Le Livre Mystérieux de L'au Dela (Johaness Greber)
Le Livre Mystérieux de L'au Dela (Johaness Greber)
MONDE SPIRITUEL
Les lois et les buts
Johannes Greber
Jusqu'à la mort lutte pour la vérité, le Seigneur Dieu combattra pour toi.
(L’Ecclésiastique ou Sirac, 4 : 28)
Titre original : Der Verkehr mit der Geisterwelt © Johannes Greber memorial foundation, U.S.A., 1932.
Les passages bibliques et leurs références sont extraits de : La Bible de Jérusalem © Cerf / Ecole
Biblique de Jérusalem, 1998, sauf si mentionné autrement. Les textes en grec ancien sont extraits du :
Nouveau Testament interlinéaire grec - français © Alliance Biblique Universelle, 1993.
Ce n’est pas le Christianisme inventé par les hommes des Eglises,
mais c’est le Christianisme du Christ qui vous rendra libres.
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Johannes GREBER (1876 – 1944)
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Introduction
Mais ces gens-là, ce qu’ils ne connaissent pas, ils l’insultent ; et ce qui savent
à la manière instinctive et stupide des bêtes, cela ne sert qu’à les perdre.
Jude 1 : 10
L’homme connaît-il une existence consciente après son décès ? Existe-t-il un au-delà, un monde spirituel
que rejoint l’esprit de l’homme, lorsqu’il se sépare de son corps ? Et comment faut-il se représenter la vie
dans cet autre monde ? Quel sort nous y attend ?
Ou alors, tout s’achève-t-il au cimetière ? A l’instar du corps, l’esprit y trouve-t-il sa sépulture ? Et
l’homme, avec ses espérances et ses craintes, ses peines et ses soucis, ses joies et ses souffrances, ses
bonnes et ses mauvaises actions, ne reste-t-il rien d’autre que le crâne ou une poignée de cendres ?
Ce sont là des réflexions qui nous touchent. Elles tourmentent le malade qui, gravement atteint, passe de
longues heures à méditer dans sa chambre. Et chaque fois que nous nous trouvons au pied d’un lit de
mort, chaque fois que nous suivons un cercueil, ces mêmes questions nous préoccupent. Chaque tertre
funéraire évoque ces interrogations, elles sont gravées sur chaque pierre tombale.
Qui donc résoudra pour nous cette grande énigme de l’au-delà ? A qui nous adresser avec nos doutes pour
connaître la vérité ? Interrogeons-nous les religions et leurs serviteurs ? Il est vrai qu’ils enseignent la
croyance en l’au-delà et la survie de l’esprit humain. Mais pourtant, ils affaiblissent grandement leur
doctrine en niant la survie de l’esprit des animaux. Car si l’animal ne survit pas, pourquoi l’homme
survivrait-il ? L’homme et la bête possèdent un destin semblable. L’un et l’autre sont engendrés et
naissent de la même façon. L’un et l’autre éprouvent la joie, la douleur et la mort également.
C’est ce que la Bible confirme en ces termes :
Car le sort de l'homme et le sort de la bête sont un sort identique : comme meurt l'un, ainsi meurt l'autre,
et c'est un même souffle1 qu'ils ont tous les deux. La supériorité de l'homme sur la bête est nulle, car tout
est vanité. Tout s'en va vers un même lieu : tout vient de la poussière, tout s'en retourne à la poussière.
Qui sait si le souffle de l'homme monte vers le haut et si le souffle de la bête descend en bas, vers la
terre ? (L’Ecclésiaste ou Qohélet, 3 : 19 - 21).
A cela s’ajoute que les diverses doctrines se contredisent à propos des questions les plus fondamentales
de l’existence. Ces divergences d’opinion proviennent avant tout des différences d’interprétation de textes
anciens. Elles ne sont pas le fruit d’expériences méthodiques ou d’observations pratiques. Il ne faut donc
pas s’attendre à recevoir de ce côté-là une réponse qui soit vérifiable.
Un seul chemin peut mener à la connaissance. S’il existe un au-delà et un monde des Esprits, la preuve ne
peut nous être livrée que si les Esprits eux même viennent jusqu’à nous pour nous instruire. Ils
représentent les seuls témoins capables de nous parler de la survie. Tant qu’il ne s’établit pas une
communication entre les Esprits et nous, nous ne pouvons pas sortir de l’incertitude.
Mais aujourd’hui encore, beaucoup tournent en dérision quiconque prétend parler de la possibilité de
dialoguer avec l’au-delà. Des hommes rient et se moquent comme ils l’ont fait de tout temps, dès que l’on
s’écarte de l’opinion commune de leur époque. Les démarches expérimentales mettent pourtant en
évidence les principes naturels qui établissent les liens entre la Terre et le Ciel. Ces principes immuables
appartiennent aux lois éternelles de l’univers et sont le fruit de la création divine.
Ainsi si, en tant qu’amis fidèles de Dieu ou bien en tant que chercheur sincère de la vérité, nous nous
efforçons de communiquer avec les bons Esprits, alors nous réalisons un progrès positif en harmonie avec
1
Pour Qohélet, le « souffle » désigne la partie immortelle des êtres vivants qui retourne à Dieu après la rupture du fil d’argent,
c’est à dire après le décès : Avant que lâche le fils d’argent, que la coupe d’or se brise, que la jarre se casse à la fontaine, que
la poulie se rompe au puits et que la poussière retourne à la poussière comme elle est venue, et le souffle à Dieu qui l’a donné
(Qohélet 12 : 6 – 7).
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les lois du Créateur. C’est la raison pour laquelle, tout au long de l’Ecriture Sainte, les hommes en quête
de vérité ne sont pas renvoyés à leurs semblables mais sont encouragés à s’adresser à Dieu et à ses
Esprits. Sous la direction de Moïse, le peuple hébreu côtoie en permanence les anges de Yahvé. Au
moment de quitter cette Terre, le Christ a encore beaucoup de choses à communiquer à ceux qui l’ont
suivi. Il leur annonce que des explications seront données ultérieurement, non pas par un homme mais par
un esprit de vérité qui sera perceptible par les sens humains : J’ai encore beaucoup à vous dire mais vous
ne pourriez pas le supporter à présent. Quand il viendra, lui, l’esprit de vérité, il vous guidera dans toute
la vérité. En effet, il ne vous parlera pas de lui-même, mais il parlera de tout ce qu’il entendra et il vous
annoncera les choses à venir. Celui-là, il me glorifiera parce que c’est de moi qu’il recevra ce qu’il vous
communiquera. Tout ce que possède le père, m’appartient également, voilà pourquoi j’ai dit que ce qu’il
prend auprès de moi, il vous le communiquera 2 (Jean 16 : 12-15).
Voici ce que nous apprend l’Ancien Testament et les Evangiles. C’est aussi l’enseignement des apôtres.
Cette pratique suivie à la fois par les tribus d’Israël et par les premiers chrétiens fut cependant délaissée.
Certains hommes décidèrent de se substituer à Dieu et à ses messagers. L’élaboration et la diffusion des
préceptes religieux devint un métier. On se mit à apprendre la religion par le biais d’un enseignement
humain, tout comme n’importe quelle discipline de ce monde. Les guides spirituels du peuple devinrent
des décideurs en matière de foi, ce qui leur permit du même coup, d’accroître leur pouvoir temporel.
L’ancienne liberté que Dieu accorde à chacun de ses enfants se transforma en servitude religieuse. Durant
des siècles, quiconque résistait et prétendait vivre selon ses convictions personnelles rencontrait les
tourmenteurs et le bourreau. Le sang de millions d’hommes a coulé au nom de dogmes théologiques
inventés par les hommes.
Au fil du temps, les textes bibliques connurent de nombreuses traductions et adaptations qui les firent
évoluer. Les rédacteurs appartenaient sans exception à des ordres religieux. Il leur importait avant tout de
donner à ces écrits une tournure qui favoriserait les institutions humaines qu’ils représentaient. Il se répéta
ce que dans l’Ancien Testament Dieu avait exprimé par la bouche des prophètes en guise de plainte et
d’amers reproches : Comment pouvez-vous dire : nous sommes sages et la loi de Dieu est chez nous ?
Oui, voici que le style mensonger des scribes a produit le mensonge ! Les sages sont confondus,
consternés et pris à leur propre piège. Voici qu’ils ont rejeté la parole du Seigneur, et quelle sagesse ont-
ils encore ? (Jérémie 8 :8-9).
Les écrits de l’antiquité furent ainsi arrangés au profit d’opinions religieuses en vogue à l’époque de leur
recopie. Tout cela se passait à l’insu du petit peuple qui devait accepter aveuglément et sans contrôle les
prétendues vérités et leurs commentaires rédigés par le clergé. Ainsi la tradition religieuse devint un
héritage obligatoire transmis à chacun sans aucune possibilité de formuler un avis sur son contenu.
Il n’en était pas ainsi au temps où les hommes entretenaient des relations directes avec le monde des
Esprits de Dieu. Ils pouvaient s’adresser au Ciel et obtenir une réponse. C’est la raison pour laquelle Paul
engageait les premiers chrétiens qui ne seraient pas d’accord avec lui à interroger Dieu : Nous tous donc
les plus avancés, comportons donc nous ainsi et si d’une quelque autre manière vous vous comportez
différemment, là dessus aussi Dieu vous éclairera3 (Philippiens 3 :15).
Une telle invitation à emprunter ce chemin vers la connaissance devint impensable pendant les siècles qui
suivirent. Cette attitude conduisit immanquablement à l’excommunication, à d’atroces tortures et enfin au
bûcher. Le progrès moral des hommes a finalement mis un terme à ces abominables persécutions dictées
par la haine et la soif de pouvoir. Aujourd’hui, il est temps de nous rappeler que des ponts peuvent être
lancés vers le royaume spirituel de Dieu.
J’ai été prêtre catholique pendant vingt-cinq ans. Je considérais ma religion comme étant la bonne, la
vraie. N’était-elle pas celle de mes parents, de nos maîtres, de nos chefs spirituels ? Je ne croyais pas
avoir des raisons m’autorisant à rejeter ce que mes coreligionnaires acceptaient comme une certitude. En
outre, toute mise en doute d’un dogme de la foi représentait, selon mon Eglise, un péché mortel.
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Traduction littérale du texte grec.
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Traduction littérale du texte grec.
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J’ignorais tout de la possibilité d’entrer en communication avec l’au-delà. Le spiritisme ne m’était connu
que parce que j’en avais lu dans les journaux. Tout cela je le considérais comme farce, fraude et illusion.
Et puis un jour, sans le provoquer, j’ai fait mon premier pas sur le chemin de la communication avec le
monde des Esprits de Dieu. J’expérimentais des choses qui me remuaient jusqu’au tréfonds de moi-
même. Après avoir franchi cette première étape, je ne pouvais plus m’arrêter. Il me fallait y voir plus
clair. J’avançais prudemment, par tâtonnement. J’avais fait mienne cette parole de l’apôtre Paul : Ne
faites pas obstacle à l’esprit, ne méprisez pas les paroles prophétiques, mais examinez tout avec
discernement, ne retenez que ce qui est bien et tenez vous à l’écart de toute espèce de mal 4
(Thessaloniciens 5 : 19-22)
Je ne m’intéressais qu’au bien et à la vérité. Je me sentais prêt à l’accepter même au prix des plus lourds
sacrifices. Je savais que Dieu n’abandonne jamais celui qui se met en quête de la vérité, de manière
désintéressée, et que selon la parole du Christ, il ne donne pas une pierre à la place du pain à celui qui
demande humblement.
Je ne me faisais aucune illusion sur les conséquences de mon choix. Je comprenais bien que si je
persévérais, cela provoquerait la ruine de mon état ecclésiastique, de mes revenus matériels et de mon
avenir de prêtre. Je savais ce qui m’attendait, c’était le mépris et la calomnie. On allait m’accabler
d’outrages et d’injures. Pourtant j’attachais un plus grand prix à la vérité. Elle se trouvait sur le chemin
que j’avais suivi, elle me libéra et me réjouit le cœur. Les épreuves qu’il me fallait traverser et qui durent
encore maintenant ne sauraient troubler la paix intérieure ainsi acquise.
Dans ce livre, je me propose de décrire les étapes qui me conduisirent vers le monde des bons Esprits
chargés de nous instruire. J’écris mon livre par amour de mon prochain quelle que soit sa religion ou sa
philosophie. L’ouvrage s’adresse à tous les chercheurs de la vérité. Il est destiné à servir de guide à ceux
qui souhaitent entrer en communication avec le royaume de Dieu, dans le but de se rapprocher de Dieu. Il
décrit le cheminement vers le pont qui nous mène aux messagers de l’au-delà.
Quiconque, avec l’aide de ce livre, empruntera ce pont entre les mondes, trouvera la confirmation de tout
ce qui est exposé ici. Voilà pourquoi, je ne demande nullement que l’on accepte d’emblée la validité de
cet ouvrage sans contrôle et sans examen. Celui qui agirait ainsi fonderait ses convictions, à propos des
aspects les plus sérieux de sa vie, sur les dires d’un homme faillible et sujet à l’erreur. Il ne faut pas qu’il
en soit ainsi.
Je ne demande donc pas que l’on me croit aveuglément. Je souhaite uniquement que l’on examine les
affirmations qui me furent révélées par les mêmes procédés que j’ai moi-même expérimentés. J’ai décrit
cette voie avec tant de précisions et si rigoureusement que nul ne saurait la manquer. Pour cela, aucune
préparation ou formation n’est nécessaire. Une seule chose ne doit cependant pas faire défaut : la volonté
de trouver la vérité. Celui qui la cherche devra se préparer à l’accepter dès qu’elle se présentera à lui de
façon convaincante et d’y conformer sa vie. Le livre ne s’adresse qu’à ceux qui acceptent cette condition.
Ceux qui manqueront de persévérance et qui refuseront d’examiner méthodiquement les faits exposés
n’ont pas le droit de porter un jugement sur mon travail.
Je suis certain de l’exactitude de ce livre, car je sais en qui j’ai mis ma confiance (Timothée 1 : 12). Je
sais que ceux qui suivront ma voie ne découvriront aucune contradiction avec mes écrits. Tous ceux qui
ont écouté mes conseils jusqu’ici, dans la recherche du contact avec le monde des Esprits saints, ont
trouvé ce que moi-même j’ai découvert.
Malgré cela, mon livre se heurtera à l’acharnement de nombreux adversaires. Des ecclésiastiques de tout
bord en feront certainement partie. En effet, le credo qu’ils enseignent à leurs fidèles garantit leur
subsistance. S’ils entreprenaient une étude expérimentale de l’au-delà, la constatation des faits les
obligerait à modifier leur point de vue. Ils cesseraient alors d’être les représentants accrédités de leur
confession et se verraient privés des ressources de leur fonction. Les hommes n’acceptent pas volontiers
le sacrifice de leur position sociale et de leur confort. La plupart évitent pareille épreuve et préfèrent
renoncer à la vérité. La même raison poussait les anciens prêtres du judaïsme à s’acharner contre le Christ
et sa doctrine. Ils craignaient pour leur prestige et leur réputation. Sans chercher à examiner le discours de
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Traduction littérale du texte grec.
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Jésus ils persécutèrent jusqu’au meurtre celui qui menaçait de détruire l’influence qu’ils avaient sur le
peuple. La plupart des prêtres d’aujourd’hui ne se contenteront pas de dénigrer mon livre mais ils
refuseront également de vérifier la justesse de son contenu et des méthodes indiquées. Pourtant, chacun
peut s’engager sur cette voie sans scrupules et avec bonne conscience. Il est bénéfique de prier Dieu dans
la confiance de la promesse de Jésus : Et moi je vous dis : demandez et il vous sera donné, cherchez et
vous trouverez, frappez et on vous ouvrira. En effet, celui qui demande il le reçoit en totalité, celui qui
cherche trouve et on ouvre à celui qui frappe. Quel père parmi vous si son fils lui demandera un poisson
lui donnera un serpent au lieu du poisson ? Ou encore s’il demandera un bœuf, lui donnera un scorpion
au lieu du bœuf ? Si donc vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants,
combien davantage, le père du ciel donnera un esprit saint à ceux qui lui demanden 5 (Luc 11 : 9-13).
EXISTE-T-IL QUELQU’UN QUI EST PRÊT À S’ENGAGER DANS CETTE VOIE AVEC UNE
GRANDE SINCÉRITÉ ET HONNÊTETÉ INTELLECTUELLE ? JE NE DEMANDE RIEN D’AUTRE.
J’AI PROCÉDÉ DE CETTE MANIÈRE MOI-MÊME ET C’EST CE QUE J’AI RELATÉ DANS CE
LIVRE. JE N’AI RIEN REÇU D’EXTRAORDINAIRE, MAIS SIMPLEMENT CE QUE TOUT
HOMME OBTIENT S’IL CHERCHE SINCÈREMENT. SI L’IDÉE DE PARLER AVEC LE
ROYAUME DE DIEU PEUT NOUS PARAÎTRE INCROYABLE, CE N’EST PAS UNE RAISON
POUR QUE NOUS REFUSIONS DE NOUS ADRESSER À LUI. CAR DIEU NOUS FAIT BIEN
ENTREVOIR ET ESPÉRER L’INCROYABLE PAR CETTE PROMESSE :
Appelle moi et je te répondrai, je t’annoncerai des choses grandes et cachées dont tu ne sais rien
(Jérémie 33 : 3).
Johannes Greber, Pâques 1932
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Traduction littérale du texte grec.
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1ère Partie
Alors j'ai réfléchi pour comprendre, quelle peine c'était à mes yeux ! jusqu'au jour où
J’entrai aux sanctuaires divins, où je pénétrai leur destin
Psaume 73 : 16-17
Mes hésitations
J’avais suivi la narration avec beaucoup d’attention. Quelle réponse lui donner ? Je n’avais pas la moindre
idée, la moindre connaissance de ce que l’on appelle « spiritisme ». J’avais bien lu un article par-ci par-là
sur ce sujet dans les journaux. Il s’agissait de rapports sur des médiums démasqués ou d’autres
expériences spirites truquées, donc rien qui puisse parler en faveur du spiritisme. Et voici qu’on me
demandait une chose pareille. En tant qu’homme sensé et, en outre comme ecclésiastique, j’allais devoir
m’aventurer sur ce terrain et m’exposer au danger d’être tourné en ridicule. Je dois avouer que j’étais
tenté par l’idée de pouvoir examiner, par des procédés scientifiques, les faits insolites qui m'étaient
relatés. Cependant je souhaitais faire cela tout seul, dans mon bureau. Il me répugnait d’aller dans des
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familles et de m’exposer ainsi aux commérages et aux ragots. J’avouais franchement à ce monsieur que je
n’avais aucune expérience personnelle du spiritisme et je ne me sentais pas capable de porter un jugement
sur ce qu’il m’avait raconté. De plus, j’hésitais beaucoup à accepter son invitation à assister à une réunion
du genre de celles qu’il venait de me décrire. Il me fallait prendre en considération que je portais la
soutane et qu’il m’était impossible de m’exposer au risque d’être décrié en public comme « spirite ». Ma
participation et ma présence à ces séances seraient à coup sûr bien vite connues de tous.
Mon visiteur ne voulait rien entendre et refusa d’accepter mes objections. « Il s’agit », dit-il, « d’une
affaire d’importance au sujet de laquelle vous, en tant que membre du clergé et chargé d’une fonction
publique, devriez être au courant. Je suis d’avis que vous avez le devoir d’examiner cette affaire pour
établir votre jugement après une observation minutieuse, objective et impartiale. Il vous arrivera encore
souvent dans votre vie d’être interrogé au sujet de ces choses. »
« Nous autres les laïques, à qui donc faut-il que nous nous adressions pour obtenir des éclaircissements, si
ce n’est à nos guides spirituels à qui nous accordons notre entière confiance dans l’espoir qu’ils nous
diront toute la vérité ? Il n’est plus possible de faire le silence sur ces choses. En Allemagne, les réunions
spirites augmentent de jour en jour. Des séances se déroulent dans presque chaque ville d’une certaine
importance. Je sais que les Eglises cherchent à écarter le spiritisme en l’accusant de fraude ou en le
faisant passer pour l’œuvre du démon. Mais de telles allégations ne résolvent pas la question. Si vous
craignez que des ennuis puissent en résulter pour vous, cette crainte est dénuée de fondement. Votre
participation à nos réunions ne sera pas ébruitée. Car les quelques participants garderont le silence et
feront tout pour éviter que votre présence ne vous porte préjudice. Donc vous pouvez tranquillement
donner votre assentiment. »
Je ne pouvais pas nier que cet homme disait vrai. Il avait raison. Si nous, membres du clergé qui
ambitionnons d’être les guides du peuple, nous refusons, dis-je, d’examiner, d’étudier et d’élucider
personnellement ce qu’il y a de vrai dans ces phénomènes, qui d’autre s’en chargerait ? Qui plus que
nous, le clergé de toutes les confessions, pourrait et devrait s’intéresser à cette affaire ? Car si le
spiritisme s’avérait être vrai et fondé, il entraînerait de sérieuses conséquences pour toutes les religions.
Mon accord
Après quelques hésitations, je me déclarai prêt à assister à la séance qui se tiendra le dimanche soir
suivant.
Mon esprit, pendant les jours qui suivirent, était pleinement occupé à méditer sur cette question. Je
regrettai presque d’avoir dit oui. Plus j’y réfléchissais, plus il me semblait que les ennuis qui pourraient
en résulter seraient conséquents. J’attendais le dimanche avec impatience. Après vêpres, j’allais en ville.
A mon bureau de la Société de Bienfaisance, il me fallait encore traiter les affaires urgentes avant de me
rendre à la séance prévue. Dans la poche de ma veste, je glissais un billet sur lequel j’avais inscrit les
questions que je voulais poser au jeune homme pendant la séance du soir. Elles étaient telles que seules de
longues explications pourraient y répondre. Elles provenaient de la doctrine théologique. Moi-même je
me sentais incapable d’y répondre. Je désirais simplement me rendre compte comment et par quelles
réponses le jeune homme s’en tirerait.
A mon bureau de la Société de Secours, je trouvai une lettre venant du monsieur qui m’avait invité à la
séance. Dans cette lettre, il m’informait que la séance ne se déroulerait pas chez lui, comme convenu,
mais au domicile d’une autre famille dont il m’indiquait l’adresse. Il s’agissait, disait la lettre, de
dispositions prises ultérieurement.
Ce changement inattendu me déconcerta. La méfiance s’empara de moi. De qui se moquait-on ? La
famille, où la séance devait avoir lieu d’après ces nouveaux arrangements, m’était inconnue, même de
nom. Allais-je donc me mettre dans l’embarras devant une famille étrangère ? N’était-ce pas un piège
dans lequel on voulait me faire tomber ? Ma résolution de ne pas m’y rendre fut vite prise. Pour que l’on
ne m’attende pas inutilement, je fis parvenir un mot par messager au monsieur qui m’avait invité, pour lui
préciser que je n’assisterais pas à la séance.
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Peu après, il se présenta en personne. Il me pria de l’accompagner. Ce n’est pas lui, dit-il qui avait
introduit ce changement, mais les nouvelles dispositions avaient été prises par quelqu’un à qui il fallait
obéir. Il se pourrait, dit-il, que la raison provenait du fait que dans l’autre appartement la séance pourrait
avoir lieu plus discrètement et de façon plus inaperçue qu’à son propre domicile. J’acceptai alors de
l’accompagner.
Ma première séance
Il était sept heures et demie du soir à notre arrivée. La famille m’accueillit avec amabilité. Je remarquai
que ma venue faisait plaisir. Comme la séance ne devait commencer qu’à huit heures, j’avais le temps et
l’occasion de m’entretenir à souhait avec le jeune homme qui, lui aussi, était déjà arrivé. Je cherchais à
me rendre compte de son degré d’instruction qui se révéla correspondre à celui de tout jeune homme
ordinaire du même âge. La séance commença à huit heures. Nous étions peu nombreux. J’étais surpris
que la séance ne se déroule pas dans le noir, toute lumière éteinte, mais que la pièce était éclairée « à
giorno ». J’avais cru que de telles séances avaient lieu dans l’obscurité.
La séance débuta par une courte prière, récitée avec grande ferveur par un des assistants. Du reste, toutes
les personnes présentes paraissaient sérieuses et recueillies.
Juste après la prière, le jeune homme, d’une brusque saccade, tomba en avant en haletant. J’en éprouvai
de la frayeur. Il serait tombé sur le sol si le bras de son siège ne l’avait pas retenu. Au bout de quelques
secondes, quelque chose, comme une main invisible, le redressa par secousse. Il s’assit, ses yeux étaient
fermés. Je sentais mon cœur battre plus vite et plus fort, tandis que j’attendais avec impatience la suite des
événements.
« Gruess Gott6 », commença-t-il, et il s’adressait directement à moi en me demandant : « Pourquoi es-tu
venu ici ? ». Je m’étonnai de ce qu’il me tutoyât. S’il avait été dans son état normal, le jeune homme
n’aurait pas agi ainsi.
« Je suis venu en quête de vérité », dis-je. « On m’a parlé de ce qui se passait ici et je voudrais me rendre
compte par moi-même s’il s’agit d’une chose vraie ou d’une fraude. »
« Crois-tu en Dieu ? ». Continua-t-il, en ajoutant : « Ma foi, je sais que tu crois en Dieu. Mais je voudrais
te poser une autre question : Pourquoi crois-tu en Dieu ? »
Cette question était si inattendue que je ne savais plus très bien quoi répondre. Je me sentais désorienté.
Dans ma confusion, je donnai une réponse si médiocre que je n’en étais pas satisfait moi-même.
« Je m’attendais à une meilleure réponse de ta part », dit-il calmement. Ces paroles réprobatrices me
firent l’effet d’un rude soufflet.
J'étais venu dans l'intention de démasquer une fraude possible et voilà qu’au bout de quelques minutes à
peine de mon arrivée, c’était moi que l’on interpellait !
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ce que vous appelez le Nouveau Testament, plus d’un paragraphe important a été laissé de coté. Des
chapitres entiers ont même été supprimés. Ce qu’il vous reste encore, ce sont des copies mutilées. Vous
n’avez aucune connaissance des originaux, de sorte que les mutilations du texte primitif ne peuvent être
décelées7. Ceux qui se sont rendus coupables de pareilles dégradations ont été sévèrement punis par
Dieu. »
A ce moment, une des personnes présentes demanda qui s’était permis de porter atteinte de cette façon
aux Livres Saints.
« Il ne vous appartient pas de le savoir » fut la réponse nette et brève. « Qu’il vous suffise de savoir que
c’est arrivé et que Dieu a puni les impies ! A quoi vous servirait d’apprendre leurs noms ? Si on vous
l’apprenait, vous mettriez à profit votre connaissance pour les juger. Et vous savez que vous n’avez pas le
droit de juger vos semblables. Dieu juge ! Et cela est suffisant.
En outre, la dernière lettre de l’apôtre Paul adressée à toutes les communautés chrétiennes a été détruite. Il
expliquait dans le menu détail les passages de ses lettres antérieures qui avaient donné lieu à des
malentendus. Ces éclaircissements ne concordaient pas avec de nombreux enseignements erronés qui
s’étaient par la suite glissés dans la doctrine du christianisme. »
Je l’interrompis en lui demandant quand et à quel moment les premières divergences d’opinions
s’écartant de la vraie doctrine avaient été introduites dans le christianisme. – Il me répondit : « Dans une
moindre mesure, dès le premier siècle du christianisme. Tu sais bien que, déjà au temps des apôtres, de
nombreuses divergences d’opinions virent le jour au sein des communautés chrétiennes. Plus tard
s’insinuèrent beaucoup d’opinions et de lois inventées par les hommes et en désaccord avec la doctrine du
Christ. Si vous étiez en possession du texte complet et inaltéré, vous vous trouveriez débarrassés de plus
d’un fardeau qui pèse sur vos épaules et qui vous a été imposé au nom de la religion et du christianisme.
Plus d’une doctrine qu’on impose à votre croyance et qui répugne à votre raison serait révélée comme
inexacte et cesserait de vous préoccuper. Et vous, en tant qu'enfants de Dieu, vous retrouveriez votre
liberté. »
« Dans l’état actuel des choses, des millions d’hommes sentent que beaucoup d’enseignements du
christianisme ne peuvent pas correspondre à la vérité. Mais ils s’y accrochent par habitude,
machinalement, sans y adhérer de cœur. Ce genre de croyance de façade n’a aucun pouvoir sur leur for
intérieur. Il y manque la flamme et l’ardeur de la foi véritable, celle qui vivifie.
Beaucoup de chrétiens ne font même plus semblant de rester fidèles à leur foi chrétienne. Au lieu de se
débarrasser de ce qui est erroné, ils se défont de toute la doctrine chrétienne et de la foi en Dieu ; dans
leur esprit l’une est liée à l’autre. Ceci est grave.
Mais le temps viendra où la doctrine du Christ, dans toute sa pureté et sa vérité, sera rendue à l’humanité.
Il n’est pas utile que vous sachiez dès à présent de quelle façon cela arrivera.
De plus, ce qui subsiste des originaux du Nouveau Testament a subi des altérations en beaucoup
d’endroits. Le copiste a changé des mots et des phrases entières, soit en retranchant un mot ici, soit en y
ajoutant un autre là selon que cela servait ses intentions, ce qui a défiguré le sens du texte. La plupart du
temps, les copistes voulaient à tout prix trouver dans la Bible un passage justifiant les opinions de leur
époque, et, pour ce faire, avaient recours à la falsification. Ils n’avaient pas toujours conscience de la
gravité du tort qu’ils faisaient. Bien au contraire. Ils pensaient, en agissant ainsi, rendre service à leur
religion. Voici comment le peuple fut induit en erreur. Nombreux sont ceux qui ressentent jusqu’au
tréfonds de leur être qu’ils font fausse route, encore qu’ils n’aient pas le moyen et la possibilité de faire la
lumière. La conséquence évidente et logique d’une pareille manœuvre, c’est qu’un christianisme ainsi
dénaturé et déraciné ne saurait porter des fruits sains. Douter de la vérité entrave les effets salutaires de
celle-ci. »
Je lui demandai, le cœur serré, de bien vouloir me citer un passage du Nouveau Testament où, en
changeant ou en supprimant un mot, on avait opéré une falsification du sens de ce passage.
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Aucun des manuscrits originaux des évangiles n’a été découvert, nous ne possédons que des copies de copies. La copie la
plus ancienne connue à ce jour est datée du quatrième siècle.
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« Le moment n’est pas encore venu, il est vrai, dit-il d’entrer dans le détail des falsifications. Je le ferai
plus tard quand je commenterai la Bible dans son ensemble. Je vais quand même exaucer ton vœu en
t’indiquant deux passages, l’un où un mot a été remplacé par un autre, et un deuxième passage où on a
supprimé un mot. »
« Tu connais l’exclamation de l’apôtre Thomas d’après le texte de votre Bible : « Mon Seigneur et mon
Dieu ! » (Jean 20 : 28). En réalité, il s’est servi de la même expression que les apôtres employaient toutes
les fois qu’ils s’adressaient au Christ : « Mon Seigneur et Maître ! » Le mot « Maître » a été falsifié par la
suite et changé en « Dieu ». Je vous expliquerai une autre fois pourquoi il en fut ainsi. Le passage dans
lequel on a supprimé un mot et, par-là, complètement changé le sens, présente pour toi un intérêt tout
particulier. Tu es prêtre catholique. Tu crois détenir le pouvoir de pardonner les péchés. Quel est le
passage du Nouveau Testament qui te sert de preuve qu’un tel pouvoir a été donné aux prêtres ? »
Je citai le passage en question : « Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui
vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jean 20 : 23).
