Memoire de Rupture
Memoire de Rupture
AVRIL 2011
UNIVERSIT DE MONTRAL
Ce mmoire intitul :
iii
DDICACE
Plus une chose est difficile, plus elle exige d'art et de vertu.
Aristote
iv
REMERCIEMENTS
Je tiens tout dabord remercier M. Yves Verreman, mon directeur de matrise pour son aide
prcieuse au niveau de lorganisation de mon temps et de la rdaction de ce mmoire. Cest grce
son encadrement, son jugement et ses comptences dont il ma fait bnficier que ce travail a
t men terme.
Je tiens remercier les Laboratoires dEssai Mequaltech et plus particulirement le prsident M.
Robert Desautels pour son soutien prcieux. Il ma donn lopportunit de raliser cette matrise
au sein de cette entreprise et ma donn les moyens de russir ce travail.
Je remercie M. ric Duchesne de (CM)2 pour son aide et soutien tout au long de mes travaux.
Je remercie M. Marius Banu pour mavoir initi au fonctionnement de la machine de fatigue et
pour son aide indispensable quant la ralisation des essais de fatigue et mcaniques.
Enfin, je ne saurais terminer sans adresser mes affectueux remerciements ma famille et mes
amis qui nont cess de mencourager et de me soutenir tout au long de mes tudes.
RSUM
Les matriaux ferreux sont souvent utiliss pour la fabrication de pices, machines, quipements,
etc. Selon leur composition chimique et leur mthode dlaboration, les alliages ferreux
prsentent des proprits mcaniques trs varies. Le choix de lalliage est bas sur le type de
chargement, lenvironnement, le cot, la formabilit et dautres conditions de fonctionnement.
Cette tude a pour but de comprendre le comportement en fatigue de deux aciers ayant une
sensibilit diffrente leffet dentaille : lacier de construction 350W et lacier 4140 tremp et
revenue, le premier tant moins sensibles leffet dentaille car peu rsistant lamorage des
fissures. Des essais de fatigue R = -1 et R = 0 ont t raliss pour les deux aciers sur trois types
dprouvette en chargement axial (bord lisse, entaille douce et entaille svre). Les surfaces de
rupture ont t observes et analyses. Le degr de dformation, le nombre de sites damorage
ainsi que lemplacement de la zone de rupture finale ont t tudis.
Les donnes S-N obtenues ont permis de dterminer les courbes S-N par rgression, les limites
dendurance et les facteurs de rduction de la rsistance en fatigue. Les rsultats ont t
interprts et les valeurs obtenues ont t compares avec les valeurs estimes par diffrentes
approches existantes. Notamment la validit des estimations des courbes S-N par lapproche
damorage/propagation et par la mthode de Juvinall a t prouve.
La limite dendurance dune prouvette avec bord lisse sollicite en traction-compression
reprsente 49% de la rsistance la traction de lacier 350W et 46% de celle de lacier 4140TR.
R = 0, cette fraction devient 39% pour les deux aciers.
Les courbes S-N de lacier 4140TR sont pour toutes les gomtries situes au-dessus de celles du
350W. Les courbes S-N des prouvettes entailles sont dautant plus basses par rapport aux
courbes des prouvettes bord lisse que le facteur kt est lev. La chute de la limite dendurance
la plus marque a t observe dans le cas de lacier 4140TR, ce matriau donc plus sensible
leffet dentaille. Ceci a pour consquence que le rapport entre les limites dendurance des deux
aciers diminue quand la svrit dentaille augmente.
Cependant si laugmentation de la svrit dentaille entraine une diminution de la limite
dendurance, la rduction de la rsistance diminue quand le nombre de cycles la rupture
diminue. Les courbes S-N ont des pentes dautant plus leves que lentaille est svre. La
vi
formation dune zone plastique au fond de lentaille douce (amorage multiple autour de la
circonfrence et rupture finale au centre) est confirme par lexamen des surfaces de rupture.
Les facteurs kf obtenus pour les deux rapports R sont peu prs gaux. Pour une entaille douce,
le facteur kf est presque gal kt. Lcart entre les deux facteurs augmente avec une
augmentation de la svrit dentaille. Lcart maximal est enregistr pour lacier 350W (3,64
versus 5,03). Les rgles de calcul proposes par Peterson, Neuber et Kuhn&Hardrath sousestiment les kf exprimentaux.
La mthode de Juvinall donne une bonne estimation de la courbe S-N de lprouvette avec bord
lisse, la prdiction tant trs proche de la rgression des points exprimentaux. Lestimation de la
limite dendurance de lprouvette prsentant une entaille svre savre tre scuritaire tandis
que celle de lentaille douce en acier 350W est non scuritaire. La rsistance des prouvettes
entailles (douces et svres) est sous-estime quand le nombre de cycles la rupture diminue.
Lapproche amorage/propagation donne une bonne estimation de la limite dendurance de
lentaille douce, mais elle est aussi conservatrice aux courtes dures de vie.
La rduction de l'amplitude de contrainte la limite d'endurance entre R = -1 et R = 0 sur bord
lisse est suprieure pour l'acier 350W (25%) que pour l'acier 4140TR (16%). Cependant, la
rupture par fatigue de l'acier 350W R=0 ne peut pas avoir lieu si la conception des pices
interdit l'coulement plastique. Dans le cas des gomtries entailles, l'effet du rapport R reste
important pour l'acier 4140TR mais il devient trs faible pour l'acier 350 W au del de la limite
d'endurance. Pour les deux aciers, la relation de Goodman modifie surestime leffet du rapport R
sur la limite dendurance, surtout pour la gomtrie bord lisse. Parmi quatre paramtres de
corrlation, la relation de Gerber donne la meilleure prdiction des courbes S-N.
vii
ABSTRACT
Ferrous materials are widely used for manufacturing parts, machinery, equipment, etc. Depending
on their chemical composition and method of manufacturing, ferrous alloys exhibit very different
mechanical properties. The choice of alloy is based on type of loading, environment, cost,
formability and other service conditions.
The purpose of this study is to understand the fatigue behavior of two steels with different notch
sensitivity: a 350W structural steel and a 4140 quenched and tempered steel, the first being less
sensitive to notch effect as it has less resistance to crack initiation. Fatigue tests at R = -1 and R =
0 were undertaken for both steels using three types of specimen under axial loading (smooth
specimen, blunt V-notch and severe V-notch). The fracture surfaces were observed and analyzed.
The degree of deformation, the number of crack initiation sites and the location of the zone of
final fracture were studied.
The S-N data obtained were used to determine the S-N curves by regression, the fatigue limits
and the fatigue notch factors. The results were interpreted and the values obtained were compared
with values estimated by different approaches. The validity of S-N curves estimates by the
initiation-propagation approach and by the Juvinall method has been tested.
The fatigue limit of a smooth specimen tested under fully reversed axial loading represents 49%
of the tensile strength of the 350W steel and 46% of that of 4140TR steel. Under zero-to-tension
loading, this fraction becomes 39% for both steels.
S-N curves of 4140TR steel are located above those of 350W steel for all geometries. The higher
the stress concentration factor kt the lower the S-N curves of notched specimens with respect to
the smooth specimen curve. The reduction of the fatigue limit was observed more pronounced in
the case of 4140TR steel so this material is more sensitive to the notch effect. This means that the
ratio between the fatigue limits of both steels decreases as the notch severity increases.
However, if the increase in notch severity resulted in a decreased fatigue limit the value of kf
decreases for shorter lives. S-N curves have steeper slopes as the notch severity increases. The
formation of a plastic zone at the tip of the blunt notch (multiple crack initiation around the
circumference and final fracture in the center) is confirmed by examining the fracture surfaces.
viii
The kf factors obtained for both R ratios are approximately equal. For a smooth specimen kf is
almost equal to kt. The difference between the two factors increases with increasing notch
severity. The maximum discrepancy is recorded for 350W steel (3,64 vs. 5,03). The formulae
proposed by Peterson, Neuber and Kuhn & Hardrath underestimate the experimental value of kf.
The Juvinall method provides a good estimate of the S-N curve of smooth specimen as the
prediction is very close to the regression of experimental points. The estimation of the fatigue
limit of the severe notch appears to be safe while that of the blunt notch made of 350W steel is
unsafe. The strength of notched specimens (blunt and severe) is underestimated when the number
of cycles to failure decreases. The initiation / propagation approach provides a good estimate of
the blunt notch, but it is also conservative at short lifetimes.
For smooth specimens, the reduction of stress amplitude at the fatigue limit from R = -1 to R = 0
is higher for 350W steel (25%) than for 4140QT steel (16%). However, the fatigue fracture of
350W steel at R = 0 cannot occur if the design of components prevents plastic yielding. For
notched geometries, the effect of R-ratio remains important for 4140QT steel, while it becomes
very small for 350W steel above the fatigue limit. For both steels, the modified Goodman
relationship overestimates the effect of R ratio on the fatigue limit, especially for the smooth
geometry. Among four parameters of correlation, the Gerber relationship yields the best
prediction of S-N curves.
ix
x
1.3.3 Prdiction de la courbe S-N complte (Juvinall, Shigley) ................................ 29
1.3.4 Approche par la dformation locale .................................................................. 31
1.3.5 Nouvelle approche amorage/propagation .................................................. 34
1.4 Synthse de la bibliographie....................................................................................... 38
2
Objectifs ................................................................................................................................. 40
Rsultats ................................................................................................................................. 49
4.1 Essai de traction.......................................................................................................... 49
4.2 Fatigue axiale R = -1 ............................................................................................... 50
4.3 Fatigue axiale R = 0 ................................................................................................. 55
4.4 Effet dentaille et facteur de rduction de la rsistance en fatigue (kf) ...................... 59
4.5 Prdiction de la courbe S-N........................................................................................ 63
4.6 Prise en compte de leffet du rapport R ...................................................................... 69
Conclusions ............................................................................................................................ 89
Rfrences ..................................................................................................................................... 92
xi
Annexe : Donnes S-N des essais de fatigue ................................................................................ 96
xii
xiii
Tableau 4.16 : Rapport entre les pentes des courbes S-N R = -1 et R = 0 (entaille svre ; r =
0,2 mm) .......................................................................................................................................... 73
Tableau 4.17 : Rapport des rsistances 5 millions cycles (entaille svre ; r = 0,2 mm) ............ 73
Tableau 4.18 : Valeurs prdites et mesures de la rsistance 5 millions de cycles R = 0 ........ 74
Tableau A.1 : Acier 4140TR R = -1 ............................................................................................ 96
Tableau A.2 :Acier 350W R = -1 ................................................................................................ 97
Tableau A.3 : Acier 4140TR R = 0 ............................................................................................. 98
Tableau A.4 : Acier 350W R = 0 ................................................................................................. 99
xiv
xv
Figure 1.16 : Diagramme de Smith (contrainte maximale et minimale en fonction de la contrainte
moyenne) (Schijve, 2001) .............................................................................................................. 18
Figure 1.17 : Prsentation graphique du coefficient de sensibilit leffet du rapport R (Schijve,
2001)............................................................................................................................................... 18
Figure 1.18 : volution du facteur M en fonction de la rsistance la traction pour diffrents
matriaux ........................................................................................................................................ 19
Figure 1.19 : Reprsentation graphique de trois relations empiriques pour l'amplitude de
contrainte en fonction de la contrainte moyenne ........................................................................... 19
Figure 1.20 : Amplitudes de contrainte en fonction de la contrainte moyenne dure de vie
constante pour des prouvettes entailles (pointills) et bord lisse (traits pleins) (Stephens &
Fuchs, 2001) ................................................................................................................................... 21
Figure 1.21 : Diagramme de Haigh une dure de vie de un million de cycles (prouvette
entaille et prouvette bord lisse) (Stephens & Fuchs, 2001) ..................................................... 21
Figure 1.22 : volution du facteur q en fonction du rayon en fond dentaille pour diffrentes
valeurs du coefficient (Drouin, 1986) ......................................................................................... 22
Figure 1.23 : Constante pour les aciers en fonction de la rsistance la traction (Dowling,
2007)............................................................................................................................................... 23
Figure 1.24 : Constante en fonction de la rsistance la traction ............................................... 24
Figure 1.25 : Comparaison entre la constante de Neuber, et la constante de Peterson ............ 26
Figure 1.26 : Reprsentation graphique de la thorie de la distance critique (Taylor, 2008) ........ 27
Figure 1.27. Effet du rayon en fond dentaille sur la limite dendurance (Taylor & Wang, 2000)28
Figure 1.28. Comparaison des diffrentes mthodes de calcul avec les donnes exprimentales
(Taylor, 1999)................................................................................................................................. 28
Figure 1.29 : Facteur ms en fonction de la rsistance et de la qualit de la surface (Dowling, 1993)
........................................................................................................................................................ 30
Figure 1.30 : Estimations des courbes S-N (chelle log-log) pices bord lisse et entailles selon
Juvinall et Shigley (Dowling, 2007) .............................................................................................. 30
xvi
Figure 1.31 : Principe de lapproche par la dformation locale (Limodin, 2005).......................... 31
Figure 1.32 : volution des facteurs de concentration de contrainte et de dformations locale
(Lee, 2005) ..................................................................................................................................... 32
Figure 1.33 : Solution graphique de la rgle de Neuber (Dowling, 2007) ..................................... 33
Figure 1.34 : Prdiction de la courbe S-N des entailles douces (Verreman, 2008) ....................... 35
Figure 1.35 : Prdiction de la courbe S-N des entailles svres (Verreman & Limodin, 2008) .... 36
Figure 1.36 : Effet combin de lamorage et de la propagation (Verreman & Limodin, 2008)... 37
Figure 3.1: Microstructure de lacier 4140TR 400X sur une coupe transversale, a) aprs
