TELEVISION NUMERIQUE ET HAUTE DEFINITION
Rapport tabli la demande du
Premier ministre
Par Daniel BOUDET de MONTPLAISIR
avec la collaboration de Gilles BREGANT et de Ccile DUBARRY
Octobre 2004
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Vers lOrient compliqu, je volais avec des ides simples.
Charles de Gaulle
(Mmoires de guerre, tome I, p. 145)
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SOMMAIRE
REMERCIEMENTS . 03
INTRODUCTION . 04
I - PREPARER LAVENEMENT DE LA TELEVISION HAUTE DEFINITION 06
A - La TVHD : dj vieille et toujours pas adulte.... 06
1/ une longue histoire................................................................................... 06
2/ lobstacle du parc 09
3/ une appellation, deux ralits.................................................................. 09
B - Actualit de la TVHD............................................................................... 10
1/ physionomie actuelle ... 10
2/ intrt pour le consommateur.. 11
3/ principales ralisations ltranger ... 12
4/ en chiffres..... 13
II - DU BON USAGE DES NORMES DE COMPRESSION ... 15
A - Vie et mort des normes de compression .. 15
B - Naissance et croissance du MPEG-4 17
1/ de MPEG-2 MPEG-4 17
2/ les encodeurs 18
3/ les dcodeurs 19
4/ cadre juridique ... 20
C MPEG-4, une norme inluctable .. 21
1/ march vertical et march horizontal .. 21
2/ faisabilit technique . 22
3/ possibilits de migration ...... 22
III - LA BONNE TELEVISION A LA BONNE PLACE .. 24
A La TVHD dans tous ses supports . 24
1/ le satellite . 24
2/ le cble . 25
3/ les rseaux ADSL . 25
4/ la TNT ... 25
B - Trouver sa place sans dranger .. 27
1/ un pralable : sassurer de la ralit des projets . 27
2/ formules de placement 28
CONCLUSION . 38
ANNEXES .. 40
3
REMERCIEMENTS
Les rflexions et les propositions contenues dans ce rapport doivent beaucoup aux
contributions, orales et crites, fournies par les personnes et les organismes (dont la liste
figure en annexe) entendus par la mission.
Nous leur exprimons toute notre reconnaissance pour leur aide prcieuse ainsi qu
la Direction du Dveloppement des Mdias (DDM), la Direction Gnrale de lIndustrie, des
Technologies de lInformation et des Postes (DiGITIP), la Direction des Relations
Economiques Extrieures (DREE) et la Mission pour lEconomie Numrique (MEN).
Nous remercions pour leur concours efficace Mesdames Anne Huguenin et Marie-
Paule Benet et Messieurs Guy Lachas, Ludovic Berthelot et Franck Tarrier.
Par ailleurs, les travaux mens, en parallle mais en totale transparence, par le
Conseil Gnral des Technologies de lInformation (CGTI) sur les enjeux et les perspectives
de la tlvision numrique en 2005 ont permis la mission de complter utilement son
information, de diversifier les points de vue et, plus particulirement, de tenir compte des
enjeux industriels au-del de la sphre de lconomie tlvisuelle stricto sensu.
Enfin, la mission se flicite de la qualit de la collaboration avec le Conseil
Suprieur de lAudiovisuel (CSA), des clairages apports par celui-ci et des changes tant
avec le collge quavec son Prsident et les membres du Conseil plus spcialement en charge
du dossier de la Tlvision Numrique Terrestre (TNT).
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INTRODUCTION
Crer dinutiles difficults est le plus sr moyen quont trouv les esprits
mdiocres pour se donner de limportance constatait le marquis Antoine-Philippe de la
Maisonfort en 1818. Son aphorisme traverse les sicles et se pose, intact sur le ntre. Tout
naturellement, il hante ceux que lon a chargs de dbrouiller un dossier dapparence
complexe et de fournir une solution un problme que beaucoup jugent inextricable.
Querelles dingnieurs, surenchres dentrepreneurs, caresses ou intimidations de lobbyistes
patents, perplexit de ceux de loin les moins nombreux cherchant la voie de lintrt
gnral, ont parsem sans relche le travail de la mission laquelle le Premier ministre a
confi, le premier juillet 2004, le soin de remettre une analyse et des propositions sur les
modalits dintroduction et de dveloppement de la tlvision haute dfinition dans notre pays
sur lensemble des modes de diffusion possibles (hertzien, cble, satellite, ADSL) et des
quipements de rception, non seulement tlviseurs mais aussi terminaux mobiles . Et
demandant que, pour ce faire, la mission sinterroge sur la ou les normes de compression les
plus adaptes un dveloppement rapide des nouveaux services audiovisuels.
Le CSA ayant, lgitimement, souhait que cette tude nait pas pour consquence
de retarder les oprations ncessaires au lancement de la TNT selon le calendrier quil a
arrt, le Premier ministre a requis de la mission un avancement de ses conclusions quant aux
stratgies possibles en vue de lintroduction de la nouvelle norme de compression MPEG-4
dans les diffrents rseaux de diffusion dont les rseaux hertziens . Il la autorise renvoyer
un rapport complmentaire la question relative la tlvision mobile.
Deux camps retranchs, parmi les principaux oprateurs tlvisuels, stablirent
presque instantanment. Celui du bandeau et celui du ciseau. Le premier considrait que
lintroduction dune nouvelle norme ne devait pas mme tre envisage, afin de ne pas
perturber le dmarrage de la TNT, dont certains lments demeurent encore fragiles et sujets
interrogation, tel que le pr-dploiement des multiplexes. Le second estimait au contraire que
la question de la norme tait dj rsolue, la condition de tailler selon le pointill quil avait
lui-mme dessin, sans ncessairement prendre en compte les dcisions publiques dj
intervenues.
Essayant de se tenir gale distance des positions extrmes, quelque part entre
Cassandre et Circ, la mission a voulu examiner les problmes poss sans a priori et de faon
sereine. Les auditions quelle a effectues et les avis quelle a recueillis lui ont montr que
cela tait possible et quelle pouvait formuler une prconisation raisonnable, sans dsigner
vainqueur et vaincu, seul lintrt du tlspectateur et celui de lindustrie franaise devant
servir de guides.
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Ni le premier ni le second rapport sur la TNT, tablis par M. Michel Boyon, en
octobre 2002 puis en fvrier 2003, napprofondissent le thme de la norme de diffusion.
Simplement parce que, lpoque, la question ne se posait pas ou, du moins, ntait pose par
aucune des parties prenantes lexercice. La norme MPEG-2, seule oprationnelle et encore
susceptible de progrs, coulait de source. Le risque de dplorer son obsolescence au moment
du lancement dfinitif de la TNT, en raison de lapparition dune norme plus performante, le
MPEG-4, ainsi que lide consquente de procder un changement de norme nont t
soulevs que fin mai 2004. Ils nont t prsents que tardivement dans le cadre de la mission
pour le lancement de la TNT, bien que celle-ci ft conue et organise, entre autres, pour cela.
Ainsi, ltude commande par le Premier ministre na-t-elle pu tre engage que
postrieurement la fixation par le CSA, le 8 juin 2004, du calendrier de dploiement de la
TNT. Daucuns nont pas manqu dy voir malice et dinterprter la recherche du bon sens
comme un argument fourni aux irrductibles adversaires du projet. Le srieux et limportance
de la question pose auraient pourtant mrit quon ne les baignt pas dans le soupon et
quon sabstnt, ici ou l, de crer dinutiles difficults .
Le prsent rapport espre toutefois les avoir surmontes. Lesprit dans lequel il a
t tabli repose sur deux principes qui, lexprience, devraient se rvler parfaitement
complmentaires :
- Lexigence de ne rien faire qui puisse retarder ou perturber le lancement de la
TNT tel quil a t dcid par les autorits comptentes.
- La ncessit doffrir lenrichissement des services audiovisuels, quapportent la
haute dfinition et la mobilit, son juste espace dans le dispositif densemble.
Prparer lavnement de la tlvision en haute dfinition dpend du bon usage des
normes de compression afin de mettre la bonne tlvision la bonne place.
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I - PREPARER L AVENEMENT DE LA TELEVISION
HAUTE DEFINITION
Les images de tlvision diffuses en France correspondent toujours au standard
retenu en 1967 lors de lintroduction de la couleur et modifi en 1978. La technologie a,
depuis, accompli dimmenses progrs. Dans ce contexte, lobjectif que sassigne la tlvision
haute dfinition (TVHD) est daccrotre la rsolution des images diffuses pour amliorer la
qualit perue par les tlspectateurs.
Au cours des auditions, nul na contest lintrt de la HD. Le progrs quelle
apporte dans la qualit de limage et son caractre inluctable dans lvolution du paysage
audiovisuel ont t unanimement souligns. Seul a vari le terme auquel il tait souhait :
- Pour certains, et en particulier la plupart des constructeurs ainsi que deux chanes
prives en clair, la diffusion HD devrait tre gnralise trs rapidement, car cette
technologie a vocation sduire un public beaucoup plus large que les pionniers
actuels. Le vecteur de ce dveloppement devrait tre en priorit la diffusion numrique
hertzienne, qui seule permet datteindre le plus grand nombre de tlspectateurs.
- Pour dautres, et notamment les nouveaux entrants de la TNT ainsi que la plupart
des oprateurs non hertziens, la HD na pas sa place sur la TNT court terme. Dans
limmdiat, son domaine dlection devrait tre le cble et le satellite, du fait de leurs
abondantes ressources spectrales, mais aussi de la slection naturelle que les chanes
payantes oprent en identifiant les tlspectateurs les plus enclins dpenser pour la
tlvision. La HD pourrait faire son apparition sur la TNT plus long terme, en
particulier au moment de larrt des missions analogiques qui libreront de nouvelles
frquences.
A - LA TVHD : DEJA VIEILLE ET TOUJOURS PAS ADULTE
1/ UNE LONGUE HISTOIRE
Amliorer la rsolution des images de tlvision nest pas une ide neuve : depuis
les premiers essais de la BBC en 1929 avec le systme Baird (30 lignes lpoque), il sagit
dun vritable fil rouge de lhistoire de ce mdia.
En France, la tlvision dite haute dfinition ftera prochainement ses 56 ans.
Cest, en effet, le 20 novembre 1948 quun arrt du secrtaire dEtat la prsidence du
Conseil, Franois Mitterrand, fixe 819 lignes la norme de diffusion. Sans coordination avec
les autres pays dEurope et alors que les premires missions seffectuent dj en 441 lignes.
Les quelques centaines de foyers quips en rcepteurs craignent davoir achet, fort cher, un
matriel dj dmod. Mais on poursuit la diffusion en 441 lignes jusquau 3 janvier 1956,
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date laquelle un incendie dtruit lmetteur de la Tour Eiffel. Les partisans du 819 lignes
voquent dj la haute dfinition : meilleure qualit de limage comparable celle du
cinma et format prparant la venue prochaine de la couleur. Les pays voisins diffusent, eux,
en 625 lignes, norme adopte par la France en 1961 pour la deuxime chane venir. Le 819
lignes ne connatra jamais la couleur.
Dj, lingnieur Henri de France travaille la mise en place du procd SECAM
(SEquentiel Couleur Avec Mmoire). Peu aprs, les laboratoires japonais commencent leurs
recherches sur la TVHD. En 1966, la France adopte le SECAM, contre tous les autres pays
membres du Comit Consultatif International des Radiocommunications (CCIR) runis Oslo
puis Vienne. On ne parle plus de haute dfinition mais seulement de tlvision en couleur,
qui devient la grande affaire de lORTF.
En 1984, le vieux rseau 819 lignes de la premire chane qui, elle aussi stait
convertie la couleur en 625 lignes partir de 1975 mais nacheva sa mue quen 1982, est
ramnag pour permettre la diffusion de CANAL+. Ironie de lhistoire audiovisuelle : le
mme homme qui dcrta la naissance du 819 lignes dcide alors de sa condamnation
dfinitive. Mais, au cours de la mme anne, refait surface le rve oubli de la haute dfinition
(HD) la franaise. Il sappelle dsormais D2-MAC (pour Duobinary Digital Multiplex
Analog Components) Les premiers rcepteurs intgrant cette nouvelle norme sont
commercialiss en 1988, au prix denviron 6000 . Personne ne voit de diffrence avec
limage SECAM. Reste cependant le format 16/9
e
. En 1989, le D2-MAC devient HD-MAC.
Exportant ce que lon commence appeler son colbertisme high-tech , la France obtient de
la Communaut europenne une aide publique la production tlvise en haute dfinition
mais constate que les deux satellites de tlvision directe (TDF 1 et TDF 2) quelle a lancs
grands frais sont incapables de renvoyer la moindre image. Quelques parlementaires,
notamment les dputs Michel Pelchat et Michel Pricard, et le snateur J ean Cluzel,
demandent quon arrte le massacre et suggrent quon tourne plutt le regard vers les progrs
raliss, aux Etats-Unis et au J apon, dans le domaine de la compression numrique. En 1993,
ils sont enfin entendus : le HD-MAC est abandonn.
Souvre lre de la numrisation, dabord du cble et du satellite, puis des rseaux
hertziens terrestres. Dont on sait quelle offre cinq avantages : une plus grande rsistance du
signal aux perturbations, la diminution sensible des cots de diffusion, laugmentation du
nombre de chanes, la possibilit de recevoir des missions sur des terminaux mobiles, enfin
la revoil une nouvelle chance pour la haute dfinition. La comtesse de Castiglione peut
soffrir un lifting et retrouver ses vingt ans.
8
1954 : dbut de la diffusion en couleur aux Etats-Unis
1959 : prsentation officielle du procd SECAM
1964 : lancement au J apon des recherches sur la TVHD et les systmes daffichage associs
1967 : dbut de la diffusion SECAM en couleur en France (625i/50, 4/3, mono)
1972 : dfinition du systme Muse par NHK, Toshiba, Sony et Matsushita (1125/60, 16/9
e
)
1979 : premiers tests japonais de diffusion HD analogique par satellite
1983 : fin de lmission noir et blanc 819 lignes ; cration de lAdvanced Television Systems Committee aux
Etats-Unis
1985 : adoption par lUER de la norme D2-MAC (625i/50, 16/9
e
, stro)
1986 : prsentation de Muse/HiVision, propose comme norme mondiale lors de la confrence du CCIR de
Dubrovnik ; opposition europenne ; cration dun programme europen pour aboutir une norme HD
1988 : mise en vente des premiers rcepteurs D2-MAC en France, au prix public de 30 000 F (quivalant
prs de 6 000 actuels) ; cration du groupe MPEG ; apparition du numrique en production
1989 : dmonstration dun rcepteur HD-MAC (90 cm, 16/9
e
, 1250i/50)
1990 : commercialisation de rcepteurs HD grand public au J apon ; cration du groupe DVB
1991 : directive europenne imposant le D2-MAC par satellite ds 1995 ; la chane japonaise Hi-Vision
diffuse 8 h par jour dmissions HD par satellite
1992 : les jeux olympiques dAlbertville et lexposition universelle de Sville sont retransmis en HD-MAC ;
appel doffre de la FCC pour une norme numrique utilisable en SD et HD
1993 : abandon officiel du HD-MAC. Constitution dune alliance entre les quatre promoteurs amricains de
la HD pour dfinir des normes numriques communes
1994 : cohabitation des normes HD europenne et japonaise lors des jeux olympiques dhiver ;
standardisation de MPEG-2 ; premires transmissions de tlvision numrique par satellite aux Etats-
Unis (DirecTV)
1995 : quatre chanes franaises mettent en 16/9
e
; au total une trentaine de chanes mettent en Europe en
D2 MAC ou en PAL PLUS
1996 : dbut de la numrisation du cble et du satellite en France ; le procd amricain de tlvision
numrique est valid (SD et HD)
1997 : Telecommunication Act aux Etats-Unis conduisant loctroi de canaux supplmentaires aux chanes
hertziennes amricaines pour leur permettre dmettre notamment en numrique HD
1998 : adoption des standards amricains de diffusion HD sur MPEG-2 ; 40 chanes diffusent leurs premiers
programmes HD dans les 10 principales villes des Etats-Unis ; le cot des premiers dcodeurs HD atteint
7000 $ ; Television Broadcasting Services Act en Australie prvoyant la diffusion de tlvision haute
dfinition lors de la numrisation du rseau terrestre ; lancement du DVD.
