 2007). Ces auteurs ont dmontr lintrt de ces analyses pour dterminer les zones
faiblement mlanges et galement quelles pouvaient tre appliques diffrentes chelles,
notamment lchelle du module membranaire.
134
Une solution saline NaCl 10 g.l a t prpare et injecte (20 mL) laide dune seringue en
entre du module (Figure II-21) sous forme dune impulsion (pulse). La masse de sel injecte est de
0,2 0,01 g ( 5%) et la dure de linjection infrieure 1 s. La conductivit a t mesure en sortie
du module toutes les secondes laide dune sonde conductimtrique relie un logiciel dacquisition,
comme explicit sur la Figure II-21.
Sortie du liquide
Enregistrement de
la conductivit
Injection
Entre du liquide
135
(b)
136
Vl
Ql
(II-29)
Avec :
Vl
Ql
dbit de liquide (m .L )
-1
Ce temps de passage est un temps de passage thorique et est directement dtermin partir
des conditions opratoires et des grandeurs du systme.
Il est alors possible dobtenir un paramtre adimensionnel caractristique du temps en divisant le
temps par le temps de sjour hydraulique [quation (II-30)].
(II-30)
La fonction de distribution E(t) est dfinie comme le rapport entre la concentration en traceur
releve pendant le temps dt et la concentration totale en traceur introduite C0 [quation (II-31)].
E (t ) =
Ql C (t )
Ql C (t )dt
1 C (t )
C0
(II-31)
Avec :
-1
C(t)
C0
-1
137
E ( ) = E (t )
(II-32)
Le paramtre adimensionnel E() est donc dtermin avec les quations (II-31) et (II-32) et
correspond la rponse de linjection chaque instant de mesure (1 s). La courbe DTS trace
correspond E() en fonction de
t C (t )
C (t )dt
t C (t )
C (t )
(II-33)
Afin de comparer le temps de sjour moyen avec le temps de sjour thorique , le rapport /
a t calcul. Si sa valeur est comprise entre 0,85 et 1,15 (1 15%), cela signifie que le racteur peut
tre modlis par les modles DTS.
La seconde grandeur caractristique est la variance rduite , associe la variance t . Elles
2
2
t
(t ) C (t )dt
2 =
C (t )dt
t C (t )
C (t )
t2
(II-34)
(II-35)
La variance rduite est utilise pour dterminer le type dcoulement dans le racteur. En effet,
lorsque la variance rduite tend vers 0, lcoulement tend vers un coulement piston et lorsquelle
tend vers 1, lcoulement tend vers un coulement parfaitement agit. En gnral, les modles utiliss
pour les analyses DTS sont une combinaison de ces deux types dcoulement idaux avec une
variance comprise entre 0 et 1.
Pour suivre lvolution de la concentration en sel qui est sortie du module par rapport celle
injecte, il est possible de tracer lvolution du rapport de concentrations F() en fonction de .
F( ) =
C( t )
C0
(II-36)
Figure II-23. Exemple de F() = f() pour Uls = 0,013 et Ugs = 0,038 m.s-1 dans le module 1MS.
Lorsque F() atteint la valeur 1, tout le traceur est sorti du module. Nous retrouvons sur la
Figure II-23 que la masse de sel cumule sur toute la dure de lexprience et mesure en sortie
correspond 95% de la masse de sel injecte en entre.
La reproductibilit des expriences a galement t tudie et un exemple est prsent sur la
Figure II-24.
Figure II-24. Test de reproductibilit. E() = f() pour le module LB1L, Uls = 0.025,
Ugs = 0.154 m.s-1, essai 1 , essai 2 .
On observe sur la Figure II-24 que les rsultats sont similaires pour les deux essais et lanalyse
DTS est donc une mthode reproductible.
Les
matriels
et
les
mthodes
utiliss
pour
les
expriences
de
caractrisation
de
lhydrodynamique et de la filtration ont t dtailles dans ce chapitre. Ils permettent de comprendre les
protocoles employs pour obtenir les rsultats prsents dans les chapitres suivants.
Le prochain chapitre se focalisera sur ltude hydrodynamique gaz-liquide au sein des modules
membranaires, ralise avec des enregistrements vidos, les mesures de rtentions gazeuses et les
analyses de distribution des temps de sjour.
139
Chapitre III
Caractrisation de
lhydrodynamique gaz-liquide
au sein des modules membranaires
Fibres creuses
1m
Bulles dair
Entre du liquide
Empotage
Arateurs
0,0678 m
diphasique gaz-liquide : les deux phases en coulement prsentes sont lair et leau ;
leau a t choisie afin de simplifier les donnes du problme et de permettre la
visualisation de lcoulement
en prsence dun milieu poreux solide et mobile, les fibres creuses pouvant donc tre
considres selon deux approches : soit elles font partie intgrante du carter et donc le
systme tudi est diphasique gaz-liquide (air-eau), soit les membranes sont dfinies
comme tant une troisime phase et le systme est alors triphasique gaz-liquide-solide
(air-eau-membranes)
143
en milieu confin, au sein dun carter membranaire cylindrique de diamtre intrieur gal
0,0678 m contenant un nombre lev de fibres : le confinement est plus ou moins
important selon le nombre de fibres,
Nous sommes donc en prsence dun coulement complexe dans un systme confin. Lanalogie
de ce type de systme peut tre faite avec de nombreux racteurs utiliss couramment en gnie des
procds. Cest un coulement en conduite verticale avec la phase gaz disperse sous forme de
bulles dans un liquide. Il est tout dabord possible de faire lanalogie avec les colonnes bulles et les
airlifts. Du fait de la prsence des fibres, il est galement possible de dfinir le module membranaire
comme une colonne garnissage o le garnissage serait constitu de fibres creuses. Si lon
considre que les fibres ne sont pratiquement pas mobiles, le module membranaire peut alors tre
considr comme un racteur lit fixe. Si par contre la mobilit des fibres est importante, le module
peut tre dfini comme un racteur lit fluidis.
Dans ce contexte, diffrentes tudes menes pour ces divers racteurs peuvent alors tre
appliques au cas particulier du module membranaire. Lenjeu est de mieux comprendre les effets de
linjection dair et du dbit de liquide sur lcoulement au sein du module et de disposer des donnes
ncessaires pour identifier les paramtres hydrodynamiques intervenant lors de la filtration et
influenant le colmatage.
Il faut galement souligner que lors de la filtration, un coulement supplmentaire transversal
seffectue de lextrieur vers lintrieur des fibres creuses, et ce tout le long de chacune des fibres,
mais galement travers le faisceau de fibres. De plus, lors de la filtration de fluides synthtiques ou
biologiques, un gteau de filtration se forme. Lcoulement transversal supplmentaire induit par la
filtration est alors perturb et seffectue travers ce gteau de filtration qui est un milieu poreux plus
ou moins dense qui modifie les contraintes hydrodynamiques le long des fibres et du faisceau.
Il est donc primordial de prciser que cette tude hydrodynamique a t ralise sans filtration et
uniquement avec de leau (eau ultrafiltre), afin de simplifier les donnes du problme et de faciliter la
comprhension des diffrents phnomnes mis en jeu, et ce pour diffrentes configurations de
module.
Pour cela, trois types de mesures complmentaires ont t utilises :
-
lanalyse dimages, afin dtudier la forme des bulles, leur taille ainsi que leur vitesse, mais
galement afin dobserver le mouvement des fibres
des mesures de rtention gazeuse pour dterminer les volumes de gaz et de liquide ainsi
que les rgimes dcoulement dans les modules
des analyses de distribution des temps de sjour afin de dterminer la prsence ou non
de zones mortes, de courts-circuits, et de modliser par une approche "gnie des
144
linfluence
des
conditions
opratoires
et
de
la
gomtrie
des
modules
sur
145
U l ft vide Dc
Re ft vide =
(III-1)
Avec :
Re ft vide
U l ft vide
Dc
-3
-3
-1
-1
-3
En ft vide, le diamtre hydraulique est gal celui de la conduite, le carter membranaire, dont le
diamtre est gal 0,0678 m (identique pour chaque module). La vitesse du liquide Ul ft
vide
est
U l ft vide =
Ql
Sc
(III-2)
Avec :
3
-1
Ql
Sc
-3
III.1.1.2 Nombres de Reynolds calculs en conduite en considrant les fibres, Re avec fibres
Le nombre de Reynolds dun coulement de fluide en considrant les fibres se calcule ainsi :
Reavec fibree =
U ls d H
(III-3)
Avec :
Reavec fibres nombre de Reynolds calcul en le ft vide
-1
Uls
dH
Cette fois-ci, les fibres sont prises en compte et interviennent dans le calcul du diamtre
hydraulique [quation (III-4)].
146
dH
2
2
4 S m Dc n fibres D f
=
=
Pm
Dc + n fibres D f
(III-4)
Avec :
Dc
Df
nfibres
Le diamtre hydraulique dpend du module membranaire et vaut 5,2 mm pour le module 1MS.
La vitesse considre est la vitesse superficielle du liquide Uls, en prenant en compte les fibres et
en considrant que tout lespace entourant les fibres est occup par la phase liquide. Cet espace est
appel la surface libre et est reprsent en blanc sur la Figure III-2.
Figure III-2. Surface libre reprsente en blanc, sans prendre en compte les fibres en noir ().
La vitesse superficielle du liquide est calcule avec lquation (III-5).
U ls =
Ql
S libre
(III-5)
Avec :
Slibre
= S c S fibres ]
3
-1
En prenant les dbits de liquide Ql utiliss dans le module 1MS (0,127 et 0,253 Nm .h ) dont la
-3
surface libre Slibre vaut 2,88.10 m , les vitesses superficielles de liquide Uls sont respectivement
-1
III.1.1.3 Nombres de Reynolds lentre calculs dans la conduite dinjection du liquide Re entre
La section dentre est reprsente en blanc sur la Figure III-3.
module
Sentre
Reentre =
U l entre d entre
(III-6)
Avec :
Re entre
Ul entre
dentre
-1
La vitesse de liquide Ul
-5
entre
Sentre gale 9,50.10 m [quation (III-7)] ; ce qui revient considrer une vitesse uniforme
linjection.
U l entre =
Ql
(III-7)
S entre
Avec :
Sentre
-5
Ces vitesses en entre sont respectivement gales 0,371 et 0,739 m.s pour Ql gal 0,127 et
3
-1
0,253 Nm .h . Le diamtre hydraulique en entre est gal au diamtre du cylindre en entre (11 mm).
U l base =
Ql
S base
(III-8)
Avec :
Sbase
148
-4
Ces vitesses en entre sont respectivement gales 0,069 et 0,137 m.s pour Ql gal 0,127 et
3
-1
III.1.1.5 Comparaison des quatre nombres de Reynolds Re ft vide, Re avec fibres, Re entre, Re base
Les quatre nombres de Reynolds qui viennent dtre prsents ont t calculs dans le module
3
-1
1MS pour deux dbits liquides Ql de 0,127 et 0,253 Nm .h , utiliss pour toutes les expriences
ralises dans ce module. Ces nombres adimensionnels sont prsents avec leurs vitesses
correspondantes dans le Tableau III-1.
Tableau III-1. Vitesses du liquide et nombres de Reynolds correspondant dans le module 1MS.
3
-1
Ql (Nm .h )
Gomtrie considre
0,127
0,253
Ul ft vide (m.s )
0,010
0,019
Re ft vide
660
1320
Uls (m.s )
0,013
0,025
Re avec fibres
70
130
Ul entre (m.s )
0,371
0,739
Re entre
4100
8100
Ul base (m.s )
0,069
0,137
Re base
343
684
-1
Ft vide
-1
En entre du module
-1
149
Ces calculs sont prsents pour le module 1MS mais les mmes tendances ont t retrouves
dans chacun des modules (cf. Annexes). Lcoulement dans les modules, que ce soit en considrant
la conduite vide ou en considrant les fibres, et la base des fibres est un coulement en rgime
laminaire. Dans la section dentre, en revanche, le rgime est turbulent mais une paroi ralentit ce fort
courant dentre.
Aprs avoir tudi la phase liquide, intressons nous prsent lanalyse de la phase gaz.
Lhydrodynamique de la phase gaz a t ralise uniquement dans le module membranaire 1MS,
toujours sans filtration mais galement sans circulation de liquide. Il sagit de mesurer la taille et la
vitesse des bulles dair en fonction du dbit dair inject uniquement. La mesure a t ralise sans
circulation de liquide afin de dterminer les vitesses terminales dascension des bulles. Une tude
adimensionnelle complte cette analyse dimages en quantifiant la dformation des bulles. Une
comparaison des vitesses de gaz exprimentales avec celles de la littrature est ensuite ralise pour
terminer par le calcul des nombres de Reynolds de mlange.
-1
large gamme de dbits dair (0,07-1,07 Nm .h ) et sans vitesse de liquide afin de dterminer les
vitesses terminales dascension des bulles. Les vitesses superficielles de gaz correspondant aux
dbits de gaz utiliss ont t calcules et sont dtailles dans la lgende de la Figure III-5.
150
(a)
(b)
(c)
(d)
(e)
(f)
Figure III-5. Photographies prises au milieu du module 1MS pour six dbits de gaz :
Photographie
3
-1
Qg (Nm .h )
-1
Ugs (m.s )
(a)
(b)
(c)
(d)
(e)
(f)
0,069
0,159
0,237
0,459
0,777
1,061
0,007
0,015
0,023
0,044
0,075
0,102
151
-1
faibles dbits [Qg 0,159 Nm .h , photos (a) et (b)], une seule population de bulles sphriques est
prsente dans le module. Les bulles commencent se dformer (bulles ellipsodales) et coalescer
3
-1
-1
sur la photo (c) [Qg = 0,237 Nm .h ]. Pour Qg 0,459 Nm .h [photos (d), (e) et (f)], une deuxime
population de bulles constitue de grosses bulles ou de paquets de gaz difformes coexiste avec la
premire population de petites bulles.
Mouvement des fibres
Linfluence du dbit de gaz sur le mouvement des fibres peut galement tre analyse laide des
photographies de la Figure III-5. En effet, les fibres commencent bouger lgrement
3
-1
Qg = 0,237 Nm .h
-1
saccentue sur la photo (d) (Qg = 0,459 Nm .h ) pour devenir trs importante partir de
3
-1
Qg = 0,777 Nm .h [photos (e) et (f)]. Sur ces deux dernires photographies, on observe que ce sont
les gros paquets de gaz qui, en se frayant un passage, poussent les fibres loppos du module. Il
faut souligner que ces gros paquets de gaz se forment de manire alatoire et quaucune priodicit
na pu tre observe. Plus la taille des bulles est importante et donc plus les bulles coalescent, plus le
mouvement des fibres est accentu.
Proprits des bulles : diamtres, vitesses, formes
Lanalyse sest ensuite porte sur les grandeurs physiques mesurables laide de ces images.
Seules quelques bulles (jusqu 6 bulles tudies pour un dbit de gaz donn) ont ainsi t
caractrises afin de dterminer des ordres de grandeur des diamtres et des vitesses de bulles.
Les diamtres quivalents des bulles de et les vitesses terminales dascension des bulles UT ont
t mesurs laide de ces photographies. En connaissant le diamtre des bulles, il est alors possible
de calculer le nombre adimensionnel dEtvs Eo galement appel nombre de Bond Bo. Celui-ci
compare les effets de gravit aux effets de tension superficielle. Il est dfini par :
Eo = Bo =
g d e2
(III-9)
Avec :
la
diffrence
de
masse
volumique
entre
les
deux
fluides
-2
de
Pour les bulles sphriques, le diamtre quivalent des bulles est gal au diamtre des bulles et
est mesurable sur des enregistrements dimages. Par contre, pour des bulles non sphriques, ce
152
d bulle = 3 a 2 b
b
a
(III-10)
Pour les bulles non ellipsodales, de type poches de gaz difformes, il est trs difficile dvaluer la
profondeur de la bulle et il nest pas possible de la prendre gale au grand axe. La profondeur de la
bulle minimale a t considre gale 10 mm afin dobtenir des ordres de grandeurs de nombre
dEo et de Re.
Il est galement possible, connaissant le diamtre de bulle et la vitesse dascension des bulles, de
calculer le nombre de Reynolds de la bulle avec lquation (III-11).
Rebulle =
eau U T d q
eau
(III-11)
Pour chacun des dbits de gaz tests, les valeurs (dbulle, Eo, Ubulle, Rebulle) ont t mesures et
calcules pour les diffrentes images prsentes en Figure III-5, et ces valeurs sont regroupes dans
le Tableau III-2 avec la prcision deux populations lorsquil y a deux populations de bulles prsentes.
-1
Pour Ugs = 0,075 m.s , deux populations de bulles sont prsentes mais une seule a t mesure.
Tableau III-2. Valeurs (de, Eo, UT, Rebulle) pour les diffrentes vitesses superficielles de gaz testes
dans le module 1MS et pour Uls = 0 m.s-1.
-1
-1
Ugs (m.s )
de (mm)
Eo (-)
UT (m.s )
Rebulle
0,007
6 0,8
0,30 0,03
1800
0,015
5,3 2,2
0,40 0,10
2100
0,023
deux populations
7,5 0,6
14
deux populations
8
26
deux populations
0,53 0,19
0,49
deux populations
4000
6800
0,044
deux populations
6
a = 36 9,9
b = 25,5 9,9
deux populations
5
Eo > 50
deux populations
0,327
0,74 0,35
deux populations
1800
Re > 15000
-
0,075
3,3
0,280
1400
deux populations
deux populations
5
Eo > 100
deux populations
-0,35
0,44
deux populations
0,102
6,3 4,2
a = 49, b = 39
re
Re > 12000
Mo =
g 4
(III-12)
-11
(log Mo = -10,6). Les rgimes de formes de bulles lors dun mouvement gravitationnel dans un liquide
pur et en milieu infini sont prsents sur la Figure III-6 (Clift et al., 1978). Il faut rappeler que notre
tude se fait avec de leau pure mais en milieu confin avec prsence de fibres.
105
104
103
102
10
10-1
Figure III-6. Rgimes des formes de bulles lors dun mouvement libre gravitationnel dans un liquide
(Clift et al., 1978).
Les bulles ayant des nombres dEtvs compris entre 1 et 30 sont des ellipsodes dformes,
oscillantes (wobbling en anglais) au regard de la Figure III-6. Les bulles avec un Eo > 50 sont
considres comme des calottes mais elles ne sont pas sphriques dans notre cas. Le terme de
poches de gaz ou paquets de gaz sera prfr celui de calottes.
La seconde observation concerne les vitesses relatives des bulles et les nombres de Reynolds
-1
correspondant. Elles sont toutes suprieures 0,25 m.s hormis pour le dbit de gaz le plus important
-1
-1
(correspondant Ugs = 0,1022 m.s ) o des vitesses ngatives (-0,35 m.s ) ont pu tre observes sur
certaines sries dimages. En effet, certaines bulles, au lieu de monter, ont un mouvement nul, sont
stagnantes. Certaines bulles descendent mme dans le module, contre-courant de lcoulement
154
Figure III-7. Vitesses terminales des bulles dair dans de leau 20C en fonction du diamtre
quivalent ; prsentation de rsultats provenant de nombreuses rfrences (Clift et al., 1978).
Les bulles dont les nombres dEtvs sont compris entre 1 et 30 sont comprises dans le rgime
ellipsodal (Figure III-7) et les bulles dont Eo > 50 sont dans le rgime des calottes.
Les valeurs rpertories au Tableau III-2 ont t reportes sur la Figure III-8 qui reprend la courbe
des vitesses terminales en fonction du diamtre quivalent pour de leau pure (courbe suprieure de
la Figure III-7). Les donnes obtenues par Essemiani et al. (2001) et Wicaksana et al. (2006) ont t
ajoutes sur la Figure III-8. Clift et al. (1978) ont modlis cette courbe pour des diamtres de bulle
suprieurs 1 mm dans de leau pure par lquation (III-13).
U T = 2 ,14
+ 0 ,505 g d q
g d q
0 ,5
(III-13)
155
Figure III-8. Valeurs exprimentales (+) des vitesses de bulles (UT ou Ubulle) en fonction du diamtre
quivalent (de ou dbulle) dtailles dans le Tableau III-2 et valeurs reportes dans la littrature pour
lascension de bulles dans de leau pure.
Sur la Figure III-8, toutes les vitesses terminales dascension des bulles exprimentales sont
suprieures (de 1,1 jusqu 5 fois) aux vitesses reportes par Clift et al. (1978) (Figure III-7). Elles
sont proches de ces valeurs pour 5 < de < 10 mm. Il faut temprer cette comparaison car les valeurs
reportes par Clift et al. (1978) sont des vitesses terminales de bulles en milieu infini, alors que nos
valeurs exprimentales ont t mesures en milieu confin. Une partie des diffrences entre ces
vitesses peut sexpliquer ainsi. Nanmoins, cette diffrence reste importante.
Il est possible dmettre lhypothse suivante : un courant supplmentaire ascendant qui acclre
lascension des bulles pourrait tre prsent dans le module. Il pourrait provenir dun phnomne de
recirculation lintrieur du module. Dailleurs, lobservation dun coulement descendant (bulles qui
descendent) et dun coulement ascendant (bulles avec des vitesses leves) souligne la possibilit
de recirculations de liquide au sein du module qui proviendrait de diffrences de densit entre la zone
annulaire et lintrieur du faisceau, provoquant alors ces phnomnes de recirculations. En effet, il
existe un chemin prfrentiel pour les bulles lextrieur du faisceau de fibres, l o la rsistance
lcoulement est la plus faible. Cette hypothse sera discute lors de la modlisation de la rtention
gazeuse dans la partie III.3.
Rem =
156
l U m d H
l
(III-14)
Um
U m = U gs + U ls
(III-15)
Ce nombre de Reynolds a t utilis par de nombreux auteurs lors de lanalyse de laration pour
minimiser le colmatage dans des systmes membranaires divers : fibres creuses en filtration
interne/externe (Cabassud et al., 1997), membranes planes (Ducom, 2001), fibres creuses en filtration
externe/interne (Espinosa-Bouchot, 2005) ; membranes tubulaires (Psoch et Schiewer, 2006). La
masse volumique utilise dans ce calcul est celle du liquide uniquement, la masse de lair tant
ngligeable devant celle de leau (rapport 1/1000 pour la masse volumique).
Les Reynolds de mlange ont t calculs pour le module 1MS pour toutes les vitesses
superficielles de gaz et de liquide utilises lors des diffrentes expriences et sont prsents dans le
Tableau III-3.
Tableau III-3. Reynolds de mlange pour le module 1MS en fonction des vitesses superficielles de
liquide et de gaz.
Rem
Ugs = 0 m.s
-1
-1
-1
-1
70
260
460
650
-1
130
330
520
710
-1
Les valeurs de Reynolds de mlange sont comprises entre 70 et 710 pour le module 1MS. Pour
les autres modules membranaires, ils sont tous infrieurs 2000. Les rsultats sont dtaills en
Annexes. Concernant le module vide, la prise en compte de la vitesse de gaz dans le calcul du
Reynolds augmente considrablement sa valeur qui peut alors atteindre 12000. Avec ce type de Re, il
est plus difficile de dterminer dans quel rgime (laminaire ou turbulent) lcoulement se fait car la
sparation entre les diffrents rgimes est plus dlicate. Par contre, avec aration, il semble
totalement cohrent de considrer lcoulement comme turbulent tant donn lagitation cre par la
phase gaz et par le mouvement des fibres induit par laration.
superficielles de liquide utilises dans cette tude (Uls 0,038 m.s ) sans considrer la phase gaz, les
nombres de Reynolds sont infrieures 2000 et lcoulement dans le module est laminaire. En entre
du module, le rgime est turbulent dans chacun des modules. Une paroi protge la base des fibres et
157
-1
6 mm) de forme ellipsodale pour des faibles dbits de gaz (Qg < 0,237 Nm .h
3
-1
SADm = 0,157 Nm .h
-2
.m membrane
qui correspond
-1
-1
paquets de gaz dont le diamtre quivalent est suprieur 20 mm. Pour Qg 0,237 Nm .h , la
seconde population de bulles apparat et coexiste avec la premire population de bulles de petite
taille. Cest cette population de grosses bulles qui est responsable du mouvement des fibres, qui
3
-1
Figure III-9 sont reprsents les diamtres de bulles des deux populations en fonction du dbit de
gaz.
Figure III-9. Diamtre quivalent des bulles observables en fonction du dbit de gaz dans le module
1MS.
Les vitesses dascension de ces bulles (dans lanneau) mesures par analyse dimages sont trs
importantes, avec un facteur entre 1,1 et 5 compar aux valeurs trouves dans la littrature. Ces
diffrences soulignent la possibilit dun courant ascendant de liquide du une recirculation du liquide
158
pose : par quel volume faut-il diviser le volume de gaz pour dterminer la rtention gazeuse ? Deux
possibilits peuvent tre distingues. La premire est de considrer le volume du module dans son
159
g + l + s = 1 . La seconde est de
prendre en compte les fibres et donc de diviser le volume de gaz par le volume libre, soit le volume du
carter moins le volume des fibres :
modules entre eux doit se faire pour des mmes dbits, en calculant la vitesse sur la section du
carter, ou mmes vitesses superficielles, en divisant le dbit par la surface libre (surface du carter
moins surface des fibres). Les deux mthodes seront compares avec dun ct ltude en ft vide et
ses trois rtentions, solide, liquide, gazeuse, et de lautre ltude en module avec fibres, avec
seulement les rtentions liquide et gazeuse. Ces questions concernent uniquement la comparaison
des modules ayant une densit de fibres diffrente et seront dveloppes uniquement dans la
sous-partie III.2.4. Les autres rsultats (cest dire lensemble des rsultats prcdant la comparaison
des modules) sont prsents en considrant g
module tant constante). Il est important de souligner que la mthode de mesure des rtentions
gazeuses est la mme pour les deux approches, celle dcrite au Chapitre II.
160
Figure III-11. Exemple de reproductibilit pour les mesures de rtentions gazeuses en fonction de la
vitesse superficielle de gaz (calcule sur la surface libre, g + l = 1 )
Essai 1, Essai 2. Exemple pour le module 1SS et Uls = 0 m.s-1.
Malgr quelques carts ponctuels plus importants (jusqu 20%), lcart des valeurs entre ces
deux expriences nest que de 6% en moyenne. Cet cart augmente lgrement lorsque Ugs
augmente mais reste infrieur lerreur sur la mesure. En effet, lorsque lon augmente la vitesse de
gaz, la prcision diminue car les fluctuations augmentent au sein des tubes manomtriques. Les
mesures sont donc bien reproductibles. Lcart entre deux expriences ralises dans les mmes
conditions a galement t vrifi avec dautres manipulations. Elles ne sont pas prsentes ici mais
elles sont galement reproductibles.
