Synthse
Universit Badji Mokhtar Annaba . Algrie
Direction des Publications
Revue
des Sciences
et de la
Technologie
Numro 23
ISSN - 1111 - 4924
Octobre 2011
Universit Badji Mokhtar, Annaba
Direction des Publications
- -
Revue des Sciences et de la Technologie
Synthse
Directeur de la Revue
Pr. Abdelkrim Kadi
Recteur de lUniversit Badji Mokhtar - Annaba
Directrice des Publications
Pr. Zahia Hadjoub
Directrice de la Rdaction
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Comit de Rdaction
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Pr. Lakhdar Boulanouar, Pr. Nadir Farah
Dr. Mohamed Fouzi Ghorab, Pr. Rabah Laouar
Secrtariat
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Rdaction et Administration
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Universit Badji Mokhtar,
BP 12, Annaba 23000, Algrie.
Tel/Fax : 213 (0) 38 87 11 12
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ISSN 1111 4924.
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Professeur, Dpartement de Gnie des Procds, Universit Farhat Abbes, Stif (Algrie)
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Professeur, Dpartement d'Electronique, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
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Professeur, Mcanique Matriaux Structure, U.T. Compigne (France)
Kamel Bouhidel
Professeur, Dpartement de Gnie Chimique, Universit de Batna (Algrie)
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Professeur, Dpartement d'Amnagement, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
Anissa Boukhemis
Professeur, Dpartement d'Amnagement, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
Chikh Bouzar
Professeur, Dpartement de Mathmatiques, Universit Es-Senia, Oran (Algrie)
Kamel Chaoui
Professeur, Dpartement de Mcanique, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
Allaoua Chibani
Professeur, Dpartement de Physique, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
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Professeur, Dpartement d'Electronique, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
Larbi Djabri
Professeur, Dpartement de Gologie, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
Mohamed Rda Djebbar
Professeur, Dpartement de Biologie, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
Patrick Giraudoux
Professeur, Ecologie et Environnement, Universit de Besanon (France)
Redjem Hadef
Professeur, Universit Larbi Ben-M'hidi, Oum El Bouaghi (Algrie)
Zahia Hadjoub
Professeur, Dpartement de Physique, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
Tayssir Hamieh
Professeur, Dpartement de Matriaux, Universit Libanaise, Beyrouth (Liban)
Hichem Kara
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Raoul Karuba
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Smail Kharoubi
Professeur, Facult de Mdecine, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
Nacer Kherici
Professeur, Dpartement de Gologie, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
Mohamed Labaiz
Professeur, Dpartement de Mtallurgie, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
Ali Ladjama
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Professeur, Dpt. de Mathmatiques, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
Bachir Merzoug
Professeur, Dpartement de Mcanique, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
Andr Monteil
Professeur, Dpartement de Physique, Universit Angers (France)
Jean-Pierre Quignard
Professeur, Dpartement de Biologie Marine, USTL Montpellier (France)
Bachir Redjel
Professeur, Dpartement de Gnie Civil, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
Zaidi Sahnoune
Professeur, Dpartement d'Informatique, Universit Mentouri Constantine (Algrie)
Hocine Sissaoui
Professeur, Dpt. de Mathmatiques, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
Guy Smagghe
Professeur, Protection des Vgtaux, Universit Grund (Belgique)
Noureddine Soltani
Professeur, Dpartement de Biologie, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
Mohamed Taabni
Professeur, Dpartement de Gomorphologie, Poitiers (France)
Lakhdar Tifouti
Professeur, Dpt. de Gnie des Procds, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
Louisa Zouioueche
Professeur, Dpt. Chimie, Universit Badji Mokhtar, Annaba (Algrie)
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synthtisant un problme technique spcifique, ltat de lart dun thme ou une lettre lditeur.
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Le manuscrit, ne devant pas excder 20 pages est saisi en double interligne avec une police Times New Roman (taille
12) et un mode justifi. Le manuscrit, crit en recto seulement, avec des marges de 3 cm, doit comprendre, dans
lordre : une page de titre, une page de rsums, le texte, les rfrences, une nomenclature et, ventuellement, des
annexes. Toutes les pages doivent tre numrotes. Les titres de chapitres sont numrots selon la numrotation
dcimale (1. INTRODUCTION 2. MATERIEL ET METHODES 2.1 Matriel biologique ; 2.1.1 Position systmatique
; 3. RESULTATS etc.). Les tableaux, avec leurs titres et les figures, avec leurs lgendes, doivent tre intgrs dans le
corps du texte. Les abrviations, dveloppes lors de la premire citation, sont suivies dun point abrviatif. Les
parenthses et les crochets ouvrants et fermants sont colls aux mots qui les suivent ou les prcdent.
Page de titre
La page de titre contient :
Le titre de larticle doit tre en minuscule (exemple : Etude de lActivit Antibactrienne), lequel doit tre concis
tout en tant explicite (Police 14 Times New Roman ou TNR, gras et centr)
Le nom et les prnoms (en entier) de chaque auteur (Police 12 TNR non gras et centr)
Les coordonnes compltes (adresse et e-mail), ainsi que le nom de lauteur correspondant (Police 10 TNR non gras,
italique et centr).
Page des rsums
La page des rsums (une seule page, Police 10 TNR non gras, justifi) doit rappeler le titre de larticle et comporter
un rsum en anglais, en arabe et en franais, chacun contenant environ 200 mots et suivi de cinq mots cls (crits
en minuscules TNR 10, italiques et spars par des tirets).
Equations et nombres
Les quations doivent tre soigneusement saisies dans lditeur dquations Microsoft Equation 3.0. Quand il est fait
rfrence aux quations dans le texte sous la forme : quation (1), elles doivent tre numrotes en chiffres arabes
entre parenthses au bord de la marge droite. Les vecteurs et matrices doivent apparatre en caractres gras. Le
logarithme dcimal scrit log et le logarithme nprien ln. Labrviation de exp (exponentielle) est le e. Dans les
expressions du type dx/dt le terme d (diffrentiel) est toujours en romain, tandis que la grandeur physique ( x ou t) est
toujours en italique. La virgule dcimale, utiliser dans les textes en franais, est remplacer par le point dcimal
dans les textes en anglais.
Figures et Tableaux
Toutes les figures, tableaux (lignes et colonnes) et iconographies (photos) doivent tre cits dans le texte par leur
numro (chiffres arabe). On crira figure 1 ou tableau 1 en toutes lettres dans le texte lorsque cela fait partie de la
phrase, mais on crira (Fig. 1) ou (Tab. 1) quand il sagit dun renvoi. Les figures (lments dune mme figure
doivent tre regroups) et tableaux seront numrots en chiffres arabes croissant au fur et mesure de leur
apparition dans le texte (Police TNR 10 justifi et non gras). Les tableaux ne doivent pas faire double emploi avec les
figures.
Rfrences
Les rfrences sont numrotes par ordre croissant au fur et mesure de leur apparition dans le texte, en chiffres
arabes entre crochets. Toutes les rfrences de la liste doivent correspondre des rfrences cites dans le texte dans
lordre chronologique. Les titres des priodiques doivent tre abrgs selon les normes officielles (cf. ISI, Current
Contents, Physical Abstracts, etc.). Ecrire en toutes lettres les mots pour lesquels aucune abrviation nest
rpertorie. Le style et la ponctuation des rfrences doivent tre conformes aux modles illustrs ci-dessous en
indiquant tous les auteurs:
Article de revue/journal:
[1] Guo G., Park C.B., Lee Y.H., Kim Y.S. & Sain M., 2007. Flame retarding effects of nanoclay o, wood-fiber
composites, Polymer Eng. & Sci., Vol. 47 (3), 330-336.
Ouvrage ou thse publie :
[2] Dhadialla T.S., Retnakaran A. & Smagghe, G., 2005. Insect growth- and development- disturbing insecticides. In:
Comprehensive Molecular Insect Science L.I. Gilbert, K. Iatrou, S.K. Gill (Eds), Elsevier- Pergamon, Oxford,
UK, vol. 6, 55-116.
[3] Montambeaux G. & Akkermans E., 2009. Physique msoscopique des electrons. Ed. EDP Sciences. 189p.
[4] Moreau J., 2009. Problmes unilatraux. Thse de Doctorat en ..Universit de., Pays. 160p.
Actes colloque ou congrs :
[5] Kanninen M.F., Peggs I.D. & Popelar C.H., 1993. A methodology for forcasting the lifetimes of geomembranes
that fail by slow crack growth, Proceedings of Geosynthetics93, Vancouver, Canada, 831-844.
Nomenclature
Tous les paramtres cits dans larticle doivent tre rassembls alphabtiquement, dans une nomenclature la fin de
larticle, avec leurs dsignations et leurs units. Lettres grecques, indices et exposants sont traits sparment. Les
symboles utiliss doivent tre ceux de la normalisation internationale (ISO) ; ils sont toujours crits en italique. Les
units doivent tre conformes au Systme International (SI) et toujours spares de la valeur numrique par un
espace (quelles que soient lunit et la langue) ; elles sont crites en romain. Le symbole du litre est L, celui de la
minute est min, celui du normo mtre cube est Nm 3, C, K (Kelvin), etc.
Annexes
Dans le but dassurer laccessibilit un plus grand nombre de lecteurs, lannexe est destine expliciter des
techniques de calcul ou des dveloppements mathmatiques, etc. ncessaires la clarification dune ide ou dun
processus.
Sommaire
Lhomme et la biodiversit marine : les liaisons dangereuses.
Rachid Amara 6
Etude thorique du comportement des tirants dancrage dans un sol pulvrulent.
Feriel Mekki, Mohamed Meksaouine & Mohamed Guenfoud.........22
Elaboration, caractrisation et comportement loxydation haute temprature des
nanomatriaux Fe1-x Alx obtenus par mcanosynthse.
Rabah Chater, Sifi Ghrieb & Daoud Chaanbi..31
Etude et ralisation de capteurs de gaz base de silicium poreux.
Nassera Ghellai, Anisse Chiali, Nasr Eddine Chabane-Sari & Noureddine Gabouze.40
Effet in vitro du glucose sur le fibroblaste adventitiel aortique de Psammomys obesus.
Billel Chaouad , Fouzia Zerrouk , Adel Ghoul , Khira Othmani-Mecif ,
Hamid Sahraoui, Samia Neggazi, Souhila Aouichat-Bouguerra & Yasmina
Benazzoug48
Transfert de chaleur dans un canal partiellement rempli dune matire poreuse.
Benmerkhi Meriem & Afrid Mohamed56
Etude de lactivit antibactrienne des huiles essentielles de la Sauge officinale :
Salvia officinalis L. sur quelques entrobactries pathognes.
Salah Benkherara, Ouahiba Bordjiba & Ali Boutlelis Djahra...72
Inventaire des Plantes Mellifres du Sud Ouest Algrien.
Hadda Laallam , Larbi Boughediri & Samia Bissati...81
Le concept dalcalinit rsiduelle et volution gochimique des processusApplication
aux sols sals du lac Fetzara (Nord-Est algrien).
Rachid Djama, Djamel Fadel, Aziz Lafa, Mohamed Benslama, Youcef Daoud &Vincent
Valls90
Proprits physicochimiques et rhologiques dun mlange aqueux de biopolymres
et dun tensioactif non ionique.
M. Rebiha, N. Moulai Mostefa & A. Hadj Sadok..............................................................99
Revue Synthse N23, Octobre 2011
R. Amara
Lhomme et la biodiversit marine : les liaisons dangereuses
Rachid Amara
Universit du Littoral Laboratoire dOcanologie et Gosciences CNRS, UMR 8187,
F-62930 Wimereux, France
Article invit
Rsum
La biodiversit est une dimension essentielle du vivant et fournit les lments essentiels la vie et la prosprit
de lensemble de lhumanit. Elle sexprime par la diversit gntique, la diversit des espces et la diversit des
cosystmes. LOrganisation des Nations Unies a proclam 2010, anne internationale de la biodiversit pour
alerter lopinion publique sur ltat et les consquences du dclin de la biodiversit dans le monde. En effet,
partout dans le monde, les densits de populations humaines ne cessent daugmenter sur la frange littorale
(plus de 60%). Cela se traduit par une acclration continue et rapide de lutilisation de l'espace littoral et un
accroissement des pressions sur les cosystmes et les espces quils renferment. La pollution de la mer, dont
80 % provient des activits humaines d'origine tellurique, la navigation, lintroduction despces invasives, la
surexploitation des ressources halieutiques, la dgradation, la fragmentation et les pertes dhabitats sont autant de
facteurs responsables de lrosion de la biodiversit marine. Exacerbe par le changement climatique, cette
anthropisation menace de dtruire l'quilibre fragile des cosystmes marins et de la biodiversit quils
renferment. Cet article fait le point sur les connaissances actuelles sur la biodiversit marine, son importance et
les pressions quelle subit.
INTRODUCTION
La biodiversit constitue la richesse
naturelle de la terre et fournit les lments
essentiels la vie et la prosprit de
lensemble de lhumanit. LOrganisation
des Nations Unies a proclam 2010, anne
internationale de la biodiversit pour
alerter lopinion publique sur ltat et les
consquences du dclin de la biodiversit
dans le monde. Les mers et les ocans
couvrent 70 % de la surface du globe et
prsentent des habitats qui sont, au point
de vue biologique, riches et extrmement
varis, allant des eaux ctires peu
profondes
aux
fosses
abyssales
reprsentant ainsi un important rservoir de
biodiversit. Toutefois, la difficult et la
raret des inventaires qualitatifs et
quantitatifs font que les connaissances sur
la biodiversit marine sont encore
incompltes et mme inexistantes dans
certaines zones et en particulier dans les
Auteur correspondant : [email protected]
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
grandes
profondeurs
de
locan.
Cela rsulte de la spcificit du milieu
marin : monde secret (difficile observer)
et mystrieux o les atteintes la
biodiversit peuvent passer inaperues.
Milieu en trois dimensions (vs 2 D en
terrestre) et qui se caractrise par labsence
de barrires et la facilit de dispersion des
organismes. Ainsi, de nouvelles espces
sont dcouvertes au fur et mesure que
lexploration des ocans se poursuit. Cest
le cas par exemple pour douze espces
nouvelles de requins, raies et chimres
rcemment dcouvertes entre la NouvelleZlande et la Nouvelle-Caldonie en
seulement un mois de prospection [1]. La
biodiversit dsigne la quantit et la
variabilit au sein des organismes vivants
dune mme espce (diversit gntique),
despces diffrentes ou dcosystmes
diffrents. Face des pressions (naturelles
ou anthropiques), la perte de diversit
gntique affaiblit la capacit d'une espce
s'adapter, la perte de la diversit des
6
Revue Synthse N23, Octobre 2011
espces affaiblit la capacit d'une
communaut biologique s'adapter, la
perte de la diversit fonctionnelle affaiblit
la capacit d'un cosystme s'adapter, et
la perte de la diversit des cosystmes
affaiblit la capacit de la biosphre tout
entire s'adapter.
Aujourdhui, environ 275 000 espces ont
t recenses dans les mers et les ocans
soit 15 % de la biodiversit totale de la
plante. Cette biodiversit, qui est le
produit de plusieurs milliers dannes
dvolution, constitue un patrimoine
naturel et une ressource vitale dont
lhumanit dpend. Beaucoup de ces
espces sont indispensables au bien-tre
des humains, soit directement comme
ressources
renouvelables
valeur
marchande, soit indirectement pour
maintenir le fonctionnement et la viabilit
des cosystmes marins. Les poissons et
les invertbrs marins sont parmi les
dernires sources de nourriture sauvage sur
la plante, couvrant actuellement prs de
15 % de lapport en protines animales de
la population mondiale et en sont les
principales (voire les seules) sources pour
un milliard dhommes [2]. La biodiversit
joue un rle essentiel dans le
fonctionnement des cosystmes marins et
contribue
fortement
la
valeur
conomique des services rendus par les
cosystmes marins. La richesse locale des
espces peut amliorer la productivit des
cosystmes et leur stabilit (capacit
supporter des perturbations rcurrentes)
[3]. partir dune mtaanalyse dun grand
nombre dtudes publies, Worm et al. [3]
concluent que les cosystmes les plus
diversifis
sont
aussi
les
moins
susceptibles de connatre leffondrement
ou la disparition despces commerciales
importantes car les mieux mme
rsister aux variations naturelles ou aux
agressions anthropiques. De ce fait, la
perte de biodiversit pourrait ainsi avoir de
graves
consquences
sur
lapprovisionnement
des
populations
humaines en produits de la mer ainsi que
sur lconomie. La biodiversit ne
constitue pas en elle-mme un service
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
R. Amara
rendu par un cosystme, mais se trouve
la base de lapprovisionnement de services
[4]. La valeur de la biodiversit est
limportance quaccordent les socits
humaines la diversit des formes de vie
ainsi quaux services rendus par la
biodiversit. Ceci inclut des considrations
morales ayant conduit une volont de
protection de la biodiversit, et des
tentatives pour quantifier de faon
montaire la fois les formes de vie et les
fonctions et services quelles assurent pour
les activits et les socits humaines. Selon
Costanza et al.[5], 63 % de la valeur
mondiale totale des services dcosystme
est apporte par les cosystmes marins
(20.9 billions $. an1) dont plus de la
moiti par les cosystmes ctiers.
Lrosion de la biodiversit
La perte de biodiversit est devenue l'une
des
plus
grandes
proccupations
environnementales du sicle dernier. Les
tendances observes actuellement sur la
terre et dans les ocans montrent les graves
dangers que reprsente la perte de
biodiversit pour la sant et le bien-tre de
lhumanit. Le changement climatique ne
fait
quexacerber
ce
problme.
Laccroissement
des
pressions
anthropiques sur le littoral mais aussi
lexploitation des ocans a srieusement
dgrad la biodiversit marine. Plus de la
moiti de la population mondiale vit
aujourdhui moins de 60 km le long des
1,6 million de kilomtres de ctes qui
bordent les mers et les ocans, et ce chiffre
pourrait atteindre 75 % en 2020. En
Europe, les rgions littorales sont le sige
dune activit conomique importante
(40% du PIB europen). Elles dpendent
la fois directement et indirectement de
lconomie maritime, et connaissent une
croissance plus rapide que la moyenne de
lconomie europenne. La longueur
importante de la cte europenne (68 000
km) est un atout conomique et
cologique, et un facteur dattractivit pour
lEurope [6]. Dans ce contexte, les
atteintes
lenvironnement
marin
croissent : artificialisation des ctes,
7
Revue Synthse N23, Octobre 2011
littoralisation des activits et des
implantations urbaines, rsidentielles et
touristiques, augmentation des rejets de
polluants et de macro dchets non
dgradables.
Cette menace sur les habitats et la
biodiversit peut avoir des consquences
importantes au niveau social, conomique
et biologique. Malgr ces atteintes
lenvironnement, il est encore difficile
aujourdhui de quantifier prcisment
lrosion de la biodiversit. Cela tient la
difficult dobservation et de dtection des
extinctions en milieu marin. Selon le
document de prospective scientifique sur la
biodiversit ralise par Silvain et al. [7],
des questions cls restent en suspens :
quelle est limportance de la crise actuelle
de la biodiversit ? Selon Roberts et
Hawkins [8],
les espces marines
prsentent un risque d'extinction beaucoup
plus lev que nous lavions suppos.
Comment se traduit la crise actuelle en
termes de disparitions despces, de
dplacements de populations et despces
ou encore de changements dans la
composition des communauts fauniques
ou floristiques ? Avec quels indicateurs
peut-on mesurer lamplitude de cette crise
? Quels sont les facteurs responsables de
cette rosion de la biodiversit et quelle est
la part des facteurs naturels et des activits
humaines
dans
lorigine
de
ces
changements ? Quelles seront les
consquences de cette rosion pour le
fonctionnement des cosystmes, pour les
services cosystmiques et pour les
populations humaines ?
Dulvy et al. [9] ont produit le travail le
plus abouti qui permet aujourdhui de
dresser un panorama des espces marines
teintes un niveau local, rgional ou bien
global. Lexploitation (pche) apparat
comme tant la principale cause des
extinctions (55 %) toutes les chelles
danalyse, suivie par la perte ou la
dgradation des habitats (37 %), le reste
tant attribu aux espces invasives, au
changement climatique, aux pollutions ou
aux maladies.
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
R. Amara
La biodiversit marine fortement
marque par lempreinte humaine
La biodiversit marine est fragilise par les
activits humaines (Fig. 1). Les atteintes
la biodiversit marine sont la rsultante
dune dmographie humaine croissante et
dune activit humaine en pleine expansion
conomique dont les besoins en ressources
renouvelables (pche) et non renouvelables
(minrales, nergtiques) ne cessent de
saccrotre. Il est toutefois difficile de
diffrencier les modifications qui rsultent
des contraintes naturelles (facteurs
climatiques) de celles qui sont induites par
les activits humaines. Plusieurs causes ont
une incidence sur la biodiversit marine,
aux niveaux gntique, spcifique et
cosystmique ; il est admis den
reconnatre cinq principales :
la pche
la pollution chimique et leutrophisation
la dgradation physique des habitats
linvasion despces exotiques
le changement climatique
Il est difficile dimputer lextinction
despces, de races ou de varits, ainsi
que la dgradation dcosystmes ou de
services cosystmiques, une seule de ces
causes, car toutes agissent simultanment,
parfois mme en interaction avec des effets
synergiques. Ces atteintes la biodiversit
peuvent entraner localement lextinction
despces, mais la perte despces
lchelle globale est encore rare en milieu
marin [9]. Cest le cas par exemple de
lEsturgeon europen, Acipenser sturio, le
plus grand poisson migrateur de France,
qui passe la majeure partie de sa vie en mer
et rejoint les eaux douces pour se
reproduire. Autrefois prsente dans tous les
grands fleuves dEurope occidentale, cette
espce amphihaline a progressivement
disparu au cours du XXme sicle de la
majeure partie de son aire de rpartition.
La dgradation de la qualit de leau (Rhin,
Seine), la destruction des frayres par
extraction
de
granulats
(Garonne,
Dordogne), les entraves aux migrations
(Rhin, Rhne) et une pche intensive
8
Revue Synthse N23, Octobre 2011
R. Amara
incontrle qui a captur aussi bien les
juvniles que les gniteurs ont conduit la
quasi-extinction de lespce. Elle ne
compte plus dsormais quune seule
population
de
quelques
milliers
dindividus, dont les derniers sites de
reproduction sont limits au bassin versant
Gironde-Garonne-Dordogne. C'est l'espce
de poisson europen la plus menace.
Lespce est classe En danger critique
dextinction en France tout comme au
niveau mondial.
Augmentation de la population humaine et de la
consommation
Augmentation activits humaines
Agriculture
Industries
- Dgradation et perte dhabitats
- Fragmentation des habitats
- Pollution chimique
- Eutrophisation
Urbanisation
Pches
Sur-exploitation
Commerce international
Introduction despces
invasives
Changement climatique
- Extinction despces et de populations
- Dgradation des cosystmes
- Erosion de la diversit gntique et du potentiel dvolution
- Perte de la valeur des cosystmes pour les socits humaines
Figure 1. Principales causes ayant une incidence sur la biodiversit marine (modifi daprs Groom et al., [10]
9
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
Revue Synthse N23, Octobre 2011
Une multitude de pressions sur le milieu
marin et sur la biodiversit
Effets de la pche.
La pche est le principal facteur qui
menace la biodiversit des poissons marins
[11]. Par exemple, dans le monde plus de
40 populations locales de poissons marins
ont disparu en raison de la surexploitation
[9]. Les effets de la pche sur la
biodiversit ont t largement tudis et
dcrits et concernent les effets sur les
espces cibles par la pche, les effets sur
la structure gntique, les effets sur les
captures accessoires, les effets sur les
communauts et les rseaux trophiques et
les effets sur l'habitat.
Plus des trois quarts des stocks de poissons
pchs sont aujourdhui considrs comme
pleinement exploits ou surexploits. La
rarfaction de nombreuses ressources
marines met en danger la diversit
constitutive des cosystmes marins et
parfois
leur
fonctionnement.
La
surexploitation a entran des extinctions
locales ou rgionales de quelques espces
de poissons ou de mollusques comme cest
le cas pour la population de hareng
islandais [12]. Aujourdhui la liste rouge
des animaux menacs de lIUCN (Union
Internationale pour la Conservation de la
Nature) comporte plus de 100 espces de
poissons marins qui ont connu un
important dclin de leur abondance ou dont
les populations locales se sont teintes.
De rcentes tudes ont montr que la
surpche entranait une diminution de la
taille, de lge des poissons, de la diversit
des classes dges et de lge la maturit
sexuelle. En outre, la pche affecte non
seulement les biomasses mais aussi la
composition des peuplements. Selon Pauly
et al.[13], la surpche est en train de
rduire le niveau trophique marin.
Labondance des populations des grandes
espces prdatrices croissance lente et
maturit sexuelle tardive tend diminuer
au profit des espces croissances et
renouvellement rapides comme lanchois
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
R. Amara
ou la sardine [14]. Ainsi, la rarfaction des
gros
poissons
prdateurs
modifie
profondment
et
durablement
le
fonctionnement des cosystmes marins.
Domins par des espces de petites tailles
et courte dure de vie, les cosystmes
deviennent plus instables car tributaires des
variations environnementales. En outre, la
pche despces de niveau trophique de
plus en plus bas a des consquences
varies sur la biodiversit des ocans. On
estime que la croissance rapide des essaims
de mduses dans le monde au cours des dix
dernires annes rsulte en partie de cette
situation. Les mduses ont remplac les
poissons en tant que planctivores
dominants dans plusieurs rgions, et des
inquitudes ont t exprimes sur le fait
que ces changements communautaires ne
seront peut-tre pas facilement rversibles,
dans la mesure o les mduses mangent
aussi les oeufs des poissons qui leur font
concurrence [15].
La Pche modifie aussi les flux d'nergie et
les interactions entre espces dans les
rseaux trophiques marins tout simplement
parce que toutes les espces pches sont
des composants de la chane alimentaire.
Ainsi toute modification de la biomasse
dun stock peut affecter lquilibre du
rseau trophique, labondance des autres
espces prsentes dans le milieu et
modifier
le
fonctionnement
de
lcosystme.
Par
exemple,
la
surexploitation et la diminution de la
biomasse de morue ont affect directement
et positivement sa principale proie, le sprat
(Sprattus sprattus), espce zooplanctivore,
et
indirectement et ngativement les
biomasses de zooplancton et de
phytoplancton [16]. Cette rgulation des
niveaux trophiques par les prdateurs (topdown control pour les Anglo-Saxons) bien
que longtemps sous-estime par les
spcialistes est aujourdhui de plus en plus
souvent mise en vidence (ex. [17] ; [18]).
Dans certains cas la modification de
lcosystme est telle que des mesures de
rduction, voire de cessation totale de
lexploitation de certains stocks comme
cest le cas pour la morue du Golfe du
10
Revue Synthse N23, Octobre 2011
Saint-Laurent ne se traduisent pas par une
restauration des populations [19].
La Manche et la mer du Nord offrent des
conditions propices une productivit
leve des stocks halieutiques. La pche
est la principale utilisation des ressources
de cette rgion. La plupart des stocks sont
en dclin en raison de la surpche. 30-40%
de la biomasse des espces exploites est
capture chaque anne ! Les contraintes
dues d'autres facteurs comme le
changement climatique, la perte d'habitat,
les espces envahissantes, l'eutrophisation
et la pollution peuvent accentuer la baisse
de la pche et inhiber le recouvrement des
stocks [11]. Par exemple, le dclin de la
morue en mer du Nord est d aux fortes
pressions de pche combines avec une
modification
des
conditions
ocanographiques qui ont affect les
zooplanctons qui constituent les proies de
cette espce [20].
R. Amara
Daprs Cury et Misery [14], en mer du
Nord 576 000 tonnes de poissons seraient
ainsi annuellement rejetes par les
pcheurs (3 % de la biomasse totale de
lichtyofaune et 22% des quantits de
poissons dbarques). tous ces poissons
rejets, il faut encore ajouter 150 000
tonnes dinvertbrs benthiques. Un seul
passage de chalut rcolte jusqu' 20 % de
la faune et de la flore du plancher
ocanique. Les filets danois captureraient
entre 5000 et 7000 marsouins par an en
mer du Nord, ce qui reprsente 5 % de la
population totale de ce mammifre marin.
De nombreux autres organismes marins
comme les requins, tortues et oiseaux
marins sont victimes de cette pche non
slective. Dans le monde, 300 000 ctacs,
100 000 albatros et environ 40 000 tortues
marines en danger ou menaces
dextinction meurent chaque anne du fait
des activits de pche, ce qui fait que de
nombreuses espces sont dsormais en
voie de disparition.
Le gaspillage de la pche
Malgr les 25 000 espces de poissons
connues, lhomme nen consomme quun
nombre trs limit. Ce phnomne
accentue le problme des prises
accessoires. En effet, dans de nombreux
lieux de pche, les poissons capturs ne
sont pas ceux qui sont cibls (espces sans
intrt
commercial,
ou
non
commercialisables pour des raisons de
taille
(immatures,
juvniles)
ou
d'interdiction de pche) et, dans de
nombreux cas, ils sont simplement rejets
la mer, morts ou en train de mourir. Les
estimations concernant la gravit du
problme des prises accessoires varient.
Les dernires tudes suggrent qu'environ
8 % de la prise totale au niveau mondial est
remis la mer mais des estimations
antrieures indiquaient qu'environ un quart
de celle-ci pouvait tre repasse par-dessus
bord [14]. Dans certaines pcheries de
chalutage de crevette, le rejet peut
reprsenter 90 % de la prise. Selon une
tude anglaise, pour 3 poissons pchs par
les chalutiers en mer du Nord, deux sont
rejets sans vie en mer [21].
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
La perte et la dgradation physique des
habitats
Les zones ctires travers le monde ont
subi dimportantes altrations physiques au
cours des dernires dcennies. Les surfaces
dhabitats perdus en mer sont comparables
avec celles des cosystmes terrestres.
Avec les mangroves, les rcifs coralliens
font aujourdhui partie des habitats marins
les plus menacs. On estime que 40 % des
rcifs coralliens sont significativement
endommags, que 30% 60% des
mangroves ont t perdus en Asie du Sud,
et que plus de la moiti des marais salants
de la plante ont disparus [9]. La perte
dhabitat peut concerner un habitat
essentiel une espce ncessaire pour
boucler son cycle de vie. Les mangroves,
les zones humides, les estuaires et de
nombreux autres habitats ctiers peu
profonds jouent un rle important dans le
droulement du cycle de vie de
nombreuses espces marines. Ce sont des
zones de nourriceries, des frayres et des
voies de migration [22]. Sur les ctes de la
Manche, la zone intertidale et les estuaires
11
Revue Synthse N23, Octobre 2011
sont frquents par les juvniles de 19 et
29 espces de poissons respectivement,
dont un grand nombre est reprsent par
des espces commercialement exploites
en mer ([23];[24]). Ces zones sont
indispensables pour le maintien de la
biodiversit et le renouvellement des
populations marines. Par exemple, la
dgradation dhabitat dans lestuaire de la
Seine a entran une perte de 25 % de la
population totale de juvnile de sole, Solea
solea en Manche Est entre 1850 et
aujourdhui [25]. La pche, notamment les
chaluts de fond et les dragues
mollusques, est lune des causes
principales de destruction de lhabitat
benthique. Annuellement les surfaces
couvertes par le chalutage sont estimes
la moitie de la surface du plateau
continental mondial [26]. Cette surface
reprsente 150 fois la surface de
dforestation annuelle en milieu terrestre.
Lactivit de pche peut parfois avoir une
intensit proccupante. Certaines zones de
pche productives en mer du Nord sont
chalutes en moyenne 8 fois par an et entre
25 141 fois dans certains estuaires [27].
