LE PLERINAGE DOULOUREUX
de
L'GLISE A TRAVERS LES GES
Prface de l'Auteur
Bien qu'elle renferme la plus sombre tragdie, il y a une histoire, appele du
consentement commun, La Bonne Nouvelle, ou du nom quelle s'est
approprie: l'vangile
!es quatre historiens sont unanimement dsigns comme les quatre
vanglistes, parce qu'ils proclament la Bonne Nouvelle
"ette histoire raconte comment # par une naissance miraculeuse # $ieu est entr
en relation avec l'homme, ce que l% cration elle#m&me n'avait pu tablir 'ais
par une mort e(piatoire et une puissante rsurrection # victorieuse de la mort
dont le pch tait la cause # le "rateur a)outa % sa gloire celle de *dempteur
Les fondements de cette histoire, sa prparation, ses prdictions et les
vidences de sa vracit, la prc+dent dans les crits de l',ncien -estament
-isse sur cette trame, l'histoire d'.sra/l est elle#m&me d'une valeur universelle #
elle en est insparable
L'histoire de l'0glise # ou de l'ensemble de ceu( qui, par la foi, ont re1u "hrist et
sont devenus ses disciples # est encore incompl+te, elle se poursuit 2our cette
raison, et parce que le champ des investigations est immense, on n'en peut
crire # malgr sa supr&me importance # que des fragments de temps en temps
Les uns puis les autres relatent ce qu'ils ont vu ou appris par des rcits dignes de
foi, classent et a)outent la description des tapes du long p+lerinage accompli
Les pages qui suivent sont une contribution au dveloppement de cette histoire
$ans leur rdaction, il a t fait usage de ce que beaucoup d'autres chercheurs
ont trouv et enregistr "e livre est donc une compilation de renseignements,
accompagns des observations de l'auteur dans son e(pos des faits .l est %
esprer que les abondantes citations d'ouvrages consults, ou les rfrences
donnes, conduiront quelques lecteurs de ce volume % se documenter plus
compl+tement en lisant les auteurs cits, dont les patientes recherches et les
travau( intelligents sont dignes de tout intr&t
'ais ceu( qui, par manque de temps, ne peuvent s'adonner % la lecture
d'ouvrages volumineu( trouveront dans ce livre un fil conducteur, essayant de les
introduire dans les e(priences de certaines glises de $ieu, qui, en divers
temps et lieu(, se sont efforces de faire des 0critures leur guide "omptant sur
la pleine suffisance de la 2arole de $ieu pour tous leurs besoins et dans toutes
les circonstances, elles ont voulu s'y conformer dans leurs runions, leur
organisation et leur tmoignage
.l y a tou)ours eu de telles glises Les annales de la plupart d'entre elles ont
disparu -outefois ce qu'il en reste est si considrable qu'il a fallu
ncessairement faire un choi(
L'histoire gnrale n'entre pas en ligne de compte, sauf en ce qui concerne les
points de contact avec ces glises, et % titre de rfrence .l n'est pas non plus
tenu compte de ce que l'on entend habituellement par l'3istoire de l'0glise,
sinon en rapport avec les congrgations de croyants dont la mise en pratique
des enseignements de l'0criture est l'ob)et m&me de cette narration
4uelques#uns des mouvements spirituels tudis # quoique n'appliquant que
partiellement le principe de se conformer pour toutes choses au( directives des
0critures # sont cependant mentionns parce que, dans leur mesure, ils ont aussi
)et une lumi+re prcieuse sur la possibilit de suivre ce chemin
La glorieuse tragdie de L'0glise en p+lerinage 5titre anglais de cet ouvrage #
trad6 ne peut &tre que faiblement voque ici#bas 7lle ne sera pleinement
connue que dans la )ourne o8 s'accomplira la parole du !eigneur: .l n'y a rien
de cach qui ne doive &tre dcouvert, ni de secret qui ne doive &tre connu
5'atth 9: ;<6 2rsentement, au travers des brouillards de notre ignorance et
de notre incomprhension, nous la voyons guerroyant contre la puissance des
tn+bres, tmoignant pour son !eigneur et souffrant en suivant ses traces "eu(
qui la composent sont tou)ours des p+lerins, n'tablissant aucune institution
terrestre, parce qu'ils ont en vue la cit cleste $ans leur ressemblance avec le
'a=tre, ils pourraient &tre appels les pierres que ceu( qui b>tissaient ont
re)etes 5Luc ;: 9?6 'ais ils sont soutenus par l'esprance confiante que #
lorsque son royaume sera rvl # .ls rgneront avec L@.
7#3 B*A,$B7N-
Avat!"r#"#$ de l'd%t%# fra&a%$e
!i le livre de ' Broadbent n'est pas, dans le sens habituel du mot, une histoire
de l'0glise, il en est cependant un complment de grande valeur L'accueil
chaleureu( qu'il a re1u du public anglais chrtien le prouve 7n fort peu de
temps, la premi+re dition a t enleve et un second tirage rendu ncessaire
Nous l'avons lu et relu avec le plus grand intr&t Nous croyions volontiers # sur
la foi d'ouvrages tudis antrieurement # conna=tre avec une certaine e(actitude
la course de l'0glise % travers les >ges, ses dbuts, ses luttes, ses souffrances et
ses triomphes 'ais % cBt des pages historiques connues, relatant le
dveloppement des grandes confessions chrtiennes, que les chapitres ignors,
dcrivant les efforts, les travau(, les douleurs et les supplices de milliers de
chrtiens mpriss, perscuts, dont l'histoire officielle n'a pas tenu compteC
"e sont prcisment ces chapitres que l'auteur a eu % coeur de tirer d'un oubli
in)uste, afin d'en faire un livre particuli+rement motionnant Ne se contentant
pas de narrer des faits, ' Broadbent en fait )aillir les lumineuses le1ons dont
nous avons plus besoin que )amais dans les temps actuels
@n tel ouvrage, dont la sincrit est vidente, et qui a coDt une somme
considrable de patientes recherches, mritait d'&tre mis % la porte des lecteurs
de langue fran1aise Nous osons esprer qu'il sera largement rpandu et lu dans
tous nos milieu( religieu(, en particulier dans les facults de thologie et les
instituts bibliques
, une poque o8, par la gr>ce de $ieu, une heureuse tendance se manifeste #
le retour au( 0critures comme seul solide fondement de la foi # le volume que
nous prsentons % notre public chrtien vient % son heure
2our les 0ditions Ee !+me :
F B
Au' lecteur$ fra&a%$
par ' le pasteur !aillens
Le caract+re le plus douloureu( de l'histoire du christianisme, depuis ses origines
)usqu'% nos )ours, c'est la tendance de la ma)orit des chrtiens professants %
s'unir au( puissances temporelles pour perscuter les minorits qui voulaient, ou
veulent encore, demeurer fid+les % l'esprit comme % la lettre de l'7vangile
"es minorits ne furent certes pas sans faiblesses, ni m&me, trop souvent, sans
professer de graves erreurs 'ais c'est de leur cBt, cependant, qu'il faut
chercher les tmoins du "hrist, qui voulaient maintenir le principe fondamental
de la doctrine vanglique: la ncessit, pour &tre vraiment chrtien, d'une foi
personnelle en "hrist, mort pour nos offenses et ressuscit pour notre
)ustification
$+s que le christianisme devint une religion hrditaire, d+s que l'0glise devint
partie intgrante de l'0tat, d+s que la naissance et la nouvelle naissance furent
confondues le christianisme devint un nouveau paganisme, et, par la force des
choses, il fut perscuteur "ette tendance, hlasC s'est retrouve )usque dans les
0glises de la *forme, tant il est vrai que l'intolrance est naturelle au coeur
humainC
Nous remercions de grand coeur les fr+res qui nous ont donn une traduction du
prsent livre, dans lequel nous est raconte la longue et tragique pope de
l'0glise sous la croi( Nous souhaitons vivement que cet ouvrage soit largement
rpandu dans nos milieu( de langue fran1aise, et surtout parmi notre )eunesse,
dont la devise 'doit &tre croire tout ce que $ieu a ditG faire tout ce qu'.l ordonneG
recevoir tout ce qu'.l donneG aimer tous ceu( qu'.l aimeG souffrir patiemment tout
ce qu'.l permetG attendre enfin le triomphe du "hrist, par son retour certain et
glorieu( C
* !,.LL7N!
()APITRE PRE*IER
D+ut$
,-.!/0/1
Le Nouveau -estament s'applique au( conditions actuelles # ,ncien et Nouveau -estaments #
L'0glise de "hrist et les 0glises de $ieu # Le livre des ,ctes fournit encore un mod+le pour notre
poque # 2lan de cet ouvrage rapportant des vnements ultrieurs # 2entecBte et formation
d'glises # Les synagogues # !ynagogues et glises # La diaspora )uive rpand la connaissance
de $ieu # Les glises )udo#chrtiennes # Les Euifs re)ettent "hrist # La religion )uive, la
philosophie grecque et la puissance romaine s'opposent au( glises # "lBture des !aintes#
0critures # 0crits postrieurs # "lment au( "orinthiens # .gnace # $erniers cha=nons avec les
temps du Nouveau -estament # Bapt&me et !ainte#"+ne # $veloppement d'une classe
clricale # Arig+ne # "yprien # Novatien # $iffrentes esp+ces d'glises # 'ontanistes #
'arcionites # "athares # Novatiens # $onatistes # 'anichens # 0p=tre % $iognetus # L'empire
*omain perscute l'0glise # "onstantin accorde la libert religieuse # -riomphe e(trieur de
l'0glise
02 L'3l%$e de (4r%$t et le$ 3l%$e$ de D%eu
Le N#uveau Te$ta5et e$t le digne complment de l',ncien .l est le !eul aboutissement
possible de la loi et des proph+tes .l ne les met pas de cBt, mais les enrichit, en les
accomplissant et en les rempla1ant .l porte en soi le cachet d'une oeuvre acheve, car il ne traite
pas des dtails rudimentaires d'une poque nouvelle, ce qui entra=nerait de nombreuses
modifications et additions pour rpondre au( besoins tou)ours changeants des tempsG il est une
rvlation qui convient % tous les hommes, dans tous les >ges Esus#"hrist ne pourrait nous &tre
mieu( dpeint qu'.l ne l'est dans les quatre vangiles Les consquences ou doctrines dcoulant
de !a mort et de !a rsurrection ne sauraient nous &tre plus clairement enseignes qu'elles ne le
sont dans les p=tres
L'Ac%e Te$ta5et ra""#rte la formation et l'histoire d'.sra/l, ce peuple par lequel $ieu se
rvla au monde )usqu'% la venue de "hrist Le Nouveau -estament rv+le l'0glise de "hrist,
forme de tous ceu( qui sont ns de nouveau par la foi au Fils de $ieu et qui deviennent ainsi
participants de la vie divine et ternelle 5Eean H 9<6
"e corps, soit toute l'0glise de "hrist, ne peut &tre vu et agir en un seul et m&me lieu, beaucoup
de ses membres tant d)% avec "hrist et d'autres, disperss % travers le monde L'0glise est
donc appele % se faire conna=tre et % rendre un tmoignage en divers lieu( et % maintes
poques, par le moyen des glises de $ieu "hacune d'elles se compose des disciples du
!eigneur Esus#"hrist qui, l% o8 ils vivent, s'assemblent en !on nom Le !eigneur leur a promis
d'&tre au milieu d'eu( et le !aint#7sprit se manifeste de diverses mani+res par le moyen de tous
les membres 5'atth 9I ;:G 9 "or 9; ?6
"hacune de ces glises est en relation directe avec le !eigneur, tire son autorit de Lui, tant
responsable envers Lui seul 5,poc ; et H6 *ien dans l'0criture ne sugg+re que telle glise soit
sous la tutelle de telle autre, ou qu'il puisse e(ister une fdration de toutes les glises 7lles sont
cependant unies entre elles par une communion intime et personnelle 5,ctes 9J H<6
Leur mission principale est de rpandre dans le monde entier l'7vangile ou la bonne nouvelle du
!alut ,insi l'orGdonna le !eigneur avant !on ascension, tout en promettant la puissance du
!aint#7sprit pour rendre possible l'accomplissement de cette t>che 5,ctes 9 I6
Le l%vre de$ Acte$ refer5e certains vnements de l'histoire des glises apostoliques, choisis
de mani+re % fournir un mod+le permanent -out cart a des consquences dsastreuses, et tout
rveil, toute restauration ont t le rsultat du retour au mod+le et au( principes contenus dans
l'0criture
Les vnements ultrieurs, rapports dans les pages de ce livre, sont tirs de diffrents auteurs
.ls montrent qu'il y a eu une succession ininterrompue d'glises, formes de croyants qui se sont
appliqus % agir selon l'enseignement du Nouveau -estament "ette succession ne se trouve
pas ncessairement en un lieu dtermin car souvent de telles glises ont t disperses, ou ont
dgnr, tandis que de nouvelles surgissaient ailleurs Les 0critures prsentent si clairement le
mod+le % imiter que de nombreuses glises, portant ce caract+re, ont pu se former en divers
lieu(, parmi des croyants qui ignoraient qu'avant eu( d'autres avaient suivi cette voie#l%, ou qu'il y
avait quelque part dans le monde des chrtiens qui la suivaient aussi
Les points de contact avec l'histoire: gnrale, ncessaires % la comprhension de certains faits
en rapport avec les glises dcrites, sont soigneusement nots $frence est aussi faite %
certains mouvements spirituels qui, sans avoir contribu % la formation d'glises du type
apostolique, en ont pourtant mis d'autres en lumi+re aboutissant % la fondation de ces glises
-2 3l%$e6 S7a3#3ue et "4%l#$#"4%e "a8ee
,pr+s la 2entecBte, l'7vangile se rpandit rapidement Les nombreu( )uifs qui en entendirent la
premi+re proclamation % Erusalem, lors de la f&te, propag+rent la bonne nouvelle dans les
divers pays o8 ils retourn+rent Bien que le Nouveau -estament ne raconte en dtail que les
voyages de l'apBtre 2aul, les autres apBtres firent aussi de longs voyages, pr&chant et fondant
des glises dans de vastes rgions -ous les croyants tmoignaient pour "hrist, ceu( qui
avaient t disperss allaient de lieu en lieu, annon1ant la bonne nouvelle de la parole 5,ctes I
K6 L'habitude de fonder partout des glises, m&me lorsque les disciples taient en tr+s petit
nombre, contribua % tablir l'oeuvre 7n outre, chaque glise ayant compris d+s le dbut sa
dpendance du !aint#7sprit et sa responsabilit envers le "hrist, devint un centre d'o8 rayonna la
2arole de vie , l'glise, rcemment fonde de -hessalonique, 2aul pouvait dire : La 2arole du
!eigneur a retenti cheL vous dans la 'acdoine 59 -hess 9 I6 -out en ne se rattachant %
aucune organisation, ou fdration, les glises taient troitement unies entre elles "ette
relation tait maintenue par les visites frquentes de fr+res enseignant la 2arole 5,ctes 9J H<6
"omme les runions se tenaient dans des maisons prives, dans des locau( provisoires ou en
plein air, aucun b>timent n'tait requis 596 "et appel de tous les membres au service, cette
mobilit et cette unit non organise, permettaient une grande diversit, qui soulignait le lien
d'une vie commune en "hrist, par le !aint#7sprit Les glises furent ainsi prpares % endurer la
perscution et % s'acquitter de leur mandat: proclamer sur toute la terre le message du !alut
"e furent d'abord les )uifs qui annonc+rent l'7vangile % leurs coreligionnaires, en pr&chant
frquemment dans les synagogues La synagogue a t le moyen simple et effectif par lequel le
sentiment national et l'unit religieuse du peuple )uif ont t prservs % travers les si+cles de la
dispersion parmi les nations La puissance de la synagogue drive des 0critures de l',ncien
-estament, et son influence est dmontre par le fait que les )uifs, depuis leur dispersion, n'ont
)amais t anantis ou absorbs par les nations Le but que poursuit la synagogue est
essentiellement la lecture des 0critures, l'enseignement de ses prceptes et la pri+re !on origine
remonte % des temps anciens ,u psaume ?K K et I, nous lisons cette plainte "es adversaires
ont rugi au milieu de ton temple .ls ont brDl dans le pays tous les lieu( saints Lors du retour
de la captivit,7sdras rorganisa les synagogues 2lus tard, la dispersion des )uifs rehaussa
l'importance de ces lieu( de culte 4uand les *omains eurent dtruit le temple de
Erusalem,centre du culte isralite, les synagogues, largement dissmines en divers lieu(,
devinrent un lien indestructible qui survcut % toutes les perscutions subsquentes ,u centre
de toute synagogue se trouve l'arche qui renferme les 0critures, et, % cBt, le pupitre d'o8 elles
sont lues 7n l'an 9HJ, , $ Barcochebas renouvela un des nombreu( efforts qui avaient d)% t
tents pour dlivrer la Eude du )oug romain ,pr+s une courte priode de succ+s apparent, cette
tentative choua comme d'autres et fut suivie de terribles reprsailles 'ais si l'emploi de la force
ne put lui procurer la libert, le peuple )uif fut prserv d'e(tinction en se runissant autour des
0critures, centre de sa vie religieuse
L'analogie et la relation des synagogues avec les glises sont videntes Esus s'est constitu le
centre de chacune des assembles rpandues dans le monde, car .l a dit L% o8 deu( ou trois
sont assembls en mon nom, )e suis au milieu d'eu( 5'atth 9I ;:6, et .l a donn les 0critures
pour servir de r+gle permanente au( croyants "'est la raison pour laquelle il a t impossible de
faire dispara=tre le tmoignage chrtien Les glises dtruites dans un endroit ont rapparu
ailleurs
Les )uifs de la dispersion 5;6 dploy+rent un grand L+le pour faire conna=tre le vrai $ieu parmi les
paMens, et gr>ce % leur tmoignage, il y eut de nombreuses conversions ,u troisi+me si+cle av
E#", l',ncien -estament avait t traduit en grec, #version dite des !eptante# le grec tant alors,
et fui longtemps encore, le principal moyen de communication entre peuples de langues
diffrentes "ette version devint un prcieu( au(iliaire pour faire conna=tre au( Nentils les 0crits
de l',ncien -estament, car les )uifs en firent bon usage dans leurs relations d'affaires comme
dans les synagogues Eacques dit: $epuis bien des gnrations, 'oMse a dans chaque ville des
gens qui le pr&chent, puisqu'on le lit tous les )ours desabbat dans les synagogues 5,ctes 9J
;96 "es sanctuaires furent frquents par des Nrecs et des hommes d'autres nationalits, qui
souffraient des pchs et de la corruption du paganisme, dgoDts des syst+mes philosophiques
paMens 7n entendant lire la loi et les proph+tes, ils taient amens % la connaissance du vrai
$ieu "omme marchands, les )uifs entraient en contact avec toutes les classes de la socit, et
ils en profit+rent grandement pour rpandre la connaissance de $ieu @n paMen, en qu&te de la
vrit, crit qu'il avait dcid de n'adhrer % aucun des syst+mes de philosophie en vogue parce
qu'il avait eu la bonne fortune de rencontrer % *ome un marchand de toile )uif qui, tr+s
simplement, lui avait fait conna=tre le seul vrai $ieu
$ans les synagogues rgnait la libert du minist+re Esus y enseignait habituellement: selon
sa coutume, il entra dans la synagogue le )our du sabbat: il se leva pour faire la lecture 5Luc K
9<6 4uand, au cours de leur voyage, 2aul etBarnabas arriv+rent %,ntioche de 2isidie, ils
entr+rent dans la synagogue et s'y assirent ,pr+s la lecture de la loi et des proph+tes, les chefs
de la synagogue leur envoy+rent dire: 3ommes fr+res, si vous aveL quelque e(hortation %
adresser au peuple, parleL 5,ctes 9H 9J6
Lorsque parut "hrist, le 'essie qui tait le plein accomplissement de l'esprance et du
tmoignage de tout .sra/l, un grand nombre de )uifs et de proslytes crurent en Lui "e furent eu(
qui fond+rent les premi+res glises 'ais les chefs du peuple furent )alou( de "elui qui est la
postrit promise % ,braham, le plus grand des fils de $avid .rrits par la proclamation de
l'7vangile, qui ouvrait au( Nentils la porte de la gr>ce, ils re)et+rent leur *oi et *dempteur et
perscut+rent ses disciples .ls persvr+rent ainsi dans leur voie douloureuse, sans le !auveur
qui tait venu premi+rement pour eu(, comme la vivante e(pression de l'amour de $ieu et de !a
puissance de salut envers les hommes
,u dbut, l'0glise fut forme surtout de Euifs convertisG les autres devinrent ses premiers
adversaires 2uis elle atteignit bientBt d'autres cercles d'auditeurs, et quand les Nentils se
convertirent % "hrist, elle entra en conflit avec la pense grecque et la puissance romaine
L'accusation place sur la croi( du "hrist avait t crite en hbreu, en grec et en latin 5Eean 9O
;:6, et ce fut dans la sph+re des puissances spirituelle et politique, reprsente par ces langues,
que l'0glise eut d'abord % souffrir 'ais c'est l% aussi qu'elle fit ses premi+res conqu&tes
La religion )uive devint un danger pour l'0glise, non seulement en la perscutant, mais encore, de
fa1on plus permanente, en assu)ettissant les chrtiens % la loi L'p=tre au( Nalates nous rapporte
le cri d'alarme de l'apBtre 2aul en face de ce mouvement de recul ce n'est pas par les
oeuvres de la loi que l'homme est )ustifi, mais par la toi en Esus#"hrist 5Nal ; 9<6 Le livre
des ,ctes et l'p=tre au( Nalates dmontrent nettement que le premier pril srieu( pour l'0glise
fut celui d'&tre enferme dans les limites d'une secte )uive et de perdre ainsi sa puissance et sa
libert d'apporter au monde entier la connaissance du 'salut de $ieu en "hrist
$ans sa recherche de la divinit, de l'e(plication du monde naturel, ou de prceptes de morale, la
philosophie grecque s'empara de toutes les religions et spculations humaines, qu'elles vinssent
de la Nr+ce ou de *ome, d',frique ou d',sie .l en rsulta une grande diversit de
connaissances 5gnosis6, un syst+me de philosophie succdant % un autre et provoquant
d'ardentes discussions La plupart dessyst+mes gnostiques, tant drivs de sources varies,
runissaient les enseignements des paMens et des )uifs, et plus tard, ceu( des chrtiens .ls
sondaient les myst+res que les initis dcouvraient derri+re les formes e(trieures des
religions paMennes "es syst+mes enseignaient frquemment l'e(istence de deu( dieu( ou
principes: la Lumi+re et les -n+bres, le Bien et le 'al La mati+re et les choses matrielles
taient regardes comme des produits de la puissance des tn+bres et places sous son
contrBle "e qui tait d'ordre spirituel provenait du dieu suprieur "es spculations
philosophiques furent % la base deplusieurs hrsies qui, d+s les premiers si+cles, envahirent
l'0glise et sont d)% rfutes dans la derni+re partie du Nouveau -estament, surtout dans les
crits de 2aul et de EeanLes moyens adopts pour combattre ces attaques et pour prserver
l'unit de la doctrine affect+rent davantage l'0glise que les hrsies elles#m&mes, car ils
contribu+rent largement au dveloppement du pouvoir piscopal et de ses abus, ce qui ne tarda
pas % modifier srieusement le caract+re des glises
L'empire *omain fut graduellement amen % attaquer les glises .l y employa toute sa puissance
et toutes ses ressources, esprant craser le christianisme
/2 Pre5%er$ P9re$ de l'3l%$e et leur$ cr%t$
Pers l'an <J ap E#", l'apBtre2ierre fut mis % mort, et, quelques annes plus tard,
l'apBtre2aul5H6La destruction de Erusalem par les *omains 5en l'an ?:6prouva qu'il n'a t
donn au( glises, ni chef, ni centre visibles sur la terre 2lus tard, l'apBtre Eean termina
dignement les 0critures de l',ncien et du Nouveau -estament en crivant son vangile, ses
p=tres et l',pocalypse
.l y a une notable diffrence entre les crits du Nouveau -estament et ceu( des deu( premiers
si+cles, non inclus dans lecanon des 0critures inspires L'infriorit de ces derniers est vidente,
m&me en tenant compte de ce qu'ils renferment de bon .ls e(pliquent les 0critures et e(hortent
les disciplesG dfendent la vrit et rfutent l'erreur 'ais ils manifestent aussi des divergences
croissantes des principes divins du Nouveau -estament, divergences qui avaient d)% commenc
% se manifester au temps des apBtres et s'accentu+rent tr+s rapidement ensuite
(l5et # 0crite durant la vie de l'apBtre Eean,la premi+re p=tre de "lment au( "orinthiens
donne un aper1u des glises % la fin de la priode apostolique 5K6 "lment tait un des anciens
de l'glise de *ome .l avait vu les apBtres 2ierre et 2aul et, dans sa lettre, il mentionne leur
martyre .l dbute par ces mots L'0glise de $ieu, s)ournant % *ome % l'glise de $ieu,
s)ournant % "orinthe Les perscutions endures sont relates avec l'accent paisible de la
victoire Les femmes perscutes # crit#il # apr+s avoir souffert des tourments indicibles,
ach+vent leur carri+re chrtienne avec fermet et, bien que faibles de corps, elles re1oivent une
noble rcompense Le ton de la lettre est humble Nous vous crivons # dit l'auteur # non
seulement pour vous rappeler votre devoir, mais encore pour nous en souvenir nous#m&mes
$e frquentes allusions sont faites % l',ncien -estament et % sa valeur typique, et plusieurs
citations sont tires du Nouveau -estament "lment place devant ses lecteurs l'esprance du
retour de "hrist .l leur rappelle aussi que le salut ne dpend pas de la sagesse de nos paroles
ou de nos oeuvres, mais de notre foi .l a)oute quela )ustification par la foi ne doit )amais faire
ngliger les bonnes oeuvres 'ais d)% dans cette p=tre se dessine une distinction bien nette #
tire des ordonnances de l',ncien -estament # entre le clerg et les laMques
I3ace # $ans le rcit des adieu( de l'apBtre 2aul 5,ctes ;:6, il nous est dit que, de passage
%'ilet, 2aul envoya chercher lesanciens de l'glise d'0ph+se et leur parla comme tant tablis
par le !t#7spritsurveillants de l'glise Le mot ancien est la traduction de presbytre et
surveillant celle du moi v&que -out le passage montre que ces deu( termes s'appliquaient
au( m&mes hommes, % la m&me glise .gnace 5J6 avait connu quelques#uns des apBtres
"ependant, crivant quelques annes apr+s %"lment, il attribue au( v&ques une autorit et
une prminence inconnues dans le Nouveau -estament et m&me beaucoup plus accentue que
dans les crits de "lment 7n commentant ,ctes ;: 5<6, il dit que 2aul fit venir d'0ph+se % 'ilet
les v&ques et les presbytres, appliquant ainsi deu( noms % la m&me charge .l a)oute que ces
chrtiens venaient d'0ph+se et des cits avoisinantes, )etant ainsi de la confusion sur le fait
que la seule glise d'0ph+se avaitplusieurs v&ques ou surveillants
P#l7car"e, v&que de!myrne, mis % mort en cette ville en l'an 9J<, fui l'un des derniers ayant
connu personnellement quelques#uns des apBtres .l fut instruit longuement par Eean et eut des
relations intimes avec d'autres qui avaient vu le !eigneur
Ire #ccu"e aussi une place dans cette cha=ne de relations personnelles avec l'poque de
"hrist .l fut disciple de 2olycarpe et devintv&que de Lyon, en 9??
Tertull%e # La coutume de baptiser les croyants 5?6 en raison de la confession de leur foi au
!eigneur Esus#"hrist # selon l'enseignement et l'e(emple du Nouveau -estament # se maintint
encore quelque temps La premi+re allusion dfinie aubapt&me des petits enfants se trouve dans
un crit de -ertullien, en 9O?, quicondamne cet usage, rcemment introduit, ainsi que celui de
baptiser les morts "e changement avait t amen par un enseignement contraire % celui du
Nouveau -estament, car, d)% au dbut du deu(i+me si+cle, on enseignait largnration
baptismale @ne autre modification frappante fut celle qui fit du repas en mmoire du !eigneur et
de sa mort # la!ainte "+ne #un acte accompli miraculeusement par un pr&tre "es deu( fau(
enseignements marqu+rent encore davantage la distinction errone entre le clerg et les laMques
.l se dveloppa un syst+me clrical plac sous la domination des v&ques, soumis eu(#m&mes %
des mtropolites tablis sur de vastes territoires ,insi une organisation tout humaine, avec
ses formes religieuses strotypes, vint supplanter dans les glises autonomes la puissance
agissante du !aint#7sprit et les directions des 0critures
"e dveloppement fut graduel 5I6 et beaucoup de chrtiens n'en furent pas influencs ,u dbut,
aucune glise n'eut la prtention de dominer sur d'autres, bien qu'il arriv>t parfois % une petite
congrgation de demander % une plus importante l'envoi d'hommes choisis pour aider au
r+glement de questions importantes .l y avait de temps % autre desconfrences locales
d'anciens 'ais, )usqu'% la fin du deu(i+me si+cle, ils semblent n'avoir t convoqus qu'en des
occasions spciales qui rendaient ces rencontres ncessaires -ertullien crivait: La religion
n'est pas appele % imposer la religion "'est librement, et non par force, qu'elle doit &tre
adopte
Or%39e, l'un des plus minents p+res de l'0glise 5O6, par son enseignement comme par sa
spiritualit, rendit un tmoignage bien net au caract+re spirituel de l'0glise N en 9IJ,
%,le(andrie, de parents chrtiens, il fut un de ceu( qui, d+s leurs plus )eunes annes, ressentent
l'action du !aint#7sprit .l fut instruit dans les 0critures d'abord par son p+re, le sage et pieu(
Lonidas Lorsque ce dernier fut emprisonn pour sa foi, Arig+ne, >g alors de di(#sept ans,
montra son dvouement filial en essayant de le re)oindre en prison .l en fut emp&ch par un
stratag+me de sam+re, qui cacha ses v&tements .l crivit % son p+re en prison pour l'encourager
% la constance 4uandLonidas fut mis % mort et que ses biens furent confisqus, Arig+ne devint
le principal soutien de sa m+re et de ses si( )eunes fr+res !es capacits e(ceptionnelles dans
l'enseignement de la 2arole ne tard+rent pas % le faire conna=tre -out en se traitant lui#m&me
avec une e(tr&me svrit, il montra tant de bont au( fr+res perscuts qu'il eut % souffrir en
consquence .l se rfugia quelque temps en 2alestine, o8, par son rudition et ses crits, il attira
l'attention des v&ques, tellement qu'ils venaient en simples tudiants couter ses e(poss des
0critures $mtrius, v&que d',le(andrie, s'indignant de ce qu'un simple laMque, comme
Arig+ne, os>t instruire des v&ques, le censura et le rappela % ,le(andrie, puis finit par
l'e(communier 5;H96, bien qu'Arig+ne se fDt soumis % ses ordres 2ar le charme spcial de son
caract+re, et par la profondeur et la clart de son enseignement, il sut gagner les coeurs
d'hommes qui lui rest+rent loyalement attachs et continu+rent son enseignement apr+s sa mort
7llesurvint en ;JK, suite des tortures qu'il avait endures cinq ans auparavant, %-yr, lors des
perscutions sous $cius
Arig+ne dfinissait l'0glise comme runissant tous ceu( qui avaient e(priment dans leurs vies
la puissance de l'7vangile ternel "e sont ces croyants#l% qui forment la vritable 0glise
spirituelle, laquelle ne coMncide pas tou)ours avec ce que les hommes appellent 0glise !on esprit
ardent, spculatif, l'entra=na au del% de ce qu'avaient pu saisir la plupart des chrtiens, en sorte
qu'il fut souvent regard comme hrtique dans son enseignement .l distinguait cependant entre
les choses qui doivent &tre clairement et dogmatiquement dmontres et celles qu'il ne convient
d'avancer qu'avec prudence en vue d'e(amen $e ces derni+res il disait: $e ce qu'il en est, $ieu
seul en a une parfaite connaissance, ainsi que ceu( qui sont !es amis par "hrist et par le !aint#
7sprit !a vie laborieuse fut consacre % faire mieu( comprendre les 0critures @n de ses
grands ouvrages, le 3e(apla, facilite la comparaison des diverses versions
(7"r%e59:6, v&que de"arthage, n vers l'an ;::, tait bien diffrent d'Arig+ne .l emploie
librement le terme 0glise catholique, en dehors de laquelle il ne voit point de salut 7n son
tempsla vieille 0glise catholique tait d)% forme, c'est#%#dire l'0glise qui, avant l'poque de
"onstantin, avait pris le nom de "atholique et e(cluait tous ceu( qui ne se conformaient pas %
sa r+gle 7n parlant deNovatien et de ceu( qui le secondaient dans ses efforts pour amener les
glises % une plus grande puret, "yprien dnonce l'impit d'une ordination illgale faite en
opposition % l'0glise catholique .l crit encore que ceu( qui approuvaient Novatien ne pouvaient
&tre en communion avec l'0glise catholique, puisqu'ils s'effor1aient de couper et de lacrer le
corps homog+ne de cette 0glise, en commettant l'impit d'abandonner leur m+re .ls devaient
donc revenir % l'0glise, car ils avaient agi contrairement % l'unit catholique .l y a # disait#il # de
l'ivraie parmi le froment, mais, au lieu de nous sparer de l'0glise, nous devons travailler dans
son sein % devenir du bl, des vaisseau( d'or et d'argent dans la grande maison .l
recommandait la lecture de ses pamphlets pour aider au( >mes dans le douteG puis, faisant
rfrence au( Novatiens, il affirmait: 4uiconque n'appartient pas % l'0glise de "hrist n'est pas
chrtien il y a une seule glise comme un seul piscopat
:2 D%ffrete$ f#r5e$ d'3l%$e$
7n s'accroissant, les glises perdirent leur premier L+le et se conform+rent tou)ours plus au
monde et % ses mthodes 'ais ce changement graduel souleva des protestations , mesure
que grandissait l'organisation du groupe catholique des glises, il se formait aussi dans son sein
des cercles avides de rformes 4uelques glises se spar+rent m&me du groupe catholique
$'autres encore, plus ou moins attaches au( doctrines et au( pratiques du Nouveau -estament,
se trouv+rent peu % peu en marge des glises qui les avaient d)% grandement dlaisses
L'0glise catholique, prenant dans la suite la premi+re place, constitua une abondante littratureG
tandis queles crits de ceu( qui diffraient d'elle furent supprims .l ne nous en est gu+re
parvenu que des fragments tirs des publications diriges contre eu( An peut donc aisment
&tre sous la fausse impression que, durant les trois premiers si+cles, il n'y avait que la seule
0glise catholique unie et certainsgroupes hrtiques de peu d'importance La vrit est plutBt
qu'alors, comme au)ourd'hui, il e(istait des congrgations reprsentant certains aspects du
tmoignage chrtien, attaches chacune % quelque vrit spciale, ainsi que plusieurs groupes
d'glises s'e(cluant mutuellement
Les nombreu( groupes chrtiens qui travaill+rent % la rforme des glises catholiques, tout en
demeurant dans leur sein, sont souvent nomms'ontanistes L'habitude de prendre le nom d'un
homme en vue pour dsigner un mouvement spirituel tendu peut induire en erreur 7lle est
parfois adopte comme tant la plus pratiqueG mais il convient de se rappeler que, si grand que
soit un homme comme chef ou e(g+te, un mouvement spirituel affectant des multitudes le
dpasse de beaucoup en ampleur et en signification
*#tau$ # ,yant constat que la mondanit dans l'0glise allait croissant et que l'rudition des
chefs se substituait % la puissance spirituelle, beaucoup de croyants sentirent intensment le
besoin d'une e(prience personnelle plus profonde de la prsence du !t#7sprit .ls attendaient un
rveil spirituel, un retour % l'enseignement et % la vie apostoliques
7n2hrygie59J<6, 'ontanus 5996 commen1a % protester # d'autres croyants se )oignant % lui #
contre le rel>chement qui prvalait dans les relations de l'0glise avec le monde 4uelques#uns
dclaraient qu'ils avaient des manifestations spciales du !t#7sprit, entre autres deu(
femmes,2riscaet'a(imillia La perscution dclenche 59??6 par l'empereur'arc#,ur+le rveilla
les aspirations spirituelles des croyants etl'attente de la venue du !eigneur Les'ontanistes
aspiraient % fonder des congrgations animes de la pit des premiers )ours de l'0glise, vivant
dans l'attente du *etour du 'a=tre et accordant au !t#7sprit sa place lgitime dans l'0glise .l y
eut sans doute des e(agrations cheL certains, qui prtendaient avoir des rvlations spirituelles
"ependant les 'ontanistes enseignaient et pratiquaient une rforme ncessaire .ls acceptaient
de fa1on gnrale l'organisation qui s'tait dveloppe dans les glises catholiques et
s'effor1aient de rester dans leur sein 'ais tandis que les v&ques catholiques dsiraient faire le
plus grand nombre possible d'adhrents, les 'ontanistes insistaient sur des vidences bien
nettes de christianisme dans les vies de ceu( qui voulaient s'unir % eu( Le syst+me catholique
obligeait les v&ques % e(ercer sur les glises une domination tou)ours plus stricte, tandis que les
'ontanistes s'y opposaient et maintenaient que la direction des glises tait la prrogative du !t#
7sprit, auquel devait &tre laisse pleine libert d'opration
7n Arient, ces divergences amen+rent asseL vite la formation d'glises spares 'ais en
Accident, les 'ontanistes subsist+rent longtemps comme socits faisant partie des glises
catholiques "e ne fut qu'apr+s de longues annes qu'ils en furent e(clus, ou s'en spar+rent
volontairement ,"arthage,2erptue etFlicit, dont la mmoire a t prserve par l'mouvant
rcit de leur martyre, taient encore # bien que 'ontanistes # membres de l'0glise catholique
quand elles moururent 5;:?6 'ais au dbut du troisi+me si+cle, -ertullien, conducteur vnr
des glises africaines et auteur minent,s'attacha au( 'ontanistes et se spara de l'0glise
catholique .l crivit La prsence de trois croyants, m&me laMques, constitue d)% une glise
*arc%# # @n mouvement tr+s diffrent, qui s'tendit rapidement et devint un srieu( rival du
syst+me catholique, fut celui des'arcionites59;6, dont-ertullien crivait en les combattant: La
tradition hrtique de 'arcion a envahi toute la terre'arcion naquit, en l'an IJ, % !inope, sur la
mer Noire, et fut lev dans les glises dela province du 2ont o8 avait vanglis l'apBtre 2ierre
59 2ierre 9 96 et d'o8 ,quilas tait originaire 5,ctes 9I ;6 !on enseignement se dveloppa
graduellement et il avait d)% soi(ante ans lorsque ses crits furent publis et longuement
discuts % *ome
L'>me de 'arcion fut trouble en face des grands probl+mes du mal dans le monde, de la
diffrence entre la rvlation de $ieu dans l',ncien et dans le Nouveau -estament, du contraste
entre la col+re divine, ou le )ugement d'une part, l'amour et la misricorde d'autre part, de
l'opposition apparente de la Loi % l'7vangile N'arrivant pas % concilier ces divers probl+mes sur la
base des 0critures, comme le faisaient gnralement les glises, il adopta unethorie dualiste
asseL rpandue % cette poque.l affirmait: que le monde n'avait pas t cr par le $ieu -r+s#
3aut, mais par un &tre infrieur, le dieu des )uifsG que le $ieu *dempteur est rvl en "hrist,
qui, bien que n'ayant eu aucun rapport antrieur avec le monde, descendit ici#bas par amour,
pour le sauver et dlivrer l'homme de sa mis+re .l vint en tranger et incognito, et fut en
consquence assailli par le 5soi#disant6 crateur et souverain de l'univers, ainsi que par les )uifs et
tous les serviteurs du dieu de ce monde 'arcion enseignait que le devoir de tout vrai chrtien
est de s'opposer au)udaMsme et % la forme courante du christianisme, qu'il considrait comme un
re)eton du )udaMsme .l n'tait pas d'accord avec lessectes gnostiques, car il ne pr&chait pas le
salut par les myst+res, c'est#%#dire par l'acquisition de la connaissance, mais par la foi en
"hrist ,u dbut, il chercha % rformer les glises chrtiennes, mais, plus tard, ces derni+res et
les 'arcionites s'e(clurent mutuellement
"omme ses conceptions ne pouvaient &tre maintenues par l'0criture, 'arcion en devint un
critique rigoureu( .l appliqua ses thories % la Bible, re)etant du te(te tout ce qui tait en flagrante
contradiction avec ses vues .l n'en conserva que ce qui semblait lui donner raison et l'interprta
selon sa mani+re de voir plutBt que selon le sens gnral des 0critures, a)outant m&me au te(te
ce qui lui semblait dsirable ,insi, apr+s avoir d'abord accept l',ncien -estament, il finit par le
re)eter absolument, comme tant une rvlation du dieu des )uifs et non point du $ieu
*dempteur, comme annon1ant un 'essie )uif et non pas le "hrist .l pensait que les disciples
confondaient "hrist avec le 'essie )uif $ans son estimation, l'7vangile vritable n'avait t
rvl qu'% 2aul ,ussi re)etait#il le Nouveau -estament % l'e(clusion de certaines p=tres
pauliniennes et de l'vangile de Luc Finalement il alla )usqu'% diter une libre interprtation de
cet vangile, d'o8 tait banni tout ce qui contrariait ses thories .l enseignait que le reste du N
-estament tait l'oeuvre de)udaMsants dcids % dtruire le vritable 0vangile, et qui avaient
introduit dans ce but des passages que lui dclarait fau(, ce N -estament e(purg 'arcion
a)outa son propre ouvrage: ,ntith+ses, qui rempla1a le livre des ,ctes
7nthousiaste de son 0vangile, il le considrait comme la plus grande des merveilles, une
puissante rvlation, insurpassable en pense et en paroles 4uand ses doctrines furent
dclares hrtiques, il commen1a % former des glises spares qui se multipli+rent
rapidement An y observait le bapt&me et la !ainte#"+ne La forme du culte tait beaucoup plus
simple que celle de l'0glise catholique et le dveloppement du clricalisme et de la mondanit fut
rprim 7n accord avec leurs vues sur le monde matriel,les 'arcionites taient de stricts
asc+tes .ls interdisaient le mariage et ne baptisaient que ceu( qui avaient fait voeu de chastet
2our eu(, Esus aurait eu un corps immatriel # celui d'un fantBme # mais capable d'prouver des
sensations, tout comme le nBtre
-outes les erreurs peuvent &tre bases sur quelque portion de l'0criture !eule la vrit repose
sur toute la rvlation biblique Les erreurs de 'arcion taient le rsultat invitable d'avoir
accept de la Bible ce qui lui plaisait et re)et le reste
Le$ (at4are$ # -out cart du mod+le initial trac pour les glises dans le Nouveau -estament
rencontra d+s le dbut une vive rsistance et amena, en quelques cas, la formation dans les
glises dcadentes de groupes de croyants se gardant du mal et esprant &tre le moyen de la
restauration de l'ensemble 4uelques#uns de ces groupes furent e(clus et se runirent en
congrgations spares $'autres, ne pouvant se conformer au( opinions rgnantes, quitt+rent
leurs glises pour former de nouveau( corps de croyants !ouvent ces derniers allaient grossir
les rangs de ceu( qui, d+s le dbut, avaient maintenu les pratiques apostoliques $ans les
si+cles qui suivirent, il est frquemment fait allusion au( glises qui avaient adhr % la doctrine
apostolique et qui revendiquaient une succession ininterrompue de tmoins depuis les premiers
)ours de l'0glise ,vant comme apr+s l'poque de "onstantin, les membres de ces congrgations
furent souvent nomms"athares52ars6 'ais ils ne semblent pas s'&tre )amais donn ce nom
eu(#m&mes
An les nomma encoreNovatiens, bien que Novatien ne fDt pas le fondateur du mouvement, mais
l'un de ses chefs, sa vie durant "e dernier se montrait tr+s sv+re sur un point qui agita
beaucoup les glises durant les priodes de perscutions, % savoir si l'on devait admettre comme
membres les personnes qui, depuis le bapt&me, taient retournes au( sacrifices idol>tres @n
v&que, nommFabien, qui avait consacr Novatien et souffrit le martyre %*ome, eut comme
successeur un certain "ornlias qui consentait % recevoir les apostats @ne minorit, en
dsaccord avec lui, choisit Novatien comme v&que et il accepta cette lection'ais ses amis et
lui furent e(communis 5;J96 par un synode runi % *ome2lus tard,Novatien subit aussi le
martyre 'ais ses adeptes, qu'ils se nommassent "athares, Novatiens ou autrement,
continu+rent % se rpandre largement .ls ne reconnaissaient plus les glises catholiques et
estimaient ses sacrements comme dpourvus de valeur
Les$onatistes59H6 de l',frique du Nord furent influencs par l'enseignement de Novatien .ls
diverg+rent de l'0glise catholique sur des points de discipline, en insistant sur le caract+re de
ceu( qui administraient les sacrements, tandis que les catholiques considraient les sacrements
m&mes comme plus importants Les $onatistes se nommaient ainsi d'apr+s deu( hommes
minents parmi eu( qui s'appelaient tous deu($onatus ,u dbut, ces chrtiens se distingu+rent
des catholiques en gnral par la supriorit de leur caract+re et de leur conduite $ans certaines
parties de l',frique du Nord, ils furent numriquement en t&te des diffrentes branches de
l'0glise
Le$*a%c4e$2# -andis que les glises chrtiennes se dveloppaient sous diverses formes,
parut une nouvellereligion gnostique, le 'anichisme, qui prit un rapide essor et devint un
formidable adversaire du christianisme 'ani, son fondateur, naquit en Babylonie 5;9<6 !on
syst+me dualiste tait driv de sources persanes, chrtiennes et bouddhistes 'ani aspirait %
continuer et parachever l'oeuvre commence par No, ,braham, Qoroastre,Bouddha et Esus .l
voyagea au loin, )usqu'en "hine et au( .ndes, pour y propager ses doctrines, et e(er1a une
grande influence sur quelques chefs persans, mais fut finalement crucifi An continua cependant
% rvrer ses crits, et ses disciples, nombreu( % Babylone et %!amarcande, se rpandirent
aussi dans l'Accident, en dpit de violentes perscutions
;2 L'"<tre = D%#3etu$
7n contraste avec ces lments de confusion et de conflit, en rencontrait de vrais docteurs,
loquents et capables de diriger les >mes dans la voie du salut L'un d'eu( rest inconnu, crit,
au deu(i+me si+cle, % un certain $iogntus 59K6, chercheur de la vrit .l rpond % ses
questions: sur la mani+re des chrtiens d'adorer $ieu, sur la raison de leur foi, de leur
attachement au !eigneur et de leur amour pour leurs fr+res $iogntus demandait encore
pourquoi les chrtiens n'adorent pas les dieu( grecs et ne suivent pas la religion )udaMque, et
pourquoi cette nouvelle forme de pit n'est apparue que tout derni+rement sur la terre
Les chrtiens # lui est#il rpondu # ne se distinguent des autres hommes ni par la nationalit ni
par la langue .ls vivent l% o8 leurs circonstances les ont placs et suivent les coutumes du pays
quant au v&tement, % la nourriture et % la conduite ordinaire, tout en dmontrant au( autres ce
qu'il y a de spcial et de merveilleu( dans leur mani+re de vivre .ls rsident dans leur patrie,
mais en voyageurs "omme citoyens, ils prennent pleinement part % la vie nationale, tout en se
comportant en toutes choses comme des trangers -out pays leur devient une patrie et leur
terre natale est pour eu( un sol tranger .ls vivent ici#bas, mais sont bourgeois des cieu( .ls
obissent au( lois tablies, tout en les dpassant de beaucoup par leurs vies .ls bnissent ceu(
qui les outragent
2arlant de $ieu, cet inconnu crit: Le -out#2uissant, le "rateur de toutes choses a envoy
des cieu( et plac ici#bas "elui qui est la Prit, la 2arole sainte et insondable et l'a fermement
tabli dans leurs coeurs .l n'a pas envoy, comme on pourrait l'imaginer un ange ou un
souverain mais bien le "rateur et l',rchitecte de tout l'univers, "elui par lequel .l tendit les
cieu( et fi(a des limites % l'ocan "elui auquel obissent les astres -el fut !on messager Fils
de *oi, .l vint en roiG Fils de $ieu, .l vint de $ieu, envoy au( hommes comme !auveur .l ne
parut pas pour nous )uger, mais le )our vient o8 .l sera notre )uge et qui pourra soutenir le )our de
sa venueR 'algr le dlai de l'envoi du !auveur, $ieu reste immuablement le m&meG mais .l a
attendu dans !a longanimit .l avait con1u en !on esprit un plan sublime, ineffable, qu'.l ne
confia qu'% !on Fils ,ussi longtemps qu'.l nous cacha !on sage conseil, .l sembla nous ngliger,
mais cela seulement pour manifester que nous ne pouvons pas nous#m&mes entrer dans le
*oyaume de $ieu 2uis, % l'heure fi(e, .l prit sur Lui le fardeau de nos iniquits, .l donna !on
propre Fils en ran1on pour nousG Lui le !aint pour des transgresseursG le 2arfait, pour des
mchantsG le )uste pour des in)ustesG l'.ncorruptible pour des &tres corruptibles, l'.mmortel pour
des mortels "ar quoi d'autre que !a )ustice pourrait effacer nos pchsR 4uel autre que le Fils
unique de $ieu pourrait )ustifier le mchant et l'impieR : dou( changeC : oeuvre insondableC :
