Méthodes de Filtrage d'Images
Méthodes de Filtrage d'Images
QUELQUES METHODES
DE FILTRAGE EN TRAITEMENT
DIMAGE
par
Matine Bergounioux
R
esum
e. Nous pr
esentons quelques m
ethodes de base en filtrage des images
num
eriques. Un bref apercu du filtrage unidimensionnel est donn
e puis les techniques
lin
eaires et non lin
eaires sont abord
ees. Nous terminons par une ouverture sur les
m
ethodes variationnelles tr`
es utilis
ees actuellement pour la d
econvolution et la restauration des images.
Abstract (Some filtering methods in image processing). We present basic
image processing denoising methods. We first recall breifly the main features of linear
1D filtering technqiues. Then we present linear and non linear standard methods. We
end with variational methods that are more and more used for deconvolution and
image restoration.
1
3
6
24
31
41
52
1. Introduction
Letude dun signal necessite de supprimer au maximum le bruit parasite d
u aux
conditions dacquisition. Lun des buts du filtrage est de nettoyer le signal en
eliminant le plus de bruit possible tout en preservant le maximum dinformations. En
Classification math
ematique par sujets (2000). 68U10, 49J40.
Mots clefs. Traitement dimage, filtrage, d
ebruitage, segmentation.
BERGOUNIOUX
outre, linformation contenue dans un signal nest pas forcement enti`erement pertinente : il faut selectionner linformation utile suivant lusage que lon veut en faire.
Par exemple, `
a lecoute dun morceau de musique, on peut vouloir un renforcement
des sons graves. Une autre finalite du filtrage est donc de selectionner et renforcer
certaines bandes de frequences porteuses de linformation interessante.
Le filtrage des images a la meme finalite que celui des signaux 1D. Il sagit essentiellement denlever le bruit (parasite) ou de selectionner certaines frequences. Si
la notion de haute frequence ou basse frequence est naturelle en signal 1D (son aigu
ou grave), la fr
equence spatiale est un concept plus delicat qui decoule du fait
que les images appartiennent au domaine spatial. La frequence est une grandeur qui
caracterise le nombre de phenom`enes qui se deroulent au cours dun temps donne. Si
en voiture, le long dune route, on voit 2 bandes blanches PAR seconde : cest une
frequence temporelle. Il est ensuite facile de comprendre que ce concept de frequence
temporelle peut aussi se traduire en disant quil y a 200 bandes blanches PAR
kilom`etre : cest une frequence spatiale.
Dans une image, les details se rep`etent frequemment sur un petit nombre de pixels,
on dit quils ont une frequence elevee : cest le cas pour les bords et les contours dans
une image. Au contraire, les frequences basses correspondent `a des variations qui se
rep`etent peu car, diluees sur de grandes parties de limage, par exemple des variations
de fond de ciel.
Nous verrons dans la suite que la plupart des filtres agissent selectivement sur ces
frequences pour les selectionner, en vue de les amplifier ou de les reduire tout comme
dans le cas 1D.
Les images peuvent etre entachees de bruits de nature differente. On sinteressera
ici aux bruits
additif, gaussien
de flou (convolution)
poivre et sel
Les bruits multiplicatifs et/ou poissoniens sont difficiles `a apprehender : nous nen
parlerons pas ici. De la meme facon, nous naborderons pas le filtrage par ondelettes
qui necessite des pre-requis importants.
FILTRAGE
(d) Flou
2. Filtrage unidimensionnel
Avant de presenter les principales techniques de base pour le filtrage des images,
nous rappelons bri`evement le principe du filtrage unidimensionnel (pour plus de details
on peut se referer `
a [5]).
Pour definir un filtre lineaire mathematiquement, on se donne deux espaces vectoriels X (entree) et Y (sortie) munis dune topologie sequentielle et un operateur A
lineaire qui, `
a un signal e P X dit signal dentree, associe un signal s P Y appele signal
de sortie :
A : e s : Aeq .
D
efinition 2.1 (Filtre). Un filtre lineaire est un syst`eme lineaire continu qui
verifie les deux proprietes suivantes :
1. Il est invariant dans le temps : si Ta : x x aq est loperateur de translation
alors
Ta A ATa .
a la causalite.
`
BERGOUNIOUX
Les espaces peuvent etre de dimension infinie (signaux analogiques) ou finie (signaux discrets ou numeriques).
u
Examinons leffet dun filtre lineaire A sur un signal periodique de X L2p 0, T q (o`
T 0) de frequence 1T . On sait que ce signal peut secrire sous la forme
x
(1)
cn en ,
nPZ
o`
u on a pose
(2)
exp2itq ,
e : t
Ax A
cn en
nPZ
nPZ
cn Aen q.
u P R
f t
uq Ae tqe quq,
cest-`
a-dire par linearite de A
f t
y : Ax
cn H nqen .
nPZ
FILTRAGE
o`
u Y F y q et X F xq, cest-`
a-dire F y q H. F xq , o`
u . designe le produit
1
1
u*
composante par composante. Si on pose h 2N F H q, cela donne : y h x (o`
designe ici la convolution discr`ete.) Nous obtenons donc le resultat suivant (que nous
admettrons pour les signaux analogiques) :
Th
eor`
eme 2.3. Un syst`eme lineaire continu est un filtre lineaire si et seulement
si la relation entre lentree e et la sortie s est une convolution :
stq rh estq
hq et q d ,
o`
u htq est la r
eponse impulsionnelle du filtre.
Pour les filtres `
a temps discret on a
sn
h e
P
k n k
k Z
BERGOUNIOUX
3. D
ebruitage par filtrage lin
eaire
3.1. Filtrage spatial (bruit additif ). Nous avons vu que les filtres lineaires
dun signal 1D sont et ne sont que des filtres de convolution. Le filtrage spatial est
aussi essentiellement une operation de convolution (2D).
