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JEDBE
LETTRE A LA
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FNTIMES
PARIS
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LETTRE A LA JEUNESSE
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allez-vous, jeunes "gens,
ou allez-vous, tudiants,
qui courez en bandes par les rues, manifestant au
nom
de vos colres et de Vos^nthousi'asmes, prouvant l'imprieux besoin de jeter publiquement le cri de vos consciences indignes?
Allez-vous protester contre quelque abus du pouvoir,
brkmt
encore dans vos mes neuves, ignorantes des accommodements politiques et des lchets quotidiennes de la
-t-on offens le besoin de vrit et d'quit,
vie?
Allez-vous redresser un tort social, mettre la protestation de votre vibrante jeunesse dans la balance injale,
o sont
si
faussement pess
celui des dshrits de ce
le SDrt
des heureux
et
monde?
Allez-vous, pour affirmerla tolrance, l'indpendance
de la raison humaine,
telligence',
siffler
quelque sectaire de
l'in-
la cervelle troite, qui aura voulu ramener
vos esprits librs l'erreur ancienne, en proclamant
la ban;;ueroute
de la science?
Allez-vous crier, sous la fentre de quelque person-
nage fuyant et hypocrite, votre foi invincible en l'avenir, en ce sicle prochain que vous apportez et qui doit
du monde, au
raliser la paix
nom
de la justice et de
lamour?
Kon, non! nous allons huer un homme, un vieilune longue vie de travail et de loyaut,
s'est imagin qu'il pouvait impunment soutenir une
cause gnreuse, vouloir que Ja lumire se fasse et
qu'une erreur soit rpare, pour l'honneur mme de la
lard, qui, aprs
patrie franaise!
Ah! quand
j'lais
jeune moi-mme, je
l'ai
vu, le
Quartier Latin, tout frmissant des fires passions de
jeunesse, l'amour de la libert,
la
la
haine de
la force
comprime les
vu, sous l'Empire, faisant son uvre
qui crase les cerveaux et
brutale,
mes. Je
l'ai
brave d'opposition, injuste mme parfois, mais toujours
dans un excs de libre mancipalion humaine. Il sifflait
les
autours agrables aux Tuileries,
il
malmenait
les
professeurs dont l'enseignement lui semblait louche,
se levait contre
quiconque
bres et pour la tyrannie.
de
la belle folie
sr triomphe
Et,
si
En
montrait pour
il
les tn-
lui brlait le foyer sacr
des vingt ans, lorsque loutes les esp-
rances sont des ralits,
le
se
et
que demain apparat
comme
de la Cit parfaite.
l'on remontait plus haut, dans celte histoire
des passions nobles, qui ont soulev la jeunesse des
Ecoles, toujours on la verrait s'indigner sous l'injustice,
frmir et se lever pour les humbles, les aban-
donns, les perscuts, contre les froces et les puissants. Elle a manifest en laveur des peuples opprims,
elle a t
pour
la
Pologne, pour
la
Grce, elle a pris
la
dfense de tous ceux qui souffraient, qui agonisaient
sous la brutalit d'une foule ou d'un despote.
disait
que
Quand on
Quartier Latin s'embrasait, on pouvait
le
tre certain qu'il y avait derrire
quelque flambc'e de
juvnile justice, insoucieuse des mnagements, faisant
d'enthousiasme une uvre du cur. Et quelle spontanit alors, quel fleuve dbord coulant par les rues!
