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DE LA MANOUBA
Institut Suprieur
De Comptabilit & dAdministration
Des Entreprises (ISCAE)
Janvier 2010
emerging capital
markets;
international
consequences
II
accounting standards;
economic
III
IV
2. Objectif de la recherche.143
3. Utilit potentielle de la recherche..143
Section II : Revue de la littrature.144
1. La pertinence des IAS/IFRS pour les pays en dveloppement sur le plan empirique..144
2. Consquences de lutilisation des IAS/IFRS de par le monde.147
3. Impact de ladoption des IAS/IFRS sur les marchs financiers mergents..151
Section III: Hypothses de la recherche....154
1. IAS/IFRS et dveloppement des marchs financiers mergents..155
2. IAS/IFRS et performance des marchs financiers mergents..161
Conclusion.....164
Rfrence...166
Chapitre V : Mthodologie et rsultats empiriques de la recherche...171
Introduction......172
Section I : chantillon de ltude et sources de donnes...172
Section II : Mesures du dveloppement et de la performance des marchs financiers.174
1. Mesures de la variable dveloppement dun march financier ...175
2. Mesure de la variable performance dun march financier .177
2.1. Le ratio cours sur bnfice (PER) : dfinition et signification ....177
2.2. Le PER et linformation comptable......178
2.3. Recherches internationales traitant du PER......180
Section III: Mthode danalyse statistique....181
1. Analyse statistique prliminaire...181
2. Analyse statistique multivarie.............................................................................................181
Section IV : Prsentation et analyse des rsultats empiriques...182
1. Statistiques descriptives des variables..182
2. Caractristiques des variables avant et aprs ladoption des IAS/IFRS...184
3. Comparaison des variables avant et aprs ladoption des IAS/IFRS...185
4. Rgression linaire...186
4.1. Identification des variables de contrle....187
4.2. Modle conomtrique tester.....188
4.3. Rsultats de la rgression statistique....192
VI
VII
VIII
IX
INTRODUCTION GNRALE
I- Contexte et motivations de la recherche :
Afin dassurer la production dune information financire utile la prise de dcision
conomique, la plupart des pays se sont dots dun ensemble de normes comptables servant
ltablissement des rapports financiers. En effet, lutilisation dun langage comptable commun
par toutes les entreprises exerant dans un mme espace conomique permet aux diffrents
utilisateurs de suivre les activits de ces entits dans le temps et dans lespace et de prendre, par
consquent, des dcisions raisonnes.
Dvelopps dans des contextes nationaux, les standards comptables sont gnralement influencs
par les conditions conomiques, sociales, juridiques et culturelles propres chaque tat et sont,
ainsi, diffrents dun pays lautre. Dans certains, notamment ceux anglo-saxons, la
comptabilit, rglemente par des professionnels comptables, sadresse essentiellement aux
investisseurs et met laccent notamment sur les principes de la juste reprsentation et de limage
fidle. Par contre, dans certains pays faisant partie du modle comptable continental, les rgles
comptables sont tablies par les pouvoirs publics, linformation financire soriente
essentiellement aux cranciers et la priorit est accorde au principe de prudence.
Ces diffrences ont fait que les entreprises dorigines diffrentes appliquent des pratiques
diverses pour la prparation et la communication de leurs tats financiers; ce qui a rendu difficile,
dans un contexte caractris par linternationalisation croissante des activits conomiques et la
mondialisation des entreprises et des marchs conomiques et financiers, la comparaison de la
performance des entreprises dans le temps et dans lespace, et constitu un vritable handicap
pour le dveloppement des oprations dinvestissement lchelle mondiale.
Consciente de cette ralit ainsi que de la ncessit dadapter la comptabilit financire son
nouvel environnement, la communaut comptable et financire a tent de trouver des remdes
permettant damliorer la comparabilit, la pertinence ainsi que la fiabilit de linformation
financire et fournir aux diffrents dcideurs nationaux et internationaux un produit
informationnel relativement homogne. Bien que plusieurs actions aient t employes,
lharmonisation comptable internationale a constitu le principal changement des dernires
annes. Le but primordial de ce programme tait de btir un ensemble de normes comptables qui
puissent tre appliques dans le monde entier.
Pour parvenir cet objectif, plusieurs formules ont t envisages. LOrganisation pour la
Coopration et le Dveloppement conomique et lOrganisation des Nations Unies sont deux
exemples dorganismes internationaux qui ont ralis des efforts pour faciliter la comparaison des
tats financiers lchelle internationale. Cependant, leurs contributions ont t limites des
activits dinformation et dinfluence et leurs programmes nont pas abouti des rsultats
comparables ceux raliss par le conseil des normes comptables internationales, plus connu
sous le sigle IASB qui convient sa dsignation en anglais : International Accounting Standards
Board. Fond en 1973 par les organisations professionnelles de lAllemagne Fdrale, de
lAustralie, du Canada, des tats-Unis, de la France, du Japon, du Mexique, des Pays-Bas ainsi
que de la Grande-Bretagne, cet organisme a tent de contribuer au processus dharmonisation
comptable internationale essentiellement par la prparation et la publication des normes
comptables internationales (IAS/IFRS).
Comme toute nouvelle structure, lIASC, devenu lIASB en 2001, a rencontr au dbut de
ses travaux des difficults multiples dues notamment la rticence de certains organismes
nationaux de normalisation comptable quant lapplication de ses normes et ses actions. Mais,
avec lappui quil a trouv auprs de plusieurs organismes internationaux et nationaux influents
dans le monde comptable, cet organisme a ralis des rsultats considrables et a fait des progrs
srieux vers lharmonisation des pratiques comptables au niveau mondial. Ceux-ci se
manifestent, entre autres, par le nombre relativement important de firmes multinationales qui
appliquent les IAS/IFRS pour ltablissement des tats financiers et de pays, surtout ceux en
dveloppement, qui ont dcid dadopter ces normes dans leurs propres lgislations comptables.
Bien quil existe un certain consensus sur les bienfaits de lutilisation des normes de
lIASB par les entreprises multinationales, ladoption de ces standards, linverse, par les pays
en dveloppement a fait lobjet de controverse dans la littrature comptable. Il existe
principalement deux coles de pense. Les adeptes de la premire militent en faveur de la
convergence de la comptabilit dans les pays en dveloppement vers les IAS/IFRS et pensent que
cette stratgie est trs bnfique pour lamlioration de leurs situations conomiques. Alors que
les partisans de la deuxime cole sopposent vivement lengagement de ces pays dans le
situation des marchs financiers localiss dans les pays en dveloppement (marchs financiers
mergents). Ce choix est justifi, en plus de la nature des normes comptables internationales qui
sorientent essentiellement aux marchs financiers, par lexistence dun fondement thorique
solide tablissant le lien entre linformation financire et le fonctionnement des marchs
financiers et par les rsultats des tudes antrieures telle que la recherche de Zeghal et Mhedhbi
(2006)1. Ces chercheurs, en tentant didentifier les facteurs qui expliquent ladoption des normes
comptables internationales par les pays en dveloppement, ont trouv que la prsence dun
march financier constitue la principale variable qui motive ces tats appliquer ces standards.
II- Objectif de la recherche :
Lune des grandes mtamorphoses qui ont caractris le paysage comptable international
ces dernires annes est ladoption des normes comptables internationales par un nombre
considrable et croissant des pays en dveloppement. Pour la majorit de ces nations,
lapplication de ces standards reprsente une transition vers une nouvelle philosophie comptable
qui, fonde principalement sur la communication dune information financire de qualit et utile
la prise de dcision, considre les diffrents intervenants sur les marchs financiers comme les
utilisateurs privilgis des tats financiers.
La tendance des normes comptables de lIASB servir et favoriser en premier lieu les divers
acteurs oprant sur les marchs financiers nous a motivs pour raliser une tude ayant pour
objectif lvaluation des consquences de ladoption des IAS/IFRS sur le dveloppement et la
performance des marchs financiers mergents.
III- Utilit potentielle de la recherche :
La revue des tudes antrieures nous a permis de constater essentiellement que le nombre
de travaux examinant les consquences de ladoption des IAS/IFRS sur les marchs financiers
mergents est relativement minime. Ainsi, la problmatique relie aux effets de lintroduction des
normes comptables de lIASB sur ces marchs demeure peu exploite.
Zeghal, D. et Mhedhbi, K. (2006). Analysis of the factors affecting the adoption of international accounting
standards by developing countries. The International Journal of Accounting, 41, 373-386.
La ralisation dune tude empirique portant sur un ensemble de pays et traitant de limpact de
ladoption des normes comptables internationales prsente un intrt majeur pour diverses parties
dont essentiellement :
Les pays en dveloppement march financier qui ont adopt les IAS/IFRS. Cette
recherche permet dvaluer leur stratgie dadoption des normes comptables internationales pour
leurs marchs financiers;
Les pays en dveloppement march financier qui nont pas converg vers les travaux de
lIASB. Les rsultats de cette tude peuvent tre dterminants dans le choix de leurs systmes
comptables;
LIASB. Cette recherche peut laider dfinir sa politique en matire de normalisation
comptable internationale;
Plusieurs organismes internationaux dont la Banque Mondiale ; lIFAC ; le FMI et
lIOSCO, soutiennent les actions de lIASB et sont pour ladoption de ses normes comptables par
les pays en dveloppement. Ce travail de recherche peut les emmener renforcer leur position
quant ladoption des IAS/IFRS par ces pays ou la rviser; et
Les investisseurs internationaux qui veulent se renseigner, entre autres, sur la contribution
des IAS/IFRS dans lamlioration de la qualit de linformation financire communique par les
socits dans le contexte des marchs financiers mergents.
IV- Les hypothses vrifier de la recherche :
Sur la base des travaux de recherche antrieurs, nous avons choisi de focaliser lanalyse
sur deux principales variables largement exploites par la littrature comptable et financire,
savoir le dveloppement et la performance dun march financier. Ces deux variables ont servi
la formulation des hypothses de la recherche.
Surtout travers la contribution attendue des normes de lIASB dans lamlioration de la qualit
de linformation financire communique par les socits cotes, nous avons anticip que :
H. 1 : Ladoption des IAS/IFRS va affecter positivement le dveloppement des marchs
financiers mergents; et
Structure de la thse :
Chapitre I : La normalisation comptable
internationale
Expliquer lvolution de la normalisation
comptable nationale vers celle
internationale
Traiter des efforts de lIASB dans le
processus dharmonisation comptable
internationale
La tendance des IAS/IFRS servir en premier lieu les utilisateurs des marchs
financiers
CHAPITRE I:
LA NORMALISATON COMPTABLE
INTERNATIONALE
Introduction
Fournir une information financire utile la prise de dcision conomique est lobjectif
fondamental de la comptabilit financire. Afin datteindre cette finalit, la plupart des pays se
sont dots dun ensemble de normes comptables servant ltablissement des rapports financiers.
Au fait, lutilisation dun langage comptable commun par toutes les entreprises oprant dans un
mme espace conomique permet aux diffrents utilisateurs de suivre les activits de ces entits
dans le temps et dans lespace et de prendre, par consquent, des dcisions raisonnes.
labores dans des contextes nationaux, les normes comptables et les mcanismes qui les
tablissent sont influencs gnralement par les conditions conomiques, sociales, juridiques et
culturelles propres chaque tat et sont ainsi diffrents dun pays lautre. Dans certains tats,
notamment ceux anglo-saxons, la comptabilit, rglemente par des professionnels comptables,
soriente essentiellement vers les investisseurs. Dans dautres, loppos, notamment les pays
faisant partie du modle continental, les rgles comptables sont labores par les pouvoirs publics
et linformation financire sadresse principalement aux cranciers. Ces diffrences ont fait que
les firmes dorigines diffrentes appliquent des rgles et des pratiques divergentes pour la
prparation et la communication de leurs tats financiers et ont rendu difficile, dans un contexte
caractris par le dveloppement des changes internationaux, la comparaison de la performance
des entreprises dans le temps et dans lespace lchelle mondiale.
Les dernires annes ont t marques, entre autres, par linternationalisation des
conomies, lacclration considrable des mouvements internationaux de capitaux, lapparition
et la multiplication des entreprises multinationales et le dveloppement des oprations
dinvestissement lchelle internationale. Gns par la diversit des rgles et des pratiques
comptables entre les pays, ces vnements ont rendu ncessaire la recherche des solutions
permettant aux investisseurs de comprendre et de comparer les rapports comptables des entits
dorigines diffrentes et de diversifier, gographiquement, leur placement, et aux entreprises
multinationales de rduire les cots dtablissement des rapprochements exigs par les diffrentes
instances nationales.
Motive par le besoin daccrotre la comparabilit et la transparence de linformation
comptable lchelle internationale, la communaut comptable et financire a avanc et appliqu
diffrents remdes dont lharmonisation des normes et des pratiques comptables lchelle
10
internationale. Ayant pour but de btir un ensemble de normes comptables qui puissent tre
appliques dans le monde entier, cette solution tait au cur des proccupations de plusieurs
acteurs dont essentiellement lInternational Accounting Standards Committee (IASC), devenu en
2001 lInternational Accounting Standards Board (IASB). Fond en 1973 par les organisations
professionnelles de lAllemagne fdrale, de lAustralie, du
France, du Japon, du Mexique, des Pays-Bas ainsi que de la Grande-Bretagne, cet organisme a
contribu dans le processus dharmonisation comptable internationale surtout par la prparation
et la publication des normes comptables internationales (IAS/IFRS) qui sont devenues une sorte
de rfrence dans le monde entier et qui ont reu (et reoivent encore) lappui de plusieurs
organismes internationaux.
Lobjectif primordial de ce premier chapitre est dexpliquer le passage de la normalisation
comptable nationale vers celle internationale. Pour ce faire, nous analyserons dabord le concept
de la normalisation comptable (Section I), nous tudierons ensuite la question relative la
diversit des pratiques comptables lchelle internationale (Section II) et nous terminerons,
enfin, par la prsentation de lIASB et de ses principales ralisations (Section III).
11
une exposition, fonde sur une thorie, des solutions susceptibles de rsoudre le
problme ; et
-
Les postulats sont des hypothses fondamentales qui dcoulent habituellement des observations ralises sur
lenvironnement conomique, juridique, politique et social, sur les besoins des utilisateurs et sur les objectifs de
linformation financire.
3
Les principes comptables sont des guides pour ltablissement des normes comptables. Ils ont un ordre de
gnralit moins grand que les postulats comptables.
4
Lauzon, L. (1985). Le cadre thorique de la comptabilit financire. Gatan Morin diteur, Qubec, Canada.
5
Belkaoui, A. (1984). Thorie comptable. 2me dition, Presses de lUniversit du Qubec, Qubec. Page 57.
6
Obert, R. (2003). Pratiques des normes IAS/IFRS. Dunod, Paris, page 1.
12
la production des informations homognes sur lactivit des entreprises afin de permettre aux
tats dexercer sur elles un contrle conomique et fiscal.
Avec le dveloppement de lactivit des entreprises et limportance de la contribution
des initiatives prives dans les circuits conomiques, la formulation des normes comptables a
pour finalit, en plus daider les comptables nationaux dans llaboration des tats de synthses
macro-conomiques, de reprsenter fidlement lensemble des vnements conomiques
rencontrs par une entreprise lors de lexercice de ses activits. Une telle reprsentation permet
aux diffrents utilisateurs externes de linformation financire de suivre lactivit dune entit
dans le temps et dans lespace et galement aux responsables des firmes de raliser
systmatiquement les diffrentes analyses utiles la prise de dcision.
Cependant, pour que les objectifs prcits soient atteints avec succs et pour assurer la
production des normes comptables adquates, il est intressant voire indispensable que les
normalisateurs respectent, lors de laccomplissement de leur mission, certains principes
fondamentaux7, dont notamment :
Les normes comptables formules doivent tre cohrentes avec le cadre conceptuel et les
La tche de normalisation doit tre assure par un organe qui a suffisamment dautorit et
Ltablissement des normes comptables doit suivre une procdure bien arrte dans le
Skinner, Ross M. et Milbun, J. Alex. (2003). Normes comptables : analyses et concepts. ditions du Renouveau
Pdagogique Inc, Canada. Pages 800 et 801.
8
Belkaoui, A. (1984). Thorie comptable. 2me dition, Presses de lUniversit du Qubec, Qubec. Page 57.
13
Ltablissement des normes comptables par le secteur public est justifi par le
La rglementation des normes comptables par le secteur public est ncessaire pour
Les organismes publics sont indpendants des auteurs des tats financiers ; et
Les organismes publics peuvent faire appel des personnes de formations varies
Lorgane public peut ne pas tre sensible aux cots des exigences quil impose aux
Lorgane public peut tre sensible aux pressions politiques et risque, par consquent,
de formuler des normes comptables orientes vers des fins autres que la satisfaction des besoins
des diffrents utilisateurs de linformation financire ;
exprimentation en comptabilit ; et
14
Les organismes privs regroupent, gnralement, des gens qui ont des
Les organes privs sont trs sensibles aux besoins des diffrents utilisateurs ; et
conomique.
galement, ce modle recle des imperfections dont notamment :
Les travaux des organismes privs sont influencs par les grands cabinets dexperts-
Les entreprises ont la libert de choisir les mthodes comptables les mieux adaptes
leurs situations ;
Les entreprises ont tendance divulguer des informations suffisantes pour satisfaire
10
15
Les pratiques comptables peuvent tre diffrentes dune entit lautre, ce qui peut
ses
composantes.
Chaque
pays
dfinit,
compte
tenu
de
ses
conditions
Alhashim, D. et Arpan, J. (1992). International dimensions of accounting. 3me dition, Pws-Kent Publishing
Company, Boston.
12
Cooke, T. et Wallace, O. (1990). Financial disclosure regulation and its environment: a review and further
analysis. Journal of Accounting and Public Policy, 9, 79-110.
13
Doupnik, T. et Perera, H. (2007). International accounting. McGraw-Hill/Irwin companies.
14
Doupnik, T. et Salter, S. (1995). External environment, culture, and accounting practice: a preliminary test of a
general model of international accounting development. The International Journal of Accounting, 30, 189-207.
15
Gray, S. et Radebaugh, L. (1997). International accounting and multinational enterprises. 4me dition, John Wiley
& Sons, Inc.
16
Gernon, H., Meek, G. et Mueller, G. (1997). Accounting: an international perspective. 4me dition, Irwin.
17
Iqbal, Z. (2002). International accounting: a global perspective. 2me dition, South-Western.
18
Nobes, C. (1998). Towards a general model of the reasons for international differences in financial reporting.
Abacus, 34 (2), 162-187.
19
Nobes, C. et Parker, R. (2006). Comparative international accounting. 9me dition, Prentice Hall.
20
Selon Nobes (1998), un systme comptable reprsente lensemble de normes et de pratiques comptables
appliques par les entreprises dans un pays.
16
17
permettant de rpondre aux besoins des diffrents prparateurs et utilisateurs des tats
financiers.
Doupnik et Salter (1995)22 ont test empiriquement la relation entre le niveau du
dveloppement conomique et les systmes comptables et ont fini par trouver que les rgles et
les principes comptables sont fortement dpendants de la situation conomique dun pays.
4.5. Le mode de financement des entreprises :
Dans les pays o le financement des entreprises est assur essentiellement par le march
de capitaux, les investisseurs, ayant droit une information financire de qualit, exercent une
influence notable sur le dveloppement des systmes comptables. Ainsi, lors de
ltablissement des normes comptables, laccent est mis sur la mise en place des rgles
comptables permettant de traduire le plus fidlement possible la situation conomique de
lentreprise. Cependant, dans les pays dont le financement par emprunt reprsente la principale
source de fonds orients linvestissement, limportance est accorde la protection des
cranciers et au principe de la prudence.
4.6. La culture :
Plusieurs auteurs ont tent de traiter de leffet de la culture sur le dveloppement des
systmes comptables nationaux, en sappuyant essentiellement sur les travaux dHofstede
(1980)23, spcialiste des cultures. Ce dernier, en recueillant des donnes auprs des employs
dune multinationale amricaine (IBM) oprant dans plus de 50 pays, a identifi les quatre
dimensions culturelles suivantes :
22
Doupnik, T. et Salter, S. (1995). External environment, culture, and accounting practice: a preliminary test of a
general model of international accounting development. The International Journal of Accounting, 30, 189-207.
23
Hofstede, G. (1980). Cultures consequences. Beverly Hills: Sage Publications.
18
le jugement des professionnels comptables de ceux qui sont pour la conformit aux
dispositions lgales.
firmes ou laisser une grande flexibilit pour tenir compte des circonstances particulires.
24
Gray, S. J. (1988). Towards a theory of cultural influence on the development of accounting systems
internationally. Abacus, 24, 1-15.
25
Hofstede, G. (1980). Cultures consequences. Beverly Hills: Sage Publications.
19
Aprs avoir reli ces dimensions comptables aux diffrentes valeurs culturelles, il a pu
formuler les quatre hypothses non testes suivantes :
i- Plus laversion pour lincertitude et la distance au pouvoir sont faibles et plus le niveau
dindividualisme est lev, plus les systmes comptables sont tablis par des
professionnels.
ii- Plus le niveau dindividualisme est faible et plus la distance au pouvoir et laversion pour
lincertitude sont leves, plus la comptabilit financire est uniforme.
iii- Plus lindividualisme et la masculinit sont faibles et plus laversion pour lincertitude est
leve, plus les pratiques comptables sont marques par une forte prudence.
iv- Plus lindividualisme et la masculinit sont faibles et plus laversion pour lincertitude et
la distance au pouvoir sont importantes, plus linformation comptable est
confidentielle.
Mode de financement
des firmes
Systmes
comptables
Inflation
Culture
Systme lgal
Niveau du dveloppement
conomique
20
subissent des impacts varis de chacun de ces facteurs, mais ils sont, essentiellement, les produits
de linteraction entre ces diffrentes variables26.
Fournir des informations utiles la prise de dcision est la tche capitale attribue la
comptabilit financire. Cependant, pour que cette mission soit ralise avec succs, la
comptabilit doit tre normalise. Aujourdhui, la plupart des tats se sont dots des normes
comptables qui sont influences gnralement par lenvironnement dans lequel elles ont t
dveloppes. Au fait, les rgles et pratiques en usage dans un pays sont orientes, en grande
partie, par ses conditions conomiques, sociales, juridiques et culturelles. Cette situation, en
donnant naissance des pratiques comptables divergentes lchelle internationale, cre des
difficults (dans un contexte caractris par la mondialisation croissante des conomies et la
globalisation accrue des marchs de capitaux) aux investisseurs, aux entreprises et aux
gouvernements.
26
Doupnik, T. et Salter, S. (1995). External environment, culture, and accounting practice: a preliminary test of a
general model of international accounting development. The International Journal of Accounting, 30, 189-207.
21
Raffournier, B. (2005). Les normes comptables internationales (IFRS/IAS). 2me dition, Economica, Paris. Page
386.
28
Idem, page 387.
29
Raffournier, B., Haller, A. et Walton, P. (1997). Comptabilit internationale. dition Vuibert, Paris. Pages 409 et
410.
30
Linformation relative la position tunisienne a t collecte auprs du systme comptable tunisien. Page 179.
22
31
Raffournier, B. (2005). Les normes comptables internationales (IFRS/IAS). 2me dition, Economica, Paris. Page
46.
32
La valeur ralisable nette (ou la valeur de ralisation nette) est le prix estim ralisable dans des conditions
normales de vente, diminu des cots ncessaires pour achever le bien et raliser la vente.
33
Raffournier, B., Haller, A. et Walton, P. (1997). Comptabilit internationale. dition Vuibert, Paris. Pages 417 et
418.
34
PricewaterhouseCoopers. (2004). Similarits & divergences : Une comparaison entre les normes comptables
internationales (IFRS), amricaines (US-GAAP) et tunisiennes (NCT). Corporate Reporting Group, Pricewaterhouse,
Tunis Office. Page 74.
23
Lune des spcificits de ce type de contrat est quil se ralise gnralement sur
plusieurs exercices. Ds lors, il se pose le problme de la rpartition des charges et des produits
sur les diffrentes priodes concernes. Pour traiter de cette difficult, diverses mthodes sont la
disposition des comptables dont la mthode du pourcentage davancement 36 et celle de
terminaison des travaux37.
En Australie et aux tats-Unis, les prparateurs des tats financiers sont tenus
dappliquer la mthode du pourcentage davancement si certaines conditions sont runies. En
revanche, cest la mthode de terminaison des travaux qui est exige en Allemagne. De plus, dans
certains pays comme la Belgique et le Japon, les comptables se dotent dune libert lors du choix
de la mthode appliquer pour la comptabilisation des contrats de construction.
Tableau 1.3 : La comptabilisation du contrat de construction
(Source : Raffournier et al., 199738)
Pays
Comptabilisation du contrat de construction
Allemagne - Mthode de terminaison de travaux obligatoire
Australie
- Mthode de pourcentage davancement exige sous certaines conditions. Mthode de
terminaison de travaux si non.
Belgique
- Libert de choix entre les deux mthodes.
tats-Unis - Mme traitement que celui en Australie.
Italie
- Mthode de pourcentage davancement recommande sous certaines conditions.
Utilisation possible de lautre mthode.
Japon
- Libert du choix entre les deux mthodes.
39
Tunisie
- Mthode de pourcentage davancement exige sous certaines conditions. Si non,
constater les revenus concurrence des cots comptabiliss et jugs rcuprables.
35
Raffournier, B. (2005). Les normes comptables internationales (IFRS/IAS). 2me dition, Economica, Paris. Page
97.
36
Cette premire mthode rpartit le bnfice du contrat sur la priode de construction au prorata des travaux
effectus.
37
Cette deuxime mthode enregistre la totalit du bnfice du contrat lorsque celui-ci est achev.
38
Raffournier, B., Haller, A. et Walton, P. (1997). Comptabilit internationale. dition Vuibert, Paris. Pages 417 et
418.
39
PricewaterhouseCoopers. (2004). Similarits & divergences : Une comparaison entre les normes comptables
internationales (IFRS), amricaines (US-GAAP) et tunisiennes (NCT). Corporate Reporting Group, Pricewaterhouse,
Tunis Office. Page 52.
40
Raffournier, B. (2005). Les normes comptables internationales (IFRS/IAS). 2me dition, Economica, Paris. Page
149.
24
dopration reprsente un exemple qui illustre une certaine discordance entre la ralit
conomique et celle juridique. En effet, malgr que le bien appartienne lgalement au bailleur, le
locataire bnficie des avantages et subit les risques inhrents la proprit de ce bien. Ainsi, ce
dernier doit tre comptabilis parmi les actifs du bailleur selon les tenants de la vision juridique
de la comptabilit et parmi ceux du locataire selon les partisans de la conception conomique.
LAustralie, le Japon et les tats-Unis, constituent des exemples de pays qui ont retenu
lapproche conomique. En ce sens, les locataires, dans ces pays, sont tenus dinscrire les biens
acquis travers un contrat de location financement parmi leurs actifs. Cependant, en optant pour
lapproche juridique, certains pays dont lHongrie, naccordent pas la possibilit aux preneurs de
figurer les biens acquis en leasing au bilan.
Tableau 1.4 : La comptabilisation du crdit bail
(Source : Raffournier et al., 199741)
Pays
Australie
tats-Unis
Hongrie
Japon
Tunisie42
41
Raffournier, B., Haller, A. et Walton, P. (1997). Comptabilit internationale. dition Vuibert, Paris. Pages 418 et
419.
42
PricewaterhouseCoopers. (2004). Similarits & divergences : Une comparaison entre les normes comptables
internationales (IFRS), amricaines (US-GAAP) et tunisiennes (NCT). Corporate Reporting Group, Pricewaterhouse,
Tunis Office. Page 87.
43
Raffournier, B. (2005). Les normes comptables internationales (IFRS/IAS). 2me dition, Economica, Paris. Page
131.
25
tats-Unis
France
Italie
RoyaumeUni
Tunisie45
44
Raffournier, B., Haller, A. et Walton, P. (1997). Comptabilit internationale. dition Vuibert, Paris. Pages 413 et
414.
45
PricewaterhouseCoopers. (2004). Similarits & divergences : Une comparaison entre les normes comptables
internationales (IFRS), amricaines (US-GAAP) et tunisiennes (NCT). Corporate Reporting Group, Pricewaterhouse,
Tunis Office. Page 65.
26
A travers lapplication des normes et rgles comptables identiques par toutes les
entreprises, les normalisateurs nationaux ont pu limiter les incidences de la diversit des pratiques
comptables et amliorer la comparabilit et la qualit de linformation financire produite
lchelle nationale. Cependant, en optant pour des approches varies de normalisation et en visant
des buts diffrents, ces acteurs ont cr un problme de comparabilit de linformation financire
au niveau international en adoptant des pratiques comptables diffrentes.
Dans cette partie, nous avons fourni concrtement des exemples qui marquent la
multiplicit des traitements comptables dfinis par les pays et qui soulignent par consquent,
lexistence des problmes comptables lchelle internationale qui ncessitent dtre valus et
tudis.
46
Raffournier, B., Haller, A. et Walton, P. (1997). Comptabilit internationale. dition Vuibert, Paris. Pages 407et
408.
47
Linformation relative la position tunisienne a t collecte auprs du systme comptable tunisien. Page 21.
48
Gray, S. (1980). The impact of international accounting differences from security-analysis perspective: some
european evidence. Journal of Accounting research, 18, 64-76.
27
RR RP
I = 1-
, qui mesure le degr de prudence (conservatisme) au niveau de la dtermination
RR
du rsultat dune entreprise50. En analysant les bnfices divulgus par 15 entreprises franaises,
28 allemandes et 29 britanniques sur la priode allant de 1972 1975, Gray (1980)51 a pu
conclure que le niveau de conservatisme est relativement plus lev en France et en Allemagne
quen Grande-Bretagne.
Dans le mme contexte et afin dvaluer leffet de la diversit comptable sur la
comparabilit des donnes comptables, Joos et Lang (1994)52, en calculant les ratios rsultat
ordinaire/capitaux
propres,
rsultat
ordinaire/capitalisation
boursire
et
capitaux
propres/capitalisation boursire de 172 firmes allemandes, 228 franaises et 675 britanniques, ont
conclu que ces trois indicateurs sont plus levs en Grande-Bretagne quen France et en
Allemagne. Les diffrences comptables peuvent, ainsi, fausser la comparaison de la performance
des entreprises de nationalits diffrentes, base sur les ratios.
Epps et Oh (1997) 53 ont essay de comparer le contenu informatif du rsultat des
entreprises dorigine diffrente. En tudiant lassociation entre le cours boursier et le rsultat
comptable dun chantillon dentreprises amricaines et trangres, ils ont trouv que les tats
financiers des entreprises provenant des pays de type "macro 54" ont un contenu informatif
infrieur ceux des socits amricaines. Toutefois, lassociation entre la valeur boursire et le
rsultat comptable est plus importante pour les socits issues des pays de type "micro" que pour
49
Idem.
Une valeur suprieure 1 signifie que le rsultat publi est plus lev que celui dtermin selon la mthode de
lEFFAS.
51
Idem.
52
Joos, P. et Lang, M. (1994). The effects of accounting diversity: evidence from European Union. Journal of
Accounting Research, 32 (supplment), 141-168.
53
Epps, R. et Oh, J. (1997). Market perception of foreign financial reports: differential earnings response coefficients
between U. S. and Foreign GAAP. Journal of International Accounting, Auditing and Taxation, 6, 49-74.
54
Dans cette tude, les auteurs ont fait la distinction, sur la base des travaux prcdents, entre les pays de type
"macro" o les principales rgles comptables sont incluses dans des lois et les pays de type "micro" o la tche de
dveloppement des normes comptables est confie aux professionnels.
50
28
les firmes amricaines. Ainsi, la perception du contenu informatif sur le march amricain est
affecte, entre autres, par lappartenance gographique dune entreprise.
Alford et al. (1993)55 ont analys le contenu informatif du rsultat comptable de
plusieurs entreprises dans leurs pays dorigine. A travers essentiellement ltude de la relation
entre le rendement boursier et les bnfices comptables, les auteurs ont trouv que les rsultats en
Australie, en France, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, ont un contenu informatif plus lev
quaux tats-Unis. Cependant, les donnes comptables des entreprises amricaines se sont
avres plus informatives que celles des firmes allemandes, danoises, italiennes et sudoises. En
outre, les rsultats empiriques de cette tude nont pas dtect des diffrences significatives entre
les firmes oprant en Belgique, au Canada, au Japon, au Norvge et en Suisse et celles
amricaines.