gr>ce surpassant toute attenteC l'iniquit d'une multitude cache en un seul )uste et la )ustice d'@n
seul )ustifiant d'innombrables transgresseursC
>2 Le$ "er$cut%#$ (#$tat%!le!Grad
Lorsque l'0glise entra en contact avec l'7mpire59J6 romain, il s'ensuivit un conflit au cours duquel
toutes les ressources de cette grande puissance !'puis+rent en vains efforts pour vaincre ceu(
qui )amais ne rsistaient ou ne se vengeaient, mais supportaient tout pour l'amour du !eigneur,
dont ils suivaient les traces !i divises que fussent les glises, par leurs vues ou leurs pratiques,
elles restaient unies dans la souffrance et la victoire Bien que les chrtiens fussent reconnus
comme de loyau( su)ets de l'7mpire, leur foi leur interdisant d'offrir de l'encens ou des hommages
divins soit % l'empereur, soit au( idoles, ils taient considrs comme des rebelles Le fait que
l'idol>trie pntrait la vie )ournali+re du peuple, sa religion, ses affaires, ses plaisirs, faisait que
ces chrtiens taient haMs parce que spars de leur entourage An prit contre eu( de sv+res
mesures, d'abord intermittentes et locales 'ais, % la fin du premier si+cle, le christianisme tait
considr comme illgal La perscution devint systmatique et s'tendit % tout l'7mpire .l y eut
parfois de longues priodes de rpit, mais, % chaque retour de svrit, la perscution
augmentait en violence Les chrtiens subirent la perte de tous leurs biens .ls furent
emprisonns et mis % mort en tr+s grand nombre 2uis on trouva des raffinements de cruaut
pour intensifier leur ch>timent An rcompensa les espions et ceu( qui re1urent des chrtiens
cheL eu( durent partager leur sort An dtruisit en outre toutes les portions des 0critures sur
lesquelles on put mettre la main ,u dbut du quatri+me si+cle, cette guerre trange entre le
puissant empire mondial et ces glises, passives mais invincibles # parce quelles n'aim+rent pas
leur vie )usqu'% craindre la mort # semblait ne pouvoir prendre fin que par la destruction totale de
l'0glise chrtienne
,lors survint un vnement qui mit soudainement un terme % ce long et terrible conflit Les luttes
intestines, qui secouaient l'7mpire romain, se termin+rent en H9; par une victoire dcisive
del'empereur "onstantin .mmdiatement apr+s son entre % *ome, il promulgua un dit qui
mettait fin % la perscution contre les chrtiens @n an plus fard,l'0dit de 'ilan accordait % tout
homme la libert de suivre la religion de son choi(
"'est ainsi que l'7mpire romain fut vaincu dans sa lutte contre le christianisme, gr>ce % la fidlit
de tous les vrais croyants Leur longue endurance russit % changer l'hostilit acharne du
monde romain, d'abord en piti, puis en admiration Les religions paMennes ne furent pas
perscutes au dbut, mais, tant prives de l'appui de l'0tat, elles dclin+rent progressivement
La profession du christianisme fut encourage $es lois, abolissant les abus et protgeant les
faibles, amen+rent une mesure de prosprit inconnue )usqu'alors Les glises, libres de toute
perscution, entr+rent dans une nouvelle e(prience Beaucoup d'entre elles avaient conserv
leur puret primitive, mais beaucoup aussi avaient t affectes par les profonds changements
intrieurs que nous avons signals et diffraient grandement des glises des temps apostoliques
Les effets de ces transformations se manifest+rent nettement lorsqu'elles largirent leurs cadres
()APITRE II
Le (4r%$t%a%$5e da$ la (4rt%et
,/0/!:?>6 /@@!A;@6 /;@!/A;1
,ssociation de l'0glise % l'0tat # 0glises refusant cette association # "ondamnation des
donatistes # Le concile de Nice # *estauration de l'arianisme # ,thanase # 2rofessions de foi #
Le canon des 0critures # Le monde romain et l'0glise # $issolution de l'empire d'Accident #
,ugustin # 2lage # "hangement d'attitude de l'0glise # Fausses doctrines: manichisme,
arianisme, plagianisme, sacerdotalisme # !yst+me monastique # Les 0critures comme r+gle de
vie # 'issions # ,bandon des principes missionnaires du Nouveau -estament # 'issions
irlandaises et cossaises sur le "ontinent # "onflit entre les missions britannique et romaine #
2riscillien
02 L'3l%$e et l'tat2
Fin de l'7mpire romain d'Accident
La prminence des v&ques, et surtout des mtropolites dans les glises catholiques favorisa
grandement les relations de l'0glise avec les autorits civiles "onstantin lui#m&me, tout en
conservant l'ancienne dignit impriale de grand pr&tre de la religion paMenne, se chargea du rBle
d'arbitre des glises chrtiennesL'0glise et l'0tat ne tard+rent pas % &tre troitement associs et,
tr+s vite, la puissance de l'0tat fui % la disposition des chefs de l'0glise pour sanctionner leurs
dcisions "'est ainsi que les perscuts devinrent promptement perscuteurs
2lus tard, lesglises qui, restes fid+les % la 2arole de $ieu furent perscutes par l'0glise
dominante commehrtiques et sectaires, e(prim+rent souvent dans leurs crits leur enti+re
dsapprobation de l'union de l'0glise et de l'0tat au temps de "onstantin et de!ylvestre, alors
v&que de *ome 7lles faisaient remonter leur e(istence et leur continuit au( assembles
primitives, scripturaires, des )ours apostoliques, ayant conserv leur puret durant la priode o8
tant d'glises s'associ+rent au pouvoir sculier 2our toutes il y eut bientBt un renouveau de
perscution, venant cette fois#ci, non pas de l'empire paMen de *ome, mais de l'0glise officielle,
investie de la puissance de l'0tat christianis
Les$onatistes, tr+s nombreu( dans l',frique du Nord, avaient retenu ou radopt dans leur
organisation plusieurs lments du type catholique .ls taient en bonne posture pour en appeler
% l'empereur dans leur lutte avec le parti catholique, et ils le firent sans retard "onstantin
convoqua plusieurs v&ques des deu( tendances et se pronon1a contre les $onatistes, qui furent
alors perscuts et punis 'ais le conflit n'en fut pas adouciG il continua )usqu'%l'invasion
mahomtane du septi+me si+cle qui les dtruisit tous
Le"oncile de Nice, premier concile gnral des glises catholiques, fut convoqu par
"onstantin .l se runit % Nice, en Bithynie 5H;J6 La principale question % e(aminer tait la
doctrine d',rius, presbytre d',le(andrie, qui prtendait que le Fils de $ieu tait un &tre cr, le
premier et le plus grand de tous, il est vrai, mais ne pouvait pourtant &tre considr comme gal
au 2+re 2lus de trois cents v&ques, venus de toutes les parties de l'7mpire, avec leurs
nombreu( assistants, se rassembl+rent % Nice pour y dbattre ce point Le concile fut ouvert en
grande pompe par "onstantin 2lusieurs v&ques portaient sur leur corps les marques des
tortures endures au temps des perscutions , part deu( opposants, le concile dcida que
l'enseignement d',rius tait fau(, car telle n'avait pas t la doctrine de l'0glise au dbut Lecredo
de Nice fut alors labor pour e(primer la vrit quant % la nature rellement divine du Fils et %
!on galit avec le 2+re
Bien que la dcision obtenue fDt )uste, la mani+re d'y arriver, par les efforts combins de
l'empereur et des v&ques, et le mode de l'appliquer, par le pouvoir de l'0tat, manifestaient de la
part de l'0glise catholique son loignement de l'0criture $eu( ans apr+s le "oncile de Nice,
"onstantin changea d'opinion et rappela ,rius de l'e(il $urant le r+gne de son fils"onstance,
tous les v&chs furent confis % des v&ques ariens Le gouvernement devint alors arien et la
perscution se dtourna des ,riens pour se reporter sur les "atholiques
, cette poque,,thanase tait un homme occupant une position minente, que ni les clameurs
populaires, ni les menaces ou les flatteries des autorits ne parvenaient % branler "omme
)eune homme, il avait assist au "oncile de Nice et, plus fard, devint v&que d',le(andrie
2endant pr+s de cinquante ans, bien qu'e(il % plusieurs reprises, il maintint un courageu(
tmoignage % la vraie divinit du !auveur "alomni, traduit devant les tribunau(, se rfugiant au
dsert, puis retournant en ville, rien ne put le dtourner de la dfense de la vrit qu'il professait
$ans un bon nombre de pays, surtout dans les royaumes du Nord,l'arianisme se maintint encore
pendant trois si+cles comme religion d'0tat Les Lombards, en .talie, furent les derniers %
l'abandonner
(#fe$$%#$ de f#%2#Les si( premiers conciles gnrau(,dont le dernier se runit en <I:,
s'occup+rent surtout de questions concernant la nature divine et les relations entre le 2+re, le Fils
et le !t#7sprit ,pr+s des discussions interminables, on forgea des confessions de foi et non1a
des dogmes, dans l'espoir de fi(er % )amais la vrit et de la transmettre au( gnrations futures
Notons ici que telle n'est pas la mthode des 0critures 7lles nous enseignent que la lettre seule
ne peut communiquer la vrit, qui doit &tre saisie spirituellement et non mcaniquement
transmise d'une personne % l'autre "haque >me individuellement la re1oit et la fait sienne dans
l'intimit avec $ieu, puis s'y affermit en la confessant et en la maintenant dans la lutte
quotidienne
Le ca# de$ cr%ture$ # An estime parfois que l'0criture seule ne suffit pas pour l'orientation
des 0glises et qu'il faut y a)outer au moins la tradition primitive, puisque ce furent les premiers
conciles de l'0glise qui fi(+rent le canon des 0critures "eci n'avait trait naturellement qu'au
Nouveau -estament 2ar ses caractristiques particuli+res et par son histoire unique, le peuple
d'.sra/l avait t prpar % recevoir la rvlation divine, % reconna=tre les crits inspirs, et % les
conserver avec une tnacit et une e(actitude invincibles 4uant au Nouveau -estament, le
canon des livres inspirs ne fut pas fi( par les conciles .ls le reconnurent comme d)%
clairement dsign par le !t#7sprit et gnralement accept dans les glises "ette marque
spirituelle et cette acceptation n'ont cess d'&tre confirmes par la supriorit en valeur et en
puissance des livres canoniques, compars au(livres apocryphes ou non canoniques
U%# de l'3l%$e et de l'tat # "ommen1ant en H9H, avec l'0dit de tolrance de "onstantin, la
seconde priode de l'histoire de certaines glises est tr+s importante parce qu'elle dmontre, sur
une large chelle, l'e(prience de l'union de l'0glise % l'0tatL'0glise pouvait#elle sauver le monde
en s'associant % luiR
Le monde romain59<6 avait alors atteint l'apoge de sa puissance et de sa gloire, la civilisation,
son plus haut degr possible, la connaissance de $ieu mise % part 7t pourtant la mis+re du
monde tait e(tr&me -andis que la lu(ure et les vices des riches dpassaient toute mesure, une
large proportion du peuple vivait dans l'esclavage La dgradation gnrale tait encore accrue
par des spectacles publics, o8 l'on amusait la populace par toute esp+ce de sc+nes de cruaut et
d'iniquit An trouvait encore quelques lments sains au( e(trmits de l'7mpire, mais le coeur
de la nation tait malade et compromettait la vie de tout l'organisme *ome tait
irrmdiablement vicieuse et corrompue
-ant que l'0glise tait reste spare de l'0tat, elle avait t un puissant tmoin du "hrist dans le
monde et avait introduit constamment de nombreu( convertis dans sa sainte communion 'ais
lorsque, d)% affaiblie pour avoir obi % des conducteurs humains plutBt qu'au !t#7sprit, elle
devint soudainement partenaire de l'0tat, elle en partagea la souillure et la dgradation
-r+s vite, le clerg aspira % des positions lucratives et minentes, au m&me titre que les
fonctionnaires de la "our, tandis que dans les congrgations o8 prvalait l'lment impie, les
avantages matriels d'un christianisme de surface changeaient la puret des glises perscutes
en mondanit L'0glise devint ainsi incapable d'enrayer la marche du monde civilis vers la
corruption
Iva$%# de$ Bar+are$ # $e sinistres nuages s'amassaient, annon1ant le )ugement $ans la
"hine lointaine, des mouvements de la population vers l'ouest amen+rent une grande migration
des 3uns qui, traversant laPolga, poursuivirent les Noths dans ce qui est au)ourd'hui la *ussie, et
les refoul+rent )usqu'au( fronti+res de l'7mpire romain, d)% divis en 7mpire d'Arient ou
ByLantin, avec"onstantinople pour capitale, et en 7mpire d'Accident, avec *ome Les nations
germaniques ou teutoniques sortirent de leurs for&ts 3arcels par les hordes mongoles de
l'Arient et attirs par l'opulence et la faiblesse de l'7mpire, les Noths # diviss en Astrogoths et
Pisigoths, selon qu'ils venaient de l'est ou de l'ouest # puis d'autres peuples germaniques: les
Francs, les Pandales, les Burgondes, les !u+ves, les 3rules, etc, s'abattirent comme un flot
dvastateur sur la civilisation avilie de *ome 7n une anne, de vastes provinces, comme
l'7spagne et la Naule, furent ravages Leurs habitants, d+s longtemps accoutums % la pai(, se
rfugi+rent dans les cits, par amour de l'aise et du plaisir Les armes qui, si longtemps avaient
gard leurs fronti+res, furent disperses, les villes dtruites et une population cultive, raffine,
qui ne s'tait )amais plie % la discipline militaire, fut massacre ou rduite en esclavage par des
paMens*ome, elle#m&me, tomba au pouvoir des Noths sous ,laric5K9:6 et cette grande
mtropole fut pille et dvaste par ces hordes barbares 7n K?<, l'7mpire romain d'Accident prit
fin ci de nouveau( royaumes surgirent l% o8 le pouvoir romain avait si longtemps domin 4uant
% l'7mpire d'Arient, il subsista encore )usqu'en 9KJH, pendant un millier d'annes environ, anne
o8"onstantinople fut prise par les -urcs mahomtans
-2 Lutte c#tre le$ erreur$
,ugustin5HJK#KH:6 nous appara=t % cette poque comme l'une des grandes figures de
l'histoire59?6, dont l'enseignement a laiss une marque indlbile sur les >ges successifs $ans
ses nombreu( crits, spcialement dans ses "onfessions, ,ugustin ouvre son >me au lecteur
de fa1on si intime qu'il lui donne l'impression d'&tre une connaissance et un ami N enNumidie, il
dcrit l'entourage, les penses et les sentiments de sa )eunesse $ans ces pages il fait revivre sa
pieuse m+re,'onique, priant et esprant pour lui, tandis que dans son chagrin elle voit son fils
grandir dans une vie de pch 'ais, # encourage par une vision et par les sages
conseilsd',mbroise, v&que de 'ilan, # elle crut fermement qu',ugustin serait un )our sauv Le
p+re du )eune homme se proccupait surtout de son avancement matriel et mondain
-out en cherchant la lumi+re, ,ugustin reconnaissait lui#m&me que sa situation tait dsespre,
li qu'il tait dans le filet de la dbauche @n certain temps,il crut avoir trouv sa dlivrance dans
le manichisme, mais en reconnut bientBt l'inconsquence et la faiblesse Bien qu'influenc par la
prdication d',mbroise, il ne trouvait pas la pai( , trente#deu( ans # il enseignait alors la
rthorique % 'ilan # il tait tomb dans une profonde dtresse d'>me Poici ce qu'il crit: Ee me
)etai % terre, sous un certain figuier et donnai libre cours % mes larmes )e m'criai dans ma
douleur: Eusques % quand, )usques % quandR $emain et encore demainR 2ourquoi pas
maintenantR 2ourquoi cette heure ne marquerait#elle pas la fin de ma vie impureR -out en
parlant, )e versais des larmes d'am+re repentance quand, soudain, )'entendis la voi( d'un gar1on
ou d'une )eune fille, )e ne sais, venant d'une maison voisine et rptant souvent: 2rends et lis,
prends et lis "es paroles produisirent en moi un changement immdiat Ee me demandai tr+s
srieusement s'il e(istait un )eu quelconque o8 les enfants chantaient ces trois mots, mais )e ne
pus me rappeler les avoir )amais entendus ,lors, luttant contre mes larmes, )e me levai,
convaincu que )'avais ouM un commandement venant du ciel, d'ouvrir le Livre et d'y lire le premier
chapitre qui me tomberait sous les yeu( )e le saisis, l'ouvris et lus en silence le paragraphe
suivant: 'archons loin des e(c+s et de l'ivrognerie, de la lu(ure et de l'impudicit, des
querelles et des )alousies 'ais rev&teL#vous du !eigneur Esus#"hrist, et n'ayeL pas soin de la
chair pour en satisfaire les convoitises )e ne lus rien de plus, et ce n'tait pas ncessaire car,
instantanment, en terminant la phrase, # par une lumi+re versant l'assurance # en mon coeur, #
toute l'angoisse du doute s'vanouit
"ette conversion causa la plus grande )oie, mais non l'tonnement, % 'onique, qui mourut en
pai(, un an plus fard, durant leur voyage de retour en ,frique,ugustin fut baptis par ,mbroise
de 'ilan5HI?6 et devint plus tard v&qued'3ippone5au)ourd'hui BBne6, en ,frique du Nord 5HOJ6
La controverse occupa une grande partie de sa vie si remplie .l vcut % l'poque o8 l'7mpire
d'Accident tait pr+s de dispara=tre $e fait, lorsqu'il mourut, une arme de Barbares assigeait la
ville d'3ippone "e fut la chute de l'7mpire d'Accident qui l'amena % crire son fameu( livre, la
"it de $ieu Le titre complet de cet ouvrage en e(plique le but: Bien que la plus grande cit
du monde soit tombe, la "it de $ieu demeure % )amais -outefois l'enseignement qui dcoule
de son point de vue sur la "it de $ieu eut des consquences dsastreuses sur les esprits, car
sa grande renomme ne pouvait qu'intensifier les effets nuisibles de ses erreurs 2lus que tout
autre,il non1a la doctrine du salut par l'0glise seule, au moyen des sacrements7nlever le salut
des mains du !auveur pour le confier % des mains d'hommesG interposer entre le !auveur et le
pcheur un syst+me imagin par l'homme: n'est#ce pas l% une flagrante opposition % la rvlation
de l'7vangileR "hrist a dit: PeneL % moi, et aucun pr&tre, aucune glise n'a le droit d'intervenir
$ans son L+le pour l'unit de l'0glise et dans son horreur de toute divergence de doctrine, ou
diffrence de forme, ,ugustin perdit de vue l'unit vivante, spirituelle et indestructible de l'0glise,
ou "orps de "hrist, unissant tous ceu( qui, par la nouvelle naissance, participent % la vie de
$ieu .l ne comprit donc pas que les glises de $ieu peuvent pratiquement e(ister partout et en
tous temps, chacune d'elles se maintenant en relation directe avec le !eigneur par le !aint#
7sprit, tout en restant en communion les unes avec les autres, malgr la faiblesse humaine, les
degrs divers de connaissance, les divergences dans l'interprtation des 0critures et dans les
pratiques e(trieures
"ette mani+re de considrer l'0glise comme une organisation terrestre, devait invitablement
l'amener % la recherche de moyens tangibles et matriels pour prserver et m&me imposer l'unit
e(trieure de l'0glise $ans sa controverse avec les$onatistes, il crit: .l vaut videmment
mieu( que les hommes apprennent % adorer $ieu par la vrit enseigne que par crainte des
ch>timents, ou de la douleur 'ais, s'il est vrai que la premi+re mthode produit des hommes
meilleurs, il ne s'ensuit pas qu'on doive ngliger ceu( qui ne s'y plient pas "ar beaucoup ont
trouv avantageu( # nous 2avons prouv et le prouvons encore )ournellement par l'e(prience #
d'&tre d'abord contraints par la crainte ou la douleur, pour pouvoir ensuite &tre influencs par la
doctrine et traduire en actes ce qu'ils avaient appris en paroles !i les hommes guids par
l'amour sont meilleurs, ceu( que la crainte corrige sont plus nombreu( "ar qui sut )amais mieu(
nous aimer que "hrist, Lui qui donna sa vie pour les brebisR 7t pourtant, apr+s avoir appel
2ierre et les autres apBtres par !es enseignements, quand il s'agit de 2aul, non seulement .l le
contraignit d'obir par !a voi(, mais encore le )eta % terre par !a puissance 7n outre, pour faire
soupirer apr+s la lumi+re du coeur cet homme qui se dbattait dans les tn+bres de l'infidlit, .l
le frappa d'aveuglement physique2ourquoi donc l'0glise n'emploierait#elle pas la force pour
ramener % elle ses fils garsR "hrist n'a#t#.l pas dit: Pa dans les chemins et le long des haies,
et ceu( que tu trouveras, contrains#les d'entrer R !i donc la puissance que l'0glise a re1ue de
$ieu au temps marqu, # par le caract+re religieu( et la foi des rois, # est l'instrument qui peut
contraindre d'entrer ceu( qui passent dans les chemins et le long des haies, # c'est#%#dire dans
les hrsies et les schismes, # pourquoi ceu(#ci se plaindraient#ils d'avoir % subir cette contrainteR
#
@n tel enseignement, appuy sur une telle autorit, encouragea et )ustifia ces mthodes de
perscution qui firent galer en cruaut la *ome papale % la *ome paMenne ,insi cet homme au
coeur affectueu( et largement ouvert % la sympathie, s'tant cart, avec les meilleures
intentions, des principes de l'0criture, se trouva engag dans un vaste et impitoyable syst+me de
perscution
2lage59I6, avec lequel ,ugustin eut une longue controverse, tait n dans les .les britanniques
.l vint % *ome au dbut du cinqui+me si+cle, % l'>ge de trente ans environ, et, bien que simple
laMque, fut bientBt reconnu comme crivain habile % commenter les 0critures, et comme un
homme scrupuleusement int+gre "e tmoignage lui est rendu par ,ugustin qui, plus tard, devint
son grand adversaire doctrinal "ertains rapports dfavorables, publis ensuite parErBme,
semblent avoir t formuls plutBt dans l'ardeur de la controverse qu'appuys sur des faits rels
, *ome, 2lage rencontra"lestin, qui devint un Ll interpr+te de son enseignement 2lage
tait un rformateur Le rel>chement et l'amour du lu(e de beaucoup de chrtiens de nom
l'affligeaient profondment .l devint un prdicateur vigoureu( de la )ustice et de la sanctification
pratiques
7ns'attachant trop e(clusivement % cet aspect de la vrit, il en vint % e(agrer le rBle de la libre
volont de l'homme et % sous#estimer l'opration de la gr>ce divine.l enseignait que les hommes
ne participent pas % la transgression d',dam, sauf en suivant l'e(emple donn 4u',dam aurait
dD mourir, m&me s'il n'avait pas pch 4u'il n'y a pas de pch originel, car chaque homme agit
de son libre choi( $e ce fait, tout &tre humain peut atteindre % la )ustice parfaite Les enfants, %
son avis, viennent au monde sans pch "'est ainsi qu'il vint en conflit direct avec
l'enseignement catholique .l enseignait le bapt&me des petits enfants, tout en niant qu'il fDt un
moyen de rgnration .l pensait que le bapt&me am+ne l'enfant % un tat de gr>ce qui lui ouvre
le *oyaume de $ieu et le place dans une condition lui permettant d'obtenir le salut et la vie, la
sanctification et l'union avec "hrist
2our combattre cette doctrine, ,ugustin lut % sa congrgation l'e(trait d'un ouvrage de "yprien,
crit cent#cinquante ans auparavant et dclarant que les petits enfants sont baptiss pour la
rmission du pch ,ugustin supplia alors 2lage de s'abstenir d'un enseignement qui
divergeait d'une doctrine et d'une pratique si fondamentales de l'0glise Les 2lagiens
n'employaient pas la pri+re: 2ardonne#nous nos pchs ils la considraient comme non
applicable au( chrtiens, qui n'avaient nullement besoin de pcher !i nous pchons, pensaient
les 2lagiens, c'est de notre libre choi( "ette pri+re serait donc l'e(pression d'une fausse
humilit
Le conflit au su)et des doctrines de 2lage et de "lestin prit une grande e(tension et absorba
une partie considrable du temps et des forces d',ugustin, qui crivit tr+s abondamment sur ce
su)etAn tint des conciles "eu( de l'Arient acquitt+rent 2lageG ceu( de l'Accident le
condamn+rent, en raison de l'influence d',ugustin dans les glises latines"es derni+res, en
effet, avaient accept un enseignement dogmatique plus dfini sur la relation entre la volont de
$ieu et celle de l'homme que ne l'avaient fait les glises de l'Arient An fit appel au [Link],
% *ome, qui fut heureu( de pouvoir ainsi affirmer son autorit .l e(communia 2lage et tous ses
adeptes, maisQosime, son successeur, les rintgra *unis %"arthage, les v&ques occidentau(
parvinrent % gagner l'appui du pouvoir civil et 2lage ainsi que tous ses adhrents furent bannis
et se virent confisquer leurs biens Le pape Qosime changea alors d'opinion et condamna aussi
2lage $i(#huit v&ques italiens refus+rent de se soumettre au dcret imprial L'un d'entre
eu(,Eulien, v&que d'7clanum,contestant avec ,ugustin, fit preuve de vraies capacits et d'une
modration inaccoutume .l dmontra que l'emploi de la force et le changement d'opinion d'un
pape n'taient pas les armes qu'il fallait pour trancher les questions de doctrine
2lage enseigna beaucoup de choses vraies et salutaires "ependant la doctrine caractristique
du plagianisme est contraire, non seulement % l'0criture, mais encore au( faits Les hommes
sont conscients de leur nature dchue et corrompue, de leur asservissement au pch, et les
faits dmontrent cet tat de choses Notre participation % la vie et % la nature pcheresse d'un
homme, le premier ,damG notre assu)ettissement % la mort, tout comme lui, permettent % toute la
race d'entrer en relation vivante avec l'3omme "hrist#Esus, le second ,dam qui ouvre le chemin
du salut % chaque homme Le pcheur peut donc, par le libre choi( de la foi, participer % la vie
ternelle et % la nature divine
7n rsum, au cours des trois premiers si+cles de son histoire, l'0glise avait prouv qu'aucune
puissance terrestre ne saurait l'craser Les attaques du dehors n'avaient pu la vaincre 7lle avait
amen % la conversion les tmoins de ses souffrances et m&me ses perscuteurs 7lle avait
augment plus rapidement quelle n'avait diminu La priode suivante, d'environ deu( si+cles,
montra que l'union de l'0glise et de l'0tat, m&me lorsque l'0glise dtient le pouvoir du plus
puissant empire, ne peut sauver l'0tat de la destruction "ar en abandonnant la position qui
s'attache % son nom m&me, 7cclsia, # appele hors du monde, # sa sparation pour "hrist,
elle perd la force qui dcoule pour elle de la soumission % son !eigneur, en l'changeant contre
une autorit terrestre qui lui est fatale
L'0glise de "hrist souffrit, non seulement de la violence des perscuteurs et des sductions du
pouvoir temporel, mais aussi des assauts des fausses doctrines $u troisi+me au cinqui+me
si+cle, on voit s'affirmer quatre formes d'erreur, d'un caract+re si fondamental que leurs effets se
font encore sentir au)ourd'hui dans l'0glise et dans le monde
9 Le manichisme attaque l'enseignement de l'0criture tout comme le tmoignage de la nature:
$ieu est le "rateur de toutes choses La Bible s'ouvre par ces mots: ,u commencement, $ieu
cra les cieu( et la terre 5Nen 9 96 7lle montre ensuite l'homme comme tant le couronnement
de la cration, en disant: $ieu cra l'homme % son image 5Nen 9 ;?6 7nfin, passant en revue
tout ce qu'.l avait accompli, $ieu vit que cela tait tr+s bon 5Nen 9 H96 'aisle manichisme
attribue les choses visibles et matrielles % l'oeuvre d'une puissance mauvaise et tnbreuse, ne
laissant au vrai $ieu que ce qui est spirituel .l s'attaque ainsi au( racines de la rvlation divine
dont la cration, la chute et la rdemption forment les parties essentielles et indivisibles$e ces
vues errones dcoulent, d'une part, les e(c+s de l'asctisme, qui traite le corps comme
fonci+rement mauvais $'autre part, les pratiques et doctrines dgradantes, encourages par le
principe que le corps doit &tre envisag comme purement animal An perd ainsi de vue l'origine
totalement divine de l'homme et, par suite, la possibilit de sa rdemption et de sa restauration %
l'image du Fils de $ieu
; La plus glorieuse rvlation, vers laquelle convergent toutes les 0critures, c'est que Esus#
"hrist est $ieu, manifest en chair, devenu homme pour se rvler % nous, et que, par !on
sacrifice sur la croi(, il a accompli l'oeuvre de propitiation pour le pch du monde 7n niant la
divinit de "hrist et en dclarant qu'.l est un &tre cr # le premier et le plus grand de tous #
l'arianisme met une distance incommensurable entre l'homme et $ieu .l nous emp&che de
conna=tre ce $ieu comme notre !auveur et nous abandonne au vague espoir d'arriver, par
l'amlioration de notre caract+re, % quelque chose de suprieur % ce que nous e(primentons
prsentement
H 7n contradiction avec l'0criture, le plagianisme nie que toute l'humanit participe % la
transgression d',dam .l affirme que le pch d',dam ne concerne que lui#m&me et ses relations
avec $ieu, et que tout homme, n dans ce monde, est originellement sans pch "ette doctrine
affaiblit cheL l'homme la notion de son besoin du !auveur 7lle l'emp&che de parvenir % une vraie
connaissance de lui#m&me et l'encourage % devenir, au moins en partie, l'auteur de son propre
salut $ans l'0criture, la part que nous prenons % la chute est intimement lie % la part que nous
avons % l'oeuvre rdemptrice de "hrist, le second ,dam !i la Bible insiste sur la responsabilit
individuelle et sur le libre arbitre, ce n'est pas % l'e(clusion de la souverainet de $ieu et de la
solidarit raciale de l'humanit, mais bien plutBt en rapport avec la doctrine que tous tant inclus
dans une m&me condamnation, le sont aussi dans un m&me salut
K Lesacerdotalisme dclare que l'0glise seule peut communiquer le salut au moyen des
sacrements administrs par les pr&tres , cette poque, le terme 0glise s'appliquait % la seule
0glise romaine -outefois cette doctrine, qui devint la sienne, a t et est encore proclame par
bien d'autres syst+mes religieu(, petits et grands Ar, rien n'est plus nettement et plus
constamment enseign par le !eigneur et ses apBtres, que le salut du pcheur est gratuitement
accord par la foi au Fils de $ieu, % !a mort e(piatoire et % !a rsurrection @ne glise, ou un
groupement qui prtend monopoliser le salut, # des hommes qui s'arrogent le droit d'introduire les
>mes dans le *oyaume de $ieu, ou de les en e(clure, #des sacrements, ou des rites considrs
comme indispensables au salut: tout cela constitue une tyrannie, source de souffrance inouMe
pour l'humanit L'>me t>tonne dans les tn+bres 7lle ne peut avancer sur la voie du salut,
ouverte par "hrist seul % tous ceu( qui croient en Lui
/2 Er5%te$ et #rdre$ 5#a$t%Cue$
Le dclin spirituel des glises, leur infidlit au mod+le du Nouveau -estament, leur mondanit
croissante, leur asservissement au syst+me humain et leur tolrance du pch provoqu+rent,
comme nous l'avons vu, des efforts pour les rformer ou pour en tablir de nouvelles Les
mouvements momtaniste et donatiste le prouvent $'autre part, quelques chercheurs de saintet
et de communion avec $ieu dcid+rent de se retirer de tout contact avec les hommes 59O6 L'tat
du monde, alors dvast par les barbares, et celui de l'0glise, dtourne de son propre
tmoignage ici#bas, amen+rent ces chrtiens % dsesprer, soit de la communion )ournali+re
avec $ieu, soit d'une union relle avec les fid+les dans les glises .ls se retir+rent donc dans des
lieu( dserts pour y vivre en ermites, pensant que l%, librs des distractions et des tentations de
la vie ordinaire, ils pourraient, dans la contemplation, obtenir cette vision et cette connaissance
de $ieu apr+s lesquelles soupiraient leurs >[Link] par l'enseignement du )our # le mal
s'associant % la mati+re # ils comptaient sur une grande frugalit et sur des e(ercices asctiques
pour assu)ettir le corps qui, selon eu(, tait un rel obstacle % la vie spirituelle
,ntoine, au quatri+me si+cle, devint cl+bre en 7gypte par sa vie solitaire Beaucoup, dsireu(
de l'galer en pit, s'tablirent pr+s de lui et imit+rent sa mani+re de vivre, si bien qu'il se laissa
persuader de leur fi(er une r+gle de vie Le nombre des ermites s'accrut grandement, et plusieurs
d'entre eu( us+rent d'une e(tr&me svrit envers eu(#m&mes!imon le !tylite se fit un nom en
passant des annes de sa vie sur une colonne BientBt apparut une nouvelle institution$ans la
premi+re partie du quatri+me si+cle,2achBme, dans la 3aute#7gypte, fonda un monast+re, o8 les
ermites se rassembl+rent pour y vivre en communaut!e rpandant au sein des glises
orientales et occidentales, ces communauts monastiques devinrent un lment important dans
la vie des peuples christianiss
Pers le commencement du si(i+me si+cle,Beno=t de Nursie, [Link], donna une grande impulsion
% ce mouvement et sa r+gle de vie monacale eut plus de succ+s que tout autre Le temps des
moines tait moins e(clusivement absorb par des actes d'austrit personnelle que par
l'accomplissement de certaines crmonies religieuses et par une activit utile au( hommes,
spcialement dans le domaine de l'agriculture $urant les septi+me et huiti+me si+cles,
lesmoines bndictins contribu+rent largement % christianiser les nations teutoniques 7n .rlande
aussi, les monast+res et colonies de "olomban prpar+rent et envoy+rent, de l'=led'.ona et de
l'7cosse, des missionnaires dvous dans le nord et le centre de l'7urope
"omme les papes de *ome dominaient tou)ours plus l'0glise et s'occupaient surtout de luttes et
d'intrigues pour obtenir le pouvoir temporel, le syst+me monastique attira % lui beaucoup
d'hommes vraiment spirituels, soupirant apr+s $ieu et la saintet -outefois un monast+re diff+re
grandement d'une glise, dans le sens que lui donne le Nouveau -estament "eu( qui se
sentirent contraints de fuir la mondanit de l'0glise romaine ne trouv+rent pas au monast+re ce
qu'une glise chrtienne leur aurait donn .ls taient lis par les r+gles d'un ordre, au lieu d'&tre
dirigs par la libre opration du !aint#7sprit
Les divers ordres monastiques qui surgirent se dvelopp+rent sur les m&mes lignes 5;:6 ,pr+s
avoir commenc par la pauvret et le plus sv+re renoncement, ils devinrent riches et puissants,
rel>ch+rent leur discipline et se complurent dans l'amour de leurs aises et la mondanit 2arfois
une raction se produisait 4uelqu'un formait un ordre nouveau prconisant l'absolue humiliation
de la chairG mais les m&mes faits se rptaient 2armi ces rformateurs, citonsBernard de"luny,
au dbut du si(i+me si+cle, et 7tienne 3arding, de"iteau(, au onLi+me si+cle $ans ce
monast+re cistercien, Bernard, plus tard abb de "lairvau(, passa une partie de sa )eunesse .l
finit par surpasser en influence les rois et les papes 'ais ce sont surtout quelques#uns de
seshymnes qui constituent le plus durable monument lev % sa mmoire
Nombre de femmes se retir+rent aussi du monde dans les couvents "es maisons religieuses,
soit pour hommes, soit pour femmes, furent, durant les temps sombres et troubls du moyen >ge,
des sanctuaires pour les faibles et des centres d'rudition au sein de la barbarie dominanteAn y
copiait, traduisait et lisait les 0critures 'ais la paresse et l'esprit d'oppression y rgnaient aussi,
et les ordres religieu( devinrent, entre les mains des papes, des moyens efficaces pour
perscuter tous ceu( qui s'effor1aient de rdifier les glises de $ieu sur leur fondement originel
Les glises s'cartant de plus en plus du mod+le trac dans le Nouveau -estament en diffr+rent
finalement % tel point qu'on avait peine % les reconna=tre comme glises chrtiennes .l semblait
que rien ne pouvait arr&ter leur ruine L'effort tent pour les sauver de la discorde et de l'hrsie
par le syst+me piscopal et clrical, non seulement choua, mais encore entra=na de grands
mau( % sa suite L'espoir que les glises perscutes profiteraient de leur union % l'0tat se
montra un leurre 7n se mondanisant aussi, les ordres monastiques perdirent toute capacit de
se substituer au( glises dfaillantes comme refuges des >mes pieuses 7t cependant, % travers
toute cette poque, un sDr lment de restauration ne fui )amais absent: la prsence des
0critures dans le monde 7lles constituaient l'instrument du !t#7sprit oprant avec puissance
dans des coeurs d'hommes pour en chasser l'erreur et les ramener % la vrit divine "'est ainsi
qu'il y eut tou)ours des congrgations, de vraies glises s'attachant % l'0criture comme au guide
de la foi et de la doctrine, et comme mod+le pour la marche individuelle et pour l'ordre dans
l'0glise Bien que cachs et mpriss, ces groupes e(erc+rent une influence suivie de fruits
:2 Le$ *%$$%#$ ,/@@!A;@1
'algr ces temps troubls, l'activit missionnaire, loin de cesser, fut poursuivie avec L+le et
dvouement $e fait, )usqu'au onLi+me si+cle, o8 les"roisades suscit+rent l'enthousiasme des
nations catholiques, il y eut un tmoignage constant qui gagna graduellement les conqurants
barbares et porta la connaissance de "hrist )usqu'au( pays lointains d'o8 ils taient venusLes
missionnaires nestoriens se rendirent m&me en "hine et en !ibrie,et tablirent des glises
de!amarcande % "eylan $es Nrecs de"onstantinople travers+rent la Bulgarie et pntr+rent
dans les plaines de *ussieG tandis que des envoys des 0glises britannique et catholique
romaine vanglisaient les nations paMennes du nord et du centre de l'7urope 7n ,frique du
Nord et en ,sie occidentale, les chrtiens taient plus nombreu( qu'au)ourd'hui
"ependant les erreurs dominantes des glises professantes eurent leur rpercussion dans leur
oeuvre missionnaire "e n'tait plus, comme au( temps apostoliques, la simple proclamation de
"hrist et la fondation d'glises La vrit tait annonce en une certaine mesure, mais on insistait
aussi sur les observances rituelles et lgales 2uis, quand les rois professaient le
christianisme,leurs su)ets taient contraints,en vertu du principe de l'0glise unie % l'0tat, de se
convertir en masses et de passer, d'une mani+re tout e(trieure, % la nouvelle religion nationale
An ne fondait plus dans les divers pays, comme au( )ours apostoliques, des glises
indpendantes de toute organisation centrale, maintenant des relations directes avec le
!eigneur -outes devaient se rattacher % l'une ou l'autre des grandes organisations centralises
%*ome, %"onstantinople ou ailleurs "e qui est vrai sur une grande chelle l'est aussi sur une
moindre Les effets nuisibles de ce syst+me sont visibles partout ,u lieu d'amener les pcheurs
% "hrist en leur donnant la Bible pour guide, on les fait membres de quelque dnomination
trang+re en leur indiquant une mission spciale comme source de lumi+re et de force An
emp&che ainsi le dveloppement des dons du !t#7sprit dans les >mes et on retarde la
propagation de l'7vangile dans le pays
2ourtant une forme d'oeuvre missionnaire plus pure que celle de *ome, s'tendit de l'.rlande, par
l'7cosse, au nord et au centre de l'7urope L'.rlande 5;96 connut d'abord l'7vangile au( troisi+me
et quatri+me si+cles par des marchands et des soldats ,u si(i+me si+cle, le pays tait
christianis et avait cr une activit missionnaire si intense que ses missionnaires taient %
l'oeuvre des bords de la mer du Nord et de la Baltique % ceu( du lac de "onstance
$es moines irlandais, dsirant se retirer du monde, s'tablirent dans quelques#unes des =les
situes entre l'.rlande et l'7cosse .ona ou l'.le des !aints, sur laquelle s'tablit"olomban, fut un
centre d'o8 les missionnaires se rendaient en 7cosseLes moines irlandais et cossais
pr&chaient en ,ngleterre et parmi les paMens du "ontinent
.ls avaient pour mthode de visiter un pays et d'y fonder, si possible, unvillage missionnaire .ls
levaient au centre une modeste glise de bois, autour de laquelle se groupaient des
sallesd'cole et des cellules pour les moines # ceu(#ci tant % la fois constructeurs, prdicateurs
et instituteurs !'il le fallait, on b>tissait autour de ce premier cercle des demeures pour les
tudiants et leurs familles qui, peu % peu, venaient grossir les rangs de la communaut Le village
tait enclos d'un mur, mais, bien souvent, il s'tendait au del% de ses premi+res limites $es
groupes de douLe moines, chacun sous la direction d'un abb, s'en allaient pour ouvrir de
nouveau( champs % l'7vangile $'autres restaient comme ma=tres d'cole et, d+s qu'ils avaient
suffisamment acquis la langue du pays,ils traduisaient et copiaient des portions de l'0criture, ainsi
que des cantiques, qu'ils enseignaient % leurs l+ves
"es moines taient libres de se marier ou non Beaucoup restaient clibataires pour pouvoir
mieu( se consacrer % leur Aeuvre Lorsqu'il y avait quelques convertis, les missionnaires
groupaient les plus capables d'entre les )eunes hommes, les initiaient % quelque travail 'anuel,
leur enseignaient les langues et leur e(pliquaient la Bible .ls les formaient de fa1on % ce qu'ils
pussent un )our vangliser leurs concitoyensLes bapt&mes taient diffrs )usqu'% ce que les
nophytes fussent suffisamment instruits et eussent donn des preuves de la ralit de leur
foiLes moines vitaient d'attaquer les croyances de ces peuples, estimant plus profitable de leur
enseigner la vrit que de leur e(poser leurs erreurs .ls acceptaient les !aintes 0critures comme
source de foi et de vie etpr&chaient la )ustification par la foi .ls ne s'occupaient aucunement de
politique et ne recherchaient pas l'appui de l'0tat Bien que cette oeuvre fDt marque par certains
traits trangers % l'enseignement du Nouveau -estament et % l'e(emple apostolique, elle resta
indpendante de *ome et, % certains points de vue importants, diffrente du syst+me catholique
romain
7n JO<,,ugustin, apBtre de la Nrande#Bretagne,etquarante moines bndictins, envoys par
lepape Nrgoire 9er, dbarquaient dans le comt deSent et commenc+rent parmi les paMens de
l',ngleterre une oeuvre qui devait porter des fruits abondants BientBt il y eut conflit entre les
deu( formes d'activit missionnaire % l'oeuvre dans le pays, l'ancienne tant britannique et la
nouvelle, romaine Le pape nomma ,ugustin archev&que de "anterbury, lui accordant ainsi la
suprmatie sur tous les v&ques britanniques du pays @n lment national vint aggraver la lutte
entre les deu( missions, les Britanniques, les "eltes et les Nallois s'opposant au( ,nglo#!a(ons
L'0glise de *ome insista pour que sa forme de gouvernement ecclsiastique fDt la seule
autorise dans le pays 'ais l'ordre britannique continua sa rsistance, dont les derniers efforts
furent absorbs, au treiLi+me si+cle, parle mouvement des Lollards
!ur le "ontinent, l'oeuvre e(tensive et bien tablie des missionnaires irlandais et cossais fut
attaque par le syst+me romain, sous l'nergique direction du bndictin anglais Boniface, qui
avait pour tactique de forcer les missionnaires britanniques % se soumettre, au moins
e(trieurement, % *ome, sous menace d'&tre dtruits 2our e(cuter son dessein, il obtint l'aide
de l'0tat, sous la direction de *ome 7n ?JJ,Boniface fut tu par les Frisons Le syst+me qu'il
avait instaur dtruisit graduellement les premi+res missions -outefois leur influence fortifia
plusieurs des mouvements de rforme subsquents
Pers IH: parut une 3armonie des quatre 0vangiles, appele 3eliand 5le !auveur6 "'est un
po+me pique par allitration, crit en vieille langue sa(onne et provenant sans doute des cercles
de 'ission Britannique sur le "ontinent .l contient le rcit vanglique sous une forme
spcialement approprie au peuple pour lequel il tait crit "hose remarquable, il ne renferme
aucune mention de l'adoration de la Pierge et des saints et se distingue par l'absence presque
compl+te de l'enseignement caractristique de *ome % cette poque
;2 U rf#r5ateur6 Pr%$c%ll%e
,u quatri+me si+cle appara=t un rformateur dont l'oeuvre affecta de vastes
cercles en 7spagne 7lle s'tendit % laLusitanie52ortugal6 et % l',quitaine, en
France, puis finalement % *ome m&me
2riscillie n'tait un 7spagnol riche et influent, un homme remarquable par son
rudition et son loquence "omme beaucoup, appartenant % sa classe sociale,
il avait abandonn la religion paMenne "ependant il n'tait pas attir vers le
christianisme et prfrait la littrature classique au( 0critures .l nourrissait donc
son >me des philosophies dominantes, leno#platonisme et le manichisme .l se
convertit un )our % "hrist, fut baptis et commen1a une vie nouvelle de
conscration % $ieu et desparation du monde .l devint un tudiant enthousiaste
et un ami des 0critures, vcut en asc+te, esprant arriver % une communion plus
troite avec "hrist en faisant de son corps un temple plus digne du !t#7sprit
Bien que laMque, il pr&cha et enseigna avec L+le .l organisa des conventicules et
des runions, dans le but de faire de la religion une ralit qui transforme le
caract+re @n nombre considrable de personnes, surtout dans la classe
intellectuelle, se )oignirent au mouvement 2riscillien fut lu v&que d',vila 'ais
il ne tarda pas % se heurter % l'hostilit d'une partie du clerg espagnol
L'v&que 3ydiatus, mtropolite de Lusitanie, se mit % la t&te de l'opposition et, %
un synode tenu en HI: %!aragosse,ill'accusa d'hrsie manichenne
etgnostiqueL'affaire n'eut pas d'abord de succ+s, mais des ncessits politiques
pouss+rent l'empereur'a(ime, qui avait assassin Nratien et usurp sa place, %
rechercher l'aide du clerg espagnol ,lors, dansun synode tenu %
Bordeau(5HIK6, l'v&que .thaque, homme de mauvaise rputation, chargea
2riscillien et les 2riscillianistes de sorcellerie et d'immoralit Les accuss
furent conduits % -r+ves, condamns par l'0glise et remis au( mains du pouvoir
civil pour &tre e(cuts 5HIJ6 Les minents v&ques,'artin de-ours et,mbroise
de 'ilan, protest+rent en vain contre ce proc+s2riscillien et si( autres furent
dcapits, entre autres une femme distingue,7uchrotie, veuve d'un po+te et
orateur bien connu "e fut la premi+re fois que des chrtiens furent mis % mort
par l'0glise, mais non la derni+re, hlasC
$es cas semblables devinrent frquents 'artin et ,mbroise refus+rent ensuite
d'avoir aucun rapport avec3ydatius et les autres v&ques responsables de ce
crime 4uand l'empereur 'a(ime tomba, les cruelles tortures et le meurtre de
ces nobles croyants furent relats avec horreur et .thaque fut destitu Les corps
de 2riscillien et de ses compagnons furent ramens en 7spagne et on les
honora comme martyrs Nanmoins, unsynode convoqu % -r+ves approuva ces
e(cutions, leur donnant ainsi la sanction officielle de l'0glise romaine
"onfirmation en fut faite 9?< ans plus tard, au!ynode de Braga, en sorte que
l'0glise dominante, non seulement perscuta les 2riscillianistes , mais encore
transmit % l'histoire la dclaration que 2riscillien et ses adeptes avaient t punis
% cause de leurs vues manichennes et gnostiques et pour l'impuret de leurs
vies $epuis des si+cles, ce )ugement mensonger continue % &tre gnralement
accept
Bien que 2riscillien eDt beaucoup crit, on pensait qu'il ne resterait rien de ses
crits Ne s'tait#on pas efforc de les dtruire'ais, en 9II<,Neorges !chepss
dcouvrit, % la biblioth+que de l'universit de TUrLburg, onLe des oeuvres de
2riscillien qu'il dcrit comme renfermes en un prcieu( manuscrit en
caract+res onciau( rest inconnu )usqu'% maintenant5;;6 0crit en tr+s vieu(
latin, c'est un des plus anciens manuscrits connus en cette langue .l se compose
de onLe traits 5quelques parties manquent6 dont les quatre premiers renferment
les dtails du proc+s, et les sept autres, l'enseignement de 2riscillien La lecture
de ces traits, crits par 2riscillien m&me, dmontre que le rapport transmis % la
postrit tait absolument fau(,qu'il tait un homme de caract+re pieu(, pur dans
sa doctrine,et un rformateur nergique, enfin que ses adeptes, hommes et
