Ce panorama de l'nergie nuclaire en Russie a t ralis, au sein du service
nuclaire de l'Ambassade de France en Russie,
Il se base sur et enrichi les versions prcdentes :
2010 : sous la supervision du conseiller nuclaire Patrice Bernard rdig par ses
adjoints Dimitry Novikov en collaboration avec Fanny Fert
2012 : sous la supervision du conseiller nuclaire Philippe Dubuisson rdig par
ses adjoints Pierre-Yves Mallet Perrier en collaboration avec Alexie
Ozeretzkovsky
2015 : sous la supervision du conseiller nuclaire Alexandre Gorbatchev rdig
par son adjoint Amiel Sitruk, sur la base de travaux dAlexe Ozeretzkovsky et
Salom Vignon
I AVANT
PROPOS
II GNRALITS SUR LA RUSSIE
II.1 LES INSTITUTIONS RUSSES
II.2 PRINCIPAUX INDICATEURS MACROSCOPIQUES
II.3 LE SECTEUR NERGTIQUE
III GNRALITS SUR LE NUCLAIRE RUSSE
III.1 HISTORIQUE
III.2 APERU DU NUCLAIRE RUSSE AUJOURDHUI
ET DE SA PLACE DANS LE MONDE
III.2.1 Description du nuclaire russe
III.2.2 Principaux chiffres du nuclaire russe
III.3 PRINCIPAUX ACTEURS DU NUCLAIRE RUSSE
III.3.1 Le gant Rosatom
III.3.2 Lautorit de sret Rostekhnadazor
III.3.3 Instituts indpendants de Rosatom
IV STRATGIE
DU NUCLAIRE
MODERNISATION, DVELOPPEMENT,
LEADERSHIP
IV.1 ORIENTATIONS
DU GOUVERNEMENT DONNES A LA STRATGIE NUCLAIRE RUSSE
IV.2 MODERNISATION DU CADRE LGISLATIF
IV.2.1 Le cadre lgislatif actuel
IV.2.2 Lvolution du cadre lgislatif
IV.3 MODERNISATION DU PARC ET NOUVEAUX PROJETS DE CONSTRUCTION
IV.3.1 Augmentation de la puissance nominale et du taux de
disponibilit
IV.3.2 Extension de la dure de vie des centrales
IV.3.3 Construction de nouvelles capacits
IV.3.4 Dveloppement de la cognration nuclaire
IV.4 RECHERCHE, DVELOPPEMENT ET INNOVATION
IV.4.1 Situation gnrale
IV.4.2 Acteurs de linnovation
IV.4.3 Innovation de la filire conventionnelle des VVER
IV.4.4 La gnration IV, le projet Proriv et la fermeture du cycle
combustible
IV.4.5 Le dveloppement des SMR
IV.4.6 Le dveloppement des capacits exprimentales de recherches
IV.5 MODERNISATION DES AFFAIRES
IV.5.1 Loptimisation du systme de production et du management
IV.5.2 Le systme dachat de Rosatom
IV.5.3 La lutte contre la corruption et laugmentation de la transparence
IV.6 STRATGIE COMMERCIALE
IV.6.1 Prospection et marchs prioritaires
IV.6.2 Acteurs de lexport des technologies nuclaires civiles russes
IV.6.3 Spcificits de loffre russe
IV.7 DIVERSIFICATION DES ACTIVITS
V AMONT DU CYCLE
V.1 LAMONT DU CYCLE DANS LINDUSTRIE NUCLAIRE RUSSE
V.2 EXPLORATION ET EXTRACTION
V.2.1 Acteurs du secteur
V.2.2 Ressources et production duranium lheure actuelle
V.2.3 Dveloppement des activits de la branche
V.2.4 Sources alternatives
V.2.4 Consommation
V.3 CONVERSION ET ENRICHISSEMENT
V.3.1 Acteurs, sites et production
V.3.2 Export
V.4 FABRICATION ET COMMERCIALISATION DU COMBUSTIBLE
V.4.1 Acteurs
V.4.2 Stratgie et perspectives
V.4.3 Produits
VI LE PARC DE CENTRALES NUCLAIRE RUSSE
VI.1 ACTIVITS INDUSTRIELLES
VI.1.1 Ingnieries
VI.1.2 Construction mcanique
VI.1.3 Exploitation et maintenance
VI.2 OFFRE RUSSE DE RACTEURS
VI.2.1 La filire modrateur graphite RBMK
VI.2.2 La filire eau pressurise VVER
VI.2.2 La filire de racteurs neutrons rapides au sodium BN
VI.2.3 Recherche et dveloppement
VI.3 PARC NUCLAIRE RUSSE
VI.3.2 Le parc nuclaire actuel en Russie
VI.3.3 Racteurs en construction et perspectives
VI.3.4 Flotte nuclaire
VI.4 SRET NUCLAIRE ET RADIOLOGIQUE DU PARC
VI.4.1 Situation gnrale
VI.4.2 Stress tests et mesures complmentaires post Fukushima
VI.4.3 Les exercices de crise grande chelle annuels
VI.4.4 Dmantlement des centrales nuclaires
VII AVAL DU CYCLE
VII.1 LAVAL DANS LA STRATGIE NUCLAIRE RUSSE
VII.2 GESTION DES COMBUSTIBLES NUCLAIRES USS
VII.2.1 Situation actuelle
VII.2.2 Stratgie et dveloppement
VII.2.3 Combustibles MOX et REMIX
VII.3 GESTION DES DCHETS RADIOACTIFS
VII.3.1 Situation et stratgie
VII.3.2 Organisation fdrale et rgionale
VII.3.3 Dpots des dchets radioactifs
VII.4 RECHERCHE & DVELOPPEMENT
VIII LE NUCLAIRE RUSSE A LINTERNATIONAL
VIII.1 CONVENTIONS INTERNATIONALES
VIII.1.1 Signes par la Russie
VIII.1.2 Non signes par la Russie
VIII.2 RELATIONS FRANCO-RUSSES
VIII.2.1 Accords et coopration avec le CEA et les autres organismes
publics
VIII.2.2 Accords et coopration avec les acteurs industriels
VIII.3 CEI ET ANCIEN BLOC SOVITIQUE
VIII.4 ASIE
VIII.5 AFRIQUE
VIII.6 MOYEN-ORIENT
VIII.7 EUROPE
VIII.8 AMRIQUE
VIII.9 LE PARC NUCLAIRE DE DESIGNS SOVITIQUE ET RUSSE A LTRANGER
VIII 9.1 Actuel
VIII.9.2 En construction
VIII.9.3 En perspective
IX ANNEXES
ANNEXE 1 : OBJECTIFS ET FINANCEMENTS DU PROGRAMME DVELOPPEMENT DE
LNERGIE NUCLAIRE ET DE SON COMPLEXE INDUSTRIEL
ANNEXE 2 : CONTENU DU PFS DVELOPPEMENT DES TECHNOLOGIES NUCLAIRES
DE NOUVELLES GNRATIONS POUR LA PRIODE 2010-2015
ET JUSQUEN 2020
ANNEXE 3 : RALISATIONS PRATIQUES DES PFS
ANNEXE 4 : CARACTRISTIQUES TECHNIQUES DES PRINCIPAUX COMBUSTIBLES RUSSES
ANNEXE 5 : CARACTRISTIQUES TECHNIQUES DES RACTEURS RUSSES
ANNEXE 6 : ORGANIGRAMME DE ROSATOM
ANNEXE 7 : ANALYSE DE LA LOI TUNNEL
X FICHES
X.1 FICHES
X.2 FICHES
X.3 FICHES
ACTEURS INDUSTRIELS
INSTITUTS DE RECHERCHE
TERRITOIRES
I AVANT
PROPOS
Le Panorama du nuclaire en Russie 2015 est une refonte et une
actualisation des panoramas rdigs par le service nuclaire de
lAmbassade de France Moscou qui lont prcd, dont la dernire
version date de 2012. Il a vocation a donner une photographie du
nuclaire russe en 2015. Cette anne constitue une anne spcifique pour
la Russie, qui, dans un contexte de tensions gopolitiques, fait galement
face une crise conomique li la chute du cours du ptrole. Dans ce
contexte particulier, les dcisions de circonstances se succdent et si le
nuclaire reste lune des priorits du gouvernement russe, cette industrie
nest pas labri de devoir effectuer des sacrifices. Ainsi, il nest pas exclu
notamment quun certain nombre de chiffres actuellement avancs par les
acteurs de lindustrie nuclaire russe et prsents dans ce Panorama
voluent rapidement dans les mois qui viennent.
Le Service Nuclaire, Ambassade de France
Moscou
II GNRALITS SUR LA RUSSIE
II.1 LES INSTITUTIONS RUSSES
La Russie est une Fdration depuis 1991, avec un pouvoir central
fort. Les institutions fdrales russes sont jeunes, et on peut qualifier le
rgime de semi-prsidentiel. La Constitution, adopte par rfrendum le
12 dcembre 1993, organise la sparation et lindpendance des pouvoirs
excutif, lgislatif et judiciaire. Le Prsident est lu au suffrage universel
direct pour une dure de 4 ans (6 ans partir des lections de 2012). La
Constitution affirme sa prminence sur les autres organes du pouvoir et
lui octroie de larges prrogatives. Le Gouvernement est dirig par le
Premier ministre. Ce dernier est en charge de lapplication des dcisions
prises par le Prsident et par le Parlement.
La Russie compte 83 sujets et 128 nationalits (ethnies), et le
dcoupage du territoire tient compte de nombreux sous-ensembles aux
dimensions et fonctionnement variables : 21 rpubliques, 46 oblasts (qui
signifie rgion), 9 kras (territoires), 5 okrougs (districts autonomes) et 2
villes de rang fdral, Moscou et Saint-Ptersbourg, avec leurs banlieues
proches.
Les sujets ont un pouvoir lgislatif encadr par la Constitution : les
Rpubliques ont une constitution1 tandis quon parle de loi fondamentale
pour les oblasts, les kras, les okrougs et les villes.
Le Parlement russe est une Assemble fdrale bicamrale : le Conseil de
la Fdration (chambre haute) et la Douma dEtat (chambre basse). Les
lois sont adoptes par lAssemble fdrale, la majorit pour les deux
chambres, puis doivent tre promulgues par le Prsident de la
Fdration.
Selon la Constitution, le Conseil de la Fdration a pour rle de
contrler laction des autorits fdrales, en particulier celle du prsident.
En 2000, les rformes menes par le Prsident Poutine ont modifi la
composition et le mode de dsignation des reprsentants au Conseil de la
Fdration. En effet, jusquen septembre 2000, le Conseil de la Fdration
tait compos de 178 snateurs, soit deux reprsentants pour chaque
sujet de la Fdration. Depuis 2000 les snateurs ne sigent plus la
chambre haute mais y dsignent leurs reprsentants et ne sont plus lus
au suffrage universel mais nomms par le Kremlin.
La Douma dEtat, compose de 450 membres, est lue pour quatre
ans au suffrage universel direct la proportionnelle. Le seuil minimum de
reprsentation est de 7%, sans possibilit de constituer des coalitions ni
1 Le terme Constitution revt dans ce cas despce une autre signification que celle dun Etat
indpendant. Il sagit dune loi fondamentale, linstar de toute autre rgion en Russie,
dterminant les institutions de la rpublique, leur fonctionnement respectif et leurs comptences
exclusives ou partages.
de modifier en cours de lgislature le nom et la composition des groupes
parlementaires.
La Chambre Sociale, a t cre en 1995 et est un organe consultatif
qui a pour but danalyser les projets de lois puis de conseiller au parlement
sur la meilleure manire dassurer la cohsion sociale. Elle est compose
de 126 reprsentants non partisans issus des organisations non
gouvernementales (ONG) de dimension fdrale ou rgionale. Le Prsident
de la Fdration nomme les 42 premiers membres, lesquels cooptent
ensuite 42 autres membres parmi les reprsentants dONG fdrales.
Ces 84 membres lisent enfin 42 reprsentants des ONG rgionales.
Figure 2.1 : Carte de la Russie
II.2 PRINCIPAUX INDICATEURS MACROCONOMIQUES
Gnraux
Superficie
Population
PIB nominal
Variation du PIB
Rserves de change
Taux de change
En aot 2015
En moyenne sur les 6
derniers mois
Inflation sur un an (juin 2015)
Volume total dexport (juin 2014juin 2015)
Volume total dimport (juin 2014juin 2015)
Chmage en 2014
17 000 000, dont 16 500 00 de terre
(1er)
143 700 000 habitants (9me)
2.096 milliards de dollars (10me)
0,6 en 2014
-3 -4% en 2015 (est.)
357 milliards de dollars
1 euro= 71,4 roubles
1 dollar=64,3 roubles
1 euro= 62,3 roubles
1 dollar=56,5 roubles
15,3%
430 milliards (496 en 2014)
259 milliards
5,16%
Tableau 2.1 : Principaux indicateurs macroconomiques
Lconomie russe est trs fortement dpendante vis vis du commerce
des ressources naturelles et notamment des hydrocarbures. Celui-ci
reprsente plus de 50% des revenus de lEtat et deux tiers des
exportations russes. . Aprs un ralentissement structurel depuis lt
2012, lconomie russe est entre en rcession en 2015 suite la forte
baisse des prix du ptrole. En ce qui concerne la relation conomique
bilatrale avec la France, les changes commerciaux ont atteint 17
Milliards en 2014, en baisse de 7,3% par rapport 2013. Cette baisse se
poursuit sur le premier trimestre 2015.
Secteur nergtique
Ptrole
Gaz naturel
Charbon
Uranium
1er producteur mondial
8me rserves mondiales
Ratio production/consommation : 3,35
1res rserves mondiales (21%)
2me producteur mondial
1er exportateur mondial (1/3 des importations europennes en
2013)
2me rserves mondiales
690 000 tonnes de rserves
2990 tU de produites
6me producteur mondial (5,3% de la production mondiale)
Tableau 2.2 : Ressources naturelles en Russie en 2014
Secteur lectrique
Puissance installe
Production lectrique
Consommation lectrique
Prix moyen (2013)
Commerce
Rseaux de distribution
lectrique
223 GWe (2013)
5me capacits mondiales
440 centrales lectriques dont 34 tranches
nuclaires sur 10 centrales
1064 TWh (4me)
Part du nuclaire : 17%
Croissance de 1,4% par an pour 2000-2014
3% pour le nuclaire sur cette priode
873 TWh (5me)
Croissance de 1,7% par an pour 2000-2014
1 300 RUB/MWh dans la premire zone (partie
europenne)
817 RUB/MWh dans la seconde zone
Exportation 19,14 MM kWh (2013, 11me)
Vers CEI, Chine, Turquie, Finlande, Pologne
Importation : 2,661 MM kWh (2013, 51me)
Haute tension : 124000 km
Basse tension : >2 000 000 km
Frquence : 50Hz
Tableau 2.3 : Secteur lectrique en Russie
III LE NUCLAIRE RUSSE
III.1 HISTORIQUE
LURSS, dont la Russie est lhritire, fut lun des pionniers de latome
militaire puis civil.
29 aout 1949 : essai de la premire bombe sovitique.
25 dcembre 1946 : dmarrage du premier racteur nuclaire
sovitique F-1 (Institut Kurchatov).
18 juin 1948 : dmarrage du racteur plutonigne A-1 Maak dans
lOural
1953 : essai de la premire charge thermonuclaire sovitique.
1954 : dmarrage du premier racteur lectrogne Obninsk
1958: entre en service actif du sous-marin nuclaire sovitique, le
K-3/Leninstki Komsomol
Lhistoire du nuclaire en Russie peut tre divise en trois phases :
La premire a dur jusqu la chute de lURSS. Marque par un
important soutien politique et financier de lEtat, cest durant cette
priode que lURSS a pu devenir un des leaders mondiaux en termes de
capacits de recherche et de technologies matrises dans le domaine du
nuclaire civil et militaire.
La deuxime phase a dbut avec la chute de lURSS. Lindustrie
nuclaire a alors connu des difficults lies aux changements radicaux
quelle subit : la disparition de la planification, la division de la chane
d'approvisionnement entre plusieurs pays (par exemple : Turboatom en
Ukraine, les mines duranium au Kazakhstan, etc.) dsorganisent la filire.
Le manque de contrats (en particulier militaires) et de financements li
la situation conomique du pays lui laisse peu de moyens de
dveloppement. De plus, laccident de Tchernobyl, encore rcent, entache
particulirement lindustrie nuclaire russe. Cette situation dlicate est par
ailleurs aggrave par labsence de stratgie explicite et coordonne au
niveau gouvernemental.
Enfin, la phase de renouveau du nuclaire en Russie a t initie
par le prsident Poutine en 2000. Elle est caractrise par une forte
implication du gouvernement russe dans llaboration de la stratgie du
nuclaire russe et des engagements financiers importants via des
Programmes Fdraux Sectoriels. Ce volontarisme sest concrtis par la
cration de la Corporation dEtat Rosatom laquelle ont t associs
dimportants efforts de modernisation de la filire nuclaire. Cette priode
de relance du nuclaire en Russie est marque par une volont de
leadership mondial, une implication directe du Prsident et du Premier
Ministre russes dans les rformes et une expansion de plus en plus rapide
sur le march des pays primo-accdants lnergie nuclaire (Turquie,
Vietnam, Bilorussie, Bengladesh). La figure blabla illustre ce retour en
force de lindustrie nuclaire en Russie.
Figure III.1 Part du nuclaire dans la production dlectricit en Russie
Le secteur nuclaire russe a donc connu son renouveau aprs le chaos des
annes 1990. Ds larrive au pouvoir de [Link], les nouveaux
dirigeants russes furent conscients des faiblesses de lindustrie nuclaire
russe :
Vieillissement et surcapacit des installations denrichissement
(environ 40% des capacits mondiales) ;
Ncessit dassainir les installations et les sites militaires hrits de
lpoque de lURSS et de la guerre froide ;
Obsolescence et capacit limite des installations de retraitement et
dentreposage des CNU (combustibles nuclaires uss) ;
Absence dinstallations de retraitement pour les combustibles VVER1000 ;
Vieillissement des cadres et experts :
Besoins en matire de formation du personnel de construction et
dexploitation
Besoin de redresser limage de marque du nuclaire russe.
Le gouvernement a considr quil devait la fois concentrer ses efforts
pour rsoudre les problmes prcdemment numrs et engager des
initiatives pour pouvoir terme prtendre au leadership mondial.
Cest dans cette perspective que V. Poutine a lanc ses deux initiatives de
soutien au dveloppement du nuclaire en 2000 puis en 2006 et que le
gouvernement russe a mis en place plusieurs Programmes Fdraux
Sectoriels (PFS, dispositifs budgtaires) qui ont permis dencadrer les
actions menes pour atteindre ces objectifs.
En 2010, la commission pour la modernisation de lconomie cre par le
prsident Dmitri Medvedev a raffirm la volont russe de prendre une
position de leader mondial dans le domaine du nuclaire et a alors dfini
de nouveaux objectifs court et long termes. Ainsi, le nuclaire et
quatre autres secteurs technologiques (lnergie, les tlcommunications,
lespace et la mdecine) sont devenus les piliers de l'innovation dans le
processus de modernisation entam par le prsident Medvedev.
Aujourdhui, les PFS (dcris dans la partie IV.1.2) dfinissent quatre
directions stratgiques pour le nuclaire russe :
Energtique : garantir lindpendance nergtique du pays et
assurer ses besoins en nergie, sous rserve inconditionnelle du
respect des normes de sret nuclaire et de radioprotection.
Industriel et conomique : crer une compagnie leader sur le march
mondial, qui regroupe lensemble des organisations du secteur.
Scientifique : garantir le dveloppement dun secteur innovant,
incluant notamment les travaux sur les racteurs de nouvelle
gnration (racteurs neutrons rapides) et sur le cycle ferm du
combustible.
Militaire et de dfense : garantir les intrts gopolitiques de la
Fdration de Russie ainsi que le maintien de sa force de dissuasion
nuclaire et de son rang de puissance nuclaire.
III.2 APERU DU NUCLAIRE RUSSE AUJOURDHUI ET DE SA PLACE DANS LE MONDE
II.2.1 Description du nuclaire russe
A lheure actuelle, le nuclaire russe se caractrise par la diversit
des technologies dveloppes, son parc nuclaire important et en cours de
dveloppement, ses grandes ambitions commerciales et sa structure
unifie sous lgide de Rosatom.
Concernant le second point, la Russie est lun des seuls pays matriser
les technologies de racteurs nuclaires appartenant 3 filires
radicalement diffrentes. En effet, elle dispose de :
racteurs neutrons thermiques et eau pressurise, analogues
nos REP, avec la filire VVER ;
racteurs neutrons thermiques, eau lgre et modrateur
graphique, avec les filires RBMK et EGP-6 (ces derniers tant
cognration) ;
racteurs neutrons rapides et caloporteur sodium, avec la filire
BN.
Cette polyvalence technologique est entretenue par les autorits russes,
qui continuent aujourdhui encourager la cration de racteurs de
natures diffrentes, en dveloppant les filires BN et VVER, tout en
soutenant
des projets bass sur des principes nouveaux: centrales
flottantes, racteurs neutrons rapides caloporteurs plomb et plombbismuth, racteurs de petite puissance notamment.
Du point de vue la puissance installe, le parc nuclaire russe est lun des
plus grands du monde. Ainsi, 25,2 GW de capacit rpartis sur 10
centrales nuclaires ont permis la Russie de produire 180,5 TW.h
dnergie en 2014. En moyenne, le nuclaire est lorigine denviron 17%
de la production dnergie en Russie. Il est constitu de :
15 racteurs eau lgre et modrateur graphite : 11 RBMK, et 4
petits racteurs cognration EGP-6
18 racteurs eau pressurise, appartenant 3 gnrations
distinctes : anciens VVER-440/230, VVER-440/213 plus rcents, et
VVER-1000 actuels
1 racteur neutrons rapide caloporteur sodium BN-600
Ce parc de racteurs, dj marqu par une certaine htrognit, entre
actuellement dans une phase de transition qui devrait en modifier
sensiblement la composition dans les annes venir. Trois raisons
expliquent cette volution : dabord la dure de vie dun certain nombre
de racteur RBMK touche sa fin. Si les Russes cherchent en prolonger
les dures de vie, ils nen restent pas moins condamns disparatre
moyen terme, et des centrales de nouvelle gnration sont dors et dj
en construction pour en assurer le remplacement. Ensuite, le
gouvernement russe souhaite augmenter sensiblement la part du
nuclaire au sein de son bouquet nergtique. Cela passe par une
augmentation significative de la puissance nuclaire installe. Enfin, la
stratgie nuclaire russe, en cela semblable la stratgie franaise, vise,
terme, mettre en place un cycle du combustible ferm, o la majeure
partie du combustible est retrait pour tre rutilis. La fermeture du cycle
passe par lutilisation de racteurs adapts et la Russie dveloppe des
filires de racteurs neutrons rapides cette fin. Ceux-ci devraient donc
constituer une part non ngligeable du parc nuclaire russe dici quelques
dcennies.
Afin de raliser cette transformation, 9
racteurs sont donc en
construction ou en cours de dmarrage sur le territoire russe :
2
5
1
1
racteur eau pressurise VVER-1000 (V-320)
racteurs eau pressurise VVER-1200 (3 V-491 et 2 V-392M)
racteur neutrons rapides et caloporteurs sodium BN-800
centrale flottante de type KLT-40S
A ces projets en cours de ralisation, sajoutent une trentaine de projets
planifis par les autorits russes dans le cadre de diffrents programmes,
et en particulier concernant des nouveaux types de racteurs en cours de
conception. Cette catgorie htrogne comprend des projets chelonns
sur des priodes diffrentes, et dont une partie dentre eux narrivera
certainement pas terme. Enfin, cette liste peuvent sajouter des projets
plus incertains, qui ont t proposs par Rosatom notamment, mais ne
figurent pas sur un programme officiel, qui sont au nombre de 18.
Mais le dveloppement de nouvelles technologies de racteur et
lextension du parc intrieur ne sont pas les seules ambitions de la Russie
en matire de nuclaire. La dimension commerciale, et en particulier
lexport semble stre impos dernirement comme la priorit des
autorits. En effet, elles souhaitent faire du nuclaire russe une industrie
majeure lchelle internationale, permettant notamment de dmontrer la
capacit retrouve de la Russie saffirmer en leader au sein dun secteur
de haute technologie.
Afin de simposer sur les marchs internationaux, la Russie a dvelopp
une offre exhaustive qui associe entre autres la vente de racteurs et celle
du combustible des services (formation du personnel, rcupration du
combustible us, aide la mise en place dun cadre lgislatif appropri).
Les industriels russes cherchent galement dvelopper les technologies
adquates afin dinvestir les marchs les plus prometteurs (en particulier,
le march du combustible pour les racteurs de technologie occidentale).
Dans ces perspectives, le complexe nuclaire sest considrablement
restructur en 2007 pour laisser place trois groupes dacteurs
principaux, qui reprsentent plusieurs centaines de milliers demploys :
Rosatom, corporation dEtat cre en 2007, intgre lensemble du
spectre des activits nuclaires civiles et militaires. Rosatom
possde 100% de la holding Atomenergoprom, qui englobe ellemme plus de 350 entreprises et organisations.
RosTechNadzor (RTN), autorit de contrle des installations risque
dont une branche remplie le rle dautorit de sret nuclaire
indpendante et ses organes de support technique SEC NRS et VO
Safety.
Certains instituts et entreprises indpendantes de Rosatom, mais
qui restent en troite relation avec ce dernier comme lInstitut
Kurchatov et les instituts de lAcadmie des Sciences.
II.2.2 Principaux chiffres du nuclaire russe
En 2015, Rosatom a dvoil dans ses rsultats dans les diffrentes filires
de lindustrie nuclaire.
Rsultats gnraux
Les recettes de lexercice 2014 pour lensemble de la corporation dEtat
slvent 16 milliards de dollars. Parmi ceux-ci, 5 milliards sont dus aux
activits dexportations de la socit.
Commerce international
Rosatom dispose dun carnet de commande de 101,4 milliards de dollars.
Ce chiffre a augment de 39% par rapport lanne 2013. 66 milliards
correspondent la vente de tranches nuclaires (29 commandes), 21,8
milliards celle des services denrichissements et 13,6 s ont dus la
vente dassemblages combustibles et duranium.
Production lectrique
Avec 25,2 GW de capacits installe au sein de 34 tranches nuclaires
rparties dans 10 centrales, Rosenergoatom est au deuxime rang
mondial en termes de capacits nuclaires. Celles-ci ont produit en 2014
17,2% de llectricit gnre en Russie et lanne 2014 a permis dtablir
un nouveau record de production, avec 180,5 milliards de kWh produits
dans lanne. Cette mme anne, aucun accident na dpass le niveau 1
de lchelle INES.
Complexe minier
La holding ARMZ, filiale de Rosatom, est lune des principales compagnies
mondiales sur le march de luranium. Elle dispose de la 2 me plus grande
rserve duranium au monde, ainsi que du 3 me plus grand volume
dextraction. En 2014, elle a ainsi produit 3000 tonnes duranium et
possdait 14% du march mondial. ARMZ diversifie galement ses
activits, et devrait tre en mesure de produire dici peu 10 tonnes de
scandium et 450 tonnes de terres rares par an.
Production de combustibles
TVEL est la compagnie de Rosatom qui soccupe des activits de
conversion, denrichissement et de fabrication du combustible. TENEX est
lentit en charge de lexport des services denrichissement et des
produits de lUranium. En 2015, le portefeuille de commande sur 10 ans
de cette division slve 10 milliards de dollars (7 milliards en 2014).
TENEX possde galement 36% du march des services denrichissement,
et 17% de celui de la vente de combustible.
Construction mcanique
En 2014, les recettes dAtomenergomash, compagnie de Rosatom
regroupant les entreprises de la division mcanique, slevaient 48,6
milliards de roubles, en progression de 2,5 milliards par rapport 2013. La
compagnie dplorait nanmoins une perte net de 6,6 milliards de roubles.
Ingnierie
En 2014, Rosatom a commenc unifier sa division dingnierie autour de
NIAEP-ASE. 9 tranches sont en construction en Russie et le portefeuille de
commande de cette division ingnierie slve 60 milliards deuros.
Flotte nuclaire
La flotte de brise-glaces nuclaires de la filiale de Rosatom Atomflot,
unique au monde, continue de sagrandir avec des brise-glaces de
nouvelle gnration. En 2014, cette flotte a permis le transport de 129
bateaux par la route du nord, soit un transport de marchandises total de
1,66 millions de tonnes.
La carte ci-dessous rassemble les installations nuclaires en Russie.
III.3 PRINCIPAUX ACTEURS DU NUCLAIRE RUSSE
III.3.1 LE GANT ROSATOM
La Corporation dEtat Rosatom a t cre en 2007, partir de l'Agence
Fdrale de l'nergie atomique (qui elle-mme avait remplac le ministre de
lnergie atomique). Elle a rang de Ministre et dpend directement du Premier
Ministre. Cette rforme avait deux objectifs principaux: consolider lintgration
verticale du nuclaire russe et sparer le nuclaire civil du nuclaire militaire
pour rendre la branche civile plus transparente au niveau international.
5 missions principales lui sont attribues:
Fourniture efficace dlectricit dorigine nuclaire la population et
lconomie russe
Gestion des problmatiques lies lhritage nuclaire et garantie de la
sret nuclaire et radiologique
Dveloppement du potentiel dinnovation pour un dveloppement des
technologies nuclaires russes et pour tendre la sphre de leur
utilisation
Renforcement de la position de Rosatom en tant quacteur mondial du
march nuclaire international pour les technologies et services
Garantir que les tches prioritaires dfinies par lEtat sont remplies,
Rosatom exerant lautorit du gouvernement dans les domaines
relevant des comptences de la corporation
Rosatom a ainsi t cre sous la forme d'une structure rgalienne coiffant
dune part la R&D, les activits du nuclaire militaire, l'assainissement et le
dmantlement des installations et matires hrites de l'URSS et de la Guerre
froide et dautre part lensemble des activits industrielles. Totalisant plus de
262 000 employs, Rosatom englobe ainsi directement ou via sa holding
Atomenergoprom environ 400 compagnies, places sur chaque segment de
lindustrie lectronuclaire :
Lexploitant nuclaire russe RosEnergoAtom (REA)
Lamont du cycle combustible : ARMZ, TENEX, TVEL
La construction mcanique : Atomenergomash
Les ingnieries : NIAEP-ASE, Atomproekt, etc.
Les oprateurs de dchets nuclaires RosRAO et NO RAO
Des instituts de recherche : RIAR, IPPE, NIKIET etc.
La socit de promotion du nuclaire russe ltranger : Rusatom
Overseas (en cours de restructuration)
Concernant la R&D, de trs nombreux instituts de recherche sont intgrs
Rosatom, qui les a regroups en 2012 au sein de la structure Recherche et
20
Innovation
(NII).
Citons
parmi
eux
lInstitut
de
physique
et
dnergtique (IPPE), lInstitut de Recherche sur les racteurs nuclaires de
Dimitrovgrad (RIAR), le centre fdral pour la sret nuclaire et radiologique
(FCNRS).
Au sein de Rosatom, la direction est rpartie entre trois niveaux :
Conseil de surveillance : En accord avec lart. 23 de la loi N317-FZ sur la
corporation dtat lnergie nuclaire Rosatom,
le conseil de
surveillance est lorgane de management de plus haut niveau de la
corporation. Il est constitu de 9 membres : 8 reprsentants du Prsident
et du Gouvernement et le directeur gnral de Rosatom. Ses membres
sont nomms par le prsident russe et aucun deux (sauf le DG de
Rosatom) ne peuvent avoir de poste Rosatom. Le conseil de
surveillance est actuellement prsid par B.V. Gryzlov, membre
permanent du conseil de scurit de la Fdration de Russie. A noter
que le conseil compte parmi ses membres le Ministre de lEnergie A.
Novak et plusieurs membres de ladministration prsidentielle.
Directeur gnral : propos par le premier ministre, puis nomm par le
Prsident russe. Poste occup par Sergey Kirienko depuis 2007.
Direction de Rosatom, exerant les pouvoirs excutifs. Ses membres sont
nomms par le conseil de surveillance.
Lorganigramme de Rosatom est donn en annexe 6-7.
Rosatom a rendu public fin 2014 son rapport annuel, qui rend compte des
activits civiles de la corporation dEtat pour 2013. Il en ressort que les
rsultats financiers
de Rosatom, pour sa partie civile (holding
AtomEnergoProm) ont progress au cours de lanne 2013 comme lanne
prcdente:
Recettes (IFRS): 436,1 milliards de roubles, soit 10% de plus quen 2012
Bnfice net : 42 Mds rub, soit une augmentation de 82% par rapport
2012
La corporation dEtat a galement communiqu dbut 2015 sur lvolution de
son carnet de commandes lexport sur 10 ans. De 66.5 Mds $ en 2012, ce
chiffre est pass 72.7 Mds $ en 2013 puis 101,4 Mds $ en 2014.
21
III.3.2 LAUTORIT DE SRET ROSTECKNADZOR
Rostekhnadzor (RTN) est l'organisme de contrle des installations
risques (mines chimie, production lectrique, etc.), dont notamment les
installations nuclaires. Il compte 300 personnes en central, dont 70 pour la
sret nuclaire, et 11 700 dans les organes territoriaux d'inspection, dont
1100 pour le nuclaire. Notons, que conformment au dcret du 23 juin 2010
le fonctionnement de lagence RTN a t modifi. Cette volution a donn plus
d'autonomie au RTN, dont le prsident est dsormais membre du
gouvernement, et rend compte directement au premier ministre, alors
qu'auparavant RTN tait plac sous la tutelle du ministre des ressources
naturelles et de l'environnement (Rosprirodnadzor).
Outre le contrle des activits industrielles (mines, chimie, installations
lectriques), RTN est l'organisme rglementaire d'Etat pour la sret
nuclaire et la radioprotection (pour sa partie civile), en charge :
de la rglementation,
de la dlivrance des autorisations,
de la surveillance et de l'inspection des activits et installations
nuclaires (centrales lectronuclaires, installations du cycle du
combustibles et de gestion des dchets, racteurs de recherche, flotte de
brise-glaces
propulsion
nuclaire).
Dans ce cadre, RTN dispose notamment, vis vis--vis des exploitants, des
pouvoirs suivants :
habiliter le personnel,
mettre avis et recommandations,
suspendre ou supprimer les licences d'exploitation,
dfrer l'exploitant devant la justice, et, depuis juin 2010, dmissionner
les directeurs des installations nuclaires en cas de manquement, sans
attendre un jugement de justice.
Linstitut dappui technique de RTN est le SEC NRS. Dirig par Alexandre
Khamaza, il emploie environ 260 personnes et est en charge de lexpertise
technique de la sret et de la radioprotection des installations nuclaires,
notamment dans llaboration des lois et normes sur le nuclaire.
III.3.3 INSTITUTS INDPENDANTS DE ROSATOM
Le Centre national de recherche Institut Kourchatov
LInstitut Kourtchatov (IK) a t fond en 1943 afin de dvelopper la
bombe atomique. Il a rapidement permis lURSS dobtenir ses premires
22
avances dans ce domaine, avec, en moins de dix ans, la production du
premier plutonium, la construction du premier racteur, la conception de la
premire bombe atomique, puis celle de la premire bombe H.
Plus tard, lIK sest naturellement tourn vers lnergie. Il est ainsi lorigine de
la conception de la premire centrale nuclaire connecte au rseau lectrique
en 1954, et de la filire VVER, dix ans plus tard. Dans le domaine de la fusion,
son apport au niveau mondial est considrable: on lui doit notamment
linvention des tokamaks la fin des annes 1950.
Dans les annes 1980 et 1990, cest lIK qui a effectu les tudes de
modification des racteurs RBMK, qui ont permis dassurer la sret de ces
racteurs aprs laccident de Tchernobyl.
En 2010, lInstitut a considrablement volu afin de rpondre la
diversification des thmatiques quil aborde. La Loi Fdrale 220-FZ a ainsi mis
en place le Centre National de Recherche Institut Kourtchatov (CNR IK).
Cette nouvelle structure, indpendante de lAcadmie des Sciences et de
Rosatom, est issue dune fusion de lIK avec trois instituts :
LInstitut de Physique des Hautes Energies
LInstitut de Physique Thorique et Exprimentale
LInstitut de Physique Nuclaire B.P Konstantinov
Cette nouvelle institution rassemble ainsi lheure actuelle plus de 15000
employs (dont 10000 scientifiques et ingnieurs), ce qui en fait lun des plus
importants centres de recherche du monde. LIK historique emploie quant lui
environ 5000 personnes (2000 chercheurs, 900 thsards) rparties dans 10
instituts Moscou et constitue lorgane directeur du CNR IK.
Avec la cration du CNR IK, l'Institut Kourtchatov s'est ainsi repositionn et
renforc. Dans le nuclaire, le rle de concepteur-dveloppeur du centre volue
vers l'innovation et la R&D sur l'nergie nuclaire, le dveloppement des
sciences nuclaires, la fusion et la physique des hautes nergies. Il conserve
nanmoins une activit dans l'assainissement et la rhabilitation des sites
radioactifs et continue de mener des recherches sur le dveloppement dune
filire de Super VVER. De plus, la convergence des nano- et biotechnologies,
des sciences cognitives et de l'information, et de la sociologie apparat comme
une priorit du CNR IK. Dimportants moyens y ont t associs notamment au
sein du centre NBICS (association des entreprises innovantes dans les
technologies Nano, Bio, Informatiques, Cognitives et Sociologiques). Enfin, la
mdecine nuclaire, a pris une importance particulire ces dernires annes
lIK, et constitue lheure actuelle un secteur dexpertise de lInstitut.
Cette nouvelle position stratgique se manifeste galement par le fait quil
sagit de lun des rares tablissements scientifiques dont le budget fdral (qui
23
constitue, devant la participation des appels projet, lune de ses principales
sources de financement de lInstitut) pour 2015 a connu une importante
augmentation. Ce budget, dtermin en septembre 2014, a presque doubl
pour atteindre 216 millions deuros. Le CNR IK est donc un acteur majeur de la
recherche russe.
LInstitut Kourtchatov joue le rle dorgane de coordination pour de nombreux
projets de cooprations scientifiques internationaux. Ainsi, lIK participe des
projets de grande envergure comme le LHC du CERN (acclrateur de
particules), XFEL (laser lectrons libres), lESRF (sources de rayons X), et
surtout ITER.
LIK a t lun des principaux partenaires de lquipe CEA/PMG8 dans le cadre
des actions bilatrales du Programme Mondial du G8.
Instituts de recherche de lAcadmie des Sciences de Russie
LAcadmie des Sciences de Russie joue un rle significatif dans
llaboration et la mise en place de la politique scientifique en Russie. Elle
englobe plus de 450 instituts de recherche employant au total environ 55 000
scientifiques dont 522 sont acadmiciens. Parmi ces instituts deux jouent un
rle significatif dans le domaine du nuclaire : lIBRAE et le Centre international
de recherche nuclaire de Doubna.
24
IV STRATGIE DU NUCLAIRE : MODERNISATION, DVELOPPEMENT ET LEADERSHIP
IV.1 ORIENTATIONS DU GOUVERNEMENT DONNES LA STRATGIE NUCLAIRE RUSSE
IV.1.1 Priorits de la stratgie russe
Le nuclaire est lun des secteurs clef de lconomie russe. Il bnficie
ce titre dune attention soutenue de la part gouvernement. La Russie compte
en effet sur son industrie nuclaire pour tre un moteur de sa modernisation et
dmontrer sa capacit tre un leader mondial dans un domaine de haute
technologie. Dans son dernier rapport annuel, Rosatom affirme ainsi que la
perspective long terme de la Russie est dtre lune des trois plus grandes
puissances mondiale dans chacun des segments de lindustrie nuclaire, mais
galement au premier plan en matire dapplications des technologies
nuclaires dans des domaines connexes.
Mais lindustrie nuclaire russe souffre encore de faiblesses qui constituent des
freins ses ambitions. En 2011 le ministre des finances a ainsi identifi les
problmes suivants :
le niveau lev et en constante augmentation des CNU et dchets
radioactifs,
le manque defficacit dans lutilisation de luranium naturel,
le risque de baisse du potentiel scientifique dans le nuclaire russe,
la baisse de la comptitivit de la production dnergie nuclaire sur le
march mondial.
Lessentiel de la stratgie russe actuellement dfinie consiste donc corriger
ces faiblesses, tout en abordant les nouvelles problmatiques du nuclaire, de
faon saffirmer comme un acteur cl face aux enjeux scientifiques,
industriels et commerciaux des prochaines dcennies.
Sur le plan scientifique, cette ambition est associe une triple perspective. A
court terme, cest loptimisation des caractristiques oprationnelles des
racteurs de puissance eau pressurise (VVER) qui est privilgi. Il sagit,
entre autres, de mettre au point le nouveau REP russe VVER-TOI (Type Optimis
Informatis, avec sa plateforme de conception et ralisation informatique). A
moyen terme, le but est de dvelopper une nouvelle base technologique pour
lnergie nuclaire russe, fonde sur la fermeture du cycle du combustible et
sur lutilisation des racteurs neutrons rapides. A long terme, la finalit est de
parvenir matriser les technologies de fusion nuclaire contrle. Au dela du
domaine nergtique, lextension et la diversification des applications des
technologies nuclaire constitue une priorit : la production disotopes
mdicaux et le dveloppement de la flotte nuclaire en sont les principaux
exemples.
25
Dans le domaine industriel, Rosatom a vocation prendre une dimension
supplmentaire, lEtat souhaitant augmenter de manire importante la part du
nuclaire dans la production nationale dlectricit. Cette augmentation de
lenvergure de la corporation dEtat impose une importante cadence de
construction de centrales, et le dveloppement de nouvelles capacits de
production, stimulant ainsi lensemble des filires industrielles du domaine
nuclaire. Limportant dynamisme lexport de Rosatom contraint cependant
Rosatom a galement sappuyer sur des fournisseurs tranger sur ses projets
ltranger. En parallle, la production dnergie lectrique par les centrales en
activit est optimise, et leur dure de vie prolonge.
Du point de vue commercial, lun des objectifs majeurs de la Russie est de
devenir un leader sur les diffrents marchs internationaux de lindustrie
nuclaire : la vente duranium, de combustible et de centrales nuclaire
notamment. Pour cela, Rosatom sefforce de dvelopper des solutions
industrielles (large gamme de racteurs, amlioration continue des racteurs
existants, matrise de la sret) et commerciales (offre de services combins,
personnalisation de la proposition commerciale, aide exhaustive aux primo
accdants etc.) lui permettant de prendre lascendant sur ses concurrents au
cours des appels doffre organiss par des pays souhaitant se doter de
centrales nuclaires. En ce qui concerne les marchs de lamont du cycle,
Rosatom souhaite galement tendre son influence, en faisant preuve, l aussi,
dadaptabilit. Cette dmarche se manifeste notamment par lextension et la
diversification de ses approvisionnements miniers, lamlioration des
techniques denrichissement et de fabrication du combustible, et le
dveloppement de produits adapts de nouveaux marchs (en particulier,
celui des assemblages pour racteurs occidentaux).
Ces ambitions sont soutenues par une volution constante du cadre lgislatif
dans lequel sinscrit lindustrie nuclaire russe. La poursuite de ces objectifs
passe galement par une amlioration gnrale de lefficacit oprationnelle
de Rosatom, diffrents niveaux. La matrise des cots dachat, loptimisation
du management, lamlioration de la formation du personnel font ainsi lobjet
dune attention particulire.. Lensemble de ces aspects est abord dans les
diffrentes parties de ce chapitre. Rosatom a dfini plusieurs indicateurs
auxquels sont associs des objectifs guidant sa stratgie pour lhorizon 2030,
donns dans le rapport annuel de fin 2014. Ceux-ci sont consigns dans le
tableau IV.1.
Il est nanmoins important de noter que depuis la parution de ce rapport, la
Russie a t frappe par dimportantes difficults conomiques, avec
notamment une importante dvaluation du rouble. Les officiels russes dclare
ne pas envisager de consquences sur leur stratgie en matire de nuclaire. Il
est vrai que cette industrie est, dans cette situation de crise, plus que jamais
une des priorits du gouvernement. Cependant, la contraction des capacits de
financement actuelle laisse penser que de tels objectifs deviennent irralistes
26
dans les dlais fixs. Par ailleurs, des informations filtrent sur les sacrifices
consentis par les diffrents acteurs concerns afin de faire face aux difficults
conomiques. A lt 2015, les reports de plusieurs projets de construction de
centrales, particulirement coteux ou peu justifis dans le contexte actuel de
chute de la consommation lectrique, ont t annoncs. Le gouvernement peut
en effet opter pour une prolongation de la dure de vie dautres centrales pour
assurer la production lectrique court terme. En 2014, Rosatom a galement
annonc la diminution de 10% de ses effectifs et dun part non ngligeable du
financement de linnovation pour 2015, officiellement dans une optique
doptimisation de ses ressources indpendante de la crise. Ces lments
permettent ainsi de dessiner une inflexion de la stratgie globale, plus raliste,
passant notamment par le ralentissement du dveloppement du parc nuclaire
russe. Sans remettre en question les buts moyen et long termes, les
volutions actuelles laissent envisager que laccomplissement des objectifs
dfinis, notamment en matire de part du nuclaire dans le bouquet
nergtique et de capacit totale du parc, sera repouss une chance plus
lointaine.
Leadership
technologique
Internationalisatio
n
Budget allou pour le dveloppement
4,5% des recettes
Part des nouveaux racteurs dans le
parc
40%
Nombre de nouveaux brevets
15 par an dici
2020
Part des oprations ltranger
50%
Part des recettes ltranger
25%
Notorit de la marque
Prsence dans le
top 100 mondial
Parts sur le march mondial
denrichissement duranium
Envergure
Suprieur 33%
(HEU-LEU exclu)
Part sur le march du combustible REP
5%
Part sur le march des services pour
les centrales nuclaires
Suprieur 10%
dici 2020
Capacit nuclaire installe
Multiplie par 2,5
pour atteindre 60
GW
Nombre de racteurs en construction
ltranger
Environ 30
tranches
27
Efficacit
oprationnelle
Recettes
Multiplies par 3
5 fois
Diminution des cots dachats
30% entre 2011 et
2015
Productivit
Leader mondial
Tableau 4.1 : Indicateurs guidant la stratgie de Rosatom pour lhorizon 2030
En revanche, lexport semble plus que jamais la priorit de lindustrie nuclaire
russe. Les projets ltranger qui ont atteint un niveau davancement suffisant
(comme celle de Hanikivi en Finlande, Belarusskaa en Bilorussie ou Akkuyu
en Turquie) sont nettement favoriss par rapport au projets du parc intrieur.
De plus, la valeur basse du rouble (peut tre phmre, tant donn sa
volatilit actuelle) renforce la comptitivit de loffre russe et donc son
attractivit ltranger. Cet accent sur lexport sinscrit dans le cadre de la
stratgie globale de la Russie, qui souhaite faire de son industrie nuclaire un
instrument gopolitique et un exemple de sa capacit dvelopper une
expertise de premier plan dans un domaine technique haute valeur ajoute.
De mme, la crise pousse Rosatom se rapprocher des autres gants de
lnergtique russe, en particulier Gazprom et Roseneft. Depuis mi-avril, les
trois industriels collaborent notamment afin de diminuer leur dpendance aux
quipements trangers. En particulier, les problmatiques technologies lies
lexploitation des ressources arctiques constituent pour eux un terrain
dentente qui sinscrit galement dans lun des axes majeurs de la stratgie
russe. Pour Rosatom, cela constitue une opportunit de diversification de ses
activits (racteurs de faibles puissances, dveloppement de sa flotte de brise
glace)
Ainsi, la stratgie nuclaire russe reste, moyen et long terme, sensiblement
la mme. Le principal impact de la crise est daccentuer des tendances dj
relles : diversification des activits de Rosatom, ralentissement de lextension
du parc nuclaire et priorit donne lexport.
IV.1.2 Support de la stratgie gouvernementale
En 2015, la stratgie
documents gnraux :
nuclaire
russe
est
base
sur
plusieurs
Principe du dveloppement socio-conomique long terme de la
fdration de Russie pour la priode jusqu 2020 (directive N1162 du
17 novembre 2008)
Stratgie nergtique de la Russie pour la priode jusqu 2030
(directive N1715 du 13 novembre 2009)
28
Plan gnral de dploiement des installations gnratrices dnergie
(directive N215 du 22 fvrier 2008)
Stratgie pour le dveloppement de linnovation de la fdration de
Russie jusqu 2020 (directive N2227 du 8 dcembre 2011)
Les objectifs et directions donns Rosatom sont plus particulirement
dtermins, au niveau gouvernemental, par le Programme dactivit de la
corporation dEtat Rosatom sur le long terme pour la priode 2009-2015
(rsolution N 705 du 20 septembre 2008), et par le programme national de la
Fdration de Russie pour le dveloppement de lnergie nuclaire et de son
complexe industriel (rsolution N506-12 du 2 juin 2014).
Ce dernier programme se caractrise par deux buts. Le premier est de soutenir
le dveloppement constant du complexe lectronuclaire afin dassurer le
dveloppement conomique de la Russie et la sret de lutilisation de
lnergie nuclaire. Le second est de permettre le maintien de la position
gopolitique de la Russie dans le respect du rgime de non-prolifration des
technologies nuclaires. La somme totale alloue ce programme est de 900
milliards de roubles entre 2012 et 2020.
Les rsultats attendus en 2020 par ce programme sont dtaills dans le
tableau 4.2.
Production dlectricit annuelle du parc nuclaire, en TWh
>184,3
Augmentation de la productivit au sein de Rosatom et de ses filiales (par rapport
2011)
58%
Augmentation de la production du complexe lectronuclaire (par rapport 2011)
15%
Augmentation des bnfices dus lexport de service du complexe lectronuclaire
(par rapport 2011)
53%
Nombre de brevets obtenus ltranger
99
Tableau 4.2 : Rsultats attendus en 2020 pour le programme de dveloppement de
lnergie nuclaire
29
Il se dcompose en 5 sous programmes, auxquels sajoutent les programmes
fdraux sectoriels (PFS), dcrits plus bas, et deux PFS strictements
confidentiels, qui concernent la branche miltiaire de Rosatom:
1. Extension de la puissance gnre par les centrales lectronuclaires
2. Dveloppement de la sret nuclaire et radiologique pour la priode
allant jusqu 2020 (usage restreint)
3. Dveloppement de linnovation dans le secteur du nuclaire civil et
diversification des domaines dapplications des technologies nuclaires
4. Ralisation par Rosatom des tches rgaliennes dans le domaine de
lnergie nuclaire
5. Mise en place des processus technologiques, industriels et socioconomiques du dveloppement prenne du complexe militaire de la
Fdration de Russie et de la prsence stratgique de la Russe dans la
zone arctique (partiellement confidentiel)
Les objectifs dtaills et les financements de chacun de ces sous programmes
sont donns en Annexe 1.
Afin de mettre en uvre les politiques ainsi dfinies, le gouvernement fdral
sappuie notamment sur des Programmes fdraux sectoriels (PFS). Rosatom
participe en 2015 7 PFS2 qui dterminent entre autres les programmes
scientifiques que Rosatom dploie. Les PFS sont essentiellement financs par
le gouvernement et par Rosatom, et ces fonds se divisent en deux volets :
investissements et R&D.
Les 2 principaux PFS impliquant Rosatom (hors dfense) sont :
PFS Garantie de la sret nuclaire et radiologique 20082015 (depuis intgr au Programme de dveloppement de
lnergie nuclaire de juin 2014)
Pendant longtemps, le report de la question de la gestion des dchets
nuclaires a prvalu en Russie. Cela sest traduit par laccumulation de
nombreux problmes et laugmentation des risques radiologiques et
environnementaux. Lexprience des pays trangers (USA, France et
Royaume-Unis) montre que la diminution significative de ces risques
passe ncessairement par limplication du gouvernement, qui doit dfinir
des programmes cibls rpondant ces problmatiques. La mise en
place de ce PFS est issue de ce constat. Les actions de ce PFS se
rpartissent suivant cinq orientations :
1. Cration des infrastructures fondamentales de gestion des combustibles
irradis
2. Rsolution des problmes accumuls par le pass
2 Certains concernent la dfense et ne sont pas communiqus par Rosatom.
30
3. Mise en place dun systme gouvernemental de contrle de la sret
nuclaire et radiologique dans les conditions normales et exceptionnelles
dexploitation.
4. Amlioration de la radioprotection de la population, des travailleurs et de
lenvironnement
5. Dveloppement dune politique gouvernementale dans les domaines de
la recherche, de lorganisation et de linformation en matire de
radioprotection.
Sur toute la priode 2009-2015, le texte du PFS prvoyait le versement
de 145,3 milliards de roubles, dont 129,7 milliards de roubles issus du
budget fdral, le reste provenant essentiellement de sources
extrieures (Rosatom ne founit que 0,5 milliards de roubles). Un peu
moins des deux tiers de cette somme (84,1 milliards de roubles) est
destine financer des investissements. Jusqu 2014, les versements
annuels correspondaient ceux prvus, mais le dcret N626 du 7 juillet
2014 a diminu le volume du financement pour la dernire anne du PFS,
et concentr les ressources sur les tches juges prioritaires : le maintien
de la sret lors des oprations de dmantlement des installations
prsentant un danger radiologique, et le traitement des combustibles
uss et dchets radioactifs.
PFS Dveloppement des technologies nuclaires de nouvelles
gnrations pour la priode 2010-2015 et jusquen 2020
(depuis intgr au Programme de dveloppement de lnergie
nuclaire de juin 2014)
Ce programme, lanc en juillet 2009, a subi plusieurs modifications, et la
dernire version date du 27 dcembre 2014. Il sadresse la branche
R&D de Rosatom, et se divise en deux parties.
La premire, qui concentre 90% des financements du PFS, pose les jalons
de la stratgie russe de dveloppement des racteurs de quatrime
gnration et de la fermeture du cycle du combustible nuclaire. Les
technologies de racteurs neutrons rapides (RNR) caloporteur mtal
liquide de 3 filires diffrentes y sont dveloppes : caloporteurs plomb,
plomb-bismuth et sodium. Cest notamment au travers de ce PFS quest
financ Proriv ( Rupture en russe), le projet phare de la R&D russe
visant permettre le dploiement des racteurs neutrons rapides au
sein de son parc nuclaire. Ce projet implique le dveloppement pour
2020 dun nouveau prototype industriel de 4me gnration de RNR
refroidi au sodium et dune puissance de 1 200 MWe (BN-1200, gel en
avril 2015). Proriv prvoit galement le dveloppement et la ralisation
dun centre de fermeture du cycle sur site associ un RNR
caloporteur plomb (BREST 300). Une analyse dtaille de Proriv est
fournie en IV.4.3. Le dveloppement de la filire plomb/bismuth,
31
lextension des capacits exprimentales ddies la R&D concernant
les RNR, et la cration dune filire de production de MOX pour RNR sont
galement compris dans cette premire partie.
Au sein de la seconde partie, qui concentre 10% des financements
restants, deux tiers des ressources sont alloues aux recherches sur la
fusion nuclaire controle, et le dernier tiers est utilis pour financer
diffrentes branches de la recherche permettant damliorer les
techniques de fission (sciences des matriaux, dveloppement de
nouveaux dtecteurs).
Le financement total de ce programme, initialement de 128,3 milliards de
roubles sur 10 ans (2010-2020), a volu pour tre actuellement de
157,9 milliards de roubles, dont 102,4 milliards proviennent du budget
fdral. Sans suprise, les investissements occupent une part importante
de ce budget : un peu plus de 100 milliards de roubles y seront allous, le
reste finanant la R&D. La tendance est cependant la baisse, lanne
2015 ayant vu le soutien la R&D diminuer de 6,3%, et le financement
des investissements se rduire de 21%. Notons galement que Rosatom
nest pas le seul acteur impliqu dans ce PFS, puisquune petite partie de
cette somme (environ 5%) est attribu lInstitut Kourtchatov.
Le dtail de ce PFS, ainsi que ses ralisations pratiques
Annexes 2 & 3.
sont donnes en
Dautres PFS sont venir : en 2012, le programme gouvernemental
Dveloppement du complexe industriel et nergtique de la Fdration de
Russie contenait le sous programme Sret nuclaire et radiologique en
2016 et jusqu 2020 . Ce sous programme devrait dboucher sur la
ralisation dun PFS : Garantie de la sret nuclaire et radiologique
2016-2020, et jusquen 2025 .
Alors que le PFS prcdent traitait essentiellement les problmes hrits de
lpoque sovitique, ce PFS aura de nouvelles priorits : la dmarche
sattachera essentiellement empcher lapparition de nouvelles difficults.
Dans cette perspective, deux priodes peuvent tre distingues.
La premire, de 2016 2020 consiste rsoudre les problmes suivants :
Dmantlement des installations nuclaires arrtes,
Traitement ou stockage long terme des quipements contamins
accumuls par les entreprises de dmantlement dans le cadre de leurs
activits,
Matrise de lefficacit des moyens de protection mis en place lors du
dmantlement dfinitif des installations arrtes,
Dveloppement dune stratgie de dmantlement pour les installations
qui seront arrtes avant 2030,
32
Dveloppement dune documentation dobtention de licence pour le
dmantlement des installations,
Mise jour et approfondissement de la documentation rglementaire
encadrant les activits de dmantlement et la gestion des combustibles
uss et des dchets radioactifs, afin daccompagner le dveloppement
du complexe lectronuclaire et de son cadre lgal,
Dveloppement de critres dterminant le retrait total ou partiel dune
installation par les autorits de sret nuclaire,
Rpartition des responsabilits entre lEtat et les acteurs privs
concernant le financement des activits de dmantlement
Synchronisation du calendrier de dmantlement des installations
nuclaires avec celui des activits de gestion des dchets radioactifs et
du combustible nuclaire,
Etabilissement dun systme dinformation pour lindustrie nuclaire
concernant les activits de dmantlement.
La seconde priode, partir de 2020 doit finaliser les actions entreprises lors
de la premire. Cela inclut notamment lapparition de diffrents outils:
Un cadre lgal et rglementaire rgulirement renouvel pour le
dmantlement,
Des mcanismes de financement durables pour les activits de
dmantlement et comptitifs dans des conditions dconomie de
march,
Les ressources matrielles et techniques appropries, ainsi que les
infrastructures
industrielles
ncessaires
aux
activits
de
dmantlement, ce qui implique notamment des lieux de stockage
rgionaux et fdraux.
Linnovation sera aussi soutenue par un nouveau PFS, qui succdera au
PFS Dveloppement des technologies nuclaires de nouvelles
gnrations pour la priode 2010-2015 et jusquen 2020 . En effet, le
directeur adjoint de Rosatom pour linnovation M. Pershukov dclarait en avril
2015 que les travaux pour un tel programme, allant jusqu lhorizon 2030,
avait dors et dj commmenc. Il est nanmoins difficile de savoir quelles en
seront les principales orientations, qui dpendront essentiellement de la
russite des filires de RNR actuellement dveloppes au travers des projets
BREST-300, SVBR-100 et BN-800.
