1
UNIVERSITE TOULOUSE III- PAUL SABATIER
FACULTE DE CHIRURGIE DENTAIRE
anne 2014
Thse N2014-TLSE33004
THESE
Pour le Diplme dtat de Docteur en Chirurgie
Dentaire
Prsente et soutenue publiquement
Par
PUISSEGUR Astrid
le 07 janvier 2014
_______________________
LA PERCEPTION VISUELLE : UN FACTEUR
DETERMINANT DANS LA RECONSTRUCTION
PHOTOMIMETIQUE D'UN SOURIRE
____________________
Directeur de thse : Docteur Laurent Elbeze
JURY
Prsident
Professeur Michel Sixou
1 e r assesseur
Docteur Delphine Maret
2 m e assesseur
Docteur Laurent Elbeze
3 m e assesseur
Docteur Laetitia Dueymes
3
UNIVERSITE TOULOUSE III- PAUL SABATIER
FACULTE DE CHIRURGIE DENTAIRE
anne 2014
Thse N2014-TLSE33004
THESE
Pour le Diplme dtat de Docteur en Chirurgie
Dentaire
Prsente et soutenue publiquement
Par
PUISSEGUR Astrid
le 07 janvier 2014
_______________________
LA PERCEPTION VISUELLE : UN FACTEUR
DETERMINANT DANS LA RECONSTRUCTION
PHOTOMIMETIQUE D'UN SOURIRE
____________________
Directeur de thse : Docteur Laurent Elbeze
JURY
Prsident
Professeur Michel Sixou
1 e r assesseur
Docteur Delphine Maret
2 m e assesseur
Docteur Laurent Elbeze
3 m e assesseur
Docteur Laetitia Dueymes
A mes parents, pour leur soutien et leur patience, et pour toutes
ces choses qui font que je suis l. J'espre pouvoir vous rendre
fiers de mon parcours et de ce que je suis devenue car vous y
tes pour beaucoup,
A toi, maman, qui a toujours t l pour moi,
A toi, papa, qui a toujours su me guider vers la bonne voie,
A toi, Laurent, avec qui le grand jour approche...
A Cathy pour ton accueil au cabinet et pour les innombrables
bons conseils que tu me portes chaque jour,
A mes amies, pour ces moments privilgis, et surtout Pauline
et Mava qui m'ont toujours soutenue et qui seront mes cts le
9 aot,
A mes amis, pour ces six belles annes (Z, Anais, Joffrey,
Sylvain, Maelle, Nico, Amaury, Isa, Sarah, Julie B., Julie L.,
Clo, Eli, Caroline... et tant d'autres) et pour les annes venir,
A Julie et Thomas qui me donnent leur confiance,
A tous ceux dont j'ai crois le chemin et que je n'oublierai pas.
Merci.
A notre prsident de thse,
Monsieur le Professeur Michel SIXOU
-Administrateur provisoire de la Facult de Chirurgie Dentaire de Toulouse,
-Professeur des Universits, Praticien Hospitalier dOdontologie,
-Responsable de la sous-section Sciences Biologiques,
-Docteur en Chirurgie Dentaire,
-Docteur de l'Universit Paul Sabatier,
-Direction du Laboratoire Parodontites et Maladies Gnrales ,
-Habilitation Diriger des Recherches (H.D.R.),
-Laurat de l'Universit Paul Sabatier.
Vous nous faites l'honneur de prsider notre jury
de thse.
Nous avons pu apprcier tout au long de nos
tudes la richesse de votre enseignement et vos
qualits humaines et professionnelles.
Veuillez
trouver,
ici,
le
profonde reconnaissance.
tmoignage
de
notre
A notre jury de thse,
Madame le Docteur Delphine Maret
-Matre de Confrences des Universits, Praticien Hospitalier dOdontologie,
-Docteur en Chirurgie Dentaire,
-Doctorat de lUniversit de Toulouse,
-Diplme Universitaire dImagerie 3D,
-Master 2 Recherche Epidmiologie Clinique,
-CES dOdontologie Lgale,
-Diplme Universitaire de Recherche Clinique en Odontologie (DURCO),
-Laurate de lUniversit Paul Sabatier.
Nous vous remercions de l'honneur que vous nous
faites en ayant trs aimablement accept de siger
notre jury de thse .
Vous nous avez transmis tout l'intrt et la rigueur
qu'il faut porter notre mtier. Nous avons
apprci votre enseignement et votre gentillesse
au cours de nos annes d'tudes.
Avec
nos
l'occasion
sympathie.
remerciements,
de
vous
que
exprimer
ce
travail
notre
soit
profonde
A notre directeur de thse,
Monsieur le Docteur Laurent ELBEZE
-Charg d'Enseignement la Facult de Chirurgie Dentaire de Toulouse,
-Ex Assistant hospitalo-universitaire dOdontologie,
-Docteur en Chirurgie Dentaire,
-Master 1 dAnthropobiologie : lvolution de lhomme et ses mcanismes, ethnologie,
sociologie de la Sant,
-Laurat de lUniversit Paul Sabatier
Nous vous remercions de l'honneur que vous nous
faites de diriger notre travail.
Vous nous avez inspir ce sujet de thse et nous
avez
guid
avec
gentillesse,
confiance
et
comptence, non seulement dans ce travail mais
aussi tout au long de nos tudes et nous vous en
remercions.
Soyez assur de notre gratitude et de notre
profond respect.
10
A notre jury de thse,
Madame le Docteur Laetitia DUEYMES
- Assistante hospitalo-universitaire dOdontologie,
-Docteur en Chirurgie Dentaire,
-CES dOdontologie Conservatrice et Endodontie
Nous sommes trs honors que vous ayez accept
de siger notre jury de thse.
Nous avons apprcis vos comptences, votre
disponibilit et votre gentillesse.
Avec nos remerciements, veuillez trouver ici, le
tmoignage de notre gratitude et de notre sincre
reconnaissance.
11
SOMMAIRE
INTRODUCTION.................................................................16
I De La Vue La Vision Et La Perception Par Notre Cerveau.
I.1
La lumire......................................................................19
I.1.1 La lumire, un phnomne physique.....................................19
I.1.2 Interaction lumire/matire..................................................20
I.1.2.1 Rflexion de la lumire................................................. 20
I.1.2.2 Rfraction de la lumire................................................ 21
I.1.2.3 Absorption de la lumire................................................21
I.1.2.4 Diffraction de la lumire................................................22
I.1.2.5 Diffusion de la lumire ..................................................22
I.1.2.6 Influence de l'tat de surface sur la rflexion
de la lumire.......................................................................23
I.1.2.7 Photoluminescence.........................................................24
I.1.2.8 Le mtamtrisme..........................................................25
I.1.3 La couleur..........................................................................25
I.1.3.1 Dcomposition de la lumire : le prisme de Newton..........26
I.1.3.2 La synthse des couleurs................................................26
I.[Link] la synthse additive des couleurs, mode RVB.............26
I.[Link] la synthse soustractive par mlange de
pigments ou mode JRB....................................................27
I.1.3.3 Le gris.........................................................................27
I.2
Lil, l'origine de la vision...............................................28
I.2.1 Anatomie de lil...............................................................28
I.2.2 Physiologie de lorgane oculaire..........................................29
I.2.2.1 Le trajet des rayons lumineux.........................................29
I.2.2.2 Les cellules photoreceptrices : les cnes et les btonnets..30
I.[Link] Les cnes de la rtine..............................................31
I.[Link] Les btonnets de la rtine........................................32
I.[Link] La sensibilit diffrentielle des photorcepteurs,
l'origine de la distinction des couleurs..........................32
I.2.3 Anomalie de la vision : les dyschromatopsies.........................33
I.2.3.1 Le trichromatisme anormal..............................................33
I.2.3.2 Le dichromatisme...........................................................33
I.2.3.3 L'achromatisme..............................................................34
I.3 Le cortex visuel: moteur des nos perceptions visuelles..........34
I.3.1
I.3.2
I.3.3
I.3.4
Cration des messages visuels...............................................35
Rtinotopie des aires visuelles..............................................36
Spcialisation des aires visuelle...........................................37
Les perceptions visuelles proprement dites............................40
12
I.3.4.1 Les forces visuelles : entre varit et harmonie................41
I.[Link] Les forces de cohsion...........................................41
I.[Link] Les forces de sgrgation.......................................42
I.[Link] Harmonie : quilibre entre forces de cohsion
et
forces
de
sgrgation..................................................42
I.3.4.2 Les illusions d'optique..................................................42
I.[Link] Les illusions d'optique primaires..............................43
I.[Link].1 Les illusions optico-gomtriques.......................43
I.[Link].2 Les illusions de lumire.....................................46
I.[Link] Les illusions d'optique secondaires.........................47
I.3.4.3 La perception visuelle colore.......................................48
I.3.4.4 La perception visuelle de forme.....................................49
I.[Link] Perception de l'ensemble..........................................50
I.[Link] Rapport figure-fond.................................................50
I.3.4.5 Perception visuelle de l'espace et de la profondeur..........51
I.[Link] Les indices monoculaires.........................................52
I.[Link] Les indices binoculaires..........................................53
I.[Link].1 La disparit rtinienne.......................................53
I.[Link].2 L convergence oculaire......................................53
I.3.4.6 Perception visuelle de mouvement.................................54
II La Qute Du Naturel : De L'harmonie Faciale L'organe Dentaire,
Au Cur Du Sourire.
II.1
L'harmonie faciale.......................................................56
II.1.1 Les lignes et les plans de rfrence : un plan esthtique
frontal...............................................................................56
II.1.2 les tages faciaux..............................................................57
II.2
Analyse esthtique du sourire.......................................58
II.2.1 Anatomie...........................................................................58
II.2.1.1 les lvres....................................................................58
II.2.1.2 le cadre dento-parodontal.............................................58
II.2.2 Dynamique du sourire.........................................................58
II.2.2.1 La ligne du sourire.....................................................59
II.2.2.2 Les styles du sourire...................................................60
II.2.3 Symtrie ou asymtrie ?.....................................................60
II.3
II.3.1
II.3.2
II.3.3
II.3.4
Le parodonte : la gencive.............................................61
Les festons gingivaux : la ligne des collets..........................61
La ligne esthtique gingivale..............................................61
La papille interdentaire......................................................62
Entre couleur et texture de la gencive marginale...................63
13
II.4
Les dents antrieures, au centre du sourire..............63
II.4.1 Morphologie des dents naturelles antrieures.....................63
II.4.2 Dimensions des dents naturelles antrieures.......................64
II.4.2.1 Le nombre d'or.........................................................64
II.4.2.2 Rgle de proportion et de dominance entre les dents.....65
II.4.3 L'incisive centrale : lment dterminant du sourire............66
II.4.4 Niveau des contacts inter-dentaires....................................66
II.4.5 Znith du contour gingival...............................................66
II.4.6 Axes dentaires..................................................................66
II.5
Proprits optiques de la dent...................................68
II.5.1 Transmission de la lumire travers la dent naturelle.........68
II.5.2 Les 7 dimensions de la couleur des dents naturelles
de Lasserre.........................................................................69
II.5.2.1 L'opalescence...........................................................69
II.5.2.2 La translucidit.......................................................69
II.5.2.3 La stratification : cartographie de la dent naturelle.....70
II.5.2.4 La fluorescence.........................................................70
II.5.2.5 L'effet nacr............................................................70
II.5.2.6 La texture de surface................................................71
II.5.2.7 Les caractrisations de surface..................................71
II.[Link] Les pigmentations blanches de Vanini...................71
II.[Link] Les caractrisations.............................................71
III
Intgration Esthtique D'un Sourire Entre Photomimtisme Et
Perception Visuelle.
III.1
Moyens d'valuation en dentisterie esthtique : la
photographie numrique................................................73
III.2
Perception visuelle applique la dentisterie
esthtique.....................................................................74
III.2.1 Harmonie de l'ensemble : un compromis entre forces
visuelles................................................................................74
III.2.2 Perception des formes.......................................................75
III.2.2.1 Perception de l'ensemble.............................................75
III.2.2.2 Rapport figure/fond :
rapport lvres/composition dentaire/arrire-plan buccal........75
III.2.3 Rgle de fermeture............................................................76
III.2.4 Rgle de symtrie..............................................................76
III.2.5 Rgle de la convexit.........................................................77
III.2.6 Rgle de la texture.............................................................77
III.2.7 Rgle de luminosit............................................................77
III.2.8 Perception de l'espace et de la profondeur............................78
III.2.9 Equilibre...........................................................................78
III.2.10 Perception de la verticale et reconnaissance des visages......78
14
III.2.11 Les lignes......................................................................79
III.2.12 Perception de la dynamique.............................................79
III.2.13 Application des techniques d'illusion en dentisterie
esthtique...............................................................................81
III.2.14 Morphologie en fonction de l'ge.....................................84
III.2.15 Morphologie en fonction du sexe.....................................84
III.2.16 Morphologie en fonction de la personnalit......................84
III.3
Photomimtisme de nos matriaux cosmtiques............85
III.3.1 Les rsines composites......................................................86
III.3.1.1 Classification des rsines composites..........................86
III.3.1.2 Photomimtisme des rsines composites......................86
III.3.1.3 Stratification de Vanini..............................................89
III.[Link] Elaboration de la face palatine l'aide
d'un moule en silicone.....................................................89
III.[Link] Ralisation des faces proximales..........................89
III.[Link] Reproduction de la couche de haute diffusion........90
III.[Link] Stratification dentinaire proprement dite...............90
III.[Link] Caractrisations..................................................90
III.[Link] Mise en place de la couche d'mail vestibulaire.....91
III.[Link] Dgrossissage, finition, polissage, lustrage...........91
III.3.2 Les cramiques...............................................................93
III.3.2.1 Classification des cramiques....................................93
III.3.2.2 Photomimtisme des cramiques................................94
III.3.2.3 Les diffrentes couches de cramique : du relev
de la couleur la stratification au laboratoire pour un
photomimtisme optimal.........................................................95
III.[Link] L'opaque.............................................................96
III.[Link] La dentine de base..............................................96
III.[Link] Masses transparentes et zones translucides...........97
III.[Link] L'mail..............................................................97
III.[Link] Les caractrisations individuelles........................97
III.[Link] La luminosit : la cl du succs...........................98
III.[Link] L'tat de surface.................................................99
III.[Link].1 Relev et restitution de la texture de surface.100
III.[Link].2 Relev de la brillance..................................101
III.[Link] Influence de la gencive.......................................102
III.3.3 Les matriaux d'assemblage.............................................102
III.3.3.1 Les colles conventionnelles.......................................103
III.3.3.2 Les colles potentiel adhsif.....................................103
III.3.3.3 Rsultante optique des matriaux d'assemblage sur le
rendu esthtique final de nos restaurations prothtiques
cramo-cramiques............................................................103
CONCLUSION. ...............................................................105
TABLEAU DES ILLUSTRATIONS......................................106
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES................................111
15
La crativit est plus importante que la
connaissance.
crativit
Einstein
Le
savoir
embrasse
le
est
limit,
monde.
la
Albert
16
INTRODUCTION
Le mot esthtique est assez rcent ; il doit son origine
un philosophe
allemand, aux alentours de 1750, partir du grec aisthetike qui signifie
sensation.
L'esthtique
est
une
discipline
qui
se
concentre
sur
les
perceptions, les sens et le beau. La beaut dsigne une certaine harmonie ou
proportion des formes, qui suscite en nous un sentiment d'admiration et
denthousiasme. Pour Saint Thomas d'Aquin : La beaut est quelque chose
qui, une fois vue est agrable aux yeux.
Tantt dsigne comme une thorie du beau, l'esthtique devient ensuite une
philosophie de l'art qui suscitera un intrt grandissant.
La demande esthtique de nos patients ne date pas d'aujourd'hui. Ds
lgypte antique, le visage tait idalis , parfaitement symtrique et
harmonis.(49). Les romains, prconisaient la blancheur et la solidit de
leurs dents, trs soucieux de leur apparence. Les civilisations mayas, quant
elles, incrustaient des pierres prcieuses dans leurs sourires, signes de
beaut et de richesse.(62). Les critres esthtiques sont, ainsi, dpendants
des cultures et des poques. Il serait, donc, inappropri de rduire la
demande esthtique de nos patients un simple effet de mode.
Dans notre socit actuelle, notre rapport aux autres d'une part et les
mdias, d'autre part, qui vhiculent des strotypes auxquels s'identifient
volontiers nos patients, placent le sourire au premier plan. Le sourire claire
le visage, attire l'attention ; Il vhicule une image de parfait bien-tre
physique, mental et social. OMS. Il est franc et est au cur de la
communication.
Les
dents
sont
symboles
de
vitalit,
de
jeunesse.
Composites de visages clbres, vedettes succs, mannequins et autres
prix de beaut sont la rfrence de tout un chacun. Nos patients,
imprgns du diktat de la beaut, sont en demande constante et croissante
d'esthtiqu e.(49). Le dessin des courbes et contre-courbes des lvres,
dfinissant la zone du sourire, crent un contraste de couleur entre le cadre
rouge des lvres charnues et la masse blanche des dents. Leur longueur et
leur courbure influencent la visibilit des dents et du parodonte. Les dents
doivent tre saines, blanches et bien alignes. Le contour gingival doit tre
sain et harmonieux. (78).
17
Une tude des sujets caucasiens et japonais conclut que les visages les plus
attirants sont systmatiquement diffrents de la moyenne . [77] Les normes,
les
rgles,
qui
sont
dtermines
par
la
moyenne
d'une
population
pourraient-elles prsenter un intrt esthtique alors que la plupart des
individus veulent sortir de la moyenne ? Un beau visage semble tre
celui dont les harmonieuses proportions et les gracieux contours s'cartent
de la moyenne par des variations perues comme expressives, c'est- -dire
charges de signification pour l'observateur, et dont la surface, lisse et
colore, est dpourvue d'accidents sauf si ceux-ci renforcent l'expression du
visage. Philippe Julien. (78).
La beaut est-elle dans le regard ou dans la chose regarde ? La beaut
tient-elle l'objet, ou est-elle seulement dans l'esprit de celui qui la
contemple ? C'est l qu'intervient toute lambigut. La beaut est-elle
dfinie par une norme issue d'une socit donne et l'absence de beaut en
dehors de la norme ou la beaut est-elle dans lil de celui qui la
contemple ? La notion de ce qui peut tre jug beau implique des rgles de
symtrie, de rgularit des formes, de proportions mathmatiques dont les
canons , le nombre d'or mais aussi la subjectivit de chacun, l'obtention
d'une certaine harmonie et non pas une symtrie:la diffrence, la variabilit
et l'asymtrie naturelle du vivant. (78,40,71).
Pour Luca Dalloca, cette discipline ncessite d'apprhender la psychologie
de la perception pour une intgration harmonieuse de nos reconstitutions
dans le visage, le but tant de crer des dentures vivantes et expressiv es.
(15). Est esthtique ce qui parat naturel.C'est pourquoi, nous, chirurgiens-
dentistes, devons, en plus de notre bagage de connaissances, s'improviser
artiste du sourire.
Luca Dalloca L'esthtique est la fusion harmonieuse de la beaut et
de l'art.
L'art doit guider la technique Jean-Franois Lasserre
La notion de perception visuelle
implique l'imbrication de phnomnes
trois tages diffrents: l'interaction de la lumire avec la matire qui sera
visible par l'organe oculaire, le fonctionnement du sens visuel et surtout la
psychologie de l'interprtation visuelle ou perception. Nous essaierons, dans
une premire partie, de suivre, de fil en aiguille, le cheminement complexe
18
des rayonnements lumineux de leur vision leur interprtation par le
cortex crbral.
Est esthtique ce qui parat naturel. C'est le but ultime de tout chirurgiendentiste, artiste du sourire : c'est pourquoi, dans une seconde partie, nous
allons tenter de dfinir ce qui est esthtique. L'organe dentaire ne devant
pas tre vu ni peru de manire isole, il faudra le voir dans une approche
globale de l'harmonie faciale la dent elle-mme en passant par la qute
d'un sourire naturel.
Enfin, dans une troisime et dernire partie, nous essaierons par l'utilisation
combine de la psychologie de la perception visuelle et le photomimtisme
de
nos
matriaux
cosmtiques
d'aider
chacun
esthtiquement nos restaurations et rhabilitations.
de
nous
intgrer
19
I De La Vue La Vision Et La Perception Visuelle
Lil voit......le cerveau peroit
La perception visuelle ou oculaire est l'ensemble des transformations par
lesquelles le monde spatio-temporel est analys par notre sens de la [Link]
perception visuelle est la rsultante de trois phnomnes qui s'imbriquent
les uns les autres :
un phnomne physique : l'interaction de la lumire avec la matire,
visible par lil humain ;
un phnomne psychophysiologique neurologique ;
un phnomne psychosensoriel subjectif intellectuel et artistique ,
qui est fonction des expriences passes et de l'apprentissage propre
tout un chacun.
Dans ce chapitre nous allons dtailler successivement la lumire sans
laquelle la vue (loi physique), la vision (loi psychophysiologique) et les
perceptions
visuelles
n'auraient
pas
lieu
d'tre,
l'anatomie
et
le
fonctionnement de l'organe oculaire ainsi que du cortex visuel, moteur de
nos perceptions visuelles.
I.1
La lumire (128,129,130).
Voir n'est possible que par la lumire. La lumire visible est l'ensemble des
ondes lectromagntiques visibles par lil humain, autrement dit les
longueurs d'ondes comprises entre 380 nanomtres (nm) (violet) et 780 nm
(rouge). En de, on retrouve les ultra-violets et au-del les rayonnements
infra-rouges qui ne peuvent tre perus par lil, organe indispensable,
sans lequel la vue, la vision et la perception visuelle n'auraient pas lieu
d'tre.
I.1.1
La lumire, un phnomne physique (128,129, 130).
lucider les mystres de la lumire, c'est comprendre les mcanismes de
lil et du cerveau.
La lumire permet de voir le monde qui nous entoure alors qu'elle mme
serait invisible s'il n'y avait pas tous ces objets pour intercepter son trajet et,
ainsi, la mettre en vidence.
20
Par dfinition, la lumire naturelle est la lumire mise par le soleil. Sa
nature a t la source de controverse au fil des sicles.
La lumire est un phnomne physique :
elle est compose d'un ensemble d'ondes
lectromagntiques ou photons avec une
dualit onde corpuscule une vitesse
constante dans le vide gale 300 000
kilomtres par seconde.
Fig. 1.1 : les ondes lectromagntiques
L'ensemble des ondes visibles par lil humain s'inscrit dans un spectre
appel le spectre lectromagntique : chaque longueur d'onde mise
correspond
une couleur interprte par lil. Les ondes courtes qui sont
proches de 400 nm correspondent aux bleus, celles aux alentours de 540 nm
correspondent aux verts et les ondes longues correspondent aux rouges.
