RDM
RDM
Glissement et cisaillement dans les pices flchies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.1 7.1.3. Flexion simple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.3 7.2. Appuis et charges . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.4 7.2.1 Types dappuis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.4 7.2.2. Charges supportes par les poutres et les planchers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.4 7.3. Diagrammes des moments flchissants et des efforts tranchants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.6 7.3.1. Conventions de signes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.6 7.3.2. Diagrammes des moments flchissants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.6 7.3.3. Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.8 A) Poutre sur deux appuis : charge ponctuelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.8 B) Poutre sur deux appuis soumise une charge uniformment rpartie sur la partie
droite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.9 C) Poutre soumise une charge ponctuelle et rpartie . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.10 7.3.4. Relation entre le Mf, le V et le type de charge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.12 A) Relations entre le moment flchissant et leffort tranchant . . . . . . . . . . . . - 7.12 B) Relations entre le type de charges et lallure des diagrammes des moments
flchissants et des efforts tranchants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.12 C) Relation entre le moment flchissant et la dforme dune poutre . . . . . . . - 7.12 D) Relation entre le type de charge et la position du moment flchissant maximum dune
poutre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.13 E) Trucs et astuces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.13 7.4. Distribution des contraintes normales dans une section droite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.14 7.4.1. Gnralits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.14 7.4.2. Relation fondamentale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.14 7.5. Distribution des contraintes tangentielles dans une section droite . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.16 7.6. Choix de la forme de la section droite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.18 7.6.1. En flexion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.18 A) Cas des matriaux ductiles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.18 B) Cas des matriaux fragiles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.19 7.6.2. En cisaillement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.19 7.6.3. Section(s) dangereuse(s) dune poutre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.20 7.7. Contraintes admissibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.20 7.7.1. En flexion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.20 7.7.2. En cisaillement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.20 7.8. Dformation de flexion des poutres isostatiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.24 7.8.1. Calcul de la flche en un point : Mthode des aires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.24 A) Thorie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.24 B) Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.25 C) Rcapitulatif - Rsum . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.27 7.8.2. Calcul de la flche en un point : Mthode diffrentielle . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.28 7.8.3. Flche admissible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.29 7.9. Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.30 7.9.1. Calcul (simplifi) dune dent de roue dente (engrenage cylindrique) . . . . . . . - 7.30 7.9.2. Calcul de poutres de plancher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.33 7.9.3. Charges roulantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.36 A) Charge roulante unique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . - 7.36 -
CHAPITRE 7. FLEXION
7.1. Dfinitions et exemples
7.1.1. Flexion pure
La flexion pure est un tat de charge tel que, dans toute section droite dune pice,
il nexiste quun moment flchissant Mf. Ce moment flchissant doit tre constant.
fig. 7.1. -
Le moment flchissant tant, par dfinition, constant, la barre se dformera partout de faon
identique. Elle adoptera donc une courbure constante en prenant la forme dun arc de cercle.
7.1.2. Glissement et cisaillement dans les pices flchies
La rupture par glissement et cisaillement se produit dans un corps quand, par suite des charges
qui agissent sur lui, une partie de ce corps glisse par rapport lautre partie, les efforts intrieurs que la
matire subit ayant dpass la rsistance la rupture.
Ce genre deffort intrieur se produit galement dans les pices flchies.
Deux exemples simples permettent de sen rendre compte.
Supposons quune poutre soit forme dune srie de blochets B juxtaposs et serrs lun contre
lautre par un tau, comme le montre la premire figure ci-dessous.
Plaons cette poutre sur deux appuis C et D et chargeons-l dune srie de forces F.
La poutre tant ainsi sectionne suivant les sections S, il est vident que les blochets B vont
glisser les uns par rapport aux autres et, par exemple, vont se prsenter un moment donn dans les
positions donnes par la seconde figure ci-dessous.
R. Itterbeek
Page - 7.1 -
fig. 7.2. -
Ces dplacements par glissement taient prvoir puisque la matire manque de continuit
suivant les plans S. Dans ces plans la rsistance de la matire est nulle, seul le serrage des blochets par
frottement les uns contre les autres sopposent leur dplacement par glissement.
