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38711

Ce document présente une étude sur les vertisols à gypse de Nouvelle-Calédonie. Il décrit et analyse les sols de deux régions, Tiare et Ile Lepredour, en termes de morphologie et de propriétés. Le document contient également des informations sur le contexte général des vertisols.

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38711

Ce document présente une étude sur les vertisols à gypse de Nouvelle-Calédonie. Il décrit et analyse les sols de deux régions, Tiare et Ile Lepredour, en termes de morphologie et de propriétés. Le document contient également des informations sur le contexte général des vertisols.

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I -

U.F.R. DES SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE


INSTITUT DE GOLOGIE
STRASBOURG

THSE

prsente 1
L'UNIVERSITLOUISPASTEUR
titre de
pourobtenirle

DOCTEURDEL'UNIVERSITLOUISPASTEUR
DE STRASBOURG
Mention:
Gologie

Pdologie

Par

Pascal PODWOJEWSKI

LES VERTISOLS GYPSE DE NOUVELLE CALDONIE


DANS LEUR ENVIRONNEMENT PDOLOGIQUE.

Soutenuepubliquement

MM

le 6 novembre 1992 devantlaCommissiond'Examen:

C. CHEVERRY
AH
. ERBILLON
M. L A T H A M
J. L U C A S
MMEH.
PAQUET

Rapporteur
externe
Rapporteur
externe
Examinateur
Directeurdethese
Examinateur

TDMI05
Editions de IORSTOM
LINSTITUT FRANCAIS DE RECHERCHE SCIENTIFIQUE
POUR LE DVELOPPEMENT EN COOPRATION

Collection :

Travaux et Documents Microdits


PARIS 1993
ISBN :2-7099-1 166-3
O ORSTOM

<(

(<
((

((

<(
((

CeLa loi du 11 mars 1957 nautorisant, aux termes des alinas 2


et 3 de larticle 41, dune part, que les ((copies ou reproductions
strictement rserves lusage priv du copiste et
non destines uneutilisationcollective))et,dautrepart,
que les
analyseset lescourtescitationsdansunbutdexempleet
dillustration,((toutereprsentation ou reproductionintgrale,
ou partielle, faite sans le consentement de lauteur ou de ses
ayants droit ou ayants cause, est illicite)) (alina1 er de larticle
40).
<< Cette reprsentation ou reproduction, par quelque procd
que ce soit, constituerait donc une contrefaon sanctionne
par
les articles 425 et suivants du Code pnal.),

%R rn6rnoire original de la thse est accompap6 d'un second volume (tome 2) eonstitu6

7 pages d'annexes (descriptions de profils et r6sdtats analytiques). Ces amexes


sont csndtables dans les lieux suivants :

, service dmumentation, 72 route d'Aulnay, 93143Bondy.


- ORSTOM, sewice documentation, B.P. 5045,34032 Montpellier.
, service docmentation, B.P. A5, Nsurn6a, Nou%relle-@d6donie.
- BNU, section des sciences
et techniques, 2 me BlaisePascal, 67050 Strasbourg.
- Bibliothque de l'Institut de gkologie, 1 me Blessig, 670
, sewice documentation,B.P. 6009,45668 Orl4ans.
- CNRS, PNIST, 2 all& du parc de Brahis, 54514 Vandoeuvre-les-Nancy.
- Smi6t G6ologique de France, 77, me Claude Bernard, 75005 Paris.

III

Lorsque ,frais moulu de ma premire anne d'lve ORSTOM,


j e me suis install
j e ne
pour la premire fois dans leDC 1O d'UTA destination de1'autre bout du monde,
savais pas qu'en m'installant du ct gauchede l'appareil, aprs plus de 22 heures de
vol, lapremire photo du ''caillou" que
j'allais prendre autravers du hublot,pendant la
phase d'approche de l'appareilsur l'aroport deLa Tontouta,fitprcisment celle de la
valle de la Oua-Tom o j'allais effectuer ma premire rencontre avec les vertisols
gypse.
Ce fut Marc LATHAM qui m'accueillit l'aroport, cef i t aussi Marc qui me fit
connatre etaimer la Nouvelle Caldonie. Enfin, ce
fut l'instigateur de cette thse car il
m'apropos, commepremier terrain
de stage, la cartographie deEa valle de la Om-Tom,
o des problmes de selsavaient t entrevus. AEa suite de ce choixjudicieux, il a guid
mes premiers pas et surtout a t le premier remettre en cause l'origine marine
vaporitique du gypse. tait
Il cepoint convaincu de l'apportdes embruns qu'ilm'avait
demand de laver le toit
en tle d'une caseproximit de la squence de Tiar pour en
recueillir les sels!
La premire prospection s'est droule avec Pierre MERCKX qui nous a quitt
trop rapidement et dont
j e tiens saluer Ea mmoire.
Puis cef i t le terrain et encore le terrain,barbelk
les
dans la prairie et des
trous, des
petits trous, des moyens trous,des grands trous, avec tous mes collgues
pdologues. A
l'actif de1'qul;ae:plus d'un millier en une dizaine d'annes,y transformant lessols de
Nouvelle Caldonie en gruyre suisse o nous trouvmes grenouilles, lzards, souris,
mais aussi faon et mme vache .... et souvent de la boue, beaucoup de boue .... C'est
ainsi que nous pouvions tester le gonflement des vertisols : aprs une pluie, le trou
s'tait-il ou non rebouch???...
J'ai ainsipu partager mes ides, le volant, les outils et le casse-crote Joseph
avec
BALK l'homme de Mouli, Dudley NICHOLLS, le N0 Hbridais, et mes collgues
"expatris" Bernard DENIS, Michel FROMAGET, Herv LE MARTRET, Didier
BLAVET, auteurdupetit lexigue cit en appendice, avec une mention spciale
pour Alain
BEAUDOU et Emmanuel (Manu) BOURDON. Alain m'a tempr dans mes certitudes
grce sa rgueur scient@que tantsur le terrain que dans le laboratoire.m'a
Il convaincu
d'adopter sa mthodologie or&inalepour la descdption des paysages
et des sols. Quant
Manu, ce fut un compagnon de tous les instants, lefaiseur hroque de lames minces,
devenantpour un temps leroi de la cuirasse, mais a, c'est encore une autre histoire.