Il me corrigea en rendant le passage littéralement : « Si vous pardonnez les péchés aux autres, ils leur
seront pardonnés », et il continua : « Le mot8 que vous traduisez par « leur » veut également dire en grec
« même ». Dans le texte d’origine, il y avait encore devant le mot « même » le mot « vous ». Ce qui fait
que le passage original porte textuellement et littéralement : « Si vous pardonnez les péchés aux autres, ils
seront pardonnés à vous-même. » Tu comprendras aisément combien le sens a été déformé en supprimant
le mot « à vous ». Ce passage ne fait dire au Christ que ce qu’il a exprimé et dit à beaucoup d’autres
occasions, à savoir : Vous devez pardonner de tout votre cœur à vos semblables les fautes et les péchés
dont ils se sont rendus coupables envers vous, afin que vous obteniez de Dieu le pardon de vos propres
péchés. Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés9. Le pardon
est ce qu’il y a de plus pénible dans votre vie. Il vous faut pour cela une aide particulière de Dieu. Au
même endroit10, le Christ dit aussi : Recevez un esprit saint ! Si vous pardonnez leurs péchés aux autres,
ils vous seront pardonnés à vous-même. Mais si vous les retenez, c’est à dire dans votre cœur, vos péchés
à vous seront également retenus, c’est à dire par Dieu. As-tu bien compris cela ? »
Tout accablé, je répondis « oui » à voix basse, en ajoutant aussitôt : « Est-ce que selon toi, il est
totalement inutile qu'en tant que prêtre je reçoive la confession des péchés de mes semblables si je ne
peux pas leur donner l’absolution ? Devrais-je donc renoncer à cette pratique ? »
« Cela n’est pas nécessaire » dit-il. « Puisque les chrétiens de ton Eglise pensent que pour obtenir le
pardon de leurs péchés ils doivent les confesser à un prêtre, accepte tranquillement leur confession,
comme ta charge le prescrit. Il n’y a pas de mal et ce n’est pas interdit par la loi divine de confesser ses
péchés à un être humain. Mais il ne faut pas croire que tu as le pouvoir de pardonner les péchés de tes
pénitents à la place de Dieu. Ta seule tâche consiste à éloigner du cœur des pénitents leurs tendances à
pécher en les instruisant, en les admonestant, en les encourageant, en les consolant, de sorte qu’ils
repartent convertis et prêts à le prouver par leur comportement. Se confesser et recevoir l’absolution par
habitude routinière n’est pas seulement vain et inutile, mais une profanation de l’idée de la réconciliation
avec Dieu. »
Les questions que tu intercales font que je m’écarte de mon sujet. Je vais continuer.
Même si bien des points de la doctrine du Christ ont été supprimés intentionnellement dans les copies des
manuscrits et qu’ils vous sont parvenus ainsi altérés, soit par suppression ou falsification, il y a encore
beaucoup de textes authentiques qui sont restés suffisamment purs pour que les hommes, en s’y
conformant, puissent s’approcher de Dieu. Malheureusement, ils n’arrivent pas à distinguer le vrai du
faux.
La base de la doctrine du Christ est, selon sa propre parole : « Aime Dieu par-dessus tout, et ton prochain
comme toi-même !11 » Celui qui s’y conforme accomplit toute la loi du Christ. Toutes les autres vérités ne
8
Il s'agit du mot : α υ τ ο ς
9
Matthieu 6 : 12
10
Jean 20 : 22-23
11
Matthieu 22 : 34 – 40 ; Marc 12 :28 - 31 ; Matthieu 7 : 12 ; Luc 6 : 31 ; Luc 10 : 25 - 28 ; Jean 13 : 34 - 35
12
sont que le complément de cette vérité fondamentale et ne servent que de directives pour
l’accomplissement de ce commandement dans la vie de chacun.
Et à présent, j’en arrive à la dernière, mais non la moindre des raisons pour lesquelles le christianisme
semble avoir perdu son influence sur l’humanité actuelle.
Le peuple s’aperçoit que ses guides spirituels ne mettent pas en pratique l’enseignement du Christ qu’ils
prêchent eux-mêmes. Ceci s’applique au clergé de toutes les confessions. Il y a des exceptions, bien sûr.
Elles sont relativement rares. Quels sont les ecclésiastiques que vous pouvez placer à côté du Christ sans
qu’ils n’aient à en rougir ? – Combien y en a-t-il qui partagent avec leurs frères et sœurs la souffrance, la
pauvreté et le besoin ? Les membres de leur communauté sont pourtant leurs frères et sœurs. Sont-ils
leurs « serviteurs », comme leur a prescrit le Christ ou ne sont-ils pas plutôt des dominateurs et des
exploiteurs ? Accordent-ils leurs services gratuitement ?
« Certains d’entre eux ne vont-ils pas jusqu’à se faire payer les prières ?
Et leur vie privée, leurs mœurs ? Je n’en parlerai pas maintenant. Sur ce point, je m’entretiendrai plus tard
avec toi tout seul. »
A ces mots, il se tourna vers moi et continua : « Tu as l’intention d’aller rendre visite à ta famille demain.
Ce voyage ne presse pas. Demain tu resteras ici et tu reviendras ici demain à sept heures et demie. Nous
nous entretiendrons alors en tête-à-tête. Par conséquent, tu diras au jeune homme par la bouche duquel je
parle, quand il sera revenu à lui, qu’il revienne ici demain soir à sept heures et demie. » Alors il termina
en priant dans un idiome inconnu, leva ses mains pour bénir et prononça les paroles suivantes : « Soyez
bénis au nom du Seigneur. Gruess Got ! »
Après cette dernière salutation, le jeune homme tomba en avant comme au commencement de la séance,
ouvrit les yeux et regarda autour de lui, tout étonné. Il ne pouvait pas comprendre que l’heure fut déjà si
avancée. Il ne se rappelait rien de ce qui s’était passé. Il dit qu’il avait l’impression d’avoir bien et
longtemps dormi. Il se sentait frais et dispos.
Lorsque je lui dis de revenir le lendemain soir à sept heures et demie, il m’explique qu’il ne pourrait pas
venir, qu’il avait un travail urgent à terminer, et qu’il ne rentrerait sûrement pas chez lui avant neuf heures
du soir. Il ajouta que son patron le lui avait déjà annoncé le jour avant.
Malgré cela, je décidai de remettre mon voyage à plus tard et de revenir à l’heure qui m’avait été
indiquée.
Lorsque, à la fin de la séance, je rentrai chez moi, il me semblait avoir vécu un cauchemar. La lune
déversait ses rayons argentés sur les toits et les étoiles brillaient doucement dans la nuit claire. Mais en
moi, mes pensées tourbillonnaient et s’élevaient comme des flammes. Je sentais que cet incendie
enveloppait déjà les poutres qui étayaient l’édifice qui jusqu’ici avait été celui de ma foi.
Qui disait vrai ? La religion, dont j’étais un des prêtres, ou la voix par la bouche de ce garçon ? Ou alors
était-ce peut être le jeune homme lui-même qui inventait tout cela et jouait la comédie devant nous ?
Le garçon, comme cela, de lui-même ? Non, ce n’était pas possible. Il m’était encore beaucoup plus
impossible de penser cela que de croire à tous les dogmes du monde. J’avais déjà lu par-ci par-là des
articles traitant du « subconscient » et de la « transmission de pensées ». Mais pour ce qui était du cas
présent, tout cela ne servait à rien. J’allais donc tranquillement pousser plus en avant mon enquête.
L’affaire me semblait par trop importante pour que je l’écarte sans plus et sans façon. Je ne pouvais plus
faire marche arrière. Il me fallait voir clair. La prochaine séance me rapprocherait peut-être de la lumière.
La décision
13
Psaumes 119 : 29 – 30
« Je veux commencer », continua-t-il, par te renseigner sur ce qui se passe ici. Peut être penses-tu qu’il
s’agit de quelque chose de nouveau et d’inouï. Mais tout cela est aussi vieux que l’humanité. Depuis les
jours des premiers hommes jusqu’aujourd’hui, le monde des Esprits a communiqué avec les hommes. Le
monde des bons Esprits aussi bien que celui des mauvais Esprits. Tu as bien lu assez souvent, dans les
vieux documents que vous appelez l’Ancien Testament, que Dieu a parlé aux hommes. »
« Dieu a parlé à Adam, à Caïn, à Abraham, à Isaac, à Jacob, à Moïse et à beaucoup d’autres. Comment te
représentes-tu cela ? Dieu est pourtant esprit13. Mais un esprit ne possède pas de bouche charnelle, il n’a
pas de cordes vocales qui lui permettraient de s’exprimer à la manière des hommes. Comment alors Dieu
a-t-il pu parler aux hommes ? »
« Je ne sais pas », répondis-je brièvement.
« Et comment t’expliques-tu l’apparition des trois hommes qu’Abraham vit en face de lui ? Il savait qu’il
s’agissait non d’êtres humains mais d’envoyés de Dieu. Il leur donna pourtant à manger et discuta avec
eux de la destruction des villes de Sodome et Gomorrhe14. Comment expliques-tu ces phénomènes ? »
12
Jean 4 : 1
13
Jean 4 : 24
14
Genèse 18 : 1 - 2
14
Je n’étais pas capable de répondre. J’avais lu tout cela plus de cent fois, je l’avais raconté aux enfants de
l’école. Mais la manière dont se faisait et se réalisait la communication des Esprits avec les hommes, telle
que la Bible la relate, était pour moi quelque chose dont je n’avais jamais entendu parler et à quoi je
n’avais jamais réfléchi.
Il continua d’examiner ces choses avec moi, mais j’étais incapable de donner une réponse correcte à quoi
que ce soit.
« Tu sais que vous, les hommes, vous avez différents moyens pour communiquer avec les personnes
éloignées. Vous leur écrivez, vous téléphonez, vous télégraphiez, et de nos jours vous utilisez même la
radiocommunication au moyen d’ondes électromagnétiques. Le monde des Esprits, séparé de vous par la
matière, dispose également de moyens variés pour entrer en communication avec vous de manière
perceptible à votre vue et votre ouïe. Vous, les hommes d’aujourd’hui, ne méditez pas ces choses. Vous
lisez tout cela, mais tout cela reste pour vous lettre morte. »
« Songe à l’histoire de Moïse ! Tu y trouves « l’Ange du Seigneur » qui parle à travers le buisson
ardent15. Tu te rends compte que Dieu donne ses instructions à Moïse jour après jour, lui disant ce qu’il
doit faire. Tu y lis que l’Ange du Seigneur marche devant les enfants d’Israël dans une colonne de nuée et
leur parle dans et à travers cette colonne de nuée16. Tu apprends que Moïse consulte Dieu aussi souvent
qu’il le désire et que Dieu lui répond17. »
« Le peuple avait également le droit d’interroger Dieu. Il se rendait à la tente de réunion devant le camp ;
Josué, serviteur de Moïse, devait se tenir en permanence dans la tente et n’était pas autorisé à la quitter 18.
Réfléchis, pourquoi le jeune Josué devait-il donc rester en permanence dans la tente ? Existait-il un
rapport entre ce fait et l’interrogation de Dieu ? »
La réponse me vint à l’esprit avec la rapidité de l’éclair : « Sans doute en était-il de Josué ce qu’il en est
ici de ce jeune homme. De même que tu utilises le corps de ce jeune homme pour me parler, ainsi
autrefois le monde des Esprits se servait de Josué. »
« Tu as vu juste », répondit-il. « Cependant souviens-toi que lorsque la Bible dit : « Dieu a parlé », il
s’agit très rarement de Dieu en personne. Car en règle générale, Dieu ne parle qu’au travers de ses
messagers spirituels. Sache aussi que le monde des Esprits n’utilise pas toujours un être humain pour
s’adresser à vous. Les Esprits disposent de beaucoup de moyens pour se faire comprendre de vous.
Aussi apprends-tu que Dieu parlait à travers le « colonne de nuée ». Bien souvent, la communication avec
les Esprits était rendue possible par le don de « clairvoyance » et de « clairaudition » octroyé à certaines
personnes. Les conversations de Dieu avec Adam et Eve et avec beaucoup d’autres plus tard se réalisaient
au moyen de la clairaudition.
Puis il y avait encore un moyen dont les Israélites se servaient fréquemment pour interroger Dieu. C’était
le « pectoral » sur les épaulettes de l’éphod du Grand Prêtre. Le pectoral s’appelait aussi « oracle ». Je te
mettrai parfaitement au courant plus tard sur le mode exact d’interroger Dieu. »
Ce n’est pas seulement dans l’Ancien Testament que se produisaient des communications d’Esprits, mais
il en est également question dans le Nouveau Testament. Tous les Evangiles et notamment les Actes des
apôtres, contiennent un grand nombre de récits traitant de manifestations d’Esprits. Le Christ lui-même
avait bien promis à ceux qui auraient la foi qu’il leur enverrait les Esprits de Dieu19. Ce qui se passait lors
des assemblées religieuses des chrétiens, choses que maintenant vous n’arrivez pas à vous expliquer,
n’était que le phénomène des allées et venues des Esprits. Ceux-ci parlaient à travers l’une des personnes
présentes dans une langue inconnue, à travers une autre dans la langue maternelle des personnes réunies,
à une troisième ils octroyaient le don et le pouvoir de guérir les malades, d’autres reçurent des dons
différents selon que le monde des Esprits trouvait en ces personnes des instruments utiles 20. Cela se
passait journellement et allait de soi. »
15
Exode 3 : 2
16
Exode 14 : 19
17
Exode 32 : 30
18
Exode 33 : 7 – 11
19
Jean 16 : 12 – 13
20
Corinthiens 12 : 1 – 11
15
Cette communication avec les Esprits n’a pas, comme les Eglises voudraient le faire croire, cessé après la
première ère chrétienne. Au contraire, elle doit continuer et existera toujours. Car elle est l’unique chemin
vous permettant d’atteindre la vérité.
Tout cela dépend évidemment de l’entrée en communication ou non des hommes avec le monde des
Esprits. Dans l’Ancien Testament, il y eut des époques où la communication des bons Esprits avec les
hommes cessa presque entièrement. C’était le temps où Dieu était devenu un étranger21.
De même de nos jours, les hommes, malgré les temples et maisons du culte qu’ils bâtissent, ont, en
grande partie, délaissé Dieu pour se vouer au mal. Si l’humanité de maintenant revient à Dieu et établit
avec lui une intimité semblable à celle de maintes époques de l’Ancien Testament et du temps des
premiers chrétiens, toutes ces choses, dont on vous parle et qui vous semblent si merveilleuses, se
répèteront. Dieu reste toujours le même, autrefois comme maintenant. Il aime Ses créatures tout autant
aujourd’hui qu’hier, sans acception de personne et sans préférence. »
16
Bon nombre de choses que jusqu’ici je n’avais pas comprises en les lisant dans la Bible me paraissaient
maintenant claires. Je dois ajouter que ce n’était qu’un commencement. On me laissait entrevoir des
renseignements complets sur tous les détails. Il me suffisait d’accepter l’offre proposée.
En plus, on me suggérait de ne pas me contenter de ce que j’avais entendu ici. Je devais également, pour
affermir ma conviction puiser à une autre source, indépendante de celle-ci. Il m’était demandé de célébrer
une sorte de culte religieux, à l’exemple des assemblées des premiers chrétiens, avec des gens de la
campagne, simples et ignorant tout du « spiritisme », et cela sans être influencé du dehors, dans ma
propre paroisse.
Ma décision
Allais-je prendre ce risque ? Que diraient les gens ? Je commençais à éprouver des sentiments de crainte
du jugement des hommes. Mes paroissiens, en me voyant entreprendre et organiser pareille chose,
n’allaient-ils pas me prendre pour un fou ? Lorsque mes supérieurs ecclésiastiques apprendraient la
nouvelle, ne perdrais-je pas ma place ? Tout cela me pesait, m’en coûtait et me déchirait intérieurement.
De quel côté me tourner ? Je sentais que le moment était arrivé de prendre une décision. De ma vie je
n’avais prié Dieu avec autant de ferveur que maintenant. Pour finir, je résolus d’accepter et de suivre les
instructions reçues, fût ce au prix des plus grands sacrifices, au risque de perdre ma situation et de ruiner
mon existence matérielle. Une fois ma décision prise, je retrouvais la souveraine paix du cœur et
j’envisageais l’avenir avec confiance.
La confirmation de la vérité
Quant à vous, vous avez reçu l'onction venant du saint, et tous vous possédez la science.
1er épître de Jean, 2 : 20
17
d’avoir plus souvent l’occasion d’entendre des explications sur certaines choses dont parle la Bible. Je lui
répondis que j’étais prêt à les retrouver plus souvent ici chez leur tante malade et qu’alors je répondrais
aux questions qu’ils me soumettraient. C’était là, dis-je, une coutume des premiers chrétiens de se réunir
dans leur maison pour parler de sujets religieux. Les personnes présentes se déclarèrent d’accord avec le
projet et nous ne tardâmes pas à fixer les dates des soirées de nos futures réunions.
Déjà nous nous étions réunis plusieurs fois le soir sans remarquer quoi que ce soit de sensationnel. Nous
commencions nos séances par une prière, puis on se tenait par la main dans un recueillement de quelques
instants. Ce recueillement était suivi par la lecture d’un passage de l’Ecriture Sainte, par un commentaire
de ce qui avait été lu et par des réponses données aux assistants. Nous mîmes également en discussion le
projet d’un moyen pour venir en aide aux nécessiteux des environs proches ou plus éloignés.
C’est avec étonnement que j’observai combien les trois frères prenaient la chose au sérieux. Un détail
curieux appela non seulement mon attention, mais encore celle de la mère : l’expression du visage des
trois garçons changea, elle devenait plus noble, plus belle. Même des étrangers s’en aperçurent. Un des
trois avoua ne pas savoir ce qui se passait en lui. Il raconta que, lorsqu’il était en train de travailler dans
les champs, il se sentait poussé constamment par une voix intérieure à louer Dieu, à le glorifier et à le
remercier. Autrefois, dit-il, il n’avait jamais eu de telles pensées. Et lorsque à présent, à cause de son
tempérament emporté, il lui arrivait de se laisser aller à la colère, il en ressentait sur-le-champ tant de
regret qu’il se voyait obligé d’arrêter son travail et de demander pardon à Dieu pour la faute commise.
Sans quoi il ne se serait pas senti capable de reprendre sa tâche avec gaieté de cœur. Autrefois il lui était
arrivé bien souvent de céder à cette tentation et de commettre cette faute sans s’en trouver intérieurement
troublé.
J’avais expérimenté la même chose depuis le jour de la première réunion à laquelle j’avais assisté dans la
ville voisine. Des fautes et des négligences, auxquelles je n’avais prêté nulle attention dans le passé, me
causaient à présent des remords cuisants.
A notre quatrième réunion, je venais d’expliquer un passage de la Bible. Mon interprétation était la même
que celle donnée de nos jours par tous les exégètes des Ecritures. Je n’en connaissais pas d’autre. Je
n’avais pas encore terminé lorsqu’un des garçons se montra très excité, apparemment sans raison. Il posa
son regard sur moi, ses yeux brillaient d’une lumière étrange. Je remarquai qu’il s’efforçait intérieurement
de résister à quelque chose. Soudain, il s’adressa à moi, ses membres se mirent à trembler lorsqu’il me
dit : « Je n’y peux rien. Je me sens poussé à vous communiquer que votre explication n’est pas la bonne.
On m’oblige à vous donner l’interprétation correcte de ce passage. » Il prononça les paroles qu’une force
intérieure lui dictait pour interpréter le passage en question. Ces explications étaient si claires et évidentes
que moi-même et les autres assistants n’aurions pas pu mettre en doute leur exactitude.
A peine étions nous remis de notre étonnement que ce même garçon déclara : « Je me sens poussé à
écrire. »
« Que veux-tu écrire ? », Demandai-je. « Je n’en sais rien » fut la réponse. « Mais une force irrésistible
m’y oblige. Donnez-moi du papier et un crayon ! » Après avoir reçu ce qu’il demandait, il remplit avec
une grande vélocité une page in-folio. Une lettre s’alignait à coté de l’autre, sans que les mots et les
phrases fussent séparés. La page d’écriture était signée du mot « Celsior » et contenait un message de
grande importance pour nous.
Le garçon voulait savoir ce que signifiait le mot « Celsior ». Je lui expliquai que c’était un mot latin
voulant dire : « le plus élevé » ou « un plus élevé. »
J’aurais bien aimé apprendre ce que ce garçon avait ressenti tout au long de son expérience. Il me
répondit qu’il n’arrivait pas à trouver les mots justes pour décrire ce qu’il avait ressenti. Il se trouvait, dit-
il, sous l’influence d’une force si considérable qu’il lui eût été impossible de résister et de s’opposer à
cette force.
Il déclara également qu’il s’était défendu de son mieux au moment de la poussée mentale qui le forçait à
dire que l’explication que j’avais donnée de la Bible n’était pas la bonne. Parce que, ajouta-t-il, il avait
personnellement la conviction intime que mon explication était exacte. Il déclara qu’il avait eu
l’impression que ses propres pensées lui étaient ôtées et remplacées par d’autres. C’est vrai qu’il s’était
18
rendu compte qu’il écrivait. Il avait nettement conscience du contenu de chaque phrase qu’il traçait sur le
papier, mais seulement au moment même où il la prononçait ou l’écrivait.
Après avoir terminé une phrase, il en oubliait le contenu et n’avait, présente à l’esprit, que la phrase
suivante. Il se sentait alors poussé et forcé à dire ou à écrire cette phrase exactement dans les termes qui
lui étaient suggérés. Il ne pouvait pas, pendant qu’il écrivait, porter son attention sur les lettres,
l’orthographe, les points, les virgules ou la ponctuation. Dès qu’il en avait terminé avec son explication
des passages bibliques et sa consignation par écrit de ce qui lui avait été dicté, il oubliait tout et n’aurait
pas été capable de répéter ce qu’il avait dit et écrit. C’est ce que me confia le garçon.
Nous étions encore en pleine discussion au sujet de ce qui s’était passé, lorsqu’un des frères déclara qu’il
ne pourrait plus assister aux réunions. « En effet », dit-il, « je ne puis plus tenir ma tête tranquille. Je sens
que, contrairement à ma volonté, elle est tournée dans tous les sens par une force inconnue. Je m’efforce
bien de résister mais en vain. »
Moi aussi, j’avais remarqué les mouvements de sa tête. Sa mère également s’en était aperçue. Elle me
regardait d’un air apeuré et interrogateur. Je la calmais, ainsi que le garçon, en leur assurant qu’il n’y
avait aucune raison de craindre quoi que ce soit, car nous ne faisions rien de mal et que bientôt nous en
obtiendrons l’explication. Je précisais que des phénomènes du même genre avaient eu lieu pendant les
assemblées des premiers chrétiens. Afin de le leur prouver, je leur donnai lecture du chapitre quatorze de
la première épître de saint Paul aux Corinthiens22, en leur commentant du mieux de mes connaissances
déjà acquises.
Ce qui s’était passé ce soir là était nouveau pour moi autant que pour les autres assistants. Ma rencontre
avec le jeune homme de la ville voisine m’avait seulement révélé qu’un esprit parlait par la bouche d’un
homme totalement inconscient. Je ne pouvais pas imaginer et je ne savais pas qu’un esprit était capable
d’utiliser un homme pleinement conscient et de s’en servir comme instrument en vue d’un message
verbal et scriptural.
J’étais donc bien content de pouvoir me renseigner le dimanche suivant lors de la séance en ville. Il me
fut dit ce qui suit :
« Ne t’inquiète pas si tu n’arrives pas à comprendre tout et à voir tout à fait clair tout de suite. Tout est
trop nouveau pour toi, tes notions sont bien trop incomplètes et insuffisantes pour comprendre certains
phénomènes. Tu comprendras peu à peu. Vos découvertes humaines ne se font pas autrement. La
découverte est d’abord considérée comme impossible et l’auteur passe pour avoir perdu la raison. Des
années après, la même découverte est reconnue par tout le monde et considérée comme allant de soi. Qui
donc, il y a cent ans aurait pu avoir une idée de vos avions d’aujourd’hui, du téléphone, du télégraphe et
de la radio ? Si, à l’époque, quelqu’un avait prédit la navigation aérienne, la reproduction du son à
distance, la possibilité d’écouter chez soi la transmission de la musique d’un concert ayant lieu à des
centaines d’heures de distance, on n’aurait pas pris cette personne au sérieux. Et ce sont alors précisément
vos savants qui se seraient prononcés contre une pareille possibilité. »
« A présent, tu apprends par d’autres et par expérience personnelle que le monde des Esprits peut
communiquer avec les hommes dès que les conditions préalables sont remplies. Le commun des hommes
n’y croit pas et considère que c’est une chose impossible, tout comme autrefois le plus grand nombre
refusait de croire à ce qui est devenu une réalité aujourd’hui. »
« Vos savants refusent eux aussi d’admettre que les Esprits puissent intervenir dans votre vie de façon
sensible et perceptible par vos sens. Pourtant des milliers de phénomènes se produisent à votre époque,
des événements pouvant être constatés sans conteste possible par les savants, des faits ne pouvant
s’expliquer que par l’intervention du monde des Esprits. »
« Cependant vos savants cherchent d’autres explications et causes à ces phénomènes et attendent de vous
que vous accueillez favorablement les explications les plus incroyables et les plus déraisonnables, afin de
donner une tournure « naturelle » à ces faits. Ainsi les hommes de science évitent de s'impliquer dans les
sujets qui traitent de l’au-delà et du monde des Esprits23. »
22
Corinthiens 14 : 1
19
« Les uns agissent ainsi parce qu’ils refusent de croire à la survie, les autres parce qu’ils n’ont pas encore
le courage, en tant qu’homme de science, de défendre la possibilité de l’intervention des Esprits, en
fussent-ils d’ailleurs intérieurement convaincus. Ils craignent pour leur réputation de scientifique. »
« Mais le temps viendra où votre science devra admettre que le monde des Esprits, des bons comme des
mauvais, intervient dans votre vie et dans le cours de votre destinée, des façons les plus variées, les plus
visibles et les plus tangibles. »
« Tu ne t’étonneras donc pas si maintenant on te considère comme anormal lorsque tu déclares que tu as
parlé avec un esprit. »
« Je trouve cependant extraordinaire et étonnant que vos communautés religieuses refusent d’admettre la
croyance à l’intervention du monde des Esprits et à leur communication avec les hommes d’aujourd’hui.
Si elles admettent pareille croyance, elles prétendent qu’il ne s’agit que du monde des mauvais Esprits qui
se manifeste à présent. »
« Une telle position est sotte. Si de nos jours les Esprits ne peuvent pas venir jusqu’à vous, cela ne devait
pas non plus être possible dans le passé. Dans ce cas, tous les récits bibliques au sujet de la
communication et de la manifestation des Esprits seraient à reléguer au royaume des contes et des fables.
S’il ne s’agit que de « mauvais » Esprits qui se manifestent, il devrait en être également ainsi autrefois.
Dans ce cas, toutes les religions qui s’appuient sur l’Ancien et le Nouveau Testament s’écrouleraient. Ne
prétendent-elles pas, en effet, d’avoir reçu des Esprits le dépôt de leurs vérités religieuses et morales ? Si
par contre, il s’agissait de « bons » Esprits qui se manifestaient aux hommes, il n’y a pas de raison qu’ils
ne puissent plus en faire autant de nos jours. Le même Dieu qui envoyait alors les bons Esprits les envoie
encore aujourd’hui. De même qu’autrefois il voulait ramener les hommes sur le droit chemin, il continue
de le vouloir encore aujourd’hui. Ou bien pensez-vous que vous n’avez plus besoin d’être guidés et
instruits par les Esprits de Dieu ? »
« Croyez-vous peut-être être meilleurs et plus sage que les hommes d’autrefois, et êtes vous d’avis que
vous possédez l’entière vérité ? »
« Ce dont tu as été témoin dans ta paroisse est la confirmation de ce que tu apprends ici. Tu verras encore
beaucoup d’autres choses. Ne crains pas pour le garçon qui n’arrive pas à empêcher sa tête de remuer. On
est en train de le former et tu verras de tes propres yeux comment les différents « médiums » sont
formés. »
« Le mot « médium » signifie « instrument ». Les médiums sont donc des individus qui servent
d’instruments et de traits d’union aux Esprits pour que ceux-ci puissent se communiquer aux hommes.
Les animaux peuvent également être des médiums. Mais pour le moment nous ne parlerons pas des
animaux médiums. »
« Lorsque les hommes doivent servir d’instrument au monde des Esprits, ils sont formés par les Esprits.
Cette formation dure plus ou moins longtemps et dépend des individus choisis et du genre de leur
utilisation future. Je te mettrai au courant des différentes sortes de médiums et des détails de leur
formation en temps voulu. Aujourd’hui, je ne t’en dirai que ce qu’il te faut savoir pour que tu puisses
comprendre ce qui se passe dans ta paroisse. »
« Là-bas, il y a pour l’instant deux médiums en cours de formation et qui ont été pris en main par les
Esprits. L’un des deux est un médium dit à « inspiration ». Un esprit lui inspire des pensées déterminées
avec une telle force que les propres pensées du médium se trouvent effacées et que le médium est à la
merci de l’esprit en question. De lui il recevra non seulement des pensées, mais parlera, c’est à dire
répétera et écrira ce qui lui aura été dicté. Ce faisant, le médium restera conscient. Ton médium à
inspiration devra encore être formé davantage, afin de parfaire sa réceptivité aux inspirations des Esprits.
Beaucoup de choses, qui font encore écran en lui et s’interposent, devront être supprimées. Tu ne sais pas
encore ce que cela signifie. Tu le sauras plus tard. »
23
Des scientifiques ont déjà étudié certains phénomènes spirites. Par exemple : Sir William Crookes de la Société Royale
d’Angleterre (Recherches sur les phénomènes du spiritualisme), Camille Flammarion (Les forces naturelles inconnues) ou
encore Albert de Rochas, administrateur de l’école polytechnique (L’extériorisation de la motricité, L’extériorisation de la
sensibilité).
20
« L’autre médium, qui n’est pas encore entré en activité, est à son premier degré de formation. Il s’agit du
garçon qui, au cours de la séance, n’arrivait pas à tenir sa tête tranquille et s’en trouvait effrayé. Il
deviendra un médium parlant. Un esprit différent de l’esprit du propre corps du garçon prendra la place de
ce dernier, et en prenant possession du corps du garçon parlera à travers lui. Il entrera alors dans un état
appelé « transe ». Cette transe médiumnique subit une graduation variée, selon que l’esprit du médium est
en partie ou entièrement séparé du corps. »
« Il vous est bien difficile de comprendre de quelle façon s’opère cette action de séparation de l’esprit du
corps physique du médium. Je te l’expliquerai une autre fois dans le détail. »
« La formation d’un médium à transe totale ou à transe profonde n’est pas belle à voir. Elle est pourtant
nécessaire et s’accomplit selon des lois éternelles. »
« Afin que la mère du médium ne s’inquiète pas trop, il vaudrait mieux qu’elle n’assiste pas aux séances
pour l’instant. La formation des médiums est une chose importante et sacrée. Il vous faut par conséquent
beaucoup prier pour les médiums, pendant vos séances. Pensez à implorer de Dieu la force et l’assistance
nécessaires pour que s’accomplisse Sa volonté et que les médiums deviennent des instruments à
promouvoir le bien et Lui restent fidèles. Ces renseignements s’imposaient aujourd’hui afin que tu
comprennes en partie ce qui se passe lors de la formation des médiums et pour que ce dont tu es témoin
auprès d’eux ne te fasse pas peur. »
Ce qui m’avait été communiqué au sujet de la formation des deux médiums de ma paroisse se confirma
en tous points. La formation du garçon qui m’avait été désigné comme étant un médium à inspiration
avança à grand pas. Des informations très détaillées sur les vérités les plus importantes lui furent inspirées
et rendues par lui par écrit. Elles traitaient de choses tout à fait nouvelles pour moi et étaient en grande
partie en contradiction avec ce que ce garçon avait cru jusqu’ici et que moi même j’avais prêché comme
étant la vérité. Dans ce cas précis, il ne pouvait nullement être question d’inconscient ou de transmission
de pensées, causes par lesquelles on essaie souvent d’expliquer les choses de ce genre. Il ne pouvait pas
s’agir de télépathie, déjà du fait que le médium à inspiration, à partir de maintenant, n’écrivait plus ses
messages pendant les séances, mais chez lui, dans sa maison, en privée, sans la présence de témoins. Le
garçon n’écrivait jamais de par sa volonté propre, mais la même force irrésistible qui s’était emparée de
lui lors de la première séance le contraignait et le faisait chaque fois céder à un moment comme fixé par
avance par cette force inconnue. Une fois, il fut réveillé très tôt le matin, bien avant l’heure habituelle de
se lever, et on lui ordonna de se mettre à écrire. Il ne s’exécuta pas, l’heure lui paraissant beaucoup trop
matinale. Il se sentit alors tiré violemment du lit pour se retrouver couché par terre. Pris de terreur, il se
releva brusquement et se mit à écrire. Il écrivit les éléments explicites et merveilleux d’un message
développé sur la « Rédemption ». Ces développements ne concordaient en rien avec ce qu’il en savait en
tant que catholique et avec tout ce que l’on pourrait en lire ou en apprendre par ailleurs.