I.1.2
Interaction lumire/matire (128, 129, 130).
La lumire dans le vide a une trajectoire rectiligne une vitesse constante.
Quand elle entre en interaction avec la matire, sa vitesse est diminue et sa
trajectoire est dvie. La lumire est soumise diffrents phnomnes : elle
sera rflchie, rfracte, absorbe, diffracte ou encore diffuse. Ce sont les
lois de Snell-Descartes qui rgissent le comportement
l'interface de deux milieux.
I.1.2.1
de la lumire
Rflexion de la lumire
La rflexion de la lumire est la premire loi de Descartes. Le rayon qui
arrive au contact de la surface rflchissante se nomme le rayon incident et
donne ensuite le rayon rflchi.
Selon les lois de Snell-Descartes, le
rayon rflchi sera dans le plan
d'incidence et les angles incident et
rflchi seront gaux en valeur
absolue. Cette rgle est galement
relle quand la surface est de forme
Fig. 1.2 : Rflexion de la lumire
quelconque comme les dents.
21
Donc, on parle de rflexion quand le rayon mergent (rflchi) se propage
dans le mme plan que le rayon incident.
I.1.2.2
Rfraction de la lumire
Le plan d'incidence est le plan qui contient le rayon incident et la normale
la surface rflchissante.
Le milieu dans lequel pntre la lumire a un indice de rfraction qui va
dfinir la capacit de ce milieu diminuer la vitesse de propagation de la
lumire. Il est gal n= c/v. L'air a un indice de rfraction de 1, celui de
l'mail est 1,650.
Selon la loi de Snell-Descartes, le rayon rfract est dans le plan d'incidence
et les angles incident et rfract sont relis par la relation suivante [Link]
(1) = [Link] (2)
Ainsi, on parlera de rfraction pour dsigner le changement net de direction
que subi la lumire quand elle traverse une surface de sparation entre deux
milieux transparents diffrents.
Angles d'incidence et de rflexion seront toujours identiques alors que
l'indice de rfraction sera proportionnel l'indice de rfraction du milieu
travers. Plus l'indice est fort, plus la surface rflchit la lumire et donc
moins la lumire est rfracte.
I.1.2.3
Absorption de la lumire
Le phnomne d'absorption de la lumire permet d'expliquer la nature de la
lumire et donc sa composition qui allie un grand nombre de couleurs du
violet fonc au rouge bordeaux selon un spectre sans interruption.
L'absorption de la lumire blanche, c'est--dire la suppression de certaines
longueurs d'onde du spectre lectromagntique est l'origine des couleurs
visibles par l'organe oculaire.
Comme le montre schma, l'objet qui est
bleu
absorbe
les
ondes
qui
correspondent aux verts et aux rouges
pour
ne
rflchir
que
correspondant aux bleus.
les
ondes
Fig. 1.3 : Absorption slective de la lumire
22
En clair, les dents absorbent les bleus, les verts pour ne rflchir que les
jaunes-orangs.
I.1.2.4
Diffraction de la lumire
Il y aura diffraction de la lumire quand l'onde rencontre un obstacle non
totalement transparent, c'est--dire translucide ou un espace exigu (une
fente) dont les dimensions sont proches de sa longueur d'onde.
Le phnomne de diffraction de la lumire est retrouv au sein de l'mail de
par sa translucidit, ce qui conditionne cette dernire.
I.1.2.5
Diffusion de la lumire
La diffusion de la lumire est la dviation
des ondes lumineuses dans toutes les
directions suite la rencontre d'une
interface entre deux milieux ou encore
en
traversant
phnomne
traverse
qui
d'un
un
se
milieu ;
retrouve
prisme
forment les arc-en-ciels.
ou
c'est
lorsque
ce
la
se
Fig. 1.4 : Diffusion de la lumire
Deux types de diffusion cohabitent : une diffusion de surface que l'on peut
assimiler la rflexion et une diffusion interne de la lumire que l'on
compare la diffraction de la lumire.
L'mail dentaire est une structure minrale translucide avec un indice de
rfraction de 1.650. Ainsi, il transmet, absorbe, diffuse et rflchit la
lumire ; ce qui est un processus complexe, difficile quantifier en
fonction du degr de translucidit (et donc qui va de paire d'opacit) qui
est variable d'un mail l'autre.
23
I.1.2.6
Influence de l'tat de surface sur la rflexion de la
lumire.(123).
Il existe deux types de rflexion de la lumire:
- la rflexion spculaire qui est rgie par les lois de Descartes : l'angle du
rayonnement rflchi est gal l'angle du rayonnement incident. La
rflexion spculaire ne se produit que sur des surfaces lisses dont les
asprits ont une taille
incident .
infrieure la longueur d'onde du rayonnement
-la rflexion diffuse : en raison des htrognits du milieu, autrement dit
lorsque la surface est rugueuse avec des asprits dont la taille est
suprieure la longueur d'onde du rayonnement incident, on parlera de
rflexion diffuse.
Figures 1.5 et 1.6 : rflexion spculaire et rflexion diffuse de la lumire
La rflexion de la lumire nous permet d'apprcier l'tat de surface des
dents : elle va dfinir le niveau de brillance de ces dernires. Ainsi, lorsque
la surface sera rugueuse, on aura prfrentiellement une rflexion diffuse :
les rayons sont dvis et diffuss
alors que si la surface est lisse et
transparente, la rflexion sera spculaire avec l'mission de rayons
parallles. La brillance devra tre maximale au niveau des surfaces lisses et
bien moindre au niveau des surfaces rugueuses tels les sillons.
24
I.1.2.7 Photoluminescence (85, 42).
Un corps est dit fluorescent lorsqu'il
possde
la
proprit
d'absorber
de
l'nergie lumineuse et de la restituer
spontanment et rapidement sous forme
de
lumire
dite
fluorescente
qui
se
trouve dans une bande spectrale dcale,
qu'elle soit infrieure ou suprieure.
Zyman
P.
et
Jonas
P.
en
2008,
rapportent que la plus part du temps,la
photoluminescence
se
traduit
par
l'mission de lumire visible partir
d'ondes invisibles tels les ultra- violets.
Fig. 1.7 : la phosphorescence et la fluorescence,
diffrences
Il existe deux formes de photoluminescence : la phosphorescence et la
fluorescence qui tous deux rsultent d'une absorption pralable de lumire.
D'un point de physique, lors de la fluorescence, il y a mission de lumire
l'tat excit alors que lors de la phosphorescence, la lumire est produite
un
tat intermdiaire lors du retour l'tat fondamental . Concrtement, la
phosphorescence est visible plus ou moins longtemps aprs l'arrt de la stimulation
lumineuse.
Ce phnomne de fluorescence est prendre en compte dans nos
reconstitutions esthtiques car mme si sous certaines lumires, on obtient
un photomimtisme certain, avec d'autres clairages, on s'loigne de la
qute du naturel.
En rsum, tous ces phnomnes d'interaction de la lumire avec la matire
sont connatre et matriser non seulement par le chirurgien-dentiste
mais aussi par les fabricants des matriaux dentaires. Ces derniers doivent
dominer ces phnomnes pour la cration de matriaux cosmtiques aux
caractristiques optiques adaptes toutes les situations cliniques par le
contrle de la translucidit/opacit. En tant qu'artiste du sourire, il faudra
25
matriser les proprits des matriaux mis notre disposition et les
proprits de la lumire au contact de la dent pour restituer le naturel
nos compositions dentaires.
I.1.2.8
On
parle
Le mtamtrisme (104).
de
mtamtrisme
pour
dsigner les variations de couleur que
subit
un
diffrentes
objet
sources
en
fonction
lumineuses
l'clairent. Ce mtamtrisme
par
la
multiplication
des
des
qui
existe
sources
lumineuses artificielles.
Figure 1.8 : le mtamtrisme
Le mtamtrisme influe sur les variations de teinte sans modification de la
luminosit ou de la saturation.
Pour limiter le phnomne de mtamtrisme, le chirurgien-dentiste doit
veiller un clairage adapt dans la zone confre la prise de teinte.
I.1.3
La couleur (34, 35, 89, 92, 101).
Sans lumire, il n'y a pas de couleur. La couleur signe la vie, les motions,
les plaisirs. Un monde sans couleur parat mort . Elle est porteuse de sens
et d'une symbolique. Le vert, par exemple, marque l'espoir ; le rouge, la
passion. Aussi, l'interprtation de la couleur est fonction de l'exprience de
chacun.
Selon le dictionnaire Larousse , la couleur est la sensation rsultant de
l'impression produite sur lil par une lumire mise par une source et
reue directement ou aprs avoir interagi avec un corps non lumineux.
Ainsi, la couleur est la rsultante subjective de l'interaction de la lumire
rflchie sur notre systme visuel comme le prcise SPROULL en 1973 avec
une composante triphasique de la couleur, savoir un phnomne physique
(un
intervalle
raction
de
d'onde
lil
lumineuse),
aux
un
excitations
psychosensoriel (la raction du
cellules rceptrices de la rtine)
phnomne
psychophysique
lumineuses),
un
(la
phnomne
cerveau aux messages envoys par les
26
I.1.3.1
Dcomposition de la lumire:le prisme de Newton. (30,
122).
Newton, par deux expriences majeures,
montre que, le prisme ne dviant pas les
lumires colores de la mme faon, ces
dernires
s'cartent
les
unes
des
autres , ce qui permet lil humain
de les diffrencier et que la lumire
blanche
est
bien
un
mlange
d'une
multitude de lumires colores. C'est le
phnomne de dispersion chromatique.
Figure 1.9: Dcomposition de la lumire selon Newton
I.1.3.2
La synthse des couleurs (14, 17, 41, 58, 99).
On parle de trivalence de la couleur. En fonction que la couleur est obtenue
par le mlange d'missions de rayonnements lumineux (on parlera de
synthse additive) ou qu'elle est issue de la rflexion lumineuse sur des
objets colors (dans ce cas, synthse soustractive), les couleurs primaires
seront diffrentes.
I.[Link]
La synthse additive des couleurs, mode RVB
La synthse additive rsulte du mlange d'missions lumineuses colores
partir des couleurs primaires que sont le rouge, le bleu et le vert. De ces
couleurs de base, par l'ajout de blanc et de noir , on peut obtenir,
thoriquement, la totalit de la gamme des couleurs.
Une couleur est la complmentaire d'une autre si le mlange des deux donne
du blanc en synthse additive et du noir en synthse soustractive. On en
dduit, qu'en synthse additive, le mlange de deux couleurs donnera
toujours une couleur plus lumineuse. Ainsi, la couleur complmentaire du
rouge est le cyan, celle du bleu, le jaune et enfin la couleur complmentaire
du vert est le magenta.
27
I.[Link]
ou mode JRB.
La synthse soustractive par mlange de pigments
En synthse soustractive, on sintresse l'interaction de la lumire avec la
matire, qui par sa composition molculaire, en absorbe une partie. Ainsi, la
transparence ou l'opacit des corps jouent un rle majeur dans l'effet color.
Figure 1.10 : synthse additive
Figure 1.11 : synthse soustractive
Les trois couleurs primaires sont les couleurs secondaires de la synthse
additive, : cyan, magenta et jaune. Le principe consiste composer une
couleur par soustraction de la lumire blanche. Le mlange de deux couleurs
donnera toujours une couleur moins lumineuse que les couleurs de dpart.
En dentisterie esthtique, c'est le principe de synthse soustractive qui
s'opre. Ainsi, on peut en dduire que plus on apporte de pigments, plus on
sature la matire, plus elle est sombre, et donc moins elle est lumineuse. Ce
principe est autant valable pour nous lorsqu'on ralise une stratification de
composite que pour le prothsiste qui monte les cramiques.
I.1.3.3
Le gris (64).
Il existe deux types de gris :le gris simple et le gris compos. Le gris simple
est le mlange de noir et de blanc. De ce fait, il sera toujours opaque du fait
qu'il n'existe pas de pigment blanc transparent. Le gris simple ne permettra
jamais d'ajuster la luminosit d'une corps translucide.
En revanche, le gris compos, qui rsulte du mlange des couleurs
primaires de la synthse soustractive possde, quant lui, un haut degr de
translucidit. Il peut donc servir modifier la translucidit de certains
corps, et sera d'une utilit certaine en odontologie.
28
I.2
Lil, l'origine de la vision
Lil, c'est l'objectif de votre appareil de photographie. Il reoit et
enregistre
les
rayonnements
lumineux
qui
lui
parviennent
pour
les
transmettre ensuite au cortex crbral qui, lui, les analysera. Nous allons
expliciter sa morphologie ainsi que son fonctionnement.
I.2.1
Anatomie de lil. (86, 125)
Lil est tapiss de trois membranes de
l'intrieur vers l'extrieur: la rtine, la
chorode et la sclrotique. Il compte
trois milieux transparents : l'humeur
aqueuse, le cristallin et le corps vitr.
Lil
prsente
trois
tuniques :
une
tunique fibreuse, l'uve et une tunique
nerveuse, la rtine.
Figure 1.12: l'anatomie de lil
La tunique fibreuse n'est autre que la sclrotique, membrane la plus externe
qui confre sa forme lil de part sa rigidit. Cette dernire a un rle de
protection ; elle est plus communment appele le blanc de lil .
L'uve compte l'iris, le corps ciliaire et la deuxime tunique, la chorode.
L'iris, arc-en-ciel, en grec, est le diaphragme de lil, qui est perc en son
centre par la pupille. Il donne la couleur lil et, comme tout muscle, se
contracte : il fait varier l'ouverture de la pupille pour modifier la quantit
de lumire perue afin d'viter, par exemple, l'blouissement, lorsqu'on se
trouve au soleil.
La chorode est une couche vasculaire de teinte noire, en continuit et en
arrire
de l'iris et du corps ciliaire. Elle a pour rle d'absorber les
rayonnements lumineux qui parasitent la vision. Ses vaisseaux sanguins ont
un rle nutritif pour les photorcepteurs de la rtine.
La rtine est la tunique sensible la lumire par la prsence de 130 millions
de photorcepteurs que sont les btonnets et les cnes. Elle transforme
l'influx lumineux en influx nerveux.
Comme on l'a dit prcdemment, lil compte trois milieux transparents :
-l'humeur vitre ou corps vitr occupe 80% du volume de l'organe ; elle a la
consistance de gele par sa composition riche en acide hyaluronique, ce qui,
en plus, permet d'absorber les pressions auxquelles est soumis lil sans
altrer sa fonction.
29
le cristallin : pour imager, c'est la lentille de lil qui va donc faire la
mise au point lors de laccommodation.
L'humeur aqueuse : liquide transparent en permanence renouvel qui
remplit l'espace entre la corne et le cristallin. Tout comme le corps
vitr, elle maintient la pression intra-oculaire.
Comme l'explicite le schma, lil compte aussi le nerf optique qui
transmettra les informations au cortex visuel ainsi que la fova qui se situe
au niveau de la rtine, au centre de la macula. La fova est d'une importance
capitale pour la vision : en effet, elle assure une vision la plus prcise au
cours de la journe.
I.2.2
Physiologie de l'organe oculaire. (86, 91, 97).
Lil est l'organe qui observe, capte et code les informations sur le monde
qui nous entoure. Avec des images internes projetes depuis les objets du
monde extrieur, c'est la caverne de Platon, pourvue d'une lentille .
I.2.2.1
Le trajet des rayons lumineux
Concrtement, les rayons lumineux subissent des transformations majeures
travers lil. Ci-dessous les diffrentes tapes que rencontrent les rayons
lumineux avant d'tre interprts par notre cortex visuel :
Les rayons lumineux frappent la cible et sont absorbs et/ou rflchis
en fonction des longueurs d'onde ;
Les rayons lumineux traversent la corne de lil ;
C'est
ce moment que les rayons lumineux, en
cristallin, sont inverss de haut en bas ;
traversant le
Ils pntrent ensuite travers le corps vitr ;
L'image prcdemment inverse est projete sur la rtine a qui on doit
un rle majeur par la prsence des cellules photoreceptrices que sont
les cnes et les btonnets. Ces dernires vont transformer les signaux
lumineux en influx nerveux que le cerveau sera ensuite capable
d'interprter.
Le nerf optique transmet alors l'influx nerveux au cerveau, et ce du
ct oppos dans les bandelettes optiques.
Des bandelettes optiques, les influx sont transmis au thalamus puis au
cortex visuel qui recrera une image tridimensionnelle des objets
observs par lil.
30
I.2.2.2
Les cellules photoreceptrices : les cnes et les btonnets.
(38, 97).
La rtine peut tre considre comme un
lment part entire
du cerveau mais
extrieure celui-ci. On peut l'assimiler
l'antenne de votre poste de tlvision
qui est l'extrieur mais pourtant qui fait
partie intgrante du tlviseur. La rtine
est largement innerve et se dcompose
en trois couches de neurones spares par
deux couches intermdiaires. La couche la
plus
profonde
photorcepteurs,
les
compte
cnes
et
les
les
btonnets, qui sont les seules cellules
capables
de
transformer
lumineux en influx nerveux.
le
message
Figure 1.13 : Physiologie de l'organe oculaire
Ces derniers sont vhiculs par les axones aux neurones bipolaires
(deuxime couche) puis, aux neurones ganglionnaires (troisime couche).
Les axones des neurones ganglionnaires vont sortir de lil pour atteindre le
premier relai visuel du cerveau.
Deux autres prcisions sont apporter : il existe deux autres voies de
traitement de l'information visuelle au niveau de la rtine. Elles
font
intervenir les cellules horizontales et les cellules amacrines. Les cellules
horizontales
font
relai
entre
photorcepteurs
et
neurones
bipolaires
alentours. Quant aux cellules amacrines, elles font le relai entre neurones
bipolaires et neurones ganglionnaires.
Nous allons approfondir le rle des cellules matresses de la rtine, savoir
les cnes et les btonnets. Prcisons qu'un photorcepteur est compos d'un
ple rcepteur appel segment externe et d'un ple transmetteur situ au
pied du segment interne. Entre le pied rcepteur et le segment interne prend
place le bulbe synaptique.
31
I.[Link]
Les cnes de la rtine (65, 97).
Au nombre de 6 7 millions en
moyenne,
les
cnes
sont
nomms
ainsi car ces cellules ont une forme
conique, sont trapus et courts. On les
retrouve essentiellement au centre de
la rtine, nomme la macula, et plus
prcisment au niveau de la fovala
pour s'effacer progressivement vers
la priphrie o ils sont remplacs
par les btonnets.
Fig. 1.14 : les cnes de la rtine
Les cnes de la rtine sont au nombre de trois : les cnes bleus, verts et
rouges ou cnes S (short), M (mdium) et L (long). Ils ont ainsi un rle
majeur dans la perception des couleurs et des dtails. On parle de vision
photopique. Par dfinition, c'est la vision de jour. Les cnes ragissent aux
couleurs mais pas aux diffrences de luminosit.
Comme dit prcdemment, il existe trois types de cnes et donc trois types
de pigment (iodopsine) : un pigment qui sera sensible aux bleus, un sensible
aux verts et un dernier sensible aux rouges. La sensibilit de lil est
diffrentielle en fonction de la longueur d'onde mise. Le maximum de
sensibilit est obtenu pour une longueur d'onde qui avoisine les 550
nanomtres.
Les cnes qui sont capables de dtecter les bleus ont une sensibilit
augmente pour des longueurs d'onde voisines des 420 nm,
Les cnes capables de dtecter les verts sont sensibles aux longueurs
d'onde proches des 535 nm ;
Enfin, les cnes capables de dtecter les
longueurs d'ondes avoisinant
rouges sont sensibles aux
les 635 nm. Cette sensibilit diffrentielle
provient de la nature diffrente du chromophore contenu dans les saccules.
La confluence combine des informations provenant des trois types de cne
assure par synthse additive une formation colore qui ne sera possible
qu'en vision photopique.
32
I.[Link]
Les btonnets de la rtine (65).
En opposition aux cnes, les btonnets
sont beaucoup plus nombreux. On en
compte
prs
de
130
millions.
Les
btonnets sont prsents sur toute la face
profonde de la rtine sauf en son centre,
savoir la fovala. Ils sont leur densit
maximale en priphrie. Ils doivent leur
nom leur forme : cylindriques, allongs
et grles. Leurs saccules contiennent un
photo-pigment
rhodopsine.
unique
qu'est
la
Figure 1.15 : les btonnets de la
rtine
Ces btonnets prsentent une excellente sensibilit : c'est pourquoi ils sont
responsables de la vision de nuit ou vision scotopique. La nuit, la sensibilit
de lil se dplace prfrentiellement vers les courtes longueurs d'ondes que
sont les bleus , ce qui permet l'organe visuel de s'adapter la pnombre
de la nuit.
Ainsi, en ce qui nous concerne, ils permettront de dfinir la luminosit,
c'est dire les niveaux de gris, essentielle la prise de teinte. Pour faire
simple, les btonnets sont incapables de diffrencier deux couleurs de
mme luminosit.
I.[Link]
La sensibilit diffrentielle des photorcepteurs,
l'origine de la distinction des couleurs. (65).
En rsum, lil a deux modes de
fonctionnement selon la luminosit
en faisant intervenir deux types de
photorcepteurs.
Lorsque
la
luminosit est faible, les btonnets
prennent le dessus. C'est l'inverse
quand la luminosit augmente.
Figure 1.16 : sensibilit diffrentielle des photorcepteurs
33
C'est l'action combine des cnes et des btonnets qui va nous permettre de
distinguer les couleurs les unes des autres et ainsi qui nous permettra de
discerner le nombre incalculable de nuances de couleur.
Les
btonnets
sont
sensibles
la
luminosit.
Dans
notre
pratique
quotidienne, ce sont eux qu'il faudra faire fonctionner en premier ! C'est en
second temps que les cnes, situs en priphrie de la rtine dtermineront
la teinte et la saturation de la dent !
I.2.3
Anomalies de
la vision : entre
dyschromatopsies. (17,46, 86, 114).
fatigue
oculaire
et
Il est lgitime de dtailler les anomalies de la vision ou dyschromatopsies
car elles peuvent concerner chacun d'entre nous en tant qu'artiste du
sourire, ce qui prsente un handicap certain quant la prise en charge
cosmtique de nos patients. En effet la frquence des anomalies de la vision,
si elles ne concernent que 0,5 % des femmes, elles atteignent 9 % des
hommes et sont donc susceptibles de nous concerner.
