Cours Réseau Électrique ENIT
Cours Réseau Électrique ENIT
FASCICULE DE COURS
Par
Khadija BEN KILANI
2013-2014
B.P. 37 le Belvdre 1002 Tunis Tunisie 1002 37 Tl. : 216 71 874 700
Email : Enit@ enit.rnu.tn :
Prface
Ce cours sadresse aux lves ingnieurs de Gnie lectrique en 2me anne de leur cycle
ingnieur. Il sagit daborder les notions fondamentales ncessaires la comprhension du
fonctionnement des rseaux lectriques de puissance. On traite des aspects techniques
fondamentaux des grands rseaux de transport de l'nergie lectrique grande puissance en
courant alternatif.
tant un module denseignement de base, ce cours franchit par une prsentation
synthtique et comparative de diffrents types de centrales lectriques nergie renouvelable
ou non. On passe par la suite larchitecture des rseaux de transport et de distribution: la
structure des postes sources, la topologie spatiale des rseaux de transport et de distribution.
Des techniques spciales danalyse des rseaux sont par la suite abordes : lunit
normalise per-unit, circuits quivalents tout impdance. Le troisime chapitre traitera des
caractristiques et modlisation des lignes et lments de transport de lnergie lectrique,
monophass et triphass quilibrs, en rgime permanent. Les quations de performances et des
modles gnraliss en pour les lignes et les transformateurs sont dveloppes. Les
expressions de la tension et du courant dveloppes fonction des paramtres distribus de
louvrage de transport.
En dernire partie, on abordera la thorie gnrale de calcul de l'coulement d'nergie
partant du thorme de conservation de lnergie complexe et la mthode des injections nodales.
Les quations dcoulement dnergie sont dveloppes pour une structure radiale ou boucle du
rseau.
Les dveloppements prsents au cours des chapitres sont mis en uvre par des exemples
dapplication, et une srie dexercices avec des lments de rponse en annexe de ce document.
Introduction ...
Rappel historique sur la distribution de l nergie lectrique ......
Le rseau lectrique actuel ......
Les sources dnergie .....
Les Centrales lectriques ....
Topologie et structures des rseaux de transport et de distribution ....
1.5.1 Le schma unifilaire ......
Exemple 1.1 .......
Exemple 1.2 .......
1.5.2 Les postes sources HT/MT ....
1.5.3 La topologie spatiale ......
Exemple 1.3 .......
Exemple 1.4 .......
4
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15
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23
23
Introduction .....
Formulation .....
Choix des grandeurs de base .......
2.3.1 Cas dun seul transformateur .....
Exemple 2.1 .......
Changement de base ........
Exemple 2.2 .....
Exemple 2.3 .....
Le systme per-unit en triphas ...
Exemple 2.4......
Avantages du passage en per-unit .....
26
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62
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Bibliographie ..........
ANNEXE : Series dexerices et lments de rponse .......
67
68
4.3
4.4
Chapitre 1
1.0
Introduction
Un rseau lectrique est un ensemble d'infrastructures nergtiques permettant
d'acheminer l'nergie lectrique produite partir des centres de production jusqu chez les
consommateurs, tout en assurant tout moment lquilibre nergtique : productionconsommation. Lnergie lectrique mesure gnralement en kW peut tre produite travers un
systme de conversion dautres formes dnergie (chimique : charbon, fuel ; hydraulique : chutes
deau, photo voltaque : le soleil, ) vers une forme dnergie intermdiaire
(calorifique,
cintique, mcanique, ...). Au niveau de la consommation, lnergie lectrique est convertie ellemme une forme finale dnergie: clairage, chauffement, son). A lchelle industrielle, pour
la production, le transport et la distribution de lnergie lectrique, plusieurs choix techniques se
prsentent, on cite
-
Les critres principaux pour ces choix manent de plusieurs contraintes dordre
technique, conomique, auxquels sajoutent des contraintes environnementales et contractuelles.
On ce qui concerne les contraintes techniques de fonctionnement, il faut :
-
Lensemble des choix techniques tabli marque la structure de base et la topologie du rseau
lectrique actuel. Cette structure gnre en partie de lhistorique volutionnaire du secteur de
llectricit. Ce qui suit un rappel de lhistorique sur la distribution de lnergie lectrique.
Ce chapitre dbute par un bref historique sur la distribution de lnergie lectrique,
franchissant la structure du rseau lectrique actuel. Une prsentation synthtique des
diffrentes centrales lectriques est donne avec une classification fonction de leurs sources
dnergie primaire. Des schmas illustratifs expliquent le principe de fonctionnement des
diffrentes centrales. La troisime partie du chapitre traitera la topologie du rseau de transport
et de distribution.
1.1
lampes arc pour lclairage. Depuis, on cherchait comment produire lnergie lectrique en
quantit et la distribuer. Des rseaux de distribution de puissance ne dpassant les 100 kW en
Amrique et en Europe. Cest en 1882 que commence l'histoire des rseaux de distribution
d'nergie lectrique avec la mise en place New-York, par Edison, d'une centrale de production
d'nergie lectrique courant continu d'environ 33 kW. En Europe, la premire station de
distribution d'nergie lectrique en Angleterre fut construite Londres peu prs en mme
temps et qu'elle fonctionnait aussi en courant continu sous une tension de 100 volts et une
capacit de 60 kW. A cette poque, on utilisait la machine vapeur pour toutes les sources
d'nergie i.e. les chemins de fer, les usines avec distribution de l'nergie par un arbre auquel on
ajoutait des poulies pour soutirer de la puissance au moyen d'une courroie de cuir trs large.
Ce mode de production de lnergie lectrique ( courant continu) ne permet pas de
transmettre cette nergie trs loin car on ne peut la gnrer et l'utiliser qu' des tensions basses
pour des raisons de scurit et d'isolation. Il fallait donc construire des stations de production
prs des centres de consommation et chacun y allait de ses propres projets de mini-rseaux.
L'invention du transformateur et sa construction utilisable pour la distribution d'nergie
dmontrrent en 1884-1886 que le futur passait par le courant alternatif. Mieux encore, le brevet
anglais numro 6481 mis Nicola Tesla en 1888 amora la distribution et l'usage de l'nergie
lectrique en systmes polyphass. Depuis et avec le dveloppement des systmes polyphass
par Nicola Tesla, les systmes courant alternatifs sont devenus encore plus intressants. A la
fin de lanne 1888, Nicola Tesla a accompli la grande partie des thories des systmes courant
alternatif : moteur et gnrateurs courant alternatif, transformateurs et lignes dinterconnexion.
En 1890 une premire ligne de transmission c.a. (22 km ) 3300 volts tait mise en service en
Orgon.(U.S.A.). La controverse entre Edison et Westinghouse (qui avait acquis les droits sur les
transformateurs et proposait le courant alternatif) fit la controverse de l'poque et se rgla par la
suprmatie du courant alternatif.
En 1890, le choix entre les systmes courant continu favoriss par Edison, et les systmes
courant alternatif, attribu Tesla et Westinghouse sest pos. Par la fin du sicle le choix a t
mis sur les systmes AC puisque :
-
Les tensions sont plus faciles varier dans les systmes courant alternatif, grce
lutilisation des transformateurs. Ceci donne la flexibilit de lutilisation des diffrents
niveaux de tension pour le transport et la distribution de lnergie lectrique.
Les gnrateurs ac sont plus simples que les gnrateurs courant continu.
Les moteurs AC sont plus simples et moins chers que les moteurs courant continu.
1.2
Le rseau de grand transport et dinterconnexion qui achemine, en THT (ex. 400 kV ou 225
kV) de grandes quantits dnergie sur de longues distances avec un faible niveau de perte ;
(ii)
Les rseaux rgionaux de rpartition qui rpartissent lnergie au niveau des rgions qui
alimentent les rseaux de distribution publique en 225 kV, 150 kV, 90 kV ;
(iii)
Les rseaux de distribution, qui desservent les consommateurs finaux en moyenne tension
(moyenne industries) ou en basse tension (charge domestique, tertiaire, petite industrie).
Cette hirarchie des niveaux de tensions utiliss varient considrablement d'un pays lautre
fonction des paramtres lis lhistoire lectrotechnique du pays, ses ressources nergtiques, sa
surfaces er finalement des critres technico-conomiques.
Tableau 1.1. Les diffrents niveaux de tension selon la norme UTE C 18-510
U < 50 V
Normes avant
1989
Normes aprs
1989
TBT
TBT
BT
BTA
1 kV < U < 50 kV
MT
BTB
HTA
THT
HTB
Les
combustibles fossiles essentiellement le ptrole, le gaz, le charbon sont des lments contenus
dans le sous-sol de la Terre. La combustion de ces combustibles fournit de lnergie thermique
(chaleur) qui est utilise dans les centrales thermiques flamme appeles aussi centrales
flamme ou centrales thermiques
combustible fissile, l'uranium, dont le minerai radioactif est contenu dans le sous-sol de la
Terre. Elle permet de produire de l'lectricit, dans les centrales thermiques nuclaires, appeles
centrales lectronuclaires, grce la chaleur dgage par la fission d'atomes d'uranium. Les
rserves de combustibles sont limites et spuisent. Les nergies non renouvelables sont
polluantes : les centrales qui utilisent ces sources dnergies produisent des gaz effet de serre,
en particulier dnormes quantits de dioxyde de carbone CO2.