1999 : quatre networks amricains passent au numrique
2001 : apparition de la HD sur la TNT en Core du Sud ; mission en numrique en Australie
2002 : le volume de programmation en HD sur les ondes hertziennes augmente de 50 % aux Etats-Unis
2003 : dcollage de la TNT en Australie avec mission minimale de 20 heures de programmes HD par
semaine
2004 : mission de la chane Euro 1080 partir du satellite Astra
Tableau 1. Quelques jalons de lhistoire de la haute dfinition.
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2/ LOBSTACLE DU PARC
Les premires annes de la tlvision furent marques par de frquents
changements de rsolution ; mais, ds la fin des annes 1950, les projets de HD se sont
heurts limportance du parc de rcepteurs. Pour dvidentes raisons de cot, les tlviseurs
dj installs naffichaient quune image standard : si lon amliorait la qualit de la diffusion,
il fallait aussi changer de rcepteur pour percevoir la nouvelle qualit de limage. Certes, la
perspective dun renouvellement acclr des quipements a chaque fois suscit un immense
intrt industriel. Mais leffet de parc a toujours t tel que ces technologies nont, jusqu
une date rcente, jamais gnr de march viable. De fait, cest sans doute aux dboires de la
norme HD-MAC que lEurope doit aujourdhui, en grande partie, son scepticisme lgard de
la HD.
Depuis peu, un lment nouveau bouleverse la donne : il existe dsormais un parc
de taille significative de tlviseurs HD. Aux Etats-Unis et au J apon, plusieurs millions de
tlspectateurs disposent actuellement de rcepteurs HD et y reoivent des programmes plus
ou moins adapts. Comme le march est mondial, ces rcepteurs haut de gamme se vendent
aussi dans tous les pays, dont la France. Il se constitue ainsi une capacit HD latente
quune diffusion HD pourrait rvler.
En faisant un instant abstraction des combats passs, cette situation prsente un
avantage pour lEurope : elle procure sur tagre une combinaison de technologies
prouves, qui ont pass avec succs une premire preuve de march. La question de la HD
en 2004 tient tout entire dans cet opportunisme : en adoptant des normes existantes, les
chances de succs ne seraient-elles pas sensiblement meilleures quhier ?
3/ UNE APPELLATION, DEUX REALITES
La russite de la HD dpend dune bonne synchronisation entre les deux extrmits
de la chane de laudiovisuel :
Le tlspectateur doit disposer dquipements de rception fiables et attrayants, dont le
supplment de prix doit tre en rapport avec le supplment dagrment.
Producteurs et diteurs de programmes doivent proposer des contenus abondants et
susceptibles de provoquer lachat de nouveaux rcepteurs.
Dbits typiques Sources Usages
250 7500 Mbits/s Signal numrique non
comprim en sortie de camras
HD
Production de cinma numrique : films, documentaires,
sport
50 250 Mbits/s Master HD, signal numrique
dlivr par certaines camras
HD
Production de tlvision numrique : fictions, sries,
publicits, documentaires, production indpendante,
droul du programme final
20 50 Mbits/s Codeurs MPEG pour la
production
TVHD conomique : reportages, vidographie,
production indpendante, droul du programme final
6 20 Mbits/s Formats de distribution HD Diffusion cble, satellite, TNT, DVD, DVD HD
Tableau 2. Les formats HD.
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De fait, la notion de HD recouvre deux volets distincts :
En amont de la diffusion, passer en HD suppose de pratiquer de trs hautes
rsolutions. Pour cela, il faut constituer une chane de la HD qui lie la captation,
les travaux de post-production, le montage et la rgie finale. La HD suppose que les
professionnels utilisent des appareils capables de crer, transmettre, manipuler des
fichiers informatiques de trs grande taille. Or, si la production en HD se rpand de
plus en plus, les chanes HD compltes sont encore lexception en France.
En diffusion, passer en HD se rsume deux exigences : transmettre des donnes
supplmentaires jusquau tlviseur, puis afficher suffisamment de points visibles sur
un cran pour que leffet sduise le tlspectateur.
Production et diffusion constituent de fait deux univers techniques disjoints. Le
niveau de rsolution utilis en production est dailleurs beaucoup plus lev que celui qui est
diffus vers les mnages. Les dbits de diffusion dominent nanmoins les dbats sur
lintroduction de la HD.
B - ACTUALITE DE LA HD
La HD nest pas encore devenue une notion absolue : chaque poque, la
haute dfinition est simplement une dfinition suprieure au standard du moment.
1/ PHYSIONOMIE ACTUELLE
La HD se caractrise notamment par un nombre de points, qui dtermine la
rsolution de chaque image, et le nombre de trames transmises par seconde, qui commande la
stabilit de limage. Ces trames peuvent tre des demi images entrelaces. Cest la solution
traditionnelle en tlvision, note i (pour interlaced). Dans ce cas, un lger scintillement
apparat, qui rduit la dfinition perue par le tlspectateur. Les trames peuvent aussi tre des
images compltes, transmises ligne ligne. Ce procd, dit progressif ( p ), prvaut pour les
moniteurs informatiques.
Le consensus sest ralis au sein dinstances comme lUnion Internationale des
Tlcommunications (UIT) et la Society of Motion Picture and Tlvision Engineers
(SMPTE) : format 16/9
e
, image CIF (Common Image Format), diffusion 1080i ou 720p. La
norme internationale ITU-R BT.709-4 a t adopte en mai 2000 pour unifier les systmes de
tlvision HD amricain, japonais et europen et tablir un pont avec le cinma numrique.
Les tableaux 3 et 4 retracent les combinaisons retenues par les constructeurs sur les
principaux marchs mondiaux.
Le 1080i et le 720p prdominent. Bien quils soient diffrents par leur nombre de
lignes, ils sont en ralit pratiquement quivalents de visu. La rsolution correspond ltat
actuel du march : la plupart des crans plats sont conus pour restituer ces images. Au cours
des auditions, toutes les intervenants ont confirm la pertinence de ce niveau de dfinition : il
est la fois dj industrialis et suffisamment perceptible pour le tlspectateur.
En proposant un piqu cinq fois plus lev que la simple dfinition (SD), la
HD exige, pour tre perue, des crans dune taille suffisante On considre gnralement
11
quun cran dau moins 70 cm de diagonale est indispensable pour quune majorit de
tlspectateurs peroive une diffrence significative de qualit. La nouvelle dfinition
propose conviendra jusqu des crans de 130 cm de diagonale.
NTSC PAL SECAM
Lignes affiches
480 576 576
Pixels par ligne
720 720 720
Image rsultante (Mpixel)
0,34 0,42 0,42
Mode de balayage
i (entrelac) i (entrelac) i (entrelac)
Proportion de limage
4/3 4/3 4/3
Trames par seconde
59,94 50 50
Tableau 3. Les formats SD.
Common Image Format
720 lignes
Lignes affiches
1080 720
Pixels par ligne
1920 1280
Image rsultante (Mpixel) 2,07 0,92
Mode de balayage
De nombreuses variantes possibles : progressif,
entrelac, progressif segment (combinaison des deux)
Proportion de limage 16/9
e
Trames par seconde
De nombreuses variantes possibles, allant en pratique
du 24p (standard du cinma) au 30p / 60i
Tableau 4. Les formats HD.
2/ INTERET POUR LE CONSOMMATEUR
La dfinition standard (SD) est reste pendant un demi-sicle bien tolre des
foyers europens. Cette stabilit historique se trouve branle depuis peu, sous leffet
conjugu de trois facteurs :
Les DVD ont rehauss les standards de limage anime. Bien quau standard SD, ils
apportent une amlioration sensible par rapport limage diffuse. Leur pntration a
t exceptionnellement rapide en France. En supplantant la cassette VHS, le DVD a
fait ressortir les imperfections de limage SD classique. Ce dcalage saccentuera
bientt avec larrive des DVD haute dfinition.
Divers quipements domestiques produisent dsormais des images trs dtailles.
Consoles de jeu ou appareils photo numriques concourent ainsi lducation de lil.
Ils sont souvent visualiss sur des moniteurs informatiques, qui offrent depuis
quelques annes des rsolutions suprieures aux rcepteurs de tlvision.
Enfin, les crans plats de grandes dimensions font ressortir les insuffisances de la SD.
Leurs prix sont encore trs levs, mais plusieurs technologies concurrentes
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contribuent leur baisse. De fait, constructeurs et distributeurs confirment que la vente
dcrans de plus de 80 cm de diagonale prend son essor.
Il existe donc aujourdhui une demande de la part des consommateurs pour une
qualit dimage amliore. Toutefois, le prix des crans haute dfinition demeure encore lev
et seule une frange des tlspectateurs est, pour linstant, dispose investir dans l'achat d'un
tlviseur HD. Leurs motivations peuvent tre de natures diverses : recherche de la meilleure
qualit d'image et du son, got prononc pour les produits forte composante technologique,
dsir d'afficher dans son salon un signe de russite sociale, faible sensibilit au prix pour les
foyers les plus aiss ou grande apptence pour les contenus audiovisuels en gnral.
Si les tlspectateurs pionniers de la haute dfinition ne reprsentent, pour
linstant, en France, qu'un march de niche, leur confiance dans le dveloppement et la
prennit de cette technologie devrait amorcer un cercle vertueux qui conduira la
dmocratisation de la HD. En effet, la demande en haute dfinition semble tre appele
crotre dans les annes venir, soutenue par la baisse du prix des crans plats et
laccoutumance une qualit dimage toujours meilleure.
3/ PRINCIPALES REALISATIONS A LETRANGER
Une enqute, ralise par les missions conomiques du ministre de lEconomie,
des Finances et de lIndustrie, a prcis la situation des pays suivants.
Aux Etats-Unis, la HD est arrive en 1998 avec le numrique terrestre, la FCC
ayant incit les networks ((NCB, CBS, ABC) dvelopper cette offre en change de lusage
gratuit de leur frquence hertzienne et de labsence de nouveaux concurrents (Voluntary DTV
Plan). Depuis 2000, les rseaux cbls diffusent aussi en HD car ils sont tenus une
rediffusion parallle des chanes hertziennes (simulcast). 70 % des programmes de dbut de
soire (prime time) sont diffuss en HD par les networks. En complment des films, dj
compatibles avec la HD, les programmes tourns en HD sont essentiellement les
retransmissions dvnements sportifs. Il existe des offres de bouquets de 5 20 chanes sur le
cble ainsi que deux bouquets satellites HD (DirecTV : 20 chanes, Voom : 40 chanes).
Certaines chanes thmatiques diffusent galement en HD sur le cble et le satellite (ESPN,
HDN et, HBO, Discovery, Bravo, The Movie Channel).
En Core du Sud, la HD a dmarr en 2001 sur la TNT, en 2003 sur le satellite et
en 2004 sur le cble. On compte six chanes HD. Comme pour la plupart des technologies
importantes pour lexport, la TNT bnficie dun programme de dploiement bien dfini
(programmation, couverture du territoire).
En Australie, la HD est galement lie la TNT. Cinq chanes diffusent des
programmes dans ce format depuis 2001. La TNT a dcoll seulement au deuxime semestre
2003 en raison du prix initialement trop lev des dcodeurs (entre 400 et 500 ). Sept
chanes HD diffusent sur le satellite depuis 2002 et six sur le cble depuis 2003.
Le Japon est le leader de la diffusion, de la production et de laudience de la
TVHD. Il existe dailleurs une redevance TVHD. Les tlspectateurs nippons ont le choix
entre dix chanes HD numriques par satellite et six chanes en TNT (depuis 2003).
Lmission en norme analogique doit tre arrte en 2007. Des programmes de recherche
abordent dores et dj la tlvision trs haute dfinition en trois dimensions.
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Dans ces pays, lessor de la HD apparat trs li des dcisions gouvernementales :
au J apon, lengagement durable de lEtat en faveur de la HD sest confirm aprs la dcision
dabandonner la norme analogique ; dans les autres pays, cest lintroduction de la TNT qui a
servi de support la diffusion de la HD. Le choix de la HD a presque toujours reu ladhsion
des chanes historiques : cest aussi celui qui vite lentre de nouveaux concurrents lors de la
migration vers la TNT car, dans la norme du moment, la HD consommait lintgralit de la
bande passante libre par la numrisation.
En Europe, le dmarrage de la HD est aujourdhui beaucoup plus lent. Il est
principalement port par le cble et le satellite. Il nexiste, ce jour, quune seule chane
entirement en haute dfinition : la chane belge Euro 1080, rcemment renomme HD-1,
mettant vers le satellite Astra depuis le 1
er
janvier 2004.
Au Royaume-Uni, le Gouvernement et la BBC considrent que lenjeu prioritaire
demeure la TNT. Limportant parc de dcodeurs installs ne permet pas de recevoir la HD. La
diffusion HD sera amorce sur le cble et le satellite. Loprateur de tlvision payante BSkyB
prvoit de diffuser avant fin 2005 par satellite son offre actuelle en HD, complte des
programmes BBC et ITV en clair.
L'Allemagne n'a pas de projet HD terrestre. Un groupe de travail vient nanmoins
de se mettre en place sur ce thme sous la pression des quipementiers. La HD se dveloppera
surtout par le satellite et secondairement par le cble. Loprateur de tlvision payante
PREMIERE a rcemment annonc quil lancerait le 1
er
novembre 2005 un bouquet satellitaire
de trois chanes HD la norme MPEG-4, qui associera galement des chanes gnralistes
publiques (ARD, ZDF) et prives (groupe RTL, groupe Prosieben Sat1). Ce programme sera
repris sur les rseaux cbls. L'introduction de la HD sur le terrestre est envisage l'horizon
2008-2010. Comme 95 % des foyers allemands reoivent la tlvision via le cble et le
satellite, ce choix dune diffusion SD sur la TNT ne pnalisera probablement gure les
industriels et les producteurs de programmes allemands.
L'Italie prvoit de faire des jeux olympiques de Turin en 2006 un vnement pour
la HD, notamment sur la plate-forme page de l'unique oprateur de satellite Sky. La
conversion de la TNT la HD nest pas envisage avant quelques annes.
4/ EN CHIFFRES
Aux Etats-Unis, les ventes annuelles dcrans haute dfinition ont connu une
progression rapide partir du lancement de la TNT, passant de 100 000 units en 1999 1,5
millions en 2001 et 3,8 millions en 2003. Le parc dcrans haute dfinition serait fin 2004 de
14 millions, reprsentant la vente de plus de 8 millions de tlviseurs HD en 2004. Les
prvisions stablissent sur un parc de 37 millions dici 2008. Il convient de prciser que les
foyers quips dun cran haute dfinition ne disposent pas encore tous dun dcodeur
appropri et que les offres exclusivement haute dfinition, comme le bouquet Voom HD (prs
de 40 chanes HD) nont pas encore rencontr le succs commercial escompt.
Au Japon, le parc de tlviseurs HD serait ds aujourdhui denviron 6 millions.
Plus de 12 millions de foyers ont potentiellement accs la HD par la TNT, tandis que 2
millions la reoivent dj par le cble. Les pouvoirs publics prvoient un parc install de 16
millions en 2007. Leur objectif nest pas simplement le remplacement de la diffusion
14
analogique par la diffusion numrique, mais aussi la migration de la dfinition standard vers
la HD loccasion de la numrisation de tous les rseaux de diffusion.
En dehors des Etats-Unis et du J apon, les principaux marchs se situent
aujourdhui au Canada, en Core du sud et en Australie. Selon plusieurs constructeurs, le
volume mondial de ventes dcrans HD pourrait doubler chaque anne au moins jusquen
2007.
En Europe, un dcollage des ventes est attendu en 2005. Une tude du cabinet
Strategy Analytics prvoit une vente de 1,2 million de rcepteurs en 2005, de 2,8 millions en
2006, de 4,9 millions en 2007 et de 7,2 millions en 2008. En 2008, le parc serait de 18
millions de tlviseurs.
En France, le volume des ventes devrait atteindre cette anne environ 100 000
units. Les diffrentes technologies, crans plasma, crans LCD et vidoprojecteurs, ont
chacune une part significative du march, les crans plasma tant ce jour les plus
reprsents. Diffrentes tudes prvoient une augmentation rapide des ventes annuelles de
tlviseurs HD : environ 400 000 units en 2005, 600 000 en 2006 et entre 2 et 2,5 millions en
2007, entranant une diminution assez rapide du prix moyen des crans.