polissage et b) avec attaque chimique ............................................................................................ 43
Figure 3.2 : Microstructure de lacier 4140TR 400X sur une coupe longitudinale, a) aprs
polissage et b) avec attaque chimique ............................................................................................ 43
Figure 3.3 : Microstructure de lacier 350W dans une coupe transversale, a) aprs polissage
400X et b) avec attaque chimique 200X ..................................................................................... 44
Figure 3.4 Microstructure de lacier 350W dans une coupe longitudinale, a) aprs polissage
400X et b) avec attaque chimique 200X ..................................................................................... 45
Figure 3.5 : Gomtrie de lprouvette de traction cylindrique ..................................................... 45
Figure 3.6 : Gomtrie des prouvettes de fatigue cylindrique...................................................... 46
Figure 3.7 : Gomtrie de lprouvette avec entaille douce ; kt=2,11 (Limodin, 2005) ................ 47
Figure 3.8 : Gomtrie de lprouvette avec entaille svre ; kt= 5,03 (Limodin, 2005) .............. 47
Figure 3.9 : Machine servo-hydraulique Instron 8821 ................................................................... 48
Figure 4.1 : Courbes de traction monotone des prouvettes 350W-1 et 4140TR-1 ....................... 50
Figure 4.2 : Courbes S-N de lacier 4140TR R = -1 pour les trois gomtries dentaille,
compares avec les rsultats de (Limodin, 2005), en pointills ..................................................... 51
Figure 4.3 : Courbes S-N de lacier 350W R = -1 pour les trois gomtries dentaille .............. 51
Figure 4.4 : Courbes S-N R = -1 de deux aciers et trois gomtries ........................................... 52
Figure 4.5 : Courbes S-N R = 0 de lacier 4140TR pour les trois gomtries dentaille ............ 56
xvii
Figure 4.6 : Courbes S-N R = 0 de lacier 350W pour les trois gomtries dentaille................ 56
Figure 4.7 : Courbes S-N R = 0 des deux aciers et pour les trois gomtries ............................. 57
Figure 4.8 : Evolution du facteur de rduction de la rsistance en fatigue en fonction du nombre
de cycles R = -1 ........................................................................................................................... 61
Figure 4.9 : Evolution du facteur de rduction de la rsistance en fatigue en fonction du nombre
de cycles R = 0 ............................................................................................................................ 61
Figure 4.10 : Coefficient dadaptation en fonction du nombre de cycles R = -1 ........................ 62
Figure 4.11 : Coefficient dadaptation en fonction du nombre de cycles R = 0.......................... 63
Figure 4.12 : Prdiction de la courbe S-N R = -1 partir de la mthode de Juvinall pour lacier
4140TR ........................................................................................................................................... 65
Figure 4.13 : Prdiction de la courbe S-N R = -1 partir de la mthode de Juvinall pour lacier
350W .............................................................................................................................................. 65
Figure 4.14 : Prdiction de la courbe S-N R = -1 partir de la mthode de Juvinall modifie
pour lacier 4140TR ....................................................................................................................... 66
Figure 4.15 : Prdiction de la courbe S-N R = -1 partir de la mthode de Juvinall modifie
pour lacier 350W........................................................................................................................... 66
Figure 4.16 : Prdiction de la courbe S-N R = -1 de lprouvette avec entaille douce (r = 1,52
mm) avec lapproche damorage/propagation pour lacier 4140 TR ........................................... 67
Figure 4.17 : Prdiction de la courbe S-N R = -1 de lprouvette avec entaille douce (r = 1,52
mm) avec lapproche damorage-propagation pour lacier 350W ............................................... 67
Figure 4.18 : Prdiction de la courbe S-N R = 0 de lprouvette avec entaille douce (r = 1,52
mm) avec lapproche damorage-propagation pour lacier 4140TR ............................................ 68
Figure 4.19 : Prdiction de la courbe S-N R = 0 de lprouvette avec entaille douce (r = 1,52
mm) avec lapproche damorage-propagation pour lacier 350W ............................................... 68
Figure 4.20: Courbes S-N dprouvettes avec bord lisse ............................................................... 71
Figure 4.21: Courbes S-N dprouvettes entailles (r = 1,52 mm) ................................................ 71
Figure 4.22 : Courbes S-N dprouvettes entailles (r = 0,2 mm) ................................................. 72
xviii
Figure 4.23 : Diagramme de Goodman modifi pour la limite dendurance de lacier 4140TR ... 74
Figure 4.24 : Diagramme de Goodman modifi pour la limite dendurance de lacier 350W ...... 75
Figure 4.25 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Goodman R = -1, (4140TR avec bord lisse) ....................................................... 77
Figure 4.26 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de SWT R = -1, (4140TR avec bord lisse) ............................................................... 77
Figure 4.27 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Goodman modifi R = -1, (4140TR avec bord lisse) .......................................... 78
Figure 4.28 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Gerber R = -1, (4140TR avec bord lisse) ............................................................ 78
Figure 4.29 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Goodman R = -1, (350W avec bord lisse) ........................................................... 79
Figure 4.30 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de SWT R = -1, (350W avec bord lisse) .................................................................. 79
Figure 4.31: Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Goodman modifi R = -1, (350W avec bord lisse) ............................................. 80
Figure 4.32 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Gerber R = -1, (350W avec bord lisse) ............................................................... 80
Figure 4.33 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Goodman modifi R = -1, (4140TR avec entaille r = 1,52 mm) ......................... 81
Figure 4.34 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Gerber R = -1, (4140TR avec entaille r = 1,52 mm) ........................................... 81
Figure 4.35 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Goodman modifi R = -1, (350W avec entaille r = 1,52 mm) ............................ 82
Figure 4.36 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Gerber R = -1, (350W avec entaille r = 1,52 mm) .............................................. 82
xix
Figure 4.37 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Goodman modifi R = -1, (4140TR avec entaille r = 0,2 mm) ........................... 83
Figure 4.38 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Gerber R = -1, (4140TR avec entaille r = 0,2 mm) ............................................. 83
Figure 4.39 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Goodman modifi R = -1, (350W avec entaille r = 0,2 mm) .............................. 84
Figure 4.40 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Gerber R = -1, (350W avec entaille r = 0,2 mm) ................................................ 84
Figure 5.1: Surface de rupture de lacier 4140TR sollicite R = -1 : a) bord lisse, 22 131 cycles
700 MPa, b) r = 1,52 mm 12 438 cycles 500 MPa, c) r = 0,2 mm 6 061 cycles 500 MPa, d)
bord lisse 649 401 cycles 550 MPa e) r = 1,52 mm 599 380 cycles 275 MPa et f) r = 0,2 mm
464 566 cycles 125 MPa.............................................................................................................. 87
Figure 5.2 : Surface de rupture de lacier 350W sollicit R= -1 : a) bord lisse 4 500 cycles
413MPa, b) r = 1,52 mm 6 062cycles 400 MPa, c) r = 0,2 mm 1625 cycles 400 MPa, d) bord
lisse 887 001 cycles 293 MPa, e) r = 1,52 mm 607 064 cycles 138 MPa et f) r = 0,2 mm
632780 cycles 85MPa.................................................................................................................. 87
Figure 5.3: Surface de rupture de lacier 4140TR sollicit R= 0 : a) bord lisse 7 249 cycles
545 MPa, b) r = 1,52 mm 19 084 cycles 400 MPa, c) r = 0, 2mm 8 191 cycles 300 MPa, d)
bord lisse 205 498 cycles 474 MPa, e) r = 1,52 mm 189 240 cycles 250 MPa, et f) r = 0,2 mm
523 086 cycles 105 MPa.............................................................................................................. 88
Figure 5.4: Surface de rupture de lacier 350W sollicite R = 0 : a) bord lisse, 1 516 cycles
280MPa, b) r = 1,52 mm 20 352cycles 290 MPa, c) r = 0,2 mm 4 441 cycles 280 MPa, d)
bord lisse 1 352 450 cycles 230 MPa, e) r = 1,52 mm 4 644 501 cycles 140 MPa et f) r = 0,2
mm 1 548 418 cycles 85 MPa ..................................................................................................... 88
xx
Diamtre de lprouvette
cH
Dformation nominale
Module de Young
kf
k 'f
kn
kt
k t,eff
K'
Kc
Tnacit
K 'f
Kn
Ks
xxi
md
me
ms
mt
Coefficient de Schutz
Re
Contrainte dcoulement
Rm
Rsistance la traction
Ne
Nr
NI
N tr
Contrainte nominale
Sa
Exposant de la singularit
K s
xxii
a
'f
Contrainte locale
Amplitude de contrainte
ar
Amplitude de contrainte R = -1
Contrainte moyenne
max
min
FD
ED
'
INTRODUCTION
De manire gnrale on estime quenviron 80 % des ruptures en service sont dues la fatigue.
Les ruptures dues la fatigue ont fait lobjet de recherches depuis plus de 150 ans afin de
comprendre le phnomne. La fatigue persiste mme de nos jours tre un problme majeur en
ingnierie. Pour avoir une ide de son ampleur, le cot annuel de bris de pices en fatigue frle
3% du revenu national brut des tats-Unis (Dowling, 2007; Henaff & Morel, 2005). Malgr tous
les efforts de recherche, de nombreux aspects de fatigue demeurent mconnus et les mthodes
utilises pour les calculs de dimensionnement restent, dans une large partie, empiriques.
Les bris surviennent souvent partir de lendroit o la pice prsente une concentration de
contrainte. Le facteur de concentration de contraintes, kt, dpend de la gomtrie de la pice et du
chargement. D la concentration de contrainte, la dure de vie en fatigue diminue. Cependant le
facteur kf qui traduit la chute de rsistance une dure de vie donne est plus petit ou gal kt.
La sensibilit lentaille du matriau dpend de la svrit de lentaille, du nombre de cycles et
du type de matriau. Ce facteur est dtermin laide de formules empiriques bases sur les
proprits mcaniques du matriau en traction monotone (Dowling, 2007).
De nouvelles approches ont t proposes pour mieux comprendre la sensibilit leffet
dentaille. La vie dune pice qui brise en fatigue est divise en trois priodes : priode
damorage des fissures, priode de propagation et rupture finale quand le facteur dintensit de
contrainte K, atteint la valeur critique Kc. Un matriau trs rsistant lamorage des fissures
mais peu la propagation sera trs sensible leffet dentaille, et vice-versa.
Les alliages ferreux sont souvent utiliss pour la fabrication de pices, machines, outillages etc.
Le choix du matriau est dict par les conditions dutilisation : niveau de contraintes, rsistance
la corrosion, formabilit, forme gomtrique et autres paramtres de fonctionnement.
On rencontre dans lindustrie une grande varit de mtaux ferreux qui prsentent des proprits
diffrentes. Pour notre recherche on a choisi deux aciers qui ont une sensibilit diffrente leffet
dentaille. Le premier est un acier doux 350W, qui est un matriau peu sensible leffet dentaille
car peu rsistant lamorage des fissures. Le deuxime, plus sensible leffet dentaille est un
acier 4140 tremp et revenu.
2
Cette tude va complter dautres tudes qui ont t effectues ce sujet et va nous aider mieux
comprendre la sensibilit des mtaux ferreux leffet dentaille.
Un premier objectif sera de gnrer des donnes S-N exprimentales sur les deux aciers, pour
trois gomtries et deux rapports R. Linterprtation des rsultats et leur confrontation avec
diffrentes approches de prdiction de leffet dentaille constituent un deuxime objectif. La
validit de plusieurs mthodes de prdiction du facteur kf sera notamment value. Un troisime
objectif concernera linfluence du rapport de contraintes R sur les courbes S-N ainsi que la
prdiction de cette influence. Enfin leffet dentaille sera aussi analys au niveau de la
morphologie de surfaces de rupture.
Ce mmoire est compos de cinq chapitres. Le premier expose une revue de la littrature sur le
comportement en fatigue des matriaux ferreux en prsence dune entaille, ainsi que sur les
mthodes de prdiction la courbe S-N et de la limite dendurance. Un deuxime chapitre prsente
les objectifs de cette tude. Ensuite, le troisime chapitre prsentera le programme exprimental,
les gomtries et les conditions dessais. Un quatrime chapitre prsentera les donnes S-N
obtenues. Une tude fractographique fera lobjet du chapitre cinq et dans le dernier chapitre on
verra les principales conclusions tirer de cette tude et les perspectives possibles pour des
travaux futurs.
1 TUDE BIBLIOGRAPHIQUE
1.1
Une pice soumise des contraintes variables dans le temps se brise un niveau de contrainte
infrieur celui de la contrainte de rupture en chargement statique. Les limites dendurance des
matriaux sont habituellement dtermines en faisant des essais sur des prouvettes normalises
et polies en chargement de traction compression.
Les rsultats exprimentaux sont habituellement prsents dans un diagramme bi logarithmique
de lamplitude de contrainte en fonction du nombre de cycles la rupture (Drouin, 1986).
Gnralement les pices nont pas la mme gomtrie, nont pas la mme qualit de surface et ne
sont pas soumises au mme type de cycle de chargement.
La plupart des structures prsentent des discontinuits gomtriques qui font en sorte
daugmenter les contraintes locales par un facteur kt, quon appelle facteur de concentration de
contrainte. Le champ de contrainte cr dans la proximit de ces discontinuits influence
grandement la dure de vie en fatigue (Drouin, 1986). La figure 1.2 montre une pice qui sest
brise en fatigue partir dun cong.
400 mm
Figure 1.2 : Bris par fatigue dun arbre lendroit dun changement de section (Laboratoire
dessai Mequaltech)
Dans le cas dun comportement lastique linaire le facteur kt est donn par :
kt =
quation 1.1
A
B
quation 1.2
5
o A est B sont les demi-longueurs des axes de lellipse (figure 1.3).
Figure 1.3 : Distribution des contraintes au fond dune entaille semi-elliptique (Drouin, 1986)
Dans le cas dun trou circulaire, kt est gal 3 en tension uni axiale. Si on considre une tension
bi axiale le facteur devient gal 2, et si on a une contrainte de cisaillement on obtient une valeur
de 2 selon sur le critre de Von Mises et une valeur de 4 selon le critre de Tresca (Fuchs &
Stephens, 1980).
La pente de la distribution de contrainte depuis le fond dentaille reprsente la rapidit avec
laquelle la contrainte locale dcrot. Dans le cas dun trou dans une plaque en chargement uni
axial (figure 1.4), les distributions des contraintes locales x et y sont donnes par :
2
x
r
r
= 1+0,5 +1,5
S
x
x
y
r
r
= 1,5 -1,5
S
x
x
quation 1.3
quation 1.4
6
facteur de concentration de contraintes diminue 1,07. La diminution de la valeur de la
contrainte locale est dautant plus rapide que r est petit.
S
y
S
x
S
x
r
Figure 1.4 : Distribution dans la direction X-X des contraintes partir dun trou circulaire dans
une plaque en chargement axial (Fuchs & Stephens, 1980)
On dfinit le gradient relatif de contraintes, la rapidit avec laquelle la contrainte locale diminue
en sloignant de trou. On utilise le gradient relatif x = 0 dont sa valeur est donne par
lquation suivante :
=
-1
max
d
dx x=0
Donc si :
alors,
et
quation 1.5
max
x
=f
r
()
1 ' x
f
r
r
x/r=0
quation 1.6
quation 1.7
r = const.
7
type de sollicitation et un peu de la gomtrie, par exemple du diamtre D pour un chantillon
cylindrique (Klesnil & Lukas, 1980).