Ces destructions dhabitats affectent de
nombreuses espces sdentaires, la
composition, la structure et la productivit
des peuplements benthiques [28]. Bien
qu lchelle locale les impacts des
activits de pche sont clairement
ngatives pour les habitats et les
populations benthiques, il est difficile de
savoir les impacts plus grande chelle et
les consquences sur les extinctions
despces.
Pollution marine
Les activits humaines sont responsables
de lintroduction dans le milieu marin dun
grand nombre de substances. Selon le
PNUE (Programme des Nations Unies
pour
l'Environnement),
80 %
des
pollutions marines sont d'origine terrestre
et anthropique. Aux sources industrielles
sajoutent les effluents domestiques et
urbains ainsi que les apports diffus dus aux
usages agricoles. Limpact de la pollution
des eaux marines est mal mesur, mais il
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
R. Amara
serait responsable d'importants effets
ltaux et subltaux sur les organismes
marins. La pollution a des rpercussions
tous les niveaux trophiques, des
producteurs primaires aux consommateurs
suprieurs et, par consquent, affecte le
fonctionnement des cosystmes. Notre
comprhension gnrale de la faon dont la
pollution et les diffrents contaminants
influencent la biodiversit marine est
limite. Du point de vue de gestion, les
principales questions sont de savoir quels
habitats marins sont plus vulnrables aux
contaminants et quelles classes de
contaminants sont plus susceptibles de
causer des impacts ngatifs sur la
biodiversit.
La forme de pollution la plus commune et
la plus visible est la pollution ptrolire
cause par les accidents de navires
ptroliers et le nettoyage des soutes en
mer. Le ptrole dvers en mer constitue
une pollution importante et proccupante
lchelle globale. On estime six millions
de
tonnes
par
an
la
quantit
d'hydrocarbures introduite dans les ocans
par l'activit humaine ce qui constitue par
consquent une cause fondamentale de la
pollution des ocans. Lors de la pollution
de l'Amoco Cadiz sur les ctes nord de
Bretagne, plusieurs dizaines d'espces ont
t affectes, cependant alors que les
crustacs et les mollusques ont montr une
forte mortalit, les polychtes se sont
avres beaucoup plus rsistantes mme
dans des sdiments fortement pollus [29].
Les
atteintes
chroniques
l'environnement, moins spectaculaires,
sont tout aussi nocives pour le milieu
marin. Il existe aujourdhui plus de 100000
molcules chimiques et il est difficile de
savoir quelles en sont les consquences sur
les organismes vivants. Certains de ces
contaminants
entranent
chez
les
organismes marins des perturbations
endocriniennes, des modifications du
comportement, des perturbations du
mtabolisme nergtique et des rponses
gntiques. L'augmentation des matires
en suspension colmate les organes de
filtration ou de rcolte de la nourriture. La
12
Revue Synthse N23, Octobre 2011
Manche et le sud de la mer du Nord
comprennent
une
grande
diversit
d'habitats ctiers (baies, estuaires, larges
zones intertidales) prsentant diffrents
niveaux de contamination chimique en
relation avec le degr d'anthropisation. Un
tat des lieux rcemment ralis a montr
des diffrences dimprgnation par les
mtaux chez les poissons le long de ce
littoral [30], combines lapparition de
pathologies [31] et des performances
biologiques moindres (moindre croissance
et
indices
de
condition,
faible
accumulation de rserves nergtiques
chez les juvniles) pour les sites les plus
anthropiss, i.e. lestuaire de la Seine et les
secteurs des ports de Calais et Dunkerque
([32];[33]).
Au-del des substances surveilles
classiquement (mtaux, organochlors,
pesticides,
hydrocarbures),
une
proccupation majeure se fait sur les
ventuels effets de nombreuses autres
substances chimiques que lon retrouve
pour les usages domestiques ou comme
produits cosmtiques ou pharmaceutiques
(antibiotiques, hormones, strodes). Ces
substances sont qualifies de contaminants
mergents. En 2002, la consommation
dantibiotiques tait de 8 500 T par
lhomme et de 4 700 T par les animaux
dans lUE (800 T par lhomme, 1 300 T
par les animaux en France). Ces substances
se retrouvent en grande partie dans le
milieu marin car les stations d'puration,
bien qu'elles se soient normment
amliores sur le plan technique, n'ont pas
t conues pour liminer ces molcules.
La
question
des
perturbations
endocriniennes en milieu aquatique a
merg partir des effets dun compos, le
tributyltain (TBT), un agent biocide
antifouling utilis sur les bateaux [34].
Chez une espce marine commune sur nos
ctes, la pourpe Nucella lapillus, on a
observ de nombreux cas dimposex, cest-dire lapparition dun pnis chez les
femelles. Obstruant les voies gnitales, le
spermiducte correspondant ce pnis
empchait la libration des ovocytes,
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
R. Amara
rendant lindividu impropre la
reproduction. Cette strilisation des
femelles peut conduire la disparition de
la population. En France, depuis septembre
2003 le TBT est strictement interdit la
seule exception de son usage par la marine
nationale.
Des
perturbations
endocriniennes ont galement t mises en
vidence chez des poissons telles que la
maturit
prcoce
des
femelles,
lintersexualit et linduction de la
vitellognine. Dans lestuaire de la Seine,
diverses espces de poissons prsentent des
signes de fminisation et montrent un
dsquilibre net du sex-ratio en dfaveur
des mles. Les perturbations rsultant de la
fminisation semblent pouvoir conduire
la rduction ou la disparition de population
de poissons [35]. Aujourdhui, environ 550
molcules sont suspectes dagir comme
perturbateurs endocriniens [36].
La pollution par les macrodchets est un
problme de pollution gnralis qui
affecte tous les ocans du monde. Sa
menace pour le milieu marin a t ignore
pendant longtemps et, ce nest que
rcemment que sa gravit a t reconnue
[37]. Les macrodchets sont la cause de
lsions et de dcs de nombreuses espces
marines (tortues, albatros, phoques,
baleines ou poissons), soit parce que ceuxci y restent emprisonns soit parce quils
les prennent pour des proies et les avalent.
Ils constituent des piges physiques et des
leurres pour la biodiversit marine. Dans le
monde, 10 % des 260 millions de tonnes de
matires plastiques produites annuellement
se retrouvent en mer. Selon les estimations
de lIfremer (Institut franais de recherche
pour lexploitation de la mer), en mer du
Nord, il y aurait 150 millions de dbris
entre la surface et 200 m de profondeur.
Leutrophisation des ocans
L'eutrophisation est un phnomne courant
dans les eaux marines ctires. Il
sagit dune fertilisation excessive des
eaux due un apport massif de composs
azots et phosphors provenant de l'activit
agricole et des rejets domestiques et
13
Revue Synthse N23, Octobre 2011
industriels. Ces composs favorisent le
dveloppement
des
micro-algues
(phytoplanctons) et des macroalgues qui
constituent le premier maillon de la quasitotalit des chanes alimentaires maritimes.
Ce phnomne est lorigine de
laugmentation du nombre de mares
vertes, rouges ou brunes et des pousses
planctoniques sur les ctes europennes.
Lexemple le plus proccupant en matire
datteinte au patrimoine naturel ctier, est
fourni par les mares vertes ulves
affectant depuis les annes 70 de
nombreux sites de la cote de Bretagne.
Leutrophisation
peut
avoir
pour
consquence un ventail de perturbations
indsirables pour l'cosystme marin, y
compris une variation de la composition de
la flore et de la faune qui affecte les
habitats et la biodiversit, et l'puisement
de la quantit d'oxygne entranant la mort
des poissons et d'autres espces. En baie de
Somme, des mortalits massives de toute la
faune benthique et notamment de
Cerastoderma edule (la coque, espce
exploite) ont t observe suite une
eutrophisation du milieu [38].
Depuis plusieurs dcennies, une volution
sensible
des
populations
phytoplanctoniques a t observe en
Manche et en mer du Nord et certaines ont
eu des rpercussions conomiques et
cologiques nfastes. Cest le cas de
Phaeocystis pouchetii qui est l'origine de
blooms planctoniques trs importants qui
se manifestent en mer par l'apparition d'un
pais mucilage dans l'eau et sur la cte par
l'apparition d'une paisse couche d'cume
ou mousse (de couleur blanc-gris
bruntre ou blanc jauntre). Les pcheurs
de la manche occidentale franaise
nomment ces blooms vert de mai ,
crasse (synonyme d'cume), ou parlent
du gluant , ou du limon . Sur la zone
intertidale, les dpts de mousse et leur
dgradation entranent des mortalits de la
macrofaune benthique [39].
R. Amara
Changement climatique
Le rchauffement des eaux
Tous les scientifiques reconnaissent la
ralit du changement climatique que nous
vivons actuellement. La temprature des
eaux de surface a augment denviron
1,5C depuis les annes 60. En mer du
Nord la temprature a augment de 1,1C
au cours des 30 dernires annes. Des
recherches rcentes ont permis de constater
un rchauffement marin jusqu 3 000
mtres de profondeur. Les consquences
sur le milieu marin se font dj sentir : le
niveau de la mer slve, les courants
marins se modifient, les ocans deviennent
plus acides, les aires de rpartition des
espces se dplacent
Les espces marines sont moins contraintes
que sont les espces terrestres par des
barrires physiques de transport et de
migration ; leur aire de rpartition est
principalement fixe
par les facteurs
environnementaux (temprature, oxygne,
lumire, salinit, etc.). Il existe de
nombreux exemples de plancton [40] et
despces de poissons [41] tendant
rapidement leur aire de rpartition lorsque
leur environnement change. Limpact du
changement climatique sur les ocans et la
biodiversit est multiple [42]. La
manifestation la plus visible ds
aujourdhui du changement climatique est
le dplacement despces. Des poissons,
des mollusques, des crustacs remontent
vers le Nord la recherche deaux plus
froides [43]. Un nombre croissant
despces venues des zones subtropicales
ou des eaux chaudes voit leur abondance
augmenter dans nos eaux.
Beaucoup dorganismes marins sont
pokilothermes et la temprature affecte
leur physiologie et mtabolisme. Chaque
espce a des tolrances spcifiques en
termes de tempratures. Parce que de
nombreux organismes marins vivent dj
prs de leur limite de tolrance thermique,
14
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
Revue Synthse N23, Octobre 2011
les augmentations de temprature peuvent
influer ngativement sur leur performance
et leur survie. Cest le cas des coraux
btisseurs de rcifs vivants trs proches de
leur limite suprieure de tolrance
thermique, et chez qui des pisodes chauds
ont entran le blanchissement des coraux
et une importante mortalit. Le suivi long
terme de labondance du phytoplancton,
zooplancton et poissons montrent que le
changement climatique a boulevers
lensemble des communauts vivantes.
Le rchauffement climatique affecte les
espces exploites. Les pcheurs le
constatent de plus en plus, le contenu de
leurs filets volue sous limpact du
rchauffement. Ces changements ne sont
pas en eux-mmes ngatifs, puisquils
dbouchent parfois sur de nouvelles
possibilits dactivits de pche. Le cas le
plus emblmatique de ce phnomne est le
rouget de roche, Mullus surmuletus,
dsormais trs prsent en Manche et mme
en mer du Nord : de 10 tonnes en 1985, ses
captures sont passes 700 tonnes en
2005. linverse,
le changement
climatique
parat
avoir
un
effet
amplificateur des consquences de la
surpche. Le rchauffement semble jouer
un rle dans la diminution des stocks de
morue en mer du Nord. Cette diminution
est cause par les dplacements de
populations de planctons. Le coppode
Calanus finmarchicus, lespce dominante
dont se nourrissent les larves de morue,
sest dplac de la mer du Nord vers
locan Arctique, la recherche deaux
plus froides. Sa biomasse en mer du Nord a
baiss de 70 % depuis les annes 1960. Les
espces de planctons venues du Sud, qui la
remplacent, sont moins abondantes et ne
semblent pas convenir au stade larvaire de
la morue. La diminution de la proie
favorite de leurs larves expliquerait donc
partiellement les problmes du cabillaud en
mer du Nord [44]. Dune manire gnrale,
les effets indirects du changement
climatique sur lquilibre fragile des
cosystmes marins, et sur les espces
actuelles qui y vivent, ne sont pas encore
bien connus.
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
R. Amara
Lacidification des eaux de surface
Du fait de laccroissement du CO2 de
latmosphre et de la facult quont les
ocans dabsorber le CO2, la quantit
absorbe a augment galement, ce qui
entrane lacidification de leau. Le pH
ocanique est pass de 8,2 8,1 depuis le
milieu du XIXe sicle. Ce sont les
organismes marins squelette calcaire qui
en subiront les consquences. Ainsi, une
partie du zooplancton coquille, comme
les ptropodes, pourrait disparatre dans
certaines zones de locan, car leau sera
devenue trop acide. Les coraux sont
particulirement touchs, car ils emploient
la calcification pour construire leur
structure squelettique, qui constitue les
rcifs coralliens. Ces rcifs coralliens sont
les cosystmes qui offrent la biodiversit
la plus riche au monde et forment l'habitat
de quelque deux millions d'espces
marines et la source d'un quart des prises
mondiales de poissons dans tous les pays
en voie de dveloppement.
Les
consquences de l'acidification dpassent
largement ses effets directs sur la
calcification des organismes marins.
Espces introduites
Les habitats marins sont peupls de
diffrentes espces danimaux, de plantes
et de microorganismes qui ont volu
sparment, isols par des frontires
naturelles. Mais les hommes ont franchi
ces barrires, que ce soit en bateau, en
avion ou avec dautres moyens de
transport. Par consquent, les espces se
dplacent aujourdhui vers de nouvelles
zones situes bien au-del de leur aire de
rpartition naturelle. Les espces qui, suite
des activits humaines, quelles soient
intentionnelles ou pas, ont t dplaces
vers des rgions o elles ne vivent pas
naturellement,
sont dites espces
introduites ou espces exotiques .
Les introductions despces animales et
vgtales dans le milieu marin sont en
constante augmentation. Mme si cela peut
paratre priori paradoxal, elles sont
15
Revue Synthse N23, Octobre 2011
considres comme la deuxime cause
dappauvrissement de la biodiversit
marine, juste aprs la destruction et la
fragmentation des habitats. Contrairement
une pollution accidentelle (ex. mare
noire) dont les effets diminuent non
seulement avec le temps mais aussi avec la
distance du point dimpact, les espces
introduites se propagent de proche en
proche, jusqu' occuper la totalit des
habitats et la totalit de l'aire gographique
qui leur sont accessibles.
En milieu marin, les causes d'introduction
d'espces sont principalement les eaux de
ballast, le fouling, l'vasion d'espces
aquacoles et les introductions accidentelles
d'espces accompagnatrices d'espces
aquacoles mais aussi les aquariums (cas de
lalgue Caulerpa taxifolia est bien connu
en Mditerrane). Avec laccroissement du
trafic maritime, les eaux de ballast sont de
loin la principale cause dintroduction des
espces dans le milieu marin. On estime
que 7 000 espces sont transportes dans le
monde entier chaque jour dans leau de
ballast et que 10 milliards de tonnes deau
de ballast sont transportes chaque anne
de par le monde. Une tude ralise sur les
eaux de ballast de 186 bateaux en mer du
Nord a permis didentifier 257 espces
(allant des foraminifres aux poissons) et
dont 57 % des espces ntaient pas native
de la mer du Nord [45]. Dans bien des cas,
ces espces non indignes sadaptent mal
leur nouvel environnement et disparaissent
rapidement. Il peut cependant arriver
quelles survivent, se reproduisent et
simplantent. Ltude de Gollasch [45]
indique que parmi les 257 espces
contenues dans les eaux de ballast seules
19 ont la facult de pouvoir simplanter en
mer du Nord.
Les impacts des espces introduites sur la
biodiversit peuvent tre nombreux.
Prdation sur les espces natives
Diminution de la disponibilit de
lhabitat pour les espces natives
Comptition supplmentaire
Parasites et maladies
Etouffement et envahissement
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
R. Amara
Hybridations causant une dilution
gntique
L'impact d'une espce introduite peut ne
pas seulement rduire la diversit des
espces, mais aussi la diversit des
cosystmes
(codiversit).
En
Mditerrane
nord-occidentale,
les
remplacent plus d'une dizaine peuplements
Caulerpa taxifolia d'cosystmes, entre
le voisinage de la surface de la mer et 2030 m de profondeur [46]. On aboutit ainsi
une uniformisation du paysage sous-marin.
Une des pires invasions marines a eu lieu
au dbut des annes 1980 lorsque le
ctnophore nord-amricain Mnmiopsis
(Mnemiopsis leidyi) fut introduit en mer
Noire et en mer dAzov. Lespce est
arrive dans les eaux de ballast et sest
rapidement tablie dans les eaux riches de
la mer Noire o elle navait aucun
prdateur au point que, en 1989, on
estimait quil sy trouvait un million de
tonnes dindividus de cette espce
exotique. Les Ctnaires ont mang de
grandes quantits doeufs de poissons et de
larves ainsi que du zooplancton dont les
poissons commercialement importants se
nourrissent,
ce
qui
a
entran
leffondrement des stocks de poisson en
mer Noire. En 1994, la pche lanchois
avait pratiquement disparu. La mduse
exotique a compltement modifi le rseau
alimentaire de la mer Noire. C'est un
exemple qui nous fait comprendre
l'ampleur de l'impact qu'une petite espce
apparemment inoffensive peut exercer sur
le milieu. En Manche et en mer du Nord, il
y aurait un peu plus de 80 espces
introduites [47]. Ce nombre est cependant
certainement infrieur la ralit du fait du
manque dinventaires et dobservations
dans le milieu marin. Certaines espces
connaissent un dveloppement important
au point qu'elles forment une partie
dominante de notre faune et flore marines.
C'est notamment le cas du couteau de
l'atlantique (Ensis directus), qui a t
observ pour la premire fois dans la
rgion en 1978. Ces coquillages se
comptent aujourd'hui par millions sur nos
16
Revue Synthse N23, Octobre 2011
plages. En Manche et en mer du Nord, on
ne connat cependant pas encore
d'exemples d'espces ayant disparu en
consquence de l'introduction d'une espce
exotique.
Le problme des espces introduites
devrait s'aggraver au cours du prochain
sicle cause du changement climatique et
de l'intensification du commerce et du
tourisme. La ncessit dune action
coordonne pour faire face au problme
des espces introduites a t exprime aux
chelons politiques les plus levs. Le
Conseil Environnement, le Parlement
europen, le Comit des rgions et le
Comit conomique et social europen ont
tous soulign la ncessit dadopter une
stratgie communautaire relative aux
espces introduites et de mettre en place un
vritable systme d'alerte rapide et des
mcanismes dintervention efficaces au
niveau de lUE [48]. Les instruments
internationaux comprennent la convention
internationale pour le contrle et la gestion
des eaux et des sdiments de ballast,
dveloppe par lOrganisation maritime
internationale (OMI). Celle-ci prsente des
procdures
pour
minimiser
les
introductions despces exotiques lors du
dversement des eaux de ballast tout en
protgeant la scurit des bateaux et elle va
fournir un rgime uniforme et standardis
pour la gestion des eaux de ballast.
CONCLUSION
La population humaine devrait augmenter
environ 7,5 milliards en 2020, avec pour
consquence un accroissement des
pressions sur le littoral et sur les
cosystmes marins. Quel sera limpact sur
la biodiversit ? La biodiversit pourra-telle sadapter
cette nouvelle
configuration ? Conservation de la
biodiversit et dveloppement conomique
peuvent-ils coexister ? Face
des
perturbations anthropiques croissantes
exacerbes par le changement climatique
force est de constater les nombreuses
lacunes de notre comprhension des
capacits de rponses et dadaptation de la
R. Amara
biodiversit. Jackson et al. [49] notent
quaujourdhui seules quelques espces de
la mgafaune marine sont compltement
teintes. Seulement 12 extinctions globales
d'espces marines ont t documentes : 3
mammifres, 5 oiseaux et 4 invertbrs
[50]. Mme si nos connaissances sur les
extinctions despces marines demeurent
lacunaires, il existe un consensus global
quant la ncessit de prserver la
biodiversit marine. La perte de
biodiversit fait peser un grave danger
pour lquilibre cologique du milieu
marin et le bien-tre de lhumanit. Il est
indispensable aujourdhui de prendre en
compte la biodiversit dans la conduite des
activits humaines, quelles soient
conomiques ou autres. La conservation de
la biodiversit ne soppose pas au
dveloppement conomique long terme.
Accord-cadre sign le 5 juin 1992 par 186
Etats, la Convention sur la Diversit
Biologique (CDB) constitue la premire
manifestation en droit international de la
volont des Etats de considrer la
biodiversit de manire globale. En
Europe, cet intrt se traduit par exemple
par la mise en place du rseau dexcellence
MarBEF (Marine Biodiversity and
Ecosystem Functioning EU Network of
Excellence,
www.
Marbef.org)
et
lorganisation rcemment de la premire
confrence sur la biodiversit marine
(Espagne,
2008).
En
France,
la
prservation de la biodiversit est lun des
thmes phares du Grenelle Environnement.
De nombreux engagements ont t pris
afin dinformer lopinion et dagir pour
stopper lrosion de la biodiversit. Le
livre bleu insiste sur la protection des
cosystmes et de la biodiversit comme
tant une priorit de la politique nationale.
Le Grenelle de la mer est cens aboutir la
mise en place d'une vraie politique de
prservation des espces marines.
17
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
Revue Synthse N23, Octobre 2011
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21
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
Revue Synthse N23, Octobre 2011
F.Mekki et al.
Etude thorique du comportement des tirants dancrage
dans un sol pulvrulent
Feriel Mekki1, Mohamed Meksaouine2 & Mohamed Guenfoud1
1
Dpartement de Gnie Civil, Universit 8 Mai 45, BP 401, Guelma, 24000, Algrie.
2
Dpartement dhydraulique, Universit Badji Mokhtar, BP 12, Sidi Amar, Annaba,
23000, Algrie.
Accept le : 28/04/2011
.
.
. :
.
.
- - - :
Rsum
Les tirants dancrages sont connus depuis plusieurs dizaines d'annes. En particulier, ils sont souvent appliqus
avec succs pour la stabilisation des talus rocheux. Depuis les annes 60, les tirants dancrage sont utiliss dans
les terrains meubles par utilisation de l'injection. Le principe de base consiste mobiliser un certain volume du
terrain, la difficult principale dans la comprhension dun tel mcanisme rside dans le nombre lev de
variable : Rsistance du sol, rsistance de lacier, dimensions des perforations, caractristique du coulis
dinjection, angle de frottement et dilatance. Ce travail prsente les rsultats de ltude thorique du
comportement des tirants dancrage dans un sol pulvrulent qui consiste dterminer un modle bas sur
lapproche cinmatique de la thorie de lanalyse limite, dans le cas du critre de Mohr-Coulomb. La
comparaison des rsultats obtenus avec lapproche thorique et l approche empirique laisse conclure que le
type de rupture du sol obtenu autour du tirant est proche de la ralit.
Mots cls : Tirants Dancrage Modle - Approche Cinmatique - Analyse Limite - Gotechnique.
Abstract
The anchors are known for several decodes. In particular, they are often applied successfully for the rock slope
stabilization. Since the sixties, the anchors are used in the loose grounds by the use of the injection. The basic
principle consists in mobilizing a certain volume of the ground, the principal difficulty in the comprehension of
such mechanism lies in the high number of variable: Resistance of the ground, resistance of steel, dimensions of
the perforations, characteristic of the angle of friction and dilatancy. This work presents the results of the
theoretical study of the behavior of the anchors in a pulverulent ground which consists in determining a model
based on the kinematic approach of the theory of the limit analysis, in the case of the criterion of MohrCoulomb. The comparison between the results obtained by the theoretical approach and empirical approach lets
conclude that the type of rupture of the ground obtained around the anchors is close to reality.
Key words: Anchors Model - Kinematics Approach - Limit Analysis - Geotechnical Engineering.
22
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
Revue Synthse N23, Octobre 2011
F.Mekki et al.
1. INTRODUCTION
Les tirants dancrage sont des dispositifs
enterrs soumis un effort de traction, ils
sont largement utiliss pour la stabilisation
des talus et des structures tels que: (mur de
soutnement, radiers, quais portuaires
palplanches, pylnes, barrage, plateformes
ptrolires, parois moules), ce qui
explique que lutilisation de ce dispositif
est devenue incontournable. Une large
panoplie de tirant d'ancrage a t
dveloppe au cours de ces dernires
dcennies pour rpondre aux exigences
rigoureuses associes linfrastructure
civile moderne et les dveloppements
s'taient focaliss sur:
- Lamlioration de l'interaction solstructure tenant compte des capacits et
des longueurs des tirants dancrage.
- La simplification des procdures
d'installation.
- Lassurance d'une activit plus rapide et
plus longue du tirant dancrage.
A travers cette tude nous nous
proposons dapporter une contribution
pour la dtermination de la charge limite
du tirant dancrage sollicit en traction
dans un milieu pulvrulent en fonction de :
- La densit sche du massif du sol
sollicit ainsi que son angle de frottement
interne.
- La longueur de tirant.
Tirant profit d'un outil qui jusqu'ici a t
peu exploit dans ce domaine; la thorie de
l'analyse limite utilisant son thorme
cinmatique peut traiter des problmes trs
complexes de linteraction sol structure: [1,
2, 3, 4, 5, 6]
Daprs lapproche empirique utilise dans
ce travail les recommandations TA 95 [7]
proposent une mthode qui consiste
tudier la stabilit du soutnement vertical
dun massif constitu de volumes
lmentaires de sols associs chacun des
tirants verticaux sollicits simultanment
en traction. Elle considre que le volume
rellement associ un tirant vertical
sollicit en traction a une forme
grossirement cylindrique termine dans la
zone de scellement par un volume conique
dont le sommet se situe lextrmit basse
de scellement comme le montre la figure 1.
.
Figure 1. Forme relle du tirant vertical daprs les
recommandations TA95 [7].
Dans des sols dont le frottement gouverne
principalement le comportement; le
volume cylindrique est substitu par un
volume conique de demi-angle au sommet
ayant pour axe le tirant de hauteur
total L comme cest reprsent sur la
figure 2.
Figure 2. Volume conique du tirant vertical en sol
homogne frottement interne prdominant daprs
les recommandations TA95 [7].
Avec:
r L.tg ( )
Tu .r 2 . .
(1)
L
3
(2)
Cette observation trs importante va tre le
prlude pour llaboration de nos modles
thoriques. Nous suggrons un modle en
trois dimensions avec l'utilisation du
thorme cinmatique de l'analyse limite.
L'analyse des quations et des rsultats est
traite par le logiciel MATHCAD 13 [8].
23
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
Revue Synthse N23, Octobre 2011
F.Mekki et al.
2. CALCUL A LA RUPTURE
Le calcul la rupture a pour objet de
cerner
un
domaine
de
charges
potentiellement supportables pour une
structure dont le chargement dpend d'un
nombre fini de paramtres:
-La connaissance de la gomtrie dun
systme donn,
-La connaissance du mode de
chargement qui lui est appliqu,
-La connaissance
des capacits de
rsistance des matriaux constitutifs.
Le calcul la rupture se fait aisment tout
en notant que la condition ncessaire pour
que la stabilit dune structure soit assure
et quil y ait compatibilit entre les
quations exprimant lquilibre statique et
les conditions imposes par les capacits
de rsistances. Il considre une loi de
comportement idaliste cette idalisation
nomm rgle de normalit (le principe de
normalit de Hill. [9]
Dans l'espace des chargements, le domaine
de ces charges est convexe et contient le
chargement nul. Tout chargement situ en
dehors du domaine entranera la ruine du
systme. Mais un chargement dans le
domaine ne pourra tre qualifi que de
potentiellement
supportable.
Pour
l'encadrement des bords du domaine, les
deux dmarches "approche par l'intrieur
et "approche par l'extrieur "
sont
complmentaires. La premire, dite
approche statique, se fait dans le sens de la
scurit. Elle consiste exhiber un champ
de contraintes statiquement admissible et
exprimer s'il satisfait au critre de rupture.
Un certain nombre d'tudes ont t faites
sur ce sujet tant pour les milieux purement
cohrents [10] que pour les milieux
frottants [11]. La finesse de l'approche est
lie l'intuition du chercheur et sa
capacit raliser le meilleur compromis
entre un champ raliste et des calculs
analytiques ralisables. Les travaux
prcdemment cits ont fait l'objet de
validation exprimentale et ces derniers ont
montr
quils
sapprochaient
convenablement de la ralit.
La seconde approche est dite cinmatique.
Parmi dautres, les auteurs prcdents ont
appliqu cette approche aux cavits des
sols purement cohrents. En effet, le critre
de rupture dans ce cas simplifi, critre de
Coulomb [12], puisque seul intervient la
cohsion et langle de frottement et que la
majoration de la puissance dissipe est
explicite quel que soit le champ de vitesse
envisag. Le calcul de la charge limite
partir du principe de normalit de Hill [9]
n'est pas vrai pour les sols frottants
cependant les rcentes tudes thoriques
[13,14] ont permis de conclure que la
charge limite peut tre obtenue en
employant l'coulement plastique en
remplaant c et par c* et * comme suit:
tan *
C*
cos sin
1 sin sin
cos cos
1 sin sin
(3)
(4)
Lapplication du thorme cinmatique de
la thorie de lanalyse limite exige
dgaliser le taux de travail des forces
extrieurs au taux de dissipation dnergie
interne. Nous nous proposons donc de
dvelopper lapproche cinmatique, et de
voir dans quelle mesure elle est
exploitable.
3. EXPOSE DE LA METHODE ET
CHOIX DE LA CONFIGURATION
L'approche
cinmatique
(borne
suprieure) du calcul la rupture est base
sur la conception de mcanisme virtuel de
rupture inspir des formes de ruptures
observes sur modles rduits. Elle permet
de construire une approche par l'extrieur
(c..d par excs) du domaine de stabilit la
condition ncessaire de stabilit est
obtenue pour chaque mcanisme en
crivant: la puissance Pext des efforts
extrieurs dans les mcanismes considrs
24
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
F.Mekki et al.
ne peut excder la puissance rsistante
res
maximale Pmax
correspondante :
res
Pext Pmax
(5)
res
La quantit Pmax
est une fonctionnelle du
mcanisme virtuel envisag et elle ne
dpend que du matriau.
Elle reprsente physiquement la puissance
maximale que le massif est en mesure de
dvelopper dans le mcanisme envisag,
du fait de ses capacits de rsistance.
La forme tridimensionnelle du mcanisme
reprsent sur la figure 4 rsulte de la
rotation de la forme en plan (Fig.3) autour
dun axe qui passe par le milieu du tirant.
La condition dangle telle cite par
Meksaouine [4] propose un cne daxe
parallle la direction du vecteur vitesse
V0 .
4. MECANISME DE RUPTURE
SELON LE CRITERE DE MOHR
COULOMB ET LES HYPOTHESES
DE CALCULS
Nous dvelopperons un mcanisme de
rupture en trois dimensions en utilisant la
borne suprieure de lanalyse limite pour
un tirant rugueux, les hypothses du calcul
sont les suivantes:
- Sol non cohrent limit par une surface
libre horizontale.
- Un tirant inclin avec une valeur de
frottement sol-tirant suprieur langle de
frottement interne () et il est soumis
chargement statique vitesse constante
[16].
Figure 3. Mcanisme de rupture du sol environnant
le tirant inclin () en plan et diagramme de
vitesse associ selon Mohr- Coulomb.
- Modle avec un champ de vitesse
cinmatiquement admissible (la vitesse
linterface sol-structure est suppose
tangente au tirant dancrage et incline
dun angle de frottement) permettant le
calcul suivant le principe de la borne
suprieure de lanalyse limite [16].
