SOCIETE
AUGUSTIN
BARRUE L
CENTRE D'ETUDES ET DE RECHERCHES
SUR LA PENETRATION ET LE DEVELOPPEMENT
DE LA REVOLUTION DANS LE CHRISTIANISME
/ courrier
: 62, Rue Sala 69002 LYON
LES JUDOS CHRTIENS DEPUIS QUMRAN
JUSQU'AUX ORIGINES DE L'ISLAM
PROPOS DES MANUSCRITS
DE LA MER MORTE
L'HRITAGE DES PAUVRES
RUDOLPH STEINER ET L'INSPIRATION
THOSOPHIQUE D'ASSISE
GNOSE ET PAGANISME
LE MONDIALISME II
LA GNOSE NOUS CONCERNE !
SOMMAIRE No27
Les judos chrtiens depuis Oumran
~usqu'auxorigines de l'Islam
A u cours de nos recherches sur les origines
d u Christianisme, sur celles de l'Islam et d u
Bouddhisme, nous nous sommes constamment
trouvs confronts au Judochristianisme, communaut religieuse la fois omniprsente et insaisissable. Nous avons pens qu'il serait bon de
l'tudier pour elle-mme d'aprs ce que les docum e n t s d e l'poque pouvaient nous fournir
comme renseignements.
Nous avons eu le sentiment, au cours de nos
recherches, de poursuivre une piste o manquent
la plupart des flches. Les documents concernant
cette Eglise sont rares, disperss un peu partout,
tags sur plusieurs sicles. Cependant un examen
attentif de ces textes nous montre qu'ils se rejoignent, se confortent mutuellement. Il existe, d'un
document l'autre, une continuit assez remarquable. Nous savons en effet que les croyances
religieuses et les habitudes liturgiques, une fois
solidement tablies, se transmettent fidlement
de gnration en gnration et sont donc assez
stables. Nous en avons conclu qu'il tait ncessaire de lire les textes rassembls en les confrontant
et en les clairants les uns par les autres et qu'il
fallait leur appliquer une cl intelligible, si l'on ne
voulait pas tomber dans l'extravagance ou l'incohrence.
Une premitre difficult de cette tude provient du fait que nous ne connaissons cette Eglise
judo-chrtienne que par ses ennemis : les accusations et les dnonciations des vques chrtiens et
des rabbins talmudistes, hritiers des pharisiens.
Elle se trouvait donc comme coinc entre
deux mondes religieux qui la rejetaient.
Une deuxitme difficult doit tre signale.
Nous ne possdons pas les textes authentiques de
cette Eglise. O r il est invraisemblable qu'une
communaut si nombreuse, rpandue dans tout
l'Orient pendant plusieurs sicles, n'ait pas possd des livres de doctrine, des manuels de liturgie,
des ouvrages de polmique contre ses ennemis.
Nous en avons conclu que toute cette littrature
avait tt systmatiquement dtruite au cours des
sicles par les vques chrtiens et par les rabbins.
Nous en avons d'ailleurs une preuve par les
dcrets des Papes qui dnonaient comme apocryphes les livres considrs comme hrtiques.
Le dcret du pape GBase est ainsi intitul : De
libris recipiendis et non recipiendis avec une
Notitia librorum apocryphorum qui non recipiuntur , dont le texte est repris dans le ddcret
de Gratien. Tout ouvrage rejet doit tre soustrait la lecture des fidtles. C'est le sens du mot
apocryphe .
Nous ignorons aussi les noms des vques,
des prtres, des matres de cette communaut
judo-chrtienne. O n peut dire qu'elle a tt bien
enterre et nous verrons que c'est le mot
propre.
Mais voici que, merveille, d'un seul coup en
1947, a t dterre toute la littrature judochrtienne des Ebionites, les Pauvres de
Jrusalem, retire des grottes de la Mer Morte
surplombant leur cimetire, le cimetire des
Saints , celui de Qumran. Enfin nous pouvions
prendre connaissance des textes authentiques de
cette communaut. Et nous verrons qu'ils sont en
parfaite connexion et continuit avec ce que nous
savons par ailleurs de leur doctrine.
Hlas ! Ce fut l'occasion pour les historiens,
de ressortir la vieille ltgende des Essniens. Ainsi
la lecture de ces documents a t fausse ds le
dbut par une vritable imposture.
LE MYTHE DES ESSNIENS 1
Toute la tradition chrtienne depuis les
dbuts d u Christianisme a affirm, avec une
1 - Pour bien comprendre les pages qui suivent. il est ncessaire de bien avoir prsent l'esprit ce que nous avons dvelopp dans notre
premier livre : "De la gnose l'Oecumnisme" ;ch. IV, "Unmythe historiqhe destructeur du christianisme".
continuit remarquable, que les Essniens et les
Thrapeutes dont parlent Philon d'Alexandrie et
Flavius-Jostphe ttaient les premiers moines chrttiens de Palestine. Il suffit de lire intelligemment
les textes d e ces deux tmoins pour s'en
convaincre.
Philon interprtte le nom des Essniens par
Vide de Saintet. Le mot syriaque Hasaya signifie pieux, saint et a servi dsigner les moines
d'Hbron.
Eustbe l'affirme dans son Histoire eccltsiastique .Voici comment il rsume Philon : Ils se
construisent, dit cet auteur, de petits oratoires
retirts dans la campagne, auxquelS ils donnent le
).
l
nom de monastres ( p o v a a ~ f i p ~ o vC'est
qu'ils passent leur vie, loin des autres mortels,
dans les exercices de la pit et qu'ils celtbrent les
MYSTRES augustes. La loi de Dieu, les oracles
des prophtes et les autres tcrits sont le sujet
continuel de leurs mditations. Le jour entier,
depuis le lever de l'aurore jusqu'au coucher du
soleil, est consacr de pieux exercices, au chant
des psaumes et des saints cantiques. Ils se reprocheraient de perdre, soigner leur corps, aucune
partie d'un jour qu'ils rservent tout entier la
contemplation des choses ctlestes. Ils ne prennent
donc qu'aprts le coucher du soleil, une nourriture
frugale et peu abondante. Ils ont, de plus, pour
animer leur solitude, les crits des hommes
ANCIENS qui ont fond4 leur religion et c'est l
qu'ils trouvent leur rgle de conduite et les
modhles qu'ils doivent imiter.
Nous avons soulign dans ce texte trois mots
clefs bien comprendre. Philon d t c r i t la
construction des oratoires comme une nouveaut,
inconnue donc d u Judasme orthodoxe. La vie
monastique est totalement absente de toutes les
religions anttrieures au christianisme et de toute
la tradition juive. Le vu de nazirat, qui pourrait
en tre rapproch, est provisoire et ne dispense
pas le juif p i e u du devoir de se marier et de procrer, obligatoire dans la loi de Mose. Seul, le
Christ a dit : Vendez vos biens, renoncez tout
et suivez-moi.
Les MYSTRES ? C'est le nom donnt dans
la liturgie syro-chaldtenne la Messe. E n
Aramen RAZE. Le mot est toujours au pluriel
pour designer les deux Saintes Esptces. 11 vient
du verbe raz qui signifie : initier des rites sacrh.
L'ordinaire d e la Messe, c'est l'Ordre des
Mysttres, Taksa d'Raz6 P.
Les hommes ANCIENS ? Ce sont les prtres ;
en aramen Quashisha qui veut dire :vieillard,
g. C'est le mme sens que le mot prtre, dtrivt
du grec. Philon prcise bien qu'ils ont fonde une
nouvelle religion. Ce sont donc ici les Aptres.
Eustbe ajoute : Ces crits dont parle Philon ne
sont autres que les Evangiles, les tcrits des aptres
et quelques commentaires composs par les docteurs du sitcle apostolique .Nous aurons i'occasion de les prsenter.
Or cette liturgie syro-chaldenne a t institude par les Aptres, en aramen. C'est bien la
liturgie des premires communauts chrtiennes
qui se rpandaient en Orient i'tpoque o fut
tcrit ce livre de Philon, c'est dire au milieu du
premier sitcle de l'tre chrtienne.
Continuons notre enqute. Un manuscrit de
Philon, recopit au Xe sicle et conserv la
Bibliothtque Nationale, est intitul : Sur les
fideles circoncis et convertis au Christianisme,
qui mtnent en Egypte la vie monastique qui
comporte la mention suivante : Quelques-uns
prttendent que ce livre de Philon ( Sur la vie
contemplative ) concerne des moines juifs
appartenant la secte des Nazartens, d'autres
soutiennent qu'il s'agit de juifi convertis, observant la loi de Mose comme figure de la Loi nouvelle ; d'autres enfin qu'il s'agit de parfaits chrtiens h. Dans les trois cas ainsi numtrs, nous
voyons qu'ils sont tous des disciples de JsusChrist.
Cette ide que les Essniens et les
Thrapeutes ont constitu une secte juive andrieure au Christianisme a t t lancts par les
Encyclopdistes au XVIIItme sitcle, comme une
machine de guerre contre la divinit de JsusChrist, devenu simple rpttiteur d'une doctrine
professe avant Lui et reue. Aussitt un rudit
btndictin, Dom Bernard de Mon&ucon rtagit
tnergiquement en dmontrant par un luxe de
preuves remarquables que les Essniens dcrits
par Philon ttaient des moines Chrtiens.
Les Thrapeutes et les Esseniens priaient
tourns vers l'Orient, les mains ttendues : Cel
s'observe, dit le P. de Montfaucon, chez les
anciens chrtiens, non seulement quant la posture et la situation, mais aussi quant la forme
de la pritre, que nous trouvons la mme dans les
constitutions apostoliques et dans les plus anciens
hymnes d u brtviaire. En effet, Clment
d'Alexandrie, Tertullien, Origne et Eustbe attes-
tent que les premiers chrtiens priaient Dieu les
mains tendues (expansis manibus) vers l'orient.
Ils demandaient, suivant le texte des
Constitutions apostoliques, un esprit vigilant,
une science sans erreurs et que le Saint Esprit descendt sur eux pour leur donner possession et
connaissance de la Vrit. Le matin venu, dit
Philon, leurs regards et tout leur corps se tournent vers l'orient, pour pier les premiers rayons
d u soleil levant. Quand ils les ont aperus, ils
tendent les mains au ciel, demandant un jour
heureux, la connaissance de la vrit et la lucidit
de l'intelligence. Saint Basile met l'usage de
prier vers l'orient au nombre des traditions qui ne
se trouvent point dans 1'Ecriture et n'en sont pas
moins inviolables, parce qu'elles sont venues des
Aptres. Cette pratique spciale, souvent mentionne par les Grecs distinguait les chrtiens des
juifs, auxquels il tait dfendu de se tourner vers
l'orient p o u r prier, sans d o u t e , prcise
Montfaucon, cause du penchant de cette nation
pour le culte des faux dieux et particulirement
du soleil et des astres.
O r cette prire appartient la liturgie syrochaldenne ; c'est mme l'un des plus anciens
hymnes, le LAKOU MAR. (A Toi, Seigneur n),
chant dans les premitres communauts chrtiennes. Pline le Jeune y fait allusion dans sa lettre
Trajan, q u a n d il dpeint les chrtiens de
Bithynie : Ils s'assemblent un jour fixe avant le
lever d u soleil, chantant alternativement un
hymne au Christ comme un dieu.
Nous continueront plus loin l'examen de
cette liturgie essnienne et nous verrons qu'elle
est spcifiquement chrtienne.
Le Mythe des Essniens . a t rpandu au
cours du XIXe sicle dans 1'Eglise par les visions
d'Anne-Catherine Emmerich, reprise aux encyclopdistes, grce au frre Clment Brentano,
puis divulgue admirablement bien dans la Vie
de Jsus par Ernest Renan, grce en particulier
la magie de son verbe et de son style ; elle a t
rejete cette poque par tous les historiens ecclsiastiques srieux.
Comment se fait-il donc qu'elle ait t relance nouveau au moment des dcouvertes de la
Mer Morte ? Nous ne pouvons passer sous silence
la prsence Qumran de M. Laperrousaz, grand
matre de la Libre Pense Franaise, prsident du
Cercle Ernest Renan, qui participe trs tt aux
fouilles, en compagnie du P. de Vaux et le dtour-
na de suivre les premikres conclusions portes sur
ces trouvailles par un rudit anglais, John Lewis
Teacher, qui avait tout de suite remarqu le caracttre bionite des textes. A la suite de quoi, tous
les ecclsiastiques qui se sont penchs sur ces derniers ont repris le mythe l'unanimit, en le
dveloppant dans la ligne de la plus grande extravagance imaginative. Nommons aprs M.
Dupont-Sommer, les pkres de Vaux et Danielou,
les abbs Carmignac et Puch, parmi une multitude d'autres. Le plus scandaleux, c'est l'inconscience de ces prtres qui, contre toute vrit, se
sont mis la remorque des mensonges d'Ernest
Renan, dveloppant ainsi l'intrieur de 1'Eglise
des thses qui ne peuvent que renforcer le plus
profond mpris pour la divinit de Jsus-Christ.
U n religieux, le P. O ' C a l l a g h a n , il y a
quelques annes, a pu dmontrer que deux fragments grecs taient manifestement chrtiens,
attribus St Paul et St Marc. Grand branle-bas
! Contestations violentes ! Un allemand, le professeur Peter T h i e d e organisa u n colloque
Eischtadt en octobre 1991 pour tudier cette
nouvelle donne. O n aurait pu penser que ces
messieurs les rudits allaient examiner les questions poses par cette trouvaille inattendue et
gnante : Que sont devenus les manuscrits dont
o n a retrouv ces fragments ? Y en avait-il
d'autres d u Nouveau Testament ? Ce qui paraissait logique et pouvait mettre en cause l'honntet des fouilles. Enfin on allait tudier la prsence
chrtienne Qumran ? Point du tout ! Ce colloque fut l'occasion de renouveler le roman des
Essnieens, agrment de quelques pisodes nouveaux, purement imaginaires, bien sr ! Un seul
spcialiste, le P. Schwank, prit la peine de dclarer
qu'aucune dcouverte archologique sur la colline sud-ouest de Jrusalem ne peut tre considre
comme spcifiquement essnienne. Il ne fut
pas cout, hlas ! E t la trouvaille d u P.
O'Callaghan fut consciencieusement K enterre .
Voil ce qui s'appelle du travail bien fait .
LES PAUVRES DE JERUSALEM
Dans les manuscrits de la Mer morte, il n'est
jamais question d'Essniens. Leur nom n'apparat
nulle part dans les textes. La communaut se
dsigne elle-mme par plusieurs noms : les S4nts
(d'o est tir le mot : Essnien !), les Justes, les
fils du Juste (bene sedec) , les Elus et surtout
les pauvres , bionim .Ce dernier terme est
constamment rpt, longueur de textes.
Citons : C'est dans la main des Pauvres que tu
livreras les ennemis de tous les pays.. . Bni soit
son nom, car il a sauv l'me des pauvres (ebion)
des humbles (ani) et des opprims (dal) . O n
pourrait multiplier les citations. Le mot bionim est donc la vdritable signature des auteurs
de ces manuscrits.
Si on prend la peine de bien tudier les bionites, on a la rponse toutes les difficults souleves. Les pauvres de Jrusalem s'taient tablis
dans des laures ou grottes amnages en cellules monastiques dans les Monts de Juda, le long
de la route d'Hbron, sur les versants de la valle
du Cdron, au dessus de la ville d'Engaddi, prcise Pline l'Ancien. Ils formaient la premire communautd monastique chrtienne, lie l'Eglise de
Jrusalem, sous l'autorit de St Jacques le Mineur,
premier dvque de la ville, frre du Seigneur,
dit le Juste , qui avait fait vu de nazirat, priait
au temple, tait vnr par le peuple. Il dtait la
colonne de IyEglise-Mre. C'est lui que le
Christ est apparu le premier aprs la rsurrection,
selon lYEvangiledes Hbreux. Il fait partie des
trois grands aptres, Pierre, Jacques, et Jean. Son
successeur sera Simon, fils de Clophas, toujours
cousin du Seigneur. Eusbe signale que les frres
du Seigneur conduisaient toute lYEglise,en tant
que martyrs et parents du Seigneur.
))
Ces Ebionites ne connaissaient que l'Ancien
Testament, plus l'Evangile dit des Hbreux ou
des Nazarens .Pendant un sicle 'environ,
jusqu'en 135 aprs J.C., ils ont vcu l, crivant
les commentaires appels apocryphes de
l'Ancien testament. Ils sont les auteurs du Livre
d'Hdnoch, des Oddes de Salomon, du Testament
des douze patriarches, des chants de la Sibylle.
Tout cela pour appliquer Jsus -Christ, le dernier et le plus grand des prophtes, qu'ils appelaient le Matre Juste (more sedec), toutes les
prophties antrieures.
La Comparaison des textes est assez loquente. St Mathieu avait dit : La bonne nouvelle est
annonce aux pauvres . (Traduisons : lYEvangile
est annonc aux bionites) Lorsque St Paul est
venu en 57 Jrusalem ; Pierre, Jacques et Jean
- lui ont rappel l'obligation de venir en aide aux
Pauvres : Nous devions seulement songer aux
Pauvres, ce que prtcisment j'ai eu cur de
faire , il s'agissait de la collecte en faveur des
Saints.. . de porter vos libralits Jrusalem ,
une contribution en faveur des Saints de
Jrusalem qui sont des Pauvres.
Les Pauvres , les Saints , ce sont les
mmes termes que l'on retrouve longueur
de pages, dans les manuscrits de Qumran. Avoir
attribu ces derniers de supposs Essnients
est de la dernire mauvaise foi. Absolument rien
dans les textes ne peut permettre une telle attribution.
Voici comment est prsents la premire communautd chrtienne de Jrusalem dans les Actes
des Aptres : Tous les croyants taient unis et
avaient tout en commun. Ils vendaient leurs proprits et leurs biens et en distribuaient le prix
tous, selon les besoins de chacun. O r l'assemble
des croyants n'avait qu'un cur et qu'une me et
personne ne disait sien ce qui lui appartenait,
mais tout ttait en commun entre eux.. Il n'y
avait aucun indigent parmi eux, car tous ceux qui
possdaient des domaines ou des maisons les vendaient en apportant le prix qu'ils ddposaient aux
pieds des Aptres et l'on distribuait chacun
selon ses besoins. O n voit ici la diffrence entre
le pauvre (ebion) qui renonce ses biens personnels et l'indigent (anaw), pauvre malheureux
sans ressources et qui n'existe donc pas chez les
chrtiens.
Ce texte est antrieur 70 aprs J.C., puisque
l'auteur des Actes ignore la destruction du
Temple. Voici la traduction que Flavius Josphe a
donne de ce texte dans sa Guerre Juive et
qu'il attribua aux soi-disant Esstniens :
Comptenteurs de la richesse, ils sont admirateurs
de la vie commune et l'on ne rencontre chez eux
personne qui soit plus riche qu'un autre, car c'est
la loi qu'en entrant dans la secte on abandonne
la corporation sa fortune, de sorte que personne
ne paraisse dans l'tat misrable de la pauvretd, ni
dans l'clat de la richesse. Toutes les possessions
tant mises en commun, ils n'ont plus, comme
des frres, qu'un seul patrimoine.. . Entre eux, il
n'y a ni achat, ni vente, mais chacun donne
l'autre ce dont il a besoin sans rien donner en
change. Ils peuvent librement se faire assister par
qui il leur plat. Flavius Josephe crit longtemps
2 - On reste confondu devant une telle incohrence. Ce sont les mmes professeurs d'histoire de l'Universit Fanaise qui, d'une part,
enseignent l'obligation de s'en tenir strictement aux textes authentiques sans les falsifier par des interprtations issues de thses prmatu*s
et qui, d'autre part, dans le cas qui nous occupe, ont tout de suite et sans rfrence aux manuscrits dcouverts impos avec tout le poids de
leur autorit morale la Lgende des Essniens.
aprs la ruine de Jrusalem et prsente la mme
communaut ou corporation des croyants que
le texte des Actes .C'est donc bien la preuve
que ceux qu'il dsigne sous le nom d'Essniens,
c'est--dire de Saints sont les chrtiens de la
primitive Eglise.
))
Etudions la liturgie de ces Ebionites appels
Essniens. Voici le texte de Qumran : Et quand
ils se runissent et qu'on a dress la table pour
boire le vin, que personne n'tende la main pour
entamer le pain avant que le prtre ( Cohen )
ne mette le premier la main au pain, car c'est lui
qui doit bnir l'entame d u pain et d u vin.
Ensuite, l'Oint d'Isral tendra sa main vers le
pain ... et toute l'assembls, chacun selon sa
dignit.. .
Texte bien comprendre. Le prtre oficiant
est appel cohen , ce qui veut dire sacrificateur.
Au Temple de Jrusalem, on appelait cohen, le
sacrificateur dsign par le Grand Prtre ce jourl pour offrir la victime. Dans la liturgie syrochaldenne, celle des Aptres, pratique dans
1'Eglise primitive, le prtre, lorsqu'il clbre les
Saints Mystres (nom de la messe), est appel en
aramen, Kahna, du verbe kahen, sacrifier et
dsign par l'archiprtre pour la clbration
eucharistique. Le prtre oficiant, Qumran est
donc bien un sacrificateur, sa victime, c'est bien
le pain et le vin. Le sacrifice d u pain et du vin est
la dfinition mme de la Messe. Il n'a pu tre pratiqu avant son institution par Jsus-Christ.
Lorsque le prtre sacrificateur a bni l'offrande, l'Oint d'Isral, alors, dsigne le Messie, c'est la
traduction du mot Messiah . O n peut le traduire galement en grec par le Christ , c'est le
c'est--dire l'oint
mot propre. ( K ~ ~ O Tmipiou,
OS
du Seigneur) Ds que le prtre a touch le pain
en prononant la formule de bndiction, le
Christ (c'est bien Lui) tend sa main sur
l'offrande. C'est une formule de prise de possession. Il en fait sa chose, son bien propre. Voil
une manire d'exprimer l'ide de transsubstantiation, selon le vocable actuel. Parce que, ne
l'oublions pas, l'Oint d'Isral a Ct mis mort par
le prtre impie , comme nous le savons par
ailleurs. Nous verrons mme qu'il a t ressuscit et qu'il pouvait donc reparatre chaque clbration.
((
Prdcisons encore. Le mot employ ici pour
dsigner le vin, signifie en fait le Mot m. Nous
savons que St Jacques avait fait le vu de nazirat
qui comprenait l'obligation de s'abstenir de vin
ferment. Voil une difficult rsoudre. Restait
le mot , en grec ~ X E U K O S , deux , en
hbreu metiqah D, vin lgrement ferment
pour qu'il puisse se conserver. L'Eucharistie se
clbrait le soir, en veille. Le jour d e la
Pentecte, les aptres se sont vus accuss d'tre
pleins de mot .C'est donc le mme terme que
l'on retrouve dans le texte de Qumran.
Nous allons poursuivre cette confrontation
des manuscrits de la Mer Morte avec ce que nous
savons de I'Eglise primitive Jrusalem.
JSUS-CHRIST,LE a MAITRE JUSTE
O n constate une certain flottement dans la
conception que se sont faite les Judo-chrtiens
sur la personnalit du Christ. Certainement, il est
divin. O n a trouv Qumran un fragment de la
quatrime grotte o il est salu du nom de fils
de Dieu et appel Fils du Trks Haut . Mais de
quelle divinit s'agit-il ? Il semble que la doctrine
de Ebionites ait vari au cours des sicles, comme
nous le verrons.
Dans les manuscrits de la Mer Morte on nous
dit que Dieu lui a fait connatre tous les mystres des paroles d e ses serviteurs, les prophtes , ; que ceux qui mprisent sa parole
seront retranchs du monde, ceux qui n'ont pas
reconnu son alliance ; qu'il est le prince de la
Communaut P. Dieu l'a tabli matre de Justice
pour btir la communaut de Vrit qui ne
chancellera pas , il leur a fait connatre par son
Oint, son Esprit Saint .
L'Oint du Seigneur, c'est le Messie, c'est donc
le Christ, puisque ce mot grec traduit exactement
l'htbreu messiah D. Il est aussi le Juste, le
sedec .Il est galement 1'Elu. Il a suscit pour
Lui des hommes appels de son nom afin de sauvegarder des rescaps B. Prcisons encore : Le
Dieu d'Isral, avec son Ange de Vrit, a crd
tous les esprits de lumires et de tnkbres. Il vient
en aide tous les fils de lumire. Le Messie est
d o n c bien considr comme u n Ange, un
Envoy, mais par son lu, Dieu jugera toutes
les nations et ceux qui pratiquerons la Loi
seront sauvs cause de leurs souffrance e t , d e
leur Foi au matre de Justice. Mieux encore :
a Ceux qui auront cout la voix du Matre et se
seront confesss, seront dans l'allgresse. Ils se
rdjouiront. Dieu leur pardonne. Leur cur se fortifiera et ils deviendront puissants et Dieu fera
rmission pour eux.
Voil un bon choix d'expressions appliques
au Messie des manuscrits. Il est associ
Dieu, d'une manitre vague, imprcise et fluctuante, dans la cration du monde, dans le jugement final des nations, dans la rmission des
pdchs, dans l'enseignement de la Loi, dans la
ralisation de toutes les prophdties dont il est
l'interprkte dfinitif. Nous retrouverons ces
hdsitations dans les jugements ports par les
Judo-chrdtiens sur la personnalitd du Christ.
Enfin le Matre Juste a dt crucifi et est
ressuscitd. Les textes de Qumran sont formels et
incontestables, comme on dit aujourd'hui. 1'1 est
dit dans un commentaire de Nahum :
Le lionceau furieux qui exera des vengeances sur ceux qui recherchent les choses flatteuses, lui qui suspendait des hommes vivants sur
le bois, ce qui ne s'tait pas fait en Isral antrieurement, mais celui qui a Ct suspendu vivant sur
le bois, on le vnrera.
Au dbut de l're chrtienne, Hrode le
Grand avait fait crucifier en grand nombre les
pharisiens qui s'taient rvolts contre lui. Car
ceux qui cherchent les choses flatteuses , ce
sont bien les pharisiens, indignts de voir un
asmonen impos comme roi par l'Empereur
Auguste au peuple juif. Le texte prcise bien que
la crucifixion tait un chtiment nouveau et scandaleux. O r l'expression suspendre vivant sur le
bois est courante dan la littrature juddo-chrtienne : Car notre vie, [a( qpav dit Cldment
d'Alexandrie, a t suspendue ( ~ ~ p e p h a f l sur
q ) le
bois (ECXov), pour notre foi (ELS ITLOTLV
q ' p ~ v ) . Notre vie, c'est bien Jsus-Christ, le
bois, c'est bien la Croix. Ces expressions, comme
le signale le Ptre Danilou, se retrouvent dans les
Testimonia o elles dsignent la crucifixion.
Quant la vnration d'un crucifi , nous
avons beau retourner an tous sens l'histoire de
l'humanit toute entire, nous ne connaissons
que Jsus-Christ et il est impossible, avec la
meilleure bonne volont, de contester le sens du
texte. Aussi sommes-nous scandaliss par ces
rflexions ajoutdes en note dans l'ouvrage de M.
Dupont-Sommer sur Les Ecrits Esseniens , la
page 281 : La phrase ferait allusion un personnage qui aurait souffert le supplice de la croix et
serait devenu objet d'invocation. Quel serait cet
extraordinaire personnage ? Par qui aurait-il t
crucifi ? Rien n'oblige penser qu'il aurait t
l'un des h u i t cent pharisiens crucifis par
Jannke..
))
Il n'est pas possible de se moquer plus effrontment d'une vrit qui saute aux yeux des moins
prvenus. M. Dupont-Sommer pose la question,
alors qu'il connat trs bien la rdponse. Il a les
yeux bouchs par une vidente mauvaise foi. Sa
haine du Christianisme est manifeste. Il suggre
mme une fausse piste pour troubler le lecteur,
en voquent un certain Janne qui n'a rien voir
avec la question.
Enfin le Messie a td ressuscitd . Voici le
texte d u commentaire de Nahum : Le prtre
impie a port la main sur le Matre Juste pour le
mettre mort, mais Dieu l'a rdveill en lui
envoyant son Esprit. Il l'a donc rveill de la
mort. Le texte est clair. C'est la rsurrection. Il
n'y a que Jsus-Christ qui la chose soit arrive.
O n voit dj s'esquisser une erreur sur la rsurrection. Jsus-Christ ne s'est pas ressuscitd lui-mme
par sa propre force divine, mais par celle de son
Pre. Saint Pierre l'a dit, au jour de la Pentecte :
Dieu l'a ressuscitd en le dlivrant des liens de la
mort. Encore dans les Actes des aptres, il est
dit : Le Dieu de nos Pres a ressuscit ce Jsus
que vous, vous aviez fait mourir en le suspendant au gibet. Le Christ ne porte donc pas en
lui-mme la plnitude de la puissance divine.
Voil le ddbut d'une ddrive doctrinale qui aboutira plus tard la ndgation pure et simple de sa
divinitd.
Ainsi nous pensons que les textes cits dans
ces dernires pages sont suffisamment explicites
et que le Matre Juste dcrit dans les manuscrits ne peut tre que Jsus-Christ.
LA DESTRUCTION DU TEMPLE EN 70
Ce fut l'vnement-cl de toute l'histoire
d'Isral, la catastrophe ddfinitive qui devait marquer l'chec final du Judasme dont il ne s'est plus
jamais relev. Il y avait l un signe divin. Dieu
avait abandonn son peuple tlu.
Distinguons trois dtapes dans cet abandon
par Yahv.
Dieu tait prsent dans l'Arche d'Alliance et
dans le Saint des Saints au Temple de Jrusalem.
Au moment de la mort d e Jsus sur la croix,
le rideau du Temple, crit St Mathieu ;se dchira en deux, du haut en bas. Saint Jrme prcise le sens de cette dchirure : Le voile du Temple
se dchira en deux pour accomplir ce qui est
rapport4 par Josphe, savoir que les puissances
invisibles qui prsidaient au Temple avaient
dit : Abandonnons ces demeures. Et l'auteur
d e 1'Epitre aux H t b r e u x fait remarquer :
le Christ entre une fois pour toutes dans le
sanctuaire, non pas avec du sang de boucs et de
jeunes taureaux, mais avec son propre sang,
nous ayant acquis une rdemption ternelle.