Dans la mesure du possible les poutres flchies sont dune seule pice, cependant elles prsentent
la mme tendance au glissement transversal et si la rsistance de la matire est insuffisante, les mmes
dplacements verticaux auront tendance se produire galement.
Dans la grande majorit des cas ces efforts tranchants sont ngligeables par rapport aux autres
efforts sollicitant la poutre, il faudra cependant en tenir compte au moment de la conception des poutres
soumises flexion (raidisseurs aux appuis).
Supposons en second lieu que la poutre flchie soit constitue dune srie de planches empiles
et poses sur les appuis C et D. Une charge F fait flchir lensemble.
fig. 7.3. -
Lexprience trs simple raliser, montre que chacune des planches flchit et sincurve pour son
propre compte, ce qui les oblige glisser les unes par rapport aux autres dans le sens longitudinal.
Les extrmits des planches qui, avant lapplication de la charge F, se trouvaient en concidence
dans un mme plan AA et BB, ne le sont plus aprs dformation.
La seule rsistance oppose ce glissement longitudinal provient du frottement des planches les
unes sur les autres. En ralit, on ne tient compte de ce glissement que dans les calculs des soudures ou
des rivets des poutres composes.
R. Itterbeek
Page - 7.2 -
fig. 7.4. -
Un exemple concret de poutre isostatique soumise flexion simple est donn la figure cidessous. Les charges sont toujours appliques dans un plan longitudinal de symtrie. En effectuant une
coupure au droit de la charge P, on constate que comme efforts internes, il existe un moment flchissant
Mf et un effort tranchant V.
fig. 7.5. -
R. Itterbeek
Page - 7.3 -
fig. 7.6. -
Page - 7.4 -
A) Les charges concentres sont celles qui sont ramasses sur une trs petite surface, tel une poutre
sappuyant sur une autre poutre qui lui est perpendiculaire, une colonne reposant sur une poutre, une
charge pendue ( cas dun palan ) fixe ou roulante.
fig. 7.7. -
B) Au contraire un mur lev sur la longueur dune poutre ou une matire rpartie sur la surface dun
plancher sont des charges rparties. Elles sont dites uniformment rparties quand elles ont une valeur
constante sur toute la longueur de la poutre ou sur toute la surface du plancher (le poids propre tant un
exemple de charge rpartie).
fig. 7.8. -
Suivant la position sur la poutre du point dapplication dune charge concentre, la dformation
et les efforts internes que la poutre subit varient beaucoup. Il en est de mme, si galit de poids total,
la charge est concentre au lieu dtre rpartie.
Conclusions :
< Une poutre peut tre capable de supporter une charge rpartie de valeur donne
et peut ne pas pouvoir supporter la mme charge applique localement.
< Une charge concentre locale peut agir trs diffremment sur une poutre suivant
lemplacement de son point dapplication. A ce point de vue il y a toujours intrt
reporter la charge aussi prs que possible des appuis.
Nous verrons les diffrentes possibilits de charge dune poutre aussi bien encastres que sur
deux appuis et de linfluence des celles-ci sur la manire dont elles sont sollicites.
R. Itterbeek
Page - 7.5 -
fig. 7.9. -
Page - 7.6 -
compris entre une extrmit de la poutre et la coupure. Les diagrammes sont tracs partir des
quations obtenues pour Mf et V. La convention de signe adopte pour le dessin des diagrammes est celle
explicite ci-dessus. Ce choix implique que le diagramme des moments soit orient du cot de la fibre
tendue.
Effort tranchant dans une section :
Somme des forces (ractions comprises) situes soit droite, soit gauche de la
section considre.
Moment flchissant dans une section :
Somme des moments, de toutes les forces (ractions comprises) situes soit
droite, soit gauche de la section considre.
R. Itterbeek
Page - 7.7 -
7.3.3. Applications
A) Poutre sur deux appuis : charge ponctuelle
1) Recherche des ractions dappuis.