femmes, taient de vrais disciples de "hrist Les autorits ecclsiastiques ne se
born+rent pas % e(terminer ces chrtiens, % les e(iler et % confisquer leurs biens
7lles calomni+rent encore sans rel>che leur mmoire
Le style littraire de 2riscillien est vivant et attrayant .l cite constamment
l'0criture 5;H6 % l'appui de ce qu'il avance et montre une connaissance intime de
l'ensemble de l',ncien et du Nouveau -estament "ependant il maintient le droit
du chrtien de lire d'autre littrature, et l'on en profita pour l'accuser de vouloir
inclureles livres apocryphes dans le canon des 0critures, ce qu'il ne fit pas .l
)ustifie sa position et celle de ses amis quant au( tudes bibliques au(quelles
participaient des laMques, voire des femmes.l e(plique aussi leur opposition %
prendre la !ainte#"+ne avec des personnes frivoles et mondaines2our lui, les
discussions thologiques de l'0glise avaient peu de valeur, car il connaissait le
don de $ieu et l'avait accept par une foi vivante .l se refusait % discuter sur la
-rinit .l se contentait de savoir qu'en "hrist on peut saisir le seul vrai $ieu %
l'aide du !aint#7sprit 5;K6 .l enseignait que le but de la rdemption est de nous
tourner vers $ieu, qu'il importe donc de nous dtourner nergiquement du
monde, afin d'viter tout ce qui entraverait notre communion avec Lui"e salut
n'est pas un vnement magique, accompli par quelque sacrement, mais bien un
acte spirituelL'0glise, il est vrai, tablit une confession de foi, baptise et transmet
au( hommes les commandements, ou 2arole de $ieu "ependant chacun doit
dcider pour lui#m&me, croire personnellement La communion avec "hrist est#
elle briseR que chacun la rtablisse par une repentance individuelle .l n'e(iste
pas de gr>ce officielle spciale Les laMques ont l'7sprit#!aint, sont comme le
clerg
2riscillien e(pose longuement ledanger et la fausset du manichisme !on
enseignement tir des 0critures y est directement oppos .l ne regarde
pasl'asctisme comme une chose capitale en elle#m&me, mais comme un moyen
de parvenir % une union absolue de tout l'&tre avec $ieu, avec "hrist, union dont
le corps ne peut &tre e(clu, puisqu'il est l'habitation du !aint#7sprit "ette union,
c'est le repos en "hrist, l'e(prience de l'amour divin, de la direction d'7n#3aut et
d'une incorruptible bndiction La foi au $ieu qui s'est rvl est un acte
personnel qui enveloppe l'&tre entier dans une dpendance absolue de $ieu
pour la vie et pour toutes choses "ette foi entra=ne avec elle le dsir et la
dcision de Lui &tre enti+rement consacr Les oeuvres morales s'ensuivent
naturellementG car, en recevant la vie nouvelle, le croyant a re1u en lui#m&me ce
qui est l'essence m&me de la moralit L'0criture n'est pas seulement vrit
historiqueG elle est aussi un moyen de gr>ce L'esprit humain s'en nourrit et
dcouvre que chacune de ses parties renferme une rvlation, une instruction et
une direction pour la vie quotidienne $iscerner la signification allgorique de
l'0criture n'e(ige pas une prparation technique, mais la foi .l met en vidence le
sens messianique et typique de l',ncien -estament et le progr+s historique
ralis par le Nouveau, non seulement au point de vue de la connaissance, mais
pour dmontrer que tous les saints sont appels % une enti+re sanctification
@n tel enseignement devait forcment provoquer un conflit avec l'0glise de
*ome, surtout avec les cercles reprsents par un v&que aussi astucieu( et
politique qu'3ydatius $ans la vie sainte d'un simple croyant, le clerg dcouvrait
ce qui condamnait leur position spciale Le pouvoir de la succession
apostolique et de l'office sacerdotal tait branl par un enseignement qui
insistait sur la saintet, sur un renouvellement de vie continuel par le !aint#7sprit
et sur la communion avec $ieu La distinction arbitraire entre le clerg et les
laMques tait rompue d+s le moment o8 le pouvoir magique dusacrement faisait
place % une possession vivante du salut par la foi
La br+che tait irrparable du fait qu'elle tait due % deu( points de vue distincts
concernant l'0glise .ci il ne s'agissait pas simplement de supprimer des
conventicules, ou de rsister % tel ordre monastique s'organisant hors de l'0glise,
mais bien d'une diffrence absolue de principeLa tactique d'3ydatius tait de
fortifier le pouvoir de l'v&que mtropolitain en sa qualit de reprsentant
du!aint#!i+ge de *ome,dans le but d'tablir l'organisation centralisatrice
romaine, encore impopulaire et incompl+te en 7spagne, o8 elle n'tait pas
encore accepte par les v&ques de moindre importance Les milieu( Vau(quels
s'associait 2riscillien taient, en principe, diamtralement opposs % ce syst+me
Leur connaissance des 0critures, qu'ils avaient adoptes comme r+gle de vie,
les amena % prconiser l'indpendance de chaque congrgation, ce qu'ils
pratiquaient du reste d)%
,pr+s la mort de 2riscillien et de ses compagnons, les groupes partageant leur
foi augment+rent rapidementBien que'artin de -ours parv=nt % amoindrir la
premi+re vague de perscution qui suivit ce tragique vnement, elle continua
implacable pendant longtemps Nanmoins, ce ne fut qu'environ deu( si+cles
plus tard que les runions furent finalement disperses
()APITRE Ill
Paul%c%e$ et B#3#u5%le$
,;@!0:?/1
"roissance de la domination clricale # 2ersistance des glises primitives # Leur histoire fausse
par leurs ennemis # 2remi+res glises en ,sie mineure # ,rmnie # 0glises primitives en ,sie
mineure d+s les temps apostoliques # Faussement dcrites par leurs adversaires comme
manichennes # 2auliciens et -honraWs # "ontinuit des glises du N -estament # "onstantin
# !ilvain # !imon # -ite # Pnration des reliques et adoration des images # 7mpereurs
iconoclastes # Eean de $amas # *estauration des images dans l'0glise grecque # "oncile de
Francfort # "laudius, v&que de -urin # .slamisme # !embat # !erge "onducteurs des glises
en ,sie mineure # 2erscution sous -hodore La "l de la Prit # "arbeas et "hrysocheMr #
Les 0critures et le "oran # "aract+re des glises d',sie mineure # 'igration des croyants d',sie
en 7urope # 3istoire subsquente en Bulgarie Bogoumiles # Basile # Apinions sur les
2auliciens et les Bogoumiles $issmination des Bogoumiles en Bosnie # Sulin Ban et *ome #
*apports des Bogoumiles avec les chrtiens au loin # La Bosnie envahie # ,vance des
'ahomtans # 2erscution des Bogoumiles # La Bosnie prise par les -urcs # Les amis de $ieu
en Bosnie, lien entre le -aurus et les ,lpes # -ombes des Bogoumiles
02 Le clr%cal%$5e e lutte avec le$ 3l%$e$ "r%5%t%ve$
$ans tous les temps, de nombreu( disciples du !eigneur ont considr l'union de l'0glise % l'0tat
comme contraire % l'enseignement du "hrist 2artout o8 l'0glise a )oui de l'appui du
gouvernement, elle s'en est servi pour supprimer par la force tous ceu( qui ont dsapprouv son
syst+me, ou ont refus, en quelque mani+re, de se plier % ses ordres La ma)orit donc, soit par
indiffrence, soit par intr&t ou par crainte, a fini par se soumettre % l'0glise, au moins d'une fa1on
e(trieure .l se trouva pourtant tou)ours des hommes qui n'accept+rent point ce )oug, mais
s'efforc+rent de suivre "hrist, d'obir % sa 2arole et % la doctrine des apBtres 2our ceu(#ci il n'y
eut point de tr&ve % la perscution
L'histoire des si+cles apr+s "onstantin rv+le la mondanit croissante et l'ambition du clerg des
glises catholiques de l'Arient et de l'Accident 7lles en vinrent % mettre la main sur les
consciences aussi bien que sur les biens matriels et, pour appuyer leurs prtentions, elles
employ+rent la violence et la fourberie d'une fa1on illimite L'histoire nous donne aussi ici et l%
des aper1us sur le douloureu( sentier de nombreu( croyants qui, en tout temps et en tous lieu(,
souffrirent tout ce que leur infligeait l'0glise mondanise dominante, plutBt que de renier "hrist ou
de renoncer % suivre ses traces
Les histoires vridiques de ces tmoins ont t oblitres, dans la mesure du possible Les
crits, tout comme leurs auteurs, ont t dtruits aussi compl+tement que le permettait la
puissance des perscuteurs 'ieu( que cela $sireu( de )ustifier leurs cruauts, ces
perscuteurs rpandirent sur le compte de leurs victimes des rcits faits des pires inventions .ls
y sont dcrits comme hrtiques et on leur attribue les mauvaises doctrines qu'ils avaient
rpudies An les appelle sectaires et on leur applique certaines tiquettes qu'ils n'auraient pu
que dsavouer "es martyrs s'appelaient gnralement chrtiens ou fr+resG mais on leur donnait
des noms varis pour crer l'impression qu'ils reprsentaient des sectes nouvelles et tranges
An les dsignait par des pith+tes insultantes pour nuire % leur rputation .l est donc difficile de
retracer leur histoire Les rapports de leurs adversaires sont fort suspects et les paroles
arraches % leurs l+vres par la torture sont sans valeur 2ourtant, en dpit de ces obstacles, il
nous reste encore un ensemble d'vidences dignes de foi, continuellement accrues par des
investigations qui nous montrent ce qu'taient ces hommes et ce qu'ils firent, ce qu'ils crurent et
enseign+rent "e sont leurs propres rapports qui nous clairent sur leur foi et leur vie
'&me dans les trois premiers si+cles, il y eut de nombreu( corps de chrtiens qui protest+rent
contre la mondanit et le rel>chement croissants de l'0glise, contre son infidlit au(
enseignements de l'0criture $es mouvements de rveil se produisirent et bien qu'il soit
impossible d'tablir une relation probante de l'un % l'autre, la cause sous#)acente fut tou)ours
identique # le dsir de revenir % la pratique de quelque vrit vanglique $urant les premiers
si+cles, l',sie mineure et l',rmnie furent souvent le th>tre de ces rveils, en m&me temps que
le refuge d'glises qui avaient d+s le dbut, maintenu, % divers degrs, la puret de la doctrine et
la saintet de la vie
$+s les premiers )ours, l'7vangile s'tait rpandu au nord d',ntioche Les apBtres 2aul et
Barnabas, puis d'autres ensuite, avaient pr&ch et fond des glises % travers toutes ces
contres Les p=tres au( Nalates, au( 0phsiens et au( "olossiens nous offrent une vivante
description des rsultats puissants et sanctifiants de la doctrine apostolique cheL les croyants de
ces premi+res congrgations 7lles nous montrent aussi la force des enseignements contraires
qu'il a fallu combattre Le syst+me catholique 5ainsi nomm % cause de sa prtention % &tre la
seule 0glise universelle avec une organisation clricale6, prit un rapide essor dans ces rgions,
mais y rencontra tou)ours des rsistances ,u troisi+me si+cle, le royaume d',rmnie anticipa
l'union de l'0glise % l'0tat sous "onstantin#le#Nrand en faisant du christianisme la religion
nationale du pays -outefois, il ne manqua )amais d'glises maintenant les principes du N
-estament
$epuis les temps de 'ani, les glises des croyants qui se nommaient chrtiens # pour se
distinguer de ceu( que l'on appelait romains # avaient t accuses de manichisme, malgr
leurs protestations contre l'in)ustice qu'il y avait de leur attribuer une doctrine qu'elles ne
professaient pas An ne prouve rien en ritrant une telle affirmation Ar, comme ces crits qui
ont survcu % ces chrtiens ne contiennent pas trace de manichisme, on peut raisonnablement
en conclure que ces gens n'taient pas manichens Bien loin d'accepter les noms sectaires
qu'on leur prodiguait, ces croyants se nommaient eu(#m&mes, individuellement, chrtien ou
fr+re, et collectivement La sainte 0glise universelle et apostolique de notre !eigneur Esus#
"hrist , mesure que s'accentuaient la mondanit et l'infidlit au( 0critures des glises
grecque, latine et armnienne, ces chrtiens leur refus+rent le nom d'glises, dclarant qu'une
telle appellation ne cadrait pas avec leur union % l'0tat, avec l'admission dans leur milieu des
inconvertis par le bapt&me des enfants, avec la participation des non#croyants % la !ainte#"+ne,
et d'autres erreurs qu'elles avaient introduites
"es glises furent frquemment appeles pauliciennes, on ne sait pourquoi An les nommait
aussi -honraWs, d'apr+s la rgion o8 elles furent pendant un temps tr+s nombreuses La
perscution dont elles furent victimes et la destruction systmatique de leur littrature ne nous
ont laiss que peu de possibilit de conna=tre leur histoire Nous savons cependant qu'il y avait
dans ces vastes rgions de l',sie mineure et de l',rmnie, autour du 'ont ,rarat et au del% de
l'7uphrate, des glises formes de croyants baptiss, des disciples du !eigneur Esus#"hrist, qui
obissaient % l'enseignement des apBtres, tel qu'il est contenu dans les 0critures "e tmoignage
avait t maintenu sans interruption
Bien que l'histoire de ces nombreuses congrgations ne nous soit parvenue que de fa1on
fragmentaire, ce fait n'affaiblit pas leur )uste prtention d'&tre les vraies descendantes des glises
apostoliques, non pas ncessairement par filiation au sens naturel du mot # bien que ce fDt
souvent le cas # mais plutBt par une prservation ininterrompue de leurs caractristiques
spirituelles "es lacunes dans leur histoire sont la consquence naturelle des efforts voulus que
firent d'abord la *ome paMenne, puis les 0glises nationales, pour dtruire % )amais ce peuple et
son histoire 7t ces efforts atteignirent gnralement leur but An ne saurait douter que, dans
certains districts et % certaines poques, les perscuteurs aient russi % anantir les prcieu(
tmoignages des croyants et des glises, qui ne seront rvls qu'au )our du )ugement .l y a
plutBt lieu de s'tonner de tout ce qui nous a t conserv: l'e(istence de tant d'glises
chrtiennes du type primitif, quant % la doctrine et % la pratique, ne s'e(plique # comme en
tmoignent du reste ces croyants # que par leur attachement % l'enseignement du N -estament
Leur manque d'organisation, l'absence de toute direction centrale, leur habitude de reconna=tre
l'indpendance de chaque congrgation ont produit une grande varit dans les diffrentes
glises 7n outre, les tendances particuli+res de certains conducteurs minents faisaient, en
quelque mesure, diffrer une gnration de l'autre, soit en spiritualit, soit par la mise en
vidence de certaines vrits plus spcialement enseignes -outefois tous ces conducteurs
professent qu'ils firent leur doctrine des 0critures et qu'ils maintiennent la tradition apostolique
"e qui doit &tre admis puisque rien ne vient prouver le contraire
.l nous est parvenu quelques rapports sur des serviteurs de $ieu qui pass+rent leur vie % visiter
et % fortifier ce genre d'glises en leur pr&chant l'7vangile
"'tait des hommes anims de l'esprit apostolique, forts, patients, humbles et d'un courage
indomptable "onstantin, nomm plus tard !ilvain, fut l'un d'entre eu( Pers l'an <JH, un
,rmnien, fait prisonnier par les !arrasins, fut rel>ch et, durant son voyage de retour, fut re1u
avec bont dans la maison de "onstantin ,u cours de la conversation, l',rmnien observa que
"onstantin tait un homme spcialement dou .ls lurent ensemble les 0critures et le voyageur
reconnaissant, remarquant combien son hBte s'intressait % cette lecture, lui fit, en le quittant, un
don prcieu(, un manuscrit contenant les quatre 0vangiles et les 0p=tres de 2aul "e livre fut
tudi % fond par "onstantin et l'amena % un changement de vie radical .l ne tarda pas %
tmoigner de ce qu'il avait re1u, changea son nom en celui de !ilvain # compagnon de 2aul # et
attira sur lui la col+re des autorits en se )oignant au( croyants qui re)etaient l'adoration des
images et d'autres superstitions de l'0glise byLantine .l se fi(a % Sibossa, en ,rmnie, et y
rayonna de ce centre en vanglisant, trente ans durant, les divers peuples environnants $e
nombreuses conversions parmi les catholiques et les paMens furent le fruit de cette activit !es
voyages l'amen+rent dans la valle de l'7uphrate, % travers la cha=ne du -aurus et dans les
parties occidentales de l',sie mineure, o8 ses succ+s attir+rent l'attention de l'empereur byLantin
"onstantin, dit 2ogonat
"et empereur publia un dcret 5<IK6 contre les congrgations indpendantes de croyants et, en
particulier, contre "onstantin, chargeant !imon, un de ses officiers, de veiller % l'e(cution du
)ugement 2our donner plus de poids au ch>timent de "onstantin, !imon remit des pierres %
plusieurs des amis personnels de l'accus et leur ordonna de lapider le ma=tre qu'ils avaient si
longtemps aim et rvr .ls refus+rent, au risque de perdre leur vie et laiss+rent tomber les
pierres % terre 'ais un )eune homme, nomm Eustus, lev par "onstantin comme son propre
fils et trait avec grande bont, saisit une pierre et tua son bienfaiteur d'un seul coup "eci lui
valut louanges et rcompense de la part des autorits qui le compar+rent % $avid tuant Noliath
!imon fut profondment mu par tout ce qu'il vit et entendit % Sibossa !'y tant entretenu avec
des chrtiens, il fut convaincu de la vrit de leur doctrine et de la puret de leur conduite *entr
% "onstantinople, il ne connut point de pai( intrieure durant les trois ans qu'il passa encore % la
cour .l quitta tout, s'enfuit % Sibossa et, adoptant le nom de -ite, reprit et continua l'oeuvre de
l'homme qu'il avait fait mettre % mort .l devait bientBt re)oindre la grande compagnie des martyrs,
car, deu( ans plus tard, Eustus, au courant de la mani+re de vivre des fr+res, donna des
informations % l'v&que, qui, les communiquant % l'empereur Eustinien .., permirent la capture
d'un grand nombre de croyants 2ensant qu'en terrorisant le reste des hrtiques, il les
am+nerait % la soumission, l'empereur les fit tous monter sur le bDcher, y compris !imon 'ais
les plans du perscuteur furent d)ous Le courage des martyrs fit de la foi d'un grand nombre
une flamme de conscration et de tmoignage, si bien que de nombreu( prdicateurs et docteurs
furent suscits et que les congrgations augment+rent beaucoup .ls endur+rent l'affliction avec
fermet, se bornant % la rsistance passive 2uis vint un temps de rpit, procur par des
circonstances concernant le monde catholique
-2 La 3rade Cuerelle de$ %5a3e$
La vnration des reliques commen1a de bonne heure dans la vie de l'0glise
3l+ne, m+re de "onstantin#le#Nrand, apporta de Erusalem du bois provenant
soi#disant de la croi( et des clous qui auraient servi % la crucifi(ion An
commen1a % attribuer de la valeur au( gravures, au( images et au( icBnes An
b>tit des glises pour y recueillir les reliques, en y commmora la mort des
martyrs .nsensiblement, les runions des disciples du !eigneur, dans de
simples chambres ou maisons, se transform+rent en rassemblements de gens #
croyants et non#croyants # dans des b>timents sacrs, ddis % la Pierge ou %
l'un des saints, remplis d'images et de reliques, ob)ets d'adoration La pri+re
s'adressa, non plus % $ieu, mais % la Pierge et au( saints, et l'idol>trie paMenne
avec ses plus grossi+res superstitions se reproduisit autour des images, des
pr&tres et des rites @ne preuve de la puissance de la rvlation de "hrist dans
les 0critures, c'est que, m&me apr+s l'introduction dans les glises catholiques
de l'idol>trie et de la superstition paMennes, on ait trouv dans leur sein, comme
au)ourd'hui du reste, beaucoup de croyants s'appuyant sur "hrist pour leur salut
et vivant saintement .ls ne formaient toutefois qu'un reste, cach dans la masse
des gens gars par le syst+me idol>tre, avec son accompagnement de pch
et d'ignorance qui en rsulte fatalement, les protestations de ces fid+les n'ayant
aucun effet
"ertains groupes # les 2auliciens et d'autres # s'lev+rent contre l'idol>trie
dominante, et ce fut l'une des principales raisons de la violente perscution
dirige contre eu( $ans la rgion du -aurus, o8 ils abondaient, naquit Lon ...
qui devint empereur de l'7mpire d'Arient ou byLantin .l est connu sous le nom de
Lon l'.saurien .l fut un des meilleurs et des plus capables empereurs byLantins
.l dfendit "onstantinople contre les !arrasins et fortifia l'7mpire intrieurement
par de sages et nergiques rformes !'apercevant que l'idol>trie et la
superstition taient parmi les principales causes des mau( si vidents en Arient
comme en Accident, il dcida de draciner le mal 7n ?;<, il publia son premier
dit contre l'adoration des images et le fit suivre d'une campagne acharne de
destruction des images et de perscution contre ceu( qui en conservaient "e fut
le commencement d'une lutte de plus d'un si+cle Lon eut % compter avec une
arme d'adversaires, dont le plus rudit fut Eean de $amas
"e dernier crivit 5;J6 : puisque certains nous reprochent d'adorer et
d'honorer les images de notre !auveur et de Notre#$ame, ainsi que celles des
saints et des serviteurs de "hrist, qu'ils se rappellent qu'au commencement $ieu
cra l'homme % son image $ans l',ncien -estament, l'emploi des images
n'tait pas frquent 'ais $ieu, dans !es entrailles de misricorde, devint
vritablement homme pour notre salut .l vcut sur la terre, accomplit des
miracles, souffrit, fui crucifi, ressuscita et remonta au ciel -outes ces choses
ont pris place ici#bas et ont t vues des hommes 7lles ont t crites pour que
nous en gardions la mmoire et pour instruire ceu( d'entre nous qui ne vivaient
pas % cette poque ,insi, bien que n'ayant rien vu, nous pouvons, en attendant
et en croyant, obtenir la bndiction du !eigneur Ar comme tous n'ont pas la
connaissance des lettres, ou le temps de lire, les 2+res ont autoris la
reproduction de ces vnements par les images, afin de constituer un mmorial
concis de ces actes hroMques Lorsque nous ne pensons pas au( souffrances
du !eigneur, il arrive que la vue d'une image de sa crucifi(ion nous rappelle son
amour de !auveur ,lors nous nous prosternons et adorons non point l'image
elle#m&me, mais ce qu'elle reprsente "eci n'est qu'une tradition orale, tout
comme adorer en se tournant vers l'Arient, vnrer la "roi( et bien d'autres
choses semblables
2resque tous les pr&tres et les moines taient contre Lon Le patriarche >g de
"onstantinople refusa la soumission % ses ordres et fut remplac par un autre
Le pape de *ome, Nrgoire .., et son successeur, Nrgoire .ll, furent
d'implacables adversaires de l'empereur 7n Nr+ce, un empereur rival fut
nomm, qui attaqua "onstantinople, mais fut dfait 7n .talie, les ordres
impriau( furent condamns et transgresss Lon, appel l'.conoclaste # le
destructeur d'images # eut pour successeurs son fils "onstantin, puis son petit#
fils Lon .P, qui suivirent son e(emple en redoublant de svrit , la mort de ce
dernier, sa veuve, .r+ne, fit une politique oppose -outefois, pendant plusieurs
r+gnes, le conflit continua avec des rsultats divers, )usqu'en IK; o8, apr+s la
mort de l'empereur -hophile, ennemi des images, sa veuve, -hodora, devint
rgente durant la minorit de son fils, 'ichel ... !ous l'influence des pr&tres,
cette femme, qui soutenait en secret l'adoration des images, en rtablit le culte
d+s qu'elle le put @ne grande crmonie eut lieu % l'glise de !te#!ophie, %
"onstantinople, pour clbrer solennellement la restauration des images -outes
celles qui avaient t caches pendant un temps furent rinstalles et les
dignitaires de l'0glise et de l'0tat se prostern+rent devant elles
"ette question des images prit une place importante au "oncile de Francfort
5?OK6 X 5;<6, convoqu et prsid par "harlemagne .l y avait l% des chefs civils et
ecclsiastiques, qui lgifr+rent sur des mati+res tr+s diverses Le pape envoya
ses reprsentants Les dcisions du !econd "oncile de Nice, qui avait autoris
le service et l'adoration des images, furent abroges, lors m&me qu'elles avaient
t confirmes par le pape et acceptes en Arient $ans leur L+le pour les
images, ceu( qui en favorisaient l'usage, all+rent )usqu'% nommer leurs
adversaires, non seulement iconoclastes, mais encore mahomtans Nanmoins
il fut dcrt % Francfort que toute adoration de ce genre devait &tre re)eteG
dfense fut faite d'adorer, de rvrer ou de vnrer les images, d'allumer des
cierges ou de brDler de l'encens devant elles, d'embrasser ces formes sans vie,
m&me lorsqu'elles reprsentaient la Pierge et l'7nfant Esus 7lles taient
pourtant tolres dans les glises comme ornements et en souvenir d'hommes
pieu( et d'actions pieuses An repoussa aussi l'assertion que $ieu ne peut &tre
ador qu'en trois langues, le latin, le grec et l'hbreu et on dclara qu'il n'est
pas de langue dans laquelle on ne puisse prier Les reprsentants du pape
n'taient pas en bonne posture pour protester Le sentiment gnral des Francs,
dans leurs guerres contre les paMens sa(ons et dans leurs missions parmi eu(,
n'taient pas favorable % l'idol>trie
"harlemagne eut pour successeur 5I9H6 son troisi+me fils, Louis, alors roi
d',quitaine "e nouvel empereur admirait un 7spagnol, nomm "laude, diligent
tudiant des 0critures, devenu cl+bre par ses commentaires sur la Bible $+s
qu'il fut sur le trBne, Louis nomma "laude v&que de -urin Le nouvel v&que,
qui connaissait et aimait les 0critures, profita des circonstances favorables
cres par le "oncile de Francfort et outrepassa ses droits en enlevant des
glises de -urin toutes les images qu'il appelait des idoles, y compris les croi(
-ant de gens l'approuv+rent qu'il n'y eut pas de rsistance effective % -urin
"laude enseigna galement que l'office apostolique de saint 2ierre avait cess
avec sa vie, que le pouvoir des chefs se transmettait % tout l'ordre piscopal et
que l'v&que de *ome ne possdait le pouvoir apostolique qu'en tant qu'il menait
une vie apostolique "eci suscita naturellement une vive opposition L'un des
principau( adversaires fut l'abb d'un monast+re pr+s de N=mes "ependant il
dut reconna=tre que la plupart des prlats transalpins se rangeaient du cBt de
l'v&que de -urin
/2 A""ar%t%# du *a4#5t%$5e
$es vnements plus importants, ayant aussi affaire % la question des images,
se prsent+rent % cette poque comme le dveloppement inattendu d'un faible
commencement 7n J?9, 'ahomet naquit % La 'ecque et, % sa mort en <H;, la
religion islamique, dont il tait le fondateur et le proph+te, s'tait tendue % la
ma)eure partie de l',rabie L'islamisme 5du mot islam, soumission % la volont de
$ieu6 a pour credo: $ieu seul est $ieu et 'ahomet est !on proph+te .l
rpudie absolument les statues ou images de toutes sortes !on livre, le "oran,
renferme beaucoup de rfrences confuses au( personnes et au( vnements
mentionns dans la Bible ,braham, comme ,mi de $ieu, 'oMse, la Loi de $ieu,
Esus, l'7sprit de $ieu, sont tous vnrs, mais seulement apr+s 'ahomet le
2roph+te de $ieu, qui les surpasse en grandeur "ette religion fit son chemin par
la force de l'pe et telle fut l'irrsistible nergie de cette croyance nouvelle que,
moins d'un si+cle apr+s la mort de 'ahomet, elle e(er1ait sa domination de
l'.nde % l'7spagne Le choi( % faire entre la conversion ou la mort fut un moyen
efficace de grossir les rangs de l'.slam Beaucoup cependant moururent plutBt
que de renier "hrist $ans l',frique du Nord, spcialement, o8 les glises
abondaient et o8 tant de chrtiens avaient souffert le martyre au temps des
perscutions de l'7mpire romain, une grande proportion de la population fut
anantie Le mahomtisme tait un )ugement de l'idol>trie, qu'elle fDt paMenne ou
chrtienne:
:2 Per$cut%#$ et d%$"er$%#
Le mouvement iconoclaste 5;?6 avait donn un peu de rpit au( fr+res perscuts de l',sie
mineure 'ais en IK;, apr+s le triomphe des adorateurs d'images, sous -hodora, il fut dcid
d'e(terminer les hrtiques qui avaient si constamment et nergiquement proclam l'inutilit
des images et des reliques, tout en maintenant l'adoration en esprit et le sacerdoce de tous les
croyants
.ls taient prpars % l'preuve qui allait fondre sur eu( par les travau( dvous d'hommes
capables, entre autres !embat, n % la fin du huiti+me si+cle .l tait de noble famille armnienne
et fit si grande impression par son minist+re que, longtemps apr+s sa mort, les catholiques le
mentionnaient comme fondateur des 2auliciens
!erge 5en armnien !arWis6 tait un autre chef $urant trente#quatre ans # 5I::#IHK6 crit#il # )'ai
voyag de l'est % l'ouest et du nord au sud, pr&chant l'7vangile de "hrist, )usqu'% en avoir les
genou( fatigus .l tait fortement convaincu de sa vocation de ministre et savait user de son
autorit pour rtablir la pai( entre fr+res, pour unir et instruire les saints .l faisait appel % ceu( qui
le connaissaient, leur demandait en toute bonne conscience, si )amais il avait dpouill l'un
d'entre eu(, ou abus de son pouvoir Bien qu'il travaill>t comme charpentier, il visita presque
toute la partie montagneuse du centre de l',sie mineure .l fut converti apr+s avoir t persuad
de lire les 0critures @ne croyante lui demanda pourquoi il ne lisait pas les !aints 0vangiles .l
rpondit que les pr&tres seuls pouvaient le faire et non les laMques 7lle rpliqua que $ieu ne
regarde pas % l'apparence, mais qu'.l dsire que tous les hommes soient sauvs et parviennent %
la connaissance de la vritG tandis que les pr&tres cherchaient % priver le peuple du droit de lire
la 2arole de $ieu .l lut et il crut, puis tmoigna longuement et avec puissance de sa foi en "hrist
!es p=tres furent largement rpandues et tr+s apprcies !on minist+re ne prit fin qu'avec sa
vie, ses perscuteurs l'ayant coup en deu( avec une hache
!erge fut l'un des plus distingus de toute une srie d'hommes qui, par leur saint caract+re et
leur service d'amour, grav+rent leurs noms dans la mmoire d'un peuple hroMque "onstantin,
!imon, Nen+s, Eoseph, Qacharie, Baan+s, !embat, !erge "es noms#l% survcurent % la ruine
cause par les perscutions qui suivirent "es fr+res taient si pntrs de l'esprit des ,ctes et
des 0p=tres, si dsireu( de ne rien changer au( traditions du N -estament et surtout de maintenir
dans leurs patries respectives le souvenir des apBtres qui y avaient travaill et fond des glises,
qu'ils tiraient gnralement des 0critures leurs noms et ceu( de leurs glises "onstantin
s'appela !ilvainG !imon, "iteG Nen+s, -imotheG Eoseph, 7paphrodite Bien diffrents taient les
surnoms que leur donnaient leurs adversairesG Qacharie fut appel le berger mercenaire, et
Baan+s, l'impur Les vrais chrtiens, comme ils se dsignaient pour se distinguer des
*omains, donn+rent aussi des noms spciau( au( glises o8 se concentraient leurs travau(
,insi Sibossa, o8 travaill+rent "onstantin et !imon, devint leur 'acdoine Le village de
'ananalis, centre des labeurs de Nen+s, fut leur ,chaMeG d'autres glises s'appel+rent 2hilippes,
Laodice, "olosses, etc
"es fr+res marqu+rent de leur activit une priode de deu( cents ans, du milieu du septi+me au
milieu du neuvi+me si+cle "e fut durant cette poque, et peut#&tre par l'un d'eu(, que fut crit un
livre La cl de la vrit, qui peint d'eu( un portrait vivant Pers la fin de cette poque les
perscutions sous l'impratrice -hodora et les guerres qui suivirent dispers+rent les glises et
un grand nombre de croyants pass+rent dans les BalWans "es glises connurent des temps de
troubles intrieurs aussi bien que d'attaques e(trieures ,u temps de Nen+s, il y eut des luttes si
violentes qu'il fut convoqu % "onstantinople pour s'e(pliquer L'empereur favorable, Lon
l'.saurien, et le patriarche Nermanos ne trouv+rent rien % reprocher % sa doctrine, et Nen+s revint
de "onstantinople avec des lettres ordonnant la protection des 2auliciens "ependant le
gouvernement n'appuya pas tou)ours les glises La suppression violente des images n'avait pas
russi % bannir des coeurs le culte dfendu, et les autorits se laissaient aisment influencer par
des motifs d'avantage politique ,insi, dsireu( de plaire % l'0glise grecque, Lon l',rmnien,
empereur iconoclaste, permit une attaque contre les 2auliciens, affaiblissant ainsi et s'alinant
ceu( qui taient son vrai soutien
7n vertu des ordres de -hodora, et durant de longues annes, les massacres recommenc+rent
systmatiquement An dcapita, brDla et noya les croyants, sans que leur constance en fDt
branle An rapporte que, de IK; % I<?, cent mille personnes auraient t mises % mort par le
L+le de -hodora et de ses inquisiteurs "ette poque a t dcrite par Nrgoire l'0claireur, qui,
deu( cents ans plus tard, dirigea la perscution contre des croyants du m&me district .l crit:
$)% avant nous, beaucoup de gnrau( et de magistrats avaient impitoyablement livr ces
gens % l'pe, n'pargnant ni vieillards, ni enfants, et cela avec raison 7n outre, nos patriarches
les avaient marqus au fer rouge, incrustant sur leur front l'image du renard , d'autres, on avait
arrach les yeu( en leur disant: 2uisque vous &tes aveugles au( choses spirituelles, vous ne
verreL pas non plus les choses matriellesC
Le livre armnien intitul La "l de la Prit 5;I6 mentionn ci#dessus comme ayant t crit
entre les septi+me et neuvi+me si+cles, dcrit les croyances et les pratiques religieuses de ceu(
que l'on nommait alors 2auliciens, de -honraW Les nombreuses glises disperses offraient
sans doute certaines diffrences -outefois ce rapport authentique, crit par l'un de ces croyants,
s'applique % la plupart d'entre elles "et auteur anonyme crit avec puissance et loquence, ainsi
qu'avec une grande profondeur de sentiment .l e(plique qu'il veut donner au( enfants nouveau#
ns de l'0glise universelle et apostolique de notre !eigneur Esus#"hrist, le lait saint qui nourrira
leur foi Notre !eigneur, crit#il, demande d'abord la repentance et la foi, ensuite vient le
bapt&me Nous devons donc Lui obir et ne pas cder au( arguments trompeurs de ceu( qui
baptisent les inconvertis, les inconscients et les impnitents , la naissance d'un enfant, les
anciens de l'0glise doivent e(horter les parents % l'lever dans la pit et dans la foi , ceci il faut
a)outer la pri+re, la lecture de l'0criture et le choi( d'un nom pour le nouveau#n Nul ne devrait
&tre baptis sans en avoir e(prim le sinc+re dsir
Le bapt&me aura lieu dans une rivi+re, tout au moins en plein air Le candidat au bapt&me
s'agenouillera au milieu de l'eau et confessera sa foi avec ferveur et avec larmes, devant la
congrgation assemble "elui qui baptise sera d'un caract+re irrprhensible La pri+re et la
lecture de l'0criture accompagneront cet acte La nomination d'un ancien se fera aussi avec
grand soin, de crainte qu'un homme indigne ne soit choisi An s'assurera de sa sagesse, de son
amour, # chose principale # puis de sa prudence, de sa douceur, de son humilit, de sa )ustice, de
son courage, de sa sobrit, de son loquence An lui imposera les mains avec pri+re et on lira
quelque portion approprie des 0critures, puis on lui demandera: 2eu(#tu boire la coupe que )e
dois boire, ou &tre baptis du bapt&me dont )e dois &tre baptis R La rponse e(ige mettra en
vidence les dangers et les responsabilits qui s'attachent % sa charge et que nul n'oserait
assumer s'il n'est possd d'un grand amour et pr&t % tout souffrir en suivant "hrist et en prenant
soin de !on troupeau L'ancien rpondra alors E'accepte les flagellations, les
emprisonnements, les tortures, les reproches, les croi(, les coups, les tribulations et autres
tentations du monde, comme les accept+rent avec amour notre !eigneur et .ntercesseur et la
sainte 0glise universelle et apostolique 'oi donc aussi, indigne serviteur de Esus#"hrist,
)'accepte d'endurer toutes ces choses par amour et dans une enti+re soumission, )usqu'% l'heure
de ma mort ,pr+s la lecture de plusieurs passages des 0critures, il tait alors solennellement
recommand au !eigneur par les anciens qui disaient: Nous te supplions et t'implorons
humblement et instamment ,ccorde ta gr>ce sainte % cet homme qui te demande la gr>ce de
ta sainte autorit *ends#le pur d'une puret resplendissante, prserv de toute mauvaise
pense Auvre son entendement % la comprhension des 0critures
, propos des images et des reliques, l'auteur dit ceci: "oncernant la mdiation de notre
!eigneur Esus#"hrist, et non celle des saints dcds, transforms en reliques, ou reprsents
par des pierres, des croi( et des images, il y a lieu de constater que beaucoup ont reni cette
prcieuse mdiation et intercession du bien#aim Fils de $ieu .ls se sont attachs % des choses
mortes, % des images, des pierres, des croi(, des eau(, des arbres, des fontaines, et % toute
chose vaine .ls les reconnaissent et les adorent .ls leur offrent de l'encens et des cierges et leur
prsentent des victimes, ce qui est contraire % la divinit La lutte qu'eurent % soutenir contre
leurs perscuteurs de "onstantinople les glises des montagnes du -aurus et des pays
environnants, amena ces chrtiens % insister davantage sur certaines portions de l'0criture que
sur d'autres La grande 0glise tablie avait incorpor le paganisme % son syst+me par
l'introduction graduelle de l'adoration de la Pierge 'arie et du monde dans son sein par le rite du
bapt&me des petits enfants "'est pourquoi les glises primitives insist+rent fortement sur
l'humanit parfaite du !eigneur % sa naissance 7lles dmontr+rent que, bien que 'arie fDt la
m+re du !eigneur, elle ne pouvait &tre correctement appele la m+re de $ieu 7lles soulign+rent
aussi l'importance du bapt&me de Esus, lorsque le !aint#7sprit descendit sur Lui et que retentit
des cieu( la voi( dclarant "elui#ci est mon Fils bien#aim en qui )'ai mis toute mon affection
$ans les nombreuses controverses sur la double nature de "hrist, divine et humaine, # qui en
dpit de toutes les e(plications demeure tou)ours un myst+re # ces chrtiens employ+rent des
e(pressions qui furent interprtes par leurs adversaires comme marquant leur incrdulit quant
% la divinit de "hrist avant son bapt&me .ls semblent avoir plutBt pens que ses attributs divins
n'avaient pas t en activit )usqu'au )our de son bapt&me .ls enseignaient qu'en ce )our#l%, %
l'>ge de trente ans, notre !eigneur Esus#"hrist re1ut l'autorit, le sacerdoce et le royaume "'est
alors qu'il fut choisi et lev % la dignit de !eigneur, alors galement qu'.l devint le !auveur des
pcheurs, fut rempli de la dit, et sacr *oi sur toute crature dans les cieu(, sur la terre et sous
la terre, comme .l le dit Lui#m&me dans 'atthieu ;I 9I: -out pouvoir m'a t donn dans le ciel
et sur la terre
"es glises, obissant en une large mesure au( principes du N -estament, # sans doute % des
degrs divers selon les lieu( # appeles par leurs adversaires 2auliciens ou 'anichens,
souffrirent, des si+cles durant, patiemment et sans user de reprsailles, les terribles in)ustices de
leurs ennemis .l y eut une dtente pendant les r+gnes des empereurs byLantins iconoclastes
'ais les perscutions atroces ordonnes par l'impratrice -hodora, en pouss+rent quelques#
uns au dsespoir, tellement qu'ils prirent les armes contre leurs oppresseurs
2our obir % cette femme cruelle, les bourreau( de l'7mpire avaient empal un homme, dont le
fils, "arbas, occupait un rang lev dans le service imprial 7n apprenant ceci, "arbas,
brDlant d'indignation, refusa fidlit % ByLance "inq raille hommes se )oignirent % lui et ils
s'tablirent % -phrice, pr+s de -rbiLonde .ls fortifi+rent cette ville et, s'alliant au "alife sarrasin,
en firent le centre de leurs attaques sur les rgions grecques de l',sie mineure Nr>ce % l'aide
des mahomtans, ils battirent l'empereur 'ichel, fils de -hodora, s'empar+rent des cits )usqu'%
0ph+se et dtruisirent les images qu'ils y trouv+rent
, "arbas succda "hrysocheMr, dont les incursions atteignirent la cBte ouest de l',sie mineure
et menac+rent m&me "onstantinople ,ncyre, 0ph+se, Nice et Nicomdie furent prises
d'assaut Y 0ph+se, on installa des chevau( dans la cathdrale et l'on montra le plus grand
mpris pour tableau( et reliques, le b>timent tant regard comme un temple d'idoles
L'empereur, Basile 9er, implora la pai(, mais "hrysocheMr refusa toute autre condition que
l'abandon de l',sie par les Nrecs Basile, contraint de se battre, surprit son ennemi "hrysocheMr
fui tu et son arme dfaite L'arme byLantine s'empara de -phrice et en dispersa les habitants
qui se rfugi+rent ensuite dans les montagnes
"es 2auliciens rvolts se demandaient sans doute comment agir ,yant affaire d'une part au(
adorateurs d'images qui les perscutaient violemment et, d'autre part, au( mahomtans, libres de
toute trace d'idol>trie, qui leur offraient aide et libert, il leur tait difficile de )uger lequel des deu(
syst+mes se rapprochait, ou plutBt s'loignait davantage de la rvlation divine donne en "hrist
Les mahomtans cependant ne pouvaient faire aucun progr+s, du fait qu'ils re)etaient
enti+rement les 0critures et se laissaient asservir par l'autorit d'un livre d'origine humaine, le
"oran .ls ne pouvaient aller au del% de la connaissance % laquelle tait parvenu le fondateur de
la religion Bien que s'tant cartes de la vrit, les 0glises grecque et romaine avaient pourtant
conserv les 0critures ,insi il y avait l% une base solide sur laquelle pouvait s'difier un rveil par
la puissance du !aint#7sprit
!i l'on cherche % conna=tre l'histoire de ces glises par des e(traits tirs des crits de leurs
ennemis, on observe que le style insultant de ces ouvrages est d'une violence qui touche % la
folie An ne saurait donc fonder sur cette lecture des accusations dignes de foi $'autre part,
toute admission de quelque bien incontestable est fortement amoindrie par l'attribution de motifs
impursG elle est faite de mauvaise gr>ce An ne peut accepter l'accusation ritre de
manichisme, tant donn que les accuss ne cess+rent de la repousser 7n outre, ils
enseign+rent constamment des doctrines scripturaires contraires au manichisme et souffrirent
beaucoup pour les maintenir Leur soi#disant profession de manichisme ne s'accorde gu+re
avec le fait reconnu qu'ils possdaient, au moins en grande partie, les 0critures dans toute leur
puret et qu'ils les tudiaient La doctrine de 'ani ne pouvait &tre suivie que par ceu( qui
re)etaient les 0critures, ou les falsifiaient Les rcits se rapportant % leur conduite inique sont en
flagrante contradiction avec leur rputation d'&tre tr+s pieu(, menant une vie morale suprieure %
celle des gens de leur entourage An ne saurait non plus raisonnablement conclure que leur
bonne conduite n'tait que de l'hypocrisie Le caract+re des rapports volumineu( de leurs
ennemis, contrastant avec les quelques rares crits qui nous sont parvenus 'de ces chrtiens,
am+nent le lecteur impartial % re)eter sans hsitation la lgende du manichisme et d'une
conduite immorale An en vient % reconna=tre dans ces glises perscutes des rachets du
!eigneur qui maintinrent avec une foi et un courage indomptables le tmoignage de Esus#"hrist
7n dispersant ces braves et pieu( montagnards et en les for1ant % s'allier au( :mahomtans le
gouvernement byLantin dtruisit son propre rempart naturel contre la menace de la puissance
islamique et prpara ainsi la chute de "onstantinople
;2 Le$ a5%$ de D%eu da$ le$ BalDa$
,u milieu du huiti+me si+cle, l'empereur "onstantin, fils de Lon l'.saurien, qui sympathisait avec
les fr+res refusant le culte des images, transfra bon nombre d'entre eu( % "onstantinople et en
-hrace 2lus tard, vers le milieu du di(i+me si+cle, parut un autre empereur, Eean Qimisc+s # un
,rmnien # qui dlivra la Bulgarie des *usses, puis l'a)outa plus fard % son propre empire Lui
aussi, transporta un grand nombre de ces chrtiens vers l'Auest "es derniers s'tablirent parmi
les Bulgares qui, au neuvi+me si+cle, avaient accept le christianisme pr&ch par les
missionnaires byLantins "yrille et 'thode et appartenaient % l'0glise orthodo(e grecque
"es immigrants de l',sie mineure firent l% des convertis et fond+rent des glises qui s'tendirent
rapidement dans ces vastes rgions An les nomma Bogoumiles,5;O6 nom slave signifiant ,mis
de $ieu et driv de l'e(pression Bogumili, ceu( que $ieu aime, qu'.l accepte
Les noms d'un petit nombre seulement de ces hommes ont t sauvs de l'oubli 'entionnons
Basile, qui tait mdecin et continua % pratiquer pour gagner sa vie, afin de donner un bon
e(emple et de faire honte au( paresseu( qui se servaient de la religion pour e(cuser la
mendicitG ceci ne l'emp&cha pas de consacrer quarante ans de sa vie 59:?:#99996 % pr&cher et
% enseigner sans rel>che
,pr+s ce long minist+re, il re1ut de la main m&me de l'empereur ,le(is, un message disant qu'il
admirait son caract+re, s'intressait vivement % son enseignement et dsirait se convertir 7n
m&me temps, il invitait Basile % une entrevue prive, en son palais % "onstantinople "e fr+re fut
re1ut % la table de l'empereur et, au cours d'une longue discussion sur la doctrine, il parla avec
une enti+re libert, comme s'adressant % une >me angoisse -out % coup, l'empereur, tirant un
rideau, rvla la prsence d'un secrtaire qui avait reproduit par crit toute leur conversation #
employe ensuite comme dposition # et des serviteurs qui re1urent l'ordre d'encha=ner Basile et
de le )eter en prison .l y resta des annes, )usqu'en 999O ,yant refus de rtracter aucune de
ses doctrines, il fut brDl publiquement % l'hippodrome de "onstantinople La fille de l'empereur,
la distingue princesse ,nna "omn+ne, dcrivit ces vnements avec complaisance Les
prparatifs pour le grand )our % l'hippodrome, l'apparence de Basile un homme grand et
efflanqu, avec une barbe clairseme 7lle dcrit le ptillement du feu et comment Basile
dtourna les yeu( de la flamme et s'en approcha tout tremblant , cette poque beaucoup
d'amis de $ieu furent traqus et brDls, ou emprisonns % vie La princesse se moque de leur
humble e(traction, de leur apparence biLarre et de leur habitude de baisser la t&te en murmurant
quelque chose # "ertes, le besoin de la pri+re se faisait sentir alors # 7lle tait horrifie de leurs
doctrines et de leur ddain des glises et des crmonies religieuses Le document publi par
l'empereur comme rsultat de sa cruelle trahison, est de petite valeur, car il n'y a aucun moyen
de prouver qu'il n'a pas t falsifi par ceu( qui le publi+rent
-r+s diverses sont les opinions de gens du dehors sur ces congrgations chrtiennes de l',sie
mineure et de la Bulgarie, car, si quelques#uns parlaient avec horreur de leur conduite et de leur
doctrine, d'autres en )ugeaient diffremment Les premiers sont anims d'un esprit de parti, ce ne
sont pas des historiens .ls accusent les hrtiques de commettre des pchs abominables et
contre nature, rp+tent ce qui se disait couramment sur eu(, et citent beaucoup 'ani et les
ob)ections faites % sa doctrine L'crivain 7uthyme 5mort apr+s 999I6, crit : .ls e(hortent ceu(
qui les coutent % observer les commandements de l'vangile % &tre humbles, misricordieu( et
bons envers les fr+res .ls sduisent ainsi les hommes en leur enseignant des choses bonnes et
utiles, mais les empoisonnent graduellement et les entra=nent % la perdition "osmas, un pr&tre
bulgare, crivant % la fin du di(i+me si+cle, dcrit les Bogoumiles comme tant pires et plus