Ceci pour faire comprendre aux judo-chretiens
auxquels l'auteur s'adresse qu'il ne faut plus
regretter le culte du Temple, puisqu'il est prim.
C'est le dbut d'une incomprhension qui va
progressivement se dvelopper jusqu' la rupture
entre ces derniers et le reste des Eglises chrtiennes non juives.
La deuxime tape, c'est le sige d e
Jrusalem par les Kittim, c'est--dire les Romains
et la destruction d u Temple par les soldats de
Titus. C'est au cours de cet vnement que se
situe l'pisode d e la mort d u prtre impie, telle
qu'elle est prsente dans les textes dcouverts
Qumran. Il s'agit d e Hanan, comme nous
l'avons dtmontr.3 Il tait le fils d'Anne, celui qui
avait condamn mort Jsus-Christ. Il tait sadducen, et il avait fait jeter du haut du mur du
Temple, Saint Jacques le Juste , frre d u
Seigneur, vque d e Jrusalem et Pre des
Ebionites.
Il fut le dernier grand-prtre. Mont l'assaut
d u Temple pour le reprendre .aux Zlotes qui
l'occupaient, il faut vaincu, torturt et mis mort
par eux, tandis que les lgions romaines attendaient le massacre final pour donner l'assaut la
ville. Les textes sont formels et prcis et ne laissent aucun doute : Le prtre impie dont on exigera justice pour ce qu'il a fait aux Pauvres (ebionim), car Dieu le condamnera l'extermination
comme il a mdit d'exterminer les Pauvres (ebionim) ... La citt de Jtrusalem dans laquelle le
prtre impie a commis des actions abominables et
il a souill le sanctuaire de Dieu.. . 11 a vol le bien
des Pauvres (ebionim) . .
Plus loin : Le prtre impie, qu' cause du
3 - cf. De la Gnose 1'Eucumnisme p. 1 10 et 1 1 1
pch commis contre le Matre de Justice et ses
partisans, Dieu a livr aux mains de ses ennemis.. . Parce qu'il avait commis un crime l'gard
de son Elu. Autre texte : Dieu ne laissera pas
impuni le prtre impie pour l e sang qu'il a vers,
mais lui Dieu payera sa rttribution en le livrant
aux mains des violents pour exercer sur lui sa vengeance.
Prcisons encore : A la fin du temps d u
repos, le Matre de Justice s'est manifest eux
pour les engloutir.. . O r ce combat des troupes
juives, menes par le grand prtre Hanan l'inttrieur du Temple pour en chasser les Zlotes se
dtroulait le jour des Farpiations, jour redoutable
pour le grand prtre. La tradition talmudique a
conserv galement l'histoire d ' u n ange d u
Seigneur dont l'apparition (le texte de Qumran
emploie le verbe hphia : il apparut) a entran
la mort du sadducen impie, dans le Saint des
Saints, le jour de l'Expiation. Enfin, le commentaire d'Habacuc mentionne le pillage des derniers prtres de Jrusalem dont les trsors sont
tombs aux mains des Kittim , c'est--dire des
Romains.
Un Ange, dit Flavius Josphe, gardait le
Temple et l'abandonna lors de sa destruction par
Titus et la Didascalie prcise : Quand Dieu
abandonna le peuple, il laissa leur Temple dsert,
il dchira le voile, il en retira son Esprit Saint et il
le rpandit sur ceux qui crurent parmi les
Gentils.. .
))
Les Judo-chrtiens de Jrusalem avaient
abandonn la ville et s'taient retirs en OutreJourdain, Pelia. L aussi, les textes de Qumran
sont explicites : Les pnitents d'Isral ont quitt
le pays et se sont exils, l'poque finale de la destruction du pays.. . Ils sont sortis de la maison de
discorde - la ville sainte - et se sont appuys sur
Dieu au temps o Isral tait infidle. ))
La tourmente passe, les Chrtiens de Pella
sont revenus Jrusalem ; d'autres se sont
fixs dans cette ville, de sorte qu' partir de 70,
les chefs de la communaut judo-chrtienne
sont vques de Jrusalem et d e Pella. J'ai
appris, crit Eustbe, par des documents
crits que, jusqu'au sige des Juifs sous Hadrien
en 135, il y avait eu Jrusalem une succession
de quinze vques, que l'on dit avoir tous &ts
des Hbreux de vieille souche. En effet, I'Eglise
entire de Jrusalem tait alors compose d'Hbreux fidles. Et Eustbe les
appelle vques de la circoncision .
Quel tait l'ttat d'esprit de ces Juifs fidtles ? A
la fois une grande colhre contre les derniers
prtres qui, par leur perstcution des chrttiens et
des Pauvres , avaient attirt le chtiment divin
sur la ville Sainte, appele ce moment la maison de discorde .Mais aussi une violente haine
contre les Romains destructeurs du Temple et
outils de la vengeance divine. Cependant ils restaient marques par un attachement indestructible
aux promesses divines. Ils avaient retenu la prophetie de Jtsus-Christ, qui prenait brusquement,
devant sa ralisation manifeste, un sens
renouvelt : Je reviendra bientt et je reconstruirai le Temple en trois jours.
Les judto-chrttiens ttaient soulevs par une
immense esprance. Il fallait donc prparer ce
retour d u Matre et l'aider raliser sa promesse.
Selon les textes de Qumran, ils attendaient
I'arrivte d'un prophtte et des Messies d'Aaron
et d'Isral. L'auteur de l'ptre aux Hbreux leur
avait bien expliqu que le Messie tait dj venu,
qu'il tait la fois roi et prtre selon l'ordre de
Melchisedec (le roi juste ). Le melchi-sedec
et le more sedec taient donc bien la mme
personne. D'ailleurs I'Evangile de l'Enfance, dans
Saint Luc, prcisait bien que Jsus ttait fils de
David par les anctres de Joseph et fils
d'Aaron , puisque Marie tait sa mtre et parente
d'Elisabeth qui ttait des filles d'Aaron B.
Toute cette argumentation biblique ne pouvait dtourner les judo-chrtiens de cette esprance puissante qu'ils mettaient dans la reconstruction du Temple. Il fallait pour cela prparer
une armte capable de reprendre la ville aux
Kittim. Ils composrent une Rtgle d e la
Guerre qui dcrivait la quarantaine d'annes
prvues pour l'extermination des Romains. C'est
le Combat des Fils de Lumire (eux, les JudoChrtien) contre les fils des Ttnbres (les
Kittim ou Romains) pour lequel on organise des
camps o les hommes seront regroups par dix,
cent et mille, selon l'ordonnance des lgions
romaines. Il fallait aussi prtvoir les richesse ntcessaires l'armement de la Guerre Sainte. Les
bionites taient bien des pauvres par vu
personnel, mais la Communaut tait immenstment riche, puisqu'elle collectait les dons
envoys per toutes les autres communauts chrtiennes de la diaspora.
O n a retrouv ce rouleau de cuivre, sorte de
catalogue des trsors cachs Jrusalem et dans
les environs immdiats ainsi que des objets du
culte et des vtements sacerdotaux pour rttablir la
liturgie sacrte du Temple. O n a not parmi les
lieux de cachette l'emplacement de la tombe du
Juste et I'on n'a mme pas remarqu que le Juste
en question ttait Saint Jacques le Mineur qui, jet
du haut du mur du Temple, avait tt enterrt tout
prts.
Ainsi pensait-on prparer le retour du Christ,
le Prince de la Communaut du rouleau de la
Guerre. A la tte des Fils de Lumitre, venus de
Judte et de la diaspora, il montera du dsert, dans
la direction de Jrusalem. Il livrera bataille range
sous les murs de la Ville Sainte, contre les Kittim
qui seront venus de la valle d'Acher. Aid de
I'armte des Anges, il reprendra la ville, reconstruira le Temple et prtparera ainsi l'arrive triomphale du Messie-Prtre qui rttablira le culte sacrificiel. Rve grandiose qui se lit dans les manuscrits de la mer Morte.
Htlas ! Au cours d'une troisime ktape, cette
grande esptrance s'croula d'un seul coup parla
faute des Zlotes. Excits par Bar Kochtba, le
Fils de 1'Etoile , ils s'efforcrent de prvenir
cette victoire judo-chrtienne, en lanant leurs
hommes contre les Romains, dans une guerre
absurde et. dsespre. Nous savons par Saint
Justin que dans la dernitre guerre de Jude, BarKochtba, le chef de la rvolte, faisait subir aux
chrttiens, et aux chrtiens seuls, les derniers supplices, s'ils ne reniaient et ne blasphmaient JsusChrist.
'
))
Le coup fut dtfinitif. L'Empereur Aelius
Hadrianus dttruisit la ville, expulsa tous les Juifs
de Palestine et reconstruisit une ville grecque,
Aelia Capitolina .Nous sommes en 135 aprts
J.C. Une nouvelle communaut chrtienne
s'installa alors dans la nouvelle ville avec un
dvque grec du nom de Marc. Une nouvelle communaut monastique roccupa les laures des
Ebionites et fonda un nouveau monasttre. Il
nous en reste aujourd'hui les ruines du Khirbet
Mird, dans les Monts de Juda, p r h de la vallte du
Ctdron, o I'on a retrouvt des fragments de
manuscrits grecs du Nouveau Testament.
Ces moines chrtiens de rite grec ont rassembl, tri4 et mis de ct les textes judo-chrtiens
et tbionites abandonntes dans les laures .
Considrs comme hrtiques et donc apo-
cryphes , il fallait les soustraire A la lecture des
fidtles. Ils ailtrent les jeter dans les grottes-poubelles ou gueniza , sur les falaises qui dominent leur cimetitre, celui des Saints , prts du
Wadi Qumran.
Si l'on a pris soin d'tudier 1'Eglise judochrtienne de JQusalem, la lumitre des manuscrits de la Mer Morte, on aura remarqu combien
ces deniers s'inscrivent exactement dans la succession des vnements. O n aura galement remarqu qu'ils ne prennent un sens intelligible que si
on les confronte l'histoire de la Communaut
des Ebionites avant leur dispersion par les lgions
d'Hadrien.
Voil plus de quarante ans que les historiens
qui ont confisqu les documents de la Mer
Morte s'acharnent identifier Matre de Justice et
Prtre Impie. Ils n'ont toujours pas trouv et
toutes les hypothses bties depuis ce temps-l
ont d tre abandonnes. Mais ils refusent obstinment de regarder dans la seule direction qui
leur donnerait la cl du mystre. O r il n'y a pas
de mystre. La cl est toute simple. L'histoire est
trs claire. N,ous croyons avoir suffisamment et
dfinitivement dmontr que ces manuscrits sont
bien les textes authentiques des Pauvres de
Jrusalem, les moines bionites.
LA DOCTRINE JUDO-CHIU?TIENNE
Aprs leur expulsion de Palestine, les chrtiens de Jrusalem et ceux de Pella abandonnrent
la Batane o ils avaient migr et partirent Sinstaller dans le dsert de Chalcis, pr&sde la ville de
Br en Syrie. De l ils se rpandirent dans
toutes les villes d'orient, mais surtout en Syrie.
Ils taient objet de mpris pour leurs fr&resrests
fidtles aux rabbins qui les appelaient Galilens
mais surtout nazarens. Ceux-ci, convertis d u
Judasme, ne s'indignaient pas d'tre ainsi
dnomms, cause de Jsus de Nazareth et en
souvenir des clbres nazarens de l'Ancien testament, ces hommes si parfaitement consacrs
Dieu comme l'avaient t Samson et Samuel.
Parmi ces Nazarens, ceux qui formaient la
communaut des Ebionites des Pauvres
donc conservtrent leurs regles monastiques de
sorte que leurs communauts constituent des
sortes d'glises-synagogues-monastres. Nous
savons en effet, par la tradition chaldenne, que
))
les premitres communauts chrtiennes avaient
conserv les usages de la liturgie synagogale auxquels ils avaient ajout la clbration des SaintsMysttres, c'est-A-dire de la Messe. leurs difices
taient des synagogues o l'on avait rserv une
niche, avec une lampe-veilleuse pour la conservation des saintes Esptces. O n l'appelait le Saint des
Saints ou Tabernacle.
Saint Jrme a t frapp par la persistance
et la vitalit de ces communauts judo-chrtiennes pendant plusieurs sicles. Dans une lettre
Saint Augustin, il prcise : Que dirai-je des
Ebionites qui feignent d'tre chrtiens ?
Jusqu'aujourd'hui, dans toutes les synagogues de
l'orient, il y a chez les Juifs une secte qu'on appelle les Minens , qui est condamne par les
Pharisiens. O n les appelle vulgairement
Nazarens. Ils croient au Christ, fils de Dieu, n
de la Vierge Marie et ils disent que c'est lui qui,
sous Ponce-Pilate, et a souffert et a ressuscit.
En lui nous aussi, nous croyons, mais tandis
qu'ils veulent tout ensemble tre juifs et chrtiens, ils ne sont ni juifi, ni chrtiens. ))
Ils taient condamns par les rabbins talmudistes sous le nom de Minens n,, c'est-A-dire
d'hrtiques. En effet, convertis au Christianisme,
ils taient considrs comme des rengats :
Depuis les aptres jusqu' aujourd'hui, crit
Saint Jrme dans un commentaire d'Isae, les
chefs des Juifs perstvkrent dans leurs blasphtmes
et trois fois par jour, dans toutes les synagogues,
sous le nom de Nazarens, ils anathmatisent le
nom de chrtiens. Ils avaient ajout leurs
prires de dix-huit bndictions, une formule de
maldictions contre les Nezrim , ainsi rdige
par le patriarche Gamaliel II : Que pour les
calomniateurs (les apostats), il n'y ait pas d'espb
rance et que tous ceux qui commettent l'iniquit
(le royaume impie) en un instant soient dtruits
et qu'eux tous (les Nazarens et les hrtiques)
bientt soient supprims et humilis prochainement dans nos jours, les superbes, qu'ils soient
effacs du livre des vivants et qu'avec les justes ils
ne soient pas crits, Bni sois-tu, Seigneur, qui
brises les ennemis et humilies les superbes.
))
Dans les livres juifs, ils taient encore fltris
sous les noms de Samaritains (synonyme d'hrtiques), d'Edomites (les ennemis les plus abhorrs
des Juifs), d'hommes diaboliques, d'impies,
d'adorateurs des astres.. .
Voici comment Saint Irne les prsente dans
son
Contra Haereses
Ceux qu'on appelle
Ebionites admettent que le monde a t fait par
le vrai Dieu mais, pour ce qui concerne le
Seigneur, ils professent les mmes opinions que
Crinthe et Carpocrate (c'est--dire qu'ils nient sa
divinit). Ils n'utilisent que l'Evangile selon
Mathieu, rejettent l'aptre Paul qu'ils accusent
d'apostasie l'gard de la Loi. Ils s'appliquent
commenter les prophties avec une minutie
excessive. Ils pratiquent la circoncision et persvrent dans les coutumes lgales et dans les pratiques juives, au point d'aller jusqu' adorer
Jrusalem, comme tant la Maison de Dieu.
))
Les judo-chrtiens ne connaissent pas le
Nouveau Testament. Ils restent fidhles l'Ancien
Testament auquel ils ajoutent 1'Evangile de St
Mathieu ; mais au cours des sitcles, ils n'avaient
pas hsit en altrer le texte et y introduire des
nouveauts considres par les vques chrtiens
comme des hrsies. O n l'appelait 1'Evangile des
Nazarens ou des Ebionites.
Jsus-Christ, disent-ils, est le plus grand des
prophttes, mais dans la ligne de l'Ancien
Testament. Sans doute est-il Fils de Dieu, puisqu'il l'a soutenu devant le sanhdrin, mais cette
filiation est reste obscure et incertaine chez eux.
Saint Jrme crit en 415 aprs J-C. : C'est un
ouvrage rdig en syro-chaldc?en, mais crit en
lettres hbraques. Les Nazarens s'en servent
jusqu' ce jour et l'appellent 1'Evangile des
Douze, mais la plupart des Chrtiens le nomment Evangile selon St Mathieu. on le trouve
dans la bibliothque d e Csare (Alep, en
Syrie). Saint Jrme reut ses premires leons
de langue hbraque d'un moine bionite de
Bro, q u i avait rpudi les pratiques des
Nazarens et lui avait communiqu le texte de cet
Evangile.
Les Ebionites avaient suivi Crinthe et
Carpocrate en niant la divinit de Jsus. Ils
voyaient en lui un pur homme, issu de la race de
David, fils de Marie et de Joseph. A l'aide de la
gnrialogie de St Mathieu, ils croyaient pouvoir
dmontrer que le Sauveur tait vritablement n
de Joseph.
-- Ensuite, ils ont identifi le Christ avec l'Ange
du Seigneur, comme nous l'avons vu dans le
texte de Qumran. Hippolyte, dans un commentaire sur Daniel, veut reconnatre le Verbe dans
l'Ange qui descendit dans la fournaise pour
dfendre les trois enfants : Cet Ange est celui
qui a reu de son Pre la puissance de juger.. .
C'est cet Ange qu'Isae dit : Son nom est Ange
du Grand Conseil ! C'est lui qui est apparu
Abraham sur le rocher du Sacrifice, Mose sur le
mont Sina. C'est lui qui annonce les mystres du
pre. Il est l'Envoy, le messager de Dieu.
Novatien affirme galement qu'il est apparu
Agar et s'efforce de concilier la notion d'Ange
avec celle de Dieu : Si donc cette apparition ne
convient pas la personne du Ptre, dont on ne
peut dire qu'il est un Ange, ni la personne d'un
Ange pour ne pas dire qu'il est Dieu, elle
convient la personne d u Christ, puisqu'il
annonce le dessein de son Pre. Les hrtiques
(c'est--dire les Ebionites) doivent donc comprendre qu'ils trahissent l'criture en croyant que
le Christ est un Ange sans vouloir le proclamer
Dieu, alors qu'ils lisent ses nombreuses visites au
genre humain dans l'Ancien Testament.
Les Nazarens, dit Thodoret de Cyr, la fin
du VO sicle, sont des Juifs qui honorent le
Christ comme un homme juste (cf. le more
sedec des manuscrits de la Mer Morte). Ils
nient la possibilit d'un Dieu trinitaire. Basile de
Csare faisait remarquer que les Juifs taient
exasprs par le dogme et l'assimilaient au
polythisme. Ce sont des notions que l'on va
retrouver dans le Coran.
Les vques chrtiens ont lutt avec une nergie et une persvrance remarquables contre la
tentation de judaser renouvele parmi les
chrtiens. Leurs condamnations et leurs mises en
garde rptes pendant plusieurs sicles montrent
leur inefficacit. C'est que l'attrait d u JudoChristianisme tait trs puissant. Jsus-Christ
avait dit : Ne croyez pas que je sois venu abolir
la Loi. Non, je suis venu, non pour abolir mais
pour accomplir. Ce qui pouvait s'entendre de
deux faons : La Loi accomplie, acheve, parfaite
devenait primde dans ce qu'elle avait de provisoire et d'inachev. Ce fut l'enseignement des
aptres et des vques qui les suivirent. Mais les
Nazarens ont compris la formule du Christ dans
ce sens qu'ils devaient lui rester intgralement
fidles et y ajouter les conseils vangliques de
perfection, tels que les pratiquaient les Ebionites.
Pour tre parfait ,il fllait rester fidtle toute
la Loi, sans en omettre les moindres prceptes
avec une minutie excessive. Cependant, ils rejetaient l'exemple du Christ, tout ce que les rabbins y avaient ajout dans les prescriptions du
Talmud. Encore un motif de haine de la part de
ces derniers.
Les pratiques juives devaient tre rigoureusement appliques. Au III0 sicle, les Homlies
Clmentines prcisaient : Voici ce qui plat
Dieu, lui adresser des pritres, le supplier, quoique
tous ses dons soient rendus gaux par la Loi,
s'abstenir des repas dmoniaques, ne pas manger
de viande non gorger rituellement, ne pas toucher au sang, viter toute souillure. La loi du
christ est identifie celle de Mose. 1'Eglise de
Jrusalem a la primaut sur celle de Rome. Ces
Homlies crites Rome sont l'uvre d'un
bionite.
Saint Jrme leur dit, dans un commentaire
sur Isae : Que les Ebionites coutent, eux qui,
aprs la passion d u Christ et l'abolition de la loi,
pensent qu'elle doit cependant tre observe.
Qu'ils coutent, les amis des bionites qui Pensent que les sacrifices doivent tre offerts par les
Juifs seulement e t par la race d'Isral e t
Thtodoret de Cyr mentionnait qu'ils observaient le sabbat selon la Loi juive et sanctifiaient
le dimanche selon notre coutume. Et Saint
Augustin, dans son Traitt sur les hrsies , crit
en 428 ap. J.C. protestait contre les Nazarens
qui tout en confessant que le Christ est fils de
Dieu, observant cependant tous les prceptes de
la loi ancienne, que les chrtiens ont appris par la
Tradition apostolique ne plus comprendre de
faon charnelle, mais spirituelle. Il ajoute que
les Ebionites disent mme que le Christ n'est
qu'un homme, qu'ils observent les commandements charnels de la Loi, c'est-A-dire la circoncision et tous les autres d u poids desquels le
Nouveau Testament nous a librs.
Saint Jrme, lui aussi, s'est lev contre
l'usage de la circoncision, l'observance du sabbat,
l'immolation d'un agneau la Fte de Pques et
i'observation du jeune d u Kippour.
Peine perdue, les Chrttiens restaient attirs
par les pratiques judo-chrtiennes. Les
Nazarens montraient avec conviction qu'il ne
fallait pas couper la tradition en deux, qu'il fallait
la recevoir et la respecter toute entitre jusqu'aux
prceptes du Christ compris, si I'on voulait devenir parfait .Nous retrouverons le mme tat
d'esprit dans la rdaction du Coran.
Enfin les Nazarens attendaient toujours le
retour du Christ, la reconstruction du temple et
le rtablissement d u culte sacrificiel. Le Messie
4 - cf. De la gnose l'ucumnisme p. 105 a 107.
allait revenir bientt, redescendre triomphant des
cieux, suivi d'une arme d'anges, pour restaurer le
trne de David et rtablir le Royaume .Alors,
eux, les Saints , les Pauvres rgneraient avec
lui sur les douze tribus et domineraient le monde.
Ils attendaient galement la venue d'un prophtte,
annonciateur du Messei. Il s'agissait du prophtte
Elie, dont le retour devait annoncer la fin du
monde. Le Messie n'avait pas pu paratre encore
puisqu'il devait suivre le retour d'Elie, comme le
dit le prophtte Malachie : Voici que je vais
envoyer Elie, le prophke avant que n'arrive mon
jour, grand et redoutable. Il ramtnera le cur des
pres vers les fils et le cur des fils vers leurs
pres, de peur que je ne vienne frapper le pays
d'anathtme. O r cette prophtie tait vndrte
chez les gens de Qumran, et reprise par les Juifs
carates, leurs hritiers. 4
Une apocalypse d e Pierre, d'origine judtochrtienne, faisait dj allusion au retour d'Enoch
et d'Elie et l'apocalypse de Saint Jean avait
annonc : J'enverrai mes deux tmoins prophb
tiser pendant mille deux cent soixante jours,
revtus d e sacs. ..
Mais les vques pouvaient opposer cette
attente eschatologique des Nazarens, le texte
mme de 1'Evangile de St Mathieu : En effet,
Jsus a dclar : Oui, Elie doit revenir et tout
remettre en ordre, mais je vous le dit, Elie est dj
venu et ils ne l'ont pas reconnu, mais I'on trait h
leur guise. Et le fils de l'homme aura de mme
souffrir d'eux. Alors les disciples comprirent que
ces paroles visaient Jean-Baptiste. Telle est
l'interprtation d u Christ sur la prophtie de
Saint Malachie. Saint Jrme nie trts nettement
la croyance au retour d'Elie. Dans son commentaire sur Malachie, il crit : Les Juifs et les hrtiques judasants (nous dirions le Nazarens et les
chrtiens qui s'efforaient de les imiter) pensent
qu7Elie doit venir avant le Messie qui rtablira
toutes choses. Aussi dans I'tvangile, cette question est-elle pose au Christ : Pourquoi les pharisiens disent-ils qu'Elie doit venir ? - Le Christ
leur rtpondit : Il est vrai qu'Elie viendra et si vous
voulez le croire, je vous dirai qu'il est dj venu.
Par Elie il voulait dire Jean-Baptiste. C'est pourquoi les Pres de 1'Elgise ont affirm que toutes
les prophtties ont t accomplies dans le Christ et
qu'il n'y a plus A attendre Elie, mais seulement le
retour glorieux du Seigneur la fin des temps.,
Nous constatons nouveau qu' partir de 135
ap. J.C. et de la dispersion des juifs en Orient,
nous ne trouvons plus les textes authentiques des
Nazartens et que nous ne pouvons connatre leur
enseignement que par les accusations des vques
chrttiens et des Ptres de 1'Eglise.
UNE DRIVE GNOSTIQUE
Disperss en Orient, surtout en Syrie, privs
d'une autorit inconteste, comme celle de saint
Jacques le Mineur, donc d'un magisttre doctrinal
stable les communauts des Nazarens devenaient
une proie facile pour les matres de la Gnose,
nombreux surtout en Syrie.
Le premier responsable de cette drive doctrinale, c'est bien videmment P h i l o n
d'Alexandrie. Son Logos platonicien fut assimil
Jtsus-Christ. Il le dtsignait sous le nom de
Premier Ange, le .rrp~os'ayyeXos qui avait
participt la cration du monde. C'est bien A lui
que rdpond le Prologue de Saint Jean : Le Verbe
tait Dieu (et non un Ange). par lui tout a t fait
(Il est donc le vrai crateur, et non seulement un
participant de cette crtation) et rien de ce qui a
tt fait n'a t fait sans lui. Il est venu parmi les
siens (Il tait donc pleinement homme et non
ange) et les siens ne l'ont pas reu mais il a donn
tous ceux qui l'ont reu (et non pas seulement
aux Saints, aux Parfaits) le pouvoir de devenir
enfants de Dieu.. . etc.
Le prestige d e Philon parmi les judoChrttiens a permis la pense platonicienne de
ptntrer dans la doctrine des Nazartens et de prparer les futures dhiations gnostiques.
Le culte de Saint Jacques a t trs vite dvi
en direction d'un sottrisme. Clment, dans les
Hypotyposes , le range ct de Jean et de
Pierre parmi ceux qui ont reu la Gnose d u
Christ ressuscit. Les Reconnaissances clmentines, la Seconde apocalypse de Jacques trouvte Nag Hammadi, la notice le prsentent
comme dtenteur des secrets du Seigneur.
((
))
O r plusieurs sectes gnostiques d'origine
judo-chrtienne l'ont vnr comme la perfection de la Saintet. les Naasstniens, adorateurs du
Serpent, les Elkasaistes prdtendent avoir reu de
Saint Jacques une rvtlation plus parfaite que les
Nazartens. Jtsus, selon eux, ttait l'homme
accompli en qui s'ttait incorpor finalement le
Verbe du Pre, devenu 1'Eon-Christ.
Jtrme Carcopino nous a prsent nagure
les judo-chrtiens ou Nazarens de l'hypoge
des Innoncents dans les catacombes d e SaintSbastien ii Rome. Ils s'appellent les Justes,
ils reposent parmi les Bons, - in bonis - d u
a y a o ~ s -au milieu des Justes - pETa TCSV
8lKalc;Svfi KO~CL?~(TLS,
la dormitio inter dicaeos
- souviens-toi, Ptre, avec tous les Justes .Ils
sont les
Innocents (ex : Nazareus
Innoncentius). Ils portent des noms hermtiques, donc en rfrence la Gnose d'Hermts
Trismtgiste : Hermesianus, Titus Flavius
Hermes, Marcus Ulpius H e r m t s , Aelius
Hermes .Ils portent l'ascia au fronton de
leurs sttles. Ils sont donc des Nazartens dj
imprtgns de Gnose, accueillis dans un cimetitre
chrtien, mais dans un espace rservt et stpar
des autres tombes chrtiennes. O n aura remarqu les patronymes de la gens impriale : Titus Flavius - Aelius (en rtfrence Hadrien). Nous
savons que les gnostiques avaient pris l'usage
de reprsenter le Christ sous la forme d'un
Hermbs criophore, c'est--dire porteur d'agneau. Cette hypoge date du second sicle de
notre tre.
Plus tard, au troisieme sicle, les Pres lutttrent contre une rsurgence du judo-christianisme tendance gnostique, la secte arienne des
AnomCens, qui assurent que le Fils de Dieu est
infrieur au ptre. Ecoute, toi aussi, fulmine
Saint Basile de Csare, qui, nouveau circoncis,
soutiens le judasme en feignant le christianisme.
D'o t'es venue l'intolrable impit de prtendre
que le Fils n'est pas semblable au Pre ?...Que
I'anomen rougisse de honte, que le juif rfltchisse, que le fidtle trouve sa joie dans la vraie doctrine. De mme Saint Jean Chrysostome partit en
guerre contre les chrtiens qui observaient les
ftes juives et frquentaient les synagogues.
Prcisons bien qu'il s'agissait des synagoguesglises des Judo-Chrttiens. Dans ses traitts
Homlie contre les Anomens , Le ChristDieu , Discours contre les Juifs , (entendons
toujours les judo-chrttiens nazarens) il proteste
contre leurs accusations. Ces anomtens, comme
les Nazartens, accusent le Christ d'appeler Dieu
son Ptre et de se faire i'tgal de Dieu, Du reste,
prcise-t-il, notre argumentation ne se borne pas
les confondre, elle confondra avec eux les partisans de Marcion, de Mants, de Valentin et de
tous les Juifs ensemble.