:
R A F + RB = 0
( fi ) = 0
:
R A l + F lb = 0
(MB ) = 0
RA =
F lb
l
F la
l
2) Recherche des moments flchissants. (On coupe en un point et on quilibre de gauche droite)
Mf A =0
Coupure en A
:
RB =
Entre A et C
Mf
AC
Coupure en C
Mf
Entre C et B
Mf
CB
Coupure en B
Mf
= RA x
F l a lb
l
= R A x F ( x la )
= + R A la =
= + R A l F lb = 0
3) Recherche des efforts tranchants. (On coupe en un point et on quilibre de gauche droite)
F lb
Coupure (juste aprs) en A : TA = R A =
l
F la
Coupure (juste aprs) en C : TC = R A F =
l
fig. 7.10. -
R. Itterbeek
Page - 7.8 -
B) Poutre sur deux appuis soumise une charge uniformment rpartie sur la partie droite
Remarque importante :
Lorsquil existe une charge rpartie, on la remplace par une charge ponctuelle
au centre de gravit de la charge rpartie.
:
R A F + RB = 0
( fi ) = 0
(M
)=0
R A l + F lb = 0
RA =
F lb p l p lb
=
l
l
F la p l p la
=
l
l
2) Recherche des moments flchissants. (On coupe en un point et on quilibre de gauche droite)
Mf A =0
Coupure en A
:
RB =
= RA x
Entre A et C
Mf
Coupure en C
x = lC
CB
M f
M f
= R A x ( x lC ) p
CB
= R A x ( x lC )
Entre C et B
AC
Coupure en G
x = la
Coupure en B
Mf
Mf
Mf
= + RA l l p =
F lb
l lp
l
x lC
2
p
2
= + R A la
lp
l
F lp
=F b
2 4
2 8
= + R A l a F lb = 0
3) Recherche des efforts tranchants. (On coupe en un point et on quilibre de gauche droite)
F lb
Coupure (juste aprs) en A : TA = R A =
l
F lb
Coupure (juste aprs) en C : TC = R A =
l
F la
Coupure (juste avant) en B : TB = R A p l p =
l
R. Itterbeek
Page - 7.9 -
fig. 7.11. -
:
R A F F1 + R B = 0
( fi ) = 0
l
l
F
:
+ R A l F F1 lb = 0 R A = + F1 b
(MB ) = 0
2
2
l
la
F
R B = + F1
2
l
2) Recherche des moments flchissants. (On coupe en un point et on quilibre de gauche droite)
Mf A =0
Coupure en A
:
la F la
F l l
l
=
+ 1 a b ( p la ) a
2
2
l
2
l F1
M f B = + RA l F
=0
Coupure en B
:
2 lb
3) Recherche des efforts tranchants. (On coupe en un point et on quilibre de gauche droite)
l
F
Coupure (juste aprs) en A : TA = R A = + F1 b
2
l
l
F
Coupure (juste avant) en C : TC avant = R A p la = + F1 b p la
2
l
Coupure (juste aprs) en C : TC aprs = TC avant F1
Coupure en C
R. Itterbeek
Mf
= + R A la ( p la )
Page - 7.10 -
la
F
Coupure (juste avant) en B : TB = R B = + F1
2
l
fig. 7.12. -
R. Itterbeek
Page - 7.11 -
V
Mf
: nul (= 0)
: constant
< Sur une zone de poutre soumise une charge uniformment rpartie constante :
V
: volue linairement
: volue paraboliquement
Mf
< Au droit dune force concentre (action ou raction)
V
: subit un ressaut ou une chute
: montre un point dinflexion (cassure)
Mf
C) Relation entre le moment flchissant et la dforme dune poutre
Les conventions dans le signe des moments flchissants que nous avons adopt est tel que le
diagramme des moments flchissants est positionn du ct de la fibre tendue (en traction). En
rsum :
< Si le diagramme des moments flchissants est positif, la dforme prsente une
concavit vers le haut.
< Si le diagramme des moments flchissants est ngatif, la dforme prsente une
concavit vers le bas.
< Dans la section o le moment flchissant est nul (Mf = 0), il y a changement de
sens de courbure de la dforme; celle-ci prsente en cette section un point
dinflexion.
R. Itterbeek
Page - 7.12 -
D) Relation entre le type de charge et la position du moment flchissant maximum dune poutre
Pour trouver la position du moment flchissant maximum voir (A) 1) ).
