Hommage à Abdelmajid Lakhal
Hommage à Abdelmajid Lakhal
Supplment
distribu gratuitement
avec le journal La Presse
Dimanche 19 octobre 2014 - N1408
Prsident-directeur gnral :
Belgacem TAYAA
Rdacteur en chef :
Said Benkraiem
Responsable de la rdaction :
Chokri BEN NESSIR
Edit par la SNIPE
Rue Garibaldi - Tunis
Tl. : 71 341 066 - Fax : 71 349 720
ECHECS 19
DETENTE 20
DETENTE 38
LES BOKBOK 40
HOROSCOPE 42
SOMMAIRE
LE PLUS 7
Arab Idol
REPRES 9
BEYS DE TUNIS
Lhistoire des Hussenites
GASTRONOMIE 12
SUR LES TALS
La mi-saison qui dure
LINVIT 14
MOHSEN JENDOUBI
Flicit pour mon premier
carton !
RTROVISION 18
LES LEGISLATIVES DANS LOBJECTIF
La mystifcation ne prend
plus
A NOS ANNONCEURS
Nous informons nos chers clients
annonceurs que, dsormais, le
dernier dlai de dpt de leurs
annonces dans LaPresse-Magazine
est fx au mardi 13 h 00.
Avec les remerciements de
La Presse-Magazine
TELEVISION 23
Les programmes
de la semaine
IN MEMORIAM
Abdelmajid
Lakhal : Adieu
inspecteur!
Il ne portait pas limper
chifonn de Colombo ou
limpeccable costume
dominante verte, comme
on les apprcie Outre-
Rhin, de Derrick. Il navait
besoin ni de la pipe de
Maigret ni du stylo met-
teur de James Bond ou
de sa montre radar. En fait,
il navait rien de James
Bond, et surtout pas le
sex-appeal.
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4 N 1408 - 19 octobre 2014 I La Presse Magazine
IN MEMORIAM
Abdelmajid Lakhal : Adieu
inspecteur!
Il ne portait pas limper chifonn de Colombo ou
limpeccable costume dominante verte, comme on les
apprcie Outre-Rhin, de Derrick. Il navait besoin ni de la
pipe de Maigret ni du stylo metteur de James Bond ou
de sa montre-radar. En fait, il navait rien de James Bond, et
surtout pas le sex-appeal. Adelmajid Lakhal avait pourtant
russi crever lcran dans son rle dinspecteur dans la
srie Ibhath mana (Cherche avec nous) (1984/88), srie
policire de Abderrazak Hammami, prsente par Salah
Jegham. Le suspense y atteignait des degrs inimaginables
et le tlspectateur tait convi dbusquer le criminel et
participer par tlphone lmission laquelle assistait un
public de grands mordus de thrillers. Il nous a quitts le 27
septembre dernier. Retour sur un parcours dune histoire,
dune passion infnie pour les planches et la scne.
La Presse Magazine I N 1408 - 19 octobre 2014 5
IN MEMORIAM
N
Bizerte le 29 novembre
1939, Abdel maj i d Lakhal a
vu l e jour dans l e foyer de
Al i Ben Sal ah Lakhal, haut fonc-
ti onnai re au mi ni stre de l Edu-
cation et de Chedlia Bent Chedly
Chakroun, i ssue d une des pl us
grandes familles bizertines.
Abdel maj i d Lakhal trouva, son
enf ance passe Hammam- Li f,
une grande sollicitude de la part de
son pre, membre actif de la troupe
Arrad Ettamthili Hammam-Lif.
Il a commenc ses tudes lcole
primaire Dar El Bey Hammam-Lif.
Son pre l emmenai t aux rpti -
ti ons de l a troupe Arrad Ettam-
thili, et le garon a fini par mordre
l hameon. I l joua un petit rle
dans la pice Khatimet ennifak de
Salah Zouaoui, joue par Mohamed
Hefdhi et Zohra Feza. Il allait par la
suite chanter lentracte des pices
prsentes par la Troupe Al Manar,
dirige par le virtuose Ridha Kala,
et ce, durant deux bonnes annes.
Mais le pre de Abdelmajid prfra
orienter son enfant vers les tudes.
A onze ans, l e pre l l oi gna des
milieux artistiques, mme si Moha-
med Hef dhi et Ri dha Kal a l ui
conseillrent dengager son bambin
la radio.
I l poursui vi t donc ses tudes au
lyce de Rads, loin de la tentation
des projecteurs des arts.
A lindpendance du pays en 1956,
dans l e feu du foi sonnant mou-
vement cul t urel et de crat i on
de troupes et d associ ati ons en
tous genres, Abdelmajid sinscrivit
au cl ub des l ycens et tudi ants
dHammam-Lif o il poussa la pra-
ti que du thtre j usqu rompre
ses tudes. Salah Mehdi et Hassen
Zmerli, qui appartenaient au minis-
tre de l Education, conseillrent
son pre de linscrire lcole du
thtre arabe, ce qui fut fait. I l y
trouva Mohamed Lahbi b, Hassen
Zmerli, Mohamed Agrebi, Othman
Kak et Tahar Guiga.
A la facult du thtre des nations
A l a f i n de l anne, Abdel maj i d
Lakhal obti endra l e di pl me et,
l a nati onal i sati on de l col e en
1960, il y revient pour approfondir
sa formation de la danse populaire
sous la direction de Hamadi Lagh-
babi, la danse classique sous celle
de Kiriakopoulos il reste donc
lInstitut national du thtre, de la
musique et de la danse (nouvelle
appellation de lcole) deux bonnes
annes, pour ma tri ser par fai te-
ment la diction grce au talent de
Mohamed Agrebi . I l joua dans l a
pice Follione et intgra lUnion
gnrale des tudiants tunisiens. Il
mit en scne pour la premire fois
une pice en 1961 Les femmes en
danger (Anissa fi khatar) de lcrivain
Ezzeddine Madani.