((
))
((
((
((
O n le voit, peu peu les Nazarens se sont
laissts gagner par les lucubrations et les absurdits des grands matres de la Gnose. Il leur manquait un magisttre doctrinal solide et immuable.
UN ESSAI D'EMPIRE JUDO-ARABE :
P
Nous assistons au III0 sicle une premitre
tentative des Jud-chrtiens imprtgns de Gnose
pour convertir les Arabes d e Syrie, qui commenaient alors devenir puissants etarganiss.
Les Nabatens s'taient installs aux confins
de la Syrie. Ils attiraient les tribus groupes en
confdtrations et allies aux Romains. ils formrent sous Trajan, en 106 ap. J.C., une province
romaine et dvelopprent, en plein dsert de
Syrie, la ville d e Palmyre. Elle prit le n o m
d'Hadriana en 130 ap. J.C., pour flatter I'empereur Hadrien et obtenir sa bienveillance. Au III0
sicle, c'tait une belle ville, grco-romaine imbue
de culture hellnique et de no-platonisme.
Le reine Znobie, mre d e Waballath et
rgente au n o m de son fils s'effora alors de
construire un empire, sous couleur de protger les
intrts d e Rome. Elle s'annexa la Syrie e t
I'Egypte. Elle tait juive, comme le signale Saint
Athanase dans son Histoire des Ariens et
Sozomne affirme qu'elle pensait comme les
Juifs ,c'est--dire comme les judo-chrtiens.
Elle entreprit de ramener ces arabes peine
romaniss A la religion des Nazarens. Pour cela,
elle donna au dieu Bel, des babyloniens, ador
Palyre, les attributs de Yaveh. Bel devint le Roi
des Dieux, le Dieu bon, le Dieu ternel, le Dieu
b t n i jamais, le Dieu rmunrateur. 11 tait
reprsent avec des rayons comme un soleil et
Malakbel s'entendait aussi comme le Roi Bel .
De plus, elle acceptait dans une sorte de panthon, le Dieu Alexandre , c'est--dire I'empereur Alexandre Svre (222-235), divinis de son
vivant. Il tait syrien et pratiquait le culte des
judto-chrtiens. Il aurait voulu lever Rome
un Temple au Christ et le placer au rang des
dieux nous dit l'historien Lampide. Il avait
consacre la chapelle d e son palais a u culte
d'Apollonius de Tyane, du Christ, d'Abraham et
d'Orphe. Si l'on prcise que les gnostiques
avaient assimil le Christ Orphte, nous voyons
>)
bien qu'Alexandre - Svre suivait la doctrine des
Nazarens. Il avait donc sa statue Palmyre.
Znobie organisa un culte monothiste au Dieu
Bel, refusant la Trinit chrttienne, reconnaissant
Jtsus comme un prophte.
Par ailleurs, elle avait attacht sa cour le philosophe Longin, disciple de Plotin, donc no-platonicien qui avait manifest dans son Traitt sur
le sublime son enthousiasme pour la Bible juive.
Znobie, prostlyte juive, avait assimil son
judasme et son christianisme la doctrine des
Platoniciens, mais a revue et accommode )) par
Philon d'Alexandrie. Il ne s'agissait pas d'un syncrtisme, comme on l'a dit. Formule paresseuse
qui vite d'examiner attentivement cette adaptation de Platon au Judasme. Il s'agissait trs exactement de prparer les arabes adorer le Dieu des
Juifs et de ramener les chrtiens la pratique du
judo-christianisme.
Pour cela, elle fit appel a u patriarche
d'Antioche, Paul de Samosate. Paul de Samosate
tait un rhteur et un aventurier qui s'tait fait
chrtien et patriarche pour s'enrichir selon l'idtal
du a Peregrinus dcrit prcdemment par son
compatriote Lucien de Samosate. Il avait sduit
les chrtiens d'Antioche. Il fut promus patriarche
de l'glise mttropolitaine et ducenier de I'Etat,
sorte d'officier suprieur administratif et judiciaire. Il soutenait que Dieu tait unique, dont le
Verbe et l'Esprit Saint procdent comme l'intelligence et l'action procdent du 1'Etre Suprme.
Quand Jsus, il fut l'homme providentiel qui
avait reu de Dieu la fonction d'clairer le monde
et qui s'tait uni mystrieusement la divine
Sophia des Gnostiques pour devenir apte
cette grande mission. Le Christ tait donc bien
divin par adoption et non par nature. Il devenait
acceptable pour les penseurs paens et no-platoniciens qui l'admiraient comme un philosophe
nazaren, un Socrate galilen vnr par le dieu
Alexandre-Svre. La reine Ztnobie l'avait combl de faveurs et comptait sur lui pour ramener
les chrtiens de Syrie un judo-christianisme
teint de gnose.
))
))
Mais en 270 ap. J-C., les lgions de Pannonie
proclamrent empereur Aurlien. Celui-ci,
inquiet des manuvres de Ztnobie, lui dclara la
guerre, la fit prisonnitre et dttruisit de fond en
comble sa ville de Palmyre. Une tentative avorte
de judasation des Arabes !
JUDO-CHRTIENS,
SARACENES
HANIFS ET
pratiqu par les Ebionites dans les communauts
judo-chrtiennes.
A partir d u V0 et du VI0 sicles, les documents sont singulitrement muets sur les Judochrtiens. Les vques chrtiens ne tonnent plus
contre la tendance de leurs fidtles a Judaser .
Preuve que l'attrait des Nazartens ne s'exerait
plus sur eux. Les chroniques de l'poque ne
s'intressent plus leur cas. Mais nous savons, par
des tudes appliqutes des situations analogues,
par exemple aux monasttres bouddhistes, qu'une
mme communaut peut recevoir d'un sitcle
l'autre des dnominations nouvelles auxquelles les
historiens ne font plus attention. Nous avons vu
que les rabbins talmudistes traitaient les judtochrtiens de rentgats, de Galiltens, de Nazartens,
mais aussi de Samaritains, d'Edomite (titre injurieux qu'ils rdservaient aussi aux Romains), d'adorateurs des astres, sans doute parce que les
Nazarrens se tournaient vers le soleil pendant
leur pritre du matin, comme nous l'avons vu. Or,
les vques ont pris l'habitude, cette tpoque de
distinguer les chrtiens des Juifs, des Samaritains
et des Magarites. (Ce sont les arabes convertis au
Judto-christianisme) et les notices qu'ils consacrent aux Samaritains montrent qu'ils sont les
hritiers des Nazarens, puisque ces tvques leur
reprochent de soutenir que le Messie n'est pas
divin .
Dans les annes qui prtctdent les dtbuts de
l'Islam, les historiens signalent l'existence des
Hanifs. Ce sont des arabes la recherche de la
vraie religion. Ibn Ishac nous dit qu'ils ne prenaient pas part aux idoles, qu'ils s'abstenaient de
manger ce qui ttait mort de mort naturelle, s'abstenaient du sang et des victimes sacrifites aux
idoles, dfendaient d'enterrer vivants les nouveau-ns de sexe ftminin et proclamaient qu'ils
adoraient le Seigneur d'Abraham.
((
Le plus ctltbre d'entre eux, c'est Ommaya b.
Abi, S. Salt. D'aprts le Kitab ai Aghani ,il avait
tudi les Ecritures, tait revtu d'un sac, s'interdisait le vin, ne croyait pas aux idoles. C'ttait un
monothiste tendances ascttiques. on dit qu'il
se contentait de prendre dans le Judasme et le
christianisme ce qui lui agrait, qu'il en avait fait
une sorte de syncrktisme. Nous rejetons cette
conclusion et nous voyons bien que ces Hanifs
avaient tout simplement fait le vu de nazirat,
Nous pensons pouvoir ffirmer quYOmmaya
est le vritable auteur du Coran, qu'il a compos
dans un monasttre bionite sous la dicte ou
l'enseignement d'un religieux nazaren. La tradition syro-chaldtenne dtsigne ce religieux sous le
nom de Sarkis ou Nesteur, surnomm Bahira,
c'est--dire le savant .
Il y a dans le Coran des textes significatifs. En
voici un qui nous montre son auteur crivant la
lueur de la lampe du sanctuaire :
Allah illumine le Ciel et la Terre. Sa lumire
ressemble au luminaire o brle une lampe. La
lampe est dans un vase et le vase scintille comme
une ttoile brillante. Son aliment c'est le fruit bni
d'un olivier qu'on ne trouve ni en orient, ni en
occident et dont l'huile tclaire sans que le feu y
touche. Lumitre sur lumitre ! Allah dirige A sa
clartt qui il veut ! Il propose aux hommes ses
paraboles et connat toutes choses. (Cette lumitre) brille dans les maisons qu'Allah a permis d'lever pour le culte de son nom. C'est l que, matin
et soir, le dltbrent des hommes que ni le commerce ni le trafic ne distraient de l'office divin, de
l'accomplissement de la prire et du don des
aumnes. (Ces hommes) craignent le jour qui
retournera,les curs et les yeux (le jour donc de
la Rtsurrection) pour recevoir d'Allah la rtribution de leurs actes et l'abondance de sa grce. oui,
Allah rassasie qui il veut sans mesure ! (24, 35-
38)
Dans ce texte toutes les expressions sont
empruntes au judto-christianisme. La lampe qui
scintille dans le sanctuaire comme une toile
brillante rvtle dans la nuit la prsence divine.
L'Eglise, maison d'Allah, est toute bourdonnante
de l'office des moines. L'auteur du Coran voudrait faire partager ses compatriotes arabes son
admiration pour la vie monastique et leur faire
adopter les vux du nazirat. Nous verrons que ce
sera un tchec total. Matres du pouvoir, les chefs
arabes rejetteront toute ide de vie asctique. Les
premiers khalifes, ceux de Damas, sont les disciples d 9 0 m m a y a et se s o n t appels les
Ommyades, , commencer par Omar ou Amr,
comme nous le verrons.
5 -Pour bien comprendre les pages qui suivent, il est ncessaire de bien avoir prsent l'esprit ce que nous avons developp sur l'Islam
dans notre troisime ouvrage : La Gnose Uniververselle,ch. II.
- 16-
L'auteur du Coran donne le titre d'Hanif
Abraham lui-mme. Il est le premier et le plus
grand des Hanifs, c'est l'Ami de Dieu, qui a
renonc mme son propre fils pour se consacrer
tout lui. II s'est donn lui-mme galement le
nom de Ahmed , qui veut dire bien-aim de
Dieu. C'est une dnomination qui est plusieurs
fois attribue dans le Coran et mme une fois
manifestement Jsus. Il tait Isha , c'est-dire, l'Oint de Dieu et Ahmed, son Bien-Aim.
Les Hanifs sont donc les Amis de Dieu et Dieu
les aime.
L'auteur du Coran s'est efforc de faire comprendre aux Arabes que Jsus n'tait pas divin et
qu'on ne devait pas l'adorer. C'est un refrain
repris obstinment et rpt longueur de sourates. Comme nous l'avons montr dans une
tude prcdente 6 , il voulait dtourner les Arabes
chrtiens, qui il s'adressait, de l'adoration du
Christ :
O n vous dit : Soyez juifs ou chrtiens !
Rponds : Non ! Abraham tait de religion hanfite, il n'associait rien au culte d'Allah ! Dites :
Nous croyons en Allah, aux rvlations
d'Abraham, de Jacob et des tribus, aux livres donns par leur Seigneur & Mose, Jsus, aux prophtes ! Nous n'tablissons point de diffrence
entre eux et nous sommes parfaits (sourate 2,
125-130). Il n'y a pas le moindre syncrdtisme
dans tout cela et les Hanifs sont bien des religieux
qui ont fait le vu de Nazirat. Nous y reviendrons.
A partir du VIIe sicle, les vnements se
prcipitent et tout l'Orient est secou par les aller
et retours des lgions romaines et des armes
sassanides. Le grand conflit sculaire de Rome
contre les Perses va bientt prendre un tour
dramatique. Pour ne pas faire d'erreur sur ces
vnements, il faut bien comprendre les textes
qui les racontent. L'Arabie, c'est le pays occup
par les Arabes, ce sont les oasis tablis aux
confins de la Syrie et de la Msopotamie, o
les Sarachnes jouent le rle de policiers d u
dsert pour protger le Croissant fertile contre les
peuplades nomades abonnes au pillage des
caravanes. Les textes numtrent la suite la
Syrie, l'Arabie et la Bab~[Link] ne distinguent
pas n o n plus suffisamment les Juifs des
Nazarens. Il faudra faire attention que les uns et
les autres sont souvent confondus dans la pense
des vques chrtiens et dans les chroniques de
l'poque.
Au dbut du WIOsicle, le dernier grand roi
sassanide, Chosrobs II, organise une grande
expdition contre l'empire romain. Ses armes
parcourent et saccagent la Syrie, la Palestine et
l'gypte. Elle comprend des soldats SaracPnes et
juifs. En 614, le gnral perse, Romizanks, prend
Jruslam et confie l'administration de la ville aux
Juifs. L'un d'eux, qui prend le nom de Nhdmie,
offre un sacrifice sur l'emplacement du Temple.
Selon Michel le Syrien, les Juifs achetkrent pour
rien les chrtiens faits prisonniers et se livrant
leur mchancet, les turent .
Cet vnement capital et inattendu provoqua
une immense espdrance dans toutes les communauts juives d'orient. Pour la premire fois, les
Romains taient vaincus et la Ville Sainte librde.
Enfin le Temple pourrait tre reconstruit et le
Messie tant attendu allait enfin paratre. Mais
cette joie fut de courte dure. Devant les exigences des Juifs, le roi Chosros les expulsa de
Jrusalem et les envoya en esclavage en Perse. Puis
l'Empereur Hraclius se rveilla de sa torpeur.
Secou par les reproches indigns du patriarche
de Constantinople, il forma une immense arme
et partit la reconqute de son empire saccag.
En quelques annes, il eut repris la matrise de
tout l'orient. Il reconquit Jrusalem, poursuivit
le roi sassanide jusqu'en Msopotamie. En 627 il
avait repris Edesse et Ninive. Chosros dut capituler et se rendre.
La dception pour les Juifs fut d'autant plus
profonde que l'esprance avait t inattendue et
la joie intense. C'est de cette poque que date la
rdaction du Coran. Son auteur essaye d e rendre
courage aux Saracnes et aux Juifs abattus et
presque dmobiliss.
Oui, dit-il, les Roumis ont t4 battus aux
confins du pays. mais aprs leur dfaite, ils vaincront dans quelques annes. Allah rgne avant
comme aprs ! Alors les croyants se rjouiront du
triomphe d'Allah. Il secourt qui il veut. Ne vous
dcouragez pas, vous, les Saracnes qui avez
adopt la religion des Hanifs, qui tes donc des
croyants. Reprenez le combat et Allah vous donnera la victoire.
6 - cf. trenne COUVERT ;u2 Gnose Universelle. ch. II : Gnose et Islam.
((
de manger la viande d e tout animal mort,
de boire du vin, de mentir et de forniquer. 7
LES DBuTS DE L'ISLAM SELON LES
CHRONIQUES
Il a paru, en 1977, Cambridge, une thtse
intitulte Hagarisme soutenue par deux tcrivains, Patricia Crne et Michal Cook. Elle n'a
pas t t t traduite en franais, mais grce la complaisance d'un prtre ami, nous avons pu en
prendre connaissance et nous avons t frappt par
la convergence d'une multitude de chroniques de
l'tpoque qui nous prsentent les dbuts de l'Islam
sous un jour tout fait inattendu. En effet, les
auteurs, sans sSinquitter de l'histoire devenue
classique de Mahomet, ont rassemblt et mis bout
bout les chroniques syriaques, byzantines,
juives, nestoriennes et autres, crites sur le
moment.
Elles ignorent totalement l'histoire de
Mahomet et nous montrent l'uvre l'action
persdvrante des Juifs dans le triomphe des
Saractnes contre les Romains et leur chec final,
au moment de la destruction d u Temple
J trusalem.
Nous avons choisi, parmi ces chroniques, les
plus explicites. Voici une chronique armnienne
tcrite en 660, intitulte Histoire d'Heraclius par
l'vque Sbtos .Elle commence par l'exode des
Juifs d7Edess, chassts de la ville par l'arme
d'Hraclius vers 628 :
Ils partirent dans le dsert et vinrent en
Arabie, chez les enfants d'Ismal. Ils cherchtrent
leur aide et leurs expliqurent qu'ils ttaient
parents selon la Bible. Bien que les Ismalites fussent prts h accepter cette proximitd de
parentt, les Juifs ne purent ntanmoins convaincre
la masse du peuple, parce que leurs cultes taient
diffrents. En ce temps-l il y avait un Ismalite
appelt Mahmet. il se prtsenta lui-mme
eux, comme s'il ttait aux ordres de Dieu, comme
un prdicateur, comme le chemin de la vdritd
et leur enseigna connatre le Dieu d'Abraham,
car il ttait bien inform et l'aise avec l'histoire
d e Mose. Comme l'ordre venait d'en haut,
- ils s'unirent tous sous l'autoritt d'un seul homme, sous une seule loi et abandonnant d e vains
cuites, revinrent au Dieu vivant qui s'ttait rvl
leur Pre Abraham. Mahmet leur interdit
II ajouta : Dieu a promis ce pays Abraham
et a sa descendance jamais. Selon sa promesse, il
agit en aimant Isral. Vous, vous tes les fils
d'Abraham et Dieu rdalise en vous la promesse
faite Abraham et sa descendance. Aimez seulement le Dieu d'Abraham et allez prendre possession de votre pays donn par Dieu Abraham
et personne ne pourra vous rtsister dans le cornbat, car Dieu est avec vous. ))
Alors ils se rassembltrent d'Havila jusqu'
Shir et devant 1'Egypte. Ils quittrent le dbert de
Faran rtpartis en douze tribus selon le lignage de
leurs patriarches. Ils rpartirent dans leurs tribus
les 12000 Isralites, mille par tribus, pour les guider au Pays d'Isral. Camp aprts camp, ils partirent selon l'ordre de leurs patriarches ; Nebajoth,
Kedar, Abdel, Mihsam, Mishma, Dumah, Massa,
Tema, Jetur, Naphish et Kedemah. (Gen. 25, 1315) Ce sont les tribus d'Ismal. Ceux qui restaient du peuple des enfants d'Isral vinrent les
rejoindre et ils constiturent une puissante armte.
Alors ils envoyrent une ambassade l'Empereur
des Grecs, pour lui dire :Dieu a donnt ce pays en
htritage notre ptre Abraham et sa descendance aprs lui. Nous sommes les enfants
d'Abraham. Vous avez occup suffisamment
notre pays..Rendez-le nous pacifiquement et nous
n'envahirons pas votre territoire. Autrement nous
reprendrons ce que vous avez pris avec les
intrts .C'est--dire nous occuperons d'autres
territoires. Plus loin, Sbtos signale que le gouverneur ismatlite demanda l'Empereur de
renoncer Jtsus que vous appelez Christ et qui
ne put pas mme se sauver lui-mme des Juifs D.
L'historicitt de cette chronique a t t t conteste, parce qu'elle est en contradiction manifeste
avec l'histoire classique de Mahomet. Comme
nous savons que cette dernitre est une lgende
tardive, la contradiction est pour nous une preuve
supplmentaire de sa vracit. O n a contestt galement la possibilitt pour les Juifs de parcourir
toute l'Arabie depuis Edesse. Si on veille ne pas
faire d'erreur sur la notion d'Arabie, on a au
contraire ici une remarquable confirmation du
fait que cette rencontre entre Juifs et Saracnes
avait eu lieu sur l'emplacement de la maison
d'Abraham, a Haran, au nord du dbert de Syrie,
7 - On voit par 1% que Mahmet voulait ramener tous les arabes 2 la pratique des Hanifs. en leur imposant le vu de nazirat. Prbtention
extravagante qui ne pouvait qu'tre rejete. On ne transforme pas h volont6 des arabes en moines !
comme le signale une chronique Byzantine. On a
vu galement le souci de Mahomet de ramener
les Saractnes ou Ismalites au seul culte de dieu,
en excluant celui de Jsus, de les ramener aussi
la pratique du nazirat. O n a reproch ce texte
ses rfrences la Gentse dans l'dnumration des
tribus d'Ismal et leur regroupement dans le
dsert. C'est bien la preuve que ces judo-chrtiens qui proposaient l'alliance vivaient dans
l'espoir de raliser nouveau l'exploit de Mose :
la fuite dans le dsert, ai Hijr , c'est--dire le
dpart en exil (d'o le mot : Hgire), en direction, non pas de Shur, mais d'Hagra, selon
d'autres chroniques, qui serait, en Syrie, l'emplacement du tombeau d'Abraham ou d'Ismal.
Le rassemblement des armes pour la reconqute de la Terre Promise, c'est dire d e
Jrusalem. Enfin on a contest l'entrevue .avec
l'empereur Hraclius, parce qu'on n'en trouve pas
trace dans la tradition byzantine. Il est certain
qu'une telle ambassade d'expulss ne pouvait que
provoquer un haussement d'dpaules chez un
empereur au fate de son triomphe.
Les auteurs d' Hagarisme appuient ce texte
sur d'autres chroniques qui le compltent heureusement. Citons-en quelques unes.
))
Une Didascalie de Jacob prsente un dialogue entre juifs Carthage vers 634 : u Un faux
prophtte est apparu, parmi les saracnes.. . Ils
disent que le prophte est apparu venant avec les
Saractnes et proclamant la venue du Oint (donc
du Christ), celui qui doit venir. - C'est un imposteur. Est-ce que les prophttes viennent avec CpCe
et chars ? - Il n'y a pas de vrit trouver dans ce
soit disant prophte, seulement du sang vers. O r
il a d i t qu'il a la cl6 d u Paradis, ce qui est
incroyable.
Une apocalypse juive du VIIIe sitcle, Les
secrets de Rabbi Simon ben Yohay , nous expose
ce dialogue : Quand il vit advenir le royaume
d'Ismal, il commena dire : N'tais-ce pas assez
que le mauvais royaume d'Edom (c'est--dire des
Romains) nous a fait que nous ayons celui
d'Ismal en plus ? - Ne crains pas, fils d'homme,
car le Seul Saint, bni soit-il, tablit le royaume
d'Ismal uniquement pour te sauver de ce mal
(celui des Romains, appels Edonites). Il avait
lever sur eux un prophte selon sa volont qui
conquerra le pays pour eux et ils viendront et le
restaureront dans sa grandeur. - Rabbi Simon
rpondit : comment savons-nous qu'ils sont notre
((
salut ? Il rpondit : Le prophtte Isae n'a-t-il pas
dit : Et il vit une troupe de cavaliers, deux par
deux, montant l'un un ne, l'autre un chameau.. .
Mais aiors le chamelier (c'est dire le prophte)
marche devant et le royaume se ltvera grce
celui qui chevauche un ne (c'est-&-dire le
Messie). Vu que ce dernier chevauche un ne,
cela montre qu'ils sont le salut d'Isral, de mme
que le salut de celui qui chevauche l'me.
C'est une prophtie qui Savait pas chapp
au chef des Saractnes, Omar. Il s'est fait appeler
ai farouq c'est--dire le rdempteur et pour sa
quatritme visite en Syrie, il rentra Damas chevauchant un ne , pour bien marquer qu'il tait
lui-mme le Messie attendu.
Rabbi Simon ben Yohay continue : u Il sera
un amant d'Isral, il rparera ses brches et les
brches du Temple. Hlas ! la suite des vnements va marquer la rupture entre Omar et les
Juifs. Sbtos, l'vque armnien, relate la querelle
entre les Juif's et les Arabes pour la possession d u
site du Temple. Il prcise bien qu'Omar, le roi des
Saracnes, de retour de son expdition en Egypte,
expulsa tous les Juifs de Jrusalem et d'Arabie. Le
dernier espoir de voir rtabli le culte du Temple
dans la cit Sainte tait dfinitivement enterr.
Les Saracnes lancs par les Juifs dans cette rcupration de la-Terre Promise s'y sont dfinitivement installs en matres absolu et en ont chass
ceux qui les y avaient conduit.
Les auteurs d' Hagarisme ont cit aussi
d'autres chroniques contemporaines qui confirment, avec ,de nombreuses prcisions, l'histoire
que nous venons d'exposer. Il faudra donc se rfrer aux citations de cet ouvrage, si i'on veut comprendre la suite des vnements jusqu' l'installation dfinitive en Terre Sainte. Nous arrtons l
notre propre expos. En effet, partir de ce
moment, les JudCo-chrtiens disparaissent au
))
regard de l'historien.
CONCLUSION
Comme on le voit, les judo-chrtiens, hritiers de la premire communaut chrtienne de
Jefusalem ont essay pendant des sitcles de main-
tenir haut et ferme le flambeau de leur espoir : le
retour A Jrusalem, la reconstruction du Temple
et l'attente d u Messie d'Aaron et d'Isral, un
Messie-Roi et un Messie-prtre, qui rtablira le
culte sacrificiel de Yahv.
Leurs vques pratiquaient le v u d e
nazirat, laissant crotre barbe et cheveux, ne
mangeant que la nourriture la plus simple, avec
abstinence de viande, vitant les impurets crmonielles, respectant le clibat.
Leur dernitre tentative fut de lancer A l'assaut
des Roumis les Arabes de Syrie les Saracnes m.
Ce fut, comme le dit trts bien le frre Bruno
Bonnet-Aymard, l'chec d'un retour. Un chec
dfinitif, ne laissant plus aucun espoir pour I'avenir.
Au moment de l'avancke des musulmans
dans l'Empire de Perse, un grand nombre d'entre
eux se sont enfuis dans les Indes, fuyant l'pe des
perscuteurs aux cours d u VIIO sitcle. Ils ont
constitu ce que nous appelons les Chrtiens de
Saint Thomas dans le Travancore. Ils portent eux
aussi le nom de Nazarens, ils s'abstiennent de la
chair du porc et des autres aliments prohibs par
la Loi de Mose, ils se donnent des noms hbreux,
comme Zacharie, Urie, Josu, Mathieu, Luc,
Abraham, etc.
Ils ont migr de l'Asie occidentale. ils affirment que Saint Thomas a prcht dans les Indes,
attir par les Isralites qui y taient dji installs,
car il tait l'aptre de la circoncision avant de se
rendre en Inde o, disent les Juifs de Malabar, il
prcha dts 52 ap. J.C.
Nous pensons que les derniers judto-chrtiens et bionites, expulss et perscuts par les
OMMYADES devenus tout puissants en Syrie
et Jrusalem, ont ouvert les yeux, se sont pleinement convertis au Christianisme, reconnaissant
enfin la divinit de Jsus-Christ, renonant au
culte d u Temple, mais conservant les usages religieux auxquels ils taient habituds et que les chrtiens de rite syro-chalden les ont accueilli bras
ouverts.
Que sont devenus ces derniers judo-chrtiens ? Il est difficile de le savoir.
Nous avons not cependant chez les SyroChaldens, rfugis dans les montagnes d u
Kurdistan et dcids rtsister avec la dernire
nergie aux tentatives d'arabisation des Kurdes et
des Turcs, un grand nombre d'usages religieux
hrits du judo-christianisme.
Ils s'appellent entre eux, les Nazarens et
leur vque est dnomm le patriarche de tous
les Nazarens .Ils sont des chrtiens convertis
du judasme, dont la principale erreur consiste
maintenir la ncessitt o u la convenance des
uvres de la Loi et qui adhtrent obstinment la
pratique des crmonies juives. Mais ils rejetaient
pour eux-mmes les additions faites au rituel
mosaque par les docteurs d e la Loi et les
Pharisiens .(Mosheim : Eccl. hist. t. 1p. 170)
((
O n les appelait encore les Syriens, parce
qu'ils pratiquaient une liturgie en usage parmi
eux et conforme la premire liturgie de 1'Eglise
d'Antioche.
O n les appelait encore, les Nestoriens, mais
ils rejetaient cette dnomination, parce qu'ils ne
voulaient pas tre confondus avec les hrtiques
d e ce nom, disciples d e l'vque d e
Constantinople. Nestorius, condamn par le
Concile universel en 431 ap. J.C. Ils disaient
qu'ils n'avaient jamais soutenu les hdrsies qui
l'avait fait excommunier. Ils l'approuvaient seulement d'avoir lev la voix contre l'adoration des
images et contre le titre de M&rede Dieu donn
Marie, parce que ce titre, annulant implicitement l'humanit de Jsus-Christ, nous laissait
sans mdiateur. Ils nommaient Marie, m&red u
Christ, et ils ont toujours cru l'union de la
nature divine et de la nature humaine en la personne du Sauveur.
E.C.
NOTES BIBLIOGRAPHIQUES
Aux ouvrages dj cits dans nos tudes sur
les manuscrits de la Mer Morte (cf. De la Gnose
L'aecumnisme, p 177 et 178) et sur l'Islam (cf. La
gnose universelle p 203 et 204) on peut ajouter :
- Joseph BONSIRVEN : Sur les ruines du
Zmpl :LeJuhfime apr2sJsus-christ.
(Grasset, 1928)
- Albert GELIN : Las Pauvres da Yahw. (Cerf,
1953)
- MISSEL CHALDEEN, traduit d u texte
aramen par Mgr Francis ALICHORAN en
1982
Ferdinand DELAUNAY : Moines et Sibylles
dans lkntiquit judo-grecque. (Libr. acd.
Perrin, 1874), contient le texte complet de la
Vie contemplative de Philon, celui du livre
d'Hnoch et des chants de la Sibylle.
- Jean
DANIELOU : Philon d'Alexandrie
(Fayard, 1958)
- Denise JUDANT :Judafsme et christianisme :Dossierpatristique. (Ed. du Ctdre, 1969),
- Mgr. Humberto BENIGNI
: Les Ji@
et le
catholicisme dapr2s l'Histoire sociale de lEglise
(in la Revue internationale des Socits secr2tes
oct. 1922 dec 1923). De bons ddveloppements sur les pauvres de Jrusalem et sur le
royaume de Palmyre.
- J.M. LAGRANGE : Palmyre, Histoire,
Monuments, Inscriptions, religion (Le
Correspondant, 10 sept. 1908)
ouvrage essentiel o l'on trouvera les rfd-
rences prcises des textes que nous avons cits
dans notre Ctude.
