Risque Chimique
Risque Chimique
DE LA MORICIRE
est ingnieur-docteur en
chimie. Ingnieur-conseil,
ancien responsable
du service R&D la Caisse
rgionale dassurance
maladie dle-de-France
(CRAMIF) et formateur
lINRS.
TECHNIQUE ET INGNIERIE
Srie Chimie
Guy Gautret de la Moricire
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LE RISQUE CHIMIQUE
Concepts Mthodes Pratiques
LE
RISQUE CHIMIQUE
Concepts Mthodes Pratiques
Guy Gautret de la Moricire
SRIE | CHIMIE
La mise en place du rglement REACH va intensifier la demande de
clarification et de structuration de la gestion du risque chimique. Cet
ouvrage rassemble tous les lments composant une thorie complte
et propose des outils mthodologiques permettant la matrise du
risque chimique dans les types dactivits les plus frquemment
rencontrs. Il prsente successivement :
La pratique de lanalyse des risques chimiques : les mthodes de
reprage, lidentification et lestimation ainsi que la fixation des
priorits daction.
La pratique de la prvention des risques : les objectifs, la recherche
de mesures possibles, etc.
Les applications particulires : stockage, industrie chimique et
pharmaceutique, traitements de surface, protection de
lenvironnement.
Des tudes de cas : description, analyse des risques et mesures.
Lorganisation de la dmarche : chronologie, mise en place des
moyens, recensement des agents chimiques, reprage des urgences,
application de la mthode et adaptation au domaine dactivit de
lentreprise.
Illustr par de nombreux exemples, schmas et tableaux de donnes,
cet ouvrage propose galement un descriptif des avantages et
inconvnients des principaux types de mesures rencontres dans des
secteurs trs divers. Les conseils pour organiser la dmarche permettent
en outre de rpondre sans difficult aux exigences nouvelles de la
rglementation.
Outil de travail indispensable par son contenu la fois thorique et
pratique, cet ouvrage sadresse tous ceux qui conduisent le chan-
gement vers la matrise des risques ainsi qu ceux qui lenseignent
dans toutes les instances publiques ou prives.
6663959
ISBN 978-2-10-052065-7 [Link]
GESTION INDUSTRIELLE
CONCEPTION
FROID ET GNIE CLIMATIQUE
MCANIQUE ET MATRIAUX
CHIMIE
ENVIRONNEMENT ET SCURIT
EEA
AGROALIMENTAIRE
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E RISQUE CHIMIQUE
gautret_prelims.fm Page I Vendredi, 8. aot 2008 9:38 09
N. M
ARGOSSIAN
Le rglement REACH :
La rglementation europenne
sur les produits chimiques
288 p.
N. M
ARGOSSIAN
Aide-mmoire du risque chimique
2
e
edition, 296 p.
E. K
OLLER
Dictionnaire encyclopdique du gnie des procds
520 p.
gautret_prelims.fm Page II Vendredi, 8. aot 2008 9:38 09
Guy Gautret de la Moricire
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E RISQUE CHIMIQUE
Concepts Mthodes Pratiques
gautret_prelims.fm Page III Vendredi, 8. aot 2008 9:38 09
Dunod, Paris, 2008
gautret_prelims.fm Page IV Vendredi, 8. aot 2008 9:38 09
ISBN 978-2-10-053565-1
V
TABLE DES MATIRES
Table des matires V
Avant-propos VII
1 Introduction 1
1.1 Limportance du risque chimique 1
1.2 Le principe de prvention 3
1.3 La mthode propose 4
2 Thorie du risque chimique 9
2.1 Notions gnrales 9
2.2 Caractristiques du risque chimique 12
2.3 Le danger chimique 16
2.4 Processus chronique 60
2.5 Processus accidentel 70
2.6 Caractristiques des mthodes existantes 107
2.7 La contribution du rglement REACH 113
2.8 Le principe de prcaution 119
3 Pratique de lanalyse des risques chimiques 123
3.1 Les mthodes de reprage des risques 123
3.2 Identification des risques 130
3.3 Estimation des risques 142
3.4 Fixation des priorits daction 159
4 Pratique de la prvention des risques 161
4.1 Objectifs de prvention 161
4.2 Recherche des mesures possibles 162
4.3 Les familles de mesures 168
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VI
4.4 Choix des mesures 214
4.5 Application de la mthodologie aux autres risques 227
5 Applications particulires 237
5.1 Stockage 237
5.2 Industrie chimique et pharmaceutique 253
5.3 Traitements de surface 267
5.4 Protection de lenvironnement 276
6 tude de cas 295
6.1 Description du cas 295
6.2 Analyse des risques 296
6.3 Mesures de prvention 299
6.4 Conclusion 301
7 Organisation de la dmarche 303
7.1 Chronologie gnrale 303
7.2 Mise en place des moyens 304
7.3 Recensement des agents chimiques 305
7.4 Reprage des urgences 307
7.5 Application de la mthode 311
7.6 Adaptation au domaine dactivit de lentreprise 312
8 Annexes 315
Annexe 1 Code du travail Phrases de risque R 315
Annexe 2 Code du travail Phrases S 320
Annexe 3 ADR Signification des numros didentification du danger 324
Annexe 4 Niveaux de danger des agents chimiques 328
Annexe 5 SGH Classification 330
Annexe 6 SGH Classement des mentions de danger selon le niveau de danger 336
Annexe 7 REACH Catgories de produits soumis restriction 340
Annexe 8 Code du travail Valeurs limites dexposition professionnelle
contraignantes 345
Annexe 9 Code du travail Valeurs limites dexposition professionnelle indicatives 351
Annexe 10 Scurit sociale Tableau des maladies professionnelles 355
Annexe 11 INRS Liste des guides de ventilation 359
Annexe 12 Code de lenvironnement Proprits qui rendent les dchets dangereux 360
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AVANT-PROPOS
Toute tude de risque na pour nalit que dviter les dommages aux personnes,
aux biens et lenvironnement. En particulier, les accidents et maladies professionnels
ne doivent pas tre considrs comme une charge parmi dautres, mais bien comme
un dysfonctionnement. Cet ouvrage se veut un moyen dacqurir une vritable
efcacit dans la prvention des dommages dorigine chimique, linstar de ceux
que lon propose dans lamlioration de la qualit ou de la productivit. Il est donc
dabord destin aux chefs dentreprises et lencadrement, mais aussi aux fonc-
tionnels dhygine et de scurit et toute personne confronte aux risques chimi-
ques dans une dmarche de prvention. Les dernires volutions de la lgislation
franaise, qui transcrivent les directives europennes, mettent en avant la dmarche
dvaluation des risques avant toute mise en uvre de mesures de prvention.
Lapplication de cette dmarche au risque chimique a souvent rebut les entreprises
et les services, en raison de son apparente complexit.
Le risque chimique prsente en effet des particularits qui justient une approche et
une recherche dinformations diffrentes par rapport aux autres risques. La premire
partie de ce guide sattache identier ces particularits, pour ensuite proposer
une mthode danalyse adapte, dcoulant dun modle original et universel du
risque chimique. La deuxime partie est consacre la recherche et la mise en
place des mesures de prvention correspondantes, en sappuyant largement sur des
cas concrets.
La mise en pratique efcace de cette mthode ncessite une organisation analogue
un projet, avec ses acteurs, ses tapes et ses moyens. Elle est dtaille dans la troi-
sime partie, qui voquera notamment la prslection des postes plus grand risque.
Comme tout outil dune certaine technicit, cet ouvrage doit faire lobjet dune
appropriation par ses utilisateurs, ce qui signie que les responsables doivent en
adapter la complexit la ralit de lentreprise ou du service. Il nest pas destin
de prfrence aux grandes entreprises, comme on le croit parfois, car son utilisation
nexige en fait quune bonne organisation pralable. Cet effort est un vritable investis-
sement susceptible de porter des fruits, au-del mme du domaine sant/scurit.
En outre, cet ouvrage montre que la mthode prsente ici est transposable
lensemble des risques, en commenant par ceux qui concernent lenvironnement.
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1 INTRODUCTION
Cet ouvrage veut tablir une rationalisation de lapproche du risque chimique. Il
expose dabord une thorie, avec des concepts dnis, des rgles prcises et surtout
une logique de fonctionnement quasi universelle. Cette thorie est laboutissement
de ltude systmatique des dommages dorigine chimique observs depuis que des
enregistrements en sont faits. Elle apporte une rponse mthodologique aux prin-
cipes gnraux qui ont t dvelopps ces dernires annes par les spcialistes de la
prvention des risques. Ces principes se retrouvent en particulier dans des direc-
tives europennes et des normes. La directive 98/24/CE concernant les risques lis
aux agents chimiques en fait largement tat, comme la norme internationale
ISO 14121, qui vise lestimation des risques dans le cas des quipements de
travail. Cependant, la caractrisation du risque chimique manquait encore dune
mthode sufsamment rationnelle et dtaille pour en tirer des dcisions sres.
Cet objectif sest trouv ralis par llaboration du modle prsent dans cet ouvrage
et son exploitation.
1.1 Limportance du risque chimique
Le risque chimique est prsent dans de nombreux domaines de la vie et ses cons-
quences nfastes peuvent tre facilement constates. Dans le domaine professionnel,
la Scurit sociale, comme ses homologues dans le monde, dispose dabondantes
statistiques. Elles sont collectes par les caisses rgionales dAssurance maladie,
pour laider dans ses missions de prvention et de rparation des atteintes la sant.
Les chiffres donnent un ordre de grandeur du problme de la sant et de la scurit
au travail, sachant que leur validit est tributaire dune part de la discipline de
dclaration des sinistres, dautre part de la bonne codication de ceux-ci lors de la
saisie. Le tableau ci-aprs donne quelques repres trs gnraux.
Les accidents de nature chimique sont assez mal dnis dans le systme de codage de
la CNAMTS (Caisse Nationale de lAssurance Maladie des Travailleurs Salaris),
puisquil faut les chercher dans trois groupes dlments matriels ainsi libells :
appareils ou ustensiles mettant en uvre des produits chauds, fours, tuves,
appareils de cuisson, etc. ;
appareils ou ustensiles mettant en uvre des produits caustiques, corrosifs,
toxiques ;
vapeurs, gaz et poussires dltres.
[Link] Page 1 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
2
1.1 Limportance du risque chimique 1 Introduction
Ils sont nalement assez rares, du moins en proportion. Lexploitation de ces statisti-
ques nest gure possible puisque 77 % des causes sont codes non prcis ou
non class .
Les rsultats sur les maladies professionnelles reconnues sont rattachs des
tableaux
1
.
Sur les 112 tableaux en vigueur, 78 ont un agent causal chimique, mais seuls 60
sont encore utiliss.
Une pathologie reprsente prs de 70 % du total tous tableaux ; cest celle des
affections priarticulaires (tableau n 57).
Un agent causal reprsente prs de 80 % du total chimique ; cest lamiante
(tableaux n 30 et 30 bis).
Le reste des MP concerne les allergies de contact ou respiratoires et les poussires
de silice, ciment et bois pour environ 15 %, suivies par 50 tableaux diffrents
qui ne reprsentent que 5 % des MP.
Dans le domaine de la vie courante, les statistiques disponibles ne sont pas si prcises.
Mais lampleur de ces accidents, survenant au domicile, au cours de sports ou de
loisirs et dans le cadre scolaire, est sans commune mesure avec celle du domaine
professionnel, puisquen 1998 on a dnombr plus de 18 000 accidents mortels,
qui se rpartissent ainsi :
Statistiques de la CNAMTS
a
Accidents du travail (avec
arrt)
en 2006
Tous types Origine chimique
Totaux Mortels Totaux Mortels
700 772 537 5 625 9
Maladies professionnel-
les (avec arrt)
Moyenne annuelle sur
2004-2006
Tous types Origine chimique
Totales Mortelles Totales Mortelles
40 175 514 8 118 484
a. Ces statistiques sont disponibles sur le site Internet [Link].
1. Pour en savoir plus, consulter le code de Scurit Sociale, article L. 461-2
Tranche dge (ans) < 1 1-14 15-24 25-44 45-64 65-74 75 et + Total
Chutes 8 35 70 320 710 904 8 163 10 210
Suffocations 50 28 20 224 420 481 2 125 3 348
Noyades 8 64 42 122 137 76 92 541
Feu 2 40 19 93 108 65 138 465
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1.2 Le principe de prvention
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1 Introduction
Si lon suppose quune partie des feux est due des produits inammables, les
accidents dorigine chimique peuvent donc tre estims aux environs dun millier,
sachant quune partie importante des intoxications est dorigine mdicamenteuse.
Les accidents du domaine environnemental sont difciles rpertorier, car leur
dnition reste assez oue. On peut nanmoins tenter une approche statistique
grossire qui rvle que les sinistres importants, cest--dire impliquant des morts,
sont de lordre de la dizaine par an sur les quinze dernires annes. Par contre, leur
origine est majoritairement chimique et ces accidents se produisent soit dans des
installations classes, soit au cours de transports de matires dangereuses.
En conclusion de cette synthse sur les dommages chimiques, il ressort que leur
frquence na rien dalarmant par rapport aux autres types de dommages, mais quils
sont dune gravit suprieure la moyenne. Sachant quil est relativement facile de
les viter presque totalement, comme le dmontre cet ouvrage, leur prvention
simpose nalement comme un devoir urgent.
1.2 Le principe de prvention
Avant daborder les dnitions normalises, on peut dnir le risque trs simplement
comme la possibilit dun dommage, que ce soit sur une personne ou sur des biens.
Un dommage sur une personne est une atteinte sa sant ; en pratique, soit une
lsion issue dun accident, soit une pathologie. Cette distinction nest dailleurs pas
facile faire, car les deux termes recouvrent des ralits qui se confondent souvent.
Cest pourquoi la distinction doit surtout se faire sur la dynamique dapparition
du dommage, qui est soudaine pour lun et progressive pour lautre.
La notion de dommage est bien connue dans le domaine de lassurance en gnral.
Celui de la sant humaine nen est quun cas particulier. Depuis la cration de
lAssurance maladie en 1945, la protection sociale a t applique au monde du
travail en distinguant deux domaines ds le dpart : les accidents du travail et les
maladies professionnelles . Laccident du travail est dni comme une atteinte
la sant ayant un caractre brusque et soudain. La maladie professionnelle est une
affection rsultant dune exposition rpte des activits ou substances nocives.
Il sagit de dnitions administratives dont les modalits pratiques rpondent
certains critres, prciss dans le code de Scurit sociale. Il faut rappeler que la
rparation et la prvention des atteintes la sant font partie des missions de la
Scurit sociale. Mais ces notions restent parfaitement valides dans le domaine de
Tranche dge (ans) < 1 1-14 15-24 25-44 45-64 65-74 75 et + Total
Intoxications 1 5 27 73 102 140 380 728
Autres 11 66 263 659 739 505 1 282 3 525
Total 80 238 441 1 491 2 216 2 171 12 180 18 817
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4
1.3 La mthode propose 1 Introduction
la vie prive. Il savre que dans llaboration dune thorie du risque chimique,
cette distinction des deux types de dommages est fondamentale et sert de l
conducteur dans le dveloppement de la mthodologie propose.
Le second concept fondamental est que, si lon rencontre, heureusement, des
risques sans dommages, il nexiste pas de dommage survenu sans risque pralable.
Cette vidence est fondamentale pour la prvention, bien quelle ne soit pas
admise par tous. En effet, elle soppose au principe de fatalit, qui nous dit quil
ny a parfois rien faire. Mais si lon admet quil ny a pas de dommage sans risque
pralable, on comprend que la suppression dun risque entrane limpossibilit du
dommage correspondant. Faire de la prvention, cest rduire les risques, car en
pratique, la suppression totale dun risque est impossible, mme si sa rduction
peut tre parfois presque totale. Ce point rsume toute la stratgie de prvention
qui sera dveloppe dans cet ouvrage.
1.3 La mthode propose
1.3.1 Les principes de la mthode
La thorie du risque chimique prsente dans cet ouvrage est une premire tentative
de rationalisation dun ensemble de pratiques dictes par lexprience et lintuition.
Elle repose en fait sur quatre concepts simples.
m Les composantes qui caractrisent un risque chimique
Nous avons dit quil ny a pas de dommage sans risque pralable. En tudiant des
centaines de cas daccidents ou de pathologies dorigine chimique, nous avons
constat, au milieu dinnombrables facteurs, des constantes dans les circonstances
qui ont contribu lapparition du dommage. Nous les appelons composantes du
risque, car leur prsence est la fois ncessaire et sufsante.
m Les deux processus dapparition du dommage
Comme le montrent aussi les tudes de cas, notamment par la mthode de larbre
des causes, les dommages de nature accidentelle et de nature progressive conduisant
une pathologie napparaissent pas dans les mmes circonstances, de sorte que les
composantes identies ci-dessus sont diffrentes et propres chacun des processus.
Par la suite, nous appellerons ces processus accidentel et chronique , ce dernier
terme faisant rfrence au vocabulaire mdical.
m Lestimation du risque partir de paramtres prcis
Lexprience et lintuition montrent que le risque peut tre quanti, sans que la
cotation, ou estimation selon le vocabulaire normatif, qui en rsulte ait les caract-
ristiques dune grandeur mathmatique. Cette estimation ne vaut en fait que
par lusage que lon en fait pour la prvention. Nous avons identi quels en sont
les paramtres dterminants, toujours en distinguant les deux processus.
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1.3 La mthode propose
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1 Introduction
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La prvention comme action sur les composantes du risque
Puisque la prvention consiste rduire le risque, cest--dire diminuer son
importance, elle doit agir sur ses composantes, identies au pralable, ce qui na-
lement indique la marche suivre. Loriginalit de ce principe est quil oriente
efcacement le choix des mesures, au lieu de le laisser guider par lintuition.
Cette rationalisation en fait un outil universel, applicable toutes situations et
toutes activits. Son champ dapplication dpasse dailleurs le domaine du risque
chimique et nous verrons ce quil apporte notamment pour les problmes denvi-
ronnement. En outre, son aspect logique et automatique le rend facile utiliser
avec un outil informatique, aussi simple quun tableur.
Cette thorie permet de sinscrire automatiquement dans les principes gnraux
proclams par la lgislation tant franaise queuropenne. Mais le respect de ces
principes ne saurait tenir lieu de mthodologie, car ils se rsument la progression :
inventaire des dangers, valuation des risques et choix des mesures de prvention.
Il apparat dans la pratique que la prvention du risque chimique est une discipline
part entire, dont il faut connatre les fondamentaux et les exercices. Elle passe
ncessairement par des dcisions, dont les premires consquences sont souvent
nancires, cest pourquoi elle concerne en premier lieu les responsables dentre-
prises ou dorganismes.
Beaucoup de mthodes ont t proposes pour valuer les risques, mais il faut
rappeler que lobjectif de toute dmarche est la prvention, cest--dire viter les
dommages. Les critres de choix dune mthode reposent en dnitive sur son
aptitude bien prvoir les dommages possibles et aboutir aux mesures les plus
efcaces, et cela dans limmensit de toutes les situations que lon peut rencontrer,
dans lindustrie, les services, les commerces, jusque dans les activits artistiques,
par exemple. Le critre duniversalit est donc considrer tout autant que celui
defcacit.
Cependant, lexamen des avantages et des inconvnients des mthodes les plus
connues nous a conduit imaginer une mthodologie plus universelle, qui a dabord
fait lobjet dune description sommaire dans une brochure publie par la CRAM
dle de France
1
, puis a conduit la rdaction du prsent ouvrage.
1.3.2 Les apports de la mthode
Cest la mise au point du double modle dapparition des dommages qui a fond
notre mthodologie dans tous ses aspects. Elle est inspire, nous le rappelons, par
ltude des donnes disponibles sur les accidents et les maladies professionnelles, et
vise dboucher sur des pratiques utiles pour atteindre lobjectif dun meilleur
niveau dans la sant et la scurit des personnes, ainsi que dans la protection de
lenvironnement. Le cheminement global de cette mthodologie est le suivant :
1) La premire tape est un inventaire complet des agents chimiques prsents et
de leurs dangers, inventaire qui permettra en outre, une fois ralis, dobtenir une
1.
Guide de prvention du risque chimique
, DTE 175, caisse rgionale dassurance maladie dle-de-France.
Ce document est tlchargeable sur le site [Link].
[Link] Page 5 Jeudi, 31. juillet 2008 3:15 15
6
1.3 La mthode propose 1 Introduction
prslection rapide des postes plus grand risque, sachant que ce point nest quune
tape et non un objectif nal.
2) Ensuite, il faut observer et noter :
les dangers prsents ;
lactivit humaine relle.
3) Cela dans le but de reprer systmatiquement les composantes du risque prsent
selon les deux processus de la modlisation, qui est explique au paragraphe 2.2.1.
Le reprage de ces composantes doit se faire en fonction du travail rel observ, et
non de lcrit ou du prescrit.
4) Lestimation du risque, cest--dire lattribution dun niveau dimportance, se
fait aprs inventaire complet des risques, an quelle soit de nature relative et non
absolue. Elle conduit une xation des priorits, ncessaire pour pouvoir planier
les actions de prvention.
5) La recherche des mesures de prvention devient ensuite trs simple, puisquelle
consiste trouver des actions possibles sur les composantes identies dans
lvaluation des risques. On constate rapidement que le respect de cette rgle,
reposant sur un raisonnement logique, gnre des hypothses que la simple intui-
tion est loin dimaginer. Une fois inventories, il ne reste qu les choisir et les
mettre en place.
6) Il est ensuite facile dvaluer le gain obtenu par les mesures mises en place, en
ritrant lestimation des risques du 4.
Luniversalit de cette dmarche apparatra dans les applications que nous dcrirons
dans des domaines varis.
1.3.3 La problmatique REACH
Les diffrentes parties du Code du travail qui traitent du risque chimique, plus ou
moins explicitement, sont issues de dcrets de transposition de directives euro-
pennes. La plus importante, celle qui rgit la classication des produits chimiques
depuis 40 ans, est la directive 67/548/CEE. Elle vient de faire lobjet dune
profonde modication par la directive 2006/121/CE
1
, an que les rgles concer-
nant la notication et lvaluation des risques des substances chimiques soient
conformes au nouveau rglement CE n 1907/2006. Ce rglement, plus connu
sous le sigle REACH (Registration, Evaluation and Authorization of CHemicals),
a t adopt le mme jour, le 18 dcembre 2006. Son entre en vigueur date du
1
er
juin 2007.
Son objet principal est lenregistrement, lvaluation des substances chimiques,
ainsi que les restrictions applicables ces substances, mais aussi linstitution dune
agence europenne des produits chimiques. Ce rglement devrait assurer un
niveau lev de protection de la sant humaine et de lenvironnement ainsi que la libre
circulation des substances, telles quelles ou contenues dans des prparations ou des arti-
cles, tout en amliorant la comptitivit et linnovation. Il devrait aussi promou-
voir le dveloppement de mthodes alternatives pour lvaluation des dangers lis aux
substances .
1. Directive publie au JO C 396 du 30/12/2006
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1.3 La mthode propose
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1 Introduction
Son contenu peut tre schmatis ainsi :
Toute substance ou prparation mise sur le march europen raison de plus de
1 tonne par an doit tre prenregistre auprs de lagence dsigne cet effet.
Leur nombre est estim 30 000.
Les produits ainsi enregistrs doivent tre valus selon une procdure xe par
le rglement, et les rsultats consigns dans un dossier technique.
Selon la classication des substances ou prparations issue de lvaluation, les
fabricants, importateurs ou utilisateurs des plus dangereuses seront soumis
une autorisation. Le nombre de celles-ci est estim 3 000.
Les fabricants ou importateurs devront laborer un rapport sur la scurit
chimique. Son but est dtablir que les risques lis la substance quils fabri-
quent ou importent sont valablement matriss pendant sa fabrication et son
utilisation propre, et les oprateurs situs en aval dans la chane dapprovision-
nement peuvent matriser valablement les risques.
Ce descriptif appelle des remarques importantes. La directive 67/548 et tous ses
amendements ou adaptations visaient essentiellement le domaine des dangers
chimiques, alors que la directive 98/24 traitait des risques. Le rglement REACH
couvre les deux domaines, puisquen plus des rgles de classication, il introduit
des valuations dexposition. Mais il prcise quil est sans effet sur lapplication des
directives relatives la protection des travailleurs et lenvironnement, et notamment
de la directive 2004/37/CE
1
concernant la protection des travailleurs contre les risques
lis lexposition des agents cancrignes ou mutagnes au travail et de la directive
98/24/CE
2
concernant la protection de la sant et de la scurit des travailleurs contre
les risques lis des agents chimiques sur le lieu de travail, qui font obligation aux
employeurs dliminer les substances dangereuses, lorsque cela est techniquement
possible, ou de les remplacer par des substances moins dangereuses .
Mais si lvaluation de la scurit chimique est accessible aux fabricants, comment
un importateur ou un distributeur peut-il connatre toutes les expositions possi-
bles des utilisateurs naux ? Lannexe I dit bien que lvaluation de la scurit
chimique par un importateur porte sur lensemble des utilisations identies , et
mme quelle couvre toutes les tapes du cycle de vie de la substance, dcoulant de la
fabrication et des utilisations identies . La rponse est que le fournisseur ne peut
que parler dexpositions raisonnablement prvisibles , selon lexpression de
lannexe I, donc trs thorique. Dans ces conditions, il serait tonnant que ces
expositions puissent tre estimes importantes, si tel tait le cas. Nous savons que
la ralit, que seul connat lutilisateur nal, est bien diffrente ! Toutefois, il est
prcis au point 16 de ladite annexe que le prsent rglement xe les devoirs et les
obligations des fabricants, des importateurs et des utilisateurs en aval des substances
telles quelles et des substances contenues dans des prparations ou des articles.
Il nous semble trs regrettable que le REACH nait pas mieux spar les rles,
savoir les dangers pour les fabricants ou importateurs et les risques pour les utilisa-
teurs en aval . Dailleurs un fabricant nest-il pas ncessairement un utilisateur ?
1. JO L 158 du 30/4/2004, p. 50, et recticatif dans le JO L 29 du 29/6/2004, p. 23
2. JO L 131 du 5/5/1998, p. 11
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8
1.3 La mthode propose 1 Introduction
Il semble mme que la confusion entre danger et risque soit encore prsente dans
certaines expressions du document, par exemple le point 3 du premier article :
Le prsent rglement repose sur le principe quil incombe aux fabricants, aux impor-
tateurs et aux utilisateurs en aval de veiller fabriquer, mettre sur le march ou utiliser
des substances qui nont pas deffets nocifs pour la sant humaine ou lenvironnement.
Ses dispositions reposent sur le principe de prcaution.
Leffet nocif dune substance, cest la dnition du danger. Comment une subs-
tance chimique pourrait navoir aucun danger ? Le principe de prcaution serait-il
dinterdire toute utilisation de produit chimique ? Notons que les dnitions de
danger et de risque ne gurent pas dans larticle 3. Ce sont donc celles de la direc-
tive 98/24 qui restent valides.
Cette volution rglementaire renforce le besoin dune mthodologie prcise et
able dans le domaine du risque chimique et nous conforte dans notre entreprise
dtablir des fondamentaux sur la thorie et la pratique du risque chimique.
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2 THORIE DU RISQUE CHIMIQUE
2.1 Notions gnrales
2.1.1 Dfinitions normalises
m Cas gnral
En matire de science du risque, le vocabulaire prend une importance dcisive. Il
existe en effet un grand nombre de concepts qui sy rattachent depuis les temps
anciens, cette notion faisant partie de la vie quotidienne des hommes. Ds quil a
fallu introduire un peu de rationalit dans ce domaine, o le jugement subjectif
domine, la ncessit de xer le sens des termes employs sest impose. Aprs des
annes dhsitations, notamment attribuables la difcult de trouver des quiva-
lences entre les grandes langues scientiques, une normalisation sest mise en place,
sans tre encore aujourdhui compltement aboutie. Les dnitions qui suivent sont
celles qui sont adoptes par les instances spcialistes des risques professionnels,
savoir les CRAM et lINRS. Elles sont largement inspires des normes ISO 12100,
ISO 14121 et de la directive europenne 98/24
1
.
Le danger, en gnral, est une proprit dun matriel, dune matire, dun phno-
mne ou dun milieu qui dcrit le type de dommage quil peut causer. Cest une
constante qui ne varie pas avec les conditions dutilisation. La norme ISO 12100
emploie plutt le terme de phnomne dangereux , qui dsigne une source
potentielle de dommage . Llectricit, le bruit, les objets coupants, les organes en
mouvement et les nergies potentielles sont des phnomnes dangereux.
Le risque est une notion dont la dnition est la plus variable, parce quelle dpend
du domaine concern. Les textes rglementaires nationaux et europens ne sont pas
encore parfaitement homognes sur ce point. Mais on observe une convergence
grandissante avec la dnition de la norme ISO 12100 : combinaison de la
probabilit dun dommage et de la gravit de ce dommage . Quant la directive
dj cite, elle le dnit comme la probabilit que le potentiel de nuisance soit atteint
dans les conditions dutilisation et/ou dexposition . Cette dnition a le mrite
de montrer clairement que si le danger est propre lagent chimique, le risque dpend
des conditions dutilisation.
1. La directive 98/24 est une directive europenne du 7 avril 1998 concernant la protection de la sant
et de la scurit des travailleurs contre les risques lis des agents chimiques sur le lieu de travail.
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2.1 Notions gnrales 2 Thorie du risque chimique
Lestimation du risque consiste en prciser limportance. Cest une forme de
quantication, compltant laspect simplement qualitatif quapporte lidentication.
Le terme destimation est celui qui est x par la norme ISO 14121 (ex EN 1050).
Il en existe dautres, utiliss sa place, tels quvaluation, apprciation, cotation,
quantication. Les termes dvaluation et dapprciation se retrouvent dans un
schma gnral tabli pour les quipements de travail, objets de la norme. Ce
schma peut tre facilement transpos pour le risque chimique, en le simpliant,
comme suit :
La notion dimportance du risque est fondamentale dans le discours sur la scurit
et devrait toujours tre utilise bon escient dans tous les domaines, notamment
par les media ou les hommes politiques. Nous insistons sur ce point, pourtant
simple comprendre : un grand danger nengendre pas obligatoirement un grand
risque, et rciproquement. La radioactivit est un phnomne trs dangereux,
mais le risque nuclaire est variable selon les circonstances, et doit tre estim au
cas par cas. Autre exemple, la comparaison entre avions et vhicules automobiles.
Les premiers constituent des phnomnes plus dangereux que les seconds, mais
cest linverse au stade des risques, les statistiques en tmoignent. Et lorsque lon
parle dabsence de risque, on exprime en fait que le risque considr est trop faible
pour tre pris en compte.
Figure 2.1 Schma de la norme ISO 14121 adapt au risque chimique
atelier (process)
Dlimitation du domaine dtude
Identification des agents
chimiques dangereux
Estimation des risques chimiques
valuation des risques chimiques
Laction est-
elle sre ?
Rduction du risque
FIN
NON
Analyse
de risque
Apprciation
du risque
OUI
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2.1 Notions gnrales
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2 Thorie du risque chimique
Lvaluation, comme la dnit la norme, dsigne lensemble de la dmarche qui
va de lidentication lestimation. Lapprciation est la dcision nale, tenant
compte de lvaluation, mais aussi dautres facteurs trangers au risque.
m Cas du risque chimique
Le danger dun agent chimique est dni par le type de dommage quil peut
causer. La directive 98/24 dnit le danger comme une proprit intrinsque
dun agent chimique susceptible davoir un effet nuisible . Il est important de
retenir que le danger est propre lagent chimique, indpendamment de ses
conditions dutilisation. Les dommages possibles sont trs varis ; nous les dtaille-
rons par la suite. La classication, et en particulier ltiquetage rglementaire, ne
vise principalement qu informer sur les dangers des produits chimiques.
Le terme dagent chimique plutt que de produit est plus large, puisquil inclut les
substances, les prparations et les produits gnrs par lactivit, tels que poussire,
vapeur, fume, dchet. Ce changement dappellation, xe par la rglementation,
est loin dtre anodin quand on sait limportance de ces agents dans la gense de
nombre de maladies professionnelles (poussires damiante ou de bois, fumes de
soudures ou de combustion, etc.).
Le risque chimique est celui quengendre lutilisation ou le contact avec un ou
plusieurs produits chimiques. La directive 98/24 le dnit comme la probabilit
que le potentiel de nuisance soit atteint dans les conditions dutilisation et/ou
dexposition . En tant que tel, il peut tre estim pour situer son importance.
Nous avons vu que ce risque peut prendre une forme progressive ou accidentelle.
La premire regroupe les atteintes lentes la sant (irritation, cancer), la seconde
les effets soudains et rapides, soit par action directe, comme avec les intoxications
aigus, soit par action indirecte, en raison des proprits physico-chimiques des
produits (inammabilit, explosivit). Cette distinction se retrouve dailleurs
dans la partie du code de la Scurit sociale qui traite des risques professionnels,
comprenant les accidents et les maladies professionnelles, qui font lobjet de
mesures rglementaires spciques. Le risque dincendie ou dexplosion en fait donc
entirement partie, alors quil est souvent considr part dans lorganisation de la
scurit ou dans certains ouvrages. Le risque chimique est souvent compris comme
risque toxique, qui nen est en fait quun aspect.
Cette distinction entre danger et risque sur laquelle nous insistons est fondamentale
dans la gestion du risque chimique, comme dans les autres risques. Ainsi il peut y
avoir un risque relativement faible avec un produit trs dangereux et, inversement,
lutilisation dun produit de danger modeste peut gnrer un risque lev. Pourtant,
mme les personnes familires du domaine de la scurit commettent souvent la
confusion, en parlant de risque des produits, sans avoir abord lactivit des personnes
les utilisant. ce sujet, il faut saluer le remplacement de lexpression phrase de
risque utilise dans la rglementation franaise par lexpression mention de
danger introduite par le nouveau SGH (Systme Gnral Harmonis). Nous
verrons que le rglement REACH na malheureusement pas lev toute ambigut
sur ce sujet.
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2.2 Caractristiques du risque chimique 2 Thorie du risque chimique
2.2 Caractristiques du risque chimique
2.2.1 Mcanisme dapparition des dommages dorigine chimique
Lapparition dun dommage, quil soit de type accidentel ou de type chronique,
suit un mcanisme que lon peut reprsenter par deux schmas, qui constituent
une modlisation, sachant que la frontire entre ces deux types peut parfois tre
oue. Ces schmas ne font jamais que reproduire les arbres des causes gnraux
des accidents et maladies observs sur le terrain. Ltude des bases de donnes sur
les accidents ou les maladies professionnelles nous apprend que les points de dpart
des processus sont diffrents.
Le mcanisme chronique part dune exposition, cest--dire un contact de la
personne, avec un agent chimique par voie respiratoire, cutane ou digestive. Cet
agent peut tre prsent dans lenvironnement sous forme liquide, solide ou
gazeuse, mais aussi sous forme de vapeurs, darosols, de poussires ou mme de
dpts sur des surfaces, etc. Il ny a pas de phnomne alatoire dans ce cas et
lexposition est directement observable partir du moment o lagent chimique
est identi. Le passage au dommage, en loccurrence une pathologie, se produit
obligatoirement, mais aprs un certain temps, temps ncessaire pour quune quan-
tit dagent chimique soit absorbe par lorganisme, sufsante pour gnrer une
pathologie. Cette quantit est variable selon les paramtres dexposition et les
facteurs personnels. Ce processus peut tre reprsent par le schma suivant :
Le mcanisme accidentel part dune situation dangereuse cre par la prsence
dune personne dans la zone o un agent chimique peut constituer une menace.
Cette zone de danger nest pas toujours facile dlimiter ou mme imaginer,
puisquelle dcoule dune certaine conscience de risque. En particulier, elle nest pas
directement visible tant que lon ne sest pas reprsent quel vnement dangereux
pourrait survenir. Le passage au dommage, en loccurrence une lsion, ne se produira
Figure 2.2 Schma du processus chronique
personne
zone de prsence
produit dangereux
zone dangereuse
dommage
exposition
quantit
absorbe
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2.2 Caractristiques du risque chimique
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2 Thorie du risque chimique
quaprs survenue de cet vnement, qui peut tre un scnario complexe, partant
dun vnement dclencheur suivi dun enchanement de faits conduisant un
dommage nal. On retrouve en fait la logique de la construction dun arbre des
causes, aprs un accident. Ce processus peut tre reprsent par le schma suivant :
Pour bien comprendre ce terme de situation dangereuse, qui est moins vident que
celui dexposition, prenons exemple. Une personne travaille sous une canalisation
contenant un liquide corrosif : cest typiquement une situation dangereuse, parce
quune menace plane. Un chariot automoteur passant proximit accroche la
canalisation en manuvrant. La contrainte subie par celle-ci modie le serrage dun
joint entre deux brides, justement situ au-dessus du poste de travail. Le liquide
corrosif fuit aussitt et tombe sur la tte de la personne, occasionnant une brlure
chimique. Ce petit scnario constitue lvnement dangereux, dont le fait dclencheur
est le choc entre le chariot et le tuyau. La survenue dun tel accident ncessite bien
les deux conditions : la situation dangereuse et lvnement dangereux.
Dans les deux processus, le dommage peut tre nalement vit ou rduit aprs le
dclenchement de lexposition ou de lvnement dangereux, si certains facteurs
matriels ou humains sont prsents. En processus chronique, cest essentiellement
un bon tat de sant qui peut retarder lapparition des pathologies. En processus
accidentel, une alarme, un dispositif de protection automatique, une protection
individuelle, lhabilet des oprateurs ou leur condition physique leur permettent
parfois dchapper au dommage ou du moins de le minimiser.
La validit de cette modlisation du risque dpasse le risque chimique et peut tre
gnralise tout type de risque. Cest pour cette raison quelle a t introduite
dans la version rvise de la norme ISO 14121
1
. Ce point est dvelopp au para-
graphe 4.5.
Il existe videmment des situations intermdiaires aux schmas accidentel et chro-
nique. Par exemple, une claboussure de produit qui se rpte assez souvent est, en
quelque sorte, un phnomne accidentel caractre chronique. Nous verrons que
Figure 2.3 Schma du processus accidentel
1. Figure B.1 de lannexe B de la norme ISO 14121-1 : 2007.
personne
zone de prsence
dommage
situation dangereuse
vnement dangereux
produit dangereux
zone dangereuse
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2.2 Caractristiques du risque chimique 2 Thorie du risque chimique
lon peut alors classer ce processus dans nimporte lequel des deux schmas sans
que cela nuise lefcacit de la mthode.
2.2.2 Les composantes du risque chimique
Le premier intrt de cette modlisation est de faire apparatre les composantes du
risque selon les deux processus, runies dans le tableau synthtique suivant.
Dans le processus chronique, il apparat trois composantes du risque : le danger,
lexposition et le dommage. Cette modlisation est exactement lexpression du
principe propos dans de nombreux ouvrages sur le risque chimique (notamment
le SGH dans son paragraphe [Link].2.1). La modlisation du processus accidentel
semble plus originale pour le risque chimique, car elle a t propose initialement
pour les risques lis aux quipements de travail. Elle montre quatre composantes :
le danger, la situation dangereuse, lvnement dangereux et le dommage. Cela ne
fait au total que cinq composantes distinctes, ce qui confre toute sa simplicit la
mthodologie dcrite ici. Le danger et le dommage sont des notions qui ont t bien
dnies prcdemment et qui se retrouvent dans la plupart des mthodes. Les trois
autres composantes sont plus difciles cerner. En voici des dnitions prcises :
Une exposition caractrise ltat dune personne en contact avec lagent chimique
par voie respiratoire, cutane ou digestive, de faon plus ou moins continue.
Elle est gnre par le mode opratoire habituel et, pour cette raison, elle est souvent
ressentie comme normale dans la situation de travail. Une exposition ainsi dnie
ne gnre pas de malaise immdiat, qui entre dans la dnition de laccident.
Elle peut durer longtemps avant que ne se dclarent ou dcouvrent des effets
alarmants pour la sant. Cela correspond au risque de maladie professionnelle,
mais ce terme est rducteur puisquil se rfre une dcision administrative. Cest
pourquoi il est prfrable de parler de pathologie professionnelle, pour dsigner
les effets ngatifs de lexposition sur la sant, quelle soit reconnue ou pas. Il faut
aussi signaler que des expositions chroniques peuvent avoir des consquences
accidentelles. Tel est le cas des accidents de circulation survenus des peintres
professionnels aprs leur journe de travail, au cours de laquelle ils ont t soumis
de fortes expositions aux solvants. Il est en effet connu que la plupart des
solvants ont un effet narcotique.
Une situation dangereuse caractrise la localisation dune personne dans une
zone o elle subira un dommage soudain, direct ou indirect, en cas de survenue
Processus chronique Processus accidentel
Danger Danger
Exposition
Situation dangereuse
vnement dangereux
Dommage Dommage
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2.2 Caractristiques du risque chimique
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2 Thorie du risque chimique
dun vnement dangereux. Un dommage est direct quand il est provoqu par
lentre en contact de lagent chimique avec le corps humain. Cest le cas des
brlures chimiques et des intoxications aigus. Il est indirect si lagent chimique
provoque le dclenchement dautres types de dommages. Cest le cas des brlures
thermiques et blessures provoques par un incendie ou une explosion. Dans les
accidents graves, les dommages sont trs souvent directs et indirects, notamment
en cas de raction incontrle. Il faut bien comprendre que lexistence dune
situation dangereuse ne suft pas pour que le dommage se produise. Elle peut
donc durer trs longtemps, ce qui conduit parfois douter de sa ralit. Elle ne
peut tre mise en vidence que par lhypothse de lvnement dangereux. En
rsum, cela correspond au risque daccident.
Un vnement dangereux est un enchanement de faits, partant dun dclen-
cheur et aboutissant au dommage, suivant un scnario parfois complexe, tel que
la mthode de larbre des causes le met en vidence. Le dclencheur peut tre
dorigine technique (rupture de canalisation, panne lectrique, drive dune
rgulation) ou humaine (erreur de produit lors dun chargement). Chaque
dclencheur possible gnre un scnario diffrent, avec un dommage diffrent.
Cest pourquoi il y a autant de situations dangereuses que dvnements dangereux
diffrents.
Cette double nature du risque chimique a t peu mise en vidence dans les tudes
publies dans ce domaine. Le terme dexposition servait en fait couvrir lensemble
des mcanismes menant aux dommages. En pratique, le risque chimique a t
depuis longtemps rserv deux catgories dintervenants. Dune part la mdecine
du travail et la toxicologie, sintressant essentiellement aux effets directs sur la
sant, dautre part les services de scurit ou dintervention, spcialiss dans les
incendies et explosions. Seuls les accidents graves donnaient loccasion dune
intervention commune de ces deux services. Cette rpartition des missions, qui a
pour consquence une diffrence de culture et donc de mthode, a probablement
gn lmergence dune approche globale de ce risque particulier, telle que nous
voulons le proposer.
2.2.3 Estimation du risque chimique
La deuxime caractristique importante du risque chimique concerne son estima-
tion. Celle-ci repose sur des paramtres en partie diffrents en fonction des deux
processus que lon vient de dcrire.
Lestimation du risque dexposition chronique dpend du danger de lagent chimique
et de limportance de lexposition. En effet, une dose quotidienne de 1 g dun produit
faible toxicit reprsente un risque moins important quune dose quotidienne de
10 mg dun produit trs toxique. De mme, exposition gale, un produit toxique
ou cancrogne engendre un risque plus grave quun produit nocif.
Inversement, pour un mme produit, le risque de pathologie augmente avec la
dure de lexposition ou la concentration atmosphrique des vapeurs, par exemple.
Nous verrons que ces deux points font partie des facteurs dterminant limportance
de lexposition.
[Link] Page 15 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
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2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
Lestimation du risque accidentel rpond aux rgles utilises pour lensemble
des risques de type accidentel, et fait lobjet dune normalisation internationale
(ISO 14121). Pour mmoire, elle rsulte de la combinaison de la gravit du
dommage et de la probabilit de sa survenue. Il est vident que si le danger nest
pas un facteur direct, comme pour lexposition, il joue un rle important sur la
gravit comme sur la probabilit du dommage. Nous verrons comment dterminer
ces paramtres dans le cas du risque chimique.
En conclusion, il faut analyser plus prcisment comment les cinq composantes du
risque chimique interviennent dans les deux processus aboutissant aux dommages.
2.3 Le danger chimique
Depuis longtemps, le danger prsent par les agents chimiques est un paramtre
qui a t beaucoup tudi. Il constitue lun des objets de la toxicologie et le point
dappui essentiel des rglementations du risque chimique. Cest le cas du Code du
travail, de lADR, de la directive europenne 67/548, du SGH et du tout nouveau
rglement REACH. Ce paramtre a le gros avantage dtre une donne invariable
lie au produit, sauf volution des connaissances, ce qui nest pas trs frquent.
Cest le contraire du risque, qui est constamment variable et beaucoup moins bien
cern par ces rglementations. Nous allons passer en revue les diffrentes approches
du danger chimique dans les principales rglementations existantes.
2.3.1 Les dangers selon le Code du travail
Lestimation des risques chimiques repose en grande partie sur la classication
rglementaire des substances et prparations, et en particulier sur lexploitation des
phrases de risque gurant sur ltiquetage. Mais ce nest pas toujours sufsant, notam-
ment pour le risque de raction dangereuse. Cest pourquoi il faut complter cette
information chaque fois que cest ncessaire et possible. Pour ce faire, le document
le plus facilement disponible est la che de donnes de scurit , due rglemen-
tairement par le fournisseur. Nous allons dabord examiner ces deux sources.
m Ltiquetage
Ltiquette rglementaire
1
contient obligatoirement les phrases de risque, du moins
lorsque le produit est tiquetable. Rappelons ce sujet que plusieurs raisons peuvent
expliquer quun produit soit sans tiquette. La premire est quil ne prsente pas
de danger connu ; il est donc hors classication. La deuxime est quil na pas
encore fait lobjet dtudes pour connatre ses dangers. Cest le cas de produits
nouveaux et peu rpandus. La troisime est, il faut bien le dire, le rsultat dune
erreur ou dune ngligence, soit du fournisseur, soit de lutilisateur, par exemple
loccasion dun reconditionnement. Il faut rester prudent dans ces cas-l et
toujours tenter den savoir plus. Dans le doute, il faut interroger les personnes
comptentes et en premier lieu le mdecin du travail.
1. Ltiquetage est prcis dans les annexes II, III et IV de larrt du 20 avril 1994 modi.
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2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
Un agent chimique peut prsenter plusieurs dangers et son tiquette doit indiquer
toutes les phrases de risque correspondantes. Mais elle fournit dautres informations,
comme le rsume le schma suivant.
Nous ne parlons ici que des informations qui concernent les dangers : les symboles
et les phrases de risque. Les premiers sont des pictogrammes accompagns dune
lettre et les secondes sont codies par un R suivi dun ou plusieurs nombres.
Les symboles de danger sont un premier niveau dinformation, de nature pure-
ment visuelle, destin directement loprateur qui se saisit de lemballage. Ils sont
au nombre de 10 (avec celui de lenvironnement) ; en voici la liste :
Figure 2.4 Exemple dtiquette rglementaire
Figure 2.5
Solvex S.A.
avenue des tuyaux
234 100 Flaconville
Tl. 98 76 54 32 10
Actone
R11 Facilement inflammable
R36 Irritant pour les yeux
R66 Lexposition rpte peut provoquer desschement ou gerures de la peau
R67 Linhalation de vapeurs peut provoquer somnolence et vertiges
S9 Conserver le rcipient dans un endroit bien ventil
S16 Conserver lcart de toute flamme ou source dtincelles. Ne pas fumer.
S26 En cas de contact avec les yeux, laver immdiatement et abondamment avec de
leau et consulter un spcialiste.
200-662-2 tiquetage CE
[Link] Page 17 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
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2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
En fait, ils nutilisent que 7 pictogrammes distincts, sur fond orange. Ils sont
censs voquer un danger particulier pour inciter la prudence. On peut toutefois
sinterroger sur laptitude de certains dentre eux suggrer rellement le danger.
Nous faisons notamment allusion aux symboles nocif, irritant ou comburant.
Les phrases de risque prcisent le type et la gravit du dommage susceptible de
survenir. Elles prcisent aussi la voie de pntration principale de lagent. Quand
cela est ncessaire, elles combinent des numros de danger et de voie. Cest donc
sur elles que doit sappuyer un inventaire des dangers prsents, dautant plus que
certains dangers particuliers exprims par des phrases de risque nont pas de symbole
de danger spcique.
Lexploitation des phrases de risque pour distinguer les dangers nest pas aise, car
elles mlangent des notions deffets, de voies, de modes dintoxication, de symp-
tmes et de gravit. Voici quelques exemples.
Parmi les 66 phrases simples :
Dangers Phrases de risque
Ractivit particulire R14, R16, R19, R31,
Inflammables R10
Sensibilisants R42, R43
Cancrognes R40, R45, R49
Toxiques pour la reproduction R60, R61, R62, R63
Mutagnes R46, R68
Phrase Libell Contenu de linformation
R10 Inflammable Effet
R14 Ragit violemment avec leau Effet et gravit
R20 Nocif par inhalation Effet et voie
R24 Toxique par contact avec la peau Effet, voie et gravit
R33 Danger deffets cumulatifs Mode dintoxication
R40 Effet cancrogne suspect, preuves insuffisantes Dommage et gravit
R49 Peut causer le cancer par inhalation Dommage et voie
R67
Linhalation de vapeurs peut provoquer
somnolence et vertiges
Voie et symptmes
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2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
Parmi les 57 phrases combines :
La liste intgrale gure en annexe 1. Notons que lappellation phrase de risque
est inadapte selon les normes en vigueur, qui imposeraient phrases de dangers .
Les libells de ces phrases alternent dailleurs les termes de risque et danger.
Les phrases S sont prsentes comme des conseils de prudence. Il sagit de mesures
dapplication immdiate qui sadressent aux utilisateurs directs des produits. La
prvention du risque chimique ne saurait se limiter leur respect. Par contre,
certains de ces conseils apportent des informations complmentaires sur le danger.
En voici quelques exemples :
Au nombre de 54 simples et 17 combines, elles gurent en annexe 2.
Il faut rester prudent sur le bien fond des informations de ltiquette, qui sont
inscrites sous la responsabilit du fournisseur. Cest pourquoi il ne faut pas hsiter
les recouper avec dautres sources, comme celles qui sont dcrites ci-aprs. Sagissant
des substances, la source la plus able reste le site ofciel de lUnion europenne
1
,
en consultant la liste des substances dangereuses dans lannexe I issue de la dernire
adaptation au progrs technique (ATP) de la directive de base
2
. Il est prfrable
dinterroger la liste par le numro CAS, par exemple, car les noms chimiques sont
trop sujets variation. ce jour, la liste comporte prs de 8 000 produits.
R36/38 Irritant pour les yeux et la peau Effet et voies
R68/20
Nocif, possibilit deffets irrversibles par
inhalation
Gravit et voie
R48/24
Toxique, risque deffets graves pour la sant en cas
dexposition prolonge par contact avec la peau
Gravit, mode
dintoxication et voie
Phrase S Libell
8 Conserver le rcipient labri de lhumidit
15 Conserver lcart de la chaleur
18 Manipuler et ouvrir le rcipient avec prudence
30 Ne jamais verser de leau dans ce produit
48 Maintenir humide avec
50 Ne pas mlanger avec
1. [Link]
2. [Link]
ANNEX_I_OF_DIRECTIVE_67-548-EEC/Annex_I_of_Directive_67548EEC. doc. La dernire
ATP, la 29
e
, date de 2004. La 30
e
ATP est en cours dadoption.
[Link] Page 19 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
20
2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
m La Fiche de Donnes de Scurit (FDS)
Cette che prvue par le Code du travail
1
doit tre ralise et mise jour par le
distributeur de produits chimiques ds la premire livraison dun produit. Lache-
teur doit vrier la rception de cette che et faire en sorte quelle soit la disposi-
tion de tout utilisateur du produit. En particulier, le mdecin du travail doit
disposer dune collection complte et jour. Les rseaux informatiques gnraliss
dans les entreprises permettent dailleurs une consultation facile par tout le
monde. dfaut, il est presque toujours possible de les retrouver sur Internet
2
.
La rglementation xe un contenu prcis ces ches, qui doivent comporter
16 rubriques :
1) identication de la substance/prparation et de la socit/lentreprise ;
2) identication des dangers ;
3) composition/informations sur les composants ;
4) premiers secours ;
5) mesures de lutte contre lincendie ;
6) mesures prendre en cas de dispersion accidentelle ;
7) manipulation et stockage ;
8) contrle de lexposition/protection individuelle ;
9) proprits physiques et chimiques ;
10) stabilit et ractivit ;
11) informations toxicologiques ;
12) informations cologiques ;
13) considrations relatives llimination ;
14) informations relatives au transport ;
15) informations relatives la rglementation ;
16) autres informations.
Une grande partie de ces rubriques apporte des informations utilisables pour iden-
tier et quantier les dangers, les autres contribuant davantage au choix des mesures
de protection et dintervention.
1) Identication de la substance ou prparation
Une erreur sur lidentit dun produit peut tre lourde de consquences sur les mesures
de prvention prendre. Les dnominations chimiques, quoique normalises, sont
en effet trs variables et une erreur disomre, par exemple, est vite commise. Il est
donc prfrable dutiliser les numros didentication gurant la rubrique 3.
2) Identication des dangers
Cest ici quapparat la classication du produit, et toute autre information sur un
danger particulier qui aurait pu se manifester. Pour les substances, il faut indiquer,
quand ils existent, le numro CAS (Chemicals Abstracts System), beaucoup plus
1. Larticle R. 4411-73 indique que le fabricant ou limportateur dune substance ou prparation dange-
reuse fournit au destinataire une che de donnes de scurit conforme aux exigences prvues par le
rglement (CE) 1907/2006 (REACH).
2. Outre les sites des fournisseurs, on peut consulter [Link].
[Link] Page 20 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
utilis que le numro EINECS (European INventory of Existing Commercial
chemical Substances information system), pourtant ofciel pour lEurope, ou le
numro ELINCS (European LIst of Notied Chemical Substances).
3) Composition/informations sur les composants
Ces informations sont particulirement utiles pour les prparations, mme si elles
sont limites sur des critres de concentration ou dexistence de VLEP des subs-
tances contenues.
8) Contrle de lexposition
Les niveaux de dangers peuvent tre connus grce aux VLEP (Valeurs Limites
dExposition Professionnelle), DNEL (Derived No Effect Level, niveau driv
sans effet ) et PNEC (Predicted No Effect Concentration, concentration
prdite sans effet ).
9) Proprits physico-chimiques
Ces donnes sont utiles pour le reprage des expositions, par exemple en consid-
rant le point dbullition, la pression de vapeur, le pH, la liposolubilit, et plus
encore pour le reprage des situations dangereuses, en considrant le point dclair,
lindice dvaporation, les dangers dexplosion, les proprits comburantes, les
tempratures de dcomposition et dauto-inammation, etc.
10) Stabilit et ractivit du produit
Cette rubrique permet de mentionner ce que les phrases de risque ne disent pas,
ou du moins pas clairement. Cela concerne par exemple les possibilits de raction
dangereuse, les sensibilits la chaleur, la lumire, au froid, au choc et certaines
prcautions dutilisation. Ces informations sont videmment prcieuses pour
lidentication de situations dangereuses, mais aussi pour les expositions, dans la
mesure o une substance ractive est trs souvent aussi corrosive pour la peau.
11) Informations toxicologiques
Les informations toxicologiques sont surtout utiles au mdecin du travail mais
elles permettent aussi de juger de la cohrence de la classication.
12) Informations cologiques
Ce point mentionne les donnes disponibles sur lcotoxicit, indispensables pour
lanalyse du risque environnemental. Figurent ici les proprits de persistance, de
dgradabilit et de bioaccumulation, mais aussi dautres effets quand ils sont
connus, tels que le potentiel dappauvrissement de la couche dozone, le potentiel
de formation photochimique dozone, le potentiel de perturbation du systme
endocrinien et/ou le potentiel de rchauffement climatique.
14) Informations relatives au transport
Comme nous le verrons au paragraphe 2.3.2, linformation la plus intressante sur
le danger est le numro didentication de danger (voir annexe 3). dfaut, le
numro ONU permet de le retrouver facilement. Cette information est rapprocher
de la classication travail, pour ventuellement la complter.
[Link] Page 21 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
22
2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
15) Informations rglementaires
Cette rubrique indique tout ce qui concerne la sant, la scurit et lenvironne-
ment. Cest un moyen de contrle supplmentaire. On y trouve aussi lventuelle
inscription dans un tableau de maladie professionnelle.
16) Autres informations
Cest ici que doivent gurer les phrases de risque, libelles en entier.
Ces ches sont une source dinformations indispensable dans une analyse de
risques, quil faut nanmoins considrer avec prudence. Les fournisseurs peuvent
maintenant sappuyer sur lannexe II du rglement REACH.
Il ne faut pas perdre de vue que les dangers des agents chimiques sont tablis sur la
base de la classication rglementaire, selon une procdure prcise qui aboutit
un consensus des partenaires sociaux, partir des observations qui ont t recueillies
par exprience ou la suite dtudes. Elle peut donc voluer avec le temps. De ce
fait, cette information doit tre considre comme provisoire, en particulier pour
les produits rcemment mis sur le march. De nombreuses substances ont vu,
au cours des dernires dcennies, leur classication changer, et donc la liste de
leurs dangers. Sur ce point, le systme REACH devrait apporter une meilleure
abilit de ces donnes (voir le paragraphe 2.3.4).
m Autres sources dinformation
Les donnes concernant les dangers ont bien dautres sources. Autant que possible,
il faut faire leffort de raliser une petite bibliographie sur les produits utiliss pour
la premire fois. Elle peut tre simple et rapide sur Internet, et procurer en outre
des informations techniques toujours prcieuses. Deux documents sont
consulter en priorit :
Les ches toxicologiques de lINRS, qui contiennent beaucoup dinformations
sur des substances dangereuses, mais qui sont en nombre limit.
La dernire ATP de la directive 67/548, qui permet danticiper sur les futures
volutions de la classication. ce jour, la 30
e
est toujours en cours dadoption
et le projet de 31
e
est dj publi sur le site de lUnion europenne.
La notice technique du fournisseur, de contenu trs variable, mais mentionnant
au besoin les prcautions demploi.
2.3.2 Les dangers selon le rglement type du transport de matires dangereuses
La classication transport est dans lensemble plus complexe, parce que plus complte
que la classication travail. Elle est rgie par un accord europen (restructur), dit
ADR
1
, rgulirement mis jour. Nous prsentons ici les lments qui contribuent
la connaissance des dangers. Cette classication consiste dterminer principale-
ment quatre lments : une classe de danger, un code de classication, un numro
ONU et un groupe demballage.
1. La dernire version est du 1
er
janvier 2007. Elle est tlchargeable ladresse [Link]
trans/danger/publi/adr/adr2007/[Link]
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2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
La classe de danger est choisie parmi une liste de 13 classes et sous-classes :
Le code de classication est une subdivision prcisant le ou les dangers de la
matire ou de lobjet. La liste des codes possibles dpend de la classe de danger.
Pour simplier cette rglementation particulirement complexe, nous dirons que
la quasi-totalit des codes de classication utiliss rsulte dune combinaison de
dangers lmentaires appartenant la liste suivante :
Classe 1 Matires et objets explosibles
Classe 2 Gaz
Classe 3 Liquides inflammables
Classe 4.1
Matires solides inflammables, matires autoractives et matires explosibles
dsensibilises solides
Classe 4.2 Matires sujettes linflammation spontane
Classe 4.3 Matires qui, au contact de leau, dgagent des gaz inflammables
Classe 5.1 Matires comburantes
Classe 5.2 Peroxydes organiques
Classe 6.1 Matires toxiques
Classe 6.2 Matires infectieuses
Classe 7 Matires radioactives
Classe 8 Matires corrosives
Classe 9 Matires et objets divers
Groupe de danger Signification
A Asphyxiant
O Comburant
F Inflammable
T Toxique
C Corrosif
R Auto-ractif
S Auto-chauffant
[Link] Page 23 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
24
2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
Par exemple : mthanol : FT1, actone : F1, acide actique : CF1, acide nitrique :
CO1, hydroxyde de sodium : C6, nitrite de sodium : OT2, chlorure mercurique :
T5. Le chiffre qui suit les lettres est fonction de ltat physique et de la nature
organique ou pas.
Le numro ONU est une sorte dimmatriculation des matires, des objets ou de
familles de matires ou dobjets, la rgle tant dattribuer toujours le numro le
plus spcique. Par exemple : actone : 1090, actate damyle : 1104, dioxyde de
plomb : 1872, adhsifs : 1133, produits pour parfumerie : 1266, nitrates inorga-
niques : 1477, liquide inammable : 1993. Lintrt de ce numro est de retrouver
facilement toutes les proprits dun produit laide des tableaux de lADR
1
.
Le groupe demballage prcise limportance du danger. Il ne concerne quune
partie des classes de danger et ne comporte que trois niveaux, au plus, selon les
dnitions suivantes :
Il ne sapplique quaux matires appartenant aux classes de dangers suivantes :
ces donnes sajoute un numro didentication de danger devant gurer sur
lunit de transport, en plus des symboles de danger, spciques cette rglemen-
tation.
Le numro didentication de danger comporte 2 ou 3 chiffres, ventuellement
prcds dun X. La liste gure en annexe 3. Il constitue un vrai code de description
du danger :
Le premier chiffre est celui de la classe du danger principal.
Le deuxime chiffre est un 0 si le danger est normal, et identique au premier si
le danger est intensi. Dans les autres cas, il indique le danger subsidiaire, sauf
pour le 9 qui signie danger de raction violente spontane.
Lventuel troisime chiffre indique un deuxime ou troisime danger subsidiaire.
La prsence du X signale le danger de raction chimique dangereuse avec leau.
EXEMPLES :
50 : matire comburante
48 : matire solide inammable, corrosive
669 : matire trs toxique pouvant produire spontanment une raction violente
X338 : matire liquide trs inammable et corrosive, ragissant dangereusement avec leau
1. Tableaux A et B du chapitre 3.2 de lannexe A de lADR du 1
er
janvier 2007.
Groupe demballage I Matires trs dangereuses
Groupe demballage II Matires moyennement dangereuses
Groupe demballage III Matires faiblement dangereuses
3 4.1
a
a. 4.1 except matires autoractives
4.2 4.3 5.1 5.2 6.1 8 9
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2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
Cette rgle supporte nanmoins quelques exceptions, ce qui impose de se rfrer
au tableau de signication des numros didentication de danger.
EXEMPLES :
44 : matire solide inammable qui, une temprature leve, se trouve ltat fondu
606 : matire infectieuse
33 : liquide trs inammable (point dclair infrieur 23 C)
Il est intressant de noter que ce numro didentication est une forme condense et
simplie de lensemble classe de danger + code de classication . Il comporte
mme une chelle, sommaire, dimportance des dangers, par le jeu du doublement
de chiffre. En pratique, il suft de se reporter au tableau A du chapitre 3.2. du
rglement ADR. Les matires et les objets y sont rpertoris, classs par numro
ONU croissant. Il sera plus facile de consulter dabord le tableau B pour trouver la
matire ou lobjet, puis de se reporter au tableau A avec le numro ONU pour
retrouver la classe de danger en colonne n 3a, le code de classication en colonne
n 3b, le groupe demballage en colonne n 4 quand il existe, et le numro diden-
tication de danger en colonne 20.
La dtermination des classes de dangers et des groupes demballages des matires
sans numro ONU peut tre assez complexe, car elle fait appel des donnes
physiques, chimiques et toxicologiques, puis ventuellement quelques calculs
dans le cas des mlanges. Dans tous les cas o plusieurs choix de rubrique sont
possibles, priorit doit tre donne la rubrique la plus spcique possible. Cest
pourquoi la dnition de la plupart des rubriques collectives se termine par
lexpression NSA , cest--dire non spci par ailleurs .
En conclusion, cest le numro didentication de danger qui prsente le plus
dintrt pour, justement, identier et coter les dangers, avec lavantage dune
forme trs condense et trs logique. Cependant, ils napportent pas beaucoup
plus dinformations que les phrases de risque et surtout aucune information sur les
voies dexpositions possibles. Par contre, la classication transport mrite dtre
consulte sur les dangers physico-chimiques, cest--dire les familles de dangers IE
et Re (Voir paragraphe 2.3.6).
2.3.3 Les dangers selon le SGH
m Classes de dangers
Le SGH instaure 27 classes de dangers, rparties en trois grandes familles. Les dangers
physico-chimiques (16 classes) sont en grande partie issus de la rglementation
transport. Les dangers pour la sant (10 classes) distinguent bien le chronique de
laigu. Les dangers pour lenvironnement se limitent une classe
1
.
1. Pour une vue densemble sur le SGH, voir [Link]
[Link] Page 25 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
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2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
Classe Danger Famille
2.1 matires et objets explosibles
Dangers
physiques
2.2 gaz inflammables
2.3 arosols inflammables
2.4 gaz comburants
2.5 gaz sous pression
2.6 liquides inflammables
2.7 matires solides inflammables
2.8 matires autoractives
2.9 liquides pyrophoriques
2.10 matires solides pyrophoriques
2.11 matires auto-chauffantes
2.12
matires qui, au contact de leau, dgagent
des gaz inflammables
2.13 liquides comburants
2.14 matires solides comburantes
2.15 peroxydes organiques
2.16 matires corrosives pour les mtaux
3.1 toxicit aigu
Dangers
pour la sant
3.2 corrosion/irritation cutanes
3.3 lsions oculaires graves/irritation oculaire
3.4 sensibilisation respiratoire ou cutane
3.5 mutagnicit pour les cellules germinales
3.6 cancrognicit
3.7 toxicit pour la reproduction
3.8
toxicit systmique pour certains organes cibles,
exposition unique
3.9
toxicit systmique pour certains organes cibles,
expositions rptes
3.10 danger par aspiration
4.1 danger pour le milieu aquatique
Dangers pour
lenvironnement
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2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
m Catgories de dangers
Chaque classe est subdivise en catgories de dangers qui expriment le niveau de
danger du produit. Le nombre de catgories varie de 1 6 selon les classes. Sans
entrer dans le dtail des critres dattribution, qui occupe la majeure partie de ce
rglement
1
, le tableau suivant donne une ide de la diversit de ces critres.
Classe
de
danger
Nombre
de
catgories
Critres gnraux
2.1 7 Sensibilit lexplosion
2.2 2 Domaine dinflammabilit
2.3 2 Concentration en inflammables et test dinflammabilit de larosol vaporis
2.4 1 Sans objet
2.5 4 Sans objet : tats physiques
2.6 4
Cat. 1 : point dclair < 23 C et point dbullition = 35 C
Cat. 2 : point dclair < 23 C et point dbullition > 35 C
Cat. 3 : point dclair = 23 C et = 60 C
Cat. 4 : point dclair > 60 C et = 93 C
2.7 2 Vitesse et dure de combustion
2.8 5 Aptitude lexplosion (7 types)
2.9 1 Sans objet
2.10 1 Sans objet
2.11 2 Raction la chaleur dun chantillon en masse
2.12 3 Dbit de dgagement gazeux
2.13 3 Vitesse de combustion en prsence de cellulose
2.14 3 Dure de combustion en prsence de cellulose
2.15 5 Aptitude lexplosion (7 types)
2.16 1 Sans objet
3.1 5
Dose ou concentration ltale (DL
50
, CL
50
) par diffrentes voies ou
estimation de toxicit aigu (ETA) pour les mlanges (voir ci-dessous)
1. Le texte des diffrents chapitres de ce rglement est tlchargeable partir de ladresse Internet :
[Link]
[Link] Page 27 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
28
2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
Classe
de
danger
Nombre
de
catgories
Critres gnraux
3.2 2
1 catgorie de corrosifs (1), avec 3 sous-catgories (1A, 1B, 1C) et 1
catgorie dirritants (2), daprs :
des tudes sur lhomme
des tudes sur lanimal
la structure chimique du produit
le pH en solution
Pour les mlanges, on peut utiliser des critres de concentration
3.3 3
Le choix des 3 catgories (1 de corrosifs et 2 dirritants) est fait, selon le
cas, daprs :
des tudes sur lhomme
des tudes sur lanimal
la structure chimique du produit
le pH en solution
Pour les mlanges, on peut utiliser des critres de concentration
3.4 1 Sans objet. Pour les mlanges, concentration des composants actifs.
3.5 3
Le choix des 3 catgories (1A, 1B, 2) est fait partir dtudes disponibles
chez lhomme et lanimal, dire dexpert. Pour les mlanges, on tient
compte de la concentration des composants actifs.
Une catgorie spciale vise les effets via lallaitement.
3.6 3
3.7 4
3.8 3
Le choix des 3 catgories est fait partir dtudes disponibles chez
lhomme et lanimal, dire dexpert. On sappuie aussi sur les doses/
concentrations effet toxique non ltal.
Pour les mlanges, on tient compte de la concentration des composants
actifs.
3.9 2
Le choix des 2 catgories est fait partir dtudes disponibles chez
lhomme et lanimal, dire dexpert. On sappuie aussi sur les doses/
concentrations minimales effet toxique observable.
Pour les mlanges, on tient compte de la concentration des composants
actifs.
3.10 2
tudes de toxicit sur lhomme et lanimal et viscosit dynamique.
Pour les mlanges, on tient compte de la composition et de la viscosit.
4.1 3/4
3 catgories pour la toxicit aigu et 4 pour la toxicit chronique, partir
des CL
50
.
2 catgories sans pictogramme.
[Link] Page 28 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
m tiquetage
Les rgles dtiquetage se trouvent dtailles dans les annexes du rglement SGH.
En rsum, une tiquette doit comporter les lments suivants :
Mention davertissement :
Il sagit dun mot, soit DANGER pour un danger principal, soit ATTENTION
pour les dangers moins graves, ou aucun mot. La mention danger sera attribue
par exemple aux catgories 1, mais une catgorie 2 pourra mentionner danger
ou attention selon la classe considre.
Mention de danger :
Une mention de danger est une phrase qui, attribue une classe de dangers ou
une catgorie de dangers, dcrit la nature du danger que prsente un produit
chimique et, lorsquil y a lieu, le degr de ce danger. Les mentions de danger
rappellent videmment les phrases de risque de la rglementation travail, qui sont
repres par des codes R suivis dun nombre. De mme, les mentions de danger
sont repres par des codes, dont la liste a t tablie par un amendement au SGH
du 24 janvier 2007
1
. Les 71 codes se rpartissent comme suit :
Dangers physiques : 29 codes
Dangers pour la sant : 35 codes
Dangers pour lenvironnement : 7 codes
La liste complte des codes de mentions de dangers est reproduite en annexe 5. Ils
sont destins tre utiliss des ns de rfrence. Ils ne font pas partie du texte
de la mention de danger et ne devraient pas tre utiliss en lieu et place de celui-ci.
Un code alphanumrique unique est affect chaque mention de danger ; ce code
est constitu dune lettre et de trois chiffres, comme suit :
la lettre H (pour hazard statement ) ;
un chiffre dsignant le type de danger auquel la mention de danger est affecte
en suivant la numrotation des diffrentes parties du SGH, comme suit :
2 pour les dangers physiques ;
3 pour les dangers pour la sant ;
4 pour les dangers pour lenvironnement ;
deux chiffres correspondant la numrotation squentielle des dangers lis aux
proprits intrinsques de la matire, comme lexplosibilit (codes 200 210),
linammabilit (codes 220 230), etc.
Pictogrammes de mise en garde :
Leur fonction est de transmettre une information sur la nature du danger, visuelle-
ment, sans lecture ncessaire. Il y a 9 symboles possibles, rassembls dans le
tableau suivant :
1. Amendements au Systme Gnral Harmonis de classication et dtiquetage des produits chimiques (an-
nexe 3, section1), disponible sur [Link]
[Link] Page 29 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
30
2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
On reconnat certains symboles identiques ou presque ceux des rglementations
travail ou transport, mais deux nouveaux symboles apparaissent, en remplacement
de la croix de Saint-Andr , rserve aux dangers irritant et nocif et effec-
tivement peu vocatrice.
Le symbole de danger est toujours plac lintrieur dun carr pos sur la pointe,
en fait un losange, comme dans la rglementation transport. Les symboles doivent
tre noirs et le losange reprsent par un cadre rouge. Exemple :
Toutefois, le SGH prcise que ces pictogrammes ne sappliquent pas au domaine
du transport des matires dangereuses, pour lequel reste en vigueur le rglement type
de lONU. Mme sils sont daspect trs voisin, ils nen sont pas moins diffrents,
ce qui peut conduire trouver sur un mme emballage, par exemple pour une matire
inammable, les deux pictogrammes suivants :
Figure 2.6 Symboles de danger du SGH
Figure 2.7
[Link] Page 30 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
Lorsque lon connat la classe et la catgorie de danger dun produit, il suft de se
reporter lannexe 2 du rglement pour trouver le pictogramme mettre sur
ltiquette.
Conseils de prudence :
Un conseil de prudence est une phrase dcrivant les mesures recommandes quil y
a lieu de prendre pour rduire au minimum ou prvenir les effets nocifs dcoulant
dune exposition. Le choix de ces conseils est laiss lapprciation du responsable
de ltiquetage ou lautorit comptente.
EXEMPLES :
Garder le rcipient hermtiquement ferm.
Ne pas respirer les vapeurs.
Porter des gants de protection.
En cas dincendie, ne pas utiliser deau.
Lannexe n 3 du SGH propose une liste de conseils de prudence adapts chacune
des classes de dangers. Ces phrases rappellent les conseils de prudence ( S ) de la
rglementation travail et elles possdent aussi un code alphanumrique unique. Ce
code est constitu dune lettre et de trois chiffres, comme suit :
la lettre P (pour precautionary statement ) ;
un chiffre dsignant le type de conseil de prudence, comme suit :
1 pour les conseils de prudence gnraux,
2 pour les conseils de prudence concernant la prvention,
3 pour les conseils de prudence concernant lintervention,
4 pour les conseils de prudence concernant le stockage,
5 pour les conseils de prudence concernant llimination ;
deux chiffres correspondant la numrotation squentielle des conseils de
prudence.
Les codes des conseils de prudence sont destins tre utiliss des ns de rfrence
et ne font pas partie du texte des conseils de prudence et ils ne devraient pas tre
utiliss en lieu et place de celui-ci.
Identication du produit :
Ltiquette devrait rvler lidentit chimique dun produit simple, ou, pour un
mlange, lidentit chimique des composants qui prsentent un danger critique,
savoir : toxicit aigu ; corrosion de la peau, lsions oculaires graves, pouvoir
mutagne, cancrogne ou repro-toxique, sensibilisation cutane ou respiratoire,
Figure 2.8
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32
2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
toxicit systmique sur organes cibles. Toutefois, les rgles qui protgent les infor-
mations commerciales condentielles sont prioritaires par rapport celles qui
concernent lidentit chimique.
Identit du fournisseur :
Le nom, ladresse et le numro de tlphone du fabricant ou du fournisseur du
produit devraient gurer sur ltiquette.
2.3.4 Les dangers selon le rglement REACH
Selon ce rglement, les fabricants ou importateurs qui veulent mettre sur le march
une substance ou une prparation sont tenus de lenregistrer auprs de lagence
dsigne en fournissant un dossier dvaluation. Ce dossier doit comprendre les
lments suivants, conformment aux sections correspondantes de lannexe I :
une valuation des dangers pour la sant humaine ;
une valuation des dangers que constituent les proprits physico-chimiques
pour la sant humaine ;
une valuation des dangers pour lenvironnement ;
une valuation des produits persistants, bioaccumulables et toxiques (PBT pour
Persistent Bioaccumulative Toxic) et des trs persistants et trs bioaccumulables
(vPvB, pour very Persistent very Bioaccumulative).
Pour la sant humaine, lvaluation des dangers a pour objet :
de dterminer la classication et ltiquetage dune substance, conformment
la directive 67/548/CEE ;
dtablir le niveau maximum dexposition la substance auquel ltre humain
peut tre soumis. Ce niveau dexposition est appel niveau driv sans effet
(DNEL pour Derived No Effect Level).
Nous voyons que le rglement REACH ne change pas la classication actuelle et
semble ignorer le SGH. Par contre, il systmatise la fourniture de VLEP, appele
donc DNEL et xe par intgration des donnes humaines et non humaines perti-
nentes disponibles. Toutes les donnes non humaines qui sont utilises pour valuer
un effet particulier sur ltre humain et pour tablir la relation dose (concentra-
tion) rponse (effet) feront lobjet dune prsentation succincte avec une distinc-
tion entre donnes in vitro, donnes in vivo et autres donnes.
Le dossier dvaluation prsentera les rsultats pertinents des essais (par exemple DL
50
,
NO (A) EL, No-Observed-Adverse-Effect Level, ou LO (A) EL, Lowest-Observed-
Adverse-Effect Level) et les conditions des essais (par exemple la dure des essais ou
la voie dadministration), ainsi que dautres informations prendre en considra-
tion. Si plusieurs voies dexposition sont probables, une DNEL est tablie pour
chacune delles et pour lensemble des voies dexposition considres globalement.
Remarquons au passage la volont de limiter les essais sur animaux, dj exprime
dans le SGH. En effet, si la fourniture dinformations supplmentaires est indis-
pensable et quelle ncessite des essais portant sur des animaux vertbrs, le dcla-
rant prsente une proposition dessai. Cependant, il ny a pas lieu de fournir de
telles informations supplmentaires si le dclarant met en uvre ou recommande
des mesures de gestion des risques et des conditions dexploitation sufsantes qui,
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2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
conformment lannexe XI, section 3, exemptent des essais concernant lvalua-
tion PBT et vPvB.
Lors de ltablissement de la DNEL, il est notamment tenu compte des facteurs
suivants :
lincertitude rsultant, entre autres, de la variabilit des informations expri-
mentales et des variations intraspciques et interspciques ;
la nature et la gravit de leffet ;
la sensibilit de la population humaine particulire laquelle se rapportent les
informations quantitatives et/ou qualitatives sur lexposition.
Sil nest pas possible dtablir une DNEL, cette impossibilit doit tre clairement
indique et dment justie. Pour certains effets, en particulier la mutagnicit et
la carcinognicit, les informations disponibles ne permettent pas dtablir un seuil
et, par consquent, une DNEL.
Lors de lvaluation des dangers pour la sant humaine sont pris en considration : le
prol toxicocintique (cest--dire absorption, mtabolisme, distribution, et limi-
nation) de la substance et les groupes deffets suivants :
effets aigus (toxicit aigu, irritation et corrosivit) ;
sensibilisation ;
toxicit par administration rpte ;
effets CMR (carcinognicit, mutagnicit et toxicit pour la reproduction).
Les processus accidentel et chronique sont bien tous deux pris en compte.
Pour les dangers dcoulant des proprits physico-chimiques, lvaluation a aussi
pour objet de dterminer la classication et ltiquetage dune substance, confor-
mment la directive 67/548/CEE. Sont valus au minimum les effets potentiels
sur la sant humaine des proprits physico-chimiques suivantes :
explosibilit ;
inammabilit ;
pouvoir oxydant.
Pour lenvironnement, lvaluation des dangers a pour objectif de dterminer la
classication et ltiquetage dune substance, conformment la directive 67/548/
CEE, et didentier la concentration de la substance au-dessous de laquelle il ne
devrait pas y avoir deffets nocifs dans le milieu environnemental en cause. Cette
concentration est appele concentration prdite sans effet (PNEC, pour Predicted No
Effect Concentration). Sur la base des informations disponibles, la PNEC est tablie
pour chaque milieu environnemental. Elle peut tre calcule par lapplication dun
facteur dvaluation appropri aux valeurs des effets (par exemple CL
50
ou NOEC).
Un facteur dvaluation exprime lcart entre les valeurs deffets tablies pour un
nombre limit despces, partir dessais de laboratoire, dune part, et de la PNEC
identie pour le milieu environnemental, dautre part. Sil nest pas possible
dtablir la PNEC, cette impossibilit est clairement indique et dment justie.
Ainsi, le rglement REACH cre lobligation de xer des valeurs limites dexposition
aussi bien pour lhomme que pour lenvironnement, sauf impossibilit dmontre.
Nous verrons que cela facilite grandement la xation de niveaux de danger.
[Link] Page 33 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
34
2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
2.3.5 Le niveau de danger
Le danger dun agent chimique lorigine dune exposition ou dune situation
dangereuse est un des paramtres fondamentaux pour situer limportance du
risque. Si le terme de danger qualie le type de dommage que peut provoquer un
agent chimique, le niveau de danger quantie la gravit de ce dommage sur une
certaine chelle. Il est parfois appel dangerosit . Le choix du terme niveau
permet dviter toute confusion dans linterprtation du chiffre qui lexprime. Il est
ainsi vident quun niveau 2 est au-dessus dun niveau 1. Nous verrons que ce nest pas
le cas dautres terminologies utilises, comme classe , catgorie ou groupe .
Le niveau de danger intervient diffremment dans lestimation du risque selon que
le processus est chronique ou accidentel. Le choix dune chelle et les critres dattri-
bution des chelons constituent un sujet complexe, relevant de la toxicologie, qui
a t trait par diffrents auteurs et diffrentes rglementations. Son importance
dans lestimation du risque chimique mrite un examen dtaill, en fonction de
deux processus.
m Le niveau de danger dans le processus chronique
Dans le processus chronique, le niveau de danger dtermine directement limpor-
tance du risque avec le niveau dexposition. Cest pourquoi de nombreux auteurs
ont essay de classer les produits chimiques sur des chelles de danger. Certaines
sont utilises dans les grandes entreprises de lindustrie chimique et pharmaceutique.
Plusieurs approches sont possibles, mais le classement est toujours un problme de
toxicologie.
Pour les substances, on dispose souvent de donnes toxicologiques telles que la
DL
50
ou la CL
50
, cest--dire les doses ou concentrations ltales qui provoquent
la mort de 50 % des animaux soumis aux expositions de produit. Elles sont ralises
suivant les cas par voie orale, respiratoire ou cutane. Il est clair que le but de tels
tests est essentiellement de dterminer la toxicit aigu, qui nous sera utile dans
le processus accidentel. Heureusement il existe une donne toxicologique importante
pour le processus chronique.
m Les valeurs limites dexposition professionnelle
Pour les substances les plus courantes mises sur le march, il existe des valeurs limites
dexposition professionnelle (VLEP), rparties en deux catgories rglementaires.
Les valeurs contraignantes sont respecter strictement et les valeurs indicatives ne
constituent quun objectif de prvention. Elles permettent toutes deux de bien
situer le niveau de danger, car plus cette valeur limite est basse, plus la substance
est dangereuse. Les VLEP sont dnies soit par une moyenne sur 8 heures de
travail, cest la VME, soit par valeur limite sur 15 minutes, cest la VLE. Une liste
complte gure dans la brochure de lINRS ED 984
1
. Cependant, lactualit
rglementaire volue vite ; elle vient de senrichir dun dcret
2
pour les valeurs
1. Valeurs limites dexposition professionnelle aux agents chimiques en France, ED 984, INRS.
2. Dcret n 2007-1539 du 26 octobre 2007 xant des valeurs limites dexposition professionnelle contrai-
gnantes pour certains agents chimiques (JO du 28 octobre 2007).
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2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
contraignantes et dun arrt
1
pour les valeurs indicatives. ce jour, il existe
63 agents chimiques affects dune VLEP contraignante, lists en annexe 8, et
43 agents chimiques affects dune VLEP indicative, lists en annexe 9.
Il est donc intressant de les exploiter directement pour xer les niveaux de danger
utilisables en exposition chronique. Voici deux exemples de cette dmarche qui
ont t publis.
Le premier exemple est extrait dune recommandation de lINRS concernant
lactivit du traitement de surface (ED 651). Il y est expos, en rsum, que
chaque bain de traitement se caractrise par un niveau global de risque qui est la
combinaison de deux paramtres : lindice dmissivit et lindice de toxicit.
Remarquons la parfaite cohrence de ces indices avec, respectivement, le niveau
dexposition et le niveau de danger. Lindice de toxicit est attribu aux substances
mises selon le tableau suivant :
Le second exemple est extrait de la note documentaire ND 2233 de lINRS
2
, qui
propose une mthodologie simplie de lvaluation des risques. Il y est propos
de rpartir les dangers en classes de 1 5 en fonction des phrases de risque ou des
VLEP. Voici ce qui concerne les VLEP :
1. Arrt du 26 octobre 2007 modiant larrt du 30 juin 2004 modi, tablissant la liste des valeurs
limites dexposition professionnelle indicatives (JO du 28 octobre 2007).
Indice
de toxicit
Valeurs limites
Gaz vapeurs (ppm) Arosols (mg/m
3
)
A < 10 < 0,1
B 10 10 0,1 1
C 100 500 1 10
D > 500 > 10
2. Mthodologie dvaluation simplie du risque chimique, ND 2233, 2005, INRS.
Classe de danger VLEP (mg/m
3
)
1 > 100
2 10 100
3 1 10
4 0,1 1
5 < 0,1
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36
2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
Cest ce tableau qui a permis dtablir les niveaux de danger des agents chimiques
non tiquetables, parce que gnrs par lactivit et non mis sur le march. Notons
que ce tableau pourrait tre remplac par la fonction (continue) :
Classe = log (1 000/VLEP) + 1
Encore faut-il disposer de VLEP. On en compte environ 520 aujourdhui, indica-
tives ou rglementaires, que lon peut retrouver dans la brochure de lINRS dj
cite. Cependant, dans le cas dune substance sans VLEP mais dont la CL
50
est
connue, il est possible dvaluer une sorte de VLEP thorique. Pour plus de dtails, se
rfrer notre prcdent ouvrage sur le sujet
1
.
Dans le domaine des principes actifs pharmaceutiques, il nexiste pas de VLEP
ofcielle, mais une autre valeur repre est gnralement disponible : cest le
NOAEL ou dose sans effets indsirables observs. Il est utilis pour dterminer
une VLEP pratique selon la formule :
VLEP = NOAEL (mg/kg) Pc/k
Pc est le poids corporel et k un facteur de scurit pouvant varier de 100 10 000
en fonction de la nature du produit et des effets attendus ou constats en phase
clinique. Une publication de la CRAMIF
2
, fruit dun accord avec lindustrie phar-
maceutique, propose une chelle de danger base sur des plages de VLEP :
Cette chelle des VLEP, qui nest quune recommandation, repose sur des plages
de concentration exprimes en microgrammes par m
3
, ce qui rvle le haut niveau
dactivit des principes actifs pharmaceutiques en gnral.
m Lexploitation de ltiquetage rglementaire
La source dinformation la plus simple sur le danger des produits les plus courants
reste la classication rglementaire. En effet, lattribution dune classe suit une proc-
dure ofcielle, sappuyant sur les travaux scientiques disponibles et notamment
1. Guide du risque chimique (paragraphe 4.4.4), Guy Gautret de La Morcire, Dunod.
2. Risques dexposition aux principes actifs pharmaceutiques et mdicaments, note technique n 21, caisse
rgionale dassurance maladie dle-de-France.
Classes Plages en g/m
3
(microgrammes par m
3
)
5 < 1
4 1 10
3 10 100
2 100 1 000
1 1 000 5 000
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2.3 Le danger chimique
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.
2 Thorie du risque chimique
des valeurs de DL
50
et CL
50
. La correspondance avec les phrases de risque et les
symboles de dangers se fait, en simpliant, selon le tableau suivant :
Mais si des effets irrversibles (autres que CMR) peuvent tre provoqus par une
seule exposition, les toxiques sont tiquets R39/23 et/ou 24, 25, et les trs toxi-
ques R39/26 et/ou 27, 28. Lensemble de ces numros de phrases avec toutes leurs
combinaisons reprsente 35 phrases de risque sur les 121 disponibles aujourdhui.
Le fait que ces phrases soient attribues sur des critres relevant de la toxicit aigu
nenlve rien de leur pertinence en toxicit chronique. Mais les donnes toxicologi-
ques disponibles permettent aussi dattribuer des phrases de risque qui relvent spcifi-
quement de la toxicit chronique. Dans ce cas, il ny a pas de critres chiffrs pour xer
le niveau du danger. Un certain nombre de phrases sont ainsi affectes des produits
pour des effets trs divers, mais conscutifs des expositions rptes ou prolonges.
Le tableau ci-aprs rpertorie ces phrases en distinguant la famille des CMR.
Diffrentes tudes ont propos des chelles de danger en fonction de toutes les
phrases de risque que nous venons de parcourir et qui concernent les effets directs
sur la sant humaine. On peut citer un document de lUIC
1
, une publication de la
CRAMIF
2
, une recommandation de la CNAMTS
3
, mais le document que nous
Symboles Phrases de risque Critres toxicologiques
Xn R20 Nocif par inhalation 2 < CL
50
= 20 (gaz et vapeurs)
R21 Nocif par contact cutan 400 < DL
50
= 2 000
R22 Nocif par ingestion 200 < DL
50
= 2 000
T R23 Toxique par inhalation
0,50 < CL
50
= 2 (vapeurs)
0,25 < CL
50
= 1 (poussires et arosols)
R24 Toxique par contact cutan 50 < DL
50
= 400
R25 Toxique par ingestion 25 < DL
50
= 200
T+ R26 Trs toxique par inhalation
CL
50
= 0,5 (gaz et vapeurs)
CL
50
= 0,25 (poussires et arosols)
R27
Trs toxique par contact
cutan
DL
50
= 50
R28 Trs toxique par ingestion DL
50
= 25
1. Prvention des risques professionnels lis aux agents chimiques, document DT 80 de dcembre 2004,
diffusion interne lUnion des Industries chimiques, syndicat professionnel.
2. Guide de prvention du risque chimique, brochure DTE 175, 2003, caisse rgionale dassurance maladie
dle-de-France.
3. valuation du risque chimique, recommandation n R 409, adopt par le Comit technique national
de la chimie, du caoutchouc et de la plasturgie le 23/06/04.
[Link] Page 37 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
38
2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
Phrase
de risque
Libell Remarques
Substances effet CMR
R40
Effet cancrogne suspect
preuves insuffisantes
Cancrognes catgorie 3
R45 Peut provoquer le cancer
Cancrognes catgories 1 et 2,
liquides et gaz
R46
Peut provoquer des altrations
gntiques hrditaires
Mutagnes catgories 1 et 2
R49
Peut provoquer le cancer
par inhalation
Cancrognes catgories 1 et 2,
pulvrulents
R60 Peut altrer la fertilit
Toxiques pour la reproduction
catgories 1 et 2
R61
Risque pendant la grossesse
deffets nfastes pour lenfant
Toxiques pour la reproduction
catgories 1 et 2
R62
Risque possible daltration de la
fertilit
Toxiques pour la reproduction
catgorie 3
R63
Risque possible pendant la gros-
sesse deffets nfastes pour lenfant
Toxiques pour la reproduction
catgorie 3
R68 Possibilit deffets irrversibles Mutagnes catgorie 3
Substances effet toxique chronique
autre que CMR
R33 Danger deffets cumulatifs
R42
Peut entraner une sensibilisation
par inhalation
Allergnes respiratoires
R48/2x
Risque deffets graves pour la sant
en cas dexposition prolonge
Phrase toujours associe la voie
de pntration et la gravit
(ex. 48/20 ou 48/23)
R64
Risque possible pour les bbs
nourris au lait maternel
R68/2x
Possibilit deffets irrversibles
autres que CMR
Seulement si la voie de pntration
est indique
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2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
avons choisi comme rfrence est la note documentaire de lINRS de 2005, rf-
rence ND 2233
1
. En effet, cette note propose un tableau permettant aussi la
cotation du danger de certaines matires non soumises tiquetage, mais soit
affectes dune VLEP, soit connues pour leurs effets ngatifs sur la sant. En fait,
cette cotation est une application de la relation cite plus haut. Voici un extrait de
ce tableau, qui parle de classe de danger plutt que de niveau, ce qui peut crer
une confusion sur le sens de lchelle.
Nous attirons lattention sur le fait que les produits dits CMR, donc de catgories 1
et 2, ne sont classs quau niveau 4, contrairement la prfrence de certains
auteurs. Ce choix se justie par le souci de distinguer le risque mortel diffr de
celui qui peut tre immdiat ou trs court terme. En effet, le niveau 5 est rserv
au R32, aux sries R26 et R39/26, qui sappliquent aux produits capables dentraner
des lsions graves irrversibles, voire la mort, aprs une seule exposition. En fait,
cette ventualit relve du processus accidentel.
Nous avons vu que les agents chimiques sont aussi des produits non tiquetables
parce que gnrs par lactivit, tels que fumes, poussires, vapeurs et arosols.
1. Mthodologie dvaluation simplie du risque chimique, ND 2233, 2005, INRS.
Classe de
danger
Phrases de risque
Picto-
gramme
1 Aucune aucun
2
R36 R37 R38 R36/37 R36/38 R36/37/38 R37/38
R66
Xi - irritant
3
R20 R21 R22 R20/21 R20/22 R20/21/22 R21/22
R33 R34 R40 R42 R43 R42/43
R48/20 R48/21 R48/22 R48/20/21 R48/20/22 R48/21/22 R48/20/21/22
R62 R63 R64 R65 R67
R68 R68/20 R68/21 R68/22 R68/20/21 R68/20/22 R68/21/22 R68/20/21/22
Xn - nocif
4
R15/29
R23 R24 R25 R23/24 R23/25 R23/24/25 R24/25
R29 R31 R35
R39/23 R39/24 R39/25 R39/23/24 R39/23/25 R39/24/25 R39/23/24/25
R41 R45 R46
R48 R48/23 R48/24 R48/25 R48/23/24 R48/23/25 R48/24/25 R48/23/24/25
R49
R60 R61
T - toxique
5
R26 R27 R28 R26/27 R26/28 R26/27/28 R27/28
R32
R39 R39/26 R39/27 R39/28 R39/26/27 R39/26/28
T+ - trs
toxique
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40
2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
Or ces agents prsentent, pour la plupart, des dangers vidents, puisque certains
disposent de VLEP. Il a t dcid par les trois organismes comptents, savoir lINRS,
la CNAMTS et la CRAMIF, de crer une cotation des dangers de cette catgorie
dagents les plus frquents. Le tableau, qui a runi un consensus de ces organismes
et des partenaires sociaux, gure dans les trois publications dj cites
1
.
Ce tableau ne comporte en fait que trois niveaux. Bien entendu, toutes les poussires
et vapeurs issues dagents chimiques tiquetables sont classes comme leur source.
Dans le rglement du Transport des matires dangereuses, cest le groupe
demballage qui xe le niveau de danger. Si lon examine lensemble des critres
xs pour lattribution dun groupe demballage, on remarque quils appartien-
nent au domaine soit de lincendie-explosion, soit de latteinte aigu la sant,
cest--dire quils ont toujours un caractre accidentel. En consquence, nous nen
parlerons que dans le prochain paragraphe.
Dans le SGH, le libell des classes de risques permet de reprer les dangers qui
jouent un rle dans le processus chronique. Ils appartiennent videmment au
chapitre 3, ddi aux dangers pour la sant. Cest le cas de 7 classes sur les 10, si
lon exclut celles qui voquent un risque accidentel :
3.1 : toxicit aigu
3.8 : toxicit systmique pour certains organes cibles, exposition unique
3.10 : danger par aspiration
Pour connatre les niveaux de danger correspondants, il nous faut prendre en
compte les catgories de dangers, dont le nombre varie de 1 5 selon les classes.
Les critres dattribution sont spciques aux classes (voir paragraphe 2.3.3). Nous
en prenons deux exemples :
Niveau
de danger
Nature de lagent chimique
5 Nant
4
Bois et drivs, plomb mtallique, amiante et matriaux en contenant, goudrons
et brais, mercure, essence (carburant)
3
Fumes de soudure inox, fumes de fonderie, fibres cramiques, fibres vgtales,
peintures au plomb, poussires de meules, sables, huiles dusinage et de coupe
2
Fer, fibres de verre, crales et drivs, graphite, matriaux de construction, talc,
ciment, matriaux composites, fumes de combustion de bois traits, gaz de
combustion, fumes de soudure de mtaux ou plastiques, fumes de vulcanisa-
tion, matires vgtales ou animales, dcapage au jet, huiles de dcoffrage
1 Pas de danger connu
1. ND 2233 de lINRS, R409 de la CNAMTS et DTE 175 de la CRAMIF.
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2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
Classe 3.6 : cancrognicit
Il faudra viter toute confusion avec le classement du CIRC
1
, dont le code des
trois premiers groupes lui ressemble :
Groupe 1 : Cancrognes pour lhomme
Groupe 2A : Probablement cancrognes pour lhomme
Groupe 2B : Peut-tre cancrognes pour lhomme
Ce qui conduit tablir le tableau de comparaison suivant :
Toxicit systmique pour certains organes cibles, expositions rptes
Cette appellation propre au SGH nest autre que la toxicit chronique, toutes
voies de pntration confondues (tableau ci-aprs).
Remarques :
Les valeurs indicatives proposes se rfrent essentiellement aux effets constats
dans une tude de toxicit classique de 90 jours conduite sur des rats.
Soit on peut identier lorgane cible (ou tissu) particulier principalement
affect par la substance classe, soit la substance peut tre considre comme un
toxique systmique gnral. On sefforcera de dterminer le principal organe
Catgories de dangers pour les substances cancrognes
Catgorie Critres gnraux
1A
Leffet cancrogne de ces substances pour ltre humain est avr ;
laffectation des substances dans cette catgorie sappuie largement sur
des donnes humaines.
1B
Leffet cancrogne de ces substances pour ltre humain est suppos ;
laffectation des substances dans cette catgorie sappuie largement sur
des tudes animales.