Troupe municipale
Abdelmajid Lakhal passa la troupe
municipale en 1962 avec son copain
Mohsen Ben Abdal l ah l or squ i l
fut i nvi t effectuer un stage
la facult du thtre des nations.
I l dcouvri t avec tonnement et
enchantement le professionnalisme
grce Peter Brook et Lukoc.
Il tudia toutes les coles du thtre
universel et se spcialisa dans les
efets techniques.
6 N 1408 - 19 octobre 2014 I La Presse Magazine
IN MEMORIAM
De retour Tunis la fin de lanne,
il trouva Aly Ben Ayed la tte de
l a troupe muni ci pal e. I l y exera
dans les effets techniques et en tant
quassistant du metteur en scne.
Il effectua ensuite un stage au centre
des hautes tudes thtrales dHam-
mamet. Stage anim par John Litt-
lewood, Peter Brook, Ribozio...
La mme anne, 1964, il fut appel
enseigner au lyce Khaznadar et
mit en scne la pice... dipe Roi.
Au thtre de l Odon Pari s, i l
effectua un stage en 1965 o il tu-
dia la thorie et la pratique de la
mise en scne.
Lakhal prit ds lors une nouvelle
dimension, mettant en scne pour
la premire fois, pour le compte de
la Troupe de la ville de Tunis, Huit
femmes, Le marchand de Veni se,
Noces de sang. Il joua dans Caligula,
Yerma, Othello, Hamlet, Richard III,
Mourad III, Des cages et des prisons,
Mejnoun Lela, Lavare et Hazzara.
Abdel maj i d Lakhal mi t en pl ace
l es dcor s et l es costumes des
oprettes Eddonia zhat, Joumana,
Ben noumine et des pices Mille
et Une Nuits, Golbani, Ettassouira
et Le 4e univers.
Abdelmajid Lakhal a volu avec
l a troupe muni ci pal e de l a vi l l e
de Tunis en France, Algrie, Maroc,
Libye, Autriche, Egypte, Liban, Irak,
Kowet etQatar.
Linspecteur dans la TV
Au cinma, Lakhal joua Le Christ en
1975 de Rosselini, Jsus de Naza-
reth de Zeffirelli, Aziza en 1979 de
Abdel l ati f Ben Ammar, Sarab de
Abdelhafidh Bouassida en 1981,
Ryah Al akdar (Le vent des destins)
de Ahmed Jema et Echec et mat du
grand cinaste Rachid Ferchiou aux
cts de la comdienne gyptienne
Shrihane.
A la tlvision, Abdelmajid Lakhal
si l l ustra dans A ti raf de Hamadi
Araf a, Zi ad Al l ah Al Aghl abi de
Ahmed Harzallah, Yahia Ibn Omar,
1er prix dinterprtation masculine
lors dune session du Festival des
tlvisons arabes, Al Wathik Bellah
Al Hafsi, etc.
Cherchez avec nous !
Dans l a sr i e pol i ci r e Ebhat h
mana (Cherchez avec nous) pr-
sente par Salah Jegham et ralise
par Abderrazak Hammami de 1984
1988, Abdelmajid tira son pingle
du jeu dans le rle de lenquteur.
Dans Rihana, crit par Mohsen Arfa-
oui, il incarna le rle duprince.
Abdelmajid Lakhal a constamment
privilgi la qualit aux dpens de
la quantit, cherchant la perfection
et lexcellence.
Lhistoire des arts en Tunisie retien-
dra dailleurs ce ct perfectionniste
qui fi t que Abdel maji d Lakhal se
rendit clbre par des uvres dune
grande qualit artistique.
Tahar MELLIGI
Filmographie
1975 :
Le messie(Il messia) de Roberto Rossellini, avec Tina Aumont
DOFatma 75de Salma Baccar, avec Jalila Baccar
1976 : Jsus de Nazareth (Jesus of Nazareth / Ges di Nazareth)
de Franco Zefrelli, avec Robert Powell
1979 : Aziza de Abdellatif Ben Ammar, avec Yasmine Khlat
1980 : Mirages (al-sarab) de Abdelhafidh Bouassida, avec Mohamed
Habachi
1987: [Link] mort en face, de Mohamed Damak
1991 : Le vent des destins (Ryah Al Akdar), de Ahmed Jema, avec
Mouna Noureddine
1993 : Echec et mat (kich mt) de Rachid Ferchiou, avec Franoise
Christophe
2000 :
Fatma de Khaled Ghorbal, avec Awatef Jendoubi
Une odysse(Al Oudyssa) de Brahim Baba, avec Raouf Ben Amor
2005 : BabAziz, le prince qui contemplait son me (BabAziz) de
Nacer Khemir, avec Golshifteh Farahani
2010 : Or noir (Black gold) de Jean-Jacques Annaud, avec Antonio
Banderas
La Presse Magazine I N 1408 - 19 octobre 2014 7
LE PLUS
Arab Idol
M
me
Ahlem prend le pouvoir
A
PRS des dbuts promet-
t eur s , et l a magni f i que
conscration du Palestinien
Mohamed Assaf en 2013, Arab
I dol par t comme l a dr i ve.
Les rai sons ? Le vote du publ i c
et l appt des SMS, l l i mi nati on
i mpose de Ragheb Al amaet
l a mystri euse pri se de pouvoi r
de la chanteuse miratie Ahlem !?
Les st ar s- acadmi es vant ent ,
dj , un l ong parcours dans l es
satellitaires arabes. Liban et Golfe
furent l es pi onni ers. Le Li ban,
par tradition; les pays du golfe, par
surpl us de moyens. L Egypte a,
vi demment, embo t l e pas.
Puis (autant que possible) le Maroc,
lAlgrie et la Tunisie. Les missions
ont fait un remarquable bond en
avant depui s quel ques annes.
