ROBERT FAURISSON
CRITS RVISIONNISTES
(1974-1998)
I
DE 1974 1983
EDITION PRIVEE HORS-COMMERCE
Cet exemplaire porte le numro : INTERNET 2001
Robert Faurisson, 1999
Les reproductions, sous quelque forme que ce soit, et les traductions sont
interdites sans autorisation expresse de lauteur.
In Memoriam
La coutume voudrait quen tte de ces crits rvisionnistes je remercie tous
ceux, sans distinction, qui me sont venus en aide dans mes recherches ou dans
la ralisation de louvrage.
A lencontre de cette coutume, je mabstiendrai de nommer ici les vivants et
je ne nommerai que les morts.
En un temps o dsigner un rvisionniste par son nom cest en quelque sorte
le dnoncer la police de la pense ou la meute des mdias et lexposer
ainsi au risque de la perquisition, de la saisie, du chmage, de lamende ou de
la prison, on comprendra que je ne puis, en conscience, ddier le prsent
ouvrage aucun de ceux ni aucune de celles qui mriteraient que je leur
exprime publiquement, de leur vivant, ma gratitude ou mon admiration.
De la cohorte des morts que marque le sceau du rvisionnisme je ne retiendrai
ici que quelques noms sous linvocation desquels jai, pendant un quart de
sicle, vcu laventure du rvisionnisme historique et auxquels je voudrais
dire ma reconnaissance posthume : Jean Norton Cru (pour la premire guerre
mondiale), Paul Rassinier, Maurice Bardche, Louis-Ferdinand Cline, Albert
Paraz, Jean Genet
*
et Franois Duprat. A ces noms jajouterai ceux, pour la
France, de Jean Beaufret et de Michel de Board ; pour lAutriche, de Franz
Scheidl ; pour lAllemagne, de Hellmut Diwald et, pour les tats-Unis, de
James Morgan Read, le premier historien au monde qui se soit interrog sur
la ralit des prtendues chambres gaz nazies, et cela ds le mois de mai
1945, en mme temps dailleurs pure rencontre de grands esprits que
lAnglais George Orwell.
Je ddie aussi ces pages lAllemand Reinhold Elstner qui, Munich le 25
avril 1995, sest immol par le feu en signe de protestation contre le
Niagara de mensonges dvers sur son peuple ; la police allemande a, sur
ordre, confisqu les bouquets dposs lendroit du sacrifice et procd
*
Nen dplaise aux mnes de Jean-Paul Sartre, Jean Genet ne croyait pas au
gnocide des juifs; il y voyait mme une imposture. Pour lui, le peuple juif [] a fait
croire au gnocide et ltat dIsral a le comportement dun dment parmi les
nations (Quatre heures Chatila ; les passages censurs par La Revue dtudes
palestiniennes se retrouvent dans LEnnemi dclar, Paris, Gallimard, 1991, p. 408, n.
30).
linterpellation de ceux qui, par ce geste de compassion, tmoignaient de leur
propre souffrance.
Au risque dtre mal compris par certains, je ddie galement cet ouvrage
ceux, parmi les vainqueurs ensanglants de la seconde guerre mondiale, qui,
tels Churchill, Eisenhower ou de Gaulle, se sont refuss, aussi bien pendant
la bataille quaprs la bataille, cautionner, ne ft-ce que dun mot, latroce,
la grotesque, linsolente imposture du prtendu gnocide des juifs et des
prtendues chambres gaz nazies.
Je souhaite enfin que le prsent ouvrage puisse sinscrire sous le signe dune
mmoire, non pas slective et tribale, mais universelle, sans exclusive
aucune : in memoriam omnium. Puisse-t-il aussi se lire comme un hommage
aux vraies souffrances de toutes les victimes de la guerre de 1939-1945, que
ces victimes aient appartenu au camp des vainqueurs quon encense ou celui
des vaincus quon ne cesse, depuis prs dun demi-sicle, dhumilier et
doffenser !
INTRODUCTION
Il faudrait tre bien perdument prvenu en sa faveur pour oser
se flatter que dans un ouvrage aussi tendu, et qui renferme autant
de noms, de faits et de dates que celui-ci, il ne se soit gliss
beaucoup de fautes. Je suis trs persuad quil men est chapp
un grand nombre, pour lesquelles je demande lindulgence du
public avec dautant plus de confiance que ma docilit les
corriger effacera peut-tre la honte de les avoir faites.