A chaque retour de mission, le laboratoire de Nouma fut la premire tape du


prble des chantillons. A ce propos, j e tiens remercier l'ensembledes personnes du
laboratoire dont Jacques CHANUT, Michel MARLY et Jean PETARD avec lequelj e me
suis trs longuement entretenu pour finalement tester avec succs de nouvelles
mthodologies analytiques. Il y eut galement des discussions animes avec mes
collgues gologues du bout du couloir qui se sont tendues l'tage infrieur
l'agronomie reprsente par Bernard BONZON et avec la botanique reprsente par
Tanguy J M F m et Jean Marie VEILLON.
Fuis, vint le retour en France. Claude CHEVERRY tait mon
'parrain scienttjique"
durant mes premires annes d'"0rstomien''. Alors que j e visitais son laboratoire
Rennes, il m 'a chaudement recommand depasser une thse et m'a suggr
l'institut de
gologie de Strasbourg comme une option intressante. Ds mon premier passage
Strasbourg, le professeur Jacques LUCAS, fut aussitt intresspar la thmatique des
vertisols gypse et a accept
de diriger cette thse. Par ses interrogations
etpar son souci
de la prcision, il m'a amen mieux ordonner mes ides. Tous deux mritent ma
profonde reconnaissance et j e les remercie d'avoir pu me guider dans ma dmarche
scientlpque.

Je remercie Hlne PAQUETd'avoirpris une part importante dans la ralisation


de
ce travail. Sans doute lui rappelait-il quelquesbons souvenirs de vertkok et de solonetz
solodiss.
de mes visites au C W B de Nancy, haut-lieu de ma formation initiale,
SN, directeur du centre, s'est toujours montri comme un esprit curieux,
intresse' par les spe"ljd'i@itksgochimiques de sols no Cale'doniens. Je tiens &i lai
aprimer ma gratitudepour avoirjuge' ce travail.
Je suis galement reconnaissant 6 tous ces qui ont contribu d l'achvement de ce
mmoire :
'

G de Nancy, g ur ~n'avoir consacre' un grernd


urne'es m'e'clairer sur la gochimie isotopique du soupe et d Bertrand
our les analyses de ces isotopes.

mon coll@pe ge'ographe, Jacques %%TIS, avec lequelje regrette de n 'avoirpas


fait sz@kmment de terrain ;now avons longuement associnos donne's; lui pourle
Nord moipour le Sadpour des conclusionstrs convergentes.

- A Frdric BAL
avec qui j'ai pu m'entretenir a Orsay et qui m'a fait
d a zones littorales.
partager son exprience
- Au professeur ROGNON, pour notre discussion fructueuse en matire de
pale'oclim& et de dp6ts oliem.

- A mes colligues Orstorniens de BondJj dont Mireille DELAUNE, la reine des


mine'raux lourds ; rc FOURNIER, son laboratoire
excellents conseikp les interprtations de mes datations ;Marie
Grard ~ E L ~ I E ~ ples
o umesures
r
au re'tractomtre
;
mais aussi d Ginette
ST pour les RX d Annie
LSCAT'dpoekr le
"dpannages': en
- A mes collgues duCGS de Strmbourg ;

aux "thsards" u i m 'ont aid entre deux cafi?s9h Laurent


"vaporis" qua
&re "crelkx" en
'a consacr quelques soiries tardives a urne re'daction

ses magn@quesphotos de
d Phil@pe
U et
ses interprktations des rayons X mme efectus sur lame mince, d Gilles ~~R~~ et
ses spectres de d@&raction;
Auxdessinateurs, sans lesquels cette thse n'aurait pas fire allure, ci
M. H ~ ~ dont
~ le bnvolat
E ~ force
,
mon admiration, h Yves PENVERN et surtout d
Marikz L
E qui a russi d transformer des cristaux de gypse en oeuvre d'art.
A tous cem qui ont contribue' de prs ou de loin ri kk construction de cet ouvrage

PAGE
INTRODUCTION

...............

CHAPITRE PREMIER
Cadre gnral de l'tude
I .INTRODUCTION.................................................................................................................................
II .LES VERTISOLS ................................................................................................................................
III - CONDITIONS NECESSAIRES A LA MISE EN PLACEDES VERTISOLS.................................

........................................................................................................................................

3
3

5
7

PREMIERE PARTIE : LES SOLS


Localisation. morphologie. caractres analytiques
...............................................