2004 4 000
2005 3 200
2006 2 500
2007 2 000
Tableau 5. Prix moyen des crans HD.
Par ailleurs, les crans plats et home cinma reprsenteraient, selon certains
constructeurs, 50 % du march en valeur ds cette anne et 15 % en volume. Ces chiffres
atteindraient respectivement 65 % et 27 % ds 2005.
* * *
Dans ces conditions, la mission considre quon ne peut frapper la HD
dinterdiction de sjour sur lun des supports tlvisuels et quil convient de lui donner la
possibilit datteindre le plus grand nombre possible de tlspectateurs souhaitant en
bnficier. Il convient donc de dpasser les polmiques de linstant pour crer les conditions
permettant au projet HD de mrir et de se dvelopper. Lapparition de nouvelles normes de
compression ouvre justement des perspectives nouvelles dont il faut savoir faire bon usage.
15
II. DU BON USAGE DES NORMES DE COMPRESSION
Transformer une image anime en srie de 0 et de 1 produit un volume de
donnes impressionnant : titre dexemple, une image de tlvision au format standard
PAL/SECAM comporte 414 720 points ; en choisissant de reprsenter la couleur de chaque
pixel sur deux octets, et en affichant lquivalent de 25 images par seconde, chaque seconde
exigerait 166 Mbits de donnes. En utilisant ce procd, un DVD complet permettrait ainsi
de stocker lquivalent de 30 secondes dmission en dfinition SECAM soit lquivalent
dun unique spot de publicit. Et il serait impossible de regarder une seule chane sans
rassembler huit multiplexes hertziens !
Pourtant, recevoir une mission de tlvision en dfinition standard ne ncessite
que 4 Mbits/s, soit prs de quarante fois moins, et sans dgradation visible de qualit. Quant
aux DVD, ils contiennent non seulement des films de cinma dans leur intgralit, mais aussi
souvent quelques programmes supplmentaires. Cest la compression numrique qui est
lorigine de ces prouesses. Les normes de compression constituent donc les fondations de la
tlvision numrique : quoique invisibles, elles soutiennent tout ldifice.
Une norme nat, grandit, vieillit et meurt. Une autre la remplace. Comment
ldifice reste-t-il debout ?
A. VIE ET MORT DES NORMES DE COMPRESSION
La compression minimise la quantit de donnes stocker ou transmettre. Son
principe est simple : elle traque les redondances qui existent dans le son et dans limage, pour
ne retenir que linformation rellement indispensable leur reconstitution. Aprs cette
analyse, appele encodage, il ne reste quun condens de donnes. Il faut donc linterprter
ensuite avec un dcodeur, qui reconstitue les abrviations utilises afin de restituer images et
son.
Il existe de nombreux fabricants dencodeurs et de dcodeurs. Des langues
communes sont donc indispensables pour que ces appareils se comprennent : ce sont les
normes de compression. Certaines sont prives, et une mme socit produit les deux types
dappareils ou vend des licences : cest par exemple le cas de procds rpandus sur linternet,
comme celui de la socit RealMedia (logiciel RealPlayer). Les normes ouvertes, quant
elles, correspondent des standards internationaux. Elles sont utilisables par tous, sans pour
autant tre gratuites puisquelles donnent en gnral lieu au versement de redevances. Les
normes les plus diffuses sont regroupes sous lappellation de MPEG (Moving Picture
Expert Group), du nom du groupe de travail commun lISO (Organisation internationale de
normalisation) et lIEC (International Electronic Commission) cr en 1988. Les
propositions du groupe MPEG deviennent des normes aprs avoir t valides par lISO,
lIEC et lUnion internationale des tlcommunications (UIT).
16
Les normes MPEG prcisent en dtail la grammaire des donnes changes
entre encodeur et dcodeur et ce qui est attendu du dcodeur. Elles prvoient aussi des
profils , qui sapparentent des niveaux de langue , car la compression varie selon quil
sagit de production ou de diffusion, de haute ou de basse dfinition. Une fois ces conventions
fixes, la conception des dcodeurs nest quune affaire de mois : il suffit de programmer les
actions immuables quils devront enchaner aprs chaque abrviation reue. Reste ensuite
concevoir des encodeurs capables danalyser les images numriques pour les rsumer dans
cette nouvelle syntaxe. Cette opration est plus complexe, particulirement pour les encodeurs
fonctionnant en temps rel : ils ne disposent en effet que dune fraction de seconde pour
rsumer chaque image. La recherche et lexprience surmontent graduellement ce handicap, et
les performances des encodeurs saccroissent rgulirement. A titre dexemple, les premiers
encodeurs commerciaux MPEG-2 requraient 8 12 Mbits/s pour un programme SD en 1994.
Cette valeur a t divise par deux au bout de quatre annes, puis de nouveau par deux quatre
annes plus tard.
Validation
CIBLE DE LA NORME /
PERFORMANCES
PRINCIPALES APPLICATIONS
MPEG-1 1990 Image anime et son associ,
pour le stockage numrique
codage de qualit VHS jusqu
1,5 Mbits/s
toujours utilis pour les squences vido
proposes par les sites internet
Vido-CD : 1 h de vido VHS sur un CD
Le populaire format MP3 nest autre que le
systme de codage des sons de MPEG-1
MPEG-2 1994 Stockage et diffusion de toutes
images animes et du son
associ
Diffusion SD : 3-6 Mbits/s
Diffusion HD : 18-20 Mbits/s
Tlvision numrique : diffusion de toutes
les chanes actuellement en service
DVD SD
MPEG-3 Abandon Tlvision haute dfinition Les fonctions du MPEG-3 ont t incluses dans
lun des profils de la norme MPEG-2.
MPEG-4 2003 Encodage orient-objet
Dans sa version part 10
(H.264), transmission dimages
basse rsolution (1/4 VHS)
Qualit SD pour la diffusion :
1,5-3 Mbits/s
Qualit HD pour la diffusion :
9-12 Mbits/s
Mobilit : 128 384 kbits/s
MPEG-4 part 2 est lorigine du format
DivX (films tlchargs sur internet)
squences vido sur internet (produits
RealMedia, Microsoft WM9, QuickTime)
A court terme : diffusion numrique par
ADSL ou satellite, DVD-HD
A moyen terme : amlioration de tous les
usages actuels du MPEG-2
MPEG-7 A ltude description de contenu
multimdia
pas dimpact sur les
performances de codage
Reprage du contenu des flux audiovisuels
MPEG-21 A ltude
Horizon
2014
Environnement multimdia
intgr
Unification des outils de
codage, sans impact sur les taux
de compression
Prochaine gnration complte de MPEG
Meilleure identification des uvres
Gestion des droits de proprit intellectuelle
Tableau 6. La famille des normes MPEG.
17
Lusage dune norme de compression peut tre trs durable, car il se poursuit
aussi longtemps quil demeure des dcodeurs capables de linterprter. En ce sens,
lobsolescence, souvent voque, de la norme MPEG-2 doit tre relativise : compte tenu du
parc de dcodeurs install dans le monde, le MPEG-2 restera parl pendant des dcennies.
Dcodeur Flux accepts
MPEG-2 SD MPEG-2 SD
MPEG-2 HD MPEG-2 SD MPEG-2 HD
MPEG-4 SD MPEG-2 SD MPEG-4 SD
MPEG-4 HD MPEG-2 SD MPEG-4 SD MPEG-4 HD
Tableau 7. Aptitude des dcodeurs MPEG dchiffrer dautres codages.
Au fil des annes, les progrs de la recherche et laccroissement de la puissance
des appareils grand public permettent damliorer la norme. Dans ce cas, le groupe MPEG ne
modifie pas la norme existante pour ne pas compromettre le fonctionnement des dcodeurs en
service. Il regroupe au contraire toutes les innovations dans un nouveau langage qui imposera
de nouveaux appareils. Pour faciliter leur diffusion, ces nouveaux dcodeurs comprendront
aussi la norme antrieure, et pourront ainsi se substituer graduellement leurs prdcesseurs.
Cest ainsi que la production de dcodeurs lancienne norme devient rapidement inutile :
lintrt industriel dune norme dcrot trs vite avec lavnement de la suivante.
B. NAISSANCE ET CROISSANCE DU MPEG-4
1/ DE MPEG-2 A MPEG-4
Tous les systmes de tlvision numrique utilisent aujourdhui le MPEG-2,
lexception des rseaux ADSL. Cette norme permet aujourdhui de diffuser un programme de
tlvision SD dans une gamme allant de 3 Mbits/s (rendu ADSL actuel) 6 Mbits/s (codage
de certaines chanes sur cble ou satellite). Elle est galement utilise pour toutes les chanes
de tlvision HD existantes avec un dbit de 18 et 20 Mbits/s, soit presque la capacit dun
multiplex hertzien.
MPEG-2 a aujourdhui atteint sa maturit technique : ses performances
nvolueront plus, sinon la marge. Le gain ultime de compression est estim de 5 15 %.
Lvnement technologique majeur qui motive ce rapport est la fin du processus
de standardisation dune nouvelle norme de compression. Il nexiste dailleurs pas une seule
nouvelle norme, mais plusieurs, trs proches dans leur fonctionnement. La principale est le
MPEG-4.
Lapparition du MPEG-4 nest pas inattendue : elle tait en effet prvisible depuis
le milieu des annes 1990 comme lest dailleurs ds aujourdhui lapparition de la
prochaine gnration, le MPEG-21, dans une dizaine dannes.
Le standard MPEG-4 comporte en ralit deux systmes de codage : MPEG-4
part 2, norme amliorant MPEG-2 mais sans procurer un gain considrable de compression ;
et MPEG-4 part 10, appele aussi MPEG-4 AVC (Advanced Video Coding) ou H.264. Cest
cette seconde norme qui constitue la vritable rupture technologique. Elle rsulte dun travail
18
conjoint du groupe MPEG et de spcialistes de la visioconfrence de lUIT, runis en 2001 au
sein dun groupe de travail commun, le J VT (Joint Video Team). Cette norme sera dsormais
appele MPEG-4 dans toute la suite du rapport.
Pour tre utilisable, MPEG-4 doit tre combine un protocole de transport
adapt au canal de diffusion choisi : satellite, cble, TNT ou IP (ADSL). Le groupe DVB
(Digital Video Broadcasting) a tout rcemment intgr ces normes de compression dans le
standard utilis pour la diffusion de la TNT, le DVB-T. Soumis en octobre lInstitut
europen des normes de tlcommunication (ETSI), le codage MPEG-4 HD pour la TNT est
sur le point dtre adopt formellement par cet institut, ce qui confrera cette norme une
existence lgale au sein de lUnion europenne, et donc en France .
La nouvelle norme apporte deux avantages majeurs :
A qualit dimage gale, elle divise le dbit par deux par rapport MPEG-2. Cela
permet de diffuser un plus grand nombre de chanes dfinition standard ou
dintroduire des chanes haute dfinition, ou encore de diminuer sensiblement le cot
global de la tldiffusion.
Contrairement MPEG-2, MPEG-4 permet aussi de transmettre des images de
dfinition rduite des dbits faibles : ce codage autorise la transmission de petites
images (rsolution du seizime de la dfinition standard), adaptes un cran de
tlphone portable, dassistant numrique ou de voiture.
En rsum, MPEG-4 rend, pour un dbit moiti moindre, les mmes services que
MPEG-2 et tend sa gamme dusages vers les bas dbits.
MPEG-4 a aujourdhui un concurrent dimportance : VC-1, tire dun produit
Microsoft (Windows Media 9) qui atteint aujourdhui la phase finale de standardisation. Cette
situation a permis certains dvoquer une vritable guerre des normes . En effet, les
performances de MPEG-4 et de VC-1 sont trs comparables. Le cot de leurs licences a fait
lobjet dpres ngociations, qui ont nanmoins atteint rcemment un point dquilibre.
Les constructeurs proposent dores et dj des prototypes, voire des produits
(encodeurs et dcodeurs) construits autour de MPEG-4. Certains dentre eux prvoient de
proposer des appareils multilingues , acceptant MPEG-2, MPEG-4 et VC-1.
2/ LES ENCODEURS
Un encodeur est un appareil professionnel, dun cot lev (plusieurs dizaines de
milliers deuros). Entretenu par contrat, il reoit des mises jour qui amliorent rgulirement
son fonctionnement. Seuls quelques constructeurs dans le monde matrisent cette technologie
exigeante.
Les encodeurs qui fonctionnent sans contrainte de temps de traitement sont
disponibles ds aujourdhui, en haute dfinition comme en dfinition standard. Ce march
dpend donc surtout de la disponibilit des appareils temps rel, indispensables pour les
chanes de tlvision.
Les encodeurs MPEG-4 SD temps rel sont disponibles depuis plusieurs mois chez
plusieurs constructeurs.
19
Les encodeurs MPEG-4 HD temps rel nexistent pas ce jour. Ils sont annoncs sous
forme de prototype pour fin 2004. Nos auditions, comme ltude du CGTI, indiquent
que les premiers produits commerciaux devraient tre disponibles au plus tt en
septembre 2005.
Dans les deux cas, ces premiers encodeurs ne produiront pas immdiatement tous
les effets de compression esprs. Il en rsulte que, sur un multiplex de la TNT, seule une
chane HD serait envisageable ds 2005. Deux chanes HD pourraient cohabiter dans le
courant de lanne 2006. Ce nest que plus tard quun mme multiplex pourrait contenir
jusqu trois chanes HD. Garantir la date laquelle un encodeur fournira un dbit donn nest
toutefois pas ais.
septembre 2005 2
e
semestre 2006 2
e
semestre 2007
MPEG2 HD 12 18 Mb/s idem idem
MPEG4 HD 8,4 12,6 Mb/s 6 9 Mb/s 5 7,6 Mb/s
Gain du MPEG-4 30 % 50 % 58 %
Tableau 8. Evolution des performances des encodeurs HD temps rel (source : Thomson)
En aval des encodeurs se trouvent les multiplexeurs qui permettent dorganiser la
bande passante entre plusieurs chanes dun mme multiplex. En MPEG-2, ces systmes sont
dots doutils auxiliaires, qui en facilitent lexploitation. Cest en particulier le cas de la
fonction de multiplexage statistique, qui attribue automatiquement la bande passante en
fonction des besoins instantans des chanes. Lquivalent nexiste pas aujourdhui pour des
flux mlant du MPEG-2 et du MPEG-4. La mme difficult existe pour les dcrochages
locaux : le raccord est rendu imperceptible en MPEG-2, mais il nexiste pas encore doutil
quivalent en MPEG-4. Dans les deux cas, ces appareils peuvent apparatre en quelques mois,
mais il faut, pour en lancer le dveloppement, quil existe une demande solvable.
3/ LES DECODEURS
Contrairement aux encodeurs, les dcodeurs visent un march potentiel de
plusieurs centaines de millions dexemplaires. Ltape critique est ici la mise au point dun
composant de dcodage, dont le prix commandera largement les arbitrages conomiques des
diffuseurs et des mnages.
Des dcodeurs MPEG-4 SD sont dj disponibles chez plusieurs constructeurs.
Le cas des dcodeurs MPEG-4 mobiles na pas t tudi. Ses applications seront
approfondies dans une phase ultrieure de la mission (cf. Annexe 3).
Aucun dcodeur MPEG-4 HD nest aujourdhui disponible sur le march, mais la
conception de ce composant se dduit directement de celui qui permet la SD et ne
devrait pas soulever de problme majeur. Il existe une dispersion de plusieurs mois sur
la date de disponibilit prvisible des appareils : lestimation des premires livraisons
industrielles varie ainsi de lt 2005 au dbut de lanne 2006. Certains constructeurs
ont, en outre, bien voulu sengager par crit sur une date de livraison auprs du CGTI.
20
Les industriels les mieux-disants annoncent des prix publics de lordre de 160 TTC.
Cette somme dpasse denviron 60 les prix cits pour des dcodeurs MPEG-2 SD
fabriqus par les mmes constructeurs. Une baisse de prix de 20 25 % se produirait
ensuite chaque anne pour les dcodeurs MPEG-4 HD.