161
Choi
et
Lee, 1993). Ces deux observations ont pu tre vrifies dans chacun des modules. Il existe au moins
une transition facilement observable, correspondant cette cassure au niveau de la courbe et ce
changement de pente. Il est galement possible de se demander si dautres transitions existent et si
elles peuvent tre dtermines, ventuellement en reprsentant ces donnes diffremment. Pour
cela, la dmarche effectue pour les colonnes bulles a t applique en calculant les vitesses
relatives.
III.2.1.4 Calculs des vitesses relatives entre les phases gaz et liquide
Dans les racteurs bulles, o le gaz est dispers sous forme de bulles dans un liquide, la vitesse
relative du gaz par rapport au liquide Urel est trace en fonction de la vitesse de mlange Um entre les
deux phases. Cette vitesse relative est un concept propos par Lapidus et Elgin (1957) puis
dvelopp par Wallis (1969) qui dfinit Urel avec lquation (III-16) et qui permet de dterminer le
changement de rgime. De nombreux auteurs ont ainsi calcul cette vitesse relative entre les deux
phases dans les colonnes bulles (Olivieri et al., 2007 ; Mohanty et al., 2006 ; Wang et al., 2003 ;
Moustiri et al., 2002 ; Bendjaballah et al., 1999 ; Snape et al., 1995).
U rel =
U gs
U ls
(III-16)
Le trac de Urel en fonction de Um permet de dterminer les diffrentes transitions qui peuvent
avoir lieu dans les modules membranaires.
Sans vitesse liquide
Les graphiques Urel = f(Um) ont donc t raliss pour chacun des modules. Seul le module 1MS
est prsent sur la Figure III-14 en absence de vitesse de liquide, soit
U rel =
U gs
et
U m = U gs .
Dans ce cas particulier o il ny pas dcoulement de liquide, la vitesse relative reprsente la mme
donne que les valeurs dtermines par analyse dimages. Ces vitesses sont ajoutes la
Figure III-14.
163
Figure III-14. Vitesses relatives Urel (m.s-1) (o) calcules [quation (III-16), g + l = 1 ] et
() dtermines par analyse dimages (Tableau III-2) en fonction de la vitesse moyenne Um (m.s-1)
Uls = 0 m.s-1 pour le module 1MS.
Au regard de la Figure III-14, les cassures de pente correspondant aux transitions entre deux
rgimes dcoulement sont visibles. La transition entre deux rgimes est donc facilement dtectable
-1
par cette mesure. La premire vitesse superficielle de transition est de 0,024 m.s et la seconde de
-1
Par contre, les vitesses relatives obtenues sont trs importantes, entre 0,25 et 0,60 m.s . Wang
-1
et al. (2003) trouvent des vitesses relatives entre 0,2 et 0,4 m.s dans un airlift. Les valeurs obtenues
pour Urel sont trs leves et ne semblent correspondre donc aucune ralit physique. Comme cela
a dj t mentionn, il est possible quune recirculation ait lieu au sein du module, avec de ce fait un
courant ascendant qui acclrerait lascension des bulles.
Les valeurs dtermines par lanalyse dimages sont assez disperses compares celles
dtermines laide des rtentions exprimentales. Cette diffrence peut provenir de lchelle de
ltude du phnomne. En effet, lanalyse dimage est ralise lchelle locale, sur une zone limite
au milieu du module et concerne seulement les bulles visibles en priphrie du module. Les rtentions
gazeuses sont quant elles des mesures globales, caractrisant la prsence de la phase gaz sur
lensemble du module (y compris dans la profondeur du faisceau). Une analyse statistique sur un plus
grand nombre dimages pourrait ventuellement permettre de rduire cet cart.
Les vitesses relatives ont t calcules dans chacun des modules pour le cas dun coulement
liquide.
Avec coulement liquide
Les graphiques Urel = f(Um) ont donc t raliss pour chacun des modules. Seul le module 1MS
est prsent titre dexemple sur la Figure III-15 en prsence de vitesse de liquide (0,013 et
-1
164
U rel =
U gs
U ls
et
U m = U gs + U ls .
(b)
les vitesses relatives sont trs leves, entre 0.25 et 0.85 m.s . Elles sont mmes suprieures aux
valeurs obtenues sans vitesse de liquide. Pour les deux vitesses superficielles de liquide testes, les
vitesses relatives entre les deux phases sont similaires. Lcart entre les vitesses superficielles de
liquide testes est trs faible et ninfluence pas les vitesses relatives.
Ltude des modules membranaires par le calcul des vitesses relatives ne semble pas dcrire la
ralit physique du systme. Par contre, ce type de reprsentation permet de bien visualiser les
transitions, avec des cassures de pentes facilement observables.
165
Figure III-16. Rgimes dcoulement positionns sur Urel = f(Um) Uls = 0 m.s-1 pour le module 1MS.
La premire transition concerne le passage dun rgime homogne (rgime dcoulement une
seule population de bulles) un rgime htrogne (rgime dcoulement o au moins deux
populations de bulles sont prsentes) et a dj t largement tudie en colonnes bulles. En effet,
-1
pour des vitesses relatives entre deux phases faibles (entre 0,25 et 0,40 m.s ), le rgime est
homogne. Dans ce rgime, la distribution de tailles des bulles est relativement resserre autour dun
seul et mme diamtre [environ 6 mm cf. Figure III-5 (a) et (b)] et les bulles sont relativement
uniformes. Lascension de ces petites bulles se fait sans interaction, ni coalescence, ni rupture
(Chen et al., 1994). Olivieri et al. (2007) souligne que lhydrodynamique en rgime homogne
correspond la superposition de la dynamique de deux sous-systmes. Le premier est relatif la
phase liquide, et est caractris par des petites structures turbulentes. Leur rle augmente en mme
temps que la rtention gazeuse. Le second, quant lui, concerne la phase gaz et se caractrise par
des fluctuations rgulires dues au passage des bulles (Olivieri et al., 2007).
Puis une cassure a lieu, pour une vitesse superficielle de gaz de transition Utrans, partir de
laquelle la vitesse relative augmente fortement. La transition entre rgime homogne et htrognes
se fait lorsque les bulles commencent coalescer pour produire la premire bulle de taille importante
(> 20 mm). La distribution de taille des bulles change alors radicalement, do limportant changement
de pente et cette cassure dans la courbe Urel = f(Um).
Pour Ugs > Utrans, le rgime est alors htrogne. Dans ce rgime sont prsentes diffrents types
de bulles : des bulles de petit diamtre, comme celles du rgime homogne, et des poches de gaz de
trs grand diamtre variable. En rgime htrogne, la phase gaz domine davantage lcoulement
gaz-liquide, crant un comportement chaotique (Olivieri et al., 2007).
Daprs les tracs des vitesses relatives en fonction de la vitesse moyenne, le rgime htrogne
pourrait tre scind en deux rgimes dans le module 1MS. Cette transition pourrait concerner la
transition poches-poches disloques dtaille par Taitel et al. (1980) mais nous ne attarderons pas
sur la dsignation exacte de ces rgimes htrognes.
166
-1
correspondant une rtention gazeuse trans = 0,06) correspond la vitesse partir de laquelle il y a
coalescence et mouvement des fibres (Figure III-5). Cela justifie le passage dun rgime un autre et
la dfinition de vitesse de transition. Dans ltude des modules membranaires, cette vitesse de
transition correspond galement la vitesse superficielle de gaz partir de laquelle le mouvement
des fibres commence.
Il est alors possible de placer les transitions trouves avec les graphes Urel = f (Um) sur le trac de
g = f (Ugs).
Les deux graphes sont prsents sur la Figure III-17 pour le module 1MS avec
-1
Uls = 0 m.s .
(a)
(b)
Figure III-17. Rgimes dcoulements sur les graphes (a) g = f (Ugs) et (b) Urel = f (Um)
[ g + l = 1 ] pour le module 1MS avec Uls = 0 m.s-1.
Les numros correspondent : 1, rgime homogne, 2 et 3, rgimes htrognes 1 et 2.
Sur la Figure III-17, les transitions correspondant aux changements de rgime dtermines sur le
graphe Urel = f (Um) (Figure III-17 (a)] correspondent bien celles sur le graphe
g = f (Ugs)
[Figure III-17 (b)]. La transition entre le rgime homogne et les rgimes htrognes est gale
-1
0,024 m.s . Cette dtermination des rgimes dcoulement a dj t ralise dans les colonnes
bulles et un exemple de Krishna et al. (2003) est prsent sur la Figure III-18.
167
Figure III-18. Donnes exprimentales de la rtention gazeuse (gas holdup) en fonction de la vitesse
superficielle de gaz dans une colonne bulles de 0,1 m de diamtre pour un systme air-eau
(Krishna et al., 2003).
Krishna et al. (2003) trouvent que la transition entre rgime homogne et rgime htrogne
seffectue Utrans = 0,032 m.s
-1
transition dans le module 1MS seffectue une vitesse superficielle de gaz et une rtention gazeuse
plus faibles.
Lanalogie avec les colonnes bulles, en termes de variation de rtention gazeuse en fonction de
la vitesse superficielle de gaz, est clairement observable lorsque sont compares les Figure III-17 et
Figure III-18. Les rsultats obtenus dans les modules membranaires sont du mme ordre de grandeur
que ceux trouvs par Krishna et al. (2003). Par contre, Talvy (2003) trouve une transition qui a lieu
Utrans = 0,035 m.s et une rtention gazeuse un peu plus importante, trans = 0,15, dans un airlift de
-1
-1
Ugs < 0,016 m.s , un rgime intermdiaire pour 0,016 < Ugs < 0,03 m.s et le rgime htrogne pour
-1
Ugs > 0,03 m.s . Dans notre cas, les valeurs de transition diffrent, ce qui est probablement d la
prsence des fibres et la gomtrie du systme. Comme cela a dj t soulign, nous avons choisi
de considrer un rgime homogne et plusieurs rgimes htrognes, sans rentrer dans les dtails
dune tude hydrodynamique plus pousse.
168
modules pour trois vitesses superficielles de liquide (0 ; 0,013 et 0,025 m.s ). Ces rsultats sont
prsents sur la Figure III-19.
169
(a)
(b)
(c)
(d)
(e)
(f)
170
de gaz de transition quelle que soit la vitesse superficielle de liquide pour la gamme [0-0,025 m.s ],
dans tous les modules. Il est donc possible de tracer des cartes dcoulement en reportant la
transition de rgime en fonction de Ugs et Uls pour chacun des modules. La sparation entre le rgime
homogne et les rgimes htrognes est alors une droite comme on peut lobserver sur la
Figure III-20. Ce passage dun rgime lautre va tre dtaill pour chacun des modules.
Pour le module vide, aucune transition claire entre diffrents rgimes na pu tre observe et ce
quel que soit le mode reprsentation. Tout ce qui suit concerne donc uniquement les autres modules.
Daprs les tracs des vitesses relatives et des rtentions gazeuses en fonction de la vitesse
moyenne, le rgime htrogne pourrait tre scind en deux rgimes pour certains modules (1SS,
1MS et 1LS). Pour les modules 3MS et 1LL, il semble mme que ce rgime htrogne soit dcoup
en trois rgimes. Ce sont les deux modules pour lesquels les fibres sont les plus espaces. Le module
3MS est construit avec un espace entre les trois faisceaux et le module 1LL a une densit de fibres
dans le faisceau plus faible que les autres modules. Les rgimes dcoulement diffrent donc
galement selon lespace disponible entre les fibres.
Les transitions entre le rgime homogne et le premier rgime htrogne dtermines par les
cassures des droites Urel = f(Um) qui se retrouvent dans le trac de g = f(Um) sont prsentes pour
chacun de modules dans le Tableau III-4, avec la rtention gazeuse trans correspondant Utrans pour
laquelle a lieu la transition de rgimes. Nous rappelons ici que Utrans est une vitesse superficielle de
gaz. Pour les tracs de Urel = f(Um), la transition sobserve pour une valeur de vitesse moyenne
laquelle il faut retrancher la vitesse superficielle du liquide afin d obtenir la vitesse superficielle de gaz
de transition Utrans.
Tableau III-4. Coordonnes des transitions entre le rgime homogne et le premier rgime
htrogne.
Module
1SS
1MS
3MS
1LS
1LL
Utrans (m.s )
0,032
0,024
0,036
0,010
0,017
trans (-)
0,11
0,06
0,09
0,03
0,05
-1
Le second constat concernant les rtentions gazeuses (Figure III-19) est quen rgime homogne
(Ug < Utrans) et pour un module donn, les rtentions gazeuses sont identiques quelle que soit la
-1
171
rtentions gazeuses sont trs proches pour les deux vitesses de liquide testes [0,013 et 0,025 m.s ].
Elles sont mme identiques dans le cas du module 1SS. Pour les quatre autres modules (vide, 1MS,
3MS et 1LL), lorsque Uls augmente,
lequel les rtentions gazeuses sont similaires pour les trois vitesses de liquide (0, 0,013 et
-1
0,025 m.s ).
Mohanty et al. (2006) et Fadavi et Chisti (2007) ont trouv que la rtention gazeuse augmente
lorsquils augmentent la vitesse de liquide dans un airlift boucle externe. Moustiri et al. (2002) ont
quant eux trouv une lgre diminution de la rtention gazeuse lorsque la vitesse de liquide
augmente dans une colonne bulle, que ce soit avec ou sans garnissage. Cette tude correspond
davantage notre systme, constitu dun module avec ou sans fibres, et les conclusions y sont
similaires.
172
(a)
(b)
(c)
(d)
(e)
173
Figure III-21. Carte dcoulements pour un coulement ascendant dair et deau 1 atm
dans un tube de 5,1 cm de diamtre (Taitel et al., 1980).
Ces auteurs ne trouvent quune seule transition pour des vitesses superficielles de gaz comprises
entre 0 et 0,5 m.s
-1
(Figure III-21). Il semblerait que dans les modules membranaires, ces rgimes
soient plus nombreux, ce qui est attribu la prsence des fibres et leur mouvement.
Linfluence de la gomtrie des modules membranaires sur les valeurs de rtentions gazeuses va
tre dtaille.
vitesse de transition du module 3MS (0,036 m.s ) est plus grande que celle du module 1MS
-1
(0,024 m.s ). Cette diffrence peut tre attribue lespace inter-faisceaux, avec un coulement qui
se fait davantage autour du faisceau unique du module 1MS et dans lespace inter-faisceaux pour le
module 3MS. Lespace libre est le mme dans les deux modules mais il est rparti diffremment.
Lespace libre du module 1MS se situe tout autour du faisceau et correspond lespace annulaire.
Dans le module 3MS, lespace libre est divis entre un espace annulaire, autour des trois faisceaux,
avec donc de la place entre chaque faisceau. Un coulement sur une zone plus restreinte entrane
174
(b)
(c)
modules 1MS et 3MS sont similaires. Pour Ugs compris entre 0,04 et 0,08 m.s , la rtention gazeuse
est lgrement plus faible dans le module 1MS que dans le module 3MS.
175
176
(b)
(c)
Figure III-23. g = f(Ugs) pour Uls = (a) 0, (b) 0,013 et (c) 0,025 m.s-1
[ g + l = 1 ] pour les modules 1SS, 1MS et 1LS.
Pour la comparaison mmes dbits, les taux de remplissage des modules ou rtentions solides
s sont calculs avec lquation (III-17) et les valeurs des diffrents modules sont prsentes dans le
Tableau III-5.
177
s =
V fibres
(III-17)
Vc
Tableau III-5. Valeurs des taux de remplissage des modules pour chacun des modules tudis.
Module
vide
1SS
1MS
3MS
1LS
1LL
s (-)
0,09
0,18
0,18
0,36
0,28
Les taux de remplissage des modules sont compris entre 9 et 36 % pour tous les modules avec
fibres. Les modules 1SS et 1MS ont t conus pour quils aient respectivement le quart et la moiti
du nombre de fibres que le module 1LS (taux de remplissage diffrents). Les modules 1MS et 3MS
ont t fabriqus avec le mme nombre de fibres (taux de remplissage gaux). Les rsultats mmes
dbits de gaz et de liquide sont prsents sur la Figure III-24.
178
(b)
(c)
(d)
Figure III-24. g = f(Qg) pour Ql = (a) 0 (b) 0,1 (c) 0,2 et (d) 0,3 Nm3.h-1
[ g + l + s = 1 ] pour les modules 1SS, 1MS et 1LS.
Sur la Figure III-24, les tendances sont plus prononces que sur la Figure III-23. Cette diffrence
provient du calcul des rtentions. Les rtentions gazeuses sont plus faibles en Figure III-23 tant
donn que les taux de remplissage sont pris en compte ( l
pris en compte dans le calcul sur la Figure III-24 ( l
+ g = 1 ).
Diffrentes tendances peuvent tre soulignes. En rgime homogne et pour chacun des dbits
liquides tests, la rtention gazeuse est identique quel que soit le module et quel que soit le type de
reprsentation choisie.
Lors de la comparaison mmes vitesses superficielles (Figure III-23), pour Ugs < 0,02 m.s
-1
les
rtentions
gazeuses
sont
similaires
dans
les
trois
modules.
-1
et
pour
-1
0,02 < Ugs < 0,06 m.s . La rtention gazeuse est plus leve dans le module 1SS.
179
-1
de liquide et pour Qg > 0,8 Nm .h , la rtention gazeuse du module 1MS est suprieure celle du
3
-1
-1
module 1LS alors quelles sont identiques pour Qg < 0,8 Nm .h . Pour Ql = 0,1 et 0,2 Nm .h
3
et
-1
Qg > 0,15 Nm .h , la rtention gazeuse est plus importante dans le module 1MS que le module 1LS.
Dans ces conditions, plus le taux de remplissage dans le module est lev, plus la rtention gazeuse
3
-1
est faible. Pour un dbit de liquide plus lev de 0,3 Nm .h , les rtentions gazeuses sont identiques
3
-1
dans les modules 1MS et 1LS pour Qg > 0,15 Nm .h . Il est alors possible de dire que pour
3
-1
Ql 0,2 Nm .h , le taux de remplissage solide joue un rle important sur la rtention gazeuse avec
une augmentation de g lorsque la densit de fibres augmente. Pour Ql = 0,3 Nm .h et pour un taux
3
-1
de remplissage suprieur 0,09, ce taux de remplissage na plus dinfluence sur le taux de gaz dans
le module.
Comparons les valeurs obtenues celles de la littrature.
Le-Clech et al. (2006) ont mesur dans lespacement entre deux membranes planes et pour des
vitesses superficielles de gaz allant de 0,01 0,12 m.s
-1
-1
0,05 m.s , des fractions de vide allant de 0,237 0,603. Les rtentions gazeuses obtenues en milieu
trs confin (entre deux plaques) sont donc beaucoup plus importantes que celles obtenues dans des
modules membranaires. En effet, lorsque lcoulement passe dun coulement bulles un
coulement poches dans des milieux confins, la rtention gazeuse peut atteindre 0,71
-1
-1
(Ugs = 0,35 m.s , Cui et Wright, 1996) voire mme 0,89 (Ugs = 2,5 m.s , Mercier et al.,1997) dans des
membranes tubulaires pour des diamtres de tube respectivement de 5 et 15 mm. La mme tendance
est retrouve dans des fibres creuses interne/externe, avec des valeurs de 0,7 pour Ugs = 0,1 m.s-1 et
un diamtre de 0,93 mm. (Cabassud et al., 1997 ; Laborie et al., 1997). Pour des coulement bulles
lintrieur de membranes tubulaires, les rtentions gazeuses sont plus faibles et atteignent 0,24
-1
dans des membranes tubulaires (diamtre de 12,7 mm et Ugs = 0,025 m.s , Cui, 1993) et 0,12 dans
des membranes fibres creuses (diamtre de 0,5 mm et Ugs = 0,017 m.s
-1
,
gomtries sont trs diffrentes de celles utilises dans cette tude mais les ordre de grandeur des
rtentions gazeuses que nous trouvons correspondent aux coulements bulles dans les milieux trs
confins, lintrieur de conduites (diamtre infrieur 15 mm).
Couvert (2000) et Talvy (2003) montrent que dans des systmes de type airlifts, la rtention
gazeuse diminue lorsque le taux de remplissage de solide augmente pour des vitesses superficielles
-1
de gaz comprises entre 0,02 et 0,05 m.s dans un airlift avec garnissage. Les valeurs obtenues ici
sont plus importantes que celles obtenues par Talvy (2003) dans un airlift, et ce avec ou sans
-1
prsence de solide. En effet, Talvy (2003) trouve les rsultats suivants pour Ugs = 0,038 m.s : une
rtention gazeuse de 0,06 pour des rtentions solides de 0 et 0,12 et une rtention gazeuse de 0,045
pour une rtention solide de 0,24). Cet auteur observe donc la mme tendance que celle retrouve
sur la Figure III-24, savoir une diminution de la rtention gazeuse lorsque le taux de remplissage
augmente.
180
-1
sur la
Figure III-25.
E dissipe
Vlibre
P Ql
Vlibre
(III-18)
Figure III-25. Pertes de charge () P (Pa) et nergie dissipe () par rapport au volume libre en
fonction de Ugs (m.s-1) pour le module 1LL et Uls = 0,013 m.s-1.
181
(Figure III-25). Lnergie dissipe pour la circulation du liquide est comprise entre 100 et 120 W.m .
Ce sont les mmes ordres de grandeur que ceux trouvs dans les autres modules, avec des pertes
-3
de charge comprise entre 6000 et 10000 Pa et des nergies dissipes autour de 100 W.m pour un
BAM recirculation externe faible vitesse de liquide. Pour obtenir lnergie totale apporter au
systme, il faudrait aussi prendre en compte laration et la filtration qui reprsentent des
consommations nergtiques beaucoup plus leves.
testes (Uls = 0,013 et 0,025 m.s ), les valeurs de taux de gaz sont similaires, lgrement plus faibles
lorsque Uls est grande.
Concernant lagencement des fibres, le module avec trois faisceaux a une rtention gazeuse plus
importante que le module monofaisceau. Pour ce qui est de la diffrence de taille des faisceaux, le
module 1SS avec le moins de fibres est le module qui a la rtention gazeuse la plus importante.
Cette tude a permis de caractriser la phase gaz pour diffrentes configurations de modules en
termes de : vitesses, diamtres et formes des bulles, volumes de gaz, rgimes dcoulement. Le
mouvement des fibres a galement t tudi. Il a ainsi t dmontr que ce mouvement est induit
par les grosses bulles de gaz et il a donc lieu uniquement pour des vitesses superficielles de gaz
suprieures aux vitesses de transition, soit en rgime htrogne. Le lien sera ralis avec les essais
de filtration afin de comprendre les phnomnes de colmatage et linfluence de laration lors de la
filtration. Un autre paramtre important est le mlange provoqu la fois par laration et par le
mouvement des fibres. Avant de ltudier, une modlisation de g va tre dveloppe.
182
Avec un dbit gazeux et sans dbit de liquide en entre du module, sans recirculation du
liquide lintrieur du module, i.e. lvolution des vitesses terminales dascension des
o
Avec un dbit gazeux et sans dbit de liquide en entre du module, avec recirculation de
liquide lintrieur du module, i.e. lvolution des vitesses terminales dascension des
bulles dans un liquide au repos mais avec des recirculations induites par la prsence de
o
(tape n 1) est la vitesse terminale dascension des bulles en milieu infini, UT. Une fois cette vitesse
terminale connue, il reste identifier grce ltape n2 (lorsque lon envisage une recirculation
liquide interne dans le module), le dbit de liquide ascendant, et la vitesse ascendante
correspondante.
Cette modlisation de la rtention gazeuse est une dmarche qui a t ralise en lien avec ce
qui a dj pu tre fait dans les colonnes bulles ou dans le systmes de filtration interne/externe. Les
deux tapes de la modlisation seront prsentes successivement, en complexifiant le systme
progressivement.
183
Labsence de gaz au sein du faisceau de fibres. Les vitesses de gaz et les rtentions
gazeuses sont alors nulles au sein du faisceau membranaire (coordonnes cylindriques
[0-Rf]).
et U0) sont
U0
0
0
r
Rf
Rc
g = 0
g = 0
pour
pour
r < Rf
R f r < Rc
U g = 0 pour r < R f
U g = U 0 pour R f r < Rc
U m = 0 pour r < R f
U m = 0 U 0 pour R f r < Rc
184
Ug
U0
-1
-1
Ces hypothses vont permettre de mener la modlisation de la rtention gazeuse avec un dbit
gazeux et sans dbit de liquide. Les notations des surfaces vont tre dtailles avant dexpliciter et
dappliquer le modle de flux de drive aux trois modules 1SS, 1MS et 1LS.
Slibre
Sl f
Sa
Slibre
Sl f
Sa
Les valeurs de ces trois sections droites sont prsentes pour chacun des modules dans le
Tableau III-6 partir des donnes fournisseur.
Tableau III-6. Sections droite libre du carter, lintrieur du faisceau et section annulaire, des trois
modules utiliss pour la modlisation de la rtention gazeuse.
Module
1SS
1MS
1LS
3,25
2,88
2,15
0,37
0,21
0,75
3,03
2,51
2,21
185
U g = C0 U m + U T
(III-19)
C0 =
g U m
(III-20)
g Um
Ug =
Qg
Sg
Qg
g S libre
U gs
(III-21)
Avec :
-1
Ug
Um
-1
C0 est gal 1 lorsque lcoulement diphasique est uniforme ; plus il scarte de cette valeur,
moins lcoulement est uniforme.
On peut remarquer quil serait possible de tracer la vitesse relle de gaz en fonction de la vitesse
moyenne, de dterminer le coefficient directeur de la droite et lordonne lorigine et dobtenir
respectivement le facteur de correction C0 et la vitesse terminale dascension UT. Cest cette approche
qui est ralise dans les colonnes bulles de type airlifts. En absence de dbit de liquide en entre, la
vitesse relle de gaz est gale la vitesse relative entre le liquide et le gaz (liquide au repos). Comme
nous lavons vu (Figure III-15), les vitesses calcules par cette mthode sont trs importantes
compares celles de la littrature, mais galement les facteurs de correction C0.(rsultats non
prsents). Ce sont ces valeurs leves qui nous ont amens dvelopper cette modlisation, afin de
dterminer C0 et den dduire la vitesse terminale dascension des bulles en faisant lhypothse dune
absence de gaz dans le faisceau de fibres creuses.
Chacun des paramtres de lquation (III-20) va tre calcul laide des trois hypothses
effectues afin de dterminer le facteur de correction C0.