D'un individu un autre mais aussi pour un mme individu en fonction de
son tat physiologique, de sa fatigue oculaire, la vision peut se dcaler de la
moyenne. Nombre de personnes prsentent une perception chromatique qui
s'loigne plus ou moins de la moyenne de la population. C'est, notamment,
grce Dalton qu'est mise jour une quantit d'anomalies de la vision,
savoir par ordre de gravit croissante, le trichromatisme anormal, le
dichromatisme et l'achromatisme.
I.2.3.1
Le trichromatisme anormal.
Un individu atteint de trichromatisme anormal distingue les trois attributs
de la couleur, savoir la luminosit, la saturation et la tonalit. Cependant,
la courbe spectrale de son sens visuel s'carte de la moyenne .
dficience concerne prfrentiellement les couleurs chaudes.
I.2.3.2
La
Le dichromatisme.
Deux variables seulement dfinissent le monde color par une absence
totale de fonctionnement d'un cne.
34
I.2.3.3
L'achromatopsie.
L'achromatopsie est la plus grave des anomalies de la vision pour laquelle on
a une ccit totale. En fait, l'individu se retrouve comme dans l'univers du
cinma en noir et blanc par des cnes totalement non fonctionnels.
La fatigue oculaire sera vectrice de grandes sources d'erreurs ; C'est
pourquoi, il sera primordial lors de sances de soins prolonges de reposer
ses photorcepteurs en s'accordant des temps de pause, notamment en
regardant au loin. Aussi, le chirurgien-dentiste doit avoir conscience de ces
dyschromatopsies et les faire dpister auprs d'un professionnel aguerri.
I.3
Le cortex visuel : moteur de nos perceptions visuelles. (17, 53,
91, 116, 126).
Le cerveau est l'appareil de la comprhension . Il est prciser
l'importance du cortex visuel qui contribue la vision et confre une
importante valeur ajoute aux images rtiniennes inverses. La perception
du monde qui nous entoure est nettement plus riche qu'une image
rtinienne. C'est l qu'intervient toute la complexit qui fait que nous ne
sommes pas de simples appareils photographiques comme peut l'tre lil
indpendamment de tout mcanisme de comprhension que constitue le
cortex visuel. La valeur ajoute ces images doit tre confre
aux
processus crbraux dynamiques utilisant les connaissances du pass pour
voir le prsent et prdire le futur immdiat .
A ce juste titre, nous ne pouvons pas parler des perceptions visuelles ainsi
vhicules sans parler d' Hermann von Helmholtz (1821-1894). Il dfinit
ces dernires comme des interfrences inconscientes , cres partir
des donnes sensorielles et portant sur ce qui pourrait exister en dehors de
nous .
Le rle de nos sens apparat alors vident dans la perception du monde. La
perception visuelle ne concerne pas seulement la perception de la couleur
mais aussi la perception des formes ou encore des contrastes.
Il existe toujours un dcalage entre la ralit physique
et ce que nous
distinguons, entre la ralit de la couleur et l'effet color, entre la mesure
et la sensation perue par lil .
35
ZWAHLEN : La couleur n'est pas une qualit objective inhrente l'objet,
mais c'est une rponse de la vision la perception d'une longueur d'onde de
la lumire. La couleur, les formes, les contrastes, les illusions d'optique ne
sont qu'une impression , un effet physiologique produit par notre cerveau et
dont les causes sont captes par nos sens.
Dans un premier temps , nous allons dtailler les mcanismes physiologiques
des voies de la vision qui se droulent dans notre cerveau pour ensuite,
expliciter, les perceptions visuelles que vhiculent notre cortex visuel la
vue d'un objet.
I.3.1
Cration des messages visuels (2, 3, 6, 102, 120).
Dans leur article paru dans The European Journal of Esthetic Dentistry , en
2006, Talarico G. et Morgante E. rapportent trs justement que lil permet
la vue alors que la vision rassemble l'apprciation des formes, des
couleurs pour dboucher la perception du mouvement et de la
profondeur , et ce par le cortex visuel. Mais quel trajet empruntent les
influx lumineux au sein du cerveau ?
On sait, ce jour, grce aux neurosciences et l'imagerie fonctionnelle, que
trente et une zones du cerveau sont destines la vision. Chaque zone a un
rle qui lui est propre, toutes ces zones tant en communication les unes les
autres. Ainsi, une zone sera responsable d'identifier la perception de
mouvement, l'autre sera responsable d'identifier les formes ou encore les
couleurs. On parle de spcialisation fonctionnelle des aires [Link]
objet n'est pas seulement identifi par sa couleur mais aussi par sa forme
globale (soit sa macrogographie), sa texture, son tat de surface, autrement
dit sa microgographie. Cet objet observ connat une premire tape sur la
rtine : les rayons lumineux qui sont rflchis par l'objet observ percutent
la rtine o un processus de transduction s'opre : le rayonnement lumineux
est transform en influx nerveux, nergie lectrique transmissible aux
cellules nerveuses que sont les neurones. Il faut prciser le rle des
photopigments, qui par une cascade de ractions chimiques assure la
transformation
du
message
lumineux
en
message
nerveux.
L'influx
emprunte, alors, les voies visuelles par les neurones bipolaires puis les
neurones ganglionnaires.
36
L'influx
neurone
nerveux
la
ganglionnaire
sortie
rejoint
du
la
voie gniculo-corticale (pour 80%),
savoir
optique,
successivement
le
bandelettes
chiasma
le
nerf
optique,
optiques,
les
les
corps
genouills latraux dans la partie
dorsale du thalamus, les radiations
latrales, pour atteindre le cortex
visuel primaire, premire tape la
reconstitution des images grce aux
champs rcepteurs des cellules de la
rtine.
En parallle, les messages
nerveux peuvent emprunter une voie
secondaire (20%) en passant par les
tubercules
antrieurs :
c'est
quadrijumeaux
la
msancphalique.
voie
Figure1.17 : Trajet des rayons lumineux
I.3.2 Rtinotopie des aires visuelles.
Il existe une correspondance entre
la
disposition
des
cellules
ganglionnaires de la rtine et la
disposition de leur cibles centrales
la surface du cortex. La rtine
sert
de
rfrence
aux
cartes
corticales, c'est pourquoi on parle
de
rtinotopie.
Les
structures
visuelles centrales prsentent une
organisation centrale ordonne : on
parle de carte de l'espace visuel.
Figure 1.18: Rtinotopie des aires visuelles
37
Les points de plus grandes discriminations, savoir la fova prsentent une
reprsentation disproportionne par rapport au reste de la rtine. Par
exemple, dans le cortex visuel primaire, la fova occupe la majorit de la
partie postrieure de l'aire corticale V1 (voir schma) alors que toute la
rgion priphrique de la rtine se concentre, quant elle, seulement la
zone antrieure de cette mme aire.
I.3.3
Spcialisation des aires visuelles (5).
Il existe deux aires visuelles : une aire visuelle droite et une aire visuelle
gauche. L'aire visuelle droite analyse le champ visuel droit de chaque il.
Identiquement, l'aire visuelle gauche analyse le champ visuel gauche de
chaque il.
Ces deux aires visuelles sont elles-mmes
subdivises en plusieurs zones dfinies de
V1 V5. V1 est tout simplement le cortex
visuel
primaire
ou
cortex
stri.
correspond aussi l'aire 17 dcrite, au
Fig.1.19: les cortex visuels V1 et V2
Il
dbut du XX m e sicle par l'anatomiste
Brodmann. C'est au niveau de ce premier relai du cortex visuel que l'influx
nerveux connat une premire tape.
Le cortex primaire V1 est
reli au cortex secondaire (V2) ou cortex
parastri ou aires 18 et 19 de Brodmann, elles-mmes lies
associatives (V3, V4 et V5).
aux aires
En vrai, il existerait deux grands systmes corticaux de traitement de
l'information visuelle : une voie ventrale qui s'tend vers le lobe temporal et
une voie dorsale qui, elle, s'tend vers le lobe parital. Les aires visuelles
temporales assureraient la perception consciente, la reconnaissance et
l'identification des objets en intgrant les valeurs qui sont intrinsques
l'objet tel sa forme et sa couleur. Les aires visuelles paritales, quant elles,
permettent plutt de situer l'objet dans l'espace, de quantifier son volume et
son orientation : ainsi, elles ont un rle d'identification des proprits
extrinsques l'objet. On parle de contrle visuo-moteur.
38
Figures 1.20 et 1.21 : les aires corticales secondaires et associatives
Les aires associatives bien que spcialises chacunes dans un domaine ont
un nombre majeur d'interconnexions, ce qui permet un assouplissement du
fonctionnement du systme visuel.
L'aire V1 est active quelle que soit la situation visuelle. En revanche les aires
suivantes sont impliques dans le traitement d'aspects spcifiques de la
sensation visuelle. L'aire V4 est implique dans le traitement des couleurs.
Ainsi, lorsqu'on regarde un tableau color comme les magnifiques nymphas
de Claude Monet, c'est l'aire V4 qui est sollicite pour distinguer toutes les
variations de couleur.
Figures 1.22 et 1.23 : Les Nymphas de Claude Monet
Un objet en mouvement sollicitera quant lui l'aire V5 : c'est l'aire de la perception du
mouvement. Enfin, l'aire V3 permet la reconnaissance de la forme des objets.
39
De la Vue la vision et la perception visuelle
OBJET (dent)
lumire
OEIL
VISION
VUE
rtine= appareil de la vision
image rtinienne biplane
rayons rflchis
PERCEPTION VISUELLE
CORTEX VISUEL = appareil de la comprhension
objet peru en 3D
La perception visuelle rsulte des transformations gnres par notre cortex visuel la
vision du monde. Elle est issue de l'imbrication de 3 phnomnes :
-un phnomne physique par la lumire sans laquelle on ne pourrait ni voir ni percevoir ;
-un phnomne psychophysioneurologique ;
-un phnomne psychosensoriel subjectif intellectuel et artistique.
Le cerveau apporte une importante valeur ajoute aux images rtiniennes : c'est l'appareil
de la comprhension ! Trente et une zones destines la vision : le cortex visuel primaire
reoit l'influx nerveux en provenance de la rtine, distribue et change les informations
avec les aires du cortex visuel secondaire et associatif (V2-V3-V4-V5). Ces dernires aires
secondaires et associatives sont spcialises : elles assurent indpendamment et, ce en
fonction de leur spcificit, linterprtation de toutes les informations recueillies par la
rtine : couleur, mouvement, reconnaissance des formes, espace et profondeur pour une
perception visuelle intgre.
Cependant, des tudes rcentes nous apprennent que le cerveau peroit en permanence
une multitude de choses qu'il ne daigne pas partager avec nous. ; c'est--dire que le cortex
visuel traite des informations visuelles dont on ne pourrait jamais avoir conscience, tout
ceci par souci d'conomie d'nergie !! le cerveau dcide de ce qu'on va percevoir, il traite
toute l'information puis dtermine quelle est la meilleure interprtation ! (131).
Figure 1.24 : Perception visuelle intgre et interprte : reprsentation visuelle du monde
40
Figure 1.25 : Schmatisation de la perception visuelle intgre
I.3.4
Les perceptions visuelles proprement dites (4, 5, 8, 9, 16, 37,
59, 66, 72, 83, 127).
Ce que nous voyons n'est qu'apparence. L'art ne reproduit pas le visible,
mais le rend visible P. Klee, peintre suisse (1879-1940).
Chacun a sa reprsentation visuelle du monde, mais celle-ci reproduit-elle
fidlement la ralit ? Il est important de comprendre que nous attribuons
au monde qui nous entoure des qualits qui ne sont que la simple rsultante
des proprits de notre quipement neurosensoriel .
Comme vu prcdemment, ces perceptions ne sont possibles que par des
cellules spcialises des aires corticales visuelles secondaires et associatives.
Le principe hdonique est de rigueur : obtenir par un effort minimal, une
satisfaction optimale. Les centres hdoniques ou centres du plaisir sont
stimuls volontiers par la complexit des stimulations visuelles.
La perception est la fonction par laquelle un organisme
connaissance de son environnent au moyen de ses sens. J.C Paris
prend
41
Les perceptions visuelles sont des rponses inconsciemment dformes par
l'exprience de l'observateur : elles sont dcrites comme la
rponse
psychologique des stimulations physiologiques qui dpend des facults
intellectuelles de chacun, de son vcu, des ses besoins et de ses attentes.
D'autre part, nous ne pouvons pas parler des perceptions visuelles sans
voquer les illusions d'optique. En effet, l'arrangement particulier de
certaines situations visuelles amne notre cerveau faire des erreurs sur la
couleur des objets, leur taille ou encore la rectitude d'une ligne. Ce sont ces
erreurs systmatiques que sont les illusions d'optique. Contrairement ce
que nous pouvons croire, le monde tel que nous le voyons ne nous est pas
livr tel quel comme une simple photographie . En clair, le cerveau
interprte les signaux transmis par le monde qui nous entoure pour
construire une image qui a du sens pour nous. Notre cerveau cherche
tellement en permanence crer du sens pour tout ce qui nous entoure qu'il
en met souvent mme l o il n'y en a pas, l'origine des illusions d'optique.
I.3.4.1
Les forces visuelles : entre varit et harmonie. (72).
Toute perception visuelle de forme, de taille, de mouvement et de couleur
implique un quilibre entre tensions ou forces visuelles opposes.
Ainsi, les perceptions visuelles dpendent de l'harmonie des forces visuelles,
c'est--dire de l'quilibre entre ces forces.
Il existe deux forces visuelles opposes : les forces de cohsion l'origine de
l'unit et les forces qui contrarient ces dernires et qui sont regroupes sous
le terme de forces de sgrgation.
I.[Link]
Les forces de cohsion. (72).
Les forces de cohsion tendent l'unification d'un tout. Elles se manifestent,
notamment, par des rptitions, une couleur unifie, des bords rguliers, des
formes gomtriques simples.
Comme l'explicite parfaitement J.C Paris, l'exemple le plus reprsentatif est
le carr, forme gomtrique la plus cohsive : il a 4 cts de mme
dimension, 4 angles identiques, une symtrie parfaite faisant natre une
certaine monotonie.
42
I.[Link]
Les forces de sgrgation. (72).
La monotonie cre par les forces de cohsion est rompue par les forces de
sgrgation qui s'opposent l'unit : il en rsulte une forme chaotique,
gnrant un stress visuel.
Figure 1.26 : Force de cohsion
I.[Link]
- Force de sgrgation
Harmonie : quilibre entre forces de cohsion et
forces de sgrgation. (72).
L'quilibre entre forces de cohsion et forces de sgrgation concourent
l'harmonie. Elle se matrialise par un centre de symtrie sans symtrie
parfaite, une rgularit des courbes, des formes fluides non anguleuses ainsi
qu'une dynamique quilibre. Cette recherche d'quilibre ,qui est la fois
physique et psychique, est spontane car conome en nergie.
Une composition dsquilibre parat incomplte, passagre. Les lments de
la composition paraissent se mouvoir ou changer de forme. A l'inverse dans
une composition quilibre, tous les lments semblent leur place en toute
harmonie sans aucun changement possible.
I.3.4.2
Les illusions d'optique (37, 66, 72, 127).
La nuit, dans un ciel nuageux, c'est la lune qui semble se dplacer vers les
nuages. Jacques Ninio
Le terme d'illusions d'optique se rapporte toute illusion qui trompe le
systme visuel humain et qui aboutit une sensation dforme de la ralit.
Les illusions d'optique nous montrent que notre perception du monde est
trs loigne d'une simple photographie. L'image physique forme sur la
rtine va subir des interprtations crbrales qui ne seront pas les mmes
pour
tout
le
monde.
Les
illusions
d'optique
sont
la
rsultante
des
43
phnomnes de fatigue visuelle mais surtout des constructions mentales
potentiellement errones par une adaptation des contrastes, des contours,
des couleurs, des reliefs, des perspectives mais aussi de la dynamique.
Les illusions d'optique peuvent aussi bien survenir de manire naturelle ou
tre cres par des astuces visuelles, de vrais trompe-lil, qui seront de
relles subtilits pour notre pratique quotidienne.
Nous allons dtailler les principales illusions d'optique qui erronent notre
perception du monde. Il existe deux types d'illusions d'optique : les illusions
d'optique primaires et secondaires.
I.[Link]
Les illusions d'optique primaires (37, 66, 72, 127).
Au rveil, lil, ds qu'il s'ouvre, cherche reconnatre, identifier le monde
qui l'entoure : il se livre une exploration attentive du champ perceptif
qui s'offre lui. Ce sont des illusions innes, prfrentiellement nommes
illusions d'optique primaires par le psychologue suisse Jean Piaget. Les
illusions d'optique primaires se forment quand lil enregistre un aperu
sommaire des points enregistrs au hasard : les lignes, les symtries, les
asymtries, les angles, les irrgularits.
Elles se dclinent en deux groupes : les illusions optico-gomtriques et les
illusions de lumire.
I.[Link].1
Les illusions optico-gomtriques
Plus de 200 illusions gomtriques sont rpertories ce jour. Elles sont
l'origine
d'erreurs
d'estimations,
de
dimensions,
d'interprtations,
de
courbures, etc. Elles naissent au milieu du XIXme sicle avec leurs
pionniers tels Delboeuf, Hering et encore Muller-Lyer.
Deux lments dfinissent une illusion d'optique gomtrique :
un lment inducteur qui est l'origine de la dformation,
un lment test qui la subit.
44
Les illusions optico-gomtriques se dclinent en sept catgories majeures :
-
contraste de taille
Il existe de nombreuses illusions mettant en
relation un contraste de grandeur : la taille
apparente des lments les plus grands est
surestime par comparaison au plus petit et
inversement. On compte l'illusion de Delboeuf
mais aussi celle de Tichener que voici :
Figure 1.27 : illusion de Tichener
Le cercle central de la configuration de gauche parat plus grand que celui
de droite alors qu'ils sont de mme dimension.
division de l'espace
Un espace qui est occup par des lments apparat plus grand qu'un espace
qui ne l'est pas.
La
distance
entre
AB
et
BC
est
identique, mais la distance entre A et
B parat plus grande car l'effort de
lecture est plus important.
.
Fig. 1.28 : l'illusion d'Oppel-kundt
effets d'angle
les effets d'angle reposent sur le principe d'orthogonalit, c'est--dire la
tendance surestimer les angles aigus et sous-estimer les angles obtus. En
fait, il s'agit de la tendance spontane toujours ramener l'angle vers un
angle droit.
Figure 1.29 : Illusion de Hering
Figure 1.30: Illusion de Zollner
45
Dans l'illusion de Hering, les deux lignes paraissent incurves alors que physiquement, elles
sont parfaitement rectilignes.
Dans l'illusion de Zollner, les lignes ne semblent pas parallles alors qu'elles le sont en
ralit.
verticalit
Voici un illusion banale : l'illusion horizontal-vertical . Une ligne parat
plus longue la verticale qu' l'horizontale. La lettre T en est l'exemple
le plus simpliste. En fait, l'illusion du T est essentiellement due au fait
qu'un segment partag en deux semble plus court que le segment complet.
Autre exemple, trs pris au XIX m e sicle : le chapeau haute forme qui
parat plus haut que large alors qu'il est aussi large que haut.
Figure 1.31 : la lettre T
Figure 1.32 : le chapeau haut de forme
courbures des arcs de cercle
Les arcs courts semblent plus plats
que
les
arcs
diffrentielle
longs :
des
arcs
la
longueur
de
cercle
semble faire varier leur courbure.
Figure 1.33 : courbure des arcs de cercle
perspective
La verticale de gauche semble plus longue
que la verticale de droite. C'est la prsence
des traits suggrant la perspective qui
entrane l'illusion de grandeur. A mme
grandeur physique,un objet paraissant plus
loign qu'un autre sera vu plus grand et
inversement.
Figure 1.34 : Illusion de Ponzo
46
-
renforcement
Par exemple, comme le dcrit J.C Paris, la prsence d'un trait central au
milieu d'un rectangle va influencer notre perception, et ce, dans le sens du
trait. Aussi un individu portant un T-shirt avec des rayures horizontales
paratra plus gros que s'il porte un mme T-shirt rayures verticales !
I.[Link].2
Les illusions de lumire.
Les illusions de lumire regroupent les irradiations, les illusions de
compensation, les contrastes de couleur et aussi les contrastes de luminosit.
principe d'irradiation (figure 1.35)
Un carr noir sur fond blanc semble plus petit
qu'un carr blanc sur fond noir. Ceci s'explique
par le principe d'absorption et de rflexion de la
lumire : en effet, le noir absorbe toutes les
couleurs du spectre lumineux alors qu'inversement
le blanc les rflchit en totalit et irradie donc.
illusion de compensation (figure 1.36)
Fixez de manire intense le carr bicolore
pendant 30secondes puis fixez le carr blanc
ct : vous percevrez le carr en couleurs
complmentaires (ici, synthse soustractive
des couleurs) : le violet qui entoure le jaune.
contraste de couleur
La couleur d'arrire-plan influence l'illusion. En effet, le cerveau distingue
les couleurs par rapport au milieu environnant.
Ici, le blanc semble accentuer la nuance
du carr rouge alors que le rouge fonc
de droite semble l'attnuer, pourtant les
deux
carrs
rouges
centraux
d'intensit lumineuse identique.
sont
Figure 1.37 : Contraste de couleur
47
contraste de luminosit : entre ombres et lumires
Il apparat du gris l'intersection des carrs noirs. Elles
sont cres par la correction du cerveau quant la
luminosit d'une zone par rapport aux zones voisines : le
blanc apparat moins lumineux, c'est--dire gris car
entour de zones plus lumineuses que sont les lignes
blanches.
Figure 1.38 : Grille d'Hermann
I.[Link] Les illusions d'optique secondaires
A l'inverse des illusions d'optique primaires, elles sont issues de l'acquis et
de l'apprentissage de chacun. Ce phnomne consiste percevoir des images
qui se dtachent du fond alors qu'aucun trait n'est trac pour les dlimiter.
Ces illusions secondaires sont donc subjectives ; elles sont la rsultante
d'une opration mentale qui prolonge de manire inconsciente les lignes
dans la portion centrale la recherche d'un relief. Il existe deux types
d'illusions
secondaires :
les
illusions
de
contexte
et
les
illusions
d'apprentissage.
-
les illusions de contexte
Elles sont le fruit d'une adaptation du cerveau voir les choses la place o
elles ont l'habitude d'tre. Le cortex visuel a toujours tendance simplifier
et globaliser les images plutt que de complexifier les choses en dtaillant le
contenu de ces dernires.
-
les illusions d'apprentissage
Notre apprentissage nous fait percevoir un triangle alors
qu'aucun trait ne le dlimite. Notre connaissance mentale
de la forme, des dimensions, de la couleur, du poids des
objets nous les fait percevoir par l'esquisse de leur forme.