33
IV.2 MODERNISATION DU CADRE LGISLATIF
IV.2.1 Le cadre lgislatif actuel
La restructuration du secteur nuclaire dans laquelle sest engag depuis
plusieurs annes la Fdration de Russie sappuie sur un important travail de
mise en place dun cadre lgislatif appropri et sur son amlioration. La
lgislation russe concernant le nuclaire peut tre divise en trois niveaux
(schmatis sur la figure 4.1) :
Le premier niveau regroupe la constitution, les conventions et
accords internationaux qua ratifis la Fdration de Russie, les lois
fdrales et les actes associs (dcrets et ordonnances du Prsident
de la Fdration de Russie, rsolutions et ordonnances du
gouvernement de la Fdration de Russie)
Le second niveau est constitu des documents rglementaires
permettant de mettre en uvre les spcifications des lois du premier
niveau (Normes, rglementations, documents dorientation)
Le troisime niveau est le plus oprationnel. Il contient les rgles et
standards spcifiques aux entits, qui prcisent et dtaillent les
lments dtermins dans les documents du deuxime niveau, en y
associant notamment des indicateurs de performance.
Figure 4.1 : Structure lgislative et rglementaire dans le domaine nuclaire
34
Cest le premier niveau lgislatif qui participe la stratgie de dveloppement
de lnergie nuclaire russe. Il convient de noter que la Constitution russe
(article 15) reconnat la primaut des accords internationaux sur la loi
nationale. La Russie est signataire des principales conventions internationales
encadrant lusage du nuclaire civil. Celles-ci sont dtailles dans la partie
VIII.1. Au-del de ces conventions, les activits de la Corporation dEtat
Rosatom sont principalement encadres par quelques lois fdrales :
1. La loi fdrale du 21 novembre 1995 N 170-FZ Sur lutilisation
de lnergie nuclaire
Il sagit dune loi fondamentale de la lgislation russe. Cest notamment la
premire loi en Russie qui donne la priorit la sret nuclaire et radiologique
de lenvironnement et des personnes, ainsi qu la scurit. Elle tablit la base
lgale et les principes gnraux de rglementation encadrant lutilisation de
lnergie nuclaire, en dlimitant plus particulirement le rle de lEtat. Elle
donne ainsi au prsident le pouvoir de dfinir les entits pouvant utiliser
lnergie atomique et les conditions de cette utilisation. Elle fixe galement les
rgles lies la construction dinstallations nuclaire, la gestion de la sret
et celle des matriaux radioactifs et des dchets nuclaires. Enfin, elle
dtermine la responsabilit civile en cas daccident, en accord avec la
convention de Vienne du 21 Mai 1963.
Cest sur cette base quont t construits les dveloppements ultrieurs de la
lgislation encadrant les activits nuclaires.
2. La loi fdrale du 9 janvier 1996 N3-FZ Sur la radioprotection
des populations
Cette loi formalise les concepts affrents la radioprotection, et dcrit
notamment les mesures garantissant la protection des individus et de
lenvironnement dans le cadre de lutilisation de lnergie nuclaire. Elle
dtermine galement les autorits produisant la rglementation dans ce
domaine, et celles exerant la surveillance de la mise en place de ces mesures.
Les modes de fonctionnements normal et en cas daccidente sont traits. Dans
ce deuxime cas, le partage des responsabilits est fix par cette loi.
3. La loi fdrale du 1 dcembre 2007 N 317-FZ
Corporation dEtat pour lnergie nuclaire Rosatom
Sur
la
Cette loi fait suite la Loi Fdrale du 5 fvrier 2007 N13-FZ Sur les
aspects spcifiques de la gestion et de la cession de proprit des actions des
organisations impliques dans des activits lies lutilisation de lnergie
35
nuclaire, et sur lintroduction de changement dans la juridiction de la
Fdration de Russie. Celle-ci avait pav la voie la rorganisation implique
par la loi N317-FZ, en introduisant des formats juridiques spcifiques pour les
socits de lindustrie nuclaire russe, et en proposant la cration dune
holding verticalement intgre pour coiffer les diffrentes activits de cette
industrie, ce qui avait men quelques mois plus tard lapparition
dAtomenergoprom. La loi 2007 N317-FZ continue cette rationalisation des
activits nuclaires en crant la Corporation dEtat Rosatom, qui doit assurer le
dveloppement du nuclaire en Russie, et remplir les tches rgaliennes
dfinies dans la loi N170-FZ. Il convient de remarquer que dans cette loi, ces
prrogatives ne sont donnes que temporairement Rosatom.
4. La loi fdrale du 1 dcembre 2007 N 318-FZ Sur
lintroduction de changement dans la juridiction de la Fdration
de Russie en lien avec ladoption de la loi fdrale sur la
Corporation dEtat Rosatom .
Il sagit de la loi dite tunnel dont la lanalyse est fournie en annexe 8.
Elle est destine optimiser les conditions juridiques et organisationnelles de
fonctionnement du complexe nuclaire russe, et servir de base lgale pour sa
restructuration". Elle introduit pour cela un certain nombre de changements
dans diffrentes loi dj prsentes, comme la Loi Fdrale N170-FZ,
permettant ainsi de contourner les obstacles lgislatifs la rorganisation de
lindustrie nuclaire russe (do le nom de loi tunnel ). Elle aborde
essentiellement deux points : le rgime de proprit des matires et des
installations nuclaires, et les modalits d'apport d'actifs au capital de socits
du domaine nuclaire, et notamment du holding industriel Atomenergoprom.
La finalit est de rendre lindustrie nuclaire russe concurrentielle sur les
marchs internationaux et de renforcer son attractivit pour les investisseurs .
Plus rcemment, la Loi Fdrale du 11 juillet 2011 N190 Sur la
gestion des dchets radioactifs et la modification de certains actes
lgislatifs a fait atteindre lindustrie nuclaire russe une nouvelle tape,
en sattaquant aux problmes lis lhritage des activits passes, prsentes
et venir. Il sagit ainsi du premier acte lgislatif rglementant la fin du cycle
du combustible en Russie. Cest dabord la premire loi qui distingue clairement
dchets nuclaires et combustible use. Les premiers sont ensuite rpartis
suivant une classification raliste : 8 catgories sont introduites au total,
suivant leur dure de vie (courte ou longue), et 4 niveaux d'activit: TFA, FA,
MA, HA).
Cette loi introduit un oprateur national unique pour la gestion des dchets
nuclaires. Elle traite ensuite des questions de proprit et de responsabilit,
et introduit des mcanismes financiers lis la gestion des dchets nuclaires.
36
Elle dfinit galement des exigences en matire dvaluation des risques
dexposition radiologique, des risques lis aux retraits et la gestion des
dchets nuclaires, et de ceux lis leur stockage. Notons galement quavec
cette loi, la Russie opte pour la combustion de certains dchets radioactifs,
considrant que leur entroposage nest pas une solution satisfaisante dun
point de vue environnemental.
La dernire loi de premire importance dans le domaine nuclaire est la Loi
Fdrale du 2 juillet 2013 N188-FZ Sur lamendement de la loi
fdrale Sur la Corporation dEtat Rosatom et certains actes
lgislatifs de la Fdration de Russie . Dans le domaine civil, le principal
effet de cette loi est de confirmer dfinitivement les prrogatives de Rosatom,
qui lui taient jusque l attribues temporairement. Dans le mme temps, elle
dfinit long terme son systme de management et de dveloppement. Cette
loi limine ainsi les incertitudes lies son ancien statut transitoire, et valide
lapproche de lorganisation de lindustrie nuclaire mise en oeuvre en 2007.
Rosatom est confirm dans ses statuts de :
Ordonnateur principal du budget, bnficiaire
administrateur principal des recettes budgtaires ;
Auteur des commandes dEtat pour la dfense et de la scurit lies au
domaine nuclaire;
Auteur des commandes dEtat et coordinateur des programmes cibls
long terme dans le domaine nuclaire.
du
budget,
et
Un autre changement important ralis en 2013 rside dans la modification de
la loi N210-FZ du 27 juillet 2010 Sur lorganisation des services publics
fdraux et municipaux . Celle-ci a tendu les droits de la Corporation, en lui
permettant de rdiger et dadopter elle-mme des textes de rglementations,
dans le cadre de la mise disposition dun service public.
Ainsi, ces changements permettent Rosatom de se positionner part entire
dans le cadre juridique des entits fdrales proposant un service public.
Les dernires annes ont galement t marques par des efforts de
rationalisation passant par le dveloppement de rglementations au sujet de la
standardisation et de luniformisation des procdures daccrditation des
produits dans le domaine nuclaire.
37
IV.2.2 Lvolution du cadre lgislatif
Aujourdhui, Rosatom identifie plusieurs domaines dans lesquels des
chantiers lgislatifs seraient particulirement profitables dans les annes qui
viennent.
Dabord, une loi sur la gestion des combustibles uss est attendue depuis
plusieurs annes, et ce dautant plus que la loi N190-FZ a opr une
dmarcation claire entre dchets nuclaires et combustibles uss, privant de
fait les seconds dun cadre juridique appropri. Les principes directeurs dune
telle loi sont les suivants :
Retraitement des combustibles uss (CU), afin de traiter et grer de
faon sre les produits de fission et recycler les matires nuclaires au
sein des racteurs neutrons rapides.
Dveloppement des concepts et des technologies associs aux
oprations cls que sont l'entreposage long terme des CU, le
retraitement des CU, le recyclage des matires nuclaires et le stockage
gologique profond des dchets ultimes.
Constitution d'un oprateur national en charge de l'ensemble des
oprations d'entreposage long terme des combustibles uss, de leur
traitement-recyclage, du traitement et du conditionnement des dchets.
Il aura le monopole de ces activits et recevra un paiement de la part des
propritaires initiaux des CU pour en devenir lui-mme propritaire.
Cration d'un centre national de l'aval du cycle dans la rgion de
Krasnoarsk, couvrant l'ensemble des activits (entreposage des
combustibles uss, traitement-recyclage, traitement-conditionnement et
entreposage des dchets, stockage gologique profond) avec comme
principaux jalons : 2017 pour les premires infrastructures et les
prototypes, 2025 pour les installations industrielles et l'horizon 2030 pour
le stockage gologique.
Dautres aspects de lindustrie nuclaire bnficieraient galement dun travail
lgislatif spcifique.
Lindustrie nuclaire prsente des risques particuliers qui justifient lexistence
dune loi spcifique en matire de rglementation de la sret. Une telle loi
pourrait ainsi accompagner les modifications dors et dj effectues au sein
de lindustrie nuclaire, qui adopte des standards de sret plus contraignants
que ceux imposs par la Loi Fdrale du 27 dcembre 2002 Sur la
rglementation technique .
38
Un autre aspect li la sret requiert un travail lgislatif supplmentaire. La
Russie a en effet ratifi la Convention de Vienne sur la Responsabilit civile en
cas daccident nuclaire, et doit maintenant prendre les dispositions
correspondantes cette convention. Une loi fdrale Sur la responsabilit
civile et ses garanties financires en cas daccident nuclaire permettrait de
sortir de cette situation intermdiaire, tout en rglant les problmes connexes
que posent limpossibilit de couvrir les dgats avec le budget fdral, le
budget limit des oprateurs, le manque de maturit du march de lassurance
russe etc.
Le complexe darmement nuclaire se retrouve aussi face des dfis lis un
cadre lgislatif inadapt. A lheure actuelle, de nombreuses compagnies
darmement fabriquent et vendent des produits usage civil, mais les lois
encadrant leurs activits nont pas changs depuis lpoque sovitique. Cette
situation complexifie artificiellement et significativement leurs activits
commerciales.
Dune manire gnrale, le dveloppement intensif de lindustrie nuclaire, et
surtout la multiplication des domaines dapplication des technologies
nuclaires imposent une modification permanente du cadre lgislatif. De
nombreuses volutions sont donc attendre, tant concernant la mise en
correspondance de la lgislation nuclaire avec la juridiction gnrale, que
concernant la lgislation nuclaire elle-mme.
39
IV.3 EVOLUTIONS DU PARC NUCLEAIRE RUSSE
Avec 25,2 GW de puissance installe rpartie sur 10 centrales
nuclaires et 180,5 TW.h dnergie produite en 2014, le parc nuclaire
russe est lun des plus grands du monde. Il se caractrise galement par
sa diversit, des racteurs de technologies diffrentes y tant prsents. Sa
composition est al suivante :
15 racteurs eau lgre et modrateur graphite: 11 RBMK, et 4
petits racteurs cognration EGP-6 ;
18 racteurs eau pressurise, appartenant 3 gnrations
distinctes : anciens VVER-440/230, VVER-440/213 plus rcent, et
VVER-1000 actuels ;
1 racteur neutrons rapide caloporteur sodium BN-600.
Ce parc nuclaire est plus largement dtaill dans la partie VI.
Ce parc entre actuellement dans une phase transitoire. Un certain nombre
de tranches qui ont t mises en service entre la fin des annes 1970 et le
dbut des annes 1980 arrivent la fin de leur dure dexploitation
initiale. Cest notamment le cas des racteurs RBMK, qui reprsente une
part importante du parc, et dont la filire est condamne disparatre
lhorizon 2030. Par ailleurs, le programme de Rosatom prvoit
lintroduction progressive de racteurs neutrons rapides et des racteurs
VVER de nouvelle gnration (VVER-TOI) font galement leur apparition.
Dans le mme temps, laugmentation de la part du nuclaire au sein de
son bouquet nergtique est lun des objectifs majeurs poursuivis par les
autorits. Cette nergie garantit en effet la Russie la une production
dlectricit peu coteuse et lui permet de conserver un bilan carbone bas.
En se fixant ce but, la Russie cherche galement maintenir et accrotre
son expertise en termes de construction de centrales et de gestion de son
parc nuclaire, soutenir linnovation en proposant des dbouchs
naturels aux nouveaux racteurs entrant sur le march, et entretenir les
comptences au sein de ses filires dingnieries et les capacits de
production de son industrie de constructions mcaniques.
Ces dernires annes, les objectifs avancs par les responsables russes se
sont ainsi avrs extrmement ambitieux : les parts de 30% de nuclaire
dans la production dlectricit pour 2030, 50 % pour 2050 et de 70 80
% la fin du sicle sont ainsi envisags par le dernier PFS concernant le
dveloppement du nuclaire. Cette croissance serait soutenue par une
cadence de production trs leve (plus de 2 tranches par an, afin de
pourvoir les besoins du parc intrieur tout en honorant les contrats
obtenus sur le march international). Le dernier programme de
40
dveloppement de lindustrie nuclaire, datant de juin 2014, fixe des
objectifs pour 2020 qui confirment la rsolution russe dans sa volont
dagrandissement du parc nuclaire. Le premier sous programme,
Extensions des capacits de production lectrique des centrales
nuclaires bnficie ainsi dun financement de 492,6 milliards de roubles
sur 9 ans, plus de la moiti de la somme alloue au programme. Ce
financement doit permettre de produire 10 nouvelles tranches nuclaires
afin datteindre en 2020 une capacit totale de 28.1 GW.
Nanmoins, un tel rythme de production na toujours pas t obtenu :
depuis 2010, 2 centrales ont t mise en service commercial, et 4
supplmentaires devraient ltre dici 2017. Les difficults conomiques
actuelles, tout comme labsence de ncessit relle datteindre une telle
croissance du parc nuclaire laissent penser que des objectifs de
production plus modestes seront fixs moyen terme.
En 2015,
Rosenergoatom
annonait
ainsi
avoir
rduit
son
programme
dinvestissement de prs de 25% pour atteindre 146 milliards de roubles,
tandis que plusieurs reports mise en service commercial ont t dcids
(centrales de Koursk II, Leningrad II, Novovoronej II, Beloarsk).
Reste que la construction de centrale nest pas la seule faon daugmenter
la production dlectricit au sein du parc nuclaire. Rosenergoatom peut
galement sappuyer sur dautres leviers : laugmentation de la puissance
et du taux de disponibilit, c'est--dire, de lnergie produite annuellement
par une centrale, lextension de la dure dexploitation des centrales
arrivant en fin de vie. Ces deux solutions sont utilises par
Rosenergoatom. Ainsi, dans son programme fdral Principe du
dveloppement socio-conomique long terme de la fdration de Russie
pour la priode jusqu 2020 tabli fin 2008 par dcret gouvernemental,
les autorits estimaient 4,5 GW le gain de puissance permis par ces
modifications.
En dehors de cet objectif de croissance de la puissance installe du parc,
REA poursuit galement des efforts doptimisation de sa productivit et de
son efficacit, mettant en ainsi en oeuvre la stratgie impulse par
Rosatom.
Grce la ralisation de ces projets, Rosenergoatom prvoit une
production dlectricit en 2015 de 185 TW.h et mme de 195 TW.h en
2016.
IV.3.1 Augmentation de la puissance installe du parc actuel
41
Dans le cadre dun programme couvrant la priode 2007-2015, REA mne
diffrentes actions afin daugmenter la production dlectricit sur le parc
nuclaire existant.
Augmentation du taux de disponibilit
Lobjectif fix dans le cadre de ce programme est datteindre un taux de
disponibilit moyen de 85%. La courbe ci-dessous montre les progrs
obtenus par REA dans ce domaine. Si cet objectif ne sera peut-tre pas
atteint, laugmentation est relle et continue, malgr une diminution
notable en 2013.
90
85
80
[Link]
79.580.2
77.9
77.7
81.6
76.3
73.273.4
75
70.371.1
69.1
7067.3
64.9
65
58.358.2
60
55
52.6
50
1992
1994
76
64.5
53.4
55.6
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2008
2010
2012
2014
Figure 4.2 : Evolution du taux de disponibilit moyen du parc nuclaire russe
Ce sont notamment les centrales quipes de racteurs VVER qui
montrent les taux de disponibilits les plus importants : ainsi celui de la
centrale de Rostov atteignait 97.8% en 2013, et celui de la centrale de
Balakovo slevait 96,2% la mme anne. Ces rsultats ont permis de
raliser des records de production dlectricit, priode sovitique
comprise. Les taux de disponibilits des centrales quipes de racteurs
RBMK, comme Leningradskaa, ont en revanche t affects par les
travaux de rnovations ncessaires leur maintien.
Ces bons rsultats sont permis par des mesures doptimisation aux
niveaux productif et managrial, notamment prises dans le cadre de
limplmentation depuis 2009 du Systme de Production Rosatom
(SPR), dont les principes sont dtaills en IV.5.1. En particulier, des efforts
notables ont t fournis afin de rduire la dure de campagnes de
42
rparations : au total, 27 jours dactivits ont t gagns en 2013, soit 465
millions de roubles.
Achvement des projets gels
Lune des consquences de la double crise qua connue lindustrie
nuclaire russe dans les annes 1980 et 1990 (Tchernobyl et effondrement
de lURSS) a t labandon de nombreux chantiers de tranches nuclaires.
Dans ces conditions, lachvement des programmes qui ont t gels
cette poque constitue un moyen daugmenter la puissance disponible
moindre frais.
Cest dans cette perspective quon t relancs les chantiers de Rostov-2
(acheve en 2010), de Kalinin-4 (acheve en 2012), et du BN-800 (mise en
service commercial attendue pour janvier 2017). Cest galement le cas
de la 4me tranche de la centrale de Rostov, dont la mise en service est
prvue pour le printemps 2017, et dont le chantier, ouvert en 1983, a t
arrt jusquen 2010.
Il convient en revanche de noter que cette dmarche ne semble concerner
que les projets de racteurs bass sur des technologies amens
conserver un rle important au sein du parc nuclaire moyen terme,
excluant de fait les racteurs RBMK. Rosatom a en effet dclar
abandonner le projet Kursk-5 (avanc 70 %) afin dviter la prvisible
isolation technologique du racteur une fois que tous les RBMK auront t
arrts (vers 2025).
Augmentation de la puissance des tranches
Des gains de puissance ont galement pu tre obtenus grce la
modification
de
certains
lments
constitutifs
des
centrales :
augmentation du rendement du racteur, amlioration des turbines,
modernisation des quipements lectriques et de linstrumentation, ou du
combustible : optimisation de ses proprits, augmentation de son
enrichissement (pour les RMBK, 3% denrichissement au lieu de 2,4%).
En 2010-2011, le ministre de lnergie a ainsi lanc le programme
industriel Programme daugmentation de la production dlectricit par
les centrales nuclaires en activit durant la priode 2011-2015 . Ce
programme, revu la hausse en 2013, prvoit terme daugmenter la
puissance des VVER-440 107%, des VVER-1000 107-110%, des RBMK
105% de leurs puissances nominales respectives. Cette dmarche, si elle
ne peut pas tre prolonge indfiniment, permet daugmenter de manire
sensible la capacit totale du parc lectronuclaire, moindre cot. A titre
dexemple, sur la priode 2010-2011 les augmentations de puissance (4%
43
pour les VVER-1000 et 5% pour les VVER440) ont cout 200$/kW au lieu
des 2400/kW pour la construction de Rostov 2 par exemple. Pour les
VVER-1000 le passage au del de 104% pourrait coter jusqu' 570$/kW.
En avril 2015, la quasi-totalit du parc de VVER a bnfici de cette
augmentation de puissance. Deux des six VVER 440 ont ainsi t ports
107% de leur puissance initiale, tandis que 10 VVER-1000 (tous sauf
Novovoronej-5) en ont atteint 104%. Des essais sont mens lInstitut
Kourtchatov, VNIIAES et Gidropress pour augmenter cette valeur.
Laugmentation de la puissance des VVER-1000 pour atteindre 107% doit
commencer en 2015 la centrale de Balakovo.
En revanche, la nccessit de rnover les blocs de graphite des RBMK pour
permettre la prolongation de leur dure de vie a entrain le gel de luprate
de 5% de ces racteurs.
Par ailleurs, un vaste programme de modernisation de ses tranches est
actuellement men par REA, notamment pour en augmenter la sret et la
dure de vie, mais galement la productivit. Ce gain, sans augmenter la
puissance installe du parc nuclaire russe, permet de diminuer le cot du
KW, et constitue ce titre une optimisation du parc nuclaire.
Cette amlioration prend plusieurs forme :
Passage des VVER-1000 un cycle dutilisation du combustible de
18 mois
Amlioration de lefficacit de la consommation du combustible
Rduction des cots dopration et de management
IV.3.2 Extension de la dure de vie des centrales
Lgalement, les centrales russes ont originellement une dure de vie de
30 ans. Nanmoins, un programme dextension de la dure de vie des
CNPE a t lanc en 1998. Fin 2014, le REA indiquait que 21 tranches
avaient effectu des travaux pour la prolongation de leur dure de vie,
pour une capacit totale de 13,2 GWe.
Les modalits de ces prolongations dpendent fortement du type de
racteur concern, et de la gnration laquelle ils appartiennent. Ainsi
les VVER-440 obtiennent gnralement des extensions de dure de vie de
15 ans, tandis que les VVER-1000 sont prolongs jusqu 25 ans. Les RBMK
obtiennent des prolongations de 10 15 ans.
Les procdures dextensions de dures de vies communes aux filires
VVER et RBMK impliquent diffrents travaux :
44
Remplacement des quipements arrivs en fin de vie, ou ne
rpondant plus aux critres de sret dfinis ;
Cration de systmes de sret complmentaires et indpendants,
introduisant des redondances ;
Cration de systmes dalimentations durgence supplmentaires ;
Introduction dun systme de monitoring radiologique automatis ;
Introduction de mesures damlioration de la sret de lhydrogne ;
Introduction de systmes modernes dextinction dincendies gaz ;
Construction dun centre de dpt et de traitement des dchets
radioactifs ;
Introduction dun systme visuel de monitoring des quipements
situs dans des zones isols ;
Construction de centres protgs pour la gestion des activits de
crise.
Le cot de ces modifications est variable, et ce dautant plus que des
mesures permettant laugmentation de la puissance de la centrale sont
gnralement associs aux travaux dextension de sa dure de vie. Les
exemples des dernires annes taient compris entre 10 et 40 milliards de
roubles, comparer avec le cot dune nouvelle tranche, gnralement
suprieur 200 milliards de roubles.
Fin 2013, 350 milliards de kWh avaient t produit par des tranches dont
la dure de vie a t ralonge.
Les extensions passes et prvues sont donnes sur la figure 4.3.
Figure 4.3 : Extensions de la dure de vie des centrales russes passes et prvues
45
Concernant les RBMK, une spcificit mrite dtre mentionne. En effet,
leur dure de vie se trouve rduite par la dformation au cours de leur
utilisation du graphite modrateur. En 2013, un procd de correction de
la drive des proprits du graphite permettant de rallonger de 3 5 ans
la dure de vie du racteur a t mis au point et appliqu lunit n1 de
la centrale de Leningrad. Ce procd peut-tre rpt, si bien que cette
altration ne sera certainement plus lavenir le facteur limitant de la
dure dexploitation des RBMK. Cette innovation a t porte et soutenue
par diffrents acteurs du nuclaire russe (REA, NIKIET, Institut Kourtchatov
notamment), et sera applique lensemble du parc de RBMK restant,
suivant le calendrier indiqu sur la figure 4.4.
Figure 4.4 : Calendrier des modifications des RBMK du parc russe
Lenjeu conomique est important : le retrait de 11 GW 7 ans avant la date
prvue initialement se serait traduit par une perte de lordre de 450 TW.h
dici 2030, soit, en prenant les prix de 2013, 640 milliards de roubles.
Surtout, ces nouvelles possibilits dextensions de vie permettent de ne
plus subordonner le calendrier de projets de construction de centrales
celui du retrait des RBMK, ce qui constitue, en priode de difficults
conomiques, une marge de manuvre est apprciable.
IV.3.3 Dveloppement de nouvelles capacits
Ces dernires annes, des projets de construction de nouvelles
tranches ont t envisags par des programmes de natures diffrentes:
PFS, Programme dactivit de Rosatom, Programmes de dveloppement
nergtique rgionaux et fdraux, recommandations du comit
46
nergtique de la Douma De plus, les bouleversements qua subis
lconomie russe depuis 2007 et la diminution de la consommation
lectrique ont fait voluer les perspectives du gouvernement en la
matire. Pour ces raisons, prs dune soixantaine de projets de tranches
diffrents dici 2030 ont t voqus. Ces projets correspondent
nanmoins des degrs de ralit diffrents. En effet, parmi ceux-ci,
seules 9 tranches sont dors et dj en cours de construction (plus une
centrale flottante de petite puissance). Une vingtaine dautres ont t
planifis, mais leur ralisation reste encore hypothtique. Les projets
restant sont des propositions, pour lesquels aucun accord na t donn
pour linstant.
Le programme de 2007 (figure 4.5) tait trs ambitieux, envisageant
lajout denviron 35 tranches en 10 ans. Sur les 12 tranches qui devaient
tre construites entre 2009 et 2015, seules quatre (Rostov 2, Kalinin 4,
Rostov 3, Beloarsk 4) lont t effectivement, deux dentre elles nayant
pas encore conmmenc leur exploitation commerciale.
Le dernier document officiel fixant des objectifs de construction en date
est le Programme de dveloppement de lnergie nuclaire , dont la
dernire mise jour date de juin 2014. Les objectifs sont les suivants :
Construction de 10 nouvelles tranches dici 2022
Capacit totale de 28,1 GW (aujourdhui 25,2 GW), en tenant compte
du retrait de 10,8 GW prvu sur la mme priode
Production annuelle suprieure 184,3 TW.h
47
Figure 4.5 : Programme de Rosatom envisag en 2007
Une description plus dtaille de ces constructions est donne en VI.3.3.
En ce qui concerne les technologies utilises dans les projets de
constructions actuels, elles sont principalement de 3 types : VVER de
nouvelles gnrations, racteurs neutrons rapides (BREST-300 et SVBR100, BN-1200 tant gel) et racteur de faible puissance (centrale
flottante KLT-40S). 3 gnrations de VVER sont concernes: un VVER 1000
est encore en construction (Rostov 4) tandis que les VVER 1200, ou AES
2006, constituent le racteur de rfrence pour les projets actuels (5 en
construction). Enfin, la plupart des prochains projets seront bass sur le
nouveau concept de VVER-TOI. Cette nouvelle technologie, qui consiste en
une optimisation et standardisation des modles VVER-1200 afin den
rduire les cots et la dure de construction, est dtaille dans la partie
IV.4.
48
IV.3.4 Dveloppement de la cognration nuclaire
Actuellement 11 PJoules/an de chaleur sont fournies au rseau de
chauffage urbain par les centrales nuclaires russes. Le potentiel de
cognration des CNPE est important mais ncessite des investissements.
Les experts de Rosenergoatom considrent cependant que le potentiel de
cognration des centrales actuelles nest pas exploit de manire
optimale, en effet selon eux 8 millions de GCal de chaleur supplmentaires
pourraient tre produits (au lieu de 3 millions de GCal) vitant ou
diminuant ainsi la consommation de combustibles fossiles dans les villes
jouxtant les centrales nuclaires.
La stratgie nergtique de la Russie lhorizon 2020 prvoit daugmenter
dun facteur 10 la chaleur produite par des centrales nuclaires (passer de
3 - 5 millions de GCal 15 - 30 millions de GCal). De nombreuses tudes
ont t menes sur le potentiel de cognration nuclaire en Russie,
notamment par linstitut NIKIET.
La centrale flottante Akademik Lomonossov en cours de construction est
prvue pour la cognration. Des concepts de racteur de faible et
moyenne puissance tels que le SVBR100 et le VK300 prvoient dexploiter
le potentiel de cognration nuclaire. Le dploiement de centrales
cognration semble plus opportun que dici 2020/30 une part trs
importante des centrales conventionnelles cognration devra tre
remplace alors que les technologies de racteurs nuclaires de faible et
moyenne puissance arriveront maturit.
Lconomie de gaz naturel (pouvant tre export des prix suprieurs) et
de combustibles fossiles en gnral ainsi que laugmentation du
rendement nergtique des centrales nuclaires sont les principaux
arguments avancs par les spcialistes russes en faveur de la
cognration nuclaire.
Les conomies ainsi faites financeraient en
grande partie les investissements ncessaires la cognration. Cette
mthode est galement vue comme un bon lment de flexibilit pour le
suivi de charge par les centrales (avec couplage des chaudires
conventionnelles dappoint).
Centrale
Racteurs
Puissance
changeurs
des Potentiel,
pour MW.h/an
49
Potentiel,
Gcal/an
Actuel,
Gcal/an
cognration, MW
Balakovo
4
VVER1000
914
Kalinin
4
VVER1000
525
Novovorone
j
2 VVER440
1
VVER1000
249
Rostov
2
VVER1000
Kola
Beloarsk
4070000
2517000
730000
1220000
400
2000000
4 VVER440
145
1 BN600
117000
Tableau 4.3 : Donnes fournies par lexploitant nuclaire concernant la
cognration au sein de son parc
50
IV.4 LA RECHERCHE ET DVELOPPEMENT ET LINNOVATION
IV.4.1 Situation gnrale
Dans le contexte concurrentiel de la guerre froide, la recherche
sovitique sest tourne vers le dveloppement dun trs grand nombre de
technologies, nhsitant pas explorer des pistes nouvelles et originales.
Lindustrie nuclaire de lURSS, dont la dimension stratgique durant cette
priode fut capitale, na pas chapp cette rgle. Ainsi, la recherche
nuclaire sovitique se caractrise par la diversit des problmatiques
abordes, et des solutions envisages, certaines dentre elles tant
exotiques : fusion nuclaire, sismographie laide de tirs pacifiques,
propulsion nuclaire spatiale, propulsion marine RNR, racteurs
nuclaires transportables etc. Cette position de pionnier des nouvelles
technologies a encore une influence certaine sur la recherche et
linnovation russe dans le domaine nuclaire.
La Russe a en effet bnfici de connaissances et dexpriences uniques
au monde dans le domaine des RNR, de la propulsion nuclaire, et de la
fusion thermonuclaire contrle, pour ne citer que ces domaines. De plus,
elle sest trouve au sortir de la guerre froide en possession de trs
importantes capacits exprimentales. Mais les grandes quantits de
plutonium, les nombreux dchets nuclaires et sites pollus que lon
trouve en Russie constituent la contrepartie de ce leg. Par ailleurs,
leffondrement conomique entre la fin des annes 1980 et les annes
2000 a port un coup dur au complexe de recherche nuclaire russe,
frappe par la fuite des cerveaux, la vtustet de ses installations, le
manque de financement pour les programmes de recherche et le non
renouvellement des spcialistes, au point quil est possible quil se serait
dsagrg sans les aides et programmes internationaux et notamment le
programme HEU-LEU avec les Etats-Unis ( achev en 2013).
Afin de maintenir, dexploiter et de dvelopper ce capital de R&D au sein
de lindustrie nuclaire, des objectifs ambitieux ont t fixs par le
gouvernement, et les nombreux domaines dtudes retenus par lInstitut
Kourtchatov et Rosatom sinscrivent dans une logique de gestion, de
valorisation et de dveloppement de cet hritage. Ainsi, la Russie, au
mme titre que la France, a choisi dopter pour la fermeture du cycle du
combustible : cette vision du nuclaire est notamment la consquence de
la prise de conscience par la Russie des problmes accumuls par la
politique nuclaire sovitique. Dans cette perspective, le choix des RNR et
notamment le dveloppement de trois filires distinctes correspond aux
anciens acquis et ambitions du nuclaire sovitique. Il en va de mme
51
pour le maintien et le renouvellement de la flotte de brise-glaces
nuclaires ( associer galement avec limportance stratgique quest
amen prendre lArctique pour la Russie) et de lobjectif, terme, de
matriser la fusion nuclaire. Lvolution de la filire VVER, le
dveloppement de nouveaux combustibles (MOX, REMIX, nitrures, etc), le
dploiement de racteurs de faible et moyenne puissances sont les autres
principales directions de recherche empruntes par lindustrie nuclaire
russe. Au-del de la stratgie globale de dveloppement du parc nuclaire
russe, lobjectif affich est galement laugmentation des recettes lies
aux technologies innovantes et terme, un positionnement de leader
mondial sur les diffrents marchs associs aux technologies nuclaire.
A lheure actuelle, les directions prises par la R&D du nuclaire russes sont
impulses par les autorits au travers de deux programmes. Le premier
est le PFS Dveloppement des technologies nuclaires de nouvelles
gnrations pour la priode 2010-2015 et jusquen 2020 (Annexes 2 et
3). Ce programme a t repris par Rosatom en tant intgr au
Programme dactivit de la corporation dEtat Rosatom sur le long
terme pour la priode 2009-2015, et au Programme de dveloppement de
lnergie nuclaire de juin 2014. Financ hauteur de 157,9 mds de Rub
sur 10 ans, il dtermine les orientations principales de la R&D :
Le projet Proriv , qui vise dvelopper les technologies de
fermeture du cycle, base sur deux types de RNR : caloporteur
sodium et caloporteur plomb. Ce projet concentre plus des 2/3 des
financements du programme ;
Le dveloppement dun autre RNR de faible puissance plombbismuth, le SVBR-100 ;
Le dveloppement dune filire MOX pour RNR ;
La modernisation et lextension de la base exprimentale de
Rosatom, et notamment, la cration du nouveau RNR de recherche
MBIR ;
Le dveloppement de connaissances visant amliorer et tendre le
champ dapplications des technologies nuclaires (proprits de la
matire, conversion de lnergie nuclaire, nouveaux dtecteurs) ;
La mise en service et la modernisation danciens grands instruments
(notamment des acclrateurs de particules) ;
Le dveloppement de la fusion nuclaire contrle;
52
De plus, Rosatom a dfini en 2010 le Programme de dveloppement
innovant et de modenisation technologique de Rosatom perspective 2020
(partie civile), conformment aux recommandations de la Commision du
gouvernement russe charge des technologies innovantes. Une partie de
ce programme est commune avec le PFS voqu plus haut, qui est
cependant plus spcifique que celui-ci.
Ce programme prvoit un financement de 455,6 milliards de roubles, ce
qui reprsente 25% des ressources allous linnovation. Il permet
Rosatom de mener une politique dintgration et de modernisation de ses
capacits de R&D, prsente comme lun des principaux moteurs de
modernisation de Rosatom. Il est ax sur 3 thmes :
Amlioration de la qualit et de la comptitivit des produits et des
services de Rosatom grce la modernisation des technologies
existantes et celle des moyens de production actuels (20,3% du
budget)
Dveloppement de nouvelles technologies et produits dans les
domaines classique de llectronuclaire de forte puissance comme
dans les segments en croissance tels que les faibles et moyennes
puissances, la transmission et le stockage de lnergie (72,1%)
Diversification des activits de Rosatom grce ladatpation de
technologies et modes de production de lindustrie lectronuclaire
sur des marchs nouveaux tels que la mdecine nuclaire, les
systmes de diagnostic, les nouveaux matriaux, lagriculture etc.
(7,6%)
Fin 2014, ce programme avait notamment permis de mettre en place la
production et la commercialisation de Mo 99, un isotope dont le march
est prometteur, lachvement du programme de support de la recherche
sur la fusion nuclaire, et le dveloppement de plusieurs technologies pour
le dploiement de la nouvelle plateforme nuclaire.
A ces deux programmes sajoute la 3me partie du Programme de
dveloppement de lnergie nuclaire : Innovation au sein du nuclaire
civil et extension de la sphre dutilisation des technologies nuclaires .
Ce sous-programme est essentiellement consacr au dveloppement et
la valorisation des technologies utilises dans le cadre des projets
internationaux ITER et FAIR et assignes la partie russe, et lvolution
de la filire VVER. Dune manire gnrale, il vise renforcer le
renforcement de la comptitivit des technologies nuclaires, et tendre
leur utilisation dautres domaines conomiques. Les rsultats attendus
sont une augmentation significative du nombre de chercheurs et celui de
dpts de brevets.
53
Afin de soutenir ces programmes, Rosatom investit dans la R&D 4,5% de
ses recettes (28 milliards de roubles en 2014), chiffre quil devrait
maintenir jusquen 2020. Cette valeur correspond celle des entreprises
mondiales leaders dans des domaines technoloiques.
Ces efforts semblent porter leur fruit : fin 2014, M. Pershukov se flicitait
du nombre de publication au sein de revues bases sur le principe
dvaluation par les pairs (qui est lun des indicateurs de performance
retenus par ces programmes) tait en croissance de 29% par rapport
2011. Courant 2014 galement, il faisait tat de limportance du
portefeuille de contrats lexport des instituts de recherche de Rosatom
sur les 10 prochaines annes, qui avait dpass les 200 millions de dollars.
V.4.1 Acteurs de linnovation
Autre hritage de la priode sovitique, la recherche dans le domaine
nuclaire est clate dans de nombreux laboratoires situs en diffrents
endroits de la Fdration de Russie. Nanmoins, les rformes successives
de lindustrie nuclaire russe ces dernires annes ont permis leur
rassemblement au sein de plus grandes entits. Ainsi, lheure actuelle, la
quasi-totalit des acteurs de la R&D russe est intgre Rosatom. Les
autres, impliqus dans des travaux plus thoriques, sont gnralement
associs au Centre de Recherche Institut Kourtchatov, ou dans quelques
cas, lAcadmie des Sciences.
Centres de recherche de Rosatom
Rosatom dispose de nombreux centres de recherche, et a cr en 2012
une structure rassemblant une partie dentre eux : le groupement
Recherche & Innovation (NII). Celui-ci dpend de la division pour la
gestion des innovations dirige par Viatcheslav Pershukov, et permet
Rosatom de coordonner les travaux des 12 entits qui en font partie. Ces
entits sont rparties suivant trois dpartements thmatiques :
Energtique, Electrophysique, Chimie & Technologies.
Les 12 instituts qui composent le NII sont les suivantes :
Dpartement dnergtique
IPPE
RIAR
IRM (matriaux racteurs)
Loutch
Dpartement dlectrophysique
54
VNIITFA (automatisation) :
Le supraconducteur russe (lectronique et supraconducteurs)
NTS IaFI
NIIP (Instrumentation)
TRINITI (fusion)
Dpartement chimie et technologie
VNIIHT (technologies de conversion et de traitement)
Giredmet (mtaux rares)
NIIGRAFIT (technologies graphites)
NIFHI (physique chimique)
Cette structure ne rassemble cependant pas tous les acteurs de la R&D
intgrs Rosatom. En particulier, plusieurs socits de conceptions de
racteurs de la corporation dEtat jouent un rle important dans le
domaine de linnovation. Les principales entits de R&D de Rosatom
impliqus dans la R&D pour le nuclaire civil sont donnes ci-dessous.
Institut de physique et dnergtique (IPPE)
Fond en 1945, cest sur le site de lIPPE Obninsk que le premier
racteur lectrogne sovitique a t dmarr. Fort dun effectif denviron
4500 personnes, cet institut joue un rle central dans la R&D russe en
tant notamment le directeur scientifique du PFS Dveloppement des
technologies nuclaires de nouvelles gnrations pour la priode 20102015 et jusquen 2020 , et ce titre responsable du dveloppement des
filires RNR. Cet institut est rattach au NII.
Ces principaux champs de recherches sont les suivantes:
Physique du cur
Physique du plasma et physique laser
Thermique, hydrodynamique, gazodynamique et plasmodynamique
des caloporteurs
Etudes des matriaux irradis et des dommages radiologiques
Ces recherches sont menes dans la perspective de leur application dans
le domaine des racteurs nuclaires. Cette expertise a permis lIPPE de
dvelopper, depuis son apparition, plus de 120 projets dinstallations
nuclaires, civiles et militaires, notamment les deux premiers blocs de la
centrale de Beloarsk, la centrale de Bilibino, diffrents racteurs de
recherches (BR-10, BR-60), des RNR (le premier BN-350, le BN-600 de
55
Beloarsk), les racteurs de srie des sous marins caloporteur plombbismuth et les racteurs de propulsion spatiale BUK et TOPAZ.
Pour mener bien ses missions, lIPPE dispose de plusieurs installations
exprimentales notables, avec notamment les maquettes critiques BR-1 &
Matr-2, BFS-1 & 2 (RNR), le racteur impulsion Bars-6 ou lacclrateur
lectronique MN-30.
Institut de recherche sur les racteurs nuclaires de Dimitrovgrad
(RIAR)
Le RIAR a t fond en 1956 Dmitrovgard. Dot dun effectif de plus de
5000 personnes, le RIAR est un autre institut phare de Rosatom. Comme
lIPPE, il est rattach au NII, et les RNR et la fermetue du cycle constituent
un de ses domaines dtude privilgis. Le champ de recherche du RIAR
est diversifi, mais il dispose notamment dune grande expertise dans
ltude des combustibles et de leur cycle.
Les sujets dtudes du RIAR sont diviss en quatre domaines, auxquels
sont associs des installations exprimentales spcifiques:
Etude des matriaux de racteurs et mthodes dessais sur les
matriaux et lments de centrales nuclaires
Physiques, techniques technologies dirradiation et sret des
racteurs nuclaires
Radiochimie et cycles combustibles
Sources radioactives et applications mdicales
Le RIAR est a amen jouer un rle de premier plan dans le domaine de
retraitement des combustibles et a commenc en 2014 la construction
dun nouveau centre de recherche radiochimique pour le cycle
combustible des racteurs neutrons rapides.
Le RIAR dispose galement de capacits de production. Il a ainsi pour
ambition de prendre possession de 20 40% du march international de
lisotope Mo-99. Il est aussi lorigine de la premire production
dassemblages MOX pour le BN-800.
Les activits de recherche du RIAR sont soutenues par un complexe
exprimental particulirement important. Linstitut dispose en particulier
du plus grand nombre de racteurs de recherche avec lInstitut
Kourtchatov (6, dont notamment le RNR BOR-60), de trs nombreuses
installations orientes vers le dveloppement de combustibles et
dimportantes installations danalyse post-irradiation). Le racteur de
56
recherche polyvalent neutrons rapides MBIR, qui constitut lun des plus
importants projets de R&D au sein de lindustrie nuclaire russe, tout
comme le projet SVBR sil est men terme, seront rattach au RIAR.
Institut de recherche et de conception pour lnergie (NIKIET)
Fond en 1946 Moscou, fort dun effectif denviron 3500 personnes, le
NIKIET est actuellement lun des plus grand centre de recherche et
dveloppement de Russie. En sappuyant sur dimportantes capacits
exprimentales et de production, cet institut sintresse de nombreux
champs dtudes dans le domaine nuclaire : Propulsion nuclaire (navale
et spatiale), racteurs de centrale, racteurs de production isotopiques,
cognration
Cet institut est notamment connu pour ses tudes de sret pour la filire
RBMK, ses dveloppements de systme de contrle et de sret, et
surtout, pour le dveloppement de nombreux racteurs de recherches
utiliss par les autres instituts.
Les travaux actuels de cet institut sont le dveloppement du racteur PIK
(lachvement du projet est prvu pour 2019-2020) et celle du futur RNR
de recherche MBIR (le PFS sur les racteurs de nouvelles gnrations en
fait le concepteur en chef). Enfin, le NIKIET est le responsable de la
conception du racteur BREST-300.
En dehors de ces entits, dautres instituts jouent un rle important dans
le domaine de linnovation au sein de lindustrie nuclaire russe : VNIIEF et
VNIITF (crs pour le dveloppement des armes nuclaires, mais qui ont
depuis diversifi leurs activits pour sintresser notamment aux
technologies de fusion), VNIINM (combustible et son cycle, gestion des
dchets, matriaux), VNIIAES (exploitation).
Il convient galement de remarquer que les centres de recherches ne sont
pas les seuls moteurs de linnovation dans ce secteur. Les compagnies
dingnieries et de conceptions jouent galement un rle important dans
la dfinition des nouveaux racteurs amens constituer le futur parc
nuclaire russe. Les plus importantes sont VNIPIET et ses filiales (RBMK,
nouveaux VVER, BREST-300, usine damonts et daval de cycle), OKBM
Afrikantov (racteurs de sous marins, brises glaces, centrale flottante, BN800, BN-1200), OKB Gidropress (VVER TOI & VVER 1500). Ces compagnies,
ainsi que celles dont les activts sont places en amont et en aval du
cycle du combustible et qui jouent un rle dans la stratgie dinnovation
de Rosatom sont dcrites plus amplement dans les parties consacres
ces thmatiques, respectivement V, VI et VII.
57
Instituts de recherche de lInstitut Kourtchatov
Institut de physique thorique et exprimentale
LIPTE est un centre polyvalent de recherche et de formation. Ses activits
sont associes ltude des proprits fondamentales de la matire, ainsi
que leurs utilisations pour le dveloppement de technologies dans le
domaine de lnergie.
A ce titre, le champ de recherche de cet institut comprend notamment les
physiques des hautes nergies, neutronique, nuclaire, du plasma, de la
matire solide, du rayonnement et des racteurs.
LIPTE possde diffrentes installations, notamment lacclrateur de
particule ITEP-TVN, linstallation critique MAKET et le laboratoire de
physique des rayonnements et dtude des matriaux.
Institut de physique des hautes nergies
Fond en 1963, il sagit de lun des principaux centres de recherche dans
le domaine de la physique des particules.
Les domaines dtudes de linstitut sont sont la physique nuclaire, la
physique des particules charges, et le dveloppement des technologies
dacclrations.
LIPHE participe de nombreuses cooprations
notamment au sein des projets XFEL et FAIR.
internationales,
Institut de physique nuclaire Konstantinov
Cet institut dispose dun effectif denvrion 2000 personnes, dont plus de
800 scientifiques. Originellement institut indpendant rattach
lAcadmie des Sciences russe, le PNPI a t intgr au CNR IK en 2011.
Les activits de lInstitut Konstantinov sont rparties au sein
dpartements :
Physique thorique
Recherche neutronique
Physique des hautes nergies
Biophysique des molcules et des rayonnements
58
de 5
Innovation
Ces recherches sappuient sur deux installations exprimentales de
grande envergures, son acclrateur de particules CT-1000 et le racteur
de recherche WWR-M. Ce dernier racteur est maintenant ag, et lavenir
de la recherche au sein de lIPN est pour une part importante tributaire du
dmarrage du racteur PIK, qui constitue lun des principaux projets
actuels du CNR-IK.
Par ailleurs, cet institut a des projets de cooprations avec plusieurs
centres de rercherches internationaux, et notamment le CERN en Suisse et
linstitut Langevin en France.
Acadmie des Sciences
Institut de sret nuclaire (IBRAE)
L'IBRAE (Institut de Sret Nuclaire) dpend de l'Acadmie des Sciences
de Russie et compte 430 personnes. Il a t cr en Russie en 1988 la
suite de l'accident de Tchernobyl, afin d'apporter une expertise de haut
niveau et une ouverture la coopration et aux standards internationaux,
dans le domaine du fonctionnement et de la sret des racteurs
nuclaires, de la radioprotection et des tudes d'impact sur
l'environnement, de la surveillance radiologique et du conseil en situation.
Il fournit une expertise en sret nuclaire Rosatom.
L'IBRAE est spcialis dans les codes de simulation des accidents de VVER
o il a dvelopp des comptences et des outils, reconnus au niveau
international. Le systme de code dvelopp par l'IBRAE, les instituts de
Rosatom et l'Institut Kourtchatov, a notamment contribu la conception
et la dmonstration de sret du modle VVER de 3me gnration AES
2006. Son ambition est de disposer terme d'une "centrale virtuelle"
(avec VVER). Il s'engage galement sur une nouvelle gnration d'outils
de calcul sur 2010-2015 en incluant l'analyse de sret des RNR et du
cycle ferm du combustible (RNR-Na d'abord pour BN1200, puis RNRPb/PbBi pour les projets SVBR-100 et BREST-300).
LIBRAE a dvelopp plusieurs codes pour les RNR tels que :
GEFEST de gestion des curs de BN600 (mthode de calcul: MonteCarlo 3D) certifi en Russie et qui sera utilis pour BN800
JOKER pour le circuit primaire de BN600 (neutronique du cur +
thermohydraulique du circuit primaire).
59
Centre international de Dubna
Il sagit lorigine dune organisation intergouvernementale, base sur un
accord sign par onze Etats le 26 mars 1956 et enregistre lONU le 1er
fvrier 1957. Linstitut a t fond dans le but dunir les efforts et les
potentiels scientifique et matriel des Etats signataires de laccord
fondateur pour la recherche fondamentale sur la matire. Il y a aujourdhui
18 Etats membres. En outre, des partenariats ont t conclus par des
accords intergouvernementaux avec la Hongrie, lAllemagne, lEgypte, la
Serbie et lAfrique du Sud.
Ce centre se trouve Doubna, proche de Moscou. Notons que laccord
fondateur de lInstitut repose sur le principe du partenariat dgal gal
entre les Etats membres.
Au sein de ce centre se trouvent sept laboratoires, o travaillent prs de
5000 personnes. Les trois grands domaines de recherche thorique et
exprimentale assigns l'Institut sont ceux de la physique des particules,
de la physique nuclaire et de la physique de la matire condense.
Lun des aspects importants de lactivit de Doubna est son large
partenariat international : ce sont au total prs de 700 centres
scientifiques et universits de 64 pays diffrents qui sont partenaires du
Centre. Notamment, le Centre Europen de Recherche Nuclaire (le CERN)
est lun des partenariats les plus actifs, avec prs dune quinzaine de
projets communs. La coopration scientifique avec le CERN est ancienne.
Linstitut de Doubna participe au projet LHC, assure la construction
d'lments d'ATLAS, CMS et ALICE et prend part la cration du rseau
russe de traitement des donnes du LHC.
Autres structures
Skolkovo
Ce rcent projet (2010) Skolkovo illustre la politique russe de
modernisation de lconomie, o le soutien la R&D et linnovation dans
certains domaines est peru comme un levier dactions prioritaires. Il
bnficie dun important soutien du gouvernement, qui a dbloqu en
2011-2013 plus de 54 milliards de dollars pour le dveloppement de ce
centre de linnovation qualifi de Silicon Valley russe .
Ce centre est constitu de plusieurs composantes interconnectes : un
technoparc, une universit, une ville de linnovation, un centre de la
proprit intellectuelle, une universit ouverte et 5 clusters, dont un sur
les technologies nuclaires (hors racteurs).
60
Skolkovo en est ses dbuts et il est difficile de savoir sil deviendra un
acteur notable du nuclaire russe. Une coopration a cependant
commenc avec Rosatom sur les thmes de la gestion de linnovation et le
projet PRORIV. En novembre 2013 un accord a t sign entre le fond
Skolkovo et Rosatom : un centre de dmonstration des technologies de
Rosatom doit tre tabli Skolkovo afin de crer des synergies entre les
deux acteurs.
Universit MePhi
La principale universit offrant des formations dans le nuclaire est
lUniversit Nationale de Recherche Nuclaire (MePhi). Cette universit
accueille plus de 32 000 tudiants et possde 4 filiales (Obninsk, Sarov,
Snejinsk et Lessno). Elle possde plus de 150 laboratoires et dispose dun
racteur de recherche htrogne de type piscine, le IRT MIFI, et de 5
installations sous-critiques (Uranium-eau VVER, Uranium-eau UV-1,
Uranium-eau UV-2, Uranium-eau UVPSh mailles de rseau variables,
Uranium-graphite UG). Cette universit est galement trs proche de
Rosatom, avec lequel elle collabore sur de trs nombreux projets.
IV.4.2 Innovation au sein de la filire conventionnelle des VVER
Lvolution de la filire VVER est lune des orientations principale de
la R&D dans le secteur nuclaire russe. Cette dmarche prsente plusieurs
intrts. Dabord, cette filire a t une russite industrielle et
commerciale : 18 des 34 racteurs du parc nuclaire sont de ce type, et 38
VVER sont actuellement en exploitation ltranger. Ensuite, elle a su
dmontrer sa sret, qui a t continuement amliore depuis son
apparition. Enfin, la Russie dispose dune trs grande exprience dans la
conception et lexploitation des racteurs de ce type.
Linnovation au sein de cette filire peut tre divise en deux parties,
suivant lchance considre. A court terme, les pistes damlioration
suivies visent rpondre aux enjeux actuels de lindustrie nuclaire, et
la stratgie gnrale de Rosatom. Ainsi, lobjectif principal est de
dvelopper un produit comptitif lexport et apte permettre le
renouvellement du parc nuclaire russe rendu ncessaire par le retrait
dexploitation des RBMK qui se profile. Le projet VVER-TOI (voir VI.2.2)
devrait rpondre cette double attente. Toujours dans cette logique, des
tudes sur les VVER de grandes puissances (VVER 1200A, VVER-1500) ont
galement t menes par certaines entits de Rosatom. A plus long
61
terme, les impratifs sont diffrents : cest la fermeture du cycle et le
dveloppement dune filire adapte cette ambition qui constitue la
priorit. Pour linstant, ce sont les racteurs neutrons rapides qui
semblent tre priviligis pour jouer ce rle. Mais plusieurs concepts de
racteurs bass sur le principe des VVER, les Super VVER, sont tudis.
Cette dmarche ne semble pas avoir pour linstant les faveurs de
Rosatom, mais bnfice dimportants soutiens lInstitut Kourtchatov.
Enfin, une troisime piste dinnovation, dveloppe plus bas, est le
dveloppement de racteurs de faibles puissances (autre priorit de
Rosatom) partir de ces technologies. Ce type de racteur pourrait
rpondre des problmes dalimentation nergtique spcifiques
certaines rgions en Russie:
zones isoles ;
rgions quips de mauvaises infrastructures nergtiques
lieu o lacheminement de combustible est difficile
zone peu consommatrice dnergie
Arctique
Ces technologies prsentent donc un grand intrt dautant plus grand
pour la Russie quelles se basent sur des concepts de racteurs pour sousmarins, prouvs par de nombreuses annes sans accident.
Super VVER
Aprs le VVER-TOI, une avance supplmentaire dans le domaine des REP
est envisage par certains acteurs du nuclaire russe qui considrent que
le potentiel des VVER na pas encore t totalement exploit, thse
notamment dfendue par lInstitut Kourchatov. Ainsi, les Super-VVER (ou
VVER-S) sont des racteurs thoriques bass sur la technologie VVER,
mais rpondant aux exigences de la gnration IV. Le dveloppement de
ces VVER apparat dans certains textes de dfinition dorientation
stratgique jusquen 2011 mais nest dsormais presque plus mentionn.
La concurrence avec le projet Proriv laisse peu de place cette nouvelle
volution du VVER qui pourrait demander entre 10 et 15 ans de R&D
jusquau premier prototype. Notons cependant que Rosatom command
lIK une tude sur les solutions techniques et les perspectives pour les
Super-VVER.
Lappellation Super-VVER recouvre deux ralits diffrentes : un concept
volutif et un concept innovant, le VVER-SKD.
Lintrt du VVER-S est daugmenter de manire importante le taux de
combustion du combustible (0,7-0,8 contre 0,4 pour lAES 2006) et
62
lefficacit de lutilisation de luranium naturel (135 t/[Link] au lieu des
190-200 t/[Link] actuelles). La solution retenue est celle de la rgulation
spectrale : arriver un coefficient de surgnration de lordre de 0,9 grce
un durcissement du spectre. Ceci serait obtenu en modifiant le rapport
volumique modrateur/combustible, laide dlments mobiles pleins
entre les lments combustibles. Ainsi, les neutrons en excs se trouvant
absorbs par le U-238, permettraient la production de plutonium. Cela ne
permet pas de produire autant de combustible quun racteur neutrons
rapides, mais permet de rduire significativement la quantit duranium
utilis. Par ailleurs, cela rendrait inutile lutilisation de bore.
Le VVER-S est par ailleurs conu pour permettre lutilisation de
combustibles divers : 100% MOX (les autres racteurs thermiques en
utilisant gnralement 30-40% maximum), REMIX, U-233.
Dune manire plus gnrale, ces spcificits permettraient damliorer
srieusement la filire VVER, ainsi par rapport lAES 2006, le VVER-S
propose :
Une rduction du cot de construction
Une rduction de la consommation de combustible (conomie de
50% duranium avec 100% MOX, consommation de U-233)
Une rduction de la quantit de dchets liquides (absence de bore
dans le processus de contrle de la combustion)
La fermeture du cycle combustible
Concrtement, cette volution du VVER sappuie sur une modification des
assemblages de combustibles, des barres de contrle et de leur systme
de commande, et de diffrents lments du racteur (la gomtrie de
celui-ci devant aussi tre probablement modifie).
Reprenant toutes ces modification, le concept de VVER-SK sincrit
galement dans une dmarche de rupture technologique au sein de la
filire VVER. Linnovation sur laquelle repose ces racteurs thoriques est
lutilisation deau sur-critique, ce qui constitue lune des solutions retenues
pour la gnration IV. LInstitut Kourchatov a inclus ce concept dans son
tude sur les VVER du futur qui lui a t command par Rosatom.
Les avantages attendus dune telle technologie sont les suivants :
Rduction des cots du capital
Rduction de la dure de construction
Trs haut rendement (41-43%)
Haut facteur de reproduction (0,9-1,0)
Diminution de la consommation duranium
63
Dautres concepts de VVER sont galement en cours dlaboration : des
SMR de 300, 600 MWe, une version du VVER 1200 deux boucles, un
VVER 1500. Ce ne sont lheure actuelle que des projets papiers, certains
ayant t initis avant la chute de lURSS. Ils pourraient nanmoins
devenir des projets assez dtaills et vendables en quelques annes si
le besoin dlargir loffre des VVER se faisait sentir.
Malgr le choix actuel de faire des RNR la prochaine filire de racteur en
Russie, tous saccordent dire que les VVER auront la place centrale en
Russie et lexport jusqu' au moins 2030.
IV.3.3 Le projet Proriv, la gnration IV et la fermeture du cycle
combustible
La Russie tout comme la France a pour perspective stratgique la
mise en place dun cycle du combustible ferm : elle est actuellement un
des rares pays avec le ntre retraiter son CNU. Dans cette optique elle
sest fixe lambitieux objectif dexplorer trois filires de RNR caloporteur
mtal liquide : caloporteur sodium (RNR-Na), caloporteur
plomb/bismuth (RNR-PbBi) et caloporteur plomb (RNR-Pb).