186
g =
Sg
(III-22)
S libre
Sg sobtient en intgrant la rtention gazeuse sur toute la section libre du carter [quation (III-23)].
g =
1
2
S libre
g =
2
S libre
Rc
S libre
g =
Rc
Rc
Rf
(r ) rdr d
(III-23)
(r ) rdr
(III-24)
0 rdr
(III-25)
2
2
2 0 Rc R f
=
S libre
2
(III-26)
(S c S f )
S libre
(III-27)
Sa
S libre
(III-28)
g = 0
g = 0
Um =
1
S libre
g U m =
Rc
S libre
U m (r ) rdr d
Rc
(r ) U m (r ) rdr d
(III-29)
(III-30)
En suivant le mme raisonnement que pour le terme <g> et en prenant en compte les hypothses
de dpart (rtentions et vitesses de gaz nulles dans le faisceau, positives et constante dans lespace
annulaire), les deux autres paramtres de C0 deviennent :
S
U m = 0 U 0 a
S libre
Sa
S libre
g U m = 02 U 0
(III-31)
(III-32)
187
C0 =
S libre
Sa
(III-33)
1MS
1LS
1,07
1,15
1,53
module
C0
Plus le nombre de fibres augmente, plus la surface annulaire diminue et donc le paramtre C0
augmente. Il est possible de comparer ces donnes celles trouves dans la littrature dans la partie
ascendante de colonnes bulles de type airlifts et de systmes membranaires fibres creuses ou
tubulaires (Tableau III-8).
Les valeurs des systmes airlifts reportes dans le Tableau III-8 correspondent des coulements
bulles et ont t choisies car elles sont identiques aux valeurs dtermines dans les modules
membranaires (Tableau III-7). Ces donnes sont nombreuses avec des facteurs de correction
pouvant aller de 1,03 [Merchuck et Stein (1981)] jusqu 1,64 [Verlaan et al. (1986)] de part le nombre
de systmes type colonnes bulles tudis.
Les valeurs des systmes membranaires reportes dans le Tableau III-8 correspondent des
coulements poches en milieu confin lintrieur de capillaires (Laborie et al., 1999) et de
membranes tubulaires (Mercier-Bonin, 1997).
Ces auteurs ont dtermin ces valeurs en traant la vitesse relle du gaz en fonction de la vitesse
superficielle du mlange [quation (III-19)].
188
C0
Systme tudi
Hatch (1973)
1,07
fermenteur airlift
1,07
1,15
1,53
1,24
Mercier-Bonin (1997)
1,20
Mercier-Bonin (1997)
1,50
Les valeurs de C0 des trois modules 1SS, 1MS et 1LS (Tableau III-7) sont similaires aux valeurs
que lon peut trouver dans la littrature (Tableau III-8), aussi bien dans les systmes de type airlifts
que les systmes membranaires en coulement interne confin.
Par dfinition, la vitesse superficielle du gaz est gale au produit de la rtention gazeuse et la
vitesse relle du gaz [quation (III-34)].
U gs = g U g
En remplaant dans lquation (III-34) la vitesse relle du gaz
(III-34)
U gs = g (C 0 U m + U T )
(III-35)
do
g =
U gs
C0 U m + U T
(III-36)
On remplace le facteur de correction C0 [quation (III-33)] et la vitesse moyenne par Ugs dans
lquation (III-36) :
g =
U gs
S libre
U gs + U T
Sa
(III-37)
189
UT =
U gs
S libre
U m
Sa
(III-38)
Ces valeurs de UT sont donc calcules partir des rtentions gazeuses exprimentales et sont
prsentes pour les trois modules sur la Figure III-28 en fonction de la rtention gazeuse
valeur 0 correspondante [quation (III-28)].
190
et la
(b)
(c)
Figure III-28. Vitesses terminales dascension des bulles calcules avec lquation (III-38) en
fonction de la rtention gazeuse exprimentale pour les modules (a) 1SS, (b) 1MS et (c) 1LS.
Sur la Figure III-28, pour les trois modules, on observe deux paliers de vitesses terminales
dascension. Le premier palier (observ seulement sur quelques points pour le module 1LS,
Figure III-28 (c)) correspond aux faibles rtentions gazeuses o la vitesse terminale dascension est
-1
comprise entre 0,25 et 0,31 m.s . Le second palier correspond aux plus fortes rtentions gazeuses o
-1
la vitesse terminale dascension est plus importante (comprise entre 0,40 et 0,50 m.s ). La transition
entre les deux paliers souligne nouveau que le rgime htrogne est scind en deux, ce qui a t
discut dans la partie prcdente. Dans un premier temps, de petites bulles montent dans le module
avec une faible vitesse dascension (rgime homogne). Ensuite, lorsque la rtention gazeuse
augmente, de grosses bulles apparaissent avec des vitesses dascension plus importantes.
nouveau, plus le nombre de fibres, et donc le confinement, est important dans le module, plus la
rtention gazeuse de transition est faible. Les valeurs de ces vitesses terminales dascension des
bulles vont tre dtailles en fonction des modules.
191
valeur est exactement la mme que la valeur relative calcule par la relation dHarmathy
[quation (III-39)] pour des bulles isoles de diamtre infrieur 4 mm dans un systme air-eau
20C. Nous rappelons que la vitesse relative lorsqu e le liquide est au repos est gale la vitesse
relle du gaz.
U rel
= 1,53
2
1/ 4
(III-39)
Avec :
la diffrence de masse volumique entre les deux fluides (air-eau = 996,8 kg.m
-1
-2
-3
20C)
Dans le module 1SS et pour cette gamme de rtentions gazeuses, les bulles sont donc de faible
diamtre et isoles. Il ny a donc pas de coalescence dans ce rgime (g < 0,12).
Pour
g > 0,16,
-1
UT est gale 0,40 m.s . Cette valeur est importante et concerne des bulles de
plus grosses tailles comme des gros paquets de gaz dont lascension est plus rapide que les petites
bulles, justifiant ainsi la coalescence qui a lieu dans le rgime htrogne. En effet, le nombre de
bulles augmente avec la rtention gazeuse donc partir dun certain taux de gaz, correspondant la
transition entre les deux rgimes, les bulles coalescent pour former de plus gros paquets de gaz dont
la vitesse terminale dascension est leve. Nanmoins, UT en rgime htrogne dans le module
-1
1SS est suprieure aux vitesses dascension de calottes (autour de 0,3 m.s ), mais certains auteurs
trouvent des valeurs du mme ordre de grandeur dans des colonnes avec deux cylindres
concentriques, de diamtres D1 et D2 lors de lascension dune bulle de Taylor. En effet, Hasan et
-1
Kabir (1992) trouvent pour cette gomtrie une valeur de 0,427 m.s pour un rapport D1 / D2 = 2,65 et
Rader et al. (1975) trouvent une vitesse terminale de 0,463 m.s
D1 / D2 = 2,14.
192
-1
Cette vitesse terminale est plus leve que pour le module 1SS de par le confinement qui est plus
important dans ce module. Les bulles coalescent plus facilement et sont donc de tailles plus
importantes ce qui implique une vitesse terminale dascension plus importante. Cette augmentation de
taille est en accord avec les observations visuelles ralises pour ce module et un diamtre moyen
des bulles autour de 6 mm en rgime homogne. Pour
-1
passe une valeur de 0,41 m.s , galement plus leve que celle trouve pour le module 1SS.
Module 1LS
-1
premires valeurs de rtentions gazeuses (g 0,04). La vitesse terminale dascension augmente trs
rapidement pour atteindre 0,47 m.s
-1
pour
g > 0,05.
htrogne se fait trs rapidement. La coalescence a lieu pour des rtentions gazeuses beaucoup
plus faibles que dans les deux autres modules tant donn le nombre lev de fibres qui accentue le
confinement du module. Pour la mme raison, les valeurs de vitesses terminales en rgime
htrogne pour ce module sont plus leves que celles de modules 1SS et 1MS.
Les valeurs des vitesses terminales obtenues pour chacun des modules sont prsentes dans le
Tableau III-9 en fonction du rgime dcoulement.
1MS
1LS
Rgime homogne
0,25
0,31
0,31
Rgime htrogne
0,40
0,41
0,47
Module
Daprs le Tableau III-9, lorsque la densit de fibres augmente, la vitesse terminale dascension
des bulles augmente galement, probablement cause de la rduction de lespace annulaire et donc
laugmentation du confinement, favorisant ainsi la coalescence des bulles. Or plus la taille des bulles
est importante, plus leur vitesse dascension est leve.
193
U T = 0.323 g ( D1 + D2 )
(III-40)
Figure III-29. Ascension dune bulle de Taylor entre deux annulaires concentriques (Das et al., 1998).
Les vitesses terminales dtermines par lquation (III-40) en considrant le faisceau droit dans le
carter soit D1 = Df et D2 = Dc. Les valeurs obtenues sont de 0,312 ; 0,328 et 0,352 respectivement
pour les modules 1SS, 1MS et 1LS. Cette relation ne permet donc pas de retrouver les vitesses
terminales dtermines dans les modules membranaires (Tableau III-9).
Les rtentions gazeuses vont maintenant tre traces pour chacune des vitesses terminales
(rgimes homogne et htrogne) dtermines dans chacun des modules.
Tracs des rtentions gazeuses
La rtention gazeuse a donc t calcule laide du modle de Zuber et Findlay [quation (III-36)]
pour les deux vitesses terminales dascension dtermines pour chacun des rgimes et pour chacun
-1
-1
des modules : 0,25 et 0,40 m.s pour le module 1SS, 0,31 et 0,41 m.s pour le module 1MS et 0,31 et
-1
0,46 m.s pour le module 1LS. Ces rtentions gazeuses sont compares aux valeurs exprimentales
pour les modules 1SS, 1MS et 1LS respectivement sur les Figure III-30, Figure III-31 et Figure III-32.
194
Figure III-30. Comparaison entre les valeurs des rtentions gazeuses du module 1SS
exprimentales et calcules laide du modle de Zuber et Findlay sans recirculation ni dbit de
liquide, pour deux valeurs de UT, 0,25 et 0,40 m.s-1.
Figure III-31. Comparaison entre les valeurs des rtentions gazeuses du module 1MS
exprimentales et calcules laide du modle de Zuber et Findlay sans recirculation ni dbit de
liquide, pour deux valeurs de UT,, 0,31 et 0,41 m.s-1.
195
Figure III-32. Comparaison entre les valeurs des rtentions gazeuses du module 1LS
exprimentales et calcules laide du modle de Zuber et Findlay sans recirculation ni dbit de
liquide, pour deux valeurs de UT,, 0,31 et 0,46 m.s-1.
Pour chacun des modules, le modle de flux de drive permet de dterminer les vitesses
terminales dascension des bulles en milieu infini, avec notamment une vitesse de 0,25 m.s
-1
en
-1
0,080 m.s soit pour des dbits gazeux compris entre 0,468 et 0,936 Nm .h . Dans le module 1MS
(Figure III-31), cette transition est plus rapide et, le rgime transitoire a lieu pour une gamme de
vitesses superficielles plus restreinte, entre 0,030 et 0,045 m.s
-1
-1
Dans le module 1LS, au regard de la Figure III-32, le rgime est homogne sur une trs petite gamme
-1
de vitesses superficielles de gaz [0-0,015 m.s ] et devient trs rapidement htrogne pour une trs
-1
large gamme de vitesses de gaz [0,020-0,150 m.s ], et donc un rgime transitoire entre 0,015 et
-1
-1
0,020 m.s correspondant un dbit gazeux compris entre 0,116 et 0,155 Nm .h , avec pour chacun
des rgimes une vitesse terminale dascension spcifique.
Ce modle permet donc de dterminer les vitesses terminales dascension avec les rtentions
gazeuses dtermines par lexprience. Il met en avance labsence de gaz au sein du faisceau de
fibres. Malgr tout, ces vitesses sont leves compares celles de la littrature. De plus, lhypothse
de dpart consiste ne considrer du gaz que dans la zone annulaire. La diffrence de masse
volumique entre lannulaire et le faisceau entranerait un phnomne de recirculation provoqu par la
diffrence de masse volumique entre lespace annulaire et le faisceau membranaire. Ce phnomne a
dailleurs t mis en vidence lors des enregistrements vido (quelques bulles "stagnantes" et
dautres qui descendent) et il pourrait justifier les valeurs leves des vitesses terminales dascension.
La modlisation va donc tre complte en prenant en compte le phnomne de recirculation
lintrieur du module induit par la phase gaz.
196
Ug 0
g 0
Ul a
Ul d
Rf
Rc
Figure III-33. Profils de rtentions gazeuses et de la vitesse moyenne de gaz au sein du module avec
prise en compte des phnomnes de recirculation liquide dans le module (coordonnes cylindriques).
Ces hypothses correspondent :
g = 0
pour
g = g0
r < Rf
pour
R f r < Rc
U g = 0 pour r < R f
U g = U g 0 pour R f r < Rc
197
Avec :
Ul a
-1
interne (m.s )
Ul d
Lascension du liquide provoque par la recirculation est considre dans lespace annulaire, et le
flux descendant uniquement dans le faisceau. Ce modle simple et schmatique permettra daborder
la modlisation avec recirculation sans mettre dhypothses supplmentaires. La recirculation dans
le module peut tre schmatise de la manire suivante (Figure III-10).
198
Q g = S libre U gs = S g U g = S a g 0 U g 0
(III-41)
Ql a = S a (1 g 0 ) U l a
(III-42)
Ql d = S l f l U l d = S l f U l d
(III-43)
Avec :
Ql a
3
-1
interne (m .s )
Ql d
-1
Le dbit descendant dans la zone du faisceau correspond au dbit ascendant dans la zone
annulaire donc ces deux dbits sont gaux :
Ql d = Ql a
(III-44)
Avec les quations (III-42) et (III-43), lquation (III-44) permet dtablir la relation entre la vitesse
dascension dans la zone annulaire et la vitesse descendante dans le faisceau [quation (III-45)].
S a (1 g 0 ) U l a = S l f U l d
Ul a =
Sl f
Sa
(III-45)
(1 ) U
(III-46)
ld
g0
relation dHarmathy [quation(III-39), 0,25 m.s pour des bulles de diamtre infrieur 4 mm]. Seules
ces bulles redescendent dans lespace annulaire et cest pourquoi cette vitesse descendante est prise
-1
0,25 m.s comme illustr sur la Figure III-35 pour diffrents taux de remplissage.
199
Figure III-35. Vitesse descendante du liquide en fonction de la vitesse de gaz dans la partie
ascendante dun airlift en fonction du taux de remplissage (TR) et de la rtention solide (es),
(Couvert et al., 2004).
Les
vitesses
ascendantes
ont
calcules
avec
lquation
(III-46)
en
considrant
-1
Ul d = 0,25 m.s , vitesse maximale du courant descendant trouve ans les airlifts (Figure III-35), dans
chacun des modules et leurs valeurs sont prsentes sur la Figure III-36.
Figure III-36. Vitesses de liquide ascendantes calcules avec lquation (III-46) pour
Ul d=0,25 m.s-1 en fonction de la rtention gazeuse exprimentale
pour les modules 1SS, 1MS et 1LS.
Daprs la Figure III-36, les vitesses ascendantes dans lespace annulaire sont toutes infrieures
-1
0,30 m.s . Lorsque les trois modules sont compars entre eux, plus le nombre de fibres est important,
plus les vitesses ascendantes sont grandes. De plus, plus la densit de fibres dans le faisceau est
importante, plus la recirculation dpend du taux de gaz dans le module. En effet, pour les modules
1SS et 1MS, les vitesses ascendantes nvoluent que trs peu en fonction du taux de gaz alors que
-1
dans le module 1LS, Ul a passe de 0,18 0,28 m.s , soit une augmentation de la vitesse de 64%
lorsque la rtention gazeuse passe de 0 25%.
Pour les modules 1SS et 1MS, les vitesses dans lannulaire (ascendantes) et dans le faisceau
(descendantes, Ul d=0,25 m.s ) sont trs diffrentes. Cette diffrence est due la trs faible section
-1
de passage du liquide dans le faisceau. Par contre, dans le module 1LS, les vitesses ascendantes et
200
S libre
= 1,07 ; 1,15 et 1,53 respectivement pour les
Sa
C 0 =
g U m
(III-47)
g Um
g =
U m = U gs ) soit
U gs
C 0 U m + UT
*
(III-48)
Sa
S libre
g = 0
(III-49)
Um =
S libre
Rc
U m (r ) rdr d
Um =
2
S libre
Um =
Rc
2 R f
U
(
r
)
rdr
+
U m (r ) rdr
m
R
0
f
S libre
Rc
U m (r ) rdr
(III-50)
(III-51)
(III-52)
201
Um =
Um
Rc
2 R f
U l d rdr + ( g 0 U g 0 + (1 g 0 ) U l a ) rdr
Rf
S libre 0
R 2f
Rc2 R 2f
2
2
=
U l d
+
g 0 U g 0 + (1 g 0 ) U l a
2 S libre
2
S libre
Um = Ul d
Um =
Ql d
S libre
Sf
+ g 0 U g 0
S libre
+ g 0 U g 0
Sa
S
+ (1 g 0 ) U l a a
S libre
S libre
Ql a
Sa
+
S libre S libre
(III-53)
(III-54)
(III-55)
(III-56)
Daprs lquation (III-44), le dbit ascendant est gal au dbit descendant et donc
lquation (III-56) devient :
U m = g 0 U g 0
Sa
S libre
(III-57)
U m = U gs
(III-58)
La vitesse moyenne est bien gale la vitesse superficielle de gaz [quation (III-58)] car la
recirculation se fait uniquement lintrieur du module.
Le produit de la rtention gazeuse et de la vitesse moyenne est dtermin ainsi :
g U m =
1
S libre
Rc
g (r ) U m (r ) rdr d
(III-59)
g U m =
2
S libre
g U m =
Sa
g 0 ( g 0 U g 0 + (1 g 0 ) U l a )
S libre
Rc
Rf
g 0 ( g 0 U g 0 + (1 g 0 ) U l a ) rdr
g U m = g 0 U gs +
Sa
(1 0 ) U l a
S libre
(III-60)
(III-61)
(III-62)
Avec les quations (III-49), (III-58) et (III-62), chaque lment est remplac dans lquation (III-47)
et le facteur de correction C0* peut alors tre calcul :
C 0 =
C 0 =
202
Sa
(1 g 0 ) U l a
S libre
Sa
g0
U gs
S libre
g 0 U gs +
S libre
Sa
S a (1 g 0 ) U l a
1 +
S libre U gs
(III-63)
(III-64)
Ql a
C 0 = C 0 1 +
Q g
(III-65)
g =
U gs
S libre Ql a
1 +
U gs + U T
S a Q g
(III-66)
Tous les paramtres de lquation (III-66) sont connus. En effet, les vitesses terminales UT sont
prises gales celles dtermines lors de la premire tape de modlisation (Tableau III-9), et les
valeurs de Qla sont dtermines avec les quations (III-42), (III-43) et (III-44) en considrant
-1
Figure III-37. Comparaison entre les valeurs des rtentions gazeuses du module 1SS
exprimentales et thoriques calcules laide du modle de Zuber et Findlay, avec recirculation
et sans dbit de liquide, pour Ul d= 0,25 m.s-1 et pour deux valeurs de UT 0,25 et 0,40 m.s-1.
203
Figure III-38. Comparaison entre les valeurs des rtentions gazeuses du module 1MS
exprimentales et thoriques calcules laide du modle de Zuber et Findlay, avec recirculation
et sans dbit de liquide, pour Ul d= 0,25 m.s-1 et pour deux valeurs de UT, 0,31 et 0,41 m.s-1.
Figure III-39. Comparaison entre les valeurs des rtentions gazeuses du module 1LS
exprimentales et thoriques calcules laide du modle de Zuber et Findlay, avec recirculation
et sans dbit de liquide, pour Ul d= 0,25 m.s-1 et pour deux valeurs de UT, 0,31 et 0,46 m.s-1.
La modlisation, complte avec la prise en compte dune recirculation interne dans le module,
donne des rsultats qui encadrent les valeurs exprimentales pour chacun des modules. Lhypothse
de lexistence dune recirculation de liquide interne dans le module avec une trs forte prsence de
gaz dans lespace annulaire peut donc tre considre comme valide.
La prdiction de la rtention gazeuse est amliore pour le module 1LS (Figure III-39) o la
vitesse de liquide ascendant lie la recirculation interne Ula est la plus grande. Par contre, il y a peu
de sensibilit cette vitesse dans les deux autres modules (1SS et 1MS, Figure III-37 et Figure III-38).
204
vitesse terminale est faible et infrieure 0,31 m.s et correspond de petites bulles. Par contre, en
-1
rgime htrogne, elle devient plus importante et est toujours suprieure 0,40 m.s et correspond
alors de gros paquets de gaz.
Il a t trouv que plus la densit de fibres dans le module est importante, plus la vitesse
terminale dascension est importante. Cette tendance se justifie par le faible espace annulaire lorsque
le nombre de fibres dans le module est important, ce qui favorise la coalescence. La coalescence a
alors lieu pour un plus faible taux de gaz lorsque la densit de fibres augmente. Concernant les
hypothses de cette premire tape, il faut souligner quil est possible quune faible partie du gaz
pntre dans le faisceau, et que les profils de rtention gazeuse et vitesse de gaz ne soient pas
uniformes sur tout lespace annulaire. Cependant, linjection de gaz a lieu autour du faisceau. Lair a
donc tendance rester autour du faisceau, l o la rsistance sopposant lascension du gaz est la
plus faible. Si le gaz est davantage dans lespace annulaire quau cur du faisceau de fibres, une
recirculation due la diffrence de masses volumiques peut avoir lieu. Cest ce qui a t tudi dans
un second temps.
La seconde tape de modlisation prend en compte la recirculation du liquide interne au faisceau
de fibres, avec toujours uniquement un dbit gazeux en entre, sans dbit de liquide. Pour cela, le
faisceau de fibres a t considr comme rectiligne le long du module. Concernant les vitesses de
liquide ascendante dans lannulaire et descendante dans le faisceau induites par la recirculation, elles
ont t considres comme uniformes. En ralit, les profils de vitesse de liquide ne sont pas plats
mais cette hypothse a permis de simplifier la modlisation. tant donn lordre de grandeur des
vitesses de liquide trouves, le rgime serait plutt laminaire et le profil parabolique. Lhypothse
205
-1
-1
module 1LS, le phnomne de recirculation semble tre beaucoup plus important. Il est possible
dattribuer cela au trs faible espace annulaire et la grande section droite libre dans le faisceau,
permettant la recirculation davoir lieu. La prise en compte de la recirculation du liquide dans le cas
du module 1LS est dterminante.
Lensemble de ces rsultats met donc laccent sur diffrents points. Premirement, la rpartition
du gaz dans le module ne semble pas homogne et la phase gaz serait prsente uniquement dans
lespace annulaire. Cette dfinition ne doit pas tre prise au sens strict, mais la majorit du gaz
scoule dans lespace annulaire et seule une trs faible partie semble pntrer le faisceau de fibres.
Cette diffrence entre lespace annulaire et le faisceau de fibres creuses provoque des phnomnes
de recirculation lintrieur du module, mis en vidence lors des observations, avec des bulles
stagnantes voire mme descendantes dans le module. Cette recirculation interne va tre intgre aux
analyses de distribution des temps de sjour, pour tudier si cette recirculation favorise ou non le
mlange.
206
III.4.1.1 Analyses de DTS dans le module 1MS, sans aration, soit pour Ugs = 0 m.s
-1
Les ratios / , temps de sjour moyen sur temps de sjour thorique, et les valeurs des
variances rduites , ont t calculs pour les expriences sans aration et sont reports dans le
Tableau III-10.
Tableau III-10. Ratios / et valeurs de pour le module 1MS sans aration et deux
vitesses superficielles de liquide.
Ugs = 0 m.s
-1
()
()
-1
72
90
1,25
0,35
-1
36
33
0,92
0,34
Les ratios / (Tableau III-10) sont proches de 1 (moins de 15% dcart) uniquement pour
-1
Uls = 0,025 m.s , rendant possible la comparaison avec des racteurs idaux uniquement pour cette
vitesse superficielle de liquide. Les variances rduites sont plus proches de 0 que de 1, ce qui
souligne un coulement plutt piston. Les nombres de Reynolds associs ce module ont t
calculs dans la partie III.1 et correspondent au rgime laminaire. La courbe brute pour
207
Uls = 0,025 m.s a donc t compare la rponse une impulsion en entre en rgime laminaire
1/(2 ) (Levenspiel, 1999).
3
III.4.1.2 Analyses de DTS dans le module 1MS, avec aration, soit pour Ugs 0.038 m.s
-1
Les ratios / et les variances rduites pour le module 1MS avec aration sont prsents dans le
Tableau III-11.
Tableau III-11. Ratios / et valeurs de pour le module 1MS avec aration et deux
vitesses de liquide.
Ugs = 0,038 m.s
-1
-1
-1
-1
1,05
0,69
1,07
0,68
1,13
0,70
-1
1,18
0,74
1,03
0,49
1,20
0,49
Les ratios / sont compris entre 0,85 et 1,15 (1 15 %) pour Uls = 0,013 m.s
-1
et toutes les
-1
vitesses superficielles de gaz, et pour le couple Uls / Ugs = 0,025 / 0,076 m.s . Les expriences
correspondant ces conditions opratoires peuvent donc tre modlises par des coulements
-1
idaux. Les variances rduites sont autour de 0,69 pour les vitesses liquides de 0,013 m.s et elle est
-1
208
(a)
(b)
Figure III-41. Courbes brutes du module vide obtenue pour Uls = (a) 0,013 et (b) 0,025 m.s-1 pour
Ugs = 0,038 0,076 0,112 m.s-1
modle de 1 RP en srie avec 1 RPA (courbe grise).
Les courbes brutes ont t compares diffrents modles. En effet, lors dune analyse de DTS,
plusieurs modles peuvent parfois correspondre aux valeurs exprimentales. Les modles de 2 RPA
en srie ayant des volumes diffrents, de J RPA en sries, les modles de dispersion axiale, sont des
modles qui ont t confronts aux rsultats exprimentaux. Aucun de ces modles na donn de
rsultats probants. Il est dailleurs primordial de conserver lanalogie avec le systme physique rel
tudi (Roustan, 2003). Le modle de 1 RPA en srie avec 1 RP sest avr trs proche des rsultats
exprimentaux. De plus, les analyses de DTS ont t ralises en rgime htrogne, cest--dire
avec coalescence et mouvement des fibres partir dune certaine hauteur dans le module. Ce modle
correspond donc aux observations qui ont pu tre ralises dans le module.