21

CHAPITRE DEUX
ETUDE MORPHO-PEDOLOGIQUE DE LA REGION DE TIARE
I .LOCALISATION .PRESENTATION ...............................................................................................
II - DESCRIPTION MORPHOLOGIQUE DES SOLS ..........................................................................
III - PROPRIETES ANALYTIQUES DES SOLS ..................................................................................
IV - CONCLUSION ................................................................................................................................

23
23
23
34
47

CHAPITRE TROIS
ETUDE MORPHO-PEDOLOGJQUE DE L'ILE LEPREDOUR
I .LOCALISATION .PRESENTATION...............................................................................................
II .DESCRIPTION MORPHOLOGIQUE DES SOLS ..........................................................................
III - PROPNETES ANALYTIQUES DES SOLS ..................................................................................
IV - CONCLUSION ................................................................................................................................

51
51
54
68
86

CHAPITRE QUATRE
ETUDE MORPHO-PEDOLOGIQUE DE LA
BASSE VALLEE DELA TAMOA
I .LOCALISATION .PRESENTATION ...............................................................................................
II .DESCRIPTION DES SOLS..............................................................................................................
III .PROPHETES ANALYTIQUES DES SOLS ................................................................................
IV .CONCLUSION ..............................................................................................................................

93
93
97
106
132

DEUXIEME PARTIE
Origine. fonctionnementet volution dessols

135

............................................................

...................................................................

.....................................

...............................................

CHAPITRE CINQ
RECONSTITUTION HISTORIQUEDU PAYSAGE ET DES CONSTITUANTS
I .LES VERTISOLS ET L'ORIGINE MARINE..................................................................................
II .AGE DESVERTISOLS A GYPSE .................................................................................................
III .CONCLUSION...............................................................................................................................

..................

CHAPITRE SIX
ORIGINE DU GYPSE DANS LES VERTISOLS CALCIMAGNESIENS DE NOUVELLE
CALEDONIE ......................................................................................................................................................
I .LES PRINCIPAUX MODESDE FORMATION DU GYPSE ........................................................
II .LES CARACTERISTIQUES ISOTOPIQUES DUSOUFRE DANS LE GYPSE.........................
III .DISCUSSION .................................................................................................................................
IV .CONCLUSION ..............................................................................................................................

137

137
143
176

178
178
185
191
195

VI
CHAPITRE SEPT
MISE EN PLACE DES VERTISOES: ET DU GYPSE. EVOLUTION ACTUELLE DES SOLS
I .MECANISME DE LB MISE EN PLACE DES WRTISOLS .........................................................
II .MECANISME DE LA MISE EN PLACE DUGYPSE ..................................................................
III .EVOLUTION ACTUELLE DES PAlSAGES ET DES SOLS ....................................................
IV .CONCLUSION ..............................................................................................................................

............. 198

...........................................................................................................................

CONCLUSION GENERBLE
I .LES VERTISOES..............................................................................................................................
II .LES ELEMENTS FIGURfIS ...........................................................................................................
III .LES WRTISOLS A GYPSE, ENREGISTREUFS DES PALEBCLIMATS................................
IV .PEACE DES VERTISOLS A S E DANS EA PEDOGENESE TROPICALE ......................

E .............................................................................................................................................
ue des termes techniques......................................................................................................

TABLES ..............................................................................................................................................................

198
199
206
213

215
216
216
218
219
221
239
251

Actuel troisime producteur mondial de nickel, la Nouvelle Caldonie


fond
a son
activit conomique presque exclusivement
sur l'extraction de ce minerai.
Pour se dgager de la trop grande dpendance d'une mono-activit soumise la
variabilit des cours du minerai, ce territoire tente depuis la fin des annes 1970 de
rquilibrer les diffrents secteurs d'activit dont celui de l'agriculture qui ne reprsentait
en 1985 que5% du PIB de l'archipel.
Or la faible part de l'agriculture no-caldonienne n'est pas explicable seulement par
le dsintrtde la population pour ce secteur d'activit concurrenc par l'attrait de la mine
et de ses activits annexes, par l'troitesse du march, par le manque de personnel
qualifi ; les contraintes pdo-climatiques svres reprsentent probablement
le handicap
majeur pour la promotion de ce secteur. La pluviomtrie est trs fluctuante et les
scheresses prolonges alternent avec des pisodes trs humides ponctus par le passage
de cyclones tropicaux. Les pentes souvent fortes, la faible paisseur des sols, leur
variabilit spatiale importante, la fertilit naturelle rduite par des carences chroniques en
phosphore et en azote, les excs d'acidit et d'aluminium changeable, ainsi que les
spcificits lies l'extension des pridotites - des sols trs riches en oxydes ou
hydroxydes de fer et des sols hypermagnsiens pour lesquels les rfrences en matire
d'utilisation agronomique sont restreintes
- : tous ces caractres contribuent limiter le
dveloppement des activits agricoles.
A partir des annes 1977-1978, la principale activit des pdologues
deTOM a
ORSTO
donc t l'tablissement d'une cartographie de semi-dtail (1/50 O00 1/25 000) de
zones reprsentatives des diffrents paysages de l'archipel.
sur la cte ouest, les vertisols, appels
Au cours de cet inventaire, il s'est avr que
localement "argiles noires", prsentaient
un potentiel intressant, cependant peu exploit
alors que dans d'autres rgions du monde, y compris sur le continent australien tout
proche, ces sols comptent parmi les plus fertiles.
En effet, les vertisols occupent des surfaces planes ou faible pente ; facilement
mcanisables, ils sont profonds, peu sensibles
Erosion, aisment accessibleset offrent
souvent des possibilits d'irrigation (en particulier lorsque ces sols occupent les terrasses
alluviales des cours d'eau principaux).

