Triangularisation, jordanisation, exponentielle de
matrices
Triangularisation
Soient E un espace vectoriel de dimension n et un endomorphisme de E de matrice
A dans une base donnee. On suppose que le polynome caracteristique est scinde et soit
1 , . . . , n les valeurs propres (non necessairement 2 `a 2 distinctes).
Th
eor`
eme 1.1. Il existe une base telle que P etant la matrice de changement de base la
matrice P 1 AP estr triangulm`ere superieure.
1
0
1
P AP =
0
...
2
...
... 0
...
...
...
...
0 n
La demonstration fournit une methode de triangularisation. On va donc en donner les
grandes lignes. Elle est basee sur une methode de recurrence.
On suppose donc que lon sait demontrer le theor`eme `a lordre n 1. Puis on cherche
une valeur propre et un vecteur propre e de lendomorphisme associe (ou ce qui est
equivalent de la matrice A).
On compl`ete en une base de E : (e, v2 , . . . , vn ). La matrice de est dans cette base de la
forme :
L
0 B
Soit si P est la matrice de passage
P
AP =
L
0 B
On applique `a la matrice B (n 1, n 1) lhypoth`ese de recurrence. Ces-`a-dire que lon
peut trouver des vecteurs w2 , . . . , wn (qui forment une base du sous-espace engendre par
v2 , . . . , vn ) tels que si on note P 0 la matrice de passage de (v2 , . . . , vn ) `a (w2 , . . . , wn ) la
matrice P 01 BP 0 est triangul`ere.
Donc
1
0
1 0
1
0
L
1 0
1
P AP
=
0 P 01
0 P0
0 P 01
0 B
0 P0
Soit
1
0
1 0
LP 0
1
P AP
=
0 P 01
0 P0
0 P 01 BP 0
qui a les proprietes requises.
R
eduction de Jordan en dimension 2 et 3
On va donner une autre mani`ere de proceder dans des cas particuliers. Dabord :
D
efinition 2.1. On appelle reduite de Jordan Jk () la
1 0
...
0 1
...
. . .
... ... ...
. . .
0 1
0 ...
0
matrice (k, k) :
Une matrice A (2, 2), ou un endomorphisme , dont le polynome caracteristique est scinde
et qui nest pas diagonalisable a une valeur propre double .
Proposition 2.2. Sous lhypoth`ese precedente il existe P telle que P 1 AP = J2 ().
On dira quon a jordanise la matrice. Une base de Jordanisation est obtenue de la mani`ere
suivante. On choisit un vecteur v telle que w = ( Id)(v) soit non nul. Alors (w, v)
(dans lordre) est une telle base. On notera que w est un vecteur propre.
On notera que comme on a suppose A non diagonalisable on a elimine le cas A = I2 qui
a une valeur propre double.
Pour une matrice A (3, 3), ou un endomorphisme , dont le polynome caracteristique est
scinde et qui nest pas diagonalisable on a deux situations possibles :
Une valeur propre triple .
Une valeur propre double et une valeur propre simple .
Proposition 2.3. Sous lhypoth`ese precedente :
Dans le premier cas on a toujours ( Id)3 = 0, par Caley Hamilton et par hypoth`ese
6= Id.
Si dim(E ) = 1 il existe P telle que
P 1 AP = J3 ()
dim(E ) = 1 ceci a lieu si et seulement si ( Id)2 6= 0.
Si dim(E ) = 2 il existe P tel que
P
AP =
J2 () 0
0
ceci a lieu si et seulement si ( Id)2 = 0.
Pour le premier sous cas une base de Jordanisation est obtenue de la mani`ere suivante. On choisit un vecteur w tel que u = (Id)2 (w) soit non nul. Alors (u, v, w),
avec v = ( Id)(w), (dans lordre) est une telle base. On notera que w est un
vecteur propre.
Pour le second sous cas une base de Jordanisation est obtenue de la mani`ere suivante. On choisit un vecteur v tel que u = ( Id)(v) soit non nul. Alors u est un
vecteur propre. On compl`ete u en une base de E par w, (u, v, w), (dans lordre) est
la (une) base had oc.
2
Dans le second cas on peut trouver P telle que
P
AP =
J2 () 0
0
On cherche un vecteur w propre associe `
a . Puis on cherche une base de E =
2
ker( Id) . Par hypoth`ese ce sous-espace est de dimension 2 et dim(E ) = 1.
On cherche un vecteur v de E tel que u = ( Id)(v) 6= 0, (u, v, w) fournit la
base cherchee.
Voici un exemple, soit la matrice A :
2 2 2
2 2 2
1 1 2
2 est valeur propre triple, le sous espace propre est de dimension 1, (1, 1, 1) est vecteur
propre.