- Les valeurs dangle de frottement interne
ainsi que la densit sche correspondante
pour le sable dHostun taient pris suivant
la relation mise sous un polynme du
second degr :
[ = -97,0424.d2+368,8507.d-304,919],
[17].
- Le calcul est effectu pour diffrentes
longueurs du tirant.
Figure 4. Mcanisme de rupture du sol environnant
le tirant inclin () dans lespace selon MohrCoulomb.
25
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
F.Mekki et al.
4.1 Vitesses
A partir du diagramme des vitesses
reprsent sur la figure 3, les expressions
des vitesses relative et principale sont
dduites gomtriquement en fonction de
la vitesse initiale (V0).
Vitesse du bloc:
V1
V0 . sin( )
sin( 2 )
(6)
homogne ayant une cohsion c sont
donnes par les expressions suivantes :
Le taux d'nergie interne dissipe le long
de surface de rupture SI est gal :
EOA
E OA
V0 . sin( )
sin( 2 )
(7)
(14)
Le taux d'nergie interne dissipe le long
de la surface de rupture SII est gal :
Vitesse relative tirant-sol:
V01
c. .d .L.V0 . sin( ). cos( )
sin( 2 )
c. .H 2 ..V0 . sin( 2 ). sin( )
2 sin( 2 ) cos( ) cos( ) sin( 2 )
(15)
4.2 Surfaces de rupture
Pour un tirant rugueux () la dissipation
dnergie par friction dun sol non
cohrent est nulle.
Surface latrale du cylindre:
4.5 Travail des forces
S I .d .L
(8)
Surface latrale du cne:
.H 2 . sin(2 )
S II
2. cos . cos
TDAC WDAC V1 cos( )
. .a.b.L. cos
3
a L.tg
Travail de la force gravitaire :
T F V0
(10)
(11)
Si le cne ne dpasse pas la verticale
(>):
b
H
tg tg
2
H
tg tg
2
En galisant le taux de dissipation
dnergie interne au taux du travail des
forces extrieures, on obtient la charge
limite :
(18)
T TDAC Ei
F
(13)
4.4 Energies dissipes
Les dissipations dnergie interne dues la
cohsion le long des surfaces de rupture et
de linterface soltirant pour le cas dun
tirant rugueux () dans un sol
(17)
4.6 Equation dquilibre
(12)
Si le cne dpasse la verticale ()
b
(16)
(9)
4.3 Poids des massifs
WDAC
Travail des forces extrieures:
c. .d .L. sin .cos( )
sin 2
c. .H 2 . sin( 2 ).sin( ).cos( )
2. sin( 2 ).cos .cos . sin 2 (19)
. .a.b.L.cos . sin .cos
3. sin 2
Pour un sol pulvrulent c=0
F
. .a.b.L cos( ) sin( ) cos( )
(20)
3. sin( )
26
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
Revue Synthse N23, Octobre 2011
En effectuant une minimisation de la
charge limite par rapport la variable ()
qui dfinit ce mcanisme; on obtient la
solution la plus critique.
5. APPLICATION
Dans cette application, en introduisant le
modle dans le logiciel MATHCAD 13[8]
permettant ainsi la visualisation de la
forme de la charge F en 3D.
Donnes:
L 1m ; C 0
Kg
; 1570 Kg3 ; d 0,12m
2
m
m
F.Mekki et al.
6. RESULTATS
Lanalyse des rsultats obtenus laide du
modle rpondant aux critres de la borne
suprieure de lanalyse limite, montre
lvolution du rapport F/L3 qui augmente
avec lvolution de langle de frottement
interne (ainsi que sa densit sche) et il
reste le mme pour un donn quelle que
soit la longueur du tirant avec la condition
que 2
comme cest indiqu
2
respectivement par les figures 6, 7, 8, 9.
; 6
2 76deg ; 35
180
180
m
V0 1
s
Conditions aux limites:
1,2
Hypothse:
Minimisation:
1,3 1,38
Minimum F , 1,314
Rsultat de la minimisation:
F 1,314 1,632 105 Kg
Daprs la figure 5 on constate que la
forme de la charge limite F en 3D prsente
une forme concave (forme de cuvette)
indiquant lexistence dun minimum, donc
dune bute.
Figure 5. Visualisation de la courbe de la
charge F en fonction du paramtre () dans
lespace.
Figure 6. Evaluation du rapport F/L 3 avec langle
de frottement interne pour =0.
Figure 7. Evaluation du rapport F/L
de frottement interne pour =5.
avec langle
27
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
Revue Synthse N23, Octobre 2011
Figure 8. Evaluation du rapport F/L 3 avec langle
de frottement interne pour =10.
Figure 9 Evaluation du rapport F/L avec langle de
frottement interne pour =15
F.Mekki et al.
Figure 10. Comparaison entre leffort obtenu par
lanalyse limite et les recommandations T A 95
pour L=1 m.
Figure 11. Comparaison entre leffort obtenu par
lanalyse limite et les recommandations T A 95
pour L=2m.
Pour un tirant vertical (0), nous
observons aprs comparaison que les
valeurs de la charge limite obtenues par
lanalyse limite sont largement suprieures
(surestimes) aux valeurs tires des
recommandations TA 95, 1995 [7].
Comme cela apparat sur les figures 10, 11,
12, 13; cela prouve que nous avons obtenu
une borne suprieure.
Figure 12. Comparaison entre leffort obtenu par
lanalyse limite et les recommandations T A 95
pour L=3m.
28
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
Revue Synthse N23, Octobre 2011
Figure 13. Comparaison entre leffort
obtenu par lanalyse limite et les
recommandations T A 95 pour L=4m.
7. CONCLUSIONS
Lobjectif de cette tude est lvaluation
de la charge de rupture en utilisant le
thorme cinmatique de la thorie de
lanalyse limite : pour cela un mcanisme
de rupture est propos dans lespace qui a
donn des bornes suprieures, les rsultats
des calculs
ont permis de tirer les
conclusions suivantes :
- La forme de la courbe donnant la charge
limite F fonction de la variable (), est
concave, sous forme de cuvette, ce qui
montre bien l'existence d'un minimum,
donc d'une bute.
- Les valeurs de la charge limite qui ont t
obtenues avec un seul prisme donnent des
valeurs
leves par rapport aux
recommandations TA95. Cela tend
prouver que le modle propos est
parfaire et la solution est de rduire le
volume du mcanisme par lintroduction
dautres prismes afin dobtenir dautres
bornes suprieures plus petites qui
entraneront automatiquement des rsultats
plus rapproches de la valeur relle.
- Nous nous sommes limits un modle
avec lignes de ruptures horizontales alors
que normalement elles devraient tre des
courbes.
F.Mekki et al.
- Les rsultats de cette tude
savrent
insuffisante pour apprhender avec
prcision les phnomnes engendrs autour
du tirant dancrage. Il apparat donc
ncessaire de
les complter et les
dvelopper par dautres approches
exprimentales
permettant dobtenir
dautres ordres de grandeurs et de raliser
des tudes paramtriques et par des
approches numriques permettant la
dtermination du champ de dplacement,
de dformation et de contraintes dans le
massif de sol environnant le tirant
dancrage et la prise en compte de la loi de
comportement de sol labor et de
conditions aux limites compltes.
Ce travail propose tout de mme une
bauche de solution ce problme, dans le
cas de sol frottant, jamais ralis avec cette
mthode qui pourra tre repris par d'autres
chercheurs pour les sols cohrents.
NOMENCLATURE
a
b
c
d
Eij
F
L
H
Lij
Pext
res
Pmax
r
Sij
Tu
Tij
V0
V1
Vij
Wij
Longueur du petit rayon de la base
du cne
Longueur du grand rayon de la
base du cne
Cohsion
Diamtre du cylindre
Energie interne dissipe
Charge limite
Hauteur totale de laxe du tirant
Hauteur totale du cne
Longueurs des lignes de rupture
puissance des efforts extrieurs
Puissance rsistante maximale
Rayon de base du cne
Surface de la section de la rupture
Traction limite conventionnelle
Travail du massif du sol
Vitesse darrachement du tirant
Vitesse du bloc
Vitesse relative des massifs
Poids du massif du sol
Demi-angle au sommet
Angle de frottement interne du sol
Angle de dilatance
Poids spcifique du sol
29
Universit Badji Mokhtar Annaba 2011
Revue Synthse N23, Octobre 2011
F.Mekki et al.
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[12] Coulomb C.A., 1973. Sur une
application des rgles de maximis minimis
quelques problmes de statiques relatives
larchitecture Acad. R. Sci. Mm. Math.
Phys. Vol. 14 (6), 343-382.
30
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
R.Chater et al.
Elaboration, caractrisation et comportement loxydation haute
temprature des nanomatriaux Fe1-x Alx obtenus par mcanosynthse
Rabah Chater, Sifi Ghrieb & Daoud Chaanbi
Laboratoire de Chimie des Matriaux Inorganiques. Dpartement de Chimie.
Universit Badji MokhtarAnnaba. Facult des sciences- B.P.12, Annaba Algrie
Accept le : 01/05/2011
.
, 35,50
(
. Fe1-xAl x )x=20
7
.
)DRX( )BME(
1000 FeAl
: 1000
. .
- - lAeF
Rsum
Actuellement, les recherches s'orientent vers la production de matriaux pour lesquels les futures proprits
pourraient tre contrles par la matrise de la microstructure. A ce sujet, nous utiliserons dans ce travail le
procd d'laboration par mcano synthse. Nous avons choisi de synthtiser les composs intermtalliques du
systme Fe1-x Alx (x=20, 35, 50 %) et dtudier leur comportement loxydation haute temprature. Le
broyage haute nergie a permis dlaborer, partir de mtaux purs, des mlanges homognes et nanostructurs.
Les conditions de broyage utilises conduisent la formation dune phase homogne aprs 7h de broyage et cela
quelle que soit la composition du mlange initial. La caractrisation des poudres a t ralise par la
microscopie lectronique balayage (MEB) et la diffraction des rayons X (DRX). Nous avons effectu des
essais doxydation haute temprature sur trois alliages binaires FeAl 1 000 oC, dans une atmosphre d'air de
laboratoire et pression atmosphrique. Les essais doxydation mens 1000 C prsentent deux stades : un
premier stade transitoire avec une cintique croissance rapide lie la prsence des alumines mtastables et un
deuxime stade stationnaire associ la croissance de lalumine. Le taux doxydation diminue avec
laugmentation de la teneur en Al.
Mots cls: Alliage Fe -Al- Mcanosynthse Nanomatriaux - oxydation haute temprature
Absract
Currently, research is directed towards the production of materials for which the future properties could be
controlled by the control of the microstructure. In this study, we used the process of development by
mechanosynthesis, which consists an original work. We chose to synthesize the intermetallic compounds of the
Fe1 - X Alx (x=20, 35, 50 %) system and to study their behaviours with high oxidation temperature. High energy
crushing made it possible to elaborate, starting from pure elements, the homogeneous and nanostructured
mixtures. Under the conditions of crushing used, the process led to the formation of a homogeneous phase after
7h of crushing and regardless of the initial composition of the mixture. The characterization of the powders was
carried out by electronic scan microscopy (SEM) and diffraction of x-rays (XRD). We conducted tests of hightemperature oxidation on three binary FeAl alloys at 1000 C in a laboratory air atmosphere and at atmospheric
pressure. Oxidation tests conducted at 1000 C have two stages: A first transitional stage with kinetics with fast
growing due to the presence of metastable alumina and a second stationary stage associated with the growth of
alumina. The oxidation rate decreases with increasing Al content.
Keywords: Alloy Fe A l- Mechanosynthesis Nanomaterials - High oxidation temperature
Auteur correspondant : [email protected]
31
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R.Chater et al.
1. INTRODUCTION
2.2 Oxydation cyclique
Le broyage haute nergie est une technique
dlaboration de matriau tels que les
alliages amorphes, nanocristallins, les
composites,
les
cramiques
etc.
Actuellement cette technique connat un
dveloppement considrable en raison de
lintrt port aux matriaux [1, 2, 3]. En
effet les matriaux cristallins ainsi labors
ont des tailles de grains nanomtriques, de
lordre de 10nm 100nm [4]. La
particularit de ces matriaux est quils
prsentent une amlioration simultane des
proprits physiques et mcaniques. Les
aluminides de fer (Fe1-xAlx) ont attir
grand intrt pour leur application aux
hautes tempratures et dans plusieurs
environnements agressifs [5]. La formation
dun film stable d'alumine sur la surface
d'alliage FeAl fournit une excellente
rsistance l'oxydation avec et sans les
additions ternaires [6]. Ainsi ltude de la
formation du film dalumine et linfluence
de la composition dalliage sur le
comportement loxydation haute
temprature sont les axes principaux de ce
travail.
Loxydation haute temprature des
chantillons de FeAl a t ralise. Les
chantillons (poudres) sont placs dans un
creuset en platine puis pess avec une
balance de prcision. Une fois
la
temprature doxydation atteinte dans le
four lensemble du systme, (creuset en
platine contenant la poudre), est plac dans
le four (Nabertherm) rsistances
programmables. Loxydation a t
effectue sous air laboratoire pression
atmosphrique. Une fois loxydation
termine, le retour la temprature
ambiante sest fait, four ferm, sous air
laboratoire. Aprs refroidissement des
chantillons, lensemble (creuset en platine
contenant la poudre oxyde) est
de
nouveau pes. Les oxydations dans le four
durent 1heure, 2 heures, 4 heures, 8 heures,
16 heures, 20 heures et 24 heures. Les
valeurs pondrales obtenues seront
utilises afin de tracer les courbes
cintiques doxydation (M/S) en fonction
du temps pour chaque chantillon aux
diffrentes tempratures. Aussi tous les
chantillons ont t prpars selon le
mme protocole.
2. PARTIE EXPERIMENTALE
2.1 Elaboration des chantillons
Trois alliages avec les compositions
nominales de Fe-20Al, Fe -35Al, et Fe50Al (les concentrations sont en % poids)
ont t employs dans cette tude.
Llaboration des poudres nanocristallines
de Fe1-x Alx (x=20, 35, 50 %) a t ralise
par un broyage haute nergie, grce un
broyeur plantaire conventionnel, dans
lequel une jarre en acier inoxydable
contenant les poudres et les billes en acier
inoxydable, sont en agitation dans une
atmosphre dargon. Les conditions de
broyage, conduisent la formation dune
phase homogne aprs 7 heures de broyage
et cela quelque soit la composition du
mlange initiale.
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2.3 Techniques de caractrisation
utilises
La caractrisation des poudres a t
ralise par la microscopie lectronique
balayage (MEB) et la diffraction des
rayons X (DRX). Les diagrammes ont t
obtenus sur un diffractomtre Bruker D8
Advance avec une tension de 40 kV et une
intensit de 30 mA fonctionnant en
gomtrie
horizontale
dans
une
configuration de = 2. Une longueur
donde de = 1,54056 est utilise pour
obtenir les donnes dans la gamme de
20<2<100 avec un pas angulaire de
0,02 et un temps de comptage/point de 6
secondes (Nombre de point : 2751), pour
minimiser dune part le bruit de fond, et
dautre part recueillir toutes les
informations contenues dans la forme, la
largeur et le profil des raies. Le microscope
lectronique balayage utilis est un
32
Revue Synthse N23, Octobre 2011
R.Chater et al.
appareil JEOL 5410 LV SEM avec une
tension dacclration de 30 kV, quipant
le centre commun danalyse de luniversit
de la Rochelle. Celui-ci permet danalyser
trois types de rayonnement [7] : Les
lectrons
secondaires
donnent
des
informations sur la topographie de surface
du matriau, les lectrons rtrodiffuss
permettent la construction dune image
sensible aux espces chimiques. Les
photolectrons assurent lidentification des
lments chimiques.
3. RSULTATS ET DISCUSSION
3.1 Analyse structurale et
microstructurale
200
Fe Al ( 220 )
Fe Al ( 211 )
Fe Al ( 200 )
INTENSITE (u.a)
Fe Al (110 )
Les diffractogrammes RX des diffrents
mlanges broys pendant 7 heures sont
prsents sur la figure 1, ainsi que le
diffractogramme du mlange FeAl initial.
Fe80Al20
150
Fe65Al35
100
Fe50Al50
Fe
Al
Al
50
Fe
Al
Fe
Al
Fe
Al
Al
FeAl
non broy
0
30
40
50
60
70
80
90
100
Figure 1: Diffractogrammes des diffrents mlanges FeAl broys pendant 7 heures
2 THETA
160
(c)
(a): Fe50Al50
(b): Fe65Al35
120
(c): Fe80Al20
(b)
__
__
80
__
INTENSITE
Lanalyse RDX indique seulement la
prsence de la phase FeAl. Cependant la
figure 1, qui compare les diagrammes
DRX des poudres FeAl broyes aux
diagrammes DRX du mlange non
broyes, montre une modification de
lintensit et de la forme des pics ainsi
quun dcalage du profil des pics vers les
petits angles. Un examen plus attentif des
pics (110) de diffraction et leur
superposition montre un largissement en
fonctions de la diminution de la teneur
daluminium, mais aussi un lger dcalage
vers
les faibles
angles avec une
diminution progressive de lintensit des
diffrents pics au fur et mesure que la
teneur en aluminium augmente. Ce rsultat
est illustr par les courbes dvolution du
diffractogramme du pic (110) du Fe50Al50 ;
Fe65Al35 ; Fe80Al20 broys pendant 7h sur
la figure 2.
40
(a)
0
40
45
50
55
60
2 THETA
Figure 2: Evolution du pic (110) de diffraction RX
des poudres broyes en fonction de la teneur de
laluminium.
Llargissement des pics est leffet de la
diminution de la taille des particules, de
lintroduction d'une contribution des
microdformations illustrant limpact du
33
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R.Chater et al.
Paramtre de maille (Angstrm)
2,91
2,90
2,89
2,88
2,87
2,86
10
20
30
40
% poids Aluminium
50
Figure 3 : Evolution du paramtre de maille en
fonction du % en aluminium
Lanalyse des raies de diffraction permet,
partir de la largeur mi hauteur des pics de
Bragg, la dtermination de la taille des
grains. La taille de grains moyenne [D] est
calcule avec la formule de Scherrer [12],
en ngligeant les microdformations. La
taille de cristallites moyenne, est environ
34 nm pour Fe80Al20, 53 pour Fe65Al35 et
finalement 58 nm pour Fe50Al50.
Lvolution de la taille de grains en
fonction de la teneur de laluminium est
montre dans la figure 4. Un tel
comportement peut tre d lintroduction
de laluminium dans la maille du fer, et
cela prouve aussi que la nanostructure du
compos final est trs dpendante de sa
composition chimique.
Taille moyenne des cristallites (nm)
broyage sur les poudres broyes. Le
dcalage vers les petits angles se traduit
par une augmentation du paramtre de
maille cristalline. Cette augmentation de la
maille peut tre explique par la
substitution du fer (Le rayon atomique
dAl est plus grand que le rayon atomique
du fer). Ce rsultat est aussi observ dans
les mlanges nanocristallins de FeCr
obtenu par broyage haute nergie [8]. La
diminution de lintensit des pics de la
phase riche en Al indique une
augmentation des microcontraintes. Nous
avons affin les paramtres cristallins de
FeAl (cubique centre) pour tous les
chantillons; laffinement porte sur les pics
de diffraction les mieux dfinis. Le
paramtre cristallin de FeAl augmente
passant de 2,8856 pour Fe80Al20
2,9080 pour Fe50Al50. Le paramtre de
maille de FeAl augmente au fur et
mesure que la teneur en aluminium
augmente
jusqu
la
composition
stchiomtrique, ce qui est en accord avec
les rsultats dans la littrature [9, 10, 11].
Cette augmentation est probablement lie
la diffusion des atomes de laluminium
dans le rseau du fer. Les rsultats sont
montrs sur la figure 3.
60
50
40
30
20
10
0
10
20
30
40
50
% poids aluminium
Figure 4: Evolution de la taille des cristallites en
fonction du % en Aluminium
3.2
Analyse des observations
microscope lectronique balayage
au
La morphologie des chantillons Fe1-xAlx
(x=20, 35, 50 %) broys pendant 7h a t
observe par microscopie lectronique
balayage. La figure 5 montre la surface
des alliages
ainsi que le mlange non
broy. Les figures a, b, c et d montrent que
laspect superficiel a nettement volu par
rapport au produit de dpart. Dans la
plupart des particules on observe une
microstructure lamellaire caractristique
classiquement obtenue lors du broyage des
lments ductiles. La structure lamellaire
peut tre attribue linterdiffusion des
lments purs ainsi quau pourcentage
assez important daluminium connu par sa
structure ductile.
34
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
R.Chater et al.
c
c
Figure 5 : Micrographie dun chantillon FeAl : a) FeAl non broy b) Fe50Al50, c) Fe65Al35d) Fe80Al20
broy pendant 7 heures.
3. 3 Analyse EDS
Les compositions chimiques thoriques
de Fe50Al50, Fe65Al35 et Fe80Al20 broys
pendant 7h ont t vrifies. Les teneurs
relles en Aluminium et en Fer ont t
mesures par EDS (Energy Dispersive
System). Ces rsultats sont donns sur
la figure 6 qui illustre le spectre EDS et
lanalyse lmentaire correspondante
pour les trois chantillons. Le tableau 1
valeurs effectives mesures par EDS
(Fe49, 56 Al50, 44, Fe64, 64Al34, 36, Fe80,98
Al19,02) et les valeurs de composition
thoriques vises Fe50Al50, Fe65Al35,
Fe80Al20, sont peu diffrentes. La
composition
finale
est
donc
reprsentative des quantits introduites
au dpart dans le broyeur.
35
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-2
M / S (mg.cm )
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20
18
16
14
12
10
8
6
4
2
0
Fe50Al50
Fe65Al35
Fe80Al20
0
8 10 12 14 16 18 20 22 24 26
Temps (h)
Figure 7 : Variation de la prise de masse en
fonction du temps doxydation 1000C des
alliages Fe-Al.
Figure 6: Spectre EDS, a) Fe50Al50, b) Fe65Al35,
c) Fe80Al20 Broyes pendant 7h.
Tableau 1 : compositions thoriques et relles
(effective) des poudres FeAl.
Fer (% Wt)
Al (% Wt)
Alliages
Thorique Effective Thorique Effective
Fe50Al50
50,00
49,56
50,00
50,44
Fe65Al35
65,00
64,64
35,00
34,36
Fe80Al20
80,00
80,98
20,00
19,02
3. 4 Etude du comportement
loxydation
La Figure 7 prsente les courbes de prise
de masse par unit de surface en fonction
du temps pour les trois alliages binaires de
Fe50Al50, Fe65Al35, Fe80Al20 la
temprature 1000 C. Lanalyse de ces
courbes a t ralise en ajustant une loi
parabolique complte [13] qui permet de
suivre lvolution de la constante de
vitesse parabolique kp.
Dans tous les cas, la prise de masse se
compose dune premire partie pendant
laquelle loxydation est plus rapide et
dune deuxime partie pendant laquelle la
croissance devient plus lente. La prise de
masse observe sur les chantillons aprs
vingt quatre heures doxydation diminue
avec laugmentation de la teneur en
aluminium. Les valeurs des constantes de
vitesse paraboliques kp ont pu tre values
partir des courbes transformes (m/S) 2
= f (t), par rgression linaire. Pour tous
les
dpouillements, les coefficients des
diffrentes rgressions ont t tous proches
de 1. On peut cependant remarquer que
lensemble des
courbes
peut
se
dcomposer en deux parties linaires
correspondantes deux pentes kp1 et kp2
qui apparaissent caractristiques. Le
tableau 2 donne les valeurs des constantes
kp1, kp2 pour les trois chantillons que
nous avons pu extraire des courbes
exprimentales pour chacun des rgimes.
Tableau 2: Constantes paraboliques kp
(mg2/cm4s)
kp1
kp2
Fe50Al50
2.5209 10-2
2.2475 10-4
Fe65Al35
2.8774 10-2
2.8027 10-4
Fe80Al20
3.2895 10-2
3.9011 10-4
36
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La vitesse doxydation est sensiblement
plus rapide pendant les premires heures
doxydation (Stade I), suivi dune
diminution progressive (Stade II). La
croissance initiale la plus rapide (
1000C) est probablement due la
formation de , -Al2O3 mtastable de
transition et la croissance plus lente
postrieure due -Al2O3 [14, 15]. Le
ralentissement global
du phnomne
doxydation des
poudres
Fe50Al50,
Fe65Al35, Fe80 Al20, ne survient donc que
pendant le second stade durant lequel la
formation de -Al2O3 plus stable se forme
1000 C, aprs deux heures doxydation.
La vitesse doxydation se stabilise et
devient trs peu variable. En fait 1000C,
la couche doxyde est compose dun
mlange des oxydes , , avec un teneur
en alumine plus important que les oxydes
, croissance rapide. Les valeurs des
constantes de vitesse paraboliques kp pour
les alliages FeAl sont en accord avec des
donnes rapportes prcdentes pour la
formation des alliages -l'Al2O3 [16].
Aprs 24 heures doxydation, 1000C et
sous air, la vitesse d'oxydation est plus
faible pour les chantillons dont la teneur
en aluminium est leve. La valeur de
constante cintique kp, est rduite environ
dun cinquime en passant de Fe80 Al20
Fe50Al50. Les donnes disponibles dans la
littrature indiquent que la vitesse
doxydation diminue avec laugmentation
de la teneur en aluminium pour les
compositions variant de 20% 50% [17].
Les figures 8a, b, c montrent les
diagrammes de diffraction RX obtenus
pour les chantillons Fe50Al50, Fe65Al35,
Fe80Al20 oxydes pendant 24 heures sous
air 1000C.
R.Chater et al.
Lidentification des phases des poudres
oxydes rvle la prsence dun mlange
doxydes dalumine
mtastables
et
stable : Al2O3 (Fiche CPDS N 00-0021373), Al2O3 (Fiche CPDS N 000110517), Al2O3 (Fiche CPDS N 00002-1420), FeAl (Fiche JCPDS N 00-0330020). De plus, au regard de lvolution
des raies correspondant aux oxydes
daluminium, il semble que -Al2O3 soit
la phase majoritaire dans la couche
doxyde et ce quel que soit lchantillon.
Mme si les mmes oxydes sont prsents
dans la couche d'oxyde forme sur les
poudres de FeAl, il faut remarquer que les
intensits diffractes sont plus intenses
quand la teneur en aluminium augmente
mais les intensits caractristiques de FeAl
diminuent. L'paisseur de la couche
d'oxyde tant plus importante lorsque la
teneur en aluminium augmente ralentissant
ainsi le processus doxydation. En
conclusion, bien que la raction possible
pour FeAl binaire tempratures leves
implique laluminium et le fer pour
produire les oxydes correspondants,
laluminium sera prfrentiellement oxyd
pour former une couche extrieure
dalumine.
37
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
R.Chater et al.
Figure 8: Diagramme de diffraction RX des poudres FeAl oxydes pendant 24 heures sous air 1000C.
a) Fe50Al50, b) Fe65Al35, c) Fe80Al20.
38
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
R.Chater et al.
4. CONCLUSION
Les diffractogrammes RX obtenus sur
l'chantillon de FeAl broy ont permis de
montrer la formation dune phase
homogne FeAl cristalline aprs 7h et cela
quelque soit la composition du mlange
initial. Le paramtre de maille de FeAl
augmente mesure que la teneur en
aluminium
augmente
jusqu
la
composition stchiomtrique. La taille des
cristallites augmente lgrement avec la
teneur en aluminium. La morphologie des
poudres nanostructures peut tre dcrite
par une assemble de grains nanocristallins
orients alatoirement de structure
lamellaire. Les poudres nanostructures
sont ainsi constitues de grains cristalliss
pseudo sphrique dont la taille augmente
avec la teneur de Al. Les courbes m/S
obtenues lors de loxydation des
chantillons FeAl, la temprature
1000C sur air de laboratoire sous pression
atmosphrique ont montr que la loi
parabolique permettait de rendre compte
des cintiques exprimentales. La vitesse
d'oxydation tait sensiblement plus rapide
pendant la premire heure (l'tape I), suivi
d'une diminution progressive jusqu' une
constante plus lente (tape II) pour tous les
chantillons. A 1000C, la croissance plus
rapide initiale est probablement due la
formation de , -Al203 mtastable de
transition et la croissance plus lente
postrieure due -Al203 plus stable, ce
rsultat est rapport par [9, 10]. Il est
clairement tabli que le taux doxydation
diminue avec laugmentation de la teneur
en aluminium, pour loxydation initiale et
rgulire dtape. Ltude des spectres de
diffraction RX confirme la prsence des
alumines
mtastables mais aussi
dalumine dans tous les alliages oxyds
dont la teneur est plus importante que les
autres oxydes croissance rapide.
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39
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
N.Ghellai et al.
Etude et ralisation de capteurs de gaz base de silicium poreux
Nassera Ghellai1, Anisse Chiali1, Nasr Eddine Chabane-Sari1,
& Noureddine Gabouze2
1
Unit de Recherche des Matriaux et des Energies Renouvelables (U.R.M.E.R).
Universit Abou Baker Belkaid B.p : 119 Tlemcen 13000 Algerie.
2
Unit de Dveloppement de la Technologie Du Silicium. UDTS, BP 399, Alger, Algrie.
Accept le : 08/06/2011
.
.
.
) ( ) ( ) ( : ""
.) / $( ) / (/ )(
.
.
:
Rsum :
Lintrt croissant pour la prvention de la pollution de lenvironnement est devenu ces dernires annes un
facteur cl dans le dveloppement de toute industrie, en particulier celle des matriaux largement utiliss en
microlectronique. Dans ce cadre,le silicium poreux a suscit une grande attention comme matriau appliqu la
dtection en raison de la haute sensibilit de sa surface interne la prsence de gaz et dhumidit. Dans notre
travail, on se propose de contrler les variations des proprits lectriques des capteurs base de silicium
poreux, causes par des substances chimiques gazeuses. Plusieurs caractristiques lectriques de notre structure
ont t tudies afin de vrifier la rgle connue des six S : Sensibilit (sensibility); slectivit (selectivity),
rponse rapide (speed of rponse), stabilit (stability), la taille/la forme (size/shape) et le cot ($/cost.). Les
rsultats montrent que les caractristiques courant-tension et capacit-tension sont modifies par la ractivit du
gaz sur la surface de notre capteur et ceci pour diffrents gaz et diffrentes concentrations. En outre, les rsultats
montrent que la conduction change selon la nature du gaz.
Mot cls : Silicium Poreux - Dtecteur - Gaz - Caractristiques Electriques
Abstract:
The growing interest in the environmental pollution prevention in recent years has become a key factor in the
development of any industry,in particular that dealing with the materials widely used in microelectronics. In this
context, porous silicon has attracted considerable attention as a material applied to the detection because of the
high sensitivity of its inner surface to the presence of gas and moisture. In our work, we propose to control the
variations of the electrical properties of sensors based on porous silicon, caused by gas. Several electrical
characteristics of our structure have been studied to verify the known rule of six "S": Sensitivity, selectivity,
stability, the size / shape and cost. The results show that the characteristics current-voltage and capacitancevoltage are modified by the reactivity of gas on the surface of our sensor and this for various gases and various
concentrations. Moreover, the results show that conduction changes according to the nature of gas.
Key words: Porous silicon - Detector - Gas - Electrical characteristics.
Auteur correspondant : [email protected]
40
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
1. INTRODUCTION
Lintrt grandissant pour le silicium
poreux (SiP) est port par lessor de
llectronique moderne sur silicium.