Les centrales combustibles fossiles (charbon, ptrole et gaz naturel) dites centrales
thermiques classiques;
(ii)
Les centrales nuclaires qui sont galement des centrales que lon peut qualifier de
thermiques;
1.4.1
combustibles fossiles : le charbon, le gaz ou le fuel. La chaleur produite par la combustion dans
la chaudire vaporise de l'eau. La vapeur obtenue est vhicule haute pression et haute
temprature vers une turbine dont les pales se mettent tourner sous la pression. L'nergie
thermique est transforme en nergie mcanique. Cette dernire est transforme en lectricit par
un alternateur comme dans une dynamo. Ce courant alternatif triphas est ensuite port une
tension suprieure par un transformateur. A la sortie de la turbine, la vapeur est retransforme en
eau au contact des parois froides d'un condenseur. L'eau est ensuite renvoye dans la chaudire
ou le cycle se renouvelle. La chaleur rsiduelle encore contenue dans le condenseur est son
tour vacue grce un circuit tertiaire d'eau, soit vers un fleuve, soit vers une tour de
refroidissement. Dans ce dernier cas, la plus grande partie de l'eau de refroidissement peut
ensuite tre rutilise en circuit ferm dans la centrale.
Figure 1.3
10
11
trouvent fortement rduites (jusqu 50% dmissions polluantes en moins pour la mme
quantit dlectricit fournie).
.
Figure 1.5 Fonctionnement d'une centrale gaz cycle combin
12
13
(*)
Le Tableau 1.2 compare plusieurs de ces centrales, avec leurs rendements, inconvnients et
avantages.
(*) "Les nergies renouvelables", Marek Walisiewicz, Edition Pearson Sciences, 2007.
14
Source
Avantages
Inconvnients
Charbon
Ptrole
Mthane
Mthane
33%
36%
nergie renouvelable
Centrale hydraulique
Centrale au fil de leau
Rivire
Centrale accumulation
Lac et torrents
Centrale olienne
Terrestre
Marine (offshore)
Centrale photovoltaque
Centrale gothermique
20 %
nergie cintique
du vent
34 %
Rayonnement
solaire
Source chaudes
10 %
- nergie propre
40 %
- nergie propre
- Indpendante du climat
1.5
15
Pour la
16
de tous les quipements de contrle une action prpondrante. La Figure 1.8 montre quelques
symboles normaliss utiliss dans la reprsentation unifilaire.
Exemple 1.1
La Figure 1.9 montre la signification du schma unifilaire de la Figure 1.9 (a)
(a)
(b)
Figure 1.9. Reprsentation simplifie dun systme triphas. (a) Schma unifilaire;
(b) Circuit monophas quivalent.
Exemple 1.2
Obtenir le circuit monophas quivalent correspondant au schma unifilaire de la Figure 1.10
17
Figure 1.10 (b) : Circuit quivalent tout impdance du rseau de lExemple 1.2
(i)
18
Simple antenne
Cette structure est avantage par un cot minimal, mais avec une faible disponibilit en
cas de dfaut : en cas de perte de ligne HT, le jeu de barres est hors service jusqu la rparation.
(ii)
Antenne double
En mode de fonctionnement normal, les deux disjoncteurs d'arrive des sources sont
ferms, ainsi que le sectionneur de couplage. Les transformateurs sont donc aliments par les 2
sources simultanment. En cas de perturbation ventuelle, (perte de source ou de ligne HT),
l'autre source assure la totalit de l'alimentation. Do la disponibilit est meilleure que la
structure en simple antenne, dans la mesure o chaque source peut alimenter la totalit du rseau.
Aussi, la maintenance sera possible du jeu de barres, avec un fonctionnement partiel de celui-ci
(seulement un demi-jeu de barres nest plus aliment). En contre partie,
(iii)
ou ferm. Si ouvert, la source 1 alimente, par exemple, le jeu de barres JDB1 et les dparts Dep1
et Dep2. La source 2 alimente, par exemple, le jeu de barres JDB2 et les dparts Dep3 et Dep4.
Le disjoncteur de couplage peut tre maintenu ferm ou ouvert. En rgime perturb (perte de
source), l'autre source assure la totalit de l'alimentation. En cas de dfaut sur un jeu de barres
(ou maintenance de celui-ci), le disjoncteur de couplage est ouvert et l'autre jeu de barres
alimente la totalit des dparts.
Cette structure assure une bonne disponibilit dalimentation, et une trs grande souplesse
d'utilisation pour l'affectation des sources et des charges, et pour la maintenance des jeux de
barres. Il y a aussi la possibilit de transfert de jeu de barres sans coupure, puisque lorsque les
jeux de barres sont coupls, il est possible de manuvrer un sectionneur si son sectionneur
adjacent est ferm. Un surcot important est not par rapport la solution simple jeu de barres.
19
Avantages / Inconvnients
- Cot minimal
Double Antenne
Simple antenne
Schma
20
La structure radiale;
(b)
(c)
La structure maille.
Larchitecture des rseaux de distribution ainsi que le placement des appareils de coupure
dpend de plusieurs paramtres comme :
-
Linvestissement engager.
certaines
infrastructures qui ne doivent pas tre dconnectes comme par exemple les hpitaux. Le rseau
est donc trs souvent enterr cause de ces contraintes dencombrement et de qualit. La
principale diffrence entre les rseaux ariens et souterrains provient du fait que si le dfaut est
moins frquent en souterrain, il est en revanche plus long rparer.
21
22
23
Exemple 1.3
Le schma unifilaire-type dune distribution en boucle ouverte est une boucle sur laquelle
sont connects les points de consommation
distribution MT/BT, et/ou des postes de livraison pour un abonn en MT. Chaque point (entre 15
et 25 points par boucle) est raccord sur la boucle par deux interrupteurs MT. Tous ces
interrupteurs sont ferms, except lun deux qui constitue le point douverture de la boucle et
dfinit le chemin dalimentation pour chaque point de consommation. Ce point d'ouverture peut
tre dplac dans la boucle, en particulier lors des manuvres de reconfiguration de rseau
faisant suite un dfaut.
Figure 1.15 les deux schmas de base dun rseau de distribution MT, radial (ou en antenne)
et en boucle ouverte (ou coupure dartre). [Ref: Cahier Technique Merlin Gerin n 155 / p.11, Ed.1991]
Exemple 1.4
Sur la Figure 1.16, nous illustrons un rseau de distribution aliment par trois postes
sources. Les diffrents schmas dalimentation (coupure dartre, double drivation, etc.) des
postes MT/TB, coexistent sur ce mme rseau. Pour les rseaux en coupure dartre, un
interrupteur est normalement ouvert (NO sur la Figure 1.16) dans lexploitation normale. De
mme, les dparts en antenne sont parfois secourus par dautres dparts (du mme poste ou un
autre) par un interrupteur NO. Ce sont des interrupteur de secours (les dparts A5, C1 et B1).
Pour le schma en double drivation, un seul interrupteur est normalement ferm (NF) dans
lexploitation normale (les dparts A2 et A3 sur la Figure 1.16).
24
25
MNI
JEN.
GOU
TEJ
RAD 2
RAD
NAS
B. MCH
O
KAI
SOU
MSA 2
MEK
S. MAN
BOU
TAT
ZAR
MED
Figure 1.18 Exemple de rseau maill (rseau Tunisien de transport HT 225 kV)
26
Chapitre 2
Le systme de reprsentation
Per-Unit
2.1
Introduction
Dans lanalyse des rseaux lectriques plusieurs difficults se prsentent, essentiellement
lies la lourdeur des calculs quon est men effectuer. En plus de la grande dimension du
systme, les composants des rseaux de distribution ou de transport ont des valeurs nominales
trs diffrentes et on est dans lobligation de manipuler plusieurs chelons de tension rsultant
des postes des transformations. Ceci implique galement diffrents chelons pour toutes les
variables lectriques: courants, impdances, puissances, etc.
2.2
27
Formulation
Le systme per-unit repose sur un choix judicieux des valeurs de rfrence, appeles
valeurs de base, pour toutes les grandeurs lectriques : les tensions (VB), les puissances (SB), les
courants (IB), et les impdances (ZB). Les lois fondamentales des circuits lectriques tant
valides entre les variables de base, nous avons:
S B = VB I B =
VB2
=Z B I B2
ZB
(2.1)
VB =Z B I B
Ces relations entre les grandeurs de base (2.2 et 2.3) nous indiquent que seules deux parmi les
quatre variables cites sont indpendantes. Nous disposons donc de deux degrs de libert pour
le choix des grandeurs de base.
conservativit et V pour son accessibilit (plus directe que courant et impdance par la
normalisation des niveaux de tension pour le transport). On choisit souvent les valeurs nominales
du rseau pour la tension. Par exemple, si on choisit une puissance de base SB et une tension de
base VB, nous dfinissons implicitement le courant de base ainsi que limpdance de base:
SB
VB
(2.2a)
VB VB2
=
IB SB
(2.2b)
I B=
ZB =
Dfinition: Pour toute variable lectrique complexe X (tension, courant, impdance, puissance)
on choisit une grandeur de base note X base (relle). La valeur correspondante dans le systme
dunits relatives per-unit X pu est dfinie par :
X
pu
X
X en unit relle
=X
=
pu
valeur de base de X
X
base
(2.3)
Notons dans cette dfinition que la grandeur de base est relle, do seul le module de X
changerait et non pas son argument.
