CHROMATOGRAPHIE
IONIQUE
• Chromatographie sur colonne.
• Séparation :
- Espèces ioniques,
- Espèces ionisables dans certaines conditions de pH.
AH2 AH- A2-
pKa1 pKa1 pH
1. Principe générale.
Séparation grâce aux interactions électrostatiques entre :
- Analytes en solution (dans φmobile ).
- ET sites chargés de φstationnaire .
Sites chargés = groupements fonctionnels chargés
positivement ou négativement
Phase stationnaire cationique : Phase stationnaire anionique :
séparation de cations donc séparation d’anions donc
comporte des sites anioniques comporte des sites cationiques
Ioniques (totalement
dissociés)
acide fort
ECHAN
Ionisables dans
certaines
conditions de pH :
acides faibles
Remarque : autres dénominations
Phase stationnaire sulfoniques et carboxyliques :
→ se rapportent à la structure de φstationnaire.
1.1 Affinité d’une espèce pour la résine.
• Répartition de l’espèce chargée entre φmobile et φstationnaire.
• Coefficient de partage ionique
KX = [X-]s / [X-]m
• Plus KX est élevé, plus le composé a d’affinité avec la
phases stationnaire.
1.2 L’échange d’ions : base de la séparation.
Soit :
- Une résine anionique
- Anion échangeable E-
- Espèce à analyser X-
• Equilibre :
X-m + E-s ↔ X-s + E-m
X-m et X-s = [X-] dans phase mobile et stationnaire,
E-s et E-m = [E-] dans phase stationnaire et mobile.
• Constante d’équilibre :
K = [E-m] [X-s] / [E-s] [X-m] = KX / KE
1.3 Migration dans la colonne lors de
l’élution.
Après le dépôt de l’échantillon en tête de colonne, on fait
passer l’éluant qui contient le contre - ion d’origine de la
résine (qui a une affinité plus faible que X-).
• En tête de colonne, [X-m] est en excès, donc l’équilibre est
déplacé vers la droite. Le composé X- se lie à la place de
E-.
• Les ions X- sont fixés, on fait passer l’éluant contenant
des ions E- en excès.
→ L’équilibre est déplacé vers la gauche, libérant ainsi
les ions X- qui arrivent au niveau des sites suivant saturé
en E-.
Il s’établit alors un nouvel équilibre qui sera déplacé
ensuite lors de l’arrivée des E- de l’éluant en excès.
• L’équilibre entre les proportions des deux espèces dans
les deux phases est continuellement déplacé dans un
sens ou dans un autre. Il s’en suit une migration de X-
dans la colonne dont la vitesse de progression va
dépendre de son affinité pour la phase stationnaire.
• Si on a plusieurs espèces dans l’échantillon, chacune va
migrer à sa propre vitesse : on obtient donc leur
séparation en fin de colonne.
• Cette chromatographie porte le nom d’échange d’ion car
les sites échangent leur contre -ion (qui assurent
l’électroneutralité) avec les espèces en solution.
2. Les phases.
2.1 Stationnaire.
• Appelée résine.
• Impératifs :
- Grande surface d’échange :
→ Bonne porosité et/ou billes très petites.
- Grande capacité d’échange :
Nombre d’ions pouvant être fixés par unité de poids sec (en mmol.g-1
) ou par mL de résine humide (après hydratation).
- Forte résistance mécanique
→ résiste à la pression (accélère l’analyse).
- Stabilité chimique : bonne tenue aux pH extrêmes, ainsi qu’aux
autres espèces présentes dans la phase mobile.
3 supports :
- Polymère réticulé de polystyrène/divinylbenzène.
- Silice greffée.
→ Milieux poreux avec groupements chargés en surface.
Exemple : Polymère réticulé
- Résine pelliculaire.
• Fine pellicule échangeuse fixée sur un support inerte
très dur.
Microsphère de silice, de verre ou de polystyrène.
• Pellicule = silice greffée ou polymère organique
fonctionnalisé.
• Choix suivant :
- Les conditions opératoires (pH, force
ionique et pression).
- Chromatographie analytique ou
préparative.
COMPARAISON DES 3 PHASES
Résistance à la Capacité pH d’utilisation
pression d’échange
Polymère Faible par rapport aux 3 à 5 mmol.g-1 0 à 13
autres phases. P
réticulé utilisation < à
quelques dizaines de
bars.
Silice greffée Très Forte 0,5 à 2 mmol.g-1 2à9
problèmes de tenue
aux pH basiques et
très acides.
Echangeur Bonne 0,01 à 0,1 mmol.g-1 2 à 12,
particulaire problèmes de tenue
aux pH extrêmes.
2.2 Mobile.
• Très souvent des solutions aqueuses (contenant
diverses substances).
• Rôle premier :
- Ioniser les solutés (si électrolytes faibles)
- Ioniser les groupements fonctionnels de la résine dans
le cas de sites ioniques faibles.
→ Le pH de la phase mobile est donc très important.
• Deuxième fonction : éluer les composés à séparer.
• Son pouvoir d’élution va dépendre de sa composition (force ionique)
et éventuellement de son pH.
• Tout dépend du type d’élution désiré.
- Elution simultanée si les composés ont des KX voisins: l’éluant
contient un ion ayant une affinité plus petite que les ions à séparer
(en général, il s’agit de l’ion initialement présent dans la résine).
- Elution sélective si KX est très différent entre les espèces. L’éluant
n’entraine que quelques constituants. Pour éluer les autres, il faut
un autre éluant de composition différente.
- Elution progressive pour des constituants de KX très voisins : on
modifie graduellement la composition de l’éluant, ce qui permet une
modification progressive des KX donc l’élution progressive des
composés.
3. Applications.
3.1 Analytique.
• Séparation de molécules organiques comme les a a, les
acides nucléïques, les alcaloïdes (morphine, atropine...),
et d’ions minéraux comme les terres rares et les produits
de fission atomique.
• Dosage des anions (sulfates, chlorures, fluorures,
nitrates, phosphates...) dans les bétons, ciments,
déchets, eaux...
Séparation des acides aminés
3.2 Chromatographie préparative.
• Permet de séparer des quantités importantes de certains
cations d’un mélange et de les obtenir purs à de fortes
concentrations.
• Exemple : Li+, isotopes radioactifs, terres rares...
Séparation des lanthanides