Notamment grce l adaptati on
de nouveaux concepts i mpor ts
d Amrique et de France (Am-
r i que- I dol , The Voi ce, etc. ) ,
mais aussi en raison du dvelop-
pement de la tlcommunication
numrique et du sponsoring. Artis-
tiquement, nanmoins, les exp-
riences ne parviennent, toujours
pas, emporter ladhsion ni de la
profession ni de la critique musi -
cales. Les jurys subissent trop de
pression de la part des financeurs
et des patrons de chanes, ou, plus
grave,ne rpondent pas eux-mmes
au ni veau requi s. Le recours au
vote du public est le handicap le
plus lourd. Il y a, pour les grosses
productions, des centaines de mil-
lions de SMS en jeu. On imagine les
profits. Les critres de la voix et du
chant passent, obligatoirement, en
second, et dans de nombreux cas
au dernier rang.
Des mi l l i er s de vi ct i mes ont
cop de ces r gl es par t i cu-
l i res des stars acadmy arabes
depui s l eur l anc ement , dbut
9 0 . T a l e n t s r e l s , s o u v e n t
except i onnel s, cl ai rement sacr i -
fi s. Pi s : l a pl upar t des l aurats
ne poursuivent pas de carrire. Le
sentiment est que des nababs
de l a tl vi si on et des gros mar-
chands de la musique convoquent
des j uges arti stes et de j eunes
aspi rants- chanteurs, l e temps de
rafler audiences et recettes, pour,
aussi t t , l es abandonner l eur
triste sort : les uns leur mauvaise
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3
8
7
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/
S
conscience,les autres lanonymat.
Et i l ne faut sur tout pas se fi er
au succs cont i nent al de The
Voi ce et Arab I dol . La si tua-
tion perdure malgr les rutilantes
f aades et l es gr os appor t s
dargent : les tournes intgrales
des qual i fs du gol fe Tanger,
l es di zai nes de mi l l i ers de can-
di dats, l es mi l l i ons de SMS , l es
di rects studi os, l es faux suspens
des pr i me- wai t , l a comdi e
des j ur s, l es f i nal es j oues
d avance, l e tral al a des rcom-
penses, et, au bout du compte,
r i deau, i nsat i sf act i on et oubl i .
Mais ce jeu cest Arab Idol
qui semble, le plus, prendre lepli.
Cest un peu dommage, car lmis-
sion nen est qu sa troisime di-
tion et avait, plutt, laiss entrevoir
des promesses lors de la victoire
du Palestinien Mohamed Assaf en
2013. Hlas, les vieux dmons de
l a star-acadmy arabe ont vi te
fait de ressurgir cette anne. Cela
a commenc par la pire chose qui
pouvait survenir : llimination du
mei l l eur jur, l e Li banai s Ragheb
Alama. Absolument lunique artiste
garantissant la crdibilit artistique
de la comptition. Les autres ? Sin-
crement en dessous : le compo-
siteur gyptien Hassen Shaffei, la
star du showbi z Nancy Aj ram, et
l a chanteuse mi rati e Ahl em. On
a parl dlimination, ce fut prci-
sment l initiative de lEmiratie
Ahlem, trop influente Arab Idol,
pui ssante mme (on na toujours
pas compris en vertu de quoi), au
point ,lit on dans la presse arabe,
dintimer aux propritaires l ordre
de choi si r entre el l e et Ragheb
Alama. Et, mystre, ils ont obtem-
pr!?.
Premire alerte.
Seconde : M
me
Ahl am fai t dsor-
mais cavalier seul au sein du jury
2014. Jugeant, mani festement
son got, trop khaliji pour cou-
vrir, objectivement, tous les genres
de voix,et toute les intonations du
chant. Rsul tat : des recal s l a
pelle,parmi les plus dous, et des
f i nal i stes, bi entt , pl us proches
du bas de gamme que du niveau
moyen !! Un exemple(qui nous fait
mal) : le Tunisien Amine Bourguiba,
l argu, honteusement, au stade
de l a demi -fi nal e, avec l vi dent
silence des trois autres jurs. Nul
chauvinisme ici : Amine Bourguiba,
17 ans, de Sousse, est une voix hors
norme, timbre fort, ample, velout,
justesse parfaite, aisance du chant.
Plus, le charisme du beau physique
et de la personnalit part. On n
i nvente ri en l . Nancy Aj ram en
a dailleurs gliss l aveu, presque
malgr elle, elle a dit Amine : Ne
vous occupez pas de ce qui pourra
vous arri ver Arab I dol , vous
avez dj toutes les qualits dune
carri re russi e Consternant, i l
nest pas dautre mot!!.
Khaled TEBOURBI
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S
contact@[Link]
71 341 066
Pour vos travaux dimpression
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REPRES
LES BEYS DE TUNIS
Histoire des Hussenites
R
APPELONS au passage que sur
ordre de sa mre, ce nouveau
bey avait prt serment sur le
Coran (Le Livre Saint) avec son frre
cadet Mustapha afin de veiller scru-
puleusement dans le futur au respect
de l a rgl e successoral e sti pul ant
la priorit du trne au plus g des
descendants de Houssine Ben Ali.
Le serment dallgeance
Tous les membres de la famille husse-
ni te, l es di gni tai res de l a cour, l es
ministres et les tribus avaient prt le
serment dallgeance au Bey Houssine
le 29 mars 1824.
Quel ques semai nes aprs, l e nou-
veau bey avait reu lenvoy du sultan
ottoman qui lui avait remis, en guise
dapprobation et de reconnaissance,
le dcret de la rgence (El faramne),
ai nsi qu une pe dore en t ant
quinsigne dhonneur. Cette tradition
honorifique turque a t clbre en
grande pompe au Bardo.
Insurrection
Le dbut du rgne de Houssine Pacha
Bey ntait pas de tout repos; en effet,
au courant du mois de dcembre 1824
(l e 21 dcembre 1824), un homme
dorigine turque, prtendant tre un
descendant de Al i Pacha-Sel mi qui
avait renvers en 1735 Houssine Ben
Ali, le bey fondateur, stait rfugi
avec quelques partisans Djebel Bja
pour prparer une ventuelle insur-
rection lencontre du nouveau bey
Houssine.