V pu =
V ( )
VB ( )
S pu =
S (VA)
;
S B (VA )
I pu =
I ( A)
;
I B ( A)
Z pu =
Z ( )
ZB ( )
(2.4)
Il en rsulte que les lois fondamentales des circuits lectriques sont valides en per-unit. Par exemple, la
loi dOhm :
V = Z .I
Vb = Z b .I b
V
Z I
=
. V pu = Z pu .I pu
Vb Zb I b
(2.5)
2.3
28
per-unit, deux rgles de choix des valeurs de base doivent tre respectes :
Pbase = Qbase = Sbase
2.3.1
et
cas, on aurait chaque fois que la tension change une nouvelle base. Le choix des valeurs de
base doit obir certaines rgles :
(i) La valeur de Sbase est la mme dans tout le rseau ;
(ii) Le rapport entre les tensions de bases des deux cots dun transformateur est choisi le
mme que le rapport entre les tensions nominales correspondantes:
VB 2 V2 n
=
=m
VB1 V1n
(2.6)
(2.7)
VB1=V1n= 480 V,
VB2=V2n= 120 V
Z B1 =
VB21 (120 )
=
= 0.72 ;
S B 20 ,000
Z B2 =
VB22 ( 480 )
=
= 11.52 .
S B 20 ,000
Z 2 0.052578.13
=
= 0.072978.13 per unit .
ZB2
0.72
Z1 =
Z2
Z
480
= 2 =
0.052578.13 = 0.8478.13
2
m
Z B 2 120
Z1,pu =
Z1 0.8478.13
=
= 0.072978.13 p.u = Z 2 ,pu
Z B1
11.52
29
E2
E1
m = E2 = E
=
=
2 ,pu
VB1 VB 2
VB 2
m
I1 pu =
I1
mI1
I
=
= 2 = I 2 ,pu
I B1 mI B1 I B 2
(2.8)
Les tensions tant gales des deux cots du transformateur idal, de mme pour les courants
exprims en per-unit, le symbole du transformateur idal peut tre omis du schma du
transformateur (Fig. 2.3(a-c)).
R2 + jX 2
R1 + jX 1
jBm E1
Gf
V1
N1
+
V2
N2 E
2
_
Transformateur
idal
R2 ,pu + jX 2 ,pu
R1,pu + jX 1,pu
E1,pu
E2,pu
V1,pu
(a)
+
G f ,pu
jBm,pu
V2,pu
(b)
Circuit quivalent en per-unit du transformateur rel
Z p ,pu = Z s ,pu
V2 ,pu
V1,pu
_
(c)
Figure 2.2 Circuit quivalent en per-unit du transformateur rel en
ngligeant la branche magntisante et les pertes fer
2.4
30
Changement de base
Puisque les grandeurs exprimes en per-unit dpendent de la base choisie, en changeant
ce rfrentiel, leurs valeurs en per-unit changent. En effet, les valeurs des impdances des
appareillages du rseau (machines synchrones, transformateurs, lignes ) sont gnralement
donnes dans un systme per-unit dont les grandeurs de base correspondent la tension et la
puissance nominales. Le problme qui se pose est quand ces appareillages sont runis ensemble
dans le mme rseau. Pour uniformiser les donnes, il faut convertir les impdances et
admittances exprimes dans un systme quelconque dans un systme de base choisi.
Considrons une impdance Z ( ) ayant comme valeurs en per-unit Z pu B1 dans une base
(VB1 ,S B1 ) , et Z pu B 2 dans une autre base (VB 2 ,S B 2 ) . Si les grandeurs en per-unit diffrent, la
valeur un reste invariable:
Z ( ) = Z pu B1 Z B1 = Z pu B 2 Z B 2
2
Z pu B 2 = Z pu B1
do :
Z B1
V S
= Z pu B1 B1 B 2
ZB2
VB 2 S B1
(2.9)
Pour les puissances ( P,Q,S ) pu B1 et la tension V pu B1 exprimes dans la base (VB1 ,S B1 ) , elles
admettent des valeurs dans la base (VB 2 ,S B 2 ) , calcules partir des expressions (2.10) et (2.11):
( P,Q,S ) pu B 2 = ( P,Q,S ) pu B1
V pu B 2 = V pu B1
S B1
SB 2
(2.10)
VB1
VB 2
(2.11)
Exemple 2.2
Un rseau trois niveaux de tension est reprsent par le schma unifilaire de la Figure
2.3. Les spcifications des transformateurs sont donnes sur la figure. Les ractances des
transformateurs sont donnes en pour-cent, les impdances de la ligne et de la charge sont
donnes en ohm. La tension aux terminaux du gnrateur est Es = 2200 V , et la charge est
( S B1 ,VB1 ) = ( 30 kVA,240 V ) ,
Zone 1
31
Zone 2
Zone 3
XL = 2
20 kVA
460 /115 V
XT2 = 10 %
30 kVA
240 /480 V
XT1 = 10
Rponse :
On dsire obtenir un circuit tout impdance du rseau, tout en identifiant les trois zones du
rseau. Tout dabord, partant de la base de la zone 1 ( S B1 ,VB1 ) = ( 30 kVA,240 V ) , on dtermine
les bases des deux autres zones. La puissance de base est la mme dans tout le rseau :
S B1 = S B 2 = S B 3 = 30 kVA . Daprs lquation (2.11), les tensions de base sont lies par les
rapports de transformation des transformateurs :
480
240 = 480 V
240
VB 2 =
VB 3 =
115
480 = 120 V .
460
VB22
4802
=
= 7.68
S B 30 ,000
Z B3 =
VB23
1202
=
= 0.48
S B 30 ,000
S B 30 ,000
=
= 250 A
VB 3
120
Les impdances du circuit quivalent en per-unit sont maintenant calcules : Pour la ligne,
puisquelle appartient la zone 2, sont impdance en per-unit est calcules utilisant ZB2 :
X L ,pu =
XL
2
=
= 0.2604 pu
Z B 2 7.68
De mme, puisque la charge appartient la zone 3, sont impdance en per-unit est calcule
utilisant ZB3:
Z ch ,pu =
Z ch 0.9 + j 0.2
=
= 1.875 + j 0.4167 pu
Z B3
0.48
32
transformateur. Pour XT1, un changement de base nest pas ncessaire, puisque la base choisie est
la mme que celle du transformateur T1. Do XT1,pu = 0.1 pu.
Par contre, pour la ractance XT2 du transformateur T2, un changement de base est ncessaire de
la base (20 MVA, 460 V) la base (30 MVA, 480 V) :
2
X T 2 ,pu
460 30,000
= ( 0.1)
= 0.1378 p.u
480 20 ,000
115 30 ,000
X T 2 ,pu = ( 0.1)
= 0.1378 p.u
120 20 ,000
Tension de la source : La tension compose de la source en p.u est : |Es| = 220/240 = 0.9167 p.u.
Pour le calcul du circuit, il convient de choisir la tension Es davoir lorigine des phases :
Es ,pu = 0.91670 pu . Le circuit quivalent du rseau en per-unit est montr dans la Figure 2.4.
Pour chacune des zones, les grandeurs de base, les impdances en per-unit sont indiques. Le
courant en p.u. est :
I s ,pu = I L ,pu = I ch , pu =
=
Es , pu
j ( X T 1,pu + X L ,pu + X T 2 , pu ) + Z ch ,pu
0.91670
j ( 0.10 + 0.2604 + 0.1378 ) + (1.875 + j 0.4167 )
0.91670
0.91670
=
= 0.4395 26.01
1.875 + j 0.9149 2.08626.01
j XT2,pu
j 0.2604 pu
j 0.1378 pu
Es ,pu =
Z ch ,pu =
1.875 + j 0.4167 pu
0.91670 pu
Zone 1
Zone 2
VB1= 240 V
SB = 30 MVA
( 240 )2
Z B1 =
= 1.92
30000
VB2= 480 V
SB = 30 MVA
( 480 )2
ZB2 =
= 7.68
30000
Zone 3
VB3= 120 V
SB = 30 MVA
(120 )2
Z B3 =
= 0.48
30000
30000
I B3 =
= 250 A
120
33
Exemple 2.3
Un poste de transformation HT/MT liant deux bus 132 kV et 10 kV comporte deux
transformateurs en parallle T1 et T2 de caractristiques:
T1: 132/10kV,
100 MVA,
XT1 = 10%
T2 : 132/10kV,
10 MVA,
XT2 = 10%
Dterminer XT1 et XT2 des deux transformateurs dans une base commune;
b)
c)
Le poste vhicule une puissance de valeur 99 MVA. Comment cette puissance est-elle
rpartie entre les deux transformateurs?
Rponse :
a)
132 /10 kV
100 MVA
XT1 = 10 %
XT1
XT2
132 /10 kV
10 MVA
XT2 = 10 %
a)
100 MVA. Pour changer une impdance dune base une autre, on utilise le fait que sa valeur en
Ohm est la mme:
Z = Z pu1 Z B1 = Z pu 2 Z B 2
c)
Z B2
S B2
= Z pu1 VB1
VB 2
S B1
X T 1 = 0.1 10 MVA
100 MVA
) = 0.01 p.u.
X T 2 = 0.1 100MVA
) = 1 p.u.
10MVA
Le partage de la charge est selon le partage des courants. Le courant est partag entres les
ractances en parallle:
Pour le transformateur de 100 MVA : S100MVA =
Pour le transformateur de 10 MVA : S10MVA =
( 1+10.1 ) 99 = 90 MVA
(1+0.01.1 ) 99 = 9 MVA
2.5
34
choix des bases dj prsentes. Pour la tension de base, le choix dune mme tension de base
pour les 3 phases est un choix judicieux puisque le systme est conu avec la mme tension
nominale dans chaque phase. En ce qui concerne le choix de la puissance de base, S B , il convient
de distinguer les rgimes quilibrs et dsquilibrs.