Lensemble des travaux prcdents a t limit principalement ltude de leffet de la
disparit des rgles comptables lchelle internationale sur le rsultat comptable et les ratios de
rentabilit. Afin de dpasser cette faiblesse, Lanez et Callao (2000)56 ont effectu une recherche
visant tudier les rpercussions de la diversit comptable internationale sur les ratios de
liquidit, endettement, solvabilit et rentabilit et, par consquent, sur lanalyse et linterprtation
des tats financiers lchelle internationale. Sur la base dun chantillon compos de 30 grandes
entreprises espagnoles cotes, les auteurs ont calcul ces diffrents ratios selon les rgles
comptables espagnoles et les ont compars ceux dtermins selon les principes comptables
pratiqus dans dautres pays57 (Allemagne, tats-Unis, France, Grande-Bretagne et Japon). Leur
analyse statistique leur a permis de dgager que la situation des firmes en termes de liquidit,
solvabilit, endettement et rentabilit, dpend fortement des principes comptables appliqus pour
la production des tats financiers et de conclure que la diversit comptable internationale
reprsente un handicap majeur pour lanalyse et linterprtation de linformation financire au
niveau international et le dveloppement des oprations dinvestissement lchelle mondiale.
55
Alford, A., Jones, J. et Zmijewski, M. (1993). The relative informativeness of accounting disclosures in different
countries. Journal of Accounting Research, 31 (supplment), 183-223.
56
Lanez, J. et Callao, S. (2000). The effects of accounting diversity on international financial analysis: empirical
evidence. The International Journal of Accounting, 35 (1), 65-83.
57
Les auteurs ont retenu les pratiques comptables suivantes : traitement comptable des immobilisations corporelles,
traitement comptable du goodwill ngatif, traitement comptable du goodwill positif, traitement comptable des frais
de recherche, traitement comptable des frais de dveloppement, traitement comptable des gains de change, traitement
comptable des pertes de change, calcul de limpt et valuation des immobilisations corporelles, comme base pour le
retraitement des tats financiers.
29
Les tudes cites prcdemment ainsi que dautres ont mis en exergue les rpercussions
ngatives de la diversit comptable internationale sur plusieurs aspects dont notamment la mesure
de la performance des entreprises dorigines diffrentes, le contenu informatif des donnes
comptables et les activits danalyse financire conduite lchelle internationale.
Dans le souci de fournir une information financire comparable et utile pour les
diffrents intervenants, plusieurs initiatives ont t entreprises lchelle nationale, rgionale et
internationale58.
Harmonisation comptable
rgionale
Harmonisation comptable
internationale
58
Adhikari, R., Hora, J. et Tondkar, R. (1997). International accounting standards in capital markets. Journal of
International Accounting Auditing & Taxation, 6(2), 171-190.
30
Simon, C. et Stolowy, H. (1999). Vingt ans dharmonisation comptable internationale. Document du travail,
version 2.
60
Idem.
61
Cre en 1934, la SEC est lorgane de surveillance et de contrle des marchs financiers amricains. Elle a pour
mission principale la protection de lpargne.
62
La SEC, titre indicatif, offre la possibilit de publier un document (le Forum 20-F) qui compare le rsultat de la
firme trangre celui qui aurait t dgag selon les normes amricaines (les US GAAP).
31
Daimler Benz tablie, en 1993, partir des normes allemandes a dgag un bnfice de 615
millions de DM et un dficit de 1839 millions de DM selon les rgles amricaines63.
65
titre indicatif, les huit tats appartenant lunion conomique et montaire ouest-africaine66
(UEMOA) ont mis en place un rfrentiel comptable commun dnomm : systme comptable
ouest-africain (SYSCOA). Mais, lexprience la plus notable dharmonisation rgionale est celle
de lEurope67 : lharmonisation comptable europenne.
3.2.1. Le systme comptable ouest-africain :
Dans le but dharmoniser les pratiques comptables de leurs entreprises, les tats de
lunion conomique et montaire ouest-africaine (UEMOA) se sont dots dun rfrentiel
comptable commun appel : Systme Comptable Ouest-Africain (SYSCO). Ce dernier, achev en
1997, est appliqu depuis lexercice 1998 dans les pays de lUEMOA. Les principaux buts viss
par lapplication du SYSCOA taient68 :
63
Mazard & Gurard. (1997). IASC : vers la convergence des normes comptables nationales? Collection Mazard &
Gurard.
64
Colasse, B. (2000). Harmonisation comptable internationale. Encyclopdie de comptabilit, contrle de gestion et
audit, dition Economica, 56, 757-770.
65
Ce sont des tentatives ralises dans le cadre dune rgion du monde.
66
Sngal, Mali, Burkina-Faso, Cte dIvoire, Togo, Bnin, Niger et Guine-Bissau.
67
Colasse, B. (2005). Comptabilit gnrale : PCG, IAS/IFRS et Enron. dition Economica, 9me dition, Paris. Page
31.
68
Investir en Zone Franc: http://www.izf.net (dcembre 2008).
32
69
Une directive est une dcision de droit communautaire. Elle impose aux tats membres une finalit atteindre,
tout en laissant le choix des moyens dy parvenir.
70
Alexander, D. et Nobes, C. (1994). European introduction to financial accounting. Prentice-Hall, London. Page
95.
33
donner lieu lapplication des directives dpasses et qui ne rpondent pas aux besoins des
socits et de lenvironnement conomique en gnral;
entreprises;
Les directives nont pas trait des problmes sur lesquels les pays de lUnion ont
avec celle des autres pays, les socits europennes, surtout celles de grande taille, rencontrent
des difficults pour se procurer des fonds et sont amenes, dans plusieurs circonstances,
produire un deuxime jeu de comptes pour satisfaire les exigences des pays de financement.
71
Raffournier, B., Haller, A. et Walton, P. (1997). Comptabilit internationale. dition Vuibert, Paris. Page 18.
Langot, J. (2002). Comptabilit anglo-saxonne : normes, mcanismes et documents financiers. dition Economica,
4me dition, Paris. Page 11.
72
34
73
conseil des normes comptables internationales, plus connu sous le sigle IASB qui convient sa
dsignation en anglais : International Accounting Standards Board. Cet organisme fera lobjet de
la troisime section du prsent chapitre.
3.3.1. LOrganisation des Nations Unies (ONU) :
Les premiers efforts de lONU en matire de comptabilit internationale ont t
effectus au dbut des annes 70. Durant cette priode, un comit a t cr, par le groupe du
travail de lONU sur les firmes multinationales, pour examiner linformation sectorielle de ces
firmes. Couronns par la publication dune srie de recommandations, les travaux de ce comit
nont pas eu leffet escompt.
Actuellement, lONU dispose dun secrtariat Genve qui gre les activits lies la
comptabilit internationale. Ce secrtariat opre, dans ce cadre, des missions dassistance
technique orientes essentiellement vers les pays en dveloppement. Ces derniers peuvent
solliciter laide et le soutien de cet organe, notamment, en matire de dveloppement des normes
comptables et de cration dorganismes professionnels.
galement, cette unit organise une confrence annuelle de lIntergovernmental
Working Group of Experts on International standards of Accounting and Reporting74. En
traitant des problmes comptables dactualit dont la comptabilit environnementale, la
responsabilit des auditeurs et ladoption des normes comptables internationales75, lobjectif
primordial de cette confrence est daider les pays, surtout ceux en dveloppement, dfinir des
politiques en matire comptable et avoir de linformation sur les problmes comptables
dactualit.
73
35
de
contribuer
au
processus
dharmonisation
comptable
mondiale,
36
1. Constitution et objectifs :
LIASC76 est un organisme mondial de droit priv. Il a t fond le 23 juin 1973 par les
organisations professionnelles des neuf pays suivants : lAllemagne Fdrale, lAustralie, le
Canada, les tats-Unis, la France, le Japon, le Mexique, les Pays-Bas ainsi que le Royaume-Uni.
Ses objectifs77, formuls dans le statut de lIASC/IASB (approuv en mai 2000 et rvis
en mars 2002), sont les suivants :
- laborer dans lintrt gnral un jeu unique de normes comptables de haute qualit,
comprhensibles et que lon puisse faire appliquer dans le monde entier, imposant la fourniture
dans les tats financiers et autres informations financires, dinformations de haute qualit,
transparentes et comparables, de manire aider les diffrents intervenants sur les marchs de
capitaux dans le monde, ainsi que les autres utilisateurs dans leur prise de dcisions
conomiques;
-
37
Face cette situation, lIASC a adopt, en 1989, un projet appel comparabilit des tats
financiers (le projet ED 32) qui a pour finalit essentielle la rvision des normes tablies en
optant principalement pour la rduction du nombre doptions. A partir de 1990, les normes
comptables de lIASC79 ne retiennent pour un mme problme que deux traitements : un
traitement de rfrence (benchmark treatment) et un traitement autoris (allowed alternative
treatment). galement, pendant cette priode (en avril 1989), lIASC sest dot dun cadre de
prparation et de prsentation des tats financiers (framework for the preparation and
presentation of financial statements) afin daccorder ses travaux une plus grande cohrence
thorique. Ce cadre conceptuel, qui a pour rle la fixation des concepts sous-jacents
ltablissement des tats financiers, a trait notamment, de lobjectif de ces tats et des
caractristiques qualitatives de linformation financire.
Une troisime phase dans lhistoire de lIASC a commenc80, partir de juillet 1995,
lorsque cet organisme sest engag avec lorganisation internationale des commissions des
valeurs mobilires81 (OICV) (lInternational Organization of Securities Commissions, IOSCO)
dans un programme visant lamlioration de la qualit des normes comptables internationales afin
de pouvoir les admettre dans les diffrentes places boursires de la plante.
En avril 2001, lIASC a t rform dans le but de dpasser les dfaillances de son
ancienne structure organisationnelle et de sadapter aux enjeux de la normalisation comptable
internationale. Llment central de cette restructuration est lattribution de la tche de
prparation et dadoption des normes comptables internationales lIASB qui dispose, entre
autres, selon Obert (2003), de plus dindpendance de la profession comptable par rapport
lIASC.
79
38
Cration
Ncessit damliorer la
comparabilit des
pratiques comptables
1973
1989
Accord
IASC-OICV
Rforme de
lIASC
1995
2001
3. Structure de lIASB :
Le fonctionnement de lIASB est assur, partir de lanne 2001, par les quatre
principaux organes suivants :
Le
comit excutif (the Board) dsign sous le sigle IASB (International Accounting
39
Les membres de ce comit82, qui sont au nombre de quatorze (douze plein temps et deux
temps partiel), sont choisis sur la base de leur exprience en matire de normalisation
comptable. Ils se composent, au minimum, de cinq auditeurs, de trois experts en prparation de
linformation financire, de trois utilisateurs de linformation financire et dun acadmicien.
membres. Ceux-ci, qui se runissent au moins deux fois par an, sont nomms pour un mandat de
trois ans renouvelable une seule fois. Ils sont chargs, notamment, de nommer les membres de
lIASB, du comit consultatif de normalisation et du comit dinterprtation, de lever les fonds et
de procder aux amendements constitutionnels.
compos denviron trente membres, est dsign pour un mandat de trois ans renouvelable. Il a
pour mission de conseiller le comit excutif, notamment sur les priorits de la normalisation et
sur le programme du travail, et ventuellement lassemble des administrateurs. Il est charg,
galement, de faire participer les diffrentes parties concernes par lharmonisation comptable
internationale au processus du dveloppement des normes comptables.
82
40
La foundation IASCF
(19 Trustees)
Organismes
nationaux de
normalisation
et autres parties
intresses
Le comit
consultatif de
normalisation
(SAC)
International Accounting
Standards Board
(14 members)
Comits consultatifs
Comit
dinterprtation
(IFRIC)
Nomination
Rapports
Liens membres
Conseils
Directeur dactivits
techniques et du
personnel technique
Colasse, B. (2005). Comptabilit gnrale : PCG, IAS/IFRS et Enron. dition Economica, 9me dition, Paris. Page
35.
41
84
85
42
Identification du thme
Consultation du SAC
Publication de la norme
43
Objet de la norme
Prsentation des tats financiers
Stocks
Tableaux des flux de trsorerie
Mthodes comptables, changements destimations comptables et erreurs
vnements postrieurs la date de clture
Contrats de construction
Impts sur le rsultat
Information sectorielle
Immobilisations corporelles
Contrats de location
Produits des activits ordinaires
Avantages du personnel
Comptabilisation des subventions publiques et informations fournir sur laide publique
Effets des variations des cours des monnaies trangres
Cot demprunt
Informations relatives aux parties lies
Comptabilisation et rapports financiers des rgimes de retraite
tats financiers consolids et individuels
Participation dans des entreprises associes
Information financire dans les conomies hyper inflationnistes
86
Ces normes renferment gnralement les rubriques suivantes : objectifs, champ dapplication, dfinitions,
dveloppements spcifiques, informations fournir, dispositions transitoires et date dapplication.
87
Entreprises but lucratif, entreprises but non lucratif et mme aux entreprises gouvernementales commerciales.
88
International Accounting Standards Board (2009). International Financial Reporting Standards (IFRSs)/including
International Accounting Standards (IASs) and interpretation as at 1 January 2009.
44
Objet de la norme
Informations fournir dans les tats financiers des banques et des institutions financires
assimiles
IAS 31
Participation dans les co-entreprises
IAS 32
Instruments financiers : informations fournir et prsentation
IAS 33
Rsultat par action
IAS 34
Informations financires intermdiaires
IAS 36
Dprciations dactifs
IAS 37
Provisions, passifs ventuels et actifs ventuels
IAS 38
Immobilisations incorporelles
IAS 39
Instruments financiers : comptabilisation et valuation
IAS 40
Immeubles de placements
IAS 41
Agriculture
IFRS 1
Premire adoption des normes internationales dinformations financires
IFRS 2
Paiements fonds sur des actions
IFRS 3
Regroupement dentreprises
IFRS 4
Contrats dassurance
IFRS 5
Actifs non courants dtenus en vue de la vente et activits abandonnes
IFRS 6
Prospection et valuation des ressources minrales
IFRS 7
Instruments financiers : informations fournir
IFRS 8
Secteurs oprationnels
N. B : Les normes IAS 3, 4, 5, 6, 9, 13, 15, 22, 25, et 35 ont t supprimes ou remplaces.
Commission) est une instance internationale qui regroupe les autorits des marchs financiers
nationaux90. Ses activits sont assures, principalement, par les organes suivants91 :
89
Idem.
45
Le comit des prsidents : cette unit est compose par les prsidents des commissions
des valeurs membres de lOICV.
Le comit technique : Il comprend 15 membres ayant pour rle essentiel la ralisation des
tudes sur les marchs financiers les plus dvelopps.
Le comit des marchs mergents : Il est charg deffectuer des tudes sur les marchs
financiers mergents. Ses membres, qui sont au nombre de 75, proviennent de lAmrique
latine, de lEurope centrale, de lAfrique, du Moyen-Orient et de lAsie du Sud-est.
90
Par exemple, la SEC (Securities and Exchange Commission) pour les tats-Unis, la FSA (Financial services
authority) pour le Royaume-Uni,etc.
91
Decock Good, C. 2005. Comptabilit internationale: les IAS/IFRS en pratique. dition Economica. Page 21.
92
A titre indicatif, les normes relatives la publicit des mthodes comptables (IAS 1), limpt sur le rsultat (IAS
12), linformation sectorielle (IAS 14), aux immobilisations corporelles (IAS 16) et aux contrats de location (IAS
17), ont fait lobjet dune rvision.
93
Les normes relatives aux rsultats par action, linformation financire intermdiaire et labandon dactivits
sont des exemples de nouveaux standards mis par lIASB.
46
En mai 2000, aprs lexamen des IAS/IFRS, lOICV a recommand aux diffrentes
commissions des oprations boursires de par le monde daccepter la publication des tats
financiers tablis conformment aux normes comptables de lIASB par les firmes trangres
cotes sur leurs places financires94.
au
processus
de
normalisation
94
comptable
internationale,
dvaluer
A lexception de la norme relative aux variations de prix (IAS 15) et des normes sectorielles IAS 26, IAS 30 et
IAS 41 et des interprtations lies ces standards.
47
95
Le financement de lEFRAG est assur par la profession comptable et des organisations reprsentant les
entreprises.
96
El-Gazzar, S., Finn, P. et Jacob, R. (1999). An empirical investigation of multinational firms compliance with
international accounting standards. The International Journal of Accounting, 34 (2), 239-248.
97
Ce tableau rapporte, titre indicatif, des exemples dentreprises qui appliquent les normes comptables
internationales.
98
Dumontier, P. et Raffournier, B. (1998). Why firms comply voluntary with IAS: an empirical investigation with
Swiss data. Journal of International, Management and Accounting, 9 (3), 15-26.
99
Murphy, A. (1999). Firm characteristics of Swiss companies that utilize international accounting standards. The
International Journal of Accounting, 34 (2), 121-131.
48
Gazzar et al. (1999)100 ont trouv que les firmes, qui ont un pourcentage lev de vente
ltranger, qui sont cotes sur plusieurs marchs financiers internationaux, qui prsentent un
niveau dendettement faible et qui proviennent des pays membres de lUnion europenne, ont
plus de chances de saligner sur les normes comptables internationales.
Allemagne
Bahrayn
Canada
Chine
Croatie
Finlande
France
Entreprise
- AECI Limited
- Randgold
- Brain international
- Henkel
- Lufthansa
- Bahrayn Telecommunication
Pays
Entreprises
Italie
- Gucci
- Pirelli
- Recordati
- Mexican Maritime transportation
Mexique
Pays-Bas
- BC tel
- Enbridge
- Les Boutiques San Francisco
- Phoenix
- Shanghai Steel
- Shenzhen textile
- PLIVA
Russie
- Danisco
- Metra
- Nokia
- Air France
- Renault
- Valeo
Turquie
Sude
Suisse
Zimbabwe
- Libertel
- New Holland
- Rosetelecom
- Esseite
- Perstorp
- Scania
- Nestle
- Phonak
- Swisscom
- Arcelik
- Border timbers
- Delta
- Zimbabwe sun
El-Gazzar, S., Finn, P. et Jacob, R. (1999). An empirical investigation of multinational firms compliance with
international accounting standards. The International Journal of Accounting, 34 (2), 239-248.
101
Gray, S. et Street, D. (2001). Observance of international accounting standards: factors explaining noncompliance. The Association of chartered certified Accountants, Research Monograph, 74, London.
49
lconomie de march qui ont opt pour ce choix, afin de se doter dun ensemble de rgles
admises lchelle internationale et dattirer, par consquent, les investissements trangers
ncessaires au dveloppement conomique. Mais, actuellement, surtout suite aux dcisions de
lUnion europenne et de lOICV dutiliser les IAS/IFRS, plusieurs pays industrialiss, qui ont
t insensibles aux travaux de lIASB, ont dcid dappliquer les IFRS (Australie102) ou
dadopter une stratgie en vue de lapplication des normes comptables internationales
(Canada103).
Lharmonisation des normes et des pratiques comptables lchelle internationale a
constitu le changement fondamental de ces dernires annes. Lobjectif crucial de ce processus
est davoir une srie de pratiques comptables convergentes et surtout de fournir aux dcideurs
nationaux et internationaux une information financire relativement homogne, comparable et
fiable. Pour parvenir cette finalit, plusieurs efforts ont t dvelopps dont essentiellement
ceux de lInternational Accounting Standards Board (IASB). Cet organisme a contribu en la
matire surtout par la prparation et la publication des normes comptables internationales
(IAS/IFRS). Celles-ci reoivent de plus en plus dappui lchelle internationale, comme le
montrent les diffrents faits suivants :
Plusieurs firmes multinationales ont dcid dappliquer volontairement les normes
comptables internationales pour la prparation de leurs tats financiers;
Un nombre relativement important de pays ont adopt les IAS/IFRS; et
102
Deloitte Touche Tohmatsu. (2005). Differences between Australian equivalents to international financial
reporting standards (A-IFRS) and international financial reporting standards (IFRS). Deloitte Touche Tohmatsu,
Australie.
103
Conseil des normes comptables du Canada: http://www.cnccanada.org (dcembre 2007).
104
LIFAC est un organisme international qui, cr le 7 octobre 1977, a pour mission principale de favoriser le
dveloppement, au niveau mondial, dune profession comptable homogne travers lutilisation des normes daudit
harmonises (Les Normes Internationales dAudit/International Standards of Auditing (ISA)).
50
Conclusion
En raison de la ncessit de fournir une information financire permettant aux
investisseurs de comparer de manire judicieuse les tats financiers provenant de diffrents pays,
le monde comptable a essay de dvelopper un ensemble de normes comptables acceptables
lchelle internationale. LInternational Accounting Standards Board (IASB), cr en 1973, est
considr comme lorgane qui a le plus de chance de parvenir ce but. Ses efforts, concrtiss
par la prparation et la publication des normes comptables internationales (IAS/IFRS), ont abouti
jusqu prsent des rsultats considrables. Ceux-ci se manifestent, entre autres, par le nombre
relativement important de firmes multinationales qui appliquent les IAS/IFRS pour
ltablissement de leurs tats financiers et de pays, surtout ceux en dveloppement, qui ont dcid
dadopter les normes comptables internationales dans leurs propres lgislations.
Sil existe un certain consensus sur les bienfaits dappliquer les normes de lIASB par les
entreprises multinationales, ladoption de ces normes par les pays en dveloppement, linverse,
na pas fait lobjet de lunanimit. Certains militent en faveur de la convergence de la
comptabilit de ces pays vers les normes comptables internationales et pensent que cette stratgie
est trs bnfique pour lamlioration de leurs situations conomiques. Toutefois, dautres
estiment que les IAS/IFRS ne sont pas adquates aux situations de ces tats et leur application
peut avoir des consquences nfastes.
Au cours de ces dernires annes, les pays en dveloppement ont tent de crer un
environnement favorable lattraction des capitaux trangers ncessaires au dveloppement
conomique, notamment, travers la rforme de leurs lgislations comptables, fiscales et
sociales. En matire comptable, ces pays ont dcid, comme indiqu prcdemment, dorienter
leurs pratiques vers celles de lIASB, en pensant quune telle stratgie peut permettre de fournir
aux investisseurs internationaux un produit informationnel relativement homogne, comparable
et fiable. Ces investisseurs, malgr les avantages offerts, sinterrogent encore sur la pertinence
des normes comptables internationales pour les pays en dveloppement et sur leur contribution
dans lamlioration de la qualit de linformation financire communique par les socits. Le
chapitre suivant traite de la pertinence des normes comptables de lIASB pour les pays en
dveloppement sur le plan thorique, via une revue des tudes conduites en la matire.
51
Rfrences
- Adhikari, A. et Tondkar, R. (1992). Environmental factors influencing accounting disclosure
requirements of global stocks exchanges. Journal of International Financial Management and
Accounting, 4 (2), 75-103.
- Adhikari, R., Hora, J. et Tondkar, R. (1997). International accounting standards in capital
markets. Journal of International Accounting Auditing & Taxation, 6(2), 171-190.
- Alexander, D. et Nobes, C. (1994). European introduction to financial accounting. PrenticeHall, London.
- Alford, A., Jones, J. et Zmijewski, M. (1993). The relative informativeness of accounting
disclosures in different countries. Journal of Accounting Research, 31 (supplment), 183-223.
- Alhashim, D. et Arpan, J. (1992). International dimensions of accounting. 3me dition, PwsKent Publishing Company, Boston.
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54
55
CHAPITRE II:
LA PERTINENCE DES NORMES COMPTABLES
INTERNATIONALES POUR LES PAYS
EN DVELOPPEMENT
56
Introduction
Le paysage conomique international, caractris par linternationalisation des diffrentes
oprations conomiques, a incit la communaut internationale chercher des solutions afin de
mettre en place des mcanismes permettant dadapter la comptabilit financire et ses produits
cet environnement. Dans le cadre de ce programme, lIASC, cr en 1973, sest engag dans un
processus visant la prparation des normes comptables internationales et lencouragement de leur
application dans le monde entier. Les architectes de cette solution considrent que lutilisation
dun langage comptable commun par toutes les entreprises et tous les pays permet de fournir aux
diffrents dcideurs nationaux et internationaux une information financire comparable et de
faciliter ainsi, les diffrentes activits internationales.
Comme toute nouvelle structure, lIASC a rencontr au commencement de ses travaux
certaines difficults dues principalement la rticence de certains organismes nationaux ses
actions et lapplication de ses normes. Mais, avec le soutien quil a trouv auprs de plusieurs
organismes internationaux et nationaux influents dans le monde comptable, cet organe a ralis,
au cours de ces dernires annes, des rsultats considrables et a fait des progrs tangibles vers
lharmonisation des pratiques comptables internationales. En ce qui concerne leffet de ses
travaux sur les organismes nationaux de normalisation comptable, lIASB a remport ses plus
grands succs dans les pays en dveloppement. Un nombre considrable et croissant de ces tats
ont dcid (et dcident) dajuster leurs lgislations comptables avec les normes comptables
internationales. Largement documente et signale par la littrature comptable, cette orientation a
t lorigine de plusieurs travaux de recherche dont ceux traitant de la question relative la
pertinence des IAS/IFRS pour les pays en dveloppement.
Lobjectif fondamental de ce chapitre est dexposer les avis des chercheurs quant
ladoption des normes de lIASB par les pays en dveloppement. Pour ce faire, nous
commenons, dabord, par une revue de la littrature qui porte sur lanalyse de la comptabilit
dans les pays en dveloppement et sur la prsentation de leurs dmarches en matire de
normalisation comptable (Section I). tant donn que ladoption des normes comptables
internationales a t la stratgie la plus applique, au cours de ces dernires annes, par ces pays
pour la mise en place de leurs systmes comptables, nous procdons, ensuite, lexamen des
57
attitudes lgard de lapplication de ces standards dans le monde entier (Section II) et dans le
contexte des pays en dveloppement (Section III).
105
Des diffrences entre les membres de ce groupe se prsentent notamment au niveau du produit national brut
(PNB), de la population, de la culture, du niveau de lducation et des systmes politiques et conomiques.
106
Selon Chanler et Holzer (1984), les indicateurs bass sur le revenu national sont communment utiliss pour
apprcier le niveau du dveloppement conomique et social.
107
Wallace, R. (1990). Accounting in developing countries: a review of the literature. Research in Third World
Accounting, 1, 3-54.
108
Essentiellement en Afrique, en Asie et en Amrique latine.
109
Belkaoui, A. (1994). Accounting in the developing countries. Quorum Books, les tats-Unis.
110
Zafar, I. (2002). International accounting: a global perspective. 2me dition, South-Western (Thomson learning),
les tats-Unis. Pages 487, 488, 489,490 et 491.
111
Ce groupe renferme trois des pays les plus peupls du monde, savoir la Chine, lInde et lIndonsie.
58
dpendance conomique et politique lgard de lextrieur112 et toucher tous les domaines dont
celui de la comptabilit financire. Cette dernire joue un rle crucial dans le dveloppement
conomique en fournissant les informations ncessaires la mise en place des stratgies et des
plans du dveloppement (Talaga et Ndubizu, 1986113). Dailleurs, certains trouvent que les
croissances enregistres dans les nations dveloppes sont dues, en grande partie, la prsence de
systmes comptables sophistiqus (Scott, 1968114).
Dans les pays dvelopps, la comptabilit occupe une position importante et reprsente un
outil important pour la prise de dcision au niveau des activits dinvestissements et de
planification. Mais quen est-il de sa situation dans les pays en dveloppement?
Depuis plusieurs annes, certains travaux de recherche ont t conduits dans lobjectif
dtudier la structuration et le dveloppement des systmes comptables dans le contexte des pays
en dveloppement.
Selon Kapaya (2000) 115, lune des tudes les plus tendues, dtailles et intressantes sur
les systmes comptables en application dans les pays en dveloppement en gnral et en Afrique
et en Asie en particulier, est celle mene par Enthoven (1977)116. La pertinence de cette recherche
peut tre apprcie plusieurs niveaux dont essentiellement :
-
Par rapport aux tudes prcdentes qui ont t focalises principalement sur la
prsentation des pratiques et des principes comptables dans diffrents pays, le travail
dEnthoven (1977) a t considr comme plus dtaill. Dans sa recherche, cet auteur, en
plus de ltude des pratiques comptables, a essay dvaluer la structure et le
dveloppement du systme dans chaque pays tudi et de proposer des recommandations
et des mesures permettant de limiter les dfaillances identifies et damliorer la qualit
de linformation financire;
112
Belkaoui, A. (1994). Accounting in the developing countries. Quorum Books, les tats-Unis. Page 3.
Talaga, J. A. et Ndubizu, G. (1986). Accounting and economic development: relationships among paradigms. The
International Journal of Accounting, 21 (2), 55-68.
114
Scott, G. M. (1968). Private enterprise accounting in developing nations. The International Journal of
Accounting, 4(1), 51-56.
115
Kapaya, G. (2000). International accounting standards and accounting in developing/emerging nations - how
about a fresh start? Document de travail prsent "International Association for Accounting Education and
Research (IAAER) Conference, Kobe, Japan.
116
Enthoven, A. (1977). Accountancy systems in third world economies. North-Holland Publishing Company, PaysBas.
113
59
Le nombre de pays tudis par Enthoven (1977) sest avr relativement important par
rapport aux tudes prcdentes (sept de lAfrique : Tanzanie; Zambie; Kenya; Oganda;
Ghana; Nigeria; et Zare,
Philippine; Malaisie; Hong-Kong; Taiwan et Iran). De plus, lobjet de son travail na pas
t limit uniquement la comptabilit financire des entreprises prives, mais il a t
tendu vers dautres domaines comme la comptabilit de gestion des entreprises 117, la
comptabilit nationale118, la comptabilit du gouvernement 119, et la fiscalit.
Ralise entre les annes 1973 et 1976, ltude dEnthoven (1977) a eu pour objectifs
essentiels danalyser et dcrire les procdures et les pratiques comptables aux chelles macro et
micro-conomiques, dvaluer le dveloppement de la comptabilit au niveau des entreprises, au
niveau des gouvernements et lchelle nationale, et de proposer les moyens susceptibles
damliorer les concepts, les pratiques et les normes comptables dans le contexte des pays en
dveloppement. Pour ce qui est de la comptabilit financire des entreprises prives, Enthoven
(1977)120 a identifi plusieurs dfaillances dont les suivantes :
1- Malgr son rle crucial dans la prise de dcision, plusieurs pays en dveloppement nont
pas accord de limportance la comptabilit financire des entreprises prives;
117
Selon Enthoven (1977), lobjet fondamental de la comptabilit de gestion est de fournir aux dirigeants
dentreprises les informations ncessaires la prise de dcision.
118
Daprs Enthoven (1977), la comptabilit nationale a pour mission essentielle de dcrire systmatiquement et
quantitativement la structure et les activits dune conomie pendant une priode bien dtermine.
119
Afin datteindre ses buts et dassurer lefficacit de ses diffrentes activits, le gouvernement doit mettre en place
un systme comptable performant permettant, entre autres, de mesurer, de traiter, de communiquer et de contrler les
diffrentes recettes et dpenses : cest la comptabilit du gouvernement (Enthoven, 1977).
120
Enthoven, A. (1977). Accountancy systems in third world economies. North-Holland Publishing Company,
Hollande. Pages 47 et 48.
60
A titre indicatif, les mthodes dvaluation retenues nont pas t expliques et les informations ncessaires pour
comparer et suivre la situation des entreprises nont pas t divulgues.
122
Enthoven, A. (1977). Accountancy systems in third world economies. North-Holland Publishing Company,
Hollande. Page 48.
61
Dans lobjectif de contribuer lamlioration des pratiques comptables dans les pays en
dveloppement, lAssociation Amricaine de Comptabilit (1977)123, travers son comit sur la
comptabilit dans les pays en dveloppement, a adress un questionnaire un nombre important
dexperts dAfrique, du Moyen-Orient, dAmrique Latine et dorganisations internationales.
Lanalyse des rponses reues a permis didentifier plusieurs problmes lis la comptabilit
dans les pays tudis, dont particulirement :
1- Manque de comptables qualifis dans tous les domaines de la comptabilit;
2- Information financire non pertinente pour la prise de dcision interne et externe;
3- Programmes de formation et dducation des comptables inadquats;
4- Manque de lgislation se rattachant la comptabilit et laudit;
5-
123
American Accounting Association. (1977). Committee on accounting in developing countries, 1973-1975. The
Accounting Review (Supplment), 198-212.
124
Briston, R. (1978). The evolution of accounting in developing countries. International Journal of Accounting, 26,
12-26.