Depuis sa dcouverte par Uhlir [1], son
champ dapplication sest fortement largi.
Ce matriau, la morphologie spongieuse
et nanostructure, issu de la gravure du
silicium monocristallin, suscite beaucoup
dintrts. Il est constitu dun mlange de
silicium et de vide. Le diamtre des pores
et lpaisseur du silicium entre les pores
peuvent varier de quelques dizaines
dangstrms quelques microns. De sa
nature, le (SiP) prsente une grande surface
spcifique, ce qui le rend plus ractif que le
silicium massif. La difficult et en mme
temps la cl de lapplication est la
modification et le contrle chimique de la
surface de ce matriau. Bien que ce dernier
soit utilis dans la dtection de gaz depuis
peu de temps. Ses proprits utiles en
dtection sont sa grande surface spcifique
et son cout concurrentiel.
Plusieurs articles dans la littrature sont
apparus concernant les proprits de
dtection de gaz, par des dispositifs base
de (SiP) [2, 3, 4, 5, 6]. Plusieurs dentre
eux proposent de sintresser aux
variations des proprits lectriques du
(SiP) causes par la prsence de substances
gazeuses [7]. Dautres par contre
impliquent les proprits optiques de ce
matriau pour la dtection de gaz, en
incluant les variations de la rflectivit [8],
la photoluminescence [9,10] et les guides
dondes optiques [11].
Notre travail porte sur ltude et la
ralisation de capteurs de gaz base de
silicium poreux. Nous
tudions les
caractristiques lectriques, savoir
courant - tension et capacit- tension, ainsi
que le temps de rponse de ces capteurs,
mesurs dans diffrents environnements
gazeux.
N.Ghellai et al.
2. PROCEDURES
EXPERIMENTALES.
2.1 Prparation des
structure Al/SiP/p-Si
capteurs
de
Les couches de SiP ont t ralises
partir de plaquettes de Si monocristallin de
type p, dorientation (100). Ces plaquettes
ont une paisseur voisine de 400 m.
La rsistivit est de 1cm. La couche de
SiP est forme par anodisation dans une
cellule lectrochimique, dans une solution
HF/thanol 50/50, sous diffrentes densits
de courant et des dures variables.
Llectrolyte est constitu en proportions
gales dacide fluorhydrique et dthanol.
La densit de courant et le temps
danodisation ont t varis
de faon
obtenir une porosit de 40 80% et une
paisseur de 1 15 m . Les capteurs
raliss sont de 4 x 4 mm2 (Fig. 1). Un
contact mtallique t ralis par un
dpt daluminium pur (99.99%) par
pulvrisation mtallique sur les bordures
de lchantillon de dimension 250 m.
Figure 1. Schma de la structure du capteur
Al/SiP/p-Si .
Nous avons utilis le dispositif de
manipulation et de dtection de gaz
reprsent sur la figure 2. Dans ce
dispositif, le contrle de la pression et de
la
temprature des dtecteurs permet
dtudier linfluence de lenvironnement
sur le comportement des capteurs.
41
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
N.Ghellai et al.
10
Sous vide
SIP Sous C3H8
Courant I (mA)
0
0,0
Figure 2. Dispositif de la manipulation de capteur
de gaz.
Les caractrisations lectriques couranttension I V et capacit-tension C V , ont
t mesures dans lenvironnement
propane, laide dun potensiostat et
dune dtection synchrone et galement
dun EG&G model 410 C-V (Plotter
impedance meter) pour la mesure des
petites capacits. Dans notre travail, nous
nous intressons au changement des
proprits lectriques du SiP lors de
lintroduction dun gaz.
2.2. Rponses des capteurs de structure
Al/SiP/p-Si
Plusieurs caractrisations courant tension
ont
t
mesures,
dans
I V
lenvironnement gazeux pour valuer la
rponse et la sensibilit de notre structure
Al/SiP/p-Si . La mesure du courant a t
prise de 2V +5V. Le changement de
lallure de la courbe I V de nos diodes
sous vide par rapport celles obtenues
dans une atmosphre dun gaz connu nous
permet de dduire quil y a rellement
dtection de ce gaz. Le mcanisme de la
rponse I (V) (Fig. 3) peut tre expliqu
par la proprit de transport lectrique dans
la structure de diode Al/SiP/p-Si et par la
raction de transfert de charge qui se
produit durant ladsorption.
0,5
1,0
1,5
2,0
Tension (V)
Figure 3 : Caractristique courant- tension dune
structure Al/SiP/p-Si pour le gaz propane 500
ppm (SiP : Polaris sous : J = 20 mA/cm2 pendant
t = 5 min)
Nous avons calcul I (I vide I gaz) en
fonction de la polarisation pour le propane.
Pour une tension de 1, 75 V, nous avons
une variation de courant: I 1,82 mA . La
variation obtenue est importante de lordre
du mA si on la compare aux variations
obtenues dans la littrature [12, 13] qui
taient de lordre du micro et du nano
ampre. Lexposition de la structure aux
gaz na pas dincidence sur lallure de la
caractristique I V mais seulement sur la
magnitude du courant une tension fixe.
Ce qui est important, cest quune fois que
le gaz est dgag de la cellule, le courant
rcupre rapidement sa valeur initiale.
La figure suivante, montre la sensibilit du
capteur en fonction de la tension V, pour
le gaz propane une pression de 500 ppm.
On observe que pour de faibles tensions de
polarisation, on a une grande sensibilit.
Figure 4 : Sensibilit du capteur de structure
Al/SiP/p-Si pour le gaz propane 500ppm.
42
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
La sensibilit maximale est note la
tension de 0,23 V (Fig. 4). Ces rsultats
indiquent que le capteur peut fonctionner
de faibles tensions de polarisation.
La surface du SiP est trs ractive du fait
de la prsence dune liaison non sature sur
chaque atome silicium. Ce sont les liaisons
pendantes (dangling bonds, Si-H). Elles
ragissent avec les molcules du gaz
introduit [14, 15]. Ces molcules
sadsorbent. La stabilit du silicium poreux
tant le paramtre le plus difficile
contrler, on a opt pour une nouvelle
approche de dtecteur de gaz qui consiste
dposer un hydrocarbure CHX la
surface de ce dernier. Le SiP est recouvert
dune couche CHX dpose par plasma de
mthane cr dans un racteur triode RF
13.5 MHZ, synchronis sous atmosphre
dargon sur la surface du SiP [16]. Nous
avons ralis un capteur de gaz de
structure AL/CHX /SiP/p-Si qui a
rpondu plusieurs gaz. La figure 5
reprsente la vue de plan rvle par le
microscope lectronique de notre structure
CHx/SiP.
Les taches en blanc reprsentent la couche
hydrocarbone (CH3 et CH2) lchelle
microscopique.
La
partie
sombre
reprsente la surface de notre couche
nanoporeuse. Cette vue confirme laspect
granulaire de notre couche CHx.
Figure 5. Vue de plan de la structure CHx/SiP par
MEB.
N.Ghellai et al.
2.3 Rponses des capteurs de structure
AL/CHX /SiP/p-Si.
Le dispositif de dtection bas sur la
structure CHx/SiP/Si montre un bon
comportement redresseur. Cette proprit,
corrle avec la sensibilit du silicium
poreux aux diffrents environnements
gazeux, a t employe pour fabriquer des
diodes
htrojonction
dont
les
caractrisations
courant-tension
et
capacit-tension ont t modifies par la
ractivit du gaz sur la surface poreuse.
Les travaux mens par Gabouze et son
quipe [17, 18] ont rvl la slectivit de
ce capteur face trois gaz de la mme
famille : lthane, le propane et lthylne
(Fig. 6).
Figure 6. Variation du courant en fonction de la
tension de polarisation pour trois gaz diffrents
[19].
Nous constatons que pour chaque gaz,
nous obtenons une variation propre ce
dernier. Par exemple, pour lthane nous
avons une variation du courant de lordre
de 1.03213 A la tension de 1.25 V. Pour
les trois gaz, la variation du courant
augmente avec la polarisation. Pour des
potentiels suprieurs 4V, nous notons la
saturation.
Dans les travaux raliss par Gabouze [19],
le capteur a t expos diffrentes
pressions doxygne. Aucune variation de
courant na t signale pour une tension
fixe. Ce qui si signifie que ce capteur nest
pas sensible loxygne.
43
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N.Ghellai et al.
Linteraction de loxygne avec le silicium
poreux relve dune grande importance
dans ltude des capteurs de gaz, tant
donn que les capteurs sont exposs lair
libre. La figure 7 reprsente la
caractrisation I V du capteur sous une
pression de 1495 ppm.
Figure 8. Photo de la surface de la structure
Al/Pd/CHx/SiP/p-Si MEB.
2.4. Rponses des capteurs de structures
Al/Pd/CHx/SiP/p-Si
Figure 7. Caractrisation I (V) de la structure
CHx/PS/p-Si, sous gaz O2 [19].
Loxygne de lenvironnement ne modifie
pas les paramtres de mesure et explique la
haute stabilit de la surface CHx/PS.
Lamlioration des performances des
capteurs par lajout de mtaux nobles sest
surtout dveloppe dans les annes 80. En
tte des mtaux utiliss, viennent le
palladium et le platine. Dans notre travail,
nous avons opt pour le dpt dune
couche mince de palladium de 10 15 nm
sur la surface de la structure CHx/SiP/p-Si
par la mthode de pulvrisation vide la
pression de 1.10-6 Torr. La figure 8 montre
la vue de plan de notre capteur de structure
Al/Pd/CHx/SiP/p-Si rvle par le
microscope lectronique.
La photo du MEB de la surface de notre
structure confirme laspect granulaire de
notre fine couche de palladium au niveau
microscopique (Fig. 8). Les taches claires
reprsentent les particules de palladium, la
partie sombre reprsente la surface
poreuse. Au niveau microscopique notre
couche de palladium peut tre reprsente
par une couche poreuse.
Nous constatons que la sensibilit dpend
de la nature du gaz dtect, ainsi que du
potentiel appliqu (Fig. 9). En effet, elle
croit puis dcroit. Le maximum de la
sensibilit pour le propane est obtenu
0,13 V, pour loxygne 0,08 V et 0,066V
pour lhydrogne (Fig. 10). Il est important
de signaler que le capteur atteint le
maximum de sensibilit de faibles
tensions dans un domaine qui varie de 1
30mV, ce qui dmontre sa faible
consommation lectrique.
Une des explications pour la dtection
dO2 et H2 est que la molcule est
rapidement casse donnant des atomes de
H et O grce aux proprits catalysantes de
la couche Pd. Les atomes dhydrogne
pntrent dans la couche avec un grand
coefficient de diffusion et forment un
diple causant un accroissement de la
hauteur de la barrire de la bande dnergie
linterface mtal-CHx PS (Fig. 11).
Par contre, l'adsorption du gaz O2 rduit la
hauteur de la barrire d'nergie, ceci est d
la formation des ions O2- et O-.
44
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N.Ghellai et al.
Figure 9. Caractristique courant tension de la
diode sous oxygne, Hydrogne, propane. Diode
D : Polarise sous : J = 20 mA/cm2 pendant t = 2
min et la couche CHx dpose dans les conditions
: Temps de dpt : 6 min ; pression : 2.10-3 Torr ;
Pi=200 W. Epaisseur de la couche de Pd est de 10
nm.
1,8
1,6
Sous O2
Sous H2
Sous C3H8
1,4
1,2
I/I
1,0
0,8
0,6
Figure 11. Diagramme d'nergie : (a) Avant
introduction du gaz (b) Aprs introduction du gaz
0,4
0,2
0,0
0,0
0,2
0,4
0,6
0,8
1,0
V(v)
Figure 10. Sensibilit de la diode D sous
hydrogne, oxygne et propane en fonction de la
polarisation.
45
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N.Ghellai et al.
3. CONCLUSION
Les premiers capteurs raliss de structure
Al /SiP/p-Si nous ont rvl que
rellement le silicium poreux est un
candidat potentiel pour la dtection de gaz.
La difficult et en mme temps la cl de
lapplication du silicium poreux dans le
domaine des capteurs, est la modification
et le contrle chimique de la surface de ce
matriau. Nos caractristiques lectriques
se dgradent lors de lexposition lair de
nos
structures
Al/SiP/p-Si .Pour
protger la couche poreuse dun
vieillissement rapide, nous avons dpos
une couche CHx la surface des couches
SiP. Nous avons expos nos capteurs de
gaz raliss de structure Al/CHx/SiP/pSi divers gaz (exemple le propane).
Leurs caractristiques lectriques courant
tension et capacit tension, ont montr
une grande sensibilit aux gaz, une stabilit
et une slectivit.
Ces rsultats indiquent que dans nos
mesures exprimentales loxygne de
lenvironnement ne modifie pas les
paramtres de mesure et explique la haute
stabilit de la surface CHx/SiP. Il a t
dmontr que cette structure peut tre
utilise pour la dtection de grande
concentration de gaz pour une large varit
de gaz comme le propane, lthylne et
dthane, En exposant notre capteur
loxygne, on nobserve aucune rponse
lectrique pour ce gaz. Dans notre travail
un intrt particulier est port la dtection
de loxygne. Pour cela nous avons opt
pour une nouvelle structure, en dposant
une fine couche de palladium de lordre de
10 15 nm sur la couche CHx. Ainsi,
nous avons ralis un capteur doxygne
de structure Al/Pd/CHx/SiP/p-Si . Les
rsultats de notre tude sur le
comportement du capteur de structure
Al/Pd/CHx/SiP/p-Si expos un
environnement doxygne rvlent un
accroissement rversible de la conductance
de notre dispositif. Un maximum de la
sensibilit est obtenu basse tension.
En conclusion, nous avons remarqu que
la couche de palladium amliore nettement
la rponse de ce capteur face lhydrogne
et au propane. Cependant, plusieurs
travaux sont ncessaires diffrentes
concentrations afin de dterminer le
mcanisme de la rponse du capteur de
structure Al/Pd/CHx/SiP/p-Si face aux
gaz.
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47
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
B.Chaouad et al.
Effet in vitro du glucose sur le fibroblaste adventitiel aortique de
Psammomys obesus
Billel Chaouad 1, Fouzia Zerrouk 1, Adel Ghoul 1, Khira Othmani-Mecif 1, Hamid Sahraoui 2,
Samia Neggazi 2, Souhila Aouichat-Bouguerra 2,& Yasmina Benazzoug1
1. Biochimie et remodelage de la matrice extracellulaire. Laboratoire Biologie Cellulaire et
Molculaire. Facult des Sciences Biologiques. USTHB BP 32 El Alia. Bab Ezzouar. 16111.
Alger Algrie.
2. Physiopathologie Cellulaire et Molculaire. Laboratoire Biologie et Physiologie des
Organismes. Facult des Sciences Biologiques. USTHB. BP 32 Bab Ezzouar. El Alia. 16111.
Alger. Algrie.
Accept le : 11/07/2011
.
( 15mM/l ) .
( fibroblaste )
.
.
. - - - - :
Rsum
Lathrosclrose est la principale cause de dcs dans les pays occidentaux et apparat en nette progression dans
les pays en voie de dveloppement. Plusieurs tudes cliniques et pidmiologiques ont montr que le diabte est
associ cette maladie et pourrait donc reprsenter un facteur de risque. Nous avons analys leffet du glucose
forte concentration (15 mM) sur des fibroblastes adventitiels aortiques en culture un passage prcoce (P6) chez
Psammomys obesus, excellent modle pour ltude des maladies cardio-vasculaires. Cette tude in vitro a
concern la prolifration cellulaire ainsi que quelques paramtres cellulaires et nuclaires. Cette tude met en
vidence une augmentation significative de la prolifration des fibroblastes adventitiels incubs en prsence dun
milieu enrichi en glucose ainsi quune augmentation de leur diamtre, de leurs grands et petits axes nuclaires et
du nombre de nucloles.
Mots cls : Athrosclrose - Fibroblaste adventitiel - Glucose - Paroi artrielle - Psammomys obesus.
Abstract
The atherosclerosis is the principal cause of death in the Western countries and appears in clear progression in
the developing countries in the process of development. Different clinical and epidemiologic studies showed that
the diabetes is associated to disease and could thus represent a factor of risk. We analyzed the effect of glucose
with strong concentration (15 mM) on aortic adventitial fibroblasts in culture with an early passage (P 6) at
Psammomys obesus, excellent model for the study of the cardiovascular diseases. This in vitro study was related
to the cellular proliferation along with some cellular and nuclear parameters of these cells. This study highlights
a significant increase in the proliferation of the adventitial fibroblasts incubated in the presence of a medium
enriched in glucose as well as an increase by their diameter, their large and small nuclear axes and number of
nucleolus.
Key words: Atherosclerosis - adventitial Fibroblast - Glucose - arterial Wall - Psammomys obesus.
Auteur correspondant : [email protected] ; [email protected]
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
B.Chaouad et al.
1. INTRODUCTION
Lathrosclrose est la principale cause de
dcs dans les pays occidentaux et apparat
en nette progression dans les pays en voie
de dveloppement [1]. Cette maladie est
associe plusieurs facteurs dont
lhypercholestrolmie, lhypothyrodie,
lhyperhomocystinmie, lhypertension
artrielle, le tabagisme, lobsit Outre
ces facteurs, de nombreuses tudes ont
montr limplication du diabte comme un
facteur de risque. Dautre part, des travaux
rcents ont signal limplication des
fibroblastes de ladventice vasculaire dans
le dveloppement du processus de
lathrosclrose,
les
fibroblastes
adventitiels sont activs rapidement en
rponse une varit de stimuli
physiopathologiques par une augmentation
de la production des ROS [2]. En effet, Un
changement des concentrations extra- et
intracellulaires de ROS peut avoir des
effets aigus et chroniques sur la fonction
vasculaire [3]. L'activation de fibroblastes
adventitiels induit dune part l'expression
des protines contractiles spcifiques des
CMLs responsables de la modulation des
fibroblastes en myofibroblastes [4] et
dautre part la prolifration et la migration
de ces cellules vers la no-intima o elles
participent son paississement [5]. Ainsi,
ladventice est le sige dune fibrose et
dune
expression
accrue
des
mtalloproteinases matricielles et de leurs
inhibiteurs
aprs
des
dommages
vasculaires [6]. Dans un prcdent travail,
nous avons mis en vidence des altrations
de la structure de ladventice aortique et en
particulier des fibroblastes en rponse
une hyperhomocystinmie. Cette dernire
est considre comme facteur de risque des
maladies cardiovasculaires.
Toutes ces importances fonctionnelles des
fibroblastes adventitiels dans les maladies
cardiovasculaires expliquent lintrt que
nous portons tudier leffet du glucose
la concentration de 15mM sur ces
fibroblastes provenant de la paroi aortique
du rat des sables, Psammomys obesus,
Universit Badji Mokhtar - Annaba
excellent modle dtude du diabte et des
complications micro-angiopathiques [7].
Nous avons effectu une tude de la
prolifration des fibroblastes adventitiels
en culture secondaire un passage prcoce
(6me passage ou P6) et une tude
morphomtrique pour certains paramtres
fibroblastiques.
2. MATERIEL & METHODES
2.1 Matriel biologique
Cette exprimentation a porte sur les rats
des sables, Psammomys obesus. Ces rats
sont des animaux dserticoles rencontrs
en Afrique du Nord, en Mauritanie, en
Egypte et au Soudan, ainsi qu travers la
pninsule Arabe [8]. En Algrie, ces
animaux se rencontrent dans plusieurs
rgions du Sahara notamment dans la
rgion de Bni-Abbs. Pour notre
exprimentation, nous avons utilis des
rats des sables provenant de la rgion
dAbbadla (Wilaya de Bchar) dont la
capture se fait au mois de dcembre.
Cet animal trs sensible aux changements
climatiques, peut tre considr comme le
rongeur saharien le plus exigeant. Nous
avons essay de raliser des conditions
appropries de captivit afin de russir le
maintenir en vie au laboratoire. Les
Psammomys (n = 13, dun poids moyen de
118g et de sexe male et femelle) sont
rpartis dans des cages individuelles,
munies dune litire en sciure, renouvele
tous les deux jours et dune boite en bois,
servant de terrier o ils recrent les
conditions dhumidit proches de celles de
leur biotope, en y accumulant galement
des plantes sales riches en eau. La
temprature de lanimalerie est maintenue
constante, aux environs de 25C. Dans la
journe, lclairage est ralis par la
lumire artificielle. A leur arrive au
laboratoire et afin de dterminer les valeurs
moyennes de certaines paramtres
morphologiques
et
biochimiques
plasmatiques de ces rats, nous avons
effectu des peses ainsi que des ponctions
49
Revue Synthse N23, Octobre 2011
ralises au niveau du sinus rtro-orbital de
lil laide dune pipette pasteur
pralablement hparine. Ces ponctions
sont effectues sur des tubes hparins
pour le dosage de la glycmie, de la
triglycridmie, de la cholestrolmie et de
la protinmie, sur tubes secs pour le
dosage des lipoprotines et sur tubes
citrats pour le dosage de lhomocystine.
Le sang prlev est centrifug (3000
tours/min) pendant 10 minutes. Le plasma
recueilli est conserv -80C.
2.2 Dosage des paramtres biochimiques
plasmatiques
Les dosages biochimiques plasmatiques
sont effectus laide de kits Biosystem.
La dtermination de la glycmie est
value par la mthode enzymatique la
glucose oxydase [9], celle de la
protinmie par la raction de Biuret, et
ceux de la cholestrolmie et de la
triglycridmie par la mthode de Fossati
et Prencipe [10].
La dtection et la quantification des
lipoprotines plasmatique ont t ralises
par le kit REP-LIPIDE Lp(a) par
lectrophorse
horizontale
sur
gel
dagarose selon la mthode de Kalwakami
[11].
Le dosage de lhomocystine totale
plasmatique est effectu grce la
mthode IMx homocystine qui est un
dosage immunologique par polarisation de
fluorescence (FPIA) sur analyseur IMx
(fabricant : Abbott).
2.3 Technique de la culture cellulaire
Aprs anesthsie lurthane (0,4ml/100g)
et dissection de lanimal, laorte est
prleve puis rince au DMEM 10%
SVF, 1% antibiotiques (streptomycine
50g/ml, penicilline 50 UI/ml, Gibco), 5%
dhps et 1,2% Glutamine. La media et
lintima sont ensuite limines et les
explants adventitiels sont mis en culture
primaire 37C, 5% de CO2 et 95% dair
pendant 15 jours. Le milieu de culture
Universit Badji Mokhtar - Annaba
B.Chaouad et al.
(DMEM 15% de SVF, 1% L-glutamine
et 1% antibiotiques) est chang tous les
deux jours. Lorsque le tapis cellulaire est
constitu, la confluence est atteinte. Les
cellules sont
alors soumises une
trypsination (0,1%), pendant 1 minute puis
rinces au PBS 10%. La suspension
cellulaire obtenue est mise en culture afin
dobtenir les diffrents passages de la
culture secondaire. Chaque passage
ncessite au moins une priode de 15 jours.
Toutes les manipulations sont ralises
sous une hotte flux laminaire verticale.
2.4 Incubation des fibroblastes en
prsence de glucose (15mM)
Au 6me passage, aprs leur trypsination et
leur mise en suspension dans du DMEM
10% de SVF, les fibroblastes adventitiels
de Psammomys sont rpartis dans des
plaques multi-puits. Pour ltude des
fibroblastes tmoins, une partie de la
suspension cellulaire est ensemence
raison de 0,4.106 cellules/ml/puit dans 6
puits, en utilisant le DMEM 10% de
SVF, 1% antibiotiques et 1,2% Glutamine.
La deuxime partie de la suspension de
fibroblastes adventitiels est ensemence
raison de 0,4.106 cellules/ml/puit dans 6
autres puits, dans du DMEM 10% de
SVF, 1% antibiotiques, 1,2% Glutamine et
glucose (15mM), ce sont les fibroblastes
incubs en milieu hyperglucos.
2.5 Etude de la prolifration des
Fibroblastes adventitiels
La
prolifration
des
fibroblastes
adventitiels de Psammomys obesus est
estime par comptage cellulaire, grce la
cellule de Malassez, aprs 72 heures
dincubation dans le DMEM supplment
de 10% de SVF, dantibiotiques et de
glutamine (fibroblastes tmoins) et en
prsence de glucose raison de 15mM.
2.6 Etude morphomtrique
Les fibroblastes adventitiels tmoins et
incubs en prsence de glucose pendant 72
heures, sont fixs au Bouin aqueux pendant
50
Revue Synthse N23, Octobre 2011
30 minutes puis rincs leau courante. Ils
sont ensuite colors au May-Grunwald (10
min) puis au Giemsa (10 min). Le tapis de
fibroblastes est rinc au PBS 10% et fait
lobjet dune tude morphomtrique
cellulaire et nuclaire. Pour chaque
paramtre morphomtrique tudi, nous
avons effectu 50 mesures afin de
dterminer le petit axe ou diamtre des
fibroblastes, les grands et petits axes
nuclaires ainsi que le nombre de nucloles
prsent dans chaque noyau.
2.7 Etude statistique
Le test utilis dans le cadre de notre travail
est le test de Student t. Pour chaque srie
danalyse, la moyenne et lcart type sont
calculs. La valeur de t nous donne le
degr de signification P lu sur la table de
Student. Le degr de significativit utilis
dans les rsultats est P < 0,05 (*), P < 0,01
(**), P < 0,001 (***) et P < 0,0001 (****).
3. RESULTATS
3.1 Caractristiques pondrale et
biochimique
plasmatique
des
Psammomys obesus
Les
caractristiques
pondrales
et
biochimiques
plasmatiques
des
Psamommys
obesus
tmoins
sont
rapportes dans le tableau 1.
Tableau 1. Caractristiques des rats des sables,
Psamommys obesus.
Paramtres
Poids (g)
Rats tmoins
118,20 13,54
Glycmie (mg/dl)
40,63 05,98
Protinemie (mg/dl)
40,21 10,33
Triglycridmie (mg/dl)
32,24 09,61
Cholstrolmie (mg/dl)
44,68 16,17
HDL (%)
55,51 08,32
LDL-VLDL (%)
40,70 07,07
Homocystinmie (M)
B.Chaouad et al.
3.2 Etude de la prolifration
Les rsultats de la prolifration des
fibroblastes adventitiels de Psammomys
obesus tmoins et soumis au glucose
(15mM) pendant 72 heures sont reports
dans le tableau 2.
Tableau 2. Influence du glucose (15mM) sur la
prolifration, in vitro, des fibroblastes adventitiels
aortiques du rat des sables, Psammomys obesus.
Nombre des
cellules / ml
Tmoins
Traits au
glucose (15mM)
6me passage
0,4.106
0,4.106
Aprs 72 heures
dincubation
(0,517 (1,11 0,25).106
0,038).106 ***
Les valeurs reportes dans le tableau reprsentent la
moyenne affecte de son cart-type.
Trait vs Tmoin : *** P < 0.001
Une
prolifration
des
fibroblastes
adventitiels est enregistre aprs 72 heures
dincubation dans les 2 conditions
exprimentales. Nos rsultats montrent que
le taux de prolifration est de 29,25% pour
les fibroblastes tmoins. En prsence de
glucose, ce taux est significativement (P <
0.001) augment et atteint une valeur de
177,5%.
La prolifration des
fibroblastes
adventitiels incubs dans un milieu enrichi
en glucose (0,3%) est donc 6 fois plus
importante que celle des fibroblastes
incubs dans un milieu standard.
3.3 Etude morphomtrique
Laugmentation de la prolifration
enregistre et laspect des cellules en
culture (figure 1) en prsence de glucose
nous a incit tudier les caractristiques
morphomtriques
des
fibroblastes
adventitiels. Les rsultats sont rapports
dans le tableau 3.
1,05 0,49
51
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B.Chaouad et al.
A : incubs dans un milieu standard.
B : incubs dans un milieu glucos (3g/l).
Figure 1. Fibroblastes adventitiels aortiques de Psammomys obesus en culture secondaire.
Fixation au Bouin aqueux. Coloration May-Grunwald-Giemsa. (G.400).
Tableau 3. Action du glucose (15mM) sur la morphomtrique des fibroblastes adventitiels aortiques
du rat des sables, Psammomys obesus.
Fibroblastes tmoins
Fibroblastes soumis au glucose
(15mM)
Petits axes cellulaires (m)
20,40 8,98
26,45 6,63 ***
Grand axe nuclaire (m)
19,80 4,54
22,85 3,43 ***
Petit axe nuclaire (m)
13,35 3,77
17,20 3,22 ****
Nombre de nucloles
3,50 1,56
7,76 2,73 ****
Paramtres
Les valeurs reportes dans le tableau reprsentent la moyenne affecte de son cart-type.
Trait vs Tmoin : *** P < 0.001 ;
**** P < 0.0001
52
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Aprs 72 heures dincubation dans un
milieu glucos (15 mM ou 3g/l), nous
avons not une augmentation significative
(P < 0.001) de 29,65% des diamtres ou
petits axes des fibroblastes adventitiels. En
effet la taille de petits axes cellulaires des
fibroblastes tmoins est 20,40 8,98 m,
en prsence de glucose elle atteint 26,45
6,63 m.
Nous avons galement dtermin les
dimensions (petit et grand axes) des
noyaux ainsi que le nombre de nucloles.
Nos rsultats montrent des modifications
nuclaires des fibroblastes incubs dans un
milieu enrichi en glucose. En effet, nous
avons enregistr une augmentation de
15,4%
du
grand
axe
nuclaire
statistiquement significative (P<0.001).
Une augmentation significative (P<0.0001)
de 28,84% est galement note pour le
petit axe nuclaire, celui-ci atteint la valeur
moyenne de 17,20 3,22m (vs 13,35
3,77m dans les fibroblastes tmoins).
Le dnombrement des nucloles que nous
avons effectu met en vidence une
augmentation de 121,71% de ce nombre
dans les fibroblastes adventitiels incubs
en prsence de glucose (7,76 2,73
nucloles en moyenne) par rapport aux
fibroblastes tmoins (3,50 1,56
nucloles). Lanalyse statistique rvle
que cette diffrence est
significative
(P<0.0001). Il apparat donc quen
prsence de glucose (15mM), les
fibroblastes adventitiels subissent une
modulation phnotypique marque par une
augmentation de la taille de la cellule et du
noyau et marque galement par une
activit synthtique importante caractrise
par laugmentation du nombre de
nucloles.
4. DISCUSSION
Nos rsultats in vitro montrent une
augmentation significative du taux de
prolifration des fibroblastes adventitiels
incubs dans un milieu enrichi en glucose
(15mM). Un effet similaire du glucose sur
des fibroblastes cutans humains [12], sur
Universit Badji Mokhtar - Annaba
B.Chaouad et al.
des myofibroblastes cardiaques de rats
[13], sur des CMLs aortiques de
Psammomys obesus [14] et sur des
fibroblastes humains du cortex rnal [15] a
t prcdemment rapport. Certains
chercheurs ont rapport un effet inhibiteur
ou toxique de D-glucose (5,5mM et
22mM) sur la prolifration des fibroblastes
cutans humains [16]. Selon Neumann et
al. [13], cet effet prolifratif du glucose ne
serait pas li aux changements d'osmolarit
ou la production des produits finaux de
glycation,
car
des
concentrations
quimolaires de L-glucose
non
mtabolisable n'ont pas influenc la
prolifration
des
myofibroblastes
cardiaques.
Les
fibroblastes
adventitiels
de
Psammomys incubs dans un milieu
enrichi en glucose apparaissent moins
allongs et plus volumineux que les
fibroblastes tmoins (fig. 1). Ces mmes
observations
ont
t
signales
prcdemment par Benazzoug [12], dans
des fibroblastes cutans humains. Cet effet
d glucose nest pas du un phnomne
dosmose puisque des fibroblastes incubs
en prsence de mannitol ne montrent pas
les modifications observes en prsence de
glucose.