Pour les circuits triphass quilibrs, on peut considrablement simplifier les calculs par
le passage un circuit monophas quivalent en per-unit, partir dun circuit tout toile . Le
choix des grandeurs de base doit naturellement respecter les relations entre les tensions simples
et celles composes, ainsi que les puissances triphases et les puissances simples. Par lquilibre
des phases, on na pas distinguer entre les phases en tension efficace et en puissances. On note
donc :
V ln :
V ll :
VBl l = 3 VBln
(2.12)
S B3 = 3 S B1
(2.13)
S B3 = PB3 = QB3
(2.14)
IB =
S B1
S B3
=
VBln
3VBl l
(V l l )
V ln (V ln )
Z B = B = B1 = B3
IB
SB
SB
2
(2.15)
2
(2.16)
V pull =
3
S pu
=
V ll
3V ln V ln
=
= ln = V puln
VBl l
3VBln VB
S 3 3 S 1 S 1
1
=
=
= S pu
S B3 3 S B1 S B1
(2.17)
(2.18)
(a)
35
(b)
Comme indiqu par lquation (2.18), la puissance en per-unit calcule partir dun
schma unifilaire monophas (relatif une seule phase) est gale celle des trois phases.
3
Le facteur 3 intervenant dans la puissance disparat ( S 3 = 3 S 1 ,S pu
= S 1pu ) .
Exemple 2.4
Une source triphase quilibre connecte en toile de tension compose Eab = 4800o V
alimente
un
rcepteur
triphas
quilibr
mont
en
triangle
dimpdance
par
Rponse :
ZB
VBl l )
(
=
S B3
( 480 ) 2
10 ,000
= 23.04
Z L 185
=
= 0.043485 pu
Z B 23.04
ZY ,pu
ZB
1040
= 0.434040 pu
23.04
VBl l 480
=
= 277 V
3
3
Le circuit quivalent en per-unit est montr sur la Figure 2.5. Le courant de la phase a en perunit est:
I a , pu =
Ean ,pu
Z L ,pu + ZY ,pu
36
1.0 30
0.043485 + 0.434040
1.0 30
1.0 30
=
( 0.00378 + j 0.04323) + ( 0.3325 + j 0.2790 ) ( 0.00378 + j 0.04323) + ( 0.3325 + j 0.2790 )
1.0 30
1.0 30
=
0.3362 + j 0.3222 0.465743.78
= 2.147 73.78 pu
S B3
10 ,000
=
= 12.03 A
ll
3VB
3 ( 380 )
ZY ,pu = 0.434040
Ean ,pu =
1.0 30
Figure 2.5 Circuit de lExemple 2.4
2.6
avantages suivants:
1.
En per-unit , les paramtres des quipements construits dune manire semblable ont des
valeurs assez proches, quelle que soit leur puissance nominale. Les valeurs des paramtres
tant prvisibles, on peut:
Affecter des valeurs par dfaut `a des paramtres manquants, lorsque lon dsire chiffrer en
premire approximation tel ou tel phnomne.
2.
3.
Le passage en per-unit fait disparaitre les transformateurs idaux qui sont prsents dans
les schmas quivalents des transformateurs rels. En dautres termes, le systme per-unit
permet de faire abstraction des diffrents niveaux de tension.
37
Chapitre 3
3.2
ro ( / km )
(
)
(1 / km)
g o 1 / km
: Conductance shunt due aux courants de fuite entre les conducteurs et la terre ;
bo
Vs
IS
Z = R+ jX
Y=G+jB
IR
Rcepteur
VR
3.1
38
quations de performance
La nature des paramtres distribus dune ligne signifie que les effets de ces paramtres
sont distribus tout au long la longueur de ligne. La Figure 3.1 montre la relation entre les
courants et les tensions sur une section dune phase de ligne dun rseau quilibr, en fonction
des paramtres distribus, avec :
zo = ro + jxo ( / km)
Les tensions et les courants montrs sont des grandeurs sinusodales, notes par leur module et
angle de phase, et de pulsation . Considrant une section de ligne de longueur x, une
distance x du cot rcepteur de la ligne. Les tensions indiques sur la figure sont :
V(x + x) reprsente la tension la distance x+ x, et I(x + x) reprsente le courant de
ligne la position x+ x.
Source
Vs
zx
I(x + x)
I(x)
I(x)
V(x + x)
V(x)
x+x
Rcepteur
VR
x
l
Figure 3.1
En appliquant les deux lois de Kirchhoff, la loi des nuds et la loi de mailles, on obtient :
V(x + x) = V(x) + (z x) . I(x)
(3.1)
(3.2)
V(x + x) - V(x)
= z I(x)
x
(3.3)
I(x + x) - I(x)
= y V(x + x)
x
(3.4)
ou encore,
39
En prenant la limite de (3.3) et (3.4) quand x approche zro, on obtient la drive de la tension
V(x) et du courant I(x) par rapport x :
dV(x)
= z I(x)
dx
(3.5)
dI(x)
= y V(x)
dx
(3.6)
Les quations (3.5) et (3.6) sont deux quations diffrentielles linaires, homognes de 1er ordre.
On peut liminer la variable I(x) en prenant la drive par rapport x :
d2V(x)
dI(x)
=z
= zy V(x)
dx2
dx
d2V(x)
- zy V(x) = 0
dx2
(3.7)
Lquation (3.7) appartient la famille des quations diffrentielles homognes, de 2me ordre, en
une seule inconnue V(x). La solution gnrale de cette quation est :
V(x) = A1ex + A2e-x
(3.8)
1 dV(x)
z dx
I(x) =
1
. (A1ex - A2e-x)
Zc
(3.9)
= zy = + j
(3.10)
Zc = z/y
(3.11)
A2 = (VR - ZcIR ) / 2
(3.12)
(3.13)
1 x - x
1
(e - e ) VR + (ex + e-x) IR
Zc
2
(3.14)
V(x) =
I(x) =
40
(3.15)
1
sinh(x) VR + cosh(x) IR
Zc
(3.16)
1
sinh(x), la tension et le
Zc
V(x)
=
I(x)
VR
T. I
R
(3.17)
Les paramtres A(x),B(x), C(x) et D(x) sont appels paramtres de transfert. Ils forment ainsi la
matrice de transfert T qui permet de passer de (VR,IR) la tension et le courant une distance
arbitraire x, comme schmatis sut la Figure 3.2 Ils sont exactes pour toute longueur de ligne et
satisfassent det T = AD-BC = 1. Ceci signifie que le systme en inconnues Vx et Ix admet
toujours une solution ;
Ix
IR
A(x) B(x)
T = C(x) D(x)
Vx
Figure 3.2
R
VR
Quadriple quivalent
Remarque :
1. Noter que nous avons exprim les grandeurs Vs et Is de la source en fonction des grandeurs VR
et IR du rcepteur : (Vs,Is) = f(VR,IR). Cette supposition est en fait logique puisque dans les cas
pratiques, ce sont les donnes au niveau de la charge qui sont disponibles. Les variables de la
source sont dterminer en fonction des contraintes de la consommation.
2. Ondes de tension et de courant
Les quations de la tension et du courant sont des quations dondes, pour les quelles nous
avons dfini la constante de propagation et limpdance caractristique. Daprs lquation
(3.8), le premier terme A1ex augmente en module et avance an phase, quand la distance x du
cot rcepteur augmente. Cest la tension incidente. Le deuxime A2e-x terme diminue en
phase et retarde en module, de lextrmit source vers lextrmit rcepteur. On peut donc
exprimer la tension en fonction dune composante incidente et une composante rflchie. De
mme le courant comporte un courant incident et un courant rflchi.
3.3
41
dune ligne de transport de longueur x. Cependant, notre but est de prsenter la ligne comme une
lment des interconnexions avec dautres lments du rseau. Il est donc plus convenable
dutiliser des modles quivalents qui reprsentent la ligne, vue de ses extrmits. Si la source
est une distance x=l du rcepteur la tension Vs et le courant Is sont:
Vs = V(x=l) = A VR + B IR
(3.18)
Is = C(x=l) = C VR + D IR
(3.19)
1
sinh(l)
Zc
Nous cherchons donc un circuit quivalent en comme indiqu par la Figure 3.3 et qui a les
mmes paramtres A, B, C et D que la ligne. Un modle quivalent en T peut de mme tre
obtenu. Pour obtenir les lments du schma quivalent, nous appliquons les lois de Kirchhoff
pour les nuds R et S dans le schma quivalent en :
Vs = Ze (IR +
= (
Ye
V ) + VR
2 R
ZeYe
+ 1) VR + Ze IR
2
(3.20)
(3.21)
ZeYe
+ 1 = cosh(l)
2
et
Par consquent,
Ye
1 cosh(l) - 1
1
l
=
=
tanh( )
2
Zc sinh(l)
Zc
2
S
Is
IR
(3.22)
Ze
Vs
Ye/2
Figure 3.3
Ye/2
VR
Modle nominal en
l l
Si l<< 1, sinhl l et tanh 2 2 . Les expressions de Ze et Ye dans (3.21) et (3.22) peuvent tre
42
zl = Zc
(3.23)
Ye
1
l
1 l
yl Y
2 = Zc tanh( 2 ) Zc ( 2 ) 2 = 2
Les lments Ze Zc et
(3.24)
Ye Y
du schma quivalent sont les valeurs approches de limpdance
2 2
(a)
(b)
Lignes moyennes (80 km l 200 km) : elles peuvent tre reprsentes par un modle
nominal quivalent en ;
(c)
Lignes longues (l 200 km) : pour ces lignes leffet de la nature distribue des
paramtres est important. On les reprsente par un modle quivalent en . En
alternative, elles peuvent tre reprsentes par une cascade de sections de lignes courtes,
chaque section modlise par son modle nominal quivalent en .