Les prix cits correspondent lentre de gamme. Les dcodeurs plus volus,
comprenant par exemple un systme de contrle daccs ou un disque dur, seront
invitablement plus chers.
Les constructeurs valuent les prix publics grce leurs prix de cession en sortie
dusine. In fine, le prix public constat dpendra largement des modes de
commercialisation.
Certains constructeurs ont fait part de leur projet de proposer trs rapidement des
tlviseurs intgrant un dcodeur, ce qui aurait lavantage de rduire la complexit de
linstallation tout en rduisant le surcot. Ces appareils seraient disponibles dbut 2006.
4/ CADRE JURIDIQUE
Les normes de diffusion de la tlvision sont traduites par des arrts techniques,
dclins en fonction du support.
Pour la tlvision par cble, un arrt technique (du 27 mars 1993 fixant les
spcifications techniques d'ensemble applicables aux rseaux distribuant par cble des
services de radiodiffusion sonore et de tlvision, modifi par un arrt du 20 mars 2001) qui
sapplique galement aux antennes collectives, prvoit, pour les signaux numriques,
lutilisation des normes europennes DVB-C et DVB-CS. En revanche, il ne prcise pas la
norme de compression. Nanmoins, la loi n 2004-669 du 9 juillet 2004 relative aux
communications lectroniques et aux services de communication audiovisuelle a rendu cet
arrt caduc. Ainsi, les oprateurs de rseaux cbls peuvent choisir leurs normes de diffusion
et de compression sans contrainte rglementaire.
Les services de tlvision par satellite aujourdhui disponibles en France sont,
quant eux, diffuss sur des frquences qui ne sont pas assignes par le CSA. Les signaux
doivent alors tre conformes aux dispositions dun arrt technique (du 13 novembre 1992
modifi dfinissant les spcifications techniques auxquelles doivent tre conformes les
caractristiques techniques de signaux mis vise les services diffuss dans les bandes de
frquences rserves aux tlcommunications) prvoyant lutilisation de la norme europenne
DVB-S, mais ne spcifiant pas la norme de compression.
Enfin, pour la TNT, larrt dit signal (du 24 dcembre 2001 relatif la
tlvision numrique hertzienne terrestre fixant les caractristiques des signaux mis) prcise
les normes que doivent respecter les signaux mis. Il impose notamment lutilisation du DVB-
T pour le transport des signaux et du MPEG-2 pour le codage du son et de la vido. Le format
dimage peut tre soit en 16/9
e
soit en 4/3. Larrt dit terminal (du 27 dcembre 2001
relatif aux caractristiques des quipements de rception des services diffuss par voie
hertzienne numrique terrestre) dfinit quant lui les spcifications techniques relatives aux
quipements de rception chez les particuliers. Il dispose notamment quen labsence
dinformation contraire, les terminaux destins la rception de la TNT mis sur le march en
France doivent permettre la rception des programmes diffuss conformment aux
21
dispositions de larrt signal . Il apparat donc que, si ces dcodeurs doivent pouvoir
traiter le MPEG-2, rien ne soppose ce quils sachent galement traiter le MPEG-4.
La commercialisation de dcodeurs MPEG-4 HD est dores et dj possible en
France pour le satellite et le cble et, sous rserve quils sachent aussi lire le MPEG-2, pour la
TNT. Lmission des chanes en MPEG-4 HD est galement possible pour le satellite et le
cble. Elle nest pour linstant interdite, en application de larrt du 24 dcembre 2001, que
sur la TNT.
C. MPEG-4, UNE NORME INELUCTABLE
1/ MARCHE VERTICAL ET MARCHE HORIZONTAL
Aujourdhui, les annonces sur le MPEG-4 foisonnent, marque de lengagement de
plusieurs constructeurs et de la plupart des grands groupes de tlvision et donc, terme,
dune comptition de bon aloi. Mais il sagit dun lancement de march, et non pas dun
march stabilis, caractris par des produits organiss en gamme, livrs en volumes, des
prix certains et stables.
Au fil des auditions, la mission a not des approches trs diffrentes selon les
protagonistes :
Les constructeurs ont fait preuve de conviction dans leurs prvisions. Ils sont toutefois
convenus que les dates indiques dpendaient largement de la matrialisation des
commandes.
A linverse, les diffuseurs techniques de la TNT se sont montrs beaucoup plus
prudents dans leurs estimations, en sappuyant sur les expriences passes : retards de
livraison pour les produits innovants et difficults pratiques quavait cres,
lpoque, le lancement du MPEG-2. Mme si lexprience du MPEG-2 acclrera
lappropriation de son successeur, il leur parat raliste dajouter une anne aux
calendriers des constructeurs. Les diffuseurs techniques par satellite, qui ont reu des
engagements de leurs clients en vue dune diffusion de bouquets de chanes en
MPEG-4 HD, ne semblent pas partager cette prudence.
Enfin, la perception des chanes et des oprateurs sest rvle contraste : certains
dentre eux envisagent daligner leurs calendriers dmission sur la disponibilit des
premiers produits commerciaux ; dautres, au contraire, dveloppent un raisonnement
plus conomique pour conseiller dattendre un deux ans afin que la technologie soit
moins coteuse et plus mature avant dinvestir.
Dans ce contexte, lapprciation de la mission est quil convient, dans cette phase
prcoce, de bien distinguer deux approches dans la mise en uvre du MPEG-4 :
Lutilisation en march vertical , dans laquelle une seule entreprise pilote le projet
de dploiement, en contrlant simultanment les dispositifs dencodage et de
dcodage. Ce serait le cas dun diffuseur par cble, par satellite, dun oprateur de
tlcommunications lanant une diffusion sur ADSL mais aussi, dans une large
mesure, dun distributeur de tlvision terrestre payante. Dans cette situation, un chef
22
de projet fait face dventuels alas dintgration, avec une capacit daction
suffisante.
Lutilisation en march horizontal , dans laquelle ce chef de projet nexiste pas.
Linteroprabilit des appareils doit alors tre garantie par le bon vouloir des
nombreux constructeurs fournissant encodeurs, dcodeurs et quipements annexes,
ainsi que par les divers intgrateurs techniques. Cette situation est celle des tlvisions
gratuites, quel que soit leur support de diffusion. Dans ce cas, lexprience montre
que, du fait du grand nombre dentreprises potentiellement concernes et des
responsabilits croises, la validation de lensemble de la chane sera plus complexe et
donc plus difficile achever.
2/ FAISABILITE TECHNIQUE
Lapprciation de la mission est quil est raliste, pour un oprateur agissant en
situation de march vertical, de mettre en uvre une chane complte dmission et rception
MPEG-4 (SD ou HD) en 2005.
Il lui faudrait fixer rapidement ses options techniques, ne retenir quun nombre
restreint de constructeurs pour limiter les risques et rester libre de ses dcisions pendant toutes
les phases critiques du projet.
En revanche, la mission considre que lensemble des technologies MPEG-4 ne se
prtera que difficilement en 2005 un march horizontal. En effet, sil est possible dinstaller
des dcodeurs MPEG-4 ds la fin de lt 2005, la validation de la chane complte (codage,
diffusion, rception, dcodage) ncessitera davantage de temps, sauf pour les chanes qui
auraient adopt une stratgie volontariste de diffusion HD sur plusieurs vecteurs techniques,
dont notamment le satellite.
3/ POSSIBILITES DE MIGRATION
La question principale nest pas quelle norme de compression faut-il choisir
pour les chanes de la TNT ? mais faut-il laisser se constituer un parc de dcodeurs
MPEG-2 ?
Pour les chanes gratuites, ce parc, une fois install, rendrait impossible le passage
des chanes en MPEG-4 avant de nombreuses annes, freinant ainsi durablement leur accs
la HD. En effet, le passage la HD ne serait possible que lorsque la totalit du parc de
dcodeurs installs laccepterait. Or les stratgies de mise niveau du parc de dcodeurs, qui
ont pu, un temps, tre voques, sont apparues lanalyse soit difficilement ralisables
(tlchargement), soit impropres assurer court terme la rception HD (insertion dun
composant additionnel grce lutilisation de linterface commune). Par consquent, sans
frquence supplmentaire autorisant une priode de double diffusion, la migration ne serait
possible quen remplaant les dcodeurs MPEG-2 existants.
Ce remplacement prsente un cot, impossible valuer aujourdhui, mais qui ne
manquerait pas dtre lev (de lordre de plusieurs dizaines deuros multiplis par le nombre
de dcodeurs remplacer). La logistique ncessaire un tel remplacement, qui est dautant
plus difficile organiser que la TNT fait intervenir de multiples protagonistes, serait
galement un obstacle sa mise en uvre. Ces raisons conduisent carter tout remplacement
23
trop volontariste du parc de dcodeurs. Il semble quil faille attendre son renouvellement
spontan, qui introduira graduellement des botiers MPEG-4 jusqu autoriser une nouvelle
norme dmission.
Pour les chanes payantes, la situation serait sensiblement diffrente. En effet,
leurs distributeurs peuvent aisment coordonner le renouvellement des dcodeurs de leurs
abonns. Pour des raisons financires, cette migration ne peut toutefois tre amorce quune
fois les premiers quipements amortis, soit plusieurs annes aprs leur mise en service.
Quelle que soit loption retenue, il conviendrait de donner aux utilisateurs et aux
fabricants une visibilit sur les volutions technologiques envisages. En effet, si lon en croit
les exemples trangers, la TNT se dveloppera dabord travers lquipement des mnages en
dcodeurs qui leur permettront de recevoir cette nouvelle offre numrique sur leur poste de
tlvision classique. Toutefois, dans un deuxime temps, devraient apparatre des tlviseurs
numriques intgrs. Or, ces quipements seront substantiellement plus chers que les simples
dcodeurs et les tlspectateurs seront moins enclins les renouveler. Cest pourquoi il parat
ncessaire quils comportent demble les volutions technologiques envisages, et en
particulier la norme MPEG-4, tant en SD quen HD.
Aux Etats-Unis, la FCC a adopt en 2002 une rgle exigeant des constructeurs
dlectronique grand public quils incluent des tuners numriques :
sur tous les crans de plus de 36 pouces commercialiss partir de juillet 2005, et sur
50 % de ces crans commercialiss par chaque constructeur depuis juillet 2004 ;
sur tous les crans de plus de 25 pouces commercialiss partir de juillet 2006, et sur
50 % de ces crans commercialiss par chaque constructeur partir de juillet 2005 ;
sur tous les crans et interfaces TV (magntoscopes, DVD,...) commercialiss partir
de juillet 2007.
Comme le prconisaient dj le rapport Boyon doctobre 2002 et tout rcemment
le rapport du CGTI, des mesures similaires pourraient tre envisages en France en
recommandant, par exemple, que tous les tlviseurs au del dune certaine taille intgrent
partir de 2007 un dcodeur multi-standards permettant de recevoir des mission codes en
MPEG-2 et MPEG-4 (HD et SD). Cette recommandation permettrait, en outre, de favoriser la
migration gnrale vers le numrique. Il parat urgent que la France prenne une initiative
europenne en ce sens.
* * *
Le MPEG-4 permettrait donc douvrir un espace la haute dfinition sur des
rseaux aux ressources rduites, dont fait partie la TNT. En face de ces nouvelles possibilits
technologiques, plusieurs diteurs annoncent leur volont de lancer, que ce soit sur le cble, le
satellite, les rseaux ADSL ou la TNT, des chanes diffusant prochainement une partie de
leurs programmes en haute dfinition. Afin que ces projets puissent voir le jour, il convient de
dterminer rigoureusement la place qui peut leur tre attribue sans perturber la diffusion des
autres services.
24
III. LA BONNE TELEVISION A LA BONNE PLACE
Certains supports, tels que le cble, le satellite ou encore les rseaux ADSL, ne
crent pas de difficults particulires pour lintroduction de la HD. La TNT prsente, quant
elle, des spcificits propres qui rendent la situation plus complexe.
A. LA TVHD DANS TOUS SES SUPPORTS
1/ LE SATELLITE
Le satellite est le premier vecteur naturel de la HD. Il offre des capacits
spectrales importantes, ce qui permet denvisager facilement tant une double diffusion de
chanes existantes en haute dfinition et en qualit standard que la diffusion de nouvelles
chanes spcifiquement conues pour la HD. Cette double diffusion, permet en outre de
saffranchir du parc de dcodeurs installs. Seuls les dcodeurs des tlspectateurs souhaitant
une rception de la haute dfinition doivent tre en mesure de recevoir ces nouvelles images.
Loprateur de bouquet satellite peut donc faire migrer les dcodeurs progressivement en
fonction de la demande individuelle de chaque abonn.
Comme on la vu, la chane Euro 1080, rcemment rebaptise HD-1, diffuse de
faon exprimentale en HD avec la norme MPEG-2 depuis le 1
er
janvier 2004 et devrait
prochainement tre commercialise. Loprateur de tlvision payante allemand PREMIERE
a galement rcemment annonc quil lancerait le 1
er
novembre 2005 un bouquet de trois
chanes en haute dfinition la norme MPEG-4. TPS en France a fait une annonce
comparable.
Le choix de la norme de diffusion de la HD par les bouquets satellite dpend donc
de deux facteurs :
- la date souhaite de lancement, puisque les quipements MPEG-4 ne sont pas
aujourdhui disponibles ;
- les fonctionnalits des dcodeurs installs. En France, le parc de dcodeurs satellite ne
permet pas la rception de la haute dfinition en MPEG-2. En consquence, le flux
HD sera, sous rserve dune compatibilit du calendrier de lancement avec la date de
disponibilit des quipements, le MPEG-4 (ou le VC-1, appel WM-9).
Ce choix est possible ds aujourdhui.
25
2/ LE CABLE
La problmatique est similaire celle du satellite : il est possible de prvoir une
double diffusion de certaines chanes et donc dorganiser une migration progressive du parc
de dcodeurs.
Le choix entre les normes dpend, ici aussi, de la date envisage pour le
lancement dune offre HD et des fonctionnalits permises par le parc de dcodeurs installs.
Les oprateurs devront, le cas chant, arbitrer entre lconomie ralise en bande passante et
le cot du remplacement anticip des dcodeurs fournis aux abonns.
Tout comme pour le satellite, les cblo-oprateurs peuvent ds aujourdhui choisir
leur norme de compression.
3/ LES RESEAUX ADSL
Les technologies actuellement utilises pour le dploiement de la tlvision sur les
rseaux ADSL ne permettent pas la diffusion de chanes en haute dfinition en MPEG-2 : les
dbits permis par lADSL sont compris entre 4 6 Mbit/s alors que la diffusion en MPEG2-
HD requiert de lordre de 18 Mbit/s.
Lintroduction de la HD sur ces rseaux suppose donc davoir recours
lADSL 2+, nouvelle norme de transport qui autorise des dbits suprieurs ainsi qu la norme
de compression MPEG-4 qui permet de diminuer le dbit ncessaire. Tout comme dans les
deux cas prcdents, il est possible de faire migrer les clients au cas par cas vers ces nouvelles
solutions techniques.
Le choix entre ces diffrentes normes, qui relve de la dcision de loprateur
concern, est dj possible puisque le cadre rglementaire nimpose aucune norme sur les
rseaux ADSL.
Ainsi, le scnario le plus probable pour ces trois supports sera la cohabitation
dune offre en dfinition standard et dune offre premium haute dfinition pour des abonns
qui seront alors quips en dcodeurs MPEG-4 HD.
4/ LA TNT
La norme de compression autorise en 2001 pour le lancement de la TNT est le
MPEG-2. Elle ne permet pas denvisager le lancement dune offre en haute dfinition sur les
multiplexes pour lesquels des autorisations ont t donnes, en raison de la raret des
ressources en frquences. En effet, cette norme ncessite, pour une diffusion en HD, une
bande passante de lordre de 18 Mbit/s. Or, les six multiplexes planifis ne disposent chacun
que de 24,5 Mbit/s. Lintroduction de la HD avec la norme MPEG-2 est donc incompatible
avec le nombre de chanes slectionnes aujourdhui en TNT.