2 Substances suspectes dtre cancrognes pour ltre humain.
1. Centre International de Recherche sur le Cancer, la liste des substances et procds classs est disponible sur
[Link]
Cancrognicit avre probable possible
UE 1 2 3
SGH 1A 1B 2
CIRC 1 2A 2B
Niveau de danger 4 4 3
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42
2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
(cible) affect par la toxicit an de classer les substances en hpatotoxiques,
neurotoxiques, etc. Il faudra valuer soigneusement les donnes et, si possible, ne
pas prendre en compte les effets secondaires. Par exemple, un hpatotoxique peut
produire des effets secondaires sur les systmes nerveux ou gastro-intestinaux.
Curieusement, cette classe de danger ne comporte que deux catgories, alors que
dans le systme actuel, il existe la progression : nocif < toxique < trs toxique, ce
qui ne facilite pas la transposition des niveaux de dangers.
Comme dans le Code du travail, cest la liste des mentions de danger qui nous
permettra dtablir une chelle de niveaux de danger, sur 5 chelons, tous types de
dangers confondus. Les 7 classes de dangers du SGH concernes par le risque
dexposition chronique font lobjet des mentions de danger suivantes :
Cat-
gorie
Critres gnraux
Critres complmentaires
Voie dexposition Unit
Valeurs indi-
catives (dose/
concentration)
1
Substances ayant produit
des effets toxiques notables
chez les tres humains ou
dont on peut supposer,
daprs des donnes
provenant dtudes sur des
animaux, quelles risquent
dtre toxiques de faon
significative pour les tres
humains la suite
dexpositions rptes.
Orale (rat)
mg/kg de poids
corporel/jour
10
Cutane
(rat ou lapin)
mg/kg pc/jour 20
Inhalation (rat)
gaz
ppm/6 h/jour 50
Inhalation (rat)
vapeur
mg/litre/6 h/
jour
0,2
Inhalation (rat)
poussires/
brouillard/fumes
mg/litre/6 h/
jour
0,02
2
Substances pour lesquelles
des tudes sur animaux
permettent de supposer
quelles risquent de porter
prjudice la sant
humaine la suite
dexpositions rptes.
Orale (rat) mg/kg pc/jour 10-100
Cutane
(rat ou lapin)
mg/kg pc/jour 20-200
Inhalation (rat)
gaz
ppm/6 h/jour 50-250
Inhalation (rat)
vapeur
mg/litre/6 h/
jour
0,2-1,0
Inhalation (rat)
poussires/
brouillard/
manations
mg/litre/6 h/
jour
0,02-0,2
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2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
Code Mentions de danger pour la sant
Catgorie
de danger
quivalence
Code du travail
Niveau
de danger
H314
Provoque des brlures de la peau
et des lsions oculaires graves
1A, 1B, 1C R35, R34, R41 4
H315 Provoque une irritation cutane 2 R38 3
H316 Provoque une lgre irritation cutane 3 R38 2
H317 Peut provoquer une allergie cutane 1 R43 3
H318 Provoque des lsions oculaires graves 1 R41 4
H319 Provoque une svre irritation des yeux 2A R36 3
H320 Provoque une irritation des yeux 2B R36 2
H334
Peut provoquer des symptmes
allergiques ou dasthme ou des
difficults respiratoires par inhalation
1 R42 3
H340
Peut induire des anomalies gntiques
(note)
1A, 1B R46 4
H341
Susceptible dinduire des anomalies
gntiques (note)
2 R68 3
H350 Peut provoquer le cancer (note) 1A, 1B R45, R49 4
H351 Susceptible de provoquer le cancer (note) 2 R40 3
H360 Peut nuire la fertilit ou au ftus (note) 1A, 1B R60, R61 4
H361
Susceptible de nuire la fertilit ou
au ftus (indiquer leffet sil est connu)
(note)
2 R62, R63 3
H362
Peut tre nocif pour les bbs nourris
au lait maternel
Catgorie sup-
plmentaire
R64 3
H372
Risque avr deffets graves pour
les organes (indiquer tous les organes
affects, sils sont connus) la suite
dexpositions rptes ou dune
exposition prolonge (note)
1
R23, R24, R25
R26, R27, R28
R48, R48/2x
4
H373
Risque prsum deffets graves pour
les organes (indiquer tous les organes
affects, sils sont connus) la suite
dexpositions rptes ou dune
exposition prolonge (note)
2 R68/2x 3
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44
2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
NOTE :
Indiquer la voie dexposition sil est formellement prouv quaucune autre voie dexposition ne
conduit au mme danger.
Remarques :
Les mentions de danger sont moins nombreuses que ne ltaient les phrases de
risque.
Peu de bonnes correspondances existent entre les deux systmes.
Le qualicatif de nocif (correspondant aux phrases R20, R21, R22) nest pas
repris.
La diffrence de niveau de danger entre H372 et H373 porte sur le degr de
certitude sur les effets, comme pour les CMR, et non sur la gravit des effets.
Comme nous lavons dit pour les phrases de risque, les produits affects dune
mention de danger visant la toxicit aigu peuvent trs bien avoir un effet sensible
en exposition chronique. En consquence, le tableau ci-dessus doit tre complt
par celui qui gure dans le paragraphe du risque accidentel. En pratique, il sera
plus simple de se reporter lannexe 4, qui regroupe tous les dangers pour la sant,
classs par niveau.
En matire de classication, le rglement REACH se rfre la directive 67/548.
Il suft alors dutiliser les niveaux de danger tablis selon le Code du travail (annexe 6).
Si, pour plus de prcision, on souhaite sappuyer sur des VLEP en utilisant le tableau
de la note documentaire de lINRS
1
(voir paragraphe 2.3.5), ce sont les DNEL
quil faudra exploiter, quand elles seront disponibles.
m Le niveau de danger dans le processus accidentel
Concernant le processus accidentel, nous avons vu dans le schma du paragraphe
2.2.1 que lestimation du risque ne dpendait que de la gravit et de la probabilit
du dommage. Mais le niveau de danger intervient au stade de lestimation de ces
deux paramtres.
Pour la gravit, quand le danger est de nature toxicologique, son niveau a une
inuence vidente en cas dexposition massive, en mme temps que les autres facteurs
voqus prcdemment. On doit donc sappuyer sur les chelles dcrites pour lexpo-
sition chronique, compltes par des indications de toxicit aigu quand elles existent.
Quand le processus accidentel prend la forme dune raction dangereuse, la gravit
va dpendre, entre autres facteurs, du niveau de ractivit des substances concer-
nes. Mais, pour les autres cas tels que les incendies/explosions ou lanoxie, le
niveau de danger ne joue pratiquement pas de rle.
Pour la probabilit, seuls les dangers physico-chimiques vont jouer un rle, aussi
bien dans la famille de la ractivit que dans celle de lincendie/explosion. En effet,
plus un produit est ractif, plus facilement il peut provoquer une raction dange-
reuse imprvue. Cette condition est ncessaire mais non sufsante, puisquil faut
un deuxime produit ractif et un contact entre les deux. Comment savoir si un
produit est ractif, sans avoir de bonnes connaissances en chimie ? Ltiquetage
1. Mthodologie dvaluation simplie du risque chimique, ND 2233, 2005, INRS.
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2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
apporte une premire solution. Un certain nombre de phrases de risque expriment
directement la ractivit :
Il faut remarquer que quatre de ces phrases, savoir R15/29, R29, R31 et R32,
comportent une information toxicologique. Elles interviennent donc aussi dans la
xation du niveau de gravit des dommages possibles.
Mais dautres types de dangers sont aussi rvlateurs dune certaine ractivit. Il y a
dabord tous les produits avec un caractre explosif :
Il faut ajouter ceux qui ont des proprits comburantes :
R14 Ragit violemment au contact de leau.
R14/15
Ragit violemment au contact de leau en dgageant des gaz extrmement
inflammables.
R15 Au contact de leau, dgage des gaz extrmement inflammables.
R15/29 Au contact de leau, dgage des gaz toxiques et extrmement inflammables.
R17 Spontanment inflammable lair.
R29 Au contact de leau, dgage des gaz toxiques.
R31 Au contact dun acide, dgage un gaz toxique.
R32 Au contact dun acide, dgage un gaz trs toxique.
R1 Explosif ltat sec.
R2 Risque dexplosion par le choc, la friction, le feu ou autres sources dignition.
R3 Grand risque dexplosion par le choc, la friction, le feu ou autres sources dignition.
R4 Forme des composs mtalliques explosifs trs sensibles.
R5 Danger dexplosion sous laction de la chaleur.
R6 Danger dexplosion en contact ou sans contact avec lair.
R16 Peut exploser en mlange avec des substances comburantes.
R19 Peut former des peroxydes explosifs.
R44 Risque dexplosion si chauff en ambiance confine.
R7 Peut provoquer un incendie.
R8 Favorise linflammation des matires combustibles.
R9 Peut exploser en mlange avec des matires combustibles.
[Link] Page 45 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
46
2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
Et ceux qui sont corrosifs :
Il faut cependant savoir que la corrosivit est un aspect particulier de la ractivit
en gnral, ce qui signie que toute substance considre comme assez ractive est
probablement corrosive, et rciproquement.
Cet ensemble runit 20 phrases de risque, simples ou combines. Elles sont judi-
cieuses pour les produits les plus usuels, mais trs insufsantes pour rendre compte
de la ractivit de substances plus rares, telles quon peut en rencontrer dans
lindustrie chimique. En effet, la priorit de ltiquetage porte sur les proprits
toxicologiques et dinammabilit. Mais dans ce domaine, il est trs probable
quune personne comptente participe lanalyse des risques.
En ce qui concerne le risque dincendie/explosion, cest videmment linamma-
bilit qui est dterminante sur la probabilit de survenue. Celle-ci est exprime par
quelques phrases de risque, dont cinq sont dj cites pour la ractivit :
Rappelons que lattribution des phrases R10, R11 et R12 rpond des critres
techniques prcis, utilisant le point dclair (Pe) et le point dbullition (Eb) :
R34 Provoque des brlures.
R35 Provoque de graves brlures.
R41 Risque de lsions oculaires graves.
R10 Inflammable.
R11 Facilement inflammable.
R12 Extrmement inflammable.
R14/15
Ragit violemment au contact de leau en dgageant des gaz extrmement
inflammables.
R15 Au contact de leau, dgage des gaz extrmement inflammables.
R15/29 Au contact de leau, dgage des gaz toxiques et extrmement inflammables.
R16 Peut exploser en mlange avec des substances comburantes.
R17 Spontanment inflammable lair.
R18
Lors de lutilisation, formation possible de mlange vapeur-air inflammable/
explosif.
R30 Peut devenir facilement inflammable pendant lutilisation.
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2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
Il y a donc 28 phrases sappliquant aux proprits physico-chimiques, qui nexpri-
ment pas le mme niveau de danger. Cest pourquoi nous proposons une chelle
de ces niveaux, linstar de ceux que lon a dcrits pour les effets toxicologiques.
Ce classement est aussi celui adopt par lUIC et la CRAM dle-de-France, une
nuance prs, dans les documents dj cits. Il est intgr dans lannexe 4.
m Processus accidentel dans le transport des matires dangereuses
Nous avons vu que le niveau de danger de type accidentel est donn par le groupe
demballage. Il comporte trois niveaux au maximum, en fonction de la classe de
danger. Les niveaux sont xs selon la dnition trs gnrale suivante :
Donc un ordre inverse de celui des niveaux dnis prcdemment. Les critres
dattribution sont trs variables selon les classes et toutes les classes ne sont pas
sujettes affectation de groupe. Le tableau suivant rsume ces critres dans les
grandes lignes :
Phrase de risque Symbole de danger Critre
R10 aucun 21 C < Pe 55 C
R11 F 0 C Pe 21 C
R12 F+ Pe < 0 C et Eb 35 C
Niveau Phrases de risque
5
R1 R2 R3 R4 R5 R6
R32
4
R7 R12 R14 14/15 R15 R15/29
R16 R17 R19 R29 R31
R35 R41
3 R8 R9 R11 R18 R30 R34 R44
2 R10
1 aucune
Groupe demballage I Matires trs dangereuses
Groupe demballage II Matires moyennement dangereuses
Groupe demballage III Matires faiblement dangereuses
[Link] Page 47 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
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2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
En pratique, le groupe demballage dune matire connue se trouve dans le tableau A
du chapitre 3.2 de lADR. Deux cas permettent plus facilement une comparaison
avec le Code du travail :
Liquides inammables :
Les matires et objets classs dans la classe 3 doivent tre affects aux groupes
demballages selon les critres prsents dans le tableau ci-aprs.
NOTE :
Pour un liquide ayant un (des) risque(s) subsidiaire(s), il faut prendre en compte le groupe
demballage dni conformment au tableau ci-dessus et le groupe demballage li la gravit du
(des) risque(s) subsidiaire(s) ; le classement et le groupe demballage dcoulent alors des dispositions
du tableau dordre de prpondrance des dangers du [Link].
Classe
Niveaux
de danger
Critres
1 et 2 Pas de groupes
3 I, II et III
Fonction du point dclair et du point dbullition et des risques
subsidiaires.
4.1
F II et III Selon les tests de raction au feu.
SR 7 types
Fonction de la quantit maximale admissible dans un emballage ,
selon les procdures du manuel dpreuves et de critres.
4.2 I, II et III Aptitude lauto-inflammation, selon la temprature et le volume.
4.3 I, II et III
Aptitude au dgagement de gaz inflammable en prsence deau,
selon le dbit du dgagement.
5.1 I, II et III
Fonction de la vitesse de combustion dun mlange avec de la
cellulose, selon les procdures du manuel dpreuves et de critres.
5.2 7 types
Fonction de la quantit maximale autorise par colis ,
selon les procdures du manuel dpreuves et de critres.
6.1 I, II et III
Fonction dune part du degr de toxicit, lui-mme tabli partir
des indicateurs de toxicit par inhalation ou contact cutan que sont
la CL
50
et la DL
50
, selon les procdures du manuel dpreuves et de
critres, et dautre part de la volatilit de la matire, quand
elle existe. La volatilit nest en fait que la concentration de vapeurs
dans lair lquilibre.
Pour les mlanges, on utilise une CL
50
thorique du mlange obtenue
par calcul. dfaut de CL
50
, on peut recourir des essais
toxicologiques simplifis sur lanimal.
6.2 et 7 Pas de groupes
8 I, II et III
Fonction du degr de corrosivit, dtermin par lexprience acquise
ou par des tests sur lhomme observant le dlai dapparition
datteintes cutanes aprs application de la matire. Pour le groupe
III, on tient aussi compte de lattaque dune surface mtallique.
9 II et III Sans critres prciss.
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2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
Les diffrences portent sur les limites de point dclair : 23 et 61 au lieu de 21 et 55
dans le Code du travail. Dautre part, le groupe I ne tient pas compte du point dclair.
Toxicit aigu par inhalation :
Les liquides dgageant des vapeurs toxiques (classe 6.1) doivent tre classs dans
les groupes suivants, la lettre V reprsentant la concentration (en ml/m
3
dair)
de vapeur (volatilit) dans lair 20 C et la pression atmosphrique normale
NOTE :
Ces critres de toxicit linhalation de vapeurs ont pour base les donnes sur la CL
50
pour une
exposition dune heure, et ces renseignements doivent tre utiliss lorsquils sont disponibles.
Cependant, lorsque seules les donnes sur la CL
50
pour une exposition de 4 heures aux vapeurs
sont disponibles, les valeurs correspondantes peuvent tre multiplies par deux et le rsultat subs-
titu aux critres ci-dessus, cest--dire que la double valeur de la CL
50
(4 heures) est considre
comme lquivalent de la valeur de la CL
50
(1 heure).
Pour comparer, il faut ramener les CL
50
(4 heures) indiques dans le Code du
travail leur quivalent (1 heure). Dautre part, il faut ramener les concentrations
en mg/l leur quivalent en ml/m
3
, ce qui dpend videmment de la masse
molaire de la substance en question. Prenons lexemple de substances ayant des
masses molaires de 50 et 200 :
Groupe
demballage
Point dclair
(en creuset ferm)
Point initial
dbullition
I 35 C
II < 23 C > 35 C
III 23 C et 61 C > 35 C
Vapeurs
Groupe
demballage
Critres
Trs toxiques I Si V 10 CL
50
et CL
50
1 000 ml/m
3
Toxiques II
Si V CL
50
et CL
50
3 000 ml/m
3
et si les critres pour le
groupe demballage I ne sont pas satisfaits
Faiblement
toxiques
III
Si V 1/5 CL
50
et CL
50
5 000 ml/m
3
et si les critres pour
les groupes demballage I et II ne sont pas satisfaits
Nocif/III Toxique/II Trs toxique/I
Travail CL
50
(1 h) en ml/m3
Masse molaire = 50 CL
50
(1 h) < 20 000 CL
50
(1h) < 2 000 CL
50
(1 h) < 500
Masse molaire = 200 CL
50
(1 h) < 5 000 CL
50
(1 h) < 500 CL
50
(1 h) < 125
Transport < 5 000 < 3 000 < 1 000
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50
2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
Les diffrences sont sensibles, sans mme tenir compte de la volatilit, mais les
groupes I et II ont des critres plus svres que ceux du Code du travail qui leur
correspondent.
En conclusion, il ne nous semble pas raliste de pouvoir tirer une chelle de
niveaux partir de cette rglementation, mais une consultation du classement sera
toujours utile pour afner, au cas par cas, le choix nal adopt pour lestimation
du risque accidentel.
m Processus accidentel dans le SGH
Les dangers correspondant des risques accidentels sont soit dans le tableau des
dangers physiques, soit dans celui des dangers pour la sant, quand ils sont suscep-
tibles dtre impliqus dans des expositions massives.
Pour le premier groupe, il y a 16 classes de dangers, dont le nombre de catgories varie
de 1 7. Trois familles de dangers physico-chimiques peuvent tre identies :
Les explosifs :
Ils sont runis dans la classe 2.1. Si lon limine les explosifs par destination et les
matires pyrotechniques, il ny a que 5 catgories, avec 7 mentions de danger en
ajoutant le H240 (risque dexplosion en cas dchauffement) et le H280 (contient
un gaz sous pression ; peut exploser sous leffet de la chaleur), que nous rpartirons
logiquement sur les niveaux de danger de 3 5, sachant quon ne les rencontrera
normalement que dans la chimie ne ou des tablissements faisant lobjet de rgle-
mentations spciques, notamment Seveso II.
Les ractifs :
Sous cette appellation, nous runissons les matires autoractives et auto-chauf-
fantes (classes 2.8 et 2.11), les comburants (classes 2.4, 2.13, 2.14 et 2.15) et les
corrosifs (classe 2.16). Cet ensemble est reconnaissable par 9 mentions de danger,
placer sur 3 niveaux de danger.
Les inammables :
Cest le groupe le plus fourni, avec les classes 2.2, 2.3, 2.6, 2.7, 2.9, 2.10 et 2.12.
Ce type de danger est beaucoup plus dtaill ici que dans le Code du travail,
notamment en ce qui concerne les gaz, du fait que les dangers physiques provien-
nent en grande partie du rglement du Transport des matires dangereuses. Il
existe un choix de 12 codes de mention de danger, que lon rpartit en 3 niveaux,
sauf pour les liquides pour lesquels existent 4 catgories de dangers :
Critres de classification des liquides inflammables (classe 2.6)
Catgorie Critres
1 Le point dclair est < 23 C et le point initial dbullition est 35 C
2 Le point dclair est < 23 C et le point initial dbullition est > 35 C
3 Le point dclair est 23 C et 60 C
4 Le point dclair est > 60 C et 93 C
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2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
Le SGH se distingue par un niveau supplmentaire (code H227, liquides combus-
tibles) et des limites de point dclair diffrentes. L aussi, il faudra se souvenir que
la catgorie 1 correspond au plus haut niveau de danger.
Il faut ajouter cette liste une mention dun danger particulier, nexistant pas en
phrase de risque mais bien rel : contient un gaz rfrigr ; peut causer des brlures
ou blessures cryogniques (H281).
Pour lensemble des dangers physico-chimiques, un niveau de danger a t attribu
chaque code de mention de danger. Une liste de ces codes, classe par niveau de
danger, gure en annexe 6.
Le deuxime groupe de danger prendre en compte dans le risque accidentel
comprend les toxiques aigus (classe 3.1), les corrosifs-irritants (classes 3.2 et 3.3) et
le danger par aspiration (classe 3.10). On peut la limite ajouter les toxiques
systmiques en cas dexposition unique (classe 3.8). Ces classes comportent de 2
5 catgories et couvrent 21 mentions de danger, dont une partie est commune
avec les dangers dexposition chronique. Examinons plus particulirement le danger
de toxicit aigu.
Les produits chimiques peuvent tre classs dans une des cinq catgories de toxicit
aigu par voie orale ou cutane ou par inhalation selon des valeurs seuils, comme
le montre le tableau ci-dessous. Les valeurs de toxicit aigu sont exprimes en
valeurs destimation de la DL
50
(orale, cutane) ou CL
50
(inhalation).
Catgories de danger de toxicit aigu dnissant les diffrentes voies dexposition :
NOTE :
a) La concentration des gaz est exprime en parties par million de volume (ppmV).
b) Les critres pour la catgorie 5 sont destins lidentication de substances dont la toxicit
aigu est relativement faible mais qui peuvent, sous certaines conditions, tre dangereuses pour des
populations vulnrables. Les DL
50
orale et cutane de ces substances se situent dans lintervalle
2 000-5 000 mg/kg ou, par inhalation, des doses quivalentes.
Nous voyons que les seuils sont diffrents de ceux quutilise la classication actuelle.
Par exemple, pour lingestion, la limite de DL
50
pour trs toxique (R28) est de
25 mg/kg, soit entre les catgories 1 et 2, et la limite pour toxique (R25) est
de 200 mg/kg, soit entre les catgories 2 et 3.
Voie
dexposition
Catgorie
1 2 3 4 5
Orale (mg/kg de poids corporel) 5 50 300 2 000 5 000
Cutane (mg/kg de poids corporel) 50 200 1 000 2 000
Voir critres
dtaills
en note b)
Gaz (ppmV) 100 500 2 500 5 000
Vapeurs (mg/l) 0,5 2,0 10,0 20,0
Poussires et brouillards (mg/l) 0,05 0,5 1,0 5,0
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52
2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
Pour la dtermination de la toxicit aigu, comme pour certaines autres donnes
toxicologiques, on se rfre des essais sur des animaux de laboratoire (rats, souris,
lapins, etc.). Notons que les exprimentateurs devront sefforcer, dans le choix de
leurs mthodes, de respecter la protection et le bien-tre des animaux. Le SGH
rappelle plusieurs endroits que :
les essais sur animaux de substances classes en catgorie 5 doivent tre dcourags
pour des raisons de protection des animaux. De tels essais ne sont envisageables que
lorsquil y a une forte probabilit que les rsultats apporteront des lments dinforma-
tion importants pour la protection de la sant humaine.
Cette prcaution est aussi prescrite par le rglement REACH, dont les consid-
rants prcisent par exemple :
il est ncessaire de remplacer, de rduire ou dafner les essais sur les animaux
vertbrs. La mise en uvre du prsent rglement devrait chaque fois que possible
reposer sur le recours des mthodes dessai de remplacement adaptes lvaluation des
dangers prsents par les substances chimiques pour la sant et pour lenvironnement
La Commission et lAgence devraient veiller ce que la rduction des expriences sur
animaux constitue un lment cl du dveloppement et de lactualisation des orienta-
tions destines aux parties concernes ainsi que dans les procdures de lAgence.
Pour classer les mlanges, il faut soit appliquer les critres des substances aux
mlanges, dans la mesure o lon dispose des donnes ncessaires, soit procder
par calcul partir des donnes de chaque composant. Dans ce cas, lestimation de
toxicit aigu (ETA) orale, cutane ou par inhalation du mlange est calcule
partir des valeurs dETA des composants prendre en compte, laide de la
formule ci-dessous :
o :
Ci : est la concentration du composant i ;
n : est le nombre de composants et i va de 1 n ;
ETA
i
: est lestimation de toxicit aigu du composant i.
En conclusion, pour xer une chelle de danger de toxicit aigu, on peut proposer
une rpartition des codes de danger correspondant aux 5 classes cites plus haut
sur quatre niveaux :
Code Mentions de danger pour la sant
Cat. de
danger
quivalence
Code
du travail
Niveau
de
danger
H300 Mortel en cas dingestion 1, 2
R28
R39/28
5
H301 Toxique en cas dingestion 3
R25
R39/25
4
100
ETA
ml
------------------
Ci
ETA
i
-------------
n
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2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
Code Mentions de danger pour la sant
Cat. de
danger
quivalence
Code
du travail
Niveau
de
danger
H302 Nocif en cas dingestion 4
R22
R68/22
3
H303 Peut tre nocif en cas dingestion 5 R22 2
H304
Peut tre mortel en cas dingestion et de
pntration dans les voies respiratoires
1
R23/25
R39/23/25
5
H305
Peut tre nocif en cas dingestion et de
pntration dans les voies respiratoires
2 R20/22 3
H310 Mortel par contact cutan 1, 2
R27
R39/27
5
H311 Toxique par contact cutan 3
R24
R39/24
4
H312 Nocif par contact cutan 4
R21
R68/21
3
H313 Peut tre nocif par contact cutan 5 R21 2
H314
Provoque des brlures de la peau et des
lsions oculaires graves
1A, 1B,
1C
R35, R34
R41
4
H315 Provoque une irritation cutane 2 R38 3
H316 Provoque une lgre irritation cutane 3 R38 2
H318 Provoque des lsions oculaires graves 1 R41 4
H319 Provoque une svre irritation des yeux 2A R36 3
H320 Provoque une irritation des yeux 2B R36 2
H330 Mortel par inhalation 1, 2
R26
R39/26
5
H331 Toxique par inhalation 3
R23
R39/23
4
H332 Nocif par inhalation 4
R20
R68/20
3
H333 Peut tre nocif par inhalation 5 R20 2
H335 Peut irriter les voies respiratoires 3 R37 2
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54
2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
Cette liste est videmment indicative, car tout agent chimique prsent en quantit
ou concentration importante, quel que soit son tiquetage, peut gnrer un risque
daccident. Cest pourquoi, dans lestimation de la gravit et de la probabilit dun
risque accidentel li une exposition massive, on sappuiera sur la liste complte
gurant dans lannexe 6.
2.3.6 Les familles de dangers
La rglementation du travail propose donc 123 phrases de risque diffrentes pour
identier les dangers des produits chimiques. La rglementation du transport des
matires dangereuses propose 92 numros didentication de danger. Le Systme
Gnral Harmonis, qui devrait bientt se substituer aux deux prcdents,
distingue 71 codes de danger, ce qui est plus simple, mais encore lourd grer
pour la prvention. Il y a pourtant une faon simple de rsoudre ce problme.
Quand on examine les listes de phrases ou de codes, il savre que certains dangers
voqus ne diffrent que par la gravit des dommages possibles, alors que le mode
daction est identique. Par exemple, entre un irritant et un corrosif, la diffrence
ne porte que sur la gravit de la lsion ventuelle, mais il sagit toujours dun effet
li au contact cutan ou oculaire. Cest encore plus net pour les phrases R23 et
R26 : toxique ou trs toxique par inhalation. On comprend bien que les mesures
de prvention seront identiques pour ces deux dangers ; seule la priorit daction
peut tre diffrente. Si lon carte la notion de gravit, il se dgage deux grandes
familles de dangers homognes, avec des subdivisions :
Danger physico-chimique :
Incendie/explosion : code IE
Ractivit particulire : code Re
Danger toxicologique :
Toxicit par inhalation : code In
Nocivit par contact (cutan ou oculaire) : code Co
Toxicit par ingestion : code Tg
Classement CMR selon rglementation : code CMR
Code Mentions de danger pour la sant
Cat. de
danger
quivalence
Code
du travail
Niveau
de
danger
H336 Peut provoquer somnolence et des vertiges 3 R67 3
H370
Risque avr deffets graves pour les
organes (ou indiquer tous les organes
affects, sils sont connus)
1
R39
R39/23/24/25
5
H371
Risque prsum deffets graves pour les
organes (ou indiquer tous les organes
affects, sils sont connus)
2
R23/24/25
R68/20/21/22
4
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2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
Remarques :
Ce classement est conforme aux rgles destimation du risque accidentel non-
ces au paragraphe 2.5.5.
Les contacts cutans et oculaires ne sont pas distingus, parce quils rpondent
au mme processus dapparition. Seuls les effets sont distincts.
Le classement CMR, qui sapplique aux cancrognes, mutagnes et reprotoxi-
ques, mais seulement de catgories 1 et 2 selon lUnion europenne, nest intro-
duit que pour des contraintes rglementaires, car, dans ltude des dangers, il est
redondant avec les deux prcdents.
Le danger de toxicit par ingestion est atypique par rapport aux autres ; il fera
lobjet dune approche particulire.
Ces cinq codes ont une certaine ressemblance avec les sept groupes de danger de
lADR (voir paragraphe 2.3.2).
Il aurait t intressant de trouver des symboles de danger correspondants
chacune de ces familles. Mais ces symboles nindiquent que partiellement les voies
dexposition ou les proprits physico-chimiques. Il faut passer par les phrases de
risque pour arriver affecter chaque danger une ou plusieurs familles. Le tableau
suivant permet ce passage, sachant que, pour simplier, nous avons limin les dangers
pour lenvironnement.
Phrase
Famille de danger
IE Re In Co Tg CMR
R1
R2
R3
R4
R5
R6
R7
R8
R9
R10
R11
R12
R14
R15
R16
R17
R18
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2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
Phrase
Famille de danger
IE Re In Co Tg CMR
R19
R20
R21
R22
R23
R24
R25
R26
R27
R28
R29
R30
R31
R32
R33
R34
R35
R36
R37
R38
R39
R40
R41
R42
R43
R44
R45
R46
R48
R49
R60
R61
R62
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2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
Chaque fois que la phrase R ne prcise pas la voie, cest que les trois peuvent tre
concernes. Ce tableau nutilise que les phrases simples, mais sapplique sans dif-
cult aux phrases combines. Par exemple :
Les substances et prparations classes ont le plus souvent plusieurs phrases de risque,
ce qui a pour effet de cumuler les familles de dangers. En voici des exemples :
On saperoit vite que la grande majorit des solvants comporte le classement IE
+ In + Co, ce qui simplie normment lanalyse des risques, malgr lapparente
complexit de ltiquetage.
Phrase
Famille de danger
IE Re In Co Tg CMR
R63
R64
R65
R66
R67
R68
Phrases combines Familles de danger
R20/21 In + Co
R39/23/25 In + Tg
R36/38 Co
R42/43 In + Co
R48/21 Co
R68/20 In
Produit Phrases de risque Famille de danger
Actone 11-36-66-67 IE + Co + In
Mthanol 11-23/24/25-39/23/24/25 IE + Co + In + Tg
Acide actique 10-35 IE + Co
Peroxyde dhydrogne 8-34 Re + Co
Dimthyl-formamide 20/21-36-61 In + Co + CMR
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58
2.3 Le danger chimique 2 Thorie du risque chimique
En pratique, il est beaucoup plus simple denvisager les 4 familles de dangers clas-
siques automatiquement pour chaque phase de travail : In, Co, IE, Re, et de vri-
er ensuite par les phrases R du produit si elles sont toutes rellement concernes.
Cest plus rapide et plus sr. En effet, le classement rglementaire des produits
nest quune indication gnrale, car les modes dexposition rels peuvent conduire
des classements diffrents. Ainsi, une prsence dacide sulfurique induit le seul
danger R35, donc la famille Co, mais en cas dune possibilit de formation
darosol, il faut ajouter la famille In. Ce phnomne est bien connu, par exemple,
dans lactivit de traitement de surface. Lexprience montre dailleurs que dans la
grande majorit des situations de travail, les dangers In et Co sont prsents simul-
tanment. La pntration percutane est en effet souvent sous-estime, mme en
prsence de vapeurs.
Cette simplication est un des points cls de notre mthode, parce quelle
permet une certaine indpendance vis--vis de ltiquetage, quelle que soit la rgle-
mentation concerne. En effet, le risque est caractris seulement par une exposi-
tion ou une situation dangereuse. Le dchiffrage de la classication, avec ce
quelle comporte dincohrence et de lacunes dans la pratique, nintervient ensuite
que pour lestimation.
Avec lapplication du SGH, la dnition des familles de dangers se fera trs simple-
ment, car les classes de dangers sont justement organises selon ces mmes familles.
Cela conduit au tableau de correspondance suivant :
Classe Danger
Famille de danger
IE Re In Co Tg CMR
2.1 matires et objets explosibles
2.2 gaz inflammables
2.3 arosols inflammables
2.4 gaz comburants
2.5 gaz sous pression
2.6 liquides inflammables
2.7 matires solides inflammables
2.8 matires autoractives
2.9 liquides pyrophoriques
2.10 solides pyrophoriques
2.11 matires auto-chauffantes
2.12
matires qui, au contact de leau,
dgagent des gaz inflammables
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2.3 Le danger chimique
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2 Thorie du risque chimique
La classe 4.1 concernant lenvironnement ne gure pas ici. Elle fait lobjet dune
approche spcique traite au paragraphe 5.4.
Lorsque ltiquetage selon le SGH sera effectif, il sera plus simple de partir des
codes de danger en H , comme on le fait aujourdhui pour les phrases de risque.
Nous avons vu que la notion dagent chimique fait aussi appel des produits
gnrs par lactivit et non soumis la classication, tels que poussires et fumes.
Nous ne pourrons pas nous appuyer sur des phrases de risque mais nous devons
leur affecter des familles de dangers.
EXEMPLES :
Fumes de soudure In
Poussires de bois In + Re
Poussires de plomb In + Tg
Fibres damiante In
Ainsi se trouve comble une lacune de la classication, europenne ou issue du SGH,
qui ne vise que ltiquetage en nal.
Classe Danger
Famille de danger
IE Re In Co Tg CMR
2.13 liquides comburants
2.14 matires solides comburantes
2.15 peroxydes organiques
2.16 matires corrosives pour les mtaux
3.1 toxicit aigu
3.2 corrosion/irritation cutanes
3.3
lsions oculaires graves/irritation
oculaire
3.4 sensibilisation respiratoire ou cutane
3.5
mutagnicit pour les cellules
germinales
3.6 Cancrognicit
3.7 toxicit pour la reproduction
3.8
toxicit systmique pour certains
organes cibles, exposition unique
3.9
toxicit systmique pour certains
organes cibles, expositions rptes
3.10 danger par aspiration
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2.4 Processus chronique 2 Thorie du risque chimique
2.4 Processus chronique
2.4.1 Exposition
Dans lexpos des mcanismes du risque chimique, lexposition est dnie comme
le contact dune personne avec un agent chimique par voie respiratoire, cutane ou
digestive. Cette dnition est largement admise aujourdhui dans le monde profes-
sionnel. Elle induit une consquence vidente mais importante dans la pratique,
cest quil ny a pas dexposition en dehors de tout contact. Prsente sous cet angle,
cette ide soulve plus dinterrogations. Par exemple, il a t publi des valuations
du nombre de salaris exposs des agents cancrognes. Sagissait-il toujours
dexpositions vraies, cest--dire avec contact ? Beaucoup dintervenants en sant
au travail parlent dexposition ds quil y a utilisation de produit chimique au
poste de travail, sans se soucier de la ralit dun contact.
Le contact en question est le contact des molcules de lagent chimique avec une
partie quelconque du corps humain. Le premier cas de gure est le contact cutan.
En dehors de circonstances accidentelles, il se limite en gnral, pour les liquides
et les solides, aux mains et aux avant-bras. Mais cela peut stendre au visage, voire
lensemble de la tte, comme aux membres et au torse, pour peu que le travail
soit trs polluant et que la temprature ambiante conduise la personne se dvtir.
Lidentication dune exposition cutane doit tenir compte du fait que certains
produits chimiques ne laissent ni dpt visible ni sensation particulire sur la
peau, ce qui peut conduire ignorer, voire nier, toute exposition.
Lorsque lagent chimique est volatil, sous forme de vapeurs ou de poussires nes,
son contact avec le corps humain peut couvrir une large surface puisquil peut
passer au travers des vtements. La transpiration peut aussi amliorer le contact,
notamment pour les poussires. Les arosols liquides russissent encore mieux se
dposer sur la peau.
Le contact oculaire est un cas particulier en raison de la trs grande sensibilit de la
surface de lil, laquelle, par son humidit, facilite ladsorption des produits vola-
tils. En processus chronique, le contact oculaire ne provient en gnral que de
vapeurs et de poussires.
ct de la peau, ce sont les muqueuses qui peuvent entrer en contact avec les
molcules dagents chimiques. Les plus exposes sont celles du systme bucco-
respiratoire, comprenant la bouche, les cavits nasales, la gorge et les voies respira-
toires profondes, jusquaux alvoles pulmonaires. Pour que le contact soit possible,
il faut que les molcules ou les particules soient transportes par lair inhal. Pour
mmoire, le dbit respiratoire est compris entre 20 et 120 litres par minute, selon
le niveau dactivit physique. Lexposition par voie respiratoire est au cur de toute
valuation de risque chimique, car elle induit une grande vitesse de passage des
substances en milieu sanguin. Pour situer le problme, un individu expos une
pollution de 200 ppm de xylne en inhale 800 mg par heure. Les effets sur des
organes cibles peuvent donc se manifester rapidement, ce qui nexclut pas des
effets locaux, de lirritation lulcration, tous les niveaux des voies respiratoires.
La troisime voie habituellement voque est la voie digestive. En processus chro-
nique, elle est prsente surtout comme effet secondaire de la voie respiratoire,
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2.4 Processus chronique
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2 Thorie du risque chimique
puisque toute dglutition en prsence de vapeurs, poussires ou arosols peut
entraner un agent chimique dans le systme digestif. Elle est aussi envisageable dans
des circonstances particulires :
manque dhygine des mains, voire du visage, conduisant des pollutions soit
de nourriture, soit de la zone buccale au cours des repas ;
consommation de tabac pouvant entraner dune part une contamination
buccale avec des mains souilles, dautre part des effets de toxicit aggrave par
la pyrolyse dans la cigarette dagents chimiques prsents dans latmosphre.
La voie digestive nest pas ngliger ds que lon travaille avec des produits dont
les doses actives sont trs faibles, comme cela se rencontre dans lindustrie pharma-
ceutique
1
.
Les observations qui prcdent amnent une conclusion vidente : le plus souvent,
les trois voies, cutane, respiratoire et digestive, sont simultanes, mais avec des
proportions variables. Seule la manipulation de produits liquides ou pteux non
volatils limite lexposition au contact cutan, et une possible voie digestive.
Un contact avec des liquides ou des solides est relativement facile observer. La
frontire de la zone dangereuse concide avec leur surface. On touche ou on ne
touche pas le produit. Toutefois, le produit peut se cacher la surface dun objet
ou dun matriau pollu. Beaucoup dexpositions cutanes suivent ce schma. Pour
lillustrer, il suft de prendre lexemple des chiffons, qui, dans un premier temps,
ont pour but dliminer une souillure, mais qui, aussitt lessuyage ralis, deviennent
eux-mmes source de contamination des mains.
1. Concernant lexposition aux principes actifs, voir la brochure CRAMIF, rf. DTE 145.
Figure 2.9 Les chiffons sont un vecteur dexposition cutane
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62
2.4 Processus chronique 2 Thorie du risque chimique
On peut aussi citer les orices de rcipients, les bords de cuves, les tuyaux mobiles,
les outils de travail ou de maintenance en zone dactivit chimique, etc. Le contact
est parfois la consquence dun mode opratoire inadapt ou doprations effec-
tues dans la prcipitation telles que la saisie manuelle de pices sortant dun bain
ou frachement revtues dun produit.
linverse, un nuage de vapeurs ou de poussires na pas de frontire nette. Cette
frontire ne peut tre dnie que par une concentration limite. En effet, la zone de
prsence de beaucoup de molcules dans lair est quasiment innie. Nous les croyons
absentes, alors quelles sont seulement prsentes des concentrations inmes,
souvent inaccessibles aux moyens danalyse disponibles. Qui pourrait prtendre
aujourdhui ne pas tre expos des hydrocarbures cancrognes ou, plus banalement,
du monoxyde de carbone ? Il nous faut donc nous tourner vers les VLEP pour
pouvoir dnir une zone dangereuse, lintrieur de laquelle la concentration atmo-
sphrique en agent chimique dpasse la VLEP, du moins quand elle est connue.
Cest une dnition thorique, car, en pratique, il est rarement possible de tracer
cette limite. Cela supposerait de placer des capteurs adquats dans tout lenviron-
nement concern et de suivre leur indication en temps rel. Cette zone dangereuse
devient possible identier lorsquelle concide avec un espace ferm, dont la
concentration en polluant est critique en tout point.
Concernant les poussires, ou arosols solides, il faut tenir compte de la granulo-
mtrie, cest--dire la dimension des particules en suspension dans lair. En effet, la
stabilit du nuage form est inversement proportionnelle cette dimension. Il
sagit du diamtre moyen des particules, sachant que celles-ci ne sont ni sphriques,
ni dun diamtre constant. Un nuage de grosses particules retombera assez rapide-
ment, alors que pour des particules trs nes, de lordre du micron, le nuage se
maintiendra des heures, voire des jours, tant quil ne sera pas limin.
Figure 2.10 Courbes de niveau de concentration de vapeurs
( un instant donn)
solvant
VLEP = 100 ppm
200 ppm
500 ppm
20 ppm
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2.4 Processus chronique
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2 Thorie du risque chimique
2.4.2 Dommages
Les dommages sur la sant humaine causs par des expositions chroniques sont
trs varis et dpendent videmment de lagent chimique, mais aussi de la voie de
pntration. Ainsi, lorsquil y a contact cutan ou oculaire, le premier type de
dommage est local, cest--dire quil se produit la surface de la peau, de lil ou
de la muqueuse touche par le produit. Les effets possibles sont les suivants :
irritation ;
dermite et dermatose ;
eczmas ;
ulcration ;
cancers.
Ces effets peuvent tre immdiats, comme lirritation, ou diffrs sur de longues
priodes, comme le cancer. Hormis ce dernier cas, ils sont rapidement visibles et
perceptibles et servent donc dalarme. Cependant, la peau prsente toujours une
permabilit chimique qui permet aux agents de pntrer dans son paisseur, puis
de passer dans la circulation sanguine. Cette pntration percutane a une certaine
cintique qui dpend de nombreux facteurs, tels que les proprits chimiques de
lagent, sa concentration et sa temprature, la partie du corps touche, ltat de la
peau et la rceptivit particulire de lindividu. Un produit lipophile, cest--dire
soluble dans les graisses, passera plus facilement. Cest le cas de la plupart des subs-
tances organiques, et spcialement celles qui se partagent bien entre leau et les
graisses, comme les alcools et les thers de glycol. Il est souvent possible de
contrler cette pntration percutane par des analyses de sang appropries. Elle a
t longtemps sous-estime, ce qui incitait ne pratiquer ce type danalyse quen
cas dexposition des substances non volatiles.
Linhalation dagents chimiques provoque aussi un contact avec les muqueuses de
lappareil respiratoire suprieur qui conduit aux pathologies dcrites ci-dessus,
mais plus spciquement des trachites et des bronchites, ventuellement de lasthme.
Sachant que les muqueuses sont beaucoup plus sensibles que la peau, niveau de
danger gal, les dommages sont plus graves. Ainsi, des inhalations de vapeurs
corrosives, acides ou basiques, qui nauraient quun effet modr sur la peau, peuvent
provoquer dabord de la toux, puis une insufsance respiratoire, avec un risque
deffets irrversibles.
Mais la voie respiratoire se distingue par le fait que les agents chimiques sont
conduits, plus ou moins partiellement, au contact des alvoles pulmonaires. La
membrane de ces alvoles est particulirement permable aux substances chimi-
ques, car leur fonction est dassurer les changes gazeux avec le sang. Cette sensibi-
lit est dailleurs dmontre dans la pratique de lanesthsie par voie respiratoire,
laquelle peut tre obtenue en quelques secondes par inhalation dun gaz appropri.
Linhalation des produits pulvrulents suit un mode daction un peu diffrent.
Dans les voies suprieures, il se produit dabord un dpt qui peut gnrer des
ractions de toux, dexpectoration et de charge nasale. Ensuite, les effets locaux
habituels apparaissent, toujours en fonction des proprits physico-chimiques
des agents inhals. Certaines substances corrosives, comme le trioxyde de chrome,
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64
2.4 Processus chronique 2 Thorie du risque chimique
sont responsables dulcration, voire de perforation de la cloison nasale. Les pous-
sires de bois peuvent provoquer un cancer de lethmode.
Le passage dans la zone des alvoles pulmonaires dpend essentiellement de la
granulomtrie des particules de larosol. Les plus grosses sont arrtes au niveau
de la bouche et du nez, dont cest la fonction. Les plus nes, dites justement alvo-
laires, atteignent les alvoles et provoquent divers effets. On considre comme
alvolaire une particule dont le diamtre apparent moyen est infrieur 5 microns.
Leffet des particules dans les alvoles est dabord local. Elles sont absorbes par des
cellules appeles macrophages qui conduisent terme une limination physique.
Mais pour certaines substances, ces cellules sont impuissantes et la raction de
lorganisme conduit lapparition dune brose. Cest notamment le cas de lamiante
et de la silice. Les particules darosols liquides ou solides peuvent aussi se dissoudre
et passer ainsi partiellement dans le sang.
Une fois passe dans le sang, une substance peut agir sur nimporte quel organe
rceptif, appel organe cible. Les substances agissent, selon leurs proprits biochi-
miques, soit en ltat, soit aprs transformation en mtabolites. Leur devenir dans
lorganisme relve de la toxicologie, qui nest pas aborde dans cet ouvrage. Ce
quil faut retenir en pratique, cest que lorganisme ragit la prsence dagents
chimiques par divers processus, que nous globaliserons dans un but pratique par
les catgories suivantes :
pathologie au niveau dun organe ou un systme cible ;
limination simple ;
limination par mtabolisme ;
accumulation dans lorganisme.
Parmi les cibles les plus frquentes, on peut citer le foie, en raison justement de son
rle liminateur, le sang, le systme nerveux, mais aussi les reins, la moelle osseuse,
le cur, etc. Pour les agents cancrignes, beaucoup dautres organes font partie
des cibles, comme la vessie, la plvre, les poumons, etc.
En pratique, les pathologies sont reprables dabord par un certain nombre de
symptmes. Les substances absorbes, quelle que soit la voie, sont soit limines
comme telles, soit sous forme de mtabolites. Il est donc thoriquement possible
de dtecter et de doser ces substances, appeles indicateurs biologiques, dans les
diffrents milieux physiologiques, principalement le sang et les urines
1
. Cest le
rle de la biomtrologie, qui est fondamentale en surveillance mdicale. En effet,
un certain nombre dindicateurs biologiques ont des valeurs limites indicatives,
dont un exemple bien connu est celui du plomb.
Les mcanismes dlimination, lorsquils existent, font que lorganisme peut sadapter
une absorption chronique, tant quelle ne dpasse pas une dose critique. Cest
cette dose limite que tendent exprimer les VLEP. Llimination se produit selon
une certaine cintique, lie la substance comme au systme rcepteur. Cela
signie que lorsque lexposition cesse, la prsence et les effets des substances absor-
bes cessent aussi aprs un dlai variable. Notamment, le cycle jour-nuit permet
1. On peut consulter le document de lINRS : Biotox, guide biotoxicologique pour les mdecins du
travail. , ED 791.
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2.4 Processus chronique
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2 Thorie du risque chimique
dliminer efcacement les effets de la plupart des expositions modres quoti-
diennes. Cela nest videmment pas le cas des substances qui ne sliminent pas, ou
trs peu, sur des temps trs longs. On parle alors de bioaccumulation, phnomne
dont les substances minrales sont souvent responsables, le meilleur exemple tant
le plomb. Il existe dailleurs une phrase de risque pour indiquer cette proprit : R 33,
danger deffets cumulatifs . La cintique dlimination explique aussi pourquoi
une exposition de deux heures est plus grave que deux expositions dune heure,
spares par trois heures, par exemple.
Le code de la Scurit sociale a prvu que lorsque lorigine professionnelle dune
pathologie est clairement dmontre, cette pathologie est reconnue comme maladie
professionnelle , ce qui ouvre des droits rparation. Une centaine de tableaux,
dont 78 mentionnant un agent causal chimique gurent en annexe 10, prcisent
toutes les conditions requises pour valider cette reconnaissance. Parmi les critres
de reconnaissance gure le dlai de prise en charge, qui prend en compte la dure
de persistance des effets dune exposition aprs sa cessation. Elle va de 7 jours
50 ans. Hors de ces tableaux, il reste possible, dans certaines conditions, de dclarer
une maladie caractre professionnel
1
.
2.4.3 Indice dexposition
Outre par leur nature, les expositions diffrent beaucoup par leur intensit, ce qui
a une consquence vidente sur la gravit des effets. Limportance dun risque en
gnral est toujours lie une combinaison de la probabilit et de la gravit du
dommage. La probabilit dapparition dune pathologie en cas dexposition chronique
un agent chimique est en fait quasi totale, si le temps dexposition est sufsant,
alors que sa gravit dpend principalement du niveau de danger de lagent chimique.
Mais il y a videmment une inuence rciproque de ces deux paramtres. En
pratique, le facteur probabilit ne reprsente que le dlai dapparition de la patho-
logie. Quand on parle dapparition dune pathologie, on se rfre surtout aux
symptmes, qui sont en gnral postrieurs la naissance de la pathologie. Cest
pourquoi la mdecine du travail prconise des examens et analyses spciques aux
expositions prsumes, dans le but dobtenir une dtection prcoce des patho-
logies, en sappuyant en particulier sur les indicateurs biologiques. Il ne sagit pas
ici de traiter des principes de la toxicologie mais de dgager quelques rgles simples
pour une estimation de risque.
Lexprience et la thorie montrent que le dlai dapparition dune pathologie
dexposition est en relation directe avec la dose reue cumule de lagent chimique.
dose reue identique, cest le niveau de danger de lagent chimique qui dterminera
la gravit de la pathologie. Ce principe nous fournit les deux paramtres fonda-
mentaux de lestimation du risque dexposition chronique : dose cumule et niveau
de danger. Ce dernier, paramtre assez complexe, fait lobjet du paragraphe 2.3.5.
1. Code de Scurit sociale, articles L. 461-1 L. 461-8 et R. 461-1 R. 461-8. Les dtails des tableaux
sont rassembls dans la brochure de lINRS, rf. ED 835.
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66
2.4 Processus chronique 2 Thorie du risque chimique
La dose cumule reue est assez simple concevoir ; elle est signicative de
limportance de lexposition, quelle que soit la voie de pntration. En thorie,
une dose reue est le produit dune dure dexposition par un dbit dabsorption,
suppos constant, dun agent chimique. Une dure cumule est le produit dune
dure dexposition lmentaire par la frquence de cette exposition, toutes deux
supposes aussi constantes. En ralit, les mcanismes dlimination font quune
exposition de deux heures nest pas quivalente deux expositions dune heure,
surtout si elles sont assez espaces. Dautre part, ni les dbits dabsorption, ni les
dures dexposition ne sont constants. Mais cette approximation ne remet pas en
cause la validit de lestimation.
Le dbit dabsorption est une fonction de la concentration de lagent chimique,
avec dautres facteurs physiques et biologiques. Dans le cas le plus simple, et le
plus frquent, de lexposition par inhalation, il est possible de relier lexposition
ces paramtres par la fonction :
Di = 0,06 k Tc Ca Dr
Di : dose inhale pour une priode donne (en mg) ;
k : taux dabsorption de lagent chimique ;
Tc : dure cumule dexposition pour la priode (en heures) ;
Ca : concentration atmosphrique au niveau des voies respiratoires (en mg/m
3
) ;
Dr : dbit respiratoire considrer (en l/min).
EXEMPLE :
Une personne inhale de lactate dthyle 4 heures par jour, la concentration atmosphrique de
700 mg/m
3
, soit la moiti de la VME, avec un dbit respiratoire de 25 l/min (travail moyen). Si le
taux dabsorption est de 100 %, elle absorbe donc 1 4 700 25 0,06 = 4 200 mg par jour.
En pratique, il ne serait pas raliste de vouloir calculer une dose cumule quotidienne,
tant il y a de variables. Ainsi, mme la concentration atmosphrique est assez dif-
cile dterminer, car elle varie dans le temps et lespace. La reprsentativit des
prlvements atmosphriques est dailleurs un objet de dbats classique dans ce
domaine. Mais si le but de lestimation est strictement une comparaison, une
grandeur relative est sufsante. Il suft donc dutiliser une valeur thorique nutili-
sant que les deux variables les plus accessibles, dure (Tc) et concentration (Ca),
pour classer les expositions par niveaux relatifs. Do lindice dexposition respiratoire
quotidienne :
Ierq = Tc Ca
Cet indice nest valide que pour comparer, rappelons-le, des expositions respira-
toires successives dans lespace ou dans le temps, quand on dispose des valeurs de
la concentration atmosphrique. Cest pourquoi il est prfrable de se xer un indice
dexposition respiratoire (Ir) gal au produit dure cumule (Tc) par un coefcient
dexposition respiratoire (R) qui exprime la variable concentration atmosphrique
en relatif, sur une chelle prtablie :
Ir = Tc R
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2.4 Processus chronique
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2 Thorie du risque chimique
Avec, par exemple, R = 5 pour la concentration la plus leve et R = 1 pour la plus
faible. Cette notion dindice dexposition est dailleurs conforme celle de valeur limite
de moyenne dexposition (VME), puisque cette dernire est calcule en moyenne
sur 8 heures, alors quil peut y avoir des valeurs instantanes beaucoup plus fortes.
Dans lestimation des expositions par voie cutane, les variables inuentes sont le
taux dabsorption, la dure cumule, la surface de contact et la concentration du
liquide ou du solide en produit actif. En ralit, seule la deuxime variable est
accessible, car le taux dabsorption, cutane et percutane, et la sensibilit des tissus
sont largement dpendants de la localisation du contact sur le corps, de ltat de la
peau et plus encore de la liposolubilit du produit en question, pour ne citer que
les principaux paramtres. Cest pourquoi cette estimation ne peut tre conduite
quavec laide de personnes comptentes en la matire. Mais, mme approximatif,
un indice dexposition cutane (Ic) est apte classer relativement les expositions.
Ic = Tc C
C est un coefcient dexposition cutan qui exprime limportance du contact, tous
facteurs confondus, pris sur une chelle similaire celle de lexposition respiratoire.
Une fois ces deux types dindices tablis pour un ensemble dexpositions, il suft
de les classer pour xer des niveaux dexpositions sur une chelle adquate.
2.4.4 Estimation finale du risque dexposition chronique
En rsum, il est possible de situer limportance relative dun risque dexposition
un agent chimique ds que lon dispose des quatre variables simples et relativement
accessibles que sont :
le niveau de danger de lagent chimique ;
la dure et la frquence de lexposition ;
lintensit du contact, respiratoire ou cutan, avec lagent chimique, exprime
par les coefcients dexposition R et C.
Comment les combiner pour estimer le risque ? Il ny a pas de rponse unique, car
le risque ne saurait tre une fonction mathmatique. Sachant quil ne sagit que de
classer les risques, il suft dune fonction croissante avec les niveaux ou valeurs des
paramtres.
Pour le niveau de danger, il existe le chiffre x par lINRS en fonction de la classi-
cation du produit, comme cela est expliqu au paragraphe 2.3.5. Pour la dure,
la frquence et parfois la concentration, des mesures sont possibles. Dans tous les
cas, les coefcients R et C sont xs par estimation avec une chelle. Les chiffres
obtenus permettent alors daccder aux indices dexposition Ir et Ic par les
formules cites plus haut. Ces indices sont ensuite classs pour dterminer le
niveau dexposition sur lchelle choisie, qui peut aller de 3 chelons au minimum
jusqu 7, voire 10 si le nombre de risques le justie.
En effet, pour viter laccumulation de risques dans un mme niveau, il faut
proportionner lchelle au nombre de risques tudis. Signalons au passage que le
choix du terme niveau plutt que classe ou cote , catgorie , indice ,
etc., permet de comprendre, sans confusion possible, que le plus important corres-
pond au plus grand chiffre. Il existe malheureusement beaucoup de classements
[Link] Page 67 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
68
2.4 Processus chronique 2 Thorie du risque chimique
inverses dans lesquels le 1 (voire le 0 !) signie le plus grave, les deux exemples les
plus simples tant la cotation des zones risque dexplosion et les catgories de
substances CMR.
Enn, niveaux de danger et dexposition peuvent tre leur tour combins avec une
addition, une multiplication, voire des fonctions exponentielles ou polynomiales,
selon ce quauront dcid les personnes impliques dans la dmarche. Il est aussi
possible dutiliser simplement une matrice de combinaison, telle que celle qui suit
1
,
limite trois niveaux :
Les valeurs de 1 3 situent limportance du risque li lexposition. Ce tableau est
trs important pour faire une bonne estimation compare des risques dexposition,
mais il constitue aussi un outil de prvention pour rduire limportance du risque
en montrant quil y a deux paramtres sur lesquels on peut agir. Il permet en outre
de corriger les approches plus ou moins affectives qui privilgient toujours les
dangers sur les expositions et qui conduisent prescrire les interdictions de subs-
tances avant davoir examin le problme des expositions. On ne redira jamais
assez la diffrence qui existe entre les notions de danger et de risque. La matrise
des risques est une alternative linterdiction dun produit, bien que cette option
ait souffert dune image ngative, en raison de quelques drives.
Ces drives furent souvent la consquence dune utilisation directe dans le grand
public, comme lillustre le drame de lamiante, qui a abouti son interdiction
totale. Une meilleure solution serait une utilisation contrle, cest--dire interdite
au grand public, mais autorise des utilisateurs comptents, susceptibles dune
matrise totale du risque. Lvolution rcente de la lgislation accrdite totalement
cette position. En effet, dans un premier temps, cest la rgle qui a prvalu pour
lutilisation des thers de glycol classs CMR, et cest surtout la philosophie du
rglement REACH, expos au paragraphe 2.7.
Une bonne estimation des risques dexposition reste le pralable indispensable
toute politique en matire de prvention. Le schma suivant rsume plus claire-
ment la procdure de cotation.
1. Cette grille gure notamment dans la recommandation R409 de la CNAMTS et la brochure DTE 175
de la CRAMIF.
Niveau dexposition
faible moyen lev
Niveau
de danger
lev 2 3 3
moyen 1 2 3
faible 1 1 2
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2 Thorie du risque chimique
Il faut remarquer la cohrence de cette mthode avec les prconisations du rgle-
ment REACH. En effet, il est dit dans son annexe I que lvaluation de la scurit
chimique est fonde sur une comparaison des effets nocifs potentiels dune substance
avec lexposition connue ou raisonnablement prvisible de lhomme Or le niveau
de danger est exactement le reet des effets nocifs potentiels.
Cette mthode comporte videmment une certaine part dapproximations qui
peuvent faire douter de sa validit. La pratique dmontre quelle permet datteindre
lobjectif destimation, sa pertinence tenant la logique quelle apporte dans une
dmarche intuitive dfaut de mthode.
Figure 2.11 Estimation dun risque chimique chronique
Niveau de danger
Dure et frquence Dure et frquence
Mtrologie
Estimation
Importance du risque
Exposition respiratoire
Mode opratoire
Exposition cutane
Phrase de risque
Agent chimique
Niveau dexposition
Indice dexposition
Ir
Coefficient dexposition
R
Coefficient dexposition
C
Estimation
Indice dexposition
Ir
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70
2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
2.5 Processus accidentel
2.5.1 Situation dangereuse
Nous avons dni la situation dangereuse comme la localisation dune personne lui
permettant de subir un dommage en cas dvnement dangereux. Qui dit localisa-
tion dit primtre enfermant un espace que lon appelle zone dangereuse. Cet espace
est forcment dpendant de lvnement dangereux envisag. Par exemple, il sera
beaucoup plus tendu pour une explosion que pour une fuite. Il est cependant
possible de le dlimiter grossirement et parfois de le matrialiser. Cette matrialisa-
tion est analogue celle quon peut observer sur un chantier de construction ou de
rparation, notamment lorsquil existe un risque de chute dobjet. Par exemple, il
existe une possibilit de contact avec un liquide dangereux contenu dans une cuve de
stockage, en cas de fuite soudaine de cette cuve ou de ses quipements immdiats,
dans un primtre dtermin par les points de chute les plus loigns de cette fuite.
Nous verrons plus loin que ce primtre peut tre calcul facilement. Cela est plus
difcile en cas dexplosion ou dmissions massives de vapeurs.
Cette zone dangereuse est mme perceptible intuitivement dans certaines situa-
tions. Qui na jamais ressenti dapprhension en se trouvant au pied dune cuve de
50 m
3
dacide nitrique concentr ? Ou dun hydrognateur sous haute pression en
service ? Dailleurs, ce type de situation est gnralement interdit. Plus gnrale-
ment, une situation dangereuse est cre chaque fois quil y a risque dcoulement,
comme dans le stockage en hauteur, ou risque de projection, prsent ds quil y a
pression. Ces deux cas sont dailleurs lis.
Il existe un autre type de situation dangereuse, plus subtil. Il sagit du risque cr
par un dfaut dinformation. Cest le cas pour tout emballage non tiquet, ou tout
rcipient ou organe dpourvu dune signalisation adquate. Cette situation est en
effet une porte ouverte aux erreurs humaines. En particulier certains accidents
conscutifs une raction chimique intempestive, ou des intoxications par ingestion
de produits dangereux, dcrits plus loin, sont issus dune telle situation.
Sil existe une zone dangereuse, encore faut-il une prsence humaine dans cette zone
pour quil y ait accident. Cest ce que montre le schma gnral du paragraphe 2.2.1.
Cette prsence peut tre permanente ou occasionnelle. Elle peut concerner une
personne ou un groupe de personnes. Enn, mme si une personne est en zone dange-
reuse au moment du dclenchement de lvnement, elle peut tre hors datteinte du
champ dune projection par exemple. Ce sont autant de facteurs qui vont inuer sur la
probabilit du dommage, indpendamment de celle de lvnement dangereux.
2.5.2 vnement dangereux
m Scnario
Nous avons dni lvnement dangereux comme un enchanement de faits, partant
dun dclencheur et aboutissant au dommage, suivant un scnario parfois complexe.
Le plus explicite est de citer quelques exemples rapports par des agents des services
de prvention des CRAM
1
.
1. Caisse rgionale dassurance maladie.
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2 Thorie du risque chimique
EXEMPLE 1 :
La dfaillance dun raccord de tuyauterie provoque une fuite soudaine et importante dune cuve de
stockage intermdiaire dune solution alcoolique sur le sol dun atelier de chimie. Le liquide se
propage jusqu un caniveau ciel ouvert. Ce caniveau traverse plusieurs ateliers contigus. Dans le
dernier atelier dans lequel passe le caniveau, des travaux de soudure sur tuyauterie sont en cours.
Labsence de tout liquide inammable avait t vrie au pralable. Cependant, la solution alcoo-
lique suivant le caniveau arrive dans cet atelier en mettant des vapeurs. Une explosion se produit
alors, avant que les personnes prsentes aient pu prendre conscience du risque.
Nous retrouvons bien toutes les composantes du risque : le produit dangereux et
son danger, linammabilit, la situation dangereuse, savoir la prsence dune
source dignition dans un environnement chimique inammable, le dclencheur,
qui est la dconnexion inattendue dun tuyau de process, le scnario dcrit ci-dessus
et le dommage, savoir une grave brlure de deux ouvriers. Ce scnario met en
vidence quelques lacunes de prvention, mais encore faut-il pouvoir limaginer
avant, quand tout se passe normalement. En effet, dans ce cas particulier, le
danger ntait pas prsent sur le lieu de laccident. Le poste de travail, compte tenu
de son isolement (murs et portes) pouvait tre considr comme compatible avec
une activit temporaire de soudure. Cest en fait lanalyse du risque accidentel
dans latelier utilisant la solution alcoolique qui aurait d intgrer lventualit
dune fuite dun liquide inammable par le caniveau et lvaluer.
EXEMPLE 2 :
Dans un atelier de traitement de surface, travaillant avec des bains cyanurs, une fuite dacide dilu
se produit sur une cuve de stockage defuents situe en sous-sol. La fuite est alors arrte, mais les
quelques dizaines de litres defuent acide sont laisses dans la cuvette de rtention, le nettoyage
tant remis plus tard. Le lendemain, le bouchage dun tuyau de surverse
1
dune cuve defuents
cyanurs, situe proximit de la prcdente, provoque le dbordement de la cuve sur le sol. Ces
efuents cyanurs rejoignent ensuite ceux qui taient dj prsents, caractre acide. Il faut savoir
que les cyanures se dcomposent en milieu acide en gnrant du cyanure dhydrogne, qui est un
gaz capable dune intoxication mortelle en quelques minutes. Un oprateur a voulu descendre au
sous-sol pour intervenir, sans avoir conscience du risque, et la pay de sa vie.
Dans ce cas, la notion de situation dangereuse est vidente : proximit de produits
capables de ragir en gnrant des gaz mortels. Le caractre dangereux tait
ampli par la situation en espace conn. Lvnement dclencheur est double :
la fuite acide, puis le bouchage. On peut mme trouver un troisime dclencheur
dans la dcision de reporter llimination des efuents acides. En effet, une mauvaise
dcision, que lon qualie gnralement derreur humaine, est assez souvent
lorigine des vnements dangereux, pour quelque risque que ce soit.
EXEMPLE 3 :
Un ouvrier dentretien veut changer le joint dun raccord de tuyauterie servant amener de la
soude en solution dans une cuve de dcapage. Comme il convient, le responsable du poste de
travail lui assure que la cuve a t compltement vide. Mais lorsque louvrier commence dvisser
les boulons des brides du raccord, un jet de soude sen chappe et atteint son visage et ses yeux.
Louvrier ayant t rapidement secouru, la brlure qui en rsulte a des effets se limitant une irrita-
tion supercielle. Les proprits corrosives de la soude sur les tissus vivants sont telles quil naurait
1. Une surverse est un trop-plein , cest--dire une tuyauterie par laquelle scoule le contenu dune
cuve ds que le niveau devient critique, pour conduire lexcdent vers la capacit de rtention.
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2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
fallu que quelques secondes supplmentaires de contact avec les yeux pour quil perde la vue.
Lenqute a montr que le trac de la tuyauterie comportait un point bas non vidangeable et que le
raccord rparer tait justement en charge dans cette partie pleine de soude.
La situation dangereuse est cre par toute prsence de produit dangereux dans un
quipement, surtout sous pression, si faible soit-elle. Lvnement dangereux est
lintervention sur cet quipement. La raction qui vient lesprit aprs lexpos de
cet accident est, quen dehors du non-respect de rgles de prudence lors dune
intervention, la principale cause rside dans une mauvaise conception de la tuyau-
terie. Cela est vrai, bien sr, mais seule lvocation prcoce des vnements dange-
reux possibles peut conduire la bonne conception dun quipement, cest--dire
assurant la scurit indpendamment des consignes imposes aux intervenants. Ce
principe est un autre point cl de la mthodologie dveloppe dans cet ouvrage.
m Typologie
La difcult de cette mthode est la capacit envisager tous les vnements
dangereux possibles au niveau dun poste de travail. La liste de ces vnements
serait dailleurs innie si lon ne tient pas compte dune probabilit minimum de
ralisation. Le terme dvnement possible doit tre compris comme relevant
dune probabilit non ngligeable. Le terme de ngligeable est videmment ou ;
nous nous contenterons de lillustrer par lexemple du risque de chute dun avion
sur un atelier. Ces risques nont pas de probabilit nulle, mais si faible quelle rend
leur prvention irraliste.
Le meilleur moyen, bien connu dans tous les domaines, de cerner une probabilit
est dobserver les vnements sur une longue priode ou un grand nombre de cas.
Heureusement, il existe une base de donnes des accidents du travail en gnral,
gre par lINRS, daprs les rapports denqute fournis par les agents des CRAM.
Il sagit de la base EPICEA, accessible sur Internet. Il est donc facile dy rechercher
de nombreux exemples daccidents impliquant un produit chimique. Des tudes
statistiques, non publies, ont conduit crer une typologie des vnements
dangereux impliquant un produit chimique. En voici les grandes conclusions.
Les nombreux scnarios dcrits peuvent tre classs en six familles, dont les cinq
premiers correspondent prcisment aux familles de dangers :
Scnario type Dommage final
Famille
de danger
1 expositions massives cutanes brlures chimiques Co
2 expositions massives respiratoires intoxications aigus In
3 expositions massives par ingestion lsions et intoxications aigus Tg
4 ractions dangereuses tous les autres Re
5 incendies et explosions
tous les autres + effets
mcaniques et thermiques
IE
6 anoxie asphyxie
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2 Thorie du risque chimique
En ralit, tous ces scnarios peuvent tre imbriqus. Ainsi une raction dange-
reuse peut conduire une exposition massive, laquelle peut conduire une explosion,
laquelle peut conduire une anoxie, etc. La logique incite partir de lvnement
dclencheur. Il peut tre lorigine de plusieurs scnarios diffrents et donc de
dommages diffrents. Ces scnarios daccident apparaissent clairement lorsque
lon pratique la mthode de larbre des causes pour expliquer des accidents survenus.
Alors que cette mthode part du dommage pour remonter aux facteurs premiers,
comme expos au paragraphe 2.5.4, il est plus efcace de partir des dclencheurs
pour arriver aux dommages. Cette autre mthode est dailleurs appele larbre des
dfaillances et a sa place parmi tous les outils de prdiction, dont certains sont
dcrits au paragraphe 3.2.4.
Le tableau suivant propose une liste, seulement indicative, de faits dclencheurs
dvnements dangereux, avec leur consquence immdiate, sachant quon peut
ensuite les combiner volont pour construire des scnarios possibles.
Fait dclencheur 1
er
effet 2
e
effet possible
Chauffage brutal dun liquide
volatil
mission massive de vapeurs
Intoxication respiratoire
Explosion
Chute dans un rcipient Contact cutan massif Brlure chimique
Combustion en espace confin
mission massive de
monoxyde de carbone
Intoxication respiratoire
Conditionnement trompeur Ingestion massive Intoxication digestive
Contact entre deux produits
ractifs
mission massive de vapeurs
Intoxication respiratoire
Explosion
Contact soudain avec un agent
chimique
Contact cutan massif Brlure chimique
Dbranchement de tuyau Projection de liquide Contact cutan massif
Dcomposition thermique
dun agent chimique
mission massive de vapeurs Intoxication respiratoire
Dcompression brutale
dun rcipient ou canalisation
mission massive de vapeurs
Intoxication respiratoire
Explosion
Dfaut de confinement
dun espace dangereux
Arrive massive de gaz
ou vapeurs
Intoxication respiratoire
clatement de tuyau Projections liquides
Contact cutan massif
mission massive de vapeurs
Erreur sur identit dun produit Raction chimique dangereuse mission massive de vapeurs
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2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
Fait dclencheur 1
er
effet 2
e
effet possible
Erreur sur le choix dune
commande
Raction chimique dangereuse mission massive de vapeurs
Explosion dun contenant Projections diverses mission massive de vapeurs
Fuite de gaz inerte Anoxie
Fuite de rcipient Contact cutan massif mission massive de vapeurs
Fuite soudaine dun joint
ou raccord
Contact cutan massif mission massive de vapeurs
Immersion brutale dune pice Projections liquides Contact cutan massif
Incendie avec des produits
chimiques
Brlures thermiques Intoxication respiratoire
Ouverture intempestive
de robinet ou vanne
missions massives diverses Contact cutan massif
Interprtation errone
dune consigne ou dun mode
opratoire
Erreur sur le choix
dune commande
Raction chimique dangereuse
Panne de rgulation Raction chimique dangereuse mission massive de vapeurs
Panne dun captage mission massive de vapeurs Intoxication respiratoire
Pntration dans un espace
appauvri en oxygne
Anoxie Perte de connaissance
Pollution dun aliment Ingestion massive Intoxication digestive
Renversement ou fuite dazote
liquide
Anoxie
Perte de connaissance
Contact cutan massif
Renversement de rcipient Contact cutan massif mission massive de vapeurs
Rupture de paroi de rcipient
ou dappareil contenant
un agent chimique
Projections liquides mission massive de vapeurs
Rupture demballage de
pulvrulent
mission massive de poussires Explosion
Ouverture dun rseau de
ventilation sous pression
mission massive de poussires Explosion
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2 Thorie du risque chimique
Ainsi, lun des six scnarios types, correspondant aux 5 familles de dangers, se
retrouve toujours aprs un fait dclencheur. Il est intressant de bien comprendre
leur mcanisme.
m Expositions massives
Une exposition massive ne diffre dune exposition chronique que par son inten-
sit. Elle consiste donc en un contact, par voie cutane, oculaire, respiratoire ou
digestive, dont les paramtres relvent du processus accidentel, cest--dire un effet
immdiat ou presque. Ces paramtres sont dabord un volume dagent chimique
gnralement important et une concentration leve. Ce qui se traduit, pour le
contact cutan, par une grande surface atteinte, voire lensemble du corps, ou une
lsion grave, telle quune atteinte profonde de la peau, des muqueuses ou des yeux,
qui peut tre irrversible. Ce scnario est possible ds que des quantits de
plusieurs litres sont manipules et ds que le procd comporte des passages de
produits lair libre. En effet, on observe par exemple ce type daccident au cours
de transferts, par dbordement, par renversement de rcipient, par chute demballage
en manutention mcanique, etc.
Il y a aussi tous les incidents propres aux interventions de maintenance et surtout
de dpannage, donc accomplis dans lurgence. On peut tre surpris par des projec-
tions lors douverture ou de dmontage dquipements divers, tels que vannes,
pompes, ltres, etc. Les dbranchements soudains de raccords de tuyauterie sont
aussi assez frquents, surtout avec les tuyaux souples xs par un collier vis. En
gnral, la prsence de pression dans une canalisation ou un rcipient est un
facteur de risque de projection. La chute de personnes dans des cuves est trs rare,
mais doit toujours tre envisage.
Pour la voie respiratoire, lexposition est massive si les concentrations atmosphriques
de vapeurs ou de poussires sont largement au-dessus des VLEP. Les effets sont
alors rapidement perceptibles. Une mission massive est relativement probable ds
quon travaille en espace conn, ce qui ne veut pas forcment dire exigu, mais
seulement pas ou peu ventil. Dans ce cas, toute mission de vapeurs par un
liquide svaporant reste dans le volume du local. Pour se faire une ide, prenons
lhypothse dun local ferm de 20 m
2
, soit environ 50 m
3
, dans lequel se vapori-
sent 2 litres de dichloromthane, situation imaginable chez un artisan. Le volume
occup par les vapeurs sera denviron 2 (litres) 1 328 (densit g/l) 24 (litres par
mole) / 85 (masse molaire) = 750 litres, soit une concentration moyenne de
1,5 %. Cela reprsente 15 000 ppm, soit 300 fois la VME de 50 ppm.
Voici un exemple daccident qui met en vidence la grande volatilit de ce solvant
chlor
1
:
EXEMPLE :
La victime, un cadre technique de 39 ans, dcapait, par trempage dans une cuve, une porte int-
rieure bois. La dimension de la cuve tait de : L 3 000 l 1 000 h 700 mm. La hauteur du bain
de dcapant base de chlorure de mthylne avec un additif, hydroxyde de potassium/alcool
mthylique, tait de 100 mm, la porte tant dispose manuellement plat au fond du bain. Cette
cuve ntait pas quipe de dispositif de ventilation. La victime travaillait avec une collgue dans
1. Extrait de la base EPICEA de lINRS.
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76
2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
latelier de dcapage. Vers 9 h, la collgue a quitt latelier. son retour, vers 10 h, elle a trouv la
victime inconsciente au-dessus du bain et la mise au sol. La collgue est alle prvenir les secours et
a rencontr un autre salari qui rentrait dun rendez-vous chez un client. Ce dernier a appel les
pompiers, qui ont fait appel au SAMU. Les raisons prcises de lintervention de la victime au-
dessus du bain ne sont pas connues en labsence de tmoin. La victime ne portait pas dquipement
de protection individuelle, et notamment de masque de protection respiratoire. Lors de cette inter-
vention, la victime a perdu connaissance. tant affale au-dessus du bain, et en labsence de
collgue proximit, elle a continu respirer les vapeurs pendant une dure maximale estime
une heure. Les symptmes de mort crbrale ont t dtects par le SAMU. Le dcs clinique a t
prononc lhpital, 4 jours plus tard.
Les missions massives ont beaucoup de causes possibles. Il suft de renverser un
bidon de solvant sur le sol. La grande surface dvaporation qui se forme acclre
lvaporation, qui peut tre totale en quelques minutes pour les solvants les plus
volatils. Les accidents se produisent souvent cause du rexe des personnes cher-
chant arrter le sinistre plutt qu fuir. On imagine facilement lampleur des
dommages lorsque cest une cuve ou un racteur de quelques mtres cubes qui se
vide, mme partiellement.
Une mission massive nest pas toujours le rsultat dun incident qui surprend la
personne. Il peut aussi sagir dune sous-estimation de lexposition au cours dune
action volontaire. Lexemple le plus courant est le travail avec un produit solvant
dans un espace conn. Ce produit peut tre une peinture, une colle, un produit
de nettoyage, etc. Le calcul du volume des vapeurs libres expos prcdemment
prouve quun malaise est vite arriv dans ces conditions. Les exemples de tels accidents
ne manquent pas, notamment dans les activits de second uvre du btiment.
Les vapeurs peuvent galement tre dj prsentes dans un quipement de travail
et schapper la suite dun dysfonctionnement, tel que rupture, ou ouverture
intempestive. Il peut sagir dun gaz sous pression, fuyant de son conteneur. Enn,
les vapeurs peuvent se former par raction chimique imprvue dans un espace
ouvert. Cette ventualit est dveloppe au paragraphe suivant. Une des ractions
dangereuses frquentes est simplement la combustion, qui se produit soit dans un
appareil de chauffage combustible, soit dans un moteur thermique. Ces deux cas
de gure sont lorigine de beaucoup daccidents graves, dont voici un exemple
1
:
Une quipe de deux oprateurs tait charge de transporter et dinstaller un caisson de ltration
dair dans un local. Pour cette manutention, ils utilisaient un chariot lvateur combustion gaz,
dune capacit de 3 tonnes. Le passage du caisson devait se faire une hauteur denviron 4,50 m du
sol travers une ouverture ralise dans le mur. Le passage avait t fait au plus juste, car il sagissait
dun mur porteur. Lopration a dur environ 1 h 30. Les deux oprateurs, dont la victime, ge de
56 ans, agent de matrise depuis 24 ans, qui rceptionnait le ltre, ont ressenti des maux de tte. Il
faut remarquer que lextrmit dchappement des gaz de combustion se trouvait approximative-
ment lendroit o voluaient les deux victimes. Consquences : intoxication par monoxyde de
carbone provoquant un arrt de 10 jours.
Tous ces scnarios impliquent des vapeurs ou des gaz survenant dans lespace de
travail habituel. Le schma inverse existe, savoir lintrusion dune personne dans
un espace dans lequel existe dj une concentration critique de gaz ou de vapeurs
dangereux. Cette situation dangereuse est typique, par exemple, des gouts et des
1. Extrait de la base EPICEA de lINRS.
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2 Thorie du risque chimique
stations dpuration. Le danger est dans ces cas reprsent par le sulfure dhydro-
gne, gnr par la fermentation anarobie des matires organiques. Ce gaz est trs
toxique et mortel de faibles concentrations, la VLE tant de 10 ppm. Ce phno-
mne est bien connu des professionnels de ces activits. Dailleurs, la conduite des
stations dpuration est organise pour viter tout dgagement de ce gaz. Cest ici
quintervient le rle de lvnement dangereux, qui fait que ce gaz apparat l o
on ne lattend pas.
Ainsi un rcit daccident rvle que par suite dun bouchage, le ux deaux uses a
t interrompu dans un canal ciel ouvert, passant dans un btiment abritant des
grilles. Le temps dinterruption du ux a permis le dclenchement de la fermentation
et, quand loprateur de maintenance a pntr dans ce btiment, sans prcaution
particulire, comme il le faisait habituellement, il a t surpris par la prsence de
gaz et na pas eu le temps de schapper. Plusieurs accidents mortels ont t
rapports dans ces conditions.
Ce risque est assez pernicieux, car il est difcile dvaluer intuitivement limpor-
tance dune mission accidentelle, quelle quelle soit. Comme pour les missions
chroniques, les personnes se ent spontanment leur odorat. On sait combien
cet indicateur est trompeur, en raison de la variabilit du coefcient dolfaction
des substances, comme de la sensibilit olfactive des personnes, sans parler de
leffet daccoutumance.
Les expositions massives par voie digestive ne suivent en fait que deux scnarios
classiques, en dehors dun acte volontaire. Le premier est celui de la rutilisation
dun emballage alimentaire, souvent une bouteille deau minrale, pour stocker un
ractif. Ce geste est gnr par le besoin dune prparation temporaire, consistant
soit dissoudre un solide soit diluer un liquide. Les utilisateurs ne disposent pas
toujours des moyens ncessaires un rtiquetage correct. Mme un simple marquage
est nglig, parce que le prparateur de ce ractif sestime sufsamment inform.
Cette partie du scnario gnre la situation dangereuse. Lvnement dangereux
viendra dune modication de la situation, par exemple le dplacement de la
bouteille vers un autre local ou la prsence dune personne non avertie qui croira
une boisson normale. Ce cas est relativement frquent, et pas seulement dans le
domaine professionnel, comme en attestent les statistiques des services durgence.
Le deuxime scnario dintoxication digestive est plus rare. Il consiste en une
contamination daliment par un produit toxique, linsu du consommateur. Ce
type daccident ne survient quen situation dangereuse particulire, cre par la
consommation daliment sur le lieu de travail et exceptionnellement par linverse,
cest--dire lutilisation de produits toxiques sur le lieu de prparation des aliments.
m Risques lis la ractivit chimique
Le scnario qui part dune raction dangereuse se rencontre videmment dans
lindustrie chimique, mais souvent aussi dans toutes les autres activits. En ralit,
on doit parler de ractions incontrles dans lindustrie chimique, puisque cest sa
fonction de conduire des ractions dangereuses, et de ractions imprvues ou
intempestives dans les autres cas. Voyons dabord en quoi rside le danger spci-
que des ractions, car il sagit bien dune proprit de la raction, qui na pas
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2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
toujours de rapport direct avec le danger des ractifs. Ce type de danger est de
deux natures possibles.
La premire est celle de lnergie dgage par la raction. Toute raction chimique,
selon quelle est endothermique ou exothermique, consomme ou dgage de lnergie
selon des rgles que nous naborderons pas ici. Pour certaines, lnergie dgage est
trs importante, capable de provoquer de grandes lvations de temprature. Le
milieu ractionnel peut ainsi tre port bullition, avec de nombreuses cons-
quences dommageables : vaporisation des ractifs, qui peuvent tre toxiques ou
corrosifs, projection des mmes ractifs et des produits de raction, surpression du
contenant, dformation, voire rupture, etc. Si cette raction se produit dans un
solvant volatil, mme moyennement, des risques supplmentaires apparaissent :
inhalation massive, atmosphre explosive, etc. Comme la raction est incontrle
ou imprvue, les moyens de refroidissement et de captage sont souvent insufsants
ou mme absents. Ces ractions sont en outre trs rapides, puisque soumises une
auto-acclration par la temprature. Il est possible, pour des experts, de calculer la
chaleur dune raction partir des enthalpies de formation
1
, disponibles dans les
ouvrages spcialiss.
Le second type de danger est prsent par la nature volatile des produits de raction.
En effet, si le schma ractionnel conduit la formation dune substance qui est
gazeuse dans les conditions normales, celle-ci va se dgager , cest--dire sortir
du lieu ractionnel pour se rpandre dans latmosphre environnante. On est alors
ramen au cas dune exposition respiratoire massive. Si cette substance forme est
en outre inammable sajoute le risque datmosphre explosive. La substance
dgage peut ne pas tre toxique mais sa prsence va gnrer automatiquement un
appauvrissement de latmosphre en oxygne, du moins en espace plus ou moins
conn. Le cas le plus typique est celui du dioxyde de carbone, susceptible dtre
gnr par tous les carbonates.
Le tableau suivant prsente les couples de produits chimiques les plus frquents
parmi ceux qui sont susceptibles dtre lorigine dune raction dangereuse.
Plusieurs remarques simposent pour lexploitation judicieuse de ce tableau :
La vitesse et lnergie de raction sont directement proportionnelles la concen-
tration des ractifs. Ainsi, une raction entre acides et bases dilus quelques
pourcents ne dgage quune chaleur peine perceptible.
Les dangers dexothermie et de dgagement sont souvent simultans.
Certaines ractions ont besoin dune nergie dite dactivation pour dmarrer.
Celle-ci est fournie soit par un catalyseur, cest--dire une substance particulire
capable dagir en trs petite quantit, soit par une simple lvation de temprature.
La formation de produits volatils nest pas empche par la dilution des ractifs,
elle est seulement ralentie.
Certaines ractions avec dgagement de gaz passent dabord par une neutralisation,
cest--dire un basculement de pH du milieu. Le dgagement ne se produit pas
avant ce basculement. Prenons le cas des cyanures alcalins. Si lon verse une
1. Cest la loi de Hess : lenthalpie de raction dune raction chimique est gale la somme des enthalpies
de formation des produits, diminue de la somme des enthalpies de formation des ractifs, en tenant
compte de la stchiomtrie de la raction.
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2 Thorie du risque chimique
solution cyanure alcaline dans une solution acide, le dgagement de cyanure
dhydrogne se produit aussitt. Mais si lon verse de lacide dans une solution
cyanure, le dgagement ne commencera quaprs neutralisation.
Cette liste nest quun petit extrait de toutes les combinaisons possibles, mais elle
cible les produits que lon peut rencontrer dans des industries diverses, hors chimie.
Le cas de lindustrie chimique est trait au paragraphe 5.2. On peut rechercher
lexistence de tels couples dans la bibliographie, sachant que lINRS a dit un
ouvrage de rfrence en la matire, contenant plus de 4 000 combinaisons
1
.
Produit 1 Produit 2 Exothermie Dgagement Classification
Acides
Bases Forte
Cyanures Moyenne
Cyanure
dhydrogne
F+ ; T+ ; N
R12-26-50/53
Hypochlorites
(dont eau de Javel)
Moyenne Chlore
T ; N
R23-36/37/38-50
Bisulfites Moyenne Dioxyde de soufre
T
R23-34
Carbonates Moyenne Dioxyde de carbone
Sulfures Moyenne
Sulfure
dhydrogne
F+ ; T+ ; N
R12-26-50
Acide
sulfurique
Eau Forte
Chlorures
Acide chlorhydrique
Moyenne
Chlorure
dhydrogne
T ; C
R23-35
Acide
nitrique
Mtaux Moyenne Vapeurs nitreuses
T+
R26-34
Solvants Forte
Bases
fortes
Mtaux lgers Moyenne Hydrogne
F+
R12
Sels dammonium Moyenne Ammoniac
T ; N
R10-23-34-50
Oxydants
forts
Solvants Forte
Isocyanates Eau Moyenne
1. Ractions chimiques dangereuses, ditions INRS, ED 697.
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2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
Dautre part, la rubrique n 10 des ches de donnes de scurit est cense signaler
les ractions dangereuses possibles.
Sans entrer dans les principes du mcanisme ractionnel, quelques indices permet-
tent de prvoir une raction dangereuse, indices qui transparaissent dans le prc-
dent tableau.
Les acides forts ragissent toujours sur les bases fortes avec une exothermie
importante.
Les acides forts sont capables de ragir sur beaucoup de sels et de mtaux, avec
souvent un dgagement important.
Les bases fortes ragissent sur les mtaux lgers et les sels dammonium, avec
dgagement.
Les oxydants peuvent ragir violemment avec les rducteurs (dont les inam-
mables).
Les exemples prsents dans le tableau ci-aprs illustrent les termes chimiques
employs, avec les phrases de risque qui permettent de les reprer, sans perdre de
vue limportance de la concentration dans le niveau de danger.
Linterprtation de ce tableau demande de la prudence. En particulier, aucune
absence de risque ne peut en tre dduite. Ainsi, deux membres dune mme cat-
gorie peuvent trs bien ragir vivement entre eux. Beaucoup de substances appar-
tiennent en fait plusieurs de ces catgories, sachant toutefois quelles ne peuvent
tre la fois acides et basiques, ou oxydantes et rductrices (sauf exception). Nous
attirons lattention sur les acides nitrique et chromique, qui doivent tre surveills
avec vigilance, puisquils sont la fois acides forts et oxydants forts.
EXEMPLES :
Raction incontrle
Le plus clbre exemple de raction incontrle est sans doute celui survenu Seveso, qui a eu les
consquences que lon sait sur la rglementation des installations classes. Rappelons toutefois les
faits prcis.
Une entreprise chimique italienne fabriquait du 2,4,5-trichlorophnol. Le 10 juillet 1976, la
production est arrte pour le week-end ; 6 h 30 plus tt, en n de poste, le cycle de production du
trichlorophnol est arrt alors que seuls 15 % (au lieu de 50 %) du solvant (thylne glycol) sont
distills. Lagitation est stoppe et le vide cass. Aucun ajout deau nest effectu. Lunit est laisse
sans surveillance pour le week-end. 12 h 37, sous leffet de laugmentation de la temprature et
de la pression dans le racteur, le disque de scurit tar 3,8 bars se rompt et une partie du
contenu est projete lextrieur. Lchauffement de la surface du mlange ractionnel au repos a
initi la raction secondaire exothermique de formation de la dioxine (la 2,3,7,8-ttrachlorodi-
benzo-p-dioxine). Lvaluation de la quantit de dioxine mise varie de 200 g 40 kg. Cette mis-
sion a t responsable de lapparition de pathologies, notamment dacn, dans tous les environs,
mais aucun dcs ni augmentation du nombre des cancers nont t constats.
En analysant le droulement de cet accident, on reconnat la situation dangereuse dans le type de
raction conduite, et lvnement dangereux dans le retard pris dans la production, ayant conduit
arrter le process avant sa n normale, qui incluait le refroidissement complet du racteur.
Raction imprvue
Dans une usine de traitement de surface, on procdait au chromage de pices par immersion dans
une solution concentre dacide chromique. Le dpt de chrome mtallique se fait par raction
lectrochimique, qui est exothermique. Dans le cas voqu, la temprature devait tre maintenue
un niveau modr. La cuve comportait donc un circuit de refroidissement, utilisant comme uide
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Famille Membres Phrase repre
Acides forts
Sulfurique
R35
Chlorhydrique
Nitrique
Chromique
Phosphorique
Actique
Sels sensibles
Sulfures
R31, R32
Cyanures
Carbonates
Sulfites
Hypochlorites
Bases fortes
Soude
R35
Potasse
Chaux (vive)
Ammoniaque
Mtaux lgers
Aluminium
Magnsium
Oxydants
Nitrates
R7, R8, R9
Chlorates
Peroxydes
Oxygne
Ozone
Trioxyde de chrome
Acide nitrique
Rducteurs
Alcools
R10, R11, R12,
R15, R17, R19
Ctones
Hydrocarbures insaturs
Sulfites, nitrites
Amines
Hydrures
Cellulose
Charbon
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2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
frigorigne du glycol lgrement dilu. Telle tait la situation dangereuse. Une fuite sest produite
dans la paroi de la cuve, sans doute par usure. Elle a donc permis la solution chromique de se
mlanger au glycol dans le circuit de refroidissement. Il sest ensuivi une violente raction doxydation,
trs exothermique, provoquant un clatement localis du circuit avec projection de liquide corrosif.
Cest lvnement dangereux qui a conduit aux dommages.
Il existe en outre des ractions qui ne ncessitent pas de second compos pour se
produire. Cest le cas des dcompositions et des polymrisations, qui peuvent tre
aussi exothermiques et gnratrices de gaz et vapeurs.
Les dcompositions sont en quelque sorte des ractions internes la molcule.
Une molcule affecte dune certaine instabilit peut se dcomposer sous leffet
dun apport dnergie parfois minime. Cette instabilit provoque une rupture des
liaisons internes et leur rarrangement, en formant des composs plus simples et
plus stables. Parmi ceux-ci on trouve souvent des produits volatils, quand ce nest
pas en totalit. Le volume alors dgag par ces composs, major par la chaleur de
raction, est tel que son expansion brutale cre une explosion.
Ces produits instables appartiennent la catgorie des explosifs, normalement classs
comme tels avec le symbole et le pictogramme correspondants. Il faut distinguer
les explosifs par destination, faisant lobjet dune rglementation particulire, tant
pour leur fabrication que pour leur utilisation civile ou militaire, des explosifs
occasionnels, cest--dire ceux qui sont utiliss pour leurs autres proprits. Cette
catgorie comporte par exemple des engrais azots et des dsherbants. Mais beau-
coup de substances utilises en chimie ne, plus ou moins isoles, rentrent aussi
dans cette catgorie, qui doit tre envisage dans toute analyse de risque chimique.
Une dcomposition nest pas toujours le fait dun produit instable. Elle peut tre
provoque, pour nimporte quelle substance, par une importante lvation de temp-
rature. On peut dailleurs parfois trouver la temprature de dcomposition dans
les donnes techniques dune substance. Celle-ci peut tre atteinte par exemple au
cours dune raction incontrle, mais le plus souvent loccasion dun incendie.
Une dcomposition thermique gnre de nombreux gaz et vapeurs, souvent trs
toxiques, tels que de loxyde de carbone, du cyanure dhydrogne, du cyanogne,
du chlorure dhydrogne, des oxydes dazote, etc.
Les ractions de polymrisation sont la base de la fabrication des polymres en
gnral et des matires plastiques en particulier. Bien que le ractif de dpart soit
unique, la raction se fait ici de molcule molcule, cest--dire en chane .
Bien sr, le ractif de dpart, appel monomre, nest jamais le seul prsent dans le
milieu ractionnel, qui peut contenir des catalyseurs, initiateurs, inhibiteurs, plas-
tiants, colorants, etc. Cette raction est gnralement trs exothermique et
conduite sur des grandes quantits. Il existe donc un risque demballement dans ce
type de raction. Mais il existe aussi un risque de polymrisation spontane en
travaillant sur certaines molcules qui possdent cette proprit de par leur struc-
ture chimique, qui prsente gnralement des doubles liaisons ractives. On
comprend que le risque est aggrav par le fait que cette polymrisation imprvue
ne se produit pas dans un quipement prvu cet effet.
On appelle aussi polymrisation des ractions en chane se faisant avec deux ractifs, ou
plus. Ces ractifs, parfois nomms rsine et durcisseur dans le commerce, possdent
une double fonction dans leur structure leur permettant de se lier ensemble. Les
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2 Thorie du risque chimique
risques prsents par ces ractions sont identiques ceux des polymrisations vraies,
autant pour les ractions incontrles que pour les imprvues. Parmi les nombreuses
molcules susceptibles dune polymrisation spontane, on peut citer :
styrne, butadine, isoprne, chloroprne ;
esters acryliques, mthacryliques, cyanoacryliques ;
acrylonitrile, acroline ;
actate de vinyle, vinylpyridine ;
poxydes.
Le dmarrage dune polymrisation, prvu ou non, nest pas toujours facile. Il est
initi par une nergie interne fournie de diffrentes faons. Cest le plus souvent
un catalyseur, soit un gnrateur des radicaux libres, tel quun peroxyde, soit ionique,
tel quun acide ou un compos mtallique. Cest parfois simplement la lumire,
mais plus encore le rayonnement ultraviolet. De mme, il est possible de ralentir
ou de bloquer une polymrisation avec les additifs adquats. La connaissance de
ces donnes est videmment indispensable pour assurer la prvention de ce type
dvnement dangereux, que lon observe par exemple loccasion du stockage de
ces produits.
Cet inventaire, qui ne peut tre exhaustif, montre la diversit des sources dexposition
massive pouvant survenir et dcrit autant de situations dangereuses. Beaucoup
dautres scnarios de ractions chimiques ayant provoqu des sinistres peuvent tre
consults dans la base de donnes ARIA
1
.
m Incendies et explosions
Les incendies et les explosions ne sont que des ractions chimiques particulires,
savoir des combustions, si lon exclut les explosions dexplosifs voqus prcdemment.
La raction de combustion demande deux ractifs, dont lun est un combustible et
lautre loxygne. Elle sentretient delle-mme, parce que trs exothermique, aprs
son amorage que lon appelle ignition. Cette proprit explique la rgle fameuse
du triangle du feu, qui dit que pour quil y ait incendie il faut que soient runis : le
combustible, loxygne et la source dignition. Nous verrons que ce schma simpliste
est trs efcace au moment de la recherche de mesures de prvention. Pour rester
dans le cadre de louvrage, les combustibles envisags se limitent aux seuls produits
chimiques.
La situation dangereuse propre au risque incendie est constitue presque toujours
par la prsence simultane du combustible et de loxygne. En dehors des situa-
tions rares o de loxygne pur est employ, cest toujours lair qui est la source
doxygne. Les produits chimiques tant le plus souvent combustibles, surtout
quand ils sont organiques, cette situation dangereuse est omniprsente. Toutefois,
lvaluation du risque telle quelle est dveloppe au paragraphe 2.5.5 montre
1. [Link] La base de donnes ARIA (Analyse, Recherche et Information sur les
Accidents), du Bureau danalyse des risques et des pollutions industrielles (BARPI) recense depuis
1992 les vnements accidentels rsultant essentiellement de lactivit des tablissements classs au titre
de la lgislation relative aux installations classes ainsi que du transport de matires dangereuses qui
ont, ou auraient pu, porter atteinte la sant ou la scurit publiques, lagriculture, la nature et lenvi-
ronnement.
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84
2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
quune probabilit signicative dincendie nest prsente quavec des produits inam-
mables. Rappelons que linammabilit peut tre caractrise par le point dclair,
mais sa limite infrieure est variable selon les rglementations. Aujourdhui en Europe,
sont inammables les substances et prparations dotes des phrases de risque R10,
R11 et R12, mais aussi R17, R18 et R30. Lorsque le SGH sera appliqu, les codes
H correspondants cette catgorie seront plus nombreux parce que dpendants
de ltat physique des produits (voir annexe 5).