Tableau 3.1
Paramtre
Unit
l 80 km
Ligne courte
Ligne moyenne
80 km l 200 km
Ligne longue
l 200 km
Ligne purement inductive
(R=G=0)
A=D
p.u
YZ
1+ 2
YZ
Y(1 + 4 )
YeZe
1+ 2
Ze = Zc sinhl
Cos l
jZc sinl
Ye(1 +
YeZe
sinhl
)=
4
Zc
jsinl
Zc
Exemple 3.1
Une ligne triphase de 400 kV de longueur 300 km, a comme paramtres distribus :
z = 0.0165 + j 0.3306 = 0.331087.14 / km et y = j 4.674 x 10-6 s / km .
a.
b.
Rponse
0.331087.14o
= 7.082x 10 4 2.86o = 266.1 1.43o
-6
o
4.674 x 10 90
Zc =
cosh ( l ) =
sinh ( l ) =
A = D = cosh ( l ) = 0.93130.209o pu
B = (266.1 1.43o )(0.364588.63o ) = 97.087.2o
C=
0.364588.63o
266.1 1.43o
Les valeurs exactes de limpdance srie et de ladmittance shunt sont dtermines partir du
circuit quivalent en :
Z e = B = 97.087.2o ;
Ye
1
l 1 cosh ( l ) 1
= tanh =
2 Zc
sinh ( l )
2 Zc
=
1
0.93130.209o 1
43
3.4
44
ohmiques ngligeables, R=G 0. Dans ce cas, les expressions des paramtres des lignes sont plus
simples, et on pourrait avoir une ide initiale et qualitativement approche sur les modes de
fonctionnement du rseau. A partir des quations de performances, on peut dterminer (i) la
caractristique de la tension travers la ligne, (ii) les limites maximales de charge, et
ventuellement (iii) leffet sur la stabilit du rseau.
Impdance caractristique
Si R=G=0,
z = jL ;
y = jC ;
= zy = j LC = j
(m1)
()
(3.25)
= L/C
(m-1)
(3.26)
Limpdance caractristique Zc est dont purement relle pour une ligne purement inductive,
et la constante de propagation = j est purement imaginaire. Les paramtres A,B,C et D
deviennent :
(3.27a)
(3.27b)
(3.27c)
Longueur donde
La longueur donde est la distance que doit parcourir le courant ou la tension pour avancer
de 2 radians. Daprs les expressions de V(x) et I(x), la longueur donde note par est
donne par
= 2/ =
1
f LC
(3.28)
45
(i)
La tension:
V(x)
(3.29)
La tension est donc constante en tout point de la ligne de la source vers le rcepteur. De mme, le
courant circulant est I(x) = (ejx) VR/Zc. Le courant et la tension sont en phase.
IR
R
Ix
Vx
Figure 3.4
(ii)
cos(x), jZcsin(x)
jsin(x)/Zc , cos(x)
T=
VR
_
Zc= L/C .
La puissance complexe
La puissance complexe transporte jusquau point x de la ligne est :
= (e j x VR ) e j x R
Zc
2
|VR |
=
Zc
(3.30)
La puissance est donc purement active et constante de la source vers le rcepteur, quand
la charge de celui-ci est la charge caractristique Po. La charge caractristique pour un
rseau peut tre dtermine partir de la tension nominale de la ligne comme
Po = V2nom/Zc
(iii)
Caractristique de la tension
Une ligne relle de transport dnergie nest pas typiquement termine par sa charge
caractristique Po. Au contraire, la charge est en permanence sujette des variations dune
fraction de Po, jusqu' sa charge nominale. La variation de la tension est schmatise sur la
Figure 3.5 pour des lignes de longueur approximativement le un quart de longueur donde. On
distingue les cas suivants:
1.
46
2.
Pour une charge gale la charge caractristique Po, la tension de ligne est constante
3.
4.
5.
quand celui-ci varie entre son tat vide son tat en pleine charge. Il est exprim en
pourcent : On dfinit le coefficient de variation de la tension comme
CVT =
VRo VRpch
VRpch
100 %
(3.30)
VRo
V(x)
A vide
Charge caractristique Po
VR = Vs
Charge nominale
Court-circuit
VRn
VR = 0
X=l
Source
X=0
Rcepteur
Figure 3.5 Caractristique de la tension pour une ligne avec R=G=0, tension de
source constante. La longueur de ligne est le de longueur donde.
47
Exemple 3.2
Une ligne triphase de 345 kV, de longueur 200 km a deux fils par conducteur ayant les
paramtres suivants :
z = 0.032 + j 0.35 / Km
y = j 4.2 x 10-6 s / Km
En pleine charge, la puissance absorbe par le rcepteur est 0.95 % de la tension nominale et
consomme 700 MW avec un facteur de puissance de 0.99 avanc. En utilisant lapproximation
ligne de longueur moyenne , dterminer :
a.
b.
c.
d.
Rponse :
a.
B=Z=70.2984.78o
YZ
C=Y 1 +
= ( 8.4 10-4 90o ) ( 1 + 0.01476 174.78o )
-4
= ( 8.4 10 90o ) ( 0.9853 + j 0.00134 )
=8.277 10-4 90.08o.s
Remarque : Les paramtres A et D sont sans units, B est en et C en s (1).
b.
IR =
327.8
3
0o = 189.20o kV
700 106
3 (327.8 103 ) 0.95
48
VRo VRpch
VRpch
100 %
VSo
345.8
=
= 356.3 kV
A 0.9706
356.3 327.8
100 % = 8.7 %
327.8
(% ) =
PR
700
100 =
100 = 95.8 %
PS
730.5
Vs = Vs (cos + jsin )
= cos l VR + jZc sin l IR
(3.31)
49
On exprime par la suite le courant IR en fonction des puissances active et ractive PR et QR, et
replaons dans lexpression de (3.31), nous avons :
IR =
PR jQR
VR *
P jQ
Vs = cos l VR + jZc sin l R R
VR
(3.32)
Les parties relles et imaginaires des quations (3.31) et (3.32) tant gales, et puisque
VR = VR 0o nous avons :
Q
Vs cos = cos l VR + Zc sin l R
VR
P
Vs sin = Zc sin l R
VR
On en dduit:
PR =
VsVR
sin
Zc sin l
(3.33)
Cette dernire expression de la puissance dfinit une relation importante pour la puissance
transporte travers une ligne. Elle est applicable pour un rcepteur synchrone ou asynchrone, la
seule approximation tant R=G 0.
Pour une ligne courte, le terme sin peut tre approche par . Do
Zcsin = Zc = L/C LC = Ll
= XL
VsVR sin
XL
(3.34)
Les tensions au dpart et larrive tant gales en module, cette puissance transporte dpend
seulement de langle de puissance . Quand PR = Po, = . Cette caractristique est montre sur
la Figure 3.6. Daprs la Figure 3.6, on remarque quil y a une puissance maximale qui peut tre
transporte. Quand langle de charge augmente ( les machines synchrones du cot de la source
avancent en phase par rapport au systme synchrone du rcepteur) la puissance transporte
augmente conformment lquation (3.34). Ceci est accompagne par une rduction de la
tension au point milieu et une augmentation du courant au point milieu, de telle faon quil y a
une augmentation de puissance. Jusqu' ce point, laugmentation de Im domine la rduction de
Vm. Quand langle de puissance atteint 90o, cette puissance atteint une valeur maximale. Au del
de ce point, la rduction de Vm domine laugmentation du courant Im, et par consquent leur
produit diminue avec une augmentation de langle .
50
Puissance active P
90o
Figure 3.6 (a) Puissance active dlivre par la source en fonction de langle de charge .
Vm/V
1.0
1.0
PR/Po
3.5
ligne. La capacit de transport dune lige est dfinie comme le niveau de charge permis
(exprime en % de la charge caractristique Po) en tenant compte de trois facteurs :
1. Limite thermique ;
2. Chute de tension ;
51
Pmax - Plim
x 100
Pmax
Daprs cette caractristique, les capacits (limites) de transport des lignes dpend
essentiellement des :
1.
2.
3.
Les limites de stabilit statique pour les lignes plus longues que 320 km.
Comme montr sur la Figure 3.9, pour une marge de stabilit de 30 %, langle de charge
est de 44o. La dtermination de la limite de stabilit inclut les effets des ractances quivalentes
des deux extrmits de la ligne. Puisque les rsistances des lignes EHV (Extra High Voltage) et
UHV (Ultra High Voltage) sont beaucoup plus petites que leurs ractances, ces lignes sont
approches par des lignes purement inductives. Un calcul du paramtre nous montre que est
pratiquement la mme pour toutes les lignes ariennes, la caractristique de la chargeabilit
exprime en p.u de la charge caractristique Po est donc universellement applique pour toutes
Capacit de transport de ligne (chargeabilit) en
p.u de P
2.0
0-80 km :
Rgion de limitation thermique
80-320 km : Rgion de limitation de chute de tension
320-960 km : Rgion de limitation de stabilit statique
1.5
1.0
0.5
1
160
3
320
480
640
800
960
Longueur de ligne
Figure 3.8. Capacit de transport de ligne (chargeabilit) exprime en p.u de la
charge caractristique Po
52
1.0
0.7
Pmax
Plim
Pmax sin
90o
Exemple 3.3
Soit une ligne de transport de 300 km et dimpdance caractristique 266.1 . Les tensions au
dpart et larrive de la ligne sont Vs = VR = 765 kV, et la longueur donde est = 5000 km .