horribles que des dmons .l nie leur foi % l',ncien -estament, ou au( 0vangiles, dit qu'ils
n'honorent ni la '+re de $ieu, ni la croi(, qu'ils mprisent les crmonies religieuses et tous les
dignitaires de l'0glise, qu'ils qualifient les pr&tres orthodo(es de pharisiens aveugles, disent que
la !te#"+ne n'est pas administre selon le commandement divin, et que le pain n'est pas le corps
de $ieu, mais du pain ordinaire
"osmas e(plique leur asctisme par leur croyance que !atan a cr tout le monde matriel
Pous verreL # dit#il # des hrtiques dou( comme des agneau( bl&mis par un )eDne hypocrite,
parlant peu et ne riant pas bruyamment 7t, encore, en observant leur conduite humble, les
hommes pensent qu'ils ont la vraie foi, et viennent % eu( pour les consulter au su)et de leur >me
'ais eu(, semblables au loup pr&t % dvorer l'agneau, courbent la t&te en soupirant et rpondent
avec grande humilit .ls parlent comme s'ils savaient ce qui est ordonn dans le ciel Le 2+re
de l'0glise, Nrgoire de NareW, dit des -honraWs qu'ils n'taient pas accuss d'immoralit, mais
de libre pense et de rbellion contre l'autorit 7n prenant une position ngative vis#%#vis de
l'0glise, cette secte a adopt une ligne d'action positive 7lle a commenc % e(aminer le
fondement m&me, les !tes#7critures, y cherchant un enseignement pur et une saine direction
pour la vie morale @n crivain rudit du di(i+me si+cle, 'uschag, fut vivement impressionn
par la doctrine des -honraWs et estime qu'il est indigne et contraire au christianisme de
condamner ces gens .l dcouvrit cheL eu( le vrai christianisme apostolique 7ntendant parler
d'un cas o8 .ls souffraient la perscution, il dclara que le sort de ces perscuts tait enviable
,ucune vidence ne vient appuyer l'accusation que ces chrtiens # qu'on les appelle 2auliciens,
-honraWs, Bulgares, Bogoumiles, ou autrement # aient t coupables d'immoralit An ne peut se
fier au( rapports de leurs ennemis sur leurs doctrines '&me leurs adversaires reconnaissent en
gnral que, par leur niveau moral et par leur industrie, ils taient suprieurs % leur entourage 7t
ce fut prcisment ce qui attira % eu( beaucoup d'hommes au(quels l'0glise d'0tat n'avait pas
donn satisfaction
La perscution byLantine chassa beaucoup de croyants vers l'ouest, en !erbie, et la rigueur de
l'0glise orthodo(e dans ce pays les poussa plus loin, )usqu'en Bosnie .ls rest+rent cependant
actifs % lest de la pninsule et en ,sie mineure 7n 99K: on dcouvrit, dans les crits de
"onstantin "hrysomale, la soi#disante erreur bogoumile et elle fut condamne lors d'un synode
tenu % "onstantinople L'enseignement rprouv tait: que le bapt&me de l'0glise n'est pas
efficace, que rien de ce qui est fait par des inconvertis, m&me baptiss, n'a de valeur, pas plus
que la gr>ce de $ieu communique par l'imposition des mains, mais a de la valeur seulement ce
qui est re1u par la foi 7n 99KH, un synode % "onstantinople dposa deu( v&ques de la
"appadoce, accuss comme Bogoumiles ,u si+cle suivant, le patriarche Nhemadius se plaignit
de l'accroissement de ces gens % "onstantinople m&me, o8, para=t#il, ils pntraient dans les
maisons prives et faisaient des disciples Leurs glises continu+rent en Bulgarie
7ncore au 9? +me si+cle, on trouvait des congrgations de pauliciens 5pavlicani 5H:6 %
2hilippopolis et en d'autres parties de Bulgarie, m&me au nord du $anube .ls taient dcrits par
l'0glise orthodo(e comme hrtiques convaincus qui condamnaient l'0glise en l'accusant
d'idol>trie 2uis des missionnaires franciscains vinrent de la Bosnie et travaill+rent avec L+le
parmi eu(, en dpit de la col+re du clerg orthodo(e 2rofitant de la perscution dirige contre les
pauliciens, les franciscains persuad+rent ces croyants de se mettre sous la protection de l'0glise
romaine, et ils les gagn+rent % *ome 'ais, pendant longtemps, ils continu+rent de pratiquer
leurs anciennes formes de culte, spcialement une runion o8 ils prenaient un repas en commun
2eu % peu, cependant, ils se conform+rent pleinement au( pratiques de *ome, re1urent des
images dans leurs glises et sont maintenant appels catholiques bulgares, pour les distinguer
des Bulgares en gnral, qui sont ou orthodo(es, ou 2omaWs, c'est#%#dire descendants
d'anc&tres convertis de force % l'islamisme
"e fut pourtant en Bosnie que les Bogoumiles prirent le plus grand essor .ls y taient d)% tr+s
nombreu( au douLi+me si+cle et se rpandirent % !palato et en $almatie, o8 ils entr+rent en
conflit avec l'0glise catholique romaine 7n Bosnie, le titre de Ban tait donn au( chefs du pays
Le plus minent d'entre eu( fut Soulin Ban 7n 99I:, le pape s'adressa % ce chef comme % un
fid+le adhrent de l'0glise 'ais, en 99OO, il est reconnu que lui, sa femme, sa famille et di( mille
Bosniaques s'taient attachs % l'hrsie bogoumile ou des 2atarins, autrement dit, au(
glises des "royants en Bosnie La m&me dcision fut prise par 'inoslave, prince
d'3erLgovine, et par l'v&que catholique romain de Bosnie Le pays cessa d'&tre catholique et
connut une +re de prosprit passe en proverbe .l n'y avait pas de pr&tre, ou plutBt le
sacerdoce de tous les croyants taient admis Les glises taient diriges par des anciens, lus
par le sort .l y en avait plusieurs dans chaque glise, un surveillant 5appel grand#p+re6, et des
fr+res officiants appels conducteurs ou anciens An pouvait tenir des runions dans toutes les
maisons et les salles de runions taient tr+s simples .l n'y avait ni cloches, ni autel, mais une
table couverte parfois d'un tapis blanc et un e(emplaire des 0vangiles Les fr+res mettaient de
cBt une partie de leurs gains pour assister les croyants malades et les pauvres, ainsi que pour
aider ceu( qui allaient au loin pr&cher l'7vangile au( inconvertis
,id du roi de 3ongrie, le pape .nnocent ... e(er1a une forte pression sur Soulin Ban 7n 9;:H, il
y eut % B)elopol)e # la 2laine Blanche # o8 Soulin avait sa cour, une rencontre entre les
messagers du pape et le Ban, accompagn des magnats de la Bosnie Les chefs bosniaques
firent leur soumission % l'0glise de *ome, promirent de ne )amais retomber dans l'hrsie,
d'lever un autel et une croi( dans tous leurs lieu( de culte .ls s'engageaient en outre, % faire lire
la messe par leurs pr&tres, % pratiquer la confession, et % administrer le saint sacrement deu( fois
par an .ls promettaient aussi d'observer les )ours de )eDne et les f&tes solennelles et de ne plus
permettre au( laMques d'e(ercer des fonctions spirituelles Le clerg seul pourrait officier et se
distinguerait des laMques en portant des capes et en se faisant appeler fr+res "eu(#ci ne
pourraient plus nommer un prieur sans obtenir la confirmation du pape Les hrtiques ne
devaient plus &tre tolrs en Bosnie !eule la crainte de la guerre amena le Ban et ses chefs %
conclure cet accordG mais le peuple refusa absolument de l'accepter et de s'y conformer en quoi
que ce fDt
Les fr+res bosniaques taient en rapport avec les croyants de l'.talie, du 'idi de la France, de la
Boh&me, du *hin et d'autres rgions encore Leurs relations atteignaient les Flandres et
l',ngleterre Lors d'une croisade du pape contre les ,lbigeois, au cours de laquelle la 2rovence
fut dvaste, des fugitifs fran1ais se rfugi+rent en Bosnie Les anciens bosniaques et
proven1au( se consult+rent sur des questions de doctrine Le bruit courait alors que les
mouvements spirituels de l'.talie, de la France et de la Boh&me taient tous en relation avec un
pape hrtique de la Bosnie "es rapports n'avaient aucun fondement, car la personne en
question n'e(istait pas "ela montre seulement que la Bosnie e(er1ait une forte influence
religieuse *emiero !acconi, un inquisiteur italien vivant au temps de Soulin # qui connaissait
bien les hrtiques pour avoir t autrefois un des leurs # les appelle l'0glise des "athares, ou
des vies pures, nom e(istant depuis les )ours de l'empereur "onstantin, et dit qu'ils taient
rpandus de la mer Noire % l',tlantique
La pai( achete par Soulin Ban, en cdant % *ome, ne fut pas de longue dure, car il ne put
obliger le peuple % observer les termes de l'accord conclu , sa mort 59;9<6 le pape lut un Ban
catholique romain et envoya une mission pour convertir les Bosniaques 'algr tout, les glises
du pays ne firent qu'augmenter et s'tendirent )usqu'en "roatie, en $almatie, en .strie, en
"arniole et en !lavonie !i( ans plus tard, le pape, dsesprant de convertir les Bosniaques
autrement que par la force, et encourag par le succ+s de sa croisade en 2rovence, ordonna au
roi de 3ongrie d'envahir la Bosnie Les Bosniaques dpos+rent leur Ban catholique romain et
lurent un Bogoumile, Ninoslave La guerre dura des annes avec des hauts et des bas
Ninoslave cda % la force des circonstances et devint catholique romain 'ais aucun changement
cheL les chefs n'entama la foi et le tmoignage de la masse du peuple Le pays tait dvast,
mais, d+s que les armes conqurantes se retiraient, les glises affirmaient de nouveau leur
e(istence et la prosprit renaissait gr>ce au( habitudes industrieuses du peuple An leva dans
tout le pays des forteresses pour la protection de l'0glise et de la religion catholiques
romaines Le pape donna le pays % la 3ongrie qui le possda longtemps ,lors, comme la
nation restait attache % sa foi, le pontife proclama une croisade de tout le monde chrtien
contre ces croyantsG l'.nquisition fut tablie et des fr+res dominicains et franciscains rivalis+rent
de L+le pour torturer les membres de ces glises fid+les
7ntre#temps, la pression constante de l'.slam devenait une menace croissante pour l'7urope, et
la 3ongrie tait la plus e(pose % ses coups -outefois ce fait ne rvla pas au( pays catholiques
la folie de dtruire la barri+re s'levant entre eu( et leur plus dangereu( ennemi 7n 9H;J, le pape
crivit au Ban de Bosnie: !achant que tu es un fid+le fils de l'0glise, nous te sommons
d'e(terminer les hrtiques dans tes 0tats, et de donner aide et secours % Fabian, notre
inquisiteur, car une multitude d'hrtiques, venus de rgions tr+s diverses, se sont runis dans la
principaut de Bosnie, esprant y semer leurs erreurs obsc+nes et y vivre en scurit "es
hommes, remplis de l'astuce du Pieil 7nnemi et arms du venin de leur fausset, cor, rompent
les esprits des catholiques par une apparence de simplicit et prtendent au nom de chrtiens
Leur langage rampe comme le crabe et ils s'insinuent avec humilit, pour mieu( dtruire en
secret "e sont des loups en v&tements de brebis .ls cachent leur furie bestiale pour pouvoir
mieu( tromper les simples brebis du "hristC
La Bosnie connut une priode de rveil politique durant le r+gne de -vrtWo, le premier Ban qui prit
le titre de roi Soulin et lui sont les deu( plus minents chefs bosniaques -vrtWo tolra les
Bogoumiles, dont beaucoup servirent dans son arme, et il donna une grande e(tension au
royaume Pers la fin de son r+gne, la bataille de Sossovo 59HIO6 pla1a la !erbie sous la
domination turque, et le pril mahomtan devint plus que )amais une ralit pour l'7urope '&me
alors, la perscution ne connut pas d'arr&t et le pape encouragea % nouveau le roi de 3ongrie, en
lui promettant assistance contre les -urcs et les manichens et ariens bosniaques Le roi
!igismond de 3ongrie russit % dtruire l'arme bosniaque sous les ordres des successeurs de
-vrtWo 2uis il fit dcapiter et )eter du haut des rochers de $obo), dans la Bosna, 9;< magnats
bosniaques qu'il avait capturs 59K:I6
,lors, pousss par le dsespoir, les Bosniaques recherch+rent la protection des -urcs 3rvo)a,
leur principal magnat, avertit le roi de 3ongrie en ces termes: Eusqu'ici )e n'ai cherch aucune
protection 'on seul refuge a t le roi 'ais, si les choses continuent ainsi )e m'adresserai l% o8
)e trouverai de l'appui, que ce soit pour mon salut ou pour ma ruine Les Bosniaques dsirent
s'allier au( -urcs et ils ont d)% fait des dmarches % cet effet 2eu apr+s, les -urcs et les
Bogoumiles bosniaques, unis pour la premi+re fois, inflig+rent une lourde dfaite % la 3ongrie, %
la bataille d'@sora, % quelques lieues de $obo) 59K9J6
La lutte entre l'.slam et la chrtient continua, avec des alternatives diverses, sur son front de
bataille tendu "haque fois que le parti du pape l'emportait, la perscution recommen1ait en
Bosnie, si bien qu'en 9KJ: environ K:::: Bogoumiles et leurs chefs pass+rent la fronti+re de
l'3erLgovine, o8 le prince !tefan PuWtchitch les protgea La prise de "onstantinople, en 9KJH,
par 'ahomet .., amena un prompt assu)ettissement de la Nr+ce, de l',lbanie et de la !erbie,
sans mettre fin au( ngociations et au( intrigues pour la conversion des Bogoumiles bosniaques
2arfois les chefs furent gagns %, *ome, mais )amais le peuple "'est pourquoi, comme le
dnouement approchait, nous voyons des rois bosniaques demander l'aide du pape contre les
-urcs, aide qui ne fut )amais accorde qu'% condition de perscuter les Bogoumiles 7nfin,
lorsqu'en 9K<K les -urcs, qui avaient t repousss pour un temps, envahirent de nouveau la
Bosnie, le peuple refusa de servir son propre roi, prfrant les -urcs % l'.nquisition Ne
rencontrant aucune rsistance, l'envahisseur fut bientBt ma=tre du pays $ans l'espace d'une
semaine, le sultan s'empara de septante villes et forteresses dans un pays naturellement ais %
dfendre La Bosnie passa dfinitivement au( mains des musulmans, et pendant quatre si+cles,
elle a croupi sous une domination destructrice de tout effort vers la vie et le progr+s
Les ,mis de $ieu de Bosnie n'ont laiss apr+s eu( qu'une maigre littrature .l est donc
malais de dcouvrir leurs doctrines et leurs pratiques religieuses, qui ont sans doute vari,
suivant les lieu( et les poques .l est toutefois vident #qu'ils protest+rent vigoureusement contre
le mal dominant dans la chrtient et employ+rent toute leur nergie % rester attachs au(
enseignements et % l'e(emple des glises primitives, tels qu'on les trouve dans les 0critures
Leurs relations avec les plus anciennes glises de l',rmnie et de l',sie mineure, avec les
,lbigeois de France, les Paudois et d'autres d'.talie, les 3ussites de la Boh&me, montrent qu'ils
partageaient avec ces croyants la m&me foi et la m&me vie Leur lutte hroMque, quatre si+cles
durant, dans l'adversit la plus accablante, quoique non enregistre dans l'histoire, doit avoir
fourni des e(emples de foi, de courage et d'amour )usqu'% la mort, rarement gals dans l'histoire
des peuples .ls formaient le trait d'union qui reliait les glises primitives des montagnes du
-aurus, en ,sie mineure, % leurs fr+res dans la foi des ,lpes italiennes et fran1aises Leur pays
et leur nation furent perdus pour le christianisme du fait de la perscution acharne qu'on leur a
inflige
$isperss dans le pays, dans les seules limites de l'ancien royaume de Bosnie, on trouve encore
beaucoup de monuments, souvent de grandes dimensions, qui sont les pierres tombales des
Bogoumiles 5H96 "es monuments sont parfois solitaires, ou en groupes de plusieurs centaines
An en estime le nombre % environ 9J:::: Le peuple les appelle 'ramor, soit marbre, ou
!tetshaW, debout, ou BileW, signe ou borne, ou encore Nomile, tombe ancienne,
monticule Les quelques inscriptions qu'on y trouve ne sont accompagnes ni de croi(, ni d'aucun
autre symbole rappelant le christianisme ou l'islamisme !i l'on en dcouvre ici ou l%, on se rend
compte qu'ils ont t a)outs plus tard La plupart de ces pierres ne portent aucune pitaphe,
rarement les noms des personnes enterres 4uelques#unes sont ornes de sculptures
compliques, reprsentant la vie du peuple: des guerriers, des chasseurs, des animau( et
d'autres ornements "'est dans le voisinage de !ara)evo qu'on en trouve le plus @n groupe
considrable se rencontre au#dessus de la forteresse, sur la route de *ogatitLa L'une des plus
grandes tombe est leve % part, sur la colline de 2aslovatL, pr+s des ruines de SotorsWo "'est
un sarcophage gant, de pierre calcaire blanche, taill d'un seul bloc, y compris l'immense dalle
sur laquelle il repose $e loin, on croirait voir un vrai b>timent
,pr+s avoir rsist si longtemps au( glises grecque et latine, beaucoup de Bosniaques se
soumirent au( -urcs # leurs librateurs aussi bien que leurs conqurants # et devinrent
mahomtans 4uelques#uns parvinrent % des positions minentes au service des -urcs Les
noms de famille de la prsente population mahomtane de Bosnie portent l'empreinte de leur
origine, tout en tmoignant des progr+s constants de l'assu)ettissement % l'.slam Poyageant en
Bosnie, on peut remarquer sur la devanture de plus d'une boutique le nom bosniaque ou slave
mridional uni au nom purement arabe ou turc, gnralement plac devant .l y a en Bosnie
deu( mots d'un usage constant: -urc et 'oslem Le premier dsigne un musulman vraiment turc
ou anatolien d'origineG le second, une personne de race slave qui a adopt la religion islamique
29 Quelques-uns drivent le mot Bogoumile du nom d'un homme minent sous le rgne du Czar bulgare, Pierre
(92-9!"#$ %n les a&&elle &ar'ois Bulgares$ Bogomili est le &luriel d'un mot slave, d'o( la 'orme usuelle de
l'%))ident, Bogoumiles$ *es mots semblables sont )onstamment en usage dans les &a+s slaves$ ,n
-ougoslavie, &ar e.$, les Bogomoli)i sont )eu. qui &rient *ieu (de /Bogu0, 1 *ieu, et moliti0, &rier#$ 2l n'est gure
douteu. que les Bogomili aient t a&&els ainsi &ar)e qu'ils 'ra&&aient leurs )ontem&orains )omme tant des
gens qui vivaient dans la &ai. et la )ommunion ave) *ieu$
/3n o''i)ial$ tour through Bosnia and 4erzegovina0, 5$ de 3sboth$ 6ember o' 4ungarian Parliament$
/7hrough Bosnia and 4erzegovina on 'oot, et)$0, 3$ 5$ ,vans$ - /,ssa+a on the 8atin %rient0, 9illiam 6iller$ -
/,n)+)lo&aedia o' :eligion and ,thi)s0, 4astings$ 3rti)le, Bogomils$
;< *as =>rstenthum Bulgarien0 *r$ Constantin 5ire)e?, 9ien, @"9@$ =$ 7em&s?+$
;@ /3n o''i)iai 7our through Bosnia and 4erzegovina0, 5$ de 3sboth, 6ember o' 4ungarian Parliament$
()APITRE IV
L'Or%et
,De : av2 E2!(2 = 0:@@ a"2 E2!(21
L'7vangile en Arient #,La !yrie et la 2erse Les glises de l'empire 2erse se sparent de celles
de l'empire *omain Les glises orientales retiennent leur caract+re scripturaire plus longtemps
que celles de l'Accident # 2apa ben ,ggaM fd+re les glises # Qoroastre 2erscution sous
!apor .L # 3omlies d',frahat # !ynode de !leucie *eprise des perscutions # Nestor Le
BaLar d'3raclide # -olrance # ,ffluence d'v&ques occidentau( ,ugmentation de
centralisation # 7(tension des glises syriennes en ,sie # .nvasion islamique # Le "atholiWos
quitte !leucie pour Bagdad # Nenghis Shan # Lutte entre les Nestoriens et l'.slam en ,sie
centrale # -amerlan # Les Franciscains et les Esuites trouvent des Nestoriens dans le "athay #
-raduction au seiLi+me si+cle d'une partie de la Bible en chinois # $isparition des Nestoriens
dans presque toute l',sie # "auses d'insucc+s
02 Le$ c#CuFte$ de l'Eva3%le e Or%et
"onduits % Bethlem par l'toile, des mages d'Arient ador+rent l'7nfant, n roi des Euifs .ls
lui offrirent en prsent de l'or', de l'encens et de la myrrhe, puis ils regagn+rent leur pays
5'atth ;6 o8, sans doute, ils racont+rent ce qu'ils avaient vu et entendu 2armi la multitude
assemble % Erusalem, le )our de la 2entecBte, se trouvaient des 2arthes, des '+des, des
0lamites et ceu( qui habitent la 'sopotamie .ls furent tmoins de l'effusion du !t#7sprit et des
miracles qui l'accompagn+rent .ls entendirent 2ierre pr&cher: $ieu a fait !eigneur et "hrist ce
Esus que vous aveL crucifi 5,ctes ;6 "'est par eu( que l'7vangile fut apport, d+s les
premiers )ours, au( synagogues de l'Arient
7us+be, rapportant les vnements qui prirent place au deu(i+me si+cle 5H;6, nous apprend que
beaucoup de disciples, dont les >mes taient enflammes par la 2arole divine et par un ardent
dsir de sagesse, observ+rent d'abord le commandement de notre !auveur en distribuant leurs
biens au( pauvres .ls voyageaient ensuite au loin pour pr&cher l'7vangile % ceu( qui n'avaient
)amais entendu la parole de la foi, car ils ambitionnaient par#dessus tout de pr&cher "hrist et de
faire conna=tre les divins 0vangiles ,pr+s avoir seulement pos les fondements de la foi dans
des rgions barbares et recules, ils formaient des pasteurs et leur remettaient le soin des >mes
qu'ils avaient amenes % la foi et s'en allaient en d'autres lieu( $es glises furent ainsi fondes
et les vanglistes poursuivirent leur oeuvre, non seulement dans le vaste empire romain, mais
encore dans les limites du grand empire voisin, la 2erse, et au del% "ette nouvelle puissance #
dit un crivain du troisi+me si+cle # qui mane des oeuvres accomplies par le !eigneur et ses
apBtres, a dompt la flamme des passions humaines et amen % la cordiale acceptation d'une
m&me foi une grande varit de races et de nations, au( moeurs tr+s diffrentes "ar nous
pouvons enregistrer des faits accomplis en .nde, parmi les !+res 5ou "hinois6, les 2erses et les
'+des, en ,rabie, en 7gypte, en ,sie et en !yrieG parmi les Nalates, les 2arthes et les
2hrygiensG en ,chaMe, en 'acdoine et en 7pireG dans toutes les =les et provinces sur lesquelles
se l+ve et se couche le soleil
Les glises qui se rpandirent si rapidement en !yrie et dans l'empire perse furent prserves de
bon nombre d'influences que connurent les glises occidentales du fait des diffrences de
langues et de circonstances politiques L'aramen se parlait en 2alestine et % 2almyre .l tait
aussi employ comme langue commerciale dans toute la valle de l'7uphrateG et la mfiance
)alouse qui rgnait entre les empires romain et perse tait une muraille efficace pour emp&cher
toutes relations
-2 Le c4r%$t%a%$5e e Per$e
Les glises orientales conserv+rent plus longtemps que celles de l'Accident leur caract+re de
simplicit scripturaire 5HH6 '&me au troisi+me si+cle, elles n'taient pas encore organises en un
syst+me unique et le pays n'tait pas divis en dioc+ses .l y avait parfois plusieurs v&ques pour
une m&me glise, et les chrtiens s'employaient activement et avec succ+s % porter leur
tmoignage dans des rgions tou)ours nouvelles
Pers le dbut du quatri+me si+cle, 2apa ben ,ggai proposa un plan de fdration de toutes les
glises de 2erse, y compris celles de la !yrie et de la 'sopotamie, sous la conduite de l'v&que
de la capitale, !leucie # "tsiphon, o8 il rsidait lui#m&me An rsista vigoureusement % cette
proposition 'ais l'v&que insista tant et si bien qu'il finit par &tre appel le "atholiWos, et, en KOI,
le titre de 2atriarche de l'Arient fut adopt
La religion dominante de la 2erse drivait de celle qu'avait introduite Qoroastre huit si+cles avant
Esus#"hrist 7n son temps, il avait protest contre l'idol>trie et l'impit, enseignant qu'il n'y avait
qu'un $ieu, le "rateur, plein de bont, et que Lui seul devait &tre ador Qoroastre n'imposait
pas sa religion par la force, il croyait que la vrit de son enseignement triompherait .l employait
le feu et la lumi+re pour reprsenter les oeuvres de $ieu, mais les tn+bres et le charbon de bois
pour illustrer les puissances du mal .l croyait que $ieu produisait ce qui est bon et rsumait la
conduite en ces termes: ,ccomplis de bonnes actions et abstiens#toi des mauvaises $u
si(i+me au troisi+me si+cle avant "hrist, l'enseignement de Qoroastre prvalut parmi les 2ersans,
puis il connut le dclin et fut renouvel par la dynastie sassanide, celle qui rgnait % l'poque dont
nous parlons ici
4uand "onstantin fit du christianisme la religion d'0tat de l'empire romain, les rois persans
commenc+rent % suspecter ceu( que l'on nommait NaLarens, dans leur pays, d'&tre en
sympathie avec l'empire rival qu'ils haMssaient et redoutaient $urant le long r+gne du roi persan
!apor .., ce soup1on se transforma en une violente perscution qui fut attise par les mages ou
pr&tres Loroastriens, oublieu( et des principes de leur fondateur et du tmoignage de leurs
prdcesseurs conduits par l'toile de Bethlem "ette perscution dura quarante ans, priode
durant laquelle les chrtiens souffrirent tous les tourments imaginables An suppose qu'environ
seiLe mille d'entre eu( furent mis % mort, et que d'innombrables confesseurs du "hrist eurent %
subir des pertes et des angoisses indescriptibles 2ar leur patience et par leur foi, les glises
persanes sortirent victorieuses de cette longue et redoutable preuve, et, apr+s une gnration
de souffrances 5HHO#H?O6, elles )ouirent % nouveau d'une grande libert religieuse
$e cette poque, il nous est parvenu les 3omlies d',frahat, le !age persan 5HK6 "es
3omlies renferment un e(pos de doctrine et de morale, dmontrant aussi combien relle
tait la sparation entre l'empire romain et les autres pays 7n effet, l'auteur n'y mentionne m&me
pas le concile de Nice, ni les noms d',rius et d',thanase, bien qu'crivant % l'poque o8 les
glises occidentales taient violemment agites par ces conflits de doctrine La premi+re homlie
traite de la foi 7n voici un e(trait: La foi, c'est quand un homme croit que $ieu est l',uteur de
toutes choses, "elui qui cra les cieu(, la terre, la mer, et tout ce qui s'y trouve, qui forma ,dam
% son image, qui donna la loi % 'oMse, qui envoya son 7sprit sur les proph+tes et qui, de plus,
envoya son 'essie dans le monde "et homme doit croire aussi % la rsurrection des morts et au
myst+re du bapt&me -elle est la foi de l'0glise de $ieu 2uis il faut cesser d'observer les heures,
les sabbats, les mois et les saisons *e)eter les enchantements, la divination, le chaldisme, la
magie, ainsi que la fornication, les orgies et toute vaine doctrine, qui sont les armes du 'alin
!'abstenir de la flatterie, des paroles mielleuses, du blasph+me et de l'adult+re !e garder enfin
du fau( tmoignage et de l'hypocrisie -elles sont les oeuvres de la foi b>tie sur le vrai *oc, le
'essie, sur qui s'l+ve tout l'difice
,frahat condamne les enseignements de 'arcion et de 'ani .l mentionne qu'il y a beaucoup de
choses que nous ne pouvons comprendre .l reconna=t le myst+re de la -rinit, mais dplore les
questions curieuses .l crit: 4u'y a#t#il au#dessus des cieu(, qui peut le direR 7t sous la terre,
que trouve#t#onR Nul ne le sait Le firmament, sur quoi est#il tenduR Les cieu(, comment sont#ils
suspendusR La terre, sur quoi repose#t#elleR 7t l'ocan, qu'est#ce qui le fi(eR
Nous sommes fils d',dam et, ici#bas, nous percevons bien peu % l'aide de nos sens 'ais nous
savons ceci: $ieu est @n, son 'essie est @n et l'7sprit est @n .l y a une foi et un bapt&me "e
que nous dirions de plus ne nous servirait % rienG nous resterions au#dessous de la vrit 7t si
nous cherchions % comprendre, ce serait encore vain 7n tudiant les prophties, ,frahat arriva
% la conclusion que les attaques de la 2erse contre l'empire romain ne pouvaient russir
La perscution des chrtiens en 2erse, quand le christianisme tait d)% devenu la religion d'0tat
des *omains, amena des relations tr+s tendues entre les deu( empires, et lorsqu'en HOO,
ZeLdegerd 9er monta sur le trBne persan, l'empereur romain lui envoya l'v&que 'aruta pour
plaider en faveur des croyants 'aruta fut un habile diplomate et, en collaboration avec .saaW qui
avait t tabli 'tropolitain#2rimat de !leucie#"tsiphon, il obtint du roi persan la permission
de convoquer un synode % !leucie 5K9:6, afin de rorganiser l'0glise persane, grandement
diminue par la perscution , ce synode, deu( fonctionnaires royau( prsent+rent .saaW comme
"hef des chrtiens 5HJ6
Les v&ques occidentau( avaient remis % 'aruta une lettre qui fut traduite du grec en persan et
prsente au roi "elui#ci l'approuva et ordonna qu'elle fDt lue devant les v&ques assembls
Les rclamations qui y taient renfermes rencontr+rent l'approbation gnrale ,pr+s la grande
tribulation qu'ils venaient de traverser, les chrtiens persans taient disposs % faire des
concessions % ceu( qui leur apportaient la pai( Le compte rendu du synode nous apprend qu'il
se tint la onLi+me anne de ZeLdegerd, le grand roi victorieu(, apr+s que les glises du !eigneur
eurent trouv la pai(, le souverain ayant donn au( assembles de "hrist la libert de glorifier
"hrist hardiment dans leur corps, soit dans la vie, soit dans la mort, et apr+s qu'il eDt dispers les
nuages de la perscution qui pesaient sur toutes les glises de $ieu, sur tous les troupeau( de
"hrist .l avait ordonn que, dans tout le royaume, les temples dtruits par ses anc&tres fussent
magnifiquement restaurs, que les autels fussent relevs et remis en usage et que ceu( qui
avaient endur des coups ou la prison pour l'amour de $ieu fussent librs "eci se passa %
l'occasion de l'lection de notre honorable 2+re devant $ieu, 'ar .saaW, v&que de !leucie et
chef de tous les v&ques orientau( .l tait digne de cette gr>ce accorde par $ieu, lui dont la
prsence et le gouvernement ouvrirent % l'0glise de $ieu la porte de la pai(, lui qui dpassa en
humilit et en honorabilit tous les v&ques orientau( qui le prcd+rent et par le messager de
pai( que $ieu, dans sa misricorde, envoya en Arient, 'ar 'aruta, 2+re sage et honorable, qui
procura la pai( et l'unit entre l'Arient et l'Accident .l s'effor1a d'difier les glises de "hrist, pour
que les pieuses lois et les )ustes canons tablis en Accident par nos honorables v&ques fussent
adopts en Arient, pour l'dification de la vrit et de tout le peuple de $ieu 2ar les soins de
divers v&ques des pays romains bien que corporellement loigns de nous, toutes les glises et
assembles de l'Arient re1urent des dons d'amour et de compassion
.l y eut une )oie sinc+re pour cette dlivrance de l'oppression et des actions de gr>ces mont+rent
% $ieu pour son intervention misricordieuse An pria aussi pour que le roi vcDt longtemps et %
)amais .l est dit qu'% ce moment glorieu( du !ynode, les >mes des participants se sentirent
comme transportes devant le trBne de la gloire de "hrist Nous, quarante v&ques, venus de
lieu( divers, cout+rent avec grande attention la lecture de la lettre des v&ques d'Accident 7lle
constatait qu'il n'tait pas ncessaire d'avoir deu( ou trois v&ques en un m&me lieu et qu'un seul
devait suffire par ville et par district La nomination d'un v&que devait dpendre de trois v&ques
au minimum, agissant au nom du mtropolitain Les dates des f&tes taient fi(es Lecture fut
faite de tous les articles du "oncile de Nice, au temps de "onstantin, et les participants les
sign+rent 'ar .saaW dclara: 4uiconque n'approuve pas et n'accepte pas ces lois e(cellentes et
admirables, qu'il soit maudit par le peuple de $ieu et dpourvu de toute autorit dans l'0glise de
"hrist Nous tous v&ques, est#il encore dit, avons confirm cette dclaration par un ,men et
avons rpt ses paroles 'ar 'aruta dit alors: -outes ces e(plications lois et canons seront
crits, puis nous les signerons et les confirmerons par une alliance ternelle 'ar .saaW dclara
Ee signe en t&te de tous 7nsuite tous les v&ques promirent apr+s lui: Nous aussi acceptons
tout avec )oie et confirmons par nos signatures l'crit ci#dessus
,pr+s avoir prsent cette dclaration au roi, .saaW et 'aruta s'adress+rent encore au( v&ques
en ces termes ,utrefois vous tieL dans l'angoisse et agissieL en secretG mais maintenant le
grand roi vous a accord la pai( 7t comme .saaW avait la faveur du grand roi, il plut % ce dernier
de l'instituer chef de tous les chrtiens de l'Arient !pcialement depuis l'arrive de l'v&que
'aruta, la faveur du grand roi nous a procur pai( et scurit An tablit ensuite des r+gles pour
la nomination des chefs % venir # par .saaW et 'aruta ou leurs successeurs # avec l'approbation
du souverain rgnant 2arlant du chef, 'aruta, il fut encore dit: 2ersonne ne s'l+vera contre lui
!i quelqu'un se rvolte contre lui, s'oppose % sa volont, nous devons en &tre informs Nous en
rfrerons alors au grand roi et c'est lui qui )ugera le coupable, quel qu'il soit 7n terminant,
.saaW et 'aruta dirent que toutes ces choses devaient &tre couches par crit, tout ce qui tait
utile pour le service de l'0glise catholique "eci fut )oyeusement accept et il fut convenu que
quiconque s'l+verait contre ces ordonnances serait dfinitivement e(clu de l'0glise de "hrist,
que sa blessure ne pourrait &tre gurie et que le roi le punirait avec grande svrit
Beaucoup d'autres ordonnances furent dcrtes, telles que les pr&tres seraient dsormais
clibataires Les v&ques retentis loin du !ynode par la distance seraient lis par l'accord conclu
4uelques v&ques qui, d+s le dbut, avaient rsist % .saaW, furent condamns comme rebelles
Les runions dans des maisons prives furent interdites Les limites des paroisses furent fi(es,
avec une glise pour chacune
L'Arient et l'Accident furent ainsi unis et des v&ques, envoys en diverses localits pour mettre
fin % toutes les diffrences .l ne devait plus y avoir ni partis, ni divisions
La mort d'.saaW rvla la fragilit de cette entente qui ne reposait que sur la volont du roi @n
grand nombre de nobles s'tant )oints au( glises, la )alousie des mages en fut e(cite, et le roi,
fid+le % son ancienne religion, fut influenc par ses pr&tres .saaW n'tait plus l% pour intervenir, et
quand quelques pr&tres chrtiens, trop pntrs de l'importance de leurs nouvelles positions
officielles, dfi+rent le roi en face, celui#ci, ve( de cette opposition, en fit e(cuter plusieurs sur#
le#champ , la mort du souverain, ses successeurs, ZeLdegerd .. et Bahram P, dcha=n+rent une
perscution gnrale et rigoureuse
/2 Ne$t#r%u$
7ntre#temps, certains vnements en Accident prparaient un changement gros de
consquences pour les glises syrienne et persane
7n K;I, Nestorius 5H<6, prdicateur % ,ntioche, n au pied du 'ont -aurus, en !yrie, fut nomm,
par l'empereur byLantin -hodose .., v&que de "onstantinople !a grande loquence et son
nergie donnaient encore plus d'clat % sa haute position .l avait t influenc par
l'enseignement de -hodore de 'opsuestia qui, rsistant % la tendance croissante de faire de la
Pierge 'arie un ob)et d'adoration, avait insist sur l'improprit du ferme '+re de $ieu
L'enseignement de -hodore n'avait pas t gnralement condamn -outefois, quand
Nestorius l'adopta, il se heurta au dsir populaire d'e(alter 'arie et fut accus de nier la vraie
divinit du !eigneur La rivalit, e(istant entre les piscopats d',le(andrie et de "onstantinople et
entre les coles d',le(andrie et d',ntioche, incita "yrille, v&que d',le(andrie, % profiter de cette
occasion pour attaquer Nestorius @n concile se runit % 0ph+se 7nti+rement domin par "yrille,
il n'attendit pas l'arrive des v&ques favorables % Nestorius, et condamna ce dernier @ne
querelle am+re s'engagea alors, et, par amour de la pai(, l'empereur, qui avait d'abord refus de
confirmer la dcision du concile, finit par dposer et e(iler Nestorius "elui#ci passa le reste de
ses )ours dans la pauvret et les dangers, changeant son activit et sa popularit contre une vie
d'indigence et d'isolement dans une oasis du dsert gyptien
.l n'enseigna )amais la doctrine en question et son e(clusion, cause soi#disant par ses vues
errones, fut simplement le rsultat de la )alousie personnelle de son coll+gue "yrille @n grand
nombre d'v&ques, ayant protest contre le )ugement prononc sur Nestorius, furent finalement
e(pulss et se rfugi+rent en 2erse, o8 on les re1ut fort bien L'arrive de tant d'hommes
capables et e(priments ne pouvait qu'aider au rveil des glises et donner un nouvel lan %
l'e(tension du christianisme dans les rgions lointaines -outes les glises orientales furent d+s
lors appeles nestoriennes # bien qu'elles protestassent contre cette tiquette # et furent
regardes comme s'attachant % une doctrine que ni elles ni Nestorius ne professaient 7lles
diffraient des glises byLantine et romaine et leur taient m&me opposes L'un des leurs
crivait: 7lles sont in)ustement et in)urieusement appeles nestoriennes, puisque Nestorius ne
fui )amais leur patriarcheG car ces glises ne comprennent m&me pas la langue dans laquelle il
crivit 'ais, lorsqu'elles apprirent comment il dfendait la vrit orthodo(e des deu( natures et
des deu( personnalits du seul Fils de $ieu et du seul "hrist, elles confirm+rent son tmoignage,
ayant elles#m&mes une m&me conviction sur ce point La vrit est plutBt que Nestorius suivit ces
glises et non pas qu'il les conduisit
$urant son e(il, Nestorius crivit un e(pos de sa foi 5H?6 ci ce qui suit est tir du BaLar
d'3raclide, titre donn au livre pour en emp&cher la destruction
0crivant sur l'obissance de "hrist, il dit: .l prit donc la forme d'un serviteur, une humble forme'
qui avait perdu la ressemblance avec $ieu .l ne prit ni l'honneur et la gloire, ni l'adoration, ni
m&me l'autorit, bien qu'.l fDt Fils La forme d'un serviteur agissait avec obissance en la
personne du Fils, selon le plan de $ieu, ayant fait sienne la pense de $ieu et renon1ant % la
sienne propre .l ne fit rien de ce qu'.l dsirait, mais seulement ce que dsirait $ieu, la 2arole
"ar c'est ce que signifie en forme de $ieu, que la forme du serviteur ne pouvait avoir une
pense ou une volont qui lui soient propres, mais accomplir la volont de "elui dont il est la
personne et la forme "'est pourquoi la forme de $ieu prit la forme d'un serviteur et ne recula
devant rien de ce qui fait de cette forme de serviteur une humiliation .l accepta tout afin que la
forme divine pDt &tre en tous
.l prit cette forme afin d'enlever la culpabilit du premier homme et de lui rendre cette image
originelle qu'il avait perdue .l convenait qu'.l pr=t sur Lui ce qui avait entra=n la culpabilit, ce qui
tait assu)etti et asservi, ainsi que le dshonneur et la disgr>ce s'attachant % la culpabilit, car en
dehors de !a personne, il n'y avait plus rien de divin, d'honorable ou d'indpendant 4uand un
homme est sauv de toutes les causes qui ont produit la dsobissance, on peut vraiment le
considrer comme tant sans pch "'est pourquoi .l prit la nature humaineG car, s'.l avait pris
une nature incapable de pch, on aurait pu croire que c'tait par sa nature qu'.l ne pouvait
pcher, et non par son obissance
.l ne chercha pas non plus % obir dans les choses qui peuvent procurer l'honneur, la
puissance ou la renomme, mais dans celles qui sont pauvres, mprisables, faibles et
insignifiantes, # aptes plutBt % Le dtourner du chemin de l'obissance, # dans des choses qui ne
peuvent inciter % l'obissance, mais plutBt au rel>chement et % la ngligence .l ne re1ut aucune
esp+ce d'encouragement 7n Lui seul .l trouva le dsir d'obir % $ieu et d'aimer sa volont $onc
tout appui e(trieur lui manquait 'ais bien qu'attir nettement par des choses contraires % la
pense de $ieu, .l ne s'en carta en rien, lors m&me que !atan employa tous les moyens
possibles pour L'en faire sortir 7t le $iable s'y appliqua d'autant plus qu'il vit que "hrist ne
recherchait rien pour Lui#m&meG "ar, au dbut, .l ne fit aucun miracle et ne parut pas avoir
mission d'enseigner .l se contenta d'&tre soumis et de garder tous les commandements .l fut en
contact avec des hommes de toute condition et eut affaire avec tous les commandements .l avait
donc la possibilit de dsobir, mais .l se conduisit tou)ours virilement et n'employa pour sa
subsistance rien de spcial ou de diffrent des moyens habituels, se contentant d'agir en ceci
comme les autres ,utrement on eDt pu supposer qu'.l tait prserv du pch par une aide
e(trieure et n'aurait pu y chapper sans cette assistance .l observa donc tous les
commandements en mangeant et en buvant ,insi % travers la fatigue et la sueur, .l resta ferme
dans son propos, sa volont tant fi(e sur celle de $ieu 7t rien ne russit % l'en faire sortir, ou %
l'en sparer, car .l ne vivait point pour Lui#m&me, mais pour "elui % qui sa 2ersonne appartenait
"ette personne .l la conserva sans tache, ni ride, et c'est ainsi qu'.l donna la victoire % la nature
humaine
,pr+s avoir parl du bapt&me et de la tentation de "hrist, puis de sa mission de pr&cher le salut,
Nestorius continue:
2ar la mort, $ieu n'a pas voulu accomplir la destruction de l'hommeG .l l'a amen % la repentance
et l'a secouru L'auteur montre ensuite que le plan de !atan tait de conduire l'homme une
deu(i+me fois % la destruction finale, cette fois en le persuadant de mettre "hrist % mort # et il
poursuit: "hrist mourut pour nous, hommes gars, pla1ant la mort au centre parce qu'il fallait
qu'elle fDt dtruite .l ne recula m&me pas devant le fait que Lui#m&me devait se soumettre % la
mort pour obtenir l'esprance de l'anantissement de cette mort "'est dans cette esprance
qu'.l accepta l'obissance dans un immense amour # non pas en e(piation de sa propre
culpabilit # car ce fui pour nous qu'.l subit la condamnation "e fut pour tous les hommes qu'.l
remporta la victoire "ar de m&me qu'en ,dam nous avons tous t constitus coupables, en sa
victoire, la victoire nous est acquise
:2 *%$$%#$ e$t#r%ee$
4uand les glises orientales, en dehors de l'empire romain, furent stigmatises de
nestorianisme et dclares hrtiques, les chefs politiques persans comprirent qu'elles
n'taient plus en danger de s'allier % "onstantinople ou % *ome 7lles )ouirent alors d'une libert
plus grande que )amais auparavant ,, ceci vint s'a)outer l'lan donn au( glises par les e(ils
de l'Accident rfugis en 2erse .l en rsulta un redoublement de L+le et d'nergie pour annoncer
l'7vangile au( paMens, autour d'eu( et au loin 'ais aussi la tendance % placer les glises sous
une m&me direction s'affirma de plus en plus Non seulement de nombreuses congrgations
furent fondes, mais on cra des dioc+ses nouveau( et les v&ques qui y furent nomms prirent
la charge des nouvelles glises et les maintinrent en contact avec l'organisation centrale L'amour
pour le !eigneur et la compassion pour les paMens pouss+rent les messagers de l'7vangile vers
les rgions les plus recules .ls accomplirent des voyages e(traordinaires et leur parole fut
accompagne de la puissance salvatrice du !t#7sprit 'ais, en m&me temps, il faut reconna=tre
que le dsir de centralisation conduisit insensiblement les nouvelles glises % s'loigner # comme
l'avait fait le centre # des enseignements scripturaires .l y eut l%, d+s le dbut, une cause de
faiblesse, qui devait porter ses fruits plus tard
-ant d'>mes se tourn+rent vers le !eigneur que des dioc+ses furent forms % 'erv, 3rat et %
!amarcandeG en "hine m&me et ailleurs An a trouv pr+s de 'adras et % Sattayam, dans le
-ravancore des tablettes portant des inscriptions du septi+me ou huiti+me si+cle, dont voici l'une:
"'est du ch>timent de la "roi( que "elui#ci souffrit .l est le vrai "hrist, le seul $ieu et le Nuide %
)amais pur Les glises abondaient en diffrentes parties de l'.nde ,u huiti+me si+cle, un
certain $avid fut nomm mtropolitain des dioc+ses de la "hine @ne liste datant du neuvi+me
si+cle mentionne les mtropolitains de l'.nde, de la 2erse, de 'erv, de la !yrie, de l',rabie, de
3rat et de !amarcande 'ention est faite d'autres v&ques qui, % cause de leur grand
loignement du centre, sont dispenss d'assister au( synodes quadriennau(, pris d'envoyer des
rapports tous les si( ans et de ne pas ngliger la collecte pour le maintien du patriarcat
"es ardents missionnaires visitaient toutes les parties du continent asiatique $es v&chs furent
tablis % SambaluW 52Win6, Sashgar et "eylan .ls pntr+rent aussi en "artarie et en ,rabie
Leurs glises finirent par englober la ma)eure partie de la population de la !yrie, de l'.raW, de la la
province de Shorassan, de certains districts entourant la mer "aspienne et de quelques tribus
mongoles Les 0critures furent traduites en plusieurs langues @n rapport du neuvi+me ou
di(i+me si+cle mentionne la traduction du N -estament en sogdianais, langue indo#iranienne
2r+s de !ingan#Fou 5HI6, on a dcouvert une dalle datant du r+gne de -e#-sung 5?I:#?IH6 et
portant une longue inscription en syriaque et en chinois 7n haut se trouvent une croi( et ces
mots: 'onument rappelant l'introduction et la propagation de la noble loi de -a#-s'in dans le
*oyaume du 'ilieu An y relate, entre autres, l'arrive d'Alopun, missionnaire venant de
l'empire de -a#-s'in 5<HJ6, apportant des livres sacrs et des imagesG puis la traduction de ces
livres et l'approbation donne par l'autorit impriale, ainsi que la permission de pr&cher
publiquement cette doctrine L'inscription mentionne encore la diffusion de ce nouvel
enseignement 2lus fard, cependant, le bouddhisme fit davantage de progr+s, mais sous le r+gne
de 3iuan#-sung 5?9H#?JJ6, un nouveau missionnaire, Siho, arriva et ce fut le rveil de l'0glise
La mention des images montre que l'on s'tait d)% loign de la puret primitive de l'7vangile et
ce dclin pr para la vole au( triomphes ultrieurs de l'islamisme 7n outre, l'accroissement
numrique des Nestoriens, ou "haldens, correspondit % un affaiblissement de leur caract+re
moral et de leur tmoignage Pers l'an IKJ, l'empereur chinois Tou#-soung ferma plusieurs
maisons religieuses, chrtiennes et bouddhistes, et obligea leurs nombreu( occupants %
retourner % la vie normale, sculi+re, voulant qu'ils re)oignissent les rangs de ceu( qui payaient la
ta(e fonci+re et reprissent leurs places dans leurs cercles de famille respectifs Les trangers
durent rentrer dans leur pays natal
Lorsque la grande invasion mahomtane balaya la 2erse, un grand nombre de chrtiens
chaldens, ou nestoriens furent, ou disperss ou absorbs par l'.slam, spcialement en ,rabie et
au sud de la 2erse 2uis, lorsque l'ordre fut rtabli, sous la dynastie des califes abbassides, %
Bagdad, des chrtiens syriens occup+rent % la cour des positions minentes comme docteurs et
comme ma=tres de philosophie, de science et de littrature 7n ?<;, le "atholiWos se transporta
de !leucie, qui tait en ruines, % Bagdad, la nouvelle capitale des conqurants
Nenghis Shan et ses immenses conqu&tes, amenant, en 9;JI, la prise de Bagdad par les
'ongols, ne semblent pas avoir grandement troubl l'0glise syrienne Les chefs mongols paMens
taient tolrants .ls se servirent des Nestoriens pour des ngociations politiques avec les
puissances occidentales, dans le but de s'unir % elles pour dtruire l'.slam @n actif agent de ces
ngociations fut Zabh#,laba ..., nestorien chinois d'humble e(traction, qui tait devenu le
"atholiWos de l'0glise syrienne 59;I9#9H9?6
$u septi+me au treiLi+me si+cle, l'0glise syrienne fut aussi importante en Arient que les 0glises
romaine et grecque en Accident 7lle couvrait de vastes territoires et renfermait des populations
considrables Les 0glises de 2erse et de !yrie s'taient ramifies au loin et possdaient, en
.nde et en "hine, de nombreuses et florissantes missions La ma)orit des peuples du -urWestan
et leurs chefs avaient accept le christianisme et, dans les principau( centres asiatiques, on