- id. Les deux Isral :essai sur le mystre du
Salut d'Isral selon l'conomie des deux
Testaments ; (Cef, 1960). L'auteur est une
juive convertie.
- Abb Joseph VARIOT : Les Evangiles apocryphes (Berche et Tralin, 1878) donne beaucoup de renseignements sur les diverses &ditions de l'Evangile des Nazarens.
- Jrme.CARPOPIN0
- Joseph HUBY : Christus, manuel d'Histoire
des Religions (Beauchesne, 1934), le chapitre
XV par Edmond POWER sur l'Islam.
- Frre
Bruno BONNET-AYMARD : Le
Coran, traduction et commentaire systmatique
2 vol. (Contre rforme catholique, 19881990), ouvrage essentiel.
- Patricia CRONE et Mighal C O O K :
Hagarism, The Making of the Iskzmic world
(Cambridge Universit Press, 1977) autre
ouvrage essentiel.
: De
Pythagore aux
aptres (Flammarion, 1956). L'auteur dtcrit,
dans sa dernitre partie, l'hypoge des
Innocents dans la catacombe de Saint
Sbastien et dtudie les bionites des Rome et
leurs tendances gnostiques.
- Asahel GRANT : Les Nestoriens ou les Tribus
perdues (Libr. delay, 1843) reportage trs intressant d'un sjour parmi les chrdtiens nestoriens du Kurdistan. L'auteur a not avec prdcision leurs usages liturgiques.
A propos des manuscrits de la mer morte
Complments d'informations la suite des trouvahles
des manuscrits 744 et 7Q5.
Philon interprte le nom des Essniens par
l'ide de saintet. Le mot syriaque HASAYA,
signifie pieux; saint et a servi dsigner les
moines d'Hbron. Rappelons qu'en Palestine, les
juifs ne parlaient pas l'hbreu, mais l'aramen ou
syriaque.
Dans lYEglise,on a toujours considr que le
mot Essniens dsignait les premiers moines
chrtiens. Eusbe l'affirme dans son Histoire
ecclQiastique .Un manuscrit de PHILON du
X0 sicle, conserv la bibliothque Nationale
est intitul : Sur les fidles circoncis et
convertis au Christianisme, qui mnent en
Egypte la vie monastique , qui comporte la
scolie suivante : Quelques-uns prtendent que
ce livre de Philon concerne des moines. juifs
appartenant la secte des Nazarens, d'autres
soutiennent qu'il s'agit d e juifs convertis,
observant la loi de Mose comme figure de la loi
nouvelle ; d'autres enfin, qu'il s'agit de parfaits
chrtiens. Dans ces trois cas numrs, il s'agit
donc toujours de disciples de Jsus-Christ.
Cette ide que les Essniens ont constitu
une secte juive antrieure au christianisme a t
lance par les Encyclopdistes du XVIIIO sicle.
Aussitt un rudit bdndictin, Dom Bernard de
Montfaucon a ragi nergiquement en
dmontrant par un luxe de preuves remarquables
que les EssCniens dcrits par Philon taient des
moines Chrtiens.
Les Thdrapeutes et les Essniens priaient
tourns vers l'Orient, les mains tendues : Cela
s'observait, dit le P. de Montfaucon, chez les
anciens chrtiens, non seulement quant la
posture et la situation, mais aussi quant la
forme de la prire, que nous trouvons la mme
dans les constitutions apostoliques et dans les
plus anciens hymnes d u brviaire. En effet,
Clment d'Alexandrie, Tertullien, Origne et
Eusbe attestent que les premiers chrtiens
priaient Dieu les mains tendues (expansis
manibus), vers l'orient. Ils demandaient, suivant
le texte des Constitutions apostoliques ,un
esprit vigilant, une science sans erreur et que le
Saint Esprit descendt sur eux pour leur donner
possession et connaissance de la vrit. - Le
matin venu, dit Philon, leurs regards et tout leur
corps se tournent vers l'Orient, pour pier les
premiers rayons du soleil levant. Quand ils les
o n t aperus, ils tendent les mains au ciel,
demandant un jour heureux, la connaissance de
la Vrit et la lucidit de l'intelligence. .... Saint
Basile met l'usage de prier vers l'Orient au
nombre des traditions qui ne se trouvent point
dans 1'Ecriture e t n'en sont pas moins
inviolables, parce qu'elles sont venues des
aptres. C e t t e pratique spciale, souvent
mentionns par les Grecs, distinguait les
chrtiens des juifs, auxquels il tait dfendu de se
tourner vers l'orient pour prier, sans doute, dit
Montfaucon, cause d u penchant que cette
nation avait a u culte des faux dieux et
particulirement d u soleil et des astres.
C'est une chose trs digne d'tre retenue
qu'un rite contraire la religion juive et
anathdmise par les prophtes, se retrouve la
fois chez les Essniens et chez les Chrdtiens.
En lisant dans la lettre de Pline le Jeune
Trajan, les aveux recueillis de la bouche des
chrtiens de Bythinie, o n croirait qu'il s'agit
d'Essniens perscuts : Ils avaient coutume de
se runir avant l'aurore pour chanter un hymne
Christ, comme un Dieu ... etc. etc. Relisez
cette lettre. Un observateur superficiel et non
chrtien dcrit la communaut chrtienne dans
les mmes termes que Philon et Josphe
dcrivent les Essniens.
Dans les manuscrits de Qumran, il n'est
jamais question d'Essniens, mais toujours
d'Ebionites. Le mot Ebionim se retrouve dans
tous les textes trouvs l-bas. C'est une
signature.
Si on prend la peine de bien ttudier les
bionites, on a la rtponse toutes les difficults
souleves. Les pauvres de Jrusalem s'taient
tablis dans les Laures ou grottes amnages des
monts de Juda, sur les versants de la valle du
Cdron. Ils pratiquaient une liturgie en Hbreu,
langue sacre pour des Juifs. Ils ne connaissaient
que l'Ancien Testament, plus un vangile, dit des
htbreux ou des Nazarens , connu par
Saint Jrme. Pendant un sicle ils ont vcu l,
crivant les apocryphes d i t de l'ancien
Testament : Livre d'Hnoch, Oden de Salomon,
Testament des Douzes patriarches, etc. Tout cela
pour appliquer Jsus, qu'ils appelaient le
Matre de Justice, les prophties de l'Ancien
Testament.
En 70, ils se sont rfugis Pelh,.de l'autre
ct d e la Mer Morte pour chapper au
massacre. Puis, la paix revenue, ils sont retourns
dans leurs laures. Mgr Lagier, dans son livre sur
L'Orient Chrtien , donne la liste des vques
de Jrusalem ,et Pella jusqu'en 135 aprs JtsusChrist. Ils portent tous des noms juifs.
Aprs la 'rvolte de Bar Kochkba et
l'expulsion de tous les juifs de Palestine par
l'empereur Hadrien, les Ebionites o n t d
abandonner leurs Laures des monts de Juda et
leur cimetitre de Qumran. Sans doute avaient-ils
dtj utilis les grottes des environs pour jeter des
manuscrits raturts ou en mauvais tat ; La chose
n'est pas impossible, puisque c'est un usage
proprement juif d'utiliser des genisah dans ce
but.
Aprs 135, post Christum, une nouvelle
communaut chrtienne s'installe Jtrusalem.
La liste des tvques donne par Mgr Lagier
comporte des noms grecs ou latins. Ce sont donc
des chrtiens non juifs. Leurs moines vont
rtoccuper les Laures des bionites et fonder ce
qui deviendra le Monastre de Saint Saba,
rcuprer les manuscrits bionites, considtrs
alors comme hrtiques et les jeter dans des
poubelles inaccessibles, dans des grottes au
sommet des falaises qui dominent Qumran. Ils
continuent utiliser le cimetire de Qumran
pour eux-mmes. Ils continuent galement
jeter dans des poubelles plus accessibles leurs
manuscrits dtdriorts ou raturs. C'est pour cela
qu'on a retrouv dans des grottes o u des
cachettes sous le cimetire et autour ces
morceaux de manuscrits grecs qu'on nous
prsente aujourd'hui, 7 4 4 et 7 4 5 , aprs les
avoir longtemps tenus cachs parce qu'ils
gnaient la thse des Essniens prt-chrtiens.. .
Preuve supplmentaire que cette thse ttait un
mensonge, puisqu'il fallait l'tayer par un
subterfuge.. .
Il faut d o n c bien distinguer deux
littkratures chrtiennes : une littrature judochrttienne en hbreu, langue sacre, et une
littrature grecque plus rcente. La connaissance
de l'histoire des Ebionites permet de trouver une
explication SIMPLE E T NATURELLE aux
dtcouvertes actuelles, la plus vraisemblable ttant
la plus prochede la vrit (Excusez ce pltonasme
!) Ces conclusions auxquelles je suis arrivt par
une tude de plus de trente ans ont toutes les
garanties d e la certitude. Les dcouvertes
dtdrieures ne pourront que les confirmer. C'est
bien ce qui se passe aujourd'hui.
En annonant la dcouverte de 744 et 745,
on a tout de suite et sans rflexion tirt des
conclusions hasardeuses et prkmaturkes. En
fait, ces textes grecs chr6tiens taient connus
depuis longtemps, mais occults, car ils
rendaient difficile la croyance en la thse des
Essniens. C e qui montre la mauvaise foi des
spcialistes.
La thse d'une bibliothque essnienne
dpose Q u m r a n avant 7 0 par leurs
propritaires avant de fuir les Romains est une
invention romance de Dupont-Sommer qui
l'a imposte tout de suite. Danielou, Carmignac
s'y sont rallis. Peut-tre ignoraient-ils l'existence
des manuscrits grecs chrttiens.. (?)
Mais puisque cette thse romance est fausse,
il faut la rejeter compltement et ne pas en
garder des tlments que l'on va essayer de faire
cadrer avec d e nouvelles donnes, sinon o n
fausse toute la recherche. C'est comme dans un
jeu de mots croiss. Si tel mot assez long
apparat faux parce que l'une de ses lettres ne
correspond pas avec la ligne transversale, il faut
rejeter le mot entier, sinon le jeu devient
impossible.
Nulle p a r t il n'a t prouvk q u e ,les
manuscrits dposs Qumran, l'ont tt avant
70 ; nulle part il n'a t &rm ni prouvk que
les grottes ont t obtures en 68. Je n'ai lu
cette affirmation que depuis l'annonce de 7 4 4
et 745. Il y a des impossibilitts manifestes une
telle hypothese. Le Midrash d'Habacuc contient
u n r t c i t d e la prise d e Jtrusalem e t de la
destruction d u Temple, qui n'a pu tre crit
qu'aprts 70, puisqu'il fait ttat du culte romain
des enseignes e t q u e nous savons que les
Romains vainqueurs ont rassembl les enseignes
sur le parvis d u Temple pour leur offrir un
sacrifice avant de mettre le feu au temple. C'ttait
l'abomination d e la dsolation dans le lieu
saint, qui ne pouvait pas tre connu avant
d'avoir eu lieu. Ceci me parat dcisif pour le
dpt des manuscrits qui put avoir eu lieu A la
fin du Io sitde ou plus tard.
Par ailleurs il est impossible que les
Ebionites aient p u d t t e n i r des manuscrits
chrtiens grecs. Leur langue tait l'aramden et
leur liturgie tait ctltbrte en Hbreu. Ces textes
grecs ont t t t dtposts dans la grotte 7, prs du
cimetitre et non dans les - premitres grottes
situdes au haut de la falaise. Il s'agit donc d'un
autre dtpt fait par des chrttiens de rite grec. Je
ne vois comme explication plausible que la
substitution aprts 135 post Christum d'une
communautt chrtienne grecque A Jrusalem
aprts l'expulsion des juifs et donc des judtochrtiens par les lgions d'Hadrien. Je ne vois
pas une autre explication possible et
vraisemblable de la chose.
Enfin, il ne faut pas faire d'tquivoque sur le
mot occupation des lieux .Un cimetire est
occup par des cadavres habituellement et
occasionnellement par le personnel charg des
travaux d'ensevelissement et d'entretien, mais
n'habitant pas s u r place, d u moins
constamment. Donc la prtsence ou l'absence de
certaines pices d e monnaies ne signifie pas
grand chose. O n ne fait pas de commerce avec
des cadavres, me semble-t-il.
Tout ceci ne prtjuge pas de la datation des
premiers ouvrages grecs du Nouveau Testament,
qui peuvent remonter trts tt dans l'usage des
communauts chrttiennes de rite grec, mais
n'taient certainement pas utiliss par les judtochrttiens et leurs moines, les Ebionites. Il est
donc trs dangereux de btir une telle datation
sur une thtorie aventureuse qui sera rejette
bientt par d e nouvelles dcouvertes. La
dtception risque d'tre forte et bien
dommageable pour une apologttique appuyte
sur l'archtologie. En ce domaine, il faut rester
prudent et attendre des confirmations qui ne
viendront peut-tre pas.
Les conclusions des archologues sur la
phiode d'occupation de Qumran ne signifient
pas grand chose. Comme je l'ai dit, un cimetitre
est occupt habituellement par des cadavres et de
temps en temps par les fossoyeurs et les prtres
qui donnent l'absoute. Celui de Qumran ne fait
pas exception. La prtsence des monnaies signale
le passage de ces derniers, mais on n'en peut tirer
des conclusions prtcises en chronologie, parce
q u e l'usage des monnaies se prolonge s u r
plusieurs gntrations.
J e pense qu'avant d'tre un cimetire
bionite, ~I'emplacementd e Q u m r a n a t t
occup par un poste fortifi juif, destin4
protger la citadelle de Jricho, jusqu'au dtbut
de l're chrttienne et abandonnte lorquYHrode
le Grand eut construit, plus au sud, la citadelle
de Massada.
En attendant de nouveaux dveloppements
et de nouvelles trouvailles.. .
E.C.
Les rvlations
d'Eisenman et de Wise
Notre tude sur les manuscrits de la MER
Morte tait achev lorsque nous avons pris connaissance du dernier livre de Robert EISENMAN et
Michal WISE (1) Nous avions suivi avec attention
les travaux d'Eisenman depuis lu sieurs ann&. Ils
viennent de publier des textes de Qumran, connue
depuis plus de trente ans, mais rests cachs,
occults , jamais publis. Nous allons comprendre pourquoi.. .
De l'examen de ces textes, les auteurs de cet
ouvrage ont tir des conclusions remarquables qui
rejoignent trs prcisment celles que nous nous
efforons de promouvoir depuis plus de dix ans.
Ils rejettent fermement la thse qui soutient
l'origine essnienne de ces documents et ils montrent les aff'initds considrable que l'on peut
constater entre eux et les crits judo-chrtiens ,
spcialement l'enseignement de Saint Jacques le
Mineur. Les formules d'Eisenman et de Wise sont
trs nergiques : Si nous prenons en compte la
nature messianique des textes que nous prsentons
dans ce livre et les concepts qui leurs sont associs,
tels la Justice, la Pitd, la Justification, les Oeuvres,
les Pauvres, les Mystres, ce que nous avons l n'est
image de & que le christianisme
rien d'autre
fut effectivement en Palestine. Le lecteur ne pourra
toutefois sans doute pas le reconnatre en fait, parce
qu'il lui semblera trouver l le contraire du christianisme qui lui est fmilier.. . La raison en est encore
trs simple. Nous ne pouvons parler d'un christianisme" per se en Palestine au Io sicle Le mot fut
seulement forg, comme le montrent clairement les
Actes des Aptres (II,26) pour dcrire une situation
prvalant Antioche, en Syrie, dans les annes cinquante de notre re. Plus tard, il fut utilis pour
dcrire une large portion du monde d'outre-mer
qui tait devenue chrtienne", mais ce christianisme tait compltement diffrent du mouvement
que nous avons sous les yeux - vrai dire pas com-
-pltement.
11 est heureux que les auteurs aient rectifi
d'eux-mmes une absurdit. Entre le christianisme
des Judo-chrtiens et celui des pagano-chrtiens,
l'essentiel de l'enseignement du Christ reste identique. O n constate-seulement des accentuations
particulires la mentalit juive des premiers. C'est
bien ce que nous avions expliqu ds le dpart. Il
tait absurde d'opposer l'enseignement du matre
de Justice A celui de Jsus-Christ, puisque les
manuscrits de Qumran nous donnaient l'interprtation bionite juive de cet enseignement.
Les auteurs continuent : Nous pouvons dsigner le premier comme le christianisme de Jacques,
du moins en juger par l'ptre attribue Jacques
dans le Nouveau Testament, dont la fois Eusbe
et Cuther ont senti qu'elle ne devait pas tre incluse
dans le canon no-testamentaire. Il va de soi qu'a
leurs yeux elle n'aurait pas d l'tre, son orientation
gndrale rappelant celle de bien des documents de
Q u m r a n et son texte t t a n t s a t u r t d e
Qumranismes.
))
C'est ce que nous avions dj not, il y a plus
de dix ans, et les auteurs concluent : Il est impossible de distinguer les ides et la terminologie &socies la communaut de Jacques le Juste des matriaux prsents dans ce corpus. La communaut de
Saint Jacques est bien celle des Pauvres ou
~ b i o k i t &, comme nous l'avons dj montr. De
sorte que dans la mesure o cette littdrature ressemble l'essdnisme, la pense zlote, au sadducisme ou au judo-christianisme (quelque sens que
l'on donne ce terme), elle peut tre dite, selon le
cas, essnienne, zlote, sadducenne ou judo-chrtienne. La nomenclature est sans importance en
l'occurrence peu pertinente. Ce qui veut dire en
bon franais que les quatre dnominations sont
synonymes.
(1) Robert Eisenman et Michal Wise :* Les manuscrits de la Mer Morte rvls. Choix, traduction et interprtation de 50 textes cls
indits. Traduit de l'amricain par Jean-ChristopheATIAS (Fuyard, 1995)'
R&umons nous : Les judo-chrtiens sont des
essniens , comme il est prcis ailleurs : On
peut qualifier ce groupe d'essniens, condition de
redfinir ce qu'on entend par l, pour prendre en
compte son ethos militant, nationaliste et rsistant,
que certains qualifient de zlote. Prcisons bien :
Les Ebionites sont des Saints (sens du mot
Essnien) ; ils sont pleins d'un ztle puissant pour la
reconqute de la Palestine, l'expulsion des Kittim et
la reconstruction du Temple, comme nous l'avons
vu.
Ils sont aussi des Saddudens. Mais prcisons :
Ce groupe est sadducen ou mieux (pour rendre
la nuance de l'hbreu) zadocites .Ces sadducens-la ne sont passemblables ceux que dcrivent
le Nouveau Testament et Jostphe. Il s'agit de sadducens d'un tout autre genre. Ils sont disciples
de Zadock , c'est a dire Le Juste et nous
savons bien qu'il s'agit de Jbus-Christ.
Les auteurs ont publi galement un texte rest
occult o il est question de Yesha ou
Yeshua , qui veut dire Salut , mais qui est aussi
la forme aramenne du nom de Jtsus.
Enfin, ils ont publi un cantique de louange au
Roi Jonathan. Ils o n t prcise? qu'il s'agissait
d'Alexandre Janne, la fois Grand Prtre et Roi
d'Isral : Beaucoup de monnaies frappes cette
disent-ils, portent la mention : Jonathan,
Grand Prtre des Juifs (Yihudim). Celles qui portent la mention de Roi sont gnralement en grec et
donnent son nom Alexandre. Quelques autres portent la mention : Le Roi Jonathan.
La publication de ce cantique de louange
dtruit de fond en comble la thbe essnienne qui
veut identifier le Prtre Impie avec Alexandre
Jannte, telle qu'elle a t impose par DupontSommer et reprise en chur par tous les autres.
Voici la conclusion des auteurs : Dans les
thories traditionnelles sur les origines de Qumran,
savoir la thorie essnienne et ses diverses
variantes, Alexandre Janne est souvent signal
comme le candidat le plus mme de remplir le
rle de Prtre Impie.. . Alexandre Janne, ou toute
autre figure de combattant du dsert dans la tradition maccabenne, ne peut avoir t le Prtre
Impie . Il y a l une contradiction dans les termes
et l'admettre supposerait d'avoir totalement chou
a saisir la signification des matriaux qui sont
devant nous.
))
Conclusion ddfinitive et incontournable. On
comprend pourquoi cet hymne de louange
Jonathan a t occulte d b le dbut des fouilles.
Mais, hlas ! On comprend galement que la thtse
essnienne tait un mensonge et que ceux qui I'ont
imposke en savaient l'inanit. II y a l une preuve
manifeste de mauvaise foi. Nous appelons cela en
franais une imposture.
Enfin Eisenman et Wise ont not longueur de
pages les correspondances nombreuses et remarquables entre les textes de Qumran et les formules
du Coran. Il suffisait de lire intelligemment les
manGcrits pour y trouver la d de l'Islam.
E.C.
L'hritage des pauvres
l'ensemble du dossier et les thses habituellement
soutenues sur le sujet. Ensuite, l'auteur, malgr
des vues trks neuves et trks suggestives, reste prisonnitre des thtses dont nous avons parl, tout
en s'efforant de les dpasser et parfois mme de
les carter. Son esprit est manifestement tiraili
entre ce qu'elle commence comprendre et ce
que les historiens continuent A soutenir contre
toute vtritt.
Sous ce titre, la revue Archologia a publi
rcemment un article tout fait remarquable,
sign : Martine Rossignol. (1)
Pour la premitre fois, nous voyons, soutenues
dans un magazine pour grand public, les conclusions que nous nous efforons de promouvoir
selon nos faibles moyens.
Article remarquable double titre. D'abord, il
est en contradiction manifeste avec le contenu de
Dans les manuscrits de la mer Morte, dit-
(1)-c j .. * les dossiers d'Archologie *, no 189 de janvier 1994, entirement consacrs aux manuscrits de la Mer Morte.
-26-
elle, la communautt IDENTIFIE COMME
ESSNIENNE PAR LES HISTORIENS ne se
dtsigne nulle part elle mme par ce nom, mais
par plusieurs autres : les Saints, les Nombreux, les
Justes, les Elus et surtout, surtout mme les
Pauvres.
..
Aprts avoir citt les expressions tires des
manuscrits, elle ajoute : Ces similitudes sont SI
FRAPPANTES qu'elles ont incit [Link],
ds 1951, A se demander si la secte de Qumran
tait judo-chrttienne.
Prcisons que J.L. Teacher nels'est pas content de poser la question, il a clairement affirm
que les manuscrits taient bionites.
Puis l'auteur est apeure par son affirmation
et revient en arritre : MAIS O N PEUT AUSSI
RETOURNER LA QUESTION : Les premiers
disciples de Jsus et la communautt apostolique
de Jtrusalem n'taient-ils pas des membres de la
secze essnienne ... ? O n peut, bien videmment, supposer n'importe quoi. Encore faut-il
avoir quelques indications qui rendent vraisemblable la supposition. Dans le cas prsent, il n'est
jamais question d'esstniens, ni dans les textes de
Qumran, ni dans les textes chrtiens.. . La rponse est trs claire : jamais Jsus -Christ, ni les
aptres n'ont fait la moindre rtftrence A de supposs esstniens.
Aprts avoir tnumtr des textes du Nouveau
Testament, des Actes des Aptres et des Eptres de
Saint Paul qui confirment magnifiquement les
textes de Qumran, l'auteur ajoute : Ce sont LES
MEMES N O M S INTERCHANGEABLES
QUE DANS LES MANUSCRITS. Les pauvres
de Jtrusalem, dans les textes en grec sont bien des
EBIONIM au sens des textes en htbreu de
Qumran.. En somme, si le Nouveau Testament
ne mentionne pas les Esstniens, dont pourtant
ses doctrines sont le plus proche dans le monde
juif d'alors, ne serait-ce point parce que la comm u n a u t t judo-chrttienne qu'il reflte se
DESIGNE ELLE-MEME PAR LE VOCABULAIRE I N T E R N E A LA SECTE D E
QUMRAN ... ? Voila qui est clair. Le mot
ESSENIENS est surajout des formules judtochrttiennes, mais il est inutile, puisque les textes
des manuscrits et ceux d u Nouveau testament
emploient le mme langage et diffusent la mme
doctrine.
H t l a s ! Martine ROSSIGNOL ajoute :
PREUVE QU'ELLE E N FAIT PARTIE )p.
Conclusion absurde et contradictoire. II fallait
tcrire : PREUVE QU'ELLE EST ELLEMEME CETTE COMMUNAUTE.
))
Et pour essayer de justifier son lapsus
(l'expression faire partie ) elle imagine (comment faire autrement ?) ue la communautt de
Jtrusalem avait AJOUT aux afirmations des
manuscrits la croyance en Jsus-Christ et constituait donc un NEO-ESSENISME ; elle n'a
pas vu que le Matre de Justice des manuscrits
n'tait autre que le Christ lui-mme.
Dans une deuxitme partie de son tude,
Martine ROSSIGNOL essaye de trouver des
traces judto-chrtiennes au cours des sicles suivants. Elle n u m t r e les Homlies et
Reconnaissances Cltmentines . Elle rcise :
LA, JESUS EST CERTES &VI?& MAIS
SEULEMENT COMME PROPHETE , le prop h t t e de la V t r i t t , ayant succdt dans le
Judasme, SANS TRACE DE TRINITE. ))
((
Plus loin, l'auteur aborde le probltme des origines de l'Islam. LES EBIONITES, dit-elle,
POURRAIENT AVOIR EU UNE DESCENDANCE E N ARABIE O U L'ISLAM A FAIT
DE MAHOMET UN PROPHETE DANS LA
LIGNE D'ADAM, MOISE ET JESUS.. . Il est
possible, mme probable qu'aient persiste en
Orient, en Transjordanie, en Arabie, des communauts descendant des Judo-chrtiens d e
Jacques, croyant en Jesus seulement prophtte. n
Nous prtcisons : il est certain que ces
communauts se 'sont perptues au cours des
sicles, comme nous l'avons dmontrt. E t
Martine ROSSIGNOL conclut : SI BIEN
Q U E L'EXPANSION FULGURANTE D E
L'ISLAM QUELQUES SIECLES PLUS TARD
SE COMPREND MIEUX SUR UN TEL SUBSTRAT.
))
Conclusion remarquable et inattendue pour
ceux qui n'ont pas tudit cette progression de
l'Islam 21 travers les pays o s'ttaient rpandues les
communauts judo-chrttiennes.
E.C.
Rudolph Steiner
et l'inspiration thosophique d'Assise
L'Homme ... . L'Homme ... .Le thtme
obsessif de l'Homme dans Karol WOTTYLA,
le nombre: infini de textes de ses discours sur la
religion d e l'Homme et la dification de
l'Humanit, sont dja devenus aujourd'hui un
lieu commun : dans sa premire encyclique
Redemptor Hominis , seulement, l'Homme
n'apparat pas moins de 245 fois ! 1
L'une des sources de cet anthropocentrisme
deificateur doit tre cherche dans les annes de
la premitre formation de Karol Wojtyla.
- N o u s donnons une piste : i'bn des trois
matres qui ont le plus influenc le jeune Wojtyla,
celui qui a model sa formation d'acteur et a laiss une trace indlbile dans son esprit, a t,
d'aprs toutes les sources biographiques un thosophe, grand lecteur de Rudolf STEINER.
Sujet donc A approfondir. Ensuite, certaines
des preuves.
))
1. LA THEOSOPHIE CHEZ WOJTYLA
coutons ses deux biographes polonais. Le
premier, George BLAZYNSKI rdacteur et
commentateur de la BBC , maintint des entrevues avec le majorit de ceux qui l'ont connu de
prs . Dans beaucoup de passages, Blazynski
nous contagie certainement de son exaltation
devant la personnalit charismatique (. ..) de
son biographi 2. Il n'est donc pas suspect de
partialit envers lui.
En 1940-41 Wojtyla fut l'un des premiers
s'unir au nouveau Thtre Rhapsody souterrain
comme acteur et CO-producteur. La passion de
toute sa vie pour le jeu actoral devenait finalement ralit. C e fut environ en ce temps-la,
d'aprs certains de ses amis, qu'il ressentit une
attraction sentimentale pour une jeune femme.
Le Thtre Rhapsody fut organis par
MieczsIaw KOTLARCZYK, que Wojtyla avait
d'abord connu dans son temps d'colier
Wadowice, lorsque Kotlarayk avait coutume de
l'aider dans la socit dramatique de l'cole.
Kotlarczyk avait d sortir de Wadowice (qui
appartenait maintenant au IIIe. Reich, grce a
l'habilet de Hitler en cartographie). Il s'en alla
Cracovie et sur la suggestion de Wojtyla il dmnagea a la catacombe de la rue Tyniecke avec
sa femme.
Le groupe thtral clandestin de trois actri es
et deux acteurs (Wojtyla inclus) que Kotlar yk
avait runi se faisait d'abord nommer Thtre
de la Parole Parle .Le nom rsumait ses activits. Ce petit groupe subversif tait tout a fait loign de tous les moyens normaux de production
dramatique, de tous les complexes recours de
fond et sctne qui caractrisent le thtre conventionnel. Il ne leur restait que la parole vivante,
parle... 3.
L'autre' biographe polonais, Mieczyslaw
MALINSKI est n Cracovie en 1923. Il ft
compagnon d'enfance et d'tudes d e Karol
~ o j & l a , et ils parcoururent ensemble le mme
chemin spiritue[ qui les conduisit au sacerdoce .
Un bon spcialiste dans le sujet, et grand lecteur,
l'abb DE NANTES, considre son tmoignage
comme le plus loyal, le plus intressant et le
plus complet 5
% En son temps de collgien, il trouve son
vrai matre en Miecz~slawKOTLARCZYK.
Celui-ci n'est pas seulement un organisateur des
acadmies, des ftes et des reprsentations, mais il
est un artiste authentique, anim des ides les
plus profondes. Il dcouvre Karol, qui l'coute
ravi, la force de l'art, sa tche de graver la socit,
de l'amliorer spirituellement et moralement ; lui
1 - Abb V.M. ZINS : Face face. Doctrine catholique - Vatican II Tours, 1982, p. 56. Nous recommandons cet ouvrage avec de
nombreux textes de la religion humaniste de Jean Paul II.