Figure 1.39 : Illusions subjectives de Kanisza
48
les illusions figure-fond
Une image vue dans son ensemble a des
proprits globales diffrentes de celles issues de
la somme de ses parties.
Figure 1.40 : Un exemple intressant: Voyez-vous
un saxophoniste ou le visage d'une femme ?
Devant une image complexe, le cerveau a toujours la ncessit de simplification, c'est--
dire de distinguer une figure principale et de relguer le reste comme faisant office de fond.
Ces illusions sont la preuve du travail de regroupement et de sgrgation qu'effectue le
cortex visuel pour reconnatre un objet au sein d'une situation complexe.
I.3.4.3 La perception visuelle colore. (38, 44, 70, 72, 102, 108).
La couleur est un vrai phnomne perceptif dpendant de phnomnes
complexes physiques, psychophysiques et psychosensoriels. Aussi, en 2010,
Perelmuter
rapporte
que
l'interprtation
de
la
couleur
se
heurte
frquemment lambigut du langage ainsi qu' la difficult de distinguer
le plus prcisment ses variations. Le peintre amricain Albert Henri
Munsell (1858-1918) dcompose une couleur selon trois dimensions : sa
luminosit, sa saturation, sa teinte :
-
sa luminosit : c'est la quantit de blanc contenue dans une couleur,
c'est--dire la quantit de lumire rflchie par l'objet. Elle s'exprime en
pourcentage par rapport au blanc de rfrence. Lil humain apprciera
prfrentiellement la luminosit sous une faible intensit lumineuse o seuls
les btonnets rtiniens seront stimuls et pourra distinguer deux cent
nuances de luminosit.
sa saturation : c'est la quantit de pigments purs contenus dans une
couleur. Elle s'exprime en pourcentage de teinte de base.
Une couleur pourra subir une dsaturation de deux faons :soit par
adjonction de noir : on obtiendra une teinte plus terne dite rabattue, soit
par adjonction de blanc, ce qui clairera la couleur avec l'obtention d'un
ton pastel.
Tous les niveaux de gris intermdiaires pourront tre usits pour dsaturer
une couleur.
49
sa tonalit chromatique ou teinte : c'est la longueur d'onde qui se
rapproche le plus de la nuance choisie. Elle s'exprime en nanomtre ; c'est la
valeur physique de la couleur.
Lil parat plus sensible la luminosit qu' la teinte. Ainsi une erreur de
cette dernire sera plus facilement discrimine qu'une erreur de saturation
ou de tonalit chromatique.
La perception colore fait intervenir au niveau des aires crbrales trois
groupes de cellules spcialises : un groupe spcialis dans la luminosit et
deux autres groupes spcialiss dans les couleurs. Le premier sous-groupe
fera la diffrence entre les rouges et les verts alors que le deuxime sousgroupe dmarquera les jaunes des bleus.
Aussi, il faut noter l'implication de la lumire quant la perception
d' espace et de profondeur par la brillance des zones illumines et les
ombres des zones masques. Plus la brillance augmente et plus les zones
d'ombre diminuent et plus la surface semble s'aplanir.
I.3.4.4 La perception visuelle de forme (72).
Percevoir une forme est une exprience
cratrice et dynamique qui va structurer
nos sensations en un tout significatif. Cela
implique un apprentissage pralable pour
reconnatre les formes sans oublier pour
autant l'influence du rapport figure/fond
qui
demande
supplmentaire.
un
effort
intellectuel
Figure 1.41 : Logo d'une association caritative : on distingue tous
le continent africain au centre. De plus prs, on voit deux ttes
humaines qui symbolisent les relations entre les hommes
Bien qu'instinctivement on cherche toujours la simplification, les formes
trop simples sont juges peu plaisantes. En effet, il faut un minimum de
richesse de forme et de complexit pour tre agrable lil.
La cohsion structurelle des objets permet une perception de l'ensemble;
leur rapport avec l'environnement immdiat sera analys en second temps.
50
Un objet sera prfrentiellement peru, slectionn par des attributs qui le
distingue
du
fond :
ses
dimensions,
le
changement,
le
contraste,
la
nouveaut, la rptition, le mouvement.
I.[Link] Perception de l'ensemble. (72).
On ne peut pas parler de perception de l'ensemble sans parler de
psychologie de la forme ou gestaltisme.
Le gestaltisme est une thorie psychologique, biologique et philosophique,
ne au dbut du XX m e sicle, notamment par Christian von Ehrenfels, Max
Weitheimer, Kurt Koffka,Wolfgang Kohler selon laquelle les mcanismes de
sensation et de reprsentation mentale traitent les phnomnes comme des
ensembles structurs de manire spontane et non comme une addition et
juxtaposition d'lments. Ils considrent que les bonnes formes sont celles
les plus simples, les plus quilibres, les plus symtriques...
Un objet est vu dans son ensemble avant d'en distinguer les diffrents
lments qui le constituent. Plus les attributs de l'objet sont forts, plus il se
dmarquera du fond. Une chaise est perue comme telle et non pas d'emble
comme l'assemblage d'un sige, d'un dossier et de 4 pieds.
Au niveau des aires visuelles secondaires et associatives, une premire aire
spcialise dans la perception globale est stimule avant que des aires
impliques dans la perception des dtails ne soient actives pour affiner la
perception de l'objet. Au fur et mesure que la perception des dtails
s'opre, on en oublie l'ensemble.
I.[Link] Rapport figure-fond
Aprs avoir identifi l'objet comme une entit globale, on va distinguer les
dtails en isolant quelques lments de la composition qui seront alors
considrs leur tour comme figure avec leur propre fond.
En rgle gnrale, l'attention
est porte sur la perception de l'objet
indpendamment du fond qui est majoritairement oubli du champ visuel.
Nous allons dtailler les diffrentes rgles qui rgissent le rapport qu'ont les
figures avec leur environnement :
-rgle d'homognit : le niveau d'unit du fond va dfinir le degr
d'influence du fond sur la forme. Plus le fond est inhomogne (forces de
sgrgation), plus l'unit de la forme disparat et donc plus le fond influe
sur la forme.
51
-rgle de fermeture : la figure est dfinie par ses contours qui les dlimitent
du fond et qui permet de percevoir la forme comme un objet distinct.
-rgle de symtrie : on parlera de symtrie principalement pour la figure.
-rgle de convexit : la figure est prfrentiellement convexe par rapport au
fond. La convexit signe une expansion de la figure sur le fond et donc est
moteur de vie. A l'inverse, un objet qui sera concave tend privilgier le
fond sur la forme, dnu de toute activit et parfaitement disgracieux.
-rgle de texture : une figure qui prsente une microgographie labore se
dtachera davantage du fond.
-rgle de luminosit : en rgle gnrale, la figure sera toujours plus
lumineuse que le fond, qui avec l'effet de contraste clair/obscur rendra la
figure plus visible.
-rgle de signification : c'est le fait de s'appuyer sur nos connaissances pour
reconnatre un objet.
-rgle de teinte.
-rgle de simplicit : le cortex visuel cherche toujours la simplicit ; ainsi la
forme la plus simple de l'image sera perue comme figure.
-rgle de dynamique : les formes en mouvements sont toujours assimiles
comme figures.
I.3.4.5
Perception visuelle de l'espace et de la profondeur (8, 9,
16, 21, 66, 72).
La rtine rduit les objets une image plane : seules les informations de
hauteur et de largeur sont conserves alors que les objets qui nous entourent
sont bels et bien tridimensionnels.
La
profondeur,
occulte
sur
les
images rtiniennes, se dduit de ces
dernires
selon
des
mcanismes
psychophysiologiques. La perception
de profondeur et d'espace dcoule de
phnomnes
monoculaires
et
binoculaires que le cortex visuel
analyse pour visualiser le monde en
trois dimensions.
Figure 1.42 : transformation rtinienne
des images planes en trois dimensions
52
I.[Link]
Les indices monoculaires
Par dfinition, il s'agit de donnes visuelles provenant d'un seul il. La
perception monoculaire de la profondeur se produit essentiellement grce
aux mouvements de tte associs aux changements rtiniens qui en
rsultent . On parle de parallaxe monoculaire.
Pour imager, la photographie du Taj Mahal en Inde permet de rpertorier
tous les indices monoculaires de la perception de l'espace:
Figure 1.43 : Taj Mahal, Inde
l'interposition ou occultation : les
arbres qui cachent les alles et pour
partie la faade du monument ;
l'lvation : l'objet le plus loign
parat le plus haut ;
le gradient de texture : avec la
nettet relative des pavs proximit
de l'appareil photo ;
ciel ;
la perspective linaire : avec la convergence des alles ;
la perspective arienne : les faibles dtails donns aux oiseaux dans le
la taille familire : la personne debout sur la rive parat petite ;
la taille relative : la taille des arbres semble diminuer au fur et
mesure de l'loignement.
Figure 1.44 : La fuite en Egypte, v.
1303-1305. Giotto (v.1267-1337.
Fresque. Padoue, Chapelle Scrovegni.
Ces indices monoculaires sont utiliss depuis des millnaires par les
peintres,
artistes
aux
supports
bidimensionnels,
profondeur et donc de la vie leurs uvres.
pour
donner
de
la
53
I.[Link]
Les indices binoculaires
Par dfinition, ils dsignent les donnes visuelles intgres provenant des
deux yeux. Ils sont au nombre de deux : disparit rtinienne et convergence
oculaire.
I.[Link].1
La disparit rtinienne
Un phnomne de disparit rtinienne s'opre lors de la vision d'objets
proches : nos deux yeux n'tant pas exactement la mme place, l'image
sera diffrente sur chaque rtine.
L'exprience la plus reprsentative est la suivante : placez votre index 15
cm de votre nez et fermez, alternativement, lil gauche puis lil droit.
Chaque il positionne votre doigt dans une position quelque peu diffrente.
La diffrence deviendra minime si vous regardez un objet au loin.
Les cellules du cortex visuel primaire sont pour majeure partie binoculaires,
recevant ainsi les informations provenant des deux yeux, ce qui permet de
transformer cette disparit rtinienne en perception visuelle de profondeur
par superposition et complmentarit des deux images rtiniennes.
I.[Link].2
La convergence oculaire
Le principe de convergence oculaire repose davantage sur la kinesthsie que
sur le systme visuel. Lorsqu'on s'approche d'un objet, les yeux tendent
converger vers lui.
Figure 1.45 : perception visuelle de profondeur, indices monoculaires, indices binoculaires
PRINCIPALES SOURCES D'INFORMATION SUR LA PERCEPTION DE PROFONDEUR
source d'information
source visuelle/non visuelle
source absolue/relative
source monoculaire/binoculaire
accomodation
non visuelle
absolue
monoculaire
convergence
non visuelle
absolue
binoculaire
taille familire
visuelle
absolue
monoculaire
monoculaire
occlusion
visuelle
relative
hauteur relative
visuelle
relative
monoculaire
taille relative
visuelle
relative
monoculaire
gradient de texture
visuelle
relative
monoculaire
perspective linaire
visuelle
relative
monoculaire
gradient de clart
visuelle
relative
monoculaire
parallaxe de mouvement
visuelle
relative
monoculaire
taille variable
visuelle
relative
monoculaire
disparit binoculaire
visuelle
relative
binoculaire
54
I.3.4.6
Perception visuelle de mouvement (4, 16, 21, 59, 72).
Le mouvement, c'est la vie. Il anime les objets et le monde qui nous entoure.
Bien que lil cherche la simplicit dans nos compositions, il existe en nous
un besoin constant d'animer les lments.
Ceci explique que ce que nous considrons
esthtique n'est pas perfection mais, plus
subtilement, est synonyme d'quilibre dans
nos
compositions.
Voici
l'illusion
de
Rostnek qui nous fait voir du mouvement
par contraste de couleur. (figure 1.46)
La sensation des mouvements relve de processus complexes avec une
composante tripartite : le mouvement de l'objet dans son environnement
(une voiture qui roule sur une route), le mouvement de l'image sur notre
rtine et nos propres mouvements (nos mouvements du corps, de la tte et
des yeux) qui influencent la position de l'objet dans notre environnement et
sur notre rtine. Aussi, un objet immobile prsente des qualits dynamiques
rsultant des connaissances de l'observateur et des qualits perceptives de
l'objet que sont la couleur, la luminosit ou encore la forme.
Ce qu'il faut retenir :
- Nous confrons au monde des qualits qui sont la simple rsultante des
proprits de notre quipement neurosensoriel, diffrent d'un individu
l'autre. Le cerveau cherche en permanence construire des images qui ont
du sens pour nous.
- Le cerveau cherche de manire spontane un quilibre physique et
psychique pour une harmonie parfaite.
- Les illusions d'optique sont la rsultante de phnomnes de fatigue
visuelle et de constructions mentales potentiellement errones par une
adaptation des contrastes, des contours, des couleurs, des reliefs, des
perspectives mais aussi de la dynamique : elles seront de relles astuces
visuelles, des trompe-lil pour optimiser nos compositions.
- Principe hdonique : obtenir une satisfaction maximale par un effort
minimal.
- Mais attention : Le cerveau est un petit cachottier : il ne nous permet
pas de tout percevoir !!
55
RETINE
Image en 2 dimensions
CORTEX VISUEL PRIMAIRE
Perception visuelle
Colore
CORTEX V4
1 couleur :
3 dimensions :
-luminosit
-saturation
-teinte
Perception visuelle
de forme
CORTEX V3
Perception visuelle
Dynamique
CORTEX V5
Perception visuelle
De l'espace et de la
profondeur
Occulte sur les
images rtiniennes,
se dduit
Par des mcanismes
En premier :
Besoin constant
Psychophysiologiques
Perception visuelle
d'animer les lments
Monoculaires
d'ensemble (gestaltisme) pour donner de la
Et binoculaires
En second :
Vie.
Perception figure/fond
3D
56
II La Qute Du Naturel : De L'harmonie Faciale L'organe
Dentaire, Au Cur Du Sourire.
Quoi de plus expressif qu'un sourire ? Les dents et la bouche n'ont pas qu'un
rle
fonctionnel
de
mastication,
elles
constituent
un
instrument
de
communication exceptionnel. Le sourire, comme une fentre donnant sur
l'me, nous livre des informations sur la personnalit de l'individu situ en
face de nous . Le sourire est propre chacun et le rend unique. Il est la
parole du visage . Le sourire peut illuminer le visage ou bien l'assombrir. Il
va du simple rituel qui caractrise notre activit sociale la sduction. Un
sourire idal n'existe pas, cela impliquerait que pour tre esthtique ,
nous nous ressemblerions tous et n'aurions aucun critre de personnalit.
(78, 94, 96).
Cependant, les normes, les lignes-guides, l'analyse morphologique des dents
naturelles, les textures des tissus dentaires et gingivaux, les proportions des
incisives centrales, les variations lies l'ge
et au sexe, les proprits
optiques des dents naturelles, la teinte et larchitecture gingivale sont une
aide prcieuse lors de l'analyse esthtique du visage, du sourire, de la
denture. Nous allons les dtailler ci-dessous. (40).
II.1
II.1.1
L'harmonie du visage (49, 55, 61).
Les lignes et plans de rfrence : un plan frontal esthtique.
(49, 55, 61).
Figure 2.1 : les lignes et plans de rfrence
En dentisterie esthtique, certaines lignes esthtiques de rfrence doivent
tre
systmatiquement
antrieures.
analyses
lors
d'une
restauration
des
dents
Le visage s'oriente verticalement autour de la ligne sagittale mdiane qui
passe entre les deux yeux, par la pointe du nez et le menton. Elle est l'axe
de symtrie du visage. Elle permettra, notamment, l'analyse de la position
57
du point inter-incisif et, par consquent, les carts transversaux des dents.
Les plans sagittaux vont dterminer le soutien de la lvre suprieure, les
rapports avec la lvre infrieure et le plan docclusion.
Sur le plan horizontal, le visage s'organise autour des ligne ophryaque, ligne
bipupillaire,
ligne
passant
par
les
ailes
du
nez,
ligne
joignant
les
commissures labiales, ligne passant par le collet des dents antrieures et
ligne passant par le bord libre des incisives. La ligne bi-pupillaire sert de
rfrence pour lorientation du plan occlusal, incisif et ligne des collets. Ces
lignes sont perpendiculaires au plan sagittal-mdian. Cependant, une lgre
obliquit est accorde d'un point de vue esthtique car nous ne sommes pas
parfaitement symtriques !
II.1.2
Un
Les tages faciaux (55, 71, 84).
moyen
d'analyse
du
simple
visage
et
reproductible
passe
par
la
comparaison des tages faciaux. Ils sont au
nombre
de
trois
et,
dans
harmonieux, sont quasi-gaux :
un
visage
- L'tage suprieur qui s'tend de la racine
des cheveux la glabelle ;
- L'tage moyen qui va de la glabelle au
point sous-nasal ;
- L'tage infrieur qui commence au point
sous-nasal pour finir au point menton.
Figure 2.2 : les tages faciaux
L'analyse d'un visage doit se faire dans sa globalit sans dsquilibre sur une
des parties pour apaiser le regard de l'observateur. Ainsi, un lger dcalage
dans l'organisation des lignes et plans, prcdemment cits, n'interfre pas
avec le rendu esthtique. On recherche un quilibre visuel entre le sourire
et le regard.
58
II.2
Analyse esthtique du sourire. (47).
D'aprs Garber et Salama, trois lments caractrisent un sourire attractif :
-les dents, de part leur couleur, leur position, leur forme ;
-une gencive saine respectant les principes d'harmonie et de continuit de
forme, une symtrie des festons des incisives centrales en quilibre avec les
incisives latrales ;
-les lvres dfinissant la zone esthtique selon trois formes de sourire : haut,
moyen et bas. La gomtrie de la ligne gingivale suit le contour de la lvre
suprieure. De mme, la ligne des bords libres suit la forme de la lvre
infrieure.
II.2.1
Anatomie (118).
Le sourire se dcline en deux parties distinctes, qui, pourtant, ne peuvent
tre concevables indpendamment : les lvres et la denture.
II.2.1.1
Les lvres.
Les lvres dfinissent le cadre labial qui entoure les dents. Le cadre labial
est constitu par :
-les lignes labiales internes
-les lignes labiales externes. La ligne labiale externe de la lvre suprieure
est caractrise par l'arc de Cupidon.
-le philtrum : fossette situe au milieu de la lvre suprieure allant du
milieu des narines jusqu'au milieu de la lvre suprieure.
-la crte philtrale.
II.2.1.2
Le cadre dento-parodontal
Le cadre dento-parodontal, de part son nom, comprend les dents et le
parodonte.
II.2.2
Dynamique du sourire (80).
Le sourire se dcline selon quatre tapes :
-tape 1 : les lvres sont fermes ;
-tape 2 : les lvres sont en position de repos ;
59
-tape 3 : le sourire est naturel ;
-tape 4 : le sourire est large, forc.
Une prcision est ncessaire : la zone esthtique est la zone qui est
dcouverte lors dun sourire forc, ce que ralisera toujours le patient
devant sa glace, la sortie de la consultation.
Le
rapport
du
bord
libre
des
incisives
maxillaires avec la lvre infrieure sert de
guide
pour
apprcier
la
position
et
la
longueur des dents et la dynamique du
sourire.
Figure 2.3 : Rapport du bord libre des
incisives suprieures avec la lvre infrieure
II.2.2.1
La ligne du sourire (7, 50, 61).
La ligne du sourire dtermine la visibilit des dents et du parodonte. Elle
correspond au trac de la ligne imaginaire qui suit le bord infrieur de la
lvre suprieure tire lors du sourire. Ainsi, les lvres dfinissent la zone
esthtique. Leur courbure et leur longueur ont une grande influence sur la
quantit de dent expose au repos comme en position dynamique variant
selon le degr de contraction des muscles et le profil des lvres.
Sur le plan transversal, le nombre de dents visibles est variable dun
individu lautre. Une tude montre que 50% de la population dcouvre les
prmolaires voire la premire molaire.
Sur le plan vertical, nous allons faire rfrence la classification de Liebart,
et al. :
- Classe I : un bandeau de tissu kratinis continu
visible ;
suprieur 3 mm est
- Classe II : un bandeau de tissu kratinis continu infrieur 2 mm est
visible ;
- Classe III : seules les zones interproximales sont visibles ;
- Classe IV : aucun parodonte nest visible.
60
Figure 2.4: La ligne du sourire et la visibilit du parodonte. Libart et coll.,
(2004). a. Classe I. b. Classe II. c. Classe III. d. Classe IV
II.2.2.2
Les styles du sourire (80).
Le style de sourire que nous arborons est bas sur des fondements neuro-musculaires, sur la
position des tissus durs sous-jacents mais, aussi, sur les mimiques qui animent notre visage.
Cinq types de sourire prdominent, en fonction des zones dento-parodontales dvoiles :
-type I : seul le maxillaire est dvoil ;
- type II : seul le maxillaire est dvoil, et plus de 3 mm de gencive ;
-type III : seule la mandibule est dvoile ;
-type IV : maxillaire et mandibule sont dvoiles ; Julia Roberts en est l'exemple !
-type V : ni le maxillaire, ni la mandibule ne sont dvoils.
II.2.3 Symtrie ou asymtrie ? (67 ,81).
Un sourire est ncessairement tendu vers la symtrie parfaite pour tre
esthtique Platon.
Dans la croyance populaire, la symtrie parfaite
inspire
la
beaut.
Les
monuments
historiques
architecturaux construits sur des bases de symtrie
offrent lil une beaut certaine. Cependant, dans
le vivant, la symtrie est-elle de mise ? Tenir la
symtrie comme garante desthtique constitue un
concept sans base scientifique .
Figure 2.5 : symtrie ou asymtrie du visage ?
61
II.3 Le parodonte : la gencive (57, 61).
La
gencive
rose
qui
sertit
la
blancheur
naturelle
indispensable lobtention dun sourire harmonieux.
des
dents
est
L'esthtique dentaire et l'esthtique gingivale agissent ensemble pour
donner au sourire son harmonie et son sourire Pascal Magne.
II.3.1 les festons gingivaux : la ligne des collets.
La ligne des collets suit le niveau de la gencive marginale des incisives et
canines maxillaires.
Caudill, Chich et col (1995) dfinissent des contours gingivaux harmonieux (figure 2.6) :
- les festons gingivaux des incisives
centrales sont symtriques. Ils doivent se
situer
au
mme
niveau
ou
mm
apicalement ceux de l'incisive latrale.
- les festons gingivaux des incisives latrales
sont toujours coronaires aux festons des
canines ;
- les festons gingivaux des canines sont au
mme niveau ou apicaux ceux des
incisives centrales.