Si f est limage `
a filtrer (ou `
a rehausser) et g le filtre spatial (ou PSF - Point
Spread Function ou masque) on a :
f x, y q g x, y q F 1
F f x, y
F
g
x,
y
.
G u,v
FILTRAGE
qx, yq
f x i, y jqi, jq.
x2
y2
i x 1 j y1
d1 1q2
f qx, yq
i
et
d2 1q2
d1 1q2 j d2 1q2
w1
w4
w7
w2
w5
w8
x1 x
Table 1. Filtre(i,j) - d1
w3
w6
w9
f x
i, y
j qi, j q.
y1
y
y 1
d2 3
Ici d1 d2 d 3. On ne filtre pas les bords pour eviter des distorsions ; donc
0, 0q w5 .
Sur cet exemple on a precisement
g x, y q w1 f x 1, y 1q w2 f x, y 1q w3 f x 1, y 1q
w4 f x 1, y q w5 f x, y q w6 f x 1, y q
w7 f x 1, y 1q w8 f x, y 1q w9 f x 1, y 1q.
BERGOUNIOUX
Afin de conserver la moyenne de limage f , la somme des elements du filtre est normalisee `
a 1 : wi 1.
i
hV1D hH1D ,
o`
u le symbole designe le produit tensoriel. On peut alors traiter separement les
lignes et les colonnes de limage.
Pour quun filtre 2D soit separable il faut et il suffit que les coefficients de ses
lignes et de ses colonnes soient proportionnels.
a
a
a
b
b
b
c
c
c
1
9
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
25
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
c .
FILTRAGE
0.05)
BERGOUNIOUX
10
G1, 0q
G0, 0q
G1, 0q
16
G1, 1q
G0, 1q
G1, 1q
et 1 pour un filtre 5 5 donne environ
Si par exemple
1
300
1
4
6
4
1
4
6 4
18 30 18
30 48 30
18 30 18
4
6 4
1
2
1
2
4
2
1
2
1
1
4
6 .
4
1
1
256
1
4
6
4
1
4
16
24
16
4
6
4 1
24 16 4
36 24 6
24 16 4
6
4 1
FILTRAGE
11
Ces filtres sont des filtres passe-bas : ils attenuent les details de limage (et donc le
bruit additif) mais en erodant les contours ajoutent du flou `a limage. Nous verrons
dans une section suivante comment attenuer le flou.
3.2. Filtrage fr
equentiel (bruit additif ).
3.2.1. Filtre passe-bas. Nous avons dej`
a parle du filtre passe-bas ideal dans le
cas de signaux unidimensionnels. De mani`ere analogue, on definit une fr
equence
de coupure c au dessus de laquelle les frequences sont annulees (filtre ideal). La
fonction de transfert est alors
1 si 2 2 c
H , q
0 sinon
Le creneau centre H admet une transformee de Fourier inverse qui est le sinus
cardnal qui presente dautant plus dondulations que la frequence de coupure est
petite. Cela entrane un flou qui sera dautant plus reduit que c est grand.
15% de la taille de
12
BERGOUNIOUX
On a vu que le filtre passe-bas ideal nest pas realisable et on fait donc une approximation de la fonction H precedente qui aura pour effet, non pas de couper les hautes
frequences mais de les attenuer fortement. Le filtre suivant est le filtre passe-bas de
Butterworth La fonction de transfert est alors
1
H , q
2n
2 2
c
1
o`
u c est encore la frequence de coupure.
c
2
2n
2
FILTRAGE
13
Un filtre passe haut favorise les hautes frequences spatiales, comme les details, et
de ce fait, il ameliore le contraste. Toutefois, il produit des effets secondaires :
augmentation du bruit : dans les images avec un rapport Signal/ Bruit
faible, le filtre augmente le bruit granuleux dans limage.
effet de bord : il est possible que sur les bords de limage apparaisse un
cadre. Mais cet effet est souvent negligeable et peut seliminer en tronquant les
bords de limage o`
u en faisant une reflexion de quelques pixels de limage autour
de son cadre.
3.2.3. Filtres passe-bande. Ils permettent de ne garder que les frequences comprises dans un certain intervalle :
1 si c 2 2 c
2
2
H , q
0 sinon
est la largeur de bande et c la frequence de coupure.
BERGOUNIOUX
14
f , f q.
x y
Grace au plongement dans lespace continu, un grand nombre doperations danalyse peuvent sexprimer en termes dequations aux derivees partielles. Ceci permet de
donner un fondement mathematique satisfaisant aux traitements et aussi de fournir
des methodes pour les calculer, par des schemas numeriques de resolution.
Les filtres differentiels permettent de mettre en evidence certaines variations spatiales de limage. Ils sont utilises comme traitements de base dans de nombreuses
operations comme le rehaussement de contraste ou la d
etection de contours.
En pratique, il faut approcher les gradients pour travailler avec des gradients
discrets. Les approximations les plus simples des derivees directionnelles se font
par differences finies. On peut les calculer par exemple `a laide convolution avec des
f se fait par convolution avec
noyaux tr`es simples : par exemple, lapproximation de
x
r0 1 1s. En effet, dans ce cas, la formule generale de convolution discr`ete (3) donne
(avec d1 3 et d2 0) :
1
g x, y q
i
1 j 0
f x
i, y
f
De meme lapproximation de
y
j qi, j q f x, y q
1
x1 x
f x, yq.
x
1, y q
0
se fait par convolution avec 1 :
g x, y q f x, y q
f x
f x, y
1q
f x, yq.
y
0
1
1
y1
y
y 1
x
Table 3. Masques (i, j q) des gradients par rapport a
` x (gauche) et y (droite)
FILTRAGE
r1
15
1
1s et 0 qui produisent des fronti`eres plus
1
epaisses mais qui sont bien centrees. Ces operations sont tr`es sensibles au bruit et on
les combine generalement avec un filtre lisseur dans la direction orthogonale `a celle de
derivation, par exemple par le noyau suivant (ou sa transposee) : r1 2 1s. On obtient
alors des filtres separables. Le calcul des derivees directionnelles en x et y revient
finalement `
a la convolution avec les noyaux suivants :
f x, yq f h qx, yq et f x, yq f h qx, yq
x
y
x
y
1 0 1
avec h r1 0 1s r1 2 1s 2 0 2 et
1 12 01 1
h r1 2 1s r1 2 1s 0
0
0 .
t
1
Ce sont les masques de Sobel.