Je sais bien qu'aujourd'hui encore
prtexte est la
le
menace, la France livre l'ennemi vainqueur,
par une bande de tratres. Seulement, je le demaade,
patrie
oi
trouvera-t-on la claire intuition des choses, la sen-
sation instinctive de ce qui est vrai, de ce qui est juste,
si
ce n'est dans ces
mes neuves, dans
ces jeunes gens
qui naissent la vie publique, dont rien encore no
devrait obscurcir la raison droite et
hommes
que
bonne? Que
les
politiques, gts par des annes d'intrigues,
les journalistes, dsquilibrs
par toutes les com-
promissions du mtier, puissent accepter
les plus imyeux d'aveuglantes clarts, cela s'explique, se comprend. Mais
elle, la jeunesse, elle est donc bien gangrene dj, pour
que sa puret, sa candeur naturelle, ne se reconnaisse
pas d'un coup au milieu des inacceptables erreurs, et
pudents
mensonges,
se
boucher
les
n'aille pas tout droit ce qui est vident, ce qui est
limpide, d'une lumire honnte de plein jour!
Il
n'est pas d'histoire plus simple.
condamn,
foi des juges.
Un
officier a t
personne ne songe suspecter
et
Il
des preuves qu'ils ont cru certaines. Puis,
arrive qu'un
la
bonne
l'ont frapp selon leur conscience, sur
homme, que
plusieurs
un
hommes
jour,
il
ont des
doutes, finissent par tre convaincus qu'une des preuves,
la plus importante, la seule
du moins sur laquelle
les
juges se sont publiquement appuys, a t faussement
attribue au condamn, que celle pice est n'en pas
douter de
la
main d'un
autre. Et
ils le
disent, et cet
autre est dnonc par le frre du prisonnier, dont le
devoir tait de le faire
et voil, forcment,
qu'un nouveau procs commence, devant amener la
revision du premier procs, s'il y a condamnalion.
strict
Est-ce que tout cela n'est pas parfaitement clair, juste
et
raisonnable?
O y
un noir complot
on ne
le nie pas,
pable et non
a-t-il,
pon'r.
l-dedans, une machination,
sauver un tratre? Le
un coucrime. Vous l'au-
on veut seulement que ce
m innocet qui expie
tratre,
le
soit
que de vous en
donner un aulhentique.
Un peu .de bon sens ne devrait-il pas suffire? A quel
mobile gbiraieit donc les hommes qui poursuivent la
revision du procs Dreyfus? Ecartez l'imbcile antismitisme, dont la monomanie froce voit l un complot
juif, rpr juif s'efforant de remplacer un juif par un
chrtien, dans la gele infme. Cela ne tient pas debout,
rez toujours, volr tratre, et
il
ne
s'agit
les invraiseipblances et les impossibilits
croulent les
unes sur les autres, tout l'or de la terre n'achterait
pas certaines consciences. Et il faut bien en arriver la
ralit, qui est l'expansion naturelle, lente, invincible
de toute erreur judiciaire. L'histoire est
judiciaire est
une force en marche
l.
des
Une erreur
hommes de
conscience sont conquis, sont hants, se dvouent de
plus en plus obstinment, risquent leur fortune et leur
vie, jusqu' ce que justice soit faite. Et il n'y a pas
d'autre explication possible ce qui se passe aujourd'hui, le reste n'est qu'abominables passions politiques
et
religieuses,
que torrent dbord de calomnies
et
d'injures.
Mais quelle excuse aurait la jeunesse, si les ides
d'humanit et de justice se trouvaient obscurcies un
instant en elle! Dans la sance du 4 dcembre, une
Chambre franaise s'est couverte de honte, en votant
un ordre du jour fltrissant les meneurs de la campagne odieuse qui trouble la conscience publique . Je
le dis hautement, pour l'avenir qui me lira, j'espre, un
tel
vote est indigne de notre gnreux pays, et
il
restera
comme une tache ineffaable. Les meneurs , ce sont
les hommes de conscience et de bravoure, qui, certains
d'une erreur judiciaire, l'ont dnonce, pour que rparation ft faite, dans la conviction patriotique qu'une
grande nation, o un innocoiit 'agoniserait parmi les
tortures, serait une natiorf condamne. < La campagne odieuse*, c'est le cri de v^it, le cri de justice
que ces hommes poussent, c'esk l'obstination qu'ils
mettent vouloir que la France ^reste, -devant les
peuples qui la regardent, la France humainct la France
qui a fait la libert et qui fera la justice'. Et, vous le.
voyez bien, la Chambre a srement commis un crime,
puisque voil qu'elle a pourri jusqu' la jetinessede
nos coles, et que voil celle-ci trompe, gare,
lche au travers de nos ruos, manifestant, ce qui ne
s'tait jamais vu encore, contre tout ce qu'il y a de plus
fier, de plus brave, de plus divin dans l'me humaine!