Quel ques i ndi vi dus i nf i dl es et
cupi des stai ent regroups autour
de cet i nsurg afi n de former une
troupe pour se soul ever contre ce
nouveau sultan ; celui-ci stait bien
prpar en vue de mater cette insur-
recti on en envoyant Dj ebel Bj a
une troupe arme chapeaute par
son frre, le bey de camp Mustapha,
qui avait consacr trois mois de lutte
pour vaincre les insurgs ; et ce fut
le 20 octobre 1825 la date du retour
triomphal du prince Mustapha la tte
de larme beylicale (El Mhalla).
Suite sa dfaite, le prtendu des-
cendant de Ali Pacha a t contraint
de senfuir en Algrie o il tait mort.
Quant ses partisans, ils ont t mas-
sacrs et lourdement pnaliss.
Colonisation dAlger
Le rgne de Houssine Pacha Bey, qui
sest tal sur onze ans, a t marqu
par l a col oni sati on dAl ger par l es
troupes franaises en mai 1830.
Au dbut, les soldats franais avaient
occup les ctes marines, une occu-
pation spcifique pour une priode
donne. Les prmices d une exploi-
tation coloniale de toute lAlgrie par
larme franaise ntaient pas indi-
ques telle enseigne que le mar-
chal Klozel, commandant en chef de
larme franaise, avait pens recourir
la famille beylicale de Tunis en vue
de rorganiser ladministration alg-
rienne et transmettre la souverainet
des rgions dOran et Constantine
deux princes de la famille hussenite.
Dailleurs, cet effet, lhistorien ana-
lyste Mohamed Salah Mzali prcise
dans son uvre Lhritage du trne
chez l es Husse ni tes que l es ngo-
ci ati ons entre l es reprsentants du
marchal Klozel et ceux de Houssine
Bey avaient abouti une convention
dment tablie entre les deux parties,
en vue de dsigner le prince Musta-
pha (frre de Houssine) la tte du
beylicat de Constantine et le prince
Ahmed (le fils de Mustapha) la tte
du beylicat dOran.
Effectivement, un contingent de sol-
dats tunisiens a t transfr Oran en
vue de prparer laccueil du nouveau
bey dans sa nouvelle demeure.
Echec de la convention
Seulement cette convention bilat-
ral e na pas abouti . D une part, l es
deux parties navaient pas trouv de
compromi s concer nant l es condi -
tions rgissant le transfert des deux
souverains, dautre part, lobstination
du ministre des Affaires trangres
franai s ne pas val i der ce proj et
prtextant qu une tel l e conventi on
relve dun certain abus de la part des
hommes du ministre de la Guerre.
Ceux-ci navaient pas le droit de sim-
miscer dans les affaires relevant de la
diplomatie franaise.
Houssine Pacha Bey (29 mars 1824-
20 mai 1835)
Cest ainsi que Ahmed Ibn Abi Dhiaf
dcrivait ce souverain : Il tait pieux,
gnreux, courageux, modeste et
content (dans le sens se contenter
de peu).
I l souhai tai t tout l e temps l e bon-
heur autrui, il coutait souvent son
entourage (El Hachia) et prfrait se
concer ter avec ses mi ni stres avant
de prendre les dcisions relatives au
royaume. Il ntait pas tyrannique et
conseillait souvent ses proches de
maintenir le respect mutuel et la bonne
tenue lors des relations quotidiennes
et ne jamais se mler des affaires des
autres. A ce propos, il disait : Si on
si nvesti t davantage corri ger nos
dfauts, on ne trouvera gure du temps
de se mler des affaires des autres et
critiquer leurs dfauts.
Ce bey portait, par voie dhrdit, le
germe de la maladie de son grand-
pre, l e sul tan Mohamed Errachi d,
dcd suite une pneumonie. Lui
aussi navait pas tard contracter
cette mme maladie. Il dcda et fut
enseveli le 20 mai 1835 et enterr au
Mausole des Hussenites Torbet
El Bey Tunis.
A suivre
Tarek ZARROUK
Sources
Athaf Ahl Zemne, de Ahmed Ibn Abi
Dhiaf
Lhritage du trne chez les Husse-
nites, de M
ed
Salah Mzali
Suite au dcs de Mahmoud Pacha Bey le 28 mars 1824, lintronisation de son
fls Houssine, en tant que 8
e
Bey de la dynastie, tait passe sans heurts ni
quivoques, puisque ctait lui lan de la famille rgnante.
(6
e
pisode)
Houssine Pacha Bey
10 N 1408 - 19 octobre 2014 I La Presse Magazine
GASTRONOMIE
SUR LES TALS
QUALIT
A
PRS la pluie, le beau temps,
un beau temps qui plat aux
promeneurs et aux vadrouil-
leurs, mais pas aux paysans. Nous
abordons l a deuxi me moi ti de
lautomne, sans quil y ait suffisam-
ment de prcipitations pour enta-
mer une bonne saison agricole.
Malgr tout, les marchs sont tou-
j ours bi en approvi si onns, avec,
il est vrai, une augmentation, par-
fois excessive des prix de certains
lgumes, parmi les plus abondants
dhabitude, comme le persil, le poi-
vron, la tomate
Les fruits de saison le sont gale-
ment, nous croyons que ces pri x
artificiels, parce que trop levs,
consti tuent une pressi on sur l es
rsultats des lections de la fin du
mois en cours.
A part cel a, l es ftes conti nuent,
aprs cel l e de l Evacuati on l e 15
octobre, nous allons vivre, proba-
blement le 25, celle de lanne de
lHgire.
Cette fte ne fera pas augmenter les
cours de la viande rouge, puisquelle
nutilisera que les restes de la fte
du sacrifce.