Tableau 1.1 : Expressions du gradient de contrainte
En traction
1.2
2
r
En flexion
2 2
+
D r
En torsion
2 1
+
D r
Le coefficient de rduction de la rsistance en fatigue est dfini comme le rapport entre la limite
dendurance dun chantillon lisse et celle dun chantillon entaill (Yao, Xia, & Gu, 1995).
kf
D
DE
quation 1.8
Les deux rsistances en fatigue sont considres pour une mme vie et pour le mme rapport de
contrainte R. Lexprience montre que le coefficient de rduction de rsistance kf est moins lev
que kt notamment pour les entailles svres et pour les matriaux faible rsistance (Schijve,
1980).
La figure 1.5 montre leffet dentaille obtenu sur la courbe S-N dun alliage 2024-T4 avec une
prouvette prsentant un rayon en fond dentaille de 0,25 mm et soumise la flexion rotative. La
courbe en pointills longs reprsente la diminution de la rsistance en fatigue dune prouvette
entaille, base sur le facteur kt. La courbe en pointills courts reprsente la vraie rduction de la
rsistance en fatigue qui dfinit le facteur kf.
8
Pour des dures de vie jusqu' 105, lcart entre les deux facteurs est plus important que pour des
dures de vies suprieures 106.
Figure 1.5 : Effet dentaille sur le comportement en fatigue en flexion rotative (Dowling, 2007)
La sensibilit leffet dentaille est dfinie laide du facteur q donn par lquation suivante :
q=
k f -1
k t -1
quation 1.9
La valeur du facteur q varie entre 0 et 1. Sil ny a pas de sensibilit leffet dentaille, sa valeur
est 0 et kf = 1. Si q=1, alors kf = kt. Les matriaux ductiles sont en gnral des mtaux peu
sensibles leffet dentaille. Une dformation plastique en fond dentaille permet de diminuer
lamplitude de contrainte locale. Les matriaux plus durs ne permettent pas cette plasticit en
9
fond dentaille. Selon (Schijve, 1980), la sensibilit leffet dentaille dpend aussi du gradient
de contrainte en fond dentaille.
Pour un matriau donn, lcart entre kf et kt est dautant plus grand que lentaille est svre. La
figure 1.6 montre lvolution des facteurs kf et kt en fonction du rayon en fond dentaille, avec
une prouvette soumise la flexion rotative, faite dacier au carbone AISI 1045 avec une
rsistance la traction de 400 MPa. En modifiant le rayon, on change le degr de svrit
dentaille. Plus le rayon est petit, plus lentaille est svre.
On remarque que pour des entailles moins svres prsentant un rayon en fond dentaille de 0,3
mm et plus le facteur kf se rapproche du facteur kt, tandis que pour des entailles svres, la
diffrence entre kt et kf est beaucoup plus importante.
Pour une profondeur dentaille donne, mais pour des rayons de courbure dcroissants, le volume
de matriau sollicit, et donc la probabilit davoir un site damorage favorable diminue. Ceci
10
donne une explication pour laugmentation de lcart entre kf et kt avec une croissance de la
svrit dentaille.
On utilise aussi le rapport kf/kt (nomm coefficient dadaptation) pour reprsenter linfluence de
la svrit dentaille.
Figure 1.7 : Variation du rapport kf/kt en fonction du rayon r en fond dentaille (Lieurade & Lu)
11
Le phnomne de dispersion observ la figure 1.7 est encore plus accentu ici. Par exemple,
pour un rayon de 2 mm la valeur de lindice q peut varier entre 0,25 et 1. La dispersion des
rsultats provient probablement en bonne partie dun effet du matriau.
Figure 1.8 :Variation de lindice de sensibilit leffet dentaille pour des aciers de rsistance
comprise entre 400 et 700 MPa (Lieurade & Lu).
Ds les annes 1930, on avait remarqu que, pour la mme gomtrie dentaille (mme
coefficient kt), les pices massives avec un rayon plus grand possdaient une limite de fatigue
plus basse que les chantillons plus petits (Schijve, 2001). La rsistance en fatigue des
prouvettes entailles prsentant une gomtrie semblable, dpend de leur grandeur. La figure 1.9
montre la variation du coefficient kf en fonction du rayon en fond dentaille pour des prouvettes
dacier doux ayant diffrentes valeurs de kt (Heywood, 1962). On remarque que, pour une mme
valeur du facteur kt le rapport entre les deux facteurs augmente quand le rayon dentaille dcroit.
Quand le rayon tend vers zro la limite dendurance en fatigue sapproche de celle dune
prouvette avec bord lisse.
Plus la valeur du facteur kt augmente, plus le rapport entre les deux facteurs augmente pour des
petits rayons (Heywood, 1962).
12
Les rsultats montrent que leffet dchelle est plus important dans le cas dune sollicitation en
flexion rotative quen sollicitation axiale. Leffet dchelle est d au gradient de contrainte
introduit par lentaille (Lieurade & Lu, 1998). Lcart entre les deux facteurs croit avec
laugmentation du gradient de contrainte due la diminution de la taille de la pice, o cause de
la diminution du rayon en fond dentaille.
4
kt=4
kf
3
kt=3
2
kt=2
kt=1.5
1
0.1
0.2
0.3 0.4
0.5
r, mm
Figure 1.9 : Variation du coefficient kf en fonction du rayon en fond dentaille pour les mmes
valeurs du coefficient kt (Heywood, 1962)
Plus le gradient de contrainte est abrupt, plus le volume de matriau sollicit diminue et la chance
dy trouver un dfaut diminue. Mais lexplication la plus retenue dans la littrature est base sur
le concept de distance critique. Ce concept sera prsent plus loin la partie 1.3.1.
La figure 1.10 montre la relation entre la rsistance maximale des aciers et la limite dendurance
des pices entailles. La plage hachure correspond la dispersion des rsultats pour kt = 1 (Lu et
Lieurade 1998). Pour un acier ayant une rsistance donne la limite dendurance diminue avec
une augmentation de la svrit dentaille. Plus la rsistance est leve plus lacier va tre
13
sensible leffet dentaille. On remarque aussi que pour des valeurs leves de kt la rsistance
des aciers a moins dinfluence sur lendurance.
Figure 1.10 : Influence de la rsistance mcanique des aciers sur lendurance de pices entailles
(Lieurade & Lu)
Figure 1.11 : Variation du rapport kf/kt en fonction de Rm pour diffrents kt.(Lu et Lieurade, 1998)
14
Pour des valeurs leves de rsistance la traction, lcart entre kf et kt est plus prononc pour les
aciers basse rsistance, tandis que les deux facteurs tendent se rapprocher pour des aciers
haute rsistance.
Une courbe S-N reprsente la relation entre lamplitude de contrainte impose une pice en
fonction du nombre de cycles la rupture. Ces courbes peuvent tre obtenues exprimentalement
ou, tre dduites empiriquement des caractristiques mcaniques des matriaux.
(Stephens & Fuchs, 2001) donnent lexemple dune prouvette dacier 1020, large de 80 mm
prsentant un trou de 10 mm en plein centre. La figure 1.12 montre les courbes S-N dune
prouvette entaille et dune prouvette avec bord lisse. La courbe S-N de lprouvette sans
entaille a t obtenue laide de deux points : la rsistance la traction de 448 MPa et la limite
dendurance un million de cycles de 205 MPa. La prsence dune entaille a un effet de
rduction de la limite dendurance un million de cycles (85 MPa). La rsistance en fatigue un
million de cycles diminue pour cette gomtrie dun facteur kf = 2,4 (Stephens & Fuchs, 2001).
Lanalyse du graphique nous permet de remarquer que la diminution de rsistance en fatigue est
de moins en moins importante quand la dure de vie diminue. Par exemple, pour une dure de vie
de 104 cycles, le facteur kf vaut 1,75 et, pour une dure de vie dun cycle, kf vaut 1.
Figure 1.12 : Courbes S-N pour une prouvette lisse et une prouvette entaille (Stephens &
Fuchs, 2001)
15
La figure 1.13 montre des donnes rapportes par Dowling (Dowling, 2007). Pour des dures de
vie infrieures 104 cycles le facteur kf tend vers lunit tandis que pour des dures de vie de un
million de cycles le facteur kf approche la valeur de kt.
Dowling introduit le facteur kf qui varie en fonction de la dure de vie. La figure 1.13 montre la
variation du facteur kf en fonction de la dure de vie.
Une explication viendrait du fait que la plasticit locale en fond dentaille aux faibles dures de
vie rduirai le facteur de concentration de contrainte effectif (Dowling, 2007).
16
k t,eff =
Re
k t,thorique
a
quation 1.10
En gnral les facteurs q et kf sont donns pour un chargement altern o la contrainte maximale
est gale la contrainte minimale (R = -1). Pour une valeur de R = -1, la contrainte moyenne est
gale zro. La figure 1.14 prsente des courbes S-N dun acier A517 obtenues avec des
prouvettes avec bord lisse en chargement axial pour diffrentes valeurs de R (Dowling, 2007).
On remarque quen termes de contrainte maximale la limite dendurance est plus leve dans le
cas dun chargement rpte (R = 0) que dans le cas dun chargement altern (R = -1).
Une autre mthode pour mettre en vidence leffet de la contrainte moyenne est prsente la
figure 1.15 o lamplitude de contrainte est trace en fonction de la contrainte moyenne pour des
valeurs constantes de dures de vie (Dowling, 2007). Les courbes S-N ont t obtenues avec des
prouvettes bords lisses, en aluminium 7075-T6, sollicites en chargement axial. Pour des
valeurs croissantes de la contrainte moyenne, lamplitude de la contrainte baisse pour une dure
17
de vie constante. Leffet est plus important pour les faibles dures de vie que pour les longues
dures de vie. Lamplitude de contrainte a une influence plus importante sur la rsistance en
fatigue que la contrainte moyenne (Schijve, 2001). Lexplication est que, pour des valeurs
croissantes de la contrainte moyenne, la valeur de la contrainte de compression diminue.
Figure 1.15 : Amplitude de contrainte en fonction de la contrainte moyenne pour des dures de
vie constantes (Dowling, 2007)
Une fissure en fatigue est ferme sous une contrainte applique de compression et donc moins
dommageable. Louverture de la fissure est ncessaire pour sa propagation. Dans la prsence
dune contrainte moyenne ngative une contrainte alterne plus leve est ncessaire pour ouvrir
le fond fissure et faciliter la propagation (Schijve, 2001).
La figure 1.16 (diagramme de Smith) montre la variation des contraintes maximale et minimale
en fonction de la contrainte moyenne pour une dure de vie constante. On remarque que pour une
mme dure de vie, l'amplitude de contrainte diminue quand la contrainte moyenne augmente.
Schutz a tudi la sensibilit de diffrents matriaux leffet du rapport R, notamment pour deux
valeurs (0 et -1). La figure 1.17 montre le coefficient M de Schutz. La figure 1.18 montre la
18
valeur de M en fonction du matriau et de sa rsistance la traction (Schijve, 2001). Plus un
matriau prsente une rsistance la rupture leve, plus il est sensible leffet du rapport R.
19
La figure 1.19 montre les trois relations empiriques entre lamplitude de contrainte et la
contrainte moyenne pour la mme dure de vie.
20
Lapproximation donne par la ligne droite base sur la rsistance la traction Rm est connue
sous le nom de relation de Goodman. Selon les donnes exprimentales la relation de
Goodman est conservatrice surtout pour les matriaux ductiles (Dowling, 2007). Elle est donne
par lquation suivante :
a m
+
=1
ar R m
quation 1.11
quation 1.12
a m
+
=1
ar R m
pour
m 0
quation 1.13
La parabole de Gerber donne une bonne approximation pour les aciers ductiles et pour des
longues dures de vie (Schijve, 2001). Cependant elle ne sapplique que juste pour une contrainte
moyenne positive (Schijve, 2001). De plus, il est d'usage lors de la conception des pices de
prvenir toute dformation plastique monotone. A cette fin, l'tat de contrainte doit rester
l'intrieur de la diagonale dessine en pointills la figure 1.19.
Leffet de la contrainte moyenne est plus important dans les cas des pices entailles que dans le
cas des prouvettes bord lisse. La figure 1.20 prsente leffet de la contrainte moyenne sur des
prouvettes faites d'alliage d'aluminium 7075 T6.
La figure 1.21 prsente le diagramme de Haigh pour des prouvettes bord lisse et pour des
prouvettes entailles ayant un facteur kf =2.9. Le matriau est toujours un alliage 7075-T6 et la
dure de vie est dun million de cycles. On remarque la pente constante de lprouvette avec bord
lisse par rapport celle de lprouvette entaille qui augmente des valeurs ngatives de la
contrainte moyenne.
21
Figure 1.21 : Diagramme de Haigh une dure de vie de un million de cycles (prouvette
entaille et prouvette bord lisse) (Stephens & Fuchs, 2001)
22
1.3
k f -1
=
k t -1
1
1+
quation 1.14
o est une constante du matriau ayant une unit de longueur et r est le rayon en fond dentaille
(Dowling, 2007). Des valeurs typiques pour le facteur sont :
La figure 1.22 prsente pour les trois catgories de matriaux des valeurs de et les variations
correspondantes du facteur q en fonction du rayon en fond dentaille. On remarque une
dcroissance rapide du facteur q avec une augmentation de la svrit dentaille. Le facteur a
t corrl avec la rsistance la traction pour des aciers ayant une rsistance comprise entre 345
MPa et 2070 MPa.
Figure 1.22 : volution du facteur q en fonction du rayon en fond dentaille pour diffrentes
valeurs du coefficient (Drouin, 1986)
23
Peterson a propos une formule empirique, pour les aciers, afin de dterminer la valeur du
coefficient .
log = 2,654 10-7 R 2m -1,309 10-3R m + 0,01103
quation 1.15
Lquation 1.15 sapplique en sollicitations axiales et en flexion et elle est reprsente la figure
1.23. La valeur du coefficient diminue avec une augmentation de la rsistance la traction.
Pour le cas dun chargement en torsion la valeur de est obtenue en multipliant les valeurs de
lquation 1.15 par un facteur de 0,6.
Figure 1.23 : Constante pour les aciers en fonction de la rsistance la traction (Dowling,
2007)
Une autre quation empirique a t propose par Neuber pour dterminer la valeur du facteur de
sensibilit leffet dentaille (Dowling, 2007).
q=
1
1+
quation 1.16
24
Soit :
k f =1+
k t -1
1+
quation 1.17
o est une constante du matriau. Neuber a propos deux formules empiriques pour dterminer
la valeur de en fonction de la rsistance la traction.
