100%(6)100% ont trouvé ce document utile (6 votes) 2K vues257 pagesProthese Dentaire - Principes Et Strategies Therapeutiques
principe de la prothèse dentaire
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- PROTHESE DENTAIRE |
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a, A
Bengt Owall
Arnd F. Kayser
. Gunnar E. Carlsson
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CHEZ LE MEME EDITEUR
DICTIONNAIRE MEDICAL DU CHIRURGIEN DENTISTE, par P. GIRARD, J. JEANDOT, L, PERLEMUTER,
J. QUEVAUVILLIERS. 1997, 1136 pages.
LA PROTHESE TOTALE, Théorie, pratique et aspects médicaux, par E. BUDT/-JORGENSEN,
R. Clavel, Collection des Manuels d’odontostomatologie. 1995, 168 pages.
LA DENTISTERIE PREVENTIVE, par D. KANDELMAN. 1989, 316 pages.
Traduction autorisée de l’ouyra
PROSTHODONTICS - Principles and Management Strategies
© 1996 Times Mirror International Publishers Limited,
€ publié en langue anglaise sous le tue :
Published in 1996 by Mosby-Wolfe, an imprint of Times Mirror International Publishers Limited.
fous droits de traduetion, adaptation et de reproduction par tous procédés, réservés pour tous pays.
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© Masson, Paris, 1998, pour la traduction francaise
ISBN : 2-225-83325-7
MASSON
. — 120, bd Saint-Germain, 75280 Paris Cedex 06Sommaire
Avant-propos
Collaborateurs
Chapitre 1 - Données sur la prothése dans le mon
. par B. Owall, A.F. Kilyser et G.E. Carlsson
Définitions et terminologie (9). Organisation de l'enseignement académique (10). Enseignement
clinique de la prothése dans les différentes sociétés (11). limites aux traitements prothétiques (13).
Disciplines associées (15). Techniciens de laboratoire et laboratoires dentaires (16). Aspects legaux (16)
Principes et stratégies (16). Conclusion (19). Bibliographie (19).
Chapitre 2 - Epidémiologie en prothese, par B. Owall
Introduction (21). Nombre de dents (21). Prothéses amovibles (24). Prothéses fixées (26). Traitemenis
alternatifs pour une dent, des espaces, des prothéses amovibles (27). Implaniologie (27). Age de la
population (28). Investigation clinique ov questionnaire (29). Fiobililé, reproductbilité (29). Indices (30).
Production de prothéses (30). Conclusion (32). Bibliographie (33).
Chapitre 3 - Denis, perte des dents et dispositifs prothétiques, par A.P. Kayser
Type de dent et fonction (35). Histoire naturelle de la dentition (37). Aspects biologiques et fonctionnels
de la perte des dents (37). Types d’édentements partiels (40). Calage de l’arcade dentaire et ATM (44)
Implications d‘un traitement prothétique (44). Conclusion (47). Bibliographie (47).
Chapitre 4 - Le patient pré
Introduction (49). Principes du traitement prothétique préventif chez le patient pré-édenté (50)
Evaluation d'une dentition au stade préédenlé pour un traitement par overdenture (55). Localisation des
dents supports (58). Répartition des dents supporis au niveau des arcades supérieure et inférieure (59)
Implants dentaires comme dents supports d’overdenture (61). Racines résidvelles
ef implants sousmuqueux (52). Conclusion (63). Bibliographie (64).
édemé, par W. Kalk
Chapitre 5 - Le patien Budiz-Jorgensen
Introduction (65). Etat de santé général (65). Etat de santé extrabuecale et intrabuccale (66).
Renseignements radiologiques (73). Evaluation des prothéses existantes : doléances et erreurs (73)
Conclusion (77). Bibliographie (78).
Chapitre 6 - Considérations gériatriques en odontologie prothétique, par R. Ettinger
Introduction (81). La population agée : état fonetionnel (81). Problémes liés 4 ’age (82). La dentition &
un age avancé (83). Evaluation du patient (83). Plan de traitement (86). Conclusion (93).
Bibliographic (94).
~ Désordres temporo-mandibulaires et nécessité d'un traitement prothétique, par J.A, De Boever
. Carlsson
Introduction (97). concepts historiques (97). Facteurs étiologiques des DTM (98). Conclusion (106).
Bibliographie (109)
Chapitre 8 - Capacité masticatrice et nécessité d'un traitement prothétique, par R. Merieske-*
A.H. Geering
Introduction (111). Evoluation de la capacité masticatrice (112). Bilan des résulais issus des études
objectives et subjectives (115). Le besoin de prothéses (118). Conclusion (122). Bibliographie (123).
9
35
49
65
81
97Prothése dentaire
Chapitre 9 - Prise de décision en prothese, par G.A. Zarb, J.D. Anderson et A.H. Fenton
Introduction (125). Les axiomes de la prothase iraditionnelle (125). impact de lostéo-intégration (128).
Paradigme de la prise de décision prothétique (129). Conclusion (134). Bibliographie.[134).
Chapitre 10 - Principes du plan de
Introduction (133). Eliologie et pathogénése des maladies buccales (135). Séquence de traitement (136)
Priorités des reconstructions prothétiques dans une thérapie de réhabilitation (140). Siratégies de
traitement (141). Evaluation de la longévité et du risque (147). Bibliographie (148).
aitement prothétique, par N.P. Lang et U. Briigger
Chapitre 11 - Pronostic des traitements prot ques dans les cas d’édentement partiel, par B. Bergman
Introduction (149). Prothéses amovibles pariielles (150). Prothéses fixées (153). Bridges collés (154)
Prothéses adjoinles portielles avec atiachements de précision (154). Couronnes coniques supports de
prothéses adjointes (1.55). Couronnes sur pilier implantaire (157). Bridges sur pilier implantaire (157)
Conclusions (158). Bibliographio (159)
R, Renner
Introduction (161). Développement d’un programme d’entretien/de suivi oral postthérapeutique (16 1).
Aspect biologique d'un programme d’entretien/de suivi (162). Aspects du plan de trailement d'un
programme d'entretien/de suivi (164). Aspects techniques d'un programme d’entretien et de suivi (169)
Programme d’eniretien/de suivi et de réporation d'une prothése amovible totale (12.3) (169). Plan
d'eniretien/de suivi et de réporation d’une overdenture (170). Plan d'entretion/de suivi et de
réparation des PAP (170). Plan d’entretien/de suivi et de réparation des PF (173). Plan d’entretien/cle
suivi et de réparation des prothéses implanto-poriées (174. Conclusion (174). Bibliographie (176)
Chapitre 12 - Soins de suivi post-thérapeutique, pa
Chapitre 13 - Réactions secondaires aux matériaux prothétiques, par 1. Mjir
Introduction (179). Tests de biocompatibilité (179). Effets secondaires aux matériaux prothétiques
(180). Réactions aux matériaux prothétiques [180]. Conclusion (183). Bibliographie (184)
Chapitre 14 - Abrasion des dents et des matériaux de restauration, par B. Dahl et G. @ilo
Inroduction (187). Usure des dents (187). Epidémiologie (189). Eliologie (189). Prise en charge (191).
Plan de iraitement (191). Traitement restaurateur (192). Usure des matériaux de restauration (195).
Usure des matériaux en général (196). Types de matériaux (196). Conclusion (199). Bibliographie
(200).
Chapitre 15 - Protheses maxillo-faciales, par IK, Adisman et G.E. Minsley
Principes et pratiques (201). Traitement des défauts congénitaux (204). Thérapie prothétique en cas de
défauts acquis (209). Défauts maxillaires acquis (210). Prothases obturatrices chirurgicales immaédiates (210).
Défouls acquis du palais mou (212). Défauis mandiibulaires acquis (213). Prothéses faciales (216)
Conclusion (220). Bibliographie (220).
Chapitre 16 -
R. Basker et D.M, O’ Mullane
Introduction (223). Edentement (225). Edentement partiel (229). Conclusion (234). Bibliographie (234)
Chapitre 17 - Tendances actuelles et futures en prothse, par G.E, Carlsson, A. Kéiyser et B. Owall
Introduction (237). Tendances actuelles (237). Recherche en adontolagie prothétique (246). Résumé (247).
Bibliographie (248).
Index
vices rendus par la prothése amovible en fonction des besoins et de la demande, par
125
149
161
179
187
201
250Avant-propos
Loodontologie prothétique a toujours &é un des compo-
sants majeurs duu programme d’études d'une école den-
taire. Cependant, dans de nombreux pays, elle a été divi
sée en différentes. sous-disciplines et a vu d'autres
domaines se rattacher a elle. Cest la raison pour laquel-
le le domaine académique de Podoniologie prothétique
peut ire défini diftéremment A travers le monde.
Les praticiens ont toujours accordé beaucoup de
temps au traitement prothétique apres la perte des dents
ou de la substance dentaire. Beaucoup de domaines de
Podontologie prothétique, tels que Focclusion, la dentis
terie esthétique et l'implantologie ont été le centre din-
(ér€t_de cours cliniques, de livres et @enseignements
spécialisés, a tel point qu’ils sont devenus pratiquement
des disciplines 4 part entitre. La prothése clinique
demande une grande exigence technique, et beaucoup de
temps et d’effort sont dévolus & cet aspect du traitement,
Lelfort technique peut étre si important que lon est
(enté de dire que l"odontologie prothétique est unique-
ment une discipline technique dont la connaissance
scientifique concerne seulement ka méthode clinique.
Copendant, les nombreux aspects fondamentaux rencon-
trés dans la littérature prothctique laissent supposer qu
cette affirmation est incorrecte, Pour lancer un défi a
cette conception erronée, les auteurs ont déeidé de pro-
poser un livre ayant de nouveaux objectifs : les
Principes et stratégies thérapentiques de Podonologie
prothétique.
Dans les pays industrialisés, il y « une augmentation
du taux de réussite des traitements des caries dentaires
ct des maladies parodontales chez les plus jeunes géné-
rations, Ceci a conduit a une prise de conscience chez
les populations d'aige moyen et les populations 4
qui rejetteront les dentitions défectueuses et les
méthodes prothétiques ne leur offrant pas des restaura
tions prothétiques adaptées dun point dle vue fonction-
nel, esthétique, biologique et psychologique.
€ A cette conception erronée et a ce déli, nous
pensons qu'il était indispensable de proposer un livre
traitant des données de base de odoniologie prothé-
tique, telles que I'épidémiologie, la nécessité de traite-
ment, les effets négatifs les matériaux et le pronostic
Nous espérons avoir réuni dans ce livre certa
composants importants de-nos connais
tiques dentaires actuelles et avoir porté notre intérét sur
des problémes non résolus, qui, a 'heure actuelle, ne
peuvent étre que formulés et abordés. Nous, auteurs et
collaborateurs de ce livre, sommes conyaincus «'étre
allés aussi loin que nous le pouvions. Cependant, il est
€vident pour nous que les questions qui sont posées dans
ce livre doivent faire l'objet d'autres discussions et de
débat entre praticiens, universitaires, et personnels
médicaux du monde enticr. Si nous sommes atrivés A
stimuler nos lecteurs dans cete direction, il semble alors
que tous nos efforts collectifs pour créer ce livre en
valaient la peine
ncesprothé-Collaborateurs
I Kenneth Adisman DDS, MS
Professeur
Département de prothése dentaire
Ecole dentaire
Université de C
Chapel Hill, NC
Etats-Unis
line du Nord
James D Anderson BSe, DDS, MScD
Professeur associ
Département de prothése dentaire
Faculté dentaire
Université de Toronto
Toronto, Ontario,
Rohin M Basker DDS,
MGDSRCS (Eng), LDSRCS (lng)
Professeur de dentisterie prothétique
Université de Leeds
Institut dentaire de Leeds
Leeds
Royaume-Uni
Bo Bergman DDS, Dr odont,
Professeur et che de département
partement de prothése dentaire
ulté d’odontology
Université a” Umedi
UMEA
Suede
Bjvind Budiz-Jorgensen DDS, Dr ovond
Professeur
Département de gérontologie
et de prothése amovible
Université de Gendve
Geneve
Suisse
Gunnar B. Carlsson DDS, Odont dr,
Dr odont. he,
Professeur
Département de prothése dentaire
Faculté d'odontologie
Université Goteborg
aregatan
Département de prothese fixée et de
parodontologie
Service de douleur oro-faciale
Université de Gand
Gand
Bel
jue
Urs Brtigger Dr med, dent., PhD
Professeur associg
Département de parodontologie et de
prothise fixce
Université de Berne
Beme
Suisse
Bjorn L, Dahl DDS, Dr odont., PhD
Professeur
Departement de dentisterie prothétique et
de physiologic stomatognathique
Université d’ Oslo
Blindern
Norvege
Ronald L Eulinger BDS, MDS, DDSe
Professeur
Département de prothese dentaire
Institut Dows de recherche dentaire
Université du College Iowa de demtisterie
osva City, 10
fe
emton DDS, MS, FRCD (C)
cur associé
‘ment de prothese dentaite
de dentisterie
versité de Toronto
Toronto, Ontario,
Canada
Alfred H Geering Dr med, dent
Professeur et chef de département
de prothese amovible
‘deeine dentaire
le Berne
Berne
Suisse
Warner Kalk DDS, PhD
Professeur et chef de département
Departement de fonction orale et de
Nijmegen
Pays-Bas
Amd F Kayser DDS, Dr med.
Professeur’
rent de fonction orale et de
Nijm
Pays-Bas
Niklaus P Lang Dr med, dent., Br ondont
haca MS, FRCPS (
Projesseur et chef de département
Département de parodontologie et de
prothdse fix
Université de Berne
Beole de médecine dentaire
Berne
Suisse
Regina Merieske-Stern Dr med. dent. hie.
Tie. phil. bist
Protesseur
Département de prothése amovible
Ecole de médecine dentaire
Université de Berne
Berne
Glenn E Minsley BA, DMD
Professeur associé et directeur
Proihese maxillo-faciale
Département de prothese dentaire
Université de Carolin
Chapel Hill, NC
Etats-Unis
Ivar A Migr BDS, MSD, MS, Dr ondont.
Professeur
Académie 100 Eminent Seholar
College de dentisteric
Université de Ploride
Gainesville
Etats-Unis
Gudbrand Gilo Dr odont,
Professeur
Département de dentisterie prothi
siologie stomatognathique
sité d'Osto
Blinder
Norv
que et
Denis MO’Mullane BDS, PhD (NUD,
FDSRCS (Ed), FEDRCSI
Profiesseur
Département de dentisterie préventive et
strique
Hopital et ecole dentaire universitaires
Wilton, Cork
Inlande
Bengt Owall DDS, Odont dr. Dr med. he
Prolesseur et chef de département
ppartement de dentisterie prothétique
ole de dentisterie
ste de Copentiague
ape
atk
Robert P Renner BA, DDS, Cert Pros.
Professeur et directeur
Ecole de prothése amovible et de
médecine dentaire
Université de Stony Brook
Stony Brook
New York
Etats-Unis
George A Zarb B.CH.D (Malta), DDS,
MS (Mich ). FRED (C),
Dr odont (HO), LL.D (DAL)
Professcur
Département de prothése dentaire et
service de prothése impluntaire
Toronto, Ontario
Canada1.
Données sur la prothese
dans le monde
B. Owall, A.F. Kayser et G.E. Carlsson
DEFINITIONS ET TERMINOLOGIE
Dans la sixidime édition de Le Glossaire des termes de
prothese (Académie de protheses, 1994), la prothe
deéfinie de la fagon suivante : «Le domaine de la dentis-
lerie consistant en la restauration et en la préservation de
la fonction orale, du confort, de Papparence et de la
santé du patient par la restauration des dents naturelles
et/ou le remplacement des dents absentes, ainsi que des
tissus périphériques et maxillo-faciaux, par des élé-
ments artificiels, »
La definition donnée par I’ Académie de protheses,
agréée par plusicurs socictés américaines de prothese,
souléve des questions de fond. Par exemple, de quels
niveaux de fonction orale, de confort, W'apparence et de
santé s’agivil? Est-ce dune fonction orale idéale, maxi
male ou acceptable dans une sit
Le niveau de la fonction orale qu’un patient
demande, ou qui peut étre donné par un systéme de
soins dentaires, varie en fonction de [environnement
culturel, du statut social, du niveau des traitements pro-
thétiques offerts, et des moyens disponibles ; ces criteres
diffrent grandement d'un pays 3 Mautre et au sein
méme dun pays. Apres une période pendant laquelle la
dentisteric a essayé d’obtenit
(comme avec la gnathologic), plusicurs pays tendent
Us netiement a limiter les objectif’s thérapeutiques. Ce
point sera abordé duns les chapitres suivants
Est-ce que «/a restauration des denis naturelles
eifou le remplacement des dents absentes, ainsi que des
tissus périphériques» signifie qu'il wy a pas d'autres
moyens de restaurer fonction, confort, ete., que par
exemple par la compensation naturelle et l'adaptation ?