2 -George BLAZYNSM : Juan Pablo II. El hombre de Cracovia, Lasser Press Mexicana, S.A., Mexico.1981. Couverture postrieure et
jaquette.
3 -Ibid. pp. 70-71. Notre soulignement.
4 -Adam BUJAK y Mieczyslaw MALINSKI : Juan Pablo II. Historia de un hombre Planera, Barcelona, 1981. Jaquette
5 - Contre-Rforme Catholique, St Parres-ls-Yaudes, no 186, fvrier 1983, p. 1, col. la.
dcouvre la signification de l'acteur comme prtre
de I'art, comme un porteur de responsabilit en
face des destines de la nation 6 .
B Dans ce temps-l, l'ancien matre de
Karol, Mienyslaw KOTLARCZYK est en train
de chercher un appartement Cracovie. Karol lui
offre sa maison. Et Monsieur Kotlarnyk accepte
avec joie et se dplace avec sa femme la rue
Tyniecke 7.
B Dans l'entre-temps, les rptitions thtrales continuent, dirige par Mieczyslaw KOTLARCZYK. Avec l'aide d'anciens collgues des
deux sexes on prpare les ventuelles reirsentations des grands classiques polonais : Mickiewicz,
Zeromski, Wyspianski, Slowacki. Il ne s'agit pas
d'une sorte de thtre d'amateurs, d'un cercle
d'enthousiastes. Tout le groupe est pouss par
cette ide-l que Kotlarczyk avait dj communiqu aux jeunes coliers de Wadowice. Tous dans
le groupe regardent l'artiste comme un prtre. Le
prtre de I'art. Lequel est appel remodeler le
monde environnant, liminer le mal avec la
beaut, participer dans l'ducation de l'homme
nouveau, de I'homme bon, honnte, juste, qui
aime la 1oaix et est ouvert au monde et aux autres
hommes.
De cette sorte, Karol vit dans une tension de
plus en plus forte. Tension entre le sacerdoce de
l'art et le sacerdoce de l'glise. Entre Kotlarczyk
et Tyranowski. Entre son F u sur la scne et son
jeu de pasteur 8.
En rsum : KOTLARCZYK fut un matre
chri de Woitila - celui-ci le logea chez lui
Cracovie - et'il l'a marqu de l'empreinte indlbile du sacerdoce de l'art . .
1- 2 :KOTLARCZW, Thosophe
Rocco B U T T I G L I O N E , un lac de
Cornmunione e Liberazione , est le meilleur
biographe intellectuel de Wojtyla : L'auteur partage tout fait les ides philosophiques du pape
et son travail est une vritable mine de renseignements ce sujet 9 .
Lors de la parution de l'dition originale italienne de son ouvrage Io, en 1982, SAPIENZA , la revue philosophique des dominicains de
la province de Naples, la patrie du Docteur
Anglique, crivait ceci :
II pensiero di K. Wojtila k stato soprattutto,
fino alla elzione al ~ontificato,une filosofia
dell'uomo , cib che Buttiglione ritrove, oltre die
ne1 filosofia, ne1 teologo e ne1 poeta 11.
La traduction franaise, de 1984 12, ttait ainsi
juge par la revue catholique internationale elle parat en 12 langues ! - Communio , voisine de la penste de Von Balthasar et Ratzinger :
Un livre capital pour comprendre l'uvre
philosophique, thologique et potique de celui
qui devait devenir le pape Jean-Paul II 13.
O r bien, BUTTIGLIONE affirme l'inspiration thosophique de KOTLARCZYK :
Sur le rapport entre les paroles et les choses,
KOTLARCZYK lut et mdita des textes de la tradition thosophique (d'Helena Petrovna
Blavatsky.. .), de phontique et de linguistique
(Otto Jespersen), de la tradition hbraque (Ismar
Elbogen), fondant le tout en une synthse tout
fait personnelle 14.
TRIADES , une revue d'anthroposophie,
qui porte comme sous-titre Revue de culture
humaine inspire de l'enseignement de Rudolf
Steiner et reconnue d'utilit publique dans la
Rtpublique maonnique franaise
un dcret
de Pompidou en 1972, publie en 1980 un article
sur l'orientation de Jean-Paul II
C'est dans la clandestinit qu'il fut alors l'un
des premiers acteurs se lier avec le x Thtre
rhapsodique (. ..) qui, dans cette lutte, ne recourait qu' une arme unique et lgitime : le mot.
Son engagement dans l'art de la scene et de la
parole, qui conduisit Karol Wojtyla crire plus
tard ses propres pices de thtre, le fit rencontrer
Mieczyslaw KOTLARCZYK, avec lequel il se lie
d'amiti et travaille I'art de la parole en chur
comme un nouvel lment de l'art de la scne.
KOTLARCZYK, dans son entreprise, ne
s'appuyait pas seulement sur le romantisme polonais, mais aussi sur les mystiques de l'Est et de
6 - MALINSKI : o.c., pp. 14-15. Nos soulignements.
7 -Ibid., p.32. Notre soulignement.
8 - Ibid., p.38. Nos soulignements.
9 -Abb Daniel LE ROUX : Pierre m'aimes-tu ?, ditions Fideliter, Escurolles, 1988, p. 62.
10 - Rocco BUGLIONE : Ilpensiero di Karol Wojtyla, Jaca Book, Milano, 1982,346 pp.
1 1 - La pense de Karol Wojtyla a surtout tt5, jusqu' l'lection au pontificat, une philosophie de l'homme , que Buttiglione retrouve
non seulement dans le philosophe mais dans le thologien et le pote . Sapienza, Napoli, aprile-giugno 1983, p. 252. Nos soulignements.
12 -Rocco BUTiGLIONE : La pense de Karol Wojtyfa, collection Communio, Fayard, 1984,432 pp.
13 - Communia, X, 1 , janvier-fvrier 1985, p. 75. Notre soulignement.
14 - Rocco BUTIGLIONE : La pense de K. Wojtyla. p.39. note. Nos soulignements
soyez devenu alors, il y a quarante ans ! et vous en
aviez peine plus de vingt ! steinrien. Cela crve
les yeux et donne une tout autre porte vos discours humaniste que des millions de fidles, de
prtres et d'vques entendent sans plus les couter, attribuant leur style confus et leurs tnbreuses audaces votre gnie germano-slave
auquel les Latins sont rebelles 11 s'agit de tout
autre chose ! Votre imprudence, Karol Wojtyla, a
t de consentir, djh cardinal, cette prface au
livre thosophique de votre matre et ami
Kotlarczyk! cette prface qui ne figure pas dans
les recensions de vos travaux.
Le christianisme de Steiner, pour lequel il
rompit avec la Socit thosophique allemande
dont il tait le prsident, est un christianisme cosmique, adogmatique et, bien sur, volutionniste.
Il comporte une initiation une magie occultiste
qui met ses sectateurs en liaison avec des forces
tnbreuses (...). Les moyens de diffusion du
thosophisme steinrien taient, et sont encore le
thtre, la posie.. . 23
Ainsi avez-vous vcu vos annes dcisives,
dans l'intimit d'un mystique lac inquitant, Ian
Tyranowski, d'un mage thosophe steinrien,
Mieczyslaw KOTLARCZYK et d'un libral
ouvert aux ides et aux uvres maonniques,
-Jerzy. Turowicz 24.
Vous ne craignez pas de poser d'abord cette
conception d'un humanisme antrieur, qui est
d'ailleurs la Weltanschauung de l'anthroposophie de Rudolf Steiner 25.
A vous lire longuement, on entre dans votre
Weltanschauung d'anthroposophe steinrien
(mais, j'espre tout de mme pas lucifrien
comme les autres steinriens le sont) 26.
C'est votre anthroposophie basique, et c'est
elle qui dtermine votre comportement cumnique vraiment illimit 27.
))
En rsum :
- Le thosophisme
steinrien enseigne un
christianisme cosmique, adogmatique, volu-
tionniste et lucifrien
- KOTLARCZYK, le matre et ami de
Karol Wojtyla, tait un initi, un mage thosophe , disciple de Rudolf Steiner.
21 - DE NANTES :o.c., p. 25. Nos soulignements.
22 - DE NANTES : o.c., p.25. Nos soulignements.
23 -DE NANTES : o. c, p.27. Nos soulignements.
24 -DE NANTES : o. c, p.28. Notre soulignement.
25 -DE NANTES : o.c.. pp. 92-93. Notre soulignement.
26 - DE NANTES : o.c., p. 93. Nos soulignements.
27 - DE NANTES : o.c., p. 105. Nos soulignements.
28 - Cit. in E. BARBIER : Les infiltrations maonniques dans l'fiE
- Karol WOJTYLA, djh cardinal, crit la prface d'un livre thosophique de son matre et
ami Kotlarczyk : L'art du mot vivant m.
- Il y a, donc, des faits, des crits des
preuves , de l'initiation de Karol Wojtyla dans le
thosophisme de Rudolf Steiner.
- Le thosophisme c'est la clef pour expliquer
les nbuleux discours humanistes , pleins de
fatras, de Jean Paul II.
- L'anthroposophisme dtermine et explique
CCECUMNISME wojtyiien.
II. LA THEOSOPHIE A ASSISE
Deux textes clef de hautes personnalits thosophiques - I'un d'eux, de Rudolf STEINER Luimme - jettent une lumire mridienne, en raison
des antcdents thosophiques de Karol Wojtyla,
sur la vritable racine et la motivation de l'cumnisme de Jean Paul II, cumnisme qui a
son apoge d'APOSTASIE ASSISE 1986.
- BLECH, prsident d e la Socit
Thosophique de France, dans son discours' au
Congrs Spiritualiste et Maonnique (1908) :
Quelle est donc la religion future de l'humanit ? Ce n'est plus une Foi [Link] sparatiste, mais une reconnaissance des mmes vrits se
trouvant dans toutes les religions. Il n'existe
qu'une seule vraie religion, la Divine Sagesse, et
chaque religion, prise part, n'est vraie que dans
la mesure o elle incorpore les principaux enseignement : de cette Divine Sagesse.. (. ..).
La grande impulsion spirituelle (. ..) n'eut
point mission de fonder une nouvelle religion
(. .) mais de vivifier, d'clairer les religions existantes, de les amener peu peu s'unir en une
grande fraternit des Religions 28.
- Rudolf STEINER (1861-1925) :
Parmi les opera omnia de Rudolf Steiner plus de cinquante volumes - on trouve des commentaires des Gvangiles : trois ouvrages dddis
aux Synoptiques (Matthieu, Marc et Luc), avec
chacunune dizaine d e confrences ; deux
ouvrages sur 1'Gvangile de Saint Jean et, finalement, un Cinquikme vangile , fruit des
recherches de Steiner lui-mme - le 5e
vangliste -, ouvrage qui prsent
tologie radicalement occultiste 29.
une chris-
Parmi les confrences d u Cycle ddi A
l'vangile de Marc, nous trouvons ce texte clef
pour Assise :
K Was wird kommen, wenn sich die einzelnen
Bekenner der verschiedenen Relifions~~steme
verstehen werden, wenn der Christ zum
Buddhisten sagen wird : Ich glaube an deinen
Buddha, - und wenn der Buddhist zum
Christ sagen wird : Ich kann das Mysterium
von Golothe verstehen, wie du es selbst verstehst, - was wird kommen ber die
Menschheit, wenn so etwas allgemein werden
wird ! Friede wird kommen ber die
Menschen, gegenseitige Anerkennung der
Religionen. Und die muss kommen. Und die
anthroposophische Bewegung muss sein ein
solches gegenseitiges wahrhaftiges Erfassen
der Religionen 30.
(Qu'est-ce qui adviendra quand les$&les individueh des dzffrents systmes religieux se comprendront ainsi, quand le chrtien dira au
bou&histe :je crois en ton Boudha, et quand
le bouddhiste dira au chrtien : j e peux comprendra le mystre du Golgotha comme toimme le comprend ? Qu'est-ce quhdviendra sur
rhumanit quand quelque chose de semblable
&viendra commun ? La ~ a t arrivera
k
n a m i Les
1
hommes, une reconnaissance rciproque der religions. Et celk-ci doit arriver. Et le mouvement
anthroposophique doit constituer une telle
authentique comprhension rciproque des religions).
2-DIEU:
K Pour le thosophe, c'est A chacun de dbcouvrir, par sa propre recherche metaphysique, le vrai
visage de Dieu. Car Dieu est le nom secret de la
vrit. C'est ce que proclame, de faon lapidaire,
la devise de la Socit Thosophique : il n'y
a pas de religion plus leve que la vrit , qui
est aussi l'antique devise des Maharajahs de
Bnars 32.
3 - OCCULTISME :
(L'anthroposophie de R. Steiner est) un
occultisme A prtentions scientifiques, couleur
chrtienne, complt par une initiation secrhe
dont les dtails sont emprunts aux lgendes rosicruciennes .33
4 ~ ~ ~ L U T ~ O N:N ~ ~ M E
a C'est l'individu qui monte, par ses efforts
personnels vers un tat de dveloppement suprieur, contribuant ainsi A l'volution et la dlivrance de l'humanitd et du Cosmos : vraie fin
dernitre de tout dans le systtme steinrien 34.
5 - FRUITS :
M Le mouvement anticolonialiste, mancipation de l'Inde, l'introduction du bouddhisme, du
brahmanisme et du yogisme en Occident, l'cumnisme religieux la contestation des dogmes des.
glises, les formes aryenne ou steinrienne du
germanisme, la victoire du fminisme sont dus,
pour une part, aux entreprises de la thosophie
moderne 35.
((
))
Les faits sont des tyrans et parlent clair : l'inspiration thosophique de Karol Wojtyla explique
ASSISE.
Contra facta non sunt argumenta.
1 - PANTH&ISME
- Ex SOCIIS COGNOSCITUR IPSE : Dismoi qui tu hantes.. .
- DEI PROVIDENTIA H O M I N U M
CONFUSIONE : Dios escribe derecho con
lineas torcidas.
Cette tude rdige par u n abonn tranger
nous a paru bien rsumer la question
et pouvoir tre utile A n o s lecteurs.
La thosophie, en matitre thologique, est
panthiste : Dieu est tout, et tout est Dieu 31.
29 -Jean VAQUIE :La christologie de RudolfSteiner, in : Bulletin de la Socit Augustin Barruel. no 16 ; 111987, pp. 45-60, ici. p.46
30 - Rudolf STEINER : Markus, Domach, 1960, pp. 70-71. Cit. in : Lothar GASSMANN New Age. Kommt die Welteinheitsreligion?,
Verlag der Liebenzeller Mission, Bad Liebenzell, 1987.2. erweiterte Auflage, p. 126.
3 1 -Annie BESANT : .Why I became a Theosophist,London 1891, p. 18.
32 - J. LANTiER : La thosophie, C.A.L. (Grasset), Paris, 1970, p.254. Cit. in Marie-France JAMES : Les prcurseurs de l're du
[Link] Paulines, Paris. 1985 p. 75.
33 - Lonce de GRANDMAISON, in : GRANDMAISON-TONQUDEC: La thosophie et I'anthroposophie, Beauchesne, Paris, 1939,
p. 130.
34 -Joseph de TONQUDEC, in : GRANDMAISON-TONQUDEC
: o.c., p. 172.
35 -Marie-France JAMES : Les prcurseurs d1 're du Verseau, ditions Paul Paris, 1985, p. 75 (dont I'oecumnisme religieux doit tre
soulign).
Gnose et Paganisme
Lorsque le Christianisme commena se
rtpandre sur l'Empire Romain, il ptnttra facilement et profondment dans les milieux populaires, non instruits. Il ptntra galement, mais
plus lentement, dans les familles patriciennes et
dans les milieux cultivts. Il se heurte alors A un
ensemble d'ides religieuses qui joutrent le rle
d'un tcran protecteur contre cette nouveautt
venue d'orient.
Il est important de noter les principales
notions que les stociens ont rpandues dans
l'tlite romaine. Elles furent comme des pierres
d'attente d'une construction religieuse systtmatise par les no-platoniciens et les gnostiques des
premiers sitcle, pour en faire une machine de
guerre perfectionne contre le Christianisme.
LE DIEU DES STOICIENS
En effet, l'lite intellectuelle d u monde
romain s'ttait forg, la suite du platonisme et
du pythagorisme, une synthbe religieuse regroupant des notions varies, mais cimenttes entre
elles par un symbolisme pottique et mathtmatique, e m p r u n t aussi l'Astrologie. C e t
ensemble qui nous parat aujourd'hui plutt
htttroclite est restt dans les manuels d'Histoire
religieuse sous le nom de stocisme. O n nous a
expliqu que cette philosophie religieuse reprtsentait le meilleur de la penste antique, le sommet que des esprits, non encore illumin& par la
rtvlation c h r t t i e n n e , pouvaient esprer
atteindre.
Au Io sicle de notre kre, les romains se sont
fait de la divinit une notion bien floue, htsitante. Ils imaginent un dieu suprme, Ciel, Ether,
Feu enveloppant le monde. Au dessous un
dmiurge, fabricateur de l'univers, qu'il ordonne
et sur lequel il veille. Ils l'appellent tantt l'me
du monde, d'o s'tchappent comme d'un foyer
les mes particulihres ; tantt la Raison stminale
qui contient en germe tout ce qui existe, ou encore la Nature, force productrice, le Destin, loi
immuable, la Providence, pense dirigeante et
puissance conservatrice.
Le stocisme nous a ttt enseignt comme une
doctrine orgueilleuse de refus de la douleur, de
matrise de la volontt sur les pulsions et les passions. Il a inspire Cictron, Snque, Virgile,
Horace et les autres grands classiques du premier
sicle de notre tre.
Le Dieu des stociens est une intelligence qui
se mle la matitre, la pnttre et lui communique la vie, la forme et le mouvement. Il s'appel~a
esprit divin rpandu
le encore . r r v ~ t f ~p-+UTOU
dans la nature. Philon le dtfinit ainsi : sve active qui, circulant dans le monde ainsi qu'un grand
arbre, s'y mtamorphose successivement en toutes
ses parties. (Philon, De Plant. No)
))
Or le Stocisme a t une reprise du platonisme et du pythagorisme, d'origine grecque, mais
corriges et revus par l'esprit positif des Romains.
Ils y ont ajout la mystique des nombres, l'tude
des signes du Zodiaque. Ils y ont inclus plusieurs
mythes orientaux, le culte du Soleil, plus tard
l'influence
i
des
celui de Mithra, surtout grce ?
nto-platoniciens comme Posidonius d'Apame,
Plotin, Porphyre et Jamblique, sur lesquels nous
ne reviendrons pas.
C'est chez lui le verbe, le Xoyos .rrpo+op~~os
image et figure, -rrpoao8rrov,forme et caracttre de
l'essence divine. Tertullien, en citant les expressions stociennes employes par Stntque, ajoute :
Chez vos sages, le Xoyos, est l'artisan de I'univers, Ztnon l'appelle aussi Destin, Dieu, me de
Jupiter, ntcessitt universelle, Cltanthe en fait un
esprit rpandu dans le monde. (Apolog. 21)
Sdnque est bien panthiste. Cette me du
monde, selon lui, est une substance igne, qui a
agi sur une matire inerte et passive, ternelle elle
aussi ; elle dirige et conserve son uvre, qui
demeure incorruptible, malgrd des changements
passagers et extrieurs. Dieu, ajoute-t-il, n'est
pas autres chose que la nature, la nature et lui ne
font qu'un ; ce sont les deux noms d'un seul
tre ... Dieu, c'est la raison divine mle au
monde.. . (De beneficiis 1) V, VI)
nous. ( prope est a te deus, tecum est, intus
est ) (SENEQUE : Lettres Lucilius , 41)
Un Dieu, quel Dieu, nul ne le sait, habite en
chaque homme de bien. Une force divine est descendue la (vis istuc divina descendit). Quelle estelle ? L'me, et de cette me, la raison perfectionne (Animus et ratio en eo perfecta). Toujours
dans les lettres Lucilius.
))
O n trouve la mme ide dans Virgile :
Au dessous de la divinit, il y a les divinits
infrieures des sept sphres, correspondant aux
sept plantes, puis une infinit de dmons ou
gnies, intermddiaires entre l'homme et les dieux
d'en haut.
Cette notion de la divinid allie des vues physiques des notions mtaphysiques : le Soleil,
I'Ether, le Feu suprme sont les formes d'une
thologie solaire fort rpandue dans la croyance
du temps.
LXME SELON LES STOICIENS
L'homme est double. L'me est venue de Dieu,
c'est une parcelle du feu ou de l'ther divin. Les
stociens condamnent au moins en thorie le corps
et les plaisirs charnels, la fortune et les honneurs.
Mais, la suite de Platon, ils distinguent dans
l'me deux principes, la psych, charge d'animer
le corps et de mouvoir les passions, les instincts, les
sentiments. L'autre principe , le VOUS, parent des
intelligibles, s'ordonne par sa nature mme la
contemplation du Dieu, lieu des Ides.
Ne pense-tu pas, demande Snque, qu'il y a
quelque chose de divin dans celui qui est une partie de Dieu ? Ce tout, o nous sommes contenu,
est un et il est Dieu et nous sommes ses associs et
ses membres. Voil une belle formule panthiste.
a Quis caelus posset, nisi coeli numera nosset,
Et reperire Deum, nisi qui pars ipse Deorum
est 1) (Manilius)
La question est pose : pour pouvoir prdtendre
au ciel, il faut en connatre la nature ; pour
rejoindre Dieu, il faut bien tre une partie de luimme. SCnque reprends : Il n'est pas besoin
d'lever les mains au ciel, ni de gagner un sacristain
pour qu'il nous introduise jusqu' l'oreille de la statue, comme si c'tait le moyen d'tre mieux entendu. Dieu est prs de nous, il est avec nous, I'1 esten
Hoc nemus, hunc, inquit, fiondosa vertice
collem
Quis deus, incertum est, habitat deus.
(Enide, VIII-V, 351)
LE SALUT CHEZ LES STOICIENS
Toute la vie a pour but de se prparer la
remonde vers Dieu. En effet, notre corps est une
enveloppe inutile. Selon Pythagore, Empdocle et
Philolas, il est le tombeau de l'me. Cette vie est
une expiation, au sortir de laquelle l'me purifie
s'unit plus intimement la divinid. Snque
mprise le corps et son ddain s'exprime en
termes nergiques : Cette enveloppe mortelle,
dit-il, empche l'homme de s'lever jusqu' la
conn+ssance de ce qui est immortel.. .
L'Esprit crasd, souill, aveugl, se voit cart
d u vrai et jet dans l'erreur.. . La philosophie
seule le dlivre de ce fardeau, de cette prison, de
ce supplice.. . Dans cette demeure fragile habite
une me libre.. . Quand je le voudrai, je romprai
mon alliance avec lui.. . Le mpris du corps, c'est
la vrai libert. Un jour viendra qui tera tous les
voiles qui nous enveloppent et nous dlivrera de
l'habitation de ce ventre immonde et infect.
(Ep.74)
Rejoindre le divin, c'est donc se dbarrasser
du corps. Il faut se dpouiller des lments grossiers, terre, eau, air qui forment l'enveloppe du
monde, rejoindre l'lment divin, le Feu.
Aprs la mort, le VOUO, l'esprit, dnud, traverse les zones et les cercles des sept plantes. Il
quitte ses vtements dont il s'tait charg en manant de la lumire originelle pour choir dans la
prison du corps. Rduit A n'tre plus qu'un rayon
de feu, qui est son essence premire, il se perd
dans 1'4lment d'o il Ctait sorti.. .
Cictron a traduit ainsi cet enseignement de
Platon : Notre me, dit-il, sortie du ciel, a t t t
prtcipitte de ce sjour tlevt et plonge dans la
boue de la terre, lieu si contraire sa nature divine et tternelle.. . Aussi, lorsque Dieu lui aura
donn un juste motif de sortir de ce monde, le
sage s'lancera avec joie, de ces ttntbres pour
retourner vers cette lumitre.. . car la vie entire
d u philosophe n'est qu'une mtditation sur la
mort. Dttachons-nous donc peu peu de nos
corps et habituons-nous mourir.. . Lorsque dtlivrs de nos liens, nous pourrons retourner vers
notre ctleste patrie, le vol de notre me en sera
moins appesanti. (CICERON, a Catommajor Tusc , 1,31-49)
Lorsque Arellius Fuscus proteste dans ses
Suasoria contre la proscription dont Cictron
est menact par Antoine, il ajoute ces rtflexions :
Ce qui tombera sous les coups du triumvir, c'est
le corps, enveloppe fragile et caduque, sujette aux
moindre jouets de la fortune, proie des proscriptions. Mais l'me lui chappera, l'me qui a une
origine ctleste, qui ne connat ni la vieillesse ni la
mort, et qui, dtbarrasste des liens de chair qui
l'oppriment, prendra son vol vers sa patrie et vers
les astres dont elle descend.
((
On le voit, cette idte d'tvasion de ce monde
tait fort rpandue au premier sitcle de notre re.
O n assiste cette tpoque une tpidtmie de suicides. La vie paraissait languissante et indigne
d'tre vcue. O n le comprend avec une pareille
conception de ce monde : Je crache sur toi, fatalitt, et je m'en vais, chantant un beau ptan ,
s'cria Mttrodore en se tuant. l
D'o le succs des religions Mystres qui
vous garantissent, grce une initiation secrtte, le
salut dtfinitif. Une fois le rite accompli, accompagnt de phtnomtne mystiques, bien tquivoque,
le Nos est dfinitivement sauv : l'homme est
devenu une personnalit immatrielle et divine,
d o n t les actes sont ntcessairement bons,
quelqu'en soit l'apparence et lors mme qu' un
jugement normal, ils dussent sembler des crimes.
Autrement dit, une fois sauv , les actes sont
moralement indifftrents. Cet homme peut tout
se permettre ds lors que ce n'est plus en lui,
l'me mattrielle qui gouverne, mais un principe
extrinstque qui vient d'en haut.
tts impermables i'idte de la mttempsychose,
avec ses rtincarnations successives. Stnque nous
raconte comment l'enseignement de Sotion
d'Alexandrie s'efforait d'introduire les thories
de Pythagore sur i'abstinence de la chair des animaux, et les raisons donntes par Sextius, disciple
d u matre. Il analyse une leon d o n n t e par
Sextius et donne ses impressions personnelles :
Sotion nous expliquait les motifs qui avaient
autre fois dttermint Pythagore s'abstenir de la
chair des animaux et ceux qui plus tard, avaient
dtcidt Sextius. Leurs motifs ttaient difftrents,
mais tgalement pleins de grandeurs.
Sextius disait que l'homme avait assez d'aliments sa disposition sans boire le sang des tres
animts et qu'il prenait l'habitude d'tre cruel en
faisant d u meurtre u n objet d e voluptt.
Rtprimons, ajouta-t-il, tous ce qui alimente nos
ddbauches. Une nourriture si varite et si raffine
est contraire la sant, nuisible au corps.
Quant Pythagore, il ttablissait entre tous les
tres des liens de parent et un passage continuel
des mes d'un corps dans un autre.. .
Lorsque Sotion avait expos cette doctrine en
la fortifiant de ses propres arguments, ne croyezvous pas, disait-il, que les mes passent sans cesse
d'un corps dans un autre et que ce qu'on appelle
la mort n'est qu'une mtamorphose ? Ne croyezvous pas que dans ces troupeaux, dans ces btes
sauvages, dans ces habitants des eaux, rtsident des
mes qui' ont t t t jadis humaines ? Ce fut l'opinion de beaucoup de grands hommes. Suspendez
au moins votre jugement et rservez-vous la facult de croire un jour. Si cette croyance est fondde,
s'abstenir des animaux est une loi de la nature, si
elle est fausse, c'est une prescription de la temptrance. Aprts tout, quel t o r t fais-je votre
cruautt ? Ce que je nous enlve, c'est la pture
des lions et des vautours ! (Ep. 108)
Sotion ttait trs habile. Selon une mtthode
trs efficace et bien utiliste de nos jours, il invitait
d'abord pratiquer l'abstinence pour permettre
ensuite d'introduire dans l'esprit la doctrine qui
rebutait d b l'abord ses auditeurs. En somme,
faites ce que je vous demande et vous finirez bien
par penser comme moi !. . Ne mangez plus de
viande et vous croirez la mttempsychose !!!...
Sur un point pourtant, les Romains sont res(1) Cf. la boutade de Baudelaire : e Le stocisme, religion qui n'a qu'un sacrement, le suicide .
S n t q u e se dclare convaincu :
Enthousiasm par ces discours, je commenai
m'abstenir de la chair des animaux. Au bout d'un
an, l'habitude m'avait rendu cette privation non
seulement facile, mais agrable. Il me semblait
que mon esprit y gagnait plus de ressort et de
vivacit... L'argument de I'hygitne. .. !!!
Cependant l'lite romaine ne se laissait gutre
gagner par la thtorie de la mttempsychose, si
contraire au bon sens de ce peuple positif et raisonnable.
STOICISME E T CHRISTIANISME
Tel fut le cattchisme des paens pieux et sages
l'poque des Antonins et des Svtres. Si l'on a
pris soin de suivre nos tudes prcdentes, on a
reconnu au cours de l'expos la plupart des thses
qui seront systmatiste par les Gnostiques. En
effet, cet enseignement est presque entitrement
repris a u Dialogues de Platon, lui-mme disciple
de Pythagore.
Mais les aptres, d b le ddbut de leur mission,
n'ont pas prtendu enseigner un catchisme pour
les sages, les intellectuels, les cadres dirigeants de
l'Empire romain, comme nous dirions
aujourd'hui. Ils ailtrent au peuple, donntrent un
enseignement simple, direct, la porte de tous.