Une stabilit saisonnire rgne sur
les marchs, pas darrivages singu-
liers avant deux semaines avec le
dmarrage de la saison des huiles,
dbut novembre.
Alors nachetons pas dhuile avant
cette date, celles qui sont propo-
ses act uel l ement ne sont pas
conformes la rglementation.
Nachetons pas non plus de poulpes
avant dbut novembre galement,
afin de nous comporter en consom-
mateurs citoyens.
La saison de la chasse a commenc,
l a l oi i nterdi t l a vente du gi bi er.
Nachetons rien sur les routes.
Bonne semaine.
Abderrazak FEKIH
L
E promeneur dans nos mar-
chs, nos grandes sur f aces
et autres espaces de vente va
remarquer labondance de produits
emballs, dits jus de fruits. Ils le
sont dans des bri ques en car ton
opaque, des bouteilles en plastique
et plus rarement en verre.
Il sagit pour le commun des mortels
de jus de fruits frais.
Or, la ralit est tout fait autre. Par
dfinition, le jus de fruits est obtenu
en pressant un fruit, cest le liquide
qui en dcoule.
Si nous regardons bien les embal-
La mi-saison qui dure
Jus de fruits, dites vous?
lages, aucun ne contient du vritable
jus de fruit frais, quand cest crit
100% naturel, a veut dire de leau
laquelle on a ajout un concen-
tr de jus. Quand cest mentionn
boisson au jus dorange, a veut
dire que cest de leau du robinet
laquelle on additionne, peut-tre,
de la poudre obtenue partir de
fruits schs.
Cer tai nes marques uti l i sent des
termes quivoques ou rsonance
plaisante pour couler un produit
bas de gamme et tre en conformit
avec la lgislation tout en la dtour-
nant avec une certai ne habi l et,
parce que le vrai jus de fruit saltre
trop vite et ne peut pas dpasser
intact, tout en conservant ses vita-
mi nes que quel ques j ours, voi re
quelques heures.
Cer tai ns fabri cants l e font, mai s
le prsentent dans les rayons des
denres prissables, son D.L.C. est
court un ou deux jours, au maxi -
mum.
Alors, attention!
A.F.
La Presse Magazine I N 1408 - 19 octobre 2014 11
GASTRONOMIE
LES BONNES RECETTES
Salade de laitue
Couscous rituel de ras-el-am
C
EST la salade la plus simple,
ne demandant ni une longue
prparati on ni une grande
connaissance en cuisine.
La laitue pomme, que nous appe-
lons communment laitue, est assez
rcente chez nous, ne datant pas
plus dun sicle.
Elle est en train de remplacer dune
mani re i rrversi bl e notre vn-
rable laitue romaine khass, ou slata
arbi,par rapport slata ouri pour
la pomme.
Cette petite salade est toute dsi-
gne pour aider la digestion du
couscous la viande boucane du
jour de lAn.
Pour 4 personnes
- 1 laitue pomme aux feuilles non
ftries
- 3 c..s dhuile dolive au got neutre
C
ETTE formul e du couscous
est unique dans nos traditions
culinaires.
Il sagit dun plat quon ne prpare
quune seule fois par an pour fter
le commencement de lanne hgi-
rienne, le 1
er
moharem.
Ce couscous est base de semoule
de bl compl et. I l est gar ni de
viande boucane, de merguez de
conserve et des parties de la tte du
mouton de lAd mises en conserve
galement. Comme lgume, on uti-
l i se des fves trempes l a vei l l e,
cest pratiquement tout ; mais pas
doignon pour que lanne ne soit
pas fade, contrairement aux ftes
qui symbol i sent l a fer ti l i t pour
beaucoup de civilisations.
Pour 4 personnes
Ingrdients :
- 400 g de couscous brun fait mai-
son ou, dfaut, la mme quantit
de couscous complet du commerce
- Vi ande boucane, andoui l l es et
merguez de conserve
- 300 g de fves trempes
- 2 c. s. dhuile dolive ( remplacer
ventuellement par la mme quan-
tit de graisse de qadid)
- 1 c. s. de tomate concentre
(facultatif )
- 1 gros citron bien juteux
- 1 belle tomate de saison
- 150 gr de fromage demi-sel
- 50 gr dolives au naturel couleur
violet
- 20 gr de thon miett
- Sel et poivre blanc selon got
- 2 c. s. dharissa maison
- Sel selon got, mais attention, le
qadid est de tradition gnreuse-
ment sal
Prparation
- Humectez votre graine une demi-
heure lavance sil sagit du cous-
cous des provisions, et 1/4 dheure
seulement si l sagi t du couscous
du commerce
- Dans l a par ti e basse du cous-
coussier, mettez les morceaux de
qadid, lhuile, lharissa et la tomate,
si vous les avez choisies, chauffez
et laissez mijoter
- Enl evez l es par ti es noi res des
Prparation
- Prenez une laitue au cur bien
blanc et aux feuilles bien luisantes
- Dtachez les feuilles une une
- Eliminez les rsidus terreux
- Lavez-les bien avec une eau lg-
rement javellise
- Faites-les goutter
- Disposez-les dans un ravier assai-
sonnes dune citronnette lgre
et pas trop parfume
- Dcorez-les avec got et votre
gui se dol i ves vi ol ettes, de thon
miett, de fromage frais
- Salez-les lgrement
Nous avons appel ci tronette
une vinaigrette o le jus de citron
remplace le vinaigre
I l faut viter les olives vertes qui
donnent soif, et les noires qui sont
traites chimiquement pour rester
noires.
fves, lavez-les bien et ajoutez-les
- Appliquez la partie haute du cous-
coussier
- Aux premires vapeurs, mettez la
graine, laissez cuire moiti dcou-
vert
- Quand tout est bien cuit, arrosez,
laissez absorber et servez chaud.
Ceci est la formule de base, vous
pouvez dcorer votre couscous
avec des ufs durs, comme vous
pouvez accentuer sa coul eur par
une pince de safran.