Ces trois technologies de racteur font partie des technologies
dvelopper dans le cadre du PFS Technologies nuclaires de nouvelle
gnration . Dans le cadre de ce PFS, de son programme dactivit, des
projets de la commission prsidentielle pour la modernisation de la Russie
et le dveloppement de linnovation et de la stratgie nergtique russe
Rosatom, a lanc le projet Proriv qui doit dmontrer la faisabilit
technique et conomique de la fermeture du cycle combustible laide
des RNR de gnration IV et du complexe combustible associ.
Ce projet implique ainsi plus de 30 organisations et 1500 scientifiques. Son
comit de direction de Proriv au sein de Rosatom est dirig par M. Adamov
du NIKIET, et en 2012 Rosatom a cr une institution prive : le centre
pour linnovation et la technologie du Projet Proriv pour encadrer la
ralisation du projet.
Dimportants efforts sont dploys pour faire face ce que les directeurs
du projet dcrivent comme la principale problmatique dun projet dune
telle ampleur : la coordination efficace du projet. En 2011 a t cre le
comit de coordination du projet qui inclus REA, TVEL, lAcadmie des
Sciences, RTN. Il sagit dun comit technique pour ltude des questions
techniques et scientifiques, dont les principales fonctions sont de
concentrer les ressources pour la ralisation du projet et dviter les
doublons dans les travaux de R&D.
64
Les deux filires dveloppes dans le cadre de Proriv sont les RNR-Na et
RNR-Pb. Les RNR PbBi ne font pas partie de ce projet et sont dvelopps
dans le cadre du dploiement des SMR.
La filire caloporteur sodium est la plus avance en Russie : un racteur
de ce type est en cours de dmantlement au Kazakhstan (BN-350), un en
cours dexploitation sur la centrale de Beloyarsk (BN-600), un en cours de
dmarrage sur cette mme centrale (BN-800). En proie plusieurs
problmes
concernant
notamment
lutilisation
de
combustible
exprimental, il devrait dmarrer dbut 2017. Enfin, OKBM Afrikantov est
en traint de dvelopper un racteur plus puissant de la mme filire pour
un dmarrage lorigine prvu lhorizon 2020, le BN-1200. Il convient
de signaler qu partir davril 2015, en consquence des restrictions
budgtaires imposes par les difficults conomiques que traverse la
Russie, cette date limite a t retire. Cela revient peu de chose prs
un gel du projet BN-1200, au moins jusquau dmarrage et premiers
retours dexprience du BN-800.
Le BREST-300 est le racteur associ la filire plomb et son concept,
dvelopp par le NIKIET, date de lpoque sovitique et qui doit tre
construit sur le site du Combinat Chimique de Sibrie (CCS).
Dernirement, il a t relanc parce quil semble prsenter un grand
intrt du point de vue de la sret. En effet, au contraire de la filire
sodium et des problmes quelle rencontre (notamment lis la forte
ractivit de celui-ci), cette technologie doit permettre au contraire de
raliser un racteur naturellement sr , sans risque demballement de
la raction En revanche, aucun racteur de ce type na t construit pour
linstant. BREST-300 peut tre considr comme le cur du projet Proriv :
en effet, celui-ci prvoit de lui associer une structure de retraitement des
combustibles uss, de recyclage et de fabrication de combustible dense,
de faon obtenir un complexe de fermerture du cycle polyvalent sans
quivalent mondial. A noter, le choix le retraitement se fera par une
mthode hybride pyrochimique/hydrometallurgique. Lusine de fabrication
de combustible dense doit tre construite en 2018, tandis que le racteur
BREST-300 doit dmarrer en 2020. Le module de traitement des
combustibles uss, qui permettra la fermeture du cycle au sein de ce
complexe, sera achev en 2023.
Les rsultats de ce projet lheure actuelle sont les suivants :
La sret du BREST-300 t dmontre
Des bancs dessais pour le test des matriaux des composants du
BREST-300 ont t construits
Des expriences ont t menes sur des combustibles de nitrures
uranium/plutonium ont t effectus
65
Des assemblages de ce type combustible ont pu tre construits
Pour la premire fois dans le monde, ce type de combustibles a t
test au sein dun racteur (BN-600)
Les lments fondamentaux du processus de recyclage du
combustible us hybride (pyrochimique/hydrometallurgique) ont t
dvelopps
De nombreuses donnes ont t obtenues concernant le choix des
matriaux utiliss pour le stockage dfinitif (verres et minraux),
permettant denvisager le dveloppement des technologies de
fabrications de ces matriaux rapidement.
En mai 2015, ce projet a subit les consquences de la crise conomique
puisquune rduction de 10% de ses dotations a t dcide. Lune des
consquences et que Rosatom semble se tourner vers des investisseuers
trangers.
Le projet Proriv ne recouvre cependant pas la totalit des efforts de
recherche dans ce domaine. Comme dit prcdemment, le dveloppement
dune troisime filire nergtique base sur la technologie RNR-PbBi nen
fait pas partie. Le choix de cette filire sexplique par la grande exprience
de la Russie dans lutilisation de ces technologies dans le domaine de la
propulsion navale. En effet, ce type de racteur de propulsion a t
exploit avant 1990 sur les SNA de classe afla/lyra et leur prcurseur le
K27. Aujourdhui, un SMR se basant sur cette technologie est en cours de
dveloppement : le SVBR100. Sil nest pas rattach au projet Proriv, il
bnficie cependant dimportants fonds privs. A lorigine, la tte de srie
devait tre dmarre Dimitrovgrad aux alentours de 2016. Cependant,
bien que le SVBR-100 a obtenu une licence de Rostekhnadzor, Rosatom ne
communique plus sur ce projet depuis des mois, ce qui peut signifier quil
naboutira finalement pas.
En dehors du projet Proriv galement, une partie PFS sur les technologies
nuclaires de nouvelle gnration est consacre lutilisation progressive
de MOX dans les RNR et la cration de structures adaptes sa
production. De mme, la rnovation des capacits exprimentales, et
notamment la cration du racteur de recherche MBIR est un autre aspect
important de la recherche sur les RNR de ce PFS.
IV.4.4 Le dveloppement des centrales de petite et moyenne puissances
(SMR)
Les racteurs de faible et moyenne puissances constituent un autre enjeu
stratgique de premire importance pour Rosatom. Le dveloppement de
66
ce type de racteurs est soutenu par la corporation dEtat pour trois
raisons principales. La premire est lie aux spcificits gographiques et
dmographiques de la Russie. La majeure partie de la population et des
activits industrielles est concentre dans une zone relie au rseau
dalimentation lectrique centralis. Mais une part non ngligeable des
habitants (environ 10 millions) et de nombreuses ressources sont situs
dans des zones isoles, gographiquemet et nergtiquement. A lheure
actuelle, les solutions dalimentation lectrique, des moteurs diesel
principalement, sont trs peu rentables. Les centrales lectriques de
petites capacits pourraient ainsi permettre de fournir efficacement de
llectricit aux populations concernes, et faciliter lexploitation de
ressources pour le moment difficiles daccs. La deuxime raison est
lapprovisionnement de la zone arctique. Consquence du rchauffement
climatique, laccs cette zone est devenu ces dernires annes un enjeu
stratgique pour le gouvernement russe. En effet, la fonte des glaces rend
particulirement intressantes la route maritime du nord et certaines
zones riches en ressources, dsormais accessibles. L aussi, les SMR
constituent une solution prometteuse aux problmes dalimentation des
installations ncessaires la valorisation de cette zone. Enfin, la Russie
parie sur la croissance du march international des SMR, estimant que les
problmes dalimentation des zones isoles sont communs de nombreux
pays. Ces racteurs prsentent en outre des caractristiques intressantes
pour alimenter des usines de dsalinisation. Le leadership commercial sur
les marchs internationaux tant lune des principales ambitions de
Rosatom, le dveloppement de produits performants rpondant leurs
exigences est une priorit de la politique dinnovation de la corporation
dEtat.
Plusieurs pistes de recherche sont ainsi envisages simultanment, mais
le projet de centrale flottante KLT-40S est de loin le plus avanc. Une
centrale de ce type, Akademik Lomonossov , doit en effet entrer en
exploitation en 2019, Pevek, au Tchoukotka (sur la cte nord de
lextrme orient russe, voir carte) o elle doit remplacer les sources
lectriques actuelles, dont la centrale nuclaire de Bilibino. Gazprom a
dors et dj manifest son intrt pour ces centrales flottantes, tout
comme lexploitant nuclaire national chinois CNNC.
67
Figure 4.7 : Position de la centrale flottante Akademik Lomonosov
Ce projet est pilot par le bureau dtudes mcaniques OKBM Afrikantov
avec la paticipation dAtomenergoproekt, du MSZ de Nijni-Novgorod, du
bureau dtudes Lazurit et de lUsine Krasnoe Sormovo. La construction de
la barge et des infrastructures est dsormais assure par lUsine Baltique.
Linstallation turbine est fournie par lUsine de turbines de Kaluga. La mise
au point du projet est prise en charge par le bureau dtudes Iceberg.
La construction de la centrale, commence en 2007, tait ralise 75%
en fvrier 2015, et devrait tre acheve en 2016. Ce projet bnfice dun
soutien de la part de lEtat, qui a voqu en mai 2015 le versement de 5
milliards de roubles dici 2019 pour la construction des infrastructures
associes la centrale (le cot total est estim 37,5 milliards de
roubles). Ce soutien est important dans le contexte dimportante
contraction des capacits dinvestissement de Rosenergoatom. La piste
dune participation trangre (la Chine a t voque pour la construction
de la partie non nuclaire de linstallation) est galement discute.
Dun point de vue technique, le racteur eau pressurise retenu pour la
centrale sappuie sur une technologie bien connu des industriels russes,
puisquil sagit dun driv de celui utilis pour la flotte de brise glace
nuclaire russe. Celui-ci pourra atteindre la puissance maximale de 35 MW
et la centrale sera quipe par deux racteurs de ce type.
Dans la mme gamme de puissances, on trouve le projet SVRB-100,
voqu en V.4.3, qui sappuie galement sur des technologies de
propulsion marine. Les informations sur le dveloppement de cette filire
se sont namoins faites rares depuis quelques mois.
68
Lautre projet de SMR bas sur un concept de racteur neutrons rapide
est le BREST-300. A la diffrence du SVBR-100, il sagit dun projet sur
lequel Rosatom communique particulirement, ce qui laisse penser quil
finira par tre ralis. Nanmoins, le projet qui doit suivre BREST-300 le
plus frquemment voqu est BREST-1200.
Dans la gamme des petites et moyennes puissances, la filire VVER, la
plus classique du parc nuclaire russe, est la base de diffrents projets de
racteur. Le plus avanc dentre eux est le VVER-600, port par
Gidropress. Ce projet entre concurrence avec le VBER-600 dOKBM
Afrikantov, galement bas sur une technologie de racteur de propulsion
navale. Ces deux projets sappuient ainsi sur des technologies ayant fait la
dmonstration de leur fiabilit, et sont particulirement adapts
lalimentation de zones isoles ou quipes dinfrastructures de rseau
peu dveloppes. Ils cherchent donc tre retenus pour quiper la
centrale Kola-II (attendue pour 2025), avant dinvestir les marchs
internationaux.
Ces deux compagnies dveloppent par ailleurs diffrentes solutions de
racteurs qui pourraient dboucher sur des projets concrets lavenir.
OKBM Afrikantov travaille ainsi notamment sur une offre exhaustive de
racteurs pour lexploitation de la zone arctique avec notamment:
ABV-6M : Ancien projet sovitique des annes 1980, repris et finalis
en avril 2015 dans le cadre dun contrat entre OKBM et le ministre
de lindustrie et du commerce. Dune puissance de 3 6 MWe, il
pourrait quiper des centrales terrestres, flottantes, sous-marines,
des sous-marins de forage et des bateaux auxiliaires ;
VBER-300 : Variante du VBER-600 dune puissance de 150 300
MWe, pour les centrales terrestres et flottantes ;
RITM-200M : Variante du RITM-200 utilis pour la nouvelle flotte de
brises glaces nuclaires. Produisant jusqu 40 MWe, il pourrait tre
utilis pour des centrales terrestres, flottantes, sous-marines et des
bateaux auxiliaires.
Le projet de racteur caloporteur hlium et modrateur graphite GT-MHR
(285 MW), men en coopration avec lamricain General Atomics, a t
suspendu en avril 2015.
La mme approche est adopte par Gidropress, qui propose des concepts
adapts des problmatiques plus larges :
VVER-640
69
SVBR-10 : variante rduite du SVBR-100 dune puissance de 10
MWe ;
ANGSTREM :
Centrale modulaire transportable cognration
dune puissance de 6 MWe caloporteur plomb/bismuth.
Le NIKIET, enfin, a sa propre gamme de produits en dveloppement, lis
notamment la production de chaleurs. Ainsi on trouve les projets de
racteurs pour centrales cognration (VK-300, VRK-100), chaleur
(RUTA) ou polyvalentes (chaleur ou electricit : GREM, UNITHERM, NIKA)
IV.4.5 Le dveloppement des capacits exprimentales de recherches
La Russie a hrit dimportantes installations de recherches prsentes en
URSS : elle possdait notamment en 2012 le plus grand nombre
dinstallations de recherches nuclaires au monde, soit 20%. Ainsi, entre
les racteurs de recherche, les installations critiques et les installations
sous-critiques, ce nombre slevait 72. Rosatom possde plus de la
moiti dentre elle. Le gouvernement russe le tiers (dont 20 pour lInstitut
Kourtchatov seulement). Le tableau 4.4 consigne les racteurs de
recherches oprationnels actuellement.
Ce parc est vieillissant (bon nombre des racteurs de ces installations ont
t construits dans les annes 1960), et a souffert des difficults
rencontres par ce secteur dans les annes 90 qui ont entrain la
dgradation dune partie des installations existantes et le gel des projets
de renouvellement alors en cours. En consquence, le parc de racteurs
de recherches russe est amen se rduire grandement entre 2020 et
2025, avec larrt dun nombre important dentre eux.
Les acteurs de la R&D russe ont ainsi mis en place 3 chantiers afin de
garantir lavenir du parc de racteurs de recherche :
La rnovation (et la modernisation) des installations dsuettes
Loptimisation des capacits exprimentales existantes dans la
perspective de la ralisation des objectifs gnraux de lindustrie
nuclaire
Le retour sur le march mondial des racteurs de recherche
Tenant compte de ces exigences, le PFS Technologies nuclaires de
nouvelle gnration alloue environ 34 milliards de roubles au
dveloppement des installations exprimentales. Il convient de noter que
70
prs de la moiti de cette somme est allou au projet phare en la matire,
le racteur neutrons rapide polyvalent MBIR.
Nom
Centr
e
Affili
Db
ut
Puissanc
e
Fonctions & domaines dtude
SM-3
RIAR
Rosato
m
1961
100 MW
Tests matriel/combustible, recherche innovante, analyse p
MHR
RBT-6
RIAR
Rosato
m
1975
6 MW
Tests matriel/combustible, production disotopes, analyse
MIR.M1
RIAR
Rosato
m
1966
100 MW
Tests matriel/combustible, production disotopes, analyse
RBT-10/2
RIAR
Rosato
m
1983
7 MW
Tests matriel/combustible, production disotopes, thrapie
BOR-60
RIAR
Rosato
m
1969
60 MW
Tests matriel/combustible, Recherche innovante, productio
lectrique, tests de matriaux pour ITER et GenIV
VK-50
RIAR
Rosato
m
1964
200 MW
Tests matriel/combustible, analyse par activation, formatio
BARS-6
IPPE
Rosato
m
1964
0,010
MW
Etudes sur les lasers pompage nuclaire
IVV-2M
IRM
Rosato
m
1966
15 MW
Tests matriel/combustible, production disotopes, Diffusion
BARS-4
NIIP
Rosato
m
1980
0.010
MW
Radiorsistance des systmes lectroniques strilisation de
VVR-c
NIFHI
Rosato
m
1964
15 MW
Production disotopes, transmutation, formation
GIR-2
VNIIEF
Rosato
m
1992
0.001
MW
Rsistance aux rayonnements et radiosret, source gamm
BIGR
VNIIEF
Rosato
m
1976
0,5 MW
Tests comportement combustible, tudes sur les lasers p
BR-1M
VNIIEF
Rosato
m
2007
0.005
MW
Rsistance aux rayonnements, tudes de sret
BR-K1
VNIIEF
Rosato
m
1986
0.010
MW
Rsistance aux rayonnements, talonnage de dtecteurs
VIR-2M
VNIIEF
Rosato
m
1979
0.025
MW
Rsistance aux rayonnements, tudes sur les lasers pom
BARS-5
VNIITF
Rosato
m
1986
0.010
MW
Etude du cur mtallique des racteurs impulsion, radio
IGRIK
VNIITF
Rosato
m
1975
0.030
MW
Tests matriel/combustible, tudes des racteurs, radiorsi
EBR-L
VNIITF
Rosato
m
1981
0.005
MW
Etudes sur les lasers pompage nuclaire
YaGUAR
VNIITF
Rosato
1988
0.004
Tests matriel/combustible
71
MW
IBR-2M
JINR
MES
2011
2 MW
Tests matriel/combustible, diffusion neutronique, radiogra
nuclaire, biologie, chimie
IRT MIFI
MEPhI
MES
1967
2,5 MW
Tests matriel/combustible, production disotopes, Diffusion
activation, transmutation, formation
IRT-T
FTI
TPU
MES
1967
6 MW
Production disotopes, radiographie neutronique, thrapie n
formation, physique nuclaire, test non-destructif, radiolog
dchantillons cryogniques
Gamma
CNR
IK
Gouv.
1981
150 MW
Formation, analyse de bruits et diagnostiques informatiss
Argus
CNR
IK
Gouv.
1981
0.020
MW
Production disotopes, radiographie neutronique, analyse p
Gidra
CNR
IK
Gouv.
1971
0.010
MW
Tests matriel/combustible, production disotopes, radiogra
physique nuclaire
F-1
CNR
IK
Gouv.
1946
0.024
MW
Analyse par activation, formation, talonnage et tests : dt
OR
CNR
IK
Gouv.
1988
0,003
MW
Tests matriel/combustible, formation, tude de pntratio
IR-8
CNR
IK
Gouv.
1981
8 MW
Formation, physique nuclaire, test matriel/combustible,
VVR-M
PNPI
MI
1959
18 MW
Diffusion neutronique, production disotopes, analyse par a
matriel/combustible, transmutation, gochronologie
Tableau 4.4 : Liste des racteurs de recherches en Russie
72
MBIR est un racteur neutrons rapides et caloporteur sodium dune
puissance de 150 MW, dont le dmarrage est prvu pour 2020 sur le site
du RIAR, Dmitrovgrad. 4 filiales de Rosatom ont t associes sa
conception : NIKIET (Concepteur en chef), IPPE (Directeur scientifique),
VNIPIET (Architecture) et RIAR (Oprateur).
Lide lorigine de ce projets est double. Dabord, il sagit de succder au
racteur de recherche neutrons rapides BOR-60, qui arrive au terme de
son exploitation (renouvel pour 5 ans jusquen 2015), en assurant la
continuit des programmes de recherche qui y sont actuellement mens.
Dans le mme temps, MBIR est un racteur de recherche de nouvelle
gnration, dont la grande polyvalence doit en faire une pice matresse
du parc de capacits exprimentales associs au dveloppement des
nouveaux concepts de racteurs, court et long termes. Cette
polyvalence sera notamment assure par lamlioration du flux
neutronique, et la qualit et quantit des dispositifs exprimentaux dont
il disposera. Ainsi, diffrentes boucles permettront ltude des caloporteurs
plomb, plomb/bismuth et gaz. Il sagira galement du plus puissant
racteur de recherche au monde. Pour toutes ces raisons, il sera loutil
indispensable de qualification de matriaux et combustibles pour les
racteurs neutrons rapides BREST-300, BN-800 et BN-1200. Le choix
dune temprature darrive de 330C permettra de plus de mener des
tudes pour la filire VVER. Rosatom insiste galement sur sa volont de
donner ce racteur une dimension internationale, en accueillant des
expriences menes par des organismes trangers, dans le cadre du futur
Centre International de recherches partages (ISRC), qui sera associ au
MBIR. Des accords avec la France et les USA ont t signs dans ce sens.
Le cot total du projet est de 1 milliards de dollars. 300 millions
proviennent du PFS sur le nuclaire de nouvelles gnrations.
Plusieurs points orientent la conception de ce racteur :
Rduction de la consommation de combustible ;
15
2 1
Flux neutronique important (suprieur 5,5 10 cm s , atteint
la temprature la plus basse possible ;
Utilisation de boucles indpendantes afin de permettre lutilisation
de diffrents modrateurs ;
Importance de la coopration internationale, de la conception du
racteur la dfinition des programmes de recherche ;
Sret accrue.
Les domaines dtudes de MBIR suivants ont t retenus:
Test dirradiation de matriaux de structures avancs soumis un
important flux neutronique (5
, 5 1015 cm2 s1 ) ;
Etude de nouveaux types de combustibles nuclaire et matriaux
absorbants, pour les racteurs neutrons rapides et thermiques ;
Tests et essais de diffrents composants (combustibles,
assemblages, absorbants) pour les racteurs de nouvelles
gnrations (filires sodium, mtaux lourds, gaz, sel fondu) ;
Recherche portant sur de nouveaux caloporteurs ;
Etude de combustible MOX ;
Etude du comportement du combustible en condition transitoire,
cycliques, ou doprations durgence ;
Possibilit de retraitement pyrochimique du combustible ;
Tests neutroniques, thermo-hydraulique etc. de vrification des
codes de calcul ;
Test et validation de nouveaux types de composants de systmes
associs des processus secondaires (instruments, monitoring,
control, diagnostique etc.) ;
Etude des problatiques lies la fermeture du cycle (combustion des
actinides, transmutation des produits de fission longue dure de
vie etc.) ;
Production diffrents radioisotopes et matriaux modifis (siliciums
dops aux neutrons notamment) ;
Recherche applique associe aux faisceaux de neutrons
(neutrographie, tomographie) ;
Utilisation de faisceaux de neutrons des fins mdicales ;
Production dlectricit envisage ;
En avril 2014, AEM Technology (filiale dAtomenergomash) a t dsign
pour la construction du racteur et des internes, tandis que le gnie civil
sera fait par la compagnie Ouralenergostro. Les travaux de conception du
racteur ayant t achevs, RIAR a obtenu en mai 2015 la licence de
construction de Rosteckhnadzor. Le premier bton devrait tre coul
durant lt 2015.
Aprs MBIR, une partie importante des financements du PFS consacrs aux
installations de recherches est affecte la modernisation et la
rnovation de diverses installations de recherche consacres au
dveloppement des racteurs neutrons rapides, la fermeture du cycle
et la matrise des technologies de fusion nuclaire contrle. Enfin, la
construction du complexe de sciences de la fusion nuclaire Bakal , la
reprise de la construction de lacclrateur de proton de Protvino et la
remise niveau et la rnovation de lacclrateur lectrostatique sont les
autres principaux
recherches russes.
projets
de
dveloppement
des
installations
de
Au del des projets voqus dans ce PFS, qui concerne essentiellement les
racteurs de gnration IV et la fusion nuclaire, dautres racteurs sont
en cours de rnovations ou en chantier. Ainsi, le dmarrage du racteur
PIK sur le site de Gatchina est lun des principaux projets de lInstitut
Kourtchatov.
PIK est un racteur stationnaire de 100 MW, dont les domaines dtudes
sont associs aux faisceaux neutroniques. Ce racteur, conu par le NIKIET
sous la direction scientifique du PNPI (qui en sera loprateur) est issu dun
projet dmarr en 1976. Arrt aprs laccident de Tchernobyl, sa
construction sest acheve en 1994, et sa divergence a t atteinte en
2012. A lheure actuelle, la mise en service complte du racteur est
prvue pour 2020. En effet, de nombreux travaux ont t confis la
socit Titan-2 afin dobtenir le complexe oprationnel le plus performant
possible. Ces travaux concernent en particulier la modernisation des
systmes techniques permettant lexploitation du racteur, la rnovation
du complexe de laboratoires de recherche associs et lintroduction
dquipements modernes. Lobjectif est dobtenir une installation mme
de garantir un haut niveau de sret et une grande attractivit pour la
communaut scientifique internationale.
PIK, comme MBIR, est en effet conu comme une installation de haut
niveau permettant de raliser des expriences uniques au monde, et
sinscrivant dans une dynamique internationale. LInstitut Kourtchatov
sest ainsi associ en 2014 avec le centre de recherche allemand Jlich et
cherche dautres partenaires scientifiques pour ce projet.
Dun point de vue technique, il sagit dun racteur piscine caloporteur
eau lgere et rflecteur eau lourde, utilisant 27 kg de combustible
duranium enrichi 90%. Le spectre dnergie des neutrons quil propose
est extrmement large (des neutrons de fissions aux neutrons ultra froids).
Ce racteur sera galement la source neutronique possdant la plus
grande puissance et le plus important flux neutronique.
Le racteur constituera le centre national de recherche neutronique, et
permettra de mener des tudes dans diffrentes directions. En physique
fondamentale, la physique nuclaire et la physique des particules ainsi
que la physique de la matire condense feront partie de son spectre
dtude. En termes de recherche applique, PIK permettra de faire des
recherches dans diffrents domaines de ltude des matriaux
(magntisme, nanoproprits, rsistances aux rayonnements etc.), mais
permettra galement de produire des tudes pour Rosatom dans les
domaines suivants :
Changement de proprits des matriaux sous leffet dirradiations
Transmutation des produits de fissions dans les combustibles uss
Dynamique de laccumulation de produits et fragments de fissions
Utilisation daciers peu activs au sein des centrales nuclaires
Neutrographie des contraintes intrieures des mtaux
Etudes des matriaux supraconducteurs hautes tempratures
Ce racteur sera galement utilis comme source disotope.
Dautres racteurs de recherches sont engags dans des processus de
rnovation et de modernisation. Cest le cas par exemple du racteur de
lUniversit de Tomsk IRT-T, qui a bnfici de 147 millions de roubles du
PFS Recherche et dveloppement dans les domaines prioritaires du
complexe scientifique et technologique Russe pour la priode allant de
2014 2020. Ces travaux doivent permettre de dlever la puissance du
racteur de 1 MW 6 MW, de prolonger sa dure de vie jusqu 2034 de
signficativement augmenter sa productivit (en terme de production
isotopiques mais de recherche) et dlargir les champs de recherche
possible. De mme, ce mme PFS dote lInstitut Kourtchatov de 165
millions de roubles pour moderniser le racteur IR-8.
Il convient de remarquer que les efforts des acteurs russes dans le
domaine de la conception de nouveaux types dinstallations de
recherches, et en particulier, de racteurs de recherches ne sont pas
uniquement lis au dveloppement du parc nuclaire russe. Ces
technologies dfinissent un march croissant qui attire particulirement
lattention des concepteurs comme NIKIET ou NIAEP ASE. Celui-ci avait
ainsi estim en 2013 que le march des racteurs de recherche en
exploitation et en construction tait de 248 racteurs dans 55 pays, dont
35% sont bass sur des technologies et concepts russes. Ce point est
trait plus largement en V.7.3.
IV.5 MODERNISATION DES AFFAIRES
IV.5.1 Loptimisation du systme de production et du management
A cot des innovations strictement techniques et des efforts
soutenus de Rosatom sur le plan commercial, lamlioration des conditions
de production et du systme de management est lun des chantiers
majeurs de Rosatom dans sa dmarche damlioration de la comptitivt.
Cette optimisation est caractrise par la mise en place dun systme de
production spcifique, implment dans plus de 30 filiales, le Systme de
Production Rosatom (SPR). Ce systme reprend les principes du lean
manufacturing et sinspire ainsi grandement du Systme de Production
Toyota. Il a donc pour objectif de minimiser les pertes de toutes natures
apparaissant dans les processus productifs et commerciaux et vise
lamlioration continue. Dernirement, les efforts ont principalement
ports sur la rduction des stocks, laugmentation de la rentabilit du
travail, la diminution des dlais et la baisse des cots des produits euxmmes.
Comme son modle, le SPR sappuie sur la participation des employs et
lchanges de bonnes pratiques. Les solutions dveloppes dans le cadre
des SPR ont ensuite vocation devenir des standards pour les diffrentes
filiales de Rosatom qui peuvent les appliquer. En 2013, 84 projets
sectoriels et 380 projets locaux (propres un centre de production) ont t
dvelopps dans ce cadre. En 2014, les efforts ont ports sur
loptimisation des processus de comptabilit et des systmes
dinformations.
La mise en place des SPR a des consquences concrtes. Dans son rapport
annuel sorti fin 2014, Rosatom dcrit les gains d limplmentation des
projets SPR dans ses diffrentes branches dactivits. Ainsi, ceux-ci
slevaient 108 millions de roubles pour ARMZ, 340 millions de roubles
pour TVEL et 198 millions de roubles pour Rosenergoatom.
IV.5.2 Le systme dachat de Rosatom
Dans le cas de Rosatom, lapprovisionnement est une activit
complexe et engage des sommes importantes : en 2014, Rosatom et ses
organisations ont organis sur leurs propres fonds plus de 37,366 appels
doffres reprsentant une somme totale de 432 milliards de roubles. 1/3 de
cette somme tait consacr des projets lexport et le reste concernait
des projets sur le sol russe. En 2015, le programme dachats devrait
slever 600 milliards de roubles. Lvolution du systme dachat
constitue donc un axe important dconomie et de modernisation des
activits commerciales de Rosatom. Deux entreprises de Rosatom ont t
dsignes pour la gestion des procdures dachats des clients internes.
Atomkomplet ralise les achats pour des valeurs suprieures 100
millions de roubles, et DEZ est lorganisation en charge des achats long
dlai pour les quipements de centrales.
La modification du systme dachat rpond plusieurs besoins : dabord,
elle permet daligner les pratiques de la Corporation dEtat sur les
nouvelles dispositions lgislatives encadrant cette dactivit. Mais surtout,
ces changements ont vocation faire correspondre les modes de
fournitures avec les nouveaux enjeux de la Corporation dEtat. En
particulier, le dynamisme lexport de Rosatom impose une importante
cadence de production qui ne peut lheure actuelle tre atteinte par les
fournisseurs traditionnels de Rosatom. Pour 2015, Rosatom value ses
besoins en approvisionnement 833 millions de roubles (soit prs du
double de 2014). En outre, la moiti de cette somme correspond des
projets lexport. Face cette importante volution des besoins en
approvisionnement, en termes de volumes et dutilisation, louverture de
la corporation dEtat de nouveaux fournisseurs est ncessaire. Par
ailleurs, les dernires volutions du systme dachats ont pour objectif de
faire baisser les prix en faisant du cot un paramtre essentiel de la
slection lors des appels doffre. Enfin, la lutte contre la corruption, dcrite
en IV.5.3, est galement facilit par la rforme de ce systme.
Dun point de vue lgislatif, les achats de Rosatom sont encadrs par deux
lois rcentes :
La loi Fdrale N44-FZ Sur le systme de contrat dans la sphre
des achats de biens et services pour les besoins gouvernementaux
et municipaux
La loi Fdrale N223-FZ Sur les achats de biens et services pour
diffrents types de personnes morales
Cest dans le cadre de cette seconde loi quest effectue la plupart des
achats. Cest en effet en lappliquant que Rosatom a cr le Systme
unique et standardis de passation de march de Rosatom (EOSZ). Ce
systme est gr et contrl par quatre organes : la Commission dachat
de Rosatom, le dpartement de contrle interne et daudit de Rosatom,
Comit darbitrage de Rosatom et le Comit de contrle.
Ce
systme
a
subi
dimportants
changements
dernirement:
rationalisation, simplification et rigidification des rgles dachats. Ainsi, la
rduction des dures des processus dachat (par luniformisation des
exigences) et du nombre de fournisseurs intermdiaires, laugmentation
de la concurrence (par louverture de nouveaux fournisseurs) sont les
moyens employs pour rduire les cots. Dans le mme temps, la
clarification de la dfinition des exigences et la mise en place de
contraintes importantes sur les capacits matrielles et humaines ainsi
que sur lexprience des fournisseurs potentiels permettent de sassurer
un apprivisionnement la hauteur des attentes de Rosatom. La
modernisation du systme dachat est galement un point important de la
lutte contre la corruption dans laquelle sest engage la corporation dEtat.
Notons que les fournisseurs eux mmes sont invits suggrer des
amliorations ce systme.
Ces modifications ont un effet conomique non ngligeable : grce cela,
Rosatom estime avoir conomis 120 milliards de roubles entre 2009 et
2014.
Cette volution permet galement de diversifier les fournisseurs : en
particulier, Rosaom souhaite augmenter les apprivisionnements provenant
de petites et moyennes entreprises, en concordance avec lorientation
gouvernementale donne en 2013. Daprs la corporation dEtat, ces
fournisseurs permettent dobtenir une plus grande scurit en matire de
paiements et de performances, la participation des PME tant encadre
par un systme daccrditation spcifique. Ainsi, en 2015, la part de ces
sous-traitants dans les approvisionnements de Rosatom devrait tre de
18%. De la mme faon, la mise en place depuis 2011 dun systme
simplifi pour les fournisseurs locaux permet de limiter les cots de
transport.
Les derniers efforts de modernisation de ce systme dachat portent sur la
mise en place de nouveaux moyens de gestion des besoins consolids des
entreprises de Rosatom, permettant la standardisation et la mise en place
dachats portant long terme dquipements et de matriaux
frquemment utiliss dans lindustrie nuclaire. En particulier, Rosatom
travaille la dtermination dune mthodologie unife destimation des
dures de vie des produtits et des cots de leur cycle de vie. Le passage
des contrats de longue dure sur des produits plus standardiss permet de
fixer les prix, contrler la qualit, uniformiser les spcifications des
produits achets, diminuer le nombre de recours contre les procdures
dachat et rduire les stocks par une plus grande matrise de la chane
dapprivisionnement. La dfinition dobjectifs pour le systme dachat en
fait un outil de soutien de linnovation : moyen terme, 20% des achats
de Rosatom doivent concerner des produits innovants.
Cette russite est reconnue par les autorits russes : le service fdral
anti-monopole de Russie dclarait fin 2014 quil souhaite recommander
EOSZ comme tant un exemple de bonne pratique de la conduite des
activits de passation de marchs pour les socits d'tat et autres
grandes entreprises publiques .
IV.5.3 La lutte contre la corruption et laugmentation de la transparence
Dans un domaine sensible comme le nuclaire, une gestion affaiblie
par la corruption peut avoir des consquences dsastreuses, tant du point
de vue du risque industriel quconomique ou commercial. Conscient de
cela, Rosatom a fait de la lutte contre ces pratiques une priorit de sa
politique de gestion.
En 2010, une Commission pour le rglement des conflits dintrt avait
t tablie conformment aux dispositions de la loi Fdrale N273-FZ
Sur la lutte contre la corruption . Plus rcemment, cette dmarche sest
appuye sur le cadre dfini par le gouvernement au travers du dcret N
309 Concernant la mise en uvre de certaines dispositions de la loi
fdrale Sur la lutte contre la corruption de 2013. Ainsi,
conformment celle-ci :
Rosatom a dfini une structure spcifique, le Dpartement de
protection des biens, qui a t nomm, avec dautres responsables
de Rosatom, en charge de la lutte contre la corruption.
Une commision dobservation du respect des exigences concernant
la conduite professionnel et le rglement des conflits dintrts a t
mise en place.
La modification dune liste des personnes occupants les principaux
postes de lentreprise a t approuve, afin dy inclure des
informations concernant leur revenu, leur patrimoine, les dettes qui
y sont associes et ceux de leur pouse et enfants mineurs.
Une procdure de vrification de ces informations ainsi quun
rglement encadrant leur accs ont t introduits.
Une formation spcifique englobant notamment la lutte contre la
corruption a t mise en place (en 2013, 93 employs ont t
concerns).
Une hotline anti-corrpution t mise disposition des employs de
Rosatom comme des particuliers, organisations ou tats. Cet
lment cl du systme de lutte a reu plus de 500 plaintes en 2014
(en hausse par rapport 2013, avec une forte baisse des
dclarations anonymes).
Il convient de remarquer que dans le cas o une des actes de corruption
sont mise en vidence, la politique de Rosatom est de divulger toutes les
informations possibles aux procureurs et de les publier avec les dcisions
de justice rendues par les tribunaux. En 2014, cest ainsi 300 documents
qui ont t fournis aux autorits judiciaires. Ce parti pris, sil prsente un
risque du point de vue rputationnel, semble avoir un effet positif en
soulignant le srieux de Rosatom dans sa lutte et la logique de
transparence dans laquelle souhaite se placer la corporation dEtat.
Au total, les conomies associes ces mesures de prvention et de
rpression slvent 5,1 milliards de roubles. Ces bons rsultats on peu
peu fait de Rosatom le modle de lutte contre la corruption devant inspirer
les autres corporations dEtat. Cest notamment lavis de lONG Comit
national anticorruption qui en fvrier 2015 dclarait que Rosatom tait la
seule structure de ce type a possder un rel plan de lutte contre ce
phnomne ayant dmontr son efficacit. En janvier 2015, M. Kirienko
avait dj fait valoir la disponibilit de Rosatom pour partager ses bonnes
pratiques avec lagence spatiale russe, Roscosmos.
Les moyens de luttes contre la corruption sont encore en train de se
dvelopper. En mai 2015, Rosatom a publi une liste de postes de haut
niveau pour lesquels il est dsormais interdit de possder un compte
ltranger.
IV.6 STRATGIE COMMERCIALE
Les annes 2000 ont t marques par une importante
rorganisation de lindustrie nuclaire et le dveloppement de nouveaux
racteurs, bass sur des technologies prouves mais prsentant des
innovations qui en font des produits srs et comptitifs. Les annes 2010
se caractrisent par limportance stratgique que reprsentent les
marchs extrieurs. Lexport de racteurs de puissances, racteurs de
recherches, combustibles et autres technologies nuclaires est
actuellement, et a fortiori dans le contexte de difficult conomique
actuelle, la principale priorit de Rosatom. Sur les 16 milliards de dollars
de recettes en 2014, 5 milliards proviennent de lexport.
En 2015, Rosatom annonce un portefeuille de commandes sur 10 ans de
plus de 29 projets de construction de racteurs pour 66 milliards deuros
et se trouve engag dans la construction de 5 tranches nuclaire dans le
monder entier. Les chiffres des ventes des services denrichissement (36%
du march mondiale, portefeuille de commande de 21,8 milliards de
dollars), de combustibles (17% et 13,6 milliards de dollars), disotopes et
autres productions de lindustrie nuclaire russe sont galement
significatifs.
Le directeur gnral adjoint en charge du Business international, K.
Komarov affirme qu moyen terme, Rosatom aura un portefeuille de
projets lexport comptant plus de 60 racteurs. TVEL, la holding de
Rosatom estime pour sa part pouvoir atteindre 22% des parts du march
mondial du combustible dici 2030. Ainsi, lun des objectifs stratgiques de
Rosatom est de faire au moins 50% de son chiffre daffaire ltranger et
que 25% du chiffre daffaire total soit gnr par des actifs trangers la
socit dici 2030.
Cette russite et cette ambition est soutenue par une stratgie
commerciale prcisment dfinie, qui sarticule en plusieurs volets. Cette
partie ne traite principalement de la principale activit commerciale de
Rosatom : la vente de racteurs (de puissance et de recherche). Les autres
aspects commerciaux sont traits dans les sous parties des chapitres
consacrs.
IV.7.1 Prospection et marchs prioritaires
Rosatom sintresse principalement deux marchs : le premier,
classique, est constitu des pays de lEurope de lEst et des autres pays
ayant dj t quips par des racteurs de design russe. Cest
notamment le cas de la Hongrie, de la Rpublique Tchque, de la
Slovaquie ou de la Bulgarie. Dans le domaine nuclaires, les liens avec ces
pays sont naturels et il sagit avant tout pour Rosatom de conserver ces
marchs au moment o certains de ces pays ont annoncs vouloir
renouveller une partie de leur parc de racteurs. Le second est constitu
de pays nouveaux entrants dans le domaine nuclaire, souvent
mergents, auxquels la corporation propose une offre transversale et
personnalise.
Ainsi, Rosatom a mis en place une structure adapte ces ambitions.
Dabord, la coproration dEtat possde un bloc Dveloppement et
business international distinct du Bloc Relations internationales .
Cette instance centralise les efforts de Rosatom dans ce domaine, mais en
dehors de son contrle direct, plusieurs structures dans le giron de
Rosatom facilitent les relations commerciales avec les partenaires
internationaux. Ainsi, Rosatom a, depuis plusieurs annes dj, plac des
conseillers en ambassade dans les pays stratgiques. Cette structure
coexiste partiellement en parallle du Rseau international Rusatom ,
constitu de reprsentations locales de Rosatom dployes dans les
rgions prsentant un intrt majeur du point de vue des possibilits
commerciales ou de coopration. A lheure actuelle, cette compagnie
rassemble :
Rosatom Central Europe : bas Prague, avec pour domaine de
comptence lEurope centrale
Rosatom Eastern Europe : Kiev, Europe de lest
Rosatom France : Paris, Europe de lOuest
Rosatom Asia : Singapour, Asie du Sud Est
Rosatom Central : Astana, Asie centrale
Rosatom Africa : Johannesbourg, Afrique du Sud et centrale
Rosatom Amrica Latina : Rio de Janeiro, Amrique Latine
La compagnie prvoit douvrir bientt dautres bureaux au Moyen-orient et
en Chine. Il convient de remarquer que cette deuxime structure, de
nature plus commerciale, tend supplanter le rseau de conseillers en
ambassades en cas de doublon, comme ce fut le cas en France aprs une
brve pirode dexistence commune.
IV.7.2 Acteurs de lexport des technologies nuclaires civiles russes
Afin de soutenir son dynamisme lexport, Rosatom a mis en place
plusieurs compagnies suivant un dcoupage fonctionnel. La ralisation de la
quasi-totalit des projets de construction de centrales lexport est confie au
groupe NIAEP-ASE. Cette structure est issue de la fusion dAtomstroexport avec
Atomenergoproekt de Nijni Novgorod, auquel a t rattach Atomenergoproekt
de Moscou. Ces rapprochements ont t effectus afin dunifier la division
ingnierie de Rosatom. A lheure actuelle, NIAEP-ASE compte 20 000 employs et
dispose de 24 branches (dont 4 ltranger) et de 11 bureaux de reprsentation
dans le monde. Le groupe possde un certain nombre de filiales lui permettant de
faire lui mme la conception (NIAEP, AEP), la construction (NIKIMT-Atomstroy,
Energospetsmontaj, etc.). Enfin, avec le rachat de la socit allemande NUKEM
technologies, ASE dispose galement de comptences dans le domaine de la
gestion des dchets nuclaires et celle du combustible us, ainsi que dans le
dmantlement. Le portefeuille de commande du groupe est principalement
compos de projets internationaux (80%), et cette compagnie dtient galement
31% du march de la construction de centrales nuclaire mondiale.
Depuis 2011, la socit Rusatom Overseas est une interface importante du
commerce international. Cest cette socit de Rosatom qui adapte loffre
complexe de Rosatom aux exigences de clients, ralise les projets de
construction de centrales ltranger notamment de type ConstructionPossession-Exploitation (BOO) et gre le Rseau international Rusatom.
Nanmoins, en juin 2015, la coorporation dEtat a annonc la scission de
Rusatom Overseas en 3 nouvelles entits. La premire, Rusatom Overseas
Inc, reprendra la mission de promotion de loffre exhaustive de Rosatom.
La seconde, Rusatom International, sera responsable de la construction et
de lexploitation pour les projets de centrales de type BOO. La dernire
compagnie, dont le nom na pas t annonc, dveloppera les marchs de
technologies nuclaires pour dautres applications que la production
nergtique.
Rosatom a galement cr en 2011 Rusatom Service, qui centralise pour
lexport les services des compagnies de Rosatom pour les centrales
nuclaires de type VVER. Cette socit fait ainsi le lien entre des clients
trangers, auxquels elle propose des offres intgres et personnalises, et
des acteurs de lindustrie nuclaire russe, qui bnficient dune meilleure
connaissance des attentes
marchs internationaux.
La palette de
services propose est large : modernisation des centrales, extension de
vie, fournitures dquipements et de pices dtaches, maintenance,
formation du personnel etc.
La vente de produits de luranium et de services associs est confie
TENEX (voir VI.3.2).
IV.7.3 Spcificits de loffre russe
Rosatom base son offre commerciale sur un double constat concernant le
nuclaire mondial lre post-Fukushima. Dabord, pour de nombreux
secteurs, les volumes de commandes sont revenus leur niveaux davant
la catastrophe et de nombreux pays manifestent un intrt nouveau pour
le nuclaire. Les diffrents marchs du nuclaire sont donc prometteurs.
La deuxime observation est que lindustrie nuclaire, et en premier lieu,
les exigences des clients potentiels, ont profondment chang. En
particulier :
- La sret est plus que jamais au centre des proccupations des acteurs
du nuclaires et des clients;
- Laugmentation de la longvit des installations nuclaires est devenue
une priorit;
- La croissance de lindustrie nuclaire se dplace des pays industrialiss,
notamment occidentaux, vers des pays en dveloppement, en particulier
en Asie du sud-est et en Amrique latine;
- La question du cot de llectricit, et par l, celle de la rduction des
dpenses est dsormais centrale
- Les clients ont dsormais des exigences de localisation : ils
souhaitent que la construction dune centrale permette lapparition de
nouveaux emplois qualifis, le dveloppement du systme ducatif, la
matrise de nouvelles technologies.
Tenant compte de ces lments et du choix des marchs prioritaires qui en
dcoulent, Rosatom a dvelopp des solutions commerciales adaptes.
Lintgration de Rosatom, qui regroupe au sein dune socit la totalit du
secteur nuclaire civil, permet de proposer une offre exhaustive,
rpondant notamment aux besoins des pays souhaitant construire leur
premire centrale nuclaire. Celle-ci regroupe plusieurs volets : Ingnierie,
Industriel, Humain, Financier, Rgulation & Infrastructure, Service fin de
cycle
Solutions dIngnierie
Design de racteurs modernes bas sur un design pour lequel
Rosatom dispose dune grande exprience: VVER 1200, VVER TOI, et
plus marginalement VVER TOI. Tous ces racteurs appartiennent la
gnration 3 et 3+
Processus prcdant lexploitation de la centrale: travaux
prparatoire, fourniture des quipements, construction, installations,
mise en exploitation.
Amont du cycle : production duranium naturel ou enrichi,
enrichissement, production du combustible
Service dexploitation : maintenance, upgrade, prolongation de la
dure de vie
Solutions industrielles
Localisation des produits et des services
Service de certification des fournisseurs trangers
Participation des fournisseurs des projets de Rosatom des projets
dans des pays tiers
Capital humain
Dveloppement de la base scientifique et de recherche, et de la
formation universitaire
Entrainement dun personnel spcialis, incluant le personnel
dexploitation
Formation auprs du propritaire de la centrale pour amliorer les
comptences dexploitations
Solution financire
Ralisation de projet BOO
Fourniture de prt dEtat
Utilisation de crdits-export
Rgulation et infrastructure
Evaluation et dveloppement du cadre lgal et rglementaire
existant
Aide ltablissement des documentations de sret, des
procdures de licenciement, des pratiques dinspection
Formation du personnel de lautorit de sret
Support du dveloppement de linfrastructure ncssaire pour
lnergie
nuclaire
(rseau
lectrique,
installations
pour
combustibles)
Service de fin de cycle
Gestion du combustible us
Gestion des dchets radioactifs
Dmantlement dinstallations nuclaires (Racteurs de recherche,
centrales nuclaires)
Cette palette de possibilits en termes de biens et de services permet
donc de formuler des propositions commerciales personnalises,
particulirement adapte des nouveaux entrants sur le march
nuclaire, ou des pays frileux
dans le dveloppement cette
industrie. Non seulement ceux-ci pourront se contenter de ne dployer
quun seul segement de celle-ci (c'est--dire les centrales elles-mmes),
vacuant au passage les questions des combustibles uss et des dchets
nuclaires, mais en plus Rosatom se chargera de toutes les fonctions de
supports (cration du cadre lgislatif, construction des infrastructures,
formation du personnel).
De plus, ces propositions commerciales sont frquemment inclues dans
des offres globales portes par le gouvernement. A titre dexemple, en
2009, plusieurs accords ont t signs avec le Vietnam, concernant la
construction dune centrale, la fourniture de sous-marins, et la cration
dune JV avec Gazprom.
Il convient aussi de signaler lintrt de Rosatom pour le march connexe
des racteurs de recherche. En effet, celui-ci prsente en tant que tel des
opportunits: des tudes menes par le NIKIET montre quaprs une
baisse sensible du nombre de racteurs de recherches la fin des annes
1990, cette tendance sest largement amortie avec le nombre grandissant
de pays montrant un intrt pour cette nergie. Ainsi, on comptait en
2013 248 racteurs de ce type dans 55 pays, et 1 3 racteurs entrent en
exploitation par an. Dans le parc mondial existant, 35% des racteurs sont
de technologies russes.
Ltude du NIKIET prcise les types de racteurs les plus porteurs :
1)
2)
3)
La demande pour les racteurs de recherche pour la formation
du personnel reste trs haute.
Les racteurs de recherches sont galement demands en tant
que sources de neutrons haute intensit conomique et
accessible.
Lintrt pour les racteurs de recherches en tant que source
disotope dans une perspective commerciale est grandissant.
Pour chacune de ces applications, NIKIET propose des racteurs de
recherche avancs.. La corporation dEtat, par NIAEP-ASE, a manifest sa
volont de devenir leader de ce march. Par ailleurs, la construction dun
racteur de recherche constitue gnralement le point dentre dans le
nuclaire pour de nombreux pays souhaitant dvelopper des activits
nuclaires. En ce sens, les ambitions de Rosatom dans le domaine sont
relier avec la stratgie commerciale plus gnrale de la corporation dEtat,
sadressant aux mmes clients.
Dautres domaines commerciaux sont lis de la mme faon celui de la
vente de racteur : amont et aval du cycle, vente dquipements,
recherche etc. Ainsi, le portefeuille lexport des Instituts de recherche de
Rosatom atteint les 200 millions de dollars sur les 10 prochaines annes.
AtomEnergoMash (division de construction mcanique de Rosatom)
prvoyait en 2013 daugmenter son portefeuille de commandes de 25%
pour 2014 et passer de 160 milliards de roubles 200 milliards. TENEX
(service denrichissement), pour sa part, estime pouvoir augmenter de
100 millions de roubles son portefeuille lexport en 2015.
X.8.3 Financements des projets lexport
Dans le contexte de difficults conomiques que traverse la Russie en
dbut danne 2015, la capacit de financement de Rosatom est un motif
dinterrogation, sinon dinquitude. La crise conomique roriente les
budgets publics pour des utilisations plus urgentes, tandis que les
sanctions limitent fortement laccs des banques aux marchs financiers
europens. Le gonflement ininterrompu du portefeuille de commande de la
corporation dEtat lui donc impose de sassurer de sa capacit tenir ses
engagements sur le plan financier. La solution que propose Rosatom
prsente deux aspects lui garantissant une certaine flexibilit: la
diversification des sources de financement, et la personnalisation des
modes de financement.
Concernant la diversit des sources de financement, lEtat constitue le
principal support financier, par ailleurs en augmentation : il slve
216,9 milliards de roubles pour 2015 et 151,5 milliards en 2014.
A cot de ces investissements directs, lEtat soutient Rosatom par la mise
disposition de crdit la banque de dveloppement et dinvestissements
extrieurs (Vneshekomombank). Il semblerait que cest par ce biais l que
10 milliards de dollars ont t fournis pour le projet de construction de
centrale en Bilorussie. Les autres grandes banques russes sont
galement impliques dans les diffrents projets lexport. Les plus
frquentes sont VTB, Sberbank (qui sont possdes plus de 50% par
lEtat Russe) et Promsvazbank. Notons cependant que VTB, Sberbank et
Vnesheconombank sont sous sanctions en juin 2015, ce qui limite leurs
capacits de financements.
Les fonds dinvestissements publics constituent le troisime moyen de
financement de lEtat russe.
Parmi ceux-ci, le Fond national du bien tre est le plus sollicit. Ce fond
slvait prs de 90 milliards de dollars avant les consquences de la
crise ukrainienne, mais a t partiellement utilis pour soutenir lconomie
russe. Il reste cependant un fond consquent, dune valeur de 76 milliards
de dollars au 1er juin 2015, auquel Rosatom semble avoir un accs
privilgi : lEtat affirmait dbut 2015 que 10% de celui-ci tait rserv
la corporation dEtat. Concrtement, dans les semaines qui suivirent, 2,4
milliards de dollars ont t dbloqus du FNB pour la construction de la
centrale de Hanhikivi (en Finlande).
Ce fond nest cependant pas le seul sollicit par Rosatom pour financer ses
projets. Dbut juin 2015 galement,
le directeur du Fond russe
dinvestissement direct dclarait tudier la possibilit de financer les
projets de Rosatom en Egypte.
Enfin, en 2011, la Russie a mis en place lagence publique EKSAR,
quivalent de la COFACE franaise, qui bnficie de garantie de lEtat
russe hauteur de 10 milliards de dollars.
Des investisseurs trangers peuvent en outre apporter leur contribution.
Des banques chinoises montrent ainsi un intrt significatif pour certains
projets de Rosatom (notamment celui des centrales flottantes quipes de
racteurs KLT-40S) auxquels elles souhaiteraient participer sous la forme
de cofinancement. Une piste prometteuse pourrait tre de sappuyer sur
des aides au financement lexport de pays partenaires impliqus dans
les projets de construction. Cet argument joue probablement un rle
important dans la nouvelle politique de Rosatom qui se dessine, consistant
en un recours plus important des fournisseurs trangers dots de leurs
propres financements.
Enfin, Rosatom peut galement sappuyer sur des rallocations internes de
ses fonds afin de remplir ses fonctions prioritaires, dont le respect des
engagements lexport fait partie. Ainsi, fin 2014 le programme
dinvestissement de Rosatom a lgrement diminu pour atteindre 260
milliards de roubles. Cette diminution est rendu possible par la stagnation
actuelle du march de llectricit en Russie qui permet Rosatom de
reporter la construction de centrales du parc intrieur.
En dehors de la diversification de ces sources, Rosatom propose ses
clients des modles de financements personnaliss lui permettant de faire
participer diffrents acteurs..
Pour la centrale dAkkuyu (Turquie), le projet est un BOO (Build Own
Operate) : la Turquie nachte pas la centrale, mais llectricit. Rosatom,
via sa filiale Akkuyu Nkleer A.S, dtiendra au moins 51% des parts de la
future centrale et la partie turque sengage acheter llectricit produite
sur une dure de 15 ans prix fixe. Louverture de 49% du capital
permettra de faire intervenir des investisseurs privs, soulageant dautant
la corporation dEtat.
Le projet de centrale de Hanhikivi (Finlande) devrait tre bas sur le
principe du Mankala , qui consiste rpartir les actifs entre les
investisseurs intresss parmis lesquels : le futur exploitants, le
fournisseur du racteur et des quipements majeurs, les quipementiers
et autres sous-traitants qui participeront au projet. Les actionnaires
partageront la proprit de la centrale et bnficieront du cot de
production de llectricit Ainsi, la compagnie Fennovoima en charge du
projet est dtenue 34% par Rosatom, le reste se partageant entre des
entreprises locales.
Pour la construction de tranche sur la centrale de Paks (Hongrie), le
gouvernement russe aurait accord un prt de 10 milliards deuros un
taux annuel de 3,95% pour les 10 premires annes, qui augmentera par
pailers successifs (pour atteindre 4,95%), avec une dure totale du
remboursement de 31 ans. Ce montant couvrirait 80% des besoins pour la
construction des deux tranches, qui devront tre complt par la Hongrie
au fur et mesure des travaux.
IV.9 DIVERSIFICATION DES ACTIVITES
Les savoirs et savoirs faire de Rosatom lui permettent dinvestir dautres
marchs que ceux propre lnergie nuclaire. Pour cette raison, la
Corporation dEtat a dploy une stratgie spcifique visant dvelopper
dautres activits que celle de son cur de mtier. Celle-ci consiste
chercher les marchs prometteurs, racheter o dvelopper les
techologies appropries, puis dvelopper une offre qui pourra se
dmarquer sur ces marchs. Cette prsence sur des marchs connexes
permet la fois de gnrer des revenus, et de donner du poids
supplmentaire la marque Rosatom, favorisant du mme coup ses
activits prement nuclaires.
Dans cette logique, Rosatom a slectionn 36 domaines parmi lesquels la
production daccumulateurs lectriques, la mdecine nuclaire et autres
technologies de rayonnements, la production dlectricit thermique etc.
En 2013, ces nouvelles activits avait permis 10,2 milliards de roubles de
recettes, soit 103% de ce qui tait prvu. Pour 2015, lobjectif est dobtenir
un portefeuille de commandes dpassant les 250 milliards de roubles.
Les technologies de rayonnements constituent la direction de
diversification des activits la plus mre. Elles recouvrent deux principaux
domaines : la mdecine nuclaire et les centres dirradiation.
En ce qui concerne la mdecine nuclaire, Rosatom se positionne 3
niveaux :
la fabrication disotopes et de produits radiopharmaceutiques
la fabrication dquipements pour les diagnostiques radionuclides
les services mdicaux associs
Dans cette sphre dactivit, le but de la corporation dEtat est
daugmenter laccessibilit aux hautes technologies mdicales en Russie,
tout en se faisant une place sur les marchs internationaux. Lobjectif est
datteindre dici 2030 des recettes dpassant les 3,7 milliards de dollars.
Les principaux marchs de dveloppement pour ces produits
correspondent aux marchs cibles usuels de Rosatom : Asie, Amrique
Latine, Afrique, Moyen Orient et Europe de lEst. Des partenariats ont t
dors et dj engags avec la Turquie, lIndonsie et la Serbie.
Pour ce qui est des centres dirradiations, Rosatom propose 4 types de
prestations :
Strilisation des instruments mdicaux
Modification de matriaux polymriques
Radicidation, radurisation et radappertisation (traitement daliments
par radiation),
Lutte contre les ravageurs en agriculture.
Cette industrie souffre pour linstant de la lgislation en vigueur en Russie
(qui interdit lirradiation de produits alimentaires). Rosatom essaye de
dvelopper un argumentaire auprs de Rospotrebnadzor (responsable de
la rgulation dans le domaine de la consommation) pour la faire voluer.
En ce qui concerne linternational, des accords ont t signs notamment
avec la Slovaquie et lIndonsie.
V AMONT DU CYCLE NUCLAIRE
V.1 LAMONT DU CYCLE DANS LINDUSTRIE NUCLAIRE RUSSE
Les secteurs damont du cycle du combustible nuclaire sont dune
importance majeure pour Rosatom, pour plusieurs raisons. Dabord, parce
que lnergie nuclaire est un vecteur dindpendance nergtique et
politique ds lors que laccs au combustible est garanti. Ensuite, parce
que la Russie, linstar de la France, a choisi dopter la fermeture du cycle
de combustible, ce qui impose bien entendu de dvelopper des
comptences pour les activits daval mais aussi damont (retraitement,
sparation, etc.). Enfin, Rosatom a fait de lexport sa priorit numro une :
or non seulement les diffrents marchs de lamont du cycle sont porteurs
et lucratifs, mais ils sinscrivent en plus pleinement dans la stratgie
commerciale plus globale de Rosatom, qui porte une offre exhaustive
destination de ces clients.