125
Selon Briston (1978), la large utilisation de ces systmes est explique par plusieurs raisons dont notamment
linfluence coloniale, linfluence directe exerce par leurs organismes professionnels comptables, le nombre
important des entreprises multinationales britanniques et amricaines installes dans les pays en dveloppement, la
contribution importante des cabinets internationaux daudit, qui sont gnralement britanniques ou amricains, dans
la formation des comptables dans les autres pays pour la certification des comptes des entreprises dorigine
amricaine et britannique, les aides (formation du personnel, bourses dtudes, ouvrages,etc.) provenant de ces
pays et adresses vers les pays en dveloppement et lutilisation de langlais comme deuxime langue dans plusieurs
pays.
62
De plus, ils doivent mettre en place une stratgie126 bien dfinie pour llaboration des normes
comptables et viter les influences et les pressions internationales.
Influences essentiellement par leurs histoires coloniales ainsi que par les entreprises
multinationales, les rgles relatives la comptabilit gouvernementale et prive, la profession
comptable et les programmes dducation et de formation comptable, dans les pays en
dveloppement, souffrent, selon Chandler et Holzer (1984)127, de la prsence de plusieurs
faiblesses. Celles-ci ncessitent des interventions bien organises de la part des gouvernements,
car elles peuvent entraver toutes les actions visant les dveloppements conomiques et sociaux.
Daprs les auteurs, il est recommand, dans ce cadre, aux pays en dveloppement de mettre en
place un plan gnral pour le dveloppement de la comptabilit qui doit prciser, notamment, les
besoins de chaque branche de la comptabilit, les effectifs ncessaires pour satisfaire tels besoins
et les stratgies de formation et dducation comptable permettant de produire tels effectifs de
comptables.
Suite ltude des origines des systmes comptables appliqus dans les pays en
dveloppement, Hove (1986)128 a constat que ces systmes ont t essentiellement imposs par
les investisseurs trangers ou bien imports auprs des pays dvelopps via des moyens divers
dont le colonialisme, les firmes multinationales, les organismes professionnels comptables et les
aides au dveloppement conomique. Bien que les pays en dveloppement prsentent des
caractristiques environnementales diffrentes de celles des pays dvelopps, aucun effort na t
ralis pour adapter les pratiques importes aux conditions conomiques, politiques et sociales de
ces pays. Appliquer des normes et rgles comptables qui ne rpondent pas aux besoins va aboutir,
certainement, la production dinformations financires incompltes, errones et qui ne sont pas
pertinentes et utiles, entre autres, pour les modles dcisionnels des gouvernements des pays en
dveloppement. En outre, cet auteur a remarqu qu linstar des systmes comptables,
lducation et les politiques de formation des professionnels ont t largement calques sur celles
des pays dvelopps.
126
Dans cette stratgie, il faut notamment identifier les besoins, dterminer les objectifs et valuer les ressources
humaines.
127
Holzer, P. H. (1984). International accounting. Harper & Row, Publishers, Inc., les tats-Unis. Pages 458, 459,
460, 461 et 462.
128
Hove, M. R. (1986). Accounting practices in developing countries: colonialisms legacy of inappropriate
technologies. The international Journal of Accounting Education and Research, 22 (1), 81-100.
63
Compte tenu des effets nfastes de lutilisation des pratiques comptables qui ne rpondent
pas aux besoins volutifs et aux conditions environnementales, et de la contribution significative
de la comptabilit dans lvaluation de la performance conomique, ltablissement des plans du
dveloppement, le dveloppement des entreprises prives et la croissance des marchs financiers,
Hove (1986)129 a appel les pays en dveloppement chercher leurs propres solutions pour
amliorer les pratiques comptables et, par consquent, la qualit de linformation financire, et
dviter le recours aux systmes trangers. De plus, il a propos aux pays concerns la rforme de
leur profession comptable, lvaluation des pratiques en application, la dtermination des
objectifs qui doivent tre assigns la comptabilit, le choix de la nature de linformation
financire communiquer par les entreprises et la mise en place de programmes dducation
comptable et de formation qui soient en harmonie avec les besoins du dveloppement
conomique de ltat130.
Perera (1989)131 a partag avec Hove (1986)132 lide selon laquelle les systmes en
application dans les pays en dveloppement ont t imports auprs des pays dvelopps
(particulirement la Grande-Bretagne et les tats-Unis). De mme, il a t en accord avec lui sur
le fait que les pratiques comptables des pays dvelopps ne sont pas pertinentes pour le contexte
des pays en dveloppement, en raison des diffrences environnementales qui existent entre les
deux groupes de pays. Au fait, les valeurs culturelles de la socit, le monde des affaires, la
structure de proprit et la taille des entreprises, les utilisateurs et les objectifs de linformation
financire, la situation des marchs financiers, la contribution du secteur priv dans lconomie
ainsi que le rle de ltat, diffrent dans ces deux groupes de nations.
En outre, compte tenu du rle de la comptabilit dans la communication des donnes ncessaires
la prise de dcision diffrents niveaux et des particularits de lenvironnement dans les pays
129
64
133
Luniformit, qui soppose la flexibilit, consiste appliquer les mme rgles toutes les entreprises quelles que
soient leurs circonstances.
134
Wallace, R. (1990). Accounting in developing countries: a review of the literature. Research in Third World
Accounting, 1, 3-54.
135
Scott, G. M. (1970). Accounting and developing countries. International Business Studies, 9, Studies in
Accounting.
136
Boisvert, H. et Maamar, K. (1991). La comptabilit dans les pays en voie de dveloppement. Cahier de recherche
91-11 (dcembre 1991), cole des Hautes tudes Commerciales, Montral.
137
Scott (1970) a propos un cadre appel valuation conomique de la comptabilit" ("economic accounting
evaluation).
65
138
66
dattirer les investissements directs trangers, ces derniers ont ralis des efforts, plus
considrables que les pays africains, pour amliorer leurs normes et pratiques comptables.
Wijewardena et Yapa (1998)144 ont tent danalyser les systmes dducation comptable
des pays qui ont subi linfluence coloniale de la Grande-Bretagne travers une recherche
comparative entre le Singapore et le Sri Lanka. Pendant la phase coloniale, ces deux pays ont
prsent des situations similaires, mais aprs leur indpendance, ils ont opt pour deux choix
diffrents. Quatre ans aprs son indpendance, le Singapore a dcid de se dtacher des rgles
britanniques en matire dducation et de formation des professionnels comptables et de mettre
en place une nouvelle stratgie axe sur la mise en place des programmes ducatifs compatibles
avec les besoins du pays, la dlgation de la tche de formation des comptables aux universits et
lvitement du recours aux organismes professionnels trangers. En revanche, le Sri Lanka
continue employer lancien systme ducatif hrit de la Grande-Bretagne et na ralis aucun
effort srieux pour dvelopper un programme de formation comptable conforme ses conditions.
La stratgie suivie par le Singapore a permis de produire suffisamment de comptables
qualifis qui rpondent aux exigences de son conomie et de raliser des croissances
conomiques meilleures que celles enregistres par le Sri Lanka.
Ces deux chercheurs ont pu conclure, travers lexemple du Singapore, que la ralisation
des progrs conomiques, dans le contexte des pays en dveloppement, passe entre autres par la
mise en place de programmes ducatifs tenant compte des caractristiques des pays et permettant
la formation de professionnels comptables comptents.
Malgr la varit des stratgies employes par les pays en dveloppement pour la mise en
place de leurs systmes comptables, Belkaoui (1994)145 a pu identifier les quatre principales
approches suivantes :
-
Lapproche volutionnaire : Dans ce cas, les pays en dveloppement formulent leurs propres
normes comptables sans tenir compte des expriences trangres en la matire, surtout celles des
nations dveloppes. Aprs avoir dfini leurs objectifs et leurs besoins, ils procdent
ltablissement des techniques et des principes appliquer par les entreprises pour la prparation
et la prsentation des tats financiers. Cette manire de dveloppement des systmes comptables
144
Wijewardena, H. et Yapa, S. (1998). Colonialism and accounting education in developing countries: the
experiences of Singapore and Sri Lanka. The International Journal of Accounting, 33 (2), 269-281.
145
Belkaoui, A. (1994). Accounting in the developing countries. Quorum Books, les tats-Unis.
67
prsente lavantage que les rgles en application rpondent en premier lieu aux besoins
spcifiques dun pays. En revanche, elle cre des problmes et engendre des cots
supplmentaires pour les firmes trangres qui, ayant la volont de raliser des activits
dinvestissements, vont se confronter des pratiques comptables entirement trangres.
-
la technologie des pays dvelopps vers ceux en dveloppement. Un tel transfert peut tre assur
notamment par les oprations et les activits des entreprises multinationales et des cabinets
daudit internationaux, et les divers traits internationaux appelant lchange et la coopration
en matire dinformation et de technologie.
Malgr que cette approche puisse accrotre le degr de dpendance des pays en dveloppement de
ceux dvelopps et entraver tout effort dtablissement local des normes comptables, elle peut
tre bnfique pour les pays qui procdent, avant tout transfert, la slection de la technologie
appliquer et la prparation de linfrastructure indispensable sa mise en place. A ce titre,
Needles (1976)147 a propos un cadre conceptuel dtaill qui peut tre utile aux pays en
dveloppement, lors de la formulation de leurs stratgies internationales du transfert de la
technologie comptable. Selon cet auteur, le plan du dveloppement conomique doit renfermer,
entre autres, une stratgie du transfert de la technologie comptable qui prcise, notamment, les
objectifs du transfert de la technologie, la politique du transfert, les canaux du transfert et les
niveaux de la technologie comptable148 (voir figure 2.1).
-
Ladoption des normes comptables internationales : Cette approche consiste adopter les
place des systmes comptables largement inspirs des pays dvelopps et qui tiennent compte
aussi de leurs caractristiques environnementales locales (systme politique, conomique, fiscal,
lgal, culturel,etc.).
146
Le travail de Tang et Tse (1986) fournit une description de quelques mthodes du transfert de la technologie
comptable des pays dvelopps vers ceux en dveloppement.
147
Needles, B. E. (1976). Implementing a framework for the international transfer of accounting technologies.
International Journal of Accounting, education and Research, 12(1), 45-62.
148
Needles (1976) a avanc dans son cadre conceptuel le niveau individuel (degr de comptences acquises par les
individus, le niveau organisationnel (degr de sophistication des techniques comptables utilises par le gouvernement
et les entreprises) et le niveau dindpendance professionnelle (degr de lindpendance de la profession comptable).
68
Environnement conomique,
politique et social
Ressources gnrales
et contraintes
S2
SN
O2
ON
Stratgie
St1521
St2
StN
Canaux du transfert
C1531
C2
SN
T2
149
69
TN
Au cours de ces dernires annes, plusieurs pays en dveloppement, en optant pour une
stratgie de privatisation155 et en mettant en place des rformes conomiques, ont pu raliser des
progrs conomiques considrables156. Toutefois, pour bien renforcer ces efforts et assurer une
bonne intgration dans lconomie mondiale, ces pays, selon Zafar (2002)157, doivent adopter des
systmes comptables permettant de fournir une information financire utile aux utilisateurs
nationaux et aussi internationaux (notamment les firmes multinationales et les investisseurs
trangers). Elle a suggr, en outre, que la profession comptable dans ces tats doit jouer un rle
plus actif dans la rvision des pratiques et des rgles comptables et dans le dveloppement des
systmes de contrle interne performants permettant dviter et de dtecter les fraudes, de suivre
lutilisation et la bonne allocation des ressources quelles soient prives ou publiques et dvaluer
le niveau de ralisation des objectifs fixs.
Les travaux conduits dune faon gnrale dans le contexte des pays en dveloppement
contribuent certainement lclaircissement de plusieurs ralits lies la comptabilit dans ces
pays. Nanmoins, comme lont suggr Briston (1978)158 et Wallace (1990)159, la ralisation des
tudes de cas savre indispensable pour une comprhension approfondie des principes et des
pratiques appliqus dans les pays en dveloppement, tant donn lhtrognit de ce groupe et
la varit de ses problmes.
Jones et Sefiane (1992)160 ont voulu tudier la contribution de la comptabilit dans les
activits de contrle et de prise de dcision en Algrie. Sur la base dune interview faite avec les
responsables de certaines entreprises industrielles tatiques, ils ont pu conclure que le rle de la
comptabilit est trs limit dans les oprations de planification, de prise de dcision et de
contrle. En outre, ils ont constat que les comptables, par rapport aux ingnieurs et aux
managers, nassument pas des fonctions importantes au sein des entreprises. Leur responsabilit
155
Cette stratgie consiste transfrer de ltat vers le secteur priv la gestion et ladministration des entreprises
tatiques.
156
Zafar, I. (2002). International accounting: a global perspective. 2me dition, South-Western (Thomson learning),
les tats-Unis. Page 485.
157
Idem, page 493.
158
Briston, R. (1978). The evolution of accounting in developing countries. International Journal of Accounting, 16,
12-26.
159
Wallace, R. (1990). Accounting in developing countries: a review of the literature. Research in Third World
Accounting, 1, 3-54.
160
Jones, C. S. et Sefiane, S. (1992). The use of accounting data in operational decision making in Algeria.
Accounting, Auditing & Accountability Journal, 5 (4), 71-83.
70
Simga-Mugan, C. (1995). Accounting in Turkey. The European Accounting Review, 4(2), 351-371.
Mirshekary, S. et Saudagaran, S. M. (2005). Perceptions and characteristics of financial statements users in
developing countries: evidence from Iran. Journal of International Accounting, Auditing and Taxation, 14, 33-54.
162
71
Les rapports annuels reprsentent la principale source dinformation pour les diffrents
utilisateurs;
Selon les auteurs, les firmes iraniennes, en raison de la contribution des investissements
locaux et mme trangers dans leur bon fonctionnement, sont tenues de bien satisfaire les
besoins des utilisateurs et surtout damliorer la qualit de linformation financire prsente
au niveau des rapports annuels.
Ashraf et Ghani (2005)163 ont ralis une recherche, au Pakistan, ayant pour but principal
lexamen des variables qui ont influenc la structuration et le dveloppement des pratiques
comptables appliques par les entreprises. Ils ont montr que linfluence coloniale ainsi que
les pressions exerces par plusieurs institutions internationales, dont la banque asiatique du
dveloppement, la banque mondiale et le FMI, ont largement orient les rgles et les normes
comptables dans le pays. Ladoption des normes comptables internationales, partir de 1985
au Pakistan, reprsente, selon les auteurs, une tape importante vers lamlioration de la
qualit de linformation financire, mais elle doit tre renforce par dautres actions, en
loccurrence la mise en place des mcanismes permettant de mieux protger les droits des
investisseurs et de garantir lindpendance des auditeurs des tats financiers.
163
Ashraf, J. et Ghani, W. I. (2005). Accounting development in Pakistan. The International Journal of Accounting,
40, 175-201.
72
Depuis plusieurs annes, les tudes traitant des systmes comptables en application dans
les pays en dveloppement ont insist surtout sur lexistence des faiblesses multiples dans ces
systmes et sur la non-pertinence de linformation financire communique par les entreprises
aux diffrents concerns. Vu que cette situation constitue un vritable frein aux diffrentes
actions employes par les pays en dveloppement pour amliorer leur situation conomique et
sociale, la recherche et la mise en place des solutions permettant aux entreprises la divulgation
des documents utiles aux processus dcisionnels des dirigeants, des investisseurs et des
gouvernements, ont t au centre des proccupations de plusieurs travaux de recherche. Dans
ce cadre, certains ont suggr aux pays en dveloppement dtablir des systmes comptables
qui tiennent compte essentiellement de leurs environnements politiques, sociaux, conomiques
et culturels et qui rpondent aux besoins des diffrents utilisateurs de linformation financire.
Oprationnaliser cette proposition est une opration trs complique essentiellement en raison
des ressources humaines et financires limites dans ces pays. Dailleurs, sur la base dun
suivi de lhistorique des systmes comptables appliqus dans les pays en dveloppement, rares
sont ceux qui ont tabli des normes et des rgles comptables sans recourir aux expriences
trangres en la matire.
Ces dernires annes, ladoption des normes comptables de lIASB a constitu la solution la
plus employe par la majorit des pays en dveloppement. En adoptant la totalit des
IAS/IFRS ou bien en tablissant des normes comptables largement inspires de ces dernires,
ces tats visent notamment assurer une meilleure intgration de leurs entreprises dans
lconomie mondiale. Cette stratgie a orient lattention des chercheurs vers ltude de la
pertinence des normes comptables internationales pour ces pays et pour le monde entier.
164
Ali, J. M. (2005). A synthesis of empirical research on international accounting harmonization and compliance
with international financial reporting standards. Journal of Accounting Literature, 24, 1-45.
73
programme (1), dautres, sy opposent totalement et pensent quil est trs difficile daboutir
lutilisation des rgles comptables similaires au niveau mondial (2), et ce, pour plusieurs raisons.
1. Motivations et avantages de lharmonisation comptable internationale :
Nous exposons, dans cette partie, les principales raisons conomiques qui taient
lorigine du programme dharmonisation comptable internationale (1.1) et les avantages dun tel
processus (1.2).
1.1. Motifs conomiques de lharmonisation comptable internationale
La motivation fondamentale qui a pouss la communaut internationale tablir des
normes comptables internationales et encourager leur adoption par les organismes nationaux de
normalisation comptable est la ncessit dadapter la comptabilit financire au nouveau contexte
conomique
mondial165.
Depuis
quelques
annes,
ce
contexte
est
marqu
par
linternationalisation croissante des activits conomiques. Les trois principaux aspects de cette
mondialisation, selon Nobes et Parker (2006)166, sont le commerce international, linvestissement
direct tranger et les marchs financiers.
Le tableau (2.1), qui rapporte167 lvolution des activits du commence international dans les
diffrentes rgions de la plante durant les annes 1985, 1990, 1995, 2000 et 2005, montre bien
que ces oprations ont enregistr des croissances considrables.
Limportance des investissements directs trangers peut tre notamment apprcie par le poids
des oprations ralises avec ltranger par les dix plus grandes firmes multinationales. Daprs
les statistiques exposes dans le tableau (2.2), les pourcentages des actifs, des ventes et des
employs ltranger de ces entreprises sont relativement levs. A titre indicatif, les
pourcentages des actifs dtenus ltranger par la firme britannique "Vodafone et celle franaise
"Total Fina Elf sont respectivement de 89% et 88%.
165
Haskins, M. E., Ferris, K. R. et Selling, T. I. (2000). International financial reporting and analysis: a contextual
emphasis. 2me dition, McGraw-Hill companies Inc, les tats-Unis. Page 21.
166
Nobes, C. et Parker, R. (2006). Comparative international accounting. 9me dition, Pearson Education Limited,
Grande-Bretagne. Pages 7, 8 et 9.
167
Les mesures retenues pour valuer le niveau de linternationalisation du commerce sont les valeurs des
marchandises et des services changs.
74
Activits
Partenaire
1985
1990
1995
2000
2005
Afrique
Exportations
Le monde
83,700
106,000
112,000
147,800
297,700
Afrique
Importations
Le monde
75,600
99,600
126,700
129,400
249,300
Asie
Exportations
Le monde
416,400
792,400
14446,800
1836,200
3050,900
Asie
Importations
Le monde
386,600
761,500
1403,300
1677,100
2871,000
Europe
Exportations
Le monde
846,245
1684,940
2335,635
2633,930
4371,915
Europe
Importations
Le monde
862,075
1750,925
2334,760
2774,755
4542,675
Moyen-Orient
Exportations
Le monde
102,200
138,400
151,000
268,000
538,000
Moyen-Orient
Importations
Le monde
87,800
101,300
132,500
167,400
322,100
Amrique du Nord
Exportations
Le monde
336,560
562,035
856,550
1224,975
1477,530
Amrique du Nord
Importations
Le monde
452,660
684,460
1015,760
1687,580
2284,735
Exportations
Le monde
81,800
106,000
148,900
195,800
354,900
Importations
Le monde
65,400
85,900
176,900
206,300
297,600
Total dchange des services (millions de dollars amricains (aux prix courants)
Afrique
Exportations
Le monde
11,100
18,600
25,700
31,300
56,900
Afrique
Importations
Le monde
20,700
26,500
34,400
37,400
69,300
Asie
Exportations
Le monde
60,800
131,500
257,800
309,500
525,300
Asie
Importations
Le monde
77,400
178,800
328,100
367,900
573,500
Europe
Exportations
Le monde
597,100
721,900
1244,800
Europe
Importations
Le monde
560,200
674,100
1120,100
Moyen-Orient
Exportations
Le monde
33,100
54,900
Moyen-Orient
Importations
Le monde
48,800
85,400
Amrique du Nord
Exportations
Le monde
75,700
135,500
171,200
268,200
366,300
Amrique du Nord
Importations
Le monde
75,700
135,500
171,200
268,200
366,300
Exportations
Le monde
13,600
22,400
34,600
47,100
68,200
Importations
Le monde
16,700
24,900
45,300
54,600
70,500
168
Choi, F. D. S., et Meek, G. K. (2008). International accounting. 6me dition, Pearson Prentice Hall, les tats-Unis.
Page 5.
75
Tableau 2.2 : Classification des plus grandes entreprises multinationales selon leurs actifs
dtenus ltranger (Source : Nobes et Parker, 2006169)
Entreprise
Pays dorigine
Actifs
% des actifs
% des ventes
% des personnels
ltranger170
ltranger
ltranger
ltranger
TNI171
General Electric
tats-Unis
229
40
35
48
41
Vodafone
Grande-Bretagne
208
89
79
85
84
Ford Motors
tats-Unis
165
56
33
54
48
BP
Grande-Bretagne
126
79
81
84
81
General Motors
tats-Unis
108
29
26
29
28
Royal
Pays Bas/Grande-
94
65
64
59
63
Dutch/Shell
Bretagne
Toyota Motors
Japon
79
48
57
32
46
France
79
88
80
56
75
France Tlcom
France
74
66
41
42
50
Exxon Mobil
tats-Unis
61
64
70
61
65
En ce qui concerne les marchs financiers, ils sont devenus plus intgrs172. Leurs
volumes de transactions et leurs socits cotes ont augment de faon considrable surtout avec
la possibilit de cotation des firmes trangres. Le tableau 2.3 prsente le nombre des socits
locales et trangres dans quelques bourses nationales et souligne la prsence des firmes
trangres aussi bien dans les bourses dveloppes que dans celles mergentes. Celles-ci ont
enregistr, durant ces dernires annes, des croissances importantes qui ont dpass celles
ralises dans certains marchs financiers dvelopps. Cela, selon Choi et Meek (2008)173, met en
exergue la volont des investisseurs exploiter les opportunits dinvestissements quelle que soit
leur localisation.
169
Nobes, C. et Parker, R. (2006). Comparative international accounting. 9me dition, Pearson Education Limited,
Grande-Bretagne. Page 8.
170
Les valeurs sont en billions de dollars amricains.
171
Cet indice reprsente la moyenne des pourcentages dactifs, des ventes et des personnels ltranger.
172
Beresford, D. (1990). Internationalization of accounting standards. Accounting Horizons, 4(1), 99-107.
173
Choi, F. D. S., et Meek, G. K. (2008). International accounting. 6me dition, Pearson Prentice Hall, les tats-Unis.
Pages 13 et 14.
76
Bourse
Total
Socits locales
Socits trangres
NASDAQ
(tats-Unis)
London
(Grande-Bretagne)
Euronext
(Europe)
Bourse de Singapore
3164
2832
332
3091
2757
334
1259
966
293
686
564
122
Johannesburg
(Afrique du Sud)
Bourse du Mexique
373
348
25
326
150
176
Lima
(Prou)
224
193
31
Pour expliquer ce nouveau paysage conomique mondial, Zafar (2002) 175 a avanc les
raisons suivantes :
i- La thorie de lavantage comparatif : Selon la thorie classique de lconomie, chaque pays
peut produire et exporter les biens et les services qui peuvent tre faits de faon efficiente et peut
les importer auprs dautres nations qui sont capables de les produire dans des meilleures
conditions. Cette thorie permet de fournir lune des raisons de lexpansion du commerce
international. Au fait, chaque pays, compte tenu de ses conditions, dcide soit de produire
localement ses biens et ses services ou bien de profiter des opportunits offertes par les autres
nations, et dfinit, par consquent, une stratgie de spcialisation dans des domaines de
production bien dtermins. Certains pays, comme les tats-Unis et le Japon, ont lavantage de la
technologie, dautres, comme le Mexique et le Jamaque, prsentent latout des cots de la mainduvre qui sont relativement faibles par rapport ceux pratiqus dans dautres pays. tant
donn que ces avantages ne peuvent pas tre facilement transfrs, chaque pays essaie dexploiter
ses atouts et de se spcialiser dans la production des biens et services qui peuvent tre raliss de
174
Choi, F. D. S., et Meek, G. K. (2008). International accounting. 6me dition, Pearson Prentice Hall, les tats-Unis.
Pages 13 et 14.
175
Zafar, I. (2002). International accounting: a global perspective. 2me dition, South-Western (Thomson Learning),
les tats-Unis. Pages 8, 9, 10, 11 et 12.
77
manire efficiente. Cela explique pourquoi certains pays, comme les tats-Unis et le Japon, sont
de grands producteurs des matriaux informatiques, alors que dautres pays, comme le Mexique
et le Jamaque, sont de grands producteurs des produits agricoles et artisanaux.
Cette thorie de lavantage comparatif permet dexpliquer les raisons des changes commerciaux
internationaux (importations et exportations des biens et des services), mais, elle ne peut pas
fournir des claircissements sur le dveloppement des autres dimensions des affaires
internationales, comme les activits industrielles, de financement et dinvestissement.
ii- La thorie du cycle de production : Daprs cette thorie, une entreprise commence, dabord,
vendre ses produits sur le march local, tant donn quelle a accs aux informations relatives
aux clients et aux concurrents. Ensuite, toute demande de ses biens ou services par les marchs
trangers est satisfaite, en premier lieu, par lexportation qui constitue le point dentre dans le
commerce international. Aprs, elle peut dcider dinstaller une partie de ses activits
ltranger. Cette thorie montre, ainsi, une certaine progression des activits de quelques
entreprises qui dbutent par la commercialisation de leurs produits sur le march local et voluent
jusqu limplantation ltranger.
iii- La thorie du march imparfait : La troisime explication pour le dveloppement des
oprations internationales est le fait de profiter des conditions avantageuses, relatives aux facteurs
de production, existantes dans dautres pays, dont les cots relativement faibles de la mainduvre, la comptence du personnel et la disponibilit des matires premires. A titre indicatif,
plusieurs firmes amricaines dont Caterpillar et IBM ont transfr leurs activits vers le
Mexique, dans le souci de bnficier des avantages lis la faiblesse des cots de la mainduvre176.
vi- les transferts de la technologie : Certaines entreprises sengagent dans des affaires
internationales afin daccder aux technologies dveloppes dans dautres places de la plante. A
loppos, des firmes peuvent tre amenes partager leurs technologies avances avec dautres
units ou gouvernements dans le but daccder leurs marchs.
v- La prservation de la position stratgique : Lune des tactiques largement pratiques par les
entreprises, pendant ces dernires annes, pour maintenir leurs positions stratgiques est
176
78
lacquisition des firmes trangres. Cette mthode permet aux entreprises acqureuses
damliorer leur comptitivit travers laccs aux nouveaux marchs et aux nouvelles
techniques et technologies.
1.2. Les bienfaits de lharmonisation comptable internationale :
La revue de la littrature comptable internationale nous a permis de dgager plusieurs
chercheurs qui ont prsent des avis favorables pour lharmonisation comptable internationale.
Leur position est fonde essentiellement sur la prsentation dun ensemble darguments qui
militent en faveur de lapplication des normes comptables internationales dans le monde entier.
Pour valuer le niveau de la russite de lIASB dans ses travaux, Aitken et Wise (1984)177
ont commenc par la recherche des bienfaits de lutilisation des normes comptables
internationales. La revue des tudes antrieures leur a permis de dgager les avantages suivants :
dinvestissement au niveau international a fait natre la ncessit de raliser des efforts srieux
pour harmoniser les normes daudit et de comptabilit et dencourager leur utilisation au niveau
mondial. Ces normes peuvent permettre de rendre les transactions internationales plus efficientes
et faciliter les oprations dinvestissement ainsi que la cotation des entreprises ltranger.
Malgr les diffrentes difficults dont, surtout, celle lie la diversit des approches de
177
Aitken, M. J. et Wise, T. D. (1984). The real objective of international accounting standards committee. The
International Journal of Accounting, 20 (1), 171-177.
178
Roussey, S. R. (1992). Developing international accounting and auditing standards for world markets. Journal of
International Accounting, Auditing & Taxation, 1(1), 1-11.
79
normalisation comptable retenues par les pays, ces finalits peuvent tre ralises long terme si
les diffrents acteurs intresss par ce programme travaillent en collaboration.
Alhashim et Arpan (1992) 179 pensent que le processus dharmonisation comptable
internationale permet, entre autres, de :
Fournir aux utilisateurs des rapports financiers comparables facilitant lvaluation de la
performance des entreprises locales et trangres;
Rduire le temps et les cots lis la conversion des tats financiers des filiales;
Faciliter lducation comptable et le transfert du personnel entre les diverses filiales dune
firme multinationale; et
viter les cots engags loccasion de la prparation des informations financires
supplmentaires exiges par les autorits boursires locales et faciliter, par consquent,
laccs des entreprises aux marchs financiers trangers.
Partant du lien troit entre les rgles comptables et lenvironnement dans lequel elles
sexercent, Haller et al. (1997)180 pensent que les changements conomiques et culturels auxquels
nous assistons depuis quelques annes ont fait natre le besoin dharmoniser les pratiques
comptables au niveau mondial. La communication des informations financires dimension
nationale gnre des difficults pour les entreprises multinationales et des problmes pour les
investisseurs internationaux.
Les firmes multinationales tablissent, gnralement, des comptes consolids selon les normes de
la socit mre et des comptes individuels pour chaque filiale sur la base des rgles locales,
essentiellement pour des fins fiscales. En outre, celles-ci doivent prparer une autre srie de
comptes consolids, dans le cas o elles sont cotes sur plusieurs marchs financiers. La diversit
comptable entre les pays entrane, ainsi, des cots normes pour la prparation, la prsentation et
aussi laudit des tats financiers des multinationales. Ces diffrents problmes peuvent tre
surmonts par lutilisation dun langage comptable commun au niveau mondial.
De mme, une information comptable comprhensible et comparable lchelle internationale est
de nature faciliter la tche aux investisseurs internationaux en leur permettant dvaluer
179
Alhashim, D. D., et Arpan, J. J. (1992). International dimensions of accounting. 3me dition, Pws-Kent
Publishing Company, Boston, les tats-Unis. Pages 48 et 49.
180
Haller, A., Raffournier, B. et Walton, P. (1997). Comptabilit internationale. Vuibert, Paris. Page 10.
80
correctement la performance des entreprises dorigine diffrente et de placer leur fonds, par la
suite, de faon rationnelle dans le monde entier.
Une autre motivation, daprs Haller et al. (1997)181, qui milite en faveur de
lharmonisation comptable internationale est la ncessit dunifier les conditions de la
concurrence entre les pays. Au fait, si un tat dispose dun systme comptable favorable, les
firmes installes dans dautres pays risquent dtre motives pour y transfrer leur sige social.
Selon Belkaoui (2002)182 lharmonisation comptable internationale prsente plusieurs
avantages. Primo, ce processus permet aux pays qui nont pas de rgles comptables adquates de
se doter dun ensemble de normes comptables reconnues lchelle internationale et dviter les
cots ncessaires pour la mise en place des systmes comptables. Secundo, la libralisation et la
diversit des changes entre les nations, surtout en termes dactivits de commerce international
et dinvestissement, ont rendu ncessaires lapplication et lutilisation des normes comptables
internationales. Celles-ci permettent de faciliter les transactions internationales et les dcisions
dallocation des ressources, et de rendre les marchs financiers internationaux plus efficients.
Tertio, le programme dharmonisation comptable internationale permet damliorer la
comparabilit des tats financiers au niveau international. Ces derniers vont tre faciles saisir et
utiliser partout dans le monde.
Plusieurs acteurs peuvent bnficier de lutilisation des rgles comptables harmonises au
niveau mondial183 : les investisseurs et les analystes financiers peuvent aisment valuer et
comparer la performance des entreprises dorigines diffrentes; ltablissement des comptes
consolids, la prparation des informations internes pour valuer la performance des filiales
localises dans diffrents pays et lexcution des autres oprations dinvestissement et de
contrle, peuvent tre simplifis pour les services comptables des firmes multinationales; les
pays, surtout ceux en dveloppement, peuvent comprendre et contrler les activits de ces
entreprises surtout lorsque les normes comptables internationales impliquent, dans certaines
situations, la divulgation des informations additionnelles, et les cabinets comptables
181
Haller, A., Raffournier, B. et Walton, P. (1997). Comptabilit internationale. Vuibert, Paris. Page 11.