Si vous ntes pas un( e) puri ste
incorrigible, vous pouvez galement,
ajouter tout autre lgume de saison,
pommes de terre, pois, etc.
12 N 1408 - 19 octobre 2014 I La Presse Magazine
LINVIT
MOHSEN JENDOUBI (ANCIEN DFENSEUR CENTRAL DU STADE TUNISIEN)
Flicit pour mon premier
carton !
Il appartient au cercle ferm des dinosaures qui avaient crit lhis-
toire au Mondial argentin. Une race de footballeurs qui jurent avec
les professionnels des temps modernes. On fnit souvent par avoir
le cur bris en constatant quel point le foot ne leur avait rendu
que si peu. Mais Mohsen Jendoubi nen a cure. Le plaisir est l, la
marche de lhistoire, personne ne peut larrter. Le nom de la bande
Chetali est jamais crit en lettres dor. Mme si lancien dfen-
seur central du Stade Tunisien na pas le palmars quil aurait mrit.
Si ctait refaire, je le referais, assure-t-il sans le moindre regret.
Mohsen Jendoubi, un dfenseur de
haut niveau peut-il passer toute sa
carrire sans subir dexpulsion ?
Ce nest pa trs vident mais cela
mest arri v tout au l ong d une
carrire de seize ans au plus haut
niveau. Je nai jamais t expuls.
Je nai cop que dun seul avertis-
sement de ma vie, contre lOceano
Club Kerkennah. Sous la conduite
de Mokhtar Tl i l i , nous occupi ons
une position dangereuse au classe-
ment. Larbitre tait algrien, je crois.
Nous lavions emport (5-1). A la fin
de l a rencontre, pi nce-sans ri re,
beaucoup de supporters me fl i-
citaient malicieusement comme si
javais accompli un exploit. Inchal-
lah bel barka, me congratulaient-ils
pour ce premier carton jaune dans
ma carrire. Et qui allait rester le
seul, dailleurs.
Des regrets tout de mme pour
navoir remport aucun trophe ou
presque ?
Ce nest pas ce palmars dsep-
rment vide qui mexaspre. Cela
ne me gne pas aux entournures.
Mais le sentiment d une injustice
mhabite aujourdhui: comment des
gnrations stadistes aussi doues
navaient jamais t sacres. La pre-
mire comprenait Faouzi Dahmani,
Moncef Zarrouk, Baccar, Ben Hmida,
Bezdah, Ezzine, Hlaiem, Abdallah,
Mghirbi....Puis arrivrent Dalouch,
Hergal, Ben Arfa, Jammi, Ben Jabal-
lah. Parfois, on est pass tout prs
du sacre. I l nous ar r i va mme
de rester onze rencont res sans
prendre de but, le premier encaiss
cette sai son-l arri vant Sousse
face lEtoile. Il faut dire quAndr
Nagy construisait tout autour de la
dfense. Cest quelquun qui marque
aussi bien dans lorganisation sur le
terrain que dans la vie prive. Nous
auri ons d enl ever deux ou troi s
championnats. Au tirage au sort de
la coupe, tout le monde craignait
de tomber contre le Stade. Depuis
quelques saisons, cest linverse.
Nagy est-il votre meilleur entra-
neur ?
Oui. I l y a aussi Abdelmajid Che-
tal i que vous sentez trs proche
lorsque vous traversez des crises,
des moments [Link] noublie-
rai pas non plus Amor Mejri, mon
premier entraneur chez les jeunes
au ST. Jtudiais au lyce Khaznadar,
jtais trs brillant en gymnastique.
Si Amor, qui tait mon prof de sport,
a voul u me prendre avec l ui au
ST. Jai arrt une saison aprs le
dpar t de Mej ri . A son retour, l a
premire chose quil avait faite a t
daller me chercher et dinsister afin
que je reprenne ma carrire.
Quelles taient vos idoles ?
Habacha et Mghi rbi qui m avai t
of fer t un j our son sur vtement
alors que jtais jeune. Jai jou
ses cts ci nq bonnes sai sons,
apprenant normment. A ltranger,
lAllemand Franz Beckenbauer et le
Brsilien Luis Pereira taient mes
prfrs.
Vos parents vous ont-ils encou-
rag pratiquer le football ?
Jai d mentir mon pre Rabah,
agent de la SNT, dcd en 2010.
Nous sommes douze f r r es et
surs. Je l ui di sai s qu au l yce,
on exi geai t que j e j oue dans un
club afin de pouvoir poursuivre ma
scol ari t. Jai pouss mes tudes
jusqu la 6e anne secondaire. Jai
par la suite t recrut par Tunisair.
Et vous savez quel l es tai ent l es
questi ons sur l esquel l es j ai t
admi s au test de recrutement ?
Quel s tai ent l es rsul tats de l a
Tunisie en coupe du monde 1978
laquelle je venais de participer
(ri res). Bi en entendu, j e n ai pas
devin les rponses exactes ! (rires,
de nouveau).
Photo : Samir KOCHBATI
La Presse Magazine I N 1408 - 19 octobre 2014 13
LINVIT
Justement quels sont les fac-
teurs dcisifs ayant permis cette
pope?
En avri l derni er, j ai accompl i l a
Omra. Et jen ai profit pour visiter
mon ancien club en Arabie Saou-
dite, Ahly Jeddah. Jai t stupfait
par l accuei l qui ma t rserv.
Ctait comme si je jouais toujours
pour eux. Cest dire que cette cam-
pagne mondialiste a agi comme une
rvlation, une caisse de rsonance
pour notre football. Il y eut beau-
coup de facteurs contributifs. Elle a
t rendue possible dabord par la
qualit des dirigeants de lpoque,
l es Foued Mbaza, Sl i m Al oul ou,
Boubaker Ben Jerad, Moncef Foud-
haili. . . Je me rappelle quavant le
match contre lAlgrie, le ministre
des Sports, Foued Mbaza, se soi-
gnait en France. Il nous parla un
un au tlphone, rptant chaque
joueur: Vous savez, une vi ctoi re
maidera normment me rtablir.