Par ailleurs, nos rsultats morphomtriques
montrent une augmentation significative
du nombre de nucloles dans les
fibroblastes incubs dans un milieu enrichi
en glucose. Cette augmentation est un
indice de synthse cellulaire accrue des
protines. En effet, Tokudome et al. [17]
ont montr que l'exposition de fibroblastes
cardiaques une forte concentration de
glucose induit clairement la synthse
d'ADN et de collagnes et stimule
lexpression des gnes de la fibronectine et
du TGF-1. De mme, Lee et al. [18]
suggrent quun taux lev de glucose
(25mM) augmente la production des
MMP-2 dans les fibroblastes adventitiels
aortiques chez le rat par l'intermdiaire de
la voie de signalisation PI3 kinase/Akt en
activant le facteur de transcription NF-B.
Aouichat Bouguerra et al. [14] ont not,
53
Revue Synthse N23, Octobre 2011
dans des CMLs de Psammomys incubs
dans un milieu contenant 15mM de
glucose, une augmentation du cholestrol
cellulaire libre et estrifi, des protines
totales ainsi quune augmentation de la
biosynthse des chanes 1(I+III) et 2(I)
caractrisant les collagnes fibrillaires
contenus dans les CMLs et dans la MEC.
Benazzoug et al. [19] ont tudi l'effet de
diffrentes concentrations (2 et 3g/L) de
glucose sur la synthse des collagnes et de
fibronectine par des fibroblastes cutans
humains en culture. Ces chercheurs ont
signal une augmentation de la biosynthse
du collagne de type III corrle
laugmentation de son ARNm, sans
changement de production du collagne de
type I.
Cette augmentation de la
biosynthse collagnique est associe une
augmentation de la biosynthse de la
fibronectine (glycoprotine de la MEC).
Selon Lemons et al. [20], laugmentation
de lactivit mtabolique des fibroblastes
prolifratifs est oriente vers la synthse
protique et en partie vers lexcrtion des
protines matricielles. Par ailleurs, Tang et
al. [21] suggrent que la thombospondine1est implique dans la rgulation de
lexpression du TGF-1 et du collagne de
type III, induite par la concentration leve
de glucose, ouvrant ainsi la voie une
ventuelle stratgie thrapeutique.
5. CONCLUSION
Ces rsultats montrent linfluence du
milieu environnant sur les cellules. Ils
suggrent en particulier que le milieu
hyperglucos
induit une
modulation
phnotypique des fibroblastes adventitiels
associe une synthse protique
importante.
Les
caractristiques
morphologiques et fonctionnelles des
fibroblastes adventitiels leur confrent un
rle trs important au cours des maladies
cardiovasculaires, tels le diabte et
lathrosclrose.
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55
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
M.Benmerkhi et M.Afrid.
Transfert de chaleur dans un canal
partiellement rempli dune matire poreuse
Benmerkhi Meriem, & Afrid Mohamed
Laboratoire de Physique Energtique
Dpartement de Physique Universit Mentouri-Constantine- Algrie
Accept le : 18/07/2011
.
, .
, .
. . , ,
510 . ,410
.
. - - - -
Rsum
Cette tude concerne une simulation numrique du transfert de chaleur dans un canal partiellement rempli dune
matire poreuse sature de l'air et dune certaine concentration de la vapeur d'eau. Le canal horizontal est divis
en trois parties gales, seulement la deuxime partie contient de l'air en coulement travers la matire poreuse.
Les parois du premier et troisime tiers sont considres adiabatiques et impermables, mais celles du deuxime
sont maintenues une temprature constante infrieure celle de lcoulement lentre. La mthode numrique
des volumes finis avec une discrtisation spatiotemporelle du second ordre, est utilise pour la rsolution des
quations de conservation de la masse, des quantits de mouvement, de lnergie. La prsence du milieu poreux
augmente considrablement le transfert thermique. Pour le nombre de Grashof gal 10 4, les rsultats de la
convection mixte sont similaires ceux de la convection force. Cependant, laugmentation du nombre de
Grashof 105, conduit des petites diffrences entre les rsultats de la convection force et mixte.
Mots cls : Milieu poreu -Canal horizontal - Transfert thermique - Convection mixte - Volumes finis.
Abstract
This study concerns a numerical simulation of the heat transfer in a horizontal plane channel partially filled with
a porous material, which is saturated with air. The channel space is divided into three equal parts; only the
second part is filled with the porous material. The walls of the first and third parts are considered adiabatic and
impermeable, but those of the second part are maintained at a constant temperature that is lower than that of the
flow at the channel entrance. A finite volume numerical method with a second order accurate discretization is
used for the solution of the conservation equations of mass, momenta and energy. The presence of the porous
medium increases considerably the heat transfer. For the Grashof number equal to 10 4, the mixed convection
results are similar to those of the forced convection. However, the increase of the Grashof number to 10 5, led to
small differences between the forced and mixed convection results.
Key words: Porous medium - Horizontal channel - Heat transfer - Mixed convection - Finite volumes.
Auteurcorrespondant : [email protected]
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
M.Benmerkhi et M.Afrid
1. INTRODUCTION
Le phnomne de transfert de chaleur dans
les milieux poreux est un domaine de
recherche trs actif et dactualit. Un
milieu poreux est une matrice solide rigide
qui comporte des vides (pores) qui peuvent
communiquer entre eux et contenir une ou
plusieurs phases fluides (gaz ou liquide)
pouvant s'couler et, ventuellement,
changer entre elles et/ou avec le solide de
la matire et/ou de l'nergie [1]. Pour les
deux dernires dcennies, il y a eu un
intrt croissant du transfert thermique
convectif dans les milieux poreux [2,7].
Plusieurs tudes ont dmontr que
l'utilisation d'une matrice poreuse amliore
le transfert thermique par convection
force mais augmente la chute de pression
dans les conduits [7]. Les phnomnes de
transfert dans les milieux poreux sont
rencontrs dans la nature et dans plusieurs
applications industrielles. Des exemples
sont : les coulements des eaux
souterraines, lexploitation des gisements
dhydrocarbures, le schage et la
dshumidification
du
bois,
le
refroidissement
des
instruments
lectroniques et le transport des polluants
dans les sols. Un choix judicieux de la
matrice poreuse permet d'augmenter les
changes thermiques par convection dans
un changeur de chaleur annulaire
partiellement ou totalement rempli par un
milieu poreux. Pour cette application, il est
possible
damliorer
les
transferts
thermiques sans augmenter les surfaces
dchanges. Plusieurs tudes ont
t
consacres aux transferts thermiques dans
les milieux poreux. Kaviany [3] a tudi
un coulement laminaire travers un canal
poreux limit par deux plaques parallles
maintenues une temprature uniforme par
le modle de Darcy modifi. Il a nglig le
terme du carr de la vitesse dans l'quation
de quantit de mouvement et le terme de
conduction axiale dans l'quation d'nergie
pour montrer que le nombre de Nusselt,
pour les champs compltement dvelopps,
augmente avec le paramtre de forme du
milieu poreux q = (W2/K)1/2, o W est la
largeur du canal, la porosit et K la
permabilit du milieu poreux. Les
rsultats montrent aussi que l'excs de la
chute de pression, associ la rgion
d'entre, dcroit lorsque le paramtre q
augmente. Chou et. al. [4] ont tudi
exprimentalement la convection mixte
non Darcy compltement dveloppe. Des
lits de sphres emballes sont placs sur
des canaux horizontaux. Ils ont pris la
dispersion thermique en considration. Les
rsultats thoriques confirment ceux qui
sont exprimentaux pour un rapport des
diamtres du canal et de sphre (D/d =10).
Ils ont trouv qu'avec un nombre de Pclet
faible, l'effet de flottabilit affecte
significativement la structure dcoulement
secondaire et le taux du transfert
thermique. Avec un nombre de Rayleigh
fixe, l'effet de flottabilit peut tre
supprim lorsque le nombre de Pclet
augmente. Les valeurs du nombre de
Nusselt dans la rgion compltement
dveloppe dpendent des nombres du
Rayleigh et Pclet et du rapport des
diamtres du canal et de sphre. Sung et al.
[5] ont tudi numriquement les
caractristiques du transfert thermique par
convection force dans un canal
partiellement poreux (=0.9) avec des
parois adiabatiques et une source de
chaleur isole dans le canal. Deux types
des endroits du bloc poreux sont
considrs, (a) la paroi suprieure et (b)
la paroi infrieure. Ils ont travaill avec les
paramtres
suivantes
:
6
Re=10-500, 10 Da , une paisseur
du substrat poreux ( 0 S 1 ) et un
rapport
des
onductivits
thermiques ( 0.1 Rk 10 ). Ils ont utilis
la mthode des volumes finis, et ils ont
trouv une augmentation du transfert
thermique accompagne d'une grande
chute de pression. La diminution du Da
diminue la temprature maximale de la
paroi dans le type (a) et l'augmente dans le
type (b). L'augmentation du Rk pour un Da
fixe, augmente le taux du transfert
57
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
thermique. Jiang et. al. [6] ont tudi
exprimentalement le transfert thermique
par convection force dans un canal plan
rempli de verre, de particules sphriques
d'acier inoxydable ou de bronze, ils ont
utilis l'eau comme un fluide du
fonctionnement. La distribution de la
temprature locale de la paroi a t
mesure par les tempratures et les
pressions de fluide l'entre et la sortie.
Les effets du diamtre de la particule, de la
conductivit thermique de la particule et de
la vitesse du fluide ont t examins pour
trois tailles de la particule. Le coefficient
de transfert thermique et le nombre de
Nusselt sont accrus avec la diminution du
diamtre de la particule en bronze, mais
diminus avec la diminution de diamtre
de la particule de verre. Ils sont galement
augments avec laugmentation de la
conductivit thermique du matriel
emball. Rahimian et. al [7] ont tudi le
transfert thermique dun coulement
laminaire dun fluide incompressible dans
un canal plan divis en trois sections, dont
les parois des sections 1 et 3 sont
adiabatiques. La section 2 est remplie
dune matire poreuse ( = 0.9). La
temprature des particules solides est
considre en deux types, (a) elle varie
avec le temps o les parois sont une
temprature constante, (b) elle est
considre constante o les parois sont
adiabatiques. Ils ont utilis la mthode de
MAC (Marker et Cell). Par la
considration dun quilibre thermique non
local, ils ont trouv que le nombre de
Nusselt moyen varie linairement avec le
nombre de Re, une nature oscillatoire du
nombre de Nusselt local prs des parois
cause des vitesses oscillatoires. Lpaisseur
de la couche limite thermique diminue
avec laugmentation du nombre de Re de la
particule prs des parois du canal. La
variation du nombre total des particules
solides le long du canal, cause un champ
de vitesse oscillatoire impose des
oscillations dans le coefficient de
convection. Jiang et. al. [8, 9, 10] ont
tudi
numriquement
et
exprimentalement le transfert thermique
de la convection force d'eau et de l'air,
M.Benmerkhi et M.Afrid.
dans des canaux poreux en bronze
agglomrs. Les rsultats des trois
rfrences ont montr que le transfert
thermique convectif dans un canal poreux
agglomr tait plus intense que dans un
canal poreux non agglomr, d la
rsistance thermique rduite de contact et
la porosit rduite prs des parois du
matriel agglomr. Chang et. al. [11] ont
tudi exprimentalement la convection
mixte non Darcy dans un canal horizontal
de section carre rempli des sphres
emballes sous un chauffage axial
uniforme et une temprature uniforme de
la paroi priphrique. Ils ont travaill avec
une gamme du nombre de Rayleigh
( 0 Ra 3 105 ) et une gamme du nombre
de Pclet (Pe=10-200). Ils ont considr
l'effet de la dispersion thermique. Avec un
grand nombre de Rayleigh et un faible
nombre de Pclet, l'effet de flottabilit se
produit la rgion d'entre par un
coulement secondaire. Avec Pe = 300, Ra
=105 et Pr =10, l'effet de flottabilit est
supprim par la domination de l'effet de la
dispersion thermique. Hadim et. al. [12]
ont tudi numriquement par la mthode
des volumes finis, la convection force
dun coulement laminaire avec un
quilibre
thermique
local,
entr
verticalement par une fente sur un canal
poreux homogne, isotropique et satur
compos par des particules mtalliques
agglomres avec une paroi adiabatique.
Par la considration de la dispersion
thermique, ils ont trouv que le milieu
poreux avec un petit diamtre des
particules produit une augmentation du
transfert thermique et de la chute de
pression, alors quavec un plus grand
diamtre des particules, les augmentations
cites sont rduites aux ses valeurs
asymptotiques du cas non poreux. Une
exprience ralise par Tzeng et. al. [13]
concerne les caractristiques du transfert
thermique dun coulement dair dans des
canaux poreux en bronze agglomrs
axisymtriquement chauffs avec des
cloisons mtalliques en cuivre insres
priodiquement en quatre modes : (a) sans
aucune cloison, (b) avec des cloisons
58
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
insres la paroi suprieure chaude, (c)
avec des cloisons insres la paroi
inferieure adiabatique, (d) avec des
cloisons insres aux deux parois. Le
transfert thermique de tous les modes
augmente avec la diminution du diamtre
de la particule, surtout avec des nombres
de Re levs. Pour Re>2000, le transfert
thermique est plus grand en mode (b) et
plus petit en mode (d), en lequel il tait
encore plus petit que celui en mode (a).
Cependant, pour un Re de lordre de 1000,
lamlioration du transfert thermique est de
20-30% en mode (d), de 10-20 % en mode
(b) et de 0-12 % en mode (c). Jaballah et.
al [14] ont tudi la convection mixte dans
un canal plan horizontal bidimensionnel
contenant des couches fluides et poreuses
chauffes par un flux constant sur les
surfaces suprieures. Ils ont utilis la
mthode des volumes finis. Le champ
thermique, les lignes de courant et les
nombres locaux de Nusselt sont analyss,
pour une large gamme du nombre de Darcy
(1<Da<10-5), et pour diffrentes valeurs du
rapport de conductivit thermique, Rk. Les
rsultats identifient la limite de la
convection
mixte
et
l'effet
des
caractristiques de mdias poreuses
(permabilit, conductivit) sur la structure
d'coulement et le transfert thermique.
Hetsroni et. al. [15] ont tudi
exprimentalement l'effet de la porosit sur
le transfert thermique et la chute de
pression dans un canal rectangulaire avec
des insertions poreuses agglomres de
diffrentes porosits. Ils ont trouv quil y
a une grande augmentation de la chute de
pression du canal poreux par rapport
celle dun canal vide, et elle augmente plus
de deux fois avec une diminution de trois
fois du diamtre des pores. Avec un
nombre de Re, dans le rgime laminaire, le
nombre de Nusselt augmente plus de deux
fois avec une diminution de trois fois du
diamtre des pores. Dans la prsente tude,
le but est d'tudier numriquement le
transfert de chaleur dans un canal plan
horizontal bidimensionnel, partiellement
rempli dune matire poreuse satur par
lair. La conductivit thermique de la
matire poreuse est gale 5.77 fois celle
M.Benmerkhi et M.Afrid.
du fluide et la porosit gale 0.8. Le
nombre de Darcy est Da =102. Le canal
est divis en trois parties, la premire et la
troisime contiennent un coulement d'air,
alors que la deuxime contient de l'air en
coulement travers la matire poreuse.
Les parois du premier et troisime tiers
sont considres adiabatiques, mais celles
du deuxime sont maintenues une
temprature constante infrieure celle de
lcoulement lentre. Le milieu poreux
est suppos isotrope et homogne. Le
fluide est suppos Newtonien avec des
proprits thermophysiques constantes.
Lcoulement est suppos incompressible
et laminaire. Le but de ce travail est la
dtermination de l'effet du milieu poreux
sur le transfert thermique et la diffrence
entre les rsultats de la convection force
et la convection mixte.
2. GEOMETRIE DU PROBLEME
La configuration du canal et de
l'coulement est illustre dans la figure 1.
T = T1
Adiabati
que
Air
Adiabati
To
que
H
Air
Milieu
poreux
Sorti
e
Entre
x
La zone de transfert
L = 20H
Figure. 1 : Le schma du problme considr
3. FORMULATION MATHEMATIQUE
Dans le milieu poreux, lcoulement est
modlis par le modle de DarcyForchheimer-Brinkman [2], avec les
quations
diffrentielles
(non
dimensionnelles) aux drives partielles,
suivantes :
Lquation de continuit
U V
0
x y
(1)
59
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M.Benmerkhi et M.Afrid
Lquation de la quantit de mouvement suivant (x)
P
1 U
1 (UU ) 1 (VU )
U
2
2
Cf
t
x
y
x Re Da
Re
U 2 V 2U
Da
U U
x x y y
(2)
Lquation de la quantit de mouvement suivant (y)
P
1 V
1 (U V ) 1 (V V )
V
2
2
Cf
t
x
y
y Re Da
Re
V
x x
U 2 V 2 V
Da
y y
Grt
T
2
Re
(3)
L'quation d'nergie
T (U T ) (V T )
1 T
1 T
t
x
y
Re Pr x x Re Pr y y
(4)
Les conditions initiales et aux limites.
Pour t = 0, U = 0, V = 0, T = 1.
Pour t > 0, x 0 , U = 1, V = 0, T = 1.
A x=20,
U
V
2T
0,
0,
0.
x
x
x 2
T
0 x 6.66
U = 0, V = 0,
0.
y
13.33 x 20
A y = 0,
A y = 0, 6.66 x 13.33 U = 0, V = 0, T = 0.
0 x 6.66
T
A y = 1,
U=0, V=0,
0.
y
13.33 x 20
A y = 1, 6.66 x 13.33 U = 0, V = 0, T = 0.
60
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4. DETAILS NUMERIQUES
On a choisi la mthode des volumes finis
pour la rsolution numrique des quations
modlisantes.
On
a
utilis
une
discrtisation temporelle du second ordre
pour tous les termes de la variation
temporelle dans toutes les quations :
t t
3 t t 4 t t t
2t
La discrtisation temporelle des termes
convectifs et non linaires suit le schma
dAdam-Bashforth
(dordre
2):
t t
t
t t
2
La discrtisation temporelle des termes
diffusifs et de pression est implicite, ils
seront valus, sans approximation, au
temps (t t ) . Le schma des diffrences
centres dordre deux est utilis pour la
discrtisation des drives spatiales, par
P
N
exemple:
yn
dyn
avec
une
erreur
de
troncature
2
dordre dyn . Les essais numriques ont
t effectus pour un maillage uniforme de
(202x82) avec un pas du temps de 10-4. On
utilise un maillage typique pour la
discrtisation des quations des variables
dpendantes scalaires, et un maillage
dcal pour les variables dpendantes
vectorielles (les composantes du vecteur de
vitesse). L'ide du maillage dcal, est de
stocker les composantes de la vitesse sur
les faces des volumes finis pour viter la
satisfaction des quations de discrtisation
par des solutions numriques spatialement
oscillatoires
et
physiquement
inacceptables. Tous les termes des
quations de la conservation de la masse,
des quantits de mouvement et de
lquation dnergie sont double intgrs
entre les limites d'un volume fini. Les
rsultats des intgrales sont rarrangs sous
la forme standard des quations
algbriques (de discrtisation). Pour
rsoudre les systmes d'quations de
discrtisation de vitesse, il est ncessaire
de connatre les valeurs de la pression aux
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M.Benmerkhi et M.Afrid
points du maillage typique, apparaissantes
dans les sources des quations de
discrtisation [16]. Et donc, il nous faut
une quation de discrtisation de la
pression chaque point intrieur du
maillage typique. L'obtention d'une telle
quation est possible par l'utilisation des
quations de discrtisation des vitesses et
de continuit [16]. Pour la rsolution des
systmes d'quations algbriques nous
avons utilis une mthode de solution par
balayage (Sweeping) dite ligne by ligne (L
B L) expose par Patankar [17], avec
l'algorithme de Thomas. La solution
squentielle des quations de discrtisation
des variables dpendantes suit l'algorithme
SIMPLER [17]. Les dtails numriques
sont exposs par Benmerkhi [16]. La
convergence vers le rgime permanent est
vrifie lorsque les bilans globaux de la
masse et de la chaleur sont satisfaits. Un
code de calcul bas sur l'algorithme
prcdent en langage Fortran a t utilis et
labor. Il a t excut sur un microordinateur personnel disposant d'un
processeur Pentium (R) 4, 3.00 GHz et de
256 Mo de RAM.
5. RESULTATS
5.1 Validation
Pour la validation du code de calcul
labor, nous avons tent de reproduire
certains rsultats de Sung et al. [5]. Ils ont
tudi le transfert thermique de la
convection force dans un canal
partiellement rempli dun milieu poreux
avec une porosit gale 0.9. Une petite
partie de la paroi infrieure est chauffe
par un flux de chaleur constant. Les autres
parties et toute la paroi suprieure sont
adiabatiques. Lpaisseur du substrat
poreux (bloc poreux) est 0.5 fois la hauteur
du canal. Les paramtres utiliss sont : un
Rapport daspect (L/H) = 20, Re =100,
Cf =0.55, Pr =0.72, Da=10-5. Le rsultat de
la rfrence cit et notre rsultat sont
obtenus avec un maillage de (140x50) avec
un pas du temps t = 10-4. Notre
coulement et celui de la rfrence sont
prsents dans les figures 2 et 3. La
61
Revue Synthse N23, Octobre 2011
M.Benmerkhi et M.Afrid.
similarit des deux coulements est
apparente, et en particulier, la zone de
recirculation derrire le bloc poreux.
Lcoulement dans les deux figures
ressemble un coulement derrire un bloc
compltement solide, o le dbit passant
par ce bloc est trs faible.
Figure 4 : Comparaison des profils verticaux
de la vitesse horizontale la moiti du bloc poreux.
Figure 2. Modle dcoulement, Re = 100
et Da = 10-5 (Notre rsultat)
5.2 Rsultats obtenus par cette tude
Dans ce qui suit, nous prsenterons les
rsultats de notre tude. Ces rsultats sont
partags en deux parties:
Figure 3. Modle dcoulement, Re = 100
Da = 10-5 (Rsultat de la rfrence cite)
Dans la figure 4, on compare les profils
verticaux (passant par le bloc poreux) de la
vitesse horizontale. On constate que notre
rsultat est qualitativement en accord avec
celui de la rfrence cite, mais
quantitativement il est un peu diffrent.
Cette diffrence quantitative provient du
maillage non uniforme utilis dans la
rfrence [5], o les points du maillage ont
t plus denses prs de la source de
chaleur, et prs des parois suprieure et
infrieure du canal, aussi bien qu
l'interface (milieu poreux/fluide).
-La premire concerne le cas d'un canal
sans la matire poreuse, considr le cas de
rfrence.
-La deuxime concerne la dtermination de
l'effet du milieu poreux sur les transferts de
chaleur et la comparaison entre les
rsultats des convections force et mixte.
5.2.1 Cas dcoulement dans le canal
sans milieu poreux (Convection force)
Le modle mathmatique de ce cas est
obtenu avec une porosit gale 1 et un
nombre de Darcy infini. Le cas de
rfrence est rsolu avec les paramtres de
contrle suivantes: Rapport daspect
(L/H)=20, Re = 100, Da = 1030, Cf = 0,
=1, Pr = 0.7 et t =10-4.
De la figure 5, on voit le dveloppement
classique dun coulement dans un canal
plan. Lcoulement est uniforme lentre,
il se dveloppe axialement pour devenir un
coulement de Poiseuille avec un profil
parabolique de la vitesse (avec un
maximum gal 1.5) axialement invariant
et une chute axiale de la pression.
62
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Figure 5. Champ de vitesse et de pressiondun
coulement dans un canal sans milieu poreux.
La distribution de la temprature est
reprsente dans la figure 6. Entre lentre
et le dbut de la zone de transfert, les
parois du canal sont adiabatiques et il ny a
aucun transfert thermique entre ces parois
et le fluide; et donc le fluide maintient sa
temprature dentre. Dans la zone de
transfert, les parois du canal sont
maintenues une temprature infrieure
celle du fluide lentre. Dans cette zone,
il ya transfert thermique par convection et
diffusion. Le refroidissement axial du
fluide est remarquable. Suivant la direction
transversale, on voit quentre la demi
hauteur du canal et les parois, il y a une
diminution importante de la temprature.
Entre la sortie de la zone de transfert et la
sortie du canal, les parois de ce dernier
sont adiabatiques et la distribution de la
temprature
soriente
vers
une
homognisation spatiale.
Lchange thermique est quantifi par le
nombre de Nusselt qui est dfini par:
M.Benmerkhi et M.Afrid.
Figure 6. Distribution spatiale de la temprature
dun coulement dans un canal sans milieu poreux.
Nu ( x) 2
T
y
y 0
Tm T
y 0
2 T
Tm y
y 0
pour la paroi infrieure du canal et par :
T
y y 1
2 T
Nu ( x) 2
Tm T y 1
Tm y y 1
pour la paroi suprieure. La variation du
nombre de Nusselt local des deux parois du
canal, prsente dans la figure 7 est la
mme (par symtrie). Comme impos par
les conditions aux limites, le nombre de
Nusselt est nul le long des parties
adiabatiques. Dans la zone de transfert, il
subit une chute axiale importante de la
valeur maximale 25.83 jusqu 7.54, cette
valeur est la limite asymptotique du
nombre de Nusselt dun coulement
thermiquement dvelopp dans un canal
parois isothermes [18].
63
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Figure 7. Variation du nombre de Nusselt local.
M.Benmerkhi et M.Afrid.
quelques positions axiales arbitrairement
choisies) et la distribution spatiale de la
pression sont illustrs dans la figure 8. De
cette figure, il est clair que la variation
axiale de la pression est surtout prsente
dans la zone de transfert ( travers le
milieu poreux). La variation axiale de la
pression est trs suprieure celle du cas
du canal sans milieu poreux. Cependant, sa
variation transversale est ngligeable. Avec
latteinte du rgime permanent et la
ngligence
des
termes
convectifs
(relativement faibles), les termes de Darcy,
de Forchheimer, de Brinkman et de
gradient de pression, dans lquation de
quantit de mouvement suivant x, sont
quilibrs.
5.2.2 Cas du canal partiellement poreux
(Convection force)
Dans ce cas, le deuxime tiers du canal est
rempli par la matire poreuse. Les
paramtres de contrle sont : Rapport
daspect (L/H)=20, Re=100, Da =102, Cf =
0.55, =0.8, Pr=0.7 et t =104. Notons
que le milieu dcoulement est non
homogne: le premier et le troisime tiers
contiennent du fluide alors que le
deuxime tiers contient le fluide et le
milieu poreux. Les sections du dbut et de
la fin de la zone de transfert reprsentent
des faces verticales de discontinuit du
milieu
dcoulement.
A
lentre,
lcoulement est uniforme. A partir de
lentre, lcoulement commence se
dvelopper axialement. Mais, le long de
son dveloppement dans le premier tiers, il
rencontre la face amont de la zone de
transfert. Cette rencontre modifie le
dveloppement de lcoulement. Une fois
dans la zone de transfert, lcoulement
commence se dvelopper dans un milieu
poreux. Le dveloppement de lcoulement
dans le milieu poreux subit une
discontinuit la face avale de la zone de
transfert: lcoulement passe du milieu
poreux un tronon du canal simple. Ce
passage modifie de nouveau lcoulement.
Finalement, une fois dans le troisime
tiers, lcoulement commence un troisime
dveloppement qui stend jusqu la
sortie du canal. Le champ de vitesse (
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Figure 8. Champ de pression et de vitesse dun
coulement dans un canal partiellement poreux
Dans les figures 9 (a) et 9 (b) , on a trac le
profil vertical de la vitesse horizontale
quelques positions axiales arbitrairement
choisies. De cette figure, la variation
spatiale de vitesse le long du canal est bien
illustre. Elle commence se dvelopper
dans le premier tiers du canal sous la forme
dun profile parabolique avec un
maximumgal 1.5. A lapproche de
linterface (fluide/milieu poreux), le
maximum de la vitesse diminue de 1.5
1.37. A linterface, le maximum diminue
1.3. Il continue diminuer dans le milieu
poreux jusqu la valeur 1.07, cause de la
rsistance du milieu poreux lcoulement
du fluide. La diminution du maximum de
la vitesse, situ la demi hauteur du canal
est simultanment accompagne par une
64
Revue Synthse N23, Octobre 2011
augmentation du niveau de la vitesse prs
des parois pour conserver le dbit axial de
lcoulement (conservation de masse).
Dans le milieu poreux, le profil de vitesse
est aplati. Dans le troisime tiers du canal
(voir la figure 9 (b), ds la sortie du milieu
poreux, la vitesse commence un
redveloppement parabolique et atteint le
profile de Poiseuille la sortie du canal.
Dans le milieu poreux, la variation
verticale de la vitesse horizontale prs des
parois est de au terme de Brinkman ; mais
laplatissement du profil de la vitesse, loin
des parois, est d au terme de Forchheimer.
a
a
M.Benmerkhi et M.Afrid.
dans la zone de transfert. Le
refroidissement axial rapide dans la zone
de transfert est mieux reprsent par
lvolution axiale de la temprature
moyenne, prsente dans la figure 11. La
variation axiale de cette temprature
moyenne
est
dfinie
par :
1
U ( x, y) T ( x, y) dy
Tm ( x ) 0 1
0 U ( x, y) dy
Elle reste constante (gale la valeur
d'entre 1) jusqu'au dbut de la zone de
transfert o elle subit une chute axiale
jusqu la fin de cette zone. A partir de
cette position, elle est constante jusqu la
sortie. Dans ce cas dcoulement dans un
canal partiellement poreux, la temprature
moyenne la sortie de la zone de transfert
vaut 0. Cela veut dire que la zone de
transfert refroidi totalement lcoulement.
Entre la sortie de la zone de transfert et la
sortie du canal, lcoulement est isotherme
la temprature nulle. Donc, on constate
une amlioration nette du transfert
thermique par rapport celui du canal sans
milieu poreux. Lamlioration du transfert
thermique dans le milieu poreux est due
laugmentation de la convection prs des
parois (vitesse relativement plus grande) et
aussi laugmentation de la conduction de
chaleur par une conductivit thermique du
milieu poreux gale 5.77 fois celle du
fluide.
Figure 9. Profils verticaux de la vitesse horizontale
entre (a) lentre et le milieu du canal, (b) entre le
milieu du canal et la sortie.
La distribution de la temprature est
illustre dans la figure 10. Lcoulement
est isotherme ( la temprature dentre)
jusquau dbut de la zone de transfert. On
constate une chute rapide de la temprature
Figure 10. Distribution spatiale de la temprature
dun coulement.
65
Universite Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
M.Benmerkhi et M.Afrid.
Figure 11. Comparaison des tempratures
moyennes avec et sans milieu poreux.
Figure 12. Comparaison des nombres de Nusselt
locaux avec et sans milieu poreux
La figure 12 illustre la variation axiale du
nombre de Nusselt local des deux parois du
canal poreux et non poreux. Premirement,
la variation horizontale du nombre de
Nusselt local est dfinie par :
T
y
y 0
Tm T
y 0
km
Nu ( x) 2
2
T
5.77
Tm
y
y 0
11.54 T
Tm y
5.2.3. Cas de lcoulement dans le canal
poreux avec Grt = 104 (Convection
mixte)
y 0
pour la paroi infrieure
km
Nu ( x) 2
T
y
Tm T
y 1
y 1
2
T
5.77
Tm
y
y 1
11.54 T
Tm y
pour la paroi suprieure.
Les conditions aux limites des parois du
canal restent les mmes dans tous les cas.
