Traduction en Franais de loriginal Anglais par M. lAbb Paul Schoonbroodt, le Jeudi Saint, 13 avril 2006.
ABSOLUMENT NUL ET ENTIEREMENT VAIN
Le rite de la conscration piscopale de 1968
Abb Anthony Cekada*
[Link]
Une fois quil ny aura plus de prtres validement
ordonns, ils donneront la permission de clbrer la messe
latine.
Rvrend Pre Carl Pulvermacher OFMCap
Ancien Rdacteur e, Chef, The Angelus
Gardez la coquille, mais videz-la de sa substance.
V.I. Lnine
DANS LES ANNEES 1960 des catholiques troubls par
les changements liturgiques qui suivirent Vatican II
avaient dj commenc sinquiter de savoir si les
sacrements confrs dans les rites rforms taient bien
valides.
Aux Etats-Unis, lanne 1967 constitua cet gard un
moment fort, lorsque Patrick Henry Omlor publia la
premire dition de son tude, La mise en doute de la
validit des messes dites selon le Canon de langue
anglaise, ouvrage qui, avant mme la promulgation du
Novus Ordo de 1969, avait galvanis la rsistance
catholique, alors encore minuscule.
Comme les rformateurs modernistes avaient
refondu les autres rites sacramentels - la Confirmation, la
Pnitence et lExtrme Onction - des traditionalistes ont
mis galement en question la validit de ces sacrements, et
ils ont fait appel des prtres qui disaient la Messe
traditionnelle et qui pratiquaient les rites traditionnels des
sacrements.
Il ny eut que le sacrement des Saints Ordres propos
duquel les traditionalistes ne semblaient pas trop
sinquiter. Certes, il ny avait gure de vocations. Mais
comme peu nombreux taient les lacs qui avaient assist
une ordination, et moins nombreux encore ceux qui
savaient ce qui assure la validit dune ordination, le fait
de savoir comment, ou si effectivement, les changements
liturgiques avaient compromis la validit des Saints
Ordres, tait un sujet rest hors de lexamen.
Cest par hasard (en 1975-1976) au cours de ma
premire anne passe au sminaire de la Fraternit Saint
Pie X (FSSPX) Ecne en Suisse, que jai rencontr ce
problme. Je suis all demander Mgr Marcel Lefebvre
si des amis conservateurs du sminaire o je me trouvais
auparavant, pourraient collaborer avec la Fraternit une
fois ordonns prtres. Il me rpondit que, oui, en principe,
mais quils devraient dabord tre rordonns sous
condition, parce que Paul VI avait chang le rite du
sacrement des Saints Ordres.
Labb ANTHONY CEKADA enseigne la Thologie morale et
sacramentelle, le Droit canon et la Liturgie au sminaire de la Trs Sainte
Trinit Brooksville en Floride. Il a t ordonn en 1977 par Mgr
lArchevque Marcel Lefebvre, et il a crit de nombreux articles et
tudes concernant la question traditionaliste. Il rside ct de Cincinnati
o il clbre la messe latine traditionnelle.
Monseigneur Lefebvre expliquait que la nouvelle
forme (la forme essentielle) du rite de lordination
sacerdotale tait douteuse cause dun seul mot qui avait
t supprim. Et Monseigneur de continuer : pour ce qui
est de la forme nouvelle de la conscration
piscopale, elle est compltement diffrente et donc
invalide.
Malgr la gravit du problme, seul un petit nombre
dauteurs traditionalistes analysrent les rites dordination
post-conciliaires1, alors mme que les messes Saint Pie V
sous indult commenaient se multiplier. De plus en plus
ces messes taient clbres par des prtres ordonns par
des vques consacrs dans le nouveau rite, et faisant
partie de groupes tels que la Fraternit Saint-Pierre. Si les
vques qui les avaient ordonns prtres, avaient t
invalidement consacrs, les sacrements administrs par ces
prtres seraient leur tour invalides.
Aprs llection de Benot XVI en 2005 nanmoins,
le problme refit surface. Joseph Cardinal Ratzinger,
nomm archevque et cardinal par Paul VI, avait en effet
t consacr dans le nouveau rite le 25 mai 1977.
Etait-il donc seulement, la controverse sedevacantiste
mise part, un vritable vque ?
Au cours de lt 2005 un diteur traditionaliste
franais, les Editions Saint-Remi, publia le premier
volume de Rore Sanctifica2, tout un livre-dossier de
documentation et de commentaires, sur le Rite de la
Conscration piscopale promulgu par Paul VI. Ltude
qui prsente cte cte sur sa page de couverture, les
photos de Ratzinger et de Mgr Bernard Fellay, Suprieur
gnral de la FSSPX, concluait linvalidit du nouveau
rite.
Ce livre attira naturellement lattention des suprieurs
de la FSSPX en Europe, engags alors en pourparlers
avec Benot XVI afin dobtenir un statut spcial pour la
Fraternit dans lglise de Vatican II. Comment les
suprieurs de la FSSPX pourraient-ils rallier des
traditionalistes un pape qui pourrait ntre pas mme
vque ?
Les Dominicains dAvrill, France, un ordre religieux
traditionaliste, dans la sphre dinfluence de la FSSPX,
assumrent immdiatement la tche dessayer de prouver
de manire convaincante la validit du nouveau rite. Lun
deux, le Fr. Pierre-Marie OP, publia en novembre 2005
un long article en faveur de cette validit dans Le Sel de la
1
La seule tude largement rpandue dans le monde anglophone que je
connaisse, est celle de R. Coomaraswamy Le rite post-conciliaire des
Saints Ordres , in Studies in Comparative Religion, 16.2-2.
2
Rore Sanctifica : Invalidit du rite de conscration piscopale
Pontificalis Romani , (Edition Saint-Rmi, 2 aot 2005). [Link]
Terre3, la revue trimestrielle de ces Dominicains.
Thilo Stopka, ancien sminariste de la FSSPX en
Europe, contesta les conclusions du Fr. Pierre-Marie et
publia son tour sur Internet une large partie dune
recherche approfondie pour les rfuter.
Entre-temps The Angelus, publication officielle de
la FSSPX aux Etats-Unis, traduisit tout de suite larticle
du Fr. Pierre-Marie en anglais, et le publia sur deux
numros successifs (dcembre 2005 et janvier 2006) sous
le titre : Pourquoi le nouveau Rite de la conscration
piscopale est-il valide.
Je trouve ironique et particulirement triste quun tel
article ait pu paratre dans The Angelus. En aot 1977,
javais en effet rendu visite un traditionaliste authentique
en Michigan du Nord, du nom de Bill Hanna. Il me fit part
dune citation favorite du P. Carl Pulvermacher, un
capucin qui collaborait avec la FSSPX et qui plus tard fut
le Rdacteur en Chef de The Angelus : Une fois quil ny
aura plus de prtres validement ordonns, ils donneront la
permission de clbrer la messe latine.
Le pre Charles, semble-t-il, fut quelque peu
prophte.
Dans larticle publi dans The Angelus le Fr. PierreMarie avance largument selon lequel le rite de la
Conscration piscopale de Paul VI serait valide parce
quil se servirait de prires de conscration piscopale qui
seraient virtuellement les mmes que celles qui seraient (a)
en usage dans les rites orientaux de lEglise catholique, ou
(b) qui auraient t en usage dans lEglise antique.
Il faut noter que Paul VI avanait les deux mmes
prtentions lorsquil promulgua le nouveau rite de la
conscration piscopale en 1968 ; or, ces deux prtentions
sont fausses ; cest dmontrable. Il est effroyable de
constater que les suprieurs de la FSSPX les aient recycls
afin de vendre la validit de ce mme rite aux lacs
traditionalistes qui ne peuvent souponner ce problme.
Afin dtayer cette argumentation le P. Pierre-Marie
prsente plusieurs tableaux comparant diffrents textes
latins. Nous les discuterons dans un appendice.
La plupart des lecteurs, comme pour le reste de cet
article, en sortirent probablement absolument dconcerts.
En effet, bien que le P. Pierre-Marie ait annonc son
intention de procder selon la mthode scolastique afin
de traiter les sujet de manire aussi rigoureuse que
possible, jamais il nen vint se centrer clairement sur
les deux questions principales :
(1) Quels sont les principes que la thologie
catholique applique afin de dterminer si une forme
sacramentelle est valide ou invalide?
(2) Comment ces principes peuvent-ils tre appliqus
au nouveau rite de la conscration piscopale ?
Nous rpondrons ici ces deux questions, et nous en
tirerons les conclusions appropries. Notre discussion
pourra tre parfois un peu technique cest pourquoi jen
ai fourni un rsum (partie XI) auquel le lecteur pourra se
reporter sil est par trop perplexe lorsquil est question de
Coptes, de Maronites, dHippolyte et du mystrieux Esprit
qui fait les chefs.
I. Principes appliquer
En premier lieu, pour les lecteurs lacs, nous allons
rappeler quelques principes mis en oeuvre afin de
dterminer si une forme sacramentelle est valide. Ces
concepts ne sont pas compliqus.
A. Quest-ce que la forme sacramentelle?
Au catchisme nous avons tous appris la dfinition
dun sacrement : un signe sensible, institu par le Christ
afin de donner une grce.
Le signe sensible par dfinition renvoie ce que
nous voyons et entendons pendant que le sacrement est
administr - le prtre verse leau sur la tte de lenfant et il
prononce la formule Je te baptise, etc.
La thologie catholique enseigne que dans chaque
sacrement ce signe sensible comporte deux lments unis
simultanment lun lautre :
La matire : une chose ou une action que nos sens
peuvent percevoir (verser leau, le pain et le vin, etc),
La forme : les paroles qui sont rcites en mme
temps et qui produisent alors leffet sacramentel (Je te
baptise Ceci est Mon Corps etc.).
Tout rite sacramentel, quel que soit le nombre des
autres prires et crmonies que lEglise a prescrites son
propos, contient au moins une phrase que, les dfinitions
soit des thologiens, soit du Magistre de lEglise ont
dsigne comme en constituant la forme sacramentelle
essentielle.
B. Omission de la forme
Tout Catholique sait par cur et mot mot au moins
une forme sacramentelle essentielle : Je te baptise, au
nom du Pre, et du Fils, et du Saint Esprit .
Si au cours dun baptme, le prtre dit toutes les
autres prires et accomplit toutes les autres crmonies,
mais quil omet cette seule forme essentielle au moment
o il verse leau, le sacrement est invalide (il ne
marche pas), la grce promise par le Christ nest pas
confre et lenfant nest pas baptis.
Tout ceci devrait tre vident.
C. Changements dans la Forme
Mais une autre question se pose : Que se passe-t-il si
les paroles de la forme sacramentelle sont changes ? En
quoi la validit sen trouve-t-elle affecte ?
La rponse dpend de la question de savoir si un
changement de signification en a rsult. Les thologiens
distinguent deux types de changements.
(1) Changement substantiel. (La signification est
change = invalide)
Cest ce qui arrive lorsque la signification de la
forme elle-mme est corrompue. et si les paroles en
prendraient une signification diffrente de lintention de
lEglise4. Ce qui peut encore sexprimer ainsi : lorsque la
forme est change de manire telle que la signification
nexprime plus compltement ni convenablement
Sel de la Terre, n54 (automne 2005), 72-129.
H. Merkelbach, Summa Theologiae Moralis, 8me dition, (Montreal,
Descle, 1949) 3:20. Quando ipse sensus forma corrumpitur...habeat
sensum diversum a sensu intento ab Ecclesia.
lintention vise ou voulue par le Christ5.
Un changement substantiel dans une forme
sacramentelle a lieu quand des paroles sont ajoutes,
omises, altres, transposes ou changes, ou bien quand
elles sont interrompues de manire telle que la forme ne
conserve pas le mme sens6. En voici deux exemples :
Altration des paroles : Un prtre moderniste dit :
Je te baptise au nom de la Mre, et du Fils. Il a
introduit un nouveau mot qui change la signification dun
des lments essentiels de la forme - Pre. Ce baptme est
invalide7.