Des festons suivant le bomb des racines et respectant la jonction amlo-cmentaire seront
vecteurs dun rsultat esthtique.
Figure 2.7 : Les diffrents types de
contours considrs comme inesthtiques par Caudill et Chiche
(1995)
II.3.2
La ligne esthtique gingivale. (61).
Elle peut tre dfinie comme la ligne joignant les zniths gingivaux (point le plus dclive de
la gencive marginale) des incisives centrales et des canines.
62
En 1998, Ahmad analyse l'angle form par l'intersection de la ligne esthtique gingivale et
la ligne inter-incisive et dtermine quatre classes :
Figure 2.8 : Diffrentes classes esthtiques de lignes esthtiques gingivales dcrites par
Ahmad (1998), A. classe I ; B. classe II ; C. classe III.
- classe I : Langle est compris entre 45 et 90 ; Le collet de l'incisive latrale touche ou frle
(1 2 mm) la ligne esthtique gingivale ;
- classe II : Langle est compris entre 45 et 90 mais le collet de l'incisive latrale est au dessus (1 2 mm) de la ligne esthtique gingivale.
- classe III : Langle est gal 90, les collets des incisives centrales, latrales et des canines
sont aligns sur la ligne esthtique gingivale.
- classe IV : le contour gingival ne correspond aucune des classes I, II, III. L'angle de la
ligne esthtique gingivale peut tre trop aigu ou obtus.
Les diffrentes classes dAhmad peuvent survenir au niveau du sourire dun mme patient.
II.3.3
La papille inter-dentaire. (93).
La prsence de papille inter-dentaire est un lment primordial de lesthtique du sourire.
Elle dpend de la prsence dun septum osseux proximal. Elle conditionne la ligne des col-
lets. La papille inter-dentaire doit occuper parfaitement lespace inter-dentaire en hauteur
comme en largeur. La condition idale est que le point de contact est distanc de 5 mm de la
crte osseuse.
Autrement dit, les triangles noirs, les
graines de pavot sont une entrave un
sourire harmonieux. Ces espaces noirs re-
prsentent, dailleurs, lun des motifs principaux de consultation esthtique.
Figure 2.9 : les triangles noirs, Palacci
63
II.3.4
Entre couleur et texture de la gencive marginale. (54, 93).
La gencive attache saine est rose, en forme de lame de couteau, de consistance ferme en
aspect de peau d'orange et de texture lisse.
II.4
Les dents antrieures : au centre du sourire. (28).
Dj dans l'ouvrage les secrets de la beaut du visage et du corps , les
dents sont mises en exergue comme vecteur dembellissement car elles se
dvoilent lors du sourire, du rire, de l'locution. Elles sont ds lors,
qualifies du plus bel ornement de la figure humaine . Elles flattent nos
regards
et ajoutent de nouveaux agrments la beaut des traits du
visage . Relles parures naturelles , elles prdominent sur tous les
autres attraits de la figure .
Elles prfigurent la composition dentaire de part leur alignement sur
l'arcade, leur taille, leur forme, leur couleur.
II.4.1 Morphologie gnrale des dents naturelles antrieures. (43, 54,
79, 110).
L'observation de la forme, de l'agencement, des dimensions des dents
antrieures ainsi que la connaissance de leur anatomie doivent permettre de
les reproduire ou de les restaurer le plus fidlement possible sans tomber
dans
la
standardisation.
Ces
lments
vont
permettre
d'orienter
la
personnalit du patient, du sourire. Ainsi, au mme titre que la couleur des
dents, la forme, la position, les dimensions et l'tat de surface contribuent
la valeur esthtique du rsultat. (79).
Les incisives sont classes selon trois typologies : la forme rectangulaire ou
carre en plus grande proportion dans la population (58%), la forme ovode
et la forme triangulaire parts gales, soit 21% au sein de la population. Ce
concept est suggr par Williams, en 1914, dans son crit les lois de
l'harmonie . (43, 110).
La face vestibulaire des incisives est globalement lisse et convexe. A l'inverse
la face linguale, est concave, limite par le cingulum, le bord libre et les
faces proximales. Des lobes verticaux s'tendent, gnralement du bord libre
au collet de la dent.
64
Les canines prsentent, quant elles un cingulum trs saillant et des crtes
proximales
prominentes.
Faces
vestibulaire
et
palatine,
convexes,
convergent vers la pointe canine. (54).
Figure 2.10 : morphologie gnrale des incisives : les 3 typologies
II.4.2
Dimensions des dents naturelles antrieures (98).
Il n'existe pas de dimensions strictes dfinies mais des valeurs moyennes
comme lments de rfrence et de comparaison.
Schillingburg propose, l'issue de ses travaux, des mesures de rfrence
prsentes ci-dessous avec lesquelles il faut rester prudent:
Largeur
Longueur
I. Centrales
8,5 mm
10,4 mm
I. Latrales
7,0 mm
9,9 mm
Canines
7,4 mm
10,4 mm
II.4.2.1 Le nombre d'or (52, 60, 67, 74, 81, 121).
Tout est arrang par le nombre Pythagore.
Le nombre d'or, section dore ou encore divine proportion n'est pas
vraiment un nombre proprement parler mais un rapport harmonieux entre
deux grandeurs de mme nature.
Ce rapport fascine depuis la nuit des temps. Il
naquit des architectes de l'Ancienne gypte avec
la construction des pyramides et des temples
grecs tels que l'Acropole. On le retrouve au cours
de l'histoire, notamment dans les peintures de
Leonardo Da Vinci comme l'Homme de Vitruve
(figure 2.11) . Da Vinci pensait que si la beaut
tait perfection, elle devait tre mathmatisable.
Le nombre d'or est un rapport gal (15)/2 = 1,618.
65
Pour qu'un tout partag entre deux parties ingales soit esthtique et
agrable lil, le rapport entre la partie la plus petite et la partie la plus
grande doit tre le mme qu'entre cette dernire et le tout ceci n'tant
possible que si la petite partie mesure 0,618 et la grande 1. Euclide
Ce
nombre
invoqu
dans
l'harmonie
sourire,
magique
longtemps
et
l'quilibre
du
les
dentaire
notamment
restaurations
par
Lombardi
de
et
Levin. Mais une application stricte du
nombre d'or avec un rapport de 61,8%
(Hauteur/
diamtre
msio-distal)
engendrerait des incisives d'une troitesse
excessive.
Figure 2.12 : le nombre d'or : reprsentation du rapport
de la partie visible de la 11 et la partie visible de la 12.
Cette approche thorique reprsente plutt la
dominance de la centrale sur la latrale
D'autre part, il n'est prouv aucun rapport entre les dimensions de l'incisive
centrale et la forme du visage.
Ainsi, il apparat rducteur de croire que la beaut ne relve que de simples
rgles mathmatiques et ne signe qu'une volont de simplification. Ce
rapport apparat plutt comme un guide travers lequel le chirurgiendentiste doit s'improviser artiste du sourire.
II.4.2.2 Rgle de proportion et de dominance entre les dents. (52, 54).
L'unit tant la condition premire d'une bonne composition dentaire, la
dominance en est le pralable requis Lombardi
Ainsi, toute composition dentaire doit tre base sur la prpondrance de
l'incisive centrale qui doit tre de taille suffisante pour dominer le sourire.
Figures 2.13 et 2.14 : Prdominance de l'incisive centrale
66
Lombardi signe l'importance de l'agencement des dents, le mme rapport de
taille ou du moins trs proche devant se reproduire de l'incisive centrale
la premire prmolaire.
II.4.3 L'incisive centrale : lment dterminant du sourire. (13, 73).
Elle est trs judicieusement nomme la star du sourire . Elle domine la
composition dentaire, ce qui rend le sourire expressif, d'autant plus qu'il
s'agit de l'unique dent se prsenter de face. Un ratio idal largeur/hauteur
gal 75-80% a t tabli par Chiche. En de, l'incisive centrale est
dcrte trop troite, au-del, trop large.
II.4.4 Niveau des contacts inter-dentaires. (54).
Le contact inter-dentaire est plus proche du bord libre entre les incisives
centrales ; il tend s'apicaliser en direction postrieure.
II.4.5 Znith du contour gingival. (43).
Le znith du contour gingival est djet en distal
par rapport au centre de la dent. Ceci s'avre
toujours vrai pour les incisives centrales, plus
inconstant pour les incisives latrales.
Figure 2.15 : Znith gingival
II.4.6 Axes dentaires. (54).
En rgle gnrale, l'axe des dents est inclin
de msial distal dans le sens corono-apical.
(figure 2.16)
67
ANALYSE ESTHETIQUE DU VISAGE, DU SOURIRE, DE LA DENTURE AU
CABINET DENTAIRE
A l'echelle du visage
Lignes de rfrence
Sens vertical: ligne saggitale mdiane:
Positionnment du point inter-incisif? Ecarts Transversaux?
Sens transversal:
Soutien de la lvre suprieure?
Sens horizontal:analyser le positionnement de:
-ligne bi-pupillaire: ligne de rfrence et d' lment
de comparaison pour:
DESEQUILIBRE
SOURIRE/REGARD?
-ligne passant par le collet des dents antrieures
-ligne passant par le bord libre des dents antrieures:
PLAN INCISIF
- plan d'occlusion
qui sont perpendiculaires au plan saggital-mdian.
Lgre obliquit acceptable: pas de symtrie parfaite
Les tages faciaux suprieur, moyen et infrieur
doivent tre quasi-gaux pour obtenir un
Etages faciaux
visage harmonieux.
SEUL L'ETAGE INFERIEUR EST MODIFIABLE
L'analyse du visage doit se faire dans la globalit sans dsquilibre d'une des
parties pour apaiser le regard de l'observateur. Un quilibre visuel entre le
regard et le sourire doit tre cherch sans chercher une symtrie parfaite !
Le matre-mot est la recherche d'HARMONIE travers un quilibre de
courbes et de contre-courbes.
A l'chelle du sourire
Sens transversal: soutien de la lvre suprieure?
Dfinir l'angle naso-gnien (plus ouvert chez la femme)
Dynamique du sourire: rapport du bord libre des incisives
maxillaires avec la lvre infrieure? Position et longueur
des dents?
LES LEVRES
Ligne du sourire:dfinit la zone esthtique= visibilit
des dents et du parodonte. Nombre de dents visibles dans
le sens transversal?
Sens vertical: Classe I, II, III ou IV de Liebart?
68
LE PARODONTE
-couleur et texture de la gencive?
-ligne des collets: harmonieuse, inharmonieuse?
-ligne esthtique gingivale: Classe I, II, III, IV de Ahmad?
-position des papilles inter-dentaires? Triangles noirs?
Le cadre dento-parodontal
LA DENTURE
-morphologie gnrale des dents: rectangulaire, ovoide,
Triangulaire?
- dimensions de l'incisive centrale? Rapport par rapport
Aux incisives latrales et aux canines?
-axes dentaires?
-position des points de contact?
Lors de l'analyse esthtique du visage et du sourire, l'ensemble de ces
lments doivent tre analyss. Tous les lments constitutifs de l'tage
infrieur, autrement dit le sourire sont modifiables, ce qui n'est pas le cas
de l'tage suprieur reprsent par le regard.
II.5 Proprits optiques de la dent (25, 34, 35, 38, 44, 92, 117).
La qute du naturel impose aux chirurgiens-dentistes et prothsistes, une
comprhension
prcise
des
mcanismes
de
la
couleur
qui
est
une
problmatique quotidienne majeure du fait que la perception colore est le
rsultat
complexe
de
phnomnes
physiques,
psychophysiques
et
psychosensoriels. Aprs avoir explicit dans la premire partie ce mcanisme
d'un point de vue gnral, nous allons axer notre tude sur l'interaction de
la lumire avec la dent, ceci, toujours dans le soucis d'une reproduction la
plus fidle possible de l'organe dentaire.
II.5.1 Transmission de la lumire travers la dent naturelle. (92).
Quand un faisceau lumineux entre en contact avec la surface dentaire, une
partie de la lumire est rflchie sa surface et une autre partie est
disperse dans toutes les couches de la dent savoir les masses maux et les
masses dentines. La teneur en bleu-vert du spectre visible est quasiabsorbe et seule la teneur rouge-jaune est rflchie et perue par lil. Les
impulsions nerveuses sont transmises au centre des couleurs et compares
aux expriences de chacun.
69
La dent est un volume optiquement actif dans les trois dimensions de
l'espace .
II.5.2 Les 7 dimensions de la couleur des dents naturelles de Lasserre
(10, 25, 38, 41, 42, 44, 75, 102, 111, 112, 113, 115).
En 2007, Jean-Franois Lasserre ajoute sept dimensions l'Atlas de Munsell
dans le but de dfinir de manire plus prcise la couleur d'une dent.
II.5.2.1 L'opalescence
L'opalescence est une proprit optique de l'mail observe au niveau du
bord incisif. L'opalescence se dfinit comme un reflet gris-bleut, retrouv
essentiellement chez le jeune. Les effets d'opalescence participent l'effet
naturel des dents.
Figure 2.17 : Classification de Vanini des diffrents types d'opalescences
II.5.2.2
La translucidit
La translucidit modifie la perception colore des dents ; elle est directement
lie l'paisseur et la luminosit de l'mail. Elle sera maximale chez un
sujet g, laissant transparatre la dentine.
70
II.5.2.3
La stratification : cartographie de la dent naturelle (10,
75, 102, 115).
La perception de couleur sera diffrente selon les diffrentes zones de la
dent en fonction de la rpartition des zones d'mail et de dentine et de leur
proportions respectives comme le rapportent Talarico [Link] Morgante E. en
2010.
Dans le tiers incisal, l'mail est le plus pais : c'est le sige d'une trs haute
translucidit de couleur bleute et d'une luminosit optimale. C'est ce
niveau que seront choisies les teintes mail.
Au tiers mdian de la dent, un mlange d'mail et de dentine s'opre avec
une forte prdominance d'mail. La couleur de cette zone correspond la
couleur globale de la dent.
Dans le tiers cervical , l'mail s'amincit et devenant transparent, laisse
transparatre la dentine sous-jacente qui prsente une saturation maximale.
C'est donc dans cette zone que seront releves les teintes dentines. Aussi, la
prsence concomitante de la pulpe et de la gencive marginale influencent la
perception colore, ce qui procure des nuances de jaune orang .
II.5.2.4 La fluorescence (42).
Les dents naturelles ont la particularit de prsenter spontanment une
fluorescence caractristique blanc bleut sous l'action d'une lumire ultraviolette.
Elle est trois fois moins importante au
niveau de l'mail et d'une couleur plus
bleute. Cela s'explique par l'origine de la
fluorescence : elle est essentiellement due
la trame organique qui est plus importante
au niveau de la dentine. Elle augmente au
cours de la vie de manire linaire.
Figure 2.18:Phosphorescence observe lors de la photopolymrisation
II.5.2.5 L'effet nacr
L'effet nacr ou irisation est un effet de surface opaque de forte brillance
qui est comparable la nacre tapissant les coquilles d'hutres.
Cet effet
nacr sera retrouv sur les dents jeunes au niveau du bord libre se
71
matrialisant par un halo bleut caractristique.
L'effet nacr est due une dcomposition de la lumire par la translucidit
de l'mail, ce qui conduit l'mission de couleurs vives. Puis, l'air enferm
entre les diffrentes strates provoque un changement de milieu, et par
consquent, une modification de l'indice de rfraction responsable de la
rflexion de la lumire et de laspect nacr.
II.5.2.6 La texture de surface
L'tat de surface influence la rflexion de la lumire : un tat de surface
marqu que l'on retrouvera chez le jeune se caractrise par une rflexion
accrue de la lumire. La dent apparat donc plus lumineuse et moins sature.
Les dents se dfinissent par une microtexture ( prikmaties, stries
horizontales de croissance, flures) et une macrotexture (les lobes et les
sillons). Ces irrgularits de surface s'estompent au cours du temps pour
devenir lisses chez le sujet g.
II.5.2.7 Les caractrisations de surface (111, 112, 113).
Les caractrisations de surface sont propres tout un chacun, elles
influencent l'tat de surface et la luminosit des dents.
Vanini a ralis une classification qui sert actuellement de rfrence :
II.[Link]
Les pigmentations blanches de Vanini
type I : tache
type II : Petits nuages diffrents niveaux
type III : Flocons de neige distribus uniformment
type IV : Bandes horizontales
II.[Link] Les caractrisations de Vanini
-type I : Bord libre de type mamelons associs une zone de blanc interne
qui rehausse la luminosit de la dent
-type II : Bande blanche interne qui rehausse la luminosit et qui est
horizontale sur la face vestibulaire et verticale dans les faces proximales
-type III : Le bord libre prsente une bande blanche marque
-type IV : Taches ambres ou marron au bord libre ( diffrent des taches
brunes opalescentes)
72
-type V : flures et fentes brunes et blanches dans la profondeur de l'mail.
Figure 2.19 : Classifications de Vanini : intensives, Zones d'opalescences,
caractrisations
Lors du relev de couleur d'une dent et de la transmission au prothsiste,
les
chirurgien-dentistes
ne
devraient
pas
se
contenter
de
l'analyse
tridimensionnelle (luminosit, saturation, teinte) mais devraient considrer
les sept dimensions dcrites par Jean-Franois Lasserre.
CARTOGRAPHIE DE LA DENT NATURELLE
La couleur finale de la dent implique la prise en compte non seulement de
l'mail qui apporte la luminosit la dent ainsi que les caractrisations de
surface mais aussi de la dentine qui va dfinir la saturation et la tonalit
chromatique de la dent.
1)
Dfinir la LUMINOSITE =niveaux de gris
3)
Dfinir les TONALITES CHROMATIQUES
2)
Dfinir les diffrentes SATURATIONS
Choix teinte de dentine
1/3 cervical
Fluorescence (par dentine)
augmente avec l'ge
Couleur globale de
la dent au 1/3 moyen
Caractrisations de surface
Choix teinte de l'mail
1/3 incisal
Opalescence (mail)
Halo bleut/effet nacr
(chez le jeune)
STRATIFICATION
Dfinir la TRANSLUCIDITE lie l'paisseur de l'mail
En dfinissant les diffrentes
et la luminosit. Elle augmente avec l'ge.
paisseurs mail/dentine
Dfinir la TEXTURE DE SURFACE : rugosit/brillance qui influencent la rflexion de
La lumire et donc la luminosit.
73
III Intgration Esthtique D'un Sourire Entre Photomimtisme Et
Perception Visuelle. (15, 33, 54, 72, 76, 90, 105, 107).
De nombreux soins dentaires, de nos jours, sont motivs par une demande
esthtique croissante. Sduction, beaut et diktat de la jeunesse sont au
cur de notre pratique. Alors que les biomatriaux qui constituent notre
quotidien connaissent des progrs certains , peu d'informations sont
fournies
aux
philosophie
praticiens
de
concernant
l'esthtique
et
deux
la
aspects
perception
fondamentaux :
visuelle.
Comme
prcdemment, un certain nombre de rgles thoriques rgissent
la
vu
les
fondamentaux de notre culture esthtique. Mais c'est l que se pose tout le
problme de ce qu'est esthtique ? Est esthtique, ce qui parat naturel.
Ainsi, pour arriver faire des dentures vivantes et expressives , le
praticien doit entraner son sens artistique et de la composition . Il doit
duquer sa vision et ses capacits de perception des formes, des couleurs, de
la profondeur, de la dynamique.
Cette approche indispensable la
ralisation de compositions doues de vie et non strotypes s'appuie sur la
psychologie de la perception qui a montr l'importance du cerveau droit
dans le sens artistique.
Ainsi, partir de la photographie numrique, qui est la base de notre
analyse esthtique, nous allons tenter d'appliquer les notions de perception
visuelle la restauration d'un sourire en accord avec le visage et la
personnalit selon une composition quilibre. Aussi, nous dvelopperons
comment obtenir un photomimtisme parfait de nos matriaux cosmtiques
pour parfaire un rsultat optimal.
III.1
Moyens d'valuation en dentisterie esthtique : la photographie
numrique (32, 68, 72, 103).
Une image vaut mille mot
La photographie est un lment de communication essentiel avec le patient :
elle
permet
de
valider
le
projet
esthtique
par
le
patient
de
la
comprhension la mise en vidence des limites thrapeutiques et des
diffrentes techniques.
La photographie sera un outil indispensable au praticien dans le choix de la
thrapeutique esthtique : reproduire la situation initiale (une intgration
sera recherche) ou modifier le sourire (on parlera alors de rhabilitation).
74
Enfin, dans la communication avec le cramiste, la photographie facilitera la
transmission des donnes, avec un rsultat final optimis.
III.2 Perception visuelle applique la dentisterie esthtique (33, 72,
90).
Entre quelque chose qui est esthtique et quelque chose qui ne l'est pas, il
n'y pas de frontire nette. Lorsqu'on rhabilite un sourire, notre objectif est
avant tout une interprtation visuelle globale et non pas de prendre chaque
dent indpendamment. Par notre crativit, on cherche retrouver des
concepts dj connus. Ainsi, l'observation et l'analyse des formes naturelles
s'avrent primordiales pour comprendre au mieux la nature.
Copier est important mais ne nous aidera probablement pas comprendre,
parce que nous copions ce que nous voyons et nous voyons ce que nous
percevons Luca Dalloca, Roberto Iafrate
La sensation visuelle est attribuer au ct droit du cerveau , tout comme
l'intuition et le sens artistique. Ainsi, il est dvelopper son sens de la
perception en privilgiant l'activit intuitive de son cerveau droit et en
laissant de ct l'esprit analytique et le sens du dtail de son cerveau
gauche.
Les dents doivent s'intgrer dans une logique de composition globale
quilibre en interaction avec la vision globale
dento-labiale et dento-
faciale. Est ainsi mis en exergue l'importance de ne pas tomber dans la
standardisation
du sourire par le respect des normes qui pourrait
reprsenter un rel danger pour le patient.
III.2.1
Harmonie de l'ensemble : un compromis entre les forces
visuelles. (72).
Un sourire quilibr rsulte d'une balance visuelle entre un ensemble de
dsquilibres.
Concrtement, une composition strotype trop gomtrique avec une
symtrie parfaite sera vectrice de monotonie et sera mal intgre dans le
visage qui lui n'a rien de fig ! A l'inverse une composition dentaire
chaotique
(diffrence
de
taille,
diffrence
chromatique
marque,
diastme....) entranera une confusion la plus totale : notre il cherchera en
permanence corriger ces aberrations.
75
Quand un quilibre entre ces forces
opposes
est
atteint,
apaisement visuel est acquis.
un
certain
Figure 3.1: Les dents semblent belles et naturelles car elles ont une
symtrie relative avec d'infimes diffrences morphologiques.
