0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
1K vues39 pages

Notes de Cours SYNTAXE II

Ce document décrit la syntaxe de la phrase noyau, l'unité syntaxique de base. Il définit les constituants de la phrase noyau, notamment le groupe nominal sujet et le groupe prédicatif, et explique comment analyser leur structure sémantique en termes d'actants, de rôles et de relations casuelles.

Transféré par

Corina Rotaru
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOC, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
1K vues39 pages

Notes de Cours SYNTAXE II

Ce document décrit la syntaxe de la phrase noyau, l'unité syntaxique de base. Il définit les constituants de la phrase noyau, notamment le groupe nominal sujet et le groupe prédicatif, et explique comment analyser leur structure sémantique en termes d'actants, de rôles et de relations casuelles.

Transféré par

Corina Rotaru
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOC, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Notes de cours

LANGUE FRANCAISE CONTEMPORAINE (II-e anne)


LA SYNTAXE
CHAPITRE I
LA PHRASE NOYAU
Ce cours continue la description du systme linguistique, en passant de
l'tude des parties du discours et de leur variation formelle, la
description de leurs fonctions au niveau de la phrase l'aide de l'analyse
en constituants immdiats.
La premire partie du cours est consacre l'analyse de la phrase noyau,
phrase simple, qui reprsente l'lment de base en syntaxe, pour
continuer avec lanalyse de la phrase molculaire.
CHAPITRE I
La phrase Noyau cadre de lanalyse syntaxique
1. Dfinition et constituants de la phrase Noyau
Traditionnellement, la syntaxe (du grec syntaxis = mise en ordre,
disposition, assemblage), dcrit la faon dont les mots se combinent pour
former des groupes de mots et des phrases. Une phrase est dfinie
comme une squence de mots que tout sujet parlant peut produire,
interprter et dont il peut sentir intuitivement lunit et les limites.
Traditionnellement les dfinitions de la phrase sappuient sur cette
connaissance implicite. Cependant il existe encore dautres critres selon
lesquels on dfinit la phrase.
Selon le critre graphique par exemple, la phrase est une suite de mots
dlimite par une lettre majuscule initiale et par une ponctuation forte
finale.
Selon le critre phonique, la phrase est une unit dlimite par deux
pauses importantes et caractrise par une intonation qui varie avec le
type.
Selon le critre smantique, la phrase est lexpression dune pense, dun
sentiment, dune volont, elle est la structure apte reprsenter pour
lauditeur lnonc complet dune ide imagine par le sujet parlant.
Des auteurs comme J. Dubois et R. Lagane dfinissent la phrase en termes
de cohrence syntaxique, cest--dire en fonction de la
capacit
dordonner les mots dune certaine manire, de rpondre certaines
rgles, davoir un certain sens.
Il est vident quaucun de ces critres nest pas vraiment dfinitoire. En
franais, lexistence dune dimension syntaxique est demble confirme
par le caractre non arbitraire de lordre des mots. La combinatoire
syntaxique dtermine galement le rassemblement des groupes de mots
en syntagmes qui fonctionnent comme des units intermdiaires entre le
niveau du mot et celui de la phrase. Prononcs ou crits, les noncs se
prsentent comme des suites linaires de mots. Soit lexemple suivant :
Les tudiants de notre facult prparent leurs examens avec beaucoup
de srieux.
Spontanment, nous rapprochons des mots qui nous semblent entretenir
des rapports spciaux, privilgis : les et leurs se rapportent tudiants
respectivement examens ; beaucoup dpend ou modifie srieux ; le
groupe avec beaucoup de srieux modifie prparent, etc.

Cet exemple nous permet de dmontrer que le principe selon lequel se


produit le regroupement syntaxique ne se rduit pas la simple
succession des mots dans la phrase. Soit le couple de phrases suivantes :
(1a) Parfois Jean exagre.
(1b) Lami de Jean exagre.
On remarque que les deux phrases se terminent par la mme squence :
Jean exagre. Cependant, dans (1a) le mot Jean peut tre interprt
comme le sujet du verbe exagre. Par consquent, il dtermine laccord de
ce verbe, rpond la question Qui est-ce qui ? et son rfrent dsigne la
personne qui fait laction voque par le verbe exagre. Dans (1b), Jean
nest pas le sujet de exagre, mais le complment du nom ami, le mot
initial du groupe nominal sujet lami de Jean. Cest donc au niveau de la
phrase que ces groupes se constituent.
Par consquent, on peut dfinir la phrase comme lunit suprieure,
complte et autonome la fois, susceptible dtre dcrite au moyen dun
ensemble de rgles morpho-syntaxiques.
La phrase est construite de constituants. Larchitecture syntaxique des
noncs est donc constitue dun rseau de relations (les fonctions
grammaticales) au niveau des classes dunits simples (les parties du
discours) et complexes (les groupes de mots).
Les types de phrases donnent le profil syntaxique de la phrase et en
constituent ainsi un critre didentification. Voil la dfinition de la phrase
donne par mile Benveniste :
La phrase est lunit de discours. Nous en trouvons confirmation dans les
modalits dont la phrase est susceptible : on reconnat partout quil y a
des propositions assertives, des propositions interrogatives, des
propositions impratives, distingues par des traits spcifiques de syntaxe
et de grammaire, tout en reposant identiquement sur la prdication.
(Benveniste, 1966 :130)

La phrase noyau, dfinie comme une phrase simple, centre autour dun
seul lment verbal, ne sidentifie pas la phrase minimale qui est
constitue des lments segmentaux strictement indispensables au
fonctionnement de lunit syntaxique. Il ne sagit que des lments qui
entretiennent des relations dimplication rciproque comme dans
lexemple suivant :
Elle mangeait.
La phrase noyau est une unit syntaxique suprieure aux groupes de
mots. Ses constituants fondamentaux sont de nature segmentale : le
groupe nominal (GN1) et le groupe prdicatif (G Prd).
Ph Noyau
GN1

G Prd

Elle

demanda secours aux

policiers
Dans la reprsentation en arbre de la phrase Noyau, on opre avec des
notations configurationnelles ou directes.
Sur le plan logique, le sujet indique une certaine entit [Concret] qui
reprsente le point de dpart de la pense dans lnonciation tandis que le
prdicat
reprsente
le
point
daboutissement.
Dans
lanalyse
communicative des noncs on opre avec les notions thme et rhme1.
Le thme (support) reprsente linformation nouvelle ; le rhme (propos,
commentaire, apport) exprime ce quon dit du thme. La structure
propositionnelle et les fonctions principales de la phrase Noyau peuvent
tre expliques au niveau du systme transitif2 ou du systme
ergatif.3
Pour analyser la structure smantique de la proposition on opre avec les
notions suivantes :
actant / vs / circonstant
rles
relations casuelles
1.0. Actant /vs / Circonstant
Lucien Tesnire (Elements de syntaxe structurale, 1966) compare la
phrase un drame o les personnages principaux sont les actants qui
participent directement au procs et les personnages secondaires sont les
circonstants qui dsignent la situation o a lieu le procs. A la ralit
dramatique constitue de procs, acteurs et circonstants, se subsitue
une syntaxe structurale constitue de verbe, actants et circonstants.
[Link] distingue trois participants directs au procs qui tablissent le
schma actanciel (figure arborescente quil appelle le stemma et dans
lequel le nud verbal occupe une place centrale) :
le prime actant (sujet)
le second actant (objet direct)
le tiers actant (le complment dattribution ou objet second ou
indirect)
Tesnire propose de classer les verbes en fonction du nombre dactants.
Par lutilisation de la mtaphore chimique de valence, il dsigne le
nombre dactants quun verbe peut avoir sous sa dpendance (si le
nombre dactants est limit trois, le nombre des circonstants est presque
illimit).
1

Le thme (topic selon la terminologie anglaise) cest lobjet dont parle le locuteur, cest largument du verbe.
Au dbut du XXe sicle il tait appel sujet psychologique ou sujet logique. Le rhme (comment selon la
terminologie anglaise) cest linformation que le locuteur transmet lgard du thme. Autrefois il tait appel
prdicat psychologique ou prdicat logique.
2
La notion de transitivit rfre au rapport dimplication entre le verbe et son (ses) dterminant(s). La
construction sera transitive directe si le complment dobjet direct est directement reli au verbe ; transitive
indirecte si le complment dobjet indirect est introduit par une prposition ; double complmentation si le
verbe se construit avec deux complments dont lun est gnralement direct et lautre indirect ou objet premier et
objet second ; trois complments.
3
Dans la grammaire des cas on nomme Agent ou Ergatif lentit ou le GN qui accomplit laction.

Un autre grammairien, Riegel, dfinit la notion de valence par laptitude


gnrale de certaines catgories centrales (telles que le verbe mais aussi
ladjectif et le nom) imposer leur entourage des configurations
syntaxiques bien dtermines . (Riegel, 1998 : 123)
1.1. Les cas profonds
la distribution syntaxique des actants correspond plusieurs rles ou
fonctions smantiques (les cas profonds dans la terminologie de C.
Fillmore).
Les lments qui contribuent la ralisation dun procs accomplissent
des rles ou des fonctions diffrents. La grammaire des participants au
procs et de leurs rles se traduit par la notion de transitivit. Compte
tenu de la fonction transitive on distingue les rles suivants :
actant/acteur/force agissante, patient, bnficiaire, cible, perdant,
instrument, sige, instigateur, locatif temporel, locatif spatial.
Mon frre a offert un cadeau sa fiance.
(acteur)
(cible)
(bnficiaire)
Mon frre a offert un cadeau sa fiance il y a deux jours.
Il existe des types de propositions o ces relations ne se posent plus en
termes de transitivit :
Paul a ternu.

(Paul est un acteur)

Paul a apprci son travail (Paul nest pas un acteur qui effectue un
procs concret, car le verbe exprime un processus mental).
Paul est mdecin vtrinaire (Phrase quatante dont le verbe
exprime une relation entre deux rles) 4.
Les relations se posent en termes dergativit. Lergatif rpond la
question si laction est cause par le participant affect.
1.2. Relations casuelles
Du point de vue smantique, les constituants de la phrase Noyau
garantissent des fonctions trs diffrentes. Le verbe est le constituant
fondamental et le pivot de la phrase. Cest partir du verbe que lon
dfinit au niveau de la structure profonde, les diffrents rles, cest-dire les relations casuelles. On aura ainsi les cas suivants : agent ou
instigateur du procs, contre Agent ou lentit contre laquelle laction
est mene, patient (qui subit leffet de laction), sige, locatif ou lieu du
procs, instrument, bnficiaire, etc., du procs. La grammaire des
cas - grammaire gnrative tablie par Ch. Fillmore - analyse donc les catgories
sujet de et objet de .
2. Linterprtation smantique du sujet
Le sujet se prte lexpression dun ventail dinterprtations
smantiques qui sont dtermines par le rle que le verbe assigne son
premier actant.
Les linguistes font la distinction entre le sujet agissant et le sujet
patient ou subissant (ou sige du procs).

La phrase quatante exprime une relation dquivalence rfrentielle lorsque deux expressions diffrentes
dsignent un mme rfrent. Paul et le mdecin vtrinaire sont une et mme personne.