De même, ce simple campagnard écrivit un traité sur « l’Ecriture Sainte » contenant des vérités tout à fait
nouvelles. Non seulement le fond et la matière, mais la forme et la structure montraient que par lui-même
il n’aurait jamais pu composer un pareil traité. Il traita les sujets suivants en prose : La spiritualité de
l’âme, La grâce divine, Qu’a fait pour toi ton rédempteur, Le printemps l’été l’automne et l’hiver, La
moisson, La nuit, Implorez le Seigneur, L’amour filial, La mort de mortels.
Ses écrits en prose n’ont pour sujet que des vérités divines. Il en est de même pour ses poèmes : L’appel
des héros, Le langage de la création, Salut et Hosanna, Sur le chemin de Dieu, Le berger du Seigneur et
son troupeau, Le plus fort, Ainsi s’avance ton créateur.
La formation de son frère comme médium parlant prit davantage de temps. Son état physique devenait
alors tel qu’il faisait peur à voir. J’étais donc heureux d’avoir été informé à ce sujet, sans quoi je n’aurais
pas eu le courage de résister jusqu’au bout. J’avais prié la mère du garçon de s’abstenir d’assister aux
séances, jusqu’à nouvel ordre.
Lorsque sa formation fut terminée, il entra en transe tout comme le médium parlant que j’avais vu en
ville. L’esprit qui, le premier, parla pas sa bouche s’annonça par ce salut : « Gott mit uns ! (Que Dieu soit
avec nous) » Puis il jura par Dieu qu’il était un bon esprit de Dieu et déclara son nom. J’appris beaucoup
21
de choses et je reçus de nombreuses directives et instructions de cet esprit qui concordaient toutes avec ce
que j’avais appris par le médium à inspiration de ma paroisse, et en premier lieu par le médium de la ville.
Deux choses attirèrent particulièrement mon attention. D’abord je pus constater une différence de rang
entre le médium parlant de ma paroisse et l’esprit qui se servait du médium de la ville. Car il m’arrivait de
poser quelques questions très importantes à l’esprit qui parlait par la bouche du médium de ma paroisse et
de l’entendre répondre : « Je n’ai pas été chargé d’une telle mission. Mais pose « lui » la question. »
Quand il prononçait le mot « lui », il s’inclinait profondément.
En parlant de « lui », il voulait dire l’esprit qui se servait du jeune homme de la ville comme médium. La
première fois qu’il m’avait renvoyé à lui, je lui avais demandé s’il connaissait cet esprit. « Je le connais »
avait été sa réponse. Et il s’était à nouveau incliné profondément. Je ne comprenais pas très bien pourquoi
l’esprit qui parlait à travers le jeune paysan n’était pas autorisé à répondre à mes questions aussi bien que
l’esprit qui utilisait le jeune homme de la ville. Je demandai donc une fois à ce dernier quelle en était la
raison. Il me répondit que dans le monde des Esprits les choses se passaient un peu comme dans le monde
terrestre. Un messager chargé d’une mission particulière auprès d’une personne ne s’acquittera
uniquement que de cette tâche déterminée. Il ne fera pas davantage. Lui, en tant qu’envoyé de Dieu, dit-il,
avait le droit de répondre à chaque question que je lui posais s’il le jugeait utile ou nécessaire. L’esprit se
servant du médium parlant de ma paroisse n’était pas chargé d’une mission aussi étendue, dit-il.
Cependant, il ajouta que l’esprit utilisant le médium de ma paroisse avait le devoir de me renvoyer à lui
chaque fois qu’il s’agissait de questions auxquelles l’autre n’avait pas le droit de répondre.
Je remarquai une autre différence. Le même esprit parlait toujours à travers le médium de la ville, mais ils
étaient plusieurs Esprits à se partager le médium parlant de ma paroisse. De plus, l’esprit qui se
manifestait en premier dans ma paroisse faisait figure de chef. Il saluait toujours en disant : « Gott mit
uns ! » Il se présentait toujours le premier lors des séances et était reconnaissable à sa voix douce et à sa
façon particulière de s’exprimer.
Un jour je demandai à cet esprit dirigeant pourquoi il en était ainsi. Sa réponse fut la suivante : « L’esprit
qui utilise le médium de la ville a reçu une mission tout à fait spéciale. C’est pour cette raison qu’il est le
seul à utiliser ce médium. D’autres Esprits n’ont pas le droit de s’en servir. Le médium par lequel je parle,
a été, à la vérité, formé par moi. Mais, selon la volonté de Dieu, d’autres Esprits, des bons et des mauvais,
le visitent également et se manifestent à travers lui. De cette façon, tu auras l’occasion et la possibilité
d’apprendre les différentes variétés d’Esprits. A partir de ce que les Esprits font et disent, tu seras en état
de juger quelle est leur situation et leur condition dans l’au-delà. Avant tout, il faut que tu saches quel est
le chemin que doivent parcourir les Esprits inférieurs avant de parvenir à la perfection. Une telle
expérience personnelle du monde des Esprits, à travers leur manifestation dans les médiums, est pour toi
d’une importance capitale. Cela augmente tes connaissances dans ce domaine d’une façon beaucoup plus
parfaite que ne le ferait un enseignement oral. Toutefois, les Esprits qui se manifestent à travers ce
médium, ne sont pas libres de leurs allées et venues. Ils sont soumis à un esprit contrôleur qui est chargé
de désigner les Esprits qui doivent visiter le médium et de fixer le temps qu’ils restent. Tous le médiums
utilisés comme instrument en vue du bien sont soumis à pareil contrôle. Il en est ainsi lors de toutes les
séances où la communication des Esprits se déroule selon la volonté de Dieu. Là où ce contrôle fait
défaut, vous ne voyez rien de beau ni de bon. Les bons Esprits et les Esprits supérieurs sont absents. Ils
n’interviennent que là où tout se passe d’après les règles établies par Dieu et sous le contrôle d’un esprit
de Dieu. La plupart des assemblées spirites de nos jours ne bénéficient pas de ce contrôle et deviennent
ainsi des lieux où s’ébattent les Esprits inférieurs. Pour commencer, je te dirai à l’avance quels sont les
Esprits qui visiteront le médium et quel devra être ton comportement vis à vis d’eux. Plus tard, tu pourras
le constater par toi même et tu sauras adopter le comportement adapté à chaque cas particulier. »
Tout se passa comme il l’avait dit.
Le nombre des Esprits qui utilisaient le médium parlant de ma paroisse s’avérait considérable. Il y avait
des Esprits supérieurs, qui arrivaient en louant et en glorifiant Dieu, puis nous dispensaient un
enseignement précieux et repartaient en nous bénissant au nom de Dieu.
22
Des Esprits en proie à des souffrances atroces se présentaient souvent, ils nous suppliaient et imploraient
notre secours par des paroles émouvantes. Ils nous demandaient de prier avec eux. Parfois, ils
s’exprimaient dans une langue étrangère inconnue de nous et semblaient malheureux de n’avoir pas réussi
à se faire comprendre.
Puis il y eut aussi des Esprits inférieurs qui venaient en maudissant leur sort et en se maudissant eux-
mêmes. Ils nous injuriaient par d’ignobles insultes, ils bafouaient tout ce qui est sacré et vénérable dans
les termes les plus abjectes. Quand nous leur demandions de prier Dieu avec nous, ils refusaient par des
sarcasmes ou des paroles haineuses. Dès que nous insistions pour qu’ils prononcent le nom de Dieu, ils
quittaient le médium sur-le-champ.
De nombreux Esprits ne se rendaient pas compte que la mort les avait séparés de leur corps terrestre. Ils
se croyaient encore sur Terre et occupés à accomplir le travail qui était le leur pendant qu’ils vivaient
dans le monde matériel. Il s’agissait là des Esprits dits « liés à la terre 24. »
La chose la plus horrible qui pouvait se présenter à nos yeux était la manifestation des Esprits de
criminels. Ils se voyaient continuellement sur les lieux du crime, revivant les scènes pénibles qui s’étaient
déroulées au moment de leur forfait. C’était comme un film se répétant perpétuellement. L’esprit du
meurtrier était continuellement occupé à préparer et exécuter son meurtre dans tous les détails. Il
exprimait par des paroles horribles les pensées qu’il avait eues et ce qu’il avait éprouvé à l’heure de son
effroyable crime. Il voyait sa victime devant lui qui le fixait et dont le regard le poussait au désespoir.
La même chose arrivait aux usuriers ou à d’autres malfaiteurs qui avaient précipité leurs semblables dans
la misère et dans le malheur. Leurs victimes les suivaient partout. L’esprit du suicidé était sans cesse la
proie des mêmes sensations, des mêmes détresses et des mêmes évènements qui furent les siens au
moment de son suicide. Nul ne saurait imiter les sentiments de ces Esprits revivant les heures les plus
sombres de leur existence terrestre à travers le corps de médiums qui ignoraient tout de ces choses.
Il nous arrivait souvent de trembler de tous nos membres en voyant et en entendant ce qui se déroulait
devant nous. De temps en temps se présentaient des Esprits dits « Esprits moqueurs ». Ils cherchaient à
nous amuser par leurs mensonges, leurs facéties et leurs boutades. Du fait que nous refusions leur
présence prolongée, ils devaient repartir aussi vite qu’ils étaient venus.
La manifestation de toutes ces variétés d’Esprits et de ce qui se passait à ces occasions était d’une
signification capitale.
Les Esprits supérieurs nous dispensaient un enseignement de choix. Parfois ils nous faisaient des
remontrances, à tel point qu’il arrivait fréquemment que l’un ou l’autre des assistants en eût les larmes
aux yeux. Plus d’une fois, les pensées intimes de certaines personnes présentes étaient dévoilées, mais
sans que ces personnes en fussent humiliées devant les autres. Il est du reste particulier au monde des
bons Esprits que leurs remontrances s’expriment dans une forme qui ne vexe et n’offense pas. Leurs
blâmes qui signalent les manquements des hommes, s’accompagnent de paroles de consolation,
d’encouragement et de charité. Ils n’arrachent pas le roseau brisé et n’éteignent pas la mèche qui brûle
encore. D’une main douce ils pansent les plaies du cœur de ceux qui leur ont été confiés.
Ils n’avaient pas coutume de répéter leurs réprimandes, leurs avertissements et leurs conseils. Au cas où
leurs conseils ne seraient pas suivis, il leur arrive de rappeler les coupables à l’ordre encore une fois ou
l’autre. Puis c’est fini. Il est très rare qu’ils reviennent à la charge. Si, par contre, on s’efforce de suivre
leurs conseils, ils persévèrent constamment dans leurs efforts d’encouragement et d’instruction jusqu’à ce
que leur tentative de bien faire soit couronnée de succès.
Si quelqu’un fait preuve d’une bonne volonté exemplaire, leur charité ne connaît aucune limité, leur pitié
est sans bornes, même dans les cas où, par faiblesse humaine, une personne trébuche sans cesse. Mais si
quelqu’un refuse de faire le moindre effort pour suivre les conseils de l’un de ces messagers de Dieu et
24
Une étude très complète sur ces Esprits attachés à la Terre et sur les désordres mentaux qu’ils occasionnent chez certaines
personnes a été menée par le psychiatre Carl Wickland. Avec l’aide de sa femme médium, il soigna des milliers de patients qui
étaient sous l’influence néfaste d’Esprits ignorants et confus. Carl Wickland publia en 1997 le bilan de ses expériences dans un
livre mondialement connu : Trente ans parmi les morts.
23
qu’ensuite il questionne au sujet d’une autre affaire, la réponse ne varie généralement pas : « Pourquoi me
demander ? Tu ne fais pas ce que je te dis. »
Les manifestations des Esprits inférieurs étaient également un enseignement pour nous. Je n’oublierai
jamais la soirée où les Esprits de trois suicidés, à des intervalles rapprochés, visitèrent un médium parlant.
Nous fûmes les témoins de la chose la plus horrible qui puisse se présenter aux yeux d’un homme.
Lorsque le dernier des trois Esprits eut quitté le médium et que nous étions encore tout tremblants, l’esprit
directeur entra dans le médium et s’adressa ainsi à nous : « C’est pour une raison très valable que vous
avez été les témoins de cette si horrible scène ce soir. D’abord il fallait que vous sachiez ce qu’est la
« paix » dont jouissent beaucoup d’hommes après leur mort terrestre. Vous dites souvent, auprès de la
tombe des décédés : Maintenant il repose en paix ! Ce soir vous avez vu ce que c’est que cette paix. Vous
ne sauriez imaginer ce que ces Esprits malheureux ont à souffrir avant de se rendre compte de leur état et
de s’adresser à Dieu. Tout enseignement s’avèrerait inutile. Ces Esprits ne sont pas encore mûrs, ils
doivent d’abord être purifiés et préparé par leurs souffrances à recevoir un enseignement. Ce soir ils
n’étaient pas prêts. Mais l’état de ces Esprits vous a encore été montré pour d’autres raisons ! »
Une gravité solennelle s’empara de lui. Sa voix se fit digne et sérieuse :
« Un d’entre vous a eu aujourd’hui des pensées de suicide et a déjà pris ses dispositions. »
Une des personnes présentes s’écria brusquement : « C’est moi, mon Dieu, c’est moi ! »
« Oui, c’est toi » dit l’esprit d’une voix plus calme et plus douce. « Tu croyais déjà pouvoir te soustraire
par le suicide à la pénible croix que tu portes depuis tant d’années afin de trouver le repos et la paix. Tu
viens de te rendre compte de ce que signifie le « repos » qui serait le tien si tu te laissais aller à faire ce
que tu pensais. Il est à espérer que tu es à présent guéri de toute idée de suicide. Ainsi la soirée
d’aujourd’hui aura été un bienfait pour toi. »
En dehors des séances, je m’efforçais de vérifier si ce qui m’avait été communiqué ou prédit à travers les
médiums se réalisait. Car, si ce que nous pourrions contrôlé s’avérait exact, nous n’aurions pas de motif
de douter de la vérité de ce qui ne pouvait pas encore être vérifié.
Je vais citer quelques-unes de mes constatations faites à propos de ce que les Esprits avaient communiqué
et qui devraient convaincre toute personne sans préjugés.
24
qu’il aura terminé de jouer. Actuellement trois boutons sont tirés à moitié. Cela fait que la poussière et
l’humidité se posent dans les tuyaux et avec le temps la pureté des sons s’en trouvera altérée. Un jeu aux
sons purs et beaux contribue à rehausser l’éclat du culte, et par-là, à proclamer la gloire de Dieu. Voilà
pourquoi je te le dis. » La console était fermée, de sorte qu’il était impossible d’apercevoir les claviers et
les registres, même en se tenant devant l’orgue. Depuis l’autel où nous nous trouvions, nous ne pouvions
rien distinguer du clavier. La clef pour ouvrir l’orgue était suspendue à l’armoire de la sacristie. Nous
nous dirigeâmes alors vers l’autel latéral, dont le tableau représentait la mort de saint Joseph. Jésus et
Marie se tiennent prêt du lit. « Cette représentation n’est pas juste », dit-il, Jésus n’était pas présent à la
mort de Joseph. »
Puis nous passâmes devant des étapes du chemin de croix. A l’étape qui représente Véronique reprenant
le suaire avec l’impression du visage sanglant de Jésus, je demandai si cette représentation correspondait
à une légende ou à une réalité. « C’est la vérité et non une légende » fut sa réponse.
Devant la représentation du crucifiement de Jésus Christ il demanda subitement : « Que penses-tu ?
Qu’est-ce qui produit le plus de souffrance lors du crucifiement ? » Je répondis : « Le clouage sur la
croix ». « Non » répondit-il, « ce n’est pas le clouage, mais la soif. Les clous furent enfoncés d’un coup
violent par les assistants brutaux du bourreau, à travers les pieds et les mains, en causant d’abord un
engourdissement douloureux. De la même manière, vos blessés de guerre ne sentaient pas, dans les
premiers instants, les graves blessures qui leur étaient causées par balle ou éclat d’obus. Mais la soif qui
les torturait à la suite de la perte de sang était terrible. La soif peut rendre un homme fou. Aucune douleur
ne peut se comparer à la torture que subit celui qui meurt de soif. » Chemin faisant, nous atteignîmes une
chapelle latérale où se trouvait une statue de la Vierge en bois. Durant les siècles précédents, elle faisait
partie d’un monastère dont les ruines n’étaient pas loin d’ici. « Depuis longtemps déjà », dit-il, « les
Esprits en peine condamnés à ne pas quitter les ruines dans la plaine cherchent cette statue. » Tout étonné,
je demandai : « Pourquoi ces Esprits cherchent-ils depuis longtemps cette image de la madone ? Il leur est
pourtant facile de la trouver ici. De plus, que pourra cette statue pour des Esprits souffrants ? »
« Tu ne comprends pas ? Je vais te le dire. Vois-tu, les Esprits qui pour leurs actions sont condamnés à ne
pas quitter un certain lieu, n’ont pas le droit de franchir les limites qui leur sont imposées. Pour cette
raison, les Esprits bannis dans cette vallée ne peuvent pas venir jusqu'à cette église, et ne peuvent donc
pas retrouver cette représentation de Marie. Si tu veux savoir ce que la statue de Marie peut leur apporter,
je te dirai que c’est vrai que la statue par elle-même ne peut rien pour leur venir en aide. Mais une chose,
qui est en rapport avec cette sculpture, leur apportait un soulagement autrefois. Lorsqu’elle se trouvait
encore dans le monastère, les foules venaient l’honorer et prier devant elle. On priait aussi pour les
« âmes du purgatoire », comme vous appelez les Esprits en peine, les Esprits souffrants. La prière n’ôte
pas à ces Esprits leur faute et le châtiment s’y attachant, mais ils perçoivent la récitation de prières et leurs
pensées, de ce fait, se tournent vers Dieu. Cela les soulage et améliore leur état. Depuis que l’image n’est
plus là-bas, plus personne ne vient, les Esprits sont privés de l’ancien bienfait que leur apportaient les
prières faites devant la statue. Ils savent qu’il y avait un rapport entre les prières et la présence de la
statue. C’est la raison pour laquelle ils aimeraient qu’elle soit replacée où elle se trouvait autrefois. »
Nous atteignîmes à nouveau l’escalier conduisant à la tribune de l’orgue. J’étais curieux de savoir ce qu’il
en était des registres à demi tirés. Une autre pensée me préoccupait également. Je me demandais s’il
savait jouer de l’orgue. Je savais bien que le garçon en était incapable. Mais je n’étais pas sûr que cet
esprit étranger aurait assez d’influence sur le corps du garçon pour lui faire remuer les doigts et les pieds
aussi vite que le requièrent le maniement de l’orgue. Je formulais ma demande, s’il voulait bien jouer de
l’orgue, avec hésitation et timidité. « Volontiers, si cela te fait plaisir » fut sa réponse. Je courais à la
sacristie chercher la clef de l'instrument. Nous montâmes à la tribune, j’ouvris, je soulevais le couvercle et
mon regard se porta immédiatement vers les registres. C’était bien cela, trois d’entre eux étaient à demi
tirés. L'esprit me rappela de le faire remarquer à l’organiste.
Puis il s’assit à l’orgue, tira les registres et se mit à jouer. D’abord doucement et délicatement, avec des
accords pleins de grâce. Puis plus fort, et plus il jouait plus les sons s’enflaient. Au point culminant de son
jeu, ce fut comme une fluctuation impétueuse, fougueuse et orageuse, tous registres dehors. Ce fut comme
25
un ouragan qui déracine les arbres. Puis, peu à peu, la force du jeu diminua pour expirer
merveilleusement en accords doux et paisibles. Il n’y avait aucun doute à avoir, il ne pouvait s’agir que
d’un grand maître en la matière.
Quand il eut terminé, il remit en place tous les registres de l’orgue et se leva. Je refermais l’orgue. Il se
plaça devant moi et me posa la question suivante : « Sais-tu ce que je viens de jouer à l’orgue ? »
« Non ». « J’ai joué ce qu’est ta vie » répondit-il calmement.
Je le regardai étonné. Je ne pouvais pas imaginer qu’il était possible de « jouer la vie de quelqu’un ».
Comme s’il avait lu ma pensée, il m’expliqua ce qui suit : « La vie d’un homme ressemble à un tableau.
On peut peindre en utilisant des couleurs, on peut le faire aussi en utilisant des sons. Chaque couleur
représente un son et chaque son une couleur. Il existe des voyants qui « voient » tous les sons dans les
couleurs qui y correspondent. Ils distinguent l’harmonie de la dissonance ainsi que la mauvaise harmonie,
non pas au moyen de l’ouïe, mais en regardant la couleur des sons. Donc on peut jouer, c’est à dire
reproduire en tirant des sons d’un instrument, chaque tableau comme si on déchiffrait des notes de
musique. En tout cas, le monde des Esprits en est capable. »
Je ne comprenais rien à ses explications. Elles représentaient pour moi quelque chose de trop nouveau.
En silence nous descendîmes pour gagner la nef de l’église. Nous nous dirigeâmes vers la porte par
laquelle nous étions entrés. Il s’y arrêta et dit : « Je dois prendre congé. Je ne peux pas retourner au
presbytère avec toi. Ta gouvernante est sur le chemin du retour et revient du jardin à la maison. Je ne
voudrais pas qu’elle voie le jeune homme en état de transe. Je vais me placer contre le mur. Toi tu
soutiendras le corps du garçon pour qu’il ne tombe pas quand je le quitterai. »
Je suivis son instruction et je dus employer toutes mes forces pour tenir debout le corps du garçon qui
ployait en avant à la sortie de l’esprit. Il revint immédiatement à lui, étonné de se trouver à l’église avec
moi. Il ne se souvenait que du fait que nous étions assis ensemble dans la maison. Il ne savait rien de ce
qui s’était passé entre-temps. Quand je l’informais qu’il avait si bien joué de l’orgue, il hocha la tête en
signe d’incrédulité.
En même temps que nous ouvrions la porte d’entrée, la gouvernante, venant du jardin, entrait par le fond
du couloir. Elle aurait donc rencontré le garçon en état de transe si l’esprit n’avait pas quitté le médium
auparavant.
Le garçon, avec lequel je parlai par la suite, ne savait rien des squelettes, ni des registres de l’orgue, ni de
la mort de saint Joseph, ni du suaire de Véronique ou des douleurs du crucifiement, ni de la statue de la
madone et de son histoire, ni des Esprits condamnés à hanter les ruines du couvent ou des effets de la
prière pour leur soulagement. Il ignorait tout du concert de l’orgue et des explications qui m’avaient été
fournies à ce sujet.
Le même soir, je tâchai de me renseigner. J’appris que, en effet, un cimetière avait, il y a très longtemps
de cela, occupé l’endroit où l’église se trouve actuellement.
26
catholiques de l’Eglise de Rome de prendre part à de telles séances. Je déclarai que je n’avais pas
connaissance d’une telle interdiction. Que si cette interdiction existait vraiment, je ne comprenais pas
qu’un moine du monastère où nous nous trouvions actuellement avait également pris part à de telles
séances. Que je ne signalais pas ce fait pour me défendre, mais uniquement pour m’assurer de la vérité
des paroles prononcées par le médium. Le président de la commission d’enquête contesta mon
information avec indignation en insistant sur l’impossibilité absolue de la fréquentation de cercles spirites
par un religieux. Que par conséquent, il devait repousser mon accusation comme étant une grossière
calomnie.
Je répondis calmement que je n’avais pas mentionné le fait pour causer des ennuis au religieux incriminé
ou au monastère, que l’on m’avait communiqué le fait par ailleurs et que je voulais saisir l’occasion pour
connaître la vérité. Si cette information s’avérait inexacte, j’aurais soin de faire rétablir la vérité. Le
président de la commission d’enquête interrompit l’interrogatoire et quitta la salle pour aller, ainsi que je
le supposais, trouver le Père abbé du monastère. Il revint au bout d’un certain temps, l’air gêné et
confirma mes dires. Comme excuse, il ajouta que le religieux en question avait obtenu du Père abbé la
permission de fréquenter des séances spirites.
L’information du médium s’était donc révélée exacte.
25
Le 24 avril 1917, le Vatican avait publié un décret interdisant à tous les membres de l’église catholique, religieux ou laïques,
de communiquer avec le monde spirituel. Cette décision marquait un tournant dans la politique de Rome qui abandonnait ainsi
sa tradition de l’enseignement mystique pour s’attacher au matérialisme du XX ème siècle. La rupture fut d’autant plus grande
que beaucoup de catholiques canonisés dans le passé, comme Sainte Catherine de Ricci, Sainte Lidwine ou Saint Oswald,
avaient justement été déclarés « saints » en raison de leurs contacts fréquents avec l’au-delà. D’autres églises chrétiennes,
comme l’église protestante par exemple, ne décidèrent aucune interdiction.
27
A la suite de cette dénonciation, ma destitution devenait inévitable. Il faut dire que j’avais fait une
demande de mise en congé pour pouvoir me consacrer plus librement à des tâches de bienfaisance. Mais
cette demande avait été refusée avec tant de rudesse que, humainement parlant, il ne subsistait plus aucun
espoir d’obtenir une réponse favorable. La procédure engagée contre moi par le tribunal ecclésiastique
suivit son cours. Une date d’audience fut fixée pour les débats. Je fus sommé d’assister à ces débats. Peu
de jours me séparaient de la date de l’audience, durant laquelle on rendrait sans aucun doute le jugement
de ma destitution. J’avais confiance en la prédiction qui m’avait assuré que je quitterais ma communauté
en paix par la voie de la mise en congé. Et voici que, à la dernière minute, je reçu du tribunal
ecclésiastique un télégramme. On me signifiait que, sur la demande de l’évêque, la procédure contre moi
venait d’être arrêtée. Ce télégramme fut suivi d’une lettre de l’évêque m’accordant la mise en congé
sollicitée et me demandant quand je désirerais quitter ma paroisse. J’indiquais le jour qui m’avait déjà été
depuis longtemps prédit comme étant celui de mon départ de la paroisse, à savoir le 31 décembre 1925.
28
juif, le garçon entra de nouveau en transe et s’adressa ainsi à moi : « Ce que je te dis à présent, cet homme
là ne peut l’entendre. Ses sens sont entravés, il ne peut ni percevoir ni comprendre. Ce que tu viens de
vivre ici aujourd’hui doit servir d’enseignement à toi et à cet homme. Il ne sera délivré que pour peu de
temps du mauvais esprit. Le mauvais esprit reviendra et continuera à le tourmenter jusqu’à sa mort. Le
destin qui le frappe n’est que justice. Il l’a mérité. Il ne reviendra pas te voir. Il n’en trouvera pas la
force ».
Je demandai alors à l’homme s’il avait compris ce qui venait d’être dit. Il répondit qu’il n’avait rien
entendu. Profondément ébranlé, je pris congé de ce pauvre homme. Il ne revint jamais.
26
Durant le premier tiers du XXe siècle, les imprimeurs produisaient des ouvrages dont environ la moitié des pages étaient liées
entre elles soit par la tranche soit par le haut. Tout acheteur d’un livre neuf devait donc soigneusement découper les pages
attachées avant de pouvoir commencer la lecture.
27
Aujourd’hui la ville de Cassadaga en Floride (USA) est devenue un des principaux centres des activités spirites payantes.
29
sont pas encore bien avancés dans l’au-delà et s’intéressent davantage aux intérêts matériels des
survivants de la famille qu’à leur progrès spirituel. De telles réunions ne possèdent rien d’un service
divin. Elles font sérieusement penser à ce qui se passait lors des cultes païens. Les personnes attirées par
ces regroupements espèrent précisément être renseignées, à travers les médiums, sur leur carrière ou leur
réussite terrestre.
Je ne rencontrai rien d’édifiant dans ces églises, malgré mon désir ardent. La plupart du temps je
n’observai que des procédés nuisibles au spiritisme.
En outre, la question financière semble jouer un rôle important chez les dirigeants de ces églises. Un droit
d’entrée est perçu qui est rarement inférieur à un demi-dollar. Cela écarte les personnes qui possèdent peu
de moyens.
Tout cela me confirma ce qui m’avait été dit en Allemagne à propos du spiritisme d’aujourd’hui, même si
d’apparence les procédés gardent une forme religieuse. J’acquis la conviction que ce genre de spiritisme
ne saurait rapprocher beaucoup les hommes de leur Dieu. Il ne s’agit plus du spiritisme des premiers
chrétiens.
Par ailleurs, je fis également l’expérience en Amérique de ce qu’il y a de grand et d’élevé dans la
communication avec le monde des Esprits. Ce fut une confirmation de ce que j’avais déjà vécu en
Allemagne.
Pendant mon séjour à New York, j’habitais dans une famille allemande du nom de Niemann, 148 East
18th street. Je cite le nom et l’adresse exacte de cette famille, simplement parce qu’elle tient le rôle
principal dans mes expériences ultérieures et qu’elle m’a autorisé à donner son nom. Par principe, je ne
cite pas de noms dans les autres chapitres de mon livre, afin que personne, suite à la publication de cet
ouvrage, n’ait à subir des désagréments de la part de gens mal intentionnés.
Je n’avais jamais abordé le sujet du spiritisme avec monsieur Niemann. Je n’avais fait que lui mentionner
ce que j’avais vu dans les églises spirites de New York. Lui-même n’appartenait à aucune communauté
religieuse. Il semblait avoir perdu la foi en Dieu. Il considérait que les procédés employés dans les
séances spirites dont je lui avais parlé étaient truqués et ne reposaient que sur l’appât du gain.
Malgré cela il décida, un soir, poussé par la curiosité, de m’accompagner dans une de ces églises. Comme
toutes les personnes présentes, lui aussi reçut un message. Tout ce qui lui fut communiqué se trouvai être
vrai, encore que le médium le voyait pour la première fois et évidemment ignorait son identité. En même
temps, il lui fut également communiqué qu’il possédait en lui-même de grandes dispositions et facultés
médiumniques et qu’il ferait bien de les perfectionner.
De retour à la maison, monsieur Niemann me demanda ce que la voyante voulait exprimer par
« perfectionnement de dons médiumniques ». Je lui expliquais alors comment les choses se passaient. Je
m’offrais de célébrer avec lui et sa femme, de temps en temps, un culte pendant la semaine. Ainsi
j’aurais l’occasion d’examiner si mes expériences en Allemagne se répèteraient, ce dont du reste je ne
doutais plus.
Je célébrai le service de la même façon qu’autrefois dans ma paroisse, en petit comité. Ici donc, au-delà
de l’océan, dans une famille qui avait abandonné la foi en Dieu, mais dont la volonté était droite et sincère
en face de l’acceptation de la vérité, je fus d’abord témoin de la formation des médiums, tout comme chez
les médiums d’autrefois. Les mêmes lois régissaient le développement médiumnique, là-bas comme ici.
Dès le premier soir l’écriture médiumnique automatique commença chez monsieur Niemann. Il savait
qu’il écrivait, mais pas ce qu’il écrivait. Chaque paragraphe était rédigé dans une écriture différente et
signé de noms différents d’amis et de membres de la famille décédés. Monsieur Niemann ne se souvint de
ces personnes qu’à la vue de leurs noms accolés à ce qu’il venait d’écrire. Ils lui communiquaient qu’il
suivait le bon chemin et qu’il lui fallait continuer dans cette voie. Ils affirmaient qu’ils auraient été
heureux si pendant leur vie terrestre quelqu’un leur avait indiqué un chemin qui mène à Dieu. Il existe un
Dieu et un au-delà, disaient-ils et il devait avoir confiance en Lui. Monsieur Niemann demeurait interdit
en lisant ce que sa propre main venait de noter dans une écriture chaque fois différente.
Plus tard, en mon absence, monsieur Niemann célébra le service divin en la seule compagnie de sa
femme. A nouveau il se sentit poussé à écrire. Sa femme marqua un moment d’étonnement. Secrètement
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elle croyait que j’avais hypnotisé son mari et que, par transmission de pensée, je lui avais suggéré tout ce
qu’il avait écrit. A présent, ils tenaient la preuve que leur supposition était inexacte, vu que la séance
d’écriture médiumnique se déroulait de la même façon sans moi. De plus, madame Niemann, aurait déjà
dû se dire dès la première fois, que j’ignorais forcément les noms des défunts inscrits dans les signatures.