Belkaoui, A. (2002). International accounting and economic development: the interaction of accounting,
economic, and social indicators. Quorum Books, Westport, London. Page 76.
183
Nobes, C. et Parker, R. (2006). Comparative international accounting. 9me dition, Pearson Education Limited,
Grande-Bretagne. Page 76.
182
81
internationaux peuvent amliorer la qualit de leurs diffrents services offerts aux clients
particulirement ceux internationaux.
Parmi les bienfaits de lutilisation dun langage comptable commun par tous les pays,
Choi et Meek (2008)184 ont cit :
Les investisseurs vont amliorer leurs processus de prise de dcision. Leurs portefeuilles
vont tre plus diversifis et leurs risques financiers vont tre rduits;
Les entreprises vont amliorer leurs processus de prise de dcision stratgique en matire
dacquisition et de fusion; et
Les techniques et les connaissances comptables vont tre partages par tous les pays et
toutes les entreprises.
De mme, Doupnik et Perera (2007)
185
par la diversit comptable internationale, notamment ceux lis laudit et ltablissement des
comptes consolids des entreprises multinationales, laccs de ces firmes aux marchs
financiers trangers, la comparaison de la performance et de la position financire des
entreprises de nationalits diffrentes, peuvent tre limits par ladoption des normes comptables
internationales.
Ces
dernires
peuvent,
galement,
contribuer
largement
faciliter
ltablissement des rapports comptables pour les firmes qui cherchent la cotation de leurs actions
ltranger, lvaluation des entreprises par les investisseurs, lamlioration de la qualit des
pratiques comptables au niveau international et le perfectionnement de la qualit de linformation
financire.
184
Choi, F. D. S., et Meek, G. K. (2008). International accounting. 6me dition, Pearson Prentice Hall, les tatsUnis. Page 284.
185
Doupnik, T. et Perera, H. (2007). International accounting. McGraw-Hill, Irwin, les tats-Unis. Pages 35, 36 et
76.
82
et
dvaluer
correctement
dinvestissement.
Grinyer et Russell (1992) 187 ont considr que lapplication des normes internationales
par tous les pays est un objectif trs difficile atteindre. Dune part, lIASB est un organisme
international priv qui na pas le pouvoir dimposer ses normes aucun pays et aucune
entreprise. Dautre part, mme les organismes nationaux de normalisation trouvent des difficults
pour imposer certaines exigences prvues par les normes comptables internationales surtout dans
le cas o ces exigences se trouvent en contradiction avec les intrts de certains groupes puissants
au sein des communauts financires nationales. Afin de prserver leurs intrts conomiques,
ces groupes peuvent exercer des pressions sur les normalisateurs comptables lors de leurs choix
des rgles et des pratiques appliquer dans leurs pays sans donner de limportance aux
consquences indsirables de leurs actions sur la qualit des tats financiers qui doivent en
186
Goeltz, R. K. (1991). International accounting harmonization: the impossible (and unnecessary?) dream.
Accounting Horizons, 5(1), 85-88.
187
Grinyer, J. R. et Russell, A. (1992). National impediments to international harmonization: evidence of lobbying in
the U. K. Journal of International Accounting, Auditing & Taxation, 1(1), 13-31.
83
principe fournir une image fidle et complte sur la performance et la position financire des
entreprises. A titre dillustration, les auteurs ont bien montr comment les managers et les
auditeurs, en Grande-Bretagne, ont exerc des influences sur lorgane de normalisation
comptable national pour ne pas appliquer les mthodes du traitement de Goodwill avances par
lIASB.
Lhtrognit des fonctions et des objectifs de la comptabilit financire entre les
nations constitue un vritable obstacle lharmonisation comptable internationale (Haller et al.,
1997188). Dans certains pays, le but principal des tats financiers est de fournir une information
financire utile la prise des dcisions aux diffrents acteurs des marchs financiers. Dans ce cas,
les firmes ont tendance appliquer les mthodes comptables qui accroissent leur rentabilit. Par
contre, dans dautres nations, la mission cruciale de la comptabilit est la dtermination des
bnfices servant au calcul des impts payer. Dans cette deuxime situation, les pratiques
comptables vont tre domines par le principe de la prudence et leur application vise
essentiellement minimiser la valeur du rsultat. Il est, donc, difficile dliminer ces diffrences
et dappliquer des normes comptables similaires dans des environnements diffrents.
Daprs Belkaoui (2002)189, plusieurs obstacles rendent difficile lutilisation des normes
comptables internationales. Dabord, les rgles comptables sont dveloppes, gnralement, pour
atteindre certains objectifs compatibles avec les systmes politiques, conomiques, culturels190 et
lgaux dune nation. Ces systmes qui diffrent dun pays lautre reprsentent une vritable
barrire pour les efforts dharmonisation comptable internationale. Puis, certains empchements
sont crs par les professionnels comptables nationaux travers la mise en place des rgles
obligeant la conformit aux principes locaux relatifs la comptabilit et lexercice de la
profession comptable. Ensuite, certains pensent que les initiatives dharmonisation comptable
internationale vont rencontrer beaucoup de rsistance de la part des pays dvelopps qui veulent
toujours garder leur mainmise sur les pratiques comptables internationales.
En plus de la diversit des pratiques comptables et des objectifs de la comptabilit
financire, le nationalisme constitue un vritable problme pour lharmonisation comptable
188
Haller, A., Raffournier, B. et Walton, P. (1997). Comptabilit internationale. Vuibert, Paris. Page 10.
Belkaoui, A. (2002). International accounting and economic development: the interaction of accounting,
economic, and social indicators. Quorum Books, Westport, London. Page 76.
190
Ding et al. (2005), titre indicatif, ont bien montr que les diffrences entre les normes comptables
internationales et celles nationales peuvent tre expliques, en partie, par les diversits culturelles entre les pays.
189
84
mondiale191. Ce facteur qui mane, auprs des gouvernements, des entreprises et mme des
professionnels comptables, peut tre lorigine du refus de la modification des systmes
comptables, tant donn que ces diffrentes parties peuvent considrer ladoption et lapplication
des normes comptables dveloppes dans dautres contextes comme une atteinte leur
souverainet. Ceux qui expriment cette opinion peuvent, donc, fortement rsister aux diffrentes
initiatives de lharmonisation comptable internationale et tre inconscients de lutilit de ce
programme.
Selon Choi et Meek (2008)192, lune des principales critiques adresses aux travaux de
lIASB est le fait que ses normes ont t conues principalement pour servir les besoins des
grands cabinets internationaux qui veulent largir leurs parts de march, des entreprises
multinationales et des investisseurs internationaux, et quelles ignorent, ainsi, les besoins des
petites et moyennes entreprises. Pour ces dernires, prparer et prsenter des tats financiers
conformment aux normes de lIASB constitue une tche coteuse et trs complexe.
Alhashim et Arpan (1992)193 ont montr que le progrs de la technologie comptable va
tre limit par ladoption de rgles harmonises. Utiliser des normes uniformes pour des
vnements conomiques raliss par des entits diffrentes va restreindre, entre autres,
lintervention des professionnels comptables pour exercer des jugements et exprimer des points
de vue. Leur rle va tre, ainsi, focalis essentiellement sur les oprations denregistrement et
leur contribution dans la rsolution des problmes et dans lamlioration des rgles et des
techniques appliques par les entreprises pour la prparation et la prsentation de leurs tats
financiers, sera rduite. La situation serait meilleure, selon ceux qui militent contre le processus
dharmonisation comptable internationale, en adoptant des rgles comptables flexibles qui varient
selon les circonstances des entreprises et des pays, en donnant plus de marge aux professionnels
comptables pour exposer leurs opinions et en optant pour une divulgation riche et dtaille.
191
Nobes, C. et Parker, R. (2006). Comparative international accounting. 9me dition, Pearson Education Limited,
Grande-Bretagne. Page 77.
192
Choi, F. D. S., et Meek, G. K. (2008). International accounting. 6me dition, Pearson Prentice Hall, les tatsUnis. Page 285.
193
Alhashim, D. D., et Arpan, J. J. (1992). International dimensions of accounting. 3me dition, Pws-Kent
Publishing Company, Boston, les tats-Unis. Page 50.
85
Parmi les arguments contre lutilisation des normes comptables communes partout de par
le monde, daprs Doupnik et Perera (2007)194, est le fait que les marchs financiers se
dveloppent sans avoir besoin forcment de lapplication dun langage comptable commun. La
loi du march pousse gnralement les entreprises divulguer toutes les informations ncessaires
pour lapprciation de leur performance financire et les sanctionne en cas de communication de
donnes non satisfaisantes.
Certains chercheurs ont mentionn que les normes comptables internationales
reprsentent un moyen pour servir les intrts des pays dvelopps et imposer leurs rgles
comptables dans le monde entier. Taylor (1987)195, en constatant que les principaux arguments
exposs par ceux qui supportent les travaux de lIASB, savoir le besoin de lharmonisation des
pratiques comptables au niveau mondial et la croissance des affaires internationales, sont
entachs de plusieurs faiblesses et sont en contradiction avec la structure et les activits de cet
organisme, a voulu chercher les motivations essentielles qui ont t lorigine de la cration
dun organisme international de normalisation comptable. Les influences anglo-saxonnes sur
lIASB qui se manifestent notamment par sa langue officielle qui est langlais, la localisation de
son sige qui est Londres et les origines de ses personnels et ses directeurs qui ont t
principalement anglo-saxons, ainsi que la nature des organismes qui lont fond et qui le
soutiennent, lui ont permis de conclure que cet organe a t cr dans lobjectif de servir les
intrts de la profession comptable anglo-saxonne. Cette profession peut profiter de divers
avantages de lapplication des normes comptables internationales, dont notamment :
La rduction des frais engags pour la formation des personnels afin de les adapter aux
diffrentes pratiques comptables locales; et
194
195
Doupnik, T. et Perera, H. (2007). International accounting. McGraw-Hill, Irwin, les tats-Unis. Page 77.
Taylor, S. L. (1987). International accounting standards: an alternative rationale. Abacus, 23(2), 157-171.
86
peut pas tre satisfaite par lapplication des normes dun organe comme lIASB qui a t fond
par la profession comptable anglo-saxonne et qui favorise ses intrts.
Rivera (1989) 196 a avanc que la structure de lIASC, son processus de normalisation et
ses normes comptables sont fortement influencs par les pays industrialiss, essentiellement les
tats-Unis et la Grande-Bretagne. Selon ce chercheur, depuis sa cration, cet organisme a tent
dadopter certaines pratiques et solutions dj pratiques dans les pays dvelopps et dviter
lmission des positions diffrentes de celles en application dans ces nations. En outre, malgr
son statut international, lIASC a favoris les besoins des pays dvelopps et a ignor ceux des
autres pays. Pareillement, Hoarau (1995)197 a mentionn que lharmonisation comptable
internationale concorde essentiellement avec le modle comptable anglo-saxon et nglige les
caractristiques conomiques, sociales et culturelles des autres systmes comptables. Cette
orientation, qui se manifeste notamment travers les objectifs des tats financiers qui visent en
premier lieu la communication dune information financire utile la prise de dcision et la
nature des utilisateurs privilgis qui sont les investisseurs boursiers, peut crer des problmes et
tre un obstacle pour lapplication mondiale des normes de lIASB, car elle ne tient pas compte
des finalits assignes la comptabilit financire dans dautres pays et de leurs utilisateurs
privilgis. Comme solution pour respecter les diverses exigences nationales, cet auteur a
propos le concept de reconnaissance mutuelle normative. Il sagit dune approche qui consiste
tablir des normes comptables internationales sans options et qui accordent aux entreprises de
chaque pays la possibilit de communiquer des tats financiers prpars, selon leurs normes
locales, sous rserve quelles prsentent, en annexes, une rconciliation avec les normes
comptables internationales. Cette mthode prsente lavantage de respecter les normes locales
tout en permettant la comparabilit des rapports financiers au niveau mondial, mais elle nest pas
196
Rivera, J. M. (1989). The internationalization of accounting standards: past problems and current prospects. The
International Journal of Accounting, 24, 320-341.
197
Hoarau, C. (1995). International accounting harmonization: American hegemony or mutual recognition with
benchmarks? The European Accounting Review, 4(2), 217-233.
87
exempte de certains inconvnients dont le risque daffecter la crdibilit dune entreprise suite
la publication de deux rsultats diffrents pour un mme exercice.
Depuis sa cration jusqu prsent, lutilisation des normes comptables de lIASB au
niveau mondial na pas fait lobjet de lunanimit. Certains considrent que lapplication des
IAS/IFRS est un choix indispensable la bonne ralisation des diffrentes oprations
internationales, particulirement celles du financement et dinvestissement. A loppos, dautres
pensent quil sagit dun programme difficile raliser, en raison de la diversit des objectifs
assigns la comptabilit et des besoins varis des utilisateurs de linformation financire.
Les changements actuels dans le paysage comptable international militent en faveur de ceux qui
sont pour lapplication dun langage comptable commun dans le monde entier et qui soutiennent
les actions de lIASB. Le nombre croissant des entreprises et des tats qui adoptent les IAS/IFRS
montre que le processus dharmonisation comptable international a franchi ses tapes les plus
difficiles avec succs et que lIASB est sur la bonne voie pour atteindre les objectifs de son
existence.
198
Belkaoui, A. (1988). The new environment in international accounting: issues and practices. Quorum Books,
Westport, London. Pages 179 et 180.
88
199
Cairns, D. (1990). Aid for the developing world. Accountancy, 105, 82-85.
Nobes, C. et Parker, R. (2006). Comparative international accounting. 9me dition, Pearson Education Limited,
Grande-Bretagne. Page 84.
200
89
Chamisa (2000)201 a prcis que ladoption des normes comptables internationales par
les pays en dveloppement va jouer un rle capital dans lattraction des capitaux trangers
ncessaires pour le financement des activits conomiques et industrielles. Trois principaux
moyens, selon cet auteur, peuvent permettre ces pays de trouver les capitaux trangers savoir
les aides provenant des autres gouvernements (i), les emprunts auprs des institutions
internationales comme la banque mondiale et le FMI (ii), et les investissements privs trangers
raliss essentiellement par les entreprises multinationales. Les normes de lIASC contribuent
largement trouver les fonds travers les voies (i) et (ii). Dune part, la banque mondiale et le
FMI insistent sur lutilisation des normes comptables internationales par les pays qui utilisent
leurs ressources financires et, dautre part, lapplication des normes de lIASC peut favoriser et
faciliter les activits dinvestissement tranger202.
Plusieurs autres chercheurs ont pens que lopposition des pays en dveloppement aux
normes de lIASB nest pas fonde sur des arguments solides et que la meilleure solution pour
ces pays, pour la rsolution de leurs problmes comptables, est leur engagement dans le
processus dharmonisation comptable internationale, vu la varit des avantages quil offre.
Mason (1976)203 pense que les pays en dveloppement gagneraient du temps et de largent en
adoptant les normes comptables internationales et leur rsistance au programme dharmonisation
comptable internationale nest pas justifie. Wolk et al. (1989)204 ainsi que Boivert et Maamar
(1991)205 ont affirm que ce programme est trs bnfique pour les pays en dveloppement du
fait quil les dote de normes et de principes comptables mieux labors et de meilleure qualit et
quil permet damliorer les pratiques comptables utilises par les entreprises.
Par ailleurs, ladoption des normes comptables de lIASB par les pays en dveloppement ne
prsente pas uniquement des bienfaits au niveau de leurs territoires, mais elle offre galement
plusieurs avantages lchelle internationale, notamment en permettant de renforcer leur
201
Chamisa, E. E. (2000). The relevance and observance of the IASC standards in developing countries and the
particular case of Zimbabwe. The International Journal of Accounting, 35(2), 267-286.
202
Les pays en dveloppement prfrent cette alternative pour trouver les capitaux trangers, car elle leur offre
plusieurs avantages dont le fait dviter le recours aux emprunts et le transfert des technologies et des comptences.
203
Cit par Samuels et Piper (1985), page 82.
204
Cit par Larson (1993), page 30.
205
Boisvert, H. et Maamar, K. (1991). La comptabilit dans les pays en voie de dveloppement. Cahier de recherche
91-11 (dcembre 1991), cole des Hautes tudes Commerciales, Montral.
90
intgration et leur comptitivit sur les marchs financiers internationaux, comme lont avanc
Peavy et Webster (1990)206.
2. Contre ladoption des normes de lIASB par les pays en dveloppement
La majorit des tudes qui sopposent ladoption des normes comptables de lIASB par
les pays en dveloppement insistent sur le fait que ces pays doivent tenir compte de leurs
caractristiques environnementales lors de la mise en place des systmes comptables et viter
ladoption des rgles et des pratiques dveloppes dans dautres contextes tel que celui des pays
dvelopps.
Samuels et Oliga (1982)207, en partant de la relation entre la comptabilit financire et son
environnement, ont conclu que les normes comptables internationales ne sont pas pertinentes
pour les pays en dveloppement. Ces normes ont t conues pour rpondre essentiellement aux
besoins des pays dvelopps qui sont caractriss notamment par lexistence des secteurs privs
larges et des marchs financiers dvelopps. Dans ces pays, la finalit primordiale de la
comptabilit financire est daider les diffrents utilisateurs, surtout ceux externes, dans leur
processus de prise de dcision. En revanche, dans les pays en dveloppement, la situation est
totalement diffrente. Lactivit conomique est gouverne principalement par le secteur public
et le rle essentiel de la comptabilit financire est la communication des donnes ncessaires
aux oprations de contrle et de planification menes par le gouvernement. Compte tenu de ces
diffrences, ces auteurs ont considr que lutilisation des normes comptables internationales par
les pays en dveloppement peut avoir des consquences nfastes et ont suggr que ces tats
doivent dvelopper des systmes comptables en harmonie avec leurs circonstances conomiques,
sociales et politiques, et qui sont utiles pour leurs prises de dcision.
De mme, plusieurs autres chercheurs, dont Fantl (1971)208, Enthoven (1977) 209, Briston
(1978)210, Amenkhienan (1986)211, et Perera (1989b)212, ont partag avec Samuels et Oliga
206
Peavy, D. E. et Webster, S. K. (1990). Is gaap the gap to international market? Management Accounting, 72, 31-
35.
207
91
(1982)213 lide que les pays en dveloppement doivent utiliser des normes comptables qui
rpondent essentiellement aux besoins de leur environnement et dviter le recours aux solutions
importes pour la rsolution de leurs problmes comptables. Fantl (1971)214 a avanc que les
diffrences environnementales entre les pays dvelopps et ceux en dveloppement impliquent
lexistence de besoins divers et, par consquent, lutilisation de rgles et de pratiques comptables
diffrentes. De plus, il a affirm que la mise en place dun langage comptable commun au niveau
mondial qui rpond aux besoins des diffrents tats de faon quitable est une mission
irralisable. Briston (1978)215, galement, a prcis que la meilleure stratgie pour les pays en
dveloppement est la mise en place des systmes comptables qui tiennent compte de leurs
circonstances politiques, sociales, conomiques et culturelles et que leur dcision dadopter les
normes comptables de lIASC ne constitue pas le bon choix.
Malgr la prsence de plusieurs pays en dveloppement dans les travaux de lIASB, leur
intrt est loin dtre au centre de proccupation de cet organisme. Ce dernier a tendance
satisfaire en premier lieu les besoins des pays dvelopps, principalement Les tats-Unis et la
Grande-Bretagne qui exercent une influence notable sur son processus dharmonisation
comptable216. Une valuation des efforts dharmonisation de lIASC par Nair et Frank (1981)217,
durant la priode 1973-1979, leur a permis de constater que huit des dix normes tablies
correspondent celles en application aux tats-Unis et de conclure que les pratiques comptables
amricaines constituent la rfrence essentielle pour la prparation des normes comptables
internationales. Ainsi, et tant donn linfluence des Anglo-amricains sur lorientation des
travaux de lIASB, plusieurs chercheurs pensent que les normes comptables internationales ne
sont pas pertinentes pour les pays en dveloppement et sopposent fortement leur adoption.
210
Briston, R. J. (1978). The evolution of accounting in developing countries. The International Journal of
Accounting, 13(1), 105-120.
211
Amenkhienan, F. E. (1986). Accounting in developing countries: a framework for standard setting. Ann Arbor,
Michigan, UMI Research Press (Cit par Larson et Kenny, 1995).
212
Perera, M. H. B. (1989b). Towards a framework to analyze the impact of culture on accounting. The International
Journal of Accounting, 24 (1), 42-56.
213
Samuels, J. M. et Oliga, J. C. (1982). Accounting standards in developing countries. International Journal of
Accounting, 18(1), 68-88.
214
Fantl, I. L. (1971). The case against international uniformity. Management Accounting, 52(11), 13-16.
215
Briston, R. J. (1978). The evolution of accounting in developing countries. The International Journal of
Accounting, 13(1), 105-120.
216
McComb, D. (1979). The international harmonization of accounting: a cultural dimension. The International
Journal of Accounting, 14, 1-16.
217
Nair, R. D. et Frank, W. G. (1981). The harmonization of international accounting standards, 1973-1979. The
International Journal of Accounting, 61-77.
92
Perera (1989)218, en comparant les dimensions culturelles des pays en dveloppement par rapport
ceux faisant partie du modle anglo-saxon, a constat la prsence des diffrences normes entre
les deux groupes. De telles diffrences, selon lui, entravent le bon fonctionnement des
technologies transfres et justifient la non-pertinence des normes de lIASB pour les pays en
dveloppement.
Des normes comptables qui nont pas t dveloppes dans loptique des besoins
particuliers des pays en dveloppement peuvent causer des problmes divers et contenir des
sections qui ne prsentent aucun intrt ces pays. Belkaoui (1994)219 a montr que certaines
transactions traites par les normes comptables internationales concernent essentiellement les
pays dvelopps et ont peu de chance de se produire dans le contexte des pays en dveloppement.
Nobes et Parker (2006)220 ont affirm que la complexit des normes tablies par lIASB ainsi que
leurs exigences en matire de divulgation peuvent entraner des frais qui dpassent les avantages
attendus de leur utilisation dans les pays en dveloppement.
Hove (1990)221, a conclu que lIAS 24 relative aux informations concernant les parties
lies est inutile pour les besoins des pays en dveloppement. Lide de ltablissement de cette
norme tait essentiellement de fournir ces pays les informations ncessaires pour valuer et
contrler les transactions ralises par les entreprises multinationales. Celles-ci appliquent
gnralement des techniques et des mthodes varies pour chapper aux diffrents contrles et
pour maximiser leur rentabilit en tentant notamment de rduire le montant des impts et des
taxes payer. Cet auteur, en suivant les diffrentes sections incluses dans la norme comptable
internationale 24, a constat que cette norme, en favorisant les intrts des entreprises
multinationales et des pays dvelopps, reprsente un exemple qui illustre la domination des
travaux de lIASB par ces groupes et la ngligence des besoins des pays en dveloppement lors
de la mise en place de normes comptables internationales.
218
Perera, M. H. B. (1989b). Towards a framework to analyze the impact of culture on accounting. The International
Journal of Accounting, 24 (1), 42-56.
219
Belkaoui, A. (1994). Accounting in developing countries. Quorum Books, Westport, London. Page 37.
220
Nobes, C. et Parker, R. (2006). Comparative international accounting. 9me dition, Pearson Education Limited,
Grande-Bretagne. Page 84.
221
Hove, M. R. (1989). The inappropriateness of international accounting standards in less developed countries: the
case of international accounting standard number 24-related party disclosures-concerning transfer prices. The
International Journal of Accounting, 24, 165-179.
93
Comme la indiqu Gray (1989) 222, ltude de la question relative la pertinence des
normes de lIASB dans les pays en dveloppement est dune importance capitale. Elle permet
notamment de savoir si ces normes correspondent bien aux besoins de ces pays et de se
prononcer sur leur contribution dans lamlioration des situations conomiques de ces tats.
Certes, les tudes prcites ont contribu enrichir le dbat relatif la pertinence des
normes de lIASB pour les pays en dveloppement. Cependant, leur principale faiblesse est le fait
dmettre des arguments essentiellement thoriques. Seuls les travaux empiriques, notre sens,
peuvent permettre de trancher entre ceux qui soutiennent ladoption des normes comptables
internationales par les pays en dveloppement et ceux qui sy opposent, et dvaluer les effets de
lapplication des IAS/IFRS sur les diffrents aspects sensibles aux changements des rgles et des
pratiques comptables.
222
Gray, S. J. (1989). International accounting research: the global challenge. The International Journal of
Accounting, 24, 291-307.
94
Conclusion
Pour mettre en place leurs systmes comptables, les pays en dveloppement ont eu
recours des stratgies diverses. Bases essentiellement sur les expriences trangres en la
matire, surtout celles des pays dvelopps, ces approches ont t marques par plusieurs
dfaillances et nont pas abouti la production dune information financire utile la prise de
dcision des diffrents concerns par les positions conomiques et financires des entreprises.
Cette situation, qualifie de critique par certains chercheurs, a t lencontre des diffrentes
actions employes par les pays en dveloppement pour amliorer leurs situations conomiques et
sociales, en limitant notamment le dveloppement des investissements nationaux et trangers.
Ces dernires annes, plusieurs pays en dveloppement ont dcid de sengager dans le
processus dharmonisation comptable internationale en adoptant les IAS/IFRS. A linstar de
lapplication de ces standards au niveau mondial, leur utilisation par les pays en dveloppement
na pas fait lobjet de lunanimit. Lexamen de la littrature comptable nous a permis didentifier
lexistence de deux coles de pense : une premire considre que les normes de lIASB sont
pertinentes pour ces pays et une deuxime, au contraire, estime, en insistant sur la ncessit
dtablir des systmes comptables qui rpondent aux caractristiques environnementales dun
pays et aux besoins spcifiques de ses utilisateurs, que ces normes ny sont pas utiles et leur
application peut engendrer des consquences nfastes. Malgr leur contribution certaine et
importante dans le dbat relatif lutilit des normes comptables internationales pour les pays en
dveloppement, la majorit des arguments mis par les adeptes de ces coles sont essentiellement
thoriques.
Avec le nombre croissant des pays en dveloppement qui convergent leurs systmes comptables
vers les normes de lIASB, la ralisation des tudes empiriques portant sur les effets de cette
stratgie et de ses consquences conomiques sur les domaines sensibles au changement des
rgles et des mthodes comptables est une tche dactualit et dimportance capitale. Elle permet
de se prononcer sur le dbat relatif la pertinence des IAS/IFRS pour les pays en dveloppement
et sur la contribution de ces standards dans lamlioration de la qualit de linformation
financire communique par les socits exerant dans ces tats.
95
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98
99
100
CHAPITRE III:
LES CONSQUENCES CONOMIQUES
DE LADOPTION DES NORMES COMPTABLES
INTERNATIONALES
101
Introduction
Pour des raisons multiples, les pays en dveloppement ont procd ladoption des
normes comptables internationales dans leurs propres lgislations comptables. Les impacts de
cette dcision mritent lanalyse et lvaluation. Celles-ci prsentent de lintrt pour les pays
concerns, les investisseurs internationaux, lIASB et pour plusieurs organismes internationaux
qui sont pour lapplication des IAS/IFRS lchelle mondiale.
Au niveau de la littrature comptable, il a t largement admis que les changements des rgles et
des mthodes comptables ont gnralement des consquences notamment sur les situations des
entreprises, sur les dcisions des dirigeants et sur les comportements des investisseurs. Selon ce
raisonnement, lutilisation des normes comptables internationales dans le contexte des pays en
dveloppement pourrait avoir des effets sur les diffrents aspects sensibles aux modifications des
systmes comptables.
Examiner toutes les consquences ventuelles de la stratgie dadoption des IAS/IFRS par les
pays en dveloppement est un but difficile atteindre pour plusieurs raisons, dont la difficult de
quantifier les impacts de ce choix sur certaines variables et labsence parfois de fondements
thoriques permettant dtablir le rapport entre les variations observes sur certains lments et
ladoption des normes comptables de lIASB. La meilleure dmarche serait didentifier, avant
toute analyse empirique, les domaines sur lesquels les normes comptables internationales ont plus
de chance de produire des effets.
Comme nous lavons mentionn prcdemment, pour justifier ltude des effets des normes
comptables internationales dans le contexte des pays en dveloppement, nous avons eu recours
lensemble des travaux mettant en exergue les consquences conomiques de lapplication des
nouvelles normes comptables (Section I). Afin de localiser les lments sur lesquels les
IAS/IFRS pourraient avoir des impacts, nous avons procd ltude de la philosophie et de la
nature de ces standards (Section II). La tendance de lIASB servir en premier lieu les diffrents
acteurs oprant sur les marchs financiers nous a motivs pour exposer le lien entre linformation
financire et le fonctionnement dun march financier (Section III).
102
223
Someya, K. (1993). Accounting standard selection and its socio-economic consequences. The International
Journal of Accounting, 28, 93-103.
224
Selon Scott (2003), le concept consquences conomiques, pour les entreprises, affirme leffet des normes, des
politiques et des choix comptables sur la valeur de la firme.
225
Zeff, S. A. (1978). The rise of economic consequences. The Journal of Accountancy, 56-63.
226
Wyatt, A. (1977). The economic impact of financial accounting standards. Journal of Accountancy, 92-94.
103
Rappaport, A. (1977). Economic impact of accounting standards-implications for the FASB. Journal of
Accountancy, 89-98.
228
Les employs peuvent utiliser les tats financiers pour ngocier notamment leurs conditions du travail. Les
concurrents, les clients et les fournisseurs peuvent se servir des rapports comptables pour la rvision et la dfinition
de leurs stratgies. Le gouvernement peut utiliser les donnes comptables des entreprises pour la mise en place des
politiques macroconomiques.
229
Ivancevich, D. M., Ivancevich, S. et Cocoo, A. (1996). Improving students understanding of the importance of
economic consequences in standard setting: a computerized spreadsheet tool. Journal of Education for Business,
72(2), 107-111.
104
distribution des dividendes, sur les activits dinvestissement et de financement, ainsi que sur la
structure de capital.
Dans son tude, Brown (1990)230 a soulign que parmi les principales consquences de
lapplication des normes comptables figurent leurs cots et leurs avantages conomiques pour les
diffrentes parties intresses. Comme exemples des cots, il a cit, en ce qui concerne les
prparateurs, ceux lis la collecte, lanalyse et la comprhension des informations exiges
par les nouvelles normes, laudit des tats financiers et la divulgation de ces informations aux
publics. Parmi les avantages conomiques, il a avanc notamment les suivants :
-
Amliorer la qualit linformation financire et accrotre son utilit pour les diffrents
utilisateurs;
Beaver (1981)231, en mentionnant lutilit de tenir compte des effets potentiels des
standards comptables dans les processus de normalisation comptable, a procd lnumration
des consquences conomiques suivantes qui peuvent tre causes par lapplication des normes
comptables :
i- La distribution de la richesse : les normes comptables peuvent affecter la distribution de la
richesse entre les investisseurs. Laccs privilgi aux informations peut permettre certains
investisseurs daccrotre leurs richesses et de tirer profit de lexistence des problmes lis
lasymtrie dinformation. La prsence dune telle situation motive gnralement les
normalisateurs rglementer la publication des informations afin dassurer une certaine quit
entre les diffrents utilisateurs et une meilleure distribution de la richesse;
230
Brown, V. H. (1990). Accounting standards: their economic and social consequences (commentary). Accounting
Horizons.
231
Beaver, W. H. 1981. Financial reporting: an accounting revolution. Prentice-Hall, INC, The les tats-Unis.
Pages 50 et 51.
105
106
La distribution de la richesse
Lutilisation des ressources employes par le secteur priv pour la recherche des
informations non-divulgues
232
Beaver, W. H. (1973). What should be the FASBs objectives? The Journal of Accountancy.
May, R. G. et Sundem, G. L. (1976). Research for accounting policy: an overview. The Accounting Review.
234
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233
107
Scott (2003)235 a prcis que lutilit la prise de dcision ainsi que la rduction de
lasymtrie dinformation sont deux critres fondamentaux qui conditionnent la bonne
application des normes comptables, mais ils sont insuffisants pour latteinte des objectifs fixs
par les normalisateurs. Ces derniers doivent intgrer dans leurs activits, en plus des autres
critres et tches, lvaluation des consquences conomiques potentielles qui peuvent survenir
suite limposition des nouvelles rgles et pratiques comptables sur les politiques des entreprises,
sur les dcisions des managers et sur le comportement des investisseurs.