Pour toutes ces raisons, la Russie, a linstar de la France, matrise la
totalit de lamont du cycle et se place mme en position de leader pour
un certain nombre dactivits: elle dispose du 2 me stock mondial
duranium3, de 36% du march mondial de services denrichissement et
17% du march mondial du combustible nuclaire.
Les trois tendances principales de la stratgie russe concernant lamont du
cycle nuclaire sont les suivantes :
Planification dune importante augmentation de la production
duranium,
Augmentation de limplication de partenaires trangers dans lamont
du cycle combustible,
Dfinition de lexport des produits de lamont du cycle comme
objectif conomique et politique prioritaire.
Comme pour les autres secteurs nuclaires, Rosatom est le seul acteur
industriel dans ce domaine. Les activits sont cependant divises en trois
grandes filiales de Rosatom :
Atomredemetzolo (ARMZ) est la holding rassemblant les entreprises
du complexe minier de Rosatom. Les compagnies rentrant dans son
giron mnent les activits dexploration, dextraction et de
traitement des minerais duranium, dor et dlments rares.
TVEL fdre les compagnies de la division combustible de
Rosatom et englobe ce titre les activits de conversion et
3 En tenant compte des mines possdes ltranger
denrichissement de luranium, la fabrication du combustible, la
fabrication de centrifugeuses gaz et les recherches,
dveloppements et constructions associes.
Tekhsnabexport (TENEX) est la socit dexport des et services
produits associs luranium : vente duranium naturel et enrichi, de
service denrichissement et de conversion etc.
Ces trois compagnies majeures et leurs filiales appartiennent toutes la
holding de Rosatom Atomenergoprom.
VI.2.1 Acteurs du secteur
ARMZ et Uranium One holding N.V
La socit AtomRedMetZoloto (ARMZ) a le monopole de lextraction de
luranium en Russie. A sa cration en 1991, ARMZ tait un complexe
industriel impliqu dans lexplortation, lextraction et le traitement de
luranium, mais aussi du minerai dor et des terres rares. ARMZ concevait
galement des mines, des installations de traitement et des usines de
constructions mcaniques. Le rle actuel de la compagnie a t plus
prcisment dfini en 2008, lors de la restructuration de lindustrie
nuclaire conscuvite la cration de Rosatom. A cette occasion, ARMZ a
pris le contrle de tous les possessions minires de TENEX et de TVEL, lui
donnant sa position exclusive dans le domaine de lextraction duranium.
Rosatom dtient 100 % du capital dARMZ, par consquent, lEtat russe
contrle entirement la production de luranium.
Cette socit possde des filiales pour les diffrents centres de production
miniers en sa possession, ainsi que trois compagnies de services en
support de ses activits : ARMZ Service (fourniture de matires premires,
consommables et quipements pour le secteur minier), Rusburmash
(forage et construction de puits), VNIPI Prometechnologii (Exploration et
R&D dans les domaines de lextraction, le traitement et le dpt de
dchets radioactifs).
ARMZ a galement poursuivi une politique particulirement expansive, en
rachetant successivement Uranium One Inc (Canada) et Mantra Resources
Limited (Australie), augmentant ainsi ses rserves et capacits de
production duranium. Kazatomprom est devenu un partenaire stratgique
avec lequel ARMZ a cr plusieur coentreprises afin dexploiter des sites
situs au Kazakhstan. Dans le mme temps des projets dexploitation de
nouvelles mines ou dextensions de mines existantes ont t lancs.
En 2013 cependant, Rosatom a dcid de sparer les activits de
production duranium en Russie et ltranger, qui ont t confies la
nouvelle structure Uranium One Holding N.V (UO). Dbut 2015, lensemble
des actifs de la socit dARMZ slevait 911 millions de dollars, et
ARMZ-Uranium one a produit 6944 tonnes duranium (3000 pour ARMZ
seul), soit 12% du march mondial.
Bien quARMZ ait annonc en 2014 un bnfice net de 3,8 millions de
dollars, contre une perte de 1,1 millions lanne prcdente, les recettes
de la socit ont chut de 62% pour atteindre 168 millions de dollars.
Cette volution sexplique notamment par les restructrations que la
socit a vcu dune part et de la chute du prix de luranium aprs la
catastrophe de Fukushima dautre part.. En effet, les autres entits de
Rosatom consomment environ 50% de la production dARMZ, le reste
tant vendu sur les marchs internationaux. Or, avec la chute de son
cours, 2/3 de la production duranium russe se sont trouvs exclus du
march de fait partir de 2013, et notamment celle provenant du
principal centre de production du pays (Priargunsky).
Stratgie et Objectifs
Les ambitions dARMZ et dune manire gnrale de la filire uranium
russe sinscrivent dans celle de Rosatom : comme celle-ci, ARMZ envisage
une grande croissance dans les annes venir et attache une importance
particulire lexport. Ainsi, M. Kirienko affirmait en janvier 2014 vouloir
augmenter de manire significative la production domestique. Nanmoins,
le cours bas de luranium fait de laugmentation de sa comptitivit lune
des priorits immdiates de la filire.
Dans cette perspective, les efforts actuels dARMZ vont donc dans trois
directions: court terme, il sagit doptimiser les cots de gestion,
notamment lis aux activits administratives et auxiliaires, et de
production duranium sur les sites actuels. Dans le mme temps, ARMZ
investit principalement dans les projets utilisant comme procd
dextraction la lixiviation in situ, plus conomique, cherche rpandre les
pratiques et procds les plus conomiques, et dvelopper les
technologies les plus rentables. Cela doit garantir la prennit des
bnfices moyen terme. A plus long terme, la stabilit financire passe
par une importante diversification des activits dARMZ. Le point central
de cette stratgie est la cration dun parc industriel de haut niveau sur le
site de JSC PIMCU.
Ainsi, un plan paru en 2014 prvoit la rduction de 35% du cot de
production luranium et le doublement des recettes sur les cinq ans
venir. A long terme, dici 2030, les recettes doivent tre multiplies par six.
En 2014, 470 millions de roubles avaient t conomiss sur les frais de
gestions, tandis que les cots de production avaient diminu de 5%. ARMZ
espre ainsi avoir un budget lquilibre partir de 2016
VI.2.2 Ressources et production duranium lheure actuelle
La Russie dispose de prs de 690 000 tonnes duranium (raisonnablement
assure et supplmentaires prsumes) de rserves dont 260 000 tU
savec un cot dextraction de moins de 260$/kgU et 216 000 tU un cot
de moins de 130$/kg(U) (voir tableau 5.1 et 5.2). Cette quantit
importante a t souvent mise en avant par Rosatom pour affirmer que la
Russie disposait de rserves pour 100 ans pour son industrie nuclaire.
En 2014, la compagnie dtenait entirement ou en partie le capital de 11
mines en exploitation, ce qui lui a permis dextraire 7850 tonnes
d'uranium en 2014 et dtre le troisime plus gros vendeur duranium
dans le monde, derrire KazAtomProm et Cameco avec 12% de part de
march. Les gisements ltranger de Rosatom jouent un rle important
puisque la Russie nest que le 6me producteur mondial.
Les activits de Rosatom se divisent en deux parties : celles associes aux
rserves domestiques, contrles par ARMZ, et celles provenant des
possessions ltrangers, appartenant holding Uranium One NV. La
figure 5.1 montre sa prsence dans le monde entier.
Cot
<40$/kgU
<80$/kgU
<130$/kgU
<260$/kgU
Quantit
11 800
216 500
261 900
Tableau 5.1: Rserves raisonnablement assures duranium en Russie par cot
dextraction
Cot
<40$/kgU
<80$/kgU
<130$/kgU
<260$/kgU
Quantit
30 500
289 400
427 300
Tableau 5.1: Rserves supplmentaires prsumes duranium en Russie par cot
dextraction
Carte 5.1 : Prsence dARMZ et Uranium One Holding N.V dans le monde
Gisements domestiques
Le sol russe russe est riche en uranium : les ressources rcuprables
connues en 2013 slvaient 506 000 tonnes, ce qui place ce pays en
2me position aprs lAustralie et le Kazakhstan. En 2015, des gisements
rassembls au sein de 3 complexes miniers (ou centres de production)
sont exploits. Le plus important est le complexe de Priargunsky, en
activit depuis 1968. En 2004 et en 2009, les sites de Dalur et Khiagda ont
t mis en exploitation. Ces sites sont de capacits plus restreintes, mais
utilisent la lixiviation in situ (ISL) comme procd dextraction, plus
conomique.
Nom du
centre de
production
Date de
mise en
service
Procd
dextracti
on
Ressources
tablies
(tU)
Capacit
max. (tU/an)
Production
en 2014 (tU)
Priargunski
1968
Exploitati
on ciel
ouvert
98 000
3000
1970
Dalur
2004
Lixiviation
in situ
11 000
800
578
Khiagda
2010
Lixiviation
in situ
32 000
1000
442
175 200
4800
2990
Total en
Russie
Tableau 5.1 : Sites de production duranium sur le sol russe
Centre de production de Priargunsky
Les gisements de Priargunski (Nom complet : Priargunski Industrial Mining
and Chemical Union PIMCU) constituent la plus importante source
duranium dont dispose ARMZ. Ceux-ci fournit un minerais de faible teneur
en uranium qui a dj permis dobtenir 140 000 tU duranium. A lheure
actuelle, les resources totales sont denviron 98 000 tU, avec une teneur
de 0.159% duranium. La capacit de production est de 3000 tU/an, dont
10% sont extraits par lixiviation en tas. Une partie de cette production est
exporte vers en France, en Sude et en Espagne.
Le site se compose de six mines souterraines : Mine #1, Mine #2, Glubokiy
Mine, Shakhta 6R, Mine #8 (extraction du dpt de Maly Tulukui) et Mine
#6 (extraction des dpots de Jerlovoe et Argunskoe).
Malgr son importance au sein dARMZ, ce centre de production traverse
actuellement une crise profonde. En effet, le cot moyen de production
duranium dans cet important gisement, est denviron 160 $/kg. Ce prix
excessif doit tre rduit pour permettre la viabilit commerciale dune
grande partie de sa production. Ainsi, la diminution de 6% du cot de
celle-ci en 2014 fut lun des principaux succs dARMZ cette anne-l. De
plus, certaines mines, fermes par le pass parce quelles ntaient par
rentables, rouvrent grce lintroduction dinnovations permettant
damliorer la comptitivit de leur exploitation. La Mine #4, ferme dans
les annes 90 cause de la faible teneur en uranium restante, devrait tre
rexploite en 2015 laide dun procd de lixiviation qui permettra de
rcuprer 6000 tU restantes. Lexploitation de la mine #2 (rserves :
11 000 tonnes) tait suspendue depuis 2013 du fait de la faiblesse du
cours de luranium mais ont t reprise en fvrier 2015 pour produire 130
tU dune teneur de 0,15%. En 2015, la mine #8 a pu atteindre sa capacit
maximale de production. Par ailleurs, en 2014, a achev ses projets de
modernisation de son usine dacide sulfufique pour lextraction
conventionnelle et par lixiviation en tas, passant dune production de 400
500 tonnes par jour, et damlioration de son usine hydromtallurgique.
Centre de production de Dalur
Les gisements du centre de production de Dalur, situ dans loblast de
Kourgan, permettent une production dun volume assez faible, mais bas
cot (40$/kg) par lixiviation in situ dans du grs. En 2014, la production
restait infrieure 600 tU/an.
Centre de production de Khiagda
Les gisements de Kiaghda, situ Vitimsky en Bouriatie, 600 km de celui
de Priargunsky, a commenc tre exploit en 2010. Dune production de
135 tU la premire anne, il est pass 442 en 2014 et doit atteindre
1000 tU/an partir de 2018, grce la construction dune nouvelle unit
de production. Il sagit de lun des principaux projets actuels dARMZ, dans
lequel la compagnie a dj investi plus de 10 milliards de roubles.
Comme pour Dalur, lextraction se fait par lixiviation in situ, permettant un
cot de production faible : 40$/kg. Il sagit galement des seuls gisements
au monde situs dans le perglisol, dont la temprature cause des
problmes de viscosit. Une autre spcificit du gisement est que
lessentiel du minerai duranium est sous forme de phosphate, ncessitant
lutilisation doxydants en plus de la solution acide.
Gisements ltranger
A ces ressources ils convient dajouter celles dtenues ltranger, c'est-dire les possessions dUranium One Holding NV et de ses JV, situs aux
USA, en Australie, au Kazakhstan et en Tanzanie. Celles-ci ont t
estimes 229 453 tU (part attribuable des ressources mesures,
indiques et infres). En 2014, ces filiales taient lorigine dune
production de 4,857 tU (5086 tU en 2013), pour un cot moyen de 31 $/kg
U 3 O8
(35$/kg en 2013).
Nom du
Centre de
production
, Pays
Akdala,
Kazakhsta
n
South Ikai,
Kazakhsta
n
LLP
Karatau,
Kazakhsta
n
JV
Akbastau,
Kazakhsta
Propritaire
Date
de
mise
en
service
Procd
dextractio
n
Ressourc
es
tablies 4
(tU)
Capaci
t
max.
(tU/an)
2006
Lixiviation
in situ
1 000
Productio
n5 en
2014
(tU)
Betpak Dala
LLP:
70% UO
30%
Kazatomprom
2 106
Betpak Dala
LLP :
70% UO
2007
Lixiviation
in situ
2008
Lixiviation
in situ
20 911
2 000
31 920
2 000
3
000
1 041,8
23 647
1 290
796,8
30%
Kazatomprom
LLP Karatau :
50% UO
50%
Kazatomprom
JV Akbastau :
50% UO
2009
Lixiviation
in situ
4 Ressources mesures et indiques dont ARMZ est propritaire au prorata de sa
participation au projet
5 Production attribue ARMZ au prorata de sa participation au projet
Zaretchno
e,
Kazakhsta
n
50%
Kazatomprom
Zaretchnoe :
49,67% UO
2007
Lixiviation
in situ
3 724
970
438
2010
Lixiviation
in situ
2 568
1 000
3000
257,6
100% Uranium
One
2012
Lixiviation
in situ
2598
500
962
362
100% Uranium
One
2011
Lixiviation
in situ
5 400
400
92 089
8 160
11
622
4 857
49,67%
Kazatomprom
LLP Kyzylkum :
30% UO
Kharazan,
Kazakhsta
n
30%
Kazatomprom
40% Consortium
Energy Asia
(Japonais)
Willow
Creek,
Etats Unis
Honeymoo
n,
Australie
(arrte
dans
lattente
dune
hausse du
cours)
Total pour
Rosatom
ltranger
Tableau 5.2 : Sites de production duranium ltranger
Ainsi, la production dARMZ en 2013 se rpartissait comme suit :
-37% provenant des mines en Russie (dont 66 % est issu de Priargunsky,
19% de Dalur et 15% de Khiagda)
-67% provenant des mines ltranger.
Ces chiffres, peuvent tre compars ceux de 2009 :
- 77 % de la production, soit 3 565 tonnes duranium provenait des mines
en Russie: Priargunsky (84% de la production), Dalur (13%) et Khiagda
(3%),
- 23 % (1059 tonnes d'uranium) tait issus des mines ltranger.
Ainsi, que si le volume global duranium produit a peu augment, en
revanche ARMZ sest efforc de diversifier ses sources duranium,
notamment en sappuyant significativement plus sur les gisements dont il
dispose ltranger. Dune manire gnrale, la compagnie a dvelopp
les gisements dont lextraction est base sur le procd moins coteux de
lixiviation in situ, et cherchait diminuer limportance de celui de
Priargunsky (qui restait malgr tout sa principale source duranium en
2013).
VI.2.3 Dveloppement des activits de la branche
Exploration
Afin de conserver toute son importance dans le domaine de lextraction
duranium, le gouvernement russe cherche tablir de nouvelles rserves
duranium. La fdration de Russie a dot la corporation dEtat
dimportants budgets dans les dernires annes pour poursuivre ses
activits dexploration. De grandes campagnes ont t ainsi menes en
2011 et 2012, finances par lagence fdrale pour lexploitation des soussols Rosnedra hauteur denviron 2 milliards de roubles. En 2013, le
gouvernement a galement approuv un budget de 450 millions de dollars
pour lexploration minire jusquen 2020.
Deux types de campagnes dexplorations sont menes en Russie. La
premire vise dcouvrir de nouveaux gisements, tandis que la seconde
cherche amliorer lestimation des ressources et prciser les limites de
gisements connus. En 2011, les ressources inferres ont ainsi pu tre
augmentes de 4 400 tU, les ressources prognostiques de 8 200 tU et les
ressources spculatives 54 100 tU. En 2012, ces deux derniers chiffres
taient respectivement de 15 000 tU et de 31 500 tU.
Ainsi, ces fonds ont dabord permis de chercher tendre les ressources
connues prs des centres de productions existants (Khiagda et
Priargunsky), exploitables par mthode conventionnelles ou lixiviation in
situ. Des explorations prliminaires ont galement t menes
en
Rpublique de Kalmoukie, en Rpublique de Bouriatie, dans la rgion
Transbakal, la rgion de Kurgan et dans la rgion dIrkoutsk.
En rsum, ces campagnes ont permis de trouver :
5 000 tU de ressources pronostiques et 10 000 tU de ressources
spculatives dans le gisement de Balkovskoe, dont les essais
hydrogologique ont tablit un avis favorable pour une exploitation
par ISL.
8 500 tU de ressources pronostiques et 6 000 tU de ressources
spculatives dans le gisement de Dulesminskoe
5 500 tU de ressources pronostiques et 2 000 tU de ressources
spculatives dans le gisement de Krasnoe
1 700 tU de ressources inferres, 3 100 tU de ressources
pronostiques et 10 000 tU de ressources spculatives dans le
gisement de Djilindinskoe
15 000 tU de ressources pronostiques et 46 000 tU de ressources
spculatives dans la zone dAlamat
4 000 tU de ressources inferres dans le gisement de Sirotinka
3 100 tU de ressources pronostiques et 13 500 tU de ressources
spculatives dans la zone dAkitkan
En plus de ces dcouvertes, des estimations plus fines des ressources
prsentes au sein des gisements dans la rgion dElkonski (qui pourrait
devenir le plus grand centre de production au monde) ont t menes,
ainsi quune tude de faisabilit pour lexploitation de gisements dans la
zone de Khiagda. Des efforts importants sont galement mens pour
dcouvrir de nouvelles sources duranium viable commercialement dans
les gisements associs au centre de production PIMCU. Cest notamment
lobjectif du projet Kaldera, financ hauteur de 15 millions de roubles.
Ces recherches ont permis didentifier 4 sites prometteurs, qui pourraient
contenir plus de 80 000 tonnes duranium. Une licence autorisant de
mener des tudes gologiques dans cette zone doit tre dlivre en 2015,
pour une exploration plus approfondies sur la priode 2015-2017. Enfin, si
lon ne considre que les ressources exploitables par ISL, qui constituent la
priorit dARMZ dans le contexte actuel, ces campagnes dexploration ont
dbouch sur la dcouverte de 46 955 tU de ressources. Les prochaines
explorations devraient prioritairement viser ce type de gisements, en
Transbakalie et Kalmoukie, et dune manire plus gnrale dans lOural,
en Sibrie et dans les territoires de lextrme orient.
En 2011-2012, ARMZ a galement explor des gisements ltranger au
travers de ses filiales Uranium One et Mantra Resources. Ainsi, des
campagnes ont t menes dans lensemble des JV avec Kazatomprom
(Akbastau, Karatau, Betpakdala, Zarechnoe and Kyzylkym), dans le site de
Mkuju River en Tanzanie (o les ressources slvent 58,5 tU) et, plus
marginalement, en Armnie par le biais de la JV Armenian-Russian Mining
Co. A lheure actuelle, Uranium One Holding N.V mne notamment des
campagnes dexploration aux Etats-Unis (Arizona et Utah) et en Namibie.
Dveloppements de centres de production existants
Le centre de production de Priargunski est cur des principales volutions
dARMZ. Au-del des importantes modifications quil subit afin de diminuer
les cots de production, cest galement sur ce site que le principal projet
de nouvelle exploitation est envisag. En effet ARMZ souhaite reprendre
son projet de mine #6, gel en 2013. Cette nouvelle mine est dune
importance particulire puisquelle donne accs 37% des rserves
duranium du PIMCU. De plus, ce projet doit dmarrer en 2022, une date
o il reprsentera la majorit de la production de Priargunski. Nanmoins,
ARMZ cherche actuellement des investisseurs avant de se lancer dans ce
projet. Au-del de lEtat qui apporte un soutien indirect mais actif au projet
(infrastructures, facilitations fiscales), des acteurs chinois se
montreraient galement intresss. Le cot total des projets de
dmarrage de la mine #6 et de la mine #8 sont de 4,8 milliards de
roubles.
Le centre de production de Khiagda se dveloppe galement : pour
lanne 2014 simplement ARMZ y a investit prs de 20 milliards de
roubles. La principale usine de production dacide sulfurique est ainsi en
cours de construction et devraient tre dmarre en cours de lanne
2015. Elle permettra de produire 110 000 t/an supplmentaires. En ce qui
concerne lextension des capacits minires, la compagnie prvoit le
dbut de lexploitation des gisements dIstotchnoe et Verchinnoe en 2016
et 2017, ce qui permettra, ds 2018, datteindre la capacit de production
nominale du centre de 1000 t/an. Des campagnes dexploration ont
galement rvl 4 gisements supplmentaires qui seront probablement
exploits plus tard : lEtat russe a donn son feu vert pour le poursuivre le
financement de ces campagnes.
Le site de Dalur est galement en train de se dvelopper. Sa capacit de
production doit tre augmente de 50 U/an en 2015, puis atteindre 800
tU/an en 2019 en ajoutant la zone dextraction le champ de
Khokhlovskoe et celui de Dobrovolskoe. Des explorations menes en
2014 dans le champ de Khokhlovskoe ont par ailleurs permis dajouter
5000 tU aux rserves de Dalur et des essais dISL y ont t mens.
Dveloppement de nouveaux projets
Au-del de lextension des capacits des gisements dj en exploitation,
ARMZ sest engag dans plusieurs projets de construction de nouveaux
centres de productions. Nanmoins, la chute du cours de luranium dans
les dernires annes refroidi les ambitions de la corporation dEtat, qui a
suspendu ou ralenti le dvleoppement de ces projets.
Parmi ceux-ci, le principal et le plus important est celui qui concerne
lexploitation des gisements de la zone dElkon, en Yakoutie. En effet,
daprs les dernires estimations, les ressources raisonnablement
accessibles et inferres sy lvent 320 000 tU, dune concentration de
0,146%U avec prsence dor, pouvant envisager une production de 5000
tU/an. Il sagirait ainsi du plus grand centre de production du monde et le
plus grand de Russie. Le complexe permettrait lextraction souterraine, le
triage radiomtrique, la concentration et le traitement de luranium. Sa
position gographique (rgion montagneuse et climat difficile), ainsi que le
faible dveloppement des infrastructures en font nanmoins un projet
difficile, dont le cot a t estim environ 3 milliards de dollars. La
socit Elkon Mining and Metallurgical Combine (EMMC), dont 49% du
capital a vocation tre ouvert, a t mise en place pour dvelopper ce
projet.
A lorigine, lexploitation devait tre commence en 2015, mais le cot de
production de luranium a t estim en 2011 120-130$/kgU, ce qui
nest pas suffisamment comptitif pour le prix du march actuel. Dans
ltat actuel des choses, le directeur gnral dARMZ a affirm que le
projet continuait tre dvelopp et amlior (notamment ne termes de
diminution des cots) en attendant le rtablissement du prix de luranium,
pour une mise en exploitation lhorizon 2025-2030.
La compagnie JSC Lunnoe a t cre en mme temps que lEMMC pour
exploiter un gisement mineur situ dans la zone dElkon. Celui-ci contient
800 tU et 13 t dor de rserves et doit permettre une production de 100
tU/an.
Deux autres projets ont t lancs par ARMZ, pour les gisements
dOlovskoe, Gornoe et Berezovoe prs de Priargunsky et Khiagda en
Transbakalie, o ARMZ a effectu des campagnes dexploration et des
tudes dingnierie et hydrogologiques. Les rserves totales de ces
gisements sont 12 200 tU mesures, et 1600 tU inferres, dune
concentration de 0.072% duranium. En 2007, ARMZ a fond deux
compagnies associes ces projets :
Gornoye Uranium Mining Compagny, qui doit permettre de produire
300tU/an depuis les gisements de Gornoe et Berezovoe par
extraction souterraine et lixiviation en tas.
Olovskoye Mining & Chemical Company, dont la production doit
atteindre 600 tU/an par exploitation ciel ouvert et lixivation en tas.
Cependant l aussi, ces projets ont t gels jusqu la remonte du cours
de luranium.
Nom
du Date
centre
de mise
production
service
de Procd dextraction
en
Elkon
2025-2030
Exploitation
souterraine
Olovskoe
Gel
Exploitation
souterraine
lixviation en tas
et
Exploitation
souterraine
lixviation en tas
et
Gornoe
Berezovoe
Gel
Gel
Exploitation
souterraine
lixviation en tas
Ressources
tablies
(tU)
Capacits
max.
(tU/an)
357 000
5000
12 870
600
5 300
600
2 605
et
Tableau 5.3 : Sites de production domestiques en projet
Dveloppement ltranger
Entre 2008 et 2011, ARMZ a men une politique linternational
particulirement expansive, au travers de la prise de possession de
groupes, mais aussi de ltablissement de partenariats. Ainsi, la Russie a
notamment sign des accords avec la Mongolie, la Namibie, et lUkraine
afin de raliser des JV, lui permettant daccder des ressources
supplmentaires :
50 000 tonnes d'uranium grce la JV visant exploiter Dornod en
Mongolie (source : WNA),
141 000 tonnes d'uranium grce la JV visant exploiter Rossing
South en Namibie (source : WNA),
230 000 tonnes d'uranium grce la mine de Novokonstantinov en
Ukraine (source : livret rouge de lAIEA)
Pour diverses raisons cependant, ces contrats nont pas donn lieu des
projets concrets. En revanche, le partenariat entre ARMZ et Kazatomprom
a t trs porteur, et continue de ltre. Ainsi, mi-2014, plusieurs
nouveaux accords taient signs avec ce partenaire stratgique
concernant lexploitation des mines de Kharasan-1, Akdala et South Ikai.
De mme, Uranium One possde le gisement de Mkuju River en Tanzanie
depuis le rachat de Mantra Resources Ltd. Celui-ci possde 48 000 tU de
ressources mesures et indiques. A lheure actuelle, la licence pour
lexploitation a t obtenue, mais ce projet est gel dans lattente dune
amlioration des prix de luranium. Dautres projets dUranium one sont en
suspens aux Etats-Unis : Jab, Antelope, ou Moore Ranch.
Diversification des activits
ARMZ poursuit une importante politique de diversification, lui permettant
de consolider ses rsultats conomiques, en les rendant moins sensibles
au cours de luranium. La compagnie sappuie sur ses comptences dans
le domaine de lextraction minire pour investir des marchs connexes. Ici
galement, le dveloppement sappuie sur les centres de production dj
en place, mais aussi sur de nouveaux projets.
Ainsi, sur le site de PIMCU a t tabli le parc industriel permettant
dattirer des investisseurs privs afin de de raliser une partie importante
du programme de diversification dARMZ. Celui-ci devrait permettre de
crer 2000 nouveaux emplois sur ce site dici 2019. Un des principaux
projets de ce cluster est la construction dune usine de ciment dune
capacit de 1000 t/jour, doit tre fait en partenariat avec les compagnies
chinoises China Triumph International Engineering Co., Ltd. et Sinopec
Corp. Les autres pistes envisages sont le dveloppement de nouvelles
technologies comme
Le march des terres rares est particulirement vis : en 2014, ARMZ avait
dclar chercher des partenariats avec des compagnies russes pour
dvelopper cette activit. Cette dmarche sinscrit dans la perspective
impulse par le gouvernement russe, qui souhaite arrter limport de
terres rares dici 2020, et investit pour cela 145 milliards de roubles.
Dans cette logique, la compagnie a mis en place en 2014 un procd qui
lui permettra terme de produire 10 tonnes/an de scandium et 450
tonnes/an de terres rares, tandis quun projet de production doxyde de
terres-rares est envisag Khiagda. De mme, une installation pilote de
production de terres-rares doit tre cre sur le site de PIMCU
ARMZ ralise galement un nouveau projet dextraction de minerais de
plomb et de zinc partir du gisement de Plavskoe, dans la rgion
dArkhangelsk. Celui ci est lun des 5 plus grands du monde, avec 37
millions de tonnes de minerais. La filiale dARMZ en charge du projet, JSC
First Ore-Mining Company, a dj obtenu une licence pour dvelopper le
site, valable jusquen 2018.
VI.2.4 Sources alternatives
En dehors de lextraction, la Russie dispose dautres moyens dobtenir de
luranium utilisable notamment pour la production de combustibles.
Uranium dj extrait
La Russie possde une quantit significative duranium hautement enrichi
(HEU) de qualit militaire, dont les quantits ne sont pas connues avec
certitude. Cest une partie de cet uranium qui tait utilis pour fournir
lamricain USEC dans le cadre du contrat "Megatons to Megawatts". En
fournissant 500 tonnes de HEU, ce programme a t lorigine de 10% de
la production dlectricit amricaine pendant 20 ans. Mme aprs
lexpiration de ce programme en 2013, la Russie peut continuer de diluer
cet uranium en fonction de ses intrts conomiques et commerciaux.
Uranium issue du retraitement
Avec son parc de racteurs nuclaires, la Russie
dispose dune grande
quantit de combustible irradi. Elle a donc la possibilit dutiliser (
terme) cet uranium pour fabriquer de nouveaux combustibles. Ainsi, 2400
tonnes duranium a dj t recycl dans des racteurs RBMK. Bien quil
ne sagisse pas duranium, il convient de remarquer que la Russie dispose
galement de 32 tonnes de plutonium accumuls en vue de fabriquer du
MOX, auxquelles peuvent tre ajoutes 34 tonnes de plutonium de qualit
militaire. Les Etats Unis financent hauteur de 400 millions de dollars la
production de MOX pour les racteurs BN-600 et BN-800 partir de ce
plutonium. Ce dernier devrait pouvoir commencer utiliser du MOX en
2018.
Uranium appauvri
La Russie dispose du plus important potentiel denrichissement du monde
(24,3 MUTS). Elle dispose dune quantit importante duranium appauvri
(enrichi 0.3%). Compte tenu de ses capacits denrichissement et du
faible cot de cet enrichissement (le parc des centrifuges est dj amorti),
les russes peuvent r-enrichir cet uranium et ainsi accrotre leurs
ressources disponibles
VI.2.5 Consommation
Avec son parc nuclaire de 34 racteurs en 2015, la Russie a besoin
denviron 4000 tU/an. Il est en revanche difficile de faire une estimation
prcise de lvolution de ce besoin en uranium. Deux paramtres entrent
en jeu. Dabord, lvolution du parc intrieur, qui peut subir des
modifications importantes, en particulier en priode de crise o son
dveloppement est la variable dajustement. Ensuite, loffre de centrale
lexport que propose actuellement Rosatom implique la livraison de
combustible. Ainsi, le dynamisme de Rosatom lexport a galement des
consquences sur le besoin en uranium de la corporation dEtat. Ce
deuxime paramtre est particulirement incertain, tant les facteurs
pouvant jouer sur le tenue du calendrier de commande sont nombreux (et
pour partie indpendants de Rosatom).
Concernant la consommation du parc russe, deux hypothses peuvent tre
faites par rapports aux dclarations de Rosatom. Dans le cas de
lhypothse basse, 9 tranches de 1000 ou 1200 MW seront construites dici
2020, puis une par an jusqu 2035. Lhypothse haute retient 10
centrales avant 2020, et deux par an par la suite.
Cette base de calcul permet denvisager une consommation domestique
entre 3700 et 4200 tU/an pour 2020 et 4800 et 6400 tU/an pour 2035, si
lon ne tient pas compte de lutilisation de MOX.
Pour lexport, les 29 projets de construction du carnet de commande sur
10 ans doivent ajouter la consommation environ 7000 tU/an dici 2025.
L aussi, ce chiffre recouvre des avancements de projets trs diffrents, et
ce besoin en uranium pourrait tre bien infrieur.
Dans ces conditions, lacquisition dUranium One elle seule ne pourra
pas satisfaire la croissance du besoin en uranium. On peut alors sattendre
ce que la Russie continue daccorder une grande importance au
dveloppement de ses propres mines duranium, ainsi qu la finalisation
des JV internationales, pour pouvoir, dans un premier temps, assurer
luranium aux racteurs dj prsents dans son carnet de commande et ne
pas pnaliser sa politique dexport.
VI.3 CONVERSION ET ENRICHISSEMENT
VI.3.1 Acteurs, sites et production
En dehors du complexe minier, la totalit du reste des activits de
production de lamont du cycle est entre les mains dun second gant :
TVEL. Elle appartient 100% Atomenergoprom et donc Rosatom. Cest
cette compagnie qui soccupe en particulier des activits de conversion et
denrichissement de toute lindustrie nuclaire russe. En revanche, les
services denrichissement ou lexport duranium enrichi dpend dune
autre compagnie de Rosatom, TENEX.
La conversion et l'enrichissement de luranium sont effectus au sein 6
combinats et usines lectrochimiques :
Le Combinat lectrochimique de Sibrie (auparavantSeversk, ex
Tomsk-7),
Le Combinat lectrochimique dOural (Novoouralsk, ex Sverdlovsk44),
LUsine lectrochimique de Zelenogorsk (ex Krasnoark-45),
Le Combinat lectrolytique et chimique dAngarsk,
LUsine de constructions mcaniques dElektrostal Elemash
Les quatres premire font partie de la division Sparation et
sublimation de TVEL, principalement ddis ces activits, tandis que la
dernire appartiennent la division Fabrication de combustibles . La
plupart de ces centres taient, lpoque sovitique, situs dans des villes
fermes et a lexception de celui de Novoouralsk, en Oural, ils se trouvent
tous en Sibrie.
Conversion
Non seulement la Russie fait partie des 6 pays disposant de capacit de
conversion duranium de dimension commerciale, mais il sagit galement
du leader dans ce domaine. Avec une capacit totale de conversion de
25 000 tU/an, la Russie dispose en effet de plus dun tiers des capacits
mondiales. Namoins, la moiti seulement en t utilise en 2013. De
plus, cette branche est actuellement en phase de rorganisation, TVEL
cherchant concentrer les installations associes cette tape de lamont
du cycle.
A lorigine, les capacits de concentration taient rparties dans trois
centres : lUsine mcanique de Tchepetsk, le Combinat lectrochimique de
Sibrie et le Combinat lectrolytique et chimique dAngarsk. Lusine de
conversion dElektrostal dispose galement dune petite capacit de
conversion pour uranium retrait, denviron 700 tU/an. Afin de rassembler
les capacits de conversion au sein du Combinat lectrochimique de
Sibrie, Rosatom est en train dy construire une nouvelle installation qui y
sera ddi. Le projet, pour lequel Rosatom a investit 7,5 milliards de
roubles, doit arriver terme en 2018. Cette nouvelle installation aura une
capacit de 20 000 tU par an, dont 2000 t issu duranium recycl. Elle sera
aussi plus cologique, en ne rejetant pas de dchets radioactifs liquides
dans les sous-sols et permettra de rcuprer de rcuprer luranium qui y
est contenu. Elle sappuiera en outre sur une nouvelle technologie : la
dnitratation technique sera remplace par la dnitratation thermique.
Cette nouvelle installation doit en particulier prendre la place de celle du
Combinat lectrolytique et chimique dAngarsk, dune capacit de 18,700
tU/an.
La Russie est aussi lun des leaders dans le domaine de la reconversion :
sur les 60 000 tU/an disponibles dans le monde, 10 000 tU/an sont prsent
en Russie. Une usine de reconversion est prsente sur le site de
Zelenogorsk, o elle a t construite en 2009 par Tenex sur le modle de
lusine W2 de Pierrelatte. Ce projet est en effet issu dun accord de
transfert de technologie entre Areva et Rosatom. Cette usine permet de
stocker luranium appauvri (que la Russie renrichit) sous la forme doxyde
duranium, tout en produisant du HF. Fin 2014, 40 000 tonnes de fluorure y
avait t trait, 25 000 tonnes dacide fluorhydrique et 4 500 tonnes de
fluorure dhydrogne anhydre y avait t produit pour tre export.
Enrichissement
Capacits
En 2015, les combinats et usines de TVEL totalisaient une capacit de 24
millions MUTS/an, ce qui constitue prs de la moiti des qilitaries
mondiales, et fait de Rosatom le leader dans ce domaine. Cette capacit
denrichissement de luranium est surdimensionne et, depuis labandon
de lenrichissement des fins qilitaries, pourrait alimenter un parc
lectronuclaire de 250 Gwe.
Nom du centre denrichissement
Capacits
(MUTS/an)
Spcificits
Combinat lectrochimique dOural
10
-Enrichissement
jusqu 30%.
(UECC)
-Enrichissement
duranium appauvri
Usine lectrochimique de Zelenogorsk
(ECP)
8,7, extension
12
-Enrichissement
duranium appauvri
Combinat chimique de Sibrie (SCC)
3,0
-Enrichissement
duranium retrait,
ventuellement pour
lEurope de louest
Combinat lectrolytique et chimique
dAngarsk (AECC)
2,6
-Enrichissement
duranium appauvri
Total
24,3
Tableau 5.2 : Capacits denrichissement russes
Toutes ces usines denrichissement utilisent des centrifugeuses gaz de
8me et 9me gnration, dune dure de vie de 30 ans. Des units de 6 me
gnration sont cependant toujours produites pour lexport en Chine. Elles
ont t conues par VNIPIET et produite par JSC Russian Gas Centrifuge et
JSC Khimprom Engineering. La production a galement t faite Kovrov
Mechanical Plant et Urals Gas Centrifuge Plant (UZGT). Les premires
centrifugeuses de 9me gnration ont t livres au Combinat
lectrochimique dOural en avril 2013.
Une partie non ngligeable de ces capacits (environ 7 MUTS/an) est
utilise pour enrichir de luranium appauvri. On estime ainsi que depuis
1997, 10 15 000 tonnes duranium avec une concentration dU-235
comprise entre 0,25% et 0,40% ont t amens en Russie pour y tre
enrichi 0,7%
Combinat lectrochimique dOural
Lusine denrichissement de ce combinat est la plus grande de Russie.
Lenrichissement duranium appauvri occupe une part importante de ses
activits. Le Combinat est actuellement engag dans une entreprise de
modernisation de ses systmes dalimentation, de contrle, de scurit
ainsi que de ses principaux quipements. Surtout, ses centrifugeuses de
8me gnration sont peu peu remplaces par des centrifugeuses de 9 me
gnrationn augmentant ses capacits pour atteindre terme 48% de la
production russe. Ce programme a cout 7,5 milliards de roubles en 2014,
et 34 milliards supplmentaires doivent tre ajouts dici 2019. Le
Combinat cherche galement renouveler sa licence dexploitation pour
lusine denrichissement, valable jusqu fin 2016.
Depuis avril 2013, la coentreprise russo kazakh TVEL-Kazakh JV Uranium
Enrichment Centre possde 25% + 1 action des parts du combinat, lui
donnant droit 5 millions de MUTS/an.
Usine lectrochimique de Zelenogorsk
En 2011, la capacit de ce combinat est passe de 5,8 MUTS/an 8,7
MUTS/an.
Rosatom prvoit dinvestir 70 milliards de roubles dici 2020 pour quil
abrite 90% des nouvelles centrifugeuses, devenant ainsi avec une
capacit de 12 MUTS/an le principal centre denrichissement, dans une
perspective tourne vers lexport. Sa licence dexploitation a par ailleurs
t tendue jusquen 2023.
Combinat lectrochimique de Sibrie
Le Combinat lectrochimique de Sibrie possde la seule usine pouvant
enrichir de luranium recycl. Pour cette raison, depuis les annes 1990 de
luranium recycl La Hague y est envoy pour y tre enrichi. En 2012,
Rosatom a dclar investir 1,6 milliards de dollars jusquen 2017 pour
moderniser les capacits denrichissement et financer la nouvelle usine de
conversion. En 2015, cette usine denrichissement commenait utiliser
des centrifugeuses de 9me gnration.
Le Combinat lectrolytique et chimique dAngarsk
Angarsk abrite la plus petite des trois usines denrichissement de Sibrie
et TVEL ne compte pas lagrandir. En revanche, ce combinat, dont le rle
historique ne fut pas li des questions de dfense, accueille le nouveau
International Uranium Enrichment Centre (IUEC). Depuis dcembre 2014,
cette usine, qui souhaite maintenir sa capacit actuelle, enrichit ses
rserves duranium appauvri, et devrait continuer le faire jusquen 2030.
Centre international denrichissement
En janvier 2006, le Prsident de la Fdration de Russie a lanc linitiative
de cration de centres internationaux du cycle du combustible nuclaire.
En 2007, le premier centre international denrichissement a t cr sur le
site de lusine dAngarsk par les gouvernements russe (90% du capital) et
kazakh (10%). Ce sont ensuite joint lUkraine et lArmnie (10% chacun).
Celui-ci a pour but dassurer lapprovisionnement en uranium enrichi de
tout pays intress, sans recourir des transferts de technologies
sensibles. Concrtement, cette initiative de rserve duranium faiblement
enrichi, valide par le Conseil des Gouverneurs de lAIEA en novembre
2009, fournie par la corporation dEtat russe Rosatom et contrle par
lAIEA, se compose de 120 tonnes duranium enrichi 4,95%, mis
disposition des Etats membres de lAIEA, depuis fvrier 2011, si certains
dentre eux trouvaient des difficults sapprovisionner sur le march
international.
Yukiya Amano, directeur gnral de lAIEA, dclarait en mai 2015 que ce
centre devrait tre pris en exemple pour les prochains projets de banques
AIEA similaires, et en particulier pour la banque duranium faiblement
enrichi en projet au Kazakhstan.
VI.3.2 Export
La
partie
commerciale
des
activits
de
conversion
et
denrichissement est confie une autre filiale de Rosatom, TENEX. Cette
compagnie vend ainsi les produits de luranium et des services de
denrichissement et de conversion. Il sagit ce titre de lun des leaders
mondiaux dans le domaine de la vente de produits du cycle du
combustible nuclaire et en particulier et notamment le numro sur le
march mondial des services d'enrichissement, avec une part denviron
30%. Cette activit est ancienne puisque TENEX a commenc proposer
ce service ds 1973, la France. Cest galement TENEX qui fut lagent
excutif de lAccord HEU-LEU Megatons to megawatts .
En 2014, TENEX a effectu plus de 50 livraisons de produit de luranium
des clients situs dans 12 pays diffrents pour un chiffre daffaire slevant
2,2 milliards de dollars, soit 200 millions de plus quen 2013. En 2015,
sur le portefeuille de commande de 101,4 milliards de dollars de Rosatom,
21,8 milliards proviennent de la vente duranium enrichi et de services
denrichissement Les recettes totales de TENEX ont augmentes de 41,2%
par rapport lexercice prcdent.
Cette croissance sexplique principalement par la croissance des
exportations aux USA (lanne prcdente tait marque par la fin de
laccord HEU-LEU) et la dvaluation du rouble en 2014. TENEX a pour
objectif de possder 40% du march de lenrichissement dici 2025.
Marchs viss
En plus de possder le plus grand parc denrichissement au monde, TENEX
bnficie dautres atouts lui permettant de viser des marchs varis.
Dabord, elle sappuie sur une longue exprience avec des partenaires
varis.
Laccord HEU-LEU a t, entre 1995 et 2013, lorigine la livraison
denviron 14,5 milles tonnes duranium faiblement enrichi produit partir
de 500 tonnes duranium hautement enrichi aux Etats-Unis. Cet accord fut
une importante source de revenus : les quantits livres reprsentaient
lquivalent de 140 000 150 000 tonnes duranium naturel, 17 milliards
de dollars et 14% du march de lenrichissement.
Cet accord a surtout donn loccasion TENEX dinvestir les marchs
occidentaux et de prouver la fiabilit de sa prestation. Ainsi, en 2009,
TENEX a sign des contrats denrichissement long terme avec 3
compagnies amricaines - AmerenUE, Luminant and Pacific Gas & Electric
et une japonaise Chubu, pour des livraisons de 2014 2020, puis avec
Exelon. En 2014, ces contrats slevaient 5,8 milliards de dollars.
Tenex sintresse galement de prs au march europen, dont la
politique de diversification de lapprovisionnement de matriel nuclaire
mise en place par lUnion Europenne en fait un march particulirement
attractif. A lheure actuelle, TENEX vend des produits de luranium
presque tous les pays europens, que leur racteurs soient de design
russe ou non.
Surtout, la croissance de lnergie nuclaire en Asie-Pacifique, en Afrique
et au Moyen-Orient en font des marchs privilgis. La Russie dispose dun
cadre lgal appropri pour cooprer avec les pays nouveaux entrants dans
le domaine nuclaire. En Afrique du Sud, la Russie rpond prs de 40%
des besoins du pays. Surtout, fin 2014 le port maritime dextrme orient
Vostochny port a t pour la premire fois utilis pour livrer de
luranium en Core du Sud. TENEX a dclar que ce port serait
rgulirement utilis pour livrer des produits de luranium des pays
dAsie-Pacifique. Cette innovation facilite grandement les dbouchs vers
cette rgion: le seul port utilisable jusqu prsent tait celui de SaintPterbourg.
Figure 5.2 : Parts gographiques des exports de TENEX
VI.4 FABRICATION ET COMMERCIALISATION DU COMBUSTIBLE
VI.4.1 Acteurs
La socit TVEL assure la production de combustible nuclaire pour
lensemble du march russe. Toutes les centrales russes, les racteurs de
recherches scientifiques et les brise-glaces fonctionnent partir du
combustible TVEL. Avec 17% de parts de march au niveau mondial, il
sagit du 3me producteur de combustible nuclaire derrire Westinghouse
et Areva. TVEL livre du combustible pour 78 tranches nuclaires situes
dans 15 pays, 30 racteurs de recherche et pour la flotte nuclaire de
Russie. La capacit de production totale de TVEL est de 2500 t/an.
En dehors de TVEL, certains instituts de recherche jouent un rle dans la
fabrication du combustible (essentiellement pour le MOX ou autres
combustibles exprimentaux). Lensemble des acteurs russes de la
branche sont consigns dans le tableau 5.3.
Nom de
l'organisme
Elemash
(MSZ)
Activits
Ville
Propritai
re
Fabrication de combustible
(pastilles et assemblages) pour
racteurs VVER-1200 VVER-1000,
VVER-440, PWR, BN-600, BN-800,
RBMK-1000, EGP-6, racteurs de
recherche et pour les racteurs
navals (sous-marins, croiseurs,
brise-glaces).
Elektrostal
TVEL
Usine de
concentrs
chimiques de
Novossibirsk
(NCCP)
Fabrication de combustible pour
racteurs VVER-1200, VVER-1000,
PWR et pour les racteurs de
recherche (srie WWR, IRT, SM...).
Novossibirsk
TVEL
RIAR
Lignes automatiques de fabrication
et de contrle des assemblages
MOX.
Dimitrovgrad
Rosatom
Maak
Usines exprimentales de
combustible MOX.
Ozyorsk
Rosatom
Combinat
Chimique de
Sibrie (SCC)
Fabrication de MOX dense et de
combustible nitrure dense
Seversk
TVEL
Combinat
chimique et
minier (MCC)
Fabrication de MOX
Jeleznogors
k
Rosatom
Fabrication de combustible
nitrure
IPPE
Etude du comportement
thermomcanique des assemblages
RBMK, conception de combustible
RBMK.
Obninsk
Rosatom
Usine
mcanique
Tchepetski
(TchMP)
Tubes en zirconium pour les VVER et
les RBMK, produits de luranium
Chepetsk
TVEL
VNIINM A. A.
Botchvar
Recherche, conception des
combustibles.
Moscou
TVEL
Tableau 5.3 : Organismes impliqus dans la fabrication du combustible nuclaire
VI.4.2 Stratgie et perspectives
Les directions de dveloppement de TVEL et de la branche combustible de
Rosatom, en concordance avec ceux de la corporation dEtat, sont les
suivants:
Extension sur le march du combustible nuclaire
Diversification et dveloppement dautres curs de mtier
Amlioration de lefficacit du processus de production
Garantie dun fonctionnement soucieux des questions sociales et
cologiques
Lobjectif principal de TVEL est dobtenir 22% de part de march dans le
domaine du combustible lhorizon 2032. Afin de raliser cet objectif,
TVEL et Rosatom dveloppent plusieurs projets majeurs.
Projets
Rsultats
Combustible pour BREST-300
Cration de nouveaux types de
Combustible pour BN-800
combustibles
Combustible REMIX
Cration du dmonstrateur de Combustible hybride de nitrures
fermeture du cycle
duranium et de plutonium
Centre de production de MOX pour
Production de MOX
BN-800 au Combinat Chimique et
Minier
Entre
sur
le
march
des
combustibles
pour
racteurs Combustible TVS-Kvadrat
occidentaux
Cration de combustibles avec de Combustible RBMK : TVS-C
meilleurs performances
Combustible VVER-440 : RK-3
Combustible VVER-1000: TVSA-12,
TVS4A, TVS-4M
Combustible VVER-1200 & VVER-TOI
Combustible Zro Dfault
Tableau 5.4 : Principaux projets de Rosatom dans le domaine des combustibles
VI.4.3 Produits
La diversit des projets et des technologies de racteur que dveloppe la
Russie, ainsi que les importantes capacits de fabrication dont dispose
Rosatom lui permette de produire un grand nombre de combustibles de
diffrents types. Ainsi, en 2013, 6 866 assemblages ont t produits pour
lensemble des filires de racteurs russes.
Dans ce domaine TVEL a suivi et continue de suivre quatre directions de
dveloppement:
-
Augmentation de la manoeuvrabilit et de la fiabilit des
assemblages
Augmentation de la dure des cycles des assemblages
Simplification des conditions de rparation et de maintenance
Dveloppement de combustibles pour les nouveaux types de
racteurs
IV.4.3.1 Filire RBMK
Cette filire, technologiquement isole dans le parc mondial actuel,
emploie des combustibles particuliers. En effet, la composition de ceux-ci
comprend de lerbium. Cet absorbeur nest pas utilis dans les autres
combustibles russes, bien que son emploi constitue une piste prometteuse
pour les VVER.
De plus, bien que cette filire soit maintenant ancienne, Rosatom continue
dinnover dans le domaine du combustible. Ainsi, depuis 2009 3 concepts
ont t dvelopps sur la base du combustible utilis partir de 2001 :
Le TVS-P, avec profilage de lenrichissement suivant la hauteur.
Le TVS-F avec utilisation dun filtre anti-dbris.
Le TVS-FC, avec ajout au TVS-F dune fixation centrale pour les
barres de combustibles.
La mise en commun de ces diffrentes innovations permet le
dveloppement actuel du TVS-FCP. Ces diffrents modles sont compars
en Annexe 7.
IV.4.3.2 Filire VVER et eau lgre
VVER-440
Pour les VVER-440, des combustibles appartenant 3 gnrations sont
actuellement dvelopps et utilises dans les centrales russes.
La 2me gnration a t dveloppe afin de rduire de manire importante
(15%) la quantit dassemblage dans chaque lot, tout en augmentant la
dure de vie du cycle de combustion (prcdemment de 4 ans) et en
augmentant la puissance produite.
La 2me gnration + rduit nouveaux de 8% le nombre
dassemblages par lot et augmente la puissance produite pour atteindre
112% de la puissance nominale.
La 3me gnration est destine aux racteurs VVER-440 de seconde
gnration. Elle permet galement une rduction de 10% de la quantit
dassemblage dans chaque lot par rapport au combustible prcdent, et
pourrait tre utilise sur des cycles de 7 ans.
VVER-1000
En 2015, deux principaux types de combustibles dits de gnration 3 sont
utiliss : TVS-2M et TVSA-PLUS. Ces deux assemblages, dvelopps sous la
direction de TVEL par OKB Gidropress en 2006 et OKBM Afrikantov 2010
respectivement, ont de nombreuses caractrisques communes:
-
Enrichissement moyen de 4,95%
Pastilles 7,6/1,2 mm
Hauteur du cur : 3 680 mm
UO2
Masse de
: 525 kg
Prsence dun filtre antidbris
Dmontables et rparables
Burnup : 72 MWd/kgU
Possibilit doprer en Load
prioritaire ?)
follow
modes
mode
turbine
Leur principale diffrence tient dans le nombre de grilles despacement :
(12 pour TVS-2M contre 15 pour TVSA PLUS).
A cela sajoute galement depuis 2011 le combustible TVSA-12, bas sur
le TVSA-PLUS. Ces nouveaux combustibles ont notamment permis aux
racteurs VVER-1000 datteindre une puissance de 104% de leur
puissance nominale, et de fonctionner sur un cycle de 18 mois.
Des dtails techniques supplmentaires sont donns en Annexe 6.
Il convient galement dvoquer TVSA-T, conu partir du TVSA-ALFA et
utilis la centrale de Temelin et devant galement quiper les centrales
ukrainiennes et celle de Kozoduy. Cette technologie doit pouvoir atteindre
un burnup de 72 MW.j/kgU.
A partir des modles TVS-2M et TVSA-PLUS, TVEL a dvelopp la 4 me
gnration dassemblage pour VVER-1000 (TVS-4M, TVS-4A).
Celle-ci aura pour caractristiques :
-
Pastilles : 7,8/0,0mm
Hauteur du cur : 3 680 mm
UO2
Masse de
: 568,4kg
12 SG, MG, DF
Cycle combustible : 3x510 ou 5x333
Ces caractristiques lui permettront daugmenter la dure du cycle de 8%
et daugmenter le nombre dassemblage de 10%.
En 2014, des tests taient mens NCCP afin de qualifier ce nouvel
assemblage, qui pourrait tre utilis dans la 5 me tranche de la centrale de
Balakovo partir de 2018, permettant un uprate de 107-110%.
TVS AES-2006 & TVS TOI
TVEL a dvelopp de nouveaux combustibles pour les racteurs AES-2006
et VVER-TOI actuellement en construction. Le TVS AES-2006 et le TVS-TOI
sont bass sur le TVS-2M. Leurs caractristiques sont donnes en Annexe
6.
Dans ces nouveaux designs, laugmentation de la longueur de 50 mm par
rapport au TVS-2M permet dutiliser une plus grande quantitit duranium
sans aggraver la fluence au sein du racteur et lutilisation de grille de
mlange amliore la thermique de lassemblage. A plus long terme, TVEL
pense pouvoir dpasser les enrichissements de 5% en utilisant de lerbium
plutt que du gadolinium. La compagnie est galement convaincue que
pour atteindre des cycles dutilisation du combustible de 2 ans (objectif de
Rosenergoatom), il est ncessaire dutiliser ce nouvel absorbant. Notons
que les Russes disposent dj dune exprience dans lutilisation de
lerbium, prsent dans les combustibles de RBMK.
Perspectives
En 2015, le dveloppement de nouveaux combustibles pour les filires
eau constitue un aspect important de la stratgie nuclaire russe. Trois
raisons principales motivent cette dmarche : laugmentation de la sret,
laugmentation des performances des centrales, et laccs de nouveaux
marchs, en particuliers occidentaux.
En ce qui concerne la sret, les points damliorations prioritaires et les
pistes explores par TVEL sont dcrites dans le tableau 5.5.
Fonction
Solution
Amlioration de la rsistance la
distortion
Dveloppement dun squelette robuste
Amlioration de la protection contre des
corps trangers dans le caloporteur
Dveloppement de filtres antidbris
Amlioration de la rsistance aux
vibrations du combustible
Dveloppement de grilles antivibration
Amlioration des performances thermohydrauliques
Utilisation de mlangeurs intermdiaires
Amlioration des comportements
linterface pastille/gaine, diminution de la
quantit de gaz de fission libr
Augmentation de la taille du grain au
sein du combustible
Amlioration de la rsistance la
corrosion et aux radiations
Utilisation de nouveaux matriaux
Tableau 5.5 : Principales direction de recherche de TVEL
Pour lamlioration de la performance, quatre points ont t identifis :
Augmentation du taux de combustion
Allongement de la dure de vie des assemblages
Cration des conditions duprate des tranches nuclaires
Justification de la possibilit dopration en mode load-follow
TVEL travaille ainsi sur un projet plus long terme, le TVS-XXI, qui doit
apporter dimportantes innovations permettant doptimiser encore les
conditions de production des centrales nuclaires russes. Les principales
innovations prvues par ce combustible sont les suivantes :
Enrichissement allant jusqu 7%
Utilisation derbium comme absorbeurs
Dveloppement de combustible U-Be haute conductivit thermique
Utilisation de gaines en cramique ou autre matriaux
Ces innovations doivent assurer :
un cycle dutilisation de 2 ans (680 jours effectifs),
20% moins dassemblages,
une augmentation de 20-25% du taux de combustion moyen
Ce projet comporte deux volets. Le premier concerne le dveloppement
dun combustible enrichi 7%, et doit se terminer en 2017. En parallle,
des tudes sont menes pour concevoir des matriaux innovants
permettant deffectuer les tests racteurs. Ce second volet doit tre
achev en 2020.
Un autre projet majeur de TVEL est dvelopp spcifiquement pour
accder de nouveaux marchs : le TVS-Kvadrat, ou TVS-K. Ce
combustible, de forme carre, doit en effet permettre Rosatom de fournir
en combustible les centrales de design occidentaux, ce qui constitue lune
de ses priorits. Remarquons quen parallle, Westinghouse investit le
march ukrainien avec ses combustibles TVS-W. Les premiers
combustibles TVS-K ont t chargs dans la centrale de Ringhals, en
Sude en juin 2014. TVEL a dors et dj sign un contrat avec AREVA pour
approvisionner 7 racteurs. Rosatom espre que la certification de ces
assemblages combustibles (17x17) pour le march europen sera
termine dici 2015 et que la premire livraison aura lieu lhorizon 2016.
(Conception : OKBM Afrikantov). Ses caractristiques sont donnes en
Annexe 6.
Enfin, TVEL dveloppe depuis 2012 un programme transversal dont le
principe est centr sur la sret, le programme Combustible zro
dfault . Ce projet, men par Rosenergoatom en coopration avec ses
partenaires EZ a.s.
(Rpublique Tchque), SE NNEGC Energoatom
(Ukraine) et NPP Kozloduy (Bulgarie) doit permettre de dvelopper un
combustible pour VVER dont la probabilit quun lment combustible soit
unsealed est extrmement faible. Sur la priode 2008-2012, ce nombre
5
a t estim 1,5 10 /an . La premire tape du programme est
datteindre
106 ,
puis de diminuer encore ce chiffre. Le programme est
men sur la base du combustible pour VVER-1000.
Ce programme se droule en 3 tapes :
-
2013-2014 : Analyse des situations de dfaillance, dfinition de
leurs origines
2014-2015 :
Dveloppement
de
solutions
techniques
et
organisationnelles afin de dliminer les cas de dfaillance
2015-2017 : Mise en uvre et monitoring des solutions au sein des
entreprises participantes
IV.4.3.2 Filire BN
Aujourdhui, la filire BN compte deux racteurs : le BN-600 et le BN-800.
Du point de vue combustible, une diffrence importante entre ces deux
modles tient dans le fait que BN-600 nutilise que de loxyde duranium,
l o le BN-800 utilise un combustible hybride oxyde duranium/MOX.