Dterminer la puissance maximale transmissible Pmax.
Solution:
La charge caractristique est donne par :
(765 10
V2
Po = nom =
Zc
266.1
3 2
= 2199 MW
VsVR sin12
Zcsinl
sin 12
sin(2 l/)
Avec les pertes joules ngliges, l = 300 km et = 5000 km, la puissance maximale (thorique)
transmissible est:
Pmax =
(1)(1)(2199)
2 300
sin
5000
= 5974 MW
53
Chapitre 4
Les calculs sur le rseau lectrique sont indispensables dans la phase planification,
conduite temps rel ou encore lanalyse post-dfauts. En statique, il sagit de vrifier si les flux
de puissance circulant dans les diffrentes branches du rseau et si les niveaux de tension sur les
diffrents nuds gardent des valeurs acceptables, et ceci pour tous les scnarios de
fonctionnement. Lobjectif tant de permettre le dimensionnement des quipements de
distribution (cbles, transformateurs,) et ventuellement des systmes de compensation de
lnergie ractive. Ce chapitre aborde la thorie gnrale de calcul de l'coulement d'nergie
partant du thorme de conservation de lnergie ractive et la mthode des injections nodales.
4.1
source
alternatif
sinusodal
v ( t ) = Vmax cos ( t + V )
grandeurs
deviennent
et
parcouru
par
un
courant
V = V eiV et
I = I e i I
sinusodal
respectivement
En notation complexe,
ces
phaseurs de la Figure 4.2. Le courant est dcompose en une composante active note I a an
phase avec la tensionV , et une composante note I r perpendiculaire V et en retard. Ces deux
composantes sont appeles le courant actif et ractifs donns par :
Courant total :
I = Ia + Ir
Courant actif :
I a = I a eiV ;
Courant ractif ;
Ir = Ire
i V
2
(4.1)
I a = I cos
(4.2)
I r = I sin
(4.3)
i ( t ) = 2 Re ( Ie jt ) = 2 Re ( I a e j ( t +i ) + I r e j ( t +i ) ) = 2 Re ( I a e j ( t +v ) + I r e j ( t +v ) )
= 2 I a cos ( t + v ) + 2 I r sin ( t + v )
(4.4)
54
(4.5)
La puissance instantane est la somme de deux composantes : lune relative au courant actif,
lautre au courant ractif. La composante relative au courant actif se prsente elle-mme sous
forme dune somme dun terme constant et dun terme oscillatoire de pulsation 2, changeant
donc de signe) quatre fois par priode. Toutefois, la somme de ces deux termes ne change jamais
de signe ( 1 + cos ( 2t + V ) 0 ) et correspond donc une puissance allant toujours dans le
mme sens.
I1
S1
Figure 4.1
V1
Ia
V
I
Ir
Figure 4.2
P = V I a = V I cos (W )
(4.6)
Puissance ractive :
Q = V I r = V I sin (VAR )
(4.7)
55
4.2
de toute partie dun rseau. Le bilan de puissance est une notion naturelle en ce qui concerne la
puissance instantane: il traduit le principe de conservation de lnergie, dont la puissance est la
drive temporelle. Il est presque aussi naturel de constater quil sapplique `a la puissance
active, qui reprsente la valeur moyenne de la puissance instantane. Mais le fait le plus
remarquable est quil sapplique galement la puissance ractive, pour laquelle on va donc
pouvoir parler de productions, de consommations et de pertes, au mme titre que pour la
puissance active.
nonc du thorme: Dans un rseau aliment par des sources sinusodales indpendante et
fonctionnant toutes la mme frquence, la somme des puissances complexes entrant au rseau
est gale la somme des puissances complexes reues par les branches de cette partie du circuit.
Applique la Figure 4.3, par exemple, ce thorme fournit:
S1 + S 2 + S3 = i b Sbi
N
I3
(4.8)
V3
S3
I2
I1
V1
S1
V2
S2
o le membre de droite reprsente la somme des puissances complexes Sbi reues par toutes les
branches du rseau B. En dcomposant en parties relles et imaginaires, on obtient les bilans
des puissances active et ractive:
56
Exemple 4.1
Considrons un diple auquel est injecte une puissance complexe (Figure 4.4).
a.
Le diple est une capacit (Figure 4.4 a). Dterminer la puissance de sortie S2 en fonction
de S1 , C et V .
b. Le diple est en une inductance (Figure 4.4 b). Supposant que les modules des tensions des
nuds sont gales. Montrer que S 2 = S1
Rponse :
a.
S1 S 2 = S3
S3 = VI = VY V = jC V
S 2 = S1 S3 = S1 + jC V
P1=P2
Q2 =Q1+C V
On note que Q2 > Q1 ce qui est conforme avec le considration de la capacit comme une
source dnergie ractive.
b.
S1 + S 2 = S3 = VI = ( jL ) II = jL I
P1+P2 = 0
Q2 +Q1 = L I
S = V I = V I
1 1 1 1
S 2 = V2 I 2 = V2 I
V =V
1
2
S1 = S 2
Q2 = Q1
Q2 =Q1 = L I
2
Do nous avons :
P2 = P
Q2 =Q1
S 2 = S1
Cette relation entre S1 et S 2 nest valable que quand les modules des tensions nodales
sont gales et la ligne est purement inductive. On remarque que lquipotentielle des deux bus
implique un partage gal de dlivrance de puissance ractive destine linductance.
57
S3
V1
S1
S1 V
2
S1
S1
4.3
de la Figure 4.5. Il comporte deux jeux de barres (ou nuds lectriques) relis par une ligne ou
un cble, dont nous supposons que le schma par phase consiste en une rsistance R en srie
avec une ractance X. On dsire valuer ltat de ce systme en rgime tabli, quilibr. Pour
cela, on suppose que les tensions des gnrateurs 1 et 2 sont connues et on peut les remplacer par
des sources de tension idales, la ligne est courte, donc reprsente par un circuit R-L srie. Avec
ces hypothses, on peut utiliser un circuit monophas quivalent, par exemple celui de la phase
a. Les grandeurs en triphas peuvent tre obtenues avec la multiplication par le facteur de 3.
|V1| 1
jX
Figure 4.5
|V2| 2
S 21 = P21 + jQ21
Rseau 2-bus
Notation :
On note les tensions: V1 = V1 1 et V2 = V2 2 ;
V2 = V1 ( R + jX ) I
(4.9)
58
I=
( P12 + jQ12 )
(4.10)
P12 jQ12
V
(4.11)
V2 = V1 ( R + jX )
P12 jQ12
RP + XQ12
XP RQ12
= V1 12
j 12
V
V
V
(4.12)
Ces relations fondamentales sont illustres sur la diagramme de phaseur de la Figure 4.6. On
peut retrouver sur la figure les composantes de la chute de tension entre V1 et V2 . Notons que le
courant est dcompos en actif et ractif par sa dcomposition ractive sur V1 et la
perpendiculaire V1 , respectivement en I = I a + jI r .
XI a = RP12 / V1
XI r = XQ12 / V1
Ia
V1
V2
jXI
Ir
XI a = XP12 / V1
RI r
RI
P12 + P21 = RI 2
(4.13)
Q12 + Q21 = XI 2
(4.14)
P12 = P21 + RI 2
(4.15)
Q12 = Q21 + XI 2
(4.16)
Ou encore,
Comme X R , on voit que les pertes ractives sont nettement plus leves que les pertes
actives. Ainsi, si les puissances active et ractive entrent en quantits gales dans la liaison, il
sort lautre extrmit nettement moins de puissance ractive que de puissance active.
59
V1 2 V1 V2 cos (1 2 ) j V1 V2 sin(1 2 ) ( R + jX )
=
2
2
R +X
P12 = V1
Q12 = V1
j 2 )
(4.17)
R
X
R
V1 V2 2
cos (1 2 ) 2
sin(1 2 )
2
2
2
R +X
R + X
R +X
(4.18)
X
R
X
V1 V2 2
cos (1 2 ) + 2
sin (1 2 )
2
2
2
R +X
R +X
R + X
(4.19)
Par simple permutation des indices 1 et 2, on obtient lexpression des puissances entrant dans la
ligne du cot du nud 2:
P21 = V2
Q21 = V2
R
X
R
V1 V2 2
cos (2 1 ) 2
sin (2 1 )
2
2
2
R +X
R +X
R + X
(4.20)
X
R
X
V1 V2 2
cos (2 1 ) + 2
sin (2 1 )
2
2
2
R +X
R +X
R + X
(4.21)
Sans perte de gnralit, on suppose que la ligne est purement inductive, cest dire quon
nglige la rsistance de la ligne : R = 0. On obtient lexpression de la puissance active dlivre
en fonction de limpdance inductive srie :
V1 V2
P12 =
sin (1 2 )
V1 V1 V2 cos (1 2 )
(4.22)
Q12 =
P21 =
X
V1 V2
X
sin ( 2 1 )
V2 V1 V2 cos (2 1 )
(4.23)
(4.24)
Q21 =
(4.25)
60
(4.26)
S Pertes = S 12 ( S 21 ) = S 12 + S 21
Ia
XQ12 / V1
2 1
jXP12 / V1
jXI
Ir
V1
V2
A
On remarque que les puissances dlivres ou reues et par consquence les pertes dpendent des
valeurs de V1 et V2 , de limpdance de la ligne ZL et de langle de dphasage 12 = 1 2 . En
rgime de fonctionnement normal, et pour une ligne de transport donne, les tensions V1 et V2
sont confines dans des marges imposes, et 12 = 1 2 peut varier considrablement
Les tensions au dpart et larrive tant gales en module, cette puissance transporte
dpend seulement de langle de puissance 12 . Cette caractristique est illustre sur la Figure 4.8.