Par conséquent, il m’eût été impossible de les transmettre à celui qui écrivait. Lors de la même séance,
une preuve encore plus convaincante lui fut administrée. Soudain, elle-même, se sentit poussée par une
force invisible à prendre le crayon et à écrire, tandis que les larmes lui coulaient des yeux. Contrairement
à son mari, elle savait ce qu’elle écrivait. Le procédé d’autrefois, identique à celui du jeune homme de ma
paroisse, se répétait ici. Comme à lui, cette puissance invisible dictait à madame Niemann les pensées
qu’elle devait exprimer par écrit. Elle était, à l’instar du garçon, un médium à inspiration. Elle se sentait
également incapable, à la fin de cette retranscription, de répéter ce qui lui avait été inspiré.
La formation de ces deux médiums progressait de semaine en semaine. Monsieur Niemann « écrivit »
encore pendant un petit laps de temps puis il commença son apprentissage en tant que médium parlant.
Cela s’accompagna de tous les phénomènes extérieurs que j’avais vu apparaître chez le médium parlant
de mon ancienne paroisse. L’esprit qui s’exprimait à travers lui s’annonçait habituellement par cette
salutation : « Que la paix du Seigneur soit avec vous ». S’il avait mission de communiquer un message
didactique particulier, il saluait ainsi : « Que la parole de Dieu soit avec vous ! »
Nous reçûmes un jour, de la façon la plus bouleversante, la confirmation que ce que cet esprit nous avait
communiqué était vrai. Je connaissais en Allemagne un ami qui m’était très cher. Cet homme du peuple,
simple, vivait à la campagne dans un village. Avant mon départ pour l’Amérique, j’étais allé le trouver
pour prendre congé. Voici que le 20 juillet 1930, lors d’un de nos cultes divins, l’esprit qui parlait à
travers monsieur Niemann m’informa de la grave maladie de mon ami d’Allemagne et de son décès
prochain. Le message était textuellement le suivant : « Ton ami, H.S. est très malade. Il souffre d’une
maladie sournoise. Tu ne le reverras plus vivant sur cette terre. »
Ces paroles m’ayant bouleversé, j’en eus les larmes aux yeux. L’esprit me consola ainsi : « Ton ami est
un cœur généreux. Auprès de nous, il se sentira heureux. Si tu veux lui écrire, fait le maintenant et ta
lettre le trouvera encore en vie. » Sur cela, il semblait s’assurer que ma lettre aurait le temps de parvenir à
destination. Il orientait la tête de côté, comme s’il discutait avec quelqu’un pour obtenir une information.
Puis il se tourna à nouveau vers moi et me dit : « Oui, la lettre arrivera bien, mais ne tarde pas, rédige-la
tout de suite. »
Le lendemain, je postais ma lettre en y joignant ma photographie en guise d’adieu. Evidemment, je ne
mentionnais rien au sujet de sa mort imminente. J’exprimai au contraire ma joie de le revoir bientôt et le
priai de venir m’attendre à Brême lors de mon retour.
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sourit amicalement et de sa main droite il te caresse la tête. Il te salue de tout cœur et te prie de ne pas te
tourmenter autant. Peut-être l’entendras-tu plus tard. » Il voulait dire par-là qu’il serait possible que plus
tard, il parlât lui-même à travers le médium. « Mais il est encore trop tôt pour cela. Son agonie n’a pas été
trop pénible. Il aurait voulu te revoir et te parler. Il est maintenant capable de faire la première chose que
j’ai nommée. » C’est à dire de me voir. « Quant à la deuxième chose, il n’est pas encore en état de la
faire. » C’est à dire de me parler. « Il est mort en priant Dieu. O, pauvres êtres humains, la vie sur terre
vous est si pénible, mais restez fidèles ! Ne chancelez pas et ne trébuchez pas, la récompense vous attend.
Beaucoup qui ici bas ont mené une vie pénible, plus pénible que celle de beaucoup d’autres, sont dans
l’au-delà supérieurs à ceux qui, ici-bas étaient des souverains. La matière ne rend pas heureux. » Par
matière, l’esprit veut dire l’argent ou la richesse. « Par conséquent, ne sois pas trop triste. Si seulement tu
pouvais le voir ! Tu peux te rendre compte qu’il est placé à un degré élevé par le fait qu’il se trouve ici. Il
aura à subir encore une légère purification, puis il passera dans la onzième sphère. Il sautera la dixième
sphère. Il est parmi les hommes, si peu nombreux, qui sont et ont été de vrais enfants de Dieu. »
Puis l’esprit pria par les mains levées du médium : « Père céleste, aie pitié de nous. Incline ton visage vers
nous. Remplis de consolation celui qui ici est affligé et en peine pour son ami qu’il a perdu. Donne-lui la
paix et la gaieté du cœur et fait qu’il domine sa peine. Laisse dans ta clémence venir à toi le défunt qui
était un modèle parmi les hommes. Accepte-le parmi ceux qui t’entourent, pour qu’il se développe vite et
fasse du bien et apporte la bénédiction à l’humanité. Père, celui que tu as élu vient à toi. Que, par toi, il
accomplisse alors la mission pour laquelle tu l’as choisi. Sois indulgent, Père, et bénis-les tous les deux.
Amen ! »
A l’occasion des cultes suivants, madame Niemann, sous l’influence spirituelle de mon ami défunt,
écrivit des choses qu’elle n’aurait pu connaître d’elle-même. Ainsi dans un écrit, il était question d’une
promenade que mon ami défunt et moi avions faite de nombreuses années auparavant, dans une petite
vallée du Hunsrück. Nous avions parlé de Dieu ainsi que de l’au-delà. Le souvenir de cet événement ne
me revint qu’au moment où j’en trouvais la mention dans l’écrit médiumnique de madame Niemann. La
vallée y était indiquée par son appellation exacte, que seuls les résidants connaissent.
De même, lorsque mon ami vivait encore, j’eus par lui des preuves si évidentes des vérités communiquées
par les Esprits, qu’à elles seules elles auraient été suffisantes pour me convaincre. Par exemple, à la suite
des mes expériences spirites, j’avais dû changer de fond en comble mes convictions religieuses. Je
pensais avec une profonde douleur que mes nouvelles opinions provoqueraient une rupture avec mon ami,
lui qui était un bon catholique. Lors d’une séance en Allemagne, j’exprimai mon appréhension à l’esprit
qui se manifestait et je reçus la réponse suivante : « Tes craintes de perdre ton ami ne sont pas fondées.
Car nous-mêmes nous l’instruisons sans que tu aies besoin de lui donner des explications. »
Peu après, mon ami me rendit visite et me parla des visions étranges qu’il avait eues. Une série de vérités
fondamentales lui avaient été révélée, qui étaient en contradiction avec sa profession de foi catholique.
Ainsi, il lui avait été montré dans une vision survenue dans un cimetière que les damnés eux-mêmes
seront amnistiés et que tout retournera à Dieu. Puis il apprit beaucoup de choses au sujet des divers
destins des Esprits des défunts. En plus de cela, on lui enseigna quelle était la tâche que je devais moi-
même réalisé pendant ma vie. Les expériences de mon ami l’avaient si bien convaincu, qu’il ne me restait
plus qu’à confirmer l’exactitude de ses visions.
32
Le 1er février 1924, après mes heures de travail, je me trouvai dans mon bureau personnel situé dans les
locaux de la Société de Bienfaisance. A ce moment, se présentèrent deux jeunes hommes qui me
paraissaient âgés de vingt à vingt trois ans. Ils prétendaient avoir été envoyés pour me rendre service. A
peine ces mots prononcés, voilà qu’à mon grand étonnement, ils entrèrent tous deux simultanément en
transe profonde. Les deux Esprits qui maintenant parlaient à travers eux réclamèrent du papier et un
crayon. Je leur donnai ce qu’ils désiraient et mes visiteurs s’assirent à une table et se mirent à dessiner.
Lorsqu’ils cessèrent de crayonner, je vis que chacun s’était efforcé de reproduire sur le papier un tombeau
de roi égyptien. Ces croquis comportaient de vieilles inscriptions incompréhensibles pour moi.
Je leur demandai leur identité. Seul l’un d’eux comprenait l’allemand et me répondit dans cette langue. Le
second s’exprimait dans un dialecte inconnu que le premier me traduisait en allemand. Il me rapporta ce
qui suit :
« Nous deux, qui parlons et écrivons à travers ces instruments, nous étions des souverains égyptiens.
Nous nous appelons Arras et Isaris. Moi Arras, je régnais sur le Nil supérieur et mon ami Isaris sur le Nil
inférieur. Nous traitions nos sujets avec bonté. Nous n’avions pas coutume de châtier nos esclaves. Nous
laissions les gens de notre peuple libres. Ils étaient riches et il n’y avait pas chez nous de véritables
pauvres. La moisson se faisait trois fois par an, de sorte que nous avions plus qu’il ne fallait pour vivre.
L’abondance était partout. Le peuple obtenait tout ce qu’il désirait. Il célébrait des fêtes éclatantes,
affichant un luxe inouï. Il se donnait du bon temps en oubliant Dieu, le Tout-Puissant. Le peuple se
nourrissait des fruits et des graines que Dieu faisait pousser. Il s’abreuvait à l’eau la plus pure qui puisse
jaillir d’une source. Il buvait le meilleur vin qui existait sans penser à Celui qui avait créé tout cela.
Les fêtes et les divertissements bruyants ne finissaient plus. Le peuple ne se contentait plus de l’héritage
de nos ancêtres, mais il créa de nouvelles idoles faites d’or et de pierres précieuses. Il priait ces idoles
faites de main d’homme et les adorait. Il y avait même des volontaires qui, se laissaient immoler en
l’honneur de ces images. »
« Nous assistions à tout cela sans intervenir. Nous laissions la foule faire ce qu’elle voulait au lieu de l’en
empêcher, comme nous l’aurions dû. Au contraire, afin de nous concilier les faveurs du peuple, nous
encouragions ces pratiques d’idolâtres. J’expédiais dix charretées d’objets en or pour confectionner une
statue représentant Amojo, dans l’intention de rehausser mon propre prestige. De son coté, Isaris offrait
également dix charrettes d’or pour construire une idole dédiée à Lachitju, toujours dans le même but.
Nous marchions en tête de cortège pour la consécration de ces idoles et nous disposions nos troupes de
manière à protéger ces statues au lieu de les détruire. Devant l’idole se trouvait une coupe en or qui
contenait le sang d’un enfant nouveau-né. Ce sang devait rester frais et ne pas se dessécher et cela au
moyen de son renouvellement périodique. Au cas où le prêtre, au lieu de pourvoir à cet
approvisionnement de sang, le laissait se dessécher par négligence, Le Grand prêtre le décapitait au pied
de l’idole. »
« Notre folie devenait de plus en plus intense, mais Dieu envoya enfin son châtiment. Tout d’abord, il
laissa les sources se tarir et envoya une vague de chaleur qui anéantit les récoltes. Malgré cela, la
population ne se tourna pas vers Lui. Si elle avait reconnu cette toute puissance de Dieu, elle n’aurait pas
souffert si durement. Mais personne ne s’adressa à Lui. C’est alors que la colère de Dieu éclata par la
destruction totale d’un peuple renégat et infidèle qui refusait de reconnaître en Dieu le créateur. Les gens
auraient pu arriver à la connaissance du vrai. Il existait des astrologues et des sages qui annonçaient la
vérité. Ils avaient pour mission d’avertir le peuple de ce cataclysme. Mais on se moquait et se riait d’eux.
On ne les écoutait pas, on les assassinait. »
« Un jour, l’horizon se couvrit d’épaisses ténèbres. Des nuages gris obscurcirent le ciel qui devint opaque.
La tempête gronda, les éclairs sillonnèrent le firmament. La foudre s’abattit, brisa et pulvérisa les idoles,
de sorte qu’il n’en resta pas la moindre parcelle. Puis vinrent les terribles catastrophes qui exterminèrent
le peuple. Du feu et du souffre tombèrent d’en haut en produisant des vapeurs qui empestèrent l’air et
étouffèrent les hommes. Les palais s’effondrèrent, tombèrent en ruines et engloutirent toutes choses sous
les décombres. Puis Dieu envoya une grande tempête qui enselvelit tout sous du sable jaune et gris dans
un tremblement de terre. Telle fut la réaction divine en réponse à l’affront, ce fut un acte de justice. »
33
« Quand cette catastrophe arriva, nous étions déjà morts tous les deux. Moi, Arras, je mourus poignardé
par un prêtre qui convoitait ma femme. Isaris, avec qui j’entretenais une relation d’amitié scellée dans le
sang et qui dura jusqu’à la fin de nos jours, mourut en combattant son propre général Zyclov. Ce dernier
était un ambitieux général qui habitait dans le palais d’Isaris et qui cherchait à atteindre le pouvoir par
tous les moyens. Il conspira contre son maître afin de détruire son prestige pour le chasser du trône. Le
moment venu, il se révolta et l’assassina. »
« Notre ville et nos tombeaux sont toujours ensevelis et n’ont pas été retrouvés. Nous existions cinq mille
ans avant la naissance du Christ. De nombreux Princes comme nous gouvernaient les provinces d’Egypte
ainsi qu’un souverain principal que vous appelleriez « empereur ». C’était une fédération de royaumes.
Isaris possédait également le titre d’intendant général, vous diriez « chancelier de l’empire ». La capitale
de la fédération se nommait Memph. Les familles dirigeantes, les prêtres et les généraux avaient coutume
de choisir le roi ou les princes toujours dans la même famille. »
A ma demande : « Quelles autres nations existaient à cette époque ? », il répondit :
« La péninsule d’Arabie était occupée par des tribus de nomades arabes. Un grand empire s’étendait de
l’embouchure de l’Euphrate jusqu’au Gange et un autre pays était occupé par les Maures dont les
anciennes cartes portent encore la trace. »
Lorsque les médiums revinrent à eux, ils furent étonnés de voir les dessins et se demandèrent ce que tout
cela pouvait signifier. Ils vinrent en tout sept fois en trois mois. Je ne savais jamais à l’avance quand ils
allaient continuer.
Un matin, j’étais sur le point de quitter ma paroisse pour me rendre au bureau de la Société de
Bienfaisance, lorsque le jeune médium paysan se présenta. Il affirmait avoir reçu mission de
m’accompagner en ville ce jour-là. Il ignorait les raisons de cette tâche. Je l’emmenais, car je savais par
expérience qu’il s’agissait toujours d’une chose importante quand ce garçon recevait de telles missions.
Ce jour là, les deux médiums revinrent pour travailler à leurs dessins égyptiens. En même temps qu’eux,
mon jeune paysan entra également en transe. Il se tint tranquillement assis sans rien dire, tandis que les
deux Esprits continuèrent à dessiner. Soudain, le médium de ma paroisse se leva. Il se dirigea vers l’un
des deux autres et lui parla dans une langue étrangère. Il sembla lui expliquer quelque chose à propos des
croquis. Puis il revint vers moi, réclama une gomme et, l’ayant reçue, il retourna vers l’autre médium. Je
m’approchai moi aussi et je vis une représentation du Nil. Le médium prit la gomme que lui tendit le
jeune paysan, effaça une partie du cours du fleuve et recommença à dessiner. Je demandai alors au
médium de ma paroisse, s’il avait le droit de m’expliquer ce qui se passait. L’esprit qui s’exprimait à
travers lui me répondit que, ce jour là, c’était son tour de surveiller les deux médiums dessinateurs. Ceux-
ci réalisaient en ce moment l’illustration la plus importante qui servirait à localiser les tombeaux des rois,
à savoir le cours du Nil. Il expliqua que l’esprit de l’un des anciens princes avait, à travers son médium,
tracé le lit du Nil tel qu’il cheminait à l’époque. Aujourd’hui, dit-il, ce fleuve a modifié son tracé à
certains endroits à la suite d’un ensablement. C’est précisément à partir de cet endroit qu’il faudra
procéder à des mesures de distances pour retrouver les sépultures des rois. Voici la raison pour laquelle,
termina-t-il, il avait ce matin suggéré au jeune homme de m’accompagner en ville.
Dès l’achèvement du dernier dessin, je reçus le message de les calquer, de les cacheter et de déposer un
lot complet de calques dans un lieu que l’on me désigna. Ensuite, un des princes égyptiens me dicta le
texte suivant que je dus signer :
« En l’année 1924, il me fut donné de connaître l’existence de deux Esprits qui avaient été autrefois des
princes égyptiens. Ils se nomment Arras et Isaris. Ils m’ont confié plusieurs dessins et écrits. Ces écrits
relatent le destin et la vie de ces deux princes. On m’a chargé d’aller dans le pays de ces deux
personnages, d’ouvrir leurs tombeaux et de déblayer les restes de leurs sépultures comblées et obstruées.
J’ai rassemblé ces éléments entre le 1er février et le 1er mai 1924.
Isaris déclare au nom d’Arras et en son nom propre : « Nous vous avons communiqué ce qu’il nous fut
ordonné de vous faire connaître pour que vous retrouviez nos sépultures. La réalisation de cette mission
est entre vos mains. Vous nous avez aidé jusqu’à présent moralement et spirituellement, nous vous en
remercions. Nous vous demandons de continuer à le faire et pour le moment nous sommes loin de vous.
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Nous ne reviendrons qu’une seule fois. Ce sera au jour de l’accomplissement de ce qui vient d’être dit,
lorsque les événements que nous avons relatés ne seront pas seulement crus par vous mais seront
reconnus comme des faits historiques.
Priez pour nous, et que Dieu soit avec vous.
Lorsque vous vous tiendrez devant nos sépultures et que vous aurez trouvé nos restes, nous serons au
rendez-vous. Ici se termine notre mission. Que Dieu vous bénisse jusqu’à notre prochain entretien ! »
Je signais cette déclaration et je l’ajoutais aux autres documents égyptiens.
A ce propos, j’ai posé encore beaucoup de questions se rapportant à cette affaire. J’obtins les précisions
suivantes :
« Je puis te dire que tout ce qui se rapporte à la topographie de l’endroit et aux sépultures se trouve bien
sur place. Des indications plus précises ne pourront être fournies que sur les lieux même. Une seule chose
demeure : l’accomplissement de la mission. »« Il ne vous28 reste qu’à chercher les tombes pour les
trouver. Vous y trouverez également toutes sortes d’objets culturels. On a déjà recueilli des trouvailles du
même genre, mais ils ne représentent pas un intérêt particulier. Cependant, les choses importantes sont
« l’appel au peuple » et le « rouleau » où sont inscrites les lois de la magie blanche concernant la
communication avec les Esprits ainsi que la médication nécessaire à la guérison de certaines maladies. On
y trouve également des renseignements sur l’élaboration de divers produits à base de plantes et de sels,
ainsi que de substances utilisées comme conservateur. D’autres explications concernent la fabrication de
solides étoffes à partir de plantes. »
« Vous trouverez plus d’or et d’argent qu’il n’en faudra pour couvrir vos frais. Vous ne connaîtrez pas le
sort de tous ceux qui ouvrirent des tombeaux et décédèrent. Car sur chaque sépulture se trouve
l’inscription : tous ceux qui toucheront à ces tombeaux ou inciteront d’autres à la faire sont voués à la
mort. Allez là-bas au nom de Dieu. Donnez également les premiers coups de bêche et de pioche en notre
nom et en sollicitant l’aide de Dieu. Ainsi il ne vous arrivera rien. »
« Tu voudrais savoir ce que les caractères graphiques signifient sur les dessins. Les inscriptions ne se
ressemblent pas, car l’écriture ne se répète pas toujours. Il s’agit d’une spécificité de l’écriture de notre
époque. Vous ne savez pas vous servir de ces symboles, ni les lire, ni les tracer. Je pourrais vous dicter les
lettres, mais cela ne vous servirait à rien, car une lettre représente à la fois un mot entier et un signe. Sur
notre tombe, sur notre palais, sur les pierres, les colonnes et les murs, on retrouve partout la même
écriture et les mêmes signes. Les savants pourront se frapper la tête contre les murs mais ils ne
parviendront pas à déchiffrer les inscriptions. Il se peut que l’un d’eux déclare que l’écriture qu’il verra
entre vos mains provient probablement d’Egypte, parce qu’il reconnaîtra quelques symboles. Cependant,
la plupart prétendront que vous avez perdu la raison et feront obstacle à votre action. »
« Le principal souverain, dont nous étions les princes confédérés, s’appelait AM-EL. Il décéda après nous
deux, sa sépulture n’a pas encore été mise à jour. Dans toute l’Egypte, il existe encore environ dix mille
tombeaux, de rois, de princes et de nobles et je ne compte pas les autres tombes. Soyez certains que tout
n’a pas été découvert. »
Plus tard, lors de séances en compagnie des médiums de ma paroisse, j’ai demandé d’autres
renseignements au sujet de ces tombeaux. Je voulais savoir quand ces monuments seraient retrouvés.
Telle fut la réponse : « Cela viendra en temps voulu. Il se produira une série d’événements dans le monde
qui feront avancer cette affaire. De nos jours, cela n’est pas encore possible et, pour des raisons que vous
ignorez, provoquerait la mort de nombreuses personnes. Les grandes réalisations que Dieu entend
accomplir de cette manière dépassent largement la compréhension humaine. »
J’ai expliqué si longuement cette histoire égyptienne parce que, tous les documents que j’ai archivés
serviront de preuve, en temps voulu, pour démontrer que ce qui m’a été révélé était exact jusque dans les
moindres détails. Personnellement, j’ai le sentiment que la découverte des tombes en question apportera à
la science la preuve la plus éclatante de toute la vérité contenue dans ce livre. Car de telles évidences ne
28
Dans tout le paragraphe, le mot « vous » est la traduction du mot allemand « ihr ». Il ne s’agit pas du pronom personnel
« vous » car il désigne le pluriel, il faut donc l’interpréter comme « vous tous ».
35
pourront pas être rejetées même par une science hostile à l’idée d’un monde spirituel et elle devra alors
les reconnaître comme parfaitement valables. Il ne s’agit là, je le répète, que de mon opinion personnelle.
Je n’obtins pas davantage de commentaires sur l’importance de la découverte des sépultures égyptiennes.
Le médium de la ville me confirma également l’exactitude de cette affaire. Il ajouta simplement que le
prince Arras portait également le nom d’Hario.
36
2ème partie
Avant propos
Dès mon premier contact avec le monde spirituel, on m’avait promis de m’instruire à propos des lois
selon lesquelles se déroulent les échanges entre les Esprits et le monde matériel, en particulier avec les
hommes.
L’accomplissement de cette promesse allait m’apporter une nouvelle preuve irréfutable de la validité de
tous les enseignements provenant de cette source. Je ne connaissais rien de ces lois et les médiums sans
culture en savaient encore moins que moi dans les domaines scientifiques. Ils ne possédaient aucune
notion de tels principes, de sorte que par eux-mêmes, ils ne pouvaient fournir aucun renseignement à ce
sujet.
La promesse qui m'avait été faite fut respectée d’une manière beaucoup plus parfaite que je n’avais osé
l’espérer. L’instruction transmise à propos des méthodes de communication des Esprits se présentait avec
une telle clarté et une telle puissance de persuasion qu’une pareille doctrine ne pouvait être que l’énoncé
de la vérité.
Pour chaque question que je posais sur ce thème, je reçus des réponses détaillées et circonstanciées.
Jamais je ne pu déceler la moindre contradiction dans ces exposés. Tout s’agençait parfaitement comme
un mouvement d’horlogerie. Mon maître était le même esprit qui dès notre deuxième rencontre s’était
engagé à m’initier à toute la connaissance dans ce domaine. A cet effet, il utilisa comme médium le même
garçon qu’auparavant. En considérant le fait que celui-ci ne possédait qu’un niveau d’instruction très
moyen, la parole de Paul se vérifiait en lui :
Mais ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ; ce qu'il y a
de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort ; ce qui dans le monde
est sans naissance et ce que l'on méprise, voilà ce que Dieu a choisi ; ce qui n'est pas, pour réduire à rien
ce qui est, afin qu'aucune chair n'aille se glorifier devant Dieu (Corinthiens 1 :27-29).
Ainsi commença l’enseignement de l'esprit :
37
Lorsque tu soulèves une pierre avec ta main, la loi de la pesanteur de la pierre, comme vous l’appelez,
n’est pas supprimée, mais elle est vaincue par la force plus grande de ta main. Si toutefois une pierre était
soulevée par une main invisible à vos yeux, cela vous paraîtrait un miracle, parce que ne percevant pas
cette force, vous imagineriez que la pierre s’élève toute seule. Cependant, il faut dans un cas comme dans
l’autre, qu’une force soit présente pour effectuer l’action de soulever la pierre. Que vous voyez ou non
cette force ne change rien au processus. Dans les deux cas, la pesanteur de la pierre est vaincue par une
force supérieure.
Dieu lui-même, en raison des lois que sa toute puissance a créées, ne pourrait faire en sorte qu’une pierre
se soulève d’elle-même. Sans doute aurait-il pu décider d’autres lois pour la matière. Mais après les avoir
fixées comme elles sont, il faut, en ce qui concerne l’élévation de la pierre, que Dieu permette l’action
d’une force supérieure à la pesanteur de la pierre. Il en est ainsi dans tous les domaines.
Il n’y a pas de « miracle » non plus dans le fait que le monde des Esprits communique avec l’humanité. Si
je te parle à travers ce garçon, cela se produit également d’après des lois fixes que je dois observer et
qu’un mauvais esprit désireux de faire la même chose devrait également respecter.
Voyez vos installations téléphoniques ! Que de lois naturelles doivent s’appliquer pour qu’une
conversation puisse s’établir ! Il faut une énergie, des fils et d’autres systèmes nécessaires à la
transmission du langage parlé en harmonie avec les lois de l’électricité et de l’acoustique. Qu’un homme
honnête ou qu’un criminel utilise l’appareil téléphonique, ils seront tous deux assujettis aux mêmes lois
qui régissent la transmission des sons à distance.
Afin que tu comprennes ce que tu observes dans le domaine des échanges avec les Esprits, il importe que
tu sois mis au courant des principes fondamentaux qui établissent la communication entre le monde des
Esprits et la création matérielle. Quand tu auras compris tout cela, la plupart des choses que tu
rencontreras dans ce domaine et qui jusqu’ici semblent inexplicables à vous autres les hommes,
deviendront compréhensibles pour toi. »
38
Cela peut vous paraître incroyable, mais c’est pourtant vrai. Lorsqu’un esprit est lié à un corps matériel, il
possède d’abord l’énergie fluidique qui est nécessaire à sa propre existence en tant qu’esprit. De plus, il
possède une quantité additionnelle de force vitale pour rendre possible la vie, le développement et
l’activité du corps physique. C’est ainsi que, pour employer une image imparfaite, une locomotive a
besoin d’une certaine quantité de force vapeur pour se mouvoir toute seule, plus une quantité
additionnelle de vapeur pour tracter les wagons accrochés. Le wagon accroché à votre esprit c’est votre
corps. C’est pour ce corps que votre esprit a besoin d’une quantité supplémentaire d’énergie fluidique
corporelle.
Ce fluide qui anime le corps diffère cependant du fluide de l’esprit, car ce qui est destiné à agir sur la
matière doit s’adapter à la matière dans une certaine mesure. Ainsi, le fluide des corps terrestres est plus
« lourd » que le fluide des Esprits qui habitent ces corps. Le fluide corporel ressemble à vos courants
d’énergie terrestres qui ne sont ni purement matériels ni purement spirituels. Leur véritable essence ne
vous est pas connue, même si chaque jour vous faites l’expérience de leurs effets.
Vous possédez des fils conducteurs matériels pour transporter les énergies terrestres avec une puissance
déterminée. Vous disposez de machines et de divers appareils dont le fonctionnement requiert un courant
d’une certaine puissance. Si la puissance est trop intense, elle endommage gravement la machine et
détruit l’installation. Si elle est trop faible, la machine s’arrête. De la même façon, l’énergie fluidique de
tous les êtres physiques parcourt le corps entier, et toutes ses structures merveilleuses que vous appelez
organes, par le biais d’un fil conducteur. Si l’énergie agit trop intensément sur un organe, il se détraque ;
si elle est trop faible, l’organe cesse de fonctionner.
Le fil conducteur de l’énergie fluidique est le sang. Si ce fil se détériore, ou se perd, ou est détruit par
décomposition, l’énergie fluidique cesse d’agir. De la même manière, vos courants d’énergie ne
fonctionnent plus lorsque les fils conducteurs se détériorent par suite d’une influence extérieure ou par
désagrégation. Puisque le sang sert de conducteur au fluide, et que par conséquent sans le sang la vie du
corps est impossible, le sang est appelé « siège de la vie » dans la Bible29»
29
Deutéronome 12 : 23 ; Lévitique 17 : 11
39
Puisque la structure d’un corps résulte de la condensation d’un mélange fluidique particulier à cet être
vivant, il s’ensuit que chaque corps possède sa spécificité. La chair, les os, les ongles, les cheveux, de
chaque partie du corps possèdent des caractéristiques propres qui sont déterminées par la composition
fluidique de l'individu en question. »
40
« Il reste à répondre à la question : d’où vient le fluide contenu dans l’air, l’eau et les aliments ? Il
provient de la Terre. La Terre, en tant que corps céleste, possède et irradie toutes les catégories de fluides
nécessaires à la conservation des êtres sur cette planète. Le fluide terrestre se compose à la fois du fluide
inhérent à la Terre en tant que corps céleste, et des fluides que la terre reçoit par irradiation des autres
corps célestes à proximité. Chacun de ces corps célestes possède un fluide qui lui est spécifiquement
propre et que l’on ne retrouve dans aucun autre corps céleste sous cette forme et avec ce type de mélange.
En fonction de la position des corps célestes par rapport à la Terre, leur rayonnement fluidique est plus ou
moins intense. Comme la position des corps célestes les uns par rapport à l’autre change constamment, les
rayonnements fluidiques qu’ils émettent varient dans la même mesure. Le mélange du fluide de la Terre
avec les fluides des corps célestes qui l’entourent est primordial pour la préservation et le développement
de la vie sur Terre.
Tu dois aussi te rappeler que chaque type de fluide possède des effets spécifiques. Si l’on considère qu’au
moment de la naissance, le mélange fluidique du nouveau-né se trouve influencé par un fort rayonnement
fluidique d’un ou plusieurs corps célestes, le fluide de ce bébé s’en trouve affecté. Ce mélange fluidique
est, au moment de la naissance, relativement neutre et il est marqué et orienté durablement par la nature
des rayonnements fluidiques qui agissent sur lui.
Par exemple, si pour faire un mélange dans un verre, tu commences par verser une grande quantité d’un
liquide, alors tu dois ensuite réduire la quantité des autres liquides que tu veux ajouter. Le mélange final
ainsi obtenu possède surtout la couleur, le goût, l’odeur et bien d’autres aspects propres au liquide le plus
abondant. Ensuite tu ne peux plus réduire la quantité du liquide principal ni le diluer par l’ajout d’autres
sortes de liquides car tu ne peux pas remplir davantage le verre. Il en va de même pour le mélange
fluidique du nouveau-né. La quantité totale de fluide est déterminée, elle ne peut pas être augmentée. Si
un certain type de fluide constitue l’élément principal de la totalité du fluide, il demeure à jamais
dominant dans la formation et la croissance du bébé. De plus, comme les diverses sortes de fluides
développent aussi des énergies vitales tout à fait particulières, la spécificité de l’élément fluidique
dominant influence non seulement l’aspect physique de l’enfant, mais également son comportement et sa
façon d’être.
Ce n’est pas superstition ni vaine fantaisie que de supposer que des qualités physiques, mentales et
morales d'une personne peuvent être devinées si le moment de sa naissance est connu. L’influence du
rayonnement fluidique des corps célestes sur votre existence, sur votre énergie vitale, et sur votre
tempérament est beaucoup plus importante que vous ne l’imaginiez. N’avez vous pas coutume de
dire : « Il est né sous une bonne étoile » ? Par-là, on exprime l’effet du rayonnement fluidique des corps
célestes sur les êtres vivants au moment de la naissance. Tout cela est en rapport avec les grandes
questions du destin humain, de sorte qu’il ne m’est pas possible de le passer sous silence. Tous les corps
des êtres terrestres sont par conséquent du fluide condensé provenant du rayonnement fluidique de la
Terre et des corps célestes qui l’entourent. »
41
ruisseaux, vos étangs et vos fleuves est de l’eau condensée dont la composition est identique à celle de
l’eau courante et de la vapeur.