En revanche, le passage au MPEG-4 pour tout ou partie des chanes permettrait la
diffusion en HD de certaines dentre elles, leur nombre tant amen crotre au fur et
mesure des progrs technologiques des encodeurs. Mais ce nest probablement qu
lextinction de la diffusion analogique que les ressources spectrales libres permettraient
denvisager la diffusion de toutes les chanes en HD. Relevons toutefois que certains formats
(films, fictions, retransmissions sportives, documentaires de cration) ont plus spcialement
vocation tre diffuss en HD.
26
La situation spcifique de la France pose, avec une acuit particulire, la question
des possibles modalits de lintroduction de la HD en diffusion hertzienne terrestre. En effet,
la diffrence de nombre de nos voisins europens qui prsentent une trs forte pntration
des offres cbles et satellite, les trois quarts des foyers franais continuent de recevoir la
tlvision travers lantenne rteau .
Interdire de sjour la TVHD sur la TNT reviendrait donc priver la grande
majorit des tlspectateurs dimages de haute qualit pendant une priode que lon peut
estimer dix ans ou plus.
Labsence de HD risque de confiner la tlvision hertzienne terrestre une
technologie considre comme obsolte par les tlspectateurs et plutt adapte la diffusion
de programmes moins ambitieux. Il est probable quune telle stratgie rduirait terme
significativement la part de la diffusion hertzienne terrestre au bnfice de ses concurrents
cble, satellite et ADSL.
Or, la tlvision hertzienne terrestre joue un rle essentiel dans la politique de
diversit culturelle franaise que notre pays cherche faire accepter et partager par nos
partenaires internationaux. La tlvision hertzienne terrestre est en effet le support o la
capacit de rgulation de lEtat est la plus forte. En particulier, elle est un lment
fondamental dans la politique de soutien la production audiovisuelle et cinmatographique
franaise.
Cest ainsi quil convient dexaminer les conditions dans lesquelles la TVHD
pourrait tre introduite en France sur la TNT.
Le lancement de la TVHD terrestre prsente des difficults accrues par rapport au
cble, au satellite et aux rseaux ADSL. En particulier, contrairement ces supports, la TNT
propose une offre de chanes intgralement gratuites. Cette offre a, de plus, vocation se
substituer terme la diffusion analogique. Il convient donc de sassurer que lensemble des
foyers ayant dcid de se doter de la TNT soit en mesure de recevoir de faon prenne
lensemble des chanes gratuites. Cet objectif fait peser des contraintes sur le parc des
dcodeurs : ainsi, si une chane gratuite venait tre diffuse, par exemple, exclusivement en
MPEG-4 HD, lensemble des dcodeurs installs chez les tlspectateurs devront tre
capables de recevoir cette norme. En revanche, il convient de souligner que les dcodeurs HD
sont capables dafficher les missions, mme reues en haute dfinition, sur nimporte quel
poste rcepteur existant. Les utilisateurs ne sont donc pas obligs dacheter immdiatement un
tlviseur haute dfinition pour regarder ces missions, mais ne profiteront pas, dans ce cas,
de lamlioration de la qualit de limage.
Une autre difficult rside dans la fragmentation de loffre entre plusieurs diteurs
qui peuvent avoir des stratgies divergentes en la matire.
Les auditions des diteurs de la TNT, des constructeurs, des responsables de la
tlvision payante, des diffuseurs techniques, des producteurs, des dirigeants de la grande
distribution et des institutionnels ont permis de dgager un certain nombre de formules de
placement de la TVHD sur la TNT, et de prconiser celui ou ceux qui lautoriseraient
sinsrer dans le dispositif en minimisant les troubles latraux.
27
B. TROUVER SA PLACE SANS DERANGER
1/ UN PREALABLE : SASSURER DE LA REALITE DES PROJETS
Dans lhypothse o des chanes de la TNT seraient autorises diffuser en haute
dfinition, il conviendrait de sassurer du caractre effectif de cette diffusion afin dviter que
certaines chanes ne premptent ainsi une partie des frquences sans les utiliser.
Une premire possibilit serait, en sinspirant de quelques exemples trangers,
dimposer une obligation de diffusion dun nombre minimal dheures de programmes en HD.
Au J apon, en Core du Sud, en Australie et aux Etats-Unis, pays o la TNT a t
lance en HD, des obligations de diffusion en haute dfinition ont t imposes aux diteurs :
au J apon (o la TNT a dmarr en 2003), les diffuseurs publics et privs sont tenus de
diffuser au moins 50 % des programmes en haute dfinition.
en Core du Sud (dmarrage de la TNT en 2001), lobligation initiale, pour les chanes
nationales, de diffuser un minimum de 10 heures hebdomadaires a t porte 13
heures, et pourrait passer 20 heures au cours de lanne 2005.
en Australie (dmarrage de la TNT en 2001), les diteurs sont tenus, depuis le 1er
juillet 2003 (ou deux ans aprs le dbut de la diffusion en numrique dans une zone),
dmettre un minimum de 20 heures au format HD.
De telles obligations nont en revanche pas t instaures aux Etats-Unis et au
Canada, o la TNT a dmarr en 1999 et 2003. Aux Etats-Unis, les chanes ont t incites
diffuser leurs programmes en haute dfinition par la mise en place en avril 2002 dun plan
visant accrotre le bnfice de la TNT pour les consommateurs, en encourageant notamment
les principaux diteurs de chanes hertziennes diffuser au moins 50 % de leurs missions de
prime time en HD. Sans rellement imposer la haute dfinition, ce plan a permis de faire
pression sur les diffuseurs pour quils programment suffisamment dheures en haute
dfinition. Ainsi, la programmation HD a-t-elle augment de plus de 50 % depuis 2001.
Une seconde possibilit, qui nest pas exclusive de la premire, serait de
soumettre le droit dusage de frquences pour la diffusion HD une redevance. Son montant
devrait tre fix un niveau suffisamment lev pour garantir la ralit et la prennit de
limplication de la chane candidate. Il devrait comporter un droit dentre substantiel.
Les sommes ainsi recueillies pourraient alors tre affectes au compte de soutien
aux industries cinmatographiques et audiovisuelles plac auprs du Centre National de la
Cinmatographie (CNC) en vue de linstauration de mcanismes financiers nouveaux
contribuant acclrer le dveloppement de la haute dfinition dans les industries
cinmatographiques et audiovisuelles. Ce mcanisme permettrait de compenser en partie le
surcot des tournages en haute dfinition.
28
2/ FORMULES DE PLACEMENT
Pour toutes les raisons indiques en amont, lintroduction de la HD dans le dispositif de la
TNT parat tout la fois souhaitable et invitable. Nanmoins, six mois du lancement des
chanes gratuites, elle exige certaines prcautions. Nous avons donc examin diffrentes
formules de placement. Huit formules ont t tudies, chacune porte un nom qui rsume son
conomie :
1 Prservation de lacquis ;
2 Qute du consensus ;
3 Libert maximale ;
4 Plonge vers le futur ;
5 Sparation des familles ;
6 Isolement et complexit ;
7 Exprimentation dabord ;
8 Prudence et pragmatisme.
1 Prservation de lacquis : la TNT est lance en MPEG 2 pour lensemble
des chanes gratuites et payantes, la TVHD est introduite lors de
lextinction de la diffusion hertzienne analogique.
Dcrite par le rapport du CGTI sous lintitul Scnario 1 : La poursuite de la
mise en uvre de la TNT dans le cadre prvu actuellement , le principal avantage de cette
formule est de permettre le lancement de la TNT tel que conu initialement. En effet, un
nombre lev dintervenants estiment que toute perturbation du systme est de nature
remettre en cause le dmarrage de la TNT dans le calendrier voulu, voir de rendre impossible
ce dmarrage. Certains indiquent que ce scnario suppose la stabilit des arrts techniques
pendant au moins cinq ans.
Certes, la modification de lenvironnement dun projet constitue un risque de plus
en plus grand mesure que son terme approche. Nanmoins, lapprciation porte sur ltat
davancement du projet TNT doit tre nuance. Lannexe 5 montre quil est indniable que la
plupart des protagonistes sont dsormais prts agir pour louverture des chanes gratuites en
mars 2005. Toutefois, la plupart des actes irrversibles ne sont aujourdhui pas encore
engags. En agissant avec mesure, il reste donc possible dinflchir quelques hypothses sans
faire courir de risque systmique lensemble du projet.
En revanche, cette option prsente trois inconvnients : elle reporte de facto de
plusieurs annes lintroduction de la HD sur les rseaux hertziens terrestres ; elle diminue
lattrait de la diffusion hertzienne ; elle nest probablement pas conforme au droit europen.
Un report durable de lintroduction de la HD :
Selon cette option, toutes les ressources hertziennes des multiplexes dj autoriss
seront employes pour la diffusion de chanes SD en MPEG-2. Par consquent, comme le
souligne le rapport du CGTI, va se constituer un parc considrable de dcodeurs qui ne
permet aucune possibilit dvolution vers la HD . La haute dfinition ne pourra donc tre
introduite quau moment de larrt de lanalogique, en tirant parti des ressources libres.
Or, les exemples trangers le montrent, les difficults pour arrter la diffusion
hertzienne analogique ne doivent pas tre sous-estimes.
29
Ainsi, le Gouvernement britannique a-t-il dcid en septembre 1999 dinterrompre
la diffusion analogique selon un calendrier situant cet arrt entre 2006 et 2010. Le
Dpartement pour la Culture, les Mdias et les Sports (DCMS) et le Dpartement du
Commerce et de lIndustrie (DTI) ont constitu des groupes de travail cet effet. De mars
aot 2004, de vifs dbats ont conduit le Royaume-Uni repousser cette date 2012.
Des problmes similaires se font jour aux Etats-Unis o la FCC, qui avait
envisag initialement comme terme le 31 dcembre 2006, a rcemment propos de dcaler
cette date 2009.
Le seul cas connu ce jour dextinction effective de la diffusion analogique, dans
les Lnder de Berlin et du Brandebourg, nest en rien comparable la situation franaise. En
effet, en Allemagne, les offres du cble et du satellite atteignent un taux de pntration
cumul de lordre de 95 %, facilitant considrablement lextinction de la diffusion analogique.
Au vu de ces exemples trangers, un arrt de la diffusion analogique en France au
cours de la priode 2012-2015 apparat dj comme un objectif trs ambitieux.
En outre, larrt de lanalogique ne garantit nullement quil sera possible de
rutiliser toutes les frquences libres pour une diffusion numrique. En effet, dans toutes les
zones frontalires, les frquences aujourdhui employes pour la diffusion analogique ne
pourraient tre voues un autre usage sans laccord des pays limitrophes. Ces points seront
prcisment discuts lors de la Confrence Rgionale des Radiocommunications (cf.
Annexe 4) dont la session conclusive se tiendra en 2006. Ces ngociations seront dlicates,
car les frquences sont rares en Europe et les pays voisins ont des projets varis pour lusage
de leur spectre moyen terme. En particulier, les projets de diffusion mobile de certains pays
frontaliers, aujourdhui plus avancs que les ntres, pourraient rduire notre marge de
manuvre moyen terme. Dfinir ds prsent les priorits de la France et savoir
parfaitement les justifier sont les clefs de la russite de ces ngociations.
Enfin, les foyers seront probablement rticents se r-quiper en dcodeurs pour
recevoir la haute dfinition.
La diminution de lattrait de la diffusion hertzienne terrestre :
En empchant toute volution de loffre de la TNT, que ce soit par lintroduction
de la HD, celle de nouvelles chanes gratuites ou payantes ou celle encore de services
interactifs, cette formule rduit lattrait de la rception hertzienne par rapport au cble, au
satellite ou aux rseaux ADSL Elle ferait du domaine hertzien celui de la diffusion de
programmes au contenu moins ambitieux. Ceci conduirait inluctablement une dcroissance
de limportance de la diffusion hertzienne au profit des modes concurrents de diffusion, cble,
satellite et ADSL, alors quelle constitue le principal vecteur du soutien la cration
audiovisuelle et cinmatographique. Ce scnario est donc susceptible de fragiliser, terme, la
politique de diversit culturelle constamment suivie par notre pays.
Un statu quo qui serait maintenu au prix de srieuses difficults juridiques :
Le cadre rglementaire europen (article 6 et annexe B de la directive 2002/20/CE
du Parlement europen et du Conseil du 7 mars 2002 relative lautorisation de rseaux et de
services de communications lectroniques, dite directive autorisation ) permet aux Etats
30
membres dassortir dobligations les droits dusage des frquences. Ces obligations peuvent
notamment porter sur :
la dsignation du service ou du type de rseau ou de technologie pour lesquels les
droits dutilisation de la frquence ont t accords, y compris, le cas chant,
lutilisation exclusive dune frquence pour la transmission de contenus ou de services
audiovisuels dtermins ;
lemploi efficace et performant des frquences, conformment la directive
cadre , y compris, le cas chant, les exigences concernant la couverture .
Ces conditions doivent tre justifies objectivement par rapport au rseau ou au
service en question ; elles sont non-discriminatoires, proportionnes et transparentes
(article 6 de la directive autorisation ). Il est donc possible dimposer des normes pour la
diffusion de la TNT.
Nanmoins, dans le mme temps, les Etats membres doivent veiller, en
application de larticle 9 de la directive 2002/21/CE du Parlement europen et du Conseil du 7
mars 2002 relative un cadre rglementaire commun pour les rseaux et services de
communications lectroniques (directive cadre ), la gestion efficace des frquences
pour les services de communications lectroniques sur le territoire [..]
Dans ce contexte, puisque MPEG-4 prsente une efficacit spectrale suprieure
celle de MPEG-2, peut-on interdire durablement son emploi, une fois la norme adopte par
lETSI ?
Dans le cas des chanes gratuites, il pourrait tre soutenu, au moins dans un
premier temps, que limposition de la seule norme MPEG-2, permettrait, grce des
dcodeurs moindre cot, une meilleure pntration de loffre et donc un nombre de
tlspectateurs accru ; quelle devrait galement acclrer lextinction de la diffusion
analogique, et donc la rutilisation plus rapide des frquences correspondantes ; et quen
consquence elle contribuerait une gestion plus efficace du spectre.
En revanche, aucune de ces ventuelles justifications ne pourrait sappliquer au
cas des chanes payantes. Lhypothse probable o les distributeurs assureraient tout ou partie
du financement du dcodeur, de faon indolore pour labonn, rduirait encore leur porte.
Certains ont soulev, cette tape, la question de linteroprabilit des dcodeurs,
qui pourrait ainsi relier les deux situations. Toutefois, elle na gure de force probante :
les chanes gratuites pourront toujours tre reues sur lensemble des terminaux, les
dcodeurs MPEG-4 acceptant aussi le MPEG-2 ;
les dcodeurs MPEG-4 des distributeurs des chanes payantes pourront, de la mme
manire, recevoir les chanes diffuses en MPEG-2 dun concurrent qui se serait lanc
antrieurement.
Il existe donc des risques juridiques srieux qui rendront cette position difficile
maintenir dans la dure. La rapidit de lvolution des nouvelles technologies accrotra encore
ces incertitudes. De ce fait, il parat prfrable que lEtat ne sengage pas maintenir les
31
arrts de norme pour une longue priode. En tout tat de cause, un tel engagement ne
pourrait tre pris quaprs consultation formelle de la Commission europenne.
2 Qute du consensus : la TNT est lance en MPEG-2 pour lensemble des
chanes ; les chanes choisissent par consensus de passer en MPEG-
4 aprs quelques annes.
Cette formule, qui nest quune variante de la premire, parat difficilement
opratoire en raison des difficults que devraient rencontrer les diteurs trouver un accord.
Le risque est grand quun consensus ne puisse jamais tre atteint. Sduisante au premier
abord, elle rappelle la formule propose au comte de Chambord en octobre 1873 : Le
drapeau tricolore est maintenu ; Il ne peut tre chang que par la volont commune du Roi et
de lAssemble. Le Prince flaira le pige. Prenons-en conscience dans le cas qui nous
intresse.
En outre, lide de lancer la TNT dans une norme dont on annoncerait dj la
retraite ne parat ni conomiquement ni psychologiquement tenable.
3 - Libert maximale : les chanes ont le choix entre MPEG-2, MPEG-4-SD
et MPEG-4 HD.