Aprs
la
sance du Snat,
le 7,
on a parl d'croule-
ment pour M. Scheurer-Kestner. Ah!
oui, quel croulement, dans son cur, dans son me! Je m'imagine
son angoisse, son tourment, lorsqu'il voit s'effondrer
aim de notre Rpublique,
elle, dans le bon
combat de sa vie, la libert d'abord, puis les mles
vertus de la loyaut, de la franchise et du courage
autour de
lui tout ce qu'il a
tout ce qu'il a aid
civique.
conqurir pour
8
Il est
un des derniers de
l'Empire,
sa foiic ge'nralion.
Sous
a su ce que c'tait qu'un peuple soumis
il
dvorant de fivre et d'impatience, la bouche brutalement billonne, devant les
dnis de justice. Il a vu nos dfaites, le cur saignant,
l'autorit d'un seul, se
en a su les causes, toutes dues l'aveuglement,
il a t de ceux qui
ont travaille le plus sagement, le plus ardemment,
relever le pays de ses dcombres, lui rendre son rang
il
l'imbcillit despotiques. Plus tard,
en Europe.
Il
date des temps hroques de notre France
rpublicaine, et je m'imagine qu'il pouvait croire avoir
fait
une uvre bonne
jamais, la
libert
libert
humaine
et solide, le
despotisme chass
conquise, j'entends
surtout
cette
qui permet chaque conscience d'af-
firmer son devoir, au milieu de la tolrance des autres
opinions.
Ah
bien, oui
une
Tout a pu
tre conquis,
mais tout est par
autour de lui, en lui, que
des ruines. Avoir t en pi'oie au besoin de vrit, est
un crime. Avoir voulu la justice, est un crime. L'affreux
terre
fois encore. Il n'a
despotisme
est
nouveau sur
revenu,
les
le
plus dur des billons est de
bouches. Ce n'est pas
la
botte d'un
Csar qui crase la conscience publique, c'est toute une
Chambre qui fltrit ceux que la passion du juste embrase. Dfense de parler! les poings crasent les lvres
de ceux qui ont la vrit dfendre, on ameute les
foules pour
Jamais une
qu'elles rduisent les isols
si
au silence.
monstrueuse oppression n'a t orgala discussion libre. Et la hon-
nise, utilise contre
teuse terreur rgne, les plus braves deviennent lches,
personne n'ose plus dire ce qu'il pense, dans la peur
d'tre dnonc comme vendu et tratre. Les quelques
journaux rests honntes sont plat ventre devant
leurs lecteurs, qu'on a fini par affoler avec de sottes
aucun peuple,
histoires. Et
heure plus trouble, plus
pour sa raison
et
je crois, n'a travers
une
boueuse, plus angoissante
pour sa dignit.
Alors, c'est vrai, tout
le
loyal et grand pass a
s'crouler chez M. Schcurer-Kestner. S'il croit ncore
la
bont
On Va
hommes,
c'est qu'il est
d'un
tran quotidiennement dans
boue, depuis trois semaines, pour avoir compromis
la
l'honneur
Il
des
et l'quit
solide optimisme.
et la joie
de sa vieillesse, vouloir tre juste.