Il n'existe pas de dogmes ni de rgles meilleures que les autres : il est
ncessaire d'observer le visage
et de recrer des dents correspondant la
physiologie du visage de chacun. Cependant des aides prcieuses qui ont t
dcrites par Jean-Christophe Paris dans son guide esthtique nous apportent
des notions essentielles pour viter des erreurs grossires. Nous allons les
dvelopper maintenant.
III.2.2
Perception des formes (72).
III.2.2.1 Perception de l'ensemble
L'impression premire que l'on a d'un individu est souvent base sur ce
que l'on peroit de son visage. (8) Ligget 1974, The human face
Au premier coup dil, on identifie la position du plan esthtique frontal
avant de se focaliser sur la forme de chaque dent.
III.2.2.2
Rapport
figure/fond :
dentaire/arrire plan buccal
rapport
lvres/
composition
La composition dentaire considre comme objet se dmarque de l'arrire
plan buccal sombre de la cavit buccale qui sera apprci comme fond.
Ainsi, plus les lvres seront fines et la composition dentaire en avant, plus
les dents domineront comme figure. Ceci sera exacerb lors d'un sourire
supra-gingival o les dents dcouvriront leurs contours. A l'inverse, avec
des lvres volumineuses , les dents paratront en arrire plan. Concrtement,
cela explique qu'un sourire supra-gingival reprsente le
cas clinique le
plus difficile grer esthtiquement dans la gestion des contours d'une part
et dans la rhabilitation gnrale car figure de la composition.
76
Figure 3.2 : influence de la position et du volume des lvres
Le mot cl de l'esthtique tant la recherche d'harmonie, la composition
dentaire doit tre en accord avec le fond et les structures voisines : des
lvres fines imposeront une composition dentaire discrte ; on cherchera
l'inverse lors de lvres volumineuses et pulpeuses.
III.2.3
Rgle de fermeture (72).
La silhouette du bord libre des incisives et
des canines se dcoupent sur l'arrire-plan
buccal sombre ; ce qui est major par le
contraste clair-obscur. (figure 3.3)
L'utilisation mesure de forces de sgrgation au sein d'une composition
quilibre des bords libres sera vectrice de diversit.
La prsence d'un diastme central rompant la cohsion globale, nous fera
passer du seuil du plaisir un tiraillement visuel .
III.2.4
Rgle de symtrie (15, 33, 72).
L'asymtrie est le propre du vivant.
Reconstruire un sourire de manire
symtrique
sera
parfaitement
impersonnel, trop perfectible et donc
inesthtique. L'incisive centrale droite
sera
similaire
diffrente !
de
la
gauche
mais
Figure 3.4 : Symtrie du visage : un signe de beaut ?
La nature se moque compltement de la symtrie Luca Dalloca
77
III.2.5
Rgle de la convexit (72).
La convexit est rvlateur de jeunesse. On la retrouvera trois niveaux :
lchelle du visage, de la composition dentaire, de la dent.
Un profil convexe (dtermin par rapport au
plan esthtique de Ricketts) sera vecteur de
jeunesse ; A l'inverse, un profil concave sera
vieilli. (figure 3.5)
A l'chelle de la composition dentaire, un profil
concave se manifestera par un plan esthtique
invers (figure 3.6) : la composition dentaire parat
efface par rapport l'arrire-plan buccal.
La dent, elle, est un assemblage de volumes, de convexits. Ainsi, lors de
rhabilitations,
il
serait
inappropri
de
sculpter
l'anatomie
dentaire
uniquement dans le sens de la hauteur et de la largeur mais vraiment selon
les trois dimensions de l'espace.
III.2.6
Rgle de la texture (72).
Elle rompt l'uniformit de la composition dentaire et lui permet de
paratre plus vivante et plus prsente J-C Paris
La dent se conforte comme figure pour sortir de l'inertie.
III.2.7
Rgle de luminosit (72).
Une composition dentaire attire le regard par
sa capacit mettre la lumire et par le
contraste cr avec l'arrire-plan buccal. Une
composition dentaire lumineuse d'autant plus
contraste
avec
l'arrire-plan
buccal
apparatra nettement comme le centre d'intrt
du sourire.
Figure 3.7 :Influence de la lu minosit sur la perception vi suelle
78
III.2.8
Perception de l'espace et de la profondeur (72).
On ne peut pas parler d'espace et de profondeur sans parler de perspective.
Ainsi, si l'on trace des lignes fuyantes, le centre de la composition attire le
regard et apparat comme important. A l'inverse, lors d'une composition
dentaire inverse, le regard sera attir prfrentiellement par les secteurs
latraux.
III.2.9
quilibre (72).
La recherche d'quilibre est la norme car elle ne gnre pas de tensions et
est donc conome en nergie.
Une composition dentaire quilibre est telle qu'aucun changement ne
semble
possible.
l'inverse,
provisoire, accidentelle.
une
composition
dsquilibre
semble
En revanche, l'quilibre ne signifie pas symtrie absolue : une composition
sera plus attrayante si les diffrents lments qui la composent sont
contrasts,
quilibre .
mais
disposs
de
telle
sorte
que
la
vision
globale
soit
Enfin, la composition dentaire s'quilibre autour du point inter-incisif,
ncessaire la stabilit visuelle. Pour viter toute tension visuelle, il se
situera au centre de la bouche reliant deux moitis similaires mais non
identiques avec des asymtries visuellement compenses de part et d'autre.
III.2.10
Perception de la verticale et reconnaissance des visages (72).
Un visage se reconnat par ses
expressions faciales qui sont
dfinies
par rapport l'axe
vertical. Aussi, tous les traits
faciaux qui dfinissent tout un
chacun
n'ont
pas
une
regard
qui
importance gale : ce sont le
sourire
et
le
prdominent. (figure 3.8)
La reconnaissance d'un visage ne dpend pas seulement de l'identification
79
des traits caractristiques de l'individu mais aussi du contexte et de la
familiarit du visage. Ainsi, lorsqu'on rhabilite un sourire, et que son profil
en est modifi, la reconnaissance des traits peut avoir chang. Ceci peut
reprsenter un problme d'auto-identification mais aussi modifier le rapport
aux
autres ;
ce
rhabilitations.
III.2.11
qu'il
faudra
prendre
en
considration
lors
de
nos
Les lignes (72).
Les plans et lignes de rfrence, domins par le plan esthtique frontal
devront faire l'objet de toute notre attention. Il faudra toujours chercher un
quilibre, un paralllisme entre les diffrentes lignes de rfrence, surtout
entre le plan esthtique frontal et la courbure de la lvre infrieure.
Ceci est dmontr fatalement lors de sourire
invers avec des plans postrieurs plus bas
que les incisives , s'opposant donc la
courbe de la lvre infrieure :
une tension visuelle se fait alors ressentir. (figure 3.9)
Enfin, la prsence d'un diastme peut
s'avrer conflictuel tant donn qu'il
vient scinder la plan esthtique frontal
en deux units distinctes.
Figure 3.10 : Y. Noah, le diastme incisif
III.2.12 Perception de la dynamique (72).
La nature n'est pas fige : ainsi, il faudra apporter une dynamique
compositions.
nos
Elle passera par une :
obliquit des axes
Il sera important de respecter certains axes lors de nos restaurations : un
axe vertical unique pour les incisives centrales, puis une inclinaison msiodistale pour les incisives latrales, s'accentuant vers les canines.
80
obliquit du point inter-incisif
Une obliquit concernant l'axe inter-incisif central va gnrer des tensions
dstabilisatrices. Si l'on souhaite y appliquer une certaine dynamique, il
faudra agir avec beaucoup de prcautions.
Figure 3.11 : obliquit de l'axe inter-incisif, gnratrice de tensions vi suelles
Ce qu'il faut retenir :
-Est esthtique, ce qui parat naturel.
-Il est primordial qu'en tant qu'artiste du sourire, on dveloppe notre sens
de la perception en privilgiant l'activit intuitive de notre cerveau droit en
repoussant l'esprit analytique et le sens du dtail de notre cerveau gauche.
-Le but recherch est la cration de compositions quilibres en harmonie
avec le visage et le sourire par des dentures vivantes et expressives.
-Il faut comprendre la nature pour pouvoir la reproduire sans tomber dans
la standardisation.
-Un sourire sera agrable ou dsagrable selon les tensions visuelles qu'il
gnre. L'quilibre d'un sourire rsulte d'une balance visuelle entre un
ensemble de dsquilibres.
-Il faut privilgier la vision globale de l'agencement des dents antrieures
et occulter la vision de chaque dent considre isolment. Au premier coup
dil, seulement le plan esthtique frontal est identifi.
-Il faut dpasser la vision habituelle du sourire limit son cadre labial et
rechercher l'harmonie au niveau de l'expression globale du visage.
-L'asymtrie est le propre du vivant et l'agencement des dents dans le
sourire n'y chappe pas.
-La convexit est vectrice de jeunesse.
-L'apport d'une certaine texture confortera la denture comme figure.
-L'apport de dynamique rendra la dent vivante et expressive : elle passe
par une obliquit des axes dentaires.
81
III.2.13
Application
des
techniques
d'illusions
en
dentisterie
esthtique (72).
Dans certaines situations cliniques o une prise en charge des aberrations
de proportions par des techniques de chirurgie parodontale, d'orthodontie,
de chirurgie orthognatique est impossible, il sera judicieux d'usiter des
techniques d'illusions d'optique et des principes de perception visuelle :
Les dents sont indissociables de leur environnement. Ainsi, en se rfrant au
principe de contraste de taille pour crer une impression de dominance des
incisives centrales, il suffira de rduire lgrement la taille des incisives
latrales.
Les effets d'angle seront obtenus en rapprochant ou, au contraire, en
cartant les lignes de transition.
Pour apporter de la profondeur et de la perspective nos compositions, de la
canine aux molaires, les dents doivent dcrotre non seulement en hauteur
mais aussi en luminosit.
En appliquant le principe de renforcement, l'apport de lignes de mme
direction
accentuera
notre
perception
des
formes :
ainsi,
des
lignes
verticales influenceront notre perception d'une forme donne dans le sens
vertical.
Les lignes de transition qui apparaissent plus brillantes que les surfaces
adjacentes paraissent plus proches et sont, donc, visibles, au premier coup
dil. Si on cherche apporter du volume, il faudra donc jouer sur ces
lignes de transition. Ces mcanismes reposent sur le principe d'irradiation.
Par contraste de lumire, une alternance de zones d'ombre et de brillance
accentue la perception de volume et donne de la profondeur. Par ce mme
principe, les dents paratront plus lumineuses sur une personne mate de
peau qu'une personne la peau claire.
Lors de manque de place dans les secteurs latraux, on ne faonnera que la
partie msiale de la face vestibulaire, seule face visible de face. C'est le
principe d'illusion de contexte qui est usit ici.
Enfin, plus les formes des dents seront naturelles, plus l'illusion du naturel
sera prsente. De mme, plus la couleur et la luminosit des dents se
rapprocheront du naturel, plus l'illusion du naturel sera marque (illusion
d'apprentissage).
82
Des artifices et techniques d'illusions d'optique existent en complment de
la chirurgie parodontale, des restaurations cosmtiques ou
encore des
techniques de traction orthodontique. Elles seront d'un grand secours
lorsqu'on se trouvera face des dents paraissant trop courtes, trop larges,
trop troites ou encore trop longues.
Ainsi, pour des incisives trop courtes (ratio hauteur/largeur des incisives de
100%),
selon
la
position
de
la
ligne
du
sourire,
plusieurs
choix
thrapeutiques, s'offrent nous. Certes, une dent trop courte avec une ligne
du sourire basse pourra tre allonge par son bord incisif soit par
restauration cosmtique soit par traction orthodontique mais si l'esthtique
le permet, cet effet pourra tre major :
-en aplatissant la convexit cervicale naturelle ;
-en rduisant l'inclinaison linguale du tiers incisif ;
-en rehaussant l'tat de surface et le brillant par des raies et sillons
cervicaux ;
-mais aussi en apportant des tches blanchtres et plus lumineuses dans les
tiers mdian et incisif de la dent.
Ces mmes trompe-lil pourront tre utiliss lors d'une ligne haute du
sourire
l'on
agira
galement
ringression orthodontique.
par
plastie
parodontale
et/ou
par
Face une dent ou un groupe de dents trop larges, on pourra soit allonger la
ou les dents (prise en charge identique celle d'une dent paraissant trop
courte), soit rduire la largeur de la couronne. videmment, lorsqu'une seule
dent est trop large, on essaiera de rpartir l'excdent sur les dents
adjacentes. Quand tout le bloc incisivo-canin est concern, des mthodes de
stripping
et
de
traction
orthodontique
pourront
tre
une
solution
intressante. Cependant, on peut user des notions de perception visuelle
pour optimiser le rsultat, savoir :
-rapprocher les lignes de transition ;
-accrotre la convexit de la face vestibulaire ;
-rehausser l'tat de surface et le brillant par des raies et des sillons
verticaux ;
-lingualer et apicaliser les points de contact en ouvrant les embrasures
vestibulaires ;
-saturer les faces proximales avec l'apport de colorants de surface ;
-viter tout bord libre rgulier ;
83
-arrondir les angles proximaux ;
-ds la canine, positionner la ligne de plus grand contour msialement ;
-rduire la luminosit sur les faces proximales ;
-foncer lgrement la couleur de la dent.
Face une dent trop longue ou trop troite, on pourra diminuer la longueur
ou l'inverse augmenter la largeur. On pourra diminuer la longueur des
dents si et seulement si l'occlusion est favorable par coronoplasties
associes une prise en charge orthodontique. Augmenter la largeur des
dents ne sera envisageable qu'en prsence de diastme.
Illusoirement, on pourra diminuer la longueur d'une dent en jouant sur:
-l'augmentation de la convexit verticale en la dplaant vers le bord libre ;
-l'accentuation de l'inclinaison linguale du tiers incisif ;
-l'tat de surface et le brillant en dessinant des raies et sillons horizontaux;
-des surfaces de contact marques pour diminuer au maximum les
embrasures gingivales ;
-le centre du bord libre en le creusant ;
Cette situation clinique fait notre quotidien, spcifique de la maladie
parodontale, non anodine de nos jours.
Enfin, pour augmenter la largeur d'une dent, on pourra :
-carter les unes des autres les lignes de transition ;
-aplanir la face vestibulaire ;
-vestibuler et dplacer le point de contact vers le bord libre de la dent, ce
qui rduira les embrasures vestibulaires ;
-rehausser l'tat de surface et le brillant des raies et sillons horizontaux ;
-favoriser un chevauchement dentaire ;
-prfrer une linarit du bord libre ;
-dplacer latralement les points de contact ;
-ds la canine, dplacer distalement les lignes de plus grand contour ;
-en prsence de la jonction mail, cment, il faudra chercher la rendre la
plus linaire possible ;
-claircir la couleur de la dent ;
-choisir
une
proximales ;
couleur
plus
claire
et
plus
lumineuse
pour
les
faces
-vestibuler les angles distaux des incisives centrales.
Les dents sont variables d'un individu l'autre selon son ge, sa personnalit
ou encore selon son sexe avec certaines controverses :
84
III.2.14
Une
Morphologie en fonction de l'ge (54).
personne
prfrentiellement
satures
avec
jeune
aura
opaques,
des
des
lumineuses,
dents
microgographies
peu
et
macrogographies marques ainsi que des bords
libres opalescents
3.12)
et avec du relief. (figure
Au contraire, les dents d'une personne ge se dmarqueront par des
couleurs satures, peu lumineuses et trs translucides.
Les bords libres seront uss, tranchants et
aplanis. La macrogographie et microgographie
auront quasi-disparu. Aussi, des fissures et
infiltrations extrinsques intresseront l'mail.
(figue 3.13)
III.2.15
Morphologie en fonction du sexe (27, 52, 100).
Frush et Fischer, en 1956, parlent de dents masculines et de dents fminines
qui se distingueraient par leur couleur, leur forme, leur agencement.
Ainsi les hommes auraient des dents plus fonces et plus saillantes que les
femmes avec un agencement plus agressif avec des incisives massives, des
dents en rotation distale.
A l'inverse, un agencement rgulier des incisives et canines de formes
ovodes, aux bords arrondis, angles adoucis, embrasures ouvertes, aux
surfaces lisses et brillantes et aux bords libres translucides seraient
considres comme fminin.
Cependant, Wolfart, en 2004, la suite d'une tude portant sur la
corrlation entre sexe et visage , montre que cette thorie doit tre
reconsidre. Le genre masculin ou fminin ne doit pas tre pris en compte
dans nos dcisions thrapeutiques esthtiques . Pour un rsultat optimis, les
dolances du patient restent seules juges.
III.2.16
Morphologie en fonction de la personnalit (95).
Un sourire doit tre en accord la personnalit de l'individu. Des dents
massives ne conviendront pas une jeune femme sensuelle par exemple.
Tout un jeu de formes, de perceptions, d' effets spciaux dcrits par
Romuald Golstein permettent d'apporter de la vie un sourire rythm
85
jusqu'alors par des critres objectifs de beaut. Un sourire doux, suave se
caractrisera par une composition fluide, peu contraste, avec des teintes
claires mais peu lumineuses. La pointe canine sera, volontiers, linguale. A
l'inverse, un individu robuste aura des dents de formes brutes, de
composition
trs
marque,
prfrentiellement
satures.
Les
incisives
centrales seront en avant des latrales, la pointe canine plutt vestibule.
Morphologie en fonction de l'ge
jeune
opacit
saturation
luminosit
Micro/macro
gographie
III.3
Morphologie en fonction de la personnalit
douceur
vigueur
Composition
Fluide, claire
Marque, brute
luminosit
Pointe canine
linguale
vestibule
saturation
Photomimtisme de nos matriaux cosmtiques. (18, 20, 22, 31,
108, 119).
Parce que les dents ne prsentent pas une structure homogne mais, au
contraire,
une
superposition
de
diffrentes
saturations
dentinaires
recouvertes par une couche dmail, les matriaux doivent reproduire au
mieux lopacit leve et la fluorescence marque de la dentine ainsi que la
variabilit importante de sa saturation lie lge du patient. Ces mmes
matriaux doivent retranscrire la translucidit, lopalescence et la faible
saturation de lmail.
Figure 3.14 : Circulation de la lumire travers une CCM, une couronne zircone, une
couronne alumine, une couronne vitrocramique Emax Press
Ces matriaux auxquels nous auront recours, les rsines composites et les
cramiques, auront pour objectif de rendre invisible une restauration
distance sociale . Nous allons les dtailler maintenant :
86
III.3.1 Les rsines composites (31, 87, 88).
III.3.1.1
Classification des rsines composites (31, 87, 88).
Les rsines composites utilises en odontologie sont constitues d'une
matrice organique rsineuses et d'un renfort constitu de charges, relis par
un agent de couplage appel silane.
Il existe une classification complte des rsines composites qui prend en
compte la dimension des charges, la viscosit, le mode de polymrisation du
matriau. Ainsi, on compte 3 familles de matriaux :
-les composites macrochargs qui ont quasiment disparus,
-les
composites
microchargs,
microchargs
renforcs
qui
ont
hybrides,
microhybrides
commercialiss pour renforcer les proprits optiques des restaurations
esthtiques directes,
-les
composites
hybrides :
hybrides,
micro
nanochargs. Ces derniers allient les proprits mcaniques et physiques des
composites hybrides et des proprits optiques intressantes avec un
potentiel esthtique et une aptitude au polissage comparable aux composites
micro chargs.
III.3.1.2 Photomimtisme des rsines composites (18, 20, 22, 31).
L'apport des nanotechnologies, par l'incorporation de nouveaux composants
et surtout par la fabrication de charges aux dimensions infrieures aux
longueurs d'ondes visibles ainsi que l'augmentation du pourcentage en poids
de charge a optimis largement le rendu esthtique pour un photomimtisme
optimal.
Du fait de l'organisation en diffrentes couches de tissus minraliss des
dents naturelles, divers matriaux composites sapparentant aux diffrents
tissus minraliss ont t conus pour se rapprocher au mieux de cette
structure particulire et pour pallier
aux
limites
de
la
perception
visuelle et la discrimination prcise de la totalit des teintes par les
praticiens. Les diffrences dopacit seront obtenues grce aux diffrences
dindice de rfraction
entre les charges minrales et la matrice et les
diffrents niveaux de saturation par des concentrations variables en oxydes
mtalliques.
Nous allons dtailler certains d'entre eux que vous aurez l'occasion d'utiliser
au cabinet. Ces composites prsentent des proprits physiques et chimiques
proches des composites micro-hybrides classiques. Ils se dmarquent par
87
leur qualit de surface et leur aptitude au polissage permises par une taille
moyenne des particules infrieure un micron. Aussi, leur capacit au
modelage en est amliore par une thixotropie optimale. Un montage prcis
des diffrentes masses est obtenu sans effondrement de ces dernires.
Enfin et surtout, ces composites ont un haut rendu esthtique par
l'utilisation combine de diffrentes masses permettant une reproduction
fidle de la tonalit chromatique, des variations de saturation, de luminosit
et d'opalescence de la dent naturelle. Des colorants peuvent venir complter
nos compositions pour reproduire les caractrisations de la dent qui ne
peuvent tre obtenues par la stratification seule.
Ces mmes matriaux haut rendu esthtique prsentent des masses
dentine dont l'opacit est proche de celle de la dentine naturelle (soit
78% d'opacit). Il en est de mme pour les teintes mail
(65% de
translucidit). Aussi, ces nouveaux composites se caractrisent par une
fluorescence, ce qui en amliore le photomimtisme. Ainsi, ces matriaux
permettent d'largir les indications de reconstitution directe par composite
dans
les
esthtique.
secteurs
antrieurs
avec
une
optimisation
de
l'intgration
Dcrivons,ici, certains systmes mis notre disposition pour un rendu
photomimtisme optimal :
-le composite Miris 2 (18, 19, 23, 39).
Les kits Miris puis Miris 2 offrent diffrents niveaux de saturation , au
nombre de 8, qui couvrent la totalit des variations de saturation de
la
dentine des dents naturelles. Les teintes Email sont au nombre de cinq avec
diffrents degrs de translucidit (faible, moyenne, leve).
Les deux masses de base se compltent de
matriaux
nombre
de
composites
quatre,
effets ,
qui
au
permettent
d'imiter la finesse de l'anatomie interne
ou les effets de lumire des tissus
dentaires en simulant des couleur ou en apportant encore des touches
d'opalescence. (figure 3.15)
Ce kit, trs dvelopp de nos jours correspond aisment au concept de
stratification naturelle en trois couches du Dr Didier Dietschi ou natural
layering concept .