Lvnement dangereux est lapparition dune source dignition, que ce soit une
tincelle, une amme nue, ou un point chaud. Prcisons que lignition ne peut
avoir lieu quen phase vapeur. Cela ncessite que la source dignition rencontre des
vapeurs au-dessus du liquide inammable et cela explique pourquoi linammabi-
lit est une fonction directe de la volatilit. Quant au point chaud, il doit tre
une temprature minimum correspondant au point dauto-inammation du produit
inammable. Nous verrons au paragraphe 3.2.3 toutes les sources dignition que
lon peut rencontrer en pratique. Voici un exemple de ce type de scnario
1
:
La victime est un homme de 45 ans, conducteur en second sur rotative. Au moment de la reprise
de poste aprs une vingtaine dheures darrt, il a t constat au sous-sol un panchement de
tolune dans la fosse du porte-bobines dune rotative (machine larrt) en hliogravure, par suite
du dbordement du bac tampon dun encrier situ proximit. La victime et ses collgues, au
cours de lintervention de traitement de la fuite, ont fait usage de sciure de bois contenue dans des
sacs en plastique pour ponger le produit ; un incendie sest dclar et ils ont t intoxiqus par les
fumes (intoxication des poumons et du sang). Parmi les causes de cet accident, il est noter : une
fuite de robinet(s) non dcele lors de larrt machine ; une concentration en gaz atteignant le seuil
dinammabilit ; un dbut dincendie d sans doute un phnomne dlectricit statique ; un
dfaut dorganisation dans lintervention de traitement du problme dpanchement dun produit
trs inammable.
Un incendie, mme ses dbuts, nest souvent que la premire tape dun scnario
conduisant un sinistre trs grave, lorsquil se produit dans un environnement
chimique. Cela parce que tous les inammables prsents proximit sont rapidement
mis feu, puis les combustibles grce la chaleur dgage. Ensuite ce sont les
structures porteuses qui sont affaiblies et seffondrent, provoquant des ruptures de
contenants et de canalisations. Les substances ainsi libres senamment leur
tour ou gnrent des ractions dangereuses, improbables au dpart, et des explosions.
Cet effet dauto-aggravation est appel parfois effet dominos . On comprend
pourquoi les services de scurit dans les entreprises et les assureurs se focalisent
sur le risque incendie. Nous verrons dans le chapitre 4 que la vritable prvention
des incendies est plus conomique que le dploiement dimportants moyens de
lutte contre le feu. De nombreux ouvrages traitent du risque incendie en gnral
2
.
Le risque dexplosion est trs li au risque incendie, car les facteurs de dpart sont
les mmes : prsence dinammables ou de combustibles et occurrence dune source
dignition. Mais une explosion demande des conditions supplmentaires pour
survenir. Il sagit principalement de latmosphre explosive. En effet, une explosion
1. Extrait de la base EPICEA de lINRS.
2. LINRS propose une brochure synthtique sur le sujet : Lvaluation du risque incendie dans lentreprise,
ED 970.
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2 Thorie du risque chimique
rsulte de la combustion rapide, souvent instantane, du comburant avec loxygne
de lair. Cette raction se passe donc en phase vapeur ou arosol, car elle est
possible avec les combustibles condition quils soient disperss dans lair. Cest le
cas avec un combustible liquide sous forme de brouillard, ou un solide sous forme
de nuage de poussires. Toutefois, il faut que la concentration des vapeurs ou des
particules en suspension dans lair puisse permettre la combustion de dmarrer
et de se propager. Cette concentration doit tre comprise entre une limite inf-
rieure dexplosivit (LIE) et une limite suprieure dexplosivit (LSE), condition
qui dtermine lexistence dune atmosphre explosive. Cest cette dernire qui
constitue la situation dangereuse. Mais ds quil y a une mission de vapeurs ou de
poussires combustibles dans lair, il est difcile de garantir quil nexiste aucune
zone explosive.
Le tableau suivant donne quelques exemples de valeurs de LIE et LSE, pour des
liquides, classes par LIE croissante.
Substance
Eb
(point
dbullition en C)
PE
(point dclair
en C)
LIE
(en %)
LSE
(en %)
Dodcane 216 73 0,6
Actate doctyle 199 71 0,7 8
Krosne 150-300 43-72 0,7 5
n-dcane 174 46 0,8 5,4
Propylbenzne 159 30 0,8 6
Cumne 152 36 0,9 6,5
Naphtalne 217 78 0,9 5,9
Cyclohexanone 155 43 1,1 9,4
Styrne 145 31 1,1 7
Xylne 138 27 1,1 7
n-hexane 69 22 1,2 7,4
Aniline 184 70 1,3 11
Benzne 80 11 1,3 7,9
Cyclohexane 82 20 1,3 8
Sulfure de carbone 46 30 1,3 50
Mthylthylctone 80 9 1,4 11,4
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2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
Substance
Eb
(point
dbullition en C)
PE
(point dclair
en C)
LIE
(en %)
LSE
(en %)
Essence 38-204 43 1,4 7,6
Butane 1 1,8 8,4
ther thylique 35 45 1,9 36
Dioxanne 101 12 2 22
Ttrahydrofurane 66 14 2 11,8
Actate dthyle 77 4 2,0 11,5
Dimthylformamide 152 57 2,2 15,2
Actylne 83 2,5 81
Actate de vinyle 72 8 2,6 13,4
Actone 56 20 2,6 13
Dimthylsulfoxyde 189 95 2,6 42
Acroline 52 26 2,8 31
Acrylate de mthyle 80 3 2,8 25
Actonitrile 82 2 3 16
Acrylonitrile 77 0 3 17
Oxyde dthylne 10 18 3 100
thanol 78 12 3,3 19
Acide actique 118 39 4 20
Actaldhyde 21 37 4 60
Hydrogne 252 4 75
Sulfure dhydrogne 60 4 44
Cyanure dhydrogne 26 17 6 41
Bromothane 38 6,7 11
Mthanol 64 11 6,7 36
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2 Thorie du risque chimique
Ce tableau montre que ni le point dbullition, ni le point dclair, ne laissent
prsumer de la LIE. Elle est en fait en relation avec la concentration stchiom-
trique, cest--dire celle qui donne une combustion totale, compte tenu de la
formule chimique du combustible et de la teneur en oxygne de lair. Ce point a
t dvelopp dans un ouvrage prcdent
1
.
La sensibilit des arosols solides lexplosion est fonction de leur granulomtrie,
qui dtermine la surface ractive pour un poids donn, mais aussi leur stabilit
dans lair. Le tableau suivant montre les vitesses de sdimentation de particules
solides en fonction de leur diamtre. Ces chiffres doivent tre pris avec prudence,
car un nuage de poussires na jamais une granulomtrie homogne. Tout au plus
peut-on se rfrer une granulomtrie mdiane, dans la mesure o lon a pu raliser
une mtrologie.
On considre quau-del dun diamtre de 100 microns le risque dexplosion reste
trs faible. Les limites infrieures dexplosivit sont tablies en mg/m
3
, mais ne
prsentent pas la mme prcision quavec les vapeurs. Leur dtermination est assez
dlicate raliser. Le tableau suivant montre quelques exemples de ces valeurs, par
ordre croissant.
Substance
Eb
(point
dbullition en C)
PE
(point dclair
en C)
LIE
(en %)
LSE
(en %)
Formaldhyde 19 7 73
Chloromthane 25 8,1 17,4
Dichloromthane 40 13 22
Ammoniac 33 15 28
1. Guide du risque chimique (ch. 4.1), Guy Gautret de La Moricire, Dunod.
Diamtre particulaire
en microns
Vitesse de sdimentation
en mtres par heure
100 1 000
50 100
10 10
5 2,5
1 0,1
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2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
Combustible LIE en mg/m
3
Anhydride phtalique 15
Hexamthylnetriamine 15
Polystyrne 15
Starate de zinc 20
Polythylne 20
Rsine poxydique 20
Amidon 25
Caoutchouc 25
Polycarbonate 25
Magnsium 30
Nylon 30
Polyurthanne (mousse) 30
Soufre 35
Dextrine 40
Actate de cellulose 40
Aluminium pulvrulent 40-140
Sucre 45
Aspirine 50
cellulose 55
Charbon 55
Viscose 55
Carboxymthylcellulose 60
Vitamine C 70
Fer (rduit) 120
tain 190
Rsine ure formol 385
Zinc 460
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2 Thorie du risque chimique
Pour que lexplosion puisse avoir lieu, il faut dabord quun nuage de poussire se
forme. Si la granulomtrie comporte sufsamment de particules nes (< 100
microns), il est trs probable quune partie du nuage atteindra la LIE. Voyons
comment se forment les nuages de poussires.
Pour quil y ait poussires, il faut au pralable une prsence de produit pulvrulent.
La plupart des produits chimiques solides sont disponibles sous forme de poudre,
quils soient cristalliss ou amorphes. Une poudre, tant soit peu mise en mouvement,
produit de la poussire dautant plus stable quelle est ne. Hors mise en uvre des
produits utiliss, la prsence de poussires peut venir de la mise en forme pulvrulente
volontaire, cest--dire tout ce qui relve du broyage, du concassage, de latomisation,
etc. Cette mise en forme est par contre non dsire dans le traitement mcanique
des matriaux, tel que le sciage, le perage, le ponage, etc. La formation darosol
solide peut tre le but recherch dans certaines oprations. Il sagit par exemple de
traitements de surface tels que les dpts par procd lectrostatique ou le sablage.
Le transport pneumatique est aussi largement utilis dans le transfert de grandes
quantits de produits chimiques, alimentaires ou agricoles. Enn, il ne faut pas
perdre de vue le domaine des dchets, dont une grande partie se prsente sous
forme pulvrulente, lexemple le plus banal tant celui du bois. Parmi les opra-
tions produisant des missions de poussires de dchets, citons la maintenance des
gaines de ventilation, des ltres, le balayage et tous les nettoyages dquipements
en gnral qui contiennent des dpts pulvrulents.
La source dignition dune explosion, qui est lvnement dclencheur, demande
en gnral moins dnergie que pour un incendie. Ainsi, les tincelles gnres par
des dcharges dlectricit statique sont sufsantes comme source dignition des
atmosphres explosives. Dans lutilisation des produits chimiques, il existe de
nombreuses sources dlectricit statique. En dehors des sources classiques, telles
que le frottement de matriaux non conducteurs, il faut citer en particulier la
circulation des liquides ou solides pulvrulents dans des canalisations non conduc-
trices. Nous renvoyons nos lecteurs des ouvrages spcialiss pour approfondir ce
sujet
1
. Rappelons, si cela est ncessaire, que des puissances caloriques et mcani-
ques considrables se dveloppent lors dune explosion.
Voici deux exemples dexplosion darosols
2
:
EXEMPLE 1 :
Le salari, g de 23 ans, ouvrier dexcution, tait occup avec un autre salari vider les ltres, en
forme de chaussette, qui sont en bout du systme daspiration des poussires de sucre de latelier de
fabrication de drages. Pour cela, ils ouvrent successivement les extrmits des ltres pour en vider
les contenus de rsidus de sucre et les recycler dans le processus de fabrication. Le systme daspira-
tion est remis en marche sans raison de service et un nuage de poussire de sucre se rpand dans
cette partie de latelier. Quelques moments aprs, une explosion se produit, mettant le feu, brlant
sur tout le corps le salari qui est tu sur le coup et blessant lgrement lautre. partir denviron
3 mtres du ltre qui tait ouvert se trouvent des appareils de fabrication de drages avec des
rampes de chauffage gaz qui fonctionnent durant le nettoyage des ltres.
1. Nous conseillons par exemple deux brochures de lINRS : Les mlanges explosifs. Gaz et vapeurs (ED 911)
et Les mlanges explosifs. 2. Poussires combustibles (ED 944).
2. Extraits de la base EPICEA de lINRS.
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90
2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
EXEMPLE 2 :
La victime, un ouvrier spcialis g de 28 ans, travaillait sur une chane dencollage automatique
de 1986, lorsquune dcharge dlectricit statique au niveau du convoyeur a provoqu linamma-
tion du nuage de colle pulvrise par le pistolet de la chane dencollage. Lexplosion produite a
dsolidaris les tuyaux souples dalimentation des pistolets, qui se sont mis projeter le feu en
fouettant dans lair. Lensemble de linstallation sest enamm, notamment le ft de 200 kg de
colle en rserve dans latelier. Par suite de lincendie, et de la dgradation du stock de mousse poly-
urthanne prsent dans latelier, une importante fume toxique sy est dissipe. Deux salaris,
coincs au fond de latelier, ont d relever le rideau mtallique pour sortir du btiment. Ce maintien
dans une atmosphre dangereuse a entran lintoxication des deux salaris, dont la victime, qui
ont d tre hospitaliss et gards en observation.
Le deuxime exemple illustre trs bien lenchanement de dommages de gravit
croissante, appel effet dominos .
m Sous-oxygnation
La sous-oxygnation est un manque partiel ou total doxygne dans lair. Une
personne respirant cet air va se trouver en hypoxie, puis en anoxie, conduisant
rapidement un dcs par asphyxie. Lair normal contient environ 21 %
doxygne et 79 % dazote. Cette composition peut tre modie par la prsence
de gaz ou de vapeurs. Supposons par exemple que lon introduise du dioxyde de
carbone concurrence de 10 % dun volume donn. Les teneurs en oxygne et
azote vont respectivement descendre 19 % et 71 %. On considre que la zone de
scurit va de 19 % 25 % doxygne, mais ces chiffres sont trs dpendants de
facteurs individuels, comme ltat de sant, la pratique sportive, etc.
condition quil soit inerte, un gaz peut donc occuper jusqu dix pour cent de
lair avant de crer un risque dhypoxie. Cest le cas de lazote, du dioxyde de
carbone, de lhlium et des autres gaz rares, tels que le non ou largon. Lhydro-
gne, bien quon ne lui connaisse pas de toxicit, prsente un tel risque dexplosion
quil nest pas envisag dans le cadre de la sous-oxygnation. Pour les vapeurs, le
calcul serait le mme, si nintervenait pas dabord la toxicit. En effet, eau
excepte, la VLEP la plus leve que lon rencontre est la VLE de lthanol
5 000 ppm, soit 0,5 %. Cela veut dire que les atteintes la sant interviendront
bien avant lhypoxie. Le dioxyde de carbone a un effet particulier, savoir que ds
une concentration denviron 15 %, il provoque des troubles graves, dont une
perte de connaissance, avant que ne se manifestent ceux de lanoxie.
Ce risque est souvent oubli dans les analyses parce que lhabitude est de partir des
agents chimiques prsentant un danger. Dans le cas de la sous-oxygnation, la
situation dangereuse peut se prsenter de plusieurs faons :
Prsence dun stock de gaz inerte :
Il peut tre contenu dans une bouteille sous pression, un rservoir cryognique,
une canalisation, etc. Lvnement dangereux partira dune fuite, dune rupture,
dune ouverture intempestive, dun renversement, etc. La manipulation de touries
dazote liquide, observables dans diffrents laboratoires, cre ce type de situation
dangereuse, de mme que la pratique de linertage de cuve, dans lindustrie
chimique notamment.
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2 Thorie du risque chimique
Gnration de gaz inerte :
Cela concerne principalement le dioxyde de carbone en cas de raction imprvue,
par exemple dun acide sur un carbonate. Certaines ractions chimiques peuvent
aussi gnrer de lazote gazeux. Les vnements dangereux correspondants sont
ceux qui ont dj t voqus pour les ractions dangereuses (paragraphe 2.5.2).
Pntration dans une atmosphre sous-oxygne :
La situation dangereuse est alors constitue par lespace conn : enceinte, local,
souterrain, tunnel, excavation, etc., comme pour le risque de toxicit aigu. Encore
faut-il pouvoir imaginer un manque doxygne et, pour ce faire, quels vnements
en seraient responsables. Lexprience met en vidence les facteurs suivants :
Combustion : Une combustion consomme ncessairement de loxygne, qui est
progressivement remplac par du dioxyde de carbone, mais aussi par du monoxyde
de carbone si la combustion est incomplte. Ainsi une combustion sans amme,
initie par un point chaud, dans un espace mal ventil, est un vritable pige
mortel. Mais la pollution peut aussi provenir dun appareil de chauffage en
dysfonctionnement, sans que lon sen aperoive.
Oxydation : Loxygne de lair peut tre consomm par loxydation de mtaux,
essentiellement ferreux. La baisse de la concentration qui en rsulte nest sensible
quen espace conn et en prsence de surfaces neuves, non dj oxydes. Ce
scnario se rencontre dans la chaudronnerie et dans la construction navale, qui
ralisent de grands volumes clos avec des tles dacier neuf. Ce type daccident
est toutefois relativement rare.
Inertage : Il est dusage, pour viter les atmosphres explosives, dintroduire de
lazote dans de grandes cuves, racteurs ou rservoirs. Mais il est aussi dusage
de pntrer ces volumes pour y excuter des oprations de maintenance. Si
latmosphre dun tel volume nest pas rendue respirable avant toute intrusion,
laccident est invitable, comme le montre cet exemple
1
:
La victime, ge de 40 ans, oprateur de fabrication, a pntr dans une cuve de fermentation
utilise pour la fabrication de ferments lactiques. Elle a t asphyxie et a perdu connaissance, la
cuve tant en atmosphre sature en azote (sans oxygne). Elle a voulu secourir un collgue en
contrat de qualication BTS Maintenance qui tait sans connaissance dans la cuve, galement
asphyxi par le manque doxygne. Ce collgue avait voulu rcuprer un couvercle de bote tomb
inopinment dans la cuve. Auparavant, un autre collgue avait tent de rcuprer le couvercle mais
tait remont rapidement, car il stait trouv incommod. Lalerte est donne. De lair comprim
est inject par le haut et le bas de la cuve pour la purger. La victime et son collgue auraient recom-
menc bouger avant larrive des pompiers. La victime a repris connaissance en sortant de la cuve,
le collgue seulement lhpital. Une canne est disposition pour retirer les objets de la cuve mais
na pas t utilise. Des masques ltrant lammoniac sont galement disposition mais nont pas
t utiliss et ntaient pas adapts la situation.
Fermentation : La fermentation de matires organiques, provoque par des
micro-organismes, peut gnrer du dioxyde de carbone quand elle est arobie et du
mthane ou du sulfure dhydrogne quand elle est anarobie. La situation
dangereuse est donc lie la prsence de ces matires organiques. Elle est
1. Extrait de la base EPICEA de lINRS.
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2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
videmment prvisible dans les installations o lon provoque la fermentation,
telles que les stations dpuration. Mais il faut galement lenvisager dans des
travaux de fouilles et dexcavation, car lhistorique des terrains nest pas toujours
bien connu.
2.5.3 Dommages
Ceux-ci peuvent tre inventoris par la synthse suivante, tablie aprs consultation
des bases de donnes sur les accidents du travail :
m Dommages provoqus par un contact cutan massif
Effets rversibles :
Le premier stade de latteinte la peau se manifeste par des rougeurs, des irritations,
lapparition de boutons et deczma. Ces effets cessent aprs suppression de lexpo-
sition et limination de lagent.
Brlure chimique :
En fonction de la corrosivit de lagent chimique et de la dure du contact, des
dgradations de lpiderme et du derme peuvent intervenir. Elles peuvent laisser
des squelles visibles. Notons quune simple goutte de produit corrosif peut provo-
quer des graves atteintes lil. Des substances possdent un effet corrosif renforc
par une capacit accrue la pntration percutane. Parmi celles-ci, citons le
brome, lacide monochloractique et lacide uorhydrique, capables de ronger la
peau assez profondment. Lacide uorhydrique, dont lutilisation se rencontre dans
beaucoup de domaines, est un toxique insidieux, car mme quand les dommages
cutans sont relativement modrs, les effets sur le mtabolisme du calcium osseux
sont redoutables et mme mortels.
Effets toxiques gnraux :
Une forte exposition cutane un solvant, en particulier halogn, provoque, en
plus des dommages cutans, des effets similaires une intoxication respiratoire,
en raison du passage rapide dans le sang par voie percutane.
m Dommages provoqus par une inhalation massive
Lintoxication aigu commence par de simples malaises, tels que nauses, vertiges,
cphales, troubles de la vue et de lquilibre. Elle peut aller jusqu la suffocation,
perte de connaissance et mort. Les mcanismes de lintoxication sont diffrents
selon les substances, selon quelles agissent sur le systme nerveux central, comme
beaucoup de solvants, ou sur le mtabolisme sanguin, comme pour les poisons tels
que le cyanure dhydrogne ou le monoxyde de carbone. Quant au sulfure dhydro-
gne (H
2
S), une rapide perte de connaissance intervient partir de 500 ppm, suivie
dun coma parfois convulsif accompagn de troubles respiratoires (dyspne et
cyanose), dun dme pulmonaire, de troubles du rythme cardiaque et de modi-
cations tensionnelles. Aux concentrations suprieures 1 000 ppm, le dcs survient
de faon trs rapide, en quelques minutes.
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2.5 Processus accidentel
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2 Thorie du risque chimique
Pour xer les ides, reprenons lexemple du paragraphe 2.5.2 qui montrait que deux
litres de dichloromthane vapors dans un local de 20 m
2
gnrait une concentration
de 15 000 ppm. On sait que des troubles graves interviennent avec cette substance
sur lhomme ds 2 000 ppm et que la concentration ltale (CL
50
) par inhalation
pour les souris est de 24 850 ppm en 30 min.
De mme, un effet narcotique, comme en prsentent nombre de solvants, peut se
manifester trs rapidement en fonction de la concentration. Il est alors responsable
dautres types daccidents : chutes, blessures, accidents de circulation, etc. Ces
accidents ne sont pas toujours mis en relation avec lexposition aux solvants,
surtout sils se produisent aprs le temps de travail.
m Dommages accidentels indirects par incendie ou explosion
Un incendie produit dabord beaucoup de chaleur, donc les personnes qui nont
pu schapper sont victimes de brlures thermiques de toutes gravits. Il gnre
ensuite beaucoup de gaz et de vapeurs qui peuvent tre toxiques. Il consomme
aussi de loxygne, crant ainsi un risque danoxie. Enn, les fumes abondantes
sont lorigine dirritation des yeux et des voies respiratoires, pouvant aller jusqu
une suffocation.
Une explosion cause toujours de graves dommages humains et aux installations.
Le premier effet est le soufe, qui projette objets et personnes proximit. Mais
lorsquelle se produit dans un rcipient, elle provoque sa rupture brutale en
envoyant des projectiles, qui peuvent tre lourds et acrs, de grandes distances.
Elle saccompagne gnralement dune expansion de ammes et de gaz brlants,
produisant eux-mmes des brlures et des dparts dincendies, voire dautres
explosions. Comme dans les incendies, le risque dintoxication aigu sajoute
tous ces effets.
m Dommages provoqus par une ingestion accidentelle
Une ingestion accidentelle de produit chimique est souvent dun volume non
ngligeable, plusieurs centilitres, en raison de leffet de surprise. La voie digestive
est dabord sensible au contact direct des produits avals. On peut avoir, selon les
proprits des produits en cause, des irritations et des brlures, rapidement trs
graves en raison de la sensibilit des muqueuses. Ensuite peuvent suivre des effets
dintoxication gnrale par assimilation au niveau de lestomac et de lintestin.
Certains toxiques agissent des doses si faibles quune simple contamination des
aliments peut provoquer une intoxication.
m Dommages provoqus par lanoxie
Lorsque la concentration en oxygne dans lair est entre 12 et 16 %, on observe
une augmentation du rythme respiratoire et du pouls, ainsi quun manque de
coordination des mouvements. moins de 10 % apparaissent une fatigue anor-
male, des nauses, des vomissements et des pertes de conscience. moins de 6 %,
des convulsions se produisent, le sujet devient inconscient, la respiration sarrte,
puis le cur quelques minutes aprs.
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2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
2.5.4 Arbre des causes
Larbre des causes est une mthode danalyse daccident mise au point par lINRS
il y a plusieurs dcennies. Elle na rien perdu de son opportunit et son utilit sest
vue renforce par lmergence de la notion dvaluation des risques dans les rgle-
mentations. Il savre en effet quelle constitue un puissant outil de reprage des
facteurs premiers , cest--dire tant lorigine des situations et des vnements
dangereux possibles dans le domaine tudi. Cest dailleurs en appliquant cette
mthode un grand nombre daccidents lis aux produits chimiques que nous avons
labor le modle sur lequel repose notre mthodologie, rsume au paragraphe 2.2.1.
Ainsi, ct dune mthodologie prdictive des dysfonctionnements, il est indis-
pensable de faire une bonne analyse de ceux qui se sont malgr tout produits, quils
soient des accidents, des presque accidents ou de simples incidents. Nous allons
voir, sur quelques exemples, la puissance de cette mthode. Il nest cependant pas
inutile de rappeler les bonnes pratiques de la mthode de larbre des causes.
m La mthode
La mthode consiste partir du constat du dommage nal, pour identier ses
causes immdiates, ncessaires et sufsantes, sachant quil peut y en avoir une comme
trois ou quatre. En ritrant ce raisonnement lmentaire chaque cause identie,
on construit un enchanement de causes de plus en plus rami, linstar dun arbre
gnalogique. Il est toujours possible de trouver une cause une cause, constat qui
rendrait cet arbre inni ! Le bon sens dicte quel rang il faut sarrter, en gnral
au niveau des choix stratgiques de lorganisation concerne, ce qui est dj beaucoup.
Une fois lensemble des causes identies, il ne reste plus qu trouver les moyens
dliminer chacune delles, en commenant par les plus hautes dans la hirarchie.
En effet, le schma ci-dessus montre bien que la suppression dune cause de rang n
limine toutes les causes en aval qui en dpendent.
Figure 2.12 Principe de larbre des causes
Dommage final
Cause B de
rang 1
Cause A de
rang 1
Cause F de
rang 2
Cause E de
rang 2
Cause D de
rang 2
Cause C de
rang 2
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2.5 Processus accidentel
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2 Thorie du risque chimique
Cette description courte de la mthode montre bien sa simplicit, qui en fait son
universalit, car elle nest videmment pas rserve au risque chimique, ni mme
aux accidents, mais applicable tout dysfonctionnement. Lefcacit de la mthode
tient ce que les conclusions sont logiques et non pas intuitives, comme dans beau-
coup de dcisions. Inversement, elle conduit automatiquement une pluralit de
causes, excluant ainsi le rexe simpliste de la cause unique des faits. Cependant,
elle na pas le succs escompt, car elle est souvent mal applique. Il existe en effet
trois points cls quil ne faut absolument pas ngliger pour en tirer le meilleur parti.
La mthode est rigoureusement factuelle, cest--dire que larbre doit tre cons-
truit partir de faits tablis, ne pas confondre avec des opinions ou des juge-
ments, du type il tait trop il semblait, il aurait d, etc. . Il faut dire
la temprature tait de lordre de 120 C et la consigne tait de 90 C au lieu
de la temprature tait trop leve . Avant de construire un arbre des causes,
il faut dabord recueillir le maximum de faits avec prcision, en sattachant
reprer les carts et les tats inhabituels.
Il faut viter toute ngation suggrant un cart, comme il ne portait pas son
casque ou il ny avait pas dextincteur . Ces formulations induisent une
mesure de prvention, qui nest pas forcment judicieuse. Dautre part, cette mthode
ne doit pas servir identier des fautes, mais seulement des problmes. Ainsi, la
vraie cause dune brlure aux mains est le contact avec un produit qui fuit, par
exemple, mais pas labsence de gants, car ltat standard dun individu implique
les mains nues. Le port de gant nest alors quune des possibilits de solution,
quil ne faut pas mettre en avant. De mme, plutt que de dire il ny avait pas
de couvercle sur la cuve , il vaut mieux dire soit des vapeurs sortaient par
louverture de la cuve , soit le couvercle avait t dpos , ces deux faits tant
plus prcis. Dans la pratique, cest certainement la rgle la moins respecte.
Larbre des causes et lenqute qui prcde doivent tre labors par une quipe
pluridisciplinaire, anime par un garant de la mthode. Cette dmarche collective
est indispensable pour obtenir un consensus sur les mesures prendre, qui seront
dautant mieux appliques. Cela facilite en outre le respect des deux rgles
prcdentes.
m Exemples darbres des causes
tude de cas 1 :
Relation des faits :
10 h 30, un camion dune entreprise de distribution de produits chimiques
arrive dans lentreprise de traitement de surface cliente. I1 doit livrer 3 000 1 de
lessive de soude et 2 500 1 dacide chlorhydrique dans les cuves de stockage.
Les oprations de raccordement sont opres, comme dhabitude, en prsence du
responsable de la station dpuration. Les produits sont dans des citernes mobiles
et le transfert se fait par pression laide dun compresseur. Comme le dbit lui
parat faible, le chauffeur va vrier le remplissage de la citerne dacide se trouvant
lintrieur du local. Il constate alors la prsence de vapeurs et se trouve rapide-
ment pris de suffocation. Il est secouru par le technicien, puis transfr lhpital par
les pompiers appels par la suite. La victime sest par la suite rtablie sans squelles.
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96
2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
Une vrication, rapidement faite, a montr que la citerne de livraison, sense
contenir de lacide chlorhydrique, contenait en fait de lhypochlorite de sodium
(eau de Javel) suite une erreur humaine au cours du chargement. Do lorigine
du nuage de chlore issu de la raction de lhypochlorite sur 1acide chlorhydrique
contenu dans la citerne xe. Cela a t dabord ni par le fournisseur, prvenu au
tlphone, puis reconnu.
Schma de lenvironnement :
Schma du poste de travail :
Recueil dinformations complmentaires aprs enqute :
Le bon de livraison mentionnait de lacide chlorhydrique.
Il ny avait pas dtiquetage de la cuve mobile.
La ventilation ne concerne que les citernes dans latelier et il ny a pas de venti-
lation gnrale.
Il sest coul 400 1 dhypochlorite.
Le couvercle de la cuve dacide tait simplement pos, puisque la cuve est toujours
en lgre dpression.
Figure 2.13 Plan de la zone daccident
Figure 2.14 Coupe du poste de dchargement
bureaux
porte
camion
NaOH javel HCl
bisulfite
.
vannes
station
dpuration
chaux
cuve
mobile
cuve HCl
camion
air comprim
ventilation
vanne marque HCl
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2.5 Processus accidentel
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2 Thorie du risque chimique
Il ny a pas de contrle des produits livrs.
Le chauffeur navait pas de masque.
Le technicien de la station dpuration avait un masque adapt et sen est servi.
Le chlore a dtruit le pupitre de pilotage de la station.
Arbre des causes tabli dans lentreprise :
Remarques sur larbre des causes :
La mthode met bien en vidence limportance de lerreur didentication de
produit, par rapport un non-port de protection respiratoire qui venait lesprit
au dpart.
Les causes en gris sont celles qui feront lobjet de mesures de prvention.
Larbre a bien t tabli sans ngations, contrairement aux observations gurant
dans le rapport denqute.
Toutes les observations ne sont pas reprises dans larbre, car certaines nont pas
jou de rle direct dans lapparition de laccident, comme le dfaut de marquage
des cuves de transport.
Figure 2.15
erreur au
chargement
acide sur
le bordereau
de livraison
hypochlorite dans
la cuve du camion
contenu identifi
comme acide
dlai de dtection
de lincident
introduction
dhypochlorite
dans lacide
quantit verse
importante
incident de
dpotage
de lacide a t
command
mission massive
de chlore
couvercle soulev
chlore dans la station
intoxication au chlore
confiance au
chauffeur
chauffeur dans la station
cuve de stockage
dans la station
vrification
du niveau
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98
2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
tude de cas 2 :
Relation des faits :
Dans un laboratoire de recherche, une technicienne chimiste doit lancer une rac-
tion dont lun des ractifs est le carbonate de dimthyle. Elle va chercher le acon
au local de stockage et sapprte louvrir sur la paillasse, lintrieur de la sorbonne o
est mont son appareil. Elle dvisse le bouchon du acon et, cet instant, un petit
jet de liquide schappe de louverture et atteint un il de la technicienne. Elle
cherche aussitt un lave-il, quelle va trouver au bout de deux minutes. Elle aura
une lgre lsion oculaire, mais sans squelles aprs les soins dispenss.
Recueil dinformations complmentaires aprs enqute :
Le acon tait en surpression.
La technicienne avait oubli de remettre ses lunettes de protection, car elle sortait
dune runion.
Le ractif tait en stock depuis 3 ans.
Le acon tait entam.
Le lave-il tait plac dans le couloir menant au laboratoire.
Le carbonate de dimthyle se dcompose en prsence deau en mthanol et dioxyde
de carbone.
Ltiquette du acon mentionnait les informations de scurit suivantes :
R11 : Facilement inammable
R36/38 : Irritant pour les yeux et la peau
S9 : Conserver le rcipient dans un endroit bien ventil
S16 : Conserver lcart de toute amme ou source dtincelles. Ne pas fumer.
Arbre des causes tabli dans lentreprise :
Figure 2.16 Arbre des causes daccident au laboratoire
Lsion
oculaire
Produit irritant
Contact
oculaire
Projection
de produit
Pression
interne
Ouverture
rapide du
flacon
Produit
hydrolysable
avec formation
de gaz
Prise
dhumidit
3 ans de
stockage
Besoin pour
la raction
Flacon bouch
et tiquet
Yeux
proximit
Mode
opratoire
Travail manuel
dlicat
3
5
4
2
1
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2.5 Processus accidentel
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2 Thorie du risque chimique
Remarques sur larbre des causes :
Ni ltiquette ni la FDS, consulte aprs coup, ne mettent en garde contre le risque
dhydrolyse. Seule la bibliographie et la formation peuvent amener limaginer.
Les causes numrotes de 1 5 sont celles qui sont retenues pour une mesure de
prvention.
La cause ne portait pas de lunettes de protection ne gure pas, comme convenu,
malgr son apparente vidence. Cela nempche pas la mesure dtre indique
pour la cause n 4.
tude de cas 3 :
Relation des faits :
Dans un atelier de chimie ne, on ralisait la fabrication dune amine secondaire
par rduction dun imide au borohydrure de sodium. La raction est conduite
dans un racteur quip dun condenseur vertical pour le reux de solvant. Le
ractif, en suspension dans du chloroforme, est dabord introduit dans le racteur.
Ensuite on ajoute lentement limide prpare en solution dans le chloroforme avec
un activateur, dans un autre racteur. Laddition se fait en 8 heures, au moyen
dune pompe doseuse, au reux du chloroforme. Mais 15 min aprs le dbut du
transfert, loprateur entend une explosion dans le premier racteur. Aussitt
aprs, des ammes fusent par le plan de joint du couvercle et atteignent lopra-
teur qui senfuyait. La victime a t gravement brle dans le dos et intoxique par
les gaz de combustion.
Schma de linstallation :
Recueil dinformations complmentaires aprs enqute :
Une explosion a prcd le jet de ammes.
Le disque de rupture a saut.
Loprateur tait nouveau ce poste.
La raction avait t conduite 21 fois sans incident.
Figure 2.17 Schma dinstallation de chimie fine
vent
condenseur
Imide
+ activateur
Disque
de rupture
Pompe doseuse
Racteur
Borohydrure
+ CHCl
3
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2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
Le dbit de coule tait 7 fois plus rapide que la normale.
La pompe doseuse est rglable par de simples repres.
Une odeur de chloroforme a prcd lexplosion.
La raction dgage de lhydrogne avec des traces de diborane.
La temprature dauto-ignition du diborane est de 40 C.
Il y avait une alarme de temprature dans le condenseur, qui na pas fonctionn.
La pompe doseuse tait rgle pour une autre raction.
Arbre des causes tabli dans lentreprise :
Figure 2.18 Arbre des causes dun accident de process chimique
Jet de vapeurs en flammes Oprateur proximit du racteur
Pilotage vue
Ignition de lhydrogne
Auto-ignition du diborane
Dcompression brutale et arrive dair dans le racteur
clatement du disque de rupture
Fuite au couvercle
Monte rapide en pression
Dgagement rapide dhydrogne et de diborane vent de diamtre 50 mm
Emballement de la raction
Dbit de ractif trs suprieur la consigne
Oprateur brl gravement
Surpression
Milieu ractionnel 65 C
Accumulation de ractif non ragi
Rglage de pompe modifi Oprateur nouveau
Raction exothermique
Dlai de dmarrage de la raction
3
5
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2 Thorie du risque chimique
Remarques sur larbre des causes :
Un tel arbre est long construire. Il demande une bonne quipe pluridiscipli-
naire, une enqute minutieuse et des vrications dhypothses.
La survenue dune explosion a t difcile expliquer au dpart, car il ny avait
pas de source dignition prsente. Son explication est venue de la dcouverte de
la formation de diborane et de la rupture du disque. En effet, le bruit de cette
rupture sest confondu avec celui de lexplosion, ce qui fait quon la prise pour
la consquence de lexplosion et non pas pour la cause.
La rupture du disque de surpression a aussi t difcile expliquer, car lembal-
lement de la raction est pass inaperu. Ce nest que le signalement de lodeur
de chloroforme qui a conduit cette hypothse. Le contrle de temprature,
tant plac au niveau du condenseur, na pas montr de monte signicative en
raison du reux.
Les causes numrotes de 1 6 sont celles qui feront lobjet de mesures de
prvention, dcrites au paragraphe 5.2.2.
Cet arbre des causes a t trs riche en enseignements pour la scurit des
process en gnral, comme en tmoigne le plan de prvention qui en a dcoul.
Les principes en sont repris au paragraphe 5.2.2.
m Conclusion
Chaque arbre montr ici est issu du travail collectif dun groupe particulier. Tout
autre groupe aurait abouti un arbre diffrent. Mais la logique de la mthode fait
que lon arrive toujours aux mmes conclusions et aux mmes choix de principe
des mesures de prvention, du moins si on lapplique avec rigueur.
Ces exemples montrent bien la multiplicit des causes de tout accident ou inci-
dent, ce qui ouvre un choix de mesures de prvention beaucoup plus large que
celui qui rsulte de la seule intuition. Ds que lon remonte un peu dans la hirar-
chie des causes, elles deviennent principalement du type organisationnel. En nal,
cest le management qui est en cause. Ce point est fondamental et le nier
condamne terme toute dmarche de prvention lchec.
2.5.5 Estimation du risque accidentel
Lestimation du risque accidentel est une tape de lanalyse encore plus indispen-
sable que dans le processus chronique, en raison du nombre dvnements
dangereux que lon est amen envisager. Elle sappuie toujours sur deux variables,
la gravit et la probabilit du dommage, qui dpendent elles-mmes de beau-
coup de facteurs, diffrents selon la nature du dommage. Rappelons que cette
rgle est commune tous les types de risques accidentels. La norme ISO 14121
1
,
qui vise les accidents sur quipements de travail, cite les facteurs dterminants
(chapitre 7.2) :
1. Norme ISO 14121-1-2007 - Scurit des machines Principes pour lapprciation du risque.
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102
2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
Cela peut trs bien sappliquer au risque chimique, mais en tenant compte de ses
spcicits, notamment la nature des dommages. Nous allons examiner comment
gravit et probabilit se dterminent en loccurrence.
m Niveau de gravit
Les dommages peuvent se situer sur une chelle de gravit assez classique quand ils
sont corporels :
1 = Dommage rversible ;
2 = Dommage irrversible avec incapacit lgre ;
3 = Dommage irrversible avec incapacit lourde ;
4 = Dcs.
Le niveau de gravit concerne le dommage envisag. Il est assez difcile xer sans
respecter des rgles de raisonnement. En effet, on peut observer que tout peut
arriver dans un accident, de labsence totale de dommage jusquau dcs. Cela est
d au fait quil existe un lien troit entre la gravit et la probabilit, selon une
variation classique que le schma suivant synthtise :
LE
RISQUE
LA
GRAVIT
LA
PROBABILIT DOCCURRENCE
de ce dommage
relatif au
phnomne
dangereux
considr
est une
fonction
de
du dommage
possible pouvant
rsulter
du phnomne
dangereux considr
et
de
frquence et dure dexposition
probabilit doccurrence dun
vnement dangereux
possibilit dviter ou de limiter
le dommage
Figure 2.19 Relation entre gravit et probabilit dun dommage donn
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
0 2 4 6 8 10
gravit
p
r
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b
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2 Thorie du risque chimique
Ce qui fait la diffrence dimportance des risques, cest le positionnement de la
courbe, comme le montre le graphe suivant :
Dans la pratique, il suft de situer la gravit la plus frquente pour lvnement
considr daprs lhistorique et les statistiques disponibles ou, dfaut, pour des
vnements similaires.
Quand le dommage chimique se produit par contact massif direct, cutan ou
respiratoire, que lon appelle aussi exposition aigu, la gravit sestime comme celle
dune exposition chronique, cest--dire quelle est en rapport avec le niveau de danger
et la dose reue dagent chimique. La diffrence est que la dose reue est unique et
de dure relativement courte. En outre, le caractre alatoire de cet vnement
interdit tout calcul prdictif, mme grossier, de la dose susceptible dtre absorbe.
Seule la quantit mise en uvre permet une estimation relative. Par exemple si un
oprateur travaille sur 1 litre de solvant, la gravit dun accident dintoxication aigu
sera a priori infrieure celle quengendre le travail sur 1 000 litres du mme solvant.
Mais cest une estimation quil faut traiter au cas par cas, selon les caractristiques
du poste de travail.
Pour le risque li la ractivit, la gravit du dommage est la fois fonction de la
chaleur totale de raction et du danger des substances volatiles formes, plus que
de celui des ractifs, mais leur quantit est tout aussi inuente sur cette gravit. Le
tableau du paragraphe 2.5.2 montre que, souvent, la toxicit des substances formes
est telle que le dommage le plus frquent considrer est le dcs.
Pour un risque dincendie/explosion, la gravit du dommage ne dpend plus du niveau
de danger de lagent chimique, qui nest que le dclencheur, mais des circonstances
et de lenvironnement prsents linstant du dclenchement. Ainsi la gravit du
dommage sera fonction de la position de lindividu par rapport la source du
phnomne, de son ampleur, du nombre dindividus menacs, de la possibilit de
projection dobjets ou de produits chimiques, de celle dmanations massives, etc.
Figure 2.20 Courbes de risque dimportances diffrentes
Importance du risque
Gravit
P
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2
3
4
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2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
Pour imaginer le scnario, il convient de distinguer lincendie de lexplosion. En effet,
un incendie laisse gnralement beaucoup plus de possibilits dvitement des
dommages, tel quune vacuation et une premire lutte contre le feu. Mais il est
difcile, except en labsence totale de produits inammables, dexclure le risque
dexplosion. Comme la prudence veut que, dans le doute, on envisage le dommage
le plus grave, cest presque toujours la mort qui est retenue comme dommage
maximum dans ce type daccident. Une gravit infrieure nest envisageable que
pour un travail sur de petites quantits (quelques cm
3
). La gravit dpend aussi du
nombre de personnes exposes.
La dtermination dun niveau de gravit reste donc trs intuitive, mais doit tre
guide par la prise en compte des paramtres que lon vient dvoquer, surtout pour
un classement relatif.
m Niveau de probabilit
Que laccident envisag soit de type exposition massive ou incendie/explosion, la
probabilit de survenue de laccident est essentiellement fonction du scnario.
Rappelons que ce scnario est un enchanement de faits lmentaires, ayant chacun
leur propre probabilit. La probabilit du dommage, et cest la seule qui compte,
est une combinaison de toutes les probabilits intervenant chaque tape. Pour
illustrer ce concept, reprenons lexemple du paragraphe 2.5.2.
Nous voyons en particulier quun dclencheur assez probable peut ne gnrer
quun dommage assez peu probable. Dautre part, il y a autant de probabilits
nales que de variantes de scnarios. Nanmoins, certains facteurs accroissent ou
rduisent le niveau de probabilit dun vnement dangereux. Rappelons dabord
ceux que cite la norme ISO 14121 :
La frquence et la dure de prsence en situation dangereuse, en vertu des lois
statistiques. On retrouve ici la notion de dure cumule, dj exploite pour
lexposition chronique. Elle sera ventuellement fonction de limportance du
travail manuel dans le mode opratoire.
Limportance des possibilits dvitement, telles que la fuite, lesquive, la mise labri,
voire lapne, qui sont des gestes rexes, acquis par lexprience et dclenchs
tape Facteur influent Probabilit
Choc chariot/tuyauterie
Proximit entre le passage du chariot
et la tuyauterie
P1
Desserrage des brides Qualit du serrage initial P2
Fuite du liquide Prsence de liquide sous pression P3
Contact liquide/oprateur Prsence de loprateur sous la bride P4
Brlure chimique P = P1 P2 P3 P4
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2.5 Processus accidentel
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2 Thorie du risque chimique
soit par la vue directe du dysfonctionnement, soit par des avertisseurs ou signaux
installs dans ce but.
Ajoutons ceux-ci les facteurs plus spciques du risque chimique :
la quantit de produit mis en uvre, qui agit aussi sur la probabilit en facilitant
latteinte dune concentration critique, que ce soit une VLEP ou une LIE ;
la distance homme-produit ;
le connement du poste pour lintoxication aigu ;
la pression des produits liquides ou gazeux ;
la volatilit et le point dclair pour le risque incendie/explosion ;
le degr douverture de linstallation, cest--dire limportance des surfaces de
produit lair libre.
En particulier, la probabilit dune explosion est elle-mme estime partir de
certains facteurs, tels que :
le volume possible de latmosphre explosible ;
la concentration probable des vapeurs dans lair ;
linammabilit du produit (en fonction de son point dclair) ;
la prsence possible de sources dignition.
Lexemple suivant illustre linuence de linammabilit sur la probabilit dune
explosion
1
:
La victime est mtallier dans une entreprise de mtallerie-serrurerie. Lors dun essai de pulvrisa-
tion aprs une opration de rinage dun pistolet dapplication de peinture lectrostatique, une
explosion sest produite, brlant gravement loprateur au visage. Loprateur a semble-t-il oubli
de couper le botier lectrostatique, et effectu le rinage de linstallation en rejetant le solvant
directement dans un ft. Lorsquil a rtabli lair comprim, le fonctionnement du dispositif lec-
trostatique sest rtabli automatiquement. Le solvant utilis a un point dclair de 6 C au lieu des
30 C prconiss par le fabricant du pistolet ; la moindre tincelle au niveau du bouchon du ft
peut provoquer une explosion temprature ambiante.
La probabilit dune raction incontrle est fonction dabord de son exothermicit,
mais surtout de la criticit de ses paramtres de fonctionnement. Les moyens qui
permettent de respecter ces conditions, souvent trs prcises, sont aussi dtermi-
nants sur cette probabilit. Lexemple le plus connu des chimistes est celui des
ractions de nitration. Quant aux ractions imprvues, leur probabilit va dpendre
de la possibilit de rencontre de produits incompatibles dune part et de la prsence
humaine dautre part.
Ces quelques points seront dterminants au moment du choix des mesures de
prvention. En outre, il ne faut pas sous-estimer limportance des erreurs humaines
dans le dclenchement des vnements dangereux. Elles ont t reconnues dans de
nombreuses catastrophes technologiques, comme en tmoigne la base ARIA
2
ou
lexemple n 1 du paragraphe 2.5.4. Ces erreurs sont dautant plus probables lorsque
les personnes sont soumises des facteurs favorisants, souvent tudis. Nous en
citerons quelques-uns :
le dfaut de formation ;
1. Extrait de la base EPICEA de lINRS.
2. Voir note 43.
[Link] Page 105 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
106
2.5 Processus accidentel 2 Thorie du risque chimique
le dfaut dinformation ;
labsence de mode opratoire crit et disponible ;
le manque de planication des tches ;
les dfaillances de systme de communication (technique ou humain) ;
la surcharge mentale.
Ces facteurs sont bien apparus dans les exemples darbres des causes du para-
graphe 2.5.4. La dtermination du niveau de probabilit reste, elle aussi, trs
intuitive, mais le rsultat est valide si lon respecte une certaine logique, qui prend
en compte un scnario prcis, ainsi que les facteurs qui peuvent accrotre ou rduire
le niveau de probabilit.
m Estimation finale du risque accidentel
Lvaluation du risque accidentel se termine en situant son importance, qui est donc
une combinaison des niveaux de gravit et de probabilit, en suivant une rgle
similaire celle qui est utilise pour le risque dexposition chronique. La matrice
de combinaison, 3, 4 ou 5 niveaux dentre, est un des moyens les plus pratiqus
pour cette cotation. En voici un exemple :
Lchelle de 1 3 situe limportance du risque daccident. Ce simple tableau offre
en fait loccasion dune remise en cause de notre faon de juger les risques acciden-
tels, dans tous les domaines. En effet, le jugement des risques est empreint, dans
lhistoire humaine, de facteurs culturels et affectifs. La prise de risque nest-elle
pas, dans lopinion publique, un signe de courage et de force de caractre ? Inver-
sement, certains risques sont maximaliss a priori, en raison de craintes rexes,
souvent motives par la part dinconnu qui sy attache. Cest ainsi que lon observe
la peur de lavion, la peur du nuclaire, la peur des produits chimiques, etc. Or le
recours, on ne peut plus simple, la combinaison gravit-probabilit permettrait
de dmythier limportance de ces risques.
Prenons lexemple du risque daccident li un transport motoris et comparons
lavion et le vhicule personnel. Envisageons le dommage maximum, cest--dire le
dcs dans les deux cas, avec un niveau suprieur pour lavion puisque le dcs est
collectif. En termes de probabilit, la diffrence est norme : des centaines de fois
plus faible pour lavion que pour le vhicule personnel. En appliquant le tableau
ci-dessus, on trouverait un niveau 2 de risque pour lavion et un niveau 3 pour le
vhicule. Le fait que lon choisisse instinctivement lordre inverse sexplique en
partie par lide rassurante que lon matrise les vnements dangereux en condui-
sant soi-mme.
Niveau de probabilit de survenue du dommage
faible moyen lev
Niveau de gravit
du dommage
lev 2 3 3
moyen 1 2 3
faible 1 1 2
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2.6 Caractristiques des mthodes existantes
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2 Thorie du risque chimique
Mais comment bien estimer la probabilit dun dommage, puisque cest un para-
mtre dterminant ? La rponse est dans la loi des grands nombres , qui veut
que la frquence statistique dun dommage particulier observe dans un trs grand
nombre dvnements mesure prcisment sa probabilit de survenue. Encore
faut-il disposer de ces statistiques. Elles existent dans beaucoup de domaines, tels
que les transports, la sant publique, les accidents du travail, les accidents de la vie
prive, etc. Cela permet dafrmer par exemple quen Europe occidentale, la
probabilit daccident grave dans la production dnergie est largement suprieure
avec les combustibles liquides ou gazeux que par technique nuclaire.
Le schma suivant rsume la procdure complte de cotation du risque chimique
accidentel.
Les approximations apparentes de cette mthode ne nuisent pas un classement
judicieux des risques par importance, le but nal tant dtablir un plan daction
qui traitera tous les risques rpertoris.
2.6 Caractristiques des mthodes existantes
Les mthodes danalyse des risques chimiques que lon peut trouver auprs dorga-
nismes ou dentreprises spcialiss dans les risques industriels sappuient toutes sur
la distinction entre danger et risque. Linventaire des risques chimiques commence
en gnral par un inventaire des dangers, lequel ncessite dinventorier dabord
tous les produits utiliss. La deuxime tape concerne la recherche des expositions
Figure 2.21 Estimation du risque chimique accidentel
Niveau de danger
Dclencheur
vnement dangereux
Niveau de gravit Niveau de probabilit
Phrase de risque
Importance du risque
Situation dangereuse
Mode opratoire Agent chimique
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108
2.6 Caractristiques des mthodes existantes 2 Thorie du risque chimique
des postes de travail et la dmarche se termine par une valuation des risques,
selon des mthodes trs variables.
Le risque incendie-explosion est souvent trait dans une dmarche distincte, quand
il nest pas inclus dans le risque chimique. Il nous est apparu que lensemble de ces
mthodes souffre dune vision limitative du risque chimique, qui ne prend que
partiellement en compte le processus accidentel. Cette lacune a des consquences
videntes sur le choix des mesures de prvention censes couvrir tous les risques
prsents. Elle est pourtant assez frquente, puisquon la retrouve dans la mthode
INRS (ND 2233), qui dailleurs lannonce clairement, mais aussi dans le systme
REACH. En effet, le rglement europen CE/1907/2006 na pas clairement envisag
le processus accidentel, en dehors du risque incendie-explosion et des ractions
chimiques dangereuses.
Dans son annexe I qui dcrit les mesures de scurit chimique incombant aux
fabricants et utilisateurs, il est dit quun scnario dexposition dcrit la manire
dont la substance est fabrique ou utilise, ainsi que les recommandations destines
aux utilisateurs en aval.
On pourrait imaginer que les accidents du type expositions massives sont inclus
dans les scnarios dexposition. Mais il est prcis plus loin :
En particulier, un scnario dexposition comprend, le cas chant, une description des
lments suivants :
Conditions dexploitation :
les processus intervenant, y compris la forme physique sous laquelle la substance est
fabrique, transforme et/ou utilise ;
les activits effectues par les travailleurs dans le cadre des processus, ainsi que la
dure et la frquence de leur exposition la substance ;
les activits des consommateurs, ainsi que la dure et la frquence de leur exposition
la substance ;
la dure et la frquence des missions de la substance vers les diffrents milieux envi-
ronnementaux et les systmes de traitement des eaux uses, ainsi que le facteur de
dilution dans ce milieu rcepteur de lenvironnement.
La rfrence constante la dure et la frquence montre bien que les rdacteurs
parlent dexposition chronique. Cela est conrm par le passage suivant :
Lestimation de lexposition comporte trois lments :
1) lestimation des missions ;
2) lvaluation du devenir chimique et des voies de transfert ;
3) lestimation des niveaux dexposition.
Lors de lestimation des missions, il est tenu compte des missions qui se produisent
durant tous les stades pertinents du cycle de vie de la substance et dcoulent de la fabri-
cation et des utilisations identies. Les tapes du cycle de vie dcoulant de la fabrica-
tion de la substance couvrent, le cas chant, ltape de gestion des dchets. Les tapes du
cycle de vie dcoulant des utilisations identies couvrent, le cas chant, la dure de vie
utile des articles et ltape de gestion des dchets. Lestimation des missions est ralise
en admettant que les mesures de gestion des risques et les conditions dexploitation
dcrites dans le scnario dexposition ont t mises en uvre.
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2.6 Caractristiques des mthodes existantes
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2 Thorie du risque chimique
Il est procd une caractrisation des ventuels processus de dgradation, de transfor-
mation ou de raction, ainsi qu une estimation de la distribution et du devenir dans
lenvironnement.
Il est clairement fait uniquement rfrence aux vnements habituels et prvisi-
bles. La seule vocation du mcanisme accidentel intervient pour la caractrisation
des risques :
La caractrisation des risques consiste en :
une comparaison entre, dune part, lexposition de chaque population humaine dont
on sait quelle est ou quelle sera probablement expose et, dautre part, les DNEL
pertinentes ;
une comparaison entre, dune part, les concentrations environnementales prvues
dans chaque milieu de lenvironnement et, dautre part, les PNEC ;
une valuation de la probabilit et de la gravit dun vnement qui se produirait
cause des proprits physico-chimiques de la substance.
Ainsi lvnement est cit, mais seulement pour les proprits physico-chimiques.
Il est douteux quune projection dune substance corrosive, par exemple, entre
dans ce cas.
Or le volet accidentel du risque li lutilisation de produits chimiques, ind-
pendamment de laspect incendie-explosion, est loin dtre ngligeable. On peut
citer pour preuve, sil en fallait, la base de donnes EPICEA de lINRS sur les
accidents graves ayant fait lobjet dune enqute dans les CRAM. En voici un
extrait :
La victime, 37 ans, ouvrier, conducteur onduleuse et collerie, a t atteinte aux yeux et au visage par
des projections de soude, alors quelle aidait un collgue pour une opration de maintenance sur
une installation de dosage quipe dun accumulateur gon lazote (pression : 1,25 bar) pour
rgulariser le dbit de soude. Suite des dysfonctionnements du systme de rgulation, un mcani-
cien a t charg de vrier la pression de gonage de laccumulateur. Lintervention a t effectue
laide dune bouteille dazote 200 bars. Au cours de cette opration, la membrane de laccumu-
lateur a clat. Un manomtre, situ proximit de la victime, a cd sous la pression excessive
envoye dans linstallation. Les deux oprateurs ont t atteints par des projections de soude.
Une autre caractristique des diffrentes mthodes disponibles rside dans la manire
dont est estim le risque. Dans la grande majorit des cas, lestimation repose
essentiellement sur le niveau de danger de lagent chimique, ce qui est contraire
la dnition mme du risque et peut conduire des erreurs graves. Quand lesti-
mation va plus loin en prenant en compte les conditions de mise en uvre de
lagent chimique, elle le fait partir dlments de lenvironnement de travail tels
que la volatilit dun produit, louverture dun rcipient, la signalisation, un local
de stockage, ou la manipulation de produits. Cela est logique et simple parce que
concret. Cest pourquoi on retrouve ce principe notamment dans les logiciels
dvelopps pour lvaluation des risques chimiques
1
.
1. Dans le secteur du btiment, lOPPBTP (Ofce paritaire de prvention du btiment et des travaux
publics) propose le logiciel LARA pour les risques chimiques.
[Link] Page 109 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
110
2.6 Caractristiques des mthodes existantes 2 Thorie du risque chimique
Nous allons examiner plus particulirement trois mthodologies issues des orga-
nismes de la Scurit sociale chargs de la prvention des risques professionnels.
LINRS, dont la scurit et la sant au travail sont la raison dtre, a t un des premiers
laborer un outil dvaluation des risques pour les produits chimiques, en 2000
1
.
Cet outil a volu par la suite pour aboutir la Mthodologie dvaluation
simplie du risque chimique , souvent cite. Elle est caractrise par lutilisation
de scores qui quantient les diffrentes composantes du risque. Elle propose par
exemple pour lexposition par inhalation de tenir compte dun score de volatilit,
dun score de procd et dun score de protection collective. Lattribution des deux
derniers scores se fait par comparaison du poste de travail avec lun des quatre
postes types dcrits. Il est vrai que la diffrence avec notre mthodologie, qui
sappuie uniquement sur des grandeurs (dure, frquence, concentration, probabilit,
gravit), nest quapparente, car les grandeurs que nous estimons sont bien la rsultante
de la prsence de tous les lments de lenvironnement de travail. Cependant, la
relation de cause effet nest pas toujours garantie. Pour bien expliquer le problme
que nous soulevons ici, nous proposons deux exemples.
Supposons un procd de fabrication dun produit chimique dans une installation
totalement close. Les mthodes voques ci-dessus attribuent cette situation un
facteur dexposition ngligeable et concluent donc un risque faible. Mais un incident
intervenant sur une telle installation, lorsque cela nest pas prvu, les intervenants
sont souvent amens ouvrir le systme. Lexemple le plus banal est le bouchage
dune tuyauterie, ou la fuite dune vanne ou dune pompe. Lerreur destimation
existe mme dans le mode chronique, par exemple en cas douverture de couvercle
pour un contrle visuel, non prvu par le mode opratoire.
De mme, un poste de travail sujet manations et quip dun captage enveloppant
sera probablement class comme peu exposant. Mais cette estimation suppose que
la ventilation soit toujours en service, ce qui ne peut tre garanti. Lexprience montre
que les ventilations nayant quun caractre prventif sont assez souvent arrtes,
par exemple en raison du bruit gnr. Notre mthode aurait dailleurs prvu ce
poste un risque accidentel de dfaut de ventilation, dorigine technique ou humaine.
Ce qui montre encore que les deux processus du risque chimique sont indissociables
tout instant.
La mthode de lINRS a t dcline par la CRAM Midi-Pyrnes de faon plus
conviviale, sous le nom de mthode OSER
2
, ce qui est bnque au dveloppement
de la prvention, notamment dans les trs petites entreprises. Mais cette mthode
comporte la mme lacune sur le risque accidentel, ce qui est loin dtre ngligeable.
On retrouve cette impasse dans la mthode OPER@ (Outil de Premire valua-
tion du Risque chimique par lAnalyse de lactivit) dveloppe par la CRAM de
Bourgogne-Franche-Comt. Son objectif est de quantier chaque risque, puis de
chercher rduire la cotation obtenue en agissant sur ses paramtres. Le niveau de
gravit du risque chimique est calcul par la formule :
GR = (A/B + C) D
1. Note documentaire ND 2121-178 de lINRS.
2. Outil Simpli dvaluation du Risque chimique, disponible sur [Link]
[Link]
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2.6 Caractristiques des mthodes existantes
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2 Thorie du risque chimique
dans laquelle :
A est la somme des valeurs attribues chaque phrase R de catgorie A, cest--
dire celles relatives aux dangers attnuables pour lesquels une protection ef-
cace peut tre mise en place (exemple : port de gants et de lunettes pour la manipu-
lation de lhydroxyde de sodium soude caustique 5 %).
B reprsente la minoration de A qui peut tre obtenue si tous les conseils de
prudence mentionns sur ltiquette ou la che de donnes de scurit sont
respects.
C est la somme des valeurs attribues chaque phrase R de catgorie C, cest--
dire celles relatives aux dangers non attnuables pour lesquels aucune protection
nest totalement efcace. Ces phrases R caractrisent les effets CMR (cancro-
gne, mutagne, reprotoxique) des produits.
Le facteur D permet de prendre en compte lexposition de loprateur en fonction
des critres suivants :
la nature de la ventilation ;
le degr dautomatisation de lopration ralise ;
les risques dasphyxie, de brlure, dincendie ou dexplosion, deffets sur la sant.
Cette mthode a lavantage dtre simple et rapide, avec sa contrepartie en approxi-
mations. Pour entrer dans les dtails de son fonctionnement, il suft de lessayer
sur le site de la CRAM
1
. Elle a suscit de notre part les remarques suivantes :
Le facteur A introduit bien le niveau de danger du produit chimique. Par contre,
la notion de danger attnuable est incompatible avec sa dnition ofcielle.
Le facteur B est une bonne exploitation de ltiquetage, mais sa ralit montre
quil est plutt rare que les phrases S soient les mesures ncessaires et sufsantes
pour rduire le risque, qui, rappelons-le, dpend beaucoup de facteurs inconnus
des rdacteurs de ltiquette.
Le facteur C a le mrite de pointer les CMR et dinciter ainsi leur substitu-
tion. Il est toutefois dommage de ne pas en faire autant des produits non CMR
mais classs trs toxiques, qui, eux, peuvent entraner la mort en quelques
minutes.
Le facteur D est sans doute une intgration partielle du processus accidentel,
bien que le terme dintoxication aigu ne gure pas.
Nous citerons pour nir une mthode qui possde un certain caractre ofciel,
puisquelle est publie par la CNAMTS sous forme dune recommandation
2
; elle
a t vote par les partenaires sociaux en juin 2004.
La mthodologie gnrale qui y est dcrite tient en quatre pages. Elle propose six
tapes, que nous rsumons ainsi :
tape 1 : Organisation de la dmarche
Lemployeur doit tre linitiative de cette dmarche, participative et pluridisciplinaire.
1. Caisse rgionale dassurance maladie de Bourgogne-Franche-Comt, [Link]
2. valuation du risque chimique, recommandation n R 409, adopte par le Comit technique national
de la chimie, du caoutchouc et de la plasturgie le 23/06/04. Disponible sur le site [Link]-
[Link].
[Link] Page 111 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
112
2.6 Caractristiques des mthodes existantes 2 Thorie du risque chimique
tape 2 : Inventaire des agents chimiques et identication des classes de dangers
Un inventaire exhaustif des agents chimiques prsents et lidentication de leurs
dangers sont les tapes initiales indispensables lvaluation des risques. Les phrases
de risque servent attribuer les classes de dangers (de 1 5) pour chacun des aspects
du risque chimique : sant, scurit et environnement.
tape 3 : Caractrisation et hirarchisation des potentiels de risques
En raison du nombre dagents susceptibles dtre prsents au sein de ltablissement,
il est suggr de commencer, dans une premire phase, par les agents chimiques les
plus dangereux et les plus utiliss (en quantit et en frquence). Un classement par
score de potentiel de risques dcroissant permet de slectionner les agents chimi-
ques ou units de travail pour lesquels lvaluation des risques doit tre conduite
en priorit.
tape 4 : Dtermination de priorits dtude
Sur la base des rsultats issus de la hirarchisation des potentiels de risques (tape 3),
les situations pour lesquelles une valuation du risque devra tre mene prioritairement
sont identies. La dmarche est possible soit par unit de travail, soit par agent
chimique, soit par procd.
tape 5 : Risques, analyse et classement
Il sagit didentier, analyser, estimer et classer les risques inhrents aux conditions
de travail habituelles et ceux pouvant rsulter dvnements accidentels. Cette tape,
la plus importante, demande de reprer les tches effectues par les salaris dun
mme Groupe dExposition Homogne , dvaluer les risques en fonctionne-
ment habituel, puis les risques lis des vnements accidentels, et de consigner
lensemble du constat dans un rapport, notamment exploitable pour la rdaction
du document unique.
tape 6 : Classement des priorits daction
Dterminer les actions de prvention mettre en place en priorit. Elles gureront
dans un plan daction pouvant sappliquer sur une priode assez longue.
Les annexes de cette recommandation, outre quelques donnes utiles, reprennent
quasi intgralement pour illustrer la dmarche la publication de lINRS, rf-
rence ND 2233 (dj cite).
La mthodologie dcrite dans cette recommandation est, quelques dtails prs,
identique celle que nous dveloppons ici, mais sans la partie prvention comme
la plupart des mthodes existantes. Lorsquelle est incluse, cette partie se limite au
recours des principes gnraux hirarchiss, tels que lon peut en trouver dans le
Code du travail (voir paragraphe 4.4.4).
Ces principes, certes bien fonds, sont trop gnraux pour suggrer des mesures
adaptes aux risques caractriss dune situation de travail prcise. On retrouve
cette tendance dans certaines mthodes qui ambitionnent de mettre la prvention
du risque chimique la porte de tous, alors que nous pensons quelle reste une
discipline quasi scientique, avec ce que cela suppose de technique, de mthode,
de formation, de comptences acquises, doutils performants, etc.
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2.7 La contribution du rglement REACH
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2 Thorie du risque chimique
Pour illustrer cet aspect du choix de la mthode, prenons celle qui est propose par
la CRAM Midi-Pyrnes et reprise par dautres, sous le nom de mthode GERC
1
.
Cette mthode, trs simple et facilement accessible aux trs petites entreprises,
consiste remplir un tableau renseignant sur les tches, les produits et leurs
dangers, en mettant en vidence les CMR. Il faut ensuite inscrire les quantits
consommes annuellement, les dures dexposition et les mesures de prvention
complmentaires . La seule mthodologie propose consiste choisir ces
mesures dans une liste de type hirarchise, en insistant sur la ncessit de se faire
aider par le mdecin du travail. Cette mthode peut videmment bien fonctionner
mais, comme les autres dj cites, elle ignore toujours le risque accidentel. En
consquence, on peut tre incit substituer un produit dangereux par un moins
dangereux, en oubliant un risque de projection ou dexplosion li au process,
quune solution du type systme clos aurait pu viter.
Si le choix des mesures de prvention nest pas le rsultat dun raisonnement
logique mais plutt le fruit de diverses intuitions, lies la culture scurit des
intervenants, on aboutit une accumulation de solutions de premier niveau ,
telles que des ventilations ou des protections individuelles. En effet, la substitu-
tion, mise en exergue par la campagne CMR, nest que rarement techniquement
possible. Ces solutions entranent gnralement des contraintes pour le personnel,
aboutissant terme une attitude dubitative, voire rticente, envers toute
dmarche de prvention.
Nous ne rejetons pas toutes ces mthodes, malgr leurs limites. Nous pensons au
contraire que la simplicit, du moins pour certaines, est un atout pour leur diffu-
sion et, terme, pour une progression de lesprit de prvention. Cette progression
sera aussi facilite par un recours croissant des logiciels spcialiss.
2.7 La contribution du rglement REACH
Nous avons vu que le rglement REACH instaure en premier lieu un nouveau
systme de classication des agents chimique visant abiliser lidentication de
leurs dangers. Sur ce point, il se situe en amont du SGH. Mais il impose aussi aux
fournisseurs et utilisateurs de procder une valuation de la scurit chimique,
qui doit tre consigne dans un rapport. Sans vouloir exposer tout le contenu du
REACH, nous prsentons ici ce quil apporte dans la mthodologie danalyse du
risque chimique.
2.7.1 Les tapes principales
m Enregistrement
Selon le schma gnral prsent au paragraphe 1.3.3, les fabricants, importateurs,
utilisateurs en aval, ou leurs reprsentants, doivent dclarer lagence dsigne la
mise sur le march ou lutilisation des substances ou prparations, hors exemptions,
1. Grille dvaluation du Risque Chimique pour les TPE, disponible sur [Link]
prises/[Link].
[Link] Page 113 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
114
2.7 La contribution du rglement REACH 2 Thorie du risque chimique
en quantit suprieure une tonne par an. Cet enregistrement est assorti de lobli-
gation de fournir un dossier technique contenant (article 10) principalement :
Des informations :
lidentit du ou des fabricants ou importateurs,
lidentit de la substance,
des informations sur la fabrication et les utilisations de la substance,
la classication et ltiquetage,
des conseils dutilisation de la substance,
des rsums dtudes,
des propositions dessais,
des informations concernant lexposition, pour les substances en quantits
comprises entre 1 et 10 tonnes ;
Un rapport sur la scurit chimique.
m valuation
Le rapport sur la scurit chimique contient une valuation, qui est effectue
conformment aux paragraphes 2 7 du rglement et lannexe I, soit pour chaque
substance, telle quelle ou contenue dans une prparation ou dans un article, soit
pour un groupe de substances. Elle est effectue et un rapport est tabli conform-
ment larticle 14, cest--dire, pour toutes les substances enregistres en quantits
gales ou suprieures 10 tonnes par an, sans prjudice de larticle 4 de la directive
98/24/CE qui stipule que tout employeur doit valuer les risques pour la scurit
et la sant des travailleurs rsultant de la prsence dagents chimiques. Elle ne doit
pas tre effectue pour une substance prsente dans une prparation si la concen-
tration de la substance est infrieure au plus faible des diffrents niveaux prvus
dans les directives 1999/45/CE, 67/548/CEE et le titre XI du rglement.
Cette valuation comprend les tapes suivantes :
a) une valuation des dangers pour la sant humaine ;
b) une valuation des dangers physico-chimiques ;
c) une valuation des dangers pour lenvironnement ;
d) une valuation des caractres persistants, bioaccumulables et toxiques (PBT) et
des caractres trs persistants et trs bioaccumulables (vPvB).
Si, la suite des tapes a) d), le dclarant conclut que la substance rpond aux
critres de classication dune substance ou dune prparation comme dangereuse
conformment aux directives 67/548/CEE et 1999/45/CE, ou si la substance est
value comme tant PBT ou vPvB, lvaluation de la scurit chimique comporte
les tapes supplmentaires suivantes :
a) une valuation de lexposition, qui comprend la production de scnarios dexposi-
tion et une estimation de lexposition ;
b) la caractrisation des risques.
Tout dclarant identie et applique les mesures appropries en vue dune matrise
valable des risques identis dans lvaluation de la scurit chimique et, le cas chant,
recommande ces mesures dans les ches de donnes de scurit.
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2.7 La contribution du rglement REACH
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2 Thorie du risque chimique
Ainsi le rglement REACH garantit une conservation des informations de scurit
tout au long de la chane dapprovisionnement. En particulier, larticle 31 prcise
que : tout acteur de la chane dapprovisionnement qui doit laborer un rapport sur
la scurit chimique conformment aux articles 14 ou 37 joint les scnarios dexposi-
tion correspondants (y compris les catgories dusage et dexposition, le cas chant) en
annexe la che de donnes de scurit couvrant les utilisations identies et notam-
ment les conditions spciques rsultant de lapplication de lannexe XI, section 3.
Il est aussi prcis (article 34) que cette transmission dinformation doit aussi se
faire en remontant de lutilisateur au fournisseur et dun employeur vers ses
employs (article 35).
Cela est si vrai que lutilisateur en aval fait reposer ses mesures de prvention sur la
FDS et le rapport sur la scurit que lui a transmis son fournisseur et ne fait son
propre rapport que si ncessaire, en particulier pour toute utilisation scartant des
conditions dcrites dans un scnario dexposition .
m Autorisation
Une autre particularit du REACH est dexiger une autorisation pour utiliser ou
mettre sur le march des substances ou prparations dites proccupantes. Celles-ci
doivent gurer dans lannexe XIV, vide pour le moment, qui doit tre remplie avant
juin 2009. Lautorisation nest octroye par lagence dsigne que si toutes les mesures
de matrise des risques mentionnes dans le rapport sur la scurit sont prises.
Mais larticle 57 prcise que si des substances appartenant aux catgories suivantes :
CMR selon la directive 67/548, cest--dire les cancrognes 1 et 2, les muta-
gnes 1 et 2, les toxiques pour la reproduction 1 et 2,
PBT et vPvB (selon lannexe XIII),
sont incluses dans lannexe XIV, il faudra en outre dmontrer que les avantages
socio-conomiques lemportent sur les risques quentrane lutilisation de la subs-
tance pour la sant humaine ou lenvironnement, et quil nexiste pas de subs-
tances ou de technologies de remplacement appropries.
Sil savre que certaines substances ou prparations prsentent des risques inac-
ceptables (article 68) ou qui ne sont pas valablement matriss (article 69),
lagence dsigne peut aller jusqu interdire, partiellement ou totalement, leur
mise sur le march et leur utilisation. Elles sont alors inscrites lannexe XVII, qui
en comprend dj 52 (liste en annexe 7). La plupart de ces restrictions concernent
le march grand public .
Il est noter que lagence dsigne constituera progressivement une base de donnes
contenant tous les produits enregistrs avec leurs donnes de scurit. Cette base
de donnes sera consultable par le grand public sur Internet.
Aprs cette synthse sommaire du rglement REACH, examinons ltape qui concerne
plus la mthodologie danalyse des risques.
2.7.2 Lvaluation de la scurit chimique
Cette valuation simpose pour toute mise sur le march ou utilisation de substance
ou prparation classe dangereuse. Elle comporte deux volets.
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2.7 La contribution du rglement REACH 2 Thorie du risque chimique
m valuation de lexposition
Cette valuation comporte elle-mme deux tapes :
la production de scnario(s) dexposition ou des catgories dutilisation et dexpo-
sition pertinentes, le cas chant ;
lestimation de lexposition.
tape 1 : laboration de scnarios dexposition
Le scnario dexposition est au cur du processus dvaluation de la scurit
chimique. Il est dni comme : lensemble des conditions dcrivant la manire
dont la substance est fabrique ou utilise pendant son cycle de vie et la manire
dont le fabricant ou limportateur contrle ou recommande aux utilisateurs en
aval de contrler lexposition de ltre humain et de lenvironnement. Ces scnarios
dexposition dcrivent la fois les mesures de gestion des risques et les conditions
dexploitation que le fabricant ou limportateur met en uvre ou dont il recom-
mande la mise en uvre aux utilisateurs en aval. Il se prsente donc sous la
forme dun mode demploi standard, assorti de prcautions gnrales, linstar de
ce quexige dj la rglementation pour les quipements de travail. On ne saurait
le confondre avec la notion dexposition que nous dveloppons dans cet ouvrage,
qui rete les conditions relles de chaque utilisation dun produit chimique,
conditions que ne peut pas connatre le fournisseur, en gnral.
Certes il est reconnu que les utilisations peuvent tre trs diverses et que le fournis-
seur dnit alors des familles dutilisation, appeles catgories dexposition .
Heureusement, il est dit dans lintroduction de cette annexe I que : quand la
mthodologie dcrite dans la prsente annexe nest pas approprie, la mthodologie de
remplacement utilise est dcrite et justie de manire dtaille dans le rapport sur la
scurit chimique.
Le scnario doit correspondre aux hypothses de dpart concernant les conditions
dexploitation et les mesures de gestion des risques (scnario dexposition initial).
Sil rvle une matrise inapproprie des risques pour la sant humaine ou lenvi-
ronnement, il est alors ncessaire de procder par itration, en modiant un ou
plusieurs facteurs lis lvaluation des dangers ou de lexposition, an de faire
preuve dune matrise approprie. Le scnario dexposition obtenu aprs la dernire
itration (scnario dexposition nal) est inclus dans le rapport sur la scurit chimique
et joint la che de donnes de scurit.
Un scnario dexposition comprend, le cas chant, une description des lments
suivants :
Conditions dexploitation :
les processus intervenant, y compris la forme physique sous laquelle la substance
est fabrique, transforme et/ou utilise,
les activits effectues par les travailleurs dans le cadre des processus, ainsi que la
dure et la frquence de leur exposition la substance,
les activits des consommateurs, ainsi que la dure et la frquence de leur exposition
la substance,
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2.7 La contribution du rglement REACH
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2 Thorie du risque chimique
la dure et la frquence des missions de la substance vers les diffrents milieux
environnementaux et les systmes de traitement des eaux uses, ainsi que le
facteur de dilution dans ce milieu rcepteur de lenvironnement ;
Mesures de gestion des risques :
les mesures de gestion des risques visant rduire ou viter lexposition dtres
humains (travailleurs et consommateurs) et de lenvironnement la substance,
les mesures de gestion des dchets visant rduire ou viter lexposition des
tres humains et de lenvironnement la substance durant llimination et/ou le
recyclage des dchets.
Lorsquun fabricant, un importateur ou un utilisateur en aval fait une demande
dautorisation portant sur une utilisation spcique, des scnarios dexposition ne
doivent tre labors que pour lutilisation en cause et les tapes ultrieures du
cycle de vie.
tape 2 : Estimation de lexposition
Lestimation de lexposition comporte trois lments :
Lestimation des missions : elle est ralise en admettant que les mesures de
gestion des risques et les conditions dexploitation dcrites dans le scnario
dexposition ont t mises en uvre.
Lvaluation du devenir chimique et des voies de transfert : elle rend compte des
dgradations et ractions chimiques possibles.
Lestimation des niveaux dexposition : elle tient compte en particulier des
lments suivants :
les donnes sur lexposition, reprsentatives et mesures de manire adquate ;
la gestion des risques mise en uvre ou recommande, y compris le degr de
connement ;
la prsence ventuelle dimpurets et dadditifs importants dans la substance ;
la quantit pour laquelle la substance est produite et/ou importe ;
la quantit destine chaque utilisation identie ;
la dure et la frquence de lexposition que prvoient les conditions dexploi-
tation ;
les activits effectues par les travailleurs dans le cadre des processus, ainsi que
la dure et la frquence de leur exposition la substance ;
les activits des consommateurs, ainsi que la dure et la frquence de leur
exposition la substance ;
les voies dexposition probables et le potentiel dabsorption par des tres humains.
Nous remarquons la redondance particulire qui affecte la dure et la frquence
dexposition, puisque cette expression est mentionne une fois dans les conditions
dexploitation et trois fois dans lestimation de lexposition.
m Caractrisation des risques
La caractrisation des risques consiste en :
1) une comparaison entre :
dune part, lexposition de chaque population humaine dont on sait quelle est
ou quelle sera probablement expose,
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2.7 La contribution du rglement REACH 2 Thorie du risque chimique
dautre part, les DNEL pertinentes ;
2) une valuation de la probabilit et de la gravit dun vnement qui se produi-
rait cause des proprits physico-chimiques de la substance.
Pour chaque scnario dexposition, le risque pour les personnes et lenvironne-
ment peut tre considr comme tant valablement matris au cours du cycle de
vie de la substance dcoulant de la fabrication et des utilisations identies, si :
les niveaux dexposition estims la section 6.2 ne dpassent pas la DNEL ou la
PNEC pertinent(e), tels que dtermins respectivement aux sections 1 et 3 ;
la probabilit et la gravit dun vnement qui se produirait cause des proprits
physico-chimiques de la substance, telles que dtermines la section 2, sont
ngligeables.
Dans le cas des effets sur lhomme et des milieux environnementaux pour lesquels
il na pas t possible de dterminer une DNEL ou une PNEC, il est procd une
valuation qualitative de la probabilit dviter les effets lors de la mise en uvre du
scnario dexposition.
m Aspects mthodologiques
Nous voyons que la caractrisation des risques correspond exactement ltape
estimation du risque chimique de notre mthode, laquelle consiste combiner un
niveau dexposition avec un niveau de danger, qui est lui-mme fonction des VLEP.
Par contre, lobjectif des scnarios dexposition reste binaire : il ne faut pas dpasser
les DNEL ou les PNEC, mais aucun classement des risques ou des dangers nest
voqu. En cas dabsence de telles valeurs limites, ce qui devrait tre frquent dans
les premiers temps, lvaluation peut tre qualitative , sans autre prcision.
De mme, pour les risques physico-chimiques, il est dit que le risque est estim
comme matris quand la gravit et la probabilit des vnements dangereux sont
ngligeables. Lexprience montre combien le terme ngligeable est sujet dbats,
en raison de sa nature subjective. Il est l aussi regrettable quaucune mthode,
tant soit peu quantitative, ne vienne lever cette imprcision.
2.7.3 Fiches de donnes de scurit
La plupart des rgles dj applicables llaboration et la diffusion des ches
de donnes de scurit, issues de la directive 91/155/CEE, restent en vigueur dans
REACH. Il est en effet prcis quune che de donnes de scurit est date et contient
les rubriques suivantes :
1) identication de la substance/prparation et de la socit/lentreprise ;
2) identication des dangers ;
3) composition/informations sur les composants ;
4) premiers secours ;
5) mesures de lutte contre lincendie ;
6) mesures prendre en cas de dispersion accidentelle ;
7) manipulation et stockage ;
8) contrle de lexposition/protection individuelle ;
9) proprits physiques et chimiques ;
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2.8 Le principe de prcaution
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2 Thorie du risque chimique
10) stabilit et ractivit ;
11) informations toxicologiques ;
12) informations cologiques ;
13) considrations relatives llimination ;
14) informations relatives au transport ;
15) informations relatives la rglementation ;
16) autres informations.
On trouvera dans lannexe II du rglement REACH un guide dlaboration dtaill
pour ces ches. Quelques modications ont t apportes. Il faut ajouter :
la rubrique n 1 :
ladresse e-mail de la personne comptente ;
le numro denregistrement de la substance selon REACH (si disponible),
dlivr par lECHA (European Chemical Agency), ne pas confondre avec le
numro de soumission, qui doit tre mentionn dans toute correspondance
relative lenregistrement jusqu ce que celui-ci soit considr comme
accompli.
la rubrique n 8 :
les valeurs DNEL (Derived No-Effect Level), si elles sont disponibles ;
les valeurs PNEC (Predicted No-Effect Concentration), si elles sont disponi-
bles.
Scnario dexposition :
Tout acteur de la chane dapprovisionnement qui doit laborer un rapport sur la
scurit chimique conformment aux articles 14 ou 37 joint les scnarios dexposition
correspondants (y compris les catgories dusage et dexposition, le cas chant) en
annexe la che de donnes de scurit couvrant les utilisations identies.
Il faut aussi signaler une modication de lordre des rubriques. Lancienne
rubrique 3 devient la nouvelle rubrique 2 et lancienne rubrique 2 devient la
nouvelle rubrique 3 (information sur les composants).
2.8 Le principe de prcaution
De la thorie des risques expose ici, il ressort quil nest pas possible didentier, a
fortiori destimer, un risque li un phnomne ou une matire dont on ne connat
pas le danger. Cette situation est relativement frquente en raison de lapparition
rgulire de nouveaux produits et de nouvelles technologies. Cette zone dinconnu
est par nature inquitante, du moins pour beaucoup de personnes, gnrant ainsi
chez elles un besoin de protection. Depuis longtemps, la rponse que lon attend
des responsables, et notamment des pouvoirs publics, est dappliquer le principe
de prcaution, qui consiste interdire ce qui nest pas sr , autrement dit :
dans le doute, abstiens-toi ! .
Pendant longtemps, les mises sur le march de produits chimiques nont t prc-
des daucune tude de danger approfondie. Lusage veut que les tudes soient
dclenches ds que des soupons deffets nfastes apparaissent ou que ceux-ci
sont constats. Quelle attitude adopter dans une telle situation ? Lobservation de
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2.8 Le principe de prcaution 2 Thorie du risque chimique
nos contemporains rvle deux comportements opposs. Un premier groupe, les
optimistes, dit que sil y avait quelque chose de grave, on le saurait dj. Sil y a
une nuisance bnigne, on trouvera bien comment sen remettre et sen prmunir.
Le second groupe, les pessimistes, dit que lignorance peut cacher une grave menace
sur la sant et quil faut interdire avant quil ne soit trop tard.
Ces observations voquent par exemple les dbats sur les rayonnements mis par la
tlphonie mobile ou les OGM. Par ailleurs, ils montrent que les tudes publies
ne sufsent pas toujours liminer les craintes, car il apparat une exigence croissante
dobjectivit, de validation, dindpendance, etc. En termes de mthodologie, les
deux attitudes conduisent des conclusions trs diffrentes.
La position optimiste consiste sassurer effectivement quaucun danger vident et
grave nexiste, dans un premier temps. Cela est relativement facile et rapide, la
toxicologie aigu tant bien dveloppe aujourdhui. Ensuite, il faut mettre en
place une vigilance et ragir au fur et mesure de la progression des connaissances.
La position pessimiste conduit suspendre toute mise sur le march tant que toutes
les tudes nont pas abouti des rsultats cohrents et valids. Ces tudes incluent
aussi bien le court terme que le long terme. Cest une dmarche qui est garante du
maximum de protection, mais qui est lourde et longue. Ainsi, avantages et incon-
vnients sopposent dans un dbat o sinvitent parfois des aspects affectifs ou
idologiques.
Nous pensons quil existe un point dquilibre entre ces deux extrmes, qui consiste
exiger une toxicologie aigu srieuse avant toute mise sur le march, puis en une
utilisation plus ou moins contrle, en fonction des rsultats toxicologiques, en
mme temps que le lancement dtudes sur les effets chroniques et long terme.
Toute volution des connaissances, acquises selon des procdures reconnues, peut
ensuite entraner un durcissement, ou un assouplissement, des conditions dutilisation.
Cest ce que propose le rglement REACH dans ses diffrentes tapes.
Cela revient dire que le principe de prcaution, qui ne vise que les substances
nouvelles ou mal connues, se trouve respect par la mise en place de REACH. On
peut donc esprer quil devienne un outil de consensus, en teignant les passions
que soulve parfois langoisse, ce sentiment rexe de lhomme face linconnu.
Lapplication du principe de prcaution est-elle aussi possible dans notre mthodo-
logie ? En effet, lestimation du risque repose sur lidentication des dangers des
produits, et sur leur cotation partir de leur classement rglementaire. Deux types
de difcults peuvent gner cette dmarche.
La premire provient du doute qui peut surgir sur la bonne classication dune
substance ou prparation. Ce doute nest pas anormal dans un systme de classement
qui repose, aujourdhui, sur la responsabilit du producteur. Mais lutilisateur est
tout aussi libre de revoir, pour lui-mme, cette classication et den adopter une
autre sil dispose des arguments sufsants. Le principe de prcaution lamnerait
donc majorer le niveau de danger, ce qui ne pose aucun problme, sinon celui
dobtenir le consensus des personnes concernes.
La seconde apparat lorsque la substance ne fait lobjet daucun classement. Si cest
le cas, elle nest logiquement pas sur le march. Nombre dintermdiaires de
lindustrie chimique de synthse se trouvent dans cette situation. La pratique en la
matire est bien connue. Une approche rapide des proprits dangereuses peut tre
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2 Thorie du risque chimique
ralise soit par le rapprochement structure/activit, soit par des tests toxicologiques
de base, souvent par les deux. Cela revient procder un classement de substance,
en interne, qui permet alors dappliquer la mthode gnrale. Mais si ce classement
ntait toutefois pas possible, par exemple pour des raisons de dlai, il convient sans
hsitation daffecter le niveau de danger maximum ladite substance et de continuer
lvaluation des risques, sachant que ce cas de gure ne devrait tre quexceptionnel.
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3 PRATIQUE DE LANALYSE
DES RISQUES CHIMIQUES
Le but de ce chapitre est de prciser comment les aspects thoriques du risque
chimique, dvelopps au chapitre prcdent, sont mis en pratique dans un grand
nombre de domaines.
Nous avons vu que les risques chimiques rsultent de la prsence simultane dune
personne et dun agent chimique dans une mme zone, crant soit une situation
dangereuse, soit une exposition, soit le plus souvent les deux. Leur valuation, qui
consiste tablir un classement par importance relative, se droule en quatre tapes :
reprage ;
identication ;
estimation ;
classement.
Cette valuation doit sinscrire dans des limites prcises pour que le classement nal
ait un sens. Mme si la mthode dcrite ici ne concerne que les risques chimiques,
elle peut trs bien tre intgre dans une approche multirisque, qui utilise dailleurs
les mmes concepts, comme nous le verrons au paragraphe 4.5.
3.1 Les mthodes de reprage des risques
3.1.1 Les limites de lanalyse
Comme pour tout problme, il faut commencer par le dlimiter, cest--dire bien
prciser quel ensemble de postes de travail il sapplique. Cet ensemble peut
sidentier un atelier, une usine, un btiment, un service, une quipe, etc.
Il est important de bien faire cette dlimitation an de ne commettre ni oubli ni
hors-sujet. Lvaluation des risques est avant tout relative, donc le classement des
risques qui en rsulte nest valable que pour lensemble dni au pralable. Les
niveaux estims, que ce soit dexposition, de gravit, de probabilit ou de priorit,
ne sont pas transposables dun ensemble un autre. En effet, le risque le plus
important dun ensemble peut ntre estim que moyen dans un autre ensemble,
et rciproquement.
Trs souvent la stratgie dvaluation des risques professionnels mise en place par
une entreprise conduit un plan pluriannuel qui, pour des raisons de moyens, dnit
plusieurs ensembles analyser successivement. Chacun de ces ensembles aura donc
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3.1 Les mthodes
de reprage des risques
3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
son propre classement de risques, qui fera lobjet dun plan de prvention autonome.
Seul le niveau de danger des agents chimiques est une valeur absolue, puisquil se
rfre une chelle xe au dpart, sauf volution du classement rglementaire.
3.1.2 Les mthodes possibles
Reprer des risques consiste en fait relever toutes les situations dangereuses et les
expositions prsentes aux postes de travail. Cela ncessite une observation attentive du
travail des oprateurs et des quipements. En effet, on ne peut identier un risque
que pour un poste, une action, ou encore un geste prcis.
Le reprage est en fait une prise de conscience dun risque. Le risque est souvent
tellement bien intgr dans les gestes du mtier quil faut dabord apprendre le
voir. Ainsi, pour les expositions, le contact avec le produit nest pas forcment
peru par les oprateurs, en particulier lorsque le produit nest pas visible, na pas
ou peu dodeur, nest pas irritant ou piquant. Labsence de perception sensorielle
conduit souvent nier le contact. Do limportance dun travail collectif, avec des
observateurs trangers lactivit tudie. De mme, une situation nest perue
comme dangereuse que si des accidents ou des incidents se sont dj produits, que
ce soit dans les mmes lieux ou ailleurs, et dans la mesure o la mmoire collective
les a conservs.
Le reprage passe par une observation des modes opratoires. Cette observation
peut demander beaucoup de temps, car les gestes sont trs nombreux, mme pour
une personne. En outre, ils varient dans le temps et avec les oprateurs. Les tches
accomplies sont aussi variables en frquence : il y a celles qui sont habituelles et
celles qui sont occasionnelles, rares ou exceptionnelles, par exemple loccasion
dun dpannage ou dune marche en mode dgrad. Il y a celles que lon considre
comme importantes (production) et dautres comme annexes (dmarrage, rglage,
prparation, maintenance, nettoyage).
Il faut donc une mthode pour reprer les risques pas pas. Il sagit en fait dlaborer
une squence listant toutes les actions ou phases successives, pour pouvoir ensuite
reprer les risques prsents pour chacune delles. Cest une analyse squentielle de
lactivit. Il y a trois mthodes possibles pour la raliser.
Une premire mthode consiste suivre un oprateur tout au long de lexcution
de ses diffrentes tches. Il faut alors les lister, ainsi que les diffrentes phases qui
les constituent, en observant longuement et en questionnant, car on oublie facile-
ment les tches rares, et des variantes peuvent exister selon les circonstances. Cest
pourquoi ce reprage doit se faire avec un groupe de travail constitu cette occasion,
dont loprateur fait videmment partie.
La premire difcult, quand on a choisi un oprateur, est de lister toutes ses tches.
Il peut y avoir des tches rptitives et des tches variables ou occasionnelles. Un
oprateur peut assumer plusieurs fonctions, en des lieux diffrents. Il faut savoir
qui le remplace en cas dabsence, etc.
Le phasage des tches ne doit tre ni trop vague, comme prparation du matriel ,
ni trop dtaill, comme prend le acon, enlve le bouchon, verse le liquide, repose
le acon, remet le bouchon . Pour y arriver, il faut partir sur un phasage plutt
dtaill et le simplier en fonction des risques prsents (exemple ci-aprs). Il faut
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3.1 Les mthodes
de reprage des risques
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3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
surtout retenir les gestes exposants, comme un simple essuyage avec un chiffon.
lissue du reprage, on peut supprimer les phases qui ne mettent aucun risque en
vidence. Toutes les tches et leur phasage doivent faire lobjet dun enregistre-
ment, suivi dune observation in situ pour vrier. On connat les carts possibles
entre le prescrit et le rel Les outils informatiques habituels permettent de
raliser facilement cet enregistrement.
EXEMPLE DE LISTE DES PHASES POUR UNE TCHE :
Tche : Ralisation dun mlange
Phases :
Vrication du mlangeur
Chargement dun solvant S
Pese du produit A
Pese du produit B
Introduction du produit A dans le mlangeur
Introduction du produit B dans le mlangeur
Surveillance du mlange
Vidange du mlangeur
Nettoyage du mlangeur
Remarque : Ces phases sont ralises successivement par un mme oprateur. Elles peuvent tre
communes plusieurs procds.
Ensuite il faut recommencer avec tous les oprateurs de lensemble dni. Lorsque
plusieurs oprateurs ont la mme activit, comme des caristes, il nest pas nces-
saire de recommencer zro, mais il faut bien reprer les diffrences qui peuvent
exister, comme le trajet suivi ou la faon de charger, etc. Limportant est de ne pas
oublier doprateurs, ce qui est facile avec un support prtabli, en suivant lorga-
nisation dcrite au chapitre 7. Cette dmarche a lavantage de conduire en mme
temps une meilleure vision globale des emplois, sans compter lintrt pour le
mdecin du travail, qui pourra facilement connatre toutes les expositions des salaris.
Lobservation dune tche peut rvler que dautres oprateurs, voisins ou de
passage , sont soumis aux mmes risques. Il nest pas rare quun employ adminis-
tratif ou commercial, voire un client, soit victime dun accident loccasion dune
visite dans un atelier. Il faudra en prendre note pour pouvoir recouper ces risques
avec lobservation de lactivit de ces oprateurs quand elle sera ralise son tour.
Une deuxime mthode consiste prendre un procd bien dlimit, et observer
toutes les interventions doprateurs chaque phase de ce procd (exemple ci-aprs).
On entend par procd un ensemble doprations avec des produits, du matriel et
un mode opratoire bien dnis, qui vise produire un produit ou une famille de
produits, ou utiliser une technique particulire. Le procd peut dailleurs tre
lensemble dlimitant lanalyse. Gnralement, un procd fait intervenir plusieurs
oprateurs et on peut trouver des phases opratoires identiques ou communes
plusieurs procds.
Le phasage se fait en suivant llaboration du produit, et en prenant soin de noublier
aucune intervention humaine puisque lhomme reste le centre dintrt de la dmarche.
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3.1 Les mthodes
de reprage des risques
3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
Cette mthode a le gros avantage de conduire une rdaction dtaille du procd,
ce qui nest pas si frquent, notamment dans les PME. L aussi, le procd doit
inclure des phases qui peuvent paratre secondaires ou annexes, comme la manipu-
lation des emballages, la pese des produits, la prparation du matriel, son nettoyage,
sa maintenance. Cette dmarche est dailleurs indispensable dans la mise en place
dune assurance qualit.
EXEMPLE DE PHASAGE DUN PROCD :
Procd : Chromage dune pice mtallique
Phases :
Rception
Rectication
Montage sur support de traitement
Dgraissage
Dcapage acide
Chromage lectrolytique
Rinage
Schage
Conditionnement
Remarque : Ces phases ne sont pas ncessairement ralises par un mme oprateur.
Un des points critiques du phasage est de prendre en compte les variantes possi-
bles du procd, quelles soient prvues ou dictes par un dysfonctionnement.
Ltude des accidents montre bien limportance des carts de mode opratoire
dans leur apparition. Notons que le fait de pointer soigneusement toutes les inter-
ventions humaines dans un procd est riche en enseignements, qui peuvent
conduire rechercher des gains de productivit apportant souvent eux-mmes des
gains de scurit.
Une troisime mthode consiste suivre un agent chimique tout au long de sa
vie dans lentreprise, depuis son entre jusqu sa disparition ou son limina-
tion, pour reprer toutes les situations de travail dans lesquelles il est prsent
(exemple ci-aprs). Cette mthode est souvent considre comme la plus difcile,
mais elle est probablement la plus riche en informations mconnues, notamment
sur les phases darrive dans lentreprise et celles de son limination. Un produit
donn peut tre utilis par plusieurs oprateurs, et dans plusieurs procds. Cette
mthode permet en outre de dresser un bilan matire de chaque produit, ce qui
conduit gnralement des dcouvertes ou, du moins, de fortes interrogations.
Cest un vritable outil de gestion, qui savre trs utile dans la prise en charge des
problmes denvironnement.