n'est point de plus
douloureuse dtresse, chez l'hon-
homme, que de souiTrir le martyre de son honntet. On assassine chez cet homme la foi en demain,
nte
on empoisonne son espoir;
C'est fini,
bon
s'en
monde
et,
s'il
meurt,
n'y a plus rien, tout ce que
il
va avec moi,
est noir et vide
la
il
dit
j'ai fait
de
vertu n'est qu'un mot,
le
pour souffleter le palriolisme, on est all choisir
cet iiomme, qui est, dans nos Assembles, le dernier
reprsentant de l'Alsace-Lorraine Lui, un vendu, un
Et,
tratre,
un insulleur de
l'arme, lorsque son
nom
aurait
pour rassurer les inquitudes les plus ombrageuses! Sans doute, il avait eu la navet de croire que
sa qualit d'Alsacien, son renom de patriote ardent
seraient la garantie mme de sa bonne foi, dans son
suffire
rcMe dlicat de justicier
n'tait-ce pas dire
que
la
S'il
s'occupait do cette affaire,
conclusion prompte
lui
en sem-
l'honneur de l'arme, l'honneur de
pairie? Laissez-la traner des semaines encore, tchez
blait ncessaire
la
d'touff)' la vrit,
verrez bien
si
de vous refuser la justice, et vous
vous ne nous avez pas donns en rise
si vous n'avez pas mis la France au der-
toute l'Europe,
nier rang des nations!
Non, non!
les stupides passions politiques
gieuses ne veulent rien entendre,
et la
et reli-
jeunesse de nos
10 =^
donne au monde ce spectRcle d'aller huer
M. Scheurer-Kestner, le tralre, le vendu, qui insulte
Ecoles
l'arme et qui compromet
Je sais bien
que
les
la patrie!
quelques jeunes gens qui mani-
festent ne sont pas toute la jeunesse, et qu'une centaine
de tapageurs, dans
la rue, font
plus de bruit que dix
mille travailleurs, studieusement enferms chez eux.
Mais les cent tapageurs ne sont-ils pas dj de trop, et
quel symptme affligeant qu'un pareil mouvement, si
restreint qu'il soit, puisse cette heure se produire
au Quartier Latin
Des jeunes gens antismistes, a existe donc, cela?
Il y a donc des cerveaux neufs, des mes neuves, que
!
cet imbcile poison a dj dsquilibrs? Quelle tristesse, quelle inquitude,
pour
le
vingtime sicle qui
va s'ouvrir Cent ans aprs la dclaration des Droits de
l'homme, cent ans aprs l'acte suprme de tolrance et
d'mancipation, on en revient aux guerres de religion,
au plus odieux et au plus sot des fanatismes Et encore
!
cela
comprend chez certains hommes qui jouent leur
qui ont une attitude garder et une ambition
se.
rle,
vorace satisfaire. Mais, chez des jeunes gens, chez
ceux qui naissent et qui poussent pour cet panouisse-
ment de
tous les droits et de toutes les liberts, dont
nous avons rv que resplendirait
Ils
le
prochain sicle
sont les ouvriers attendus, et voil dj qu'ils se
dclarent antismistes, c'est--dire qu'ils
ront
le sicle
en massacrant tous
les juifs,
commenceparce que ce
sont des concitoyens d'une autre race et d'une autre
Une
fo!
11
belle entre en jouissance,
pour
rves, la Cit d'galit et de fraternit
tait
vraiment
l,
la Cit de
nos
Si la jeunese en
ce serait sangloter, nier tout
espoir et tout bonheur humain.
jeunesse, jeunesse je t'en supplie, songe la
grande besogne qui t'attend. Tu es l'ouvrire future,
!
tu vas jeter les assises de ce sicle prochain, qui, nous
en avons
la foi
profonde, rsoudra les problmes Je
vrit et d'quit, poss par le sicle finissant. Nous,
les vieux,
les
ans,
nous
te
formidable
laissons le
amas de notre enqute, beaucoup de contradictions
et
d'obscurits peut-tre, mais coup sr l'effort le plus
passionn que jamais sicle
ait fait vers la
lumire, les
documents les plus honntes et les plus solides, les
fondements mmes de ce vaste difice de la science que
tu dois continuer btir pour ton honneur et pour ton
bonheur. Et nous ne te demandons que d'tre encore
plus gnreuse, plus libre d'esprit, de nous dpasser
par ton amour de la vie normalement vcue, par ton
effort mis entier dans le travail, cette fcondit des
hommes
et
de la terre qui saura bien faire enfin pous-
ser la dbordante moisson de joie, sous l'clatant soleil.