Tout comme la vapeur monte de la terre et par un cycle devient de l’eau puis de la glace puis de nouveau
de la vapeur, ainsi en est-il de tous les corps terrestres. Ils se forment à partir du fluide terrestre invisible à
vos yeux et qui pendant la croissance devient matière par condensation. Après la mort terrestre des êtres
vivants, ce fluide se dissout et se mélange à nouveau au fluide de la Terre. A tous les êtres vivants
s’applique la parole30 : A la sueur de ton visage tu mangeras ton pain, jusqu'à ce que tu retournes au sol,
puisque tu en fus tiré. Car tu es glaise et tu retourneras à la glaise. (Genèse 3 : 19).
Voilà le cycle31 qui continuera jusqu’au jour où toute matière se décomposera en fluide de façon
définitive et ne se condensera plus jamais pour former des corps matériels. Je te dirai encore beaucoup de
choses à ce sujet, mais plus tard. »
42
l’espoir, la confiance et la gaieté de cœur, constitue par conséquent le meilleur mur de protection contre
les germes nocifs et contre les maladies contagieuses. Plus la force de volonté est grande, plus ce blindage
invisible est résistant.
La faiblesse de volonté, le manque de courage, la peur et la timidité possèdent un effet contraire. Ces
craintes agissent comme une pompe qui aspire le fluide physique et le sang vers l’intérieur du corps. Les
défenses physiques sont alors affaiblies et la porte est grande ouverte pour les maladies contagieuses.
De même que le fluide d’un esprit peut fortifier le fluide physique de son corps touché par la maladie, la
force fluidique d’une personne saine peut être transmise pour revigorer une personne souffrante. Un tel
transfert de fluide s’appelle chez vous magnétisation. Tout être vivant peut communiquer son fluide à un
autre être. Non seulement un être humain à un autre être humain, mais encore un humain à un animal, une
plante ou un minéral. En transmettant votre fluide à des plantes vous pouvez hâter leur croissance. Vous
pouvez magnétiser de l’eau, de l’huile et d’autres substances du même genre. Vous pouvez imbiber ces
choses de votre fluide, et donc accélérer la guérison des malades qui boivent cette eau ou qui se
frictionnent avec cette huile.
L’être humain peut aussi utiliser le fluide provenant d’animaux, de plantes ou de minéraux à des fins de
guérison. C’est sur ces échanges réciproques de fluide que sont basées les lois de la guérison dans la
création de Dieu. Ainsi, de nombreux animaux vivants dégagent des fluides aux vertus médicinales et
curatives. Quant aux plantes, vous connaissez bien les effets salutaires de certaines. Malheureusement,
vous ne connaissez pas aussi bien que les anciens les vertus curatives des différentes plantes pour guérir
telle ou telle maladie. Ceci vaut encore pour les minéraux. Beaucoup de gens pensent que c’est de la
superstition que d’attribuer une énergie particulière à chaque pierre précieuse. Et pourtant, c’est justement
le fluide qui est dégagé par les pierres précieuses qui possède une pureté et une force particulière. Il
fortifie le fluide de celui qui la porte. Tout cela suppose évidemment qu’un homme choisisse une pierre
qui s’harmonise bien avec son propre fluide. La gemme ne doit pas contenir des forces fluidiques qui
seraient en opposition avec le fluide de l’individu. Vous disposez de livres qui vous renseignent plus
amplement sur les propriétés des pierres les plus en conformité avec la constitution de tel ou tel humain
en fonction du moment de sa naissance.
Dans le domaine des guérisons, les échanges de fluides entre des personnes sont d’une importance
capitale. Un enfant malade se sent bientôt mieux si sa mère, en bonne santé, le serre contre elle. Ce
faisant, elle transmet à son enfant malade une partie de son fluide sain et fortifie le fluide de l’enfant
affaibli par la maladie. Un homme en bonne santé qui dort avec des personnes malades ou âgées leur
communique une partie de son énergie fluidique vitale. Ces personnes malades ou âgées avec lesquelles il
dort, s’en trouvent fortifiées tandis que l’homme sain s’affaiblit de plus en plus en raison du don de son
fluide. C’est pourquoi il arrive que des personnes en parfaite santé qui dorment régulièrement en
compagnie de personnes souffrantes ou âgées prennent un air maladif. C’est la raison pour laquelle on ne
laisse pas dormir les enfants dans le même lit que les personnes âgées. »
L’aura fluidique
Le fluide imprègne et traverse toutes les parties des corps terrestres et rayonne encore au-delà, jusqu’à
une certaine distance. Ce rayonnement qui entoure les corps terrestres est désigné dans votre langage
scientifique sous le terme d’aura33. Tout ce qui est créé possède cette aura fluidique, même les grands
corps célestes. Ce que vous nommez « force d’attraction terrestre » correspond à la force du rayonnement
fluidique de la Terre dont la portée des effets dépend de la taille du globe terrestre. Ceci est également
vrai pour tous les autres corps célestes. Dans le cosmos, il n’existe pas un point qui ne soit pas sous
l’influence du rayonnement fluidique de quelques corps célestes.
33
La mise en évidence de l’aura (le rayonnement du corps fluidique) a été réalisée pour la première fois en 1912 par le docteur
Walter Kilner à Londres au moyen de procédés optiques. En 1939, le soviétique Semyon Kirlian approfondit l’étude de l’aura
grâce à ses expériences mêlant la photographie et les champs électriques. Depuis de nombreux appareils qui analysent « l'effet
Kirlian » ont été améliorés. On peut donc vérifier que tout être vivant émet un rayonnement qui varie selon ses sentiments et
son état de santé.
43
L’aura fluidique entoure le corps physique, comme un halo, à une distance égale de chaque point de ce
corps. Par conséquent, l’aura possède exactement la forme du corps physique autour duquel elle rayonne.
Selon le vocabulaire choisi, on parle donc de « corps astral », ou de « corps fluidique », ou de
« périsprit » pour le différencier du corps matériel. C’est ce que la bible appelle le corps spirituel 34. Il
n’est généralement pas visible à votre œil corporel. Cependant, des personnes plus sensibles que d’autres
perçoivent très bien ce rayonnement fluidique et possèdent donc la faculté de voir les Esprits. »
44
un état d’extrême laideur du corps fluidique. L’enfer est ainsi constitué d’épaisses et profondes ténèbres.
Ces conclusions reposent sur des lois éternelles. Ce n’est pas Dieu qui vous précipite dans l’enfer, mais
c’est votre propre désaccord avec tout ce qui est bon et beau, avec tout ce qui est spirituellement sain et
pur, avec tout ce qui est lumière et vie. Voilà pourquoi l’enfer signifie la mort spirituelle vers laquelle
plonge celui dont l’état d’esprit se trouve en extrême désaccord avec la nature Divine. Les oscillations
fluidiques spirituelles représentent le gouvernail de profondeur qui entraîne soit vers le bas, soit vers le
haut selon qu’elles vibrent en désaccord ou en harmonie avec le Créateur. Eliminer tout défaut d'harmonie
dans sa vie spirituelle constitue la tâche la plus importante de chaque être vivant.
Les oscillations fluidiques d’un être vivant ne sont pas uniquement influencées par les pensées et le
caractère de son propre esprit, mais également par les pensées des autres êtres dont il reçoit les vibrations
fluidiques. Lorsque, par exemple, les individus suffisamment sensibles pour être « clairvoyants » entrent
en contact avec le rayonnement fluidique de quelqu’un d’autre, ils font passer en eux même et ressentent
les sensations de cette autre personne. C’est sur cette loi que repose le phénomène d’identification avec
une autre personne, qui consiste à épouser ses sentiments, son caractère, ses dispositions d’esprit et même
son destin.
Toutes les vibrations fluidiques d’un être vivant laissent des traces dans son propre corps fluidique. De la
même manière, les vibrations sonores d’une chanson s’impriment sur un disque de phonographe et plus
tard on peut à nouveau faire entendre ces mêmes sons avec toute la musicalité, la même sensibilité et les
mêmes sentiments que ceux exprimés par le chanteur. C’est ce phénomène qui est à la base de la faculté
de mémoriser des connaissances et des idées. Plus les impressions gravées dans ce disque fluidique sont
profondes, plus il sera facile de les récupérer. Le même processus qui se déroule pour un disque
phonographique sous une forme matérielle se retrouve de manière spirituelle lorsque des personnes
douées de clairvoyance entrent suffisamment en contact avec le disque fluidique d’une autre personne. Ce
contact provoque dans le fluide des personnes clairvoyantes les mêmes vibrations, et donc les mêmes
sensations, que celles qui se trouvent sur le disque fluidique de l’autre individu. »
A partir de ce qui précède, tu sais que les oscillations de l’énergie fluidique ne provoquent pas seulement
certains sons mais sont aussi à la base des couleurs, des odeurs, des goûts et d’autres sensations tactiles.
Ainsi, les sensations de chaud et de froid reposent sur de telles vibrations fluidiques. Il existe des
clairvoyants qui voient un son sous forme de couleur et qui parviennent même à distinguer des couleurs
par le toucher. Pour faire cela, ils sentent la diffusion du rayonnement fluidique plus ou moins chaud qui
émane des couleurs. D’autres clairvoyants perçoivent chez une personne les sentiments d’amour ou de
haine, de bienveillance ou de méchanceté, de courage ou de peur, de fidélité ou d’infidélité. Les
clairvoyants ne perçoivent pas simplement cela en eux même mais également sous forme d’images et de
visions colorées de sorte qu’il leur est possible de peindre les concepts d’amour, de fidélité, d’affliction,
de joie, de haine ou d’envie sur un tableau en couleur. Tout cela repose sur les oscillations fluidiques qui
accompagnent ces sentiments. »
45
de la sensation physique, cet homme unijambiste, garde les mêmes sensations que s’il avait toujours sa
jambe. Il ressent des douleurs dans le genou, le mollet, le talon et les doigts de pied d’une jambe qui ne
fait plus partie de son corps. La vérité de ce que j’avance te sera confirmée par tous les amputés.
Parce que le fluide, après la mort physique qui entraîne la séparation de l’esprit et du corps, reste toujours
attaché à l’esprit et qu’il est le transmetteur des impressions et des sensations, alors l’esprit séparé du
corps peut ressentir les mêmes impressions et les mêmes sensations que celles qu’il avait lorsqu’il était lié
à un corps matériel. C’est pourquoi les Esprits des défunts peuvent ressentir la douleur, exactement
comme s’ils vivaient encore sur Terre. Les Esprits des défunts, qui passent dans une sphère inférieure
suite à leur mauvais comportement pendant leur vie terrestre, ont le sentiment de vivre sur Terre comme
avant. En voici la raison : tout d’abord ils ressentent les mêmes impressions que celles des êtres humains
vivants. De plus, ils regardent leur corps fluidique, comme leur ancien corps matériel. En effet, l’aspect
du corps fluidique est parfaitement semblable à celui du corps matériel. Enfin, le souvenir de leur mort
physique a totalement disparu de leur mémoire. »
L’odeur du fluide
« Le fluide de chaque être vivant possède une odeur particulière. Le fluide étant de nature spirituelle, son
odeur est perçue au moyen de la sensibilité spirituelle et non pas par l’odorat physique. L’odeur fluidique
diffère chez chaque être vivant. De même qu’il n’existe pas deux êtres humains possédant la même
silhouette et les mêmes traits, ainsi il n’existe pas deux êtres avec le même fluide et la même odeur
fluidique. Etant donné que chaque esprit, même un esprit non incarné, possède un corps fluidique, chaque
esprit dégage une odeur fluidique particulière d’autant plus désagréable que l’esprit est d’un rang
inférieur. Ceci explique que les livres anciens parlent d’apparitions diaboliques qui répandent une
abominable puanteur.
Etant donné que le fluide s’étend au-delà du corps sous la forme d’une aura, cette émanation se perçoit
aussi d’après son odeur. De cette manière, le contact d’un être vivant avec n’importe quel objet, laisse sur
cet objet l’odeur fluidique diffusée par cet être. C’est à l’odeur fluidique qu’un chien reconnaît les objets
et les traces de son maître. C’est en flairant l’odeur fluidique que le chien policier, dressé à cet effet,
retrouve la trace du criminel. Ce n’est que lorsque d’autres traces recouvrent la trace primitive d’une
odeur fluidique plus fraîche que la poursuite devient plus difficile ou carrément impossible.
Il faut ajouter à cela que le rayonnement fluidique odorant spécifique à un être vivant ne s’attache pas
seulement à la matière grossière ou à la surface du sol, mais l’odeur adhère aussi à la substance ténue et
subtile qui occupe tout l’univers et que vous nommez éther. De cette manière, tout ce qui est créé laisse
derrière lui une trace fluidique de son existence qui relie le jour de sa naissance avec le dernier jour de sa
vie. Je voudrais citer un exemple matériel pour illustrer ce que j’avance. Imaginons une voiture remplie
d’une poudre très fine et qui laisse échapper, par une fente, une certaine quantité de cette poudre tout au
long de son déplacement. Cette traînée de poudre laissera sur le sol une trace qui permettra de connaître
l’itinéraire emprunté par la voiture. La trace marquée par la poudre sera comme un lien reliant le point de
départ du véhicule avec son point d’arrivée.
Le fluide dégagé par chaque créature au cours de son existence constitue un lien de ce genre. C’est cette
trace fluidique qui permet à l’oiseau migrateur de retrouver son pays natal et qui permet à l’hirondelle de
retrouver le toit où jadis elle avait bâti son nid. Ces oiseaux possèdent une sensibilité fluidique très fine.
Vous nommez cela le « flair » de l’animal. Cependant, ce flair ne subsistera qu’aussi longtemps que
l’animal sera en bonne santé. Les animaux malades perdent la perception du fluide de leur propre trace et
de la trace des autres lorsque leur énergie fluidique diminue. Ainsi les oiseaux migrateurs malades ne
retrouvent plus le chemin du retour, pas plus qu’un chien malade ne retrouve la trace de son maître ou sa
propre trace.
Il existe aussi des êtres humains doués d’une sensibilité fluidique extrêmement fine. Cela leur permet de
déceler l’odeur fluidique de l’un de leurs semblables à partir d’une certaine distance. Ils ressentent ainsi
la présence de l’autre soit par une sensation agréable et sympathique, soit au contraire par une sensation
46
de répugnance irraisonnée. Cela se produit malgré le fait qu’ils n’aient jamais vu, ni rencontré, ni connu
cette personne auparavant. Cette sympathie ou cette antipathie réciproque, dès le premier regard, est
l’effet de la sensibilité fluidique. C’est de là que vient l’expression populaire : Ils ne peuvent pas se
sentir. »
47
Le prophète Jérémie nous fait entendre ces paroles : Je le sais, Yahvé, la destinée des hommes n'est pas
en leur pouvoir, et il n'est pas donné à l'homme qui marche de diriger ses pas (Jérémie 10 :23).
On peut également citer : Je suis Dieu, il n'y en a pas d'autre, Dieu, et personne n'est semblable à moi.
J'annonce dès l'origine ce qui doit arriver, d'avance, ce qui n'est pas encore accompli. Je dis : mon projet
se réalisera (Isaïe 46 : 9 - 10).
Ou bien encore : A moi la vengeance et la rétribution, pour le temps où leur pied trébuchera. Car il est
proche, le jour de leur ruine ; leur destin se précipite ! (Deutéronome 32 :35).
La destinée de l’homme
La naissance et la mort ainsi que la durée de la vie qui les sépare sont des événements déterminés à
l’avance par Dieu. Personne, ni même aucun médecin, n’est à même de sauver la vie d’un homme.
Chacun mourra à l’heure fixée pour lui car : Aucun homme n'est maître du vent pour retenir le vent,
personne n'est maître du jour de la mort. Il n'y a pas de sursis à la guerre, et la méchanceté ne sauve pas
celui qui la commet (Qohélet, 8 :8).
Le Christ confirme cette vérité par ces paroles : Qui d'entre vous d'ailleurs peut, en s'en inquiétant,
ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie ? (Matthieu 6 :27).
Et Dieu dit à Moïse : Voici venir les jours de ta mort, appelle Josué. Tenez-vous à la Tente du Rendez-
vous, pour que je lui donne mes ordres. Moïse et Josué vinrent se tenir à la Tente du Rendez-vous.
(Deutéronome 31 : 14).
De même que l’architecte humain peut, par la suite, apporter certaines modifications à son plan initial,
ainsi en est-il de même dans le domaine des possibilités divines. A titre exceptionnel, quelques
changements peuvent intervenir dans la destinée de certains hommes. Dieu seul peut prolonger ou abréger
la durée d’une vie. C’est de cette façon, comme nous l’enseigne la Bible, qu’Il prolonge parfois les
années de celui qui Lui est fidèle et se révèle un collaborateur sûr dans l’exécution de Son plan qui
consiste à ramener à Lui ceux qui l’avaient abandonnés. C’est ainsi que Dieu fait porter le message
suivant à Ezéchias : J'ajouterai quinze années à ta vie, je te délivrerai, toi et cette ville, de la main du roi
d'Assyrie, je protégerai cette ville à cause de moi et de mon serviteur David (Rois 20 : 6).
Par contre, Dieu abrège la durée de la vie qu’il avait fixée pour d’autres. Cela peut se produire pour ceux
qui ont non seulement négligé leur propre tâche dans l’existence, mais qui ont en plus cherché à détourner
leurs semblables de leurs devoirs envers Dieu : Et toi, ô Dieu, tu les pousses dans le puits du gouffre, les
hommes de sang et de fraude, avant la moitié de leurs jours (Psaume 55 : 24).
Par « hommes de sang », la Bible ne mentionne pas les assassins qui versent le sang physiquement, mais
désigne ceux qui mettent à mort l’esprit de leur semblables en les détournant de Dieu et en les poussant à
l’abandonner : La crainte de Yahvé prolonge les jours, les années du méchant seront abrégées (Proverbes
10 : 27).
Par le prophète Jérémie, Dieu prévient Hananya : « Ecoute bien, Hananya : Yahvé ne t'a point envoyé et
tu as fait que ce peuple se confie au mensonge. C'est pourquoi, ainsi parle Yahvé. Voici que je te renvoie
de la face de la terre : cette année tu mourras car tu as prêché la révolte contre Yahvé ». Et le prophète
Hananya mourut cette année même, au septième mois (Jérémie 28 : 15 – 17).
Ou encore : Par le sang que tu as répandu tu t'es rendue coupable, par les idoles que tu as fabriquées tu
t'es souillée, tu as fait avancer ton heure, tu es arrivée au terme de tes années. (Ezéchiel 22 : 4).
Les peuples ont eux aussi chacun leur destin particulier fixé à l’avance. Vous ne comprenez pas tout cela
parce que vous ne possédez pas une juste connaissance des causes et des effets des grands événements du
monde. Avant tout, vous ignorez le but et la finalité de la création matérielle. Vous n’avez aucune idée de
la connexion et du lien logique qui existe entre l’esprit incarné et la création de Dieu. A ce sujet, je te
renseignerai plus à fond dans un proche avenir.
Le fluide et la clairvoyance
48
J’ai ajouté cet enseignement concernant la prédestination, parce que ce sujet est étroitement lié à celui de
l’énergie fluidique. Sans cela, tu ne comprendrais pas ce que j’ai à te communiquer à propos de la
« clairvoyance » et ses rapports avec la force fluidique. Les clairvoyants sont des êtres humains ou des
animaux, dont l’esprit est capable de se séparer suffisamment du corps pour que leurs sens de perception
deviennent semblables à ceux des Esprits de l’au-delà qui ne possèdent plus leur corps terrestre.
Un clairvoyant parfaitement formé pourra, dans certaines circonstances, reconnaître le destin d’une autre
personne qui est gravé dans le fluide de cette personne. Un clairvoyant est capable de voir toute la vie
passée de celui dont il perçoit le fluide. Il voit tout aussi bien la partie qui appartient à la destinée
inéluctable de la vie de cet individu, que la partie qui provient des décisions prises par cet individu. En ce
qui concerne l’avenir, un clairvoyant ne distingue que ce qui est prédestiné non pas ce qui relève du libre
arbitre de l’homme.
Un clairvoyant ne peut voir le « comment » de la mort d’un homme uniquement si la façon de mourir fait
partie du destin prédéfini. En effet, le « comment » de la mort n’est pas systématiquement prédestiné pour
tout le monde. Pour certains, il s’agit d’une chose prédestinée, pour d’autres une conséquence de leurs
libres décisions. Il n’y a que l’heure de la mort qui soit fixée pour tout le monde.
Afin de rendre ces informations perceptibles, il faut que le clairvoyant entre en contact avec le fluide qui
contient le destin de l’autre personne. Pour cela le clairvoyant doit être en présence soit de la personne
elle-même, soit d’un objet qui a appartenu à cette personne et sur lequel adhère un peu du rayonnement
fluidique de son ancien propriétaire. C’est également sur cette propriété du fluide que repose la capacité
du clairvoyant à lire des lettres sous enveloppe fermée ou de reconnaître des objets cachés à sa vision
corporelle. Plus le rayonnement fluidique émanant de l’objet en question est intense, plus la vision du
clairvoyant est claire.
Si l’esprit du clairvoyant est capable de se dissocier entièrement de son corps en d’en sortir, il sera en
mesure de suivre la trace fluidique d’un autre et de déterminer où cette personne se trouve à cet instant
même.
Cependant, tous les actes de clairvoyance ne se réalisent pas nécessairement à partir du rayonnement
fluidique. Beaucoup d’événements qui se déroulent loin du clairvoyant sont perçus par lui à l’instant
même où ils se produisent. Cela peut venir soit du fait que son esprit qui a quitté son corps se trouve
présent sur les lieux de l’événement, soit du fait que l’événement lui est présenté par le monde des Esprits
au moyen de voix, de sons ou d’une vision. Le clairvoyant pourra distinguer le destin futur d’individus
sans entrer en contact avec leur rayonnement fluidique, ainsi que la destinée de pays, de peuples, de villes
ou d’autres collectivités à condition que le monde des Esprits lui présente les images et les visions
correspondantes à ces destins. La manière de former de telles images, soit en rendant fidèlement
l’événement, soit sous forme de symboles, n’est pas une chose difficile à réaliser pour les Esprits chargés
de cette mission. C’est toujours le fluide qui leur sert de matériel de base pour donner forme à ces images.
C’est en images symboliques que l’avenir des peuples ou que d’autres événements furent, la plupart du
temps, révélés aux prophètes de l’Ancien Testament. »
49
hommes ou des bêtes est formé à la ressemblance du corps fluidique, qui lui-même est façonné par
l'esprit. C’est avec l’aide du fluide que l’esprit construit le corps physique d’après sa propre image et son
propre aspect.
Vos prétendus savants se moqueront sans doute de toi si tu leur dis que les Esprits incarnés possèdent la
forme du corps qu’ils habitent. Ils ne peuvent pas s’imaginer un esprit possédant une forme. Ils croient
que seul ce qui est matériel et limité par le temps et l’espace revêt une forme. Ce en quoi ils se trompent
lourdement. Les Esprits ont une forme, rien dans la création n’est sans forme. Bien que possédant une
forme et un aspect, les Esprits ne sont cependant pas liés au temps et à l’espace comme les corps
matériels. Comment ferions-nous, nous les Esprits, pour nous reconnaître et nous distinguer les uns des
autres si nous ne possédions pas de forme ? L’archange Michel se distingue pourtant de Gabriel, et
Gabriel de Raphaël et des autres Esprits, pour ne citer que des personnages bibliques. En vérité tous les
Esprits possèdent une forme, à commencer par Dieu, puis les Esprits supérieurs proches de Dieu
jusqu’aux silhouettes les plus laides et les plus difformes des sphères inférieures, en passant par les
Esprits incarnés sur la Terre.
La beauté est harmonie, la laideur est l’absence d’harmonie. Cette loi s’applique à la création toute
entière. Le plus beau visage d’un tableau peut être transformé en figure grotesque et hideuse par un seul
coup de pinceau qui en détruit l’harmonie. De cette façon, un esprit revêt un aspect d’autant plus vil,
surtout au niveau du visage, que l’attitude de cet esprit se trouve en opposition avec son créateur, à
l’image duquel il a été créé à l’origine. »
50
« Comme le fluide est de nature spirituelle, il possède la particularité des Esprits qui est de n’être arrêté
par aucune sorte de matière. Tout comme le fluide d’un esprit pénètre et imprègne son propre corps
physique sans rencontrer de résistance, ce même fluide peut s’infiltrer dans n’importe quelle autre matière
lorsque cet esprit a quitté son corps physique. Rien ne peut lui opposer de résistance. Il se produit un
phénomène semblable avec ce que l’on appelle les rayons X. Cela vous aidera à comprendre ce que je
viens de dire.
Dans l’atmosphère se forment de forts courants électriques sous l’influence de la chaleur et des masses de
vapeur d’eau appelées nuages. Ces décharges d’énergie deviennent ensuite visibles sous forme
d’étincelles appelées éclairs. Et bien, il se produit le même phénomène dans le monde spirituel. Les
Esprits sont capables, à l’aide du fluide, de produire des courants d’énergie très puissants, qui sont chauds
ou froids. A propos des éclairs, vous parlez de décharges à chaud qui font tout fondre, et de décharges à
froid qui agissent par la puissance de leur pression sans rien brûler.
La chaleur a pour effet de dilater et de dissoudre. Inversement, le froid a pour effet de contracter, de
condenser. Cette loi est en vigueur non seulement dans le monde matériel, mais aussi dans le monde
spirituel. Tout comme vous qui pouvez, par la chaleur, transformer de la matière en vapeur et la rendre
invisible à l’œil, les Esprits peuvent aussi décomposer et dissoudre complètement la matière. Pour ce
faire, ils utilisent des courants d’énergie chauds avec lesquels ils transforment la matière en substance
quasi fluidique et donc en quelque chose d’éthéré. Car toute matière, comme je te l’ai déjà expliqué, n’est
autre que du fluide matérialisé qui peut être dissout en fluide spirituel36. La matière transformée en fluide
pénètre, comme toute autre force fluidique, tout ce qui est matériel sans rencontrer de résistance. On peut
la transporter n’importe où, après quoi elle peut à nouveau être densifiée pour reformer de la matière
solide. Vous appelez ce phénomène « dématérialisation » dans sa phase de dissolution et
« matérialisation » dans sa phase de densification du fluide subtil.
Le monde des Esprits dissout la matière par des courants d’énergie fluidique chauds. Il utilise des
courants d’énergie fluidique froids pour condenser le fluide conformément aux lois de la nature. De
même que vous qui utilisez des courants d’énergie terrestre à haute puissance, vous faites preuve de
précaution et de minutie pour éviter tout accident, ainsi les Esprits utilisent leurs courants d’énergie avec
autant de prudence. En manipulant des câbles à haute tension, vous avez recours à des moyens isolants.
Vous parlez de « courts-circuits » et d’incidents du même genre. En manipulant des courants d’énergie
fluidique afin de réaliser des dématérialisations ou des matérialisations en présence de créatures terrestres,
les Esprits doivent aussi se montrer très prudents afin d’atteindre le résultat recherché sans nuire à ces
êtres vivants.
Une intervention intempestive de l’un des participants à une réunion spirite qui trouble le travail des
Esprits peut représenter un danger pour le médium qui sert de courroie de transmission. Les conséquences
d'une perturbation peuvent nuire aux personnes présentes et rendent la communication difficile ou
carrément impossible. Le travail des Esprits peut aussi entraîner des courts-circuits, à moins que l’on ne
recoure à temps à un moyen isolant. Tout cela vous paraît beaucoup trop terre à terre. Mais je te le répète
continuellement, tout ce qui existe sous une forme matérielle dans le monde terrestre existe également
sous une forme spirituelle dans le monde des Esprits, et cela sans aucune exception. Il vous semble
difficile de comprendre cela, car votre mode de pensée est emprunté au monde matériel. Vous peinez à
transposez vos notions sur le plan spirituel.
Le fluide avec lequel votre propre esprit agit sur votre corps physique a besoin, dans une certaine mesure,
d’être rendu plus dense, comme je te l’ai déjà expliqué. Il faut en effet établir une liaison entre l’esprit et
la matière. Pour la même raison, il faut que les Esprits rendent les fluides à leurs dispositions plus denses,
s’ils veulent agir sur les êtres incarnés. La chaleur et la lumière représentent de sérieux obstacles lors des
36
La démonstration scientifique prouve que l’énergie ne peut être ni créée ni détruite, elle ne peut être que transformée. Au
XXe siècle, Albert Einstein découvrit que la matière et l’énergie sont en fait une même chose. En 1905, Einstein résuma la
relation entre matière et énergie par la célèbre formule : E = MC2, qui signifie qu’une masse de matière (M) peut donner une
quantité d’énergie (E) égale au produit de la masse par le carré de la vitesse de la lumière (C). Ainsi, une petite quantité de
matière est équivalente à une énergie considérable. C’est ce principe qui est utilisé dans les centrales nucléaires pour
transformer de l’uranium en chaleur.
51
phénomènes de densification des fluides. Tu comprendras aisément pourquoi la chaleur empêche ces
phénomènes. La chaleur, en effet, dilate et dissout. Tu devineras pourquoi la lumière limite la
densification du fluide si je te rappelle que le développement des plaques photographiques nécessite
l’obscurité de la chambre noire.
Une condensation de fluide à la chaleur et au grand jour est possible, mais il est extrêmement rare que le
monde des Esprits dispose d’une telle quantité de fluide pour simplement communiquer avec des êtres
humains. Cependant, en ce qui concerne la Création ou l’exécution d’une mission particulière, les bons
Esprits ont à leur disposition de l’énergie fluidique en quantité et d’une puissance illimitée. Il est donc
puéril de votre part de tourner en dérision l’affirmation que beaucoup de phénomènes spirites nécessitent
l’obscurité pour réussir. Ces moqueries sont le signe d’une grande ignorance concernant ce sujet.
Beaucoup de vos savants prétendent que l’on choisit le « cabinet noir » uniquement pour mieux masquer
la fraude et pour truquer les expériences spirites. On devrait pouvoir dans ce cas, en toute logique,
demander au photographe de développer ses plaques au grand jour et non dans la chambre noire. Il
faudrait également le traiter d’imposteur s’il ne réussit à développer ses plaques que dans l’obscurité.
C’est une chose malheureusement méconnue de beaucoup que le travail des Esprits se déroule selon les
mêmes lois que celles qui régissent vos actions sur Terre. »
52
êtres terrestres qui disposent d’une quantité adéquate de fluide sont « médiumniques ». Dans une moindre
mesure, toutes les choses créées sont médiumniques. Toutes possèdent de l’énergie fluidique et peuvent
en céder une partie. Cependant, chez la plupart, la capacité d’en céder est si minime, qu’elles ne sauraient
être considérées comme des sources de fluide par le monde des Esprits. De plus, même si la quantité
d’énergie fluidique des médiums est suffisante, elle est inutilisable telle quel au premier abord. Chaque
fois qu’elle doit servir de force motrice aux Esprits supérieurs, il faut auparavant la purifier, c’est à dire la
filtrer. De la même manière, beaucoup de vos substances terrestres doivent souvent être soumises à un
filtrage avant leur utilisation.
Les Esprits inférieurs peuvent évidemment se dispenser de purifier le fluide des médiums. Plus ce fluide
est impur, plus il est adapté au propre fluide de ce genre d’Esprits. Ceci explique qu’il leur est plus facile
d’utiliser des médiums à leurs fins et ils atteignent ce but beaucoup plus rapidement que les Esprits
supérieurs. »
53
cas, il n’a pas besoin de matérialiser ses organes de la parole, il lui suffit de condenser le fluide porteur
des sons qui devient alors audible par vous. Vous appelez ce mode d’expression des Esprits : « voix
directes ». Ces voix sont plus ou moins perceptibles, avec plus ou moins de volume sonore en fonction de
la quantité d’énergie fluidique mise à la disposition des Esprits par les médiums.