Au mme moment, on appor tai t
lhtel un carton contenant des
maillots portant les noms de chaque
joueur. Un cadeau de Si Foued. Tous
les staffs, technique, mdical, admi-
nistratif apportrent une contribu-
tion dcisive. Le talent ne manquait
pas. Les entraneurs, qui auraient pu
composer une quipe dune mme
qual i t parti r des rempl aants,
insistaient sur le travail spcifique:
les attaquants dun ct, les dfen-
seurs de lautre. Ctait presque un
entranement personnalis. Dietsha
sillustrait dans cette spcialisation
Le match le plus difcile de cette
campagne argentine ?
A Lagos, contre le Nigeria. Dj en
rentrant sur l e terrai n, l es Green
Eagles nous poussaient des coudes
en nous montrant des crampons
acrs et hauts de deux centimtres.
I l s voul ai ent nous i nti mi der. Les
magiciens taient partout au stade
Surulre. Mais nous tions les meil-
leurs, et avions confiance en nos
moyens. Il y eut galement le match
dAl ger. Al ors que l es Al gri ens
chauffaient lambiance, nous chan-
tions Ya salat ezzine ala touns.
Aprs le nul qui nous qualifiait, dans
le tunnel menant aux vestiaires, les
Cerbah, Keddou... nous agressaient.
En leur chappant, nous tombions
sous l es coups de matraque des
policiers Il n y eut que Dahlab qui
tait venu nous fliciter.
Le meilleur match que vous avez
livr ?
Malgr la dfaite (1-0) Conakry
contre la Guine, jai atteint le top
dans ce match des liminatoires de
la coupe du monde. Javais en effet
affaire Cherif Souleymane qui allait
remporter quelques mois plus tard
le Ballon dOr africain. Il tait plus
petit que moi, mais trs puissant et
vloce. Abdelmajid Chetali malignait
surtout dans les matches lext-
rieur. Le marquage la culotte tait
alors de rigueur.
En phase fnale, la mi-temps de
votre premire sortie, vous tiez
mens par le Mexique. On tait
encore mille lieues de lbourif-
fante expdition argentine ?
Et l es Mexi cai ns al l ai ent nous l e
rendre au centuple. Cest quelque
chose qui marque profondment. A
la pause, Chetali nous disait quun
Tunisien ne baisse jamais la tte.
On le vit fouiller dans son sac, on
croyait quil allait tirer des citrons,
des oranges. . . Non, i l pri t un dra-
peau nati onal qui l accrocha au
tableau noir et se tut. Un silence
assourdi ssant si nstal l a dans nos
vestiaires, dans le ventre du stade
Dr Lisandro de la Torre de Rosario,
si loin de notre pays. Mme battus
par la Pologne dans le deuxime
match, nous tions habits par un
sentiment de conqute, nous don-
nions le maximum.
Sauf que, dans les dernires
minutes face lAllemagne, vous
donniez limpression de vous
contenter du nul (0-0) qui vous
liminait pourtant ?
Chetal i tai t fou furi eux aprs l e
match: i l nous reprochai t davoi r
jou la passe dix dans les derniers
Jendoubi posant avec la slection rgionale de Tunis
14 N 1408 - 19 octobre 2014 I La Presse Magazine
RTROVISION
LES LEGISLATIVES DANS LOBJECTIF
La mystifcation ne prend plus
Par Samira DAMI
L
a majorit des chanes locales sont,
durant cette priode de campagne
lectorale, braques sur les lgislatives du
26 octobre travers plusieurs missions sp-
ciales, talk-shows, dbats, ainsi que les spots
de 3 minutes consacrs chaque candidat et
difuss sur les deux chanes publiques.
La prestation des candidats aux lgis-
latives varie, car il y a les rcidivistes, soit
celles et ceux qui se prsentent pour la
deuxime fois aprs les lections de 2011
et qui, grce lexprience acquise durant
ces trois ans lAssemble constituante,
afchent une certaine matrise aussi bien
sur le fond que sur la forme : ces candidat(e)
s, pour la plupart, connaissent leur dossier
et se gardent de prsenter des promesses
fantaisistes et irralisables, avisant le public
que des points de leur programme et les
projets quils prsentent lchelle nationale
ou de leur rgion ne sont pas tous ralisables
court terme et ncessitent du temps, a fortiori sil sagit
de grands projets concernant linfrastructure, lindustrie,
la sant, le transport, etc.
Et il y a les nouveaux candidats qui, dans leur majo-
rit, nont pas visiblement bnfci de coaching tant ils
manquent de matrise et de srnit. Et mme si certains
connaissent les problmes de leurs rgions, il nempche
que la tendance est la proposition de projets farfelus et
irralisables. Car il y a ceux qui promettent, voire exigent
des autoroutes, des hpitaux, des rseaux deau et
dlectricit, des aroports, des ports en eaux profondes,
des usines, des complexes culturels, des stades, des cr-
dits agricoles pour leurs rgions, et nous en passons.
Et ce genre de promesses a t au centre, notam-
ment, des spots radiophoniques et tlviss des cam-
pagnes de certains candidat(e)s, tel celui de la circons-
cription de Tozeur, dont le logo est le cheval et qui ny est
pas all de main morte, nous assurant quen cinq ans, la
Tunisie est capable de se classer parmi les dix premires
puissances mondiales (sic). Et, avec toute lassurance du
monde, il droule un programme idyllique pour le moins
irralisable : deux ports en eaux profondes, un ple
commercial qui fera plir de Jalousie Duba, des TGV qui
relieront lensemble du pays en une heure de temps
(resic)
Ne parlons pas des slogans et logos fantaisistes : la
paire de ciseaux pour couper court avec la corruption, la
rpression et linjustice du pass, la cl arabe, la fche, la
parabole, le poivron, la poire, la thire, etc. Passons sur le
dbit et le ton laconique somnolent et hsitant des uns
ou rapide faon train express des autres. Et cest ny rien
comprendre.