Les combustibles de la filire BN sont produits Elemash, mais le MOX est
fabriqu dans diffrents centres (voir plus bas), et notamment au CCM.
Les combustibles de nouvelles gnrations : MOX, nitrures et
REMIX
La Russie a galement dcid de dvelopper une filire de combustible
MOX, mais semble-t-il uniquement pour ses RNR. Le MOX russe se
distingue du MOX franais notamment par la proportion de plutonium, de
30% en Russie. A lheure actuelle, Rosatom dveloppe une chane de
production de MOX pour BN-800. Deux procds de fabrication ont t
retenus : par pelletisation et par vibropacking .
Le premier est celui utilis par Maak (Ozersk, Oblast de Tcheliabinsk) o
une petite usine (40 assemblages par an) a produit du MOX pour BN-350
et BN-600 partir 1993. En revanche, une petite capacit de production
de MOX par vibropacking est prsente au RIAR.
Mais le principal centre de production de MOX est amen tre situ au
MCC, o une Usine de fabrication de combustible MOX a dmarr sa
production fin 2014. Cette nouvelle usine fait partie du projet Proriv, et a
t financ hauteur de 7 milliards de roubles, conformment aux
dispositions du FTP sur le nuclaire de nouvelle gnration. Premire usine
de MOX de dimension commerciale en Russie, elle pourra, avec une
capacit de 60t/an soit 400 assemblages, produire la totalit du MOX
consomm annuellement par cinq BN-800. Lusine est situe 200 m sous
terre et le procd de fabrication retenu est la pelletisation, mais long
terme lusine doit aussi produire des granules pouvant tre envoyes au
RIAR pour produire du combustible par vibropacking. En 2015, cette usine,
en cours doptimisation de ses processus de fabrication, doit produire 24
assemblages. Cette production est supervise par TVEL, mme si les
rapports entre le CMM et TVEL nont pas encore t prcis sur ce point.
Enfin, une usine de fabrication de combustible MOX dense doit tre
construite avant 2017 au CCS. Le cot de la ralisation de cette
installation a t estim 6,3 milliars de $ par TVEL.
La Russie dveloppe galement une autre technologie en parallle du
MOX : les combustibles nitrures. L aussi, Rosatom nenvisage de les
utiliser que pour ses prochains RNR. Ainsi, il est prvu que si le racteur
BN-1200 est ralis, il utilisera dans un premier temps du combustible
MOX (KETVS-2), comme BN-800, avant de basculer sur des combustibles
nitrures (KETVS-3) si les essais actuels sont concluants. Surtout, le BREST300 pourrait utiliser exclusivement ce type de combustible.
La Russie dispose dune certaine exprience dans ce domaine, qui date de
lURSS. En particulier, les racteurs de recherches BR-10 et BOR-60 ont
utilis ces combustibles pendant des annes. Dans le cadre du projet
Proriv, 17 milliards de roubles ont t allous leur dveloppement et
celle de leurs capacits de production. Les combustibles nitrures doivent
tre fabriqus par diffrentes entits. Ainsi, le CCS, en collaboration avec
TVEL, commence produire des combustibles nitrures dense. Ainsi, au
printemps 2015, des combustibles TVS-4 et ETVS -5 nitrures issus du CCS
taient tests au sein du BN-600.
Sappuyant sur les rsultats obtenus, une autre usine de production de
combustibles nitrures denses fait partie du complexe de fermeture du
cycle associ au BREST-300. La construction de cette usine, dmarre en
2014, doit sachever en 2017-2018, tandis que le racteur sera mis en
exploitation en 2020. Un centre de traitement du combustible nitrure us
doit tre adjoint lusine du CCS comme celle du CCM.
Il convient galement dvoquer le combustible REMIX (REgenerated
MIXture), dvelopp lInstitut du radium Khlopin. Ce combustible est
produit directiement dun mlange duranium et de plutonium non
spars, issu dun combustible us utilisant de luranium faiblement
enrichi (16% U-235). Lavantage du REMIX est quil peut tre retrait
plusieurs fois successivement aprs utilisation dans un VVER-1000. Le
REMIX permettrait dconomiser 20% duranium naturel chaque
recyclage, par rapport un cycle ouvert, et pourrait ainsi remplacer le
combustible actuel. Ce combustible sera bientt test dans la tranche n3
de la centrale de Balakovo.
Figure 5.3 : TVEL lexport en 2015
VI LE PARC DE CENTRALES NUCLEAIRES RUSSES
VI.1 ACTIVITS INDUSTRIELLES
VI.1.1 Ingnieries
Jusqu rcemment, les projets de CNPE taient mens par trois
bureaux dingnierie principaux, les AtomEnergoProekt. Ces socits
taient rparties dans trois villes : Moscou (MosAEP, puis AEP), St.
Petersbourg (SPbAEP) et NijniNovgorod (NIAEP). Chaque AtomEnergoProekt
apportait ses modifications au design des diverses centrales nuclaires. Ce
fut notamment problmatique pour le projet AES2006 (quips de
racteurs VVER 1200), dont plusieurs centrales sont actuellement en
construction. Les trois socits ont personnalis le racteur alors que le
projet devait tre standardis. Citique par la direction de Rosatom, cette
branche dactivit a subi dimportantes modifications ces dernires
annes, et continue encore dvoluer.
Rosatom sest efforc avec le dveloppement du VVER TOI dobtenir un
standard indpendant de la socit dingnierie menant le projet et dans
la mesure du possible suivant le site choisi pour la construction.
Plusieurs regroupements ont donc t effectus. En 2012 NIAEP a fusionn
avec AtomStroyExport (ASE) qui pilotait les projets russes lexport.
NIAEP-ASE est devenu lentreprise dirigeante de la division ingnierie de
Rosatom et le leader parmi les socits dingnierie pour les projets de
centrales ltranger. Cette position a t renforce en octobre 2014,
quand NIAEP-ASE sest rapproch dAEP (de Moscou) pour en devenir
lorgane excutif, qui pourrait donner lieu au rassemblement des deux
compagnies. De son cot, SPbAEP a fusionn avec linstitut VNIPIET en
2013 pour devenir Atomproekt.
Les concepteurs de chaudires nuclaires (qui en supervisent aussi la
fabrication) sont OKB Guidropress pour les VVER et OKBM Afrikantov pour
les RNR de type BN, les racteurs de faible et moyenne puissance (SMR) et
les racteurs transportables (centrale flottante). OKBM Afrikantov est en
effet le concepteur des chaudires nuclaires pour la propulsion marine
(sous marins et brise glace), et dispose dune grande exprience dans la
conception de racteurs nuclaires de petite puissance. OKBM et
Gidropress font partie du groupe AtomEnergoMash..
VI.1.2 Construction mcanique
VI.1.2.1 Acteurs
OMZ
OAO OMZ est la plus grande entreprise dindustrie lourde russe,
partiellement contrle par Gazprom (actionnaire principal). Fonde en
1996 elle a intgr en 1999 lusine Izhorskie Zavody qui est le principal
fournisseur de composants racteur russe. En 2004 OMZ a galement pris
le contrle de Skoda JS et Skoda Steel (aujourdhui Pilsen Steel) ayant
galement des capacits de fabrication de cuves et dinternes. Skoda JS a
une longue exprience de fourniture dquipements pour les VVER (24
ensembles complets pour les VVER depuis 1980).
OMZ est galement impliqu dans la forge et la fabrication de divers
lments de llot nuclaire (prssuriseurs, lments des gnrateurs de
vapeur).
Les usines de Ijora ont t modernises ces dernires annes afin de
fabriquer intgralement des gnrateurs de vapeur pour les racteurs et
dautres quipements internes aux racteurs, ainsi que des rotors de
turbines faible vitesse.
Lusine OMZ Spetsstal de St. Petersbourg produit des forges pour les
cuves et a rcemment fourni aux usines Ijora des pices forges de 420t
qui devraient tre utilises pour le VVER-TOI.
OMZ est lun des principaux fournisseurs de AtomEnergoMash (AEM) et
bien que ce dernier cherche dvelopper ses propres lignes de
production, il devrait tre le fournisseur principal pour les centrales en
cours de construction de type AES2006.
Atomenergomash
Une part importante de lindustrie de construction mcanique pour le
domaine nuclaire (lot nuclaire comme lot conventionnel) est contrl
par la division de construction mcanique de Rosatom, via sa filiale
Atomenergomash (AEM). Cre en 2006, AEM intgre une trentaine de
socits dingnierie, de fabrication et des organisations de recherche en
Russie, en Ukraine, en Rpublique Tchque et en Hongrie pour les
centrales thermiques et nuclaires. AEM fait partie dAEProm et permet de
donner le contrle Rosatom de la suply-chain des quipements
nuclaires, en rassemblant des compagnies situes sur diffrents
segments de constructions mcaniques du domaine nuclaire.
Ainsi, pour llot nuclaire:
Cuves de racteur
Gnrateurs de vapeurs
Pompes primaires
Tuyauterie primaire
Pressuriseurs
Rcuprateurs de corium
Systmes de refroidissement passifs
Etc.
Pour llot conventionnel :
Turbognrateurs
Valves
Pompes
Sparateurs de vapeur deau
Tuyauterie secondaire et armatures
Rchauffeurs hautes et basses pressions
Condenseur
Etc.
Pour les systmes support :
Machines pour le rechargement du combustible
Systmes de ventilation
Moteurs diesel
Equipements de contrle et de mesure
Tours arorfrigrantes
Etc.
A limage de celle de Rosatom, la stratgie de la holding se concentre sur
trois aspects :
Augmentation des parts de marchs dans lindustrie mcanique
(objectif : 50% dici 2030)
Augmentation de la part des produits non nuclaires dans les
recettes de la compagnie (50% dici 2030)
Augmentation de la part de lexport dans les recettes (25% dici
2030)
Dans les diffrents domaines o il est prsent, AEM possde des
comptences en matire de R&D, de conception et dingnierie, de
fabrication et de fourniture.
AEM est galement le seul producteur de pompes primaires pour toutes
les technologies de racteurs russes, le seul fournisseur de cuves pour les
RNR de type BN et a fourni plus de 220 gnrateurs de vapeurs pour les
VVER dans le monde entier (fabriqus principalement lusine de ZiOPodolsk).
Figure 6.4 : Organisation dAEM
Lassociation avec des entreprises leaders ltranger fait partie des
priorits dAEM. Cest notamment dans cet esprit quen 2007 la jointventure Alstom-AEM (JV AAEM) a t cre. La JV doit produire des turbines
basse vitesse de 1200 MWe sur la base des turbines de technologie
franaise Arabelle . La production doit tre transfre en Russie au fur
et mesure des commandes. AAEM a t retenue pour fournir les turbines
du projet de deux tranches de type AES2006 sur la centrale dans lenclave
de Kaliningrad6. Ces turbines basse vitesse (les seules basse vitesse
actuellement produites en Russie pour de telles puissances) ont un fort
potentiel pour les projets de CNPE venir.
Dans sa logique dexpansion, AEM sest aussi efforc de dvelopper ses capacits
de production de certains quipements en particulier pour ne pas dpendre
dOMZ (notamment les cuves de racteurs de VVER). Cest dans cette
perspective
quAEM
a
acquis
Atommash,
Petrozavodskmash
et
Energomashspetsstal (Ukraine) en 2010, rassembls dans sa filiale AEM
Technology. REA avait ainsi annonc en mai 2012 que les cuves pour le projet
VVER-TOI seraient fournies par OMZ-Izhiorskie Zavodi et par les filliales dAEM
Petrozavodskmash et EnergoMashSpetzStal (Ukraine) rcemment acquises.
Atommash, qui navait pas produit dquipement pour le nuclaire depuis
plusieurs annes, va remettre ses capacits de production (pouvant forger des
pices allant jusqu 1200 tonnes) au service de cette filire. AEM annonait en
2015 produire 13% des quipements pour centrales nuclaires dans le monde.
Aujourdhui, les principales entreprises de constructions mcaniques
dAEM sont ZiO Podolsk (gnrateurs de vapeur, changeurs, etc.) et AEM
Technologies (cuves, gnrateurs de vapeur, rcuprateurs de corium,
autres quipements internes ).
Silovi Mashini
Fond en 2000 par agrgation de nombreuses entreprises de
lnergie, Silovi Mashini (Power Machines OJSC SilMash) se prsente
comme la plus importante socit dingnierie de centrales de production
dlectricit en Russie assurant la conception, la fabrication et le montage
dquipements pour tous types de centrales. SilMash est indpendant de
Rosatom et 26% de ses actions appartiennent Siemens.
Parmi ses filiales, Leningradski Metalurgisheski Zavod (LMZ) fabrique des
turbines haute vitesse dans un large diapason de puissance (jusque
1200 MWe). Ils ont fourni des turbines pour des centrales nuclaires dans
6 Centrale de Baltiskaa NPP le projet a t fig fin 2013 pour rflexions du fait
de difficults pour trouver des financements trangers et pour sassurer que
llectricit produite par les 2,4 GWe destine lexport au pays
10 pays dont 10 en Russie (avec des projets rcents comme Kalinin 4,
Leningrad-II, Novovoronezh-II et BN-800). 7 en Ukraine et 5 en Lituanie.
LMZ a particip aux projets russes en Inde, en Chine mais aussi en Iran.
Un projet de turbine basse vitesse concurrente de la turbine Arabelle de
AAEM est en cours de finalisation.
Notons galement que la filiale de TVEL Elemash a annonc tre en
capacit de produire des quipements pour les centrales flottantes.
VI.1.2.2 Capacits de fabrication dquipements lourds
La Russie dispose de capacits de chaudronnerie lourde et trs lourde
(seule avec le Japon, la France et la Chine). Les entreprises concernes
possdent galement des filiales ltranger. Elle reste par ailleurs en
coopration troite avec les pays de lex-bloc sovitique tant donn
quune partie des capacits de production de lURSS y est reste (cest le
cas de TurboAtom en Ukraine). Les socits russes ont fait de nombreux
efforts pour reprendre le contrle sur ces capacits, comme lillustre le
rachat de Skoda JS par le groupe russe OMZ. Les capacits russes de
production sont denviron 6 8 ensembles de composants racteurs par
an, et 4 6 ensembles pour llot nuclaire par an. Afin de pouvoir suivre
laugmentation du nombre de projets de CNPE en Russie et ltranger un
vaste programme de modernisation et daugmentation de capacits a t
lanc par les groupes concerns. Il convient galement de remarquer que
les cuves des racteurs de gnration III+ ncessitent des presses forger
de capacit dpassant les 14 000 tonnes et acceptant des lingots de plus
de 500 tonnes.
La Russie produit principalement des turbines haute vitesse, les
capacits de fabrication de turbines basse vitesse tant restes en
Ukraine aprs la chute de lURSS.
Ilt nuclaire
Le principal constructeur de composants racteurs de Russie est OMZ, et
en particulier son usine dIroja. Celle-ci a dj produit une soixantaine
densemble de composants racteur, et sest rcemment engage dans un
programme dextension de ses capacits de production, dans lequel elle a
investit 11 milliards de roubles sur 5 ans. Ce programme a impliqu
notamment linstallation dun four DSP-120 pouvant produire des lingots
de 600 tonnes et 5,6 m de diamtre et la modernisation de sa presse
hydraulique, qui dploie maintenant une force de 15 000 tonnes. Ces
nouveaux quipements lui ont ainsi permis de doubler ses capacits de
production de cuve, qui atteignent maintenant 3 4 units/an. Cest
galement grce ces nouvelles capacits que lusine dIroja devrait
pouvoir produire tous les cuves dAES-2006 domestiques partir de 2016,
et prendre en charge une partie de la production destine lexport. Ses
dernires productions sont les composants pour Leningrad II et Novoronej
II, celles de Tianwan 3&4, ainsi que la cuve de Rostov 3.
Lusine Skoda JS, autre filiale dOMZ, peut produire une cuve par an.
Depuis sa cration elle a fabriqu 21 ensembles de racteurs VVER-440 et
3 de VVER-1000 dont notamment celle qui a t installe Kalinine-4. Ces
ensembles comprennent notamment les cuves, les mcanismes de barres
de contrles et circuits intrieurs.
AEM possde ses propres capacits de production de cuves de racteurs
au sein de plusieurs filiales. ZiO-Podolsk modernise ses capacits de
production, investissant 2,9 milliards de roubles jusquen 2015 pour
pouvoir produire juqsu 4 ensembles de composants nuclaires par an,
objectif qui doit tre atteint en 2016. Cette compagnie a produit entre
autres les composants de BN-800 et travaille sur le RITM-200.
AEM Technology est lautre filiale dAEM jouant un rle dans ce domaine de
production. Petrozavodskmash peut produire des cuves de racteur et en
forger les composants. Les quipements de fabrication devait tre installs
en 2011 et partir de 2012 Petrozavodskmash devrait tre capable de
produire 1.5 cuves VVER par an. De plus, Atommash a t dsign en
2013 pour produire les deux cuves des racteurs dOstrovets et modernise
ses installation cette fin. Les viroles de ces cuves sont principalement
forges au sein de la filiale ukrainienne dAEM Energomashspetsstal. Celleci a commenc en 2013 produire les viroles pour cuves de VVER TOI.
En ce qui concerne les gnrateurs de vapeurs (GV), Atomenergomash est
le seul producteur russe (hors centrales flottantes). Lusine de ZiO-Podolsk
est la principale unit de production de gnrateurs de vapeur pour les
racteurs nuclaires de grande puissance. Ainsi depuis sa cration elle a
fabriqu plus de 100 GV pour les VVER-440 et plus de 12 pour les VVER1000 et dtient la technologie russe des GV pour les RNR refroidis au Na
(BN-350, BN-600 et BN-800). En 2008, lUsine ZiO-Podolsk a entreprit des
travaux de modernisation pour augmenter ses capacits de productions et
en 2013, elle tablissait son record de production annuelle en fabriquant 9
GV (pour Novoronej, Kalinin 4, Rostov 3, Leningrad, Tianwan 1, 2, 3 et 4,
et ceux prvus pour Belene).
Cette production intervient parfois en aval de celle dautres compagnies.
Ainsi, Petrosavodskmash et lusine dIroja dOMZ produisent des viroles de
gnrateurs de vapeurs, qui sont livrs ZiO-Podolsk pour obtenir le
produit final. Cest par exemple ainsi quon t produits les gnrateurs de
vapeurs de Novoronej II et Lningrad II.
Atommash a t dsign pour faire lensemble pour gnrateur de vapeur
de Rostov 4.
Volgodonsk est aussi en capacit de produire des rcuprateurs de corium.
Ilt conventionnel
Pour ce qui est de la production de turbines et des quipements de lilt
conventionnel, le leader sur le march est la compagnie LMZ Silovi
Machini (Silmash). Cette compagnie produit des turbines dont la puissance
va de de 200 1200 MW et dtient environ 40% du march russe de
turbines grande vitesse (3000 tr/min).
Le modle de turbine qui quipe la plupart des nouvelles centrales (de
type VVER-1200) est la turbine K-1200-6,8/50, en cours dinstallation dans
les units 1 et 2 de Novovoronej II et en cours de production pour les
units 1 et 2 de Leningradskaa II et Belorusskaa. Silovi Machini produit
galement des turboalternateurs pour ces deux dernires centrales (TZV1200-2A) et divers quipements pour les derniers projets VVER-1000
(Rostov 3 et 4, Kudankulam 1 et 2).
Cest aussi ici quont t produits les quipements de llot conventionnel
pour BN-800 (turbine K-800-130/1000 et turboalternateur TZV-890-2AUZ).
Le dveloppement de sa propre turbine de demi-vitesse (1500 tr/min),
annonc lhorizon 2013, continue afin de pouvoir fournir notamment les
VVER-TOI. En 2012, Silmash a ainsi ouvert une nouvelle usine SaintPtersbourg qui sera ddie la production de ce type de turbine. Cest
par ailleurs sa filiale Usine de turbine de Kalouga (KTZ )qui doit
fabriquer les turbines pour les deux racteurs KLT-40s qui vont quiper la
premire centrale nuclaire flottante.
Un autre acteur amen prendre de limportance sur ce march est la JV
Alstom-Atomenergomash. Alstom a tabli, en avril 2007, un partenariat
avec lindustrie russe, en crant la co-entreprise Alstom (49%)Atomenergomash (51%) pour construire des turbines de demi-vitesse de
technologie Alstom (Arabelle) pour les centrales nuclaires russes et en
plaant le centre de production Volgodonsk. Le produit phare de cette JV
doit tre la turbine basse vitesse Arabelle, pouvant atteindre jusqu
1800 MWe. Lentreprise espre pouvoir fournir ses turbines la centrale
de Seversk. Cette usine est fournie en pices forges par
Energomashspetsstal. Selon Rosatom, la turbine Arabelle, a t choisie
pour quiper le nouveau REP russe VVER-TOI dont le projet serait prt ds
2012 et la construction de la premire tranche serait acheve lhorizon
2018 sur le site de la centrale nuclaire de Nijegorod. Cette JV est
cependant sujet des incertitudes lies au rachat du ple nergie
dAlstom par General Electric ainsi quau gel du projet de Kaliningrad.
Il convient galement de noter que le nouveau four de lusine dIroja,
pouvant produire des lingots de 600 tonnes doit permettra la production
de rotors pour turbines basse vitesse.
Autres quipements
Plusieurs socits russes fournissent les diffrents quipements
mcaniques ncessaires la construction des racteurs (vannes,
tuyauteries, pressureuses, ...), et la majorit dentre elles font partie du
groupe Atomnergomash. Cependant, Skoda JS, dtenu par OMZ peut tre
un fournisseur associ dAtomStroiExport pour la construction des
racteurs VVER, (ce devait notamment tre le cas pour lappel doffres
pour la construction des tranches 3 et 4 de Tmelin).
Les trois filiales dAEM produisant des pompes sont TsKBM et la JV
hongroise Ganz EEM (pompes de moyenne et grande tailles), ainsi
quOKBM Afrikantov (pour les centrales de Balakovo, Kalinin et
Novovoronej mais aussi Kudankulam et Tianwan ltranger).
La principale usine de production de tuyauterie dAEM est Zio-Podolsk : les
capacits totales de la compagnie taient de 7 8 tonnes par an en 2015.
Enfin, les centrifugeuses gazeuses pour lenrichissement de luranium sont
fabriques dans lusine Tochmach, dtenue par TVEL. Les centrifuges ont
une hauteur de 50 cm et tournent 1500tr/s. Elles ont une dure de vie
de 30 ans et consomment environ 30 fois moins dnergie que les anciens
appareils diffusion gazeuse.
VI.1.2.3 Besoins
Les besoins de Rosatom en production dquipements dpendent du
calendrier de projets de la corporation dEtat la fois lexport et sur le
march intrieur. Les achats dquipements de Rosatom sont diviss en
trois groupes, correspondant au moment de leur achat relativement
lavance du projet concern.
1re vague: Gros matriels, notamment ceux longue dure de
fabrication
65 70% du cot total
~ 3500 units d'quipements.
2me vague : Principaux quipements de la partie lectrique,
systmes de contrle-commande, tuyauterie, robinetterie
20 25% du cot total
~ 25000 - 30000 units.
3me vague : Automatismes, protections par relais, compteurs
d'lectricit, protection physique, tlcommunications, systme
d'alerte, clairage, ventilation, robinettrie
~ 5 - 10% du cot total
~ 15000-17000 units.
La figure 6.2 montre le droulement des projets de Rosatom jusqu
lhorizon 2022 et les besoins en quipements qui en dcoulent, envisag
par la corporation dEtat en juin 2015. Il convient de remarquer que ce
graphique est susceptible dvoluer et que les projets sur le territoire
russe, ne constituent pas la priorit de Rosatom et, ce titre, peuvent tre
retards suivant les difficults (de production ou financires) auxquelles
fait face la corporation dEtat.
Nannmoin, si lon considre le portefeuille de commande de Rosatom
lexport sur 10 ans, il apparait clair que laugmentation de ses capacits
de production constitue un enjeu important pour Rosatom.
Figure 6.2 : Calendrier des achats dquipements de Rosatom pour ses prochains projets
VI.1.3 Exploitation et maintenance
La totalit du parc nuclaire russe est exploite par Rosenergoatom
(REA), filiale de Rosatom. REA exploite 34 tranches nuclaires rparties sur
10 centrales. Chaque centrale en opration, en construction ou en projet
avanc constitue une division de REA. Il dispose en plus de filiales de
maintenance des CNPE et dune filiale destine aux projets de construction
des CNPE. La puissance installe totale est de 25,2 MW, et la production
dlectricit en Russie en 2013 tait de 172,22 Mds KWh, dpassant de
1,6% la quantit planifie, et permettant au nuclaire de produire 16,8%
de llectricit. Le modle conomique principale de la compagnie est la
vente dlectricit par la mise disposition de capacit sur le march de
gros russe. Mais Rosenergoatom bnficie aussi des revenus issus de
projets ltranger via sa fiiale Rusatom Services. Prs de la moiti des
recettes de Rosatom proviennent de la vente dlectricit dorigine
nuclaire (233,7 Mds Rub en 2013).
Rosenergoatom dfinit ainsi ses objectifs :
Assurer le fonctionnement sr, efficace et fiable des centrales
nuclaires, en particulier du point de vue de la radiosret
Amliorer lefficacit de la production dlectricit
Augmenter la part du nuclaire dans la production lectrique russe
Fermer le cycle du combustible en sappuyant sur les racteurs BN1200 et VVER TOI et lutilisation de combustible MOX
Mettre en place les projets de centrales de faible et moyenne
puissances
VI.1.4 Distribution dlectricit
Fonde en 1997 pour commercialiser et transporter llectricit russe hors
des frontires, Inter RAO a largi son activit la gnration dlectricit
thermique en Russie et ltranger.
Aprs la vente en blocs spars, en 2007, de lancien monopole lectrique
RAO EES, Inter RAO est lune des seules filiales tre reste sous contrle
direct de lEtat. 57% du capital de lentreprise a t confi la Corporation
dEtat lEnergie Atomique Rosatom, 9% appartient Gazprom, le solde
tant aux mains dautres actionnaires minoritaires ou correspondant du
capital flottant (de lordre de 15%).
La puissance installe totale dInter RAO, qui slve actuellement
18 000 MW (soit environ 10% de la puissance installe mondiale dEDF) et
continue de crotre, en fait le premier producteur dlectricit thermique
russe avec Gazprom.
Un dcret rcent prvoit le transfert Inter RAO de tous les actifs de
production lectrique partir dnergie thermique appartenant encore
lEtat, ainsi que des participations de lEtat dans des socits lectriques
prives. Inter RAO devrait notamment se voir confier la gestion des parts
de lEtat (25%) dans la socit OGK-5, contrle par litalien Enel.
Tout en tant contrle majoritairement par lEtat russe, Inter RAO
bnficie dune rputation de modernit et de comptence auprs des
analystes et des investisseurs (lue en 2009 meilleure compagnie
nergtique russe cote lindice boursier RTS pour la qualit de son
management et la transparence de son rapport annuel).
Rosenergoatom dispose dune filiale de vente dlectricit, JSC
"AtomEnergoSbyt". Celle-ci vend chaque anne plus de 16 milliards de
KWh d'lectricit pour 38 300 entreprises et 1,6 millions dindividus. Cest
galement cette compagnie qui est en charge de la distribution de la
chaleur dans les villes satellites de centrales nuclaires.
VI.2 LES FILIERES DE REACTEURS RUSSES
La Russie dispose de nombreuses filires de racteurs nuclaires. Leur
caractristiques de lensemble de ces racteurs sont donns en Annexe 5.
VI.2.1 La filire modrateur graphite
RBMK-1000
La filire RBMK (Racteur de grande puissance tubes de force) sappuie
sur lune des deux options technologiques qui ont mrg dans les annes
1970 en URSS, avant de constituer une part importante du parc nuclaire
sovitique puis russe (lautre tant les racteurs eau pressurise). Cette
filire est aussi connue pour laccident de Tchernobyl, dont la centrale
utilisait des racteurs de ce type. Bien que la proportion de racteur RBMK
tend diminuer au sein du parc nuclaire russe, cette filire en reste une
composante importante, puisque 11 racteurs, lheure actuelle sont de
ce type.
Ces racteurs utilisent leau comme caloporteur, et du graphite comme
modrateur. Le design sloigne sensiblement de celui des autres
racteurs, notamment parce que la filire RBMK drive de racteurs
originellement utiliss principalement pour la production de plutonium.
Lutilisation de graphite et deau ne se trouve dans aucun autre racteur
de puissance dans le monde. Cest dailleurs lutilisation du graphite
comme modrateur qui fait que ces racteurs possdent un coefficient de
vide positif qui provoque les problmes de sret lorigine de la
catastrophe de Tchernobyl. Nanmoins, les Russes ont apport de
nombreux changements significatifs leur concept de base, limitant
drastiquement les risques qui y sont lis.
On peut ainsi distinguer trois gnrations de racteurs RBMK, dont les
diffrences tiennent principalement dans les solutions retenues en matire
de sret. Tous les racteurs produisent une puissance denviron 1000 MW
La premire gnration, dont il reste actuellement trois racteurs sur le sol
russe, a t dveloppe dans les annes 70. La seconde (6 racteurs) a
t dveloppe en tenant compte des changements dfinis par les
nouveaux critres de sret paru en 1982 (OPB-82). La troisime utilise de
nouveaux critres (OPB-88) mais il nexiste quun seul racteur de ce type.
EGP-6
Les racteurs EGP-6 sont des versions rduites des RBMK (ils ne
produisent que 11 MW de puissance nette), qui sont en outre utiliss pour
produire de la chaleur par cognration. Il nexiste quune centrale
quipe de ces racteurs, la centrale de Bilibino, qui sert principalement
alimenter en lectricit les complexes dextraction dor prsents dans
cette rgion isole. Cette centrale a commenc produire de llectricit
en 1974, et les racteurs qui y sont prsent ont t continuellement
amliors (notamment pour tenir compte des risques sismiques). Si aucun
EGP-6 nont t produit depuis, lide de dvelopper et de construire des
centrales de petites puissances, en se basant sur dautres technologies,
est actuellement trs prsente au sein de lindustrie nuclaire russe.
VI.2.2 La filire eau pressurise VVER
La filire VVER est la filire de racteur eau pressurise de technologie
russe. Bien quil ne sagisse pas de la premire filire de racteurs
nuclaires dveloppe en URSS, celle-ci est galement ancienne et les
Russes disposent dune longue exprience dutilisation de cette
technologie. La filire VVER est trs proche des filires PWR, mais sen
distingue par quelques caractristiques significatives :
Les gnrateurs de vapeurs sont placs horizontalement
Les assemblages de combustibles sont de forme hexadcimale
Absence de traverse dans le fond de cuve (soutien lhypothse de
rtention au sein de la cuve jusqu un certain niveau de puissance)
Des pressuriseurs de grande capacit sont utiliss.
Les racteurs VVER ont t initialement conus par OKB Gidropress,
maintenant filiale de Rosatom, tandis que les designs des centrales
utilisant ces racteurs ont t dvelopps par les trois Atomenergproekt
(maintenant NIAEP-ASE, Atomproekt et AEP Moscou). Lhistoire de cette
filire commence en 1964 avec la centrale de Novoronej. Depuis 67 VVER
de diffrents types ont t construit dans le monde entier. La figure 6.3
montre cette volution.
Figure 6.3 :Evolution des VVER depuis 1960
VVER 440
On distingue deux principaux types de racteurs VVER-440. L'ancienne
srie VVER-440/V-230 et le modle VVER-440/V-213, plus rcent. Comme
tous les racteurs eau pressurise, le VVER-440 utilise l'eau pour le
refroidissement et la production de vapeur ainsi que pour la modration de
la raction. Le combustible est du dioxyde d'uranium peu enrichi. L'une
des caractristiques du VVER-440 est la construction de paires de tranches
avec une salle des turbines commune.
Par rapport aux standards occidentaux, les VVER sont jugs dficients sur
les points suivants :
enceinte de confinement du racteur insuffisamment rsistante
une augmentation de pression (enceinte modulaire en bton arm, et
non une enceinte en bton prcontraint comme sur les autres REP dans
le monde),
pour les VVER 440/V-230, le systme de refroidissement de secours
du cur n'est pas dimensionn pour une rupture complte d'une
tuyauterie primaire (APRP petite brche).
La version modernise 440/V-213 a bnfici d'amliorations sur ces
points. Ainsi, le refroidissement de secours du cur est dimensionn pour
une rupture totale d'une boucle primaire. De plus, les systmes de sret
sont tripls (alors qu'ils ne sont que doubls sur les VVER 440/V-230 et la
plupart des REP en service dans le monde). Leurs enceintes de
confinement sont galement plus tanches et sont quipes d'un systme
trs volumineux de rduction de pression (appel tour de barbotage).
Enfin, des mesures anti-incendie ont t nettement amliores.
Cela tant, les VVER 440 prsentent un avantage important : ils ont une
quantit trs importante d'eau primaire et secondaire par rapport la
puissance thermique du cur, ce qui donne un dlai d'intervention de
l'quipe de quart beaucoup plus important que les racteurs REP
occidentaux.
Les racteurs V-270 ont t conus pour la centrale de Metzamor en
Armnie. Il sagit de V-230 modifis tenant compte de la sismicit de la
zone.
Le racteur V-179, utilis pour les tranches 3 et 4 de Novoronej, peut tre
considr comme le prototype des VVER-440.
Une comparaison des caractristiques de ces racteurs est donne en
Annexe 6.
VVER 1000
Le VVER-1000 reprend le concept du VVER-440 tout en le modernisant et
en amliorant la scurit, notamment par l'introduction d'une enceinte de
confinement autour du racteur. Il produit dsormais 1000MW, et les
racteurs VVER-1000 sont modernisables pour correspondre aux normes
europennes. Du point de vue de la sret, le retour dexprience de la
Russie sur lutilisation de VVER-1000 est bon, aucun incident nayant
dimpact significatif ntant signaler.
L aussi, plusieurs versions ont t dveloppes au cours du temps. Le V187 est le prototype : comme pour les VVER-440, cest la centrale de
Novovoronej qui a t choisie pour laccueillir. Les modles V-302 et V-338
ont t labors la mme anne que le V-187, en 1979 (le premier na en
revanche t construit quen Ukraine). Trs proche, ils constituent une
premire petite srie de racteurs VVER-1000. Le VVER 1000/V-320, en
revanche, a t dvelopp quelques annes plus tard par OKB Gidropress,
et tient compte de nouvelles exigences de sret dfinies en 1982, bases
sur les concepts de dfense en profondeur, lutilisation de redondances et
appliquant le principe de la dfaillance unique. Cest ce modle qui est
devenu la rfrence puisque plus de 25 racteurs de ce type ont par la
suite t construits dans le monde, et 9 sont en activit en Russie.
Bien quelle nait pas t construite en Russie, le V-392 est une version
modife du V-320 qui a servi de base aux dveloppements ultrieurs.
Celle-ci, destine lexport, augmente notamment la sret du racteur
en cas de sisme.
Plus tard, les centrales AES-91 (ou VVER-1000/V-428) et AES-92 (ou VVER1000/V-412
et
V-466)
ont
t
conus
respectivement
par
Atomenergoproekt de Saint-Petersbourg (maintenant Atomproekt) et
Atomenergoproekt de Moscou. Ces designs ont permis damliorer les
performances techniques et conomiques des racteurs et introduisent le
concept de gestion de BDBA (accident hors dimensionnement) en
sappuyant sur une combinaison de systmes passifs et actifs. Ils
garantissent galement une dure de vie de 40 ans. Les systmes
principaux nont cependant que peu t modifis par rapport au V-320,
lessentiel des innovations tenant dans les systmes de sret (avec
lintroduction dun rcuprateur de corium notamment) et les
agencements des diffrents lments. Les diffrences entre ces deux
racteurs sont minimes : la pression au sein de la cuve de lAES-91 est
lgrement suprieure et le design insiste sur les protections
antisismiques, tandis que lAES-92 sappuie sur des systmes de
protections passifs. Ces deux projets ont t conus dans une logique
dexport, et nont t construits qu ltranger (Tianwan en Chine pour
lAES-91 et Kundankulam en Inde pour lAES-92). Notons que lAES-91
avait t initialement dvelopp pour investir le march finlandais, et
correspond ainsi aux normes de scurit de ce pays. Une comparaison des
diffrents VVER-1000 est donne en Annexe 6.
AES 2006
Le projet AES 2006, ou VVER-1200, a succd aux AES-91 et AES-92 et
lessentiel des constructions de centrales de design russe lheure
actuelle utilisent ce design. Ce nouveau projet convient aux exigences de
la gnration III+. L aussi, deux designs ont merg : le V-491
dAtomproekt, et le V-392M dAtomenergoproekt de Moscou.
Chacune des deux versions produit 1200 MWe, ainsi que 300 MWt
destins au chauffage centralise et augmente le rendement de la
centrale (34,9% contre 31,6%). La dure de vie la conception de la
centrale est allonge pour atteindre 60 ans. Le nombre dassemblages est
le mme que dans le cas du V-392, mais le taux de combustion est
augment pour atteindre 70 GWj/t et le cycle de changement de
combustible est allong 24 mois. La dure de construction elle, ne doit
pas excder 54 mois. Chacune des deux versions sont actuellement en
construction Novovoronej II (V-392M) et Leningrad II (V-491) et des
contrats de construction ont t signs pour la centrale dAkkuyu (Turquie)
et celle dOstrovets (Bilorussie). La tranche de Novoronej a t quipe
avec une protection sche , structure dacier et de bton de 144 tones
entourant le cur pour limiter les missions de radiation et de chaleur.
Celle-ci augmente galement la rsistance en cas de crash arien. Le
racteur de Leningrad ncessite en revanche moins deau pour les
systmes de sret et la puissance rsiduelle peut tre rduite par
refroidissement lair. Le V-491 peut galement utiliser deux types de
turbines : le modle basse vitesse Arabelle dAstom-Energomash, ou la
turbine haute vitesse de Silovi Mashini.
Les centrales AES-2006 standards doivent utiliser deux racteurs de ce
type, durer 60 ans avec un facteur de charge de 92% minium. Le cot du
capital est estim 1200$/kW (mme si les premiers contrats le place
plutt 2100$/kW).
A noter galement le projet MIR-1200 (Modernized International Reactor)
porte par un consortium regroupant Atomstoiexport, Skoda JS et
Hydropress., version lgrement modifie du V-491 destine concourir
aux appels doffre pour les tranches 3 et 4 de la centrale tchque de
Telemin et plus gnralement au march europen. Cependant,
lannulation en 2014 de la procdure laisse planer le doute sur les suites
de ce projet.
Le tableau 6.1 recense les diffrences entre les deux types dAES 2006.
Caractristiques
Systme
dalimentation
dappoint-de
soufflage du
circuit primaire
V-392M (NVA AES-2)
V-491 (LAES-2)
-AEPK Moscou
-AEPKSPb
Alimentation dappoint : Trois
pompes x 60 t/h
Alimentation dappoint : Deux
pompes x 60 t/h
qui remplissent toutes les
fonctions de contrle : Un est
en fonctionnement et deux
sont redondants
pour un important contrle
borique et une compensation
de la brche du caloporteur.
Trois pompes x 6,3 t/h
pour un contrle pointu et
une compensation des fuites
Partie active du
systme de
refroidissement
de secours (du
coeur)
Systme coupl deux
lignes, de basse pression et
de haute pression, avec des
pompes jecteurs, avec une
redondance de 2x200% et
une redondance interne de
2x100%
Systmes spars quatre
lignes, de basse pression et de
haute pression, avec une
redondance de lignes
4x100% chacune
Systme
dinjection de
secours de lacide
bore
Systme deux lignes, avec
une redondance de lignes de
2x100% et une redondance
interne de lignes 2x50%
Systme quatre lignes, avec
une redondance de lignes
4x50%
Systme
dalimentation en
eau de secours
aucun
Systme quatre lignes, avec
une redondance de lignes
4x100%, avec rservoirs deau
dalimentation de secours
Systme de
refroidissement
de secours des
GV
Systme boucl deux
lignes, avec une redondance
2x100%
aucun
Systme de
renoyage passif
du coeur (GE-2)
Systme passif quatre
lignes, avec une redondance
des lignes 4x33%, avec
deux rservoirs dans chaque
ligne
aucun
Systme
dvacuation
passive de la
chaleur (SPOT)
Systme passif quatre
lignes, avec une redondance
des lignes 4x33%, avec
deux changeurs refroidis
dair dans chaque ligne
Systme passif quatre lignes,
avec une redondance des
lignes 4x33%, avec dix-huit
changeurs refroidis deau
dans chaque ligne, installs
dans les rservoirs deau
Confinement de
la radioactivit
Systme de ventilation et de
purification dair dans un
Systme dvacuation de la
sous lenceinte
espace annulaire, avec
utilisation dun systme
passif
chaleur de lenceinte
Systme de ventilation et de
purification dair dans un
espace annulaire, avec
utilisation dun
Tableau 6.1 : Diffrences entre AES-2006/V-392M et AES-2006/V-491
VVER TOI
Dans le cadre de la commission prsidentielle pour la modernisation de
lconomie et le dveloppement de linnovation orientation des
technologies nuclaires, Rosatom sest vu confier la mission de dvelopper
sur une base volutive une nouvelle centrale base sur un racteur de
type VVER. Ce projet, initi en 2009 et prsent Rosenergoatom en
2012, est celui de lAES-2010/VVER-TOI (Type, Optimis, Informatis) de 2
tranches de 1255 MWe. Les financements attribus ce projet de
conception slvaient 10 milliards de roubles entre 2010 et 2012.
Une quipe transverse de Rosatom est lorigine de ce projet : le VVER
Design Center . Les acteurs principaux sont : AEPMoscou, NIAEP, Institut
Kourchatov, la division conception de REA. Le projet a t conu en 6D ,
notamment grce des solutions logicielles fournies par Dassault System,
en plus de la conception 3D le projet prends en compte le droulement de
la construction (temps, cots, ressources techniques et financires) mais
aussi de lexploitation ; de la maintenance et de la fin de vie de la
centrale. Ce projet a galement permis de crer une base de donnes
regroupant les travaux de R&D et le retour dexprience de lensemble des
projets VVER prcdents.
Lobjectif du VVER-TOI est de crer une offre type de gnration III+
adapte au march russe et mondial en intgrant la vaste exprience de
dveloppement, construction et exploitation des tranches base sur la
technologie REP russe. Cette offre doit tre standardise au maximum et
minimiser les cots et dures chacune de ces phases. Pour ce faire, la
conception de ce projet exploite grandement les nouvelles technologies
informatiques.
Le VVER TOI est donc bas sur le modle AES-2006 dvelopp par
Atomenergoproekt Moscou. Le racteur utilis, le V-510, est dvelopp par
Gidropress (qui est le concepteur principale du projet), sur la base du
racteur V-392M (galement de Gidropress). A cot de ceux-ci, lInstitut
Kourtchatov joue le rle de superviseur scientifique, VNIIAES est
larchitecte-ingnieur et NIAEP-ASE partage avec Alstom la conception de
llot conventionnel. Le choix dune turbine basse vitesse laisse ainsi un
fort potentiel la turbine Arabelle de la JV-AAEM franco-russe (des
modifications pour des turbines haute vitesse sont cependant
envisages).
Les principales modifications concernent les soudures de la cuve et
lutilisation dun nouvel acier moins sensible au phnomne de
fragilisation par irradiation. Lamlioration du cot du KW.h passe
galement par une optimisation sensible de lutilisation de luranium
naturel. Ainsi, le cycle du combustible devrait durer 18 mois, permettant
au VVER TOI den utiliser 130 tonnes par [Link], contre 190 avec les VVER
actuels. De plus, la standardisation du modle est associe la mise en
place de nouvelles mthodes dveloppes dans le cadre du Systme de
Production Rosatom. Ainsi, lassemblage du circuit primaire est
directement fait sur site, le nombre des soudures est rduit et les
livraisons des turbines sont optimises. Les composants utiliss sont
conus de faon avoir une dure de vie de plus de 4,5 ans minimum,
tout en tant facile retirer, et les calendriers de maintenances, bases
sur des processus avancs, sont rationaliss. Enfin, REA sest associ avec
des organismes dautorglementations pour quelles encadrent le
processus de construction.
Ces amliorations laissent envisager une dure de vie de plus de 60 ans,
avec une production de 70 GWj/t combustible et un taux de disponibilit
de 0,93. Le temps de construction est rduit (48 mois pour la premire
unit, 40 pour la seconde) et le cot du KW.h, annonc 2500 $/kW, est
diminu de 10% par rapport lAES-2006. Le cot total de la centrale
devrait tre denviron 210 milliards de roubles (sur la base des prix de
2011). Le VVER TOI devrait produire galement moins de dchets
nuclaires que son prdcesseur :
44,5 m3 /an contre 57 pour l ' AES -2006.
Pour ce qui concerne la sret, lune des amliorations majeures est
laugmentation de la dure dautonomie du racteur en cas daccident
hors dimensionnement, qui passe de 24 h 72h.
Le dveloppement de ce racteur ayant t achev en 2013, il a t
soumis lexpertise de Rostechnadzor. Lobtention des certifications en
accords avec les standards europens est un enjeu dimportance. En effet,
lapprobation de lUE est perue comme une garantie fondamentale par de
nombreux pays tiers, notamment la Chine. La certification du RoyaumeUni est galement attendue pour 2015.
Les premires centrales qui devraient tre quipes de ces racteurs sont
Akkuyu en Turquie, puis Kursk II et Smolensk II en Russie.
KLT-40S
Bien que distinct de la filire VVER, le KLT-40S est galement un REP. Il
sagit du premier racteur de centrale flottante en construction. La
premire centrale de ce type, Akademik Lomonosov, devrait entrer en
service commercial en 2019.
VI.2.2 La filire de racteurs neutrons rapides et caloporteur sodium BN
BN350
Lhistoire des racteurs neutrons rapides en URSS commence avec le
BN-350, racteur caloporteur sodium. Celui-ci, situ Aktaou au
Kazakhstan, a t en activit de 1973 1999 et a permis aux russes de
dvelopper des connaissances dans ce type de racteurs, quils utiliseront
par la suite avec la srie BN.
Le BN-350 produisait une puissance lectrique nette de 52 MW mais tait
surtout utilis pour produire du plutonium de qualit militaire. A partir de
1967, il a galement t coupl une unit de production deau potable
par dessalement, dont la capacit atteint jusqu 40 000 m3 par jour. Il
nest cependant rester quun dmonstrateur, et na jamais t reproduit
par la suite.
BN600
Le BN-600, dvelopp par OKBM Afrikantov, est le premier racteur
neutrons rapides russe principalement utilis pour la production
dlectricit. Construit en 1977 et bas sur les mmes principes que le BN350, sa puissance est revanche bien plus importante puisquil fournit 560
MWe net. Ce racteur est galement lun des seuls racteurs neutrons
rapides en exploitation, et le plus puissant.
Il sagit dun racteur piscine : le racteur, les pompes de refroidissement
et lchangeur de chaleur intermdiaire sont situs dans la mme piscine
de sodium liquide.
Lunit utilise trois circuits distincts : du sodium refroidissant passe dans le
circuit primaire et secondaire. Leau et la vapeur circulent dans le 3 me
circuit. Le sodium est chauff jusqu un maximum de 550C pour les
oprations usuelles. La chaleur est transfre depuis le racteur via 3
diffrents circuits, chacun quip dune pompe sodium, de deux
changeurs thermiques intermdiaires, dune seconde pompe sodium, et
finalement dun gnrateur de vapeur.
Bien que lexploitant russe ait rencontr de nombreux problmes son
dmarrage, son fonctionnement ne semble plus poser de problme et les
autorits russes ont donc donn suite cette filire avec les projets BN600 et BN-800. Son exploitation a t prolong de 15 ans, jusquen 2015,
et il sert ainsi galement de base exprimentale pour ses successeurs. En
particulier, lutilisation de combustibles nitrides, lune des solutions
retenues pour BN-800, est teste sur BN-600.
BN800
Le BN-800 galement conu par OKBM Afrikantov, est le successeur du
BN-600. La construction dun racteur de ce type a t acheve en 2014
dans la centrale de Beloarsk, et il est actuellement en cours de
dmarrage. Ce racteur ne constitue pas en tant que tel le prototype
dune nouvelle srie de racteur neutrons rapides caloporteur sodium.
Il joue le rle de racteur intermdiaire, permettant de monter en
puissance par rapport au BN-600, tenant compte des exigences de sret
actuelles et introduisant de nouvelles technologies et solutions techniques
pouvant tre utilise par la suite pour BN-1200, dont une construction en
srie est prvue. Cest pour cette raison que les retours dexpriences que
fournira son exploitation seront importantes pour dterminer si le projet
BN-1200 doit tre ralis, et dune manire gnrale, si lavenir du parc
nuclaire russe passe par partiellement par le dveloppement dune filire
sodium. Ce racteur doit en particulier consommer du MOX et pouvoir
brler des actinides mineurs, ce qui na pas t envisag pour le BN-600.
VI.3 PARC NUCLAIRE RUSSE
VI.3.1 Le parc nuclaire actuel en Russie
Le parc nuclaire russe est compos de 34 racteurs situs sur 10
centrales et totalisant une puissance de 25,2 GW. Ce parc a produit 180,5
TW.h en 2014, et son facteur de charge moyen slevait 81,6%. Sa
composition est particulirement diversifie :
15 racteurs eau lgre et modrateur graphite : 11 RBMK, et 4
petits racteurs cognration EGP-6
18 racteurs eau pressurise, appartenant 3 gnrations
distinctes : anciens VVER-440/230, VVER-440/213 plus rcent, et
VVER-1000 actuels
1 racteur neutrons rapides caloporteur sodium BN-600
La liste des racteurs en activit est donne dans le tableau 6.2 et leur
rpartition gographique sur la figure 6.4.
Depuis les annes 60, lindustrie nuclaire sovitique, puis russe a
construit 101 racteurs lectronuclaires dont 60 lextrieur du territoire
russe. Notons, quaujourdhui, les 38 racteurs fonctionnant ltranger
ont une puissance cumule suprieure la puissance cumule des 34
racteurs fonctionnant sur le territoire russe. Le parc nuclaire russe est
vieillissant (figure 6.3), aussi Rosatom sest engag dans une logique de
prolongation de la dure de vie de certaines centrales et de construction
de nouvelles capacits. Ce processus est dcrit en IV.3.
12%
20%
30-39 ans
20-29 ans
10-19 ans
0-9 ans
24%
44%
Figure 6.3: Rpartitions des racteurs du parc nuclaire russe par age
La construction de tranches nuclaires en Russie se fait dans le cadre de la
troisime orientation du Programme dactivit de Rosatom, et englobe
lachvement des chantiers existants en Russie ainsi que la construction
de nouvelles tranches en Russie.
Nom
Rgion
Type
Puissance Brute, Mwe
Puissance Nette,
Mwe
Date de mise en service
commercial
Date d'arrt
Uprate
Balakovo-1
Balakovo-2
Balakovo-3
Balakovo-4
Beloyarsk-3
Bilibino-1
Bilibino-2
Bilibino-3
Bilibino-4
Kalinin-1
Kalinin-2
Kalinin-3
Kalinin-4
Kola-1
Kola-2
Kola-3
Kola-4
Kursk-1
Kursk-2
Kursk-3
Kursk-4
Leningrad-1
Leningrad-2
Leningrad-3
Leningrad-4
Novovoronej3
Novovoronej4
Novovoronej5
Rostov-1
Saratov
Saratov
Saratov
Saratov
Sverdlovsk
Tchoukotka
Tchoukotka
Tchoukotka
Tchoukotka
Tver
Tver
Tver
Tver
Mourmans
k
Mourmans
k
Mourmans
k
Mourmans
k
Koursk
VVER 1000/VVVER320
1000/VVVER320
1000/VVVER320
1000/V320 FBR
BN-600
EGP-6
EGP-6
EGP-6
EGP-6
VVER 1000/VVVER338
1000/V338
VVER 1000/VVVER320
1000/V320
VVER 440/V-230
1000
1000
1000
1000
600
12
12
12
12
1000
1000
1000
1000
440
440
440
440
1000
1000
1000
1000
1000
1000
1000
1000
417
417
1000
1000
1000
1100
1000
1000
1000
988
1028
988
988
560
11
11
11
11
950
950
988
950
432
411
411
411
1020
971
971
925
925
971
971
925
385
385
950
990
990
1011
925
925
925
mai-86
janv-88
avr-89
dc-93
nov-81
avr-74
fv-75
fvr-76
janv-77
juin-85
mars-87
nov-05
sept-12
dc-73
fvr-75
dc-82
dc-84
oct-77
aot-79
mars-84
fvr-86
nov-74
fvr-76
juin-80
aot-81
juin-72
mars-73
fvr-81
mars-01
oct-10
juil-15
sept-83
janv-85
janv-90
2015*
2017*
2018
2023
2020,2025
2019
2019
2020
2021
2025
2016*
2034
2042
2018
2019
2026
2039
2022
2024
2013*
2015*
2018
2020
2024
2025
2016
2017
2035
2030
2040
2045
2023
2030
2020
104%
104%
104%
104%
Non
Non
Non
Non
Non
104%
104%
104%
104%
Non
Non
107%
107%
Non
Non
Non
Non
Non
Non
Non
Non
Non
Non
Non
104%
104%
Non
Non
Non
Non
Rostov-2
Rostov-3
Smolensk-1
Smolensk-2
Smolensk-3
Koursk
Koursk
Koursk
Leningrad
Leningrad
Leningrad
Leningrad
Voronej
Voronej
Voronej
Rostov
Rostov
Rostov
Smolensk
Smolensk
Smolensk
VVER 440/V-230
VVER 440/V-213
VVER 440/V-230
RBMK I
RBMK I
RBMK II
RBMK II
RBMK
RBMK
RBMK II
RBMK II
VVER 440/V-179
VVER 440/V-180
VVER 1000/VVVER187
1000/V320
VVER 1000/VVVER320
1000/V320
RBMK II
RBMK II
RBMK III
156
Tableau 6.2 : Liste des racteurs nuclaire en activit en Russie en aot 2015
157
158
Figure 6.4 : Carte des racteurs de puissance et de recherche en Russie
159
VI.3.3 Racteurs en construction et perspectives
Actuellement, 8 racteurs sont en chantier en Russie, auquel il convient
dajouter le BN-800 de la centrale de Beloarsk en cours de dmarrage. De
plus, un grand nombre de projets de nouvelles tranches. Ces constructions
et projets de constructions rpondent plusieurs objectifs :
Remplacer les centrales dont lexploitation touchera bientt sa fin,
en particulier celles quipes de racteurs RBMK
Augmenter la part du nuclaire dans la production dlectricit en
Russie
Introduire de nouveaux types de centrales nuclaires prsentant un
potentiel important lexport (nouveaux VVER, centrales flottante)
Permettre la transition vers des racteurs neutrons rapides prvue
par la stratgie long terme de Rosatom
Achever des projets de construction dmarrs durant la priode
sovitique et interrompu durant les annes 90 notamment
En 2016, les 8 chantiers de construction totalisaient une capacit de 8 000
MWe. Leurs spcificits et ltat de leur avancement sont donns cidessous. Le tableau 6.3 liste les constructions en cours, et le Tableau 6.4
rassemble les tranches en projet et ou perspective de construction.
Beloarsk
La centrale accueille, avec la quatrime tranche de Beloarsk, le racteur
BN-800. Cest en effet au sein de cette centrale quest dj prsent le BN600, technologiquement trs proche du BN-800. Ce projet avait dj t
commenc en 1986, puis avait t abandonn pour tre repris en 2006,
dans le cadre de la stratgie de dveloppement des RNR. La construction
de cette tranche est acheve, et le racteur a dj diverg durant lt
2014. En revanche, Rosenergoatom rencontre diffrents problmes pour
monter en puissance et la mise en service commercial, plusieurs fois
retarde, est attendue pour janvier 2017.
Novovoronej II
Ce projet est dirig par Atomenergoproekt (auparavant, Atomenergoproekt
Moscou), avec la participation de NIAEP-ASE. Comme pour le VVER-440 et
le VVER-1000, le premier VVER-1200 doit tre construit Novovoronej, o
il sera la premire tranche dune seconde centrale. Selon le calendrier de
160
Rosatom, il sagit du prochain racteur qui doit diverger en Russie, en
2016. La divergence de la seconde tranche est prvue pour 2018. Les
cuves de racteurs sont fournies par lUsine dIroja dOMZ, et les
gnrateurs de vapeurs sont fabriqus par ZiO-Podolsk. Le cot de la
centrale est estim 5 milliards de dollars. 233,8 milliards de roubles ont
t allous la construction de cette centrale.
Leningrad II
La centrale de Leningrad II fait partie, avec celle de Novovoronej II, de la
premire srie de centrales AES-2006. En revanche, le projet ayant t
dvelopp
par
Atomenergoproekt
Saint-Petersbourg
(mainteant
Atomproekt), le racteur est de type V-491. Rosatom, considrant
quAtomproekt ne disposait pas des comptences suffisantes pour la faire,
la matrise duvre a t confie dans un premier temps Sptesstroy, le
sous traitant de la construction tant Titan 2. Mais en 2013, Atomproekt a
dsign comme Atomenergoproekt comme nouveau matre duvre, Titan
2 restant sous-traitant.
Dans le cas de Leningrad II, le choix de la construction dune seconde
centrale sexplique par la ncessit de remplacer court terme les
racteurs RBMK qui quipent la centrale Leningrad. Cependant, la baisse
rcente de la consommation dlectricit dans la rgion, la possibilit
dallonger la dure de vie des RBMK (grce la correction de la drive des
proprits du graphite, dont le procd a t test pour la premire fois
dans cette centrale) et les difficults conomiques que traverse la Russie
ont rendu moins urgent la construction de Leningrad II. En juillet 2015, la
direction du chantier dclarait commencer les travaux prliminaires
linstallation du racteur. M. Kirienko a cependant affirm que la premire
tranche de Leningrad II sera mise en service en 208, et la deuxime entre
2020 et 2022. Notons que cette centrale pourra galement fournir 1,05
TJ/hr de chaleurs. Le cot des deux premires tranches devrait atteindre
6,6 milliards de dollars.
Les tranches 3 et 4 de la centrale forment un projet distinct et leur
ralisation semble tre devenue hypothtique avec la priorisation des
projets effectue par Rosatom en 2014.
Akademik Lomonosov
Le projet de centrale flottante de Rosatom, qui sappuie sur sa longue
exprience en matire de racteurs de propulsion navale, est un lemnt
161
important de sa stratgie de dveloppement des SMR. Ici, la tranche
nuclaire est une barge contenant un racteur KLT-40S, version modifie
du KLT-40 qui est dj utilis comme racteur de propulsion dans certains
brise-glaces russes. Comme pour ce dernier, OKBM Afrikantov sest occup
de la conception, du KLT-40S. Plusieurs autres acteurs sont impliqus dans
ce projet : OMZ (fabrication de la cuve), NMZ (fabrication de composante),
et lUsine Baltique (construction de la barge). La tranche, dans laquelle les
racteurs ont t installs en 2013, devrait tre prte pour 2016, en
mme temps que les infrastructures daccueille de la centrale flottante. Sa
mise en service commerciale devra en tout cas avoir lieu 2019 afin de
remplacer les centrales de Bilibino (nuclaire) et Tchaoun (thermique).