Dans de nombreux concepts thérapeutiques classiques
eidans beaucoup de livres de prothese, le remplaceme:
des dents absentes est une nécessité pour obtenir le su
cs du traitement d’une fonction aliérée, le dénommé
«syndrome des 28 dents » (Levin, 1974). La prothése a
fait preuve d'obsession avec cette volomté dintégralité
(@areade complete), et par certains cOtés le fait encor
(Freytag et coll., 1988),
Est-ce que «la restauration... eVou te remplace-
ment», conduit avec certitude A une meilleure fonction,
un meilleur confort, ete., puisque plus il y ade restaura-
tions, plus il y a d’échees biologiques et techniques. Le
surtraitement existe dans plusicurs domaines, condui-
sant au eycle bien connu de restauration rép: En
ce qui concerne les questions précédentes, le véritable
probléme est I’évaluation de la nécessité du traitement.
n donnée?
une «fonction idéale»
rice,
Le fait que, chez les professionnels, le besoin 4” établir
un traitement est plus important que la demande du
patient, sous-entend que le praticien surévalue les
conséquences fonetionnelles de la perte d'une dent
(Vigild, 1993),
La déficience dentaire et la dysfonction sont sujettes:
4 discussion, et de la méme fagon, les soins dentaires
nécessitent Ggalement des regles (Sheiham, 1994),
Toute argumentation sur la nécessité d'un traitement
doit tenir compte de la perception ct du comportement
des patients, et il faut considérer le degré de déticience
et de dysfonction occasionnée. Par exemple :
+ Est-ce que des dents abrasées occlusalement doivent
dtre restaurdes?
* Est-ce que des molaires absentes deyraient étre rem:
placées
+ Ext-ce que des prothéses amovibles complétes, jug
imparfaites par des praticiens, doivent étre changées,
meme si le patient en est satistait?
Le besoin de soins dentaires est fonction de impor:
tance de la santé dentaire. Cela devrait éire précisé.
Dans les chapitres suivants
ces problémes.
Dvautres définitions de prothése peuvent diverger
Iégerement de celle donnée par Le Glossaire des termes
de prothese
«Le domaine de la dentisterie qui concerne la réha-
bilitation fonctionnelle et esthétique du systéme mast
cateur par le emplacement artificiel des dents absentes
et des tissus associés. » (FDI/ISO, 1983)
«La prothese dentaire est le domaine de la dentiste-
rie qui consisie a réaliser des dispositifs artificiels rem-
plagant les tissus durs et mous de la cavité buccale ou
des tissus périphériques. » (Société scandinave de pro-
these dentaire, 1988)
«La prothese est un domaine clinique et de
che en dentisterie qui s"intéresse au diagnostic ow
@ la restauration des pertes dentaires, totales ou par-
tielles, congénitales ou acquises, » (Département de
prothese dentaire & Copenhague, 1991)
‘Comment exiger que les désirs d’un patient concer-
nant sa fonction orale dépendent dans une certaine
limite dex facteurs géographiques, culturels et socio
dustrialisées, les
demandes du patient tendent & se centraliser essentielle-
ment sur la mastication et absence de douleur, alors
que dans les pays industrialisés, l'aspeet social de la
communication est souvent la préeccupation majeure.
Dans les pays industrialisés, apparence et le bel aspect
les auteurs insisteront sur
recher
économiques. Dans les sociétés non
9Prothése dentaire
sont devenus plus importants depuis les derniéres
décennies, et le systéme stomatognathique est en re
tion avec la jouissance de qualités telles que le goat et
Vesthétique. En d'autres termes, une dentition fonction-
nelle contribue A une bonne qualité de vie (Vigild,
1993).
Une définition moderne et dynamique de la prothes
pourrait Gtre : «la discipline dentaire qui concerne dia
gnostic, prévention, et traitement des problemes causés
par la perte des dents, avec Pobjectif de maintenir une
dentition fonctionnelle a vie. Dans les cas ot une denti-
tion naturelle suffisante ne pourrait étre conservée, des
artifices prothétiques pourraient étre utilisés pour res-
taurer les fonctions essentielles. »
Dans certains pays, la tendance est d'insister sur la
fonction plutot que sur une morphologie altérée. et de
considérer que la perte d’une dent particuligre n'est pas
grave, tant qu’elle n’entraine pas de séquelles fonction-
nelles, esthétiques et pathologiques, Dans le méme
esprit, dans de nombreuses éeoles dentaires, les départe-
ments traditionnels de prothesc ont été rebaptisés dépar-
tements de la fonction orak
La prothtse peut eure également considérée comme
Ja discipline principale de la dentisterie, qui préserve ou
resiaure Vocclusion, et la recherche en prothése est dle
plus en plus en interrelation avec la recherche en fone-
tion or
ORGANISATION .
DE LENSEIGNEMENT ACADEMIQUE
En prothése, les différents types de traitement peuvent
@ire décrits de la manigre suivante
+ Prothése fixée (PF)
+ Prothise amovible partielle (PAP), complete
* Prothise maxillo-uciale
+ Prothése implantaire.
Les disciplines suivantes sont souvent en étroite rela-
tion :
+ Fonction orale et physiologie (parfois appelée « occlu-
sion » ou «gnathologie »)
+ Dentisterie restauratrice
+ Gérodontologie
Dans le passé, la prothése s'est surtout concentrée
sur les aspects techniques, comprenant Ia technologie de
laboratoire dentaire, les biomatériaux dentaires et Foc-
clusion. De nos jours, il existe de nombreuses écoles
dentaires dans le monde, dans lesquelles le domaine de
Ja prothése a été divisé en plusicurs disciplines, telles
que Ia prothese fixée, la prothése amovible, la prothése
maxillo-faciale, la dentisterie implantaire et la dentiste-
rie esthétique.
Dans les écoles dentaires, l'importance est encore
donnée aux dommages provogués par les caries. Quoi
qu'il en soit, comme I’énongait de Boever (1989), si la
prévalence des caries et de la maladie. parodontale
10
change, Ie traitement de leurs dommages — la prothése
— doit aussi changer. La décision d’une prothése amo-
vible complete diminue rapidement dans les parties du
monce oii [a dentisterie est orientée vers la prévention.
ot la dentisterie implantaire est enseignée dans le second
cycle dans de plus en plus d’écoles. Bien que les orga-
nisations d'enseignement mettent longtemps a répondre
aux nouvelles propositions, il y a une restructuration
permanente des disciplines et des départements. $i
autrefois la tendance était d’avoir plusicurs disciplines,
on s‘efforce aujourd’hui de concentrer davantage les
départements cliniques en unités plus larges pour fa
dentisterie restauratrice ou le traitement du_ patient
Dans Tenseignement du second cycle, lobjectif est
dinsister sur Papproche globale du patient plutdt que
sur celle de la dent.
La physiologic stomatognathique s*intéresse & Iarti-
culation temporo-mandibulaire (ATM), aux troubles
musculaires souvent regroupés sous le terme de troubles
erfinio-mandibulaires; son enseignement est habituelle
ment di par le département de prothtse, et partois
par d’autres départements; elle peut méme étre une dis~
cipline 2 part entidre. Par exemple, en Australie et aux
Etats-Unis, la plupart des patients ayant des troubles de
TATM sont traités dans des services spécialisés,
Dans de nombreuses universités des Etats-Unis, les
Gtudiants en dentaire apprennent la technologie du labo-
ratoire dentuire et les biomatériaux dentaires utilisés en
prothése, alors que occlusion est parfois enseignée par
le département de parodontologi¢, Dans environ la moi-
tig des 54 écoles dentaires américaines, les diflérentes
disciplines de prothéses font partie des divisions cle pro-
these fixée, de prothése amovible et d'implantologic
Quoi qu'il en soit, i] y a une tendance continue a
regrouper les divisions isolées en un département de
demtisierie restauratrice. En Allemagne, les biomaté-
riaux dentaires qui faisaient généralement partie de
Fenscignement de la prothése sont devenus mainte
une discipline & part entigre, et certaines écoles den-
taires enseignent la gérodontologie et la radiologic dans
le programme de prothése. Au Japon et au Reyaume-
Uni, Ia prothase fixée est enscignée par le département
de dentisterie opératrice. En Belgique et en $
prothése lixée et la parodontologie sont regroupées en
tun seul département. Comme ces exemples le montrent,
Forganisation de l'enseignement théorique
dérablement 4 travers le monde. II y a une tendance
croissante dans de nombreux pays a réduire Menseigne-
ment de la technologie dentaire et 2 insister plutdt
communication avec le laboratoire dentaire. La prothése
maxillo-faciale est essenticllement enseignée dans le
second cycle, par les cliniciens qui exercent dans les ser-
vices de maxillo-faciale, attachés au département de
prothése. L’implantologie est enseignée théoriquement
dans de nombreuses écoles, mais dans un tres petit
nombre dente elles, les étudiants de second cycle peu-
vent traiter des patients avec des superstructures prothé-
tiques ou des implants
varie consi-En se fondant sur une enquéte interessant 33
de 11 pays de I’ Union européenne, de Boever (1989) a
conclu que ces pays ont des programmes tes différents
denseignement en prothese. Huit universités ne forment
pas les éludiants aux techniques de morphologic occlu
sale 2 la cire, et sept universités mutilisent pas dart
lateur dans les services de prothdse fixe. Les protheses
amovibles complétes sont encore prédominantes, et
Fenseignement des traitements combinant restauration
ct parodontologie est quasi inexistant. Ainsi, en 1987, la
formation dans la plupart des écoles dentaires euro-
Glait tres conservatrice, sans aucune orientation
vers les nouvelles approches plus biologique.
Pour respecter le développement rapide des now
Veaux matériaux et leur mise en auvre, il serait souh;
table que les éeoles dentaires suivent une voie dyna-
mique, adaptant réguligrement leurs programmes aux
nouvelles informations. scientifiques et les mettant en
application
ue
ENSEIGNEMENT CLINIQUE
DE LA PROTHESE DANS __
LES DIFFERENTES SOCIETES
SPECIALISTES EN PROTHESE
La prothése est proposée a Ja population a différents
niveaux. D'un c6té, de nombreux pays. reconnaissent
comme spécialistes en prothtse, les personnes qui ont
suivi une formation complémentaire d’environ 3 ans, et
Cun aulre C616, il y a des pays 00 les traitements pa
prothése amovible complete sont réalisés par des tech-
niciens de laboratoire (denturologues). Dans certains
pays, les spécialistes sont habilités par des associations
dentaires ou de prothése, mais dans la plupart des pays
reconnaissant cette spécialité, ils ont un diplome Kégal.
Le tableau 1.1 présente la liste des pays reconnais-
sant Jégalement les spécialistes en prothese. Cette infor-
mation provient essentiellement des données de la
Fédération dentaire internationale (FDI) (1990), qui
sont une mise a jour des données de 1984, obtenues par
un questionnaire réalisé dans 150 pays. Dans certains
as, si les pays n'ont pas donné leur mise a jour, nous
avons utilisé les données de 1984. Dans quelques cas ot
nous possédons dayantage d'informations venant
autres sources, nous avons corrigé nous-méme Les
valeurs. Comme le tableau 1.1 le montre, il y a des spé-
cialistes reconnus dans environ 50 pays,
La proportion de spécialistes sur le nombre total de
dentistes (incluant les spécialistes) varie considérable-
ment. Cing pays en comportent moins d°1/20 — allant
de 1/7 (Bulgarie) & 1/16 (Vietnam) — alors que cing
autres pays en ont 1/300 —allant de 1/325 (Afrique du
Sud) & 1/476 (Sri Lanka); la plupart des pays, quoi qu’il
en soil, ont des rapports de 1/50 a 1/150, La raison de cet
Données sur Ia prothase dans le monde
cart est inconnue, mais les facteurs suivants ont été
avaneés comme explications : l’ancienneté de la spécia-
lité, la nécessité d’'un traitement, les types de travaux
configs aux spécialistes (par exemple, traitement de
patients ou formation de cliniciens), la relative facilité
avec laquelle les qualifications de spécialistes peuvent
dire obtenues.
Par exemple, aux Etats-Unis, il y a des spécialistes
en prothese (2 ans de formation, 65 %), ainsi que des
personnes diplémées de la Commission américaine de
prothése (1 année de formation supplémentaire, environ
35 % des 2700 spécialistes en prothése). Une formation
suppkémentaire est nécessaire pour la prothese maxillo-
faciale. Aussi bien que pour les sciences fondamentales,
Je programme de spécialisation comprend toutes les dis
ciplines de prothdse, ineluant la technologie de labora-
toire, implantologie dentaire et les biomatériaux den-
taires relatifs & la prothése. Les cours de parodontologie
et de recherche sont également inclus. II y a environ 60
programmes de spé
Ecoles dentaires, les Veteran Administration Clinics, et
quelques hdpitaux. Au Japon et en Suisse, les spécia-
istes en proth?se sont reconnus par les sociétés de pro-
these, mais ne sont pas autorisés par la loi. En réalité, de
nombreux pays font appel a des spécialistes expérimen-
tés en prothése, dans leurs écoles par exemple, mais en
Fabsence de reconnaissance officielle de la part du gou-
vernement ou de organisation dentaire compéiente.
IMPORTANCE DES TRAITEMENTS,
PROTHETIQUES DONNES A UNE POPULATION
Dans tous les types de soins, privés ou publics, le pou-
voir, aussi bien que la possibilité et acces aux soins,
sont des facteurs extrémement importants, qui peuvent
eux-mémes affecter le niveau des soins prodigués. Un
axiome clair et distinct illustre cela
«Le cur d'un programme de santé dentaire
publique est la main-d’auvre requise pour le réaliser.»
(Sheiham, 1981)
A avers le monde, la plupart des traitements prothe
tiques sont réalisés par des dentistes géngralistes ou par
des spécialistes exergant en cabinet privé ou dans des
organismes de santé publique. La proportion
dentistes/habitants est plus élevée dans les pay's industria
lisés, avec entre 3 et 10 dentistes pour 10000 personne
Les pays scandinaves présentent la plus grande propor-
tion (environ 10 dentistes pour 10000 personnes). La plus
faible proportion (moins de 1 dentiste pour 10000 per-
sonnes) est trouvée dans les pays non industrialisés en
Afrique, en Amérique centrale et du Sud et dans certains
pays d’Asie.
Cependant, dans 12 pays et dans 7 états des Btats-
Unis, les denturologues (les techniciens de laboratoire
qui interviennent cliniquement) sont également recon-
nus (tableau 1.2). Tenant compte des informations de la
FDI (1990), il y a des différences légales entre les pays
qui acceptent les denturologues, En Ausiralie et en
qTProthése dentaire
Pays reconnaissant les spécialistes en prothése
Pays Population (millions) Nombre de dentistes
Afrique du Sud 340 2602
Australi 165 6897
Bahrein 0.48 56
Brésil 150 106000
Bulgarie’ 86 4322 669
Canada 26,2 13623 157
Chil 13,2 5260 Oui
Chine (Republique populaire) 1096 11044 400
Chine (Taipei) 19,0 4624 63
Colombie 30,0 15100 Oui
Corée du Sud 45, 13000 450
Cuba? 98 3000 94
Egypte 45 6000 Oui
Equateur® 1 1929 100
Etats-Unis 248,7 150762 2760
Fiaii 0,73 49 1
Finlande 5.0 4225 85
Honduras 5A 450 3a
Hong-Kong 58 1411 12
lles Samoa 0.2 7 2
Islande 0,25 220 5
indonésie® 145,0 2950 28
Iran 50 3500 50
lrak 10.0 804 50
Israel 46 4445 88
Jordanie? 23 410 7
Kenya 23,0 350 3
Koweit® 1,0 144 2
Libye? 32 600 4
Malte 0,35 88 1
Mexique 83,6 25000 250
Mongolie 24 340 40
Myanmar (Union de) (ex-Birmanie) 40,0 800 2
Nouvelle-Zélande 33 1233 20
Nigéria 108,5 1100 is
Pakistan 102,0 2127 6
Pologne 38,5 16946 638
‘Sénégal 72 98 1
Singapour 27 688 17
Sri Lanka. 17,0 476 1
Suede 30 9000 110
Syrie 128 38275 50
Tohdcosiovaquie 15,6 8077 109
(Slovaquie et République teheque)
Thailando 65.0 3000 300
Turquie 58,0 12250 250
Uruguay 30 3350 10
Vénézuela 16.0 8000 250
Vietnam 64,4 1594 100
Yougoslavie (Ex-) 22,0 1541 Oui
Zaire 35,0 100 2
Zambie 85 40 1
' «Oui» signifie reconnu tégalement. Valeur inconnwe.
® Valours de réaition de 1984 de FD! Basie Facts. Dentistry around the world. London, Fédération dentaire internationale, 1984,
1.1 Pays reconnaissant les spécialistos en prothése (avec I'cimable autorisation de FDI, 1990).
12Finlande, les prothases amovibles complétes peuvent
@ire r€alisées par un exercice autonome, et en Australie,
il en va de méme pour la prothése amovible partielle. Au
Danemark, aussi bien les protheses amovibles partiell
que compidtes peuvent étre réalisées par un exercice
autonome. Cependant, la délivrance d'une prothése
amovible partielle dépend du dentiste qui a établi le plan
de traitement et qui a réalisé la préparation de tous les
tissus durs. Aux Etats-Unis, les conditions légales
requises varient selon les états. Dans T’Arizona, le
Colorado, le Montana, et état de Washington, les deux
types de prothéses amovibles, partielles et completes,
sont permis, mais seulement la prothése amoyible com-
plete est autorisée dans I’Idaho, le Maine et l'Orégon
(Lab Management Today, 1995). Dans la plupart de ces
6iats ou de ces pays, les denturologues ont lautorisation
de Fournir seulement des protheses amovibles completes,
aux patients édentés.