En Nouvelle Caldonie, les vertisols couvrent prsde 100 O00 ha, peine 6% de
la superficie totale de la Grande Terre, mais prsde 50% de celle des terresfacilement
cultivables. Les principales contraintes d'utilisation de ces vertisols sont lies leurs
proprits physiques et aussi
leurs proprits chimiques: il existe des vertisols sodiques
et acides (10 O00 ha), des vertisols hypermagnsiens (30 O00 ha) et des vertisols
calcimagnsiens (55 O00 ha). Ces derniers posent le moins de contraintes chimiques et
peuvent tre le support de cultures intensives avec
un minimum d'amnagements.
Mieux connatre les caractristiques et les propritsde ces vertisols a donct
une proccupation constante des pdologues, agronomes
et chimistes de I'ORSTOMde
Nouma. I1 tait ncessaire de dterminer la fois leur environnement climatique,
gographique, et gochimique ainsi que la nature des constituants dusol, leur origine,
leur volution dansle temps et les proprits physico-chimiques de cessols. Ce travail
assoit les bases d'une premire synthse jamais tablie sur ces sols en Nouvelle
Caldonie, en prenant les vertisols calcimagnsiens en exemple. Cette tude permettra
ainsi d'optimiser les essais agronomiques mens en parallle.

Ce travail a dbut ds 1981 par l'tude du bassin versant aval de la Bua-Torn et


s'est conclu par mon rapport d'Eve ORSTO . 91 a t suivi par les prospections
respectives de la Tontouta, de Tiar, de Eepr6d
et enfin ii nouveau de Ea Toutouta,
u cours de ces prospections, huit
plus prciskment de la basse vallede La Ta
annes se sont coul6es.
ologie est une science vivante,en 'peq&uelle volution :

- 6volution dans la classificationdes sols grce l'apport duRfrentiel

P & d ~ b g i qFranais
~e
(MT).Celui-ci est enbsme voie d'achvement,et s'est affin6 au
cours du temps et des versions successives, ce qui nous permet i prksent (38me
proposition, 1998) de disposer d'un outil de rf6rence beaucoup plus complet que celui
de la CPCS (1967) ;
- volution dans la description des sols grpice 5 l'outil typologique (typologie
BEAUDOU et CHATELIN, 1977 ; BEAUDOU et al., 198313 ; BEAUDOU, 1988). ]Rappelons
que cette typologie n'est en rienune classification,mais la composante d'une synthese
d'informations, bask exclusivement sur la morphologie descriptive au niveau
de chaque
horizon. Cet outil est surtout utilise pour la description des profils. Dans la these, les
ternes typologiques sont rkfrencis lorsde chaque citation, exceptionfaite de mots qui
sont i prsent passs dans le langage courant de la pi?dologie comme stmctichron et
alt&ite ou rgofite ;
- &volutiondans les mthodologies malytiques spkcifiques utilises
pour le dosage
des sels solubles et des cations changeablesdes vertisols gypse.

Du fait de toutes ces volutions, les etudes successives des diff6rents bassins
versants prsents dans la these sont de qualit ini5quivallente, non seulement du fait de
ces diverses volutions mais galement
et put-Stre davantage dufait de mon e
de terrain qui a progress au cours du temps. Ainsi le lecteur trouvera sans doute des
disparits de descriptions et de prsentations de rsultats analytiques
entre le chapitre 2
(Tiark) et le chapitre4 (Tamoa). Maisil n'en demeure pas moinsvrai que la gense de ces
sols et leur fonctionnement n'a pas vari durant letemps qui m'a t imparti pour les
tudier.

I - INTRODUCTION
1.1

- RAPPEL HISTORIQUE

Les vertisols de la cte ouest ont longtemps t dcrites comme des "argiles noires''
surmontant d'autres argiles
de teinte beige olive.
La distinction entre ces "argiles" s'est longtemps faite partir de la nature des
lments figurs qu'elles contiennent, parfois en quantits trs apprciables
: "argiles
giobertite" (magnsite) et "argiles gypse". Ce minral,associ une
positiongomorphologiquetrsbasse,alongtempstl'argumentpour
une origine marine de ces formations.