Omission de paroles: Un jeune prtre dans sa
nervosit, nayant pas mmoris la forme, dit : Je baptise
au nom du Pre, et du Fils, en omettant le mot te. Ou
bien encore il dit le pronom te, mais il omet le verbe
baptise. Comme la forme sacramentelle doit exprimer en
quelque manire qui est lobjet de la rception du
sacrement tout autant que laction sacramentelle mme,
lomission du te ou du baptise change la signification et
rend la forme invalide8.
(2) Changement accidentel. (la signification est
la mme = la forme est encore valide).
Cest un changement qui naltre pas la signification
substantielle.
Par exemple : Au lieu de dire Je te baptise . le
prtre dit, je te purifie au nom du Pre,. Comme il a
simplement substitu un synonyme exact lun des mots
de la forme (baptiser est un mot grec qui signifie
purifier), sa signification reste la mme. Ds lors le
changement nest quaccidentel. Le baptme tait donc
valide9.
Cette distinction entre changement substantiel et
accidentel fournira le concept crucial pour lexamen de
la validit de la forme de conscration piscopale de
1968. Si la nouvelle forme constitue un changement
substantiel de la signification, elle est invalide.
D. Usage de la forme dun rite oriental
Les formes en usage dans les rites orientaux de
lEglise catholique pour ladministration des sacrements
diffrent parfois considrablement dans leurs expressions
de celles qui sont en usage dans le rite latin. Mais les
significations substantielles restent toujours identiques.
Par exemple : Pour le baptme, le rite ukrainien se
sert de la forme suivante : Le serviteur de Dieu N. est
baptis au nom du Pre et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi
soit-il10.
Cette formulation prserve chaque concept qui, aux
dires des thologiens, doit se trouver dans la forme valide
du baptme : le ministre (du moins implicitement),
laction de baptiser, le rcipiendaire, lunit de lessence
divine, et la Trinit des personnes sous leurs noms
distincts11.
Dans le cas soumis au pape par un groupe oriental
schismatique, lEglise a examin en outre les prires et
crmonies de leurs rites sacramentels pour sassurer
quils taient libres derreurs doctrinales et quils
possdaient bien tous les lments ncessaires pour
assurer ladministration de vrais sacrements.
Aussi, dans la cas o un vque ou un prtre
administrerait un sacrement en se servant dune forme
sacramentelle identique une forme sacramentelle qui se
trouverait dans un rituel de rite oriental dment approuv,
aurait-on la certitude que le sacrement serait valide.
Ce principe figurera galement dans notre discussion,
parce que le Fr. Pierre-Marie fonde lessentiel de son
argumentation en faveur de la validit du nouveau rite sur
des lments supposs communs la conscration
piscopale du rite des Orientaux et la forme nouvelle de
Paul VI.
Cest cette mme prtention, avance par labb Franz
Schmidberger - la forme nouvelle tait un Rite
Oriental - qui conduisit Mgr Lefebvre abandonner sa
position initiale par laquelle il affirmait que le nouveau
rite de la conscration piscopale tait invalide12.
E. Conditions requises pour une Forme
des Saints Ordres
Quels sont les lments spcifiques sur lesquels nous
porterons notre attention en ce qui concerne le nouveau
rite de la conscration piscopale ? Que doivent exprimer
les paroles de la forme pour confrer les Saints Ordres ?
Dans sa Constitution Apostolique Sacramentum
Ordinis Pie XII en a nonc le principe gnral en
dclarant que, pour les Saints Ordres, ces paroles doivent
signifier de manire univoque leurs effets sacramentels
savoir le pouvoir de lOrdre et la grce du Saint
Esprit13
Notons les deux lments que les paroles de cette
forme doivent exprimer de manire univoque (cest--dire
de manire non ambigu) : lordre spcifique qui est
confr (le diaconat, la prtrise ou lpiscopat), et la grce
du Saint Esprit.
Aussi devons-nous par consquent nous assurer que
cette forme nouvelle est bien univoque dans
lexpression de ces deux effets.
F. La Conscration piscopale en particulier
Dans ce mme document, aprs avoir nonc un
principe gnral, Pie XII dclare alors que les paroles
suivantes, qui se trouvent dans la Prface conscratoire du
11
M. Coronata, De Sacramentis, (Turin, Marietti, 1953) 1:13. Modificatur
ita ut sensus a Cristo intentus seu volitus non amplius per ipsam
complete et congruenter exprimatur.
6
F. Cappello, De Sacramentis, (Rome, Marietti, 1951) 1:15.
7
F. Cappello, De Sacramentis, (Rome, Marietti, 1951) 1:15. Forma irrita
est, si nova vox ex corruptione in substantialibus inducantur.
8
F. Cappello, De Sacramentis, (Rome, Marietti, 1951) 1:15.
Detractione : forma irritatur, si tollantur verba exprimantia actionem
sacramentalem aut subjectum.
9
E. Regatillo, Jus Sacramentarium, (Santander, Sal Terrae, 1949), 8.
Transmutatione, adhibitis verbis synonimis : si sint omnino synonima et
usu communi recepta, forma valet.
10
Cit par Cappello : 1:777.
Voir Merkelbach, 3:127.
Mgr lEvque Donald Sanborn rapporte ce qui suit : En conversant au
dbut de lanne 1983 avec Mgr lArchevque Marcel Lefebvre et labb
Fr. Schmidberger au sujet des ngociations qui avaient alors lieu entre la
Fraternit et le Vatican (plus a change), Mg Sanborn demandait
comment la Fraternit pourrait accepter quelque solution que ce ft,
puisque lArchevque nous avait dit maintes fois quil considrait que le
nouveau rite de conscration piscopale tait invalide. LArchevque
rpliqua : Apparemment, ce serait valide , puis il fit un geste invitant
labb Schmidberger sexprimer, lequel dit alors Cest un rite
oriental .
13
Constitution Apostolique Sacramentum Ordinis (30 novembre 1947),
DZ 2301. 4. Quibus univoce significantur effectus sacramentales
scilicet potestas Ordinis et gratia Spiritus Sancti.
12
rite de la conscration piscopale, constituent la forme
sacramentelle essentielle pour confrer lpiscopat :
Compltez en votre prtre la plnitude de Votre
ministre, et, par du vtement de toute la gloire,
sanctifiez-le par la rose de lonction cleste14.
Cette forme signifie de manire univoque les deux
effets du sacrement, ainsi quil suit :
(1) la plnitude de Votre ministre, le vtement de
toute la gloire = le pouvoir de lOrdre de lpiscopat.
(2) la rose de lonction cleste = la grce du Saint
Esprit.
La question est de savoir si la nouvelle forme fait de
mme.
II. Origine du Nouveau Rite
En 1964 Paul VI confia la mise en uvre des
changements liturgiques prescrits par Vatican II un
nouvel organe du Vatican connu sous le nom de
Consilium. Cette organisation tait compose de
plusieurs centaines de clercs, rpartis selon leurs domaines
de comptence en 39 groupes dtudes. Le Secrtaire du
Consilium, son vritable chef, tait labb Annibale
Bugnini, un liturgiste moderniste rput tre franc-maon,
qui avait rdig la Constitution sur la sainte Liturgie au
Concile.
Le groupe dtudes n20 avait pour tche de
rformer les rites des Saints Ordres. Son chef en tait le
moine bndictin Dom Bernard Botte (1893-1980), un
spcialiste de langues liturgiques orientales et lui aussi
liturgiste moderniste.
Sa production acadmique la plus connue tait la
publication dune nouvelle dition scientifique de La
Tradition Apostolique de saint Hippolyte, une compilation
dantiques textes liturgiques chrtiens15. Lun de ceux-ci
deviendra la Prire eucharistique II de la Nouvelle Messe
- cependant ampute des rfrences du texte original au
diable, lenfer, au salut de ceux-l seuls qui adhrent la
vraie foi, et au prtre qui offre le sacrifice.
Dom Botte a propos quun autre texte de cette mme
compilation soit introduit dans le rite de la Conscration
piscopale afin de remplacer la Prface traditionnelle
conscratoire. Il prtendait que lancienne Prface
souffrait dun contenu doctrinalement pauvre, quelle
tait presque exclusivement axe sur le rle liturgique de
lvque, quelle constituait une formule hybride, mal
quilibre16. Il fallait quelque chose qui exprimt mieux
la thologie de Vatican II.
Dom Botte affirmait que la prire dHippolyte pour la
conscration piscopale avait survcu en des versions
plus dveloppes dans les rites orientaux des Syriens et
des Coptes. Son utilisation dans le rite romain, ajoutait-il
affirmerait galement une unit de conception entre
lOrient et lOccident sur lEpiscopat - cest--dire que
les schismatiques orientaux, qui eux aussi utilisaient ces
14
Constitution Apostolique Sacramentum Ordinis (30 novembre 1947),
DZ 2301. 5. Comple in Sacerdot tuo ministerii tui summam, et
ornamentis totius glorificationis instructum coelestis ungenti rore
sanctifica.
15
La tradition Apostolique de Saint Hippolyte : Essai de reconstitution,
2me dition (Mnster : Aschendorff 1963).
16
B. Botte, Lordination de lEvque, Maison-Dieu 97 (1969), 119-20.
rites, sen rjouiraient. Ctait l un argument
cumnique. Il fut dcisif17.
Ainsi le texte de Botte, tir peu prs mot mot de
son ouvrage de 1963, devint la Prface nouvelle de la
Conscration piscopale, lorsque Paul VI la promulgua en
196818.
III. La Forme de Paul VI
Paul VI a dsign le passage suivant de la Prface
comme la nouvelle forme de la conscration dun vque :
Et maintenant rpands sur celui que tu as choisi
cette force qui vient de toi, lEsprit qui fait les chefs, que
tu as donn ton Fils bien-aim, Jsus Christ, quil a
donn lui-mme aux saints Aptres, qui tablirent lEglise
en chaque lieu comme ton sanctuaire, la gloire
incessante et la louange de ton Nom19.
La controverse au sujet de la validit du nouveau Rite
de la Conscration piscopale porte sur ce passage. A
premire vue il semble bien quil y soit fait mention du
Saint-Esprit. Cependant, il napparat pas que le pouvoir
de lOrdre sacr qui est confr soit spcifi - savoir, la
plnitude du sacerdoce qui constitue lpiscopat - alors
quil est si clairement exprim dans la forme
traditionnelle.
Ds lors, la forme nouvelle est-elle apte confrer
lpiscopat ?
Afin dy rpondre nous appliquerons les principes
exposs dans la premire partie. Nous procderons des
arguments plus forts aux plus faibles en faveur de la
validit.
IV. Une Forme de Rite Oriental ?
Question : La forme nouvelle a-t-elle t utilise
dans un Rite oriental comme forme sacramentelle pour
confrer lpiscopat ?
Si ctait le cas, ce serait la preuve la plus forte
lappui de la validit du nouveau rite. Lon pourrait
dmontrer quelle satisferait bien ds lors aux critres que
Pie XII a noncs pour la forme des Saints Ordres, parce
que ces critres se retrouveraient parmi les expressions qui
sont acceptes et utilises par lEglise dans ce sens20.
Dans sa Constitution Apostolique promulguant le
nouveau rite, Paul VI dit que la nouvelle Prface de la
conscration piscopale a t tire de La Tradition
apostolique dHippolyte (document qui sera examin dans
la 5 partie), qui continue tre encore utilise en grande
partie pour les conscrations piscopales par deux rites
orientaux catholiques, en particulier chez les Coptes et
chez les Syriens occidentaux.
Et de fait, cest sur cette base que le Fr. Pierre-Marie
fonde son argument : Lutilisation de la forme qui est
17
B. Botte, From Silence to Participation : An Insiders View of
Liturgical Renewal (Washington : Pastoral 1988), 135.
18
Constitution Apostolique Pontificalis Romani (18 juin 1968), AAS 30
(1968), 369-73.