Des municipales, on dirait...
C
e qui ressort galement de ces spots et autres
missions de dbats, cest le fait que ces lec-
tions lgislatives prennent souvent des airs
dlections municipales locales.
Cela, tant les priorits des programmes des candidats
se focalisent sur ltat des villes et localits qui crou-
pissent sous des montagnes dimmondices et dordures
en tous genres, mnagres, industrielles et autres qui
polluent lenvironnement.
Il est vrai, que durant cette priode transitoire, les
Tunisiens ont soufert de la salet et de la dgradation de
lenvironnement et des efets sur leur sant et la qualit
de la vie en gnral. Et lexemple de lle de Djerba, qui
croupit depuis des mois sous les ordures mnagres et la
salet, lillustre parfaitement.
Dans les spciales sur les lections lgislatives de plu-
sieurs chanes de tl, dont certaines se sont distingues
par le ton agressif et inquisiteur de leurs chroniqueurs,
tel Mohamed Boughalleb, dans 26/10 sur Al Hiwar-Et-
tounsi, ou Imen Madani sur Hannibal-TV, des candidats
indpendants et de divers partis confrontent leurs ides,
programmes, solutions et alternatives. Et les problmes
pingls, diagnostiqus et dbattus par thmes ou par
rgions et circonscriptions sont innombrables et ne font
que refter la prcarit quasi gnrale conomique,
infrastructurelle et sociale que connat le pays frapp
par le chmage, la fambe des prix et du cot de la vie,
les ingalits sociales, linscurit, les dsquilibres rgio-
naux et autres problmes. Les futurs lus lAssemble
des reprsentants du peuple auront, donc, du pain sur la
planche.
La tche sannonce rude et de longue haleine. Cest
pourquoi les candidats devraient tre plus que jamais
ralistes dans leurs promesses et viter de mener les
lecteurs en bateau. Dailleurs, les promesses fara-
mineuses et abusives des lections de 2011 se sont
rapidement mousses pour laisser place la dception
et la dsillusion. Il faudrait donc viter de reproduire le
mme scnario quen 2011 et en retenir les leons, car la
mystifcation et les promesses en lair a ne prend plus.
S.D.
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DTENTE
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DTENTE
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23 juillet - 22 aot
L I ON
Prservez-vous, car vos motions vous rendent
vul nrabl e. Vous ne savez pas toujours l es
grer et vous ragi ssez i mpul si vement. Ne
prenez pas toujours tout au pied de la lettre
et surtout contrlez vos ractions.
21 mars - 19 avril
B E L I E R
Vos dmarches aboutissent enfin ! Vous pen-
siez que ctait peine perdue et vous aviez tort.
Les rsultats sont l et vous en tes le premier
surpris. Une bonne leon pour vous qui devez
rapprendre vous faire confance.
TAUR E AU
Si la voie est libre, sans encombre, vous tes
enthousiaste, mais quand a coince, vous vous
bloquez direct sans chercher la solution au
problme. Evitez de vous mettre une pression
inutile et organisez-vous!
21 mai - 21 juin
GE ME AUX
Vous avez l i mpressi on de ne pas pouvoi r
assurer toutes vos tches quotidiennes, car
votre travail vous accapare beaucoup. Certains
impratifs passent avant tout et vous navez pas
dautres choix que de vous plier.
22 juin - 22 juillet
C ANC E R
Vous pouvez manier lhumour dune manire
qui laisse tout le monde sans voix. Cette stra-
tgie est infaillible, car vous pouvez faire pas-
ser nimporte quels messages par ce moyen.
Chaque personne vous coutera comme un
professeur.
23 aot - 22 Septembre
V I E R GE
Vous reprenez du poil de la bte en retrouvant
votre sens de la rpartie. Il nest plus question
pour vous de vous soumettre ou de vous
effacer. Vous devenez redoutable quand vous
retrouvez votre nergie.
23 septembre - 22 octobre
B AL ANC E
Vous avez du pain sur la planche au niveau de
votre travail. Et votre sens de lorganisation fait
des merveilles. Vous acclrez le tempo avec
la matrise dun maestro ! Vous, dordinaire
discret, vous mettez sur le devant de la scne!
20 janvier - 19 fvrier
V E R S E AU
Vous vous tes fix un objectif important ou
alors vous souhaitez raliser un projet. Cette
mission renforce votre volont de vous battre
et contribue votre panouissement person-
nel du moment. Vous vous donnez tous les
moyens pour relever le df.
22 dcembre - 19 janvier
C AP R I COR NE
On vous fait endosser un rle qui ne vous
convient pas dans votre travail. Vous protestez
ouvertement et vous finissez par avoir gain
de cause. Vous tes l o on ne vous attend
pas et cest ce qui est prfrable pour vous.
21 novembre - 22 dcembre
S AGI T TAI R E
Votre capacit dcider est rebooste par la
conjoncture. Vous pouvez enfin passer la
vitesse suprieure et multiplier les contacts
qui seront utiles pour vous par la suite. Tout
fnit par rentrer dans lordre.
21 octobre - 23 novembre
S COR P I ON
Vous devez agi r avec doi gt pour ne pas
heurter l es mes sensi bl es. Vous ne savez
pas toujours mettre les formes et vos matres-
mots restent rigueur, action et pouvoir. Des
exigences qui vous rendent dur vivre surtout
dans votre job.
20 fvrier - 20 mars
P OI S S ON
De petites contrarits motionnelles sont
essentiellement dues votre susceptibilit et
votre sensibilit. Heureusement, votre effica-
cit professionnelle nen ptit pas. Vous savez
rectifer le tir rapidement.
H
O
R
O
S
C
O
P
E
DTENTE
20 avril - 20 mai