Rostov
Les tranches 3 et 4 de Rostov sont des projets datant des annes 80 ayant
t interrompus. En les reprenant, Rosatom compte conomiser 10
milliards de roubles par rapport un projet AES-2006. La tranche n3 de la
centrale de Rostov est en cours de mise en exploitation commerciale et la
tranche n4 est encore en construction. Il sagit de la dernire tranche de
type VVER-1000 en construction en Russie, cette technologie tant
amene disparatre au profit des AES-2006 et des VVER-TOI dans un
deuxime temps. Nanmoins, celle-ci sera quipe de nouveaux
gnrateurs de vapeurs, permettant datteindre 1100 MWe. Ce projet est
men par NIAEP-ASE, la cuve de racteur est fournie par lUsine dIroja
dOMZ, les gnrateurs de vapeurs par Atommash, et les turbines basses
vitesse par Turboatom. Le cot total de ce projet a t estim 130
milliards de roubles, avec une divergence prvue pour 2017. En juillet
2015, la cuve du racteur et le turboalternateur taient sur le point dtre
installs.
Baltique
La ralisation du projet de la centrale Baltique de Kaliningrad
comprend
de nombreuses incertitudes. A lorigine issue dun plan de 2008, cette
centrale de deux racteurs type AES-2006 V-491 devait exporter plus de
80% de sa production en Allemagne, en Lituanie et en Pologne.
Nanmoins, les contentieux historiques de ces pays avec la Russie et/ou
concernant Kaliningrad ont entrain un manque dintrt gnral pour ce
projet, poussant Rosatom le suspendre en juin 2013, et affirmer quil
devra tre compltement reconsidr . Dans cette perspective,
Rosatom voquait en 2014 la possibilit dutiliser des racteurs VVER-600
(Gidropress) ou VBER-600 (OKBM) et en juillet 2015, Rosenergoatom
162
affirmait tudier la possibilit dobtenir des dbouchs directs en le
couplant avec un projet polonais dusine daluminium.
Nom
Rgion
Type
Puissance
brute, MWe
Puissance
nette, MWe
Date d
dmarra
chantie
Beloarsk-4
Sverdlovsk
BN-800 BFR
864
789
89 puis
Novovoronej
II-1
Voronej
VVER-1200/V-392M
1199
1114
juin-0
Leningrad II-1
Leningrad
VVER-1200/V-491
1170
1085
oct-08
Novovoronej
II-2
Voronej
VVER-1200/V-392M
1199
1114
juil-09
Akademik
Lomonosov
Tchoukotka
KLT -40S
35
32
Rostov-4
Rostov
VVER-1000/V-320
1100
1011
83 puis
nouveau en
10
Baltique-1
Kalininingr
ad
VVER 1200/V-491
1194
1109
avr-12, sus
de en 20
Leningrad II-2
Leningrad
VVER-1200/V-491
1170
1085
avr-10
7931
7339
Total
mai-0
Tableau 6.3 : Tranches en cours de construction ou dmarrage en Russie
Nom
Rgion
Type
Puissance (Mwe)
Brute
Bashkirsk 1
Bachkirie
VVER 1300/V-510
1255
1115
Bashkirsk 2
Bachkirie
VVER 1300/V-510
1255
1115
163
Puissance
Nette
Beloyarsk -5
Sverdlosk
BN-1200
1220
BREST-300
Tomsk
BREST- 300
SVBR-100
Oulianovsk
SVBR-100
Kola II-1
Mourmansk
VVER 600
1200
1100
Kola II-2
Mourmansk
VVER 600
1200
1100
Kursk II-1
Kursk
VVER 1300/V-510
1255
1115
Kursk II-2
Kursk
VVER 1300/V-510
1255
1115
Kursk II-3
Kursk
VVER 1300/V-510
1255
1115
Kursk II-4
Kursk
VVER 1300/V-510
1255
1115
Leningrad II-3
Leningrad
VVER 1200/V-491
1170
1085
Leningrad II-4
Leningrad
VVER 1200/V-491
1170
1085
Nijegorodski-1
Nijni Novgorod
VVER1300/V-510
1255
115
Nijegorodski-2
Nijni Novgorod
VVER1300/V-510
1255
1115
Seversk-1
Tomsk
VVER 1300/V-510
1255
1115
Seversk-2
Tomsk
VVER 1300/V-510
1255
1115
Smolensk II-1
Smolensk
VVER1300/V-510
1255
1115
Smolensk II-2
Smolensk
VVER1300/V-510
1255
1115
Tsentral-1
Kostroma
VVER1300/V-510
1255
1115
Tsentral-2
Kostroma
VVER1300/V-510
1255
1115
Youjni-Oural 1
Tchelytabinsk
BN-1200
1220
1115
Youjni-Oural 2
Tchelytabinsk
BN-1200
1220
1115
100
Tableau 6.4 : Tranches en projet et ou perspective de construction
164
1115
VI.3.4 Flotte de brise-glaces nuclaires
La Russie possde la flotte de brise-glaces la plus importante du
monde, ainsi quune longue exprience de conception, construction et
exploitation de tels navires. La flotte nuclaire de brise-glaces russes
compte 6 brise-glaces nuclaires (quatre de 75 000 chevaux-vapeur et 2
de 50 000), 1 transporteur de containeurs et 4 navires de maintenance (40
000 chevaux-vapeur). Cette flotte est quipe de racteurs de type REP
(OK-900A, KLT-40M et KLT-40). De plus, deux bases flottantes, un tanker
spcial destin aux dchets radioactifs liquides et un navire assurant le
traitement sanitaire du personnel et le contrle du fond radioactif sont
aussi en exploitation. Le tableau 6.5 liste les brises-glaces qui la
composent.
Dans le contexte de rchauffement climatique actuel, la voie maritime du
Nord pourrait devenir en 2030, selon les autorits russes, la principale voie
dacheminement des ressources nergtiques en Asie, par consquent son
contrle serait un atout gopolitique considrable. Cette flotte assure le
fonctionnement stable de cette voie maritime (sa dure daccessibilit
annuelle est passe de 2 10 mois grce aux brise-glaces nucliares),
ainsi que laccs aux rgions du Grand Extrme Nord et au plateau
continental arctique.
Lentreprise Atomflot, base Mourmansk, est en charge de lexploitation
de cette flotte. Atomflot a t rattach Rosatom en 2008 et tous les
navires nuclaires russes dots dune installation dnergie nuclaire et les
navires de maintenance technologique lui ont t transmis. Dornavant, il
existe un seul complexe technologique de brise-glace de la flotte nuclaire
civil de la Fdration de Russie.
Atomflot a pour but de garantir les principes de maintenance efficace de
brise-glaces de lactivit de transport maritime dans lArctique russe bass
sur lexploitation sre des btiments civils dots dun racteur nuclaire.
Les principales activits dAtomflot sont :
Assurer le transfert des navires sur les trajets de la voie maritime du
Nord et dans les ports pris par les glaces ;
Transporter les cargaisons de containeurs sur le navire de batelage
Sevmorput ;
Assurer les travaux dexpdition et de recherches scientifiques ayant
pour objectif dexaminer le rgime dhydromtorologie des mers,
les ressources minrales et les matires premires du plateau
continental arctique, avoisinant la cte nord de la Fdration de
Russie ;
165
Organiser des oprations de sauvetage dans les glaces de la mer du
Nord et des mers non arctiques ;
Assurer la maintenance technique et raliser les travaux de
rparation pour la flotte nuclaire ;
Garantir la sret des matriaux nuclaires et des dchets
radioactifs.
Organiser des croisires touristiques au ple Nord, les et archipels
de lArctique Centrale
Nom
Rossiya
Mise
en
service
1985
Union
Sovitiqu
e
Yamal
1990
50 ans de
la Victoire
2007
Tamir
1989
Vagatch
1990
Sevmorp
ut
1988
1993
Racteur
nuclaire
Chantier naval
Commentaires
OK-900A :
2 REP de
171 MWth
OK-900A :
2 REP de
171 MWth
OK-900A :
2 REP de
171 MWth
OK-900A :
2 REP de
171 MWth
KLT-40M
1 REP de
171 MWth
KLT-40M
1 REP de
171 MWth
KLT-40
1 REP de
135 MWth
Usine Baltique,
situe SaintPtersbourg
Usine Baltique,
situe SaintPtersbourg
Usine Baltique,
situe SaintPtersbourg
Usine Baltique,
situe SaintPtersbourg
Viartsila, situ
en Finlande
Brise-glace
Tirant d'eau : 11m
Viartsila, situ
en Finlande
Brise-glace
Tirant d'eau : 8.1m
Zaliv, situe
Kertch (extrme
est de la
Crime)
Tableau 6.5 : Flotte nuclaire
Brise-glace
Tirant d'eau : 11m
Brise-glace
Tirant d'eau : 11m
Le plus grand brise-glace
nuclaire au monde
Tirant d'eau : 11m
Brise-glace
Tirant d'eau : 8.1m
Transporteur de containeurs
et de navire de batelage
Tirant d'eau : 11.8m
russe
Cette flotte est en cours de renouvellement. Deux brise-glaces de 3 me
gnration LK-60 , double tirant deau et quips du racteur dOKBM
Afrikantov RITM-200, sont en cours de construction lUsine Baltique pour
un coup total de 84 milliards de roubles. Le premier, Arctique, devrait tre
oprationnel en 2017 et le second, Sibrie, en 2019. Le ministre des
transports estime quau total, 6 nouveaux brise-glaces seront ncessaires.
166
Dimensions principales le
long de la ligne de
flottaison
Tirant deau
Longueur
160 m
Largeur
33 m
Premire calaison
8.5 m
Deuxime calaison
10,5 m
Puissance
60 MW
Epaisseur maximale de la glace de la zone
d'opration
2,9m
Dplacement
la 1ere ligne de
flottaison
25540 t
la 2erm ligne de
flottaison
33530 t
Nombre de racteurs
Dure de vie
40 ans
Tableau 6.6 : Caractristiques du nouveau brise-glace LK-60
Un nouveau brise glace LC-110 dune puissance de 110 MW, pouvant se
mouvoir dans des zones o la glace atteint 4,5 m, est planifi.
167
VI.4 SRET NUCLAIRE ET RADIOLOGIQUE DU PARC
VI.4.1 Situation gnrale et acteurs
Le cadre lgislatif de la sret en Russie est constitu de 3 lois fdrales :
1 La loi fdrale du 21 novembre 1995 N 170-FZ Sur
lutilisation de lnergie nuclaire
2
Loi Fdrale du 11 juillet 2011 N190 Sur la gestion des
dchets radioactifs et la modification de certains actes
lgislatifs
3 La loi fdrale du 9 janvier
radioprotection des populations
1996
N3-FZ
Sur
la
Plusieurs acteurs sont impliqus dans la rglementation de la sret
nuclaire en Russie :
Rostekhnadzor (Autorit de sret) : aspects techniques de la sret
nuclaire et radiologique ainsi que de la scurit
Emercom : Ministre des situations durgence, soccupe de la
protection contre les incendies
Agence fdrale mdicale et biologique : Radioprotection du
personnel
Rospotrebnadzor (Service fdral pour la surveillance de la
protection des droits des consommateurs et le bien tre humain) :
Radioprotection de la population
Ministre des ressources naturelles et de lenvironnement, Service
fdral de supervision de la gestion des ressources naturelles :
Aspects environnementaux
Rostekhnadzor est lacteur le plus important pour la rglementation de la
sret des installations nuclaires russes, soccupant notamment du
dveloppement et de la promulgation des nouvelles rglementations en la
matire, de la dlivrance de licences pour les activits dans le domaine
nuclaire, de la surveillance de la sret nuclaire et de la prparation aux
situations durgence.
Parc nuclaire
Installations de lindustrie
-34 tranches nuclaires en cours dexploitation
-4 tranches nuclaires en cours de prparation
pour leur dmantlement
-9 tranches en cours de construction
-17 installations du cycle combustible
168
nuclaire
Installations annexes
Flotte nuclaire
-190 instituts de R&D et compagnies de
conceptions
-15 racteurs de production (13 arrts)
-65 racteurs de recherche
-980 installations dentreposage de substances
et de dchets radioactifs
-79910 sources de radionuclides scelles
-25 installations nuclaires
- 1 tranche nuclaire flottante (en construction)
-3 brise-glaces nuclaires de nouvelle gnration
(en construction)
Rosatom sappuie galement sur deux compagnies de support technique :
SEC NRS et VO Safety. Les deux compagnies ralisent des examens de
sret, rdigent des rglementations et des guides et des formations. Elles
jouent galement un rle central dans les procdures dobtention de
licence ncessaire pour toute installation nuclaire.
SEC NRS ralise en plus de cela des travaux de R&D dans le domaine de la
sret nuclaire et radiologique, des travaux de prparation aux situations
durgence et des activits de publication.
VO Safety mne des inspections de sret concernant la fabrication des
quipements et ralise des valuations de conformit.
169
Figure 6.5 : Interaction entre Rostekhnadzor et les organes de support
techniques dans le cadre dune procdure dobtention de licence
Dans le domaine de la surveillance, Rostekhnadzor mne trois types
dinspection auprs des exploitants dinstallations nuclaires :
Inspection globale - ralise par le bureau federal avec limplication
du centre interrgional concern
Inspection cible ralise par le centre interrgional, cible sur un
ou plusieurs sujets
Inspection imprvue
Une planification des deux premiers types dinspections est ralise
annuellement.
La Russie participe plusieurs plateformes dchange internationales dans
le domaine de la sret : WANO a notamment tabli un centre rgional
Moscou.
VI.4.2 Stress tests et mesures post-Fukushima
La catastrophe de Fukushima, comme celle de Tchernobyl auparvant, a eu
une influence importante sur la sret dans le domaine nuclaire russe.
Ainsi, la Russie a effectu en 2011 des stress tests pour chacune de
ses centrales dont les rsultats ont conduit lvolution du cadre
rglementaire et lintroduction de nouveaux dispositifs depuis 2012. Des
stress tests ont ensuite t raliss sur les centrales nouvellement
construites en 2013.
Ces valuations complmentaires de sret ont port sur les exigences en
matire de conception et de choix de sites lies limpact des facteurs
internes, externes et humains (et de leurs combinaisons). Quatre
hypothses ont t retenues : risques externes extrmes, perte des
alimentations lectriques, perte de refroidssement et gestion des
situations accidentelles.
Les stress tests ont permis de conclure que les centrales russes sont
conformes au rfrentiel rglementaire existant mais quil apparat justifi
170
de complter celui-ci. De plus, Rosenergoatom a propos la mise en place
de dispositions associes aux scnarios considrs, qui ont toutes t
valides par Rostekhnadzor.
Ces actions visent trois objectifs :
Amlioration de la robustesse des centrales nuclaire contre les
vnements externes extrmes
Prvention et attnuation des consquences des accidents hors
dimensionnements, incluant les accidents svres
Amlioration de la gestion des situations durgence
Chaque catgorie comporte des actions court, moyen et long termes. En
2015, les actions court et moyen termes ont t ralises (voir tableau
6.7), et celles long terme le seront lhorizon 2018-2020.
Amlioration de la robustesse des centrales
nuclaire contre les vnements externes
extrmes
171
Prvention et attnuation des consquences
des accidents hors dimensionnements, incluant
les accidents svres
Etudes additionnelles et analyses des
micro-zones sismiques pour chacune des
centrales nuclaires.
Le systme de protection anti-sismique a
t mis en service dans chacune des
centrales quipes de VVER-1000.
La documentation de conception a t
developpe pour introduire le systme
dchantillonnage durgence et posturgence dans lensemble des centrales
de type VVER.
Une tude de fond a t ralise pour
pour la sret des centrales de type
VVER (analyse du refroidissement
externe de la cuve du racteur, analyse
des consquences dun accident sur les
structures hydrauliques en tenant
compte de dfaillances
supplmentaires).
Toutes les centrales ont t quipes de
dquipements durgence mobiles
(gnrateurs diesel, motopompe,
groupe de pompage mobile,
canalisations assemblage rapide).
Des exigences techniques ont t
dveloppes concernant lquipement
durgence utilis en condition daccident
hors dimensionnement, la liste des
impacts externes a t labore.
La liste dfinitive des accidents hors
dimensionnement pour chacune des
centrales quipe de VVER 1000 a t
ralise.
La procdure de calcul pour
laccumulation de glace au sein des
circuits refroidissement durgence en
hiver a t dveloppe pour toutes les
centrales en exploitation.
Des calculs additionnels ont t effectus
pour les cas durgence associs une
perte dalimentation lectrique au sein
des racteurs de type VVER dans les
situations dexploitation, darrt pour
rechargement de combustible ou
associs une dfaillance dvacuation
de la chaleur depuis la piscine de
combustible use.
Tableau 6.7: Actions post Fukushima ralises en juillet 2015
172
VI.4.3 Dmantlement des centrales nuclaires
Le dmantlement de centrales nuclaires est amen tre un segment
important de lindustrie nuclaire russe. 4 racteurs de puissances sont
dj arrts : les deux premires tranches de la centrale de Beloyarsk
(AMB-100 et AMB-200) et les deux premires tranches de la centrale de
Novovoronej (les prototypes VVER-210 et VVER-365). De plus, le parc de
centrales nuclaire russe est vieillissant. Sur les 34 tranches actuelles, au
moins 12 doivent sortir dexploitation dici 2024.
Le socle lgislatif encadrant le dmantlement des installations nuclaires
russes se base sur la loi fdrale de 1995 sur lutilisation de lnergie
nuclaire et a t rgulirement dvelopp jusquaux textes sur La
conception du dmantlement des installations nuclaires des sources de
rayonnement et lieu de dpots et sur La conception de la prparation
au dmantlement des tranches nuclaires signs par S. Kirienko en
2008 et 2010 respectivement. Le dmantlement est financ par le
budget fdrale et ceux des entits rgionales dans le cas o les dchets
ont t accumuls avant la loi fdrale sur la gestion des dchets et la
charge de lexploitant pour les installations dont les dchets ont t
accumul aprs lentre en vigueur de cette loi.
Dans le cadre de son Plan technique et organisationnel des mesure pour
la fondation dun systme de dmantlement au sein de la branche
nuclaire , un Centre de dmonstration de gnie du dmantlement des
centrales nuclaires (ODITs). Ce centre joue plusieurs rles:
Introduction des technologies, quipements et installations
modernes permettant le dmantlement efficaces des centrales
nuclaires,
Dfinition de modles gnriques et optimaux (du point de vue
de la sret et des cots) de dmantlement des instalations,
Dfinition et ralisation des projets de dmantlement des
modles gnriques et optimaux,
Gestion de la planification, du contrle et de la qualit des
travaux de dmantlement,
Formation du personnel pour la ralisation des dmantlements.
Fin 2009, Rosatom, a achet 100% du capital de NUKEM Technologies
GmbH , entreprise allemande spcialise dans le dmantlement des
centrales nuclaires. Ces technologies manquaient pour le traitement des
matires nuclaires mis hors service.
173
Le dmantlement des centrales, effectu par lexploitant, aboutit sur trois
tats :
Liquidation : lopration sachve par le dmontage total de
linstallation et sa transformation en zone non radioactive
Enfouissement : lopration sachve par la libration de la zone et
lisolement des sources radioactives, permettant sa revalorisation
industrielle
Conversion : lopration sachve par la rutilisation des composants
de la tranche afin de crer des infrastructures pour les
dmantlements ou le traitement des dchets radioactifs ou autres
A lheure actuelle, les tranches 1 et 2 de Novoronej et de Beloyarsk 1,2 ont
commenc les procdures de liquidation. Celle-ci se droule en trois
phases Prparation du dmantlement , Prparation de la
liquidation , Liquidation .
Pour Novovoronej, cest la deuxime tape qui est en cours. En 2013, la
licence de dmantlement a t obtenue auprs de Rostekhnadzor. Celleci consiste mettre en place les installations et quipements ncessaires
la dsactivation, le traitement et lvacuation des dchets radioactifs. De
plus, une partie des quipements faiblement et moyennements radioactifs
sont dmonts et les combustibles uss ont t vacus Maak.
Le site de Beloyarsk en est la premire phase, prparatoire avant
lobtention de la licence de dmantlement qui doit tre obtenu aux
alentour de 2020.
174
VII AVAL DU CYCLE
VII.1 LAVAL DANS LA STRATGIE NUCLAIRE RUSSE
Alors que les blocs Amont du cycle et Exploitation de Rosatom
sont aujourdhui bien constitus, les structures et tches du bloc Aval du
cycle restaient floues jusqu rcemment. Rosatom sest donc lanc
rcemment dans un chantier dintgration et de restructuration des
entreprises et usines lies la gestion des dchets radioactifs et
combustibles nuclaires uss afin de de mettre en oeuvre la stratgie
russe en la matire. Celle-ci a t prcise en 2011 avec Loi Fdrale du
11 juillet 2011 N190 Sur la gestion des dchets radioactifs et la
modification de certains actes lgislatifs , qui met fin la logique
de report de la dcision dans ce domaine et tablit une approche complte
permettant lisolation dfinitive des dchets nuclaires. Elle reprend les
dispositions des conventions internationales en la matire et dfinit un
cadre dtaill pour le dveloppement de la filire aval. Lun des apports de
cette loi est la dmarcation claire entre dchets nuclaires et combustibles
uss, pour lesquels une nouvelle loi est encore tablir. Cest notamment
cette disposition qui permet la Russie de rimporter les combustibles
uss des racteurs de design russe situs ltranger, ce qui est interdit
pour les dchets nuclaires.
Les programmes et projet actuels de gestion des dchets radioactifs et
combustibles uss sont ainsi centrs sur le dveloppement de
technologies de pointe permettant la fermeture du cycle, la cration dun
systme efficace et viable conomiquement de gestion de dchets
radioactifs (incluant leur stockage dfinitif) et la rsolution du problme de
lhritage nuclaire de lpoque sovitique. Ils sont raliss dans le
cadre du PFS Garantie de la sret nuclaire et radiologique
2008-2015, qui doit tre tendu pour la priode 2016-2025 (voir Annexe
3).
Enfin, Rosatom explore les possibilits commerciales lies au
dveloppement de sa filire aval. En particulier, de nombreuses offres de
services peuvent tre envisages dans le cadre de solutions commerciales
clefs en mains (combustible, racteur, gestion du combustible us,
formation du personnel etc.) ou indpendamment (rcupration de
combustibles uss de pays nayant pas dvelopp de moyens de gestion
prennes de laval du cycle).
A cot de cela, le projet Proriv inclus de nombreuses innovations :
dveloppement de combustibles nitrures, nouvelles techniques de
traitement pyrochimiques et aqueuses, tablissement dun parc de
175
racteurs neutrons rapide. Il doit aussi permettre la combustion de
certains radionuclides de dchets radioactifs longue vie.
176
VIII.2 GESTION DES COMBUSTIBLES NUCLAIRES USS
Le principe directeur de la gestion de laval du cycle en Russie est,
comme en France, la fermeture du cycle et le retraitement des
combustibles uss laide de nouveaux procds et le dveloppement
dun parc de racteurs neutrons rapides.
En vertu de la Loi Fdrale du 11 juillet 2011 N190, le combustible
us nest pas considr comme un dchet radioactif et une loi spcifique
concernant sa gestion est en cours dlaboration. En ltat actuel des
choses, elle est principalement encadre par la loi fdrale Sur
lutilisation de lnergie atomique , Les concepts de la
corporation dEtat Rosatom sur la gestion du combustible us et
le Programme de dveloppement de linfrastructure pour la
gestion du combustible us sur la priode 2011-2020 et jusquen
2030 .
VIII.2.1 Situation actuelle
Stock et production de combustibles uss
Le parc russe tant diversifi, il gnre des combustibles uss de
diffrentes natures, que Rosatom gre de faon diffrente.
Ainsi, les 11 racteurs RBMK russe gnrent environ 550 tonnes de
combustibles uss par an. Ceux-ci sont stocks dans des piscines
proximit des racteurs et sur des piscines spares sur le site. La
capacit totale des piscines de RBMK taient denviron 6000 tonnes mais a
t tendue pour accueillir les plus de 13 000 tonnes actuelles. Les
capacits largies sont elles mme proches de leur utilisation maximale et
il sagit de lune des raisons de la construction dun site dentreposage
sec de combustible au sein du Combinat Chimique et Minier de
Jeleznogorsk. Le combustible RBMK un taux de combustion infrieur
ceux des racteurs eau pressuris et donc une proportion de plutonium
moindre. Jusqu rcemment il ny avait pas de plan de retraitement pour
ce combustible.
Les 11 racteurs VVER-1000 produisent 230 tonnes de combustible us
par an. Aprs un entreposage de 3 5 ans au sein des bassins de
refroidissement adjacents aux racteurs le combustible us est expdi au
bassin dentreposage du CCM de Jeleznogorsk. En 2015, plus de 6500
tonnes de combustible us ont t gnres par ces racteurs. Pour
177
linstant, la Russie ne dispose pas de technologies de retraitement de ce
combustible.
Les 6 VVER-440 produisent 87 tonnes de combustible us annuellement.
Aprs refroidissement dans les bassins associs aux racteurs pendant 3
5 ans, ce combustible est envoy lusine RT-1 de Maak pour
retraitement.
140 tonnes de combustible us ont t produits par les EGP-6 de Bilibino
et sont pour linstant entreposs sur le site.
Le BN-600 produit annuellement 3,7 tonnes de combustible us et 2,5
tonnes de couverture contenant 0,36 tonnes de plutonium. Le combustible
est refroidi sur le site avant dtre retrait lusine RT-1.
A cela, il convient dajouter les combustibles uss issus des racteurs
sovitiques construits ltranger (en 2010, plus de 3000 t depuis 1980).
Ce chiffre est galement amen augmenter avec la vente de nouveaux
racteurs, souvent assorties doffre de rappatriement du combustible us.
Capacit dentreposage et de retraitement
Deux sites accueillent le combustible us pour entreposage ou
retraitement :
Une seule usine de retraitement des CNU est en fonctionnement
actuellement en Russie: RT-1 Maak, active depuis 1977. Cette
usine utilise le procd PUREX et la vitrification des dchets de
haute activit. Elle devait avoir initialement une capacit de 400 t/an
(de masse duranium dans les assemblages combustibles) mais na
jamais atteint cette capacit, le volume annuel actuel tant
denviron 120 140 t/an. Elle peut retraiter le combustible
provenant des VVER 440, du BN-600, des curs VVR des sousmarins nuclaires, des racteurs de recherche, des EGP-6 et des
racteurs AMB (Beloarsk 1 et 2). De plus, RT-1 a t modernise
pour pouvoir retraiter une partie du combustible RBMK (environ 5%).
Initialement, lusine devait avoir.
RT-1 a permis de valider lchelle semi-industrielle les techniques
russes de retraitement par voie aqueuse. Selon les dernires
dclarations de Rosatom, RT-1 fonctionnerait pleine puissance
(400t/an) entre 2021 et 2033. Luranium retrait est enrichi 2,6%
pour la fabrication dassemblages de combustibles RBMK.
178
Le bassin dentreposage centralis du CCM de Jeleznogorsk, KhOT 1,
a t largi pour accueillir 8600 tonnes en 2011. En 2015, 87% du
combustible de VVER-1000 us et 3% du combustible de RBMK-1000
us y tait entrepos, le reste tant laiss sur les sites
dentreposage des racteurs.
Ce lieu dentreposage doit tre
dmantel au plus tard en 2035.
VIII.2.2 Stratgie et dveloppement
Lessentiel du dveloppement de la filire aval est actuellement dfini
par le PFS Garantie de la sret nuclaire et radiologique 20082015, dot dun budget de 145,3 millions de roubles. Ce PFS dfini les
objectifs suivants :
Rduction des frais dinvestissement pour la construction dune
usine de retraitement des combustibles uss en comparaison avec
les entreprises trangres en service et diminution du prix de
retraitement des CNU au niveau comparable celui du stockage
sec pendant une priode de 70 100 ans.
Augmentation de lacceptabilit du retraitement du point de vue
environnemental par lexclusion des dcharges des effluents
radioactifs et par la conversion des radionuclides en une forme sre
et approprie un entreposage long terme et au stockage dfinitif.
Les principaux projets dans le cadre de ce programme sont les suivants :
Un Centre de Dmonstration Exprimental (CDE) sur le site du
Combinat chimique et minier doit permettre de raliser les
oprations grande chelle de traitement des combustibles uss et
des dchets radioactifs qui en rsultent. Les technologies ainsi
dveloppes doivent limiter la cration de dchets radioactifs
(notamment liquides). Le CDE sera compos de deux parties : un
complexe largi de cellules chaudes, dune capacit de 3 5 tonnes
de mtal lourd par an, o seront optimiss les quipements et
processus de retraitement et une usine pilote permettant de traiter
le combustible issu des VVER-1000, puis le combustible de racteurs
neutrons rapides, avec une capacit de 250 tonnes/an. Ce sera
notamment loccasion de dvelopper le procd par voie
sche/pyrochimie tudi au RIAR. La premire partie devrait tre
179
acheve en 2016. Le cot de ce projet est de 8,4 millions de roubles
et celui de luranium retrait qui en est issu est estim 500 /kg.
Le principe du CDE est dcrit par la figure 7.2, et les rsultats prvus
en terme de performances sont donns par le tableau 7.1
Un site dentreposage sec sur le site du CCM, KhOT-2, doit tre
utilisable fin 2015. Sa capacit sera de 38 000 tonnes: 26 500 sont
prvues pour les RBMK-1000 et 11,500 pour les VVER-1000. Une
partie est dj utilise pour stocker du combustible venant
notamment de la centrale de Leningrad.
Une nouvelle usine radiochimique RT-2 pour le traitement des
combustibles uss doit tre construite dici 20230 sur le site du
Combinat chimique et minier. Cette usine se basera sur les
expriences acquises au sein du CDE et rutilisera les processus et
quipements dvelopps durant lexploitation du CDE. Sa capacit
de 700t/an et ses caractristiques doivent permettre la transition
complte vers un cycle combustible ferm, avec rutilisation de
luranium et du plutonium sous forme de MOX ou de REMIX.
A terme, le CCM doit accueillir un Centre pour la fermeture du cycle ,
qui contiendra des installations dentreposage et de retraitement des
combustibles us, une usine de fabrication de MOX et un site de stockage
dfinitif des dchets radioactifs. Rosatom envisage ainsi dinvestir plus de
80 milliards de roubles dans le CCM.
Figure 7.1 Dveloppement des capacits dentreposage et de retraitement des
combustibles uss
180
Il faut galement noter que le PFS sur les technologies nuclaires des
nouvelles gnrations joue galement un rle dans le dveloppement
de laval du cycle. La technique de retraitement des CNU par voie sche
est tudie au titre des quatre technologies cls pour le futur dvelopper
dans le cadre de ce PFS (racteur neutrons rapides sret renforce,
combustible haute densit, retraitement par voie sche, sparation
pousse et transmutation).
Dans le cadre de ce PFS un Complexe de dmonstration associ au
racteur BREST doit voir le jour au sein du Combinat Chimique de Sibrie.
Dans ce cadre, une usine de retraitement du combustible nitride
permettant den fermer le cycle est prvue pour 2022. Dun cot de 20
milliards de roubles, cette installation aura une capacit de 5 t/an.
Figure 7.2 : Principe de fonctionnement du CDE
Volumes de dchets
radioactifs
Technologies
existantes
Technologies du
CDE
~1
0,075
~ 40
2,3
Dchets de haute activit
vitrif
m3 /t CNU
Dchets de moyenne
181
activit solidifis
/t
CNU
Volume de dchets
radioactifs liquides de
faible activit
~ 100
No
/t CNU
Tableau 7.2 : Performances du CDE
VII.2.3 MOX et REMIX
La Corporation dEtat Rosatom ainsi que le gouvernement russe ont
rappel plusieurs reprises que la fermeture du cycle du combustible
nuclaire est un objectif stratgique pour la Fdration de Russie.
Cependant, la Russie a cart lide de recycler le plutonium sous forme
de combustible MOX dans les REP. Le nouveau programme fdral
sectoriel du gouvernement russe, sur le dveloppement des technologies
nuclaires de nouvelle gnration, prvoit-il, entre autres, la mise en
place de la production du combustible MOX pour le racteur neutrons
rapides BN-800.
Fin 2014, lusine de production du combustible MOX pour le BN-800 par
pastillage (mlange de poudres, pressage, frittage) du CCM de
Jeleznogorsk a produit ses premiers lots. Le CCM attend les commandes de
Rosenergoatom pour lancer la production rgulire et es volumes
commerciaux devraient tre atteint en 2016.
Le REMIX (REgenerated MIXture) est un autre combustible de retraitement
produit partir dun mlange non-spar duranium et de plutonium
recycl avec de luranium faiblement enrichi (16% U-235). Ce combustible
dvelopp par lInstitut Khlopin peut tre recycl plusieurs fois. Le REMIX
rduit ainsi de 20% la consommation duranium naturel au sein de VVER
chaque recyclage. Cette technologie pourrait tre utilise au sein de
lusine RT-2.
Le cycle qui pourrait tre envisag avec ce combustible est donn en
figure 7.3.
182
Figure 7.3 : Cycle envisag avec le combustible REMIX
183
VIII.3 GESTION DES DCHETS RADIOACTIFS
VIII.3.1 Situation et stratgie
Aspects lgislatifs
La gestion des dchets radioactifs a obtenu un cadre lgislatif avec la Loi
Fdrale du 11 juillet 2011 N190 Sur la gestion des dchets
radioactifs et la modification de certains actes lgislatifs . Ses
principales dispositions sont les suivantes :
Dfinition et classification des dchets nuclaires ;
Cration dun oprateur national pour la gestion des dchets
radioactifs qui sera, avec Rosatom, au centre du systme national de
gestion des dchets radioactifs ;
Obligation pour les acteurs gnrant des dchets nuclaires de les
entreposer sous certaines conditions avant de les transfrer
loprateur national ;
Dfinitions des exigences pour ces entits ;
Mise en place dun registre des dchets radioactifs et dun cadastre
recensant les dpots de dchets ;
Etablissement des responsabilits du gouvernement de la fdration
de Russie, des autorits publiques et locales sur la gestion des
dchets nuclaires ;
Interdication de limport en Russie ou dexport de Russie de dchets
nuclaires lexception de certains cas ;
Dfinition des aspects financiers lis la gestion des dchets
nuclaires, notamment leur stockage, au frais des organisations
produisant les dchets ;
Accessibilit de linformation lie la gestion des dchets nuclaires
pour les citoyens.
Classification
Les dchets radioactifs localiss en Russie peuvent tre diviss en deux
types :
Ceux issus de lhritage nuclaire russe (prs de la moiti du budget
du PFS)
Ceux produits par les activits actuelles des entits de Rosatom
La loi fdrale a introduit une classification pour les dchets radioactifs.
Catgorie de
Activit spcifique des dchets nuclaires, Bq/g
184
dchet nuclaire
liquide
Tritium
Particules
bta
Particules
alpha
Transuranien
Trs faible
activit
< 107
<103
<102
<101
Faible activit
107-108
103-104
102-103
101-102
Moyenne
activit
108-1011
104-107
103-106
102-105
Haute activit
>1011
>107
>106
>105
Tableau 7.3 : Classification des dchets solides
Catgorie de
dchet
nuclaire solide
Activit spcifique des dchets nuclaires, Bq/g
Tritium
Tritium
Faible activit
<104
<103
<102
<101
Moyenne
activit
104-1011
103-107
102-106
101-105
Haute activit
>108
>107
>106
>105
Tableau 7.4 : Classification des dchets liquides
Une classifciation relative au mode de gestion des dchets radioactifs a
galement t dfinie. Les dchets sont ainsi classs suivant lactivit des
lments :
Classe 1 : Stockage en profondeur des dchets radioactifs
prconditionns pour rduire les flux thermique ;
Classe 2 : Stockage en profondeur des dchets radioactifs sans
prconditionnement ;
Classe 3 : Stockage sous terrain une profondeur de 100 m des
dchets sans prconditionnement ;
185
Classe 4 : Stockage proche de la surface, au niveau du sol ;
Classe 5 : Stockage en profondeur de dchets liquides produits aprs
entre en vigueur de la loi sur les dchets radioactifs ;
Classe 6 : Stockage en sous-sol de dchets radioactifs non
prconditionns.
Production de dchets radioactifs
Les sources principales de dchets radioactifs en Russie sont les
suivantes :
Extraction minire de matriaux radioactifs ;
Processus de sparation et de sublimation ;
Fabrication des combustibles ;
Exploitation des centrales nuclaires, des installations de
recherches, des entreprises du cycle combustible ;
Retraitement des combustibles uss ;
Utilisation de matriaux nuclaire, de substances radioactives et de
sources de rayonnements ionisants dans lindustrie, les institutions
mdicales, les instituts de recherche scientifiques ;
Dmantlement des installations nuclaires et la rhabilitation des
zones contamines.
De nombreux dchets radioactifs liquides ont notamment t produits
Maak, au CCM et CCS. Les dchets liquides produits par lusine RT-1 de
Maak et une partie des dchets liquides issus de lhritage nuclaire
russe ont t solidifis par vitrification. En 25 ans, 30 000
m3
de liquide
haute activit ont t ainsi solidifis et sont entreposs sur site en
attendant la cration dun lieu de stockage gologique. En 2015, une
nouvelle installation permettant dutiliser un procd exprimental de
vitrification en creuset froid doit dmarrer.
En 2011, le volume accumul de dchets radioactifs liquides slevait
486 millions de
m3 (4,27 10 19 Bq) . 97% de ce volume est constitu de
dchets de faible activit, totalisant une activit de
8,43 1015 Bq . Les
dchets liquide de haute activit lorigine de 42% de lactivit totale, ne
constituent que 0,5% du volume. En 2012, 2,05 millions
m3
ont t
produits.
La mme anne, la masse totale de dchets radioactifs solides en Russie
slevait 87 millions de tonnes pour une activit totale de
19
1,1 10 Bq .
69 millions de tonnes sont des dchets de faible activit provenant pour la
186
quasi-totalit des activits minires de Rosatom et situs sur les sites
correspondant. Les dchets de haute activit, quipements contamins et
gaines de combustible notamment, reprsentent 98% de lactivit totale
et sont situs Maak, au CMM ou au CCS. En 2012, 1,4 millions de tonnes
ont t produites, pour une activit de
3,3 1014
Bq.
VIII.3.2 Organisation fdrale et rgionale
VIII.3.2.1 Loprateur nationale NO RAO
Loprateur national pour la gestion des dchets radioactifs (NO
RAO) a t cr en 2012 suite la loi sur la gestion des dchets radioactifs
de 2011 en tant que filiale de Rosatom. Il a vocation grer le stockage
dfinitif des dchets radioactifs (y compris le CNU et les dchets issus de
son retraitement).
A lheure actuelle, seuls trois sites dinjection deffluents en couches
gologiques profondes (Dimitrovgrad, Seversk, Jelenogorsk) sont exploits
par NO RAO. NO RAO sera loprateur qui soccupera des stockages
profonds de dchets radioactifs de moyenne et forte activit une fois ces
installations dployes en Russie. Loprateur national tient le registre des
dchets radioactifs et le cadastre des lieux dentreposage, prvoit les
infrastructures ncessaires la gestion des dchets radioactifs et est le
client des contrats de conception et de construction des lieux de stockage
des dchets radioactifs. Le schma 7.4 dcrit les prochaines chances de
NO RAO.
Figure 7.4 : Projets de NO RAO lhorizon 2020
187
VIII.3.2.2 Autres acteurs
En 2013, la division de laval du cycle de Rosatom a incorpor plusieurs
entits sous la responsabilit de FC NRS : le Combinat chimique et minier,
la compagnie RosRAO, linstitut de recherche Khlopin et la socit de
gestion des dchets Radon.
Cest le groupe RosRAO de Rosatom qui gre lensemble des dchets
nuclaires russes lexception des CNU des racteurs lectrognes.
RosRAO a pris sous sa direction la compagnie Radon et la quinzaine de
centres rgionaux de conditionnement de dchets nuclaires (dchets
dexploitation des CNPE, industrie, mdecine). Deux filiales rgionales de
RosRAO : SevRAO au nord ouest et DalRAO dans lextrme orient russe se
chargent, avec un importante aide internationale, de liquider les anciens
sites dentretien des sous marins nuclaire.
Bien que le Radon de Moscou soit pass sous la direction de Rosatom,
cependant il nest pas encore certain quil sera intgr RosRAO dans un
futur proche. Ses entreposages et stockages de dchets radioactifs sont
nanmoins devenues la proprit de RosRAO pour qui MosRadon les
exploite et en assure le monitoring. MosRadon dispose de capacits de
R&D et dun important savoir faire dans le domaine de la gestion des
dchets radioactifs. Il effectue galement le monitoring radiologique de la
rgion de Moscou.
Dautres organisations non gouvernementales fournissent des services
dans le domaine de la gestion des dchets radioactifs : JSC "Ecomet", LLC
"Quant", JSC "RAOPROEKT", JSC "Khimmed", etc.
VIII.3.3 Dpots de dchets radioactifs
Selon un rapport de Rosatom, publi en 2008, 90% de dchets radioactifs
existants en Russie, provenant des entreprises du cycle combustible,
taient rpartis sur 3 sites :
Po Mayak : Entreposage des dchets vitrifis ; enfouissement des
dchets liquides ; entreposage de dchets liquides en surface.
SKhK Seversk (rgion de Tomsk) : enfouissement des dchets
liquides, entreposage des dchets solides de faible radioactivit en
surface.
188
GKhK Zeleznogorsk (rgion de Krasnoarsk): lenfouissement des
dchets liquides de moyenne activit est pratiqu depuis 1967. Ces
dchets, avant dtre injects sous terre, sont au pralable
entreposs en surface.
Le NIIAR injecte dans le sous sol (1130-1550 m de profondeur) ses dchets
radioactifs liquides.
Les dchets de faible et moyenne activits gnres par les centrales sont
entreposs sur site. Ceux engendrs par lutilisation de substances
radioactives et matriaux nuclaires des fins scientifiques, mdicales ou
industrielles sont transfrs RosRAO et Radon pour tre conditionns et
entreposs avant stockage par NO RAO. NO RAO ouvrira en 2015 une
installation de stockage de dchets de classe 3 et 4 Novoouralsk, issus
du Combinat Electrochique dOural.
La Russie ne dispose pas pour linstant de lieu de stockage dfinitif pour
les dchets de haute activit. NO RAO envisage ltablissement dun
laboratoire sous-terrain dans le massif granitique du Kra de Krasnoarsk.
La documentation technique en a t acheve en mars 2015. Une dcision
concernant la construction du dpt est attendu dici 2025 et linstallation
pourrait tre oprationnelle en 2035. La premire phase du projet prvoit
une installation pouvant contenir 20 000 tonnes de dchets de moyenne
et haute intensits, qui seront rcuprables. 5 ans dtudes permettront
de dterminer si ce site convient un stockage dfinitif de dchets de
classe 1 et 2.
189
VIII.5 RECHERCHE & DVELOPPEMENT
Infrastructures de recherche
De nombreux instituts de recherches de Rosatom sont impliqus dans les
recherches concernant laval du cycle : VNIINM, lInstitut Khlopin, RIAR,
VNIIAES, SverdNIIKhimmash, VNIPIPT. Les compagnies industrielles de
Rosatom mnent galement des recherches, en particulier les combinats
lectrochimiques, qui sont eux mme confronts dimportantes
questions de gestion des dchets radioactifs et des combustibles uss.
En dehors de Rosatom, plusieurs instituts de recherche de lAcadmie des
sciences participent leffort de recherche : IBRAE, lInstitut de physicochimie et d'lectrochimie, lInstitut de gologie, ptrographie et
minralogie ainsi que lInstitut de gochimie. De mme, le centre de
recherche Institut Kourtchatov et les diffrents instituts qui le composent
mnent des recherches dans ce domaine.
Enfin, diffrentes compagnies privs spcialises et jouant un rle
restreint dans les domaines de la gestion des dchets radioactifs
investissent dans la R&D.
Les domaines de recherche prioritaires sont tablis dans le cadre de
rencontres entre des reprsentants scientifiques de Rosatom et des
instituts de lAcadmie des Sciences.
Thme des programmes de recherche
Les programmes de recherches dans le domaine de laval du cycle sont
raliss dans le cadre des programmes fdraux des compagnies de
Rosatom (comme le programme sur la gestion des dchets nuclaire de
Rosenergoatom). Les thmes abords actuellement sont les suivants :
Mise en place des projets Proriv et dtablissement du CDE CCM;
Rsolution des problmes de dchets accumuls de lhritagle
nuclaire , notamment Maak (mise en place de nouveaux
procds de vitrification des dchets liquies de haute activit,
dinstallations de cmentation des dchets liquides de moyenne
activit, limination des bassins en espace ouvert de dchets
liquides) ;
Justification de la sret des lieux envisags pour le stockage des
dchets radioactifs, et notamment pour le stockage en couche
gologique ;
Cration dquipements standardiss de conditionnement et de
transport des dchets radioactifs ;
190
Dveloppement et amlioration des technologies de dmantlement
et de rhabilitation des zones contamines ;
Modlisation des processus et cycles technologiques lis la gestion
des combustibles uss et dchets radioactifs.
VII LE NUCLEAIRE RUSSE LINTERNATIONAL
VII.1 CONVENTIONS INTERNATIONALES
VII.1.1 Signes par la Russie
Accord sur les privilges et immunits de lAIEA (sign le 1er
juillet 1966 et entr en vigueur le 1er juillet 1966)
Convention sur lAssistance en cas dAccident Nuclaire ou
durgence radiologique (signe le 26 septembre 1986 et ratifie
le 26 fvrier 1987)
Convention sur la notification rapide dun accident nuclaire
(signe le 26 septembre 1986 et ratifie le 24 janvier 1987)
Convention sur la sret nuclaire (signe par la Russie le 20
septembre 1994 et entre en vigueur le 24 octobre 1996)
Convention sur la protection physique
nuclaires (signe le 26 dcembre 1991)
Amendement la Convention sur la protection physique des
matires nuclaires (accept le 12 septembre 2008)
Trait de non-prolifration des armes nuclaires (sign le 1er
juillet 1968 et ratifi le 5 mars 1970)
La Russie est membre du Comit Zangger et a rejoint le Groupe
des Fournisseurs Nuclaires (NSG)
Convention commune sur la sret de la gestion du
combustible us et sur la sret de la gestion des dchets
radioactifs (signe le 27 janvier 1999 et entre en vigueur le 19
avril 2006)
Convention de Vienne sur la responsabilit civile en cas
daccident nuclaire (signe le 8 mai 1996 et entre en vigueur le
13 aot 2005)
191
des
matires
Protocole de Kyoto (sign le 11 mars 1999 et ratifi le 18
novembre 2004)
Convention internationale pour la rpression des actes de
terrorisme nuclaire (signe le 14 septembre 2015)
VII.1.2 Non signes par la Russie
Accord complmentaire rvis concernant fourniture d'une
assistance technique par l'AIEA
Convention sur la rparation complmentaire des dommages
nuclaires
Protocole commune relatif l'application de la Convention de Vienne
et de la Convention de Paris
Protocole de signature facultative la Convention de Vienne sur les
relations consulaires concernant le rglement obligatoire des
diffrends
Protocole d'amendement de la Convention de Vienne de 1963
192
VII.2 RELATIONS FRANCO-RUSSES
La stratgie moyen et long termes du dveloppement de lindustrie
nuclaire en Russie vise des objectifs similaires ceux de la France : une
part significative de llectricit produite par les centrales nuclaires, la
fermeture du cycle du combustible permettant un recyclage des
combustibles nuclaires, lutilisation de racteurs neutrons rapides, le
dmantlement des anciens sites etc. Les deux industries sen trouvent
rapproches,
ce
qui
multiplie
les
occasions
de
coopration
(complmentarit, mutualisation des moyens), en particulier dans le
domaine de la recherche.
Au-del de ces convergences technologiques, le dynamisme de Rosatom
lexport lui impose une cadence de production importante et la ncessit
de trouver de nouveaux fournisseurs. De leur cot, de nombreuses
socits franaises du nuclaire souhaitent pouvoir participer aux
programmes de construction et de maintenance des racteurs russes que
ce soit l'export ou en Russie. De nombreuses cooprations industrielles
sont donc envisageables. En 2014, les volumes dchanges commerciaux
dpassaient le milliard deuros, une large part tant due aux importations
duranium en France. Notons galement que Rosatom a ouvert son centre
rgional pour lEurope occidentale Paris.
La coopration entre la France et la Russie dans le domaine nuclaire est
couverte par un accord intergouvernemental datant de 1996. Deux
dclarations communes ont t adoptes lors des Sminaires
Intergouvernementaux de 2011 et 2013.
VII.2.1 Accords et coopration avec le CEA et les autres organismes
publics
Il existe plusieurs cooprations institutionnelles entre la France et la
Russie:
ASN - Rostekhnadzor (RTN)
La coopration existe depuis 2000 mais est arrive chance fin 2010.
En novembre 2010, les deux parties ont convenu de revitaliser la
coopration. Celle-ci a donn lieu plusieurs rencontres techniques
abordant diffrentes thmes : change de bonnes pratiques, description
193
des mesures post-Fukushima et des examens de sret priodiques,
inspections conjointes dinstallations nuclaires etc.
IRSN- SEC NRS
Une coopration technique existe depuis plusieurs annes entre les deux
instituts de support technique aux autorits de sret nuclaires.
CEA-Acadmie des Sciences de Russie
Un accord de coopration a t sign le 27 septembre 2010. Trois
thmatiques de coopration sont notamment envisages : nergies non
mettrices de gaz effet de serre, climat et environnement ; matriaux,
chimie, lasers et technologies associes ; sciences du vivant.
CEA-Rosatom
Une coopration CEA-MINATOM (devenu Rosatom) existait de fait depuis
plus d'une trentaine d'anne. La coopration a t activement relance,
avec la signature, le 8 juin 2010 Moscou, d'un nouvel accord entre le
CEA et Rosatom, dans le domaine de l'nergie nuclaire. Cet accord
comporte onze domaines de coopration :
Stratgie de dveloppement de lnergie nuclaire
Systmes nuclaires du futur
Traitement avanc des combustibles et gestion des dchets
rsultants
Dmantlement des installations nuclaires et gestion des dchets
rsultants
Sret des installations et activits nuclaires
Suivi et compatibilit des matires
Production et utilisation des isotopes
Recherche fondamentale
194
Gestion de crise
Opinion publique
Les Russes sont les seuls disposer des moyens dexprimentation
complets pour le dveloppement des racteurs de la gnration IV qui
devront, le moment venu, remplacer les racteurs actuels. Le CEA
dveloppe le dmonstrateur ASTRID, de la nouvelle filire des racteurs.
Cest pour cette raison que la coopration CEA-ROSATOM dans le domaine
des RNR-Na est ncessaire ; elle porte surtout sur des irradiations des
matriaux dans les installations russes (BOR-60, BN-600, etc.) et des
essais de validation du cur ASTRID dans les maquettes physiques BFS.
Par ailleurs, un projet de racteur commun de 1200 MWe franco-russe (le
RFFR) est discut avec ROSATOM, un stade prliminaire.
CEA-Institut Kourtchatov
Les deux organismes de recherche ont sign un accord-cadre de
coopration en septembre 2013. Le document porte sur les recherches
conjointes relatives au dveloppement de lnergie nuclaire dans les
domaines de la conception de racteurs et le cycle du combustible futur,
englobant la thmatique de la 4me gnration et les racteurs
neutrons rapides.
VII.2.2 Accords et coopration avec les acteurs industriels
Il existe plusieurs collaborations entre des entreprises franaises et des
entreprises russes de diffrentes tailles et dans des dynamiques
diffrentes. Voici la liste de quelques partenariats importants.
EDF-Rosatom: Un MoU stratgique a t sign en 2010 (combustibles,
tranches nuclaires existantes ou en cours de construction, R&D). 9
domaines de coopration ont t identifis : exploitation ; ingnierie et
soutien lexploitation ; nouveaux projets ; racteurs neutrons rapides ;
inspection et contrle ; formation du personnel ; achat ; responsabilit
civile en cas de dommage nuclaire et assurance ; organisation gnrale
et dveloppement. Fin 2014, deux nouveaux domaines ont t inclus dans
la coopration: recherche & dveloppement et dmantlement & gestion
des dchets radioactifs.
195
EDF-Rosenergoatom: Les deux socits cooprent depuis 20 ans. Des
change d'expriences et de bonnes pratiques d'exploitants sont effectus
lors de rencontres rgulires (appui scientifique et technique sur la gestion
des centrales, visite de sites, participation a des exercices de gestion de
crise).Un consortium rassemblant les deux socits et Rusatom Services
est galement en charge des oprations dextension de la dure de vie
des tranches 5 et 6 de la centrale de Kozlodouy.
EDF-TENEX: TENEX fournit d'importantes quantits duranium et des
services d'enrichissement EDF
Areva-Rosatom: Les changes entre Rosatom et Areva concernent
notamment le cycle du combustible : fourniture dune usine de
reconversion Zelenogorsk et de la technologie de dfluoration de
l'uranium pour mettre sous forme dense et stable dans la longue dure
luranium appauvri ; changes dans le cadre de la constitution du futur
centre de laval du cycle Krasnoarsk (expertise pour lusine pilote,
technologie de vitrification, exploration des possibilits de coopration sur
le plan commercial).
Areva-TVEL: La coopration
luranium de retraitement.
porte
notamment
sur
lutilisation
de
Areva-VNIIAES: AREVA et la filiale de Rosatom VNIIAES ont sign un
contrat de fourniture de systmes de contrle-commande aux centrales de
types AES 2006 actuellement en construction Novovoronej et Leningrad.
Alstom-Atomenergomash : Les deux socits ont form une JV de
production de turbines nuclaires basse vitesse Arabelle . Ce projet
est actuellement report sine die, compromis par le rachat de la partie
nergie dAlstom par General Electric et le gel du chantier de la centrale
de Kaliningrad, qui devait en tre quipe.
Bureau Veritas-VO Safety : Les deux socits ont form une
coentreprise : BV-Safety . Cette joint-venture fournit des services de
conseil, dvaluation et de certification dans le domaine de la sret des
installations nuclaires.
196
Rosatom et Schneider Electric ont sign en juin 2015 un mmorandum de
dveloppement de coopration. visant la coopration dans le cadre des
projets internationaux de construction de centrale et de coopration
technologique et la production dquipements. Daher a sign en octobre
2014 un MoU avec TENEX, Saint-Gobain dveloppe actuellement un
modle de pile combustible avec le russe TVEL, VELAN pour sa part
prvoit daugmenter la localisation de sa production sur le territoire russe
afin de resserrer ses liens avec la Russie. De nombreuses autres PMI-PME
franaises, fournisseurs du secteur nuclaire, sont intresses par le
nuclaire russe et dveloppent des partenariats tant pour le march
interne que pour le march international.
197
VII.3 RELATIONS AVEC LES PAYS DU CEI ET DE LEX-URSS
La Russie continue de jouer un rle important, parfois incontournable, dans
les pays de la CEI dots de racteurs et installations nuclaires de
technologie russe. Les relations quelle entretient sur le plan politique et
conomique influencent de manire significative les accords industriels qui
peuvent tre conclus dans ce secteur, en particulier pour lexploitation des
gisements duranium et la fourniture de combustible nuclaire. Le cas de
lUkraine est videmment spcifique depuis 2014.
En termes de vente des racteurs nuclaires, cette zone constitue toujours
une espace privilgi pour Rosatom, comme en tmoignent les projets
fermes dOstrovets, de Paks, de Metsamor, et les perspectives de
construction au Kazakhstan, en Rpublique Tchque ou en Slovaquie. La
Russie et les pays du CEI se sont par ailleurs accords en 2015 pour unifier
leurs documents normatifs dans le domaine de lutilisation pacifique de
lnergie nuclaire.
Armnie
Lessentiel des relations entre les deux pays dans le domaine nuclaire
concerne la centrale de Metsamor. Deux sujets sont principalement
discuts : le devenir et la prolongation de la seconde tranche, seule encore
en activit, et la construction dune nouvelle tranche sur le site de la
centrale.
La seconde tranche de Metsamor, de type VVER 440/V-27, dispose dune
licence dexploitation jusquen 2016 et pose des problmes de sret. Les
autorits armniennes souhaitent nanmoins la moderniser et en
prolonger la dure de vie. Un accord sign pour que Rosatom modernise la
centrale prvoit 40 millions de dollars pour les calculs et projections, 180
millions pour la fabrication et la fourniture des quipements et 80 millions
de dollars pour les travaux en eux-mmes. Ceux-ci devraient tre achevs
en 2018.
De plus, un accord intergouvernemental a t sign en
dcembre 2014, donnant Rosatom la tche de prparer la centrale pour
prolonger sa dure de vie jusqu 2026 au moins. La corporation dEtat
accordera pour cela un crdit lArmnie dun taux de 3% remboursable
partir de 2019.
Un accord intergouvernemental sur la construction de nouvelles tranches
nuclaires de type VVER-1000 sur le site de Metsamor en Armnie, a t
sign en aot 2010. La construction devrait dbuter en 2018 pour une
198
exploitation partir de 2026. Cet accord avec la Russie reprsente 35% de
linvestissement total du projet estim entre 4,5 et 4,9 milliards de dollars.
Il convient galement de signaler la brve existence de la coentreprise
ARGK, cre en 2008 linitiative dARMZ et du ministre de la protection
de la nature armnien et dont les domaines de comptences taient
lexploration, lexploitation de mines duranium, et le traitement de celuici. En juillet 2015, le gouvernement armnien a annonc la fin de ses
activits, les campagnes dexploration nayant pas permis de trouver des
gisements prsentant un potentiel commercial.
Bilorussie
Le principal objet des relations russo-bilorusses est la centrale
dOstrovets. La Russie construit en effet depuis 2013 une centrale
nuclaire de type AES-2006, dont la premire tranche doit tre
oprationnelle en 2018. Ce chantier, men par le groupe Centrale
Bilorusskaa est effectu 85% par des entreprises locales et 15%
par des entreprises russes. Par ailleurs, la Russie a accord un crdit
lexport de 10 milliards de dollars au Belarus. La joint-venture russobilorusse EnergoKonnekt a galement t cre pour accompagner la
vente lexport dlectricit. Notons que ce projet est source de tensions
avec certains voisins de la Bilorussie, et notamment la Lituanie.
Les autorits de sret des deux pays ont galement sign un trait de
coopration en 2013. Cet accord a notamment permis de mettre en place
des changes (visites de consultants de Rostekhnadzor Ostrovets, et
dobservateurs bilorusses dans les centrales russes). Cet accord a t
prolong en juillet 2015.
La coopration russo-bilorusse prend dautres formes : en 2014, les deux
pays ont sign un mmorandum sur la cration dun centre dinformation
sur lnergie nuclaire au Belarus, inaugur en avril 2015. En 2014
galement, les deux tats ont sign un accord de notification mutuelle en
cas dincident nuclaire et dchange dinformations dans le domaine de la
sret nuclaire et radiologique. Enfin, les Russes estiment galement
quaprs la construction de la centrale dOstroviets, les deux pays
pourraient travailler ensemble lexport.
Kazakhstan
Le Kazakhstan et la Russie entretienne des relations pousses dans le
domaine nuclaire, sur des sujets diversifis.
199
Etant donn la position quoccupe le Kazakhstan dans la production
duranium mondiale, il sagit dun domaine de coopration de premier plan
avec la Russie. Rosatom est implant dans ce pays via sa holding Uranium
One, qui possde en partie 6 mines au Kazakhstan produisant la quasitotalit de son uranium (en gnral, 30 50% du capital de ces mines
sont dtenus par Kazatomprom).