Donc, le nombre de Nusselt local des
parois dans le premier et le troisime tiers
du canal est nul, puisque les parois sont
toujours adiabatiques. Dans la zone de
transfert, on constate une chute axiale
rapide du nombre de Nusselt local de 96.38
la valeur asymptotique 53.27, trs
suprieure celle du canal sans milieu
poreux qui est gale 7.54. Lamlioration
du transfert thermique du cas avec milieu
poreux est trs nette.
y 1
Dans les deux cas tudis de la convection
mixte, le deuxime tiers du canal est
rempli par la matire poreuse. Les
paramtres utiliss sont toujours les mmes
: Rapport daspect (L/H)=20, Re=100, Da
=102, Cf = 0.55, =0.8, Pr=0.7 et t =104.
On ajoute le paramtre Grt = 104. Donc,
seule la pousse thermique peut modifier
lcoulement. La figure 13 montre quil
ny a pas un grand changement entre la
convection force et mixte concernant le
rgime dcoulement ou sa forme, sauf une
petite augmentation de la chute axiale de la
pression ne dpasse pas 0.96% pour ce cas
par rapport au premier (cas du canal
poreux), avec une petite perturbation de la
vitesse au dbut de la zone de transfert.
Cette petite perturbation ne peut pas tre
reprsente graphiquement. Le faible effet
de la pousse thermique est limit dans la
petite zone de variation de temprature
prs de lentre de la zone de transfert.
66
Universite Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
M.Benmerkhi et M.Afrid.
Figure 13. Profil de vitesse et de pression
(avec Grt = 104)
Figure 15. Variation axiale de la temprature
moyenne (avec Grt = 104)
Des figures 14 et 15, il est clair que le
champ de temprature et la variation de la
temprature moyenne sont trs proches de
celles du cas de la convection force. Cette
similarit des rsultats est due la faible
diffrence entre les coulements de la
convection force et la convection mixte.
La similarit des transferts thermiques est
aussi illustre par la distribution des
nombres de Nusselt locaux dans la figure
16.
dans le cas de la convection mixte, le
nombre de Nusselt est gal 97.99 pour la
paroi suprieure et 94.7 pour la paroi
infrieure, alors quil est gal 96.38 pour
les deux parois du cas de la convection
force. Cependant, la valeur asymptotique
du nombre de Nusselt est 53.27 dans tous
les cas. La petite augmentation du nombre
de Nusselt la paroi suprieure et sa petite
diminution la paroi infrieure est due la
perturbation lgre de vitesse prs de ces
parois (le faible effet de la pousse
thermique augmente lgrement la vitesse
prs de la paroi suprieure et la diminue
lgrement aussi prs de la paroi
infrieure).
Figure 14. Distribution spatiale de la temprature
(avec Grt = 104)
De cette figure, on peut remarquer que le
nombre de Nusselt de la convection mixte
varie de la mme faon que celui de la
convection force. La diffrence qui existe
est entre les valeurs maximales de ce
nombre au dbut de la zone de transfert :
Figure 16. Comparaison de la variation axiale des
nombres de Nusselt locaux de la convection force
et mixte
67
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
5.2.4. Cas de lcoulement dans le canal
poreux avec Grt = 105 (Convection
mixte)
En augmentant le nombre de Grashof
thermique 105, la convection mixte
sintensifie relativement au cas de Grt =
104, mais reste localement limite
lentre de la zone de transfert o existe
une variation de temprature. La diffrence
entre les coulements de la convection
force et mixte dans ce cas est mieux
reprsente par les vecteurs de vitesse de la
figure 17. Dans cette figure, on remarque
aussi une distribution de la pression trs
diffrente de celle de la convection force :
la pression est verticalement stratifie dans
le premier tiers du canal : elle augmente
verticalement. Sa chute axiale augmente de
9.63% par rapport celle du cas de la
convection force (canal poreux). On
constate aussi que dans la zone de
transfert, le niveau de la vitesse prs de la
paroi infrieure est moins que celui prs de
la paroi suprieure. Ce qui est bien illustr
dans les figures 18 (a , b).
Figure 17. Profil de vitesse de lcoulement dans
le canal partiellement poreux (avec Grt = 105).
M.Benmerkhi et M.Afrid.
Figure 18 (a, b) Profils verticaux de lavitesse
horizontale quelques positions axiales
arbitrairement choisies (avec Grt = 105).
Dans les figures 19 et 20, Le champ
thermique et la variation de la temprature
moyenne sont lgrement diffrents des
rsultats du cas de la convection force ou
du cas de la convection mixte avec Grt =
104. Sur la figure 21, on rapporte la
variation axiale du nombre de Nusselt, la
valeur maximale de ce nombre la paroi
infrieure est gale 77.32, cette valeur est
infrieure celle de la paroi suprieure qui
est gale 109.31, et la valeur 96.38 de
la convection force. La vitesse augmente
prs de la paroi suprieure ce qui augmente
le nombre de Nusselt. La vitesse diminue
prs de la paroi infrieure ce qui diminue
le nombre de Nusselt. La diffrence qui
existe entre les valeurs du nombre de
Nusselt pour le cas de la convection force
et le cas de la convection mixte (avec Grt
=105) est due leffet de la pousse
thermique.
68
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
M.Benmerkhi et M.Afrid.
5.2.5. Comparaison de nombres de
Nusselt moyens de la convection force
et mixte avec milieu poreux
Figure 19. Distribution spatiale de la temprature
(avec Grt = 105).
Dans le tableau 1, on prsente les nombres
de Nusselt moyens des cas tudis. Le
nombre de Nusselt moyen est dfinit par :
13.33
1
Nu moy
Nu ( x) dx
6.63 6.67
On constate, en gnral, quil nexiste pas
une considrable diffrence entre le
transfert thermique moyen de la convection
force et celui de la convection mixte.
Tableau 1. Nombres de Nusselt moyens de la
convection force et mixte.
Paroi infrieure
Numoy = 54.724770
Paroi suprieure
Numoy = 54.724770
Paroi infrieure
Numoy = 54.660680
Paroi suprieure
Numoy = 54.787510
Paroi infrieure
Numoy = 54.018020
Paroi suprieure
Numoy = 55.269150
Grt = 0
Grt= 104
Figure 20. Variation axiale de la temprature
moyenne (avec Grt = 105)
Grt =105
6. CONCLUSION.
Figure 21. Comparaison de la variation du nombre
de Nusselt dans le canal partiellement poreux entre
Grt =0 et Grt =105.
La simulation numrique du transfert de
chaleur dans un canal partiellement rempli
dune matire poreuse est lobjectif
principal de cette tude. On commence par
le cas dcoulement dans le canal sans
milieu poreux, lcoulement dvelopp est
de Poiseuille, la pression chute axialement,
la temprature subit un refroidissement
axial et transversal progressif et le nombre
de Nusselt diminue axialement. Dans le
canal partiellement rempli par une matire
poreuse de conductivit thermique gale
5.77 celle du fluide et une porosit 0.8
avec Da = 10-2, on trouve que lcoulement
est diffrent de celui de Poiseuille. On
trouve une diminution de temprature plus
rapide que celle du cas du canal sans
69
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
M.Benmerkhi et M.Afrid.
milieu poreux. Une chute axiale
continuelle de pression, concentre dans le
deuxime tiers du canal, trs suprieure
celle du canal sans milieu poreux.
Lutilisation du milieu poreux entrane une
forte augmentation du nombre de Nusselt.
Par consquent, une forte chute de pression
est le prix qui doit tre pay en change
pour le gain d'augmentation considrable
du transfert thermique. Dans le premier cas
de la convection mixte (Grt = 104), la
diffrence entre les rsultats de ce cas et
ceux du cas de la convection force est
presque ngligeable. Avec
Grt = 105, il
y a une petite diffrence entre les rsultats
de la convection force et mixte, qui est
illustre par la diffrence des nombres de
Nusselt des deux parois. Les rsultats
montrent que la convection mixte devient
significative pour des nombres de Grashof
gaux ou suprieures 105. Lutilit
pratique de ces rsultats est lamlioration
du refroidissement des instruments
lectroniques en les couvrant par des
couches poreuses et aussi bien dans les
changeurs
de
chaleur.
Comme
perspectives, nous envisageons de faire des
tudes spcifiques avec des couches
poreuses non homognes et anisotropes,
avec des proprits thermophysiques
variables, un quilibre thermique non
local et avec linclusion de leffet de la
dispersion thermique.
[4] Chou F.C., Cheng C.J. & Lien W.Y.,
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packed-sphere channels- II. Mixed
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Convection in porous media, 2nd Edition.
Springer-Verlag, New York, 546p.
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channels filled with glass or metallic
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effect for forced convection heat transfer in
sintered
porous
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Transfer, Vol .47, 20732083.
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transfer of air in non-sintered porous
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70
Universite Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
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square packed-sphere channel under
axially uniform heating peripherally
uniform wall temperature, Numerical Heat
Transfer: Part A: Applications, Taylor &
Francis, Vol. 45 (8), 791-809.
[12] Hadim H. & North M., 2005. Forced
convection in a sintered porous channel
with inlet and outlet slots, International
Journal of Thermal Sciences, Vol. 44, 33
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[13] Tzeng S.C., Jeng T.M. & Wang Y.C.,
2006. Experimental study of forced
convection in asymmetrically heated
sintered porous channels with/without
periodic baffles, International Journal of
Heat Mass Transfer, Vol. 49, 78-88.
[14] Jaballah S., Bennacer R., Sammouda
H. & Belghith A., 2006. Simulation of
mixed convection in a channel partially
filled with porous media, Progress in
Computational
Fluid
Dynamics,
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transfer handbook. USA, 1483p.
M.Benmerkhi et M.Afrid.
Grt
: Nombre de Grashof thermique,
g ( T T ) H 3
.
Grt T 0 2 1
H
: Hauteur du canal (m).
ht
: Coefficient du transfert de
chaleur local (W/m2K).
K
: Permabilit du milieu poreux
2
(m ).
k
: Rapport des conductivits
thermiques, (milieu poreux / fluide).
kf
: Conductivit thermique du fluide
(W/mK).
km
: Conductivit thermique du milieu
poreux (W/mK).
L
: Longueur du canal (m).
Nu
: Nombre de Nusselt local,
Nu=2htH/kf.
Numoy : Nombre de Nusselt moyen.
P
: Pression (Pa).
Pr
: Nombre de Prandtl, Pr = /
Re
: Nombre de Reynolds, Re=
U0H/.
T
: Temprature adimensionnelle.
Tm
: Temprature moyenne
adimensionnelle.
t
: Temps adimensionnel.
U
: Vitesse horizontale
adimensionnelle.
V
: Vitesse verticale adimensionnelle.
x
: Coordonne axiale
adimensionnelle.
y
: Coordonne verticale
adimensionnelle.
Lettres grecques
: Coefficient de diffusion
thermique (m2/s).
T
: Coefficient d'expansion
thermique (1/K).
: Viscosit cinmatique du fluide
(m2/s).
: Porosit du milieu poreux,
Indices
Nomenclature
Cf
: Coefficient du terme de
Forchheimer, (Cf = 0.55).
Da
: Nombre de Darcy, Da=K/H2.
Volume des pores du milieu poreux
.
Volume total du milieu poreux
0
1
: Fait rfrence l'entre du canal.
: Fait rfrence aux parois du canal.
71
Universite Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
S.Benkherara et al.
Etude de lactivit antibactrienne des huiles essentielles de la Sauge
officinale : Salvia officinalis L. sur quelques entrobactries pathognes
Salah Benkherara, Ouahiba Bordjiba & Ali Boutlelis Djahra
Laboratoire de Biologie Vgtale et Environnement, Facult des Sciences, Dpartement de
Biologie, Universit Badji Mokhtar, BP 12, Annaba 23000, Algrie.
Accept le : 01/09/2011
:
.
.
) Salvia officinalis L. (
.
.)entrobactries (
.)- et -thujone(
.
.
.
. Entrobactries Salvia officinalis L. :
Rsum
Lmergence de microorganismes pathognes, pose actuellement un problme de sant publique
particulirement proccupant. En effet, la rsistance des germes aux antibiotiques rend quelques fois le
traitement thrapeutique inefficace et impose la recherche de nouveaux agents antimicrobiens. Le recours aux
plantes mdicinales constitue alors une des plus intressantes pistes explorer ; cest dans cette perspective que
nous nous sommes intresss ltude de lactivit antibactrienne des feuilles de la Sauge officinale (Salvia
officinalis L.) de la rgion du nord-est Algrien. Dans cette tude, nous avons procd lextraction et
lidentification des huiles essentielles ainsi que lvaluation de leur pouvoir antibactrien vis--vis de quelques
entrobactries pathognes. Les rsultats obtenus ont dmontr que lhuile essentielle isole est forme de dixneuf (19) composs terpniques avec une prdominance de la thujone (- et -thujone). Dune manire gnrale,
les huiles essentielles obtenues ont un pouvoir antibactrien intressant sur les germes tudis. Les zones
dinhibition enregistres dpassent le plus souvent celles provoques par lantibiotique utilis. Ces rsultats sont
prometteurs et apportent une validation scientifique quant lusage massif de cette espce. Ainsi leffet des
substances naturelles extraites des plantes mdicinales pourraient bien rivaliser celui des antibiotiques.
Mots cls : Activit antibactrienne Huiles essentielles Salvia officinalis L. Entrobactries Nord-Est
algrien.
Abstract
The emergence of pathogen microorganisms is currently a public health concern. Indeed, the resistance of germs
to antibiotics makes sometimes the therapeutic treatment inefficient and requires the search for new
antimicrobial agents. The use of medicinal plants is then one of the most interesting paths to explore; it is in this
perspective that we were interested to study the antibacterial activity of leaves of Sage (Salvia officinalis L.) in
north-eastern Algeria. In this study, we performed the extraction and identification of essential oils and the
evaluation of their antibacterial activity against some pathogen EnterobacteriaceaeThe results showed that the
isolated essential oil is composed of nineteen (19) terpene compounds with a predominance of thujone (-and thujone). The antibacterial tests revealed that growth inhibition depends on the bacterial species and the
concentration of the tested product. In general, the obtained essential oils have an interesting antibacterial
power against all studied germs. The recorded inhibition zones most often exceed those caused by the used
antibiotic. These results are promising and provide a scientific validation to the massive use of this species. Thus
the effect of natural substances extracted from medicinal plants may well rival that of antibiotics.
Auteur correspondant :
[email protected]Keywords: Antibacterial activity Essential oils Salvia officinalis L. Enterobacteriaceae North-East
algeria.
72
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
S.Benkherara et al.
1. INTRODUCTION
Lutilisation des plantes pour se soigner
date de la prhistoire et tous les peuples
ont cette vielle tradition. Malgr les efforts
des chimistes dans la synthse de nouvelles
molcules, plus de 25 % des mdicaments
prescrits dans les pays dvelopps drivent
directement ou indirectement des plantes
[1]. Cependant, en tant que source de
mdicaments, les plantes restent encore
sous exploites surtout dans le domaine de
la microbiologie mdicale [2].
Selon lO.M.S, plus de 22000 espces
vgtales ont t inventories comme
plantes mdicinales [3]. Leur usage a eu un
dclin avec le dveloppement de la chimie
de synthse, toutefois les effets
indsirables des mdicaments ont raviv
lintrt des scientifiques pour les plantes
mdicinales. Cest ainsi que de nouvelles
recherches ont vu le jour, notamment de
lespoir de traiter certaines maladies
infectieuses par les huiles essentielles
extraites des plantes aromatiques, ce qui
est de plus en plus fond du fait de
lapparition de rsistante des germes aux
antibiotiques. Il est connu depuis
lAntiquit que les huiles essentielles
isoles des espces vgtales prsentent
une activit antiseptique non ngligeable.
Elles sont utilises dans de nombreux
domaines : pharmacie, cosmtique, agroalimentaire la fin du XIXme et au
dbut du XXme sicle, plusieurs travaux
scientifiques
relataient
de
laction
antiseptique de plusieurs huiles essentielles
[4] telles que celles de lOrigan dEspagne,
Thym (Thymus vulgaris), Cannelle
(Cinnamomum zeylanicum), Sarriette
(Satureia montana), Girofle (Eugenia
caryophylata), Pin (Pinus sylvestris),
Cajeput
(Melaleuca
leucadendron),
Eucalyptus
(Eucalyptus
globulus),
Lavande (Lavandula officinalis), Myrte
(Myrtus communis), Granium rosat
(Pelargonium graveolens). Ces huiles sont
doues de proprits antimicrobiennes
des degrs divers et reconnues depuis
longtemps ; ce sont des proprits
antifongiques [5, 6, 7, 8], antivirales [9],
antiparasitaires [10] et galement des
proprits insecticides [11, 12]. Les huiles
essentielles qui prsentent une bonne
activit antibactrienne sont aussi de bons
antifongiques [13, 14].
Dans cette tude, nous nous sommes
intresss une espce vgtale trs
rpandue dans le bassin mditerranen et
trs utilise pour ses innombrables vertus
thrapeutiques. Il sagit de Salvia
officinalis L. ou Sauge officinale. Cest
une espce de la famille des Lamiaces, de
30 60 cm de hauteur, de tiges formant
des rameaux quadrangulaires dresss et
velus, aux feuilles ovales et allonges, gris
verdtre en raison dune pubescence
cotonneuse sur la face infrieure, ont une
odeur aromatique caractristique et de
petites fleurs bleu- violettes qui
spanouissent en juin ou juillet [15, 16].
Lobjectif est de vrifier la spcificit de
cette espce vgtale sur le plan
antiseptique et notamment lactivit
antibactrienne des huiles essentielles sur
quelques entrobactries pathognes qui
sont : Proteus mirabilis, Escherichia coli
12, Escherichia coli 1554, Escherichia coli
1429, Escherichia coli ATCC 25922.
73
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
S.Benkherara et al.
2. MATERIEL ET METHODES
2.1. Matriels utiliss
Le matriel vgtal utilis est constitu des
feuilles de lespce : Salvia officinalis L.
ou Sauge officinale. Les chantillons ont
t rcolts au niveau du Parc National
d'El-Kala (P.N.E.K) au nord-est algrien,
tt le matin et au moment de dbourrement
de la plante. Le matriel microbiologique
ayant fait lobjet de cette tude est
constitu
de
cinq
entrobactries
pathognes responsables dinfections plus
ou moins graves. Elles proviennent dun
laboratoire danalyses mdicales situ la
wilaya dAnnaba. La glose MuellerHinton (pH = 5,7) est le principal milieu de
culture utilis. Afin de comparer leffet
antibactrien des huiles essentielles
extraites avec celui des antibiotiques, on a
utilis la rifampicine 5 g/ml
[Rifampicine (5 g/ml), lot : 070531].
Cest un antibiotique qui inhibe lactivit
de lARN polymrase ADN dpendante
dans les cellules sensibles. Il est constitu
de 50 mg disoniazide et 300 mg de
pyrazinamide et possde une activit
excellente sur les germes Gram positif :
Staphylocoques et Entrocoques [17, 18,
19].
temprature de la colonne est programme
de 60 200 C raison de 3 C/ min
pendant 13 minutes. La temprature de
linjecteur est fixe 240 C et celle de
dtecteur (FID) 250 C. Le dbit de gaz
vecteur (Hlium) est fix 1.5 ml/min. Le
volume de lchantillon inject est 0,1 l
de lhuile pure dilue 10 % dans
lhexane.
2.2 Mthodes suivies
Lactivit antibactrienne est ralise par la
mthode de laromatogramme, cest une
technique de laboratoire identique celle
de lantibiogramme. Ce dernier sert tester
la sensibilit dune souche bactrienne vis-vis dun ou de plusieurs antibiotiques.
Laromatogramme est une mthode de
mesure in vitro du pouvoir antibactrien
des huiles essentielles. Cest lquivalent
dun antibiogramme o les antibiotiques
sont remplacs par les huiles essentielles
[21, 22].
2.2.1 Extraction et identification des
huiles essentielles
Lextraction des huiles essentielles est
effectue par entrainement la vapeur
deau avec une prise dessai de matire
sche de lordre de 5 50 g, porte
bullition pendant 3h avec une vitesse de
distillation de 2 4 ml par minute [20].
Lanalyse des huiles essentielles extraites
est faite laide dun chromatographe en
phase gazeuse coupl un spectromtre de
masse de type Schimadzu quip dun
dtecteur ionisation de flamme (FID) et
muni dune colonne capillaire en silice
fondue de type QP20 10C25 FS-OV1701
de 25 m de longueur, 0,25 mm de diamtre
interne et 0,25 m dpaisseur de film. La
Les composs de lhuile essentielle sont
identifies par leurs indices de rtention
sur la colonne (Lindice de rtention est
calcul par rapport aux temps de rtention
dune srie dalcane linaire (C9 C28)) et
par la comparaison de leurs spectres de
masse avec ceux des composs chimiques
rpertoris
dans
une
bibliothque
commerciale (ov.17/ GCMS Rcal time
analysis). Le pourcentage de chaque
compos est dtermin partir des aires de
pics sans tenir compte des facteurs de
correction en supposant que tous les
constituants ont des coefficients de rponse
voisins.
2.2.2. Activit Antibactrienne
Principe de la mthode :
Cest une mthode de mesure in vitro de
leffet antibactrien de ou des substances
actives extraites (principes actifs) qui
consiste dterminer le spectre dactivit
de ces composs sur des espces
74
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
bactriennes pour essayer de vrifier la
sensibilit ou la rsistance des germes
pathognes vis--vis de ces principes
naturels.
Un disque (6 mm de diamtre) imprgn
du produit tester (HE pure, HE au , HE
au ) est plac sur une glose (4 mm
dpaisseur ; dans des boites de Ptri de 90
mm de diamtre) pralablement inocule
avec la souche, shumidifie et le produit
diffuse radialement du disque dans la
glose en formant ainsi un gradient de
concentration. Aprs une incubation de 18
24 heures une temprature de 37 C, si
le produit est toxique pour lespce
bactrienne, il se forme un halo ou une
zone autour du disque. Plus grande est
cette zone, plus lespce est sensible. Des
disques tmoins (Eau distille strile) et
des disques de comparaison (Antibiotique)
sont inclus dans les essais. Chaque essai a
t ralis en triplicata avec trois disques
dans chaque boite.
Suspensions bactriennes :
A partir des cultures bactriennes
pralablement ractives sur milieu
Mueller-Hinton une temprature de
37 C pendant 24 heures, des suspensions
bactriennes sont prpares dans de leau
physiologique strile et homognises de
faon obtenir une concentration de
lordre de 106 108 C.F.U/ ml. Aprs
ensemencement des bactries, les disques
imprgns du produit tester sont
appliqus.
3. RESULTATS
3.1. Extraction et identification des
huiles essentielles
Une teneur moyenne de lordre de 1,52 ml
pour 100 g de drogue vgtale correspond
un taux de 1,52 % dhuiles essentielles
(Tab. 1). Ces huiles sont de densit plus
importante que celle de leau, dun aspect
liquide limpide fluide et mobile, de couleur
jaune ple et odeur agrable.
S.Benkherara et al.
Tableau 1. Teneurs (ml) en huiles essentielles des
feuilles de Salvia officinalis L.
Essai
Teneur
Teneur moyenne
Ess.1
1,32
Ess.2
Ess.3
1,36
1,88
1,52 ml
Le profil du chromatogramme obtenu lors
de lidentification des huiles essentielles
(Fig. 1) a rvl la prsence de dix-neuf
composs terpniques.
(x10,000,000)
TIC
1.5
1.0
0.5
0.0
5.0
10.0
15.0
20.0
25.0
30.0
35.0
40.0
45.0
50.0
55.0
Figure 1. Profil de chromatogramme obtenu
par CG / SM de lhuile essentielle isole.
Daprs le temps de rtention, la surface du
pic de lchantillon et la superficie du pic
de ltalon, nous avons pu identifier la
nature de ces diffrents composs dont le
plus abondant est l-Thujone (36,74 %),
suivi du Cinole (22,97 %), du Camphre
avec une teneur moindre (11.34 %). La Thujone vient en 4me position avec
uniquement un pourcentage de 8,81 %.
On note galement la prsence de
composs terpniques non ngligeables
avec une teneur comprise entre 2,94 et 3,81
% tels que le Bornol, la -Humulne,
lEucalyptol et le L-Camphre. Le reste des
composs identifis ont des teneurs
relativement faibles avec des valeurs
comprises entre 0,20 % pour le DLimonne et 1,54 % pour le Caryophyllne
(Tab. 2).
75
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
Tableau 2. Composs terpniques dentifis
par CG/SM de lhuile essentielle obtenue.
N pic
(TR)
S (%)
Compos
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
3,460
3,822
3,951
4,409
4,859
5,667
6,253
6,345
10,525
10,950
12,247
12,435
12,816
13,560
14,166
20,106
21,617
22,638
29,112
0,22
0,41
1,06
0,37
0,25
0,20
3,27
22,97
36,74
8,81
11,34
3,81
1,10
2,94
0,25
1,54
1,34
0,23
3,15
-Pinne
Camphne
Ocimne
-Pinne
-Myrcne
D-Limonne
Eucalyptol
Cinole
-Thujone
-Thujone
Camphre
L-Camphre
-Linalool
Bornol
-terpenol
Caryophyllne
-caryophyllne
-longipinne
-Humulne
S.Benkherara et al.
moyenne dinhibition de lordre de 30 mm
de diamtre. Cependant, la souche de
rfrence Escherichia coli ATCC 25922 et
la souche Escherichia coli 12 ont ragi de
faon plus ou moins insensible vis--vis
des huiles essentielles alors quelles sont
compltement rsistantes lantibiotique.
Concernant la souche Proteus mirabilis,
elle na montr aucune diffrence dans le
degr de sensibilit par rapport aux autres
souches dEscherichia coli sauf quelle est
trs sensible face lantibiotique utilis.
TR : temps de rtention, S : Superficie
3.2. Activit antibactrienne
Lvaluation de lactivit antibactrienne
des huiles essentielles extraites face aux
diffrentes souches bactriennes tudies
travers les tests in vitro, a montr une
norme htrognit dans les rsultats
obtenus (Fig. 2). Les souches bactriennes
testes ont ragi plus ou moins bien selon
la concentration du produit vgtal extrait.
Gnralement, les concentrations les moins
leves ont provoqu un effet inhibiteur
plus important de la majorit des souches.
Ces huiles semblent tre plus efficaces que
lantibiotique utilis. Parmi toutes les
concentrations utilises, les HE dilues au
semblent plus efficientes par rapport aux
autres concentrations vis--vis des germes
tudis avec des zones dinhibition
comprises entre 19,35 et 29,96 mm de
diamtre.
De lensemble des rsultats obtenus, la
souche Escherichia coli 1429 a montr une
grande sensibilit sous laction des huiles
essentielles et de lantibiotique avec une
Figure 2. Diamtres des zones dinhibition de la
croissance des bactries vis vis des produits
tests.
76
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
S.Benkherara et al.
4. DISCUSSION
A travers ltude phytochimique des
feuilles de lespce vgtale Salvia
officinalis L. et partir de lextraction, la
sparation et lidentification des huiles
essentielles ; lespce sest rvle trs
riche en substances volatiles avec un
rendement de lordre de 1,52 % et un
chmotype form de dix-neuf composs
terpniques dont le plus abondant est la
thujone (mlange - et - thujone).
A la lumire de ces rsultats et par
comparaison avec dautres recherches, des
rsultats plus ou moins similaires ont t
obtenus sur la mme espce vgtale dont
les rendements dhuiles essentielles varient
entre 1 et 2,5 % et avec environ 60 % de
thujone (mlange compos - et thujone) [23]. Cependant, dans un autre
travail ralis sur la Sauge officinale de
lEspagne, lauteur a montr la prsence
dun chmotype diffrents composs
terpniques avec une prdominance de
Camphre (11 36 %), suivi de Cinole (11
25 %) et trs peu de thujone (< 0,5 %)
[16]. Cette divergence dans les rsultats
explique le rle que peuvent jouer les
facteurs environnementaux et climatiques
sur la composition biochimique et sur la
qualit de lextrait de lespce vgtale.
Des tests de lactivit antibactrienne
value, il ressort que les huiles
essentielles de Salvia officinalis L.sont trs
efficaces contre toutes les bactries testes
et plus particulirement la concentration
. Les meilleurs rsultats sont constats
envers des souches dEscherichia coli que
celle
de
Proteus
qui
ne
joue
quoccasionnellement un rle pathogne.
Ces rsultats meilleurs et cet effet positif
de ces substances naturelles contre les
bactries a t signal par de nombreux
travaux notamment ceux raliss sur cinq
huiles essentielles de lOrigan et de Thym
qui ont provoqu des proprits
bactriostatiques et bactricides les plus
fortes, suivi de celles de Laurier et de Clou
Universit Badji Mokhtar - Annaba
de girofle sur Escherichia coli sous des
tempratures variables [24]. Dans ce mme
contexte, les huiles essentielles de Clou de
girofle et dOrigan en particulier le
Thymol et lEugnol ont provoqu la lyse
cellulaire des bactries associe une
rapide mortalit sur Escherichia coli et
Bacillus subtilis [25]. Par ailleurs,
lefficacit thrapeutique du Carvacrol et
de
lEugnol,
deux
composants
phnoliques dhuiles essentielles, a t
affirme contre la Candidose buccale
induite de faon exprimentale chez des
rats avec un systme immunitaire dprim
[26].
Une investigation rcente ralise sur
lactivit des huiles essentielles isoles de
plantes de lOrigan et de Laurier, a signal
un pouvoir inhibiteur sur des bactries
Gram (+) et Gram (-) entre autre
linhibition du dveloppement de la souche
Escherichia coli [27]. On cite encore des
recherches trs rcemment publies sur six
huiles essentielles obtenues partir de
plantes cultives dans la rgion ProvenceAlpes-Cte dAzur : Lavandula latifolia et
Lavandula
angustifolia,
Rosmarinus
officinalis, Origanum vulgare, Thymus
vulgaris et Thymus zygis o les trois
dernires prsentent la meilleure activit
antibactrienne vis--vis des souches
dEscherichia coli [28] , ainsi que dautres
travaux
raliss
sur
les
germes
nosocomiaux des infections hospitalires
dont lauteur a voqu lefficacit dune
trentaine dhuiles essentielles rputes
pour leur activit antimicrobienne sur les
souches
bactriennes
telles
que
Pseudomonas
aeruginosa
et
Staphylococcus aureus [29]. De mme, les
huiles essentielles isoles dune Lamiace
Ocimum graticimum ont provoqu une
forte inhibition de la croissance de la
souche Escherichia coli ATCC 25922 qui
a fait galement lobjet de notre tude [30].
Ces mmes huiles essentielles ont
fortement inhib la croissance des bactries
isoles partir des pus des malades
hospitaliss [31].
77
Revue Synthse N23, Octobre 2011
Dailleurs, nos rsultats sont comparables
avec ceux obtenus concernant leffet des
huiles essentielles extraites des feuilles de
Lippia multiflora L. o la puissance
antibactrienne
sur
quelques
entrobactries a t dmontre [32].
Lactivit biologique des principes actifs
entre autre celle des huiles essentielles est
lie leur Chmotype c'est--dire la ou les
molcules biologiquement actives et
majoritairement
prsentes,
leur
composition ou les groupes fonctionnels
des composs majoritaires (alcool,
phnols,
composs
terpniques
et
ctoniques) et leurs effets synergiques
car une huile essentielle contient souvent
50 100 molcules biochimiques
diffrentes. Le plus souvent, laction des
huiles essentielles est assimile un effet
bactriostatique. Cependant, certains de
leurs constituants chimiques semblent
avoir des proprits bactricides.