< Charge(s) ponctuelle(s) uniquement : Au droit dune des charges ponctuelles.
: Position : d =
RA
p
fig. 7.13. -
Remarque importante :
1) Ne fonctionne que si la charge rpartie est telle quelle agit de manire continue entre
lappui et lendroit du moment flchissant maximum.
2) et sans charge ponctuelle en superposition.
E) Trucs et astuces
Dans le cas dun dimensionnement de poutre la contrainte, il sagira de dterminer dabord le
diagramme des efforts tranchants. Le moment flchissant maximum se situe lendroit ou leffort
tranchant sannule. Le calcul seffectuera pour cette position uniquement.
R. Itterbeek
Page - 7.13 -
fig. 7.15. -
section).
Si les fibres infrieures sallongent et les fibres suprieures se raccourcissent, il doit donc
logiquement exister des fibres qui vont conserver leur longueur. Do la dfinition :
Dfinition :
Le lieu gomtrique des points dune section vrifiant la condition = 0 est
appel : ligne (ou fibre) neutre de la section.
Mf
I y
Notations :
(1)
Mf y
I
Mf
I
y
(q. 7.42)
fig. 7.16. -
[N/mm2]
moment flchissant
moment dinertie de la section
distance partir de la fibre neutre
Nmm
mm4
mm
R. Itterbeek
Page - 7.14 -
E
y
de Hooke = , on obtient : =
E
(2) (
) tant la courbure.
fig. 7.17. -
Si on se rappelle la dfinition
dune contrainte en un point :
Sur un petit lment dA (appel facette) appartenant la surface de la coupure et
entourant le point B, agit une force dF. Par dfinition, la contrainte sexerant sur la
dF
coupure au point B vaut : B =
(3)
dA
Si, de plus, on utilise la condition dquilibre qui lie les contraintes et les efforts internes dans
une section transversale dune poutre qui peut scrire sous la forme :
y dF = M
A
y ( dA) = M
(4)
1
y y dA = M f
=
=
(5)
E y 2 dA E I
et si lon introduit cette dernire quation dans (2), on tablit la formule pour le calcul de la contrainte
normale dans une couche quelconque de la section de la barre une distance y de laxe Ox :
Mf
I
y
Remarque :
Dans le cas dune flexion simple lexpression ci-dessus est approche, mais
suffisamment exacte que pour une utilisation dans la pratique courante.
R. Itterbeek
Page - 7.15 -
On remarque que les contraintes maximales en flexion apparaissent aux points les plus loigns
de la fibre neutre et donc :
max =
Mf
I v
Mf
Wx
(q. 7.51)
[N/mm2]
[mm]
[mm3]
Remarque :
La formule de la contrainte maximum en flexion est rapprocher de celle de la contrainte
tangentielle maximum en torsion.
Ces contraintes maxima sont de signes opposs : lune est une contrainte de traction, lautre une
contrainte de compression. Et si le profil est symtrique (par rapport laxe neutre), on obtient :
max = min ou max = min
Remarques :
1) La flexion simple entrane sur toute section perpendiculaire la fibre moyenne de
la pice des contraintes normales et tangentielles. Ces dernires provoquent un
gauchissement des sections droites (voir 7.1.3.).
Toutefois, la dformation du plan des sections transversales ninflue pas dune
faon notable sur la grandeur des contraintes normales.
Lerreur que lon commet en ne tenant pas compte de cette dformation dans le
calcul des contraintes normales est faible (voire nulle si leffort tranchant est
constant).
2) Sous laction des contraintes de traction sexerant dans la
partie infrieure de la barre, un rtrcissement latral de la
section droite, d au coefficient de Poisson, se produit. Pour la
raison contraire, la partie suprieure de la barre est soumise
un gonflement latral.
En pratique, on ne tiendra pas compte de cette modification de
la forme des sections transversales de la barre.
fig. 7.18. -
R. Itterbeek
Page - 7.16 -
fig. 7.19. -
y l=x l.