J. Vendrys utilise une autre terminologie :


rceptif :

sujet actif / vs / sujet

Il y a deux manires, en effet, denvisager les rapports dun sujet avec le


monde extrieur : tantt le sujet est actif, cest--dire quil dtermine par
un acte de sa volont certain effet sur ce qui lentoure (Pierre frappe
Paul) ; tantt il est rceptif, cest--dire quil reoit de son entourage une
impression qui affecte sa sensibilit (Paul est frapp par Pierre). Dans ces
deux exemples, lopposition est nette : lun donne les coups, lautre les
reoit ; il ny a pas dhsitation possible. Mais il y a des cas o lactivit ou
la rceptivit squilibrent et se confondent ; dautres o la seconde
lemporte sur la premire. Si je dis Pierre voit Paul ou Pierre aime Paul, les
deux personnes exercent lune sur lautre une action qui peut tre
indiffremment conue activement ou rceptivement. La vue est un
phnomne rceptif : Pierre a la rtine frappe par une certaine image. De
mme dans lamour et lamiti : Pierre prouve un certain sentiment. Cela
na rien dactif. On conoit quil soit plus logique de rserver les verbes
actifs au cas o laction est effective, et demployer un autre type de
verbes, quon appellerait passifs ou affectifs son gr, dans le cas o le
sujet prouve une modification de ses dispositions affectives. (J.
Vendrys, 1933 :123-124)

Le nominal sujet de la phrase peut exprimer les relations suivantes :

agent de procs dans les phrases verbes actifs :


Barbe Baille ferma la porte.
(J. Giono).
Les grand-mres tricotent dinterminables bas.
(J. Richepin).

patient [+ Humain] du procs dans les phrases passives :


Nous sommes nourris, vtus, abrits, clairs, transports et mme
instruits par le
travail des machines.
(A. Carrel)

sige du procs [+Humain] sujet affect :


Il tait contrari que le pote nait pas parl de lui
(A. France)

bnficiaire de laction sujet rceptif :


Il a reu la Lgion dhonneur.

perdant de laction :
Comme il arrive lorsquon se hte, lhtel se vidait lentement.
(V. Hugo)

force agissante [- Anim) :


Leurs voix montrent, clatrent terribles
(G. Flaubert)

instrument [- Anim] :
Ce super autocuiseur de 3,50 m de haut pourrait bien rsoudre le
problme des dchets hospitaliers. (Science et avenir, no. 572, 1994)

objet de laction [-Anim] dans les phrases passives :


Ces acides gras sont galement utiliss directement dans la fabrication
des membranes des cellules (ibidem)

Remarque :
La fonction dobjet de laction apparat dans des phrases avec des verbes
actifs :
Le tiroir ouvre mal.

locatif spatial [-Anim] :


Larogare de Santiago est la plus spacieuse que jaie jamais vue (P.
Morand)
2.0. Les ralisateurs du GN1
Le groupe nominal sujet (primaire), constituant fondamental de la phrase
Noyau, peut tre ralis par :
a)un groupe nominal (GN) ou un nominal
b)un pronom
c)un infinitif
d)une proposition verbe fini
Comme tous les autres groupes nominaux, le groupe nominal sujet est
structur suivant la rgle gnrale :
GN = (Pd) + N + (Dt)
Remarque :
Lemploi du Pd comporte certaines restrictions :
-la squence pas de ne prcde jamais le nom Pd ;
-larticle massif singulier est rarement employ en position postverbale
(GN2) :
Du vin se trouve sur la table.
a) un groupe nominal (GN) ou un nominal
Le GN1 peut parfois tre actualis par une srie de sens gnral qui ne
renvoie aucun lment contextuel, linguistique ou situationnel : on,
chacun, personne, nul.
On entend avec les oreilles.
Chacun apportera un cadeau.
Personne nest prophete en son pays.
Le GN1 peut tre ralis aussi par un substitut, vocateur ou anticipant :
Belle couper le souffle, la jeune fille dansait avec grce.
b) un pronom
Le GN1 peut tre exprim par le pronom personnel, forme tonique disjointe
qui nest pas obligatoirement repris par le pronom sujet conjoint
correspondant :
Eux nont jamais travers lAtlantique.
Lui, toujours si gentil, si lgant.
Le pronom neutre il ou ce/cela en position de GN1 recouvre une
divergence dordre grammatical et logico smantique. Le sujet est la
fois sujet grammatical, apparent ou anticipant et sujet logique ou rel :
Cela durait des heures sans quil sen lasst.
(R. Rolland)
Si nous voulons passer la nuit ici, il faut sy mettre tout de suite.
(B. Pierre)

c) un infinitif
Linfinitif de construction directe peut tre le centre dun groupe ayant une
fonction nominale sujet :
Bien boire et bien manger est la caractristique de ces gens.
d) une proposition verbe fini
Une seule proposition peut remplir la fonction de sujet dans diffrentes
situations :
lorsque la proposition est introduite par la conjonction que et elle est
centre autour dun verbe au subjonctif :
Et quil ait certaine connaissance de lconomie politique nest pas
exclu ! (A. Malraux)
lorsque le sujet est introduit par que suivant un verbe sans pronom
neutre (mieux vaut) :
Mieux vaut quil renonce ses mauvaises habitudes.
lorsque la proposition relative est introduite par qui :
Qui peut tre calme ne risque rien.
Qui pourrait y dcouvrir deux innocents ? (P. Mrime)
Au pronom personnel indfini qui, on peut ajouter le pronom didentit tel
ou un dmonstratif (celui pour les personnes et le neutre ce) :
Tel qui rie vendredi, dimanche pleurera.
Celui qui chasse deux livres la fois risque de nen prendre
aucun.
lorsque le sujet est exprim par le pronom indfini quiconque, suivi
dune phrase :
Quiconque la vu peut le raconter.
3. Phrase Noyau binaire et phrase Noyau ternaire
Comme nous lavons dj prcis, la phrase Noyau est dfinie comme une
phrase simple, centre autour dun seul lment verbal. Elle est une unit
syntaxique suprieure aux groupes de mots et, daprs la nature du verbe
prdicatif et la continuit de la phrase Noyau, on a deux types de phrases :
phrase Noyau binaire
phrase Noyau ternaire
La phrase binaire connat une continuit entre le sujet et le verbe :
GN1 ----- V
Tu parles.
(P. Benoit)
La phrase ternaire connat elle aussi une continuit entre le sujet et le
verbe mais, une continuit de marques entre le prdicatif et le sujet aussi :
GN1 ----- V (prdicatif)
Prdicat nominal
Ils seront tous assez heureux.
(ibidem)
[Link] du prdicat avec le sujet
Laccord du verbe (prdicat) avec le sujet consiste dans la combinaison du
verbe avec les marques de personne, de genre et de nombre imposs par
le sujet.
Dans ce quartier, toutes les portes taient fermes.
Le problme de la laccord du sujet avec le verbe est rgl par :

-la structure du groupe syntaxique (GN1) = un seul lment nominal, un


groupe de coordination ou de subordination) ;
-lnonc phrase binaire ou lnonc phrase ternaire (le type de prdicat) ;
-la proximit du sujet (sa position par rapport au verbe) ;
-le sens.
4. 0. Laccord du sujet en nombre
Le sujet peut tre exprim par :
I. un nominal simple ;
II. un nominal complexe.
I. Quand le groupe syntaxique sujet est form dun seul lment nominal,
on distingue plusieurs situations :
1) Le nominal sujet substantif ou pronom ayant le trait [-Collectif] - est au
singulier, le verbe est affect de ce nombre aussi et, lorsquil est au
pluriel, le verbe se met au pluriel :
Un vent lger balayait avec la poussire de la chausse les graines
ailes des platanes.
(A. France)
Les chaloupes continuaient leur navette entre lembarcadre et la
Mduse
(R. Christophe)
2) Le sujet ayant le trait inhrent [+Collectif] impose laccord du verbe au
singulier (amas, bande, groupe, famille, file, foule, majorit, monde,
peuple, srie, suite, totalit, troupe, troupeau) :
La foule du carrefour de la rue de la Seine spaississait rapidement
et se mettait
bouger (R. Barjavel)
Certains noms collectifs et substituts quantitatifs entranent la forme du
pluriel verbal si le verbe se rapporte plutt la multitude des objets
compris dans le nom collectif (plupart5, partie, peu, combien,
beaucoup, nombre, assez). Il sagit de linfluence du sens dans laccord
du verbe au pluriel :
Beaucoup en ont parl, mais peu lont bien connue
(Voltaire)
Les nominaux collectifs qui servent dtiquettes quantitatives font
rarement laccord au singulier, habituellement ils saccordent au pluriel
(dizaine, vingtaine, cinquantaine et tous les noms dits numraux) ; quand
le nom collectif est suivi dun groupe prpositionnel (G prp) laccord
dpend de llment sur lequel on veut insister :
Une dizaine vint mapporter la bonne nouvelle.
Une vingtaine de gens ont protest toute la nuit. / Une vingtaine
de gens a protest
toute la nuit.
3)
Dans la phrase ternaire, laccord se fait soit avec le Prd. (attribut)
soit avec le sujet.
On emploie le singulier pour exprimer lheure, une somme, la dure
temporelle, si le quantitatif exprime la globalit :
Il tait quatre heures aprs-midi lorsque Quantin descendit du train
la gare de
Perrache. ([Link])
La grammaire normative conseille de reprendre le sujet par ce pour mettre
en valeur le nombre du sujet et du verbe :
Cent mille euros cest une grosse somme dargent.
Le sujet exprim par le pronom neutre ce, suivi du verbe tre, demande
laccord au singulier dans la langue courante et le pluriel dans la langue
5

Avec la plupart le verbe saccorde toujours au pluriel.

littraire, si lattribut est un nom ou un pronom la 3-e personne du


pluriel :
Cest des tudiants moi. / Ce sont des tudiants moi.
Cest eux qui ont quitt la ville. Ce sont eux qui ont quitt la ville.
Avec tout cela on fait laccord du verbe au singulier mais au pluriel aussi :
Tout cela se mle, stend, plane, couvre la ville, cache le ciel,
teint le soleil
(Guy de Maupassant)
Tout cela ne sont que des mensonges.
Si le groupe sujet est repris par ce, en langue littraire on fait laccord au
pluriel et en langue courante au singulier :
Tout cela ce ne sont que des mensonges. (langue littraire)
Tout cela cest des mensonges. (langue courante)
4)
Avec le pronom impersonnel il on fait toujours laccord au singulier :
Quand la terre a bien bu, il se forme de petites mares.
(P. de Musset)
Il y avait pourtant quelques familles riches dont la fortune
reprsentait lpargne et
les privations dune longue ligne.
(M. Pagnol)
5)
Les locutions automatises si ce nest, ft-ce, ntait, net
t, peu importe, quimporte, mieux vaut places en tte de la
phrase, peuvent recevoir un sujet au singulier :
Soit les triangles A,B,C et D,E,F.
Net t ses parents, je ne laurais jamais reu chez moi.
6)
Les formes verbales reste, soit, vive peuvent saccorder au pluriel
et au singulier aussi :
Reste les dernires ngociations faire.
Restent les dernires ngociations faire.
7)
Si les GV vive, ntait, reste, soit, mieux vaut occupent une place
aprs le sujet, ils saccordent toujours avec le sujet :
Les tortues vivent longtemps.
II Si le sujet est un nominal complexe (le sujet est form de plusieurs
lments nominaux) on distingue plusieurs situations :
1)
Le sujet est un groupe de subordination.
Si le groupe sujet a la configuration suivante : un nominal [+Collectif] qui
exprime la quantit ou un quantitatif proprement dit + un nom au pluriel,
le verbe saccorde soit avec le nominal centre soit avec le second lment,
suivant le sens. Par consquent on aura la dichotomie suivante :
quantit globale (singulier) / vs / quantit diffrencie (pluriel)
Une arme de marmites et de casseroles reposait sur un lit de braise
(E. Moselly)
Une arme de servantes, de marmitons se dmenaient. (ibidem)
Un peuple doiseaux sifflaient, chantaient, gazouillaient, criaient
(F. de Croisset)
Une troupe de canards sauvages, tous rangs la file, traversait en
silence un ciel
mlancolique (Chateaubriand)
Il y a une tendance dans la langue moderne faire laccord au pluriel (plus
prcisment avec le terme le plus rapproch qui est au pluriel).
2)
Les nominaux quantitatifs : la plupart, un grand / bon certain
nombre, une (bonne) partie, la plus grande partie, la majeure