Chez nous, dit Tatien, ce ne sont pas seulement
les riches qui ont accs la Sagesse. Nous les distribuons aux pauvres et pour rien. (TATIEN,
Adv. graec. 32) Pas de longues initiations, pas
de considrations mtaphysiques dificiles, accessibles seulement des intelligences vives et
dlies. Non ! Un enseignement clair, simple, prcis la portte de la multitude.
Un instant on put craindre que les docteurs
d'Orient et sptcialement d'Egypte, d'tilexandrie,
n'imposent l'glise naissante la discipline du
secret et de longues initiation, c'est dire la
Gnose. Cltment d'Alexandrie et Origtne surtout
affecttrent de dtcrire les mysttres chrttiens avec
les termes usitts dans les initiations d'Isis et
Dtmtter. Les rtvtlations mysttrieuses dont l'un
est dtpositaire, on ne peut les dcouvrir dans
leur nuditt et leur intgrit qu' Aaron et aux fils
d'Aaron. Le Christ a voulu sa doctrine obscure
C'est pourquoi il l'a voile par des figures,
enfermtes dans les sacrements. Heureusement,
l'glise mtre et matresse de Vrit, a rejet4 de
pareilles prtentions. Le Christianisme fut tout de
suite populaire. Il ft la religion des simples, des
soufhants. Ce qui est tout fait scandaleux pour
un homme cultivt de l'poque.
Celse est rvolt la pense que Jsus montrait une prtdilection pour les enfants, les misrables, les pcheurs. Comment donc est-ce qu'un
esclave, un condamnt de droit commun pouvait,
outre-tombe, prendre le pas sur un patricien lettr, sur un philosophe nourri de' la Sagesse
grecque : Nemo eruditus, dit Celse, nemo
sapiens, nemo prudens ad nos accedat, haec enim
mala aestimantur, sed si quis est ignarus, si quis
stultus, si quis insipiens, is fidenter veniat, etc.
Cur non missus est ad immunes a peccatis ?
Quid malurn est non peccasse ? Qua igitur causa
peccatores praeferentur ?
))
Enfin, le chrtien n'accepte pas d'accueillir
toutes les divinits paennes ct de Jsus-Christ
dans un Panthton. Plusieurs empereurs, surtout
les philosophes no-platoniciens, comme
Alexandre-Svtre, les princes de Syrie, ne nourrissaient pas d'hostilitt trts prononce contre le
Christianisme. Ils demandaient seulement aux
chrtiens de toltrer ct les autres cultes, de
reconnatre par l'encens aux idoles, le culte de
l'tat sur lequel ttait fondt l'Empire, d'accepter
de fi urer parmi les autres religions subordonnes
1' tat romain, de manifester un culte public
l'Empereur. Mais ceux-ci se refustrent toujours
toute concession, tout partage et prfrtrent
braver l'horreur des supplices s'ils avaient accept
le marchandage, ils comprenaient bien que JsusChrist aurait suivi la fortune de Zeus, de Srapis
ou de Mithra. Ils s'enfermtrent dans une intransigeance qu'aucune perscution ne put entamer et
ils durent de vaincre cette obstination.
Le mondialisme - II
IMPERIALISME BRITANNIQUE ET BIBLISME PROTESTANT
1891. La Socidt Rhodes - Stead. (42)
Des disciples de John Ruskin o n t l'ide
d'utiliser la puissance de l'Angleterre avec un
empire colonial en expansion, pour diffuser la
doctrine du Matre. Camoufle en promotion de
l'imprialisme britannique (extension of the
english speaking idea)., le but rel, toujours le
mme, est de .hisser les membres d'une socit
crter au sommet d u pouvoir politique et
conomique.
Ils rencontrent, par l'entremise d'un
journaliste cltbre William T. Stead (1840- 1912),
enthousiasm par l'idologie propager, le F.M.
Cecil Rhodes (1853-1902).
Celui-ci, trs riche, est i'associ du londonien
Rothschild, d e l'allemand Alfred Beit et d u
portugais Barney Barnato, tous les trois juifs et
banquiers, dans le capital d e deux socits
minires d u Transvaal, la Gold Fields
(gisements aurifres) et la De Beers (monopole
du diamant), toujours existantes.
))
Patron de ces deux groupes, politiquement
puissant car Premier ministre de la colonie du
Cap en 1890, Rhodes fonde en ftvrier de l'anne
suivante, avec Stead et les lves de Ruskin, la
socitt secrte dont il rvait depuis dix ans.
C'est d o n c en Angleterre, o la F.M.,
profondment ptntrte par les Illumins de
Jean Weishaupt ou d'Emmanuel Swedenberg, se
montre trs efficace, que nat cette socit dont la
structure prouve l'vidence la filiation.
Rhodes et Stead avaient organis leur
socit secrte sur le mode des a cercles
concentriques des socits de cadres , type
Illuministes de Bavi&re:
- un
((
cercle intrieur
))
ou Comit excutif,
avec Rhodes, Steal, Breit e t Milner ...,
cooptant l'Animateur. Le premier nomm est
C. Rhodes ;
- un cercle d'initis o se trouvent entre
autres, Lord Balfour, Lord Gray, Sir H.
Johnston; Lord Rothschild. .. etc ;
- un cercle extrieur ,sous forme d'une
Association de Bienfaiteurs.. . venir.
Le secret est d'autant plus ncessaire que,
I'tpoque de la Reine Victoria, la socit doit
dissimuler ses ides socialisantes, telles que
l'abolition de la proprit. De plus, dsirant
instaurer une dictature collgiale (Synarchie), elle
se trouve face un rgime fond sur l'hrdit
dynastique. Enfin, ses doctrinaires n'hsitent pas
prner l'usage de la force pour abattre tout rgime
ou toute structure existante, afin que les nouveaux
dirigeants puissent disposer d'une i(toile vierge
sur laquelle ils traceront le plan de leur nouvelle
socit idale .
Au d t b u t , il s'agissait de se servir de
I'imptrialisme britannique pour atteindre le but
vis (origine d u Commonwealth), mais,
l'extension de l'idte anglophone devint l'objectif
principal, avec I'arritre pense -pour les
Britanniques, de dominer d'abord le monde
anglo-saxon, puis d'atteindre l'hgmonie
mondiale.. .
La pntration des ides :
Au dtbut, elle vise essentiellement l'lite
anglaise. Elle est organise en direction des
tudiants de niveau suprieur par :
- des crations de chaires A Oxford, Londres,
Chatham House.. .
- la fondation d'un centre Rhodes,
- l'attribution de bourses d'ttudes pour des
tudiants judicieusement choisis. Les
bnficiaires anglais et nord-amricains
resteront unis dans l'association des Rhodes
Scholars B. Le Prsident des E.U. lu en 1993,
Bill Clinton, en est un,
- la cration, ds 1884, par Milner, d u
premier Institut Colonial du monde, le
Toynbee Hall , d u nom d'un t m i n e n t
disciple de Ruskin. (4 1)
la diffusion plus gnrale de la doctrine
grce au Times .Ce journal devient par
l'influence d e Stead e t de judicieuses
infiltrations, un vulgarisateur efficace. La
famille isralite proprittaire, les Astor, les
descendants et collaborateurs vont [Link] la
socit.
Le financement des activits est, ds le dbut,
assur par des membres de la G.L. anglais et
nord-amricains. Les plus importants donateurs
se nomment Rhodes puis le Trust Rhodes, les
banquiers Rotschild, Lazard, Morgan et Milner.
A la mort de Rhodes, Milner, gouverneur
gnral et haut Commissaire en Afrique du Sud,
est dsign comme Animateur.
pour assurer leur domination et leurs vues sur
l'organisation mondiale.
C'est ainsi que trois personnages :
- Joseph Choate, ambassadeur des E.U., viceprsident du Carnegie Endowment for peace,
- John Hay, diplomate amricain, journaliste
puis secrtaire d'Etat du Pdt Roosevelt, trts
influenct par un ami illumin ,
- Harry Brittain, form la Fabian Sty,
membre de l'Oxford Sty et ami de Stead,
tous les trois, principaux organisateurs des
Rhodes scholars, stimuls par Linday Russell,
directeur du Carnegie End. et sympathisant du
Socialist Party of America, prparent une
nouvelle organisation ds 1902. L'anne suivante
nat La Pilgrims of America.
Depuis son origine, la socit est dirige par
un anglais. Gavin Astor (Daily Express) est aux
commandes depuis 1977. La branche amricaine
est confie au banquier Harold H. Heim
(Reader's Digest). C'est actuellement une des plus
importantes organisations mondialistes.
1899. Le Ruskin College (41)
Origine de la dnomination
Fond par deux amtricains disciples
enthousiastes d e J.R., commandits par le
banquier Jacob Henry SchiE L'aide de la Fabian
Sty, de la Royal Sty, et de tous les F.M. leur est
immdiatement acquise. La trts haute noblesse
anglaise, la G.L., des lords et des hommes d'Etat
apportent ensuite leur soutien.
Le but du Collge est dans la ligne du plan
gnral. Il s'agit d'tudier et d'enseigner :
Pilgrims (Plerins) est
un signe d'allgeance l'esprit des puritains
anglais premiers envahisseurs de 1'ArnCrique du
Nord. Ceux-ci, cent deux a Pilgrims Fathers ,
partis d'Angleterre en septembre 1620, les gens
du commun sur le <iMayflower , les chefs sur
I'Arbella , dbarquent, un mois plus tard
environ, sur la cte d u Massachusets actuel et
fondent la colonie du New-Plymouth.
a comment transformer les institutions en
place et prendre mthodiquement et
scientifiquement la possession du Monde.
Il est de bon ton dans l'aristocratie yankee de
se flatter d'avoir comme ascendant, au moins l'un
de ces a Pilgrims Fathers
1903. La Pilgrims Society (41)
Le choix du terme
La pnttration de la, Royal Sty est donc bien
assure. A la mort de Cecil Rhodes, l'hritage
permet la constitution de la Fondation Rhodes
(Rhodes Trust) avec un capital de 150 millions de
livres sterling de 1902 et les contributions des
associs isralites.
Tous les administrateurs du Rhodes Trust,
membres des socitts dj cittes, de la gentry ,
titulaires de tres haut grades maonniques, tous
protestants ou juifs, sont prts aller plus loin
Il existe New-York depuis 1877, T h e
General Society of Mayflowers descendants, qui
compte actuellement pas moins de 11000
adhrents, parmi lesquels la Pilgrims coopte
souvent des affilis.
tre les Matres d u Monde :
Dans ce milieu trts particulier, mlange
puritain-juif-anglican, spirituellement acquis
l'Illuminisme, la gnose, la Kabbale, truff de
F.M. de toutes obdiences, se forme une idologie
spcifique, expliquant le choix par les grands
financiers isralites, des pays anglo-saxons,
comme bases d'optrations but mondialiste.
Par ailleurs, il faut noter le rle important
tenu par British Isral dans la crtation et le
financement du nouvel Etat juif de Palestine.
L'tcrivain Giselher Wirsing confirme :
1909. The Round Table (42)
J'ai dj indiqut dans mon livre sur la
politique anglaise en Palestine, dans quel
curieux rapport la religion anglaise et le
puritanisme britannique se trouvaient avec
l'Ancien Testament. Une partie importante
de la classe dirigeante s'est djh considre
p e n d a n t t o u t le XVIIIO sicle, comme
l'hritire immdiate du Peuple Elu .La
liaison du Judasme et du Britanisme s'avrait
donc comme quelque chose de beaucoup plus
profond
qu'une
simple
alliance
occasionnelle... (et) Max Weber a dj, dans
sa Sociologie Religieuse, fait ressortir l'troite
parent6 entre le Puritanisme et la tradition
juive.
((
1919. Le British Isral (41)
Ce mouvement est la concrtisation d'un
amalgame d'imprialisme anglais, de socialisme
fabian et d e biblisme protestant alli au
temporalisme juif .(6)
Les dirigeants dont il n'est pas possible de
stparer les activits de celles de la Pilgrims,
affirment hautement leur mission dans .leur
organe officiel :
La Grande-Bretagne et ses Dominions
autonomes, avec la Rpublique amricaine et
les Juifs, constituent toute la Race d'Isral..
et, c'est elle q u i d o i t instaurer (( u n
Gouvernement mondial, appel dans les
Ecritures, le royaume de Dieu P.
Le symbole de l'association est le tronc de
pyramide avec l'il qui voit tout, garniture de
gauche du billet de 1$ de 1935 .(6)
Pour tablir ce nouvel ordre de monde, en
novembre 1933, le national Messager, bulletin du
B.I. reconnat implicitement le financement par
les Isratlites et le big Business de la rvolution
bolchevique, dans le but d'utiliser le systme
sovitique pour tablir le Commonwealth du
Monde, et que, pour eux, le communisme ttait
un moyen d e bouleverser les nations
europennes... en en livrant une bonne partie A
la misre et au chaos.
Alfred Milner, Gouverneur de l'Afrique du
Sud, entourts de jeunes hommes bien choisis,
diplms d'Oxford ou d u Toynbee Hall, est
dsign par ses pairs d u Comit excutif,
animateur de la R.S. Sty en 1902.
Sept ans plus tard, il forme le cercle
extrieur de la socit, avec ses proches
collaborateurs o u amis. Parmi ceux-ci se
remarque particuli2rement Ruyard Kipling
(1865-1936), fortement influenc par Bulwer
Lytton au point de faire de la svatika son
emblme personnel, administrateur du Rhodes
Trust et Prix Nobel en 1907.
((
))
Ainsi nat la Table ronde. D b 1915, elle
possde des groupes dans sept pays : Angleterre,
Afrique d u Sud, Canada, Australie, Nouvelle
Zdlande, Indes et Etats-Unis.
A la manitre des socits de pense du XVIIIO
sicle, ces groupes se tiennent en liaison troite
par des correspondances personnelles et par de
frquentes visites des uns aux autres. La
coordination des attitudes et la transmission des
consignes sont assures de Londres par la revue
The T.R. D, dite jusqu'en 1961 A Chatham
House.
A ses dbuts, le groupe de New-York compte
un membre trs influent : Walter Lippmann,
Rhodes Scholar, Pilgrims, journaliste A
l'important Christian Science Monitor ,
rdacteur au New-York Hearld Tribune n, A
Newsweek n, bientt directeur de la revue
socialisante T h e New Republic , en 1932
directeur d u C.F.R. et Conseiller d u Pdt
Roosevelt.
((
Les membres et les sympathisants de la R.T.
lui assurent rapidement la main mise sur les
Universits : Harvard, fief de la banque Morgan,
sur Yale et C o l u m b i a soumises A la mme
influence et, par relations, sur Princeton.
Dans cette dernire Universit, la fondation
Carngie et la Comit d'Education Gtntrale de
Rockefeller crent avec l'aide d'un ancien
daxford L'Institute for Advanced Study auquel
devaient collabor les r6fugis du Nazisme, J.
Robert Oppenheimer, John van Neumann et
George F. Kennan.
La Table Ronde dont le siege est toujours
londonien et la direction sous contrle anglais
est florissante. Son animateur actuel,
quatrime en poste, est Adam Massic de la
banque Lazard Brts.
((
))
Elle est articule en deux branches
principales, 1'European R.T. et la Business R.T.
en Amrique. Cette dernire runit, entre autres,
170 prsidents des plus grandes multinationales
sous l'autorit d'Irving Shapire de la Du Pont
de Nemours .ci
Les Instituts Internationaux ralisent
dans chaque pays o ils sont tablis, une trs
grande concentration tconomico-culturelle.
Ils crent ainsi, au niveau national, une
accumulation de richesses et de pouvoir dont
les rnes sont remises aux centres propulseurs
Pilgrims et Round Table.. . (43)
Les idologues et les personnages,
irrductibles aux yeux de l'homme de la rue,
se rsolvent l'intrieur de semblables
institutions en de simples manifestations d'un
pouvoir protiforme, qui, de temps en temps,
tablit le cours et la limite des vnements,
sans jamais perdre de vue les finalits
essentielles. )) (43)
LE CORYPHEE
LE CERCLE D'INITIES
De la premire partie de cette tude, il ressort
que les Hauts Dignitaires des Obdiences F.M.,
B'Nai B'Rith en tte, les Matres des socits
gnostiques telles la Fabian Sty, les Aptres de
l'hgmonie anglo-saxonne Pilgrims et Round
Table, constituent le Cercle Intrieur de la trhs
discrtte Synarchie apatride qui travaille
l'instauration de son gouvernement Mondial avec
l'appui inconditionnel des Dtenteurs de
l'Argent.
Dans cette seconde partie, analyse sera faite
d'un ensemble, manation directe du prcdent,
le plus souvent dirig par des membres de celuici.
L'poque de sa cration a t judicieusement
choisie.
Il faut noter, en effet, que :
M 1919 est une .pierre miliaire de l'histoire
de l'occident. A Versailles fait son entre et se
consolide la prsence concrte et dominatrice
des Anglo-Amricains. Leurs dlgus, tous
Pilgrims et/ou Round Table, dans l'intention
dclare d'viter d e nouvelles guerres,
conoivent des Instituts, vritables
Laboratoires d'Etudes Scientifiques des
questions internationales. Ils les ralisent avec
I;s capitaux des Rockfeller et des Ascot ... x
(43)
1919. INSTITUTE OF INTERNAZlONAL
AFFARS. (44)
Il ne pouvait voir le jour qu'en Angleterre.
Cr par le colonel )) Edward Mandel1 House,
F.M. illumin des Masters of Wisdom, cornac du
Pdt Wilson pour le compte de la Haute Finance,
avec l'aide d'autres F.M. hauts grads de diverses
obdiences, de membres de la Fabian Sty, de la
Round Table, d'un grand Rabbin, il est destin
au monde anglo-saxon.
Trs influenc par les thories de l'conomiste
J.M. Keynes, il est officiellement destin
faciliter les tudes scientifiques et l'tude des
questions internationales.
Il va trs rapidement tre divis en deux
branches, une anglaise et une nord-amricaine
qui vont, avec zle, essaimer travers le monde.
La branche anglaise :
Par attribution, en 1926, du Privilge royal
(Georges V), la nouvelle dnomination est
R.I.I.A. Son sige est Chatham House, ainsi
que celui de la Round Table.
Le R.I.I.A. a toujours su rester dans
l'ombre. Il est trs difficile d'en connatre les
membres. Il a cr d'autres instituts dans les
pays d u Commonwealth. Mais ceux-ci
devenus indpendants, l'Empire britannique
acceptant, la dtcolonisation impose, comme
la France, par le noyau dur , sont passs
sous la coupe d e la branche amricaine
beaucoup plus progressiste.. . (43)
quelques membres dont l'identit est
connue sont, en dehors de leur appartenance
aux diverses F.M., aux groupes du Ier cercle,
de hauts dirigeants de Banques ou de Trust,
des hommes politique d e rang tlev,
Chancelier de I'Echiquier, Secrtaire d'Etat,
Ministres, Recteurs d'universitts.. . etc Il est
naturel que les riches isralites, genre
Nathaniel Mayor Victor Rothschild y jouent
un rle important.. (43)
l'ancien Inst. d'Etudes Politiques et Economiques
Europtennes de Francfort.
Les
D'aprts l'enqute mene la demande
du SCnateur Lyndon La Rouche, l'poque
Prbident du Labour Party amricain, par les
auteurs du livre La Guerre de l'Opium ,
publi en 1978, le R.I.I.A. contrlerait le
march mondial de la drogue, en mains
britanniques depuis.. . la guerre de l'opium
(1839- 1842), dont le mouvement d'affaires
frise les 200 milliard de dollars l'an. (45)
LES DIVERS I. I.A. (44)
C O M M O N W E A L T H . 1 9 2 6 NouvelleZlande, 1938 Canada, 1933 Australie, 1934
Afrique Australe, 1936 Indes, 1948 Pakistan.. .,
en Egypte, au Srilanka, en Guyanne, au Niger.
ORIENT. 1973 Iran, toujours en activit, en
1980, quatorze membres de celui-ci sigeaient
1'1.1. for Strategic Studies, 1949 Chine Populaire
(C.P.I.F.A.) cr par des Canadiens, 1961 Chine
Nationaliste, 1963 Singapour.. . galement en
Corte, au Japon, en Isral ... etc. O n ne sait ce
qu'il est advenu de 1'I.I.A. Vietnam.
PAYS DE L'EST. 1947 Pologne, trs
important, le plus lit d'autres organisations
internationales d'ttudes stratgiques ou but
politiques et pacifistes, 1947 Yougoslavie, 1956
U.R.S.S. cr grce l'intervention de membres
de la Pugwash (Cyrus Eaton), 1966 Roumanie,
1972 Hongrie, 1976 Bulgarie ... Il existait un
I.I.A. en R.D.A. et Cuba possde un Institut de
Politique internationale.
EUROPE DE L'OUEST. 1927 Suisse, 1945
Pays-Bas, 1958 Autriche, 1959 Norvtge, 1938
Sutde, 1961 Finlande, 1965 Italie (Agnelli et
1'I.S.P.I. de 1933), 1947 Belgique avec Priviltge
royal, 1955 R.F.A. (D.G.A.P.) La rtunification
allemande de 1990 va, sans doute, provoquer la
fusion des deux I.I.A. La D.C.A.P. avait absorb
I.I.A. E N FRANCE. 1935 Le Centre
d'Etudes de Politique Etrangre (C.E.P.) financ
au dbut par les Fondations Rockfeller et
Carngie, t p a u l t par Chatham House. Il
entretient avec le R.I.I.A. des liens cordiaux et
troits.
Les membres fondateurs reprsentaient :
- l'universit de Paris (Recteur Charlty), la
Sorbonne,
- La Bibliothtque de Documentation
Internationale Contemporaine, lite A la
Fondation Carntgie pour la Paix,
- le Parti socialiste par Julien Cain d e
l'Institut, grand ami de Lon Blum et oncle
de Lucie Mayer, directrice de la NEF et
premire pouse de feu Edgard Faure.
- Le Mouvement Europen par Henri
Bonnet, homme lige de Jean Monnet.
Quelques noms de Prtsidents : S. Charlty de
1935 1944, Ldon Blum de 1947 1950,
Edouard Herriot 1950-1957, Gnral Catroux
1958-1968 (il fit prendre en charge le CEPE par
1'Education .Nationale), l'Ambassadeur R.
Massigli 1968-1975, l'Ambassadeur Mancel
Manac'h et, enfin, Louis Joxe qui sera le premier
prsident de l'I.F.R.1.
Quelques noms de Membres : Marjolin R.,
Maurice Schuman, H. Wallon et L. Martin
Chauffier du P.C. A. Siegfreid, Ren Mayer, J.
Vernant, Pierre Uri, Jean Lacouture, Georges
Buis, Josette Alia, Lo Hamon, M.. . Couve de
Murville, Maurice Duverger.. . etc.
1979 ; I n s t i t u t Franais des Relations
Internationales (I.F.R.I.), rsultat de la fusion du
CEPE avec le Groupe d'Etudes et de Recherches
sur les Probltmes Internationaux de MMrs
Raymond Aron et Jean Laloy.
Reconnu d'utilitt publique, compos au
dbut de 153 membres, 1'IFRI. en compte
aujourd'hui au moins 305, dont 3 3 membres
socitaires finanant le groupe.
Dans le conseil d'administration de 2 6
membres, 14 viennent d u CEPE, 5 sont
Bilderberger, 2 Trilatrale et 8 du Club F.M. Le
Sitcle.
Le Pdt actuel est Thierry de Montbrial. Son
adjoint Pierre -Amiral Traub, le G1 H de Bordas,
J. P C o t , R. Seydoux, Michel Jobert de
l'Acadmie Mondiale pour la paix.. . etc.
L'IFRI publie chaque anne un rapport
gnral intitul Ramss .
((
La branche amricaine ou Council of
Foreign Relations (C.F.R.) date de 1921 (46)
A l'heure actuelle, le CFR regroupe environ
1 4 0 0 adhrents aux E.U., 7 0 0 membres
rsidants , habitant dans un rayon de 80 kms
autour de l'Htel de Ville de New-York et les 700
autres rpartis travers le pays. Ils occupent tous
des situations de premier plan dans les hautes
sphtres politiques, le big business, l'arme, la
finance, l'enseignement, la presse crite, la radio
et la tlvision. Il est trs difficile de percer leur
identit.
Le CFR a compt parmi ses membres 5
Prsidents des E.U. dont 3 rpublicains, une
vingtaine de ministres jusqu'ei 1993, de trts
nombreux fonctionnaires des grandes
administrations (70 avec Nixon) dont l'minence
grise du groupe, Henri Kissinger.
Avec le P d t Reagan (1980-1988), la
participation s'est rduite quelques 30 affilis,
surtout aprs le dpart du GI Haig.
Ds sa nomination la vice-prsidence,
George Bush (I'dt
1988-1 9 9 2 ) cessa
officiellement toute participation au CFR et la
Trilatrale. Cependant, dans son gouvernement,
le Conseiller au Commerce extrieur Carla Hills
est Trilatrale, le Conseiller la Scurit nationale
Brent Scoulcroft est CFR et Tri.. . Ce dernier est
de plus, l'homme d'H. Kissinger.
Avec Bill Clinton, lu en 1992, lui-mme du
Systtme car Rhodes Scholar, la participation est,
priori, plus importante.
LES FILULES du CXR.
Elles ont t cres directement ou par des
tiers idologiquement proches, puis infiltres.
(46)
1921. FOREIGN POLICY ASSOCIATION
forme avec l'appui de la Round Table, partir
de La Ligue des Nations Libres, fonde en 1918
par les Gauches amtricaines socialistes, pacifistes
et mondialistes.
La FPA est la promotrice de groupes de
mme idtologie dans toutes les grandes villes
amtricaines. En 1960, elle a fusionn avec les
World Affairs Cornittees et s'adressent
particulitrement au milieu tudiant.
1925. I N S T I T U T E O F PACIFIC
RELATIONS infiltr de communistes et d'agents
sovitiques, tous membres du CFR et attachs au
gouvernement US.
En 1945, dix-sept de ses adhrents donntrent
lieu enqute pour menes pro-sovitiques, dont
R. Bunche, A.H. Dean, le G1 G.C. Marshall,
Dean Rusk.
Finalement I'IPR se saborde en 1961. Ses
membres ont tt recass dans les divers I.I.A.
1933. BUSINESS ADVISORY COUNCIL
(B.A.C.) cr par le ministre du Commerce, dts
l'arrive au pouvoir de Franklin D. Roosevelt
(Pdt de 1933 A 1945), pour soutenir la politique
d u New Deal . Il proposa des solutions
socialistes peu en rapport avec les intentions du
Gouvernement et perdit son audience. Ds le
dbut de la IIme guerre mondiale, les puissances
conomiques et financires de l'organisation
russirent A imposer leur politique. Font partie du
BAC tous les reprsentants des grandes banques
et des trusts, par ailleurs presque tous affilis au
CFR.
En 1961 il devient le BUSINESS
COUNCIL. Celui-ci se runit plusieurs fois par
a n avec les membres du Gouvernement. Il existe
un Comit de Liaison avec cinq des principaux
ministtres fdraux et avec la Maison Blanche.
Le BC compte environ 120 membres actifs et
socitaires dont un tiers est CFR. Ce dernier se
sert d u B.C. pour imposer ses volonts au
Gouvernement Fdral.
194 1. ADVERTISING C O U N C I L . Ce
comit de la Publicit, constitu grce aux fonds
Rockfeller, s'est arrog le droit de slectionner les
publicits d'intrt national pouvant ainsi
bnficier d'une diffusion gratuite dans les mass
mdia. Excellent moyen de pression sur les
socits et les entreprises.
))
1944. I N S T I T U T E F O R AMERICAN
DEMOCRACY. Il a t officiellement prouv
que cet institut ttait une section de 1'AntiDefamation League, crtte par les BYNaiB'Rith.
11 a refait surface en 1966, avec un Comit
aux mains du CFR.
1946. AMERICANS FOR DEMOCRATIC
ACTION. C'est la continuation, avec un bureau
CFR de l'Union for Democratic Action, fondte
en 1941 par un groupe de communistes et de
sympathisants.
CFR) qui sont prsents dans les socitts EstOuest.. . Dix-sept d'entre eux sitgeaient
Leningrad avec des sovittiques importants, tels
les Conseillers d e Gorbatchev d o n t le
Directeur de l'Institut Sovittique pour
l'Europe, le Directeur des Nouvelles d e
Moscou, dix membres de l'Institut Sovittique
d'Economie Mondiale et le G1 Lieutenant G.
Batonine qui vient d'entrer au C o m i t t
Central.
LES CHORISTES.
Parmi les membres, il faut noter les Pfis John
K. Galbraith et Arthur M. Schlesinpr Jr de
Harvard, H. Humphrey ancien vice-Pdt US.
1954. AMERICAN CIVIL LIBERTIES
U N I O N (A.C.L.U.) sous la prtsidence d'un
CFR. La crtation rtelle d u groupe remonte
1917, en filiation directe de 1'American League
to Limits Armements, enfant de Jane Addams de
la Fabian Sty. Officiellement, reconnue en 1931
et 1943, comme courroie d e transmission
communiste, l'association avait cependant en
1968, environ 130000 adhtrents dont Walter
Lippmann et cinq autres CFR Pearl Buck y a t
&lite.
1970. C O M M O N CAUSE. Crte avec
l'argent des Fondations et destinte au petit
peuple , aux classes peu fortuntes, aux dtudiants
et aux jeunes des banlieues.. .
Dirigt par un CFR, tpault par des Trust tels
Werox et I.B.M. ce mouvement progressiste avait
rduni, d b 1972, quelques 250000 adhrents.
..?..CONSEIL ATLANTIQUE
DES E.U.
(A.C.U.S.) (45) Depuis quand existe-t-il ? Peu
importe. Voila ce qu'en d i t M. Pierre de
Villemarest :
Une des projections internationales du
Crts dans un but tactique, ces groupes
semblent se dtmarquer des I.I.A. et du C.F.R.
pour rassembler en vue du mme combat d'autres
personnes choisies par cooptation. Il s'agit encore
de socittts semi-secrtes finances par les mmes
mains.
Si un certain nombre recrute dans les milieux
habituels, d'autres s'adressent plus prtcisment
aux savants de renom.