Cette formule apparat dans le rapport du CGTI sous lintitul Scnario 3 :
Favoriser le dveloppement de la HD tout en prservant la libert des oprateurs . Le CGTI
la recommande, en soulignant que ce scnario a le mrite premier de limiter leffet de
blocage de lvolution cr par un parc de dcodeurs MPEG-2, de laisser les diteurs libres
de leur diffusion et de mettre la France en position favorable dans lvolution mondiale des
technologies .
Elle suppose que la TNT soit lance avec un parc de dcodeurs MPEG-4 HD,
seuls capables de recevoir ces trois normes. Cest en effet la condition ncessaire pour que les
chanes gratuites puissent choisir dmettre le moment venu en MPEG-4 (SD ou HD) tout en
continuant tre reues par tous les tlspectateurs.
Loption conduit retarder de quelques mois le dbut de la diffusion de la TNT.
En effet, les dcodeurs MPEG-4 HD ne seront disponibles qu lt 2005. A cette date, il
nest pas exclu quil faille ajouter un dlai imputable au processus de distribution ; en outre,
comme dans tout processus industriel, un drapage peut survenir du fait dun impondrable
dans la mise au point du produit. De fait, le CGTI estime bon droit que ce scnario
suppose dattendre septembre 2005 pour ouvrir la TNT aux chanes gratuites aussi bien que
payantes .
Ce libre choix peut galement modrer la vitesse de pntration de la TNT, en
particulier pour loffre en clair. En effet, les prix grand public annoncs par les constructeurs
pour lentre de gamme des dcodeurs resteront dans un premier temps plus levs que ceux
des dcodeurs MPEG-2 comparables. Or, mme si la sensibilit aux prix des consommateurs
est relativise par une partie de la grande distribution, cette diffrence pourrait ralentir les
achats de dcodeurs dans la phase de dmarrage de la TNT.
Cet argument, souvent avanc lors des auditions, doit toutefois tre remis en
perspective : en effet, au moment de lengagement des diteurs de chanes candidats
lmission en TNT, le prix public le plus frquemment cit pour les dcodeurs MPEG-2
32
ntait-il pas denviron 150 ? Si le projet navait subi aucun retard, cest donc dans des
conditions conomiques trs proches quaurait dbut la TNT fin 2002. Cest, en tout cas, sur
ces plans daffaires que les diteurs de chanes ont accept de sengager dans cette entreprise.
Au plan juridique, loption suppose simplement de modifier larrt du 24
dcembre 2001 relatif la tlvision numrique hertzienne terrestre fixant les caractristiques
des signaux mis, afin dautoriser la diffusion des chanes en MPEG-4 SD et HD, ainsi que
larrt du 21 novembre 2001 fixant les spcifications techniques applicables aux appareils de
rception des signaux numriques de tlvision.
4 - Plonge vers le futur : le lancement de la TNT est report pour permettre le
dmarrage de lintgralit des chanes en MPEG 4
Cette option, qui correspond au scnario 2 : Imposer la diffusion en MPEG-4
chanes gratuites et chanes payantes pour favoriser le dveloppement de la HD du
rapport du CGTI, a bien souvent accompagn celle de la prservation de lacquis dans un
balancement cens dlimiter les deux seules voies envisageables pour la TNT : il sagissait
soit dopter ds lorigine pour une norme, soit pour lautre. Cette approche a pour effet de
mettre la TNT au service de la norme. Alors que cest videmment linverse que nous devons
rechercher.
Suspendre tout le processus de la TNT pour attendre une norme de codage semble
bien des gards excessif. Ce choix extrme prsente un risque majeur de dstabilisation du
lancement de la TNT. Tout dabord, il nest pas compatible avec le calendrier fix par le CSA.
Ensuite, derrire le projet TNT serait retenu en otage tout le processus de numrisation du
paysage audiovisuel franais, pour de nombreux mois. En effet, mme si des dcodeurs
MPEG-4 HD devraient tre disponibles en septembre 2005, un certain dlai pourrait tre
ncessaire aux chanes pour matriser lensemble du processus de compression et de diffusion.
Enfin, lanalyse a montr que dautres options, plus progressives, pouvaient permettre de
bnficier des avantages du MPEG-4 sans crer deffets collatraux aussi importants.
5 Sparation des familles : : les chanes gratuites sont lances en MPEG-2 ;
les chanes payantes ont le choix entre MPEG-2, MPEG-4 SD et
MPEG-4 HD.
Sparer la famille des chanes gratuites de celle des chanes payantes garantit que
les premires pourront tre reues sur un dcodeur peu coteux et immdiatement disponible
tout en permettant lintroduction de la HD sur les chanes payantes, si ces dernires le
souhaitent. Il ne permet toutefois pas la diffusion hertzienne terrestre en haute dfinition de
chanes gratuites avant lextinction de la diffusion analogique. Cette option a t
soigneusement examine.
Elle entranerait un confusion dans lesprit des tlspectateurs ainsi quun phnomne
dattentisme de leur part : ceux-ci seraient tents, dans la perspective dune offre
amliore, de retarder leur achat jusquau lancement des chanes payantes, alors
abusivement associes lavnement de limage haute dfinition.
Les dcodeurs achets pour les chanes gratuites (MPEG-2) ne pourraient recevoir des
chanes payantes (MPEG-4). Cette critique ne parat pas pertinente : en effet, les
adaptateurs pour la TNT gratuite ne seront, dans leur majorit, pas munis de systme
de contrle daccs. En outre, dans un pays o les distributeurs de la tlvision
33
payante se sont toujours montrs trs soucieux de matriser le parc de leurs dcodeurs,
il parat peu probable que prosprent des solutions selon lesquelles le systme de
contrle daccs serait ajout ultrieurement, par exemple sous la forme dun
composant insr dans une interface commune. Les tlspectateurs quips pour
recevoir les chanes en clair devront donc, dans la quasi totalit des cas, recevoir de
nouveaux dcodeurs afin daccder aux chanes payantes.
Le MPEG-4, on la vu, ne permet pas de dcrochages locaux, du moins court terme.
Cependant les seules chanes procdant aujourdhui des dcrochages sont des
chanes gratuites, diffuses selon cette option en MPEG-2.
Un multiplexage statistique mlangeant les normes MPEG-2 et MPEG-4 nest pas
encore possible.
Seul un nombre limit de chanes pourrait passer en haute dfinition au dmarrage des
chanes payantes, fix au plus tard en mars 2006 par la dcision du CSA. En effet, les
gains de compression permis par MPEG-4 sont progressifs. Les distributeurs des
chanes payantes de la TNT commercialiseront, ds le lancement de leur offre, des
dcodeurs supportant la norme MPEG-4 HD. Des chanes supplmentaires pourraient
passer la HD au fur et mesure que ces gains se concrtiseront.
Dans la mesure o CANAL+diffuse la fois des missions en clair et des missions
cryptes, il conviendrait, afin de ne pas lui imposer des charges excessives, de lui
laisser le choix de sa norme de compression pour ses programmes en clair, voire la
possibilit de les double diffuser en MPEG-2 et MPEG-4.
Enfin, et surtout, parmi les trois ou quatre chanes ayant manifest, auprs de la
mission, lambition dtre diffuses en HD, deux sont des chanes gratuites. Loption
prsente ne rpond donc en rien leur objectif dentreprise.
Sur le plan juridique, il est ncessaire de prvoir comme dans les options
prcdentes une modification des arrts techniques prcits.
6 Isolement et complexit : le multiplex R5 est utilis pour une double
diffusion de certaines chanes en haute dfinition avec la norme
MPEG-4.
Le schma permettrait de lancer, dabord deux puis, terme, trois chanes en haute
dfinition, mais il devrait tre soigneusement expliqu au grand public. En effet, le
tlspectateur se retrouverait dun coup en face dune offre complexe : certaines chanes
seraient gratuites, dautres payantes ; certaines chanes seraient diffuses en dfinition
standard ; dautres enfin seraient disponibles selon les deux standards. Soit une situation en
contradiction, dune part, avec lobjectif initial et principal de la tlvision numrique pour
tous selon la judicieuse expression du Prsident du CSA, dautre part avec la tradition
culturelle de notre tlvision terrestre, qui repose sur la simplicit et laccessibilit garanties
au tlspectateur.
Ladoption de ce schma rendrait impossible lintroduction future de la tlvision
mobile sur lun ou lautre des six premiers multiplexes de la TNT. Sauf utiliser pour cela
soit un septime multiplex dans les zones o il serait possible den dgager un, soit doccuper
de nouvelles bandes de frquences, telles que celles jusquici affectes au DAB (Digital
34
Audio Broadcasting), lapparition de services de tlvision mobile en serait considrablement
retarde. Or, il sagit dune demande forte exprime par la quasi-totalit des organismes
entendus par la mission, qui prdisent lmergence prochaine dun important march pour des
services innovants, notamment accessibles par les tlphones cellulaires.
Cette formule ncessite deux adaptations juridiques :
La procdure de slection des chanes : les chanes de service public bnficient, en
application de larticle 26 de la loi n86-1067 du 30 septembre relative la libert de
communication, dun droit daccs prioritaire la ressource radiolectrique
ncessaire laccomplissement de leurs missions de services public : elles
pourraient donc tre autorises faire de la HD hors appel candidatures. Toutefois,
un financement public supplmentaire et spcifique devrait tre dgag dans cette
hypothse. Pour les chanes prives, il est ncessaire de prvoir une procdure de
slection transparente et de non discriminatoire. Il existe classiquement deux solutions
pour ce faire :
1. le concours de beaut, traduction de lexpression anglaise beauty contest .
Une telle solution induit des dlais de procdure (publication dun appel
doffres, dlai de prparation des dossiers, dlais dinstruction) et
probablement une modification lgislative.
2. la mise aux enchres. Cette procdure ncessite une modification lgislative
qui pourrait tre inscrite en loi de finances. Les sommes ainsi recueillies
pourraient tre affectes, comme prcdemment envisag, au compte de
soutien aux industries cinmatographiques et audiovisuelles plac auprs du
CNC en vue de linstauration de mcanismes financiers nouveaux permettant
dacclrer le dveloppement de la HD pour les diffrents acteurs des
industries cinmatographiques et audiovisuelles.
Des questions se posent galement au regard du dispositif anti-concentration. Le
quatrime alina de larticle 41 de loi n86-1067 du 30 septembre relative la libert
de communication prvoit que une mme personne peut tre titulaire, directement
ou indirectement, dun nombre maximal de sept autorisations relatives chacune un
service ou programme national de tlvision diffus par voie hertzienne terrestre en
mode numrique lorsque ces services ou programmes sont dits par des socits
distinctes ou lorsquils autoriss dans les conditions prvues au deuxime alina ou
au dernier alina du III de larticle 30-1 . Or, larticle 28 prvoit que la dlivrance
des autorisations dusage de la ressource radiolectrique pour chaque nouveau
service diffus par voie hertzienne terrestre, autre que ceux exploits par les socits
nationales de programme, est subordonne la conclusion dune convention passe
entre le Conseil suprieur de laudiovisuel au nom de lEtat et la personne qui
demande lautorisation.
Ainsi, les termes autorisation relatives chacune un service ou programme
national de tlvision au quatrime alina de larticle 41 pourraient tre entendus
comme constituant une autorisation dusage du spectre. Il est donc possible que la
double diffusion en SD et en HD dun service de la TNT soit regarde, dans ltat
actuel des textes, comme une deuxime autorisation pour lapplication de cet larticle.
Il pourrait donc savrer judicieux, dans cette hypothse, de revoir cette disposition.
35
7 Exprimentation dabord : le multiplex R5 est utilis pour
exprimenter certaines chanes en haute dfinition avec la norme
MPEG-4.
Compte tenu de lacclration observe des volutions technologiques, de la raret
hertzienne qui demeurera longtemps contraignante malgr le passage au numrique, des
inconnues qui subsisteront un certain temps sur la meilleure offre possible de programmes,
enfin de lopportunit de prserver un espace disponible pour des services innovants, il
pourrait tre avis de laisser au dispositif de la TNT une marge de manuvre et une certaine
souplesse. La rservation dune jachre permettrait aussi bien de faire reposer la terre que
dexprimenter de nouvelles cultures. Espace, la fois, damortissement et de tests grandeur
nature, le multiplex R5 soffre pour cela. Gardons le prcieusement et dlivrons nous de la
tentation technocratique de tout figer avant que rien ne bouge.
Cette formule, prlude une option durable, prserve lintgrit du dploiement de la
TNT tel quil est fix, tout en introduisant la haute dfinition dans loffre terrestre.
Laccueillir dabord sous forme exprimentale permettrait de tester les ractions du march et
de fiabiliser la chane technique. A ce jour, personne na encore visionn en France, hormis en
laboratoire, des images en HD diffuses par voie terrestre. Mme si, thoriquement, aucun
obstacle ne subsiste, encore reste-t-il mesurer en grandeur nature, par exemple sur sites de
distribution commerciale de tlviseurs, la visibilit et lapport qualitatif de la HD
(notamment en fonction de la taille et du prix des crans), les ractions du public et limpact
sur les ventes de rcepteurs, ainsi que la monte en puissance du volume de programmes.
Les services appels participer lexprimentation seraient slectionns par le
CSA, selon des critres dont le premier porterait sur la substance de leur projet HD. En bonne
logique, il devrait sagir de services ayant dj commenc mettre en HD destination du
satellite, du cble et, ventuellement, de lADSL. Cest ainsi dailleurs quest ne puis sest
dveloppe la tlvision numrique avant de stendre aux rseaux terrestres.
Le fait de procder en deux temps et de concentrer les chanes HD sur un seul
multiplex viter le risque de confusion mentionn dans la formule prcdente
Linitiative ne pourrait maner que du CSA, dans le cas des comptences de
rgulation que lui attribue la loi, et la condition quil nestime pas plus opportun daffecter
le multiplex R5 dautres types de services. En tout tat de cause, les autorisations quil
dlivrerait seraient assorties :
- dun dlai adapt lvaluation de la HD en TNT ;
- dobligations minimales de programmation ;
- dune clause de double diffusion si une ou plusieurs des chanes participant
lexprience occupait par ailleurs un canal SD de la TNT ;
Si, la fin de lexprience, le CSA concluait lintrt de prenniser la diffusion
HD sur le multiplex concern, lattribution dautorisations dfinitives exigerait une
modification de la loi, comme indiqu dans loption prcdente. Cette dmarche, si elle est
mene son terme prsenterait les mmes obstacles que la prcdente : elle devrait tre
soigneusement explique au grand public et rendrait impossible lintroduction future de la
tlvision mobile sur lun ou lautre des six premiers multiplexes de la TNT.
36
Il conviendra par ailleurs de sinterroger sur larbitrage effectuer entre offre
payante et offre gratuite de la TVHD. Ntant pertinente que sur des crans qui, malgr la
baisse de leurs prix, demeureront longtemps coteux, la diffusion HD parat mieux convenir
aux formules dabonnement impliquant la fourniture du dcodeur par le distributeur
commercial grant cet abonnement. Quoiquil en soit, la dcision ne pourrait intervenir
quaprs une concertation avec les oprateurs, lexprience ralise ayant permis, au surplus,
de mieux apprhender le surcot de la diffusion HD.
8 Prudence et pragmatisme : Aprs une premire phase dajustement
de mars septembre 20005, le parc de dcodeurs serait initialis en
MPEG-4 HD et les chanes pourraient passer progressivement en
MPEG-4 de manire totalement transparente pour le tlspectateur.
Cette formule propose un dploiement en deux phases. En effet, la mise en uvre
de la TNT constitue un projet novateur, qui sollicitera les quipements de rception dune
manire qui diffre de leur emploi actuel. La puissance dmission ou les canaux employs ne
correspondent pas ncessairement ceux qui fondent aujourdhui les rglages des antennes.
Or, les expriences britannique et espagnole ont montr quun dmarrage trop abrupt pouvait
tre prjudiciable laccueil de la TNT par les tlspectateurs : pannes, brouillages des
abonns cbls, mauvaise rception en des lieux o la couverture aurait d tre assure
suffisent crer le doute. Une proportion dincidents de quelques pour cents des foyers au
dmarrage contribuerait, campagnes de presse lappui, dcrdibiliser durablement
lensemble de la dmarche.