On remarque quil y a une puissance maximale qui peut tre transporte. Quand langle de
charge augmente (les machines synchrones du cot de la source avancent en phase par rapport au
systme synchrone du rcepteur) la puissance transporte augmente. Ceci est accompagn par
une augmentation du courant, de telle faon quil y a une augmentation de puissance. Jusqu' ce
point, laugmentation du courant I domine la rduction de V . Quand langle de puissance
atteint 90o, cette puissance atteint une valeur maximale. Au del de ce point, la rduction de V
domine laugmentation du courant I, et par consquent leur produit diminue avec une
augmentation de langle 12
Ce phnomne peur tre considr en fonction de lensemble des machines synchrones
de la source, et du rcepteur (voir figure 4.9). Langle = G - M correspond la position
relative des angles rotoriques des deux machines. Au del du point maximum, une augmentation
du couple de la machine de la source rsulte en une augmentation de , mais la puissance
transporte diminue. Ceci entrane une acclration de la machine de la source et une
dclration de la machine quivalente du rcepteur, ce qui provoque une augmentation de . Ce
mcanisme peut donc finir par une perte totale du synchronisme entre les machines. La puissance
maximale Pmax reprsente donc la limite de stabilit statique du rseau pour une ligne purement
inductive.
61
Puissance active P
90o
Figure 4.8 Puissance active dlivre par la source en fonction de langle de charge
PR
G
Angle interne =G
Angle interne =M
Exemple 4.2
Soit une ligne triphase quilibre dimpdance srie Z L = 185 pu. Langle de charge de la
ligne est fix 12 = 10 . Dterminer la puissance injecte dans la ligne par le gnrateur S12 , et
la puissance reue S12 dans les deux cas suivants :
(i)
(ii)
V1 = 1.1 pu et V2 = 0.9 pu
Rponse :
(i)
V1 = V2 = 1.0 pu :
S12 =
V1
ZL
e jZ
V1 V2
Z
(ii)
62
On remarque que quand les bus sont tensions gales, Q12 = 0, ce qui veut dire que lnergie
ractive ne transite pas vers le bus 2. Au contraire, du ractif est du bus 2 pour la ractance de
ligne. Avec les tensions ingales, un flux apparait du bus de plus haute tension verle bus de
tension plus basse . Le sens des flux des puissance est illustr dans la Figure 4.9.
1.01
Z L = 185
1.0| 2
P21 = 0.1717
Q21 = 0.0303
P12 = 0.1743
1.11
P12 = 0.1917
P12 = 0.2192
(ii)
Z L = 185
0.9 2
P21 = 0.1856
Q21 = 0.1493
4.4
tensions des bus, les flux des puissances actives et ractives et leurs directions. Les quations de
puissance (4.17)-(4.21) montrent les relations non linaires entres les diffrentes variables. Les
solutions numriques par approximations successives seront ncessaires mme les rseaux dont
la taille ne dpasse pas les quelques nuds. On prsentera lapproche gnrale du calcul, les
mthodes numriques de rsolutions ne seront pas traites dans ce document.
On dfinit les diffrents variables prsentes sur la Figure 4.11. Chaque expression du
schma unifilaire utilise une notation deux indices suivant la rgle:
63
Rseau p
Rseau k
Rseau n
Chaque expression du schma unifilaire utilise une notation deux indices suivant la rgle:
Les variables d'tats: les tensions Vij expriment la diffrence de potentiels du "premier indice"
par rapport au "deuxime indice".
64
(4.27)
n
k=1
Sik = 0
(4.28)
donnerait les quations ncessaires pour dterminer le profil de tension et les autres inconnues si
un choix judicieux des donnes se fait ds le dpart.
Supposons maintenant que "k" et "p" sont deux installations lectriques dont on connait la
valeur de leurs consommations, avec "m" le rseau dalimentation. Les dfinitions des variables
peuvent demeurer les mmes, mais un peu de rflexion s'impose. La distribution de l'nergie au
moyen d'un systme radial (le cas ici) se rsout trs bien au moyen de la comptabilit de
puissance par approximations successives, gnralement effectues par un calculateur
numrique.
Ainsi, connaissant les charges (Pk,Qk) et (Pp,Qp), (Fig. 4.12) et sachant que le rseau doit
alimenter ces charges, on peut travailler avec le bus "m" dans un but d'analyse et utiliser Vm
comme critre d'arrt des itrations. On peut poser la tension Vk comme rfrence et calculer la
tension Vm requise. Ceci se fait par un choix initial dune tension approche de V p , calculer
65
Rseau p
Rseau m
Le problme est devenu beaucoup plus difficile et les mathmatiques requises pour rsoudre les
quations non linaires font appel aux mthodes numriques les plus performantes qui sont dj
programmes dans les logiciels d'application industrielle. Comme la tension des bus et l'angle
entre les nuds successifs sont les variables qui ont le plus d'intrt dans la conduite du rseau, il
faudrait les considrer comme les inconnues principales dans la formulation du problme.
La substitution des quations de courant dans les trois quations de Kirchhoff donne un
systme de trois quations en nombres complexes.
(4.29)
-I 3m + I13 + I 23 = 0
Supposons que les impdances de ligne sont connues, il reste encore trois tensions et trois
puissances complexes seulement trois quations (12 inconnues). Les quations peuvent tre
doubles en les divisant en relles et imaginaires. ( Six quations, douze inconnues.)
66
(4.30)
I 2p = (S 2p /V2n )*
I 3m = (S3m /V3n )*
Supposons que la puissance S3m et la tension V3n sont dfinies avec V3n comme rfrence (angle
0); la charge peut tre spcifie correspondant un scnario de fonctionnement donn :
67
Bibliographie
-
GLOVER, J.D., SARMA, M.S. OVERBYE, T.J., Power Systems Analysis and Design, 5
Ed., Cengage Learning, 2012. ISBN 13:978-1-111-42577-7.
BERGEN, A.R., VITTAL, V., Power Systems Analysis, 2nd Ed., Upper Saddle River, N.J.,
68
ANNEXE
Series dexerices
&
Elments de rponse
69
Gnrateur G2
Gnrateur G3
Solution
Avec le choix de la base indique, la puissance de base pout tout le systme est : SB= 300 MVA.
Le cot HT du transformateur T3 est connect en Y, do sa tension compose nominale est Vll =
. Le cot BE du transformateur est connect en , sa tension compose nominale est
3 200 = 251 kV .
70
Gnrateur G1
Gnrateur G2
Gnrateur G3
Transformateur T 1
Transformateur T 2
Transformateur T 3
Limpdance de base de la ligne
pu
Exercice A2
Un rseau trois niveaux de tensions est reprsent par son schma unifilaire de la Figure A2.
Les spcifications des transformateurs sont donnes sur la figure. Les ractances des
transformateurs sont donnes en pour-cent, les impdances de la ligne et de la charge sont
donnes en ohm. La tension aux terminaux du gnrateur est Es = 13.2 kV, et la charge est Zch =
300 . Dterminer le courant dbit par le gnrateur, le courant de la charge, la tension de la
charge, et la puissance absorbe par la charge en per-unit et en valeurs relles.
71
ZL=10+j100
Charge
Es
5 MVA
13.2 /132Y kV
XT1 = 10 %
Figure A2
10 MVA
138 Y /69 kV
XT2 = 8 %
Rponse :
On dsire obtenir un circuit tout impdance du rseau, tout en identifiant les trois diffrentes
parties. Tout dabord, on choisit comme puissance de base pour tout le rseau SB = 10 MVA.
Pour les tensions de base, choisir une tension de base, par exemple Vll2B= 138 kV. Les autres
tensions de base sont lies par le rapport de transformation des transformateurs : Vll1B = 13.8 kV,
et Vll3B = 69 kV.
Impdances de base : Z iB =
ViB2
, i = 1, 2, 3
SB
13.2 10
X T1 = 0.1
= 0.183 p.u
13.8 5
Pour XT2, un changement de base nest pas ncessaire, puisque la base choisie est la mme que
celle du transformateur T2. Do XT2 = 0.08 p.u.
Tension de la source : La tension compose de la source en p.u est : Es| = 13.2 / 13.8 = 0.96 p.u.
Pour le calcul du circuit, il convient de choisir la tension Es davoir lorigine des phase : Es =
0.960. Le courant en p.u. est : Ipu =
0.960
Z tot
Exercice A3
Dans le rseau de la Figure A2, la tension au niveau de la charge est 63 kV (valeur efficace) et la
charge triphase est de 5.0 MW avec un facteur de puissance de 0.9 retard. Dterminer le
courant de la charge, la tension de la source, et la tension de la source en per-unit et en valeurs
relles.