(a) Original
(b) Noyau
r1 0 1s
(c) Noyau
r1 0 1st
BERGOUNIOUX
16
Figure 12. Gradients de Robinson dans 3 directions differentes (voir tableau 4. suivant)
(a) Original
(c) Gradient en x
(d) Gradient en y
FILTRAGE
Types de masque
17
Amplitude
Direction
Masques de Roberts
-1
0
0
1
0
1
-1
0
G21
G22
G2
+ arctan
G1
G 1 , G2
Masques de Sobel
1
2
1
0
0
0
-1
-2
-1
Gx ,
1 2
0 0
-1 -2
Gy
1
0
-1
1
0
-1
G2x
G2y
Gy
= arctan
Gx
G2x
G2y
= arctan
Masques de Prewitt
1
1
1
0
0
0
-1
-1
-1
Gx ,
1 1
0 0
-1 -1
Gy
Gy
Gx
Masques de Kirsh
Direction
5
-3
-3
5
0
-3
5
-3
-3
maximum des Gi
correspondant
au Gi s
electionn
e
Masques de Robinson
1
1
-1
1
-2
-1
1
1
-1
maximum des Gi
Idem
BERGOUNIOUX
18
Laplacien discret - 4
0
1
0
1
-4
1
0
1
0
Laplacien discret - 8
1
1
1
1
-8
1
Laplacien de Robinson
1
1
1
1
-2
1
-2
4
-2
1
-2
1
Les filtres presentes dans cette section sont essentiellement des filtres passe-haut.
Ils permettent disoler les details dune image (les contours et les textures sur une
image non bruitee et le bruit en plus sur une image bruitee).
3.4. Filtrage par
equations aux d
eriv
ees partielles.
3.4.1. Equation
de la chaleur. Considerons un filtrage gaussien dans le cadre
continu. On sait que si limage de depart est une fonction uo definie sur R2 (mais
L `
a support compact), limage filtree est la convolee de uo avec un noyau gaussien
G xq G x1 , x2 q
1
exp
2 2
x
1
x122x2 2
exp 2
2
2
2
FILTRAGE
19
1
On pose ut, xq ht, q uo qxq o`
u ht, xq G2t xq
exp
ht, q P C R2 q a ses derivees bornees et uo
et on peut calculer u :
ut, xq
t 0, x P R2
4t
x2
. Comme
4t
2 u t, xq 2 u t, xq ht, q u qxq.
o
x21
x22
4t1 2
16t3
4t
4t2
et on obtient
1 x2
ut, xq.
ut, xq
t
4t2
Dautre part, pour t 0 on peut deriver directement u par rapport `a t :
u t, xq h t, yqu x yqdy
o
t
R t
et on obtient finalement
1
exp
4t
y 2
u x y qdy
lim ut, xq x , uo
4t
uo xq,
BERGOUNIOUX
20
u
t, xq ut, xq 0 dans s0, T r
ut0, xq u xq x P
(4)
(a) Original
0.1
Figure 16. Filtrage par EDP de la chaleur avec pas de temps dt 0.2 et
15 iterations
3.4.2. Mise en uvre numerique. La mise en uvre numerique se fait avec une
discretisation en differences finies, la plupart du temps explicite en raison de la tr`es
grande taille des images (et donc des matrices associees). La condition de Neumann
est assuree grace `
a une reflexion de limage par rapport `a ses bords. En traitement
dimage on consid`ere souvent que la taille est donnee par le nombre de pixels de sorte
que le pas de discretisation est h 1. On peut discretiser le gradient de differentes
mani`eres (centree, `
a droite, `
a gauche )
(5)
x ui,j
ui
1,j
ui1,j ,
2
ui 1,j ui,j ,
x ui,j ui,j ui1,j ,
x ui,j
y ui,j
ui,j 1 2 ui,j1 ,
ui,j 1 ui,j ,
y ui,j ui,j ui,j 1 .
y ui,j
FILTRAGE
21
La norme du gradient peut se calculer par un schema ENO (Essentially Non Oscillatory). Deux approximations possibles de u sont
ui,j
ou
ui,j
Si loperateur gradient est discretise par differences finies `a droite, alors une discretisation possible de la divergence est donnee par
(6)
p1 p1
i,j i1,j
p1i,j
div pqi,j
p1
i1,j
iN
i1
iN
si
si
si
p2 p2
i,j 2 i,j1
pi,j
p2i,j1
si
si
si
jM
j1
jM
1
3.5. D
econvolution (cas dun flou). Une autre source de perturbation dune
image est le flou . Nous avons vu quun filtre de convolution passe-bas permettait
denlever le bruit additif mais que limage filtree etait floutee. Cela sexplique par
le fait que loperateur de convolution est regularisant. Un tel operateur est souvent
modelise par un produit de convolution, de noyau positif symetrique h (qui est la
plupart du temps gaussien). Il nest pas necessairement inversible (et meme lorsquil
est inversible, son inverse est souvent numeriquement difficile `a calculer).
3.5.1. Approche spatiale : equation de la chaleur retrograde (inverse). Nous
avons constate precedemment que faire une convolution par un noyau gaussien revient
a resoudre une equation de la chaleur. Le pas de temps joue le role de lecart type de
`
la gaussienne. Pour faire loperation inverse, la deconvolution on peut donc imaginer
de resoudre une equation de la chaleur retrograde en partant de letat final
qui est limage floutee et en ajustant le pas de temps au rapport signal sur bruit.