voyait l'glise chrtienne voisinant avec le temple paMen et la mosque mahomtane
$eu( cimeti+res ont t dcouverts dans les environs du lac sal chaud d'ZssiW#Soul, situ dans
les hautes montagnes du -urWestan russe 5HO6 $es centaines de pierres tombales prouvent par
leurs croi( et leurs inscriptions qu'il s'agit de tombes nestoriennes 7lles datent de la priode du
milieu du treiLi+me au milieu du quatorLi+me si+cle Les noms de la plupart des chrtiens
enterrs l% indiquent qu'ils taient de race tartare, alors comme au)ourd'hui, dominante dans le
pays Les inscriptions sont en syriaque et en turc 2armi les nombreu( noms indig+nes se
trouvent aussi ceu( de quelques chrtiens trangersG une "hinoise, un 'ongol, un .ndien, un
Auigour # prouvant ainsi que les croyants des diverses contres de l',sie centrale entretenaient
des relations 4uelques inscriptions mentionnent, soit l'rudition et les dons des dfunts, soit leur
service dvou envers les glises !ouvent le nom est suivi du terme croyantG on y trouve
aussi des e(pressions d'affection et d'esprance Poici quelques#unes de ces inscriptions: "eci
est le tombeau de 2asaW Le but de la vie est Esus, notre *dempteur # "i#g=t la charmante
)eune Eulia # "i#g=t le pr&tre et gnral Qouma, bienheureu( vieillard, mir fameu(, fils du
gnral Ni[argis 2uisse le !eigneur unir son esprit au( esprits des p+res et des saints dans
l'ternit # "i#g=t un humble croyant, 2ag#'angWou, visiteur ecclsiastique de district# # "i#g=t
!hliha, ma=tre et commentateur cl+bre, qui tait la lumi+re de tous les monast+resG fils de 2ierre,
l'auguste commentateur de la sagesse !a voi( retentissait comme le son de la trompette
2uisse notre !eigneur )oindre son >me pure % celle des )ustes et des p+res 2uisse#t#il participer
% toutes les )oies clestes # "i#g=t le pr&tre -aWe, tr+s Ll pour l'glise
Les missionnaires nestoriens et ceu( de l'.slam rivalis+rent pour obtenir la faveur des Whans
mongols $ans cette lutte l'.slam l'emporta et le christianisme syrien commen1a % dcliner ,u
dbut du quinLi+me si+cle, -imour, ou -[Link], avait d)% tabli son empire, avec !amarcande
pour centre Bien qu'tant mahomtan, il saccagea Bagdad et se signala par des dvastations
sans pareilles, au point que de grandes rgions asiatiques ne s'en relev+rent )amais Le
christianisme diminua alors rapidement en ,sie occidentale
;2 Le$ cau$e$ du dcl% de$ 3l%$e$ e$t#r%ee$
Lorsqu'au cours de leurs pnibles voyages les missionnaires )suites et franciscains 5K:6 du
seiLi+me si+cle et des si+cles suivants ralis+rent que le pays perdu du "athay n'tait autre que
la "hine rcemment dcouverte, ils y trouv+rent de nombreu( chrtiens syriens Eean de 'onte#
"orvino, missionnaire franciscain qui mourut en "hine en 9H;I, crivait: Ee partis de -auris, ville
persane, en l'an du !eigneur 9;O9 et me rendis dans l'.nde E'y passai treiLe mois et baptisai, en
divers lieu( de cette rgion, environ cent personnes )e poursuivis mon voyage pour arriver dans
le "athay, royaume de l'empereur des -artares, appel le Nrand Shan )e lui prsentai une lettre
de notre seigneur, le pape, et l'invitai % adopter la foi catholique de notre !eigneur Esus#"hrist,
mais il avait vieilli dans l'idol>trie "ependant il tmoigne beaucoup de bont au( chrtiens et
voici deu( ans que )'habite cheL lui Les Nestoriens, qui se donnent le nom de chrtiens, mais se
sont tristement carts de la religion chrtienne, sont devenus si puissants dans cette rgion
qu'ils ne permettent pas % un chrtien de rite diffrent d'lever la plus petite chapelle ou de
proclamer une autre doctrine que la leur
0crivant vers 9HH:, l'archev&que de !oltanie mentionne Eean de 'onte#"orvino: "'tait un
homme % la conduite droite, agrable % $ieu et au( hommes .l aurait converti tout le pays % la
foi chrtienne catholique s'il n'en avait t emp&ch par les Nestoriens, fau( chrtiens et rels
mcrantsG ils ont beaucoup de peine % les amener % l'obissance % notre m+re, la sainte
0glise de *omeG sans cette obissance, leur dit#il, vous ne pouveL &tre sauvs 2our cette
raison, ces schismatiques nestoriens l'avaient en grande haine .l y avait, dit#on, plus de H::::
Nestoriens dans le "athayG ils taient riches et possdaient de belles glises, pieusement ornes
de croi( et d'images en l'honneur de $ieu et des saints .l est probable que s'ils avaient voulu
s'entendre avec les Fr+res mineurs et avec d'autres chrtiens, habitant ce pays, ils auraient
converti % la vraie foi toute la population, y compris l'empereur Eean de 'onte#"orvino,
dcrivant sa mthode de travail, se plaint de ce que ses fr+res ne lui crivent pas et est tr+s
inquiet au su)et des nouvelles qui lui parviennent d'7urope .l parle d'un docteur itinrant, qui a
prononc dans ce pays d'incroyables blasph+mes contre la cour de *ome et contre notre ordre,
ainsi que sur l'tat de choses en Accident et, % cet gard, )'aimerais grandement conna=tre la
vrit .l demande instamment l'envoi d'aides capables et dit qu'il a d)% traduit le N
-estament et les 2saumes dans la langue du, pays .l a)oute Ee les ai fait copier dans la plus
belle calligraphie possible ,insi en crivant, en lisant et en pr&chant, )e rends un tmoignage
public % la loi de "hrist
4uand *obert 'orrison tudiait le chinois % Londres, avant de partir au service de la London
'issionary !ociety pour accomplir son grand travail de traduction de la Bible en "hinois, on lui
montra un manuscrit chinois qu'il tudia "e document, trouv au 'use britannique, contenait
#une harmonie des 0vangiles, le livre des ,ctes et les 0p=tres de 2aul, ainsi qu'un dictionnaire
latin#chinois, attribus % un missionnaire catholique romain inconnu du seiLi+me si+cle $ans les
annales chinoises, apr+s une description de la fin de la dynastie mongole et du dbut de la
dynastie 'ing 59H<I6, on lit ce commentaire: @n natif du grand ocan occidental vint dans la
capitale .l dit que le !eigneur des cieu(, Ze#sou, tait n en )u#t#a, identique % l'ancien pays de
-a#-s'in 5*ome6G que les livres historiques dmontrent que ce pays e(iste depuis la cration du
inonde, soit depuis <::: ans, et qu'il est, % n'en pas douter, la terre sacre de l'histoire et
l'origine de toutes les choses dans le monde .l dit encore que ce pays doit &tre considr comme
celui o8 le !eigneur des cieu( cra la race humaine "es dclarations semblent quelque peu
e(agres et on ne saurait s'y fier
, l'e(ception d'une nombreuse et intressante communaut de chrtiens syriens, sur la cBte de
'alabar, au sud de l'.nde, et de quelques croyants dissmins autour d'Auroumiah, leur foyer
primitif, ces glises persanes et syriennes ont disparu de l',sie o8 elles occupaient autrefois une
si grande place
>2 R$u5
Eusqu'% la fin du troisi+me si+cle, elles conserv+rent, en une large mesure, la simplicit
scripturaire dans leur organisation !pars, )usqu'% un certain point, des discussions
thologiques de l'Accident, les messagers apostoliques envoys par ces glises concentr+rent
leur nergie sur des voyages incessants et russirent % annoncer l'7vangile et % fonder des
glises dans les parties les plus recules de l',sie ,u quatri+me si+cle, quand les glises du
monde romain cess+rent d'&tre perscutes, celles de la 2erse et de l'Arient entr+rent dans une
priode d'ardente souffrance, telle qu'elles n'en avaient encore )amais connue 'ais elles
endur+rent et triomph+rent par leur foi et par leur patience 7lles furent moins affaiblies par les
pertes rsultant de la perscution que par le plan de fdration de 2apa ben ,ggai qui, lors du
!ynode de !leucie, ouvrit la voie % l'introduction du syst+me ecclsiastique romain, au dbut du
cinqui+me si+cle -outefois, le syst+me fut ncessairement modifi du fait que, en 2erse et
ailleurs en ,sie, les chefs politiques rest+rent paMensG et ceu( qui, au temps de "onstantin,
avaient vu dans l'union de l'0glise % l'0tat une des principales causes de la corruption des 0glises
occidentales, purent esprer mieu( pour l'Arient, o8 cette union ne pouvait avoir lieu
"ependant, l'organisation romaine prit le dessus # avec ses paroisses, son clerg, ses v&ques et
ses mtropolitains # et, abandonnant le simple ordre scripturaire des glises et de leurs anciens,
les croyants syriens parpill+rent leurs forces dans les disputes, les intrigues et les divisions qui
surgirent continuellement au milieu d'eu( % cause de l'ambition de certains hommes qui
briguaient la position influente d'v&que ou de catholiWos Les rveils m&mes, qui eurent lieu de
temps en temps, ne purent arr&ter la marche descendante des glises "es rveils taient surtout
l'oeuvre d'hommes autoritaires cherchant % fortifier la domination piscopale, et non des
mouvements de l'7sprit ramenant les >mes, par la 2arole vers l'obissance au( commandements
du !eigneur
7n sparant l'glise orientale de l'glise occidentale, la division nestorienne aurait pu &tre un
moyen de vivifier le tmoignage, si elle avait plac devant les >mes le mod+le des 0critures Ar,
tout en stimulant pour un temps le L+le missionnaire, elle ne secoua ni la domination du clerg, ni
la foi en l'efficacit des sacrements pour le salut de l'>me Le bien, dont auraient pu bnficier les
glises spares de l'0tat, fut fortement diminu du fait qu'elles eurent des catholiWos ou
patriarches qui pouvaient rclamer l'appui du bras sculier pour faire accepter leurs dcrets, se
faisant ainsi souvent les instruments d'oppression de l'0tat "es glises apprirent % considrer
fatalement comme leur centre, non plus le "hrist, mais !leucie ou Bagdad 7lles y envoy+rent
leurs rapports plutBt que de consulter directement "elui qui marche au milieu des sept
chandeliers d'or 7lles re1urent de l% leurs v&ques pour les diriger au lieu de compter sur le !t#
7sprit pour la distribution des dons spirituels ncessaires % l'dification des saints et % la
propagation de l'7vangile 2ar le m&me canal, les .mages furent .ntroduites, contribuant % affaiblir
le tmoignage de l'7vangile parmi les paMens, adorateurs d'idoles, et % dtruire sa puissance de
rsistance en face de la mare envahissante de l'.slam qui submergea dfinitivement de vastes
territoires, o8 l'on avait grandement espr voir rgner la connaissance de "hrist
()APITRE V
Vaud#%$ et Al+%3e#%$
,00@@!0-/@6 ?@!0?@@6 00>@!0/0A6 00@@!0;@@1
2ierre de Bruys # 3enri le $iacre # *efus de noms sectaires # Le nom d',lbigeois Pisites de
fr+res des BalWans # Les 2arfaits # La 2rovence envahie 0tablissement de l'.nquisition # Les
Paudois # Les Lonistes # Noms -radition dans les valles # 2ierre Paldo # Les 2auvres de
Lyon ,ugmentation de l'activit missionnaire # Fran1ois d',ssise # Ardres monastiques #
$issmination des glises # $octrine et pratiques des Fr+res # Les valles vaudoises attaques
# Bghards et Bghines
02 *#uve5et$ $"%r%tuel$ e Occ%det6 00@@!0-/@
$es fr+res de Bosnie et d'autres rgions des BalWans, traversant l'.talie pour se rendre dans le
'idi de la France, trouvaient partout des croyants qui partageaient leur foi et approuvaient
pleinement leur doctrine Le clerg romain les appelait Bulgares, "athares, 2atarins, etc, et, se
conformant % l'habitude de l',sie 'ineure et des BalWans depuis des si+cles, affirmait qu'ils
taient manichens
, cBt des milieu( au(quels appartenaient ces fr+res, d'autres se form+rent dans l'0glise de
*ome 5K96 .ls rsultaient de mouvements spirituels qui gagn+rent une multitude de personnes
nominalement attaches % l'0glise de *ome, mais qui avaient dlaiss les offices catholiques
pour s'unir % ceu( qui leur lisaient et leur e(pliquaient la 2arole de $ieu 2armi ces ma=tres, l'un
des plus minents fui 2ierre de Bruys, prdicateur capable et actif qui, bravant tous les dangers
durant vingt ans, voyagea en $auphin, en 2rovence, en Languedoc et en Nascogne, ramenant
des multitudes au( enseignements des 0critures, en les faisant abandonner les superstitions
qu'on leur avait enseignes .l fut brDl % !t#Nilles, en 99;< .l montrait par l'7vangile que l'on ne
doit &tre baptis qu'apr+s avoir atteint l'>ge de raison et qu'il est inutile de b>tir des glises,
puisque $ieu accepte en tous lieu( l'adoration sinc+re .l enseignait que les crucifi( ne doivent
pas &tre vnrs, mais plutBt regards avec horreur, puisqu'ils reprsentent l'instrument de
supplice de notre !eigneur, et que le pain et le vin ne deviennent pas le corps et le sang de
"hrist, mais sont des symboles qui commmorent sa mort, enfin, que les pri+res et les bonnes
oeuvres des vivants ne peuvent venir en aide au( morts
@n diacre, 3enri de Lausanne, moine de "luny, se )oignit % 2ierre de Bruys !on apparence
remarquable, sa voi( puissante et ses dons d'orateur attiraient la foule 2ar sa dnonciation des
iniquits criantes qui abondaient, par ses e(plications convaincantes des 0critures et par son
L+le dvorant, il amena beaucoup de gens % la repentance et % la foi, et parmi eu( des pcheurs
notoires dont la vie fut enti+rement change Les pr&tres qui essayaient de lui rsister taient
terrifis en l'entendant pr&cher avec tant de puissance au( grandes foules qui le suivaient Loin
d'&tre effray par la mort violente de son fr+re a=n en la foi si admir, il continua son tmoignage
)usqu'au )our o8 Bernard de "lairvau(, % l'poque l'homme le plus puissant de l'7urope, fut
appel pour lui rsister, le seul, pensait#on, qui pourrait russir Bernard trouva les glises
dsertes et le peuple enti+rement dtourn du clerg 3enri fut oblig de fuir -outefois,
l'loquence et l'autorit de Bernard n'arr&t+rent que temporairement le mouvement qui, ne
dpendant pas d'un homme, tait d'ordre spirituel et influen1ait toute la population 2endant
longtemps, 3enri put chapper % ses ennemis et continuer son oeuvre courageusement .l tomba
finalement entre les mains du clerg et fut mis en prison o8 il mourut, soit de mort naturelle, soit
de mort violente 599K?6
!elon l'habitude invtre de l'poque de donner des noms sectaires % ceu( qui revenaient %
l'enseignement des 0critures, beaucoup de ces croyants furent nomms 2trobrussiens ou
3enriciens, pith+tes qu'ils n'accept+rent )amais
Bernard de "lairvau( se plaignit am+rement de ce qu'ils ne voulaient porter le nom d'aucun de
leurs fondateurs .l crit: !i vous leur demandeL qui est l'auteur de leur secte, ils se refuseront %
vous donner un nom A8 trouver une hrsie qui n'ait pas son propre hrsiarqueR Les
manichens avaient 'ani comme prince et prcepteur, les sabelliens, !abellius, les ariens, ,rius,
les eunomiens, 7unomius, les nestoriens, Nestorius .l n'e(iste pas une peste de ce genre qui
n'ait eu son fondateur, dont elle ait re1u le nom et l'e(istence !ous quel nom ou titre faut#il donc
classer ces hrtiquesR !ous aucun, vraiment, car leur hrsie n'est pas d'origine humaine, et ils
ne l'ont re1ue d'aucun homme 7t Bernard conclut qu'ils l'ont re1ue des dmonsC
Le nom d',lbigeois 5K;6 ne fut pas connu avant le "oncile de Lombers, pr+s d',lbi, vers le milieu
du douLi+me si+cle Les gens amens l% comme accuss firent une profession de foi fort
semblable % celle qu'aurait pu faire un catholique romain .ls furent cependant condamns pour
n'avoir pas voulu confirmer par le serment leurs dclarations 7t pourtant ils baptisaient les petits
enfants "ela dmontre que ces croyants, influencs par les divers mouvements religieu( d'alors,
n'taient pas tous arrivs au m&me point dans leurs divergences des enseignements de l'0glise
romaine , cette poque de grands troubles spirituels, toutes sortes d'ides tranges
s'implantaient dans les esprits L'erreur, comme la vrit, trouvait un sol propice 4uelques#uns
de ceu( qui furent condamns par l'0glise semblent avoir t des mystiques Beaucoup furent
faussement accuss de manichisme , la vrit, quelques#uns s'attachaient % cette doctrine, et
des innocents furent ainsi confondus avec les coupables
$ans le peuple, les fr+res furent frquemment appels 3ommes bons, et on rendait
gnralement tmoignage % leur vie e(emplaire, ainsi qu'% leur simplicit et % leur pit qui
contrastaient avec le rel>chement des moeurs du clerg
.l y eut, en 99<?, % !t#Fli( de "araman, pr+s -oulouse, une confrence des chefs de ces
glises, % laquelle un ancien de "onstantinople prit une part active .l apporta de bonnes
nouvelles du progr+s des glises dans son propre pays, ainsi qu'en *oumanie, en Bulgarie et en
$almatie 7n 9;:9, la visite d'un autre conducteur, venu d',lbanie, fut l'occasion d'un rveil
tendu dans le 'idi de la France
4uelques#uns des fr+res consacr+rent tout leur temps % voyager en annon1ant la 2arole An les
appelait les 2arfaits car selon l'e(hortation de 'atthieu 9O ;9 !i tu veu( &tre parfait, va,
vends ce que tu poss+des, donne#le au( pauvres, et tu auras un trsor dans le ciel, puis viens, et
suis#moi, ils ne possdaient rien, n'avaient pas de foyer et agissaient littralement d'apr+s ces
paroles An comprit toutefois que tous n'taient pas appels % suivre cette voie et que la ma)orit
des croyants, tout en reconnaissant qu'eu( et leurs biens appartenaient % "hrist, devaient Le
servir au sein de leurs familles, en continuant d'accomplir leurs devoirs habituels
-2 Le$ Al+%3e#%$
La civilisation du Languedoc, de la 2rovence et du 'idi de la France tait plus avance qu'en
d'autres pays An s'y tait gnralement oppos % la domination de l'0glise romaineG aussi y
trouvait#on de nombreuses congrgations de croyants se runissant en dehors de l'0glise
catholique
An les appelle souvent ,lbigeois, du nom de la ville d',lbi, o8 ils taient tr+s nombreu( 'ais
eu(#m&mes ne se donn+rent )amais ce nom qui ne fut adopt que plus tard .ls entretenaient des
relations troites avec les fr+res des pays environnants # qu'ils se nommassent Paudois, 2auvres
de Lyon, Bogoumiles, ou autrement # Le pape .nnocent ... ordonna au comte de -oulouse
*aymond P., qui gouvernait la 2rovence, et au( dirigeants et prlats du 'idi de la France, de
bannir les hrtiques "'eDt t ruiner le pays ,ussi *aymond temporisa#t#ilG mais il se trouva
bientBt engag dans un conflit sans issue avec le pape qui, en 9;:O, proclama une croisade
contre lui et son peuple -out comme au( "roiss, qui avaient tout risqu pour sauver les Lieu(#
!aints des mains des !arrasins, des indulgences furent offertes, % tous ceu( qui participeraient %
la t>che plus aise de ravager les provinces les plus fertiles de la France "ette promesse, allie
% la perspective du pillage et de la licence, attira des centaines de milliers d'hommes !ous
l'gide de hauts dignitaires clricau( et conduits militairement par !imon de 'ontfort, homme
capable mais e(cessivement cruel et ambitieu(, on ravagea donc la terre la plus belle et la mieu(
cultive d'7urope Pingt ans durant, elle fut la sc+ne d'une campagne froce et impie et rduite %
la dsolation 4uand la ville de BLiers fut somme de se rendre, catholiques et dissidents
s'unirent pour rsister, bien qu'ils fussent avertis que, si la place tait prise, pas une >me n'aurait
la vie sauve La ville tomba et les quelque di( milliers qui s'y taient rfugis furent mis % mort
,pr+s la prise d'une autre localit, La 'inerve, en dcouvrit environ cent#quarante croyants, les
femmes dans une maison, les hommes dans l'autre, occups % prier en attendant leur sort $e
'ontfort fit prparer une grande pile de bois et leur ordonna ou de se convertir, ou de monter sur
le bDcher .ls rpondirent qu'ils ne reconnaissaient ni l'autorit du pape ni celle des pr&tres, mais
seulement celle de "hrist et de sa 2arole Le feu fut allum et, sans hsitation, ces confesseurs
se )et+rent dans les flammes
"e fut pr+s de ce lieu, dans le voisinage de Narbonne, que fut tablie l'.nquisition 59;9:6, sous la
direction de $ominique, fondateur de l'ordre des dominicains ,u "oncile de -oulouse 59;;O6, o8
l'.nquisition devint une institution permanente, on interdit au( laMques la lecture de la Bible, %
l'e(ception des 2saumes latins .l fut aussi dcrt qu'elle ne devait &tre traduite en aucune des
langues du pays L'.nquisition acheva l'oeuvre commence par la croisade Beaucoup de fr+res
s'enfuirent dans les BalWans, d'autres se dispers+rent dans les pays voisins La civilisation de la
2rovence disparut et les provinces du 'idi, )usqu'ici indpendantes, furent incorpores au
royaume de France
/2 Le$ Vaud#%$ du P%5#t6 ?@!0?@@
$ans les valles alpestres du 2imont, il e(istait depuis des si+cles des congrgations de
croyants portant le nom de fr+res, connus plus tard sous le nom de Paudois, mais non de leur
propre aveu .ls faisaient remonter leur s)our en ces lieu( au( temps apostoliques "omme
beaucoup d'autres # les soi#disant cathares, pauliciens, etc # ces croyants n'taient pas des
rforms, ne s'tant )amais loigns du mod+le du N -estament, contrairement au( *omains,
au( Nrecs et % d'autres .ls avaient maintenu, en une certaine mesure, la tradition apostolique
$epuis les )ours de "onstantin, il y a tou)ours eu une succession de prdicateurs de l'7vangile
qui fond+rent des glises, sans &tre )amais influencs par les relations e(istant entre l'0glise et
l'0tat "eci e(plique la prsence, dans le -aurus et dans les valles alpestres, de grandes
congrgations de chrtiens bien tablis dans les 0critures, librs de l'idol>trie et de tout autre
mal dominant alors dans l'0glise gnralement reconnue
$ans la paisible retraite de leurs montagnes, ces Paudois n'avaient pas t touchs par le
dveloppement de l'0glise romaine 2our eu( l'0criture tait l'autorit inviolable, en mati+re de
doctrine et de discipline, que rien # ni le temps, ni les circonstances # ne pouvait diminuer An a
dit d'eu( que toute leur mani+re de penser et d'agir tait un effort pour se conformer au caract+re
du christianisme originel @ne preuve qu'ils n'taient pas des rformateurs est leur tolrance,
comparativement % l'0glise catholique romaine, car tout rformateur doit # pour )ustifier son action
# insister fortement sur l'erreur dont il s'est spar $ans leurs rapports avec leurs contemporains
qui avaient quitt l'0glise romaine, ainsi que plus tard dans leurs ngociations avec les hommes
de la *formation, on remarque frquemment cette tendance % reconna=tre le bien dans l'0glise
qui les perscutait
L'inquisiteur *einerius, mort en 9;JO, rapporte ce qui suit "oncernant les sectes d'anciens
hrtiques, au nombre de plus de septante, par la gr>ce de $ieu, elles ont toutes t dtruites, %
l'e(ception des manichens, des ariens, des roncariens et des lonistes qui ont infest
l',llemagne 2armi toutes ces sectes, e(istantes ou non, nulle n'est plus pernicieuse pour l'0glise
que celle des lonistes, et ceci pour trois raisons La premi+re, c'est la longue dure de cette
hrsie, car en croit qu'elle e(iste depuis le temps de !ylvestre, selon d'autres, d+s les temps
apostoliques La seconde, c'est que les lonistes se trouvent un peu partoutG il n'y a gu+re de
pays o8 il n'y en ait pas La troisi+me, c'est que si toutes les autres sectes horrifient leurs
auditeurs par l'normit de leurs blasph+mes contre $ieu, les lonistes ont une grande
apparence de pit, ayant une conduite pure devant les hommes, s'attachant avec foi au( choses
de $ieu, ainsi qu'% tous les articles de la confession de foi !eulement ils blasph+ment l'0glise
romaine et le clerg, et la multitude des laMques n'est que trop porte % les croire 2lus tard,
2ilichdorf, autre adversaire acharn, crit que ce sont les Paudois qui dclarent avoir e(ist de
puis le temps du pape !ylvestre
4uelques#uns ont suggr que "laude, v&que de -urin, tait le fondateur de l'glise des
Paudois .l avait certes beaucoup en commun avec ces fr+res et ils ont dD s'encourager
mutuellement 'ais les Paudois ont une origine beaucoup plus ancienne 7n 9<H:, un prieur de
!t#*och % -urin, 'arc ,ur+le *orenco, fut charg d'crire une histoire des Paudois .l pense
qu'ils remontent % des temps si reculs qu'il est impossible de fi(er la date de leur origine ,u(
neuvi+me et di(i+me si+cles, ils n'taient pas une secte nouvelle .l a)oute qu'% cette poque, ils
taient connus comme une race de fauteurs de dsordres, encourageant des opinions d)%
e(istantes .l crit encore que "laude de -urin peut &tre compt comme l'un d'entre eu(, puisqu'il
refusa de rvrer la sainte croi(, re)eta la vnration et l'invocation des saints et fut l'un des
principau( iconoclastes $ans son commentaire sur l'0p=tre au( Nalates, "laude enseigne
clairement la )ustification par la foi et dmontre l'erreur de l'0glise en s'cartant de cette vrit
Les fr+res du 2imont eurent tou)ours conscience de leur origine et de leur histoire se rattachant
tout enti+re % ces valles $+s le quatorLi+me si+cle, lorsque leur pays fut envahi et qu'ils eurent
% ngocier avec les autorits des pays voisins, ils affirm+rent constamment cela ,u( princes de
!avoie qui eurent le plus longtemps affaire avec eu(, ils dclar+rent, sans redouter la
contradiction, l'uniformit de leur foi de p+re en fils, et cela de temps immmorial, soit d+s l'>ge
apostolique 7n 9JKK, ils dirent au roi de France, Fran1ois 9er: "ette confession est celle qui
nous a t transmise par nos anc&tres, de la main % la main, comme cela avait t enseign et
pratiqu en tout temps par nos prdcesseurs 4uelques annes plus tard, ils dirent encore au
prince de !avoie: 4ue votre ,ltesse veuille bien considrer que la religion que nous pratiquons
ne date ni d'au)ourd'hui, ni de quelques annes en arri+re, comme le prtendent nos ennemis
"'est la religion de nos p+res et grands#p+res, voire de nos anc&tres les plus reculs 7lle
remonte au( saints et au( martyrs, au( confesseurs et au( apBtres Lorsque les Paudois prirent
contact avec les rformateurs du seiLi+me si+cle, ils dirent: Nos anc&tres nous ont souvent
racont que nous e(istions depuis le temps des apBtres "ependant en toutes choses nous
sommes d'accord avec vous et pensons comme vous $epuis les )ours apostoliques nous
sommes rests fermes quant % la foi Lors de leur retour dans leurs valles, en 9<IO, leur chef,
3enri ,rnaud disait: '&me les adversaires des Paudois dclarent que leur religion est aussi
primitive que leur nom est vnrable 2uis il cite *einarius, l'inquisiteur, dans un rapport qu'il
adresse au pape % propos de la foi de ces croyants: .ls ont e(ist de temps immmorial
,rnaud poursuit: .l ne serait pas difficile de prouver que cette pauvre bande d'hommes fid+les
habitaient les valles du 2imont plus de quatre si+cles avant l'apparition de ces personnages
e(traordinaires, Luther, "alvin et d'autres lumi+res de la $formation Leur glise n'a )amais t
rforme, c'est pourquoi elle porte le titre d'vanglique Les Paudois descendent en fait de ces
rfugis d'.talie qui, apr+s que saint 2aul eDt pr&ch l'7vangile dans ce pays, abandonn+rent leur
belle contre et, comme la femme mentionne dans l',pocalypse, se cach+rent dans ces
montagnes sauvages o8, )usqu'% ce )our, ils transmirent de p+re en fils l'7vangile dans toute sa
puret et simplicit, tel que l'avait pr&ch saint 2aul
:2 Le$ Pauvre$ de L7#6 00>@!0/0A
2ierre Paldo, de Lyon, marchand et banquier prosp+re, fut amen % chercher le salut de son >me
par la mort subite d'un de ses hBtes % une f&te qu'il avait donne .l s'intressa si vivement au(
0critures, qu'en 99<: il employa des clercs pour en traduire certaines portions en langue romane
.l avait t touch par le rcit de la vie de saint ,le(is qui avait vendu tous ses biens et entrepris
un p+lerinage en -erre#!ainte @n thologien attira l'attention de Paldo sur ces paroles du
!eigneur dans 'atthieu 9O ;9 !i tu veu( &tre parfait, va, vends ce que tu poss+des, donne#le
au( pauvres, et tu auras un trsor dans le ciel 2uis viens et suis#moi 7n consquence, il remit
% sa femme tous ses biens fonciers 599?H6, vendit le reste et le distribua au( pauvres 2endant
quelque temps il se consacra % l'tude des 0critures, puis, en 99I:, commen1a % voyager et %
pr&cher, s'inspirant des paroles du !eigneur: .l envoya ses disciples deu( % deu( devant lui
dans toutes les villes et dans tous les lieu( o8 lui#m&me devait aller .l leur dit: La moisson est
grande, mais il y a peu d'ouvriers 2rieL donc le ma=tre de la moisson d'envoyer des ouvriers
dans sa moisson 2arteLG voici, )e vous envoie comme des agneau( au milieu des loups Ne
porteL ni sac ni soulier, et ne salueL personne en chemin
Paldo et ses compagnons voyag+rent et pr&ch+rent de cette mani+re, ce qui les fit nommer les
2auvres de Lyon Leur demande 599?O6 d'&tre reconnus par l'0glise avait d)% t repousse
avec mpris au troisi+me "oncile de Latran, sous le pape ,le(andre ... 7n 99IK, ils furent
chasss de Lyon et e(communis par un dit imprial $isperss dans les contres avoisinantes,
ils pr&ch+rent avec puissance Leur nom de 2auvres de Lyon devint une des multiples
appellations de ceu( qui suivaient le "hrist et son enseignement
@n inquisiteur, $avid d',ugsbourg, dit: La secte des 2auvres de Lyon et d'autres semblables
sont d'autant plus dangereuses qu'elles sont rev&tues d'une apparence de pit La conduite
)ournali+re de ces gens est e(trieurement humble et modeste, mais l'orgueil r+gne dans leurs
coeurs .ls disent avoir parmi eu( des hommes pieu(, mais ne voient pas # a)oute#t#il # que nous
avons infiniment mieu( et plus qu'eu(, des hommes qui ne sont pas rev&tus d'une simple
apparence, alors que, cheL les hrtiques, il n'y a qu'impit recouverte d'hypocrisie @ne vieille
chronique rapporte que d)%, en 99??, des disciples de 2ierre Paldo vinrent de Lyon en
,llemagne et commenc+rent % pr&cher # % Francfort et % Nuremberg, mais qu'ils disparurent en
Boh&me, parce que le "oncile de Nuremberg avait re1u l'ordre de les saisir et de les brDler
Les relations de 2ierre Paldo avec les Paudois furent si intimes que beaucoup le dsign+rent
comme fondateur de cette secte, tandis que d'autres drivent le nom de Paudois des valles
alpestres # Pallenses # o8 ces croyants vivaient en grand nombre .l est vrai que Paldo tait
hautement estim parmi eu( -outefois il ne pouvait &tre le fondateur de la secte, puisque les
Paudois fondaient leur foi et leurs pratiques religieuses sur l'0criture et suivaient les traces des
tout premiers croyants 7n leur donnant le nom d'un homme estim dans leur milieu, les gens du
dehors ne faisaient qu'imiter l'habitude de leurs adversaires, qui ne voulaient pas leur reconna=tre
le droit de s'appeler chrtiens ou fr+res 2ierre Paldo continua ses voyages et atteignit
finalement la Boh&me, o8 il mourut, en 9;9?, apr+s avoir travaill des annes et sem % pleines
mains le bon grain, qui produisit, au temps de 3uss et plus tard, une moisson spirituelle dans ce
pays 2ierre Paldo et sa bande de prdicateurs donn+rent une impulsion e(traordinaire au(
oeuvres missionnaires des Paudois qui, )usqu'alors, taient rests plutBt isols dans leurs valles
recules, mais qui, d+s lors, s'en all+rent partout pr&cher la 2arole
;2 Grac%$ca%$ et D#5%%ca%$
.l y avait au sein de l'0glise catholique romaine beaucoup d'>mes souffrant de la mondanit
croissante et soupirant apr+s un rveil spirituel, mais qui ne quitt+rent pas leur 0glise pour se
)oindre % des groupes de croyants s'appliquant % modeler leur vie sur les principes de l'0criture
7n 9;:O, l'anne m&me o8 .nnocent ... inaugura sa croisade contre le 'idi de la France, Fran1ois
d',ssise, >g alors de ;J ans, assista, un matin d'hiver, % une messe qui rvolutionna sa vie .l y
entendit les paroles du di(i+me chapitre de 'atthieu que Esus adressa % ses disciples en les
envoyant pr&cher et pensa que, pour satisfaire % son besoin intime d'une rformation, il devait, lui
aussi, aller pr&cher l'7vangile dans la pauvret et dans l'humilit la plus absolue ,insi naquit
l'ordre des fr+res franciscains, qui s'tendit rapidement sur toute la terre Fran1ois tait un
merveilleu( prdicateur et sut attirer % lui les foules par son abngation et sa nature sereine 7n
9;9:, il alla % *ome avec la petite compagnie de ses premiers disciples et obtint du pape, non
sans peine, l'approbation verbale de leur r+gle et la permission de pr&cher .l y eut bientBt tant
d'hommes dsirant se )oindre au( franciscains que, pour rpondre au( besoins de ceu( qui
voulaient observer la r+gle tout en gardant leur profession usuelle, il fallut fonder le troisi+me
ordre Les tertiaires conservaient leurs occupations sculi+res tout en se soumettant % une r+gle
de conduite, dont le mod+le se trouve essentiellement dans les instructions du !eigneur Esus
au( apBtres .ls s'engageaient % rendre les gains mal acquis, % se rconcilier avec leurs ennemis,
% vivre en pai( avec tous, % s'adonner % la pri+re et % des oeuvres charitables, % observer )eDnes
et vigiles, % payer les d=mes % l'glise et % pratiquer la pit envers les morts .ls ne devaient ni
pr&ter serment, ni porter des armes, ni employer un langage grossier Fran1ois dsirait
ardemment la conversion des paMens et des mahomtans, ainsi que celle de ses compatriotes ,
deu( reprises il risqua de perdre la vie en essayant de pr&cher au( infid+les de la 2alestine et du
'aroc
7n 9;9O eut lieu le second chapitre gnral de l'Ardre et de nombreu( fr+res furent envoys en
tous pays, de l',llemagne )usqu'en ,frique du Nord, et plus tard en ,ngleterre "inq d'entre eu(
souffrirent le martyre au 'aroc BientBt il devint impossible % Fran1ois de contrBler l'ordre
tou)ours croissant L'organisation en fut confie % des hommes poursuivant un idal diffrent et,
au grand chagrin du fondateur, la r+gle de pauvret fut modifie ,pr+s sa mort 59;;<6, la division
d)% e(istante entre fr+res stricts et fr+res rel>chs s'accentua Les fr+res stricts, ou !pirituali,
furent perscuts 4uatre d'entre eu( furent brDls % 'arseille 59H9I6 et, dans la m&me anne, le
pape fltrit du nom d'hrsie l'enseignement que "hrist et ses apBtres ne possdaient rien
"es nouveau( ordres monastiques, dominicains et franciscains, tout comme les plus anciens,
furent suscits par un sinc+re dsir de dlivrance des mau( intolrables rgnant dans l'0glise et
dans le monde .ls taient l'e(pression du soupir de l'>me apr+s $ieu -andis que les ordres
anciens s'occupaient surtout du salut personnel et de la sanctification, les plus rcents en date se
consacraient % secourir dans leurs mis+res l'humanit souffrante autour d'eu( "es deu(
institutions # ordres monastiques, et ordres pr&cheurs # e(erc+rent pendant un temps une
influence tendue pour le bien "ependant, tant bases sur des ides humaines, elles
dgnr+rent rapidement et devinrent des instruments du mal, d'actifs agents d'opposition envers
ceu( qui cherchaient le rveil en se conformant au( 0critures et en les rpandant
L'histoire des moines et des fr+res % diffrentes poques prouve que tout mouvement spirituel est
condamn lorsqu'il s'enferme dans les limites de l'0glise catholique, ou d'autres syst+mes
semblables .l descend invitablement au niveau de ce qu'il cherchait d'abord % rformer .l paie
de sa vie l'absence de perscutions
Fran1ois d',ssise et 2ierre Paldo furent tous deu( saisis par le m&me enseignement du !eigneur
et s'abandonn+rent sans rserve % Lui L'un et l'autre, par leur e(emple et par leur enseignement,
gagn+rent un grand nombre d'>mes et transform+rent toute leur mani+re de vivre "ependant le
premier ayant t reconnu et le second re)et par la religion organise de *ome, la
ressemblance se mua en contraste Leur relation intime avec le !eigneur peut &tre reste la
m&meG mais l'action e(erce par ces deu( hommes diffra grandement Les franciscains, tant
englobs dans le syst+me romain, contribu+rent % attacher les >mes % ce syst+me -andis que
Paldo et sa compagnie de prdicateurs entra=n+rent des multitudes vers les 0critures, o8 elles
puis+rent avec )oie au( sources intarissables du salut
>2 Prtedu$ 4rt%Cue$ "er$cut$H leur d#ctr%e6 00@@!0;@@
7n 99<H, un concile de l'0glise romaine, convoqu % -ours par le pape ,le(andre ... 5KH6, interdit
toute relation avec les Paudois, % cause de leur damnable hrsie, connue depuis longtemps
dans le territoire de -oulouse Pers la fin du douLi+me si+cle, il y avait % 'etL une glise
vaudoise importante, qui avait en usage des traductions de la Bible , "ologne, une glise
e(istait d+s les temps anciens, lorsqu'en 99J: un grand nombre de ses membres furent
e(cuts, et leur )uge dclara: .ls march+rent % la mort, non seulement avec patience, mais
avec enthousiasme 7n 7spagne, le roi ,lphonse d',ragon lan1a, en 99O;, un dit contre les
Paudois, o8 il disait que, ce faisant, il agissait comme ses prdcesseurs .ls taient nombreu(
en France, en .talie, en ,utriche et en d'autres pays 7n 9;<:, on les trouvait dans quarante#deu(
paroisses du dioc+se de 2assau et un pr&tre de 2assau crivait alors: 7n Lombardie, en
2rovence et ailleurs, les hrtiques ont plus d'coles que les thologiens et beaucoup plus
d'auditeurs .ls discutent librement et invitent le peuple % des runions solennelles sur les places
de march, ou en pleins champs 2ersonne n'ose leur rsister % cause de la puissance et du
nombre de leurs admirateurs
, !trasbourg, en 9;9;, les dominicains avaient d)% arr&t cinq cents personnes faisant partie
des glises vaudoises 7lles appartenaient % toutes les classes: nobles, pr&tres, riches et
pauvres, hommes et femmes Les prisonniers dclar+rent qu'ils avaient beaucoup de fr+res en
!uisse, en .talie, en ,llemagne, en Boh&me, etc 4uatre#vingts d'entre eu(, entre autres douLe
pr&tres et vingt#trois femmes, furent livrs au( flammes Leur directeur et ancien, nomm Eean,
dclara avant de mourir: Nous sommes tous pcheurs, mais ce n'est pas notre foi qui nous rend
tels, et nous ne sommes pas coupables du blasph+me dont on nous accuse sans raison Nous
comptons sur le pardon de nos pchs, et cela sans le secours des hommes, ni en raison du
mrite de nos propres oeuvres Les biens des martyrs furent diviss entre l'0glise et l'autorit
civile, dont le pouvoir tait au service de l'0glise
7n 9;<H, un dcret du pape Nrgoire .\ dclare: Nous e(communions et frappons d'anath+me
tous les hrtiques, "athares, 2atarins, 2auvres de Lyon, ,rnoldistes et autres, quels que soient
leurs noms, car, bien qu'ayant diffrentes faces, ils sont runis par leurs queues5C6 et se
rencontrent en un m&me point par leur vanit L'inquisiteur $avid d',ugsbourg admet
qu'auparavant les sectes n'taient qu'une et que maintenant elles s'unissaient en face de leurs
ennemis "es notes parses, choisies parmi beaucoup d'autres suffisent % montrer que les
glises primitives taient tr+s rpandues en 7urope au( douLi+me et treiLi+me si+clesG qu'en
certains pays, elles taient si nombreuses et influentes qu'elles )ouissaient d'une asseL grande
libertG tandis qu'ailleurs elles taient e(poses au( plus cruelles perscutionsG enfin que, sous
des noms divers et avec certaines divergences de points de vue, elles restaient essentiellement
une et taient constamment en relation et en communion les unes avec les autres
Les doctrines et les pratiques de ces fr+res # connus sous le nom de Paudois # montrent par leur
caract+re qu'elles n'taient pas les fruits d'un essai de rforme des 0glises romaine et grecque,
pour les ramener dans des voies plus scripturaires 7lles ne portent aucune trace de l'influence
de ces glises 7lles indiquent au contraire la continuit d'une vieille tradition drive d'une tout
autre source # l'enseignement de l'0criture et les pratiques de l'0glise primitive Leur e(istence
prouve qu'il y a tou)ours eu des hommes de foi, d'une grande puissance et intelligence
spirituelles, qui ont maintenu dans les glises une tradition tr+s semblable % celle connue dans
les temps apostoliques et bien loigne de celle qu'avaient labore les 0glises dominantes
7n dehors des !aintes 0critures, les Paudois n'avaient aucune confession de foi, ni aucune r+gle
quelconque Nul homme, si minent qu'il fDt, n'avait le droit de mettre de cBt l'autorit des
0critures 7t pourtant, % travers les si+cles, et dans tous les pays, ils confess+rent les m&mes
vrits et gard+rent les m&mes formes de culte 2our eu(, il n'y avait pas de plus haute rvlation
que les paroles m&mes de "hrist dans les 0vangiles, et, si parfois il leur semblait impossible de
concilier certaines de ses paroles avec d'autres portions de l'0criture, bien que les acceptant
aussi, ils agissaient selon ce qui leur semblait &tre la simple signification des 0vangiles !uivre
"hrist, garder ses paroles, imiter son e(emple, tel tait leur but supr&me
L'7sprit de "hrist, disaient#ils, agit en tout homme dans la mesure o8 cet homme obit % "hrist et
le suit fid+lement !eul le !eigneur peut nous rendre capables de comprendre ses paroles "elui
qui l'aime gardera ses commandements 2our s'unir au( Paudois, il fallait croire % quelques
grandes vrits considres comme essentielles @ne certaine libert tait laisse vis#%#vis des
questions provoquant le doute ou une divergence d'opinion .ls maintenaient que le tmoignage
intrieur de l'7sprit de "hrist habitant en nous est de supr&me importance, car les plus hautes
vrits partent du coeur pour atteindre la pense, non par une rvlation nouvelle, mais par une
comprhension plus claire de la 2arole .ls donnaient la premi+re place au !ermon sur la
'ontagne, qu'ils regardaient comme la r+gle de vie des enfants de $ieu .ls s'opposaient % toute
effusion de sang, m&me % la peine de mort .ls n'employaient )amais la force en mati+re de foi et
n'intentaient pas de proc+s % ceu( qui leur faisaient tort -outefois bon nombre employ+rent les
armes pour leur dfense personnelle ou celle de leurs familles, lorsqu'on vint les attaquer dans
leurs valles 7(cept en certaines occasions, ils refusaient de pr&ter serment et n'employaient
lg+rement ni le nom de $ieu ni celui des choses saintes
.ls contestaient le droit que s'arrogeait l'0glise romaine d'ouvrir ou de fermer le chemin du salut et
ne croyaient pas % l'efficacit des sacrements ou de quelque autre rite pour obtenir le salut, qui
vient de "hrist seul par la foi et se manifeste par des oeuvres d'amour .ls professaient la doctrine
de la souverainet de $ieu, par l'lection unie % celle du libre arbitre de l'homme .ls estimaient
que dans tous les temps et dans toutes les glises il y avait eu des hommes clairs par $ieu .ls
faisaient donc usage des crits d',mbroise, d',ugustin, de "hrysostBme, de Bernard de
"lairvau( et d'autres encore, n'acceptant pas toutefois tout ce qu'ils crivaient, mais seulement
ce qui correspondait % l'enseignement primitif des 0critures An ne rencontrait pas cheL eu( cet
amour des disputes thologiques et de la polmique religieuse, si frquent ailleurs .ls taient
pr&ts % mourir pour la vrit, attachaient une grande importance % la pit pratique et dsiraient
servir $ieu paisiblement en faisant le bien
$ans les affaires d'glise, les Paudois aimaient la simplicit et rien cheL eu( ne rappelait les
formes adoptes par l'0glise de *ome, ce qui n'emp&chait pas les glises et les anciens
d'accepter leurs responsabilits avec le plus grand srieu( Les croyants s'unissaient au( anciens
pour les dcisions % prendre en mati+re de discipline et pour les nominations d'anciens La !te#
"+ne tait pour tous les croyants et se distribuait sous les deu( esp+ces .ls la prenaient en
mmoire du corps du !eigneur livr pour eu( et y voyaient un puissant stimulant % s'offrir eu(#
m&mes en sacrifices vivants 4uant au bapt&me # crivait un adversaire, 2seudo#2eimer 59;<:6
# quelques#uns se trompent en dclarant que les petits enfants ne peuvent &tre sauvs par le
bapt&me, car le !eigneur a dit: "elui qui croira et qui sera baptis sera sauv 'ais un petit
enfant ne peut pas encore croire
Les Paudois croyaient % la succession apostolique par l'imposition des mains % ceu( qui se
sentaient vraiment appels % recevoir cette gr>ce .ls enseignaient que l'0glise de *ome avait
perdu cette bndiction quand le pape !ylvestre avait accept l'union de l'0glise % l'0tat, tandis
qu'eu( l'avaient retenue 'ais ils admettaient que, les circonstances ne permettaient pas
l'imposition des mains, $ieu pouvait communiquer la gr>ce ncessaire sans cette pratique
"eu( qu'ils appelaient apBtres taient surtout actifs par le tmoignage -andis que les anciens
et les surveillants restaient dans leurs foyers et dans leurs glises, les apBtres voyageaient
continuellement pour les visiter Les 2arfaits, comme on les nommait, se distinguaient des
autres disciples de "hrist du fait qu'ils obissaient % l'in)onction du 'a=tre de vendre tout ce qu'ils
possdaient pour Le suivre, tandis que les autres taient galement appels % servir, mais dans
le lieu o8 ils se trouvaient Les apBtres vaudois n'avaient ni biens, ni foyer, ni famille 2arfois ils
brisaient les liens d)% forms .ls menaient une vie d'abngation, de privations et de dangers .ls
voyageaient dans des conditions d'e(tr&me simplicit, sans argent et sans v&tement de
rechange, comptant sur les fr+res qu'ils visitaient pour leurs besoins matriels .ls allaient
tou)ours deu( % deu(, l'un plus >g que l'autre, le plus )eune servant son a=n Leurs visites
taient grandement apprcies et ils taient traits avec tous les signes du respect et de
l'affection 2our parer au( dangers de l'poque, ils circulaient souvent comme marchands Les
plus )eunes vendaient des marchandises lg+res, des couteau(, des aiguilles, etc .ls ne
rclamaient )amais rien Beaucoup d'entre eu( faisaient de srieuses tudes mdicales pour &tre
% m&me de soigner les malades qu'ils rencontraient An les nommait souvent ,mis de $ieu .ls
n'taient choisis qu'avec grande prudenceG car on ralisait que mieu( valait un seul apBtre
vraiment consacr que cent autres moins nettement appels % ce service
Les apBtres choisissaient la pauvret, mais chaque glise envisageait le soin de ses pauvres
comme un devoir important !ouvent, lorsque les maisons prives # devenant insuffisantes # on
b>tissait de simples salles de runions, des logements y taient attachs pour hospitaliser les
pauvres et les vieillards
Les moyens les plus recherchs pour maintenir la vie spirituelle taient la lecture personnelle des
0critures, le culte de famille rgulier et de frquentes confrences
"es croyants ne prenaient aucune part au( affaires gouvernementalesG ils disaient que les
apBtres avaient souvent comparu devant les tribunau(, mais n'avaient )amais sig comme
)uges .ls apprciaient l'ducation % cBt de la spiritualit 2lusieurs de ceu( qui annon1aient la
2arole avaient obtenu un degr universitaire Le pape .nnocent ... 599OI#9;9<6 leur rendit un
double tmoignage, disant que, parmi les Paudois, les laMques duqus se chargeaient de la
prdication, et que les Paudois ne voulaient pas couter un homme en qui $ieu n'tait pas
La pai( relative dans les Palles vaudoises fut trouble lorsqu'en 9HI: le pape "lment P..