Les argiles gypsifres sont dj dcrites par


PIROUTET en 1917 comme des "dpts
palustres anciens". ROUTHIER (1953) attribue aux "argiles gypse" une origine marine
synchrone, de type vaporitique. Cette affirmation est reprise successivement AVIAS
par
(1963) qui tablit une corrlation entre
les bordures de mangrove etles "argiles noires
gypse", et GONORD (1977) qui date l'ensemble des dpts littoraux post-Miocne moyen
et ante-Plistocne.
La synthse gologique faite par PARIS (1981) distingue trs nettement des
"argiles" gypse marin lagunaire d'arrire-mangrove, d'ge holocne, - dcrites par
AVIAS (1963) et surtout parBALTZER (1965) -,des "argiles noires" gypse qui seraient
plutt continentales, palustreset dues une volution pdogntiquesous climat tropical
longue saison sche.
Cependant, ds la premire synthse cartographique des sols de la Nouvelle
Caldonie, les units pdologiques constituant les "argiles noires tropicales" ont t
interprtes par TERCINIER (1962), commeune sous-classe de sols forms partir de
l'altration de roches en place, et comparables aux sols noirs dcrits dans d'autres
rgions subtropicales ou tropicales sches et semi-arides. Cette classification est reprise
pour les catographies de dtail qui lui succdent (TERCINIER, 1965) et le terme de
vertisols dsignant ces "argiles noires" comme des sols caractristiques des milieux
intertropicaux longue saison sche et drainage externe plutt rduit, est adopt par
TERCINIER en 1967. Une premire classification des vertisols, base
sur leurs proprits
physico-chimiques, est tablie parLATHAM et al. (1978) et les nombreuses cartographies
de dtail qui ont suivi ont
fort bien dlimit leur extension(LATHAM et MERCKY, 1979 ;
DENIS, 1979 ; PODWOJEWSKI, 1981 ; DENIS et MERCKY, 1982 ; PODWOJEWSKI et al,
1983 ; BEAUDOU et al., 1983a). Seule une synthse consacre au mode
de formation de
ces sols, faisait encore dfaut
en Nouvelle Caldonie.

1.2

- PRESENTATIONDE

LA ZONED'ETUDE

La Nouvelle Caldonie, terre de contrastes, est situe dansla zone intertropicale,


dans le PacifiqueSW, entre 164 et 167' de longitude est, et 20 et 22'30' de latitude sud
(Fig. 1).
Petit "bton" allong dans le sens NW-SE, longde 400 km pour 40 km de large,
d'une superficie de 16800km2(dew fois la Corse ou la moiti de la Belgique), la Grande

Terre (encore surnommee "Le Caillou") ou Nouvelle Caledonie au sens strict, est l'le
principale de l'archipelde la Nouvelle Caldonie.

La Nouvelle CalBdomie n'est pas me le ordinaire dans l'Oc6an Pacifique. Son


relief est dissymtrique. Une chane centrale, dont l'axe est allongedans le m h e sens
que l'le plonge rapidement dans
la mer sur la cte est et dlimitede nombreuses plaines
ctieres sur le bord ouestde l'le.
La pluviomktrie est contrasteentre une c6te est "au vent" quireqoit amuellement
environ 3000 mm de pluie, et une c6te ouest "sousle vent" quine regit en moyenne que
1000 mm.
Situke B l'avant de la plaque pacifique,ce n'est pas un arc insulaire actif,ni une ile
corallienne, bien qu'&tant
entour& de la deuxime plus longue barrire rkcifale monde.
du
Ea Nouvelle Caledonie est constitu6e de formations volcano-sedimentai~estemighes
plissees ; les plus g4es sont ante-permiennes. Elle se singularise par sa nappe de
pkridotites chevauehante apparueau ioc6ne et qui recouvre pr6s &un tiers du territoire.
L'altration des p6ridotitesconcentre le nickel.
Tous les facteurs de la @dogenese sont contrastes : des substrats lithologiquestrs
varis et peu r6pandus en si grande proportion ailleurs dans le monde (peridotites),de
nombreux pisodes morpho-climatiques durant le Quaternaire (les influences de
mouvements neotectoniques recents, des variations eustatiques et des rkajustements
isostasiques). La variete des sols se traduit par un vritable "patchwork"06 se c6toient
dix des douze classes
de sols signal& par la classificationCPCS (1967).

Le reflet de ce milieu original est sans conteste la vgktation qui, Bloignee de


l'influence continentale asiatique
ou australienne, est endhique i prs de 75%.

.WORFDLU

Figure 1 : Carte de localisation de la Nouvelle Caldonie

II - LES VERTISOLS
2.1

DEFINITION

Dans les rgions climat tropical contrast,on connat depuis fort longtemps des
solsargileux, profonds, de couleur fonce, aptes gonfler sousl'effet d'une
humectation. Ces sols ont souvent,
de par le monde, une appellation vernaculaire. Celleci voque la plupart du temps leur couleur sombre ou noire et parfois la structure
grumeleuse des horizons de surface. Le termede vertisol a t utilis pour la premire
fois au 6me congrs de I'ISSS Paris en 1956. Du fait de leurs proprits physiques
particulires, ces sols sont soumis des mouvements, ou brassages internes do leur
nom de vertisol dont l'tymologie latine "vertere" signifie tourner, retourner.
Selon le Rfirentiel Pdulogique Franpis (BOULAINE, 1990) : les vertisols sont
des "sols argileux qui, suivant les saisons alternativement sches, puis humides, se
gonflent ou se rtractent et qui montrent de larges et profondes fentes de retrait en
priodes sches."
Selon lu Sui1 Taxonomy (USDA, dition 1983) les vertisols sont dfinis comme
des
sols :
1. qui n'ont pas de contact lithique ou paralithique, avec
un horizon ptrocalcique
ou un horizon indur siliceux (silico-ptro-strite) moins de 50 cm de la
surface ;
2. qui, aprs mlange sur une paisseur de 18 cm, tout comme un labour,
contiennent plus de 30%d'argile dans tous les horizons, jusqu' une
profondeur de 50 cm et plus;
3. qui, sauf s'ils sont cultivs ou irrigus, prsentent un moment de l'anne,des
"fentes ouvertes" (open cracks), larges d'au moins
1cm, une profondeur de
50 cm ; remontant jusqu' la surface ou la base de la couche de labour ou
d'une crotede surface;
[Link] ontun ou plusieurs des caractres suivants:
a. un microrelief ondul de type"Gilga" ;
b. une profondeur comprise entre 25 cm et 1 m, des "faces de glissement"
(slickensides) assez denses pour
se recouper ; ou
c. une profondeur comprise entre 25 cm et lm, des agrgats structuraux
naturels en forme de coins qui ont leur grand axe orient 10
de 60" par
rapport l'horizontale.