partie, la (une) majorit, la (une) minorit, une multitude, une


foule, une infinit, le reste, le peu, le surplus + de suivis dun nom au
pluriel, imposent laccord au singulier (pour un sens strict, exact) et au
pluriel (pour exprimer une quantit approximative) :
Le peu de cheveux qui reste grisonne allgrement. (G. Duhamel)
Le peu de matelots qui restaient essayrent dimplorer la piti des
rvolts.
(P. Mrime)
Aprs le surplus de, le verbe se met au singulier :
Le surplus dconomies est employ pour les loisirs.
3)
Quand le groupe sujet est exprim par un nom de fractions, le verbe
est au singulier ou au pluriel, suivant lopposition dtermination prcise /
vs / dtermination approximative (la / une moiti, le / un tiers) :
Presque la moiti des tudiants a pass lexamen de linguistique
gnrale.
Les pourcentages (des pluriels lorigine) demandent traditionnellement
laccord au pluriel :
Si 33% des cadres se plaignent des conditions pratiques, 40%
invoquent lorganisation interne
(Le Point, no. 1009 / 1992)
Si le pourcentage est considr une quantit unitaire, on emploie le verbe
au singulier :
18% est norme pour le taux de chmage.
4)
Si les substituts quantitatifs : assez, beaucoup, combien, peu,
trop, quantit, nombre, pas mal oprent comme des dterminants du
nom, laccord est au pluriel :
Beaucoup de femmes travaillent pour la scurit sociale.
Peu de gens acceptent la pornographie.
Le verbe est au singulier si on veut souligner lide de quantit :
Nombre de gens accepte le compromis.
Dans une construction sujet groupe du type plus dun + N, le verbe est
au singulier (sont excepts les verbes rflchis de sens rciproque) :
Plus dun visiteur est venu.
Plus dun visiteur se regardaient les uns les autres.
Le groupe sujet moins de deux + N, signifiant la dtermination de
proximit, fait laccord au pluriel :
Moins de deux semaines se sont coules depuis.
Le groupe sujet pas moins de + N demande laccord du verbe au pluriel :
Pas moins de cinq ouvriers ont russi soulever le piano.
5)
Le groupe sujet est un groupe de coordination.
Si les constituants du GN1 forment un groupe appositionnel un seul
rfrent, le verbe est au singulier :
Jean, le frre de mon voisin, fait son service militaire.
Quand les sujets juxtaposs dun verbe forment une gradation laccord se
fait daprs le sens. En loccurrence dinclusion (il sagit dune gradation
smantique ou synonymie du discours lorsque les sujets ne sajoutent pas
mais ils se moulent dans une seule ide) on emploie le singulier et, en
loccurrence daddition on emploie le pluriel :
Crainte, souci, mme le plus lger moi svaporait dans son sourire
(A. Gide)

La pluie, le vent, lorage chantent leurs oreilles les enseignements


sacrs (J. Giono)
Si un nominal reprend en rsum les sujets numrs par un terme du
type tout, personne, rien, ce dernier impose laccord au singulier :
La chaleur, le ronronnement sourd des paroles, le ptillement de la
flambe, tout
concourt crer une atmosphre de bonheur
(E. Rocher)
Ouvriers et apprentis, personne ne flne, tous travaillent avec
ardeur
(Cours suprieur dorthographe, E. & O. Bled)
Les sujets lis par la conjonction et, exigent laccord du verbe au singulier
sil y a exclusion de membres et accord au pluriel sil y a addition de
membres :
Mon ami et mon collgue est un type gnial.
Mon ami et mon collgue sont dexcellents athltes.
La suite lun et lautre, substitut des nominaux sujet, demande le verbe
au pluriel et, en position de Prd du sujet, demande /rgit le verbe au
singulier :
Lun et lautre proposition est canonique en franais.
La suite et surtout, conjonction compose qui lie les sujets, admet le
verbe au singulier ou au pluriel :
La fleur et surtout la rose, symbolise / symbolisent lamour.
Si les constituants du groupe sujet sont lis par la conjonction ni, le verbe
se met gnralement au pluriel :
De mme, ni le nombre des conseillers, ni leurs comptences ne
sont encore arrts
(Libration, 9 juillet, 1982).
La conjonction de coordination ngative ni peut aussi imposer le verbe au
singulier lorsquil sagit dune exclusion logique :
Ni Marie, ni Simone ne fit son apparition.
Aprs ni lun ni lautre, le verbe est le plus souvent au singulier.
Cependant, le pluriel nen est pas exclu :
Ni lun ni lautre ne fera / feront rien.
Quand llment de relation entre les sujets est la conjonction ou, laccord
varie en fonction du sens :
exclusion (singulier) / vs / alternative (pluriel)
Le matre attend que le soir qui tombe ou le jour qui blanchit les
carreaux lui
emporte son mal ou sa vie.
(A. Daudet)
Sa perte ou son salut dpendent de sa rponse (Racine)
La relation de coordination faite par non seulement mais encore,
impose laccord avec le dernier terme mais on nexclut pas des variations
smantiques :
Non seulement sa robe mais son manteau aussi est bien coup.
Non seulement sa veste mais son sac aussi sont rouges.
Autres lments de relation tels que : avec, de mme que, ainsi que,
aussi bien que, imposent laccord du verbe au pluriel soit au singulier
seulement si le deuxime sujet a un caractre parenthtique6 :
6

Le discours, tant l'oral qu' l'crit, suppose une succession d'noncs. l'oral, cette
succession se manifeste principalement par un ordre temporel, tandis qu' l'crit, l'ordre

Ma sur avec son mari sont venus me voir.


Ma sur, avec son mari, est venue me voir.
Lagriculture aussi bien que le commerce assurent la prosprit de
cette rgion.
Lagriculture, aussi bien que le commerce, assure la prosprit de
cette rgion.
4.1. Laccord en personne
Si le sujet est multiple, le choix de la personne tiendra compte du principe
dhirarchie, la premire personne emportant sur la deuxime, la
deuxime sur la troisime, etc. :
Delphine et Mariette tudiaient leur gographie dans le mme livre.
(M. Aym)
Le concierge et toi devriez aller voir au troisime tage.
Marie et moi sommes parties nager.
Souvent, le sujet de personne diffrente est repris par le pronom pluriel qui
dsigne la valeur du verbe :
Jean et toi, vous ts partis pour la France.
4.2. Laccord dans les propositions relatives
Dans la proposition relative o le sujet est exprim par un pronom
personnel de forme tonique - pronom plac entre les constituants du
prsentatif cest qui - le prdicat saccorde en nombre avec ce pronom
personnel disjoint (repris en ralit par qui) :
Je regardais mon grand-pre faire sa barbe, cest moi qui
commenais faire
mousser le savon.
(Girardin)
Si le pronom dmonstratif prcde le dmarcateur qui, cest le premier qui
impose laccord du verbe :
Vous tes ceux qui prennent les dcisions.
Si le dmarcateur qui est prcd dune srie du type un de ceux, un
des, le prdicat est toujours la troisime personne du pluriel :
Il est lun de ceux qui ont visit cette cit mdivale.
Il existe aussi des structures o le pronom personnel est celui qui
dtermine laccord :
Vous tes de ceux qui avez visit cette cit mdivale.
Si la proposition rgissante est ternaire, cest le sujet de cette proposition
qui impose laccord verbal :
Vous tes une quipe qui jouez bien.
Si le dmarcateur qui est prcd dune srie du type : le seul, le
premier, laccord se fait soit avec le sujet, soit avec le centre de la
relative :
Tu es le seul qui saches (sache) la vrit.
Je suis le premier qui aie (ait) le rsultat.
Si le dmarcateur qui est prcd dune suite ngative restrictive, il ny a
que + GN, le prdicat saccorde en personne et en nombre avec llment
nominal repris par qui (nominal considr centre) :
Il ny a que vous qui sachiez la bonne rponse.
linaire prend en charge la succession que l'on peut aborder en termes de progression.
L'une des manifestations particulires de la progression discursive : celle, voisine des
incises et incidentes, est appele insertion parenthtique.

Si le dmarcateur qui est prcd des suites du type : un homme


comme moi, des gens comme vous, laccord du prdicat se fait
presque toujours la troisime personne :
Des gens comme vous qui savent si bien jouer du piano.
4.3. Laccord smantique et laccord formel
En franais contemporain, laccord smantique perd du terrain en faveur
de laccord formel ou laccord des constituants. Ce dernier type daccord
se prsente sous des formes diverses :
laccord des collectifs suivis dun dterminant au pluriel ;
laccord des sujets en apposition ;
laccord rgi par le prdterminant dans les structures ternaires.
4.4. Laccord en genre
Gnralement, le verbe saccorde en personne et en nombre avec le sujet.
Le participe pass dun verbe un temps compos se manifeste comme
un vritable adjectif, raison pour laquelle il fait laccord en genre et en
nombre avec le sujet de la phrase, si le verbe se conjugue avec tre.
Moins variables que les adjectifs, les participes passs prsentent une
variation formelle de genre tandis que sur le plan de lexpression,
lopposition de nombre est inexistante.
Il existe plusieurs catgories de verbes qui se conjuguent avec lauxiliaire
tre et qui font laccord du participe pass en genre et en nombre avec le
sujet de la phrase :
1.
Certaines catgories de verbes intransitifs :
a)
verbes de dplacement ou de mouvement et leurs drivs :
(sen) aller, arriver, partir (repartir), venir (advenir, devenir, intervenir,
parvenir, survenir, revenir).
Une belle alouette huppe tait arrive dun vol au bord de la mare.
(Fabre)
Je ne suis pas venue pour vous faire des reproches.
(G. Simenon)
Elle est repartie sans regret.
Le driv du verbe partir repartir (partir de nouveau) a un homonyme
repartir - qui signifie rpliquer, rpondre et qui se conjugue toujours
avec lauxiliaire avoir :
Tu me manques, repartit il.
Les drivs du verbe venir qui reoivent un complment direct ou indirect
se conjuguent avec lauxiliaire avoir : circonvenir, contrevenir, prvenir,
subvenir.
Il a contrevenu aux ordres de son chef.
Jai prvenu que je serai en retard.
Le malfaiteur a circonvenu le patron du magasin.
Cette banque suisse avait subvenu les tudiants surdous.
b)
verbes dvnement, de changement dtat ou verbes
inchoatifs7 : clore, dcder, mourir, natre, grandir, blanchir, rougir, se
passer, se rouiller :
Aujourdhui, maman est morte. Ou peut-tre hier, je ne sais pas.
(A. Camus)
Le fer se rouille.
7

Les verbes inchoatifs dsignent un commencement de laction ou un passage dun tat lautre (beaucoup de
verbes du II-e groupe qui sont drivs dadjectifs et beaucoup de verbes rflchis).