Le bilan matire peut tre conduit pour une priode ou un cycle de production. Il
commence par le pointage des entres pour en connatre le poids total. Encore
faut-il avoir une matrise complte des entres et sorties, cest--dire un passage
oblig, gnralement le service achats. Toutefois, certains produits entrent sans
opration dachat, parce quils sont livrs avec du matriel, par exemple. Ensuite il
faut suivre toutes les utilisations possibles du produit et nir par le pointage des
sorties. Il faut distinguer deux faons dutiliser un produit chimique.
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3.1 Les mthodes
de reprage des risques
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3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
La premire utilisation, typique de lindustrie chimique, est son incorporation
dans la structure des molcules transformes. Cest un rle de matire premire,
qui disparat au fur et mesure de la transformation. Mais les ractions chimiques
se font rarement avec un rendement de 100 %, de sorte quune partie du produit
engag se retrouve inchange dans le milieu ractionnel. Si sa quantit peut tre
dtermine, elle viendra participer au bilan. La quantit qui nest pas retrouve est
automatiquement prsente dans un rejet, tel que des eaux mres, des lavages, des
phases liquides ou solides issues de ltrations, distillations, etc. Le rejet peut tre
arien, sous forme de vapeurs, gaz ou poussires. Sil nest pas capt, il faut valuer
sa quantit. Mais quel que soit le traitement dun rejet, il y a production dun
dchet ultime qui constitue la sortie nale, comptabiliser ct des substances et
prparations produites.
On peut aussi utiliser un produit comme moyen pour une opration donne.
Cest le domaine immense des solvants, des prparations actives dans toutes sortes
dactivits, des matriaux, des uides, des combustibles, etc. Dans ce cas, le produit
est soit consomm, soit usag, avec ou sans rgnration possible. On retrouve
alors le mme schma qui consiste comptabiliser en sortie des dchets ultimes ou
des matires, toujours sans oublier les sorties ariennes.
EXEMPLE DE SUIVI DAGENT CHIMIQUE :
Agent chimique : Perchlorthylne
Suivi :
Livr en fts de 200 litres ; une livraison par mois de trois fts en moyenne.
Les fts sont placs dans le local de stockage.
En fonction des demandes, un ft est transfr auprs dune des trois machines dgraisser, pour
faire le plein.
Les baisses de niveau proviennent essentiellement de lvaporation.
Un ft du stockage est utilis pour remplir des bidons de 5 litres qui servent latelier dentretien.
Le solvant ne se retrouve que sur des chiffons. Il disparat soit par vaporation, soit par imprgnation
des chiffons.
lissue de chaque vidange de machine, le produit souill est ltr, puis remis dans un ft spcial,
qui est expdi pour destruction ds quil est plein, soit une fois par mois en moyenne.
Les boues de ltration, imprgnes de solvant environ 30 %, sont stockes en ft et livres pour
destruction. On en rcolte environ 100 kg par mois.
Bilan :
Entres Utilisations Quantits Sorties Nature
200 machines 500 300 vapeurs machines
200 nettoyage 100 100 vapeurs nettoyage
200 170 solvant dtruire
30 boues de filtration
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3.1 Les mthodes
de reprage des risques
3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
Le schma suivant visualise les donnes du tableau prcdent. Il met bien en vidence la quantit de
solvant qui disparat par vaporation, ce qui surprend souvent.
Un tel bilan suscite en gnral une bonne motivation sur les questions de sant aussi bien que denvi-
ronnement. Ainsi, dans cet exemple, 400 litres de perchlorthylne sont perdus par mois par
vaporation. Cette perte pose trois problmes : ils ont t achets pour rien, ils ont t partiellement
respirs et ils ont pollu lenvironnement. La remise en cause de ces utilisations vient alors delle-
mme.
La mthode des bilans matire ncessite la collaboration de services trs divers, tels
que les achats, la logistique, la production, les services scurit/environnement, et bien
dautres encore dans des structures plus complexes. Elle ouvre la porte linventaire
des dangers et prpare lanalyse des risques.
3.1.3 Choix dune mthode
Le choix de la mthode de reprage des risques se fait en fonction de lactivit et de
lorganisation de lentreprise. Ainsi, dans les petites entreprises qui utilisent un
nombre de produits relativement faible, lapproche par lactivit des personnes est
prfrable. Lorsque lactivit de lentreprise est relativement complexe et repose sur
des process , cest videmment lapproche procd qui est prfrable. Mais ds que le
nombre de produits utiliss est important, lapproche produit doit aussi tre employe.
En ralit, cette dernire, en raison de ses avantages pour la gestion de lentreprise,
devrait tre systmatiquement pratique en plus des deux autres. Lidal, chaque
fois que lon peut en prendre le temps, est de pratiquer les trois mthodes, ce qui
permet de recouper les informations et daboutir ainsi une tude trs able, en
sappuyant sur la matrice suivante :
Figure 3.1 Exemple de bilan matire sur un mois
600 L
D1
250 L
D3
100 L
Entretien
100 L
Dchets
170 L
environ-
nement
Bidons de 5 L
300 l L
filtre
Boues
30 kg
Machines
dgraisser
150 L
D2
stockage
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3.1 Les mthodes
de reprage des risques
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3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
Le tableau suivant synthtise ce que les trois mthodes apportent comme informations
spciques.
Figure 3.2 Croisement des mthodes dtude de postes
Caractristique
Type dapproche
Activit Procd Produit
Contenu
Dtail des actions des
hommes au cours de
leur temps de travail
Ensemble des modes opra-
toires, des matriels et des
produits ncessaires une
production ou une technique
Devenir du produit
tout au long de sa
prsence dans lentre-
prise
Point cl
Recueillir lactivit
relle
Dcrire tout ce qui est dter-
minant
Bilan matire complet
Difficults
En faire un relev
exhaustif
Inclure les dpanna-
ges et rattrapages
Dcrire les variantes possibles
Inclure les phases annexes et
transitoires
Connatre les consom-
mations par poste
Inclure les pertes
imperceptibles
et les dchets
Intrt pour
lentreprise
Gestion du temps de
travail
Exigence de prcision
Sinscrit dans une dmarche
dassurance qualit
Peut conduire des gains de
productivit
Connaissance
des pertes
Gestion claire des
matires premires
Intrt pour
lvaluation
des risques
Identification claire
des risques
Niveau de risque compar des
procds
Aide pour la protection
de lenvironnement
Prslection des plus
grands risques
stockage
process 1
process 2
process n
limination
Produit n
Opration lmentaire
Oprateur n
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130
3.2 Identification des risques 3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
En conclusion, le reprage systmatique des agents chimiques, des activits et des
procds entre dans une approche globale de lentreprise, dite QSE (Qualit,
Sant, Environnement).
3.1.4 Enregistrement des donnes
Ce premier travail dinventaire des actions ou des phases lmentaires est rapide-
ment trs lourd, non par la complexit des informations mais par leur nombre.
Son organisation est donc primordiale et demande des outils informatiques, mais
nous indiquons ici les donnes quil faut enregistrer pour la suite de la dmarche,
et leur classement par ensembles successifs.
Domaine dtude : usine, atelier, service, etc.
Opration : ensemble dactions aboutissant un rsultat global. Exemples :
nettoyage dinstallation, mlange M , chromage de pistons, peinture de capots,
gestion du stockage, contrle des efuents, etc.
Action ou phase, selon que lon dcrit une activit ou un procd. Cest llment
de base de lanalyse des risques, qui doit tre repr pour son suivi ultrieur.
Exemples :
Que lon suive lapproche oprateur, procd ou produit, on doit retrouver les
mmes actions lmentaires, grce au croisement indiqu prcdemment et un
reprage mticuleux. Si plusieurs agents sont prsents dans une action, il faut crer
autant dactions distinctes, car les risques gnrs sont en principe distincts. Ainsi,
si on ajoute 3 produits successivement dans une cuve, il faut noter trois actions.
Par contre, sil sagit dun ajout unique des trois produits ensemble, ils sont consi-
drs comme formant une prparation, avec ses dangers propres, et lon peut donc
noter une seule action pour cela.
Une fois linventaire des actions ou des phases lmentaires ralis, il ne reste plus
qu passer lidentication des risques.
3.2 Identification des risques
Identier les risques chimiques, cest dcrire les circonstances de la rencontre,
relle pour les expositions ou possible pour les situations dangereuses, entre les
agents chimiques prsents et loprateur considr. Il faut donc partir du reprage
des actions ou des phases que lon a ralis au pralable et ne retenir que celles qui
se font en prsence dun agent chimique. Dans cette nouvelle squence, on va
rechercher les prcisions ncessaires la conduite de lvaluation. Ces informations
sont diffrentes selon le type de risque repr.
PD03
Atelier de peinture, opration de dcapage, action de tremper
les volets dans la cuve de soude
EP04 Service entretien, technicien pompes, dpose des flasques
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3.2 Identification des risques
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3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
3.2.1 Expositions
La recherche des expositions ne sapplique, par dnition, quau fonctionnement
habituel de lentreprise. Elle sappuie sur des situations de travail standard , mme
si elles peuvent tre exceptionnelles, dans le sens non planies. Par contre, on ne
tient pas compte des activits issues dun dysfonctionnement, quil soit technique
ou humain, puisque cest le domaine des situations dangereuses, traites par
ailleurs. Les caractristiques dune exposition doivent tre notes. Il sagit des points
suivants :
m Phase de travail
Il sagit de suivre le phasage qui a t ralis dans ltape de reprage prcdente.
Normalement il ne devrait y avoir quun seul agent chimique concern, faute de
quoi il vaudrait mieux subdiviser la phase.
m Produit en contact avec la personne
Il sagit dun produit chimique commercialis, substance ou prparation, ou dun
produit gnr par lactivit (intermdiaire, objet imprgn, dchet, fumes, pous-
sires, etc.). Il peut tre visible, parce quutilis au poste, ou invisible parce que
contenu dans latmosphre de travail, contenu dans un matriel clos, prsent sur la
surface dun matriel, masqu par un autre produit, etc. Il doit tre bien identi.
Une substance peut avoir un nom dusage, un nom chimique normalis et un
identiant, tel que le numro CAS ou le numro EINECS. Une prparation a un nom
commercial, une rfrence fournisseur ou interne, ventuellement un identiant.
Les produits gnrs par lactivit, fumes, poussires, arosols, dchets, sont plus
difciles identier, mais il faut sefforcer dtre le plus prcis possible. Par exemple :
fumes de soudure dinox, poussires de ponage de bois, brouillard dhuile de
rectication, gteau de ltration du perchlorthylne, etc.
m Forme physique du produit
Les formes classiques sont : gaz, liquide, poudre, vapeurs, poussires, arosol.
Rappelons que la diffrence entre gaz et vapeurs ne tient qu ltat physique de la
substance dans les conditions normales de pression et de temprature. Ainsi, le
propane est un gaz, mme si on peut le liquer par pression, mais le mthanol est
un liquide mettant des vapeurs. En pratique, les vapeurs possdent toutes les
proprits des gaz. ces formes sajoutent les fumes, qui sont en gnral un
mlange de gaz, de vapeurs et de particules ultranes. Il y a aussi ltat pteux, qui
est intermdiaire entre les liquides et les solides. Un brouillard nest quun arosol
liquide. Ainsi, la vapeur deau, normalement invisible, est en fait visible parce quelle
se forme souvent sous forme darosol (brouillard).
m Mode de dispersion
Le mode de dispersion signie la faon dont laquelle un produit se rpand dans un
espace autre que son contenant. On peut citer la pulvrisation dun liquide, volontaire
comme dans lapplication dune peinture, ou involontaire comme dans la lubri-
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132
3.2 Identification des risques 3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
cation dune machine tournante. De mme, la formation dune poussire peut avoir
pour origine un ponage ou un broyage. Mais le mode de dispersion le plus banal
est lvaporation naturelle dun produit volatil partir dun rcipient ouvert. On
devine bien lutilit de ces prcisions dans la recherche des mesures de prvention.
m Zone de dispersion
La zone de dispersion est videmment lie au mode de dispersion. Pour un produit
non volatil au repos, cette zone se confond avec le volume du produit, liquide ou
solide. Au stockage, o les produits sont emballs, la zone se limite lintrieur de
lemballage. Nous verrons que ce constat simpliste a des consquences intressantes
sur la prvention. Dans la majorit des situations de travail avec des produits volatils,
la zone de dispersion est trs difcile dlimiter. La seule solution est de recourir
des prlvements atmosphriques, sachant tout le problme de reprsentativit quils
soulvent. En pratique, la zone de dispersion ne sera note que si elle est vidente,
mme si elle est approximative, en particulier pour des nuages de poussires ou
darosols. Cest aussi le cas des postes en atmosphre conne, tels que les cabines
de peinture, les petits locaux sans aration sufsante, lintrieur de certains quipe-
ments, etc. En dehors de ces situations, la volatilit, base sur la pression de vapeur,
est un bon indicateur pour estimer ltendue dune zone. Rappelons quil ne faut
pas faire conance lodorat pour cette estimation, tant il est trompeur.
m Localisation de la personne par rapport au produit
Il est clair que le niveau dexposition va beaucoup dpendre de la proximit de
loprateur avec lagent chimique concern. En particulier pour lexposition par
inhalation, cest la position des voies respiratoires (nez et bouche) par rapport la
source qui est dterminante pour les produits mis. Il sagit de vrier en fait si ces
voies sont dans la zone de dispersion de lagent chimique. Cest aussi la position
amont ou aval dans un courant dair pollu. Pour lexposition par contact cutan,
il faut dabord bien localiser tous les accs possibles aux agents chimiques et cher-
cher si ces accs sont possibles par loprateur dans lexcution normale de ses
tches. Il ne faut pas oublier quun produit nest pas seulement prsent dans son
contenant, mais souvent aussi dispers sur des surfaces dans lenvironnement de
travail, telles que des bords de cuves, des tuyaux, des organes sujets fuites, des
chiffons, etc.
m Mode de contact (respiratoire, cutan, oculaire, digestif)
Chaque voie de pntration constitue un risque distinct, mme dans une mme phase
opratoire. La connaissance des dangers des agents chimiques utiliss est une indi-
cation sur les expositions rechercher, comme nous le verrons dans le paragraphe
sur les dangers. En effet, les mesures de prvention pourront tre trs diffrentes
pour une inhalation et un contact cutan. Lattention se porte volontiers en priorit sur
lexposition respiratoire. Sa perception par lodorat y est pour quelque chose. Les
poussires sont aussi un phnomne trs visible, du moins pour des concentra-
tions importantes. Mais il est tabli que la perception sensorielle est trompeuse et
doit tre remplace par une approche raisonne sappuyant sur une observation
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3.2 Identification des risques
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3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
objective de la situation de travail. Ainsi, on accordera plus dimportance de
nombreux contacts cutans, qui passent couramment pour tre insigniants.
En pratique, les deux voies, inhalation et contact cutan, doivent tre examines
systmatiquement, sachant que lingestion est en fait lie aux deux prcdentes par
le biais du dfaut dhygine. Le scnario classique est la prise de nourriture sans lavage
pralable des mains. Ce comportement est dailleurs facilit par des conditions de
travail difciles et par une ventuelle carence en quipements sanitaires. Une autre
contamination peut se faire en fumant, venant ainsi aggraver leffet des fumes
elles-mmes, ventuellement potentialis par une prsence de vapeurs dans latmo-
sphre. Ce risque napparat pas facilement dans les inventaires, dune part parce
quil met en cause le comportement individuel, dautre part parce quil ne se situe
pas toujours au poste de travail, mais aussi dans des locaux caractre social, voire
au domicile.
EXEMPLES DEXPOSITIONS :
Par inhalation :
Arosol mis par pulvrisation
Arosol mis par formation de bulles de gaz
Arosol mis par un jet liquide
Gaz de combustion
Gaz dchappement dun moteur thermique
Gaz produit par une fermentation
Poussire mise par chargement ou dchargement dun agent pulvrulent
Poussire mise par un traitement mcanique de surface (ponage, meulage)
Poussire mise par mise en mouvement dune poudre dpose
Vapeurs mises par application dun agent chimique solvant
Vapeurs mises par chargement ou dchargement de solvants
Vapeurs mises par chauffage dun agent chimique
Vapeurs mises par vaporation dun agent chimique lair libre
Vapeurs mises par le rejet dun captage
Poussire ou vapeurs mises par des vtements souills
Par contact cutan lors de :
Application dun agent chimique laide de chiffon
Application dun agent chimique laide de brosse ou pinceau
Manipulation de pices souilles par un agent chimique
Manipulation de pices avec immersion dans un agent chimique
Dpt sur la peau de poussires ou de vapeurs condenses
Contact avec un liquide en cours dcoulement lair libre
Port de vtements souills par un agent chimique
Par ingestion provoque par :
Contamination des mains, de la bouche
Tabagisme sur le lieu de travail
Repas pris en environnement pollu
Pollution des locaux sociaux (vestiaires, rfectoires)
Port de vtements souills par un agent chimique
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3.2 Identification des risques 3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
Dans la plupart des cas, des mesures de prvention, ou du moins de protection,
existent dj. Ce qui sera not, cest lexposition restante, compte tenu de ces mesures.
Cela est vrai autant pour les protections collectives que pour les protections indivi-
duelles. Ne pas en tenir compte dans lestimation du risque fausserait le rsultat du
classement. Mais cela demande des prcautions.
Ce raisonnement sapplique dabord sans difcult aux protections collectives, car
elles modient bien le niveau dexposition. Mais la plupart dentre elles nont pas
de caractre permanent, puisquelles demandent soit une mise place (couvercle),
soit une mise en marche (ventilateur). Elles dpendent donc de la volont des
oprateurs, qui peuvent ressentir des incitations ne pas sen servir. On peut citer
le rythme de travail, la prcipitation, le bruit, la charge mentale, voire lincons-
cience du risque. Pour cette raison, nous avons choisi de considrer la non-mise
en uvre des protections collectives comme un vnement dangereux, puisquil
ne relve plus de la situation standard et quil est imprvisible.
Pour les protections individuelles, cette option fait souvent lobjet de rticences,
en raison du caractre assez alatoire que prsente le port de ce type dquipement.
Il repose beaucoup sur la bonne volont du porteur, laquelle est affecte dautant
plus que la contrainte et linconfort crs sont sensibles. Mais il existe de nombreux
cas de gure o les protections individuelles restent la seule solution efcace, cest--
dire rellement adopte. Pour ne pas faire dexception, il faut en tenir compte dans
lexposition et prvoir aussi le non-port de protections individuelles comme un
vnement dangereux. Ce point est repris dans le paragraphe 4.3.11, consacr aux
protections individuelles.
En rsum, toute exposition sera dcrite et ensuite estime, en tenant compte des
protections normalement prvues, mais en les associant automatiquement une
situation dangereuse, sachant que si une protection nest systmatiquement pas
mise en place, on nen tiendra pas compte. Par ailleurs, la recherche des expositions
ne ncessite pas la connaissance de la classication des agents chimiques puisque
tous les modes de contact sont envisags systmatiquement.
3.2.2 Situation dangereuse
Contrairement une exposition, une situation dangereuse nest pas directement
observable. En pratique, on ne la peut dnir que par rapport un vnement dange-
reux possible. Cela revient se poser la question : peut-il y avoir un dommage si
telle chose se produit ? Cette vision reprsente une difcult majeure pour beaucoup,
car tant quun vnement na pas t observ, il ne parat pas possible. Il est tonnant,
par exemple, de constater le nombre de personnes qui ne peroivent pas de risque
dexplosion en travaillant avec un solvant inammable lair libre. Labsence daccident
sur une longue priode est souvent avance comme preuve dune absence de risque,
alors quelle ne traduit quun faible niveau de probabilit. Cest lun des obstacles
les plus courants que rencontrent les professionnels de la prvention des risques.
Pour une phase de travail donne, il peut exister plusieurs vnements dangereux
possibles. Lexemple le plus simple est le travail avec un produit inammable, qui
cre gnralement un risque dintoxication aigu en mme temps quun risque
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3.2 Identification des risques
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3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
dexplosion. Do la ncessit de dnir une situation dangereuse pour chaque
vnement dangereux possible.
Lexamen de tous les vnements dangereux possibles dcrits au paragraphe
suivant montre quil existe presque toujours une situation dangereuse proximit
immdiate dun produit chimique, quel que soit le contenant. Seule lestimation
de la probabilit et de la gravit des dommages permet ensuite dliminer certaines
situations risque ngligeable. Le terme de proximit immdiate est videmment
sujet interprtations. Cette zone dangereuse ne peut tre estime quen fonction
de certains facteurs. Nous en dcrivons quatre :
m Degr douverture de lespace
Les murs et portes dun espace de travail constituent le plus souvent une barrire
naturelle sufsante pour arrter les effets des vnements dangereux. Par contraste,
cest lintrieur du local qui constitue la zone dangereuse. En pratique, latelier doit
tre considr comme tel ds quun produit dangereux est utilis lintrieur,
dfaut dquipements de protection particuliers dj mis en place. Cette surface
peut toutefois tre rduite en cas de trs petite quantit de produit.
m Quantit stocke
Tous les effets nfastes dvnements dangereux sont proportionnels la quantit
de produit contenu dans lquipement considr. Cest grossirement le cas de la
vaporisation, de la fuite, de la projection, de la raction incontrle. Il faut donc
dnir une zone dangereuse tenant compte de ce paramtre, surtout en espace ouvert.
Pour les produits inammables ou explosifs, il faut tudier ce paramtre plus prcis-
ment, en raison du risque incendie et explosion. La gravit de ces vnements est
une fonction quasi exponentielle des quantits stockes. Il est toujours utile de faire le
petit calcul consistant chiffrer le volume thorique de vapeurs obtenues par vapo-
risation totale dun liquide stock, et de le comparer au volume du local ventuel.
Vv = 25 m/M
Vv : volume de vapeurs en m
3
;
m : masse de liquide en kg ;
M : masse molculaire du liquide en g.
EXEMPLE :
Un atelier de 100 m
2
contient 1 ft de solvants de 200 kg. Sa masse molculaire est de 106. Le
local a une hauteur de 4 m.
Vv = 25 200/106 = 47 m
3
Le volume du local tant de 400 m
3
, les vapeurs en occuperaient 12 %, cest--dire quon se trouve
largement dans la zone dexplosivit.
Il est intressant de noter que la zone dangereuse concide avec celle que lon doit
dclarer dans le cadre de la rglementation du risque explosion et qui exige une
signalisation spcique.
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3.2 Identification des risques 3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
m Paramtres chimiques
Le risque de raction dangereuse doit toujours tre envisag. Nous parlons bien
des ractions imprvues, ou incontrles. Les prvoir consiste en fait reprer des
couples de produits fortement ractifs, de prfrence au moment de linventaire
des produits prsents dans un certain espace, en saidant des informations gurant
au paragraphe 2.5.2.
Une fois quun couple est identi, encore faut-il que la rencontre des produits
protagonistes soit possible. La proximit est la principale condition pour crer une
situation dangereuse, mais elle nest pas toujours indispensable. Cest lvnement
dangereux qui dnira cette possibilit.
m Paramtres physiques
La zone dangereuse est aussi fonction de paramtres tels que la pression, la temp-
rature des agents chimiques et leur situation dans lespace. Il est certain quun
produit stock ou utilis en hauteur cre une menace plus tendue que sil tait au
sol, de mme que des contenants ou des tuyaux crent une zone de risque dont
ltendue est fonction de la pression interne.
Peut-on sappuyer sur la classication des agents chimiques utiliss ? Un produit
toxique suggre videmment un risque dintoxication aigu, un produit corrosif
un risque de brlure cutane, et un comburant un risque de raction dangereuse.
Mais le risque dexposition massive est prsent quel que soit le danger. Par contre,
le risque dincendie ou dexplosion nexiste quen prsence dun inammable et, de
faon plus restreinte, dun combustible.
3.2.3 vnements dangereux
Pour inventorier les vnements dangereux possibles, il faut faire appel son
imagination. Mais elle doit tre aide par des outils appropris pour prtendre
une bonne couverture des risques. Le premier dentre eux est le groupe de travail,
son apport de crativit ntant plus dmontrer. Le second outil classique est la
check-list , que lon parcoure systmatiquement. Il en existe dans des ouvrages
spcialiss et nous en proposons une, trs simple.
EXEMPLES DVNEMENTS DANGEREUX :
Contacts massifs provoqus par :
clatement de tuyau
Dbranchement de tuyau
Dcompression brutale dun rcipient ou dune canalisation
Rupture de paroi de rcipient ou appareil contenant un agent chimique
Renversement de rcipient
Fuite de rcipient
Ouverture intempestive de robinet ou de vanne
Chute dans un rcipient
Projection de liquide par immersion brutale dune pice
Projection de liquide par explosion dun contenant
Contact avec un quipement souill par un agent chimique
Contact avec le sol souill par un agent chimique
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3.2 Identification des risques
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3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
Inhalations massives provoques par :
Dcompression dun rcipient
Explosion dun rcipient
Fuite de gaz ou vapeurs
Chauffage brutal dun liquide volatil
Renversement dune quantit importante de solvant
Raction entre deux produits gnrant un gaz
Dcomposition thermique dun agent chimique
Incendie avec des produits chimiques
Panne dun captage
Ingestions nocives provoques par :
Conditionnement trompeur
Pollution dun aliment
Asphyxie provoque par :
Fuite de gaz inerte
Renversement dazote liquide
Pntration dans un espace appauvri en oxygne
Combustion soudaine dun inammable
Brlures thermiques provoques par :
Incendie
Explosion
Projection de liquide chaud
Cette liste nest videmment pas exhaustive, mais constitue dj une bonne base
pour trouver lessentiel des risques. Plus on remonte dans lenchanement des faits,
plus les options se multiplient. Ainsi, si lon cherche les causes possibles dune
fuite, on peut trouver une douzaine de faits possibles. Le fait que les vnements
dclencheurs soient quasi innombrables conduit sen tenir, par exemple, aux
deux dernires causes avant le dommage, en supposant que le dclencheur arrivera
toujours. Cela est dautant plus difcile quand le poste de travail ne comporte
aucune utilisation dagent chimique et que cest une formation inattendue dagent
chimique dangereux qui est lvnement dclencheur. Lexemple qui illustre le mieux
cette ventualit a t dcrit au paragraphe 2.5.2. Il sagissait de la formation de
sulfure dhydrogne dans une station dpuration des eaux, provoque par larrt
accidentel du ux des eaux uses.
Nous retrouvons bien les composantes du processus accidentel ; le danger tait
apport par une substance gnre par lactivit, la situation dangereuse tait de
travailler proximit dun milieu fermentescible et lvnement dangereux a
commenc avec larrt du ux, puis la fermentation, puis la pntration de
loprateur dans le local, pour se terminer par linhalation massive dun gaz trs
toxique (la VLE est de 10 ppm).
La recherche des dclencheurs de dysfonctionnement se fait dabord en saidant de
lexprience de lentreprise. Cest pourquoi il faut se constituer des bases de donnes
daccidents et surtout dincidents survenus, mme sans le moindre dommage.
Comme voqu prcdemment, il faut inclure les dfaillances des dispositifs de
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138
3.2 Identification des risques 3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
protection collective ou individuelle, dans linventaire des vnements dangereux
possibles. Ainsi larrt dune ventilation ou la dfaillance dun dtecteur de gaz
peut tre un vnement gnrateur de dommage.
Une autre mthode utilise dans linventaire des vnements dangereux consiste
partir des dclencheurs pour lister ensuite tous les dommages qui peuvent en rsulter.
Ce principe, que lon retrouve dans les mthodes inductives (voir paragraphe
suivant), sadapte mieux aux dfaillances techniques, comme dans ltude de sret
des process ou dinstallations. L encore, le croisement de plusieurs mthodes donne
les meilleurs rsultats.
Cependant, un dclencheur peut tre dorigine humaine. On peut citer les erreurs
didentication portant sur des produits, des organes de commandes, des signaux,
etc. Les modications de procds improvises peuvent dclencher des vnements
dangereux. Souvent cest la simple ignorance du risque qui est le premier facteur,
en particulier dans le dclenchement de ractions dangereuses.
3.2.4 Les mthodes de recherche des risques accidentels
La recherche des vnements dangereux possibles sinscrit dans lensemble des
tudes de risques qui sont exigibles avant le dmarrage dun nouveau procd ou
dune nouvelle installation. Depuis longtemps des mthodes ont t dveloppes
et normalises dans ce but. Nous les voquons brivement ici
1
.
Il existe deux types fondamentaux danalyses des risques. Lune est appele mthode
dductive et lautre mthode inductive. Dans la premire, le dommage nal est
prsum et les circonstances qui pourraient provoquer cet vnement sont ensuite
recherches. Dans la mthode inductive, la dfaillance dun lment est prsume.
Lanalyse qui suit dtermine les vnements que cette dfaillance pourrait provoquer.
m Analyse des modes de dfaillances et de leurs effets (AMDE)
LAMDE est une mthode inductive dont lobjectif principal consiste valuer la
frquence et les consquences de la dfaillance dun lment, appele vnement
redout . Elle va donc jusqu lestimation du risque. Elle est spcie dans la
norme CEI 812 : 1985 Techniques danalyse de la abilit des systmes Procdure
danalyse des modes de dfaillances et de leurs effets (AMDE).
m Analyse prliminaire des risques (APR)
LAPR est une mthode gnrale utilise au stade de la conception dun quipe-
ment, dune installation ou dun projet, en particulier dans lindustrie chimique.
Elle ncessite dans un premier temps didentier les lments dangereux, qui
peuvent tre des produits chimiques, des uides, des quipements, des oprations.
LAPR cherche ensuite identier toutes les situations dangereuses gnres par
ces lments, en imaginant des enchanements de faits, pour en dduire in ne des
mesures de prvention. Elle comporte donc des points communs vidents avec la
mthode dveloppe dans cet ouvrage.
1. Pour en savoir plus, voir la note documentaire ND 1675 de lINRS sur le site [Link], ou la synthse
faite sur le site [Link].
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3.2 Identification des risques
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3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
m Mthode MOSAR (Mthode Organise Systmique dAnalyse des Risques)
La mthode MOSAR est une dmarche qui comporte dix tapes. Le systme
analyser (procd, installation, etc.) est considr comme form de sous-systmes
en interaction. Une grille est utilise pour identier les phnomnes dangereux, les
situations dangereuses et les vnements dangereux.
Ladquation des mesures de scurit est tudie laide dune deuxime grille,
puis dune troisime grille prenant en compte leur interdpendance. Ceci conduit la
construction de scnarios daccidents. Les scnarios sont classs, par consensus,
dans une grille de gravit.
Une grille de correspondance, tablie elle aussi par consensus, relie la grille de
gravit aux objectifs atteindre par les mesures de scurit et spcie le niveau de
performance des mesures techniques et organisationnelles.
Les mesures de scurit sont alors intgres aux arbres logiques et les risques rsiduels
sont analyss au travers dune grille dacceptabilit dnie par consensus.
m Larbre des dfaillances (ADD)
LADD est une mthode dductive mene partir dun vnement jug indsi-
rable qui permet son utilisateur de trouver tous les chemins critiques conduisant
cet vnement. Les vnements dangereux ou sommets sont tout dabord identis.
On reprsente ensuite toutes les combinaisons de dfaillances lmentaires qui
pourraient se traduire par un vnement indsirable sous la forme logique dun
arbre des dfaillances, similaire larbre des causes dcrit par ailleurs. La mthode
est spcie dans la norme CEI 61025 : 1990 Analyse par arbre de panne (AAP).
m Mthode HAZOP (HAZard OPerability)
Cette mthode a t conue pour les risques lis au process. Elle est donc bien adapte
lindustrie chimique, en particulier pour le risque de raction incontrle. Son
principe est de choisir un systme, de lister tous ses paramtres inuents et dexaminer
tous leurs carts possibles. Les paramtres du systme sont typiquement :
temprature ;
pression ;
poids, volume ;
dbit ;
niveau ;
concentration ;
dure ;
pH ;
tat dun organe (marche/arrt, ouvert/ferm).
Les carts possibles de ces paramtres sont passs en revue laide de mots guides
tels que :
trop de ;
pas assez de ;
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140
3.2 Identification des risques 3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
non fait ;
en plus de ;
en partie ;
inverse ;
autre ;
avant, aprs ;
Ce qui gnre des hypothses telles que : temprature trop haute, pas assez de
poids A, ouverture non faite, volume en partie dvi, marche lenvers, fermeture
avant la n, etc. Pour chacun de ces carts, il faut indiquer une cause et des cons-
quences. On en dduit quels moyens de dtection et quelles mesures correctrices
seront opportuns, en saidant dun tableau comme celui-ci :
m Mthode Que se passe-t-il si ( WHAT IF Method)
Que se passe-t-il si est une mthode inductive. Pour les procds relativement
simples, le mode opratoire est pass en revue. chaque tape, on se demande ce
qui se passe si tel dysfonctionnement se produit et on rpond en dcrivant les
effets des dfaillances de matriel ou des erreurs de procdure sur lapparition de
dommages.
Pour les procds plus complexes, la mthode utilise une check-list pour
balayer tous les dysfonctionnements et divise le travail de faon coner ltude
de certaines phases aux personnes qui ont la plus grande exprience ou habilet
valuer ces aspects. Elle est assez voisine de la mthode HAZOP, mais exige une
certaine comptence des personnes qui la pratiquent.
Toutes ces mthodes sont en fait trs voisines. Ce qui est important retenir, cest
lintrt dune double approche, dductive partant des dommages, et inductive
partant des dclencheurs pour un inventaire plus complet des vnements dange-
reux envisageables.
3.2.5 Enregistrement des donnes
Nous avons vu qu une action ou phase donne peuvent tre rattachs plusieurs
risques. Il faut donc enregistrer ceux qui ont t identis, dune part comme
risques dexposition chronique, dautre part comme risques daccident, sachant
que le plus souvent les deux groupes sont prsents. Mais, pour chaque groupe, il
ny a quun risque par famille de danger, comme tabli au paragraphe 2.3.6. Ce
qui veut dire que la conguration la plus complte est :
Systme
Repre Mot guide Paramtre Cause Consquences Dtection Mesure corrective
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3.2 Identification des risques
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3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
Soit 8 risques par action. En ralit, cela revient prciser la voie avec le type, sauf
pour lincendie-explosion et la ractivit, qui sajoutent pour le risque accidentel.
On peut donc, par commodit, utiliser la liste de codes suivante :
C-In
C-Co
C-Tg
A-In
A-Co
A-Tg
A-IE
A-Re
Dans la pratique, aprs limination des risques ngligeables, il ne reste que 4 5 risques,
selon quil y a des inammables ou pas. Pour chacun de ces risques lmentaires, il
reste enregistrer tous les paramtres que nous appellerons qualitatifs et qui gurent
dans le tableau suivant :
Action Type de risque Famille de danger Code
X
Chronique
Nocivit par inhalation In
Nocivit par contact Co
Nocivit par ingestion Tg
Accidentel
Nocivit par inhalation In
Nocivit par contact Co
Nocivit par ingestion Tg
Incendie-explosion IE
Ractivit Re
Domaine Paramtres N Prcisions
Danger
Agent chimique 1 Son nom de substance, de prparation ou de rejet
Identit 2 Son numro CAS ou EINECS, ou rfrence
Dangers 3
Il sagit des phrases de risque correspondant
la famille de danger gnrant le risque
Forme physique 4
Liquide, pte, gaz, vapeurs, poudre, poussire,
arosols, fumes, etc.
Constantes physiques 5
Point dbullition, dclair, pression de vapeur,
LIE, granulomtrie, masse molculaire, etc.
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3.3 Estimation des risques 3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
Seuls les paramtres 1, 2, 3, 4, et 11 sont indispensables pour un risque chronique
et les paramtres 1, 2, 3, 4, 9, 10, et 11 pour un risque accidentel. Les autres (5 et
les 3 qui ne prcisent que le risque chronique (6, 7, 8)) sont renseigns en fonction
de leur disponibilit et de leur utilit. Ils peuvent trs bien gurer dans une autre
base de donnes, consultable volont. En dnitive, il suft denregistrer chaque
risque lmentaire avec un reprage adquat, en mentionnant son type, sa famille
de danger et les paramtres qualitatifs correspondants.
3.3 Estimation des risques
3.3.1 Le cheminement de lestimation
Lestimation des risques va nous permettre de tous les classer dans lensemble dni,
par priorit dcroissante, quils soient de type chronique ou accidentel. Pour cela,
il nous faut connatre les paramtres inuents sur leur cotation. Ils ont t dcrits
au paragraphe 2.4.4 pour le type chronique et 2.5.5 pour le type accidentel. Le tableau
ci-contre en prsente une synthse.
La cotation des risques se fait donc partir des quatre paramtres quantitatifs
fondamentaux, cods ND, NE, NG et NP. Ceux-ci doivent eux-mmes faire
lobjet dune cotation, partir de paramtres chiffrs ou pas, comme expos aux
paragraphes 2.4.4 et 2.5.5. Ces diverses cotations doivent suivre certaines rgles
pour tre signicatives.
3.3.2 Rgles de cotation
1) Choisir des chelles de cotation adaptes lampleur de lvaluation. Plus il y a
de risques estimer, plus large doit tre lchelle, car, dans le classement nal, il
faut viter davoir trop dlments sur un mme niveau. Le minimum est une
chelle trois niveaux : faible, moyen et lev. Si lon augmente le nombre de
niveaux, il faut tre en mesure de bien les attribuer, donc disposer de sufsamment
Domaine Paramtres N Prcisions
Exposition
Mode de dispersion 6
vaporation, mise en suspension, broyage,
chappement, pulvrisation, dpt, etc.
Zone de dispersion 7 < 1 m, < 10 m, local entier, etc.
Proximit 8 Tte 50 cm de la surface, produit sur les mains, etc.
Accident
Situation dangereuse 9 La proximit avec le danger
vnement dangereux 10 Le scnario
Dommage
La nature et la localisa-
tion de la pathologie
11
Correspond la phrase de risque.
ventuellement tableau de MP.
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3.3 Estimation des risques
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3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
La cotation dun
risque de type
dpend
dabord du
cod qui dpend de qui dpend de
Chronique
Niveau
de danger
ND
Phrases
de risque
VLEP ou DL
50
Niveau
dexposition
NE
Indice
dexposition
respiratoire Ir
Dure
Frquence
Coefficient dexposition R
(mtrologie ou estimation)
Indice
dexposition
cutane Ic
Dure
Frquence
Coefficient dexposition C (surface
de contact, concentration)
Accidentel
Niveau de
Gravit
NG
Dommage le
plus probable
ND
Quantit
Proximit
Nombre de personnes
Niveau de
Probabilit
NP
Nombre de
dclencheurs
potentiels
Conception
Maintenance
Facteurs humains
Zone atex
Nombre
dtapes
du scnario
Complexit de lenvironnement
tendue
de la zone
dangereuse
Conception
Proprits du produit
Prsence
humaine
Dure et frquence des actions
Mode opratoire
Possibilit
dvitement
Protection
Surveillance
Formation/information
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144
3.3 Estimation des risques 3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
de critres. Nous pensons quil est illusoire dutiliser plus de 10 niveaux. Le choix
du nombre pair ou impair nest pas anodin, puisque limpair xe un niveau juste
au milieu de lchelle. Les partisans du nombre impair disent quil est plus facile
de se rfrer une moyenne, et ses opposants disent quil ne faut pas tre tent de
sy rfugier Ltendue de lchelle peut aussi varier selon le paramtre que lon
cote, en fonction du nombre de variables dont il dpend.
2) Toute notre mthodologie destimation repose sur le caractre relatif de la cota-
tion. Cela veut dire concrtement que chaque paramtre est situ par rapport au
plus haut et au plus bas. Il est donc primordial dexaminer dabord tous les
niveaux dun paramtre donn pour lensemble des risques, puis daffecter le plus
haut niveau, puis le plus bas, et enn de coter tous les autres par rapport ces deux
extrmes. Cest pour cela quon ne peut coter les risques quune fois leur identi-
cation termine sur lensemble. Une cotation des risques ralise au fur et mesure
de lidentication perd tout caractre relatif et natteint pas son but. Dans les autres
mthodes que nous avons tudies, ce point capital na jamais t mentionn.
3) La cotation peut tre numrique ou pas. Dans le premier cas, on accde la
cotation nale par une fonction mathmatique, souvent laddition ou le produit
des cotations des paramtres inuents. Dans le cas contraire, la cotation se fait par
lettres ou par mots, et les combinaisons se font par matrice, quon appelle aussi
grille ou tableau, comme celles qui gurent aux paragraphes 2.4.4 et 2.5.5. Cette
option permet plus facilement de doser linuence de chaque paramtre sur la
cotation nale.
La cotation des risques engage terme ses auteurs sur une stratgie de prvention.
Pour viter les tensions et dsaccords ultrieurs, il est important que les trois rgles
ci-dessus soient tablies de faon collective et consensuelle.
3.3.3 Paramtres influents sur la cotation
Une fois xe la fonction ou la matrice de combinaison des quatre paramtres
fondamentaux, la cotation du risque est immdiate. La difcult intervient au stade
prcdent, cest--dire pour coter les quatre niveaux fondamentaux eux-mmes.
Voici quelques pistes pour ce faire.
m Niveau de danger (ND)
Cest le plus facile puisquil existe des chelles de cotation, dailleurs absolues,
partir des phrases de risque, comme cela est expliqu en dtail au paragraphe 2.3.5.
Rappelons quil ne faut considrer que les phrases se rapportant la famille de
danger correspondant au risque estim. Sil y a plusieurs phrases, on retiendra le
plus haut niveau de danger obtenu. Pour illustrer ce point cl de la mthodologie,
prenons lexemple des risques lis lutilisation dune prparation affecte de la
classication suivante :
R23, R37/38, R60, R10.
La rgle nonce ci-dessus conduit lanalyse de risque suivante :
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3.3 Estimation des risques
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3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
La synthse des niveaux, affects dune part aux phrases de risque de tous types
pour la rglementation actuelle, et dautre part aux agents chimiques gnrs par
lactivit et non tiquetables, gure dans lannexe 4.
Cette cotation est un minimum et peut tre avantageusement complte par des
phrases de risque affectes pour la circonstance. Par exemple : gaz de combustion,
R26, fumes de soudure inox, R23, R49, ce qui entrane une nouvelle cotation
aux niveaux 5 et 4.
Ces tableaux, qui afchent cinq niveaux mais il ny en a que quatre rels , sont
une rfrence permettant le consensus. Il est parfaitement admissible que des
modications y soient apportes dun commun accord, en fonction dune exp-
rience ou dune connaissance particulire des personnes concernes. Dans tous les
cas, il est prfrable de dterminer le niveau de danger en accord avec le mdecin
du travail.
Nous prendrons un exemple trs simple pour illustrer ce point. Les effets de lthanol
(alcool thylique) sur la sant ne sont plus dmontrer. Or sa classication se
limite strictement R11, facilement inammable. Ce produit est pourtant un solvant
industriel. Peut-on imaginer, en consquence de son tiquetage, de ngliger
lexposition chronique aux vapeurs ?
Ce classement de niveau permet en outre une approche conforme la rglementa-
tion qui prvoit des mesures spciales pour certains produits dangereux (plomb,
amiante, etc.) ou catgories de produits (cancrognes, mutagnes, toxiques pour
la reproduction).
m Indices dexposition (Ir et Ic)
Le troisime paramtre de lindice est le coefcient dexposition. Pour la voie respi-
ratoire, le coefcient R rete le niveau de concentration du polluant dans lair. Mais
celle-ci est trs variable dans le temps et lespace, et lidal est de procder des
campagnes de mtrologie. dfaut, on sappuie sur des facteurs dexposition. Pour
le contact cutan, il faut principalement intgrer la surface de peau expose. Le
coefcient C peut suivre une progression du type : mains, bras, jambes, torse,
corps entier.
N de
risque
Type
de
risque
Libell
Phrases
de
risque
Libell
Niveaux
de
danger
Niveau
retenu
1 In Inhalation
R23
R37
R60
Toxique par inhalation
Irritant pour les voies respiratoires
Peut altrer la fertilit
4
2
4
4
2 Co
Contact
cutan
R38
R60
Irritant pour la peau
Peut altrer la fertilit
2
4
4
3 IE
Incendie-
explosion
R10 Inflammable 2 2
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146
3.3 Estimation des risques 3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
m La mtrologie relative aux expositions
La mtrologie des agents chimiques susceptibles dentrer en contact avec les personnes
nest pas une technique daccs facile. Il faut dabord que lagent chimique vis soit
mesurable. Ensuite, la technique est trs diffrente selon quil sagit dune exposition
respiratoire ou cutane. Pour la premire, elle consiste mesurer la concentration
dune substance, ou dune poussire, dans latmosphre de travail. Les pollutions
atmosphriques sont souvent des mlanges complexes. La mesure ne porte alors
que sur un ou deux composants du mlange. Quand lensemble des mesures est
ralis sur le domaine de ltude, on peut attribuer les coefcients dexposition
respiratoire R, comme indiqu.
La mtrologie concernant lexposition cutane est plus complexe. Elle consiste
procder des prlvements surfaciques, du type frottis, sur une surface donne.
Elle peut tre pratique sur la peau, mais aussi sur les objets, retant dans ce cas la
quantit qui se dpose. Dans le cas dune prparation ou dune dilution, il faut
tenir compte de la concentration du produit actif. Pour les concentrations surfaciques,
il existe peu de valeurs de rfrences et aucune VLEP. Mais cela reste une indica-
tion prcieuse pour procder des comparaisons dans lespace et dans le temps.
En pratique, on en dduira le coefcient dexposition cutane C, en intgrant
limportance de la surface de peau en contact.
Le dosage dindicateurs biologiques dexposition (IBE)
1
dans les urines et le sang,
dj voqus au paragraphe 2.4.2, constitue un troisime type de mtrologie, tout
aussi intressant pour mettre en vidence une exposition dj ralise. La biom-
trologie a lavantage de rendre compte de la dose rellement absorbe par lorga-
nisme. Lexprience a montr que le recours cette technique peut remettre en
cause les estimations intuitives initiales, dautant quelle est indpendante du
mode de contamination. Cette observation a t faite notamment avec le plomb et
certaines amines aromatiques. Elle a aussi des inconvnients, comme la contrainte
des analyses pour le personnel et le fait quelle ne soit quune mthode a posteriori.
Une mtrologie doit videmment tre reprsentative de lexposition pondre, ce
qui suppose des sries de mesures pour pouvoir faire un minimum de statistiques,
surtout si les modes opratoires varient souvent. Pour ces diverses raisons, elle
napporte souvent quune information semi-quantitative, cest--dire un ordre de
grandeur. Mais cest souvent largement sufsant quand on procde par comparaisons.
m Expositions multiples
Un poste de travail peut induire une exposition deux, ou plus, agents chimiques,
parce quils sont prsents simultanment dans latmosphre de travail ou parce
quils sont manipuls simultanment. Comment traiter ce cas ? On peut assimiler
lexposition multiple une exposition simple une prparation qui contiendrait
les diffrents agents prsents. Pour analyser les risques qui en rsultent, il faut
reconstituer la classication de cette prparation thorique. Cela est difcile parce
que la composition nous chappe dans ce cas. Il suft alors, pour rester prudent,
1. Pour en savoir plus, consulter BIOTOX, Guide biotoxicologique pour les mdecins du travail, INRS, ED 791,
2007.
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3.3 Estimation des risques
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3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
dadditionner les phrases de risque de tous les composants, tout en liminant les
redondances ou les dangers de niveau infrieur, comme dans lexemple suivant,
qui pourrait se trouver dans une combustion de dchets :
Si lon veut estimer une exposition multiple par mtrologie, il faut mesurer les
concentrations de tous les composants. Rappelons quil nexiste pas de VLEP pour
les mlanges, mais lINRS a tabli une rgle qui considre que chaque substance
dun mlange contribue lexposition. La valeur limite du mlange est obtenue
par le biais du rapport des concentrations atmosphriques (C
n
) aux VLEP corres-
pondantes (VL
n
), selon la formule :
EXEMPLE :
Exposition simultane lthanol (600 ppm), au xylne (25 ppm) et lammoniac (2 ppm). Les
VME correspondantes sont 1 000 ppm, 50 ppm et 10 ppm. La convention dadditivit donne :
La valeur limite est donc dpasse, alors quaucun des composants ne dpasse sa propre valeur
limite.
m Facteurs dexposition
Dans la majorit des cas, le coefcient dexposition R sera le rsultat dune estima-
tion sans mtrologie. Comme toute estimation, elle doit tre le rsultat dune
approche collective, qui permet de synthtiser les avis, et relative, qui ne vise qu
situer les valeurs entre les extrmes. Elle repose dans tous les cas sur lobservation
de certains facteurs dexposition. Ce sont des lments du procd et de lenviron-
nement qui contribuent au contact des personnes avec les agents chimiques. Voici
les cinq lments principaux :
Le degr douverture dun systme : Il sagit de reprer les contenants qui peuvent
tre ouverts en permanence, comme des cuves, ou temporairement, comme des
emballages. Des mises lair libre dun agent peuvent arriver au cours dune opration
de versement, de soutirage ou de prlvement. Le degr rete la proportion, spatiale
ou temporelle, de ces ouvertures par rapport lensemble des quipements.
La volatilit dun produit : Elle est fonction, pour un liquide, de sa pression de
vapeur et, pour un solide pulvrulent, de sa granulomtrie.
Exposition simultane : Classification Synthse
Xylne R10-20/21-38
R23-21-35-61-33-40-62
R10
Acide chlorhydrique R23-35
Poussires de chromate de plomb R61-33-40-62
C
1
VL
1
----------
C
2
VL
2
----------
C
n
VL
n
---------- 1 + + +
600
1 000
-------------
25
50
------
2
10
------ + + 1,3 =
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3.3 Estimation des risques 3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
Le degr de dispersion : Le mode opratoire peut induire des mouvements dagents
chimiques lair libre qui favorisent leur dispersion, comme la projection, ltalement
en surface, le ponage, le meulage et le broyage, la pulvrisation, le chauffage, etc.
Le degr de manipulation : Ce facteur vise spcialement le contact cutan. Il rete
la proportion dactions qui sont ralises directement avec les mains, cest--dire
conformes au sens premier de manipulation. Les deux exemples typiques sont les
transvasements de petits conditionnements et les nettoyages dobjets aux solvants.
Le degr de protection : Notre mthode exploite toujours lexposition relle des
personnes. Cela veut dire que lorsque des protections collectives sont utilises ou
des protections individuelles portes, elles doivent tre intgres dans lestimation.
Le coefcient dexposition rsulte donc de lestimation dune exposition hors
protection, corrige par lefcacit de ladite protection dans ses conditions relles
dexploitation. Ainsi, une protection respiratoire haute efcacit utilise dans un
espace forte concentration de vapeurs nocives implique un coefcient ngli-
geable, alors quun travail manuel sur un produit pulvrulent avec des gants de
faible efcacit implique un fort coefcient. En fait, cest le risque de dfaillances
de ces protections qui les dvalue en tant que mesures de prvention.
En thorie, il serait possible de coter chacun de ces facteurs, puis de combiner les
cotations obtenues et den dduire un coefcient dexposition, respiratoire ou
cutane. Une telle dmarche est incluse dans la mthode propose par lINRS
1
. Il
appartient au groupe de travail charg de lvaluation de juger si cette tape
supplmentaire est supportable et utile. En gnral, la dtermination des coef-
cients dexposition se fait intuitivement, mais en tenant bien compte des facteurs
dexposition. Nous proposons ci-dessous quelques exemples destimation.
Expositions respiratoires :
1. Mthodologie dvaluation simplie du risque chimique, ND 2233, 2005, INRS.
Degr douverture
du systme
Volatilit
du produit
Dispersion
du produit
Protection
Coefficient
R
Compltement clos Quelconque Aucune Aucune Ngligeable
Partiel Faible Aucune Aucune Faible
Tout ouvert Aucune Aucune Aucune Faible
Partiel Moyenne Aucune
Captage
enveloppant
Faible
Partiel Moyenne Aucune Captage latral Moyen
Tout ouvert Faible Transfert de poudre Masque filtrant Moyen
Tout ouvert Moyenne Meulage Captage latral Moyen
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3.3 Estimation des risques
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3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
Expositions cutanes :
m Niveau dexposition (NE)
Le niveau dexposition est x en fonction des valeurs de lindice dexposition. Ce
dernier est obtenu en multipliant le coefcient dexposition par la dure et la
frquence dexposition, conformment au principe nonc au paragraphe 2.4.3.
Un classement des indices permet de xer des niveaux dexposition, selon les rgles
de cotation dj voques. Ce calcul est consign dans un tableau, selon lexemple
suivant, tir de ltude dune opration de mlange de poudres.
Degr douverture
du systme
Volatilit
du produit
Dispersion
du produit
Protection
Coefficient
R
Tout ouvert Faible Schage de pices
Ventilation
gnrale
Moyen
Partiel Forte coulement liquide Aucune lev
Tout ouvert Forte Aucune Aucune lev
Partiel Moyenne Pulvrisation
Ventilation
gnrale
lev
Partiel Faible Travail chaud Aucune lev
Degr douverture
du systme
Volatilit
du produit
Degr
de manipulation
Protection
Coefficient
C
Compltement clos Quelconque Aucune Aucune Ngligeable
Partiel Moyenne Soutirage de liquide Gants spciaux Faible
Partiel Faible Avec outil manuel Aucune Faible
Tout ouvert Moyenne Pese Gants Moyen
Tout ouvert Poudre fine
Dplacement
de rcipient
Aucune Moyen
Tout ouvert leve Ponage Gants lev
Partiel Moyenne Pulvrisation Gants lev
Tout ouvert Moyenne
Transvasement de
poudres
Aucune lev
Tout ouvert Forte
Nettoyage manuel
au solvant
Aucune Trs lev
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3.3 Estimation des risques 3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
m Niveau de gravit (NG)
La dtermination du niveau de gravit du dommage commence par la xation de
lchelle de gravit, parfois appele svrit
1
. Dans les diffrentes mthodes dvalua-
tion des risques, elle comporte de deux cinq chelons. Nous proposons ici la plus
complte.
Dans beaucoup de cas, une chelle trois niveaux suft. Le tableau du para-
graphe 3.3.1 indique quels sont les paramtres inuant sur le niveau de gravit.
Le premier paramtre est le niveau de danger de lagent chimique. Lorsquil est
class trs toxique, et en gnral de niveau de danger gal 5, le dcs doit tre
systmatiquement envisag. Mais linverse nest pas juste, parce que la concentration
Action
Dure
(min)
Frquence
(par jour)
Coefficients
dexposition
estims (1 7)
Indice
Ir
Niveau
dexposition
(1 5)
Pese 20 4 3 240 4
Chargement 5 4 2 40 1
Dchargement 10 4 7 280 5
Transfert 5 4 1 20 1
Broyage 15 2 3 90 2
Conditionnement 10 2 2 40 1
1. Cest le cas dans la norme ISO 14121
Niveau (NG) Dfinition Exemples de scnario
5 Mort collective
Nuage toxique
Explosion
4 Mort individuelle
manation toxique
Anoxie
3
Lsion grave avec incapacit
permanente
Perte de la vue
Brlure au 3
e
degr
Insuffisance respiratoire svre
2 Lsion grave rversible
Intoxication temporaire
Brlure chimique limite
1 Pathologie lgre
Migraine
Irritation
[Link] Page 150 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
3.3 Estimation des risques
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3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
intervient. Ainsi, une exposition des vapeurs de substance classe irritante (R38,
ND = 2) peut tre fatale si la concentration atteint 5 % dans lair. De mme, une
substance classe 4 parce quappartenant aux CMR ne gnrera pas ncessaire-
ment de risque mortel une exposition massive de 5 000 ppm. Cest pourquoi
chaque cas doit tre examin avec toutes les informations de toxicologie aigu
disponibles. La mme prudence doit tre observe pour un scnario de raction
dangereuse, parce que ltiquetage ne rend que grossirement compte de la ractivit.
La gravit dun incendie ou dune explosion ne dpend pas beaucoup du niveau de
danger, parce que les dommages sont toujours indirects. Lagent chimique ne joue
que le rle dinitiateur et nintervient que rarement sur les dommages naux. Par
contre, le nombre de personnes exposes est un critre important pour la gravit,
puisque le rayon daction de ces deux sinistres est trs souvent trs large et la zone
dangereuse inclut des postes de travail initialement sans rapport avec le poste que
lon estime.
La proximit des personnes avec le point de dpart du phnomne accidentel est
lun des facteurs les plus inuents. Dans les scnarios de projection, dpandage,
de combustion soudaine et dexplosion, le facteur distance est dterminant. Cest
mme un point dappui majeur de la prvention, car il existe toujours une distance
qui place les personnes hors datteinte des vnements dangereux. Cest pourquoi
il est utile destimer ltendue de la zone dangereuse pour situer le dommage possible
li la proximit.
La quantit dagent chimique prsente est un autre facteur dterminant sur le niveau
de gravit. Elle lest dabord de faon vidente pour les expositions massives, car les
pics de concentration atmosphrique et les surfaces de contact cutan sont propor-
tionnels la quantit implique dans le scnario daccident. Pour les ractions
dangereuses, les incendies et les explosions, lampleur des dommages est quasiment
exponentielle par rapport aux quantits mises en jeu. Cest aussi un aspect qui
guide les choix de mesures de prvention.
m Niveau de probabilit (NP)
Le niveau de probabilit concerne bien le dommage nal et non le fait dclencheur
de lvnement dangereux, qui na pas du tout le mme niveau de probabilit. La
probabilit du dommage envisag est lie sa gravit, comme montr prcdemment.
Elle est en fait la combinaison des probabilits des tapes successives de lvnement
dangereux. Il est donc important de bien dcrire chaque tape des scnarios retenus.
Le paragraphe 2.5.2 a montr la quantit surprenante de scnarios imaginables.
Ceux-ci peuvent tre crits de faon strictement linaire, chaque vnement nayant
quun prcurseur. La squence type est alors :
E
1
(dclencheur) E
2
E
n
(vitement) Dommage
Si lon veut quantier la probabilit, on retrouve la relation :
P (dommage) = P
1
P
2
P
n
les probabilits tant exprimes en fraction 1/nombre estim de cycles pour un
vnement E. Ce nombre est exprim en puissances de dix, prcision sufsante en
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152
3.3 Estimation des risques 3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
pratique. Pour xer les ides, voici quelques dnitions de probabilit proposes
par la norme ISO 14121 :
EXEMPLE CHIFFR :
Un tuyau de produit corrosif a un raccord dont la frquence de fuite est estime 1 jour sur cent.
Un oprateur est prsent sous ce tuyau 1 heure sur huit par jour. La probabilit quil reoive du
produit est de 1/100 1/8 = 1/800. Sil y avait deux raccords, la probabilit serait de 1/400.
Les scnarios peuvent prendre la forme dun arbre des dfaillances quand on envi-
sage plusieurs prcurseurs un vnement, ou plusieurs vnements pour un
prcurseur. Le schma suivant en est un exemple typique :
Contrairement aux conventions de larbre des causes, les prcurseurs multiples
dun vnement sont lis par une conjonction ou et non pas et . Dans ce cas,
les probabilits sadditionnent
1
:
P
4
= P
1
+ P
2
+ P
3
et P
dommage
= P
8
+ P
9
Probabilit Dfinition
10
1
Frquent et attendu
10
2
Possible
10
3
Inhabituel
10
4
Isol, rare
10
5
Envisageable la limite
10
6
Improbable, peu vraisemblable
Figure 3.3 Arbre des dfaillances
1. Cest du moins une approximation valable quand les probabilits sont faibles. Le calcul exact est fourni
par le thorme de Poincarr : si A ou B provoque E, alors P
E
= P
A
+ P
B
P
A
P
B
.
E2
E1
E4 E5
E6
E7
E9
E8
dommage E3
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3.3 Estimation des risques
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3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
Il faut rserver cette approche quantitative des scnarios relativement simples,
compte tenu de la lourdeur des calculs de probabilits qui peut dcourager.
La difcult est dattribuer une probabilit chaque vnement du scnario. Le
premier est le dclencheur, qui peut avoir une origine technique ou humaine. Il
faut chercher dans lhistorique des pannes et incidents, sachant que le dclencheur
technique nest pas forcment chimique, mais trs souvent mcanique, lectrique,
hydraulique ou lectronique. Cela est dautant plus probable que la technologie est
complexe. Le recours des mthodes telles que celles voques au paragraphe 3.2.4
est souvent indispensable, ce qui suppose de sentourer de toute la documentation
ncessaire : plans, schmas, notices, tudes, rapports, FDS, etc. En ce qui concerne
les dclencheurs de type humain, autrement dit les dcisions errones, ils ont
souvent pour origine un dfaut dinformation ou de comprhensibilit de celle-ci.
Le cas du scnario dexplosion est particulier parce que lestimation de la probabi-
lit rejoint la dmarche rglementaire qui conduit dnir des zones risque. Ce
scnario est toujours assez simple et peut tre schmatis ainsi :
Les liaisons tant du type et , la probabilit peut se calculer ainsi :
P (explosion) = P (ignition) P (mission) P (mlange air)
P (concentration explosive)
La probabilit de prsence dune source dignition est comprise comme se trouvant
dans latmosphre explosive, qui nest quune partie du volume occup par les vapeurs
ou larosol. La probabilit de latmosphre explosive est dans la plupart des cas voisine
de celle de lmission de vapeurs ou darosols, car la prsence dair et latteinte de
la concentration critique sont presque invitables en dehors de toute mesure de
prvention. Or, la rglementation du travail demande, pour la prvention des
explosions, de dnir les zones risque en fonction des dnitions suivantes
1
:
Zone 0 (vapeurs) ou 20 (poussires) : Emplacement o une atmosphre explosive
est prsente en permanence, pendant de longues priodes ou frquemment.
Figure 3.4 Arbre des causes dune explosion de vapeurs
1. Arrt du 8 juillet 2003 relatif la protection des travailleurs susceptibles dtre exposs une atmo-
sphre explosive.
Travail avec inflammable ou combustible
mission de vapeurs ou de poussires
Mlange avec lair
Atmosphre explosive
Source dignition
Explosion
LIE < C < LSE
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154
3.3 Estimation des risques 3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
Zone 1 (vapeurs) ou 21 (poussires) : Emplacement o une atmosphre
explosive est susceptible de se prsenter occasionnellement en fonctionne-
ment normal.
Zone 2 (vapeurs) ou 22 (poussires) : Emplacement o une atmosphre explo-
sive nest pas susceptible de se prsenter en fonctionnement normal ou nest que
de courte dure, sil advient quelle se prsente nanmoins.
Ces dnitions sappliquent parfaitement des niveaux de probabilit. Il reste
quil nest pas toujours facile de les choisir pour une situation donne. LINRS a
dit des guides qui facilitent ce travail
1
.
Il faut prendre en compte ensuite tout ce qui permet lvitement du dommage
quand un vnement dangereux sest dclench. On peut citer les systmes de
surveillance des installations, quils soient automatiss ou humains, les systmes
dalarme, lumineux ou sonores. Pour les incendies, il y a les moyens dextinction et les
douches de scurit. Pour les explosions, il y a les disques de rupture, les panneaux
dexpansion, etc. Quant aux ractions incontrles, il existe des systmes de blocage
de raction et de refroidissement rapide.
Comme pour lexposition chronique, les protections collectives et individuelles sont
intgres dans lestimation, en tenant compte de leur efcacit relle. Les possibi-
lits dvitement dpendent aussi de lexprience et de la formation des personnes
concernes. Cest pourquoi il ne faut pas oublier lventualit dun remplacement
de personne dans lestimation de ce facteur.
Enn, la dure cumule de prsence humaine en zone dangereuse est un facteur
dterminant de la probabilit du dommage. L encore, il sagit de prsence relle
et non prescrite par un mode opratoire ou un rglement, car les carts observs
peuvent tre considrables. Ce facteur a lavantage dtre quantiable et donc
damliorer lestimation de la probabilit de lvnement considr.
m Cotation des risques
Une fois les quatre paramtres fondamentaux xs, il ne reste plus qu les
combiner pour obtenir la cotation nale de chaque risque sur lchelle dnie.
Pour cela, il faut appliquer la rgle de combinaison que lon sest choisie, parmi
toutes les variantes dcrites au paragraphe 2.4.4, savoir :
fonctions mathmatiques : addition, multiplication, polynme, etc. ;
matrice de combinaison.
Les variantes permettent par exemple de privilgier linuence du danger dans le
risque chronique ou celle de la gravit dans le risque accidentel. Pour mieux
observer linuence de la formule sur la cotation nale, nous prsentons diffrents
tableaux de combinaisons obtenus partir dune chelle de 1 5 pour les paramtres
et montrant la progression du niveau de risque.
1. Il sagit des brochures ED 845, ED 944, et ED 911.
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3.3 Estimation des risques
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3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
Linconvnient de ces formules est quelles gnrent des chelles nales trs ten-
dues, avec une discontinuit, alors que le classement des risques parat plus
comprhensible dans une chelle du mme ordre que celle des paramtres et sans
discontinuit. On peut se rapprocher de cet objectif en prenant la racine carre
(arrondie 1 dcimale) des fonctions qui utilisent un produit. Ainsi les deux
dernires formules deviendraient :
NR = ND + NE (ou NG + NP)
Le rsultat va de 2 10 ; il est symtrique.
NE/NP
ND/NG
1 2 3 4 5
1 2 3 4 5 6
2 3 4 5 6 7
3 4 5 6 7 8
4 5 6 7 8 9
5 6 7 8 9 10
NR = ND NE (NR = NG NP)
Le rsultat va de 1 25 ; il est symtrique.
NE/NP
ND/NG
1 2 3 4 5
1 1 2 3 4 5
2 2 4 6 8 10
3 3 6 9 12 15
4 4 8 12 16 20
5 5 10 15 20 25
ND 2 + NE (ou NG 2 + NP)
Le rsultat va de 3 15 ; il est
dissymtrique en faveur du ND/NG.
NE/NP
ND/NG
1 2 3 4 5
1 3 4 5 6 7
2 5 6 7 8 9
3 7 8 9 10 11
4 9 10 11 12 13
5 11 12 13 14 15
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3.3 Estimation des risques 3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
Pour ne garder que les avantages des diffrentes formules, et en particulier viter
les cotations dcimales, il ne reste plus que la matrice de combinaison, comme
celle qui suit :
(ou )
Le rsultat va de 1 5 ; il est symtrique.
Par contre, il comporte 13 chelons.
NE/NP
ND/NG
1 2 3 4 5
1 1,0 1,4 1,7 2,0 2,2
2 1,4 2,0 2,4 2,8 3,2
3 1,7 2,4 3,0 3,5 3,9
4 2,0 2,8 3,5 4,0 4,5
5 2,2 3,2 3,9 4,5 5,0
(ou )
Le rsultat va de 1,7 3,9 ; il est
dissymtrique en faveur du ND/NG,
avec 13 chelons.
NE/NP
ND/NG
1 2 3 4 5
1 1,7 2,0 2,2 2,4 2,6
2 2,2 2,4 2,6 2,8 3,0
3 2,6 2,8 3,0 3,2 3,3
4 3,0 3,2 3,3 3,5 3,6
5 3,3 3,5 3,6 3,7 3,9
Matrice sans fonction mathmatique.
Le rsultat va de 1 7, il est
dissymtrique en faveur du ND/NG.
Il ny a que 7 chelons, sans dcimale.
NE/NP
ND/NG
1 2 3 4 5
1 1 1 2 2 3
2 1 2 3 3 4
3 2 3 4 5 5
4 4 4 5 5 6
5 5 5 6 6 7
ND NE NG NP
ND 2 NE + NG 2 NP +
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3.3 Estimation des risques
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3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
Rappelons que le nombre dchelons de lchelle de niveau de risque doit tre
fonction du nombre de risques lmentaires inventoris. Si les chelles de cotation
des paramtres sont les mmes pour les risques chroniques et les risques acciden-
tels, ils peuvent tre mlangs dans le classement gnral, mais ce nest pas souhai-
table. Il est en effet plus intressant de disposer dune vue densemble de ces deux
types de risques.
3.3.4 Enregistrement des donnes
Les donnes concernant lestimation des risques doivent sajouter celles qui les
caractrisent, inventories aux paragraphes 3.1.4 pour le reprage des actions et 3.2.5
pour lidentication des risques. Les tableaux suivants synthtisent lensemble de
ces donnes, dans la version la plus dveloppe.
m Risque chronique
Fonction Paramtre Exemple
Action Code S2-5
Type 1 parmi 3 C-In
Danger
Agent Xylne
Phrases R R20
Forme Vapeurs
Constantes Eb = 139 C ; p. vap. = 8 hPa 20 C
Exposition
Mode de dispersion vaporation
Zone de dispersion Local de schage
Proximit Au milieu du local
Estimation
ND 3
Dure 15 min
Frquence 3 par jour
Concentration 30 ppm
NE 2
Dommage Descriptif Nauses, troubles hpatiques
Cotation Niveau sur chelle 3/7
[Link] Page 157 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
158
3.3 Estimation des risques 3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
m Risque accidentel
Il nest pas rare que plusieurs vnements dangereux concourent au mme type de
risque, au mme moment. Dans lexemple prcdent, pour le mme risque A-IE ,
on aurait pu inscrire pour lvnement dangereux : tincelle lectrostatique pendant
le chargement de ltuve . Il faut alors enregistrer autant de risques distincts que
dvnements dangereux diffrents, puisque lestimation et les mesures de prvention
peuvent tre diffrentes.
Ainsi, la ralisation dun inventaire rationnel des risques conduit crer pour chacun
deux une che signaltique comprenant une quinzaine de rubriques. En outre,
pour une action lmentaire ou une phase dun procd, on peut trouver couram-
ment 4 5 risques chimiques distincts, dans la mesure o un agent chimique est
prsent. Cela fait, en thorie, une soixantaine de rubriques renseigner par action
Fonction Paramtre Exemple
Action Code S2-5
Type 1 parmi 5 A-IE
Danger
Agent Xylne
Phrases R10
Forme Vapeurs
Constantes Eb = 139 C ; LIE = 1 %
Situation
dangereuse
Descriptif Atmosphre explosive, zone 2
Zone dangereuse Local de schage
vnement dangereux
Panne de ventilation et mise
en marche du chariot thermique
pendant louverture de ltuve
Dure 15 min
Frquence 3 par jour
Remarques Voyant de fonctionnement
NP 1
Dommage
Descriptif Dcs ou lsions diverses
NG 4
Cotation Niveau sur chelle 4/7
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3.4 Fixation des priorits daction
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3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
ou phase, sachant quil faut procder en deux fois, une premire pour lidentica-
tion, et une seconde pour lestimation. Dans la pratique, il se trouve que beaucoup
de donnes se rptent, do lintrt dautomatiser partiellement leur saisie avec un
outil informatique.
3.4 Fixation des priorits daction
la n de lestimation des risques, tous les lments ncessaires pour passer
lvaluation sont disponibles au sens de la norme, cest--dire la dcision sur la
suite donner chacun des risques. Dans un premier temps, il sagit dliminer
tous ceux qui ont manifestement une importance ngligeable. Ensuite, il faut les
classer par priorit daction dcroissante. Cette priorit est normalement donne
par la cotation tablie selon la procdure expose au chapitre prcdent.
Nanmoins, lestimation des risques ntant pas une science exacte, il est prf-
rable de soumettre le rsultat brut la critique avant de lentriner. lissue dun
dbat entre tous les acteurs concerns, et compte tenu de la connaissance de
terrain , la cotation brute issue de lestimation est susceptible de modications.
Le classement nal est une dcision du responsable, quil sagisse dune entreprise
ou dune autre organisation.
Le classement des risques par cotation dcroissante cre en fait une hirarchie des
actions risque, identies par leur code. On trouve ncessairement de nombreux
risques sur un niveau donn. Mais il serait absurde de ne sintresser qu un seul
risque des actions dsignes, alors quelles en comportent presque toujours plusieurs,
chroniques et accidentels. Il est plus logique de classer les actions ou les phases
rpertories en fonction de lensemble des risques que chacune prsente. Pour ce
faire, il est possible dattribuer une cotation aux actions ou phases, en additionnant
simplement les cotations de tous les risques qui leur sont attachs.
EXEMPLE :
Une prparation de peinture comporte un ajout de solvant, action code P2-3. Elle prsente deux
risques chroniques cots 3 et 1, et deux risques accidentels cots 2 et 5. Laction P2-3 sera cote
3+1+2+5 = 11.
Plus une action ou une phase prsente de risques, plus son niveau de risque est
lev, et plus la priorit de correction est leve, ce qui est bien le but recherch. Il
est alors possible de procder un classement nal de toutes les actions ou phases
dun systme tudi par cote de risque dcroissante, xant les priorits du plan de
prvention qui reste tablir. Lensemble du classement gagnera en clart si lon
adopte des classes de risques, par exemple de A F, regroupant des actions prsentant
un risque cot dans une des fourchettes pralablement tablies. Ce classement peut
tre prsent comme lillustre le cas ctif prsent dans le tableau ci-aprs.
Le codage des actions qui rappelle lopration dont elles font partie dune part, et
des risques dautre part (par exemple, C21 ou A32), permet daccder facilement
aux prcisions utiles en cas de besoin. Ce principe sera exploit dans ltude de cas
du chapitre 6.
[Link] Page 159 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
160
3.4 Fixation des priorits daction 3 Pratique de lanalyse
des risques chimiques
Ce classement est, rappelons-le, tabli pour lunit de travail choisie au dpart,
comme expos au paragraphe 3.1, et ne peut tre compar un autre classement
fait sur une unit diffrente. Par contre, des sous-ensembles de lunit peuvent tre
extraits et compars entre eux, comme deux procds inclus dans la mme valua-
tion globale. En additionnant tous les niveaux de risques de chacun de ces
procds, il est possible de dterminer lequel est le moins dangereux.
Cest ainsi que se termine ltape dvaluation des risques chimiques, qui doit faire
lobjet dun rapport de synthse. Les donnes de ce rapport doivent bien sr tre
tenues jour, ce qui ncessite de refaire lvaluation chaque fois quune modica-
tion intervient concernant les dangers, le travail, les expositions ou les situations
dangereuses. Le rapport dvaluation jour sert de point de dpart pour dune
part prparer le plan de prvention, dautre part rdiger le document unique exig
par la rglementation
1
.
La recherche de solutions pour supprimer ou rduire les risques constats constituera
la premire phase du plan daction dcrit dans le chapitre Pratique de la prvention
des risques ci-aprs.
Code
action
Risque
chronique
Cotation
Risque
accidentel
Cotation Priorit Classe
P2-3
In C25 3 In A27 2
11
A
Co C26 1 IE A28 5
R1-4
In C51 4 Re A53 3
10
Co C52 3
M3-5
In C13 2 IE A15 4
8
B
Co C14 2
R1-2
In C45 4
8 Co C46 3
Tg C47 1
M2-1
Co C8 3 Re A10 2
7
Tg C9 2
P2-5 In C32 3 IE A34 4 7
R1-2 In C33 2 In A35 3 5 C
1. Larticle R. 4121-1 du Code du travail demande lemployeur de transcrire et de mettre jour les r-
sultats de lvaluation des risques dans un document unique comportant un inventaire des risques
identis dans chaque unit de travail de lentreprise ou de ltablissement .
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4 PRATIQUE DE LA PRVENTION DES RISQUES
4.1 Objectifs de prvention
Pour chaque risque qui a t identi et caractris, la recherche des mesures de
prvention va se faire en deux tapes. La premire consiste lister toutes les solu-
tions imaginables, en suivant strictement la mthodologie issue de la modlisation
expose au paragraphe 2.2.1. La seconde comporte la slection des mesures de
prvention les mieux adaptes selon les critres dnis.
La modlisation avait conduit dnir 3 ou 4 composantes du risque selon son
type, chronique ou accidentel, suivant le tableau suivant :
La prvention consiste simplement bloquer le mcanisme qui conduit au dommage,
ce qui revient agir sur les composantes du risque. Lidal est bien sr la suppression
totale dune ou plusieurs composantes mais, le plus souvent, il ne sera possible que
de rduire leur importance. Il est donc ncessaire de toutes les traiter, sachant que
lefcacit exige de commencer toujours en amont, cest--dire de respecter lordre
de priorit suivant :
lagent chimique dangereux ;
la situation dangereuse ;
lvnement dangereux ;
lexposition ;
le dommage.
Cette liste constitue les objectifs de prvention. Il est important de sy rfrer dans
toutes les solutions proposes pour ne pas perdre de vue leur hirarchie defcacit.
Elle rsume en fait les principes gnraux de prvention gurant dans la rglemen-
tation
1
, mais en plus concis et plus structur.
Processus chronique Processus accidentel
Danger Danger
Exposition
Situation dangereuse
vnement dangereux
Dommage Dommage
1. Article L. 4121-2 du Code du travail.
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162
4.2 Recherche des mesures possibles 4 Pratique de la prvention
des risques
4.2 Recherche des mesures possibles
Le principe est de rechercher, pour un risque donn, tous les moyens susceptibles
datteindre les diffrents objectifs de prvention, dans lordre prcis ci-dessus. Il
nest pas possible dnumrer tous ces moyens, car il y en a autant que de situations
particulires. Toutefois, il savre que des types de moyens sont rcurrents. Voici
quelques-uns des moyens types les plus efcaces :
4.2.1 Action sur lagent chimique dangereux
La premire solution est la suppression. Mais, sauf exception, quil faut toutefois
envisager, cet agent est utilis, ou produit, dans un but prcis. Il est parfois possible
datteindre ce but par un changement de procd. Ce changement peut porter sur
le schma ractionnel dun stade de synthse dans lindustrie chimique, voire sur
la voie de synthse complte. Il est vident que cette solution est lourde mettre
au point. Elle ne peut raisonnablement intervenir quau stade de la recherche ou
du dveloppement.
Pour des produits dits dapplication, le changement peut consister passer une
solution physique. Par exemple, on peut remplacer une application de peinture par
un traitement de surface, ou une impression lencre par une impression thermique,
voire pas dimpression si la communication se dmatrialise.
Il est possible, dfaut de suppression, de remplacer le produit dangereux par un
autre produit moins dangereux, en rfrence au niveau de danger attribu. Ce
remplacement, appel aussi substitution, peut se faire dans la mme famille chimique,
comme un changement de solvant, mais aussi en changeant de famille, comme en
passant dun milieu solvant un milieu aqueux.
Les personnes confrontes au problme de la substitution sont souvent la
recherche dune liste de produits de remplacement . Cela sest vu particulire-
ment pour lamiante, dont la substitution tait devenue obligatoire. Il est souvent
illusoire de vouloir tablir de telles listes, parce quelles devraient tre immenses.
En effet, ce nest pas un produit que lon doit remplacer, mais une fonction. Cest
cette ide qui constitue la mthode idale de substitution.
Dnir clairement et compltement la fonction recherche dans lutilisation dun
produit donn nest pas si simple. Cette dmarche, indispensable, conduit souvent
remettre en cause le procd, car la fonction dun produit rpond un problme
pos en amont et en aval dun process. Par exemple, un dgraissage de pices
mcaniques rpond un graissage antrieur de ces pices. Il est arriv que lon
puisse supprimer le dgraissage par la suppression du graissage. Il arrive aussi que
le besoin prcis dun produit disparaisse au cours de lvolution dun procd, sans
que lon pense supprimer le produit !
Une substitution doit saccompagner dune nouvelle valuation des risques concerns.
La baisse de niveau de danger obtenue peut soit introduire un nouveau danger,
soit gnrer une nouvelle exposition. Ainsi, le remplacement dun solvant chlor
par un hydrocarbure cre un risque dincendie-explosion, exemple classique du
dplacement de risque. Une rvaluation aurait bien montr que le niveau de risque
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4.2 Recherche des mesures possibles
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4 Pratique de la prvention
des risques
avait augment, comme lattestent les nombreux accidents qui ont suivi ce genre
de substitution.
Il existe aussi une forme de suppression peu souvent voque, malgr son intrt, cest
celle de laction exposante et non de lagent chimique. En effet, un danger ne gnre
de risque qu loccasion dune action humaine ou dune phase de procd exposant
un effet chronique ou accidentel. Par une adaptation du procd, il est parfois
possible de supprimer compltement cette phase, sans supprimer lagent chimique.
On obtient ainsi une suppression de risque quivalente celle de lagent chimique.
Enn, les dchets reprsentent un cas particulier, car il est possible dans certains cas
de rduire leur niveau de danger par un traitement physique ou chimique appropri.
Cette opration est appele dtoxication et fait lobjet du paragraphe 5.4.5.
4.2.2 Action sur la situation dangereuse
Une situation dangereuse est cre par une intrusion humaine en zone dangereuse.
La supprimer consiste empcher cette intrusion. Deux moyens sont possibles :
maintenir les personnes hors de la zone dangereuse ou conner la zone dangereuse
en la rendant inaccessible.
La premire solution se concrtise par la cration de locaux ou despaces hors de
toute activit humaine, du moins en fonctionnement normal. Un tel espace doit tre
protg par de la signaltique et des dispositifs dautorisation daccs. Il est surtout
important de supprimer le besoin de pntrer dans la zone dangereuse. Pour cela,
le plus simple est souvent de placer cet espace en dehors de toute voie de circulation et
tout poste de travail, une distance tenant compte de ltendue de la zone dangereuse.
Ce principe vaut particulirement pour le stockage des produits chimiques. On peut
aussi se doter de moyens techniques pour effectuer dune part toutes les interventions
prvisibles distance, cest--dire par tlcommande, dautre part la surveillance et
le contrle distance. Ce principe est dj bien dvelopp dans lindustrie chimique,
mais devrait ltre davantage dans les autres industries et mtiers.
Conner la zone dangereuse consiste notamment installer des protecteurs,
conus en fonction du phnomne dangereux. Si lvnement redout est une
projection, un cran permet de larrter. Si cest une mission massive, un captage
de forme et de dbit adquats llimine sa source. Si cest un incendie, le conne-
ment est obtenu par des parois rsistantes au feu. Si cest une explosion, londe de
choc et les projections peuvent tre canalises vers une sortie sans risque ou arrtes
par des grilles. Dans ce cas, la situation dangereuse reste lintrieur des grilles.
Nous avons vu que latmosphre explosive est un cas particulier de situation dange-
reuse. Sa suppression exige donc dempcher lexplosivit. On peut soit liminer
le combustible par une substitution, soit liminer loxygne par un inertage, soit
liminer la concentration critique par dilution des vapeurs ou des poussires, en
ventilant au point dmission. Par contre, le connement nest pas une bonne
solution dans la mesure o il nempche pas lexplosion lintrieur. Il nest une
solution que si lon est certain que lexplosion ne produira aucun dgt ou
dommage lextrieur. Ce principe est exploit dans la conception du matriel dit
anti-dagrant .
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164
4.2 Recherche des mesures possibles 4 Pratique de la prvention
des risques
Les situations dangereuses lies des ractions chimiques susceptibles de perte de
contrle sont rduites par les deux catgories de mesures prcdentes. Ce point est
dvelopp au paragraphe 5.2.2. Celles qui sont issues dun risque de mlange de
produits ractifs entre eux sont rduites par le principe dloignement de ces ractifs
ou de leur connement complet.
4.2.3 Action sur lvnement dangereux
tant constitu dune suite de faits qui senchanent, un vnement dangereux
peut tre soit supprim en rendant son dclencheur impossible, soit interrompu
avant quil ne gnre le dommage nal. Il faut donc dabord essayer de rduire la
probabilit de survenue de lvnement dclencheur en agissant sur sa cause, qui
peut tre lie la qualit des quipements, la maintenance prventive, la conception
des installations, aux modes opratoires, la formation des individus, etc.
Linterruption du cours de lvnement dangereux avant le dommage consiste
rendre impossible une ou plusieurs de ses tapes. Pour ce faire, ltude des modes
de dfaillances, ou toute autre mthode similaire voque au paragraphe 3.2.4, est
un pralable indispensable. Il est difcile de proposer des listes de mesures, tant les
scnarios sont varis, mais toute mthode de rsolution de problmes est la bienvenue.
Parmi tous les moyens possibles pour interrompre lvnement, citons simplement
les capacits de rtention, les ventilations de secours, les dispositifs dextinction
automatique, les protections individuelles, les procdures de fonctionnement, etc.
Par dnition, la rduction de probabilit dun vnement dangereux un niveau
ngligeable supprime de fait la situation dangereuse qui en dpend. Lexemple le
plus clair est celui de latmosphre explosive. Dans ce cas, lvnement dangereux
est lignition. Cest pourquoi la prvention des explosions repose en grande partie,
en dehors des mesures de suppression de latmosphre explosive, sur la suppression
des sources dignition. Toutefois, lexprience montre que cette suppression ne peut
jamais tre complte. Cela est d notamment la facilit de formation de llectricit
statique et la probabilit jamais nulle dune erreur humaine.
Les scnarios de raction chimique intempestive sont nombreux, mais trois dentre
eux ont une frquence suprieure la moyenne. Le premier, illustr par lexemple
n 2 du paragraphe 2.5.2, est celui de fuites successives atteignant une mme capacit
et permettant ainsi la raction de deux produits ractifs. Lexistence de capacits de
rtention distinctes et spares pour ces ractifs est sufsante pour bloquer lvne-
ment. Llimination complte de la premire fuite, ds quelle est constate, est aussi
efcace, de mme quune puissante ventilation permanente, logique pour un volume
conn avec accs des personnes.
Le deuxime scnario, illustr par ltude de cas n 1 du paragraphe 2.5.4, est celui
de lerreur sur lidentit dun ractif. Un contrle rapide et systmatique du ractif
la livraison est une mesure trs efcace, et trs utilise, pour enrayer le droule-
ment daccidents souvent trs graves. Dans un process plus complexe, il sagit de
reprer o de telles erreurs sont possibles et de les rendre impossibles par une mesure
matrielle, car les limites defcacit des consignes et procdures sont bien connues.
Comme exemple de mesure matrielle, on peut citer la ligne de canalisation xe et
unique entre le point de stockage et le point dutilisation.
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4 Pratique de la prvention
des risques
Le troisime scnario est celui des mlanges de dchets chimiques dans un rcipient
commun. Il savre que ce que lon appelle trop vite dchet reste souvent un
ractif, capable de provoquer des ractions violentes avec manations toxiques,
quelquefois longtemps aprs le mlange. La prvention de tels mlanges dangereux
est dabord de considrer ces rsidus comme tous les agents chimiques, cest--dire
quils seront placs sparment en stockage provisoire, dans des rcipients adapts
et pourvus dun tiquetage rglementaire. Ensuite, il convient, dans la mesure du
possible, dliminer leur ractivit, ou leur toxicit, par un traitement chimique.
Aprs quoi ils pourront tre regroups dans des rcipients communs, par famille
de produits compatibles entre eux.
4.2.4 Action sur lexposition
La prvention des expositions consiste empcher le contact humain avec lagent
chimique prsent normalement au poste de travail. Si le contact est respiratoire, la
premire solution est de supprimer ou de rduire la dispersion dans lair des
vapeurs ou des poussires. Lmission de vapeurs par un liquide est invitable lair
libre, son importance tant lie sa pression de vapeur. En rduisant la temprature
de travail, on limite un peu cette pression, mais la seule solution pour larrter est
le connement. Cest le principe quasi universel du vase clos, dont nous reparlerons
beaucoup. Mais il nest pas toujours possible de lappliquer, par exemple pour une
mise en peinture manuelle ou un nettoyage de surface avec un produit solvant.
Le cas des poussires est diffrent, car la formation dun arosol solide nest pas
spontane, mais toujours le rsultat dune action mcanique volontaire sur un
produit solide ou pulvrulent. La prvention dune telle exposition repose alors
dabord sur la suppression, ou la rduction, de cette action mcanique. En pratique,
cest assez difcile puisque laction mcanique a un but utile, comme celui du
ponage, du sciage, du transvasement, etc. viter cette action revient changer de
procd, ce qui demande des tudes et des dlais, comme pour la substitution des
produits. L encore, le connement, quand il est possible, offre un bon compromis
en supprimant la dispersion dans lespace de travail, tout en maintenant le procd.
La solution suivante consiste liminer les vapeurs ou les poussires au fur et
mesure quelles se forment. Cela suppose de les conduire ailleurs , o elles nont
pas de contact avec lhomme. Ce captage est ralis par un courant dair induit par
un systme de ventilation mcanique. Il y a beaucoup de paramtres en jeu pour
raliser un captage efcace, cest pourquoi cela exige une comptence particulire,
qui nest souvent pas aussi bien matrise quil le faudrait. Pour diverses raisons, un
captage ne peut tre total et son efcacit doit tre value avant de le slectionner.
En pratique, cest une des mesures les plus rpandues pour lexposition respiratoire,
en dpit des contraintes quelle induit.
Les poussires prsentent une nuisance suprieure aux vapeurs en ce sens quelles
nissent, si elles ne sont pas captes, par se dposer dans lenvironnement, dans un
espace qui est dautant plus tendu quelles sont nes. Une fois dposes, elles sont
difciles liminer puisquil faut les remettre en suspension, laide dun aspirateur
par exemple. Toutefois, lhumidication permet de les agglomrer et de supprimer
toute volatilit. Cest donc un moyen trs efcace pour viter ou rduire leur
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4.2 Recherche des mesures possibles 4 Pratique de la prvention
des risques
formation. On le ralise en humidiant dj le solide partir duquel elles se forment,
en enveloppant la zone de formation dans un brouillard deau et en les recueillant
ou en les ramassant avec de leau. Cest le principe du travail lhumide , qui
na quun champ dapplication limit.
Le retrait de matriaux ou dobjets (principalement des joints) contenant des produits
dangereux tels que lamiante ou le plomb, que lon pratique dans un unique but
dassainissement, pose un problme diffrent, puisquil ny a pas de valeur ajoute
directe. Dans ce cas, le connement et le captage la source sont videmment recom-
mands, mais aprs avoir rduit les missions au minimum. Pour ce faire, le travail
lhumide est possible, mais la technique dimprgnation est encore plus efcace.
Elle consiste appliquer une prparation liquide capable de pntrer le matriau
ou lobjet cur et de lier les bres de faon supprimer leur volatilit. Le retrait
ressemble alors celui dune pte. Cette imprgnation pralable ne doit pas tre
confondue avec celle qui vise laisser le matriau en place aprs une polymrisation
solide.
La suppression ou la rduction des expositions par contact cutan demande, selon
les situations, que loprateur nait pas besoin de toucher lagent chimique, ou que
lagent chimique ne puisse atteindre la peau. Dans la premire hypothse, la solution
passe par la technique. Le contact provient souvent dune manipulation dobjets
ou doutils avec un produit liquide, solide ou pteux. Lexemple le plus banal est
celui de la peinture, quil sagisse de btiment ou dobjets. Dautres activits induisent
les mmes types dexpositions, comme lencollage et le dgraissage. Leur point
commun est laspect manuel et ne concerne que des produits dapplication, souvent
en surface. Il sagit en fait de la rptition de gestes issus du domaine domestique
ou artisanal.
Ds que ces techniques prennent une ampleur industrielle, le travail est mcanis,
ce qui rduit fortement les contacts homme-produit. La prvention consiste donc
nutiliser les produits que par lintermdiaire dun outil ou dun quipement le
plus clos possible. Malheureusement, ces moyens nexistent pas souvent pour des
applications dimportance limite, comme le demande lartisanat par exemple. Ils
se dveloppent nanmoins et il faut assurer une veille technologique pour reprer
ces nouveaux outils. Ainsi, la commercialisation de produits en petites doses ou
cartouches permet dviter de prlever dans un ft. Mais llimination dun contact
trouve parfois sa solution dans la confection dun outil trs simple. Des oprateurs
ont russi par exemple en adaptant un manche un outil existant, ou mme en
prolongeant celui qui existait, sur un pinceau, une brosse, une pelle, une spatule, etc.
Nous avons vu quune partie des contacts cutans est due au dpt dun arosol
liquide ou solide sur la peau. Dans ce cas, toutes les mesures applicables lexposition
respiratoire rduisent aussi ce type de contact. Toutefois si la zone de dispersion est
trs limite, le contact cutan est possible sans que les voies respiratoires soient
exposes, ce qui rend le risque moins perceptible.
La prvention des contacts cutans peut aussi trouver sa solution dans un change-
ment de procd, consistant liminer lapplication des produits. Cest ainsi que
lon a vu le masticage remplac par la pose dun joint prform en lastomre. Il
faut aussi chercher du ct des traitements de surface intgrs la fabrication des
objets ou structures traiter. Ce point est dvelopp au paragraphe 5.3.
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4 Pratique de la prvention
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La dernire possibilit de rduction dune exposition respiratoire ou cutane reste
la protection individuelle. Sans rien changer dans le poste de travail, elle se prsente
comme une barrire empchant les agents chimiques datteindre le corps humain.
Elle a lavantage dtre tout de suite disponible et peu coteuse. Bien choisie et
bien porte, elle peut assurer une protection trs efcace. Mais ses inconvnients
ne manquent pas : lagent chimique dangereux reste prsent dans lenvironnement
de travail et son efcacit dpend totalement de la volont de la personne la
porter. La technique des quipements de protection individuelle (EPI) est expose au
paragraphe 4.3.11. Il nest raisonnable de lenvisager que pour des actions courtes
et exceptionnelles, ou en redondance des mesures techniques listes prcdemment.
4.2.5 Action sur le dommage
La rduction de gravit dun dommage qui se produit malgr tout est la dernire
des mesures que lon peut prendre en prvention des accidents. Ce nest dailleurs pas
exactement de la prvention puisque ce type de mesure nagit quaprs lapparition
du dommage. Mais il est assimilable aux autres mesures parce quil doit tre mis en
place prcocement.
La gravit dun dommage est fonction de lintensit et de la dure du fait gnra-
teur. En agissant sur ces deux points, on peut viter le pire. Pour les expositions
chroniques, la gravit du dommage ne dpend que des paramtres de lexposition.
Il nest donc plus possible de la rduire quand le dommage apparat, si ce nest par
la suppression de lexposition et dans la mesure o le dommage est rversible. Ce
type de mesure vise donc essentiellement le dommage issu dun accident.
Rduire la gravit du dommage accidentel, cest intervenir dans les premires
secondes, voire minutes, sur la cause pour la neutraliser. Par exemple :
teindre un incendie naissant, surtout sur les vtements ;
se munir dune protection respiratoire ds le dpart dune mission volatile massive ;
mettre en marche une puissante ventilation de secours ;
se doucher aprs une aspersion de liquide corrosif ;
administrer un traitement curatif durgence, local ou gnral ;
porter les premiers secours (ventilation, oxygnation,) ;
schapper par une issue de secours ;
Toutes ces actions ne sont possibles que si les quipements correspondants sont
disponibles. En voici une liste type :
tous types dextincteurs de premire intervention ;
tous types dEPI adapts aux risques les plus probables ;
ventilation de secours place dans les zones risque, dmarrage automatique
et manuel ;
douches, lave-il et douchettes de scurit, alimentes en eau propre et tempre ;
articles de soins durgence, conservs en bon tat et accessibles ;
issues de secours judicieusement places et dgages.
Ces mesures techniques ne sont vraiment efcaces que si elles sont accompagnes
des mesures organisationnelles suivantes :
formation du personnel la lutte contre le feu, au port des EPI et au secourisme ;
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
exercices rguliers dvacuation et dintervention durgence ;
vrication priodique des extincteurs, des douches et lave-il, des ventilations ;
organisation des secours incendie et accidents graves avec les services comptents,
notamment le mdecin du travail.
Ces mesures nagissent qu un stade critique de lvnement dangereux ; elles ne
sauraient donc assurer seules la scurit. Avec les EPI, elles simposent en redon-
dance de toutes les mesures techniques et organisationnelles issues de lapproche
logique expose prcdemment, lesquelles rduisent la probabilit des accidents.
4.3 Les familles de mesures
La mthode de recherche des mesures par action sur les composantes du risque
fournit des principes gnraux. Ils doivent tre ensuite concrtiss au cas par cas.
Cette tape est en gnral la plus facile, surtout si elle est assure par un travail
collectif des personnes concernes par les risques identis. Les propositions de
solutions techniques sont abondantes partir du moment o le problme a t
bien pos. Nanmoins, lexprience de la prvention apportant un savoir-faire qui
vite les tentatives infructueuses, nous avons runi ci-aprs quelques informations
dans ce sens.
4.3.1 La substitution
La substitution dun agent chimique par un produit ou un procd moins dangereux
doit tre tente systmatiquement au dbut de la recherche des mesures de prvention.
Pour cela, il faut suivre un cheminement logique, car il est rare quun produit ait
un remplaant quivalent. La premire tape est destimer les risques quil gnre
selon la procdure tablie. Ensuite il faut dnir prcisment les fonctions quil
remplit. Voici une liste indicative de proprits attaches un produit chimique :
structure inclure dans une synthse chimique ;
ractivit spcique pour une raction chimique ;
solvant spcique dune raction chimique ;
lment chimique ncessaire ;
effet tampon sur le pH ;
potentiel redox ;
pouvoir solvant dautres composs ou matires ;
aptitude dissoudre un dpt ;
aptitude dcaper un support ;
aptitude dgraisser une famille de produits ;
pouvoir gliant ;
facilit dvaporation ;
pouvoir abrasif ;
pouvoir lubriant ;
aptitude ne pas attaquer un support ;
stabilit la temprature ;
viscosit particulire ;
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4.3 Les familles de mesures
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4 Pratique de la prvention
des risques
pouvoir antioxydant ;
pouvoir oxydant ;
combustible spcique ;
non-inammabilit ;
pntration percutane ;
gnrateur dodeur spcique ;
gnrateur de got ;
colorant solide, liquide ;
antibactrien ;
.
Des centaines dautres proprits pourraient tre dcrites. Gnralement, un
produit est utilis pour plusieurs de ses proprits, cest pourquoi son remplace-
ment nest souvent possible que par plusieurs autres produits, qui seront employs
soit en mlange, soit successivement. Dans presque tous les cas, la substitution
conduit une modication de procd ou de conception. Ce constat vaut par exemple
pour lamiante, dont les diverses proprits lui confraient un large champ dappli-
cations : rsistance aux hautes tempratures, pouvoir isolant, structure breuse
intressante en matriaux composites, etc. Toutes les solutions de substitution qui
sont apparues pour ce matriau ne reprennent souvent quune seule proprit.