Lractivité des denturologues a &é une cause din-
quigiude pour les dentistes, et & Porigine de nombreus
discussions et controverses sur Ie role des denturologues
concernant le traitement prothétique, Aux Etats-Unis
cependant, il semble y avoir une tendance croissante
vers la reconnaissance lKégale des denturologues, avec
par exemple, !’état de Washington qui, en 1994, a décidé
de permettre aux denturologues d’exercer. Se ré
Pays reconnaissant |également les denturologues
Données sur la prothése dans le monde
Vexpérience canadienne, MacEntee et coll. (1994) ont
conclu que les preuves cliniques étaient insuffisantes
pour montrer que les prothises amovibles complites
es par des denturologues pouvaient présenter des
risques chez. les patients dgés et qu’une relation d’en-
traide entre dentistes ct denturologues pouvait améliorer
la santé buccale et le confort des patients ages.
n Finlande, Rantanen et Kondnen (1979) ont mon-
tré que les honoraires moins élevés ineitaient souvent les
individus a se faire traiter par des denturologues. Is ont
également démontré que dans une localité ot le service
de santé proposait une couverture des soins dentaires au
méme prix, les patients préféraient se faire traiter par
dies dent
LIMITES AUX TRAITEMENTS.
PROTHETIQUES
La prodigation des traitements prothétiques, aussi bien
en quantité qu’en qualité, dépend de plusicurs facteurs,
tels que
* la valeur des dentistes, ineluant le type de pays (indus-
trialisés ou non industrialisés) et le type de régions
(urbaines ou rurales):
1.2 Poys reconnaissant légalement les
denturologues (avec I'aimable
autorisation de FDI, 1990)
Paysi/Etat Nombre Nombre
de dentistes de denturologues
Australie 6807 607
Barbade 34 3
Canada 13623 2700
Chine (République populaire) 11044 400
Danemark 5100 550
Etats-Unis (Arizona, Colorado,
Idaho, Maine, Maryland,
Oregon, Washington) : total
pour les 7 états 12000 360
Finlande 4225 350
Iran 3500 2000
Kiribati 1 2
Maroc 2000" 170 20001
Pays-Bas, 7000 200
Pakistan 2127 7000
Vietnam 1594 1000
1 dentistes non diplmés faisant les prothéses amovibles completes
13Prothése dentaire
+ le niveau d’éducation des dentistes
concept de nécessité de traitement ;
nelusion d’un traitement prothétique dans un sys-
teme de same;
+ les restrictions du systéme de santé a l'égard du traite-
ment prothétique
« les ressources financitres (d'un pays, d'un sysitme de
santé, ou dun patient)
La prothse est un service cher, ineluant non seule-
ment les honoraires du dentiste, mais aussi les coats du
laboratoire et des matériaux. Le tableau 1.3 présente des
exemples significatils de certains pays européens en
1995.
En comparant les cofits, on constate que si le coat
initial et la durée de vie sont importants, les possibilités
d'échecs, de retraitement et les risques encourus (vis-d-
vis par exemple des dents restantes) ne sont pas négl
geables
En effectuant une comparaison suceinte des cadits et
de la durée de vie du traitement dans le tableau 1.3, il
emblerait que 7-8 prothéses amoyibles partielles en
résine reviendraient moins cher et auraient une durée de
vie plus longue qu'un implant remplagant une dent
absente, Cependant, un tel remplacement utilisant de
simples prothéses amovibles partielles est non seule~
ment aberrant, mais peut en plus conduire 4 la destruc-
tion de plusieurs dents sur I°a
coors
Les coats sont une limite importante aux traitements
prothétiques pour une population, La plupart des sys:
témes de santé et d’assurance proposent seulement des
Coit moyen total et 50% de la pérennité
du remplacement d'une dent en fonction
de l'approche thérapeutique
traitements prothétiques élémentaires ou ues limités,
tels que des protheses amovibles partielles ou completes
en résine pour remplacer des dents absentes. Cela signi-
fie que la plus grande partie des prothéses fixées, avec
ou sans implants, doit étre payée par le patient
Cependant, certains pays (comme par exemple
FAllemagne, la Suede) ont des systemes d’assurance
maladie publics ou nationaux qui incluent la realisation
de prothéses fixées étendues. En Suede, le point de yue
«politique » concernant le traitement prothétique a ten-
dance a favoriser de plus en plus les traitements étendus
pour les patients dont la cavité buccale est endommagée,
plutot qu’a développer la prévention, ce qui était pour-
tant le concept prédominant depuis 20 ans, II est évi-
dent, cependant, que les gouvernements de plusieurs
pays sont en train de chercher a controler ou a réduire
Finvestissement dans les systtmes publics de soins den-
laires, et veulent déplacer les responsabilités davantage
sur chaque individu (Whitehouse, 1995).
Indépendamment du systéime de paiement de santé
en vigueur, de nombreux pays ont établi des plans de
financement particulices pour les traitements. prothé-
liques de certaines personnes, notamment celles ayant
des défauts génétiques et des dents absentes du fait
d'aplasies ou de déhiscences du palais.
En cas de tiers payant, il est particuligrement impor
tant que le diagnostic prothétique et les objectifs du tra
tement soient fondés sur des connaissances rigoureuses
et sur la recherche plutot que sur des principes généra
lement acceptés mais incertains ; et pourtant cela a sou-
vent é1€ le cas en prothése.
Les cofits croissants de la santé sont un probleme
mondial. En concurrence avec les ressources. dispo:
1.3 Coit moyen total (quel que soit le
systéme de paiement) et 50 % de la
pérennité (en se réferant @ la littérature)
du remplacement d'une dent en fonction
de approche thérapeutique. Le bridge
céramométallique de 3 éléments est
Traitement Indice du coat 50 % pérennité utilisé comme indice 1, et comparé @
(années) d'autres traitements alternatfs, et les
1 coils présenlés concernent le
canes ne i Danemark, les Pays-bas et la Suede en
Bridge collé de 3 éléments 0.5 108 ier
Bridge céramo-métallique
de 3 éléments 208
Implant unitaire 208 16 20
+ Vermeulen, 1984.
2 Creugers et col, 1994.
3 Creugers, var't Hof, 1991 ; Creugers et coll, 1982
4 Extrapolation basée sur des études ciniques,telles que Jemt et col, 1990; Lanney et
coll, 1994,
14nibles au sein du systéme de santé, les soins dentaires et
particuligrement les traitements prothétiques posent des
problémes dans la plupart des pays. Cela signifie que la
plupart des personnes a faibles revenus ne peuvent s’of-
frir de traitement prothétique ni dans le cadre d'un sys-
teme de santé public, ni dans celui d'un systéme privé,
IL est important de noter que les colits des traite-
ments dentaires, comme de n’importe quel autre traite~
ment médical, ne sont pas répartis uniformément au sein
de la population, Par exemple, en Sudde, en 1975, 25 %
du coat national total des soins dentaires était attribué &
3% des personnes traitées et 50% 3 14 % des personnes
traitées (National Board of Health and Welfare, 1997)
(14). Dinninger et Naujoks (1986) ont étudié l'ang-
mentation des caries dentaires sur 10) ans (1973-1983).
Ils ont trouvé que 8 dents sur les 28 (& savoir les
molaires) complabilisaient plus de 50 % du (otal des
Dents cariées, absentes ou obturées (DFMT pour
Decayed, Missinf, Filled Teeth) et que 26 % des sujets
comptabilisaient 77 % de l'accroissement total des
DEMT, Les groupes d haut risque devraient étre recor
nus 161, puisqu’ils névessitent une attention particulitre,
aussi bien pour la prévention que pour Ie traitement des
défauts dentaires. Le concept des objectifs d’un traite-
ment limité peut étre une solution dans de nombreux
cas, puisqu’il est basé sur des données cliniques
(Chapitres 3 ct 10)
DISCIPLINES ASSOCIEES
‘Comme nous I’avons indiqué en début de chapitre, ’es-
sentiel de la prothése consiste en prothése fixée et pro-
20-40 60 | 80
% de patients iraités
Données sur la prothése dans le monde
thése amovible (partielle et complete), Dans de nom-
breux pays, Ia prothese maxillo-faciale est encore consi-
dérée comme faisant partie de la chirurgie buecale. La
physiologic stomatognathique (occlusion) est en. fait
Pune des disciplines fondamentales de la prothese, et de
Ja plupart des disciplines dentaires cliniques, Comme la
relation entre les désordres_temporo-mandibulaires
(TMD pour Tempory-mandibular disorders) et Vocelu-
sion n'est pas si étroite qu'on ne Lavait supposé
(Chapitre 7), et comme on se concentre davantage sur la
douleur des TMD que sur l'aspect dysfonctionnel, cela
peut Gre un argument pour faire de la physiologie sto-
matognathique une discipline indépendante.
Néanmoins, les bases de occlusion constitueront
toujours une part importante de Venseignement, de la
formation et de la clinique en prothése et en dentisterie
restauratrice. La principale différence entre la prothese
et la dentisterie restauratrice est que la demniere se centre
davantage sur la dent, et la premiére sur la dentition.
La parodontie est tres lige a la prothese, puisque ce
sont sur les tissus parodontaux que les protheses amo-
vibles particlles s’appuient, ct dans certains pays
(Belgique, Suisse), la prothése fixée et la parodontie ne
forment qu’un département,
Comme de plus en plus de traitements prothétiques
(protheses fixée et amovible) sont réalisés sur des
implants ostéo-intégrés, l"implantologie dentaire doit
tre considérée comme une discipline fondamentale de
la prothese (Chapitre 17),
La gérodontologie est une discipline large, mais jus-
qu’2 présent, une part importante a été rattachée a Pap-
plication de la prothése chez les patients agés, Comme
les personnes Agées conservent de plus en plus long:
1.4 Cots relatifs aux pationts traités selon le systéme
d'Ascurance nationale dentaire suédoise. Tout type de
iraiternent pour adulte, y compris la prothése fixée, est
inclus, Los valours pour les troitements de santé générale
sont superposables, montrant qu’une faible proportion de
patients absorbe une large proportion du coat {avec
V'aimable autorisation du National Board of Health and
Welfare, Suéde, 1977).
15Prothése dentaire
temps leurs dents, il est nécessaire d’avoir recours & un
plus large éventail de traitements prothétiques (Brunner,
1994; Chapitre 6). Le traitement des patients agés
‘occupe une part de plus en plus importante de lexercice
dentaire, et la prothése est d’autant plus concemée que
les spécialistes en prothése ont contribue largement a ka
litérature gériatrique (Franks et Hedegiird, 1973:
Freedman, 1979; Holm-Pedersen et Loe, 1986; Barnes
cet Walls, 1994).
Liintroduction récente du terme dentisterie esthé
tique ou cosmétique reflete le réle essentiel que joue
Festhétique dans tous les domaines de la dentisteri
(Chapitre 17), bien qu'il ait joué un rle important en
prothese depuis de nombreuses années. ‘Tout comme fa
Physiologie stomatognathique, I'esthétique concerne
toutes les disciplines de la dentisterie clinique, et de ce
fait ne peut pas étre considérée comme une discip|
prothétique indépendante.
ne
TECHNICIENS DE LABORATOIRE
ET LABORATOIRES DENTAIRES
Une des caraetéristiques essentielles «lu traitement pro
thétique est qu'un grand nombre d'aspects techniques
sont pris en charge en laboratoire demtaire par des tech-
niciens spécialisés. Les laboratoires dentaires et les
techniciens de laboratoire sont de ee fait d°une impor-
tance capitale pour la réalisation prothétique, et la qua-
Jité du traitement prothétique dépend beaucoup de la
qualité du travail du laboratoire
Les techniciens de laboratoire peuvent travailler
sculs au sein d’une petite structure ou dans de
laboratoires (par exemple, aux Pays-Bas, environ
450 laboratoires emploient 3000 techniciens).
Le nombre précis de techniciens de laboratoire den-
laire dans les différents pays n’est_ pas communiqué.
Cela est dai au fait que le terme «techniciens de labora-
toire dentaire » nest pas clairement défini, et ne possdde
pas, dans ta plupart des pays, de statut Iégal, De nom
tes non qualifiées peuvent étre
aliser une partic du travail de labora
rands
breuses assi
cemployées pour
toire,
Sans pour autant fournir une information précise, la
D1 a publi¢ en 1990 le nombre des techniciens de labo-
pire dentaire dans différents pays (tableau 1.5). La
proportion des techniciens de laboratoire dentaire par
rapport aux dentistes varie considérablement. Sion
exclut les pays ayant moins de 1 000 dentistes, le rapport
varie de 1/50 (Mexique) & 1/1,2 (Corée du Sud).
Les pays d’Europe de l'Ouest présentent également
des variations importantes : Finlande 1/6,6; Danemark
116.3; Norvege 1/4,4; Suede 1/3.5; France 1/2,3 ; Pays-
Bas 1/2,2 Suisse 1/14; Allemagne 1/1,3. Ces valeurs
montrent que le Danemark et la Finlande ont relative-
ment peu de techniciens par dentiste. Ceci peut étre di
au fait que ces deux pays ont des denturologues — le
16
Danemark en a environ 550 pour 5100 dentistes et la
Finlande, 350 pour 4225 dentistes, Cela signifie que la
production de protheses amovibles est largement entre
les mains des denturologues qui réalisent leur propre
travail de laboratoire. Cependant, l’Allemagne et la
Suisse ont respectivement une proportion de techniciens
de laboratoire dentaire par dentiste de 1/1,3 et 1/14, ee
qui indique une production élevée de protheses.
ASPECTS LEGAUX
prothétiques sont chéres et ont une
durée de vie limitée (1.3; Chapitre 1). Cependant, par-
fois, des complications inattendues diminuent encore la
durée de vie, ou encore la restauration ne permet pas un
rétablissement correct de la fonction, ce qui se traduit
par un échec du traitement et une déception du patient
Si le patient et le dentiste ne peuvent pas se mettre d°ac
cord pour trouver une solution a I’échee, le patient peut
décider de se retourner Iégalement contre le dentiste.
La prothése est le domaine de la dentisterie oi l'on
rencontre le plus de problémes. En Sudde, le traitement
prothétique comptabilise la plupart des sanctions appli-
quées entre 1947 et 1983 (René ct Owall, 1991). Ceci
{ peut-étre di au fait que le traitement prothétique est
compliqué d'un point de yue technique et revel une
grande importance fonetionnelle et esthétique pour le
patient et sa situation sociale. Cependant, la plupart des
échees sont élémentaires, intéressant les prothéses amo-
vibles completes, les couronnes unitaires, les bridges de
2.84 éléments, ct ont pour principales raisons, la dou-
leur, une mauvaise occlusion, des couronnes ou des pro-
théses amovibles instables ou encore une esthétique
inaeceptable.
Aux Etats-Unis, le nombre de poursuites judiciaires
et de sanctions en dentisterie s'est accru (Milgrom ct
coll., 1994). Comme les patients, dans la plupart des
pays, deviennent de plus en plus critiques, i] est impor-
tant pour le dentiste de se concentrer sur la prévention
des échecs. II faut de ce fait insister sur la qualité du ser-
vice rendu en prothtse, ce qui permet d'avoir des
patients satisfaits, des restaurations associant une
longue durée de vie 4. un minimum d’effets secondaires,
ct d’informer franchement les patients avant le traite-
ment, des risques encourus.
PRINCIPES ET STRATEGIES
Comme nous l'avons énoncé dans la préfave, ce livre ne
traitera pas en détail des méthodes de traitement, ni des
considérations cliniques ou (echniques. En revanche,
Waborder davantage les aspects. 2
né-
son objectif es
raux et fondamentaux de la prothese. La sélection des
sujets et les titres des chapitres — ainsi que le nom des
auteurs — refletent cet objectif.Données sur la prothése dans le monde
1.5 Nombre de dentistes et de
Nombre de dentistes et de techniciens techniciens de laboratoire par pays
de laboratoire par pays, en 1990 {avec l'aimable autorisation de FDI,
1990)
Pays Nombre Nombre de techniciens
de dentistes de laboratoire
Airique du Sud 2602 4001
Allemagne 58200 46000
Australie 7000 2500
Brésil 4108000 5000
Bulgarie? 4322 2265
Canada 14000 2900
Chil 5260 1200
Chine (Republique populaire) 11044 3500
Chine (Taipei) 4624 3000
Colombie 15100 5000
Corée du Sud 13000 11.000
Cuba! 8000 730
Danemark 5300 800
Equateur! 1829 333
Etats-Unis 150762 55 000
Finlande 4225 400
France 37836 16500
Islande 220 60
Indonésie! 2950 875
Iran 8500 170
Irak 804 45
Israel 4445 2257
Japon 75.000 82500
Jordanie! 410 80
Kenya 350 79
Koweit! 144 90
Libye? 600 300
Malte 88 7
Mexique 25,000 500
Mongolie 340 103
Myanmar (Union de) (ex-Birmanie) 800 83
Nouvelle-Zéiande 1233 368
Norvege 3500 800
Pakistan 2127 250
Pays-Bas 7000 3200
Pologne 17.000 5400
Singapour 688, 300
Sri Lanka 476 16
suede 9000 3000
Suisse 4200 3000
Syrie 3275 2500
Tohécoslovaquie 8077 5593
Siovaquie et Republique tcheque
Thailande 3000 1200
Turquie 12250 9840
Royaume-Uni 22500 7900
Uruguay 3350 255
Venezuela 8000 257
Vietnam 1594 290
Zaire 100 3
Zambie 40 16
' Yaleurs do edition de 1984 do ta FDI
17Prothése deniaire
Comme il I'a déja 66 mentionné dans ce chapitre,
Fenseignement de la prothése et son exercice clinique
varient selon les différentes parties du monde. Ceci a des
conséquences nettes sur la répactition et la prévalence
des diverses restaurations prothétiques dans les différents
pays. Les études épidémiologiques donneront des infor-
mations qui peuvent remettre en question certaines des
conditions définies précédemment en mati¢re de restau-
ration. Par exemple, le concept qui prévalait pour la
nécessité de restauration prothétique pour remplacer des
dents absentes dans la plupart des cas a été rejeté par de
convaincantes recherches cliniques menées au cours de
ces Vingt deritres années. Une enquéte sur les études
représentatives, une interprétation de leurs résultats et le
concept d’«une arcade raccourcie» seront présentés.