c)
verbes copules : demeurer, descendre, redescendre, entrer,
rentrer, devenir, monter, remonter, retourner, sortir, ressortir, tomber.
Elle nest demeure quune semaine dans notre ville (avec le sens
de sarrter, rester
quelque part, rester en quelque tat, se fixer )
Tout coup le tonnerre a grond, la pluie est tombe
(J. Valls).
Ces verbes, employs transitivement, se conjuguent avec lauxiliaire
avoir :
Il a mont les malles dans le grenier.
Avec le sens de habiter , le verbe demeurer se conjugue avec avoir :
Nous avons demeur plusieurs annes dans cet immeuble.
Mme dans leur emploi intransitif ces verbes se conjuguent avec
lauxiliaire avoir, si on veut mettre en vidence laction et non le rsultat
de cette action :
Le Danube a mont dune vingtaine de centimtres.
d)
verbes qui se conjuguent tantt avec tre tantt avec avoir
daprs lopposition smantique :
accrotre, atterrir, baisser, cesser, changer, convenir, dgnrer,
dmnager, diminuer, disparatre, divorcer, chouer, embellir, enlaidir,
grandir, grossir, maigrir, paratre, passer, rajeunir, rsulter, sonner, vieillir,
etc
Le verbe convenir, avec le sens de plaire , se conjugue avec avoir ;
avec le sens de tomber daccord il se conjugue avec tre et, par
consquent, son participe pass fait laccord avec le sujet de la phrase :
action (avoir) / vs / rsultat de laction (tre)
Il lui a convenu la situation.
Les ministres sont convenus de se runir chaque anne.
Le verbe paratre qui rfre une personne se conjugue avec avoir :
Elle a paru en robe de soir.
Le verbe passer dans la construction passer pour + adjectif
qualificatif, se conjugue avec avoir :
Il a pass pour un coureur de jupons.
Le verbe chouer employ avec un sens abstrait se conjugue avec avoir :
La grve des cheminots a chou.
2.
Verbes employs la forme passive :
Avec ce type de verbes il y a toujours accord du participe pass avec le
sujet :
Les quais taient envahis dune foule affaire
(A. Daudet)
Nous sommes envelopps dun nuage dinsectes ivres de fureur et
continuons en
souriant
(Maeterlinck).
3.
Verbes pronominaux :
Ces verbes prsentent quelques cas particuliers :
dans la langue courante, surtout au code oral, on nglige parfois laccord
en genre ;
le pronom rflchi est parfois un objet indirect et dans ce cas le participe
pass reste invariable.
a)
verbes essentiellement pronominaux (le verbe rflchi ne peut
pas tre analys du point de vue de la fonction syntaxique): sabsenter,

sabstenir, saccouder, saccroupir, sacheminer, se cabrer, se dmener,


sadonner, sagenouiller, se dsister, se ddire, sbattre, se blottir,
sbrouer, scrier, scrouler, sefforcer, slancer, semparer, sempresser,
sen aller, senfuir, senqurir, sentraider, senvoler, spandre, sesclaffer,
svader, svanouir, svertuer, sexclamer, sextasier, se formaliser,
simmiscer, sinfiltrer, singnier, singrer, sinsurger, se lamenter, se
mfier, se mprendre, se moquer, sobstiner, se prosterner, se raviser, se
rebeller, se ratatiner, se rebiffer, se rcrier, se recroqueviller, se rfugier, se
renfrogner, se rengorger, se repentir, se soucier, se souvenir, se suicider,
se tapir, se targuer.
Les enfants se sont envols successivement
(Lamartine)
Jentends le gazouillement confus des hirondelles qui se sont
empares de la maison
(X. de Maistre)
Sils staient enfuis, sils avaient t blesss, il aurait certainement
entendu quelque bruit
(P. Mrime)
Le verbe sarroger rgit toujours un complment dobjet direct. Son
participe pass ne saccorde jamais avec le sujet du verbe mais avec le
complment dobjet direct quand celui-ci est plac avant le participe :
Des chefs se sont arrog le droit extravagant de disposer dautres
tres humains
(G. Duhamel)
Ces privilges quils se sont arrogs sont excessifs.
b)
verbes pronominaux moyens, dexprience subjective et
inchoatifs ou verbes dynamiques. Ces verbes ont un sens assez
diffrent de celui des verbes actifs : sapercevoir, sappeler, sattaquer,
sattendre, saviser, se commettre, se conserver, se dire, se distinguer, se
douter, schapper, sennuyer, se fabriquer, se garder, se gurir, se jouer,
se laver, se lire, sopposer, se plaindre, se prvaloir, se rjouir, se remplir,
se saisir, se servir, se rveiller, se taire, se trouver, etc.
Je men suis doute ds que tu me las prsent.
(G. Simenon)
Le tambour et les trompes se sont tus
(A. Gheerbrant)
c)
verbes pronominaux de sens passif : se construire, se jouer, se
parler, se nommer, se vendre, se vider. Ce nest pas le sujet qui fait
laction, il la subit. Le participe pass saccorde avec le sujet :
Les hameaux staient vids de leurs mendiants
(P. Loti)
Jai fait un signe, ses yeux se sont remplis deau
(G. Duhamel)
d)
verbes pronominaux de sens rflchi : se dcider, se heurter,
simaginer, se laver, se cogner, se prparer, etc. Ces verbes font laccord
du participe pass si lobjet direct ralis par un nominal ou une
proposition infinitive, antpose lauxiliaire :
Le prtre qui stait lav les mains balbutiait une prire
(E. Zola)
Tous les autres bruits habituels de la brousse se sont teints

(Baratier)
e)
verbes pronominaux rciproques : sappeler, se battre, se parler,
se regarder, se rencontrer, se sparer, se saluer, etc.
***Les lutteurs se sont tordu les bras, se sont frott les visages, se
sont entortills
comme des serpents
(F. Mistral)
Ils staient simplement regards.
(P. Humbourg)
f)
verbes pronominaux suivis dun prdicat nominal / attribut
du sujet :
saffirmer, se croire, simaginer, se montrer, se rendre, se sentir, etc.
Jai bu ma petite tasse de caf matinale, et je me suis sentie
ragaillarde
(S. Prou)
Elles se sont montres trs contentes.
g)
verbes pronominaux factitifs (se laisser, se faire + Infinitif) :
Le participe pass des verbes laisser et faire suivis dun infinitif,
observent la rgle daccord du participe pass employ avec avoir suivi
dun infinitif. Si entre le sujet du verbe pronominal et le sujet de linfinitif il
y a de la concidence, on fait laccord du participe pass avec le sujet de la
phrase :
Elles se sont laisses mourir de faim.
Ils se sont laiss convaincre par leurs collgues.
Leurs leons se sont fait entendre.
(F. Fromentin)
h)
verbes pronominaux intransitifs indirects : se complaire, se
dplaire, se plaire, se mentir, se nuire, se ressembler, se rire, se sourire, se
succder, se suffire, se survivre, etc.
Les participes passs de ces verbes sont invariables :
Les quatre coups de fusil staient succd avec une rapidit
incroyable.
(E. Zola)
Mme de Beaumont avait plant un cyprs et elle stait plu me le
montrer.
(Chateaubriand)
Sans stre parl, ils arrivent au tournant du chemin.
(E. Zola)
Ne confondons pas le pronominal se parler (parler soi) au participe
invariable, avec se parler valeur passive, au participe variable :
Ils ne se sont pas parl plus dun an.
Autrefois, les patois se sont parls plus que le franais.
4.5. Laccord dans la phrase ternaire
Le phnomne syntaxique de laccord se manifeste de la mme manire
dans la phrase ternaire qui est organise autour de la copule tre. La
phrase ternaire a une structure tripartite qui demande un accord complexe
entre les constituants de la phrase - GN1 sujet, V prdicatif et Prdicat
nominal :
accord en genre et en nombre entre le Prdicatif ralis par un
adjectif ou un nom de qualit et le GN1;
accord en nombre entre le GN1 et le verbe principal ;

accord entre le verbe principal et le Prd.


Laccord en genre et en nombre entre le Prd et le sujet peut tre un
accord vocateur ou un accord anticipant :
Ainsi inaltrables et pourtant dj altres, mapparaissent Diane et
Rose. accord
anticipant
(Lucien Bodard)
Les herbes taient limpidement bleues.
(mile Zola)
Parfois, ces phrases entranent des variations daccord, avec le sens (le
rfrent) des pronoms personnels sujets, neutraliss contextuellement :
Nous avons t sage aujourdhui (nous = tu, structure
caractristique du langage
des enfants).
On est contraris (on = nous).
Ma belle, on est encore contrarie ?
(P. Benoit)
Es-tu contente, mon chou ?
Dans le cas des phrases ternaires dont le prdicat est exprim par la
locution avoir lair + adjectif (locution partiellement bloque) ou les
locutions se faire part, demeurer / rester court (locutions compltement
bloques), laccord avec le sujet prsente des variations daprs le sens :
Le prdicatif saccorde avec le sujet si le sujet est un nom [-Anim] :
La maison avait lair abandonne.
Les maisons avaient lair abandonnes.
Le prdicatif saccorde avec le sujet si le Prd est incompatible, du point
de vue smantique, avec le nom air :
La fille a lair srieuse.
Laccord du prdicatif avec le sujet exprime une qualit permanente et,
avec le nom air, une qualit accidentelle, momentane, quand le sujet est
un N [+Humain] :
La fillette a lair douce.
La fillette a lair doux.
Elles avaient lair somnambules, force davoir lair rveur.
(Barbey dAurevilly)
Remarques sur quelques structures :
Dans la locution se faire part + infinitif, ladjectif prdicatif fort, reste
invariable ; suivi dun lment nominal le prdicatif fort fait laccord :
Elle sest fait fort rsoudre ce problme.
Elle sest fait forte de cette exprience.
Dans les locutions rester court et demeurer court, ladjectif prdicatif court
reste invariable :
La surprise le fit demeurer (rester) court.
Si le prdicatif est un nom de qualit, laccord se fait suivant la rgle
gnrale :
Elle est blanchisseuse.
Si le Prd est un nom qui ne connat quun seul genre indiffrenci ou
genre antinaturel, la continuit des marques est supprime :
Ce jeune homme est une sentinelle.
Elle est devenu un clbre crivain.
Trois femmes sont tmoins.
La cigogne est un chassier.

Avec lexpression un air, ladjectif reste au masculin :


Il ny avait pas jusquaux pauvres animaux qui navaient un air
dabandon au milieu
de ces ruines.
(Erckmann Chartian)
5.
Les sujets inverss
Dans la phrase franaise, lordre progressif GN GV nest pas obligatoire,
cependant lordre des mots nest pas compltement libre non plus.
Les modifications subies par lordre dit progressif ont pour effet le
changement de position du sujet dans la phrase canonique.
La structure de la phrase canonique est celle dune phrase assertive,
simple ( une seule structure phrastique) et neutre (le ngatif,
lemphatique, le passif et lexclamatif y sont exclus) :
Le clair de lune entra aussitt dans la chambre.
(G. Bernanos)
Le sujet dune telle structure est gnralement plac en tte de la phrase.
Traditionnellement, il y a quatre types dinversion du sujet :
linversion pronominale : les pronoms personnels sujets (on et ce
y compris), postposent le prdicat la forme simple ou le premier
lment du prdicat la forme compos :
Aimez-vous Brahms ?
(F. Sagan)
A-t-il t flicit ?
Men aurais-tu donn 10% du profit je taurai vendu ma firme.
linversion nominale : les groupes nominaux ou les pronoms
personnels, autres que ceux qui se prtent linversion pronominale,
posteposent le prdicat (linfinitif y compris) :
De la plaine monte lodeur de lhumidit fconde et le chant du
premier soleil.
(P. Mja)
Je vais vous dire ce que me rappellent tous les ans le ciel agit de
lautomne et les feuilles qui jaunissent.
(A. France)
Dans cette station avaient pass de belles vacances plus de 2000
touristes.
linversion complexe : le sujet nominal conserve sa place mais il
est repris aprs le verbe par la forme correspondante du pronom
personnel sujet de la troisime personne singulier ou pluriel :
Quand Marie est-elle venue nous voir ?
linversion interrogative : totale, partielle, directe, indirecte.
Linterrogation pronominale est possible en interrogation directe partielle
ou directe totale :
coute-t-il ?
O allez-vous ?
Linversion nominale est possible dans linterrogation partielle directe et
indirecte :
Quen pensent vos parents ?
quelle heure part le TGV ?
Je me demande quelle heure / part le TGV / le TGV part ?