Il faut ensuite jeter un regard critique sur les fonctions rellement indispensables,
ce qui ncessite dexaminer lamont et laval de lutilisation du produit. Une fois
bien cernes les proprits rechercher, ce quon appelle aussi analyse de la valeur,
il est possible de trouver nombre dhypothses de remplacement respectant ce
cahier des charges. Ces hypothses sont alors soumises exprimentation et valides
ou pas. Une ou plusieurs solutions peuvent alors se faire jour. La dernire tape est
de refaire lestimation des risques lis la solution envisage et de la comparer avec
linitiale.
Toutefois, il ne faut jamais renoncer prmaturment une solution, tant que lon
na pas une vision globale du problme. Lexprience montre quun risque de niveau
quivalent, voire plus lev, mais dun type diffrent, peut tre beaucoup plus facile
matriser, ce qui conduit bien, in ne, un risque rsiduel nettement plus faible.
Attention, linverse est aussi vrai ! Ainsi, remplacer un produit solvant par un produit
aqueux permet, certes, de supprimer les missions de vapeurs et le risque incendie-
explosion, mais il gnre des efuents liquides trs polluants dont le traitement
peut savrer problmatique, aussi bien sur le plan environnemental que sanitaire.
4.3.2 La suppression de la phase exposante
Cette solution est trs efcace, car elle revient supprimer lagent chimique dange-
reux pendant une action ou une phase de lactivit. videmment, elle nest possible
que par une modication du procd, qui doit tre valid, comme dans le cas de la
substitution. Cest une mesure envisager systmatiquement aprs la suppression
ou la substitution de lagent chimique, dont elle est le prolongement. Les exemples
suivants en illustrent le principe.
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
m Suppression des peses
La pese de produits pulvrulents est une action exposante trs classique dans
beaucoup de domaines. Cette action demande en gnral de placer un emballage,
ft ou sac, proximit dune balance, de louvrir, de prlever le produit avec une
pelle, ou de verser lemballage dans un autre contenant plac sur la balance. Le
mouvement de poudre gnre de la poussire, plus ou moins volatile en fonction
de la granulomtrie. Avant de chercher un dispositif de protection, pourquoi ne
pas supprimer la pese ? Cela est possible en sarrangeant pour que les quantits de
produit engages correspondent un emballage complet, ou un nombre entier
demballages. Il faut alors soit modier lunit opratoire, soit le type de condi-
tionnement disponible. Si cela est possible, le gain portera la fois sur la sant, la
scurit et le temps de main-duvre.
EXEMPLE 1 :
Une entreprise commercialisait un produit de traitement du bois dont la fabrication incluait un
mlange de trois composants pulvrulents, tous classs toxiques. Lopration commenait par la
pese des produits en quantits correspondant la capacit du mlangeur. Celle-ci tait denviron
50 kg, soit environ le contenu dun ft carton. Les peses se faisaient dans un seau pos sur une
balance et rempli avec une pelle qui puisait dans les emballages dorigine. Les proportions indi-
ques par le mode opratoire taient les suivantes :
Les diffrents seaux taient ensuite verss dans le mlangeur. Cette opration tait rpte 10 fois
par campagne de fabrication, pour consommer un ft entier de produit C. Les actions de peser et
de verser les seaux taient trs exposantes, malgr un captage localis. Ayant renonc lide de
renforcer le captage des poussires, en raison des inconvnients inhrents cette technique, lentre-
prise sest donn le temps de revoir le process, pourtant trs simple.
Avec les conseils dun fournisseur de mlangeurs, elle est arrive la conclusion quil fallait un
mlangeur plus grand pour ne faire quun mlange avec le contenu du ft de produit C. cette
condition, les 30 peses taient rduites une seule. Lentreprise a effectivement install un mlan-
geur de 500 kg de capacit, et a ralis un seul mlange par campagne, en remplissant directement
le mlangeur avec :
1 ft de produit C, soit 120 kg ;
6 sacs de produit B, soit 300 kg ;
1 ft de produit A, soit 100 kg ;
1 ajout de 10 kg de produit A, prlev et pes.
La tentation de supprimer la dernire pese tait forte, ce qui fut fait aprs validation de la nouvelle
composition. loccasion du changement de mlangeur, un quipement de captage de poussires
performant a t intgr, pour la phase de remplissage.
m Humidification des poudres
Beaucoup de produits chimiques sont disponibles ltat pulvrulent, mais leur
utilisation ultrieure demande parfois de leur ajouter de leau. Lexemple le plus
Produit Emballage livr Contenu Poids prlev
A Ft mtal 100 kg 11 kg
B Sac plastique 50 kg 30 kg
C Ft mtal 120 kg 12 kg
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4.3 Les familles de mesures
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4 Pratique de la prvention
des risques
banal est celui du ciment. Il faut alors se demander sil nest pas possible dincor-
porer leau plus tt dans le procd, ce qui supprime radicalement les poussires.
Cette ide est dj exploite dans la distribution au grand public, puisque lon
trouve toutes sortes de joints, enduits, colles prts lemploi , qui contiennent
leau indispensable leur application. Cest aussi un moyen de traiter les missions
de poussires gnres par des oprations mcaniques telles que ponage, sciage ou
trononnage de pierre. Ce principe gnral de travail lhumide est illustr par
lexemple suivant.
EXEMPLE 2 :
Il sagit de la suite de lexemple 1, puisque la sortie du mlange pulvrulent du mlangeur et son
conditionnement en fts restaient une source dmission importante de poussires toxiques. En
prenant conscience que ce mlange tait en fait utilis sous forme de pte, prpare par ajout dun
peu deau juste avant lemploi, lentreprise a essay dajouter leau au moment du mlange de
poudres, donc directement dans le mlangeur. Lincertitude portait sur la stabilit physique et
chimique de la pte. Cette stabilit stant avre trs satisfaisante, le procd a donc t amnag
dans ce but. lusage, il sest nalement montr porteur damliorations considrables. En effet,
outre le gain sur la sant, la scurit et lenvironnement, le mlange ltat humide sest rvl plus
homogne et le conditionnement plus ais, avec une pese automatique, et un produit ni prt
lemploi.
4.3.3 Lloignement
Tout risque nat du recoupement de lactivit humaine avec une zone dangereuse
cre par un agent chimique. Le bon sens veut quil sufse dviter ce recoupement
pour supprimer le risque. Cest moins simple en pratique puisquil faut dabord
pouvoir estimer, mme grossirement, cette zone dangereuse. Plusieurs cas de gure
sont distinguer. En prsence dune dispersion dagent chimique, sous forme
vapeurs, poussires ou arosol, quelle soit chronique ou accidentelle, il nest pas
raisonnable de vouloir se tenir une distance sufsante pour viter tout contact.
Cela rendrait le travail impossible et ne rsoudrait pas le problme de la pollution
environnementale. Il y a heureusement dautres solutions plus simples.
Lloignement comme mesure de prvention sapplique de prfrence toute
menace de projection, solide ou liquide. Si cette menace est bien localise, il est
aussi plus facile davoir recours au connement. Mais quand le point de dpart des
projections est imprvisible ou multiple, lloignement est une rponse trs sre.
Cest donc une mesure quasi obligatoire en prsence dun risque dincendie ou
dexplosion, mais aussi du risque li aux stockages importants.
Le risque dincendie prend toujours une gravit particulire en prsence de produits
chimiques, quils soient inammables ou non. Il ne faut pas perdre de vue quun
incendie peut se dclencher dans un atelier chimique, mais peut aussi provenir de
nimporte o et venir menacer les produits chimiques. La meilleure solution pour
empcher toute exportation ou importation dincendie est disoler tout local
contenant des produits chimiques du reste dun tablissement. La recommandation la
plus frquente est de maintenir un cart de 10 mtres. Ce nest quun repre, mais
il nest pas toujours facile respecter dans de petites entits. En pratique, il faut
videmment proportionner lloignement la quantit de produits chimiques
dangereux prsents. En outre, la conception du btiment et la qualit des matriaux
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
employs, notamment leur rsistance au feu, jouent un rle tout aussi dterminant sur
limportation ou lexportation dun feu. La documentation
1
et la rglementation
2
sont abondantes sur ce sujet.
Le risque dexplosion impose tout autant lobligation dloignement du local, mais
avec plus de svrit, comme le suggrent la soudainet et la porte du phno-
mne. Dailleurs, la gravit du dommage exclut que lloignement soit la seule
mesure de prvention. Les autres mesures sont prsentes au paragraphe 4.3.8.
Le risque de projection, en particulier de liquide, est en gnral davantage ignor,
parce que les dommages ne sont pas souvent trs graves, alors quils sont assez
frquents. Les projections sont de deux types. Le premier type regroupe toutes les
sorties de liquides pousss par une pression. La simple pression hydrostatique est
dj sufsante pour provoquer des petits jets pouvant atteindre un visage. Mme
un goutte--goutte provenant dune fuite en hauteur peut causer des brlures
chimiques. La mesure la plus simple est donc dloigner les rcipients et canalisations
en charge de tout poste de travail ou de toute circulation quand le mode opratoire
ne lexige pas. Mais il nest pas vident de savoir quelle distance est sufsante pour
tre hors de porte dune fuite.
La porte dun jet de liquide sortant dun orice est rgie par des lois hydro-
dynamiques, en particulier la loi de Bernoulli, qui donne la vitesse dcoulement
en fonction de la pression et de la section du trou :
V = vitesse en m/s ;
k = coefcient fonction de la forme du trou et de la viscosit ; il varie de 0,5 1 ;
g = acclration de la pesanteur = 10 m/s
2
;
h = pression intrieure exprime en hauteur deau (m).
sa sortie, le jet dcrit en thorie une parabole avant datteindre le sol une
certaine distance de son point de dpart, qui ne dpend que de sa vitesse initiale et
de sa hauteur au-dessus du sol. Il est intressant de connatre cette distance thorique,
qui constituera un maximum. Pour que le calcul reste simple, il faut supposer un
orice horizontal sur une paroi verticale dun rcipient rempli deau. Les courbes
dcrites par le jet dpendent de la hauteur du point de fuite, comme le montre le
diagramme prsent dans la gure 4.1.
Ce qui nous intresse, cest la distance du point dimpact au sol du jet par rapport
la cuve. La formule qui donne cette distance thorique est :
d = distance du point de chute au pied de la cuve ;
h = hauteur du point de fuite ;
H = hauteur du liquide dans la cuve.
1. LINRS propose un document synthtique permettant de trouver dautres rfrences : Incendie et lieux
de travail, ED 5005. Autres brochures plus compltes : Incendie et lieux de travail. Prvention et lutte
contre le feu (ED 990)
2. Voir le document INRS TJ 20 : Prvention des incendies sur les lieux de travail.
V k 2gh =
d 2 h H h ( ) =
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4 Pratique de la prvention
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Cette fonction passe par un maximum d = H quand h = H/2.
Cette valeur reste thorique, car un orice de fuite a une forme complexe de nature
diminuer la distance, mais celle-ci peut augmenter si le jet est inclin vers le haut.
Ces lments font que lon peut garder comme distance de scurit la hauteur du
liquide par rapport au sol. Nous verrons que cette rgle a des consquences impor-
tantes dans le cas du stockage et de la conception des capacits de rtention en
particulier. Pour illustrer la svrit de ce principe, il faut raliser quune fuite
provenant dun rcipient ou dune canalisation situe 6 mtres au-dessus dun
niveau de travail et en charge dun mtre a une porte maximum au sol de 5 mtres.
En outre, ces calculs ne valent que pour des pressions hydrostatiques. Mais si les
Figure 4.1 Trajectoire dune fuite horizontale de liquide
Figure 4.2 Porte maximum dune fuite horizontale
0,00
2,00
4,00
6,00
8,00
10,00
0,00 2,00 4,00 6,00 8,00
Longueur
H
a
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r
10,00 12,00
H
H/2
niveau du liquide
d = H
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
quipements sont pressuriss, pour diverses raisons, notamment cause dun pompage,
la porte des fuites peut tre considrablement augmente. Comme en gnral
lespace est compt, cest vers dautres mesures quil faut alors se tourner.
4.3.4 Le confinement
Le connement est la mesure fondamentale de tout risque chimique, le but ultime
atteindre dans toutes les situations. En dehors des produits dont la prsence est
naturelle dans lenvironnement, comme lair, leau, les aliments, la terre (et encore
avec certaines restrictions), tout agent chimique doit tre contenu dans une enve-
loppe tanche, que ce soit pour le stockage ou lutilisation. Dans ce dernier cas,
on parle plutt de systme clos. Il est vident quun agent chimique isol de
lespace de vie ou de travail ne peut entrer en contact avec le corps humain, que
ce soit de faon chronique ou accidentelle. Toutefois, pour le risque dexplosion
ou de raction dangereuse, le connement nest une rponse valable quavec des
prcautions particulires concernant la rsistance et le dimensionnement de lenceinte
de connement.
Pour tre efcace, un connement doit tre complet, car la moindre ouverture peut
tre la source dexpositions chroniques ou massives. Cette ouverture, qui interrompt
la protection, est soit spatiale (par exemple les orices de remplissage ou de vidange),
soit temporaire (par exemple pour les emballages ou les couvercles de cuves). Ces
ouvertures partielles sont difciles viter, rendant nalement le connement complet
assez rare malgr sa simplicit de principe. Comment pratiquer de la peinture ou
du nettoyage en systme clos ? Lexprience montre quune installation doit tre
conue dans cet objectif pour respecter la continuit du connement. Cest souvent
le cas des installations industrielles, dans lesquelles le connement est une retombe
de lobjectif de production en grandes quantits avec un personnel restreint.
Heureusement, il existe de nombreuses solutions de connement pour de petites
installations. La meilleure illustration en est les machines laver de tous types, de
la machine domestique jusqu lindustrielle. Cet exemple montre que le conne-
ment total nest possible quavec laide apporte par lautomatisation. Grce la
banalisation de llectronique et de linformatique, lautomatisation est accessible
des quipements de technologie sommaire, ou faible taux dutilisation. Ainsi,
dans le champ du risque chimique, il existe une offre varie de matriel de pese et
de volumtrie lectronique. Pour les transferts, il existe des solutions mcaniques
aussi dveloppes pour les solides que pour les liquides. Souvent, lquipement
idoine nest pas disponible sur le march, mais peut tre construit spcialement
par un assemblage dlments disponibles. Un systme clos appliqu un quipe-
ment de production ne peut jouer son rle de prvention que sil a t conu pour
cela. Tout bricolage est proscrire en dehors du cadre de la mise au point. En
effet, son efcacit amne les oprateurs placer vite une telle conance dans le
systme que leur prudence sen trouve relche.
On peut distinguer trois niveaux de systmes clos. Le premier est constitu par
lenveloppe de lquipement lui-mme, qui doit donc contenir tous les accessoires
ncessaires, amont et aval. Cest par exemple le cas des machines dgraisser modernes
et de tous les quipements assurant des oprations rptitives. Les laboratoires
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4 Pratique de la prvention
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danalyse offrent ainsi un large march aux automates dans les domaines chimique
et biologique. Le deuxime niveau est une enceinte construite autour et au plus
prs dun quipement qui nest quimparfaitement clos. Cette solution se rencontre
par exemple pour des broyeurs ou des essoreuses. Enn, le troisime niveau est
constitu par un local entier contenant un ensemble dquipements. videmment,
un tel local est normalement inoccup et toutes les commandes et contrles sont
renvoys lextrieur. Lindustrie chimique et pharmaceutique utilise couramment
ce principe (voir paragraphe 5.2.2), qui devrait tre adopt dans bien dautres
activits.
En ralit, ce nest pas le manque de solutions techniques qui freine le recours au
connement, mais la modication des habitudes et de lorganisation du travail que
cela entrane. Lexprience montre en effet que le passage une mcanisation des
manipulations, voire leur automatisation, remet en cause les modes opratoires.
Reprenons lexemple de lintroduction dune machine dgraisser. Pour que le
dgraissage se passe bien, il faut que le matriel dgraisser ait une forme et une
matire adaptes. Il faut aussi procder par lot, selon un cycle impos, et anticiper
lamont et laval, par exemple mise en panier et sortie. Le changement est souvent
assez profond pour crer des rsistances et des checs.
Un connement russi passe par une observation dtaille des modes opratoires
et de lanalyse des modes de dfaillance. La plupart des ruptures de connement
attribuables lhomme sexpliquent par le besoin de faire face un geste imprvu,
parce quil chappait lattention avant. Il peut sagir dun rglage mcanique,
dun contrle visuel, dun remplacement de pice dusure, etc. Une bonne solution
est de pratiquer des ouvertures restreintes dans lenveloppe, permettant dexcuter
ces gestes puis de refermer sans difcult. Cet exemple dmontre que lergonomie
ne peut jamais tre carte dune mesure de prvention efcace.
Figure 4.3 Capotage de table srigraphier comportant une ouverture
pour le rglage des crans
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176
4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
Il est en tout cas recommand de procder par tapes et de ne pas forcment viser
le connement total. La rgle de lergonomie optimale doit toujours prsider aux
choix des solutions. Cela conduit parfois opter pour une association de phases
connes et de phases ouvertes, choisies en fonction de lestimation des risques
prsents. Cela dmontre encore limportance de lestimation des risques dans
lorientation des mesures de prvention. Ainsi, des applications de peinture ou de
colle pourront rester manuelles, moyennant dautres mesures de protection, alors
que la prparation des produits et le schage des pices seront conns.
Un autre obstacle au connement, donc la mcanisation et lautomatisation,
provient du fait que les oprations concernes sont relativement rares ou en petite
srie. Il est vrai que cette option ncessite la plupart du temps un investissement
consquent, qui appelle un amortissement sufsant. Lerreur est de rapporter
uniquement lamortissement sur la quantit, sans intgrer la qualit et la productivit.
En effet, il est un domaine dans lequel la supriorit de la machine sur lhomme
safrme, cest celui de la reproductibilit et de la disponibilit. Ces points sont
frquemment lorigine de gains aussi bien de qualit que de productivit. Nous
pouvons citer le cas dune ligne de chromage lectrolytique qui sest avre globa-
lement rentable aprs sa totale automatisation, malgr une utilisation limite
quelques pices par jour. Au dpart, cest le connement complet qui tait vis, en
raison de lvolution de la rglementation, puis, lusage, la qualit et les dlais de
livraison ont t considrablement amliors.
En conclusion, le connement est la meilleure faon de rduire, voire de supprimer,
les expositions chroniques et les situations dangereuses, aprs la rduction du
niveau de danger et avant le captage des missions, qui est encore, avec les protec-
tions individuelles, la solution privilgie aussi bien par les utilisateurs de produits
chimiques que par les conseillers en prvention.
4.3.5 La protection contre les projections
Lorsquon ne peut pas supprimer totalement les causes dune projection dagent
chimique, il faut sen protger. Cela revient placer un cran au plus prs de la
source possible de projection an darrter aussitt toute matire en sortant. Un
cran est une feuille de mtal ou de plastique dont la forme essaie dpouser celle
de la source et dont la rsistance a t adapte sur le plan mcanique et chimique.
Il faut toutefois que le protecteur ne gne pas la vision en cas de besoin, ce quon
obtient en limitant sa surface ou en utilisant un matriau transparent. Les exemples
en sont innombrables, en voici quelques-uns.
Le point faible des pompes centrifuges est le joint sur larbre dentranement. Une
simple tle de mtal coiffant cette partie est une bonne protection.
Les raccords par brides, trs frquents dans les activits de process, sont des sources
connues de fuites et de projections. On peut utiliser trois niveaux de protection.
La premire se situe autour du raccord lui-mme ; cest un cache-bride.
La deuxime se situe autour de la canalisation complte, avec un tube ou une gouttire
place en dessous. La troisime est un simple panneau transparent vertical, intressant
quand il y a un groupement de raccords et de vannes. Il faut dans ce cas prvoir le
moyen de manuvrer les vannes.
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4 Pratique de la prvention
des risques
4.3.6 Le captage des missions
Lorsquil nest pas possible de supprimer les missions de gaz, vapeurs, poussires
ou arosols, il faut les capter au plus prs de la source. Ce captage le terme est
conventionnel a pour effet de rduire la zone dangereuse cre par lmission. Il
rsulte de lentranement des particules ou des molcules de polluant par lair dans
lequel ils sont disperss. Le schma suivant illustre ce principe :
Lefcacit dun captage se mesure ltendue de la zone dangereuse rsiduaire quil
gnre. Cette tendue est la rsultante de la propension des polluants se diffuser et
de la vitesse dair induite par laspiration. Il sagit ici dutiliser les lois de larodyna-
mique, ce qui relve dune certaine comptence, plus importante que ce que lintui-
tion pourrait laisser penser. Nombre dorganismes spcialiss ont conduit des tudes
dans ce domaine, an dtablir des rgles pratiques pour la conception des systmes
de captage lair. En particulier, lINRS a investi des moyens importants sur ce
thme et propose de nombreuses brochures spcialises dans des activits particu-
lires. Lannexe 11 fournit la liste de celles qui sont disponibles ce jour. Elles ne
font que dcliner des situations particulires des principes gnraux de ventilation,
exposs dans le premier des Guides pratiques . Voici ces neufs principes :
envelopper au maximum la zone de production de polluants ;
capter au plus prs de la zone dmission ;
Figure 4.4 Cache-brides et Panneau de protection transparent
Figure 4.5 Entranement de polluants par une aspiration dair
aspiration
Sans captage
Captage par courant dair
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
placer le dispositif daspiration de manire que loprateur ne soit pas entre celui-ci
et la source de pollution ;
utiliser les mouvements naturels des polluants ;
induire une vitesse dair sufsante ;
rpartir uniformment les vitesses dair au niveau de la zone de captage ;
compenser les sorties dair par des entres dair correspondantes ;
viter les courants dair et les sensations dinconfort thermique ;
rejeter lair pollu en dehors des zones dentre dair neuf.
Il est intressant non pas dexpliquer nouveau en dtail ces neuf principes, mais
de revenir sur leur fondement. Pour ce faire, nous nous rfrons aux travaux de
Pouys, ancien ingnieur-conseil la CRAM dAuvergne, qui ont dmontr exp-
rimentalement que la vitesse de diffusion dune particule ou dune molcule par
rapport lair ne dpasse jamais 0,4 m/s. Tout captage doit alors gnrer une
vitesse minimum dair de cette valeur pour pouvoir entraner compltement les
polluants. Toute la difcult de conception dun bon captage rside dans lobtention
de cette vitesse dair en tout point de la zone de diffusion.
Un orice daspiration, comme lextrmit dune gaine, gnre une vitesse dair v
0
lie au dbit D par la simple relation :
v
0
= D/s
s tant la section de la gaine. Mais, ds que lon sloigne du plan de lorice, la
section de passage de lair slargit et la vitesse chute rapidement
1
.
Si lespace est libre autour de lorice, on obtient une vitesse v
1
infrieure une
distance d
1
de lorice. v
1
dcrot alors comme le carr de d
1
, puisque la section de
passage de lair est thoriquement une surface sphrique.
Nous observons que .
Figure 4.6 Courbes iso-vitesse dair autour dun orifice daspiration
1. Daprs DALLAVALLE J.M., Exhaust hoods, 2
e
d., New York, Industrial Press, 1952.
%
d
u
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i
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m
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r
e
60 %
100 %
30 %
15 %
7,5 %
100
50
0
v
2
v
1
----
d
1
d
2
-----
2
=
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4 Pratique de la prvention
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Cette loi araulique montre quun simple orice nest efcace qu trs faible distance
et pour une source ponctuelle et dbit modr. Pour viter davoir recours des
dbits importants (voir paragraphe suivant), il faut limiter la section de passage de
lair entran, cest--dire canaliser le ux dans la zone utile. Un simple calcul
montre lintrt de ce principe :
Supposons quun orice daspiration, de diamtre 10 cm, gnre une vitesse dair
de 10 m/s sur son plan. une distance de 30 cm de lorice, la vitesse nest plus
que denviron 0,08 m/s.
Si laspiration est raccorde une gaine de 0,5 m de diamtre, la vitesse dair la
mme distance de lorice est denviron 0,4 m/s, soit 5 fois suprieure. En outre,
cette vitesse est indpendante de la distance lorice, tant quon est lintrieur de la
canalisation. Cest cette proprit qui est exploite avec les captages enveloppants
et toutes les enceintes ventiles, autant de dispositifs largement proposs dans les
diffrents guides pratiques de ventilation de lINRS.
La rgle rgissant la canalisation du ux dair impose deux chiffres critiques : la
vitesse dair de 0,4 m/s minimum et une longueur minimum de canalisation de
0,3 m. Il faut toutefois bien noter que les 0,4 m/s reprsentent une vitesse absolue
par rapport laspiration, ce qui veut dire que sil existe un courant, naturel ou
articiel, de lair pollu, il est ncessaire soit de le neutraliser, soit de lintgrer dans
le calcul. Une exigence qualitative sajoute ces chiffres, cest la stabilit du vecteur
vitesse, en intensit comme en direction, lidal tant darriver un ux laminaire.
Comme cela est pratiquement impossible, la perte defcacit lie aux turbulences
invitables dans un poste de travail doit tre compense par des vitesses un peu
suprieures, de lordre de 0,5 0,7 m/s.
Deux catgories denceintes ventiles se rencontrent en pratique. La premire
regroupe les enceintes qui laissent loprateur lextrieur. La seconde concerne les
enceintes qui le contiennent et que lon appelle plutt cabines ventiles.
Figure 4.7 Baisse de la vitesse dair en fonction de la distance
Figure 4.8 Influence dune enveloppe sur un captage
v
1
v
2
d
1
d
2
v
0
v
1
= v
0
/25
3 d v
0
5 d
v
1 =
v
0
/120
3 d
v
0
d
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
m Enceintes ventiles
Cest sans doute le systme de ventilation le plus rpandu, illustr par la sorbonne
de laboratoire, dont le schma suit :
Les lments importants de conception dune telle enceinte ventile sont :
une bonne rpartition du ux dair sur lensemble du volume de lenceinte ;
un dbit calcul pour assurer 0,5 m/s louverture, dans sa position la plus
ouverte ;
un cran coulissant, soit verticalement, soit horizontalement. Son rle est double :
rduire louverture en dehors des manipulations et assurer une protection contre les
projections ;
un dimensionnement assurant une bonne accessibilit de tous les quipements
contenus.
Cette conception est transposable un grand nombre de postes de travail, pouvant
se retrouver dans tous les domaines de lindustrie, du commerce et de lartisanat,
et mme de lart. En voici quelques exemples :
peinture de petits objets ;
encollage ;
dgraissage et nettoyage ;
dcapage ;
utilisation de bombes arosols ;
prparation de peintures, encres, rsines, etc. ;
dpoussirage la brosse ou la soufette ;
ponage dobjets ;
peses ;
conditionnements.
Figure 4.9 Principe dune enceinte ventile du type sorbonne
vers ventilateur
cran mobile
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4.3 Les familles de mesures
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4 Pratique de la prvention
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Une enceinte ventile ne doit tre conue quaprs observation attentive des
modes opratoires. En effet, lune des raisons qui expliquent des checs dans
lutilisation de ce type de protection est la gne provoqu par lenceinte elle-
mme. Cela se traduit par une difcult dintroduire et de manipuler des pices
un peu encombrantes, ou des emballages, ou des outils, voire une difcult
dexaminer correctement le travail. Pour illustrer ce type dcueil, on peut citer le
cas du polissage de pices chromes, plus prcisment des pare-chocs dautomo-
biles, pour lequel il na jamais t possible de raliser un vrai captage envelop-
pant. Ce cas montre encore quune bonne solution demande souvent de revoir
compltement les modes opratoires et lorganisation du travail, ce qui ne va pas
sans problmes humains.
Une autre caractristique de lenceinte ventile est quelle est aussi, par conception,
une forme de connement, avec tous les avantages dcrits au paragraphe prc-
dent. Elle peut en effet tre presque totalement close et la frontire avec le systme
clos nest pas vidente. La ventilation dune telle enceinte devient insigniante,
puisquelle ne dpend que de la section libre de passage de lair. Toutefois, louver-
ture est gnralement variable, en raison de la ncessit douvrir un capot, un
cran ou un couvercle pour certaines phases. Pour assurer la continuit de la
protection par une vitesse dair minimale, il faut alors disposer dun dbit variable,
par asservissement louverture du systme, ce qui nest pas simple.
Le principe de lenceinte ventile est trs souple et peut prendre des formes parti-
culires pour certaines situations illustres par les deux exemples suivants.
Table aspirante :
Lorsque les objets traiter avec des produits chimiques sont de forme plate, on
peut utiliser des tables aspirantes, dont la conception est trs simple :
Lefcacit de ce dispositif ne repose que sur la proximit de la source de pollution
avec le plan daspiration, avec si possible des dosserets pour amliorer les perfor-
mances. Cette solution convient bien par exemple pour le nettoyage ou lencollage
de feuilles et dobjets plats. Il faut quand mme compter une ventilation de
1 500 m
3
/h par m
2
!
Figure 4.10 Principe de la table aspirante
aspiration
grille ou plaque perfore
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
Trmie aspirante :
Un problme rcurent dans la manipulation des produits chimiques pulvrulents
est leur facilit mettre un nuage de poussires ds quon les transfre dun emballage
un rcipient ou un autre emballage. Cette phase de travail est lune des plus
missives en raison de deux phnomnes : dune part, la chute des particules dans de
lair immobile tend les disperser en suspension, dautre part, le volume dair dplac
par le remplissage du rcipient provoque un courant en sens inverse de la chute des
particules, ce qui amplie la mise en suspension. Cette observation a conduit Pouys
imaginer un dispositif dans lequel un courant dair est cr dans le sens de la
chute des particules, pendant que lair dplac est extrait sans rencontrer les parti-
cules. Cest le fameux anneau de Pouys , qui a conquis lindustrie chimique.
Ce dispositif, qui connat nombre de variantes, est relativement peu onreux tout en
tant dune efcacit surprenante. Il peut tre dmontable et nettoyable facilement.
Schoirs et tuves :
Le schage des produits et matires est aussi un domaine dapplication privilgi
des enceintes ventiles. Tout schage libre des vapeurs organiques ou minrales, que
lon laisse souvent se diluer dans lair ambiant chaque fois que la nuisance olfactive
parat supportable. Pourtant, la pollution de lenvironnement et lexposition chro-
nique qui en rsultent sont bien relles. Le principe du schoir ou dune tuve
rpond la dnition dune enceinte ventile, en acclrant le schage naturel par
la double action du renouvellement de lair au contact du produit et de la temp-
rature ventuelle. Il sagit en fait de dplacer lquilibre qui tend stablir entre la
pression de vapeur saturante et lvaporation. Les schoirs et tuves prsentent
deux avantages majeurs. Dune part, ils peuvent tre facilement clos et ne demandent
ainsi quun faible dbit dair. Dautre part, les vapeurs mises sont bien canalises
et peuvent facilement faire lobjet dun traitement appropri. Dans lindustrie
chimique, le schage peut tre pouss en mettant le schoir sous vide et le produit
en mouvement, comme dans le schma suivant.
Figure 4.11 Principe de la trmie aspirante, dite anneau de Pouys
aspiration
gaine annulaire
produit
trmie
air chass
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4 Pratique de la prvention
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Tunnels de schage :
Cependant, les schoirs ne sont gnralement que des systmes connement
temporaire, les missions lair libre ayant lieu juste en amont, au chargement du
produit humide, et en aval, au dchargement du produit sec, du moins quand il
est pulvrulent. Cest pourquoi ils doivent tre coupls avec des postes de chargement
et de dchargement ventils. Autre solution plus performante : lenceinte ventile
en fonctionnement continu, qui permet un connement quasi total. Pour mieux
comprendre ce principe, nous dcrivons ci-aprs un exemple pris dans lactivit de
la srigraphie, connue pour ses nombreuses sources dmission de vapeurs organiques.
Rappelons que ce procd dimpression consiste dposer de lencre solvante, via
un cran semi-permable, sur un support plat. Les supports imprims doivent
ensuite perdre tout le solvant contenu dans lencre. Il existe pour cette opration
des schoirs en continu, constitus dune bande transporteuse passant dans un
tunnel ventil et ventuellement chauff. La conception du poste de travail suit le
schma suivant :
Figure 4.12 Schma dun scheur de poudres
Figure 4.13 Schma dun tunnel scheur pour srigraphie
aspiration
chargement
filtre
dchargement
moteur
mobile dagitation
aspiration
tunnel de
schage
sortie
feuilles
sches
cabine ventile
dpt des
feuilles
imprimes
machine
srigraphier
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
Compte tenu des temps de schage, le tunnel peut tre assez long, ce qui exige un local
de dimensions appropries.
m Cabines ventiles
Lapplication dune peinture ou dun vernis sur un objet, la brosse et surtout par
pulvrisation, impose lusage dune enceinte ventile pour capter les vapeurs et
arosols mis. La premire solution examiner dans ce cas est la robotisation de
lopration, car cette technique est maintenant abordable, mme pour de petites
productions. Elle permet un connement complet et un minimum de renouvelle-
ment dair lintrieur, renouvellement toutefois ncessaire pour viter une atmos-
phre explosive. Si la robotisation nest pas possible, une cabine ouverte permet de
faire ce travail, tant que les objets ne sont pas trop encombrants. On retrouve le
principe de la sorbonne prsent prcdemment, amnag pour recevoir des arosols.
Un plateau tournant permet datteindre toutes les faces de lobjet. Les arosols sont
arrts sur le ltre, quil faut donc changer rgulirement.
Le dbit dair est toujours calcul sur la base de 0,5 m/s au niveau du plan frontal.
Lorsque les objets sont de grandes dimensions, tels que les vhicules, lhuisserie,
etc., loprateur doit se trouver lintrieur de lenceinte ventile pour pouvoir
accomplir normalement sa tche. Il sagit alors dune cabine ventile qui rpond
certaines exigences de conception. Si loprateur na pas se dplacer, une cabine
ux horizontal suft, construite sur les mmes bases que celle cite plus haut.
Toutefois, il faut veiller ce que loprateur ne se trouve jamais dans le ux pollu,
entre lobjet et la paroi aspirante. Sa conception tant assez simple, elle peut tre
rendue mobile pour tre disponible sur un chantier.
Lorsque des dplacements sont ncessaires autour de lobjet peindre, il faut utiliser
une cabine ux vertical. Cette cabine est totalement close, lair arrivant par le
plafond et repartant par le sol, au travers de larges surfaces ltres. Cest la cabine de
peinture, largement utilise par les carrossiers automobiles. Avec ce dispositif du
Figure 4.14 Cabine ventile flux horizontal
aspiration
plateau tournant
filtre pour arosols
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4.3 Les familles de mesures
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ux dair de haut en bas, loprateur est protg des missions en tout point de la
cabine, tant quelles ne sont pas produites trop haut.
Pour ces cabines, une vitesse dair denviron 0,4 m/s, bien rpartie, est correcte.
Lair charg darosols est puri soit par ltre sec, soit par rideau deau. Dautres
dispositifs de scurit assurent la protection en cas de panne et la prvention des
atmosphres explosives. Il est facile de calculer que de telles cabines exigent des
dbits dair considrables. Par exemple, une cabine de 4 m 6 m demande un dbit
denviron 34 000 m
3
/h, quil faut ventuellement chauffer
1
.
Cette solution est applicable pour tous types dobjets encombrants et pour les
missions de poussires. Elle peut tre utilise par exemple pour la peinture lectro-
statique en poudre et pour la taille ou la sculpture de pierre. Ces applications
demandent un savoir-faire propre aux constructeurs spcialiss
2
.
m Outils aspirants
Dans la liste des sources dmission de poussires, les outils lectroportatifs occupent
une place importante. Il sagit principalement des ponceuses de tous types, des
meuleuses, des perceuses et perforateurs, des scies, des burineurs, etc. Comme ils
sont souvent employs sur des chantiers mobiles, il est difcile de les utiliser dans
une enceinte ventile. Toutefois, cette difcult est plutt surestime par les
professionnels, car il serait parfois possible dadapter de petites enceintes mobiles
qui suivent loutil. Avec une demande sufsante, ce type dquipement progresserait
srement. dfaut, on voit plutt se dvelopper des outils aspirants, cest--dire
munis dun petit capteur enveloppant le point dimpact, avec une intgration plus
ou moins russie.
Figure 4.15 Cabine ventile flux vertical
1. Pour plus de dtails sur ce sujet, consulter la brochure INRS ED 839.
2. Pour plus de prcisions, se reporter aux brochures INRS ED 928 et ED 906.
plafond soufflant
sol aspirant
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
Si cette ide est sduisante en principe, elle souffre de quelques inconvnients en
pratique :
Peu doutils portatifs aspirants sont disponibles (notamment pas de perceuse).
La jonction laspirateur par tuyau rebute les utilisateurs. Les poches ltrantes
portes par loutil sont assez peu efcaces.
Le captage ntant jamais total, le port dEPR (quipement de protection respi-
ratoire) doit tre maintenu.
Nanmoins, ce principe mrite dtre dvelopp et joue parfaitement son rle
dans une combinaison de mesures.
m La problmatique de la ventilation
Tous les systmes de captage des gaz, vapeurs, poussires et arosols permettent de
bien soustraire les personnes aux expositions correspondantes et, dans une certaine
mesure, de rduire les risques dexpositions massives et dincendie-explosion. Encore
faut-il quils soient raliss dans les rgles de lart et maintenus dans leurs perfor-
mances nominales. Cest pourquoi le captage est sans doute la mesure de prvention
la plus rpandue pour le risque chimique. Pourtant, le recours la ventilation nest
en fait quun dplacement de problme, puisque les polluants capts sont transports
pour tre soit rcuprs, soit rejets dans latmosphre. Dans le premier cas, ils se
retrouvent sur un ltre ou un support chimique ou physique, qui deviennent de
nouveaux dchets. Dans le second cas, ils rejoignent lenvironnement et participent
sa pollution. En outre, si les polluants capts sont des arosols ou des poussires, ils
donneront lieu des dpts sur leur parcours, ce qui pose nouveau des problmes
de maintenance et de pollution. Cela dit, si linstallation a bien t conue en intgrant
ce problme, la maintenance et la rcupration peuvent devenir faciles et ne pas
prsenter de risque sensible.
m Les nuisances
Une installation de ventilation gnre automatiquement quelques nuisances, qui
peuvent vite devenir un obstacle majeur son utilisation systmatique. Le retour
dexprience trs fourni dans ce domaine permet didentier les principales nuisances
suivantes.
Figure 4.16 Ponceuse aspirante (Photo : Facom) Meuleuse aspirante (Photo : Dynabrade)
Scie aspirante (Photo : Makita).
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4 Pratique de la prvention
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Le bruit :
Le bruit arodynamique de lair est fonction de plusieurs paramtres, dont les
principaux sont la vitesse de lair, la forme et le nombre des capteurs, le type de
gaine, le type de ventilateur et limplantation du rseau. Une installation de
captage, mme modeste, peut gnrer un bruit propre rendre le travail trs
pnible, sachant quelle doit normalement fonctionner pendant toute la dure du
travail. Lexprience montre que les oprateurs sont tents darrter la ventilation,
voire de ne pas la mettre en marche, alors quelle les protge dune exposition. Il
existe des rgles de lart qui contribuent minimiser le bruit araulique. En voici
quelques-unes :
faible vitesse dair dans les gaines. Dans la zone protger, la vitesse est ncessai-
rement de 0,5 m/s, mais dans les gaines, elle est forcment trs suprieure. Il
faut viter de dpasser 10 m/s, sachant que cest la section des gaines qui est le
paramtre limitant ;
orices daspiration avec angles arrondis, de faon viter les effets de sifets, ce
qui nest pas souvent possible ;
ventilateur de type centrifuge, plac loin des postes de travail ;
gaines lisses et coudes grands rayons, en matriaux rsilients ;
gaines et ventilateur placs dans une enceinte phoniquement isolante, lidal tant
de placer le ventilateur et ses annexes dans un local spar.
Lencombrement :
Lenceinte enveloppant la zone dangereuse constitue dj une limitation de lespace
de travail. Nous avons vu quelle pouvait constituer un vritable obstacle pour
manipuler des objets encombrants. Ensuite, le circuit de gaines gnre un autre
encombrement important. Il lest dautant plus que les sections de gaines sont de
prfrence leves, pour limiter le bruit. Ce problme est rsolu en gnral la
conception dun local, en prvoyant un faux plafond ou un faux plancher de
dimensions sufsantes. Il faut savoir quen prsence de polluants chimiques, il y a
des rgles de compatibilit respecter, qui peuvent conduire multiplier les circuits
de gaines indpendants. Enn, un ventilateur performant est toujours volumineux,
car une basse vitesse de rotation est prfrable, sans compter les annexes comme
les ltres, les rducteurs, les conduits dvacuation, etc.
La nature des polluants peut ncessiter un traitement dpuration qui demande une
installation elle-mme trs encombrante, comme tout circuit araulique. Lpuration
de lair rejet a lieu en gnral dans un local amnager spcialement. Lensemble de
ces dispositifs est dimensionn proportionnellement au dbit global exig. Lorsque
toute linstallation na pas t prvue la conception des locaux, elle occupe
lespace libre restant, ce qui conduit souvent des difcults de manutention ou
dintervention et une atmosphre de travail ressentie comme oppressante.
Lvaporation :
La vaporisation dun liquide dpend de sa pression de vapeur au-dessus de la surface.
Cela signie que lvaporation sarrte delle-mme si lespace est ferm au-dessus
du liquide. Mais ds que les vapeurs sont vacues, lvaporation se poursuit. Comme
une ventilation, mme modre, limine les vapeurs, elle provoque une vaporation
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
continue. Ce phnomne prsente de nombreux inconvnients : il provoque un
refroidissement du liquide, une concentration du milieu solvant, un schage acclr
des dpts quand il y en a, une consommation du solvant, une perte de titre pour
un solut volatil. Selon le procd, ces effets peuvent tre rdhibitoires. Pour les
limiter, il faut rduire le dbit au minimum, ce qui nest possible quavec un con-
nement important. Par exemple, dans le stockage des liquides en vrac, il suft de
ventiler le contenant, qui nest ouvert que par un vent, avec un dbit juste sufsant
pour crer une lgre dpression.
Les entres dair extrieur :
Le captage de lair pollu conduit ncessairement rejeter de lair lextrieur des
locaux de travail, aprs une ventuelle puration. Ce volume doit tre entire-
ment compens par une entre dair correspondante, sous peine de faire chuter le
dbit sortant. Souvent, pour des dbits sortant modrs, rien de particulier nest
prvu pour cette entre dair, qui se fait alors spontanment par les ouvertures
invitablement prsentes dans les locaux, telles que les passages non ferms ou
non tanches. Le circuit de lair entrant nest alors pas matris, ni en dbit ni en
trajet. Or, ce courant dair, en fait trs faible sil est bien rparti, contribue
lassainissement des locaux par un renouvellement de lair intrieur. Il est donc
souhaitable de le canaliser par des ouvertures judicieusement rparties et quipes
de ltres. Un tel dispositif statique est simple et peu coteux, mais nest accep-
table que si le dbit global daspiration est faible par rapport au volume des
locaux concerns. On peut prendre comme repre une vitesse dair de 0,05 m/s,
calcule sur la section du local perpendiculaire au courant dair, en respectant une
bonne rpartition des entres dair. Exemple :
Pour des dbits relatifs plus levs, il faut installer un systme de compensation
mcanique, cest--dire utilisant un ventilateur, pour faire entrer de lair un dbit
voisin de celui du rejet lextrieur. En outre, le jet dair produit par un ventilateur
est trop directionnel, ce qui engendre une gne pour le personnel et des perturbations
dans llimination des polluants. Cest pourquoi le ventilateur doit soufer travers
un systme de rpartition de lair sur une surface sufsante pour rduire sa vitesse
moins de 0,1 m/s. Cette rpartition peut tre ralise soit par des caissons quips
Figure 4.17 Compensation de lair extrait
rejet dair
possible
4 000 m
3
/h
3 m
8 m
entres
dair
de 8 m
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de ltres, soit par une multiplication des bouches dair, soit encore par une gaine
soufante en textile poreux.
Mme bien rparti, lair qui vient de lextrieur a la temprature de lextrieur. En
saison froide, son effet de refroidissement des locaux est difcilement combattu
par le chauffage existant. La sensation de froid est renforce par le courant dair
gnr, mme faible. Do la ncessit de rchauffer lair entrant par tout dispo-
sitif adquat. Notons que le rchauffage de lair de compensation contribue encore
lencombrement cr par la ventilation. Par contre, il peut trs bien venir en
complment, voire en remplacement du systme principal de chauffage des locaux.
Mieux encore, si la compensation est quipe dune source de froid, elle peut
rafrachir lair entrant en saison chaude, constituant ainsi une vraie climatisation.
Mais tout cela a un cot.
Le cot de fonctionnement :
Outre linvestissement, une installation de captage des missions sur plusieurs
postes, telle que gurant sur le schma suivant, a un cot de fonctionnement non
ngligeable. Il comprend tout ou partie des lments suivants :
llectricit pour le fonctionnement des ventilateurs ;
lnergie de chauffage de lair entrant ;
les consommables, tels que ltres, produits dpuration ;
la main-duvre de maintenance ;
le supplment de produits volatils consomms ;
le traitement de lair rejet ;
llimination des dchets.
Les deux premiers postes reprsentent la plus grosse part. Sans pouvoir donner de
valeurs tant il y a doptions possibles, ce cot est directement proportionnel au dbit
dair global. Il peut toutefois tre minimis en adoptant les prcautions suivantes :
choisir des ventilateurs haut rendement et concevoir un circuit de ventilation
faible perte de charge (longueur, section, coudes, etc.) ;
recycler la chaleur de lair sortant dans lair rentrant par le biais dun changeur
air/air ; calorifuger toutes les gaines (ce qui rduit aussi le bruit) ; le recyclage de
lair lui-mme ne serait acceptable quavec une puration complte et sans
dfaillance possible ;
rduire les missions an de diminuer les quantits de consommables, de dchets
et la maintenance ;
conner autant que possible les postes polluants pour rduire le dbit dair
ncessaire.
m Schma gnral
Le poste puration fait appel des comptences spcialises. Nous en donnons des
lments de comprhension au paragraphe 5.4.5. Il doit tre intgr dans tout
projet de ventilation, car il est devenu invitable et gagne en efcacit et en cot
tre inclus au dpart de ltude.
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
4.3.7 La surveillance des atmosphres
La composition de lair des postes de travail est un lment dterminant du risque
chimique, plusieurs titres. Selon la nature et la concentration des substances
prsentes, il peut exister lun ou plusieurs des risques suivants :
intoxication respiratoire chronique, si un agent chimique dangereux est prsent
en concentration voisine de la VLEP ;
intoxication respiratoire aigu, si un agent chimique toxique ou trs toxique est
prsent en concentration voisine de la VLEP ;
asphyxie, si la concentration en oxygne est infrieure 20 % (en fait la limite
varie de 15 20 % selon les individus) ;
explosion de combustibles volatils.
Face ces risques, il existe diverses mesures de prvention qui tendent supprimer
la pollution de latmosphre, comme expos dans les paragraphes prcdents. Mais
comme il faut toujours envisager une carence ou une dfaillance de ces mesures, il
est important dtre prvenu de lexistence de ce type de risque. Do le principe
de surveillance des atmosphres de travail. Il existe beaucoup de techniques et
dappareils pour contrler la composition de lair, mais aucun nest universel. Cest
pourquoi il faut dabord xer ses objectifs de surveillance avant de prendre une
dcision. Il sagit de se poser les questions suivantes :
Quelle information faut-il surveiller ?
Quel rythme et quel dlai dinformation sont ncessaires ?
O doit tre localise la surveillance ?
Pour la premire question, la rponse est la concentration de certaines substances
volatiles. Le choix est important, car on ne peut se protger dune substance non
mesure. Il faut donc chercher dans la liste de tous les produits possibles lesquels sont
surveiller, sachant quil est illusoire de vouloir tout surveiller. Le choix devrait
Figure 4.18 Schma type dun rseau de ventilation
gaine de soufflage
gaine daspiration
puration
postes
capter
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privilgier les plus toxiques ou les plus sensibles. Il nexiste pas de technique de
dosage pour tous les produits, mais au moins pour les plus dangereux. Pour le
risque dasphyxie, il suft de vrier le taux doxygne. Pour le risque dexplosion,
il suft de tester la teneur en vapeurs combustibles. Mais on peut aussi cibler un
inammable particulier quand il est le seul possible.
La deuxime question revient choisir entre une mesure discontinue et une mesure
continue. La premire comporte gnralement un prlvement datmosphre, qui
peut tre manuel ou automatique, suivi dun dosage plus ou moins complexe, car
les techniques danalyse peuvent tre chimiques, physiques ou les deux. Le dlai de
rponse peut varier de quelques minutes quelques jours. Les mesures continues
sont obtenues avec des appareils utilisant le signal dun capteur spcique. Elles
ont le gros avantage que reprsente une information immdiate, qui permet par
exemple, aprs comparaison de la mesure avec une valeur de consigne, de dclencher
une alarme et, mieux encore, des actions correctrices, comme un arrt de processus,
une ventilation de secours, un inertage, etc. Leur principal inconvnient rside
dans leur abilit incertaine. Cest pourquoi une mesure par capteur exige des
talonnages et des tests rguliers.
Dans lhypothse dune exposition chronique, une surveillance discontinue est gn-
ralement sufsante, mais elle doit nanmoins tre priodique, spcialement pour
les produits classs CMR. Si le risque est de nature accidentelle, un contrle continu
simpose. Ce contrle doit mme tre redondant dans les espaces conns. On
trouve facilement sur le march des dtecteurs performants, par exemple pour loxyde
de carbone, le cyanure et le sulfure dhydrogne, le chlore, la teneur en oxygne,
lexplosivit, etc. Ces appareils existent aussi pour la plupart en version portable.
Lemplacement du point de mesure est choisi, en tout bon sens, dans lespace o il
peut y avoir une prsence humaine, rgulire ou occasionnelle. Toutefois, pour
anticiper sur lapparition dune situation dangereuse, les prlvements ou les capteurs
gagneront tre placs la source probable dune mission dangereuse. Par exemple
proximit immdiate des contenants de produits toxiques ou de prcurseurs
dmanations toxiques, comme leau de javel, ou dans des espaces conns o la
prsence humaine est improbable, comme une capacit de rtention, ou derrire
un ltre poussires. Concernant les poussires, le choix est plus restreint, car sil
existe bien des techniques de mesure discontinue slectives, les mesures continues
ne sont pas slectives, du moins pour les plus rpandues. Cest principalement
lopacimtrie qui rpond, partiellement, au besoin de surveillance de pollution solide.
Lefcacit dune surveillance datmosphre dpend compltement de lanalyse de
risque pralable, en processus aussi bien chronique quaccidentel. Mais quand elle
est judicieusement mise en place, elle constitue un complment indispensable de
toutes les mesures prises en amont.
4.3.8 La prvention des explosions
La prvention du risque li aux atmosphres explosives est une discipline part
entire, qui fait lobjet douvrages importants et de programmes de formation.
Nous donnerons seulement ici les lments mthodologiques permettant de bien
sorienter dans ce domaine. Ce risque, typiquement accidentel, est particulier dans
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
le risque chimique parce quil est la fois trs probable et trs grave. Il est probable,
parce que les produits inammables, ou mme combustibles, sont dun usage trs
rpandu dans lindustrie, lartisanat et les services. Ils sont principalement repr-
sents par la famille des solvants et celle des gaz combustibles. Ds quils sont
prsents lair libre, la formation datmosphre explosive est systmatique. Seule
son tendue va beaucoup varier avec les circonstances. Quant la gravit dune
ventuelle explosion, elle nest plus dmontrer.
La prvention va consister appliquer le schma habituel : supprimer dabord le
danger, puis la situation dangereuse, puis lvnement dangereux, puis le dommage.
La situation dangereuse est la prsence humaine proximit dune atmosphre
explosive (atex). Lvnement dangereux est le dclenchement de lexplosion, cest-
-dire lignition. Le dommage est un ensemble datteintes la sant rsultant deffets
mcaniques, thermiques et toxiques. Ce schma permet daborder la prvention
avec une garantie defcacit, selon le logigramme suivant :
1) La premire tape pourrait tre de supprimer la prsence humaine proximit
de latmosphre explosive. Il sufrait par exemple dloigner systmatiquement les
postes de travail de la zone dangereuse, ce qui implique des systmes de tlcom-
mande et de tlmesure. En outre, la zone dangereuse peut tre restreinte par un
certain connement rsistant aux explosions. Cette famille de mesure est efcace
Figure 4.19 Organigramme de prvention du risque explosion
atex
explosion
combustible
accident
1. loignement
2. substitution
5. captage
4. rcipient clos
3. inertage
7. matriel Ex
8. attnuation
6. pas darosol
air
source dignition
homme
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et recommandable mais, si elle limine le risque daccident corporel, elle nlimine pas
celui daccident matriel, qui est souvent grave. Cest pourquoi elle na pas priorit
sur les mesures visant supprimer latmosphre explosive. Le principe dloignement
simpose toutefois en complment de ces dernires ds que le risque atteint un
niveau important, comme on peut le rencontrer dans lindustrie chimique.
2) La suppression de latmosphre explosive sobtient par action sur lune des
conditions de sa formation. La premire condition supprimer est la prsence dun
inammable ou dun combustible, ce qui revient pratiquer une substitution,
principe dcrit au paragraphe 4.3.1. Pour ce faire, les critres principaux prendre en
compte sont le point dclair pour les liquides et lensemble concentration, temp-
rature et nergie minimales dinammation en nuage, mais aussi granulomtrie,
pour les solides pulvrulents.
3) La deuxime condition est la prsence de comburant, en fait loxygne de lair.
La solution est de substituer loxygne par un gaz inerte. Les moins chers sont le
dioxyde de carbone et lazote, ce dernier tant prfr en raison de sa totale inertie
chimique. Il est disponible soit comprim en bouteilles mtalliques pour de petites
quantits, soit ltat liqu, dans des bonbonnes ou des cuves cryogniques, pour
de plus grandes quantits. On peut aussi utiliser largon ou lhlium. videmment,
cette substitution, quon appelle inertage, ne peut se faire qu lintrieur dun
connement, gnralement une cuve ou un racteur, mais aussi sur des quipements
comme les broyeurs et les scheurs.
4) Une variante de ce principe consiste laisser les vapeurs du liquide saturer
latmosphre du rcipient. Il suft que le rcipient soit bien ferm, ce qui est le
cas, en fait trs courant, de tous les emballages unitaires de liquides inammables.
Lquilibre qui stablit grce la pression de vapeur fait que la concentration est
toujours nettement au-dessus de la LSE. Le risque dexplosion nest alors relle-
ment prsent quau moment de la vidange.
La suppression doxygne na pas besoin dtre totale. Il existe une concentration
maximale doxygne en dessous de laquelle lexplosion dune vapeur ou dun arosol solide
est impossible
1
. En pratique, une valeur de 8 % couvre tous les produits, excepts
les mtaux lgers (Al, Mg) pour lesquels il faut descendre moins de 2 %.
Linertage est ralis dabord par une purge initiale du contenant, qui consiste soit
balayer lintrieur par un courant de gaz inerte, soit alterner des mises sous vide
et des remplissages au gaz. Ces deux faons de procder ont leurs avantages et leurs
inconvnients. Linertage doit ensuite tre maintenu, pour faire face la respiration du
rcipient, cest--dire la variation du volume gazeux engendre par les mouvements
de remplissage et de vidange. Des dispositifs automatiques dalimentation en gaz,
fonctionnant sur de faibles variations de pression, assurent cette continuit. Il est
ensuite impratif de ninterrompre linertage quaprs limination totale du combus-
tible dans lenceinte protge. Enn, le risque danoxie cr par tout gaz inerte doit
tre pris en compte aussi bien la conception qu lexploitation de linstallation.
1. On peut se rfrer aux brochures INRS sur les mlanges explosifs : Gaz et vapeurs (ED 911) et Poussires
combustibles (ED 944).
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
5) La troisime action possible sur latmosphre explosive est de la rduire un
volume si faible que toute ignition y soit hautement improbable. On obtient ce
rsultat par un captage la source efcace des vapeurs ou des poussires, comme
on le fait pour le risque dinhalation. Cela est mme nettement plus facile, car
lobjectif est de maintenir la concentration en polluant infrieure la LIE, avec
une marge de scurit. La marge gnralement recommande consiste ne pas
dpasser 10 % de la LIE. Nous avons vu au paragraphe 2.5.2 que cette limite varie
de 0,6 8 % pour les vapeurs, soit de 6 000 80 000 ppm, alors que les VME
stagent entre 1 ppm et 1 000 ppm. Quant aux poussires, les LIE. se situent entre
15 et 450 g par m
3
, alors que les VME ne peuvent dpasser 10 mg par m
3
. La valeur
mdiane des LIE tant grossirement 100 fois plus leve (10 fois en prenant la
limite de scurit) que celle des VME, un captage correct la source met labri
dune prsence datmosphre explosive. Il faut cependant se mer de la protection
par un connement presque total associ un faible dbit de captage, car il peut
facilement subsister une zone explosive lintrieur du connement.
6) La formation dune atmosphre explosive avec des poussires suppose leur mise
en suspension pralable, si elles ne sont pas gnres en ltat. Les poussires au
repos ont deux origines. La premire regroupe tous les produits chimiques,
alimentaires et matriaux disponibles sous forme pulvrulente. Il ny a pas de
poussires tant quils sont dans leur emballage dorigine. Or, le moindre mouve-
ment est capable de crer un arosol. Do limportance dviter tout mouvement
lair libre. La technologie de transfert des poudres est sufsamment dveloppe
pour que lon puisse toujours trouver un moyen de transfert plus ou moins mca-
nis, mais toujours en vase clos, complet ou partiel avec un captage enveloppant
pour les zones ouvertes. Le transport pneumatique est une solution intressante
quand il est compatible avec le produit. Mais il faut rester vigilant sur les zones
atex quil peut gnrer lui-mme.
La deuxime origine des poussires dormantes est la pollution qui sest dpose. La
premire des mesures dans ce cas est de supprimer les sources de pollution. Toutes
les mesures dj dcrites pour viter les expositions sont bnques sur ce point,
notamment le connement et le captage la source. Il faut en outre reprer et
supprimer les missions parasites que reprsentent les fuites sur les installations
dans lesquelles sont stocks ou traits des produits pulvrulents, surtout si elles
sont en surpression. Un broyeur, par exemple, sil nest pas correctement install et
maintenu, est un puissant gnrateur de poussires. Il faudrait raliser ces installa-
tions avec la mme tanchit qui convient aux liquides.
Cependant, contrairement au risque dexposition, celui dexplosion existe encore
lintrieur dun connement. En effet, tout dpt de poussires lintrieur peut
tre remis en suspension au cours dun dmarrage dinstallation ou dune inter-
vention de maintenance. Do la ncessit supplmentaire de concevoir ladite
installation de faon ce quelle ne laisse pas se former de dpts non fonction-
nels. Cela concerne principalement les canalisations de transfert et certaines zones
dappareils comme des mlangeurs, des ltres, des machines conditionner, etc.
En particulier, les installations de dpoussirage doivent avoir des vitesses dair
minimales de lordre de 15 m/s.
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4.3 Les familles de mesures
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4 Pratique de la prvention
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Enn, llimination des poussires dj dposes dans lenvironnement simpose,
sans quelle dclenche elle-mme une remise en suspension. Pour ce faire, on peut
procder par aspiration, avec du matriel performant, ou par humidication, arro-
sage ou lavage. Quelle quen soit la cause, lempoussirement doit toujours tre
contrl rgulirement, dabord par simple examen visuel, ensuite par des frottis
sur les surfaces horizontales.
7) Lorsquon ne peut garantir labsence totale datmosphre explosive, il reste
liminer les sources dignition. Dans les conditions normales de fonctionnement,
les ammes nues sont videmment proscrire et leur prsence ne peut rsulter que
dune erreur humaine, quil faut bien intgrer dans la stratgie de prvention. La
prvention des incendies contribue aussi celle des explosions. Les points chauds
ne sont dangereux quau-dessus de la temprature dauto-inammation. Ils
proviennent souvent dappareils de chauffage, quil faudra choisir en consquence.
Voici quelques tempratures dauto-inammation de produits courants :
Substance Temprature dauto-inflammation en C
Sulfure de carbone 90
Oxyde de dithyle 160
Actaldhyde 175
Dioxanne 180
Benzaldhyde 190
White spirit 230-260
Cyclohexane 245
Actate doctyle 268
Butane 287
Ttrahydrofuranne 320
thanol 363
Mthyl-thyl-ctone 404
Trichlorthylne 410
Formol 424
Actate dthyle 425
Huile darachide 445
Actone 465
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
Trois types dtincelles se rencontrent assez facilement. Les tincelles mcaniques
ne sont gnres que par des travaux de maintenance ou des incidents mcaniques.
Leur limination est tributaire dune bonne organisation de la maintenance
prventive et du respect de consignes comme les bons de feu et les consignations.
Elle est complte, en cas de besoin, par lemploi doutillage non tincelant . Les
tincelles lectriques sont produites par beaucoup de matriels xes ou doutillages
lectriques de qualit normale. Leur prvention exige lutilisation dappareils
spcialement conus pour tre utiliss en atmosphre explosible (cest--dire pouvant
devenir explosive). Un ensemble de directives, dcrets, arrts et normes encadre la
fabrication, le marquage et lutilisation de ceux-ci, car chacun deux na quun
domaine dutilisation prcis. Concernant le marquage, la rglementation europenne
est relativement simple.
Ce nest pas le cas du marquage x par la norme NF EN 50014
1
, qui prend aussi
en compte le type de protection utilis et la classe de temprature maximum de
surface. Il y a 8 types de protections normalises :
Substance Temprature dauto-inflammation en C
Nitrobenzne 480
Tolune 480
Styrne 490
Hydrogne 500
Xylnes 525
Dichloromthane 556
Aniline 615
Dichlorobenzne 645
Phnol 715
Figure 4.20
1. Matriel lectrique pour atmosphres explosives. Rgles gnrales. Norme homologue.
x
CE II 1 G
groupe hors Mines
G pour gaz
D pour poussires
catgorie
1 pour zone 0 ou 20
2 pour zone 1 ou 21
3 pour zone 2 ou 22
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La norme donne 6 classes de tempratures maximales de surface :
En outre, le groupe II est divis en trois sous-groupes pour tenir compte des points
dclair :
Mode de protection Symbole Norme NF EN
Immersion dans lhuile o 50015
Surpression interne p 50016
Remplissage pulvrulent q 50017
Enveloppes antidflagrantes d 50018
Scurit augmente e 50019
Scurit intrinsque i 50020
Matriel de type n n 50021
Encapsulage m 50028
Classe TMS
T1 450 C
T2 300 C
T3 200 C
T4 135 C
T5 100 C
T6 85 C
II A
Actone Mthane industriel Actate dthyle Mthanol Butane Propane
Hexane Ammoniac Oxyde de carbone Pentane Heptane Isooctane Dcane
Benzne Xylne Cyclohexane thylmthylctone Actate de mthyle
Actate de n-propyle Actate de n-butyle Actate damyle Chlorure de
mthylne Butanol Nitrite dthyle
II B thylne Butadine ther dithylique Oxyde dthylne Gaz de four coke
II C Hydrogne Bisulfure de carbone Actylne Nitrate dthyle
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
Ce marquage est repr par le sigle EEx et peut prsenter une assez grande
complexit, comme le montre lexemple suivant :
Compte tenu des difcults que peuvent prsenter le choix et linstallation de
matriel de scurit, la premire mesure prendre est de dplacer le matriel lectrique
hors zone risque et de ne laisser en zone que le strict indispensable. Une des
applications de ce principe est lclairage sous verre dormant, trs simple raliser.
Dautres sources dtincelles existent dans les installations. Tout dfaut lectrique
tendant crer un potentiel anormal peut tre lorigine dune dcharge avec
tincelle, cest pourquoi les installations lectriques doivent tre conformes aux
rgles en vigueur et vries rgulirement. Llectricit statique reprsente quant
elle une menace redoutable, en tant que source dignition insidieuse. Elle apparat
principalement lors de frottements avec des matriaux isolants, en particulier dans
les liquides isolants qui scoulent. Les principales mesures prendre sont :
la mise en place de liaisons quipotentielles, avec mise la terre, entre les quipe-
ments et les contenants mobiles ;
Figure 4.21 tiquette dun matriel atex
Figure 4.22 Schma dun clairage sous verre dormant
Zone risque
dexplosion
Zone hors risque
appareil
dclairage
jonction tanche
vitre rsistante
cloison
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lutilisation de matriaux conducteurs, ou rendus conducteurs, tels que tuyaux
souples ou vtements, chaussures, etc. ;
laugmentation de la conductibilit de lair par humidication ou ionisation.
8) La gravit potentielle dune explosion est telle quen plus des mesures de
prvention, il convient dajouter des mesures en limitant les effets. En dehors de la
solution, exceptionnelle, de construire des quipements de travail rsistant une
explosion interne, il est recommand de prvoir un dispositif de dcharge de la
pression engendre. Il sagit dun disque ou dun panneau, relativement lger,
cdant sous une surpression calibre. En outre, la surpression est canalise dans
une direction o elle ne cre pas de risques. Ce dispositif peut tre plac sur un
rcipient, tel quun racteur ou un caisson ltrant, mais aussi dans un local contenant
lquipement sensible. En effet, la dynamique de lexplosion fait que ce dispositif
doit avoir une surface importante par rapport au volume pour tre efcace.
Lexplosion doit aussi tre arrte dans sa propagation ventuelle par des canalisa-
tions. Cela est obtenu par la mise en place darrte-ammes, constitus dune section
de tuyau garni dune matrice de mtal gaufr. Contre les explosions de poussires,
on peut mettre en place des surpresseurs, qui sont des dispositifs envoyant instan-
tanment une grande quantit de produit inertant sur le front dexplosion, aprs
dclenchement par un dtecteur dexplosion. Des vannes fermeture ultrarapide
peuvent complter ces mesures, mais linstallation de tous ces quipements, soumis
certication, demande un savoir-faire conrm. Enn, il est possible de se protger
des projections de petites explosions par des grillages ou des panneaux transparents
rsistants.
En conclusion, quand on ne peut pas viter lutilisation de produits inammables,
il faut que leur lieu dutilisation soit spcialement conu et quip dans ce but
pour obtenir une baisse sufsante de la probabilit et de la gravit de lexplosion.
4.3.9 Loutillage manuel
Lutilisation de produits chimiques dans lindustrie offre la possibilit datteindre
un bon niveau de prvention, principalement en raison de la technicit du mat-
riel disponible. Dans lartisanat, les services et surtout le btiment, le matriel est
nettement plus sommaire, pour de nombreuses raisons, dont le cot, la rsistance, la
mobilit, la technicit, etc. Il reste donc beaucoup doprations manuelles, effec-
tues avec des outils qui permettent facilement le contact, en particulier cutan,
avec les produits appliqus. Les exemples de contamination cutane, dont ceux
donns au paragraphe 3.2.1, mettent en cause des outils comme :
les pelles, godets, mains , utiliss pour prlever et verser des produits pulv-
rulents ;
les pinceaux, brosses, rouleaux, utiliss pour appliquer un produit liquide ou
nettoyer une surface ;
les chiffons, ponges, tampons, utiliss soit pour nettoyer ou essuyer, soit pour
appliquer des produits en surface ;
les petits rcipients (< 1 litre) de toutes formes, utiliss pour prlever ou verser
de petites quantits de liquide ;
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
les spatules, racloirs et autres applicateurs, utiliss pour appliquer ou retirer un
produit pteux ;
les pistolets, pulvrisateurs et autres appareils de projection, utiliss pour appli-
quer un produit sous forme darosol.
La premire rexion conduire concerne lventualit dune autre forme dutili-
sation rduisant les possibilits de contact, par un changement dorganisation ou
de matriel. Voici quelques exemples qui, sils ne sont pas universels, donnent lide
gnrale de la dmarche :
sarranger pour utiliser des emballages entiers, liminant ainsi prlvements et
peses ;
peindre ou coller en atelier, au pralable dans de bonnes conditions, un objet
qui est peint ou coll sur chantier ;
installer un systme de dosage en ligne ;
dgraisser dans une petite machine close ;
utiliser des petites pompes pour les ractifs ou les produits pteux ;
prlever du liquide avec un tube reli un rcipient mis sous vide au pralable ;
utiliser des distributeurs de liquide ou de poudre.
Prenons lexemple courant de lutilisation de ractifs dans les laboratoires de recherche
ou de contrle. Il est frquent de voir manipuler cet effet des acons entiers, des
prouvettes et des pipettes en verre, ce qui gnre la fois des expositions respira-
toires et cutanes et des accidents par suite de renversement ou de casse. Un simple
distributeur doseur plac sur le acon dorigine permet dviter tous ces risques.
Sil nexiste pas de solution de ce type, il reste amliorer les outils existants,
toujours dans le but de rendre les contacts moins probables. Souvent, la crativit
des utilisateurs directs apporte de trs bonnes solutions, mais encore faut-il lenvisager
et la susciter. Il suft parfois dallonger la longueur dun manche, ou dadapter un
cran protecteur, pour supprimer presque tous les petits contacts ordinaires sur un
pinceau, un rouleau, une pelle, une spatule, etc.
Figure 4.23 Distributeurs doseurs
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4.3.10 La maintenance prventive
Le dfaut de maintenance est une des origines frquentes des faits dclencheurs dacci-
dents. Un incident technique pendant le fonctionnement dune installation conduit
souvent improviser des actions de dpannage ou de rattrapage dans des conditions de
scurit trs insufsantes. La solution est dans la maintenance prventive, qui consiste
planier les interventions, pour quelles soient conduites aprs avoir rduit au
niveau ngligeable tous les risques envisageables. Cela signie quil faut au pralable :
inventorier tous les organes et systmes critiques dans le fonctionnement ;
dnir leurs conditions de bon fonctionnement ;
dnir les oprations de maintenance qui simposent ;
runir les moyens de travail en scurit ;
intervenir au moment plani.
La liste des organes critiques pour le risque chimique serait trop difcile tablir,
surtout pour toutes les activits possibles. Nanmoins, nous proposons une check-list
sommaire, complter au cas par cas :
Matriel Points critiques
Emballages Solidit, tanchit, tiquetage
Moyens de manutention Disponibilit, conformit
Structures de stockage Rsistance suffisante, signaltique
Matriel de pompage fixe ou mobile
tanchit (joints tournants et raccords),
conformit lectrique
Matriel de mesure de poids et de volume talonnage
Organes de fermeture/ouverture Absence de blocage, tanchit
Systmes de tlcommande Rponses conformes aux commandes
Systmes de contrle et signaltique Signal conforme aux variables
Capteurs de process Signal normal
Canalisations tanchit, fixation, identification
Organes de raccordement tanchit, solidit
Matriel de mlange Bon tat mcanique
Matriel de chauffage Rglage et coupure possibles
Matriel de refroidissement Disponibilit
Matriel de filtration tanchit, absence de colmatage
Systmes de ventilation Performances nominales, protection lectrique
Matriel dextinction et de secours Disponibilit, vrification rcente
Douches et lave-il Oprationnels, eau propre et tempre
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
Ce qui est galement important, cest que le matriel ait une conception facilitant
la maintenance, comme le changement de ltre ou de joints. Le problme des
canalisations difciles, voire impossibles, vider est rcurrent. Elles doivent, sauf
ncessit du process, comporter des sections isolables par des vannes, tre dmon-
tables par des raccords et surtout vidangeables compltement par des purges.
Autant que possible, il doit tre prvu de laver et de rincer les contenants et les
canalisations par linstallation elle-mme, cest--dire sans dmontage ni interven-
tion manuelle. Ce principe a t utilis avec bonheur dans les rotatives de limpri-
merie, ce qui remplace des oprations, trs exposantes, de nettoyage de cylindres
au solvant.
La maintenance dinstallations chimiques ne doit pas constituer un dplacement
de risque. Cest ce quon observe en particulier dans la maintenance des pompes et
des ltres, car ils sont souvent difciles vider compltement, surtout sils ont
contenu des produits trs visqueux ou sils retiennent des dpts solides. Il faut
que le poste de maintenance de ce type de matriel soit conu en consquence.
La qualit de la maintenance joue un rle dterminant dans les conditions de
travail, comme dailleurs pour tous les types de risques. Cest elle qui garantit la
propret dun atelier, car les produits chimiques ont un impact puissant sur lenvi-
ronnement intrieur. Sils ne sont pas rigoureusement conns dans leurs rcipients et
canalisations, ils sont responsables de souillures, de corrosions et dodeurs. Ces
trois dsordres forgent limage particulirement ngative de nombre dateliers, petits
ou grands, et qui dcourage vite de nouveaux embauchs. Cette image est malheu-
reusement considre comme invitable par certains employs et employeurs.
4.3.11 Les quipements de protection individuelle
Les quipements de protection individuelle (EPI) occupent une place part dans
larsenal des mesures, car ils impliquent directement les personnes exposes. Leur
diversit permet de couvrir tous les risques chroniques mais aussi une partie des
risques accidentels. Ils appartiennent deux grandes familles selon la voie de
contact vise.
m Les protections respiratoires
Le principe dun quipement de protection individuelle respiratoire (EPR) est de
supprimer le contact de lagent chimique avec les voies respiratoires, sans jamais
agir sur sa prsence dans lenvironnement. Les EPR fonctionnent soit en bloquant
le polluant de lair inspir, soit en isolant lindividu de lair pollu, tout en lui
fournissant de lair propre. Ces deux principes conduisent des proprits et des
applications trs diffrentes.
EPR ltrants :
Cette appellation est justie pour ceux qui protgent des poussires. Ils comportent
un ltre capable darrter les poussires et les arosols, avec une efcacit trs variable
en fonction de ltanchit de la pice faciale et de la permabilit du ltre. Voici
les principaux types utiliss :
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4 Pratique de la prvention
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Leur efcacit, cest--dire la proportion de particules arrtes selon la norme
NF EN 143, est repre par le code suivant : P1 pour 80 %, P2 pour 94 % et P3
pour 99,95 %. Les ltres sont marqus dune bande blanche. Le phnomne de
colmatage fait que lefcacit a tendance augmenter avec lusage, jusqu opposer
une rsistance gnante pour la respiration. Mais cest ltanchit avec le visage qui
dtermine lefcacit relle.
Les EPR destins aux gaz et vapeurs fonctionnent par adsorption sur un support
spcial, gnralement du charbon actif. Ils sont quips de cartouches dont ladsorbant
est spcique dune famille de polluants. Le tableau suivant rsume leurs caract-
ristiques principales :
Plusieurs types dadsorbants peuvent tre runis dans une mme cartouche, le
marquage en faisant tat, mais cette facilit apparente est obtenue aux dpens de
lautonomie, qui diminue pour chacune des couches.
Figure 4.24 Pice faciale filtrante Demi-masque Masque complet (Photos : 3M).
Type
Couleur
de bande
Polluants viss
A marron gaz et vapeurs organiques dont le point dbullition est > 65 C
Ax marron gaz et vapeurs organiques dont le point dbullition est < 65 C
B gris gaz et vapeurs inorganiques (sauf CO)
E jaune dioxyde de soufre (SO
2
) et autres gaz et vapeurs acides
K vert ammoniac et drivs organiques amins
HgP3 rouge + blanc vapeurs de mercure
NOP3 bleu + blanc oxydes dazote
Sx violet composs spcifiques dsigns par le fabricant
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
Le grand problme pos par cette catgorie dEPR est de connatre leur auto-
nomie. La dure de port possible est en effet limite par le claquage, cest--dire la
saturation commenante du ltre en polluant. Ce temps de claquage dpend du
volume et de la qualit de ladsorbant, ainsi que de la nature chimique du
polluant. Les cartouches portent ainsi le numro correspondant leur classe de
capacit, de 1 3, associ la lettre de type (ex. : A2, B3, etc.). En outre, le temps
de claquage pour une cartouche donne varie avec les conditions dutilisation :
Une concentration leve du polluant ne permet pas ladsorption de se faire
totalement. Cest pourquoi chaque classe a une concentration maximum dusage.
Une temprature ambiante leve limite la quantit adsorbable, parce que
ladsorption est rversible.
Un dbit respiratoire lev rduit la capacit, parce que ladsorption demande
un temps de contact minimum. Il varie de 20 120 l/min selon leffort.
Une humidit de lair importante entre en comptition avec les molcules de
polluants.
Tous ces facteurs rendent la prvision de lautonomie trs difcile. Elle nest sre-
ment pas dtermine par la perception dun dbut dodeur, tant ce critre est ala-
toire et dangereux. Le claquage arrive dailleurs assez brutalement, comme le
montre la courbe de saturation dune cartouche de charbon actif.
Toutefois, on peut obtenir un ordre de grandeur en se rfrant aux temps de claquage
imposs par la normalisation
1
:
Figure 4.25 Courbe de saturation dun filtre charbon actif
1. Pour la ventilation libre, voir la norme EN 14387, qui remplace la EN 141.
100 %
0 %
VLE
concentration
aval/amont du
polluant
Temps de claquage
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4 Pratique de la prvention
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Ces chiffres sont approximativement extrapolables en fonction des concentrations.
Par exemple, un masque A2 soumis une pollution de 1 000 ppm a une auto-
nomie de lordre de 3 heures et un masque E1 soumis 100 ppm aura une auto-
nomie de lordre de 3 h 20 min. Ce calcul ne doit pas faire oublier les facteurs
rducteurs cits plus haut, ce qui incite prendre une bonne marge de scurit, en
pratique le tiers de celle que donne le calcul.
Des cartouches combinent la protection contre les poussires et contre les vapeurs,
ce type de pollution ntant pas si rare. Ils sont reconnaissables au marquage rgle-
mentaire.
Compte tenu de la perte de charge cre par le ltre, un masque respiratoire gagne
en confort avec une ventilation assiste, laide dun petit ventilateur port soit sur le
masque, soit la ceinture. Il faut donc un accumulateur portatif pour lalimenter.
Ces appareils sont soumis des normes de performances distinctes
1
et dun codage
commenant par TM, ou TH lorsque la pice faciale est une cagoule ou un casque
(gure 4.26).
Ds que les ltres, les ventilateurs ou les accumulateurs sont un peu lourds ou
encombrants, ils sont placs sur une ceinture.
EPR isolants :
Les EPR isolants comportent les mmes pices faciales que les ltrants (masques,
cagoules et casques) mais lair respir est pur, indpendamment de la pollution
environnante. Pour cela, deux sources sont possibles. La premire consiste
prendre de lair propre lextrieur la zone pollue et lamener jusqu la pice
faciale par pompage. Cest ladduction dair, qui ncessite des quipements
annexes (gure 4.27).
Classe Gaz dessai
Temps de
claquage (min)
Concentration
amont (ppm)
Concentration
aval maxi
A1
A2
A3
cyclohexane
70
35
65
1 000
5 000
8 000
10
B1
B2
B3
sulfure
dhydrogne
40
40
60
1 000
5 000
10 000
10
E1
E2
E3
dioxyde
de soufre
20
20
30
1 000
5 000
10 000
5
K1
K2
K3
ammoniac
50
40
60
1 000
5 000
10 000
25
NOP3 oxydes dazote 20 2 500 5
1. Pour la ventilation assiste, voir les normes EN 12941 et 12942.
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206
4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
Lair respir doit effectivement tre exempt de tout arosol solide ou liquide et
rchauff ou refroidi, selon la temprature ambiante et leffort fourni. De
petits dispositifs autonomes ports la ceinture assurent cette fonction (gure
4.28).
Des variantes de ce systme existent, selon que lair est dbit continu, la
demande ou pression positive garantie. Il faut videmment veiller ce que lair
prlev ne soit pas pollu, mme de faon inattendue, par exemple avec un rejet de
gaz dchappement de moteur thermique. Les avantages considrables de ladduc-
tion dair sont la suppression des limites dautonomie et une qualit dair respir
indpendante des performances du mdia ltrant. Elle pose nanmoins quelques
problmes dutilisation :
quipements annexes (compresseur, purateur, tuyaux) acqurir, installer,
entretenir, dplacer ;
Figure 4.26 Masque complet ventilation assiste Casque visire pour ventilation assiste
Cagoule pour ventilation assiste (Photos : 3M).
Figure 4.27 Schma dune installation dadduction dair
air propre
compresseur vis
purateur
chaud/froid
rglage
de dbit
cagoule
ceinture
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4.3 Les familles de mesures
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4 Pratique de la prvention
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limitation des mouvements par la prsence du tuyau dadduction dair. Cela
peut tre rduit par une prparation du poste de travail et lutilisation denrouleurs
ou de tuyaux spirals. Mais les dplacements importants sont proscrits ;
mode opratoire adapter aux mouvements des tuyaux.
Le port dune source dair autonome, sous forme de bouteilles pressurises, est une
autre option possible dEPR isolant. En effet, elle conserve lindpendance de la
puret de lair respir vis--vis de lenvironnement, en gagnant la libert complte
de mouvement. Mais elle perd lavantage de la dure de protection illimite et
ajoute la contrainte dun quipement lourd et un peu encombrant. Quant
lautonomie, elle dpend du volume des bouteilles ; en pratique, elle ne dpasse
pas 30 min.
Figure 4.28 purateur (Photo : Tricolor Industries) Rgulateur de dbit (Photo : 3M)
Rchauffeur/refroidisseur (Photo : 3M).
Figure 4.29 Schma dappareil respiratoire autonome (Photo : Tricolor Industries).
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208
4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
Cest typiquement un quipement de secours, par exemple pour un incendie, une fuite
massive ou une asphyxie. Il est primordial de rappeler quen cas de sous-oxygnation,
seuls les EPR isolants assurent une protection, car des erreurs fatales se produisent
encore en utilisant des EPR ltrants dans lurgence.
Choix et port des EPR :
Aucun EPR ntant universel, le choix va seffectuer en confrontant les caractristiques
de lappareil avec les conditions de travail envisages. Trois critres principaux sont
dterminants.
Lefcacit de protection : la meilleure est celle des EPR isolants, dans la mesure
o leur tanchit est satisfaisante. Celle-ci sera trs bonne avec un masque total,
alors quelle dpendra du dbit dair (160 l/min minimum) ou de la surpression
avec la forme cagoule. Cest la seule solution acceptable en cas de sous-oxygnation
ou de prsence de produits gazeux trs toxiques, tels que loxyde de carbone, les
cyanures et sulfures dhydrogne, le chlore, le phosgne, etc.
Pour les gaz et vapeurs sans danger exceptionnel (niveaux 1 4), les EPR ltrants
cartouche de type TH et TM sont sufsants, condition de bien les adapter la
nature du polluant.
Pour les poussires, les EPR ltrants de type THP et TMP peuvent assurer une bonne
protection contre la plupart des polluants. Pour les plus dangereux, et notamment
lamiante, un appareil de type TM3P est acceptable en cas dimpossibilit dutiliser
un EPR isolant. Les pices faciales ltrantes (FFP) sont rserves des pollutions
lgres en concentration comme en niveau de danger.
Le facteur de protection dun EPR permet de situer son efcacit. Il exprime le
rapport de la concentration en polluant environnant sur celle qui est respire. Cela
signie quil est global, intgrant lefcacit propre du ltre et ltanchit de la pice
faciale. Le tableau suivant fournit quelques valeurs, dtermines statistiquement :
Le facteur de protection permet dvaluer la concentration maximale admissible
pour un EPR donn.
EXEMPLE :
Supposons une pollution au xylne et un EPR de type TMA ventilation assiste. La VME tant
de 50 ppm, la concentration maximale admissible est de 50 50 = 2 500 ppm dans lenvironne-
ment. Pour de lamiante avec un EPR adduction dair pression positive, on obtient une limite
de 200 bres/cm
3
.
Famille dEPR Facteur de protection
ventilation libre 10 20
ventilation assiste 50
adduction dair continue 500
adduction dair pression positive > 2 000
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4.3 Les familles de mesures
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4 Pratique de la prvention
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Lautonomie : Lautonomie des EPR isolants est thoriquement innie dans la
catgorie de ladduction dair. En pratique, elle peut tre porte pendant la demi-
journe de travail. Celle des EPR autonomes, cest--dire rserve dair, est limite
par le volume dair port, soit moins de 30 min.
Lautonomie des EPR ltrants pour poussires nest limite que par le colmatage,
qui est en gnral perceptible. Encore faut-il assurer une parfaite tanchit avec le
visage. Elle dpend donc totalement de la concentration des poussires.
Lautonomie des EPR ltrants pour gaz et vapeurs dpend de nombreux facteurs,
comme dcrit prcdemment. Ces appareils ne devant pas tre utiliss pour plus
de 1 000 ppm, sauf sur une courte dure (moins de 10 min), les calculs tablis sur
les temps de claquage normaliss 1 000 ppm donnent des valeurs variant, tous
types de cartouches confondus, de 20 min 600 min. Si lon sen tient au tiers du
rsultat, compte tenu des autres facteurs intervenants, les chiffres passent de 7 min
200 min, la valeur mdiane tant de lordre dune heure. Ces chiffres peuvent
paratre surprenants, mais nous verrons quils ne posent pas de problme.
La prudence simpose aussi parce que ladsorption du polluant dans les cartouches
nest pas stable, et quil peut se produire un relargage au bout dun certain temps.
Enn, lincertitude portant sur limprgnation relle dune cartouche utilise fait
que lon doit exclure tout remploi.
Le confort : il est trs diffrent selon les types. Les masques qui exercent une
compression du visage sont les plus difciles supporter. Des enqutes effectues
auprs des utilisateurs xent la limite 70 min, statistiquement. Les cagoules sont
les plus faciles porter, surtout les plus lgres. Cette facilit est renforce par
ladduction dair qui apporte une climatisation individuelle. Cette combinaison
est donc lidal envisager systmatiquement. En outre, plus elle sera utilise plus
elle progressera en efcacit, en facilit demploi et en confort.
Le choix dune protection respiratoire nest donc pas si simple
1
. Il doit se faire en sui-
vant un raisonnement qui demande de se poser les bonnes questions dans le bon ordre :
Ny a-t-il pas une mesure de prvention collective possible ? La protection
collective est envisageable ds quune opration est rptitive, dautant plus en
un lieu xe. Les seules raisons qui justient dy renoncer sont le caractre excep-
tionnel, lurgence ou la mobilit du travail, et aprs rexion.
Y a-t-il un facteur imposant un appareil isolant ? Cest le cas dune sous-oxyg-
nation possible, si le polluant est trs dangereux ou inconnu, ou si la concentration
maximum probable est suprieure 1 000 ppm ou 50 fois la VME. La concen-
tration maximum peut tre approche par la mtrologie, par lhistorique et par
un calcul thorique. LEPR isolant simpose aussi pour un travail dpassant 90 min.
Est-il possible dutiliser ladduction dair ? Il faut examiner la mobilit nces-
saire et la possibilit damnager le poste en consquence. Cette solution
simpose en cas deffort important et prolong.
Lopration dure-t-elle plus de 30 min environ ? Si lon na pas adopt ladduc-
tion dair, il faut une ventilation assiste pour tout travail de plus de 30 min, ou
moins si leffort est important. Dautre part, les cartouches pour gaz et vapeurs
1. Pour approfondir ce sujet, voir la brochure INRS ED 780, Les appareils de protection respiratoire.
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210
4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
devront tre de classe 2 minimum ou de classe 3 au-del de 90 min (ce qui est
peu raisonnable).
Quelle est la composition chimique du polluant ? La rponse est indispensable
pour choisir le type de cartouche (poussires ou A, B, E, K, etc.).
La rponse ces questions ncessite de connatre au pralable la nature et la
concentration probable des polluants, le niveau deffort et la dure de lactivit
envisage. En dehors du cas des EPR isolants adduction dair, qui reprsentent
un idal, les autres types ne doivent tre utiliss en dnitive que pour des opra-
tions courtes ou exceptionnelles. Ces oprations relvent de deux cas de gure :
une exposition chronique, cest--dire planie, y compris dans lurgence ;
une exposition accidentelle que lon a envisage dans lanalyse des risques, malgr
la protection collective, ou plutt en cas de dfaillance dune protection collective.
Cest le principe de redondance, qui simpose dans tous les risques de haut niveau.
Comme exemple on peut citer le dchargement dun vhicule citerne contenant
de lammoniac liqu.
Quel que soit le choix dun EPR, celui-ci ne peut pas tre utilis avec toute son
efcacit sans une formation des utilisateurs, qui pourront ainsi tre associs au
choix, informs sur les limites et sur la maintenance ncessaire.
m Les protections de contacts
Les mains sont le point de contact le plus frquent avec les agents chimiques. Le
moyen de prvention classique est le port de gants, quil faut choisir en fonction
de la rsistance recherche. Selon les circonstances, il faut une rsistance chimique,
mcanique ou microbiologique. Le marquage rglementaire permet davoir cette
information. Pour la rsistance chimique, les polymres utiliss ont des compatibilits
limites, comme le montre le tableau suivant
1
:
Famille
de produits
Latex Nitrile Noprne PVC PVA Butyle Fluors
Multi-
couches
Acides carboxyliques
Aldhydes
Alcools primaires
Ctones
Hydrocarbures aliphatiques
Hydrocarb. aromatiques
Hydrocarbures chlors
Solutions aqueuses
1. Extrait du document INRS ED 112, Des gants contre les risques chimiques .
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4.3 Les familles de mesures
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4 Pratique de la prvention
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Le principal inconvnient des gants est de rduire lhabilet et le sens du
toucher, dautant plus quils sont pais. Or, la rsistance chimique et mcanique
saccorde mal avec la nesse. En outre, cause de leur tanchit, ces gants
enferment la transpiration, crant ainsi un inconfort particulier. Do les rgles
dusage suivantes :
rechercher dabord une solution de protection collective ou un outil adapt
pour viter tout contact ;
rduire au minimum le temps de contact ;
bien laver les gants avant de les retirer ;
assurer lhygine intrieure ;
les remplacer rgulirement.
Le visage est trs expos, parce quil est normalement dcouvert et que le fait de
regarder lexpose souvent directement aux sources de projection. Mais il est aussi
expos de faon chronique par les pollutions volatiles. Sa protection consiste placer
un cran transparent devant lui. Si la personne porte un masque complet ou une
cagoule, la protection du visage est dj assure. Si ce nest pas le cas, par exemple
quand il ny a pas de pollution volatile, il faut porter une visire. Les lunettes de
scurit, souvent imposes en continu, ne protgent que les yeux, qui sont certes le
point le plus fragile du visage. La visire simpose avec des produits trs corrosifs et
prsents en grandes quantits.
Le reste du corps est surtout expos aux projections, dautant plus que la tenue est
lgre. Les vtements de protection contre les risques chimiques sont assez varis,
en fonction du degr de rsistance recherch. Le plus simple et le plus ancien est la
blouse, rserver aux laboratoires, en raison de son faible niveau de protection. Le
coton est prfrable aux tissus synthtiques, car il brle mal, mais absorbe bien les
liquides. Un bon vtement de protection doit tre enveloppant, tel quune combi-
naison, avec une matire rsistante adapte aux conditions. Il existe six types de
vtements normaliss
1
:
Type Caractristiques
1 tanche aux gaz
2 Pressurisable, non tanche aux gaz
3 tanche aux liquides
4 tanche aux brouillards
5 Contre les poussires
6 Contre les projections limites
1. Daprs le document INRS ED 127, Quels vtements de protection contre les risques chimiques ? .
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4.3 Les familles de mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
Il existe aussi des combinaisons usage unique, pour des expositions modres.
Lorsque le risque se limite un contact avec un objet souill, la solution du tablier
tanche en lastomre est intressante, car elle naffecte pas la mobilit ni la trans-
piration. Tous ces vtements font lobjet dune normalisation fournie. Voici quelques
illustrations de vtements de protection :
Les quipements qui ne prsentent pas dinconfort peuvent tre ports en continu
mais, ds quil y a une contrainte sensible, il faut restreindre leur usage aux situations
courtes et exceptionnelles, en recherchant toujours une protection collective en prio-
rit. La maintenance des moyens de protection contre les contacts est une condition
de leur efcacit. Ils doivent tre vris avant chaque utilisation, nettoys et rangs
aprs, dans un endroit propre. Ceux qui sont jetables ne doivent pas tre conservs.
4.3.12 La formation et linformation
Il a souvent t dit que le succs de toute mesure de prvention nest garanti et
prenne quavec ladhsion des personnes concernes, comme cela est le cas des
dmarches qualit. Ladhsion nest possible quavec un minimum de connais-
sances spciques. Cest le but de la formation, initiale et continue. Mais la mise
en pratique des connaissances ncessite des informations particulires, dont la
fourniture doit tre organise. Quelle que soit la structure, ces deux actions du
management sont indissociables. Concernant le risque chimique, lensemble des
connaissances prsentes dans cet ouvrage permettent de dnir les objectifs possibles
de formation et dinformation.
m La formation au risque chimique
Le but nal dune formation au risque est dobtenir pour soi et pour les autres un bon
niveau de sant, la scurit et la protection de lenvironnement. Mais la formation
utile dpend beaucoup du domaine daction de chacun, mme si des notions
gnrales sont indispensables tout le monde. Nous proposons ici un contenu
minimum de formation pour quelques grands domaines daction.
Figure 4.30 Gant de protection (Photo : Protec Nord, [Link])
Tablier de protection (Photo : Manutan) Combinaison de protection (Photo : Protec Nord)
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4.3 Les familles de mesures
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4 Pratique de la prvention
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Notions gnrales :
signication prcise et commune certains termes omniprsents : produit chimique,
danger, risque, dommage, estimation, prvention, protection, ergonomie, environ-
nement, pollution ;
effets des produits chimiques sur lhomme et lenvironnement ;
mcanismes dapparition des dommages ;
estimation des risques ;
prvention des dommages.
Utilisateurs de produits chimiques :
notions gnrales ;
ltiquetage et les dangers ;
la prvention et la protection ;
les protections individuelles et les moyens de secours.
Concepteurs de procds et dquipements :
notions gnrales ;
les mthodes danalyse ;
la logique de prvention ;
les familles de mesures ;
le choix des mesures.
Administratifs, commerciaux et gestionnaires :
notions gnrales ;
rglementation ;
formation et information ;
organisation des ux.
Dautres domaines peuvent exister dans la grande diversit des organisations, mais
une dmarche de prvention, chimique ou pas, intresse toute lorganisation sous
des aspects divers. Il est vident par exemple que les acheteurs jouent un rle
important dans la chane de dcisions qui inue sur le niveau de tel ou tel risque.
m Linformation chimique
La pratique dune analyse de risque chimique, suivie de la mise en place de mesures
de prvention, utilise un grand nombre dinformations, telles quelles sont apparues
tout au long des chapitres de cet ouvrage. En fonction du domaine daction de chaque
personne confronte au risque chimique et aprs sa formation adquate, les infor-
mations utiles sont tout ou partie de la liste suivante :
inventaire des agents chimiques prsents, avec les donnes techniques et concernant
la sant, la scurit et lenvironnement. Cet inventaire peut tre imprim, ou
disponible sur un support informatique, de prfrence en rseau, an de garantir
tous la mme information mise jour.
tiquetage rglementaire de tous les emballages de produits ;
ches de donnes de scurit, mises jour ; elles peuvent tre incluses dans
linventaire informatique ;
[Link] Page 213 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
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4.4 Choix des mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
modes opratoires crits, indiquant notamment les zones de scurit, les drives
possibles, les actions correctives recommandes, etc. ;
procdures concernant les mouvements de produits, les interventions de main-
tenance, les vrications de matriel, lorganisation des secours, etc. ;
documents de rfrence tels que schmas fonctionnels, de canalisations, de stockage,
de ventilation, de rtentions, etc. ;
marquage des quipements en contact avec des produits chimiques, indiquant,
au minimum, la signalisation rglementaire, mais aussi toute information de
scurit utile (volume, pression, temprature, tat de fonctionnement, etc.) ;
autant que ncessaire, toutes les donnes techniques et administratives utiles
la matrise des risques (quantits, conditionnements, frquences, circuits, main-
tenance, historique et analyse dincidents, etc.).
Cette somme dinformations, dont limportance est fonction de la taille et de lactivit
de lentreprise ou du service, doit tre organise comme un lment du management.
Formation et information sont souvent le maillon faible de la dmarche sant-
scurit-environnement, en raison de la conance quinspirent traditionnellement
les mesures techniques.
4.4 Choix des mesures
4.4.1 Typologie des mesures
La pratique de la prvention des risques montre que les mesures sont tellement
varies quil serait impossible de les lister toutes. Chaque situation particulire peur
conduire une nouvelle mesure, mme si elle se rattache une des grandes familles
que nous avons dcrites. Ce qui est invariable, cest la mthodologie qui conduit
la proposer. Toutefois, on peut distinguer trois grands types de mesures selon leur
mode de fonctionnement.
Les mesures techniques :
Ce sont les plus classiques. Elles consistent crer des modications matrielles
dans lquipement et lenvironnement. La grande majorit des mesures qui ont t
examines au paragraphe 4.3 en font partie. Aprs xation du cahier des charges
par les demandeurs, elles sont mises au point par des services techniques internes ou
externes lentreprise ou au service. Elles ont lavantage dtre visibles et contrlables
et peuvent tre permanentes sans difcult. Nanmoins, elles ont des contraintes
de cot, de dlai, de maintenance, et ventuellement de nuisances, comme la
ventilation. Il y a une grande diffrence de cot et de dlai entre ladjonction dun
simple captage et un passage au systme clos, qui demande des tudes et des inves-
tissements lourds.