(7)
u
t, xq ut, xq 0 dans s0, T r
utT, xq u xq x P
o
BERGOUNIOUX
22
(b) Original
(c) It
eration 5
Cette equation est notoirement mal posee (on ne peut assurer ni lexistence dune
solution, ni la stabilite dun schema numerique) et il convient de ne faire quun petit
nombre diterations.
(a) It
eration 6
(b) It
eration 8
3.5.2. Filtre inverse et Algorithme de Van Cittert. Lalgorithme de Van Cittert repose sur la formulation frequentielle dune convolution. Supposons que h soit
loperateur de flou (inconnu ou donne par etalonnage des appareils de mesure). On
ne prend pas en compte le bruit. Limage floutee f verifie f h u, o`
u u est limage
u cest-`
originale (quon veut retrouver). Une formulation equivalente est f h
a-dire
f
u
.
FILTRAGE
23
Le filtre inverse est le plus simple des filtres. Dans certaines conditions, il peut donner
et `a lappliquer `a limage floutee.
de tr`es bons resultats. Il consiste donc `
a calculer 1h
Cest le meilleur filtre pour deconvoluer une image non bruitee. Limage restauree
est presque identique `
a limage dorigine. Toutefois il nest pas toujours possible de
Une alternative est lalgorithme de Van Cittert.
calculer 1h.
de sorte que formellement on obtient
Posons g 1 h
u
Si on pose uo
f et un
1 g
gqk
gk
f.
k 1
k 0
u
n
gu
n
f 1 h qun ,
ou de mani`ere equivalente
un
(a) It
eration 4
un h un .
(b) It
eration 8
BERGOUNIOUX
24
f b
. Le bruit blanc chargeant uniformement les frequences on
h
h
0 au vosinage de linfini (cest-`a-dire au
a b 1 et si h est un filtre passe- bas h
dessus dune frequence de coupure c ). Il sensuit que le filtrage est efficace dans une
bande de frequences inferieures `
a c mais que le bruit est amplifie au del`a.
Pour traiter des images `
a la fois floutees et bruitees on pref`ere utiliser le filtre de
Wiener.
inverse donne u
4. D
ebruitage par filtrage non lin
eaire
4.1. Filtres m
edians. Ce ne sont pas des filtres lineaires (et donc pas des filtres
de convolution).
g x, y q medianetf n, mq
o`
u S x, y q est un voisinage de x, y q.
n, mq P S x, yq ,
bruit
30
10
20
10 20
250 25
25 30
10 10 20 20
25
25 30 30
250
mediane
On remplace la valeur du pixel par la valeur mediane ou la valeur moyenne. Ce filtre
est utile pour contrer leffet Poivre et Sel (P& S) cest-`
a-dire des faux 0 et
255 dans limage.
FILTRAGE
(b) Filtre m
edian - taille 3
(d) Filtre m
edian - taille 5
(f) Filtre m
edian - taille 7
25
BERGOUNIOUX
26
4.2. Mod`
ele de Peronna-Malik. Pour ameliorer les resultats obtenus par
lEDP de la chaleur, Peronna et Malik ont propose de modifier lequation en y
integrant un processus de detection des bords :
u t, xq div cuquqt, xq dans s0, T r
ut 0 sur s0, T r
(8)
n
x P
u0, xq uo xq
o`
u c est une fonction decroissante de R dans R .
0.1
Figure 22. Filtrage par EDP de la chaleur avec pas de temps dt 0.2 et
15 iterations et mod`ele de Peronna-Malik avec dt 0.4, 1 et 10 iterations
comme lEDP de la chaleur, et dans les regions de fort gradient, la regularisation est
stoppee ce qui permet de preserver les bords. Un exemple de fonction c est :
1
1
ctq
ou ctq
o`
u est un param`etre positif.
2
1 tq2
1 tq
FILTRAGE
27
4.3. Approche fr
equentielle : Filtre de Wiener. Le filtre de Wiener lui, ne
caracterise pas le signal et le bruit par leur forme analytique mais par leurs proprietes
statistiques. On consid`ere que les images sont des realisations dun processus aleatoire
stationnaire : on cherche alors `
a minimiser la moyenne du carre de la difference entre
limage initiale et limage restauree. Ce filtre est tr`es efficace pour traiter des images
degradees `
a la fois par du flou et du bruit. On consid`ere donc une image degradee
f h u b, o`
u u est limage originale `a restaurer, h un noyau de convolution
symetrique positif (reponde impulsionnelle du filtre flou ) et b est une bruit de loi
de probabilite (identique pour chaque pixel) . Lhypoth`ese generalement faite est
celle dun bruit plan gaussien decart-type .
On modelise donc le probl`eme par une formulation au sens des moindres carres
en considerant lerreur quadratique f h u2L2 que lon va minimiser. Le probl`eme
de minimisation nadmettant pas necessairement de solution convenable, on ajoute
un terme de regularisation quadratique de la forme q u2L2 . Le noyau q sera fixe
ulterieurement en fonction du rapport signal sur bruit.
En appliquant la transformation de Fourier le probl`eme de minimisation secrit
alors
min
o`
uU u
, F
derivation :
f,
U PL2 Rq
La solution U
q et H h.
V P L2 Rq
On obtient
F HU 22 U Q22 ,
HU F, HV qL
HU
H
QU, QV qL 0.
2
F q Q2 U 0,
cest-`
a-dire
(9)
H 2 H Q2 F.
2
ub2 ,
Pour implementer le filtre de Wiener, nous devons etre en mesure destimer correctement la puissance spectrale de limage dorigine et du bruit. Pour un bruit blanc
BERGOUNIOUX
28
gaussien, la puissance spectrale moyenne est egale `a la variance 2 du bruit. La puissance spectrale de u est difficile `
a obtenir puisquon ne connat pas u ! ! Toutefois
f
hu
u
b f h
b f2
h 2 u2 b2 ,
h 2
h
Q2
Q2
h 2 .
f 2 2
2
Remarque 4.1. Rappelons que le spectre de puissance dun signal est obtenu
par la transformee de Fourier de sa fonction dautocorrelation (Theor`eme de WienerKhinchine).