Dans plusieurs pays, lexamen de limpact des nouvelles normes comptables a t au centre des
proccupations des normalisateurs. Aux tats-Unis et ds 1960, la question relative aux
consquences conomiques a t voque avant lapplication de plusieurs standards, dont ceux se
rattachant aux frais de recherche et de dveloppement, aux oprations en monnaies trangres, et
au crdit-bail236. De plus, le FASB a t amen, dans plusieurs circonstances, liminer certains
projets ou suspendre certaines normes afin dviter leurs consquences ngatives sur lactivit
des socits et sur le monde des affaires. Au Japon, selon, Someya (1992)237, le gouvernement a
dcid dintervenir et de changer, plusieurs fois, des rgles et des techniques comptables afin
dviter certains problmes qui peuvent mettre les socits dans des difficults. En 1990, par
exemple, et suite laugmentation des prix de ptrole due lintervention militaire de lIrak dans
le territoire koweitien, le gouvernement japonais a autoris les entreprises importatrices du
ptrole appliquer la mthode Last In First Out dans le but dviter les rpercussions ngatives
de cet vnement sur leurs activits.
Certes, la prise en considration des consquences conomiques est une tche qui prsente
plusieurs bienfaits, mais elle est un peu difficile raliser surtout dans certaines circonstances,
comme la mentionn Collett (1995)238. Au fait, il est difficile, parfois, de dterminer et de
quantifier les effets ventuels de certaines normes comptables et danticiper et dvaluer les
actions et les comportements des utilisateurs de linformation financire. De plus, le fait de tenir
compte des effets probables de standards comptables sur le comportement des diffrents agents
conomiques peut crer des problmes pour les normalisateurs qui doivent mettre en place des
235
Scott, W. R. (2003). Financial accounting theory. 3me dition, Prentice-Hall, Inc., les tats-Unis. Pages 466, 467,
468 et 469.
236
Zeff, S. A. (1978). The rise of economic consequences. The Journal of Accountancy, 56-63.
237
Someya, K. (1993). Accounting standard selection and its socio-economic consequences. The International
Journal of Accounting, 28, 93-103.
238
Collett, P. (1995). Standards setting and economic consequences: an ethical issue. Abacus, 31 (1), 18-30.
108
239
Zeff, S. A. (1978). The rise of economic consequences. The Journal of Accountancy, 56-63.
Brown, V. H. (1990). Accounting standards: their economic and social consequences (commentary). Accounting
Horizons.
241
Imhoff, E. A. et Thomas, J. K. (1988). Economic consequences of accounting standards: the lease disclosure rule
change. Journal of Accounting and Economics, 10, 277-310.
242
Avant lentre en vigueur de cette norme, la capitalisation des actifs financs par un crdit-bail a t optionnelle.
Cependant, les entreprises ont t tenues de figurer une note aux tats financiers au cas o elles ont eu recours ce
mode de financement.
243
Nainar, K. S. M. et Odaiyappa, R. (1992). Economic consequences of SFAS 33-An insider-trading perspective.
The Accounting Review, 67 (3), 599-609.
240
109
entreprises. Ils ont pu conclure que cette norme a largement affect le processus dcisionnel de
ces acteurs et leurs politiques dachat et de vente des actions. Mme avant lapplication du SFAS
33 et en anticipant son effet ngatif sur le rsultat de leurs entreprises, ces directeurs ont tent de
vendre leurs actions avant lutilisation des rgles imposant aux comptables de prendre en
considration les effets de linflation sur les diffrents lments des tats financiers.
110
244
Nlke, A. et Perry, J. (2006). The political economy of international accounting standards. Review of
International Political Economy, 13 (4), 559-586.
245
Gornik-Tomaszewski, S. et McCarthy, I. N. (2003). Cooperation between FASB and IASB to achieve
convergence of accounting standards. Review of Business, 24 (2), 52-59.
246
En 1997, le FASB et lIASB ont adopt une mme norme rglementant le traitement comptable du bnfice par
action.
247
Pacter, P. (2003). Convergence of IFRS and U. S. GAAP. The CPA Journal, 73 (3), 67.
248
Hughes, S. B. et Sander, J. F. (2007). A U. S managers guide to differences between IFRS and U. S. GAAP.
Management Accounting Quarterly, 8 (4), 1-8.
111
Adhikari et Betancourt (2008)249 ont signal la forte relation entre le FASB (lorganisme
amricain de normalisation) et lIASB et ont mis en exergue la volont de ces deux organismes
de normalisation comptable de converger leurs normes comptables et de coordonner leurs
programmes et leurs activits. Ils ont prcis que ces deux organismes, dans lobjectif de ne pas
favoriser la position dune firme qui applique les normes comptables amricaines par rapport
une autre qui prpare ses comptes annuels selon les IFRS, ont commenc par ladoption des
solutions comptables similaires pour les domaines comptables qui ne prsentent pas des
controverses250 et ils sont actuellement en train de chercher des consensus sur le traitement
comptable de certaines oprations un peu compliques telle que celle concernant la
comptabilisation et lvaluation des instruments financiers.
Shaughnessy et Street (1998)251, en suivant lvolution des activits de lIASB et en comparant
ses normes avec les rgles comptables utilises aux tats-Unis, en Grande-Bretagne, au Canada
et en Australie, depuis sa cration en 1973 jusqu 1997, ont bien expos la contribution
importante des Anglo-saxons dans les travaux de lIASB et ont bien montr la tendance de cet
organisme mettre en place des normes comparables celles adoptes par certains organismes
anglo-saxons reconnus au niveau international. Ce choix sest manifest, entre autres, par la
dcision de lIASC dappliquer une nouvelle philosophie, en 1990, base sur la coopration avec
les pays anglo-saxons et sur sa participation dans les travaux du groupe G4+1252" et il a t
couronn par la production de plusieurs IAS en harmonie avec les rgles comptables anglosaxonnes.
249
Adhikari, A. et Betancourt, L. (2008). Accounting for securitizations: a comparison of SFAS 140 and IASB 39.
Journal of International Financial Management and Accounting, 19 (1), 73-105.
250
Daprs Gornik-Tomaszewski (2003), lIASB et le FASB, suite une runion qui a eu lieu en 2002, ont dcid de
rviser leurs normes comptables et dadopter des traitements similaires pour les mmes oprations. Dans ce cadre,
lIASB a discut, en 2003, les diffrences entre lIAS 12 et le SFAS 109 relatifs la comptabilisation des impts sur
les bnfices et a essay de prendre les mesures ncessaires pour assurer la convergence entre ces deux normes.
251
Shaughnessy, K. A. et Street, D. L. (1998). The quest for international accounting harmonization: a review of the
standard setting agendas of the IASC, US, UK, and Australia, 1973-1997. The International Journal of Accounting,
32 (2), 179-209.
252
Selon Gornik-Tomaszewski et McCarthy (2003), ce groupe, qui a commenc ses activits en 1994, comprend
lIASC et les organismes nationaux de normalisation comptables du Canada, de lAustralie, des tats-Unis, de la
Grande-Bretagne et de la nouvelle Zlande (4 organismes nationaux). Depuis sa cration jusqu janvier 2001 (date
de sa dissolution), cet organisme international a conduit des travaux dans le but de formuler et de publier des
positions sur des problmes comptables.
112
McGregor, W. (1999). An insiders view of the current state and future direction of international accounting
standard setting. Accounting Horizons, 13 (2), 159-168.
254
Zeff, S. A. (2002). Political lobbying on proposed standards: a challenge to the IASB. Accounting Horizons, 16
(1), 43-54.
255
McGregor, W. et Street, D. L. (2007). IASB and FASB face challenges in pursuit of joint conceptual framework.
Journal of International Financial Management and Accounting, 18 (1), 39-51.
256
Gray, S. J. et Street, D. L. (1999). How wide is the gap between IASC and U. S. GAAP? Impact of the IASC
comparability project and recent international developments. Journal of International Accounting, Auditing &
Taxation, 8 (1), 133-164.
113
ont procd lvaluation de la conformit de ces entreprises aux traitements prvus par les
normes de lIASC. Ils ont montr que des diffrences significatives entre les normes amricaines
et celles internationales ont t rduites et des progrs considrables ont t raliss par lIASC et
le FASB pour converger leurs travaux. Aussi bien le FASB que lIASC ont t derrire la mise en
place dun programme de travail visant llimination des divergences significatives en matire de
prparation et de prsentation des tats financiers, selon les auteurs. Dune part, afin de chercher
lacceptation de ses normes par lOICV, lIASC a mis laccent sur la convergence de ses normes
vers les standards amricains. Ce choix est motiv essentiellement par la ncessit de trouver la
satisfaction et lappui de la SEC qui a une influence notable sur les activits et les dcisions de
lOICV. Dautre part, le FASB a dcid de sengager dans le processus de normalisation
comptable internationale et de cooprer avec lIASC, vu le rle crucial qui peut tre jou par les
IAS dans lamlioration de la comparabilit de linformation financire lchelle mondiale,
dans la rduction des cots lis ltablissement, la vrification et linterprtation des tats
financiers et dans lamlioration de lefficience des marchs financiers.
Sur la base des tudes prcites, il est tout fait logique de conclure que lIASB est
fortement influenc par les Anglo-saxons au niveau de sa structure, son processus de
normalisation et ses normes comptables, et il peut-tre considr, par consquent, comme un
organisme international qui partage, avec les autres pays faisant partie du modle comptable
anglo-amricain, leur approche et leur philosophie de normalisation comptable, et qui reprsente,
ainsi, un moyen pour diffuser la comptabilit anglo-saxonne dans le monde entier 257.
Une analyse comparative de la nature de lorganisme de normalisation, de lexistence dun cadre
conceptuel pour la prparation des normes comptables, de lutilisateur privilgi de linformation
financire, de la relation entre comptabilit et fiscalit, des principes comptables qui dominent
ltablissement des comptes annuels, entre les tats-Unis (modle comptable anglo-saxon), la
France (modle comptable continental), et lIASB, montre que ce dernier fait bien partie du
groupe comptable anglo-amricain (voir tableau 3.1). Ses normes comptables sont tablies par un
organisme priv, ses travaux sont bass sur un cadre thorique, les investisseurs constituent les
principaux utilisateurs des tats financiers, le choix des rgles et des mthodes comptables est
257
Capron, M. (2006). Les normes comptables internationales, instruments du capitalisme financier. Management &
Sciences Sociales, 68, 115-129.
114
indpendant des considrations fiscales, et la juste reprsentation ainsi que limage fidle
reprsentent les principes comptables qui dominent la prparation des comptes annuels.
A la diffrence des pays placs dans le modle continental o les rapports annuels sont orients
en premier lieu, vers la satisfaction des besoins de ltat et la protection des cranciers, les
membres du modle anglo-amricain ainsi que lIASB ont opt pour une approche fonde sur
ltablissement des systmes comptables permettant la production dune information financire
de qualit et utile la prise de dcision, et ont considr les investisseurs, dont ceux qui
interviennent sur les marchs boursiers, comme les utilisateurs privilgis des tats financiers 258.
Cette approche dcisionnelle259 dans laquelle linformation financire occupe une place centrale
vise offrir aux investisseurs les renseignements ncessaires pour bien valuer les situations
conomiques des entreprises et pour placer, par consquent, leurs capitaux dans les opportunits
dinvestissement avantageuses. OConnell (2007)260 a t lun des chercheurs ayant soulign la
tendance de lIASB privilgier cette approche. Tout en distinguant entre les deux principaux
objectifs des rapports comptables, savoir le contrle et lvaluation des performances et des
actions des dirigeants et la communication dune information financire utile la prise de
dcision, cet auteur a mis en exergue le choix de lIASB dopter pour une stratgie oriente en
premier lieu vers la communication des donnes comptables et financires permettant aux
diffrents utilisateurs, surtout ceux externes, de prendre les bonnes dcisions.
Par ailleurs, pour assurer la russite et le bon fonctionnement de ce processus, les Angloamricains et lIASB ont procd ladoption dun cadre conceptuel dans lequel ils ont dfini
dune manire explicite, entre autres, les objectifs de la comptabilit financire, les utilisateurs
privilgis et les caractristiques qui doivent tre vrifies par linformation financire afin
quelle puisse jouer pleinement son rle261.
258
Hoarau, C. et Naciri, A. (2001). A comparative analysis of American and French financial reporting philosophies:
the case for international accounting standards. Advances in International Accounting, 14, 229-247.
259
Damant, D. (2006). Discussion of International Financial Reporting Standards (IFRS): pros and cons for
investors. Accounting and Business, Research, International Accounting Policy Forum, 29-30.
260
OConnell, V. (2007). Reflections on stewardship reporting. Accounting Horizons, 21(2), 215-227.
261
American accounting Association. (2007). The FASBs conceptual Framework for financial reporting: a critical
analysis. Accounting Horizons, 21(2), 229-238.
115
Les tats-Unis
LIASB
Organe public
Organe priv
Organe priv
Non
Oui
Oui
Les investisseurs
Les investisseurs
Relation rciproque
Indpendance
Indpendance
Prudence
Juste reprsentation,
image fidle
Juste reprsentation,
image fidle
Nature de lorganisme de
normalisation
Existence dun cadre
conceptuel
Pour plusieurs raisons dont principalement linfluence exerce par les organes de
normalisation comptable amricaine sur les efforts dharmonisation comptable internationale,
lIASB a produit, depuis sa cration, des standards comptables qui prsentent plusieurs
similarits par rapport ceux en application dans les pays anglo-saxons. Tous les travaux de
recherche exposs dans cette section ont mentionn ce choix et donn des explications.
A la diffrence des organismes adhrents au modle comptable continental et linstar des
Anglo-saxons, lIASB a opt pour une stratgie fonde sur ltablissement de normes comptables
permettant la production dune information financire utile la prise de dcision et a considr
(et considre) les investisseurs, surtout ceux qui interviennent sur les marchs financiers, comme
les utilisateurs privilgis des tats financiers. Lobjectif primordial de ces documents est de
communiquer les renseignements ncessaires pour valuer les situations conomiques des
entreprises et pour orienter, par consquent, les capitaux vers les projets avantageux.
Cette tendance des normes comptables internationales favoriser et servir en premier lieu les
diffrents acteurs oprant sur les marchs financiers nous incite examiner les consquences de
lapplication de ces standards sur les marchs financiers localiss dans les pays en dveloppement
(marchs financiers mergents)262. Nanmoins, avant de mener une telle analyse, qui est lobjectif
262
Comme la fait Chamisa (2000), nous allons utiliser, dans le prsent travail, le concept marchs financiers
mergents pour dsigner les marchs financiers localiss dans les pays en dveloppement.
116
263
Belletante, B. (1992). La Bourse : son fonctionnement et son rle dans la vie conomique. Collection J. Brmond,
Hatier, Paris. Page 169.
117
ii-
iii-
Reprsentant une partie importante du march de capitaux, le march financier est compos
dun march primaire et dun march secondaire. Au niveau du premier seffectue la rencontre
entre ceux qui ont un besoin de financement 264 et ceux qui ont une capacit de financement
(individus et entreprises265). Cependant, sur le march secondaire, il y a rencontre entre des
propritaires des titres dj mis au niveau du march primaire et dacqureurs dsirant acheter
ces mmes titres.
264
Nous citons, titre indicatif, ltat et ses administrations pour couvrir notamment leur dficit budgtaire, les
entreprises prives pour raliser des investissements et pour dvelopper leurs activits, les entreprises publiques et
les banques ainsi que les intermdiaires financiers qui ont besoin de capitaux pour leur propre croissance et pour
rpondre aux besoins des entreprises et mme de ltat.
265
Loffre de capitaux provient essentiellement de lpargne (la partie du revenu non consomme). Les agents
conomiques qui ont pu conserver une partie de leur revenu sous forme dpargne peuvent soit raliser des
investissements matriels en achetant des biens, soit faire des investissements financiers en acqurant des
placements. Dans le cas o ils optent pour le placement de leurs pargnes, ces acteurs peuvent le faire directement
auprs des entreprises ayant un besoin de capitaux ou bien indirectement travers les intermdiaires financiers.
118
pargne
place
Placement
Banques et autres
organismes financiers
Prts
Placement
March primaire
Besoins de
financement
266
Belletante, B. (1992). La Bourse : son fonctionnement et son rle dans la vie conomique. Collection J. Brmond,
Hatier, Paris. Page 173.
119
Lexamen des avantages de la mise en place dun march financier dans une conomie a
suscit lintrt de plusieurs chercheurs. En se rfrant aux travaux de Van Agtmael (1984) 267 et
Sudweeks (1989)268, nous avons pu dgager, entre autres, les avantages suivants :
i-
peut
consquent, augmenter.
iii-
Allocation effective des investissements : Un march financier bien tabli pousse les
entreprises tre comptitives afin de trouver les financements ncessaires de leurs
activits et rend les oprations dinvestissement plus efficientes. Toute mauvaise
dcision prise par les dirigeants dune entreprise affecte certainement son image
auprs des investisseurs et a des rpercussions sur son cours boursier. Ainsi, le march
financier, en fournissant des outils pour lvaluation des actions des dirigeants et des
267
268
Van Agtmeal, A. W. (1984). Emerging securities markets. Euromoney Publications Limited, London. Page 5.
Sudweeks, B. L. (1989). Equity market development in developing countries. Praeger publishers, New York. Page
37.
269
Les mnages ont, par exemple, le choix entre le placement de leur pargne dans une banque et son utilisation pour
lacquisition dactions sur le march financier.
120
v-
Solvabilit du secteur priv : Au sein des conomies qui ne sont pas dotes des
marchs financiers, les entreprises recourent gnralement aux dettes bancaires pour
le financement de leurs projets et leurs diffrentes oprations mmes celles lies aux
activits dexploitation courantes. Une telle politique peut augmenter le ratio
dendettement dune entreprise, affecter ngativement sa sant financire et rend, par
consquent, ses activits fortement risques.
vi-
vii-
121
viii-
Attraction des firmes trangres : Le dveloppement dun march financier peut tre
lorigine de la cotation de certaines firmes trangres cherchant les fonds ncessaires
leur croissance. Avec la prolifration de la prsence de ces entreprises sur les places
boursires nationales, les investisseurs vont avoir plus dalternatives incluant des
opportunits ayant des rendements levs.
Arguments macro-conomiques
Arguments sociaux
- Amlioration de lefficacit et la
- Mobilisation de lpargne.
- Dconcentration de la proprit.
Arguments micro-conomiques
des entreprises.
270
Van Agtmeal, A. W. (1984). Emerging securities markets. Euromoney Publications Limited, London. Page 5.
122
ii-
iii-
271
272
Van Agtmeal, A. W. (1984). Emerging securities markets. Euromoney Publications Limited, London. Page 43.
Sudweeks, B. L. (1989). Equity market development in developing countries. Praeger publishers, New York. Page
49.
123
Une offre suffisante des actions : Le fait davoir un nombre relativement considrable
dactions cotes en Bourse reprsente un facteur dterminant pour le dveloppement
dun march financier. Ce facteur dpend, notamment, de la taille dune conomie, du
niveau du dveloppement dun pays, de lattitude des propritaires dentreprises
lgard de louverture du capital social au public et aussi de lexistence dun besoin de
capitaux additionnels chez les entreprises.
v-
vi-
vii-
viii-
124
la ralit des entreprises et dassister, par consquent, les diffrents intervenants sur le
march financier dans leur processus dcisionnel.
ix-
Des normes daudit comptable bien labores : Laudit des tats financiers par un
professionnel indpendant et comptent constitue une bonne garantie de la sincrit et
la rgularit des tats financiers pour les diffrents utilisateurs de ces documents. Ce
professionnel, pour assurer la bonne conduite de ses investigations et latteinte des
objectifs de sa mission, doit sappuyer sur un ensemble de normes daudit bien
dveloppes.
273
Van Agtmeal, A. W. (1984). Emerging securities markets. Euromoney Publications Limited, London. Page 43.
125
Beaver, W. H. (1981). Financial reporting: an accounting revolution. Prentice-Hall, Inc, Les tats-Unis.
Foster, G. (1986). Financial statement analysis. 2me dition, Prentice-Hall, Inc, Canada.
276
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277
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capital markets. The International Journal of Accounting, 27, 151-163.
278
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economic growth in developing countries. Journal of International Financial Management and Accounting, 6(2),
130-157.
279
Chamisa, E. E. (2000). The relevance and observance of the IASC standards in developing countries and the
particular case of Zimbabwe. The International Journal of Accounting, 35(2), 267-286.
280
Healy, P. et Palepu, K. (2001). Information asymmetry, corporate disclosure, and the capital markets: a review of
the empirical disclosure literature. Journal of Accounting & Economics, 31, 405-440.
281
Scott, W. R. (2003). Financial accounting theory. 3me dition, Prentice-Hall, Inc, Les tats-Unis.
282
Idem, page 8.
275
126
Le premier lment apparat lorsque certaines parties dans une affaire ou transaction sont plus
informes que les autres. Elles peuvent, ainsi, exploiter cet avantage pour favoriser leurs objectifs
et leurs intrts. Le deuxime phnomne est une situation dans laquelle des acteurs prennent des
dcisions inefficaces ou fournissent des informations inexactes soit parce que leurs intrts
personnels ne sont pas en harmonie avec les intrts des autres concerns, soit encore que les
informations communiques ainsi que les dcisions prises ne peuvent pas tre contrles.
Dans la majorit des entreprises, le problme dasymtrie dinformation apparat
essentiellement cause de la relation dagence tablie entre les dirigeants et les actionnaires.
Cette notion de relation dagence a t introduite dans la littrature comptable par Jensen et
Meckling (1976)283. Ces deux auteurs ont dfini cette relation comme un contrat en vertu duquel
un (ou plusieurs acteurs) (le principal) engage une autre personne (lagent) pour diriger son
entreprise et grer les services servant ses intrts. Vu quil est difficile de superviser toutes les
actions des agents, ces derniers peuvent agir pour leur propre intrt au lieu de celui du principal
en profitant surtout de leur accs privilgi aux informations (les dcisions prises, la situation et
la position de lentreprise,etc.) qui chappent aux propritaires. Ainsi, un problme dasymtrie
dinformation peut exister cause de la divergence des intrts entre les actionnaires qui ont un
objectif de profit et les dirigeants qui ont un souci de maximisation de leur rmunration, et peut
tre lorigine, par consquent, de prise de dcisions non-optimales.
Par ailleurs, le problme dasymtrie dinformation nest pas exclusivement prsent dans
les relations entre les dirigeants et les actionnaires, il peut exister mme entre les investisseurs.
En raison des diffrences qui existent en termes de moyens et de ressources entre ces acteurs,
certains peuvent avoir des avantages informationnels par rapport dautres et peuvent les
exploiter pour choisir les affaires avantageuses.
Une situation caractrise par une asymtrie dinformation entre les managers et les
actionnaires peut gnrer des problmes qui pourraient freiner le dveloppement et la prosprit
des entreprises. En outre, elle peut compliquer le processus dcisionnel des investisseurs en tant
quactionnaires potentiels, peut tre lorigine de lapparition dun climat de mfiance lgard
283
Jensen, M. C. et Meckling, W. H. (1976). Theory of the firm: managerial behaviour, agency costs and ownership
structure. Journal of Financial Economics, 3, 305-360.
127
des chiffres comptables, et constitue, par consquent, un vritable empchement pour le bon
fonctionnement des marchs financiers284.
La mise en place des mcanismes permettant de limiter les effets ngatifs de lasymtrie
dinformation sur lactivit des entreprises, sur le processus dcisionnel des investisseurs et sur le
droulement des diffrentes oprations ralises sur les marchs financiers sest avre fortement
indispensable. Dans ce cadre, plusieurs outils ont t prsents par la littrature comptable et
financire et adopts par les autorits concernes dont la communication et lchange dune
information financire de qualit. Beaver (1981)285 et Scott (2003)286
considrent quune divulgation complte et temps287 est un moyen efficace pour rduire et
contrler le problme dasymtrie dinformation, accrotre lutilit des tats financiers aux
diffrents intresss, surtout ceux externes, protger les investisseurs et amliorer lefficacit des
marchs financiers. Healy et Palepu (2001)288 sont alls plus loin et ont mme considr que les
problmes informationnels peuvent engendrer la faillite de ces marchs.
A travers ses effets sur lactivit du march financier, la circulation dune information financire
de qualit constitue un instrument efficace pour stimuler la croissance conomique dans un pays.
Ndibuzu (1992)289 a bien expliqu cette relation, dans son tude traitant du lien entre lactivit du
march financier, la divulgation de linformation financire et la croissance conomique. Selon
cet auteur, la communication dune information financire de qualit contribue largement la
rduction de lincertitude, la rpartition optimale du risque et lincitation des investisseurs
effectuer des transactions. Le march financier, dans ces conditions, va assurer la canalisation des
fonds vers les meilleures opportunits dinvestissement et stimule, par consquent, la croissance
conomique (voir figure 3.5).
284
Healy, P. et Palepu, K. (2001). Information asymmetry, corporate disclosure, and the capital markets: a review of
the empirical disclosure literature. Journal of Accounting & Economics, 31, 405-440.
285
Beaver, W. H. (1981). Financial reporting: an accounting revolution. Prentice-Hall, Inc, Les tats-Unis. Page 49.
286
Scott, W. R. (2003). Financial accounting theory. 3me dition, Prentice-Hall, Inc., Les tats-Unis. Page 8.
287
Le temps de la divulgation des tats financiers peut limiter la capacit des dirigeants profiter des informations
privilgies quils dtiennent.
288
Healy, P. et Palepu, K. (2001). Information asymmetry, corporate disclosure, and the capital markets: a review of
the empirical disclosure literature. Journal of Accounting & Economics, 31, 405-440.
289
Ndubizu, G. A. (1992). Accounting disclosure methods and economic development: a criterion for globalizing
capital markets. The International Journal of Accounting, 27, 151-163.
128
I
Rduction de lincertitude sur le march financier
II
Dveloppement du march financier
III
IV
VI
Efficience du march financier dans
lallocation des ressources rares
VII
Croissance conomique
290
Ndubizu, G. A. (1992). Accounting disclosure methods and economic development: a criterion for globalizing
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Verrecchia, R. E. (2001). Essays on disclosure. Journal of Accounting and Economics, 32, 97-180.
130
Bien que les rsultats empiriques des recherches, traitant de ce thme, naient pas affich des
conclusions homognes297, certaines tudes ont bien confirm lexistence dun lien troit entre le
niveau de la divulgation et le cot du capital. Botoson (1997)298, en examinant les donnes
relatives 122 entreprises industrielles, a constat que la divulgation a un impact ngatif sur le
cot de capital des firmes suivies par un nombre relativement rduit des analystes financiers. Eng
et al. (2001)299, en utilisant une approche similaire celle applique par Botoson (1997)300 et sur
la base dun chantillon compos de 59 entreprises cotes la Bourse des valeurs mobilires de
Singapore, ont trouv une association significative et ngative entre le niveau de la divulgation
dans les rapports annuels et le cot du capital. Ce mme rsultat a t aussi dgag par Eaton et
al. (2007)301 aprs lanalyse des donnes relatives un chantillon des entreprises trangres
cotes la Bourse de New-York.
2.3. Information financire et gouvernance dentreprise
Daprs lICGN, La gouvernance dentreprise recouvre la fois la structure et les
procdures de direction dune entreprise qui visent atteindre les deux objectifs dont sont en
charge les administrateurs et les dirigeants, savoir assurer la viabilit oprationnelle de
lentreprise et accrotre sa valeur long terme pour les actionnaires 302. A partir de cette
dfinition, nous pouvons avancer que la gouvernance dentreprise est un systme qui renferme
lensemble des mcanismes qui ont pour effet dassurer le bon fonctionnement dune entreprise et
la ralisation de ses diffrentes finalits.
A travers ses rles notamment de contrle des actions et dvaluation des comptences
des dirigeants, de suivi de la performance des entreprises et de vrification de la bonne excution
des engagements de ces dernires avec ses diffrents partenaires, linformation financire est
considre comme lun des moyens indispensables la bonne gouvernance des entreprises303.
297
Botoson, C. A. (1997). Disclosure level and the cost of equity capital. The Accounting Review, 72 (3), 323-349.
Idem.
299
Eng, L. L., Hong, K. F. et Ho, Y. K. (2001). The relation between financial statements disclosures and the cost of
equity capital of Singapore firms. Accounting Research Journal, 14 (1), 35-48.
300
Botoson, C. A. (1997). Disclosure level and the cost of equity capital. The Accounting Review, 72 (3), 323-349.
301
Eaton, T. V., Nofsinger, J. R. et Weaver, D. G. (2007). Disclosure and the cost of equity in international crosslisting. Review of Quantitative Finance and Accounting, 29, 1-24.
302
Cite par Ploix (2006), page 16.
303
Missonier-Piera. (2005). Gouvernement dentreprise et information comptable. Gouvernement dentreprise:
enjeux managriaux, comptables et financiers. 1re dition, De Boeck & Larcier s. a, Bruxelles. Page 126.
298
131
Bushman et Smith (2001)304, dans leur tude portant sur le lien entre linformation financire et la
gouvernance des entreprises, ont mentionn la prsence de trois voies au moins travers
lesquelles linformation financire peut contribuer lamlioration de la performance
conomique (voir figure 3.6), dont celle prcisant limpact de linformation financire sur la
performance conomique via ses effets sur le systme de gouvernance des entreprises. Selon ces
auteurs, linformation financire, en amliorant directement les divers mcanismes de contrle,
permet de dlimiter les pouvoirs des dirigeants, de protger les intrts des investisseurs et
dassurer, par consquent, une gestion efficiente des ressources ainsi quune meilleure slection
des opportunits dinvestissement. De plus, la contribution dterminante de linformation
financire dans la bonne gouvernance permet damliorer indirectement la performance
conomique en rduisant le niveau du risque peru par les investisseurs aux activits de
lentreprise.
304
Bushman, R. M. et Smith, A. J. (2001). Financial accounting information and corporate governance. Journal of
Accounting and Economics, 32, 237-333.
132
Figure 3.6 : Canaux travers lesquels linformation comptable et financire peut affecter
la performance conomique305 (daprs Bushman et Smith, 2001306)
Information comptable et financire
Canal 1
Meilleure identification
des projets rentables par
les managers et les
investisseurs
Canal 2
Bonne gouvernance
(Contrle des actions des
dirigeants et protections
des investisseurs)
Canal 3
Rduction de lasymtrie
dinformation
entre les investisseurs
Reduction du cot de
capital
Performance conomique
305
Dans leur tude, Bushman et Smith (2001) traitent de la performance conomique au niveau national, c'est--dire
pour tout un pays.
306
Bushman, R. M. et Smith, A. J. (2001). Financial accounting information and corporate governance. Journal of
Accounting and Economics, 32, 237-333.
133
La mise en place dun march financier dans les conomies prsente des bienfaits
multiples dont lamlioration de lefficacit du systme financier, la mobilisation de lpargne et
la dconcentration de la proprit des entreprises. La ralisation de ces diffrents objectifs et
autres est tributaire de la prsence de certains facteurs cls dont essentiellement la
communication et la circulation dune information financire de qualit. Celle-ci permet
notamment de limiter les problmes lis lasymtrie dinformation entre les diffrents
concerns par la situation conomique et financire des entreprises et de motiver les investisseurs
raliser davantage de transactions.
Dans les pays dvelopps, surtout ceux anglo-saxons, plusieurs chercheurs tel que Chamisa
(2000)307, pensent que le bon fonctionnement de leur march financier est d en grande partie
lexistence dune information financire de qualit communique principalement via les rapports
annuels des socits cotes. Alors que dans le contexte des pays en dveloppement plusieurs
considrent que lincapacit de leurs systmes comptables produire une information financire
de qualit est lun des obstacles majeurs qui entravent le fonctionnement adquat de leur march
financier. Leur dcision dadopter les normes comptables internationales permet-elle damliorer
la qualit de la communication financire des entreprises et la situation des marchs financiers?
307
Chamisa, E. E. (2000). The relevance and observance of the IASC standards in developing countries and the
particular case of Zimbabwe. The International Journal of Accounting, 35(2), 267-286.