Le module 1MS avec aration a donc t modlis par un racteur piston (RP) en srie avec un
racteur parfaitement agit (RPA). Les rsultats de DTS ne renseignent pas sur lordre de ces deux
racteurs. Dans notre cas, il a t observ que la coalescence et le mouvement des fibres navait lieu
-1
qu partir dune certaine vitesse superficielle de gaz (Utrans = 0,023 m.s ), soit en rgime htrogne.
Le racteur piston se situe o il ny a pas de coalescence et peu de mouvement des fibres donc en
bas du module. Le racteur parfaitement agit, quant lui, se situe en haut du module, l o
coalescence et mouvement des fibres se produisent. Les rsultats de ces modlisations sont
regroups dans le Tableau III-12.
209
Tableau III-12. Modles de DTS utiliss pour dcrire le module 1MS avec aration.
Modles DTS
-1
-1
-1
-1
1 RP (8%)
en srie avec
1 RPA (92%)
1 RP (8%)
en srie avec
1 RPA (92%)
1 RP (8%)
en srie avec
1 RPA (92%)
1 RP (15%)
en srie avec
1 RPA (85%)
-1
Avec aration et quelles que soient les conditions hydrodynamiques, le module 1MS a t
modlis de manire satisfaisante par 1RP en srie avec 1RPA, illustr sur la Figure III-42.
Tableau III-13. Hauteurs correspondantes au pourcentage du volume libre du racteur piston dans le
module vide.
Volume du racteur (%)
15
13
La zone piston correspond une hauteur relativement faible (maximum de 0,13 m pour une
hauteur de module de 1 m), dans le bas module (Tableau III-13).
Aprs avoir dtaill le module 1MS, ltude se consacre aux autres modules membranaires.
210
-1
En absence dair, le rgime est laminaire. Les rsultats adimensionaliss sont donc compars la
3
(b)
(c)
(d)
Figure III-43. E() =f () pour Ugs = 0 m.s-1 et Uls = 0,013 0,025 et 0,038 m.s-1 pour les
modules (a) 1SS, (b) 3MS, (c) 3LS, (d) 1LL.
211
-1
Les ratios / et les variances rduites pour tous les modules membranaires et avec aration
sont galement dtaills en Annexes.
Le modle a t expliqu pour le module 1MS et le mme type de rsultats a t obtenu dans les
autres modules. Les rsultats sont en bonne adquation avec le modle de 1 RP en srie avec 1 RPA
pour chacun des modules. Les volumes des racteurs obtenus pour les diffrents modules sont
dtaills dans les tableaux suivants, module par module.
Tableau III-14. Modles utiliss pour dcrire le module 1SS avec aration en fonction des vitesses
superficielles de gaz et de liquide (m.s-1).
Modles DTS
Ugs = 0,038 m.s
212
-1
-1
-1
-1
1 RP (13%)
en srie avec
1 RPA (87%)
1 RP (13%)
en srie avec
1 RPA (87%)
1 RP (10%)
en srie avec
1 RPA (90%)
1 RP (20%)
en srie avec
1 RPA (80%)
1 RP (20%)
en srie avec
1 RPA (80%)
-1
Tableau III-15. Modles utiliss pour dcrire le module 3MS avec aration en fonction des vitesses
superficielles de gaz et de liquide (m.s-1).
Modles DTS
Ugs = 0,038 m.s
Uls = 0,013 m.s
-1
-1
-1
-1
1 RP (8%)
en srie avec
1 RPA (92%)
1 RP (15%)
en srie avec
1 RPA (85%)
1 RP (15%)
en srie avec
1 RPA (85%)
-1
Tableau III-16. Modles utiliss pour dcrire le module 1LL avec aration en fonction des vitesses
superficielles de gaz et de liquide (m.s-1).
Ugs = 0,038 m.s
Uls = 0,013 m.s
-1
-1
-1
-1
-1
-1
1 RP (10%)
en srie avec
1 RPA (90%)
1 RP (10%)
en srie avec
1 RPA (90%)
1 RP (10%)
en srie avec
1 RPA (90%)
1 RP (10%)
en srie avec
1 RPA (90%)
1 RP (20%)
en srie avec
1 RPA (80%)
1 RP (20%)
en srie avec
1 RPA (80%)
1 RP (20%)
en srie avec
1 RPA (80%)
1 RP (20%)
en srie avec
1 RPA (80%)
1 RP (25%)
en srie avec
1 RPA (75%)
-1
Le premier constat est que lcoulement avec aration au sein de lensemble des modules
membranaires, et quelles que soient les conditions hydrodynamiques testes, peut tre modlis de
manire satisfaisante par un racteur piston en srie avec un racteur parfaitement agit
(Figure III-44).
213
III.4.3.2 Influence de la vitesse du gaz sur le mlange pour tous les modules membranaires
Lorsque la vitesse de gaz est positive et quelle augmente, le modle reste le mme et pourtant, le
volume de gaz au sein du module augmente. Il semblerait que le dbit de gaz soit dj suffisant pour
engendrer du mlange et que ce mlange chelle macroscopique de la phase liquide ne puisse pas
tre plus important mme en augmentant le dbit gazeux.
Compte-tenu de ltude pralable sur les rtentions gazeuses et les rgimes dcoulements,
chacune des analyses a t ralise en rgime htrogne. Des analyses de DTS ont galement t
ralises en rgime homogne dans le module 1MS, et mme trs faible dbit de gaz
214
-1
(Qg = 0,049 Nm .h
-1
soit Ugs = 0,005 m.s ), la modlisation reste la mme. Cela souligne que cest
uniquement la prsence dair qui favorise le mlange et non la quantit dair prsente.
En comparant les rsultats avec et sans aration, la prsence dair au sein du module change
radicalement le modle et le mlange dans le module. En effet le modle passe dun modle
laminaire, un racteur piston en srie avec un racteur parfaitement agit. Le volume de ce RPA est
important et laration permet donc de modifier lcoulement en provoquant du mlange.
Figure III-45. E() =f () pour Ugs = 0 m.s-1 et Uls = 0,013 0,025 et pour le module vide.
Tableau III-17. Modles de racteurs pour le module vide diffrentes vitesses de liquide et de
gaz (m.s-1).
Ugs = 0,038 m.s
Uls = 0,013 m.s
-1
-1
-1
-1
1 RP (20%)
en srie avec
1 RPA (80%)
1 RP (20%)
en srie avec
1 RPA (80%)
1 RP (20%)
en srie avec
1 RPA (80%)
1 RP (30%)
en srie avec
1 RPA (70%)
1 RP (30%)
en srie avec
1 RPA (70%)
1 RP (30%)
en srie avec
1 RPA (70%)
-1
Elles vont tre maintenant compares aux rsultats des modules membranaires afin de
caractriser linfluence de la prsence des fibres sur le mlange, sans et avec air.
215
-1
III.4.4.2 Influence de la prsence des fibres sur le mlange, avec air Ugs 0.038 m.s
-1
Les modles utiliss avec aration sont les mmes pour le module vide que pour les modules
membranaires. Laration influence donc davantage le mlange que le mouvement des fibres. Par
contre, la taille des RPA dans les modules membranaires est, quel que soit le module, toujours
suprieure la taille du RPA dans le module vide. Le rle des fibres joue donc un rle trs important
sur le mlange dans le module, ce qui a t confirm par Wicaksana et al. (2006).
III.4.5.1 Influence de la position des fibres sur le mlange, sans air et avec air
Sans air, les rsultats correspondent la courbe laminaire dans les deux modules, mais la courbe
est plus large et le maximum moins lev dans le module avec les trois faisceaux. Ce changement de
courbe traduirait le passage du liquide au cur des trois faisceaux avec plus de volume liquide
accessible et donc une rponse limpulsion plus tale en sortie.
Avec air, les rsultats sont identiques. La position des fibres joue un rle peu important sur le
mlange dans le module vis vis de laration.
216
0,013 m.s .
Quelle que soit la vitesse superficielle du gaz (entre 0,038 et 0,112 m.s ), le volume du racteur
parfaitement mlang augmente lorsque le nombre de fibres augmente jusqu un taux de
remplissage de 0,18 ; valeur correspondant au module 1MS (Figure III-46). Au del de cette valeur, il
diminue lgrement, passant de 92 90% du volume libre. Le mlange semble tre plus important
lorsque le nombre de fibres augmente et serait alors li au mouvement des fibres, qui augmenterait
avec le nombre de fibres jusqu un maximum de 0,18. Augmenter le taux de remplissage au del de
0,18 ne permet pas daugmenter le mlange. Le module 1MS est donc le module dans lequel le
mlange est le plus important. Cette conclusion concernant le mlange dans le module 1MS sera
confronte aux expriences de filtration afin danalyser le rle de ce mlange sur le colmatage
membranaire. Il peut tre favorable la filtration car en augmentant le macromlange, le dpt de
filtration est soumis un cisaillement important (micromlange) qui empche sa formation, mais
galement dfavorable car en augmentant le cisaillement, il peut diminuer la taille des particules qui
modifieront la porosit du dpt en occupant les plus petits espaces.
217
quau del une vitesse superficielle de gaz de 0,038 m.s , cest--dire une fois le rgime htrogne
atteint, le mlange nest plus influenc par laration. Pourtant, des expriences ont t ralises dans
le module 1MS et ont montr que mme pour des vitesses plus faibles, correspondant alors au rgime
homogne, le modle est le mme et le volume du RPA est identique aux expriences ralises
plus fortes vitesses superficielles de gaz. Cette exprience complmentaire dans le module 1MS
souligne que mme sans coalescence (rgime homogne), le mlange est important dans la partie
haute du module. Le mlange est donc influenc par le mouvement des fibres, mais surtout par la
prsence dair.
Un deuxime type de reprsentation est prsent sur la Figure III-47, avec cette fois-ci le volume
du RPA en fonction de Qg ou SADm et du taux de remplissage.
Figure III-47. Volume du RPA (%) en fonction (a) du dbit de gaz Qg et (b) du SADm
pour diffrents taux de remplissage () Uls = 0,013 m.s-1.
La comparaison mme dbit ou mme demande spcifique en aration par mtre carr de
membrane permet de mettre les quatre modules membranaires sur la mme chelle. Nous voyons
galement sur la Figure III-47 que le volume de RPA ne change pas quand le dbit de gaz, ou le
SADm augmente. Laugmentation du dbit dair de modifie pas le mlange dans les modules
membranaires dont les taux de remplissage sont infrieurs ou gaux 0,28.
Il est possible de comparer linfluence de la vitesse superficielle de liquide sur le mlange. Nous
rappelons que pour une vitesse de liquide superficielle, le modle est le mme quelle que soit la
-1
vitesse superficielle du gaz, comprise entre 0,038 et 0,112 m.s . Cette comparaison est prsente sur
la Figure III-48 en termes de vitesse superficielle de gaz et sur la en termes de dbit de liquide sur la
Figure III-49.
218
Figure III-48. Volume du RPA (%) en fonction de la vitesse superficielle de liquide et du taux de
remplissage pour toutes les vitesses superficielles de gaz testes (0 ; 0,038 ; 0.076 ; 0.112 m.s-1).
module 1MS et pour la vitesse superficielle de liquide la plus faible, 0,013 m.s , correspondant un
3
-1
219
superficielle de liquide dans la gamme teste [0-0,025 m.s ]. Des cartes dcoulement ont t
traces, en analogie avec celles ralises dans les colonnes bulles.
Avant la transition de rgime, en rgime homogne, il ny a pas de coalescence puis aprs cette
transition, la coalescence a lieu et le rgime est htrogne. Les dbits de transition ont alors t
dduits des vitesses de transition pour chacun des modules. Les dbits de gaz partir desquels la
transition de rgime a lieu, cest--dire le passage entre non coalescence et coalescence sont
reprsentes sur la Figure III-50 en fonction du taux de remplissage des modules 1SS, 1MS et 1LS
(respectivement 0,09 ;0,18 et 0,36).
220
par Harmathy (0,25 m.s ) pour lascension de bulles de petit diamtre ( 4 mm) en systme air-eau
en milieu infini. Pour les autres modules avec des densits de fibres plus levs (0,18 et 0,36) en
-1
rgime homogne, cette vitesse est de 0,31 m.s . Les bulles dans ces modules sont donc de taille
plus importantes, ce qui a t observ sur les images enregistrs sur le module 1MS ayant une
densit de fibres de 0,18 (diamtre moyen des bulles : 6 mm). En rgime htrognes, ces vitesses
-1
terminales dascension des bulles sont suprieures 0,4 m.s dans tous les modules. Ces valeurs
-1
sont leves compares la vitesse dascension de calottes (0,33 m.s ). Cette forte vitesse
proviendrait des phnomnes de recirculation voqus. La modlisation a t approfondie en prenant
en compte cette recirculation, et ajoutant un courant liquide ascendant dans la zone annulaire et
descendant dans la zone du faisceau. La rtention gazeuse a alors t dtermine par le modle de
221
tous les modules pour des vitesses superficielles de gaz allant jusque 0,16 m.s . La rtention
-1
gazeuse est plus faible lorsquil y a un coulement liquide dans le module (Uls > 0 m.s ) et lorsque
cette vitesse de liquide augmente, la rtention diminue trs lgrement. Lorsque lon compare les
modules avec la mme densit de fibres, la rtention gazeuse est lgrement plus grande (diffrence
de 2,5 %) dans le module avec les trois faisceaux que dans le module avec un seul faisceau.
Concernant les modules avec des densits de fibres diffrentes, les rtentions gazeuses sont les
mmes en rgime homogne et en fin de rgime htrogne. Les seules diffrences observes
concernent un rgime situ entre ces deux rgimes et la rtention gazeuse du module 1SS y est
suprieure celle des deux autres modules, 1MS et 1LS.
Les rtentions gazeuses exprimentales ont permis de dterminer les volumes de gaz et de
liquide prsents dans les modules pour de nombreuses conditions hydrodynamiques. Cela a permis
de dterminer les volumes liquides pour toutes les conditions hydrodynamiques et de raliser les
analyses de distribution des temps de sjour en considrant uniquement le volume liquide.
Concernant les expriences avec aration ralises en rgime htrogne, chacun des modules
(hormis le module 1LS qui na pas pu tre modlis) a t modlis par un racteur piston en srie
avec un racteur parfaitement agit. Le racteur piston se situe en bas du module, l o il y a moins
de coalescence des bulles et de mouvement des fibres, et le racteur parfaitement agit en haut o
les bulles coalescent davantage et les fibres sont plus mobiles. Ces rsultats soulignent que laration
apporte du mlange au sein du module membranaire avec un volume de racteur parfaitement agit
suprieur 80% du volume libre. Lanalyse de DTS a t ralise galement en rgime homogne
pour le module 1MS. Quel que soit le dbit dair, mme trs faible, le modle est celui dun RP en
srie avec un RPA pour ce module ayant une densit de fibres de 0,18.
Ltude de linfluence des conditions opratoires sur le taux de gaz dans le module a montr quen
augmentant la vitesse de gaz, le mlange ne change pas. Par contre, lorsque lon augmente la vitesse
de liquide, le volume de la zone piston augmente. La circulation du liquide influence donc le mlange
dans le module, quel que soit le dbit daration, avec une diminution du mlange lorsque la vitesse
superficielle de liquide diminue.
Le mouvement des fibres ajoute de lagitation et augmente ainsi le volume du RPA lorsque lon
compare les modules membranaires au module vide.
Afin douvrir quelques perspectives sur ltude hydrodynamique, ltude effectue sur de leau
pourrait galement tre ralise avec des suspensions de bentonite et des boues pour observer
linfluence des proprits du liquide sur lhydrodynamique du systme. Le rgime dcoulement
dpend en effet des proprits du fluide (viscosit du liquide, influence sur la coalescence). Lanalyse
222
223
Chapitre IV
Conditions opratoires
et gomtrie du module :
influence sur le
colmatage particulaire
synthtiques de bentonite 0,65 g.L . Pour cela, deux mthodes de filtration de paliers flux
constants ont t utilises et leur protocole est dcrit au Chapitre II et rappel brivement ici:
-
la mthode des paliers de flux ascendants qui consiste maintenir le flux pendant une
certaine dure puis daugmenter ce flux progressivement par paliers successifs. Elle
permet dtablir des photographies de laptitude au colmatage du systme membranaire
pour des conditions opratoires donnes. Pour se faire, les vitesses de colmatage sont
traces en fonction du flux de permat, et on dtermine les flux de permat partir
desquels la vitesse de colmatage passe au dessus dune vitesse de colmatage limite au
del de laquelle le colmatage augmente fortement. Cette mthode servira dlment de
comparaison entre les diffrents modules afin de dterminer les conditions permettant de
limiter le colmatage.
la mthode des paliers de flux ascendants et descendants, qui consiste cette fois-ci
alterner une variation positive puis ngative de flux, afin de caractriser lirrversibilit du
colmatage une variation de flux.
Ce chapitre prsentera tout dabord les rsultats de la mthode de paliers de flux ascendants.
Linfluence de la vitesse superficielle de gaz sera tout dabord tudie, puis celle du liquide pour
terminer par la comparaison des gomtries de modules mmes conditions opratoires. La
deuxime partie concernera le colmatage irrversible caractris par la mthode des paliers de flux
ascendants et descendants. Linfluence de la vitesse superficielle du liquide et la comparaison des
modules y seront prsentes. Pour terminer, nous discuterons, laide de toutes ces informations
recueillies, de laptitude au colmatage de chacun des modules en fonction des conditions opratoires.
Cette analyse finale permettra de choisir le module avec lequel les expriences de filtration avec
effluents rels seront ralises, en effectuant un compromis entre production de permat et
colmatage.
Lensemble des conditions opratoires utilises pour tudier le colmatage particulaire dans ce
chapitre sont rsumes dans le Tableau IV-1 avec une large gamme de vitesses superficielles de gaz.
227
Tableau IV-1. Ensemble des conditions opratoires testes et prsentes dans ce chapitre.
-1
Ugs (m.s )
Module
-1
-1
-1
1SS
1MS
0
0,019
0,038
0,076
0
0,019
0,038
0
0,019
0,038
0
0,019
0,038
3MS
1LS
1LL
0,038
0
0,038
0,076
0,112
0,154
0
0,038
0,076
0,112
0,154
0,038
0
0,038
0,076
0,112
0,154
0,038
0,112
0
0,038
0,076
0,112
0,154
0,038
0,112
-1
La vitesse superficielle de liquide de 0,038 m.s na pu tre teste que dans les modules 1LS et
1LL car elle implique des dbits suprieurs ceux mesurables par le dbitmtre en entre pour les
autres modules. Le colmatage irrversible par la mthode des paliers de flux ascendants et
-1
-1
descendants a t test pour Ugs = 0,038 m.s et Uls = 0,013 et 0,025 m.s pour chacun des modules.
Nous rappelons que les vitesses superficielles sont calcules en divisant le dbit par la section libre. Il
est important de souligner que la comparaison des modules entre eux se fait mmes vitesses
superficielles, afin de travailler avec un coulement diphasique au sein du module membranaire
identique dun module lautre.
-1
prliminaires afin de tester linfluence des vitesses superficielles de liquide et de gaz avec une solution
charge en particules et ces rsultats sont prsents en Annexes.
228
-2
premier flux de travail choisi a t 10 L.h .m , ordre de grandeur des valeurs couramment utilises
dans les bioracteurs membrane (Wilde et al., 2007). La dure des paliers a t fixe 10 minutes
-1
-2
et lincrment entre deux paliers de flux fix 5 L.h .m pour galement balayer la gamme de flux de
-1
-2
permat la plus large possible (parfois jusqu 50 L.h .m ). Ces recommandations en termes de
dure et dincrment pour la mthode des paliers de flux ont t exposes dans un rapport du projet
europen EUROMBRA (Pollet et al., 2006 : Rapport D2 : Definition of normalised parameters and
common methodologies) pour que chaque partenaire du projet travaille dans les mmes conditions
pour permettre une comparaison de diffrentes expriences entre elles. Dans la partie suivante sont
prsents les rsultats pour les diffrents modules tudis avec la mthode des paliers de flux, pour
des larges gammes de vitesse superficielle de gaz et de liquide.
Le colmatage particulaire a t caractris avec une concentration en bentonite 0,65 g.L dans
les cinq modules de filtration (1SS, 1MS, 3MS, 1LS, 1LL). La mthode des paliers de flux ascendants
-1
a t utilise pour trois vitesses superficielles de liquide (0,013 ; 0,025 et 0,038 m.s ) et six vitesses
-1
superficielles de gaz (0 ; 0,019 ; 0,038 ; 0,076 ; 0,112 et 0,154 m.s ) pour un module donn. Ces
vitesses balayent de larges gammes de vitesses superficielles de gaz et de liquide. Toutes ces
vitesses ont t combines afin dtudier linfluence des diffrentes conditions hydrodynamiques et
ensuite comparer les modules entre eux mmes vitesses superficielles de gaz et de liquide.
-1
Comme prcis ci-dessus et dtaill dans le Chapitre II, le flux est fix 10 L.h .m
-1
augment de 5 L.h .m
-2
-2
puis
dpasse pas deux heures et la plupart dentre elles une heure. Ce sont donc des expriences
court-terme.
Lexprience sarrte lorsque la pression du permat atteint la valeur de -0,5/-0,6 bar. Cest la
raison pour laquelle certaines expriences durent plus longtemps que dautres, selon lvolution du
colmatage et donc de la pression ct permat. De plus, lexprience est galement stoppe avant
que le dbit de permat ne dpasse le dbit liquide de recyclage afin de ne pas vider le module.
229
-1
-1
-1
-1
-1
et Qg = 0,39 Nm .h
soit
-2
SADm = 0,26 Nm .h .m ).
Figure IV-1. Rsultats bruts sous la forme PTM = f(t) dune exprience mene avec la mthode des
paliers de flux ascendants lors de la filtration dune suspension de bentonite 0.65 g.L-1 au sein du
module 1MS pour Uls = 0,013 m.s-1 et Ugs = 0,038 m.s-1. Le flux est report en gris.
On peut voir sur la Figure IV-1 les paliers de flux successifs et les pressions correspondantes. Les
rsistances de colmatage sont dduites de ces valeurs et sont prsentes sur la Figure IV-2.
230
Figure IV-2. Rsultats bruts sous la forme Rc = f(t) dune exprience mene avec la mthode des
paliers de flux ascendants lors de la filtration dune suspension de bentonite 0.65 g.L-1 au sein du
module 1MS pour Uls = 0,013 m.s-1 et Ugs = 0,038 m.s-1. Le flux est report en gris.
Lvolution de la rsistance de colmatage est considre comme linaire avec le temps pour
chaque palier, considration justifie au regard de la Figure IV-2. En consquence, le coefficient
directeur de chaque droite permet de dterminer la vitesse de colmatage dfinie comme dRc / dt pour
le flux de permat correspondant au palier.
Module 1SS
-1
Une srie de vitesses superficielles de gaz (0, 0,019, 0,038 et 0,076 m.s ) a t teste dans
-1
le module 1SS (PDc = 0,09) pour deux vitesses superficielles de liquide, 0,013 et 0,025 m.s .
Ces rsultats sont prsents sur la Figure IV-3.
(a)
(b)
Figure IV-3. Influence de laration sur la vitesse de colmatage lors de la filtration dune suspension
de bentonite 0,65 g.L-1 pour une vitesse superficielle de liquide donne dans le module 1SS
Ugs = 0 0,019 0,038 0,076 m.s-1 et Uls = (a) 0,013 (b) 0,025 m.s-1.
231
opratoires. Que lcoulement soit en rgime homogne fines bulles (Ugs < Utrans = 0,032 m.s pour le
-1
module 1SS) ou htrogne, petites et grosses bulles, (Ugs > Utrans = 0,32 m.s ), lvolution gnrale
du colmatage est la mme, cest--dire avec une vitesse de colmatage faible et une volution linaire
pour les premiers paliers de flux puis une trs forte augmentation de manire exponentielle de la
vitesse de colmatage pour les paliers de flux suivants.
Au regard de la Figure IV-3, il nest pas possible de dfinir avec prcision un flux dit critique pour
-1
-1
lequel la vitesse de colmatage est nulle, dRc / dt = 0 m .s . En effet, ds les premiers paliers de flux,
le flux convectif amne des particules la membrane et il y a toujours un colmatage particulaire.
Nous avons donc dcid de fixer une valeur limite de vitesse de colmatage, au dessus de laquelle
les vitesses de colmatage augmentent rapidement. Au vu de tous les rsultats que nous traiterons
dans ce chapitre, nous avons choisi une valeur limite de vitesse de colmatage gale 10 0,5 m .s
9
-1
-1
(barre grise en pointills sur la Figure IV-3). Ce critre a t choisi car au del de cette valeur, le
colmatage devient consquent. Cette valeur est en effet significative et permet ainsi une comparaison
de lensemble des rsultats.
9
-1
-1
Le flux de permat partir duquel dRc / dt 10 m .s diffre selon les conditions daration et il
est prsent en fonction des vitesses superficielles de liquide et de gaz dans le Tableau IV-2.
Tableau IV-2. Influence des conditions opratoires sur les valeurs du flux de permat partir duquel
dRc / dt 109 m-1.s-1 dans le module 1SS.
-1
-2
-1
-1
-1
-1
1SS
-1
-1
25
35
40
55
-1
25
35
40
-1
Pour les deux vitesses superficielles de liquide testes, le flux de permat partir duquel
9
-1
dRc / dt 10 m .s
-1
vitesse de colmatage et nous tudierons cela en dtail au paragraphe IV.1.1.2. Par contre, la vitesse
superficielle de gaz influence fortement le colmatage. Nous voyons que plus la vitesse superficielle de
-1
gaz est importante (dans la gamme 0-0,076 m.s ), plus la vitesse de colmatage est faible
9
-1
-1
(Figure IV-3) et plus le flux partir duquel dRc / dt 10 m .s est lev (Tableau IV-2).
Ltude va se poursuivre avec les autres modules, de densits de fibres diffrentes.
Module 1MS
Pour ce module 1MS (PDc= 0,18), trois vitesses superficielles de gaz ont t tudies (0,
-1
0,019 et 0,038 m.s ) pour les mmes vitesses superficielles de liquide que pour le module
-1
1SS (0,013 et 0,025 m.s ). Les rsultats ne sont pas prsents car les tendances sont les mmes
que pour le module 1SS et justifient nouveau que le rgime dcoulement des bulles ninfluence pas
232
0,038 m.s , plus le colmatage est faible. Les flux de permat partir desquels dRc / dt 10 sont
rsums dans le Tableau IV-3.