On peut bien s
ur tester `
a laveugle differentes valeurs de Q que lon peut supposer
constant.
Dans lexemple suivant, limage a ete floutee par un filtre gaussien de taille 9 et
decart-type 1. Elle a aussi ete reflechie pour minimiser les effets de bord.
Figure 23. Deconvolution par filtre de Wiener dune image floutee (Q 0.15)
Dans lexemple suivant, limage a ete floutee par un filtre gaussien de taille 9
decart-type f 1 et bruitee par un bruit additif gaussien decart type b 0.1.
FILTRAGE
29
Figure 24. Deconvolution par filtre de Wiener dune image floutee et bruitee
h 2
21
1
Q2
o`
u Q est donne par (11).
le filtre de moyenne g
eom
etrique
W
hs
1s
,
Q2
o`
u Q est donne par (11). Si s 1 on retrouve le filtre inverse, s
Wiener et s 0.5 le filtre de Canon.
h 2
0 le filtre de
4.4. D
econvolution de Richardson-Lucy. Lalgorithme de Richardson-Lucy
est un algorithme iteratif spatial. Comme precedemment on consid`ere une image
degradee par du flou (noyau h connu ou estime) et du bruit b : f h u b.
On veut identifier u. Literation courante est
uk 1 uk
uk hq h ,
x, y q hx, y q.
avec (par exemple) uo f et h
Lorsque la reponse impulsionnelle du flou h nest pas connue on fait une
deconvolution aveugle ( blind deconvolution ) avec lalgorihme suivant :
BERGOUNIOUX
30
(a) Estimation de h
hk
(b) Estimation de u
uk
(3) uk
hk
f
u
k
i,j uk i, j q uk hk
uk
f
uk hk
1q
k
h
maxuk , 0q.
(a) Image d
egrad
ee
(b) It
eration 5
(c) It
eration 10
(d) It
eration 20
Figure 25. Deconvolution par lalgorithme de Richardson-Lucy aveugle Initialisation avec un masque gaussien de taille 11 et decart-type 10
FILTRAGE
31
5. Filtrage variationnel
La definition du filtre de Wiener sugg`ere fortement lutilisation de methodes variationnelles puisquil sagit de minimiser des erreurs tout en se donnant un a priori sur
limage. Nous allons preciser cette idee.
Etant donnee une image originale, on suppose quelle a ete degradee par un bruit
additif v, et eventuellement par un operateur R de flou. Un tel operateur est souvent modelise par un produit de convolution, et nest pas necessairement inversible
(et meme lorsquil est inversible, son inverse est souvent numeriquement difficile `a
calculer). A partir de limage observee f Ru v (qui est donc une version degradee
de limage originale u), on cherche `
a reconstruire u. Si on suppose que le bruit additif
v est gaussien, la methode du Maximum de Vraisemblance nous conduit `a chercher u
comme solution du probl`eme de minimisation
inf f
u
Ru22 ,
o`
u 2 designe la norme dans L2 . Il sagit dun probl`eme inverse mal pos
e : en
dautres termes, lexistence et/ou lunicite de solutions nest pas assuree et si cest le
cas, la solution nest pas stable (continue par rapports aux donnees). Pour le resoudre
numeriquement, on est amene `
a introduire un terme de regularisation, et `a considerer
le probl`eme
f Ru22
uq
L
R
egularisation
inf
u
P q
min u ud 2H ,
uPV
o`
u ud est limage observee (donnees) et le probl`eme regularise suivant : pour tout
0
P q
min u ud 2H
uPV
u2H .
BERGOUNIOUX
32
u ud 2H
s0, 1r, un xq xn , ud 0.
1
n
, un 2
2n
1 . On a donc
2n
lim un V
et
lim J un q 0.
Il nest donc meme pas clair (a priori) que le probl`eme P q ait une solution.
Proposition 5.1. Supposons que P q admet au moins une solution u
. Le probl`eme
P q admet une solution unique u . De la famille u q on peut extraire une sous-suite
qui converge (faiblement ) dans V vers une solution u de P q lorsque 0.
Demonstration. Le probl`eme P q admet une solution unique u car la fonctionnelle
J u ud 2H u2H ,
est coercive et strictement convexe (cest en gros la norme de V `a une partie affine
pr`es). Montrons maintenant que la famille u q est bornee dans V . On pourra ainsi
en extraire une sous-suite faiblement convergente dans V vers u P V .
u P V
J u q J uq.
En particulier pour u
:
(12)
J u
q J u q
u 2H J u
q J u
q
u q J u q
J
u
solution de P
u2H .
u solution de P
J uq
u2H
J u q J uq
u2H
J uq u2H ;
par consequent la famille u qo est bornee dans V . On peut donc en extraire une
sous-suite qui converge (faiblement ) dans V vers u . Dautre part lequation (12)
montre que
lim J u q J u
q inf P q.
0
0
Cherchons maintenant le moyen de calculer u . Comme la fonctionnelle est strictement convexe, une condition necessaire et suffisante doptimalite est
J u q 0.
FILTRAGE
33
u P V
J u q u
u ud qxquxqdx
u xquxqdx
u ud u qxquxqdx.
0,
P Ho1 q.
t
Le terme de regularisation classique Luq u22 ( regularisation de Tychonov)
nest pas adapte au probl`eme de restauration dimages : limage restauree u est alors
beaucoup trop lissee car le Laplacien est un operateur de diffusion isotrope. En particulier, les bords sont erodes. Une approche beaucoup plus efficace consiste `a considerer
BERGOUNIOUX
34
v 22 lim
inf vn 22 .
n
De la meme facon un ud vn est bornee dans L2 Rq et donc dans L1 q puisque
est borne. Comme J un q est borne, il sensuit que un est bornee dans BV q. Grace
a la compacite de linjection de BV q dans L1 q (voir [2, 12]), cela entrane que
`
un converge (`a une sous-suite pr`es) fortement dans L1 q vers u P BV q.
et finalement
J u q
1 2
v 2
2
lim
inf J un q
n
1
vn 22
2
inf PROF q.
min
u BV
F uq : J uq
1
u ud 22 .