Et nous
te
cderons fraternellement
de disparatre
et
la place,
heureux
de nous reposer de notre part de
tche accomplie, dans le bon sommeil de la mort, si
nous savons que tu nous continues et que tu ralises
nos rves.
Jeunesse, jeunesse! souviens-toi des souffrances que
tes pres ont
endures, des terribles batailles
oii ils
ont d vaincre, pour conqurir la libert dont tu jouis
cette heure. Si tu te sens indpendante, si tu
et
peux
aller
venir ton gr, dire dans la presse ce que tu penses,
avoir une opinion et l'exprimer publiquement, c'est
que
tes pres
ont donn de leur intelligence
et
de leur
Tu
sang.
:>
n'es pas ne sous la tyrannie, tu ignores ce
que de se rveiller chaque matin avec la botte
la poitrine, tu ne t'es pas battue pour
chapper au sabre du dictateur, aux poids faux du
mauvais juge. Remercie tes pres, et ne commets pas
le crime d'acclamer le mensonge, de faire campagne
que
c'est
d'un matre sur
avec
la force brutale, l'intolrance
voracit des ambitieux.
des fanatiques et la
La dictature
est
au bout.
Jeunesse, jeunesse! sois toujours avec la justice. Si
de justice s'obscurcissait en
l'ide
toi,
tu irais tous
Et je ne te parle pas de la justice de nos
codes, qui n'est que la garantie des liens sociaux.
Certes, il faut la respecter, mais il est une notion plus
haute, la justice, celle qui pose en prin(;ipe que tout
les prils.
jugement des hommes est faillible et qui admet l'innocence possible d'un condamn, sans croire insulter les
juges. N'est-ce donc pas l une aventure qui doive soulever ton enflamme passion du droit? Qui se lvera
pour exiger que justice soit faite, si ce n'est toi qui
n'es pas dans nos luttes d'intrts et de personnes, qui
encore
n'es
engage ni compromise dans aucune
peux parler haut, en toute puret et
affaire louche, qui
en toute bonne
foi?
sois humaine, sois gnreuse. Si
nous nous trompons, sois avec nous, lorsque
nous disons qu'un innocent subit une peine effroyable,
et que notre cur rvolt s'en brise d'angoisse. Que l'on
admette un seul instant l'erreur possible, en face d'un
chtiment ce point dmesur, et la poitrine se serre,
les larmes coulent des yeux. Certes, les gardes-chiourme
restent insensibles, mais toi, toi, qui pleures encore,
Jeunesse, jeunesse
mme
qui dois tre acquise toutes les misres, toutes les
pitis
s'il
est
Comment ne fais-tu pas ce rve chevaleresque,
quelque part un martyr succombant sous la
haine, de dfendre sa cause el de
si
ce n'est
toi,
le
dIivi'er?Qui donc,
lenlera la sublime avenlure, se lancera
dans une cause dangereuse et superbe, tiendra tte
un peuple, au nom de l'idale justice ? Et n'es-tu pas
honteuse, enfin, que ce soient des ans, des vieux, qui se
passionnent,
gnreuse
qui
aujourd'liui
fassent
ta
besogne de
folie ?
O allez-vous, jeunes gens, o allez-vous, tudiants,
qui battez les rues, manifestant, jetant au
nos discordes
la
bravoure
et l'espoir
JNous allons i'humanilc,
milieu de
de vos vingt ans ?
la vrit, la justice!
EMILE ZOLA.
Paris.
Imprimerie de
la
Cour dapte!,
L.
Mahetiuu^. directeur, l,rUQ Caaaeue,
X-
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