19
Transcription de lICEL. Et nunc effunde super hunc Electum eam
virtutem, quae a te est, Spiritum principalem, quem dedisti dilecto filio
Tuo Jesu Christo, quem ipse donavit sanctis Apostolis, qui constituerunt
Ecclesiam per singula loca, ut sanctuarium tuum, in gloriam et laudem
indeficientem nominis tui.
20
Constitution Apostolique Sacramentum Ordinis (30 novembre 1947),
DZ 2301. 4. quaequae ab Ecclesia qua talia accipiuntur et usurpantur.
utilise dans deux rites orientaux certainement valides,
assure sa validit21.
Mais cette affirmation factuelle est-elle bien
rellement vraie ? La forme de Paul VI est-elle vraiment
utilise par deux rites orientaux ?
Tout ce quil nous faut faire cest donc, (1) vrifier
partir des livres de thologie quelles sont les prires
conscratoires de rite oriental qui sont considres tre des
formes sacramentelles, (2) examiner soigneusement ces
textes et (3) les comparer avec la forme de Paul VI.
Tout de suite sautent aux yeux deux points qui ruinent
largument du rite oriental :
(1) La forme sacramentelle que Paul VI a prescrite
pour la collation de lpiscopat comporte une seule
phrase. Les formes des rites orientaux en revanche
consistent en toute une prire, ou mme en une srie de
prires, qui stendent sur une longueur de plusieurs
centaines de mots.
Ainsi, au vu de ce constat, la forme de Paul VI longue de 42 mots seulement en latin - ne peut pas tre
qualifie comme une forme en usage dans deux rites
orientaux certainement valides.
(2) On ne pourrait mme pas prtendre non plus que
la Prface entire de Paul VI de la Conscration
piscopale (longue de 212 mots en latin) serait en quelque
sorte une forme en usage dans deux rites orientaux
certainement valides. Bien sr, la Prface contient bien
quelques phrases qui figurent dans des formes de rite
oriental - mais il y a des omissions significatives et des
diffrences. Elle nest identique aucune dentre elles.
Ainsi sur ces deux tableaux, la nouvelle forme ne
saurait figurer parmi les paroles acceptes et utilises par
lEglise comme forme sacramentelle pour les Saints
Ordres.
Et voici quelques dtails :
A. Forme de Rite Copte ?
Ce groupe uniate tire son origine des hrtiques
monophysites (= le Christ ne possde quune seule
nature), qui tombrent dans le schisme sous la conduite du
patriarche dAlexandrie en Egypte, aprs le Concile de
Chalcdoine (451) ; les monophysites ont connu ensuite
une dcadence qui a dur longtemps. (Cf. Appendice).
Vers le 19e sicle, un bon nombre de Coptes avaient
renonc leurs erreurs et se soumirent au pape pour que le
Saint Sige les constitue selon leur rite uniate propre.
En 1898 leur Synode dcrta que, pour les trois ordres
principaux dans le rite copte, la forme est cette prire
mme que lvque conscrateur rcite tandis quil impose
les mains sur lordinand22. Le thologien du 19 sicle,
spcialis en dogmatique, du nom de Heinrich
Denzinger, bien connu pour son Enchiridion Symbolorum,
une collection de textes dogmatiques, a publi galement
une collection de textes liturgiques de rites orientaux, le
Ritus Orientalium. Dans sa longue introduction cet
ouvrage Denzinger spcifie en outre que la forme
sacramentelle de la conscration piscopale dans le rite
copte est la prire Qui es, Dominator, Deus
21
Fr. Pierre-Marie o.p. Pourquoi le nouveau Rite de la conscration
piscopale est-il valide, The Angelus, decembre 2005, janvier 2006.
22
Cit de Cappello 4:732. In collatione trium ordinum [Link]
est ipsa oratio quanm ordinans recitat, dum manus ordinando imponit.
omnipotens.. , qui dans le rituel est appele la prire de
[limposition des mains]23
Notons ce qui suit:
(1) Cette prire est une Prface qui comporte environ
340 mots dans la version latine24. La forme de Paul VI en
comporte 42. Ces deux formes par suite ne peuvent pas
tre gales.
(2) Cette longue forme du rite copte mentionne trois
pouvoirs sacramentels spcifiques considrs comme
propres lordre de lvque seul : afin dtablir un
clerg selon Son commandement pour la prtrise, de
nouvelles maisons de prire, et afin de consacrer les
autels25.
Alors que la Prface de Paul VI enchssant la
nouvelle forme, contient de nombreuses phrases qui se
trouvent dans la forme copte (y compris lEsprit
dautorit ou qui fait les chefs , dont nous traiterons plus
bas), ces phrases sont omises.
Cette omission est dautant plus significative, que la
controverse sur la validit de la forme de Paul VI tourne
autour de la question de savoir si elle exprime
adquatement le pouvoir de lordre qui est confr - cest-dire lpiscopat.
B. Forme de Rite Maronite ?
Au 5e sicle certains Syriens passrent lhrsie
monophysite, et (comme les Coptes) ils tombrent dans le
schisme aprs le Concile de Chalcdoine. Ils sont connus
aussi sous le nom de Jacobites, daprs Jacob Baradai, qui
avait t sacr vque clandestinement au 6e sicle, et
avait organis leur mouvement.
Dautres Syriens occidentaux qui sopposaient aux
monophysites, furent appels Maronites (daprs le
monastre St. Maro, leur centre). La plupart des Maronites
stablirent en fin de compte au Liban et se firent
connatre pour leur profonde dvotion envers le Saint
Sige.
Les Maronites adoptrent quelques lments externes
du rite romain (vtements, style dautel etc), mais ils
continurent par ailleurs de pratiquer le rite dAntioche,
lun des siges patriarcaux antiques.
Selon Denzinger, la forme de lpiscopat dans le rite
maronite consiste dans les prires : Deus qui universam
Ecclesiam tuam per istos pontifices in manus impositione
exornas, etc, Deus deorum et Dominus dominantium 26.
23
H. Denzinger, Ritus Orientalium, Coptorum, Syrorum et Armenorum
(Wrzburg : Stahel 1863), ci-aprs RO, 1:140. Apud Coptias est oratio
illa, Quis es, Dominator, Deux omnipotens, quae in ipso rituale eorum
dicitur oratio cheirotonias .
24
cf. RO 2:23-24. Elle est divise en deux sections. Selon la rubrique
place en note, lvque conscrateur continue de maintenir sa main
impose durant la partie qui suit linterjection de lArchidiacre.
25
Traduction dans O.H.E. KHS-Burmester, Les Rites dordinations de
lEglise copte, (Le Caire, 1985), 110:-1. RO 2-24 traduit en latin la
phrase afin dtablir un clerg selon Son commandement au sujet de la
prtrise ainsi : constituendi cleros (klros Arabe : Clericos)
secundum mandatum ejus ad sanctuarium , ajoutant en note de bas de
page in ordine sacerdotali .
26
RO 1-141. Apud Syros, Maronitas et Jacobitas, forma episcopatus ex
Assemano est in illis duabus orationibus vel in eorum altera : Deus, qui
universam Ecclesiam tuam per istos pontifices in manus imposatione
exornas, etc, Deus deorum et Dominus dominantium, quae apud
utrosque sequuntur, posquam episcopus manum impositam tenens
dixerit : Etiam, [sic] Domine Deus etc Le texte que Denzinger pour la
La comparaison avec la forme de Paul VI rvle ce
qui suit :
(1) La forme maronite est une Prface longue dau
moins 370 mots, entrecoups par des impositions de la
main de lvque sur la tte du candidat. Elle supplie que
le candidat reoive lordre sublime de lpiscopat,
suivie de prires implorant Dieu par deux fois de
parfaire sa grce et le ministre sacerdotal27. Cette
forme na rien de commun avec la forme de Paul VI.
(2) Sur une page suivante du rite maronite de la
conscration piscopale se trouve une prire qui a
quelques phrases en commun avec la forme de Paul VI
(par exemple lEsprit qui fait les chefs ) et avec sa
Prface (le pouvoir de dlier), seulement, mme si elle
se situe dans le cours de la crmonie, ce nest pas la
forme sacramentelle maronite28.
(3) La prire maronite qui ressemble le plus la forme
de Paul VI et sa Prface de la conscration piscopale est
celle que lon trouve dans le rite de la Conscration dun
patriarche maronite29. De fait, le Fr. Pierre-Marie en
reproduit une bonne partie du texte lappui de ses
arguments en faveur de la validit du nouveau rite.
Nanmoins, cette prire nest pas une forme
sacramentelle pour la collation de lpiscopat. Elle nest
purement quune prire dintronisation, car le patriarche
maronite est dj vque lorsquil est dsign pour cette
fonction.
C. Forme de Rite Syrien ?
Du XVIIe au XIXe sicle, plusieurs vques syriens
Jacobites, y compris mme un patriarche dAntioche,
abjurrent leurs erreurs et firent acte de soumission au
Saint Sige. Au XIXe sicle le pape installa un Patriarcat
catholique dAntioche de rite syrien dont le sige fut tabli
Beyrouth au Liban. (Au milieu du XXe sicle beaucoup
de catholiques de rite syrien vivaient en Iraq).
Les Syriens, comme les Maronites, observent le rite
dAntioche, mais il y a quelques diffrences.
La forme de la conscration piscopale dans le rite
syrien, selon Denzinger, consiste, soit dans les mmes
prires que celles en usage chez les Maronites, soit dans
une autre : Deus, qui omnia per potentiam tuam,30,
dite aprs que le patriarche ait impos sa main droite sur la
tte de lordinand.
L encore nous tablissons la comparaison avec la
forme de Paul VI :
(1) La forme syrienne est longue denviron 230
mots31, alors que la forme de Paul VI en comporte 42. De
nouveau les deux ne sont pas semblables.
(2) Avec encore plus de dtails que le rite copte, la
forme syrienne numre les pouvoirs sacramentels
spcifiques considrs comme propres lordre de
prire en RO 2-195. commence en ralit par Eia au lieu d Etiam .
Les Maronites font usage des deux prires.
27
RO 2:195. recipiat sublimem episcoporum ordinem. RO 196-7.
perfice nobiscum gratiam tuam tuumque donum
perfice
sacerdotale ministerium.
28
RO 2:198. SpiritumSanctum illum principalem. expellat omnia
ligamina.
29
RO 2:220.
30
RO 1:141. In ordine autem nostro ex codice Florentino desumpto,
non occurit nisi haec una : Deus, qui omnia per potentiam tuam.
31
RO 2:97.
lvque : quil ordonne des prtres, des diacres, quil
consacre des autels et des glises, quil bnisse des
maisons, quil suscite des vocations pour luvre
ecclsiastique32.
Et une fois de plus, mme si la forme de Paul VI et la
Prface contiennent quelques phrases que lon trouve dans
la forme syrienne (p. ex. lEsprit qui fait les chefs,
pais [mon troupeau] dlie ce qui est li), les
expressions prcdentes sont absentes.
(3) Dans le rite syrien, aussi bien que dans le rite
maronite, la prire qui se rapproche le plus de la forme de
Paul VI et de sa Prface est celle qui est utilise lors de la
conscration dun patriarche33.
Pourtant, une fois de plus, ce nest pas non plus une
prire sacramentelle pour la conscration dun vque, ce
qui est vident eu gard ce qui suit :
Le livre liturgique syrien prescrit le mme ordre
dactions et de prires pour la conscration dun vque
que pour la conscration dun patriarche, except un seul
changement dans le texte. Dans le cas de la conscration
dun patriarche, lvque conscrateur omet la prire
dtermine comme forme de la conscration piscopale (la
prire Deus qui omnia per potentiam tuam), et lui
substitue la Prire de Clment34, le texte qui ressemble
la Prface de Paul VI.
En syriaque il existe deux termes qui sont employs
pour distinguer le rite sacramentel de la conscration
piscopale du rite non-sacramentel de la conscration dun
patriarche. Le premier rite est appel imposition des
mains, tandis que le second est nomm selon un terme
qui signifie confier une charge quelquun ou len
investir35.