Les Russes et les Kazakhs collaborent galement sur des projets lis aux
activits denrichissement. En particulier, les Kazakhs sont fondateurs
avec les Russes de la banque dAngarsk, dont ils dtiennent 10%, et ont
galement acquis via une coentreprise 25%+1 action des parts du
combinant lectrochimique de lOural.
La construction de centrale russe au Kazakhstan est galement envisage.
Ainsi, en mai 2014, loccasion dune visite de V. Poutine, un
mmorandum pour la construction dune centrale prs de la ville de
Kourtchatov a t sign. Ce projet devrait tre ralis prix
domestiques , infrieurs au prix de march, et le racteur choisi sera un
VVER dont la puissance, entre 300 et 1200 MW na pas t dfinie pour
linstant. Cependant, en avril 2015, le ministre de lnergie kazakh
affirmait que ce racteur pourrait tre construit Kourtchatov ou Ulken,
dans la rgion dAlmaty. Un accord de construction devrait tre sign
prochainement, et devrait inclure un prt russe.
Fin 2014, Rosatom et KazAtomProm ont sign un mmorandum pour la
promotion et la popularisation de lnergie nuclaire, sur le modle des
centres rgionaux russes.
Kazatomprom et le russe Atomstroexport ont cr, en 2006, une
entreprise commune pour dvelopper le VVER-300, racteur commercial
eau pressurise de moyenne puissance.
Kirghizistan
Le Kirghizistan et la Russie ont sign un accord intergouvernemental sur la
coopration dans le domaine de lnergie nuclaire des fins pacifiques
en 2012 et celui-ci a t approuv par le parlement kirghize en 2014. Cet
accord prvoit des cooprations dans les domaines suivant :
construction, exploitation et dmantlement des racteurs de
recherches et autres installations nuclaires ;
fourniture en combustible de ces installations ;
gestion des combustibles uss et des dchets radioactifs ;
fourniture de services lis au cycle combustible ;
200
dveloppement de projet de mines duranium ;
construction, exploitation et dmantlement des usines de
traitement des minerais duranium et de terre rares ;
rhabilitation des installations minires et de traitement duranium
dclasss.
Le programme envisage notamment la rhabilitation des sites de Min-Kush
et de Kajy-Say dici 2018.
Ouzbkistan
Un accord de rapatriement du combustible us du racteur de recherche
Ouzbek INN-3M a t ratifi par la Douma en dcembre 2014.
La mme anne, TVEL a sign un contrat de livraison de combustible pour
ce racteur de recherche.
Ukraine
Les relations avec lUkraine dans le domaine nuclaire se sont intensifies
sous [Link] et de nombreux projets de cooprations ont t
engags durant cette priode :
Coopration de lInstitut Kourtchatov et lAcadmie des Sciences
ukrainienne dans les domaines de llectronuclaire, du cycle du
combustible nuclaire, de la fusion thermonuclaire, de la recherche
fondamentale et des nanotechnologies ;
V. Poutine avait demand de crer une socit nuclaire russoukrainienne au plus vite. Cette coentreprise devait couvrir le cycle
du combustible et la fabrication des composants mcaniques. Le
choix de faire une usine de combustible avait t retenu.
lUkraine avait acquis 10% des parts dans le centre international
denrichissement dAngarsk ;
201
Un contrat de livraison du combustible nuclaire couvrant la dure
de vie des racteurs ukrainiens existants avait t sign entre TVEL
et NAEK Energoatom
Rosatom avait t dsign pour la construction des racteurs
numros 3 et 4 de la centrale nuclaire de Khmelnitsky.
En 2013, un accord intergouvernemental de notification mutuelle en cas
daccident et dchanges dinformation dans le domaine de la sret
nuclaire et radiologique a t sign. Un mmorandum multilatral pour
amliorer le combustible russe dans le cadre du projet combustible zro
dfaut
a galement t sign par lexploitant ukrainien Energoatom.
Les projets de constructions de lusine de combustible et des tranches 3 et
4 de Khmelnitski sont actuellement gels. Pour ce qui est de lusine de
combustible, bien que les travaux aient commenc, que la Russie avait
apport ses financements et que les quipements ncessaires ont t
fabriqus par TVEL, la partie ukrainienne estime ne pas tre satisfaite par
plusieurs conditions du contrat. Aprs avoir envisag dinviter
Westinghouse Electric ou Areva faire partie du projet, les Ukrainiens
dclare souhaiter se retirer du projet. La partie ukrainienne affirme
galement que les propositions russes pour la construction des tranches 3
et 4 de la centrale de Khmelnitski ne convenaient plus et que lUkraine
refusera les services de Rosatom pour la construction de ces deux units.
Aucune notification officielle na cependant t faite ce sujet. Rosatom
dclarait en juillet 2015 toujours souhaiter raliser ces deux projets. De
mme, la corporation dEtat estime que si lUkraine arrivait fournir les
quipements commands pour la construction dune centrale en Russie
elle serait prte payer pour ces quipements.
La vente de combustible est lun des importants liens entre la Russie et
lUkraine dans le domaine nuclaire : en moyenne, lUkraine importe pour
600 millions de dollars de combustible annuellement. Les tensions entre
les deux pays nont pas eu dinfluence sur ces contrats : en 2014,
lUkraine a achet pour 588,8 millions de dollars de combustible TVEL et
les officiels des deux pays ont dclar ne pas vouloir remettre les contrats
signs en cause. Lentre sur le march du combustible de Westinghouse
(Energoatom ayant sign un contrat dapprovisionnement jusquen 2020
avec WE et achet en 2014 le reste de son combustible auprs de cette
compagnie) est en revanche source de tension, la Russie interprtant la
volont ukrainienne de faire appelle ce fournisseur pour des raisons
politiques et non conomiques et sinquitant dventuels risques de
sret.
202
Les ngociations sur le retour de combustible us des centrales
ukrainiennes pour retraitement et entreposage se poursuivent galement
normalement.
203
VII.4 RELATIONS AVEC LES PAYS DASIE ET DOCEANIE
Cette zone, ou le nuclaire est en forte expansion, intresse
fortement Rosatom qui a ax sa stratgie commerciale en se positionnant
sur le march des nouveaux entrants dans le domaine nuclaire. Les
crispations gopolitiques lies la crise ukrainienne tendent galement
faire de ces pays des priorits pour les industries stratgiques russes, et
en particulier le nuclaire. Ainsi, loffre russe sadresse aux dtenteurs de
ses racteurs nuclaires qui envisagent den construire davantage (Chine,
Inde) et attire galement de nouveaux clients comme le Vietnam ou le
Bangladesh. La prospection et la production duranium sont galement des
sujets de coopration dans cette rgion.
Bangladesh
Le Bangladesh souhaite squiper de centrales nuclaires, et la Russie a
t choisie pour le fournir. Cette centrale devrait tre compose de deux
tranches AES 2006, bien que des racteurs de moyenne puissance (VBER
600 et VVER 600) ont galement t voqus. Un accord
intergouvernemental a t sign en 2011 pour encadrer Les changes
entre les deux pays sont donc essentiellement lis ce contrat.
Laccord de 2011 a notamment mis en place une commission de
coordination, qui discute actuellement des pratiques doctroi de licences
nationales et des questions qui y sont relatives. Conformment la
dmarche commerciale russe, des groupes de travail changeant sur le
dveloppement de linfrastructure nuclaire, la formation du personnel
(des tudiants bangladais devant tre forms Obninsk), la cration et les
modifications ncessaires du cadre juridiques, la sret nuclaires sont
galement prvus.
Dun point de vue commercial, trois contrats dune valeur totale de 500
millions de dollars ont dj t signs. Le dernier, qui date de juin 2014,
prvoit lachat dquipement et les travaux pralables la coule du
premier bton. Il permet galement au Bangladesh de bnficier dune
offre de crdit russe de 2 milliards de dollars qui couvrira 90% des besoins
pour la premire tranche. Ceux-ci doivent tre achevs en 2016 et la
centrale doit dmarrer au dbut des annes 2020.
Chine
204
Les opportunits commerciales que reprsentent le march chinois et
lintrt de la Chine pour certains choix technologiques russes sont les
principaux moteurs des relations sino-russes dans ce domaine. La Russie
semble avoir choisi de partager ses technologies nuclaires pour pntrer
son march.
Les Russes ont dj quip de 2 VVER-1000 la centrale de Tianwan, sont
en train den construire les units 3 et 4 et un accord aurait t trouv en
avril 2015 pour fournir 2 units supplmentaires. 70% de la fourniture de
la deuxime tranche a t construit par les Chinois et une ligne de
production de combustibles nuclaires pour VVER-1000 a t ouverte au
sein de lusine de Yibin. Un accord de 2010 prvoit un transfert de
technologie de production du combustible TVS-2M permettant le passage
des VVER un cycle de rechargement du combustible tous les 18 mois.
La Russie a aussi largement contribu au projet de premier racteur
chinois neutrons rapides refroidis au sodium, le China Experimental Fast
Reactor (CEFR) qui a dmarr en mai 2010 et dont la conception est trs
voisine de celle du BOR-60 russe. Toujours dans le domaine des RNR, des
ngociations sur la vente de BN-800 ont t menes plusieurs avant son
dmarrage en Russie. La construction de ce type de racteur sur la
centrale de Sanming tait prvue pour 2013, mais depuis ce projet semble
suspendu pour une dure indtermine.
Les Chinois ont exprim leur intrt pour les racteurs de petites
puissances et en particulier pour les centrales flottantes. En mai 2014,
lagence de lnergie atomique de Chine et Rosatom ont sign un accord
de coopration pour la construction de ce type de centrales. En juillet
2014, cest Rusatom Overseas et CNNC New Energy qui ont sign un
mmorandum d'intention pour la construction des centrales nuclaires sur
barge de type KLT-40S. Il existe galement un groupe de travail sino-russe
pour la coopration dans le domaine des racteurs haute temprature
refroidis par un gaz.
Lautorit de sret russe coopre galement avec son homologue
chinois. Les changes portent essentiellement sur les expriences en
terme dautorisations et de surveillances de la sret des racteurs de
type VVER (comprenant notamment des inspections conjointes) et
neutrons rapides, ainsi que sur le traitement du combustible us et des
dchets.
Un accord sign en octobre 2014 prvoit dtudier ensemble les
perspectives et possibilits de coopration dans la construction de
centrale lexport vers des pays tiers. Les deux pays discutent aussi des
possibilits de prospections communes de mines duranium (notamment
en Afrique).
205
Core du sud
En 2014, TENEX et KEPCO Nuclear Fuel ont sign un accord qui dtermine
les conditions de fourniture duranium enrichi russe en Rpublique de
Core afin doptimiser les interactions et amliorer la flexibilit dans les
changes avec les clients communs des deux pays et donc de renforcer
terme la comptitivit du combustible russe.
En 2014 galement, une nouvelle route maritime pour le transport de
produits de luranium partant du port de Vostochny, lest de la Russie, a
t inaugure. Trois lots duranium enrichi ont ainsi t expdis en Core
du Sud. Cette route sera lavenir rgulirement utilise pour livrer des
produits de luranium aux pays dAsie-Pacifique.
Par ailleurs, la Core du Sud fait partie des principaux acheteurs disotopes
russes : en 2014, 547 Ci ont t vendus par le RIAR.
Inde
LInde reprsente un autre march trs prometteur pour la vente de
racteurs, et la Russie fournit des efforts important pour en obtenir des
parts. Ainsi, un accord entre les deux gouvernements aurait t trouv en
2014 afin que la compagnie nationale dassurance indienne couvre les
fournisseurs, limitant les effets ngatifs du rgime de responsabilit civile
indien pour ces derniers. Atomenergomash a rcemment ouvert un bureau
local dans la perspective des futurs appels doffre et pour favoriser les
partenariats avec les constructeurs mcaniques locaux.
En 2010, le gouvernement russe a sign un MoU, qui devait lui permettre,
aprs l'achvement de deux premiers racteurs AES-92 Kudankulam, de
construire une douzaine d'autres VVER (VVER 1000 ou VVER-1200 dfinir
dans les contrats) sur trois sites : quatre Kudankulam, six Haripour et
quatre autres sur un site dfinir.
Le premier projet est presque achev : la premire tranche de Kudankulam
est en exploitation commerciale depuis dcembre 2014 et la seconde
devrait dmarrer durant lt 2015. De plus, un accord-cadre a t sign
en avril 2014 pour la construction des deux autres tranches de cette
centrale et les contrats pour la fourniture de leurs principaux quipements
ont t signs en dcembre de la mme anne. Il devrait sagir de deux
206
VVER-1000 dont le cot total est estim 5,47 milliards de dollars. NIAEP
doit assurer la supervision de la construction.
En dcembre 2014, un accord de coopration long terme a t sign par
les deux gouvernements, envisageant la construction de 20 centrales
nuclaires et des cooprations sur les marchs tiers, dans les domaines de
la construction de centrale, lextraction duranium, la production de
combustible et la gestion des dchets nuclaires. Cet accord engage
galement lInde a trouver un second site pour la prochaine centrale de
design russe (le choix dHaripour effectu dans un MoU est plus
quincertain, tant donnes les oppositions locales).
La Russie et lInde ont galement des relations commerciales soutenues
dans les diffrents segments du cycle combustible. Ainsi, la Russie avait
propos en 2010 lInde d'entrer dans le capital des projets dexploitation
de ses gisements duranium en Russie et dans les pays tiers. Pour la
centrale de Kudankulam, la Russie doit fournir le combustible durant toute
la dure de vie de la centrale, tandis que lInde le retraite et conserve le
plutonium. La centrale de Rajasthan utilise galement du combustible
russe, tandis quen vertu dun contrat sign en 2015, TVEL livrera des
pastilles duranium pour la centrale de Tarapur (racteur eau bouillante).
En 2014, 2058 tonnes duranium avait t import de Russie depuis 2008
(pour un total de 4458 tU). Un nouvel accord de livraison a t sign par
TVEL en 2015.
Enfin, la coopration nuclaire entre les deux pays concerne aussi dautres
types dapplication. Dans le domaine de la mdecine nuclaire Rusatom
Overseas et lindien Gamma Tech ont sign un accord actionnarial
intgrant la partie russe 49% dans un projet dtablissement dun rseau
de centre de strilisation par irradiations en Inde. La Russie a galement
aid mettre en place des formations au sein du nouveau centre de
recherche nuclaire de DAE, le GCNEP.
Indonsie
En avril 2015, un consortium russo-indonsien a remport lappel doffre
pour la construction dun racteur de recherche polyvalent haute
temprature refroidi par gaz.
Par ailleurs, Rosatom exporte en Indonsie des isotopes, notamment du
Co-60. La corporation dEtat a lintention de mettre en place une jointventure avec lIndonsie dans un projet visant crer dans ce pays un
centre industriel dirradiation.
207
Afin dexplorer dautres thmatiques de cooprations (promotion de
lnergie nuclaire, coopration scientifique et technologique), la Russie et
lIndonsie ont sign un MoU en juin 2015.
Japon
En mai 2009, Tokyo, Rosatom et le Ministre des Affaires Etrangres
japonais ont sign un accord intergouvernemental sur la coopration dans
le domaine de lnergie nuclaire. Cet accord tait laboutissement dun
rapprochement entam depuis 2007. Les domaines dapplication de cet
accord sont larges et concernent : lexploration et la mise en valeur des
gisements duranium (un gisement situ en Yakoutie du Sud a souvent t
cit), lingnierie, la construction et lexploitation des racteurs eau
lgre, le retraitement et la gestion des dchets radioactifs, la sret et la
radioprotection des personnes et de lenvironnement, la recherche et
lexprimentation dans le domaine des effets des rayonnements. Les
japonais seraient intresss par les capacits denrichissement russes et
les russes par les technologies japonaises et leurs capacits de
construction des racteurs.
Le gouvernement russe a introduit en octobre 2010 dans la chambre basse
(Douma) du parlement russe le projet de loi relatif la validation de
laccord intergouvernemental russo-japonais sur lutilisation de lnergie
nuclaire civile, sign le 12 mai 2009 Tokyo.
Atomproekt doit construire en 2016 une installation pilote de traitement
du tritium des dchets liquides issus de la centrale de Fukushima. Une plus
grande installation pourrait tre construite la suite de celle-ci.
En 2015, des ngociations sont menes pour vendre des isotopes, et
notamment du molybdenum-99, au Japon.
Thalande
Rosatom et linstitut des Technologies Nuclaires du royaume de Thalande
ont sign un mmorandum de coopration dans le domaine de lutilisation
pacifique de lnergie nuclaire en septembre 2014. Ce document formule
des propositions dans les domaines de la recherche fondamentale et
applique, des radioisotopes, de la sret nuclaire, de la radioprotection,
des services du cycle du combustible, de la gestion des dchets nuclaires
et de la formation. La premire runion du groupe de travail russothalandais sest tenue en avril 2015.
208
Vietnam
En dcembre 2009, un MoU russo-vietnamien a t sign dans le cadre de
la construction de la premire centrale nuclaire au Vietnam, puis, en mai
2010, le Vietnam a cart les dernires spculations sur ce projet en
dclarant que la Russie avait t choisie pour construire dans la province
de Ninh Thuan la premire centrale nuclaire quipe de deux racteurs
VVER-1000. Rosatom doit galement fournir du combustible neuf et
rcuprer le combustible us, former les spcialistes et participer la
cration dun centre pour les sciences et les technologies. En revanche, 30
40% des travaux de construction de la centrale pourraient tre localiss
au Vietnam.
En aot 2015, un accord-cadre a t sign par NIAEP-ASE et la compagnie
Electricity of Vietnam. Deux contrats sont attendus pour 2015: le premier
concerne la conception et le second lingnierie de construction de base.
Le premier bton devrait tre coul en 2019-20120 et le premier racteur
dmarr en 2025-2026.
Australie
La Russie et lAustralie ont sign en 2007 puis ratifi en 2010 un accord de
coopration sur lutilisation pacfiique de lnergie nuclaire, dune dure
de vie de 30 ans notamment ax sur limportation de luranium australien
en Russie.
La Russie a ainsi commenc en 2012 importer de luranium australien,
afin de produire de lhexafluorure duranium que TENEX exporte vers
diffrents pays, et en particulier occidentaux. Nanmoins, dans le cadre
des sanctions occidentales lies la crise ukrainienne, lAustralie a interdit
la livraison duranium en Russie.
209
VII.5 RELATION AVEC LES PAYS DAFRIQUE
En 2009, le prsident Medvedev stait rendu pour la premire fois
sur ce continent, ce qui a t prsent comme un retour de la Russie en
Afrique. En ralit il sagissait plutt de ne pas rester lcart par rapport
aux autres investisseurs comme la Chine, les Etats-Unis ou la France.
En 2010, la Russie a remport un premier succs commercial en Afrique
du Sud en signant un contrat pour la livraison de luranium enrichi destin
aux racteurs sud-africains. De manire gnrale, cette rgion intresse la
Russie pour les ressources en uranium namibiennes, et par lventuelle
possibilit de vendre des centrales nuclaires, notamment aux primoaccdants (Nigeria, Egypte).
Afrique du Sud
LAfrique du Sud a dimportants besoins nergtiques, quelle souhaite
combler notamment par laugmentation de son parc nuclaire. La Russie
considre que ce pays reprsente un march important pour la vente de
centrale nuclaire et leur coopration dans ce domaine sest acclre de
manire importante dernirement.
Ainsi, en aot et septembre 2013, un MoU a t sign par Rusatom
Overseas pour prparer des changes de spcialistes, des travaux
conjoints de recherche et des sminaires communs et une reprsentation
conomique prs lAmbassade russe Johannesburg dont lune des
priorit est de dvelopper la coopration nuclaire civil a t tablie. En
septembre 2014, un accord de partenariat stratgique dans le domaine du
nuclaire civil a t sign. Ce document tablit un cadre pour llaboration
dun programme de construction pour de futures centrales, une
coopration dans la recherche sur les racteurs, et la mise en uvre de
projets communs dans des pays tiers.
Rosatom propose ainsi 8 centrales dune puissance totale de 9,6 GW pour
un cot qui ne devrait pas dpasser 40 50 milliards de dollars. Cette
offre saccompagne dun crdit lexport et de la localisation de 60% de
lactivit. La Russie, aprs avoir propos un modle de financement de
type BOO, souhaiterait passer par la cration dune compagnie
dinvestissements privs. La possibilit de localiser une usine de
production de combustible a galement t voque.
En juillet 2015, deux MoU ont t signs : le premier met en place un
cadre pour la formation de diffrentes catgories de spcialistes pour
lindustrie sud-africaine et le second a pour but de promouvoir lnergie
210
nuclaire en Afrique du Sud auprs de la population, envisageant la
cration dun centre dinformation pour lnergie atomique en Afrique du
Sud.
Rostekhnadzor et son homologue NNR ont galement entam des
ngociations sur ltablissement dun cadre juridique de coopration dans
le domaine de la sret nuclaire et radiologique, leur permettant
dchanger des informations. En outre, les parties prvoient aussi de
mettre
en
place
un
programme
dactivit
bilatral.
En ce qui concerne le cycle combustible, la socit russe TENEX (Rosatom)
et ESKOM ont sign en 2014 un contrat permettant dassurer 45% des
besoins sud-africains en uranium enrichi jusquen 2018. Un accord de
partenariat stratgique a galement t sign en 2013 entre Necsa et
NIAEP-ASE concernant entre autres la gestion des dchets nuclaires.
Algrie
La Russie avait entam des consultations avec lAlgrie afin de dterminer
quel projet conviendrait le mieux au pays. LAlgrie sintresse notamment
la construction de centrales et la formation des spcialistes.
Fin 2014, la Russie et lAlgrie ont sign un accord intergouvernemental de
coopration dans le domaine de lutilisation pacifique de lnergie
nuclaire. Laccord dtermine un certain nombre de domaines de
coopration dont la conception, lquipement, lexploitation et lutilisation
de centrales nuclaire ainsi que des racteurs de recherche. La formation
dingnieurs algriens en Russie commencera ds cette anne (universit
de MEPHI). Notons que S. Kirienko a dclar aprs la signature de laccord
quun projet clef pourrait tre la construction en Algrie dune centrale
russe quipe dun racteur VVER.
Egypte
En mars 2008, un accord de coopration dans le nuclaire civil a t sign
entre la Russie et lEgypte. Il permet aux socits russes de participer aux
futurs appels d'offres gyptiens pour la construction de centrales.
En Egypte, le 23 et 24 juin 2009, la Russie a t officiellement invite
participer lappel doffres pour la construction de la premire centrale
nuclaire gyptienne. Il sagirait de deux tranches dans un premier temps,
puis de deux autres tranches supplmentaires. Le prix annonc de dpart
211
dun racteur est de 2,5 milliards de dollars US. Les Russes se sont
galement dclars intresss par une coopration dans le domaine
minier.
Conformment un accord intergouvernemental de mars 2008 entre la
Russie et lEgypte dans le domaine de lnergie nuclaire, la premire
promotion de 21 tudiants gyptiens a commenc en septembre 2010 ses
cours dans lInstitut Central denseignement continu cr par Rosatom
Obninsk. La formation se focalise sur lexprience et la pratique et
offrirait aux tudiants deux spcialisations : ltablissement de la
documentation en vue dun appel doffres et la slection et la certification
dun site en vue de la construction dune centrale nuclaire. Les tudiants
gyptiens sont notamment des employs la Nuclear Power Plant
Authority (partie du Ministre gyptien de lElectricit et de lEnergie) dont
le directeur adjoint, El Madham.
Les projets de coopration ont t interrompus causes des
bouleversements politiques qua subi ce pays en 2011 mais lEgypte a
propos la Russie de les reprendre en 2013.
En fvrier 2015, un accord concernant le dveloppement dun projet de
construction nuclaire a t sign par Rosatom et le Ministre gyptien de
lElectricit et de lEnergie. Il sagit dun accord de principe pour la
construction de quatre racteurs nuclaires de 1200 MWe, en prcisant les
modalits de financement de Rosatom. Cet accord devrait tre suivi de 2
accords intergouvernementaux, sur la construction et sur son
financement, qui constitueront la base des contrats commerciaux,
attendus avant la fin de 2015. Par ailleurs, les autorits de sret
nuclaires taient sur le point de signer un MoU en aot 2015.
Un autre sujet de coopration voqu est la remise niveau du racteur
de recherche ETRR-1 en Egypte, construite en 1961 par lUnion sovitique.
Namibie
Un MoU a t sign en avril 2010 sur la cration de coentreprises russonamibiennes de prospection, de production et d'enrichissement
d'uranium. Nous sommes prts y investir environ 1 milliard de dollars
avait dclar cette occasion [Link]. Aucun projet concret na
cependant merg pour linstant.
Nigria
212
Un accord intergouvernemental sur la coopration dans le domaine de
lnergie nuclaire civile a t sign entre la Russie et le Nigria en juin
2009. Il porte sur le dveloppement des infrastructures nuclaires du pays
(centrales et rseau), la recherche fondamentale et applique, les tudes
de faisabilit pour la construction dune centrale nuclaire, la production
et lapplication des radio-isotopes, et la formation et lentrainement des
personnels. Selon S. Kirienko, laccord a t sign rapidement aprs le
MoU de mars 2009, et linitiative de la partie nigriane.
Un accord-cadre a ensuite t sign en juin 2012. Cet accord dfinit les
principes et condition de coopration pour la conception, la construction,
lexploitation et le dmantlement de centrales au Nigria. Cest
galement le premier accord portant sur la construction de centrales de
design russe avec un pays africain. En avril 2015, Rosatom a nomm ses
reprsentants pour le comit mixte que prvoyait cet accord.
Le Nigria
souhaiterait faire construire 4 tranches nuclaires dici 2030.
213
VII.6 RELATIONS AVEC LES PAYS DU MOYEN-ORIENT
Arabie Saoudite
En juin 2015, la Russie et lArabie Saoudite ont sign un accord
intergouvernemental concernant lusage pacifique de lnergie atomique.
Ce document cr notamment la base lgale pour la coopration dans les
domaines suivants :
conception, construction, exploitation et dmantlement
racteurs de recherche et de puissance ;
fourniture de services associs au combustible nuclaire ;
gestion de combustible us et de dchets nuclaires ;
production de radioisotopes ;
formations des spcialistes.
des
Cet accord met galement en place un comit de coordination pour les
prochaines consultations entre les deux pays, et des groupes de travail
associs des projets spcifiques.
Emirats arabes unis
La Russie a sign un
accord intergouvernemental avec les Emirats
arabes unis en dcembre 2012. Celui-ci met en place les conditions
lgales permettant dlaborer des cooprations dans les domaines de
lextraction duranium, la fabrication de combustible, la construction de
centrale ou la recherche.
La centrale de Barakah, construite par la Core du Sud, sera la premire
centrale du pays. La Russie jouera un rle important sur les segments en
amont du cycle du combustible. En effet, Uranium One en sera lun des
deux fournisseurs duranium et TENEX, a sign en 2012 un contrat de
fourniture de produits de luranium long terme pour cette centrale,
hauteur de 50% de ses besoins (services de conversion et
denrichissement, concentr duranium). La premire livraison de TENEX
est attendue en 2015.
Iran
Dans le domaine du nuclaire civil, la Russie a une relation privilgie avec
lIran. Le seul racteur en activit, Boucherh 1, est un VVER 1000 mis en
service en 1993. LIran souhaite dsormais tendre son parc nuclaire.
214
En novembre 2014, un contrat pour la construction de Buchehr 2 et 3 et
plusieurs autres documents sur lextension de la coopration dans le
domaine de lutilisation pacifique de lnergie nuclaire ont t signs. Le
contrat envisage la possibilit de construire 4 tranches supplmentaires
sur le site de Bouchehr, et 4 autres sur un nouveau site. Le montage
financier de ces nouveaux racteurs sera identique celui de Bouchehr et
se fera sur les fonds propres iraniens. Le combustible nuclaire pour ces
centrales nuclaires sera fourni par la partie russe puis retourn en Russie
pour retraitement et entreposage. Pour sa part, lIran espre une part
importante de localisation des travaux de construction de ces nouvelles
units. Il est prvu que la participation des socits iraniennes aux appels
doffres soit progressive et augmente avec la construction de tranches
supplmentaires. Dans le mme temps, les parties sengagent cooprer
dans le domaine du cycle combustible, envisageant de travailler sur la
faisabilit dune fabrique de combustibles en Iran pour ces racteurs.
Enfin, la partie russe sengage former les spcialistes iraniens pour
lexploitation, la maintenance et le support, mais aussi dans le domaine de
la sret nuclaire et la radioprotection.
Par ailleurs, lAutorit de Rglementation Nuclaire Iranienne, en charge
de la rglementation et de la sret dans le domaine nuclaire, maintient
une relation proche avec Rostekhnadzor. Lautorit de sret russe fournit
notamment des conseils et un accompagnement pour lexploitation de la
centrale de Bouchehr.
Jordanie
La Russie et la Jordanie ont sign, en mai 2009, un accord
intergouvernemental sur la coopration dans le domaine du nuclaire civil.
Cet accord couvre les domaines de construction de centrales et de
racteurs exprimentaux ainsi que des usines de dsalinisation. La
Jordanie a part la suite lanc un appel doffre pour construire deux
tranches de 1000 MWe o ont t retenus trois fournisseurs potentiels :
Areva-Mitsubishi, Atomic Energy of Canada et Rosatom. Ce dernier layant
emport, cest NIAEP-ASE qui construira la centrale, pour un cot estim
10 milliards de dollars.
En mars 2015, un accord intergouvernemental a permis dencadrer la
construction de la centrale. Ainsi, les deux VVER-1000 doivent tre
dmarrs en 2024 et 2026. La centrale sera possde 50,1% par la
Jordanie tandis que Rosatom fournit 49,9% des investissements. Rosatom
fournira galement le combustible pour les 10 premires annes
dexploitation, avant dtre mis en concurrence avec les autres
215
fournisseurs. Enfin, laccord prvoit le retour du combustible us vers la
Russie afin de le retraiter.
Turquie
Aprs plusieurs tentatives infructueuses, la Turquie a lanc son
programme nuclaire civil avec le projet de la centrale dAkkuyu. Lappel
doffre pour sa construction, qui a runi 14 candidats, na retenu
quAtomostroyexport, le seul proposer de rcuprer le combustible us.
Ce projet constitue la fois le centre des relations russo-turques dans le
domaine nuclaire et un modle attractif destination des pays
souhaitant lancer un programme nuclaire civil.
Conformment au choix turc, un accord intergouvernemental sur la
coopration nuclaire, portant sur la construction de la centrale dAkkuyu
a t sign en mai 2010. Il sagit de construire 4 racteurs nuclaires de
type VVER-1200 (modle AES-2006). Le modle financier retenu est de
type BOO : la Russie dtiendra entirement le capital de la centrale
nuclaire dAkkuyu, mais proposera cependant des investisseurs turcs
[Park Teknik, EUAS] et trangers de sassocier (jusqu 49%) ce projet.
Dbut 2015, les participations au capital de la centrale sont les suivantes :
Rusatom Overseas (64.96%), Rosenergoatom (30.66%), AtomStroyExport
(3.17%), Atomenergoremont (0.03%) and Atomtechenergo (0.03%).
Rosatom continue de chercher des partenaires non russes.
De plus, leffort de localisation dans la sous-traitance travaux est
important : Atomstroexport a ainsi annonc que 90% de ceux-ci
pourraient tre confis des entreprises turques. Les travaux les plus
critiques du point de vue de la sret devraient nanmoins tes confis
des entreprises russes (btiment du racteur, salle de contrle,
quipements lectriques).
Lautorit de rgulation du march lectrique a dlivr en juin 2015 une
licence prliminaire pour la gnration dlectricit Akkuyu. Plusieurs
tapes spare NIAEP-ASE de lobtention du permis de construire, mais les
deux parties se sont engages faire en sorte dviter, tout retard sur le
calendrier, qui prvoient le commencement des travaux. La premire
tranche devrait dmarrer en 2022 et la quatrime en 2025. Le cot total
du projet est estim environ 20 milliards de dollars.
216
VII.6 EUROPE
La Russie a dvelopp des partenariats scientifiques et industriels avec de
nombreux pays europens. De plus, le parc europen est vieillissant, ce
qui reprsente une opportunit commerciale pour Rosatom. Il convient
nanmoins de distinguer deux zones. Dune part, les pays de lex blocsovitique, o la Russie avait dj construit des racteurs (Bulgarie,
Slovaquie, Rpublique Tchque) et o elle sappuie sur ses liens
technologiques pour continuer affirmer son influence. Dautre part, les
pays dEurope occidentale, o Rosatom cherche accentuer sa prsence,
en proposant ses services pour la construction de centrales, ou en
fournissant du combustible compatible avec le design des centrales via le
projet TVS-Kvadrat.
Union europenne
La Russie coopre avec Euratom et de nombreux pays de lUnion
Europennes. Leurs relations conomiques sont nanmoins marques
depuis lt 2014 par le rgime de sanctions et contre-sanctions mises en
place en consquence de lannexion de la Crime.
S. Kirienko affirme cependant que le nuclaire nest lobjet daucune
sanction et que celles-ci ninfluaient pas sur les contrats lexport de
Rosatom, notamment pour les projets de construction des centrales de
Hanhikivi et Paks. En revanche, les interdictions reposant sur certaines
banques russes tout comme les difficults conomiques rencontres par la
Russie limitent ses capacits de financement. Rosatom a galement
manifest des inquitudes concernant la possibilit que les Etats de
lUnion Europenne limitent les commandes de combustibles russes afin
de diminuer leur dpendance nergtique lgard de la Russie.
Allemagne
Sur un plan gnral, la Russie et lAllemagne ont une longue histoire de
coopration scientifique. Dans le domaine nuclaire, la position allemande
oriente cette coopration vers des problmatiques spcifiques. Ainsi, NO
RAO sintresse de prs lapproche allemande de gestion des dchets
nuclaires et notamment concernant leur stockage dfinitif. De plus,
Atomstroexport, a rachet lallemand Nukem Technologies la fin de en
2009. Cette entreprise, spcialise dans le dmantlement des sites
nuclaires et la gestion des dchets nuclaires, avait dj travaill sur les
centrales de fourniture russe, en particulier Ignalina et Tchernobyl.
217
La Russie et lAllemagne ont galement sign un nouvel accord
intergouvernemental pour la coopration dans le domaine des racteurs
de recherche fin 2014.
La Russie a galement souhait fournir de llectricit lAllemagne via sa
centrale de Kaliningrad, mais ce projet est pour linstant gel.
Bulgarie
Le parc nuclaire bulgare actuel est de design sovitique. Cela fait de
Rosatom et des industriels russes des acteurs privilgis pour obtenir les
contrats de maintenance et de fourniture dquipements. Ainsi, en octobre
2014, un consortium incluant RosEnergoAtom, Rusatom Overseas et EDF a
sign un contrat pour le prolongement de la dure de vie de la 5 me
tranche de la centrale de Kozlodou.
De mme, TVEL livrait jusqu prsent la totalit du combustible nuclaire
utilis dans les centrales bulgares. La Bulgarie a nanmoins sign
rcemment un contrat dapprovisionnement auprs de Westinghouse.
Un accord de 2002 prvoit le retour en Russie du combustible us, afin
quil soit retrait, principalement sur le site de Maak.
Un autre lment important rcent des relations russo-bulgares est le
projet de construction de centrale de Belene. Rosatom avait gagn un
appel doffres pour raliser ce projet qui avait connu de nombreux
problmes politiques et financiers notamment, avant dtre annul en
2012.
Finlande
La Russie va construire partir de 2018 un racteur de type VVER-1200
sur la centrale de Hanhikivi, pour une mise en opration commerciale en
2024. Il sagit actuellement de lun des principaux projets de Rosatom.
Bien quil ait essuy des critiques au parlement finlandais, les autorits
ont insist sur le fait que les tensions entre lUnion Europenne et la
Russie navait pas dinfluence sur ce projet.
Plusieurs accords intergouvernementaux ont t signs afin de le raliser,
notamment afin de tenir compte des diffrences de conventions de
responsabilit civile, et les principaux contrats ont t signs en janvier
218
2015. En juin 2015, la licence de construction a t soumise
Fennovoima Oy, en charge du projet.
par
Indpendamment de ce projet, dautres sujets de cooprations animent les
relations entre la Russie et la Finlande. Un accord intergouvernemental a
t sign en fvrier 2014 sur lutilisation pacifique de lnergie nuclaire.
Bien que posant les conditions permettant la construction de la centrale
de Hanhikivi, il offre galement des perspectives de coopration plus
large. Le dernier accord bilatral entre les deux pays datait de 1996.
Ainsi, les deux tranches de la centrale de Loviisa sont de type VVER-440 et
la Russie fournit du combustible la Finlande (pour 35 millions deuros en
2013) : un nouveau contrat de livraison a t sign avec TVEL en 2014. De
mme la Russie sest dite prte cooprer avec la Finlande pour
lquipement de la troisime tranche de la centrale de Loviisa.
Italie
Llectricien italien, ENEL et son homologue russe Inter RAO UES, ont
sign, en avril 2010, un MoU sur la coopration dans le domaine de
construction de nouvelles centrales nuclaires, de maintenance de
centrales existantes, dinnovations technologiques, et de distribution de
lnergie lectrique tant en Russie que dans dautres pays de lEurope de
lest. Enel tudiera galement son ventuelle participation au projet de la
centrale nuclaire de la Baltique, situe dans lenclave de Kaliningrad.
Un accord de recherche sur la fusion nuclaire a galement t sign
entre les ministres de la recherche russes et italiens. Celui-ci a dbouch
sur la mise en place dun projet de tokamak commun, Ignitor, dont la
puissance devrait atteindre 100 MW environ.
Norvge
La Russie et la Norvge tudient conjointement la situation radiologique
en mer de Barents. 15 experts russes et norvgiens observent les
radiations mises par les sous-marins couls dans la rgion. Par ailleurs,
en 2014, SevRaO (filiale de RosRaO) a sign avec la Norvge quatre
contrats pour un total de 104 millions de roubles afin de construire un abri
sur la zone de stockage des dchets radioactifs Andreeva bay.
219
Pologne
La Russie et la Pologne ont sign, en septembre 2009, un accord pour
l'envoi en Russie du combustible nuclaire us issu du racteur de
recherche polonais Maria.
De plus, un accord russo-amricain de 2013 prvoyait le renvoi des
combustibles russes de racteurs de recherche uranium hautement
enrichi vers la Russie, afin dtre convertis en racteur uranium
faiblement enrichi. Ce programme sest termin en septembre 2014 avec
le dernier rapatriement de combustible us du racteur de recherche
polonais.
Par ailleurs, les Russes souhaiteraient que des investisseurs polonais
participent au financement de la centrale en projet Kaliningrad. Ils ont
galement offert leurs services pour la construction de centrales en
Pologne, mais S. Kirienko a affirm plus tard que Rosatom ne se battra
pas pour participer lappel doffre polonais .
Royaume-Uni
La Russie considre le march des racteurs nuclaires au Royaume-Uni
prometteur, puisquun grand nombre de centrales doivent tre arrts
moyen terme.
Ainsi, en septembre 2013, un MoU entre ROSATOM et le Ministre de
lEnergie et du Climat britannique et un accord de coopration entre
Rosatom et les entreprises Rolls-Royce et Fortum ont t signs. Ces
accords visent une pntration potentielle du march britannique par
lindustrie lectronuclaire russe puisquils visent tudier les modalits
de coopration dans lventualit dun partenariat sur la construction de
centrales nuclaires en Grande-Bretagne et bnficier de lexprience et
du rseau de sous-traitants de Rolls-Royce. Rosatom attend actuellement
lobtention de la licence pour la construction de VVER au Royaume-Uni,
prvue pour 2017.
Slovaquie
La Slovaquie, en tant que pays de lex-bloc sovitique, a des liens
technologiques avec la Russie dans le domaine nuclaire : les quatre
racteurs actuellement en activit sont de design sovitique. Ainsi, la
220
Russie livre la totalit du combustible la Slovaquie et celle-ci a sign un
nouveau contrat avec TVEL en 2014.
De plus, la Slovaquie construit deux tranches au sein de la centrale de
Mochovce. Ces racteurs sont de type VVER-440 et Atomstroyexport
participe au consortium de fournitures dquipements.
Afin de maintenir ses liens avec la Slovaquie, Rosatom y a ouvert en 2012
un bureau, le 4me de son rseau marketing mondial, avec lambition
daccompagner la participation russe aux projets Mohovce 3 et 4 et les
potentiels fournitures russes pour la construction de Bohunice 5.
Rpublique Tchque
La totalit du parc nuclaire tchque est de technologie russe induisant
une proximit entre les deux industries nuclaires.
Ainsi, depuis 2004, la socit tchque tchque Skoda JS, qui a produit un
nombre important de cuves de racteurs fait partie dOMZ.
La Russie avait particip lappel doffre pour les la construction des
tranches 3 et 4 de la centrale de Temelin au travers du consortium
MIR1200, dveloppant pour cette occasion une variante du racteur AES
2006 plus adapt au march occidentale. En dpit de lannulation de
lappel doffre, la Russie souhaite continuer participer la stratgie de
dveloppement de lnergie nuclaire en Rpublique Tchque.
De plus, la majeure partie du combustible utilis dans les racteurs
tchques provient de Russie et un nouveau contrat de livraison de
combustible pour les racteurs de recherche tchque a t sign en 2014.
Sude
Cest au sein de la centrale de Ringhals que sont tests les premiers
combustibles TVS-K, qui doivent permettre la Russie dinvestir le march
du combustible pour centrales de design occidental.
Hongrie
La seule centrale nuclaire hongroise, Paks, est de design russe (4 VVER
440). Le gouvernement a souhait en augmenter la puissance en
construisant deux nouvelles tranches et la Russie a t choisie pour
raliser ce projet, sans avoir passer par un appel doffre.
221
Dbut 2014, la Hongrie et la Russie ont sign un accord
intergouvernemental de coopration dans le domaine du nuclaire
civil. Celui-ci prvoit la construction de deux tranches AES 2006 sur la
centrale de Paks ainsi que la livraison de combustible et la fourniture
de services par la Russie. Aprs 10 ans, le choix du fournisseur de
combustible pourra tre soumis appel doffre. La construction devrait
dbuter ds 2015 pour une livraison de la premire tranche prvue en
2023 et de la seconde en 2025.
De plus, ce projet sera financ 80% par un prt russe dune hauteur
de 10 milliards deuros. Il schelonnera entre 2014 et 2025 sur des taux
allant de 3,95% 4,95% par an.
Trois contrats ont t signs en dcembre 2014, pour la construction,
lexploitation et la livraison du combustible. NIAEP-ASE a galement
ouvert une branche en Hongrie afin de mettre en uvre la ralisation de
ce projet, et fournir des services quand la centrale aura dmarre.
Reprenant les dispositions de laccord de janvier et
construction des nouvelles tranches sur la centrale de
Hongrie ont galement sign un MoU en 2015
coopration dans le domaine de la formation du
domaine nuclaire.
en relation avec
Paks, la Russie et
afin dtendre
personnel dans
la
la
la
le
Par ailleurs, les autorits de sret hongroise cooprent avec
Rostekhnadzor. Un nouvel accord a t sign entre les deux entits en
dcembre 2014, actualisant le dernier datant de 2001. Cet accord tient
compte des changements administratifs dans les deux pays et des leons
enseignes par Fukushima. Les parties coopreront pour le
dveloppement du cadre lgal dobtention de licence et la supervision de
la sret. De nouveaux domaines seront ouverts la coopration :
dveloppement des indicateurs de sret des centrales, prparation et
rponse aux cas durgence et formation au sein des autorits de sret.
La totalit du combustible utilis dans les centrales hongroises est fourni
par TVEL et un nouveau contrat a t sign en 2014.
222
VII.7 RELATION AVEC LES PAYS DAMRIQUE
Argentine
LArgentine et la Russie approfondissent leur coopration nuclaire depuis
quelques annes, notamment sur les possibilits de construction de
centrales en Argentine.
Un premier MoU sur la construction de centrale et la localisation de la
production du combustible sign en 2010 avait initi la mise en uvre la
stratgie dimplmentation russe en Argentine. Depuis, Rosatom a sign
un MoU avec lUniversit de Buenos Aires pour tudier la possibilit
dinstaurer des programmes de formations dans le domaine nuclaire.
Deux nouveaux accords de coopration en juillet 2014 et avril 2015 ont
tabli le cadre pour un projet de construction de centrale AES-2006 en
Argentine. Il envisage des cooprations russo-argentine dans des pays
tiers en Amrique du Sud et en Afrique.
Un autre accord sign par TVEL concerne la mise en place de coopration
et dinitiatives conjointes dans les domaines de la livraison de combustible
uranium faiblement enrichi pour les racteurs de recherche et de
puissance et de la recherche notamment.
Un accord entre Rusatom Overseas et Corporacion Amrica tablit les
intentions de chaque pays de cooprer dans diffrents domaines dont la
construction de centrale, la mdecine nuclaire, les technologies de
rayonnements et la promotion des centrales flottantes de cognration en
Argentine.
Bolivie
En janvier 2014, la Bolivie a dcid de lancer son programme nuclaire, en
le dotant de 2 milliards deuros jusquen 2025. Celui-ci comprend
notamment le dveloppement de technologies de mdecine nuclaire,
lutilisation des technologies de rayonnement pour lindustrie et
lagriculture et la construction dun racteur de recherche avant 2020.
La Russie sest propos de faire bnficier la Bolivie son exprience dans
ce domaine, notamment en participant la ralisation des infrastructures
ncessaires. Cest dans cette perspective que les deux pays devraient
signer avant la fin 2015 un accord de coopration.
223
Brsil
Rosatom considre que de nombreuses cooprations dans le domaine
nuclaire sont possibles avec le Brsil : construction de centrales,
mdecine nuclaire, recherche, racteurs de petite et moyenne
puissances, participation des industriels brsiliens la chane
dapprovisionnement de Rosatom pour ses projets internationaux etc.
Plusieurs accords ont t signs en 2014 :
Rusatom Overseas a sign avec lUniversit brsilienne de Rio de
Janeiro un accord de coopration pour des projets scientifiques et
industriels.
Rusatom Overseas et Camargo Corra ont sign un protocole
daccord sur la coopration pour la construction au Brsil dune
installation dentreposage de combustible, et d'une centrale
nuclaire au Brsil. Le document prvoit galement le
dveloppement de la coopration bilatrale dans le domaine de
l'nergie nuclaire, en particulier dans la centrale nuclaire
brsilienne dAngra et pour la construction de nouvelles centrales
nuclaires.
Un accord pour la construction de deux units de centrale nuclaire
ainsi que pour lquipement dun site dentreposage de combustible
nuclaire.
Un contrat pour la livraison de lisotope Mo-99 par la Russie a galement
t sign en 2015 avec la Commission nationale pour lnergie atomique
du Brsil. Il sagit de lun des plus gros contrats de livraison de Mo-99
sign par les Russes, avec un volume hebdomadaire de 120 450 curies
selon les besoin du client. Ce contrat pourrait tre allong, ou suivi par
dautres contrats de vente disotope.
Enfin, Rosatom a ouvert sa filiale ROSATOM Amrica Latina Rio de
Janeiro en juillet 2015.
Etats-Unis
224
Les relations entre la Russie et les USA sont domines par le contexte
politique, en particulier par le nuclaire de dfense et la problmatique de
la prolifration.
Les deux pays ont dclar quils taient daccord pour travailler ensemble
au respect de larticle VI du trait de non prolifration des armes
nuclaires et quils rduiraient leurs arsenaux. Ceci sest concrtis par la
signature en avril 2010 Prague du nouveau Trait longtemps attendu sur
la rduction des armements stratgiques offensifs. Le nouveau document
remplace le trait START-1 qui avait t sign entre l'URSS et les EtatsUnis en 1991.
Un accord sur la coopration dans le domaine du nuclaire civil sign plus
tt (accord 123) a t approuv par le congrs amricain au mois de
dcembre 2010. Il doit permettre de raliser des changes dans le
domaine des technologies et de matires nuclaires, de crer des
entreprises mixtes dans la domaine du nuclaire civil et de cooprer plus
troitement dans le cadre du trait de non-prolifration des armes
nuclaires. Cet accord a t largi par un autre accord en 2013, qui
pourrait permettre la participation des Etats-Unis au MBIR et laccs
BOR-60 pour des irradiations.
La fourniture de services denrichissement est lun des principaux sujets
de coopration entre les deux pays. Le programme de transformation de
HEU russe dorigine militaire en LEU pour centrales amricaines Megatons
to Megawatt, achev en 2013, a marqu les relations russo-amricaines
pendant les dernires dcennies. Depuis, la Russie reste lun des
principaux fournisseurs des Etats-Unis : un contrat de 2,8 milliards de
dollars a t sign pour la fourniture jusquen 2022 et elle lui a vendu 3,1
millions dUTS en 2014 (contre plus de 5 millions lpoque du
programme Megatons to Megawatts). Les deux pays continuent de
cooprer sur la question du retour du combustible hautement enrichi des
racteurs de recherche.
Dune manire gnrale, la Russie cherche maintenir et agrandir sa
prsence sur le march amricain. En 2014, les contrats signs entre
Rosatom et les entreprises amricaines du domaine nuclaire avoisinaient
les 11,5 milliards de dollars et S. Kirienko considre que la livraison de
combustibles nuclaires est la prochaine tape de la coopration russoamricaine.
Nanmoins, les relations entre la Russie et les Etats-Unis sont
actuellement marques par la crise ukrainienne et le rgime de sanctions
lgard de la Russie. Les Etats-Unis ont ainsi suspendu en 2014 une srie
de runions techniques et scientifiques, notamment concernant la sret
225
des sites dentreposages de dchets nuclaires en Russie. Les dpenses
du programme International Material Protection and Cooperation ont t
rduites de 27 %. Fin 2014, la Russie se dclarait prte cooprer avec les
Etats-Unis sur de nouveaux sujets. Les Etats-Unis considrent quune
coopration est possible sur des projets concrets, en particulier concernant
la sret nuclaire.
Entre 2013 et 2015, la Russie a galement sign des mmorandums de
coopration dans le domaine de la mdecine nuclaire avec Cuba, Isral,
un mmorandum de coopration dans le domaine de lutilisation de
lnergie atomique des fin pacifiques avec le Sri Lanka et un accord
cadre intergouvernemental avec le Mexique et le Ghana.
La figure 7.1 rsume les relations commerciales entre Rosatom et ses
partenaires trangers.
226
Figure 7.1 : Relations commerciales entre Rosatom et ses partenaires trangers fin 2014
227
X.9 LE
PARC NUCLAIRE DE DESIGNS SOVIETIQUE ET RUSSE A LETRANGER
X.9.1 Actuel
Les centrales de designs russes sont prsentes dans de nombreux pays. La
quasi-totalit dentre elles ont t construites du temps de lURSS dans
des pays du bloc sovitique. Nanmoins, les premires centrales
construites ltranger issues de la politique dexport de Rosatom sont
apparues la fin des annes 2000 et au dbut des annes 2010 en Chine,
Inde et Iran. Les tableaux 7.1 et 7.2 listent les centrales ayant t
construites ltranger en 2015.
Nom
Pays
Type
Metsamor-2
Kozlodouy-5
Kozlodouy-6
Armnie
VVER-440/V-230
VVER-1000/V-320
VVER-1000/V-320
AES-91 (VVER1000/V-428)
Bulgarie
Tianwan-1
Chine
Tianwan-2
Loviisa-1
Loviisa-2
Finlande
Kudankulam-1
Inde
Bouchehr-1
Paks-1
Paks-2
Paks-3
Paks-4
Bohunice-3
Bohunice-4
Mochovce-1
Mochovce 2
Dukovany-1
Dukovany-2
Dukovany-3
Dukovany-4
Tmelin-1
Tmelin-2
Khmlnitski -1
Khmlnitski -2
Rovno-1
Iran
Hongrie
Slovaquie
Rpubliqu
e Tchque
Ukraine
228
AES-91 (VVER1000/V-428)
VVER-440/V-213
VVER-440/V-213
AES-92 (VVER1000/V-412)
VVER-1000/V-446
VVER-440/V-213
VVER-440/V-213
VVER-440/V-213
VVER-440/V-213
VVER-440/V-213
VVER-440/V-213
VVER-440/V-213
VVER-440/V-213
VVER-440/V-213
VVER-440/V-213
VVER-440/V-213
VVER-440/V-213
VVER-1000/V-320
VVER-1000/V-320
VVER-1000/V-320
VVER-1000/V-320
VVER-440/V-213
Puissance nette,
Mwe
376
953
953
990
990
488
488
917
915
470
473
473
473
472
472
436
436
412
412
427
412
560
560
950
950
381
Rovno-2
Rovno-3
Rovno-4
Sud Ukraine-1
Sud Ukraine-2
Sud Ukraine-3
Zaporoji-1
Zaporoji-2
Zaporoji-3
Zaporoji-4
Zaporoji-5
Zaporoji-6
Total
VVER-440/V-213
VVER-1000/V-320
VVER-1000/V-320
VVER-1000/V-302
VVER-1000/V-338
VVER-1000/V-320
VVER-1000/V-320
VVER-1000/V-320
VVER-1000/V-320
VVER-1000/V-320
VVER-1000/V-320
VVER-1000/V-320
38
376
950
950
950
950
950
950
950
950
950
950
950
26665
Tableau 7.1 : Centrales de design sovitique et russe ltranger en exploitation
Nom
Pays
Type
Metsamor-1
Reinsberg
Greifswald-1
Greifswald-2
Greifswald-3
Greifswald-4
Greifswald-5
Kozloduy-1
Kozloduy-2
Kozloduy-3
Kozloduy-4
Armnie
VVER-440/V-230
VVER-210
VVER-440 /V-230
VVER-440 /V-230
VVER-440 /V-230
VVER-440 /V-230
VVER-440/V-213
VVER-440/V-230
VVER-440/V-230
VVER-440/V-230+
VVER-440/V-230+
Puissance nette,
Mwe
376
70
440
440
440
440
440
408
408
408
408
BN-350
52
RBMK II-1500
RBMK II-1500
KS-150
VVER-440/V-230
VVER-440/V-230
1200
1200
110
408
408
Aktaou
Ignalina-1
Ignalina-2
Bohunice A-1
Bohunice-1
Bohunice-2
Allemagne
Bulgarie
Kazakhsta
n
Lituanie
Slovaquie
229
Date m
Tchernobyl-1
Tchernobyl-2
Tchernobyl-3
Tchernobyl-4
Total
RBMK I
RBMK I
RBMK II
RBMK II
21
Ukraine
725
925
925
925
11156
Tableau 7.2 : Centrales de design sovitique et russe ltranger arrtes
230
X.9.2 En construction et perspective de construction
En aot 2015, Rosatom construit ltranger 5 racteurs : la deuxime
tranche de Kudankulam (AES-92) en Inde, les tranches 3 et 4 de Tianwan
(AES-91) en Chine ainsi que les deux tranches dOstrovets (AES-2006) en
Bilorussie. Le tableau 7.3 liste ces projets de constructions
Par ailleurs, plusieurs projets sont particulirement avancs et leur
construction devrait bientt commencer (voir tableau 7.4).
Cest le cas de la centrale dAkkuyu en Turquie, o la Russie est le seul
pays qualifi par lappel doffre et dont la construction est encadre par un
AIG. La centrale dHanhikivi, pour laquelle les principaux contrats ont t
signs en 2015 et dont 70% du financement est assur, fait galement
partie projets les plus avancs de Rosatom. Les tranches 5 et 6 de Paks
sont galement finances 80% par la partie Russe et plusieurs contrats
importants ont t signs. Les projets de Ruppur (Bangladesh), Ninh Tuan
(Vietnam), Bouchehr (Iran) et Metsamor 3 (Armnie) sont aussi proche de
se concrtiser. En avril 2015, Rosatom dclarait avoir des contrats pour 19
centrales nuclaires dans 9 pays (les 5 en construction compris).
A cela il convient dajouter plusieurs autres projets qui ont donn lieu
divers accords et pourrait aboutir des commandes fermes pour Rosatom.
Leur ralisation reste nanmoins incertaine, Rosatom tant encore en
concurrence avec dautres compagnies, ou les pays concerns pouvant
faire voluer leur projet. A partir de 2020, Rosatom envisage de construire
4 5 racteurs par an. Les dclarations de Rosatom concernant le
portefeuille de projets lexport semblent nanmoins en tenir
partiellement compte. Ceux-ci sont recenss dans le tableau 7.5.
Nom
Puissance
Nette,
Mwe
1109
Date de
dmarrage
chantier
nov-13
Date de mise
en service
prvue
nov-18
VVER 1200/ V-491
1109
juin-14
juil-20
Chine
VVER-1000/V-428M
VVER-1000/V-428M
990
990
dc-12
sept-13
2018
2018
Inde
VVER 1000/V-412
917
juil-02
2015-2016
Pays
Type
Ostroviets-1 Belarus VVER 1200/ V-491
Ostroviets-2
Tianwan-3
Tianwan-4
Kudankulam
-2
Tableau 7.3 : Centrales de design sovitique et russe ltranger en construction en
juillet 2015
231
Nom
Metsamor-3
Ruppur-1
Ruppur-2
Hanhikivi-1
Paks-5
Paks-6
Kudankulam3
Kudankulam4
Bouchehr-2
Bouchehr-3
Rgion
Date de dmarrage
chantier
2018
2016
2016
1197
2018
1114
1114
2015
2015
VVER 1000/V-412
917
A partir de 2016
VVER 1000/V-412
917
A partir de 2016
VVER 1000/V-446
VVER 1000/V-446
AES 2006 (VVER 1200/V513)
AES 2006 (VVER 1200/V513)
AES 2006 (VVER 1200/V513)
AES 2006 (VVER 1200/V513)
915
915
A partir de 2016
A partir de 2016
1114
Fin 2015/Dbut 2016
1114
2017
1114
2018
1114
2019
VVER 1200/V-491
1197
2019
VVER 1200/V-491
1197
2020
Armnie
VVER 1000
Benglade VVER 1000 ou VVER TOI*
sh
VVER 1000 ou VVER TOI*
AES 2006 (VVER 1200/VFinlande
491)
VVER 1200
Hongrie
VVER 1200
Inde
Iran
Akkuyu-1
Akkuyu-2
Turquie
Akkuyu-3
Akkuyu-4
Ninh Thuan I1
Ninh Thuan I2
Puissance nette,
Mwe
917
917 ou 1197
917 ou 1197
Type
Vietnam
Tableau 7.4 : Centrales de design sovitique et russe ltranger dont la construction est
planifie en juillet 2015
* En juillet 2015, lemploi dun racteur VVER TOI plutt que dun VVER
1000 faisait lobjet de discussion
Nom
?
?
Tianwan-5
Tianwan-6
?
Kudankulam5
Kudankulam6
?
Bouchehr-4
Bouchehr-5
Pays
Afrique
du Sud
Argentine
Chine
Egypte
Inde
Iran
Type
Puissance Brute
(Mwe)
Jusqu' 8 AES 2006
9600
VVER 1200
AES 2006
AES 2006
4 AES 2006
1200
1200
1200
4800
VVER-1000
1000
VVER-1000
1000
?
?
?
?
?
?
232
Proposition de Rosatom da
s
MoU pour la con
Env
Accord
Accord de coopration prv
autre site qu'Haripur. Acco
possibilit de co
Dans le cadre de laccord e
et 3, extension de Bouc
?
Al Amra-1
Al Amra-2
Jordanie
4 racteurs
AES 92
AES 92
?