2
FILTRAGE
35
Th
eor`
eme 5.4. La transformee de Fenchel J de la fonctionnelle J variation
o`
totale est lindicatrice de lensemble K,
u
K :
div P Cc1 , R2 q, 1
o`
u , designe le produit de dualite entre BV q et son dual. Par consequent , u
J uq 0 pour tous P K et u P BV q. On deduit donc que pour tout u P K
J u q sup u , u J uq 0.
uPK
Par
Comme J ne prend quune seule valeur finie on a J u q 0, et donc u P K.
K.
En particulier
J uq sup u, sup u, sup u, sup u, J q J uq.
PK
PK
PK
PK
Comme J J, il vient
sup u, sup u, sup u, ,
PK
PK
PK
et donc
sup u, sup u, sup u, .
PK
PK
tel que u K.
On peut alors separer
Supposons maintenant quil existe u P K
PK
uo , u sup uo , v .
v PK
v PK
v PK
PK
K.
0 P J uq
1
u ud 22
2
u ud J uq.
BERGOUNIOUX
36
Comme J est convexe, sci, propre on peut appliquer le corollaire A.42. Donc
ud u
P J uq u P J ud u q 0 P u J ud u q.
Nous aimerions alors appliquer (par exemple) la proposition A.28 mais elle fait intervenir la notion de projection qui nest definie que dans le cadre hilbertien. Or J est
la conjuguee de J pour la dualite BV, BV . Nous allons donc conclure et calculer
J uq une fois le probl`eme discretise : le cadre fonctionnel est alors hilbertien.
5.3. Mod`
ele discret. On va maintenant considerer des images discr`etes (ce qui
est le cas en pratique). Une image discr`ete est une matrice N N que nous identifierons
a une vecteur de taille N 2 (par exemple en la rangeant ligne par ligne). On note X
`
lespace euclidien RN N et Y X X. On munit X du produit scalaire usuel
u, vqX
uij vij ,
1 i,j N
et de la norme associee : X .
Nous allons donner une formulation discr`ete de ce qui a ete fait auparavant et en
particulier definir une variation totale discr`ete que nous noterons de la meme facon.
Pour cela nous introduisons une version discr`ete de loperateur gradient. Si u P X, le
gradient u est un vecteur de Y donne par
uq1i,j
(16)
uq2i,j
ui
0
1,j
ui,j
0
ui,j
ui,j
si
si
iN
iN
si
si
j
j
N
N
(17)
uqi,j ,
1 i,j N
o`
u uqi,j uq1i,j 2 uq2i,j 2 . On introduit egalement une version discr`ete
de loperateur de divergence. On le definit par analogie avec le cadre continu en posant
div
o`
u est loperateur adjoint de , cest-`
a-dire
p P Y, u P X
FILTRAGE
1
p p1i1,j
i,j
(18)
div pqi,j
si 1 i N
si i 1
p1i,j
p1i1,j
37
2
p p2i,j 1 si 1 j
i,j
si i N
p2i,j
p2i,j1
1
si j N
si j
1
u ud 2X .
2
Il est facile de voir que ce
probl`eme a une solution unique que nous allons caracteriser.
1 q2
2 q2 et que la version discr`
On rappelle que gi,j gi,j
gi,j
ete de la variation
(19)
u X
o`
u
div gq g P Y, gi,j 1, i, j ,
(20)
K : t
vons, comme dans le cas de la dimension infinie enr une caracterisation de la conjuguee
de Fenchel de J. (le demonstration est analogue).
Th
eor`
eme 5.5. La transformee de Fenchel J de la fonctionnelle J variation
o`
totale approchee definie sur X, est lindicatrice de lensemble K,
u K est donne
par (20).
Le resultat suivant donne la caracterisation attendue de la solution [7] :
Th
eor`
eme 5.6. La solution de (19 ) est donnee par
u ud PK ud q,
(21)
o`
u PK est le projecteur orthogonal sur K.
Demonstration. Nous avons vu que u est solution de (19 ) si et seulement si
ud u
0 P u J
q.
ud u
ud
1 ud u
J q.
BERGOUNIOUX
38
On en deduit que w
ud u est un minimiseur de
w u 2
d
1
J wq.
ud u
est la projection orthoComme J est lindicatrice de K, cela implique que
1
ud
ud
sur K. Comme PK q PK ud q, on peut conclure.
gonale de
t div pq ud 2X pi,j 1,
(22)
pni,j 1
pni,j
1
i, j
0.
r div pn ud sqi,j
1, , N .
r div pn ud sqi,j
Th
eor`
eme 5.7 (Algorithme de projection de Chambolle [7])
Si le param`etre dans (22) verifie 18, alors div pn PK ud q.
nlim pn .
FILTRAGE
(c) Mod`
ele ROF avec
39
(d) Mod`
ele ROF avec
30
5.4. D
econvolution. Dans cette section on suppose que loperateur R est
different de lidentite. On le suppose lineaire. En pratique, cest un operateur de
convolution avec un noyau positif symetrique h qui est la plupart du temps gaussien.
Limage observee est donc de la forme : Rf q b avec Rf q h f . Nous avons dej`
a
traite dans la section 3 la question de la deconvolution. Nous generalisons donc ici le
principe du filtre de Wiener.
Le probl`eme PROF q se generalise donc de la mani`ere suivante
(23)
min
uPBV q
F uq : J uq
1
Ru ud 22 .