Un liturgiste syrien explique : Dans le premier cas [la
conscration piscopale], lordinand reoit un charisme
qui diffre de celui quil possde dj Dans le second, le
patriarche ne reoit pas un charisme qui diffre de celui
quil a reu au moment o il a t sacr vque36.
32
RO 2:97. eo fine utsacerdotes constituat, diaconos ungat ;
consecret altaria et ecclesias ; domibus benedicat ; vocationes ad opus
(ecclesiasticum) faciat .
33
Pour la prire dintronisation du Patriarche, voir B. De Smet, Le Sacre
des Evques dans lEglise syrienne : texte, LOrient Syrien, 8 (1963),
202-4.
34
De Smet 166-7. Par le mme rite de la chirothonie, cest--dire, les
mmes prires et le mme office avec lesquels le Patriarche lui-mme
sacre les Mtropolites et les Evques, par ces mmes rites ils le sacreront
eux [Link] y a dans le sacre du Patriarche trois lments qui lui sont
propres, savoir2) Linvocation du Saint Esprit dont il est crit de
Clment, et que nous donnerons plus loin : elle est dite uniquement sur le
patriarche par les pontifes qui ltablissent. (Mon observation : le
premier et le troisime lment concernent llection et la manire de
confrer la crosse). La forme de la conscration piscopale et la prire
dintronisation figurent lune aprs lautre en pages 202-204 o il est ais
de comparer leurs diffrences de contenu.
35
G. Khouris-Sarkis, Le Sacre des Evques dans lEglise Syrienne :
Introduction, LOrient Syrien 8 (1963), 140-1, 156-7. Mais le
pontificalfait une distinction entre la conscration confre aux
Evques et celle qui est confre au Patriarcheet cest pour cela que le
pontifical appelle cette conscration syomdo d-sepisqf, imposition
des mains aux vques. Le terme utilis dans le titre de la crmonie
pour le Patriarche Mettas rhonto, est laction de confier une charge
quelquun ou de len investir.
36
G. Khouris-Sarkis, 140-1. Dans la premire, llu reoit un charisme
diffrent de celui quil possdait djDans le second, le Patriarche ne
reoit pas un charisme diffrent de celui quil a reu au moment o il a
t cr vque.
D. Ce nest pas une Forme Orientale.
Nous avons commenc cette partie en posant la
question : La forme nouvelle tait-elle utilise dans le rite
oriental catholique pour la collation de lpiscopat ?
La rponse est ngative parce que
(1) La forme de Paul VI nest pas identique aux
formes sacramentelles de rite oriental.
(2) En particulier, les longues formes de rite oriental
mentionnent soit la compltion du sacerdoce, soit des
pouvoirs sacramentels spcifiques qui nappartiennent
qu lvque seul (pouvoir dordonner des prtres, etc.)
La forme de Paul VI nen fait pas mention.
(3) Dans les rites maronite et syrien la prire qui
ressemble le plus la Prface de conscration de Paul VI
nest pas la forme sacramentelle pour la collation de
lpiscopat, mais une prire non-sacramentelle pour
linstallation dun patriarche qui est ordinairement dj
vque au moment o il est dsign.
Lon ne peut donc pas soutenir que la forme de Paul
VI serait valide parce quelle serait utilise comme forme
sacramentelle dans deux rites certainement valides dans
les rites orientaux.
Elle nappartient pas aux expressions acceptes et
utilises par lEglise dans ce sens , et il nexiste aucune
garantie de validit sur cette base.
V. Une autre Forme Approuve ?
Question : La nouvelle forme aurait-elle t utilise
dans quelque autre rite du pass comme forme
sacramentelle pour la collation de lpiscopat, qui aurait
jouit au moins dune approbation tacite de la part de
lEglise ?
Pareille preuve, mme si elle ne constituerait pas une
preuve aussi forte de la validit que son usage dans un rite
oriental catholique, apporterait au moins quelque poids
la thse de la validit de la nouvelle forme.
Nous mentionnions plus haut que la Prface de la
conscration piscopale de Paul VI avait t emprunte
presque mot mot une prire antique pour la
conscration dun vque qui avait paru dans ldition de
1963 de La tradition apostolique de St. Hippolyte de Dom
Botte. Cette prface prsente galement des parallles
avec dautres textes antiques, tels que Les Constitutions
Apostoliques et Le Testament de Notre-Seigneur.
Le Fr. Pierre-Marie a galement invoqu ces textes-l
comme preuve de la validit du nouveau rite.
Quel degr de certitude pouvons-nous avoir pour
affirmer que (1) ces textes eux-mmes ont t des formes
sacramentelles utilises rellement pour la collation de
lpiscopat ? Et, (2) quils avaient reu, en tant que tels, au
moins laccord tacite de lEglise de telle sorte que,
mme dans un sens large, ils aient t accepts et utiliss
par lEglise dans ce sens ?
Hlas, si par certitude nous entendons celle qui est
requise par la thologie morale catholique pour
administrer ou recevoir validement un sacrement, notre
rponse devra tre : non, absolument pas. Car, nous
descendrions alors tout de suite dans le monde trompeur
de dbats savants portant sur les auteurs, lorigine, la
datation, la reconstitution et le dchiffrement de textes
vieux de 1.700 ans.
A. Tradition Apostolique dHippolyte ?
Et voici quelques problmes prliminaires que nous
dcouvrons.
(1) Identit de lAuteur ? Le Jsuite Jean Michel
Hanssens, expert en liturgies orientales, consacre environ
cent pages pour tenter didentifier Hippolyte : Serait-il le
mme Hippolyte que celui qui tait impliqu dans le calcul
de la date de Pques ? Serait-il celui qui est reprsent par
une statue ? Ou celui qui passe pour tre natif de Rome ?
Ou bien serait-il celui dEgypte ? Serait-il le conseiller du
Pape ? Ou un anti-Pape ? Ou le prtre Hippolyte ? Ou bien
lvque ? Ou bien le martyr ? Ou lun des saints de ce
nom dans le martyrologe37 ?
Au mieux nous pourrions nous livrer dans ce domaine
des conjectures savantes.
(2) Origine ? Do provient La Tradition
Apostolique ? De Rome selon certains, dAlexandrie
dEgypte selon dautres. Encore des suppositions.
(3) Age ? De quand date-t-elle ? Gnralement
elle est date denviron 215 AD, mais la partie se
reportant au sacrement de lordre peut avoir t retouche
au quatrime sicle afin de laligner sur la doctrine et la
pratique en vigueur ce moment-l 38.
Notons : retouche. Il nous faudrait davantage
encore de supputations savantes pour savoir quelles parties
de ce document ont t retouches.
(4) Autorit du manuscrit ? Quel degr de
confiance pouvons-nous accorder aux originaux ? Eh
bien ! Nous ne les avons mme pas.
Loriginal grec de ce document na pas survcu,
sinon sous forme dun petit nombre de fragments isols.
On doit le reconstituer partir dune traduction latine
tendue et partir de versions coptes, arabes et
thiopiennes tardives, ainsi qu partir de lusage quen
firent plus tard des compilateurs dordres ecclsiastiques,
ce qui augmente la difficult de dterminer avec
exactitude ce que lauteur a crit 39.
Do le sous-titre dans ldition de 1963 de Dom
Botte : Une tentative de reconstitution40. Au moins une
demi-douzaine dautres savants (Connolly, Dix, Easton,
Elfers, Lorentz, Hanssens) ont entrepris semblables
tentatives.
Une reconstitution, selon Dom Botte lui-mme, peut
nous ramener seulement un archtype, mais non
loriginal41.
Ainsi navons-nous que plus de conjectures, mais qui
ne nous rendraient mme pas loriginal.
(5) Une Pratique liturgique ? Ce texte reflte-t-il
exactement une pratique relle ?
Il nest pas ais de distinguer ce qui spare la
pratique relle de lidal 42 disait Dom Botte en 1963.
Les prires contenues dans La Tradition Apostolique ont
37
La Liturgie dHippolyte : Ses Documents, Son Titulaire, Ses Origines
et Son Caractre (Rome Institut Oriental, 1959), 249-340.
P. Bradshaw, Ordination Rites of the Ancient Churches of East and
West (New-York : Pueblo 1990), 3.
39
P. Bradshaw, 3-4.
40
La tradition Apostolique de Saint Hippolyte : Essai de reconstitution.
41
La tradition Apostolique de Saint Hippolyte : Essai de reconstitution,
XXXIII-IV.
42
La tradition Apostolique de Saint Hippolyte : Essai de reconstitution,
XIV.
38
t offertes comme des modles et non comme des
formules tablies43.
Pour finir, disait Dom Botte dans La tradition
Apostolique dHippolyte, son origine, quelle soit
romaine ou [gyptienne], nest pas rellement importante.
Mme si ctait un document romain, il ne devrait pas tre
considr comme la liturgie romaine du 3e sicle, poque
o la liturgie laissait une large part limprovisation du
clbrant44.
Ainsi donc de nombreux volumes douvrages savants
fournissent un modle pour une prire de conscration
dun vque qui, de toute faon, ntait pas ncessairement
suivie mot mot.
Cela nest pas prcisment de nature nous inspirer
confiance.
B. Constitutions Apostoliques ?
Voil srement un titre impressionnant. Et pourtant, il
sagit dune rvision composite de trois ordres
ecclsiastiques antiques.
Il semble que les Constitutions auraient leur origine
en Syrie, et lon pense gnralement que ce serait
luvre dun arien [hrtique], qui aurait dans une
certaine mesure compose une idalisation caractrise
plutt quune reproduction toujours fidle de la pratique
liturgique qui lui tait familire 45.
Un texte composite, fruit de la rverie dun
hrtique ?
C. Testament de Notre-Seigneur ?
Voil un titre qui est mme plus impressionnant
encore ! Hlas, il date probablement du Ve sicle et il
semble quil ait t compos en Syrie.
En outre, bien quoriginellement crit en grec, il ne
subsiste quen version syriaque, arabe et thiopienne.
Comme pour les Constitutions Apostoliques, on peut
douter l encore quil reprsente bien une pratique
historique relle 46.
Sagirait-il dune pratique historique douteuse ?
D. Aucune Preuve dun Usage Approuv
La question qui ouvrait cette partie tait : La nouvelle
forme aurait-elle t utilise dans quelque autre rite du
pass comme forme sacramentelle pour la collation de
lpiscopat, qui aurait jouit au moins dune approbation
tacite de la part de lEglise ?
Notre rponse est celle-ci : nous nen avons
absolument aucune ide, parce que :
Nous navons aucuns textes originaux authentiques.
Nous avons des textes reconstitus bass sur rien
de plus que lautorit de thories savante pour en
dterminer les versions correctes.
Nous ne savons pas si ces textes taient
effectivement utiliss pour sacrer des vques.
Nous navons aucun document attestant
lapprobation de lEglise.
43
La tradition Apostolique de Saint Hippolyte : Essai de reconstitution,
XVI.
44
Louvain, notes de confrence juillet 1961, Le Rituel dOrdination dans
la Tradition Apostolique dHippolyte, Bulletin du Comit 36 (1962), 5.
45
Bradshaw, 4.
46
Bradshaw, 4-5.
On ne saurait donc soutenir sur la base ce ces textes
que la forme de Paul VI serait valide. Aucun de ces textes
na t accept et utilis par lEglise dans ce sens, de
sorte quil nexiste nulle garantie de validit sur cette base
non plus.
VI. Pouvoir de lpiscopat ?
Question: La forme sacramentelle nouvelle signifiet-elle de manire univoque les effets sacramentels - le
pouvoir dOrdre (lpiscopat) et la grce du Saint-Esprit ?
Ce sont l les critres que Pie XII a noncs pour la
forme sacramentelle. Voici nouveau la forme nouvelle
de Paul VI laquelle il sagira dappliquer ces critres :
Et maintenant, rpands sur celui que tu as choisi
cette force qui vient de toi, lEsprit qui fait les chefs,
que tu as donn ton Fils bien-aim, Jsus Christ, quil a
donn lui-mme aux saints Aptres qui tablirent lEglise
en chaque lieu comme ton sanctuaire, la gloire
incessante et la louange de ton Nom47.