2.2

- LA REPARTITION DES VERTISOLS

Les vertisols etsols associs occupent320 millions d'ha soit2,4 % de la surfacede


la plante, mais cette proportion augmente de faon considrable
si l'on ne considre que
les terres cultivables, dduction faite de celles des zones dsertiques, de montagne ou
toujours geles (WILDING et PUENTES, 1988). Les pays comme l'Australie (70 millions
d'ha), l'Inde (70 millions d'ha), ou le Soudan (50 millions d'ha) reclent, eux trois,
prs de60 % de la superficie totale de ces sols,
Les vertisols obissent des rgles de rpartition dictes en premier chef parles
conditions climatiques :
- 60% d'entre-eux sont situs dans la zone intertropicale, 30% dans
la zone subtropicale ;
- 65% sont situs dans des conditions semi-arides, 18% dans les zones arides
;
mais toutes ceszones ont un point commun : une alternance marque de saisons humides
puis sches, responsablesd'un gonflement et du retrait des argiles.
Dans la rgion du Pacifique Sud, outre l'Australie o les vertisols sont plutt
localiss l'est du pays, on les retrouve galement sur la cte ouest (sous le vent) de
certaines les comme Malekula (Vanuatu), VitiLevu (Fiji) ou la Nouvelle Caldonie.

&

I-

.-0

2.3

CARACTERES MAJEURS

Les caractres mo hologiques majeurs des vertisols sont leur forte proportion
d'argile (suprieure 30% , de type smectite, et leurs fentes
de retrait verticales en saison
sche pouvant atteindre plus de 5 cm de large et 60 cm de profondeur. Ces fentes
dlimitent un rseau form de polygones.
La structure spcifique,qui apparat vers40 60 cm de profondeur, est constitue
d'agrgats de forme rhomboidale, surfaces luisantes et/ou stries, souvent obliques.
Ces faces luisantes sont appeles faces de glissement ou slickensides. Elles ont un
dveloppement trs important vers
80 cm de profondeur. Elles font un angle
de 20 40"
par rapport l'horizontale et se recoupent en formant des angles aigus saillants, d'o le
terme de structure sphnoclode retenu parBEAUDOU et al. (1983b) et BEAUDOU (1988)
dans la recherche d'un vocabulaire typologique, ou le terme de sphenoid utilis plus
rcemment dans une synthse faite par
BWARAN et al. (1988). Elles sont provoques par
le cisaillement du sol sous l'effet des contraintes horizontales provoques par le
gonflement des argiles en saison humide.

Si le comportement spcifique des argiles, dont drivent les proprits structurales,


est li aux variations climatiques,les conditions ncessairesaux concentrations dans le
sol d'argiles de type smectite sont lies la nature chimique du substrat et la
topographie : soit en contrebas de toposquences, soitdes
sursurfaces planes drainage
externe limit (comme les terrasses alluviales).

III - CONDITIONS NECESSAIRES A LA MISE EN PLACE DES


VERTISOLS
La localisation des vertisols dans le monde et la dfinition mme des vertisols
imposent des conditions ncessaires leurmise en place. Ces conditions sont
principalement de trois ordres:
- d'ordre climatique, avec un climat gnralement de type tropical pluviomtrie
contraste,
- d'ordre gochimique : les vertisols drivent gnralement deroches basiques
susceptibles de librer des cations alcalino-terreux,
- d'ordre topographique : les vertisolsse dveloppent davantagesur des surfaces planes,
drainage externe rduit.
Les vertisols de Nouvelle Caldonie se sont dvelopps en gnrale conformit
avec ces conditions, avec, toutefois, quelques variantes que nous allons exposer.

3.1 CONDITIONSCLIMATIQUES
Gnralits du climat en Nouvelle Caldonie et localisation
des vertisols

Les vertisols sont localisssur la c6te ouest de la Grande Terre qui est aussi la zone
la plus schedu Territoire (Fig.2 et 3, Tab. I).
3.1 1

Lesvariationssaisonnires

La Nouvelle Caldonie est situe dans


la Zone Intertropicale. Les types de climats
sont dtermins par les variations en latitudede la zone dpressionnaire intertropicale
situe au nord de l'archipelet de la ceinture anticyclonique situeau Sud (BAUDUIN et
BRUNEL, 1981). L'anne pluviomtrique dbuteau mois de novembre qui correspond
la fin de la saison sche. Quatre saisons peuvent tre dlimites
:
- la saison humide qui va de la mi-dcembre la fin mars. Elle correspond la saison
chaude etau passage des dpressions et des cyclones tropicaux
;
- une petite saison de transition en avril-mai durant laquelle la pluviomtrie; dcrot

I
Figure 4 : clhogrammes des postes mtko de Ouaco
et deLa Tontouta
Tableau Ia : D m & s climatiques mensuelles du poste Mteo de Ouaco (DANLOUX, 1987)
Mois
pluviomtriehm)
%