Tableau IV-3. Influence des conditions opratoires sur les valeurs de flux de permat partir duquel
dRc / dt 109 m-1.s-1 dans le module 1MS.
-1
-2
-1
-1
1MS
-1
-1
-1
25
30
35
-1
25
30
35
-1
Leffet du gaz sur le colmatage est donc le mme pour les deux vitesses superficielles de liquide
testes (Tableau IV-3).
Module 1LS
Sur la Figure IV-4 sont prsentes les vitesses de colmatage en fonction du flux de
-1
permat pour une trs large gamme de vitesses superficielles de gaz (0-0.154 m.s ) et
-1
trois vitesses superficielles de liquide (0,013, 0,025 et 0,038 m.s ) pour le module 1LS, ayant la plus
forte densit de fibres (PDc = 0,36).
233
(a)
(b)
(c)
Figure IV-4. Influence de laration sur la vitesse de colmatage lors de la filtration dune suspension
de bentonite 0,65 g.L-1 pour une vitesse superficielle de liquide donne dans le module 1LS et
Ugs = 0 0,038 0,076 0,112 0.154 m.s-1 et (a) Uls = 0,013 (b) 0,025 (c) 0,038 m.s-1.
Au regard de la Figure IV-4, les diffrences de vitesses de colmatage en fonction de laration
sont moins nettes dans ce module. Pour les deux vitesses superficielles de liquide les plus faibles
-1
[0,013 et 0,025 m.s , respectivement les Figure IV-4 (a) et Figure IV-4 (b)], et quelle que soit la
9
-1
vitesse superficielle de gaz, la vitesse de colmatage dpasse 10 m.s pour un flux de permat de
-1
-2
-1
20 L.h .m . Pour les trois vitesses superficielles de liquide de (0,013 ; 0,025 et 0,038 m.s ), les
-1
vitesses de colmatage pour les deux plus fortes vitesses superficielles de gaz (0,112 et 0,154 m.s )
sont plus faibles que pour les autres conditions daration.
Pour la vitesse superficielle de liquide de 0,025 m.s
-1
-1
-2
colmatage est deux fois plus grande sans aration quavec aration. En effet, avec aration, les
-1
-2
vitesses de colmatage sont les mmes pour Jp 20 L.h .m quelle que soit la vitesse superficielle de
-1
-2
gaz positive. Pour Jp > 20 L.h .m , une vitesse superficielle de gaz suprieure ou gale 0.076 m.s
-1
permet de limiter le colmatage. En effet, le colmatage est le mme quelle que soit la vitesse
234
superficielle de gaz suprieure ou gale cette valeur (0,076, 0.112 et 0,154 m.s ). Cette vitesse
superficielle de gaz de 0,076 m.s
-1
namliore plus les conditions de filtration et na pas dinfluence supplmentaire sur le colmatage.
-1
Pour la vitesse superficielle de liquide la plus importante [Uls = 0,038 m.s , Figure IV-4 (c)] et
-1
-2
Jp 20 L.h .m , les vitesses de colmatage sont similaires pour toutes les vitesses superficielles de
gaz testes, mme sans aration. Au dessus de ce flux, les vitesses de colmatage pour Ugs = 0 et
-1
0,038 m.s sont identiques et suprieures celles obtenues pour des vitesses superficielles de gaz
-1
suprieures (0,076, 0.112 et 0,154 m.s ). La vitesse de colmatage la plus faible est obtenue avec la
-1
plus forte vitesse superficielle de gaz (Ugs = 0,154 m.s ) et natteint pas la valeur seuil pour Jp compris
-1
-2
entre 10 et 30 L.h .m .
9
-1
-1
Tableau IV-4. Influence des conditions opratoires sur les valeurs de flux de permat partir duquel
dRc / dt 109 m-1.s-1 dans le module 1LS.
-1
-2
-1
-1
-1
-1
-1
1LS
-1
-1
20
20
20
25
25
-1
20
20
20
25
30
-1
25
25
25
30
>30
En conclusion, cette srie dexpriences montre que la vitesse de colmatage reste faible dans ce
-1
module forte densit de fibres (0,38 ; module 1LS) pour des flux de permat infrieurs 20 L.h .m
-2
pour ce type dexpriences paliers de flux ascendants. Laration a peu dinfluence sur le colmatage
-1
-2
court terme et pour des faibles flux (< 20 L.h .m ). Linfluence de laration na pu tre observe
-1
-2
que pour des flux suprieurs ou gaux 20 L.h .m . Il ne semble donc pas ncessaire dutiliser un
fort dbit daration dans ce type de gomtrie.
-1
En considrant les deux vitesses superficielles de liquide de 0,013 et 0,025 m.s , deux vitesses
-1
de gaz optimales peuvent tre requises. Les lgres diffrences obtenues pour Uls= 0,038 m.s nont
-1
-2
pas t prises en compte. Pour travailler un flux de 20 L.h .m , une vitesse superficielle de gaz de
-1
-1
-1
0,112 m.s est ncessaire pour limiter le colmatage (dRc/dt < 10 m .s ). Pour travailler un flux de
-1
-2
permat plus lev de 25 L.h .m , il est prfrable dutiliser une vitesse superficielle de gaz de
-1
-1
-2
-1
0,154 m.s . Pour Jp = 20 L.h .m , cette vitesse daration (Ugs = 0,112 m.s ) correspondrait la
-1
-2
vitesse optimale pour ces conditions de filtration, et pour Jp = 20 L.h .m , la vitesse de gaz optimale
-1
est suprieure ou gale 0,154 m.s car nous navons pas test de vitesses de gaz plus leves.
Augmenter la vitesse superficielle de gaz au del de cette valeur optimale ne permet pas de diminuer
davantage le colmatage et ne prsente donc aucun intrt en termes de colmatage particulaire. Cette
vitesse optimale a t dcrite au Chapitre I et nous retrouvons donc les rsultats avancs par nombre
235
-1
-1
-2
-3
exprim par mtre carr de membrane, SADm de 0,22 Nm .h .m (SADp = 31,4 Nm .m ) lors de la
-1
-2
-1
sur une
mme configuration de BAM. Cette valeur est trs proche de celle que nous avons trouv pour le
-1
module 1LS, mme si la solution de bentonite filtre ici est 0,65 g.L
et le flux croissant. Ce
paramtre SADm semble tre pertinent pour la comparaison de deux expriences ralises sur le
mme pilote avec des conditions de filtration et une suspension filtrer de concentration diffrente.
Deux hypothses peuvent tre proposes concernant cette vitesse de gaz optimale : soit
lhydrodynamique dans le module lie laration est modifie, soit les mcanismes de colmatage
sont diffrents. Daprs les analyses ralises au chapitre III, le mlange lchelle globale (analyses
de distribution des temps de sjour) nest pas modifi lorsque la vitesse superficielle de gaz augmente
-1
dans la gamme [0,038-0,154 m.s ]. Il semblerait alors que ce soient les mcanismes de colmatage
qui diffrent, une chelle plus locale, avec la possibilit que la forte aration rduise la taille des
particules et favorise alors un apport plus important de petites particules aux abords de la membrane,
diminuant la porosit du gteau ce qui engendrerait alors un colmatage plus important. Ces particules
conservent nanmoins une taille suprieure la taille des pores tant donn que la concentration en
matires en suspension mesure dans le permat est toujours nulle.
Module 1LL
La mme gamme de vitesses superficielles de gaz que le module 1LS a t teste dans le
-1
module 1LL pour Uls = 0,013 m.s , et deux vitesses superficielles de gaz (0,038 et
-1
-1
0,112 m.s ) pour les deux autres vitesses superficielles de liquide (0,025 et 0,038 m.s ). Concernant
-1
ces deux vitesses superficielles de liquide (Uls = 0,025 et 0,038 m.s ), les tendances sont les mmes
-1
donc seule la vitesse superficielle de liquide gale 0,025 m.s est prsente sur la Figure IV-5 (b)
-1
(b)
Figure IV-5. Influence de laration sur la vitesse de colmatage lors de la filtration dune suspension
de bentonite 0,65 g.L-1 pour une vitesse superficielle de liquide donne dans le module 1LL et
Ugs = 0 0,038 0,076 0,112 0,154 m.s-1, Uls = (a) 0,013 (b) 0,025 m.s-1.
236
Pour Uls = 0,013 m.s , on peut observer que les vitesses de colmatage sont similaires jusqu un
-1
-2
-1
-2
flux de permat de 20 L.h .m quelle que soit la vitesse superficielle de gaz. Pour Jp 25 L.h .m ,
-1
les vitesses de colmatage diffrent et un fort dbit gazeux, correspondant Ugs = 0,154 m.s , permet
9
-1
-1
-1
-2
colmatage est deux fois plus importante sans aration quavec aration. Pour Uls = 0,025 m.s , les
vitesses de colmatage sont trs proches.
Conclusions sur les diffrents modules tudis
Daprs cette tude de linfluence du gaz, une vitesse superficielle de gaz leve jusqu une
valeur optimale (0,038 m.s
-1
-1
-2
colmatage dans les modules forte densit de fibres (1LS et 1LL). Pour les modules avec des
densits de fibres plus faibles (1SS et 1MS), plus la vitesse superficielle de gaz est importante, plus
les vitesses de colmatage sont faibles. Nanmoins, ces conclusions dpendent du flux de permat
-1
-2
auquel le bioracteur membranes fonctionne. Pour Jp 20 L.h .m , il nest pas ncessaire dinjecter
un fort dbit de gaz pour limiter le colmatage, une vitesse superficielle de gaz infrieure ou gale
-1
de gaz de 0,038 m.s et ces rsultats sont prsents sur la Figure IV-6 pour chacun des modules.
237
(b)
(c)
(d)
(e)
Figure IV-6. Influence de la vitesse superficielle de liquide sur la vitesse de colmatage lors de la
filtration dune suspension de bentonite 0,65 g.L-1 pour Ugs = 0,038 m.s-1 et Uls = 0,013 0,025
0,038 m.s-1 dans les modules (a) 1SS, (b) 1MS, (c) 3MS, (d) 1LS et (e) 1LL
238
-1
les vitesses de colmatage sont les mmes pour Ugs = 0,038 m.s quelle que soit la vitesse
-1
-2
-1
-2
il ny a pas de colmatage significatif pour des flux infrieurs ou gaux 30 L.h .m et pour
des flux suprieurs, la vitesse de colmatage augmente de manire exponentielle
-1
-1
-1
-2
Des tendances diffrentes ont galement pu tre constates selon les modules. Pour le module
1SS, la vitesse de colmatage est plus faible pour Uls = 0,025 m.s
-1
-1
-2
modules 1MS et 3MS, la vitesse de colmatage est plus faible pour une vitesse superficielle de liquide
-1
-2
plus faible, mais toujours pour des flux de permat levs (Jp 35 L.h .m ).
Pour les modules 1LS et 1LL [Figure IV-6 (d) et (e)], les tendances sont les mmes dans chacun
des modules. Aucune influence significative de la vitesse superficielle du liquide sur le colmatage na
pu tre observe. Les vitesses de colmatage sont lgrement plus faibles pour les deux vitesses
-1
superficielles de liquide les plus importantes (0,025 et 0,038 m.s ). Le colmatage augmente ds les
premires valeurs de flux contrairement aux autres modules avec des densits de fibres plus faibles.
Linfluence de la vitesse de liquide sur le colmatage joue un rle moindre que laration. Les
-1
-2
vitesses de colmatage sont similaires pour des larges gammes de flux (jusqu 30 L.h .m pour tous
-1
-2
-1
239
-1
-2
Uls = 0,013 m.s et deux flux de permat 25 et 30 L.h .m , respectivement dans les Tableau IV-5 et
Tableau IV-6. Les rsultats pour Uls = 0,025 m.s
-1
-1
suprieure 20 (--), entre 10 et 20 (-), entre 5 et 10 (o), entre 1 et 5 (+) et infrieures 1 m .s (++).
Ugs
SADm
dRc/dt
SADm
dRc/dt
SADm
dRc/dt
SADm
dRc/dt
7,8
8,7
13,6
8,6
0,019
0,30
2,9
0,13
2,0
0,038
0,59
1,6
++
0,26
0,1
0,10
11,3
0,23
12,1
0,076
++
1,19
0,1
0,19
9,2
0,46
9,8
0,112
0,28
5,2
0,154
0,38
5,2
0,92
2,3
-1
-2
Nous voyons sur le Tableau IV-5 que pour Jp = 25 L.h .m , plus la vitesse superficielle de gaz
augmente, plus leffet de laration sur le colmatage est positif et donc la vitesse de colmatage faible.
Nous voyons que les deux modules forte compacit (1LS & 1LL) ont des vitesses de colmatage plus
importantes que les autres modules (1SS & 1MS), mme pour des SADm identiques.
240
Tableau IV-6. Synthse des effets de laration () avec le SADm (Nm3.h-1.m-2) et dRc/dt x 10-8 (m-1)
pour chaque Ugs correspondante dans chacun des modules pour Uls = 0,013 m.s-1et Jp = 30 L.h-1.m-2.
Module
Ugs
SADm
dRc/dt
SADm
dRc/dt
SADm
dRc/dt
SADm
dRc/dt
18,5
17,4
18,7
--
39,2
0,019
0,30
7,1
0,13
7,7
0,038
++
0,59
0,8
0,26
2,8
--
0,10
24,7
0,23
20,0
0,076
++
1,19
0,1
0,19
18,7
0,46
0,112
0,28
5,2
0,154
0,38
5,2
0,38
9,7
Au regard du Tableau IV-6, linfluence de la vitesse superficielle de gaz sur le colmatage est la
-1
-2
-1
-2
mme pour Jp = 30 L.h .m que pour Jp = 25 L.h .m : plus elle augmente, plus leffet de laration
sur le colmatage est positif et donc la vitesse de colmatage faible ; les deux modules forte compacit
(1LS & 1LL) ont des vitesses de colmatage plus leves que celles des autres modules (1SS & 1MS),
mme pour des SADm identiques.
En comparant les Tableau IV-5 et Tableau IV-6, nous voyons que passer dun flux de 25
-1
30 L.h .m
-2
Linfluence de la gomtrie des modules va dsormais tre tudie. Les modules 1LS et 1LL
ayant une forte compacit (PDc > 0,3) vont tout dabord faire lobjet dune comparaison des vitesses
de colmatage mme vitesses superficielles.
IV.1.1.3 Influence de laration dans deux modules ayant de forts taux de remplissage (PDc > 0,3)
Les deux modules 1LS et 1LL ont le mme diamtre de faisceau mais un diamtre de fibre et un
nombre de fibres diffrents. Ils ont dailleurs des densits de fibres dans le module tous les deux
leves mais diffrentes : 0,41 pour le module 1LS et 0,31 pour le module 1LL. Ils ont t compars
241
0,013 m.s (Figure IV-7). Il faut signaler que le flux de dpart pour le module 1LL est de 5 et non de
-1
-2
(b)
Figure IV-7. Influence de la densit de fibres ayant un diamtre diffrent, lors de la filtration dune
suspension de bentonite 0,65 g.L-1 pour Uls = 0,013 m.s-1 dans les modules 1LS et 1LL et
Ugs = (a) 0,038 (b) 0,154 m.s-1.
Quelle que soit la vitesse superficielle de gaz (Figure IV-7), la vitesse de colmatage augmente
avec le flux de permat et d'autant plus rapidement que la vitesse superficielle de gaz est faible. Par
contre, aucune diffrence significative na pu tre observe entre les deux modules. Cette tendance a
t galement retrouve pour dautres vitesses superficielles de gaz, mais galement de liquide.
Ces deux modules forte densit de fibres ont donc des comportements similaires vis vis du
colmatage mme si le diamtre des fibres et la compacit diffrent entre eux. Il est possible que pour
une compacit de fibres dans le module membranaire suprieure 0,3, les conditions
hydrodynamiques jouent un rle minime sur le colmatage. Le colmatage nest alors plus rgi par
lcoulement ascendant du gaz et du liquide. Ce phnomne peut tre du un colmatage interne
dans le faisceau important non limit par les phases gaz et liquide, qui pntrent plus difficilement au
sein du faisceau. De plus, nous avons vu que dans le module 1LS, le phnomne de recirculation est
prendre en compte, particulirement dans ce module, lors de la modlisation des rtentions
gazeuses. Il est possible que ce phnomne de recirculation, avec un courant ascendant dans
lespace annulaire et descendant dans la zone du faisceau, apporte des particules au cur du
faisceau et accentue ainsi le colmatage interne au faisceau. Ces hypothses sont en accord avec les
gangues de boue qui ont pu tre observes lors de la filtration de boues actives dans des modules
fibres creuses avec une prise en masse du faisceau de fibres (Mass, 2005), empchant toute
filtration dans cette zone. Ce phnomne acclre dailleurs le colmatage lorsque la filtration est
ralise flux constant. Le flux convectif tant plus faible dans cette zone fortement colmate, il
augmente obligatoirement sur dautres zones des fibres et acclre ainsi le processus de colmatage
continuellement.
242
(b)
Figure IV-8. Influence de la position des fibres et du nombre de faisceaux pour la filtration dune
suspension de bentonite 0,65 g.L-1 pour Ugs = 0,038 m.s-1 dans les modules 1MS et 3MS
et Uls = (a) 0,013 (b) 0,025 m.s-1.
On voit sur la Figure IV-8 que les performances de filtration sont les mmes pour les deux
modules pour des conditions hydrodynamiques identiques. La disposition des fibres ne semble pas
influencer le colmatage particulaire. Nous avons pourtant vu que les rtentions gazeuses sont
lgrement plus leves dans le module 3MS mais cette faible diffrence, observe au chapitre
prcdent, ne semble pas influencer le colmatage.
Il est important de souligner que ces conclusions ont t tires pour deux modules ayant le mme
systme daration, et que la technologie des points dinjection dair na pas t optimise, notamment
dans le module 3MS. La comparaison a t ralise pour un mme dbit dair. Il pourrait tre
intressant de complter cette tude en conservant le mme dbit dair mais en rpartissant lair de
manire diffrente afin doptimiser lemplacement des arateurs selon la disposition des fibres.
(b)
Figure IV-9. Influence de la densit de fibres pour la filtration dune suspension de bentonite
0,65 g.L-1 pour Ugs = 0,038 m.s-1 dans les modules 1SS 1MS et 1LS et
Uls = (a) 0,013 (b) 0,025 m.s-1.
Sur la Figure IV-9, on observe que linfluence de la densit de fibres saccentue avec
laugmentation du flux de permat. Pour les deux vitesses superficielles de liquide testes (0,013 et
-1
0,025 m.s ), les tendances sont les mmes. Les vitesses de colmatage du module 1LS (densit de
fibres la plus importante, PDc = 0,41) sont clairement plus leves que celles des deux autres
-1
-2
modules ds les premiers paliers de flux de permat (10 L.h .m ). Dans ces deux autres modules,
-1
-2
1MS et 1SS, les vitesses de colmatage sont identiques jusqu un flux de 30 L.h .m . Pour un flux de
-1
-2
permat de 35 L.h .m , la vitesse de colmatage est plus importante dans le module 1MS et pour un
-1
-2
-1
vitesse de colmatage dans le module 1MS est plus de deux fois plus grande que celle dans le module
1SS.
La comparaison des modules 1SS et 1MS va tre complte avec cette fois-ci une vitesse
-1
244
(b)
Figure IV-10. Influence de la densit de fibres pour la filtration dune suspension de bentonite
0,65 g.L-1 pour Ugs = 0,019 m.s-1 dans les modules 1SS et 1MS
Uls = (a) 0,013 (b) 0,025 m.s-1.
-1
Sur la Figure IV-10, les tendances sont les mmes que pour Ugs = 0,038 m.s . Nanmoins, le flux
de permat partir duquel les vitesses de colmatage diffrent entre les deux modules est plus faible.
-1
-1
-2
-2
-1
-1
contre 30 et 35 L.h .m Ugs = 0,038 m.s pour les mmes vitesses superficielles de liquide.
Il est donc possible de conclure que plus la densit de fibres est faible, plus la vitesse de
colmatage est faible pour un flux de permat donn et mmes conditions hydrodynamiques. Ce
phnomne saccentue lorsque la vitesse de gaz augmente et cette diffrence sopre plus faible
flux de permat. Linfluence de la densit de fibres peut tre explique par laugmentation du
mouvement des fibres lorsque leur nombre diminue. Lorsque la densit de fibres est plus faible,
lespace annulaire, autour du faisceau, est plus grand ce qui permet une plus grande libert de
mouvement et ainsi limite la formation du gteau de filtration. Ce mouvement des fibres est accentu
par une plus forte rtention de gaz lorsque la densit de fibres est plus faible. Comme cela a t
mentionn suite la modlisation de la rtention gazeuse, le gaz scoule dans lespace annulaire et
donc plus lexpansion des fibres est importante, plus le passage de lair accentue le dplacement des
fibres.
Cette tude du colmatage particulaire tudi avec la mthode des paliers de flux ascendants dans
diffrentes gomtries de modules et pour de nombreuses conditions opratoires permet dapporter
les conclusions suivantes.
Pour les modules faible densit de fibres (PDc 0,18), une augmentation de la vitesse
superficielle de gaz permet de limiter le colmatage. Pour des densits de fibres leves, suprieures
0,3, les vitesses superficielles de gaz jouent un rle moindre sur le colmatage.
245
Les vitesses superficielles de liquide, dans la gamme tudie (Uls 0,038 m.s ), avec une
recirculation de liquide ralise faible vitesse, influencent trs peu les vitesses de colmatage, quel
que soit le type de module.
Ltude des gomtries de modules a permis de tirer les conclusions suivantes. Dans les mmes
conditions hydrodynamiques, les modules forte compacit ont des vitesses de colmatage
semblables. Concernant le nombre de faisceaux, les rsultats sont identiques que les fibres soient
distribues sur trois faisceaux ou sur un seul faisceau. Linfluence de la densit de fibres a une forte
influence sur les vitesses de colmatage. mmes vitesses superficielles, plus la densit de fibres est
faible, plus les vitesses de colmatage sont faibles. Cette tendance a t attribue au mouvement des
fibres plus important lorsque le nombre des fibres est plus faible.
Le colmatage irrversible va maintenant tre caractris avec la mthode des paliers de flux
ascendants descendants, toujours dans les diffrents modules et pour deux vitesses superficielles de
liquide.
(0,015 bar). Cela a t ralis pour Ugs = 0,038 m.s et pour deux vitesses superficielles de liquide
-1
(Uls = 0,013 et 0,025 m.s ) dans tous les modules except le module 1LL.
Ces travaux font suite aux travaux dEspinosa-Bouchot (2005) qui soulignait que la vitesse
superficielle de liquide jouait un rle sur le colmatage particulaire. Nous avons alors focalis nos
tudes sur linfluence de la vitesse superficielle du liquide. Linfluence de la vitesse superficielle du gaz
sur le colmatage irrversible na donc pas t tudie. Les influences de la vitesse superficielle de
liquide et de la gomtrie des modules sont prsentes dans ce paragraphe.
Le module 1LS nest pas prsent ici car les diffrences de pression trouves sont trs
-1
-2
importantes (plus de 0,05 bar pour un flux de 10 L.h .m ). Ces valeurs leves marquent une forte
irrversibilit du colmatage dans ce module ds les faibles flux de permat.
Un exemple de rsultats bruts des relevs de pression dans le module 1MS est prsent sur la
Figure IV-11 pour Uls = 0,025 m.s
3
-1
-2
SADm = 0,26 Nm .h .m ).
246
-1
-1
-1
-1
et Qg = 0,39 Nm .h
soit
Figure IV-11. Rsultats bruts dune exprience mene avec la mthode des paliers de flux ascendants
et descendants lors de la filtration dune suspension de bentonite 0,65 g.L-1 au sein du module 1MS
pour Uls = 0,025 m.s-1 et Ugs = 0,038 m.s-1. Le flux est report en gris.
247
(a)
(c)
(b)
Figure IV-12. Influence de la vitesse superficielle du liquide sur lirrversibilit du colmatage pour la
filtration dune suspension de bentonite 0,65 g.L-1 pour Ugs = 0,038 m.s-1 et
Uls = 0,013 0,025 m.s-1 dans les modules (a) 1SS (b) 1MS (c) 3MS.
Daprs la Figure IV-12 et pour les trois modules prsents (1SS, 1MS et 3MS), la vitesse
superficielle du liquide na pas dinfluence sur lirrversibilit du colmatage et les diffrences de
pression sont identiques quel que soit le flux de permat. De plus, lirrversibilit du colmatage
-1
-2
apparat ds un flux de permat de 14 L.h .m . Il faut galement souligner que plus le flux de
permat est lev, plus cette diffrence de colmatage est leve et lirrversibilit du colmatage une
variation de flux augmente avec le flux de permat appliqu.
Concernant laugmentation de la diffrence de pression avec le flux, elle est due une
augmentation du dpt de matires la surface de la membrane qui ne peut tre enlev par une
simple baisse du flux de permat. Pour des flux suprieurs au flux critique, les particules semblent
tre maintenues la membrane avec une probable compressibilit du dpt augmentant alors la
pression transmembranaire et lirrversibilit du dpt form.
248
(b)
Figure IV-13. Influence de la disposition des fibres et du nombre de faisceaux sur lirrversibilit du
colmatage pour la filtration dune suspension de bentonite 0,65 g.L-1
dans les modules 1MS et 3MS pour Ugs = 0,038 m.s-1 et Uls = (a) 0,013 (b) 0,025 m.s-1.
Pour les deux vitesses superficielles de liquide, il ny aucune diffrence significative sur les
diffrences de pression (Figure IV-13) quel que soit le nombre de faisceaux et donc la disposition des
fibres. Il est possible de conclure que dans ces conditions hydrodynamiques, la position des fibres na
aucune influence sur le colmatage irrversible. La mme tendance a t retrouve avec la mthode
des paliers de flux ascendants.
Linfluence de la densit de fibres va maintenant tre tudie.
249
(b)
Figure IV-14. Influence de la densit des fibres sur lirrversibilit du colmatage pour la filtration
dune suspension de bentonite 0,65 g.L-1 dans les modules 1SS et 1MS
pour Ugs = 0,038 m.s-1 et Uls = (a) 0,013 (b) 0,025 m.s-1.
Pour les deux modules et les deux vitesses superficielles de liquide testes, le flux critique est
-1
-2
gal 10 L.h .m . La diffrence de pression augmente lorsque le flux de permat augmente et pour
-1
-2
un flux de permat suprieur 20 L.h .m , la partie du colmatage rversible une variation de flux
est plus faible dans le module 1SS que dans le module 1MS. Cette observation est en accord avec les
rsultats trouvs avec les mthodes de paliers de flux ascendants. La mobilit des fibres, plus
importante dans le module 1SS, joue donc galement un rle dans le colmatage irrversible.