1)
pour les aciers ayant une rsistance comprise entre 345 et 1725 MPa :
quation 1.18
quation 1.19
Les quations 1.18 et 1.19 sont reprsentes par les deux courbes dans la figure 1.24 (Dowling,
2007).
Kuhn et Hardrath ont suggr une autre quation empirique pour la constante du matriau en
fonction de la rsistance la traction (Ciavarella & Meneghetti, 2004):
25
log
1000
= -
R m -134
586
quation 1.20
Lquation 1.20 est valable pour des aciers ayant une rsistance inferieure 1520 MPa.
Heywood a propos une formule pour le coefficient dadaptation :
kf
kt
1+2
cH
quation 1.21
c
cH =
Rm
2
quation 1.22
o c est gal 3, 4 ou 5 pour diffrentes prouvettes cylindriques qui prsentent des trous ou des
entailles (Ciavarella & Meneghetti, 2004). Pour amliorer le comportement asymptotique quand
kt tend vers 1, Heywood a rcrit lquation 1.21 sous la forme :
kf =
kt
k -1 c
1+2 t H
kt r
quation 1.23
La figure 1.25 montre une comparaison entre les deux constantes, de Peterson et de Neuber.
Prenant en considration la forme diffrente des quations 1.17 et 1.14, on dfinit la constante de
Neuber quivalente par lquation 1.24 et on la calcule pour deux rayons arbitraires (Ciavarella &
Meneghetti, 2004).
ech = r
quation 1.24
Les formules prsentes dans cette partie ont fait lobjet de plusieurs critiques parce quelles
utilisent la rsistance la traction et ne considrent pas les principes de la mcanique de la
rupture (Ciavarella & Meneghetti, 2004).
26
Selon cette approche, le comportement en fatigue dune pice entaille nest pas contrl par le
niveau de contrainte maximale en surface. La limite dendurance dune prouvette avec bord lisse
doit tre dpasse dans un certain lment de volume (volume critique) avant quune fissure de
fatigue ne samorce (Taylor & Wang, 2000). Le concept nest pas nouveau. Il avait t dvelopp
par Peterson, Neuber, Sieble et dautres chercheurs.
La dimension du volume critique dpend du type de matriau et peut tre trs diffrente dun
matriau lautre. Le niveau de contrainte dans le volume critique est calcul en un point
(Peterson), ou en moyenne sur une ligne (Neuber) ou dans une surface (Susmel, 2008).
La figure 1.26 illustre lapproche de la distance critique o le niveau de la contrainte moyenne est
calcul une distance gale L/2 ou, par une intgration sur une ligne de longueur critique 2L.
27
Un dveloppement important est amen par Murakami en 1983 qui a calcul les distances
critiques en les considrants pour le cas particulier dune fissure. La valeur de L (figure 1.26) est
donne par lquation 1.25 (Taylor & Hoey, 2009).
1 K s
L=
quation 1.25
28
Figure 1.27. Effet du rayon en fond dentaille sur la limite dendurance (Taylor & Wang, 2000)
La figure 1.28 montre les prdictions des diffrentes mthodes de distance critique avec des
donnes exprimentales obtenues sur des prouvettes faites dacier SAE1045 ayant des trous
circulaires de diffrentes dimensions. On remarque que la mthode de la surface donne la
meilleure approximation.
Figure 1.28. Comparaison des diffrentes mthodes de calcul avec les donnes exprimentales
(Taylor, 1999)
29
1.3.3 Prdiction de la courbe S-N complte (Juvinall, Shigley)
Juvinall et Shigley ont propos une mthode pour dterminer les courbes S-N dune pice
entaille, en estimant dabord la courbe S-N dun chantillon bord lisse du matriau , puis en
appliquant un facteur de rduction de la rsistance en fatigue. Ils divisent la courbe S-N en trois
domaines : de 1 1000 cycles, de 1000 cycles Ne cycles et de Ne cycles linfini. La valeur de
Ne est le nombre de cycles la limite d'endurance. Il est de un million de cycles selon la mthode
de Shigley, et il varie avec le matriau selon la mthode de Juvinall (Shigley, Mischke, &
Budynas, 2004). La limite d'endurance d'une pice est une fraction m de la rsistance la traction
Rm, avec :
m = m e m t m d ms
quation 1.26
O me est le rapport entre la limite dendurance sur bord lisse et la rsistance la traction, mt est
un facteur de correction pour le type de chargement, md est un facteur de correction pour leffet
dchelle et, ms un facteur de correction pour le fini de surface.
Selon lapproche de Juvinall, le facteur me est gal 0,5 pour les aciers et 0,4 pour les fontes.
Shigley considre une valeur de 0,504 pour les aciers ayant une rsistance la traction moindre
de 1460MPa. Pour les aciers prsentant une rsistance la traction leve, la limite dendurance
sur bord lisse atteint un plafond 700 MPa. Le facteur mt est gal 1 pour les cas de chargement
en traction et en flexion, et il vaut 0,58 pour un chargement en torsion. Le facteur md varie entre
0,7 et 1 selon le type de chargement et le diamtre de la pice.
La figure 1.29 reprsente leffet de la qualit de la surface et de la rsistance la traction du
matriau sur la valeur du facteur ms selon Juvinall (Dowling, 1993). Selon Shigley le mme
facteur est obtenu laide des quations empiriques suivantes:
pour des surfaces polies
ms = 1
m s = 1,58R m
m s = 4,15R m
-0.085
quation 1.27
-0.265
quation 1.28
30
La figure 1.30 prsente la prdiction des courbes S-N pour des pices bord lisse et des pices
entailles sollicites R = -1.
Figure 1.30 : Estimations des courbes S-N (chelle log-log) pices bord lisse et entailles selon
Juvinall et Shigley (Dowling, 2007)
31
Le facteur de rduction de la rsistance en fatigue est calcul laide des formules de Peterson ou
Neuber. Pour des sollicitations de flexion et de traction Rm est gal la rsistance la traction,
mais pour un chargement en torsion, il vaut la rsistance en cisaillement. Le coefficient m vaut
0,75 dans le cas dun chargement axial et 0,9 dans le cas dune sollicitation en flexion ou en
torsion. Dans lapproche de Juvinall le facteur de rduction de la rsistance en fatigue kf, est gal
kf. Selon la mthode de Shigley les valeurs de facteurs kf et m sont donnes par des formules
empiriques. La prdiction obtenue est conservatrice surtout dans le cas dune entaille aigue
(Dowling, 2007).
Dans la plupart des cas, la dformation en fond dentaille a lieu dans le domaine plastique. On ne
peut plus faire un simple calcul lastique de rsistance des matriaux. Lapproche par la
dformation locale nous permet de prdire la dure de vie damorage en fonction de la
dformation locale en fond dentaille. Une pice soumise une amplitude de dformation donne
en fond dentaille aurait la mme dure de vie quun chantillon avec bord lisse qui subit la
mme amplitude de dformation et la mme contrainte moyenne.
Tant que les dformations et les contraintes en fond dentaille restent dans le domaine lastique,
lquation 1.29 sapplique :
32
kt =
a
Sa
quation 1.29
k =
a
e
et
k =
a
Sa
quation 1.30
33
Neuber a propos lquation suivante :
k 2t = k k
quation 1.31
soit :
a a =
( k t Sa )
quation 1.32
Sous leffet de la dformation cyclique que le matriau subit en fond dentaille, il peut sadoucir
ou se durcir. Le comportement dcrouissage cyclique stabilis est reprsent par la loi de
Ramberg-Osgood (Susmel & Taylor, 2010):
1
n
a = e + p =
+ a
E K'
a
avec
quation 1.33
On obtient un systme de deux quations (1.32 et 1.33) deux inconnues (a et a). La figure 1.33
reprsente la solution graphique de Neuber.
34
Une fois lamplitude de dformation connue, on peut dterminer la dure de vie en fatigue (Nr)
laide de la loi Manson-Coffin.
a =
f'
b
( 2N r ) + 'f (2N r )c
E
avec
quation 1.34
Verreman a propose une nouvelle approche pour le calcul de la vie en fatigue dune pice
entaille (Verreman & Limodin, 2008). Il faut prendre en considration les deux tapes relles
dans la vie damorage macroscopique des fissures, soit lamorage microscopique et la
propagation des fissures courtes. Pour une entaille arbitraire, la vie damorage conventionnelle
NI est la somme de la vie damorage microscopique et de celle de propagation des fissures
courtes (de la longueur dun grain jusqu' une longueur de 0,2 0,5 mm par exemple).
Lapproche concerne des entailles en V o, seul le champ de contraintes lastique en fond
dentaille est considr. Lorsque le rayon en fond dentaille tend vers 0, la distribution de
contraintes devient singulire :
k
= xn
S
quation 1.35
S est la contrainte nominale et est la contrainte locale une distance x du fond dentaille Le
facteur kn est, le facteur dintensit de contrainte normalis de lentaille en V et est lexposant
de singularit qui dpend de langle de lentaille. Pour un angle de 90, est gal 0,46, et, pour
un angle de 135 (le cas dune soudure dangle), il est gal 0,33. Dans le cas dune fissure
(angle = 0) alpha correspond lexposant de 0,5 de la mcanique de la rupture. La distribution de
contraintes varie lorsque la profondeur dentaille augmente. Lorsque la profondeur de lentaille
augmente, le facteur kn augmente ainsi que la profondeur du champ de contraintes.
35
Afin de prdire la courbe S-N dun chantillon entaill il faut prendre en considration les deux
facteurs : kn et kt. La svrit de lentaille peut tre dfinie par le rapport kt/kn.
Pour des entailles de faible svrit les courbes S-N peuvent tre dduites en se basant sur la
contrainte maximale en fond dentaille.
-b
quation 1.36
= k t S = 'f N I
On peut donc diviser la courbe S-N de lchantillon lisse par la valeur du facteur kt de lentaille
(fig. 1.34). La plupart de la vie en fatigue est dpense pour amorcer une fissure lchelle
microstructurale. Mais plus lentaille est svre, plus la prdiction est conservatrice.
Donnes de rfrence :
chantillon avec bord lisse
Contrainte nominale S
-b
(k t=1)
k t1
k t2
k t3
104
105
106
107
Dure de vie NI
Figure 1.34 : Prdiction de la courbe S-N des entailles douces (Verreman, 2008)
Dans la figure 1.34, les courbes kt1 et kt2 donne une bonne estimation de la courbe S-N mais, pour
une entaille plus svre (kt3), la prdiction de la vie en fatigue peut tre conservatrice. Le modle
sapplique juste dans le cas de la fatigue grand nombre de cycles; il ne prend pas en compte la
dformation plastique en fond dentaille.
Les courbes S-N dentailles en V de forte svrit sont plus abruptes que celles des entailles
douces et elles prsentent un effet dchelle important (fig. 1.35). Cependant il existe une forte
corrlation entre la dure de vie en fatigue et le facteur dintensit de contraintes de lentaille en
V. Toutes les courbes S-N sont consolides sur la mme ligne:
'
-k
K n = k nS = K f N I
quation 1.37
36
La corrlation fonctionne parce que la vie en fatigue dun chantillon prsentant une entaille
svre est domine par la propagation des fissures courtes. Le coefficient Kf reprsente la
rsistance du matriau la propagation des fissures pour un exposant k donn. Comme montr
la figure 1.35 les courbes S-N pour des entailles svres en V peuvent tre prdites en utilisant
des donnes de rfrence provenant dun seul spcimen.
Contrainte nominale S
-b
chantillon avec bord lisse
-k
k n1
Donnes de rfrence :
entaille svre (kn2)
k n2
k n3
104
105
106
107
Dure de vie N I
Figure 1.35 : Prdiction de la courbe S-N des entailles svres (Verreman & Limodin, 2008)
La vie en fatigue des entailles douces est domine par lamorage tandis que celles des entailles
svres est domine par la propagation des fissures courtes. Dans le cas dune entaille
quelconque, la vie en fatigue sera divise en deux parties : une partie en amorage et une autre en
propagation. En combinant les relations 1.36 et 1.37, on obtient:
-1
-1
k Sb k Sk
NI = t + n
' K'f
f
quation 1.38
La figure 1.36 reprsente la courbe S-N dun chantillon avec une entaille quelconque. Dans ce
cas particulier, les courbes de propagation et damorage se croisent 105 cycles. Une fois la
dure de vie de transition dpasse, la vie en fatigue NI est domine par lamorage. Pour des
dures de vie plus courtes que 105 cycles, la dure de vie est domine par la propagation, et la
rduction de la rsistance kf devient alors plus petite que kt. Lorsque la svrit dentaille
37
augmente la courbe damorage descend sur le graphique et la transition amorage/propagation
se dplace vers la droite. Donc la majorit de la vie est contrle par la propagation quelle que
soit la dure de vie. Pour une entaille moins svre, la transition amorage/propagation se dplace
vers la gauche. La vie est contrle par lamorage et la courbe S-N peut tre prdite en se basant
sur le facteur kt.
-b
Contrainte nominale S
kf
kt
Dure de vie
damorcage (kt)
Ntr
Dure de vie
de propagation (kn)
104
105
106
107
Dure de vie N I
Figure 1.36 : Effet combin de lamorage et de la propagation (Verreman & Limodin, 2008)
38
1.4
SYNTHSE DE LA BIBLIOGRAPHIE
39
dformation. Une fois lamplitude de dformation calcule, la dure de vie en fatigue est obtenue
laide de la loi Manson-Coffin. Dans le cas dune entaille svre o la dure de vie dpense en
propagation est prpondrante, le nombre de cycles la rupture est sous-estim. Il faut alors y
ajouter la dure de vie de propagation d'une fissure longue calcule par intgration de la loi de
Paris.
Une nouvelle approche amorage-propagation a t rcemment propose. Elle permet destimer
la courbe S-N dune entaille quelconque en utilisant deux courbes S-N de rfrence, celle dune
prouvette avec bord lisse et celle dune entaille en V infiniment svre. Le comportement en
fatigue dune pice entaille peut ainsi tre estim sans considrer la plasticit en fond dentaille
et ni utiliser de formules empiriques.
Si l'on carte l'approche par la dformation locale, plusieurs mthodes sont disponibles
l'ingnieur pour prdire la dure de vie d'une pice entaille d'une faon relativement simple.
Mais il manque d'information quant aux erreurs auxquelles ces mthodes peuvent conduire pour
diffrents matriaux sollicits dans diffrentes conditions.
40
2 OBJECTIFS
Ltude de la bibliographie nous permet de comprendre le comportement en fatigue des
matriaux ferreux en prsence dune concentration de contraintes et de dtailler les principaux
objectifs. Malgr que la littrature soit abondante, il ny a pas dtude systmatique faite sur le
comportement en fatigue, en prsence dentailles, qui inclut l'effet de la dure de vie et celui de la
contrainte moyenne, qui compare les dures de vie mesures avec celle prdites par diffrentes
mthodes, et qui rapporte les caractristiques des surfaces de rupture.