envoya un moine comme inquisiteur pour punir les hrtiques $ans les treiLe annes qui
suivirent, environ ;H: personnes furent brDles et leurs biens rpartis entre les inquisiteurs et les
magistrats du pays $urant l'hiver de 9K::, la perscution s'tendit encore et beaucoup de
familles se rfugi+rent dans les hautes montagnes o8 nombre d'enfants, de femmes et m&me
d'hommes moururent de faim et de froid 7n 9KI<, une bulle d'.nnocent P... autorisa l'archev&que
de "rmone d'e(tirper les hrtiques, et 9I::: hommes envahirent les Palles ,lors les
paysans commenc+rent % se dfendre et, profitant de la nature montagneuse du pays, qu'ils
connaissaient si bien, ils repouss+rent les forces ennemies 'ais le conflit dura plus d'une
centaine d'annes
?2 Le$ B34ard$
, partir du douLi+me si+cle, on trouve des rapports sur des maisons o8 les pauvres, les vieillards
et les infirmes vivaient ensemble, travaillant selon leurs forces et secourus par les dons de
gnreu( bienfaiteurs Les occupants de ces maisons n'taient lis par aucun voeu et ne
mendiaient )amais, comme cela se faisait dans les couvents "es asiles avaient pourtant un
caract+re religieu( An les appelait refuges, asiles et leurs occupants aimaient % se nommer
les pauvres de "hrist , la maison se rattachait souvent une infirmerie o8 les soeurs se
dvouaient % soigner les malades, tandis que les fr+res tenaient des coles o8 ils enseignaient
@ne telle institution tait volontiers nomme 'aison de $ieu par les fr+res 2lus tard il y eut
des maisons de Bghards, ou de Bghines, selon qu'elles abritaient des hommes ou des
femmes $+s le dbut, elles furent suspectes de tendances hrtiques et il est certain
qu'elles abrit+rent souvent des croyants qui s'y cachaient en temps de perscutions ,vec le
temps, on les regarda comme tant des institutions nettement hrtiques et beaucoup de leurs
occupants furent mis % mort $ans la derni+re partie du quatorLi+me si+cle, les autorits papales
en prirent possession et les transfr+rent, en ma)eure partie, au( franciscains tertiaires
()APITRE VI
Le$ 3l%$e$ = la f% du 5#7e I3e
,0/@@!0;@@1
.nfluence des fr+res en d'autres milieu( # 'arsiglio de 2adoue # Les corporations #
"onstructeurs de cathdrales # 2rotestations des cits et des corporations # Talther % "ologne
# -homas d',quin et ,lvarus 2elagius $estruction de la littrature des fr+res # 'a=tre 7cWart #
-auler Les Neuf *ochers # L',mi de $ieu de l'Aberland # *enouveau de perscution # Le
document de !trasbourg sur la persistance des glises # 'anuscrit de -epl # -raduction
ancienne du N -estament allemand # Fanatisme # 2rise de "onstantinople .nvention de
l'imprimerie # $couvertes # .mpression de la Bible "olet, *euchlin # 7rasme et le N
-estament grec # 7spoir d'une rformation paisible # *sistance de *ome # !taupitL dcouvre
Luther
02 La Bulle de B#%face VIII
L'influence des apBtres vaudois et le tmoignage des fr+res dpass+rent de beaucoup les
limites de leur propre milieu $ans la premi+re moiti du quatorLi+me si+cle, leur enseignement
tait plus rpandu que )amais auparavant
7n 9H:;, le pape Boniface P... publia une bulle dclarant que la soumission au pape romain tait
ncessaire pour le salut de tout &tre humain, d'o8 l'on devait dduire qu'il n'y a, dans le monde,
aucune autorit venant de $ieu, % part celle du pape L'empereur Louis de Bavi+re se mettant %
la t&te du mouvement de protestation contre cette prtention, le pape )eta l'interdit sur la ma)eure
partie de l'7mpire
$ans ce conflit, 'arsiglio de 2adoue 5KK6, protg et estim de l'empereur, )oua un grand rBle
par ses crits, en dpit de la dclaration papale, dclarant n'avoir )amais lu un te(te plus
nettement hrtique N % 2adoue 59;?:6, 'arsiglio tudia % l'universit de 2aris, o8 il se
distingua 7n 9H;K, il publia son $efensor 2acio, par lequel il tablit clairement, d'apr+s
l'0criture, les relations entre l'0glise et l'0tat .l dit qu'on a pris l'habitude d'appliquer le mot
0glise au( ministres de l'0glise, v&ques, pr&tres et diacres, et que ceci est contraire % l'usage
apostolique du terme, selon lequel l'glise est l'assemble, ou la totalit de ceu( qui croient en
"hrist "'est dans ce sens, continue#t#il, que 2aul crivait au( "orinthiens: , l'0glise de $ieu qui
est % "orinthe 5. "or 9 ;6 "e n'est pas par erreur que l'on a attach une autre signification % ce
mot, mais pour des motifs dDment pess et de grande importance pour la pr&trise, comportant
des consquences nfastes pour le christianisme "'est gr>ce % cette fausse interprtation du
terme, taye sur certains passages de l'0criture galement fausss, que l'on a difi le syst+me
hirarchique 7t maintenant, ce syst+me, contraire au( 0critures et au( commandements de
"hrist, s'arroge le pouvoir )udiciaire supr&me, en mati+re sculi+re comme en mati+re spirituelle
Ar c'est de l'0glise chrtienne que dcoule l'autorit supr&me confre par elle au( v&ques et
au( pr&tres ,ucun ma=tre, ou berger, n'a le droit d'obtenir l'obissance par la force ou le
ch>timent 4ui donc a autorit pour nommer les v&ques, les pasteurs et les ministres en
gnralR 2our les apBtres, "hrist tait la source d'autorit, pour leurs successeurs, c'taient les
apBtres et, apr+s eu(, le droit d'lection a pass au( congrgations de croyants Le livre des
,ctes en donne un e(emple dans les nominations d'7tienne et de 2hilippe !i donc, du vivant des
apBtres, c'tait l'glise qui faisait ce choi(, % combien plus forte raison doit#on agir de m&me
apr+s leur mort
-2 Le$ (#r"#rat%#$
Les glises chrtiennes et leurs doctrines se rpandirent rapidement parmi les habitants des
grandes villes et surtout parmi les membres des divers corps de mtiers 7n .talie et en France,
les fr+res taient souvent appels -isserands N'tant que de simples artisans, comment
considrer comme docteurs des tisserands et des cordonniersR Les corporations 5guildes6 taient
tr+s puissantes et tendaient leurs ramifications du 2ortugal % la Boh&me et de l',ngle, terre % la
!icile "hacune de ces corporations avait sa propre organisation et maintenait d'troites relations
avec les autres 7lles avaient un caract+re religieu( autant que technique La lecture de la Bible
et la pri+re prenaient une place importante dans leur activit L'une des plus puissantes tait celle
des ma1ons, qui comprenait tous les ouvriers ayant affaire au b>timent "ette corporation a
laiss des marques durables de sa puissance et de son importance dans des difices pleins de
gr>ce, de beaut et de force # cathdrales, glises, hBtels de ville et hBtels particuliers # construits
dans les douLi+me, treiLi+me et quatorLi+me si+cles et admirs encore dans toute l'7urope
$ans les cabanes des constructeurs, groupes autour de la cathdrale en construction, le ma=tre
avait coutume de lire les 0critures, m&me durant des priodes o8, ailleurs, la simple possession
d'une Bible tait punissable de mort Beaucoup de gens qui n'avaient rien % faire avec la
construction # des dames, des marchands et d'autres # devenaient membres de la corporation en
offrant une contribution nominale, un pot de miel ou une bouteille de vin "es membres taient
souvent plus nombreu( que les ouvriers m&mes car la corporation leur procurait en m&me temps
un refuge contre la perscution et l'occasion d'entendre la 2arole de $ieu La valeur artistique et
la beaut de beaucoup de ces difices furent largement inspires par l'ardente spiritualit qui se
cachait sous le patient travail de l'artisan
Les cits de l'7mpire et les corporations appuy+rent l'empereur Louis dans sa lutte avec le pape
et souffrirent grandement de l'interdit 7n 9HH;, un groupe de cits adress+rent une lettre %
l'archev&que de -r+ves, dclarant que de tous les princes de ce monde, l'empereur Louis tait
celui qui vivait le plus fid+lement selon l'enseignement du "hrist et que, par sa foi comme par sa
modeste rsignation, il tait en e(emple % tous Eusqu'% la mort # disaient#ils # nous lui resterons
fermement et fid+lement attachs, dans la foi et dans une sinc+re obissance, comme % celui qui
est notre vritable empereur et seigneur ,ucune souffrance, aucun changement, aucune
circonstance ne nous spareront )amais de lui La lettre continue en illustrant les )ustes relations
de l'0glise et de l'0tat par le soleil et la lune, e(prime le plus profond regret que ces relations
aient t troubles par l'ambition et la recherche des honneurs, et repousse la prtention du pape
d'&tre la seule source d'autorit 7lle conclut en demandant avec instance, comme de pauvres
chrtiens, que l'on cesse de nuire % la foi
/2 Gr9re$ et a5%$ de D%eu
$urant des si+cles, !trasbourg et "ologne furent, pour les fr+res, des centres importants Les
congrgations y taient nombreuses et e(er1aient leur influence au loin $'apr+s une chronique,
un certain Talther vint, en 9H;;, de "ologne % 'ayence "'tait un conducteur des Fr+res et un
dangereu( hrsiarque qui, durant de longues annes, tait rest cach et avait entra=n de
nombreuses >mes dans ses pernicieuses erreurs .l fut saisi pr+s de "ologne, )ug et condamn
% &tre brDl "'tait un homme rempli du diable, plus capable que tout autre, constant dans son
erreur, habile dans ses rponses, corrompu dans sa foi Ni promesses, ni menaces, ni les plus
horribles tortures ne purent l'amener % trahir ses nombreu( compagnons de crime "e Lollard,
nomm Talther, tait originaire des 2ays#Bas "omme il connaissait peu le latin, et ne pouvait
s'e(primer en langue romane, il crivit beaucoup en allemand sur sa fausse foi et distribua
secr+tement ses crits % ceu( qu'il avait sduits et gars .l ne voulut ni se repentir, ni rtracter
ses erreurs et dfendit fermement, voire obstinment, ses doctrines .l fut donc )et au feu et ne
laissa derri+re lui que des cendres
Les crits de -homas d',quin russirent % tablir la doctrine: puisque tout pouvoir dans le ciel et
sur la terre avait t donn % "hrist, son reprsentant, le pape, possdait la m&me autorit @n
franciscain espagnol, ,lvarus 2elagius, soutint la m&me th+se par des crits qui lui acquirent une
grande considration Le pape # crivait#il # appara=t, non comme un homme, mais comme un
$ieu, pour ceu( qui ont la vision spirituelle !on autorit est illimite .l a le droit de dclarer ce
qui est bien % ses yeu( et de priver tel homme de ses droits, s'il le )uge bon $outer de ce pouvoir
universel, c'est s'e(clure du salut Les grands ennemis de l'0glise sont les hrtiques, qui
refusent de porter le )oug de la vraie obissance .ls sont e(tr&mement nombreu( en .talie, en
,llemagne et en 2rovence, o8 on les appelle Bghards et Bghines 4uelques#uns les nomment
Fr+res, ou les 2auvres en cette vie, ou encore ,pBtres Les ,pBtres et Bghards n'ont
point de domicile fi(e, n'emportent rien lorsqu'ils voyagent, ne mendient )amais et ne travaillent
pas "'est l% ce qu'il y a de pire, car autrefois, ils taient ma1ons, serruriers, etc @n autre
crivain 59H9?6 dit que l'hrsie s'est si bien rpandue parmi pr&tres et moines, que l',lsace en
est remplie
An fit des efforts spciau( pour dtruire la littrature hrtique 7n 9H?K, on publia % !trasbourg
un dit condamnant toute oeuvre de ce genre, ainsi que leurs auteurs, et ordonnant % ceu( qui
pourraient possder de ces crits de les livrer dans un dlai de quatorLe )ours pour qu'ils soient
brDls 2lus tard 59H<O6, l'empereur "harles .P recommanda au( inquisiteurs d'e(aminer les
livres des laMques et du clerg, les premiers n'tant pas autoriss % employer des commentaires
allemands des 0critures, de peur qu'ils ne tombent dans les hrsies des Bghards et des
Bghines An dtruisit donc beaucoup d'crits de ce genre
7n 9H:?, le vicaire#gnral de l'ordre des dominicains en !a(e fut le cl+bre ma=tre 7cWart qui, %
l'universit de 2aris, avait acquis la rputation d'&tre l'homme le plus rudit de son temps !a
prdication et son enseignement lumineu( lui valurent la perte de ses titres ,pr+s une priode
de retraite, il apparut de nouveau % !trasbourg, o8 sa puissance de prdicateur groupa bientBt de
nombreu( disciples autour de lui !es crits furent si largement rpandus parmi les Bghards de
!trasbourg qu'il s'attira les soup1ons du clerg .l se rendit alors % "ologne o8, apr+s avoir
pr&ch quelques annes, il fut appel % compara=tre devant l'archev&que, sous l'inculpation
d'hrsie !on cas fut sou mis au pape et les crits d'7cWart furent condamns et interdits
'algr cela, on continua % apprcier son enseignement, % cause de la saintet de sa vie et de
son noble caract+re !uso trouva la pai( par son moyen et, % "ologne, 7cWart rencontra et
influen1a -auler, alors un )eune homme
$ans le conflit entre l'empereur Louis de Bavi+re et le pape, $r Eohannes -auler, dominicain bien
connu, dfendit hardiment le souverain -auler n'tait pas seulement estim et aim %
!trasbourg, o8 ses sermons attiraient la foule, mais sa rputation de professeur et prdicateur
s'tendit % d'autres pays Lorsqu'en 9HHI, presque tout le clerg quitta !trasbourg, % cause de
l'e(communication papale, -auler y resta, sentant que la grandeur m&me des besoins de la cit
lui fournissait une occasion unique d'y consacrer son minist+re .l visita aussi d'autres lieu(, qui
souffraient de la m&me mani+re que !trasbourg, et passa quelque temps % B>le et % "ologne
$i( ans plus tard, la peste dvasta !trasbourg et il resta de nouveau % son poste ,id de deu(
amis, un religieu( augustin et un chartreu(, il servit le peuple souffrant et terrifi "es trois
hommes publi+rent des lettres pour )ustifier leur service envers ceu( qui taient sous le coup de
l'interdit .ls y dclaraient que, du moment que "hrist tait mort pour tous, le pape ne pouvait
fermer la voie du salut % aucun croyant pour la raison qu'il refuse l'autorit papale et reste loyal
envers son *oi lgitime Les trois amis furent e(pulss de la ville et se retir+rent dans le couvent
voisin, dont le chartreu( tait le prieur $e l%, ils continu+rent % rpandre leurs crits -auler vcut
ensuite % "ologne, o8 il pr&cha dans l'glise de !te#Nertrude .l put toutefois retourner %
!trasbourg, o8 il mourut 59H<96 % l'>ge de soi(ante#di( ans, d'une pnible maladie .l fut soign
par sa propre soeur dans le couvent o8 elle vivait comme nonne
$e son vivant, -auler fut accus d'&tre un sectaire .l s'en dfendit et se rangea parmi les
,mis de $ieu .l disait: ,u)ourd'hui, le 2rince de ce monde a sem des mauvaises herbes
parmi les roses, et les roses sont parfois touffes et dchires par les ronces 7nfants, il faut
tablir une distinction, une sorte de sparation, que ce soit dans les clo=tres ou au dehors Les
,mis de $ieu ne constituent pas une secte parce qu'ils professent ne pas ressembler au( amis
du monde
Lorsqu'on qualifiait sa doctrine de bgharde, il rpondait en avertissant les gens froids et
endormis qui se flattaient d'avoir accompli tout ce que commandait la sainte 0glise, que m&me
apr+s avoir fait tout cela, ils n'obtiendraient )amais la pai( du coeur % moins que la 2arole incre,
ternelle du 2+re cleste ne vienne les renouveler intrieurement et faire d'eu( de nouvelles
cratures ,u lieu de cela, ils se bercent dans une fausse scurit en disant : Nous appartenons
% un saint ordre, nous sommes dans une sainte communionG nous prions et lisons "es aveugles
# continuait#il # pensent que les souffrances de notre !eigneur Esus#"hrist et son prcieu( sang
peuvent &tre traits lg+rement et rester sans fruits Non, mes enfants, nonG cela ne peut &tre
et, si quelqu'un vient les avertir qu'ils vivent dans un danger terrible et mourront dans la crainte,
ils se moquent de lui, disant: "'est ainsi que parlent les bghards Poici ce qu'ils disent % ceu( qui
ne peuvent souffrir de voir la mis+re de leur prochain et leur montrent la vraie route
-auler dit encore: Les pharisiens, ce sont les pr&tres qui se croient suprieurs au( autres et
consid+rent leurs propres voies comme tant ncessairement parfaites "e sont eu( qui
dtruisent les ,mis de $ieu 7n 9J?<, le Nnral des )suites ordonna de ne pas lire les livres
de -auler et, en 9JO:, le pape !i(te P pla1a ses sermons dans l'.nde( des livres dfendus Les
livres de -auler, regards comme spcialement hrtiques, furent dtruits et les autres falsifis
$'autre part, on a attribu % 7cWart et % -auler des ouvrages qu'ils n'ont pas crits , cause de la
perscution qui rgnait, on cla souvent les noms des auteurs "e que nous possdons de
l'enseignement de -auler nous rv+le son intime sympathie avec les fr+res et les glises
chrtiennes
Le livre intitul 3istoire de la conversion de -auler, gnralement attach % ses sermons, n'a
pas t crit, comme on le pensait, par lui, ou m&me sur lui "ependant il mrite bien la large
circulation qui lui a t accorde .l raconte la conversion d'un pr&tre, minent prdicateur, par le
moyen d'un pieu( laMque "et ouvrage a quelque parent avec un autre livre, sans nom d'auteur,
intitul Les Neuf *ochers, qui eut aussi une grande influence 2endant longtemps, on supposa
qu'il avait t crit par !uso 'ais la publication en fut tire d'une copie faite par le riche citoyen
!trasbourgeois, *ulman 'ers[in, l'un des amis intimes de -auler !uso omet un passage qui
aurait offens les susceptibilits catholiques romaines, mais qui tait caractristique de
l'enseignement des fr+res: Ee te dis que tu as raison quand tu pries $ieu d'avoir piti du pauvre
christianismeG car sache que, depuis des si+cles, le christianisme n'a )amais t aussi pauvre ou
impie qu'il l'est au)ourd'hui 'ais )e te dclare que tu te trompes en disant que les mchants )uifs
et paMens sont tous perdus )e t'assure qu'en ces )ours, il y a des paMens et des )uifs que $ieu
prf+re grandement % ceu( qui se disent chrtiens et vivent en contradiction avec les
ordonnances du christianisme 2artout dans le monde, il peut se trouver un Euif ou un paMen
craignant $ieu en toute simplicit et honn&tet, ne connaissant pas d'autre foi que celle dans
laquelle il est n, mais qui serait pr&t % abandonner ses croyances, s'il connaissait autre chose
plus agrable % $ieu, et qui obirait au !eigneur et Lui offrirait son corps et ses biens Ne
penses#tu pas qu'un tel Euif ou un tel paMen doive &tre plus aim de $ieu que le chrtien fau( et
pervers qui a re1u le bapt&me, mais agit contrairement % la volont de $ieu, et cela en pleine
connaissance de causeR !uso change aussi un passage o8 la perscution contre les )uifs est
mise sur le compte de la convoitise des chrtiens, mots qu'il remplace par convoitise des )uifs,
faisant ainsi un changement agrable % ses lecteurs
2armi les nombreu( hommes pieu( en relations avec -auler, l'un des plus intressants, au nom
inconnu, tait dsign comme l',mi de $ieu de l'Aberland 5KJ6 .l est mentionn pour la premi+re
fois en 9HK:, alors qu'il tait d)% un de ces apBtres qui se cachaient % cause de la
perscution, mais e(er1ait quand m&me une influence et une autorit remarquables .l parlait
italien et allemand .l visita les fr+res d'.talie et de 3ongrie et, vers 9HJ:, se rend=t % !trasbourg,
o8 il renouvela sa visite deu( ans plus tard .l y rencontra *ulman 'ers[in et lui donna % copier
le livre des Neuf *ochers 7n 9HJ<, apr+s un tremblement de terre % B>le, il crivit une Lettre % la
"hrtient, recommandant l'obissance % "hrist comme le rem+de % tous les mau( .l s'tablit
ensuite avec quelques compagnons dans un lieu recul % la montagne, d'o8 il correspondait avec
les fr+res de partout L',mi de $ieu de l'Aberland avait )oui d'une position aise 7n abandonnant
le monde, il renon1a % tout ce qu'il possdait .l ne distribua pas tout son argent en une fois, mais
l'employa pendant quelque temps comme un pr&t de $ieu et le dpensa graduellement pour des
buts pieu( .l resta clibataire
0crivant % une 'aison de $ieu fonde pr+s de !tras] bourg par *ulman 'ers[in, il dcrit la
petite colonie % la montagne comme celle de fr+res chrtiens simples, bons et modestes .l dit
qu'ils taient tous persuads que $ieu allait faire quelque chose de nouveau et qu'ils avaient
l'intention de demeurer ensemble )usqu'% la rvlation du plan divin, moment o8 ils auraient % se
sparer, allant )usqu'au( e(trmits du monde chrtien .l demande les pri+res des fr+res, car,
crit#il, les ,mis de $ieu sont quelque peu en dtresse 'entionnant qu'il est mort au monde, il
s'e(plique: Nous ne voulons pas dire qu'un homme doive sortir du monde et devenir moine
Nous pensons qu'il doit y rester, mais sans consumer son coeur et ses affections en relation avec
des amis et des honneurs terrestres .l reconna=tra que, quand il tait dans le monde, il
recherchait ses propres intr&ts et son propre honneur plutBt que ceu( de $ieu 'aintenant il
abandonnera cet honneur mondain et dsirera honorer $ieu par toutes ses actions, car $ieu lui#
m&me le lui a souvent conseill ,lors, )e suis certain que la sagesse divine l'clairera et que, par
cette sagesse, il saura mieu(, en une heure, comment donner de bons conseils qu'autrefois en
une anne
'ers[in l'ayant consult sur l'emploi de son argent, l',mi de $ieu lui rpondit: Ne vaudrait#il pas
mieu( aider les pauvres que de construire un couventR 7n 9HI:, treiLe ,mis de $ieu se
rencontr+rent secr+tement dans les montagnes L'un de ces fr+res venait de 'ilan, un autre de
N&nes "e dernier, un commer1ant, avait renonc % toute sa fortune pour l'amour de "hrist .l y
avait encore deu( fr+res de la 3ongrie ,pr+s avoir longuement pri ensemble, ils prirent la !te#
"+ne 2uis ils se consult+rent sur la meilleure route % suivre en face du renouveau de
perscution des croyants .ls envoy+rent ensuite certaines recommandations au( ,mis secrets,
disperss en divers pays, entre autres, % 'ers[in de !trasbourg Finalement, ils se spar+rent et
prirent des routes diffrentes ,utant qu'on peut le savoir, ils scell+rent leur tmoignage par la
mort des martyrs
:2 L'%Cu%$%t%# ref#rce $# act%v%t
La mort de l'empereur Louis et l'lection de "harles .P 59HKI6 5K<6 eurent des consquences
dsastreuses pour les congrgations chrtiennes Le nouvel empereur tait absolument sous
l'influence du pape et de son parti et il en rsulta une lutte plus violente que )amais en vue de
dtruire toute dissidence $urant la premi+re moiti du quatorLi+me si+cle, les glises des
croyants s'taient grandement dveloppes et avaient atteint, par leur influence, beaucoup de
gens qui ne se rattachaient pas formellement % leurs groupements 'ais, vers le milieu de ce
si+cle, commen1a pour elles une +re deV cruelle preuve $es inquisiteurs furent envoys, en
nombre croissant, dans tout l'7mpire, et l'empereur leur donna tout l'appui dsir par les papes
La plus grande partie de l'7urope devint la sc+ne de l'e(cution cruelle de beaucoup de ses
meilleurs citoyens @n grand nombre prirent sur les bDchers 7n 9HO9, quatre cents personnes
furent accuses d'hrsie et condamnes par les tribunau( de la 2omranie et du Brandebourg
7n 9HOH, deu( cent quatre#vingt croyants furent emprisonns % ,ugsbourg 7n 9HOJ, environ
mille personnes furent converties % la foi catholique en -huringe, en Boh&me et en 'oravie
La m&me anne, trente#si( furent brDles % 'ayence 7nfin en 9HO?, une centaine d'hommes et
de femmes furent brDls en !tyrie, et, deu( ans plus tard, si( femmes et un homme mont+rent
sur le bDcher % Nuremberg Les villes suisses connurent des atrocits semblables , cette
poque, le pape Boniface .\ publia un dit ordonnant d'employer tous les moyens possibles pour
se dbarrasser du flau de l'impit hrtique .l cite un rapport de ses fils bien#aims, les
inquisiteurs, qui, en ,llemagne, dcrivent les Bghards, les Lollards et les !ch[esteriens,
lesquels s'affublent des noms de 2auvres et de Fr+res .l dclare que, depuis plus d'un
si+cle, cette hrsie a t interdite sous les m&mes formes et, qu'en diffrentes villes, plusieurs
de ces sectaires endurcis ont t brDls presque chaque anne 7n 9HOJ, un inquisiteur nomm
2eter 2ilichdorf se vanta d'&tre arriv % ma=triser ces hrtiques Beaucoup de fr+res se
rfugi+rent en Boh&me et en ,ngleterre, ces pays ayant t puissamment influencs, le premier,
par l'enseignement de ErBme et de 3uss, le second, par Ticleff
$ans un document de l'an 9K:K, crit par un adversaire et conserv % !trasbourg, on peut lire
ces mots, cits d'un des fr+res: 2endant deu( cents ans, nos glises connurent des temps
prosp+res et les fr+res devinrent si nombreu( que leurs conciles runissaient )usqu'% sept cents
personnes et plus $ieu fit de grandes choses pour notre communion $+s lors une perscution
intense fut dirige contre les serviteurs de "hrist .ls ont t chasss de pays en pays, et cette
cruelle croisade se poursuit encore au)ourd'hui $epuis qu'e(iste l'0glise chrtienne, )amais les
vrais chrtiens n'ont t autant traqus dans le monde, tellement qu'en certains pays, on ne
rencontre plus gu+re de saints "hasss par la perscution, nos fr+res ont parfois travers la mer
et rencontr des fr+res, en tel ou tel district 'ais, ne pouvant parler la langue du pays, ils ont
trouv les relations difficiles et sont rentrs cheL eu( La face de l'0glise change comme les
phases de la lune !ouvent elle est florissante et les saints se multiplient sur la terreG puis elle
semble tomber et dispara=tre enti+rement "ependant si elle dispara=t en un lieu, nous savons
qu'elle e(iste en d'autres pays, m&me s'il ne s'y trouve que peu de saints menant une vie pure et
unis dans une sainte communion Nous croyons que l'0glise rappara=tra, plus forte et plus
nombreuse encore Le fondateur de notre alliance est "hrist et le "hef de notre 0glise est Esus,
le Fils de $ieu
"e m&me document accuse les fr+res de dtruire l'unit de l'0glise en enseignant que l'homme
vertueu( ne peut &tre sauv que par la foi .l les bl>me de condamner des hommes tels
qu',ugustin et ErBme, et de ne pas avoir des pri+res crites, leur reprochant de tolrer qu'un
ancien puisse offrir % $ieu des pri+res plus ou moins longues, comme bon lui semble .l critique
encore les fr+res de se servir des !aintes 0critures dans la langue vulgaire, d'en mmoriser des
portions et de les rpter dans leurs runions 7nfin l'auteur du document constate que les fr+res
confessent sept points de la sainte foi chrtienne: 9 La -rinit ; $ieu est le "rateur de toutes
choses, les visibles et les invisibles H .l a donn la loi % 'oMse K .l laissa son Fils devenir un
homme J .l s'est choisi une 0glise sans tache < .l y a une rsurrection ? "hrist viendra )uger
les vivants et les morts
"es sept points, numrs ici en latin, rapparaissent en allemand dans un livre tr+s us du
quatorLi+me si+cle, dcouvert % l'abbaye de -epl, pr+s du district montagneu( de la For&t de
Boh&me, qui fut longtemps un asile pour les fr+res perscuts "et ouvrage a t compos par
les fr+res et fut videmment employ par l'un ou par plusieurs d'entre eu( $es passages de
l'0criture ont t arrangs pour &tre lus le dimanche ou en d'autres )ours, ce qui prouve qu'% part
quelques e(ceptions, les f&tes catholiques romaines n'taient pas observes L'auteur insiste sur
l'importance d'une lecture rguli+re des 0critures et recommande % chaque p+re de famille d'&tre
2r&tre dans sa propre maison "ependant, la ma)eure partie du livre est une traduction
allemande du N -estament "ette traduction diff+re grandement de la Pulgate, adopte par
l'0glise romaine, et ressemble au( traductions allemandes employes depuis l'introduction de
l'imprimerie )usqu'% la traduction de Luther "ette derni+re a certainement t influence par le
te(te de ce livre, de m&me qu'une traduction plus tardive, utilise durant pr+s d'un si+cle par les
anabaptistes, ou mennonites
-roubls par ces poques de perscution, beaucoup de gens furent entra=ns au fanatisme
"ertains, se nommant fr+res et soeurs de l'7sprit libre, prirent leurs propres sentiments pour
les directions du !t#7sprit et s'abandonn+rent % des actes de folle et de pch vraiment
outrageants $'autres pratiqu+rent l'asctisme avec e(c+s et d'autres encore, chappant % la
perscution par la solitude, devinrent tr+s troits et manifest+rent certaines vues sur l'galit qui
les rendirent soup1onneu( % l'gard de toute instruction et les dispos+rent % considrer
l'ignorance comme une vertu
Pers le milieu du quinLi+me si+cle, une srie d'vnements commenc+rent % transformer
l'7urope
;2 La rea%$$ace2 Dc#uverte de l'%5"r%5er%e
7n 9KJH, la prise de "onstantinople par les -urcs obligea de nombreu( savants grecs % s'enfuir
vers l'Accident "es hommes emport+rent avec eu( des manuscrits de grande valeur, contenant
l'ancienne littrature grecque, depuis longtemps oublie en Accident ,ussitBt dans les
universits italiennes des professeurs grecs enseign+rent la langue qui tait la cl de tous ces
trsors de connaissances, et l'tude du grec se rpandit rapidement )usqu'% A(ford Le puissant
mouvement de rveil dans la connaissance de la littrature antique fut )ustement dsign par le
terme de *enaissance
2armi ces prcieu( manuscrits retrouvs, aucun n'eut de si importants rsultats que celui qui
permit la restauration et la publication du te(te du N -estament grec
7n m&me temps, l'invention de l'imprimerie procura le moyen de propager ces nouvelles
connaissances et les premi+res presses furent employes principalement % l'impression de la
Bible
La dcouverte de l',mrique par "olomb et celle du syst+me solaire par "opernic, contribu+rent
aussi % largir les esprits
L'tude du N -estament dans des cercles tou)ours plus tendus manifesta le contraste absolu
entre l'enseignement de "hrist, d'une part, et la chrtient corrompue, de l'autre Pers la fin du
quinLi+me si+cle, quatre#vingt#di(#huit ditions compl+tes de la Bible latine avaient t
imprimes, ainsi qu'un beaucoup plus grand nombre de portions bibliques L'archev&que de
'ayence renouvela les dits interdisant l'usage de Bibles allemandes -outefois, en moins de
douLe ans, quatorLe ditions de ces Bibles avaient t imprimes, plus quatre ditions de la
Bible hollandaise et de tr+s nombreuses portions Le tout tait tir du m&me te(te que le
-estament trouv % l'abbaye de -epl
2armi les tudiants de la langue grecque % Florence se trouvait Eean "olet, qui, plus tard, donna
des cours % A(ford sur le N -estament .l fit % ses auditeurs l'impression d'un homme inspir
alors que, re)etant la religion e(trieure, il leur rvlait "hrist dans ses e(positions des p=tres de
2aul @n )uif, nomm *euchlin, fit aussi oeuvre utile en ravivant en ,llemagne l'tude de l'hbreu
2armi toute cette pliade d'hommes rudits et d'imprimeurs pieu(, qui se distingu+rent alors en
7urope, 7rasme 5K?6 est le plus connu .l naquit % *otterdam 0tant orphelin, il eut % soutenir, de
bonne heure, une lutte constante contre la pauvret "ependant ses capacits e(ceptionnelles
ne pouvaient rester ignores An l'admira bientBt, non seulement dans les cercles intellectuels,
mais encore dans toutes les cours royales, de Londres % nome !on plus grand ouvrage fut la
publication du -estament grec, avec une nouvelle traduction latine, accompagne de
nombreuses notes et paraphrases Les ditions se succd+rent rapidement 7n France
seulement, cent mille e(emplaires se vendirent en peu de temps An pouvait maintenant lire les
paroles m&mes qui avaient apport le salut au monde "hrist et ses apBtres furent rvls %
beaucoup, lesquels comprirent bientBt qu'il n'y avait aucune ressemblance entre la tyrannie
religieuse et impie qui les avait si longtemps opprims, et la rvlation de $ieu en "hrist "omme
7rasme, dans ses notes, opposait l'enseignement de l'0criture au( pratiques de l'0glise romaine,
#une indignation gnrale s'leva contre le clerg An publia librement des commentaires
railleurs, e(primant en termes peu mesurs le mpris envers les pr&tres
"oncernant les moines des ordres mendiants, 7rasme crit: !ous le dguisement de la
pauvret, ces misrables tyrannisent le monde chrtienG puis, parlant des v&ques: .ls
dtruisent l'7vangile font des lois % leur gr, oppriment les laMques et appliquent au bien et au
mal des mesures de leur propre invention .ls n'occupent pas le si+ge de l'7vangile, mais celui
de "aMphe et de !imon le 'agicien, prlats indignes !ur les pr&tres, il crit: .l y en a
maintenant un grand nombre, troupeau( normes de sculiers et rguliers Ar il est notoire que
tr+s peu d'entre eu( vivent chastement !ur le pape: E'ai vu de mes propres yeu( le pape )ules
.l marcher % la t&te d'une procession triomphale, comme s'il eDt t 2ompe ou "sar !aint
2ierre gagna le monde par la foi, non par les armes, par des soldats, ou des engins militaires
Les successeurs de saint 2ierre remporteraient autant de victoires que l'apBtre s'ils taient
anims du m&me esprit que lui 7nfin, sur le chant des choristes dans les glises, il continue,
disant: La musique d'glise moderne est compose de telle fa1on que la congrgation n'en peut
saisir un mot @n groupe de cratures qui devraient se lamenter sur leurs pchs, s'imaginent
plaire % $ieu en faisant des rouladesC
$ans l'introduction % son N -estament grec, 7rasme crit de "hrist et des 0critures: !i nous
avions vu le !eigneur de nos yeu(, nous ne le conna=trions pas aussi intimement que par le
moyen de l'0criture, o8 nous le voyons parler et gurir, mourir et ressusciter, pour ainsi dire en
notre prsence # !i l'on nous montre en quelque lieu les traces des pas de "hrist, nous
tombons % genou( et adorons 2ourquoi ne vnrons#nous pas plutBt le portrait vivant et parlant
donn par l'7vangileR # Ee voudrais que m&me la plus faible femme pDt lire les 0vangiles et les
0p=tres de saint 2aul )e voudrais qu'ils fussent traduits dans toutes les langues, afin d'&tre lus et
compris, non seulement par les 0cossais et les .rlandais, mais encore par les !arrasins et les
-urcs ,ussi la premi+re chose % faire dans ce but est#elle de les rendre intelligibles au lecteur )e
soupire apr+s le )our o8 le laboureur pourra en chanter quelques portions tout en suivant sa
charrueG o8 le tisserand pourra les fredonner au rythme de sa navetteG o8 le voyageur oubliera
les fatigues de la route en se rptant les rcits vangliques
7rasme tait un de ceu( qui espraient une rformation paisible de la chrtient Les conditions
paraissaient favorables , )ules, le pape sanguinaire, avait succd Lon \, de la cl+bre famille
des 'dicis "'tait un homme irrligieu( mais ami des arts et de la littrature, qui avait approuv
le N -estament grec d'7rasme Le roi de France, Fran1ois 9er, avait rsist % toute l'7urope
plutBt que de cder les liberts de la France au pape )ules 3enri P... d',ngleterre tait
enthousiaste pour la rforme et s'tait entour d'hommes e(cellents et des plus capables, "olet,
sir -homas 'ore, l'archev&que Tarham, $r Fisher Les autres souverains d'7urope, dans
l'7mpire et en 7spagne, taient aussi favorables 'ais les grandes institutions ne sont pas
changes facilement 7lles s'opposent % la critique et combattent les rformes )amais on ne put
vraiment s'attendre % voir la cour de nome tomber d'accord avec l'enseignement et l'e(emple de
"hrist
.l fallait, pour produire une rforme, une action nouvelle et puissante, et d)%, dans le cercle
m&me des moines, elle se prparait sans bruit "e fui Eean de !taupitL, considr comme un
chef du mouvement de la rforme, qui dcouvrit l'homme prpar par $ieu .l tait vicaire#gnral
de l'ordre des ,ugustins et, en 9J:J, lors d'un voyage d'inspection des couvents de son ordre, il
rencontra, % 7rfurt, 'artin Luther, )eune moine profondment troubl quant au salut de son >me
!inc+rement dsireu( de lui aider, !taupitL parvint % gagner sa confiance .l lui conseilla de lire
les !aintes 0critures, ainsi que les ouvrages d',ugustin, de -auler et des 'ystiques Luther suivit
ce conseil et la Lumi+re l'inonda lorsqu'il comprit par e(prience la doctrine de la )ustification par
la foi
LE PLERINAGE DOULOUREUX
de
L'GLISE A TRAVERS LES GES
()APITRE VII
L#llard$6 )u$$%te$ et le$ Gr9re$ de l'U%t
,0/;@!0>?@1
Ticleff # La rvolte des paysans # 2erscution en ,ngleterre # !a[tre, Badley, "obham #
.nterdiction de lire la Bible # Les congrgations # 3uss # QisWa # -abor # Nuerres hussites # Les
@traquistes # EaWoubeW # NiWolaus "heltschiLWy # Le Filet de la foi # *oWycana, Nrgoire,
Sun[ald *eichenau, Lhota # Les Fr+res de l'@nit # LuWas de 2rague # La nouvelle de la
*formation allemande parvient en Boh&me Eean ,ugusta # Nuerre de !malWalde #
2erscution et migration Neorges .sra/l et la 2ologne # *etour des Fr+res en Boh&me #
"harte bohmienne # Bataille de la 'ontagne#Blanche # "omnius
02 J%cleff et la B%+le a3la%$e2 Pre5%9re$ "er$cut%#$
$es circonstances semblables % celles des pays continentau( conduisirent aussi l',ngleterre %
reconna=tre les erreurs de l'0glise dominante et % mettre en question la valeur de la doctrine
romaine An donna par drision le nom de Lollards 5KI6 5bavards6 % ceu( qui parl+rent d'une
meilleure route % suivre Les mau( politiques et conomiques se m&l+rent au( questions
religieuses, surtout au dbut du mouvement An s'attaqua d'abord % l'opulence et % la corruption
du clerg, mais on s'aper1ut bientBt que la doctrine tait % la racine du mal, et ce fut sur elle que
se concentra le conflit 7n ,ngleterre, on n'avait pas perscut ceu( qu'on appelait hrtiques
avec la m&me violence que sur le continent "ependant au dbut du quinLi+me si+cle et du r+gne
d'3enri .P, les Lollards augment+rent en nombre et le souverain, pour plaire au parti clrical,
dcrta qu'ils seraient punis de la mort par le feu
$ans la lutte, le premier rang appartient % Eohn Ticleff, le plus minent des lettrs d'A(ford !es
attaques contre les pratiques corrompues de l'0glise l'entra=n+rent d'abord dans la lutte politique
qui faisait rage -outefois ceu( qui pensaient l'employer comme un important alli pour servir
leurs buts, s'loign+rent de lui lorsqu'ils comprirent quelles seraient les consquences des
principes qu'il enseignait .l devint alors le chef des gens qui cherchaient la dlivrance dans un
retour % l'0criture et % "hrist comme 'a=tre $ans son trait, Le *oyaume de $ieu et dans
d'autres ouvrages, Ticleff montre que l'7vangile de Esus#"hrist est l'unique source de la vraie
religion et que l'0criture seule est la vrit La doctrine qu'il appelait $ominion tablissait le
fait de la relation personnelle avec $ieu et de la responsabilit directe de chaque homme envers
lui -oute autorit, enseignait#il, vient de $ieu, et ceu( qui e(ercent l'autorit sont responsables
envers $ieu de l'usage qu'ils en font "ette doctrine contredisait nettement les ides
prdominantes de l'autorit irresponsable des papes et des rois et de la ncessit de la
mdiation des pr&tres 7lle souleva donc une violente opposition qui s'intensifia en 9HI9, quand
Ticleff publia sa rfutation de la doctrine de la transsubstantiation, attaquant ainsi % sa racine la
soi#disant puissance miraculeuse des pr&tres, qui leur avait si longtemps permis de dominer sur
la chrtient !ur ce point, il fut abandonn par ses partisans politiques, et m&me par sa propre
universit !on ouvrage le plus important fut celui qui permit au peuple anglais de puiser % la
source de toute pure doctrine !a traduction de la Bible accomplit une rvolution de la pense
anglaise, car la Bible anglaise est devenue l'une des plus grandes puissances en faveur de la
)ustice que le monde ait connue Ticleff trouva que les meilleurs moyens de rpandre les
0critures taient d'crire des traits populaires et d'organiser des bandes de prdicateurs
itinrants !on influence tait si grande que ses ennemis acharns ne parvinrent qu'% le chasser
d'A(ford, d'o8 il se retira % Lutter[orth, centre duquel rayonn+rent sur tout le pays instruction et
encouragement
"oncernant l'autorit en mati+re de religion, les scolastiques du temps de Ticleff 5KO6 pla1aient
les enseignements des 2+res, les dcisions des anciens et les dcrets des papes sur un pied
d'galit avec les 0critures 0tudiant la Bible plus % fond, Ticleff dut reconna=tre l'autorit
e(clusive du Livre, tout autre crit n'ayant de valeur que dans la mesure o8 il concordait avec
l'0criture .l voyait dans la connaissance chrtienne une double source, la raison et la rvlation,
entre lesquelles il ne discernait aucun dsaccord .l admettait pourtant que la raison, ou lumi+re
naturelle, avait t affaiblie par la chute et souffrait d'un degr d'imperfection que $ieu, dans sa
gr>ce, gurissait par la rvlation venant des 0critures, ces derni+res restant donc l'autorit
supr&me L'autorit absolue et sans condition de la Bible fut la grande vrit % laquelle Ticleff
rendit tmoignage, et qui fut attaque par ses adversaires, car les deu( partis ralisaient toutes
les consquences qui dcoulaient de cette doctrine
.l e(posa ce point vital dans son livre: Af the -ruth of 3oly !cripture 5$e la Prit des !tes#
7critures6 59H?I6, o8 il enseigne que la Bible est la 2arole de $ieu, la Polont ou le -estament du
2+re $ieu et sa 2arole ne font qu'@n "hrist est l',uteur de la !te#7criture, qui est sa loi Lui#
m&me est dans les 0critures Les ignorer c'est donc l'ignorer, Lui !i la Bible tait plus dtaille,
elle ne s'appliquerait pas % toutes les circonstancesG mais, telle qu'elle est, elle s'adresse % tous
et ne commande rien qui ne puisse &tre observ Les effets de l'0criture montrent sa source
divine et son autorit L'e(prience gnrale de l'0glise prouve la suffisance et l'efficacit de la
Bible 7n observant la pure loi de "hrist, sans y mlanger la tradition humaine, l'0glise a grandi
rapidement, mais elle a constamment dclin depuis l'introduction de la tradition dans son sein
$'autres formes de la sagesse disparaissent !eule demeure la sagesse communique au(
apBtres, % la 2entecBte, par le !t#7sprit L'0criture est infaillible $'autres ma=tres, m&me le grand
,ugustin, sont su)ets % erreur 2lacer au#dessus de l'0criture et lui prfrer des traditions, des
doctrines et des ordonnances humaines, est un acte d'aveugle prsomption @ne doctrine n'est
pas )ustifie parce qu'elle renferme indirectement des lments de bien et de bon sens -out
n'est pas mauvais dans les commandements et la vie du $iable, autrement $ieu ne lui
permettrait pas d'e(ercer un tel pouvoir L'histoire de l'0glise montre que l'loignement de la loi
vanglique et le mlange de la tradition, presque imperceptibles au dbut, produisirent, avec le
temps, une corruption tou)ours croissante
4uant % l'interprtation de l'0criture, ce ne sont pas les thologiens qui peuvent nous la donner
!eul le !t#7sprit nous enseigne le sens des 0critures N'est#ce pas "hrist qui les ouvrit au(
apBtres "e serait dangereu( pour qui que ce soit de prtendre possder l'e(acte interprtation
des 0critures par l'illumination du !t#7sprit -outefois nul ne peut les comprendre sans son
secours Nul ne peut comprendre s'il n'est clair par "hrist @n esprit pieu(, humble et vertueu(
est ncessaire pour cela L'0criture doit &tre interprte par elle#m&me, pour en bien saisir
l'ensemble .l faut viter de la dissquer, comme font les hrtiques 2renons#la d'abord dans son
sens primordial et littral, puis dans son sens figur .l importe d'employer le terme )uste 2aul
usait prudemment des prpositions et des adverbes "hrist est vrai 3omme et vrai $ieu, e(istant
de toute ternit Lors de son incarnation .l runit les deu( natures en sa seule personne !a
grandeur est incomparable comme unique 'diateur entre $ieu et les hommes .l est le "entre
de l'humanit, notre seul et unique "hef
L'application personnelle du salut accompli par "hrist se fait par la conversion et la sanctification
La conversion consiste % se dtourner du pch et % s'approprier par la foi la gr>ce du salut en
"hrist !e convertir, c'est se repentir et croire La repentance est ncessaire et doit porter du fruit
Ticleff unit la foi % la sanctificationG il ne voit pas la foi sans les oeuvres .l ne voyait pas l'0glise
comme tant l'0glise catholique visible, ou la communion organise de la hirarchie, mais
comme le "orps et l'0pouse de "hrist, comprenant tous les lus et n'ayant dans le monde visible
qu'une manifestation temporaire 7lle est en p+lerinage G c'est dans le monde invisible, dans
l'ternit, que se trouvent sa demeure, son origine et son but final Le salut, disait#il, ne dpend
pas d'une relation avec l'0glise officielle, ou de la mdiation du clerg 2our tous les croyants, il y
a un acc+s libre et immdiat % la gr>ce de $ieu en "hrist, et chaque croyant est un sacrificateur
.l enseignait que le terrain de l'0glise est l'lection divine et qu'un homme ne peut avoir
l'assurance d'&tre en tat de gr>ce % titre d'opinion seulement .l n'y a que la vie sainte qui en soit
l'vidence
,yant re1u l'ordre de compara=tre devant le pape, il refusa disant: $urant sa carri+re terrestre,
"hrist a t le plus pauvre des hommes et .l a re)et toute autorit temporelle E'en dduis # et
c'est mon avis personnel # que le pape devrait abandonner au pouvoir civil toute autorit
temporelle et conseiller % son clerg de faire de m&me .l mourut paisiblement % Lutter[orth, le
dernier )our de l'anne 9HIK
La rvolte des paysans 59H??#9HI96, qui eut lieu dans les derni+res annes de la vie de Ticleff,
fit obstacle, pour un temps, au rveil religieu(, en provoquant une coalition de la noblesse et du
clerg, rendant les Ticleffites # comme ils les appelaient # responsables des e(c+s et des pertes
provoqus par l'insurrection Bien que cela fDt in)uste, il e(iste pourtant une relation intime et
incontestable entre le vrai christianisme et la dlivrance des opprims ,u dbut de son
minist+re, "hrist dclara qu'.l tait envoy pour annoncer la bonne nouvelle au( pauvres pour
gurir ceu( qui ont le coeur bris, pour proclamer au( captifs la dlivrance, et au( aveugles le
recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprims 5Luc K 9I, 9O6 "es paroles
pouvaient s'appliquer au( cultivateurs de l'poque, et la connaissance des 0critures commen1a %
veiller en eu( le sentiment que: $ieu ne fait point acception de personnes 5,ctes 9: HK6, et
que leur asservissement % d'opulents seigneurs tait irrligieu( parce qu'in)uste .ls taient moins
touchs par les sermons scolastiques de Ticleff, tout empreints de la dignit d'A(ford, que par