Le projet de pr-dploiement (cf. Annexe 5) initi le 4 novembre 2003, avait pour
but de lever ces incertitudes, en mettant les signaux numriques quelques mois avant
louverture officielle. Ce projet, fond uniquement sur le volontariat des chanes et bnficiant
de lattention bienveillante du CSA qui aurait accord des autorisations anticipes, na
toutefois pas pris forme. Aujourdhui, il est dsormais acquis que cette opration ne pourra
avoir lieu sur la dure ncessaire avant mars 2005. Les premiers mois suivant le dmarrage
des missions devront donc tre consacrs la rsolution de ces problmes ventuels. Ils
permettront aussi de cartographier plus prcisment les zones de rception pour viter toute
dconvenue. Cette situation exclut, daprs certains oprateurs, toute campagne de
communication ambitieuse pendant cette priode.
Or, la configuration retenue de la TNT franaise repose sur la notion de monte
en puissance progressive , quil sagisse la fois des programmes (dmarrage des chanes
gratuites avant celui des chanes payantes) ou de la couverture du territoire (forte progression,
entre mars et septembre 2005, de 35 % 50 % de la population). Dans ces conditions,
pourquoi ne pas en poursuivre la logique jusquau bout et regarder le lancement de mars 2005
comme une premire phase de dploiement, consacre valider lensemble du dispositif de
diffusion et de rception ? Elle serait mise profit pour procder aux ajustements techniques
ncessaires et sera sans doute utile galement pour la finalisation de certains programmes.
Ds lors, le public ntant pas encore appel squiper en masse dadaptateurs
mais simplement les tester, rien nempcherait, au fil du printemps et de lt,
dexprimenter une diffusion en MPEG-4 SD puis en MPEG-4 HD des chanes qui le
souhaiteraient. De sorte qu la rentre 2005, et sous rserve de la disponibilit des matriels
sur laquelle certains industriels se sont engags (cf. annexes du rapport prcit du CGTI), on
pourrait envisager que les tlspectateurs squipent directement en dcodeurs MPEG-4 HD,
supprimant ainsi lobstacle du parc mentionn plus haut. Ces appareils, dun prix encore
37
relativement incertain un an de leur commercialisation, mais comparable celui annonc
pour les adaptateurs MPEG-2 lors de la conception, il y a deux ans, du projet TNT (environ
150 ), permettraient en effet une rception optimale de tous les programmes, en simple ou en
haute dfinition. Certains diteurs raliseraient aussi de substantielles conomies en diffusant
leurs chanes selon la norme MPEG- 4 SD.
Dans cette hypothse, qui respecte limpratif dmission en mars 2005, mais qui
implique de prolonger la premire phase de dploiement jusqu lautomne 2005, ne serait
plus redouter le mauvais vouloir de certains oprateurs, dsormais contraints de diffuser ou
bien sexposant la perte de leur autorisation. Par contre, elle conduirait probablement
ajuster le calendrier de lancement des chanes payantes afin de conserver un dcalage avec les
chanes gratuites, ainsi que la dcid le CSA.
Dans une perspective plus long terme, rien ne sopposera ce que la totalit des
chanes soient diffuses en MPEG-4 puisque lensemble des foyers seront quips de
dcodeurs MPEG-4 HD. Cette approche est dailleurs souhaitable au regard de la
consommation des frquences, ressources rares. Elle permet galement de rduire les frais de
diffusion. Il serait toutefois ncessaire de laisser ces chanes le temps ncessaire la
validation de lensemble de leur processus technique.
Les chanes pourraient donc choisir dmettre, pendant une priode maximale
dfinir (par exemple un deux ans), soit en MPEG-2, soit en MPEG-4, ce dernier ne devenant
obligatoire qu partir dune date limite qui devra tre annonce rapidement.
Pour mettre en uvre cette formule, le Gouvernement devrait, le moment venu,
modifier larrt de normalisation dj cit.
Enfin, comme seules quelques chanes, du moins dans un premier temps,
pourraient accder la haute dfinition en raison de la raret des frquences disponibles, la
mise en place dune redevance domaniale pour usage du spectre se justifierait pleinement.
Comme voqu prcdemment, les sommes ainsi recueillies pourraient tre affectes au
compte de soutien aux industries cinmatographiques et audiovisuelles plac auprs du CNC
en vue de linstauration de mcanismes financiers nouveaux permettant dacclrer le
dveloppement de la HD pour toutes les facettes de la cration cinmatographique et
audiovisuelle.
Lengagement sacquitter de cette redevance serait lune des conditions
respecter par les chanes diffuses en haute dfinition.
38
CONCLUSION
A lissue de ses travaux, la mission considre quil est souhaitable que la
tlvision haute dfinition puisse tre disponible sur lensemble des supports de diffusion, y
compris la TNT : lexprience des marchs trangers montre quelle rpond une attente des
tlspectateurs ; lvolution des technologies permet sa gnralisation ; enfin, priver tant les
industriels que les producteurs audiovisuels et cinmatographiques franais dun dbouch
naturel, alors que les quipements et le tournage en haute dfinition deviennent indispensables
pour pntrer les marchs internationaux, les pnaliserait dans la comptition internationale.
Deux voies apparaissent envisageables pour ce faire :
- en complment des conditions de lancement de la TNT annonces par le CSA
(1 : prservation de lacquis), la mission serait, tout naturellement, tente de prconiser
lavant-dernire des formules quelles a exposes (7 : exprimentation dabord). Celle-ci
prsente quatre avantages majeurs que lon pourrait considrer comme dcisifs : la simplicit,
la scurit, la souplesse et la paix. Cette voie permet probablement le respect du calendrier
de lancement de la TNT arrt par le CSA et un quipement au moindre cot, du moins dans
un premier temps, des foyers franais. Elle ne devrait pas rencontrer dobstacle auprs de
lInstance de rgulation. La mission souligne nanmoins les difficults juridiques, notamment
au regard du droit europen, quil y aurait imposer durablement MPEG-2 aux chanes
payantes ;
- une autre option est de prconiser la dernire formule (8 : prudence et
pragmatisme). Cest la seule qui permettrait de diffuser le nombre de chanes autorises par
le CSA tout en permettant certaines dentre elles dtre diffuses en haute dfinition (en
MPEG-4) et dautres de rester en MPEG-2. Elle garantit mieux les volutions futures de
loffre, tout en assurant aux industriels et aux producteurs franais un dbouch pour des
quipements et des programmes innovants. Elle prendrait mieux en compte des objectifs de
politique industrielle et de localisation des emplois forte valeur ajoute dans notre pays.
Enfin, en consolidant la place prminente de la diffusion hertzienne en France, elle serait
plus mme de conforter la politique de soutien aux productions audiovisuelles et
cinmatographiques et donc la politique franaise de diversit culturelle.
Avant de trancher dfinitivement et de modifier, ou non, larrt de
normalisation, la mission prconise que le Gouvernement consulte le Conseil dEtat sur la
possibilit de rserver tout ou partie de la diffusion des programmes numriques terrestres
une norme plutt qu une autre ds lors quelles sont galement tablies en droit europen.
39
Quelle que soit la formule quil reviendra ensuite aux pouvoirs publics de retenir,
ceux-ci devront situer le dveloppement de la tlvision numrique dans une perspective
long terme, qui incorpore la fois lallocation des ressources hertziennes au plan continental
et lardente obligation dorganiser avec soin larrt des missions analogiques.
La prparation de la Confrence Rgionale des Radiocommunications constitue
un lourd travail, qui requiert une dfinition claire et prcise des objectifs et des besoins
franais pour les vingt annes venir. Une part importante de cette charge incombera au
CSA, responsable de la planification des frquences audiovisuelles. Il devra disposer des
moyens ncessaires la prparation des positions franaises. LAgence nationale des
frquences pourra ainsi les dfendre au mieux de nos intrts.
Paralllement, larrt dfinitif des missions analogiques doit dsormais devenir
lune des priorits de la politique audiovisuelle nationale. Il savre dsormais vident quil
faciliterait lintroduction de nouveaux services innovants. En outre, lui seul procurera les
conomies sensibles sur les cots de diffusion attendues de la numrisation, qui pourront tre
redployes en faveur de la cration.
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ANNEXES
1 : Lettre de mission du Premier ministre
2 : Liste des personnalits et des organisations entendues
3 : La mobilit
4 : La confrence rgionale de radiocommunications
5 : Tlvision numrique terrestre : tat des lieux
41
ANNEXE 1
Lettre de mission du Premier ministre
(pages 41 et 42)
42
43
ANNEXE 2
Liste des personnalits et des organisations entendues
ACCeS :
M. Philippe CHAZAL, Prsident
M. Eric BRION, vice-Prsident
M. Guillaume GRONIER, dlgu gnral
AGENCE NATIONALE DES FREQUENCES :
M. J ean-Marc CHADUC, directeur gnral
M. Franois RANCY, directeur de la planification du spectre et des affaires
internationales (DPSAI)
M. Dominique J ean ROLFO, directeur adjoint DPSAI
M. J ean-J acques GUITOT, chef du dpartement tude et prospective du DPSAI
ANTALIS TV :
M. Xavier GOUYOU BEAUCHAMPS, Prsident
M. Philippe VUILLAUME, directeur gnral
M. Guy HUQUET, directeur des oprations
ARP :
M. Michel GOMEZ, dlgu gnral
ARTE :
M. J rme CLEMENT, Prsident
M. Emmanuel SUARD, directeur dArte France dveloppement
ASSEMBLEE NATIONALE :
M. Emmanuel HAMELIN, Dput, Prsident du groupe dtude sur la TNT
ASTRA MARKETING FRANCE :
M. Nick STUBBS, directeur gnral
M. Philippe SAGE, directeur du dveloppement
M. Tom CHRISTOPHORY, ingnieur en chef des systmes DVB/MPEG
BLIC :
Mme Hortense de LABRIFFE, dlgue gnrale de lAPI
Mme J ulie LORIMY, secrtaire gnrale de la FNDF
BLOC :
M. J ean COTTIN, dlgu gnral du CSPEFF
44
BOLLORE :
M. Philippe LABRO, conseiller mdia
M. J ean-Christophe THIERY, directeur gnral
M. Luc GEOFFROY, directeur technique de la SFP
CANAL+ :
M. Bertrand MEHEUT, Prsident du directoire du groupe CANAL+
M. Benot CHEREAU, directeur gnral adjoint, technologie et systme
dinformation
M. Olivier COURSON, Secrtaire gnral
CHANE PARLEMENTAIRE DE LASSEMBLEE NATIONALE :
M. Richard MICHEL, Prsident
M. Dominique CHATEAU, directeur de la production et de la technique
CHANE PUBLIC SENAT :
M. Rmi TOMASZEWSKI, secrtaire gnral
M. J ean-Marc BOERO, adjoint au secrtaire gnral
M. Denis DELMAS, directeur technique
CONSEIL SUPERIEUR DE LAUDIOVISUEL :
M. Dominique BAUDIS, Prsident
M. Francis BECK, conseiller
M. J oseph DANIEL, conseiller
Mme Marie-Laure DENIS, conseillre
M. Christian DUTOIT, conseiller
Mme Elisabeth FLURY-HERARD, conseillre
M. Yvon LE BARS, conseiller
M. Philippe LEVRIER, conseiller
Mme Agns VINCENT-DERAY, conseillre
DARTY :
M. J ean-Marc DUBOULOZ, directeur gnral dpartement communication,
responsable TNT
M. J ean-Yves FABRE-DARCOURT, directeur achats grand public
ENVIVIO :
M. J ulien SIGNES, Prsident-directeur gnral
EUTELSAT :
M. Giuliano BERRETTA, Prsident du directoire
M. J ean-Paul BRILLAUD, directeur gnral adjoint
M. Yves BLANC, directeur des relations institutionnelles
M. Olivier MILLIESLACROIX, directeur commercial dlgu
Mme Astrid BONTE, charge de mission
FNAC :
M. Victor J ACHIMOWICZ, directeur des laboratoires dessais
45
FRANCE TELECOM :
Mme Patricia LANGRAND, directeur excutif en charge de la Division
contenus
M. J rme SOULET, directeur des relations institutionnelles
M. Franois MOREAU de SAINT-MARTIN, directeur technique
FRANCE TELEVISIONS :
M. Marc TESSIER, Prsident
M. Ghislain ACHARD, directeur gnral
M. Francis HERICOURT, directeur technique et du dveloppement
M. Pierre COSTANZO, dlgu aux affaires techniques
GROUPE AB :
Mme Michle COTTA, Prsidente du Conseil de Surveillance
M. Grgory SAMAK, directeur du cabinet du Prsident
HF COMPANY :
M. Yves BOUGET, Prsident-directeur gnral
M. Christophe HUREL, directeur gnral de Metronic
LAGARDERE :
M. J ean-Pierre COTTET, directeur des activits audiovisuelles
M. J ean-Michel KANDIN, directeur des services techniques et des services
gnraux
M6 :
M. Michel REY, secrtaire gnral
M. Marc ROUSSEL, directeur de la logistique et des moyens techniques
MICROSOFT:
M. Xavier BRINGUE, senior Business Development Manager
M. Stphane SENAQ, responsable affaires publiques et relations
institutionnelles
NEOTION :
M. J ean-Yves LE ROUX, Prsident fondateur
M. Laurent J ABIOL, directeur gnral cofondateur
M. PhIlippe GUENEBAUD, vice-Prsident
M. Antoine GANNE, charg de mission TNT
NOOS :
M. Patrick LELEU, Prsident-directeur gnral
M. J ean-Luc ARCHAMBAULT, conseil de Noos en relations institutionnelles
M. Nicolas LUCET, responsable de lingnierie TV
NRJ :
M. Marc PALLAIN, vice-Prsident du directoire de NRJ Group
M. Christophe CORNILLET, responsable de lingnierie de TNT Towercast
M. Lonidas KALOGEROPOULOS
46
PATHE :
M. Frdric LUSSATO, directeur adjoint dveloppement tlvision
PHILIPS France :
M. J acques de BELLEFON, directeur gnral
M. Hubert BOUAN du CHEF du BOS, directeur du dpartement produit
audio-vido
M. Philippe PRESUTTO, responsable technique audio-vido
M. Bruno MARGERAND, expert tlvision numrique
SACD :
M. Pascal ROGARD, directeur gnral
Mme Hlne SAILLON-DESCHAMP, directrice des services audiovisuels
SAGEM :
M. Georges PENALVER, membre du directoire - directeur de la division
terminaux et internet
M. Romain WALLER, directeur de lactivit terminaux rsidentiels
SAMSUNG ELEC :
M. J acques MOLLET, vice-Prsident
SIMAVELEC :
M. Bernard HEGER, dlgu gnral
M. Alain LE CALVE, adjoint au dlgu gnral
M. Hubert BOUAN du CHEF du BOS
M. Arnaud BRUNET
M. J acques de BELLEFON
M. Didier HUCK
M. Philippe POELS
SKYROCK :
M. Pierre BELLANGER, Prsident
M. David ROIZEN, charg des relations publiques et mdias
SONY :
M. Philippe POELS, Prsident-directeur gnral
M. Arnaud BRUNET, directeur des relations extrieures
M. Franois AGUECI, directeur du dveloppement haut dbit Sony Europe
M. Pascal KERLOCH, chef de produit
ST MICROELECTRONICS :
M. Philippe GEYRES, vice-Prsident
TDF :
M. Bruno CHETAILLE, Prsident-directeur gnral
M. Alain KOMLY, directeur dlgu la tlvision numrique
M. Michel RENERIC, directeur technique
47
TF1 :
M. Patrick LE LAY, Prsident
M. J ean-Michel COUNILLON, secrtaire gnral
M. J ean-Pierre PAOLI, directeur dlgu la prsidence
M. Arnaud BOSOM, directeur des technologies et des moyens internes
TOWERCAST :
M. J acques ROQUES, Prsident
M. Padrig MAHE, directeur gnral
M. Hugues MARTINET, directeur marketing et commercial
responsable TNT
TPS :
M. Emmanuel FLORENT, Prsident-directeur gnral
M. Gilles MAUGARS, directeur gnral adjoint technique et informatique
TV-NUMERIC :
M. Thierry NICOL, Prsident
M. Guillaume de GUERRE, directeur gnral
UPF :
Mme Marie-Paule BIOSSE-DUPLAN, directrice gnrale
USPA :
M. J acques PESKINE, dlgu gnral
Ont en outre particip aux travaux dix-huit missions conomiques du ministre de
lEconomie, des Finances de lIndustrie ainsi que la sous-direction de linformation
conomique de la direction des Relations conomiques extrieures pour raliser ltude
internationale en Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Chine, Core du sud,
Danemark, Espagne, Etats-Unis, Finlande, Grce, Italie, J apon, Norvge, Pays-bas, Royaume-
Uni et Sude.