Un premier objectif sera de crer des donnes de fatigue S-N compltes pour deux matriaux,
trois gomtries et deux rapports R. On choisira deux matriaux ferreux qui reprsentent deux
catgories diffrentes dacier. On comparera un acier doux de construction, avec un acier dur
ltat tremp et revenu, souvent utilis dans lindustrie automobile. Des essais de traction et de
duret nous permettront de dterminer les proprits mcaniques de base des deux matriaux et
de les comparer aux valeurs rpertories dans la littrature. Une analyse chimique permettra de
comparer la composition chimique des aciers tudis avec les valeurs rpertories dans la
littrature. Une analyse par mtallographie rvlera la microstructure et la prsence des
inclusions. Des prouvettes de fatigue avec bord lisse ft cylindrique permettront dobtenir des
donnes S-N pour un facteur de concentration de contraintes gal lunit. Des donnes S-N
seront aussi obtenues pour des entailles douces et svres prsentant un rayon en fond dentaille
de 1,52 mm et 0,2 mm, et ayant un facteur de concentration de contrainte de 5,03 et 2,11
respectivement. Les essais de fatigue seront raliss en chargement axial R = -1 et R = 0.
partir de donnes S-N produites, le deuxime objectif sera de dterminer les courbes S-N par
rgression, les limites dendurance et les facteurs de rduction de la rsistance en fatigue kf. Les
rsultats exprimentaux seront interprts puis confronts exprimentalement avec les valeurs
estimes par des approches existantes. Des courbes S-N estimes seront aussi compares avec
celles obtenues exprimentalement. En particulier, la validit de lestimation de la courbe S-N
dune entaille douce par la mthode damorage/propagation sera teste pour les deux aciers et
les deux rapports R. Lestimation des courbes S-N par la mthode de Juvinall sera confronte
avec les donnes S-N exprimentales obtenues R = -1 pour les deux aciers et les trois
gomtries.
41
Le troisime objectif sera dtudier leffet du rapport R sur le comportement en fatigue. Les
donnes S-N des deux matriaux pour les deux rapports R seront compares pour les diffrentes
gomtries. Diffrentes approches de prdiction de l'effet du rapport R R = 0 seront values.
Notamment, la validit des formules de Goodman modifie et de Gerber sera teste sur
l'ensemble des donnes S-N. Les amplitudes de contrainte R = 0 seront converties en
amplitudes de contrainte quivalente R = -1, et seront compares avec les donnes S-N
obtenues R = -1.
Un dernier objectif sera dobserver et danalyser la morphologie des surfaces de rupture. Le
nombre de sites damorage et leur emplacement, le degr de dformation plastique, la grandeur
et lemplacement de la surface de rupture finale seront tudis.
Le chapitre 3 prsentera la mthodologie de la recherche avec notamment les matriaux, les
gomtries et les conditions dessais. Les proprits mcaniques en traction, les rsultats des
essais en fatigue, leffet du rapport R ainsi que la validit des approches existantes seront
prsents dans le chapitre 4. Le chapitre 5 prsentera les observations fractographiques. Pour
terminer, un dernier chapitre prsentera les conclusions finales et tracera les axes futurs de
recherche.
42
3 MTHODOLOGIE DESSAI
3.1
Matriaux
Dans la catgorie des matriaux sensibles leffet dentaille, on a choisi un acier au carbone
faiblement alli de nuance AISI 4140 ltat tremp et revenu. Cest un alliage couramment
utilis pour la fabrication des lments de machines comme par exemple un arbre de transmission
(American Society for Metals. Reference Publications, 1981). Les barres lamines chaud ont un
diamtre de 31,75 mm. Ensuite, les barres subissent un traitement thermique qui consiste en une
austnitisation 815 C, suivie dune trempe lhuile. Le revenu ralis une temprature de
580 C dans un bain de sel permet dobtenir une duret de 36 HRC. Tout le matriau utilis
provient du mme numro de coule mais pas de la mme barre.
Une analyse chimique a t ralise par spectromtrie optique laide dun appareil Spectromax.
Lanalyse chimique du matriau utilis dmontre que le matriau rencontre les exigences de la
norme AISI. Le tableau 3.1 montre les valeurs obtenues et celles imposes.
Tableau 3.1 : Analyse chimique de lacier 4140 TR
%C
%Mn
%Si
%P
%S
%Mo
%Cr
AISI
0,38-
0,75-
0,20-
0,040
0,040
0,15-
0,80-
4140
0,43
1,00
0,35
max
max
0,25
1,10
0,389
0,93
0,257
0,017
0,029
0,163
0,99
4140TR
utilis
Un profil de duret, dans une section transversale, a t ralis afin de mesurer la duret et de
vrifier son homognit. Cinq lectures ont t prises et les rsultats dmontrent une moyenne de
36 HRC. La diffrence de valeurs de duret, entre le cur et la surface, est infrieure 1 HRC.
Les essais de duret ont t raliss laide dun appareil Mitutoyo DT-50S.
Deux mtallographies ont t ralises au mi-rayon de la barre, lune sur une coupe transversale
et lautre sur une coupe longitudinale. Une fois les chantillons enrobs dans un montage de
baklite, un polissage miroir et une attaque chimique au Nital 2% ont permis de rvler la
microstructure.
43
Lobservation microscopique a t effectue un grossissement de 400X laide dun
microscope Unitron et du logiciel Clemex. Afin dvaluer la prsence des inclusions une
observation mtallographique a t effectu avant lattaque chimique. La figure 3.1 montre la
microstructure sur la coupe transversale situe au mi-rayon de la barre. Lacier tudi a une
microstructure compose principalement de la martensite revenue, ce qui est caractristique dun
acier 4140 tremp et revenu (Vander Voort & ASM International. Handbook Committee, 2004).
a)
b)
Figure 3.1: Microstructure de lacier 4140TR 400X sur une coupe transversale, a) aprs
polissage et b) avec attaque chimique
La figure 3.2 montre la microstructure dans une coupe longitudinale situe au mi-rayon de la
barre. Le matriau contient des inclusions ductiles (de MnS probablement) allonges dans le sens
du laminage.
a)
b)
Figure 3.2 : Microstructure de lacier 4140TR 400X sur une coupe longitudinale, a) aprs
polissage et b) avec attaque chimique
44
Dans la catgorie des matriaux moins sensibles leffet dentaille, on a choisi un acier de
construction 350W CSA G40.21. Les barres lamines chaud dun diamtre de 31,75 mm qui
proviennent du mme numro de coule ont t fournies dans la condition normalise. Lanalyse
chimique du matriau utilis, ralise avec le mme appareil que pour lacier 4140TR, dmontre
que le matriau rencontre les exigences de la norme CSA G40.21. Le tableau 3.2 montre les
valeurs obtenues avec les limites imposes par la norme.
Tableau 3.2. Analyse chimique de lacier 350W
%C
%Mn
%Si
%P
%S
0,23 max
0,5-1,50
0,4 max
0,04 max
0,05 max
350W utilis
0,216
1,16
0,252
0,015
0,015
Un profil de duret similaire celui du 4140TR a rvl une duret moyenne de 77 HRB 2
HRB ce qui est caractristique dun acier 350W. Des analyses mtallographiques ont t ralises
dans les mmes conditions que pour lacier 4140TR. La figure suivante montre la microstructure
dans une coupe transversale situe au mi-rayon de la barre.
a)
b)
Figure 3.3 : Microstructure de lacier 350W dans une coupe transversale, a) aprs polissage
400X et b) avec attaque chimique 200X
Lobservation mtallographique montre que la microstructure est compose principalement de
perlite dans une matrice de ferrite. La figure 3.4 montre la microstructure dans un plan de coupe
longitudinal situ au mi-rayon de la barre. Les mtallographies ralises dans les deux plans sont
45
similaires. On reconnat une structure en bandes et encore des inclusions ductiles dans le sens du
laminage.
a)
b)
Figure 3.4 Microstructure de lacier 350W dans une coupe longitudinale, a) aprs polissage
400X et b) avec attaque chimique 200X
3.2
Les prouvettes de traction sont usines selon la norme ASTM E8M (American Society for
Testing and Materials 2009). Les prouvettes sont utilises pour dterminer les proprits
mcaniques de base des deux mtaux choisis. Deux prouvettes par matriau ont t usines et
mises lessai. La figure 3.5 montre leurs dimensions. Dans le cas de lacier 4140 TR, lusinage
de lprouvette a t effectu aprs le traitement thermique. La longueur de jauge utilise pour
dterminer lallongement la rupture mesure 47,62 mm, soit cinq fois le diamtre de
lprouvette.
46
3.2.2 Eprouvettes de fatigue
Selon les essais raliss par (Limodin, 2005), les rsultats en fatigue sont plus conservateurs avec
des prouvettes gomtrie cylindrique quavec des prouvettes ft torodal (hour-glass). Des
prouvettes de fatigue cylindriques ont t usines conformment aux indications de la norme
ASTM E466-09. Leurs dimensions sont donnes dans la figure 3.6. Lopration dusinage est
ralise aprs le traitement thermique, dans le cas de lacier 4140TR. Dans le cas de lacier
350W, le matriau est usin ltat normalis.
La partie utile de lprouvette est polie miroir afin dliminer les rayures dusinage. Afin
dobtenir un fini de surface comparable dun chantillon lautre, les prouvettes sont installes
dans un positionneur de soudage qui tourne une vitesse trs faible pendant que le polissage est
effectu laide dune toupie rotative. Ltape finale de polissage est effectue laide dune
solution de particules de diamant de 0,5 microns en suspension. Une observation au binoculaire
est ncessaire afin de dceler les ventuelles rainures qui pourraient agir comme amorces de
fissures et ainsi rduire le nombre de cycles la rupture de lchantillon.
Afin dtudier la sensibilit leffet dentaille des aciers choisis, deux entailles en V
axisymtriques ont t slectionnes. Des prouvettes cylindriques avec une entaille en V
axisymtrique, dont langle douverture est de 90 degrs, ont t usines selon les gomtries
proposes par Limodin (Limodin, 2005). Les figures 3.7 et 3.8 montrent ces gomtries avec un
rayon en fond dentaille de 1,52 mm et 0,2 mm respectivement.
47
Figure 3.7 : Gomtrie de lprouvette avec entaille douce ; kt=2,11 (Limodin, 2005)
Figure 3.8 : Gomtrie de lprouvette avec entaille svre ; kt= 5,03 (Limodin, 2005)
Les deux gomtries prsentent une entaille ayant la mme profondeur et une section minimale
gale celle des prouvettes bord lisse. Le fait de varier le rayon de courbure en fond dentaille
48
nous permet dobtenir un coefficient de concentration de contrainte kt gal 2,11 pour une
entaille douce, et 5,03 dans le cas dune entaille svre. Afin de dterminer le vrai facteur de
rduction de la vie en fatigue dune prouvette avec entaille douce, il est important que la qualit
de surface soit comparable. Une mthode systmatique a permis dassurer la rgularit et la
reproductibilit du fini de surface en fond dentaille douce et de le rendre comparable celui
obtenu sur les prouvettes avec bord lisse.
3.3
Conditions dessais
Tous les essais ont t raliss sur une machine servo-hydraulique de marque Instron, modle
8821 (figure 3.9). Les essais de traction ont t effectus en charge contrle dans le domaine
lastique et en dplacement contrl dans le domaine plastique, en suivant les instructions de la
norme ASTM E8M-09.
Traverse
Cellule de charge
Mors
Mors cylindriques
Vrin
Contrleur 8800
49
Les essais de fatigue ont t raliss en charge contrle pour les trois gomtries et les deux
aciers choisis, et ce, R = 0 et R = -1. Les essais ont t raliss temprature ambiante dans
lair du laboratoire et une frquence de 10 Hz.
Les ttes des prouvettes sont lisses mais elles sont fixes par des mors hydrauliques cylindriques
(figure 3.9). Avant le dbut des essais, lalignement des deux mors a t vrifi laide dune tige
de mme diamtre que les prouvettes.
4 RSULTATS
4.1
Essai de traction
Deux essais de traction par matriau ont t effectus. Le tableau 4.1 montre les rsultats des
essais de traction. La limite dlasticit conventionnelle est mesure une dformation plastique
de 0,2 %. Les proprits mcaniques en traction de lacier 350W rencontrent les exigences de la
norme CSA G40.21 pour ce matriau. La limite dlasticit de lacier 4140TR est
approximativement 3 fois plus leve que celle du 350W. Dun autre ct, la dformation la
rupture de lacier 350W est 2 fois plus leve que celle du 4140TR. Les rsultats obtenus, ainsi
que le fait que les deux prouvettes de traction ont t prleves des endroits diffrents,
montrent que les matriaux sont homognes.
Tableau 4.1 : Proprits mcaniques en traction
Allongement
Striction la
la rupture, %
rupture, %
572
29
68
407
582
29
67
4140-1
1134
1202
14
52
4140-2
1081
1165
14
53
Re, (MPa)
Rm, (MPa)
350W-1
401
350W-2
La figure suivante montre les courbes de traction et le comportement diffrent des deux aciers.
50
1500
1400
1300
1200
1100
1000
900
800
700
600
500
400
300
200
100
0
0
10
12
14
16
18
20
22
24
26
28
30
350W
Re
Rm
Duret
(MPa)
(MPa)
Rockwell
404 3
577 5
77 2 HRB
1 184 18
36 1 HRC
4140TR 1 107 26
4.2
Fatigue axiale R = -1
Les trois prouvettes de fatigue dcrites dans la section 3.2.2 ont t soumises plusieurs niveaux
de sollicitation cyclique en traction-compression R = -1. Les essais ont t mens jusqu la
ruine de lchantillon ou jusqu 5 millions de cycles. Les expriences ont abouti lobtention de
6 courbes S-N, trois pour chaque matriau. Les figures 4.2 et 4.3 montrent les rsultats obtenus
pour les deux aciers. Les prouvettes non-rompues sont diffrencies par une flche.
51
700
600
500
400
300
200
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.2 : Courbes S-N de lacier 4140TR R = -1 pour les trois gomtries dentaille,
compares avec les rsultats de (Limodin, 2005), en pointills
700
600
500
400
300
200
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.3 : Courbes S-N de lacier 350W R = -1 pour les trois gomtries dentaille
52
Les courbes S-N sont modlises par deux droites. La premire a t obtenue par rgression
linaire entre le premier et le dernier point reprsentant lprouvette rompue au plus bas niveau
de contrainte. La deuxime est une droite horizontale appele limite dendurance et dfinie
comme tant la moyenne arithmtique entre le plus haut niveau de contrainte dun chantillon
non-rompu 5 millions de cycles et celui qui correspond la plus longue dure de vie dune
prouvette rompue. Cette limite dendurance ou rsistance 5 millions de cycles a t estime
avec une incertitude maximale de 7 MPa.