A - Gr. recrutement classique.
1930. THE BROOKING INSTITUTION
fondte par le magnat Robert S. Brooking, elle est
considtrte comme le bastion de la thorie
transnationale. Rellement optrative dans les
anntes 1960, elle a fourni des cadres aux
gouvernements successifs des E.U. Ses membres
proviennent en partie des autres organismes. (43)
1954. BILDERBERG G R O U P (46) Sa
constitution a .t t t imagine par un isralite
d'origine polonaise, agent secret de l'URSS grand
initi de la F.M. sudoise, Joseph Raztinger.
tudiant la Sorbonne, ami intime de Sean Mc
Bride, il se lie avec Andrt Gide, puis devient l'ami
[Link] collaborateur du Colonel House.. . !
Il comprend un bureau central de 1 3
membres avec 8 CFR et 3 Trilatrale dont i'un est
galement Bilderberger. Le Prbident est le Gl A.J.
Goodpaster.. .
Trs actif, il travaille pour le gouvernement
mexicain, puis va conseiller le G1 Sikorski,
G..M.., pour sa politique pro-anglo-franaise.
Cela permit au G t n t r a l d'tre Chef d u
Gouvernement polonais en exil ds i'invasion de
1939 et de gagner Londres en juin 1940.
A partir de 1946, J. Ratinger a des relations
suivies avec le Mouvement Europten (Spaack et
Van Zeeland), avec 1'Ass. Intern. pour l'Unit
Europtenne et avec le Conseil pour une Europe
Unie de Jean Monnet et Robert Schumann.
Un cercle inftrieur de 99 directeurs (48
C'est le Prince consort des Pays-Bas,
C.F.R., plus discrtte que la Trilattrale, vient
de jouer un rle majeur dans les rapports et.
projets sovitto-amtricains pour l'Europe :
I'ACUS en a discutt en ftvrier dernier (1990)
Moscou et Leningrad.
Bernhard, gros actionnaire de la Royal Dutch et
de la Banque Gnrale de Belgique, lie aux frres
Rothschild, qui organise en mai, la runion
constitutive.
La centaine de personnalits slectionnes
forma sous son autorit une assemble destine
a construire l'unit occidentale ... contre
l'expansion sovitique .C'est un argument trts
employ au temps de la guerre froide pour
dissimuler les vritables buts.
Le Bilderberg Gr. se runit environ deux fois
par an. Il est constitu comme tous les autres sur
le modtle donn par les Illumins de Bavire :
u n noyau dur, le Comit Consultatif,
compren&x des Amricains et des Europens,
tous affilis au CFR,
- un cercle intrieur, le Comit de direction,
compos d e 24 Europens et de 15
Amricains, tous membres o u anciens
membres du CFR,
- un cercle exttrieur, les participants aux
Confrences, mlange d'affilis et d'invits,
ceux-ci en vue de leur recrutement ultrieur
ou pour tenir lieu de paravent.
Les runions sont trs discrttes. Il est difficile
de connatre le lieu du rendez-vous et les noms
des prsents.
Cependant, grce a des indiscrtions, les
themes des runions sont connus. Ainsi ont t
choisis comme sujets d'tudes :
- les problmes financiers internationaux,
- la libert d'migration et d'immigration,
- la libre circulation des produits,
- l'union conomique internationale,
- la constitution d'une force de
police
internationale avec suppression des armes
nationales,
- la cration d'un Parlement international,
- la limitation de la souverainet des Etats,
dlgue l ' O N U o u t o u t autre
gouvernement supra-national.. .
C'est ainsi que lors de la rencontre tenue
Mgve en 1974, fut projete l'limination des
Portugais de l'Angola et du rgime Caetano, en
vue d e permettre la cration d'un supergouvernement conomique sur toute l'Afrique du
Sud. (43)
A la suite d'une affaire de pot de vin , le
prince Bernhard dmissionne de la prsidence en
1977. Il est remplac par le conservateur
britannique, ex-premier ministre, Lord Alec
Douglas-Home, g de 74 ans.
Voici quelques noms de participants assidus :
Affilis depuis la cration : Jean Monnet et
Robert Schumann dcds, Jacques Duhamel
alli aux Mends-France et aux Servan-Schreiber,
Sico Mansholt, Walter Lippmann et Valry
Giscard d'Estaing qui, lors de ses mandats
prsidentiels, s'est toujours fait reprsenter ;
Tous les Prsidents ou Reprsentants des
grandes banques internationales et de la Banque
de France ;
Les Prsidents de grands groupes industriels :
Fiat, Pirelli, Philips, Unilever, Renault, Franaise
des Ptroles, Charbonnages de France, Cie. Nat.
du Rhne, etc. .;
Des politiciens : D. Acheson, Kissinger &li
ds 1957, Harold Wilson, E. Heath, Joseph
Luns, Z. Brzezinski, Bruno Kreisky, 1'Emir
Ra~al,... et depuis 1975, Thierry de Montbrial,
Jacques Attali, Lionel Storelu,. . partir de 1979,
Michel Rocard.
Tous les espoirs et les soutiens de l'oligarchie
se sont reports sur celui-ci, depuis l'chec de
Raymond Barre, membre de la Trilatral filiale
des B., aux lections prsidentielles.
Le relevk des nationalits des participants la
runion de 1965 (Villa d'Este en Italie), dont le
secret n'a pas t maintenu, donne une ide
exacte de l'importance du groupe : 387 prsents
venus de 17 pays (Europe, N. Zlande, E.U.,
Canada). Les E.U. avaient 101 reprsentants
dont 59 CFR, la Grande Bretagne 62, la France
37 et l'Italie 19.
La runion tenue dans le Tyrol autrichien du
2 au 5 juin 1988, fut prside par l'isralite
anglais Eric Roll, devenu Lord Roll of Ipsden,
baron et Pdt du groupe anglais S.G. Warburg &
Co. Participaient galement Kissinger, David
Rockfeller, Giovani Agnelli, George W. Bal1
associ d e la banque Lehmann Brs, T de
Montbrial. (48)
A la session des 11 au 13 mai 1989, organise
la Toja en Espagne, taient prsents : le Roi et la
Reine d'Espagne, la Reine Batrice des Pays-Bas,
Felipe Gonzaies, Helmut Kohl, J.A. Fra, Poncet
du club le Sicle , E. Davignon prsident de la
Socit Gnrale de Belgique, le franais G.
Esktnsi Pdt du holding Pangera, Paul A. Volcker
ancien Pdt du Federai System amricain, le Pdt
de la banque de Bilbao, le franais Directeur et VPdt de I'Oral, Louis Schweitzer inspecteur des
Finances proche de Laurent Fabius. (48)
La session du 10 au 13 mai 1990 s'est tenue
dans 1'Etat de New-York. En plus des habituels
fidtles, des personnalits franaises prenaient,
pour la premire fois, part aux travaux : Jean
Pierre Chevnement, Philippe Seguin, Pierre
More1 reprsentant de la France la Confrence
du dsarmement de Genve et Philippe Villin Dr
Gnral du Figaro et de France-Soir.
La proportion particulirement leve de
Ministres de la Dfense, des Maires Etrangres,
d u Commerce international ainsi que de
ngociateurs Est-Ouest de haut niveau, tait
remarquable. (47) Ce qui permet de penser que
l'tclatement de I'URSS, l'volution des Etats
priori indpendants en dcoulant taient l'ordre
du jour.
1958. INTERNATIONAL INSTITUTE
FOR STRATEGIC STUDIES (I.I.S.S.)' (49)
Officieusement tabli par un Bilderberger, ami de
J. Ratzinger grce une contribution (150000 $)
de la Fondation Ford.
Officiellement cr par u un groupe
d'analystes britanniques comprenant des
acadtmiciens, des politiciens, des journalistes et
des Hommes d'Eglise afin d'kudier les problkmes
complexes que posent l're nuclaire.
Tous ces personnages sont, quelques
exceptions prs, tous membres du R.I.I.A. Le
Directeur d e C h a t h a m House est membre
fondateur.
Le fait primordial est la participation
l'Institut de plus de 180 journalistes reprsentant
plus de 103 quotidiens, radios, tlvisions, revues
et publications diverses. Cela forme un tnorme
rseau imposant au monde entier une vision
uniforme des problmes et lui en proposant la
mme solution.
Ainsi, l'Institut dispose de 20 publications au
E.U., d e 2 au Canada, de 20 en GrandeBretagne, de 36 pour toute l'Europe dont en
France Le Monde N, N Le Figaro e t 1
L'Express ,d'une pour le monde arabe, pour la
Palestine, le Liban, lYEgypte,Singapour, la Core,
le Brsil, de 5 au Japon et G aux Indes.
De 500 membres sa cration, I'IISS atteint
en 1980 le nombre de 2142 adhrents dont 301
sont affilies soit au CFR, la Trilatrale, la
Pugwash ou l'I.A. Le Comit directeur de 15
membres est aux mains du CFR et du RILA.
Tous les Etats du Monde, part I'URSS et la
Chine Populaire taient, avant 1989, associs au
plus haut niveau politique et militaire l'Institut.
L'Iran a eu jusqu' 14 participants aux runions.
Globalement le budget de I'IISS est boucl
par les subventions des membres associs et par
les dons des Fondations amricaines, allemandes,
italiennes.. . etc.
Quelques membres franais : Raymond Aron,
ancien Pdt. dcd, G1 Buis, J.C. Casanova,
Jacques Chevalier, Pierre Dabzies, Cl R. David,
G1 Gallois, Pierre Lellouche, Jules Moch
(dcd), T h de Montbrial, Franois de Rose,
Marc Ullmann, Jacques Lanxade alors officier
suprieur de la Marine Nationale, Jol Le Theule
ministre, Jacques Pelletier ? etc.
1961. INSTITUT ATLANTIQUE. (I.A.)
(49) Il est la concrtisation d'une ide de H.G.
Welles, socialiste mondialisant, affili la Fabian
Sty, membre ds sa cration de la Society for
Cultural Relations between the People of the
British Commonwealth end the U n i o n o f
Socialist Soviet Republics (1924), .considre
comme une officine de propagande communiste.
En effet, il crivait en 1928, au sujet d u
Monde Atlantique :
C'est en ce monde seul qu'une classe,
une amplitude suffisante d e pense et de
discussion sont possibles pour un adquat
dveloppement de la C O N S P I R A T I O N
OUVERTE.
a
J.M. ~ e ~ n et
e sR.H. Tawney, membres de la
Round Table et fondateurs du RILA et du CFR
lui apportent leur appui.
Peu de temps avant le dbut de la II0 Guerre
Mondiale, quelques initits crent T h e Federal
Union, prlude la mise en place d'un
gouvernement socialiste mondial en vue de
tracer les grandes lignes d'une future Atlantic
Union .
Les quatre principaux fondateurs et
animateurs de celle-ci sont :
R.W.G. Mac Kay, Comit directeur de la
Fabian Sty ; Clarence Streit, Rhodes Scholar,
Round Table, CFR, Herbert Agar, Comit
excutif de la Fabian Sty et George Catlin,
Conseil excutif de la Fabian Sty Pilgrims Sty,
IISS, Pugwash, proche de Wells, de Clarence
Streit, d i Walter Lippmann puis associ de
Jean Monnet.
Ds 1938, une section anglaise est cre par
u n membre d e la Fabian Sty, d u Comit
Parlementaire International pour un
Gouvernement mondial et Directeur d e la
London School of Economics, Lord William
Beveridge.
Aprs la guerre, le mouvement Federal Union
prend de l'ampleur. Il se cre des sections un peu
partout en Europe o se rencontrent des hommes
comme :
Garry Davis, Pdt, d u Mouvement Mondial
pour une Confdration Mondiale,
Abb Grous-Pierre, chef et vice-Prsident du
Mouvement Mondial pour l'instauration d'un
Gouvernement Mondial,
Thomas Mann, Albert Camus, A. Breton,
etc.
Aprs la signature d u Trait Atlantique
(1949), Streit fonde u n Comit de l'Union
Atlantique, puis apparat en 1954, l'Association
du Trait Atlantique.
Le recrutement obit l'habituel principe : en
1982, sur les 43 membres d u Conseil des
Gouverneurs, il y avait 18 Bilderberger et 4 CFR.
Par ailleurs, dans la liste des Gouverneurs, se
trouvent les noms du G1 Bthouard, de Gaston
Deferre, Maurice Faure et Antoine Pinay.
En 1979, I'AIIA comptait 109 membres dont
23 CFR, 41 Bilderberger et 32 Trilatrale.
Parmi les &11is franais, il faut citer Jacques
Delors (Conseil des Gouverneurs), Antoine
Riboud, Gabriel Ventajol, Franois de Rose, B.
de Margerie, R. Marjolin, A. Danzin, etc.
Ses tches institutionnelles impliquent le
maintien de liens trs troits avec les autres
Instituts, avec le CFR, avec l'OTAN, la CEE,
I'OCSE dont les Secrtaires Gnraux en sont
automatiquement membres.
Le financement est assur par les dons
des Fondations dj cites auxquelles il faut
ajouter celles de Thyssen Volksvagen, Agnelli
et Sumitomo. (43)
Il est bon de s'arrter un instant sur un
cotisant important, La Banca Nazionale de
Lavoro. C'est vritablement, une Banque d u <t
Systme . Au Conseil politique d e
l'tablissement sikgent, entre autres :
depuis 1984, Raymond Barre (Trilatdrale),
depuis 1985, Henri Kissinger (Tril. et CFR),
Edmond de Rothschild (Tril., Bilderberg)
propritaire de 18 % du capital de la Banque, par
l'intermdiaire de la S O G E R E D , socit
spcialise dans le commerce avec les Pays de
l'Est, qui lui appartient,
David Rockefeller, patron de la branche nordamricaine de Ta Trilatrale.
ATLANTIC
INSTITUTE
FOR
INTERNATIONAL AFFAIRS (A.I.1.A)
Voici une trs spciale opration de cette
Banque : depuis 1988, ds la cessation des
combats contre l'Iran, elle a prt l'Irak, 3
milliards de $. O r ce pays devait quelques 80
milliards d e dollars divers cranciers. Il
s'agissait, en somme, d'un prt fonds perdus.. .
(50) pour que Saddam Hussein reconstitue son
potentiel militaire, ce qui conduit, ainsi la
Guerre du Golfe.
Le crateur officiel est Jacques Rueff. Parmi
les fondateurs, il faut citer Paul Henri Spaak, ami
et disciple du Comte Goudenhove-Kalergi, pre
de l'Union Pan-Europenne.
1973. LA COMMISSION TRILATERALE
(49) La mise au point de sa cration s'labore ds
novembre 1 9 7 2 entre trois personnages le
milliardaire D. Rockefeller, Max Konhstam
Finalement, le 1 janvier 1961, Cabot-Lodge
CFR et Pilgrims, prend, Paris la direction de
l'Institut Atlantique qui, en 1972 devient :
ancien prsident d u Comit Jean Monnet et
George Franklin, son ftur secrtaire gnral.
Canne suivante, en mars, le Mouvement
Europen, organise de faon assez mystrieuse, la
Confdrence Europe-Amrique. Les personnalits
anglo-saxonnes participantes, toutes affilies aux
premiers groupes, sont plus nombreuses que les
invits europens.
Pour la France, si le B i l d e r b q e r Gaston
Deferre a exprim son refus, sont prsents HabibDeloncle, Gabriel Pronnet, Olivier Giscard
d'Estaing et Pierre Christian Taittinger.
En juillet, la Trilatral Commission est
officiellement fonde. Constitue pour une
priode d e trois ans, le comit excutif
reconduisit, en 1975, ses activits pour une
nouvelle priode qui dure encore.. . ! L'minence
grise de la Commission est Zbigniew Brzezinski,
son actuel directeur.
Avant de dfinir, hlas trs imparfaitement,
les vises de cette socit, il faut garder l'esprit
cette dclaration de Winston Lord, Pdt du CFR
et membre de la Tri. faite en aot 1978, qui
confirme, cependant, l'importance de celle-ci :
ce n'est pas la Commission Trilatrale qui dirige
le monde, mais le CFR.
Com. Tri. est un lment actif de l'ouvrage de
base :
plus un systme est dmocratique, plus il
est expos des menaces intrinsques..
le fonctionnement de la dmocratie
semble incontestablement avoir provoqu un
effondrement des moyens traditionnels de
contrle social, une d lgitimation d e
l'autorit publique et une surcharge
d'exigences adresses au gouvernement qui
excdent sa capacit de les satisfaire.
D'o, l'obligation de renforcer l'emprise des
Etats sur les Nations et l'ascendant des
Organisme mondialistes sur les Gouvernements,
et les incitant, par exemple, conserver le droit
et la possibilit pratique de retenir i'information
la source, de fixer les limites potentiellement
dsirables l'extension indfinie de la dmocratie
politique.
Rapports No 13 et 15 : ces extraits confirme
l'accord idologique existant entre la Com. Tri. et
les groupes de mme origine et le Socialisme voir
un Communisme rform :
Rapport d e 1977, a u sujet d'une
coopration constructive Trilaterale Communisme en matire d e problmes
mondiaux.. .
))
))
))
Examen gnral des relations Est-Ouest :
L'entre ventuelle de communistes franais ou
italiens dans des gouvernements de coalition a
moins de chances de mettre en danger le rgime
dmocratique de gouvernement qu'on ne le
pensait autrefois.
((
Les buts :
Elle se dit officiellement fonde par de
simples civils (!) de l'Europe Occidentale, du
Japon et de l'Amrique du Nord
- pour propager l'ide d'une plus troite
coopration entre ces trois rgions du monde
sur les problmes communs.. .
- pour crer l'habitude et. l'exprience du
travail en commun.
Cependant, le concepteur veut qu'elle
devienne le groupe de puissances intellectuelles
et financitres le plus fort que le monde ait jamais
connu.
La Commission fait paratre en 1975, un
ouvrage The Crisis of Democracy qui devient
sa Bible. Les rdacteurs sont au nombre de trois :
un membre de la Fondation Rockefeller et deux
professeurs d'Harvard, un amricain CFR et le
franais Michel Croizier.
Voici quelques citations q u i trahissent
l'orientation autoritaire d u mouvement dont la
))
Donc ni pressions, ni menaces de l'extrieur
(refus de crdits, vasion de capitaux.. . etc) pour
empcher la participation du P.C. au pouvoir. Ce
qu'un responsable d e la socit nonce
clairement : la Trilatkrale ne doit en aucun cas
tre anti-communiste. Ce qui explique l'appel
du Bilderberger Michel Rocard en fvrier 1993 et
laisse augurer l'amplification d e la guerre
conomique si le gouvernement issu des lections
de mars suivant, n'est pas assez souple.
Par suite les membres ne sont recruts que
s'ils sont jugs capables de comprendre le grand
dessein de l'organisation et de travailler utilement
sa ralisation. Ils sont obligatoirement sociaux
dmocrates ex-communistes de l'Empire clat,
partisans d'aides financires et d'changes
conomiques avec les nouveaux Etats ruins avec
comme b u t ultime, selon J.P. Walburg,
d'instaurer dans les pays europens u n
gouvernement mondial par le consentement ou
par la force.
Parmi les adhrents :
amricains : tous les noms des reprsentants
de la Banque et des Trust.. . Le Pdt Jimmy
Carter et la presque totalit des membres de
son Gouvernement, George Bush qui, lu, a
officiellement dmissionn, H. Kissinger,
Walter F. Mondale, Cyrus Vance, John D.
Rockefeller, Andrew Young, etc. Le Rhodes
Scholar Bille Clinton, nouveau Pdt ne doit
pas en tre loin.
Franais : galement les reprsentants des
banques et des grandes socits nationalises,
puis Michel Crpeau, J. de Fouchier, R.
Marjolin, Robert Seydoux et de nombreux
membres du discret club Le Sicle , fond
par le F. Bernard Quelin, Marcel Boiteux, J.
Cl Casanova, Michel Debatisse, Jean Dromer,
J. Ph Lecat, Roger Martin, T h de Montbrial,
Georges Berthoin Chairman.
Europe : Raymond Barre, etc.
1981. LA C O M M I S S I O N QUADRI-
LATERALE (5 1) cre lors du sommet d'Ottawa
qui runissait Ronald Reagan, Margaret Tatcher,
Helmut Schmidt, Franois Mitterand et quelques
personnalits d o n t Gaston T h o r n , Claude
Cheysson, Jacques Delors et Pierre Beregovoy.
Dans un but a priori similaire celui des
groupes prcdents, elle groupe exclusivement des
reprsentants officiels des E.U. du Canada, du
Japon et de la CEE.
La quatrime session a eu lieu Bruxelles, en
Avril 1983, l'initiative de l'amricain William
Brock, Pdt du Parti Rpublicain, membres du
CFR et de la Com. Tri.
B
- Cr. recrutement
scientifique. au nom
de l'universalit de la Science.
1955. LA PUGWASH (49) Il existait dj
des organisations regroupant des scientifiques.
Ainsi, la Fdration of Amrican Scientist
(F.A.S.), lYAtomicScientists Association (A.S.A.)
et la World Federation of Scientists Workers
(W.F.S.W.) prside par le franais Joliot-Curie.
En 1954, l'ide d'un tel groupement est
lance par les amricaines FAS et ASA paules
par l'Association des Parlements pour un
Gouvernement Mondial. Sigeant Londres, les
promoteurs laissent l'initiative de l'opration
Bertrand Russell (1872-1 970), juif par sa mtre,
important &li de la Fabian Sty.
La premitre se tient Londres, en Aot. La
dlgation sovitique est la plus importante. Les
participants adoptent un manifeste rdig par B.
Russell et Albert Einstein.
Albert Einstein (1879-1955), juif de Souabe,
s'est li trs tt avec le milieu rvolutionnaire de
gauche. En 1918, il salue avec joie la formation
des Soviets en Allemagne. En 1923, il est
membre fondateur de la Socit des Amis de la
Russie Bolchevique ; en 1927, avec H. Barbusse,
il est P d t honoraire de la Ligue contre
l'Imprialisme. Antimilitariste haineux, il est
galement un militant sioniste ardent. Aprts la
dfaite de l'Axe, il devient un pacifiste enrag.
1945, lui voit prendre la tte d'une croisade pour
la cration d'un gouvernement Mondial, dirig
par l'URSS, les E.U. et la Grande-Bretagne.
Les autres signataires du Manifeste sont au
nombre de huit : 7 Prix Nobel, 1 Prix Staline de
la Paix (Joliot-Curie 195l), 1 Prix International
Lnine de la Paix (Linus Pauling 1971).
Tous ces savants enseignent dans des
universits renommes telles Princeton, Harvard,
Kyoto, Cambridge, Oxford, Berlin et, certains
sont membres d'Acadmies sovitiques.
Le milliardaire amricain d'origine
canadienne Cyrus Eaton, que ses amis Kroutchev,
Mikoyan et Kossiguine ont fait laurat du Prix
Lnine d e la Paix, offre ce groupe de
scientifiques l'hospitalit dans sa proprit de
Pugwash en Nouvelle-Ecosse.
La premire runion a lieu en 1957 : The
Pugwash Conference on Desarmement and
World Security est officiellement ne. taient
prsents 22 savants dont le franais A.M.B.
Lacassagne. Le premier Prsident est B. Russell.
En 1980, c'est le Prix Nobel de Chimie, Pfr
Dorothy Hodgkin qui prside, entour
d'minents confrtres membres du M.I.T., du
CFR, de I'IISS et de nombreux sovitiques.
Voici quelques nom de franais qui ont tt ou
sont affilis : Pierre Victor Auger du CNRS, de
l'UNESCO, Etienne Bauer, spcialiste nucltaire,
attacht au Ministtre de I'Education Nationale,
Pierre Lon Dubarle, ecclsiastique professeur
l'Institut Catho. de Paris, Andrt Lwoff prtsident
depuis 1970 du Planning Familial, Perrin Francis,
atomiste e t ami d e l'URSS, Etienne Roth,
atomiste, etc.
Les trois buts principaux sont : former
une chane solide entre les scientifiques
(so
cialo-marxiste) du monde, d'influencer
ainsi les Gouvernements et de former (sic)
l'opinion publique. C'est ainsi, qu' la suite de la
rtunion tenue A Moscou en dtcembre 1960, le
Pdt E.U. John F. Kennedy, arrtait quatre mois
plus tard, le dveloppement de la force offensive
amricaine.
A partir de 1967 (XVIIo Conftrence) est
introduit un nouveau type d'action : petites
rtunions d'une trentaine de membra. travaillant
sur un programme trs prcis et transmission du
rsultat aux organisations supranationales
intresses.
Pour l'aider tisser sa toile d'araigne savante,
la Pugwash posstde trois satellites :
- Inter. peace Research Ass. (1964) fonde par
Joseph Rotblat, Comit Permanent et
secrtaire gnral de la P..
- Stockholm Inter. Peace Research Inst.
(1966) crt par le Parlement sudois sous la
prtsidence de - Gunnar Myrdal, pacifiste prosovitique.
Le Groupe Bellerive trts discret, groupant,
avec des savants s'inttressant au Plutonuim, des
crivains, des philosophes, des juristes et des
religieux bien videmment choisis selon les
crittres habituels.
Les rtunions se tiennent prs de Gentve,
Collonge-Bellerive dans le chteau du Prtsident,
le prince Ismalien Sadraddin Aga Khan de
l'ONU.
Le financement de la Pugwash, assurt au
dtbut par C. Eaton, est actuellement garanti par
des fondations apparenttes au CFR par des
acadmies, par l'UNESCO, par Ford et des
socittaires.
1966. SCIENCE POLICY RESEARCH
UNITED ([Link].) (52) Centre d'investigation
sur les probltmes concernant la science et la
technologie, fond par l'conomiste anglais C.
Freeman. Depuis 1982, le Directeur est un
gtophysicien, membre de la Pugwash, Oldman.
Les adhrents sont des affilis de I'IA, de
I'IISS, de 1'1. pour la Paix de .Stockholm et du
M.I.T. A participt tgalement, Marie Johada,
collgue de Freud.
Les travaux portent sur la technologie
militaire, la limitation des armements, l'volution
des modes de vie, les mtcanismes de soutien
l'innovation, etc. L'argent provient des grandes
fondations, des Trusts (Schell, Unilever.. .) et la
CEE.
Le Pdt Oldman a rtcemment crtt une filiale :
L'Institut d'Etudes s u r le Dveloppement
(I.D.S.) qui envoie des scientifiques parcourir le
monde pour crter des quipes locales
optrationnelles de dtveloppement.
1972. INSTITUT INTER. D'ANALYSE
DES SYSTEMES APPLIQUES (49) Installt par
l'ancien Chancelier autriihien B. ~ r e i s k ~ , - a u
Chteau de Laxenburg, prs de Vienne, il groupe
quelques 103 scientifiques : 36 d'URSS et
satellites, 16 des E.U., 5 du Japon, 2 d'Amtralie,
2 du Canada,. 1 pour le Mexique, le Pakistan,
l'Argentine et I'Egypte, puis 38 Europtens dont 9
Autrichiens et 2 Finlandais.
Ayant l'appui de leurs gouvernements
respectifs, les membres interviennent avec force
dans les affaires internationales pour mettre en
place Le Nouvel Ordre Mondial 1,.
Le mrite de l'ide initiale d'une telle cration
revient :
- Aurelio Peccei, un des fondateurs du Club
de Rome, Bilderberger et N I A
-Jermen Gvishiani de l'Acadmie des sciences
de Moscou et gendre d'A. Kossyguine
- Pierre Algrain, conseiller du Gouvernement
franais, membre d u Carnagie Inst. d e
Pittsburg
- Philipp Handler, Pdt de 1'Acadtmie des
Sciences E.U.
Il fallut cinq anntes pour que la crtation soit
dcidte, lors du voyage Moscou du Pdt Nixon
en mai 1972, accompagn de l'intvitable H.
Kissinger.
Le 4 octobre suivant, la charte de l'Institut est
paraphte Londres par les reprsentants des
Acadmies nationales o u d'Associations
scientifiques de 12 Etats dont 5 de derrire le
rideau de fer .Par la suite, cinq autres pays vont
adhtrer. Les vritables fondateurs sont le Pfr.
Gvishiani, actuel Pdt et Mc George Bundy-, CFR,
Bilderberger, IISS et ancien conseiller d u Pdt
Johnson.
avec les hommes politique, au niveau des
gouvernements.. vers 1982.
))
En 1982, I'IIASA sera solidement
implant dans le monde entier ... Les
chercheurs ne restent jamais plus de deux ans
Laxenburg. Souvent de trois six mois. Ce
qui leur permet de prendre l'esprit IIASA .
Deux franais ont jou un rle important :
- Jacques Lesourne, du Club Le Sicle .Pdt
du Conseil de l'Institut de 1974 1978.
- Andr Danzin, Club de Rome, IA et
successeur.
D'autres franais en sont membres. Ainsi
Michel Grenon (CNRS, CEA, EURATOM)
coopt en 1974, Jacques Ledent admis en 1977 et
Franoise Katsonis Emard entre en 1978.
Le directeur gnral est depuis 1974,
l'amricain Roger Levien. Ses .adjoints taient les
reprsentants de la RFA et de l'URSS.
Il est vident qu'un grand nombre de savants
sigeant dans les Commissions sont des Prix
No bel.
L'clatement de l'URSS, l'esquisse d'une
maison Commune europenne.. . remettent en
valeur une dclaration faite en Octobre 1975, par
le Dr Levien :
Ils continuent (ensuite) d'tre des agents
actifs de l'Institut. Un peu partout.. . les grands
centres de recherches prennent l'habitude de
travailler avec I'IIASA (reli en permanence
tous les grands rseaux d'ordinateurs d u
monde). ..
Petit petit, une ide fait son chemin
Laxembrug et surtout New-York, du ct
des Nations Unies : et si, d'aventure, LA
BONNE SOLUTION, c'tait de donner
I'IIASA un certain pouvoir excutif dans
certains domaines prcis, de crer de hautes
autorits mondiales d e l'nergie, par
exemple, o u d e l'alimentation sous le
contrle de l'ONU ?