E.T.P.* ( m m )

P -E.T.P. (mm)
4

Dec
34
80
5
11
167 181
-133 -84
-101
Nov

Jan Mar
Fev

90
12
174

110

90
15
12
153 147
-43 -32
-71
-57

25,8
[Link]"C** 24.0 25,1 25,9 26,9
E.T.P. calcule Konamac - ** Tempkratures releves Koumac

Avr
50

7
121

Mai

67
9
99

Jun
66
9

81
-15

24.0

22,5

21.1

Jui
Aou
31
48 34 36
6
5
88 156
126
103
-50 -92
-67

Sep

Oct

20.1

20.8

20.1

-125
22,2

Ajustement de l'chantillm de32 ans (Priode 1952-84) 6 une loi LogNomale


Coefficient d'irrgularit : 2,lO
Dttcennale humide : 1098 mm
Mkdiane : '746 mm
Dcennale sche : 522 m

Tableau Ib : Donnetes climatiques mensuelles du posteMet& de La Tmtouta (DANLOUX, 1987)


Mois

Nov

pluviomtrie(mmi 38
4
%
139
146
169
176
162
E.T.P.* (mm)109
-124
P -E.T.P.( m m ) -99
TempratweT

23,8

Dec Mar
Fev
Jan
Avr
77
109 125 117 70 67
9
1 2 1 4 1 3
7

26.3

25.9

8
82
-12

-60-42
-22
-21

24,9

Mai

25.9

23,9

21.7
20.2
19.0

Jui
Aou
95
66
55
10
8
6
66110
8669
+29
-3 -97
-71
-31

Sep
39
4

20,O

19.5

Jun

Oct
48
5
145

21,O

* E.T.P. calcule1 Nouma


Ajustement de l'chantillon de 32 ans (Priode 1952-84) une loi Log-Normale
Coefficient d'irrgularit : 2.10
Ecennale humide : 1324 mm
Mkiiane : 906 mm
Dcennale sche : 429 mm
DOM^ pluviomtriques : Archives du service mtkorologique de Nouvelle Caldonie et de I'ORSTOM.

9
- une petite saison humide correspondant la saison frache de l'hiver austral et qui
couvre les mois de juillet-aot
;
- la grande saison sche (peu pluvieuse) qui s'tend du mois de septembre la midcembre.
La pluviomtrie est contraste.50% des prcipitations sont rpartiesde dcembre la fin
mars durant la saison chaude.

3.12

- La pluviomtrie

L'efet orographique : La dissymtrie de la rpartition spatiale des prcipitations est


due l'orientation gnralede l'le. Les vents dominants soufflent d'un secteur compris
entre l'est-nord-est au sud-est. L'axe de la chane centrale est parallle aux ctes et
dport vers la moiti est de l'le. I1 dlimite la cte est, troite, trs arrose, situe "au
vent'' de la cte ouest plus tendue et situe
"sous le vent".
La pluviomtrie dcrot aufur et mesure que l'onse rapproche de lacte ouest. Si
la pluviomtrie annuelle moyenne est infrieure
1100 mm, les extrmes sont infrieurs

900 mm Boulouparis et infrieurs 800 mm Ouaco (Fig. 3). Ces deux localitssont
elles-mmes situes sous le vent des stations les plus arroses (Yat
et Poindimi) o la
3000 mm/an.
pluviomtrie moyenne excde
La variabilit gographique: Il y a peude variations entre le nord et le sud de la
Grande [Link] petite saison des pluies de la saison frache associe
des perturbations
d'origine polaire affecte davantage le Sudde l'le, tandisque les dpressionstropicales
venant du Nord atteignent cette rgion plus tt, ds le mois de novembre.
La variabilit interannuelle et intersaisonnire : D'une anne l'autre, la
pluviomtrie est trs variable, aussi il est quelque peu abusif d'utiliser les termes de
saison des pluies de
et saison sche couramment utiliss dans les rgions tropicales.
Les irrgularits interannuelles sont importantes et peuvent
alement affectertous
les mois (Fig. 4a et 4b). Le coefficient d'irrgularit estlev (>2 (DANLOUX, 1987a).
D'une faon gnrale, les deuxtiers des mesures montrent des valeurs infrieures la
mdiane (qu'elle soit mensuelle
ou annuelle). Elles renforcent le caractre contrastet la
relative scheresse du climat.

La Nouvelle Caldonie subit une forteinfluenceocaniquequiaffecte


principalement la temprature
et les vents.

3.13

Les tempratures

Les tempratures moyennes sont assez stables tout au long


de l'anne aux alentours
de 23C. A La Foa, localit o les amplitudes saisonnires sont les plus marques, les
moyennes des tempratures sont les suivantes: 18"5C pour le mois d'aot, moisle plus
frais, 26C pour le moisde janvier, mois le plus chaud de l't austral. Mais, danscette
commune, une amplitude diurne de plus15C
de est frquente.