les hymnes rudes et la prdication en plein air de Eohn Ball, l'un des leurs, qui s'criait au sein de
la mis+re gnrale: $e quel droit ceu( qui s'appellent seigneurs, dominent#ils sur nousR , quel
titre ont#ils mrit cette positionR 2ourquoi nous traitent#ils comme des serfsR 2uisque nous
descendons des m&mes parents, ,dam et 7ve, comment peuvent#ils prouver qu'ils valent mieu(
que nous, si ce n'est qu'en e(ploitant nos labeurs, ils peuvent satisfaire leur lu(e orgueilleu(R
An entendait partout ce refrain de Eohn Ball 4uand ,dam labourait et qu'7ve filait, o8 tait alors
le gentilhommeR La rvolte fut crase et on dcrta des lois iniques pour ma=triser les
paysans -outefois, lentement et pniblement, ils obtinrent enfin gain de cause "e furent encore
les 0critures, agissant sur les consciences, qui contribu+rent le plus puissamment % cet heureu(
rsultat
La traduction de la Bible produisit des fruits $es hommes en grand nombre reconnurent en ce
Livre le seul guide de leur foi et de leur conduite $iffrentes vues se manifest+rent sur certains
pointsG mais il y eut un accord gnral sur l'autorit de l'0criture, et l'0glise dominante fut
dnonce comme infid+le et idol>tre 4uelqu'un dit alors que, sur deu( hommes, l'un tait un
Lollard et l'autre un Ticleffite, et que l'0criture tait devenue chose vulgaire, plus accessible au(
laMques et au( femmes qui savent lire qu'au( clercs eu(#m&mes
Le premier qui monta sur le bDcher, apr+s la mise en vigueur de la loi contre les hrtiques, fut
Tilliam !a[tre, recteur dans le NorfolW 59K:96 La "hambre des "ommunes prsenta % 3enri .P
des ptitions, lui demandant d'employer l'e(cdent des revenus de l'0glise % des buis utiles et de
modifier la loi contre les Lollards 2our toute rponse, le roi signa la condamnation au bDcher de
-homas Badly, tailleur % 7vesham, qui tait accus de nier la transsubstantiation "et homme
dfendit courageusement sa foi devant l'v&que de Torcester, fut )ug % l'glise de !t#2aul par
les archev&ques de "anterbury et d'ZorW, devant de nombreu( pr&tres et nobles, puis brDl %
!mithfield
!ir Eohn Aldcastle, Lord "obham, vaillant soldat, fut l'un des conducteurs des Lollards !on
ch>teau tait un asile pour les prdicateurs itinrants et on y tenait des runions, interdites alors
sous peine de sv+res ch>timents 3enri .P n'osa pas s'attaquer % lui 'ais, d+s qu'3enri P fut
sur le trBne, il fit assiger le ch>teau, s'en empara et arr&ta le ch>telain "e dernier parvint %
s'vader de la -our de Londres et, pendant quelques annes, chappa au( poursuites, alors que
beaucoup d'autres taient arr&ts et e(cuts, dans le nombre trente#neuf des principau(
Lollards !ir Eohn fut enfin captur dans le 2ays de Nalles et condamn au bDcher .l fut le
premier des nobles anglais % mourir pour la foi
,pr+s sa mort, une nouvelle loi fut dcrte: quiconque lirait l'0criture en anglais le ferait au pri(
de sa vie et de ses biens, mobiliers et immobiliers .l serait condamn comme hrtique envers
$ieu, ennemi de la couronne et tra=tre au royaume et n'aurait aucun droit de refuge s'il s'obstinait
dans son hrsie !'il retombait apr+s avoir t pardonn, il serait pendu pour trahison envers le
roi et ensuite brDl pour hrsie envers $ieu
"ependant les fr+res, bien que vivant cachs ou en e(il, ne furent pas anantis et certaines
congrgations continu+rent m&me % e(ister "es croyants se trouvaient surtout % l'est de
l',ngleterre et % Londres Lors de l'av+nement d'3enri P. 59K;;6, il y avait de grandes
congrgations au( environs de Beccles 4uoique ces glises fussent frquemment dissoutes,
puis reformes, quelques#unes e(ist+rent durant de longues priodes 2lusieurs, par e(emple,
dans le comt de BucWingham, dur+rent de soi(ante % septante ans et rest+rent en communion
avec celles de NorfolW, du !uffolW, et avec d'autres dans le pays 0crivant en 9J;H % 7rasme,
l'v&que de Londres disait .l n'est pas question de quelque nouveaut pernicieuse, mais plutBt
de nouveau( renforts a)outs % la grande bande des hrtiques [icleffites
-2 ErK5e de Pra3ue6 Eea )u$$ et le (#c%le de (#$tace
ErBme de 2rague 5J:6 fut l'un des tudiants trangers qui suivirent les cours de Ticleff % A(ford
.l revint dans sa ville natale, plein de L+le pour les vrits qu'il venait de saisir, se mit % enseigner
hardiment que l'0glise de nome tait dchue de la doctrine de "hrist et que tout homme,
cherchant le salut, devait retourner au( enseignements de l'7vangile 2armi ceu( qui furent
profondment touchs par ErBme se trouvait Ean 3us 5Eean 3uss6 5J96, docteur en thologie et
prdicateur % 2rague, confesseur de la reine de Boh&me !a foi sinc+re, ses remarquables
capacits, unies % l'loquence et au charme des mani+res, agirent puissamment sur le peuple,
d)% prpar par les labeurs des Paudois dans le pass .l crivait et parlait en langue tch+que, et
la longue rivalit entre -eutons et !laves, reprsents respectivement en Boh&me par les
,llemands et les -ch+ques, donna bien vite une tournure politique au mouvement: l'lment
germanique, dvou % la puissance de *ome, et les -ch+ques, soutenant l'enseignement de
Ticleff, Le pape, par le moyen de l'archev&que de 2rague, e(communia 3uss et fit brDler
publiquement les crits de Ticleff, mais le roi de Boh&me, la noblesse, l'universit et la ma)orit
du peuple soutinrent 3uss et sa doctrine
7n 9K9K 5J;6, commen1a % "onstance, au bord du beau lac de ce nom, un concile qui dura trois
ans et demi, o8 l'on vit assembls un nombre e(traordinaire de dignitaires ecclsiastiques, de
princes et de magistrats de divers 0tats, ainsi qu'une multitude de gens de toutes conditions
2endant ce temps, la ville devint le th>tre de divertissements nombreu( et d'une honteuse
immoralit .l y avait alors trois papes rivau(, et le but du concile tait de remdier % la confusion
et au( schismes que causait cet tat de choses Les trois papes en fonction furent mis de cBt et
'artin P fut lu % leur place
Le concile avait aussi pour ob)et de combattre l'enseignement de Ticleff et de 3uss "e dernier
fut invit % "onstance et l'empereur !igismond lui dlivra un sauf#conduit, lui promettant absolue
scurit s'il venait au concile "onfiant dans la parole de l'empereur, 3uss se rendit % "onstance
% temps pour l'ouverture du concile gnral, o8 il pensait profiter de l'occasion d'e(poser les
doctrines scripturaires qu'il professait 'ais en dpit de la promesse impriale, il fut arr&t % son
arrive et )et dans un horrible don)on si] tu sur une =le 2our )ustifier cette action le concile
promulgua un dcret solennel 59K9J6 # soi#disant une dcision infaillible dicte par le !t#7sprit #
comme quoi l'0glise n'est pas tenue de tenir parole % un hrtique 3uss fut soumis % des
mauvais traitements de tous genres pour l'amener % rtracter ce qu'il avait enseign, notamment
que le salut, don de la gr>ce divine, est re1u par la foi, sans les oeuvres de la loiG puis que ni titre
ni position, si levs soient#ils, ne peuvent rendre un homme agrable % $ieu sans la saintet de
la vie 3umblement et avec grand courage, il maintint qu'il tait pr&t % rtracter ce qui, dans son
enseignement, pourrait &tre contraire au( !tes#7critures, mais qu'il ne pouvait renier ce qu'il
savait &tre conforme % la 2arole de $ieu .l refusa aussi de rtracter des opinions qu'il n'avait
)amais mises et qu'on lui attribuait faussement L'accusation d'&tre infect de la l+pre des
Paudois et d'avoir pr&ch les doctrines de Ticleff montre que l'unit de la vrit enseigne dans
ces milieu( divers, tait reconnue par les ennemis des fr+res 3uss fut brDl sur le bDcher, apr+s
un service solennel de dgradation $eu( semaines auparavant, il avait crit: Ee trouve un
grand rconfort dans cette parole de "hrist: 3eureu( sereL#vous, lorsque les hommes vous
haMront "'est la meilleure des salutations .l n'est pas difficile de la comprendre, mais bien d'y
faire honneur, car nous devons nous r)ouir dans ces tribulations .l est facile de lire de telles
paroles et de les e(pliquer, difficile de les mettre en pratique '&me le plus brave des
combattants, qui savait pourtant qu'.l ressusciterait le troisi+me )our, fut troubl en !on esprit,
apr+s le souper ,ussi les soldats du "hrist, regardant % leur "hef, le *oi de Nloire, ont#ils eu
une grande lutte % soutenir, pour pouvoir passer par le feu et par l'eau, sans prir .ls ont re1u la
couronne de vie, cette couronne glorieuse que le !eigneur m'accordera, )'en suis persuad, # et %
vous aussi, sinc+res dfenseurs de la vrit, comme % tous ceu( qui aiment le !eigneur Esus
avec constance : -r+s#!aint "hrist, attire#moi % toi, dans ma faiblesse, car, si tu ne nous
attires, nous ne pouvons te suivre Fortifie mon esprit, afin qu'il soit prompt % l'obissance !i la
chair est faible, que ta gr>ce vienne nous assisterG entoure#nous par derri+re et par devant, car
sans toi nous ne pouvons marcher % une mort cruelle pour l'amour de toi $onne#moi un coeur
vaillant, une vraie foi, une ferme esprance, un amour parfait, afin que, pour toi, )e puisse
abandonner ma vie avec patience et avec )oie ,men 0crit en prison, dans les cha=nes, la veille
de !t#Eean#Baptiste
ErBme de 2rague mourut peu apr+s du m&me supplice, et la Boh&me hussite se divisa bientBt
en trois camps ceu( qui lutt+rent, ceu( qui essay+rent de transiger # appels @traquistes ou
"ali(tins # et ceu( qui accept+rent de souffrir
/2 Eea L%$Da et le$ 3uerre$ 4u$$%te$
Les premiers, sous la conduite de Eean QisWa, entreprirent une guerre nergique et avec succ+s
La petite ville de -abor, sur une haute colline, au coeur de la Boh&me, devint un centre militaire
et spirituel !ur la place du march, on peut encore voir les restes des tables de pierre autour
desquelles des di( milliers de personnes se runissaient pour clbrer la !te#"+ne sous les deu(
esp+ces, tandis que l'0glise de *ome avait rserv l'usage du vin au( pr&tres seuls et le refusait
au( laMques La coupe devint le symbole des "aborites ,u pied de la colline de -abor, on peut
voir un tang, nomm encore Eourdain, dans lequel des croyants en grand nombre furent
baptiss sur la profession de leur foi QisWa fut % la t&te, non seulement des nobles, mais de la
nation enti+re Les paysans libres furent saisis par un esprit gnral d'enthousiasme irrsistible
Leurs instruments aratoires devinrent des armes redoutables et QisWa leur enseigna % employer
leurs chars de ferme comme retranchements mobiles aussi bien que comme moyens de
transports Le pape lan1a des croisades contre eu(, mais les armes envoyes furent mises en
droute et les 3ussites envahirent et dvast+rent les pays environnants $e grands e(c+s furent
commis des deu( cBts L'0glise fut oblige de pactiser avec les 3ussites et, au "oncile de B>le
59KHH6, elle leur reconnut le droit de pr&cher librement la 2arole de $ieu, de prendre la !te#"+ne
sous les deu( esp+ces, d'abolir la possession des biens temporels par le clerg et plusieurs lois
oppressives "ependant les guerres continu+rent, puisant et dmoralisant le pays $es lois
asservissant les paysans vinrent affaiblir la puissance de la nation et, en 9KHK, % la bataille de
Lipan, les -aborites furent battus An conclut un accord # le 2acte de B>le # qui divisa les
Bohmiens Les @traquistes tant les plus favorables % l'0glise romaine, furent reconnus par le
pape comme constituant l'0glise nationale de Boh&me et le privil+ge d'employer la coupe de
communion leur fut accord Leur chef, *oWycana, fut lu archev&que et tout passa de nouveau
au( mains de *ome
:2 Le f%let de la f#%
2endant que ces vnements se droulaient et que les 3ussites taient % l'apoge de leurs
succ+s, il y avait d'autres croyants qui, en mati+re de foi et de tmoignage, n'avaient pas eu
recours % la force matrielle, mais agissaient comme le leur avaient enseign autrefois les
prdicateurs vaudois .ls continuaient % chercher et % trouver dans l'0criture des directions
spirituelles pour l'ordre des glises et le tmoignage vanglique 7n imitateurs de "hrist, ils
acceptaient les souffrances in)ustes et s'en remettaient % $ieu
L'un des plus minents fut EaWoubeW 5JH6, coll+gue de 3uss % l'universit de 2rague $)% en
9K9:, il avait, dans l'un de ses cours, tabli le contraste entre l'0glise fausse et antichrtienne de
*ome et la vraie 0glise, ou communion des saints, e(hortant tous les chrtiens % revenir %
l'0glise primitive Nommons encore NiWolaus, ,llemand e(puls de $resde comme hrtique,
tr+s vers dans l'0criture et dans l'histoire de l'0glise .l influen1a les -aborites en leur e(posant
l'enseignement des apBtres et l'ordre des glises primitives, en contraste avec les erreurs qui
s'taient graduellement glisses parmi eu(
La question du droit des chrtiens d'employer l'pe fut grandement discute % 2rague Les
-aborites estimaient qu'il tait )uste aussi d'attaquer et de dpouiller l'ennemi, sous la pression
des circonstances !ur ce point, EaWoubeW fut bientBt en pleine opposition avec les -aborites
2armi ceu( qui ob)ectaient % l'usage des armes, m&me en cas de dfense, 2eter "heltschiLWi fut
l'un des plus influents et des plus capables Bien qu'ayant plusieurs points de contact avec les
-aborites, il ne se lassa pas de s'opposer % QisWa et % ses appels au( armes
Les crits des fr+res taient frquemment brDls avec leurs auteurs "ependant quelques#uns
chapp+rent % la flamme, entre autres un livre de 2eter "heltschiLWi, intitul Le filet de la foi
5JK6, crit en 9K9K "et ouvrage, qui contient en grande partie l'enseignement des fr+res, e(er1a
une grande influence L'auteur crit: $ans ce livre, nous, les derniers venus, ne cherchons qu'%
voir les premi+res choses et % y revenir, selon que $ieu nous en rendra capables Nous sommes
comme des gens e(aminant une maison qui a brDl et cherchant % en retrouver les fondations
La chose est d'autant plus malaise que les ruines sont recouvertes de plantes de tous genres et
beaucoup de gens les confondent avec les fondations .ls disent: Poici les fondations ou bien:
"'est ainsi que tout doit aller $'autres le rp+tent apr+s eu( $ans ces nouveauts qui ont pris
racine, ils s'imaginent avoir dcouvert les bases de l'difice, alors qu'il s'agit de quelque chose de
tout autre, voire de contraire au( vraies fondations "eci complique beaucoup les recherches, car
si tous disaient: Le vieu( fondement est enfoui sous ces ruines, ils se mettraient % b&cher et %
fouiller pour le retrouver ,insi ils feraient oeuvre vritable en rtablissant toutes choses sur son
fondement, comme le firent Nhmie et Qorobabel, apr+s la destruction du temple .l est
beaucoup plus difficile maintenant de relever les ruines spirituelles, apr+s un temps si long, et de
revenir % l'tat primitif, pour lequel il n'e(iste d'autre fondement que Esus#"hrist, et dont
beaucoup se sont loigns, en se tournant vers d'autres dieu(
.l crit encore: Ee ne dis pas que, partout o8 pr&chaient les apBtres, tous croyaient, mais
seulement ceu( que $ieu avait choisis, ici beaucoup, l% moins ,u( temps apostoliques, les
glises de croyants taient nommes d'apr+s les villes, villages ou districts, o8 elles
rassemblaient les fr+res d'une m&me foi "es glises avaient t spares par les apBtres des
non#croyants )e ne veu( pas dire par l% que les fr+res habitaient tous ensemble quelque rue
spciale de la ville, mais qu'ils taient unis par une foi semblable et se runissaient pour &tre en
communion spirituelle les uns avec les autres au moyen de la 2arole de $ieu "'est % cause de
cette association spirituelle dans la foi qu'on les nommait glises de croyants "heltschiLWi
relate encore qu'% B>le, en 9KHH, le reprsentant du pape dit qu'il y avait eu bien des choses %
admirer dans l'0glise primitive, mais qu'elle avait t simple et pauvre et que, de m&me que le
temple avait succd au tabernacle, ainsi la beaut et la gloire de l'0glise prsente avaient
succd % sa simplicit premi+re 7n outre, bien des choses ignores de l'0glise primitive sont
maintenant rvles "heltschiLWi se contente d'a)outer: Le chant serait bien beau s'il n'tait un
mensonge
.l enseigna que le grand#pr&tre 5soit le pape6 dshonorait le !auveur en s'arrogeant la
puissance divine de pardonner les pchs, qui n'appartient qu'% $ieu seul $ieu a tmoign que
Lui seul remet les pchs et pardonne au( hommes leurs iniquits, % cause de "hrist qui mourut
pour les pchs de l'humanit Le tmoignage de la foi c'est qu'.l est l',gneau de $ieu qui Bte le
pch du monde et par] donne au( pcheurs .l est le !eul et @nique qui ait le droit de
pardonner les pchs, parce qu'.l est en m&me temps $ieu et 3omme "'est comme 3omme
qu'.l est mort pour le pch !ur la croi( .l s'est offert % $ieu en sacrifice pour le pch "'est
donc par Lui et par ses souffrances que $ieu a pu pardonner les pchs du monde Lui seul a
donc la puissance de pardonner Le grand#pr&tre, s'entourant de pompe et de lu(e, et s'levant
au#dessus de tout ce qu'on appelle $ieu, a donc fait main basse, comme un voleur, sur les droits
de "hrist .l a institu le p+lerinage % *ome, comme moyen de purifier le pch $es foules
e(altes accourent de tout pays, et lui, le p+re de tout mal, distribue, de quelque lieu lev, sa
bndiction % la foule, pour lui accorder le pardon de tout pch et la dlivrance du )ugement %
venir .l sauve de l'enfer et du purgatoire et il n'y a aucune raison pour que personne soit
condamn .l envoie aussi, en tous lieu(, des billets que l'on ach+te pour &tre dlivr du pch et
de la souffrance Les gens ne prennent m&me plus la peine d'aller vers lui .ls envoient l'argent et
tout est pardonn "e qui appartient au !eigneur, ce fonctionnaire de l'0glise s'en est empar .l
re1oit les louanges qui sont dues au !eigneur et s'enrichit par la vente des indulgences 4ue
reste#t#il de l'oeuvre de "hrist pour nous, si son reprsentant nous dlivre du pch, du )ugement
et peut nous rendre )ustes et saintsR "e sont nos pchs qui nous barrent la voie du salut !i le
grand#pr&tre les efface tous, que fera le pauvre !eigneur EsusR 2ourquoi le monde Le nglige#t#
il ainsi, ne cherche#t#il pas le salut aupr+s de LuiR -out simplement parce que le grand#pr&tre
)ette sur Lui l'ombre de sa ma)est et l'obscurcit dans ce monde, tandis que lui, le pr&tre, magnifie
son nom "'est ainsi que le !eigneur Esus, d)% crucifi, devient la rise du monde, et que
chacun ne parle que du grand#pr&tre et du salut qu'il dispense
;2 L'3l%$e de Ml'U%t de$ Gr9re$N
2r&chant dans la fameuse glise -yn % 2rague, l'archev&que utraquiste *oWyeana 5JJ6
recommanda loquemment les enseignements de "heltschiLWi et dnon1a les erreurs de l'0glise
de *ome -outefois, il ne pratiquait pas ce qu'il pr&chait Beaucoup de ses auditeurs rsolurent
de vivre selon les principes enseigns et, prenant pour conducteur un homme de bonne
rputation, Nrgoire, connu comme le patriarche, ils dlaiss+rent *oWycana et fond+rent 59KJ?6
une communaut au nord#est de la Boh&me, dans le village de Sun[ald, o8 se trouvait le
ch>teau de LititL Beaucoup d'autres se )oignirent % eu(, parmi lesquels des disciples de
"heltschiLWi et des Paudois, ainsi que des tudiants de 2rague -out en restant en relations avec
l'glise utraquiste, ils revinrent, sur plusieurs points, % l'enseignement de l'0criture et % l'ordre des
glises primitives .ls avaient un pr&tre utraquiste comme pasteur, mais nommaient des anciens
!elon l'ancienne coutume vaudoise, ils avaient aussi dans leurs rangs des 2arfaits qui
abandonnaient tous leurs biens 'ais on ne les laissa pas longtemps en pai( ,u bout de
quelques annes, la colonie de Sun[ald fut dissoute L'glise utraquiste perscuta ces fr+res
aussi am+rement que l'avait fait l'0glise de *ome Nrgoire fut emprisonn et tortur @n certain
EaWob 3ulava fut brDl, et les fr+res se rfugi+rent dans les montagnes et les for&ts "ependant,
leur nombre augmentait et, peu % peu, la perscution cessa
7n 9K<H, dans les montagnes de *eichenau 5J<6, et, en 9K<?, % Lhota, se tinrent des
assembles gnrales de fr+res, au(quelles particip+rent beaucoup de personnalits de haut
rang et o8 l'on e(amina % nouveau les principes de l'0glise L'un des premiers actes accomplis fut
le bapt&me des croyantsG car le bapt&me par immersion tait habituel cheL les Paudois et cheL la
plupart des fr+res d'autres pays, mais il avait souvent t emp&ch par l'intensit des
perscutions .ls dclar+rent aussi formellement leur sparation de l'0glise romaine et se
donn+rent le nom de Eednota BratrsW> 50glise de la Fraternit6 ou 0glise de l'@nit des fr+res
Leur intention n'tait pas de former un nouveau parti, ou de se sparer des nombreuses glises
de fr+res en divers pays .ls espraient plutBt que leur e(emple en encouragerait d'autres % faire
conna=tre nettement leur sparation du syst+me de l'0glise romaine ,vant de clore ces
assembles, en choisit neuf des participants sur les soi(ante prsentsG puis trois d'entre ces neuf
furent dsigns par le sort et enfin l'un d'eu(, 'atthias de Sun[ald, fut dsign et envoy vers
l'v&que vaudois 7tienne, en ,utriche, pour &tre consacr, afin de prouver que la relation tait
maintenue avec les fr+res vaudois .ls ne considraient pas cette conscration comme
indispensable, mais comme dsirable .ls pensaient qu'au temps de !ylvestre, l'0glise romaine
avait perdu la succession apostolique # ou ce qu'il en restait # et que c'tait plutBt cheL les
"athares, les 2auliciens, ou les Paudois qu'il fallait la chercher
.ls communiqu+rent leur dcision % l'archev&que *oWycana "e dernier les ayant bl>ms du haut
de la chaire, ils lui crivirent qu'ils ne dsiraient pas crer quelque chose de nouveau, mais
retourner % la vraie 0glise des premiers chrtiens que les Paudois avaient tou)ours maintenue .l
leur fut rpondu que, par leur sparation, ils condamnaient tous ceu( qui n'taient pas de leur
nombre et niaient qu'ils pussent &tre sauvs .ls rpliqu+rent alors que )amais ils n'avaient
rattach le vrai christianisme % certaines formes ou opinions seulementG qu'ils reconnaissaient la
prsence de vrais chrtiens parmi ceu( qui n'appartenaient pas % leurs assembles et
considraient que l'0glise de *ome pchait en dniant le salut % ceu( qui refusaient soumission
au pape L'un des fr+res, neveu de l'archev&que, lui crivit: Nul ne peut dire que nous
condamnons et e(cluons tous ceu( qui obissent % l'0glise romaine -elle n'est pas notre
pense Nous n'e(cluons pas davantage les lus de l'0glise catholique romaine que ceu( des
0glises indienne et grecque
"es fr+res insistaient sur la saintet de la vie telle que "hrist et ses apBtres l'avaient enseigne,
appuye sur la discipline ecclsiastique scripturaire, mais combine avec une pleine libert de
conscience La vie simple tait recommande ,ucun fr+re ne devait souffrir de la pauvret, les
riches tant pr&ts % les secourir
L'accroissement de ces glises amena des changements $es gens riches et instruits se
)oignirent % elles et la direction passa % des hommes d'ducation suprieure LuWas de 2rague fut
pendant quarante ans, )usqu'% sa mort 59J;I6, le plus minent et le plus actif de ces conducteurs
.l crivit beaucoup et avec talent 7n fait, % cette poque, les oeuvres des fr+res dpass+rent de
beaucoup celles du parti catholique romain, tant par l'abondance de leurs ouvrages que par
l'usage de l'imprimerie .ls crivirent nombre de cantiques et en compos+rent la musique .ls
cess+rent de croire qu'il tait mal d'occuper des positions importantes comme fonctionnaires de
l'0tat, ou de faire, par le commerce, d'honn&tes bnfices, en plus des gains strictement
ncessaires % l'entretien de la vie .ls consentirent aussi % pr&ter serment L'instruction se
rpandit et les coles des fr+res furent gnralement recherches La doctrine de la )ustification
par la foi fut plus clairement enseigne que prcdemment LuWas dveloppa aussi l'organisation
du gouvernement de l'0glise et introduisit un certain rituel dans le culte, rest simple )usqu'alors
-ous ne le suivirent pas 4uelques#uns demeur+rent attachs au( formes anciennes
,u bout de quelque temps, le pape ,le(andre P. persuada le roi de Boh&me que la puissance
croissante des fr+res mettait son trBne en danger, et, en 9J:?, l'0dit de !t#Eacques ordonna,
sous peine d'e(il, l'obissance % l'0glise catholique romaine, ou % l'0glise utraquiste Les fr+res
furent de nouveau perscuts, leurs runions interdites, leurs livres brDls 7u(#m&mes furent
emprisonns, bannis ou cruellement mis % mort "ette preuve dura di( ans, pendant lesquels
LuWas se dpensa sans compter pour rconforter et encourager les croyants, )usqu'% ce qu'il fDt
lui#m&me saisi et emprisonn Nr>ce % la bonne rputation des fr+res, la perscution finit par
s'teindre 4uelques#uns de leurs plus cruels ennemis moururent subitement et de mani+re
trange, ce qui pouvanta les autres et les emp&cha de continuer leur oeuvre de mort Le roi de
Boh&me mourut aussi, et des querelles entre catholiques romains et utraquistes dtourn+rent
l'attention des perscuteurs Les fr+res retrouv+rent alors la tranquillit
>2 Le$ Gr9re$ de B#4F5e et Lut4erH le$ 3uerre$ de rel%3%#
$ans le m&me temps, il vint d',llemagne la nouvelle de l'nergique protestation de Luther %
Tittenberg $+s que possible, les fr+res envoy+rent l%#bas des reprsentants et se mirent en
contact avec les rformateurs LuWas, sorti de prison, e(prima quelques doutes au su)et des
mthodes, % son avis un peu violentes, de Luther et des tudiants de Tittenberg -out cela tait
si diffrent de la vie bien rgle qu'il avait introduite dans les communauts de fr+res, o8 chaque
acte dcoulait d'un principe dfini "ependant les fr+res, en gnral, salu+rent avec
enthousiasme des allis si inattendus $e son cBt, Luther avait des doutes sur les fr+res
"ependant, en 9J;:, il crivit % !palatin: Eusqu'% prsent, )'ai proclam, bien
qu'inconsciemment, tout ce que 3uss a pr&ch et dfendu Eohann !taupitL a fait de m&me 7n
somme, nous sommes tous des 3ussites sans le savoir 2aul et ,ugustin en taient aussi, dans
le sens complet du termeC Poil% notre horrible mis+re: nous n'avons pas su reconna=tre comme
notre chef le docteur bohmien
@n autre grand chef des Fr+res de l'@nit tait Eean ,ugusta qui, % trente#deu( ans, fut nomm
v&que Nuide des plus capables, il favorisa une enti+re coopration avec les protestants
d',llemagne 7n 9J;<, l'ancienne maison royale de Boh&me s'teignit et le royaume chut % la
famille catholique des 3absbourg Ferdinand 9er l'a)outa % ses nombreu( tats 7n Boh&me,
beaucoup de nobles avaient t favorables au( Fr+res et s'taient m&me )oints % eu( .ls avaient
rendu de grands services % la cause chrtienne en accueillant dans leurs domaines des croyants
perscuts Eean ,ugusta s'adressa % l'un d'eu(, "onrad Sra)eW 5qui avait fond l'un des
principau( centres des fr+res % EungbunLlau6, pour le prier de ngocier avec le nouveau roi si mal
dispos "es dmarches furent heureuses, et les croyants )ouirent d'un temps de prosprit
7n 9JK<, une guerre clata entre la Ligue de !malWalde, ou Ligue des princes protestants
d',llemagne, sous la conduite de l'0lecteur de !a(e, et l'empereur "harles#4uint fr+re du roi de
Boh&me: les tais protestants contre les catholiques romains Ferdinand somma les nobles et le
peuple de Boh&me, qui taient ses su)ets, de lui aider L'0lecteur de !a(e invita les fr+res % le
secourir dans cette lutte pour la foi protestante 2armi les nobles bohmiens, quelques#uns des
plus influents faisaient partie des fr+res, qui taient tr+s nombreu( et estims dans le pays @ne
runion fut tenue cheL l'un des nobles, et il fut dcid de combattre pour la cause protestante ,
la bataille de 'Uhlberg, en 9JK?, les protestants furent battus Ferdinand rentra % 2rague
victorieu( et commen1a % perscuter les fr+res, en vue de leur anantissement 4uatre
gentilshommes furent e(cuts publiquement % 2rague $'autres se virent confisquer leurs biens
Les runions furent interdites, et ordre fut donn % quiconque refusait de se )oindre au( 0glises
romaine ou utraquiste de quitter le pays dans le dlai de si( semaines
,lors commen1a une vaste migration $e tous cBts, les e(ils, formant de vraies caravanes de
chars, se dirig+rent vers la 2ologne 7n cours de route, ils rencontraient des populations
sympathiques, et purent ainsi passer sans frais la douane et re1urent partout l'hospitalit An leur
refusa cependant la permission de s'tablir en 2ologne, ou en 2russe polonaise, et ce ne fut
qu'apr+s si( mois de prgrinations qu'ils trouv+rent asile % S^enigsberg, ville luthrienne de la
2russe orientale L'un d'entre eu(, Neorges .sra/l, )eune forgeron, remarquable par sa foi comme
par sa vigueur physique, surmonta tous les obstacles et obtint pour les fr+res la ville d'Astrorog,
en 2ologne .ls s'y tablirent et en firent un centre d'o8 leur oeuvre rayonna dans tout le pays .ls
ne se contentaient pas de pr&cher l'7vangile, mais s'effor1aient de rapprocher les unes des
autres les diverses sections du protestantisme
7n 9JJ<, Ferdinand devint empereur et le trBne de Boh&me passa % son fils, 'a(imilien !ous
son r+gne, les fr+res furent autoriss % retourner dans leur patrie, % reb>tir leurs lieu( de culte et
% reprendre leurs runions Bon nombre d'entre eu( ne s'taient pas e(ils Leurs glises furent
bientBt rorganises en Boh&me et en 'oravie, s'a)outant % celles de 2ologne Eean ,ugusta, qui
avait t longuement emprisonn et souvent tortur, dcida de se )oindre % l'0glise utraquiste,
dans la pense qu'il pourrait ainsi amener cette glise % s'unir au( fr+res $e fait, beaucoup
d'utraquistes taient devenus protestants, en sorte que la Boh&me et la 'oravie taient en
ma)orit protestantes Les principau( conducteurs des fr+res taient alors deu( gentilshommes,
TenLel de Budo[a et "harles de Qerotin .ls possdaient de vastes domaines, vivaient sur un
pied presque royal, et taient des hommes pieu( qui, dans leur vie familiale, donnaient une place
d'honneur % la lecture de la Bible et % la pri+re Le pays prospra et l'ducation se gnralisa @n
noble polonais, arrivant, en 9J?9, % l'une des colonies des fr+res, crivait: : $ieu ternel, quelle
)oie s'alluma dans mon coeurC Lorsque )e me fus renseign sur toutes choses, il me sembla &tre
transport dans les 0glises d'0ph+se, de -hessalonique, ou de quelque autre centre apostolique
L% )e vis de mes propres yeu( et entendis de mes propres oreilles les choses que nous lisons
dans les 0p=tres $e 9J?O % 9JOH, un grand travail fui achev, soit la traduction de la Bible
des langues originales en tch+que "ette Bible de SralitL a servi de base % la traduction
employe au)ourd'hui 7lle devint la pierre angulaire de la littrature tch+que
L'ambition des nobles tait que l'0glise de l'@nit des fr+res ne fDt plus simplement tolre et
e(pose en tous temps % de nouvelles perscutions .ls aspiraient % la voir devenir l'0glise
nationale de Boh&me Lorsqu'en 9<:H, l'empereur *odolphe .. demanda % la $i+te bohmienne
de l'argent pour une campagne qu'il pro)etait contre les -urcs, TenLel de Budo[a rclama la
rvocation de l'0dit de !t#Eacques et une compl+te libert religieuse pour le peuple Le crdit
demand ne devait &tre vot qu'% ces conditions La noblesse protestante des divers partis
appuya cette demande et le peuple se rangea avec enthousiasme % ses cBts L'empereur,
ballott entre protestants et )suites, promit et se rtracta % ritres fois, et rien ne fut obtenu
,lors TenLel convoqua tous les nobles .ls se procur+rent des hommes et des ressources, puis
)ur+rent de recourir % la force, si leurs conditions n'taient pas acceptes L'empereur cda, signa
la "harte bohmienne, qui donnait pleine libert religieuse, % la grande )oie du peuple An forma
un comit de vingt#quatre $fenseurs qui devait veiller % la mise % e(cution des termes de la
"harte -ous les partis protestants et les fr+res de l'@nit sign+rent la "onfession gnrale et
nationale protestante de Boh&me 'ais, en 9<9<, Ferdinand .l monta sur le trBne 7nti+rement
sous l'influence des )suites, et bien qu'il eDt )ur % son couronnement d'observer la "harte, il
commen1a immdiatement % la violer !es deu( ministres principau(, 'artinitL et !la[ata, prirent
des mesures de contrainte contre la libert des protestants et l'attitude des deu( partis
antagonistes devint de plus en plus mena1ante La crise invitable fut provoque par une
querelle au su)et d'une glise protestante que le roi avait fait dtruire L%#dessus les $fenseurs
pntr+rent de force dans le ch>teau royal de 2rague, o8 tait assembl le "onseil du toi , la
suite d'une violente altercation, 'artinitL et !la[ata furent )ets, par la fen&tre, d'une hauteur de
quelque vingt m+tres Fort heureusement, leur chute fut amortie par un tas de fumier et ils
n'eurent pas grand mal Les $fenseurs mirent une arme sur pied, dpos+rent Ferdinand et
nomm+rent roi l'0lecteur palatin Frdric, gendre de Eacques 9er d',ngleterre Les )suites furent
e(pulss et la messe fut ridiculise
Le point culminant de la lutte fut la bataille livre sur la 'ontagne#Blanche, en dehors de 2rague,
en 9<;: Les $fenseurs essuy+rent une grande dfaite Le ;9 )uin 9<;9, sur la grande place de
2rague, ferme d'un cBt par l'glise de -yn et de l'autre par le palais de la $i+te, vingt#sept
gentilshommes protestants furent publiquement dcapits, entre autres TenLel de Budo[a .ls
refus+rent l'offre qui leur fut faite d'adopter la foi catholique pour sauver leur vie Le meurtre et la
violence rgn+rent alors dans le pays -rente#si( mille familles quitt+rent la Boh&me et la 'oravie
et la population de la Boh&me tomba de trois % un million d'habitants ,insi disparurent ensemble
la religion hussite et l'indpendance de la Boh&me
La guerre de -rente ans avait commenc % semer la ruine sur de vastes contres de l'7urope
?2 (#5%u$
7n ces temps de dtresse, parut la figure hroMque de Eean ,mos "omnius, n
en 9JO;, qui acquit plus tard une rputation mondiale par sa rforme dans
l'ducation .l n'approuva pas la mani+re dont les fr+res s'taient lancs dans la
politique et dans la guerre Lors du grand dsastre, il tait tabli depuis trois ans
comme pasteur de la congrgation des Fr+res, % FulnecW, en 'oravie "ette
localit ayant t mise % sac par des soldats espagnols, "omnius dut s'enfuir .l
se rfugia au ch>teau de "harles de Qerotin, o8 il devint le conducteur des
rfugis qui s'y trouvaient d)% "e fut l% qu'il crivit: Le Labyrinthe du monde et
le 2aradis du coeur, allgorie par laquelle il enseignait que le monde ne peut
donner la pai(, mais "hrist seul habitant dans un coeur "hass de Qerotin,
"omnius fit sortit de 'oravie la derni+re bande de fugitifs .l avait tout perdu !a
femme et son enfant taient morts, suite des privations subies en cours de toute
Lorsqu'ils dirent adieu % leur pays natal, il les encouragea % croire que $ieu
veillerait en 'oravie sur une semence cache qui, un )our, cro=trait et porterait
du fruit
Les e(ils trouv+rent enfin un asile % Lissa 5Lesno6, en 2ologne 59<;I6, o8
"omnius devint directeur de l'cole et d'o8, en 9<K9, il visita l',ngleterre, sur
une invitation % venir rorganiser les tablissements d'ducation L%, la guerre
civile l'obligea % voyager encore, en !u+de et ailleurs 7n 9<J<, une dfaite des
!udois par les 2olonais eut pour rsultat l'incendie par les vainqueurs du nid
d'hrtiques de Lissa "omnius perdit de nouveau tous ses biens, y compris
des manuscrits pr&ts % &tre publis et reprsentant des annes de labeur La
2ai( de Testphalie 59<KI6 avait d)% ananti le dernier espoir de la restauration
des Fr+res de Boh&me, les puissances catholiques et protestantes refusant de
les reconna=tre $ans ces circonstances si douloureuses, "omnius crivit au(
Fr+res et au monde en gnral, donnant des conseils tels que seule peut le faire
l'>me qui s'appuie sur son $ieu quand toutes les ressources terrestres lui font
dfaut
7n 9<J:, il crivit % Lissa Le -estament de la m+re mourante 5J?6, dans lequel
il e(horte les prdicateurs de l'0glise morave privs de toute communion
fraternelle % accepter des invitations % pr&cher dans les glises vangliques,
non pour flatter leurs auditeurs, en accentuer les divisions, mais avec un fervent
amour et dans un esprit d'unit .l conseille au( orphelins qui ne sont pas
prdicateurs, de se )oindre au( congrgations, o8 ils ne seront pas obligs de
suivre des hommes, mais plutBt enseigns % suivre "hrist, o8 ils entendront
proclamer l'vangile de Esus .l leur dit de prier pour la pai( de telles glises, de
chercher % les faire progresser en tout ce qui est bien, en leur donnant un
e(emple lumineu( et en les entra=nant % de ferventes pri+res, afin que la col+re
du $ieu tout puissant, qui doit frapper la chrtient, s'loigne d'eu(
,pr+s des e(hortations d'ordre gnral, il a)oute: Ee ne puis vous oublier,
ch+res soeurs, glises vangliques, ni toi, notre m+re qui nous donna
naissance, 0glise de *ome -u tais une m+re, mais tu es devenue pour nous
un vampire qui suce le sang de ses enfants "'est pourquoi )e souhaite que,
dans ta mis+re, tu te tournes vers la' repentance et abandonnes la Babylone de
tes blasph+mes , toutes les assembles chrtiennes runies, )e l+gue mon
ardent dsir d'unit et de rconciliation, d'union dans la foi et dans l'amour, en
vue de l'unit de l'7sprit AhC puisse cet esprit que le 2+re des esprits me donna
d+s le commencement descendre en vous, afin que vous aspirieL, comme )e l'ai
fait, % l'union et % la communion, dans la vrit chrtienne, de tous ceu( qui
invoquent sinc+rement le nom de Esus 2uisse $ieu vous conduire sur la base
de tout ce qui est essentiel et ncessaire, comme .l me l'a enseign, afin que
vous comprenieL sur quels points vous deveL &tre Lls et vitieL tout L+le sans
connaissance, qui au lieu d'aider au( progr+s de l'0glise, tend % sa destruction
2uissieL#vous encore discerner o8 il faut dployer un L+le brDlant pour la gloire
de $ieu, m&me )usqu'% l'abandon de vos viesC 2uissieL#vous &tre tous entra=ns
par le dsir intense de possder la gr>ce de notre $ieu, la beaut divine de
Esus et ces dons intrieurs et e(cellents du !t#7sprit, accords % la vraie foi, %
l'amour sinc+re et % l'esprance vivante en $ieuC 7n ceci consiste la nature du
vrai christianisme
La Poi( de l'affliction 5JI6 fut crite, en 9<<:, % ,msterdam "e fut la derni+re
rsidence de "omnius, qui y mourut di( ans plus tard .l y crit entre autres:
Nous savons que l'0ternel ne gurit que les blesss, ne rend la vie qu'au(
morts et ne fait remonter du spulcre que ceu( qui y sont descendus 59 !am ;6
!oyons donc pr&ts % accepter sa volont pour nous, et, s'.l )uge bon de nous
blesser d'abord, de nous tuer et de nous )eter dans le spulcre, que sa volont
soit faiteC Nous sommes assurs cependant que, soit ici, soit dans l'ternit, nous
serons guris, ressuscits et introduits dans le ciel '&me notre !eigneur qui
endura une mort douloureuse entre toutes, ignominieuse et angoissante, se
consola par la pense que le grain de bl, s'il ne meurt, reste seul, mais que, s'il
meurt, il porte beaucoup de fruit !i donc la gurison dcoule de ses blessures,
la vie de sa mort, de son spulcre le ciel et le salut, pourquoi nous, petits grains
de bl, ne mourrions#nous pas selon la volont de $ieuR !i le sang des martyrs,
et m&me le nBtre, doit &tre la semence de l'0glise pour les croyants qui viendront
apr+s nous, ahC rpandons en pleurant la prcieuse semence afin de revenir un
)our avec allgresse en portant nos gerbes !i $ieu dtruit, .l reb>tira .l fait
toutes choses nouvelles $ieu sait ce qu'.l fait *estons confiants lorsqu'.l dmolit
ou b>tit, selon son bon plaisir .l ne fait rien sans un but dterminG quelque
chose de grand se cache en toutes ses actions La cration tout enti+re est
subordonne % la volont de $ieu, et nous aussi, que nous comprenions ou non
ce qu'.l fait .l n'a pas besoin de nous consulter sur ses actes
, l'>ge de septante#sept ans, alors qu'il avait acquis dans toute l'7urope une
grande rputation pour l'heureuse rvolution accomplie dans l'esprit et les
mthodes de l'enseignement, "omnius crivit: La seule chose ncessaire
5JO6 $ans cet ouvrage, il compare le monde % un labyrinthe et dmontre que le
seul moyen d'en sortir est de dlaisser ce qui est inutile et de choisir la seule
chose ncessaire : "hrist $es ma=tres en grand nombre # dit#il # ont produit
une multitude de sectes, pour lesquelles on ne pourra bientBt plus trouver de
noms "haque glise croit &tre la seule vraie, ou du moins celle qui se rapproche
le plus de la vrit, alors que les glises se perscutent am+rement les unes les
autres An ne saurait esprer de rconciliation entre ellesG elles rpondent % la
haine par une haine implacable 7lles fabriquent leurs confessions de foi
diverses en les tirant de la Bible "e sont l% leurs forteresses et leurs remparts,
derri+re lesquels elles se retranchent et rsistent au( attaques )e ne veu( pas
dire que ces confessions de foi # car elles le sont, dans la plupart des cas # soient
mauvaises en elles#m&mes 'ais elles le deviennent parce qu'elles attisent le feu
de l'inimiti "e ne sera qu'en les mettant tout % fait de cBt qu'on pourra se
mettre % gurir les blessures de l'0glise
, ce labyrinthe de sectes et de confessions diverses vient s'a)outer l'amour des
disputes , quoi cela avance#t#ilR Z eut#il )amais une querelle de mots qui ait
amen une solutionR )amais Le nombre de ces disputes ne fait que s'accro=tre
!atan est le plus grand des sophistesG il n'a )amais t vaincu dans une bataille
de mots ,u service divin, en gnral, on entend beaucoup plus les paroles des
hommes que la 2arole de $ieu "hacun babille % son grG on tue le temps par de
savantes dissertations, en cherchant % rfuter les arguments des autres "'est %
peine si l'on mentionne la nouvelle naissance, la ncessit pour l'homme d'&tre
rendu semblable % "hrist, de devenir participant de la nature divine 5; 2ierre 9
K6 4uant au pouvoir des cls du *oyaume, l'0glise a presque enti+rement perdu
le pouvoir de lierG il ne lui reste que celui de dlier Les sacrements, donns
comme symboles d'unit, d'amour et de vie en "hrist, sont devenus l'occasion de
luttes acharnes, une cause de haine mutuelle, un centre de sectarisme Bref,
la chrtient est devenue un labyrinthe La foi a t divise en mille parties
infimes et celui qui ne les accepte pas toutes est considr comme hrtique
4u'est#ce qui nous aideraR !eulement la seule chose ncessaire: le retour %
"hrist, % Lui comme seul "hef, pour marcher sur !es traces, en dlaissant tous
les autres sentiers, )usqu'% ce que nous ayons atteint le but et soyons parvenus %
l'unit de la foi 57ph K 9H6 "omme le 'a=tre cleste, qui a tout difi sur le
fondement des 0critures, laissons de cBt toutes les particularits de nos
confessions spciales et contentons#nous de la 2arole rvle de $ieu qui
appartient % tous La Bible en main, nous dclarerons: )e crois ce que $ieu a
rvl dans ce LivreG )e veu( obir % ses commandementsG )'esp+re en ses
promesses "hrtiens, couteLC .l n'y a qu'une Pie, mais la mort vient % nous
sous mille formes .l n'y a qu'une Prit, mais l'erreur a mille formes .l n'y a qu'un
"hrist, mais mille antichrists -u connais donc, B chrtient, la seule chose
ncessaire Au bien tu reviens % "hrist, ou bien tu marches % la destruction
comme l'antichrist !i tu es sage, si tu veu( vivre, tu suivras le "hef de la Pie
'ais vous, chrtiens, r)ouisseL#vous d'&tre enlevs aupr+s de Lui 0couteL
les paroles de voire "onducteur cleste: PeneL % moi *pondeL d'une seule
voi(: Aui, nous venonsC
()APITRE VIII
La Rf#r5at%#
,0;@@!0;;@1
@n catchisme # Les Fr+res de la vie commune # Luther # -etLel # Le quatre#vingt#quinLe
th+ses % Tittenberg # La bulle du pape brDle # $i+te de Torms # La Tartbourg # -raduction
de la Bible # 7fforts d'7rasme pour arriver % un compromis # $veloppement de l'0glise
luthrienne # !a rforme et ses limitations # ,vertissement de !taupitL # "hoi( de Luther entre
les glises du N -estament et le syst+me de l'0glise nationale # Loyola et la "ontre#rformation
02 Ouvra3e$ de$ fr9re$
La relation e(istant entre les fr+res des divers pays est illustre par le fait qu'un m&me
catchisme pour l'instruction des enfants tait employ dans les Palles vaudoises, en France,
en .talie, ainsi que par les fr+res des pays allemands et par les Fr+res de l'@nit en Boh&me 5<:6
"'tait un petit livre, publi en italien, fran1ais, allemand et tch+que An en conna=t plusieurs
ditions, imprimes de temps % autre, de 9KOI % 9JH:
0troitement rattachs au( fr+res nomms ci#dessus, il y avait les Fr+res de la vie commune qui,
au quinLi+me si+cle et au dbut du seiLi+me, tablirent un vrai rseau d'coles % travers les
2ays#Bas et le nord#ouest de l',llemagne 7lles furent fondes par Nerhard Nroote, de $eventer,
en 3ollande, qui, d'accord avec Ean van *ysbroecW, forma la fraternit et tablit la premi+re
cole, % $eventer Nroote non1a son principe d'enseignement par ces mots La racine de
l'tude et le miroir de la vie doivent &tre avant tout l'7vangile de "hrist .l pensait que l'instruction
sans pit pouvait devenir une maldiction au lieu d'une bndiction L'enseignement tait
e(cellent !ous la direction du fameu( ma=tre d'cole ,le(andre 3egius, l'institution de $eventer
runissait deu( mille l+ves -homas % Sempis, plus tard auteur de L'imitation de Esus#"hrist,
frquenta cette cole, ainsi qu'7rasme "es coles prirent une grande e(tension An y enseignait
le latin et un peu de grec et les enfants apprenaient % chanter des hymnes vangliques en latin
An organisa aussi des classes d'adultes pour la lecture de l'7vangile dans la langue du pays An
y gagnait quelque argent en copiant des manuscrits du N -estament et, plus tard, en les
imprimant Les traits des Fr+res et des ,mis de $ieu furent largement rpandus .l y eut l% un
foyer d'ducation solide, base sur les !aintes 0critures
@n livre de cantiques, publi % @.m en 9JHI, montre la place qu'occupaient, dans les
congrgations des fr+res, la louange et l'adoration La fin du long titre de ce volume indique qu'il
tait destin % la Fraternit chrtienne, au( 2icards, considrs )usqu'alors comme des infid+les
et des hrtiques, employ et chant )ournellement % la gloire de $ieu
-2 Lut4erH traduct%# de la B%+leH c#fl%t d'#"%%#$H Era$5e