Linterrogation indirecte totale est incompatible avec toute forme


dinversion du sujet.
Linterrogation directe partielle accepte tout type dinversion :
Comment parle-t-elle le franais ?
Comment parle Marie le franais ?
Comment Marie parle-t-elle le franais ?
- Linversion du sujet appartient plutt la langue littraire. Certains cas
correspondent des oprations de topicalisation et de thmatisation
raliss par diffrentes espces de phrases emphatiques : Il ira loin, ce
petit Cest Jean qui prononcera le discours Ce qui me plait, cest sa
franchise. (M. Riegel, 1998 : 134).
Nous prsentons ci-dessous la distribution des diffrents cas dinversion du
sujet :
1.
Les verbes de communication du type : arriver, avancer, commencer,
entrer, paratre, prcder, rester, suivre, survenir, etc., qui antposent un
GN1 ralis par un substantif :
Viendra le temps o la vache aura besoin de sa queue.
(proverbe)
Cette campagne, o abondaient les friches, menchantait.
(E. Herriot)
2.
Les noncs appartenant au style scientifique ou au style
administratif (dfinitions, avis, formulaires, noncs) ou le sujet postpos
est, du point de vue logique, le vrai prdicat :
Soit le triangle isocle ABC
3. Dans les propositions incises (dit-il, rpondit-il, reprit-il, pensa-t-il, fit-il)
et
incidentes, le sujet pronominal ou nominal plac
lintrieur ou la fin dun passage au discours direct ou indirect libre,
est toujours postpos :
Vous avez entendu parler de lui ? demanda-t-il.
Dis donc, demanda-t-il / demanda Paul, tu lpouseras ?
Dans la langue courante on vite linversion du sujet et on antpose la
conjonction que la proposition incise :
Dis donc, quil demanda
Les phrases qui ont un caractre plus subjectif dont le sujet est un
pronom de 1-e personne - respectent lordre canonique GN GV,
surtout si le verbe est au prsent de lindicatif :
Le froid, je pense, affecte les vieux et les enfants.
Linversion du sujet est garde dans les phrases qui engagent un verbe
de communication de smantisme plus fort :
Allons, je vous en prie, oncle Urbain ! coupa Jacqueline, impatiente.
(M. Druon)
La phrase incise ce semble nadmet pas linversion cause du sujet
neutre ce. Cependant, on peut dire soit il me semble soit me
semble-t-il :
Il a ramass la veste, il me semble.
Il a ramass la veste, me semble-t-il.
Dans le registre courant, on vite souvent linversion, la conjonction
que antposant lincise :

Il a ramass la veste quil me semble.


4. Les phrases qui commencent par le dterminant verbal de sens
restrictif seul, demandent linversion du sujet :
Seul importe la sant.
5. On fait linversion dun sujet substantival dans les phrases introduites
par des circonstants adverbes de temps, de lieu, de manire : ici, l, de
l, dehors, dedans, ailleurs, par l, partout, nulle part, dabord, aprs,
puis, alors, enfin, ensuite, de nouveau, dj, jadis, jamais, aujourdhui,
hier, parfois, ainsi, lentement, doucement, etc. :
Puis commencent les chants
(J. Michelet)
Au loin, dans la nuit, rsonnent sur la neige les sabots dun cheval,
tinte un grelot.
(M. Colmont)
6. Si la phrase entrane un groupe prpositionnel circonstanciel de lieu, de
temps, de manire, et le sujet est habituellement un groupe plus
complexe, linversion est impose par des raisons dquilibre et de
rythme de la phrase :
Bientt apparut un gros petit homme qui fut accueilli par une
flatteuse rumeur
(H. de Balzac)
7. Linversion dans des phrases introduites par un prsentatif ou rgies
par une proposition modalisante :
Cest vers le monde imaginaire o rsonnent, proches ou lointains,
grandes voix du
malheur et du mal
(M. Genevoix)
8. Linversion simple pour les sujets pronominaux et linversion complexe
pour les sujets substantivaux, dans les phrases qui commencent par
des adverbes conjonctifs et propositionnels : ainsi, de mme, aussi, au
moins, du moins, toujours, encore, tout au plus, tout juste, peine,
sans doute, peut-tre, probablement, en vain, vainement, inutilement,
rarement, volontiers, etc. :
peine avions-nous fait trois milles que deux cavaliers voils de
bleu firent
irruption devant nous
(A. Maalouf)
Ainsi, chaque citoyen vit-il avec rve juste au-dessus de ses
moyens
(Franois de Closets)
Aussi mavez-vous dj pardonn.
(G. Bernanos)
Peut-tre te laisseras-tu mouvoir, par son age, son pass, son
avenir.
(E. Ionesco)

En vain treignait-il la poitrine sonore, le corps extenu vibrait


jusqu sa dernire
fibre.
(G. Bernanos)
Encore faut-il croire que ce fantme a pris la perruque du partisan.
(M. Pagnol)
Sans doute eut-il t chass des abords, sil ne stait retir au
centre mme de la
forteresse.
(G. Bernanos)
Alors commena la plus belle analyse grammaticale que jaie
entendu faire de ma vie.
(J. Girardin)
Au moins sont-ils des prtres mdiocres, presque tous aisment
reconnaissables.
(G. Bernanos)
9. Les phrases ternaires qui commencent par un prdicat adjectival
entranent linversion du sujet en quelques situations :
a) emploi emphatique caractristique de la langue littraire avec
des adjectifs tels que : heureux, malheureux, pauvre, rare, grand,
tel, etc. :
Telle fut la brusquerie de lattaque, () quil se jeta hors de son lit,
schappa
(G. Bernanos)
Nombreuses sont les femmes qui prfrent la carrire au dtriment
du mariage.
b) dans le style administratif, juridique, scientifique (comptes-rendus,
avis, dfinitions), le verbe copule en cohsion avec le Prd. est en
tte de la phrase :
Sont bons citoyens ceux qui participent aux lections.
Sont dclars admis les suivants candidats.
Sont pris de se prsenter au bureau du PDG les chefs de
dpartements.
c) les adverbes quantitatifs, comparatifs et temporels favorisent
linversion (facultativement) : si, tant, seul, combien, jamais,
aujourdhui, plusplus, moinsmoins, etc.
Plus navrante et plus grise est limpression que laisse lEducation
Sentimentale.
(Lanson)
Net-t, ntait, si+Adj, paraphrasables par si, pour peu que,
introduisent des propositions circonstancielles et demandent
linversion du sujet :
Il remontera tous les obstacles si difficiles soient-ils.
Net t son dvouement, elle naurait jamais surmont les
difficults.

Les propositions relatives introduites par un pronom relatif, autre


que qui, permettent la postposition du sujet :
Les silhouettes des objets sur lesquelles glisse la neige se dcoupent
en noir.
(Th. Gautier)
Le baraquement () tait travers de bout en bout par un couloir
sur lequel souvraient les chambres.
(P. Benoit)
Aujourdhui on manifeste de plus en plus la tendance de garder
lordre canonique GN GV, surtout dans la langue parle.
6.

Le Groupe Prdicatif (G Prd)

La phrase Noyau canonique a deux constituants obligatoires : Le GN1 dont


le comportement nous avons dj prsent et le GPrd.
Le GPrd prsente une structure traditionnelle du type suivant :
lment verbal (pivot verbal / verbe fini) ;
les dterminants, les constituants ou les modificateurs du procs spcifi
par le verbe.
Les dterminants sont :
les complments dobjet
les complments circonstanciels.
Le verbe peut avoir soit des dterminants obligatoires et alors il
constituera le GV, soit des dterminants non obligatoires (ajouts ou
adjoints) et alors il constituera le GAdv.
GPrd
GV
Elle est inhabite

GAdv
depuis un an.

(G.

Simenon)
En labsence de dterminant, le GPrd se rduit au seul constituant GV.
Concarneau est dsert.
(GV)

(G. Simenon)

Smantiquement et syntaxiquement, ces modificateurs du procs spcifi


par le verbe, peuvent tre soumis des interprtations diffrentes,
indispensables la bonne formation de la phrase. On peut galement
distinguer le nombre de complments (la construction directe ou indirecte
des complments par la forme spcifique des pronoms personnels, relatifs,
interrogatifs et indfinis qui leur sont substituables).
6.0.

Complment dobjet/vs/complment circonstanciel

La distinction complment dobjet / vs / complment circonstanciel est


faite par selon le comportement des units constitutives propositionnelles,
la fonction syntaxique et le rapport smantique qui relie ces units
propositionnelles.
Les ralisateurs du GV dpendent des proprits smantiques du verbe et
de ses aptitudes combinatoires.
Le complment dobjet est dfini selon la proprit de certains verbes
davoir un rgime dont lintroducteur est dtermin (rection) de ce quon
appelle transitivit directe ou indirecte.
Le complment circonstanciel se dfinit par sa capacit de fournir les
informations concernant le cadre o le procs a lieu : espace, temps,
manire, etc.
Tous les deux, le complment dobjet et le complment circonstanciel
peuvent tre identifis par le test de la pronominalisation (indfinie,
interrogative au cas du complment circonstanciel) qui rpond aux
questions suivantes :
Pour le complment circonstanciel :

Pour

le

complment

dobjet :
O est-il ?
Quand rentre-t-il ?
Comment parle-t-il ?
Pourquoi pleure-t-elle ?
Avec quoi arrosent-ils ?
En quoi est-il ?

Qui a-t-il rencontr ?


Qua-t-elle eu ?
qui a-t-il dit?
quoi a-t-on renonc ?
De qui parle-t-il ?
De quoi se moquent-

ils ?
Pour quelle raison ment-il ?
quelle heure arrivent-ils ?
Depuis quand boivent-ils ?
[Link] /vs/ Adjoint
Parmi les constituants de la phrase Noyau il y en a qui sont obligatoires
mais il y en a aussi qui sont facultatifs, adjoints ou ajouts.
Selon le rapport dimplication entre le verbe pivot et ses dterminants, les
verbes franais sont classifis en : verbes dtermins et verbes non
dtermins [ dtermin]
Par consquent, les dterminants des verbes sont obligatoires
(complments) et facultatifs (adjoints ou ajouts). Cette distinction sappuie
sur un critre de ncessit mais, selon le critre syntagmatique de base,
on peut aussi considrer une hirarchie des constituants. Lordre des
constituants sera dict par les relations de dpendance entre le verbe et
ses dterminants. On aura par la suite des dterminants domins par le
GV ou des dterminants domins par le GPrd.
7.