Il y aura donc une contrainte rciproque (x) dans le sens longitudinal qui
sera gal, en grandeur, au cisaillement transversal (y).
fig. 7.20. -
Par contre si nous prenons un cube dont une des faces est la
surface extrieure de la poutre, il sera impossible dquilibrer celle-ci, car,
longitudinalement il ny a plus de matire et par consquent (x) nexistera pas !
Cest pourquoi, la rpartition des contraintes transversales ne
sera pas uniforme. Le maximum se situera au niveau de la fibre
neutre et le contraintes tangentielles seront nulles aux extrmits
(surfaces suprieure et infrieure) de la poutre.
fig. 7.21. -
La formule permettant dexprimer les contraintes tangentielles maximales max pour les sections
transversales de formes quelconques peut tre formule de la manire suivante :
max = k
V
(q. 7.56)
A
[N/mm2]
[N]
[mm2]
[-]
Page - 7.17 -
Coefficient de forme (k )
(Cisaillement)
Section rectangulaire
3/2
Section carre
3/2
Section circulaire
4/3
Section annulaire
mince
Section triangulaire
3/2
Remarque :
Dans certains cas il est difficile de calculer la contrainte maximale max, on a alors recours
la contrainte tangentielle moyenne moy. Cest--dire que lon prend k t = 1 dans la
formule prcdente. Exemple : dans le cas des profils en I ou en U, nous avons :
moy =
V
(q. 7.58)
Aame
avec : Ame
[N/mm2]
max =
Mf
max
I v
Mf
max
Wx
Page - 7.18 -
wf =
Wx
(q. 7.60)
A3
max = k
avec : max
T
A
[N/mm2]
(Pour un tronon de pice de section constante dans la section o leffort tranchant est
le plus important.)
Il faut remarquer que cette mthode ne tient pas compte de ltat rel des contraintes en un point
caractris par (, ) (voir chapitre Sollicitations composes).
R. Itterbeek
Page - 7.19 -
adm =
Re
(q. 7.62)
S
adm =
Rm
(q. 7.63)
S
7.7.2. En cisaillement
La flexion engendre des contraintes tangentielles (de cisaillement). Ds lors, pour les contraintes
admissibles on se reportera au chapitre Torsion.
1) Dans le cas dun matriau ductile, la contrainte tangentielle admissible en cisaillement (adm)
est obtenue en tenant compte dun coefficient de scurit (S) par rapport la limite dlasticit
en cisaillement (e), sachant que :
nous prendrons :
adm = 0.58
Re
(q. 7.65)
S
Page - 7.20 -
adm =
Rm
(q. 7.66)
S
Remarque :
Dans le cas de poutrelles et de poutres longues, les contraintes de cisaillement seront
toujours ngligeables par rapport aux contraintes de flexion.
R. Itterbeek
Page - 7.21 -
Application 7.1. Cas de la poutre encastre une extrmit (Une seule charge lextrmit)
Rechercher le moment flchissant maximum afin de dimensionner cette poutrelle I PN sachant que :
l=3m
F = 10000 N
adm = 100 N/mm2
Solution :
Recherche des ractions dappuis
Lquilibre suivant la verticale donne :
R A = F = 10 000 N
Recherche des moments flchissants
Lquilibre de rotation autour de (A) donne :
M f A = F l = 30 000 Nm
Le moment flchissant maximum se trouve au
droit de lencastrement.
Calcul du module de flexion minimum
max =
Mf
max
I v
Mf
Mf
max
Wx
adm
fig. 7.23. -
Wx
Mf
max
adm
F l 10 000 3000
=
= 300 000 mm 3 = 300 cm 3
100
adm
adm
Dans un catalogue de poutrelles nous avons un I PN 240 au minimum (Wx = 354 cm3)
Wx
max
Aame
= hauteur de l ' ame
moy =
R. Itterbeek
10 000
T
=
= 5.9 N / mm 2
1674.7
Aame
Page - 7.22 -
Application 7.2. Cas de la poutre encastre une extrmit (Charge uniformment rpartie sur une
partie de poutrelle)
Rechercher le moment flchissant maximum afin de dimensionner cette poutrelle H HEB me
verticale sachant que :
l=3m
l : la distance du centre de gravit de la charge lappui.
lp : la longueur de la partie charge.