2
o`
u R est un operateur de convolution `
a noyau symetrique et positif. La fonctionnelle
F est convexe et u
est solution de PROF q si et seulement si 0 P F u
q. Nous avons
BERGOUNIOUX
40
un resultat analigue `
a celui de la section precedente. Nous npous placons dans le cas
discret :
Th
eor`
eme 5.8. La solution u de (23 ) est caracterisee par lexistence de
verifiant
(24)
(25)
R ud Ruq ,
PK u
q,
o`
u PK est le projecteur orthogonal sur K donne le theor`eme 5.5 (ou sa version
discr`ete) et R est loperateur adjoint de R.
Demonstration. Une condition necessaire et suffisante pour que u soit une solution
de (23 ) est
0 P J uq
1
Ru ud 2X
2
R Ru ud q J uq.
u P J q,
o`
u on pose
Comme J
R ud Ruq .
q,
do`
u le resultat.
On peut maintenant resoudre le syst`eme (24-25) par une methode de point fixe,
qui conduit `
a lalgorithme :
Algorithme
(1) Initialisation : uo
ud , n 0.
Calcul de un 1 un n PK un
n q
FILTRAGE
41
Appendice A
Quelques outils math
ematiques
A.1. Optimisation dans les espaces de Banach. Sauf mention du contraire,
on consid`ere dans toute la section un espace de Banach reflexif V de dual (topologique)
V . On note V la norme de V et , le crochet de dualite entre V et V .
A.1.1. Semi-continuite et convexite de fonctionnelles sur V .
D
efinition A.1. Une fonction J de V dans R t est semi-continue
inferieurement (sci) sur V si elle satisfait aux conditions equivalentes :
a P R,
t u P V J uq a est ferme
u
P V,
lim inf J uq J u
q.
u
Th
eor`
eme A.2. Toute fonction convexe sci pour la topologie forte (celle de la
norme) de V est encore sci pour la topologie faible de V .
En pratique ce resultat sutilise sous la forme du corollaire suivant :
Corollaire A.3. Soit J une fonctionnelle convexe de V dans R t sci (par
exemple continue) pour la topologie forte. Si vn est une suite de V faiblement
convergente vers v alors
J v q lim inf J vn q.
n
A.1.2. G
ateaux-differentiabilite des fonctionnelles convexes.
D
efinition A.4. Soit J une fonctionnelle de V dans R t . On dit que J est
G
ateaux-diff
erentiable en u P dom J q si la derivee directionnelle
J u; v q lim
t
J u
tv q J uq
,
t
J u; vq
J u; v q J uq, v q ,
BERGOUNIOUX
42
Il est clair que si J est differentiable au sens classique en u (on dit alors Fr
echet
- differentiable), alors J est Gateaux-differentiable en u, et la derivee classique et la
derivee au sens de Gateaux concident.
La r
eciproque est fausse comme le montre le contre-exemple suivant : soit f de
R2 dans R definie par :
y si x y 2 ,
f x, y q
0 sinon
La fonction f est continue en (0,0) et Gateaux-differentiable en (0,0) mais pas Frechet
- differentiable en (0,0).
Th
eor`
eme A.5. Soit J : C V R, G
ateaux differentiable sur C, avec C
convexe. J est convexe si et seulement si
(26)
u, vq P C C
J v q J uq
hJ uq, v ui
Th
eor`
eme A.6. Soit J : C V R, G
ateaux differentiable sur C, avec C
convexe. J est convexe si et seulement si J est un operateur monotone, cest`
a-dire
(27)
u, vq P C C
hJ uq J v q, u vi 0.
u, vq P C C, u v,
hJ uq J v q, u vi 0.
x V
R est coercive
J xq .
si
FILTRAGE
43
Th
eor`
eme A.9. On suppose que V est un Banach reflexif. Soit J une fonctionnelle de V dans R, semi-continue inferieurement pour la topologie faible de V . Soit K
un sous-ensemble non vide et faiblement ferme de V . On suppose que J est propre
(cest-`
a-dire quil existe un element vo de K tel que J vo q ). Alors le probl`eme
de minimisation suivant :
P q
(29)
v V
u dans V J uq lim
inf J un q,
n
BERGOUNIOUX
44
Th
eor`
eme A.11. Soient K un sous-ensemble convexe, non vide de V et J une
fonctionnelle de K vers R G
ateaux-differentiable sur K. Soit u dans V une solution
du probl`eme P q. Alors
(30)
v P K,
J uq, v u 0.
A.1.4. Exemple : Projection sur un convexe ferme. Dans ce qui suit V est un
espace de Hilbert muni dun produit scalaire , q et de la norme associee et C
est un sous-ensemble convexe et ferm
e de V .
Th
eor`
eme A.12. Etant donnes C un sous-ensemble convexe, ferme et non vide
de V et x un element quelconque de V . Alors le probl`eme
t x y2 , y P C
a une solution unique x P C. De plus x P C est caracterise par :
(31)
y P C x x , y x q 0.
min
dx, C q inf x y .
y PC
Dans le cas o`
u C est un convexe ferme, on vient donc de demontrer que
dx, C q x C xq.
Proposition A.14. La projection C est continue de V dans C. Plus precisement
on a
x, yq P V V C xq C yq x y,
cest-`
a-dire C est une contraction.
FILTRAGE
45
y P C
x x , yq 0.
t x P X xq
0 ,
o`
u P X est une forme lineaire continue non nulle sur X et
P R.
Dans le cas o`
u X est un espace de Hilbert V (en particulier si V Rn ), on peut
identifier V `a son dual et tout hyperplan affine ferme est de la forme
t x P V , xqV 0 ,
o`
u , qV designe le produit scalaire de V , P V, 0 et P R.
H
D
efinition A.18 (S
eparation). Soient A et B deux sous-ensembles non vides
de X . On dit que lhyperplan affine H dequation : xq 0, separe A et B au
sens large si
x P A
xq
et
y P B
y q
0.