En conclusion, le module 1SS avec la plus faible densit de fibres est moins sensible
laccumulation et/ou la compressibilit du dpt de particules la surface de la membrane. Il est
possible de dire que plus la densit de fibres est faible, plus le dpt particulaire est rversible. Cette
consquence peut tre attribue au mouvement des fibres qui est plus important dans le module 1SS.
Cette mobilit plus importante permettrait dliminer plus facilement le dpt lorsque le flux redescend
une valeur infrieure, et donc que la pression se relche, permettant au dpt de se dcoller plus
facilement. De plus, laccumulation de particules au sein du faisceau de fibres creuses diffre selon la
densit et les particules sont plus facilement limines lorsque le nombre de fibres est moins
important.
250
et 0,025 m.s )
Pour les modules faible densit de fibres (PDc 0,18), une augmentation de la vitesse
superficielle de gaz permet de limiter le colmatage. Pour des densits de fibres leves, suprieures
0,3, les vitesses superficielles de gaz jouent un rle moins marqu sur le colmatage. Du point de
vue de laration, un optimum doit tre trouv avec un colmatage et un cot nergtique les plus
faibles possibles selon le flux de permat fix pour raliser la filtration. Les photographies permettent
facilement, pour un flux donn, de dterminer la vitesse daration optimale pour un module donn.
-1
-2
Pour travailler un flux de 20 L.h .m , dans les modules forte compacit (1LL et 1LS), une vitesse
-1
superficielle de gaz de 0,112 m.s est ncessaire pour maintenir une vitesse de colmatage infrieur
9
-1
-1
-1
-2
-2
permat utilis dans les bioracteurs membranes est rarement au dessus de 20 L.h .m et pour ce
-1
flux, une vitesse superficielle de gaz de 0,019 m.s suffit. Pour travailler un flux de permat plus
-1
-2
-1
-1
-1
251
-2
20 L.h .m lorsque la densit de fibres est multiplie par 2 (0,18 compar 0,09).
Un tableau de synthse a t ralis (Tableau IV-7), en reprenant pour chaque module les
9
-1
-1
conditions daration suffisantes pour conserver une vitesse de colmatage infrieure 10 m .s pour
-1
-2
Tableau IV-7. Tableau de synthse des conditions daration, SADm (Nm3.h-1.m-2) et SADp (Nm3.m-3),
pour Jp = 20 et 25 L.h-1.m-2 et pour chaque module (taux de remplissage entre 10 et 40%).
Module
Ugs
SADm
SADp
Ugs
SADm
SADp
Ugs
SADm
SADp
Ugs
SADm
SADp
0,019
0,29
14,5
0,019
0,13
6,5
0,112
0,28
12,5
0,112
0,67
33,5
Jp = 20
-1
L.h .m
-2
0,038
0,59
-3
23,6
0,038
0,26
-3
10,4
0,154
0,38
-3
15,2
0,154
0,92
-3
36,8
Jp = 25
-1
L.h .m
-2
252
-3
-3
-3
-3
-3
-2
253
Chapitre V
Influence des conditions
daration et de relaxation
sur le colmatage lors de la filtration
de fluides biologiques
Ce chapitre expose les travaux raliss avec deux types de fluides biologiques : le surnageant de
boues actives et les boues actives, respectivement avec le module 1LS et le module slectionn
dans le chapitre prcdent sur la base des rsultats en filtration de particules (module 1MS). Cette
tude se divisera en deux parties avec chaque fluide prsent sparment.
Lobjectif de la premire partie de ce chapitre est dtudier et de caractriser le colmatage lors de
2
la filtration dun surnageant de boues actives dans le module 1LS (surface membranaire de 3,02 m )
-1
pour trois vitesses superficielles de gaz (Ugs = 0 ; 0,038 ; 0,076 m.s ) pour une vitesse de liquide fixe
-1
-1
(Ul = 0,013 m.s , Ql = 92,2 L.h ). Le surnageant est obtenu aprs centrifugation de la boue active
(ge de boues de 40 j) prleve au pilote de Labge pendant 10 minutes et 4 000 g. Il contient les
composs solubles et collodaux et est exempt de particules (non dtectables par analyse
granulomtrique). Le but de cette tude est de caractriser linfluence de laration sur le colmatage
provoqu par la filtration de ces composs prsents dans le surnageant de boues actives.
Lobjectif de la seconde partie de ce chapitre est dtudier et de caractriser le colmatage lors de
la filtration de boues actives dun bioracteur membranes dans le module 1MS pour diffrents
squenages de laration et de la permation. Toutes les expriences ralises avec les boues
-1
-2
actives sont ralises flux de permat constant et relativement lev (30 L.h .m ).
Les rsultats de ce chapitre seront prsents de la manire suivante. La premire partie de ltude
se focalisera tout dabord sur le colmatage lors de la filtration de surnageant sans aration avec une
analyse du liquide dalimentation, du permat et du liquide obtenu aprs rtrolavage. Lvolution du
concentrat au cours de la filtration sera dtaille dans un second temps. Ensuite, les rsultats des
expriences sans aration seront compars une filtration frontale dans un systme de rfrence
sans aration afin de dterminer linfluence du type de filtration sur le colmatage de surnageant.
Linfluence de laration sur ce type de colmatage sera galement analyse. Enfin, les conclusions de
ces expriences avec le surnageant de boues actives seront rcapitules.
La seconde partie de ce chapitre prsentera tout dabord linfluence de laration sur la filtration de
boues actives. Le squenage de laration avec un fort dbit daration ponctuel sera dvelopp en
tudiant lvolution de la pression et des vitesses de colmatage au cours de la filtration. Un autre
squenage sera galement prsent, celui de la permation avec des priodes de relaxation
ponctuelles. Enfin, ces deux squenages seront associs afin de coupler ces deux actions et de les
comparer avec les expriences prcdentes avec un seul squenage. Toutes ces expriences
seront notamment compares en termes de proprits du gteau de filtration form (compressibilit,
rversibilit, irrversibilit) et dnergie spcifique lie laration afin de dterminer les conditions
optimales permettant de limiter les cots nergtiques tout en limitant le colmatage.
Des conclusions gnrales regrouperont lensemble des rsultats prsents pour ces deux fluides.
257
-2
-2
incrment de 5 L.h .m toutes les dix minutes) utilise pour les suspensions de bentonite
pour dterminer les vitesses de colmatage sera applique pour les essais avec le surnageant dans le
module 1LS. Chaque exprience est ralise avec 10 L de surnageant provenant dune solution
commune de 30 L. Ces 10 L sont placs dans le bac dalimentation ; le concentrat et le permat sont
renvoys directement dans ce bac afin de pouvoir raliser une exprience dune heure avec ce faible
volume. La filtration est alors ralise en boucle ferme (Figure II-16).
Diffrents chantillons ont t prlevs afin de suivre lvolution de la quantit de matires
organiques prsente : le liquide de lalimentation au dbut et la fin de lexprience, le concentrat
pour chaque palier de flux (t = 6 ; 11 ; 21,5 ; 32 et 43,5 min soit respectivement Jp = 10 ; 15 ; 20 ; 25 et
-1
-2
30 L.h .m ), le permat pour le premier et le dernier palier de flux (t = 5 et 50 min soit respectivement
-1
-2
Permat
P Entre
Concentrat
M
O
D
U
L
E
P Rtrolavage
Eau
Ultrafiltre
Boue
active
Alimentation
P Permat
Air
Figure V-1. Schma de linstallation avec les trois prises dchantillon utilise lors de la filtration de
surnageant de boues actives.
258
Le dbit dentre est constant (96 L.h ), le dbit de permat augmente (mthode des paliers) donc
le dbit de concentrat diminue au cours de lexprience. Ces dbits sont prsents dans le
Tableau V-1.
Tableau V-1. Dbit de permat et de concentrat au cours de lexprience pour un dbit dentre de
96 L.h-1.
-1
-2
Jp (L.h .m )
10
15
20
25
30
30,2
45,3
60,4
75,5
90,6
-1
65,8
50,7
35,6
20,5
5,4
-1
Les prlvements sont exposs sur la Figure V-2 qui reprsente lvolution de la pression et du
-1
259
260
Tableau V-2. Aire sous la courbe reprsentant la concentration des macromolcules (> 10 kDa) et des
petites molcules (< 1 kDa) de type protines (Ex/Em = 280/350 nm) et substances humiques
261
et [Proportion de molcules]
Type de molcules
Substances
humiques
Protines
Poids molculaire
> 10 kDa
< 1 kDa
< 1 kDa
146
271
323
0 [0]
157 [0,58]
219 [0,68]
-2
-2
(Jp = 30 L.h .m ) afin de savoir si les molcules prsentes dans le liquide dalimentation sont
retenues sur la membrane, ou si elles passent travers la membrane et se retrouvent dans le
permat. Les analyses des substances de type protines et les substances humiques sont prsentes
respectivement sur les Figure V-5 et Figure V-6.
262
Tableau V-3. Aire sous la courbe reprsentant la concentration des molcules de petite taille
(< 1 kDa) pour les diffrents chantillons de permat lors de la filtration de surnageant sans aration,
Ugs = 0 m.s-1 et [proportion de molcules par rapport au liquide dalimentation initiale].
Aire sous la courbe ([Link])
et [Proportion de molcules]
Prlvement
Types de molcules
Protines
Substances
humiques
Poids molculaire
< 1 kDa
< 1 kDa
140 [0,52]
194 [0,60]
148 [0,54]
213 [0,66]
-1
-2
-2
Toutes les macromolcules sont retenues par la membrane (100%), et une partie des molcules
de petite taille (entre 30 et 50%) est galement retenue par la membrane. Elles sont retenues par le
dpt la surface de la membrane, qui forme une deuxime membrane, appele membrane
263
-1
(correspondant un dbit de 1000 L.h ) et sur une dure de 30 s avec aration (Qg = 0,85 Nm .h ).
-1
-2
-1
-2
aprs ce qui correspond une chute de permabilit de 60%. Aprs rtrolavage, la permabilit est
-1
-2
majoritairement rversible mais une partie du colmatage nest pas rversible par un simple rtrolavage
leau.
Un chantillon de cette eau de rtrolavage a t analys par HPLC-SEC avec dtecteur de
fluorescence. Les chromatogrammes pour lanalyse des substances protiniques et humiques sont
prsents respectivement sur la Figure V-7 et la Figure V-8.
264
265
266
Tableau V-4. Masses de COT (mg) pour les diffrents chantillons dalimentation initiale et de leau
de rtrolavage. Filtration de surnageant dans le module 1LS Uls = 0,013 m.s-1, sans aration,
Ugs = 0 m.s-1.
Prlvement
129,5
70,4
Eau de rtrolavage
22,0
La masse de COT du liquide dalimentation finale est pratiquement deux fois plus faible que celle
du liquide dalimentation initiale. Cette diminution souligne un appauvrissement global du liquide dans
le bac dalimentation en matires organiques au cours de la filtration. Cette diffrence de
267
V.1.1.2 Suivi des vitesses de colmatage lors de la filtration de surnageant sans aration
La pression transmembranaire est mesure au cours du temps toutes les 30 secondes. Les
expriences avec le surnageant de boues actives, le mme que celui analys prcdemment, ont
t ralises en utilisant la mthode des paliers de flux ascendants, utilise pour la filtration de
-1
-2
-1
-2
suspensions de bentonite (premier flux : 10 L.h .m , chelon entre deux paliers : 5 L.h .m , dure du
palier : 10 minutes). Un exemple de lvolution de la PTM pour les diffrents paliers de flux est
-1
prsent sur la Figure V-11 pour lexprience sans aration (Ugs = 0 m.s ).
Figure V-11. volution de la pression transmembranaire () au cours du temps avec la mthode des
paliers de flux ascendants lors de la filtration dun surnageant de boue au sein du module 1LS pour
Uls = 0,013 m.s-1 et Ugs = 0 m.s-1. Le flux de permat Jp est report en trait plein gris.
chaque palier, la pression transmembranaire volue trs lentement et ce, quel que soit le flux de
permat (Figure V-11). Pour quantifier et tudier en dtail cette volution, les vitesses de colmatage
(rapport de la variation de rsistance de colmatage pour une priode donne, dRc/dt) ont t calcules
pour chacun des paliers de flux sur une dure de 10 minutes. Comme dans le chapitre prcdent,
268
avec les rsultats de la filtration de bentonite (0,65 g.L ) sans aration, rappels sur la
-1
Figure V-12 (b), dans le mme module et mme vitesse superficielle du liquide (Ul = 0,013 m.s ).
(a)
(b)
Figure V-12. volution de la vitesse de colmatage sous la forme dRc / dt lors de la filtration (a) de
surnageant de boues actives et (b) dune suspension de bentonite, pour une vitesse de liquide donne
(Uls = 0,013 m.s-1) dans le module 1LS, et sans aration Ugs = 0 m.s-1.
Le premier constat, au regard de la Figure V-12 (a), est que les vitesses de colmatage obtenues
8
-1
-1
avec le surnageant restent faibles [< 20.10 m .s ] mais du mme ordre de grandeur que celles
obtenues avec la bentonite [Figure V-12 (b)]. Le second constat surprenant est que les vitesses de
colmatage pour le surnageant diminuent lorsque le flux de permat augmente [Figure V-12 (a)],
tendance inverse de celle trouve avec la bentonite [Figure V-12 (b)]. Il y aurait donc un colmatage
plus rapide pour les premires priodes de filtration de surnageant, faible flux, puis ce colmatage est
de moins en moins rapide lorsque Jp augmente.
Lors dune exprience paliers de flux, le volume filtr sur un palier dV augmente chaque palier
pour un mme dt (10 min). La correspondance entre les dt de chaque palier flux fix et le volume
filtr sur un palier dV est prcise dans le Tableau V-5 avec le volume cumul V au cours de
lexprience.
Tableau V-5. Correspondance entre dt et dV pour chaque palier de flux et volume cumul V.
n du palier
10
15
20
25
30
Qp (L.h )
30,2
45,3
60,4
75,5
90,6
dt (min)
10
10
10
10
10
dV (L)
5,0
7,6
10,1
12,6
15,1
V (L)
5,0
12,6
22,7
35,3
50,4
-1
-2
Jp (L.h .m )
-1
269
Figure V-13. volution de la vitesse de colmatage sous la forme dRc / dV lors de la filtration de
surnageant pour une vitesse de liquide donne (Ul = 0,013 m.s-1) dans le module 1LS, Ugs = 0 m.s-1.
Lvolution de dRc/dV (Figure V-13) est la mme que dRc/dt [Figure V-12 (a)]. Le colmatage
seffectue de moins en moins rapidement lorsque Jp augmente.
-12
-1
m ) et le volume
-2
puis se stabilise sur un plateau au bout dune trentaine de minute (Jp = 20 L.h .m ) alors que le
volume filtr continue daugmenter de manire exponentielle, ce qui explique que dRc / dV tend vers
270
Daprs la Figure V-13, un dpt important de composs colmatants a donc lieu ds les premiers
instants de filtration (moins de dix minutes) sur la membrane vierge, provoquant une rsistance au
colmatage et une vitesse de colmatage leves. La filtration se poursuit (flux de permat qui
augmente), la rsistance au colmatage atteint un palier alors que le volume filtr continue daugmenter
et la vitesse de colmatage diminue. Lhypothse suivante peut tre avance pour expliquer les
diffrences entre la Figure V-12 (a) et la Figure V-12 (b) : les proprits du fluide varient au cours de
la filtration ce qui modifie lapport de produits colmatants vers la membrane. Cette hypothse se
justifie par la recirculation du permat et du concentrat dans le bac dalimentation et donc une solution
dalimentation qui sappauvrit au cours de lexprience du fait de la rtention de molcules sur la
membrane et/ou dans le faisceau. De plus, toutes les expriences ralises ici avec la bentonite
(Chapitre IV) ou avec de la boue (Mass, 2004) montrent une augmentation de la vitesse de
colmatage avec le flux de permat. Cette hypothse sera tudie par lanalyse approfondie des
composs colmatants, avec les analyses par COT-mtre et par chromatographie associe un
dtecteur de fluorescence.
du temps du COT dans le concentrat a t trace pour lexprience sans aration et est prsente sur
la Figure V-15. Les concentrations en COT du liquide dalimentation initiale et finale y ont t ajoutes.
Figure V-15. Concentrations en COT (mg.L-1) dans le concentrat et le liquide dalimentation initiale
et finale pour les diffrents chantillons prlevs au cours de lexprience pour diffrents paliers de
flux (traits pleins) pour une vitesse de liquide donne (Uld = 0,013 m.s-1)
dans le module 1LS sans aration (Ugs = 0 m.s-1).
271
V.1.1.4 Analyses des protines et des substances humiques au cours de la filtration sans aration
Chaque chantillon a t analys au chromatographe HPLC-SEC et dtecteur de fluorescence
avec lanalyse des substances de type protines et des substances humiques.
Dans cette partie sera prsente lanalyse des chantillons prlevs dans : le liquide
dalimentation et le concentrat, le permat et enfin leau de rtrolavage.
Les rponses en fluorescence du liquide dalimentation et du concentrat pour les molcules de
type protines sont prsentes sur la Figure V-16.
273
Tableau V-6. Aire sous la courbe reprsentant la concentration des macromolcules (> 10 kDa) et des
petites molcules (< 1 kDa) de type protines (Ex/Em = 280/350 nm) et substances humiques
(Ex/Em = 350/445 nm) pour les diffrents chantillons du liquide dalimentation et de concentrat lors
de la filtration de surnageant sans aration, Ugs = 0 m.s-1.
Prlvement
Type de molcules
Poids molculaire
Liquide dalimentation initiale
-1
-2
-1
-2
-1
-2
-2
Substances
humiques
Protines
-2
> 10 kDa
< 1 kDa
< 1 kDa
146
271
323
72
172
242
42
150
225
24
178
228
169
232
153
219
157
219
274
Figure V-18. volution de la proportion des macromolcules de type protines et des petites
molcules de type substances humiques et protines dans le concentrat par rapport celles prsentes
dans le liquide dalimentation initiale.
Les protines, que ce soient des macromolcules ou des petites molcules, sont en quantit
moindre dans le concentrat compares aux substances humiques (Figure V-18). La proportion des
macromolcules diminue beaucoup plus que celle des petites molcules (Figure V-18). Ce constat est
relier la taille des pores. Le seuil de coupure de la membrane est de 300 kDa. Aprs rtention de
molcules, la taille des pores de lensemble membrane plus dpt diminue. Les molcules de petit
poids molculaire passent travers les pores de la membrane et du dpt, alors que les
macromolcules sont retenues en raison de leur taille par la membrane. Au fur et mesure de
lexprience, les macromolcules continuent de se dposer sur la membrane et contribuent ainsi au
colmatage.
Pour les molcules de faible poids molculaire, lvolution du taux de rtention de molcules est
similaire, quel que soit leur type, protines ou substances humiques. Cette volution est rapide ds les
premiers instants (au bout de 6 min) puis atteint un palier. Les petites molcules ne sont plus retenues
sur la membrane et passent travers la membrane et se retrouvent dans le permat.
Nous allons reprendre lensemble des rsultats afin dexpliquer lvolution de la rsistance au
colmatage en fonction du temps, reprsente sur la Figure V-19.
275
-2
La Figure V-19 illustre les explications suivantes. Au premier palier de flux (Jp = 10 L.h .m ) et
ds les premires minutes (t 6 min), les macromolcules et les petites molcules sont retenues par
la membrane. Pour les paliers suivants, les macromolcules protiniques sont amenes la
membrane mais en quantit dcroissante chaque palier. Les petites molcules de type protines et
substances humiques ne sont pas retenues et namnent pas de contribution complmentaire au
colmatage. Le dpt et sa rsistance se stabilisent progressivement (plateau sur la Figure V-19).
En considrant que la proportion de molcules dans le concentrat correspond ce qui na pas t
retenu par la membrane, nous pouvons en dduire la proportion de molcules "retenues" dans le
module. Ces molcules sont soit directement sur la membrane, soit emprisonnes dans le faisceau de
fibres. La proportion de molcules "retenues" est gale [1 (proportion de molcules dans le
concentrat)] et est reprsent sur la Figure V-20.
Figure V-20. volution de la proportion des macromolcules de type protines et des petites
molcules de type substances humiques et protines "retenues"
par rapport celles prsentes dans le liquide dalimentation initiale.
276
Figure V-21. volution de la vitesse de colmatage en fonction de laire sous la courbe ([Link]) des
macromolcules de type protines et des petites molcules de type protines et substances humiques.
Prcision de linstant t (min) de prlvement.
Plus laire sous la courbe des macromolcules de type protines est grande, plus la vitesse de
colmatage est importante (Figure V-21). Le colmatage est donc fortement influenc par la prsence de
protines fort poids molculaire (280 kDa). Lors de la filtration, on se dplace sur les courbes du
point haut (t = 6 min) vers le point bas (t = 42,5 min). Il y a donc une forte rtention de ces molcules
sur la membrane et ceci engendre un colmatage important. Ces rsultats ont dj t dmontrs pour
des filtrations pression constante sur membrane plane en cellule Amicon (Teychen, 2008). En effet,
Teychen (2008) trouve que plus la proportion en macromolcules (300 kDa) de type protines est
importante dans les biopolymres, plus les vitesses de colmatage sont importantes. Dautres auteurs
ont dailleurs soulign le rle des protines dans le colmatage (Mass, 2004 ; Lesage, 2005 ;
Stricot, 2008 ; Teychen, 2008).
Pour les molcules faible poids molculaire, aucune corrlation entre la vitesse de colmatage et
la concentration en petites molcules na pu tre vrifie. En conclusion, parmi les molcules
analyses, seules les macromolcules de type protines jouent un rle significatif dans le colmatage
des bioracteurs membranes.
Cette exprience sans aration en filtration semi-frontale va tre compare une filtration frontale
sans aration ralise en cellule Amicon, rfrentiel de filtration standard
277
pores que les fibres creuses utilises) de 0,126 cm de surface membranaire. Le volume filtr est de
150 mL. Afin de saffranchir de la permabilit initiale de la membrane, le flux instantan J a t divis
par flux initial J0. Lvolution de ce ratio a t trace en fonction du volume de permat filtr divis par
la surface membranaire et est prsent sur la Figure V-22.
Figure V-22. volution du flux en fonction du volume filtr pour la filtration frontale dun surnageant
de boues actives pression constante de 0,5 bar.
La chute de flux est trs rapide sur cette exprience, avec une perte de 40 %, 60 % et 80% du flux
3
-2
-2
278
-2
deau ultrapure. La permabilit trouve aprs rtrolavage est de 200 L.h .m . 80% de la permabilit
initiale a ainsi pu tre retrouve aprs rtrolavage. Les 20% restant correspondent donc un
colmatage irrversible un simple rtrolavage hydraulique. Il pourrait tre d la prsence de
macromolcules de type protines la surface de la membrane. Cette hypothse va tre vrifie par
lanalyse en fluorescence des chantillons du liquide dalimentation, de permat et deau de
rtrolavage de cette exprience, prsente dans le Tableau V-7. Les rsultats des eaux de
rtrolavage ont t ramens volume quivalent.
Tableau V-7. Aire sous la courbe reprsentant la concentration des macromolcules (> 10 kDa) et des
petites molcules (< 1 kDa) de type protines (Ex/Em = 280/350 nm) et substances humiques
(Ex/Em = 350/445 nm) pour les diffrents chantillons de liquide dalimentation initiale, de permat
final et du rtrolavage. Filtration de surnageant sans aration, Ugs = 0 m.s-1, en cellule Amicon.
Prlvement
Type de molcules
Substances
humiques
Protines
Poids molculaire
> 10 kDa
< 1 kDa
< 1 kDa
72
356
394
Permat global
363
381
Eau de rtrolavage
(aires ramenes volume quivalent)
74
Au regard du Tableau V-7, la concentration en macromolcules de type protines est nulle dans le
permat. Toutes les macromolcules de type protines sont retenues par la membrane. Par contre,
toutes les petites molcules, de type protines ou substances humiques, traversent la membrane. On
retrouve donc en termes de molcules retenues le mme type de rsultat et les mmes contributions
au colmatage que dans notre systme semi-industriel, avec son mode de fonctionnement spcifique.
De plus, la concentration de ces macromolcules de type protines est trs importante dans leau de
rtrolavage, contrairement aux molcules de petit poids molculaire, que ce soient des protines ou
des substances humiques. Daprs les aires sous la courbe pour leau de rtrolavage, toutes les
macromolcules de type protines ont t enleves de la membrane par un simple rtrolavage leau
et constituent donc un colmatage trs rversible. Pourtant, la permabilit aprs rtrolavage ne
correspond qu 80% de la permabilit initiale. Il se pourrait que dautres composs non analyss par
HPLC-SEC soient responsables du colmatage irrversible. Ces composs peuvent notamment tre
des polysaccharides, molcules qui nont pas t analyses au cours de cette tude. Il serait
intressant de complter ces expriences par des analyses de polysaccharides.
Nous avons voulu valuer les diffrences entre cette filtration frontale pression constante en
cellule Amicon et la filtration semi-frontale sans aration ralise sur le pilote par paliers de flux. Les
diffrences et les points communs entre ces deux expriences sont rpertoris dans les paragraphes
suivants.
279
saffranchir de cette diffrence dun rapport 30 dans les deux systmes (0,126 m pour la filtration
2
(b)
Figure V-23. Comparaison des rsistances de colmatage en fonction du volume filtr pour deux
modes de filtration, (a) frontale 0,5 bar et (b) semi-frontale avec paliers de flux ascendant lors de la
filtration dun surnageant de boues actives.
Nous voyons tout dabord sur la Figure V-23 que les ordres de grandeur des rsistances de
-12
-1
280
-2
V/Am allant jusque 0,016 m .m soit 0,150 L). En revanche, pour un liquide dalimentation (10 L) qui
sappauvrit au cours de lexprience en filtration semi-frontale, la rsistance de colmatage atteint un
3
-2
(b)
Figure V-24. Comparaison des vitesses de colmatage en fonction du volume pour filtr pour deux
modes de filtration, (a) frontale 0,5 bar et (b) semi-frontale avec paliers de flux ascendant lors de la
filtration dun surnageant de boue active.
Le premier constat est que lvolution des vitesses de colmatage exprimes sous la forme
dRc/d(V/Am) est similaire pour les deux types de filtration [Figure V-24 (a) et (b)]. Le trac de
dRc/d(V/Am) = f(V/Am) apporte donc des informations supplmentaires au trac de Rc = f(V/Am). Pour
les deux modes de filtration, la vitesse de colmatage est importante dans les premiers instants de la
filtration puis diminue pour atteindre un palier. Pour la filtration frontale, ce palier se situe autour de
13
8,5.10
-1
-2
m /(m .m ) alors que les vitesses de colmatage sont nulles pour la filtration semi-frontale.