48
ANNEXE 3
La mobilit
Aujourdhui, la diffusion de contenus vido sur des terminaux mobiles seffectue
sur les rseaux des oprateurs de tlphonie mobile, quil sagisse de GPRS ou, demain,
dUMTS. Mais ces communications point point ne permettent pas de diffuser
simultanment un mme programme vers un grand nombre de tlspectateurs : il faut
aujourdhui mettre un flux pour chaque abonn. Comme les canaux disponibles sur chaque
cellule du rseau doivent tre partags entre les utilisateurs, il nest pas possible de
transmettre plus que de courtes squences vido. Comme le cot de ces communications est
lev, elles doivent tre de prfrence personnalises pour justifier dune forte valeur ajoute.
Contrairement la tlvision traditionnelle, lre de la tlvision mobile commence donc
paradoxalement par la vido la demande.
Or, de nouvelles technologies plus commodes demploi sont apparues, traduites
aujourdhui par deux standards :
Le DVB-H (Handheld) est driv de la norme europenne DVB-T utilise pour
transporter les signaux de TNT. Ce standard est conu pour rpondre aux contraintes
lies une utilisation nomade : il permet de rduire la consommation des batteries
grce une rception des signaux par intermittence, et procure un signal
particulirement robuste, qui amliore la qualit de rception hauteur dhomme.
Le DMB (Digital Multimedia Broadcasting) est, quant lui, issu dune autre norme
europenne, le DAB , cre de longue date pour la diffusion de services de radio
numrique, quoique peu employe aujourdhui.
Ces nouvelles normes permettent de diffuser des images auprs de personnes en
mobilit, autorisant en outre une forme dinteractivit. La plupart des entreprises du monde de
laudiovisuel, ainsi que les constructeurs et les oprateurs sont convaincus que ces nouveaux
services rencontreront rapidement lintrt du grand public. Diffrents types de services sont
dj identifis, quoique les modles conomiques, comme les chanes de valeur, restent
nanmoins encore incertains ce jour. Ont en particulier t cits :
La retransmission simultane de chanes de la TNT, du cble ou du satellite,
La diffusion de nouvelles chanes conues spcifiquement pour la consommation
nomade avec notamment des programmes plus courts,
Des services de radio numrique,
Des services de diffusion de donnes.
49
Selon les calendriers avancs pour industrialiser les quipements ncessaires, un
lancement de ce mode de diffusion serait envisageable ds fin 2005, pour une gnralisation
commerciale en 2006 ou 2007. Il importe de souligner que le dveloppement de ces services
apparat largement indpendant du dploiement de la TNT. En effet, ils ne sont destins tre
reus ni par les mmes quipements, ni dans les mmes conditions.
Lusage, pour ce support, de la norme de compression MPEG-4 et la rservation
pour ce faire du multiplex R5 a fait jusqualors lobjet dun consensus parfait parmi les
personnalits auditionnes. En effet, cette nouvelle norme est justement la premire qui
autorise des diffusions bas dbit et son calendrier de disponibilit est, en outre, compatible
avec celui envisag par les promoteurs du DVB-H. Ainsi, une quinzaine de chanes destines
aux mobiles pourraient-elles tre diffuses sur lespace aujourdhui requis pour une seule
chane numrique en MPEG-2 SD.
A ce jour, les pays europens semblent privilgier lutilisation du DVB-H, tandis
que la Core du Sud et le J apon sintressent galement au DMB. Le dploiement de services
audiovisuels mobiles est dj programm dans ces deux pays, selon les deux normes. Ces
pays envisagent en outre de complter la couverture par une diffusion directe par satellite.
Des exprimentations auprs du public, utilisant le standard DVB-H sont
actuellement en cours ou prvues dans diffrents pays europens, notamment en Finlande et
en Allemagne. Elles ont pour objet de valider certains aspects techniques, dobserver les
usages des consommateurs et dvaluer lattractivit des services.
A la lumire des premiers entretiens, le potentiel de la diffusion mobile apparat
considrable, mais les auditions conduites pendant la premire phase de la mission nont pas
permis dapprofondir ce sujet autant quil serait ncessaire. Les enjeux et les ventuelles
difficults de la diffusion audiovisuelle sur les mobiles seront donc prciss dans un second
rapport. Nanmoins, la lancement rapide dexprimentations destination des mobiles, dans
des conditions dterminer par le CSA parat, dores et dj, trs souhaitable, mme si une
autorisation prenne de ces services dans une phase ultrieure, pourrait ncessiter, le cas
chant, des adaptations du cadre lgislatif actuel. A cette fin, la rservation des ressources
spectrales suffisantes devrait intervenir dans les plus brefs dlais.
50
ANNEXE 4
La confrence rgionale de radiocommunications (CRR)
A. La ncessit dune coordination des frquences aux frontires
En France, 12 000 metteurs de tlvision analogique terrestre se partagent les 48
canaux disponibles dans les bandes VHF et UHF et permettent de couvrir jusqu 99 % de la
population pour 3 rseaux (TF1, France 2 et France 3) et 85 % de la population pour les 3
derniers rseaux (CANAL+, Arte et M6). Seules des rgles strictes de planification permettent
dviter des brouillages entre metteurs aussi bien au niveau national quentre pays
frontaliers.
Les rgles de planification respecter au niveau international slaborent au cours
de confrences administratives (mondiales ou rgionales) de radiodiffusion sous lgide
de lUnion internationale des tlcommunications (UIT), qui aboutissent des actes
finals , ratifis par les gouvernements et ayant valeur de trait. Ces actes comportent en
gnral deux parties : un plan donnant par pays les frquences de chaque metteur, et des
procdures de modifications pour faire vivre ce plan.
En Europe et plus particulirement en France mtropolitaine, lutilisation des
frquences de radiodiffusion terrestres doit respecter les dispositions adoptes par la
Confrence europenne de radiodiffusion en ondes mtriques (VHF) et dcimtriques
(UHF) dans le cadre du Plan de Stockholm de 1961 pour lanalogique et des accords de
Chester de 1997 pour lintroduction du numrique.
Cependant, lavnement en Europe de la tlvision numrique et la perspective de
lextinction de la tlvision analogique ont rendu ncessaire la mise en place dun nouveau
plan tout numrique qui se substituera ces deux plans.
B. Confrence rgionale des radiocommunications 2004/2006
Pour mettre en place ce plan tout numrique , lUIT organise une confrence
rgionale des radiocommunications qui se droule en deux sessions, respectivement en mai
2004 et en 2006.
Cette confrence aura pour but de planifier la tlvision numrique de terre et la
radio numrique dans les bandes de frquences 174-230 MHz (bande III) et 470-862 MHz
(bande IV/V), et de prparer la fin de la diffusion analogique de la tlvision dans certaines
parties des rgions 1 et 3 de lUIT (118 pays en Europe, Afrique, Moyen-Orient et Russie),
soit dans 118 des 189 pays de lUnion Internationale des tlcommunications.
La deuxime session de cette confrence, qui est prvue en juin 2006 Genve,
devra arrter un plan dfinitif pour la TNT en bandes UHF et VHF et un autre pour la radio
numrique en bande VHF.
51
Les enjeux de cette confrence sont importants puisque ses rsultats dcideront
des possibilits dutilisation, pour les prochaines dcennies, des frquences en France pour la
tlvision numrique de terre et la radio numrique dans la bande VHF (une des bandes
identifies pour le DAB). Ils conditionnent donc fortement le futur paysage audiovisuel.
Les Etats doivent soumettre leurs demandes de protection de ces frquences, en
prcisant sil sagit dune diffusion analogique ou numrique, une quipe charge de
lexercice de planification , selon deux chances : fin fvrier 2005 puis avant le 31 octobre
2005. Cette quipe additionnera toutes les contraintes pour aboutir, soit un projet de
planification, soit des propositions, frquence par frquence, pour chaque pays, de rejet des
demandes. Aprs un retour avec les administrations concernes, lquipe de planification
recommencera son travail avec les nouvelles hypothses, jusqu aboutir, par itrations
successives, un compromis.
Le CSA devra ainsi conduire un certain nombre dtudes et prparer les donnes
de planification fournir la confrence. Afin dorienter ces tudes techniques, il importerait
cependant que notre pays dfinisse ses besoins en frquences concernant :
la diffusion terrestre en haute dfinition de services de tlvision ;
la diffusion de services de tlvision mobiles la norme DVB-H ;
le dveloppement de la radio numrique de terre.
Il est donc essentiel que les besoins en frquences de ces diffrents services
puissent tre identifies rapidement afin dtre inclus dans les ngociations, au risque de pas
pouvoir introduire ces services dans les zones frontalires.
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ANNEXE 5
Etat des lieux du projet de TNT en France
Cette annexe propose un point de lavancement du projet franais de tlvision
numrique terrestre. Il se fonde sur les travaux de la mission de concertation tablie la
demande du Premier ministre aprs la remise des rapports de M. Boyon.
A. Les dfis de la TNT depuis dbut 2003
Fin 2002, le projet franais de TNT se trouvait deux annes de lmission des
premires images. Le calendrier du premier rapport Boyon montrait que cet objectif tait
accessible, sous rserve de relever plusieurs dfis :
La mise en uvre des ramnagements de frquences analogiques rendus
ncessaires par la prochaine mission numrique ;
La construction juridique et technique des multiplexes qui venaient dtre
constitus par le CSA, puis le lancement de leurs travaux ;
Lidentification dun, ou de plusieurs, distributeur(s) pour les chanes
payantes ;
La coordination de la communication, que la nature mme de la TNT impose
denvisager de manire collective ;
Larticulation avec le monde de la rception (installateurs dantennes,
constructeurs, distributeurs commerciaux, responsables dhabitations
collectives, etc.), car le projet avait t jusqualors domin par des
problmatiques dmission.
B. Les travaux engags
La priode allant de fin 2002 fin 2004 comprenait deux phases :
la premire, dune dure de prs dun an, devait permettre de lancer les
ramnagements en vraie grandeur, didentifier dfinitivement les diffrents
protagonistes et de signer tous les contrats ncessaires au lancement. Une
revue de projet tait dailleurs prvue en septembre 2003 pour valuer cet
tat de prparation.
La seconde, dune dure quivalente, tait domine par des processus
industriels : installation des metteurs, commande des dcodeurs, tests
techniques dintgration. La prparation concomitante des grilles de
programmes permettait de prvoir un lancement la fin de lanne 2004.
Ces travaux reposaient principalement sur linitiative des chanes titulaires dune
autorisation sur la TNT.
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La premire phase a dbut ds 2003. Pour favoriser la coordination de chanes
aux stratgies diffrentes, la mission de concertation a suscit la cration dune association
pour la communication autour de la TNT, ainsi que dun groupe de travail sur le pr-
dploiement .
Lassociation pour le lancement de la TNT na pu tre finance. Elle a
rapidement, par la volont de la majorit de ses membres, chang dobjet afin de se
transformer en organe de lobbying pour dfendre les positions des nouveaux entrants et,
accessoirement, de France Tlvisions.
Le groupe de pr-dploiement avait pour but dmettre un signal partir dun site
dfinitif, dans des conditions identiques celles de lexploitation normale, plusieurs mois
avant la date officielle douverture de la TNT. Il sest runi de novembre 2003 septembre
2004. Cette exprience en vraie grandeur devait jeter les fondements dune bonne articulation
entre les chanes, garantes du processus dmission, et les multiples socits impliques dans
la rception. Elle rpondait trois besoins principaux :
vrifier le bon fonctionnement des dispositifs dmission ;
anticiper lajustement des dispositifs de rception (antennes, dcodeurs) ;
rsoudre dventuels problmes dintgration sur toute la chane technique
allant des chanes aux tlspectateurs.
Prvu sur la ville de Paris, le pr-dploiement devait permettre galement de
sensibiliser les professionnels appels tre au contact du client final (installateurs, vendeurs)
et de dceler les brouillages ventuels.
C. Un tat des lieux en octobre 2004
Lanne 2003 a t marque par dimportantes inflexions du projet initial,
notamment du fait de ladoption de nouvelles dispositions lgislatives. Nanmoins, par
limplication constante du CSA, les travaux ont progress rgulirement, rythms par des
runions rgulires de la mission de concertation. Ltat des lieux des principaux chantiers
risques voqus dans la partie A peut se rsumer comme suit.
1/ LES REAMENAGEMENTS
Les ramnagements de frquences analogiques se poursuivent avec rgularit,
selon le calendrier prvu, et pour un cot globalement infrieur aux premires estimations,
notamment grce lengagement du CSA et de lAgence Nationale des Frquences.
2/ LES MULTIPLEXES
La construction juridique et technique des multiplexes a pris un retard important,
du fait de divergences stratgiques entre certaines chanes. Leur premier travail fut le choix
des diffuseurs techniques. Mais il sagissait du premier cas concret de concurrence entre
diffuseurs de tlvision. Le choix des titulaires, site par site, fut une opration longue et
laborieuse. Des lettres dintention pour les contrats de diffusion ont t signes au dbut du
mois de septembre 2004, avec plus dune anne de retard sur le calendrier initial. Encore ces
contrats prvoient-ils des clauses de sortie en cas de modification substantielle du cadre de la
TNT. Les protagonistes sont donc tous identifis, mais les contrats dfinitifs ne sont pas
signs ce jour et peu dactions irrversibles pour les chanes ont t engages.
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3/ LA DISTRIBUTION DES CHAINES PAYANTES
A cette date, aucun distributeur na encore t identifi pour les chanes payantes.
Cette opration a plus dune anne de retard. Le risque quelle prsente pour le projet global
est toutefois dsormais rduit, puisque les chanes payantes forment un bouquet dissoci, qui
doit tre lanc entre septembre 2005 et fvrier 2006.
4/ LA COMMUNICATION
Suite la rorientation des objectifs de lassociation susvise, une autre structure
a t mise en place pour la communication mais na commenc ses travaux que rcemment,
prenant ainsi six mois de retard par rapport au premier projet.
5/ LE PRE-DEPLOIEMENT
Il est dsormais acquis que le pr-dploiement ne pourra prendre place avant
lmission de mars 2005, malgr la tenue de neuf runions ad-hoc entre novembre 2003 et
septembre 2004. Les causes de cet chec sont doubles :
1. dune part, le temps pris pour ngocier les contrats de diffusion a entrav toute
action avant lautomne 2004, date bien trop tardive pour un dbut des
missions qui devenait souhaitable ds novembre 2004 ;
2. dautre part, lenthousiasme des protagonistes de la rception a rgulirement
rencontr lattentisme des chanes, soucieuses de ne pas engager les
investissements correspondants.
Labsence dune exprience de terrain, conduite dans les conditions dexploitation
relles, constitue un risque pour le lancement de la TNT : faute dun pr-dploiement dune
dure suffisante, il est probable que de nombreux tlspectateurs seront dus de ne pas
recevoir les images attendues, bien quils aient fait lacquisition dun dcodeur et quils
habitent en zone thorique de couverture.
* * *
Par rapport au calendrier initial, il est raisonnable de conclure que le projet TNT
vient datteindre, avec une anne de retard, ltat de prparation attendu pour septembre 2003.
Tous les protagonistes sont dsormais effectivement prts entamer la seconde
phase qui permettra lmission des programmes vers le public.
Par rfrence au calendrier de 2002, cette nouvelle phase aurait d normalement
durer une anne complte. Puisque lurgence est dsormais dclare, il faut esprer que les
quipes techniques et commerciales sauront regagner quelques mois.
Toutefois, respecter la date de mars 2005 suppose dsormais de diviser la dure
idale du projet par trois, en effectuant tous les travaux ncessaires en seulement quatre mois.
La capacit russir lmission la date prvue ne semble pas devoir tre remise en cause. En
revanche, obtenir cette chance une ouverture au grand public, donc dans des conditions
parfaitement fiabilises, apparat aujourdhui, de lavis de plusieurs socits engages dans
ces travaux, comme un objectif ralisable, mais dans des conditions trs acrobatiques.