Le prdicat nominal (le prdicatif)

Dans la phrase Noyau ternaire qui connat une continuit de marques


entre le sujet et le verbe, mais entre le prdicat nominal et le sujet aussi
le prdicatif est un constituant obligatoire rgi par un verbe copulatif
(verbe lien) du type tre et notamment devenir, paratre, sembler, rester.
Ils sont mchants.
Elles semblent contentes.
Entre le verbe copulatif et le Prdicatif stablit une relation dimplication
rciproque, mme dans les situations o le verbe nest pas toujours
copulatif comme dans lexemple suivant :
Il partit soulag.
Ce type de phrase o le verbe pourrait recevoir un dterminant nominal ou
adjectival, implique un verbe de type tre. La phrase pourrait alors tre
rduite en deux autres phrases : une binaire et une ternaire.
Il partit soulag Il le partit.
Mais :
Il tait soulag Soulag, il ltait.
Autour du verbe copulatif sont centres deux classes de phrases :
phrases attributives (qualifiantes) non rversibles ;
phrases quatantes (rversibles).
Jean est indiffrent ce sujet
Ce professeur est Jean. Jean est ce professeur.
7.0.

Phrases ternaires qualifiantes.

Le Prd dune phrase ternaire est ralis soit par un adjectif soit par un
nominal sans article, habituellement prcd dun dterminant
dnombrant et lui attribuant ainsi la valeur dadjectif.
Du point de vue de lincidence il existe deux types de Prd :
le Prd attribut du sujet (incident au sujet de la phrase) ;
le Prd complment dobjet direct (incident lobjet direct).
Les prunelles fltries achvent de sgrener et comme la gele a
pass dessus
celui qui les aime les trouvent dlicieuses.
(J. Renard)
Jai vu les valeureuses, les spirituelles msanges bannir dun rondpoint
Quelles avaient lu, un couple de geais.
(Colette)
Le Prd, constituant obligatoire de la phrase ternaire, attribue une qualit,
soit au sujet soit lobjet direct de la phrase, par lintermdiaire dun
verbe copule.
Les Prdicatifs incidents au sujet sont rgis par plusieurs catgories de
verbes :
1. verbes dexistence, de persistance, de devenir, dapparence, etc.

La poule bouillie et le veau aux carottes taient avals en silence.


(R. Charmy)
Un magister tenait agenouills au pied de sa chaire une douzaine
denfants.
(A. France)
Des aventures de ce genre nous rendaient circonspects. (I. Mass)
2. verbes de jugement et dexprience subjective qui incorporent le verbe
copule tre, rduit en surface :
Le htre rit, le sapin pleure. Parfois on les trouve mls. Parfois ils
sont
mls. (J. Michelet)
() il se croit gar () Il se croit quil est gar. (La Bruyre)
3. certains verbes causatifs ou certains verbes dopinion employs la
voix passive et attribuant au procs une certaine qualit : tre rendu,
tre prsum, tre suppos, tre racont, tre rapport, tre pressenti,
tre prtendu, tre admis, tre imagin, tre pens, etc. :
Jean Marin tait nomm conseiller dtat. (G. De Maupassant)
Le Prd attribut du sujet peut antposer le verbe pour des raisons
emphatiques et stylistiques :
Trs mfiants, trs difficiles attraper, les papillons se posaient un
instant
sur les graines parfumes des muscats () (P. Loti)
claires par la rverbration, deux figures surgissent trangement
prcises.
(E. Moselly)
Intelligent, si vous le croyez, je ne vous contredis pas.
Le Prd qui antpose le verbe ou est situ en tte de phrase peut tre
mis en vidence par la prposition pour :
Pour intelligent, si vous le croyez.
Le Prd attribut de lobjet direct devient incident cet objet direct (en
structure superficielle, lobjet direct reprsente le sujet mont de la
phrase qualifiante verbe tre) :
On le considre intelligent On considre quil est intelligent.
Le Prd peut antposer ou postposer le GN2 (Groupe Nominal objet) :
On a jug un redoutable criminel.
On a jug un criminel redoutable.
Si le Prd postpose le complment dobjet direct, la structure est
caractrise par lambigut :
Il crut cet enfant malade = Il crut que lenfant tait malade
Il crut ce que cet enfant malade disait
Les Prd incidents lobjet direct sont rgis par quelques catgories
verbales :

1. verbes transitifs causatifs : accabler, charmer, confier, donner,


blouir, faciliter, faire, laisser, pacifier, quitter, rajeunir, rendre,
vieillir, etc.
2. verbes de dclaration : annoncer, avouer, dclarer, dire, exposer,
informer, signaler, tmoigner, etc.
3. verbes dopinion : admettre, considrer, croire, estimer, imaginer,
juger, penser, supposer, trouver, etc.
Ces frquentations lont rendu stupide.
Des aventures de ce genre nous rendaient circonspects.
(I. Mass)
Linconnu sest prsent comme reprsentant lEDF.
(Grammaire franaise, 1988)
Des papillons poss repliaient leurs ailes fauves. (. Zola)
Un vieux gardeur de moutons menait ses btes brouter les herbes
sales de la
falaise. (E. Fromentin)
Le comit a estim lemploy honnte.
Ce ntait pas un enfant, ce ntait pas un homme : ctait un
trange gamin
fe. (V. Hugo)
4. certains verbes prpositionnels : considrer comme, dsigner
comme, lire comme, prendre comme, regarder comme, passer
pour, prendre pour, tenir pour, traiter de (en), qualifier de, envoyer
en, changer en, se conduire en, spuiser en, etc. :
Il sest conduit en potentat.
Prenez-le comme modle.
(DLF)
Mais que lui se prenne pour quelquun, cest un peu abusif !
(R. Devos)
7.1. Phrases ternaires quatantes
Dans la phrase ternaire quatante le Prd est reprsent par un nominal
(exprim par un substantif, un substitut substantival, un infinitif ou une
proposition verbe fini). Le Prd ralis par un nominal peut avoir de
diffrents rapports avec le sujet :
rapport dinclusion : (appartenance une mme classe) Le Prd est
ralis par un nominal nom de qualit sans article :
Mais il arriva par aventure parlementaire que le dput devint
ministre.
(Guy de Maupassant)
rapport de caractrisation :
Le Prd est prcd dun article indfini et, le plus souvent, suivi dun Dt
pour mieux mettre en vidence la caractrisation :
Ltudiant deviendra un professeur excellent.
rapport didentification :
Le Prd est exprim par un nominal prcd dun article dfini ou indfini.
Le verbe copule est dhabitude ralis par le gallicisme cest, dans toutes
ses variations :
Ce nest pas un fameux client pour les cafs, vous savez.
(P. Benoit)

Coiffa, voyez-vous, cest encore la zone neutre.


(P. Benoit)
Les socits les plus nombreuses sont les socits responsabilit
limite et
les socits anonymes.
(M. Didier)
Le rapport didentification est exprim laide de quelques structures
verbales du type : constituer, composer, tre, former, montrer, reflter,
reprsenter, reproduire, etc.
Cette coupe reprsente le littoral mditerranen, cest--dire le bord
de la mer.
(Okapi. Documents, sept.1990)
Les infractions conomiques constituent un dlit pnal.
(M. Didier)
Le Prd ralis par un infinitif apparat dans des constructions qui se
soumettent deux rgles :
le type du G N1 (sujet infinitival ou nominal)
le statut du verbe copule.
Si le Sujet est reprsent par un substantif, un adjectif positif ou par un
comparatif substantiv, le Prd est un infinitif de rection indirecte (le verbe
peut tre un prsentatif du type cest, mais il nest pas obligatoire) :
Lurgence est de sauver la fort tropicale.
Le mieux est de nous reposer.
Si le sujet est reprsent par un infinitif, le Prd est un infinitif de rection
directe. Le prsentatif est alors obligatoire. Si linfinitif est ngatif ou si le
verbe copule est ngatif, le prsentatif sera facultatif :
Faire venir leau au moulin cest procurer soi avantages et profits.
(DLF)
Mourir denvie nest pas dcder.
Le Prd est ralis par un infinitif dans une proposition interrogative
indirecte construite avec le verbe tre et introduite par un mot
interrogatif : comment, pourquoi :
Le problme est pourquoi / comment reprendre les ngociations.
Le Prd rgi par le verbe tre (devenir) apparat dans les phrases o le
sujet est :
un adjectif positif ou comparatif dtermin par un article dfini :
Lextraordinaire est quil russit toujours dans ses entreprises.
un adverbe comparatif substantiv : le mieux, le pis :
Le mieux est que le temps se remette au beau.
un substantif dtermin [+Objet (-Matriel)] : mon avis, ma conviction, ma
crainte, mon dsir, mon souhait, mon impression, le fait, le mal, le
malheur, le but, la preuve (en est), le rsultat, le sentiment, mon vu, ma
volont, la vrit, lintrt, etc.
Ma crainte est que tu ne te fatigues trop.

Le Prd propositionnel suivra lopposition modale rel / vs / irrel, selon le


thme du nominal sujet ou son sens :
Mon avis est quil sache la bonne rponse. (irrel)
Mon avis est quil sait la bonne rponse. (rel)
Dans ce type de phrases, le verbe copule prend souvent la forme cest :
Le malheur cest quil pleuve.
Le malheur cest quil pleut.
Le Prd propositionnel reprsente la rduction dune subordonne
compltive attributive dont le sujet devient lobjet du verbe principal :
Jai trouv le film excellent Jai trouv que le film tait excellent.
Il nest pas qui cous croyez.
Iago nest pas ce quil est mais ce quil prtend tre.
LIndien qui est charg de me les chanter saccroupit en face de moi.
(P. Loti)
Dans une autre construction propositionnelle, si le Prd indique le rsultat
dune transformation de lobjet, la copule ne peut pas tre restaure dans
une construction source (compltive causative)), sauf si le verbe est faire :
Qui ta fait chef ? Qui a fait que tu sois chef ?
Les verbes rendre et mettre qui se traduisent par une construction du
type : oprateur causatif + Prd = N1 tre X (X = adjectif ou groupe
prpositionnel), ne se prtent pas un tel test :
*Ce roman a rendu que les lecteurs taient fanatiques.
Ce nouveau roman a fait que les lecteurs taient fanatiques.
Une mme analyse pourrait sappliquer aux verbes : lire, nommer,
appeler, transformer, etc. + Prd spcifiant ltat rsultatif de leur objet :
lire quelquun parlementaire = faire quil soit parlementaire par
lintermdiaire dune lection ;
nommer quelquun premier ministre = faire quil soit premier ministre par
lintermdiaire dune nominalisation ;
transformer quelquun en marionnette = faire quil soit marionnette
CHAPITRE II
LA PHRASE MOLECULAIRE
Si la Phrase Noyau est dfinie comme une phrase simple, centre autour
dun seul lment verbal, comme une unit syntaxique suprieure aux
groupes de mots, la Phrase molculaire est une unit syntaxique
complexe, logiquement simple (les deux phrases sont relies entre
elles par une relation constante) (Cristea, 1979: 315). Les phrases
constitutives de la phrase molculaire sont les phrases atomiques (B.
Russell, 1969 : 41).
Le statut de chaque phrase est donn par les constituants de la phrase qui
reprsentent le MODE DEXPRESSION :

Phrases ayant le statut dassertions (dclarations) > phrase de


type assertif/dclaratif ;
Phrases ayant le statut dinterrogations >
phrase de type
interrogatif ;
Phrases ayant le statut dinjonctions > phrase de type impratif.
Pour fonctionner en tant que phrase, toute squence dlments
linguistiques doit tre associe lun des modes dexpression ci-dessus, et
un seul de ces modes la fois. Par consquent, ces types de phrases ne
se combinent jamais entre eux ce sont des TYPES OBLIGATOIRES DE
PHRASE.
Au contraire, LES TYPES FACULTATIFS DE PHRASE se combinent entre eux
avec les types obligatoires :
[Assertion] + [Ngation] : Il navait plus froid.
[Assertion] + [Passif] : Il en a t averti par ses amis.
[Assertion] + [Impersonnel] : Il arrive des malheurs.
[Assertion] + [Emphase] : Cest lui qui ment.
[Assertion] + [Ngation] + [Passif] : Il na pas t invit par les Martin.
[Assertion] + [Ngation] + [Impersonnel] : Il ny a personne dinconnu
dans la salle.
Assertion] + [Ngation] + [Emphase] : Ce nest pas lui le coupable.
Assertion] + [Ngation] + [Passif] + [Emphase] : Il na pas t accept par
la commission.
Compte tenu de la totalit de types obligatoires et facultatifs et leurs
aptitudes combinatoires, on a les phrases suivantes :
1. Phrase assertive
2. Phrase interrogative
3. Phrase imprative
4. Phrase exclamative
5. Phrase ngative
6. Phrase emphatise
7. Phrase passive
8. Phrase impersonnelle

Types de relations
Les relations qui stablissent entre deux phrases atomiques peuvent
tre :
A. Relations dassociation
B. Relations de comparaison ou de proportion
C. Relations logiques de cause effet, de condition, concession,
opposition, exception.