Cette tendance semble pouvoir se gnraliser tout mode de filtration pour une alimentation non
continue de surnageant pour un systme ferm : avec recyclage du permat et du concentrat dun
ct et filtration en cellule Amicon pour un volume donn de lautre. Dans ces expriences, lorsque la
281
Nous allons maintenant tudier linfluence de laration sur le colmatage molculaire induit par la
filtration de surnageant de boues actives dans le pilote chelle semi-industrielle.
282
daration diffrentes (Ugs = 0,038 et 0,076 m.s ). Nous allons donc comparer les rsultats sans
aration avec deux expriences avec aration.
V.1.3.1 Influence de la vitesse superficielle de gaz sur les pressions transmembranaires lors de la
filtration de surnageant
Les PTM de chacune de ces expriences sont compares sur la Figure V-26.
Figure V-25. Influence de laration sur la PTM lors de la filtration de surnageant pour une vitesse de
liquide donne (Ul = 0,013 m.s-1) dans le module 1LS, Ugs = 0 0,038 0,076 m.s-1
Les pressions transmembranaires sont identiques pour les trois premiers paliers de flux (jusque
-1
-2
Jp = 20 L.h .m ). Pour les paliers suivants, la valeur de PTM la plus faible est obtenue pour
-1
lexprience sans aration et la plus forte pour Ugs = 0,038 m.s . Les valeurs de PTM de lexprience
-1
pour Ugs = 0,076 m.s est entre les deux valeurs mais trs proche de lautre exprience avec aration
-1
(Ugs = 0,038 m.s ). Ces rsultats sont quelque peu surprenant compars ceux obtenus avec la
bentonite. Nous allons analyser ces diffrences avec les variations de vitesses de colmatage pour ces
trois expriences.
V.1.3.2 Influence de la vitesse superficielle du gaz sur les vitesses de colmatage lors de la filtration de
surnageant
Les vitesses de colmatage de chacune des expriences sont compares sur la Figure V-26.
283
Figure V-26. Influence de laration sur la vitesse de colmatage lors de la filtration de surnageant pour
une vitesse de liquide donne (Ul = 0,013 m.s-1) dans le module 1LS, Ugs = 0 0,038 0,076 m.s-1.
Pour les trois vitesses daration, les tendances sont les mmes et les remarques dveloppes
pour lexprience sans aration sont les mmes pour les expriences avec aration. En effet, les
13
-1
-3
flux de permat augmente pour devenir ngligeables la fin de lexprience. Le colmatage est donc
rapide au dpart, lorsque la membrane est vierge, puis le dpt se forme petit petit, de plus en plus
lentement.
Lanalyse en fluorescence des chantillons prlevs lors des diffrentes expriences sera
dtaille au paragraphe suivant. Cette analyse sest focalise sur les protines et les substances
humiques.
Pour les expriences avec aration Ugs = 0,038 et 0,076 m.s , la permabilit aprs rtrolavage
correspond respectivement 100 et 56% de la permabilit initiale (80% pour lexprience sans
-1
aration). Pour lexprience Ugs = 0,038 m.s , le colmatage est totalement rversible et pour
-1
lexprience Ugs = 0,076 m.s , il est peu rversible. Les squences de rtrolavage sont identiques
pour les trois expriences. Cette diffrence provient probablement de lordre des expriences.
Lexprience Ugs = 0,076 m.s
-1
-1
intermdiaire tant donn que la permabilit initiale avait t retrouve. Il est possible que certains
composs soient rests sur la membrane, sans affecter la permabilit, mais en favorisant ensuite la
formation dun couche colmatante irrversible. Ce constat souligne limportance de lhistorique de la
membrane qui a t voqu au chapitre I. Lexprience sans aration a quant elle t ralise aprs
un nettoyage chimique de la membrane.
Les concentrations en COT dans le liquide dalimentation initiale et finale et dans leau de
rtrolavage sont prsentes dans le Tableau V-8 pour les trois vitesses daration.
284
Tableau V-8. Masses en COT (mg.L-1) des chantillons de liquide dalimentation et deau de
rtrolavage pour les trois expriences Ugs = 0 ; 0,038 ; 0,076 m.s-1.
Prlvement
-1
-1
129,5
139,0
139,0
70,0
71,9
69,7
Eau de rtrolavage
22,0
22,9
41,9
-1
Au regard du Tableau V-8, les masses de COT sont pratiquement identiques pour les trois
expriences dans le liquide dalimentation et le permat. Les chantillons du liquide dalimentation
initiale et finale et du permat ont t analyss par HPLC-SEC. Les rsultats sont similaires ceux de
lexprience sans aration et ne sont donc pas prsents ici.
Les masses de COT diffrent pour leau de rtrolavage selon la vitesse superficielle de gaz
pendant la filtration. Nous avons vu que laration au cours de la filtration ne semble pas modifier le
colmatage et le passage de molcules travers la membrane (Figure V-26). Nanmoins, lair inject
pendant la filtration semble influer sur la rversibilit du colmatage, avec une augmentation de la
concentration en matire organiques prsentes dans leau de rtrolavage lorsque la vitesse de gaz
augmente (Tableau V-8). Bien que la permabilit ne soit pas retrouve aprs rtrolavage pour
-1
lexprience Ugs = 0,076 m.s , on limine une quantit bien plus importante de matires organiques
par rtrolavage. En effet, plus laration durant la filtration est importante, plus lon retrouve de
molcules organiques dans leau de rtrolavage.
Le rtrolavage permet donc denlever plus de produits colmatants lorsque laration durant la
filtration est plus importante. Pourtant, la squence de rtrolavage est identique pour les trois
expriences. La couche colmatante forme durant la filtration serait plus facile enlever par
rtrolavage lorsque laration est plus importante.
Ce constat va tre complt avec les analyses HPLC-SEC associe lanalyse en fluorescence.
Lanalyse des protines et des substances humiques dans les eaux de rtrolavage des trois
expriences va maintenant tre dtaille.
V.1.3.4 Comparaison des rponses en fluorescence des eaux de rtrolavage en fonction des
conditions daration durant la filtration
Les chromatogrammes des eaux de rtrolavage obtenues pour les trois expriences avec trois
conditions daration diffrentes ont t compars. Les rsultats sont prsents sur les Figure V-27 et
Figure V-28 respectivement pour les molcules de type protines et substances humiques.
285
286
287
288
actives de bioracteurs membrane dans le module 1MS (1,51 m ) slectionn dans le chapitre
prcdent sur la base des rsultats de filtration de particules de bentonite. Lalimentation nest pas
continue et la dure de lexprience est alors impose par la quantit de boues disponibles, permat
et concentrat ntant pas recycls ici : maximum de 100 L permettant une dure de filtration de 1h.
Afin dobserver linfluence des conditions opratoires sur le colmatage et dobtenir des variations de
pression et de vitesses de colmatage marques pour des expriences court-terme, nous avons
-1
-2
choisi de travailler un flux de permat lev de 30 L.h .m . Il faut signaler que cette valeur est
suprieure celle utilise couramment dans les bioracteurs membranes.
289
P Entre
2Q
Concentrat
M
O
D
U
L
E
P Rtrolavage
Eau
Ultrafiltre
Permat
Boue
active
Q
P Permat
Air
-2
-1
Le flux est maintenu 30 L.h .m donc Qp = 45,3 L.h et le dbit de liquide en entre du module
-1
-1
Ql = 90,6 L.h correspondant une vitesse superficielle de liquide Uls = 0,009 m.s . Ce rapport entre
Ql et Qp diffre de celui utilis dans le BAM de la station dpuration de Labge (Lorain et
Espenan, 2007). Le paramtre quil reste fixer est le dbit gazeux avec lequel les expriences de
filtration vont tre menes. Il sera choisi suite la comparaison de deux expriences en filtration et
aration continues pour deux dbits dair.
chaque exprience dans le Tableau V-9. Elle vaut en moyenne 6,5 g.L .
Chaque exprience a t numrote et leurs conditions opratoires sont galement prsentes
dans le Tableau V-9. Les priodes de fonctionnement ou darrt (priodes on/off) pour le squenage
de laration et de la filtration y sont prcises, en dtaillant si la permation ou laration est continue
(c) ou discontinue (d).
Laration continue consiste maintenir un dbit de gaz constant pendant toute la dure de
lexprience. Laration discontinue correspond une alternance entre des faibles dbits de gaz sur
une priode relativement longue (tfaible dbit > 7 x tfort dbit) et de forts dbits sur une priode courte. Pour
comparer arations continue et discontinue, nous avons choisi de travailler mmes dbits nets de
gaz pour les deux modes daration.
La permation continue correspond un maintien du flux de permat constant durant toute
lexprience de filtration. La permation discontinue correspond une alternance entre des flux de
-1
permat nuls sur une courte priode (relaxation ponctuelle) et des flux de permat de 30 L.h .m
-2
pendant une priode longue vis vis de la dure de relaxation (tfiltration > 2 x trelaxation). Quel que soit le
-1
-2
mode de filtration, elle est toujours ralise un flux de 30 L.h .m , les dbits nets de permat sont
donc diffrents dans les deux modes de permation.
290
Expriences III & IV : Influence dun fort dbit dair ponctuel ( V.2.3)
Expriences XIII & XIV : Comparaison des deux modes de squenage ( V.2.5.4)
n exprience
II
III
aration continue
aration discontinue
permation continue
IV
VI
VII
VIII
X
X
permation discontinue
IX
XI
XIV
X
X
X
XIII
X
X
XII
Un schma rcapitulatif sera galement prsent avant chaque exprience afin daider la
comprhension des expriences ralises.
V.2.1.3 Influence des priodes de relaxation et daration sur la taille des flocs biologiques
Des chantillons du liquide dalimentation au dbut et la fin de lexprience ainsi que du
concentrat au cours de la filtration ont t prlevs et analyss au granulomtre afin de dterminer la
rpartition en nombre et en volume des tailles des flocs biologiques en les considrant comme
sphriques, aprs un seul passage dans le module membranaire. Ces prlvements ont t raliss
pour les expriences V, VIII, IX et XI ainsi que pour une exprience avec permation et aration
continues non prsente dans ce chapitre. Les mmes rsultats ont t trouvs pour toutes ces
expriences. Un seul exemple est donc prsent, celui de lexprience IX, avec une discontinuit de
laration et de la permation. Les distributions de tailles des particules dans les prlvements du de
liquide lalimentation initiale et du concentrat cumul final sont prsentes sur la Figure V-30.
291
(a)
(b)
Figure V-30. Rpartition (a) en volume et (b) en nombre de la taille des particules
prsentes dans les boues actives de lexprience IX.
En gris : Liquide dalimentation initiale et en noir : concentrat final,
Le diamtre moyen en volume des particules du concentrat est lgrement plus faible (80 m) que
celui du liquide dalimentation initiale (104 m) [Figure V-30 (a)]. Il se peut que certaines grosses
particules aient eu leur taille lgrement rduite aprs le passage dans le module mais cette
diminution reste trs faible. Concernant les petites particules, la rpartition en nombre
[Figure V-30 (b)] est identique dans le liquide dalimentation et le concentrat final. On observe une
forte proportion de petites particules de diamtre moyen gal 2,2 m.
Cette tude a galement t ralise avant, pendant, et aprs la relaxation afin dobserver si cet
arrt de la permation modifie la tailles des flocs aprs un seul passage dans le module. Les
distributions de tailles des particules des prlvements du concentrat avant, pendant et aprs une
priode de relaxation sont prsentes sur la Figure V-31.
(a)
(b)
Figure V-31. Rpartition (a) en volume et (b) en nombre de la taille des particules
prsentes dans les boues actives.
292
293
Tableau V-9. Conditions opratoires des expriences ralises avec des effluents biologiques, dtails des modes et des priodes daration et de permation.
Numro de
lexprience
II
III
IV
VI
VII
VIII
IX
XI
XII
XIII
XIV
290/10
450/60
450/60
450/60
450/60
0,195
0,390
0,195
0,145/1,641
0,195
0,195
0,195
0,195
0,112/0,820
0,195
0,081/0,820
0,081/0,820
0,112/0,820
0,195
0,195
0,390
0,195
0,195
0,195
0,195
0,195
0,195
0,195
0,195
0,168
0,168
0,195
0,195
0,019
0,038
0,019
0,014/0,158
0,019
0,019
0,019
0,019
0,011/0,079
0,019
0,008/0,079
0,008/0,079
0,011/0,079
0,019
0,129
0,258
0,129
0,096/1,086
0,129
0,129
0,129
0,129
0,074/0,543
0,129
0,054/0,543
0,054/0,543
0,074/0,543
0,129
4,3
8,6
4,3
3,2/36,4
4,3
4,3
4,3
4,3
2,5/18,2
4,3
1,8/18,1
1,8/18,1
2,5/18,2
4,3
300/150
450/150
600/150
300/60
450/60
450/60
450/60
450/150
30,0
30,0
30,0
30,0
30,0
30,0
30,0
30,0
30,0
30,0
30,0
30,0
30,0
30,0
30,0
30,0
30,0
30,0
20
22,5
24
25
26,5
26,5
26,5
30,0
30,0
22,5
40
40
40
40
40
40
40
40
40
40
40
40
40
40
7,2
7,3
7,2
7,4
7,3
8,0
5,9
6,8
6,7
4,0
5,0
5,2
AERATION
mode
priodes on/off (s)
3
-1
Qg (Nm .h )
3
-1
Qg net (Nm .h )
-1
Ugs (m.s )
3
-1
-2
SADm (Nm .h .m )
3
-3
SADp (Nm .m p)
PERMATION
mode
priodes on/off (s)
-1
-2
Jp (L.h .m )
-1
-2
Jp net (L.h .m )
PARAMETRES
BIOLOGIQUES
ge de boues (j)
-1
MES (g.L )
c continu d discontinu
294
-1
dbits gazeux sont de 0,195 et 0,390 Nm .h , correspondant Ugs = 0.018 et 0.038 m.s
3
-1
-1
soit des
-2
Exprience II
Figure V-32. Schma des modes daration et de permation des expriences I & II.
Figure V-33. Influence du dbit de gaz sur le colmatage avec une aration continue Jp = 30 L.h-1.m2,
Uls = 0.009 m.s-1, (I) Ugs = 0.019 m.s-1/SADm = 0.129 Nm3.h-1.m-2 (noir)
(II) Ugs = 0.038 m.s-1/SADm = 0.258 Nm3.h-1.m-2 (gris).
titre de comparaison avec la premire partie sur la filtration de surnageant de boues actives,
nous avons trac la vitesse de colmatage dRc / d(V/Am) = f(V/Am) sur la Figure V-34.
295
Figure V-34. Influence du dbit de gaz sur le colmatage avec une aration continue Jp = 30 L.h-1.m2,
Uls = 0.009 m.s-1, (I) Ugs = 0.019 m.s-1/SADm = 0.129 Nm3.h-1.m-2 (noir)
(II) Ugs = 0.038 m.s-1/SADm = 0.258 Nm3.h-1.m-2 (gris).
Mode de reprsentation : dRc / d(V/Am) = f(V/Am)
Le dbit de gaz na pas dinfluence sur le colmatage pour un volume filtr infrieur 10 L
(Figure V-33). En dessous de ce volume, les PTM sont faibles et les vitesses de colmatage
ngligeables pour les deux arations. Au dessus de ce volume, la vitesse de colmatage augmente
pour lexprience avec une faible aration, tandis que pour lexprience avec une forte aration, les
14
-1
-3
-3
p
(Tableau V-10), correspondant aux valeurs utilises par les exploitants de BAM (entre 0,2 et
-3
296
Lp 0
avec Lp0, la
Lp fin
Lp0
avec Lp0, la permabilit
Lp max
II
mode de filtration
30
30
1,0
0,6
14,4
6,8
450
450
78
62
Rcupration de Lp
aprs un rtrolavage (%)
58
56
16
20
mode daration
0,244
0,487
-1
Rc x 10
C x 10
-13
-1
(m ) pour V = 15 L
-1
([Link] ) pour V = 15 L
Les rsistances de colmatage aprs un volume filtr de 15 L sont similaires (Tableau V-10) mais
le gteau de filtration pour lexprience ralise faible dbit dair prsente une valeur de .C deux
fois plus leve que celle de lexprience au plus fort dbit dair. La rcupration de la permabilit
aprs un simple rtrolavage est identique pour les deux expriences, ainsi que la part du colmatage
irrversible. Laration modifie donc la rsistance du colmatage mais les parts irrversibles du
colmatage sont identiques.
3
-1
-2
Nous avons dcid de travailler par la suite un faible dbit daration (SADm = 0,129 Nm .h .m )
afin de minimiser les cots nergtiques lis laration et de trouver des solutions autres quun
297
-1
-2
Exprience IV
Figure V-35. Schma des modes daration et de permation des expriences III & IV.
298
Figure V-36. Influence du mode daration (continu en noir et discontinu en gris) sur le colmatage
Qg net = 0.195 Nm3.h-1, Jp = 30 L.h-1.m-2, Uls = 0.009 m.s-1
(III) Ugs = 0.019 m.s-1/SADm = 0.129 Nm3.h-1.m-2 (noir).
(IV) Ugs = 0.014/0.158 m.s-1/SADm = 0.096/1.086 Nm3.h-1.m-2 toutes les 290/10 s (gris)
Les traits pleins noirs verticaux correspondent aux priodes de forte aration.
Les paramtres concernant laration et la filtration pour ces deux expriences sont dtaills dans
le Tableau V-11.
III
IV
mode de filtration
30
30
7,7
1,3
84,0
12,5
400
450
40
34
Rcupration de Lp
aprs un rtrolavage (%)
74
80
16
mode daration
0,244
0,243
Rc x 10
-1
(m ) pour V = 15 L
Au regard de la Figure V-36, les pressions transmembranaires sont similaires pour les deux
expriences jusqu un volume filtr de 4 L. Au del de ce volume, qui correspond dailleurs la
299
de 8.10
-1
-3
m .m . Pour le mme flux de permat et la mme boue mais avec une aration discontinue,
14
-1
-3
la pression est de 0,25 bar et la vitesse de colmatage gale 3,3.10 m .m pour un mme volume
filtr de 15 L. Dailleurs, mme volume filtr, la vitesse de colmatage est toujours plus faible pour
lexprience avec une aration discontinue que pour celle avec une aration continue. Lors de
laration discontinue, la vitesse de colmatage semble dailleurs atteindre un palier (autour de
14
4.10
-1
-3
pression avant et aprs la priode de forte aration et montre quelles sont identiques (Figure V-36).
Cette forte aration na donc pas dinfluence sur la valeur de la pression en tant que telle mais par
contre, elle a une influence sur lvolution globale de cette pression et sur la vitesse de colmatage
plus long terme.
Pour une quantit de matire apporte la membrane identique pour les deux expriences, tant
donn que le volume filtr est le mme, la structure du gteau pour les deux expriences est
diffrente (Tableau V-11). Le gteau de filtration de lexprience III a soit une paisseur plus grande,
soit une porosit plus faible, soit les deux. Puisquaucune diffrence de pression nest observable
avant et aprs la forte aration, ce fort dbit de gaz ne permet pas de modifier instantanment
lchelle dune tape daration, la structure du dpt de manire mesurable. Par contre, des effets
sont visibles long terme sur plusieurs tapes de forte aration et le dpt form est alors plus
rversible (Tableau V-11).
En effet, le squenage de laration permet de diminuer la rsistance au colmatage, la rsistance
du gteau, et daugmenter lgrement la rversibilit du dpt ainsi que la permabilit en fin
dexprience (Tableau V-11), et ce pour des dpenses nergtiques identiques. Le fort dbit de gaz
ponctuel permet alors de modifier les proprits du dpt en le rendant moins rsistant et plus
rversible.
La structure peut tre modifie par le trs fort mouvement des fibres caus par la forte aration et
le passage du gaz. De plus, tant donn le dbit dair durant la priode de forte aration
3
-1
(Qg = 1,62 Nm .h ), le rgime est htrogne et de gros paquets de gaz sont envoys pendant
10 secondes dans le module. Il est possible que ces paquets de gaz apportent de la matire sur la
membrane provoqu par les flux transversaux vers la membrane rencontrs dans le sillage des
calottes (Martinelli, 2006). Cet apport de matire minimiserait leffet bnfique de la forte aration sur
le colmatage.
Un autre squenage va tre tudi, le squenage de la permation en ajoutant des priodes de
relaxation.
300
Exprience VI
Exprience VII
Figure V-37. Schma des modes daration et de permation des expriences V, VI & VII.
301
Figure V-38. Expriences de filtration ayant le mme temps de relaxation (2,5 min)
Uls = 0.009 m.s-1 en aration continue pour trois priodes de permation avec des dures
diffrentes : (V) 300 s, trait noir, Jp net = 20 L.h-1.m-2 ;
(VI) 450 s, trait pointill, Jp net = 22,5 L.h-1.m-2 ; (VII) 600 s, trait gris, Jp net = 24 L.h-1.m-2
Pour 5 et 7,5 min de permation entre chaque priode de 2,5 min de relaxation, la pression volue
trs faiblement jusqu un volume filtr de 15 L pour ces deux conditions. En revanche, lorsque la
filtration est mene pendant 10 min avant de mettre en place une relaxation, laugmentation de
pression est trs importante. Pour un volume filtr de 20 L, la PTM vaut plus du double que les PTM
obtenues pour les deux autres expriences. Les caractristiques du dpt vont tre analyses laide
du Tableau V-12.
VI
VII
mode de filtration
300/150
450/150
600/150
20
22,5
24
1,0
1,2
2,2
3,2
1,8
22,2
520
420
430
29
43
44
Rcupration de la permabilit
aprs un rtrolavage (%)
81
81
69
12
15
mode daration
0,366
0,325
0,305
Rc x 10
C x 10
-13
302
-1
(m ) pour V = 15 L
-1
([Link] ) pour V = 15 L
-1
-2
Deux expriences avec aration continue (SADm = 0.129 Nm .h .m ) ont t compares, lune
avec une permation continue et lautre avec une permation discontinue, comprenant des priodes
de relaxation. La relaxation est de 60 s toutes les 300 s (Figure V-39). La comparaison est prsente
sur la Figure V-40 et les proprits de la permation et de laration dans le Tableau V-13.
Exprience I
Exprience VIII
Figure V-39. Schma des modes daration et de permation des expriences I & VIII.
303
Figure V-40. Influence du mode de permation (continu/discontinu) sur le colmatage avec une
aration continue Ugs = 0. 019 m.s-1/SADm = 0.129 Nm3.h-1.m-2, Jp = 30 L.h-1.m-2, Uls = 0.009 m.s-1
avec
(I) permation continue (noir) et (VIII) permation discontinue, priodes on/off 300/60 s,
Jp net = 25 L.h-1.m-2 permation (gris). Les lignes noires verticales en pointill correspondent aux
priodes de relaxation.
Tableau V-13. Dpenses nergtiques de laration, caractristiques du dpt de filtration et
permabilits des expriences I et VIII.
Numro de lexprience
VIII
mode de filtration
300/60
30
25
1,0
0,6
14,4
4,6
450
425
78
69
Rcupration de la permabilit
aprs un rtrolavage (%)
58
76
18
mode daration
0,244
0,292
Rc x 10
C x 10
-13
-1
(m ) pour V = 15 L
-1
([Link] ) pour V = 15 L
Les vitesses de colmatage sont similaires pour les deux expriences (Figure V-40). Pourtant, il est
possible de distinguer une lgre diffrence dans les courbes de pression aprs la cinquime priode
de relaxation. La pression est alors plus faible pour lexprience avec une permation discontinue.
Aprs chaque priode de relaxation, la PTM remonte la valeur en fin de cycle avant relaxation. Il est
304
Exprience X
Figure V-41. Schma des modes daration et de permation des expriences IX & X.
305
-1
-2
exprience, le faible dbit daration (SADm = 0.073 Nm .h .m ) durant la filtration ne soit pas
suffisant pour maintenir une faible PTM. Cest pour cela que la pression augmente plus rapidement et
que les vitesses de colmatage sont plus importantes. Augmenter le dbit dair ponctuellement durant
la phase de relaxation ne serait pas avantageux compar un dbit dair plus faible mais constant.
Pour un volume dair quivalent avec des priodes de relaxation, il semble prfrable que laration
soit continue et suffisante pour maintenir une faible pression transmembranaire et donc des faibles
vitesses de colmatage. Le fort dbit dair durant la relaxation ne serait pas suffisant dans cette
exprience pour contrebalancer laugmentation de pression durant la filtration.
Aration et permation discontinues ont des effets complmentaires sur le colmatage et leurs
influences respectives sont difficiles dissocier. Les proprits structurelles du gteau de filtration
vont tre compares dans le Figure V-14.
306
IX
mode de filtration
450/60
450/60
26.5
26.5
1,0
0,9
3,2
7,7
450
480
Chute de Lp (%)
85
61
Rcupration de la permabilit
aprs rtrolavage (%)
92
77
mode daration
450/60
0,276
0,276
Rc x 10
C x 10
-13
-1
(m ) pour V = 15 L
-1
([Link] ) pour V = 15 L
Lorsquune aration discontinue est associe une permation discontinue pour un mme dbit
net dair, mais le dpt est plus rversible que pour une permation discontinue seule alors que le
gteau a la mme rsistance. Le fort dbit dair ponctuel permet daugmenter la rversibilit du dpt.
Nanmoins, la chute de permabilit est alors plus importante et proviendrait alors du faible dbit de
gaz durant la filtration.
Limportance du dbit dair durant la priode de permation vient dtre souleve, deux
expriences avec aration discontinue ayant deux dbits dair diffrents durant la priode de
permation et un mme dbit dair lev durant la priode de relaxation vont tre compares.
V.2.5.2 Influence du dbit dair pendant la filtration pour une aration et une permation discontinues
Une comparaison a t ralise entre deux expriences en permation discontinue, lune avec
une aration continue et lautre discontinue (Figure V-43). Ces deux expriences sont compares sur
la Figure V-44.
307
Exprience IX
Exprience XI
Figure V-43. Schma des modes daration et de permation des expriences IX & XI.
Figure V-44. Influence du mode daration discontinu sur le colmatage avec une permation
discontinue Jp = 30 L.h-1.m-2, Uls = 0,009 m.s-1 (IX) Ugs = 0,011/0,079 m.s1
/SADm = 0,073/0,543 Nm3.h-1.m-2 toutes les 450/60 s priodes de filtration on/off (gris)
et (XI) Ugs = 0,008/0,079 m.s-1/SADm = 0,054/0,543 Nm3.h-1.m-2 pour des priodes de filtration on/off
de 450/60 s (noir).