La forme semble signifier la grce du Saint-Esprit.
Mais lEsprit qui fait les chefs ? Il se fait que les
vques Luthriens, Mthodistes et Mormons sont des
chefs eux aussi. Un tel terme peut-il signifier de manire
univoque le pouvoir dOrdre confr - la plnitude du
sacerdoce ?
Lexpression LEsprit qui fait les chefs - en latin
Spiritus principalis - se situe au centre de la discussion
concernant la validit du nouveau rite, car si elle ne
signifie pas la plnitude du sacerdoce qui constitue
lpiscopat, le sacrement est invalide.
A. Premiers Doutes sur la validit
Le lecteur occasionnel sera videmment tent de
laisser tomber tout cela comme une espce de rve
traditionaliste fivreux et fou. Mais voici quarante ans,
avant mme que le nouveau rite ne fut promulgu, un
membre du groupe dtudes qui a cr le nouveau rite de
la conscration piscopale, avait justement soulev cette
question.
Dans un compte-rendu du 14 octobre 1966, lvque
Juan Hervas y Benet (1905-1982), Ordinaire du lieu
Ciudad (Espagne) et promoteur de lOpus Dei, crivit ce
qui suit ses collgues, membres du groupe dtudes :
Il serait ncessaire dtablir de faon indniable que
la forme nouvelle signifit mieux et plus parfaitement
laction sacramentelle et ses effets. Cela veut dire, quil
faudrait tablir en des termes certains quelle ne contient
pas dambigut, quelle nomette rien des fonctions
principales qui sont propres lordre piscopal Un
doute sempare de moi concernant les mots Spiritus
principalis ; est-ce que ces mots signifient adquatement
le sacrement ?48
Il nexiste pas de trace quil ait reu une rponse.
Mais considrons ce que la question de lvque
reprsentait pour quiconque lpoque avait reu une
47
Transcription de lICEL. Et nunc effunde super hunc Electum eam
virtutem, quae a te est, Spiritum principalem, quem dedisti dilecto filio
Tuo Jesu Christo, quem ipse donavit sanctis Apostolis, qui constituerunt
Ecclesiam per singula loca, ut sanctuarium tuum, in gloriam et laudem
indeficientem nominis tui.
48
German Liturgical Institute (Trves), Fonds Kleinheyer, B117 ; cit par le Fr.
Pierre-Marie o.p., Pourquoi le nouveau Rite de la conscration piscopale est-il
valide, cf. note 21.
formation thologique srieuse : Linsertion de cette
expression dans la forme ne va-t-elle pas exposer le
sacrement au risque de linvalidit ?
Aprs que Paul VI eut promulgu en juin 1968 le
nouveau rite pour les Saints Ordres, encore fallait-il le
traduire en plusieurs langues modernes. Lexpression
Spiritus principalis souleva immdiatement des
problmes. La premire version anglaise officielle rendit
lexpression par Esprit excellent, la version franaise la
rendit par lEsprit qui fait les chefs ou les guides, et la
version allemande par lesprit dun guide.
Ces expressions suscitrent probablement chez
certains des vques les plus conservateurs de lpoque
une crainte pour la succession apostolique, car Rome
publia soudain deux dclarations sur les traductions des
formes sacramentelles en lespace de trois mois (Octobre
1973 et Janvier 1974)49.
La seconde dclaration, manant de la Congrgation
pour la doctrine de la Foi, fut en outre rimprime dans
les Notitiae (bulletin officiel de la Congrgation du Culte
divin), assortie dun commentaire plutt trange. Lauteur,
un Dominicain, mentionnait spcialement la Constitution
Sacramentum Ordinis de Pie XII de 1947, la substance
des sacrements, en quoi chaque nouvelle forme
sacramentelle continuait de signifier la grce spciale
donne par ce sacrement et la ncessit de prserver la
validit du rite sacramentel 50.
Serait-ce une simple concidence ? Dans le mme
numro de Notitiae, peu prs une douzaine de pages plus
loin, nous tombons sur court article de Dom Bernard Botte
OSB qui explique la signification de surprise ! - Spiritus
principalis.
Vraiment, cette expression latine soulevait
linquitude chez pas mal de monde.
B. LEsprit qui fait les Chefs = Episcopat ?
Lexplication de lexpression Spiritus principalis
fournie par Dom Botte tait essentiellement la suivante :
Lexpression avait soulev plusieurs difficults et
conduit diverses traductions.
On la rencontre dans le psaume 50, 14, mais sa
signification cet endroit nest pas ncessairement lie
ce quelle signifiait dans la prire conscratoire pour un
chrtien du IIIe sicle.
Esprit dsigne le Saint-Esprit.
Mais que signifiaient le mot grec hegemonicos et
son quivalent latin principalis dans le vocabulaire
chrtien du IIIe sicle ?
Cela signifiait ce qui suit : les trois Ordres sacrs
49
SC du Culte Divin, Lettre Circulaire Dum Toto Terrarum, 25 octobre
1973, AAS 66 (1974) 98-9 ; SC de la Doctrine de la Foi, Dclaration
Instauratio Liturgica, 25 janvier 1974, AAS 66 (1974), 661. Le second
document expliquait que lorsque le Saint Sige approuve une traduction :
Il juge quil exprime correctement la signification prvue par
lEglise , mais il stipulait galement que la traduction doit tre
comprise en accord avec lesprit de lEglise en tant quexprim dans le
texte original en latin . Cette dclaration est trange. Une traduction,
soit vhicule la signification substantielle du latin, soit elle ne le fait pas.
Dans ce dernier cas, le sacrement est invalide quelles que soient les
stipulations de quiconque sauf pour Humpty Dumpty dans A travers
mes verres de lunettes : Lorsque jutilise un motil signifie
uniquement le sens que jai choisi de lui donner ni plus ni moins .
50
B. Douroux, Commentarium , Notitiae 10 (1974), 394-95 purch
la nuova formula continui a significare la grazia speciale conferita dal
sacramento. .
reoivent chacun un don du Saint-Esprit, mais non le
mme. Les diacres reoivent lEsprit de zle et de
sollicitude , et les prtres lEsprit de conseil .
Les vques reoivent lEsprit dautorit.
Lvque est la fois le chef qui doit gouverner et le
grand-prtre du sanctuaire. Il gouverne lEglise. Aussi le
mot hegemonicos / principalis est-il comprhensible.
Spiritus principalis signifie par consquent le don
de lEsprit qui convient un chef51.
Aprs la parution de cette mise au point, diverses
traductions vernaculaires furent remanies, et la traduction
officielle anglaise devint Esprit de gouvernement.
C. Ou lEsprit qui fait les Chefs = Qui sait?
Ctait l une explication qui avait lapparence dune
grande rudition. Malheureusement, ctait faux - typique
du double-langage effront dans lequel excellent les
modernistes quand on les prend la main dans le sac.
Spiritus principalis peut signifier beaucoup de choses,
mais nullement le pouvoir dOrdre propre lpiscopat.
Cest ce qui apparat clairement aprs un bref survol
de ce que lEsprit qui fait les chefs peut signifier, aussi
bien sous sa forme latine (Spiritus principalis) que sous sa
forme alternative grecque (hegemonicos).
(1) Les dictionnaires. Les dictionnaires latin et
grec rendent ladjectif principalis respectivement,
comme existant originellement, fondamental, premier
premier en importance ou estime, chef, convenant des
chefs ou des princes 52, et qui tient du chef, dirigeant,
gouvernant ou guide53.
Il existe un nom apparent, hegemonia, qui signifie
gnralement autorit, commandement, et dans un sens
secondaire rglement, charge dun suprieur : charge
piscopaledun suprieur de couventdo, du domaine
du ressort de lvque, diocse54.
Mais mme dans ce sens-l lexpression ne connote
pas le pouvoir dOrdre (potestas Ordinis), tout juste la
juridiction (potestas jurisdictionis), tout spcialement du
fait que la dfinition fait mention dun suprieur de
monastre.
(2) Le Psaume 50. En latin ecclsiastique ou en
grec, la prire du roi David dans le psaume 50,14 est le
premier texte quon cite habituellement pour (principalis)
o ce terme est utilis avec le terme esprit. Lexpression
est traduite en anglais par esprit parfait ou de
perfection , que les commentateurs explicitent comme un
esprit gnreux ou noble 55.
En dpit de laffirmation de Dom Botte selon laquelle
il ny aurait aucun lien entre la signification de lEsprit de
guide dans ce psaume et celle quelle tait suppose avoir
au IIIe sicle dans la prire de conscration piscopale, un
51
B. Botte, Spiritus Principalis Formule de lordination piscopale ,
Notitiae 10 (1974), 410-1. Cest le don de lesprit qui convient un
chef .
52
P. Glare, Oxford Latin Dictionnary (Oxford, Clarendon, 1974). De
mme, A. Forcellini, Lexicon Totius Latinitatis (Padua 1940) ; A. Souter,
Glossary of Later Latin after 600 AD (Oxford, Clarendon, 1949); C.
Lewis & C. Short, A New Latin Dictionnary (New-York : 1907).
53
G. Lampe, A Patristic Greek Lexicon (Oxford, Clarendon, 2000). F.
Gingrich & F. Danker, A Greek-English Lexicon of the New Testament
and Other Early Christian Litterature (Chicago University Press, 1957).
54
Lampe, 599.
55
B. Orchard ed., A Catholic Commentary of the Holy Scripture
(London : Nelson 1953). 457
dictionnaire de patristique grecque relie directement ces
deux passages et cite mme lextrait grec dHippolyte56.
(3) Les Pres de lEglise. Ils interprtent spiritus
principalis de diffrentes manires, comme se rapportant
au Pre57, au Saint-Esprit58, la vertu de force59, un
pouvoir puissant qui fortifie contre les tentations60, etc.
(4) Un trait dogmatique. Mgr. Pohle dclare dans
son ouvrage sur la Sainte Trinit que le Spiritus
principalis du Psaume ne signifie pas le Saint-Esprit Luimme, mais rien de plus quun effet divin externe, un
esprit surnaturel de rectitude et de contrle de soi, cest-dire une bonne disposition61.
(5) Un commentaire de 1962 sur Hippolyte.
Lantique prire de conscration piscopale, dit Roger
Beraudy, prsente lvque successivement sous le double
aspect de chef et de grand-prtre. Spiritus principalis
(dans le sens de lEsprit qui fait les chefs) apparat dans la
partie de la prire qui prsente lvque comme un chef
de lEglise plutt que dans la partie suivante que Beraudy
identifie comme prsentant lvque comme un grandprtre62.
(6) Des crmonies non-sacramentelles. Le
rite copte, sa prire sacramentelle de la conscration
piscopale mise part, utilise galement le terme lEsprit
qui fait les chefs dans deux crmonies nonsacramentelles.
a. Dans lEglise copte, de mme que dans lEglise
catholique, un pre abb nest pas vque, mais un simple
prtre qui est la tte dun monastre. Quand un pre abb
copte (hegoumenos) est intronis, lvque impose la main
sur la tte du prtre et prononce une prire pour que Dieu
lui accorde un Esprit de guide, de gouvernement
damabilit, de charit, de patience et de bont63.
b. Quand il sagit de promouvoir un vque copte au
rang darchevque (mtropolite), la prire demande Dieu
de lui infuser son Esprit qui fait les chefs (de
gouvernement), la connaissance qui est la Vtre et quil
a reue dans Votre sainte Eglise64.
(7) Un autre expert. En 1969, avant que cette
question ne devnt matire controverse, nous trouvons au
moins un expert qui dclarait que lomission de
lexpression lEsprit qui fait les chefs naltrerait mme
pas ncessairement la validit du rite.
Sil arrivait que lon omette par inadvertance les
mots spiritum principalem, je ne vois pas ce que cela
56
Lampe, 599. Ps. 50:14 ; cf. Hipp. [Link].3.3 .
Origen, In Jer Hom. 8, PG 13:336. ;
..