lp = 1.5 m
p = 10000 N/m
p : la charge par mtre courant.
adm = 100 N/mm2
Solution :
Recherche des ractions dappuis
Lquilibre suivant la verticale donne :
R A = p l p = F = 15000 N
Recherche des moments flchissants
Equilibre de rotation autour de A :
M f A = p l p = F l = 45000 Nm
max =
Mf
max
I v
Mf
max
Mf
max
Wx
adm
Wx
Mf
adm
3
= 450 cm 3
100
Dans un catalogue de poutrelles nous avons un H HEB 200 au minimum (Wx = 570 cm3)
Wx
adm
adm
Aame
= hauteur de l ' ame
= 170 9 = 1530 mm 2
10 000
T
=
= 9.8 N / mm 2
1530
Aame
moy =
R. Itterbeek
Page - 7.23 -
fP =
1
EI
d v i (q. 7.81)
Avec : E
I
Ai
dvi
En dautres termes :
Avec : E
I
Ai
dvi
R
d
fP =
1
Rd
EI
d v i (q. 7.82)
Dans le cas dune poutre sur appuis, il faut tenir compte du moment du la raction dappui, car
il existe une dviation angulaire au droit de lappui qui induit une flche. Ce nest pas le cas dun
encastrement o, au droit de celui-ci, la dviation angulaire est nulle.
R. Itterbeek
Page - 7.24 -
B) Exemples
B.1.) Poutres encastres
B.1.1) Charge lextrmit (fmax lextrmit de la poutre)
Appliquons la formule de base :
1
1
fB =
Ai d v i =
A dv
EI
EI
fig. 7.25. -
La flche devient :
F l2
1
2
fB =
l
E I
2
3
A
d
f max =
1 F l3
(q. 7.87)
3 EI
[N/m]
La flche devient :
R. Itterbeek
p l3
1
3
fB =
l
E I
6
4
dv
A
f max =
1 p l4
(q. 7.92)
8 EI
Page - 7.25 -
fig. 7.27. -
La flche devient :
2
F l 1 F l
R=
l =
4 2
16
Recherche de (R) :
F l2
2
1
l Fl
l
fC =
16
2
16
6
E I
d
A
dv
R
f max =
1 F l3
(q. 7.98)
48 E I
La flche devient :
R. Itterbeek
Recherche de (R) :
p l3
3
1
3
l pl
fC =
24
2
24 16
E I
d
A
dv
R
2 p l 2 1 p l 3
R=
=
24
3 8 2
f max =
5 p l4
(q. 7.104)
384 E I
Page - 7.26 -
C) Rcapitulatif - Rsum
Surface (Ai)
A= Mf
max
A=
1
Mf
2
A=
1
Mf
3
A=
2
Mf
3
Distance (d v i )
dv i =
1
l
2
max
2
1
d v i = ou l
3
3
max
3
1
d v i = ou l
4
4
max
5
3
d v i = ou l
8
8
fig. 7.29. -
R. Itterbeek
Page - 7.27 -
R. Itterbeek
Page - 7.28 -
Ci-dessous quelques exemples de flches admissibles rapportes la porte (l) de la poutre (entre
appuis).
Flches admissibles (fadm) rapportes la porte (l) de la poutre
R. Itterbeek
Poutres en gnral
1/250
Poutres en porte--faux
((l) tant ici (2 ) la longueur du porte--faux)
1/200
1/250
1/400
1/400
Toitures en gnral
1/200
1/250
1/500
1/600
1/750
1/400
1/250
1/600
Page - 7.29 -
7.9. Applications
7.9.1. Calcul (simplifi) dune dent de roue dente (engrenage cylindrique)
Une dent dengrenage se calcule suivant plusieurs critres :
1) A la rsistance la flexion et la compression
2) A la pression spcifique
3) A lchauffement
Pour un calcul simplifi nous ne calculerons la denture qu la flexion en considrant la dent
comme un solide encastr.
Connaissant la puissance P transmettre [en Watt] et la vitesse de rotation (n) [en tour/min] de
la roue dente, nous pouvons en dduire le couple (C) transmettre par la roue dente et donc la force
F (en [N]) sexerant sur les dents de lengrenage.