Au regard de la Figure V-44, les pressions transmembranaires sont similaires durant les trois
premires phases quelles que soient les conditions daration durant la filtration. Durant la quatrime
phase, la PTM et la vitesse de colmatage sont deux fois plus importantes pour lexprience faible
aration durant la filtration compare lexprience plus forte aration durant la filtration. Cette
comparaison souligne le rle trs important de laration durant la priode de filtration, quels que
soient les modes de permation ou daration employs.
308
IX
XI
mode de filtration
450/60
450/60
26.5
26.5
1,0
2,1
3,2
18,5
450
450
85
83
Rcupration de la permabilit
aprs rtrolavage (%)
92
76
11
mode daration
450/60
450/60
0,276
0,276
Rc x 10
C x 10
-13
-1
(m ) pour V = 15 L
-1
([Link] ) pour V = 15 L
Le Tableau V-15 souligne limportance du dbit dair durant la filtration qui a t soulev au
paragraphe prcdent. Un dbit trop faible pendant la filtration provoque la formation dun dpt
moins rversible.
Lanalyse se poursuit avec ltude de la relaxation pour une aration discontinue.
Exprience XII
Figure V-45. Schma des modes daration et de permation des expriences XI & XII.
309
diffrent pour ces deux expriences. En effet, les MES sont de 4 g.L
-1
310
XI
XII
mode de filtration
450/60
26.5
30
2,1
1,3
18,5
16,9
450
400
Chute de Lp (%)
83
91
Rcupration de la permabilit
aprs rtrolavage (%)
76
83
11
mode daration
450/60
450/60
0,276
0,244
Rc x 10
C x 10
-13
-1
(m ) pour V = 15 L
-1
([Link] ) pour V = 15 L
Lajout de priodes de relaxation augmente nouveau, tant donn le flux de permat net plus
faible, la dpense nergtique lie laration (Tableau V-16). Les rsistances du gteau sont
similaires mme si le dpt est plus rversible lorsque permation et aration discontinue sont
couples, ce qui pourrait tre attribu la plus faible concentration en MES.
Ces deux modes de squenage seront dissocis et compars au paragraphe suivant.
Exprience XIV
Figure V-47. Schma des modes daration et de permation des expriences XI & XII.
311
Figure V-48. Comparaison du mode daration continue et permation discontinue et des modes
aration discontinue et permation continue sur le colmatage , Uls = 0.009 m.s-1 (XIII)
Jp net = 30 L.h-1.m-2 Ugs = 0,008/0,079 Nm3.h-1, SADm = 0,054/0,543 Nm3.h-1.m-2 toutes les 450/60 s
on/off aration (gris)
(XIV) 450/60 s on/off filtration Jp net = 26,5 L.h-1.m-2 Ugs = 0.019 m.s-1/SADm = 0.129 Nm3.h-1.m-2
(noir)
La Figure V-48 permet de comparer les deux modes de squenage entre eux. La pression
transmembranaire et les vitesses de colmatage sont pratiquement constantes pour la permation
discontinue avec aration continue (Figure V-48). Par ailleurs, ces valeurs connaissent une
augmentation exponentielle dans lexprience en permation continue avec aration discontinue.
Les dpenses nergtiques de laration et les permabilits associes aux proprits du dpt
de filtration sont dtailles dans le Tableau V-17.
312
XIII
XIV
mode de filtration
450/150
30
22,5
4,5
0,8
47.6
1,82
340
355
Chute de Lp (%)
59
Rcupration de la permabilit
aprs rtrolavage (%)
100
100
mode daration
450/60
0,244
0,325
Rc x 10
C x 10
-13
-1
(m ) pour V = 15 L
-1
([Link] ) pour V = 15 L
Mme si le gteau est beaucoup plus rsistant pour laration discontinue que la filtration
discontinue (Tableau V-17), la permabilit aprs rtrolavage est de nouveau gale celle au dbut
de lexprience pour les deux squenages. Les deux modes de squenage permettent tous deux
damliorer la rversibilit du dpt.
Cette comparaison, principalement sur les courbes dvolution de pression et de vitesses de
colmatage en fonction du volume filtr, dmontre clairement que le choix dune discontinuit doit se
faire sur la permation plutt que laration, mme si la dpense nergtique induite par laration est
plus leve (Tableau V-17). Laration continue est prfrable laration discontinue tant donn
que cette dernire induit momentanment des dbits de gaz trop faibles qui ne limitent pas le
colmatage. Comme cela a t soulign dans les paragraphes prcdents, le faible dbit daration
provoque un colmatage accru qui nest pas contrebalanc par un fort dbit ponctuel. Le dbit net dair
tant le mme, il est prfrable de travailler aration constante.
313
particulaire. Nanmoins, lnergie spcifique daration est plus leve (0,487 kWh.m ). Afin de
3
-1
travailler faible consommation nergtique, ce faible dbit dair (Qg = 0,195 Nm .h ) a servi de
rfrence pour les autres expriences. Un squenage de laration a ainsi t mis en place, pour un
mme dbit net daration, mais avec un fort dbit de gaz ponctuel pendant une priode courte puis
un dbit plus faible durant une priode longue. Cette technique a montr dintressants rsultats, avec
une pression transmembranaire infrieure 0,3 bar.
La permation a ensuite t squence en ajoutant des priodes de relaxation durant la filtration
et a montr des rsultats intressants, avec un maintien des vitesses de colmatage en dessous de
13
-1
-3
314
315
daration est plus leve (0,487 kWh.m ). Afin de travailler faible consommation nergtique, ce
3
-1
faible dbit dair (Qg = 0,195 Nm .h ) a servi de rfrence pour les autres expriences. Un
squenage de laration a ainsi t mis en place, pour un mme dbit net daration, mais avec un
fort dbit de gaz ponctuel pendant 10 s puis un dbit plus faible durant 290 s. Cette technique a
montr dintressants rsultats, avec une pression transmembranaire infrieure 0,3 bar.
Concernant le squenage de la permation et de laration, la permation discontinue induit des
consommations nergtiques plus importantes mais permet de modifier les proprits du gteau et de
le rendre plus rversible, ce qui permet alors de diminuer les cots lis au nettoyage chimique et au
rtrolavage.
La permation discontinue est une mthode prometteuse afin de garder une pression
transmembranaire et des vitesses de colmatage relativement faibles. Des expriences long terme
avec une alimentation continue et des priodes de relaxation permettraient dobserver ces influences
sur du plus long terme.
316
Conclusions et Perspectives
Conclusions et Perspectives
me
membranes (BAM) sont une rponse. En effet, il sagit de procds de traitement trs performants du
point de vue de la qualit de leffluent, de la surface au sol occupe par linstallation et de son
adaptabilit aux stations dpuration actuelles.
Nanmoins, un facteur limitant ce type de procds persiste : le colmatage membranaire. Le
dimensionnement, la conduite et loptimisation des bioracteurs membranes restent encore
problmatiques en raison de connaissances insuffisantes sur les mcanismes de colmatage. Ce sont
plus largement les objectifs du projet europen EUROMBRA. Limiter le colmatage engendre des
cots de production plus faibles et rend le procd BAM plus comptitif vis vis du procd boues
actives classique.
Lobjectif
de
ce
travail
de
thse
tait
de
caractriser
linfluence
de
laration
sur
(i) lhydrodynamique en lien avec la configuration du module membranaire et pour cette configuration
de BAM, (ii) le colmatage membranaire en lien avec la caractrisation de lcoulement gaz-liquide.
Dans cette optique, cette tude a t ralise sur un BAM fonctionnant avec un module
lextrieur du bioracteur contenant des fibres creuses en filtration externe/interne confines dans un
carter, avec un recyclage faible vitesse du concentrat vers le bioracteur et avec une aration la
base du faisceau de fibres pour limiter le colmatage.
Ltude sest attache :
-
Lchelle a t choisie pour tre reprsentative des configurations industrielles : les essais ont t
raliss sur un pilote chelle semi-industrielle avec des modules fibres creuses fournis par la socit
321
Conclusions et Perspectives
2
Polymem avec des surfaces membranaires comprises entre 0,75 3,02 m . Une large gamme de
vitesses superficielles de gaz et de liquide a t teste dans cinq modules membranaires pour tudier
linfluence de la densit de fibres et leur positionnement, et dans un module sans fibres pour
dterminer linfluence de la prsence des fibres sur lcoulement gaz-liquide. Quatre fluides ont t
utiliss : (i) leau pour la caractrisation hydrodynamique ; (ii) des suspensions de bentonite pour
tudier le colmatage particulaire ; (iii) du surnageant de boues actives pour valuer linfluence des
composs solubles et collodaux sur le colmatage ; (iv) et enfin des boues actives dun bioracteur
membranes afin doptimiser laration et la filtration dans des conditions relles de fonctionnement.
Les principales conclusions de cette tude sont synthtises ci-dessous.
mme vitesse superficielle de gaz, quelle que soit la vitesse du liquide (jusqu 0,025 m.s ). Des
cartes dcoulement ont ainsi t traces en fonction de la gomtrie du module et ont mis en
vidence que plus la densit de fibres est importante, plus la coalescence a lieu une faible
vitesse superficielle de gaz.
Lanalyse du mlange dans les modules membranaires par les mesures de distribution des temps
de sjour a montr lexistence de deux zones diffrentes selon la hauteur du module : (i) une zone de
type piston en bas du module o la coalescence des bulles est quasi inexistante tout comme le
mouvement des fibres et (ii) une zone de type parfaitement mlange dans le haut du module o
les bulles coalescent davantage et o les fibres sont plus mobiles. Quelles que soient les conditions
daration, cette zone parfaitement mlange reprsente plus de 80% du volume libre (volume du
module moins le volume des fibres). Laration engendre un mlange lev au sein du module
membranaire. Prcisons aussi que le mouvement des fibres augmente le mlange de la phase
liquide par comparaison avec un module vide, sans fibres.
Une modlisation de la rtention gazeuse a t ralise laide du modle de flux de drive
(Zuber et Findlay, 1965) utilis dans les colonnes bulles et notamment les airlifts. Il prend en compte
lhtrognit de la phase gazeuse et sadapte donc bien aux modules membranaires o la phase
gazeuse est injecte en priphrie du faisceau. La vitesse terminale, dtermine partir des
-1
rtentions gazeuses exprimentales, est comprise entre 0,25 et 0,31 m.s pour les petites bulles, et
entre 0,40 et 0,46 m.s
-1
rpartition du gaz dans le module nest pas homogne et a dmontr que la phase gaz est
322
Conclusions et Perspectives
majoritairement prsente dans lespace annulaire. Cette disparit entre lespace annulaire et le
faisceau de fibres creuses provoque des phnomnes de recirculation lintrieur du module,
observs notamment avec des bulles stagnantes voire descendantes. La recirculation du liquide a t
intgre au modle pour dterminer les vitesses de liquide ascendantes lies cette recirculation.
Elles atteignent 0,2 m.s
-1
rtentions gazeuses du modle ont alors t compares aux donnes exprimentales. La prise en
considration dune recirculation du liquide dans le module taux de remplissage lev est
dterminante. Cette recirculation interne pourrait justifier les rsultats des analyses de distribution
des temps de sjour, avec la partie haute du module qui est parfaitement agite, le mlange tant
notamment accentu par ce phnomne de recirculation. Cette tape permet damliorer la
comprhension de lhydrodynamique gaz-liquide au sein des modules fibres creuses. Elle peut
sappliquer dailleurs tout type de module membranaire et offre de nombreuses perspectives qui
seront reprises la fin de cette conclusion.
-2
(Jp 20 L.h .m ), gamme actuellement utilise dans les bioracteurs membranes, une faible
3
-1
-2
(1,51 m ). Ce module a donc t choisi pour la suite de ltude ralise avec des boues actives de
bioracteurs membranes.
323
Conclusions et Perspectives
Caractrisation du colmatage avec des fluides rels en lien avec les conditions daration
Les essais de filtration de surnageant de boues actives ont montr que la vitesse de colmatage
3
-1
-2
est identique quel que soit le dbit daration (pour un SADm 0,26 Nm .h .m ). Dans le surnageant
de boues actives, trois populations de composs ont t identifies grce des analyses par
chromatographie dexclusion strique haute performance (HPLC-SEC) couple une dtection de
fluorescence. Deux populations de type protines, des macromolcules (poids molculaire > 10 kDa)
et des molcules faible poids molculaire (< 1 kDa) ont t trouves, ainsi quune population de
substances humiques faible poids molculaire. Nous avons mis en vidence une proportionnalit
entre laugmentation des vitesses de colmatage et la proportion de macromolcules de type
protines, ce qui souligne le rle des ces composs dans le colmatage des membranes, et un faible
rle des petites molcules de type substances humiques et protines.
Aucun rle de laration sur le colmatage na pu tre observ pour ce type de colmatage
(molculaire). En revanche, la filtration avec une forte aration augmente la rversibilit du dpt
et la quantit de molcules organiques prsentes dans les eaux de rtrolavage.
La seconde tape de cette tude du colmatage avec des fluides rels a t mene avec des boues
actives provenant dun bioracteur membranes situ en parallle dune station de traitement des
eaux uses domestiques. Un essai de squenage de laration a t mis en place, avec un fort dbit
de gaz ponctuel, sur un temps trs court. Cette technique a montr dintressants rsultats compars
laration continue, avec une pression et des vitesses de colmatage faibles.
Le squenage de la filtration a galement t tudi et a montr des rsultats intressants, avec un
maintien des vitesses de colmatage faibles compares la filtration continue. La dure de filtration
maximale entre deux priodes de relaxation prconise est de 7,5 minutes pour viter au dpt form
dtre trop rsistant et non rversible par un simple rtrolavage leau.
Ces deux squenages ont ensuite t coupls et le squenage de la filtration sest avr plus
performant avec lutilisation dune aration continue quavec une aration discontinue mme dbit
net de gaz inject.
Concernant les nergies spcifiques lies laration, la filtration discontinue induit des
consommations nergtiques plus importantes, mais elle permet de modifier les proprits du gteau
et de rendre le colmatage plus rversible, permettant alors de diminuer les cots lis au nettoyage
chimique et au rtrolavage. La filtration discontinue avec une aration continue est donc un
protocole de filtration prometteur afin de garder une pression transmembranaire et des vitesses de
colmatage relativement faibles, amliorant ainsi les performances des bioracteurs membranes.
324
Conclusions et Perspectives
Perspectives envisages pour la poursuite de ces travaux de thse
La modlisation de lhydrodynamique peut tre approfondie. En effet, elle a t ralise sans
prendre en compte dune part la faible vitesse superficielle de liquide dans le module induite par la
boucle de recyclage entre le bioracteur et le module.
Il serait intressant de poursuivre cette modlisation en intgrant cet coulement liquide
supplmentaire afin de caractriser le systme dans son mode de fonctionnement complet et en
prenant en compte le phnomne dexpansion du faisceau.
La modlisation pourrait enfin tre approfondie par une tude plus locale des vitesses de liquide et
des rtentions gazeuses dans le module. Il serait par exemple possible dutiliser lanmomtrie fil
chaud afin de mesurer les vitesses locales de liquide sur la zone annulaire, pour valider les rsultats
et dterminer les profils de vitesses. De plus, ces mesures pourraient galement tre ralises sur
toute la hauteur du module afin dobserver les diffrences possibles entre le bas et le haut du module,
et de les relier aux deux zones de mlange mises en vidence lors des analyses DTS.
Concernant les rtentions gazeuses, il serait intressant de raliser les mesures avec filtration
deau afin dvaluer linfluence dun flux liquide convectif vers la membrane sur le taux de gaz dans le
module. Les mmes mesures pourraient galement tre ralises en remplaant leau ultrafiltre par
de la boue active pour tudier limpact de la rhologie du fluide sur les valeurs de rtentions
gazeuses que ce soit avec ou sans filtration. lchelle locale, il serait intressant de mesurer le taux
de gaz prsent lintrieur du faisceau et ainsi dterminer la diffrence de volumes de gaz entre la
priphrie et le cur du faisceau, diffrentes hauteurs du module.
Des enregistrements vido permettraient dtudier le mouvement des fibres et une tude
approfondie des zones colmates permettrait de faire le lien entre mouvement des fibres et
colmatages interne et externe du faisceau.
Pour la filtration de boues actives, des expriences long terme, avec une alimentation continue
et des priodes de relaxation, permettraient dobserver ces influences sur une chelle de temps plus
importante. Des essais sur le pilote de la station dpuration pourraient tre raliss avec les
conditions optimales dtermines grce ces travaux : travailler avec un module fibres creuses libres
externe/interne, rparties sur un seul faisceau, avec un taux de remplissage de 20% et une surface
2
filtrante de 1,51 m , et raliser la filtration avec des priodes de relaxation toutes les 7,5 min, et une
3
-1
-2
325
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346
Annexes
Annexes
Annexes du Chapitre II
Nettoyages chimiques des membranes
Chacune de ces mthodes concerne llimination de composs en particulier. Les deux premiers
nettoyages sont ceux qui ont t les plus utiliss.
-
Lavage au chlore : Filtration dune solution de chlore 1000 ppm pendant 30 minutes
puis mise en contact des membranes avec cette solution pendant 1h30 pour liminer les
bactries.
soude 4 g.L
solution pendant 1h30 pour liminer les bactries et les matires organiques.
-
-1
pendant
30 minutes puis mise en contact des membranes avec cette solution pendant 1h30 pour
liminer les dpts dorigine minrale.
-
-1
351
Annexes
Sortie
Patm
Ps
hs
hs
he
he
Zs
Pe
Entre
Ze
dP = ( g g + l l ) g dz
(1)
g + l = 1
(2)
P = Pe Ps
(3)
A lentre du module :
Pe = l g (he Z e ) + Patm
(4)
Pe = ( g g + l l ) g h' e + Patm
(5)
A la sortie du module :
Ps = l g (hs Z s ) + Patm
(6)
Ps = ( g g + l l ) g h' s + Patm
(7)
P = Pe Ps = l g ((he hs ) ( Z e Z s ))
En utilisant les quations (5) et (7) et en supposant l l
(8)
P = Pe Ps = l l g ( h' e h' s ) = l l g ( Z s Z e )
352
(9)
Annexes
En combinant les equations (8) et (9), la rtention liquide peut tre calcule comme suit :
l =
h he
((he hs ) ( Z e Z s ))
= 1 s
Zs Ze
Zs Ze
(10)
Et avec lquation (2), la rtention gazeuse peut tre dtermine en utilisant lquation (11).
g =
hs he
Zs Ze
(11)
353
Annexes
Figure b. Courbe de calibration pour les analyses DTS : concentration en NaCl (g.L-1) ajout au cours
de lexprience en fonction de la conductivit ([Link]-1).
Cette courbe de calibration a t ralise avec de leau ultrafiltre et cest pourquoi la conductivit
-1
est gale 0,18 [Link] en absence de sel NaCl. Cette valeur correspond la conductivit de cette
eau de dilution.
354
Annexes
-3
dH (10 m)
Vide
1SS
1MS
3MS
1LS
1LL
67,8
10,7
5,2
5,2
2,0
4,6
Tableau b. Nombres de Reynolds calculs avec le diamtre hydraulique de chacun des modules pour
diffrentes vitesses superficielles de liquide.
Reavec fibres
Module
1SS
1MS
3MS
1LS
1LL
-1
140
70
70
30
60
-1
270
130
130
50
120
-1
80
180
Tableau c. Vitesses du liquide en entre calcules pour chacun des modules pour les trois vitesses
superficielles de liquide correspondantes.
Ul entre
Module
vide
1SS
1MS
3MS
1LS
1LL
-1
0,456
0,418
0,371
0,371
0,281
0,312
-1
0,912
0,833
0,739
0,739
0,561
0,625
-1
0,842
0,938
355
Annexes
Tableau d. Nombres de Reynolds en entre du module calculs pour chacun des modules pour
diffrentes vitesses superficielles de liquide.
Re entre
Module
vide
1SS
1MS
3MS
1LS
1LL
-1
5000
4600
4100
4100
3100
3400
-1
10000
9200
8100
8100
6200
6900
-1
9300
10300
-1
-1
-1
-1
880
3500
6000
8500
-1
1700
4300
6800
9300
-1
Tableau f. Reynolds de mlange du module 1SS en fonction des vitesses superficielles de liquide et
de gaz.
Rem
Ugs = 0 m.s
-1
-1
-1
-1
140
550
950
1300
-1
270
670
1100
1500
356
-1
Annexes
Tableau g Reynolds de mlange des modules 1MS et 3MS en fonction des vitesses superficielles de
liquide et de gaz.
Rem
Ugs = 0 m.s
-1
-1
-1
-1
70
260
460
650
-1
130
330
520
710
-1
Tableau h. Reynolds de mlange du module 1LS en fonction des vitesses superficielles de liquide et
de gaz.
Rem
Ugs = 0 m.s
-1
-1
-1
30
100
180
-1
50
130
200
-1
80
150
230
-1
Rem
Ugs = 0,112 m.s
-1
-1
250
340
-1
280
360
-1
300
390
-1
357
Annexes
Tableau i. Reynolds de mlange du module 1LL en fonction des vitesses superficielles de liquide et
de gaz.
Rem
Ugs = 0 m.s
-1
-1
-1
60
240
410
-1
120
290
470
-1
180
350
530
Rem
Ugs = 0,112 m.s
358
-1
-1
580
770
-1
630
830
-1
690
890
-1
-1
Annexes
-1
-1
-1
0,98
0,02
1,12
0,46
-1
0,98
0,06
0,97
0,25
-1
-1
-1
0,99
0,48
0,87
0,50
-1
0,92
0,28
0,88
0,28
Ugs = 0,038 m.s
Uls = 0,013 m.s
-1
-1
-1
-1
1 RP (20%)
en srie avec
1 RPA (80%)
1 RP (20%)
en srie avec
1 RPA (80%)
1 RP (20%)
en srie avec
1 RPA (80%)
1 RP (30%)
en srie avec
1 RPA (70%)
1 RP (30%)
en srie avec
1 RPA (70%)
1 RP (30%)
en srie avec
1 RPA (70%)
-1
359
Annexes
Module 1SS
-1
-1
-1
0.98
0,17
0,97
0,58
-1
0,80
0,07
1,07
0,54
-1
-1
-1
1,02
0,59
1,05
0,66
-1
1,11
0,50
1,16
0,48
Ugs = 0,038 m.s
360
-1
-1
-1
-1
1 RP (13%)
en srie avec
1 RPA (87%)
1 RP (13%)
en srie avec
1 RPA (87%)
1 RP (10%)
en srie avec
1 RPA (90%)
1 RP (20%)
en srie avec
1 RPA (80%)
1 RP (20%)
en srie avec
1 RPA (80%)
-1
Annexes
Module 1MS
-1
-1
-1
1,17
0,35
1,05
0,69
-1
0,89
0,34
1,18
0,74
-1
-1
-1
1,07
0,68
1,13
0,70
-1
1,03
0,49
1,20
0,49
Ugs = 0,038 m.s
Uls = 0,013 m.s
-1
-1
-1
-1
1 RP (8%)
en srie avec
1 RPA (92%)
1 RP (8%)
en srie avec
1 RPA (92%)
1 RP (8%)
en srie avec
1 RPA (92%)
1 RP (15%)
en srie avec
1 RPA (85%)
-1
361
Annexes
Module 3MS
-1
-1
-1
0,98
0,20
1,05
0,66
-1
1,08
0,32
1,13
0,64
-1
-1
-1
1,20
0,71
1,17
0,74
-1
1,12
0,65
1,19
0,66
Ugs = 0,038 m.s
362
-1
-1
-1
-1
1 RP (8%)
en srie avec
1 RPA (92%)
1 RP (15%)
en srie avec
1 RPA (85%)
1 RP (15%)
en srie avec
1 RPA (85%)
-1
Annexes
Module 1LS
-1
-1
-1
1,45
0,60
1,49
0,97
-1
0,96
0,30
1,27
0,87
-1
1,32
0,55
1,23
0,85
-1
-1
-1
-1
1,29
0,71
1,38
0,79
1,27
0,71
-1
1,36
0,76
1,37
0,65
1,51
0,66
-1
1,32
0,95
1,36
0,71
1,13
0,62
363
Annexes
Module 1LL
-1
-1
-1
1,18
0,38
1,03
0,69
-1
1,02
0,20
1,07
0,62
-1
1,07
0,19
1,19
0,52
-1
-1
-1
-1
1,06
0,76
1,05
0,74
1,03
0,71
-1
1,09
0,58
1,15
0,60
1,07
0,56
-1
1,11
0,53
1,16
0,50
1,20
0,47
Tableau t. Modles de racteurs pour le module 1LL diffrentes vitesses de liquide et de gaz (m.s-1).
Modles DTS
Ugs = 0,038 m.s
Uls = 0,013 m.s
-1
-1
-1
364
-1
-1
-1
1 RP (10%)
en srie avec
1 RPA (90%)
1 RP (10%)
en srie avec
1 RPA (90%)
1 RP (10%)
en srie avec
1 RPA (90%)
1 RP (10%)
en srie avec
1 RPA (90%)
1 RP (20%)
en srie avec
1 RPA (80%)
1 RP (20%)
en srie avec
1 RPA (80%)
1 RP (20%)
en srie avec
1 RPA (80%)
1 RP (20%)
en srie avec
1 RPA (80%)
1 RP (25%)
en srie avec
1 RPA (75%)
-1
Annexes
Annexes du Chapitre IV
Filtration de suspensions de bentonite 7 g.L-1
Figure c. Influence de laration sur le colmatage particulaire lors de la filtration dune suspension de
bentonite 7 g.L-1 au sein du module 1LL
pour Uls = 0,019 m.s-1 et Ugs = 0,012 et 0,127 m.s-1.
365
Annexes
Annexes du Chapitre V
Tableau u. Fractions de molcules dans lalimentation et le concentrat au cours du temps par rapport
lalimentation initiale lors de la filtration de surnageant sans aration, Ugs = 0 m.s-1.
Prlvement
Type de molcules
Poids molculaire
Alimentation initiale
-1
-2
-1
-2
-1
366
-2
-2
Substances
humiques
Protines
-2
> 10 kDa
< 1 kDa
< 1 kDa
1,00
1,00
1,00
0,49
0,64
0,75
0,29
0,55
0,69
0,17
0,66
0,71
0,05
0,62
0,72
0,01
0,56
0,68
0,00
0,58
0,68