Cliniquement, son utilisation est facilite par un teintier dentine en
composite qui se dcline en huit degr de saturation dont la dernire qui est
88
extra-claire. Aprs avoir choisi la teinte dentine, on lui associe une teinte
mail, dfinie grce au teintier correspondant dans le but de restituer la
dent naturelle avec un photomimtisme parfait.
le composite Enemal plus HFO (29, 82).
Lorenzo Vanini est l'origine du composite
Enemal plus HFO ( High Fluorescence and
Opalescence)
utilis
en
mthode
de
superpose
des
stratification. Le principe est le suivant : par
l'utilisation
diffrentes
combine
teintes
et
releves
sur
la
naturelle, on obtient un rendu fidle.
dent
(figure 3.16)
Enemal plus HFO est un systme rationnel bas sur 5 masses diffrentes
(dentines, mail, gnrique, mail opalescent, mail intensif et colorants)
reproduisant les cinq dimensions de la couleur de la dent naturelle, selon la
technique du Dr Lorenzo Vanini.
Ainsi,
les
sept
teintes
dentine
qui
sont
fluorescentes
ragissent
identiquement la dentine naturelle, ce qui amliore le photomimtisme de
la restauration. Les teintes mail par diffrents niveaux de translucidit
reproduisent fidlement l'volution lie l'ge. Les teintes mail intensif
seront utilises pour apporter des caractrisations de surface. Les maux
opalescents, aux nombres de trois blanc, ambre, gris-, reproduiront
l'opalescence interne des incisives et seront aussi utilises pour reproduire
les caractrisations. Enfin, des colorants fluorescents permettront d'apposer
des nuances et autres caractrisations propres chacun.
Enfin, Vanini a aussi conu un matriau spcifique reproduisant la couche
de protine de haute diffusion sparant l'mail de la dentine : le glass
Connector. Il assure une amlioration de la diffusion de la lumire entre les
deux masses.
Pour
un
rsultat
photomimtique,
de
nombreuses
techniques
de
stratification ont t dcrites. Toutes reposent sur l'analyse pralable de
l'anatomie de la dent naturelle. Nous dcrirons, ici, la technique de
stratification de Vanini qui est la plus connue et qui met en application
l'utilisation du composite Enemal plus HFO.
89
III.3.1.3
Stratification de Vanini (1, 12, 29, 31, 48, 51, 112, 113).
La technique de stratification par le Dr Lorenzo Vanini a pour vocation
d'obtenir un succs clinique prvisible et reproductible par le respect d'une
mthodologie
rigoureuse
et
dtaille.
Avant
de
se
lancer
dans
la
reconstitution d'une dent antrieure, une tape pralable et primordiale
consiste dterminer la couleur de la dent et de remplir la carte
chromatique.
Les cinq dimensions de la couleur d'une dent
doivent tre prises en compte : elles sont la
chromaticit
(teinte,
saturation),
la
luminosit, les intensifs, les opalescents et les
caractrisations. Une fois, la cartographie
reconstitue,
commencer :
la
stratification
peut
Fig. 3.17 : les 5 dimensions de la teinte de Vanini
III.[Link] laboration de la face palatine l'aide d'un moule en
silicone
A l'aide d'une cl en silicone ralise au pralable (sans soucis de couleur
mais seulement de forme), on appose une fine couche de composite mail
afin de laisser un espace suffisant pour les diffrentes masses dentines et
mail qui viendront en superposition. Le choix de la teinte mail palatine se
fait au bord libre pour l'obtention d'une face palatine translucide et
fonctionnelle.
III.[Link] Ralisation des faces proximales
La deuxime tape consistera reconstruire les faces proximales de la dent :
elle est essentielle et doit faire preuve de minutie car elle dfinit les
contours de la future restauration. La reconstitution des crtes proximales,
les lignes de transition sont alors fixes, ce qui rgule une majeure partie
des
phnomnes
lumineux.
Afin
d'obtenir
une
surface
de
contact
impeccable, nous allieront l'utilisation d'une matrice transparente en
polyester un coin en bois. La forme de la dent dcoulera directement de
l'orientation de la crte marginale ainsi reconstitue.
90
Les crtes marginales seront reconstitues l'aide de masses d'mail.
III.[Link] Reproduction de la couche de haute diffusion
Comme abord prcdemment, la couche de haute diffusion est une couche
riche en protine la jonction amlo-dentinaire qui a pour rle une
diffusion de la lumire travers la dent. Cette couche prsente un indice de
rfraction diffrent de celui de l'mail, ce qui assure une diffusion interne
de la lumire et par voie de consquence l'aspect blanc de l'mail. Sans
cette substance hyperprotine, la dent paratrait totalement grise et bleue.
Appele Glass Connector par le Docteur
Lorenzo Vanini, il s'agit d'une rsine
faiblement
charge,
blanche
qui
sera
apporte au pinceau pour un rsultat
lumineux optimal. (figure. 3.18)
III.[Link] Stratification dentinaire proprement dite
Aprs avoir appos la premire couche de Glass Connector, on apporte les
diffrentes masses dentine en respectant l'architecture interne (lobes
dentinaires) ainsi que les variations de saturations de la masse la plus
sature en cervical la moins sature au bord libre. Par cette dsaturation
progressive, on obtiendra un rsultat naturel qui n'aura pas lieu si on
appliquait la mme saturation partout. Au niveau des limites, le composite
dentine viendra en mourant pour mnager l'espace ncessaire la masse
mail et par consquent pour une continuit optique parfaite.
III.[Link] Caractrisations
Les caractrisations sont obtenus par des
masses
effets .
Elles
apportent
la
personnalit la restauration, notamment
par des masses opalescentes bleutes, des
intensives blanches dans le but de mimer
tches
de
fluoration
ou
hypoplasies de l'mail. (fig. 3.19)
encore
91
III.[Link] Mise en place de la couche d'mail vestibulaire
Aprs l'apport de la deuxime couche de Glass connector, la dernire tape
de stratification consiste apposer la masse d'mail vestibulaire.
III.[Link] Dgrossissage, finition, polissage, lustrage
Un dgrossissage pralable est ralis pour affiner la macrogographie
(forme globale et profil d'mergence) de la dent esquisse lors de la
stratification interne. Une alternance de convexits, de concavits, de
mplats, de rainures dans le sens vertical ainsi que le positionnement prcis
des lignes de transition dfiniront la macrogographie de la dent. On
utilisera, pour cette tape, des fraises la granulomtrie dcroissante et des
disques abrasifs.
Dans un deuxime temps, on se consacrera aux finitions par la cration
d'une texture de surface (microgographie) qui sera plus ou moins marque
selon le niveau d'usure de la dent. Chronologiquement, les caractristiques
verticales devront tre restitues avant les lignes de croissance horizontales.
Comme vu au pralable, ces techniques de microgographie pourront tre
utilises pour crer des illusions de forme, de dimensions. Par exemple, des
lignes verticales marques feront paratre la dent plus longue. A l'inverse,
pour obtenir une dent plus trapue, plus massive, plus courte, il sera
judicieux de jouer sur les lignes de croissance horizontales en les faonnant
de manire plus pointue.
Enfin, pour rendre le composite compatible avec le seuil de rtention de
plaque et rvler la couleur du composite dans son ensemble, la dernire
tape consistera polir et lustrer la restauration. Cette ultime tape
dpendra directement
utilise.
de l'aptitude au polissage de la rsine composite
Le polissage devra rvler la teinte de la restauration en profondeur sans
pour autant effacer les textures de surface venant d'tre cres.
92
L'obtention d'alternance de zones mates et
brillantes
rvlera
la
prsence
de
concavits, de convexits, qui par leur
diffrents
niveaux
d'accessibilit
aux
meulettes de polissage silicones, creront
des
variations
de
automatiques.
rflexion
lumineuse
Pour finir, l'utilisation de meulettes en
cotons
couples
de
la
pte
la
lumire
la
granulomtrie dcroissante permettra une
circulation
de
majore,
amliorant le rendu esthtique final.
Figure 3.20 : les tapes de dgrossissage, finitions, polissage,
lustrage
Ce qu'il faut retenir :
-Par les nanotechnologies, s'offre nous un panel de saturations, de
tonalits chromatiques, de luminosits, d'opalescences.
-Avant de restaurer une dent, une analyse pralable de la cartographie de
la dent naturelle est imparable.
-La restauration d'une dent va se faire par une stratification en diffrentes
masses pour restituer la dentine, la couche de haute diffusion et l'mail.
-Il ne faut pas ngliger les tapes de finitions et de polissage qui restituent
la macro et microgographie la dent. Ces tapes sont prcises et
chronologiques : les stries verticales devront tre restitues avant les lignes
de croissance horizontales. Le polissage rvlera la teinte de la restauration
en profondeur sans pour autant
effacer les textures de surface venant
d'tre cres. L'alternance de zones brillantes/ mates, autrement dit de
convexits/concavits seront primordiales pour obtenir des variations de
rflexion lumineuse. Elles seront obtenues par un accs diffrentiel de ces
zones aux meulettes.
-Aussi, les finitions permettront de tricher et de raliser de vritables
trompe-lil : par exemple, pour faire paratre une dent plus longue, on
pourra marquer davantage les stries verticales. A l'inverse, pour qu'une
dent
semble
horizontales.
plus
trapue,
il
faudra
dessiner
davantage
les
stries
93
-Les formes complexes ne sont pas perues (principe hdonique) : ainsi, si
les limites de la cavit sont franches en ligne droites, elles seront nettement
perues. C'est pourquoi, pour tricher et rendre ces limites invisibles par
notre cerveau, il sera judicieux de les modifier en zig zag dans les trois
sens de l'espace.
III.3.2 Les cramiques (36, 57, 107).
Nous n'aborderons, ici, que les systmes cramo-cramiques. En effet, la
dent et le parodonte formant une entit optique, et la lumire diffusant
travers ces mmes tissus, il est primordial de ne pas perturber ce systme
dlicat par l'utilisation de restaurations optiques inadquates comme les
couronnes cramo-mtalliques. En effet, avec ces dernires, une luminosit
insuffisante, une opacit excessive au tiers cervical et un liser gristre au
niveau du feston gingival contreront un rsultat esthtique optimal.
La restauration de lapparence naturelle dun sourire ne peut se concevoir
sans lutilisation de systme tout cramique John Mac Lean, 1965
III.3.2.1 Classification des cramiques
La classification qui est prsente ci-dessous assure la distinction entre trois
types
de
cramique,
par
la
recherche
d'un
compromis
entre
une
augmentation de la rsistance mcanique la fracture (d'o l'volution dans
la fabrication des cramiques) et une transmission optimise de la lumire
travers le matriau :
-les cramiques matrice vitreuse prdominante : du fait de la teneur en
matrice vitreuse prdominante de ces aluminosilicates,
il s'agit de la
cramique qui reproduit au mieux les proprits optiques des tissus
minraliss que sont l'mail et la dentine. Ceci s'explique par un indice de
rfraction de la phase vitreuse qui autorise prfrentiellement la rfraction
de la lumire.
Aussi, elles contiennent peu de particules dans
le but de contrler des effets optiques comme
l'opalescence,
colors. Ainsi,
l'opacit
et
les
divers
effets
ce sont donc les cramiques
cosmtiques de choix. Dans le commerce, on
retrouvera les IPS Empress CAD, IPS Empress
Esthetic, OPC par exemple. (figure 3.21)
94
-les cramiques vitreuses charges en particules cristallines : Des particules
sont ajoutes la matrice vitreuse de base. Elles ont pour but d'amliorer les
proprits mcaniques de ces cramiques et
serviront la fabrication
d'infrastructures cramiques qui seront recouvertes de cramiques vise
cosmtique.
Il est prciser que ces matriaux se rapprochent de la structure de l'mail,
en incluant dans leur trame des microflures et des particules opalescentes
apportant davantage de profondeur optique et de brillance.
Dans le commerce, les In-ceram ou encore les IPS
[Link] sont des cramiques vitreuses charges en
particules. (figure 3.22)
-les cramiques polycristallines sans phase vitreuse : ce sont les armatures
cramiques. Elles sont de deux types : les alumines et les zircones (Dioxyde
de Zirconium Partiellement stabilis l'Yttrium). Dans le commerce, il
s'agira du systme Procra par exemple. La zircone comme l'alumine trs
rsistantes
seront
vectrices
transmission de la lumire.
d'opacit,
et
donc
interfreront
avec
la
III.3.2.2 Photomimtisme des cramiques (13, 54, 69, 70, 108).
Dans les cramiques dentaires, par tymologie, la phase vitreuse assure la
transmission de la lumire, permettant aux rayonnements lumineux de se
propager au sein des tissus dentaires rsiduels et d'en faire exalter ses
propres
couleurs.
l'inverse,
les
particules
cristallines
filtrent
et
rflchissent de manire slective les rayons lumineux, ce qui apporte une
modification de la couleur perue.
Au-del des proprits optiques, cest la sensation visuelle qui compte. Cette
dernire rsulte de la combinaison de nombreux facteurs savoir les
proprits optiques de surface, des diffrentes phases et des diffrentes
couches, de la couleur et du spectre de la lumire incidente. Les rendus
des diverses cramiques vont du transparent l'opaque avec des luminosits
variables, des effets de fluorescence, dopalescence, avec des saturations
diffrentes. Tout ceci est obtenu en jouant sur la composition, la nature
chimique, la taille, la quantit et lindice de rfraction des charges
cristallines et des pigments rpartis dans la phase vitreuse.
95
Ainsi, en fonction de la situation clinique, le choix de tel ou tel systme
devra tre rflchi. C'est pourquoi il est important, qu'en tant qu'artiste du
sourire, on connaisse les comportements des divers systmes qui existent
pour optimiser ou non la transmission de la lumire travers le matriau.
-Un rendu esthtique optimal avec une matrise des effets optiques sera
obtenu avec une cramique matrice vitreuse.
-Une armature translucide (cramiques vitreuses charges en particules
cristallines)
sera
prfrable
pour
restaurer
une
dent
pulpe
sans
dyschromie dans le but d'obtenir une diffusion optimale de la lumire au
sein de la dent et du parodonte marginal pour en faire exalter ses propres
couleurs. Cette cramique apportera de la profondeur optique et de la
brillance.
-A l'inverse, un pilier dentaire dyschromi ou reconstitu par ancrage
mtallique ncessitera une armature cramique opaque dans le but de le
masquer de manire optimale. Le choix se dirigera vers des cramiques
polycristallines sans phase vitreuse pour filtrer et rflchir de manire
slective la lumire et, ainsi, modifier la couleur perue. On aura recours
aux zircones et aux alumines.
Comme vous pouvez le constater chaque prise de teinte que vous ralisez
au cabinet, il n'y a jamais de correspondance parfaite entre la couleur de la
dent et celles proposes par les teintiers.
Il est donc primordial, comme le soulignent Paravina R.D. Et coll dans leurs
crits en 2007, de dcomposer la couleur des dents couche par couche pour
harmoniser et intgrer au mieux la reconstitution au sein de la composition
dentaire.
Une stratification va tre opre par le prothsiste dentaire en respect la
cartographie de la dent releve pralablement et prcisment au fauteuil
par le praticien.
III.3.2.3 Les diffrentes couches de cramique : du relev de la couleur
la stratification au laboratoire pour un photomimtisme optimal.
Le cramiste va oprer par apposition de couches successives selon la
cartographie qu'on a ralise.
Des tapes cruciales l'obtention d'un
photomimtisme idal seront dans le relev et l'apposition de l'opaque, de la
dentine de base, des masses transparentes et des zones translucides, de
96
l'mail, des caractrisations individuelles, de la luminosit et de l'tat de
surface des dents. Aussi, on occulte, frquemment, l'influence de la gencive
sur la couleur de la dent une fois intgre dans la cavit buccale ; c'est
pourquoi nous allons insister sur le rle de l'environnement quant
l'intgration de cramiques esthtiques.
III.[Link] L'opaque (56, 70).
L'opaque correspond la couleur de fond. Elle a pour but de masquer les
dyschromies ou mtal sous-jacent. Pour optimiser le photomimtisme, il faut
que la couleur de l'opaque soit plus sature que la couleur finale de la dent.
Il existe, cet effet des teintiers d'opaque pour lesquels la couleur sera
choisie au niveau du collet. On peut aussi choisir l'opaque l'aide de
teintiers de masse dont la roue des couleurs du Creativ Color system de
DUCERA.
Aussi, la couleur de fond de la dent est rarement uniforme mais prsente des
variations dans les zones proximales ainsi qu'au tiers cervical et au niveau
du bord libre. C'est pourquoi, un relev prcis et une communication de ces
variations
sont
indispensables
photomimtiquement intgre.
pour
parfaire
une
cramique
III.[Link] La dentine de base. (26).
Il y a notre disposition une large gamme de dentines et un vaste ventail
de saturations pour chacune d'entre elles. Comme mentionn prcdemment,
il est rare de trouver une similitude franche entre les couleurs que nous
proposent les teintiers et la couleur de la dent restaurer. C'est pourquoi,
des mlanges de plusieurs couleur dentine et de colorants sont raliss
jusqu' l'obtention de la couleur souhaite. En dfinitive, on ralise un
teintier dentine personnalis qui sera transmis au cramiste.
Comme pour l'opaque, la dentine de base doit tre lgrement plus sature
que la couleur de la dent dfinitive. Les appositions de dentines futures
seront dsatures au fur et mesure.
97
III.[Link] Masses transparentes et zones translucides (70, 107).
Une dent translucide laisse passer les rayonnements lumineux de l'objet,
c'est un lment cl de la russite esthtique. Une dent dnue de
translucidit paratra dpourvue de vie.
Cliniquement, le relev de la translucidit d'une dent est une tape
complexe. Pour observer cette dernire, il faut faire varier la lumire
pntrant travers les tissus de la dent en faisant bouger notre miroir dans
le but de modifier la rflexion de la lumire l'intrieur de la dent. A l'aide
de palettes de transparents et des incontournables clichs photographiques,
on relvera au mieux la transparence de la dent.
A l'heure actuelle, les industriels nous proposent une palette complte de
transparents et de translucides tant tous trs lgrement colors du blanc
bleut, au gris ou encore l'orang.
Malgr la diversit des palettes de notre arsenal thrapeutique pour
dterminer la translucidit d'une dent, parfois, on ne parvient pas la
dfinir correctement. On pourra, alors, avoir recours, des chantillons de
cramique-mail cuite labors par le prothsiste pour apprcier plus
aisment cette translucidit.
III.[Link] L'mail (26).
L'mail ou encore appel incisal sera dfini en dernier lieu. Pour un
photomimtisme parfait, l'mail d'une dent n'tant pas uniforme, plusieurs
couleurs d'mail seront choisies et transmises au cramiste. Tout comme
avec le relev de la dentine de base, un teintier d'mail personnalis pourra
tre labor et transmis au prothsiste.
III.[Link] Les caractrisations individuelles (45).
Les caractrisations rendront la personnalit l'individu. C'est une tape
primordiale mais trs dlicate surtout au niveau du tiers incisal o la
translucidit sera maximale. La dent naturelle dvoile des discolorations
spcifiques tout un chacun qu'il est indispensable de recrer pour obtenir
une intgration harmonieuse de la cramique dans la composition dentaire.
Les
caractrisations
vont
des
simples
tches
blanchtres,
aux
zones
98
d'opalescence, aux flures de l'mail, aux infiltrations alimentaires ou tout
simplement au relev du bord libre. Ces dtails indispensables seront dfinis
en dernier.
les zones d'opalescence
Ces zones d'opalescence seront prfrentiellement retrouves chez le jeune ;
en effet, les dents jeunes et faiblement abrases seront plutt concernes. Il
sera ncessaire de les restituer pour apporter justement de la fracheur la
dent, signe de jeunesse.
les tches blanchtres
Les tches blanchtres, signes d'un dfaut de calcification de l'mail par une
hyperfluoration ou d'un choc antrieur auront un aspect blanc crayeux qu'il
faudra dcrire au cramiste pour une intgration absolue.
les flures de l'mail
Les flures de l'mail, nombreuses et empreints de colorations sur les dents
ges, et au contraire, fines et translucides sur les dents jeunes devront faire
l'objet d'une attention particulire pour tre transmises au mieux au
cramiste, qui par un travail artistique, rendra le naturel la dent.
les infiltrations alimentaires
Elles sont retrouves essentiellement sur les dents ges et plutt au niveau
des cingula et des sillons infractueux des dents.
le halo du bord libre
On appelle halo le bord blanc trs fin des incisives ; il rsulte de la rflexion
totale de la lumire au niveau du bord incisif de part son angulation. Ce
halo sera marqu sur les dents jeunes et, au contraire, lors d'abrasion en
biseau, par exemple lors d'un bruxisme.
III.[Link] La luminosit : la cl du succs (45, 56, 63, 107).
La luminosit d'une dent est le niveau de gris prsent dans cette dent. D'une
part, son valuation et quantification sont difficiles valuer mais d'autre
part sa reproduction par le cramiste est d'autant plus complexe.
Pour valuer la luminosit d'une
dent, la faon la plus aise et la
plus sre est de raliser des clichs
99
photographiques des dents mais aussi du teintier de rfrence en noir et
blanc et de corrler ces derniers (figure 3.23)
Si le teintier Vita classic, par son systme de fabrication, n'est pas adapt
la dtermination de la luminosit d'une dent car class selon les familles de
teinte, le Vitapan 3D-Master, lui contient un groupe d'chantillon de
diffrentes familles de luminosit.
Aussi, MOUNT et HUME rapportent que pour apprcier au mieux la
luminosit, il faut regarder de part et d'autre de la dent reconstruire,
c'est--dire, concrtement, en louchant. En effet, ils recommandent de
loucher les yeux mi-clos pour diminuer la quantit de lumire atteignant la
rtine, et donc pour diminuer la stimulation des cnes. En effet, la lumire
qui percute la rtine est diminue ; la focalisation devient, alors, moins
prcise,
ce
qui
active
les
d'apprciation de la luminosit.
btonnets
et
donc
augmente
le
niveau
Sa reproduction, comme dit plus haut, n'est pas vidente. Le cramiste, s'il
souhaite diminuer la luminosit, devra choisir une masse opaque plus grise
ou bien, lors du montage de la dernire couche de stratification, apposer un
gris transparent. A l'inverse, si le cramiste doit augmenter la luminosit, il
devra agir en profondeur dans la stratification, ce qui est plus difficile et
incertain. Ainsi, lorsqu'on est indcis entre deux niveaux de luminosit, on
choisira l'chantillon la plus forte luminosit car plus facilement
rectifiable par le cramiste.