Rappelons-nous lquation liant le couple et la vitesse de rotation :
C=
30 P
n
Mais pour le calcul des engrenages, nous avons tout intrt prendre le couple maximum et non
le couple nominal. Dans le cas des roues dentes, il y a deux sortes defforts supplmentaires :
1) celui provenant de la plus ou moins grande prcision de la denture et dont on tient
compte en multipliant (C) par (kp) : kp = 1.05 1.30
2) celui provenant de la nature des deux machines relies par lengrenage. Ce facteur
de choc (kc) peut tre assez lev et nest pas toujours facile valuer avec
prcision (voir chapitre Torsion)
Dans un calcul davant projet on peut ce contenter du couple maximum dterminer par :
Ft =
Ft =
60 P
(q. 7.117)
d prim n
Cmax
d prim 2
nous avons :
[N]
Remarque :
Si P est en W, dprim doit tre en m !
Connaissant maintenant la force Ft sexerant sur la dent, il sagit de dterminer son module m
et partir de l, toutes ses dimensions.
R. Itterbeek
Page - 7.30 -
Diamtre primitif
:d=m.Z
Pas
:p=m.
Saillie
: ha = m
Creux
: hf = 1.25 m
Hauteur de dent
: ha + hf = 2.25 m
Diamtre de tte
: da = d + 2ha = d + 2m
Diamtre de pied
: df = d ! 2hf = d ! 2.5m
Largeur de denture : b = K . m
7 # K # 12 suivant la qualit de lengrnement
Entraxe
: a = (d1 + d2) /2
lindice a signifie de tte
lindice f signifie de pied
fig. 7.31. -
Secondaires
2.5
3
4
5
6
8
10
12
16
20
25
32
40
50
0.55
0.7
0.9
1.125
1.375
1.75
2.25
2.75
3.5
4.5
5.5
7
9
11
14
18
22
28
36
45
fig. 7.32. -
Hypothses de calcul
[H1]
[H2]
[H3]
[H4]
[H5]
=
avec : Mf
Wx
b
e
et :
Mf
max
I v
Mf
max
adm
Wx
: moment flchissant
: module de rsistance
: largeur de dent
: paisseur de dent
R. Itterbeek
Ft 2.25 m 6
K m ( 2) m
fig. 7.33. -
[N/mm2]
adm
Page - 7.31 -
et donc :
54
Ft
K adm
2.34
Ft
K adm
(q. 7.120)
Remarque :
Le coefficient (K) dtermine la largeur de la denture. On prend gnralement une valeur
entre 8 et 12 (en avant projet K = 10). Il va de soit que plus la largeur de denture est
importante plus il est difficile de faire porter la denture sur toute sa longueur, il est alors
ncessaire de rectifier les dentures ce qui fait augmenter le cot de celles-ci.
Dans le cas prsent la contrainte admissible (adm) est une contrainte admissible de fatigue. Pour
le cas des aciers on peut, pour un calcul simplifi, prendre :
Application 7.3. Un pignon, de 120 mm de diamtre primitif, est cal sur un moteur lectrique de 20
kW tournant une vitesse de rotation de 1440 tours par minute. Dterminez le module de cette roue
dente si la contrainte admissible est de 200 N/mm2.
Solution :
Recherche de la force tangentielle
60 P
60 20 000
Ft =
=
= 2 210 N
1440
d prim n 0120
.
Apprciation des diffrents coefficients
Coefficient de choc :
kc = 1.2
Coefficient de prcision :
kp = 1.15
6 moteur lectrique
6 prcision moyenne
54 Ft
54 3050
=
= 2.89
2
K adm
2 10 200
Avec un (K) moyen de 10.
m
R. Itterbeek
soit
3 mm
Page - 7.32 -
2000
3000
4000
3000
5000
6000
4000
2500
4000
5000
5000
1000
2000
5000
5000
fig. 7.35. -
Dans le cas dun plancher, chaque poutre reprend une partie de la charge surfacique, de part et
dautre de celle-ci, sur une largeur gale (l/2).