Les lignes en pointills de la figure 4.2 montrent les rsultats de (Limodin, 2005) obtenus dans
les mmes conditions dessai et pour un acier 4140 tremp et revenu ayant des proprits
mcaniques comparables celui utilis pour ce travail. Les rsultats sont semblables, surtout dans
le cas des prouvettes avec bord lisse. La meilleure performance des prouvettes avec entaille
douce est due probablement au polissage effectu en fond dentaille. Les fonds dentailles douces
de (Limodin, 2005) prsentaient un fini brut dusinage. Pour les entailles svres, on remarque un
lger cart en sens inverse.
La figure 4.4 montre les six courbes S-N R = -1 sur le mme graphique.
700
600
4140TR
350W
bl
500
400
bl
300
r=1,52 mm
200
r=0,2 mm
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
53
La rsistance 5 millions de cycles de lacier 4140TR est plus leve que celle du 350W, peu
importe la gomtrie de lprouvette. Lcart entre les courbes S-N des matriaux diminue avec
laugmentation de la svrit dentaille. La limite dendurance 5 millions de cycles diminue
avec une augmentation de la svrit dentaille avec une chute plus importante dans le cas de
lacier 4140 prsentant une entaille svre. Dans le cas de lacier 350W, pour des faibles dures
de vie, lentaille douce prsente une rsistance comparable celle de lprouvette avec bord lisse.
La performance comparable est due au fait que la contrainte nominale applique dpasse la limite
dlasticit du matriau, provoquant ainsi une plastification gnralise. La gomtrie influence
la pente des courbes S-N. La valeur absolue de la pente de la courbe S-N augmente avec la
svrit dentaille pour les deux matriaux. La pente la plus leve est obtenue pour lentaille
svre de lacier 4140TR (0,334). La pente de lentaille douce de lacier 350W est proche de
celle de lentaille svre dans le mme matriau.
Le tableau 4.3 montre les valeurs de lendurance 5 millions de cycles pour les deux aciers et les
trois gomtries R = -1. Ces donnes seront exploites plus loin pour dterminer les facteurs de
rduction de la rsistance kf. Dans le cas dune prouvette avec bord lisse, la rsistance 5
millions de cycles reprsente 49% de la rsistance la traction de lacier 350W, tandis que cette
fraction est de 46% pour le 4140TR (tableau 4.4).
Tableau 4.3 : Limites dendurance 5 millions de cycles R = -1, pour les deux aciers et les trois
gomtries
4140TR
Gomtrie
D (MPa)
Bord
lisse
542
350W
r = 1,52 mm
r = 0,2 mm
269
120
Bord
lisse
281
r = 1,52 mm
r = 0,2 mm
131
77
54
Tableau 4.4 : Rapports entre la limite dendurance et la rsistance la traction et entre la limite
dendurance et la limite dlasticit
D/Rm
D/Re
Re /Rm
350W
0,49
0,70
0,70
4140TR
0,46
0,49
0,94
Les courbes S-N peuvent tre modlises par une loi puissance qui se rduit la loi de
Basquin dans le cas dun bord lisse:
a = 'f (2N f ) b
quation 4.1
350W
1494
2151
8675
694
2682
3053
-0,075
-0,154
-0,334
-0,064
-0,220
-0,271
Les valeurs des constantes obtenues sont typiques pour ces deux aciers. Par exemple, les valeurs
des constantes f et b dun acier AISI 4340TR qui possde des proprits mcaniques semblables
notre 4140TR sont 1643 MPa et -0.0977 respectivement (Dowling, 2007). Une proximit
semblable est observe entre les donnes de notre acier 350W et celle dun acier SAE 1015
(Dowling, 2007).
55
Pour rsumer cette section, la rsistance 5 millions de cycles de lprouvette avec bord lisse des
deux aciers vaut presque 50% de la rsistance la traction. Les donnes S-N reprsentes dans un
diagramme log-log salignent selon une droite dcroissante jusqu environ 106 cycles, vrifiant
donc la loi de Basquin. Les courbes S-N du 4140TR se situent au dessus de celles du 350W pour
une gomtrie donne. Laugmentation de la svrit dentaille produit un dcalage des courbes
S-N vers le bas et des pentes plus abruptes. La chute de la limite dendurance la plus marque a
t observe pour l'acier 4140 TR. Ce matriau est plus sensible l'effet d'entaille que l'acier
350W.
4.3
Fatigue axiale R = 0
Les trois prouvettes de fatigue dcrites dans la section 3.2.2 ont t soumises plusieurs niveaux
de sollicitation cyclique amplitude constante avec une contrainte moyenne de traction (R = 0).
Les conditions d'essai et de dpouillement sont les mmes qu' R = -1 (voir la partie 4.2). Les
courbes S-N sont prsentes dans les figures 4.5 et 4.6. La figure 4.7 montre les six courbes S-N
R = 0 sur le mme graphique.
On remarque le mme effet du matriau que pour R = -1. Pour la mme gomtrie, la limite
dendurance de lacier alli 4140TR est plus leve que celle de lacier de construction. Le
rapport entre les limites dendurance 5 millions de cycles des deux matriaux diminue avec une
augmentation de la svrit dentaille.
La pente augmente avec la svrit dentaille pour les deux matriaux. Pour la mme gomtrie,
la pente de lacier 4140TR est plus abrupte que celle de lacier 350W. Lcart entre les courbes
S-N des matriaux diminue avec laugmentation de la svrit dentaille. Dans le cas dune
entaille svre et pour des dures de vie allant jusqu 3x105cycles, les 2 rgressions sont presque
confondues.
Le plateau infrieur des courbes S-N est atteint des plus faibles dures de vie pour lacier
4140TR. linverse, dans le cas de lacier 350W plusieurs prouvettes entailles se sont
rompues des dures de vie de lordre de 2 4 millions de cycles. Contrairement tous les autres
essais, les courbes S-N de lacier 350W R = 0 ne prsentent pas de plateau marqu avant 10
millions de cycles. Les courbes S-N en chelles log-log continuent descendre dune faon
presque linaire jusqu 5 millions de cycles.
56
700
600
500
400
300
200
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.5 : Courbes S-N R = 0 de lacier 4140TR pour les trois gomtries dentaille
700
600
500
400
300
200
100
90
80
70
60
50
10
10
10
10
10
Figure 4.6 : Courbes S-N R = 0 de lacier 350W pour les trois gomtries dentaille
57
700
600
500
350W
4140TR
bl
400
r=1,52 mm
bl
300
200
r=0,2 mm
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.7 : Courbes S-N R = 0 des deux aciers et pour les trois gomtries
Le tableau 4.6 montre les valeurs de la rsistance 5 millions de cycles obtenues par la mthode
dcrite dans la partie 4.3, pour les deux aciers et les trois gomtries R = 0.
Tableau 4.6 : Limites dendurance 5 millions de cycles R = 0, pour les deux aciers et les trois
gomtries
4140TR
350W
Bord
Gomtrie
Bord
r =1,52 mm
r = 0.2mm
lisse
D, (MPa)
468,5
r = 1,52 mm
r = 0,2 mm
135
61.5
lisse
242,5
102,5
225
Le tableau 4.7 montre le rapport entre la limite dendurance dune gomtrie avec bord lisse et la
rsistance la traction et entre la limite dendurance et la limite dlasticit.
58
Tableau 4.7 : Rapports entre la limite dendurance et la rsistance la traction et entre la limite
dendurance et la limite dlasticit
D/Rm
D/Re
350W
0,39
0,55
4140TR
0,39
0,41
350W
794
3 118
2 793
346
866
1 832
-0,041
-0,208
-0,257
-0,027
-0,120
-0,228
59
Pour rsumer les rsultats R=0, les amplitudes de contrainte l'endurance ne valent que 39% de
la rsistance la traction. Pour l'acier 350W, il n'y a pas de plateau marqu avant 10 millions de
cycles tandis que la contrainte maximale dpasse la limite d'lasticit monotone du matriau.
Enfin, les deux courbes de lentaille svre sont presque confondues, ce qui montre un
comportement en propagation presque identique des deux aciers. Dans le cas de lentaille svre
la dure de vie correspond surtout celle de la propagation dune fissure.
4.4
2,01
r = 0,2 mm
kt
1,93
kf (R = -1) kf (R = 0)
4,51
4,57
2,11
350W
2,11
1,66
kt
5,03
3,64
3,65
Quel que soit le matriau, lcart entre le facteur de rduction de la rsistance en fatigue et le
facteur kt augmente avec une croissance de la svrit dentaille. Dans le cas d'une entaille douce
(r = 1,52 mm), les deux facteurs sont presque gaux R = -1, donc la sensibilit leffet
dentaille est son maximum (q = 1). Pour une entaille svre, la diffrence entre les deux
facteurs est plus importante pour lacier doux. Celui-ci a donc une plus faible sensibilit leffet
dentaille.
60
Les tableaux 4.10 et 4.11 montrent les valeurs du facteur de rduction de la rsistance en fatigue
obtenues exprimentalement R= -1 en comparaison avec les valeurs estimes par les formules
de Peterson, Neuber et Kuhn et Hardrath, pour les aciers 4140 et 350W respectivement.
Tableau 4.10 : Facteur kf 5 millions de cycles R = -1 pour lacier 350W
350W
kt
kf/kt
kf exp.
kf Peterson
kf Neuber
kf Kuhn et
Hardrath
r =1.52 mm
2,11
2,11
1,97
1,84
1,83
r = 0,2 mm
5,03
0,72
3,64
2,92
3,15
3,08
Dans le cas dune entaille douce en 350W la valeur estime du facteur kf par la formule de
Peterson est la plus proche de la valeur obtenue exprimentalement. Pour une entaille svre en
350W, la meilleure proximit est obtenue avec la formule de Neuber. A noter que, dans tous les
cas, les formules sous-estiment les valeurs exprimentales de kf.
Tableau 4.11 : Facteur kf 5 millions de cycles R = -1, pour lacier 4140 TR
4140TR
kt
kf/kt
kf exp.
kf Peterson
kf Neuber
kf Kuhn et
Hardrath
r = 1,52 mm
2,11
0,95
2,01
2,06
r = 0,2 mm
5,03
0,89
4,51
4,1
4,14
Pour lentaille douce dans lacier 4140TR les valeurs estimes du facteur de rduction de la
rsistance en fatigue se confondent avec celles mesures. Dans le cas de lentaille svre, les
valeurs calcules par les trois formules sont presque confondues mais elles sous-estiment la
valeur exprimentale.
Les figures 4.8 et 4.9 montrent lvolution du facteur de rduction de la rsistance en fatigue kf
en fonction du nombre de cycles N pour les deux rapports R. Le plateau suprieur des courbes
grande dure de vie correspond au facteur kf prcdent.
61
5,0
k'f 4140TR
4,5
k'f 350W
4,0
r=0,2 mm
3,5
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
3
10
r=1,52 mm
4
10
10
10
10
de cycles R = -1
5,0
k'f 4140TR
4,5
k'f 350W
4,0
3,5
r=0,2 mm
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
r=1,52 mm
0,5
0,0
3
10
10
10
10
10
62
Quels que soient le matriau, le rapport R et la gomtrie, le facteur kf diminue avec le nombre
de cycles partir de la valeur kf 5 millions de cycles pour tendre vers l'unit quand la dure de
vie devient trs faible.
On remarque une diminution plus modre pour une entaille douce et un matriau dur, ce qui
suggre un effet de plasticit en fond d'entaille. Dans le cas des longues dures de vie, le niveau
de la contrainte locale au fond de l'entaille douce ne dpasse probablement pas la limite
dlasticit cyclique, ce qui explique que le facteur de rduction de la rsistance en fatigue est
proche de kt. Pour des dures de vie moyennes, une plastification locale se produit en fond
dentaille, et la valeur du facteur de rduction de la rsistance en fatigue devient infrieure la
valeur thorique du facteur de concentration de contrainte. Le cas particulier ou le facteur kf est
gal lunit correspond une plastification gnralise.
Les figures 4.10 et 4.11 montrent lvolution du facteur dadaptation en fonction du nombre de
cycles pour les deux rapports R. Le facteur dadaptation est le rapport entre le facteur de
rduction de la vie en fatigue kf divis par le facteur de concentration de contraintes kt. A une
dure de vie intermdiaire donne, pour les deux rapports R le coefficient d'adaptation est
d'autant plus faible que l'entaille est svre et que l'acier est doux.
1,0
kf'/kt 4140TR
0,8
kf'/kt 350W
r=1.52mm
0,6
0,4
r=0.2mm
0,2
0,0
3
10
10
10
10
10
63
1,0
4140TR
350W
r=1,52 mm
0,8
0,6
0,4
r=0,2 mm
0,2
0,0
3
10
10
10
10
10
4.5
La mthode de Juvinall estime la courbe S-N dune pice avec bord lisse connaissant sa
dimension, le fini de surface, la rsistance la traction du matriau ainsi que le type de
sollicitation auquel elle est soumise. La rsistance 1000 cycles est obtenue en appliquant un
facteur de 0.75 (facteur m) la rsistance la traction dans le cas dun chargement axial. La
64
limite dendurance est une fraction plus faible de la rsistance la traction (facteur m ; voir le
paragraphe 1.3.2). Dans le cas dune pice entaille, la limite dendurance et la rsistance 1000
cycles estimes sur bord lisse sont divises par le facteur de rduction de la rsistance en fatigue
kf et kf respectivement. Dans lapproche de Juvinall les deux facteurs sont gaux.
Le facteur me est gal 0,5 et celui de correction pour leffet dchelle est 0,9 pour les deux
aciers et les trois gomtries. Compte tenu que seules les prouvettes avec entaille svre
prsentent un fini brut dusinage, le facteur de correction pour le fini de surface ms appliqu est
gal 0,67 pour lacier 4140TR est de 0,77 pour lacier de construction (voir figure 1.29). Dans le
cas de lentaille douce et ce avec bord lisse prsentant un fini de surface poli miroir, sa valeur est
de 1 pour les deux aciers.
Les rsultats exprimentaux obtenus pour les deux aciers et les estimations donnes par la
mthode de Juvinall sont confronts dans les figures 4.12 et 4.13. Les courbes S-N des
prouvettes entailles sont traces en considrant le facteur kf estim par la rgle de Neuber. Pour
lprouvette avec bord lisse en 4140TR la mthode de Juvinall donne une trs bonne estimation,
la rgression des points exprimentaux tant presque confondue avec la prdiction de Juvinall.