134
Conclusion
Au lieu de se contenter de lexamen de lutilit des normes comptables internationales
pour les pays en dveloppement sur le plan thorique, les recherches en comptabilit devraient
tre orientes davantage vers lanalyse des effets de ces standards sur la ralit conomique de
ces pays. Ces derniers, tant donn que certains pays dvelopps comme lAustralie, le Canada
ainsi que ceux faisant partie de lUnion europenne, ont mis en place des mesures concrtes afin
de saligner vers les travaux de lIASB, devraient adapter leurs lgislations comptables pour
suivre les volutions et les tendances internationales en la matire.
Un nombre considrable dtudes en comptabilit a montr que ladoption des nouveaux
standards comptables produit gnralement des consquences conomiques diverses. Les
partisans de ce courant de recherche considrent que lapplication de ces normes entrane des
effets, entre autres, sur la position financire et la performance des entreprises, sur les politiques
des dirigeants, sur les choix et les dcisions des investisseurs et sur lactivit des marchs
financiers. Sur la base de ces travaux, lapplication des IAS/IFRS dans le contexte des pays en
dveloppement pourrait engendrer des effets sur les divers domaines sensibles aux changements
des rgles comptables.
Afin didentifier les lments sur lesquels les normes de lIASB ont plus de chance de produire
des effets, nous avons procd lanalyse de la philosophie de ces standards. Cette tape nous a
permis de constater que les IAS/IFRS, en prsentant des similarits multiples aux rgles
applicables dans les pays anglo-saxons, sont des normes qui ont tendance favoriser et servir
en premier lieu les acteurs oprant sur les marchs financiers, et de dcider, par consquent,
danalyser les consquences conomiques de ladoption des normes comptables internationales
sur la situation des marchs financiers localiss dans les pays en dveloppement (marchs
financiers mergents). Ce choix est justifi, en plus de la nature des normes de lIASB qui
sorientent essentiellement vers les marchs financiers, par lexistence dun fondement thorique
solide tablissant le lien entre linformation financire et le fonctionnement des marchs
financiers, ainsi que par les rsultats de la recherche mene par Zeghal et Mhedhbi (2006)308.
308
Zeghal, D. et Mhedhbi, K. (2006). Analysis of the factors affecting the adoption of international accounting
standards by developing countries. The International Journal of Accounting, 41, 373-386.
135
Dans leur tude, ces chercheurs, en tentant didentifier les facteurs qui expliquent ladoption des
normes comptables internationales par les pays en dveloppement, ont conclu que lexistence
dun march financier reprsente la principale variable qui pousse ces tats appliquer les
IAS/IFRS.
136
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138
139
140
141
Introduction
Dans ce chapitre, nous prsentons dabord la problmatique, lobjectif et lutilit
potentielle de la recherche (section I), nous exposons ensuite une revue des tudes antrieures
(section II) et nous dcrivons enfin les hypothses de la recherche tester (section III).
309
Abdolmohammadi, M., Rhodes, J., et Tucker, R. (2002). The influence of accounting and auditing on a countrys
economic development. Review of Accounting and Finance, 1(3), 42-53.
310
Haller, A., Raffournier, B., et Walton, P. (1997). Comptabilit internationale. dition Vuibert, Paris.
311
Damont, A. (1992). The needs of capital markets: a users perspective of accounting standards. IASC Insight.
312
Chamisa, E. E. (2000). The relevance and observance of the IASC standards in developing countries and the
particular case of Zimbabwe. The International Journal of Accounting, 35(2), 267-286.
142
A travers une telle analyse, le questionnement fondamental auquel nous voulons apporter
des rponses est le suivant : quels sont les effets de ladoption des normes comptables de
lIASB sur les marchs financiers mergents ?
2. Objectif de la recherche :
Il est reconnatre ce stade-ci que la ralit dadoption des IAS/IFRS par les pays en
dveloppement a t lorigine de plusieurs tudes qui ont tent de fournir des lments de
rponse des questions intressantes. Cependant, la problmatique relie aux effets de ladoption
de ces normes comptables sur la ralit de ces pays et particulirement sur leurs marchs
financiers demeure sans rponse et mrite, par consquent, dtre analyse.
Dans ce cadre, lobjectif de cette recherche est dvaluer les effets de ladoption des
normes comptables de lIASB sur les marchs financiers mergents.
3. Utilit potentielle de la recherche :
Lexamen de leffet de ladoption des IAS/IFRS sur les marchs financiers mergents
prsente de lintrt pour plusieurs parties dont principalement :
- Les pays en dveloppement march financier qui ont adopt les IAS/IFRS. Cette recherche
contribue lvaluation de la stratgie dadoption des normes comptables internationales par ces
pays pour leurs marchs financiers313.
- Les pays en dveloppement march financier qui nont pas encore converg vers les normes
comptables de lIASB. Les rsultats de cette tude peuvent tre dterminants pour ces pays dans
le choix de leurs systmes comptables.
- LIASB. Nombreux sont ceux qui pensent que les normes de cet organisme ne sont pas
adquates aux circonstances des pays en dveloppement et appellent llaboration de normes
plus appropries. Cette recherche peut aider cet organe bien dfinir sa stratgie en matire
dlaboration des normes comptables en prparant notamment, des normes comptables
spcifiques aux contextes des pays en dveloppement.
313
Brown et Howieson (1998) ont soulign lutilit des recherches comptables traitant des marchs financiers pour
les normalisateurs comptables. Elles peuvent, selon ces auteurs, les aider, notamment, amliorer le processus de
production des normes comptables et identifier les domaines qui ncessitent lintervention.
143
Ces acteurs, ces dernires annes, se sont de plus en plus intresss des opportunits existantes sur les marchs
financiers mergents, selon Saudagaran et Diga (1997).
144
Certains chercheurs ont voulu tudier le lien entre ladoption des normes comptables
internationales par les pays en dveloppement et certaines variables macro-conomiques
dintrts comme la croissance conomique. Larson (1993)316 a tent de voir sil existe une
diffrence entre le taux de croissance conomique des pays africains qui adoptent les normes de
lIASB avec ou sans modification et celui des pays qui ignorent ces normes. Les rsultats de son
tude ont permis de dgager lexistence dune association entre la croissance conomique et la
dcision dadoption des normes comptables internationales par les pays en dveloppement et de
constater que les tats qui ont adopt les IAS et les ont ajusts leurs circonstances locales ont
des niveaux de croissance plus levs que ceux qui ont appliqu les normes internationales sans
modification ou qui les ont ignores. Selon cet auteur, les meilleures croissances conomiques
peuvent tre obtenues par une stratgie qui consiste adopter les normes de lIASB et les
modifier pour prendre en considration les variables environnementales nationales. En revanche,
Woolley (1998) 317, en effectuant une tude similaire celle faite par Larson (1993)318 sur un
chantillon de pays asiatiques, a conclu quil ny a pas de diffrences significatives en ce qui
concerne le taux de croissance conomique des pays regroups selon ladoption ou la nonadoption des normes comptables internationales.
Par ailleurs, la revue de la littrature nous a permis didentifier quelques tudes de cas
traitant de la pertinence des normes comptables internationales pour les pays en dveloppement.
Ces tudes savrent indispensables, vu lhtrognit des pays en dveloppement (tats se
trouvant dans diffrentes rgions de la plante, varit des contextes historiques, des systmes
politiques et conomiques et des valeurs culturelles et socitales).
Mir et Rahaman (2005)319ont voulu valuer la dcision dadoption des IAS/IFRS au
Bangladesh, travers une analyse du contenu des rapports publis par les firmes et une interview
ralise avec des responsables chargs de la normalisation comptable au gouvernement, des
315
Wallace, R. (1990). Accounting in developing countries: a review of the literature. Research in Third World
Accounting, 1, 3-54.
316
Larson, L. K. (1993). International accounting standards and economic growth: an empirical investigation of their
relationship in Africa. Research in Third World Accounting, 2, 27-43.
317
Woolley, R. (1998). International accounting standards and economic growth, an empirical investigation of their
relationship in Asia. Document du travail, School of Accounting and Law, RMIT, Australia.
318
Larson, R. K. (1993). International accounting standards and economic growth: an empirical investigation of their
relationship in Africa. Research in Third World Accounting, 2, 27-43.
319
Mir, M. Z. et Rahaman, A. S. (2005). The adoption of international accounting standards in Bangladesh: en
exploration of rationale and process. Accounting, Auditing & Accountability Journal, 18(6), 816-842.
145
320
Daprs Mir et Rahaman (2005), le processus dadoption des normes de lIASB au Bangladesh a commenc
lorsque ce pays a obtenu une subvention auprs de la banque mondiale de 200 000 dollars amricains.
321
Selon Huq et Abrar (1999) (cit par Mir et Rahaman, 2005), le budget du dveloppement du Bangladesh en 1999,
est financ entre 85% et 100% par des ressources provenant de lextrieur.
322
Mir, M. Z. et Rahaman, A. S. (2005). The adoption of international accounting standards in Bangladesh: en
exploration of rationale and process. Accounting, Auditing & Accountability Journal, 18(6), 816-842.
146
La large application des normes de lIASB par les pays en dveloppement a incit Tayrrall et al.
(2007)323 tudier leur pertinence pour ces pays, surtout que ces normes ont t dveloppes
dans des conomies avances. Lanalyse de la littrature comptable leur a permis didentifier
quatre variables permettant dapprcier la pertinence des IAS/IFRS pour un pays.
Il sagit du niveau de similarit de lenvironnement conomique et social dun pays avec celui
des pays dvelopps (i), de la taille et la contribution des secteurs publics et privs dans
lconomie (ii), du rle et du niveau de dveloppement dun march financier dans un pays (iii) et
de la correspondance des normes comptables internationales avec les besoins comptables dun
pays (iv). Pour confronter ces diffrents facteurs la ralit existante au Kazakhstan, ils ont
ralis des interviews avec les principaux acteurs de la normalisation comptable dans ce pays
(directeurs de la banque nationale et du ministre de la finance), ils ont adress un questionnaire
aux 93 firmes cotes la Bourse nationale des valeurs mobilires et procd lanalyse des
rapports communiqus notamment par le gouvernement, les agences internationales et les
socits cotes. Selon ces auteurs, le recours des sources varies de donnes est justifi par le
souci davoir des diffrents types dinformations et daboutir des rsultats solides.
En analysant leurs donnes, Tayrrall et al. (2007)324 ont constat que la dcision
dadoption des IAS/IFRS a t faite pour rpondre essentiellement aux besoins des investisseurs
trangers et pour chercher des fonds auprs des institutions financires qui soutiennent les
travaux de lIASB. Ils ont mentionn, en outre, que les caractristiques du pays et ses diffrentes
circonstances au moment de ladoption des normes comptables internationales ne sont pas en
harmonie avec la philosophie de ces normes. Cependant, ils pensent que la pertinence des
IAS/IFRS aux entreprises locales et aux investisseurs nationaux va progresser avec la croissance
conomique de Kazakhstan, llargissement du secteur priv et le dveloppement de lactivit du
march financier.
2. Consquences de lutilisation des IAS/IFRS de par le monde :
Certains pays, qui ont permis lutilisation des normes comptables de lIASB comme la
Suisse et lAustralie, ont constitu un terrain favorable pour la ralisation de certaines tudes
empiriques analysant notamment lutilit des tats financiers tablis selon les IAS/IFRS pour les
323
Tyrrall, D., Woodward, D. et Rakhimbekova, A. (2007). The relevance of international financial reporting
standards to developing countries: evidence from Kazakhstan. The International Journal of Accounting, 42, 82-110.
324
Idem.
147
investisseurs et leffet de lintroduction de ces normes sur les principaux lments composant les
tats financiers. galement, nous remarquons, ces dernires annes, la prolifration des
recherches tentant dvaluer les consquences conomiques de ladoption des normes comptables
internationales dans le contexte europen.
Afin dtudier lutilit des donnes comptables bases sur les IAS pour les investisseurs et
leur pertinence par rapport aux autres standards, Auer (1996)325 a examin le contenu
informationnel de la publication des bnfices, pour un chantillon compos de 35 entreprises
suisses cotes qui ont pass de lutilisation des normes comptables locales vers les normes
comptables internationales (20 firmes) ou vers les directives europennes (15 firmes). Les
rsultats trouvs lui ont permis de constater que les bnfices tablis selon les IAS ou les
directives europennes offrent plus de contenu informationnel aux investisseurs que les donnes
prpares sur la base des normes comptables suisses.
Goodwin et Ahmed (2006) 326 ont trait de la question relative leffet de ladoption des
IAS/IFRS et de son association avec la taille des entreprises en Australie. Aprs avoir class 135
entreprises cotes, sur la base de la valeur de leurs actifs, en des petites, moyennes et grandes
entits, ils ont procd ltude de la variation des bnfices et des capitaux propres pour ces
trois groupes, aprs lutilisation des IAS/IFRS. Les rsultats trouvs ont confirm le fait que
limpact des normes comptables internationales dpend du groupe dont fait partie une firme.
Lapplication des nomes de lIASB a entran un effet positif sur le bnfice net des petites et
moyennes entreprises et sur les capitaux propres des petites entreprises. Alors que les capitaux
propres des grandes entreprises ont subi une variation la baisse.
La dcision de lUnion europenne dappliquer les IAS/IFRS, pour ltablissement des comptes
consolids partir de lanne 2005, tait lorigine de la ralisation de certaines tudes
empiriques visant valuer les consquences conomiques de ce choix.
Daske et al. (2008) 327ont analys les consquences conomiques de ladoption obligatoire des
normes comptables de lIASB. Pour un chantillon compos dentreprises provenant de 26 pays,
325
Auer, K. V. (1996). Capital market reactions to earnings announcements: empirical evidence on the difference in
the information content of IAS-based earnings and EC-Directives-based earnings. The European Accounting Review,
5(4), 587-623.
326
Goodwin, J. et Ahmed, K. (2006). The impact of international financial reporting standards: does size matter?
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327
Daske, H., Hail, L., Leuz, C. et Verdi, R. (2008). Mandatory IFRS reporting around the world: early evidence on
the economic consequences. Journal of Accounting Research, 46 (5), 1085-1142.
148
ils ont tudi limpact de lutilisation des IAS/IFRS sur la liquidit des actions, le cot de capital
et la valeur de la firme. Selon les auteurs, ces trois diffrentes variables refltent gnralement les
changements de la qualit de linformation financire et renseignent, ainsi, sur les amliorations
autour de lapplication des IAS/IFRS.
En ralisant des analyses statistiques diverses, Daske et al. (2008) 328 ont abouti plusieurs
conclusions dont les suivantes :
dans le cas o ils tiennent compte de la possibilit que les effets se produisent avant la date
dadoption officielle des IAS/IFRS;
concrets dans les pays o la gestion des entreprises est plus transparente et dote dun cadre lgal
favorisant la communication dune information financire de qualit;
Sur la base dune comparaison entre les entreprises qui sont tenues dappliquer
obligatoirement les IAS/IFRS et celles qui les utilisent de manire volontaire, les bienfaits de
ladoption des normes comptables de lIASB sont plus remarquables chez les firmes qui optent
volontairement pour ladoption de ces standards.
Platikanova (2009)329 a tudi limpact des IAS/IFRS sur la liquidit et lasymtrie
dinformation dans quatre pays europens (lAllemagne, la France, la Grande-Bretagne, et la
Sude). Les analyses statistiques ralises ont permis daboutir des rsultats htrognes. La
chercheuse a trouv, ce titre, que le niveau dasymtrie dinformation est devenu faible en
France et en Allemagne (pays droit civil) aprs lintroduction des IAS/IFRS, alors quil est
relativement lev en Grande Bretagne (pays droit coutumier). Par ce constat, lauteur a
confirm lhypothse selon laquelle leffet de ladoption des normes comptables internationales
dpend de la nature du rgime juridique en application dans une nation (pays droit civil/pays
droit coutumier).
328
Idem.
Platikanova, P. (2009). Market liquidity effects of the IFRS introduction in Europe. Document du travail
disponible sur le lien suivant : http://www.ssrn.com (avril 2009).
329
149
Sur la base dun chantillon compos de 1722 entreprises europennes, Capkun et al.
(2009)330 ont examin limpact des changements des normes comptables sur la qualit des tats
financiers, pendant la phase de transition des normes locales vers les IAS/IFRS. Parmi les
conclusions dgages par les auteurs, nous citons les suivantes :
La transition vers les IAS/IFRS a eu un effet positif sur la valeur des principaux
lments composant les bilans dont le total des actifs, les capitaux propres, les immobilisations
corporelles, les dettes long terme et les actifs et les passifs court terme;
Le rendement des actifs (ROA) est significativement lev sous les IFRS, avec un
accroissement considrable chez les entreprises qui ont un ROA faible sous les normes locales;
Durant la priode de ltude, la gestion des rsultats est prsente dans tous les
pays, mais elle est plus observe dans les nations ayant un cadre lgal peu dvelopp et qui sont
traditionnellement caractrises par lexistence intensive de cette pratique; et
selon les IAS/IFRS sont pertinentes et associes avec les valeurs du march.
En Grande-Bretagne, toutes les socits cotes et qui sont soumises au rglement
europen concernant lutilisation obligatoire des normes de lIASB sont tenues de publier une
rconciliation aux IAS/IFRS de leurs derniers tats financiers tablis selon les normes locales.
Christensen et al. (2009)331 se sont servis de cet tat pour voir si le rapprochement obligatoire aux
IAS/IFRS vhicule de nouvelles informations et pour tudier les choix des dirigeants quant au
temps de la communication de ce rapport.
Les rsultats trouvs montrent que la rconciliation aux IAS/IFRS est associe significativement
avec les ractions du march financier pour les entreprises qui ralisent cette opration un peu tt,
et quelle contient des informations pertinentes qui peuvent aider les analystes financiers
valuer les entreprises.
330
Capkun, V., Cazavan-Jeny, A., Jeanjean, T. et Weiss, L. A. (2009). Earnings management and value relevance
during the mandatory transition from local GAAPs to IFRS in Europe. Document du travail disponible sur le lien
suivant : http://www.ssrn.com (avril 2009).
331
Christensen, H. B., Lee, E. et Walker, M. (2009). Do IFRS/UK-GAAP reconciliations convey new information?
Document du travail disponible sur le lien suivant : http://www.ssrn.com (avril 2009).
150
Larson, R. K. et Kenny, S. Y. (1995). An empirical analysis of international accounting standards, equity markets,
and economic growth in developing countries. Journal of International Financial Management and Accounting,
6(2), 130-157.
333
Chamisa, E. E. (2000). The relevance and observance of the IASC standards in developing countries and the
particular case of Zimbabwe. The International Journal of Accounting, 35(2), 267-286.
151
permis de conclure que les normes de lIASB sont trs utiles pour le contexte zimbabwen en
particulier et pour les pays en dveloppement ayant un march financier en gnral.
Naser et al. (2002)334 ont men une tude en Jordanie ayant pour but essentiel lexamen
des changements au niveau de la divulgation financire aprs lintroduction des IAS/IFRS. Pour
ce faire, ils ont dvelopp un indice de divulgation pour un chantillon compos de 84 socits
cotes et ils lont compar avec celui trouv par les travaux de recherche prcdents (qui ont t
raliss avant ladoption des IAS/IFRS). Cette dmarche leur a permis de constater une certaine
amlioration au niveau de la communication financire des firmes tudies 335 et de considrer,
par consquent, que ladoption des IAS/IFRS par la Jordanie constitue une bonne dcision pour
lamlioration de la qualit de linformation financire et lattraction des investissements surtout
ceux trangers.
Dans le mme contexte que la recherche prcdente, Rawashdeh (2003)336 a voulu
examiner leffet de ladoption des IAS/IFRS par les entreprises cotes jordaniennes sur leurs
cours boursiers. En travaillant avec les donnes relatives un chantillon compos de 18
entreprises qui ont adopt les normes comptables internationales et de 33 entreprises qui les ont
ignores (groupe de contrle), il a trouv que lutilisation des IAS/IFRS a produit un effet
significatif sur les cours boursiers. Sur la base de cet aboutissement, ce chercheur a avanc que
les tats financiers tablis conformment aux nomes de lIASC ont fourni des informations
additionnelles et plus utiles aux investisseurs que les rapports prpars selon les normes
comptables jordaniennes.
Aca et Akta (2007)337 ont tent de voir sil existe une diffrence significative entre 12
ratios financiers calculs partir du bilan et de ltat du rsultat pour la priode qui suit
ladoption des IAS/IFRS et celle qui la prcde. Les donnes relatives 147 entreprises, qui ne
font pas partie du secteur financier et qui sont cotes la Bourse des valeurs mobilires
dIstanbul ont permis aux auteurs de signaler la prsence de diffrences significatives pour
334
Naser, K., Al-Khatib, K. et Karbhari, Y. (2002). Empirical evidence on the depth of corporate information
disclosure in developing countries: the case of Jordan. International Journal of Commerce & management, 12 (3),
122-155.
335
Une telle amlioration a t associe avec certaines variables dont la taille de lentreprise, la nature de lauditeur,
la liquidit de lentreprise et sa rentabilit.
336
Rawashdeh, M. (2003). Effects of introducing international accounting standards on Amman stock exchange.
Journal of American Academy of Business, 3 (1), 361-366.
337
Aca, A. et Akta, R. (2007). First application of IFRS and its impact on financial ratios: a study on Turkish listed
firms. Problems and Perspectives in Management, 5(2), 99-112.
152
certains ratios dont celui relatif la liquidit. Labsence de variation significative pour les autres
ratios a t explique par le manque dexprience et de formation des prparateurs dtats
financiers et donc la possibilit de ne pas bien appliquer les nouvelles rgles et de commettre des
erreurs, ainsi que par la nature de la priode de ltude qui a t limite lanne 2004.
Les changements dans les domaines conomiques et comptables crent de nouvelles
problmatiques auxquelles les chercheurs devraient fournir des rponses afin dassurer une
certaine harmonie entre lvolution de lenvironnement, avec toutes ses composantes, et les
activits de recherche, et daider les diffrents dcideurs opter pour des choix optimaux.
Actuellement, le monde comptable est marqu essentiellement par une importante volution du
programme dharmonisation comptable internationale. Ce dernier, qui vise en premier lieu
lutilisation dun langage comptable commun au niveau mondial, a abouti des rsultats
considrables et ses architectes sont, daprs plusieurs chercheurs, sur le bon chemin pour
atteindre leurs objectifs. Parmi les ralisations faites en la matire et largement documentes par
la littrature comptable, nous pouvons mentionner ladoption des normes comptables
internationales de lIASB par les pays en dveloppement. Au dbut, les chercheurs se sont
concentrs sur lexamen de la pertinence de ces standards pour ces pays, mais prsentement et
avec le nombre considrable et croissant des nations faisant partie de cette catgorie qui introduit
les normes de lIASB, la priorit devrait tre accorde lanalyse des consquences de ladoption
des IAS/IFRS sur la ralit conomique de ces pays. Mais, comme nous lavons montr dans le
chapitre prcdent, pour des raisons multiples dont les caractristiques et la philosophie des
IAS/IFRS, et le lien entre linformation financire et lactivit dun march financier, lanalyse de
limpact de ladoption de ces normes sur les marchs financiers localiss dans ces pays338
(marchs financiers mergents) est un domaine qui mrite linvestigation et ncessite des
rponses.
La revue des tudes antrieures nous a permis de constater essentiellement que le nombre des
travaux examinant les consquences de ladoption des IAS/IFRS sur les marchs financiers
338
Plusieurs chercheurs, dont Gill et Tropper (1988), Saudagaran et Diga (1997), Barry et al. (1998), Chamisa (2000)
et, Movassaghi et al. (2004), ont employ le concept "marchs financiers mergents pour dsigner les marchs
financiers localiss dans les pays en dveloppement.
153
mergents est relativement minime. Ainsi, la problmatique relie aux effets de lintroduction des
normes comptables de lIASB sur ces marchs demeure peu exploite339.
La ralisation dune tude empirique portant sur un ensemble de pays et traitant des effets de
ladoption des normes comptables internationales sur les marchs financiers mergents prsente
un intrt majeur pour les pays concerns, lIASB et plusieurs organismes nationaux, et permet
denrichir la littrature comptable internationale travers ltude dun thme de recherche qui
demeure jusqu prsent sans rponse.
339
Lexamen des effets de ladoption des normes comptables internationales sur les marchs financiers est une
question dactualit, qui mrite lanalyse sur le plan empirique.
340
Adhikari, A. et Tondkar, R. H. (1992). Environmental factors influencing accounting disclosure requirements of
global stock exchanges. Journal of International Financial Management and Accounting, 4(2), 75-105.
341
Larson, R. K. et Kenny, S. Y. (1995). An empirical analysis of international accounting standards, equity markets,
and economic growth in developing countries. Journal of International Financial Management and Accounting,
6(2), 130-157.
342
Frost, C. A., Gordon, E. A. et Hayes, A. F. (2006). Stock exchange disclosure and market development: an
analysis of 50 international exchanges. Journal of Accounting research, 44(3), 437-483.
343
Sedaghat, A., Sagafi-Nejed, T. et Wright, G. (1994). Economic development and securities markets in developing
countries: implications for international accounting. International Journal of Accounting, 29, 297-315.
344
HassabElnaby, H. R., Epps, R. W. et Said, A. A. (2003). The impact of environmental factors on accounting
development: an Egyptian longitudinal study. Critical Perspectives on Accounting, 14, 273-292.
345
Ramcharran, H. (2002). An empirical analysis of the determinants of the P/E ratio in emerging markets. Emerging
Markets Review, 3, 165-178.
346
Land, J. et Lang, M. H. (2002). Empirical evidence on the evolution of international earnings. The Accounting
Review, 77(supplment), 115-133.
347
Dans cette tude, nous nous intressons aux donnes relatives un march financier. Autrement dit, les marchs
financiers mergents constituent les individus observer et examiner.
154
348
Particulirement pour les pays en dveloppement, Saudagaran et Diga (1997) ont prcis que la mise en place des
marchs financiers permet notamment dattirer les investisseurs surtout ceux trangers, dassurer une meilleure
allocation des ressources conomiques et damliorer la culture conomique en incitant les mnages investir en
Bourse et participer dans la vie conomique.
349
Lee, C. W. (1987). Accounting infrastructure and economic development. Journal of Accounting and Public
Policy, 6, 75-85.
350
Cit par Mirshekary et Saudagaran (2005).
351
Comme nous lavons expos au sein du troisime chapitre relatif aux consquences conomiques de ladoption
des normes comptables internationales, la communication et la circulation dune information financire de qualit
sont des facteurs cls qui conditionnent le bon fonctionnement des marchs financiers. Elles permettent notamment
de limiter les problmes lis lasymtrie dinformation entre les diffrents concerns par la situation conomique et
financire des entreprises, de rduire lincertitude, dassurer une rpartition optimale du risque et de motiver les
investisseurs raliser davantage de transactions.
352
155
notamment la banque mondiale ; lOICVM; le FMI et lIFAC) ont largement appuy cette
orientation et lont considre comme un grand progrs vers lamlioration de la situation
conomique de ces tats et de leurs marchs financiers. En outre, plusieurs chercheurs, en
fondant leur position sur des arguments multiples, ont pens que lintroduction des IAS/IFRS,
dans ces pays, constitue le choix le plus adquat pour se doter dun ensemble de rgles permettant
aux entreprises de bien traduire leurs situations conomiques et financires, et aux investisseurs
de mieux valuer les diffrentes opportunits dinvestissement. Les principaux arguments cits
par la littrature comptable sont les suivants :
i- La tendance des IAS/IFRS favoriser les utilisateurs des marchs financiers :
Selon Haller et al. (1997)353, Damont (1992)354, Chamisa (2000)355 et Ding et al. (2007)356, les
IAS/IFRS sorientent essentiellement vers les utilisateurs des marchs financiers. Le passage vers
ces normes engendre, ainsi, pour la majorit des pays en dveloppement, une adoption dune
nouvelle philosophie comptable fonde, entre autres, sur la ncessit de produire une information
financire utile la prise de dcision et permettant aux diffrents acteurs sur les marchs
financiers deffectuer des choix raisonns. De plus, nombreux sont les travaux de recherche qui
ont mentionn lexistence de similarits entre les normes comptables de lIASB et celles en
application dans les pays dvelopps comme les tats-Unis et la Grande-Bretagne. Dans ces
pays, linformation financire transmise via les rapports annuels est trs utile pour les
investisseurs (Eccher et Healy, 2000357 et Ali et Hwang, 2000358) et joue un rle crucial dans le
fonctionnement adquat des marchs financiers (Saudagaran et Diga, 1997359). Il est attendu, de
ce fait, que la communication des tats financiers bass sur les IAS/IFRS, dans le contexte des
353
Haller, A., Raffournier, B. et Walton, P. (1997). Comptabilit internationale. dition Vuibert, Paris
Damont, A. (1992). The needs of capital markets: a users perspective of accounting standards. IASC Insight.
355
Chamisa, E. E. (2000). The relevance and observance of the IASC standards in developing countries and the
particular case of Zimbabwe. The International Journal of Accounting, 35(2), 267-286.
356
Ding, Y., Hope, O., Jeanjean, T. et Stolowy, H. (2007). Differences between domestic accounting standards and
IAS: measurement, determinants and implications. Journal of Accounting and Public Policy, 26, 1-38.
357
Eccher, E. et Healy, P. M. (2000). The role of international accounting standards in transitional economies: a
study of the peoples republic of China. Document du travail disponible sur le lien suivant: http://www.ssrn.com
(Janvier 2009).
358
Ali, A. et Hwang, L. S. (2000). Country-specific factors related to financial reporting and the value relevance of
accounting data. Journal of Accounting Research, 38(1), 1-21.
359
Saudagaran. S. M. et Diga, J. G. (1997). Financial reporting and capital markets: characteristics and policy issues.
Accounting Horizons, 11(2), 41-64.
354
156
pays en dveloppement, constitue une stratgie efficace pour lamlioration des activits des
marchs financiers localiss dans ces pays.
ii- La bonne qualit des rapports comptables tablis selon les IAS/IFRS :
Lun des principaux arguments qui a t largement discut par la littrature comptable et
frquemment employ pour convaincre ceux qui sopposent lutilisation dun langage
comptable commun au niveau mondial, est la contribution significative de IAS/IFRS dans
lamlioration de la transparence et de la qualit de linformation financire communique par les
socits. Daske (2006)360 a prcis que lutilisation des normes comptables dorigine anglosaxonne, comme celles de lIASB ou du FASB, pour ltablissement des tats financiers, amne
gnralement les entreprises communiquer un volume dinformations plus lev que celui exig
par la majorit des standards nationaux, et implique lemploi de nouvelles mthodes de mesure et
de comptabilisation qui affectent positivement le contenu informationnel et lutilit des valeurs
comptables. Ainsi, des tats financiers bass sur les IAS/IFRS peuvent tre trs utiles pour les
investisseurs et peuvent les aider bien valuer les entreprises et bien identifier les bonnes
opportunits dinvestissement, daprs Daske et al. (2008)361.
Ball (2006)362, en partageant avec Daske et al. (2008)363 lide relative la bonne qualit des
normes comptables de lIASB et leur utilit pour les investisseurs, a avanc que lutilisation de
ces standards offre ces acteurs des avantages directs et indirects. Pour ce qui est des bienfaits
directs, les IAS/IFRS permettent aux investisseurs de :
bien valuer les situations des entreprises;
rduire les cots lis la recherche et au traitement de linformation;
rduire le risque associ aux investissements; et
damliorer leur processus dcisionnel.
360
Daske, H. (2006). Economic benefits of adopting IFRS or US-GAAP Have the expected cost of equity capital
really decreased? Journal of Business Finance & Accounting, 33 (3) & (4), 329-373.
361
Daske, H., Hail, L., Leuz, C. et Verdi, R. (2008). Mandatory IFRS reporting around the world: early evidence on
the economic consequences. Journal of Accounting Research, 46 (5), 1085-1142.
362
Ball. R. (2006). International financial reporting standards (IFRS): pros and cons for investors. Accounting and
Business Research, International Accounting Policy Forum, 5-27.
363
Daske, H., Hail, L., Leuz, C. et Verdi, R. (2008). Mandatory IFRS reporting around the world: early evidence on
the economic consequences. Journal of Accounting Research, 46 (5), 1085-1142.
157
En ce qui concerne les avantages indirects de lapplication des IAS/IFRS, cet auteur a mentionn
que lapplication de ces standards va contribuer :
rduire le cot de capital chez les entreprises et
investissements attractifs;
amliorer les relations contractuelles entre lentreprise et les autres concerns, notamment
les managers et les cranciers;
pousser les managers agir dans les intrts des actionnaires; et
amliorer lefficacit des contrats tablis entre les managers et les actionnaires, rduire les
cots dagence et perfectionner les systmes de gouvernance.