En structure sous-jacente, la phrase molculaire peut tre reprsente


par larbre suivant :
Ph Molculaire

P1
Connecteur
Nous sommes partis
parce qu

P2
il faisait

froid
A. LA PHRASE MOLECULAIRE DASSOCIATION
La relation dassociation implique un procs ralis conjointement par
deux agents (concidence temporelle et contigit spatiale).
Les agents peuvent tre [+Anim] ou [-Anim].
Les structures associatives sont :
1. comitative (les deux agents sont [+Anim])
2. instrumentale (au moins 1 agent est [-Anim])
La relation non-associative revt deux formes :
a) DE + (avec)
Il ne faut pas sparer la thorie de la pratique.
b) SANS
Il est venu sans son pouse.
1. Dans les STRUCTURES COMITATIVES, les deux agents sont [+Anim]
et effectuent le mme procs en mme temps.
Structure comitative structure de coordination
Les structures comitatives ne se laissent pas interprter en termes de
coordination.
La conjonction ET est signe de la simple addition logique tandis que le
coordonnant AVEC ajoute une information de simultanit obligatoire.
La relation dassociation exprime par le comitatif stablit entre un terme
A et un terme B ; elle est de deux sortes :
a) Symtrique (A et B sont de puissance gale le mme trait
inhrent) :
Pierre est avec Jean
Jean est avec Pierre
b) Non-symtrique (irrversible) (traits diffrents) + vbs [+rciproque]
et introducteurs AVEC, :
Il le rencontrait toujours avec le mme manteau.
Il se marie avec lune delles.
On conjugue la comptence professionnelle celle personnelle.
Adverbes dassociation : conjointement, ensemble, de concert.
Locutions adverbiales : de concert, de conserve.
2. STRUCTURES INSTRUMENTALES
Linstrumental est un constituant dune phrase complexe qui met en
uvre un verbe daction inferieur et un verbe intentionnel suprieur, un
agent [+Humain] qui sassocie un instrument sans effectuer une action.

Linstrumental est ralis par des syntagmes prpositionnels [le nominal


doit avoir les traits [+Objet (+Matriel)].
Il paya avec des pices de monnaie.

+ aiguiser, affiler, allumer, couper, dessiner, crire, repasser, trancher,
etc. (verbes qui dsignent des actions qui ne peuvent seffectuer sans
la connexion indirecte dun instrument).
Instrument
Virtuel
actuel
(manire)
+ article
avec + article
dfini
dfini
avec + article
indfini
ON DIT :
-crire au crayon / crire avec un crayon
-dbiter un chne la scie / dbiter un chne avec une scie
-repasser la vapeur / repasser avec une patte mouille
o Linstrumental introduit par la prposition est plutt un
caractrisant du verbe : graver au burin, combattre la baonnette,
faire sauter la dynamite, marcher llectricit, travailler la lime,
etc.
o Valeur figure :
-tailler la serpe, un brouillard couper au couteau.
Dt instrumentaux sens locatif spatial :
-allumer au briquet, cuire au four, monter cheval/ moto/ vlo.
o + locutions prpositionnelles dinstrument : laide de, au moyen
de, coups de.
o force de exprime litration.
o la faveur de exprime la nature rpressible de lintention + Dt [Concret]
o grce - exprime le rsultat heureux de laction
PAR
o par + N [+Objet (+Matriel)] + verbe la voix passive / active
(intermdiaire) :
Il tirait par un bout de corde.
o par + N [-Concret] exprime le moyen
La lettre arriva par voie officielle.

DE

De sa main gante il toucha son paule.


Il dsignait du doigt le criminel.
o de + noms dinstruments de musique + jouer (jouer du violon/de
la guitare/du piano)
o avoir besoin de / se nourrir de / se servir de / vivre de.

Les circonstants dinstrument introduits par DE sont pronominalisables par


EN ou DONT :
Je me sers de ma voiture. / Je mEN sers. / La voiture DONT je me sers est
rouge.
B. LA PHRASE MOLECULAIRE DE COMPARAISON
La comparaison exprime de manire explicite ou implicite des rapports
quantitatifs tablis sur la base dune qualit commune entre deux objets
ou deux procs.
Les lments de la ralit implique dans une comparaison sont :
A = Lobjet / procs compar
B = lobjet / procs auquel on compare
K = la qualit possde par A
K' = la qualit possde par B
Les rapports qui stablissent dans le processus de la comparaison :
1. K = K' (A et B possdent la qualit au mme degr)
Marie est aussi sage que Jeanne.
Il travaille autant que son pre.
2. K K' (ingalit)
a) K > K' (comparatif et superlatif de supriorit)
Elle est plus sage que son amie.
Elle est la plus sage de toutes ses amies.
Il travaille mieux que son pre.
Il gagne plus que son frre.
b) K K' (comparatif et superlatif dinfriorit)
Elle est moins sage que son amie.
Elle est la moins sage de toutes ses amies.
Il travaille moins bien que son pre.
Il gagne moins que son frre.
Les ralisateurs des structures comparatives :
Structure
comparative
[Link]

Nombrant

Connecteur
(articulant)

AUSSI, SI, AUTANT,


QUE
TANT
COMME
2. Ingalit
PLUS, MIEUX,
(supriorit)
AUTREMENT, PLUTOT
QUE
3. Ingalit (infriorit) MOINS
1. Ses vtements sont tout aussi sombres que son visage.
Ce travail est intressant autant quactuel.
Il ne me plait pas tant que son frre.
Remarques
Les nombrants AUSSI et SI se retrouvent dans le contexte de
certaines locutions verbales : avoir faim / chaud / froid, etc., tre au
courant de, etc.
Jai aussi soif que toi registre familier
Jai soif autant que toi registre littraire

Il existe aussi une comparaison de conformit sans nombrant o


larticulant est COMME :
Je travaille comme je te lai dit.
Souvent, le second terme de la structure de conformit est le
substitut FAIRE :
Je travaillais dans le jardin comme je le faisais chaque samedi.
COMME peut rendre lide de conformit apparente :
Il tait calme, comme conscient de sa force.
COMME SI ajoute lide de supposition ; le mode employ est
lindicatif ou le conditionnel pass 2-e forme (LES FORMES VERBALES
EN R sont interdites):
Elle pleurait comme si elle avait perdu son meilleur ami.
AINSI QUE est un autre lment de relation qui introduit une
proposition de conformit :
2. Il est plus sage que sa sur mais moins sympa.
Remarques
Le franais dispose dun comparatif de supriorit synthtique qui
comprend 3 adjectifs de nom (MEILLEUR, MOINDRE, PIRE) et 2
adjectifs de verbe (MIEUX, PIS) :
La largeur de ses paules est moindre que celle de son frre.
PLUTOT indique la prfrence :
Il est plutt inspir quappliqu.
C. RELATIONS LOGIQUES DE CAUSE-EFFET, DE CONDITION,
CONCESSION, OPPOSITION, EXCEPTION
1. LA PHRASE TEMPORELLE
La relation temporelle (Drghicescu, 2008 : 42-59) stablit entre deux ou
plusieurs procs inscrits sur laxe temporel par des formes verbales de
pass, futur ou prsent. Le type de relation temporelle instaur entre la
subordonne et la principale peut indiquer un rapport dantriorit, de
postriorit ou de simultanit.
Elle dort encore quand il part au travail (simultanit au plan du
prsent).
Elle dormait quand il est parti (simultanit au plan du pass).
Ces rapports sont possibles exprimer par plusieurs conjonctions et
locutions conjonctives qui demandent lindicatif : quand, lorsque, comme,
pendant que, cependant que, mesure que, chaque fois que, toutes les
fois que, tant que, un jour que, tandis que, ds que, aussitt que, sitt
que, peineque, depuis que, etc.
Lorsque je quittais lcole je navais que 16 ans.
Remarque
Aprs la locution temporelle aprs que on emploie lindicatif (selon les
rgles de la grammaire no rmative) ; cependant, on remarque la tendance
utiliser le subjonctif.
Le subjonctif est demand par les locutions suivantes : avant que, en
attendant que, sans attendre que, jusqu ce que, dici ce que, du plus
loin que, daussi (de si) loin que, etc.

Linfinitif est employ aprs les locutions prpositionnelles: avant de, en


attendant de :
Avant de se remettre au travail, il prit un verre.
Aprs la prposition aprs on emploie linfinitif pass :
Il prit conscience de la situation aprs avoir lu la presse.
2. LA PHRASE CAUSALE
Les moyens dont dispose le franais pour exprimer la relation de causalit
sont des locutions qui demandent lemploi de lindicatif ou du subjonctif.
Lindicatif semploie aprs : parce que (du fait que), car, comme, puisque 8,
ds lors que, du moment que, tant donn que, vu que, attendu que,
maintenant que, dautant (plus, moins) que, selon que, suivant que,
surtout que, sous prtexte que, etc.
Parce quil aime son mtier, il est apprci par ses collaborateurs.
Je nai pas fait du ski cet t, surtout quil na pas trop neig.
Le subjonctif est requis par les locutions qui expriment une cause irrelle :
non que, ce nest pas que ; ou une cause hypothtique : soit quesoit
que, queou que, pour que.
Soit quil soit parti soit quil soit malade, il nest pas venu notre
runion.
Linfinitif pass peut tre employ dans des propositions causales
introduites par les prpositions suivantes : pour, de, force de, faute de.
Il a t condamn pour avoir menti la cour.
3. LA PHRASE CONDITIONNELLE
La phrase conditionnelle est constitue dune proposition conditionnante,
la proposition subordonne, et dune conditionne exprime par la
proposition principale. Logiquement, la relation tablie entre deux
propositions peut tre de nature trs diverse, soit de cause effet, soit de
condition fait conditionn . (Cristea, 1979 : 342)
La conditionnante introduite par SI
Il faut mentionner que toutes les propositions introduites par SI
nexpriment pas la condition mais galement lopposition, la concession, la
supposition.
Les valeurs de si conditionnel :
a) la virtualit (ventualit et possibilit)
b) la virtualit annule (irrel du pass)
Le SI conditionnel qui exprime la possibilit demande en gnral le verbe
au prsent (non accompli) ou au pass compos (prsent accompli) et le
verbe de la conditionne au prsent, au futur ou limpratif :
Sil naccepte pas votre proposition vous protestez.
Si vous partez faites-moi savoir.
Remarques
Les types de relations de condition sont: condition pure et simple ;
condition suffisante ; restrictive positive (favorable) ou ngative
(dfavorable).