Ceue approche a cu d’autant plus d'importance qu'un
groupe qualifié de Organisation mondiale de la santé
(OMS) a avaneé ce paradigme publié en 1992, concer
ant le replacement des dents perdues :
«Quand if ne s‘agit pas d'une nécessite fonetion-
nelle ou esthétique... les dents ne doivent pas étre rem-
placées »... « le concept de l'arcade raccourcie (prémo-
aire a prémolaire) semble étre une approche réaliste
quand incidence de la carie est élevée et que les res
sources sont faibles. » (OMS, 1992)
La santé dentaire s'est newement améliorée dans de
nombreux pays, mais nombreux demeurent les patients
qui ont perdu la plupart de leurs dents. Les possibilités
prothétiques de traitement de tels patients seront égale-
iment abordées. La préservation des dernigres dents est
d'une extiéme importance car celles-ci facilitent gran-
dement les alternatives thérapeutiques A la prothese
amovible complete. Le traitement classique pour les
patients édentés était la prothése amovible complete, qui
donne souvent un résultat acceptable. Cependant, un
nombre croissant de personnes semble ne plus étre satis-
fait d'une prothése amovible complete et s‘oriente vers
les implants. Le traitement d'un patient agé édenté a
longtemps été synonyme de prothese amovible com-
plate, Aujourd’hui, la dentisteric gériatrique s‘ouvre sur
une conception plus kurge.
La relation entre occlusion et les TMD (désordres
temporo-mandibulaires) a fait objet de nombreuses
controverses, Les facteurs occlusaux se sont avérés étre
des facteurs étiologiques moins importants qu'on ne le
disait. Ceci, du fait des conséquences importantes sur le
role de la prothése, nécessite une analyse détaillée tout
autant que les informations sur les capacités mastica-
18
trices des patients qui ne correspondent pas toujours aux
tests de laboratoire. La question elé est : faut-il traiter ou
he pas traiter — et quand devons-nous faire appel aux
traitements alternatif’s?
Récemment, beaucoup de nouveaux traitements ont
Gé proposés, pour compléter le nombre relativement
limité des reconstructions prothétiques classiques. La
relation entre les objectils du traitement général, les
options prothétiques anciennes et récentes, et le plan de
traitement moderne, spécialement en harmonie avec le
maintien d'une bonne santé parodontale, requiert notre
attention. Les différents aspects de la réussite d'un trai-
tement prothétique @ long terme sont d'un grand intérét.
ly a de grandes différences de pronostic entre les
diverses modalités de réhabilitation, lexplication & cela
n’élant pas bien connue. La différence fondamentale
entre Jes protheses fixée et amovible est en partic
connue, mais la différence dans l'entretien post-théra-
peutique est dune extréme importance, quel que soit le
iype de restauration concerné. Les demieres années ont
connu une prise de conscience croissante chez les
patients soumis a des soins dentaires concernant les
efliets néfastes des matériaux dentaires. Réalité ou fic-
tion ; ce débat brillant nécessite des éclaireissements
L’abrasion ocelusale est un processus physiologique
qui affecte chaque individu dans une certaine limite:
Des abrasions généralisées sont parfois observées chez
cerlains patients, intéressant les dents naturelles et les.
restaurations ; ccux-ci nécessitent une attention particu-
liére.
Une autre spécialisation, au sein de la prothese, est
nécessaire pour les contréres qui traitent des patients
atteints de défauts maxillo-faciaux congénitaux ou
acquis. Les limites et les possibilités de la prothése
manillo-faciale entrent dans le champ de la prothése
spécialisée, Les besoins et les demandes thérapeutiques
varient dun individu & autre, d'un pays & l'autre, et
méme a lintéricur d’un pays, sans doute & cause dun
certain nombre de facteurs culturels; ce sujet sera
abordé plus longuement dans les Chapitres 2 ct 16.
Dans ce chapitre, nous avons essayé de projeter le
développement de la prothese dans le futur, en nous
appuyant sur une analyse des tenclances relevées dans la
liuérature, I ne sera pas d’un scul ordre : a la lumiere
des différentes tendances observées aujourd'hui, plu-
sicurs orientations se dégagent ; elles ne sont pas oblig:
toirement paralléles et ne vont pas foreément dans la
méme directionDonnées sur la prothése dans le monde
CONCLUSION
A la lecture de ce chapitre, il est évident que la prothese La prothése classique continuera
cen tant que discipline présente de grandes variations & per une part importante de T'exercice quotidien dans de
travers le monde, du point de Yue par exemple de l'or- nombreux pays du monde. En méme temps, de nou-
ganisation de 'enseignement, des degrés de spécialisa- yelles méthodes de traitements seront introduites et
tion et de lexercice clinique. Le développement en pro- essayées par de nombreux dentists Quoi qu’il en soit,
ns doute a occu=
these, comme dans les autres domaines cliniques de il ne fait aucun doute que Ja prothése entre dans une ere
dentisterie, est rapide. de développement tres interessante,
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19.2.
Epidémiologie en prothése
B, Owall
INTRODUCTION
Ligpidémiologie, étude de la répartition des maladies
au sein des populations humaines, provient & Porigine
de étude des maladies infecticuses épidémiques (c'est
iedire maladies atteignant 20 % ou plus d'une popula-
tion). En recherche dentaire, l'épidémiologie était utili-
sée A un stade précoce pour décrire la répartition des
maladies, caries et parodontopathies, qui sont encore
des maladies d'un grand intérét. L’épidémiologie
moderne s'est élargie en incluant les définitions de ta
santé, en établissant les critéres dune maladie, en iden
fiant les facteurs influcngant la répartition samté/mala-
dig, en analysant les programmes de santé et leurs utili-
sations, ainsi que les aspects financiers des soins, ete.
Lépidémiologie est une s 4 Ja population, et
dans les pays ayant des systémes nationaux de santé
publique. elle a pris une gi |. puisque c'est qua-
siment le scul moyen de mettre en évidence les besoins
et elficacité d’un systeme de soins
La prothése correspond a la plus grande partie dk
soins dentaires, et a une grande influence sur le bien-étre
des individus. A cause de ses méthodes, elle est ainsi sou-
vent plus chere, comparée aux autres domaines de santé.
Néanmoins, les facteurs de la prothése n'ont pas été beau-
coup étudies en matidre d’ épidémiologie buceale. La pré-
valence & la carie (dents cariées et obturées) et les paro-
dontites/gingivites existent dans pratiquement 100 % de la
population adulte dans presque tous les pays. Comme
absence d'une dent peut également étre considérée
comme une makadie — «la maladie prothétique» — c’est
ne maladie aussi représentative que les deux autres. En
réalité, l'absence dune ou de plusieurs dents, et édente-
ment ou I’édenté appareillé, ont été inclus dans les indices
utilises pour giudier les maladies carieuses et parodon-
tales. Cependant il manque des précisions concernant |"as-
pect prothétique, et cela risque d’entrainer une mauvaise
interprétation des definitions relatives & la prothese.
L’épidémiologic en prothese utilise bien sar |
mémes principes que pour les autres domaines de I'épi-
démiologie, en tenant compte en fonetion de I'échan
lillonnage, des risques d’échee et de validité, ete
(Geaglehole et coll., 1993). Ce chapitre présentera les
différents aspects épidé jues spécifiques & la pro-
thése, débattea des méthodes, et rupportera certains
résultats, avec le but d’insister sur "importance de telles
études ct la nécessité de définitions précises. On mettra
également Maccent sur les risques de déviation dans la
présentation de l'étude, le choix des parametres en pro-
these et I"interprétation des résultats
ence lig
rande plac
jiolog
A Véchelle d'une population, les paramétres, tels
que le nombre de dents, le nombre de prothéses amo-
vibles compldtes, lesthétique et la fonction buccale
metiront en évidence un handicap oral, ayant une inei-
dence dircete sur Jes aspects social, socio-économique
ou culturel
A [échelle d’une communauté, la mise en ceuyre du
service dentaire, incluant les facteurs tels que rapport
dentiste/habitant, realisation des soins prothétiques, ser-
vice du laboratoire dentaire, coats ou tiers payant, cor-
respond en quelque sorte I'épidémiologie en prothese.
NOMBRE DE DENTS
Le nombre de dents naturelles restantes est une des
meéthodes de mesure les plus largement utilisées en
matiére de santé buccale, Dun point de vue traitement
restaurateur/prothétique, l'inverse du nombre de dents
restantes (c’est-a-dire le nombre de dents absentes) doit
étre évalué en terme d’effets sur les différentes fonctions
de la dentition
Dans la plupart des études épidémiologiques, la den-
lition de 28 dents est prise comme référence. Cependant,
ily a en prothtse des arguments pour prendre 32 dents
comme référence. Par exemple, la présence ou absence
Wune troisitme molaire n’est pas d'un grand intéret
dans une dentition complte: en revanche, sur une
arcade od beaucoup de dents sont absentes, la présence
ou labsence d'une troisigme molaire peut fondamenta-
lement modifier le calage occlusal aussi bien que les
possibilités de traitement
La cause d'une extraction est d'une extréme impor-
tance pour considérer le taux de dents absentes, Une
Gtude présentant les différentes causes extraction dans
un cabinet privé & Washington DC (Krogh, 1958) a mis
en éyidence que 25 % des personnes ayant plus de
30 ans ontseu des dents extraites pour des raisons dites
prothétiques.
D'autres études plus récentes rapportent des élé
ments identigues, Kay et Blikhomn (1987) ont énoneé
que «le fait le plus marquant est que le traitement qu’un
patient regoit n’est pas directement lié au niveau de la
maladie dentaire », Deux cent huit praticiens écossais
ont relevé le nombre de dents permanentes extraites en
une semaine. Si l’on inclut les patients consultant régu
ligrement et irégulidrement, 11,1 % de toutes les extra-
tions sont préprothétiques, 6,7 % sont orthodontiqu
et 4,5 % sont faites a la demande du patient, Les aute
de cette Gtude apportent les conclusion suiyantes : «la
21Prothése dentaire
fréquence des extractions dentaires réfldte non scule~
ment la prévalence des pathologies sous-jacentes, mais
aussi une certaine complexité dans les attitudes des
patients et des praticiens »,
expression «une dent restante» n'est pas une défi
nition ts précise. Les dents qui n’ont pas fait leur érup-
tion sont presque toujours considérées comme absentes.
Quelques mauvaises dents restantes, qui ne sont d’au-
Cune utilité pour quelque fonction orale gue ce soit, peu-
vent créer des problémes de definitions dans les études
Epidémiologiques, comme peuvent le faire les dents cas-
s6es ou cariées, qui devraient en principe Cire traitées et
restaurées. Dans un article sur une enquéte concernant
la santé dentaire chez. les employés dune usine sué-
doise, Bjérn (1971) a dit qu'un individu ayant quelques
dents restantes en mauvais état est édenté d'un point de
Vue pratique et clinique. Des définitions précises sont
done nécessaires pour une étude particulidre.
Liedberg et coll. (1991), dans une étude épidémiolo~
gique qui traitait essentiellement des aspects fonctionnels
de la dentition, utilisait les c «des racines
sang couronne clinique n’étaient pas considérées comme
des dents cxistantes, puisque d’un point de vue fonction
nel et esthétique, elles sont comparables & des dents
absentes.» Zimmerman et coll, (1988), dans une tude
chez des rélugiés, utilisaient les criteres suivants pour les
dents restantes (y compris les troisiemes molaires!) :
«toute dent estimée non restaurable d’un point de vue cli-
nique ct radiographique est considérée comme absente. »
En revanche, Helldén et coll, (1989) avangaient le prin-
cipe que «les racines qui étaient considérées comme
assez solides pour étre restaurées par une couronne
Gtaiont répertoriées comme “ dents restantes”».
Dans une étude danoise réalisée par Kirkegaard et
coll, (1987), une dent pouvait étre consicérée comme
«une dent permanente présente» ou comme «une
simple racine». Les dents fortement cariées étaient
considérées comme présentes si la hauteur complete de
la couronne était conservée, autrement elles étaient
considérées comme «racine résiduelle»
taiemt pas considérées comme cents restantes,
Halling (1987), dans des études odontologiques faites
sur des femmes vivant en zone urbaine, d’age moyen
définissait les dents absentes comme «les dents non
res suivants
Les racines
22
visibles sur la radiographic panoramique; celles qui
sont impactées ou quit n'ont pas fait leur éruption ne sont
pas considérées comme absentes»,
Plus une méthode utilise un nombre de facteurs
important, plus le risque d’obtenir des résultats diffe
rents est grand, avec des examinateurs différents ou a
des périodes différentes. II est done nécessaire Wavoir
des tests de référence, Cependant, tres peu d’études épi-
démiologiques disposent de tests de référence concer
nant le nombre de dents, sans doute parce qu’il a tou-
jours été considéré comme «res simple de compter des
dents, et aussi parce qu'une double verification consti-
tue des obstacles purement pratiques (2.1).
DENTS FONCTIONNELLES
Presque toutes les études épidémiologiques ont utilisé les
termes tels que nombre de dents, dents restantes, dents
permanentes présentes, dents naturelles, etc., pour décrire
des dents avec des racines naturelles, Ceci doit éire inter:
prété comme tant «la dentition restante». Les termes
«dentition naturelle» ou «personnes ave des dents natu-
relles/sans prothése amovible » ont également été utilisés;
Munanimité existe done sur la véritable limite entre les
différentes dentitions : celle entre dents amovibles et
cients fixées, Dans les pays ou dans les groupes de popu-
lation avec beaucoup de protheses fixées, il est done & la
ois important et difficile de définir si un pontic, au sein
dun bridge, est défini comme appartenant & la dentition
naturelle ou a la dentition artificielle. La encore, une défi
nition précise est nécessaire. Peut-étre est
dans de nombreuses publications — pour pouvoir établit
I nécessaire
une comparaison — de définir & la fois le nombre de
dents dans une dentition fixée, incluant les ponties, et seu
lement le nombre de dents naturelles, c*est-a-dire celles
ayant leurs racines naturelles.
Lobjectif de cette étude serait de déterminer la
présentation 1a plus adaptée. Ainsi, une étude sur la
maintenance prothétique ou les causes de la perte des
dents, résultat de maladies dentaires ou d’extractions
préprothétiques, pourrait utiliser simplemente
nombre de dents, En revanche, une étude, par exemple
sur lesthétique, sur la fonction occlusale en rapport
avee des problémes du point de vue de l'articulation
2.1 De nombreuses racines sont conservées, la plupart
n’élani pas resicurables. Quoi qu'il en soil, ce patient a une
arcade maxillaire compléte avec toutes ses dents naturelles,
selon la définition que l'on donne @ une dent,temporo-mandibulaire (ATM) et des muscles ou sur la
mastication, devrait inclure les pontics dans le nombre
des dents.
Le terme «dents fonetionnelles» a été établi_ par
Cushing et coll. (1986), gui avangaient le principe selon
lequel les autres choses étant équivalentes, la fonction des
dents restaurées, par ailleurs saines, est similaire & la fon
tion des dents saines sans carie. «Les dents fonctionnelles
en dentition fixée » a été utilisé pour In méme raison par
Liedberg et coll. (1991), pour les dents naturelles et les
pontics, puisque les pontics fonetionnent comme des dents
naturelles et devraient Gtre considérés comme tels.
IMPLANTS.
Le probleme de savoir comment définir «une dent»
devient encore plus important depuis l'utilisation cro
sante des implants, Dans des études provenant de
régions particulidres, le nombre de personnes ayant des
implants serait aujourd'hui si important que les résultats
pourraient étre faussés, Savoir si une personne réhabili-
{ée par une prothése complete sur implants doit étre ou
non considérée comme édentée sera abordé plus tard
dans ce chapitre, La difficulté de classification intéresse
Gealement les implants unitaires ou les implants chez les
Gdentés partiels. II serait invraisemblable de classer la
Epidémiologie en prothése
patiente 2.2 comme une édentée partielle, comme il le
serait de Ia considérer comme ayant uniquement des
dents naturelles. D'un point de vue esthétique et fone
tionnel, elle a des dents fixées, Le terme «dents fone
tionnelles» devrait done concerner également les
implants unitaires
DENTS ABSENTES
Los dents absentes sont des dents perdues a la suite
«extractions (pour quelque raison que ce soit), de perte
spontanée, ou ne s’étant pas développées ou n’ayant pas
fait leur éruption, Comme il I’a été mentionné précé-
demment, les dents absentes doivent étre considérées
comme le contraire des dents présentes. Coneretement,
cela signifie que le nombre de dents absentes est 28 (ou
32) moins le nombre de dents enregistrées.
Le terme «dents absentes» pout étre interprété assez
simplement comme équivalent 4 l'espace d'une dent.
cependant, ce n'est pas toujours le cas. Une migration
dentaire spontanée ou un traitement orthodontique peu-
vent fermer cet espace. 2.3 représente un individu ayant
perdu son incisive droite maxillaire et une incisive man-
dibulaire. I n’y a apparemment aucune raison de discu-
ter de restauraiion et sa dentition est quasi-équivalente &
tune dentition complete.