"e fut la Bible qui, d'abord, claira et dveloppa Luther .l fut aussi aid par !taupitL, puis il
trouva, dans les crits de -auler et d'autres fr+res, des commentaires de la doctrine divine Le
rformateur dclare que, dans toutes les universits et dans les enseignements des savants, rien
n'tait plus sain et ne correspondait davantage % l'7vangile 5<96 Luther ne farda pas % crire !es
premiers pamphlets 59J9?#9J;:6 5<;6 taient rdigs dans l'esprit des fr+res, et montraient que le
salut ne dpend pas de l'intervention de l'0glise, mais que chaque homme a libre acc+s aupr+s
de $ieu et obtient le salut par la foi en "hrist et par l'obissance % sa 2arole .l avait t saisi par
cette grande vrit de l'0criture que le salut vient de la gr>ce de $ieu, par la foi en Esus#"hrist,
et ne s'obtient pas par nos bonnes oeuvres .l mit au service de cette doctrine tant de capacit et
de L+le qu'il rveilla l'esprance et l'attente dans des cercles o8 cette vrit tait d)% connue, et
remua aussi puissamment ceu( qui, )usqu'alors, l'avaient ignore
7n 9J9?, -etLel, bien connu par son trafic d'indulgences papales, faisait son commerce d'une
fa1on si honte et si grotesque qu'il contribua, plus que tout autre, % impressionner le peuple par
son charlatanisme Lorsqu'il vint % Tittenberg, Luther, encourag par !taupitL, et ne pouvant
entra=ner l'0lecteur de !a(e % l'action, cloua lui#m&me, sur la porte de l'glise, ses quatre#vingt#
quinLe th+ses, dont la clart fulgurante illumina l'7urope Les hommes comprirent qu'enfin une
voi( s'tait fait entendre, e(primant ce que la plupart sentaient # le mensonge de tout le syst+me
des indulgences qui n'avait aucune place dans l'7vangile # @n pauvre moine eut ainsi % affronter
et % combattre le vaste syst+me de la puissance papale -oute l'7urope fut touche par son
,dresse % la noblesse de la nation allemande sur la libert du chrtien, puis par sa "aptivit
babylonienne de l'0glise Le pape publia une bulle d'e(communication contre lui, mais il la brDla
publiquement % Tittenberg 59J;:6 !omm par les autorits papales de compara=tre devant la
$i+te de Torms, il s'y rendit en bravant tous les dangers et aucun mal ne l'atteignit Y son retour,
sa vie tant menace, ses amis l'emmen+rent secr+tement au ch>teau de la Tartbourg, en
laissant croire qu'il tait mort $ans cette retraite, il traduisit le N -estament en allemand, le
faisant suivre plus tard de l',ncien , une poque o8 les questions religieuses agitaient
violemment les masses, la possibilit accrue de lire les 0critures eut des effets qui devaient
rvolutionner l'aspect de la chrtient La lourde dsesprance qui avait gagn les hommes, en
constatant la corruption et la rapacit croissantes de l'0glise, fit place au vif espoir qu'enfin l'heure
du rveil avait sonn et que l'on allait revenir au christianisme primitif des apBtres "hrist fut
contempl % nouveau, rvl dans les 0critures comme le *dempteur et !auveur suffisant des
pcheurs, comme le "hemin conduisant % $ieu l'humanit souffrante
$es divergences si radicales d'opinions et d'intr&ts devaient ncessairement amener un conflit
Les adeptes de Luther et ses sympathisants devinrent tr+s nombreu(, mais le vieu( syst+me de
l'0glise romaine ne pouvait &tre transform sans lutte 4uelques#uns, 7rasme en t&te, espraient
un compromis et la pai(, tandis que les moines qui voyaient dispara=tre leur position et leurs
privil+ges se montr+rent violents au del% de toute mesure Les autorits papales dcid+rent de
recourir % leurs anciennes armes, c'est#%#dire de maudire et de tuer pour craser le nouveau
mouvement, ,lors Luther, abandonnant son humilit premi+re, devint peu % peu aussi
dogmatique que le pape
Le danger de la situation fut accru par des rivalits politiques L'oppression qui pesait sur les
serfs amena la Nuerre des 2aysans 59J;K#9J;J6, que le parti adverse mit sur le compte de
Luther et de ses adhrents @ne conflagration gnrale mena1ait les nations 7n 9J;:, 7rasme
crivait : E'aimerais que Luther se t=nt tranquille pour le moment "e qu'il dit peut &tre vrai,
mais il y a un temps pour toute chose !'adressant 59J;K6 au duc Neorges de !a(e, il dit: ,u
dbut, quand Luther parlait, le monde entier applaudissait, ainsi que Poire ,ltesse $es
thologiens, qui sont au)ourd'hui ses adversaires dclars, taient alors de son avis $es
cardinau(, et m&me des moines l'encourageaient .l attaquait alors des pratiques condamnes
par tout honn&te homme et luttait contre une bande d'hommes rapaces, sous la tyrannie
desquels la chrtient gmissait 4ui pouvait alors prvoir )usqu'o8 irait ce mouvementR Luther
lui#m&me ne s'attendait gu+re % produire un tel effet ,pr+s la publication de ses th+ses,
E'essayai de le persuader de s'en tenir l% )e craignais des meutes )e le priai d'&tre modr
Le pape publia une bulleG l'empereur dcrta un dit .l y eut des emprisonnementsG des bDchers
s'allum+rent 'ais tout fut vain Le mal ne fit que cro=tre )e voyais cependant que le monde tait
engourdi par le ritualisme $es moines scandaleu( trompaient et tranglaient les consciences La
thologie tait devenue un tissu de sophismes Le dogmatisme tournait % la folie 7n outre, il y
avait ces pr&tres indignes, ces v&ques et ces fonctionnaires de *ome E'estimais qu'il fallait
chercher un compromis et faire un accord 'ais les protecteurs de Luther s'obstin+rent et ne
voulurent rien concder Les thologiens catholiques ne respiraient que feu et fureur l'esp+re
que Luther fera quelques concessions et que le pape et les princes consentiront encore %
conclure la pai( 2uisse la colombe de "hrist descendre sur nous, sinon ce sera le hibou de
'inerveC Luther a appliqu une mdecine am+re % un corps malade $ieu veuille qu'elle soit
salutaire C
7rasme crivait encore 59J;J6: E'estime que Luther est un homme de bien, suscit par la
2rovidence pour remdier % la dpravation du temps prsent $'o8 sont venus tous ces mau(R
$e l'immoralit effronte de la pr&trise, de l'arrogance des thologiens et de la tyrannie des
moines .l conseillait d'abolir ce qui tait manifestement mauvais, et de retenir tout ce qui
pouvait &tre retenu sans que ce soit nuisible, d'e(ercer la tolrance, d'accorder la libert de
conscience, et il a)outait: Les indulgences ont fait leur temps Les moines, soutenus par les
thologiens, ne peuvent plus leurrer le peuple par ces mensonges 7hC bien, que ceu( qui n'ont
pas foi au( mrites des saints, adressent leurs pri+res au 2+re, au Fils et au !t#7sprit 4u'ils
imitent "hrist dans leur vie et laissent en pai( ceu( qui croient au( saints 4u'ils pensent ce
qu'ils veulent du purgatoire, sans se quereller avec ceu( qui sont d'une autre opinion
4u'importe que ce soit la foi ou les oeuvres qui )ustifient, puisque tous admettent que la foi ne
peut sauver sans les oeuvres
/2 L'3l%$e lut4r%ee
@n conflit si >pre ne pouvait &tre rgl par des conseils de modration Bien peu taient ceu( qui
entrevoyaient la moindre possibilit de tolrance !ous l'influence de circonstances si
e(traordinaires, Luther lui#m&me subit une nouvelle orientation qui en entra=na d'autres ,pr+s
avoir t, dans sa )eunesse, un catholique romain dvot, il avait, dans son contact avec !taupitL
et par la lecture de la Bible, tourn ses sympathies du cBt des Fr+res et des mystiques 'ais
ses luttes avec le clerg romain le pouss+rent % se lier troitement avec bon nombre de princes
allemands "ette association, combine avec l'influence inconsciente de sa premi+re ducation,
le conduisirent graduellement % former l'0glise luthrienne Les tapes de ce changement furent
marques par son loignement insensible des anciennes congrgations de fr+res, puis par
l'incorporation, dans sa nouvelle glise # parall+lement % l'adoption de beaucoup de vrits
bibliques # de bien des choses empruntes au syst+me romain
Luther insistait plus que les anciennes glises de croyants sur les enseignements de 2aul, et
moins qu'elles sur les paroles de l'7vangile .l appuyait fortement sur la doctrine de la )ustification
par la foi, sans montrer suffisamment la ncessit de suivre "hrist, qui tenait une si grande place
dans la prdication des fr+res 7n enseignant l'absence compl+te du libre arbitre de l'homme, et
en faisant dpendre le salut uniquement de la gr>ce de $ieu, Luther alla si loin qu'il ngligea la
question de la marche fid+le du chrtien, qui fait pourtant partie de l'7vangile 2armi les doctrines
de l'0glise romaine qu'il conserva se trouve la rgnration baptismale, avec son corollaire le
bapt&me des petits enfants -out en remettant en lumi+re l'enseignement de l'0criture sur le salut
individuel par la foi en Esus#"hrist et en son oeuvre parfaite, il ne suivit pas le N -estament
dans son enseignement sur les glises spares du monde, quoique restant dans le monde, pour
y tmoigner en faveur de l'7vangile de Esus#"hrist .l adopta le syst+me catholique romain des
paroisses, avec leur administration clricale d'un monde considr comme christianis !outenu
par plusieurs princes, il maintint le principe de l'union de l'0glise et de l'0tat et accepta l'pe de
l'0tat comme moyen appropri pour convertir, ou pour punir ceu( qui refusaient la nouvelle
autorit ecclsiastique "e fut % la $i+te, ou "oncile, de !pire 59J;O6 que le parti de la *forme
prsenta au( reprsentants catholiques romains, la protestation, d'o8 le nom de protestants
donn au( rforms La Ligue de !malWalde, en 9JH9, unit neuf princes et onLe cits libres % titre
de puissances protestantes
!taupitL avertit Luther concernant ces changements et leurs dangers: 4ue "hrist nous assiste,
afin que nous vivions enfin selon l'7vangile qui retentit % nos oreilles au)ourd'hui et qui est sur les
l+vres de beaucoup "ar )e constate que des multitudes de gens abusent de l'7vangile pour
donner libre cours % la chair LaisseL#vous toucher par mon instante requ&te, car )'ai t une fois
le pionnier de la sainte foi vanglique $clarant finalement qu'il diff+re dans sa mani+re de
voir de celle de Luther, il tablit le contraste entre les chrtiens de nom et les vrais croyants:
"'est au)ourd'hui la mode de sparer la foi de la vie vanglique, comme s'il tait possible
d'avoir une foi vivante en "hrist et de ne pas lui &tre semblable dans la vie )ournali+re Ah, que
l'ennemi est rusC "omme il gare le peupleC 0couteL le langage des insenss: 4uiconque croit
en "hrist peut se passer des oeuvres 2uis entendeL aussi la parole de la vrit: !i quelqu'un
'e sert, qu'il me suive L'esprit malin dit % ces chrtiens charnels qu'un homme est )ustifi sans
les oeuvres et que 2aul l'a pr&ch "'est fau( .l a certainement bl>m le lgalisme dans les
observances e(trieures, en quoi, mus par la crainte, les hommes mettent leur confiance pour
&tre sauvs .l a lutt contre ces choses, comme inutiles et conduisant % la condamnation, mais il
ne bl>ma )amais et ne fit que louer les oeuvres qui sont les fruits de la foi, de l'amour et de
l'obissance au( commandements clestes $ans toutes ses p=tres, il en proclama et en pr&cha
la ncessit
Luther a enseign: ,ppreneL de saint 2aul que, lorsque "hrist vint # ainsi le dit l'7vangile # ce ne
fut pas pour donner une loi nouvelle, rglant la marche chrtienne, mais pour s'offrir Lui#m&me en
sacrifice pour les pchs du monde entier Les anciennes glises avaient tou)ours enseign
que, pour &tre un vrai chrtien, il fallait, apr+s avoir re1u la vie de "hrist par la foi, dsirer et
s'efforcer d'avoir une marche en accord avec son e(emple et sa parole, ce qui est faisable %
l'aide de sa vie en nous
7n frappant ses grands coups, Luther ouvrit une route % travers des privil+ges et des abus
longtemps tolrs, et la rforme devint possible .l rvla "hrist % d'innombrables pcheurs
comme le !auveur auquel chacun peut s'adresser, sans l'intervention du pr&tre, des saints, de
l'glise ou des sacrements, et en dehors de tout mrite personnel .l montra que le pcheur peut
venir % Lui avec ses besoins et trouver en Lui, par la foi, un salut parfait, fond sur l'oeuvre
parfaite du Fils de $ieu -outefois au lieu de continuer dans le chemin de la 2arole, il organisa
une glise, o8 certains abus du pass taient rforms, mais qui, % maints gards, tait une
reproduction de l'ancien syst+me Les multitudes, regardant % lui comme % leur guide,
accept+rent la forme en laquelle il moula l'0glise luthrienne Beaucoup, ralisant qu'il ne
persvrait pas dans un retour complet au( 0critures, furent dsappoints et demeur+rent dans
l'0glise catholique romaine Les espoirs veills cheL les fr+res s'vanouirent graduellement,
lorsqu'ils se virent placs entre deu( syst+mes ecclsiastiques, pr&ts tous deu( % employer l'pe
2our imposer la conformit en mati+re de conscience Luther avait per1u le divin mod+le des
glises, et ce ne fut pas sans une lutte intrieure qu'il abandonna l'enseignement du N
-estament concernant les assembles indpendantes de vrais croyants, en faveur du syst+me
de l'0glise nationale, syst+me que les circonstances e(trieures le pouss+rent % adopter
La diffrence irrconciliable entre ces deu( idals fut le terrain essentiel du conflit !i le bapt&me
et la !te#"+ne prirent une si grande importance dans la lutte, c'est parce que # dans la vraie
0glise # ils marquent l'ab=me qui spare l'0glise du monde, tandis que l'0glise nationale s'en sert
comme d'un pont )et sur cet ab=me, puisque le bapt&me des petits enfants et la distribution
gnrale de la !te#"+ne dispensent les >mes de la ncessit de la foi individuelle 7n outre, les
prrogatives accordes au( pr&tres, ou pasteurs, comme seuls comptents pour accomplir ces
rites, placent le peuple sous une vraie domination en mati+re de foi et de conscience 4uand
cette domination s'e(erce en coopration avec le gouvernement civil, il ne peut y avoir d'glises
indpendantes et la religion devient une question de nationalit @ne 0glise nationale se pr&te %
tout 7lle peut inclure une grande varit de vues 7lle peut recevoir les infid+les et fermer les
yeu( sur beaucoup d'impit, m&me permettre % son clerg d'e(primer son impit % l'gard des
0critures !i elle en a le pouvoir, elle ne tolrera pas ceu( qui ne baptisent que les croyants ou
prennent la !te#"+ne entre eu( comme disciples du "hrist, parce que ces choses condamnent
les principes qui sont % la base de son institution en tant qu'0glise nationale 7t pourtant les rites
m&mes ne sont pas la cause fondamentale qui la diffrencie, mais bien la question d'0glise
$ou d'un courage et d'une nergie sans prcdent, Luther avait remis en lumi+re les vrits
bibliques concernant le salut individuel du pcheur par la foi 'ais il faillit % sa mission, alors qu'il
aurait pu rentrer en toutes choses dans le chemin de l'0criture, y compris l'enseignement
concernant l'0glise .l avait dit: Ee le dis cent mille fois # $ieu ne veut pas de service forc
2ersonne ne peut ou ne doit &tre forc de croire 7n 9J;<, il avait crit: Le vritable ordre
vanglique ne peut &tre tabli parmi toutes sortes de gens !euls ceu( qui sont srieusement
dcids % &tre chrtiens et % confesser l'7vangile, par la parole et par l'action, doivent s'enrBler
nominalement et se runir % part en un lieu pour la pri+re, la lecture, pour baptiser, prendre la
!te#"+ne, et faire d'autres oeuvres chrtiennes "e type d'glise permet de dcouvrir ceu( qui ne
se conduisent pas en vrais chrtiens, de les rprimander, de les restaurer ou de les e(clure,
d'apr+s la r+gle de "hrist 5'atth 9I 9J6 Les croyants runis peuvent aussi offrir des aumBnes
qui seront distribues au( pauvres, selon l'e(emple de 2aul 5; "or O 9#9;6 L% on n'estimera pas
qu'il soit ncessaire d'avoir beaucoup de belle musique Les services de bapt&me et de !te#"+ne
peuvent y &tre clbrs en toute simplicit, en accord avec la 2arole et dans l'amour 'ais )e ne
puis pas encore organiser un tel rassemblement, car )e n'ai pas les gens qu'il faudrait pour cela
"ependant, si cela doit &tre, et que )'y sois contraint, )e le ferai, et m&me volontairement 7n
attendant, )e puis faire des appels, pr&cher, aider et entra=ner % l'action, )usqu'% ce que les
chrtiens prennent la 2arole vraiment % coeur et dcouvrent par eu(#m&mes comment agir et
persvrer
"ependant, Luther savait bien que les gens qu'il faudrait taient l% .l les dcrivait comme tant
de vrais, pieu(, saints enfants de $ieu ,pr+s beaucoup d'hsitation, il finit par s'opposer % tout
effort pour mettre en pratique ce qu'il avait si bien su dpeindre -outefois, il ne fit pas comme
beaucoup de ses adhrents qui regard+rent l'0glise luthrienne comme la meilleure forme
possible de religion que l'on puisse concevoir .l la dcrivit comme provisoire, comme le
parvis e(trieur et non le sanctuaire, et il ne cessa point d'e(horter et d'avertir le peuple 7n
e(aminant bien ce que font les gens qui se nomment vangliques et savent parler de "hrist, on
s'aper1oit qu'il n'y a rien derri+re cette profession La plupart se trompent eu(#m&mes Le nombre
de ceu( qui commenc+rent avec nous et prirent plaisir % notre enseignement a t di( fois plus
grand que maintenant, o8 pas m&me le di(i+me d'entre eu( est rest fid+le .ls apprennent sans
doute, comme le perroquet, % rpter des mots, mais ils n'en ont pas fait l'e(prience dans leurs
coeurs .ls restent e(actement ce qu'ils sont .ls ne comprennent ni ne sentent combien $ieu est
vrai et fid+le .ls vantent beaucoup l'7vangile et le dsirent d'abord avec srieu(, et ensuite il n'en
reste rien "ar ils font ce qu'ils aiment, s'adonnent % leurs convoitises, deviennent pires qu'ils
n'taient auparavant et sont beaucoup plus indisciplins et prsomptueu( que d'autres gens
2aysans, bourgeois et nobles, tous sont plus cupides et indisciplins que sous la papaut #
,hC !eigneur $ieu, si seulement nous pratiquions vraiment cette doctrine, ce ne serait pas,
comme maintenant, un millier de personnes qui prendraient le sacrement, mais % peine une
centaine .l y aurait alors moins de ces horribles pchs dont le pape, par sa loi infernale, a
inond le mondeG nous serions enfin une assemble chrtienne, au lieu que maintenant nous
sommes presque de vrais paMens portant le nom de chrtiens Nous pourrions sparer du milieu
de nous ceu( qui montrent par leurs oeuvres qu'ils n'ont )amais cru et n'ont )amais eu la vie, ce
qui nous est maintenant impossibleC
@ne fois la nouvelle 0glise place sous l'autorit de l'0tat, il devint impossible de la transformer
,ussi Luther ne prtendit#il )amais que les glises qu'il avait tablies taient organises d'apr+s le
mod+le des 0critures -andis que 'lanchton parlait des princes protestants comme tant les
principau( membres de l'0glise, Luther les appelait des v&ques d'emprunt et il e(primait
frquemment son regret de ne plus )ouir de la libert du simple chrtien et de l'indpendance de
la congrgation chrtienne qui avait t )adis son but
:2 L#7#la et le$ E$u%te$
, l'poque o8 Luther brDla la bulle du pape 5<H6, un autre homme se prparait % l'oeuvre qui allait
devenir une arme puissante pour arr&ter les progr+s du protestantisme, organiser la contre#
rformation et reconqurir pour l'0glise romaine de vastes rgions o8 le mouvement de la
*forme avait prospr
.gnace de Loyola 5<K6, noble espagnol, naquit en 9KO9, devint page % la cour de Ferdinand et
d'.sabelle, puis soldat .l se distingua d+s le dbut par son courage intrpide, mais une blessure,
qu'il re1ut % l'>ge de trente ans, le rendit boiteu(, et changea tout le cours de sa vie
$urant la longue maladie cause par sa blessure, il lut quelques#uns des livres des 'ystiques et
dsira ardemment &tre dlivr des convoitises de sa vie passe .l aspira % faire de grandes
choses, non plus pour la gloire militaire au service d'un roi terrestre, mais pour $ieu et comme
soldat de Esus#"hrist 'ontre#moi, !eigneur, prie#t#il, o8 )e puis te trouver )e te suivrai comme
un chien, si seulement )e puis apprendre le chemin du salut ,pr+s de longues luttes, il se livra %
$ieu, trouva la pai( dans l'assurance du pardon de ses pchs et fut dlivr de la puissance des
dsirs charnels ,u fameu( monast+re de 'ontserrat, environn de pics rocheu(, ayant l'trange
apparence de flammes ardentes, Loyola, apr+s une nuit de veille et de confession, suspendit ses
armes devant une antique statue en bois de la Pierge et se consacra % son service et % celui de
"hrist .l se dpouilla de tous ses v&tements et, adoptant le pauvre costume du p+lerin, se rendit
au couvent dominicain voisin de 'anresa .l s'y adonna non seulement % l'introspection, comme
les mystiques, mais il se mit encore % noter minutieusement tout ce qu'il observait en lui#m&me
mditations, visions et m&me attitudes e(trieures, pour d couvrir ce qui tait le plus favorable
au dveloppement des e(tases spirituelles .l crivit alors une grande partie de son livre,
7(ercices spirituels, qui devait e(ercer plus fard une puissante influence
7n recherchant la communion immdiate avec $ieu, sans l'intervention des pr&tres, les
mystiques entraient constamment en conflit avec le clerg Loyola, devenu suspect, fut plus d'une
fois emprisonn par l'.nquisition et par les dominicainsG mais il put tou)ours prouver qu'il n'tait
pas ce que l'on pensait et fut rel>ch 7n fait, apr+s avoir t d'abord tr+s impressionn par les
mystiques, Loyola labora un syst+me absolument oppos % leur enseignement ,u lieu de
chercher % e(primenter la communion directe avec "hrist, il pla1a chaque membre de sa
socit sous la direction d'un homme, son confesseur, envers lequel il s'engageait % ne rien
cacher des plus intimes secrets de sa vie et % obir aveuglment "'tait le plan d'un soldat
"hacun tait soumis % la volont de son suprieur, et m&me le chef de tous tait contrBl par des
hommes chargs d'observer chacune de ses actions et de )uger chacun de ses motifs ,u cours
de plusieurs annes de voyages et d'tudes, d'enseignement et d'oeuvres charitables, durant
lesquelles Loyola essaya vainement de se rendre % Erusalem et eut des entrevues avec le pape,
certains se Eoignirent graduellement % lui et, en 9JHK, % 2aris, Loyola organisa la "ompagnie de
Esus Lui et si( autres, dont l'un tait Fran1ois \avier, firent voeu de pauvret, de chastet et
d'activit missionnaire en 9JK:, le pape reconnut la !ocit de Esus, % laquelle le nom de
Esuite fut donn, d'abord par "alvin, puis par d'autres de ses adversaires Les membres de
cette socit taient choisis avec beaucoup de soin et ils passaient par une longue prparation,
pour apprendre la soumission sans rserve de leur volont % celle de leurs suprieurs "ette
ducation fit des )suites une arme puissante, gr>ce % laquelle ils entrav+rent les progr+s de la
*formation, et m&me organis+rent une contre#rformation qui ramena % *ome beaucoup de
ceu( qu'elle avait perdus
La !ocit travailla avec habilet et persvrance pour produire une raction !a croissance
rapide et ses mthodes dpourvues de scrupules lui firent beaucoup d'ennemis, m&me dans
l'0glise romaine 7n divers pays, elle s'attira une vive opposition du fait de ses interventions tant
dans le domaine politique que dans le domaine religieu( 7lle eut une histoire orageuse 2arfois
les )suites parvenaient % dominer toute la politique de certaines nations 2uis ils taient chasss
et privs de tous leurs droits # quitte % revenir ensuite d+s que les circonstances leur
redevenaient favorables L'archev&que lecteur de "ologne, 3ermann von Tied, qui avait
essay d'oprer une rformation catholique et une rconciliation avec les rformateurs, se vit
)ou par "anisius, habile reprsentant que la !ocit avait gagn en ,llemagne 7n outre,
d'innombrables mouvements de rforme furent rprims, ou rendus inefficaces par l'activit des
disciples de Loyola La domination de *ome en fut fortifie $es membres actifs et dvous de la
!ocit s'en alt+rent cheL les paMens de l'.nde, de la "hine et de l',mrique pour y propager leurs
doctrines
()APITRE IX
Le$ Aa+a"t%$te$
,0;0>!0;>>1
Le nom d'anabaptiste # 2as une secte nouvelle # *apide dveloppement # Lgislation contre
eu( # BalthaLar 3ubmeyer # "ercle de fr+res % B>le ,ctivit et martyre de 3ubmeyer et de sa
femme # 3ans $encW Balance de la Prit # 2artis # ' !attler # La perscution augmente #
Landgrave 2hilippe de 3esse # 2rotestation d'Adenbach # Q[ingli # 2erscution en !uisse #
Nrebel, 'anL, BlaurocW # Sirschner # 2erscution en ,utriche # "hronique des anabaptistes en
,utriche#3ongrie # Frocit de Ferdinand # 3uter # '_ndl et ses compagnons # "ommunauts
# 'Unster # Le *oyaume de la Nouvelle#!ion # Fausse .nterprtation des vnements % 'Unster
pour calomnier les fr+res # Les disciples du "hrist sont traits comme Lui # 'enno !imon #
2ilgram 'arbeeW et son livre # !ectarisme # 2erscution en ,llemagne occidentale # 3ermann,
archev&que de "ologne, son effort de rforme # !ch[encWfeld
02 Leur #r%3%e
Pers 9J;K, beaucoup d'glises de fr+res en ,llemagne, qui remontaient au( premiers temps,
rappel+rent ce qui avait t arr&t % Lhota, en 9K<?, c'est#%#dire qu'elles dclar+rent leur
indpendance comme congrgations de croyants et leur dtermination de s'en tenir au(
enseignements de l'0criture "omme autrefois % Lhota, on baptisa alors par immersion ceu( des
fr+res qui n'avaient pas encore t baptiss comme croyants 5<<6 @n nom nouveau leur fut
donn, celui d',nabaptiste 5rebaptis6, bien que les fr+res rpudiassent ce nom comme tant une
pith+te in)urieuse, destine % donner l'impression qu'ils avaient fond une nouvelle secte ,vec
le temps, ce nom fut appliqu % des gens violents, dont les habitudes et les principes
communistes taient contraires % l'ordre et % la morale Les fr+res n'avaient pas les moindres
rapports avec ces derniers 'ais, en employant le m&me nom pour les uns comme pour les
autres, les perscuteurs purent )ustifier leur conduite et para=tre vouloir supprimer les dsordres
"e qui s'tait pass autrefois se renouvela au seiLi+me si+cle La littrature des chrtiens fut
dtruite, et leur histoire crite par leurs adversaires Pu la violence inouMe du langage employ
dans la controverse religieuse de ce temps, il est ncessaire de rechercher tout ce qui a survcu
des crits et des rapports concernant ces congrgations indpendantes
$ans le protocole du "oncile de l'archev&que de "ologne 5<?6 sur le mouvement anabaptiste,
adress % "harles 4uint, il est dit que les anabaptistes se consid+rent comme de vrais
chrtiens, qu'ils pratiquent la communaut des biens, ce qu'ont tou)ours tait les anabaptistes
depuis plus de mille ans, comme en tmoignent l'histoire et les lois impriales Lors de la
dissolution de la di+te de !pire, on constata que la nouvelle secte des anabaptistes avait d)%
t condamne des centaines d'annes auparavant et dfendue par la loi commune .l est
e(act que, pendant plus de douLe si+cles, le bapt&me tel que l'enseigne et le dcrit le N
-estament, avait t regard comme une infraction de la loi, punissable de mort
Le rveil gnral, caus par la *enaissance, amena % la lumi+re beaucoup d'assembles de
croyants qui avaient vcu secr+tement par suite des perscutions @n dit ecclsias tique,
dcrt % Lyon contre l'un des fr+res, disait: 2lusieurs nouveau( re)etons sont sortis des
cendres de PaldoG il faudra faire un e(emple en imposant un ch>timent tr+s sv+re $'autres
croyants apparurent venant des valles suisses .ls se donnaient le nom de fr+res et soeurs, et
taient parfaitement conscients de n'avoir rien fond de nouveau, mais de perptuer le
tmoignage de ceu( qui, durant des si+cles, avaient t perscuts comme hrtiques et subi
le martyre
7n !uisse, les fr+res perscuts se rfugiaient surtout dans les montagnes, tandis qu'en
,llemagne, ils trouvaient un puissant secours dans les corporations d'artisans La *formation fit
para=tre au grand )our beaucoup de croyants cachs qui se )oignirent au( assembles e(istantes
et en form+rent de nouvelles Leur rapide dveloppement et leur grande activit alarm+rent les
0glises d'0tat # catholique romaine # et luthrienne @n observateur sympathique, en dehors de
leurs cercles, crit qu'en 9J;<, il s'tait form un nouveau parti qui s'tait rapidement tendu,
avait rempli tout le pays de sa doctrine et avait gagn beaucoup d'adeptes 2lusieurs qui s'taient
)oints % eu( taient sinc+res de coeur et Lls envers $ieu .ls semblaient n'enseigner autre
chose que l'amour, la foi et la "roi( .ls taient humbles et patients au milieu de beaucoup de
souffrances, rompaient le pain entre eu(, en signe d'unit et d'amour, et s'aidaient fid+lement les
uns les autres .ls ne formaient qu'un corps et augmentaient si rapidement que le monde craignit
une rvolution "ependant on les trouva tou)ours innocents de telles penses, alors m&me qu'en
bien des endroits ils furent fort maltraits
-2 Prd%cateur$ aa+a"t%$te$ et rf#r5ateur$ $u%$$e$
Bien que les fr+res eussent soin de prendre la 2arole de $ieu pour guide et de ne pas se placer
sous la domination de l'homme, ils reconnaissaient, dans leurs glises, des anciens et des
surveillants, hommes ayant les dons de l'7sprit qui faisaient d'eu( des guides qualifis $r
BalthaLar 3ubmeyer en fut l'un des plus minents % cette poque ,pr+s une brillante carri+re
comme tudiant % l'universit de Fribourg en B et comme professeur de thologie % .ngoldstadt,
il fut nomm 59J9<6 prdicateur % la cathdrale de *atisbonne, o8 ses sermons attir+rent des
foules d'auditeurs 5<I6 ,u bout de trois ans, il se rendit % Taldshut L%, il passa par une
transformation spirituelle, accepta l'enseignement de Luther, puis en vint aussi % &tre regard
comme tant influenc par l'hrsie tch+que, c'est#%#dire par l'enseignement des assembles
de fr+res de Boh&me Le .l )anvier 9J;K, dans son .nvitation au( Fr+res, il convoque ceu( que
cela intresse % se runir cheL lui avec leurs Bibles .l e(plique que le but de cette runion est
d'apprendre % mieu( conna=tre la 2arole de $ieu pour pouvoir continuer % pa=tre les agneau( de
"hrist .l rappelle au( fr+res que, d+s les temps apostoliques, ceu( qui taient appels % pr&cher
la 2arole divine avaient coutume de se rencontrer et de se consulter ensemble sur la mani+re de
traiter les questions difficiles de la foi 3ubmeyer suggrait plusieurs points et priait
affectueusement les fr+res de les e(aminer % la lumi+re des 0critures, promettant de leur offrir,
selon ses moyens, un repas fraternel % l'occasion de cette rencontre
Poici comment il e(primait sa pense et sa doctrine: La sainte 0glise chrtienne universelle est
une communion des saints, et une fraternit de beaucoup d'hommes pieu( et croyants qui, d'un
m&me accord, honorent un seul !eigneur, un seul $ieu, une seule foi, un seul bapt&me "'est #
dit#il # l'assemble de tous les chrtiens sur la terre, dans n'importe quelle partie du globe o8 ils
se trouvent ou encore: "'est une association spare d'un certain nombre d'hommes qui
croient au "hrist 2uis il tablissait: qu'il y a deu( glises, qui, de fait, n'en font qu'une: l'glise
gnrale et la localeG l'glise locale est cette partie de l'glise gnrale renfermant tous les
hommes qui veulent montrer qu'ils sont chrtiens 4uant % la communaut des biens, elle
consiste dans l'aide accorde au( fr+res dans le besoinG car, disait#il, ce que nous avons n'est
pas % nousG cela nous a t confi par $ieu comme % des intendants 3ubmeyer pensait que le
pouvoir de l'pe avait t remis au( gouvernements terrestres pour ch>tier le pch et qu'il
fallait s'y soumettre dans la crainte de $ieu "e fut % B>le que se tinrent souvent les runions o8
3ubmeyer et ses amis sondaient diligemment les 0critures et e(aminaient certaines questions
B>le tait un grand centre d'activit spirituelle Les imprimeurs ne craignaient pas d'y imprimer les
livres mis % l'inde( comme hrtiques, et ce fut dans cette ville que se publi+rent des ouvrages
comme ceu( de 'arsiglio de 2adoue et de Eohn Ticleff qui furent rpandus dans le monde
entier 2armi ceu( qui tudiaient les 0critures avec 3ubmeyer, il y avait des fr+res spcialement
dous An rapporte de l'un d'eu( # Nuillaume *eublin # qu'il e(pliquait l'0criture d'une mani+re
e(cellente, surpassant tout ce qu'on avait entendu )usqu'alors, et attirait beaucoup de gens .l
avait t pr&tre % B>le o8, % l'occasion de la F&te#$ieu, il avait port, % la procession, une Bible
au lieu d'un ostensoir .l fut baptis et, plus tard, vcut pr+s de Qurich, d'o8 il fut banni .l continua
% pr&cher en ,llemagne et en 'oravie $es fr+res de l'tranger visitaient souvent les fr+res b>lois
et les relations avec les glises du dehors taient ainsi maintenues L'un de ces visiteurs fut
*ichard "rocus, d',ngleterre "'tait un homme rudit qui e(er1a une forte influence sur les
tudiants 2lusieurs vinrent aussi de France et de 3ollande
7n 9J;?, les fr+res convoqu+rent en 'oravie une autre "onfrence % laquelle participa
3ubmeyer 7lle se tint sous la protection du comte Leonhard et de 3ans von Lichtenstein Le
premier fut baptis, % cette occasion, par 3ubmeyer qui avait lui#m&me t baptis, deu( ans
auparavant, par *eublin "ent#di( autres croyants pass+rent alors par les eau( du bapt&me et,
un peu plus tard, trois cents furent baptiss par 3ubmeyer, entre autres sa femme, fille d'un
citoyen de Taldshut La m&me anne, 3ubmeyer et son pouse durent fuir devant une arme
autrichienne, en perdant tous leurs biens .ls atteignirent Qurich, mais furent bientBt dcouverts
par le parti de Q[ingli et )ets en prison
, cette poque, la ville et le canton de Qurich taient compl+tement sous l'influence d'@lrich
Q[ingli, qui avait commenc l'oeuvre de la *formation en !uisse, m&me avant celle de Luther
en ,llemagne La doctrine des rformateurs suisses, quelque peu diffrente de celle de Luther,
s'tait rpandue en plusieurs cantons et avait fortement pris pied dans les tats de l',llemagne
du !ud
Le "onseil de Qurich organisa une dispute entre Q[ingli et 3ubmeyer "e dernier, affaibli par son
emprisonnement, ne put rsister % son robuste adversaire "raignant d'&tre livr entre les mains
de l'7mpereur, il alla )usqu'% rtracter une partie de son enseignement, mais se repentit aussitBt
am+rement d'avoir eu peur des hommes et supplia $ieu de lui pardonner et de le restaurer dans
sa communion $e l%, il se rendit % "onstance, puis % ,ugsbourg o8 il baptisa 3ans $encW ,
NiWolsbourg, en 'oravie, 3ubmeyer crivit beaucoup .l fit imprimer environ seiLe livres 2endant
son court s)our dans cette contre, pr+s de si( mille personnes furent baptises et les glises
s'accrurent de quinLe mille membres Les fr+res ne s'accordaient souvent pas en tous points
3ubmeyer fit opposition % un prdicateur enthousiaste, 3ans 3ut, venu % NiWolsbourg, qui
enseignait qu'il n'tait pas scripturaire pour un croyant de prendre les armes, ni au service de sa
patrie, ni pour sa propre dfense, et pas davantage de payer tes ta(es militaires 7n 9J;?, le roi
Ferdinand for1a les autorits % lui livrer 3ubmeyer, l'emmena % Pienne et insista pour qu'il fDt
tortur et mis % mort La femme du martyr l'encouragea % demeurer ferme et, quelques mois
apr+s son arrive % Pienne, il monta sur le bDcher lev sur la place du march An l'entendit
prier % haute voi(: Ah $ieu misricordieu(C rends#moi patient dans mon martyreC )e te rends
gr>ces, B mon 2+re, de ce que tu me fais sortir au)ourd'hui de cette valle de larmes : ,gneau,
,gneau, toi qui Btes le pch du monde C : mon $ieu, entre tes mains )e remets mon espritC $u
sein des flammes, il s'cria encore: Esus, EsusC -rois )ours apr+s sa femme hroMque tait
noye dans le $anube An la )eta du haut d'un pont avec une pierre attache au cou
3ans $encW 5<O6, homme influent parmi les fr+res, aida % diriger les glises % travers les temps
troubls de la *formation Ariginaire de la Bavi+re, il avait tudi % B>le o8 il prit un titre
universitaire .l y vint en contact avec 7rasme et le cercle distingu des savants et imprimeurs qui
habitaient cette cit ,yant t nomm directeur d'une des coles les plus importantes de
Nuremberg, il s'y rendit 59J;H6 Le mouvement luthrien y avait pntr depuis un an, sous la
conduite du )eune et capable Asiander $encW, qui n'avait alors que vingt#cinq ans, s'attendait %
ce que la nouvelle religion eDt port des fruits de moralit, de droiture et de pit sinc+re dans la
vie des gens .l fut dsappoint en dcouvrant que tel n'tait pas le cas et en rechercha la cause
.l fut bientBt amen % la conclusion que l'enseignement de Luther tait dfectueu(, en ce qu'il
insistait avant tout sur la )ustification par la foi, sans les oeuvres, et sur l'abolition de beaucoup
d'abus prdominants dans l'0glise catholique 'ais il ngligeait cette partie essentielle de toute
foi relle, l'obissance % $ieu, l'abandon de la vie propre et la marche sur les traces de "hrist
,yant graduellement acquis cette conviction, Asiander s'attacha % dmontrer 59JJ96 que
l'enseignement de Tittenberg avait produit des hommes sDrs de leur salut, mais insouciants,
ce que prouvaient les faits La plupart des gens # disait#il # n'aiment pas une religion qui leur
impose des obligations morales et entrave leurs dsirs naturels .ls aiment % &tre regards
comme chrtiens .ls coutent volontiers les hypocrites qui leur pr&chent que nous ne sommes
)ustes que parce que $ieu nous consid+re comme tels, m&me si nous vivons mal et si notre
)ustice est tout e(trieure et non en nous $'apr+s cette doctrine, ils peuvent se flatter d'&tre un
peuple saint 'alheur % ceu( qui pr&chent que celui qui vit dans le pch ne peut &tre regard
comme pieu(C Beaucoup sont furieu( en entendant de telles parolesG nous en faisons
l'e(prience .ls aimeraient que ces prdicateurs fussent chasss, ou mis % mort 4uand cela ne
peut &tre, ils encouragent leurs conducteurs hypocrites par des louanges et des encensements,
des prsents et des protections, afin qu'ils continuent % ne point donner de place % la vrit, si
claire qu'elle soit ,insi ces fau( saints et ces prdicateurs hypocrites ne font qu'un: tel pasteur,
tels auditeurs
$encW avait signal ces errements longtemps avant Asiander, qui qualifiait d'horrible erreur
l'enseignement de $encW Asiander avait m&me dnonc ce dernier au( magistrats de la ville qui
somm+rent $encW de compara=tre devant eu( et devant ses adversaires luthriens $ans la
dispute qui s'ensuivit, $encW se montra si capable # dclara un de ses antagonistes # que l'on vit
qu'il tait inutile de lutter contre lui par la parole .l fut donc dcid de lui demander une
confession crite de ses convictions, concernant sept points importants que l'on indiquaitG
Asiander s'engagea % lui rpondre par crit 'ais, lorsqu'ils prirent connaissance des rponses
de $encW, les prdicateurs de Nuremberg dclar+rent qu'il ne serait pas sage de laisser Asiander
accomplir sa promesse 7u(#m&mes se sentant incapables de convaincre $encW, ils prfr+rent
donner leur rplique directement au "onseil de la cit .l en rsulta que $encW fut somm de
quitter Nuremberg le m&me soir pour se rendre % di( heures de la ville 59J;J6 An le mena1a
d'emprisonnement s'il ne s'y engageait par serment La raison donne fut qu'il avait introduit des
erreurs antichrtiennes et os les dfendre 7n outre, il ne voulait recevoir aucune instruction et
ses rponses fourbes et ruses dmontraient qu'il tait vain d'essayer de le convaincre Le
lendemain matin, $encW avait dit adieu % sa famille et perdu sa situation .l prit le chemin de l'e(il
et ne le quitta plus, sa vie durant
$ans sa confession, $encW reconnaissait la mis+re de son tat naturel, mais disait qu'il tait
conscient de quelque chose en lui qui tait contraire au pch et veillait un besoin de vie sainte
An lui disait que cette bndiction s'obtenait par la foi, mais il pensait, lui, que la foi n'tait pas
simplement l'acceptation de ce qu'il avait lu ou entendu .l prouvait une rsistance naturelle % lire
les 0critures, qui tait toutefois vaincue par la voi( intime de la conscience le contraignant de
faire cette lecture Le "hrist, que lui rvlait l'0criture, correspondait % tout ce que son propre
coeur lui avait d)% rvl .l a)outait qu'il ne pouvait comprendre la Bible en la lisant
superficiellement !eul le !t#7sprit pouvait l'appliquer % son coeur et % sa conscience
Le document des ministres luthriens qui amena la condamnation de $encW constatait qu'il avait
de bonnes intentions, que ses convictions taient e(primes avec tant ,d'intelligence
chrtienne qu'il tait possible d'accepter sa mani+re de penser -outefois, par gard pour l'unit
de l'0glise luthrienne, on se voyait oblig de svir contre lui Nanmoins, partout o8 il se rendit,
$encW s'aper1ut que la calomnie l'avait prcd et qu'on lui attribuait toute esp+ce de doctrines
pernicieuses, faisant de lui un homme dangereu( qu'il fallait viter .l ne se permit )amais d'user
de reprsailles envers ses adversaires !elon la coutume de l'poque, il eut % subir de violentes
accusations, mais ses crits ne furent )amais empreints d'un tel esprit ,yant t une fois
spcialement provoqu, il criv=t: 4uelques#uns m'ont mconnu et accus de telle mani+re que
m&me un coeur dou( et humble a grand'peine % l'accepter 7t encore: E'ai le coeur navr d'&tre
en dsaccord avec plus d'une personne que )e regarde comme tant mon fr+re, puisqu'il adore le
$ieu que )'adore et honore le 2+re que )'honore ,utant que cela dpend de moi, )e ne veu( pas
faire de mon fr+re un adversaire, ou de mon 2+re un )ugeG mais me rconcilier en chemin avec
tous mes adversaires
$encW passa quelque temps sous le toit hospitalier de l'un des fr+res de !t#Nall, apr+s quoi il dut
partir lorsque son hBte eut affaire au( autorits Nr>ce % l'influence de ses amis, il trouva une
place % ,ugsbourg .l y avait alors dans cette ville des luttes entre luthriens et L[ingliens, ainsi
qu'entre protestants des deu( camps et catholiques 7n outre, le niveau moral du peuple tait
tr+s bas 2renant ces pauvres >mes en piti, $encW commen1a % runir ceu( qui consentaient %
se rassembler comme croyants et associaient % leur foi dans l'oeuvre rdemptrice de "hrist une
sainte conduite dans la vie )ournali+re .l ne s'tait pas encore )oint au( croyants appels
baptistes ou anabaptistes .l fit % ,ugsbourg ce qu'ils avaient fait ailleurs et ce qu'il avait vu de
tr+s pr+s % !t#Nall @ne visite du $r 3ubmeyer le dcida % partager le sort des fr+res et % &tre
baptis par immersion ,vant l'arrive de $encW, il y avait d)% % ,ugsbourg beaucoup de
croyants baptiss et l'glise s'accrut rapidement La plupart d'entre eu( taient pauvresG
cependant il y en avait pourtant quelques#uns de riches et bien placs Les crits et le L+le
d'7itelhans Langenmantel attir+rent beaucoup de gens .l tait l'un des fils d'un minent citoyen
d',ugsbourg qui avait t bourgmestre quatorLe fois et avait servi l'0tat en occupant de hautes
positions 7n 9J;?, l'glise comptait environ onLe cents membres, et leur action dans la contre
environnante aida % fonder et % fortifier les assembles de tous les principau( centres
@n crivain, inform % bonne source, crit ceci 5?:6 Beaucoup, cela se comprend, ayant au
coeur une vraie soif et fatigus des rcriminations et des accusations mutuelles d'hrsie entre
ecclsiastiques, cherch+rent % &tre difis, dans la pai( et en dehors de tout esprit sectaire
2armi les anabaptistes, les >mes les plus pures avaient un idal magnifique *egardant en
arri+re ils soupiraient apr+s un renouveau de cette glorieuse poque o8 les apBtres voyageaient
de ville en ville en fondant les premi+res glises chrtiennes, et o8 tous, membres d'un m&me
corps, se runissaient dans un esprit d'amour
Les croyants crivirent alors beaucoup de cantiques y e(primant leur adoration et leur e(prience
chrtienne
La perscution dirige particuli+rement contre $encW, svissant % nouveau, il dut quitter
,ugsbourg et se rfugier % !trasbourg, o8 se trouvait une nombreuse assemble de croyants
baptiss Les conducteurs du parti protestant taient deu( hommes de valeur, qui ne s'taient
rattachs dfinitivement ni % Tittenberg, ni % Qurich, tout en maintenant des relations tr+s intimes
avec Q[ingli et les rformateurs suisses Leurs noms taient "apiton et Bucer Le premier
pensait qu'il serait possible de demeurer en rapport avec les deu( partis et de les amener ainsi %
des relations plus cordiales .l hsitait aussi sur la question du bapt&me et maintenait un contact
amical avec plusieurs fr+res 'ais, parmi ces derniers se trouvaient des hommes au( vues
e(tr&mes, dont ils ne pouvaient se dbarrasser "ela nuisait % leur influence et loignait d'eu(
ceu( qui auraient aim un rapprochement 2uis Q[ingli introduisit la peine de mort pour
quiconque diffrerait de lui en mati+re de doctrine, ce qui loigna "apiton de lui 4uand $encW
arriva, les conditions taient telles et les fr+res taient si nombreu( et si influents qu'il semblait
qu'ils allaient devenir le facteur dominant de la vie religieuse de la cit $encW se lia bientBt
intimment avec "apiton 2ar sa pit, ses talents et ses charmes personnels, il attira % lui,
comme % un conducteur digne de confiance, non seulement ces fr+res que l'on appelait
baptistes, mais encore beaucoup d'autres qui, troubls par des conditions si confuses, hsitaient
sur la voie % suivre Bucer fut alarm par ces circonstances et pensant qu'il n'y avait point
d'avenir pour un parti priv de l'appui des autorits civiles # en collaboration avec Q[ingli # il
e(cita si bien les craintes du "onseil de la cit que, quelques semaines apr+s son arrive, $encW
re1ut un arr&t d'e(pulsion Nr>ce % ses nombreu( amis, pr&ts % intervenir en sa faveur, $encW
aurait probablement pu rester % !trasbourg 'ais il avait pour principe la pleine soumission au(
autorits .l quitta donc la ville en 9J;<
7(pos % bien des dangers, il erra de lieu en lieu , Torms, o8 il y avait une nombreuse
congrgation, il resta quelque temps et fit imprimer une traduction des 2roph+tes, faite par lui et
Lud[ig 3etLer 59J;?6 7n trois ans, ce travail fut tir % treiLe ditions La premi+re s'imprima
d'abord cinq fois, puis, l'anne suivante, si( fois L'dition d',ugsbourg se rimprima cinq fois en
neuf mois 2eu apr+s, $encW )oua un rBle important % une confrence de fr+res venus de
plusieurs contres et tenue % ,ugsbourg .l s