III.[Link] L'tat de surface (45, 56, 109).
L'tat de surface comme la forme d'une dent est primordial l'intgration
esthtique
d'une
dent.
En
effet,
une
erreur
de
couleur
sera
prfrentiellement accepte si la macrogographie et la microgographie
sont menes bien de telle sorte ce que la dent ne paraisse pas artificielle.
Le relev de l'tat de surface de la dent et des dents adjacentes, pour qu'il se
fasse dans des conditions optimales, devra se faire sur surface sche. De la
sorte, les diffrents reliefs, effets et textures de surface (peu stri, stri, pas
stri) mais aussi le degr de brillance ( trs brillante, brillante, pas
brillante) pourront tre relevs parfaitement.
100
III.[Link].1 Relev et restitution de la texture de surface
La texture de surface correspond l'ensemble de la macrogographie et
microgographie d'une dent. La texture varie d'un individu l'autre et en
fonction de l'ge, d'une dent l'autre, mais aussi en fonction de la
morphologie et de la duret de l'mail. Le but tant d'adapter l'tat de
surface de la cramique aux dents naturelles adjacentes, l'analyse des reliefs
verticaux, des caractrisations de surface comme les stries de croissance ou
surfaces lisses, du caractre abras de la dent,
par exemple, doit tre
pointilleuse et la transmission au prothsiste prcise. Le recours
des
loupes grossissantes peut s'avrer trs utile. Aussi, il ne faudra pas se
contenter de regarder la dent de face mais sous diverses incidences,
notamment, de profil. Lasserre, quant lui, prconise, pour les dents ges,
de se rfrer un teintier l'aspect de surface satin.
Comment le cramiste reproduit-il la texture de surface d'une dent ?
L'tat naturel de nos dents rsulte de l'alternance de convexits ( bombs,
reliefs verticaux, angles de transition) et de concavits (dpressions).
L'aspect naturel d'une restauration rsulte de la rflexion lumineuse sur les
surfaces stries et lisses, ce qui conduit au naturel et donc l'esthtique.
Le prothsiste va reproduire chronologiquement les reliefs verticaux, les
caractrisations de surface , le glaage thermique et le polissage mcanique
pour obtenir un tel rendu :
les reliefs verticaux
Mme s'ils sont en majeure partie inclus dans le montage de la cramique, le
prothsiste peut les accentuer avec une fraise diamante gros grains.
Aussi, il sera apprciable de renforcer la rugosit
des zones concaves qui
sont moins soumises l'usure naturelle et mcanique pour minimiser la
brillance de ces dernires.
les stries horizontales de croissance
Aprs les avoir dessines sur la cramique, le prothsiste les trace en un seul
passage l'aide d'une fraise diamante fine cylindro-conique, de manire
tangentielle la surface et sur 2 3 mm de profondeur.
101
les surfaces lisses
Elles correspondent aux zones exposes l'usure naturelle et mcanique. Le
cramiste les travaillera l'aide d'une pointe carborundum ou fraise
diamante bague jaune.
Aprs le glaage afin d'augmenter les zones de
brillance, il utilisera des polissoirs et de la pierre ponce.
le glaage thermique
Le glaage thermique, qui d'un point de vue esthtique a pour but d'obtenir
un tat de brillance minimum, devra conserver la macrogographie et
microgographie ralises au pralable ainsi que l'aspect granuleux des
concavits.
le polissage mcanique
A l'aide de meulettes silicones coniques et en obus, le cramiste va chercher
un aspect poli pour minimiser la rtention de plaque et ensuite une
brillance maximale grce des meulettes en feutre et de la pte diamante.
Le rsultat escompt est obtenu avec une rflexion de la lumire maximale
sur les convexits et minimale au niveaux des dpressions. Ainsi, un
photomimtisme optimal est obtenu par une raction de la lumire
similaire sur la cramique comme sur les dents naturelles.
III.[Link].2 Relev de la brillance
La brillance est la rflexion lumineuse de surface qui est directement lie
l'aspect de la surface. Il existe une chelle de brillance entre cramistes et
chirurgiens-dentistes :
-aspect trs brillant : 9/10me ou 10/10me ;
-aspect assez brillant : 7/10me ou 8/10me ;
-aspect peu brillant : 5/10me ou 6/10me.
Les zones les plus exposes l'usure naturelle et mcanique (mastication par
exemple), autrement dit les zones les plus bombes correspondront aux
zones la plus forte brillance. A l'inverse, les sillons, les fonds de cavits,
faiblement exposs, prsenteront une brillance minimale. Enfin, la brillance
augmente avec l'ge et sera maximale sur les dents ges qui prsentent de
nombreuses facettes d'usure.
102
III.[Link] Influence de la gencive (26, 124).
De nos jours, il existe des teintiers des tissus gingivaux car ils influencent le
rendu de la cramique par la rflexion de la lumire par rapport la
gencive. Plus la gencive sera fonce, plus elle influencera les variations de
couleur de la cramique. Il existera toujours un risque d'illusion avec la
cavit
buccale
par
l'utilisation
unique
de
teintiers
classiques,
d'o
l'laboration par Shofu du Gumy Gingival Indicator .
Fig. 3.24 : Gumy Gingival Indicator, par Shofu
figure 3.25 : Teintier NCC
Le Gumy Gingival Indicator a pour rle de neutraliser l'influence du
contraste de couleur de la gencive . Il comporte quatre teintiers de
gencive : rose trs fonc, rose sombre, rose normal et rose ple ; ils vont
faciliter le choix final de la couleur de la dent, c'est--dire en prenant en
compte l'influence de la gencive sur le rendu cosmtique final.
Le rsultat esthtique des cramiques par un photomimtisme parfait de la
restauration rsulte de la combinaison de plusieurs facteurs combins que
sont une observation et une communication au prothsiste imparable , du
jeu de la rflexion de la lumire avec une brillance minimale dans les zones
concaves et, l'inverse, une brillance maximale au niveau des bombs et
zones soumises l'usure naturelle et mcanique.
III.3.3 Les matriaux d'assemblage (11, 16, 24, 57, 106).
Il existe deux types de matriaux d'assemblage : les ciments et les colles. En
matire d'esthtique, les colles seront les matriaux d'assemblages de choix.
Un protocole rigoureux et prcis pour une prennit de la restauration sera
de mise. Ces matriaux d'assemblage influencent le rendu esthtique final et
sont donc prendre en considration, notamment et surtout lors de positions
juxta ou supra gingivales des limites de nos prparations qui sont alors
visibles.
Les
colles
utilises
en
usage
dentaire
sont
des
rsines
acryliques
103
photopolymrisables, chmopolymrisables ou duales. Les composites de
collage chmopolymrisables vieilliront mal, devenant jaune et seront donc
dlaisss au profit des colles photopolymrisables, qui prsentent un rendu
esthtique suprieur mais aussi une rsistance mcanique et une adhsion
meilleure. Si et seulement si l'paisseur de la cramique ne permet pas une
polymrisation totale, on se tournera alors vers les colles DUAL ; la stabilit
colorimtrique sera minore.
Elles se dclinent en deux groupes : les colles conventionnelles et les colles
avec un potentiel adhsif.
III.3.3.1 Les colles conventionnelles
Les colles conventionnelles ne possdent pas de potentiel adhsif propre.
Cependant, avec un traitement de surface pralable et l'application d'un
adhsif, elles constituent un moyen d'assemblage de qualit avec un rsultat
esthtique optimal.
III.3.3.2 Les colles potentiel adhsif
Malgr la prsence de constituants actifs, elles ncessitent la mise en place
d'un adhsif pour raliser un collage optimal.
III.3.3.3 Rsultante optique des matriaux d'assemblage sur le rendu
esthtique final de nos restaurations prothtiques cramo-cramiques
Les matriaux d'assemblage jouent un rle majeur en influant de 10 15%
le rsultat esthtique final. Sera juge l'aptitude de ces matriaux
transmettre les rayonnements lumineux. Ainsi, dans l'idal, il est demand
ces matriaux d'assemblage d'tre parfaitement translucides
vitant toute
discontinuit visible entre la restauration et la limite de la prparation.
Ainsi, les systmes de collage (colles conventionnelles de prfrence)
constituent les matriaux de choix en matire de restauration cosmtique
parce qu'ils assurent une transmission de la lumire l'instar de la dent
naturelle.
Identiquement au choix de la nature de l'armature cramique dans les
restaurations par cramo-cramiques, lorsque le substrat dentaire sousjacent est suffisant et indemne de dyschromie, il sera judicieux d'exploiter
les proprits optiques de la dent en utilisant un matriau de collage
104
translucide. A l'inverse, lorsque le support dentaire sera dyschromi, malgr
les protocoles d'claircissement et de rduction d'paisseur raliss en
amont, une colle opaque sera prfre.
Il apparat vident que la prise en charge esthtique ne se limite pas
seulement la qualit des suprastructures mais aussi la rflexion et
l'anticipation du rle de l'infrastructure (substrat dentaire rsiduel) et du
choix
dans
la
qualit
(opacit/translucidit,
couleur
chimique)
du
composite de collage. En effet, l'esthtique n'est rendue possible que par
une participation concomitante de l'infrastructure, de la suprastructure et
du composite de collage dans la transmission de la lumire et donc dans le
rsultat cosmtique final.
105
CONCLUSION
De nos jours, on remarque une demande croissante d'esthtique. En tant
qu'artistes du sourire, nous sommes dans le devoir de rpondre des
exigences de plus en plus pointues.
De nombreux arsenals thrapeutiques sont notre disposition de la
chirurgie parodontale la prise en charge orthodontique et la chirurgie
orthognatique.
Cependant,
dans
certaines
situations
cliniques,
ces
techniques restent insuffisantes. C'est, ainsi, que pour des restaurations et
rhabilitations vivantes et naturelles, dnues de tout aspect artificiel, une
prise
en
charge
symbiotique
entre
psychologie
de
la
perception
et
photomimtisme de nos matriaux s'imposent.
Psychologie de la perception
Sourire esthtiquement intgr
Photomimtisme des matriaux
Autant, les matriaux connaissent des progrs croissants et permettent un
photomimtisme
imparable,
autant,
les
chirurgiens-dentistes
sont
insuffisamment informs quant aux mcanismes de la vision et de la
perception visuelle. C'est pourquoi, comme l'incite Luca Dalloca, il est
primordial de mettre de ct notre esprit analytique du cerveau gauche pour
laisser libre notre crativit et notre sens de la perception. Pour ce faire, il
faut stimuler et entraner notre cerveau droit en pratiquant des activits
artistiques tels la peinture ou la sculpture. Il en rsultera des compositions
quilibres, en harmonie avec le visage par des dentures vivantes et
expressives.
Enfin, le sens de la perception est un mcanisme complexe et non encore
parfaitement lucid. Dernirement mis en vidence, le cerveau serait un
vritable cachottier et ne nous dvoilerait pas tout quant la perception des
choses !! Cependant, certaines notions imparables nous permettent de
raliser de vritables trompe-lil et d'viter des erreurs grossires au sein
de nos compositions dentaires.
Dveloppez vos mes d'artistes !!!!
106
TABLEAU DES ILLUSTRATIONS
Figure 1.1 :les rayonnements lctromagntiques
[Link]/magazines/matiere/.../physique-lumiere-326
Figure 1.2 :Rflexion de la lumire : [Link]
Figure 1.3 : Absorption de la lumire
[Link]
Figure 1.4 : Diffusion de la lumire :[Link]
Figures 1.5 et 1.6 : Rflexion spculaire et rflexion diffuse de la lumire
[Link]
Figure 1.7 : la phosphorescence et la fluorescence, diffrences
[Link]/magazines/matiere/infos/...luminescence.../3/ ...
Figure 1.8 : Le mtamtrisme
[Link]/eu/Measuring/pec/fr/part2/[Link]
Figure 1.9 : Dcomposition de la lumire selon Newton.
[Link]
Figure 1.10 : Synthse additive des couleurs
[Link]
Figure 1.11: Synthse soustractive des couleurs
[Link]
Figure 1.12: Anatomie de lil :[Link]
Figure 1.13 : Physiologie de l'organe oculaire
[Link]
Figure 1.14 : les cnes de la rtine
[Link]
Figure 1.15: les btonnets de la rtine : [Link]
Figure 1.16: sensibilit diffrentielle des photorcepteurs
[Link] batonnets-dans-l- [Link]
Figure 1.17 : Trajet des rayons lumineux
[Link]
Figure 1.18 : Rtinotopie des aires visuelles.
[Link]
Figure 1.19 : les cortex visuels primaires et secondaires
[Link]
Figures 1.20 et 1.21 : les aires corticales secondaires et associatives
[Link]
g
Figures 1.22 et 1.23 : Les Nymphas de Claude Monnet
m on e t - c la ude - n ymp he as - . j pg [Link]
Figure 1.24: perception visuelle intgre et interprte : reprsentation
visuelle du monde
107
h ttp :/ /s vt.a c- di jo n .fr /sch em ass vt/ar tic le .p hp3 ?i d_ ar tic l e= 28 99
Figure 1.25 : Schmatisation de la perception visuelle intgre
[Link]
Figure 1.26 : Forces de cohsion Forces de sgrgation, par mes propres
sources
Figure 1.27 : illusion de Tichener: [Link]
Figure 1.28 : illusion d'Oppel-kundt
[Link]
Figure 1.29 : Illusion de Hering: [Link]
Figure 1.30 : Illusion de Zollner: [Link]
Figure 1.31 : la verticalit: la lettre T
[Link]
Figure 1.32 : la verticalit : le chapeau haut de forme
h ttp :/ /u pl oad . w ik i med ia . or g/w i k ip ed i a /c o mm o ns / t hu m b/9 /9 7/ D and ys _ 18 30 .j pg /2 20 px
- D an dys _1 83 0 .j p g
Figure 1.33 : Courbure des arcs de cercle
h ttp :/ /tp e 61 0. fr e e.f r / Im a ge s / ar c %2 0d e%2 0ce rc le . gi f
Figure 1.34 : Illusion de Ponzo
[Link]
Figure 1.35 : Principe d'irradiation, mes propres sources
Figure 1.36 : Illusion de compensation, mes propres sources
Figure 1.37 : Contraste de couleur: [Link]
Figure 1.38 : grille d'Hermann: [Link]
Figure 1.39 : Illusion subjective de Kanisza
[Link]
Figure 1.40 : Voyez vous un saxophoniste ou le visage d'une femme ?
[Link]
Figure 1.41 : Logo d'une association caritative : on distingue tous le
continent africain au centre. De plus prs, on voit deux ttes humaines qui
symbolisent les relations entre les Hommes.
h ttp :/ /www.l o ve- com m un i ca ti o [Link]/l -i ma ge -e t- les -fo r mes-da ns -un- vi su e l- pub lic i ta ir ea88 68 1 68 3
Figure 1.42: transformation rtinienne des images planes en trois dimensions
[Link]
Figure 1.43: Taj Mahal, Inde: [Link]
Figure 1.44: La fuite en Egypte, v. 1303-1305. Giotto (v.1267-1337. Fresque.
Padoue, Chapelle Scrovegni.
[Link]
Figure 1.45 : perception visuelle de profondeur, indices monoculaires,
indices binoculaires, Perception et ralit : introduction la psychologie des
perceptions, Delorme, Fluckiger, De Boeck, 2003.
Figure 1.46:Perception visuelle de mouvement.
[Link]/ressources-pedagogiques-cols2/tutoriaux-pour-complterles-cours/rgo-la-colorimtrie-html?start=1
Figure 2.1 : les lignes et plans de rfrence. Forme et harmonie de l'incisive
centrale. J-F Lasserre, Groupe Symbiose, p.2471. L'information dentaire
n41, 26 novembre 2008.
Figure 2.2 : les tages faciaux. [Link]/Dimension
%[Link]
Figure 2.3: Rapport du bord libre des incisives suprieures avec la lvre
infrieure: [Link] l
108
Figure 2.4: La ligne du sourire et la visibilit du parodonte. Libart et coll.,
(2004). a. Classe I. b. Classe II. c. Classe III. d. Classe IV
Chirurgie plastique parodontale. Alain Borghetti Virginie Monnet-Corti. Edition CdP, 2008.
Figure 2.5: Symtrie ou asymtrie du visage:
[Link] l
Figure 2.6 : Contours gingivaux harmonieux, selon Chiche et Caudill (1995). Chirurgie
plastique parodontale. Alain Borghetti Virginie Monnet-Corti. Edition CdP,
2008.
Figure 2.7 : Les diffrents types de contours considrs comme inesthtiques,
par Chiche et Caudill (1995) : Chirurgie plastique parodontale. Alain Borghetti Virginie Monnet-Corti. Edition CdP, 2008.
Figure 2.8 : Diffrentes classes de lignes esthtiques gingivales dcrites par
Ahmad : Chirurgie plastique parodontale. Alain Borghetti Virginie MonnetCorti. Edition CdP, 2008.
Figure 2.9: les triangles noirs, Palacci :
[Link]/public/SCDPHA_TD_2010_RICHAD_ADELINE.pdf
Figure 2.10 : Morphologie gnrale des incisives : les 3 typologies : Forme et
harmonie de l'incisive centrale. J-F Lasserre, Groupe Symbiose, p.2469.
L'information dentaire n41, 26 novembre 2008.
Figure 2.11: LHomme de Vitruve, Leonardo Da Vinci :[Link]
[Link]
Figure 2.12 : Le nombre d'or : reprsentation du rapport de la partie visible de la 11 et la partie visible de la 12 : Dentisterie esthtique et restaurations en [Link], Miara, Nathanson, 2000, ditions CdP.
Figure 2.13 et 2.14 : Prdominance de
[Link]/public/news/archive/[Link]
l'incisive
centrale:
[Link]
Figure 2.15: Znith de l'incisive centrale. J-F Lasserre, Groupe Symbiose, p.2468.
L'information dentaire n41, 26 novembre 2008.
Figure 2.16 : Axes dentaires: [Link]
Figure 2.17 : Classification de Vanini des diffrents types d'opalescences
[Link]
Figure 2.18 : La phosphorescence, observe lors de la photopolymrisation : Conservative
Composite. Restorations that mimic nature. A step-by-step Anatomical Startification [Link] of cosmetic dentistry. Fall 2010. vol.26. Number 3.
Figure 2.19 : Classification de Vanini : intensives, zones d'opalescence,caractrisations :
[Link]/documente/articol%20lorenzo%[Link]
Figure 3.1 : Harmonie de l'ensemble, un quilibre entre forces visuelles. : [Link]/images/FP%20nov%[Link].
Figure 3.2 :influence de la position et du volume des lvres : Exposition gingivale excessive
quels sourires ? L'information dentaire n11 12 mars 2008
109
Figure 3.3 : rgle de fermeture : [Link]
Figure 3.4 : symtrie du visage : un signe de beaut ?: [Link]
Figure 3.5 : Plan de Ricketts, profil convexe : [Link]/Bases-fondamentales-en-orthodontie.
Figure 3.6 :arcade dentaire inverse :
[Link]
Figure 3.7 : Influence
suelle :[Link]
de
la
luminosit
sur
la
perception
Figure 3.8 : Perception de la verticale et reconnaissance des
[Link]
vi -
visages :
Figure 3.9 : sourire invers : [Link]
Figure 3.10 :Yannick Noah, diastme incisif:[Link]
Figure 3.11 :obliquit de l'axe inter-incisif, gnratrice de tensions visuelles :
[Link]/pdf/10477_idvol90n42p2531-[Link]
Figure 3.12 : sourire d'un jeune adulte : [Link]
Figure
3.13 :
Morphologie
dentaire
chez
la
personne
[Link]
ge :
Figure 3.14 : Circulation de la lumire travers une CCM, une couronne zircone, une couronne alumine, une couronne vitrocramqiue Emax Press :
KOUBI SA., MARGOSSIAN P., WEISROK G., LASSERRE JF., FAUCHER AJ.,
BROUILLET JL., KOUBI G., TASSERY H. Restaurations adhsives en cramique : une
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Figure 3.15 :composite Miris 2
[Link]
Figure 3.16 : composite Enemal Plus HFO
[Link]
Figure 3.17 :Les 5 dimensions de la teinte de Vanini.
[Link]
Figure 3.18 : Glass connector : [Link]
ProductSetId=10&HFO%20Glass%20Connector
Figure 3.19 : Blancs intensifs :
[Link]
Figure 3.20 : les tapes
de dgrossissage, finitions, polissage,
[Link]
lustrage :
110
Figure 3.21 : IPS Empress CAD, IPS Empress Esthetic :
[Link]
Figure 3.22 :Image de cramique [Link] Press : [Link]
Figure 3.23 : teintier Vita 3D master en noir et blanc, valuation de la luminosit :
[Link]
Figure 3.24 :Gumy Gingival Indicator, par Shofu
[Link]
Figure 3.25 :Teintier NCC
[Link]
111
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PUISSEGUR ASTRID
LA
PERCEPTION
Thse N2014-TLSE33004
VISUELLE:
UN
FACTEUR
DETERMINANT
DANS
LA
RECONSTRUCTION PHOTOMIMETIQUE D'UN SOURIRE.
-------------------------------------------------------------------------------------------RESUME
Lors de rhabilitations esthtiques, les chirurgiens-dentistes auront pour souci une
intgration parfaite des restaurations dans le sourire de leurs patients. L'objectif de ce
travail est d'apporter des clefs aux chirurgiens-dentistes permettant de rendre nos
compositions vivantes et expressives. Ainsi, en prenant en compte les proprits
cosmtiques des cramiques et composites, dont le photomimtisme est grandissant,
l'intgration notre rflexion de notions de perception visuelle permettra l'optimisation
du rsultat final.
The visual perception: a determining factor in the photomimetic reconstruction of a
smile.
-----------------------------------------------------------------------------------------SUMMARY
During esthetic rehabilitations, dentists will have for concerns a perfect integration of
the rehabilitations in the smile of their patients. The main of this work is to bring keys to
dentists allowing to
return our alive and maining compositions. So, by taking into
account the cosmetic properties of ceramic and composits, the photomimicry of which is
increasing, the integration in our reflection of notions of visual perception will allow the
optimization of the final result.
---------------------------------------------------------------------------------------MOTS-CLES
dent, lumire, vision, cortex visuel, sourire, perception visuelle, illusion d'optique,
photomimtisme, cramique, composite.
----------------------------------------------------------------------------------------------------DISCIPLINE ADMINISTRATIVE: Chirurgie-dentaire.
INTITULE ET ADRESSE DE L'UFR: Facult de Chirurgie-dentaire.
3, chemin des marachers, 31062 TOULOUSE Cedex 09.
DIRECTEUR DE THESE: Docteur Laurent Elbeze.