58
Origen, Comm. In Ep. Ad Rom. 7, PG 14:1103. sed in his principatum
et dominationem hunc Spiritum sanctum, qui et principalis appelatur,
tenere.. Cyrille dAlexandrie, Dubia de Trinitate 9, PG 77:1140.,
, s, . Basil the Great, Adv.
Eunomium 5.3, PG 29:753. .
59
Cyril of Alexandria, Expl. In Psalmos 50:14, PG 69:1100-1.
, s ..
60
Athanasius. Ep. Ad Amunem Mon., PG 26:1176.
s s.
61
J. Pohle, The Divine Trinity: A Dogmatic Treatise, 2nd ed. (St. Louis:
Herder 1915), 97.
62
R. Beraudy, Le Sacrement de lOrdre daprs la Tradition
Apostolique dHippolyte, Bulletin du Comit 36 (1962), 341, 342.
63
Tr. Burmester, Ordination RitesCoptic, 97. hegemonicon
pneuma. Egalement RO 2:17. spiritum hegemonicum.
64
Tr. Burmester, Ordination RitesCoptic, 118. hegemonicon
pneuma.. Egalement RO 2:34. in spiritu tuo hegemonico.
57
changerait.
Quel tait cet expert ? Dom Bernard Botte65.
(8) Qui sait ? Notre brve tude aura ainsi rvl
une douzaine de significations possibles pour Spiritus
principalis :
Un esprit existant originellement.
Un esprit de direction / de guide.
Un esprit parfait comme pour le roi David.
Un esprit gnreux ou noble.
Dieu le Pre.
Dieu le Saint-Esprit.
Un effet divin extrieur.
Un esprit surnaturel de rectitude / de matrise de soi.
Une bonne disposition.
Pour un pre abb copte : gentillesse, charit,
patience et bont.
Pour un archevque copte : connaissance des choses
divines, reue par lEglise.
Une qualit dont lomission de toute faon
naffecterait nullement la validit du sacrement.
Aucune de ces expressions ne signifie spcifiquement
ni lpiscopat en gnral ni la plnitude des Saints
Ordres quun vque possde.
D. Signification Univoque de lEffet ?
Commenons prsent mettre en application
quelques autres des critres noncs dans la premire
partie.
Dans sa Constitution Apostolique Sacramentum
Ordinis, Pie XII a dclar que la forme devait pour les
Saints Ordres signifier de manire univoque les effets
sacramentels - cest--dire le pouvoir dOrdre et la grce
du Saint-Esprit66.
La forme nouvelle est en dfaut sur deux de ces
points :
(1) Non Univoque. Lexpression Spiritus
principalis, lEsprit qui fait les chefs ou lEsprit de
gouvernement nest pas univoque - cela veut dire que ce
nest pas un terme qui ne signifie quune seule chose67,
ainsi que Pie XII la exig.
Au contraire, comme nous lavons dmontr plus
haut, cette expression est ambigu, - de nature signifier
de nombreuse choses ou personnes diffrentes.
Il est vrai que, parmi les diverses significations, nous
en trouvons une, qui connote le Saint-Esprit, - mais
nullement dans un sens exclusivement rserv aux
vques. Des abbs coptes, le Roi David, et des chefs
vertueux, peuvent tous recevoir ce Spiritus principalis, cet
Esprit qui fait les chefs.
(2) Pas de pouvoir dOrdre. Dans la liste de tant
de significations diffrentes nous ne pouvons cependant
trouver mention du pouvoir dOrdre (potestas Ordinis) de
65
B. Botte, Lordination de lEvque, (cf. note 16), 123. mais si lon
omettait par inadvertance les mots spiritum principalem, je ne vois pas
ce que cela changerait. Dom Botte, un moderniste typique, consacre
deux pages de cet article carter les scurits habituelles qui ont t
introduites pour garantir la validit dune conscration piscopale partir
des principes de la thologie morale et dogmatique.
66
Sacr. Ord. DZ 2301. 4. quibus univoce significantur effectus
sacramentales scilicet potestas Ordinis et gratia Spiritus Sancti.
67
Forcellini, Lexicon 8:869. proprie de eo qui unius est vocis cui
multivocus vel plurivocus opponitur. Univoca (sunt) quae sub eodem
nomine et sub eadem substantia continentur..
10
lpiscopat. Lexpression Spiritus principalis, lEsprit qui
fait les chefs ne connote nullement, pas mme de manire
quivoque ni en quelque sens que ce soit, le Sacrement des
Saints Ordres.
Encore moins connote-t-elle ce que, selon les
thologiens qui conseillaient Pie XII, la forme
sacramentelle doit exprimer pour la collation de
lpiscopat : savoir la plnitude du sacerdoce du Christ
dans la fonction piscopale et lordre ou bien la
plnitude de la totalit du ministre sacerdotal68.
Lun des lments constitutifs dune forme apte
confrer lordre est par consquent absent.
Ainsi avons-nous obtenu la rponse la question que
nous avions pose au dbut de cette partie :
La forme sacramentelle nouvelle signifie-t-elle de
manire univoque les effets sacramentels - le pouvoir de
lOrdre (lpiscopat) et la grce du Saint-Esprit ?
La rponse est non.
VII. Un Changement Substantiel ?
Question: Sagit-il dun changement substantiel
dans la forme sacramentelle pour la collation de lOrdre
de lpiscopat ?
Un changement substantiel, comme nous lavons vu
dans la premire partie, a lieu dans une forme
sacramentelle lorsque la signification de la forme ellemme est altre. et si les paroles en prendraient une
signification diffrente de lintention de [Link] si
elle nexprime plus compltement et convenablement la
signification que le Christ a dtermine et voulait y
mettre70.
Or, pour ce qui est des Saints Ordres, Pie XII nous a
dit exactement quels lments une forme sacramentelle
devait exprimer - la grce de lEsprit Saint et le pouvoir de
lOrdre qui va tre confr.
Lexpression Spiritus principalis, lEsprit qui fait les
chefs dans la nouvelle forme de la conscration piscopale
de Paul VI peut bien exprimer le premier de ces lments,
savoir le Saint Esprit. En fait, le pronom qui commence
la subordonne qui la suit - celui que [quem] vous avez
donn - indique clairement quelle est suppose se
rapporter au Saint-Esprit.
Cette mme expression, Spiritus principalis, lEsprit
qui fait les chefs, cependant nexprime pas et ne peut pas
exprimer lautre lment qui est requis - le pouvoir de
lOrdre qui est confr. Cette notion fait totalement
dfaut dans la nouvelle forme ; celle-ci ne signifie plus
adquatement ce quelle est suppose produire - savoir la
plnitude du sacerdoce qui constitue lOrdre piscopal.
Ainsi donc notre question tait : Sagit-il dun
changement substantiel dans la forme sacramentelle pour
la collation de lOrdre de lpiscopat ?
La rponse est oui.
68
F. Hrth, Commentarius ad Cons. Apostolicam Sacramentum
Ordinis, Periodica 37 (1948), 312. plenitudinem sacerdotii Christi in
munere et ordine episcopali. summa seu totalitas ministerii
sacerdotalis.
69
H. Merkelbach, 3:20.
70
Coronata, 1:13. non amplius per ipsam complete et congruenter
exprimatur.
VIII. Un sacrement invalide.
Question : Dans quelles mesures ce changement
substantiel de signification dans la forme affecte-t-il la
validit du sacrement ?
Un changement substantiel dans la signification de sa
forme sacramentelle, comme nous lavons expos dans la
premire partie, rend un sacrement invalide.
Cela nous conduit inexorablement notre conclusion :
Par consquent une conscration piscopale
confre dans la forme promulgue par Paul VI
en 1968 est invalide.
Passons deux objections.
IX. Sauvegarde par le Contexte ?
Objection : Mme si la partie essentielle de ce
sacrement tait insuffisamment dtermine, elle serait
quand mme spcifie adquatement dans la phrase
accorde luide te montrer une grande prtrise sans
blme71 qui se rencontre plus loin dans le contexte.
Cest le Fr. Pierre-Marie qui a soulev succinctement
cette objection72. Mais lon ne pourrait invoquer cet
argument quau cas o :
(1) La forme sacramentelle nouvelle contiendrait les
deux lments requis par Pie XII (la grce du Saint Esprit
et le pouvoir dOrdre), et
(2) la forme signifierait lun de ces lments de
manire quivoque plutt que de manire univoque.
Il serait alors au moins possible darguer que la forme
contenait en fait llment que Pie XII avait requis, et que
le contexte le spcifiait adquatement.
Nanmoins :
A. Certitude ou Opinion ?
Peu importe la force de conviction dune telle
argumentation, elle ne saurait apporter aucune certitude
morale pour affirmer que la nouvelle forme sacramentelle
serait valide ; elle ne pourrait fournir quune opinion
probable sur sa validit. Car le contre-argument massue
sera toujours que Pie XII a exig que la forme soit
univoque, point final.
Il nest pas permis, lors de ladministration et de la
rception des sacrements de se fier une opinion
simplement probable concernant la validit du sacrement.
Le faire, cest commettre un pch mortel contre la
religion, contre la charit et (pour le ministre du
sacrement) contre la justice73.
En outre, cela serait dautant plus vrai dans le cas de
la collation des Saints Ordres, en raison du prjudice
irrparable - invalidit des messes, des absolutions et des
Extrme Onctions, qui rsulterait de leur invalidit.
Lon ne saurait par suite ni confrer ni recevoir les
Saints Ordres sur la base de lopinion selon laquelle le
nouveau rite de la conscration piscopale serait valide, ni
non plus exercer une fonction sacerdotale sur la base dune
telle opinion.
71
De Ordinatione Episcopi, Presbyterorum et Diaconorum, ed. typ. alt.
(Rome: Polyglot 1990), 25. Da ut summum sacerdotium tibi
exhibeat sine reprehensione.
72
Fr. Pierre-Marie o.p. Pourquoi le nouveau Rite de la conscration
piscopale est-il valide, janvier 2006. 10.
73
Cappello 1:25-6.
11
B. Un Contre-Argument
En tout cas largument du contexte fonctionne dans
les deux sens.
Dautres reconstructions de la prire conscratoire
dun vque dans la Tradition Apostolique dHippolyte
comportent une supplication Dieu pour que lvque
reoive le pouvoir de confrer les ordres selon ce que
vous avez dcrt74.
La Prface de la conscration piscopale de Paul VI,
sur ce point, demande, au lieu de cela, de recevoir le
pouvoir de distribuer les dons (ou les charges) selon
votre commandement75. La traduction anglaise rend cela
par assigner des ministres comme vous lavez
dcrt.
Chez les Mormons un vque, pourvu de son propre
esprit de gouvernement, peut assigner des ministres, et
mme Saint Nicolas peut distribuer des cadeaux.
Lide de confrer les Saints Ordres - le pouvoir
distinct qui caractrise la plnitude du sacerdoce - a t
supprime dans la nouvelle prface.
Cette omission tait dlibre. Cela est vident
quand on en juge partir de la forme de la conscration
piscopale de rite copte que Dom Botte avait consulte
afin de reconstituer le rite dHippolyte. Aprs la phrase qui
prcde, cette forme spcifie en outre que lvque a pour
tche dapporter au clerg le sacerdoce dtablir de
nouvelles maisons de prires, et de consacrer des
autels76.
Llimination du pouvoir dordonner de la forme
anglicane de la conscration piscopale figurait parmi les
motifs que Lon XIII fit valoir pour dclarer les ordres
anglicans invalides, parce que, lune des premires
tches de lvque cest celle dordonner des ministres de
la Sainte Eucharistie et du Sacrifice77.
C. Non seulement Equivoque, mais DISPARUE.
De toutes faons, il nest pas mme possible de
produire largument du contexte en faveur de la validit,
parce que la forme nouvelle ne signifie mme pas de
manire quivoque lun des lments dont Pie XII
avait exig lexpression dans la forme sacramentelle -
savoir le pouvoir dOrdre qui est confr.
Cet lment est manquant, et donc il ne reste
nullement matire le dterminer ou le spcifier dans le
contexte. Qui sy emploierait, se livrerait un vain effort.