Limpratif de la conditionne peut avoir la forme dun subjonctif


(ventualit) :
Sil arrive tard quil ne vienne plus.
8

Puisque a des variantes du style administratif : vu que, attendu que, tant donn que.

Limparfait de transposition exig par le registre du rcit.


SI suivi dun imparfait ou futur priphrastique exprime une
supposition irrelle prsente:
Si jtais sa place jagirais de la mme faon.
SI suivi dun plus-que-parfait de lindicatif exprime une supposition
irrelle passe:
Si javais t sa place jaurais agi de la mme faon.
Variations de formes verbales dans la langue littraire
Conditionnante (SI)
conditionne
Plus-que parfait
Conditionnel pass
Plus-que parfait du subjonctif
Plus-que parfait du subjonctif
Plus-que parfait de lindicatif
Plus-que parfait du subjonctif
Plus-que parfait du subjonctif
Conditionnel pass
!!!! Les formes verbales en R (futur et conditionnel prsent ou
pass 1-e forme) sont incompatibles avec le SI conditionnel.
Exceptions :
- dans des phrases affectives introduites par du diable si, je veux tre
pendu si
Si ce ntait pas pour toi, du diable si je participerais ce spectacle.
- avec une principale explicative introduite par cest:
- avec la suite (cest) peine si :
Cest peine si on le verra.
Autres relateurs que SI
- (la) condition que + subjonctif (condition)
- pour peu que + subjonctif (condition suffisante)
- pourvu que, moins que + subjonctif (condition restrictive positive /
condition restrictive ngative)
- moins de + infinitif
- que + subjonctif (condition en tte de phrase) :
Que je raconte la vrit, il naura plus son poste.
- + infinitif (condition sil existe de lidentit rfrentielle des sujets) :
A le croire, il est innocent.
- grondif + une forme verbale du virtuel :
En venant vers la maison japercevrais les manifestants.
- macrostructure tour inversif :
Lui parlait-on, il faisait semblant de ne pas entendre.
- formants discontinus du type : soit quesoit que, queou (que)
(concession+condition)
Moyens dexpression de la condition
CONDITION
Virtualit positive
Virtualit ngative

Si tour inversif} +
ind./subj.

Neutre
Marque

Si tour inversif }+ ind.


+ condition suffisante (pour peu que) } +subj.
+ positive ngative (pourvu que, moins que)
+subj.
Que } subj.
+ alternative (indiffrente) (soit quesoit que,
queou que)+subj.
Dans les propositions subordonnes introduites par SI on emploie
lindicatif ou le conditionnel pass 2-e forme
Conditionne/principale
(1) possibilit
Prsent, futur
Impratif
imparfait de transposition
(2) Supposition irrelle
a) prsente
conditionnel prsent
b) passe
conditionnel pass
plus-que-parfait du
subjonctif (conditionnel
pass 2-e forme)
imparfait de lindicatif

Conditionnante (SI)
Prsent
Pass compos
Imparfait de transposition
Imparfait
plus-que-parfait de lindicatif
plus-que-parfait du
subjonctif (conditionnel
pass 2-e forme)
imparfait de lindicatif

4. LA PHRASE CONCESSIVE
La phrase concessive est une macrostructure qui contient une
proposition principale qui indique un fait dont la ralisation aurait pu
tre empche par le fait mentionn dans la proposition
subordonne, fait qui normalement devrait exclure le fait principal.
La concession se dfinit comme une cause qui na pas agi ou comme
lannulation dune implication . (CRISTEA, 1979 : 347)
Ralisateurs
-syntagmes nominaux
- constructions inversives
- diverses articulations du discours
- phrases complexes
Les phrases complexes expriment une concession qui porte sur un
lment rel ou sur un lment non rel (virtuel). Lide de concession
peut tre incidente llment verbal ou un Prdicatif.
(a)Concession incidente llment verbal
La concession qui porte sur un lment rel dispose des relateurs
suivants :

Bien que, quoi que, encore que, en dpit que, malgr que9, avoir beau +
Infinitif (locution qui rend lide dintensit du procs). Ils demandent
lemploi du SUBJONCTIF.
Bien quil soit sage, il naboutira pas la fin de son projet.
Il a beau insister ses collgues ne vont pas le rejoindre.
La concession qui porte sur un lment non rel (virtuel) dispose des
relateurs suivants :
Mme si (+ Indicatif), alors mme que, lors mme que, quand (bien) mme que
suivis du CONDITIONNEL :

Quand bien mme quil viendrait aujourd'hui, il ne la trouverait


plus.
Le tour inversif construit avec le conditionnel exprime lide de
concession virtuelle :
Pourvu que cela marche, ne ft-ce que quelques minutes.
(b) Concession incidente un Prdicatif
Lide de concession se ralise au moyen de formants discontinus. Quand
elle porte sur le procs rel on se sert de :
-la locution toutque + INDICATIF :
Tout petit que jtais, javais dj le sentiment du dj vu.
Remarque
Tout est invariable avec un nom masculin pluriel et varie avec un nom
fminin qui commence par une consonne :
Tout princes que vous tes.
Toute femme quelle est.
Pour exprimer la concession portant sur le procs non rel on utilise les
relateurs :
-tout, quelque, aussi (si), pour + Adj, Adv = que suivis du SUBJONCTIF:

Visiter le Tibet, aussi trange que cela puisse paraitre, nest pas une
chose impossible.
-Le tour inversif (mme en prsence dun SI adverbial de quantit) :
Cette histoire, si bizarre soit-elle, nous fait plonger dans
lincertitude.
- avec une ide didentit : quelque(s) + N +que, quel que (et var. de
genre et de nombre), que + tre, qui, que, quoi que, o que + SUBJONCTIF
Quelle que soit votre intention, je ne changerai pas davis.
LA STRUCTURE DES PROCDS QUI EXPRIMENT LA CONCESSION :
CONCESSION
VERBE
Rel

PREDICATIF
Non rel

Rel

Non rel

Malgr ne s'emploie qu'avec un nom ou un pronom. Malgr que est employ avec le verbe avoir.
Malgr que ne se trouve que dans la locution fige malgr qu'il en ait qui signifie malgr soi, malgr lui .
9

Bien que,
Quoique,
Malgr
que,
Encore
que,
En dpit
que

S
U
B
J
O
N
C
T
I
F

Alors mme
que,
Lors mme
que,
Quand (bien)
mme que,
Tour inversif
(que)

C
O
N
D
I
T
I
O
N
N
E
L

Mme si

IN
D.

Tout
que

I
N
D
I
C
A
T
I
F

Quantit
Quelqueque,
Sique,
Aussique,
Pourque,
Si+tour
inversif,

S
U
B
J
O
N
C
T
I
F

Qualit
Quelqueque
Quel que
Qui que
Quoi que
O que

5. LA PHRASE DOPPOSITION
Lide dopposition ressort suivant du choix lexical des termes mis en
relation car les relateurs employs dans ces structures sont des lments
non spcialis :
Elments temporels : alors que, tandis que, pendant que, cependant que,
quand, lorsque :
Tu es all au cinma tandis que tu devais rester la maison.
Elments spatiaux : (bien) loin que, au lieu que :
Loin qu'il se proccupt de nous, il s'intressait elle.
Les locutions prpositionnelles au lieu de, loin de suivies dun Infinitif
portent sur lopposition si les deux sujets sont identiques:
Au lieu de fuir, il restait clou sur place.
6. LA PHRASE EXCEPTIVE
Lide dexception sexprime par les relateurs suivants :
-que restrictif
-structures prpositionnelles introduites par except, hors, hormis, sauf,
etc.
Je travaille tous les jours except dimanche.
Les macrostructures exceptives sont ralises laide des relateurs
suivants :
Except que, sauf que, sauf si, hors que, hormis que, part que, si ce
nest que, sinon que, etc. :
Le directeur pourra-t-il vous recevoir ? Je ne sais rien sinon quil est
fort occup en ce moment. (DFC)
Remarque
La locution si tant que ( sil est vrai que ) est suivie dune proposition au
mode subjonctif :
Il est en train de prparer son thse de diplme, si tant est quil
soit capable de le faire.
CONCLUSIONS
A la diffrence de la phrase simple, centre sur un seul noyau verbal, la
phrase complexe est une structure centre sur deux ou plusieurs verbes.
Elle est forme donc de deux ou plusieurs propositions relies par la
juxtaposition, par la coordination ou par la subordination.

S
U
B
J
O
N
C
T
I
F

Selon le statut des propositions constitutives de la phrase complexe, on


distingue :
- des propositions rgentes, principales ;
- des propositions subordonnes.
Ces dernires sont classes selon la fonction syntaxique remplie auprs du
verbe de la principale : subordonne sujet, complment du nom (relative,
conjonctive), attribut, complment du verbe (complment du verbe la
proposition compltive ; complment circonstanciel- les propositions
circonstancielles).
Selon le type de relations qui rattachent les propositions runies en une
phrase complexe, on distingue :
- des phrases complexes formes par subordination (relation de
dpendance syntaxique marque par une conjonction de subordination, un
pronom conjonctif ou mot interrogatif) ;
- des phrase formes par coordination (relation marque par une
conjonction de
coordination ou un adverbe valeur conjonctive) ;
- des phrases formes par juxtaposition (sans relateurs, par parataxe).
Bibliographie :
Benveniste, ., Problmes de linguistique gnrale, I, Gallimard, 1966.
Chomsky, N., Aspects de la thorie syntaxique, Paris, Seuil, 1971.
Cristea, T., Cuni, A., Le Verbe, Editura Stiinific i Enciclopedic, Bucureti, 1975.
Cristea, T., Grammaire structurale du franais contemporain, Bucureti, Editura Didactic
i Pedagogic, 1979.
Drghicescu, J., Elments de syntaxe franaise. La phrase complexe. Bucureti, Editura
Fundaiei Romnia de Mine, 2008.
Dubois, J. et Dubois-Charlier, F., Elments de linguistique franaise: syntaxe, Paris,
Larousse, 1970.
Florea, L.S. et Niculi, I., Lanalyse syntaxique. Aperu thorique et recueil dexercices,
UBB, Facultatea de Filologie, Cluj, 1980.
Florea, L.S., Syntaxe du franais actuel. La phrase simple et ses fonctions discursives,
Cluj-Napoca, [Link], 2000.
Grevisse, M., Le bon usage. Grammaire franaise, 12e dition, Paris-Gembloux, Duculot,
1988.
Gross, M., Mthodes en syntaxe. Rgime des constructions compltives, Paris, Hermann,
1975.
Le Bidois, [Link] R., Syntaxe du franais moderne, tomes 1 et 2, Paris, Ed. Picard, 1968.
Le Goffic, P., Grammaire de la phrase franaise, Paris, Hachette, 1993.
Maingueneau, D., Syntaxe du franais, Paris, Hachette, 1994.
Riegel, M., Pllat, J.-C., Rioul, R. (1994), Grammaire mthodique du franais, Paris, Presses
Universitaires de France.
Russell, B., Signification et vrit, Flammarion, Paris, 1969.
Ruwet, N., Introduction a la grammaire gnrative, Paris, Editions Plon, 1968.
Tuescu, M., Du mot au texte, editura Cavallioti, 2007.
Wagner, R. et Pinchon, J., Grammaire du franais classique et moderne, Paris, Hachette,
1991.

Vous aimerez peut-être aussi