Cette activit antibactrienne de substances
naturelles sexplique par la lyse des
membranes bactriennes. Les huiles
essentielles, flavonoides, alcalodes voire
mme les tanins pourraient induire une
fuite dions potassium au niveau de la
membrane et par voie de consquences des
lsions irrversibles au niveau de cette
membrane.
Cette
permabilit
au
potassium est un effet prcurseur de leur
mort.
5. CONCLUSION
En guise de conclusion, il semble que la
Sauge officinale ou Salvia officinalis L.
est une espce vgtale de nature
aromatique dont les huiles essentielles
extraites de ses feuilles sont constitues de
dix-neuf composs terpniques avec une
prdominance de la thujone (- et thujone).
De lactivit antibactrienne value, il
ressort que les huiles essentielles possdent
un pouvoir antibactrien important sur les
germes pathognes tudis. Linhibition de
la croissance varie en fonction de lespce
bactrienne et de la concentration du
produit test. De toutes les souches testes,
S.Benkherara et al.
quatre dentre elles se sont montres trs
sensibles vis--vis de ces substances
naturelles qui sont : Proteus mirabilis,
Escherichia coli 12, Escherichia coli 1554
et Escherichia coli 1429. Seule la souche
de rfrence Escherichia coli ATCC 25922
qui a t moyennement rsistante aux
diffrentes
concentrations
dhuiles
essentielles alors quelle est compltement
rsistante lantibiotique utilis. Cette
activit antibactrienne est due la
richesse des huiles essentielles en
substances
inhibitrices ;
il
sagit
probablement des phnols qui sont dous
dune forte activit antibactrienne. La
puissance de cette activit prouve de plus
en plus lefficacit de ces substances face
ces bactries pathognes. Dautre part, de
nombreuses bactries ont rcemment
dvelopp une rsistance la plupart des
antibiotiques. De ce fait, nous pensons que
les principes actifs isols de diverses
plantes mdicinales pourraient prsenter
une alternative intressante lutilisation
des antibiotiques.
Enfin, il est intressant dextraire les autres
principes actifs de la plante et de tester leur
pouvoir antibactrien sur un large panel de
souches
bactriennes
et
fongiques
devenues lheure actuelle multirsistantes
aux antibiotiques.
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Hadda1 Laallam , Larbi2 Boughediri & Samia1 Bissati
1
Laboratoire Bio ressources Sahariennes, Universit de Ouargla (Algrie).
2
Dpartement de Biologie, Universit Badji Mokhtar Annaba (Algrie).
Accept le : 06/09/2011
) 2008-2007 (
.,:
66 . ...
.
. - - :
Rsum :
Afin de reconnatre les principales espces de plantes mellifres spcifiques au sud ouest algrien, nous avons
effectu des enqutes de terrain au cours de la saison 2007-2008, au niveau des rgions suivantes : Naama et
Bechar. Cette tude nous a permis de mettre en vidence lexistence dune flore diversifie, compose de plantes
cultives (cultures marachres et fourragres ; arbres fruitiers et forestiers ; palmier dattier ) mais surtout
despces spontanes vivaces et phmres. Nous avons recens 66 espces mellifres dans les rgions tudies
en faisant apparatre leur priode de floraison, les produits rcolts par labeille.
Mots cls : Espces mellifres Sud ouest algrien - Flore spontane.
Abstract
In order to recognize the main species of melliferous plants in the south west of Algeria, we carried out field
investigations during the season 2007-2008, accross the following areas: Naama and Bechar. This study enabled
us to put in evidence the existence of a diversified flora, composed of cultivated plants (gardening and forage
cultures; fruit and forest trees; palm dattier) but especially of vivacious and ephemeral spontaneous species.
We counted 66 melliferous species in the studied regions while making appear their period of flowering, the
products harvested by the bee.
Key words: Melliferous species - South west of Algeria - Spontaneous flora.
81
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
1. INTRODUCTION
Nous assistons depuis lanne 2004 un
dveloppement remarquable de lapiculture
dans notre pays grce au Plan National du
Dveloppement Agricole (PNDA) qui a
soutenu des milliers de jeunes diplms du
secteur agricole travers plusieurs wilayas
du pays, dans le but daccrotre la
production nationale en miel.
Le programme dextension de cette
spculation a touch galement certaines
rgions sahariennes, il sagit des wilayas
de Nama et Bchar [1].
Ces rgions caractrises par une
insuffisance des prcipitations avec une
irrgularit du rgime des pluies, de fortes
tempratures parcourues par des vents
continuels en provoquant ainsi une
vaporation intense [2]. Il en rsulte donc
un effet nfaste direct sur les plantes
mellifres, ressource alimentaire des
abeilles.
Selon Rabiet (1984), [3], les plantes
mellifres les plus importantes sont celles
qui prsentent une productivit nectarifre
leve et rgulire. Toutefois, les
conditions atmosphriques influent sur la
scrtion nectarifre et la production du
pollen. Le mme auteur signale galement
quau pire, le nectar et le pollen peuvent
tre inexistants.
Il en ressort que la russite de lapiculture
dans ces rgions est incontestablement lie
la disponibilit et labondance en espces
vgtales. On note, aussi, lexistence dune
race dabeille locale nomme labeille
saharienne connue selon Ruttner et al.
(1978), [4] ; Kenfar et al. (2007), [5] par
son caractre de rusticit (thermo
tolrance, capacit dadaptation la flore
mellifre).
H.Laallam et al.
2. MATERIEL ET METHODES
2.1 Prsentation de la zone dtude :
Nous avons men cette tude dans les
rgions de Ben-Zireg, Beni-Ounif, Sfissifa
(wilaya de Bechar) et Ain safra, Tiout,
Moghrar et Djeniene (wilaya de Naama).
Ces zones localises sur les confins
Algro-Marocains sont positionnes au
pied de latlas saharien une Altitude
denviron 800 mtres, ce qui pour effet la
diminution des fortes tempratures et la
rduction de lvaporation et par
consquence de diminuer laridit (Fig. 1).
2.2 Mthodologie
Dans un premier temps nous avons
effectu une pr enqute sur la situation
actuelle de lapiculture au niveau de deux
wilayas, savoir Naama et Bechar. Pour
cela nous nous sommes bass sur des
donnes statistiques, recueillies auprs des
Directions des Services Agricoles (DSA),
relatives aux Communes o se pratique
lapiculture, leffectif des apiculteurs et
des ruches, des types de ruches utilises,
de la production de miel, des races
dabeilles exploites, ainsi que des
contraintes du dveloppement du secteur
apicole. Cette tape nous a permis de
localiser nos sites dtude.
Lobjectif principal de notre travail est la
mise en vidence des principales espces
de plantes mellifres dans ces rgions en
vue de leur valorisation pour le
dveloppement de lapiculture saharienne.
82
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
Figure 1. Situation gographique des zones dtude.
(Source ENCARTA, 2009).
H.Laallam et al.
Bechar
Naama
83
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
H.Laallam et al.
En second lieu, nous avons confectionn
un questionnaire pour la ralisation des
enqutes sur terrain auprs denviron 20
apiculteurs sur une totalit de 50 (chiffre
incontrlable) durant lanne (2007-2008).
Au cours de cette phase, nous avons
rcolt les informations sur la flore
mellifre qui comporte des donnes
botaniques (noms vernaculaires et priodes
de floraison), et des informations sur les
produits rcolts par labeille (pollen,
nectar). Enfin nous avons confectionn
un herbier compos despces florales
entourant les ruchers au niveau de chaque
wilaya.
Le tableau n1 met en vidence la liste
despces spontanes
recenses dont
lanalyse des rsultats montre :
(Quarante Six) espces caractrises par
leur production en nectar ou en pollen ou
les deux en priode de floraison printanire
et hivernale. Ces plantes appartiennent 21
familles botaniques dont les Astraces qui
sont les plus reprsentes. En effet, des
travaux antrieurs effectus sur la
composition de la flore saharienne ont
dmontr une prdominance de trois
familles, savoir : les Astraces, les
Poaces et les Fabaces, qui reprsentent
plus du tiers (30 40%) de la flore [6] [7].
3. RESULTATS ET DISCUSSION
En revanche, lestimation de limportance,
relative aux espces mellifres les plus
visites par labeille sur terrain, au niveau
de chaque famille, est une tache dlicate et
assez longue. Elle ne peut tre facilite
que par des analyses polliniques au
laboratoire, c'est--dire la dtermination du
spectre pollinique des miels sahariens
(travail en cours), ce qui va sans doute
amliorer nos connaissances sur la
composition relle de la flore mellifre,
des diffrents sites tudis ; chose
confirme par plusieurs auteurs lchelle
mondiale, nous signalons ici plus
prcisment ceux de Louveau (1968), [8].
Nous signalons que les
espces
spontanes sont considres comme tant
une source alimentaire pour les abeilles et
sont, galement, trs apprcies par la
population de ces rgions vu leurs vertus
thrapeutiques.
Daprs cette tude, il ressort que les
ressources mellifres de la zone tudie
sont
constitues principalement dune
flore spontane qui reprsente plus de 69%
des vgtaux inventoris. Le reste est
compos darbres fruitiers, de cultures
marachres, de cultures fourragres, et
darbres forestiers (Fig. 2).
Figure 2. Rpartition des ressources mellifres
dans la rgion dtude.
Cette constatation a t confirme par
plusieurs travaux raliss sur les bienfaits
de ces plantes mdicinales [9].
Le butinage des plantes mdicinales par les
abeilles comme par exemple Zizyphus
lotus,
Peganum
harmala,
Cleome
amblyocarpa,
Pergularia
tomentosa
utilises en pharmacope traditionnelle
augmente, sans doute, les qualits
thrapeutiques du miel saharien et font de
lui un excellent et prcieux produit local.
84
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
Le tableau 2 reprsente les espces
cultives dont lanalyse montre ce qui suit :
Sept espces darbres fruitiers rparties sur
deux (02) familles, domines de palmeraie
(Palmiers dattiers) sur lesquels les abeilles
peuvent butiner le pollen, mais aussi les
dattes pendant la priode de disette
(phnomne constat par les apiculteurs de
la rgion).
Neuf espces de plantes potagres
(marachres) rparties sur six (06)
familles dont la priode de floraison stale
sur toute lanne.
Deux espces fourragres, Brassica
oleracea, et Medicago sativa. Cette
dernire est caractrise par une floraison
qui stale sur toute lanne.
Deux espces forestires, trs nectarifres :
Eucalyptus globulus et Tamarix articulata.
Pour ce qui est de la rpartition des espces
inventories dans les diffrentes zones
dtudes, nous avons constat que la
composition
de
ces
dernires,
particulirement
pour
les
espces
spontanes, est trs comparable dans
lensemble des rgions. En effet, elles sont
assez communes dans tout le Sud ouest.
En ce qui concerne la production en miel,
les enqutes ralises sur ltat actuel de
lapiculture dans la rgion tmoignent que
cette dernire dpend surtout de systme
dlevage et de la saison (belle ou
mauvaise). Gnralement, une ruche
moderne peuple par la race Apis mellifica
intermissa (labeille tellienne) produit
05Kg et peut aller jusqu' 20Kg de miel
(hausse). Une ruche traditionnelle peuple
par la race locale Apis mellifica saharensis
(labeille saharienne) peut produire jusqu'
30Kg. Actuellement, cette production reste
insuffisante pour satisfaire les besoins
locaux, en raison dune faible exploitation
de labeille saharienne en ruche moderne.
Par ailleurs on ne peut ngliger certaines
contraintes pouvant limiter la production,
telles que : les traitements phytosanitaires
non slectifs qui menacent le cheptel
apicole de la rgion (disparition
progressive des abeilles) ainsi que le
H.Laallam et al.
nombre rduit dapiculteurs qualifis. Ces
facteurs constituent une entrave la mise
en place dune apiculture hautement
productive.
4. CONCLUSION
Lapiculture est considre parmi les
activits agricoles les plus rpandues dans
le monde en raison, du rle des abeilles
dans la pollinisation [10], ainsi que la
production de miel. Cet aliment trs
grande valeur nutritive est trs apprci par
les populations.
Cette tude nous permis de :
- Mettre en vidence que lapiculture dans
le Sud Ouest Algrien (cas de Bechar et
Naama) dans ltat actuel narrive pas
satisfaire les besoins locaux en miel en
raison dune ncessit de moderniser les
techniques apicoles, avec une promotion
de llevage de Apis mellifera sahariensis,
race locale de ces rgions, qui possde de
grandes potentialits en vue daugmenter la
production de miel et mettre en place une
apiculture de qualit.
- Recenser 66 espces mellifres, rparties
sur 33 familles, avec une prdominance
des Astraces. Un calendrier de floraison
a t tabli, et nous a permis de constater
que la rgion dtude dispose de ressources
mellifres non ngligeables qui permettent
aux abeilles de butiner durant toute
lanne. Nanmoins, nous navons pu
donner avec prcision toutes les espces
mellifres dun territoire aussi vaste en une
anne.
Nous prciserons quune prospection plus
large de ce territoire nous permettra
probablement daugmenter le nombre
despces butines, en tenant compte de
leffet des conditions climatiques sur la
scrtion nectarifre, et la production en
pollen de la flore inventorie.
85
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
H.Laallam et al.
REFERENCES
[1]- ITELV (Institut Technique des
Elevages), 2004 : Rapport de Synthse sur
La Biodiversit Importante pour
lAgriculture en Algrie MATEGEF/PNUD : Projet ALG/97/G31 27 p123.
[6]- Ozenda P. 1983 : Flore de Sahara.
(2me dition). Ed. CNRS Paris, 662 p.
[2]- Ozenda P. 1991 : Flore de Sahara.
(3me dition). Ed. CNRS, Paris, 662 p.
[8]-Louveau J. 1968 : Lanalyse pollinique
des miels. Trait de Biologie de labeille,
Les produits de la ruche. Tome III.
Maison et Cie, 362 p.
[3]- Rabiet E. 1984 : Plantes mellifres,
plantes apicoles : Rapport entre les plantes
et labeille domestique. Ed. RABIET E,
424p.
[4]-Ruttner F., Tassencourt L., et
Louveaux J. 1978: Biometrical statistical
analysis of the geographic variability of
Apis mellifera L. Apidologie, Vol. 9, 363381.
[7]- Ozenda P 1953 : Flore du Sahara
septentrional. Ed. CNRS Paris, 486p.
[9]- Chehma A. et Djebar M.R. 2008 : Les
espces mdicinales spontanes du Sahara
septentrional Algrien : distribution spatiotemporelle et tude ethnobotanique.
Synthse.univ Annaba., n 17, 36-45.
[10]- Persson P. et Louveau J. 1984 :
Pollinisation et productions vgtales. Ed.
INRA, Paris, 363p.
[5]-Kenfar A., Chenane N.,
et
Mohammedi A. 2007 : Rhabilitation et
prservation de labeille saharienne en
Algrie.
In :
Agriculture
&
Dveloppement. Ed. INVA Alger, n4 pp
62-65.
86
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
H.Laallam et al.
Tableau N1 : les principales espces mellifres spontanes dans la rgion dtude.
Famille
Anacardiaceae
Apiaceae
Asteraceae
Asclpiadaceae
Boraginaceae
Brassicaceae
Priode de floraison
Printemps
Et
Automne
Plantes spontanes
Produits rcolts par labeille
Pollen Nectar miellat propolis
Nom scientifique
Nom vernaculaire
Pistacia atlantica
Btam (Pistachier
datlas)
Guezah(Frule)
kalkha
Gartofa
Chih (Armoise)
Sag leghrab
Ain sefra (Souci)
Bouchicha
X
X
X
Harchaia
Fougaa el djmel
Zouadet lekhrouf
Pituranthos chlorantus
Ferula vesceritensis
Cotula cinerea
Artemisia herba alba
Atractylis delicatula
Calendula aegyptiaca
Chrysanthemum
macrocarpum
Launea glomerata
Echinops spinosus
Ifloga spicata
Rhanterium adpressum
Launea mucronata
Muricaria prostrota
Arfage
Adide
Bouibicha
Pergularia tomentosa
Moltkiopsis ciliata
Echium humile
Nonnea resedifolia
Arnebia decumbens
Moricandia arvensis
kalga
Halma
Ouacham (Viprine)
Ghourima
Ouechem
Krombe
Malcomia aegyptiaca
Sinapis arvensis
Lehma
Khardal bari(sneve)
Hiver
Plante vivace
Plante vivace
X
X
Plante annuelle
Plante vivace
Plante vivace
Plante annuelle
Plante annuelle
X
X
X
X
X
X
Plante annuelle
Plante vivace
Plante annuelle
Plante vivace
Plante annuelle
Plante annuelle
Observations
Plante vivace
Plante vivace
Plante annuelle
Plante annuelle
Plante annuelle
Plante annuelle, bisannuelle ou
vivace
Plante vivace
Plante annuelle
87
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H.Laallam et al.
Tableau N1 : les principales espces mellifres spontanes dans la rgion dtude (suite).
Capparidaceae
Chenopodiaceae
Cistaceae
Euphorbiaceae
Fabaceae
Lamiaceae
Liliaceae
Malvaceae
Plombaginaceae
Resedaceae
Rhamnaceae
Rosaceae
Rutaceae
Urticaceae
Zygophyllaceae
Diplotaxis harra
Alyssum sp
Diplotaxis acris
Cleome amblyocarpa
Anabasis articulata
Atriplex halimus
Haloxylon scoparium
Helianthemum lippii
Ricinus communis
Genista saharae
Retama retam
Astragalus armatus
Medicago minima
Rosmarinus officinalis
Asphodelus tenuifolius
Malva aegyptiaca
Limonium sinuatum
Reseda villosa
Zizyphus lotus
Neurada procumbens
Ruta tuberculata
Forskohlea
tenacissima
Fagonia glutinosa
Peganum harmala
Harra
Boudriga
Kerkaz
Netil
Baguel
Gatfa (Arroche)
Remth
Reguig (Hlianthme)
Kharoua (Ricin)
Merkh (Gent)
Rtem (Retam)
Kedada (Astragale)
Heska (Luzerne)
Yazir el djebel
(Romarin)
Tazia
Khobize (Mauve)
Khedda (Statice)
Dembal (Rsda)
Sedra (Jujubier)
Hassak ou Saadane
Faijel (Rue)
Hamched
Cherrik
Harmel
X X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Plante annuelle ou vivace
Plante annuelle
Plante annuelle
Plante vivace
Plante vivace
Plante vivace
Plante vivace
Plante vivace
Plante vivace
Plante vivace
Plante vivace
Plante vivace
X X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Plante annuelle
Plante annuelle
Plante annuelle
Plante annuelle
Plante vivace
Plante annuelle
Plante annuelle
Plante annuelle
Plante vivace
Plante vivace
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H.Laallam et al.
Tableau N2 : les principales espces mellifres cultives dans la rgion dtude.
Famille
Nom scientifique
Nom vernaculaire
Hiver
Priode de floraison
Printemps
Et
Automne
Produits rcolts par labeille
Pollen Nectar miellat propolis
Les arbres fruitiers
Palmaceae
Phoenix dactylifera L.
Rosaceae
Prunus armeniacaL.
Pyrus malus L
Prunus persica
Pyrus communis
Prunus amygdalus
Prunus domestica
Palmier dattier (dokkar)
Dattes
Abricotier
Pommier
Pcher
Poirier
Amandier
Prunier
Myrtaceae
Tamaricaceae
Eucalyptus globulus
Tamarix articulata
Eucalyptus
Tamarin
Liliaceae
Apiaceae
Fabaceae
Solanaceae
Cucumis sativus
Cucurbita pipo
Cucumis citrulus
Brassica dotrytis
Brassica napus
Allium cepa L
Daucus carota
Vicia faba
Solanum melongena
Concombre
Courge
Pastque
Chou-fleur
Navet
Oignon
Carotte
Fve
Aubergine
Brassicaceae
Fabaceae
Brassica oleracea
Medicago sativa
Colza
Luzerne
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Les arbres forestiers
X
X
Les plantes marachres
Cucurbitaceae
Brassicaceae
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Les plantes fourragres
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
R. Djama et al.
Le concept dalcalinit rsiduelle et volution gochimique des processus.
Application aux sols sals du lac Fetzara (Nord-Est algrien).
Rachid Djama1, Djamel Fadel1, Aziz Lafa1, Mohamed Benslama1,
Youcef Daoud2, & Vincent Valls3
1)
Laboratoire de Biologie Vgtale et Environnement, Universit Badji Mokhtar, Annaba, Algrie.
2)
Ecole Nationale Suprieure Agronomique, Avenue Hacne Badi, El-Harrach, Alger, Algrie.
3)
Laboratoire dHydrogologie, UAPV, 74 rue Louis Pasteur, F84000, Avignon, France.
Accept le : 07/09/2011
( ARc)
. .
. ARc+g
Arc . Rc+g
ARc ARc+g .Ca2+ Mg2+ K+ Na+
( ACP)
.
.
. ACP - - - - - :
Rsum
Les rsultats obtenus sur les sols du lac Fetzara montrent que lalcalinit rsiduelle calcite (ARc) diminue
lorsque les solutions se concentrent. Elle est lgrement ngative au dpart pour devenir plus franche par la suite
dans les chantillons les plus concentrs. L'alcalinit est domine par le Ca2+, c'est la voie saline neutre.
Concernant lalcalinit rsiduelle gnralise calcite+gypse (ARc+g), elle volue galement dans le mme sens,
puisquelle diminue lorsque les solutions se concentrent. Mais contrairement ARc, ARc+g est lgrement
positive au dpart, puis devient ngative au fur et mesure que la concentration de la solution augmente, cest
galement la voie saline neutre. Linversion du signe de ARc+g serait attribue des phnomnes dchange
entre la solution et le complexe adsorbant du sol. Lvolution vers le signe ngatif de ARc et ARc+g peut tre
explique par la fixation du complexe argilo-humique du Na+, K+ et Mg2+ et libration de Ca2+.
Ltude sur lapproche statistique tablie partir de lACP afin de dterminer les principaux processus
gochimiques responsables de lvolution de la salinit, montre que la concentration des solutions de sols sous
leffet de lintense vaporation qui caractrise la rgion est le principal phnomne. Deux autres processus de
moindre importance par rapport au premier, mritent dtre confirms dans ce milieu trs souvent satur deau, il
sagirait certainement des phnomnes dchanges ioniques entre la solution du sol et le complexe adsorbant et
les processus doxydo-rduction.
Mots cls : Sols sals - Processus gochimiques - Alcalinit rsiduelle - Calcite - Gypse - ACP.
Abstract
The results obtained on the grounds of the lake Fetzara soils show that the residual calcite alkalinity (ARc)
decreases when the solutions concentrate. Its slightly negative at first to become more obvious afterward in the
most concentrated samples. The alkalinity is dominated by Ca 2+ it is the neutral salt way. Concerning the
generalized residual alkalinity calcite+gypse (ARc+g), it also evolves in the same sense, because it decreases
when the solutions concentrate. But contrary to ARc, ARc+g is slightly positive at first, then becomes negative
as the concentration of the solution increases, it is also the neutral salt path. The inversion of the sign of ARc+g
90
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
R. Djama et al.
would be attributed an exchange phenomenon between the solution and the complex adsorbing of the ground.
The evolution of ARc and ARc+g
to the negatif sign could be explained by
the fixation of the argilo-humic complex of Na+, K+ and Mg+ and liberation of Ca+. The study on statistical
approach set from the PCA in order to define the principal geochemical process responsible for the evolution of
the salinity, shows that the soils solutions concentration under the effect of the intense evaporation, typical of
the area, is the principal phenomenon. Two other processes of minor importance compared to the first, worth to
be confirmed in this environment mostly saturated by water, it could concern certainly phenomen of ionic
exchanges between the soils solution and the adsorption complex and the oxydo-reduction process.
Keywords: Salty grounds- Geochemical process- Residual alkalinity- Calcite- Gypsum- PCA.
1. INTRODUCTION
La salinisation est une rsultante globale
de plusieurs processus gochimiques et
hydrologiques qui se produisent dans les
sols. Ces
processus dpendent de
lenvironnement
physique
et
biogochimique ainsi que des pratiques hydroagricoles [1, 2]. La salinisation est
considre comme un processus gnral
regroupant trois grands types de
phnomnes, la salinisation neutre, la
salinisation alcaline ou alcalinisation et la
sodisation. Ces trois mcanismes peuvent
apparatre lorsque la solution du sol se
concentre, son facis chimique dterminera
alors la voie emprunte, soit la voie saline
neutre ou soit la voie alcaline. La
sodisation est une rsultante de ces deux
dernires et traduit le phnomne de
fixation dions sodium sur le complexe
adsorbant du sol [3].
Les critres de qualit dune solution sont
en gnral la conductivit lectrique (CE)
et le pourcentage de sodium adsorb
(SAR). Mais ces deux paramtres sont de
moins en moins utiliss car on leur prfre
actuellement le concept dalcalinit
rsiduelle qui permet de prvoir lvolution
gochimique des solutions durant leur
concentration par vaporation et estimer le
sens de lvolution, soit vers une voie
saline neutre ou vers une voie alcaline
[4, 5]. Lalcalinit rsiduelle calcite (ARc)
dune solution est dfinie comme tant la
diffrence entre lalcalinit carbonate et la
quantit de calcium (1) :
Alcalinit rsiduelle calcite (ARc) =
Alcalinit carbonate Ca2+ (q/l) (1)
En effet lorsquune solution se concentre et
atteint le point de saturation avec la calcite,
il y a deux volutions possibles :
- Si la quantit de Ca2+ > alcalinit
carbonate ; ARc < 0 : cest la voie saline
neutre.
- Si la quantit de Ca2+ < alcalinit
carbonate ; ARc > 0 : cest la voie
alcaline.
Le concept de ARc a t tendu par la suite
la prcipitation successive de plusieurs
minraux la fois [6, 7], cest ce quon
appelle lalcalinit rsiduelle gnralise
(ARG). Les eaux du lac Fetzara sont
soumises une vaporation trs intense
pendant la priode estivale et ont tendance
se concentrer provoquant ainsi la
salinisation des sols pouvant tre
accompagne
dune alcalinisation du
complexe adsorbant, pour ce dernier cas
lutilisation des sols des fins agricoles
peut devenir trs problmatique mme
faibles facteurs de concentration des
solutions [8, 9].
Lobjectif de cette tude est dutiliser un
modle appel AQUA qui permet de
prdire par simulation la voie de
lvolution gochimique des solutions de
sol du lac Fetzara partir de leur
composition chimique, de ARc et ARG
(ARc+g) [10]. Pour cette dernire, cest la
calcite et le gypse qui ont t choisis, car
ces deux minraux sont non seulement
abondants en milieux sals mais prsentent
galement un ct trs pratique en ayant un
lment chimique commun (Ca2+).
91
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
Dautre part une approche statistique sera
mene partir de lanalyse en composantes
principales (ACP) afin de dterminer les
processus gochimiques responsables de
lvolution de la salinit des sols.
2. Matriel et mthodes
2.1 Cadre physique
Le lac Fetzara est situ 18 km au SudOuest de Annaba. Il est reprsent par une
large dpression dont les dimensions sont
approximativement de 17 km dOuest en
Est et 13 km du Nord au Sud avec une
superficie denviron 18600 ha (fig. 1).
La partie inondable du lac est situe au
centre et couvre une surface estime en
hiver 13 000 ha. La prsence dun canal
principal traversant le lac dOuest en Est
assure son drainage, mais il est insuffisant
pour vacuer toutes les eaux en hiver. Sur
le plan climatique, la rgion de Annaba
reoit en moyenne 750 mm/an de
pluie avec 80% attribus seulement 6
mois de lanne, doctobre mars.
Lvaporation annuelle est trs importante
puisquelle est en moyenne de 1375
mm/an, ajouter cela une scheresse
estivale de 6 mois (davril septembre) qui
caractrise la rgion, tout ceci va engendrer
un dficit hydrique norme (Pluviomtrie
< Evaporation), dont les consquences
vont se rpercuter sur la concentration des
eaux, laccumulation et la redistribution
des sels sur les sols do en gnrale
laccentuation
du
phnomne
de
salinisation.
Figure 1 : Situation gographique du lac Fetzara
Universit Badji Mokhtar - Annaba
R. Djama et al.
2.2 Matriel dtude
Lchantillonnage sur le terrain a t
effectu en plusieurs campagnes stalant
sur une priode allant de dcembre 1988
novembre 1999 ; il sest fait uniquement
sur les deux premires couches de sol
(0 - 25 et 25 - 50 cm), car on estime que
cest ce niveau que se font les changes
ioniques les plus importants. Pour mener
cette tude, la dtermination du bilan de
salure des chantillons de sols a t
effectue sur extrait de pte sature et les
caractristiques chimiques suivantes de la
solution du sol ont t mesures :
- CE et pH
- Cations solubles (Ca2+, Mg2+, K+ et
Na+)
- Anions solubles (Cl-, SO42-, HCO3- et
CO32-)
2.3 Outils de traitement des donnes
Il est rappeler que la notion dalcalinit
rsiduelle
utilise
les
concepts
thermodynamiques de solubilit des
minraux en faisant intervenir diffrents
processus gochimiques [7]. Lactivit
ionique des lments a t calcule grce
au logiciel AQUA, cest un modle
dassociation ionique qui utilise la loi de
Debye-Huckel [11], il a t spcialement
adapt au cas des solutions salines. A partir
du pH, de la temprature (C) et de
lanalyse des lments chimiques ralise
au laboratoire, il permet de calculer les
activits chimiques des minraux en
solution et leur rpartition entre les formes
libres ou complexes, ainsi que la pression
partielle quilibrante en CO2 (pCO2) [10].
Les donnes obtenues permettent de
dterminer ARc et ARc+g, ce concept
dalcalinit rsiduelle est utilis pour
prvoir qualitativement le sens de variation
de la concentration des diffrents lments
dans les solutions de sols tudies. Il
permet galement de simuler lvolution de
la composition chimique des solutions lors
de leur concentration sous leffet de
lvaporation [12, 13, 14]. Afin
didentifier, hirarchiser et quantifier les
92
Revue Synthse N23, Octobre 2011
diffrentes sources de variation de la
composition chimique des solutions, une
analyse en composantes principales (ACP)
a t conduite partir de la matrice des
corrlations. Cette mthode de traitement
des donnes multi-paramtres permet
dtudier les sources indpendantes de la
variabilit de tous les paramtres
confondus et de hirarchiser les processus
qui prdominent dans ce milieu. Les
valeurs propres recherches permettent
daccder aux axes factoriels prsentant un
maximum dinertie [15].
R. Djama et al.
lment sur les argiles. Le K+ est trs
stable car il est trs contrl par les
minraux argileux [17]. Les SO42augmentent galement puis ralentissent au
mme titre que le Ca2+, ceci est d
certainement la prcipitation du gypse.
Lalcalinit est stable et elle a mme
tendance diminuer. Ce rsultat conforte
lhypothse de la prcipitation de calcite
avec alcalinit < Ca2+, cest--dire dans le
cadre dune alcalinit rsiduelle calcite
ngative.
-0,5
3. Rsultats et discussion
log10(molalit)
Dans un milieu vaporitique littoral
comme celui du lac Fetzara, le chlorure est
un lment abondant et soluble ; il peut
donc tre utilis comme traceur
hydrochimique. Seuls les cas de facis
chimiques pauvres en Cl- et affects par de
forts processus doxydo-rduction sont
inadapts lutilisation du chlorure comme
traceur cause des phnomnes de
sorption ou de co-prcipitation du chlorure
par des oxydes et hydroxydes ferreux et
ferriques [16]. Il est alors possible
destimer un facteur de concentration (FC)
global dune solution par le rapport entre la
teneur en Cl- de cet chantillon et la teneur
en Cl- de lchantillon le plus dilu.