Si je rcite toutes les prires et si jaccomplis toutes
les crmonies prescrites pour le baptme par le Rituel
romain, mais que jomets - que Dieu men garde ! - le mot
baptise, lorsque je verse leau sur la tte du bb, le
sacrement est invalide. Toutes les autres prires qui
entourent le rite - peu importe combien de fois elles
voquent le baptme, la purification et la vie de la grce ne peuvent rendre la forme valide. Un lment essentiel
fait dfaut la forme, si bien quil ne reste rien pas
mme un terme quivoque qui ne puisse tre spcifi en
74
Bradshaw, 107.
De Ord. Ep., 25. ut distribuat munera secundum praeceptum tuum.
Burmester, Ordination Rites, 111.
77
Apostolicae Curae, 13 Sep 1896, DZ 1965. eoque id magis, quia in
primis episcopatus muniis scilicet est, ministros ordinandi in sanctam
Eucharistiamet sacrificium.
75
76
quelque manire par le contexte.
Cest bien le cas galement ici. Le pouvoir dOrdre
a disparu de la forme, et le contexte ne peut pas le
ramener.
Tout ce qui reste, cest le Spiritus principalis ou
lEsprit qui fait les chefs, lequel peut renvoyer au Saint
Esprit, ou lun de ses effets, ou bien au Pre, ou la
connaissance, ou bien aux vertus semblables celles dun
Pre Abb copte.
X. Approuve par le Pape ?
Objection : Mme si la forme sacramentelle
essentielle ne signifiait pas de manire univoque lun des
effets sacramentels (le pouvoir dOrdre de lpiscopat),
lapprobation donne par le pape Paul VI garantirait
malgr tout la validit de la forme.
Voil le dernier argument en faveur de la validit et
cest par ailleurs le plus faible, non seulement parce quil
est bas sur lhypothse que les dclarations souveraines
de lEglise nauraient nul besoin dune justification
thologique cohrente78, mais aussi parce quil attribue
faussement au Pape un pouvoir quil ne possde pas.
A. Pas le pouvoir de changer ?
Au dbut de Sacramentum Ordinis Pie XII, reprenant
la doctrine du Concile de Trente, affirme : LEglise na
pas pouvoir sur la substance des sacrements, cest--dire
sur ce que le Christ, Notre-Seigneur, Lui-mme a tabli
comme signe sacramentel conserver au tmoignage des
sources de la divine Rvlation79.
En ce qui concerne les Saints Ordres, lEglise ne
possde aucun pouvoir sur la signification de la forme,
parce quelle appartient la substance du sacrement
institu par le Christ80. Le Christ Lui-mme a ordonn
que pour les Saints Ordres, lEglise se serve de signes et
de paroles aptes exprimer le pouvoir dOrdre81 .
Or la nouvelle forme de la conscration piscopale
nexprime pas ce pouvoir dOrdre, mme pas de manire
quivoque. Par consquent elle change la substance dun
sacrement telle que le Christ la institue. Aucun pape ne
saurait jamais avoir le pouvoir de rendre une telle forme
valide.
B. Ou un Changement signifie-t-il
Absence de Pouvoir ?
Si la foi nous enseigne que lEglise na pas pouvoir de
changer la substance dun sacrement, et que nous sommes
78
Rien ne saurait tre plus loign de la vrit. Les thologiens qui
ont prpar la dclaration de Pie XII de 1947 au sujet de la matire
et de la forme pour les Saints Ordres ont travaill la question
pendant 40 ans, et se sont entours de grandes prcautions pour
sassurer quun raisonnement thologique rigoureux et cohrent
avec la tradition justifiait chaque mot du projet. Quand il fut publi,
le chef de la commission rdigea un commentaire de 50 pages pour
en tablir la dmonstration.
79
DZ 3201. Ecclesia nulla competat potestas in substantia
Sacramentorum,id est in ea quae, testibus divinae revelationis fontibus,
ipse Christus Dominus in signo sacramentali servanda statuit.
80
Merkelbach 3:720. Quantum ad sensum formae, quia pertinet ad
substantiam sacramenti a Christo instituta, Ecclesiae nulla competit
potestas.
81
Merkelbach 3:18. determinavit quod ab Ecclesia adhiberentur
signa et verba idonea ad exprimendum characterem et gratiam propriam
Confirmationis, vel potestatem Ordinis.
12
arrivs la conclusion que Paul VI a chang en fait la
substance dun sacrement - le rendant par l mme
invalide - nous ne pouvons aboutir qu une seule
conclusion : Paul VI ntait pas un vrai pape.
Le rite invalide de la conscration piscopale que Paul
VI a promulgu nest alors quune pice conviction de
plus qui confirme la dfection de la foi et,
consquemment, la perte de lautorit des papes de
Vatican II.
Le fait mme que celui qui occupe le Sige de Rome
ne soit pas un vritable vque, devrait en outre fournir
une preuve supplmentaire quil nest pas non plus un vrai
pape.
XI. Rsum
Comme nous avons trait dans les parties qui
prcdent une masse de sujets, aussi allons-nous offrir
maintenant un rsum au lecteur un peu satur.
A. Principes gnraux
(1) Tout sacrement possde une forme (sa forme
essentielle) qui produit leffet sacramentel. Si un
changement substantiel de signification est introduit dans
la forme sacramentelle par altration ou par omission de
mots essentiels, le sacrement est invalide (= na pas
deffet, ou il ne produit pas leffet sacramentel).
(2) Des formes sacramentelles qui sont dusage
approuve dans les rites orientaux de lEglise catholique
sont parfois diffrentes quant leurs termes des formes du
rite latin. Malgr cela ces sacrements sont les mmes
quant leur substance, et sont donc valides.
(3) Pie XII a dclar que la forme des Saints Ordres
(cest--dire le diaconat, la prtrise et lpiscopat) doit de
manire univoque (= sans ambigut) signifier les deux
effets sacramentels du pouvoir dOrdre et de la grce du
Saint-Esprit.
(4) Pie XII a dsign comme forme sacramentelle
pour la collation de lpiscopat une phrase, dans le rite
traditionnel de la conscration de lvque, qui exprime de
manire non-quivoque le pouvoir dordre que lvque
reoit, et la grce de lEsprit Saint.
B. Application la Forme Nouvelle
(1) La nouvelle forme de la conscration piscopale
que Paul VI a promulgue, napparat pas spcifier le
pouvoir de lordre quelle est suppose confrer. Peut-elle
confrer lpiscopat ? En guise de rponse cette question
appliquons les principes que nous avons exposs
prcdemment.
(2) La forme, assez brve, de la conscration
piscopale de Paul VI nest pas identique aux longues
formes du rite oriental, et, contrairement elles, elle ne
mentionne nullement les pouvoirs sacramentels qui
nappartiennent qu lvque seul (p. ex. ordonner). Les
prires de rite oriental aux quelles ressemble le plus la
Prface qui enchsse la conscration de Paul VI sont des
prires non-sacramentelles pour lintronisation des
patriarches Maronites et Syriens, qui sont dj vques
quand ils sont dsigns pour cette charge. En rsum lon
ne peut pas avancer largument selon lequel la forme de
Paul VI aurait t dj en usage dans deux rites orientaux
certainement valides, et quelle serait valide pour cette
raison.
(3) Divers textes antiques (dHippolyte, les
Constituions apostoliques, le Testament de NotreSeigneur) qui partagent certains lments communs avec
la Prface de conscration de Paul VI, ont t
reconstruits, sont de provenance douteuse, et ne
peuvent pas passer pour avoir t dune utilisation
liturgique relle, etc Il nexiste aucune preuve quils
naient jamais t accepts et utiliss en tant que tels par
lEglise . Ils napportent donc aucune preuve fiable
lappui de la validit de la forme de Paul VI.
(4) Le problme-cl de la forme nouvelle tourne
autour de lexpression lEsprit qui fait les chefs (Spiritus
principalis en latin). Avant comme aprs la promulgation
en 1968 du rite de la conscration piscopale, la
signification de cette expression soulevait dj les
interrogations sur le fait de savoir si le sacrement en serait
suffisamment signifi.
(5) Dom Bernard Botte, le principal auteur du
nouveau rite, affirmait envers et contre tout quau III
sicle chrtien, lEsprit qui fait les chefs connotait
lpiscopat, parce que les vques possdent lesprit
dautorit en tant que chefs de lEglise . Spiritus
principalis signifie le don de lEsprit propre un chef.
(6) Cette explication est fausse et malhonnte. La
rfrence aux dictionnaires, aux commentaires de
lEcriture, aux Pres de lEglise, un trait dogmatique, et
aux crmonies non-sacramentelles dinvestiture dans le
rite oriental rvle que, parmi une douzaine de
significations diffrentes et parfois contradictoires,
lEsprit qui fait les chefs ne signifie pas spcifiquement ni
lpiscopat en gnral, ni la plnitude des Saints Ordres
que lvque possde.
(7) Avant que la controverse ce sujet ne soit
souleve, mme Dom Botte lui-mme avouait quil ne
voyait pas en quoi iomission de lexpression lEsprit qui
fait les chefs changerait la validit du rite de conscration.
(8) La forme nouvelle ne russit pas satisfaire aux
deux critres exigs par Pie XII pour la forme des Saints
Ordres. (a) Du fait que lexpression de lEsprit des chefs
est susceptible de signifier de nombreuses choses et
personnes diffrentes, elle ne signifie pas de manire
univoque leffet sacramentel. (b) Cette forme manque de
termes qui, mme de manire quivoque, soient
susceptibles de connoter le pouvoir dOrdre quun vque
possde - savoir la plnitude du sacerdoce du Christ
dans loffice et lOrdre piscopal, ou bien la plnitude
ou la totalit du ministre sacerdotal.
(9) Pour ces raisons la forme nouvelle constitue un
changement substantiel de la signification de la forme
sacramentelle pour la collation de lpiscopat.
(10) Comme nous lavons dj dmontr, un
changement substantiel dans la signification dune forme
sacramentelle rend un sacrement invalide.
C. Conclusion : Un Sacrement Invalide.
Par consquent, pour toutes les raisons exposes
jusquici, une conscration piscopale confre avec la
forme sacramentelle promulgue par Paul VI en 1968
est invalide.
13
*****
LORSQUE JETAIS sminariste dans le Midwest, fin des
annes 1960 et dbut des annes 1970, jai entendu divers
modernistes rpudier la conception traditionnelle de la
succession apostolique comme une thologie pipeline,
un mythe non-scripturaire et un reflet aprs coup de la
foi, et ils tournaient en drision le concept de formes
sacramentelles les qualifiant de paroles magiques et de
charabia.
Au cours de cette mme priode daprs Vatican II,
des experts en liturgie, modernistes, travaillaient
darrache-pied concocter le nouveau rite de la
conscration piscopale. A prsent que jai pris
connaissance de nombre de leurs crits - bourrs quils
sont daffirmations fallacieuses dun retour aux sources,
dun double langage rus, du mpris de la thologie
sacramentelle scolastique, et de la puanteur de larrogance
qui se dgage de chacune de leurs pages - je nai
personnellement aucune difficult croire que ces
hommes se sont mis la tche pour produire un rite qui
dtruirait la succession apostolique telle quelle a t
traditionnellement entendue82.
Comme nous avons vu ils nont que trop russi.
Lradication de la succession apostolique sacramentelle,
cest leur petite blague contre lEglise.
Aussi les modernistes nont-ils plus matire se
gausser du pipeline . Ils lont coupe en 1968. Les
vques consacrs dans ce nouveau rite ne possdent
pas le pouvoir sacramentel des vritables vques, et ils
ne peuvent consacrer validement dautres vques, ni
ordonner de vritables prtres.
Les prtres qui tiennent leur ordination de tels
vques, ne peuvent, leur tour, ni validement consacrer
lEucharistie la messe, ni remettre les pchs, ni
administrer lextrme onction aux mourants. Cest l un
pch contre les vertus de religion, de justice et de charit.