L'IIASA se reconnat dans un premier temps,
cole de la Vme colonne du Mondialisme, puis
Ecole des Cadres du Gouvernement mondial.. !
1972. INTER. CONFRENCE O N T H E
UNITY O F T H E SCIENCE
(I.C.U.S.) (53) Son but officiel : rassembler
Les diffrences entre l'Ouest et l'Est ne
sont pas aussi grandes qu'on le crot ds qu'il
s'agit des grandes organisations. Rien ne
ressemble davantage une bureaucratie qu'une
autre bureaucratie..
Constatation paraissant futile, mais
impliquant selon l'esprit du Systme le rgne
futur des fonctionnaires associs.
des professeurs et des scientifiques
minents du monde entier et de toutes les
disciplines, en vue de rechercher des solutions
significatives et adquates des problmes
d'intrt mondial .
Dans le mme sens, un dirigeant de l'institut
esquisse la stratgie employe :
Les thmes de la Confrence se sont
dvelopps A partir de la recherche d'un
standard de valeurs communes pour rsoudre
la crise du cloisonnement des sciences face aux
probltmes urgents du monde.
Il fallait d'abord que les gens de l'Est et
d e l'Ouest (des savants slectionns)
apprennent travailler ensemble, qu'ils se
comprennent bien. Pour cela, nous avons vit
d'introduire trop tt les Sciences humaines
Laxenburg ; elles prtent des discussions
subjectives qui auraient pu dgnrer. Mais
c'est pour bientt ... Ensuite, ce sera plus
ddlicat. Les vrais problmes commenceront
L'ICUS est parrain par la Fondation
Culturelle Internationale
(I.C.F.), organisation sans but lucratif, ddike
promouvoir des changes acadmiques,
scientifiques, religieux et culturels parmi les
nations du monde.
Fonde en 1968, par le Rvrend S U N
MYUNG MOON, I'ICF, possde des branches
partout dans le monde. De plus, le Rtvtrend a
crt en 1954, l'Association pour runification du
Christianisme Mondial (A.U.C.M.) qui dispose
des tnormes revenus d'un trust industriel dont la
production va de l'aiguille coudre aux engins
militaires les plus sophistiqus, en passant par les
produits chimiques et pharmaceutiques.
Quelque soit le contenu des enqutes, des
articles de journaux ou des livres concernant les
activits d e M O O N et de 1'AUCM les
conftrences de 1'ICUS sont suivies avec zkle et
enthousiasme. De la premitre en 1972, tenue
New-York sur le thtme Orientation morale des
Sciences , celle de Miami Beach, fin 1980, elles
attirent des centaines de personnes venues de
dizaines de nations.
Les confrences ont toutes des buts dits
thiques , valeurs absolues , position
centrale de la Science et [Link] absolues ,
Science moderne et valeurs morales ...etc. Les
participants sont tous des personnes dtsireuses
d'acceder au pouvoir et, le plus souvent dj
engagtes dans l'action mondialiste. D'ailleurs, les
dirigeants des comits et des Groupes sont peu
prts tous affilits au CFR, la Pugwash, au
Bilderberger ou I'AIIA, etc.
Parmi les adhrents franais : George
Berthoin, Com. Tri. et CEE, Claude Geffre de
1'Inst. Catho. de Paris, Robert Gibrat, Jules
Guron, Pugwash et Euratom, Marc Alexandre
d u Comit directeur de l'Institut d'Etudes
Mondialistes et P. Piganiol.
1971-72. ASSOCIATION INTERNATIONALE DES FUTURIBLES (54) dont le
prsident est justement P, Piganiol. IJA.1.F. est la
dnomination prise cette anne par le groupe
FUTURIBLES, crt en 1960 par Bertrand de
Jouvenel, trts proche de la St d'Etudes et de
Documentations Economiques, Industrielles et
Sociales. Les bailleurs de fonds sont la Fondation
Ford et la Twentieth Century Fund, tous deux
aux mains du CFR.
Dts sa crtation, I'AIF absorbe :
- Le Centre d'Etudes Prospectives Gaston
Berger fond en 1957. Ce dernier, philosophe,
encyclopdiste, mystique imprgn
d'hindouisme , est le pre de Maurice, dit
Btjart, chortgraphe inspirt et musulman. Le
centre avait des adhtrents de marque : Louis
Armand, Franois Bloch-Laint, Paul Deluvrier, J.
Parisot ex-pdt de l'OMS, le Frtre Prcheur
Dominique Dubarle expert Vatican II, Maurice
Lvy de l'LAS de Princeton, le Doyen Georges
Vedel des Clubs Jean Moulin et Le Sitcle ,
actuellement (1993) prtsident de la commission
de rtforme de la Constitution Franaise, et
Piganiol.
- Le Centre de recherches sur 1'Evolution des
entreprises, cr en 1963 par F. Bloch-Laint.
Les Futuribles ou I'AIF dpendent de la
S.E.D.E.I.S., prside aprs le dkpart d e
Bertrand et Hugues de Jouvenel, par Jacques
Plassard, un homme du groupe Rothschild.
Dts 1969, rAIF avait fond la Maison des
Futuribles, grce la DATAR prtsidde son
dbut par Pierre Mass.
En 1973, I'AIF crte La FCdration Mondiale
des Etudes sur le Futur, l'incitation d u
Continuing Committee de Kyoto.
L'actuel Pdt de l'NF est Philippe de Seynes,
secrtaire adjoint aux Affaires Economiques et
Sociales de i'ONU, ztlateur du club de Rome et
du Nouvel Ordre Mondial .
Parmi les membres, il faut encore citer
Cltment Decouflt, Simon Nora, Robert Lattks
(ENA et Club du Sitcle), Serge Antoine (Pdt du
Centre Inter. du Futur d'Arc et Senans) et la
famille Saint-Gtours.
Les Saint-GCours sont t r t s proches d u
pouvoir socialiste. Le pkre, Jean, membre du
Club de Rome et du Club Le Sitcle , vice-Pdt
des Futuribles tait Directeur d e la Mission
Nationale de Lutte pour l'Emploi crte par le
Gouvernement Mauroy ; le fils Jean-Philippe
tait charg de mission auprs du mme ; le
deuxitme enfant Franois ttait attacht au cabinet
de Louis Mermaz.
1980. LA FONDATION D U FUTUR (55)
ou Centre d'Etudes et de prospectives
Internationales.
Elle a pour objectifs :
- d'a Ctudier et analyser les grands
problkmes d u monde dans les domaines
politiques, diplomatiques, tconomiques, sociaux,
culturels, scientifiques, stratgiques et religieux.. .
d'envisager les consquences de leur
impact dans les prochaines dcennies.
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'un tel
programme reflte l'orgueil et la sufisance de ses
adhtrents !
Les activits consistent organiser des
colloques, des tables rondes, des confrences sur de
grands sujets d'actualit, des runions d'expert
avec les meilleurs spcialistes internationaux et
franais dans le cadre d'entretiens privs .La
publication des rsultats des travaux est assure par
Les cahiers de la Fondation.
Depuis le dbut, la Prsidence appartient
Jacques Baume1 (RPR et Bilderberger). Au conseil
d'administration sitgent :
Hlne Carrre d'Encausse (IFRI), Michel
Crozier (Com. Tri., Jean Moulin, Le Sicle, AIF)
Pierre Dabzies (IISS, IFRI, Fdration des
rpublicains de Progrs apparente au PS, Pfr
Sciences PO, ENA et Paris 1), Franois Dalle
(PDG de I'Ortal, CNPF, AIF, fondateur avec
Jacques Delors et d'autres personnalits dites de
gauche d u Club Echanges et Projets ), Le
Gnral Gallois (IISS, Bilderberger, D r de
Dassault-Aviation, membre du Comit de
parrainage de l'Institut de Gopolitique de MarieFrance Garaud), Lo Harnon (LICRA, Club des
Jacobins, Comit de soutien de la FMVJ, du
Mouvement de la Paix), le banquier Georges
Hervet, Jacques Huntzinger (IISS, et Commission
de Dfense du PS), Jacques Lesourne (NF, IIASA,
Com. Tri., Club de Dakar et Le Sitcle), Pierre de
Margerie du Groupe Drouot, Jrme Monod (exPdt de la DATAR, Club de Rome et Le Sicle),
Ren Rmond (Pdt d u Centre Catholique des
intellectuels Franais, Club Le Sitcle), Charles
Zorgbide (Pfr Paris XI, Acadmie Mondiale
pour la Paix, collaborateur de la revue Dfense
Nationale ).
Ont particip des runions : Franois de
Rose (Com. Tri.), Ben Shahar de Tel Aviv, Pierre
Messmer, J.C. Casanova (Com. Tri., Bilderberger,
IISS, Le Sicle), Alain Cotta (Com. Tri.) frre de
Michtle, P. Lattes (Club de Rome, Dakar, Le
Sicle), J.F. Poncet (IFRI) et A. Sauvy, aujourd'hui
dctd.
1982 ; INSTITUT INTERNATIONAL DE
GEOPOLITIQUE cr en juin par Marie-France
Garaud, dans le but d'analyser l'ampleur des
menaces (militaires, politiques, sociologiques) qui
psent sur la libert des dmocraties, sptcialement
des Europennes .
En dehors des membres fondateurs, les
cotisations des adhrents comportent deux classes,
les membres actifs (1000 Frs l'an) et les membres
bienfaiteurs (5000 Frs).
Les rsultats des travaux sont publis dans
une luxueuses revue Gopolitique dont le
directeur est le vice-prsident de l'Institut, M.
Dtodat du Puy-Montbrun.
Bien que sa Prsidente se soit affirme
politiquement libre et indpendante , au
moment de sa candidature aux lections
prsidentielles, solde par un chec cinglant,
l'Institut parat bien tre un avatar d u
Mondialisme, un groupe se prsentant comme
anti-socialo-marxiste, respectueux de l'ide
nationale
et, donc fort crtdible pour une
grande partie de La Droite , o Mme Garaud a
fait sa carrire politique. D'ailleurs, elle a su
attirer quelques personnalits militaires
indpendantes, dont le trs connu gnral belge
Robert Close, pour renforcer cette impression.
...
Dj, lors de sa candidature, il tait possible
de trouver, dans son Comit de soutien, les noms
de Pierre Arpaillange et Louis Joxe, mais, de plus,
les fonds ntcessaires sa campagne, auraient t
runis grce l'entregent du Comte de Granard.
Celui-ci, ancien Commodore de la RAF est fils
de banquier. Sa mre, ne Mills, appartient une
puissante famille amricaine associe des
Rockfeller, Carngie et J.l? Morgan. C'est ainsi
que les Trusts amricains Texaco et National
Biscuit Cie par sa filiale suisse Nabisco, ont, avec
le Groupe Gardinier (Engrais) euro-amtricain,
apport leur contribution.
D e plus, la main-mise d u Systme se
manifeste par la prtsence au sein de l'Institut, de
trs nombreux adhrents, tous affilis aux divers
organismes dtj cits, contrls par la Haute
Finance internationale et dont les grands patrons
se retrouvent la COM. Tri.
C'est ainsi que, plus prcisment, se
retrouvent parmi les anglo-saxons membres
fondateurs :
F. Bolkestein, secrttaire d'Etat et RILA,
Zbigniew Brzezinski, fondateur-directeur de
la Corn. Tri., CFR, Bilderberger, IISS, IAI,
etc.
William F. Buckley, patron de la National
Review , CFR, Bilderberger,
Sir Neil Cameron, Pilgrims, IISS, Conseil de
Direction du RIIA,
Lord Chalfont, Fabian Sty, RIIA, Comit
exCcutif de la Pilgrims,
Baron Robert de Rothschild, Conseil des
Gouverneurs de l'LA,
Sir John Russell, RIIA,
James Schlesinger, ex-secrttaire A la DCfense
E.U., ex-chef de la CM, CFR,
De la mme manitre, parmi les 20 membres
du Conseil d'Administration, tous franais,
sitgent, entre autres :
Pierre Emmanuel, alias Nol Mathieu, Pdt
de 1'Ass. Internationale pour la libertd de la
culture (AILC) assidtmekt frtquentte par les
Mondialistes et membre du Club Le Sitcle
Jean Daniel Jurgensen, Club Le Sikcle ,
Dominique Lecat (UN, Hachette, Banque de
Paris et de PB., Club Le Sitcle ,
)),
Jacques Lesourne, clubs Le Sikcle et
Dakar , Futurib1e;Fondation du Futur, Dr
de projet Interfuturs i'OCDE,
Pierre Mass, ex-pdt de la Maison Inter.
des futuribles, (S.A. Peugeot, Cr Foncier de F.,
B. Louis Dreyfus) membre du jury de la
Fondation de la Vocation, crte par Marcel
Bleustein-Blanchet, Beau-pkre de Robert
Badinter,
Jean Stoezel, universitaire, CNRS, ComitC
directeur du Centre de Vienne,
Pierre Gallois, GI, IISS, Bilderberger, C.A.
de la Fondation du Futur,
Franois de Rose, OTAN, IFRI, IISS, C.
des Gouverneurs de l'I.A., Com. Tri.
En conclusion, il faut se demander si Mme
M.F. Garaud n'a pas depuis sa malencontreuse
candidature, t t enrle dans le sens de
i'histoire ... !
L. D.
BIBLIOGRAPHIE
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21 -IAmtrcs Franairrz N' 398 de Juin 1990
22 -Lectures Franaises N' 410
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30 -Jacques Bordiot op. cit. p 19
31 -Jacques Bordiot op. ut. p 20.25
32 - Henry Coston op. cit. N' 28
33 -Paolo Taufer a C.A. Agnoli op. ut. N' 15
34 -Jacques Bordiot op. cit. p. 153.141
35 -Marcel de Corte, L nte1(igmce [Link] mort
36 -Jean Vaqui4 :RudoIfSteiner Revue de la Stb Barruel N' 14
37 -Yann Moncomble op. cit. N' 26
38 -Yann Moncomble, La Trikathale et h
Secrets du Mondialisme
39 -Pierre Virion, Bicntdt un g o u w - n m m t mondia!
40 - Paolo Taufer et C A Agnoli op. cit. N' 15
41 -Yann Moncomble op. cit. N' 25
42 -Jacques Bordiot op. ut. p ;87.96
43 - Paolo Taufer op. cit. N' 6
44 -Yann Moncomble op. cit. N' 38
45 - K. Kalimtgus, D. Goldma et S. Steinberg, la G m a dcll Opio
in Paolo Taufer op. ut. N' 6
46 -Jacques Bordiot op. ut.
47 -hcturcr Franarics NN'
401
48 -Lectures Franarics N' 396
49 -Yann Moncomble op. Cit. N' 38
50 -Lectures Franaises N' 407
323
51 -hctures FranfaisesNN'
52 -bctures FranfaisesNo3 18
53 -Yann Moncomble op. cit. N' 26
54 -Yann Moncomble op. ut. N' 25
55 -Yann Moncomble op. cit. No:
hcturrs FranfaisesN' 3 19
56 -Yann Moncomblc op. ut. N' 1984
La Gnose nous concerne !
Le gnosticisme se rattache au mouvement gnral de
sync?-hkmequi veutfondre ensemble les divers systmes
philosophiques ou religieux ;dtnspiration no-platonicienne, la Gnose s'est dveloppe en mme temps que le
Christianisme ds le premier sicle : c'est une doctrine
de dliwance par la connaissance et donc rserve aux
seuls initis. D'une f d ~ o ngnrale, le monde spirituel
kmane d'un principe premier par une srie de dgaddtions ; le monde matriel, uvre d'un mauvais
dmiurge est identtfr au mal. Les adeptes aspirent
une illumination intrieure qui librerait de la matire la partie divine de leur tre et permettrait leur
retour a l'unit de ltre absolu. Partant de la foi en la
Rvlation, ils la transforment en une connaissance philosophique capable d'unir rellement
I'homme Dieu. Cette gnose qui prend les textes du
christianisme pour les vider de leur contenu, reste
essentiellement distincte du christianisme o la
Rvlation n'est pas lhpanage de quelques-uns mais
shfie tous, o. le salut ne consiste pas dans la seule
connaissance mais dans l'@art moral sous Iimpulsion
de la grce ;sans ngliger de nombreuses incompatibilits dogmatiques au sujet de l'incarnation, de la
Rsurrection, de Iunion de l'$me et du corps. .. Or, un
jouv, M. Vaqui dcouvre La Charit Profane de jean
Borella et, sous le dpisement mystique, sous les nombreuses rfrences thomistes, il reconnat la Gnose. . . il
fonde alors avec M. Etienne Couvert la Socit
Augustin Barruel pour lutter contre cette deFguration
du Catholicisme tel que la toujours enseign lZglise,
celui que nous de9ndons. Nous avons interrog pour
vous M. Couvert car.. . la Gnose nous concerne N.
nuit et jour, pendant trente ou quarante ans. Leur
vie intellectuelle est reste en friche ; manque de
temps, de libert d'esprit. Les voici en retraite ou
prretraite : enfin dsuvrs et l'esprit vid, Ils
pntrent dans la premire librairie rencontre, que
voient-ils aussitt ? Des livres sotro-occultistes en
vitrine dans les premiers rayons droite aprs la
porte. Sur des kilomtres une littrature abominable e t attrayante : les mystres d e la grande
Pyramide, de l'le de Pques, de l'Atlantide, puis le
Graal, le symbolisme ... Ils se jettent s u r ces
ouvrages, les lisent avidement, se passionnent. C'est
un jeu intellectuel, comme d'autres jouent au bridge ou aux checs. Mais le dmon est prsent, la foi
chrtienne, affaiblie par le manque de pratique et
d'tude, ne peut rsister longtemps ces lectures
envotantes.
((
))
Mais il est clair que la gnose dclare est satanique ;pourtant la Socit Augustin Barruel que
vous dirigez maintenant s'est donn pour tche
de lutter contre son infiltration dans nos
milieux. Un catholique traditionaliste est donc
permable ce genre de fantasmagorie ?
Il y a d'abord une confusion entre Tradition
catholique et la g a n d e tradition sotrique
rserve aux initis de toutes les religions. En
jouant sur le mot, les no-gnostiques prtention
chrtienne o n t travaill avec persvrance le
milieu traditionaliste, avec un succs certain, c'est le
moins qu'on puisse dire. Leur pntration a trouv
des rsistances, certes, et ils ont reconnu cet chec ;
par exemple, le Sel de la Terre l a cit rcemment
un texte de Jean Hani, tout fait explicite : Les
milieux qui devraient tre le plus attentifs au message de GuCnon, se trouvent tre ceux qui lui sont le
plus ferms et, quand ils le connaissent, le plus hostiles.. . Au fur et a mesure que l'euvre de Gunon
gagne de l'audience, elle est en butte aux critiques
de plus en plus violentes de ces milieux. Violentes
e t disons-le n e t t e m e n t , injustes e t parfois
La gnose apparat souvent comme appartenant exclusivement au IIe sicle : pourquoi eston gnostique, de nos jours ?
J'ai tout autour de moi des exemples significatifs.
Des amis, d'anciens condisciples, des membres de
ma famille sont arrivs la cinquantaine ou la
soixantaine. Toute leur vie ils ont travaill en entreprise, comme cadres ; travail absorbant, puisant,
1 - Etude remarquable Qui a inpirPRenP Gdnon ?, par Antoine de Motreg parue dans le Selde la Terre n ' 13, p.33.
2 - Vatrk Eric. La Droite d u PPre, enqudte sur ka Tradition catholique d d u j o u r d h i , amalgame de gnostiques notoires (Jean Borella,
Jean Hani etc, et de personnalites de la Tradition rels M. l'Abbe Laguerie ou Mgr Tissier de Mallerais...
54 -
odieuses.. . ce que nous lisons en ce genre est a la
fois affligeant et rtvoltant ... Ce texte est intressant car vous remarquez que M. Jean Hani ne se
pose mme pas la question de savoir si cette rtvolte
contre les no-gnostiques n'est pas la raction d'une
foi chrtienne, rfractaire par nature une telle
ptntration et tout fait lgitime. C'est pourquoi
M. Vaqui et moi-mme avons lutt de toutes nos
forces contre cette invasion et l'aveu de M. Hani
sonne nos oreilles comme un chant de victoire ;
victoire toute relative d'ailleurs ; voyez le succs du
livre d'Eric Vatrd dans les milieux Parisiens : sa
Droite d u Pre 2 tait pourtant une tentative
renouvele pour instiller dans les esprits une reprise
des thmes gnostiques, malheureusement ! Quant
nous, dvidemment, nous n'avions rien compris
et M. Hani continue Les auteurs semblent bien
n'avoir rien compris a l'uvre de Gunon et faire
continuellement des contresens dans l'interprtation de ce qu'il crit. J'ai moi-mme examin la
loupe l'ouvrage de Jean Borella et dcortiqu une
penste obscure, fuyante, verbeuse (ce style est trs
caractristique), destinte faire passer subrepticement les thbes gnostiques en laissant croire qu'on
demeure dans la foi catholique. Mon livre est donc
un libell infamant et fanatique , selon l'expression de Jean Hani, mais lui-mme et son ami se
sont bien gards de relever mes arguments dans La
Gnose parmi nous de mon deuxime livre 3.
))
Dans le Bulletin sotrisme Chrttien , on
voit que l'adaptation chrtienne de I'sotrisme
contemporain est surtout l'uvre d'un prtre,
l'Abb Stdphane. Comment se fait-il qu'un prtre
puisse se laisser ainsi fasciner par la gnose ?
Le cas des ecclsiastiques est plus grave, bien sr.
Il y a l un orgueil insens. Le dmon s'acharne sur
les prtres plus que sur. les lacs. Il cherche les
dvoyer, ce que nous voyons trs bien quand nous
dtudions les origines des sectes gnostiques : toujours
des prtres. Pendant la Renaissance, c'est l'Abb
Tritheme qui a insufflt la Kabbale (tsotrisme
judaique) chez les humanistes d u nord. Au XIXe
sicle, c'est le chanoine Rocca ; quoi d'tonnant
que pour les gnostiques gunoniens, ce soit l'Abb
Stphane, un professeur de mathmatiques, soit dit
en passant. J'ai appris rcemment que les tlucubrations d e M . Crombette o n t t introduites en
France par u n A b b t H e ~ r a u d ,d u diocse d e
Valence. Il avait annonc la fin du monde en 1984
d'ailleurs et a eu la bonne ide de mourir temps.
O h ! on pourrait en dire autant des visionnaires, du
genre Marie d'Agrtda ou Catherine Emmerich, qui
prdtendent avoir vu le Christ partir en voyage dans
l'le de Chypre, en Chaldde, chez les Mages etc. etc.
Et il y a des bonnes mes pour lire ces impostures... et recevoir une excellente pr-formation
l'sotrisme ! (D'abord vous savez des choses
que les simples lecteurs de l'Evangile ignorent ;
ensuite, si on vous affirme qu'il se trouve l-bas une
tradition chrtienne mtconnue.. .)
))
L'expression sotrisme Chrttien sonne
bizarrement ; mais en quoi est-elle une contradiction dans les termes ?
II y a entre l'enseignement chrtien et I'enseignement gnostique, une antithese fondamentale. Le
premier enseignement vise trans-mettre la vie, le
second transmettre la mort. Jsus-Christ nous
appelle la rtsurrection et la vie (surnaturelle),
dans une plnitude de perfection. Les gnostiques
nous appellent l'antantissement, l'absorption
dans le grand Tout, au Nirvana, A la chute dans
l'abme, la fusion dans le Cosmos, toutes formes
d'une attitude suicidaire et morbide. La socit
moderne, imprgne d'dsotrisme maonnique, diffuse comme on le dit une culture de mort .
L'opposition radicale gnose-catholicisme
ressemble beaucoup l'opposition PlatonAristote et vous signalez dans un chapitre intitul Gnose et PlatonZsme que les rsurgences platoniciennes coincident avec les renouveaux gnostiques. Peut-on dire que Platon tait gnostique ?
Tous les gnostiques au cours des sicles ont toujours fait rdftrence Platon ;ce qui ne veut pas dire
que Platon tait gnostique mais qu'on pouvait trouver dans son systkme d e pense des lments
capables d'tre r-interprtes et inclus dans une cosmologie panthiste : le Mythe de la Caverne, la
rtincarnation, le dmiurge, la rtminiscence, etc. Les
gnostiques ont donc fait une relecture de Platon.
A la fin de sa vie, dans ses Rtractations, saint
Augustin affirme de Platon et des noplatoniciens que c'&aient des hommes impies qu'il ne
fallait pas tant louer cause des grandes erreurs
dans lesquelles ils sont tombs .Qu'en pensezvous ?
3 - La Gnose Contre la Foi, aux Editions Chirt, o se trouve une recension attentive de l'ouvrage La Churit/ Profant de M. Borella
dans le chapitre La Gnoscparmi nous. Si vous ne deviez lire qu'un seul livre d e N . Etienne Couvert, et, de ce livre, que ce chapitre 12, vous avez le
plus urgent !
Il n'tait pas possible de faire une lecture chrtienne de Platon. Les Pres de l'glise
sont
essays et ce fut un tchec complet. La pense de
PIaton est en contradiction manifeste avec la foi
chrtienne. Disons que ces Pres de l'glise ont juxtapos l'enseignement de la foi et la pense noplatonicienne, juxtaposition pleine d'incohrences, ce
qui se saisit bien la lecture du pseudo-Denys, par
exemple. Et cette juxtaposition indue est la source
de toutes les hrdsies dans l'glise, depuis toujours.
Vous constaterez q u e les rfrences noplatoniciennes sont la base de tous les dveloppements
chez les no-gnostiques d'aujourd'hui, comme
Messieurs Borella, Jean H a n i et les autres. Ils
connais-sent bien les bons auteurs et s'efforcent de
leur donner une coloration pseudo-chrtienne pour
tromper les nafs.
Pour nous qui sommes tudiants en
Philosophie thomiste, pourriez-vous nous dire
ce qui distingue radicalement le vrai gnostique
du vrai thomiste ?
J'ai toujours affirm que l'antidote fondamental
la pense gnostique tait la philosophie de saint
Thomas d'Aquin, essentiellement parce qu'elle est
une attitude de l'esprit qui se soumet humblement
au rel ; le ralisme de Saint Thomas est une forme
d'humilit car nos ides sont reues et non produites par nous-mmes. Et cette rception des
connaissances dans notre esprit est un don de Dieu
qui nous perfectionne par l'observation du monde
cr, son uvre. L'homme n'a pas construire les
choses mais remercier Dieu de nous les avoir
mises notre disposition pour en faire bon usage.
Bien au contraire, le gnostique s'efforce de magnifier l'orgueil humain : je fais la vrit, je suis maitre
de moi, je ne dois rien personne ; il diffuse un
scepticisme divinisant. Et partir de l, il n'est plus
possible de garder la foi chrtienne. Je dois dire que
la philosophie thomiste demande de la rflexion,
un effort difficile d'dtude. Mais elle demande surtout une matrise de la sensibilit et un frein aux
fantaisies imaginatives, toutes vertus acquises par
une vritable aschse intellectuelle A laquelle nos
contemporains rpugnent.
L.D.
Article extrait de :
r Enthousiasmes
Les 17 premiers numros sont puisCs du fait de l'incendie qui a dtruit notre local en Septembre
1988. Leurs sommaires sont nanmoins reproduits en page 2 de couverture ainsi que celui du No 18,
puis depuis lors.
Restent disponibles les No 19, 20, 21 presque puis&s,le No 22/23 et les No 24, 25 dont vous
trouverez les sommaires ci-dessous et bien entendu ce No26.
SOMMAIRE N0'19
La rvolution sexuelle,
pierre angulaire de la rvolution - 1
Gnose et humanisme - 2
L'Islam
sous le vent de la politique 2
Rappel sur la
Franc-Maonnerie
SOMMAIRE No20
3
19
32
44
Gnose et romantisme - 1
La rvolution sexuelle,
pierre angulaire de la rvolution - 1
Rappels sur la Franc-Maonnerie 2
La rvolution surraliste 1
Le nouvel ge :
A l'aube de l're du Verseau
Fils de la Veuve
1
17
35
52
71
75
SOMMAIRE 22/23
SOMMAIRE No21
L'cole moderne de l'sotrisme chrtien
Gnose et romantisme - 2
La rvolution surraliste 2
La rvolution sexuelle,
pierre angulaire de la rvolution - 3
Le suicide de Luther
Gnose et boudhisme
3
18
35
50
56
SOMMAIRE No24
Gnose et classicisme
La rvolution sexuelle,
pierre angulaire de la rvolution - 4
Notes sur les origines du Bouddhisme
La rvolution surraliste 3
"Dmocratie clricale"
Yves Chiron rpond
15
33
36
53
55
SOMMAIRE No25
Un musulman inconnu : Ren Guenon
La rvolution sexuelle 5
Gnose et littrature contemporaine
Gnose et Islam - 1
Crtineau-Joly :
L'ami des Papes et de la Vrit
Quelques livres
Dans la presse :
In memoriam Jean Vaqu
1O
30
42
SOMMAIRE No26
Mort et rsurrection du lhomisme au xix" S.
Dans les livres : la droite du Pre
Gnose et pense russe
Le Mondialisme I
Gnose et lslam 2
Note sur la Kabbale
UN CADEAU POUR VOS AMIS
Le numro spcial 22/23 sur "L'cole Moderne de l'sotrisme Chrtien" toujours disponible au
prix de 100 francs, constitue un excellent cadeau offrir vos amis : vous contribuerez leur
ouvrir les yeux pendant qu'il en est encore temps.. .
AUGMENTATION DES TARIFS
Depuis bien longtemps notre prix tait rest inchang. L'augmentation continue des tarifs postaux,
dont la charge avoisine le tiers de nos dpenses, nous~onduit vous demander aujourd'hui un petit
effort comme vous le verrez en page 4 de couverture.
Merci d'avance pour votre aide financire, ainsi que pour les adresses d'amis toujours bien utiles.
Nod'inscription SI480
DBpt lgal 48 trimestre 19% - Impression C.E. Imprimeries
ISNN 0247 - 3607