Dans le cas de lacier 350W lestimation est un peu dcale vers le bas mais elle reste trs proche
des valeurs mesures. Lestimation de la limite dendurance dune prouvette prsentant une
entaille svre savre tre conservatrice et celle de lentaille douce en 350W est non scuritaire.
La rsistance des prouvettes avec entaille (douce et svre) est sous-estime aux courtes dures
de vie, peu importe le matriau. Lcart entre les points exprimentaux et lestimation de la
courbe S-N augmente avec la svrit dentaille et devient de plus en plus important pour des
courtes dures de vie. Les figures 4.14 et 4.15 montrent les estimations donnes par une approche
de Juvinall modifie o on utilise la mme valeur pour la rsistance 1000 cycles (75% de la
rsistance la traction) peu importe la gomtrie de lprouvette. Lapproche de Juvinall
modifie donne une meilleure estimation de la courbe S-N surtout quand la dure de vie diminue.
Les figures 4.16 4.20 comparent des estimations par lapproche amorage-propagation (A-P)
avec les points exprimentaux.
section1.3.4.
65
700
600
500
4140TR r=1,52 mm
400
4140TR r=0,2 mm
300
Prdiction de Juvinall
200
Rgressions des
points experimenteaux
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.12 : Prdiction de la courbe S-N R = -1 partir de la mthode de Juvinall pour lacier
4140TR
700
600
500
350W r=1,52 mm
400
350W r=0,2 mm
300
Prdiction Juvinall
200
- - - - Rgressions des
points experimenteaux
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.13 : Prdiction de la courbe S-N R = -1 partir de la mthode de Juvinall pour lacier
350W
66
900
800
700
600
500
400
300
Prdiction de Juvinall
modifie
200
Rgression des
points exprimentaux
100
90
80
70
60
50
10
10
10
10
10
700
600
500
350W r=1,52 mm
400
350W r=0,2 mm
300
- - - - Rgressions des
points experimenteaux
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
67
700
600
500
4140TR r=1,52 mm
400
4140TR r=0,2 mm
300
Prdiction A-P
r=1,52 mm
200
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.16 : Prdiction de la courbe S-N R = -1 de lprouvette avec entaille douce (r = 1,52
700
600
500
350W r=1.52mm
400
350W r=0.2mm
300
Prdiction A-P
r=1.52mm
200
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.17 : Prdiction de la courbe S-N R = -1 de lprouvette avec entaille douce (r = 1,52
mm) avec lapproche damorage-propagation pour lacier 350W
68
700
600
500
4140TR r=1,52 mm
400
4140TR r=0,2 mm
300
Prdiction A-P
r=1,52 mm
200
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.18 : Prdiction de la courbe S-N R = 0 de lprouvette avec entaille douce (r = 1,52
mm) avec lapproche damorage-propagation pour lacier 4140TR
700
600
500
350W r=1,52 mm
400
300
350W r=0,2 mm
200
Prdiction A-P
r=1,52 mm
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.19 : Prdiction de la courbe S-N R = 0 de lprouvette avec entaille douce (r = 1,52
mm) avec lapproche damorage-propagation pour lacier 350W
69
Selon les courbes S-N de l'entaille douce prdites par lapproche A-P, la dure de vie au-del de
104 cycles est contrle par lamorage pour lacier 4140TR R = -1. Par contre, la dure de vie
de lacier de construction est domine par la propagation jusqu presque 105 cycles. Lapproche
A-P est conservatrice pour des dures de vie infrieures 5x105 cycles environ pour les 2
matriaux. La position plus haute des points exprimentaux s'explique par un effet de plasticit
en fond d'entaille. En effet, le facteur de concentration de contrainte est plus faible en rgime
plastique. Cet effet est plus prononc pour lacier 350W.
On remarque que la limite dendurance de lprouvette en acier 4140TR sollicite R=0 est peu
sous-estime, tandis que celle faite en acier 350W l'est davantage. Dans le domaine des dures de
vie finies on peut faire les mmes commentaires qu' R = -1. Il ny a pas beaucoup deffet du
rapport R sur la dure de vie de transition amorage/propagation. Par rapport R=-1 (voir figures
4.18 et 4.19), un faible dplacement vers la gauche est observ dans le cas de lacier 4140TR et
un autre vers la droite dans le cas du 350W.
Pour rsumer cette partie, la mthode de Juvinall donne une bonne estimation de la courbe S-N
de lprouvette avec bord lisse surtout dans le cas de lacier 4140TR. Par contre elle devient
conservatrice quand la dure de vie diminue. La mme remarque s'applique dans le cas de
lapproche amorage/propagation. Lapproche de Juvinall modifie propose donne une
meilleure proximit pour des faibles dures de vie.
4.6
Le niveau de la contrainte moyenne influence le comportement en fatigue. Pour une dure de vie
donne, le mme matriau et la mme gomtrie, lamplitude de contrainte diminue avec une
augmentation de la contrainte moyenne.
Afin dtudier leffet du rapport R, on a reprsent toutes les courbes S-N d'une mme gomtrie
sur un seul graphique. La figure 4.20 montre les rsultats des essais de fatigue obtenus avec des
prouvettes avec bord lisse. Pour les deux matriaux, la courbe S-N R = 0 prsente une pente
plus faible que celle R = -1. Une pente faible se traduit par une diminution importante de la
dure de vie en fatigue pour une petite augmentation de lamplitude de contrainte. Le tableau
4.12 montre le rapport entre les pentes des rgressions faites pour les deux rapports R, (voir
tableaux 4.5 et 4.8).
70
Tableau 4.12 : Rapport entre les pentes des courbes S-N R = -1 et R = 0 (bord lisse)
4140TR 350W
bR = -1/bR = 0 1,842
2,37
1,16
1,25
La figure 4.20 montre les courbes S-N des prouvettes avec entaille douce (r = 1,52 mm) pour les
deux rapports R et les deux aciers. La courbe S-N R = 0 de lacier 4140TR est plus abrupte que
celle R = -1. Pour ce qui est de lacier 350W la tendance observe sur bord lisse se maintient
avec un rapport de 1.83. Le tableau 4.14 et 4.15 montrent les rapports entre les pentes des courbes
S-N aux deux rapports R et la rduction de la limite dendurance R = 0 respectivement.
Tableau 4.14 : Rapport entre les pentes des courbes S-N R = -1 et R = 0 (entaille douce ;r =
1,52 mm)
4140TR 350W
bR= -1/bR =0
0,74
1,83
Tableau 4.15 : Rapport des rsistances 5 millions de cycles (entaille douce ; r = 1,52 mm)
4140TR 350W
D(R = -1)/D(R = 0)
1,11
0,97
71
700
600
4140TR R= -1
4140TR R=0
350W R= -1
350W R= 0
500
400
300
200
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
700
600
4140TR R= -1
4140TR R=0
350W R= -1
350W R=0
500
400
300
200
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
72
Le rapport entre les rsistances 5 millions de cycles de l'acier 4140TR aux deux rapports R, qui
tait de 1,16 pour la gomtrie bord lisse, diminue 1,11 dans le cas dune entaille douce. La
rsistance 5 millions de cycles de lacier 350W avec entaille douce est comparable pour les
deux rapports R. De plus, les points des deux courbes S-N sont presque confondus, jusqu 3x105
cycles. Ce matriau moins rsistant nest pas sensible leffet du rapport R en prsence dune
entaille douce.
La figure 4.22 montre les courbes S-N dprouvettes avec entaill svre pour les deux rapports
R et les deux aciers. Pour des dures de vie allant jusqu un demi-million de cycles, les points
exprimentaux de lacier 350W avec entaille svre aux deux rapports R sont presque confondus.
Pour une gomtrie avec une entaille svre et pour des dures de vie intermdiaires, leffet du
rapport R est ngligeable dans le cas de lacier moins rsistant.
700
600
4140TR R=-1
4140TR R=0
350W R=-1
350W R=0
500
400
300
200
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Le tableau 4.16 montre le rapport des pentes des rgressions pour les prouvettes entailles (r =
0,2 mm) en fonction du rapport R.
73
Tableau 4.16 : Rapport entre les pentes des courbes S-N R = -1 et R = 0 (entaille svre ; r =
0,2 mm)
4140TR 350W
bR= -1/bR =0
1,29
1,18
Les rapports des pentes pour les deux aciers sont plus faibles avec une entaille svre qu'avec un
bord lisse.
Le tableau 4.17 montre le rapport des rsistances 5 millions de cycles pour les deux matriaux.
Tableau 4.17 : Rapport des rsistances 5 millions cycles (entaille svre ; r = 0,2 mm)
4140TR 350W
D(R = -1)/D(R = 0)
1,17
1,25
Une contrainte moyenne positive entrane une rduction de la rsistance 5 millions de cycles
des deux aciers en prsence dune entaille svre. La chute est plus importante pour lacier de
construction. Dans le cas de lacier 4140TR, le rapport des limites d'endurance est presque le
mme que sur bord lisse. De plus, si lacier 350 W montrait une insensibilit leffet du rapport
R sur la rsistance 5 millions de cycles en prsence dune entaille douce, ce nest pas le cas
pour l'entaille svre qui montre le mme rapport de limites dendurance que pour le bord lisse.
Les rsultats exprimentaux nous permettent de tester la validit des quations qui prdisent le
comportement en fatigue en prsence dune contrainte moyenne de traction. Nous avons
considr notamment lquation de Goodman modifie (quation
1.12).
Le tableau 4.18
compare les valeurs prdites par cette quation et les rsultats exprimentaux pour les trois
gomtries.
Les figures 4.21 et 4.22 montrent graphiquement lcart entre les valeurs obtenues
exprimentalement et les prdictions faites par lquation de Goodman modifie.
74
Tableau 4.18 : Valeurs prdites et mesures de la rsistance 5 millions de cycles R = 0
4140TR
Bord
Gomtrie
r=1,52 mm
r=0,2 mm
397,8
227,95
111,1
468,5
242,5
102,5
lisse
D(R=0) (MPa)
350W
Bord
r=1,52 mm
r=0,2 mm
200
110,2
69,3
225
135
61,5
lisse
Goodman modifi
D(R=0) (MPa)
exprimental
1300
bord lisse
r = 1,52 mm
r = 0,2 mm
1200
Re
1100
1000
max = Re
900
R=0
m=a
800
700
600
500
400
bord lisse
300
r =1,52mm
200
100
0
200
400
'f
Re
r = 0,2mm
600
800
1000
1200
1400
Figure 4.23 : Diagramme de Goodman modifi pour la limite dendurance de lacier 4140TR
75
550
bord lisse
r = 1,52 mm
r = 0,2 mm
500
450
400
Re
R=0
m=a
350
max = Re
300
250
200
bord lisse
150
r = 1,52 mm
100
50
r = 0,2 mm
0
100
200
'f
Re
0
300
400
500
600
700
800
Figure 4.24 : Diagramme de Goodman modifi pour la limite dendurance de lacier 350W
76
(quations 9.15 9.18). Les donnes S-N R = 0, o S est traduit en amplitude de contrainte
quivalente R = -1 sont alors compares avec les donnes S-N directement obtenues R = -1
(figures 4.25 4.40).
Dans le cas dune gomtrie avec bord lisse, une bonne corrlation est obtenue pour les deux
matriaux avec la contrainte de Gerber (figures 4.28 et 4.32), contrairement aux autres
contraintes quivalentes (Goodman, Goodman modifi, et SWT) qui surestiment la rsistance
exprimentale R = -1.
La contrainte de Gerber donne une bonne corrlation pour les gomtries entailles faites de
lacier 350W, mais elle sous estime la rsistance exprimentale de lacier 4140TR R = -1 (voir
figures 4.34, 4.36, 4.38 et 4.40).
La contrainte quivalente de Goodman modifie donne une bonne estimation de la rsistance
exprimentale R = -1 obtenue sur 4140TR avec entaille douce (figure 4.33). Par contre elle
sous-estime la rsistance R = -1 dune entaille svre du mme matriau (figure 4.37). Dans le
cas des prouvettes faites de lacier 350W, qu'il s'agisse dune entaille svre ou d'une entaille
douce, la contrainte de Goodman modifi surestime la rsistance exprimentale R = -1 (figures
4.35 et 4.39).
Pour rsumer cette partie sur l'effet du rapport R, la rduction de l'amplitude de contrainte la
limite d'endurance entre R=-1 et R=0 sur bord lisse est suprieure pour l'acier 350W (25%) que
pour l'acier 4140TR (16%). Cependant, la rupture par fatigue de l'acier 350W R=0 ne peut pas
avoir lieu si la conception des pices interdit l'coulement plastique. Dans le cas des gomtries
entailles, l'effet du rapport R reste important pour l'acier 4140TR mais il devient trs faible pour
l'acier 350 W au del de la limite d'endurance. Pour les deux aciers, la relation de Goodman
modifie surestime leffet du rapport R sur la limite dendurance, surtout pour la gomtrie
bord lisse. Parmi quatre paramtres de corrlation, la relation de Gerber donne la meilleure
prdiction des courbes S-N.