Cest pourquoi, les diffrentes poutres centrales reprendront, comme charge uniformment
l
p = 2 p surfacique
rpartie tout au long de la poutre :
2
[N/m]
Par contre les poutres le long des murs ne reprennent que la moiti de la charge surfacique, cest R. Itterbeek
Page - 7.33 -
-dire :
l
p = p surfacique
2
Cest donc au moyen de lquation (q. 7.59) que nous dterminerons la dimension des gtes
utiliser sachant que nous considrerons les poutres comme simplement appuyes et non encastres.
Voici les contraintes la rupture (Rm), le module dlasticit (E) ainsi que la contrainte la limite
lastique (Re), si celle-ci est connue, pour diffrentes espces de bois utilises en construction.
Caractristiques de diffrents bois
Contraintes N/mm2
Espces de bois
N/mm2
Re
Rm
Chne
2
z
23
-
100
12
11000
1600
Htre
117
6200
Pin
2
z
16
-
80
5
9000
-
Sapin
20
70
10000
Sapin du nord 2
110
Pitchpin
140
Bambou
45
Dans le cas du bois nous utiliserons, pour dterminer la contrainte admissible de traction et de
flexion, la relation donne pour les matriaux fragiles (le bois ntant pas isotrope). Cest--dire :
adm =
R. Itterbeek
Rm
S
avec
S = 10 (q. 7.127)
Page - 7.34 -
Application 7.4. Quel sera la dimension des gtes (en sapin du nord), composant un plancher, ayant
une charge surfacique totale de psurfacique = 3000 N/m, sachant que la pice une dimension de 3 m x
4 m, que la longueur entre appuis est de 4 m et que la distance entre les diffrentes poutres est de d =
0.4 m. Les dimensions des gtes standards sont : 63 x 150 (7/15), 63 x 175 (7/18) ou 75 x 225 (8/23).
Vrifiez la flche maximum du plancher.
Solution :
Recherche de la contrainte admissible :
R
110
adm = m =
= 11 N / mm 2
S
10
Charge reprise par les poutres :
p = l p surfacique = 0.4 3000 = 1200 N / m
Recherche du moment flchissant maximum (charge rpartie)
p l 2 1200 4 2
M f max =
=
= 2 400 Nm
8
8
Recherche du ( I v ) avoir
adm
Mf
max
I v
I v
Mf
max
adm
2 400 10 3
= 218182 mm 3 218 cm 3
11
Recherche des ( I v ) des diffrentes gtes (voir annexe pour les sections prfrentielles)
63 175
b h 2 6.3 152
=
= 236 cm 3
6
6
322 cm 3
75 225
633 cm 3
63 150
Vrification de la flche
5 p l4
dans le cas dune poutre sur deux appuis
384 E I
avec une charge rpartie. Prenons : Esapin nord = 10000 N/mm2.
15
I = I v v = 236
= 1770 cm 4
Sachant que dans notre cas :
2
. 4 000 4
12
5 p l4
5
= 22.6 mm
f max =
=
384 E I 384 10 000 1770 10 4
4 000
l
f max = 22.6 mm ? f adm =
=
= 16 mm KO
250 250
17.5
I = I v v = 322
= 2 818 cm 4
Prenons la (7/18) :
2
. 4 000 4
12
5 p l4
5
f max =
=
= 14.2 mm OK
384 E I 384 10 000 2 818 10 4
Celle-ci est donne par la formule : f max =
R. Itterbeek
Page - 7.35 -
fig. 7.36. -
M f = RA x = F
lx
F
x=
l x x 2 (q. 7.142)
l
l
Lquation du moment flchissant, pour une charge roulante ponctuelle, montre que la courbe
des Mf est une parabole axe vertical (le moment flchissant varie en fonction de (x2)), au lieu dun
triangle pour une charge ponctuelle fixe, bien que le maximum se situe au milieu de la porte (en l/2) et
Fl
M f max =
est gal, pour les deux cas de charges, :
(q. 7.143)
4
R. Itterbeek
Page - 7.36 -
De plus, contrairement au cas de charge fixe, la raction aux appuis peut cette fois-ci varier dun
minimum gal 0 un maximum gal F :
RA = 0 x = l
RA = F x = 0
R. Itterbeek
Page - 7.37 -