Les mesures organisationnelles :
Ce sont les moins connues. Elles consistent agir sur lorganisation du travail ou des
structures, des ux matriels ou des modes opratoires, sans quil y ait ncessaire-
ment une modication technique importante, voire une dpense. Ce sont gnra-
lement des mesures de grande efcacit, cest--dire supprimant un risque au niveau
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4.4 Choix des mesures
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4 Pratique de la prvention
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de la raison qui la fait natre. Entrent par exemple dans cette catgorie une suppression
de produit dangereux, un suivi informatique du circuit produits, une signaltique
particulire au stockage, un cursus de formation interne, etc. Ces mesures sont
gnralement difciles mettre en place, en raison des changements dhabitudes
quelles entranent. Par contre, une fois rodes, elles font progresser dans plusieurs
domaines la fois, compte tenu de leur champ dapplication souvent trs large.
Les mesures individuelles :
Certaines mesures ne portent que sur lindividu. Il sagit typiquement des protec-
tions individuelles, mais aussi du suivi mdical, de la formation et des consignes et
procdures. Ce dernier point est important analyser, car il est souvent compris
comme une mesure collective. Pourtant, lexcution relle dune consigne ou
dune procdure dpend totalement de la libert de chaque individu. On ne peut
quamliorer sa probabilit dapplication par un certain nombre de facteurs tels
que la formation, linformation, les conditions de travail, les relations interperson-
nelles, le climat social, etc. Les mesures individuelles ont donc la moins bonne
abilit des trois types. Dans le cas des protections individuelles, cette difcult est
dailleurs souvent lie aux contraintes physiques quelles induisent, en particulier
les EPR et les gants ; cest pourquoi il est primordial de les choisir bon escient,
moyennant quoi elles ont le grand avantage dtre disponibles sans dlai, utilisables
presque partout et peu coteuses.
Une dernire catgorie, intermdiaire entre les domaines organisationnel, technique
et individuel, regroupe les moyens de secours qui tendent rduire la gravit des
dommages, tels que les extincteurs, les douches, le secourisme, etc.
4.4.2 Critres de choix
Lapplication complte de la mthodologie base sur les cinq composantes du risque,
conduite librement au sein dune quipe pluridisciplinaire, et partant de lanalyse
des risques effectue selon les rgles du chapitre 3, gnre en gnral un nombre
considrable de mesures de prvention. En effet, nous avons vu au paragraphe 3.2.5
que chaque action pour laquelle un agent chimique est prsent peut crer 4 5 risques
distincts. Si lon propose, toujours en moyenne, deux mesures par composante,
cela fait en thorie 36 mesures par action ! Cette crativit est trs protable, car
elle permet souvent de sortir de situations qui paraissaient bloques. En ralit,
une premire limination va considrablement rduire ce nombre initial. Une
mesure donne sapplique le plus souvent plusieurs risques. Ainsi, un captage de
vapeurs inammables supprime deux risques la fois (C-In et A-IE). Un systme
clos peut supprimer facilement cinq risques par action (C-In, C-Co, A-In, A-Co,
A-IE), et cela sur plusieurs actions conscutives
La premire tape de slection est donc dliminer les mesures qui se rptent. Ensuite,
sil reste plusieurs mesures possibles pour un mme risque, il faut examiner si elles
sont compatibles. Ainsi, une substitution peut tre incompatible avec un captage,
ou un outil aspirant avec une humidication. Il faut opter pour lune des solutions,
et il est indispensable de le formuler ainsi dans le rapport avant dcision nale.
Dans dautres cas, les mesures sont, au contraire, complmentaires pour un mme
risque. Par exemple, une cabine ventile et un EPR, ou un matriel atex et une mise
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4.4 Choix des mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
la terre. Il faudra alors bien inscrire et dans le rapport. Aprs cela, il reste
toujours des choix faire entre plusieurs mesures.
Le choix nal rsulte dune prise en compte de la performance globale de la mesure,
qui repose sur quelques paramtres importants, que lon retrouve exprims avec
des variantes dans les diffrentes mthodes proposes. En voici une synthse :
Lorsquune mesure demande un certain dlai de mise en place, il est indispensable
de prendre immdiatement une mesure provisoire, peut-tre moins efcace mais plus
rapide, comme une protection individuelle. Un risque peut mme tre matris
lissue de plusieurs tapes impliquant des mesures diffrentes. Do la ncessit
dtablir un plan de prvention, ventuellement sur plusieurs annes.
Le non-dplacement du risque doit faire lobjet dune attention particulire, notam-
ment en ce qui concerne limpact des mesures sur lenvironnement. Ainsi, tout
rejet dair issu dun captage doit tre accompagn dun systme dpuration et
ventuellement de mesures de rduction de bruit, au minimum dans le respect de
la rglementation concernant la protection de lenvironnement.
Il faut enn rappeler que toutes les mesures mises en place, quelles quelles soient,
ne sauraient tre pleinement efcaces et stables sans tre accompagnes de formation,
dinformation et de surveillance mdicale.
Qualit de la mesure Prcisions
La disparition ou la rduction
de risques obtenue
Cest lefficacit directe de la mesure, vrifiable
par la baisse de cotation.
Le nombre de risques traits
Une mesure qui supprime plusieurs risques la fois,
ou dans plusieurs actions.
La non-apparition
de nouveaux risques
Cest le dplacement de risque, quil faut valuer
globalement. Par exemple, faut-il remplacer un CMR
par un inflammable ?
Le respect de lensemble de
la rglementation applicable
Cest une obligation mais elle est automatiquement
respecte avec cette mthodologie.
Lacceptabilit par le
personnel
Cest ce qui confre lefficacit relle terme.
Il peut y avoir rejet pour des raisons physiques (EPR)
ou psychologiques (procdures administratives).
La fiabilit et la stabilit
dans le temps
Cest la fiabilit technique dans les conditions relles,
avec les problmes dusure, de fatigue, de salissures, etc.
La facilit et le dlai
de ralisation
performances gales, il vaut mieux choisir la mesure
la plus simple. Le dlai dpend de lurgence.
Le cot financier
La meilleure des mesures peut tre trop difficile
financer, mais il faut une approche globale, intgrant
dventuels gains de productivit ou de qualit.
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4 Pratique de la prvention
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4.4.3 Prvention, protection et redondance
La prservation de la sant et de la scurit des personnes est sufsamment
primordiale pour que le critre defcacit des mesures le soit aussi. Cette efcacit
doit tre pratique et non pas seulement thorique. Cette remarque signie plus
prcisment quaucune mesure nchappe une probabilit de dysfonctionnement,
quil soit technique ou humain. Autrement dit, chacune des mesures possde un
degr de abilit global. Dailleurs, pour amliorer la mise au point dune nouvelle
mesure, il est recommand de procder une AMDE (voir paragraphe 3.2.4).
Mais ce qui fait la abilit dune mesure est dabord son niveau daction dans la
hirarchie des composantes du risque. Ainsi, la suppression ou la substitution dun
agent chimique est toujours la mesure la plus able, puisque si le danger lui-mme
disparat, le risque aussi, quoi quil arrive aprs. Vient ensuite la suppression de toute
exposition, soit par suppression de la source dmission, soit par enfermement
total et permanent des agents chimiques dangereux. De mme, la suppression dune
situation dangereuse est beaucoup plus able que la suppression ou linterruption
de lvnement dangereux.
Les mesures qui suppriment ainsi le risque sont souvent appeles mesures de
prvention intrinsque ou intgre, parce quon ne peut pas les distinguer du
procd. Le terme quivalent en anglais, by design , cest--dire par conception ,
est le plus parlant. En ralit, cela devrait tre la seule signication du mot prvention,
par opposition protection.
Les autres mesures, qui agissent plus bas dans la hirarchie des composantes, ne
suppriment pas le risque mais en diminuent la probabilit ou la gravit. Les dispositifs
comme le captage, la pose dcran, le matriel atex et lensemble des protections
individuelles ne suppriment pas la zone dangereuse cre par lagent chimique danger
mais protgent lindividu. Cest pourquoi il faudrait toujours les appeler protections,
collectives ou individuelles. Leur abilit est moindre puisquelles sont ajoutes
un systme existant, donc distinctes de linstallation, et sujettes des dysfonction-
nements dorigine technique ou humaine. Ces dysfonctionnements doivent dailleurs
tre envisags et estims dans lanalyse des risques, comme expos au chapitre 3.
Pour prsenter autrement cette distinction, certains auteurs ont attribu la prven-
tion le rle de rduction de la probabilit dun dommage et la protection celui de
rduction de la gravit.
Une rgle de base de la prvention est de proportionner lefcacit dune mesure
au niveau du risque quelle vise. Plus prcisment, cest lefcacit minimum qui est
invoque, car il est normal et mme recommandable de viser la plus forte efcacit
disponible indpendamment du niveau de risque, quand la mesure ne pose pas de
problme trop difcile. Mais une mesure efcace nest pas forcment able, comme
expliqu au paragraphe prcdent. Pour un risque de haut niveau, il faut une grande
abilit. Le gain de abilit sobtient dabord en travaillant sur la mesure, mais
mieux encore en combinant plusieurs mesures diffrentes visant le mme risque.
Cest le principe de redondance. Cest par exemple la combinaison captage localis
et EPR, ou inertage et matriel atex, ou transfert par pompe et connement.
La redondance ncessaire se dduit dune part du niveau de danger dagent chimique,
dautre part de lAMDE des mesures principales envisages. Cela peut conduire
[Link] Page 217 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
218
4.4 Choix des mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
plusieurs mesures redondantes. La prvention des risques dexplosion en est la
meilleure illustration, puisque lon combine couramment loignement, captage,
inertage, matriel atex et disques de rupture. Pour un travail avec une substance CMR
non substituable, on peut associer connement, EPR, tlcommande et surveillance
datmosphre. Ainsi, si lune des mesures venait dfaillir, le dommage ne se produirait
pas. Ces mesures multiples cotent plus cher, compliquent le fonctionnement, et
demandent plus de maintenance et de vrications, cest pourquoi il est toujours
plus rentable de diminuer, autant que possible, le niveau de risque au pralable.
4.4.4 Le rle de la rglementation
La rglementation concernant la sant et la scurit, comme dans tous les
domaines, nest pas une n en soi. Son rle est de garantir un minimum de protec-
tion au cas o elle serait absente des proccupations des personnes impliques,
savoir les employeurs, lencadrement, les employs et les citoyens de tous statuts.
partir du moment o des responsables dcident dappliquer une mthodologie de
prvention des risques, toutes les exigences de la rglementation devraient tre
satisfaites. Nous allons vrier ce point pour le risque chimique.
La premire rglementation appliquer est celle du Code du travail. Elle est le
reet de la transcription de la rglementation europenne, dans la mesure o
toutes les transcriptions ncessaires sont bien ralises. Mais elle comporte aussi
des singularits nationales, qui doivent tre tout autant respectes. Lensemble des
textes, codis et non codis, est assez complexe et dans le cadre de ce paragraphe
nous nous en tiendrons lessentiel.
m Code du travail
Le Code du travail, qui vient dtre rorganis et codi
1
, mais droit constant,
consacre sa quatrime partie la sant et la scurit au travail. Tous les articles sont
rpartis dans une organisation en six livres, puis en titres, en chapitres, en sections,
et ventuellement en sous-sections. Voici le plan de la partie rglementaire
2
, limit
aux titres :
1. Ordonnance n 2007-329 du 12 mars 2007 relative au Code du travail, annexe I (partie lgislative),
JO du 13 mars 2007.
2. Annexe au dcret n 2008-244 du 7 mars 2008 relatif au Code du travail (partie rglementaire), JO
du 12 mars 2008.
Livre Titre Premier article
I
Dispositions
gnrales
I Champ et dispositions dapplication
II Principes gnraux de prvention R. 4121-1
III Droits dalerte et de retraits D. 4132-1
IV Information et formation des travailleurs R. 4141-1
V
Dispositions particulires certaines
catgories de travailleurs
R. 4152-1
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4.4 Choix des mesures
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4 Pratique de la prvention
des risques
Livre Titre Premier article
II
Dispositions
applicables
aux lieux
de travail
I
Obligations du matre douvrage pour
la conception des lieux de travail
R. 4211-1
II
Obligations de lemployeur pour lutilisation
des lieux de travail
R. 4221-1
III
quipements de
travail et moyens
de protection
I
Conception et mise sur le march des quipe-
ments de travail et des moyens de protection
R. 4311-1
II
Utilisation des quipements de travail et des
moyens de protection
R. 4321-1
IV
Prvention de
certains risques
dexposition
I Risques chimiques R. 4411-1
II Prvention des risques biologiques R. 4421-1
III Prvention des risques dexposition au bruit R. 4431-1
IV
Prvention des risques dexposition
aux vibrations mcaniques
R. 4441-1
V
Prvention des risques dexposition
aux rayonnements ionisants
R. 4451-1
VI Prvention des risques en milieu hyperbare nant
V
Prvention
des risques lis
certaines activits
ou oprations
I
Travaux raliss dans un tablissement
par une entreprise extrieure
R. 4511-1
II
Installations nuclaires de base et
installations susceptibles de donner lieu
des servitudes dutilit publique
R. 4523-1
III Btiment et gnie civil R. 4532-1
IV Autres activits et manutention R. 4541-1
VI
Institutions
et organismes
de prvention
I
Comit dhygine, de scurit
et des conditions de travail
R. 4612-1
II Services de sant au travail R. 4621-1
III Service social du travail R. 4631-1
IV
Institutions concourant lorganisation
de la prvention
R. 4641-1
VII Contrle
I Documents et affichages obligatoires D. 4711-1
II Mises en demeure et demandes de vrification R. 4721-1
III Mesures et procdures durgence R. 4731-1
IV Dispositions pnales R. 4741-1
VIII
Dispositions relati-
ves lOutre-mer
R. 4822-1
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220
4.4 Choix des mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
Notre attention se porte ici sur les articles qui prcisent la logique de la dmarche
de prvention. Cela commence par les principes gnraux de prvention
exposs par larticle L. 4121-2, dont les prescriptions sont :
1) viter les risques ;
2) valuer les risques qui ne peuvent pas tre vits ;
3) combattre les risques la source ;
4) adapter le travail lhomme, en particulier en ce qui concerne la conception des
postes de travail ainsi que le choix des quipements de travail et des mthodes de travail
et de production, en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail
cadenc et de rduire les effets de ceux-ci sur la sant ;
5) tenir compte de ltat dvolution de la technique ;
6) remplacer ce qui est dangereux par ce qui nest pas dangereux ou par ce qui est moins
dangereux ;
7) planier la prvention en y intgrant, dans un ensemble cohrent, la technique,
lorganisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et linuence des
facteurs ambiants, notamment les risques lis au harclement moral, tel quil est dni
larticle L. 1152-1 ;
8) prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorit sur les
mesures de protection individuelle ;
9) donner les instructions appropries aux travailleurs.
Ces neuf principes sont videmment pertinents, mais il leur manque manifeste-
ment un l conducteur. Ils prcisent surtout que tous les domaines sont
concerns : la technique, lorganisation, la conception, lindividu, lenvironne-
ment de travail, mais ne fournissent aucune mthodologie.
Larticle suivant, R. 4121-3, donne un dbut de mthode :
Lemployeur, compte tenu de la nature des activits de ltablissement, value les
risques pour la sant et la scurit des travailleurs, y compris dans le choix des procds
de fabrication, des quipements de travail, des substances ou prparations chimiques,
dans lamnagement ou le ramnagement des lieux de travail ou des installations et
dans la dnition des postes de travail.
la suite de cette valuation, lemployeur met en uvre les actions de prvention ainsi
que les mthodes de travail et de production garantissant un meilleur niveau de
protection de la sant et de la scurit des travailleurs. Il intgre ces actions et ces
mthodes dans lensemble des activits de ltablissement et tous les niveaux de
lencadrement.
On y retrouve bien les deux tapes fondamentales : valuation, prvention, et les
diffrentes cibles de laction : produits, quipements et procds.
La prvention du risque chimique occupe tout le chapitre II, qui est divis en
4 sections.
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4.4 Choix des mesures
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4 Pratique de la prvention
des risques
La sous-section 1 de la section1 introduit des dnitions de base telles que
(R. 4412-4) :
on entend par :
1) danger, la proprit intrinsque dun agent chimique susceptible davoir un effet
nuisible ;
2) risque, la probabilit que le potentiel de nuisance soit atteint dans les conditions
dutilisation et/ou dexposition .
Ensuite, il est dit que lvaluation des risques chimiques, pour les agents chimiques
non classs CMR, demande notamment de prendre en compte (R. 4412-6) :
les proprits dangereuses des agents chimiques ;
la nature, le degr et la dure de lexposition ;
les conditions dans lesquelles se droulent les activits ;
les valeurs limites dexposition professionnelle.
On retrouve bien, quelques nuances prs, les notions de danger, niveau de
danger, activit, et paramtres dexposition contenus dans notre mthodologie,
mais uniquement pour le processus chronique. Les sept mesures minimales de
prvention (R. 4412-11) mlangent, notre avis, lobjectif et les moyens. En effet,
seule la quatrime mesure dnit lobjectif :
4) En rduisant au minimum la dure et lintensit de lexposition
lequel correspond la rduction du niveau dexposition, dni au paragraphe 2.4.3.
La rgle nonce dans larticle R. 4412-13 est tonnante : les mesures de prvention
peuvent se limiter aux sept prcdentes, si les quantits dagent chimique dangereux
ne prsentent quun risque faible et si les mesures prises sont sufsantes
Dans le cas contraire, dautres mesures simposent (R. 4412-15 R. 4412-22),
savoir, en substance, par priorit dcroissante :
Le risque prsent par un agent chimique doit tre supprim.
Lagent chimique doit tre remplac par un agent moins dangereux ou un
procd moins dangereux.
Le risque est rduit par la conception de procds appropris.
Utilisation dquipements rduisant la libration dagents chimiques.
Mesures de protection collective, dont ventilation la source.
Utilisation de protections individuelles.
Section Contenu Premier article
1 Dispositions applicables aux agents chimiques dangereux R. 4412-1
2
Dispositions particulires aux agents chimiques dangereux
cancrognes, mutagnes et toxiques pour la reproduction
R. 4412-59
3 Risques dexposition lamiante R. 4412-94
4 Rgles particulires certains agents chimiques dangereux R. 4412-149
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4.4 Choix des mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
Ces formulations, notamment la premire, font preuve dune certaine imprci-
sion. Le risque prsent par un agent chimique ne correspond qu la dnition du
danger, lequel est une proprit non modiable. Il sagit plutt de la suppression
de lagent chimique qui est suggre.
Larticle R. 4412-17 fait nettement allusion au processus accidentel, sans le nommer.
Il demande en effet de prendre des mesures contre les dangers dcoulant des
proprits physico-chimiques, en voquant :
les concentrations dangereuses de substances inammables ;
les quantits dangereuses de substances chimiques instables ;
les risques de dbordement, dclaboussures, de dversement, susceptibles de
provoquer des brlures thermiques ou chimiques.
Les risques cits correspondent aux risques dincendie-explosion, de ractivit et
dexposition massive cutane. Le grand absent est lexposition massive respiratoire,
moins quelle ne soit implicitement vise dans larticle prcdent.
Ces diffrentes mesures techniques sont accompagnes de mesures organisation-
nelles ou individuelles, numres dans les articles suivants de la section 1 :
Les agents CMR, cest--dire cancrognes, mutagnes ou toxiques pour la repro-
duction de catgorie 1 ou 2, font lobjet de prescriptions particulires, regroupes
dans la section 2.
La premire de ces mesures (R. 4412-61) est lvaluation des risques, qui ne diffre
pas, dans son principe, de celle des autres agents :
lemployeur value la nature, le degr et la dure de lexposition des travailleurs
an de pouvoir apprcier les risques pour leur sant ou leur scurit et de dnir les
mesures de prvention prendre
Toutefois, larticle R. 4412-65 rappelle que les expositions par absorption percutane
ou transcutane sont aussi prises en compte.
Les mesures de prvention visant les agents chimiques classs CMR sont peu diffrentes
des six prcdemment cites. Elles prescrivent, par priorit dcroissante (R. 4412-66
R. 4412-75) :
la substitution de lagent chimique dangereux ;
en cas dimpossibilit technique, son utilisation en systme clos ;
en cas dimpossibilit technique, une rduction de lexposition.
Sous-section Contenu Premier article
4 Vrification des installations et protections collectives. R. 4412-23
5 Contrle de lexposition et VLEP. R. 4412-27
6 Mesures en cas daccident ou dincident. R. 4412-33
7 Information et formation des travailleurs. Notice de poste. R. 4412-38
8
Suivi des travailleurs et surveillance mdicale. Fiches
dexposition.
R. 4412-40
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4.4 Choix des mesures
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4 Pratique de la prvention
des risques
La rduction de lexposition, qui est le dernier recours, fait lobjet dun dveloppement
dans larticle R. 4412-70. Voici en rsum les treize mesures indiques dans cet article :
limitation des quantits dagents ;
limitation du nombre de travailleurs exposs ;
rduction du dgagement dagents ;
vacuation des agents par humidication ou captage, dans le respect des VLEP ;
dtection prcoce en cas daccident ;
procdures et mthodes appropries ;
protections collectives et individuelles ;
hygine des locaux ;
information des travailleurs ;
signalisation des dangers ;
dispositifs durgence pour les accidents ;
stockages hermtiques ;
vacuation sre des dchets.
Il est prcis que lemployeur prend aussi des mesures pour les autres risques ven-
tuels et les activits dentretien et de maintenance. Ces mesures sont compltes
par dautres mesures de nature organisationnelle, dj mentionnes, mais en les
renforant : le contrle des VLEP, les mesures prendre en cas daccident, la
formation et linformation des travailleurs.
Le Code du travail rserve une section entire au risque dexposition lamiante,
qui entre dans la catgorie des CMR, mais fait lobjet de prescriptions particulires
(R. 4412-94 4412-124).
La dernire section est en fait consacre aux valeurs limites dexposition, quelles
soient contraignantes (R. 4412-149), indicatives (R. 4412-150), sachant que ces
dernires ne gurent que dans un arrt, biologiques (R. 4412-152) ou spciques
certains agents : silice, plomb, benzne, chrome (R. 4412-154 R. 4412-164). Il
faut toutefois signaler que certaines VLEP sont indiques dans dautres parties du
code : les poussires larticle R. 4222-10 et lamiante larticle R. 4412-104.
premire vue, tout ce qui concerne le risque chimique est regroup dans le livre
IV, titre I. En ralit, il existe des articles tout aussi pertinents dautres endroits :
Livre II, titre II, chapitre II : Aration, assainissement :
Ce chapitre comporte 7 sections, de rdaction ancienne et nanmoins trs impor-
tantes pour la prvention :
Section Titre Premier article
1 Principes et dfinitions R. 4222-1
2 Locaux pollution non spcifiques R. 4222-4
3 Locaux pollution spcifiques R. 4222-10
4 Pollution par les eaux uses R. 4222-18
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4.4 Choix des mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
Ce chapitre est remarquable de concision et dnit dj des rgles de prvention
concernant les missions dagents chimiques. En effet, larticle R. 4222-12 prcise
en substance que :
Les missions de gaz, vapeurs, arosols et poussires sont supprimes.
dfaut, elles sont captes la source.
Les valeurs limites dexposition professionnelle sont instaures, les conditions de
recyclage de lair sont xes, ainsi que celles du port des protections individuelles.
Livre II, titre II, chapitre VII : Risques dincendies et dexplosions et vacuation :
Le risque chimique est implicitement vis, notamment par les sections suivantes
La partie traitant de la prvention des explosions est signaler pour sa construc-
tion logique, dailleurs trs proche de notre mthodologie gnrale. En effet, elle
indique que lemployeur doit valuer les risques dexplosion en fonction de la
probabilit de formation datmosphre explosive, de celle des sources dignition,
de la nature des substances et des installations et de la gravit de lexplosion. Cette
valuation permet de dnir des zones dangereuses, en fonction de la probabilit
de prsence de latmosphre explosible. Les principes de prvention mentionns dans
les articles R. 4227-44 et R. 4227-45 prescrivent, dans lordre, de :
empcher la formation datmosphre explosible ;
viter linammation ;
attnuer les effets de lexplosion ;
prvenir la propagation des explosions.
Nous retrouvons bien lestimation dun risque accidentel base sur la probabilit et
la gravit, la dnition de zone dangereuse et les actions sur la situation dangereuse,
lvnement dangereux et le dommage.
Livre III, titre I, chapitre II : Rgles techniques de conception :
Dans ce livre, qui traite des quipements de travail et de protection, deux parties
concernent directement le risque chimique :
Section Titre Premier article
5 Contrle et maintenance des installations R. 4222-20
6 Travaux en espace confin R. 4222-23
7 Protection individuelle R. 4222-25
Section Titre Premier article
4 Emploi et stockage de matires explosives et inflammables R. 4227-21
5 Moyens de prvention et de lutte contre les incendies R. 4227-28
6 Prvention des explosions R. 4227-42
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4.4 Choix des mesures
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4 Pratique de la prvention
des risques
La sous-section 1 de la section 1 contient un paragraphe (2) qui traite des
cabines de projection par pulvrisation, cabines et enceintes de schage de
peintures liquides, de vernis, de poudres ou de bres sches et cabines mixtes
(R. 4312-3 R. 4312-18).
La sous-section 1 de la section 2 traite des quipements de protection indivi-
duelle neufs ou considrs comme neufs. Larticle R 4312-23 impose des rgles
techniques qui sont dtailles dans lannexe II du chapitre. Le paragraphe 3.10
de cette annexe traite de la protection contre les substances ou prparations
dangereuses et agents infectieux et se divise en :
protection respiratoire ;
protection contre les contacts cutans ou oculaires.
m Rglementation europenne
La directive 98/24/CE, qui prcise la dmarche dvaluation et de prvention des
risques lis lutilisation dagents chimiques, na pas t remise en cause par le
rglement REACH. Il est intressant de rappeler les principes gnraux de prven-
tion qui gurent dans cette directive, notamment dans lextrait suivant
1
:
Mesures de protection et de prvention spciques
1. Lemployeur veille ce que les risques que prsente un agent chimique dangereux
pour la scurit et la sant des travailleurs sur le lieu de travail soient supprims ou
rduits au minimum.
2. Pour lapplication du paragraphe 1, lemployeur aura de prfrence recours la subs-
titution, cest--dire quil vitera dutiliser un agent chimique dangereux en le rempla-
ant par un agent ou procd chimique qui, dans les conditions o il est utilis, nest
pas dangereux ou est moins dangereux pour la scurit et la sant des travailleurs, selon
le cas.
Lorsque la nature de lactivit ne permet pas de supprimer les risques par substitution,
eu gard lactivit et lvaluation des risques vise larticle 4, lemployeur fait en
sorte que les risques soient rduits au minimum en appliquant des mesures de protec-
tion et de prvention en rapport avec lvaluation des risques effectue en application de
larticle 4. Ces mesures consisteront, par ordre de priorit :
a) concevoir des procds de travail et des contrles techniques appropris et utiliser
des quipements et des matriels adquats de manire viter ou rduire le plus
possible la libration dagents chimiques dangereux pouvant prsenter des risques pour
la scurit et la sant des travailleurs sur le lieu de travail ;
b) appliquer des mesures de protection collective la source du risque, telles quune
bonne ventilation et des mesures organisationnelles appropries ;
c) si lexposition ne peut tre empche par dautres moyens, appliquer des mesures de
protection individuelle, y compris un quipement de protection individuel.
Cette formulation fournit un dbut de mthodologie plus prcise que celle qui gure
dans le rglement REACH et plus cohrente que celle du Code du travail voque
ci-dessus. Elle est en outre totalement compatible avec celle que nous prconisons.
1. Extrait de larticle 6 de la directive 98/24/CE du 7 avril 1998, JO L 131 du 5 mai 1998.
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4.4 Choix des mesures 4 Pratique de la prvention
des risques
m Mthodologie et rglementation
Lexamen des textes codis, en particulier pour le risque chimique, montre que le
suivi de la mthodologie propose dans cet ouvrage couvre largement les exigences
du Code du travail. Elle permet mme daller plus loin sur des points importants :
Laction sur le danger, correspondant la substitution des agents dangereux, est
pour nous un passage oblig, quel que soit le niveau de danger, dans la limite de
la faisabilit technique. Elle nest donc pas rserve aux CMR.
Le recours au connement, autrement nomm systme clos, est tout aussi syst-
matique dans notre mthode.
Le risque accidentel, qui nest voqu que fortuitement dans le code (en dehors
de la sous-section des explosions, qui est exemplaire), mrite notre avis une
mthodologie dveloppe et globale. En outre, on peut regretter la sparation
des textes sur lincendie et lexplosion dune part et sur les expositions accidentelles
dautre part.
Lvaluation des risques, dont le code donne seulement quelques pistes pour sa
mise en pratique, fait lobjet dans notre ouvrage dune approche rationnelle et
quantie autant que possible.
Le niveau minimum de prvention exigible nest pas li, selon nous, des cat-
gories dagents tels que CMR, amiante, plomb, etc., mais uniquement au niveau
de danger issu de la classication. Ce principe nous parat plus puissant, car il
permet de bien traiter des risques lis des catgories trs dangereuses mais peu
ou pas cites dans la partie prvention du code, comme les agents classs trs
toxiques, les agents trs ractifs, les agents gnrs par lactivit, les dchets et
tous ceux que lon dcouvrira, notamment grce REACH.
Il est important, notamment pour la bonne comprhension des mesures de
prvention par les personnes concernes, dutiliser les termes de danger et risque
dans le respect de leur dnition normalise, ce qui nest pas toujours le cas
dans le Code du travail.
En conclusion, si lapplication de la mthodologie couvre et dpasse les exigences
de rsultat du Code du travail, il reste des mesures typiquement rglementaires
quil faut appliquer en plus. Par exemple, des mesures simposent quelle que soit la
protection mise en place, comme la surveillance mdicale renforce, la che
dexposition, linformation du CHSCT, linterdiction de certaines catgories de
travailleurs, etc.
4.4.5 Enregistrement des donnes
Lanalyse des risques aboutit un inventaire complet des risques, qui sont identi-
s dune part par leur localisation dans lespace et dans la chronologie (voir para-
graphe 3.1.4), dautre part par leur type (voir paragraphe 3.2.5). Un risque
lmentaire peut tre repr par un code ayant une signication, comme :
P2-5-C-In , pour risque chronique dinhalation laction n 5 du 2
e
procd
de peinture ;
S2-3-A-IE2 , pour risque dincendie-explosion, 2
e
scnario, la phase 3 du
procd de schage n 2.
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4.5 Application de la mthodologie
aux autres risques
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4 Pratique de la prvention
des risques
Toutes les caractristiques de ces risques peuvent tre retrouves dans la base de
donnes adquate. Mais tout autre reprage, mme sans signication code, peut
convenir dans la mesure o il est possible daccder toutes les donnes sy rapportant.
Tout risque possde en outre une classe de priorit (voir paragraphe 3.4) permettant
lexcution du plan de prvention.
Les risques sont ensuite repris un par un au cours de ltape de recherche et de
choix des mesures de prvention. Aprs incorporation des ventuelles mesures
rglementaires et des arbitrages stratgiques, la liste dnitive des mesures retenues
doit tre enregistre. Il suft dajouter la liste des risques dment identis les
informations suivantes :
Lobjectif de prvention, choisir dans la liste suivante : agent chimique, expo-
sition, situation dangereuse, vnement dangereux, dommage. Il est utile de le
rappeler, pour montrer le niveau daction, qui pourrait tre rvis avec le temps.
La ou les mesures numrotes, en rsum. Il faut sefforcer den noter au moins
une par objectif. Elles peuvent se complter ou ntre que des options, lever
aprs tudes complmentaires.
Le dlai prvu de mise en place, important quand plusieurs mesures doivent se
succder.
Cette liste est une base de rexion pour ceux qui feront les choix dnitifs. Il sera
utile de la conserver aprs que les choix auront t faits et enregistrs. Cet enregis-
trement clture lapplication complte de la mthodologie. Bien entendu, laction
ne sarrte pas l mais entre dans le fonctionnement normal de toute structure qui
a pris une dcision.
4.5 Application de la mthodologie aux autres risques
La modlisation du risque chimique sur laquelle repose notre mthodologie danalyse
et de prvention est sufsamment gnrale pour pouvoir sappliquer tous les types
de risques. Ce nest pas par hasard, puisquelle a t labore par un groupe de travail
qui visait un modle universel fondant une nouvelle mthodologie de prvention.
Celle-ci a t nalise en 2004 et est contenue dans un document publi par la
CRAMIF : Guide pour lvaluation des risques professionnels et le plan daction de
prvention Une aide pour le document unique et le plan daction
1
. Ce document est
trs gnral et demande une formation adapte pour bien en exploiter les prin-
cipes. Nous montrons simplement ici comment dcliner cette mthodologie dans
les grandes familles de risques.
Il faut dabord reprendre les dnitions de base, an quelles conviennent tous
les types de risques, excepts ceux de lenvironnement, qui font lobjet du para-
graphe 5.4.
1. Ce document, labor par le service tudes du dpartement Risques professionnels de la CRAMIF, est
disponible sur le site [Link], sous la rfrence DTE 167.
[Link] Page 227 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
228
4.5 Application de la mthodologie
aux autres risques
4 Pratique de la prvention
des risques
Nous voyons que le danger est devenu phnomne dangereux pour rendre
compte de tous les types de risques, conformment aux dnitions de la norme
ISO 12100.
4.5.1 Risque physique
Cest le risque le plus proche du risque chimique, car les processus chronique et
accidentel sont aussi prsents. Les phnomnes dangereux, trs varis, appartien-
nent au domaine de la physique. En voici un descriptif :
Expression Dfinition
Risque Combinaison de la probabilit dun dommage et de sa gravit
Processus chronique Dommage par exposition, de faon habituelle et modre
Processus accidentel Dommage survenant de faon soudaine et inattendue
Phnomne dangereux Source potentielle dun dommage
Exposition Contact entre un phnomne dangereux et une personne
Situation dangereuse Localisation dune personne dans une zone dangereuse
Zone dangereuse Espace dans lequel une personne peut subir un dommage
vnement dangereux Enchanement de faits qui conduit au dommage
Dommage Dgradation de la sant et/ou de lintgrit physique dune personne
Phnomne Principe Effet chronique Effet accidentel
Bruit
Vibration de lair tou-
chant lappareil auditif
Diminution des capacits auditives
Surdit
Traumatisme
sonore aigu
Vibrations
Acclrations
alternatives haute
frquence
Crises de blanchiment doulou-
reux des phalanges en cas dexpo-
sition au froid et/ou lhumidit
Moindre sensation du toucher,
du chaud et du froid
Douleurs dans les bras et les mains
Gne fonctionnelle des articula-
tions (coude, poignet, main)
Pas deffets dcrits
lectricit
Courant traversant
le corps par diffrence
de potentiel
Non dcrits
lectrisation,
lectrocution
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4.5 Application de la mthodologie
aux autres risques
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4 Pratique de la prvention
des risques
Le niveau de danger des phnomnes physiques est facile quantier, puisquils
disposent dunits de mesure et des instruments adquats pour les mesurer directe-
ment. Des valeurs limites sont aussi disponibles pour les plus dangereux :
Phnomne Principe Effet chronique Effet accidentel
Rayon-
nements
Infrarouges Brlures superficielles Brlures graves
Lasers Non dcrits
Brlures graves
Perte de la vue
Ultraviolets
Brlures superficielles
Cancers
Brlures graves
lectromagntiques chauffement des tissus Non dcrits
Ionisants
Brlures superficielles
Strilit masculine
Cancers
Brlures graves
Dcs
Conditions
climatiques
Chaleur
Inconfort
puisement
Coup de chaleur
Froid
Inconfort
Engourdissement
Hypothermie
aigu
Humidit Inconfort
Vent
Inconfort
Difficults dquilibre
Chute
Pression
Compression
des organes et des gaz
Ncrose osseuse de lpaule,
de la hanche ou du genou
Syndrome vertigineux
Otite moyenne subaigu
ou chronique
Hypoacousie par lsion cochlaire
irrversible
Intoxication
aux gaz neutres
Accident de
dcompression
Phnomne Unit de mesure Valeurs limites
Bruit Dcibel (dB) 85 dB
Vibrations Acclration (m/s
2
)
1,15 m/s
2
(corps)
5 m/s
2
(bras)
lectricit Volts (V)
Milieu sec U < 50 V
Milieu humide U < 25 V
Milieu mouill U < 12 V
[Link] Page 229 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
230
4.5 Application de la mthodologie
aux autres risques
4 Pratique de la prvention
des risques
Il est alors facile de procder lidentication puis lestimation des risques selon
les rgles utilises pour le risque chimique. La recherche des mesures de prvention
et de protection suit aussi le mme schma. En voici quelques exemples :
Travailler sur une machine mettant un bruit de 92 dB pendant 4 heures par jour
est une exposition chronique de haut niveau, que lon peut viter soit en changeant
de machine, soit en connant celle-ci dans une enceinte insonorisante, soit en
portant une protection auditive, du moins dans lattente.
Conduire un chariot lvateur sur un sol dtrior pendant 2 heures par jour est
une exposition chronique aux vibrations de niveau moyen, que lon peut viter
soit en robotisant les transferts concerns, soit en rendant le sol parfaitement
lisse, soit en amliorant la suspension du sige.
Travailler sur des ls conducteurs lectriques nus sous tension (BT) est une
situation dangereuse, dont lvnement dangereux serait un contact avec la main
par inadvertance. Laccident peut tre vit soit en supprimant la tension lec-
trique, soit en plaant un protecteur isolant, soit par une formation spcialise,
soit en utilisant des gants isolants.
Travailler sur un laser de classe 4 est une situation dangereuse que lon peut viter
soit par le connement dans une enceinte de protection, avec tlcommande,
soit par capotage du laser, soit par port de lunettes spciales.
Phnomne Unit de mesure Valeurs limites
Rayonnements
Infrarouges nant nant
Lasers Watts (W) 7 classes de puissance
Ultraviolets nant nant
lectro-
magntiques
Densit de courant (mA/m
2
)
(basses frquences)
Densit de puissance : Watts/kg
(hautes frquences)
Dpend des frquences.
Ionisants
Dose quivalente et efficace :
Sievert (Sv)
Public : 1 mSv/an
Professionnel : 6 ou
20 mSv/an, selon catgorie
Conditions
climatiques
Chaleur Temprature (C) nant
Froid Temprature (C) nant
Humidit Pourcentage (%) nant
Vent Vitesse (m/s) nant
Pression
Bar ou Pascal (Pa)
(1 bar = 1 000 hPa)
nant
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4.5 Application de la mthodologie
aux autres risques
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4 Pratique de la prvention
des risques
Travailler dans un local frigorique, 25 C pendant 6 heures par jour, est
une exposition chronique de haut niveau, que lon peut viter soit en robotisant
les tches, soit en rduisant les temps dexposition par un amnagement des
accs aux cellules, soit en portant des vtements adapts.
Nous voyons que ladoption dune mthodologie apporte un plus grand choix de
solutions possibles.
4.5.2 Risque mcanique
Le risque mcanique ne doit pas tre confondu avec le risque machine , qui
comporte presque tous les autres risques. Sa particularit est dtre essentiellement
accidentel, en conduisant des dommages du type blessures et contusions.
Il faut remarquer que tous les phnomnes dangereux inventoris dans ce risque
ont lnergie mcanique pour origine. Elle peut tre cintique ou potentielle,
comme dans le cas dun ressort comprim. La chute de hauteur occupe une place
part, puisque lnergie potentielle qui la conditionne est la gravit (ou pesan-
teur ). Ce risque, qui fait lobjet dune attention particulire dans les activits de
la construction douvrages, est en ralit prsent dans tous les domaines, profes-
sionnels ou de la vie courante. La prvention du risque mcanique se focalise sur la
suppression du phnomne dangereux, de la situation dangereuse et des vne-
ments dangereux. Elle a t largement tudie et fait lobjet dune rglementation
abondante.
Le risque de circulation en vhicule motoris rentre dans la catgorie des risques
mcaniques dus un dplacement rapide. Il est pourtant sufsamment atypique
pour quil constitue un domaine dtude spcialis. Cest dailleurs le risque le plus
meurtrier, tous types confondus. Cela est d deux particularits : le nombre de
Phnomne
dangereux
Effet chronique Effet accidentel
Rapprochement
crasement
Cisaillement
Rotation Happement, enroulement
Dplacement Frottement ou abrasion Entranement ou emprisonnement
Mouvement rapide Choc solide ou liquide (par jet haute pression)
Bord tranchant Coupure ou sectionnement
Forme acre Perforation ou piqre
Dnivellation Chute de hauteur
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4.5 Application de la mthodologie
aux autres risques
4 Pratique de la prvention
des risques
personnes exposes, et le fait quil sagisse dune situation du domaine priv. Nous
nen parlerons que pour mettre en vidence les composantes habituelles du risque :
Le phnomne dangereux est le dplacement rapide dune machine contenant
des personnes par rapport des obstacles xes ou mobiles (incluant les autres
vhicules).
Lexposition chronique concerne le bruit, la posture, les vibrations, avec un niveau
de plus en plus faible grce aux progrs techniques.
La situation dangereuse est permanente, ds lors quune personne est lintrieur
dun vhicule en dplacement.
Les vnements dangereux possibles sont innombrables et constituent tout ce qui a
t inventori comme causes daccidents de la route . Les tudes ofcielles les
classent gnralement par origine : le comportement, le vhicule, linfrastructure
et lenvironnement.
Le dommage est constitu des consquences matrielles et corporelles. Il comporte
des paramtres aggravants, comme des caractristiques du vhicule et de lenviron-
nement, la vitesse et ltat de sant des personnes transportes.
4.5.3 Risque ergonomique
Ce risque est moins classique et plus difcile dnir, puisque lergonomie est
plutt prsente comme une solution, principalement dans le domaine des gestes
et des postures, mais il est de plus en plus largi toutes les conditions de travail.
Cest pourquoi il nous est paru indispensable de repartir du phnomne dange-
reux pour le dnir. Pour ce dernier, nous proposons de le limiter au domaine du
mouvement, de leffort et de la posture. En voici un inventaire, non limitatif :
Pour ce risque, laccent est traditionnellement mis sur laspect chronique, et en parti-
culier les TMS, dont le nombre de dclarations en maladie professionnelle ne cesse
daugmenter. Les TMS ont dautres facteurs de risque, notamment des nuisances
physiques et des aspects psychosociaux (stress). La suppression des phnomnes
dangereux, que lon appelle facteurs de risque par ailleurs, fait largement appel la
Phnomne dangereux Effet chronique Effet accidentel
Geste rptitif Troubles musculo-squelettiques (TMS)
Effort important
Fatigue physique
Troubles musculo-squelettiques (TMS)
Lombalgie aigu
Traumatisme musculaire
ou articulaire
Choc contre un objet
Amplitude articulaire Troubles musculo-squelettiques (TMS)
Traumatisme musculaire
ou articulaire
Dplacements Fatigue physique Chute
Obstacles Fatigue physique
Choc contre un objet
Chute
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4.5 Application de la mthodologie
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4 Pratique de la prvention
des risques
mcanisation des tches, mais aussi lorganisation du travail et lintgration de
lergonomie dans la conception des postes de travail.
4.5.4 Risque biologique
Le phnomne dangereux du risque biologique se rsume aux agents biologiques
pathognes, qui sont les quivalents des agents chimiques dangereux dans le domaine
de la biologie. Ils reprsentent une menace dautant plus pernicieuse quils sont
souvent invisibles, et quils agissent des doses inmes. Le risque de contamination
est de nature principalement accidentel, sous forme de maladie infectieuse, ven-
tuellement mortelle. Ces agents sont trs nombreux et de nouveaux apparaissent
rgulirement. En voici un classement par nature :
La distinction des effets chroniques et accidentels parat ici assez articielle, mais
elle sapplique en fait au mode de contamination. Le niveau de danger est dter-
min par le classement selon les groupes rglementaires suivants :
Agent Caractristique Effet chronique Effet accidentel
Bactries
Micro-organismes
monocellulaires de 1 10
microns.
Immuno-allergies
Intoxications
toxiniques
Insuffisance
respiratoire
Maladies
infectieuses
Champignons
Micro-organismes de 1 100
microns : levures et moisissures.
Se dispersent par leurs spores.
Virus Entit parasite de 0,1 micron.
Maladies
infectieuses
Endoparasites Protozoaires et helminthes (vers).
Maladies
parasitaires
Prions et agents
transmissibles non
conventionnels
Particules protiques de 0,01
micron.
Maladies dgn-
ratives du systme
nerveux central
Groupe Agents biologiques
1 Non susceptibles de provoquer une maladie chez lhomme.
2
Peuvent provoquer une maladie chez lhomme et constituer un danger pour
les travailleurs ; leur propagation dans la collectivit est peu probable ;
il existe gnralement une prophylaxie ou un traitement efficaces.
3
Peuvent provoquer une maladie grave chez lhomme et constituer un danger
srieux pour les travailleurs ; leur propagation dans la collectivit est possible,
mais il existe gnralement une prophylaxie ou un traitement efficace.
4
Provoquent des maladies graves chez lhomme et constituent un danger srieux
pour les travailleurs ; le risque de propagation dans la collectivit est lev ;
il nexiste gnralement ni prophylaxie ni traitement efficace.
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4.5 Application de la mthodologie
aux autres risques
4 Pratique de la prvention
des risques
La prvention se dcline diffremment si la prsence de lagent biologique est fortuite,
comme dans les industries agro-alimentaires, ou voulue, comme dans la recherche
et lanalyse en biologie. Dans le premier cas, on sattache dabord dtruire les
rservoirs dagents. Il faut ensuite, dans les deux cas, bloquer tous les modes de
transmission possibles, par sparation, connement et protection. La vaccination
et les soins prcoces ne sont que des mesures redondantes.
4.5.5 Risque psychosocial
Ce domaine nest pas encore entr ofciellement dans le champ des risques profes-
sionnels. Compte tenu de limportance que prennent les problmes de stress, en
particulier, dans les dbats sur les conditions de travail modernes
1
, il nous est apparu
intressant de proposer cette adaptation du schma gnral au risque psychosocial :
Le sujet de cet ouvrage ne se prte pas un dveloppement de la mthodologie
applique ce domaine, mais il est clair que lon peut tablir une chelle de niveaux
de danger pour les phnomnes dangereux. Ainsi, la pression relationnelle peut
crotre depuis lattitude directive jusqu la violence physique en passant par le
harclement. Lorigine des phnomnes dangereux peut tre un individu, un groupe
1. Lire ce sujet lexcellent rapport sur La dtermination, la mesure et le suivi des risques psychosociaux
au travail de Philippe Nasse et Patrick Lgeron, remis en mars 2008 Xavier Bertrand, ministre du
Travail, des Relations sociales et de la Solidarit.
Phnomne dangereux Effet chronique Effet accidentel
Sollicitations de lattention Fatigue nerveuse Perte de contrle dans laction
Surcharge de missions
Fatigue nerveuse
Troubles du sommeil
Irritabilit
Stress
Addictions
Dpression
Troubles organiques
Pression relationnelle
Fatigue nerveuse
Troubles du sommeil
Stress
Perte de motivation
Irritabilit
Addictions
Perte de contrle dans laction
Troubles organiques
Dpression
Actes de violence
Carence relationnelle
Perte de motivation
Addictions
Troubles organiques
Dpression
Facteurs dinquitude
Troubles du sommeil
Perte de motivation
Addictions
Troubles organiques
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4.5 Application de la mthodologie
aux autres risques
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4 Pratique de la prvention
des risques
ou un milieu. Lvnement dangereux est constitu ici dun fait, dun acte, dune
dcision, vcus comme une agression. Quant la prvention, la suppression du
phnomne dangereux est transposable par exemple par des mesures dloignement
ou de changement dorganisation, la rduction de lexposition par une meilleure
matrise des objectifs et des moyens, la protection contre les vnements dangereux
par des mdiations, de la formation relationnelle, etc.
[Link] Page 235 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
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5 APPLICATIONS PARTICULIRES
Le modle et la mthodologie dcrits dans cet ouvrage permettent de couvrir toutes
les situations dans lesquelles un risque chimique est prsent. Mais une adaptation
des concepts gnraux et des mesures de prvention est indispensable chaque
domaine particulier. Quels sont ces domaines ? Lexprience du conseil en prvention
des risques montre que les quatre domaines suivants sont ceux qui soulvent le plus
dinterrogations.
5.1 Stockage
5.1.1 Risques
Le stockage des agents chimiques prsente des risques spciques du fait de leur
accumulation en un lieu donn, lieu qui nest pas toujours identi comme un poste
de travail. Ltude des dommages survenus dans des installations de stockage plus ou
moins organises montre que le risque chronique nest prsent que par dysfonction-
nement. En effet, le fonctionnement normal suppose que tous les emballages sont
clos et tanches. Dans ces conditions, idales, il ny aucun accs possible un agent
chimique dans lenvironnement de travail. Dans la pratique, on observe des expo-
sitions tant respiratoires que cutanes lies la prsence dagents chimiques hors
de leur emballage. Ces dysfonctionnements doivent tre la cible des mesures de
prvention, cest pourquoi il importe de les analyser au pralable. Pour cela, il faut
distinguer les deux grands types de stockages que lon rencontre partout o sont
utiliss les produits chimiques.
Le type de stockage le plus rpandu est celui des emballages unitaires, cest--dire
une quantit nie de produit contenue dans une enveloppe ferme et apte tre
transporte. Les formes demballages unitaires sont innombrables et dpendent de
la forme physique du produit : liquide, solide ou gazeux. Les contenances peuvent
varier de quelques grammes dans un acon plus dune tonne dans un conteneur
mobile. Les dysfonctionnements observs avec ce type demballage sont lis en
partie leur rsistance, leur tanchit et au systme douverture-fermeture.
Voici un descriptif des plus courants :
m Emballages livrs souills
Il nest pas rare que des emballages soient dj souills la livraison. Ce sont les restes
de lopration de remplissage, mais aussi leffet des sollicitations du transport.
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5.1 Stockage 5 Applications particulires
Ces traces sont principalement observes sur les sacs de pulvrulents de qualit
ordinaire, gnralement en papier. Ce type demballage, obtenu par collage, nest
jamais parfaitement tanche.
m Petites fuites
En dehors des fuites accidentelles, de petites pollutions de lentourage de louverture
dun emballage sont presque invitables ds que lon vide ou remplit tout ou partie
de cet emballage. Si lemballage dun produit volatil est replac au stockage
sans limination de ces traces extrieures de produit, une petite vaporisation va
se produire. Elle est certes trs faible, mais sa rptition, sur plusieurs produits, fait que
la concentration ambiante en vapeurs diverses peut devenir critique. Ce phno-
mne est dailleurs perceptible par lodeur diffuse de produits chimiques qui rgne
habituellement au stockage. Dautre part, de petites perforations ou dchirures sur
des sacs laissent chapper des petites quantits de poudre, capables de contaminer
un grand nombre demballages environnants. Cela est aussi vrai pour les conte-
neurs souples. En revanche, les emballages rigides pour pulvrulents, tels que les
fts et conteneurs, en carton, plastique ou mtal, peuvent tre plus facilement
maintenus propres.
m Contenants de produits volatils restant ouverts
Il arrive que pour des besoins lis la production stockage momentan, prlvements
frquents, ncessit dobserver le produit, etc. lemballage dun produit plus ou
moins volatil soit laiss ouvert. Il sensuit une volatilisation lente mais continue.
Cette pratique peut tre le rsultat dune ngligence, ou de la perte du bouchon ou
du couvercle.
m Transvasements
Les transvasements pour remplir de plus petits emballages ou des rcipients destins
aux transports internes (bidons, seaux) sont dune pratique courante dans les
locaux de stockage, pratique pourtant trangre la fonction normale dun local
de stockage. En effet, tout transvasement, mme sil se produit sans incident, est
une source dmission de vapeurs ou de poussires, avec une intensit qui va dpendre
en premier lieu de la volatilit du produit, mais aussi des conditions opratoires,
telles que louverture des rcipients, la hauteur de chute, etc.
Le stockage en vrac est utilis pour des quantits importantes, gnralement de
plus dune tonne. Le principe du vrac consiste utiliser un contenant xe, le
contenu tant transfr par des tuyaux en fonction des besoins. Le remplissage du
contenant xe est fait soit partir dune citerne mobile, cest ce quon appelle une
opration de dchargement, soit partir dun autre quipement xe. Le charge-
ment inverse, cest--dire le remplissage dune citerne mobile partir dun contenant
xe est appel chargement. Les dysfonctionnements observs sont en partie simi-
laires ceux des emballages unitaires : souillures conscutives de petites fuites
et des cuves restant ouvertes. Il faut en ajouter deux, plus spciques de ce type
de stockage.
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5.1 Stockage
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5 Applications particulires
m Respiration de cuves
Les variations du niveau de liquide au chargement et lors de lutilisation du
contenu gnrent un pompage de lair dans la cuve. Cet air, charg de vapeurs si le
produit est volatil, passe normalement par un conduit, appel vent, assurant ainsi
la respiration de la cuve. Cette respiration expulse donc vers lextrieur les
vapeurs mises par la surface du produit stock et peut crer une pollution critique
dans lenvironnement de lvent, surtout si ce dernier dbouche lintrieur dun
btiment, quand la cuve de stockage est elle-mme place lintrieur.
m Oprations de dpotage
Il est assez frquent de transfrer le contenu dune cuve de stockage, essentiellement
de liquide, vers des emballages unitaires. Lorsque cette opration nest pas ralise
avec un quipement spcialement conu pour cela, elle se fait de faon manuelle,
avec du liquide passant lair libre. Il est facile didentier les diffrents risques
dexposition et daccident que cela peut crer.
Ces deux modes de stockage peuvent se trouver lintrieur ou lextrieur dun
btiment, en fonction de divers paramtres tels que lespace disponible, le volume
stocker, la nature des produits, la nature des emballages, etc. Bien souvent,
linstallation est mixte, cest--dire rpartie entre lintrieur et lextrieur, ou inter-
mdiaire, cest--dire simplement protge par une toiture ou un btiment large-
ment ouvert. Il est donc important dans lestimation des risques de tenir compte
du degr de connement du stockage, quel que soit son type.
Dans la description des risques lis au stockage en emballages unitaires, il est
suppos tre organis, cest--dire situ dans un espace ddi et plus ou moins
amnag en consquence. Dans la pratique, une partie des emballages, quand ce
nest pas la totalit, se trouve rpartie dans les espaces de travail, souvent proxi-
mit immdiate du lieu dutilisation. Outre le fait que cette pratique consomme
de la surface de travail, elle peut crer des situations dangereuses, selon la nature
des produits contenus, quil serait facile de supprimer dans un local de stockage. Si
les produits en question sont classs trs toxiques, cest un risque accidentel grave
que gnre ce type de dysfonctionnement.
Si les risques chroniques sont lis des dysfonctionnements, la plupart des risques
prsents dans un stockage sont de nature accidentelle, lis des vnements
dangereux tels que :
incendie survenant proximit du stockage ;
incendie survenant dans le stockage ;
manations massives ou projections.
Le risque dincendie interne au stockage est videmment li la prsence de
produits inammables. Il ne faut cependant pas ngliger ce risque quand il ny a
pas de produits inammables stocks, car un incendie est toujours possible avec
des matires combustibles. Seule lestimation du risque sera diffrente. On nglige
encore plus souvent le risque dincendie import, cest--dire se dclarant en dehors
du stockage et le rejoignant dans sa progression. Si le feu russit se propager
lintrieur, il se produira des effets beaucoup plus graves quen labsence de produits
chimiques et il sera trs difcile de le combattre. En effet, les emballages peuvent
[Link] Page 239 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
240
5.1 Stockage 5 Applications particulires
tre dtruits, ainsi que les structures qui les supportent. Cest pourquoi un tel stoc-
kage demande des mesures renforces et redondantes.
Les manations et les projections ont parmi leurs causes les plus frquentes :
bris demballages la suite de chutes, de dgradations ou de mauvaises condi-
tions de stockage ;
incidents de dpotage pour le stockage en vrac ;
ractions dangereuses conscutives des fuites simultanes ou successives
dagents chimiques incompatibles, ou mme derreurs de livraison.
Chacun de ces vnements est lui-mme le rsultat de dysfonctionnements dont
lorigine tient souvent lorganisation et la gestion du stockage, la conception du
local, des quipements, et aux procdures dutilisation des agents chimiques.
5.1.2 Prvention
Si lon saperoit quun stockage existant prsente des risques, il est toujours
possible de prendre quelques mesures conservatrices, mais seulement en attendant
une refonte bien prpare. La scurit dun stockage tient beaucoup son organi-
sation, plus qu des quipements ou des consignes. Il faut commencer, comme
pour tout problme dorganisation, par une analyse des besoins. Celle-ci consiste
rpondre aux questions suivantes :
Quels produits doit-on stocker ?
Quelles sont les quantits maximales stocker ?
Quels sont les emballages les mieux adapts ?
Quelles sont les frquences dutilisation ?
Quels sont les points dutilisation ?
Quels sont les dangers particuliers des produits stocker ?
Quel budget dinvestissement et de fonctionnement peut tre dgag ?
En fonction des rponses apportes, un certain espace disponible sera ddi au
stockage, comportant au minimum un local central, mais aussi, suivant les
besoins, des locaux secondaires. Ceux-ci sont utiles soit pour des raisons techni-
ques, parce quil faut des quipements spciaux, soit pour des raisons logistiques,
parce quil est ncessaire quils soient proches des utilisateurs, par exemple. Toutes
les recommandations qui suivent sappliquent indiffremment aux locaux
centraux ou secondaires.
m tablir des familles dagents chimiques compatibles
Produits incompatibles :
La premire rgle pour organiser un stockage consiste ne laisser ensemble que les
produits qui ne prsentent pas de potentiel de ractions dangereuses entre eux. On
peut sappuyer sur les symboles de danger, mais les familles de compatibilit ne
leur correspondent pas toujours exactement. Des regroupements sont possibles
entre des classes de dangers diffrentes et, inversement, des exclusions peuvent tre
ncessaires lintrieur dune mme classe de danger. Ces dcisions ne peuvent tre
prises quavec un minimum de connaissances chimiques et aprs consultation de
toutes les donnes disponibles dans ce domaine : phrases de risque de ltiquetage,
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5 Applications particulires
ches de donnes de scurit, ches toxicologiques de lINRS, documents techni-
ques du fournisseur, etc. Pour donner malgr tout quelques repres, disons que les
incompatibilits existent principalement entre les acides et les bases dune part et
entre les oxydants et les rducteurs dautre part, ce qui fait quatre combinaisons de
proprits. La difcult de classement vient du fait que ces proprits sont plus ou
moins marques. Le paragraphe 2.5.2 donne des indications plus prcises cet effet.
Les sparations seront aussi fonction, dune part, de la quantit stocke et, dautre
part, de la concentration des produits. Une petite quantit dun produit ne nces-
sitera pas forcment de crer un emplacement spar si les autres classes reprsentent
de grandes quantits. De mme, des acides et des bases dilus pourront tre juxtaposs,
sil ny a pas dautres risques par ailleurs.
Produits danger particulier :
La deuxime rgle est disoler les produits demandant des mesures particulires,
an de ne pas tre oblig dappliquer les mesures les plus svres lensemble du
stockage. Rentrent dans cette catgorie :
les produits inammables, qui exigent les mesures spciques de prvention des
incendies (voir ci-aprs) ;
les produits toxiques et trs toxiques, qui exigent un contrle daccs particulier.
Il implique un local ferm cl ;
les produits ayant une ractivit importante, tels que les peroxydes ou certains
ractifs de la chimie de synthse. Il faut autant de sparations que dincompati-
bilits possibles entre eux ;
les gaz sous pression, qui demandent une aration importante, ou dfaut une
ventilation mcanique ;
les produits sensibles leau, placer dans un local dpourvu de robinets et de
canalisations deau ;
les produits qui demandent des conditions physiques particulires, parce quils
sont sensibles la chaleur, au gel, lhumidit, aux chocs, la lumire, aux
rayonnements divers, etc. Ces conditions demandent des quipements particuliers,
tels que climatiseur, humidicateur, lumire inactinique, etc. La conservation
basse temprature doit se faire dans des rfrigrateurs prvus cet usage ou dans
une chambre froide quipe de moyens de scurit tels quune porte toujours
manuvrable de lintrieur, un clairage de scurit, un signal dalarme, etc.
Notons enn que certains produits doivent tre stocks une temprature capable
de les maintenir en fusion ou, tout du moins, avec une viscosit sufsante pour
tre utiliss. Si le volume est modeste, une tuve de capacit adquate sufra. Si le
volume est important, il faut un local quip dun chauffage rgul et contrlable
de lextrieur. Il faut aussi rappeler que les mesures particulires de stockage font
lobjet de la rubrique n 7 des ches de donnes de scurit.
Produits inammables :
Lincendie restant le risque majeur de tout stockage, des mesures renforces
doivent tre prises pour les produits inammables. Lorsque que le stockage relve de
la rglementation des installations classes pour la protection de lenvironnement (ICPE),
des mesures particulires simposent, en fonction des quantits entreposes.
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5.1 Stockage 5 Applications particulires
Mais quelques mesures fondamentales permettent de rduire ce risque, indpen-
damment de la quantit stocke. Il faut dabord ddier aux produits inammables
un local de stockage spcique, isol des autres locaux de travail, avec une distance
de scurit calcule en fonction de limportance des dommages envisageables,
dont le volume stock est le paramtre principal. Il ny a pas de prescription rgle-
mentaire pour cette distance, en dehors de certaines rubriques de la rglementa-
tion ICPE. Nous recommandons, par exprience, une dizaine de mtres. Cette
distance est utile dune part pour empcher la propagation dun incendie aux
autres locaux, et, inversement, de ces derniers vers le local de stockage, dautre part
pour faciliter lintervention des pompiers.
Cet loignement nest pas toujours facile mettre en uvre. Dans le cas o le
risque est moindre, par exemple hors installation classe, si les volumes sont faibles
et les produits classs uniquement inammables (phrase de risque R10), les locaux
de stockage pourront tre attenants dautres locaux de travail, condition quils
comportent des murs coupe-feu de degr deux heures et des portes extrieures
pare-ammes de degr une demi-heure. En revanche, lloignement simpose
pour les liquides facilement et extrmement inammables et lorsque les quantits
stockes sont importantes. Dans tous les cas, on aura intrt subdiviser les locaux
de stockage pour diviser le risque incendie et mieux adapter les mesures de prvention
et de lutte contre le feu.
Dans le cas dun espace de stockage ouvert, il faut aussi respecter une distance de
scurit par rapport aux locaux voisins. Si lon ne peut pas respecter totalement
cette distance, il faut monter un mur coupe-feu face aux locaux menacs.
Les mesures daide la lutte contre les incendies comportent principalement les
moyens dextinction et la formation du personnel. Les extincteurs sont soit dclen-
chement manuel, soit automatiques, avec toujours le bon choix de lagent dextinction.
Figure 5.1 Principales mesures destines un local de stockage dinflammables
10 m
clairage sous verre dormant
Aration naturelle
haute et basse =
1/10 surface au sol
Extincteurs
accessibles
Signalisation
de dangers
Porte pare-flammes
(1/2 heure)
Murs incombustibles
(M0)
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Ces mesures sont compltes par de la signaltique, des vrications priodiques
des extincteurs et des alarmes, des exercices dvacuation et de lutte contre le feu.
La lutte contre les incendies est un domaine largement couvert par nombre dorga-
nismes spcialiss
1
. Sans prtendre lexhaustivit, la gure 5.1 est un rsum des
mesures prendre dans un petit local de stockage de produits inammables.
Gaz comprims ou liqus :
Pour les gaz comprims en bouteilles, il faut un local isol, lextrieur, comportant
au moins une paroi grillage. Quand les gaz stocks prsentent des incompatibilits
chimiques, il faut crer autant de cellules spares par des murs que de familles de
compatibilit. Les cellules doivent tre quipes de dispositifs dimmobilisation
des bouteilles et comporter toutes les informations et la signalisation requises.
Le stockage des gaz liqus pression atmosphrique, dit stockage cryognique ,
sapparente une installation de production et doit tre trait comme telle. Il sagit
essentiellement de lazote livr ltat liquide et utilis sous forme liquide ou gazeuse.
Linstallation comme la maintenance doivent tre prises en charge par le fournisseur
du gaz, qui possde la comptence exige en la matire. Ce type dinstallation est
obligatoirement lextrieur et isol de tout autre local. Le stockage de gaz liqu
en bouteilles spciales ne demande quun simple local, mais isol, bien ventil et
comportant une signalisation du risque danoxie.
Poste de transvasement :
Les transvasements de liquides ou de solides effectus dans un local de stockage
sont des dysfonctionnements. Ils doivent tre effectus de prfrence sur le lieu
dutilisation avec toutes les mesures ncessaires, comme pour tout poste de travail
avec des agents chimiques dangereux. Diverses raisons peuvent amener prfrer
procder aux sous-conditionnements dans le local de stockage, par exemple pour
viter un dplacement demballage lourd, pour un petit prlvement. Dans ce cas,
il faut amnager un espace isol du local de stockage et conu comme un poste de
travail, an de ne crer aucun nouveau risque dans le local principal de stockage.
m Crer les espaces spars
La disposition des produits stocks se fait traditionnellement en fonction de leur
origine, de leur destination ou de leur usage. Certains peuvent aussi tre classs en
fonction de leur statut, par exemple dans des zones de mise en quarantaine ou de
non-conformit, dans le cadre dun systme qualit. Ce type de classement nest
pas souvent compatible avec celui que dictent les rgles de compatibilit. Il faut
1. Pour approfondir ce thme, on peut consulter les nombreux ouvrages dits par lINRS, dont les
principaux sont :
valuation du risque incendie dans lentreprise. Guide mthodologique. ED 970.
Signalisation de sant et de scurit au travail. Rglementation. ED 777,
Consignes de scurit incendie. lments de rdaction et de mise en uvre dans un tablissement. ED 929,
Prvention des incendies sur les lieux de travail. Aide-mmoire juridique. TJ 20,
Incendie et lieu de travail. Le point des connaissances sur. ED 5005
Les extincteurs dincendie portatifs et mobiles. ED 802
Incendie et lieux de travail. ED 789
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5.1 Stockage 5 Applications particulires
alors rechercher le meilleur compromis entre les deux approches, sachant que les
moyens informatiques facilitent beaucoup la gestion des stockages complexes.
Les sparations des familles de produits ainsi constitues peuvent tre lgres ou
compltes. Si le risque est relativement faible, des sparations par limites traces au
sol, dans un mme local, sont sufsantes, ds lors quun certain espace est respect
entre les zones. dfaut despace, il faut installer des cloisons, plus ou moins rsis-
tantes en fonction des conditions dexploitation. Si la sparation doit tre complte,
comme dans le cas des produits inammables, il faut amnager un local indpen-
dant et bien ferm. Si la sparation nest dicte que par la ncessit dun contrle
daccs, comme dans le cas des produits toxiques, elle peut tre ralise avec un
grillage, qui a lavantage de permettre un contrle visuel sans ncessit douvrir.
Une fois tablie la liste des zones spares de stockage, il reste les placer au
mieux, dans un souci de prserver laccessibilit et de limiter les dplacements.
Lexemple suivant illustre quelques-uns des principes voqus dans ce paragraphe :
m Amnager les espaces ddis
Lquipement intrieur dun local de stockage doit videmment sadapter aux
types demballages prvus. Lespace de stockage tant toujours compt, les embal-
lages unitaires sont stocks sur une certaine hauteur, grce des structures adap-
tes dont la plus courante est le palettier. Ce rayonnage mtallique est conu pour
placer des palettes, sur lesquelles sont placs des emballages. En effet, il faut limiter
la superposition directe des emballages, moins quils ne soient conus pour cela.
Elle est possible pour des conteneurs gerbables et pour des sacs.
Pour de plus petites quantits, des rayonnages ordinaires conviennent, dans le respect
des charges tolrables. La disposition des emballages sur les tagres joue un rle
Figure 5.2 Exemple dorganisation dun local de stockage
toxiques
bases
liquides
bases
solides
comburants
petits conditionnements
poste de transvasement
inflammables
acides
portes fermant cl
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dans la prvention des chutes. Si la manutention est manuelle, il faut viter de
placer des emballages sur une profondeur qui demanderait des postures risque
ergonomique.
La prvention des incendies repose sur le classique triangle du feu, qui conduit dabord
limiter au strict ncessaire les quantits dinammables, mais aussi de combustibles,
tels que les emballages, les palettes, les structures, les quipements, etc. Ensuite
toutes les sources possibles dignition doivent tre recherches et supprimes,
notamment celles dorigine lectrique. Enn, il faut une dtection prcoce des
dbuts dincendie, grce des dtecteurs judicieusement placs. Ces mesures tech-
niques sont complter par des mesures organisationnelles, telles que linterdiction
de fumer, des procdures dintervention de maintenance, la vrication priodique
des installations lectriques, le contrle rigoureux des entres et sorties de produits
et de personnes.
Le stockage en vrac se rencontre aussi lintrieur des locaux, pour diverses raisons,
telles que le manque de surface en extrieur, la sensibilit du produit, ou tout simple-
ment son volume modr (quelques m
3
). Cette solution nest pas recommandable,
mais elle est tolrable sous les conditions suivantes :
Les cuves sont en rtention maonne facilement inspectable et nettoyable.
Figure 5.3 Stockage de big bags sur palettes
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5.1 Stockage 5 Applications particulires
Les contenus ne sont que faiblement volatils.
Les produits incompatibles sont spars par des parois.
Les cuves sont quipes de surveillance de niveau et de trop-plein.
Les cuves sont tanches et les vents sont relis une ventilation qui les maintient
en lgre dpression.
Des capteurs de surveillance datmosphre sont installs proximit.
Si le contenu est inammable, toutes les dispositions spciques se rajoutent
celles-ci.
Il est aussi important de mettre en place une bonne signalisation concernant le
plan de stockage et les dangers associs, complte par des consignes utiles. La liste
suivante indique toutes les informations susceptibles de gurer :
sur les portes dentre, la nature du stockage, les restrictions daccs et les prcau-
tions gnrales ;
sur le sol, la dlimitation des alles de circulation pour chariots et pitons ;
lentre, le plan gnral de stockage ;
sur les murs ou les extrmits des rayonnages, les interdictions ou restrictions ;
sur chaque alvole, la charge admissible et le type de produit prvu ;
les prescriptions de protection individuelle ;
les consignes durgence ;
la position de tous les moyens de lutte contre le feu ;
la position des produits absorbants, utiliser en cas de fuite ;
la position des douches ou lave-il ;
le chemin suivre vers les issues de secours, en clairage de scurit ;
les noms ou tlphones joindre en cas dincident.
Figure 5.4 Stockage vrac lintrieur
vent reli la ventilation
trop-plein
Indication de niveau
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Un bon clairage contribue la scurit et facilite lexploitation. Il faut un niveau
dclairement sufsant dans toutes les alles et sur toute la hauteur des rayonnages
pour :
bien positionner les charges ;
viter les chocs ou accrochages lors des manuvres ;
identier les produits partir de leur tiquetage ;
respecter les indications concernant le plan de stockage.
Compte tenu de ces contraintes, on peut situer ce niveau dclairement environ
300 lux
1
. Pour pouvoir en assurer facilement la maintenance, il est prfrable de
placer les luminaires dans laxe des alles, de faon les rendre accessibles depuis
une plate-forme lvatrice mobile.
m Crer des rtentions adaptes
Le rle dune capacit de rtention est dune part dempcher quune fuite de
liquide dangereux rejoigne lenvironnement, en particulier le milieu aquatique, et
dautre part de limiter les consquences internes sur les risques dexposition et
daccident, notamment de mlanges dangereux. Chaque local de stockage doit tre
en rtention, ce qui signie que le sol et le bas des murs font ofce de rtention, la
capacit tant ainsi constitue dans le local mme ou dporte. On appelle capa-
cit dporte un volume plac en contrebas de la rtention et capable de contenir
les fuites par coulement, tel que le montre le schma suivant.
Ltanchit au niveau des accs au local ncessite que les seuils soient surlevs,
le franchissement se faisant laide de marches ou de rampes ds que lon doit
utiliser un quipement roulant pour le transport des produits. Dans la mesure o
1. Daprs la norme NF X35-103.
Figure 5.5 Capacit de rtention dporte
cuve de stockage
capacit de retention
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248
5.1 Stockage 5 Applications particulires
tous les produits stocks dans un local appartiennent la mme famille de compa-
tibilit, il sufra de les dposer directement sur le sol ou sur un support adquat.
Le volume de la capacit de rtention est x par la rglementation des ICPE
1
:
soit le volume du plus grand contenant, soit la moiti de la somme des volumes
stocks, en prenant la plus grande de ces deux valeurs. Toutefois, si les emballages
unitaires ne dpassent pas 250 litres et que leur contenu nest pas inammable, le
volume de rtention peut tre limit 20 % du volume total. Cette disposition
vise les installations soumises autorisation, cest--dire dpassant les volumes de
stockage minimum xs. Mais le Code du travail donne un objectif global
2
:
Lemployeur prend les mesures techniques et dnit les mesures dorganisation du
travail appropries pour assurer la protection des travailleurs contre les dangers dcou-
lant des proprits chimiques et physico-chimiques des agents chimiques. Ces mesures
portent, notamment, sur le stockage, la manutention et lisolement des agents chimi-
ques incompatibles. cet effet, lemployeur prend les mesures appropries pour emp-
cher [] les risques de dbordement ou dclaboussures, ainsi que de dversement par
rupture des parois des cuves, bassins, rservoirs et rcipients de toute nature contenant
des produits susceptibles de provoquer des brlures dorigine thermique ou chimique.
Aucun volume minimum nest mentionn, cest pourquoi la rgle de calcul des
volumes de rtention doit tre toujours applique, quels que soient les volumes
concerns. Il est cependant toujours avantageux de crer des subdivisions de la
rtention au sol, sur des rayonnages, lintrieur dune armoire, etc. Dans ce cas,
les rtentions places lintrieur sont dites secondaires par rapport la surface en
rtention du local, dite principale. Elles prennent souvent la forme dun bac ou dun
plateau. La rtention principale peut tre aussi entirement couverte par assemblage
dlments constituant chacun une rtention secondaire. Cette dernire formule
est trs souple parce quvolutive et rapide mettre en place.
Les rtentions secondaires sont trs efcaces pour limiter le primtre de fuite, car
leur surface est bien infrieure la rtention principale. Elles ne concernent donc
quun ou quelques contenants, ce qui prsente lnorme avantage de rduire la
1. Article 10 de larrt du 2 fvrier 1998.
2. Art. R. 4412-17.
Figure 5.6 Subdivision des rtentions
muret
rtention principale rtentions secondaires
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5 Applications particulires
surface dvaporation constitue par le liquide rpandu et de faciliter sa rcupration,
en raison dune profondeur de liquide recueilli suprieure volume gal.
Pour les raisons voques prcdemment, les capacits de rtention principales doivent
tre ralises en maonnerie, spcialement avec des produits inammables. En
revanche, les rtentions secondaires peuvent tre ralises avec des parois en acier
ordinaire ou inox si ncessaire, ou en matriau synthtique tel que plastique ou
caoutchouc, dans la mesure o il prsente une rsistance mcanique sufsante et
une compatibilit chimique avec le liquide contenu. Ces diffrents matriaux
peuvent tre associs pour mieux rpondre aux diffrents objectifs dune rtention.
Les rtentions qui comportent des parois en matire plastique sont faciles faonner
et offrent gnralement une bonne rsistance chimique. Mais elles prsentent une
vidente faiblesse vis--vis des efforts mcaniques et, en cas dincendie, elles ne
prsentent aucune efcacit. Elles se dtruiront assez vite ds le dbut dincendie
et ne pourront donc plus jouer leur rle. Les matriaux synthtiques sont donc
proscrire en prsence de matires inammables.
La rsistance des rtentions en acier, ordinaire ou inoxydable, se situe entre celles de la
maonnerie et du plastique. En effet, une telle rtention prsente une rsistance
mcanique sufsante dans la plupart des cas et une rsistance au feu permettant
souvent dviter une aggravation, du moins si lon peut arrter le sinistre assez rapi-
dement. Ce matriau est donc utilisable en rtention principale pour de petites
quantits stockes et en prenant des mesures supplmentaires. Cest par exemple
une solution idale pour les stockages de produits chimiques en laboratoire, qui
doivent toujours tre placs dans des plateaux runissant des produits compatibles.
Dans le cas du stockage en vrac, la hauteur des quipements fait que des fuites
peuvent trs bien sortir de la rtention, mme si elle a le volume adquat, comme
cela est dmontr au paragraphe 4.3.3. Pour viter les dommages conscutifs une
Figure 5.7 Armoire de stockage de laboratoire
acides
bases
oxydants
solvants
grilles
daration
tiroir bac
rtention principale
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5.1 Stockage 5 Applications particulires
telle ventualit, spcialement pour les produits corrosifs, on peut soit respecter la
bonne distance entre le muret de rtention et la cuve, comme indiqu dans le para-
graphe cit, soit rehausser le muret par un cran anti-projection, comme indiqu sur
le schma suivant.
On notera aussi sur ce schma la volont de ramener dans la rtention toute fuite
provenant des quipements annexes de la cuve : raccords, vannes, pompes, etc.
Figure 5.8 Protections contre les fuites et projections
Figure 5.9 Rtention contenant une vanne pilote
rtention secondaire
pompe
cran
niveau
maxi
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5 Applications particulires
m Faciliter la manutention et la circulation
Lespace de circulation dans un local de stockage est un point cl de la prvention
des accidents. Il doit tre dtermin en fonction du type dexploitation prvu.
Ainsi, si la manutention est strictement manuelle, sans utilisation descabeau, la largeur
dalle peut tre limite 0,90 m. Mais si lon utilise un escabeau ou une desserte
roulante, ou si plusieurs personnes sont amenes se croiser, il faut une largeur mini-
male de 1,40 m
1
. Ds que lon utilise des chariots, il faut tenir compte de leur largeur,
de leur rayon de braquage en charge, etc. Il est recommand une largeur dalle gale
celle du chariot et majore de 1 m. Si des croisements de chariots sont prvus, cette
largeur est gale celle de deux chariots, majore de 1,40 m
2
. Toutefois, des alles
plus troites sont possibles lorsquon utilise des chariots conus en consquence, ce
qui implique un systme de guidage et une absence de circulation pitonne.
Le plan de circulation doit faire lobjet dune tude qui aura pour but de recher-
cher le minimum de croisements, de culs-de-sac, de carrefours sans visibilit, de
voies double sens. Il faut en outre, dans tous les cas, une voie spare rserve aux
pitons, si possible protge par une barrire. Les issues de secours doivent tre
bien signales et dgages. Les portes doivent souvrir sur lextrieur et une barre
anti-panique doit quiper le ct intrieur. Pour viter les culs-de-sac, les extr-
mits dalle opposes lentre des chariots doivent dboucher sur une alle
pitonne de secours de largeur minimale de 0,90 m.
Pour limiter les trajets de chariots, il est souhaitable que le local de stockage soit
limitrophe du quai de chargement. Un espace doit tre rserv, soit sur le quai,
soit lentre du stockage, pour les livraisons en instance de dpart ou de placement
en rayonnages.
1. Code du travail R 4216-5 et circulaire 95/10 du 14 avril 1995.
2. Daprs larrt du 30 juillet 1974, abrog.
Figure 5.10 Exemple dorganisation de la circulation
bureaux
quai
aire dpart
aire arrive
portes
pare-
flammes
palettiers
alle de secours
circulation
chariots
circulation
pitons
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5.1 Stockage 5 Applications particulires
Le sol doit rpondre plusieurs critres de qualit. Le premier est une bonne planit,
pour viter tout choc ou vibration sur le chariot. Le second est la nettoyabilit, car
la propret permanente des sols constitue un moyen de prvention contre les
risques daccident et de pollution arienne. Un revtement synthtique est facile
nettoyer et permet la matrialisation multicolore des surfaces ddies et des alles
de circulation.
m Organiser une gestion des stocks
Un stockage bien conu doit faire lobjet dune gestion tendant supprimer les risques
dorigine organisationnelle. Pour ce faire, il convient de :
Rduire les quantits au strict ncessaire :
Pour rduire les quantits stockes, il faut rgulirement analyser ses besoins, et
xer le stock en fonction de la consommation, des emballages, des prix, des dlais
de livraison, etc. Il faut aussi ne pas attendre pour liminer les stocks morts , en
labsence de toute probabilit de remploi. Une attribution de date de premption
devrait tre systmatiquement applique tous les produits, avec les alertes corres-
pondantes gres par linformatique. Pour viter datteindre ces dates de premption
par inadvertance, la rgle du premier entr premier sorti doit simposer.
Centraliser le stockage :
Il est important davoir un passage oblig unique pour tout produit entrant, quelle
que soit sa destination. Cela permet denregistrer les produits dans la base de
donnes avec toutes les informations de scurit, de grer le stock et de reprer les
utilisations multiples dans une usine ou une grande structure. Cest aussi un outil
pour tenter de diminuer le nombre de rfrences commandes et simplier ainsi le
stockage. Cet enregistrement unique est en outre le point de dpart de la mthode
dinventaire des risques par produit, la troisime cite dans le paragraphe 3.1.2.
Adapter la nature des emballages au mode dutilisation (volume et frquence) :
Le choix du type demballage pour les produits chimiques est un point cl de la
prvention, souvent oubli. Le choix est souvent fait en fonction du prix, alors que les
conomies ralises sont sans commune mesure avec le cot des dysfonctionnements
quun mauvais choix peut engendrer. Le premier des choix doit se faire entre les
emballages unitaires et le vrac. Lorsque les quantits consommes sont trs faibles,
ou au contraire trs importantes, le choix simpose de lui-mme. Dans les quantits
intermdiaires, par exemple entre 100 kg et 10 tonnes par mois, les deux modes
sont possibles. Lemballage unitaire est pratiquement obligatoire pour les solides. Il
convient bien aux utilisations peu frquentes, ou avec des produits dlicats ou trs
dangereux. Jusqu 30 kg, ils sont faciles manipuler, mais au-del, ils exigent des
moyens de manutentions mcaniques et de soutirage. Le vrac a lavantage dviter
toute manutention, y compris dans les utilisations trs frquentes, de bien se prter aux
automatismes, et linconvnient de demander des investissements. Cest en outre
un moyen dapprovisionnement peu exible. Des oprations de sous-conditionne-
ment frquentes sont le signe dune erreur de choix de conditionnement. Dautres
critres interviennent, comme la disponibilit, les moyens de livraison, la qualit,
la stabilit, etc. ; seule une approche globale conduira au meilleur choix.
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5.2 Industrie chimique et pharmaceutique
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5 Applications particulires
5.2 Industrie chimique et pharmaceutique
Ce qui caractrise lindustrie chimique, cest la fois la diversit des produits mis
en uvre, la technicit des procds et les quantits de produits utilises.
La diversit vient du fait que lon utilise des produits qui nont pas dautre intrt
que de servir de matire premire des ractions chimiques. Ces produits sont
donc souvent des substances complexes et rares, que lon ne trouvera jamais dans
des prparations prsentes sur le march. Elles peuvent donc facilement engendrer
des dangers assez importants, sur lesquels les connaissances sont limites. Cela
conduit des cotations de danger leves, notamment pour les principes actifs
pharmaceutiques et leurs intermdiaires.
La technicit des procds est le fondement de lindustrie chimique. Le but tant une
transformation des molcules par des moyens physiques et chimiques associs, on
utilise souvent des tats physiques hors standard, notamment en tempratures et en
pressions. Le travail sur des liquides, des solides et des gaz implique du matriel trs
spcialis, tant du point de vue de son efcacit que de sa scurit de fonctionnement.
Enn, les quantits utilises sont lchelle des marchs en aval, dautant plus que cest
en majorit une industrie dinvestissement lourd qui volue vers de grandes struc-
tures concentrant les moyens de production. Le stockage amont et aval de la trans-
formation est dj un problme important lui seul (voir paragraphe prcdent).
La prvention des risques chimiques dans lindustrie chimique nchappe pas aux
rgles gnrales dveloppes prcdemment, malgr la complexit apparente des
installations. Les moyens mis en place sont videmment trs divers et, pour beaucoup,
spciques ce domaine, mais la logique conduisant leur choix reste la mme,
que lon soit dans la chimie ne, les biotechnologies, ou la chimie lourde telle que
la ptrochimie ou la production dengrais. Nous allons en dvelopper quelques aspects
caractristiques.
Tout dabord, les aspects chroniques et accidentels du risque chimique doivent
tre abords avec la mme rigueur, mme si les contraintes rglementaires associes
ne sont pas les mmes. En effet, le volet accident est familier dans la production
des produits chimiques par le biais des tudes de dangers, notamment exigibles dans
les dossiers de dclaration ou dautorisation des ICPE, alors que le volet exposition
chronique est abord par le biais du document unique ou du rapport annuel du
service de sant au travail, qui ne prsentent pas les mmes exigences. Examinons
maintenant ce premier aspect du risque de lindustrie chimique.
5.2.1 Expositions chroniques
La phase dvaluation des risques peut tre conduite exactement selon la proc-
dure gnrale dcrite prcdemment, cest--dire en suivant soit les postes, soit les
procds, soit les produits pour identier toutes les expositions possibles, lidal
tant de croiser les trois mthodes. Cest au stade de la prvention que des particu-
larits apparaissent.
m La substitution
La phase de recherche des mesures de prvention pour chacun des risques identis,
et ils seront probablement nombreux, commence par la recherche de substitution
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5.2 Industrie chimique et pharmaceutique 5 Applications particulires
des substances les plus dangereuses. Il y a deux catgories de produits dans un
procd : ceux qui participent la structure des molcules, appels produits inter-
mdiaires, et ceux qui ninterviennent que dans le fonctionnement des ractions,
tels que solvants, catalyseurs et ractifs ; la limite entre les deux est parfois impr-
cise. La substitution est videmment plus difcile dans la premire catgorie, mais
pas impossible. Ainsi, il est trs difcile de fabriquer un produit benznique sans
partir dun autre produit benznique, mais il est nettement plus facile de remplacer
le benzne utilis comme solvant par un solvant moins dangereux, le tolune par
exemple. Dans les deux cas, cette solution ncessite de modier le procd, aprs
avoir ralis les tudes qui simposent. Lhypothse dune substitution se pose aussi
pour les sous-produits de raction, do la ncessit dentamer la dmarche de
prvention ds le dveloppement dun procd de fabrication.
Encore faut-il avoir des informations ables sur les dangers des produits. Ltiquetage
est gnralement sufsant pour les plus courants. Ds que lon aborde le domaine
des intermdiaires de synthse, le problme se complique, car ils ne gurent souvent
pas dans la liste des produits classs. On peut alors prendre le niveau maximum,
par prcaution , ce qui peut conduire une surprotection. Un moyen terme
consiste rechercher les informations et faire des estimations. Pour les dangers
toxicologiques, on peut, et on doit, procder une large recherche bibliographique
et des analogies. La rglementation recommande dans ce cas un classement
volontaire de la part du producteur. Une mthodologie est propose dans notre
ouvrage Guide du risque chimique. Dans un proche avenir, la mise en place du
systme REACH conduira disposer dinformations plus compltes.
m Lintrt des systmes clos
La deuxime solution de prvention envisager aprs la suppression-substitution,
que celle-ci ait t ralise ou pas, est la suppression des expositions. Le seul moyen
de la rendre totale est de recourir au systme clos, pour reprendre lexpression des
textes rglementaires visant les produits dits CMR . Mais il ny a pas de dnition
prcise dun systme clos. Il faut dj distinguer les systmes temporairement clos
des systmes intrinsquement clos. Les premiers sont ouvrables dans leur fonc-
tionnement normal et les seconds ne le sont quen cas de dysfonctionnement. Pour
illustrer ce propos, nous dirons quun emballage, tel quun ft ou un conteneur, est un
systme temporairement clos, alors quune pompe de transfert liquide est gnra-
lement un systme intrinsquement clos. Les racteurs classiques de lindustrie
chimique, habituellement munis dun trou dhomme et dune vanne de vidange,
peuvent tre classs dans les deux catgories, suivant les conditions de leur utilisation.
Ce sera le cas dun certain nombre dquipements, tels quessoreuses, broyeurs,
ltres, etc.
Les systmes temporairement clos sont videmment prfrables aux systmes ouverts,
mais ils donneront lieu des expositions temporaires quil faut bien inventorier.
Les systmes intrinsquement clos suppriment par nature les expositions, mais
leur ouverture, toujours possible en cas dincident, doit se retrouver dans la liste des
vnements dangereux prvisibles. Ce nest pas un inconvnient quand cest prvu.
Dautre part, on voit bien lintrt dagir sur le procd et lquipement pour faire
passer des appareils de la premire catgorie la seconde. Quel que soit le niveau
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de clture du systme, il restera, dans toute installation, des ouvertures ncessaires
pour les entres de produits et pour leurs sorties. Ces points feront lobjet dune
attention particulire. Cela dmontre limportance des services dingnierie et de
gnie chimique dans la prvention, linstar du dveloppement.
m La rduction des missions
Il existe encore, notamment dans la petite industrie chimique, des procds o les
produits ont loccasion de passer lair libre et donc de crer des expositions, prin-
cipalement respiratoires. Certains solvants, mais aussi des acides et des bases volatils,
ont de fortes pressions de vapeur capables de produire des concentrations atmo-
sphriques leves en peu de temps. Des produits dangereux peuvent aussi tre
gnrs par le procd lui-mme. Lorsquil sagit de vapeurs ou de gaz, le risque
induit est assez lev. Certaines ractions chimiques gnrent des produits haut
niveau de danger, tel du cyanure dhydrogne, du monoxyde de carbone, de
lhydrogne, etc.
Ce problme gagne tre rsolu au niveau du procd, avant denvisager des modi-
cations dinstallation ou des systmes de captage. Cette dernire solution vient
souvent en premier, alors que nous avons vu les inconvnients quelle entrane
(voir paragraphe 4.3.6). Il est vrai que les phnomnes dmission de vapeurs ou
de poussires ne se dcouvrent dans toute leur ampleur quau stade industriel et
sont souvent sous-estims au stade de la recherche ou du dveloppement.
Nanmoins, de petites missions de vapeurs, de poussires ou darosols peuvent
faire lobjet dun captage la source, en respectant bien les rgles de lart en la
matire. Les systmes plus ou moins mcaniss de transfert des produits liquides
ou solides rduisent grandement les missions, ce qui limite les dbits de captage
exigibles. Le niveau de danger des produits manipuls peut conduire une protec-
tion respiratoire redondante, telle que masque cartouche, ou mieux, cagoule
adduction dair.
EXEMPLE DE RDUCTION DEXPOSITION PAR LE PROCESS :
Cet exemple rel illustre bien ce point important de la dmarche de prvention. Dans les annes 1970,
une petite entreprise fabriquait du glycocolle, ou acide amino-actique, partir dacide mono-
chloractique par la raction suivante :
Cl-CH
2
-CO
2
H + 2 NH
3
= NH
2
-CH
2
-CO
2
H + NH
4
Cl
Cette raction trs simple est catalyse par de lhexamthylne-ttramine (HMT) et utilise de
lammoniac ltat liquide, en excs. Quand la raction, conduite par batch, est termine, le milieu
ractionnel est introduit dans une grande quantit de mthanol qui provoque la prcipitation du
glycocolle. Le chlorure dammonium form reste en grande partie soluble dans le mlange hydro-
alcoolique. Mais ce mlange relargue alors tout lammoniac excdentaire qui restait soluble dans le
milieu ractionnel. Ce dgagement massif dun gaz trs volatil crait une pollution importante et
difcile matriser de latmosphre de travail, malgr les diffrents captages de vapeurs mis en place.
Cette pollution diffuse se poursuivait au moment de lessorage du glycocolle et de son schage.
Face ce problme, la premire solution tente a t de renforcer les moyens de captage. Compte
tenu de lensemble des difcults que cette solution gnrait, lentreprise sest tourne vers une
rvision du process. Aprs tude au service dveloppement, il sest avr quune simple neutralisation
du mlange nal lacide chlorhydrique supprimait tout dgagement dammoniac, sans nuire aux
rsultats. Il a donc t install un circuit dintroduction dacide chlorhydrique en solution concentre,
au moyen dune pompe doseuse pilote par un pH-mtre. Les conditions de travail de latelier ont
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5.2 Industrie chimique et pharmaceutique 5 Applications particulires
t transformes radicalement et dnitivement. Le rendement de prcipitation du glycocolle sen
est mme trouv amlior, du fait de laugmentation de la concentration du mlange en chlorure
dammonium.
m La rduction des contacts cutans
Il arrive que la manipulation des produits se fasse lair libre, ce qui rend possible
le contact direct avec les personnes. Cest notamment le cas lentre et la sortie
dun systme clos. Mais les installations de production sont parfois largement
ouvertes. En effet, une solution de prvention est toujours un compromis entre
lefcacit de protection et le cot des moyens ncessaires. Ainsi, pour un produit
faible valeur ajoute, ou en trs faible tonnage, ou utilis rarement, il peut tre
nancirement difcile de concevoir un systme clos. Cela est particulirement
vrai pour les produits pulvrulents ou visqueux, en raison de leur relative inapti-
tude lcoulement, ce qui rend les systmes clos difciles concevoir pour de
petites quantits.
Pour viter les contacts cutans, il faut des outils, manuels ou mcaniques, loi-
gnant loprateur du produit. Citons toutes sortes de pelles, raclettes, rcipients
verseurs, gnralement bien conus pour cet usage. Au-del, il existe pour les fts
des systmes de transfert de produit par aspiration ou par pompe, xe ou mobile, ou
des installations de transport pneumatique. En fonction du danger, il faut complter
la protection par le port de gants, de visires, de vtements protecteurs, etc.
m Le transfert des poudres
Une des phases opratoire les plus exposantes dans lindustrie chimique est le
transfert des produits pulvrulents. Cest une opration ncessite, par exemple,
par le chargement des cuves et des racteurs, des mlangeurs, et par le dchargement
des appareils de schage, etc. Les missions de poussires sont aussi prsentes lors
des peses, mais plus modrment.
Pour viter la double exposition respiratoire et cutane qui en rsulte, il faut se
tourner nouveau vers le principe du systme clos, parce quil ne ncessite pas de
ventilation. En partant du fait que la grande majorit des pulvrulents sont condi-
tionns en sacs, en fts ou en conteneurs (souples ou rigides), la solution est de
mettre en place une interface entre le conditionnement et linstallation xe qui
permette au produit de passer de son emballage au systme en restant lintrieur
dune enceinte. Les poussires ne se mettent en suspension que si une poudre se
dplace dans lair. Il en rsulte les rgles suivantes, valables pour les sacs et les fts :
ouvrir lemballage au repos ;
placer lemballage dans une enceinte de transfert ;
refermer lenceinte de faon tanche.
Ou :
xer une enceinte sur lemballage de faon tanche ;
assurer une jonction tanche avec le systme ;
provoquer le glissement du pulvrulent dans le systme ;
refermer le systme et retirer lemballage vide aprs une lgre ventilation pour
liminer les poussires restant dans lenceinte de transfert.
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Globalement, il sagit de la technique du sas, utilise dans les procds risque. La
ralisation pratique de ce principe varie beaucoup avec chaque cas concret. Nous
ne donnerons que ce schma pour lillustrer :
Dans le cas des sacs, il existe mme des dispositifs pour couper le sac aprs sa mise
en place dans lenceinte. On voit bien que ce systme permet de travailler avec des
produits relativement dangereux en gardant des niveaux dexposition ngligeables.
De plus, le transfert peut tre plus facilement ralis sous atmosphre contrle,
en particulier inerte. Cette technique est encore meilleure si lon utilise la variante
suivante.
Le pulvrulent est souvent charg pour tre mis en solution ou en suspension dans
un rcipient agit. Il est parfois possible, si la nature du solvant le permet (notamment
avec leau), dutiliser ce solvant pour entraner la poudre vers la cuve, sous forme
de solution ou de suspension. Cela peut se faire directement dans lemballage, sil
sy prte, ou dans une enceinte du type voqu plus haut. Cette solution savre
alors plus aise raliser.
Ds que les consommations sont importantes, elles se font partir de conteneurs
et surtout de stockage en vrac. Dans ce cas, il faut un dispositif xe de transfert des
poudres entre le stockage et le point dutilisation. Un grand nombre de solutions tech-
niques existent, telles que les convoyeurs bande, vis sans n, godets, et le transport
pneumatique avec toutes ses variantes. Le choix du type de transfert est dlicat,
parce quil dpend beaucoup des caractristiques physico-chimiques du produit.
Du point de vue scurit, il faudra un examen srieux du risque dexplosion.
Heureusement, la plupart de ces quipements peuvent tre clos et mme tanches.
Le point critique des systmes de transfert des produits pulvrulents rside dans les
oprations de maintenance. Elles peuvent tre frquentes, motives dune part par
de lentretien prventif ou des incidents techniques, dautre part par la ncessit dun
nettoyage approfondi exig en cas de changement de produit transport. Cest gn-
ralement loccasion de fortes expositions, compte tenu de la quantit de produit
restant pig par linstallation. Cela veut dire quil faut toujours se pencher sur
Figure 5.11 Transfert de poudre sans poussires
ft
enceinte tanche
vannes
racteur
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5.2 Industrie chimique et pharmaceutique 5 Applications particulires
lintgration de la maintenance dans la conception de linstallation. Le niveau de
danger du produit est dterminant dans le choix du type de transfert.
Contrairement aux premires impressions, beaucoup de solutions sont possibles
pour utiliser des poudres sans risque, condition de respecter le principe de ne pas
soumettre une poudre un mouvement lair libre. Un exemple de solution est
fourni par le conditionnement de certains ractifs en sacs solubles en milieu organique,
tels que des alcoolates alcalins.
m Particularits de la production pharmaceutique
La fabrication pharmaceutique comporte des oprations physiques parfois complexes
destines prsenter un principe actif dans une formulation particulire. La plus
grande partie des principes actifs sont obtenus sous forme pulvrulente, cest pour-
quoi cette industrie expose plus particulirement ses oprateurs des poussires, si
des mesures spciales ne sont pas prises. Lefcacit recherche doit tre trs leve
quand on sait la faiblesse des doses actives de certains principes. La premire mesure
est donc de bien connatre les valeurs limites dexposition dactivit, exprimes en
mg par m
3
. Comme indiqu la n du paragraphe 2.3.5, les modalits pour
tablir ces valeurs ainsi que leur classement sur une chelle de danger ont fait
lobjet dun accord au sein de la profession
1
.