Tu es visible à tes semblables parce que tu possèdes un corps physique. Ton corps physique n’est autre
l’enveloppe matérielle de ton esprit avec tous ses organes. Car tous les organes présents dans ton corps
physique sont également présents dans corps fluidique, sous une forme spirituelle. Si donc un esprit non
incarné veut se montrer à l’œil terrestre et paraître sous la forme d’un corps matériel, il faut que cet esprit
imprègne sa forme spirituelle et tous ses organes spirituels de fluide terrestre suffisamment densifié pour
se matérialiser. Rien ne distingue alors un esprit ainsi matérialisé d’une personne ordinaire. Il possède
tous les organes extérieurs, une peau, des os, des ongles, des cheveux et tous les organes internes tels que
les cœurs, les battements de cœur, le système de circulation sanguine, bref tout ce qui constitue le corps
d’un être humain. Une telle matérialisation complète requiert une telle quantité de fluide qu’un seul
médium serait dans l’impossibilité de la fournir. Dans un cas semblable, il faut dissoudre une certaine
quantité de matière prise sur le corps de plusieurs médiums et l’utiliser pour la matérialisation de l’esprit.
Lors d’une telle matérialisation d’un esprit, les médiums perdent beaucoup de leur poids. Ils récupèrent
cependant tout le poids perdu au moment de la dématérialisation.
Je m’étonne que vos savants qui entreprennent tant de recherches dans ce domaine ne découvrent pas ces
vérités par eux-mêmes. Ils observent pourtant suffisamment de phénomènes qui devraient les conduire sur
le bon chemin. Ils voient comment des mains matérialisées saisissent des objets et les font bouger. Ils
entendent des voix directes et surtout ils perçoivent de petites nuées fluidiques d’où une voix se fait
entendre. Puis, après avoir photographié une apparition, ils obtiennent parfois l’image de quelque chose
qui représente la forme d’un larynx. Il s’agit de l’organe que l’esprit avait formé par densification du
fluide afin de produire la voix. Lorsqu’ils examinent des matérialisations complètes d’Esprits, ils trouvent
tout ce qui compose l’être humain normal et complet. Malgré cela il ne trouve pas la voie de la vérité.
Le plus grand obstacle à la découverte de la vérité est la fausse interprétation des notions d’esprit et de
matière. Dès que l’on comprendra que la création spirituelle est fondamentalement identique à la création
matérielle et que l’une et l’autre ne se distinguent que par leur forme d’existence, les difficultés pour
comprendre comment les Esprits communiquent avec le monde matériel disparaîtront. A ce moment là,
on reconnaîtra qu’un esprit créé possède un organisme spirituel qui est identique à la forme matérielle des
créatures terrestres. On reconnaîtra que le corps physique est moulé dans la forme de l’esprit et que ce
moulage matériel contient tout ce qui se trouve déjà dans la forme spirituelle. On se rendra compte que
l’au-delà ressemble en tout point à l’ici-bas, à la seule différence qu’ici-bas tout est matière et que dans
l’au-delà tout est esprit. »
54
Et voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom ils chasseront les démons, ils
parleront en langues nouvelles, ils saisiront des serpents, et s'ils boivent quelque poison mortel, il ne leur
fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris (Marc 16 : 17-18).
Pour eux, ils s'en allèrent prêcher en tout lieu, le Seigneur agissant avec eux et confirmant la parole par
les signes qui l'accompagnaient (Marc 16 :20).
Car la foi en Dieu ne consiste pas seulement à croire en Lui, mais aussi à conserver une inébranlable
confiance en Dieu et donc à accomplir fidèlement Sa volonté. Cette foi unit très intimement l’être humain
à Dieu, source éternelle de force. Une telle foi le met également en contact avec le monde des Esprits de
Dieu, qui apportent leur aide, de sorte que pour lui, tout devient possible : Si tu peux ! ... reprit Jésus ;
tout est possible à celui qui croit (Marc 9 : 23).
Chez tous ceux qui croient vraiment en Dieu, s’accomplit la même chose qui s’est vérifiée avec le Christ,
à savoir : Si nous faisons ce que Dieu veut, Dieu fera également ce que nous voulons. »
Yahvé descendit dans la nuée. Il lui parla, et prit de l'esprit qui reposait
sur Moïse pour le mettre sur les soixante-dix anciens.
Quand l'esprit se posa sur eux ils prophétisèrent
Nombres 11 :25
55
Ils partirent de Sukkot et campèrent à Étam, en bordure du désert. Yahvé marchait avec eux, le jour dans
une colonne de nuée pour leur indiquer la route, et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, afin
qu'ils puissent marcher de jour et de nuit. La colonne de nuée ne se retirait pas le jour devant le peuple,
ni la colonne de feu la nuit (Exode 13 : 20 – 22).
La colonne de nuée n’était rien d’autre qu’un nuage de fluide. Au sein du buisson, tout comme dans la
conduite du peuple d’Israël, cette colonne de nuée formait l’enveloppe fluidique qui entourait l’Ange du
Seigneur. Cet esprit en avait besoin pour se manifester de façon à pouvoir être perçu par des êtres
humains. Je t’ai déjà expliqué que le fluide est toujours associé à un esprit. Un fluide indépendant, sans
attache, est une chose qui n’existe pas. Cela s’est vérifié dans toutes les manifestations dont le peuple
d’Israël a été témoin.
Toutes les fois que dans l’Ancien Testament il est question d’une colonne de nuée, ce phénomène est en
corrélation avec les agissements des Esprits de Dieu :
L'ange de Dieu qui marchait en avant du camp d'Israël se déplaça et marcha derrière eux, et la colonne
de nuée se déplaça de devant eux et se tint derrière eux (Exode 14 : 19).
Chaque fois que Moïse entrait dans la tente, la colonne de nuée descendait, se tenait à l'entrée de la tente
et Yahvé parlait avec Moïse (Exode 33 : 9).
Moïse sortit pour dire au peuple les paroles de Yahvé. Puis il réunit soixante-dix anciens du peuple et les
plaça autour de la tente. Yahvé descendit dans la nuée et parla à Moïse (Nombres 11 : 24)
Lorsqu’au Sinaï, le Seigneur voulait parler avec Moïse, assez fort pour que tout le peuple l’entende, il dit
à Moïse :
Yahvé dit à Moïse : Je vais venir jusqu’à toi dans l'épaisseur de la nuée, afin que le peuple entende
quand je parlerai avec toi et croie en toi pour toujours (Exode 19 : 9).
Ici il est dit textuellement que la nuée fluidique était nécessaire afin que le Seigneur puisse parler aux
hommes37. Puis l’accent est mis sur le fait que le son produit au moyen de l’énergie fluidique est d’autant
plus fort que le fluide est plus épais. Vous expérimentez la même chose avec vos postes de radio, plus le
courant est intense, plus la transmission du son est puissante.
Par conséquent, lorsqu’au Sinaï, le Seigneur se manifesta au moyen des sonneries éclatantes des
trompettes, il était indispensable qu’il s’y trouve une quantité d’énergie fluidique suffisante pour cela.
C’est pourquoi il est dit :
Or la montagne du Sinaï était toute fumante, parce que Yahvé y était descendu dans le feu ; la fumée s'en
élevait comme d'une fournaise et toute la montagne tremblait violemment. Le son de trompe allait en
s'amplifiant ; Moïse parlait et Dieu lui répondait par une voix dans le tonnerre (Exode 19 : 18 – 19). »
56
montagne. Le Seigneur annonçait ce moment par ces paroles : Quand la corne de bélier mugira, eux
graviront la montagne (Exode 19 : 13). Seules les personnes expressément désignées par le Seigneur
avaient le droit de pénétrer sans danger au milieu des courants fluidiques avant le moment convenu. Ces
personnes étaient Moïse et Aaron. En ce qui les concernait, on employait des méthodes d’isolation,
comme vous le faites pour ceux qui effectuent des travaux sous haute tension.
Lorsque le Seigneur annonçait la mort des hommes et des bêtes qui ne feraient qu’essayer de s’approcher
de la montagne fumante, il ne le faisait pas pour châtier la désobéissance, car aucune bête ne peut pêcher
par désobéissance. Cet ordre signifiait qu’il fallait, par tous les moyens, empêcher quiconque
d’interrompre l’action de ces courants d’énergie. Or, une telle interruption se serait produite si des
créatures matérielles incontrôlées et non isolées étaient entrées en contact avec les courants fluidiques. Tu
manifestes de l’étonnement devant cette explication des événements relatés dans la Bible. Elle te paraît
trop terre à terre et matérialiste. C’est pourtant la vérité et une nouvelle preuve de l’universalité et de la
constance des lois créées par Dieu, auxquelles le Créateur se soumet quand Il agit avec la matière. Il
n’abroge aucune loi. Ecoute cette parole de l’Ecriture : Je sais que tout ce que Dieu fait sera pour
toujours. A cela il n'y a rien à ajouter, à cela il n'y a rien à retrancher (L’Ecclésiastique, Qohélet, 3 : 14).
Après cette explication, tu comprendras pourquoi le Christ, au lendemain de sa résurrection, défendit à
Marie, la Magdaléenne, de le toucher39. C’est que la matérialisation, de son corps fluidique ne faisait que
commencer. La Magdaléenne, en le touchant, aurait interrompu l’action des courants fluidiques. Cela
n’aurait pas seulement empêché la suite du processus de matérialisation, mais en outre cela aurait réduit à
néant le processus déjà commencé. L’explication qui figure dans la Bible et qui prétend donner la raison
de l’interdiction proclamée par le Christ ne fut ajouté que plus tard par un copiste ignorant, par ces mots :
car je ne suis pas encore monté vers le Père. Il ne peut pas s’agir de la véritable raison pour laquelle Jésus
interdit à la Magdaléenne de le toucher, puisque plus tard il invita expressément les apôtres à le palper 40.
A ce moment là, Jésus n’était pas davantage « monté vers le Père ». Mais, la matérialisation de son corps
fluidique était complètement achevée, de sorte qu’un attouchement ne pouvait plus être préjudiciable, ni
pour les apôtres, ni pour le processus de matérialisation. »
57
y avait de nations représentées. Le fait que les languettes de fluide paraissent semblables à du feu indique
qu’il faisait nuit lors de la descente des Esprits de Dieu. En effet, cette manifestation des Esprits de Dieu
eut lieu vers une heure trente du matin, pour m’exprimer selon votre manière de mesurer le temps.
Un passage de l’Apocalypse de Jean te prouvera que le monde des mauvais Esprits est soumis aux mêmes
lois de l’énergie fluidique :
Et le cinquième ange sonna. Alors je vis un astre qui du ciel avait chu sur la terre. On lui remit la clef du
puits de l’Abîme. Il ouvrit le puits de l’Abîme et il en monta une fumée comme celle d’une immense
fournaise. Le soleil et l’air en furent obscurcis. De cette fumée sortirent des sauterelles qui se
répandirent sur la terre (Apocalypse 9 : 1 – 3). Puis le récit continue et nous dit comment les mauvais
Esprits, pour châtier les hommes, se matérialisent sur l’ordre de Dieu. A l’aide de l’énergie fluidique, ils
prennent la forme de sauterelles mais avec des visages d’hommes. Je cite ce passage uniquement parce
que les nuées fluidiques nécessaires à la matérialisation des mauvais Esprits y sont expressément
mentionnées.
Il est évident que les nombreuses matérialisations et manifestations d’Esprits dont parle la Bible
présupposaient l’utilisation de la quantité d’énergie fluidique nécessaire, encore qu’il n’en soit point fait
mention pour chaque cas particulier. »
Les holocaustes de l’Ancien Testament, source de fluide pour la manifestation parlée de Dieu
« Les holocaustes de l’Ancien Testament constituaient la source d’où était tiré le fluide nécessaire aux
manifestations parlées de Dieu. A tout ce qui vous parait incompréhensible dans les écrits de l’Ancien
Testament, il faut encore rajouter les lois qui régissent les holocaustes chez les Israélites. Vous dites avec
raison : comment Dieu, infiniment parfait, qui est la source de toute vie, de tout ce qui engendre le
bonheur, le bien et le beau, peut-il apprécier des sacrifices de bêtes, de plantes et d’herbes ? Comment
peut-il se délecter du sang des victimes sacrifiées ? Comment peut-il savourer la graisse des taureaux, des
boucs et des agneaux qui se consume et part en fumée ? Comment peut-il aimer les parfums préparés à
base de myrrhe, de cannelle, de calmus, de casse et d’huile d’olive ? Comment les herbes aromatiques
peuvent-elles lui être particulièrement agréables ? Cela ne ressemble-t-il pas à un jeu puéril si ce Dieu,
qui est si grand que les cieux ne sauraient le contenir, se fait bâtir une petite tente par les hommes, en
indiquant lui-même les moindres détails de la construction ? Ce Dieu qui décrit chaque poutre, chaque
verrou, chaque tapis et rideau, tout ce qui doit faire partie du vêtement des prêtres, depuis le couvre-chef
jusqu’au sous-vêtement ! Cela ne ressemble-t-il pas à de la vanité humaine, si Dieu choisit les métaux et
les objets les plus précieux ? Il a fallu de l’or, de l’argent et les plus belles pierres précieuses, de sorte que
le tabernacle avec toutes ces décorations intérieures a coûté une fortune colossale si on l’évalue d’après
votre monnaie actuelle44.
D’un point de vu purement humain, tout cela peut paraître indigne de Dieu. Mais une fois que vous
comprendrez les raisons de Dieu, et que le but poursuivi ne pouvait être atteint que par des moyens qui
vous dépassent, alors vous admirerez Sa sagesse et Son amour infini qui se sont manifestés de cette façon.
Malheureusement, cette connaissance du but recherché reste encore cachée pour vous, bien que les
Saintes Ecritures l’indiquent et le montrent expressément. Vous avez perdu l’art de lire les Ecriture avec
le niveau de compréhension nécessaire. Vous jetez un coup d’œil sur le contenu comme on parcourt un
livre de votre monde. Votre interprétation de ce que vous lisez est purement humaine. Votre esprit tourné
vers les choses matérielles ne parvient pas à y reconnaître l’œuvre grandiose de Dieu. C’est pourquoi
vous n’arrivez pas à saisir la véritable signification de la structure physique du tabernacle et des
holocaustes décrits dans l’Ancien Testament.
Ouvre ta Bible et je te renseignerai et t’éclairerai au sujet de ce qu’elle dit de la tente de réunion, de son
aménagement, des holocaustes et des prêtres. »
44
Ce paragraphe fait référence au chapitre 4 de l’Exode.
58
La tente de réunion et la préparation du fluide
« L’unique raison de toutes les prescriptions de Dieu est contenue dans ces paroles :
Ce sera un holocauste perpétuel pour toutes vos générations, à l’entrée de la Tente du Rendez-vous, en
présence de Yahvé, où je vous donnerai rendez-vous pour te parler. Je donnerai rendez-vous aux
Israélites en ce lieu et il sera consacré par ma gloire (Exode 29 : 42 – 43).
C’était donc la communication entre Dieu et les Israélites qui était l’unique but de la construction de la
tente de réunion et de la présentation des offrandes. Tu sais que tout esprit doit nécessairement utiliser de
l’énergie fluidique terrestre s’il veut entrer en contact avec les créatures matérielles et se rendre
perceptible à leurs sens. Il s’agit d’une loi créée par Dieu qui est valable pour tout être spirituel, à
commencer par le plus grand des Esprits, Dieu, jusqu’aux Esprits les plus imparfaits des abysses. Si donc
Dieu lui même, ou bien les Esprits de Dieu qui agissent sur Son ordre ou avec Son approbation, voulaient
rencontrer les enfants d’Israël pour parler avec eux, ils devaient pouvoir disposer du fluide approprié.
Toutes les mesures prises par Moïse, sur l’ordre de Dieu, à propos de la construction du tabernacle et de
la présentation des offrandes étaient destinées à fournir le fluide terrestre le plus pur. En raison du fait que
les êtres terrestres sont porteurs de fluides terrestres, et que le fluide humain est un merveilleux mélange
des fluides de la terre les plus divers, le fluide nécessaire à Dieu pour parler aux hommes était tiré des
sources fluidiques terrestres les plus variées. Ce fluide provenait des minéraux, des plantes, des herbes,
des arbres et des animaux. Toutefois, il fallait avant tout préserver le fluide recueilli de toute souillure en
empêchant la matière terrestre environnante de rayonner d’un fluide impur qui se serait infiltré dans le
fluide pur en préparation. Pour ce faire, les matériaux de construction de la tente de réunion ne devaient
contenir que le fluide le plus pur. Parmi les matériaux, l’or, l’argent et le cuivre sont porteurs du mélange
fluidique minéral le plus pur. Tu peux t’en rendre compte par le fait que ces matières ne rouillent pas. La
rouille se produit par l’absorption d’un fluide impur qui produit un effet destructeur sur tous les autres
fluides qu’il pénètre.
Ceci est également vrai pour les tissus employés, soit pour les vêtements des prêtres, soit pour les tentures
et les tapis, soit comme couverture de la tente de réunion. Le beau lin retors, bleu, violet et cramoisi
constitue l’étoffe qui possède le mélange fluidique le plus pur. C’est ainsi que l’éphod du Grand Prêtre,
qui s’approchait au plus prés de l’esprit de Dieu parlant dans la nuée fluidique, était constitué de ces
matières et de ces couleurs, le tout entrelacé de fils d’or45.
On confectionna le « pectorale du jugement » qui faisait partie de l’éphod, de la même manière. On le
garnit de douze pierres précieuses qui contiennent de grandes quantités du fluide le plus précieux. Le
surtout de l’éphod était en lin bleu. On plaça sur le bord inférieur des grenadines bleues, violettes et
cramoisies, le tout garni de clochettes en or. Tous ces détails avaient une signification toute particulière.
Les sous-vêtements étaient tissés de fins fils de lin retors. Les caleçons étaient taillés dans de la toile de
lin pur. Vous savez aussi que le tissu que l’on porte sur le corps ou que l’on étend sur les lits possède des
vertus salutaires. Cela vient du fait que ces fibres textiles contiennent du fluide particulièrement pur qui se
communique à votre corps et produit ainsi des effets stimulants.
De toutes les essences de bois, le bois d’acacia est le plus pur. Voilà pourquoi cette essence seule devait
servir à la construction du tabernacle. Les autres prescriptions à ce sujet étaient également inspirées par
l’unique souci de disposer d’un fluide extrêmement pur. Elles concernaient tout ce qui devait garnir la
demeure, tels que les tentures, les tapis et la couverture. Tu en trouveras tous les détails dans la Bible.
Ce que je viens de te citer se rapporte à des mesures de précaution en vue d’empêcher toute souillure du
fluide préparé au-dessus de l’arche d’alliance. Ce fluide pur constituait la nuée fluidique destinée aux
manifestations parlées de Dieu. C’est pour cette raison que les prêtres devaient se laver les mains et les
pieds, avec de l’eau disposée à cet effet, près de l’entrée du Saint des Saints. Ce n’est qu’après qu’ils
avaient le droit de s’approcher de l’arche d’alliance46.
Le point essentiel était donc la préparation du fluide, qui sous la forme d’une nuée fluidique flottait au-
dessus de l’arche. Ce fluide était nécessaire à la production des sons par lesquels Dieu parlait avec Moïse.
45
Exode 28 : 1 – 5
46
Exode 30 : 20
59
Dans ce cas, il ne s’agissait donc pas d’une discussion à travers un médium, mais d’une communication
par voix directe. Les sons spirituels étaient rendus suffisamment denses par la nuée de fluide terrestre
pour permettre à l’ouïe humaine de les percevoir. La Bible dit :
Quand Moïse pénétrait dans la tente du rendez-vous pour s’adresser à Lui, il entendait la voix qui lui
parlait du haut du propitiatoire que portait l’arche du témoignage, entre les deux chérubins. Alors il
s’adressa à Lui (Nombres 7 : 89). »
47
Le mot hébreu signifie « bouc » et désigne des mauvais Esprits à forme animale. On retrouve cette expression dans Isaïe 13 :
21 et 34 : 14, ainsi que dans 2 Chroniques 11 : 15.
60
Par conséquent, Dieu possédait d'excellentes raisons d'interdire la consommation de la chair de bêtes
impures. Précisément, en ce temps là, l'influence des puissances du mal était considérable à cause de la
pratique très répandue des cultes païens. Dieu voulait protéger le peuple qu'il avait élu comme gardien et
porteur de la vraie foi en lui, contre ces influences et ces agressions possibles du mal. C'est également
pour cette raison qu'il avait publié les nombreux décrets s'appliquant à tous les cas où les israélites
pouvaient entrer en contact avec du fluide impur et tomber ainsi dans l'impureté.
Pour la préparation du mélange fluidique exigé pour la tente de réunion, le fluide de bêtes pures, saines et
sans défaut ne suffisait pas. On employait également dans ce but le fluide le plus parfait tiré du règne
minéral et du règne végétal. Le fluide provenant de myrrhe liquide, de cinnamome aromatique, de canne
aromatique, de la pulpe de casse, du pain de seigle, de la farine, du vin et de l'huile d'olive fut mélangé à
du fluide issu de la gomme résine odorante, de roseau odoriférant, du galbanum, de l'encens pur et du
sel48. Ainsi le fluide devint une odeur agréable pour le Seigneur. Tu peux comprendre ce que signifie
« une odeur agréable pour le Seigneur » si tu penses à mes enseignements antérieurs. Un fluide très pur
répand la plus douce des odeurs.
Dans la tente de réunion, le mélange de tous ces fluides fut réalisé par des Esprits de Dieu chargés de faire
correspondre la qualité du fluide finalement obtenu à la pureté de l'esprit qui se manifestait. Ces
« chimistes de l'au-delà » appartenaient à la catégorie des Esprits que vous appelez les chérubins. C'est
pourquoi leur image se trouvait représentée par des figures dorées au-dessus du propitiatoire de l'arche
d'alliance et par des dessins sur les tentures et les tapis.
Le fluide recueillit sur le propitiatoire de l'arche, était recueilli et employé pour les manifestations parlées
des Esprits de Dieu. Il fallait donc que la préparation du fluide se fasse tout prêt de l'arche d'alliance. En
effet, la source du fluide servant à la communication avec les Esprits doit toujours se trouver tout près de
l'esprit qui en a besoin. Pour cette raison, les autels et les tables où l'on préparait les sacrifices se
trouvaient à proximité du rideau derrière lequel était placée l'arche. L'arche reposait dans un espace fermé
par des tapis et un rideau. Cela facilitait le travail consistant à recueillir, à conserver et à densifier le
fluide. Vous aussi vous utilisez une « chambre noire » à l'intérieur de laquelle se tient le médium, la
source du fluide, afin de concentrer le fluide recueilli. Les lois de la communication entre les Esprits et les
hommes demeurent partout les mêmes. L'installation elle-même facilitait la tâche qui consistait à assurer
la conservation du fluide. Comme les ailes des deux chérubins recouvraient le propitiatoire tel un toit,
elles contribuaient à maintenir la nuée fluidique au-dessus de l’arche.
La sévérité des prescriptions visant à éloigner tout fluide impur de la tente de réunion avait encore une
autre raison. Lorsque les intenses courants fluidiques purs produits dans la tente de réunion par les Esprits
de Dieu côtoyaient des courants fluidiques impurs, le porteur du fluide impur trouvait la mort. Il arrive la
même conséquence mortelle aux hommes qui entrent en contact avec des câbles à haute tension sans
avoir pris la précaution de s’isoler. Voilà pourquoi Aaron n'était pas autorisé à pénétrer dans le sanctuaire
à n'importe quel moment, mais seulement quand le processus de densification du fluide qui se trouvait au
dessus de l'arche était terminé et que les forts courants d'énergie utilisés dans ce but étaient coupés. On
l'avertissait quand ce moment était arrivé. S'il n'avait pas pris garde, il aurait perdu la vie comme ses deux
fils. Ceux-ci moururent pour ne pas avoir respecté l'ordre au sujet de la pureté qu'il faut observer lors de la
préparation du fluide au moment de l'encensement. Après cet enseignement, la loi des sacrifices et
l'installation de la tente de réunion t'apparaîtront sous un nouveau jour. »
Les médiums
48
Exode 30 : 22 – 37
61
Dieu avait parlé à nos pères par les prophètes
Hébreux 1 : 1
Généralités
« Au temps où les hommes cherchaient Dieu du fond de leur cœur, leur contact avec le royaume de Dieu
s’établissait directement. Individuellement, beaucoup d'entre eux possédaient la faculté naturelle leur
permettant de communiquer avec le monde des Esprits. Leur propre esprit tourné vers les choses élevées
et divines, était capable de recevoir les messages de l’au-delà au moyen de la vision, de l'audition et de la
sensation spirituelle. C'est ce que vous nommez aujourd'hui, clairvoyance, clairaudition, clairsensitivité et
clairsensibilité. Jadis, aucun intermédiaire n’était nécessaire pour recueillir et transmettre les messages du
Ciel.
Ces dons disparurent dès que l'humanité se détourna de Dieu pour orienter ses préoccupations et toute son
attention vers les choses de ce monde. La course aux richesses et aux biens matériels firent oublier Dieu.
Ainsi, non seulement les échanges avec les Esprits furent limités, mais les dons qui avaient permis de
communiquer avec eux disparurent en même temps. Aujourd'hui, l'humanité en est arrivée à un point tel
qu'elle ne songe et ne croît même plus à la possibilité d'une telle communication. Relativement peu de
personnes possèdent encore ces dons réservés aux hommes pieux d'autrefois qui avaient la particularité de
rencontrer les bons Esprits. Le temps reviendra où sera rétabli l'ancien état des choses. Chaque individu
pourra percevoir l’au-delà par la vision et par l'audition spirituelles.
Entre temps, ceux qui continuent à croire en Dieu, pourront entretenir des relations avec le monde des
Esprits d'une autre manière. De plus, beaucoup de ceux qui ne croient pas pourront observer de leurs
propres yeux l’activité du monde des Esprits. Cette expérience les secouera et réveillera leur cœur afin
qu'ils retrouvent leur foi en Dieu, en l'au-delà et en la survie après la mort physique. C'est dans ce but que
Dieu fit don à l'humanité d'aujourd'hui de ceux que l'on appelle les médiums. Le sens de ce mot n'est pas
nouveau pour toi si tu veux te souvenir de tout ce qui a déjà été dit.
Comme la juste connaissance de la nature des médiums est une chose essentielle dans le domaine de la
communication avec les Esprits, je voudrais te donner à ce sujet un enseignement très détaillé. Je me
limiterai cependant aux médiums humains et je ferai abstraction des cas où les animaux peuvent servir de
médiums.
Les médiums sont des intermédiaires, des individus qui servent d'instruments humains aux Esprits, afin
que ceux-ci puissent se communiquer aux hommes. L'énergie fluidique étant indispensable aux Esprits
pour atteindre ce but, les médiums sont des personnes qui servent de source d'énergie fluidique au monde
des Esprits.
Les médiums fournissent principalement leur propre fluide aux Esprits qui se manifestent. De plus, les
médiums sont des centres collecteurs du fluide que les non-médiums qui participent aux réunions leur
cèdent. La mise en place d'un aqueduc nécessite parfois le regroupement de plusieurs ruisseaux qui
viennent renforcer le débit de la source principale. De même, la capacité du médium à fournir du fluide
s'accroît lorsque ce médium capte ces forces fluidiques plus faibles provenant des participants.
Bien que tous les hommes possèdent de l'énergie fluidique, chez la plupart d'entre eux cette énergie est
trop liée à leur propre corps pour être cédée facilement. Il en ressort que la quantité utilisable par les
Esprits s'avère trop infime. Les individus aptes à servir de médiums sont des sujets très sensitifs. Ceci
veut dire que leur facilité à se séparer de leur fluide leur confère la faculté d'être plus aisément
impressionnable que les autres hommes. Il n'y a en cela rien de morbide ou de pathologique, comme vos
savants terrestres l'affirment. Il ne s'agit pas non plus de névropathie, de crises d'hystérie, d'instabilité ou
de faiblesse de volonté. Bien au contraire, les bons Esprits ne peuvent pas utiliser comme médium des
individus malades, névrotiques ou faibles mentalement. Un bon médium doit posséder une force de
volonté, une santé mentale et une condition physique supérieures à la moyenne.
Les médiums sont répartis en plusieurs groupes, selon l’usage qui est fait de leur fluide par le monde des
Esprits. On classe ainsi les médiums en différentes catégories. »
62
Les médiums à tables tournantes
« Si la force fluidique d'une personne doit servir à faire bouger une table, à la faire se soulever et
s'abaisser ou à produire des coups frappés dans la table, vous appelez ces personnes « médium à table
tournante ». Ce phénomène de tables qui bougent et qui frappent des coups appartient au domaine du
langage des signes, par lequel on obtient des messages de la part des Esprits. C'est la forme la plus
grossière de communication avec l’au-delà. Ce sont pour la plupart, et presque sans exception, des Esprits
imparfaits et inférieurs qui se présentent à ces séances de tables tournantes. Les Esprits supérieurs ne
choisissent pas ce moyen pour se manifester. Lors de pareilles réunions, il arrive que des Esprits
inférieurs sèment le trouble et la discorde. Cette malice est de surcroît fréquemment accentuée par des
supercheries de certains participants. Malheureusement, ces activités de tables tournantes, parfois
ridicules et souvent frauduleuses, contribuent à jeter le discrédit sur le spiritisme de haut niveau.
Quiconque cherche Dieu et la vérité évitera ce genre d’échange avec les Esprits et choisira des voies de
communication plus digne du but élevé qu'il se propose de suivre. »
63
l'alphabet, les chiffres et d'autres signes. La surface de la planchette est lisse afin qu’un objet puisse
facilement glisser dessus. Le médium, tout à fait conscient, pose sa main sur un objet mobile muni d'une
flèche ou d'une pointe indicatrice et qui est placé sur la tablette. Puis le médium attend jusqu'à ce que
l'objet soit déplacé jusqu’aux lettres. La pointe de la flèche indique l'une après l'autre les différentes
lettres avec lesquelles des mots et des phrases sont formés. Le médium à planchette se tient assis, les yeux
fermés. Il est même préférable que ses yeux soient bandés. Cela évite le risque qu'il donne un coup de
pouce supplémentaire au mouvement de la main pour reproduire ainsi ses propres pensées. »
49
Exode 39 : 30 - 31
50
Exode 28 : 30, Deutéronome 33 : 8, Esdras 2 : 63
51
Samuel 23 : 9 - 11. Jésus mentionnera Abiathar en l’appelant « grand prêtre » (Marc 2 : 26).
64
Les médiums parlants
« Les médiums qui ont le plus d'importance quand il s'agit de communiquer la vérité sont les médiums
parlants52, dès qu'ils sont formés pour devenir des médiums à transe profonde. La transe profonde existe
chez un médium lorsque son propre esprit se détache entièrement de l'enveloppe physique de son corps.
Dans cet état, le médium ressemble à un cadavre, avec la différence que son esprit reste encore lié à son
corps physique par un lien fluidique. Dans le cas d'un cadavre, ce n'est pas le cas car ce lien vital fait
défaut. Grâce à ce cordon fluidique, le corps du médium reçoit de l'esprit qui l'a quitté assez d'énergie
vitale pour que les organes physiques continuent à fonctionner. C'est grâce à ce lien fluidique que plus
tard, l'esprit qui avait quitté l'enveloppe charnelle revient dans le corps du médium.
A la place de son propre esprit, un autre être spirituel peut entrer dans le corps pour transmettre ses
messages à l'aide des organes de la parole du médium. Ce faisant, il utilise l'énergie fluidique qui est
restée dans le corps lors du départ de l'esprit du médium. Naturellement, un médium à transe profonde ne
se souvient plus du tout des paroles prononcées par l'esprit étranger. Au sortir de la transe, au moment de
la réintégration de son propre esprit dans son corps, il a l'impression d'avoir dormi. Dans ce cas vous
parlez du sommeil médiumnique des médiums à transe profonde.