2.2 a, b Paliente avec absence congénitale de ses incisives latérales maxillares, et couronnes unitaires sur implants. D'un
point de we fonctionnel, elle est complétement dentée, mais la facon dont elle doit dire référencée épidémiologiquement n’est
pas claire.
2.3. Individu avec absence congénitale de son incisive
latérale droite maxillaire et d'une incisive mandibulaire.
D'un point de we fonctionnel, il s'agit d'une personne
completement dentée
23Prothése dentaire
Bjorn et Owall (1979) ont considéré Pespace dune
dent comme tel s'il était plus large que la moitié d’une
prémolaire (c*est-a-dire 35 mm). Widstrm (1982) wtili-
sait Ja méme méthode. La fermeture orthodontique ou
spontanée d’un espace dentaire ne peut étre prise en
considération que s'il existe des dents adjacentes, Chez
les individus ayant eu de nombreuses extractions, les
espaces fermés qui existaient avant les extractions ne
peuvent pas Gire pris en compte, Néanmoins, Bjiirn et
‘wall (1979) et Widstrém (1982) ont trouvé respective-
ment que 20 % et 24 % des dents absentes ne laissaient
pas Tespace dune dent, Liétude de Bjirn et Owall
(1979) intéressait des employés «une compagnie de
construction navale suédoise ; ils taient 4gés de 41.4 65
ans. L’éude de Widsirdm (1982) concernait des
Finlandais agés de 20 & 80 ans, qui avaient immigré en
Suede. Dans une étude sur les dentitions appareillées
par une prothése amovible partielle, Owall et Taylor
(1989) utilisaient le principe selon lequel «les dents
absentes dont lespace avait été fermé orthodontique-
ment ou spontanément étaient répertoriées comme des
dents eaistantes» pour éviter toute interférence avec les
crétes édentées.
ESPACES DENTAIRES.
La plupart des Gtudes ne tiennent pas compte des
espaces dentaires, sans doute parce quils sont considé-
rés comme Gtant le contraire d'une dent restante.
Comme c'est le défaut qui est important d'un point de
vue prothétique, il est sans doute plus précis de tenir
compte de I'espace dentaire comme tel, et de mettre en
6vidence son importance.
Un espace dentaire peut éire soit «ouvert» (c"est-a-
dire restaurable ou non prothétiquement) soit « fermé »
par un traitement orthodontique ou une migration den-
laire spontanée. I] est évident qu'un espace dentaire qui
a &é fermé par des moyens orthodontiques ow par une
migration dentaire spontanée, ne peut pas étre considéré
comme un espace dentaire. Un espace dentaire traité
prothétiquement n'est plus considéré comme un espace
un point de vue fonctionnel ou esthétique. Le but
dune étude et des définitions utilisées serait de préciser
clairement ces points. Si par exemple, objectit d'une
étude est de faire un état de fa dentition tenant compte
du nombre des espaces dentaires et de importance des
traitements prothétiques, ces espaces dentaires devraient
done étre classés comme ouveris/non traités et traités
Si, en revanche, l'étude traite par exemple des aspects
sociaux, de l’esthétique ou de la fonction manducatrice,
il serait sans doute plus raisonnable de considérer les
prothéses fixées et les couronnes sur implants comme
faisant partie de ta dentition «fixéen.
Hanson et coll, (1994) ont étudié les associations
entre les facteurs psychosociaux, tels que la profession,
Je milieu social et Pétat dentaire. Lrobjectif de Fétude
Gait de considérer les dents remplacées par des. pro-
theses fixes (pontics) comme des «dents fonetion-
24
nelles» (on n°a trouvé aucun implant dans la population
étudiée).
Pour la méme raison, les prothéses amovibles qui
remplagaient les dents leur rendant esthélique et fon
tion étaient considérées comme des dents naturelles ou
des dentitions «fixées». Pour autant que l'on sache, cet
aspect n’a jamais été abordé dans la littérature, mais il
est largement reconnu qu’une prothése amovible est
inférieure aux dents naturelles et fixées de tous les
points de vue, et c'est pourquoi il est nécessaire de faire
tune distinction nette entre dents fixées et dents amo.
vibles.
Une dent absente peut ou non eréer un espace den:
taire. Cependant, une fermeture incompléte d’un espace
dentaire entraine un diasi?me, et cela pose la nécessité
de distinguer nettement un diastéme dun espace den-
taire, En accord avec la définition des dents absentes, Les
espaces infirieurs 2 la moitié d'une demi-prémolaire ne
doivent pas étre considénés comme des espaces. Ceci est
di au fait qu’un diastéme, résultant de la version des
dents ou de Pabsence d'une dent, ne pose pas habituel-
Jement indication d'une dent artificielle.
PROTHESES AMOVIBLES
Tout type de prothése amovible doit ire pris en con
dération pour chaque arcade, comme [avait recom-
mandé a la fois Owall (1986) et ‘OMS (1987). Il y aun.
nombre important de publications qui ne font pas nette-
ment la distinction entre un édentement d'une ou de
deux arcades vi/ou une arcade apparvillée. L’édentement
peut intéresser une arcade ow les deux, et peut étre sans.
prothése amovible, alors qu'une prothese amovible peut
€tre partielle ou totale, sur une ou deux arcades. En fait,
il y a différentes combinaisons possibles avec la denti
tion naturelle (dents fonetionnelles), les prothéses amo-
vibles et les édentements (Owall, 1986; Axéll et Owall,
1979; Liedberg et coll., 1991).
Aucune définition n'a éé donnée pour la prothése
amovible partielle ou complete par 'OMS (1987), et
tres peu de publications proposent une définition. Une
méthode courante consiste & noter «la présence ou 'ab-
sence d’une prothése amovible partielle ou complete au
niveau des arcades supérieures et inférieures» (Hugoson
ct coll., 1986). Axdil et Owall (1979) font une distinc
tion entre une prothése amovible complete et une pro-
these amovible partielle, Une prothése amovible par
ticlle était considérée comme telle dans tous les cas ot
elle comportait des emplacements pour les dents res-
tantes, sous-entendant que ces dents étaient effective-
ment présentes sur l'arcade. $"il manquait toutes les
dents sur une arcade, la prothese amovible était définie
comme complete, indépendamment de son étendue. La
distinction entre prothese amovible partielle et complete
Gtait rarement difficile a faire, bien que |'échantitlon-
nage clinique comptait 20333 individusLiedberg et coll. (1991) ont utilisé la définition sui-
vante : «les prothéses amovibles completes. étaient
considérées comme telles quand les arcades concernées
éient édentées ou qu'une overdenture complete recou-
vrait les racines (2.4, 2.5), Les proth?ses amovibles par-
tielles étaient considérées comme prothéses amovibles
completes, quand les dents restantes n’existaient plus et
gue la prothese amovible partielle était encore utilisée.
Les prothéses amovibles partielles étaient considérées
comme telles quand il restait une ou plusieurs dents avec
leurs couronnes cliniques et qu’elles n’étaient pas
recouvertes par une overdenture».
La nécessité d'établir une distinction nette entre
Gdeniement et arcade apparcillée est démontrée par
Pétude de Tervonen et coll. (1985) réalisée sur 400,
personnes digées de 65 ans. Ils ont trouvé que 58,7 Ye
niavaient pas de dents et des prothéses amovibles
completes aux deux arcades, alors que 6.3 % n’avaient
pas de dents et seulement une arcade appareillée, et
que 5% n’avaient ni dents, ni prothése amovible com-
plete
Epidémiologie en prothése
La comptabilisation des prothéses amovibles com-
plétes délivrées et de celles réellement portées peut poser
des problémes, compte tenu de la diversité des: metho
de compiabilisation. Tervonen et coll, (1985) réperto-
riaient une prothése amovible complete si le patient la por
i régulierement, alors que pour Liedberg et coll, (1991),
le patient n’en portait pas le jour de examen, elle
it pas enregistrée. Cette derniére étude consistait en
une enguéte sur la santé générale; les participants étaient
exumings par des médecins ct des infirmigres a I’hapital,
et l'examen dentaire représentait une faible part de cet
examen. La définition reposait sur le fait que si une per
sonne ne portait pas sa prothése au moment de examen,
n considérait que cette personne ne lutiisait pas.
Guide réalisée par Nyhlin et Gunne (1989) sur
les prothéses amovibles partielles démontre clairement
les problémes existant avec le port des prothéses. IIs ont
mené une étude sur 40 prothéses amovibles particlles au
bout de 1 Deux prothéses n’ont jamais été
UtilisGes, 7 |’ont été seulement quelques heures par jour,
ct 2 n’ont pas &4 utilisées aux heures des repas.
2.4 a, b Patient porleur d'une prothése omovible compléte,
, avec deux racines recouveries
par la prothése. Estce que cette personne est dentée, deniée, ou porteuse d'une prothése
‘amevible complete, concernant le meanxillaice@
2.5 a, b Personne avec soulement lo plaquebase dune an
nivesu de l'arcade raxillaire. S‘agitil d'une prothése omovib
‘amovible compléte® La seule dent restante & la mandibule est
le plan parodontal. Estce que cette personne est dentée ou édentee & la mondibule®
cienne prothése amovible au
le partielle ou d'une prothése
complétement compromise sur
25Prothése dentaire
PROTHESES FIXEES
La plupart des études s*intéressant a la prothese fixée
concement a la fois les couronnes et les protheses lixées
particlles (bridges). Les définitions acceptées pour
chaque étude spécilique doivent clairement énoncer de
quoi il s’agit, comme Vont fait par exemple Ranta et
coll, (1987), Leur étude précise que : «ta prothese fixée
inclut 2 la fois les couronnes arlificielles et les bridges.
La définition d’une couronne nécessite qu'elle soit scel-
ée définitivement sur une dent préalablement préparée.
Les couronnes en composite ou faites avec des maté-
riaux de dentisterie restauratrice étaient exelues. Un
bridge consiste en au moins un pilier et un pontic». Les
prothése omovible
26
résultats ont montré qu'il n'y avait pas de couronnes ou
de bridges sur piliers implantaires, ni de bridges collés,
Il serait intéressant, dans de futures études menées
ailleurs dans le monde, de changer les termes «scellé
définitivement» et «dent préalablement préparée », pour
pouvoir tenir compte de ces traitements alternatifs,
En accord avec la définition de Ranta et coll, (1987),
Liedberg et coll. (1991) n'ont répertorié comme pro-
theses fixées que les protheses qui avaient un pontic, Les
auteurs ont insisté sur cela en ajoutant : «les couronnes
solidarisées par soudure mais ne remplagant pas de
dents absentes ne sont pas considérées comme des
bridges». C’est le cas dans la plupart des études, mais i
existe souvent des incertitudes.
246 @ Volevis oblenves d'aprds Bjdrn
et Owall (1979) et Liedberg et coll.
(1991| montrant les dents remplacées
par de la prothése fixée. Les deux
tudes ont ét6 faites sur des patients en
Suede, b Valeurs oblenves apres
Bjarn et Owall (1979) et Liedberg et
call. (1991) montrant les dents
remplacées par de la prothése
‘aimovible. Les deux études ont été faites
sur des patients en Suade, Comme cela
est clairement démoniré, plus de dents
antérieures que de dents postérieures
sont remplacées par de la prothese
fixée et par de lo prothése amovibleMeeuwissen et Eschen (/985) utilisaient les termes
de «couronnes» et «dents piliers» pour parler de la
mise en place dune couronne. Ils voulaient sans doute
parler de dents piliers au niveau dun bri i
Fon se réfere aux définitions de «pilier> dans Le glos-
saire des termes prothétiques (1994), il s'agit : «(1) de
la partic qui regoit directement la poussée ou la pres-
sion; (2) un anerage et une dent, une portion de la clent,
ow la portion dun implant dentaire qui sert a supporter
et/ou a retenir une prothése». Un pilier peut ainsi etre le
support dune prothese partielle fixée ou amovible,
Trois Gquipes. suédoises, Halling et Bengtsson
(1981), Hugoson et coll. (1986), et Helldén ct coll.
(1989), ont fait des études épidémiologiques. Halling et
Bengtsson n'ont pas répertorié d'alternatives & «leurs
propres dents» et aux «prothéses partielles » (en Suede,
une prothése particle est obligatoirement amovible),
alors que Hugoson et coll, (1986) n'ont pas répertorié de
«pontics de bridges» dans leur enguéte de 1973, mais
en ont répertorié dans celle de 1983. Cependant, ils ne
Pont pas fait séparément dans leurs résultats, et on ne
sait pas précisément s'ils étaient définis comme des
dents restantes ou non. Helldén et coll, (1989) avaient
seulement deus alternatives : «dents restantes » et «pro-
theses amovibles partielles ». Il est cependant évident,
apres les autres sources d’informations, que les
Suédois avec des prothéses fixées sont nombreux.
Diapres les résultats de Bjom et Owall (1979) et de
Licdberg et coll. (1991), ceci est évident puisque res-
pectivement 316 dents chez 543 personnes et 460 dents
‘chez. 483 personnes ont été remplacées par des pontics
de prothéses lixées (2.6).
mais
TRAITEMENTS ALTERNATIFS POUR
UNE DENT, DES ESPACES, DES
PROTHESES AMOVIBLES
Comme I'a démontré la discussion préeédente, il y
4 de bonnes raisons pour que les études a orientation
prothétique rapportent toutes les alternatives & une
vision globale de I’état dentaire pour une dent, pour un
espace, pour une restauration, etc., pour chaque dent,
27 e( 2.8 proposent de telles alternatives qui couvrent
a plupart d'entre elles. Cependant, dans certaines
populations, des définitions spécifiques en cas de
défauts généraux ayant des conséquences sur les dents
(ex, : les défauts congénitaux ou acquis avec perte de
denis) peuvent étre nécessaires.
IMPLANTOLOGIE
Jusqu’ici, |"implantologie n'a été prise en considéra-
tion dans les études épidémiologiques que de fagon tres
limitée. Une considération importante en implantologie
¢st la possibilité anatomique de mettre en place des fix
tures dans les zones édentées. Bergendal et coll. (1994),
Epidémiologie en prothése
4 partir de radiographies de 579 personnes d'iiges dillé-
rents, ont présenté le nombre possible d’implants eylin=
driques endo-osseux qui pouvaient étre plueés dans les
régions antérieures aux molaires. Sur ensemble,
1048 sites de fixtures étaient utilisables, 78 % de ces
sites était trouvés sur des patients entre 60 ct 70 ans.
Toutes les mandibules édentécs et 70 % des maxil-
laires édentés étaient jugés aptes 2 recevoir des implants.
Petersson et coll, (1992) ont réalisé une étude simi-
laire sur 300 individus, choisis au hasard dans différents
groupes d’ages. 89 d’entre eux avaient des maxillaires
Gdentés, dont 67 ont été examings radiographiquement
L’6tude montrait que 80% avaient des structures
osscuses permettant Ie traitement du maxillaire par des
denis recouveries par des
100% coverdentures
dents
spaces deicves absentee ou
oe ‘amovibles
dents remplacées
par des PAP
dents
denis remplacées par des
fonctionnelles
PF sur piliers dentaires
ou sur pliers implantaires
espaces dentaires fermés
orthodontiquement
ou spontanément
racines pouvant étre restaurées
dents naturelles resiantes
rsines résidvelles ov denis
inrécuperables
2.7 Alternatives possibles pour cheque dent d’une arcade
dentaire dans des enquétes épidémiologiques. Le pourcen
tage d' alternatives pour la population dans sa totalité doit
aire répertorié, Quand les c6tée droit et gauche d'une arcade
sont notés ensemble, le nombre de chaque type de dent equi
vaut & deux fois le nombre de participants, 0-100 % sont les
alternatives. Sous 0 %, ily a les denls qui, par definition, ne
peuvent pas élre prises en compte; audessus de 100 %, il y
les dents qui comptent double
27Prothése dentaire
implants, alors que les autres nécessitaient une grefle
osseuse pré-implantaire.
Une étude menée par Palmqvist et coll. (1991) tra
tait du besoin subjectif de Vimplantologie, avec des
bridges sur piliers implantaires. Ils ont envoy un que:
tionnaire A 3000 personnes au hasard, agées de 45 a
69 ans, aecompagneé de renseignements sur les procédés
chirurgicaux et le codt des implants, ainsi que des préci-
sions sur les modalités du traitement aleernatif au sein
du Systéme national d’assurance dentaire suédois
Létude a montré que 23 %e de ceux qui poriaient des
protheses amovibles partielles, 17 % de ceux qui avaient
une seule arcade édentée, et 8 % de ceux qui étaient
édentés au niveau des deux arcades, ont répondu qu’ils
youlaient des implants si cela Gtait echniquement pos
sible. IIs ont demandé aux personnes qui avaient toutes
leurs dents de formuler un choix hypothétique sur le
traitement qu’elles choisiraient en eas de perte dune ot
de deux dents : 51% ont choisi des implants.