amplitude de contrainte
equivalente Goodman, (MPa)
77
1000
900
800
700
600
500
R = -1
R=0
400
300
200
100
90
80
70
60
50
10
10
10
10
10
Figure 4.25 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Goodman R = -1, (4140TR avec bord lisse)
amplitude de contrainte
equivalente SWT, (MPa)
1000
900
800
700
600
500
R = -1
R=0
400
300
200
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.26 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de SWT R = -1, (4140TR avec bord lisse)
amplitude de contrainte
equivalente Goodman modifi, (MPa)
78
900
800
700
600
500
R = -1
R=0
400
300
200
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.27 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Goodman modifi R = -1, (4140TR avec bord lisse)
700
600
500
R = -1
R=0
amplitude de contrainte
equivalente Gerber, (MPa)
400
300
200
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.28 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Gerber R = -1, (4140TR avec bord lisse)
amplitude de contrainte
equivalente Goodman, (MPa)
79
1000
900
800
700
600
500
R = -1
R=0
400
300
200
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.29 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Goodman R = -1, (350W avec bord lisse)
amplitude de contrainte
equivalente SWT, (MPa)
1000
900
800
700
600
500
R = -1
R=0
400
300
200
100
90
80
70
60
50
10
10
10
10
10
Figure 4.30 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de SWT R = -1, (350W avec bord lisse)
amplitude de contrainte
equivalente Goodman modifi, (MPa)
80
700
600
500
R = -1
R=0
400
300
200
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.31: Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Goodman modifi R = -1, (350W avec bord lisse)
700
600
500
R = -1
R=0
amplitude de contrainte
equivalente Gerber, (MPa)
400
300
200
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.32 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Gerber R = -1, (350W avec bord lisse)
amplitude de contrainte
equivalente Goodman modifi, (MPa)
81
700
600
500
R = -1
R=0
400
300
200
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.33 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Goodman modifi R = -1, (4140TR avec entaille r = 1,52 mm)
700
600
500
R = -1
R=0
amplitude de contrainte
equivalente Gerber, (MPa)
400
300
200
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.34 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Gerber R = -1, (4140TR avec entaille r = 1,52 mm)
amplitude de contrainte
equivalente Goodman modifi, (MPa)
82
700
600
500
R= -1
R=0
400
300
200
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.35 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Goodman modifi R = -1, (350W avec entaille r = 1,52 mm)
700
600
500
R= -1
R=0
amplitude de contrainte
equivalente Gerber, (MPa)
400
300
200
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.36 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Gerber R = -1, (350W avec entaille r = 1,52 mm)
amplitude de contrainte
equivalente Goodman modifi, (MPa)
83
700
600
500
R= -1
R=0
400
300
200
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.37 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Goodman modifi R = -1, (4140TR avec entaille r = 0,2 mm)
700
600
500
R= -1
R=0
amplitude de contrainte
equivalente Gerber, (MPa)
400
300
200
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.38 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Gerber R = -1, (4140TR avec entaille r = 0,2 mm)
amplitude de contrainte
equivalente Goodman modifi, (MPa)
84
700
600
500
R = -1
R=0
400
300
200
100
90
80
70
60
50
10
10
10
10
10
Figure 4.39 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Goodman modifi R = -1, (350W avec entaille r = 0,2 mm)
700
600
500
R = -1
R=0
amplitude de contrainte
equivalente Gerber, (MPa)
400
300
200
100
90
80
70
60
50
3
10
10
10
10
10
Figure 4.40 : Comparaison des donnes S-N aux deux rapports R en termes de contrainte
quivalente de Gerber R = -1, (350W avec entaille r = 0,2 mm)
85
5 TUDE FRACTOGRAPHIQUE
Les surfaces de rupture ont t systmatiquement observes au stro-microscope pour toutes les
combinaisons matriau, gomtrie et rapport R. Les figures 5.1 et 5.2 montrent les facis de
rupture R = -1 des prouvettes (trois gomtries) faites des aciers 4140TR et 350W
respectivement. Pour chacune des courbes S-N, les photographies ont t prises sur deux
prouvettes, une rompue grand nombre de cycles (photos du bas) et une autre rompue faible
nombre de cycles (photos du haut).
un niveau de contrainte lev la surface de rupture dune prouvette avec entaille douce
prsente plusieurs marches sur sa circonfrence qui permettent de localiser les sites damorage
(figures 5.1 b et 5.2 b). Cela indique que plusieurs fissures se sont amorces sur le pourtour pour
converger vers la rgion de dchirement. La fissuration multiple est le rsultat dune zone de
plasticit macroscopique en fond dentaille et a pour consquence le rapprochement avec les
courbes S-N sur bord lisse bas nombre de cycles, notamment pour lacier 350W (figures 4.2 et
4.3). Pour une contrainte plus basse, la surface de rupture est plane et ne prsente aucune marche
(figures 5.1 e et 5.2 e). Le facis de rupture final est probablement le rsultat de lamorage et de
la propagation dune fissure unique.
La surface de rupture dune entaille svre est plane et perpendiculaire la direction de
chargement. Les marches sur la circonfrence sont beaucoup moins visibles que dans le cas dune
entaille douce. Cela peut tre expliqu par le fait que le rayon pointu localise une zone de
dformation intense. Pour un niveau de contrainte alterne lev, la zone de rupture finale se situe
en plein centre (figures 5.1 c et 5.2 c). La taille de la zone de rupture finale augmente avec le
niveau de la contrainte alterne peu importe la gomtrie ou le type dacier.
Dans le cas dune prouvette avec bord lisse, bas niveau de contrainte, on distingue nettement
une fissure de fatigue perpendiculaire laxe de traction, suivie par une dchirure finale 45
degrs. La zone de rupture finale est diamtralement oppose au site damorage (figure 5.1 d et
5.2 d). Par contre, bas nombre de cycles, la dchirure ductile finale reprsente presque toute la
surface de rupture (figure 5.1 a et 5.2 a).
Dune faon gnrale, R = -1, les deux aciers ont un comportement similaire bien que les
niveaux de contraintes soient diffrents.
86
Les figures 5.3 et 5.4 montrent les facis de rupture R = 0 des prouvettes (trois gomtries)
faites de lacier 4140TR et 350W respectivement. Comme R = -1, les photographies ont t
prises sur deux prouvettes, une rompue grand nombre de cycles et une autre rompue faible
nombre de cycles.
En prsence dune contrainte moyenne positive et bas nombre de cycles, les prouvettes avec
bord lisse des deux aciers, montrent un facis de rupture comparable (figures 5.3 a et 5.4 a).
cause du haut niveau de la contrainte maximale, la surface de rupture ressemble celle dun essai
de traction.
Comme R = -1, les facis de rupture dune prouvette entaille faite de lacier 350W
ressemblent beaucoup ceux dune prouvette en 4140TR (figures 5.3 et 5.4).
Macroscopiquement il y a peu de diffrences entres les facis de rupture des prouvettes
entailles sollicites en traction alterne ou en traction-compression. Cependant, on remarque que
pour la mme combinaison gomtrie-acier-dure de vie, la rgion de dchirement final est plus
grande en traction alterne (par exemple figures 5.2 b et 5.4 b). Cette observation peut se
comprendre par les principes de la mcanique de la rupture. R = 0, le niveau de la contrainte
maximale max est plus lev pour un nombre de cycles donn, donc le facteur dintensit de
contrainte Kmax va atteindre Kc une plus petite longueur de fissure. Comme il ny a pas
beaucoup de diffrence entre les facis de rupture des deux aciers pour la mme gomtrie et
une dure de vie comparable, on peut en conclure que la tnacit Kc du 4140TR est suprieur
celui du 350W.
87
a)
b)
c)
d)
e)
f)
Figure 5.1: Surface de rupture de lacier 4140TR sollicite R = -1 : a) bord lisse, 22 131 cycles
700 MPa, b) r = 1,52 mm 12 438 cycles 500 MPa, c) r = 0,2 mm 6 061 cycles 500 MPa, d)
bord lisse 649 401 cycles 550 MPa e) r = 1,52 mm 599 380 cycles 275 MPa et f) r = 0,2 mm
464 566 cycles 125 MPa
a)
b)
c)
d)
e)
f)
Figure 5.2 : Surface de rupture de lacier 350W sollicit R= -1 : a) bord lisse 4 500 cycles
413MPa, b) r = 1,52 mm 6 062cycles 400 MPa, c) r = 0,2 mm 1625 cycles 400 MPa, d) bord
lisse 887 001 cycles 293 MPa, e) r = 1,52 mm 607 064 cycles 138 MPa et f) r = 0,2 mm
632780 cycles 85MPa
88
a)
b)
c)
d)
e)
f)
Figure 5.3: Surface de rupture de lacier 4140TR sollicit R= 0 : a) bord lisse 7 249 cycles
545 MPa, b) r = 1,52 mm 19 084 cycles 400 MPa, c) r = 0, 2mm 8 191 cycles 300 MPa, d)
bord lisse 205 498 cycles 474 MPa, e) r = 1,52 mm 189 240 cycles 250 MPa, et f) r = 0,2 mm
523 086 cycles 105 MPa
a)
b)
c)
d)
e)
f)
Figure 5.4: Surface de rupture de lacier 350W sollicite R = 0 : a) bord lisse, 1 516 cycles
280MPa, b) r = 1,52 mm 20 352cycles 290 MPa, c) r = 0,2 mm 4 441 cycles 280 MPa, d)
bord lisse 1 352 450 cycles 230 MPa, e) r = 1,52 mm 4 644 501 cycles 140 MPa et f) r = 0,2
mm 1 548 418 cycles 85 MPa
89
6 CONCLUSIONS
Des donnes de fatigue S-N pour deux mtaux ferreux, trois gomtries et deux rapports R ont
t produites et analyses. Un acier de construction 350W et un acier 4140 ltat tremp et
revenu ont t choisis. Le comportement de base en fatigue des deux matriaux a t tudi sur
une gomtrie dprouvette cylindrique bord lisse. Leffet dentaille a t explor sur deux
gomtries dprouvettes cylindriques dotes dune entaille en V circonfrentielle de 90 degrs
dangle douverture, prsentant un rayon en fond dentaille de 1,52 mm et 0,2 mm. Le facteur de
concentration de contrainte correspondant est gal 2,11 pour lentaille douce et 5,03 pour
lentaille svre. Les essais de fatigue ont t raliss deux rapports de contraintes R = 0 et R =1. Les principales conclusions sont les suivantes.
Dans presque tous les cas les donnes S-N dans un diagramme log-log salignent selon une droite
dcroissante jusqu environ 106 cycles puis prsentent un plateau vers 106-107 cycles. Elles ont
pu tre rduites une courbe S-N qui consiste en une rgression linaire et une limite
dendurance . Cette limite reprsente en fait la rsistance en fatigue 5 millions de cycles.
La limite dendurance de lprouvette bord lisse sollicite R = -1 est gale 46% et 49% de la
rsistance la traction des aciers 4140TR et 350W respectivement. R = 0, la limite
dendurance est gale 39% de la rsistance la traction des deux aciers.
Les courbes S-N de lacier 4140TR sont pour toutes les gomtries situes au-dessus de celles du
350W. Les courbes S-N des prouvettes entailles sont dautant plus basses par rapport aux
courbes des prouvettes bord lisse que le facteur kt est lev. La chute de la limite dendurance
la plus marque a t observe dans le cas de lacier 4140TR, ce matriau donc plus sensible
leffet dentaille. Ceci a pour consquence que le rapport entre les limites dendurance des deux
aciers diminue quand la svrit dentaille augmente.
Cependant si laugmentation de la svrit dentaille entraine une diminution de la limite
dendurance, la rduction de la rsistance diminue quand le nombre de cycles la rupture
diminue. Les courbes S-N ont des pentes dautant plus leves que lentaille est svre. La
plasticit au fond de lentaille douce est responsable de ce comportement, mais les pentes leves
pour les entailles svres (jusqu -0,334) rsultent du fait que le stade de propagation des
fissures occupe la grande majorit de la dure de vie.
90
Un rsultat remarquable est le fait que les facteurs kf sont peu prs gaux pour les deux rapports
R pour un matriau et une gomtrie donns. Pour lentaille douce, le facteur kf est presque gal
kt. Pour lentaille svre la valeur de kf est plus faible que celle de kt. Lcart maximal est
enregistr pour lacier 350W (3.64 versus 5.03). Les rgles de calcul proposes par Peterson,
Neuber et Kuhn & Hardrath prvoient un tel comportement, mais elles sous-estiment les facteurs
kf exprimentaux.
Pour lprouvette bord lisse, la mthode de Juvinall donne une bonne estimation de la courbe
S-N, la rgression des points exprimentaux tant presque confondue avec la prdiction de
Juvinall. Lestimation de la limite dendurance dune prouvette prsentant une entaille svre
savre tre conservatrice et celle de lentaille douce en 350W non scuritaire. Lestimation de la
limite dendurance de lentaille douce en 4140TR est confondue avec la valeur mesure.
Cependant la rsistance des prouvettes avec entaille (douce et svre) est sous-estime quand le
nombre de cycles la rupture diminue.
Malgr le fait que lapproche amorage/propagation donne une bonne estimation de la limite
dendurance de lentaille douce, elle reste conservatrice, surtout pour les courtes dures de vie.
Pour lacier de construction, lapproche amorage/propagation donne une estimation
conservatrice pour des dures de vie allant jusqu un million de cycles. Afin d'avoir une
meilleure estimation dans le domaine des faibles dures de vie, il faudrait prendre en compte la
plasticit en fond dentaille par la mthode de la dformation locale.
La rduction de l'amplitude de contrainte la limite d'endurance entre R = -1 et R = 0 sur bord
lisse est suprieure pour l'acier 350W (25%) que pour l'acier 4140TR (16%). Cependant, la
rupture par fatigue de l'acier 350W R=0 ne peut pas avoir lieu si la conception des pices
interdit l'coulement plastique. Dans le cas des gomtries entailles, l'effet du rapport R reste
important pour l'acier 4140TR mais il devient trs faible pour l'acier 350 W au del de la limite
d'endurance. Pour les deux aciers, la relation de Goodman modifie surestime leffet du rapport R
sur la limite dendurance, surtout pour la gomtrie bord lisse. Parmi quatre paramtres de
corrlation, la relation de Gerber donne la meilleure prdiction des courbes S-N.
Lexamen des surfaces de rupture confirme la formation dune zone plastique au fond de
lentaille douce (amorage multiple autour de la circonfrence et rupture finale au centre).
91
Lexistence dune zone de fatigue plus petite R = 0 qu R = -1 sexplique laide des concepts
de la mcanique de la rupture.
92
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96
Bord lisse
Entaille r = 1,52 mm
Nr
(MPa)
Nr
(MPa)
Entaille r = 0,2 mm
Nr
(MPa)
22 131 700
12 438 500
6 061 500
46 968 675
29 471 450
11 913 400
54 223 650
86 272 350
22 544 300
96 038 625
63 247 200
74 363 175
97
Bord lisse
Entaille r = 1,52 mm
Nr
Nr
(MPa)
Entaille r = 0,2 mm
Nr
(MPa)
(MPa)
4 500 413
6062 400
1 625 400
17 763 370
10 687 350
3 150 350
55 273 350
15 842 300
5 853 300
70 909 325
22 595 200
632 780 85
855 776
285
607 064
138
887 001
293
125
>5000000
270
98
Bord lisse
Entaille r = 1,52 mm
Nr
(MPa)
Nr
(MPa)
Entaille r = 0,2 mm
Nr
(MPa)
7 249 545
19 804 400
8 191 300
41 788 525
35 368 350
30 958 200
67 917 500
67 812 300
55 480 150
99
Bord lisse
Entaille r = 1,52 mm
Nr
(MPa)
Nr
Entaille r = 0,2 mm
Nr
(MPa)
(MPa)
1 546 280
19 457 290
280 4041
2 928 280
20 352 280
9675 230
9 784 270
60 577 230
22 848 180
478 435 90
1 548 410 75
1 704 880 68