Pour ceux à qui s'adresse un esprit étranger à travers un médium, il est de la plus haute importance de se
renseigner sur la nature de l'esprit qui a pris possession du corps du médium. Il est indispensable de savoir
s'il s'agit d'un esprit supérieur ou inférieur, d'un bon ou d'un mauvais esprit. C'est pourquoi je conseille à
tout homme de sonder les Esprits pour savoir s'ils sont vraiment les envoyés de Dieu ou s'il s'agit de
mauvais Esprits. Pour cela, il faut faire jurer les Esprits au nom de Dieu de déclarer leur identité. Un bon
esprit prêtera ce serment, un mauvais esprit s'y refusera. Si c'est un bon esprit, il vous informera, vous
admonestera, vous donnera des instructions et des enseignements qui s'avéreront être pour votre plus
grand bien. Si l'esprit se révèle être un mauvais esprit, qu'il soit chassé. Toutefois, auparavant, ayez soin
de lui recommander de se tourner vers le Seigneur par la prière. Si, parmi les Esprits qui entrent dans le
médium parlant, certains, tout en appartenant aux Esprits inférieurs et souffrants, font preuve de bonne
volonté, mettez les au courant de leur condition et de leur état. Adressez-les à Dieu et demandez-leur de
prier avec vous. Ainsi vous rendrez un grand service à beaucoup de « pauvres âmes du purgatoire »,
comme vous avez coutume d'appeler ces Esprits. Ils vous en resteront reconnaissants à tout jamais.
Le devoir de sonder les Esprits était toujours expressément recommandé aux premiers chrétiens par les
apôtres53. Chaque communauté chrétienne recevait un enseignement complet à ce sujet, de même que les
hommes des époques antérieures au christianisme connaissaient précisément ce sujet. »
52
Une des plus célèbres récits concernant un médium parlant a été relatée par Gitta Mallasz dans son livre : Dialogues avec
l'Ange. Ce recueil de messages reçus en Hongrie en 1943 a été traduit dans la plupart des langues.
53
Jean 4 : 1
65
courants fluidiques chauds. Avec ces courants, ils désintègrent la substance des objets et la transportent
sous forme de fluide à l'intérieur de la pièce, où elle est reconvertie en matière solide. Les objets ainsi
matérialisés paraissent chauds au toucher, bien qu’ils furent reformés à l’aide de courants froids. C’est
comme de l’acier incandescent qui est plongé dans de l’eau froide et qui reste chaud pendant un long
moment.
Il arrive parfois que le corps d'un médium soit transporté d'un lieu à un autre, même très éloigné. Dans ce
cas, il est dématérialisé ici pour être rematérialisé là-bas. Dans l'Ancien Testament, il est dit du prophète
Habaquq qu'il devait être transporté avec de la nourriture jusqu'à la fosse aux lions où croupissait
Daniel54. L'ange du Seigneur ne le transporta pas à travers les airs, comme vous semblez le croire, mais il
l'avait dématérialisé avec tout ce qu'il portait sur lui pour le matérialiser après être arrivé dans la fosse aux
lions. La même chose arriva à Philippe, dont il est question dans les Actes des Apôtres. Lorsqu'il eut
catéchisé et baptisé le surintendant de Candace, reine d'Ethiopie, l'esprit du Seigneur enleva Philippe qui
se retrouva à Azot55. L'esprit avait dématérialisé le corps Philippe, de sorte qu'il disparut soudain aux yeux
du surintendant, et l'esprit matérialisa de nouveau le corps de Philippe à Azot.
Les hommes ne comprennent rien à ces phénomènes parce qu'ils ne voient pas les forces qui sont mises
en œuvre. Et pourtant on ne peut plus nier la dématérialisation de la matière, y compris celle des corps de
personnes vivant à un endroit et leur rematérialisation ailleurs. Les cas de dématérialisation et de
rematérialisation d'objets et de personnes sont beaucoup trop nombreux pour être mise en doute. Mes
explications antérieures te suffiront pour comprendre les lois naturelles qui régissent ces phénomènes. »
66
caractéristiques spécifiques à cet esprit. Le fluide prélevé au médium et utilisé par un esprit pour sa
matérialisation prend par conséquent l'odeur qui correspond à la nature de cet esprit. Le fluide matérialisé
de l'esprit reste étroitement lié au médium et l'odeur du fluide de l’esprit se transmet au médium. Tout
cela donne l'impression et fait croire que le médium est la cause de l'odeur agréable ou nauséabonde que
l'on perçoit. En réalité, ces odeurs proviennent des Esprits qui se sont matérialisés avec le fluide du
médium. »
67
fait pas partie des médiums. L’esprit d’une personne douée de clairvoyance, de clairaudition ou de
clairsensibilité de l’odorat, du toucher ou du goût, possède ces facultés uniquement parce qu’elle est
capable de se dissocier plus ou moins de son corps. L'esprit qui a quitté son corps n'est plus dépendant des
sens physiques et possède les qualités d'un esprit non incarné. Il voit, entend, sent comme les Esprits de
l'au-delà, selon son degré de séparation avec son corps et selon la pureté du fluide qui l'entoure. La pureté
du fluide joue un rôle capital chez le clairvoyant. Tout comme les impuretés d’un verre affectent sa
transparence. De la même manière, les Esprits de l'au-delà possèdent des capacités sensitives différentes
selon la composition de leur fluide. Les uns voient, entendent, sentent et perçoivent ce que les autres sont
incapables de détecter. La même chose se produit chez les humains clairvoyants ou sensibles aux Esprits.
Chez eux, ces facultés existent en de multiples graduations et nuances, depuis le degré le plus imparfait
jusqu'au niveau le plus élevé. Les uns ne font que capter une impression personnelle, mais ils ne voient
pas et n'entendent pas les Esprits eux-mêmes. D'autres voient les Esprits mais ne les entendent pas.
D'autres encore, voient les Esprits, entendent leurs paroles et sont capables de distinguer l’apparence de
ces Esprits. Les nombreuses erreurs commises par vos clairvoyants dans leurs déclarations s'expliquent
par le fait que la plupart d’entre eux possèdent cette faculté de manière imparfaite.
La clairvoyance est souvent mentionnée dans les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. Il est dit du
patriarche Jacob : Comme Jacob poursuivait son chemin, des anges de Dieu le rencontrèrent. En les
voyant, Jacob dit : c'est un camp de Dieu (Genèse 32 : 2 - 3). Lorsqu'au temps de David un ange de Dieu
envoya la peste comme châtiment en Israël, il est dit que David vit cet ange : L'ange de Yahvé se trouvait
près de l'aire d'Aurana le Jébuséen. Quand David vit l'ange qui frappait le peuple, il dit à Yahvé : c'est
moi le berger qui ai péché, c'est moi qui ai commis le mal, mais celles-là, ces brebis, qu'ont elles fait ?
(Samuel 24 : 16 - 17).
Le prophète Elisée possédait le don de clairvoyance. Le Livre des Rois dit que sa capacité de voyance lui
permit de voir comment son serviteur Géhazi se mit à la poursuite de Naaman, le chef de l'armée qui avait
été guéri et purifié, puis comment en dénaturant les faits Géhazi avait obtenu des présents : Quand il vint
se tenir près de son maître Elisée lui demanda : « D'où viens-tu Géhazi ? » Il répondit « Ton serviteur
n'est allé nulle part. » Elisée lui dit : « N'étais-je pas là en esprit quand un homme est descendu en hâte
de son char pour venir à ta rencontre ? Est-ce le moment de prendre de l’argent, de prendre vêtements,
oliviers, vignes, brebis et bœufs, serviteurs et servantes » (Rois 5 : 25 - 26). Elisée eut aussi la vision par
clairvoyance du destin d'Hazaël : Puis les traits d'Elisée s'immobilisèrent, il les figea à l'extrême, et
l'homme de Dieu pleura. Hazaël dit : Pourquoi mon seigneur pleure-t-il ? Elisée répondit : C'est que je
sais le mal que tu feras aux Israélites … Dans une vision de Yahvé, je t'ai vu roi d'Aram (Rois 8 : 11 -
13).
Les grands prophètes étaient clairvoyants et voyaient les Esprits qui leur étaient envoyés. Ces prophètes
prédisaient les destins de l'humanité, des peuples, des individus. Le monde des Esprits leur révélait
l'avenir choisi par Dieu, le plus souvent sous forme de symboles. Un exemple de ces dons de clairvoyance
et de clairaudition est mentionné dans le livre de Daniel, surtout dans le passage qui relate l'apparition de
l'archange Gabriel : Je parlais encore en prière, quand Gabriel, cet homme que j'avais vu précédemment
dans la vision, s'approcha de moi d'un vol rapide, au moment de l'oblation du soir. Il m'instruisit et me
dit : Daniel, maintenant je suis sorti pour t'ouvrir l'intelligence. Dès le début de ta supplication une
parole a été émise et je suis venue te l'annoncer, car tu es l'homme des prédilections. Considère cette
parole et comprend la vision (Daniel 9 : 21 - 23).
Le vingt-quatrième jour du premier mois, étant au bord du grand fleuve, le Tigre, je levais les yeux pour
regarder. Voici un homme vêtu de lin, les reins ceints d'or pur. Son corps avait l'apparence de la
chrysolite, son visage l'aspect de l'éclair, ses yeux comme des lampes de feu, ses bras et ses jambes
comme l'éclat du bronze poli, le son de ses paroles comme la rumeur d'une multitude. Seul, moi Daniel,
je contemplais cette apparition. Les hommes qui étaient avec moi ne voyaient pas la vision, mais une
grande frayeur s'abattit sur eux et ils s'enfuirent pour se cacher. Je demeurai seul, contemplant cette
grande vision. J'étais sans force, mon visage changea, défiguré, ma force m'abandonna. J'entendis le son
68
de ses paroles, et au son de ses paroles je défaillis et tombai face contre terre. Voici : une main me
toucha, faisant frémir mes genoux et les paumes de mes mains (Daniel 10 : 4 - 10).
Ces deux passages du Livre de Daniel sont très instructifs et confirment plus d'un enseignement que je t'ai
donné jusqu'ici. Tout d’abord, vous trouvez là l’exemple le plus frappant d’un véritable cas de
clairvoyance et de clairaudition. Daniel voit la forme de l’esprit, mais ses compagnons ne la voient pas.
Cependant, ses compagnons n'étaient pas entièrement dépourvus de facultés médiumniques. Ils sentent,
ils captent la proximité de l'esprit et la puissance de son énergie fluidique, puis ils s'enfuient de terreur.
Ainsi se confirme le fait que j'ai exposé, à savoir que beaucoup d'hommes ne voient pas et n'entendent pas
les Esprits, mais ressentent leur présence. De plus, ces passages, comme tant d'autres dans la Bible,
prouvent que les Esprits ont une forme et des membres semblables à ceux des hommes. Enfin, Daniel
sentit qu'une main le touchait et le relevait. C'était la main de Gabriel qu'il avait matérialisée à l'aide de
l'énergie fluidique de Daniel. Car seule une main matérialisée pouvait permettre à Gabriel de relever un
homme. Les paroles audibles prononcées par l'esprit et la matérialisation de sa main demandaient tant de
force fluidique que Daniel tomba à terre, inerte. Gabriel fut donc obligé de le fortifier au moyen de sa
propre énergie fluidique : Alors celui qui avait l'apparence d'un homme me toucha de nouveau et me
réconforta (Daniel 10 : 18).
Du nouveau testament, je ne voudrais citer que la clairvoyance de l'apôtre Paul. A Troas, Paul vit pendant
la nuit apparaître devant lui un Macédonien qui lui adressait cette prière : Passe en Macédoine et vient à
notre secours ! (Actes 16 : 9). Pendant une autre nuit, le Seigneur apparut à Paul et lui dit : Courage, de
même que tu as rendu témoignage de moi à Jérusalem, ainsi faut-il encore que tu témoignes à Rome
(Actes 23 : 11). Lors d'un voyage en Italie par voie de mer, Paul dit à l'équipage du bateau : Mes amis, je
vois que la navigation n'ira pas sans péril et sans grave dommage non seulement pour la cargaison et le
navire, mais même pour nos personnes (Actes 27 : 10). Je t'ai déjà dit que la vision prémonitoire de
grands événements à venir n'est possible aux clairvoyants que si les Esprits les leur montrent en images.
Ceci nous est confirmé par le cas cité. En effet, l’équipage n’accorda aucune attention aux avertissements
de Paul et reprit la mer. Un vent violent se déchaîna et il fallut délester l’embarcation et jeter par dessus
bord jusqu’aux agrès du navire. Tous avaient perdu l’espoir de s’en sauver. Alors Paul se leva au milieu
d’eux et dit : Il fallait m'écouter, mes amis, et ne pas quitter la Crète ; on se serait épargné ce péril et ce
dommage. Quoi qu'il en soit, je vous invite à avoir bon courage, car aucun de vous n'y laissera la vie, le
navire seul sera perdu. Cette nuit en effet m'est apparu un ange du Dieu auquel j'appartiens et que je
sers, et il m'a dit : « Sois sans crainte, Paul. Il faut que tu comparaisses devant César, et voici que Dieu
t'accorde la vie de tous ceux qui naviguent avec toi. » Courage donc, mes amis ! Je me fie à Dieu de ce
qu'il en sera comme il m'a été dit. Mais nous devons échouer sur une île (Actes 27 : 21 – 26).
Paul écrit également aux Corinthiens : Eh bien ! Moi, absent de corps, mais présent d'esprit, j'ai déjà
jugé, comme si j'étais présent, celui qui a perpétré une telle action (Corinthiens 5 : 3).
De même, il écrit aux Colossiens : Sans doute, je suis absent de corps ; mais en esprit je suis parmi vous,
heureux de voir le bel ordre qui règne chez vous et la solidité de votre foi au Christ (Colossiens 2 : 5).
Les deux derniers passages cités démontrent que l’esprit de Paul pouvait quitter son corps pour assister à
des événements qui se passaient au loin56. »
Car je vais répandre de l'eau sur le sol assoiffé et des ruisseaux sur la terre desséchée;
je répandrai mon esprit sur ta race et ma bénédiction sur tes descendants.
56
Jésus possède également cette faculté (Jean 1 : 48).
69
Isaïe 44 : 3
70
apparurent à Abraham57, que l'archange Raphaël accompagna le jeune Tobie58 et que le Christ se montra à
ses disciples après sa résurrection59. »
57
Genèse 18 : 2
58
Tobie 6 : 1 et suivants.
59
Matthieu 28 : 17 ; Marc 16 : 14 ; Luc 24 : 36 ; Jean 20 : 19
71
Les clairvoyants et les médiums
« Le développement des facultés de clairvoyance et de clairaudition nécessite également une formation.
Là aussi se produit une séparation partielle de l’esprit et du corps du clairvoyant. Là aussi, le fluide qui
enveloppe son esprit devra être purifié en conséquence. Cependant, la séparation partielle de l’esprit
s’opère différemment chez un clairvoyant et chez un médium à transe profonde. Il est vrai que l’esprit du
clairvoyant se dissocie de son corps, cependant il reste relié à toutes les parties de son corps et à la totalité
de son fluide corporel. Le fluide ne fait que se dilater, pour parler simplement, et par cette dilatation, rend
possible la dissociation partielle de l’esprit. L’esprit du clairvoyant ne se sépare pas de son fluide
corporel.
Chez le médium à transe profonde, la totalité du fluide, à l’exception d’un cordon fluidique vital, est
séparé de son esprit. Ainsi, son esprit se trouve libre de quitter l’enveloppe charnelle et peut même s’en
éloigner de beaucoup grâce à l’extrême expansibilité du lien fluidique. Dans cette enveloppe charnelle
rendue vacante par la sortie de l’esprit du médium, un esprit étranger prend place et délivre ses messages.
Ce phénomène ne peut pas se réaliser chez le clairvoyant. Un esprit étranger ne peut pas s’emparer de lui
et entrer en lui, pour la simple raison que l’esprit du clairvoyant reste toujours relié à la totalité du fluide
de son corps. L’esprit du clairvoyant ne laisse donc aucune place libre à un esprit étranger.
Chez le clairvoyant, il subsiste donc une union très étroite entre son propre esprit et le fluide de son corps.
Chez le médium à transe profonde, la dissociation de son esprit avec son fluide corporel est presque
totale. Chez le clairvoyant c'est son propre esprit qui peut voir et entendre. Chez le médium à transe
profonde, l'esprit du médium laisse la place à un esprit étranger, afin que celui-ci puisse se manifester à
travers le corps du médium en utilisant le fluide corporel qui y est resté. Enfin, il existe des clairvoyants
qui sont en même temps des médiums à transe partielle ou à transe profonde. »
72
médiums, surtout celle des médiums à transe profonde. Tout se passe en conformité avec des lois précises
et les bons Esprits sont vos meilleurs amis, vous n'avez rien à craindre d’eux. »
73
Après le commentaire en commun, les assistants se donnent la main dans la pièce où la lumière est
tamisée. La main droite de l’un est placée dans la main gauche du voisin. C’est ce que l’on appelle faire la
chaîne. Ceci est nécessaire pour faire converger la force fluidique des uns et des autres afin de former un
seul courant d’énergie. C’est comme les fils métalliques qui doivent être connectés si on veut faire passer
un courant électrique sur une ligne. Rappelons-nous que l’action des Esprits durant les réunions dépend
de la force du courant fluidique et que l’efficacité du fluide est grandement accrue en baissant les
lumières.
La chaîne possède aussi une signification symbolique particulière. Elle représente l’unité de pensée. Les
assistants s’unissent extérieurement par le geste de se donner la main. Cela traduit la nécessité de former
une unité, de s’aimer les uns les autres, de s’entraider, de se pardonner mutuellement les fautes et les
manquements et de bannir de son cœur tout ce qui pourrait troubler l’harmonie du groupe. Pour les
raisons indiquées, les premiers chrétiens se tenaient également la main de la même façon, au cours de
leurs assemblées religieuses. Par-là, ils témoignaient leur unité de pensée, mais avant tout ils
s’appliquaient à produire un fort courant fluidique afin de permettre au du monde des bons Esprits de
délivrer des messages.
La chaîne dure environ douze à quinze minutes. Pendant ce temps chacun s’efforce de se recueillir, de
chasser les pensées futiles et d’entretenir des sentiments positifs. Dans ce but, il fait un examen de
conscience, examinera sa vie passée, ses manquements, son comportement envers Dieu et son prochain,
son omission de faire le bien. Il remercie Dieu pour ses bienfaits, il chante Ses louanges et sa Gloire. Par
une prière ardente, il implore Dieu d’accorder la communication avec le monde des bons Esprits. Il peut
inclure dans sa prière tout ce qui conduit à son élévation spirituelle.
Quand le temps prévu à cet effet s’achève, le directeur de l’assemblée rompt la chaîne. Chacun s’empare
du crayon posé devant lui et l’appuie légèrement sur la feuille de papier. Il doit s’efforcer de ne rien
vouloir écrire lui-même, par une initiative personnelle. Il détend sa main, de façon à céder à la moindre
impulsion transmise par les Esprits.
Lors des premières séances, l’énergie fluidique disponible est généralement encore très faible, et les
participants sont confrontés à de sérieuses difficultés. Tout est encore trop inhabituel pour eux. Ils ont du
mal à se recueillir et attendent trop impatiemment ce qui va suivre. C’est précisément cette tension qui
constitue le plus grand obstacle à la libération de leur fluide, je reparlerai de cela plus tard. Du reste, les
assistants ressemblent encore trop à un aimant vierge qui ne peut être rendu efficace que par un usage
prolongé.
Il arrive souvent qu’un des participants soit beaucoup plus avancé dans son développement médiumnique
qu’il ne le pensait lui-même. Dans ce cas, les Esprits se manifestent parfois dès la première séance. La
main qui tient le crayon se sent sollicitée, elle ressent un raidissement et se met à bouger. Il ne faut
opposer aucune résistance à cette action, mais relâcher la main et céder à l’impulsion. Il se peut que,
pendant les premières séances, les Esprits ne produisent par l’écriture au crayon que des traits, des
courbes, des ronds ou d’autres formes, avant de tracer un caractère bien formé, un mot ou une phrase.
Ceci provient du fait que l’énergie fluidique fournie par les assistants est encore insuffisante. Avant tout,
c’est la force fluidique du médium scripteur novice qui fait défaut. Grâce aux exercices d’écriture,
l’énergie fluidique se renforce. Lorsque les premières interventions des Esprits se font sentir, on se rend
particulièrement compte de l’obstacle causé par la tension des assistants. Toute attente fiévreuse retient le
rayonnement fluidique des individus, tout comme une personne qui attend le dénouement d’un suspens
retient involontairement son souffle. De ce fait, le courant fluidique diminue et l’action des Esprits se
trouve entravée. Le meilleur mécanicien reste impuissant devant une machine dont l’approvisionnement
en énergie a été coupé ou diminué.
Tout comme le fait d’être fébrile ou anxieux exerce une influence néfaste sur l’énergie fluidique, ainsi les
sentiments de crainte, de frayeur, de méfiance, de doute et de conflit intérieur, ont le même effet
défavorable. Celui qui ressent de tels sentiments et qui prend part une réunion spirite, non seulement ne
peut pas lui même céder d’énergie fluidique, mais en outre il interrompt le courant fluidique des autres.
Voilà pourquoi les médiums sentent immédiatement si parmi les assistants, il se trouve un élément
74
perturbateur qui se comporte comme un corps étranger. C’est donc avec raison qu’ils demandent
l’éloignement d’un tel participant jusqu’à ce qu’il adopte une autre attitude. »
75
A première vue, on pourrait croire que l'esprit étranger ferait mieux de différer ses manifestations jusqu'à
ce que le médium soit complètement formé pour éviter de tels déboires. Les raisons qui poussent
cependant l'esprit étranger à se manifester prématurément sont souvent de nature si importante, qu'il
préfère s'accommoder des inconvénients d'un tel procédé plutôt que de différer ses manifestations. C'est
précisément quand aucun médium efficace n'est encore disponible, que les participants doivent être
renseignés sur de très nombreux points. Voilà pourquoi ces manifestations imparfaites, mais instructives,
ne sauraient être remises à plus tard. Pour des novices, des instructions incomplètes valent mieux que
l'absence totale d'enseignement.
Le délai de transition entre la transe partielle et la transe totale ne dure généralement pas trop longtemps,
à condition que le médium s'efforce d’accomplir un progrès personnel et de corriger ses faiblesses
humaines. Dès qu’il atteint la phase de la transe complète, un médium ne sait plus rien de ce que dit ou
fait l'esprit étranger. »
76
peuvent délivrer et du temps qu’ils restent dans le médium. Il autorise même la présence de mauvais
Esprits pour permettre aux participants de distinguer les différentes catégories d’Esprits selon leur
manière d’agir. Cette expérience permet d’apprendre de façon pratique comment se comporter face à ces
Esprits. Il autorise de préférence des Esprits souffrants, qui font preuve de bonne volonté, à prendre
possession des médiums. Cela donne une opportunité à ces Esprits souffrants d’être conseillé par les
assistants et d’entendre parler de Dieu. C’est là un grand acte de charité que les participants font à leur
frères et sœurs de l’au-delà. Il arrive que l’esprit contrôleur explique le pourquoi de la permission donnée
à certains Esprits de se manifester.
L’esprit contrôleur est le premier à se manifester à chaque séance en saluant toujours en se référant à
Dieu. Il est le guide spirituel des assistants. Il les admoneste, leur donne des avertissements, les
réprimande et les instruit. Aussi bien pendant la formation des médiums que plus tard, il insiste sur la
nécessité d’une plus grande croyance et confiance en Dieu. Plus l’homme entre en union avec Dieu, plus
il participe à la force qui vient de Dieu et plus les dons qu’il reçoit du Seigneur, pour le bénéfice de ses
semblables, sont grands. Le but de chaque séance fréquentée par les Esprits de Dieu est : plus près de toi
mon Dieu !
Dans les premiers temps de la formation des médiums, lorsque les premiers messages écrits de l’au-delà
sont reçus, il s’agit en général de vos proches défunts et de vos amis. Ceux-ci obtiennent la permission
d’entrer en communication avec vous, à condition qu’ils suivent eux-mêmes le chemin vers Dieu et qu’ils
n’appartiennent pas aux mauvais Esprits. Eux aussi vous exhortent sans cesse à croire en Dieu et vous
répètent que vous êtes sur la bonne voie en communiquant avec les bons Esprits. Souvent ils regrettent
que durant leur existence terrestre personne n’ait attiré leur attention sur cette voie.
Au cours de la formation ultérieure, les parents et les amis défunts cessent complètement de se
manifester. Ce sont alors les Esprits supérieurs qui se présentent. Pour cela, il est indispensable que, au
préalable, les participants cherchent à devenir meilleurs et que leurs intentions soient pures. Dès qu’un
participant cesse de progresser et ne tient pas compte des exhortations qui lui sont adressées, il est exclu
des réunions sur l’ordre de l’esprit contrôleur. La raison est que l’intéressé constitue un grand obstacle
pour les autres. Les mauvais Esprits s’agglutinent à lui. Ils le suivent dans les réunions et troublent les
autres participants par leur influence néfaste. De plus, le courant fluidique se trouve grandement perturbé
par la discorde que cet individu introduit dans l’assemblée, et qui est le résultat de son attitude négative.
Les réunions spirites sans le contrôle d’un esprit envoyé par Dieu ne sont pas voulues par Dieu. Même si
extérieurement, elles ressemblent à un culte divin, elles ne constituent pas une voie qui conduit à Dieu.
Sans la supervision divine, les Esprits chargés du salut des hommes ne viennent pas. Le salut spirituel des
participants est l’unique but des réunions spirites. »
77
Les Esprits de Dieu évitent ces réunions et donc ne les contrôlent pas. Ce sont alors les Esprits inférieurs
qui mènent le jeu. Même si ce ne sont pas précisément de mauvais Esprits qui y participent, cette
communication n’apporte aucun profit spirituel aux hommes.
De plus, si des médiums à transe partielle fonctionnent dans ces églises, elles deviennent la porte ouverte
à tous les Esprits inférieurs qui s’y rendent librement, puisqu’il n’y a aucun esprit contrôleur pour les
éloigner et maintenir l’ordre. Il en résulte une pagaille de messages venant des Esprits qui n’a rien
d’édifiant. A cause de cela, la communication entre les hommes et les Esprits telle qu’elle est voulue par
Dieu subit un préjudice considérable et se trouve discréditée aux yeux des personnes inexpérimentées
dans ce domaine. Le battage religieux qui couvre ces assemblées d’églises donne l’impression que ce qui
s’y passe correspond à un spiritisme voulu par Dieu. En réalité, les dirigeants de ces églises encourent une
grande responsabilité devant Dieu pour tout ce qui se passe pendant leurs réunions. Ils ont le devoir de
mettre leurs dons au service de Dieu. Ils doivent le faire d’une façon désintéressée sans se laisser diriger
par des considérations matérielles. Ils devraient plutôt prier pour qu’un contrôle des Esprits leur soit
accordé car ils l’obtiendraient certainement. Mais alors, ils seraient obligés de laisser les Esprits
contrôleurs diriger les réunions à leur place. S’ils se pliaient à cette exigence, les réunions deviendraient
vraiment des services divins. Elles serviraient à l’édification et au progrès des participants parce que les
Esprits inférieurs seraient chassés par la présence des Esprits supérieurs de Dieu.
Si les réunions se tiennent comme je viens de te le décrire, elles vous apportent la bénédiction divine, le
bonheur et la paix intérieure. Chaque séance se termine par une courte prière d’action de grâces récitée
par le président de la séance et, si possible, par un cantique. »
78
« Pour compléter cet enseignement, je voudrais encore répondre à une question que beaucoup se posent.
La voici : le spiritisme altère-t-il l’état de santé des médiums ou des pratiquants qui prennent part à des
séances spirites ? La réponse est : non et oui.
Si vous assistez à une séance spirite conduite sous les auspices de Dieu et si vous faites tout en Son nom.
Si vous vous placez sous Sa protection, si vous l’aimez et ne recherchez que le bien, la communication
avec le monde des Esprits ne vous nuira jamais. Au contraire, vous serez renforcés physiquement et
spirituellement. Cela s’applique notamment aux médiums. Les médiums qui entrent en transe profonde
n’ont pas besoin de sommeil pendant ce temps. Tant que les médiums sont en état de transe, leur corps se
repose et ils s’en trouvent revigorés. Si nous autres, les bons Esprits, exerçons notre action sur eux ou à
travers eux, cela ne saurait aucunement leur nuire. Ils se reposent physiquement et après la séance, ils se
sentent même mieux qu’avant. L’énergie fluidique prélevée sur le médium et sur les participants est
remplacée par du fluide frais par les bons Esprits. A cela s’ajoute que, lors de la formation des médiums,
certains défauts internes qui empêchent l’état de transe, sont éliminés en priorité par l’intervention des
bons Esprits. L’individu concerné se sentira par conséquent en meilleure santé après sa période
d’apprentissage à la transe profonde.
D’un autre coté, le spiritisme est certainement préjudiciable si vous le pratiquez en ignorant Dieu et la
prière et si, de surcroît, vous agissez en union avec le mal. De cette manière, petit à petit, vous prenez le
chemin du mal. Ceci, non seulement parce que les mauvais Esprits vous écartent du chemin de la vérité,
mais aussi parce qu’ils altèrent gravement la santé de votre corps. En effet, ils ne remplacent pas la force
fluidique qu’ils vous prélèvent. Ainsi, la santé des médiums pour commencer, puis celle des autres
participants, s’en trouve grandement affaiblie. La croyance populaire qui dit que celui qui fait alliance
avec le diable risque son âme, contient donc une part de vérité car son énergie fluidique est peu à peu
absorbée par le mal, et son corps perd sa capacité à retenir la vie. Beaucoup de médiums qui servent le
spiritisme inférieur souffrent de défaillances physiques et mentales.
Les dangers et les conséquences funestes ne concernent donc que le spiritisme pratiqué en dehors de
Dieu, sans intention d’apprendre les vérités divines et sans volonté de s’améliorer intérieurement. Ces
risques guettent les curieux qui pratiquent le spiritisme pour connaître des expériences nouvelles et
insolites, ou pour obtenir des renseignements utiles à des gains matériels ou encore par simple intérêt
scientifique.
Mets donc tes semblables sérieusement en garde contre une communication avec les Esprits qui ne serait
pas au service d’un but élevé. Explique leur les bienfaits d’un spiritisme voulu par Dieu et mis au service
du bien. C’est pour l’humanité la seule voie vers la vérité et le plus court chemin qui mène à Dieu.
Ceux qui ne sont pas encore arrivés à acquérir la croyance en Dieu, devraient pratiquer le spiritisme dans
sa forme élevée, à condition qu’ils se sentent prêts à accepter la vérité dès qu’elle leur sera présentée de
façon probante. Les chercheurs de la vérité qui chemineront dans cet état d’esprit, trouveront la vérité,
ainsi que la liberté qui est l’héritage des enfants de Dieu. Ils apprendront à connaître le sens véritable de
la religion. C’est à eux que s’adresse la parole du Christ : cherchez et vous trouverez60.
Ceux qui n’ont pas encore appris à croire en Dieu devraient cependant Le prier, même si c’est en
employant le conditionnel. Ils peuvent adapter leur prière à leur situation du moment. La prière suivante
peut être dite par un incroyant animé de bonnes intentions et qui se sent prêt à accepter la vérité :
« Ô Dieu ! S’il est vrai que vous existez, je vous supplie du fond du cœur de me guider sur le chemin qui
mène à vous et qui m’apprendra à vous connaître. Amen. »
Sa prière sera sûrement exaucée, car Dieu montre de la compassion pour tous ceux qui cherchent à bien
faire. Peu importe la confession religieuse à laquelle un homme appartient, ceci n’a pas d’importance
quand il s’agit de participer à des réunions spirites bonnes et saines. »
60
Luc 11 : 13
79
Médiums et écoles de médiums dans la Bible
J'avais suscité parmi vos fils des prophètes et aussi parmi vos jeunes gens de Nazir.
N'en est-il pas ainsi, enfants d'Israël ? Oracle de Yahvé.
Mais vous, vous avez fait boire du vin aux nazirs,
aux prophètes, vous avez donné cet ordre : ne prophétisez pas !
Eh bien moi, je vais alourdir votre sort comme
est alourdi un chariot tout rempli de gerbes.
Amos 2 : 11 - 13
Généralités
« Les gens d'aujourd'hui refusent d’admettre la possibilité d'une communication avec les Esprits car ils
s'imaginent qu'il s'agit là d'une étrange nouveauté. Ceci vient du fait que vous ne lisez la Bible que
superficiellement, sans réfléchir à son contenu. Si vous étiez attentifs à ces récits, vous vous poseriez les
questions suivantes : Comment cela s'est il passé ? Comme tout cela a-t-il pu se produire ? Comment
m'expliquer tout cela ?