Rponse
Avec les mmes valeurs de base que lexercice prcdent, nous avons V3p.u. =
63
69
= 0.913 p.u.
72
On peut choisir comme origine des angles de phase V3p.u = 0.9130 p.u. La puissance de la
5
charge en p.u est : Pchp.u. = 10 = 0.5 p.u.
Dun autre cot cette puissance peut tre exprime par: Pchp.u = | V3p.u | |I3pu| x 0.9
On peut donc dterminer Ip.u = 0.608. Puisque le facteur de puissance est cos = 0.9 retard, le
courant est en retard de phase de 25.84o par rapport la tension, do Ip.u = 0.608-25.84o.
La tension de la source en p.u est :
Esp.u.
T2
Ligne
Y
Figure A4
Moteur
73
Rponse :
a.
Pour la ligne de 345 kV, limpdance caractristique est : Po = V2nom / Zc = (345)2 / 297
= 401 MW
Avec les pertes ohmiques ngliges, l = 500 km et 35 ;
P=
(1.0)(0.95)(401)sin(35 )
sin(2x500 / 5000)
Pour transiter 9000 MW avec une ligne hors service, le nombre de lignes de 345 kV est :
9000 MW
Nlignes-345kV = 372 MW/ligne + 1 = 24.2 + 1 26 lignes
b.
c.
74
Solution
La charge caractristique est donne par :
Po = V2nom / Zc = (765)2 / 266.1 = 2199 MW
Tout dabord, il faut exprimer la puissance dlivre au rcepteur en fonction de Po :
PR =
VsVR sin12
Zcsinl
sin 12
sin(2 l/)
Avec les pertes joules ngliges, l = 300 km et = 5000 km, la puissance maximale (thorique)
transmissible:
Pmax =
(1.0)(1.0)(2199)
= (2.716) (2199) = 5974 W
sin(2 x 300/5000)
Exercice A7
Soit une ligne radiale termine par son impdance caractristique Zc. Dterminer :
a.
b.
c.
d.
e.
Rponse :
La tension et le courant V1 et I1 au dpart de la ligne sont lis la tension et le courant larrive
V2 et I2 par la relation :
V1 = AV2 + BI2
(1)
I1 = CV2 + DI2
(2)
; C=
1
sinhl
Zc
Puisque la ligne est termine par son impdance caractristique Zc, V2 = Zc I2, les
quations (1) et (2) deviennent :
V2
V1 = coshl V2 + Zc sinhl ( Z ) = V2 el = V2 el ejl
c
I1 =
1
sinhl (ZcI2)+ coshl I2 = I2 el = I2 el ejl
Zc
75
|V2|
A partir de lquation (1) on peut dterminer le gain |V | :
1
|V2|
V1 = V2 el ejbl |V = e-l
1|
3.
|I2|
:
|I1|
|I2|
I1 = I2 el ejbl |I | = e-l
1
4.
-S21
En notant la puissance reue par la charge S21, le gain en puissance est le rapport S :
12
- S21 = V2I2* = (V1 e-l e-jl)( I1* e-l ejl)
= V1 I1* e-2l = S12 e-2l
- S21
-2l
S12 = e
5.
V1 = Zc I1
V1 I1* = Zc |I1|2
V2 = Zc I2
V2 I2* = Zc |I2|
- S21
|I2|2
S = |I |2 = e-2l
12
1
-P21
Puisque est relle, le rendement est : = P = e-2l
12
Exercice A8
Reprendre lexercice prcdent pour une ligne purement inductive, r = g 0
Dans ce cas nous avons Zc = (L/C)1/2
Et par consquent =0, do les rapports sont gaux lunit (e-2l = e-2l = 1)
|V2| |I2| - S21 -P21 -P21
|V1| = |I1| = S12 = P12 = P12 = = 1
Exercice A9
Une ligne triphase de 400 kV alimente une charge de 100 MW, de facteur de puissance 95 %
retard et situe 400 km. Les paramtres distribus de la ligne sont limpdance srie z = 0.02
+ j 0.25 /km et ladmittance shunt y = j7.8 x 10-8 -1/km.
1.
2.
3.
La charge est supprime et la tension au dpart est maintenue constante (en module).
Dterminer le courant au dpart et la tension larrive de la ligne.
76
Exercice A10
Une ligne triphase de 230 kV et de longueur 150 km a pour paramtres distribus limpdance
srie z et ladmittance shunt y: z = 0.08 + j 0.48 /km, et y = j3.33 x 10-6 -1/km. En pleine
charge, la puissance consomme par le rcepteur est de 100 MW avec un facteur de puissance
0.99 retard et une tension de 220 kV. Dterminer
1.
2.
3.
Exercice A11
A cause des contraintes de stabilit, il a t dcid de limiter la puissance transporte par une
ligne 3250 MW, soit une marge de stabilit de 35%. Pour amliorer cette marge de stabilit
(Figure A11), on propose une compensation srie de 40% (de linductance srie) en installant
deux capacits identiques, installes aux deux cots de la ligne.
a.
b.
c.
IR
T = (A B,C D )
VS
C/2
VR
Va
Vb
Exercice A12
Pour maintenir une bonne marge de stabilit, il a t dcid de maintenir langle de charge
= 12 pour une certaine ligne au dessous de 30o. Soit transporter une puissance de 2000
MW dune centrale lectrique vers un centre de distribution situ 300 km. La tension au dpart
est 1.0 p.u et la tension darrive est 0.95 p.u. La tension nominale est 400 kV et Zc = 285 , et
de longueur donde = 5000 km.
1.
2.
3.
77
(b)
Pour quelle valeur de 12 un maximum de puissance active -P21max est reue par le nud
2 ?. Quelle est cette puissance ?.
(c)
(d)
V1 1
S12
Figure A13
Rponse :
(a)
S12
V1
-S12
sin( Z )
V1 V2
Z
sin( Z + 12 ) = 0
(b)
Nous allons montrer quune puissance maximale est transmise quand langle 12 est gal
langle de phase de limpdance de la ligne.
P21 = Re( S 21 ) = Re(
V2
Z
e jZ +
V2 V1
Z
e jZ e j
12
12 = 85
(d)
78
Exercice A14
Dans la Figure A14, tant donn V1 = 10o , SG2 = 0.25 + jQG2 pu, et |V2| = 1.0 , dterminer S1,
Q2 et langle de phase V2.
V1 = 10o
SG1
S12
ZL = j0.5
S21
Figure A14
Rponse
Comme rgle gnrale, nous essayons de dterminer les tensions complexes (module et phase)
de tous les nuds. Puisque V1 = 10o , et V2 = 12, il reste dterminer 2, largument de V2 ,
en utilisant les quations des puissances. Dans notre cas, les rsistances des lignes sont ngliges,
et le bilan nergtique au niveau du nud 2 implique :
P12 = P21 =
V1 V2
XL
sin 12 = 0.75 pu
12 = 22.02 o 21 = 2 = 22.02 o
La puissance ractive Q12 injecte dans la ligne est donne par :
Q12 =
V1
XL
V1 V2
XL
La production du gnrateur 2 :
QG2 = 0.5+Q21
Q21 =
V2
XL
V1 V2
XL
79
2.
1
jX = j0.1
2
Figure A15
BC = 0.83 pu
Rponse :
1.
Sachant que les pertes en lignes sont ngliges, les quations de bilan des puissances:
P2 = PG 2 PD 2 = PD 2 =
EV
sin
X
Q2 =
V 2 EV
cos
X
X
EV sin = XPD 2
EV cos = V 2 Q2 X
X2P2D2 + (V2 XQ2)2 = V2
E2
Q2 X D
X
V=
D=E
X 2 PD22 XE 2Q2 .
Exercice A16
Dans le circuit ci-dessous, dterminer la tension V2 et la puissance complexe SG1 produite par le
gnrateur.
SG1
V1 = 10o
SD1
jQG2 = j1.0
j0.5
V2
Figure A16
Rponse :
4
80
Deux solutions existent: ( V2 = 0.965926 15.0 0.97 15 et V2 = 0.26 75 , et on choisit
la solution qui aurait un sens physique, celle proche de 1 p.u. V2 = 0.97 15
Exercice A17
Dans le rseau reprsent par la Figure A17 toutes les valeurs sont donnes dans le systme de
reprsentation adimensionnel p.u. Limpdance de la ligne est ZL = 0.01 + j0.1 , SD1 = 0.5 + j0.5,
SD2 = 0.5 + j0.5, et V1 = 10o .
(a)
(b)
V1 = 10o
SG1
Figure A17
S12
ZL = j0.01 +j 0.1
S21
Exercice A18
Dans le rseau lectrique reprsent par la Figure A18, la tension nominale est 400 kV, et la
puissance nominale est 1000 MVA. On dsire tudier le transit de puissance complexe entre les
deux nuds consommateurs 4 et 5. Toutes les grandeurs sont donnes en p.u. Toutes les lignes
ont une admittance identique Y = -1 + j10 pu
a.
b.
c.
PG1
|V1| = 10 o
PG2 = 0.8830
PG3 = 0.2076
|V2| = 1
|V3| = 1
SD3 = 0.2 + j0.1
j1.0
V4
j0.8
V5
Figure A18
2 5o
10o
= 3 =
4
10o
o
5 15
V 1.0
V = 4=
V 5 1.0