On cherche un vecteur w
~ de R3 tel que (A 2I3 )2 (w)
~ 6= 0. On peut prendre le vecteur
u3 = (0, 0, 1). Auquel cas on pose u2 = (A 2I3 )(u3 ) = (2, 2, 0) et u1 = (A 2I3 )(u2 ) =
(4, 4, 4) et (u1 , u2 , u3 ) forment une base de jordanisation.
Comme application on peut calculer An pour tout entier n, n 0. On pose N = A 2I3 .
On sait que N 3 = 0 (Caley Hamilton ou on fait un calcul direct). On ecrit
An = (2I3 + N )n = 2n I3 + n2n1 N +
n(n 1) n2 2
2 N
2
par application de la formule de Newton, en utilisant N 3 = 0. Comme N 2 est egale `a
2 2 4
2 2
4
2 2
4
on laisse au lecteur le soin decrire les formules finales.
Voici un autre exemple, soit la matrice A :
1
0 1
1 2 1
1 1 1
1 est valeur propre double, 2 est valeur propre simple.
Le vecteur e3 = (1, 0, 1) est vecteur propre associe `a 2. Le vecteur e3 = (1, 1, 0) est vecteur
propre associe `a 2, E1 est de dimension 1.
On cherche une base du sous-espace E2 = ker( 2Id)2 . On constate que e1 = (0, 0, 1)
et e2 = (1, 0, 1) forment une telel base et que ( 2Id)(e2 ) = e1 .
On a la base souhaitee.
Sous-espaces caract
eristiques
Si est un endomorphisme dun espace vectoriel E de dimension n dont le polynome
caracteeistique est scinde :
c (X) = (1)n (X 1 )1 . . . (X r )r
avec les i 2 `a 2 distincts on definit le sous-espace caracterisqtique associe `a i par
Ei = ker( i Id)i
Il est clair que
Ei Ei
On admettra
E = Ei E2 . . . Er
Jordanisation en dimension 4
Cet exemple sera juste aborde, voici un descriptif des situations possibles avec une valeur
propre dordre 4. Dabord on remarque que ( Id)4 = 0.
La matrice I4 .
Si dim(E ) = 1 alors il existe P telle que P 1 AP = J4 (). On trouve une base de
Jordanisation en cherchant u tel que ( Id)3 (u) 6= 0.
Si dim(E ) = 2 alors il y a deux sous cas,
soit ( Id)2 = 0. existe P telle que
P
AP =
J2 ()
0
0
J2 ()
On trouve une base de Jordanisation en cherchant deux vecteurs independants x et
v tel que u = ( Id)(x) 6= 0 et w = ( Id)(v) 6= 0, (w, v, u, x) est la base
cherchee.
soit ( Id)2 6= 0; alors il existe P telle que
J3 () 0
1
P AP =
0
On trouve une base de Jordanisation en cherchant un vecteur u tel que w = (
Id)2 (u) 6= 0, on pose v = ( Id)(v), on compl`ete la base du sous-espace propre
par x, (w, v, u, x) est la base cherchee.
Enfin si dim(E ) = 3 alors il existe P telle que
J2 () 0 0
0
P 1 AP = 0
0
0
On se reportera au cas (3, 3).
4
Classification des matrices r
eelles et complexes (2, 2)
r
ecapitulatif
Faire le recapitulatif au tableau.
Exponentielle de matrices
Cette section est rajoutee ici en complement en fin de lalg`ebre lineaire. Etant donnee
(k)
une matrice carree A (n, n) on pose Ak = (ai,j
Proposition 6.1. Pour toute matrice A et tout (i, j) la serie numerique de terme general
(k)
(indexe par k)
ai,j
k!
converge absolument.
D
efinition 6.2. La matrice eA = exp(A) est donnee par
X a(k)
i,j
)
exp(A) = (
k!
k0
1 0 . . .
e 1 0 ...
2
0 2 0 . . .
0 ...
) = 0 e
exp(
. . .
. . .
. . .
. . .
...
0 n
...
0 en
Si AB = BA alors
exp(A + B) = exp(A) exp(B) = exp(B) exp(A)
(exp(A))1 = exp(A)
exp(P 1 AP ) = P 1 exp(A)P
d
(exp(tA)) = A exp(tA)
dt
Calculer exp(Nk ).
Montrer que
exp Jk (t) = et
0
0
t
1
...
...
...
...
t2
2
...
...
...
...
ti
i!
...
...
...
1
t
... ... 1
...
...
tk1
(k1)!
tk2
(k2)!
...
...
2
t
2
t
1