1060
1060
Tableau 7.5 : Centrales en perspective de construction en juillet 2015
233
cen
Accord inte
X.10 PROJETS
INTERNATIONAUX
ITER
La Russie est un pionnier dans le domaine de la fusion : cest en URSS
quont t invents au dbut des annes 1950 les premiers tokamaks (le
nom
lui-mme
provient
de
). Le premier tokamak T-1, a lui t construit sur
le site de lInstitut Kourtchatov, Moscou. Le projet ITER lui-mme est issu
dune proposition de Mikhal Gorbatchev Ronald Reagan, en 1985.
Limplication de la Russie dans ce projet est donc relle.
Cette participation se concrtise par la ralisation de plusieurs lments
primordiaux du racteur (voir figure 7.2). La Russie construira ainsi en tout
21 lments du racteur dITER. Lexcution de ces commandes mobilisera
plus de trente centres de recherche et entreprises du pays. Deux acteurs
russes sont particulirement sollicits dans ce projet : lusine mcanique
de Tchepetsk, qui fournir lessentiel des supraconducteurs russes, et
lInstitut Efremov de Saint-Ptersbourg, charg de produire des lments
du racteur dont la valeur totale atteint 54% de lapport financier de la
Russie dans ce projet. Il sagit dans les deux cas de filiale de Rosatom. En
2015, la partie russe accuse un lger retard dans ses fournitures,
nanmoins infrieur celui des autres acteurs impliqus.
Du point de vue du financement, la Russie participe hauteur de 9%
environ, comme les autres participants non europens du projet. Par
ailleurs, Rosatom affirme quen dpit de la situation politique actuelle, la
Russie assurera ses obligations internationales dans le cadre de ce projet.
En revanche, les difficults conomiques que traverse le pays on entrain
la rduction de son budget pour 2015 de 19% (en 2014, la Russie a investi
5 milliards de roubles).
234
Figure 7.2 : Equipements fournis par la Russie au projet ITER
FAIR
La Russie est engage dans le programme Facility for Antiproton and Ion
Research in Europe (FAIR). Rosatom a cr pour cette raison le Comit
technique et Scientifique pour FAIR afin dorganiser et coordonner la partie
russe dans ce projet. La participation, qui atteint 15% du volume en
termes de cots (178 millions deuros), est la deuxime aprs la
participation allemande. La Russie est responsable pour le dveloppement
et la livraison de nombreux composants essentiels et les contrats signs
par des compagnies russes dans le cadre de ce projet atteignent 65
millions deuros.
MBIR
La Russie cherche activement des partenaires internationaux pour son
projet MBIR (voir IV.4.5) qui inclus un centre de recherche international
(IRC MBIR). Pour linstant, la France les Etats-Unis et la Russie ont sign un
MoU trilatral pour ltablissement de lIRC MBIR.
ESRF
En juin 2014, la Russie est devenue lun des membres du projet ESRF
(European Synchrotron Radiation Facility) dans lequel elle participera
hauteur de 6%. Cest lInstitut Kourtchatov qui reprsentera la Russie.
235
ANNEXES
236
ANNEXE 1 : OBJECTIFS ET FINANCEMENTS DU PROGRAMME
DVELOPPEMENT DE LNERGIE NUCLAIRE ET DE SON
COMPLEXE INDUSTRIEL
Sous-Programme
1. Extension de la puissance
gnre par les centrales
nuclaires
Financemen
t
492 Mds de
roubles
entre 2012
et 2020
Rsultats esprs
- Rythme de mise en exploitation
des nouvelles centrales suprieur
1 GW par an
- 28,1 GW de puissance installe,
en tenant compte du retrait de 10,8
GW
- Introduction de 10 nouvelles
tranches nuclaires au sein de
nouvelles centrales
- Introduction de centrales de faible
puissance
- Ralisation du programme
damlioration du rendement dans
les centrales existantes
- Ralisation du plan de
modernisation des centrales
nuclaires existantes
- Dmarrage dun racteur
ltranger en 2020
3. Dveloppement de
linnovation dans le secteur du
nuclaire civil et diversification
des domaines dapplications des
technologies nuclaires
77,6 Mds de
robules
entre 2012
et 2020
- Ralisation des obligations russes
concernant la conception et la
construction dlments constitutifs
dITER
- Ralisation des obligations russes
ncessaire lentre en exploitation
du centre de recherche FAIR avant
2018
- Mise en conditions dutilisation
exprimentales de FAIR en 2019
- Sauvegarde et dveloppement de
la base scientifique dans le domaine
de la fusion nuclaire
237
- Cration dici fin 2020 de 18
technologies (savoir faires
identifis), utilise dans le cadre du
projet ITER
-Cration de 700 nouveaux emplois
dans le domaine des hautes
technologies dici find 2015
- Multiplication par 2 de la quantit
de production intellectuelles
(invention, modles utiliss, savoirs
faires, programmes informatiques)
dici fin 2015
-Conception dun nouveau type de
racteur eau pressurise,
optimis des points de vue
technique et conomique et
rpondant aux exigences modernes
en matire
4. Ralisation par Rosatom des
tches rgaliennes dans le
domaine de lnergie nuclaire
5. Mise en place des processus
technologiques, industriels et
socio-conomiques du
dveloppement prenne du
complexe militaire de la
Fdration de Russie et de la
prsence stratgique de la
Russe dans la zone Arctique
(partie non confidentielle)
PFS : dveloppement des
technologies nuclaires de
3,6 Mds de
roubles
entre 2012
et 2020
131 Mds de
roubles
entre 2012
et 2020
-Obtention dun effet de
multiplicateur socioconomique par
la rduction des pertes dans les
processsus productifs, lacclration
du dveloppement conomiques
des secteurs de hautes
technologiques, et le renforcement
de la position de la Russie dans les
domaines scientifiques de
lconomie mondiale
-Ralisation par Rosatom des tches
rgaliennes dans le domaine de
lnergie nuclaire
- Maintien de la sret des navires
de la flotte nuclaire, et notamment
des brises-glaces nuclaires
- Mise en en service de trois brisesglaces de nouvelle gnration, dont
une tte de srie
171 Mds de
roubles
238
1re tape (2010-2014) :
nouvelles gnrations pour la
priode 2010-2015 et jusquen
2020
entre 2010
et 2020,
dont 110,1
Mds de
roubles
proviennent
du budget
fdral
- Elaboration dun projet de
dmonstrateur de complexe
associant un racteur neutron
rapides et une unit de traitement
de combustible us, de fabrication
et de recyclage de combustible
- Matrise des principales nouvelles
technologies ncessaire aux
nouveaux projets de racteur
neutrons rapides caloporteurs
sodium, plomb et plomb-bismuth
- Mise en exploitation dun
complexe de production de MOX
pour les racteurs neutrons
rapides
- Etablissement de la
documentation de travail pour la
construction du racteur neutrons
rapides polyvalent MBIR
- Conception dun dtecteur
neutronique de dtection de
lactivit des zones du racteur
- Cration dune installation de
conception des matriaux
composites dispersifs servant la
construction de racteurs
2me tape (2010-2014) :
- Construction dun dmonstrateur
de complexe associant un racteur
neutron rapides caloporteur
plomb-bismuth, une unit de
traitement de combustible us, de
fabrication et de recyclage de
combustible, et le racteur de
recherche neutrons rapides
polyvalent MBIR
- Mise en place dun banc
dexprimentation physique de
grande envergure
-Cration dun complexe de
239
recherche radiochimique
multifonctionnel pour les futures
technologies de la fermeture du
cycle du combustible
- Modlisation des installations et
des bancs dessais pour la
recherche dans le domaine de la
fusion nuclaire
- Achvement de la construction du
complexe Bakal pour la
recherche dans le domaine de la
fusion inertielle, vrification des
codes en labsence dinstallations
dessais
-Etude dune maquette de
conversion nergtique optique et
nuclaire, des modles
exprimentaux photovoltaques de
la source dnergie lectrique
plasma-particule, de linstallation
des quipement dintrospection du
systme dtecteur de collectes de
donnes trs haute vitesse
-Augmentation de la production
dans la branche concerne de 1,34
% en 2020
- Obtention dun coefficient
defficacit budgtaire de 0,92
- Plus haut niveau de sret
nuclaire et radiologique grce la
sret naturelle des racteurs
neutrons rapide et lutilisation de
technologies de suivi de la
diminution des volumes de
stockages du combustible us et
des dchets radioactifs. Obtention
grace au cycle du combustible
ferm et la bonne utilisation de
luranium naturel des
caractristiques cologiaques
acceptables pour la socit et
lconomie
240
ANNEXE 2 : CONTENU
DU
PFS DVELOPPEMENT
DES
TECHNOLOGIES NUCLAIRES DE NOUVELLES GNRATIONS POUR
2010-2015
JUSQUEN 2020
LA PRIODE
ET
1) Contexte
Le Programme Fdral Sectoriel (PFS) sur le dveloppement des
technologies nuclaires de nouvelles gnrations pour la priode 20102015 et jusquen 2020 a t valid le 23 juillet 2009, par ordonnance du
Premier Ministre V. Poutine.
Ce PFS explicite et formalise la stratgie de dveloppement des systmes
racteurs et cycle de 4me gnration en Russie. Le montant financier
prvu pour ce programme est de 128 milliards de roubles pour la priode
2010 2015 et terme 2020, dont 110 milliards de roubles issus du
budget fdral (51 milliards de Ru pour la R&D, 59 milliards de roubles
pour les investissements) et 18 milliards de roubles de sources
extrabudgtaires.
La ligne directrice peut tre globalement rsume ainsi : le
dveloppement des racteurs neutrons rapides associ la fermeture du
cycle du combustible doit permettre de relever les dfis auxquels fait face
l'nergie nuclaire en Russie.
2) Les problmes identifis
Ce programme nonce les principaux problmes
lectronuclaire russe quil doit rsoudre, et notamment :
du
secteur
les quantits importantes, et en augmentation, de combustible us et de
dchets radioactifs,
lutilisation non efficace des rserves duranium naturel,
241
le risque de dgradation de la primaut scientifique russe dans le secteur
lectronuclaire et/ou d'une moindre comptitivit des produits russes du
secteur lectronuclaire sur le march mondial.
3) Objectifs
Pour rsoudre ces problmes, le PFS a pour objectif de concentrer les
efforts afin de crer une nouvelle plateforme technologique, bases sur :
le dveloppement des racteurs neutrons rapides mtal liquide plomb
(BREST), plomb-bismuth (SVBR) et sodium (BN),
le cycle ferm du combustible associ: traitement des combustibles uss
(par des procds non-aqueux, utilisant notamment la pyrochimie) et
fabrication de combustible (MOX) pour le recyclage.
La premire tape du PFS, de 2010 2014, prvoit notamment :
Les dveloppements des concepts de racteurs neutrons rapides
refroidis au plomb, plomb-bismuth et sodium,
La construction et le dmarrage des units de fabrication de combustible
MOX destin aux racteurs rapides en 2013,
D'tablir le dossier technique, en vue de sa construction, dun racteur de
recherche neutrons rapides multifonctionnel, appel MBIR.
Au cours de la deuxime tape du PFS, de 2015 2020, il est notamment
prvu :
La construction des prototypes des diffrents projets de racteurs
neutrons rapides (BREST, SVBR et BN),
Le dveloppement puis la construction du prototype commercial dun RNR
refroidi au Sodim : BN-1200
242
La ralisation du racteur de recherche polyvalent neutrons rapides
MBIR (qui remplacera les racteurs de recherche existants dont la dure
de vie expire),
La mise en service dun ensemble modernis de grandes maquettes
critiques de physique des racteurs,
La construction et la mise en service dun complexe industriel de
fabrication de combustible compact pour des racteurs neutrons rapides,
Lachvement de la construction dun complexe prototype pyrochimique
pour y tester les procds du cycle de combustible ferm,
La construction dune centrale flottante quipe dun racteur SVBR-100,
La modernisation des installations de recherche dans le domaine de la
fusion thermonuclaire contrle.
4) Rsultats attendus :
Le dveloppement acclr (ds 2030) de lnergie nuclaire sre,
comptitive et illimite en ressources jusqu 300 GWe et plus.
Lexportation largie des installations nuclaires neutrons thermiques et
rapides de nouvelle gnration assortie dune offre de services lis aux
combustibles nuclaires.
La ralisation des initiatives politiques russes dans le domaine de
llaboration des technologies nuclaires visant assurer un
dveloppement durable de lnergie nuclaire dans le monde bas sur un
rseau international des banques de combustible.
Laffirmation du leadership mondial russe dans le domaine du
dveloppement des technologies innovantes du XXI sicle.
Sept indicateurs quantitatifs ont t dtermins afin de dfinir les rsultats
attendus pour ce PFS. Le tableau ci-dessous les rassemble, ainsi que leur
valeur espre pour chaque anne que couvre le PFS :
Indicateurs dvaluation
201
0
201
1
201
2
201
3
201
4
201
5
201
6
201
7
201
8
201
9
202
0
Part des produits et services
innovants conus dans le
cadre des activits du
programme dans le volume
totale de vente de produits
et services au sein de la
branche, en %
0,4
0,6
0,8
1,1
1,5
2,5
3,1
4,2
5,6
7,6
10
243
Croissance de l'efficacit de
l'utilisation de l'uranium
naturel au sein du cycle du
combustible nuclaire, en %
Baisse du volume de
dchets radioactifs et de
combustible use stocks
rapport la puissance
lectrique fournie par les
centrales, en %
Prparation lentre en
exploitation du
dmonstrateur de complexe
compos dun racteur
neutrons rapide
caloporteur plomb, dun
module de traitement du
combustible de racteurs
neutrons rapides us, dun
module de recyclage, et au
lancement dun complexe de
fabrication de MOX pour
racteurs neutrons
rapides, en %
Nombre de technologie au
niveau ou dpassant les
standards internationaux
dveloppes (cumul)
Nombre de dpots de brevet
correspondant des
solutions techniques
nouvelles (par an pour 100
chercheurs et concepteurs)
Nombre de publications
dans des revues mondiales
dans le domaine de
l'utilisation de l'nergie
atomique (par an et pour
100 chercheurs et
concepteurs)
10,7
15,9
20,6
25,5
31,8
0,8
4,4
10,9
13,2
15,3
19,3
22,7
27,3
31,1
1,4
4,93
11,7
1
25,9
5
44,1
6
70,2
3
88,8
8
100
10
12
12
16
17
19
21
24
6,4
6,7
7,3
7,8
8,5
9,5
10
10,5
11,5
12
5,9
6,6
7,8
8,5
10
11
12
13
14
15
244
ANNEXE 3 : RALISATIONS PRATIQUES DES PFS
PFS Nouvelles technologies lectronuclaires
priode 2010 - 2015, et jusquen 2020
pour
la
Rsultats pratiques annuels de la mise en uvre du PFS (2010)
Dveloppement des racteurs neutrons rapides caloporteur plomb,
plomb-bismuth, 4 gnrations de racteur polyvalent de recherche
neutrons rapides caloporteur sodium.
Dveloppement et modernisation technique dun ensemble de bancs
critiques pour la simulation des racteurs neutrons rapides de nouvelle
gnration et de leurs cycles combustible.
Reconstruction dun ensemble dacclrateurs U-70, reconstruction et
modernisation technique dun ensemble dacclrateurs lectrostatiques.
Dveloppement de technologies de fabrication du combustible MOX pour
racteurs neutrons rapides de nouvelle gnration.
Dveloppement de technologies de fabrication du combustible dense pour
racteurs de nouvelle gnration.
Rsultats pratiques annuels de la mise en uvre du PFS (2011)
Elaboration de solutions techniques et dveloppement de projets
techniques pour les racteurs neutrons rapides avec caloporteurs plomb,
plomb-bismuth et sodium.
Achvement de ltude et mise en service dinstallations de fabrication du
combustible MOX pour racteurs neutrons rapides.
Achvement des premiers tests en racteur et aprs le sjour en racteur
du combustible dense destin aux racteurs neutrons rapides.
245
Dbut des tests des technologies et quipements de gestion des dchets
radioactifs provenant des processus de fabrication et du recyclage du
combustible dense irradi dont les tapes de stockage dfinitif des
dchets radioactifs et de recyclage des actinides mineurs.
Etude du projet dtaill de construction dun racteur de recherche
polyvalent neutrons rapides MBIR.
Dveloppement dun dtecteur de diagnostic neutronique du cur de
racteur.
Rsultats pratiques annuels de la mise en uvre du PFS (2012)
Dveloppement des racteurs neutrons rapides caloporteurs plomb,
plomb-bismuth, et sodium, et des technologies associes.
Dveloppement des systmes de codes intgrs de nouvelle gnration
pour lanalyse et la dmonstration de la sret des centrales nuclaires
bases sur ces technologies, ainsi que de lensemble des installations
impliqus dans le cycle du combustible
Dbut de la mise en uvre du racteur du recherche neutrons rapides
polyvalent MBIR
Dbut de la rnovation du racteur neutron rapide de 60 MW, et du
complexe de bancs dessais pour modliser les racteurs neutrons
rapides et leur cycle de combustible
Rsultats pratiques annuels de la mise en uvre du PFS (2013)
Dveloppement de technologies innovantes pour les diffrents types de
racteurs
Mise en uvre du racteur du recherche neutrons rapides polyvalent
MBIR
246
Continuation de la rnovation du racteur neutron rapide de 60, et du
complexe de bancs dessais pour modliser les racteurs neutrons
rapides et leur cycle de combustible
Rsultats pratiques annuels de la mise en uvre du PFS (2014)
Dveloppement de technologies innovantes pour les diffrents types de
racteurs
Continuation de la mise en uvre du racteur du recherche neutrons
rapides polyvalent MBIR
Continuation de la rnovation du racteur neutron rapide de 60 MW, et
du complexe de bancs dessais pour modliser les racteurs neutrons
rapides et leur cycle de combustible
247
PFS Garantie de la sret nuclaire et radiologique pour la
priode 2008-2015
Travaux engags en 2008 :
Combinat minier et chimique de Jeleznogorsk : cration dun lieu de
stockage des dchets radioactifs long terme, comprenant notamment
une installation de stockage sec
Radons : Construction, rnovation
traitement des dchets radioactifs
Dveloppement des technologies et des installations de traitement des
dchets radioactifs et du combustible us, et notamment dun
dmonstrateur de centre de traitement des dchets radioactifs bas sur
de nouvelles technologies.
Dmantlement et assainissement dinstallations prsentant un danger
radiologique
Assainissement de territoires et installations contamins
Rcupration de lnergie rsiduelle des installations radioactives et des
sources ionisantes (utilisation de gnrateurs thermolectrique radioisotopes)
Mise en place dun systme gouvernemental de contrle de la sret
nuclaire et radiologique dans les conditions normales et exceptionnelles
dexploitation.
Augmentation de la sret radiologique du personnel, de la population et
de lenvironnement
et
extension
des
capacits
Rsultats pratiques annuels de la mise en oeuvre du PFS (2009)
248
de
Usine Mayak : cration de la premire partie du rseau dgouts avec
drivation des eaux traites dans le canal de la rive gauche
Atomflot : modernisation du systme de contrle radiologique
Centre des travaux de sauvetage et techniques sous-marins EPRON :
construction des btiments de conception et de production, achvement
du chantier de la zone de stationnement et dentreposage de matriels
Loutch : Achvement des travaux de modernisation du systme gnral de
3
contrle daccs (volume des locaux accs contrl 2 200 m ).
Rsultats pratiques annuels de la mise en uvre du PFS (2010)
Assainissement de 14 000
m2
Dmantlement
dangereuses.
installations
Mise en stockage longue dure de 235 tonnes de combustible nuclaire
us.
Combinat minier et chimique de Jeleznogorsk : travaux de construction
dun site de stockage sec du combustible nuclaire irradi de racteurs
RBMK-1000 et VVER-1000 (KhOT-2) dans lentreprise
Combinat minier et chimique de Jeleznogorsk : rnovation du site de
stockage par voie humide du combustible nuclaire irradi de racteurs
VVER-1000 lusine R-2 (btiment 1)
Usine Mayak : Cration dune installation de cmentation de dchets
fluides et htrognes moyennement actifs
de
de territoires contamins.
249
nuclaires
et
radiologiques
Rsultats pratiques annuels de la mise en uvre du PFS (2011)
Mise en service dune zone de stockage du combustible nuclaire us
dune capacit de 17 000 tonnes.
Mise en service dune zone de stockage de dchets radioactifs dune
3
capacit de 12 000 m
Assainissement de 200 000
Stockage longue dure de 794 tonnes de combustible nuclaire us.
Dmantlement
dangereuses.
Combinat minier et chimique de Jeleznogorsk : travaux de prospection
aprs la rnovation du site de stockage par voie humide du combustible
nuclaire irradi de racteurs VVER-1000 lusine R-2 (btiment 1)
Usine Mayak : cration dune installation de cmentation de dchets
fluides et htrognes moyennement actifs
Usine Mayak : construction dune installation de traitement des eaux
uses provenant du rseau dgouts spcifique, et des eaux contenant des
dchets moyennement actifs
Institut Kourtchatov : Dmantlement des racteurs de recherche MR, RTF
et du complexe Usine gaz . Taux davancement des travaux 20%.
de
10
de territoires contamins
installations
nuclaires
et
radiologiques
Rsultats pratiques annuels de la mise en uvre du PFS (2012)
Mise en service dune zone de stockage du combustible nuclaire us
dune capacit de 17 000 tonnes.
250
Mise en service dune zone de stockage de dchets radioactifs dune
3
capacit de 12 000 m
Assainissement de 200 000
m3
Dmantlement
dangereuses.
installations
Stockage longue dure de 900 tonnes de combustible nuclaire us.
de
10
de territoires contamins
nuclaires
et
radiologiques
Rsultats pratiques annuels de la mise en uvre du PFS (2013)
Mise en service dune zone de stockage du combustible nuclaire us
dune capacit de 33 000 tonnes.
Assainissement de 170 000
m2
Dmantlement
dangereuses.
installations
de
10
de territoires contamins
nuclaires
et
radiologiques
Rsultats pratiques annuels de la mise en uvre du PFS (2014)
Assainissement de 750 000
m2
Dmantlement
dangereuses.
installations
de
10
de territoires contamins
251
nuclaires
et
radiologiques
252
ANNEXE 4 : CARACTRISTIQUES TECHNIQUES DES
PRINCIPAUX COMBUSTIBLES RUSSES
Combustibles RBMK
Annes
dutilisation
2001
2009
2010
2012
2014
Type
dassemblag
e
TVS
TVS-F
TVS-P
TVS-FC
TVS-FCP
Absorbeur
U-Er
(0,6%)
U-Er
(0,6%)
U-Er
profil
(3,2%0,7%,
2,5%0,3%)
U-Er
(0,6%)
U-Er
(3,2%0,7%,
2,5%0,3%)
Enrichissem
ent moyen,
%
2,8%
2,8%
3,0%
2,8%
3,0%
Taux de
combustion
(MW.j/kgU)
30
30
34,2
30
34,2
Cycle
combustible,
an
10
10
Consommati
on
dassemblag
es par an
276,2
241,8
253
Combustibles VVER-440
Caractristiques
2me gnration
(2010)
2me gnration
+ (2012)
3me gnration
Enrichissement
moyen
4,87%
4,76%
4,87%
Dimensions pastilles
(mm)
7,6/1,2
7,8/0
7,8/0
Taux de combustion
(MWj/kgU)
65
65
65
Type de faisceau de
crayons combustible
Profil, U-Gd
Profil, U-Gd
Assemblages par lot
66
60
60
Cycle
5 ans
6 ans
6 ans (7)
Puissance
1471 MWt (107%
de la puissance
nominale)
1485 MWt (108%)
1471 MWt (107%)
254
Combustibles VVER-1000
Annes
dutilisation
Aprs 1998
Aprs 2003
Aprs 2006
Aprs 2006/
Aprs 2011
Aprs 2010
Type
dassemblage
TVSA
TVS-2
TVSAALFA
TVS2M/TVSAPLUS
TVSA-12
Absorbeur
U-Gd
U-Gd
U-Gd
U-Gd
U-Gd
Enrichissement Jusqu 4,4% 4,26%
4,83%
4,88%
4,83%
Nombre
dassemblage
par lot
42
54
36
60-66
36
Dimensions
pastilles (mm)
7,57/1,4
7,57/1,4
7,8/0,0
7,6/1,2
7,8/0
Taux de
combustion
(MW.j/kgU)
55
55
65
65
65
Cycle
combustible
4x(310-320)
3x(350-370)
5x(310-320)
4x(480-510)
5x(310-320)
0,210
0,187
0,230
0,187
Consommation 0,199
dUranium
kg/MW.j
Caractristiques
TVSA PLUS
Largeur (mm)
235,1
255
Hauteur (mm)
4570,0
Hauteur du combustible froid (mm)
3680,0
Masse nominale (kg)
750,0
Masse
UO2
UO
ou
)
527,0
Quantit daiguilles
312
Espace entre les aiguilles
12,75
Aiguilles
-Longueur de laiguille (mm)
3988,0
-Diamtre extrieur de la gaine (mm)
1) Gaine traite chimiquement
9,10,05
2) Gaine polie mcaniquement
9,10,04
-Diamtre intrieur de la gaine (mm)
7,73
-Matriaux de la gaine et du bouchon
Zircaloy E110
Pastilles du combustible
UO
-Matriaux
-Diamtre extrieur de la gaine (mm)
-Diamtre de louverture centrale de la pastille
7,60
-Longueur de la pastille (mm)
1,2
-Densit (g/
cm
9-12
10,4-10,7
256
Canal directeur
-Quantit
18
-Matriaux
Zircaloy E635
-Diamtre extrieur (mm)
12,9
-Diamtre intrieur (mm)
10,9
Tube central
-Quantit
-Matriaux
Zircaloy E635
-Diamtre extrieur (mm)
13,0
-Diamtre intrieur (mm)
11,0
Grille despacement
-Quantit
15
-Type
Cellulaire
-Matriau
Zircaloy E110
-Hauteur des cellules (mm)
20,0
-Epaisseur des cellules (mm)
0,25
-Hauteur de la jante (mm)
30,0
Grille antivibratoire
-Type
Acier cellulaire
-Matriau
06X18H10T
-Hauteur (mm)
15
-Epaisseur des cellules (mm)
0,3
Filtre antidbris
257
-Matriaux
Acier 08X18H10T
Embouts suprieur et infrieur
-Matriau
Acier 08X18H10T
Ressorts
-Matriau
Alliage EI437B
-Quantit
19
258
Combustibles AES-2006/VVER-TOI
Type dassemblage
TVS AES-2006
TVS TOI
Absorbeur
U-Gd (ventuellement UEr)
U-Gd (ventuellement U-Er)
Enrichissement, %
Jusqu 4,95
Jusqu 4,95
Masse duranium, kg
534
536
Hauteur du cur, mm
3 730
3 730
Dimensions pastilles, mm
7,6/1,2
7,8/0
Quantit de crayons
combustibles par assemblage
313
313
Taux de combustion, MW.j/kgU
64
Jusqu 70
Cycle combustible
300-540 jours effectifs
Cycle quotidien
100-75-100% N
100-50-100% N
Largeur (mm)
235,1
Hauteur (mm)
4570,0
Hauteur du combustible froid (mm)
3730,0
Masse nominale (kg)
750,0
Masse
UO2
UO
ou
)
534,1
Quantit daiguilles
312
Espace entre les aiguilles
12,75
Aiguilles
-Longueur de laiguille (mm)
4015,0
-Diamtre extrieur de la gaine (mm)
259
1) Gaine traite chimiquement
9,10,05
2) Gaine polie mcaniquement
9,10,04
-Diamtre intrieur de la gaine (mm)
7,73
-Matriaux de la gaine et du bouchon
Zircaloy E110
Pastilles du combustible
UO
-Matriaux
-Diamtre extrieur de la gaine (mm)
-Diamtre de louverture centrale de la pastille
7,60
-Longueur de la pastille (mm)
1,2
-Densit (g/
cm
9-12
10,4-10,7
Canal directeur
-Quantit
18
-Matriaux
Zircaloy E635
-Diamtre extrieur (mm)
12,9
-Diamtre intrieur (mm)
11,0
Tube central
-Quantit
-Matriaux
Zircaloy E635
-Diamtre extrieur (mm)
12,9
-Diamtre intrieur (mm)
11,0
Grille despacement
-Quantit
13
260
-Type
Cellulaire
-Matriau
Zircaloy E110
-Hauteur des cellules (mm)
30,0
-Epaisseur des cellules (mm)
0,3
-Hauteur de la jante (mm)
40,0
Grille antivibratoire
Filtre antidbris
Embouts suprieur et infrieur
-Matriau
Acier 08X18H10T
Ressorts
-Matriau
Alliage EI437B
-Quantit
19
Combustibles REP occidentaux
Caractristiques TVS-K
Valeurs
Quantit de crayons combustibles (U-Gd)/GT+IT
264/24+1
Longueur de lassemblage, mm
4 065
Largeur de lassemblage,mm
214
Longueur des crayons combustibles dans le coeur, mm
3 660
Diamtre extrieur des crayons combustibles, mm
9.5
Matriaux des grilles despacement, des grilles de
mlange, de la grille anti-fretting et des gaines de
crayons combustibles (U-Gd fuel rods)
E110
Matriaux of the GT and IT
E635
Matriaux de la grille infrieure
Acier inoxydable
Taux de combsution, Taux de combustion (MW.j/kgU)
68
261
262
Combustible BN-600
Quantit dassemblage dans le coeur
369
Quantit dassemblage dans la zone de regnration
378
Type de combustible
Oxyde duranium
Puissance thermique maximale de lassemblage, MW
4,7
Cycle de vie, an
Quantit daiguilles dans lassemblage
127
Masse, kg
103
Masse duranium dans lassemblage, kg
-enrichi
28,9
-appauvri
19,8
Enrichissement, %
-Dans le coeur
17, 21, 26
-Dans les crans frontaux
<0,7
Longueur assemblage, mm
3500
Dimension
96
Combustible BN-800
Quantit dassemblage de combustibles doxyde
duranium dans le coeur
263
396
Quantit dassemblage avec du MOX pelletis dans le
coeur
66
Quantit dassemblage avec du MOX vibropacked dans le
coeur
96
Quantit dassemblage dans la zone de regnration
90
Type de combustible
Oxyde duranium et MOX
Puissance thermique maximale de lassemblage, MW
4,8
Cycle de vie, an
Quantit daiguilles dans lassemblage
127
Masse, kg
103
Masse de dioxyde duranium dans loxyde duranium
dans lassemblage, kg
-enrichi
29,1
-appauvri
27,2
Enrichissement, %
-Dans le coeur
18,5, 21, 24
-Dans les couvertures latrales
0,7
Longueur assemblage, mm
3500
Dimension cl en main , mm
96
264
Combustible KLT-40S
Caractristiques
Valeurs
Dure de vie, TWh
2.1
Puissance thermique, MW
150
Dimensions pastilles, mm
7,6/1,2
Hauteur du cur, mm
1200
Cycle combustible, anne
2.3
Enrichissement du combustible maximum, %
15.7
Masse duranium, kg
1273
Nombre dassemblage dans le coeur
121
Taux de combustion moyen, MW.j/kgU
46
265
ANNEXE 5 : CARACTRISTIQUES TECHNIQUES DES
RACTEURS RUSSES
RBMK 1000
Puissance thermique, MW
3 200
Puissance lectrique, MW
1 000
Enrichissement du combustible
2%
Masse duranium dans les
assemblages de combustible, kg
114,7
Nombre de sous assemblage dans
les assemblages de combustibles
Nombre dlments combustibles
dans les sous assemblages
18
Diamtre des lments
combustibles, mm
13,6
Taux de combustion, MWj/kg
20
Coefficient de non uniformit
radiale de la densit de puissance
1,48
Coefficient de non uniformit
verticale de la densit de puissance
1,4
Puissance maximale dans le canal
la conception, kW
3,250
266
VVER-440
VVER-440/V213
VVER-440/V-179
Novovoronej 3
et 4
VVER-440/V-230
Puissance lectrique,
MWe
417
440
440
Puissance thermique,
MWt
1,37527
1,37527
1,37527
Rendement, %
29.7
32
32
Pression du caloporteur
dans le racteur, MPa
12.260.2
12.260.2
12.260.2
Temprature moyenne
du caloporteur en entre
racteur, C
269
265270
265270
Temprature moyenne
du caloporteur en sortie
racteur, C
300
292301
293302
29.9
30.2
42,00047,500
39,00043,000
0.3140.02
0.2740.02
Caractristiques
Echauffement dans le
racteur,
Dbit de caloporteur
dans le racteur, m3/h
Diffrence de pression
dans le racteur en cas
dopration Pressure
difference on reactor
when operating on hot
Kola 1 et 2
Kola 3 et 4
28.7 (Unit 3)
28.6 (Unit 4)
42,615 (Unit 3)
42,810 (Unit 4)
0.230 (Unit 3)
0.245 (Unit 4)
267
water of four reactor
coolant pumps, MPa
Concentration dacide
borique 33 dans le
circuit primaire, g/dm3
012
012
016
Nombre dassemblages
combustibles
349
349
349
Matriaux combustible
UO2
UO2
UO2
Nombre dlments de
contrle
73
37
37
Pression de la vapeur en
entre de turbine, MPa
4,31
4,31
4,31
Dbit massique au sein
des 6 gnrateurs de
vapeurs, t/h
450
450
450
164
164
164
223
223
223
7,500
7,000
7,000
85.62
79.91
79.91
87,56 (moyenne
units 3,4, 5)
100 (moyenne
units 1,2,3,4)
100 (moyenne
units 1,2,3,4)
Temprature de leau
dalimentation:
- rchauffeurs
dconnects
- rchauffeurs connects
Dure dexploitation la
conception, jours
Facteur de charge, %:
- de conception
- obtenu en 2014
268
VVER-1000
Caractristiques
VVER-1000/V187
VVER-1000/V338
Kalinine 1 et 2
Novovoronej 5
VVER-1000/V320
Kalinine 3 et 4
Balakovo 1, 2, 3,
4
Rostov 1 et 2
Puissance lectrique, MWe
1,000
1,000
1,000
Puissance thermique, MWt
3,000+60
3,000+60
3,000+60
Rendement, %
33
33
33
Pression du caloporteur dans le
racteur, MPa
15.70.2
15.70.2
15.70.2
Temprature moyenne du
caloporteur en entre racteur,
C
290
291
2881
Temprature moyenne du
caloporteur en sortie racteur, C
320
326
328
Echauffement dans le racteur,
30.0
32.5
30.0
Dbit de caloporteur dans le
racteur, m3/h
88,900
88,000
84,800
+2,300
+2,700
+4,000
-3,200
-3,500
-4,800
269
Diffrence de pression dans le
racteur en cas dopration
Pressure difference on reactor
when operating on hot water of
four reactor coolant pumps, MPa
3.45
3.8
3.80.6
Concentration dacide borique
33 dans le circuit primaire,
g/dm3
016
016
016
Nombre dassemblages
combustibles
151
163
163
(canned FA)
(non-canned
FA)
(non-canned FA)
Matriaux combustible
UO2
UO2
UO2
Nombre dlments de contrle
109
61
61
Pression de la vapeur en entre
de turbine, kgf/cm2
6.270.19
6.270.19
6.270.19
Dbit massique au sein des 6
gnrateurs de vapeurs, t/h
1,470+103
1,470+103
1,470+103
1644
1644
1644
2205
2205
2205
6,500
6,500
6,500
Temprature de leau
dalimentation, TC:
- rchauffeurs dconnects
- rchauffeurs connects
Dure dexploitation la
conception, jours
Facteur de charge, %:
270
- de conception
74.4
74.2
74.2
- obtenu en 2014
82,42
80,85
(moyennes
unites 1 et 2)
85,1 (moyenne
unites 1,2,3,4
de Balakovo)
271
MIR-1200 et de lAES-2006
Caractristiques
AES 2006 (V-491 et
V-392M)
Puissance thermique, MWt
3200
Rendement, %
33,9%
Pression du caloporteur dans le racteur, MPa
16,2
Temprature moyenne du caloporteur en entre
racteur, C
298,2
Temprature moyenne du caloporteur en sortie
racteur, C
328,9
Echauffement dans le racteur,
30,7
Dbit de caloporteur dans le racteur, m3/h
86 000
Pressure difference on reactor when operating on hot
water of four reactor coolant pumps, MPa
Nombre dassemblages combustibles
163
UO2 et UO 2+GdO 3
Matriaux combustible
Nombre dlments de contrle
Jusqu 121
Pression de la vapeur en entre de turbine, kgf/cm 2
6,8
Dbit massique au sein des gnrateurs de vapeur, t/h
6 408
272
Temprature de leau dalimentation, TC:
227
Dure dexploitation la conception, jours
21900
Facteur de charge de conception, %:
0,92
Suret
Caractristiques de sret
MIR-1200 & AES-2006
EPR
Probabilit de fusion de cur
10-6 /racteur/an
Idem
Probabilit de sortie du corium
en-dehors de la cuve
10-7 /racteur/an
10-6 /racteur/an
273
Probabilit dvacuation de la
population habitant dans un
rayon infrieur 800 m
10-7 /racteur/an
Pas dvacuation des
populations dans un
rayon de 2 km endehors des accidents
de fusion de cur
Niveau de sisme
7 MSK
Lacclration du
sisme de calcul est
gale 0,25 g, la
valeur du sisme
dinspection est
0,05 g
Rsistance la chute dun
avion
masse 5,7 t et vitesse
360 km/h (28,5 MJ)
Masse 20 tonnes et
vitesse 774 km/h
(460 MJ)
Surpression de calcul de
lenceinte
300 mbars
100 mbars
274
BN 600
Cur et combustible
Cette tranche est compose de trois circuits : circuits primaire et
secondaire sodium, circuit tertiaire eau-vapeur. Lvacuation de la chaleur
du cur est effectue par les trois boucles indpendantes, dont chacune
se compose dune pompe primaire, de deux changeurs intermdiaires,
dune pompe secondaire et dun rservoir de dcompression durgence,
dun gnrateur de vapeur, dune turbine de condensation et dun
gnrateur.
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
Caractristiques racteur
Valeurs
Caractristiques combustible
Puissance thermique
Valeurs
1470 MW
Diamtre du coeur
Puissance lectrique brute
2,06 m
600 MW
Hauteur du coeur
Puissance lectrique nette
Racteur
Pompe primaire
Echangeur intermdiaire
Assemblages combustibles
Gnrateur de vapeur
Bche tampon
Pompe secondaire
Turbine
Gnrateur
0,75 m
560 MW
Chargement en combustible dans le coeur (UO2)
275
8,5 t
276
1. Fosse
2. Cuve
3. Pompe
dalimentatio
n principale
369
du circuit
primaire
Nombre dassemblages
Coefficient de surgnration
1,3
Enrichissement (zone de faible enrichissement ; zone de fort
enrichissement)
Taux de combustion moyen en rgime stationnaire
4. Moteur de
pompe
21; 33 %
5. Prise
rotative
10 %
6. Protection
radiologique
7. Echangeur
de chaleur
Na-Na
8. Colonne
centrale du
syst-me de
contrlecommande
9. Cur
1. Assemblages combustibles centraux faiblement enrichis
2. Assemblage combustible centraux moyennement enrichis
3. Assemblage combustible centraux hautement enrichis
4. Assemblage combustible de la couche fertile intrieure
5. Assemblages combustibles de la couche fertile extrieure
277
6. Entreposage dassemblages uss
7. Barres de pilotage
automatique
8. Barres darrt durgence
9. Barres de compensation
10. Sources de neutrons
Assemblage et crayon centraux
[Link] du crayon
combustible
[Link] duranium
appauvri
[Link] de luranium enrichi
[Link] de sparation
[Link] dassemblage
[Link] combustibles
[Link] dassemblage
Assemblage et crayon de la couche fertile
[Link] de crayon combustible
[Link]
[Link] duranium
appauvri
[Link] dassemblage
[Link] combustibles
[Link] dassemblage
Circuit
Temprature du sodium en entre de cur
377 C
Temprature du sodium en sortie de cur
550 C
278
Dbit du caloporteur primaire
2500 t/h
Temprature du sodium secondaire en entre
dchangeur Na-Na
310 C 320 C
Temprature du sodium secondaire en sortie
dchangeur Na-Na
520 C
Pression de la vapeur
13,7 MPa
Temprature de la vapeur
505 C
Production de vapeur
640 t/h
Turbine
Type de la turbine
K-210-130-3
Capacit
210 MW
Production de vapeur en rgime nominal
640 t/h
Frquence de rotation
3000 tours/min
Pression de la vapeur
13,2 MPa
Temprature de la vapeur
500 C
Gnrateur
Type
TGV-200M
Puissance
200 MW
Tension de sortie
15.75 kV
279
Excitation
thyristor
Refroidissement
Hydrogne pour le rotor, eau pour le stator
280
VVER TOI
Comparaison des coupes du btiment racteur, gauche AES2006 (VVER
1200), droite AES2010 (VVER-TOI). La disposition des GV est lun des
principaux lments de distinction entre VVER TOI et AES 2006.
Puissance thermique nominale, MW
3300
Nombre de boucles de circulation
Pression du caloporteur en sortie de racteur, MPa
16,2
Pression de la vapeur gnre en sortie des gnrateurs de vapeurs,
MPa
7,0
Temprature du caloporteur en entre de racteur,
297,2
Temprature du caloporteur en sortie de racteur,
328,8
Dbit du caloporteur dans le racteur, m3/h
87460
Nombre dassemblages de combustible dans le coeur
163
Nombre de barres de contrle
94
Temps moyen dutilisation nominal (for even and odd fuel charge)
12204
281
pour un cycle dutilisation du combustible de 18 mois (efficient),h
Taux de combustion maximum calcul dans les assemblages utilis
pendant des cycles de 18 mois, MWj/kgU
54,4
Consommation spcifique duranium pour des cycles combustible de
18 mois g U/MWj
219
Capacit de production des gnrateurs de vapeur (pour une
temprature de leau dalimentation de 225C), t/h
4165
2
Humidit produite en sortie de gnrateur de vapeur, %
< 0,2
BN-800
Puissance thermique
2110 MW
Puissance lectrique
880 MW
Rendement
38%
Temprature entre primaire
354C
Temprature sortie primaire
547C
Dbit primaire
31 920 t/h
Date de mise en service
2014
Caloporteur
Na
Temprature circuit secondaire entre GV
309C
Temprature circuit secondaire sortie GV
505C
282
Dbit secondaire
30 300 t/h
Il est prvu d'quiper le BN 800 avec une turbine de 800 MW alimente
par deux pompes. Afin de rduire le nombre de vannes d'isolement et
la longueur des tuyauteries, le gnrateur de vapeur serait install
sans avoir besoin d'tages de rchauffage.
La conception a pass les exigences environnementales et a obtenu la
licence de fonctionnement. Les performances conomiques attendues
sont comparables celles de racteurs classiques du type REP.
Caractristiques techniques principales
Puissance thermique, MW
2110
Puissance lectrique, MW
800
283
Diamtre de la cuve, m
13,4
Hauteur de la cuve, m
15,0
Nombre d'assemblages combustibles
369
Nombre d'aiguilles par assemblage
127
Diamtre des aiguilles, mm
6,6
Temprature du sodium primaire en entre de cur, C
354
Temprature du sodium primaire en sortie de cur, C
547
Dbit du sodium primaire, t/h
31 920
Dbit du sodium secondaire, t/h
30 300
Temprature du sodium secondaire en entre de GV, C
505
Temprature du sodium secondaire en sortie de GV, C
309
Temprature de la vapeur vive, C
490
Pression de la vapeur vive, MPa
13,7
Combustible
PuO2+UO2
Flux neutronique maximal, N/cm/s
0,88x1016
Campagne en puissance nominale, jours
440
284
285
Projet BREST
BREST est un concept de racteur neutrons rapides refroidi au plomb
utilisant un combustible uranium-plutonium.
Ses caractristiques gnrales sont les suivantes :
- sret radiologique fonde sur des principes physiques (sret passive)
- approvisionnement en combustible garanti sur le long terme grce une
utilisation efficace de l'uranium naturel;
- non-prolifration de l'arme nuclaire grce l'application de principes
excluant la production de plutonium de qualit militaire et grce la mise
en oeuvre sur le site mme de la centrale de la technologie du
retraitement par voie sche du combustible, sans sparation de l'uranium
et du plutonium;
- caractre cologique de la production d'nergie et limination des
dchets grce la fermeture du cycle du combustible, avec transmutation
et combustion des actinides dans le racteur, transmutation des produits
de fission longue dure de vie, limination des actinides des dchets
radioactifs, entreposage et enfouissement des dchets radioactifs;
Les tudes de conception et de dimensionnement des racteurs de 300
MW (schma 1) et 1200 MW (schma 2) ont t faites. Les points suivants
ont t raliss :
- expriences sur des assemblages critiques U-Pu-Pb pour valider les
caractristiques physiques obtenues correspondant aux paramtres
nuclaires corrigs;
- tests de corrosion sur longue priode des aciers des boucles au plomb;
- expriences sur l'interaction du Pb avec l'air et l'eau dans des conditions
extrmes et sur l'interaction entre le combustible nitride et le Pb, l'acier de
l'enveloppe et d'autres matriaux.
Caractristiques
BREST-300
BREST1200
Puissance thermique, MW
700
2800
Puissance lectrique, MW
300
1200
Rendement
43%
43%
Nombre d'assemblages dans le coeur
185
332
286
Diamtre du coeur, mm
2300
4755
Hauteur du coeur, mm
1100
1100
Diamtre d'un lment combustible, mm
9,1; 9,6;
10,4
9,1; 9,6;
10,4
Espacement des lments combustible, mm
13,6
13,6
Combustible du coeur
UN+PuN
UN+PuN
Chargement en combustible, t de (U+Pu)N
16
63,9
Charge en Pu / en (Pu239+Pu241), t
2,1/1,5
8,56/6,06
Cycle du combustible, annes
5-6
Intervalle entre rechargements, annes
Coefficient de surrgnration
~1
~1
Ractivit en puissance %K/K
0,16
0,15
Ractivit totale, %K/K
0,35
0,31
Part de neutrons retards, eff %
0,36
0,34
Temprature du caloporteur en entre primaire,C
420C
420C
Temprature du caloporteur en sortie primaire,C
540C
540C
Temp. max. de l'enveloppe des lments combustible,
C
650
650
Vitesse maximale du plomb, m/s
1,8
1,7
287
Temprature de la vapeur en entre / en sortie de GV,
C
340/520
340/520
Pression en sortie de GV, MPa
24,5
24,5
Dbit de plomb, t/s
40
158,4
Production de vapeur des GV, t/s
0,43
1,72
Rendement net de la tranche, %
43
43
Dure d'exploitation prvue, annes
30
60
Caractristiques techniques des racteurs BREST-300 et BREST-1200
1: Pompe
: Cuve
: Isolation thermique
: Systme de
commande et de
scurit
: Coeur
: Piliers de
soutnement
: Baffle
: Stockage pour
assemblages de
combustible
: Gnrateur de vapeur
10 : Puits en bton
11 : Bouchons
tournants
12 : Soupape de
scurit du mlange
vapeur
13 : Systme de
rechargement
14: Support
2
3
4
5
6
7
8
9
288
Vue gnrale du racteur BREST-300
289
290
Projet SVBR
Objectifs du SVBR-100
- dmontrer la sret et le bon
fonctionnement du procd
- matriser la fabrication industrielle
des composants
- disposer dune exprience terre
Contexte
Oleg Deripaska, reprsent par En+, et Rosatom ont cr en dcembre 2009, AKMEengineering, une entreprise commune, pour concevoir puis commercialiser les
racteurs neutrons rapides refroidis au plomb-bismuth. AKME-engineering prvoit de
dvelopper dici 2019 un racteur exprimental neutrons rapides dune puissance
de 100 MWe et refroidis au plomb-bismuth : SVBR-100. Notons que la technologie du
SVBR avait dj t utilise en Russie(URSS) bord de ses sous-marins nuclaires. Le
prototype sera dvelopp lOKB Guidropress, puis construit lIPPE dObninsk.
Cependant, le projet AKME-engineering est un vrai dfi technologique, puisque le
suces des racteurs neutrons rapides refroidis au plomb-bismuth, dj utiliss dans
quelques sous-marins sovitiques, est discutable.
291
Puissance lectrique, MWe
100
Puissance thermique fournie, Gcal/h
100
Paramtres de la vapeur saturante
-Pression, MPa
6,7
-Temprature, C
282,9
Temprature du caloporteur
- Entre
345
- Sortie
495
Rendement
36%
Facteur de charge
90%
Combustible
UO2 enrichi 16.3%, cycle de 8 ans
Autres combustibles envisageables
Masse du racteur
280
Dimensions du racteur
- Diamtre, m
- Hauteur, m
Dure dexploitation, ans
Probabilit daccident
4,5
8,2
60
1 10
292
KLT-40S (centrale flottante)
Puissance thermique
2x73 MW
Puissance lectrique
2x38 MW
Rendement
50%
Production deau douce
240 000 m3/j
Pression circuit primaire
162 bars
Temprature entre primaire
170C
Temprature sortie primaire
290C
Dimensions barge :
-Longueur
140 m
-Largeur
30 m
-Masse
21 000 t
Dure de construction dune tranche
4 ans
Priode entre 2 rechargements de cur
3 ans
Dure entre deux visites gnrales (retour
en Russie)
12 ans
Dure de vie
38 ans
Emprise de surface ctire
1,5 ha
Emprise de surface sur leau
6 ha
Nombre de personnes dexploitation
58
293
Prix
230 260 M euros
Projet MBIR
Puissance thermique, MW
Flux neutronique maximal,
150 MW
15
cm2 . s1
5, 3 10
Combustible
U-Pu O2
Caloporteur
Na
Date prvisionnelle de mise en service
2019
Site
Dimitovgrad (NIAR)
Cot estim, millions deuros
500
Dure de vie, an
50 60
Cot dexploitation, millions deuros
par an
12
Potentiel exprimental du MBIR
Type
dexprience
Nombre
Spcificits
Irradiations dans
le cur
12 positions
Matriaux et productions de radio-isotopes
Dispositifs de
type boucles
3 boucles
exprimentale
s de diffrents
caloporteurs
Boucle Na : 1 3 1015 n/cm/s 750C
Boucle Pb: 2 1015 n/cm/s 750C
294
(1 MW de
puissance)
Boucle Pb-Bi: 2 1015 n/cm/s 600C
Boucle gaz (He) : 0,4 2 1015 n/cm/s 950C
Boucle sels fondus : 2 3 1015 n/cm/s 750C
Irradiations dans
le rflecteur
56
Irradiations en
priphrie du
rflecteur
12
Radiolments
Transmutation dactinides
Matriaux
Irradiations hors
piscine
8 canaux
horizontaux
Recherche fondamentale
Production industrielle
6 canaux
tangentiels
RITM-200
295
A gauche, racteur RITM-200, droite, racteur RITM 200 avec son quipement
auxiliaire
Ce racteur est destin au brise-glace universel, deux lignes de flottaison. Selon les
membres du Conseil scientifique ce projet est trs particulier :
Lquipement du circuit primaire est hautement intgr.
Le cur, les assemblages combustibles et le gnrateur de vapeur se trouvent
lintrieur de la cuve du racteur.
La pompe primaire se trouve lextrieur de la cuve, comme dans le modle des
racteurs installs sur les navires nuclaires.
Le volume du cur a t augment, ce qui a permis de diminuer considrablement sa
puissance volumique et daccroitre sa dure de vie.
En cas dincident le personnel a plus de temps pour ragir.
Le racteur, compltement assembl, peut tre transport par les chemins de fer
russes.
Puissance thermique
175MWth
Type du gnrateur de vapeur
intgral
Taux de disponibilit de la
puissance installe
0,65
Enrichissement du combustible en
U235
<20%
296
Priodicit (cycle) de
rechargement (avec le taux de
disponibilit gal 0,65),
7 ans
Intervalle entre maintenances
20 ans
Dure de vie prvue la conception
du matriel irremplaable
40 ans
Dure de vie prvue la conception
du matriel remplaable
20 ans
Ressource prvue la conception,
du matriel irremplaable
320 milliers dheures
Ressource prvue la conception,
du matriel remplaable
160 milliers dheures
Dimensions de lenceinte
6 x 13,2x15,5 (en mtres)
(pour les deux racteurs),
Masse de linstallation sous
lenceinte
1100 tonnes
297
ANNEXE 6 : ORGANIGRAMME DE ROSATOM
298
ANNEXE 7 : ANALYSE DE LA LOI TUNNEL
Le Prsident Poutine a sign le 5 fvrier, l'issue d'un parcours
parlementaire sans faute, la loi N 13 FZ 2007 "Sur les particularits de
gestion et de l'emploi des biens immobiliers et des actions appartenant
aux entreprises dans le domaine de lutilisation de lnergie atomique, et
relative des amendements dans certains textes lgislatifs de la
Fdration de Russie" dpose le 3 novembre sur le bureau de la Douma.
1/ Les objectifs
Le texte de prsentation de cette loi accompagnant sa signature indique
qu'elle est "destine optimiser les conditions juridiques et
organisationnelles de fonctionnement du complexe atomique russe,
servir de base lgale pour sa restructuration" et que son objectif principal
299
est de rendre le complexe atomique "concurrentiel sur les marchs
internationaux et de renforcer son attractivit pour les investisseurs".
Le dispositif final vis par cette restructuration, est le regroupement dans
une "socit de base par actions", au nom provisoire "Atomprom",
appartenant 100 pourcent l'Etat, de l'ensemble des actifs des
entreprises du secteur nuclaire civil. Cette restructuration ne vise
cependant pas ce stade l'aval du cycle du combustible nuclaire (y
compris les dchets).
2/ Les principes
Dix principes de base gouvernant la politique de l'Etat dans la cration et
la gestion du complexe atomique sont noncs l'article 2. Ils peuvent
tre classs en trois catgories:
Deux principes classiques garantissent le respect de la sret et de la
scurit nuclaires, de la radioprotection, de la protection physique des
matires et des installations, ainsi que le respect des engagements
internationaux de la Russie.
Cinq principes de nature "souverainiste": obligation de rpondre aux
besoins de l'Etat (y compris le maintien de rserves stratgiques de
matires nuclaires), obligation de rester sous contrle gouvernemental,
obligation d'assurer la scurit nergtique de la Russie, de respecter des
prix rguls pour les travaux raliss pour le complexe de dfense, respect
des secrets d'Etat (NDR: quivalent de notre secret de dfense).
Trois principes de politique industrielle, pour l'amlioration de la capacit
concurrentielle du complexe atomique sur les marchs mondiaux, pour
garantir le maintien d'un ensemble unifi de production et de technologie,
et pour crer les conditions d'un fonctionnement rentable et non dficitaire
des entreprises.
Ce dernier principe a t rajout au cours des travaux parlementaires, et il
semble ncessaire pour contrebalancer le poids des principes
"souverainistes", dont la mise en oeuvre sans garde fous risquerait de
grever lourdement les finances des entreprises du secteur nuclaire civil.
3/ Le Prsident garant de l'industrie nuclaire nationale
300
A l'article 3 est affirm le rle du Prsident, garant du maintien de
l'industrie nuclaire nationale sous le contrle de l'Etat, et du maintien du
complexe nuclaire de dfense au sein mme de l'Etat. C'est un des points
qui avait t mis en exergue par la Douma, visant viter la dispersion
des actifs nuclaires telle qu'elle s'est produite au cours des annes
quatre-vingt dix, conduisant par exemple la disparition des capacits de
fabrication de gros composants de l'usine Atommach de Volgodonsk.
Dans ce cadre, c'est le Prsident qui valide la liste, et les actifs, des
entreprises publiques du secteur nuclaire et des socits par actions
destines tre intgres dans la holding "Atomprom" sous la forme de
socits par actions. Il valide galement la liste des tablissements
d'enseignement professionnel qui seront intgres dans "Atomprom".
Les dbats parlementaires ont amen inclure dans cet article un
dispositif de rapport semestriel la Douma et au Conseil de la Fdration
par le Gouvernement sur l'tat d'avancement de la restructuration du
complexe industriel de l'nergie atomique.
4/ La proprit des matires et des installations nuclaires.
On retrouve ce rle du Prsident l'article 12 qui introduit, dans la loi sur
l'utilisation de l'nergie atomique du 21 novembre 1995, des modifications
de fond sur la proprit des matires et des installations nuclaires en
Russie. Celles-ci autorisent en effet pour la premire fois la possession de
matires nuclaires sur le sol russe par des personnes morales russes, et
par des personnes morales ou des Etats trangers. Sous l'actuelle
lgislation, seul l'Etat Fdral pouvait tre propritaire de matires
nuclaires sur le sol de la Russie. Cette possession est fortement
encadre.
C'est ainsi le Prsident qui valide la liste des matires nuclaires qui
doivent rester proprits de l'Etat Fdral (NDR: les matires
stratgiques), ainsi que la liste des personnes morales russes qui peuvent
tre propritaires de matires nuclaires ou d'installations nuclaires.
Les personnes morales ou les tats trangers voient leurs droits limits
la possession des matires nuclaires qu'ils importent ou qu'ils achtent
en Russie. Ils peuvent tre galement propritaires des produits de leur
301
traitement, mais n'ont pas accs la proprit d'installations nuclaires,
dont la proprit est rserve l'Etat Fdral ou des personnes morales
russes.
Tous les contrats de vente de matires nuclaires des personnes morales
trangres doivent tre valids par une entit fdrale habilite par le
Gouvernement. (NDR: probablement Rosatom, mais la loi n'est pas
explicite).
5/ L'exploitation des installations nuclaires
Mme si des matires nuclaires peuvent appartenir des organisations
trangres, seules des entits russes peuvent tre autorises les traiter
ou les grer, et exploiter des installations nuclaires. La loi conserve
tout le systme d'autorisations (licences) relevant de la sret nuclaire,
de la scurit nuclaire (y compris la protection physique), et du suivi et
de la comptabilit des matires nuclaires.
6/ L'importation de matires nuclaires et de dchets radioactifs
L'article 19 aborde l'importation de matires nuclaires et de dchets
radioactifs par une modification de la loi sur la protection de
l'environnement de janvier 2002 (article 48). La nouvelle rdaction interdit
"l'importation en Russie de dchets radioactifs en provenance de
l'tranger sur la base d'accords de stockage (khranienie), y compris aux
fins d'enfouissement (zakhoronienie)", mais supprime l'interdiction
existant prcdemment pour les matires nuclaires.
C'est un point de droit qui avait amen Greenpeace contester
l'importation, aux fins d'enrichissement en Russie, d'uranium dont les
"tails" restaient sur le sol russe.
Le dispositif de la mme loi sur l'importation des combustibles irradis,
fortement contest par des organisations cologiques, reste inchang. Il a
cependant fait l'objet d'une explication la Douma par S. Kirienko
l'occasion de la premire lecture de la loi. Il avait alors dclar: "La
position de Rosatom est que nous ne devons pas importer de combustible
irradi tranger, tant que nous ne disposons pas de technologie efficace
302
pour leur retraitement et leur entreposage (khranenie). En consquence,
nous n'importons aujourd'hui que le combustible de notre propre
production. C'est--dire uniquement si la Russie fabriqu les
assemblages combustibles et les a livrs". Il avait alors repouss cette
question d'importation aprs la cration "d'une infrastructure unifie
gouvernementale pour la gestion des combustibles irradis et des dchets
radioactifs", prvue par les projets de loi Gestion des combustibles uss
et Gestion des dchets radioactifs .
303
304