Miiller et coll. (1994) ont appliqué les méthodes 6p
démiologiques dans un questionnaire adressé a 64 pe
sonnes agées de 42 a 84 ans et qui étaient les patients de
deux écoles dentaires en Allemagne, IIs ont détermine la
demande subjective en fonction dune amétioration de a
prothése amovible ; 16 patients voulaient de maniere
inconditionnelle une amélioration, alors que 16 autres
n’en voulaient qu’a condition de Mobtenir facilement,
Cest-A-dire qu’ils ne voulaient pas s'investir trop d'un
point de vue temps et dépense. Le refus des implants
concernait le plus iréquemment les patients de plus de 67
ans, qui se trouvaient trop Vieux, et ceux de moins de 67
ans, qui étaient contents de leur situation actuelle.
AGE DE LA POPULATION
L'ige de Méchantillonnage est critique pour évaluer les
dents absentes et la prévalence des protheses amovibles,
cquc ces facteurs sont souvent en relation avec I'dge
[’édentement non appareillé est souvent un probleme
négligé dans de nombreuses études. 2.9 (Axéll et Owall,
1979) démontte clairement que ’édentement non apy
arcades avec résines résidvelles
Loos ‘ou dents imécupSrables, donc édenté
‘édenté nen appareille
edenté traité avec de la PF
sur piliers implantaires
reslavré par une prothése amovible
complete
overdenture compléte recouvrant des implants
overdenture complete recouvrant
des rocines naturelles
2.8 Allematives possibles pour des orcades édenites dans des
enguétes épidémiologiques. Le pourcenioge présenté doit
cconcerer toutes es arcades édeniées de la population étudiée.
28
revalence 100
i)
50.
‘ge (années)
© prohése omovible,a/importe quel ype ne des dew oreades
‘© prothése amovible compléte, une des deve orcades
© erohése amovible comple, ls dour arcades
© prchese orerible paral, une des devx ercades
°° kcentenent, 20s de prolhése amovible, un des deve crcades
2.9 Prévalences (7%) d’arcade oppareillée et édentée dans
une étude suédoise sur 30118 individus (avec I'cimable
autorisation de Axéll et Gwall, 1979}.reillé dans le groupe le plus dgé, 75 ans et plus, est aussi
commun que les protheses amovibles partielles dans le
proupe des 55-64 ans. Cependant, la littérature aborde
beaucoup plus le premier groupe. 2.9 montre également
gue la prévalence des prothéses amovibles (de toute
sorte) augmente dans le groupe Ie plus dgé, avec un
résultat comparable pour |'édentement non appareillé et
avec la plus faible prévalence pour les prothéses amo-
vibles partielles. Le terme «porteur de prothése amo-
vible» ou «appareillé > n’est pas le plus approprié pour
dgcrire la situation dentaire dune population. Un certain
nombre d'études ne tiennent pas compte des patients au-
dessus d'un certain Age, et ceci est critiquable pour éta-
blir des comparaisons ou tirer des conelusions.
INVESTIGATION CLINIQUE
OU QUESTIONNAIRE
Le choix entre une investigation clinique et une étude
comprenant des questionnaires remplis par des patients
dépend de nombreux aspects pratiques et Economiques.
Enelat, les détails d’ordre professionnel ne peuvent pas
€ire obtenuis dans une étude avec un questionnaire, mais
un autre cOté, il est plus facile U'avoir un_groupe
représentatif, par exemple, d'une population nationale.
La fiabilité d'une information obtenuc & partir de
questionnaires et d'une auto-examination est une consi-
dération importante. Hele (1972) a comparé les infor-
mations sur I’état dentaire obtenues 2 partir de question-
naires, d'interrogatoires et d’examens cliniques chez,
216 individus de 20 & 60 ans. Le nombre de dents res-
tantes et Ia présence de protheses amovibles étaient
obionus par un questionnaire adressé par courrier. Au
bout de quatre mois. les participants étaient interrogés et
examinés, Les chiffres pour les dents restantes étaient
répertoriés par groupes de dents (aucune, 1-4, 5-9, 10-
14, 15-19, 20 et plus). Une surévaluation existait dans
3 cas, et une sous-évaluation dans 13, La présence des
prothtses amovibles était enregistrée a partir de « Est-ce
que vos dents absentes ont déja été remplacées par une
prothése amovible?», sans aucune distinction entre pro-
theses amovibles completes ou partielles. Cing des 145
patients apparcillés avaient donné une réponse erronée.
Kéniinen et coll. (1986) ont comparé les informa-
tions provenant dune auto-examination de 93 patients
sur le nombre et la répartition des dents. restantes
(excluant les fragments dentaires, les racines et les dents
impactées), la présence de prothése amovible ct de
calage postérieur, avec les renseignements issus d'un
examen clinique et panoramique. On a demandé aux
patients de choisir entre différents groupes pour le
nombre des dents, selon la méthode utilisce par Hele
(1972). L’age des patients s'étalait de 20 2 60 ans et
plus. En moyenne, chaque patient a rapporté de fagon
incorreete 2,1 denis restantes. L’étude a trouvé que 7
protheses amovibles partielles (6 maxillaires, || mandi-
bulaires) et que 60. prothéses amovibles completes
/dents et des couronnes/bridges, m
Epidémiologie en prothése
étaient réellement utilisées, Les patients avaient rap
porté 16 protheses amovibles particlles (8
8 mandibulaires) et 61 prothéses amovibles completes
(38 maxillaires, 23 mandibulaires). Le poster
(une paire de molaires en occlusion) a également éé
estimé par les patients eux-mémes, Neuf erreurs sur les
91 sujets ont été trouvées en comparant les informations,
provenant d'une auto-examination et celles issues dun
examen clinique réalisé par un praticien.
Palmqvist et coll. (1991) ont examiné cliniquement
100 personnes choisies au hasard, parmi 2383 (de
69 ans) qui ont répondu & un questionnaire concernant
huit groupes standard alternatifs de dents et de protheses
amovibles, respectivement au maxillaire et & la mandi:
bule. Les auteurs ont conclu que les informations
recucillies d partir d'une auto-évaluation pouvaient étre
utilisées pour évaluer la présence de prothéses amo-
Vibles, alors que les informations sur le nombre de d
absentes et remplacées ne pouvaient etre utilisées
qu’apres correction, car elles Gta nt imprécises
Jorsqu’on les comparait au diagnostic clinique.
Willemsen et coll. (1995) ont vérifié la validité de
130 questionnaires choisis au hasard parmi 861 remplis
par des sujets entre 15 et 74 ans. Les participants utili-
saient un miroir et étaient aidés par des dessins. Ils indi-
quaient les dents absentes, les couronnes, les bridges et
les prothéses amovibles, Des photos intrabuceales
Gtaient ensuite utilisées pour établir une comparaison
Elles confirmaient les questionnaires dans 68 % des cas
pour Ie nombre de dents, dans 65 % pour les couronnes
el les bridges, dans 86 % pour les protheses amovibles,
Les couronnes et les bridges étaient correctement loca
lisés pour moins de la moitié des sujets ayant ce type de
restauration, En conclusion, Willemsen et coll, (1995)
ont trouvé que les données issues d’une auto-Gvaluation
ftaient imprécises vis-A-vis de emplacement exact des
is étaient fiables du
point de vue de la présence des prothéses amovibles
axillaires,
Sa
ents
SOUY
FIABILITE, REPRODUCTIBILITE
Relativement peu d'études cliniques
résultats de tests fiables, Une des prin
cela était qu'il semblait & la fois simple et sar de réper
torier dents, couronnes, bridges et protheses amovibles,
Hugoson et coll, (1995) ont fait une analyse de l'er-
reur d’observation
radiographiques chez 20 personnes sélectionnées. au
hasard. Les huit examinateurs étaient d’accord entre eux
lorsqu’il s’agissait de répertorier les dents absentes. Le
coetficient de corrélation intra-classe (CCI) était de
0,989, e"est--dire que le désaccord entre les examina
tours était de 1,1 %. Ts n’ont pas véritié la fiabilité des
informations concernant les prothéses partielles amo-
vibles et fixées.
Dans un examen clinique sans radiographies, il n'y
4 aucune possibilité de réévaluation, Liedberg et coll.
ont présenté les
ales raisons &
de certaines. variables cliniques
2Prothése dentaire
(1990) ont fait un examen clinique sur 6 % des partici-
pants sélectionnés au hasard, 21-41 jours apres Pexa-
men, avee une nouvelle répartition des examinateurs.
Pour les prothéses amovibles ct les espaces fermés, la
fiabilité était de 100 %. Pour 463 dents fonetionnelles,
incluant les pontics, il y avait une différence de 6, ce qui
signific une fiabilité de 87,5 %, ce qui semble relative-
ment faible, Différentes explications existent : les cou
omnes soudées ont été assimilées par erreur a des
bridges, ou Pextension d’un bridge a pu étre répertorié
par erreur lorsqw’il était en contact avec une couronne
réalisée avec le méme matériau, ow encore des pontics
ont 6té pris par erreur pour des piliers ou vice-versa.
La fiabilité d’une étude est également atfectée par
abandon d’un participant. Van't Hof et coll, (1991) ont
présenté une bonne analyse des non-participants dans
tune enquéte dentaire nationale sur une population aigée
de 15.274 ans, Des facteurs, tels que la régularité des
visites dentaires, I°6tat dentaire (édenté ou non). J'assu-
rance de santé et Ie statut socio-économique, étaient en
relation avec abandon du participant. Ils n'ont trou
aucune différence significative dans la participation
avec I’édentement et l'assurance de santé. Cependant, il
y avait une relation significative entre le statut socio-
économique et la régularité des visites dentaires. Ceci a
pu entrainer un abandon sélectif concernant, par
exemple, les espaces fermés, les bridges, etc. I faudrait
également noter que ces résultats ne s‘appliquent pas
des patients ayant plus de 74 ans, un groupe pour lequel
Je probleme de I'abandon est tout particulier
INDICES
Lindice d’Bichner (Eichner, 1995; Fichner, 1984:
Fichner, 1990) (2.10) est un indice qui a été utilisé dans
de nombreuses études épidémiologiques (Magnusson et
Carlsson, 1978 : Osterberg et Carlsson, 1979: Osterberg
et coll., 1985; Elmstahl et coll., 1988; Helldén et coll
1989). I se référe & un contact antagoniste sur les zones
supports. Les zones supports sont les régions prémo-
laires et molaires. Liindice a été modifié pour étre ut
avec ou sans prothése amovible (Osterberg et coll.,
1984). L’indice a également été analysé pour sa validité
(Blume, 1987) lorsque l'on trouvait que le taux d?échee
était de 1,9 %, mais jusqu’a 12,1 % pour un groupe din
dices, résultal dune migration dentaire et modification
une valeur dindice & une autre, Cet indice a égale-
ment &é utilisé pour des études relatives aux problémes
4’ ATM et musculaires, par exemple en mordant sur de
fines languettes en plastique (Bakke et coll., 1992).
Freytag et coll, (1988) ont utilisé un indice pour le
«traitement prothétique » (en allemand : « Prothetischen
Versorgungs-index») dans lequel le nombre de dents
remplacées prothétiquement était en rapport avec le
nombre de dents absentes, L’«indice du traitement pro-
thétique » était alors exprimé en pourcentage (2.11). Le
concept de I'arcade dentaire raccourcie a été étudié épi-
démiologiquement, utilisant un indice relatif aux unités
30.
‘occlusales et & la symétrie de l"arcade dentaire raecour-
cie (Kiyser, 1984; Chapitre 3). Des index ont égale-
ment été ulilisés pour I’épidémiologie des prothoses
amovibles complétes (Rise, 1978). Un systtme d’éva-
uation pour les prothéses amovibles completes est pa
fois irs difficile a instaurer, car les résultats peuvent se
stuperposer. Rise a conclu que «a propos des pro-
grammes pour la planification gériatrique publique et du
point de yue de la méthodologie épidéiniologique, le
systtme simplilié de la dichotomie semble préférable».
PRODUCTION DE PROTHESES
Il n'y a eu que des études tres limitées sur la production
des traitements prothétiques, c’est-a-dire le nombre de dif-
férents dispositifS prothétiques fabriqués pendant une
période spécifique ou pour une certaine population, ou par
exemple, le temps accordé par un dentiste a la prothes
Gardant en mémoire le nombre important de techni-
ciens de laboratoire dentaire qui produisent encore une
quantité importante de dispositifs prothétiques dans de
nombreux pays industrialisés, et avec la centralisation
gui a 616 faite depuis longtemps sur la prévention des
maladies dentaires, cela semble éure un domaine de
recherche relativement négligé.
Utilisant les statistiques du Syst@me national d’assu-
rance dentaire suédois, Sundberg et Owall (1989) ont
montré que le nombre total d’extractions avait baissé
d'environ 50 % pour tous les groupes d’ages sur une
période de 10 ans, alors que les prothéses amovibles
avaient baissé d’environ 30 % par rapport 2 la produc-
tion Worigine, ct la prothese fixée semble continuer a
augmenter pour les personnes dle plus de 60 ans, apres
que les premiers investissements financiers de la pro-
thse fixée ont été amortis au bout de 5 ans (2.12). Le
Systeme d’assurance s'appliquait & tous les habitants de
plus de 19 ans, et les calculs étaient faits sur ceux qui
Giaient traités au cours d'une certaine année,
Aux Pays-Bas, des valeurs précises ont été publiges
sur la production prothétique, incluant a la fois, le
Service de santé national et les patients privés
(Bronkhorst et coll., 1994). Comme le montre 2.13, ily
ayait une production plus importante de protheses fixées
etde prothases amovibles partielles en 1994 qu’en 1992,
¢t plutot moins importante ce prothéses amovibles com-
pletes, De telles études constituent des références
importantes pour juger de la nécessité du pouvoir pro-
thétique et pour évaluer les changements dans les moda
lités de traitement.
Giitschow et Jakstat (1991) ont noté la prevalence
des traitements prothétiques lors de l’examen clinique
de militaires appelés, igés de 18 & 25 ans. Comme cette
population est relativement jeune, les valeurs obtenues
peuvent assez bien refléter ka production prothétique
totale de ce groupe d’age au cours des 10 années préc
dontes. II y avait en moyenne 0,36 % de couronnes par
appelé, et l'on pourrait extrapoler les résultats de cette
Etude pour montrer que 84 % de la population duns ceAl : contacts opposés dans les
4 zones supports
{regions prémolaire et molaire)
A2 : contacts opposés dans les
4 zones supporis
space(s) limite(s} &.une dent
dans une orcade
AB : contacts opposés dans les
4 zones supports
espace{s) limité{s) @ une dent
dans les deux arcades
BI : contacts opposés
dons 3 zones supporis
82 : contacts opposés
dons 2 zones supports
83 : contacts opposés
dans 1 zone support
B4 ; aucune zone opposée dans les régions
prémolaire et molaie, contac's opposés
uniquement dons lo région antéricure
cl
dents sur les deux arcades,
‘sans contacts opposes
Rabe ene ee
bs al
C2: dents sur une seule arcade
C3: édenté
Epidémiologie en prothése
2.10 Indice d'Eichner, basé sur eles
zones supporis des coniacls antogonisies
dans les régions prémolaire et molaire>.
{avec Faimable autorisation de Helden et
call, 1989)
31Prothése dentaire
groupe (Age avaient une prothése lixée, allant de 3 élé-
ments (744 %) 2.8 éléments (0.8 %)
Les méthodes utilisées pour répertorier les différents
types de prothéses amovibles parliclles produites dans
les divers pays, et les types de dentitions correspon-
dantes, sont présentées dans une étude venant de
Pologne (Lewandowska et coll., 1989) et une autre
venant "Amérique du Nord (wall et Taylor, 1989).
Des tableaux et des questionnaires dentaires (Pologne)
ou des photographies (Amérique du Nord) de prothtses
amovibles particlles, produites dans les laboratoires
dentaires en Pologne ct en Amérique du Nord, ont été
utilisés pour établir la répartition des dents dans les
arcades traitées, Dans les deux pays, les prothéses amo-
vibles partielles remplagaient plus de dents antérieures
que de dents postéricures, En Pologne, 85.4 % des pro-
theses amovibles étaient faites en résine, sans chassis
métallique, contre moins de 20 % en Amérique du Nord.
CONCLUSION
Comme on I'a moniré précédemment, les méthodes et
les définitions utilisées en épidémiologie prothétique
doivent étre sélectionnées tres soigneusement, Comme
dans toute épidémiologie, il est important non seule~
ment d"utiliser les méthodes correctes pour les échan-
tillons et I’évaluation des résultats, mais aussi d’avoir
tune technique fiable, c’est-A-dire qui doit mesurer ce qui
sans traitement prothétique
couronnes unitaires
bridge latérol
bridge ontérieur
bridges latéral et antérieur
prothése mixte : PF ot PAP
PAP supporiée parodonialement
prothése omovible compléte
PAP supporiée gingivolement
BOSSeee8on00
32
maxillaire
(%) 80
60
40
20
j as 4 5
mondibule
(80
60
40
20
PAP supporiée gingivolement et parodontalement
2.11 Pourcentage de pationts avec
différents traitements prothétiques
alternatifs dans six groupes d’ages
(1 15-19 ans, 2: 2029 ons,
3: 3039 ans, 4 : 40-49 ans,
5 ; 50-59 ans, 6 : 60-85 ans} (avec
Vaimable autorisction de Froytag et
coll, 1988)
6
ge (groupe)
age (groupe)doit étre vraiment mesuré. Dans I’épidémiologie prothé-
Lique, il est parfois difficile, comme on I’a démoniré, de
définir ce que Von mesure. L’épidémiologie est large-
ment utilisce pour établir des comparaisons entre des
populations, Cependant, sans description correcte et
pus i paeege
PKK LH PALL LF
150:
70
PPLLEL EPL LL LS
= a
= © 40-49 = —= 60-69
me 50-59 a—e 70
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Epidémiologie en prothase
fiable des techniques et des param@tres, aucune compa-
raison n’est possible, Néanmoins, comme on peut le
voir d'apres les exemples donnés, les. informations
abondent dans la littérature sur l’épidémiologie prothé-
tique, permettant ainsi une lecture critique.