Les calculs et les graphiques ont t
raliss pour lensemble des solutions de
sols. Les diagrammes obtenus montrent
une dispersion notable des points, ce qui
signifie que les solutions de sols du lac
Fetzara ne peuvent pas tre considres
comme un systme hydrochimique unique.
Au del du phnomne de salinisation par
concentration des solutions, il existe une
autre source de variabilit de la
composition chimique (fig. 2).
Le Ca2+ augmente, mais moins fortement
que Cl-, cet cart montre que des ions Ca2+
sont soustraits la solution de sol.
Lvolution du Na+ est quant elle
comparable au Cl-, sauf pour les solutions
dilues cause de la fixation de cet
-2
-2,5
-3
-3,5
-4
0
0,5
1,5
log10(FC)
Ca
Cl
SO4
Alc
-0,5
-1
-1,5
log10(molalit)
3.1.1 Diagrammes de concentration
-1
-1,5
-2
-2,5
-3
-3,5
-4
0
0,5
1,5
log10(FC)
Na
log10(molalit)
3.1. Approche gochimique
Ca
Mg
Cl
Alc
0
-0,5
-1
-1,5
-2
-2,5
-3
-3,5
-4
-4,5
-5
0
0,5
1,5
log10(FC)
K
Na
Cl
Figure 2. Diagrammes de concentration des
solutions de sols (Traceur hydrochimique : Cl-)
93
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Par ailleurs, le nuage de points
reprsentatifs des teneurs en alcalinit
prsente une trs forte dispersion. Ce
rsultat traduit une forte variabilit des
teneurs en CO2 de ces solutions. Des
processus doxydo-rduction sont donc
probables dans ce systme [18, 19, 20].
R. Djama et al.
Alcalinit rsiduelle (eq/l)
Revue Synthse N23, Octobre 2011
0
y = -0,0009x - 0,0047
-0,02
-0,04
-0,06
-0,08
-0,1
0
20
40
60
80
100
FC
3.2 Alcalinit rsiduelle calcite (ARc)
Lorsquune solution se concentre par
vaporation et atteint le point de saturation
avec la calcite, il y a deux volutions
possibles : si les quivalents de Ca2+
excdent lalcalinit carbonate (HCO3- +
CO32-) dans la solution, lalcalinit va
diminuer et la molalit en Ca2+ va
continuer de crotre aboutissant une ARc
ngative (voie saline neutre) ; par contre si
lalcalinit est suprieure au Ca2+, elle va
continuer augmenter et le Ca2+ va
diminuer, dans ce cas la ARc est positive
(voie alcaline). Selon le cas, la
concentration des solutions mne des sols
salins neutres ou bien des sols alcalins [6,
9, 21].
Dans le cas des solutions de sols du lac
Fetzara, le diagramme montre que
lalcalinit rsiduelle calcite (ARc) est
dune manire gnrale
lgrement
ngative au dpart dans les solutions les
plus dilues, puis diminue et devient
franchement ngative par la suite dans les
chantillons les plus concentrs indiquant
ainsi lintervention dun processus
gochimique pouvant changer le signe de
lalcalinit rsiduelle calcite (fig. 3) ; il
sagirait probablement dune raction de
prcipitation de la calcite [14, 22]. Avec la
prcipitation de la calcite, la teneur en
calcium devrait augmenter et lalcalinit
diminuer, ces variations sont confirmes
par les diagrammes de concentration des
solutions ainsi que la loi du T qui
signifie que lorsque Ca2+ > alcalinit, cest
la voie saline neutre [23, 24]. Le calcium
sera abondant sur le complexe adsorbant,
les argiles resteront floculer et le milieu
permable. Ce cas est trs frquent sur les
sols se dveloppant sur des roches
sdimentaires marines [25].
AR c
Linaire (AR c)
Figure 3.
Evolution de lalcalinit rsiduelle
calcite des solutions de sols.
3.3. Alcalinit rsiduelle gnralise
(ARc+g)
Ce concept est applicable la succession
des
quilibres
qui
contrlent
la
composition dune solution lorsque sa
concentration augmente au contact dune
source dlments minraux.
La calcite et le gypse sont deux minraux
dont la prcipitation successive permet de
distinguer
plusieurs
phases
dans
lvolution de la composition chimique des
lments dissous de la solution du sol
[2, 7].
La prsentation graphique de lalcalinit
rsiduelle calcite+gypse (ARc+g) montre
quelle est positive au dpart, elle diminue
ensuite et devient franchement ngative
lorsque les solutions de sols se concentrent
(figure 4). Cette volution ne peut tre
attribue ni la prcipitation de la calcite
ni celle du gypse, qui ne survient qu
partir du moment o ltat de saturation
avec lun des
minraux est atteint.
Linversion du signe de cette alcalinit
rsiduelle doit tre attribue la dsorption
du Ca2+ par le complexe argilo-humique,
au
profit
d'autres
lments,
particulirement des monovalents tel que le
Na+. En effet, lorsque les solutions se
concentrent, le Na+ se fixe sur le complexe
adsorbant en dplaant le Ca2+, ce qui
modifie le signe de lalcalinit rsiduelle
calcite + gypse [2, 23, 24].
Dune
manire
gnrale,
lorsque
lalcalinit rsiduelle calcite + gypse est
positive au dpart, comme dans le cas des
94
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
R. Djama et al.
y = -0,0008x + 0,0205
0,04
0,02
e x p liq u e
40
35
30
25
20
15
d e
0,06
H y d ro A Q U A : A C P
D is trib u tio n d e la v arian ce s elo n les ax es facto riels
10
Alcalinit rsiduelle (eq/l)
0,08
5
0
0
-0,02 0
des solutions des sols, puis viennent
ensuite trois processus peu prs dgale
importance. Il convient maintenant de
tenter de dterminer quels sont ces
processus ou sources de variation de la
composition chimique des solutions des
sols. Pour cela, les deux premiers plans
factoriels seront examins successivement.
V a r ia n c e
solutions les plus dilues, le signe de ce
paramtre ne peut changer tant que
nintervient pas un processus de raction
autre que la prcipitation ou la dissolution
de la calcite ou du gypse. Ce rsultat
montre que probablement un autre
processus impliquant
Ca2+, SO42- ou
encore lalcalinit, intervenant ds le dbut
de la concentration des solutions. Ce
paramtre peut servir dindicateur lors de
la rencontre deaux ayant une origine trs
diffrente entrant en contact avec les sols
[6].
20
40
60
80
100
-0,04
-0,06
5
6
A xe fa cto rie l
10
Figure 5. Taux de variance explique selon les
diffrents axes factoriels.
-0,08
FC
AR c+g
Linaire (AR c+g)
Figure 4. Evolution de lalcalinit calcite+gypse
des solutions de sols.
4. APPROCHE STATISTIQUE
4.1 Analyse en composantes principales
(ACP)
Ltude statistique de lACP montre un
premier axe factoriel reprsentant seul 41%
de la variabilit totale, tous paramtres
confondus ; cest un processus important
qui devrait tre facilement identifi. Il est
suivi ensuite par un second, un troisime
et un quatrime axe avec respectivement
des inerties sensiblement proches de 14%,
12% et 11%. Les autres axes, avec des
pourcentages de variance infrieurs 8%
peuvent
tre
considrs
comme
ngligeables et portent probablement sur
des imprcisions analytiques (fig.5).
Pour les sols du lac Fetzara, un mcanisme
semble tre prdominant pour la chimie
4.1.1 Premier plan factoriel
Il comprend les axes factoriels N1 et N2.
Le premier axe factoriel oppose les
lments solubles dont la concentration
augmente fortement avec la salinit,
savoir Na+, Cl-, Mg2+ et accessoirement
Ca2+ avec les lments dont la
concentration est contrle par la
prcipitation
de
minraux
comme
lalcalinit et le pH. Ce cas de figure est
habituel pour les sols sals. Ce premier axe
traduit la concentration globale des
solutions sous leffet de lvaporation et
donc du climat. Habituellement cet axe
porte 65 75% de la variance. Sa
relativement faible inertie traduit la
complexit de notre systme.
Pour dterminer la source de variabilit
reprsente par le second axe, on constate
que SO42-soppose au K+ et CE. Il
pourrait sagir dune opposition dans les
phnomnes
de
sulfato-rduction,
processus extrmes de rduction dans ce
type de milieu, souvent inond par les eaux
durant une grande partie de lanne et de
95
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
R. Djama et al.
fixation de K+ trs nergique par certains
minraux argileux (figure 6).
H y d ro A Q U A : A CP
0.7
Alc
0.6
H y d ro A Q U A : A CP
RS
0.25
Cl
pH
Na
Alc
Mg
-0.00
A x e fa c to r i e l n 3
A x e fa c to r i e l n 2
CE
0.50
pH
0.5
0.4
0.2
0.0
0.1
0.2
0.3
Mg
-0.0
K
SO4
-0.50
SO4
-0.1
Ca
0.1
-0.2
-0.25
-0.2
0.4
Cl
-0.1
Ca
-0.50
Na
0.3
0.5
Axe factoriel n1
Figure 6. Premier plan factoriel : contribution des
diffrentes variables
4.1.2 Second plan factoriel
Il est constitu des axes factoriels N2 et
N3. Le deuxime axe a t discut
prcdemment, seul le troisime axe sera
donc tudi. Ce troisime axe factoriel,
oppose SO42- et CE lalcalinit et au pH
(figure 7). Cette opposition sulfatesalcalinit se rencontre parfois en
hydrochimie et peut correspondre deux
cas possibles :
- Dans certains cas, deux origines de
solutions conduisent des mlanges,
lorsque les eaux sont riches en sulfates par
dissolution du gypse par exemple, elles
sont plus minralises (corrlation positive
SO42-/CE) et lapport de Ca2+ par la
dissolution du gypse conduit une
prcipitation de la calcite qui diminue
lalcalinit (opposition SO42-/alcalinit).
- Dans dautres cas, lorsque les processus
doxydo-rduction sont trs actifs ou bien
lorsque la lithologie renferme des pyrites,
cest--dire du sulfure de fer (FeS2),
loxydation de cette dernire conduit la
libration dacide qui provoque une
diminution de lalcalinit et une
augmentation de la conductivit lectrique
(CE).
RS
-0.25
-0.00
0.25
Axe factoriel n2
CE
0.50
Figure 7. Second plan factoriel : contribution des
diffrentes variables
5. CONCLUSION
La dynamique des sels solubles des sols du
lac Fetzara semble tre contrle par un
certains
nombre
de
processus
gochimiques. En effet, lorsque les eaux se
concentrent
par
vaporation,
des
phnomnes dchange ioniques entre le
complexe adsorbant et la solution de sols
affectent lvolution de certains lments.
Les rsultats obtenus sur les solutions de
sols du lac Fetzara peuvent tre expliqus
en partie par lintervention du complexe
argilo-humique du sol qui fixe certains
ions tels que Na+, K+ et probablement du
Mg2+ et libre Ca2+, ceci devient suffisant
pour inverser le signe des alcalinits
rsiduelles calcite (ARc) et calcite+gypse
(ARc+g), qui deviennent franchement
ngatives mesure que les solutions de
sols se concentrent, conduisant lvolution
gochimique des sols vers la voie saline
neutre qui est un phnomne assez
frquent en Afrique du Nord.
Lapproche statistique par ACP tablie afin
de
dterminer
les
mcanismes
gochimiques prdominant dans ce milieu
assez
complexe,
montre
que
la
concentration des solutions sous leffet de
lintense vaporation qui caractrise la
rgion de Annaba,
est le principal
processus de salinisation des sols. Mais il
nest pas le seul, deux autres processus
sont
certainement
responsables
de
lvolution de la dynamique des sels sur les
sols du lac Fetzara, mais cause du faible
96
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
pourcentage dinertie quils reprsentent,
leur identification est dlicate. Il pourrait
sagir des phnomnes dchanges
ioniques entre la solution et le complexe
argilo-humique du sol dune part et dautre
part la forte variabilit des conditions
danoxie et de pression partielle en CO2
engendres par lengorgement du milieu
par leau, provoquant des processus
doxydo-rduction affectant probablement
la variabilit spatiale de la chimie des
sulfates avec prsence du gypse ou de
pyrites [14, 20]. Ces deux processus
doivent tre pris en considration afin de
confirmer leur rle dans ce milieu.
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98
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
M. Rebiha et al.
Proprits physicochimiques et rhologiques dun mlange
aqueux de biopolymres et dun tensioactif non ionique
M. Rebiha1, N. Moulai-Mostefa1,2 & A. Hadj Sadok1
1
LAFPC, Universit de Blida, BP. 270 Route de Soumaa, 09000 Blida, Algrie
2
LME, Universit de Mda, Ain D'Heb, 26001 Mda, Algrie
Accept le : 13/09/2011
20
.
. Go
.
) (
.20
.- - -20 - :
Rsum
Dans ce travail, on sintresse leffet des concentrations du xanthane, du casinate de sodium et du tween 20
sur les proprits rhologiques, ztamtriques et de surface de leurs mlanges, dans un milieu aqueux pH
neutre. Il a t mis en vidence, lissue de lutilisation de la mthodologie des plans dexpriences, de
lexistence des interactions rpulsives de sgrgation entre les biopolymres, gnrant un affaiblissement du
module de conservation viscolastique, Go et par la mme une fragilisation de la structure du systme collodal.
Dans cette situation, il a t observ que le potentiel zta diminue, ce qui laisse supposer que les interactions
rpulsives lectrostatiques entre les deux espces anioniques ne sont pas responsables du relchement de la
structure. Par ailleurs, il a t observ que la tension de surface du mlange dpend essentiellement de la
concentration du tween 20.
Mots cls :Biopolymres - Tween 20 Rhologie - Tension de surface - Potentiel zta.
Abstract
In this work, the effects of xanthan, sodium caseinate and tween 20 concentrations on the rheological, zeta
potential and surface properties of their mixtures were investigated, in an aqueous medium at neutral pH. Using
an experimental design, it was shown the existence of repulsive interactions of segregation between
biopolymers, generating a weakening of the viscoelastic modulus, G'o and consequently an embrittlement of the
structure of the colloidal system. In this situation, it was observed that the zeta potential decreases, which lets
suppose that the electrostatic repulsive interactions between the two anion species are not responsible for the
structure relaxation. In addition, it was observed that the surface tension of the mixture depends only on the
concentration of tween 20.
Key words: Biopolymers - Tween 20 Rheology - Surface tension - Zeta Potential
99
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
M. Rebiha et al.
1. INTRODUCTION
Les protines et les polysaccharides
suscitent de plus en plus lintrt des
industriels alimentaire et autres, en raison
de leur potentialit damliorer la texture,
la stabilit et laspect dittique des
produits structure complexe [1].
Toutefois, la prsence de ces deux espces
polymriques dans un mme systme, peut
engendrer des phnomnes de sparation
de phases, soit par incompatibilit
thermodynamique [2] ou par floculation
par dpltion [3]. Ainsi, il est
indispensable
de
comprendre
les
mcanismes pour rguler les interactions
entre ces espces et contribuer
l'amlioration des proprits physiques des
produits formuls [4,5]. Dans un milieu
aqueux, la sparation de phases due
lincompatibilit thermodynamique se
traduit par des interactions rpulsives
mutuelles
de
sgrgation
des
macromolcules des deux biopolymres,
par effet du volume exclu, auquel cas, les
interactions polysaccharide-polysaccharide
ou protine-protine sont suffisamment
leves par rapport aux interactions
biopolymre-solvant [4]. Ces conditions
dincompatibilit dpendent de plusieurs
facteurs, notamment, de la temprature, du
pH, de la force ionique, de la
concentration, et de la conformation des
biopolymres [6, 7]. En revanche, dans le
cas de la floculation par dpltion, le
polymre non adsorbant sexclut de
lespace interne de deux particules
collodales, lorsque leur surface de
sparation devient plus petite que la taille
de la chane de ce polymre. Ceci conduit
la naissance dune diffrence de pression
osmotique et par la mme la floculation
des deux particules, pouvant enregistrer
une sparation de phases [8]. Par ailleurs,
divers auteurs ont tudi la stabilit des
systmes base de protines par
l'introduction dans leurs mlanges de
tensioactifs de faible poids molculaire [9,
10]. Il a t montr que les deux espces
rentrent en comptition pour l'interface et
que les tensioactifs sont susceptibles de
dplacer les protines dans la phase
aqueuse. Pour notre part, on sintresse
leffet propre que peut engendrer la
prsence de protines et biopolymres sur
le
comportement
rhologique
et
lectrocintique de leur mlange.
Notre intrt sest port sur le casinate de
sodium, protine trs utilise de par ses
proprits mulsifiantes et sa structure
macromolculaire et la gomme xanthane.
Des travaux sur les mlanges de casinate
de sodium et de gomme xanthane, pH
neutre, ont t raliss en utilisant la
viscosit apparente, la microscopie
confocale [11] et la diffusion de lumire
[12] dans le but de dterminer le
comportement de phases de leur mlange.
Il a t trouv que les deux polymres
prsents dans la solution produisent une
sparation
de
phases
quand
la
concentration du xanthane est de l'ordre de
0.5 % et celle du casinate de sodium de
l'ordre de 5 % en masse. A ces deux
excipients, on adjoint un tensioactif non
ionique (Tween 20), du fait de ses
excellentes proprits de surface et de son
bas poids molculaire. Selon les travaux de
Dickinson et al. [13] sur les mulsions
alimentaires, une concentration en tween
20 de l'ordre de 0.25% est suffisante pour
obtenir des mulsions stables. Cependant,
l'utilisation de concentrations leves de
tween provoque une dstabilisation des
mulsions par floculation par dpltion par
les micelles de tensioactif.
Dans une tude ralise sur les mlanges
de xanthane et de casinate de sodium
[14], nous avons mis en vidence l'effet
des concentrations des deux biopolymres
sur
leurs
proprits
rhologiques,
notamment la contrainte seuil et la
viscosit plastique. Ainsi, il ressort de cette
tude deffet sur la contrainte seuil, quau
del dune certaine concentration critique
de casinate de sodium qui dpend de la
quantit mise en jeu de xanthane, ces deux
polymres dveloppent une interaction
100
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rpulsive, se traduisant par une diminution
de la contrainte seuil, et par la mme un
relchement de la structure collodale. Cet
tat de fait peut se manifester par une
sparation de phases, l'une riche en
casinate de sodium et l'autre en xanthane.
L'objectif de cette tude est l'valuation de
leffet des concentrations du xanthane, du
casinate de sodium et du tween 20 sur les
proprits rhologiques, ztamtriques et
de surface de leurs mlanges, dans un
milieu aqueux pH neutre. Pour aboutir
cet objectif, une stratgie exprimentale
sappuyant sur la mthode des plans
dexprience a t utilise.
M. Rebiha et al.
Zetasizer 2000. Le pilotage de cet appareil
est assur par le logiciel Zeta Mode v 1.6.
2.3 Prparation des solutions aqueuses
Les solutions aqueuses sont prpares en
faisant dissoudre les quantits appropries
de casinate de sodium, de xanthane et de
tween 20, suivant la matrice dexprience,
dans de leau distille, en prsence de 0.01
% dazide de sodium pour protger la
solution contre les contaminations
microbiennes, pH neutre. La dissolution
des constituants est assure laide
dagitateurs magntiques, pendant 20
heures, temprature ambiante.
2.4 Mthodologie exprimentale
2. MATERIELS ET METHODES
2.1 Produits utiliss
Le casinate de sodium, qui est une
protine anionique, est fournie par Armor
Protines (France). Le tween 20, qui est un
tensioactif non ionique, est fourni par
Fluka. La gomme xanthane est un
biopolysaccharide
anionique
naturel,
fournie par Rhodia (Algrie). Lazide de
sodium est utilis comme
agent de
conservation et il est fourni par Sigma
Chemical Co.
2.2 Mthodes de mesure
La tension de surface est mesure laide
dun tensiomtre bidirectionnel de type Du
Nouy 70545. La mesure des paramtres
viscolastiques a t assure grce un
rhomtre de marque Paar Physica
Rheolab MCR 300, qui est muni galement
du logiciel US 200. Des essais oscillatoires
sont utiliss pour examiner les diffrents
types de matriaux viscolastiques. De ce
test, on dduit la valeur du module G 0 , qui
est le module de conservation au repos,
reprsent par un palier dans la courbe de
viscolasticit donnant lvolution du
module de conservation (G') et celui de
perte (G'') en fonction de la dformation.
La mesure du potentiel zta a t effectue
laide dun ztamtre de type Malvern
La dmarche adopte dans ce travail est
base sur la planification des expriences.
Le recours cette mthode des plans
dexpriences permet dobtenir des
modles prvisionnels des rponses
tudies, ainsi que les conditions
optimales, et ce avec un minimum dessais
et un maximum de crdibilit [15]. Compte
tenu de lobjectif vis par cette tude,
savoir la dtermination des effets de trois
constituants, la stratgie de planification
exprimentale la plus adquate repose sur
une modlisation en surface de rponse,
par un modle dordre 2 tenant compte de
toutes les interactions entre les facteurs.
Y = a0 + a1x1 + a2x2 + a3x3 + a11x1 + a22x2
+ a33x3 + a12x1x2 + a13x1x3 + a23x2x3
(1)
O Y est la rponse et x1, x2 et x3 sont les
facteurs.
Dans cette tude, x1 reprsente la
concentration massique du casinate de
sodium [1 - 6%] ; x2 reprsente la
concentration massique du tween 20 [0 0.2%] ; x3 est la concentration massique de
la gomme xanthane [0-0.5%]. Les
domaines de variation de ces facteurs ont
t dduits de la littrature [11-14]. Les
rponses choisies dans cette tude pour
tenir compte des interactions entre les
diffrents constituants sont : la tension de
surface de la solution aqueuse du mlange,
101
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M. Rebiha et al.
TS (dyne/cm); le module de conservation
issu de ltude viscolastique, G 0 (Pa) ; et,
le potentiel Zta, (mV).
effets des
rponses.
trois
constituants
sur les
3. RESULTATS ET DISCUSSION
3.1 Modlisation en surfaces de rponse
La matrice dexpriences choisie qui
rpond cette stratgie est de type
D-optimal. Le calcul des paramtres des
modles polynomiaux de surface de
rponse seffectue par la mthode de
rgression multilinaire (MLR), en
utilisant les valeurs exprimentales des
rponses en fonction des concentrations
des constituants.
La qualit au sens statistique des rsultats
obtenus lissue des ajustements, est
conditionne par le coefficient expliquant
la variance, R2, et le coefficient de
prdiction, Q2. Le premier indique quel
point le modle explique les valeurs
observes. Plus il est proche de 1, plus le
modle est bien ajust. Le second indique
la puissance prdictive du modle. Au del
de 0.7, le modle prsente un bon pouvoir
prdictif. Les expressions mathmatiques
de ces deux coefficients sont:
( y y) e
( y y)
2
R2
2
i
0 R2 1
(2)
y y
( yi y) 2 1i h i
i
Q2
( yi y ) 2
Figure 1.
R et
surface de rponses.
Q des trois modles de
Les modles polynomiaux exprimant
chaque rponse en fonction des facteurs de
formulation, exprims en coordonnes
centres rduites, scrivent alors :
Pour la tension de surface, TS :
TS 43.42 2.70x2 1.49x22
(4)
Pour le module de conservation G 0 :
G0 5.53 2.4x1 3.89x3 3.74x12 2.38x32 2.52x1 x3
(5)
Pour le potentiel Zta :
45.17 5.89x1 7.92x3 2.77x12 3.37x32 1.96x1 x3 (6)
3.2 Influence des facteurs
sur les rponses
0 Q2 1
(3)
O y i est la rponse mesure au point i,
y est la moyenne de lensemble des
rponses y i mesures, e i est le rsidu au
point i, y i est la rponse prdite par le
modle au point i et, hi la variance de
prdiction au point i.
Au regard des valeurs de ces deux
coefficients (Fig.1), on peut dire que les
modles obtenus sont prdictifs, ce qui
permet de dterminer, sans quivoque, les
Au terme de la modlisation en surface de
rponse, on se propose de dterminer
leffet de chaque facteur sur les proprits
de
surface,
viscolastiques
et
lectrocintiques de la solution tudie
laide dune simulation polynomiale.
3.2.1 Sur la tension de surface
La tension de surface est un paramtre
physico-chimique important, qui permet la
caractrisation dun tensioactif. Les
rsultats de ces mesures sont prsents
dans la figure 2. On note que la tension de
surface diminue avec la concentration en
tween 20. Cependant, il faut noter que cette
diminution n'est pas trs importante. Ceci
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peut tre expliqu par le fait que les
concentrations en tween 20 capables de
rduire la tension de surface ne sont pas
trs leves [0-0.2%]. Par ailleurs, les
concentrations en casinate de sodium
utilises sont suprieures la concentration
micellaire critique, ce qui expliquerait en
outre, pourquoi, la tension de surface na
pas beaucoup vari lorsquon a fait varier
la concentration en casinate. Le modle
de la tension de surface (Eq.2), montre
clairement que cette rponse ne dpend
que de la concentration du tween 20 dans
le domaine de variation choisi. Donc ce
dernier
prsente
leffet
le
plus
caractristique sur cette rponse (Fig.2).
Ceci tant prvisible, du fait que cet
lment est un fort tensioactif et son rle
principal consiste rduire la tension de
surface de la solution. Par ailleurs, la
gomme xanthane n'a aucun effet sur la
variation de la tension de surface.
M. Rebiha et al.
3.2.2 Sur le module de conservation
Le module de conservation G 0 (dans le
domaine linaire) est un paramtre
rhologique important pour lanalyse de
ltat structural de la solution polymrique
au repos. Il caractrise le degr de
cohsion des rseaux polymriques
obtenus lissue denchevtrement ou
linterpntration des macromolcules par
effet dinteractions attractives de type de
Van Der Waals ou lissue de leur
sparation
par
effet
dinteractions
rpulsives entropique ou lectrostatique
[16].
Le modle (Eq.3) de la rponse G 0 , dnote
que ce paramtre rhologique est
subordonn aux concentrations du
xanthane et du casinate de sodium,
comme le montre les figures 3-a et 3-b.
x3 = 0 %
x3 = 0,25 %
x3 = 0,5 %
14
12
G'o (Pa)
10
(a)
8
6
4
2
0
1
Concentration casinate (%)
x1 = 1%
x1 = 3,5%
x1 = 6%
14
G'o (Pa)
12
(b)
10
8
6
4
2
0
0
0,1
0,2
0,3
0,4
0,5
Concentration du xanthane (%)
Figure 3. Courbes dinfluence des facteurs sur le
module de conservation G 0 .
Figure 2. Courbes dinfluence des facteurs sur
la tension de surface.
En outre, ces deux lments dveloppent
une interaction ngative (le coefficient,
a13= 2.52), susceptible de modifier
103
Universit Badji Mokhtar - Annaba
Revue Synthse N23, Octobre 2011
3.2.3 Sur le potentiel Zta
Le potentiel zta reprsente la charge
lectrostatique
que
les
particules
acquirent quand elles sont mises en
suspension [17]. Sa mesure permet
d'valuer la part de contribution des
interactions ventuelles lectrostatiques
rpulsives sur laffaiblissement de la
rigidit de la structure, du fait que les deux
polymres sont anioniques. Le xanthane a
un effet positif sur le potentiel zta (valeur
absolue), au regard de la figure 4-b,
particulirement pour des concentrations
faibles de casinate. Selon Mirhosseini et
al. [18] qui ont utilis les mesures du
potentiel zta pour dterminer la stabilit
d'une mulsion alimentaire, l'augmentation
de la valeur absolue du potentiel zta est
due en particulier sa charge ngative.
L'augmentation de la concentration en
xanthane conduit une augmentation de la
charge ngative de la surface suivie par
une augmentation du potentiel zta.
Nanmoins, cet effet sattnue par la
prsence en excs du casinate. En
consquence,
les
interactions
lectrostatiques rpulsives dans ces
conditions ne peuvent que saffaiblir, pour
laisser seul les interactions rpulsives de
nature entropique. Par ailleurs, en dpit du
caractre lgrement anionique du
casinate, il apparat que cet lment
abaisse le potentiel zta (Fig.4-a).
Potentiel zta (m V)
65
X3 = 0 %
X3= 0,25 %
X3 = 0,5 %
(a)
60
55
50
45
40
35
30
1
2
3
4
5
Concentration du casinate (%)
(b)
60
X1 = 1 %
X1 = 3,5 %
X1 = 6 %
65
Pote ntie l z ta (m V)
ngativement ltat structural du rseau
polymrique, par affaiblissement de la
structure. En effet, des figures 3-a et 3-b,
on peut observer clairement que les trois
courbes ne sont pas parallles, do
lexistence de cette interaction xanthane
casinate influenant le module de
conservation (le tween 20 na pas deffet
marquant sur G 0 ). Donc, lorsque la
concentration du xanthane augmente (du
minimum au maximum), leffet du
casinate de sodium (Fig.3-a) devient trs
ngatif sur la cohsion de la structure. Et
lorsque le casinate passe de la valeur
minimale la valeur maximale (Fig.3-b),
le xanthane perd toutes ses proprits
paississantes, vue que les valeurs
enregistres de G 0 sont relativement
petites.
M. Rebiha et al.
55
50
45
40
35
30
0
0,1
0,2
0,3
0,4
0,5
Concentration du xanthane (%)
Figure 4. Courbes dinfluence des facteurs sur le
potentiel Zta.
Cet abaissement du potentiel zta est d
probablement laugmentation du nombre
de gros agrgats formes, qui lorsquils
sont soumis au champ lectrique, E, leur
vitesse de dplacement, V, est plus faible
que celle dune sub-micelle ou dune
protine individuelle. Ainsi, ils auront une
mobilit lectrophortique, ( = V/E), plus
petite et par la mme un potentiel zta plus
faible.
Ainsi, lissue de ces constatations, on
peut
dduire
que
la
formation
dassemblages micellaires de casinate de
sodium
affaiblit
les
interactions
lectrostatiques rpulsives et de ce fait, le
relchement de la rigidit de la structure,
104
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Revue Synthse N23, Octobre 2011
M. Rebiha et al.
observ lorsquon dpasse la concentration
critique de casinate, est caus par les
interactions sgrgatives qui ont eu lieu
entre
les
deux
polymres
par
incompatibilit thermodynamique. Donc
les interactions rpulsives observes,
lissue dtude deffet sur le module
conservation, G 0 , entre le xanthane et le
casinate
ne
sont
pas
dorigine
lectrostatiques. On remarque aussi
labsence de leffet du tween 20 sur le
potentiel zta, et ceci est d au fait quil est
non ionique.
REFERENCES
4. CONCLUSION
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Depletion-induced
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Il ressort de cette tude deffet sur les
proprits
physico-chimiques
et
rhologiques de la solution aqueuse les
points importants suivants. Pour la tension
de surface, le tween 20 est le facteur le
plus important, susceptible de la faire
abaisser de faon dominante. Les autres
constituants ont un effet ngligeable. En
plus, il nexiste pas dinteraction double
entre les constituants, pouvant modifier les
proprits de surface. Pour le module de
conservation, le tween 20 a une influence
ngligeable
sur
la
cohsion
intermolculaire au sein du
mlange
polymrique. Globalement, cest le
casinate de sodium qui est responsable de
la fragilit de la cohsion intermolculaire.
Par contre, le xanthane a toujours un effet
positif sur G 0 et donc sur la cohsion.
Ainsi, il existe une interaction forte
sgrgative entre le casinate et le
xanthane, prsentant un effet ngatif sur
G 0 et par la mme sur la cohsion de la
solution polymrique. Pour le potentiel
zta, leffet du xanthane est positif.
Cependant, celui du casinate de sodium
est ngatif, ce qui laisse supposer que ce
phnomne est du la diffrence des
charges de ces deux collodes.
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