Mme une exposition dun niveau ngligeable ne peut tre tolre pour de tels
produits, ce qui conduit pratiquement imposer le systme clos sur tout le cycle
de fabrication. Heureusement, la valeur ajoute de ces produits autorise les inves-
tissements correspondants. La production est dailleurs trs largement conne,
mcanise, voire automatise, ne serait-ce que par respect de lassurance qualit de
haut niveau qui est exige dans cette industrie. Il faut alors reprer les quelques
failles dans le systme clos qui pourraient occasionner des expositions sensibles.
Elles se situent dabord au dbut du process, loccasion des prlvements, des
peses, ou des transferts, surtout si le niveau de danger du principe actif est jug
faible, tort ou raison. Les solutions sont disponibles et trs varies, certaines
ayant t voques au paragraphe 5.2.1. Une fois le problme bien pos, la solution
est affaire de spcialistes.
Lexprience montre que le risque majeur dexposition aux principes actifs se prsente
lors des interventions de maintenance et surtout de dpannage. Des facteurs tels
que la complexit des chanes de production ou le respect des procdures qualit
exercent une pression sur les interventions et peuvent conduire des prises de risques.
En effet, en cas dincident de fonctionnement, un systme clos devient ouvert et ne
dispose pas de toutes les protections qui devraient logiquement tre en place. Une
machine de production brusquement arrte contient parfois des quantits impor-
tantes de produit en cours de transit. Par contact direct ou par mise en suspension,
les expositions instantanes qui en rsultent sont bien au-del des valeurs limites,
comme lont montr certaines tudes
2
. Ce constat dicte la principale mesure de
1. Risques dexposition aux principes actifs pharmaceutiques et mdicaments, note technique n 21, caisse
rgionale dassurance maladie dle-de-France.
2. On peut consulter en particulier : La prvention du risque toxique li la fabrication des mdicaments,
DMT (dossier mdico-technique) 75 TC 69.
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prvention, savoir une AMDE approfondie des installations, dont il sera possible
de dduire :
quels dispositifs dlimination des produits contenus sont intgrer dans les
quipements ;
comment organiser les interventions en toute scurit.
Nous rappelons cette occasion que le captage des poussires, sil parat simple et
efcace, repousse en fait le problme au niveau du systme de ventilation et ltration.
5.2.2 Accidents
En plus des risques classiques dexposition massive et dincendie-explosion, lindustrie
chimique doit faire face au risque daccident de process. Il consiste en une perte de
contrle du procd, avec ou sans emballement de raction, pouvant conduire
une ouverture imprvue du systme suivie de projections, dmanations massives
et dexplosions. En fait, on reste dans le cadre de deux types classiques daccidents
chimiques, la particularit venant du dclencheur, qui se situe dans la matrise du
process. La dmarche de prvention intgre donc cet aspect.
La mthodologie dit quil faut dabord utiliser des produits moins dangereux. Mais
ici la liste des dangers prendre en compte est plus large que dans le cadre de la
prvention des expositions. Il faut ajouter les dangers dinammabilit, de ractivit,
dinstabilit et de toxicit aigu. Pour certains intermdiaires, les donnes risquent
de manquer pour situer ces dangers. Pour les dangers physico-chimiques, il est
relativement ais de raliser des tests en laboratoire plus ou moins normaliss, le
but tant davoir une information sufsante pour prendre une dcision. Ces tests
doivent conduire un tiquetage, ou un r-tiquetage, de tous les produits, mme
temporairement isols. Certains ouvrages
1
fournissent des outils pour y parvenir.
Notons quil nexiste pas de phrase de risque gnrale forte ractivit , mais il
nest pas interdit den crer une en interne .
m Le confinement
La phase suivante consiste viter les situations dangereuses. Cela revient conce-
voir les installations de faon rendre improbable la prsence humaine en zone
dangereuse. Ce principe est la base de la conception de lespace de production
par cercles concentriques risque dcroissant, alors que la prsence humaine dcrot
en sens inverse, selon le schma suivant :
1. Notamment le Guide du risque chimique, Dunod, 2006.
Figure 5.12 Principe de confinement dans la conception des locaux
Risque lev
Prsence exclue en fonctionnement
Risque faible
Prsence occasionnelle
Risque
ngligeable
Prsence
permanente
possible
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5.2 Industrie chimique et pharmaceutique 5 Applications particulires
La zone risque ngligeable correspond par exemple une salle de contrle ou
des bureaux.
La zone risque faible correspond un local technique permettant la mainte-
nance en fonctionnement.
La zone risque lev correspond aux installations de production.
La ralisation pratique doit respecter lobjectif de cette solution, savoir : ne
provoquer aucun dommage humain en cas de survenue dun vnement dange-
reux dans le process. Cela suppose des sparations physiques efcaces entre les
zones, avec, en fonction des niveaux de risque, des communications par sas. On
retrouve ici la mme logique que pour le fonctionnement en assurance qualit, ce
principe pouvant tre quali dassurance scurit .
Nous en percevons la principale difcult : ds que le niveau de risque est non
ngligeable, il ne doit y avoir personne dans les locaux de production en fonction-
nement. Le respect de cette rgle passe par un haut niveau dautomatisme ou de
tlcommande, ce qui suppose des investissements importants. Cette solution se
rencontre, mais seulement en partie, dans la chimie lourde et la chimie trs ne.
m La matrise des procds
Il faut ensuite rduire la probabilit des vnements dangereux, surtout si lon ne
peut pas supprimer une situation dangereuse. Cela veut dire dabord scurisation
du process. Pour y arriver, il faut engager toutes les tudes adquates an didentier
les paramtres critiques et surtout les intervalles de conance. Combien de modes
opratoires indiquent, par exemple, une temprature de raction respecter et
prcisent les consquences des carts de cette temprature ? Lexprience montre
en effet que le respect absolu dune consigne est impossible et que les oprateurs
sautorisent obligatoirement une marge derreur.
Les tudes doivent aussi permettre de juger de lefcacit des manuvres de rattrapage
dincidents, ne laissant ainsi pas de part limprovisation, qui malheureusement
consiste souvent pntrer en zone dangereuse. Le principe dinterruption du
scnario dangereux comporte de nombreuses solutions, qui, mises en place simul-
tanment, font chuter la probabilit et la gravit du dommage nal. Dans cette
catgorie, on peut citer tous les systmes intelligents de surveillance de process, de
blocage de raction, de connement ou de refroidissement rapide, dextinction
intgre, de dcompression instantane et de connement des projections. Mais tous
ces dispositifs ne relvent que de linterruption dvnement, alors que la meilleure
solution est de les rendre le moins probables possible. Nous allons voir que le systme
intrinsquement clos ralise facilement cet objectif.
EXEMPLE :
Reprenons lexemple (tude de cas n 3) de laccident de process dcrit pour illustrer la mthode de
larbre des causes au paragraphe 2.5.4. Larbre, une fois tabli, avait montr six facteurs principaux
ayant concouru la survenue de laccident par brlure grave :
nouvel oprateur en charge de la raction ;
dbit de ractif trs suprieur la consigne ;
emballement de la raction ;
monte rapide en pression ;
dcompression brutale et arrive dair dans le racteur ;
pilotage vue.
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Ces facteurs, trs classiques, suggrent globalement que lanalyse de risque sur cette raction navait
pas t faite au pralable. En particulier, les proprits du borohydrure de sodium conduisent
imaginer facilement ce type de drive de raction. Une telle analyse aurait permis de mettre en
place les quelques mesures correspondantes qui auraient rendu laccident impossible :
La conduite de la raction est rserver une personne exprimente, qui peut toutefois trs
bien encadrer un dbutant dans le poste.
Un dbit prcis dans un mode opratoire doit faire lobjet dune mesure en continu, et non pas
reposer sur un repre de rglage de la pompe.
Des capteurs de pression et de temprature doivent tre placs dans le racteur et dans les
conduites de vapeurs, an dalerter prcocement de tout dbut de drive.
Des soupapes tares de dcharge de pression sont installes pour viter une rupture trop rapide
du disque, du moins quand une possibilit de dgagement gazeux existe.
Un inertage pression positive maintenue vite toute formation datmosphre explosive.
Les ractions dangereuses sont ralises en espace conn et leur pilotage est assur distance
partir dun local protg.
Une seule de ces mesures aurait empch laccident de se produire et lensemble des six mesures
empcherait tout autre accident.
m Le dveloppement des procds
Lexemple prcdent dmontre, si cela doit ltre encore, la ncessit dintgrer la
scurit ds la recherche et le dveloppement des procds. Lobjectif de scurit
est en fait double : scurit des essais en cours et scurit du procd industriel terme.
Le premier objectif demande de connatre tous les paramtres inuents et den
mesurer les effets. Cela suppose des plans dexpriences. On peut aussi procder
par calcul, grce la mthode CHETAH
1
, qui permet, partir de la seule connais-
sance des formules chimiques, dvaluer a priori les risques dus la ractivit des
composs et des ractions chimiques sans avoir recourir lexprience. La ractivit
et linstabilit dun compos ou dun mlange de ractifs sont estimes partir des
4 critres suivants :
enthalpie de dcomposition ;
diffrence entre lenthalpie de composition et de dcomposition ;
le bilan doxygne (possibilits dauto-oxydation de la molcule) ;
une quation empirique base sur la masse molculaire et le nombre datome
dans la molcule.
chaque critre correspondent trois niveaux de danger : faible, moyen, lev. Lanalyse
de lensemble des critres permet dvaluer le danger du compos ou du mlange.
Cette analyse pralable permet de concevoir le montage destin aux essais qui va
intgrer des mesures pour tous les vnements dangereux envisageables. Ces mesures
sinspirent des principes de connement et de pilotage distance, qui sont utilisables
depuis le laboratoire grce aux dernires technologies disponibles. Ce point est une
occasion de remettre en cause le recours systmatique au verre comme matriau de
base du matriel de chimie, du laboratoire jusquaux quipements industriels,
notamment dans la chimie ne. Son succs repose sur deux avantages, la rsistance
chimique et thermique et la transparence, en ngligeant son principal inconvnient :
1. Chemical Thermodynamic and Energy Hazard Evaluation, diffuse par lASTM (American Society of
Testing Materials), [Link].
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262
5.2 Industrie chimique et pharmaceutique 5 Applications particulires
la fragilit. Il est aujourdhui possible et indispensable de supprimer ce risque, en
utilisant dautres matriaux, non fragiles, et en remplaant la vision humaine par
des informations issues de capteurs. Ce changement nest pas toujours facile, parce
quil nest pas uniquement technique. Il implique une volution dans le comportement
des chercheurs.
Le deuxime objectif est de tester les mesures de prvention du stade industriel. Une
fois tous les paramtres de conduite du procd xs et le gnie chimique appliqu,
il est utile de vrier comment le procd ragit au pilotage distance, au passage
en continu, ainsi quaux entres et sorties des agents chimiques. Cela suppose une
installation pilote, dont lchelle est dtermine par divers facteurs tels que la taille
de linstallation nale, sa complexit, lexprience acquise, etc.
Le Bureau danalyse des risques et pollutions industrielles (BARPI), implant
Lyon, sintresse particulirement aux accidents de process. En collaboration avec
les reprsentants de lindustrie de chimie ne et les autorits comptentes, il a publi
un recueil de recommandations
1
, dont les titres de chapitres sont :
Procd (recommandations 1 7)
La conception et la ralisation des installations (recommandations 8 27)
Lexploitation des installations (recommandations 28 36)
Le facteur humain (recommandations 37 42)
m Les procds continus
Un procd de fabrication chimique prend presque toujours naissance dans un
laboratoire. Cela signie que les oprations sont ralises sur de petites quantits,
trs souvent infrieures au kilogramme. Lorsquon dcide de passer en production
industrielle, on a tendance, dans les petites structures, en faire une extrapolation
directe, en adaptant le mode opratoire de laboratoire au matriel disponible : rac-
teurs, ltres, distillateurs et autres scheurs. Cette mthode comporte des avantages :
dune part, la production industrielle est rapidement disponible, mme aprs un
dveloppement pour optimiser les traitements, dautre part, le matriel reste assez poly-
valent, ce qui limite les investissements. Elle a aussi des inconvnients, par exemple
la productivit rduite, mais celui qui nous intresse ici concerne la scurit. En
effet, la production par batch , qui signie quon accumule une importante
masse ractionnelle dans un racteur, a pour effet de dcupler la gravit dun inci-
dent, notamment par effet de masse et par une faible efcacit du refroidissement.
Cest ce type deffet, survenu dans un racteur contenant des chloro-phnols, qui
est lorigine de la catastrophe de Seveso en Italie.
Si la masse est un facteur aggravant du risque, il faut lviter. La solution est le
recours au process en continu. Rappelons que le continu consiste conduire
une raction dans un petit volume continment renouvel par un ux de ractifs.
Dans ce type de racteur continu, le rapport entre le dbit et le volume dtermine
un temps de sjour moyen, que lon rgle pour que la raction atteigne le rendement
recherch. On peut alors utiliser un volume ractionnel sans commune mesure avec
les quantits produites et obtenir un meilleur contrle des paramtres ractionnels.
1. [Link] gnc
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5.2 Industrie chimique et pharmaceutique
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5 Applications particulires
Cette solution permet en outre de travailler en systme intrinsquement clos, ce qui
en fait la rponse idale pour la matrise des risques, tant chroniques quaccidentels.
En particulier, il apporte une rponse efcace au problme pos par les atmosphres
explosives, qui est lobsession des services de scurit de lindustrie chimique. Si
lon peut passer un systme intrinsquement clos, il ny a plus de zone atex, et les
purges pralables du systme sont dautant plus faciles avec une installation travaillant
en continu.
Bien entendu, le process continu nest pas toujours possible et ncessite des tudes
lourdes et souvent coteuses, cest pourquoi il faut estimer son intrt sur le long
terme. Mme si lon reste sur un procd discontinu, il est possible de conserver le
principe disolement de la zone dangereuse.
m Le pilotage distance
Conner la zone dangereuse suppose que les commandes et les mesures indispen-
sables soient ralises distance. Les technologies correspondantes sont trs volues
tout en tant facilement disponibles. Les obstacles au dveloppement de ce principe
sont plutt dordre comportemental, car les chimistes utilisent beaucoup linfor-
mation visuelle pour piloter les ractions. Mais une fois mis au point et stabilis,
un mode opratoire est parfaitement reproductible, condition de connatre tous
les paramtres inuents. Il ne reste ensuite qu choisir les bons capteurs et les bons
actionneurs pour piloter les ractions sans tre au contact du matriel, sachant que
la vision peut mme tre substitue au besoin par de la vido.
Les avantages du pilotage distance sont nombreux. Llectronique offre des possi-
bilits de surveillance continue des paramtres invisibles, tels que la viscosit du
milieu, son pH, son absorption en ultraviolet, sa rsistivit, etc. Cette richesse de
mesures fait que le pilotage distance des ractions apporte, outre la scurit en cas
dincident, une meilleure matrise du procd et donc une parfaite reproductibilit.
Des ractions peuvent tre totalement gres par un automate. Ainsi, que le process
soit continu ou discontinu, le pilotage distance autorise le systme clos, objectif
nal de la scurit avec des agents chimiques dangereux. Enn, si malgr tout le risque
incendie et explosion demeure, il est possible de prvoir de linertage ou des moyens
dextinction massifs dans un local o aucune prsence humaine nest tolre en
fonctionnement. Les avantages sont tellement importants que ce principe mrite
dtre dj appliqu au stade des tudes en laboratoire et du dveloppement.
EXEMPLE DE PASSAGE DUN PROCD AU CONTINU :
Cet exemple illustre la fois le passage au continu dun procd initialement en batch et lutili-
sation dun systme intrinsquement clos, ce qui est souvent la rgle. Il sagit de la fabrication de
phosphate dalumine, de qualit pharmaceutique. Pendant des annes, o sa production tait rela-
tivement rduite, il tait fabriqu en faisant ragir une solution de phosphate trisodique avec une
solution de sulfate dalumine, selon le schma suivant :
2 Na
3
PO
4
+ Al
2
(SO
4
)
3
= 2 AlPO
4
+ 3 Na
2
SO
4
Le phosphate dalumine prcipite sous forme collodale et doit tre ltr (difcilement !) et lav. Le
phosphate trisodique tait livr en sacs, et le sulfate dalumine en solution. Il fallait dissoudre le
phosphate dans leau au pralable. Cette mthode, trs simple et bon march, tait nanmoins
coteuse en main duvre, avec des conditions de travail pnibles, et cela pour une qualit variant
[Link] Page 263 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
264
5.2 Industrie chimique et pharmaceutique 5 Applications particulires
dun batch lautre. La prcipitation trs paisse du phosphate dalumine rendait son homognit
alatoire sur des batch de plusieurs tonnes.
Des tudes, provoques par le dveloppement de ce principe actif, ont conduit revoir complte-
ment le procd dans le but de le rendre continu. Pour cela, il fallait videmment des ractifs
uniquement liquides. Il na pas t difcile de trouver du sulfate dalumine en solution, puisquil
est produit principalement sous cette forme. Quant au phosphate trisodique, il a t tout simple-
ment remplac par ses prcurseurs, savoir de lacide phosphorique et de la lessive de soude, tous
deux concentrs. Le mlange des trois produits, selon un mode opratoire plus difcile mettre au
point quil ne parat, donne effectivement un phosphate dalumine de trs bonne qualit. Le
passage au continu tait ds lors possible, moyennant le dveloppement dun racteur continu de
forme annulaire, quip des systmes de contrle-commande adquats. Entrent simultanment
dans ce racteur dune part un mlange dacide phosphorique et de sulfate dalumine, dautre part
la solution de soude. Il en sort en continu une suspension de phosphate dalumine, que lon envoie
sur un ltre continu. Le mlange initial acide est bien sr prpar par batch de grand volume, ce
qui permet de dterminer un numro de lot pour le produit nal formul, indispensable pour le
suivi qualit. Cette installation mono-produit est compltement close, et nest arrte et ouverte
que pour la maintenance annuelle.
Le gain ralis en matire de prvention est considrable, aussi bien pour les expositions que pour
les accidents. Comme cest souvent le cas avec ce systme, un gain de qualit et de rgularit a aussi
t observ, sans parler de lamlioration des conditions de travail, puisque toute manutention a
pratiquement disparu, du moins au stade de la production chimique.
m Particularits du stockage des produits
Les tablissements de production chimique, et ils ne sont pas les seuls, se caractrisent
par la quantit, la diversit et le niveau de danger des produits quils sont amens
stocker, en amont comme en aval de la fabrication. Cette situation dangereuse
exceptionnelle appelle des mesures renforces de prvention. La premire, qui
applique le principe dloignement, consiste constituer un parc de stockage pour
les emballages unitaires et un autre pour le vrac. Selon les dimensions utiles et la
nature des produits, ces parcs peuvent tre plus ou moins abrits des intempries.
Situs une distance de scurit des ateliers, ils leur sont relis par un rack de tuyau-
teries, conu pour faciliter la maintenance. Ils sont agencs par famille de compa-
tibilit et la signalisation en est particulirement soigne, tant pour lidentication
Figure 5.13 Schma de fabrication du phosphate dalumine en continu
acide phosphorique
+ sulfate dalumine
phosphate dalumine
Racteur en boucle
soude
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5.2 Industrie chimique et pharmaceutique
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5 Applications particulires
des produits que pour les dangers associs. Les rtentions sont ralises pour bien
protger de tous les risques de projection, comme dtaill au paragraphe 5.1.2.
De telles installations de stockage supposent des mouvements de vhicules frquents :
des vhicules routiers en amont et des chariots lvateurs en aval. Le croisement de
ces deux groupes de vhicules doit tre impossible en fonctionnement normal.
Pour les emballages unitaires, les aires de manuvre sont largement dimensionnes,
notamment pour pouvoir raliser des rampes de franchissement des murets de
rtention avec une pente modre. Le schma suivant montre certaines des recom-
mandations voques.
Les emballages unitaires peuvent aussi tre stocks lair libre, lorsquils rsistent
bien aux intempries. Les aires de stockage de ce type sont trs simples ; elles
doivent simplement tre en rtention, avec les rampes de franchissement.
Figure 5.14 Schma gnral dun local de stockage sur palettiers
Figure 5.15 Rampe de franchissement dune rtention
luminaire
sprinkler
palettiers jumels rampes pour rtentions
portes
pare-flammes
informations
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266
5.2 Industrie chimique et pharmaceutique 5 Applications particulires
Linconvnient de cette formule est que les rtentions se remplissent en cas de pluie.
La solution qui consiste quiper les points bas dune vanne de vidange nest pas
retenir, en raison de la possibilit doubli de fermeture. Il est prfrable dquiper
les puisards dune tubulure daspiration permettant une pompe mobile de procder
la vidange autant que de besoin. Une meilleure solution est de couvrir toutes les
aires de stockage, en constituant des cellules spcialises, accessibles par une rampe.
Pour gagner en capacit de rtention, il est aussi prfrable de placer les emballages
sur un caillebotis recouvrant la rtention.
Le parc citernes est galement conu pour faciliter les approvisionnements et les
interventions de secours. En particulier, il dispose daires de dchargement (ou
dpotage) en rtention, comme le montre le schma suivant :
Figure 5.16 Cellules de stockage sur caillebotis
Figure 5.17 Aire de dpotage
auvent
passerelle
vers capacit de rtention
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5.3 Traitements de surface
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5 Applications particulires
Le dpotage de liquides dangereux est toujours une opration risque lev dincendie
et de projections. Ce poste doit tre quip en consquence, avec une signalisation
vitant les erreurs de branchement des tuyaux et un dispositif de recueil des gout-
tures. Toutes les mesures de suppression des sources dignition sont primordiales
compte tenu des quantits en cause, et en particulier les dispositifs de mise la
terre des citernes. Pour les substances les plus inammables, il est recommand de
les stocker dans des cuves enterres.
Le niveau rel de liquide dans les citernes est une autre source derreurs conduisant
des dbordements, dont les effets nuisibles sont nombreux. Do les recommandations
suivantes :
une indication de niveau bien visible depuis le poste de dpotage ;
une indication de niveau redondante fonctionnant de faon autonome : soit
otteur et contrepoids, mais linformation est alors inverse, soit tube de niveau,
mais elle est moins visible et plus fragile ;
un tube de trop-plein bien dimensionn pour conduire lexcdent ventuel au
fond de la rtention.
Les citernes de stockage demandent parfois des interventions lintrieur, ce qui
prsente plusieurs risques vidents. Une mesure efcace consiste prvoir sur les
citernes, outre le trou dhomme classique, une trappe de visite dans le bas, hauteur
dhomme, comme les cuves de vinication en possdent. Cette ouverture ainsi
place facilite grandement la ventilation, la pntration, la sortie durgence, linter-
vention de secours, lintroduction doutillage, etc. La rticence vis--vis de ce dispositif
est motive par la crainte de fuites, mais ce nest pas un problme insurmontable.
5.3 Traitements de surface
Le cas des traitements de surface, dans le sens le plus large, est probablement lun des
plus difciles en prvention du risque chimique et il est assez rare de trouver une solu-
tion pleinement satisfaisante. Cependant, notre mthode permet de sen rapprocher le
mieux possible, sachant que la meilleure des prventions reste celle qui est effecti-
vement applique. Il vaut donc mieux une mesure de prvention defcacit limite
Figure 5.18 Trappe de visite Recueil des gouttures
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5.3 Traitements de surface 5 Applications particulires
mais toujours prsente quune mesure idale mais souvent absente. Deux grandes
familles dactivits relvent du traitement des surfaces.
5.3.1 Surfaces fixes
Les surfaces que nous appelons xes sont principalement celles des btiments
construits. Les traitements quon leur applique sont la peinture et autres revtements,
les dcapages, et un certain nombre dautres traitements physiques ou chimiques.
Ce domaine comprend aussi de grandes surfaces immobiles en pratique, comme
les navires, qui dailleurs sappellent parfois btiments
Le problme spcique pos par cette activit est quelle est la fois trs missive et
trs largement manuelle, donc trs exposante. Le produit dangereux est appliqu
laide dun outil pinceau, rouleau, spatule, pistolet, etc. Loprateur se tient face
au support quil traite, cest--dire quil y a en gnral moins de 1,50 m entre
lensemble support trait, point dmission du produit et voies respiratoires. En
outre, la dimension des surfaces et la mobilit requise de loprateur rendent inap-
plicables les techniques habituelles de protection collective, comme le conne-
ment de la source dmission ou son captage local. En pratique, cest le port de
protections individuelles qui a t considr comme lunique solution, avec lef-
cacit que lon sait. En outre, le caractre temporaire des chantiers du btiment
nautorise pas facilement les solutions de prvention que lon peut rencontrer dans
les tablissements xes. Nous allons examiner ce que notre mthode peut apporter
dans ce domaine.
Le recours la suppression du produit dangereux doit venir en premier. Des
produits dangereux ont disparu des prparations disponibles sur le march parce
que la menace sanitaire a t mise en vidence assez prcocement. Cest le cas des
thers de glycol, classs CMR. Pour certains autres produits dangereux, la substi-
tution en est encore ltat de recherches. On peut citer deux cancrignes : la
4,4-mthylne-dianiline (MDA), utilise pour les rsines poxy, et lacrylamide,
pour des rsines utilises en injection.
Cest dans le domaine des peintures et des revtements que la substitution a le
mieux fait son chemin. La plupart des produits solvants, dont la consommation
nationale se comptait en milliers de tonnes, ont en effet trouv leurs remplaants,
en loccurrence des produits hydrodiluables. Ces peintures, principalement de la
famille des acryliques et vinyliques, sont largement rpandues dans les produits
grand public . La disparition des solvants les plus volatils de leur formulation a, en
outre, rendu leur utilisation moins dsagrable. Notons que la rduction impor-
tante de lexposition par voie respiratoire, sauf dans lapplication par pulvrisation,
saccompagne de la disparition du risque incendie-explosion. Cet avantage est
considrable, notamment pour lapplication en espaces plus ou moins conns.
Cest pourquoi la mise au point de telles mulsions sest poursuivie, et on peut
maintenant trouver ces produits hydrodiluables dans des familles telles que les
poxy et les polyurthannes.
Bien entendu, une telle substitution ne conduit qu une rduction de risque,
puisquil reste un grand nombre de substances prsentant des dangers varis dans
leur composition, ce qui ncessite dviter les contacts cutans. Autres inconvnients :
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5.3 Traitements de surface
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5 Applications particulires
le nettoyage du matriel plus difcile et une pollution proccupante des eaux utilises
pour le nettoyage et parfois pour le captage des arosols en cabine. Comme toujours,
une recherche de substituant doit faire lobjet dun bilan avantages/inconvnients,
qui nest valable quau cas par cas. Ainsi, un produit solvant pourra tre prfr si,
dans certaines conditions, les risques peuvent tre parfaitement matriss et au
nal tre infrieurs ceux dun produit hydrodiluable. Pour illustrer ce point, citons
le cas du remplacement de lapplication dun produit hydrodiluable sur un chantier
de pose de panneaux de parement par la pose de panneaux pr-peints en atelier
spcialis, mais avec un produit solvant.
Aprs la substitution vient la rduction des expositions. Cette solution simpose
quand le produit dangereux nest pas appliqu, mais gnr par lactivit. Dans ce
domaine, on trouve essentiellement les poussires. Il faut dabord essayer de supprimer
le phnomne dmission, qui est presque toujours li une action mcanique sur
un matriau dur, la vitesse de loutil tant lorigine de la projection des parti-
cules. La solution envisager consiste rduire au maximum les vitesses des outils.
Cela est parfois possible, pour trononner, percer, lisser, retirer une couche, etc.,
grce des outils spciaux travaillant basse vitesse, connus des professionnels.
Dautres fois, il est possible de travailler lhumide . Cela veut dire humidier au
pralable le matriau travaill, ou envoyer un brouillard deau sur la zone dmission
des poussires. Cette technique est trs utilise en dmolition et en retrait de mat-
riaux contenant de lamiante. Elle nest pas parfaite et induit dautres problmes
lis aux boues formes.
dfaut dune telle solution, il faut sefforcer de tenir loprateur hors de la zone
de prsence des poussires. Deux possibilits soffrent alors :
Si lmission des poussires est localise sur loutil employ, il faut essayer de la
capter la source. On peut utiliser un outil aspirant, dcrit prcdemment. Il existe
des ponceuses, des perceuses, ou des scies de ce type. Leur efcacit et leur ergo-
nomie ne sont pas encore arrives un niveau satisfaisant, en juger par la rticence
des utilisateurs professionnels. Nous croyons pourtant que cest un march davenir.
Si lmission est plus ou moins diffuse, on ne peut que la conner dans un certain
espace, dans lequel loprateur ne devra pas pntrer. Il lui faut donc des moyens
lectromcaniques plus ou moins tlcommands. On peut illustrer ce principe
par lutilisation dune enceinte mobile appliquer contre une faade pour la
sabler, ou celle dun engin tlcommand dans un chantier de dmolition.
Le principe du captage des poussires dans une enceinte ventile est assez bien
rpandu dans les tablissements xes, y compris ceux qui relvent du secteur bti-
ment, comme certains tailleurs de pierres. Nous pensons donc quil existe une
troisime voie pour le problme de lexposition sur les chantiers temporaires.
Lorsquil sagit, par exemple, dlments dcouper relativement manipulables,
comme en couverture, en revtement ou en parement, les oprations de dcoupe
peuvent trs bien se faire dans un local mobile prfabriqu, quip dans les rgles
de lart, et plac proximit immdiate du lieu de pose. Nul doute que les conditions
de travail ainsi amliores auront des consquences sur la qualit du travail, voire
sa productivit. Il est mme possible que les dcoupes soit prvisibles et planiables,
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270
5.3 Traitements de surface 5 Applications particulires
et donc ralisables en tablissement xe dans dexcellentes conditions. Encore faut-il
se poser la question
Pour faire face aux principales causes daccident chimique dans les mtiers du bti-
ment, savoir intoxication, anoxie et incendie-explosion, on commence par agir
sur les situations dangereuses. Comme les deux premires causes cites sont lies
au travail en espace conn, la premire mesure appliquer sera dviter toute
source dmission dagent chimique pendant une prsence humaine, ou son
vacuation totale au fur et mesure de sa production. Nous prendrons comme
exemple un accident gurant dans la base de donnes INRS.
EXEMPLE DINTOXICATION AIGU :
Un ouvrier a perdu connaissance en posant une moquette en sous-sol non ventil, ce qui ncessitait
dappliquer une couche de colle solvante au perchlorthylne. Cet accident tait facilement prvi-
sible. On aurait pu utiliser une colle sans solvant, ou installer une ventilation provisoire dont le
dbit aurait t calcul pour liminer le volume de vapeurs libr par le schage de la colle. Quand
on connat la composition de la colle, il est facile de calculer le volume thorique total de vapeurs
susceptibles dtre mises.
Calcul du volume thorique de vapeurs :
50 m
2
recouverts dune colle 30 % de perchlorthylne, raison de 300 g par m
2
, vont mettre
50 300 0,3/166 = 27 moles de solvant, qui vont occuper un volume de 27 25 = 675 litres ou
0,675 m
3
. Si le volume du local est de 50 2,5 = 125 m
3
, la concentration maximum nale en
perchlorthylne sera de 0,675/125 = 0,54 % ou 5 400 ppm, soit 108 fois la valeur moyenne
dexposition (VME).
Mme si, en pratique, la concentration relle est plus faible, parce que lmission stale sur
plusieurs heures et quil existe toujours un petit renouvellement dair, le risque dintoxication aigu
est bien dmontr.
Quel aurait t le dbit dair renouvel ncessaire pour assainir sufsamment cet espace ?
Pour une bonne marge de scurit, nous prendrons comme objectif une concentration maximum
en solvant gale au tiers de la VME, soit environ 16 ppm, sachant que lmission des 675 litres de
vapeurs est rpartie sur les 3 heures que dure lencollage.
Dbit = 0,675 m
3
1 000 000/16 3 = 14 000 m
3
/h
Ce calcul nest valable quavec un captage bien plac par rapport la source dmission.
Ce calcul, certes trs thorique, montre que les dbits de ventilation ncessaires sont toujours trs
levs quand on choisit le principe de renouvellement dair. cet inconvnient sajoute celui de la
pollution de lenvironnement, qui nest pas rsolu.
5.3.2 Surfaces mobiles
Les surfaces mobiles sont celles des pices et des objets, en mtal ou en plastique,
que lon traite pour modier leur aspect ou leurs proprits. On y retrouve donc la
peinture et autres types de revtements, mais aussi les traitements en bains, lectro-
lytiques ou pas. Dans les modications daspect gurent la recherche du brillant,
obtenu par le chromage ou le nickelage, la couleur, obtenue avec les peintures ou
des reets, eux-mmes obtenus par anodisation ou chromatation. Dans les modi-
cations de proprits gurent le durcissement, le polissage, la rsistance la corro-
sion, obtenus par les techniques dj cites pour laspect. Cette courte description,
non exhaustive, permet de caractriser le problme du risque chimique dans les
traitements en bains.
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5.3 Traitements de surface
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5 Applications particulires
m Les risques du traitement en bain
La premire composante du risque est lagent chimique dangereux. Sans en faire
un inventaire, qui devrait tre remis constamment jour, nous prsentons les plus
dangereux :
La deuxime composante du risque est lexposition. Le principe de travail au tremp
dans une cuve est par nature trs missif. Les missions sont videmment fonction de
la volatilit des produits contenus dans le bain, mais aussi des conditions opratoires.
Famille
de produit
Exemples Dangers
Phrases de
risque
Cotation
sant
Remarques
Chrome VI
Acide
chromique
Bichromate
de potassium
Toxique
CMR
Corrosif
Comburant
R : 45-46-9-
24/25-26-35-
42/43-48/23-
62
5
Les dangers
disparaissent la
valence III
Cyanures
Cyanure
de sodium
Trs toxique R26/27/28 5
Surtout dangereux par
acidification
Acide
fluorhydrique
Toxique
Corrosif
R26/27/28-35 5
Surtout dangereux par
pntration percutane.
Cadmium
Sulfate de
cadmium
Trs toxique
CMR
R : 45-46-60-
61-25-26-
48/23/25
5
Le cadmiage reste
rserv un march
restreint
Acides
Chlorhydrique
Sulfurique
Nitrique
Corrosif R35 4
Niveau de danger rduit
par la dilution
Base
Soude
Ammoniaque
Corrosif R35 4
Niveau de danger rduit
par la dilution
Sels de nickel
Sulfate de
nickel
Toxique
CMR
R : 49-61-20/
22-38-42/43-
48/23-68-
4
Nouveau classement
dans la 30
e
ATP
Bisulfites
Bisulfite de
sodium
Nocif R : 22-31 4
Surtout dangereux par
acidification
Hypochlorites
Hypochlorite
de sodium
Corrosif R : 31-34 4
Surtout dangereux par
acidification
Hydrocarbures White-spirit
Inflammable
Nocif
R10
R65
3
Solvants chlors
Ttrachlorthy-
lne
Nocif R40 3
Trs volatils
Le trichlorthylne
est class CMR (R45)
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5.3 Traitements de surface 5 Applications particulires
Elles sont actives par une agitation, surtout quand elle est ralise par un bullage
dair comprim, par llectrolyse, par la sortie des pices du bain, par les courants dair.
Elles sont rduites par la dilution des produits en solution et par la couverture ven-
tuelle des bains.
La premire exposition est respiratoire, quil sagisse de vapeurs minrales ou orga-
niques, de gaz, gnralement sous-produits de ractions parasites, ou darosols
produits par lagitation, llectrolyse ou les mouvements de pices. La seconde
exposition est cutane, issue de contacts non matriss avec des produits, des
pices et du matriel souill. Ce procd, dans sa conception traditionnelle, savre
effectivement trs polluant pour lenvironnement immdiat.
Les risques accidentels sont trs prsents du fait de laccumulation de substances
ractives avec assez peu de connement en gnral. On retrouve donc principalement
des risques de projections et dmanations massives provoques par des mlanges
dangereux, pour ne parler que des risques chimiques. Le risque incendie est peu
prsent, du moins pendant la prsence humaine, mais il est lorigine de gros dgts
matriels pendant les absences dactivit.
Cette activit gnre en outre des efuents liquides et gazeux trs nuisibles
pour lenvironnement. La rglementation est dailleurs trs contraignante dans cette
activit
1
. La plupart des tablissements concerns assurent leur propre dtoxication
defuents. Le traitement des efuents liquides relve de techniques physico-chimiques
assez complexes qui demandent en fait des stations dpuration qui ont tous les
caractres dun atelier de chimie. Cette activit connexe gnre son tour des risques
chimiques importants, dautant plus que la comptence des personnes employes
est souvent inadapte la chimie pure. Dailleurs, les accidents les plus graves
enregistrs, dont des mortels, se sont produits dans des stations de dtoxication.
m Les mesures de prvention spcifiques
Une grande partie des risques chimiques prsents appellent les mmes mesures que
dans lindustrie chimique. Il sagit principalement des risques lis aux dpotages de
ractifs en vrac, la manipulation des produits pour prparer ou recharger les bains,
la gestion du stockage et la conduite de la station dpuration
2
. La spcicit apparat
dans le traitement en bains, parce quon est en prsence dun systme largement
ouvert et avec des mouvements de pices qui posent un problme inhabituel.
Dans un premier temps, il est toujours utile dagir sur le niveau de danger, cest--
dire par substitution. Compte tenu des effets recherchs, les possibilits de substi-
tution, qui ont t souvent explores, sont assez limites. Les acides et bases concentrs
ne sont pas remplaables par des produits moins dangereux. Les mtaux dangereux
qui servent aux dpts (chrome, nickel) ne le sont pas non plus par dnition.
Pour le chrome, seule la valence 6 est dangereuse, mais les essais de substitution par
du chrome 3 ne donnent pas encore satisfaction. Par contre, les chromates inter-
venant dans des actions de conversion laissent esprer des substitutions possibles.
1. Larrt du 26 septembre 1985, qui rgissait jusqu prsent les installations de traitement de surface,
a t rvis. Ces activits autorises sous la rubrique ICPE 2565 doivent dsormais respecter larrt du
30 juin 2006.
2. Voir la brochure INRS Ateliers de traitement de surface Prvention des risques chimiques, ED 827.
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5.3 Traitements de surface
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5 Applications particulires
Les cyanures sont dj remplacs dans toutes leurs grandes applications, notam-
ment pour le zincage. Ils restent toutefois indispensables dans les dpts de
mtaux prcieux (or et argent), qui reprsentent de petites productions.
En dnitive, pour le chrome 6 comme pour les autres produits dangereux, la solution
passe logiquement par lapproche du systme clos. Compte tenu du mouvement
des pices, on ne peut concevoir quun systme presque clos, ce qui est dj beaucoup
plus performant que la protection par aspirations latrales, qui sest rpandue dans
les ateliers depuis des annes. Or, la campagne de lutte contre les CMR, lance par
les pouvoirs publics, devrait gnrer de nouvelles solutions, plus conformes la
mthodologie et aux textes rglementaires.
Pourtant, la solution technique qui permet le passage dobjets sans rompre le
connement est connue depuis longtemps : cest le principe du sas. Appliqu aux
cuves de traitement de surface, il devient une enceinte mobile qui les prolonge au
moment de lentre ou de la sortie des pices, qui restent alors connes. En
dehors de ces mouvements, les cuves doivent videmment rester fermes et ne souvrir
quen prsence de lenceinte mobile. Ce principe a t dcrit dans le guide de
ventilation que lINRS a labor pour lactivit du traitement de surface
1
. Voici le
schma correspondant :
Ce systme ne fonctionne correctement quavec une fermeture mcanise et pilote
des cuves et avec le minimum de passage dair entre lenceinte et la cuve. Diffrentes
solutions techniques existent ; en voici une
2
:
1. Guide pratique de ventilation n 2, Cuves de traitement de surface, INRS ED 651
Figure 5.19 Enceinte mobile pour la sortie et le transfert des pices
2. Ce schma gure aussi dans la brochure INRS Ateliers de traitement de surface - Concevoir en scurit
intgre, ED 848.
entre dair
aspiration
cadre porte-pices
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274
5.3 Traitements de surface 5 Applications particulires
Ces deux contraintes techniques, qui impliquent lutilisation dun automate, ont
certainement frein son dveloppement. Un tel quipement na t mis en place que
sur quelques units importantes. Pourtant, ce concept runit les avantages suivants :
Lensemble cuves et pices traites est presque totalement conn et en dpression.
Cela est donc conforme la rglementation concernant les CMR.
la sortie des pices, lenceinte permet de procder lgouttage, sous courant
descendant et avec un rinage ventuel par pulvrisation.
Les pices se dplacent de cuve en cuve sans sortir de lenceinte.
Quand lenceinte quitte une cuve, celle-ci est dj referme et ventile.
Le dbit de ventilation requis pour chaque cuve est gal au dixime de celui
requis pour la mme cuve ouverte avec aspiration bilatrale.
Les bains sont eux-mmes protgs de toute introduction accidentelle dun corps
ou produit tranger.
Le personnel est labri de toute exposition respiratoire ou cutane.
Bien sr, un tel quipement doit tre prvu ds la conception dun atelier et ne
peut sadapter quexceptionnellement une ligne de cuves existante. On peut
penser quil nest pas compatible avec de petites productions trs exibles. Cest
une ide fausse, car la exibilit est apporte par lautomate, qui ajoute une grande
Figure 5.20 Schma montrant la jonction entre lenceinte mobile et les cuves avec couvercles
gaines daspiration
couvercles articuls
cadre en position immerge
systme de levage du cadre
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5.3 Traitements de surface
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5 Applications particulires
reproductibilit des rsultats. Nous lavons dj dit, un progrs technique impose
toujours une modication de lorganisation du travail.
Une solution comparable est possible pour de petites units, condition que les
manations de tous les bains dune ligne soient compatibles entre elles. Il sagit du
connement par tunnel. Dans ce cas, lenceinte enveloppe toute la ligne des cuves,
qui sont quipes daspirations latrales, ou mme, plus simplement, dun ou deux
points daspiration. Lentre dair se fait alors par les extrmits du tunnel, selon le
schma suivant :
Le tunnel permet tout aussi bien de limiter les dbits de ventilation et de protger
le personnel. Des ouvertures sont possibles le long de la ligne pour les diverses
interventions ncessaires.
Ces deux systmes ne dispensent pas de la maintenance des bains, cest--dire les
apports de produits chimiques, les remplacements et dplacements de bains et
llimination de ceux qui sont usags. La prvention des risques importants qui
sont lis cette activit doit sinspirer de celle que lon pratique dans lindustrie
chimique. Cela veut dire concrtement :
Tous les transferts se font par pompes et canalisations xes.
Les mises en solution se font hors cuves, dans un rcipient spcialement quip
dans ce but, avant le transfert de la solution prpare.
Les traitements physiques du bain, tels que chauffage, refroidissement, ltration,
se font autant que possible lextrieur de la cuve par circulation drive.
Les dgraissages de pices par solvants, quils soient chlors ou inammables, deman-
dent le mme type dquipement. Les cuves sont closes, les mouvements de pices
sont mcaniss, les vapeurs sont piges par condensation et lensemble est maintenu
en dpression.
Quant la station dpuration, cest un atelier de chimie et il doit tre trait int-
gralement comme tel. Il est vrai que le respect scrupuleux de ce principe alourdit
encore linvestissement dj trs lourd dune station physico-chimique pour des
ateliers de traitement de surface de taille majoritairement rduite. Cest pourquoi
la solution qui nous parat la plus rationnelle est de sous-traiter cette activit soit
des entreprises spcialises, mais avec linconvnient dun transport de matires
dangereuses, soit des units de traitement communes un groupement dentre-
prises.
Figure 5.21 Tunnel ventil
aspiration
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276
5.4 Protection de lenvironnement 5 Applications particulires
5.4 Protection de lenvironnement
La protection de lenvironnement vis--vis des agents chimiques rpond exacte-
ment la mme mthodologie que la sant et la scurit humaine ; seule change la
nature des dommages. Nous allons le vrier en reprenant les principales tapes de
la dmarche.
5.4.1 La notion de polluant
Il faut prendre quelques prcautions dans lutilisation du mot pollution, que lon a
tendance considrer comme leffet de la prsence de tout ce qui nest pas naturel,
donc dangereux. Or, beaucoup de polluants, parmi les plus dangereux, ont une
origine strictement naturelle, comme lamiante ou les mtaux toxiques et nombre de
substances vgtales. Dautres sont produits naturellement, comme les gaz volcani-
ques et tous ceux qui sont issus de fermentations naturelles. Il faut donc considrer
comme pollution toute prsence dune matire qui est trangre lcosystme
considr et qui est ventuellement susceptible de modier son quilibre. Ainsi, le
sel est un polluant de leau des rivires alors quil ne lest pas de la mer. De mme,
1 % dargon dans lair nest pas une pollution, mais 1 % de dioxyde de carbone en
est une.
La premire notion considrer dans le mcanisme de pollution est le danger des
agents chimiques pour lenvironnement. La connaissance de ces effets est beau-
coup moins dveloppe que pour la sant humaine, parce que les tudes approfon-
dies sont plus rcentes et que les milieux cibles sont beaucoup plus complexes. Ils
ont en effet de nombreuses composantes, telles que les natures chimiques et physi-
ques, ou leur contenu vivant vgtal, animal et microbiologique. Cest pourquoi la
classication rglementaire dans ce domaine en est encore ses dbuts et ne prend
en compte que des effets vidents. En voici ltat actuel.
m Rglementation europenne
Il y a trois catgories de substances dangereuses pour lenvironnement. La
premire est celle des substances dont le danger a t prouv dans le milieu aqua-
tique par des tests toxicologiques sur des poissons, des daphnies et des algues. On
tient aussi compte de la biodgradabilit, du coefcient de partage octanol/eau et
du facteur de bioconcentration. La deuxime est celle des substances nentrant pas
dans les critres prcdents, mais dont on peut supposer une toxicit aquatique. La
troisime concerne les milieux non aquatiques.
En fonction des diffrents critres xs par les textes
1
, les substances sont affectes
dune ou plusieurs des phrases de risque suivantes :
1. Voir larrt du 9 novembre 2004, pris en application de la directive 1999/45/CE modie.
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5.4 Protection de lenvironnement
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5 Applications particulires
Ltiquetage de la premire et de la troisime catgorie de substances porte en outre
un unique symbole de danger :
m Systme Gnral Harmonis
Dans le SGH, la partie consacre lenvironnement (n 4) ne prvoit pour le moment
que la toxicit pour le milieu aquatique, dans la classe 4.1. Celle-ci comporte deux
sous-classes, lune pour la toxicit chronique et lautre pour la toxicit aigu. Les
lments qui dterminent le classement sont les suivants :
toxicit aigu pour le milieu aquatique ;
bioaccumulation potentielle ou relle ;
dgradation (biologique ou non biologique) des composs organiques ;
toxicit chronique pour le milieu aquatique.
En fonction des diffrents tests, il est possible de dterminer la catgorie de danger
qui rete son niveau. Le nombre de catgories nest pas le mme pour les deux
sous-classes. Voici le tableau qui rsume les rgles dtiquetage :
R50 Trs toxique pour les organismes aquatiques.
R51 Toxique pour les organismes aquatiques.
R52 Nocif pour les organismes aquatiques.
R53 Peut entraner des effets nfastes long terme pour lenvironnement aquatique.
R54 Toxique pour la flore.
R55 Toxique pour la faune.
R56 Toxique pour les organismes du sol.
R57 Toxique pour les abeilles.
R58 Peut entraner des effets nfastes long terme pour lenvironnement.
R59 Dangereux pour la couche dozone.
Figure 5.22
N - Dangereux pour
lenvironnement
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5.4 Protection de lenvironnement 5 Applications particulires
Le SGH est trs prcis sur les critres de classement dans les diffrentes catgories
et propose un organigramme de dcision complet en fonction des rsultats de tests
ou autres donnes. La codication des dangers est elle-mme bien dtaille,
comme le montre ce tableau, extrait de lannexe 5 :
Toxicit AIGU
Catgorie 1 Catgorie 2 Catgorie 3
Symbole Pas de symbole Pas de symbole
Mention
davertissement
Attention
Pas de mention
davertissement
Pas de mention
davertissement
Mention
de danger
Trs toxique pour les
organismes aquatiques
Toxique pour les
organismes aquatiques
Nocif pour les
organismes aquatiques
Toxicit CHRONIQUE
Catgorie 1 Catgorie 2 Catgorie 3 Catgorie 4
Symbole Pas de symbole Pas de symbole
Mention
davertissement
Attention
Pas de mention
davertissement
Pas de mention
davertissement
Pas de mention
davertissement
Mention
de danger
Trs toxique pour
les organismes
aquatiques, en-
trane des effets n-
fastes long terme
Toxique pour les
organismes aquati-
ques, entrane des
effets nfastes
long terme
Nocif pour les or-
ganismes aquati-
ques, entrane des
effets nfastes
long terme
Peut tre nocif
long terme pour
les organismes
aquatiques
Code Mentions de danger pour les dangers pour lenvironnement
Catgorie
de danger
H400 Trs toxique pour les organismes aquatiques 1
H401 Toxique pour les organismes aquatiques 2
H402 Nocif pour les organismes aquatiques 3
H410
Trs toxique pour les organismes aquatiques, entrane des effets
nfastes long terme
1
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5 Applications particulires
m Code de lenvironnement
Le Code de lenvironnement prvoit aussi un codage des proprits dangereuses
des dchets, reproduit dans lannexe 12. En voici un extrait :
Ce tableau illustre malheureusement le problme du chevauchement des rglemen-
tations. Le codage de lenvironnement utilise la mme lettre H que le SGH, inspire
par le mot anglais Hazard, mais reprend les termes de la rglementation euro-
Code Mentions de danger pour les dangers pour lenvironnement
Catgorie
de danger
H411
Toxique pour les organismes aquatiques, entrane des effets nfastes
long terme
2
H412
Nocif pour les organismes aquatiques, entrane des effets nfastes
long terme
3
H413 Peut tre nocif long terme pour les organismes aquatiques 4
Code Danger
H1 Explosif
H2 Comburant
H3-A Facilement inflammable
H3-B Inflammable
H4 Irritant
H5 Nocif
H6 Toxique
H7 Cancrogne
H8 Corrosif
H9 Infectieux
H10 Toxique pour la reproduction
H11 Mutagne
H12 Gnrateur potentiel de gaz toxique
H13 Gnrateur potentiel de polluant
H14 cotoxique
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5.4 Protection de lenvironnement 5 Applications particulires
penne, complts par quatre nouveaux. Il faut noter que les termes irritant ,
nocif , toxique , cancrogne , mutagne , toxique pour la reproduction
et infectieux ne sont adapts thoriquement qu lespce humaine, alors que la
cible est bien plus large.
En conclusion, la connaissance du danger pour lenvironnement, qui est la premire
tape de lanalyse de ce risque, peut sappuyer sur ltiquetage europen. Mais cet
tiquettage nest pas disponible pour tous les rejets et efuents, puisquils prennent
en gnral naissance dans lactivit. Une dmarche de classement volontaire simpose
donc, qui peut tre relativement facile avec un historique prcis de la formation de
ces rejets et efuents.
5.4.2 Le processus chronique
La deuxime tape est la caractrisation de lquivalent dune exposition. Comme
cest lenvironnement qui est expos, nous lappellerons pollution. Elle se dnit
comme le contact entre un agent chimique et les trois milieux que sont la terre, leau
et lair. Ces milieux incluent leur ore et leur faune, dont fait partie lespce humaine
dans tous les domaines de son activit. Une pollution chronique est lintroduction
dun agent chimique dans un milieu environnemental de faon continue et modre.
Quelques exemples illustrent cette dnition :
Dans le sol : Inltration deaux de lavage, traitement divers des cultures, retombes
de poussires mises dans des activits industrielles, lessivage par la pluie de dpts
de matires plus ou moins solubles, etc.
Dans leau : vacuation deaux de lavage vers les rivires, lessivage et ruissellement
de surfaces traites par des agents chimiques, rejets deaux de process, rejets de
dchets liquides et solides par des quipements et des engins dans le milieu aquatique
de surface ou souterrain, etc.
Dans lair : missions de fumes et de gaz de combustion, rejets des systmes
dassainissement des atmosphres de travail, missions de nuages de poussires,
vaporation des solvants contenus dans les peintures, colles, produits de nettoyage,
missions par les procds chimiques et thermiques, etc.
Il faut ensuite faire linventaire des pollutions chroniques existantes dans le
domaine dlimit pour lanalyse de risque. Une mthode doit tre choisie pour ne rien
oublier. On peut rechercher les missions par units gographiques, par procds
ou par produits. La difcult est dintgrer les agents chimiques gnrs par lactivit :
fumes, vapeurs, poussires, dchets, etc.
Les trois milieux cibles jouent le mme rle que les voies de pntration pour la sant
humaine. Ils sont en gnral trs interactifs, cest--dire quune pollution natteint
rarement quun seul milieu la fois. La tolrance vis--vis de ces pollutions est un
phnomne complexe qui a des composantes conomiques, culturelles et psycho-
logiques. La rglementation des ICPE a introduit des valeurs limites, selon un principe
assez diffrent de celui qui rgit les VLEP. Elles nont pas de valeurs universelles,
mais dpendent du classement de lactivit, du milieu de rejet et du ux de rejet
1
.
1. ce sujet, voir larrt du 29 mai 2000 : il a pour objectif de rduire les missions de composants
organiques volatils (COV) dans latmosphre.
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5.4 Protection de lenvironnement
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5 Applications particulires
Ces pollutions chroniques sont innombrables et permanentes. Les pollutions
industrielles et les transports sont souvent mis en vidence, juste titre, mais les
activits domestiques gnrent galement des pollutions sur toute la plante, que
ce soit sous forme de gaz, notamment de combustion, de vapeurs, de poussires,
deaux de lavage, deaux vannes et de dchets.
Les dommages causs dans ces trois milieux sont trs varis et on ne connat que
les plus vidents. Les milieux naturels sont des systmes complexes en quilibre.
Toute pollution chronique dplace lentement un quilibre vers un autre, qui peut
tre une menace pour lhomme. Par exemple, on sait, par des observations cliniques,
quun air charg en oxydes dazote ou en dioxyde de soufre provoque des problmes
respiratoires, que des poussires provoquent des allergies, etc. De mme, des mtaux
lourds ou des pesticides dans une nappe phratique provoquent terme des
intoxications. Dautres pollutions provoquent des modications qui pourraient
tre nocives long terme, comme la disparition de la couche dozone, ou la rar-
faction des insectes pollinisateurs. Il sagit dans ces exemples deffets directs sur la
sant humaine. Mais la rarfaction de certaines espces animales ou vgtales na pas
dautre effet apparent quune baisse de la biodiversit. De mme, le noircissement
de faades ou la turbidit deaux de surface nont quun effet sur le plan esthtique,
du moins en premire analyse. Ces aspects des dommages possibles montrent
quils dpassent largement le cadre strictement toxicologique.
5.4.3 Le processus accidentel
Le processus accidentel aboutit une pollution et parfois mme une destruction
massive et brutale de lenvironnement proche. La situation dangereuse correspond
une proximit entre une rserve dagent chimique et les milieux cibles. Le milieu
atmosphrique est ominiprsent, cest donc une situation qui existe ds quune
quantit importante dagent chimique est stocke. Lvnement dangereux est alors
le scnario qui aboutit lmission massive de cet agent sous une forme volatile.
Le milieu aqueux est aussi trs concern, car mme si le stock dagent chimique
nest pas proximit dune rivire, dun lac ou de la mer, il est probablement ct
dun rseau dgout ou dvacuations deaux pluviales, qui conduisent nalement
de leau naturelle de surface ou de sous-sol. Lvnement dangereux est le scnario
qui aboutit un dversement polluant massif dans ces eaux naturelles. Cest soit
directement lagent chimique qui se dverse, soit une solution ou une suspension
aqueuse dun ou plusieurs agents, dont la formation peut avoir diverses origines.
Cela peut tre une grosse fuite deau accidentelle entrant en contact avec des produits,
ou un phnomne naturel comme de la pluie ou une inondation, ou enn leau
utilise pour lextinction dun incendie. Tous ces vnements sont videmment au
cur de ltude de danger exige pour les installations classes.
Ce sont les mmes scnarios qui conduisent des pollutions accidentelles du sol.
Pour quelles soient possibles, il faut que la surface du sol soit lair libre, ou quil
y ait des failles dans le revtement du sol. En fait, les trois milieux sont encore
atteints simultanment dans beaucoup de scnarios.
Les dommages peuvent tre des atteintes directes la sant humaine, en particulier
dans le cas dune mission atmosphrique massive de produits toxiques. La catastrophe
chimique qui est sans doute la plus grave connue ce jour est celle de lexplosion
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5.4 Protection de lenvironnement 5 Applications particulires
dune cuve disocyanate de mthyle, survenue en Inde Bhopal. Les victimes
court ou moyen terme se sont comptes par milliers. Les missions massives ont
souvent une explosion comme vnement dclencheur, mais aussi des erreurs
humaines. Le plus souvent, les atteintes ne concernent que la ore et la faune, en
particulier dans les rivires. Les mares noires en sont lquivalent pour le milieu
marin. Il est encore difcile de mesurer toutes les consquences de ces accidents.
5.4.4 Estimation du risque
m Risque chronique
Cest bien dans le domaine de lenvironnement que lestimation des risques est la plus
difcile. Le principe est identique celui qui rgit la sant et la scurit humaine.
Dans le processus chronique, limportance du risque se mesure en combinant le
danger de lagent chimique avec le niveau de pollution. Aucune chelle de niveau
de danger na t propose notre connaissance. Cest pourquoi nous proposons
de la construire sur les phrases de risque existantes dans la rglementation euro-
penne. Mais comment comparer les abeilles et la couche dozone ? Nous avons
pris des rgles trs gnrales, sachant que ce niveau nest quun facteur parmi
dautres et que le but nest que de xer des priorits daction.
Sachant quil fallait rserver le niveau 1 au cas dabsence de phrase de risque, nous
avons pris trois autres niveaux, parce quils simposaient dans leffet sur les orga-
nismes aquatiques. Pour les autres effets, avons pris le dlai daction comme
critre, savoir le niveau 2 pour les effets long terme et le niveau 3 pour les effets
moyen terme. Ce raisonnement est en outre conforme aux catgories du SGH,
la diffrence prs que lchelle est inverse et quelle se limite au milieu aquatique.
Le tableau suivant fournit cette chelle de quatre niveaux :
Niveau
de danger
Phrase
de risque
Libell
Catgories du SGH
(pour la toxicit chronique
en milieu aquatique)
4 R50
Trs toxique pour les organismes
aquatiques.
1
3 R51 Toxique pour les organismes aquatiques. 2
3 R54 Toxique pour la flore.
3 R55 Toxique pour la faune.
3 R56 Toxique pour les organismes du sol.
3 R57 Toxique pour les abeilles.
2 R52 Nocif pour les organismes aquatiques. 3
2 R53
Peut entraner des effets nfastes long
terme pour lenvironnement aquatique.
4
2 R58
Peut entraner des effets nfastes
long terme pour lenvironnement.
2 R59 Dangereux pour la couche dozone.
1 nant
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5 Applications particulires
On peut supposer que lapplication du rglement REACH donnera accs des
donnes plus compltes pour xer les niveaux de danger pour lenvironnement.
Tout en sappuyant sur la classication de la directive 67/548/CEE, ce rglement
demande didentier la concentration de la substance au-dessous de laquelle il ne
devrait pas y avoir deffets nocifs dans le milieu environnemental en cause. Cette
concentration est appele concentration prdite sans effet (PNEC). Le passage
des valeurs limites aux niveaux de danger pourra se faire avec un tableau similaire
lun de ceux gurant au paragraphe 2.3.5.
Il faut ensuite quantier la pollution par un niveau, fonction de la dose introduite
dans le milieu. Les paramtres qui dterminent cette dose sont :
la dure dmission : Te ;
le dbit dmission, ou ux : De.
Ces paramtres sont bass sur des moyennes tablies pour une priode de rfrence
(jour, mois, anne). Ils ne sont pas toujours accessibles simplement, mais ils
mritent dtre recherchs, par des campagnes de mesures par exemple. Ils sont aussi
approchables par le bilan matire tabli produit par produit, selon la mthode (n 3)
voque au paragraphe 3.1.2. On obtient ainsi pour chaque milieu une dose
priodique :
Q = Te De
Les doses sont ensuite classes, milieu par milieu, pour pouvoir leur attribuer un
niveau de pollution, daprs une chelle choisie au pralable. Un tableau de combi-
naison des niveaux de danger et de pollution, similaire celui de lexposition au
paragraphe 2.4.4, permet de quantier limportance de chaque risque de pollution,
toujours en relatif. Le schma suivant rsume la dmarche :
Figure 5.23 Estimation dun risque chimique environnemental chronique
Niveau de danger
Dure dmission Dbit dmission
Dose mise priodique
Mtrologie Estimation
Importance du risque
Phrase de risque
Agent chimique
Niveau de pollution
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5.4 Protection de lenvironnement 5 Applications particulires
m Risque accidentel
Dans le processus accidentel, limportance du risque est toujours une combinaison
de la gravit et de la probabilit du dommage. La gravit dun accident environne-
mental est difcile exprimer par un seul chiffre tant les consquences sont de
nature diffrente : dcs, longueur de rivire pollue, atteintes la faune, la ore,
dgts matriels, pertes [Link] ces difcults, une chelle europenne
selon quatre indices t propose par le Comit des autorits comptentes des
tats membres pour lapplication de la directive Seveso, aprs une large consultation
acheve en 2003. Cette proposition a t retenue aprs avis du Conseil suprieur
des installations classes. Elle regroupe les 18 paramtres de lchelle europenne
en quatre groupes homognes deffets ou de consquences :
2 paramtres ont trait aux quantits de matires dangereuses impliques ;
7 paramtres portent sur les aspects humains et sociaux ;
5 concernent les consquences environnementales ;
4 se rapportent aux aspects nanciers.
Pour conduire la dmarche destimation du risque son terme, il est pourtant
indispensable de nutiliser quun niveau de gravit. Il appartient aux responsables de
lanalyse de faire ce choix, sachant quil ne sagit ici que de dterminer des priorits
daction, lintrieur de lentreprise.
La dtermination du niveau de probabilit nest pas plus facile, mais toutes les
mthodes de prvision daccident voques pour la scurit humaine (voir para-
graphe 3.2.4) sont parfaitement indiques dans ce domaine, car les scnarios
daccident sont en fait les mmes. Seules les consquences envisages sont diffrentes.
Lestimation du risque accidentel se termine par la combinaison des niveaux de
gravit et de probabilit de chaque accident envisag, selon le schma habituel.
Lensemble des risques chroniques et accidentels pour lenvironnement, avec leur
cotation, peut tre runi dans un rapport xant les priorits daction et un
programme pluriannuel de prvention (voir paragraphe 3.4).
5.4.5 Principes de prvention appliqus lenvironnement
m Pollution chronique
Un tablissement industriel, artisanal ou simplement commercial peut gnrer trois
types de pollutions partir dagents chimiques. Le premier se fait vers latmosphre
si les polluants sont volatils. Le deuxime est vhicul par leau rejete, qui peut stre
charge de polluants solides ou liquides. Le troisime regroupe tous les dchets
solides et liquides, gnralement conditionns. Les principes de prvention dun risque
chronique consistent supprimer ou rduire dabord le danger, puis la pollution.
Agir sur le danger, cest soit supprimer le polluant, soit le rendre moins dangereux.
La premire solution revient supprimer les missions de polluants, ce qui renvoie
une modication de procd. En effet, toute mesure de connement et, plus
globalement, la ralisation dun systme clos, suppriment normalement toute
mission. Cest videmment la seule solution dnitive pour la protection de lenviron-
nement. Mais elle nest pas souvent ralisable, par exemple pour une chaudire
combustion. Rendre les polluants moins dangereux reste la solution la plus frquente.
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5.4 Protection de lenvironnement
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5 Applications particulires
La rduction du danger dun polluant sappelle une dtoxication. Les techniques
disponibles dpendent de ltat physique du polluant. Ceux qui sont ltat de gaz,
vapeurs, poussires ou arosols sont toujours en mlange avec de lair, et appar-
tiennent la catgorie des efuents volatils. Ceux qui sont prsents dans leau
pollue, que lon appelle efuents liquides, doivent faire lobjet dun traitement en
station dpuration, gnralement physico-chimique, du moins aprs une dtoxi-
cation principale. Nous abordons ce thme dans le cadre du traitement des dchets,
liquides et solides.
m Le traitement des effluents volatils
Une partie importante des activits humaines mettent des polluants volatils quil
nest pas possible de traiter en pratique. Il sagit des applications se droulant en
plein air comme la peinture de btiment, les travaux de gnie civil, dextraction de
carrires, de traitement des cultures, etc. Dans le cadre de cet ouvrage, il nest pas
possible de traiter des sujets aussi vastes. Nous nous contentons ici de rappeler les
principes de prvention qui les concernent :
modier le procd pour supprimer les missions ;
remplacer les produits mis par des produits moins dangereux.
Ce qui suit concerne le domaine de lentreprise ou des structures similaires. Pour
traiter des polluants volatils, il faut dabord les canaliser compltement. Cette
disposition est en grande partie dj incluse dans la prvention des risques visant la
sant humaine, mais elle doit aussi sappliquer des quipements relis directe-
ment lextrieur, tels que les chaudires, les tuves et les fours, etc. Le rseau de
captage des efuents les transporte vers lenvironnement extrieur, moins quun
traitement ne les arrte. Cest le principe de lpuration, qui, selon la technique
utilise, permet soit de recycler les produits rcuprs, auquel cas il ny a plus de
pollution de lenvironnement, soit de les transformer en efuents moins polluants.
Lexamen des diffrentes techniques dpuration renseigne sur lissue du traitement.
Il faut distinguer trois familles de pollution volatile : les poussires, les composs
organiques volatils (COV) et les vapeurs minrales. Les gaz, les arosols et les
fumes peuvent tre rattachs ces trois catgories, selon les cas. Si plusieurs cat-
gories coexistent, cela ncessite des traitements multiples.
puration des poussires :
Les poussires sont facilement retenues laide dun ltre, dont la permabilit
doit tre adapte la granulomtrie des particules. Cette dernire est trs variable,
comme le montrent les exemples suivants :
Polluant Diamtre en microns
Suies 0,01 0,5
Particules inspirables (alvolaires) 0,5 3
Ciment 2 100
Bois 1 1 000
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5.4 Protection de lenvironnement 5 Applications particulires
Il existe de nombreux procds pour retenir les poussires mises dans lair. Le tableau
suivant rsume les principales technologies disponibles :
Les ltres les plus performants combinent plusieurs de ces procds. Les mdias
ltrants sont aussi trs varis, selon la granulomtrie concerne, la nature chimique
et la temprature, avec une volution vers les non-tisss et les bres synthtiques
modernes comme laramide ou le PTFE
1
. Le principal problme que posent ces
quipements est llimination des produits arrts, que ce soit par dcolmatage
automatique, purge continue ou change de bloc ltrant. Ces oprations peuvent
gnrer des expositions importantes. Pour les prvenir, linstallation doit satisfaire
quelques conditions :
contrler aussi bien le colmatage quune fuite du mdia ltrant, par un dispositif
de surveillance et dalarme ;
rpondre aux exigences des atmosphres explosives, si cest le cas ;
possder un systme de dcharge et de conditionnement des dchets en con-
nement continu.
En dnitive, le dpoussirage est une puration efcace sans grande difcult,
mais il demande des installations coteuses. Il conduit donc des dchets solides,
quil est parfois possible de recycler.
puration des COV :
Le pigeage des COV contenus dans lair de captage ou dans les vents de certains
appareils peut faire appel des techniques trs diverses du domaine physique et
chimique. En dehors du problme de linvestissement, la difcult principale rencon-
tre pour lapplication de la plupart des techniques disponibles est la concentration en
polluant. En effet, une grande dilution (quelques ppm) fait chuter le rendement de
lpuration, cest--dire le rapport entre la quantit retenue et celle qui entre dans
lpurateur. La premire mesure prendre est donc de limiter le dbit de captage au
minimum, pour favoriser une concentration plus leve en polluants. Cest une
Filtres manches
Trs simple, dcolmatage possible en continu
Filtres poches
Filtre cartouches Souvent jetables
Cyclone Demande de grandes vitesses dair
Humidificateur
Intressant pour les poussires combustibles, mais gnre
des boues
Sparateur lectrostatique Technique plus dlicate
1. Pour en savoir plus, consulter le rapport du CETIAT de juillet 2003, disponible sur le site de lADEME :
[Link]. fr.
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5 Applications particulires
nouvelle raison de rechercher le connement maximum. Les traitements disponibles
sont soit du domaine physico-chimique, soit du domaine biologique.
Le traitement le plus rpandu est probablement ladsorption sur charbon actif, ne pas
confondre avec labsorption, galement utilise. Le principe est de retenir les molcules
organiques, grce leur polarit, sur une surface solide. Il faut une trs grande
surface, obtenue par une division pousse du support. Cest le cas du charbon actif,
mais aussi de la silice ou de lalumine. Ladsorption est un phnomne thermodynamique
rversible, ce qui permet une dsorption par de lair chaud ou de la vapeur deau.
Le charbon actif est un support exceptionnel, en particulier celui qui est issu de la
pyrolyse des noix de coco. Les pores gnres par sa prparation mesurent quel-
ques nanomtres et la surface totale cre est de 500 1 500 m
2
par gramme !
Un ltre charbon actif industriel se prsente comme une colonne, traverse par
lair purer. La capacit dadsorption du charbon est bien sr limite et dpend
des facteurs suivants :
Le produit adsorber : la capacit dpend beaucoup de la structure chimique,
elle est par exemple croissante avec la polarit de la molcule, ainsi que sa masse,
et dcroissante avec sa pression de vapeur.
La vitesse de passage de lair : ladsorption ntant pas instantane, elle samliore
quand la vitesse diminue.
La concentration en polluants : cest lune des rares techniques qui prsente un
bon rendement avec des concentrations trs faibles, mais ce rendement baisse
vite quand les concentrations augmentent.
La temprature : elle dplace lquilibre de ladsorption vers la dsorption.
Lhumidit : sa prsence soppose aux changes et limite la capacit dadsorption.
Il est intressant de voir comment se comporte le ltre vis--vis dun ux constant
dair pollution constante. La courbe de saturation est logiquement identique
celle qui a t dcrite pour les protections respiratoires, au paragraphe 4.3.11.
Mais de telles installations permettent de placer un dtecteur de vapeurs la sortie
pour prvenir le claquage.
titre indicatif, le tableau suivant donne quelques valeurs de capacits dadsorption
sur charbon actif (en g de polluant par g de charbon) :
Capacit maximale dadsorption
< 10 % 10 20 % 20 50 %
Dichloromthane Actone Essence
Formol Acide actique Perchlorthylne
Oxyde dthylne Acroline Tolune
Actonitrile thanol Trichlorthylne
Anhydride sulfureux Hexane Styrne
Dioxyde dazote Sulfure dhydrogne thers de glycol
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5.4 Protection de lenvironnement 5 Applications particulires
Les trs petites installations utilisent des ltres charbon jetables, ce qui nest ni
able, ni conomique, ni cologique. La bonne utilisation suppose la rgnration
par cycle, qui est assez simple, puisquelle se fait par passage dair chaud ou de
vapeur deau au travers de la colonne dadsorption, de prfrence contre-courant.
Il suft davoir une batterie de deux colonnes, lune fonctionnant en puration
pendant que lautre est en rgnration.
videmment, la rgnration libre un air trs charg en polluant, quil faudra traiter
nouveau. Mais comme le polluant relargu est en forte concentration, il est alors
trs facile de lui appliquer lune des techniques suivantes.
Une deuxime technique dpuration importante est labsorption dans un liquide.
Elle utilise la solubilit du polluant dans un liquide choisi dans ce but. Dans le cas
des COV, on utilise un solvant lourd, souvent une huile ptrolire. Pour bien fonc-
tionner, labsorption demande un contact intime avec le liquide, que lon obtient avec
des colonnes spciques, appeles laveurs, qui fonctionnent avec un garnissage.
Figure 5.24 Colonnes dadsorption fonctionnant en alternance
Figure 5.25 Colonne
de lavage de gaz
vapeur deau
air charg
air propre
rcupration
des polluants
air lav
garnissage
air charg
liquide de lavage
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5 Applications particulires
Lintrt de ce choix est de pouvoir rcuprer le solvant dissout par simple distilla-
tion de lhuile charge. Ce systme peut fonctionner en circuit ferm et fournit le
solvant ltat liquide et pratiquement pur. Un mlange de vapeurs redonne le mme
mlange ltat liquide. Cela permet un recyclage quasi total de solvant volatil, les
inconvnients tant, en dehors de linvestissement, une consommation dnergie
importante et une certaine technicit.
La version la plus courante de cette technique est le pigeage des vapeurs minrales,
et de certaines vapeurs organiques, par dissolution dans leau. Cette technique est
assez conomique, puisquelle utilise leau ou une solution aqueuse comme liquide
absorbant et quelle saccommode dune grande quantit de polluants. Parmi tous
ceux qui sont pigeables, citons :
acides et bases volatils (acide chlorhydrique, nitrique, actique, ammoniac et
certaines amines) ;
produits toxiques (cyanure et sulfure dhydrogne, chlore) ;
arosols (cyanures alcalins, bases et acides concentrs, chromates, etc.) ;
toutes poussires toxiques ou ractives.
Ces laveurs fonctionnent avec un garnissage ou une aspersion. Le liquide dabsorption
tourne en circuit ferm et doit tre renouvel, soit totalement par priodes, soit
partiellement par prlvements. Le liquide ainsi satur constitue un nouveau dchet
qui est soit retrait, soit limin comme tel.
Les vapeurs mises par la respiration des cuves de stockage peuvent tre facilement
piges de cette faon, en utilisant un dispositif trs simple, sans circuit de ventilation,
comme le montre le schma suivant :
Lefcacit de labsorption peut tre amliore en utilisant une solution ractive,
comme un acide, une base, un oxydant ou un rducteur. Toutefois, certains polluants
restent difciles absorber en solution : les dioxydes de soufre et dazote, loxyde
de carbone.
La troisime technique, la condensation, prsente beaucoup davantages : elle est
propre et conomique. Elle consiste condenser les COV contenus dans lair sur
Figure 5.26 Pigeage des vapeurs mises par une cuve
Cuve de
stockage Laveur de gaz
vent
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5.4 Protection de lenvironnement 5 Applications particulires
une paroi froide. Elle demande par contre une certaine concentration en COV
pour bien fonctionner, de lordre de 1 % minimum. En fonction du point de rose du
compos condenser, le refroidissement du condenseur peut tre assur par de
lair, de leau ou un uide frigorigne basse temprature. Le solvant condens est
ainsi prt tre recycl dans le process, ou rutilis par ailleurs. Cette technique est
assez simple, except pour des solvants bas point dbullition, qui demandent
deux tages de condensation. Elle peut complter une premire rcupration, en
particulier une adsorption.
Une quatrime technique, en fait une limination, est apporte par la combustion.
Elle peut prendre divers chemins. La combustion est directe si le polluant est
combustible et sufsamment concentr. Il constitue alors un apport dnergie, exploi-
table dans une chaudire spcialise. Cela est facile aprs une adsorption ou une
condensation. Mais si le polluant nest pas combustible ou trop dilu, il peut tre
inject dans une chaudire fonctionnant avec son combustible normal. Dans ces deux
cas, il faut tenir compte de la composition particulire des gaz de combustion et
prvoir ventuellement leur lavage. Cest ce qui fait la difcult de llimination des
solvants halogns, qui doivent faire lobjet dune sgrgation avant traitement.
La combustion peut aussi se produire sans amme. Il existe des catalyseurs de
combustion, xs sur un support rfractaire, qui provoquent une raction auto-
entretenue avec loxygne de lair et permettent au besoin la rcupration des calories
dgages. Cette technique est aussi utilisable en aval dune autre. On peut rsumer
tous les couplages possibles des diffrentes techniques par le diagramme suivant :
Les procds biologiques sont bass sur la transformation des molcules par des
organismes microbiologiques en sous-produits sans toxicit pour lhomme ou
lenvironnement. Cest le principe utilis dans les stations dpuration biologiques,
Figure 5.27 Combinaisons des techniques physiques dpuration
air charg de polluant
adsorption
absorption
condensation
combustion
recyclage
dchets
solides ou
liquides
rejets
gazeux
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5 Applications particulires
pour les efuents aqueux, mais appliqu des efuents gazeux. Le traitement
biologique est bas sur une raction doxydation exothermique des composs en
prsence doxygne et de micro-organismes ; cette raction conduit la formation
de biomasse, deau et de produits minraux :
COV + O
2
Biomasse + H
2
O + chaleur + minraux
La biodgradation peut se produire sur un support solide (bioltre) ou en milieu
liquide (biolaveur). Par sa simplicit et son aspect tant conomique qucologique,
cette technique rcente est appele un grand dveloppement.
m La dtoxication des dchets
Les dchets chimiques sont considrer comme des agents chimiques et doivent
tre traits comme tels. Ils appartiennent deux catgories : dune part les produits
liquides ou solides, tels que les solvants usags, les produits prims, les gteaux de
ltration, les rsidus de distillation, les eaux de dcantation ou de lavage, ou les
produits issus de dcapage, dautre part les objets souills comme les emballages
vides, les chiffons dessuyage, les ltres, joints et tuyaux imprgns, les vtements
et protections jetables, etc. Le premier rexe est souvent de les coner des entreprises
spcialises, qui vont les dtoxiquer pour pouvoir les liminer en dchets banals.
Cette solution prsente des inconvnients srieux. En voici quelques-uns :
cot de traitement, puisque cest en fait une sous-traitance ;
procdure de transport de matires dangereuses ;
stockage pralable, pour grouper les envois ;
masquage des faiblesses du procd gnrateur de dchets.
Ces considrations incitent favoriser la dtoxication des dchets par le producteur,
ds la production, autrement dit la source . Mme si cest parfois impossible,
il faut lenvisager systmatiquement, car, faite la source, la dtoxication est souvent
assez facile.
Pour bien la raliser, il convient de commencer par lidentication des dangers,
comme pour tout produit chimique. Il faut donc procder un tiquetage de tous
les dchets, stocks dans un emballage adquat. Les informations ncessaires se
trouvent souvent dans le mode dobtention. Ainsi, un solvant class R10 et R37,
souill par quelques pour cents de trichlorthylne, sera tiquet R10, R37 et R45.
Les emballages vides et les produits prims ou non conformes sont, eux, dj
tiquets. Les emballages des produits solides et pteux doivent faciliter leur trans-
fert et leur traitement ultrieur. Ltiquetage doit aussi mentionner lopration
dont ils sont issus. Les objets imprgns portent ltiquetage des produits dimpr-
gnation. Le premier effet positif de cet tiquetage est de pouvoir stocker les dchets
en respectant les rgles de sparation adquates (voir paragraphe 5.1.2).
La dtoxication va consister rduire le niveau de danger au plus bas possible, par
un traitement chimique ou physique appropri. Il nest pas possible de prsenter
ici tout lventail de ces traitements, qui relvent de la comptence dun chimiste.
Nous en donnons quelques pistes :
micro-organismes
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5.4 Protection de lenvironnement 5 Applications particulires
Ces exemples ne sont videmment ni exhaustifs ni sufsamment prcis pour tre
exploits. Il importe, au cas par cas, de faire les recherches bibliographiques nces-
saires et de procder des essais de validation. Dans le cas o le producteur de
dchets na ni la comptence ni les moyens techniques pour raliser les dtoxica-
tions utiles, il doit se tourner vers des entreprises spcialises. Le domaine o ces
oprations sont les plus indiques est celui des petites quantits, typiquement le
domaine des laboratoires de recherche ou danalyse. Dans ceux-ci, la dtoxication
des dchets devrait tre intgre la plupart des modes opratoires.
m La rduction quantitative des pollutions
Il nest pas toujours possible de rduire le danger des polluants. Cest le cas des gaz
de combustion, mme si lon peut au moins ltrer les particules, ou piger certains
oxydes, sur des installations lourdes. Cest aussi le cas des mtaux lourds (plomb,
mercure, cadmium), dont le danger est inhrent llment chimique. Il existe
dailleurs de nombreux lments plus ou moins toxiques susceptibles dtre prsents
dans des prparations ou des ractifs, comme le chrome, larsenic, lantimoine, le
bryllium, le cobalt, etc. Pour ces polluants, on peut seulement rduire le niveau de
pollution au plus bas que le permet la technique. Toutes les amliorations de procds
dj voques peuvent contribuer cette rduction, en particulier la rcupration
et le recyclage des polluants les plus dangereux. Pour la fourniture dnergie thermique
ou mcanique, il est prfrable dutiliser llectricit plutt que les combustibles.
Notons que la solution consistant diluer les efuents dans un grand ux dair ou
deau ne rduit pas la quantit totale mise. Mais il est vrai quune concentration
rduite peut limiter limpact nal sur lenvironnement.
Danger initial Traitement Exemple
Inflammable Combustion en chaudire spciale Isopropanol
Oxydant Rduction par bisulfite
Chromates
Chlorates
Corrosif Neutralisation
Acide chlorhydrique
Soude
Toxique
Dgradation de la molcule
par oxydation
Cyanures
Formol
Hydrolyse par acide ou base fort
Isocyanates
Phosgne
Combustion Benzne, aniline
Ractif fort Raction contrle sur produit adquat
Pentachlorure de phosphore
Sodium
lment
toxique
Isolement chimique ou lectrolytique
avant conditionnement
Chrome
Cadmium
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m Pollution accidentelle
Une pollution accidentelle de lenvironnement est un sinistre. Les plus graves ont
t tellement mdiatiss quils ont provoqu une abondante rglementation. Cest
en effet laspect accidentel qui inspire en majorit tous les textes concernant les
installations classes, et en particulier celles qui relvent du classement Seveso.
Sans aborder le vaste domaine de cette rglementation, il est intressant dexaminer
ce quapporte lapplication de la mthodologie. Elle conduit agir sur la situation
dangereuse, puis sur les vnements dangereux et enn sur le dommage.
m Action sur les situations dangereuses
Il sagit dviter la proximit de la rserve dagents chimiques avec les milieux cibles.
Comme on ne peut pas sloigner de lair, de leau ou du sol, il faut introduire des
obstacles dans leur direction. Pour lair, on peut en thorie placer une installation
entirement dans une enveloppe tanche, de faon contenir toute mission
massive, en attendant son traitement. Cest le principe de lenveloppe de connement,
utilise dans lindustrie nuclaire. Cela nest envisageable que si le risque pour les
personnes prsentes dans linstallation nest pas aggrav. Mais cela est possible
pour des installations automatises, ou lintrieur desquelles a t prvu un moyen
disolement des personnes en toute scurit.
Pour les efuents liquides, les capacits de rtention sont, depuis longtemps, la
meilleure solution. Pour augmenter leur efcacit, il faut multiplier les rtentions
de faon concentrique. Cela veut dire placer un contenant ou un quipement dans
sa propre rtention, qui est elle-mme place dans une plus grande rtention et
ainsi de suite. Une dernire rtention devrait contenir tout ltablissement, ce qui
savre utile en prsence dun dversement dune grande quantit deau, la suite
dun orage ou dune intervention de lutte contre le feu. Les capacits de rtention
ont en outre lavantage dviter les pollutions du sol.
m Action sur les vnements dangereux
En plus du connement, et surtout sil est impossible ou incomplet, il faut rduire
au plus bas possible la probabilit du sinistre. Ltude de danger prvue par la
rglementation ICPE rpond bien ce souci. Mais toute installation, classe ou
non, doit viter les rejets accidentels. Pour ce faire, il suft de reprendre linven-
taire des risques accidentels gurant dans le rapport voqu au paragraphe 5.4.4 et
dapporter les solutions, point par point. Les mesures de prvention seront
dailleurs assez peu diffrentes de celles qui sont retenues pour la sant et scurit
humaine. Parmi les plus importantes, on peut citer toutes les mesures de prven-
tion des explosions, de maintenance prventive, de formation et dinformation du
personnel. Rappelons que le sinistre de Seveso tait parti dun refroidissement de
racteur insufsant en n de semaine, du fait de retards causs par des incidents
techniques.
Les grands sinistres sont heureusement rares. En revanche, il se produit une grande
quantit dincidents dont les consquences restent limites, comme en tmoigne la
base ARIA. Pour citer un type classique dincident, il faut parler du risque particulier
qui pse sur les livraisons en vrac de solutions aqueuses concentres. Les ractifs les
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5.4 Protection de lenvironnement 5 Applications particulires
plus frquents sont les acides chlorhydriques et sulfuriques, la soude, lhypochlorite
de sodium (eau de javel) et le bisulte de sodium. Ils sont dj cits comme ractifs
dangereux dans le traitement de surface (paragraphe 5.3.2), mais sont aussi employs
dans les blanchisseries industrielles et dans les installations de traitement dair
dont sont quipes les usines dpuration des eaux urbaines. Il sest dj produit
des erreurs dans les branchements de tuyaux mobiles pour le dchargement en
vrac qui ont conduit des mlanges dangereux, tels que acide et bisulte, ou acide
et hypochlorite. Les mlanges ont provoqu un dgagement massif soit de dioxyde
de soufre, soit de chlore. La prvention de ce type derreur repose en priorit sur
des procdures, quil faut savoir faire appliquer.
m La limitation des dommages
La rduction de la gravit dun dommage environnemental, une fois le sinistre
dmarr, nest possible que dans certaines circonstances, dont on peut donner
quelques exemples. En cas dmission massive de vapeurs minrales, comme dans
le dernier exemple cit, il faut envisager laspersion de la zone dmission par une
grande quantit deau bien disperse, ce qui revient faire de labsorption. Il faut
une source relativement localise et disposer des moyens daspersion. Cest une
solution classique pour un accident de transport. Elle est applicable tout autre type
dagent chimique que leau peut rabattre efcacement, comme les poussires et
certains solvants.
Les dversements massifs de liquides ou solides dans leau de surface peuvent tre plus
ou moins conns par des barrages ottants, condition que les polluants ottent
eux-mmes. Il sagit ensuite den rcuprer le maximum, grce des techniques
qui se dveloppent dans ce domaine. Mais la rtention gnrale dun tablissement
entier agit plus efcacement, parce que plus prcocement. Encore faut-il quil
nexiste plus de courts-circuits vers les rseaux dvacuation externes.
Enn, il existe des mesures de type organisationnel qui sont capables de limiter
considrablement la gravit des accidents environnementaux. La premire est de
limiter le volume de ce que nous avons appel la rserve dagent chimique. Elle
correspond aux diffrents stockages prsents, pour les matires premires, les produits
nis, les efuents en cours de traitement et les dchets liquides. Il faut aussi compter
toutes les capacits du procd lui-mme. Plus les volumes seront rduits et frac-
tionns, moins la gravit de la pollution sera grande. La seconde est de rduire,
autant que possible, le niveau de danger maximum prsent dans cette rserve. Notons
que cet objectif implique, du moins dans les industries de process, lutilisation de
systmes de production en continu et de ux tendus.
En conclusion de ce chapitre, la protection de lenvironnement se prte parfaite-
ment la mthodologie applique pour la prvention des risques visant la sant et
la scurit humaine. Ce constat ouvre la porte une approche globale de ces deux
domaines, utilisant les mmes outils, les mmes concepts et aboutissant la mme
efcacit.
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6 TUDE DE CAS
Ltude de cas prsente ici est reconstitue partir de situations relles, pour illus-
trer lapplication de la mthodologie expose. Elle est volontairement limite
une petite activit an de ne pas alourdir la dmonstration.
6.1 Description du cas
Dans une entreprise de carrosserie de vhicules utilitaires, un petit atelier est
rserv la peinture par pulvrisation. Les objets peints habituellement sont des
panneaux rigides. Latelier comprend une zone de prparation de la peinture et
une cabine de pulvrisation ux horizontal. Lactivit du peintre consiste
prparer la peinture puis peindre le panneau dans la cabine. Cest une peinture
de type polyurthanne, deux composants. La prparation est en fait le mlange
de la base avec le durcisseur et un peu de diluant pour ajuster la viscosit.
Figure 6.1 Prparation de peinture Application par pulvrisation
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296
6.2 Analyse des risques 6 tude de cas
6.2 Analyse des risques
6.2.1 Liste des actions de lopration peinture
Les actions listes sont limites celles qui supposent un risque.
6.2.2 Liste des dangers
Les trois composants du mlange, savoir la base, le durcisseur et le diluant, portent
le mme tiquetage :
Cest donc la classication du mlange, qui sera constante tout au long de lopration.
Seul le xylne porte les dangers R10 et R20.
6.2.3 Liste des expositions
Compte tenu de la simplicit du cas, ne gurent pas toutes les donnes listes au
paragraphe 3.2.5.
Code Action Dure
P1 Ajout des trois composants et mlange 3 min
P2 Remplissage du pot 1 min
P3 Pulvrisation en cabine 30 min
P4 Nettoyage du pot 10 min
Contient du xylne
R10 Inflammable
R20/21 Nocif par inhalation et contact cutan
R38 Irritant pour la peau
Action Agent
Famille
de danger
Forme Proximit Dommage
Risque
n
P1 et P2
xylne C-In vapeurs Tte au-dessus du pot Intoxication 1
peinture C-Co liquide
Mlange et remplissage
la main, partiellement
protge
Irritation
cutane
2
P4 peinture C-Co liquide Nettoyage main nue
Irritation
cutane
3
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6.2 Analyse des risques
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6 tude de cas
On remarque que P1 et P2 ont t regroupes en raison des expositions identiques.
P3 nimplique normalement pas dexposition : la cabine est ventile et le peintre
bien plac.
6.2.4 Liste des situations dangereuses
Il ny a pas daccident envisageable pour P4.
6.2.5 Estimation des risques
m Risques chroniques :
Le niveau dexposition ne peut tre attribu quune fois tous les indices dexposition
connus. Le classement du risque ne diffre pas, dans ce cas, du niveau dexposition,
puisque le niveau de danger est constant.
Action Agent
Famille
de danger
Forme Situation vnement Dommage
Risque
n
P1
et P2
xylne A-IE vapeurs
Atmosphre
explosive
prsente
tincelle lectrique,
explosion
Lsions,
dcs
4
xylne A-In vapeurs
Manipulation
de bidon
Renversement de
bidon, vaporation
de 10 l.
Intoxication
aigu
5
xylne A-IE vapeurs
Manipulation
de bidon
Renversement de
bidon, vaporation
de 10 l., tincelle
dans atelier voisin,
explosion
Lsions,
dcs
6
P3 peinture A-IE arosol
Atmosphre
explosive
potentielle
Panne de ventilation,
tincelle dlectricit
statique, explosion
Lsions,
dcs
7
Risque
n
Famille
de danger
Niveau
de
danger
Dure
(min)
Frquence/
jour
R ou C
(1 3)
Ir/Ic
Niveau
dexposition
(1 3)
Importance
du risque
(1 3)
1 In 3 4 4 1 16 1 1
2 Co 3 4 4 1 16 1 1
3 Co 3 10 4 2 80 2 2
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298
6.2 Analyse des risques 6 tude de cas
m Risques accidentels
Le tableau est apparemment plus simple, mais il ne montre pas les paramtres qui
aident xer les niveaux de gravit et de probabilit. Ceux-ci sont toujours attribus en
relatif, cest--dire que lon attribue dabord les cotes maximum et minimum, puis
toutes les autres.
Il en rsulte un classement des risques par priorit pour aborder la phase prvention :
On aurait pu aussi classer les actions par leur cote de risque total :
Le plan daction se dgage ainsi clairement.
Risque n
Famille de
danger
Niveau de
gravit
(1 3)
Niveau de
probabilit
(1 3)
Importance du
risque
(1 3)
4 IE 2 2 3
5 In 1 3 2
6 IE 3 2 3
7 IE 2 1 1
Priorit Action
Risque
n
Famille
de danger
Action vise
Urgent
P1 + P2 4 A-IE Prparation de peinture et remplissage pot
P1 + P2 6 A-IE Prparation de peinture et remplissage pot
faire
P4 3 C-Co Nettoyage du pot
P1 + P2 5 A-In Prparation de peinture et remplissage pot
Peut
attendre
P1 + P2
1 C-In
Prparation de peinture et
remplissage pot
2 C-Co
P3 7 A-IE Pulvrisation en cabine
Action Risques concerns Cote cumule des risques
P1 + P2 1-2-4-5-6 1 + 1 + 3 + 2 + 3 = 10
P4 3 2
P3 7 1
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6.3 Mesures de prvention
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6 tude de cas
6.3 Mesures de prvention
En repartant du tableau prcdent, on ajoute dabord systmatiquement les cinq
objectifs et on cherche des mesures pour chacun deux, en sinspirant des rgles
nonces dans le chapitre 4.
Risque
n
Famille
de
danger
Action vise
Objectif de
prvention
Mesure possible
4 A-IE
Prparation
de peinture et
remplissage pot
Agent chimique
Emploi de panneaux pr-peints
Peinture hydrodiluable
Situation Captage des vapeurs
vnement Matriel atex
Dommage Nant
6 A-IE
Prparation
de peinture et
remplissage pot
Agent chimique
Emploi de panneaux pr-peints
Peinture hydrodiluable
Situation
Ajout des composants par pompe
dans pot ferm
vnement
Isolement de la zone de travail
Formation au risque
Dommage Capacit de rtention
3 C-Co
Nettoyage
du pot
Agent chimique Emploi de panneaux pr-peints
Exposition
Machine laver
Port de gants
Dommage Lavage des mains
5 A-In
Prparation
de peinture et
remplissage pot
Agent chimique
Emploi de panneaux pr-peints
Peinture hydrodiluable
Situation
Ajout des composants par pompe
dans pot ferm
Captage des vapeurs
vnement Formation au risque
Dommage Port de protection respiratoire
[Link] Page 299 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
300
6.3 Mesures de prvention 6 tude de cas
Ce tableau appelle plusieurs remarques importantes :
La mthode fournit une quantit de mesures possibles inimaginable par une simple
intuition.
Des mesures reviennent souvent, ce qui signie quelles ont une large porte.
Aucune dcision nest immdiatement possible. Il faut une premire tude pour
liminer les moins ralistes.
Le choix de certaines mesures en exclut dautres. Ainsi, le passage une peinture
hydrodiluable limine toutes les mesures de prvention des explosions.
partir de cette numration de 17 mesures diffrentes, on peut dgager 8 grandes
options et les confronter au contexte global de lentreprise.
Risque
n
Famille
de
danger
Action vise
Objectif de
prvention
Mesure possible
1 C-In
Prparation
de peinture
Agent chimique
Emploi de panneaux pr-peints
Peinture hydrodiluable
Exposition
Ajout des composants par pompe
dans pot ferm.
Captage des vapeurs
Dommage Port de protection respiratoire
2 C-Co Remplissage pot
Agent chimique Emploi de panneaux pr-peints
Exposition
Robot de peinturage
Remplissage par pompe
Dommage Port de gants
7 A-IE
Pulvrisation
en cabine
Agent chimique
Emploi de panneaux pr-peints
Peinture hydrodiluable
Situation Robot de peinturage
vnement
Fiabilisation de lalimentation
lectrique
Asservissement du pistolet
la ventilation
Vtements et tuyaux
antistatiques
Dommage
Panneau de dcompression
sur la cabine
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6.4 Conclusion
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6 tude de cas
Les autres mesures ne sont cites quune fois. Lexamen de ce tableau conduit faci-
lement la solution idale, cest--dire le meilleur compromis entre lefcacit et
la faisabilit. Ce compromis serait :
formation au risque (facilitera ladoption des autres mesures) ;
utiliser des panneaux pr-peints chaque fois que possible (cest dj le cas) ;
installer un poste de prparation isol avec captage des vapeurs (en rtention) ;
installer une machine laver les pots ;
installer un mlangeur-doseur mcanis et clos (fonctionne quelle que soit la
peinture) ;
passer progressivement la peinture hydrodiluable (90 % terme).
Notons quarriv au stade n 5, les risques couverts seraient : 1-3-4-5-6, donc la
totalit de ceux qui sont estims en niveaux 2 et 3. Un tel plan de prvention,
reposant sur une analyse rationnelle des risques et un choix calcul des mesures, a
toutes les chances dtre adopt et appliqu par tous les acteurs de lentreprise.
6.4 Conclusion
Cette tude de cas, qui ne porte que sur une opration simple, avec peu dactions
et peu dagents chimiques, se rvle nalement dj dlicate mener bien. Cela
dmontre limportance dune organisation rigoureuse pour bien respecter la mtho-
dologie dans des situations plus complexes, que lon trouve mme dans de petites
entreprises, surtout si lon intgre la protection de lenvironnement. Il existe beaucoup
Option Principe
Risques
couverts
Dlai de mise
en place
Remarques
A Emploi de panneaux pr-peints Tous 1 an
Ne peut sappliquer qu
50 % de la production
B Peinture hydrodiluable 1-4-5-6-7 3 mois valider en clientle
C Robot de peinturage 2-7 6 mois
Investissement trop lourd
pour la quantit
D
Captage des vapeurs (sur poste de
prparation)
1-4-5 1 mois Facile raliser
E
Ajout des composants par pompe
dans pot ferm (un mlangeur-
doseur mcanis et clos)
1-5-6 3 mois
Demande une autre
organisation du travail
et une qualification
F Port de protection respiratoire 1-5 1 semaine Facile, mais inconfortable
G Port de gants 2-3 1 jour Facile, mais gne la prcision
H Formation au risque 5-6 3 mois Utile dans tous les cas
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6.4 Conclusion 6 tude de cas
dautres mthodes, qui attirent par leur simplicit et leur rapidit, mais peut-on se
contenter dun rsultat approximatif en matire de protection de la sant et de
lenvironnement ? Lapplication de normes ISO 9000 et ISO 14000 a aussi montr
que la qualit est toujours le fruit dun investissement lourd, comme tous ceux qui
garantissent lavenir de lentreprise.