Les prtres qui, de bonne foi, reoivent des ordres
invalides sont privs du caractre sacerdotal, et les
lacs qui reoivent de leurs mains des sacrements
invalides sont privs de grces.
Ce serait dj suffisamment grave si ce phnomne de
linvalidit des sacrements ne se limitait quaux paroisses
et au clerg qui pousent pleinement les rformes de
Vatican II, mais ce mal a gagn aussi bien des milieux o
la messe latine traditionnelle est clbre.
Depuis 1984 des messes traditionnelles sous indult,
autorises par les diocses, ont surgi un peu partout. Elles
sont clbres par des prtres ordonns par des vques
consacrs dans le nouveau rite. Toutes ces messes sont
invalides, alors que beaucoup de catholiques innocents,
82
Dom Botte savait, par exemple que la prire Syrienne occidentale pour
la conscration du Patriarche tait non-sacramentelle que le titre
signifiait crmonie dinvestiture plutt que conscration
sacramentelle, car le Patriarche ne reoit pas un charisme diffrent de
celui quil a dj reu au moment o il est devenu vque. KhourisSarkis, 140-1, 156-7. Il savait, parce quil tait un diteur qui contribuait
lOrient Syrien, le priodique dans lequel ces mots ont paru. Il savait
aussi, parce quil y avait lui-mme crit un article o il dmontrait que la
vritable forme sacramentelle antique pour la collation de lpiscopat
dans les rites Syriens et Coptes ntait pas celle dHippolyte, mais la
prire La Divine grce , encore utilise dans le rite Byzantin. La
grce divine, sous la forme que nous trouvons dans leucologe byzantin,
est la forme sacramentelle la plus ancienne dans le Patriarcat Syrien .
Botte, La Formule dOrdination , LOrient Syrien 2 (1957), 295.
faute de mieux, y assistent, nadorant et ne recevant que
du pain.
Encore plus dangereux sont les divers instituts
clricaux et religieux qui, prsent, clbrent la messe
latine traditionnelle, avec la pleine approbation et
reconnaissance de la hirarchie moderniste - la Fraternit
Saint Pierre, lInstitut du Christ-Roi, lAdministration
apostolique de Saint Jean-Marie Vianney, les Bndictins
de Fontgombault, etc
Alors quelles donnent limpression dun splendide
maintien du Catholicisme intgral, ces institutions sont
entirement compromises. Leurs membres sont tenus
dadhrer pleinement aux erreurs de Vatican II et de
cooprer avec les vques diocsains et leur clerg
modernistes.
Des jeunes gens attires par les gloires du Catholicisme
et les idaux du sacerdoce entrent dans ces sminaires et
monastres pour y tre un jour ordonns prtres selon la
crmonie intgralement traditionnelle davant Vatican II.
Mais ils sortiront de cette crmonie rests lacs
quils taient leur entre au sminaire quelques annes
auparavant - parce que lvque qui les a ordonns ne
possdait pas la plnitude du sacerdoce, mais le vide seul
du Spiritus principalis.
Et, pour ce qui concerne les suprieurs de la FSSPX,
leur tentative dacheter, par la dfense de son piscopat
contrefait, une chapelle latrale dans lglise cumnique
mondialiste de Ratzinger, trahit le clerg, les fidles et le
fondateur de la Fraternit.
Car en dpit des doctrines incohrentes et dangereuses
de la Fraternit au sujet du pape et du magistre ordinaire
universel, lon pouvait au moins trouver quelque
consolation dans sa dfense de la validit des sacrements.
Si cependant la nouvelle ligne exprime par larticle
du Fr. Pierre-Marie en vient prvaloir, cette validit sera
finalement perdue. Et si une rconciliation devait
saccomplir, ce ne sera plus alors quune question de
temps pour que le clerg contrefait fasse son apparition un
peu partout au sein de lapostolat de la FSSPX par
lobligeance peut-tre dun cardinal, ou de l Evque de
Rome lui-mme, dans lintention de faire un geste de
bonne volont cumnique.
Qui, alors, dans les rangs de la FSSPX aura le
courage de rsister ? Qui, alors, comme Mgr
lArchevque Marcel Lefebvre, tonnera contre ces rites
btards, ces prtres btards, ces sacrements
btards, qui ne peuvent plus du tout nous donner de
grce83?
Et le lacat traditionaliste, trahi par le compromis de
ses fils, se demandera une fois de plus si leurs sacrements
ne sont plus quun spectacle vide - absolument nul et
entirement vain.
March 25, 2006
Archev. Lefebvre g
15th anniv.
83
Sermon, Lille (France), 29 Aot 1976. In M. Davies, Apologia pro
Marcel Lefebvre (Dickinson TX: Angelus Press 1979) 1:2623. Le rite
de la [nouvelle] Messe est un rite btard, les sacrements sont des
sacrements btards nous ne savons plus sil sont des sacrements qui
donnent la grce ou qui ne donnent pas la grce Les prtres sortants
des sminaires sont des prtres btards.
14
Appendix 1
Deux remarques propos
de larticle du Fr. Pierre-Marie
A. Des docteurs de lEglise invalidement consacrs ? Le Fr.
Pierre-Marie avance comme argument que, en attaquant la validit du
nouveau rite, lon attaque aussi implicitement les ordinations et les
conscrations de divers Docteurs Orientaux84 de lEglise son hypothse
tant que la forme des Saints Ordres Alexandrie et Antioche tait plus
ou moins la mme que celle du rite de Paul VI.
Pourtant Dom Botte lui-mme a dmontr que la vritable forme
sacramentelle antique pour la collation des Ordres sacrs dans ces rites
ntaient pas celle dHippolyte, mais la prire La divine grce
qui est toujours en vigueur dans le rite Byzantin85
B. Tableaux comparatifs. Et le Fr. Pierre-Marie de prsenter trois
tableaux impressionnants, de textes latins mis en parallles. Il cherche
par ce moyen dmontrer que le nouveau rite du texte de Paul VI pour la
conscration piscopale serait fondamentalement le mme que des textes
utiliss pour la conscration des vques dans les rites orientaux ou dans
lEglise antique, et quelle serait par consquent valide.
Mais des tableaux comparatifs ne valent que ce que valent les textes
slectionns, et ceux qu choisis le Fr. Pierre-Marie sont tout fait
inutilisables pour son argumentation.
Le texte sur lequel il fonde sa comparaison est la version latine de
la Prface de 1968 de la Conscration piscopale, compose bien sr par
Dom Botte. Le Fr.. Pierre-Marie nous fournit les textes suivants lui
comparer :
(1) La tradition Apostolique dHippolyte. Il sagit de la
reconstitution de 1963 de Dom Botte. Linclure dans un tableau
comparatif ne prouve cependant rien quant la validit de la forme de
1968 - mais simplement que Dom Botte a pu taper deux fois le mme
texte.
(2) Les Constitutions Apostoliques. Ce texte, passant pour tre le
travail dun hrtique arien, est composite, et pourrait bien ne pas mme
reprsenter une pratique liturgique relle86. Pas vraiment une preuve
solide pour la validit.
(3) Le Testament de Notre-Seigneur Jsus-Christ. On ne sait pas
dans quelle mesure il reprsenterait une pratique liturgique historique
relle87. L encore, pas vraiment une preuve solide pour la validit non
plus.
(4) Conscration dun patriarche maronite. Ce texte nest pas la
forme sacramentelle des Maronites pour la collation de lpiscopat, mais
une prire non-sacramentelle pour lintronisation dun patriarche qui
est dj vque88.
(5) Le rite copte de la conscration piscopale. Ici au moins le Fr.
Pierre-Marie fournit un texte bas sur une forme de conscration
piscopale, reconnue pour tre valide. Malheureusement :
(a) Il a tir sa traduction latine des Ritus Orientalium89 de
Denzinger, lequel, dans le cas des textes coptes, provenait dune autre
version latine parseme derreurs de traductions 90, et qui par
consquent devait tre utilis avec prcautions 91.
(b) Cette version fait une traduction fautive dune phrase qui
spcifie le pouvoir de lvque de fournir un clerg pour la prtrise
selon le commandement [de Notre-Seigneur]92. Dom Botte a masqu
cette phrase par lexpression rpartir les ministres dans sa
reconstitution dHippolyte de 1963, et dans la Prface de la
conscration piscopale de 1968 par lexpression distribuer les dons93.
Ce changement aurait d donner lalerte, mais ce ne fut pas le cas, parce
que le Fr. Pierre-Marie sest servi dune traduction non-fiable.
En somme, le Fr. Pierre-Marie prsente dans ses tableaux trois
anciens textes contests (La reconstitution dHippolyte par Dom
Botte, les Constitutions et le Testament), un rite non sacramentel
dintronisation (pour le patriarche maronite), ainsi quune traduction
non fiable (de Denzinger / Scholz en latin) qui omet une phrase-cl
(ordonner des prtres) dans la forme sacramentelle copte.
Rien de tout cela, bien videmment, ne plaide pour la validit du
nouveau rite.
Appendice 2
Une note propos des Coptes
Aprs la conqute du Nord de lAfrique par les Musulmans au 7
sicle, les Coptes tombrent dans une dcadence de longue dure.
Des candidats mal forms accdrent au patriarcat94, parfois grce
la corruption95. La formation du clerg sculier tait nulle96, et celle des
monastres lgrement meilleure97.
Voici quelques notes au sujet de la pratique sacramentelle chez les
Coptes :
Si un bb mourant ne peut tre port lglise pour y recevoir le
baptme, les prtres se contenteraient de lui donner une onction, de le
bnir et de rciter les exorcismes, parce que la loi sacramentelle des
Coptes a dispos que lune de ces crmonies pouvait remplacer le
baptme98.
Aux 12e et 13e sicle il y eut une srieuse tentative pour abolir
totalement la confession auriculaire et la remplacer par une espce
dabsolution gnrale la messe99.
Lvque copte responsable de lEthiopie ne voyait pas
dinconvnient ordonner prtres en une seule fois des milliers
dAfricains, certains dentreux entirement nus au cours de la
crmonie100.
En raison de la faon dont certains prtres coptes administraient
les baptmes, il y avait matire douter de leur validit. Aussi le Saint
Office publia-t-il un dcret en 1885 qui stipulait quil fallait faire une
enqute pour toute conversion de coptes101.
Le fait que les modernistes soit alls jusqu mettre au rebut la
vnrable Prface de la conscration piscopale romaine, pour la
remplacer par un texte liturgique reli cette secte dcadente,
schismatique et hrtique, constitue une opprobre ternelle pour leurs
insupportables arrogance et folie.
Traduction de M. labb Paul Schoonbroodt,
le 13 avril 2006 - le Jeudi Saint.
Bibliographie
84
Why the New Rite, The Angelus, January 2006, 4.
85
Voir B. Botte, La Formule dOrdination, LOrient Syrien 2 (1957),
295.
86
Cf. article, section V.B.
87
Cf. article, section V.C
88
Cf. article, section IV.C.
89
RO 2:23ff
90
Emmanuel. Lanne, Les Ordinations dans le Rite Copte, LOrient
Syrien 5 (1960), 901. Denzinger se base sur une version tablie par
Scholz La traduction de Scholz contient des gros contresens.
91
Bradshaw, 8.
92
Trans. Burmester, Ordination Rites, 110-1. RO 2:24 rend le Copte
comme constituendi cleros secundum mandatum ejus ad sanctuarium.
La note de bas de page lit : in ordine sacerdotali.
93
distribuat munera, dare sortes. Botte a galement mis
compltement au rebut les phrases qui mentionnaient la conscration des
glises et des autels.
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94
M. Jugie, Monophysite (glise Copte) DTC 10:2260. Remarquons,
ce propos, que les patriarche coptes nont jamais brill pour leur
science; on en a vu de fort ignorants, et nous avons donn plus haut le
nom dun illettr.
95
Jugie DTC 10:2262
96
Jugie DTC 10:2263
97
Jugie DTC 10:2262
98
Jugie DTC 10:2281/
99
Jugie DTC 10:22856
100
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101
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