BERGOUNIOUX
46
x P A
xq
et
y P B
y q
Donnons `
a present la premi`ere forme geometrique du theor`eme de Hahn-Banach :
Th
eor`
eme A.19. Soient A et B deux sous-ensembles de X convexes, non vides
et disjoints. On suppose que A est ouvert. Alors, il existe un hyperplan affine ferme
qui separe A et B au sens large.
Corollaire A.20. Soit C un convexe non vide de Rn et ferme et x P C. Alors :
x P Int C q si et seulement si il nexiste aucune forme lineaire separant x et C.
Citons ausi la deuxi`eme forme geometrique du theor`eme de Hahn-Banach :
Th
eor`
eme A.21. Soient A et B deux sous-ensembles de X convexes, non vides
et disjoints. On suppose que A est ferme et que B est compact. Alors, il existe un
hyperplan affine ferme qui separe A et B strictement.
A.2.2. Sous-differentiel.
D
efinition A.22. Soit f : X R t et u P dom f (i.e. f uq ). Le
sous-differentiel de f en u est lensemble f uq (eventuellement vide ) des u P X
tels que
v P X f vq f uq hu , v ui .
Les elements u sont appeles sous-gradients.
Remarque A.23. 1. f : X
seulement si
2. Si f, g : X
3. Comme
R t et u P dom f dom g, on a
f uq guq f gquq.
f uq
tu P X hu, v ui f vq f uq ,
v PX
f uq est un sous-ensemble convexe, ferme pour la topologie faible *, comme intersection de convexes fermes.
4. Pour tout 0 on a f quq f uq.
FILTRAGE
47
u P X
g quq f uq
guq.
et
C2
o`
u est loperateur adjoint de .
BERGOUNIOUX
48
A.2.5. Application `
a lindicatrice dun ensemble. Dans le cas o`
u f est la fonction
indicatrice dun sous-ensemble non vide K de X :
f uq
def
1K uq
si u P K,
,
sinon
le sous-differentiel de f en u est le c
one normal de K en u :
1K uq NK uq t u P X hu , v ui 0 pour tout v
P K .
Dans le cas o`
u X est un espace de Hilbert identifie `a son dual, et K un sous-ensemble
ferme, convexe non vide de X , nous allons preciser le sous-differentiel de 1K en u
(cest-`a-dire le c
one normal `
a K en u ) :
Proposition A.28. Soit u P K, o`
u K est un sous-ensemble ferme, convexe non
vide de X espace de Hilbert. Alors
P 1K uq cru
pour tout c reel strictement positif, o`
u K
K u c qs
c
est la projection de X sur le convexe K.
v P K
w K wq, v K wqqX 0,
o`
u , qX designe le produit scalaire de X . Soit P 1K uq : est caracterise par
v P K , v uqX 0
cest-`
a-dire, pour tout c 0
v P K
u
u, v u 0.
c
X
)
c
q cru
c
K u
qs.
c
FILTRAGE
49
u P X
f u q sup t u , u f uq .
uPX
D
efinition A.31. Soit A X un ensemble (non vide). La fonction dappui
u 1A
de lensemble A est la fonction A : X R t definie par A 1A q o`
designe lindicatrice de A
1A xq
si x P A,
sinon.
1B .
R t , la fonction f est
sup u ,
uPdomf
o`
u dom f est le domaine de f ( i.e. lensemble des elements u
finie) et u : X R est definie par
PX
u u q u , u f uq.
Chacune des fonctions u est affine et continue, donc convexe et sci pour la topologie
faible de X . Il en est de meme pour le sup.
Exemple A.34. Soit f : u
X .
uX . Alors f 1B
o`
u B est la boule unite de
Plus generalement
Proposition A.35. Soit f une fonction positivement homog`ene (propre) de X
dans R t . Sa conjuguee f est lindicatrice dun sous-ensemble K convexe et
ferme de X .
BERGOUNIOUX
50
u , uo f uo q ru , uo f uo qs f u q.
Donc, en passant `
a la limite pour on obtient f u q .
Dans le cas contraire
u P X u , u f uq 0,
et donc f u q 0. Or par definition de f ,
u , 0 f 0q f u q ;
comme f est positivement homog`ene f 0q f n 0q n f 0q pour tout n P N et
donc f 0q 0. On a donc finalement : f u q 0.
Posons K tu P X f u q 0 . On vient de montrer que f 1K . Comme f
est convexe, sci K est ferme, convexe.
Nous allons maintenant donner un resultat reliant f
fondement de la theorie de la dualite en analyse convexe :
Th
eor`
eme A.36. Soient f, g : X R t
existe uo Pdomg avec f continue en uo . Alors
inf f uq
uPX
g et f
g qui est le
g uqq max
f u q g u qq .
u PX
Remarque A.37. Notons que dans le theor`eme le sup dans le terme de droite
est toujours atteint (cest un max ) ce qui nest pas le cas dans le terme de gauche.
o`
u linf nest pas necessairement atteint.
Corollaire A.38. Soit f : X
u P X . Alors
R t
u , u f u qq .
f uq max
u PX
f u q g u qq umax
u , u f u qq .
g quq max
PX
u PX
FILTRAGE
Th
eor`
eme A.39. Soit f : X R t
inferieurement. Alors, pour tout u P X
51
u , u f u qq .
f uq max
u PX
R t et f sa conjuguee. Alors
u P f uq f uq f u q hu , ui .
Th
eor`
eme A.41. Soit f : X
P f uq :
v P X f vq f uq
Demonstration. Soit u
hu , v ui .
Donc
f u q hu , ui f uq supthu , vi f v q v P X f u q.
On obtient : f uq f u q hu , ui.
Reciproquement, si f uq f u q hu , ui on a pour tout v P X
hu , ui f uq f u q hu , vi f v q,
cest-`
a-dire u
P f uq.
hu , v ui f v q f uq,
Corollaire A.42. Si f : X
52
BERGOUNIOUX
R
ef
erences
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Bergounioux, Universit
e dOrl
eans, D
epartement de math
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