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7 ORGANISATION DE LA DMARCHE
Le bon droulement de la dmarche de prvention des risques dans lentreprise
ncessite une organisation particulire tenant compte de limplication de
nombreux acteurs et du recueil de nombreuses informations. Mme si cet ouvrage
se consacre au risque chimique, il serait tonnant quune telle dmarche se limite
ce risque. Cest pourquoi le paragraphe 4.5 indique comment raliser lextrapolation
vers les autres risques et le paragraphe 5.4 pour lenvironnement. La rcapitulation
de toutes les tapes suivre, quels que soient les risques, est la suivante :
7.1 Chronologie gnrale
Figure 7.1
Dcision de lentreprise
Choix dune mthode de travail
Mise en place des moyens
Recensement des agents chimiques
Planification des tudes
Identification des risques
Estimation des risques
Fixation des priorits
Ralisation
Choix des mesures
Recherche des mesures possibles
Mise en place
de la dmarche
valuation
des risques
Action de
prvention
valuation des mesures
[Link] Page 303 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
304
7.2 Mise en place des moyens 7 Organisation de la dmarche
7.2 Mise en place des moyens
La prvention des risques professionnels ou environnementaux conduit gnralement
des changements qui relvent du management, ne serait-ce que pour les aspects
nanciers. Lengagement daller au bout, de la part de la direction de lentreprise,
du service, ou de toute autre structure, est une condition fondamentale. Cet enga-
gement doit tre pris, annonc et expliqu, comme on le fait pour toute dcision
stratgique qui implique lensemble du personnel. Cest lun des ressorts de la
motivation de ses acteurs. Pour tre conduite son terme dans un dlai raisonnable
et avec une prcision sufsante, la dmarche de prvention doit tre gre en tant
que projet. Cela suppose :
la dsignation dun chef de projet, dment form ce domaine ;
linformation et la communication sur la dmarche envers lensemble du
personnel, de faon en faire un objectif dentreprise ;
la constitution dun groupe de travail, intgrant plusieurs comptences, dont la
composition peut varier en fonction des besoins. Tous les membres disposent
dun crdit de temps sufsant pour leur participation. Ce groupe inclut des
membres du CHSCT ou des reprsentants du personnel et le service de sant
au travail ;
la formation des personnes concernes. Il existe de nombreuses offres de forma-
tion sur des mthodes comme lAMDEC ou HAZOP, sur la toxicologie, sur la
mtrologie des polluants et sur la cration et la gestion de bases de donnes ;
la formalisation dune quipe denquteurs pour aller visiter les postes de travail et
questionner le personnel. Cest probablement la fonction la plus consommatrice
de temps ;
la mise disposition dun local de runion, de mobilier et de moyens bureautiques
pour le travail dchange et denregistrement ;
la mise disposition doutils informatiques spcialiss pour lenregistrement et
la mise en forme des donnes. Une base de donnes programmable nous parat
tre loutil indispensable pour enregistrer toutes les donnes prvues et les grer
pour faciliter les estimations et les dcisions. Elle servira en outre au suivi du
plan de prvention. Aucun des logiciels commerciaux actuels ddis aux risques
professionnels ne respecte totalement la mthodologie de cet ouvrage.
Ces moyens sont videmment proportionner la taille de lentreprise ou du service.
Ce qui est indispensable, cest la nomination dun chef de projet et la libration du
temps ncessaire. Les moyens dpendent aussi du dlai que lon saccorde. Il nest
pas exceptionnel dtaler la dmarche sur plusieurs annes, comme pour la qualit,
condition davoir identi les urgences. Cette dmarche est dailleurs conforme
aux principes prconiss par les instances ofcielles de la prvention des risques
professionnels
1
.
1. Ces cinq principes ont t publis par lINRS sous la rfrence ED 886 (valuation des risques profes-
sionnels Principes et pratiques recommands par la CNAMTS, les CRAM, les CGSS et lINRS).
[Link] Page 304 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
7.3 Recensement des agents chimiques
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7 Organisation de la dmarche
7.3 Recensement des agents chimiques
Il est indispensable, et trs pratique, de disposer dun inventaire aussi complet que
possible des agents chimiques prsents dans lentreprise. Nous avons vu que cest
un outil de base pour lanalyse des risques, mais il savre utile dans dautres domaines,
tels que la logistique et les achats. Le premier recensement faire est celui des
produits approvisionns, cest--dire achets ou non. Il faut le faire sur plusieurs
annes et le vrier priodiquement par un inventaire physique. Normalement, le
recensement est maintenu jour par la saisie systmatique des entres et des sorties
de produits. Des produits chappent parfois tout contrle, parce quils sont livrs
comme partie dun tout, qui peut tre un quipement. Par exemple, une machine
laver avec un contrat de fourniture de lessive, ou un lubriant spcique dune
machine.
Notons que la plupart de ces donnes sont normalement saisies ds la demande
dachat (ou denlvement) et conrmes la livraison, condition quune organi-
sation adquate ait t mise en place. La tenue dune base de donnes permet
notamment un acheteur de dtecter les demandes redondantes et de prvoir
dventuelles ruptures de stock.
Il faut ensuite recenser tous les produits gnrs par lactivit : vapeurs, poussires,
fumes, etc. Les dchets chimiques doivent aussi tre identis et donner lieu
des sorties . Les produits gnrs par lactivit ne peuvent tre reprs que par
lobservation du travail, aide par le questionnement des oprateurs et ventuelle-
ment par une mtrologie adapte. Il nest pas forcment judicieux de les placer
dans la mme liste que les produits chimiques classiques, mais plutt dans une
base spcialise en raison de leur lien avec une activit particulire.
Sachant quun agent chimique peut se retrouver dans de nombreuses tches et dans
de nombreux procds, sans parler de lapproche environnementale, il est indispen-
sable que la base de donnes de tous les agents chimiques prsents, mme tempo-
rairement, contienne toutes les informations utiles concernant chaque produit.
Ces informations sont trs nombreuses ; en voici un inventaire possible :
m Les lments didentification
les diffrents noms possibles dun agent chimique ;
le numro CAS ou EINECS ou le numro dindex de lUE ;
la rfrence interne lentreprise, si ncessaire ;
le grade de puret ou la concentration.
m Les informations rglementaires de scurit
les symboles de dangers ;
les phrases R ;
les phrases S ;
le code SGH ;
le numro ONU pour le classement transport.
[Link] Page 305 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
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7.3 Recensement des agents chimiques 7 Organisation de la dmarche
m Les donnes oprationnelles
les conditionnements ;
les lieux de dpt et dutilisation ;
les usages prvus ou les procds concerns ;
la consommation annuelle ;
la frquence de mise en uvre (par an ou par mois).
m Les donnes physiques
le point dbullition ;
la pression de vapeur ;
le point dclair ;
les LIE et LSE ;
la granulomtrie ;
le point de fusion ;
les sensibilits particulires.
m Les donnes toxicologiques
les VLEP ;
les DL
50
et CL
50
;
les classements CMR et CIRC ;
lexistence de tableaux MP ;
les donnes cotoxicologiques.
Cela fait beaucoup dinformations, mais elles serviront dans plusieurs domaines :
scurit, environnement, gestion, achats, etc. Cette base prsente lnorme avan-
tage de regrouper des informations habituellement disperses. Elles proviennent
du fournisseur, des services analytiques, de sant au travail, dachats, de logistique
et dordonnancement, selon lorganisation de lentreprise. Le second avantage est
que ces donnes peuvent alors tre facilement accessibles tous, ds lors quun rseau
informatique est disponible. Cette centralisation peut aussi avoir des retombes
telles que des changes dinformations entre destinataires des produits et, parfois,
une rduction du nombre de produits rfrencs.
Dans le cas particulier des intermdiaires de synthse de lindustrie chimique (voir
paragraphe 5.2), lentreprise doit agir en tant que fournisseur et faire de la classi-
cation volontaire. Quant aux agents gnrs par lactivit sous forme de vapeurs,
les dangers mentionner sont ceux des produits lorigine de lmission. Sil sagit
de poussires ou de fumes, il faut toujours identier leur origine et procder des
analyses. Quand le produit dorigine nest pas tiquetable, comme dans le cas des
matriaux (bois, ciment, verre, bres, etc.), le caractre dangereux est indiqu par
lexistence dune valeur limite dexposition professionnelle (VLEP). On peut se rfrer
au tableau du paragraphe 2.3.5. ou lannexe 4. Il serait judicieux dans ce cas dattri-
buer cette mission une phrase de risque adquate, que lon fera gurer dans la base
de donnes. Pour les dchets, on se rfre aux produits lorigine de leur gnra-
tion, ce qui suppose un suivi rigoureux du devenir de tous les produits entrants.
Dautres documents permettent de complter ou de vrier les informations de
danger. Le premier dentre eux est la bien connue che de donnes de scurit (FDS).
[Link] Page 306 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
7.4 Reprage des urgences
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7 Organisation de la dmarche
Parmi les 16 rubriques qui la composent, 11 ont un intrt particulier dans notre
dmarche :
1) identication ;
2) dangers ;
3) composition ;
7) prcautions (stockage, emploi, manipulation) ;
8) VLEP et protections individuelles ;
9) proprits physico-chimiques ;
10) stabilit et ractivit ;
11) toxicologie ;
12) informations cologiques ;
15) rglementation ;
16) autres informations.
Une autre source trs riche dinformations est constitue par les ches toxicologiques
de lINRS, maintenant disponibles sur le site Internet. Malheureusement, elles ne
concernent quun nombre limit de substances. Les fournisseurs de produits chimi-
ques proposent souvent en plus des FDS des dossiers plus ou moins complets sur
leurs produits. Il existe en outre beaucoup douvrages spcialiss dans les donnes
de scurit qui permettent de recouper les informations. Mais le plus simple est
encore de se rfrer la liste ofcielle de classement des substances, par accs au
site de lUE
1
, qui en comporte aujourdhui prs de 3 500.
La base des agents chimiques, si elle est bien organise, permet de rendre toutes ces
informations accessibles rapidement et de faciliter ainsi la progression du projet.
Elle sera mise jour au fur et mesure que de nouvelles informations paraissent.
7.4 Reprage des urgences
Les risques identis, et donc les actions de prvention, peuvent tre sufsamment
nombreux et coteux pour que leur traitement demande plusieurs annes. Cest du
moins ce qui peut se passer si lon organise lanalyse selon lune des trois mthodes
voques au dbut de cet ouvrage. Il est donc indispensable de savoir rapidement
o peuvent se situer les risques les plus importants pour orienter le planning des
tudes vers les plus urgentes. Do la ncessit de disposer dune mthode de pr-
estimation rapide. Une telle mthode existe ; elle est base sur le potentiel de risque
de chaque agent chimique.
Le potentiel de risque associ un agent chimique exprime sa capacit thorique
gnrer une situation risque. En effet, il a t observ que les risques chroniques
ou accidentels les plus levs taient souvent en rapport avec le niveau de danger, la
quantit consomme et la frquence de mise en uvre de lagent chimique. Do
lide dun potentiel de risque fonction de ces trois paramtres, issue des travaux de
lINRS
2
. Son intrt rside dans un reprage rapide de situations risque important,
1. [Link]
2. Note documentaire de lINRS : Mthodologie dvaluation simplie du risque chimique, ND 2233.
[Link] Page 307 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
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7.4 Reprage des urgences 7 Organisation de la dmarche
avant de procder aux tudes de terrain. Pour calculer le potentiel de risque, il faut
suivre le mode opratoire suivant, qui est une variante simplie de celui de lINRS :
1) dterminer le niveau de danger ND de chaque agent ;
2) classer les produits par quantit consomme dcroissante, et leur attribuer le
rang R1 ;
3) classer les produits par frquence de mise en uvre dcroissante, et leur attri-
buer le rang R2 ;
4) calculer un indice dutilisation selon la formule : .
5) classer les indices dutilisation par valeur dcroissante et leur attribuer un
niveau de mise en uvre NO de 1 5 ;
6) combiner ce niveau de mise en uvre avec le niveau de danger du produit
selon la formule : potentiel de risque = (niveau de danger) 2 + (niveau de mise
en uvre). Cette formule privilgie le danger par rapport lexposition.
EXEMPLE :
Une entreprise a relev les informations suivantes concernant ses agents chimiques consomms :
Le mode opratoire sapplique ainsi, pas pas :
Niveaux de danger (selon annexe 4) :
Agent chimique
Consommation
annuelle (kg)
Phrases
de risque
Nombre de mises
en uvre par mois
Huile pour machine 200 nant 1
Peinture solvante 500 R10, R20/21, R38 20
Xylne 200 R10, R20/21, R38 20
Actonitrile 50 R11, R23/24/25 80
Soude 20 R35 10
Bicarbonate de sodium 100 nant 20
Poussires de bois 50 2
Fumes de soudure 2 10
Agent chimique Phrases de risque ND
Huile pour machine nant 1
Peinture solvante R10, R20/21, R38 3
Xylne R10, R20/21, R38 3
Actonitrile R11, R23/24/25 4
i
100
R1 R2
------------------- =
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7.4 Reprage des urgences
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7 Organisation de la dmarche
Quantits consommes :
Frquence de mise en uvre :
Soude R35 4
Bicarbonate de sodium nant 1
Poussires de bois (VLEP) 4
Fumes de soudure (VLEP) 3
Agent chimique
Consommation
annuelle (kg)
R1
Peinture solvante 500 1
Huile pour machine 200 2
Xylne 200 2
Bicarbonate de sodium 100 4
Actonitrile 50 5
Poussires de bois 50 5
Soude 20 7
Fumes de soudure 2 8
Agent chimique
Nombre de mises
en uvre par mois
R2
Actonitrile 80 1
Peinture solvante 20 2
Xylne 20 2
Bicarbonate de sodium 20 2
Soude 10 5
Fumes de soudure 10 5
Poussires de bois 2 7
Huile pour machine 1 8
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310
7.4 Reprage des urgences 7 Organisation de la dmarche
Indices dutilisation et niveaux de mise en uvre :
Potentiel de risque :
Ce tableau indique clairement lordre suivre pour conduire les analyses de risque, sachant quelles
peuvent, une fois ralises, montrer des urgences diffrentes. Cet exemple est trs simple, mais on
imagine lintrt de la mthode sur une liste de plusieurs centaines de produits. Le calcul peut tre
automatis, la seule difcult, sil en est, tant de recueillir les donnes ncessaires.
partir de la liste de tous les agents chimiques par potentiel de risque dcroissant,
il est facile de dterminer lordre des units de travail ou des procds dans lequel
on conduira le processus complet dvaluation des risques. Si un potentiel de
risque devait se dtacher nettement, il faudrait le traiter immdiatement. Bien
entendu, le potentiel de risque nindique quune probabilit de risque lev, quun
examen rapide peut fort bien invalider. Cest pourquoi ce choix des priorits
tiendra aussi compte de la connaissance de terrain des participants.
Agent chimique i = 100/R1 R2 NO
Peinture solvante 50,0 5
Xylne 25,0 4
Actonitrile 20,0 4
Bicarbonate de sodium 12,5 3
Huile pour machine 6,3 2
Poussires de bois 2,9 1
Soude 2,9 1
Fumes de soudure 2,5 1
Agent chimique ND NO PR
Actonitrile 4 4 12
Peinture solvante 3 5 11
Xylne 3 4 10
Soude 4 1 9
Poussires de bois 4 1 9
Fumes de soudure 3 1 7
Bicarbonate de sodium 1 3 5
Huile pour machine 1 2 4
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7.5 Application de la mthode
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7 Organisation de la dmarche
7.5 Application de la mthode
Il faut dabord runir quelques documents qui aideront la ralisation de cette
tape :
un organigramme complet, pour savoir qui fait quoi et qui est o ;
un plan dtaill de ltablissement pour situer les quipements, les actions et les
risques ;
un descriptif gnral des procds, indiquant les quipements, les produits et les
fonctions.
Le chapitre 3 dcrit la ralisation de lanalyse des risques, qui demande un examen
de toutes les actions ou des phases par personne ou par procd, mais lintrieur
dune grande unit de travail. Ces actions sont choisies en suivant les priorits
dnies prcdemment. Lapproche par produit, indispensable, ne peut se faire
que globalement, au niveau de ltablissement. Toutes les donnes sur les risques sont
enregistres dans la base cre cet effet. Il est souhaitable dorganiser des runions,
notamment avec le service de sant au travail, pour faire le point et communiquer
avec lensemble du personnel. Cette tape se termine par un rapport global sur
tous les risques dtects et estims, qui conduit des priorits de prvention.
La recherche des mesures de prvention fait appel des comptences diffrentes. Il
faut ce stade une large concertation de faon faciliter les changements possibles.
Toutes les comptences extrieures lentreprise peuvent enrichir la recherche. On
peut consulter les spcialistes en prvention, mais aussi les syndicats profession-
nels, les fournisseurs spcialiss, les consultants et la presse professionnelle. Des
tudes peuvent tre envisages et, pour cela, les partenaires et les moyens de nan-
cement sont assez nombreux. Une fois les choix arrts, ils sont enregistrs et
communiqus tous les intresss. Si un consensus est obtenu, toujours grce la
dynamique du chef de projet, les choix, avec les dlais prvus pour la ralisation,
entrent dans le plan de prvention, qui prcise les chances et le budget et, autant
que possible, le rle de chacun. Les mesures de prvention ne peuvent pas tre
dcides partout en mme temps, cest pourquoi le plan de prvention est volutif
et fait lobjet de mises jour rgulires.
Le chef de projet met aussi en place une organisation susceptible dassurer la mise
en uvre des mesures de prvention dcides, dans les dlais impartis et avec les
performances xes. cet effet, la rservation dun budget de prvention des
risques est essentielle. Cela ncessite la rdaction de cahiers des charges, raliss
avec les apports de comptences internes ou externes utiles et incluant des objectifs
de rsultats. Les travaux sont ensuite suivis avec des outils appropris et les rajus-
tements ventuellement ncessaires raliss. La rception des travaux doit se faire
par toutes les parties prenantes.
Une fois les mesures de prvention rendues oprationnelles, un temps dobservation
est dni, au terme duquel une validation est opre sur des critres techniques,
organisationnels et humains, rpondant notamment aux exigences cites au para-
graphe 4.4.2. En particulier, on pourra raliser de nouveaux prlvements, diff-
rents types de mtrologie (ventilation, bruit), ainsi que de nouvelles observations
des situations de travail pour dtecter tout ventuel dplacement de risque. En cas
[Link] Page 311 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
312
7.6 Adaptation au domaine
dactivit de lentreprise
7 Organisation de la dmarche
de non-atteinte, partielle ou totale, des objectifs de prvention, la dmarche devra
tre ritre pour dnir des nouvelles mesures.
Lensemble de ces conseils montre que le dmarrage dune dmarche de prvention
des risques est une opration lourde et ventuellement perturbatrice. Quand le
projet est bien lanc et bien organis, il se droule sans trop de difcults. Ensuite,
cest de plus en plus facile : lexprience a montr quaprs les premires mises en
place de mesures, un regain de conance apparat chez les employs, suivi par une
motivation aller plus vite et plus loin. Il savre que les oprateurs sont alors eux-
mmes la source dun progrs constant dans ce domaine.
7.6 Adaptation au domaine dactivit de lentreprise
On ne peut pas conduire la mme dmarche dans une entreprise artisanale et une
multinationale, de mme que dans le btiment et dans lalimentaire. Il y a donc
ncessit dadapter la mthodologie au prol de lentreprise. On remarque partout
un rexe qui consiste dire : une mthode lgre pour un petit effectif et une
lourde pour un gros effectif . Ce raisonnement ne tient pas lexamen. Lapplication
rigoureuse de la mthodologie nest fonction que de deux paramtres : la comp-
tence du chef de projet et le temps quil peut y consacrer. Il ne faut pas se laisser
impressionner par le terme chef de projet. Il dsigne simplement la personne qui a
t dsigne pour faire vivre la dmarche selon la volont afche du dcideur.
Dans une petite structure, cela peut tre par exemple un technicien, auquel on
affecte un crdit de quinze heures par mois pour sen occuper, sachant que ce nest
pas lui qui fait tout.
Ensuite, la lourdeur de la mthode ne sera fonction que de la prcision que lon
veut obtenir dans lanalyse des risques. Cest donc le nombre et la raret des
agents chimiques prsents qui sera dterminante. Avec une vingtaine de produits,
on peut aller vite et bien, comme le montre ltude de cas du chapitre 6. Avec
plusieurs centaines de produits, on tombe dans une confusion gnrale si lon nest
pas assez prcis. La prcision est une garantie de choix judicieux, cest dailleurs
une rgle universelle. Plus concrtement, ladaptation de la mthodologie consiste
respecter un cadre invariable et jouer sur la partie variable.
La partie invariable se rsume aux points suivants :
1) Analyser les risques avant de choisir les mesures.
2) Analyser les risques poste par poste, dans toutes les activits.
3) Reprer pour chaque poste laspect chronique et laspect accidentel.
4) Faire une estimation des risques pour ne pas se tromper de priorit.
5) Estimer les risques en combinant toujours : danger-exposition ou gravit-
probabilit.
6) Chercher les mesures dans lordre produit-exposition-dommage ou produit-
situation-vnement-dommage.
La partie variable porte sur la prcision des paramtres qui permettent de respecter les
points invariables. Ainsi, plutt que de dtailler lactivit par actions lmentaires,
on peut ne considrer que les oprations globales. On peut regarder comment
un polluant se dgage dans latmosphre, plutt que de faire de la mtrologie.
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7.6 Adaptation au domaine
dactivit de lentreprise
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7 Organisation de la dmarche
On peut se limiter aux activits les plus frquentes. On peut aussi supposer, a
priori, une exposition pour tout produit utilis. On peut lister les situations
dangereuses partir dune liste type. Et surtout, on peut dcliner la mthodologie
mentalement, ou oralement en runion, pour ne transcrire que ses conclusions. Ces
simplications aident franchir le pas, ce qui est positif. Mais elles aboutissent
souvent un rapport assez formel, pour ne pas dire rglementaire, et qui risque
dtre vou loubli.
En conclusion, la cl de lefcacit nest pas la simplicit dune mthode en quatre
pages, pour limiter le temps pass lappliquer, mais la clart et la cohrence des
concepts. Cest pourquoi nous esprons que ce livre rendra service toutes les
entreprises et tous les organismes, grands et petits, tents de faire un enjeu de la
protection de la sant humaine et de lenvironnement.
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8 ANNEXES
Annexe 1 Code du travail Phrases de risque R
(Sant et scurit)
CODE PHRASES DE RISQUE
R1 Explosif ltat sec.
R2 Risque dexplosion par le choc, la friction, le feu ou autres sources dignition.
R3 Grand risque dexplosion par le choc, la friction, le feu ou dautres sources dignition.
R4 Forme des composs mtalliques explosifs trs sensibles.
R5 Danger dexplosion sous laction de la chaleur.
R6 Danger dexplosion en contact ou sans contact avec lair.
R7 Peut provoquer un incendie.
R8 Favorise linflammation des matires combustibles.
R9 Peut exploser en mlange avec des matires combustibles.
R10 Inflammable.
R11 Facilement inflammable.
R12 Extrmement inflammable.
R14 Ragit violemment au contact de leau.
R14/15 Ragit violemment au contact de leau en dgageant des gaz extrmement inflammables.
R15 Au contact de leau, dgage des gaz extrmement inflammables.
R15/29 Au contact de leau, dgage des gaz toxiques et extrmement inflammables.
R16 Peut exploser en mlange avec des substances comburantes.
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316
Annexe 1 Code du travail
Phrases de risque R
8 Annexes
CODE PHRASES DE RISQUE
R17 Spontanment inflammable lair.
R18 Lors de lutilisation, formation possible de mlange vapeur-air inflammable/explosif.
R19 Peut former des peroxydes explosifs.
R20 Nocif par inhalation.
R20/21 Nocif par inhalation et par contact avec la peau.
R20/21/22 Nocif par inhalation, par contact avec la peau et par ingestion.
R20/22 Nocif par inhalation et par ingestion.
R21 Nocif par contact avec la peau.
R21/22 Nocif par contact avec la peau et par ingestion.
R22 Nocif en cas dingestion.
R23 Toxique par inhalation.
R23/24 Toxique par inhalation et par contact avec la peau.
R23/24/25 Toxique par inhalation, par contact avec la peau et par ingestion.
R23/25 Toxique par inhalation et par ingestion.
R24 Toxique par contact avec la peau.
R24/25 Toxique par contact avec la peau et par ingestion.
R25 Toxique en cas dingestion.
R26 Trs toxique par inhalation.
R26/27 Trs toxique par inhalation et par contact avec la peau.
R26/27/28 Trs toxique par inhalation, par contact avec la peau et par ingestion.
R26/28 Trs toxique par inhalation et par ingestion.
R27 Trs toxique par contact avec la peau.
R27/28 Trs toxique par contact avec la peau et par ingestion.
R28 Trs toxique en cas dingestion.
R29 Au contact de leau, dgage des gaz toxiques.
R30 Peut devenir facilement inflammable pendant lutilisation.
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Annexe 1 Code du travail
Phrases de risque R
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8 Annexes
CODE PHRASES DE RISQUE
R31 Au contact dun acide, dgage un gaz toxique.
R32 Au contact dun acide, dgage un gaz trs toxique.
R33 Danger deffets cumulatifs.
R34 Provoque des brlures.
R35 Provoque de graves brlures.
R36 Irritant pour les yeux.
R36/37 Irritant pour les yeux et les voies respiratoires.
R36/37/38 Irritant pour les yeux, les voies respiratoires et la peau.
R36/38 Irritant pour les yeux et la peau.
R37 Irritant pour les voies respiratoires.
R37/38 Irritant pour les voies respiratoires et la peau.
R38 Irritant pour la peau.
R39 Danger deffets irrversibles trs graves.
R39/23 Toxique : danger deffets irrversibles trs graves par inhalation.
R39/23/24
Toxique : danger deffets irrversibles trs graves par inhalation et par contact
avec la peau.
R39/23/24/
25
Toxique : danger deffets irrversibles trs graves par inhalation, par contact
avec la peau et par ingestion.
R39/23/25 Toxique : danger deffets irrversibles trs graves par inhalation et par ingestion.
R39/24 Toxique : danger deffets irrversibles trs graves par contact avec la peau.
R39/24/25
Toxique : danger deffets irrversibles trs graves par contact avec la peau
et par ingestion.
R39/25 Toxique : danger deffets irrversibles trs graves par ingestion.
R39/26 Trs toxique : danger deffets irrversibles trs graves par inhalation.
R39/26/27
Trs toxique : danger deffets irrversibles trs graves par inhalation et par contact
avec la peau.
R39/26/27/
28
Trs toxique : danger deffets irrversibles trs graves par inhalation, par contact
avec la peau et par ingestion.
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Annexe 1 Code du travail
Phrases de risque R
8 Annexes
CODE PHRASES DE RISQUE
R39/26/28 Trs toxique : danger deffets irrversibles trs graves par inhalation et par ingestion.
R39/27 Trs toxique : danger deffets irrversibles trs graves par contact avec la peau.
R39/27/28
Trs toxique : danger deffets irrversibles trs graves par contact avec la peau
et par ingestion.
R39/28 Trs toxique : danger deffets irrversibles trs graves par ingestion.
R40 Effet cancrogne suspect preuves insuffisantes.
R41 Risque de lsions oculaires graves.
R42 Peut entraner une sensibilisation par inhalation.
R42/43 Peut entraner une sensibilisation par inhalation et contact avec la peau.
R43 Peut entraner une sensibilisation par contact avec la peau.
R44 Risque dexplosion si chauff en ambiance confine.
R45 Peut causer le cancer.
R46 Peut causer des altrations gntiques hrditaires.
R48 Risque deffets graves pour la sant en cas dexposition prolonge.
R48/20 Nocif : risque deffets graves pour la sant en cas dexposition prolonge par inhalation.
R48/20/21
Nocif : risque deffets graves pour la sant en cas dexposition prolonge par inhalation
et par contact avec la peau.
R48/20/21/
22
Nocif : risque deffets graves pour la sant en cas dexposition prolonge par inhalation,
contact avec la peau et ingestion.
R48/20/22
Nocif : risque deffets graves pour la sant en cas dexposition prolonge par inhalation
et par ingestion.
R48/21
Nocif : risque deffets graves pour la sant en cas dexposition prolonge par contact
avec la peau.
R48/21/22
Nocif : risque deffets graves pour la sant en cas dexposition prolonge par contact
avec la peau et par ingestion.
R48/22 Nocif : risque deffets graves pour la sant en cas dexposition prolonge par ingestion.
R48/23
Toxique : risque deffets graves pour la sant en cas dexposition prolonge
par inhalation.
R48/23/24
Toxique : risque deffets graves pour la sant en cas dexposition prolonge
par inhalation et par contact avec la peau.
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Annexe 1 Code du travail
Phrases de risque R
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8 Annexes
CODE PHRASES DE RISQUE
R48/23/24/
25
Toxique : risque deffets graves pour la sant en cas dexposition prolonge
par inhalation, par contact avec la peau et par ingestion.
R48/23/25
Toxique : risque deffets graves pour la sant en cas dexposition prolonge
par inhalation et par ingestion.
R48/24
Toxique : risque deffets graves pour la sant en cas dexposition prolonge par contact
avec la peau.
R48/24/25
Toxique : risque deffets graves pour la sant en cas dexposition prolonge par contact
avec la peau et par ingestion.
R48/25
Toxique : risque deffets graves pour la sant en cas dexposition prolonge par
ingestion.
R49 Peut causer le cancer par inhalation.
R60 Peut altrer la fertilit.
R61 Risque pendant la grossesse deffets nfastes pour lenfant.
R62 Risque possible daltration de la fertilit.
R63 Risque possible pendant la grossesse deffets nfastes pour lenfant.
R64 Risque possible pour les bbs nourris au lait maternel.
R65 Nocif : peut provoquer une atteinte des poumons en cas dingestion.
R66 Lexposition rpte peut provoquer desschement ou gerures de la peau.
R67 Linhalation de vapeurs peut provoquer somnolence et vertiges.
R68 Possibilit deffets irrversibles.
R68/20 Nocif : possibilit deffets irrversibles par inhalation.
R68/20/21 Nocif : possibilit deffets irrversibles par inhalation et par contact avec la peau.
R68/20/21/
22
Nocif : possibilit deffets irrversibles par inhalation, par contact avec la peau
et par ingestion.
R68/20/22 Nocif : possibilit deffets irrversibles par inhalation et par ingestion.
R68/21 Nocif : possibilit deffets irrversibles par contact avec la peau.
R68/21/22 Nocif : possibilit deffets irrversibles par contact avec la peau et par ingestion.
R68/22 Nocif : possibilit deffets irrversibles par ingestion.
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320
Annexe 2 Code du travail
Phrases S
8 Annexes
Annexe 2 Code du travail Phrases S
CODE CONSEILS DE PRUDENCE
S1 Conserver sous cl.
S2 Conserver hors de la porte des enfants.
S3 Conserver dans un endroit frais.
S4 Conserver lcart de tout local dhabitation.
S5 Conserver sous (liquide appropri spcifier par le fabricant).
S6 Conserver sous (gaz inerte spcifier par le fabricant).
S7 Conserver le rcipient bien ferm.
S8 Conserver le rcipient labri de lhumidit.
S9 Conserver le rcipient dans un endroit bien ventil.
S12 Ne pas fermer hermtiquement le rcipient.
S13 Conserver lcart des aliments et boissons y compris ceux pour animaux.
S14 Conserver lcart des (matire(s) incompatible(s) indiquer par le fabricant).
S15 Conserver lcart de la chaleur.
S16 Conserver lcart de toute flamme ou source dtincelles Ne pas fumer.
S17 Tenir lcart des matires combustibles.
S18 Manipuler et ouvrir le rcipient avec prudence.
S20 Ne pas manger et ne pas boire pendant lutilisation.
S21 Ne pas fumer pendant lutilisation.
S22 Ne pas respirer les poussires.
S23
Ne pas respirer les gaz/vapeurs/fumes/arosols (terme(s) appropri(s) indiquer
par le fabricant).
S24 viter le contact avec la peau.
S25 viter le contact avec les yeux.
S26
En cas de contact avec les yeux, laver immdiatement et abondamment avec de leau
et consulter un spcialiste.
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Annexe 2 Code du travail
Phrases S
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8 Annexes
CODE CONSEILS DE PRUDENCE
S27 Enlever immdiatement tout vtement souill ou clabouss.
S28
Aprs contact avec la peau, se laver immdiatement et abondamment avec (produits
appropris indiquer par le fabricant).
S29 Ne pas jeter les rsidus lgout.
S30 Ne jamais verser de leau dans ce produit.
S33 viter laccumulation de charges lectrostatiques.
S34 viter le choc et le frottement.
S35
Ne se dbarrasser de ce produit et de son rcipient quen prenant toute prcaution
dusage.
S36 Porter un vtement de protection appropri.
S37 Porter des gants appropris.
S38 En cas de ventilation insuffisante, porter un appareil respiratoire appropri.
S39 Porter un appareil de protection des yeux/du visage.
S40
Pour nettoyer le sol ou les objets souills par ce produit, utiliser ( prciser par le
fabricant).
S41 En cas dincendie et/ou dexplosion, ne pas respirer les fumes.
S42
Pendant les fumigations/pulvrisations, porter un appareil respiratoire appropri
(terme(s) appropri(s) indiquer par le fabricant).
S43
En cas dincendie, utiliser (moyens dextinction prciser par le fabricant. Si leau
augmente les risques, ajouter Ne jamais utiliser leau ).
S44 En cas de malaise, consulter un mdecin (si possible lui montrer ltiquette).
S45
En cas daccident ou de malaise, consulter immdiatement un mdecin (si possible lui
montrer ltiquette).
S46
En cas dingestion, consulter immdiatement un mdecin et lui montrer lemballage
ou ltiquette.
S47 Conserver une temprature ne dpassant pas C ( prciser par le fabricant).
S48 Maintenir humide avec (moyen appropri prciser par le fabricant).
S49 Conserver uniquement dans le rcipient dorigine.
S50 Ne pas mlanger avec ( spcifier par le fabricant).
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322
Annexe 2 Code du travail
Phrases S
8 Annexes
CODE CONSEILS DE PRUDENCE
S51 Utiliser seulement dans des zones bien ventiles.
S52 Ne pas utiliser sur de grandes surfaces dans des locaux habits.
S53 viter lexposition, se procurer des instructions spciales avant lutilisation.
S56
liminer ce produit et son rcipient dans un centre de collecte des dchets dangereux
ou spciaux.
S57 Utiliser un rcipient appropri pour viter toute contamination du milieu ambiant.
S59
Consulter le fabricant ou le fournisseur pour des informations relatives la rcupration
ou au recyclage.
S60 liminer le produit et son rcipient comme un dchet dangereux.
S61
viter le rejet dans lenvironnement. Consulter les instructions spciales/la fiche de
donnes de scurit.
S62
En cas dingestion, ne pas faire vomir : consulter immdiatement un mdecin et lui
montrer lemballage ou ltiquette.
Phrases combines
S1/2 Conserver sous cl et hors de porte des enfants.
S3/7 Conserver le rcipient bien ferm dans un endroit frais.
S3/9/14
Conserver dans un endroit frais et bien ventil lcart des (matires incompatibles
indiquer par le fabricant).
S3/9/14/49
Conserver uniquement dans le rcipient dorigine dans un endroit frais bien ventil
lcart des (matires incompatibles indiquer par le fabricant).
S3/9/49 Conserver uniquement dans le rcipient dorigine dans un endroit frais et bien ventil.
S3/14
Conserver dans un endroit frais lcart des (matires incompatibles indiquer
par le fabricant).
S7/8 Conserver le rcipient bien ferm et labri de lhumidit.
S7/9 Conserver le rcipient bien ferm et dans un endroit bien ventil.
S7/47
Conserver le rcipient bien ferm et une temprature ne dpassant pasC
( prciser par le fabricant).
S20/21 Ne pas manger, ne pas boire et ne pas fumer pendant lutilisation.
S24/25 viter le contact avec la peau et les yeux.
[Link] Page 322 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
Annexe 2 Code du travail
Phrases S
323
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.
8 Annexes
CODE CONSEILS DE PRUDENCE
S29/56
Ne pas jeter les rsidus lgout, liminer ce produit et son rcipient dans un centre
de collecte des dchets dangereux ou spciaux.
S36/37 Porter un vtement de protection et des gants appropris.
S36/37/39
Porter un vtement de protection appropri, des gants et un appareil de protection
des yeux/du visage.
S36/39
Porter un vtement de protection appropri et un appareil de protection des yeux/du
visage.
S37/39 Porter des gants appropris et un appareil de protection des yeux/du visage.
S47/49
Conserver uniquement dans le rcipient dorigine temprature ne dpassant pas C
( prciser par le fabricant).
[Link] Page 323 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
324
Annexe 3 ADR Signification des numros
didentification du danger
8 Annexes
Annexe 3 ADR Signification des numros
didentification du danger
20 gaz asphyxiant ou qui ne prsente pas de risque subsidiaire
22 gaz liqufi rfrigr, asphyxiant
223 gaz liqufi rfrigr, inflammable
225 gaz liqufi rfrigr, comburant (favorise lincendie)
23 gaz inflammable
239 gaz inflammable, pouvant produire spontanment une raction violente
25 gaz comburant (favorise lincendie)
26 gaz toxique
263 gaz toxique, inflammable
265 gaz toxique et comburant (favorise lincendie)
268 gaz toxique et corrosif
30
matire liquide inflammable (point dclair de 23 C 61 C, valeurs limites comprises)
ou matire liquide inflammable ou matire solide ltat fondu ayant un point dclair
suprieur 61 C, chauffe une temprature gale ou suprieure son point dclair,
ou matire liquide auto-chauffante
323 matire liquide inflammable ragissant avec leau en dgageant des gaz inflammables
X323
matire liquide inflammable ragissant dangereusement avec leau en dgageant des gaz
inflammables
33 matire liquide trs inflammable (point dclair infrieur 23 C)
333 matire liquide pyrophorique
X333 matire liquide pyrophorique ragissant dangereusement avec leau
336 matire liquide trs inflammable et toxique
338 matire liquide trs inflammable et corrosive
X338 matire liquide trs inflammable et corrosive, ragissant dangereusement avec leau
339 matire liquide trs inflammable, pouvant produire spontanment une raction violente
36
matire liquide inflammable (point dclair de 23 C 61 C, valeurs limites comprises),
prsentant un degr mineur de toxicit, ou matire liquide auto-chauffante et toxique
[Link] Page 324 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
Annexe 3 ADR Signification des numros
didentification du danger
325
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8 Annexes
362 matire liquide inflammable, toxique, ragissant avec leau en mettant des gaz inflammables
X362
matire liquide inflammable, toxique, ragissant dangereusement avec leau en dgageant
des gaz inflammables
368 matire liquide inflammable, toxique et corrosive
38
matire liquide inflammable (point dclair de 23 C 61 C, valeurs limites comprises),
prsentant un degr mineur de corrosivit, ou matire liquide auto-chauffante et corrosive
382
matire liquide inflammable, corrosive, ragissant avec leau en dgageant des gaz
inflammables
X382
matire liquide inflammable, corrosive, ragissant dangereusement avec leau en dgageant
des gaz inflammables
39 liquide inflammable, pouvant produire spontanment une raction violente
40 matire solide inflammable ou matire autoractive ou matire auto-chauffante
423 matire solide ragissant avec leau en dgageant des gaz inflammables
X423
matire solide inflammable, ragissant dangereusement avec leau en dgageant des gaz
inflammables.
43 matire solide spontanment inflammable (pyrophorique)
44 matire solide inflammable qui, une temprature leve, se trouve ltat fondu
446 matire solide inflammable et toxique qui, une temprature leve, se trouve ltat fondu
46 matire solide inflammable ou auto-chauffante, toxique
462 matire solide toxique, ragissant avec leau en dgageant des gaz inflammables
X462 matire solide, ragissant dangereusement avec leau en dgageant des gaz toxiques
48 matire solide inflammable ou auto-chauffante, corrosive
482 matire solide corrosive, ragissant avec leau en dgageant des gaz inflammables
X482 matire solide, ragissant dangereusement avec leau en dgageant des gaz corrosifs
50 matire comburante (favorise lincendie)
539 peroxyde organique inflammable
55 matire trs comburante (favorise lincendie)
556 matire trs comburante (favorise lincendie), toxique
558 matire trs comburante (favorise lincendie) et corrosive
[Link] Page 325 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
326
Annexe 3 ADR Signification des numros
didentification du danger
8 Annexes
559
matire trs comburante (favorise lincendie) pouvant produire spontanment une raction
violente
56 matire comburante (favorise lincendie), toxique
568 matire comburante (favorise lincendie), toxique, corrosive
58 matire comburante (favorise lincendie), corrosive
59
matire comburante (favorise lincendie) pouvant produire spontanment une raction
violente
60 matire toxique ou prsentant un degr mineur de toxicit
606 matire infectieuse
623 matire toxique liquide, ragissant avec leau en dgageant des gaz inflammables
63 matire toxique et inflammable (point dclair de 23 C 61 C, valeurs limites comprises)
638
matire toxique et inflammable (point dclair de 23 C 61 C, valeurs limites comprises)
et corrosive
639
matire toxique et inflammable (point dclair gal ou infrieur 61 C), pouvant produire
spontanment une raction violente
64 matire toxique solide, inflammable ou auto-chauffante
642 matire toxique solide, ragissant avec leau en dgageant des gaz inflammables
65 matire toxique et comburante (favorise lincendie)
66 matire trs toxique
663 matire trs toxique et inflammable (point dclair gal ou infrieur 61 C)
664 matire trs toxique solide, inflammable ou auto-chauffante
665 matire trs toxique et comburante (favorise lincendie)
668 matire trs toxique et corrosive
669 matire trs toxique, pouvant produire spontanment une raction violente
68 matire toxique et corrosive
69
matire toxique ou prsentant un degr mineur de toxicit, pouvant produire
spontanment une raction violente
70 matire radioactive
78 matire radioactive, corrosive
[Link] Page 326 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
Annexe 3 ADR Signification des numros
didentification du danger
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8 Annexes
80 matire corrosive ou prsentant un degr mineur de corrosivit
X80
matire corrosive ou prsentant un degr mineur de corrosivit ragissant dangereusement
avec leau
823 matire corrosive liquide, ragissant avec leau en dgageant des gaz inflammables
83
matire corrosive ou prsentant un degr mineur de corrosivit et inflammable (point
dclair de 23 C 61 C, valeurs limites comprises)
X83
matire corrosive ou prsentant un degr mineur de corrosivit et inflammable (point
dclair de 23 C 61 C, valeurs limites comprises) ragissant dangereusement avec leau
839
matire corrosive ou prsentant un degr mineur de corrosivit et inflammable (point
dclair de 23 C 61 C, valeurs limites comprises), pouvant produire spontanment une
raction violente
X839
matire corrosive ou prsentant un degr mineur de corrosivit et inflammable (point
dclair de 23 C 61 C, valeurs limites comprises), pouvant produire spontanment une
raction violente et ragissant dangereusement avec leau
84 matire corrosive solide, inflammable ou auto-chauffante
842 matire corrosive solide, ragissant avec leau en dgageant des gaz inflammables
85
matire corrosive ou prsentant un degr mineur de corrosivit et comburante (favorise
lincendie)
856
matire corrosive ou prsentant un degr mineur de corrosivit et comburante (favorise
lincendie) et toxique
86 matire corrosive ou prsentant un degr mineur de corrosivit et toxique
88 matire trs corrosive
X88 matire trs corrosive ragissant dangereusement avec leau
883 matire trs corrosive et inflammable (point dclair de 23 C 61 C, valeur limites comprises)
884 matire trs corrosive solide, inflammable ou auto-chauffante
885 matire trs corrosive et comburante (favorise lincendie)
886 matire trs corrosive et toxique
X886 matire trs corrosive et toxique, ragissant dangereusement avec leau
89
matire corrosive ou prsentant un degr mineur de corrosivit, pouvant produire
spontanment une raction violente
90 matire dangereuse du point de vue de lenvironnement, matires dangereuses diverses
99 matires dangereuses diverses transportes chaud
[Link] Page 327 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
328
Annexe 4 Niveaux de danger
des agents chimiques
8 Annexes
Annexe 4 Niveaux de danger des agents chimiques
Le tableau suivant est la synthse des niveaux affects aux phrases de risque de tous
types, pour la rglementation actuelle.
Niveau
de
danger
Phrases de risque
Type toxicologique Type physico-chimique
5
R26 R27 R28 R26/27 R26/28 R26/27/28 R27/28
R32
R39 R39/26 R39/27 R39/28 R39/26/27 R39/26/28
R1 R2 R3 R4 R5 R6
R32
4
R15/29
R23 R24 R25 R23/24 R23/25 R23/24/25 R24/25
R29 R31 R35
R39/23 R39/24 R39/25 R39/23/24 R39/23/25 R39/24/25
R39/23/24/25
R41 R45 R46
R48 R48/23 R48/24 R48/25 R48/23/24 R48/23/25 R48/24/25
R48/23/24/25
R49
R60 R61
R7 R12 R14 14/15 R15 R15/29
R16 R17 R19 R29 R31
R35 R41
3
R20 R21 R22 R20/21 R20/22 R20/21/22 R21/22
R33 R34 R40 R42 R43 R42/43
R48/20 R48/21 R48/22 R48/20/21 R48/20/22 R48/21/22
R48/20/21/22
R62 R63 R64 R65 R67
R68 R68/20 R68/21 R68/22 R68/20/21 R68/20/22 R68/21/22
R68/20/21/22
R8 R9 R11 R18 R30 R34 R44
2
R36 R37 R38 R36/37 R36/38 R36/37/38 R37/38
R66
R10
1 aucune aucune
[Link] Page 328 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
Annexe 4 Niveaux de danger
des agents chimiques
329
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8 Annexes
Pour les agents chimiques gnrs par lactivit et non tiquetables, il y a lieu
dutiliser le tableau suivant :
Niveau
de danger
Nature de lagent chimique
5
4
Bois et drivs, plomb mtallique, amiante et matriaux en contenant,
goudrons et brais, mercure, essence (carburant)
3
Fumes de soudure inox, fumes de fonderie, fibres cramiques, fibres
vgtales, dchets de peintures au plomb, poussires de meules, sables,
huiles dusinage et de coupe
2
Fer, fibres de verre, crales et drivs, graphite, matriaux de construction,
talc, ciment, matriaux composites, fumes de combustion de bois traits,
gaz de combustion, fumes de soudure de mtaux ou plastiques, fumes
de vulcanisation, matires vgtales ou animales, dcapage au jet, huiles de
dcoffrage
1 Pas de danger connu
[Link] Page 329 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
330
Annexe 5 SGH Classification 8 Annexes
Annexe 5 SGH Classification
Tableau A 3.1.1 Codes des mentions de danger pour les dangers physiques
Code
Mentions de danger
pour les dangers physiques
Classe de danger
(chapitre du SGH)
Catgorie
de danger
H200 Explosif instable
Matires et objets explosibles
(chapitre 2.1)
Explosif
instable
H201 Explosif ; danger dexplosion en masse Explosives (chapitre 2.1) Division 1.1
H202 Explosif ; danger srieux de projection
Matires et objets explosibles
(chapitre 2.1)
Division 1.2
H203
Explosif ; danger dincendie, deffet
de souffle ou de projection
Matires et objets explosibles
(chapitre 2.1)
Division 1.3
H204 Danger dincendie ou de projection
Matires et objets explosibles
(chapitre 2.1)
Division 1.4
H205
Danger dexplosion en masse en cas
dincendie
Matires et objets explosibles
(chapitre 2.1)
Division 1.5
H220 Gaz extrmement inflammable Gaz inflammables (chapitre 2.2) 1
H221 Gaz inflammable Gaz inflammables (chapitre 2.2) 2
H222 Arosol extrmement inflammable Arosols inflammables (chapitre 2.3) 1
H223 Arosol inflammable Arosols inflammables (chapitre 2.3) 2
H224
Liquide et vapeurs extrmement
inflammables
Liquides inflammables (chapitre 2.6) 1
H225 Liquide et vapeurs trs inflammables Liquides inflammables (chapitre 2.6) 2
H226 Liquide et vapeurs inflammables Liquides inflammables (chapitre 2.6) 3
H227 Liquide combustible Liquides inflammables (chapitre 2.6) 4
H228 Matire solide inflammable
Matires solides inflammables
(chapitre 2.7)
1, 2
H240
Risque dexplosion en cas
dchauffement
Matires autoractives
(chapitre 2.8) et peroxydes
organiques (chapitre 2.15)
Type A
H241
Risque dincendie ou dexplosion en cas
dchauffement
Matires autoractives (chapitre
2.8) et peroxydes organiques
(chapitre 2.15)
Type B
[Link] Page 330 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
Annexe 5 SGH Classification
331
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8 Annexes
Code
Mentions de danger
pour les dangers physiques
Classe de danger
(chapitre du SGH)
Catgorie
de danger
H242 Risque dincendie en cas dchauffement
Matires autoractives (chapitre
2.8) et peroxydes organiques
(chapitre 2.15)
Types C, D, E,
F
H250
Senflamme spontanment au contact
de lair
Liquides pyrophoriques (chapitre
2.9)
Matires solides pyrophoriques
(chapitre 2.10)
1
H251
Matire auto-chauffante ; peut
senflammer
Matires auto-chauffantes
(chapitre 2.11)
1
H252
Matire auto-chauffante en grandes
quantits ; peut senflammer
Matires auto-chauffantes
(chapitre 2.11)
2
H260
Dgage au contact de leau des gaz
inflammables qui peuvent senflammer
spontanment
Matires qui, au contact de leau,
dgagent des gaz inflammables
(chapitre 2.12)
1
H261
Dgage au contact de leau des gaz
inflammables
Matires qui, au contact de leau,
dgagent des gaz inflammables
(chapitre 2.12)
2, 3
H270
Peut provoquer ou aggraver un
incendie ; comburant
Gaz comburants (chapitre 2.4) 1
H271
Peut provoquer un incendie ou une
explosion ; comburant puissant
Liquides comburants (chapitre 2.13)
Matires solides comburantes
(chapitre 2.14)
1
H272 Peut aggraver un incendie ; comburant
Liquides comburants
(chapitre 2.13)
Matires solides comburantes
(chapitre 2.14)
2, 3
H280
Contient un gaz sous pression ; peut
exploser sous leffet de la chaleur
Gaz sous pression (chapitre 2.5)
Gaz comprim
Gaz liqufi
Gaz dissous
H281
Contient un gaz rfrigr ; peut causer
des brlures ou blessures cryogniques
Gaz sous pression (chapitre 2.5)
Gaz liquide
rfrigr
H290 Peut tre corrosif pour les mtaux
Matires corrosives pour
les mtaux (chapitre 2.16)
1
[Link] Page 331 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
332
Annexe 5 SGH Classification 8 Annexes
Tableau A 3.1.2 Codes des mentions de danger pour les dangers pour la sant
Code
Mentions de danger
pour les dangers pour la sant
Classe de danger
(chapitre du SGH)
Catgorie
de danger
H300 Mortel en cas dingestion Toxicit aigu orale (chapitre 3.1) 1, 2
H301 Toxique en cas dingestion Toxicit aigu orale (chapitre 3.1) 3
H302 Nocif en cas dingestion Toxicit aigu orale (chapitre 3.1) 4
H303 Peut tre nocif en cas dingestion Toxicit aigu orale (chapitre 3.1) 5
H304
Peut tre mortel en cas dingestion et de
pntration dans les voies respiratoires
Danger par aspiration (chapitre 3.10) 1
H305
Peut tre nocif en cas dingestion et de
pntration dans les voies respiratoires
Danger par aspiration
(chapitre 3.10)
2
H310 Mortel par contact cutan Toxicit aigu cutane (chapitre 3.1) 1, 2
H311 Toxique par contact cutan Toxicit aigu cutane (chapitre 3.1) 3
H312 Nocif par contact cutan Toxicit aigu cutane (chapitre 3.1) 4
H313 Peut tre nocif par contact cutan Toxicit aigu cutane (chapitre 3.1) 5
H314
Provoque des brlures de la peau
et des lsions oculaires graves
Corrosion cutane/irritation
cutane (chapitre 3.2)
1A, 1B, 1C
H315 Provoque une irritation cutane
Corrosion cutane/irritation
cutane (chapitre 3.2)
2
H316 Provoque une lgre irritation cutane
Corrosion cutane/irritation
cutane (chapitre 3.2)
3
H317 Peut provoquer une allergie cutane
Sensibilisation cutane
(chapitre 3.4)
1
H318 Provoque des lsions oculaires graves
Lsions oculaires graves/irritation
oculaire (chapitre 3.3)
1
H319 Provoque une svre irritation des yeux
Lsions oculaires graves/irritation
oculaire (chapitre 3.3)
2A
H320 Provoque une irritation des yeux
Lsions oculaires graves/irritation
oculaire (chapitre 3.3)
2B
H330 Mortel par inhalation
Toxicit aigu inhalation
(chapitre 3.1)
1, 2
[Link] Page 332 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
Annexe 5 SGH Classification
333
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8 Annexes
Code
Mentions de danger
pour les dangers pour la sant
Classe de danger
(chapitre du SGH)
Catgorie
de danger
H331 Toxique par inhalation
Toxicit aigu inhalation
(chapitre 3.1)
3
H332 Nocif par inhalation
Toxicit aigu inhalation
(chapitre 3.1)
4
H333 Peut tre nocif par inhalation
Toxicit aigu inhalation
(chapitre 3.1)
5
H334
Peut provoquer des symptmes
allergiques ou dasthme ou des difficults
respiratoires par inhalation
Sensibilisation respiratoire
(chapitre 3.4)
1
H335 Peut irriter les voies respiratoires
Toxicit pour certains organes cibles
Exposition unique Irritation des
voies respiratoires (chapitre 3.8)
3
H336
Peut provoquer somnolence
et des vertiges
Toxicit pour certains organes cibles
Exposition unique Effets
narcotiques (chapitre 3.8)
3
H340
Peut induire des anomalies gntiques
(indiquer la voie dexposition sil est
formellement prouv quaucune autre
voie dexposition ne conduit au mme
danger)
Mutagnicit pour les cellules
germinales (chapitre 3.5)
1A, 1B
H341
Susceptible dinduire des anomalies
gntiques (indiquer la voie dexposition
sil est formellement prouv quaucune
autre voie dexposition ne conduit au
mme danger)
Mutagnicit pour les cellules
germinales (chapitre 3.5)
2
H350
Peut provoquer le cancer (indiquer la voie
dexposition sil est formellement prouv
quaucune autre voie dexposition ne
conduit au mme danger)
Cancrognicit (chapitre 3.6) 1A, 1B
H351
Susceptible de provoquer le cancer
(indiquer la voie dexposition sil est
formellement prouv quaucune autre voie
dexposition ne conduit au mme danger)
Cancrognicit (chapitre 3.6) 2
H360
Peut nuire la fertilit ou au ftus
(indiquer leffet sil est connu) (indiquer
la voie dexposition sil est formellement
prouv quaucune autre voie dexposition
ne conduit au mme danger)
Toxicit pour la reproduction
(chapitre 3.7)
1A, 1B
[Link] Page 333 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
334
Annexe 5 SGH Classification 8 Annexes
Code
Mentions de danger
pour les dangers pour la sant
Classe de danger
(chapitre du SGH)
Catgorie
de danger
H361
Susceptible de nuire la fertilit ou
au ftus (indiquer leffet sil est connu)
(indiquer la voie dexposition sil est
formellement prouv quaucune autre
voie dexposition ne conduit au mme
danger)
Toxicit pour la reproduction
(chapitre 3.7)
2
H362
Peut tre nocif pour les bbs nourris
au lait maternel
Toxicit pour la reproduction
Effets sur ou via lallaitement
(chapitre 3.7)
Catgorie
suppl-
mentaire
H370
Risque avr deffets graves pour les
organes (ou indiquer tous les organes
affects, sils sont connus) (indiquer la
voie dexposition sil est formellement
prouv quaucune autre voie dexposition
ne conduit au mme danger)
Toxicit pour certains organes cibles
Exposition unique (chapitre 3.8)
1
H371
Risque prsum deffets graves pour les
organes (ou indiquer tous les organes
affects, sils sont connus) (indiquer la
voie dexposition sil est formellement
prouv quaucune autre voie dexposition
ne conduit au mme danger)
Toxicit pour certains organes cibles
Exposition unique (chapitre 3.8)
2
H372
Risque avr deffets graves pour les
organes (indiquer tous les organes
affects, sils sont connus) la suite
dexpositions rptes ou dune
exposition prolonge (indiquer la voie
dexposition sil est formellement prouv
quaucune autre voie dexposition
ne conduit au mme danger)
Toxicit pour certains organes cibles
Expositions rptes (chapitre 3.9)
1
H373
Risque prsum deffets graves pour
les organes (indiquer tous les organes
affects, sils sont connus) la suite
dexpositions rptes ou dune
exposition prolonge (indiquer la voie
dexposition sil est formellement prouv
quaucune autre voie dexposition
ne conduit au mme danger)
Toxicit pour certains organes cibles
Expositions rptes (chapitre 3.9)
2
[Link] Page 334 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
Annexe 5 SGH Classification
335
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.
8 Annexes
Tableau A 3.1.3 Codes des mentions de danger pour les dangers
pour lenvironnement
Code
Mentions de danger pour les dangers
pour lenvironnement
Classe de danger (chapitre du SGH)
Catgorie
de danger
H400
Trs toxique pour les organismes
aquatiques
Dangers pour le milieu aquatique,
toxicit aigu (chapitre 4.1)
1
H401 Toxique pour les organismes aquatiques
Dangers pour le milieu aquatique,
toxicit aigu (chapitre 4.1)
2
H402 Nocif pour les organismes aquatiques
Dangers pour le milieu aquatique,
toxicit aigu (chapitre 4.1)
3
H410
Trs toxique pour les organismes
aquatiques, entrane des effets nfastes
long terme
Dangers pour le milieu aquatique,
toxicit chronique (chapitre 4.1)
1
H411
Toxique pour les organismes aquatiques,
entrane des effets nfastes long terme
Dangers pour le milieu aquatique,
toxicit chronique (chapitre 4.1)
2
H412
Nocif pour les organismes aquatiques,
entrane des effets nfastes long terme
Dangers pour le milieu aquatique,
toxicit chronique (chapitre 4.1)
3
H413
Peut tre nocif long terme
pour les organismes aquatiques
Dangers pour le milieu aquatique,
toxicit chronique (chapitre 4.1)
4
[Link] Page 335 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
336
Annexe 6 SGH Classement des mentions
selon le niveau de danger
8 Annexes
Annexe 6 SGH Classement des mentions de danger
selon le niveau de danger
Dangers pour la sant
Niveau
danger
Code Mentions de danger pour la sant Chapitre
Cat. de
danger
2
H333 Peut tre nocif par inhalation 3.1 5
H303 Peut tre nocif en cas dingestion 3.1 5
H313 Peut tre nocif par contact cutan 3.1 5
H316 Provoque une lgre irritation cutane 3.2 3
H320 Provoque une irritation des yeux 3.3 2B
H335 Peut irriter les voies respiratoires 3.8 3
3
H302 Nocif en cas dingestion 3.1 4
H305
Peut tre nocif en cas dingestion et de pntration
dans les voies respiratoires
3.10 2
H312 Nocif par contact cutan 3.1 4
H332 Nocif par inhalation 3.1 4
H315 Provoque une irritation cutane 3.2 2
H319 Provoque une svre irritation des yeux 3.3 2A
H317 Peut provoquer une allergie cutane 3.4 1
H334
Peut provoquer des symptmes allergiques ou dasthme
ou des difficults respiratoires par inhalation
3.4 1
H341 Susceptible dinduire des anomalies gntiques (note) 3.5 2
H351 Susceptible de provoquer le cancer (note) 3.6 2
H361
Susceptible de nuire la fertilit ou au ftus (indiquer leffet
sil est connu) (note)
3.7 2
H362 Peut tre nocif pour les bbs nourris au lait maternel 3.7
Catg.
suppl.
H336 Peut provoquer somnolence et des vertiges 3.8 3
H373
Risque prsum deffets graves pour les organes (indiquer
tous les organes affects. sils sont connus) la suite
dexpositions rptes ou dune exposition prolonge (note)
3.9 2
[Link] Page 336 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
Annexe 6 SGH Classement des mentions
selon le niveau de danger
337
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8 Annexes
Niveau
danger
Code Mentions de danger pour la sant Chapitre
Cat. de
danger
4
H301 Toxique en cas dingestion 3.1 3
H311 Toxique par contact cutan 3.1 3
H331 Toxique par inhalation 3.1 3
H314
Provoque des brlures de la peau et des lsions oculaires
graves
3.2
1A, 1B,
1C
H318 Provoque des lsions oculaires graves 3.3 1
H340 Peut induire des anomalies gntiques (note) 3.5 1A, 1B
H350 Peut provoquer le cancer (note) 3.6 1A, 1B
H360 Peut nuire la fertilit ou au ftus (note) 3.7 1A, 1B
H371
Risque prsum deffets graves pour les organes (ou indiquer
tous les organes affects, sils sont connus) (note)
3.8 2
H372
Risque avr deffets graves pour les organes (indiquer tous
les organes affects, sils sont connus) la suite dexpositions
rptes ou dune exposition prolonge (note)
3.9 1
5
H304
Peut tre mortel en cas dingestion et de pntration dans les
voies respiratoires
3.1 1
H300 Mortel en cas dingestion 3.1 1, 2
H310 Mortel par contact cutan 3.1 1, 2
H330 Mortel par inhalation 3.1 1, 2
H370
Risque avr deffets graves pour les organes (ou indiquer
tous les organes affects, sils sont connus) (note)
3.8 1
[Link] Page 337 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
338
Annexe 6 SGH Classement des mentions
selon le niveau de danger
8 Annexes
Dangers physiques
Niveau
de danger
Code Mentions de danger physique Chapitre
Catgorie
de danger
2
H252
Matire auto-chauffante en grandes quantits ;
peut senflammer
2.11 2
H226 Liquide et vapeurs inflammables 2.6 3
H227 Liquide combustible 2.6 4
H228 Matire solide inflammable 2.7 1, 2
H272 Peut aggraver un incendie ; comburant 2.13 ; 2.15 2, 3
H242 Risque dincendie en cas dchauffement 2.8 ; 2.17
Types C, D,
E, F
3
H204 Danger dincendie ou de projection 2.1 Division 1.4
H205 Danger dexplosion en masse en cas dincendie 2.1 Division 1.5
H251 Matire auto-chauffante ; peut senflammer 2.11 1
H261 Dgage au contact de leau des gaz inflammables 2.12 2, 3
H290 Peut tre corrosif pour les mtaux 2.16 1
H221 Gaz inflammable 2.2 2
H223 Arosol inflammable 2.3 2
H270 Peut provoquer ou aggraver un incendie ; comburant 2.4 1
H280
Contient un gaz sous pression ; peut exploser sous
leffet de la chaleur
2.5
Gaz
comprim
Gaz liqufi
Gaz dissous
H281
Contient un gaz rfrigr ; peut causer des brlures
ou blessures cryogniques
2.5
Gaz liquide
rfrigr
H225 Liquide et vapeurs trs inflammables 2.6 2
H241
Risque dincendie ou dexplosion en cas
dchauffement
2.8 ; 2.16 Type B
4
H240 Risque dexplosion en cas dchauffement 2.8 ; 2.15 Type A
H203
Explosif ; danger dincendie, deffet de souffle
ou de projection
2.1 Division 1.3
[Link] Page 338 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
Annexe 6 SGH Classement des mentions
selon le niveau de danger
339
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8 Annexes
Niveau
de danger
Code Mentions de danger physique Chapitre
Catgorie
de danger
4
H260
Dgage au contact de leau des gaz inflammables qui
peuvent senflammer spontanment
2.12 1
H220 Gaz extrmement inflammable 2.2 1
H222 Arosol extrmement inflammable 2.3 1
H224 Liquide et vapeurs extrmement inflammables 2.6 1
H271
Peut provoquer un incendie ou une explosion ;
comburant puissant
2.13 ; 2.14 1
H250 Senflamme spontanment au contact de lair 2.9 ; 2.10 1
5
H201 Explosif ; danger dexplosion en masse 2.1 Division 1.1
H202 Explosif ; danger srieux de projection 2.1 Division 1.2
Hors sujet H200 Explosif instable 2.1
Explosif
instable
[Link] Page 339 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
340
Annexe 7 REACH Catgories de produits
soumis restriction
8 Annexes
Annexe 7 REACH Catgories de produits soumis
restriction
(Annexe XVII du rglement 1907/2006)
N Dsignation n CAS n EINECS Remarques
1 Polychloroterphnyles (PCT)
2
Chloro-1-thylne (chlorure de vinyle
monomre)
75-01-4
3
Substances ou prparations liquides
qui sont considres comme dangereuses
au sens des dfinitions de la directive
67/548/CEE
Concerne les objets
dcoratifs, ludiques et les
combustibles pour lampes
dcoratives
4 Phosphate de tri (2,3 dibromopropyle) 126-72-7
5 Benzne 71-43-2
6 Fibres damiante
7 Oxyde de triaziridinylphosphine 5455-55-1
8 Polybromobiphnyle (PBB) 59536-65-1
9
Poudre de Panama (Quillaja saponaria)
et ses drivs contenant des saponines
Poudre de racine dHelleborus viridis
et dHelleborus niger
Poudre de racine de Veratrum album
et de Veratrum nigrum
Benzidine et/ou ses drivs
92-87-5 202-199-1
o-nitrobenzaldhyde 552-89-06
Poudre de bois
10
Sulfure dammonium 12135-76-1
Hydrognosulfure dammonium 12124-99-1
Polysulfure dammonium 9080-17-5 232-989-1
11
Les esters volatils de lacide bromactique :
Bromactate de mthyle 96-32-2 202-499-2
Bromactate dthyle 105-36-2 203-290-9
Bromactate de propyle 35223-80-4
Bromactate de butyle
[Link] Page 340 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
Annexe 7 REACH Catgories de produits
soumis restriction
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8 Annexes
N Dsignation n CAS n EINECS Remarques
12 2-naphtylamine et ses sels 9-1-59-8 202-080-4
13 Benzidine et ses sels 92-87-5 202-199-1
14 4-nitrodiphnyle 92-93-3 202-204-7
15 4-aminodiphnyle, xnylamine et ses sels 92-67-1 202-177-1
16
Carbonates de plomb :
a) Carbonate anhydre neutre (PbCO3) 598-63-0 209-943-4
b) Dihydroxybis (carbonate) de triplomb
2 PbCO
3
Pb (OH)
2
1319-46-6 215-290-6
17
Sulfates de plomb
a) PbSO
4
(1:1) 7446-14-2 231-198-9
b) Pb
x
SO
4
15739-80-7 239-831-0
18 Composs du mercure
19 Composs de larsenic
20 Composs organostanniques
21
Di--oxo-di-
nbutylstanniohydroxyborane ;
hydrognoborate de dibutyltain
C
8
H
19
BO
3
Sn (DBB)
75113-37-0
401-040-5
(ELINCS)
22 Pentachlorophnol et ses sels et esters 87-86-5 201-778-6
23 Cadmium et ses composs 7440-43-9 231-152-8
24
Mono-
mthylttrachlorodiphnylmthane
Nom commercial : Ugilec 141
76253-60-6
25
Mono-mthyldichlorodiphnylmthane
Nom commercial : Ugilec 121, Ugilec 21
inconnu
26
Mono-mthyldibromodiphnylmthane
bromobenzylbromotolune, mlange
disomres
Nom commercial : DBBT
99688-47-8
27 Nickel et ses composs 7440-02-0 231-111-4
[Link] Page 341 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
342
Annexe 7 REACH Catgories de produits
soumis restriction
8 Annexes
N Dsignation n CAS n EINECS Remarques
28
Substances figurant lannexe I de la
directive 67/548/CEE classes
cancrogne catgorie 1 ou
cancrogne catgorie 2 et tiquetes
au moins Toxique (T) , avec la phrase
de risque R45 : Peut provoquer le
cancer ou la phrase de risque R49 :
Peut provoquer le cancer par
inhalation , et reprises comme suit :
Les substances cancrognes de
catgorie 1 sont numres
lappendice 1.
Les substances cancrognes de catgo-
rie 2 sont numres lappendice 2.
Il sagit des substances et
prparations CMR .
Elles sont interdites sur le
march grand public. Les
emballages doivent
porter la mention
rserv aux utilisateurs
professionnels .
29
Substances figurant lannexe I de la
directive 67/548/CEE classes mutagne
catgorie 1 ou mutagne catgorie 2
et tiquetes avec la phrase de risque
R46 : Peut provoquer des altrations
gntiques hrditaires , et reprises
comme suit :
Les substances mutagnes de catgorie 1
sont numres lappendice 3.
Les substances mutagnes de catgorie 2
sont numres lappendice 4.
30
Substances figurant lannexe I de la
directive 67/548/CEE classes toxiques
pour la reproduction catgorie 1 ou
toxiques pour la reproduction catgorie
2 et tiquetes avec la phrase de risque
R60 : Peut altrer la fertilit et/ou
R61 : Risque pendant la grossesse
deffets nfastes pour lenfant , et
reprises comme suit :
Les substances toxiques pour la
reproduction de catgorie 1 sont
numres lappendice 5.
Les substances toxiques pour la
reproduction de catgorie 2 sont
numres lappendice 6.
31
a) Crosote ; huile de lavage 8001-58-9 232-287-5
Ne peuvent tre utiliss
en tant que substances
ou constituants de
prparations pour
le traitement du bois.
/
b) Huile de crosote ; huile de lavage 61789-28-4 263-047-8
[Link] Page 342 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
Annexe 7 REACH Catgories de produits
soumis restriction
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8 Annexes
N Dsignation n CAS n EINECS Remarques
31
c) Distillats de goudron de houille, huiles
de naphtalne ; huile naphtalnique
84650-04-4 283-484-8
En outre, la mise sur le
march du bois ainsi
trait est interdite, sauf
sil existe une drogation.
Lemballage doit
mentionner :
Rserv aux
installations industrielles
ou aux utilisateurs
professionnels .
d) Huile de crosote, fraction
acnaphtne ; huile de lavage
90640-84-9 292-605-3
e) Distillats suprieurs de goudron de
houille (charbon) ; huile anthracnique
lourde
65996-91-0 266-026-1
f) Huile anthracnique 90640-80-5 292-602-7
g) Huiles acides de goudron de houille
brutes ; phnols bruts
65996-85-2 266-019-3
h) Crosote de bois 8021-39-4 232-419-1
i) Rsidus dextraction alcalins (charbon),
goudron de houille basse temprature
122384-78-
5
310-191-5
32 Chloroforme 67-66-3 200-663-8 Ne peuvent tre utiliss
en concentration
suprieure ou gale
0,1 % dans les substances
et prparations destines
la vente au grand public
et/ou aux applications
conduisant une
diffusion, telles que le
nettoyage des surfaces et
le nettoyage des tissus.
Lemballage doit
mentionner : Rserv
aux installations
industrielles .
33
Ttrachlorure de carbone
ttrachloromthane
56-23-5 200-262-8
34 1,1,2-trichlorothane 79-00-5 201-166-9
35 1,1,2,2-ttrachlorothane 79-34-5 201-197-8
36 1,1,1,2-ttrachlorothane 630-20-6
37 Pentachlorothane 76-01-7 200-925-1
38 1,1-dichlorothylne 75-35-4 200-864-0
39
1,1,1-trichlorothane,
mthylchloroforme
71-55-6 200-756-3
40
Substances conformes aux critres
dinflammabilit dfinis dans la directive
67/548/CEE et classes comme inflamma-
bles, facilement inflammables ou extr-
mement inflammables, quelles figurent
ou non lannexe 1 de ladite directive
41 Hexachlorothane 67-72-1 200-6664
42
Alcanes en C10-C13, chloro (paraffines
chlores chane courte SCCP)
287-476-5
43 Colorants azoques
44
Diphnylther, driv pentabrom
C
12
H
5
Br
5
O
[Link] Page 343 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
344
Annexe 7 REACH Catgories de produits
soumis restriction
8 Annexes
N Dsignation n CAS n EINECS Remarques
45
Diphnylther, driv octabrom
C
12
H
2
Br
8
O
46 a) Nonylphnol C
6
H
4
(OH) C
9
H
19
b) thoxylate de nonylphnol (C
2
H
4
O)
n
C
15
H
24
O
47 Ciment Limite en chrome VI
48 Tolune 108-88-3
49 Trichlorobenzne 120-82-1
50
Hydrocarbures aromatiques
polycycliques (HAP)
[Link] (a) pyrne (BaP) 50-32-8
[Link](e) pyrne (BeP) 192-97-2
[Link] (a) anthracne (BaA) 56-55-3
[Link] (CHR) 218-01-9
[Link] (b) fluoranthne (BbFA) 205-99-2
[Link] (j) fluoranthne (BjFA) 205-82-3
[Link] (k) fluoranthne (BkFA) 207-08-9
[Link] (a, h) anthracne (DBAhA) 53-70-3
51
Les phtalates suivants (ou les autres num-
ros CAS et EINECS couvrant la substance) :
di (2-thylhexyl) phtalate (DEHP) 117-81-7 204-211-0
dibutyl phtalate (DBP) 84-74-2 201-557-4
butyl benzyl phtalate (BBP) 85-68-7 201-622-7
52
Les phtalates suivants (ou les autres num-
ros CAS et EINECS couvrant la substance) :
di- isononyl phtalate (DINP)
28553-12-0
et 68515-
48-0
249-079-5
et 271-
090-9
di- isodecyl phtalate (DIDP)
26761-40-0
et 68515-
49-1
247-977-1
et 271-
091-4
di-n-octyl phtalate (DNOP) 117-84-0 204-214-7
[Link] Page 344 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
Annexe 8 Code du travail Valeurs limites
dexposition professionnelle contraignantes
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8 Annexes
Annexe 8 Code du travail Valeurs limites dexposition
professionnelle contraignantes
Art. R. 4222-10 - Dans les locaux pollution spcique, les concentrations
moyennes en poussires totales et alvolaires de latmosphre inhale par un
travailleur, values sur une priode de huit heures, ne doivent pas dpasser respec-
tivement 10 et 5 milligrammes par mtre cube dair.
Art. R. 4412-104 - La concentration moyenne en bres damiante dans lair
inhal par un travailleur ne doit pas dpasser 0,1 bre par centimtre cube sur une
heure de travail.
Art. R. 4412-149 - Les concentrations des agents chimiques prsents dans
latmosphre des lieux de travail gurant dans le tableau suivant ne doivent pas
dpasser, dans la zone de respiration des travailleurs, les valeurs limites dexposi-
tion professionnelle dnies ci-aprs (tableau pages suivantes).
[Link] Page 345 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
8 Annexes
346
Annexe 8 Code du travail Valeurs limites
dexposition professionnelle contraignantes
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Annexe 8 Code du travail Valeurs limites
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8 Annexes
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8 Annexes
Annexe 9 Code du travail Valeurs limites dexposition
professionnelle indicatives
Art. R. 4412-150 - Des valeurs limites dexposition professionnelle indicatives,
constituant des objectifs de prvention, peuvent tre xes par arrt conjoint des
ministres chargs du travail et de lagriculture.
Arrt du 30 juin 2004, modi par les arrts du 9 fvrier 2006 et du 26 octobre
2007.
Voir tableau pages suivantes.
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8 Annexes
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8 Annexes
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Annexe 10 Scurit sociale Tableau
des maladies professionnelles
355
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8 Annexes
Annexe 10 Scurit sociale Tableau des maladies
professionnelles
(Rgime gnral)
Extrait limit aux agents chimiques
RG 1 Affections dues au plomb et ses composs
RG 2 Maladies professionnelles causes par le mercure et ses composs
RG 3 Intoxication professionnelle par le ttrachlorthane
RG 4 Hmopathies provoques par le benzne et tous les produits en renfermant
RG 4BIS
Affections gastro-intestinales provoques par le benzne, le tolune, les xylnes
et tous les produits en renfermant
RG 5
Affections professionnelles lies au contact avec le phosphore et le sesquisulfure
de phosphore
RG 8 Affections causes par les ciments (aluminosilicates de calcium)
RG 9 Affections provoques par les drivs halogns des hydrocarbures aromatiques
RG 10
Ulcrations et dermites provoques par lacide chromique, les chromates et bichromates
alcalins, le chromate de zinc et le sulfate de chrome
RG 10BIS
Affections respiratoires provoques par lacide chromique, les chromates et bichromates
alcalins
RG 10TER
Affections cancreuses causes par lacide chromique et les chromates et bichromates
alcalins ou alcalinoterreux ainsi que par le chromate de zinc
RG 11 Intoxication professionnelle par le ttrachlorure de carbone
RG 12
Affections professionnelles provoques par les hydrocarbures aliphatiques halogns
numrs ci-aprs : dichloromthane ; trichloromthane ; tribromomthane ;
triiodomthane ; ttrabromomthane ; chlorothane ; 1,1-dichlorothane ;
1,2-dichlorothane ; 1,2-dibromothane ; 1,1,1-trichlorothane ; 1,1,2-trichlorothane ;
1,1,2,2-ttrabromothane ; pentachlorothane ; 1-bromopropane ; 2-bromopropane ;
1,2-dichloropropane ; trichlorothylne ; ttrachlorothylne ; dichloro-actylne ;
trichlorofluoromthane ; 1,1,2,2-ttrachloro-1,2-difluorothane ; 1,1,1,2-ttrachloro-
2,2-difluorothane ; 1,1,2-trichloro-1,2,2-trifluorothane ; 1,1,1-trichloro-2,2,2-
trifluorothane ; 1,1-dichloro-2,2,2-trifluorothane ; 1,2-dichloro-1,1-difluorothane ;
1,1-dichloro-1-fluorothane
RG 13
Intoxications professionnelles par les drivs nitrs et chloronitrs des hydrocarbures
benzniques
RG 14
Affections provoques par les drivs nitrs du phnol (dinitrophnols, dinitro-
orthocrsols, dinosebe), par le pentachlorophnol, les pentachlorophnates
et par les drivs halogns de lhydroxybenzonitrile (bromoxynil, ioxynil)
[Link] Page 355 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
356
Annexe 10 Scurit sociale Tableau
des maladies professionnelles
8 Annexes
RG 15
Affections provoques par les amines aromatiques, leurs sels et leurs drivs notamment
hydroxyls, halogns, nitrs, nitross et sulfons
RG 15BIS
Affections de mcanisme allergique provoques par les amines aromatiques, leurs sels,
leurs drivs notamment hydroxyls, halogns, nitrs, nitross, sulfons et les produits
qui en contiennent ltat libre
RG 15TER
Lsions prolifratives de la vessie provoques par les amines aromatiques et leurs sels
et la N-nitroso-dibutylamine et ses sels
RG 16
Affections cutanes ou affections des muqueuses provoques par les goudrons
de houille, les huiles de houille (comprenant les fractions de distillation dites
phnoliques , naphtalniques , acnaphtniques , anthracniques
et chrysniques ), les brais de houille et les suies de combustion du charbon
RG 16BIS
Affections cancreuses provoques par les goudrons de houille, les huiles de houille
(comprenant les fractions de distillation dites phnoliques, naphtalniques,
acnaphtniques, anthracniques et chrysniques), les brais de houille et les suies
de combustion du charbon
RG 20 Affections professionnelles provoques par larsenic et ses composs minraux
RG 20BIS
Cancer bronchique primitif provoqu par linhalation de poussires ou de vapeurs
arsenicales
RG 20TER
Cancer bronchique primitif provoqu par linhalation de poussires ou de vapeurs
renfermant des arsnopyrites aurifres
RG 21 Intoxication professionnelle par lhydrogne arsni
RG 22 Sulfocarbonisme professionnel
RG 25
Affections conscutives linhalation de poussires minrales renfermant de la silice
cristalline (quartz, cristobalite, tridymite), des silicates cristallins (kaolin, talc), du
graphite ou de la houille
RG 26 Intoxication professionnelle par le bromure de mthyle
RG 27 Intoxication professionnelle par le chlorure de mthyle
RG 30 Affections professionnelles conscutives linhalation de poussires damiante
RG 30BIS Cancer broncho-pulmonaire provoqu par linhalation de poussires damiante
RG 31
Maladies professionnelles engendres par les aminoglycosides, notamment
par la streptomycine, la nomycine et leurs sels
RG 32
Affections professionnelles provoques par le fluor, lacide fluorhydrique et ses sels
minraux
RG 33 Maladies professionnelles dues au bryllium et ses composs
RG 34
Affections provoques par les phosphates, pyrophosphates et thiophosphates dalcoyle,
daryle ou dalcoylaryle et autres organophosphors anticholinestrasiques ainsi que
par les phosphoramides et carbamates htrocycliques anticholinestrasiques
RG 36 Affections provoques par les huiles et graisses dorigine minrale ou de synthse
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Annexe 10 Scurit sociale Tableau
des maladies professionnelles
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8 Annexes
RG 36BIS
Affections cutanes cancreuses provoques par les drivs suivants du ptrole : extraits
aromatiques, huiles minrales utilises haute temprature dans les oprations
dusinage et de traitement des mtaux, suies de combustion des produits ptroliers
RG 37 Affections cutanes professionnelles causes par les oxydes et les sels de nickel
RG 37BIS Affections respiratoires causes par les oxydes et les sels de nickel
RG 37TER Cancers provoqus par les oprations de grillage des mattes de nickel
RG 38 Maladies professionnelles engendres par la chlorpromazine
RG 39 Maladies professionnelles engendres par le bioxyde de manganse
RG 43 Affections provoques par laldhyde formique et ses polymres
RG 44
Affections conscutives linhalation de poussires minrales ou de fumes, contenant
des particules de fer ou doxyde de fer
RG 44BIS Affections conscutives au travail au fond dans les mines de fer
RG 47 Affections professionnelles provoques par les poussires de bois
RG 49
Affections cutanes provoques par les amines aliphatiques, alicycliques
ou les thanolamines
RG 49BIS
Affections respiratoires provoques par les amines aliphatiques, les thanolamines
ou lisophoronediamine
RG 50 Affections provoques par la phnylhydrazine
RG 51 Maladies professionnelles provoques par les rsines poxydiques et leurs constituants
RG 52
Affections provoques par le chlorure de vinyle monomre. Dure dexposition : six
mois
RG 59 Intoxications professionnelles par lhexane
RG 61 Maladies professionnelles provoques par le cadmium et ses composs
RG 61BIS
Cancer broncho-pulmonaire provoqu par linhalation de poussires ou fumes
renfermant du cadmium
RG 62 Affections professionnelles provoques par les isocyanates organiques
RG 63 Affections provoques par les enzymes
RG 64 Intoxication professionnelle par loxyde de carbone
RG 65 Lsions eczmatiformes de mcanisme allergique
RG 66 Rhinites et asthmes professionnels
RG 66BIS Pneumopathies dhypersensibilit
[Link] Page 357 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
358
Annexe 10 Scurit sociale Tableau
des maladies professionnelles
8 Annexes
RG 67
Lsions de la cloison nasale provoques par les poussires de chlorure de potassium
dans les mines de potasse et leurs dpendances
RG 70 Affections professionnelles provoques par le cobalt et ses composs
RG 70BIS
Affections respiratoires dues aux poussires de carbures mtalliques fritts ou fondus
contenant du cobalt
RG 70TER
Affections cancreuses broncho-pulmonaires primitives causes par linhalation
de poussires de cobalt associes au carbure de tungstne avant frittage
RG 72 Maladies rsultant de lexposition aux drivs nitrs des glycols et du glycrol
RG 73 Maladies professionnelles causes par lantimoine et ses drivs
RG 74 Affections professionnelles provoques par le furfural et lalcool furfurylique
RG 75
Affections professionnelles rsultant de lexposition au slnium et ses drivs
minraux
RG 78
Affections provoques par le chlorure de sodium dans les mines de sel et leurs
dpendances
RG 81 Affections malignes provoques par le bis (chloromthyle) ther
RG 82 Affections provoques par le mthacrylate de mthyle
RG 84
Affections engendres par les solvants organiques liquides usage professionnel :
hydrocarbures liquides aliphatiques ou cycliques saturs ou insaturs et leurs mlanges ;
hydrocarbures halogns liquides ; drivs nitrs des hydrocarbures aliphatiques ;
alcools, glycols, thers de glycol ; ctones ; aldhydes ; thers alipathiques et cycliques,
dont le ttrahydrofurane ; esters ; dimthylformamide et dimthylactamine ;
actonitrile et propionitrile ; pyridine ; dimthhylsulfone et dimthylsulfoxyde
RG 85
Affection engendre par lun ou lautre de ces produits : N-mthyl Nnitro
N-nitrosoguanidine ; N-thyl Nnitro N-nitrosoguanidine ; N-mthyl N-nitrosoure ;
N-thyl N-nitrosoure. Dure dexposition : six mois
RG 89 Affection provoque par lhalothane
RG 90 Affections respiratoires conscutives linhalation de poussires textiles vgtales
RG 91 Broncho-pneumopathie chronique obstructive du mineur de charbon
RG 93
Lsions chroniques du segment antrieur de lil provoques par lexposition
des particules en circulation dans les puits de mine de charbon
RG 94 Broncho-pneumopathie chronique obstructive du mineur de fer
RG 95
Affections professionnelles de mcanisme allergique provoques par les protines
du latex (ou caoutchouc naturel)
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Annexe 11 INRS Liste
des guides de ventilation
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8 Annexes
Annexe 11 INRS Liste des guides de ventilation
(disponibles au 1
er
mars 2008)
N Titre
Rfrence
ED
Dernire
anne
ddition
0 Principes gnraux de ventilation 695 1989
1 Lassainissement de lair des locaux de travail 657 1989
2 Cuves et bains de traitement de surface 651 2001
3 Mise en uvre manuelle des polyesters stratifis 665 1989
4 Postes de dcochage en fonderie 662 2003
5 Ateliers dencollage de petits objets (chaussures) 672 1987
6 Captage et traitement des arosols de fluides de coupes 972 2005
7 Oprations de soudage larc 668 2007
8 Espaces confins 703 2004
9.1 Cabines dapplication par pulvrisation de produits liquides 839 2000
9.2 Cabines dapplication par projection de peintures en poudre 928 2004
9.3 Pulvrisation de produits liquides. Objets lourds ou encombrants 906 2003
10 Le dossier dinstallation de ventilation 6008 2007
11 Srigraphie 6001 2006
12 Deuxime transformation du bois 750 2001
13 Fabrication des accumulateurs au plomb 746 2007
14 Dcapage, dessablage, dpolissage au jet libre en cabine 768 2004
15 Rparation des radiateurs automobiles 752 2007
16 Ateliers de fabrication de prothses dentaires 760 2003
17 Emploi des matriaux pulvrulents 767 2003
18
Usines de dpollution des eaux rsiduaires et ouvrages
dassainissement
820 2002
AMT* Cabines ventiles pour le travail de la pierre 947 2005
* Aide-mmoire technique
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360
Annexe 12 Code de lenvironnement Proprits
qui rendent les dchets dangereux
8 Annexes
Annexe 12 Code de lenvironnement Proprits
qui rendent les dchets dangereux
(Annexe I du dcret n 2002-540 du 18 avril 2002
relatif la classication des dchets, JO du 20 avril 2002)
Code Danger Descriptif
H1 Explosif
Substances et prparations pouvant exploser sous leffet de la flamme ou
qui sont plus sensibles aux chocs ou aux frottements que le dinitrobenzne.
H2 Comburant
Substances et prparations qui, au contact dautres substances, notamment
de substances inflammables, prsentent une raction fortement
exothermique.
H3-A
Facilement
inflammable
Substances et prparations :
ltat liquide (y compris les liquides extrmement inflammables),
dont le point dclair est infrieur 21 C ;
ou
pouvant schauffer au point de senflammer lair temprature
ambiante sans apport dnergie ;
ou
ltat solide, qui peuvent senflammer facilement par une brve action
dune source dinflammation et qui continuent brler ou se consumer
aprs lloignement de la source dinflammation ;
ou
ltat gazeux, qui sont inflammables lair une pression normale, ;
ou
qui, au contact de leau ou de lair humide, produisent des gaz facilement
inflammables en quantits dangereuses.
H3-B Inflammable
Substances et prparations liquides, dont le point dclair est gal ou
suprieur 21 C et infrieur ou gal 55 C.
H4 Irritant
Substances et prparations non corrosives qui, par contact immdiat,
prolong ou rpt, avec la peau et les muqueuses, peuvent provoquer
une raction inflammatoire.
H5 Nocif
Substances et prparations qui, par inhalation, ingestion ou pntration
cutane, peuvent entraner des risques de gravit limite.
H6 Toxique
Substances et prparations (y compris les substances et prparations trs
toxiques) qui, par inhalation, ingestion ou pntration cutane, peuvent
entraner des risques graves, aigus ou chroniques, voire la mort.
H7 Cancrogne
Substances et prparations qui, par inhalation, ingestion ou pntration
cutane, peuvent produire le cancer ou en augmenter la frquence.
H8 Corrosif
Substances et prparations qui, en contact avec des tissus vivants, peuvent
exercer une action destructrice sur ces derniers.
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Annexe 12 Code de lenvironnement Proprits
qui rendent les dchets dangereux
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8 Annexes
Code Danger Descriptif
H9 Infectieux
Matire contenant des micro-organismes viables ou leurs toxines, dont
on sait ou dont on a de bonnes raisons de croire quils causent la maladie
chez lhomme ou chez dautres organismes vivants.
H10
Toxique
pour la
reproduction
Substances et prparations qui, par inhalation, ingestion ou pntration
cutane, peuvent produire ou augmenter la frquence deffets indsirables
non hrditaires dans la progniture ou porter atteinte aux fonctions
ou capacits reproductives.
H11 Mutagne
Substances et prparations qui, par inhalation, ingestion ou pntration
cutane, peuvent produire des dfauts gntiques hrditaires ou en
augmenter la frquence.
H12
Gnrateur
potentiel
de gaz toxique
Substances et prparations qui, au contact de leau, de lair ou dun acide,
dgagent un gaz toxique ou trs toxique.
H13
Gnrateur
potentiel
de polluant
Substances et prparations susceptibles, aprs limination, de donner
naissance, par quelque moyen que ce soit, une autre substance, par
exemple un produit de lixiviation, qui possde lune des caractristiques
numres ci-avant.
H14 cotoxique
Substances et prparations qui prsentent ou peuvent prsenter des risques
immdiats ou diffrs pour une ou plusieurs composantes de
lenvironnement.
[Link] Page 361 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
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Index
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Agitation et mlange
INDEX
A
absorption 288
achats 305
adduction dair 205
ADR 22
adsorption sur charbon actif 287
anoxie 93
appareil respiratoire autonome 207
arbre
des causes 94
des dfaillances 152
asphyxie 90, 137
atmosphre explosive 153, 191
autonomie 204
B
bains 270
base de donnes 304
bilan matire 126
bioaccumulation 65
C
cabines ventiles 184
cancrognes 41
captage des missions 177
caractrisation des risques 117
catgories de dangers 27
chimie ne 99, 262
chromage 270
circulation 251
classes de dangers 23, 25
CMR 37, 39, 115, 222
CNAMTS 1, 111
code
de classication 23
de danger 52
du travail 16, 218
combustion 290
compensation de lair 188
composantes du risque chimique 14
condensation 289
connement 174, 259, 273, 293
conseils de prudence 31
contact
cutan 60, 63, 133, 166, 256
massif 92
oculaire 60
cotation 142, 154
critres de choix 215
D
danger 9
chimique 16
dun agent chimique 11
dcompositions 82
dtoxication 291
directive
67/548 7
98/24 7
98/24/CE 225
DNEL 21, 32, 118
dommage 3, 15, 63, 92, 294
dose cumule 65
E
cran anti-projection 250
loignement 171
emballages 237, 252, 265
enceintes ventiles 180
enregistrement des donnes 130, 140, 157, 226
EPICEA 109
puration
des COV 286
des poussires 285
estimation
de lexposition 117
du risque 10, 142
chimique 15
tiquetage 16, 29, 277
vnement dangereux 13, 15, 70, 136
explosions 83, 153, 191
exposition 12, 14, 60
aigu 103
massive 75
multiple 146
F
fabrication pharmaceutique 258
facteur
dexposition 147
de protection 208
faits dclencheurs 73
familles de dangers 54
fermentation 77, 91
[Link] Page 363 Jeudi, 31. juillet 2008 2:00 14
364
Index Agitation et mlange
che de donnes de scurit 20, 118
ltre 202, 286
formation 212, 304
G
gants 210
gaz inerte 90, 193
gestion des stocks 252
granulomtrie 87
groupe demballage 24
I
identication des risques 130
importance du risque 69, 107, 283
incendies 83
indicateurs biologiques 64, 146
indice dexposition 65, 145
industrie chimique 253
information 212, 246, 304
ingestion 133, 137
inhalation 63, 92, 133, 137
intermdiaires de synthse 254, 306
inventaire 305
J
jet de liquide 172
L
limite infrieure dexplosivit (LIE) 85
M
maintenance prventive 201
matrise des procds 260
maladie professionnelle 14
matriel atex 198
matrice de combinaison 154
mention
davertissement 29
de danger 29
mesures
individuelles 215
organisationnelles 214
techniques 214
mthode de lINRS 110
mtrologie 146
modlisation 12
N
niveau
dexposition 149
de danger 34, 44, 144
de gravit 102, 150
de probabilit 104, 151
norme
ISO 12100 9
ISO 14121 10, 13, 101
numro
CAS 20, 305
didentication de danger 24
ONU 21, 24, 305
O
organe cible 64
outils aspirants 185
P
pathologie 12
PBT 32, 115
peinture 268, 295
premption 252
phasage
dun procd 126
des tches 124
phase exposante 169
phrases de risque 17, 39, 55, 306
pictogrammes 18, 29
pigeage des vapeurs 289
PNEC 21, 33, 118, 283
pollution 276
accidentelle 281, 293
chronique 280, 284
polymrisation 82
potentiel de risque 307
poudres 256
poussires 62, 89, 165, 194, 269
prvention intrinsque 217
principes
actifs 258
de prcaution 119
gnraux de prvention 220
priorits daction 159
probabilit 104
procds continus 262
process chimique 100
processus
accidentel 13
chronique 12
produits incompatibles 240
protection
collective 134
individuelle 202
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Index
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.
Agitation et mlange
R
REACH 6, 32, 108, 113
raction dangereuse 78, 136
ractivit chimique 77
redondance 217
reprage des risques 123
rtention 247, 266
risque 9
biologique 233
chimique 11
ergonomique 232
mcanique 231
physique 228
S
scnario dexposition 116
SGH 25, 40, 50, 277
situation dangereuse 12, 14, 70, 134
source dignition 89, 195
sous-oxygnation 90
statistiques 1
stockage
dinammables 242
des agents chimiques 237
des produits 264
substitution 162, 168, 253, 268, 272
surveillance des atmosphres 190
symboles de danger 17, 30
systme clos 174, 254, 273
T
temprature dauto-inammation 195
temps de claquage 204
traitement biologique 291
transport des matires dangereuses 22, 47
transvasement 238, 243
trmie aspirante 182
tunnel 183, 275
V
ventilation 179, 186, 273
vtements de protection 211
VLEP 21, 34
voie
digestive 60
respiratoire 60, 63
vPvB 32, 115
vrac 238, 246, 252
Z
zone
dangereuse 62, 70, 151, 163
de dispersion 132
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GUY GAUTRET
DE LA MORICIRE
est ingnieur-docteur en
chimie. Ingnieur-conseil,
ancien responsable
du service R&D la Caisse
rgionale dassurance
maladie dle-de-France
(CRAMIF) et formateur
lINRS.
TECHNIQUE ET INGNIERIE
Srie Chimie
Guy Gautret de la Moricire
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LE RISQUE CHIMIQUE
Concepts Mthodes Pratiques
LE
RISQUE CHIMIQUE
Concepts Mthodes Pratiques
Guy Gautret de la Moricire
SRIE | CHIMIE
La mise en place du rglement REACH va intensifier la demande de
clarification et de structuration de la gestion du risque chimique. Cet
ouvrage rassemble tous les lments composant une thorie complte
et propose des outils mthodologiques permettant la matrise du
risque chimique dans les types dactivits les plus frquemment
rencontrs. Il prsente successivement :
La pratique de lanalyse des risques chimiques : les mthodes de
reprage, lidentification et lestimation ainsi que la fixation des
priorits daction.
La pratique de la prvention des risques : les objectifs, la recherche
de mesures possibles, etc.
Les applications particulires : stockage, industrie chimique et
pharmaceutique, traitements de surface, protection de
lenvironnement.
Des tudes de cas : description, analyse des risques et mesures.
Lorganisation de la dmarche : chronologie, mise en place des
moyens, recensement des agents chimiques, reprage des urgences,
application de la mthode et adaptation au domaine dactivit de
lentreprise.
Illustr par de nombreux exemples, schmas et tableaux de donnes,
cet ouvrage propose galement un descriptif des avantages et
inconvnients des principaux types de mesures rencontres dans des
secteurs trs divers. Les conseils pour organiser la dmarche permettent
en outre de rpondre sans difficult aux exigences nouvelles de la
rglementation.
Outil de travail indispensable par son contenu la fois thorique et
pratique, cet ouvrage sadresse tous ceux qui conduisent le chan-
gement vers la matrise des risques ainsi qu ceux qui lenseignent
dans toutes les instances publiques ou prives.
[Link]
GESTION INDUSTRIELLE
CONCEPTION
FROID ET GNIE CLIMATIQUE
MCANIQUE ET MATRIAUX
CHIMIE
ENVIRONNEMENT ET SCURIT
EEA
AGROALIMENTAIRE
ISBN 978-2-10-053565-1