3.14

Les vents

En dehors du passage des perturbations, la Nouvelle Caldonie


est soumise
l'influence des alizs qui soufflent d'une direction compriseentre I'ENE et le SE. Les
vents sont modrs assez forts. A Nouma, les alizs soufflent prs de 220 jours par
mois, de 2 6 m/s en saison frache et de
4 8 m / s en saison chaude.
3.15

L'vapotranspiration

L'vapotranspiration relle ou E.T.R. a t mesure par la section hydrologie du


centre ORSTOM de Nouma, le long de la cte ouest, sur des bacs de type Colorado
(Fig 5). Les mesures traduisent une augmentation de cette vaporation depuis la cte vers

ERM
3,0

EWM

Fig. 4& VARIABILITE DE LA PLUVIOMeTRIE

- STATION &O

D E LA TONTOUTA

- PgRIODE

1950/1986

11
la chane centrale, cette augmentation allant de pair avec la diminution des prcipitations,
renforce le caractre d'aridit
de la bande &ti&-e.
L'vapotranspiration potentielle ou E.T.P.* at calcule Nouma et Koumac
selon la formule de PENMAN** (prfrable la formule de THORNTHWAITE qui adoucit les
fluctuations de l'E.T.P., en ne tenant pas compte de
certains facteurs climatiques comme
le vent ou le rayonnement). Elle montre que le dficit hydrique (Pluviomtrie
- E.T.P.)
est important dans les quatre derniers mois de l'anneo il reprsente prs de 75% du
dficit total annuel.
Ce dficit hydrique(P - E.T.P.) est entretenu par l'inefficacitde certaines pluies
reconstituer le stock d'eau dans sols
les ou les [Link] coefficients d'coulementdes
principales rivires sont levs.
Les pentes fortes associes un faible couvert vgtalet
des sols vite saturs lors de pluies violentes contribuent
au ruissellement.

Figure 5 :Evaluation de l'vapo-transpiration relle (E.T.R.)sur la cte ouest de la Grande Terre

*E.T.P. ou vapotranspiration potentielle : Elle reprsente schmatiquement la limite suprieure vers


laquelle tendrait l'vapotranspiration relledun couvert vgtal densequi ne souffrirait d'aucune restriction
d'eau. On peut la considrer plutt comme une demande nergtique de l'atmosphre (BAUDUIN,
BRUNEL1981).
Calcul de 1'E.T.P. selon la formule dePENMAN
E.T.P. = Cp (Rn) + (9 (Ea)
(9 (Rn)= L . [Rn F(T)y-l]. [ l + (F(T)yl]-I
(9 (Ea) = Ea [ l + ( F V y l 1 - I
Rn = Rayonnement net ;T = Temprature del'air sous abri
Ea = Pouvoir vaporateur del'air ;y = Constante psychomtrique
L = Chaleur latente dvaporation de l'eau

**

..

13

3.16

Conclusion

Malgr une forte variabilit, le climat de la cte ouest de la Grande Terre est
caractris par une pluviomtrie contraste favorable
au dveloppement des vertisolset
une relative aridit confirme par
un bilan hydrique ngatif dix mois paren
anmoyenne.
Ce dficit hydrique, favorable la conservation des sels contenus dans le sol
(principalement des sulfateset des carbonates), est plus important le longde la frange
ctire.

3.2

CONDITIONS GEOCHIMIQUES

En raison du rajeunissement par l'rosion subi par la majorit


des sols de la
Nouvelle Caldonie, la couverture pdologique manifeste une troite lithodpendance,
lie principalement la gochimie mais aussi
la morphologie des facis ([Link]).
Afin de replacer les vertisols dans leur contexte gologique, il est utile de rsumer
les principales tapes de l'histoire gologique de la Nouvelle Caldonie grce la
couverture cartographique complte au 1/50 O00 de la Grande Terre ralise par le
BRGM", et la synthse gologique au1/200 O00 tablie parPARIS (1981) (Fig. 6).

Figure 6 : Esquisse lithologique dela Nouvelle Caldonie (d'aprsPARIS, 1981)


1. Formations plitiques plus ou moins calcaires (Penno-Trias OU Eocne moyen et suprieur) ; 2. Formations
grseuses et siliceuses (Snonien ou Eocne infrieur) ; 3. Alluvions anciennes et rcentes ; 4. Formation"des
basaltes"(Snonien 1'Eocne moyen) ; 5. Micaschistes et plites siliceuses (Ante-Permien ou Triadurassique).
glaucophanites, gabbros et grancdiorites(post Eocne) ; 6. Pridotites et serpentinites (Eocne terminal).

3.21

Rappel del'Histoiregologique

- L'dification du bti axial dbute avant le Permien par des schistes quartzofeldspathiques rntamorphiss et plisss.
- Les formations volcano-sdimentaires du Permien etdu Trias infrieur constituent les
premires formations dates. Elles rsultentdudmantlementd'unarcvolcanosdimentaire actif situ l'ouest du territoire.

* Toutes les cartes gologiques au 1/50 O00 de la Grande Terre ayant servi la dtermination du substrat
gologique dela cte ouest de la Nouvelle Caldonie sont mentionnes
dans une bibliographie secifique.

14
Analyses des principales rochesil l'origine des vertisols

Tableau III : La formation des basaltes (Snonien - E&ne moyen)


1

P. Feu

1
2
2,79 2.54
47,74 47,39
16.06 14.17
10,54 10.33
1.58 1,26

0,16

8,13
12,77
7.54 7,50
1,03 0,26
3,77 1,21

3
4
2,75 3,86
46.67 48,50
36.26 15,OS
10.53

1.03
0.18
10.52
7,89
0,55
3.00

9.10

1.04
0,40

10,72
10.23
0,05
1,90

10.53
2.25