Ces dernires annes, la prolifration des entreprises et des pays, qui ont pass vers les
normes comptables internationales, a donn la possibilit certains chercheurs de confirmer
empiriquement limpact positif de lintroduction de ces standards dans lamlioration de la
qualit de linformation financire. Dask et Gebhardt (2006)364, en analysant un chantillon de
socits cotes de lAllemagne, de lAutriche et de la Suisse, ont trouv que la qualit de la
divulgation sest amliore de faon significative aprs ladoption des normes de lIASB. Barth
et al. (2008)365, en appliquant des mthodes statistiques diverses366, ont tent dtudier le rapport
entre lapplication des IAS/IFRS et la qualit de linformation financire367. Sur la base dun
chantillon compos de 327 entreprises provenant de 21 pays et qui ont adopt ces normes entre
1994 et 2003, les auteurs ont dgag que :
-
les entreprises qui appliquent les IAS/IFRS produisent une information financire de
meilleure qualit que celles qui utilisent les normes locales368; et
364
Daske, H. et Gebhardt, G. (2006). International reporting standards and experts perceptions of disclosure quality.
Abacus, 42 (3/4), 461-498.
365
Barth, M. E., Landsman, W. R. et Lang, M. H. (2008). International accounting standards and accounting quality.
Journal of Accounting Research, 46(3), 467-498.
366
Ces auteurs ont procd notamment, la comparaison de la qualit de linformation financire publie par des
entreprises qui appliquent les IAS/IFRS et celle communique par des entreprises qui utilisent des normes
comptables locales autres que les standards amricains, ainsi qu lobservation de la variation de la qualit de
linformation financire avant et aprs ladoption des normes de lIASB par les entreprises.
367
La qualit de linformation financire a t examine essentiellement par le niveau de la gestion du rsultat et par
la pertinence des chiffres comptables (association entre les donnes comptables et les valeurs de march). Selon les
auteurs, les firmes qui communiquent une information financire de qualit ne procdent pas une gestion excessive
de leurs rsultats et divulguent gnralement des bnfices et des capitaux propres pertinents et utiles la prise de
dcision.
368
Ils ont constat que les entreprises qui appliquent les IAS/IFRS grent moins leurs rsultats que les autres et
offrent des donnes comptables pertinentes la prise de dcision.
158
pour les entreprises qui adoptent les IAS/IFRS, la qualit de linformation financire sest
amliore aprs lutilisation de ces normes pour la prparation et la publication des tats
financiers.
la lumire des rsultats trouvs, Barth et al. (2008) 369 ont, ainsi, considr que
lutilisation des normes comptables de lIASB va aboutir la production des tats financiers de
meilleure qualit que ceux tablis selon les normes locales.
iii- Lengagement de lIASB depuis sa cration produire des normes comptables de qualit :
Daprs Barth et al. (2008)370, lIASC, ds sa cration, a annonc que son objectif
primordial est la prparation et la publication de normes comptables internationales de haute
qualit et il a dploy plusieurs efforts pour atteindre ce but. Dans ce cadre et titre indicatif, cet
organisme international a dcid de rduire le nombre doptions qui peuvent tre incluses dans
une norme comptable, afin de limiter les possibilits de gestion des rsultats pratiques par les
gestionnaires, il a essay dadopter des rgles et des traitements comptables qui permettent de
bien reflter les positions conomiques et financires des entreprises et il a opt pour sa
restructuration en 2001, afin de mieux rpondre aux attentes des diffrentes parties concerns par
le processus dharmonisation comptable internationale.
iv- La reconnaissance internationale des travaux de lIASB :
Lappui trouv par lIASB auprs de plusieurs organismes internationaux comme la
banque mondiale et le FMI, la reconnaissance de ses normes par lOICVM et lincitation de ses
membres accepter des tats financiers prpars sur la base de ces normes, le nombre
considrable et croissant des entreprises qui appliquent les IAS/IFRS, et la dcision de plusieurs
pays dvelopps de converger vers ces standards ou de mettre des stratgies pour les introduire
dans leurs propres systmes comptables, sont des faits qui marquent le progrs srieux de cet
organisme vers laccomplissement de son programme et surtout les bienfaits et lutilit de ses
normes pour les investisseurs, les entreprises et les pays dune faon gnrale. LUnion
Europenne, par exemple, en obligeant les groupes de socits travailler avec les normes de
369
Barth, M. E., Landsman, W. R. et Lang, M. H. (2008). International accounting standards and accounting quality.
Journal of Accounting Research, 46(3), 467-498.
370
Idem.
159
371
Christensen, H. B., Lee, E. et Walker, M. (2007). Cross-sectional variation in the economic consequences of
international accounting harmonization: the case of mandatory IFRS adoption in the UK. The International Journal
of Accounting, 42, 341-379.
372
Ewert et Wagenhofer (2005) ont avanc que lapplication des normes comptables bien labores peut rduire la
pratique de la gestion des rsultats par les entreprises, amliorer la qualit des bnfices et contribuer fournir une
information financire de qualit aux diffrents acteurs sur les marchs financiers.
373
Kang et Pang (2005) ont signal que la divulgation, qui amliore le niveau de prcision de linformation, a un
effet sur les processus dcisionnels des diffrents acteurs sur les marchs financiers.
374
Wolk, H.I., Francis, J.R., et Tearney, M.G. (1989). Accounting theory: a conceptual and institutional approach.
Boston, PWS-Kent Publishing Company.
375
Daske, H., Hail, L., Leuz, C. et Verdi, R. (2008). Mandatory IFRS reporting around the world: early evidence on
the economic consequences. Journal of Accounting Research, 46 (5), 1085-1142.
376
Soderstrom, N. S. et Sun, K. J. (2007). IFRS adoption and accounting quality: review. European Accounting
Review, 16 (4), 675-702.
377
Daske, H., Hail, L., Leuz, C. et Verdi, R. (2008). Mandatory IFRS reporting around the world: early evidence on
the economic consequences. Journal of Accounting Research, 46 (5), 1085-1142.
378
Idem.
160
Figure 4.1 : Adoption des IAS/IFRS et dveloppement des marchs financiers mergents
379
Ndubizu, G. A. et Sanchez, M. H. (2006). The valuation proprieties of earnings and book value prepared under
US GAAP in Chile and IAS in Peru. Journal of Accounting and Public Policy, 25, 140-170.
380
Barth, M. E., Landsman, W. R. et Lang, M. H. (2008). International accounting standards and accounting quality.
Journal of Accounting Research, 46(3), 467-498.
161
restriction de la gestion des rsultats381 et, ainsi, dans lamlioration de linformation transmise
par les bnfices comptables.
Comme lont soulign, Christensen et al. (2007)382, ladoption des nouvelles rgles comptables
entrane gnralement des consquences sur la majorit des lments composant les tats
financiers, dont le bnfice383. Celui-ci, en renseignant les utilisateurs sur la performance dune
entreprise (Lev, 1989384) et en servant de base, en plus dautres mesures, la prise de dcision,
subit logiquement des effets qui dpendent largement de la nature des normes comptables et de
leur qualit (Gassen et Sellhorn, 2006385). Des standards comptables de qualit, par exemple,
peuvent contribuer de faon significative amliorer la qualit des bnfices 386 et traduire
fidlement la situation conomique et la performance des entreprises, en limitant notamment la
pratique de la gestion des rsultats faite par les dirigeants (Ewert et Wagenhofer, 2005387).
En plus de leur impact sur la pertinence des bnfices, lapplication des IAS/IFRS peut avoir des
effets sur le cot des capitaux propres travers leur contribution dans lamlioration de la qualit
de linformation communique par les socits cotes (Ball, 2006388). Plusieurs chercheurs, dont
Botoson (1997)389 et Eng et al. (2001)390, ont mentionn la prsence dune association ngative et
significative entre la qualit de linformation financire et le cot de capital. Selon eux, si les
entreprises divulguent une information financire de qualit, les investisseurs vont tre davantage
381
Lide de la contribution des IAS/IFRS dans la restriction de la gestion des rsultats a t mentionne aussi par
dautres chercheurs dont Ashbaugh et Pincus (2001) et Tendeloo et Vanstraelen (2005).
382
Christensen, H. B., Lee, E. et Walker, M. (2007). Cross-sectional variation in the economic consequences of
international accounting harmonization: the case of mandatory IFRS adoption in the UK. The International Journal
of Accounting, 42, 341-379.
383
Daprs Lev (1989), cet lment, qui reprsente lun des produits des tats financiers, est trs important
notamment pour les managers, les investisseurs et les analystes financiers et sa valeur joue un rle capital dans
lallocation des ressources.
384
Lev, B. (1989). On the usefulness of earnings and earnings research: lessons and directions from two decades of
empirical research. Journal of Accounting Research, 27 (supplment), 153-192.
385
Gassen, J. et Sellhorn, T. (2006). Applying IFRS in Germany determinants and consequences. Document du
travail, disponible sur le lien suivant: http://www.ssrn.com (Janvier 2009).
386
Lamlioration de la qualit des bnfices peut tre apprcie notamment travers la rduction de la pratique de
la gestion des rsultats, daprs Tendeloo et Vanstraelen (2005).
387
Ewert, R. et Wagenhofer, R. (2005). Economic effects of tightening accounting standards to restrict earnings
management. The Accounting Review, 80 (4), 1101-1124.
388
Ball. R. (2006). International financial reporting standards (IFRS): pros and cons for investors. Accounting and
Business Research, International Accounting Policy Forum, 5-27.
389
Botoson, C. A. (1997). Disclosure level and the cost of equity capital. The Accounting Review, 72 (3), 323-349.
390
Eng, L. L., Hong, K. F. et Ho, Y. K. (2001). The relation between financial statements disclosures and the cost of
equity capital of Singapore firms. Accounting Research Journal, 14 (1), 35-48.
162
incits raliser des transactions, le march financier va tre plus liquide et le cot de capital des
entreprises va diminuer.
Ainsi, nous prvoyons que lintroduction des IAS/IFRS, en agissant notamment sur la
pratique de gestion des rsultats et sur le cot des capitaux propres, va avoir un impact positif sur
la performance des firmes cotes et sur la performance des marchs financiers mergents en
gnral. Do la deuxime hypothse de ce travail de recherche :
H.2 : Ladoption des normes comptables de lIASB va affecter positivement
la performance des marchs financiers mergents
Figure 4.2 : Adoption des IAS/IFRS et performance des marchs financiers mergents
Bnfices de qualit
Gassen & Sellhorn (2006), Ewert & Wagenhover (2005) et Barth & al. (2008)
Rduction de cot des capitaux propres
Dask & al. (2008) et Ball (2006)
163
Conclusion
Ladoption des normes comptables de lIASB par les pays en dveloppement a suscit
lintrt de plusieurs chercheurs, ces dernires annes. Au dbut, certains se sont concentrs sur
lexamen de la pertinence des IAS/IFRS pour ces pays essentiellement travers la prsentation
des bienfaits et des inconvnients du programme dharmonisation comptable internationale.
Actuellement et avec le nombre considrable et croissant des pays en dveloppement qui ont
adopt (et qui adoptent) les normes comptables internationales, la priorit, notre sens, devrait
tre accorde lanalyse des consquences de lapplication de ces standards sur la ralit
conomique de ces nations. Cette orientation permet, entre autres, de trancher entre ceux qui sont
pour ladoption des IAS/IFRS par les pays en dveloppement et ceux qui en sont totalement
contre.
Pour des raisons multiples dont la philosophie et les caractristiques des normes de
lIASB391, le lien troit entre linformation financire et lactivit dun march financier, ainsi
que les recommandations de plusieurs chercheurs notamment Chamisa (2000)392 de traiter de la
question relative lutilit des IAS/IFRS exclusivement pour les pays en dveloppement ayant un
march financier, nous avons dcid de limiter le champ dinvestigation de la recherche et de
nous focaliser sur lanalyse de limpact de ladoption des normes de lIASB sur les marchs
financiers localiss dans les pays en dveloppement (marchs financiers mergents).
La revue des tudes antrieures nous a permis de constater essentiellement que le nombre
des travaux examinant les consquences de ladoption des IAS/IFRS sur les marchs financiers
mergents est relativement minime et que la problmatique relie aux effets de lintroduction de
ces standards sur ces marchs demeure peu exploite. La ralisation dune tude empirique
portant sur un ensemble de pays et traitant de limpact de ladoption des normes comptables
internationales sur les marchs financiers mergents prsente, ainsi, un intrt majeur pour les
pays concerns ainsi que lIASB, et permet denrichir la littrature comptable internationale
travers ltude dun thme de recherche qui reste jusqu prsent sans rponse.
391
Ce sont des normes comptables qui favorisent en premier lieu les utilisateurs des marchs financiers.
Chamisa, E. E. (2000). The relevance and observance of the IASC standards in developing countries and the
particular case of Zimbabwe. The International Journal of Accounting, 35(2), 267-286.
392
164
Sur la base des travaux de recherche antrieurs et compte tenu de la disponibilit des donnes,
nous avons choisi de focaliser lanalyse sur deux principales variables largement exploites par la
littrature comptable et financire, savoir le dveloppement et la performance dun march
financier. Ces deux variables ont servi la formulation des hypothses de la recherche.
Surtout travers la contribution des normes de lIASB dans lamlioration de la qualit de
linformation financire communique par les socits cotes, nous avons suppos que ladoption
des IAS/IFRS va affecter positivement le dveloppement et la performance des marchs
financiers mergents. Nous tentons de tester empiriquement ces anticipations dans le chapitre
suivant relatif la mthodologie et aux rsultats de la recherche.
165
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168
169
170
CHAPITRE V:
METHODOLOGIE ET RESULTATS EMPIRIQUES
DE LA RECHERCHE
171
Introduction
Lobjectif du prsent travail est ltude de leffet de ladoption des normes comptables
internationales de lIASB sur le dveloppement et la performance des marchs financiers
mergents. Aprs avoir expos, dans le chapitre prcdent, la problmatique, lobjectif et les
hypothses de la recherche, ce cinquime chapitre est rserv au traitement de laspect empirique
de la recherche et la vrification des hypothses. Dans ce cadre, nous prsentons, dabord,
lchantillon retenu pour vrifier les hypothses formules et les sources de donnes (section I).
Nous traitons, ensuite, des mesures slectionnes pour analyser les variables dveloppement et
performance des marchs financiers mergents (section II). Aprs avoir avanc la mthode
danalyse statistique (section III), nous procdons, enfin, la prsentation et lanalyse des
rsultats empiriques (section IV).
Dans des cas limits, nous avons contact les organismes chargs de la rglementation
comptable dans un pays.
393
La position de chaque pays par rapport aux IAS/IFRS ainsi que la source de cette information sont prsentes au
niveau de lannexe I.
172
A linstar des tudes prcdentes, les pays sont classs en trois catgories : une premire
classe regroupe les pays qui ont des rgles comptables totalement diffrentes des normes
comptables de lIASB (ignorance des IAS/IFRS), une deuxime rassemble les pays qui ont
procd ladoption totale des normes comptables internationales (adoption totale des
IAS/IFRS) et une troisime qui comprend les pays qui ont mis en place des mesures pour
converger leurs systmes comptables aux travaux de lIASB (Convergence ou aussi adoption
avec modification)
Aprs avoir limin les pays qui ignorent les IAS/IFRS, les pays qui ont procd
rcemment ladoption de ces normes, ainsi que ceux dont les donnes sont indisponibles, nous
avons retenu un chantillon compos de 38 pays qui ont adopt les normes comptables
internationales de lIASB. Le tableau (5.1) expose plus de dtails sur la manire de la slection de
lchantillon qui va servir pour tester les hypothses de la recherche et le tableau (5.2) prsente
les pays retenus dans la prsente recherche rpartis selon les continents.
Nombre total
02
38
72
33
87
13
24
13
Total
53
100
38
100
173
Amrique latine
Asie
Europe
(12 pays)
(6 pays)
(7 pays)
(13 pays)
gypte
Argentine
Bangladesh
Bulgarie
(1997)
(2000)
(1997)
(2001)
Ghana
Chili
Chine
Rpublique Tchque
(1997)
(1997)
(1993)
(2002)
Isral
quateur
Estonie
(2001)
(1999)
Jordanie
Jamaque
Inde
(1991)
Indonsie
(1998)
(2002)
(1994)
(2001)
Kenya
Mexique
Core du Sud
Lettonie
(1999)
(1995)
(1999)
(2004)
Liban
Prou
Philippines
Lituanie
(1996)
(1994)
(2003)
Hongrie
(2001)
(2002)
Maurice
Sri Lanka
Pologne
(2001)
(1999)
Maroc
(2002)
Roumanie
(2004)
(2000)
Namibie
Russie
(2005)
(2000)
Arabie Saoudite
Slovaquie
(1992)
(2003)
Afrique du Sud
Slovnie
(1993)
(2002)
Tunisie
Turquie
(1997)
(1994)
Ukraine
(1999)
- Lanne entre parenthses dsigne la date partir de laquelle un pays a commenc lapplication
de la totalit des IAS/IFRS ou lutilisation des rgles comptables inspires des normes comptables de lIASB.
- La Jamaque, la Jordanie, le Kenya, la Maurice et la Namibie, sont les pays qui ont procd ladoption
totale des normes comptables internationales dans leurs systmes comptables.
174
394
175
En raison de lindisponibilit des informations relatives la proprit des actions dans plusieurs
pays, une oprationnalisation directe de cette mesure est impossible 403.
Nobes (1988)404 a propos de mesurer indirectement la dispersion de la proprit des actions sur
un march financier par le nombre de socits cotes ajust par la taille dune conomie ou bien
de la population. Comme lont fait Frost et al. (2006)405, nous avons retenu le nombre de socits
cotes par rapport la taille de la population en millions dans un pays.
Le Tableau (5.3) rsume les diffrents indicateurs retenus dans cette recherche pour la variable
dveloppement dun march financier et leurs mesures.
Tableau 5.3 : Oprationnalisation de la variable dveloppement du march financier
Indicateur
- La taille
- Lactivit
- La dispersion
de la proprit
des actions
Mesure
Mesure ajuste
- La capitalisation
boursire
- Le volume
des transactions
- La capitalisation boursire/PIB
- Le nombre
de socits cotes
Par ailleurs, il est noter que les donnes relatives ces diffrentes mesures ont t
collectes auprs des sources suivantes :
Avant lanne 2000, les donnes ont t collectes auprs du document Emerging
A partir de lanne 2000, les donnes ont t collectes auprs du document Global
403
Idem.
Nobes, C. W. (1988). The causes of financial reporting differences. In Issues in Multinational Accoutning, Nobes,
C. W. et Parker, R. H. ditions., Oxford, Grande-Bretagne: Philip Allan.
405
Frost, C. A., Gordon, E. A. et Hayes, A. F. (2006). Stock exchange disclosure and market development: an
analysis of 50 international exchanges. Journal of Accounting research, 44(3), 437-483.
404
176
Ce ratio est frquemment utilis par les professionnels et les investisseurs pour
Le dnominateur de ce ratio (le bnfice comptable), tant donn quil est directement
rattach la comptabilit, est normalement affect par le changement des systmes comptables
(dans notre cas, le changement est concrtis par ladoption des normes comptables
internationales); et
Pour bien prsenter ce ratio et justifier son utilisation dans cette recherche, nous exposons,
dans ce qui suit, sa dfinition (2.1), son lien avec linformation comptable (2.2) et quelques
recherches rcentes traitant de cet indicateur en milieu international (2.3).
2.1. Le ratio cours sur le bnfice (PER) : dfinition et signification
Le PER ou galement coefficient de capitalisation407 est le rapport du cours sur le
bnfice par action. En exprimant le cours de laction comme un multiple de bnfice, ce ratio
repose sur lhypothse que le cours dune action mesure la capitalisation du bnfice un certain
taux408.
Le PER peut tre calcul pour une action, pour une socit et pour un march financier 409,
selon les besoins des investisseurs et la nature de leurs projets. A titre dexemple, si nous nous
situons dans le cas dun investisseur international qui retient le PER comme base pour
lvaluation de la performance des marchs financiers, cet acteur essaye, tout dabord, de trouver
linformation relative au PER des diffrents marchs pour dcider la place boursire dans laquelle
il serait avantageux dinvestir. Ensuite, il choisit, aprs avoir analys le PER des socits cotes,
lentit dans laquelle il va placer ses disponibilits.
406
177
Figure 5.1: Le PER pour une action, pour une entreprise et pour un march financier
Pour une action : PER= Valeur (ou cours) de laction/Le bnfice net par action
- Dans la prsente tude, nous nous intressons au PER de lensemble dun march financier.
- Les donnes relatives au PER ont t collectes auprs du document Emerging Markets Factbook publi par la
Corporation Financire Internationale (IFC) pour les annes avant 2000 et partir de cette dernire anne, les
donnes ont t collectes auprs du document Global Stock Markets Factbook publi annuellement par
lorganisme Standard and Poors.
410
178
Sagissant dune application des nouvelles rgles comptables, ladoption des IAS/IFRS par les
pays en dveloppement va affecter logiquement la pertinence des bnfices et, donc, les valeurs
du PER de leurs marchs financiers.
Du fait de la qualit de linformation financire tablie selon les normes comptables
internationales de lIASB, nous nous attendons ce que la qualit des bnfices sera amliore,
dans la mesure o ils refltent mieux la ralit conomique des entreprises et nous prvoyons
ainsi, une augmentation des PER, suite ladoption des IAS/IFRS dans le contexte des marchs
financiers mergents.
En ce qui concerne le prix des actions, nous avons anticip que ladoption des
normes comptables de lIASB par les pays en dveloppement va amliorer la qualit de
linformation financire communique par les socits cotes, rduire le cot des capitaux
propres et entraner donc, une augmentation de la valeur des actions. Dans ces circonstances, les
valeurs des PER vont connatre, par consquent, une volution la hausse aprs lapplication des
IAS/IFRS.
Rduction
de cot du capital
Limitation de la
gestion des rsultats
Augmentation de la
valeur des actions
Bnfices de
qualit
179
412
Idem.
Ramcharran, H. (2002). An empirical analysis of the determinants of the P/E ratio in emerging markets. Emerging
Markets Review, 3, 165-178.
414
Land, J. et Lang, M. (2002). Empirical evidence on the evolution of international earnings. The Accounting
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415
Ramcharran, H. (2002). An empirical analysis of the determinants of the P/E ratio in emerging markets. Emerging
Markets Review, 3, 165-178.
413
180
Date dadoption
-4
-3
-2
-1
0
Avant adoption
Aprs adoption
Cette mme dmarche, qui consiste comparer les variables avant et aprs ladoption des IAS/IFRS, a t
notamment applique par Barth et al. (2008). Selon ces auteurs, cette mthode est trs utile pour analyser les impacts
de lutilisation des normes comptables internationales.
181
Le nombre de socits cotes varie entre 3.00 et 4631.00 avec une mdiane de 149.75. Sa
moyenne et son cart type sont respectivement 401.23 et 851.78. Nous constatons, ainsi, que le
nombre des socits cotes est variable entre les pays retenus dans lchantillon;
Le nombre de socits cotes sur la population varie entre 0.02 et 211.95 avec une
mdiane de 5.64. La moyenne et lcart type sont respectivement 18.97 et 33.43. Ceci implique
que cette mesure varie normment entre les pays de lchantillon;
amricains avec une mdiane de 8777.85. Il varie entre 267.87 millions de dollars amricains et
245040.00 millions de dollars amricains avec un cart type de 53086.04. Nous concluons, donc,
que le degr de variation est relativement lev entre les pays de lchantillon en terme de
capitalisation boursire;
169.03 et un minimum de 1.25. Sa mdiane est de 17.15 et son cart type est de 30.67;
avec une mdiane de 927.15. Il varie entre 7.13 millions de dollars amricains et 811710.00
182
millions de dollars amricains avec un cart type de 97470.45. Ceci indique que cette mesure est
trs disperse entre les pays de lchantillon;
Le volume des transactions sur la capitalisation boursire varie entre 0.11 et 288.40 avec
une mdiane de 16.24. Sa moyenne et son cart type sont respectivement 36.22 et 51.80;
Le volume des transactions sur le PIB est en moyenne de 8.63 avec un maximum de
152.98 et un minimum de 0.08. Sa mdiane et son cart type sont respectivement 3.26 et 18.83;
Ayant une moyenne de 21.24 et un cart type de 29.90, le PER volue entre 0.57 et
183.55; et
Le PBR de lchantillon varie entre 0.10 et 7.10 avec une mdiane de 1.67. Sa moyenne
et son cart type sont respectivement 1.85 et 1.09.
Variables
NSC
NSC/Pop
CAPB
CAPB/PIB
VTRA
VTRA/CAPB
VTRA/PIB
PER417
PBR418
401.23
18.97
34382.58
28.44
23862.47
36.22
8.63
21.24
1.85
149.75
5.64
8777.85
17.50
927.15
16.24
3.26
14.57
1.67
851.78
33.43
53086.04
30.67
97470.45
51.80
18.83
29.90
1.09
4631.00
211.95
245040.00
169.03
811710.00
288.40
152.98
183.55
7.10
3.00
0.02
267.86
1.25
7.13
0.11
0.08
0.57
0.10
417
Les rsultats concernant les ratios PER et PBR ont t calculs pour un chantillon compos de 35 pays. LArabie
Saoudite, la chine et le Liban ont t carts, en raison de lindisponibilit de leurs donnes.
418
En raison de la disponibilit des donnes relatives ce ratio (PBR), nous avons dcid de lintgrer dans lanalyse
dans le but denrichir ltude.
183
Variables
Avant adoption
des IAS/IFRS
Aprs adoption
des IAS/IFRS
Signes
attendus
Signes
trouvs
361.09
18.69
23738.00
23.45
10017.00
34.00
5.49
727.93
29.85
37749.44
25.36
28814.43
39.52
7.64
441.38
19.24
45028.00
33.43
37343.00
38.27
11.68
968.23
37.08
63676.07
34.81
133472.00
61.45
25.17
(+)
(+)
(+)
(+)
(+)
(+)
(+)
(+)
(+)
(+)
(+)
(+)
(+)
(+)
15.92
1.81
13.21
1.29
26.73
1.89
40.05
0.86
(+)
(+)
(+)
(+)
184
Z de Wilcoxon
-1.088
-0.928
-3.952***
-3.024***
-3.357***
-0.688
-2.399**
NSC
NSC/Pop
CAPB
CAPB/PIB
VTRA
VTRA/CAPB
VTRA/PIB
-0.895
-1.248
PER
PBR
En se rfrant au tableau (5.6), nous constatons que les variables capitalisation boursire;
capitalisation boursire sur le PIB et volume des transactions sont significativement diffrentes
au niveau de 1% entre les deux priodes avant et aprs ladoption des IAS/IFRS. En plus, nous
remarquons que la variable volume des transactions sur le PIB est significativement diffrente au
niveau de 5%. En revanche, les variables nombre de socits cotes; nombre de socits sur la
population et volume de transactions sur la capitalisation boursire ne sont pas significativement
diffrentes.
419
Aczel, A. D. et Sounderpandian, J. (2006). Complete business statistics. 6me dition, McGraw-Hill/Irwin, New
York, les tats-Unis. Page 661.
185
186
Compte tenu de la nature de cette tude et des donnes, nous avons fait appel un modle
statistique des donnes de panel, tudi sur deux priodes (avant et aprs ladoption des normes
comptables de lIASB) 420.
Pour mener bien cette analyse multivarie, nous commenons, dabord, par
lidentification des
financier, autres que les rgles et les pratiques comptables en application dans un pays (les
IAS/IFRS dans notre tude) (4.1). Nous spcifions, ensuite, le modle qui va servir pour tester
leffet de lapplication des normes comptables de lIASB sur le dveloppement des marchs
financiers mergents (4.2). Nous prsentons, enfin, les rsultats du modle dfini (4.3).
4.1. Identification des variables de contrle :
Dans lobjectif de chercher les variables qui expliquent le niveau du dveloppement des
marchs financiers, nous avons ralis une investigation au sein de la littrature comptable,
financire et conomique. Celle-ci nous a permis de trouver trois principales tudes qui ont tent
dexaminer les dterminants du dveloppement des marchs financiers.
En analysant des donnes de panel dun chantillon compos de 15 pays et observ
pendant la priode allant du 1980 1995, Garcia et Liu (1999)421 ont montr que le revenu rel,
le taux de lpargne, lactivit du secteur bancaire et la liquidit du march financier sont les
principaux dterminants du niveau de dveloppement des marchs financiers.
Ben Naceur et al. (2007)422 ont trouv que le dveloppement des marchs financiers est
expliqu essentiellement par le taux de lpargne, lactivit du secteur bancaire, la liquidit du
march financier et linstabilit macroconomique. Leurs conclusions ont t fondes sur des
analyses statistiques faites sur un chantillon compos de 12 pays du Moyen-Orient et de
lAfrique du Nord et tudi entre 1979 et 1999.
420
Stock et Watson (2003) ont mentionn cette mthodologie. Elle consiste tudier des donnes de panel sur deux
priodes (comparaison avant et aprs). Page 275.
421
Garcia, V. F. et Liu, L. (1999). Macroeconomic determinants of stock market development. Journal of Applied
Economics, 2(1), 29-59.
422
Ben Naceur, S., Ghazouani, S. et Omran, M. (2007). The determinants of stock market development in the
Middle-Eastern and North African region. Managerial Finance, 33(7), 477-489.
187
Sur la base des donnes de panel relatives 42 pays mergents et collectes entre les
annes 1990 et 2004, Yartey (2008)423 a constat que le niveau de richesse, le niveau
dinvestissement, le dveloppement du secteur bancaire, les flux de capitaux privs, la liquidit
du march financier et le niveau du risque attribu un pays constituent les principaux facteurs
qui dterminent le niveau du dveloppement dun march financier.
A partir de ces travaux et compte tenu de la disponibilit des donnes, nous avons retenu
les variables de contrle suivantes : le dveloppement du secteur bancaire ; linvestissement; le
risque attribu un pays; linstabilit macroconomique; la liquidit dun march financier et le
niveau de richesse dans un pays424.
De plus, nous avons remarqu que toutes ces recherches, au moment de la modlisation
conomtrique, retiennent la capitalisation boursire sur le PIB pour mesurer le niveau du
dveloppement dun march financier dans un pays et elles intgrent dans le modle de
rgression la liquidit dun march financier comme lune des variables de contrle.
A linstar de ces travaux, cette dmarche est adopte dans la prsente tude.
4.2. Modle conomtrique tester :
Sur la base des recherches prcdentes qui ont essay dtudier les dterminants du
dveloppement des marchs financiers, nous avons dfini le modle en donnes de panel suivant :
dichotomique qui prend la valeur 1 si nous nous situons aprs ladoption des IAS/IFRS par un
pays et 0 avant (ADOPT).
423
Yartey, C. A. (2008). The determinants of stock market development in emerging economies: Is South Africa
different? Document du travail du Fonds Montaire International, le Fonds Montaire International (Dpartement de
lAfrique).
424
Les relations entre ces variables et le dveloppement des marchs financiers sont exposes au niveau du
paragraphe suivant prsentant le modle retenu dans cette tude (4.4.2).
188
Variables de contrle :
i- Le niveau de richesse dans un pays (RICH) : A travers ses effets positifs notamment sur la
qualit des systmes ducatifs et sur lenvironnement des affaires, laccroissement du niveau de
richesse dans un pays agit positivement sur lactivit des marchs financiers. Comme la fait
Yartey (2008)425, cette variable est mesure par le Log du PIB par Habitant.
Le PIB par Habitant a t collect auprs de la base de donnes en ligne de la banque
mondiale426.
ii- Le risque attribu un pays (RISK) : Un environnement conomique et politique propice
favorise le bon fonctionnement des marchs financiers et latteinte des finalits recherches de
leur mise en place, en instaurant, notamment, un climat de confiance entre les investisseurs et les
entrepreneurs. Il est attendu que les pays caractriss par des risques politiques et conomiques
minimes, aient de fortes chances davoir des marchs financiers dvelopps.
A linstar de Larson et Kenny (1995) 427, lenvironnement politique et conomique dans un pays
est mesur par le niveau du risque attribu un pays (Euromoney Country Risk RanKings) par
lorganisme Euromoney428.
Le magazine publi priodiquement par cet organisme Euromoney Magazine a constitu la
source pour collecter les donnes relatives cette variable.
iii- Le niveau dinvestissement dun pays (INVEST) : Le niveau dinvestissement dans une
conomie dpend fortement du niveau de lpargne. Cette dernire procure aux marchs
financiers les flux de capitaux ncessaires son dveloppement.