Dès les premiers chapitres de la Bible, il est dit que Dieu parla aux hommes, avec Adam et Eve, avec
Caïn et Abel, avec Abraham, Isaac, Jacob et Moïse. Ceci devrait normalement vous inciter à chercher la
manière dont se sont établis ces dialogues, puisque vous êtes des êtres rationnels. Les individus avec
lesquels les Esprits de Dieu ont parlé étaient pourtant des êtres humains comme vous. Ils avaient leurs
péchés et leurs défauts comme vous. Les lois naturelles qui régissaient leur existence terrestre étaient les
mêmes que les vôtres. Dieu et les Esprits de Dieu sont les mêmes aujourd’hui qu'autrefois. Si vous
continuez à lire la Bible, vous voyez qu'il existait une communication permanente et quotidienne entre le
peuple d'Israël et le royaume spirituel de l'au-delà. Chacun avait le droit de consulter Dieu et recevait une
réponse. Les guides du peuple n'entreprenaient rien sans le conseil du monde des bons Esprits. Votre bon
sens doit bien vous faire penser, après ces lectures, que la communication avec le monde des Esprits est
possible. Si elle est possible et si elle a été pratiquée autrefois pendant des millénaires, pourquoi
l'humanité d'aujourd'hui devrait-elle être privée d'une telle communication ?
Il est vrai que vous semblez penser que cette communication ne dépend que des Esprits qui, selon vous,
décideraient si oui ou non ils se manifestent. Vous croyez que les Esprits peuvent à leur guise entrer en
contact avec vous, sans coopération de votre part. Vous vous imaginez que les Esprits peuvent venir vous
rendre visite chaque fois qu'ils en ont envie. Vous estimez qu'il suffit que les hommes attendent
tranquillement pour entendre ce que les Esprits ont à leur dire. Et comme vous ne remarquez rien au sujet
de cette communication spirituelle qui jouait un si grand rôle dans l'histoire biblique, alors vous en
concluez que l'au-delà a interrompu tout dialogue avec l’ici-bas. C'est une erreur regrettable. Le monde
des bons Esprits demeure encore et toujours aussi désireux de venir vers vous. Les Esprits sont toujours
prêts à franchir le pont qui conduit de l'au-delà à l’ici-bas, mais il faut que vous aidiez à construire ce
pont. Autrefois, il fallait que les hommes commencent par remplir toutes les conditions préalables à cette
communication pour qu'elle puisse s'établir. Les peuples anciens connaissaient ces conditions et s'y
conformaient.
Aujourd’hui, en lisant les récits de la Bible qui relatent les événements qui entourent et qui accompagnent
les manifestations d'Esprits, vous pensez qu'il ne faut y voir que des fioritures sans rapport avec les
moyens de communication avec les Esprits. Croyez-vous vraiment que tout cela n'était qu'une suite
d'agitations puériles et inutiles ? Pour ne citer que l'exemple où l'ange du Seigneur parla à Moïse depuis le
buisson ardent et aux Israélites depuis la colonne de nuée, croyez-vous qu'il aurait pu se faire entendre
sans la flamme et sans la nuée fluidique ? Pensez-vous que Dieu ne parlait pas sérieusement quand il
disait à Moïse : « Je vais venir jusqu’à toi dans l'épaisseur de la nuée, afin que le peuple entende », comme
80
si Dieu avait pu amplifier le son de ses paroles sans rendre la nuée fluidique plus dense ? Croyez-vous
que l'épaisse nuée qui enveloppait le Sinaï précisément au moment ou le tonnerre et des sonneries de
trompettes se faisaient entendre se trouvait là par hasard ? Etait-ce une chose futile que David demanda au
prêtre Ebyatar d'apporter l'éphod avec l'oracle en vue de consulter Dieu et d'en recevoir une réponse61 ?
Est-ce que le buisson ardent, la colonne de nuée, le pectoral et toutes les choses inscrites dans la Bible à
propos des communications avec le monde des Esprits n'étaient pas plutôt des fils conducteurs en vue
d'établir une connexion entre l'au-delà et l’ici-bas, tout comme s’établit une conversation par téléphone ?
Tout ces moyens constituaient le pont permettant aux Esprits de Dieu de franchir le fossé qui les
séparaient des hommes de cette époque. Sans cette passerelle, les Esprits n'auraient pas pu rejoindre
l'humanité. Le matériel fourni par les êtres terrestres pour construire ce pont était la force fluidique, qui
devint visible à tous sous la forme d’une flamme dans le buisson ardent, et sous la forme d’une colonne
de nuée. De la même manière, le fluide était également indispensable pour réaliser les nombreuses
matérialisations des Esprits qui prirent des formes incarnées, comme l’attestent les chroniques de cette
époque. Cette énergie fluidique devait posséder la force suffisante pour que les Esprits puissent se servir
de l'oracle, en indiquant les lettres qui formaient les phrases qui donnaient les réponses de l'au-delà. Les
sources d'énergie fluidique, pour réaliser la communication avec les Esprits dans l'Ancien Testament,
étaient, comme de nos jours, les médiums. »
81
effets des mauvais Esprits qui cherchent ainsi à entraver la manifestation des bons Esprits. En effet, chez
tous les médiums, le sentiment de peur empêche la libération de l'énergie fluidique et réduit à néant les
manifestations d'Esprits. Déjà auparavant, les puissances maléfiques avaient tenté de jeter le trouble sur
Abraham. Sur l'ordre du Seigneur, Abraham avait tué des animaux pour les débiter en morceaux. Des
oiseaux de proie s'abattirent alors sur les cadavres et Abraham les chassa62. L'abattage des bêtes avait pour
but de fournir une source de fluide supplémentaire, en complément du fluide d'Abraham. On se procurait
de cette manière de l'énergie fluidique à partir d'animaux abattus. Les oiseaux de proie mentionnés dans
ce récit n'étaient pas naturels. Il s'agissait de mauvais Esprits matérialisés en oiseaux de proie. Leur
matérialisation était indispensable pour qu'ils puissent saisir et s'emparer des morceaux de viande.
Tu comprends aussi leur intention. En premier lieu, ils voulaient détruire la source d'énergie fluidique
obtenue par l'abattage des animaux. En second lieu, il leur importait de tarir la source humaine d'énergie
fluidique représentée par Abraham en lui inspirant de la terreur. Le moment choisit pour les activités
médiumniques d’Abraham était après l’aurore, car la chaleur et la lumière perturbent le processus de
condensation des fluides, en vertu de lois immuables. Quand il est question d’un « four fumant et d’un
brandon de feu », on veut parler d'un nuage fluidique légèrement lumineux, comme tu le sais déjà.
Moïse était également un médium. Il contribua à produire l'énergie fluidique qui brillait comme une
flamme dans le buisson ardent. Son propre fluide fut renforcé grâce à un apport supplémentaire de fluide
provenant du troupeau de bêtes que Moïse faisait paître dans les parages. Dans ce cas encore il faisait
nuit. La densification du fluide se fit à l'intérieur d'un buisson, parce que les très nombreux branchages de
l'arbuste constituaient un rideau naturel qui rendait possible la concentration d'une masse fluidique
homogène. Le buisson produisait le même effet que le rideau de la tente de réunion ou que la pièce
obscure des séances spirites actuelles. De plus, le buisson lui-même possédait du fluide qui s'ajoutait aux
fluides provenant des autres sources. »
82
envoya des émissaires pour s'emparer de David. Ils aperçurent la communauté des prophètes en train de
prophétiser et Samuel se tenait à leur tête. L'esprit de Dieu s'empara des émissaires de Saül et ils
entrèrent en transe eux aussi. On le rapporta à Saül qui envoya d'autres émissaires et ils entrèrent en
transe eux aussi. Saül envoya un troisième groupe d'émissaires, et ils entrèrent en transe eux aussi. Alors
il partit lui-même pour Rama et arriva à la grande citerne qui se trouvait à Sékou. Il demanda où étaient
Samuel et David et on répondit : « Ils sont aux Nayoth de Rama ». De là il se rendit donc aux Nayoth de
Rama. Mais l'esprit de Dieu s'empara de lui aussi et il continua à marcher en état de transe jusqu'à son
arrivée aux Nayoth de Rama. Lui aussi il se dépouilla de ses vêtements, lui aussi il entra en transe devant
Samuel, puis il s'écroula nu et resta tout ce jour et toute la nuit. C'est pourquoi on dit : « Saül est-il aussi
parmi les prophètes ? » (Samuel 19 : 20 - 24).
Beaucoup de points obscurs de cette histoire méritent d'être élucidés. La raison pour laquelle tous les
émissaires de Saül entrèrent en transe si rapidement s'explique, en autre, par le fait qu'ils possédaient tous
une constitution médiumnique. A cela s'ajoute qu'un intense courant d'énergie fluidique circulait partout
où des médiums débutants ou expérimentés étaient rassemblés. C'était justement le cas dans l'école de
médiums de Samuel. Il était donc facile aux Esprits de provoquer une transe partielle chez des individus
doués de quelques facultés médiumniques. Saül étant un médium lui-même, nul besoin de recourir à un
apport d'énergie fluidique extérieur pour le faire enter en transe partielle. C'est ainsi qu'il entra dans cet
état dès qu'il s'approcha de Rama.
Ne soyez pas interloqués d'apprendre que les médiums de l'école de Rama qui, selon la tradition se
tenaient assis ou couchés, ne portaient que des sous-vêtements légers. De nos jours aussi, les médiums
s'habillent le plus légèrement possible pendant les séances. Il faut éviter une chaleur trop importante qui
limiterait ou empêcherait la concentration du fluide. Voilà pourquoi Saül s'allongea quasiment nu.
Lorsqu'on dit qu'il resta ainsi couché tout un jour et toute une nuit, cela ne signifie pas que sa transe se
prolongea durant tout ce temps là. Tout en étant conscient, il fut retenu tout ce temps par les bons Esprits
qui tentèrent une dernière fois de le ramener à Dieu dont Saül s'était détourné par un acte de
désobéissance. Il n'était plus en communication avec le monde des bons Esprits, mais possédé par un
esprit mauvais. Il était venu à Rama ce jour là pour prendre et exécuter David. Cette conduite lui fut
reprochée par un dernier message des Esprits de Dieu qui parlaient à travers les médiums présents.
Samuel lui-même s'efforçait de conseiller et de sauver d'une perte imminente le premier roi oint par lui. Il
poursuivait le même but en célébrant différents cultes divins en présence de Saül, mais dont la Bible ne
parle pas. Il voulait émouvoir le cœur du roi et l'amener à se repentir pour qu'il se convertisse.
Le culte divin représentait l'essentiel des cérémonies qui se déroulaient dans les écoles de médiums. Les
médiums novices, que l'on appelait alors « élèves prophètes », travaillaient à s'unir le plus intimement
possible à Dieu. Ils cherchaient à l'aimer de tout leur cœur. Une foi inébranlable et une totale confiance en
Dieu constituaient les bases de l'éducation médiumnique des élèves. C'est ainsi qu'ils devaient devenir de
dignes instruments de Dieu et de Ses Esprits pour se mettre au service de leurs semblables, car les dangers
qui guettaient les apprentis médiums de cette époque étaient les mêmes qu'aujourd'hui. »
83
ses fils pour qu'il devienne son « prêtre ». Mais il engagea aussi un Lévite de Bethléem et lui dit : Fixe-toi
chez moi, sois pour moi un père et un prêtre et je te donnerai dix sicles d'argent par an, l'habillement et
la nourriture (Juges 17 - 10). Ce que votre traduction désigne par « image taillée » et « idole de métal »
était les deux parties d’une planchette.
Il est compréhensible, humainement parlant, que les médiums s'efforçaient de s'attirer les faveurs des gens
auprès desquels ils vivaient. C'était pourtant là le véritable danger. Soucieux de ne dire que des choses
agréables à leur maître, ils ne reculaient pas devant la tromperie et préféraient cacher les vérités
déplaisantes pour prêcher le faux. Ainsi ils devenaient des « prophètes de mensonges » et se séparaient du
camp des bons Esprits. Ils entraient dans les rangs du mal et en devenaient les instruments. Cela ne les
empêchait pas d'avoir toujours le nom de Dieu à la bouche pendant leurs activités médiumniques, pour le
principe et pour sauver les apparences.
C'est surtout les médiums au service des souverains temporels qui succombaient facilement à cette
tentation, comme il ressort de l'histoire du roi Achab66. Quatre cents médiums se mirent d'accord pour ne
promettre que du bien au roi. Ce plan commun était dicté par leur bassesse de cœur. Ils s'écartaient ainsi
de tout échange avec les bons Esprits et savaient qu'ils devenaient les outils des Esprits mensongers. Ils
pouvaient donc craindre d'être démasqués comme faux prophètes, si le roi s'adressait à un médium de
vérité au service des bons Esprits. Par conséquent, lorsque le roi voulu faire venir et interroger Mika, un
médium des bons Esprits, les faux prophètes réagirent. Ils envoyèrent un messager afin d'essayer de
persuader Mika de ne dire également que du bien au roi. Cependant Mika, comme l'esprit de Dieu le lui
avait révélé, annonça au roi sa chute. Alors un des faux prophètes frappa Mika à la mâchoire et
s'exclama : Par où l'esprit de Yahvé m'a-t-il quitté pour te parler ? (Rois 22 - 24). Ces faits te montrent
toute l'infamie de ce genre de prophètes. Par ambition et par cupidité, ils se laissaient aller à la fraude et
au mensonge tout en faisant semblant d'être des instruments divins. De telles activités médiumniques
étaient provoquées par des Esprits mensongers, ces prophètes le savaient pertinemment et faisaient tout
pour le cacher.
Ces médiums au service de monarques étrangers à Dieu, devaient nécessairement conduire tout le peuple
à la ruine dès qu'ils affichaient ouvertement leur culte idolâtre. On les appelait les prophètes de Baal. Ils
étaient si nombreux, que souvent ils éclipsaient les bons médiums. C'est ainsi qu'il est dit au sujet du
temps où régnait le Grand Prêtre Eli : Le jeune Samuel servait donc Yahvé en présence d'Eli. La parole
de Yahvé était rare en ces jours là, la vision n'était pas chose courante (Samuel 3 - 1).
A la montagne du Carmel, le prophète Elie, seul prophète de Dieu, dut faire face à quatre cent cinquante
prophètes de Baal et aux quatre cent prophètes d'Achéra67.
En ces temps là, les médiums se laissaient également entraîner à user de leurs facultés médiumniques
pour obtenir des avantages matériels tout en se réclamant de Dieu. C'est dans ce sens qu'il faut interpréter
la parole que Dieu a placée dans la bouche du prophète : Ainsi parle Yahvé contre les prophètes qui
égarent mon peuple. S'ils ont quelque chose à se mettre sous la dent, ils proclament la paix. Mais à qui
ne leur met rien dans la bouche, ils déclarent la guerre sainte. Aussi pour vous c'est la nuit, plus de
visions ! Pour vous ce sont les ténèbres, plus de divination. Le soleil se couchera sur les prophètes
(Michée 3 : 5 - 6). Ses chefs jugent pour des présents, ses prêtres enseignent pour un salaire, ses
prophètes exercent la divination pour de l'argent, et c'est sur Yahvé qu'ils s'appuient ! (Michée 3 : 11).
N'allez pas croire que les hommes de cette époque acceptaient sans contrôle les phénomènes
médiumniques et les tenaient toujours pour authentiques. Leur méfiance envers les médiums égalait la
votre. Ils gardaient en tête qu'ils pouvaient être abusés par des agissements frauduleux. Ils ligotaient les
médiums pour que ceux-ci ne les bernent point au moyen de tours de passe-passe. A cet effet, les
médiums privés, qui vivaient de leurs facultés médiumniques, fournissaient eux-mêmes à leur clientèle
des bandeaux et des liens. Le client s’en servait pour bander les yeux du médium ou lui recouvrir la tête et
pour lui attacher les mains et les pieds. Ce n’est que devant démonstrations, qui effectivement ne
pouvaient être réalisées que par les Esprits, que les assistants impressionnés reconnaissaient la réalité de
66
Rois 22 et suivants.
67
Rois 18 : 19 – 38
84
la communication avec l’au-delà. Mais comme ce n’était pas les bons Esprits qui utilisaient de tels
médiums, les participants tombaient donc peu à peu sous l’emprise du mal. Les enseignements que les
Esprits inférieurs leur dispensaient à travers les médiums les éloignaient du vrai Dieu et les entraînaient à
faire le mal en commettant toutes sortes de turpitudes. C’est surtout les médiums féminins qui avaient le
plus de succès. C’est à ces fausses prophétesses que s’adresse la menace de Dieu par la bouche du
prophète Ezéchiel : Et toi, fils d'homme, tourne-toi vers les filles de ton peuple qui prophétisent de leur
propre chef, et prophétise contre elles. Tu diras : Ainsi parle le Seigneur Yahvé. Malheur à celles qui
cousent des rubans sur tous les poignets, qui fabriquent des voiles pour la tête de gens de toutes tailles,
afin de prendre au piège les âmes ! Vous prenez au piège les âmes des gens de mon peuple et vous
épargneriez vos propres âmes ? Vous me déshonorez devant mon peuple pour quelques poignées d'orge
et quelques morceaux de pain, en faisant mourir des gens qui ne doivent pas mourir, en épargnant ceux
qui ne doivent pas vivre, et en mentant à mon peuple qui écoute le mensonge. Eh bien ! ainsi parle le
Seigneur Yahvé : Voici que je vais m'en prendre à vos rubans, avec lesquels vous prenez au piège les
âmes comme des oiseaux. Je les déchirerai sur vos bras et je libérerai les âmes que vous essayez de
prendre au piège comme des oiseaux. Je déchirerai vos voiles et je délivrerai mon peuple de votre main,
pour qu'il ne soit plus un gibier dans votre main. Et vous saurez que je suis Yahvé. (Ezéchiel 13 : 17 -
21). »
85
par le mal dès sa jeunesse. Mais celui qui veut progresser, parvenir au bien et accomplir la volonté de
Dieu ne peut y parvenir que par l’effort, et une formation particulière est nécessaire. Elle s’impose donc
pour tous les médiums qui désirent servir les plans de Dieu. Ces bons médiums recevaient un
enseignement dans les écoles de prophètes mentionnées dans la Bible. Les dirigeants de ces
établissements étaient des hommes de Dieu, tels que Samuel, Elie et Elisée.
Au temps où les hommes de Dieu dirigeaient ces écoles de médiums, elles étaient très fréquentées. Les
familles croyantes considéraient qu’avoir des enfants doués de facultés médiumniques, et instruits par ces
hommes de Dieu, était un bienfait divin. Au temps de Samuel, Elie et Elisée, une école de médiums se
trouvait dans chaque localité d’une certaine importante comme par exemple Rama, Gilgal, Béthel et
Jericho. Les élèves d’Elisée furent si nombreux que le lieu de leur réunion devint trop étroit. Ainsi, ils
dirent un jour à Elisée : l'endroit où nous nous tenons assis devant toi est trop petit pour nous. Permets
que nous allions jusqu'au Jourdain; nous y prendrons chacun une poutre et nous nous ferons là un abri
pour s'y asseoir." Il répondit "Allez." (Rois 6 : 1 – 2). »
86
Aujourd’hui on dirait plus simplement, « En ce qui concerne le spiritisme, je ne voudrais vous laisser
dans l’ignorance68 ». A l’origine, on ne disait pas « idoles muettes » mais on parlait de « dieux morts ».
On appelait habituellement ainsi les démons ou les Esprits séparés de Dieu qui sont toujours désignés
dans la Bible par l’expression : « les morts ».
La traduction correcte du passage cité devrait par conséquent être la suivante : « En ce qui concerne le
spiritisme, je ne voudrais pas vous laisser dans l’ignorance. Vous en savez déjà quelque chose depuis le
temps où vous étiez dans le paganisme. En ces temps là, vous alliez vers les Esprits séparés de Dieu vers
lesquels vous vous sentiez irrésistiblement attirés ». Dans ce qui suit, deux phrases manquent également
dans le texte grec à votre disposition. Les voici : « Ainsi vous étiez devenus les associés des mauvais
Esprits qui ne reconnaissent pas Jésus comme leur maître. A présent que vous appartenez au Christ et que
vous êtes soumis à son autorité, vous êtes en relation avec les bons Esprits ». C’est à ces deux phrases
manquantes que se rattache le verset 3 que vous avez traduit de la manière suivante : C'est pourquoi je
vous le déclare, personne, parlant sous l'inspiration de l'Esprit de Dieu, ne dit "maudit soit Jésus", et nul
ne peut dire "Jésus est seigneur", si ce n'est par l'Esprit Saint. Ce verset 3 contient encore une faute de
traduction qui rend le passage difficile à comprendre. Le texte grec ne dit pas « par l'Esprit Saint », mais
« par un esprit saint69 », c'est à dire sous l'action d'un esprit qui est saint.
Ce n’est pas Dieu lui-même qui produit directement les effets dont il est question, mais ce sont les Esprits
à son service, qui exécutent les missions confiées par Dieu à l’aide de la force de Dieu. C'est parce que
vos traducteurs de la Bible se servent très souvent de l'expression « le Saint Esprit », là ou le texte grec dit
« un esprit saint » qu'ils sont la cause de l'interprétation erronée de ce passage. Vos traducteurs vous
désorientent tellement à propos de la notion du Saint Esprit qu'ils sont arrivés à fabriquer la fausse
doctrine qui prétend que le Saint Esprit est une divinité.
Afin de t'expliquer les notions exactes relatives à l'Esprit et aux Esprits, je vais prendre un exemple issu
de votre vie terrestre. Cela te facilitera d'ailleurs la compréhension de ces deux premiers chapitres de la
première épître aux Corinthiens. A l'époque où vos rois régnaient en souverains absolus, tout ce qui se
passait dans leur royaume dépendait de la seule volonté du monarque. C'est sa volonté qui représentait la
loi. Ses serviteurs et ses fonctionnaires, dans l'exercice de leurs charges, n'agissaient qu'en fonction de ses
directives. Ceci ne signifiait pas que pour chacune de leurs actions ils devaient demander la permission du
roi, mais qu'il existait des directives royales que chacun devait suivre. Beaucoup de fonctionnaires
s'agitaient dans le royaume, mais le seul qui fixait les règles était le roi.
Il en est de même dans le royaume de Dieu. Un seul souverain y règne et sa volonté fait autorité, ce
souverain c'est Dieu. Comme Dieu est esprit, la Bible le désigne parfois par l’expression : « l'Esprit de
Dieu » ou encore « le Saint Esprit ». Les autres Esprits, qu'on appelle également « Esprits de Dieu » ou
« saints Esprits », ne sont que les organes exécutifs, les serviteurs et les fonctionnaires. Ces Esprits sont
guidés par des lois et par des directives. Il est inutile que Dieu leur assigne systématiquement une mission
bien déterminée puisqu'ils oeuvrent en accord avec la volonté de Dieu. Ces Esprits représentent un corps
gouvernemental constitué de nombreux membres différents et indépendants les uns des autres. Tous ces
Esprits sont cependant dirigés comme faisant partie d'un tout, par l'Esprit créateur du monde des Esprits
qui leur octroie sa puissance et sa force. C'est dans ce sens que Paul dit : Il y a certes, diversité de dons
spirituels, mais c'est le même Esprit; diversité de ministères, mais c'est le même Seigneur; diversité
d'opérations, mais c'est le même Dieu qui opère tout en tous (Corinthiens 12 : 4 - 6). Par conséquent,
lorsque dans les assemblées de Corinthe, un esprit s'exprimait à travers un médium dans sa langue
maternelle et qu'un deuxième esprit faisait la même chose dans une langue étrangère, et qu'un troisième
esprit guérissait à travers un autre médium, et que beaucoup d'autres Esprits se manifestaient de diverses
manières, et bien, tous ces Esprits n'agissaient pas de leur propre chef et avec leur propres moyens, mais il
le faisaient en conformité avec la volonté et avec la force du même Dieu, l'Esprit suprême et tout puissant.
Les Corinthiens étaient très impressionnés et interloqués lorsqu’un esprit parlait à travers un médium dans
une langue étrangère. C’est pourquoi ils le désiraient ardemment et priaient pour que le maximum
68
Dans le texte grec, l’expression « phénomènes spirituels » correspond à un seul mot : π ν ε υ µ α τ ι κ α .
69
ει µη ε ν π ν ε υ µ α τ ι α γ ι ω .
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d’Esprits se manifeste ainsi à eux. Comme ce désir ne servait essentiellement qu’à satisfaire la curiosité
humaine, Paul les en blâmait. Il leur expliquait que les visites ponctuelles des Esprits ne devaient servir
qu’à les instruire et à les édifier afin de développer la communauté chrétienne. Des Esprits s’exprimant
dans une langue étrangère ne pouvaient être d’aucune utilité. Le médium lui-même n’en tirait aucun
avantage puisqu’il ne comprenait rien à ces discours prononcés dans d’autres langues que la sienne. Tout
comme les assistants qui ne connaissaient pas ces dialectes n’en obtenaient rien de bénéfique. Paul
demanda donc à ces chrétiens de prier pour que des Esprits qui dispenseraient un enseignement dans la
langue maternelle des assistants leur soient envoyés. Paul leur dit aussi que, si un esprit parlait dans une
langue inconnue, les assistants devaient faire traduire ce discours, soit par l’esprit lui-même, soit par un
autre esprit.
Le fait qu’un esprit s’exprime dans une langue inconnue du médium ne servait qu’à prouver l’authenticité
de l’action d’un esprit étranger et donc constituait une preuve concrète de l’existence du monde spirituel.
Paul dit avec raison que ce phénomène apportait au moins une preuve aux incroyants. Je fais remarquer
que vos traducteurs désignent cette manifestation dans une langue inconnue par l’expression « parler en
langues » et désignent les enseignements donnés dans la langue maternelle par l’expression « don de
prophétie ».
Paul approuve les Corinthiens quand ils s’efforcent d’entrer en relation avec les Esprits. Il dit : Vous de
même, cherchez à être inspirés, et le plus possible, puisque cela vous attire, mais que ce soit pour
l'édification de l'assemblée (Corinthiens 14 : 12). Cette phrase a également été déformée et rendue
incompréhensible par vos traducteurs qui ont écrit « vous cherchez à être inspirés » alors que le texte grec
dit « vous ambitionnez des Esprits ». Ce passage dit pourtant textuellement : « De même vous, puisque
vous ambitionnez des Esprits, alors que ce soit pour l'édification de l'assemblée que vous cherchiez à les
avoir en abondance.70 »
A la fin de son enseignement, Paul avertit les Corinthiens d’éviter tout désordre à l’occasion de leurs
communications avec les Esprits. Il veut que tout se déroule décemment et avec ordre, car Dieu n’est pas
un Dieu de désordre, mais d’ordre et de paix. Paul souhaite que les médiums se plient également à cette
discipline. Pas plus de deux ou trois médiums ne doivent se mettre à la disposition des Esprits qui parlent
en langues. De plus, d’autres Esprits doivent traduire ces langues étrangères et servir d’interprètes aux
assistants. S’il n’y a aucun esprit pour interpréter, alors qu’on se taise et qu’aucun médium ne parle en
langue devant l’assemblée. Quant aux discours prononcés dans la langue maternelle des participants, que
le nombre des Esprits qui s’expriment soit limité à deux ou trois. Ainsi, ceux qui les écoutent ont le temps
de discuter entre eux à propos des sujets abordés, ils peuvent faire-part de leur interprétation et exprimer
ce qu’ils ont compris. Paul dit : « que les autres jugent71 ». Cette exhortation que Paul adresse aux
Corinthiens est identique à celle que j’ai si souvent répétée lors de vos réunions. Aussi bien moi, que tous
les autres Esprits qui ont parlé, nous vous avons toujours invités à échanger vos points de vue à la fin de
la réunion. C’est ce que Paul appelle « juger ». L’essentiel n’est pas d’entendre beaucoup de choses à la
fois, mais de bien comprendre ce qui a été dit. Lorsque vous commentez ensemble ce que les Esprits vous
ont dit, cela nous permet, à nous les Esprits, de nous rendre compte quels assistants ont bien compris et
lesquels ont mal compris. Pendant vos débats et vos discussions, nous sommes encore présents et nous
vous écoutons. Si nous estimons que votre interprétation est inexacte ou si des opinions divergent, nous
reprenons possession des médiums et nous précisons les points que vous avez mal compris. Celui qui est
ignorant du déroulement des manifestations d’Esprits et de la relation entre les Esprits et les médiums, ne
peut pas comprendre les directives établies par Paul.
Pour compléter ce sujet, soyez certains que les relations entre les bons Esprits et vous ressemblent tout à
fait à vos relations humaines. Ils sont en effets vos meilleurs amis et se joignent en grand nombre à vos
assemblées. Ces Esprits étaient, pour la plupart, des mortels comme vous qui, dans l’au-delà, ont
progressé vers Dieu. Ils sont destinés à être vos guides, vos conseillers et vos protecteurs. Leur désir le
70
ου τ ω ς κ α ι υ µ ε ι ς , ε π ε ι ζ η λ ω τ α ι ε ο τ ε π ν ε υ µ α τ ω ν , π ρ ο ς τ η ν ο
ικο δ ο µ η ν τ η ς ε κ κ λ η σ ι α ς ζ η τ ε ι τ ε ι ν α π ε ρ ι σ σ ε υ η τ ε .
71
Corinthiens 14 : 29. Un conseil similaire est donné dans Actes 17 : 11 et 1 Thessaloniciens 5 : 19 - 21.
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plus ardent est de vous rapprocher de Dieu pendant le temps de votre vie terrestre. Ainsi, au moment de
quitter cette terre, vous serez en mesure d’atteindre la sphère la plus élevée possible dans le monde des
Esprits. Vos amis spirituels sont souvent des Esprits ayant appartenu à des nations différentes de la votre,
quand il était encore sur terre. Leur langue n’est pas nécessairement la votre. Beaucoup d’entre eux
ignorent votre langue maternelle. Rendez vous compte que les Esprits, comme n'importe qui, doivent
apprendre des langues terrestres qu’ils ignoraient en tant qu’êtres humains. Tous voudraient vous
prodiguer de bons conseils et se pressent autour des médiums pour parler ou pour écrire à travers eux.
Afin que tout se passe dans de bonnes conditions, un esprit contrôleur supervise chaque séance consacrée
aux bons Esprits. Cet esprit désigne les Esprits qui prennent la parole et il leur indique pendant combien
de temps ils ont l’autorisation de le faire. En donnant cette permission aux Esprits visiteurs, l’esprit
contrôleur fait appliquer les règles définies par les participants eux-mêmes. Si par exemple, les
participants décident qu’on ne parlera pas dans une langue inconnue des personnes présentes, alors
l’esprit contrôleur n’admettra aucun autre esprit qui ne maîtrise pas la langue des assistants. Rappelons
que les médiums ont tout à fait le pouvoir de refuser l’accès de leur corps à un esprit. L’état de transe ne
devient possible que lorsque le médium l’accepte volontairement. Voilà pourquoi Paul dit que « les
Esprits des prophètes sont soumis aux prophètes », c’est à dire aux médiums.
Un passage des directives de l’apôtre Paul parait obscur, en partie par sa tournure et en partie en raison
d’une traduction imparfaite. Ce passage est ainsi rédigé : Quand vous êtes réunis, chacun de vous peut
chanter un cantique, apporter un enseignement ou une révélation, parler en langues ou bien interpréter :
que tout se fasse pour l’édification commune (Corinthiens 14 : 26). Tout d’abord cette traduction est
erronée. Voici ce que dit précisément ce passage : « Toutes les fois que vous vous assemblez, chacun
d’entre vous a un cantique, a un enseignement, a une langue, a une interprétation72 …etc. ». Chacun
d’entre vous le reçoit de la part des médiums présents. Ceux qui viennent aux réunions n'ont pas déjà tout
cela, comme s’ils l’avaient préparé d’avance et apporté avec eux. C’est au cours de la séance que les
Esprits assemblés présentent, récitent, et exposent ces différentes choses à travers les médiums : l’un un
cantique, l’autre une instruction, un troisième une révélation, un autre encore un discours dans une langue
inconnue, et enfin un autre la traduction des dialectes étrangers dans la langue maternelle. Chacun des
assistants peut prendre, parmi cette nourriture spirituelle si abondante, ce qui est le plus utile aux besoins
immédiats de son âme. Toute la communauté doit trouver de quoi l’édifier et pas seulement quelques uns
des assistants. C