2.12 a Production des prothéses amovibles, partielle et
complete, dans le Systéme national diassurance dentaire
suédois, incluant presque tous les praticiens privés. Les
caleuls sont faits sur 1000 patients, uflisant les valeurs de
1974 comme référence des 100 % (avec aimable
avlorisation de Sundderg et Owall, 1989). b Production
des éléments de prothése fixée (couronnes, piliers et pontics)
dans le Systéme national d’assurance dentaire suédois,
incluant presque tous les praticiens prives. Les calculs sont
faits sur 1000 patients, utilisant les valeurs de 1974 comme
rélerence des 100 % lavec I'aimable avtorisation de
Sundberg et Owall, 1989|
Production prothétique aux Pays-Bas
en 1992 et en 1994
1992 1994
Couronnes 529289 538958
Prothese fixée partielle 26065 27893
Prothése amovible partielle 211640 © 226122
Prothése amovible compléte «143240141291
Population agée de
19 ans et plus: pays entier 11567390 11766968
2.13 Production prothétique aux Pays-Bos en 1992 et en
1994 [avec 'aimalole autorisation de Bronkhors! et col, 1994)
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TYPE DE DENT ET FONCTION
Aprés Péruption des secondes molaires, le développe-
ment de la dentition est achevé, entrainant une occlusion
de 28 dents ou de [4 éléments fonctionnels (3.1 a). La
position de la troisitme molaire est un exemple de la
ents, perte des dents
thétiques
plus grande variabilité structurale de la dentition : chez:
environ 25 % de la population, une ov plusieurs troi-
sitmes molaires sont absentes. Selon lcur fonction, les
dents peuvent étre divisées en:
+ éléments. esthétiques, répondant essentiellement & la
fonction esthétique des dents;
3.1 @ Arcade dentoire complate.
b Arcade dentaire raccourcie aux
secondes prémolaires (arcade de
prémolaires). ¢ Arcade dentaire
raccourcie aux antérieures (arcade
dentaire extrmement raccourcie|,Prothése dentaire
+ éléments ocelusaux, devant procurer une occlusion
stable (3.2).
Actuellement, laceent est largement mis. sur les.
aspects biologiques et fonetionnels lorsque l'on définit
une occlusion saine ou physiologique (Carlsson et coll.,
Classification fonctionnelle des 28 dents ou
des 14 paires d’éléments antagonistes
Localisation Nom Nombre
Région antérieure Eléments esthétiques 6
Région prémolaire Eléments occlusaux 4
i Eléments occlusaux 4(8')
Eléments fonctionnels 14 (18!)
1 Equivalents de prémolaire
3.2 Classification fonclionnelle des 28 dents ou des
14 paires d’élements antagonistes (= opposes).
_SbsuanuasonoaseAeHsAS
36
1988 ; Ash et Ramfjord, 1995). Ceci contraste avec I’ap-
proche classique, qui insiste sur les relations morpholo-
giques spécifiques souvent idéales (Stuart et Stallard,
1960). Une occlusion saine est caractérisée par :
+ une absence de manifestations pathologiques
Evaluation fonctionnelle
des différents types de dents
Fonetion Antérieures Prémolaires Molaires
Mordre: * - =
Mastiquer = + +
Parler + - =
Esthétique te + -
Stabilite di
ATM = § te
Arcade dentaire + + +
+= 16lo important;
‘pas do réle ou role secondaire.
3.3. Evaluation fonctionnelle des différents types de dents.
3.4 Représentation schématique de
Vétiologie d'une dentition aliérée+ une fonction salisfaisante ;
+ une variabilité en forme et en fonction;
+ une capacité (adaptation.
La fonction des différents types de dents est décrite
en 3.3. Ce tableau indique que les dents antérieures et
les prémolaires peuvent remplir ensemble la fonction
des molaires. Cependant, a lopposé, les molaires ne
peuvent pas remplir la fonction des dents antéricures ct
des prémolaires. De ce fait, les dents antéricures et les
prémolaires sont indispensables pour une bonne fone-
tion du systéme stomatognathique.
HISTOIRE NATURELLE DE LA
DENTITION
Cher les sujeis & risque, une occlusion saine ne peut pas
durer, et deviendra pathologique, de la méme fagon que les
maladies dentaires affectent la dentition, conduisant 2 des
modifications pathologiques telles que caries et ma
parodontale (3.4). On peut penser que caries et maladie
parodontale sont dues 2 la négligence. Sans lintervention
des mesures préventives et des soins restaurateurs, il y
aurait une accumulation de Iésions, entrainant une occlu-
sion perturbée, et éventuellement une perte de Pocelusion
et méme une perte de I’0s alvéolaire (3.5, 3.6).
Les études épidémiologiques ont montré que, du
point de vue des maladies dentaires, les sujets & risque
ainsi que les dents A risque peuvent éure identifiés
(Diinninger et Naujoks, 1986). Les molaires. sont
3.5. Histoire naturelle de la dentition dans les groupes @ risque.
Dents, perte des denis et dispositifs prothétiques
alieintes plus fréquemment et plus sérieusement 2 la fois
par les caries et fa maladie parodontale (Chace et Low.
1993), La perte des dents coneerne en général en pre-
mier les molaires, puis les prémolaires et en dernier les
incisives inférieures (Katz et coll., 1986; Battistuzzi et
coll., 1987). Le nombre de dents absentes est directe-
ment lig a Age d’un individu. Les autres raisons décou-
lent des extractions «ordre purement intentionnel, fai-
cement, et qui incluent par exemple des
motifs orthodontiques, prothétiques et médicaux (Klock
et Haugejorden, 1991; Reich et Hiller, 1993)
ASPECTS BIOLOGIQUES ET
FONCTIONNELS DE LA PERTE DES
DENTS
En 1937, Hirschfeld a avaneé que la relation de cause
effet de plus de 80 moditications peut résulter de la perte
de la premigte molaire permanente mandibulaire, et que
Ja perte de toute autre dent dans une ou l'autre arcade
peut produire des modifications similaires, yoire plus
graves. L’observation clinique et les informations issues
de la recherche montrent que les conclusions de
Hirschfeld peuvent étre remises en question (Love et
Adams, 1971; Marxkors et Mohr, 1985). Les phéno-
ménes de compensation naturelle et d’adaptation
n’étaient pas reconnus & cette époque. Lat perte d’une ou
plusieurs dents conduit généralement & une perturbation
de équilibre fonctionnel des dents restantes (3.6). Les
6 Migration possible oprés perte de lo 36Prothese dentaire: ui \
conséquences dépendent de Pinfluence du nombre de
facteurs locaux et systémiques, qui est soit positive, soit
négative (3.7), Les facteurs locaux sont :
* Ie type de dent perdue;
+ le nombre de dents perdues ;
niercuspidation;
+ F'état parodontal ;
+ la position de la langue.
Ces facteurs sont habituellement connus, ce qui
signifie que la perturbation de l’équilibre occlusal peut
dire évaluée. A lopposé, les effets des facteurs systé-
miques ne sont généralement pas connus a l'avanee. Les
facteurs systémiques sont:
+Tge;
+ la capacité d'adaptation
+ la résistance générale
+ état psychologique.
‘On peut ainsi conclure que les conséquences de la
perte d'une dent sont partiellement prédictibles, avec
Comme implication clinique le fait que le remplacement
immédiat des dents perdues n'est pas nécessaire dans
tous les cas. Lorsque I’on a décidé d'attendre, il faut éta-
blir une surveillance étroite (3.8, 3.9).
Chez les jeunes, qui ont en principe une dentition
sans caries, un autre traitement alternatif possible est le
remplacement immédiat de la premigre dent perduc
Cependant, il y a tres peu de documentation scientifique
sur la valeur dun tel remplacement.
Les changements structuraux et fonctionnels qui sui-
vent la perte dune dent peuvent étre considérés d'une
part comme une adaptation & la nouvelle situation et
autre part comme une condition pathologique. Il est
souvent difficile de définir clairement ta limite entre
adaptation et la pathologie.
Tly a de grandes variations individuelles, mais apres
la perte d'une ou de plusieurs dents, on peut observer
une ou plusieurs des conséquences suivantes :
+ la migration, sous forme de version, rotation ou égres-
sion;
+ la perte des contacts proximaux provoquant des bour-
rages alimentaires;
la perte de los alvéolaire au niveau du si
tion;
* des interférences occlusales ;
+ la perte de la dimension verticale d’occlusion ;
+ des surcharges dans la région antérieure ;
+ une perturbation de la fonction masticatrice entrainant
une mastication unilatérale ou antérieure;
sdes activités parafonctionnelles, telles
bruxisme, proyoquant des abrasions occlusales;
+ une dysfonetion temporo-mandibulaire (DTM).
En plus, dans Ia région antérieure, il y a aussi des
séquelles sur le plan =
+ de Mesthétique et de la physionomie ;
+ de la paroles
+ des fonctions psychosociales, telles que la perte
d'amour-propre et de confiance en soi.
Ces mauyaises conséquences résultant de la perte
dune dent montrent une grande variation, causée par les
facteurs locaux et systémiques énumérés précédem-
ment. La perte d’une ou de plusicurs dents peut étre un
événement important de Ia vie (Bergendal, 1989) avec
le d’extrac-
que le
3.7 Consequences de la perte
d'une dent sur les dents restantes.ne altération de l'apparenee qui est la conséquence la
plus sérieuse pour le patient et la pr
quée pour demander un traitement prothétique (Zarb et
coll., 1978). Copendant, la fermeture spontanée des
miere raison invo-
3.8 a Aprés la perle de toutes les premiéres molaires &
20 ans [1965], un nouvel equilibre s‘est installé. Suivi
pendant 20 ons (1971-1991), b Détail d'un édentement
encastré du cdté droit de l'arcade mandibulaire (1971
1984)
Dents, perte des dents et dispositifs prothétiques
espaces dentaires est dune grande importance pour éva
é d'un traitement prothétique d'un point
de vue épidémiologique (3.10; Bjérn et Gwall, 1979;
Liedberg et coll., 1991; Chapitre 2)
3.9 a Un nouvel aquilibre occlusal
s/est installé chez une femme de
28 ans, aprés la perte des dents 46 et
47 & 22 ans (1971). Suivi pendant
11 ans, b Havteur de I'os alvéolaire
en 1971 eten 1984.
39Prothése dentaire
La premiére molaire mandibulaire est souvent pe
due précocement, et si c'est le cas, surtout entre 12 et
19 ans, des migrations et des interferences occlusales
peuvent se produire (Marxkors et Mohr, 1985),
TYPES D'EDENTEMENTS PARTIELS
ly a une grande. variété de dentitions partiellement
édentées (Bjrn et Owall, 1979), De nombreux essais ont
Gé faits pour classifier les dentitions altérées, La class
fication d’Eichner (1955) semble étre la plus adaptée car
elle est fonction du nombre de zones supports occlusal
restantes (Chapitre 2, 2.10). Une classification simple et
pratique consiste reconnaitre deux groupes principaux
+ les dentitions altérées sans complication ;
+ les dentitions altérées avec complication,
Dans les dentitions altérées sans complication, ta
perte dentaire est la seule anomalie (3.11, 3.12). Les
dentitions altérées avec complication sont caractérisées
par la présence de facteurs aggrayants tels que :
+ la négligence (plaque);
+ los carie
+ la maladie parodontal
+ la migration due a la perte des dents (3.13, 3.14).
Cliniquement, cela implique que les dentitions alté-
ées sans complication peuvent tre immédiatement
laitées prothétiquement si cela s‘avere nécessaire
Cependant, dans les dentitions altérées avee complica-
tion, les facteurs aggravants doivent tout dabord étre
idemtifiés et traités lors de la phase initiale du traitement
puisqu’ils sont souvent des (co) facteurs responsables de
la perte des dents. C’est seulement apres l'élimination ov
la résolution de ces facteurs que I’on peut commencer le
‘ailement prothétique (Chapisre 10), La perte dune dent
au niveau dune arcade dentaire peut conduire 4 un éden-
tement encasiré ou & une arcade dentaire raccourcie. Les
stades de pré-dentement et d’édentement complet
seront abordés dans les Chapitres 4 ct 5,
EDENTEMENTS ENCASTRES,
Ce type de mutilation est fréquemment observé puisque
la premiere molaire (mandibulaire) est souvent perdue
précocement (3.6, 3.8), La fonction manducatrice, en
termes de confort, n'est perturbée qu’en présence d'es-
paces édentés importants ou bilatéraux. La compensa-
tion peut se faire selon différents mécanismes, tels que :
of il reste le plus de contacts occlusaux ;
3.10 a, b Fermeture spontanée des espaces deniaires chez un homme de 32 ans,
‘pres la perte de la dent 11 & la suite d'un traumatisme & age de 12 ans.
3.11 Edentement
encastré sons
complication dans
la mandibule
gouche
40
3.12 Arcade
dentaire
raccourcie sans
complication+ mastiquer plus longtemps;
+ avaler de plus gros morveaux.
L’apparence est altérée de fagon inaceeptable quand
‘on perd les dents antérieures et les prémolaires maxil-
Jaires. Des migrations dans les Gdentements encastrés
peuvent avoir une certaine ampleur telle que :
+ la mésialisation des dents placées dlistalement ;
+ la distalisation des dents placées mésialement:
+ 'égression des dents sans contact occlusal (3.8, 3.9).
Dans cette séquence, importance de la migration
diminue en allant du haut de la liste vers te bas. La
migration est plus importante dans les premitres années
qui suivent la perte une dent (Love et Adams, 1971,
Marxkors et Mohr, 1985) et s'arréte une fois qu'un nou-
vel Gquilibre occlusal est atteint. Lundgren et coll.
(1992) ont montré que méme les molaires ues versées
ne s’accompagnaient pas de probleme parodontal,
Les contacts prématurés et les intertérences causées
par les migrations peuvent entrainer la mandibule a fer-
met dans une nouvelle position (plus antérieure} et selon
un trajet qui évite ces interlérences.
T1n’y a aucun consensus concernant les interférences
ocelusales (Chapitre 7). Une mobilité accrue apres ta
perte d'une dent est en général limitée 2 celle-ci, si les
's parodontaux sont sains (Nyman et Lindhe, 1979).
ARCADES DENTAIRES RACCOURCIES
Comme les molaires sont généralement les premigres
dents que l'on extrait, on observe souvent des arcades
dentaires raccourcies, Les deux situations les plus repr
sentatives des nombreuses variéiés d'areades dentaires
raccourcies sont présentées en 3.1
* arcade dentaire sans calage molaire, appelée «arcade
de prémolaires » (3.1 b);
+ arcade dentaire sans aucune dent cuspidée, ne laissant
que les éléments antérieurs ou esthétiques, également
appelée «arcade dentaire extrémement raccourcie>
G.le).
3.13 Edentement
encostré avec
complication,
montrant une
migration des
denis restanies.
Dents, perte des denis et dispasitifs prothétiques
Autrelois,
étaient dus a1
que:
+ Feffondrement parodontal des dents restantes, en
nant une migration vestibulaire et une création de
tees entre les dents antérieures, avec un surplomb ver-
tical (overbite) augmenté, se traduisant éventuellement
par un effondrement du calage postérieur
+a surcharge de articulation. temporo-mandibulaire
(ATM) et la dislocation du condyle, conduisant & une
ostéo-arthrose et un affaiblissement clinique
Le tajet de migration au niveau de arcade «de pré-
molaires» est caractérisé par une version distale de la
dent la plus postérieure et par une diminution de la
dimension verticale d’occlusion (3.14). Ceci conduit &
une surcharge des dents antérieures, qui peut se traduire
par la création d'espaces interdentaires au maxillaire.
Comme la version mésiale des molaires n’existe pas
dans les arcades «de prémolaires», les interférences
ocelusales sont un probleme mineur par rapport aux
espaces dentaires.
La fonction manducatrice peut étre mesurée objecti-
vement par des tests de mastication, comme celui de
ingestion de 20.440 morceaux (performance mastica-
tice). La plupart des tests utilisent une alimentation
solide, telle que des cacahudies, des carottes, des
amandes ou des substituts dentaires durs.
En général, on trouve une corrélation positive entre
la performance masticatrice et le nombre de dents cus-
pidées (Chapitre 8). Cependant, la performance ma
rice minimale nécessuire pour les sociétés industria-
lisées oit les gens ont une alimentation raffinée n’a pas
encore été déterminge
La fonction manducatrice est mesurée subjective-
ment par des interrogatoires ou des questionnaires
(dénommeés auto-évaluation de ta capacité masticatrice
ou du confort masticateur). Lorsque les dents cuspidées
sont absentes, la capacité masticatrice est affeetée & un
degré moindre que ne lest la performance masticatrice
(3.15, 3.16; Witter et coll., 1990). La capacité mastica-
on pensait que de nombreux problemes
bsence des molaires sur lareade,
3.14 Arcade
dentaire
raccourcie avec
complication ;
migration des
dents restantes,
porte do la
dimension
verticale ot
dislocation du
condyle.