En raison de lassociation entre lpargne et linvestissement et limpact positif de lpargne sur
lactivit des marchs financiers, il est attendu que linvestissement constitue un important
dterminant pour la capitalisation boursire sur le PIB.
425
Yartey, C. A. (2008). The determinants of stock market development in emerging economies: Is South Africa
different? Document du travail du Fonds Montaire International, le Fonds Montaire International (Dpartement de
lAfrique).
426
Cette base de donnes est accessible depuis le rseau de lUniversit dOttawa, Canada.
http://www.banquemondiale.org (dcembre 2008).
427
Larson, R. K. et Kenny, S. Y. (1995). An empirical analysis of international accounting standards, equity markets,
and economic growth in developing countries. Journal of International Financial Management and Accounting,
6(2), 130-157.
428
http://www.euromony.com (dcembre 2008).
189
Comme lont fait Billmeier et Massa (2009)429, cette variable est mesure par la formation brute
de capital fixe sur le PIB. La base de donnes en ligne de la banque mondiale a constitu la
source pour collecter les donnes relatives cette variable.
iv- La liquidit dun march financier (LIQUI) : La liquidit dun march financier est dfinie,
selon Garcia et Liu (1999) 430, comme la manire selon laquelle un agent conomique peut
facilement et rapidement acheter et vendre des actions. Un march financier liquide permet, entre
autres, aux investisseurs de constituer et de modifier rapidement et des cots acceptables leurs
portefeuilles et facilite les oprations dinvestissement.
Nous tudions la liquidit du march financier travers le volume des transactions sur la
capitalisation boursire. Avant lanne 2000, les donnes concernant cette mesure ont t
collectes auprs du document Emerging Markets FactBook publi par la Corporation
financire Internationale (International Financial Corporation, IFC) et partir de lanne 2000,
elles ont t collectes auprs du document Global Stock Markets FactBook publi par
lorganisme Standards & Poors.
v- Le niveau du dveloppement du secteur bancaire (BANK) : Demirg-Kunt et Levine (1996)431
ont mentionn que le niveau du dveloppement dun march financier est positivement li
lactivit du secteur bancaire. Ces deux mcanismes, en fournissant les capitaux ncessaires aux
projets dinvestissement, ralisent des activits complmentaires.
Le montant des crdits accords au secteur priv sur le PIB est retenu dans cette tude pour
mesurer le niveau du dveloppement du secteur bancaire.
Les donnes relatives cette variable ont t collectes auprs de la base de donnes en ligne de
la banque mondiale.
vi- La stabilit macroconomique (SMAC) : La stabilit macroconomique constitue un facteur
important pour le dveloppement dun march financier. Dans les conomies caractrises par
429
Billmeier, A. et Massa, I. (2009). What drives stock market development in emerging markets-institutions,
remittances, or natural resources? Emerging Markets Review, 10, 23-35.
430
Garcia, V. F. et Liu, L. (1999). Macroeconomic determinants of stock market development. Journal of Applied
Economics, 2(1), 29-59.
431
Demirg-Kunt, A. et Levine, R. (1996). Stock markets, corporate finance, and economic growth: an overview.
World Bank Economic Review, 10, 223-239.
190
432
Garcia, V. F. et Liu, L. (1999). Macroeconomic determinants of stock market development. Journal of Applied
Economics, 2(1), 29-59.
433
Ben Naceur, S., Ghazouani, S. et Omran, M. (2007). The determinants of stock market development in the
Middle-Eastern and North African region. Managerial Finance, 33(7), 477-489.
434
Billmeier, A. et Massa, I. (2009). What drives stock market development in emerging markets-institutions,
remittances, or natural resources? Emerging Markets Review, 10, 23-35.
191
Avec;
DEVEM est la capitalisation boursire sur le PIB;
RICH est le Log du PIB par Habitant;
LIQUI est le volume des transactions sur la capitalisation boursire;
ADOPT est une variable muette qui prend la valeur 1 si nous nous situons aprs ladoption des
IAS/IFRS et 0 autrement;
RISK est le score du risque attribu un pays. Elle prend des valeurs entre 0 et 100. Les pays,
qui ont les scores les plus faibles, sont les plus risqus;
SMAC est le taux dintrt rel;
INVEST est la formation brute de capital fixe sur le PIB;
BANK est le montant des crdits accords au secteur priv sur le PIB; et
: le terme derreur.
4.3. Rsultats de la rgression statistique :
Avant destimer le modle (4.4.3.2), nous allons procder ltude de la multicolinarit
entre les variables explicatives (4.4.3.1). Daprs Groebner et al. (2008)435, lexistence dun tel
problme dans le modle peut donner lieu des signes et des coefficients incorrects et fausser,
par consquent, les rsultats et les conclusions de lanalyse.
4.3.1. tude de la multicolinarit entre les variables explicatives
Comme lont recommand Groebner et al. (2008)436 et Aczel et Sounderpandian
(2006)437, nous allons tablir la matrice de corrlation entre les diffrentes variables explicatives
du modle (i) et le test VIF (Variance Inflation factor) (ii). Ces deux instruments, daprs ces
auteurs, reprsentent des moyens efficaces pour dtecter la multicolinarit entre les variables
dun modle.
435
Groebner, D. F., Shannon, P. W., Fry, P. C. et Smith, K. D. (2008). Business statistics: a decision-making
approach. 7me dition, Prentice Hall, New Jersey. Page 696.
436
Idem. Page 696.
437
Aczel, A. D. et Sounderpandian, J. (2006). Complete business statistics. 6me dition, McGraw-Hill/Irwin, New
York, les tats-Unis. Pages 557, 558 et 559.
192
ADOPT DEVEM
LIQUI
RISK
RICH
INVEST
BANK
SMAC
ADOPT
DEVEM
0.19
LIQUI
-0.08
-0.10
RISK
0.06
0.37***
0.47***
RICH
0.16
0.33***
0.22
0.55***
INVEST
-0.01
0.05
0.20
0.38***
0.15
BANK
0.16
0.42***
0.00
0.54***
0.23**
0.46***
SMAC
-0.09
-0.00
-0.35***
-0.40***
-0.24
-0.21
-0.25** 1
Les corrlations qui dpassent la valeur de 46% et qui sont significatives 1% sont les
suivantes :
- Une corrlation de 47% (significative 1%) existe entre le niveau du risque dans un pays
(mesure par le score du risque attribu un pays 438) et le niveau de liquidit dun march
financier. Cela signifie que les pays les moins risqus ont les marchs financiers les plus liquides.
- Une corrlation de 54% (significative 1%) est tablie entre le niveau du risque dans un pays
et le niveau de dveloppement du secteur bancaire. Ainsi et sur la base de ce rsultat, un
438
193
environnement politique et conomique propice dans un pays constitue une condition favorable
pour le dveloppement du secteur bancaire.
- Une corrlation de 55% (significative 1%) est trouve entre le niveau du risque et la richesse.
Autrement dit, ce sont les pays les moins risqus qui enregistrent les niveaux de richesse les plus
levs.
Sur la base des rsultats fournis par la matrice de corrlation, nous avons dgag que les
coefficients de corrlation entre les variables explicatives ne dpassent pas la valeur de 55%. De
tels aboutissements nous ne permettent pas de nous prononcer sur lexistence ou labsence dune
multicolinarit entre les variables retenues. La ralisation du test VIF (Variance Inflation Factor)
savre trs utile ce niveau.
ii- Le test VIF (Variance Inflation Factor)
Selon Groebner et al. (2008) 439, un problme de multicolinarit srieux existe entre les
variables indpendantes dun modle, lorsque les valeurs des VIF dpassent 5.
En appliquant le test VIF aux variables retenues dans cette tude, nous avons trouv des valeurs
qui ne dpassent pas 2.087 (voir tableau (5.8)). Ces rsultats, en signalant la prsence dune
multicolinarit relativement faible, militent en faveur de lintroduction de toutes les variables
explicatives lors de la rgression statistique.
Tableau 5.8 : Les rsultats du test VIF
Variables
VIF
1/VIF
ADOPT
1.155
0.866
LIQUI
1.318
0.759
RISK
2.087
0.479
RICH
1.310
0.763
INVEST
1.469
0.681
BANK
1.604
0.623
SMAC
1.352
0.740
439
Groebner, D. F., Shannon, P. W., Fry, P. C. et Smith, K. D. (2008). Business statistics: a decision-making
approach. 7me dition, Prentice Hall, New Jersey. Page 696.
194
440
Ben Naceur, S., Ghazouani, S. et Omran, M. (2007). The determinants of stock market development in the
Middle-Eastern and North African region. Managerial Finance, 33(7), 477-489.
441
Ouellet, E. (2005). Guide dconomtrie applique pour Stata (pour ECN 3950 et FAS 3900). Universit de
Montral. Page 48.
442
Baltagi, B. H. (2003). Econometric analysis of panel data. 2me dition, John Wiley & Sons, LTD., Chichester.
Page 20.
443
Ben Naceur, S., Ghazouani, S. et Omran, M. (2007). The determinants of stock market development in the
Middle-Eastern and North African region. Managerial Finance, 33(7), 477-489.
444
Billmeier, A. et Massa, I. (2009). What drives stock market development in emerging markets-institutions,
remittances, or natural resources? Emerging Markets Review, 10, 23-35.
445
Lestimateur du modle effet alatoire est plus convenable que lestimateur du modle effet fixe, dans le cas
o lhypothse nulle est accepte (les variables explicatives sont dpendantes des effets spcifiques).
195
Test
Fisher
Statistique "F
Statistique "Khi-deux
5.14***
25.08***
Hausman
***Statistique significative 1%.
Il sagit dun modle en donnes de panel effet fixe. Il a t estim en utilisant le logiciel STATA" (version
8.2).
447
Ce pourcentage exprime la proportion de la variance indpendante qui est explique par les variables
indpendantes.
448
Garcia, V. F. et Liu, L. (1999). Macroeconomic determinants of stock market development. Journal of Applied
Economics, 2(1), 29-59.
449
Yartey, C. A. (2008). The determinants of stock market development in emerging economies: Is South Africa
different? Document du travail du Fonds Montaire International, le Fonds Montaire International (Dpartement de
lAfrique).
196
diffrents acteurs oprant sur les marchs financiers. Ainsi, il nous permet de corroborer la
premire hypothse de cette tude relative limpact des normes comptables de lIASB sur le
dveloppement des marchs financiers localiss dans les pays en dveloppement.
Tableau 5.10 : Les rsultats de la rgression statistique
Modle : DEVEMit = 0 + 1 RICHit + 2 LIQUIit + 3 ADOPTit + 4 RISKit + 5 SMACit +
6 INVESTit + 7 BANKit + it
Variables
Signe attendu
Coefficient
T-Test
RICH
(+)
-141.801
-1.47
LIQUI
(+)
0.071
0.71
ADOPT
(+)
29.548
2.89***
RISK
(+)
-4.190
-0.78
SMAC
(-)
-0.632
-1.49
INVEST
(+)
2.212
1.94*
BANK
(+)
0.005
0.02
Constante
Signe trouv
(+)
(+)
516.809
R2 (%)
52.04
Statistique F
2.95**
Les rsultats dgags pour la variable dveloppement des marchs financiers concordent,
ainsi, avec lensemble des tudes qui ont mis en exergue la pertinence des normes comptables de
lIASB pour les besoins des marchs financiers (Damont, 1992450 et Chamisa, 2000451) et leurs
importantes contributions dans lamlioration de la qualit de linformation financire et dans la
rduction des problmes lis lasymtrie dinformation (Daske et al., 2008452 et Barth et al.,
2008453).
450
Damont, A. (1992). The needs of capital markets: a users perspective of accounting standards. IASC Insight.
Chamisa, E. E. (2000). The relevance and observance of the IASC standards in developing countries and the
particular case of Zimbabwe. The International Journal of Accounting, 35(2), 267-286.
452
Daske, H., Hail, L., Leuz, C. et Verdi, R. (2008). Mandatory IFRS reporting around the world: early evidence on
the economic consequences. Journal of Accounting Research, 46 (5), 1085-1142.
453
Barth, M. E., Landsman, W. R. et Lang, M. H. (2008). International accounting standards and accounting quality.
Journal of Accounting Research, 46(3), 467-498.
451
197
En revanche, ceux concernant la variable performance des marchs financiers mergents taient
en contradiction avec ce que nous avons anticip sur la base da la littrature comptable
dveloppe en la matire. Ils peuvent tre expliqus, entre autres, par le manque de conformit
des socits cotes aux diffrentes exigences avances par les IAS/IFRS. Plusieurs chercheurs
(Diga et Saudagaran, 1997454,
Jermakowicz et al., 2007457), ce titre, ont insist sur le fait que la simple dcision dadoption de
ces standards est insuffisante pour atteindre les objectifs attendus de leurs utilisations et ont
prcis que cette stratgie doit tre accompagne ncessairement par des mesures visant
sassurer de leurs bonnes applications. Ainsi, russir le processus dadoption des IAS/IFRS est un
but qui ncessite la collaboration des diffrentes parties touches dont essentiellement les pays
concerns, les entreprises et la profession comptable.
454
Diga, J. G. et Saudagaran, S. M. (1997). Financial reporting in emerging capital markets: characteristics and
policy issues. Accounting Horizons, 11(2), 41-64.
455
Ball. R. (2006). International financial reporting standards (IFRS): pros and cons for investors. Accounting and
Business Research, International Accounting Policy Forum, 5-27.
456
Van Tendeloo, B. et Vanstraelen, A. (2005). Earnings management under German GAAP versus IFRS. European
Accounting Review, 14(1), 155-180.
457
Jermakowicz, E. K., Prather-Kinsey, J. et Wulf, I. (2007). The value relevance of accounting income reported by
DAX-30 German companies. Journal of International Financial Management of Accounting, 18(3), 151-191.
198
Conclusion
Le nombre relativement considrable des pays en dveloppement qui ont opt pour les
normes comptables internationales, ainsi que le manque de travaux de recherche traitant des
consquences conomiques de cette dcision nous ont incits analyser leffet de ladoption des
IAS/IFRS sur le dveloppement et la performance des marchs financiers localiss dans ces
nations. Un impact positif de lapplication de ces normes sur les variables examines a t
anticip, particulirement en raison des dfaillances multiples caractrisant les anciens systmes
comptables utiliss dans le contexte des pays en dveloppement et aussi de la qualit des tats
financiers tablis selon les normes comptables internationales.
Aprs avoir identifi un chantillon compos de 38 pays en dveloppement march financier et
qui ont adopt les normes de lIASB, nous avons procd, dans une premire tape (analyse
univarie), essentiellement la comparaison des variables tudies entre la phase qui prcde
ladoption des IAS/IFRS et celle qui la suit. Les rsultats de cette analyse nous ont permis de
trouver que lapplication de ces normes a eu des consquences positives et significatives sur la
variable dveloppement des marchs financiers. Alors que la variable performance des marchs
financiers, bien quelle a subi un impact positif, ses valeurs entre les deux priodes examines ne
sont pas significativement diffrentes. Ces aboutissements ont orient la dmarche mene au
niveau de lanalyse multivarie. Au sein de cette dernire, nous nous sommes concentrs sur
lexamen du lien entre lapplication des normes comptables internationales et le dveloppement
des marchs financiers. En estimant un modle en donnes de panel qui tient compte des autres
dterminants macroconomiques du niveau de dveloppement dun march financier dans un
pays, nous avons pu dgager que ladoption des IAS/IFRS a un effet positif et significatif sur
lactivit des marchs financiers mergents.
Les rsultats trouvs, dans lensemble, nous conduisent confirmer la premire hypothse
relative leffet des normes comptables de lIASB sur le dveloppement des marchs financiers
mergents et infirmer celle concernant limpact de ces normes sur la performance de ces
marchs.
199
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201
- La Banque Mondiale (2001). Report on the observance of standards and codes (ROSC) Kenya
(Accounting
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- La Banque Mondiale (2002). Report on the observance of standards and codes (ROSC)
Bulgaria
(Accounting
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- La Banque Mondiale (2002). Report on the observance of standards and codes (ROSC) Poland
(Accounting
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Document
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- La Banque Mondiale (2003). Report on the observance of standards and codes (ROSC)
Bangladesh (Accounting and Auditing). Document
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- La Banque Mondiale (2003). Report on the observance of standards and codes (ROSC) Croatia
(Accounting
and
Auditing).
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- La Banque Mondiale (2003). Report on the observance of standards and codes (ROSC)
Republic of Lebanon (Accounting and Auditing). Document disponible sur le lien suivant :
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- La Banque Mondiale (2003). Report on the observance of standards and codes (ROSC)
Republic of Maurituis (Maurituis) (Accounting and Auditing). Document disponible sur le lien
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- La Banque Mondiale (2003). Report on the observance of standards and codes (ROSC)
Romania
(Accounting
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Document
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- La Banque Mondiale (2003). Report on the observance of standards and codes (ROSC) South
Africa
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Document
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202
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- La Banque Mondiale (2004). Report on the observance of standards and codes (ROSC) Chile
(Accounting
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- La Banque Mondiale (2004). Report on the observance of standards and codes (ROSC)
Ecuador
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- La Banque Mondiale (2004). Report on the observance of standards and codes (ROSC) Ghana
(Accounting
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- La Banque Mondiale (2004). Report on the observance of standards and codes (ROSC)
Lithuania
(Accounting
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- La Banque Mondiale (2004). Report on the observance of standards and codes (ROSC)
Republic of Estonia (Accounting and Auditing). Document disponible sur le lien suivant :
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- La Banque Mondiale (2004). Report on the observance of standards and codes (ROSC)
Republic of Tunisia (Accounting and Auditing). Document disponible sur le lien suivant :
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- La Banque Mondiale (2004). Report on the observance of standards and codes (ROSC) Mexico
(Accounting
and
Auditing).
Document
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- La Banque Mondiale (2004). Report on the observance of standards and codes (ROSC) Peru
(Accounting
and
Auditing).
Document
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- La Banque Mondiale (2004). Report on the observance of standards and codes (ROSC) India
(Accounting
and
Auditing).
Document
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- La Banque Mondiale (2004). Report on the observance of standards and codes (ROSC)
Hashemite Kingdom of Jordan (Jordan) (Accounting and Auditing). Document disponible sur le
lien suivant : http://www.worldbank.org/ifa/rosc_aa.html.
203
- La Banque Mondiale (2004). Report on the observance of standards and codes (ROSC)
Republic of Slovenia (Accounting and Auditing). Document disponible sur le lien suivant :
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- La Banque Mondiale (2005). Report on the observance of standards and codes (ROSC)
Republic of Indonesia (Accounting and Auditing). Document disponible sur le lien suivant :
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- La Banque Mondiale (2005). Report on the observance of standards and codes (ROSC)
Republic of Latvia (Accounting and Auditing). Document disponible sur le lien suivant :
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Auditing and Taxation, 13, 89-119.
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2006.
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standards, equity markets, and economic growth in developing countries. Journal of International
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Business Media LLC.
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Accounting and financial system reform in Eastern Europe and Asia, Springer, les tats-Unis.
- McGee, R. W. et Preobragenskaya, G. G. (2006b). Accounting reform in Ukraine. Chapitre 3,
Accounting and financial system reform in Eastern Europe and Asia, Springer, les tats-Unis.
- Nobes, C. W. (1988). The causes of financial reporting differences. In Issues in Multinational
Accoutning, Nobes, C. W. et Parker, R. H. dition., Oxford, Grande-Bretagne: Philip Allan.
204
205
206
CONCLUSION GNRALE
I- Motivations de la recherche :
Afin de limiter les effets ngatifs de la diversit des pratiques comptables lchelle
internationale notamment sur lactivit des entreprises et sur le dveloppement des oprations
dinvestissement international et de fournir aux diffrents dcideurs nationaux et internationaux
un produit informationnel homogne et comparable, la communaut comptable et financire a
tent de chercher des solutions et de mettre en place des stratgies pour les appliquer.
Bien que plusieurs actions aient t employes, lharmonisation comptable internationale a
constitu le changement fondamental des dernires annes. Le but de ce programme tait de btir
un ensemble de normes comptables qui puissent tre appliques dans le monde entier.
Pour parvenir cet objectif, plusieurs initiatives ont t envisages dont principalement celles de
lInternational Accounting Standards Board (IASB). Cet organisme a contribu en la matire
surtout par la prparation et la publication des normes comptables internationales qui sont
devenues une sorte de rfrence dans le monde entier. A ce titre, nombreux sont les pays qui ont
dcid dadopter ces normes dans leurs propres lgislations comptables dont principalement ceux
en dveloppement. Pour ces derniers, le dbat quant leur utilisation des standards comptables de
lIASB na pas fait lobjet de lunanimit. Certains pensent que cette stratgie est trs bnfique
pour lamlioration de leurs situations conomiques, alors que dautres sopposent vivement
cette politique et estiment que les IAS/IFRS ne sont pas adquates leurs circonstances.
Avec le nombre considrable et croissant des pays en dveloppement qui adoptent les
normes comptables internationales, ltude de la problmatique lie la pertinence de ces
standards pour ces tats constitue un domaine de recherche dactualit et trs utile pour diverses
parties dont notamment les pays concerns, plusieurs organismes internationaux, lIASB et les
investisseurs internationaux.
Lune des dmarches qui peut nous permettre de traiter de ce questionnement et denrichir la
littrature comptable internationale par une recherche portant sur une problmatique qui demeure
sans rponse est lexamen des consquences de ladoption des IAS/IFRS sur la ralit
conomique de ces pays. Ces normes comptables sont pertinentes pour ces tats dans la mesure
207
458
Zeghal, D. et Mhedhbi, K. (2006). Analysis of the factors affecting the adoption of international accounting
standards by developing countries. The International Journal of Accounting, 41, 373-386.
459
Dans cette tude, nous avons dcid de nous focaliser sur les variables: dveloppement et performance dun
march financier.
208
la premire
hypothse relative leffet des normes comptables internationales sur le dveloppement des
marchs financiers mergents et infirmer celle concernant limpact de ces normes sur la
performance de ces marchs.
IV- Implications des rsultats dgags :
Limpact positif et significatif de ladoption des normes comptables internationales sur
le dveloppement des marchs financiers mergents nous mne dduire que ces standards ont
permis damliorer la qualit de linformation financire communique par les socits cotes,
dinstaurer un climat de confiance chez les investisseurs lgard des chiffres comptables et des
mcanismes des marchs financiers et dencourager par consquent, ces acteurs effectuer
davantage des transactions.
Ces rsultats sont favorables lapplication des IAS/IFRS dans les pays en dveloppement
march financier et militent en faveur de lutilit et de la pertinence de ces normes pour
lamlioration de lactivit de leurs marchs boursiers ainsi que de leurs conditions conomiques
en gnral. Ainsi, la lumire de ces aboutissements, les autres pays en dveloppement march
financier et qui nont pas encore converg vers les normes comptables internationales sont
appels mettre en place des stratgies pour sengager dans le processus dharmonisation
comptable internationale et pour accorder aux entreprises exerant dans leur territoire la
possibilit dutiliser des standards comptables de qualit pour la prparation et la prsentation de
leurs tats financiers.
209
galement, les rsultats relatifs cette premire variable de ltude sont potentiellement trs
importants pour lIASB et pour la dfinition de sa stratgie de normalisation comptable
internationale. La contribution significative et positive des IAS/IFRS dans le dveloppement des
marchs financiers mergents reprsente un argument solide pour le renforcement des politiques
de cet organisme adresses aux pays en dveloppement et constitue aussi un bon indicateur sur
ses ralisations actuelles et sur la possibilit de lapplication de ses normes dans les diffrents
pays.
Labsence dune association significative et positive entre lapplication des normes
comptables internationales et la performance des marchs financiers mergents peut tre
explique par le manque de conformit des socits cotes aux diffrentes exigences avances par
les IAS/IFRS. Plusieurs chercheurs, ce titre, ont insist sur le fait que la simple dcision
dadoption de ces standards est insuffisante pour atteindre les objectifs attendus de leurs
utilisations et ont prcis que cette stratgie doit tre accompagne ncessairement par des
mesures visant sassurer de leurs bonnes applications.
Ainsi, les pays concerns sont appels mettre en place des mesures efficaces pour inciter les
socits se conformer aux normes comptables de lIASB, les socits, de mme, doivent
renforcer leurs mcanismes de gouvernance afin dassurer la production dune information
financire qui reflte de manire fidle leur performance et leur situation conomique et la
profession comptable doit consolider ces efforts et jouer un rle considrable pour russir ce
programme. Celle-ci doit veiller ce que ses diffrents membres possdent les comptences
requises pour bien appliquer les IAS/IFRS et comprendre leur philosophie, notamment, en
organisant des sminaires de formation et en proposant lintroduction de lenseignement de ces
standards lUniversit.
V- Voies futures de recherche :
Ladoption des normes comptables de lIASB par les pays en dveloppement a
constitu (et constitue) lun des grands vnements qui ont caractris le monde comptable, ces
dernires annes. Malgr limportance de cette ralit, nous remarquons que le nombre dtudes
empiriques traitant de cette dcision est relativement faible et nous trouvons que plusieurs
problmatiques lies ce thme de recherche demeurent entires et sans rponse.
210
Au terme de cette recherche, nous suggrons daccorder plus dattention, au niveau des prochains
travaux de recherche, ltude de la bonne application, par les socits cotes, des diffrentes
mesures prvues par les IAS/IFRS, et aussi aux impacts de ladoption de ces standards sur la
ralit des marchs financiers mergents. Nous proposons, dans ce cadre, surtout :
Dtudier le niveau de conformit des socits cotes aux diffrentes exigences avances
par les normes comptables internationales;
Dexaminer leffet de ladoption des normes comptables de lIASB sur le cot de capital
et la liquidit des socits cotes; et
Danalyser les impacts des IAS/IFRS sur les principaux ratios financiers et comptables
des socits cotes.
211
Annexes
212
Pays
1-Argentine
Position/normes de lIASB
Source
Convergence (2000)
http://www.estandardsforum.org
(Dcembre 2008)
http://www.iasplus.com
(dcembre 2008)
ROSC (2004)
2-Brsil
3-Chili
Convergence (1997)
4-Colombie
5- quateur460
Ignorance
http://www.iasplus.com
(dcembre 2008)
ROSC (2004)
Convergence (1999)
Adoption totale (2002)
7-Mexique
Convergence (1995)
8-Prou
Convergence (1994)
ROSC (2004)
Bowrin (2007)
10-Venezuela
http://www.estandardsforum.org
(dcembre 2008)
6-Jamaque
460
461
Pays
Position/normes de lIASB
Source
11- Bangladesh
Convergence (1997)
ROSC (2003)
12-Chine
Convergence (1993)
Xiang (1998)
13-Inde
Convergence (1991)
ROSC (2004)
14-Indonsie
Convergence (1994)
ROSC (2005)
Convergence (1999)
16-Malaisie462
Convergence (1978)
17-Pakistan463
18-Philippines
Convergence (2001)
19-Sri Lanka
Convergence (1999)
20-Taiwan464
Convergence (2000)
http://www.iasplus.com
(dcembre 2008)
http://www.sec.gov.lk
(Janvier 2009)
Duh (2006)
21- Thailande465
Convergence (1987)
462
Donnes indisponibles.
Donnes indisponibles.
464
Donnes indisponibles.
465
Donnes indisponibles.
463
ii
Pays
Position/normes de lIASB
Source
22- Bulgarie
Convergence (2001)
23- Croatie466
Convergence (2002)
ROSC (2002)
Larson et Street (2005)
ROSC (2002)
Pervan (2005)
Larson et Street (2005)
25-Estonie
Convergence (2003)
ROSC (2004)
26- Hongrie
Convergence (2001)
27- Lettonie
Convergence (2004)
ROSC (2005)
28- Lituanie
Convergence (2002)
ROSC (2004)
Convergence (2002)
30- Roumanie
Convergence (2000)
31- Russie
Convergence (2000)
ROSC (2002)
Larson et Street (2005)
Vellam (2004)
ROSC (2003)
http://www.kpmg.ro (janvier 2009)
McGee et Preobragenskaya (2006a)
32-Slovaquie
Convergence (2003)
33- Slovnie
Convergence (2002)
ROSC (2004)
34- Turquie
Convergence (1994)
Sigma-Mugan (1995)
35- Ukraine
Convergence (1999)
29- Pologne
466
467
Donnes indisponibles.
Voir annexe II (B).
iii
Position/normes de lIASB
Source
36- Bahren468
37- Botswana
39- gypte
Convergence (1997)
ROSC (2002)
40-Ghana
Convergence (1997)
ROSC (2004)
41- Isral
Convergence (2001)
42-Jordanie
http://www.icpas.org.il
(Dcembre 2008)
ROSC (2004)
43- Kenya
ROSC (2001)
44-Liban
Convergence (1996)
ROSC (2003)
ROSC (2003)
Convergence (2004)
45- Maurice
46-Maroc
47-Namibie
48-Nigria472
Convergence (1985)
http://www.iasplus.com
(Dcembre 2008)
http://www.iasplus.com
(Dcembre 2008)
Obazee (2007)473
49-Oman474
50-Arabie Saoudite
Convergence (1992)
51-Afrique du Sud
Convergence (1993)
ROSC (2003)
52-Tunisie
Convergence (1997)
ROSC (2004)
53-Zimbabwe475
Convergence (1975)
Chamisa (2000)
468
Donnes indisponibles.
Avant cette date, il ny avait pas une obligation lgale pour appliquer les IFRS (ROSC, 2006).
470
Voir annexe II (A).
471
La Cte dIvoire, qui fait partie de lUnion conomique et Montaire Ouest-Africaine (UEMOA), applique avec
les autres pays membres de cette union un systme comptable dnomm Systme Comptable Ouest-Africain"
(SYSCOA).
472
Donnes indisponibles.
473
American Accounting association, Forum international Accounting, fall 2007.
474
Donnes indisponibles.
475
Donnes indisponibles.
469
iv
B- La Hongrie
RE: Adoption of IAS/IFRS
vi
Pays
Marchs financiers
Site Web
1- gypte
www.egyptse.com
2- Ghana
B.V.M477 de Ghana
www.gse.com.gh
3- Isral
Tel-Aviv
www.tase.co.il
4- Jordanie
Amman
www.exchange.jo
5- Kenya
Nairobi
www.nse.co.ke
6- Liban
Bierut
www.bse.com.lb
B. V. M de Maurice
www.stockexchangeofmauritius.com
Casablanca
www.casablanca-bourse.com
contact@ casablanca-bourse.com
www.nsx.com.na
www.tadawul.com.sa
Johannesburg
www.jse.co.za
B. V. M de Tunis
www.bvmt.com.tn
Buenos Aires
www.bolsar.com
Santiago
www.bolsadesantiago.com
Servicioalcliente@ bolsadesantiago.com
15- quateur
Guayaquil
www.mundobvg.com
16- Jamaque
B. V. M de Jamaque
www.jamstockex.com
trading@ jamstockex.com
17- Mexique
B. V. M de Mexique
www.bvm.com.mx
Lima
www.bvl.com.pe
7- Maurice
8- Maroc
9- Namibie
10- Arabie Saoudite
11- Afrique du Sud
12- Tunisie
Amrique Latine
13- Argentine
14- Chili
18- Prou
B. V. M de Namibie
478
B. V. M de lArabie Saoudite
476
Les noms et les contacts des marchs financiers ont t trouvs dans le document Global Stock Markets Factbook publi, en 2008, par Standard & Poors.
B. V. M : Bourse des Valeurs Mobilires.
478
TADAWUL.
477
vii
Marchs financiers
Site Web
Dhaka
www.csebd.com
www.szse.cn
21- Inde
Mumbai
www.bseindia.com
22- Indonsie
Jakarta
www.idx.co.id
www.krx.co.kr
24- Philippines
B. V. M de Philippines
www.pse.com.ph
Colombo
www.cse.lk
26- Bulgarie
Sofia
www.bse-sofa.bg
Prague
www.pse.cz
28- Estonie
OMX Tallinn
www.ee.omxgroup.com
Tallinn@ omxgroup.com
29- Hongrie
Budapest
www.bse.hu
30- Lettonie
OMX Riga
www.lv.omxgroup.com
31- Lituanie
OMX Vilnius
www.lt.omxgroup.com
32- Pologne
Varsovie
www.wse.com.pl
33- Roumanie
Bucarest
www.bvb.ro
34- Russie
Moscow
www.micex.ru
35- Slovaquie
Bratislava
www.bsse.sk
36- Slovnie
Ljubljana
www.ljse.si
37- Turquie
Istanbul
www.ise.org
38- Ukraine
PFTS479
www.pfts.com
19- Bangladesh
Asie
20- Chine
Europe
479
viii