4lProthése dentaire
trice est suffisante si l'on est en présence de 20 dents
«bien réparties» ou de 10 paires de dents en occlusion,
comme au niveau des arcades «de prémolaires». Dans
les cas oi il reste moins de dents, on observe des incon-
forts dus & une mastication avec les dents antéricures, ct
entrainant une fatigue musculaire et des désordres tem-
poro-mandibulaires (Witter, 1993), D'autres plaintes
concernent la capacité masticatrice (la mastication
prend beaucoup plus de temps, les aliments sont avalés
arossiérement, il y a impossibilité de mastiquer tous les
aliments) et le préjudice esthétique da a Iabsence des
prémolaires supérieures.
Une apparence agréable est considérée comme étant
la principale fonction de la dentition. Des études ont
montré qu'une arcade «de prémolaires» est habituelle-
fonction
mandvearice |
eos
80,
60)
40 |
2
20
Lc.
0.
0
élaments ocelusoux
ment suffisante pour une apparence acceptable (Witter
et coll, 1990). Ceci est confirmé par le schéma type
moyen du sourire (Wichmann, 1990). Comme les dents
antérieures, les prémolaires (supérieures) sont indispen-
sables pour avoir une apparence acceptable, Dans
quelques cas (6 %), absence des molaires supérieures
alfecte Papparence.
La stabilité d’une arcade «de prémolaires» peut étre
vérifige en mesurant les contacts ocelusaux en position
intercuspidation, le surplomb vertical, les espaces
interdentaires, attrition et le support de I'os alvéolaire,
De nombreuses études ont montré que cerlaines consé-
quences peuvent exister, mais elles sont faibles et limi
tées (3.17, 3.18). Une étude longitudinale a confirmé ces
faits (Witter et coll., 1994). Des problémes parodontaux
3.15. Représentation schémalique de la relation entre
fonction manducotrice et longueur de arcade dentaire
(exprimée en éléments occlusaux). 1 = capacité masticatrice
(facilité & la mastication) ; 2 = performance masticatrice
‘A= zone de fonction monducatrice suffisante. B = zone
intermédiaire. C = zone de fonction manducatrice
insuffisonte
Etudes de Ia relation entre capacité masticatrice subjective (confort masticateur)
et état de la dentition
Une moyenne de 9 paires de cents en occlusion semble fournir
une efficacité suffisante
20 dents bien réparties sont nécessaires pour une capacité
masticatrice satistaisante
‘Aucune relation avec une dentition partielle
Un inconfort commence avac moins de 10 paires de dents
‘Aucune relation avec le nombre de dents
Corrélation faible avec le nombre de dents absentes
Faibles differences entre les sujets ayant une arcade dentaire
compléte et une ADR?
10 % des sujets avec une ADR’ se plaignont de leur capacite
‘Auteur Année Nombre de sujets Résultats
Haraldson et Carlsson 1979 24
Agorberg et Carlsson 19611106
Chauncey et coll, 1981565
Kayser 1981118
en occlusion
Imperial et coll 1984 300
Battistuz7i et coll. 1987 750
Aukes et col. 1988 97
Witter et coll, 1989 74
masticatrice
Leake et coll. 1994 338
1 Arcade dentaire raccourci.
Les problémes commencent avec 0-2 éléments postérieurs fonctionnels
3.16 Etudes de la relation entre capacité masticatrice subjective (confort masticateur) et état de la dentition [avec 'cimable
autorisation de Witter et coll., 1990),
42existant dans les arcades dentaires raccourcies tendent 2
S‘aggraver de la méme fagon que dans les arcades den-
taires completes,
La combinaison d’une arcade dentaire raceourcie et
de problemes parodontaux semble étre un facteur de
risque pour la perte d'autres dents, Cependant, un traite-
Dents, perte des dents et dispositifs prothétiques
ment parodontal approprié avec un bon eniretien peut
stopper la détérioration (Axelsson et coll., 1991). Il se
produit une égression des dents postérieures sans
contact occlusal, mais c'est en principe un probléme
mineur. I] semble que la langue maintienne ces dents
dans leur position (3.17, 3.18)
3.17 a, b Rodiographies d'une femme de 52 ans (1992) montrant une stobilité
structurale et fonctionnelle d'une arcade dentaire extrmemen! raccourcie
(8 éléments en occlusion) aprés 20 ans (a) et 28 ans de fonction (b).
3.18 @ Radiogrophies d'une femme de 54 ans (1992) monirant une absence
Unilatérale de caloge molaire oprés 25 ons de fonction. b Bitewing monirant la
hauteur de I'os alvéolaire en 1968 et en 1992. ¢ Vue latérale droite (1994),
We latérale gauche (1994)
43Prothése dentaire
Le confort buccal peut éire considéré comme la pre-
mitre fonction du sysitme stomatognathique. I peut
étre détini comme suit
absence de douleur ou dinconfort du systéme sto-
‘matognathique (incluant Jes ATM);
+ une capacité masticatrice satisfaisante
+ une esthétique acceptable de la dentition,
Le confort buccal est en étroite relation avec la qua
lité de vie du sujet. Une arcade «de prémolaires fou
nit généralement un confort buccal suffisant. Ceci est
corroboré par les conséquenees bien connues des pro-
theses fixées completes sur implants ostéo-intégrés, qui
ne fournissent habituellement qu’un calage prémolaire:
offrant pourtant, selon les dires des patients, un excel-
lent contort buceal et une és bonne fonction manduca-
trice (Karlsson et Carlsson, 1993).
Un apergu des relations entre fonctions orales et
arcades dentaires raccourcies est présemté en 3.19. La
zone de fonction orale ante (A) montre la capacité
adaptation ou la compensation naturelle.
CALAGE DE LARCADE DENTAIRE ET ATM
Pour éviter toute confusion lors de l'étude des interrela
tions entre le calage de I’arcade dentaire et les ATM, les
unités occlusales
Calage de |'arcade dentaire
et articulation temporo-mandibulaire
Calage de arcade dentaire
Calage antériour
Catage postérieur
* Calage prémolaire
* Calage molaire
‘Articulation temporo-mandiibulaire
Changements structuraux (remodelage versus ostéo-
arthrite)
Affaiblissement clinique
44
termes utilisés devront étre précisés (3.20). La plupart
des études sur la relation entre la perte du calage posté-
rigur et les ATM portent en fait sur la relation entre la
perte du calage molaire et les ATM (3.21, 3.22). Le r0le
de Mocclusion et du calage de l'areade dentaire en rela
tion avee les ATM a été surévalué dans le passé, abou.
tissant au principe selon lequel toute absence de calage
molaire devait étre restaurée pour
des ATM, Des études récentes ont montré que la. pré-
senee d'un calage bilatéral par les prémolaires fournit
une stabilité occlusale sulfisunte (3.22) (Witter, 1993).
A Vexception du réle éventuel de l'absence des dents
postcricures comme facteur aggravant dans les ostéo-
arthrites des ATM, on a conclu qu’aucune étude n'a pu
établir de relations entre les facteurs occlusaux et les
signes ou symptomes des désordres temporo-mandibu-
Jaires (Pullinger ct coll., 1993), La eapacité d'adaptation
du systéme stomatognathique, en cas de perte du calage
postérieur, semble tre tres importante
viter une pathologie
IMPLICATIONS D’UN TRAITEMENT
PROTHETIQUE
Le premier objectif des soins dentaires est de maintet
une dentition naturelle saine et fonctionnelle pour toute
3.19 Relation entre fonction buccale et arcades dentaires
raccourcies. 1 = contact entre dents antérieures en IM;
2 = houteur de l'os alvéolaire; 3 = contact interdentaire
entre dents antérieures; absence de dysfonction
mandibulaite; 4 = capacité masticatrice ; 5 = esthétique
A = aire de fonction orale suffisante |adaptation) ; B = zone
intermédiaire; C = aire de fonction orale insuffisante.
3.20 Calage de l'arcade dentaire et articulation tomporo
mandibulaire.la vie, Un probleme fondamental est de savoir s*il faut
28 ou 32 dents pour atteindre cet objectif. Dans la défi-
nition courante d’une occlusion saine, le nombre de
dents nécessaires n’est pas spécifié. On a montré que les
denis antérieures et les prémolaires étaient indispen-
sables (3.3), Les concepts dun traitement classique ont
é la nécessité dune arcade dentaire complete ou de
28 denis, menant au «syndrome des 28 dents» (Levin,
1974). Ce dogme qui énonce, par exemple, 1a restaur
tion systématique de la perte d'un calage molaire, a
conduit (et conduit encore) a un surtraitement, et a
contribué au cycle bien connu des traitements res
eurs, De nombreuses études ont montré que les patients
préféraient Ie plus souvent conserver leurs espaces den-
aura
Apercu de certaines études
sur la relation entre perte
du calage postérieur et ostéo-arthrite
de l'articulation temporo-mandibulaire
‘Auteur Année Méthode Résultat
Steinhardt 1950 Histologique +
Copland 1960 Radiographique —
Boering 1966 Radiographique —
Oberg et coll 1971 Histologique +
Mongini 1972 Histologique +
Toller 1973 Clinique -
Kopp 1977 Clinique +
Hansson et coll. 1983 Radiographique +
Solberg et coll. 1985 Histologique +
Holmiund et coll. 1994 — Arthroscopique —
4. corrélation positive; - = aucune corrélation,
Apercu de certaines études sur la relation
entre perte du calage postérieur et affaiblissement clinique
Denis, perte des denis et dispositifs prothétiques
taires (Bjorn ct Owall, 1979; Imperiali et coll., 1984;
Tervonen, 1988: Liedberg et coll., 1991) (Chapitre 16)
La profession dentaire a ignoré depuis des decennies
le fait que les prothéses amovibles, surtout les protheses
amovibles partielles & extension postérieure, ont été et
sont encore souvent déconsidérées par le patient
(Wetherel et Smales, 1980), En 1974, Ramfjord a
observé qu'une fonction satisfaisante et une stabilité
occlusale et neuromusculaire peuvent en principe étre
ablics si toutes les dents antéricures et les prémolaires
existent, En 1973, Karlsen a démontré que le nombre de
de par un individu ne peut pas etre déter-
ming par la profession dentaire. $i un patient fonctionne
bien, par exemple avec 8 ou 10 dents antérieures — ou
s nécessa
3.21. Apercu de certaines études sur la relation entre perte
du colage postérieur et ostéo-arthrite de l'articulation
temporo-mandibulaite,
3.22 Apergu de cerlaines études sur
la relation entre perte du calage
postérieur ef offoiblissement clinique
de articulation temporo-mandibulaire de larticulation temporo-mandibulaire.
Auteur Année Classification de la dentition Résultat
Magnusson et Carlsson 1978 Indice d'Eichner -
Osterberg et Carlsson 1979 _Indice d'Eichner =
Kayser 1981 Degré de calage postérieur
Sassen 1982 Indice d'Eichner -
De Boover et Adriaens 1983 Nombre d'unités occlusalos —
Droukas et coll 1984 Nombre dunités occlusales — —
Mejersjé et Carlsson *1984 ~—Degré de calage postériour = —
Budtz-Jorgensen et coll. 1985 Indico d'Eichner 2
Tervonen et Knuuttila 1988 Nombre de dents -
De Kanter 1990 Nombre dunités ooclusales — —!
Witter 1993 Degré de calage postérieur
1 Saul dans les arcades dentaites extrimement raccourcies,
? Dans les arcades dentaires raccourcies avec calage prémolaireProthése dentaire
moins — dans chaque arcade, il n'y a alors aucune rai-
son de lui recommander une prothese amovible. Dans
un livre de prothese (Zarb et coll., 1978), on peut lire
que tous les patients avec un édentement partiel n'ont
pas une expérience d’incontort ou de douleur. En fait,
certains patients semblent assez heureux avec la plus
réduite des dentitions. Cependant, & l'avenir, cette per-
ception peut changer puisque l'amélioration de la santé
dentaire ct la plus faible fréquence de la perte des dents
permettent au patient davoir une estimation plus eri
lique de la situation buccale.
Age (années) Niveau fonctionnel Paires en occlusion
20-50 1:Optimal 12
40-80 Il: Sous-optimal 10 (ADR).
70-100, NL: Minimal 8 (ADER)
"ADA = arcades deniaires raccourcies; ADER = arcades den-
‘aires extrémement raccaurcies.
3.23. Niveau fonctionnel oral requis en relation avec lage,
fexprimé en nombre minimum de paires de dents on
‘occlusion longueur de l’arcade)
Le nombre minimum de dents, ou la longueur mini
male de Marcade, nécessaire 2 garantir une fonction
orale suffisante, dépend du nombre de facteurs locaux et
systémiques: actuelle ment, ge semble étre le facteur
le plus important (3.23), Les niveaux fonetionnels opti-
maux et sous-optimaux sont basés sur des informations
issues a la fois de recherches transversale et longitudi-
diyser, 1981; Witter, 1993). Certaines études sou-
iennent le concept du niveau fonctionnel minimal pour
les personnes Aigées (Meeuwissen, 1992; Leake et coll.,
1994; ‘Tzakis et coll., 1994).
Les principes actuels d’un traitement prothétique
insistent sur le fait qu'il faut éviter tout surtraitement et
sur les objectifs d’un traitement limité (Chapitre 10). Le
concept de Varcade dentaire raccourcie est un moyen
pragmatique d’atteindre ces objectis (Kayser, 1994).
LE CONCEPT DE L’ ARCADE DENTAIRE
RACCOURCIE
Lessentiel du concept de arcade dentaire raccourcie
repose sur la distinction des différents niveaux de
besoins fonctionnels en relation avec lage ct avec
autres facteurs individuels (3.23). Commengant pen-
dant Padolescence, l'arcade dentaire doit Cue différen-
cige en régions stratégiques et non stratégiques. Les
régions antéricures et prémolaires sont indispensables
tout au long de la vie et doivent recevoir le plus grand
soin. Les régions molaires sont indirectement essen-
3.24 Cible de la préservation occlusale chez les groupes a
risque. | = arcade dentaire complete (fonction optimale) ;
| = arcades dentoires raccourcies |fonction sous-optimale) ;
ill = arcades dentaires extrémement raccourcies (fonction
mminimale); A = facteurs & haut risque (caries, poches) ;
B = facteurs limitatifs (restrictions finarcigres)
et C = facteurs liés av potient (mouvaise santé générale)
3.25 Cible du traitement prothétique chez les groupes 3
risque. Le nombre de denis & restaurer est régi par le niveau
fonctionnel nécessaire.tielles puisqu’elles sont nécessaires pour la stabilité
dans espace des régions antérieures et prémolaires.
Cola signifie que les molaires devraient avoir la méme
priorité que les dents antérieures et les prémolaires, tant
qu’elles ne constituent pas des facteurs restrictifs,
Les facteurs restrictifs peuvent survenir chez, les
groupes a risque, entramnant une situation pour laquelle
il est impossible sur le plan financier et pratique de soi-
gner correctement toutes les dents. I faut done Ctablir de
nouvelles priorités, avec des soins dentaires réalisables
d'un point de vue financier et pratique dans les régions
antérieures et prémolaires, de manigre & maintenir un
niveau fonetionnel sous-optimal II, mais encore satistai
sant (3.24)
Une combinaison de plusieurs facteurs restreint
davantage les possibilités de soins dentaires et peut
méme empécher d’atteindre le niveau fonctionnel Il
Ces facteurs restrictifs peuvent étre une mauvaise santé
générale, une baisse des revenus et une accumulation
des problémes dentaires (Chapitre 6). Dans cette situa-
tion, il faut faire des efforts pour au moins maintenir le
eau fonetionnel minimal TH, c"est-A-dire se coneen-
rer sur la région antérieure de la dentition.
Il faudrait davantage d'études pour définir précisé-
ment le niveau fonctionnel minimal acceptable pour les
sujets igés. I y a 1A encore une grande variation indiyi-
duelle, Lors de I'établissement du plan de traitement
prothétique pour une dentition trés délabrée ou un éden-
fement, les fléches sont inversées dans le schéma de
conservation (3.25). Le schéma présente la priorité pro-
thétique dans les traitements dentaires. Les dents ne
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Dents, perte des dents et dispositifs prothétiques
devraient done Gire remplacées que si elles sont néces
saires pour restaurer une fonction essentielle telle que :
+ Pesthétique (antérieures);
+ le confort fonctionnel (antérieures et prémolaires);
+ la stabilité occlusale (prémolaires et (?) molaires),
Le replacement des molaires est justifié s'il résout
un probleme. Le concept de l'arcade dentaire raccourcie
se superpose & l'ordre naturel de la perte des dents. En
tant que concept thérapeutique, il essaie de ralentir ce
processus pour prolonger le maintien des dents anté-
rieures et des prémolaires (3.8, 3.17, 3.18). Ce concept
n'est pas en contradiction avec les criteres utilisés cou-
ramment pour définir une occlusion saine,
CONCLUSION
La perte des dents et ses conséquences ont 66 dramati-
sées dans le passé, sans doute parce que |'on avait négligé
la capacité dadaptation du. sysitme stomatognathique
aux changements de situation. On a mentionné les diffé-
rentes conséquences liées a la perte des dents, en distin
guant les espaces liés une dent et les arcades dentaires
raccourcies. Il est également important de différencier le
lage prémolaire du calage molaire, lorsque Pon aborde
slage postérieur. L’approche d'un traitement classique
ant la restauration de toutes les dents absentes et du
lage molaire est controversée. Les objectifs du traite-
ment peuvent éire limités mais satisfaire tout de méme la
demande du patient, en utilisant Papproche probléme-
solution et le concept de larcade dentaire raccourcie,
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