Piganiol de la Force, Introduction la Description de la
France, 3
e
dition, 1752, p. IX-X.
Ce nest pas un rvisionniste qui laffirme mais un antirvisionniste :
Ngateur de lHolocauste , rvisionniste , n-
gationniste , tout le monde sait ce que signifient de tels
reproches. Lexclusion de lhumanit civilise. Quelquun
qui est en proie de tels soupons est ananti. Sa vie civi-
que est dtruite, sa rputation scientifique ruine.
Et dajouter :
Il faudra dbattre de ltat de lopinion publique
dans un pays o il suffit de brandir laccusation redoutable
du ngationnisme dAuschwitz pour dtruire moralement,
en lespace dune seconde, un savant renomm
1
.
Cont re l a l oi
Le prsent ouvrage ne peut tre diffus. Son dition est prive et hors-
commerce. Son contenu enfreint la loi.
En France, il est interdit de contester la Shoah.
En application dune loi du 13 juillet 1990 sur la libert de la presse , la
Shoah, en ses trois hypostases le prtendu gnocide des juifs, les
prtendues chambres gaz nazies et les prtendus six millions de victimes
juives de la seconde guerre mondiale est devenue incontestable sous peine
dun emprisonnement de un mois un an, dune amende de 2.000 F
300.000 F, du versement de dommages-intrts dont le montant peut tre
considrable et sous peine dautres sanctions encore. Plus prcisment, cette
1. Ces mots sont de Karl Schlgel, prenant la dfense de Gabor Tamas Rittersporn
accus par Maxime Leo (Berliner Zeitung 14 fvrier 1998) d'avoir apport son soutien
la libert d'expression de Robert Faurisson en 1980. ( Eine Jagdpartie. Wie man
einem Wissenschaftler ruiniert , p. 42.)
VI crits rvisionnistes
loi interdit de contester lexistence dun ou plusieurs crimes contre
lhumanit tels que dfinis en 1945 et punis en 1946 par les juges du
Tribunal militaire international de Nuremberg, tribunal institu
exclusivement par des vainqueurs pour juger exclusivement un vaincu.
Certes, dbats et controverses sur la Shoah quon appelle aussi
l Holocauste restent autoriss mais dans le cadre trac par le dogme
officiel. Controverses ou dbats qui conduiraient remettre en cause tout ou
partie de la Shoah ou simplement la rvoquer en doute sont interdits.
Rptons-le : en la matire, mme le doute est proscrit, et puni.
Lide dune telle loi, dinspiration isralienne
1
, avait t formule, en
France, pour la premire fois en 1986 par un certain nombre dhistoriens
dorigine juive dont Pierre Vidal-Naquet, Georges Wellers et Franois
Bdarida, runis autour du grand rabbin Ren-Samuel Sirat
2
. La loi fut vote
en 1990 grce aux initiatives de Laurent Fabius, prsident de lAssemble
nationale et lui-mme juif de combat. A la mme poque, une violation de
spultures dans le cimetire juif de Carpentras donna lieu une exploitation
mdiatique qui paralysa, chez les dputs et les snateurs de lopposition,
toute vellit de rsistance effective au vote de cette loi. Dans Paris, drapeaux
israliens au vent, environ deux cent mille manifestants protestrent contre
la rsurgence de la bte immonde . Le bourdon de Notre-Dame fit entendre
sa voix comme pour un vnement particulirement tragique ou significatif
de lhistoire de France. La loi une fois publie au Journal officiel de la
Rpublique franaise (avec nomination, le mme jour, de Pierre Vidal-Naquet
dans lordre de la Lgion dhonneur), le scandale de Carpentras ne fut plus
voqu que de loin en loin, pour mmoire. Ne resta alors que la loi Fabius-
Gayssot .
Sous la pression dorganisations juives nationales et internationales, dautres
pays adoptrent leur tour, sur les modles isralien et franais, des lois
interdisant toute contestation de la Shoah. Ce fut le cas pour lAllemagne,
lAutriche, la Belgique, la Suisse, lEspagne et la Lituanie. Dautres pays,
encore, du monde occidental ont promis aux organisations juives den faire
1. En juillet 1981, la Knesset vota une loi interdisant la ngation du Gnocide :
La diffusion, crite ou orale, d'uvres niant les actes commis durant la priode du
rgime nazi crimes contre le peuple juif, crimes contre l'humanit ainsi que les
propos minimisant l'importance de ces actes dans le but de dfendre ceux qui les ont
perptrs, et le soutien ou l'identification aux coupables sont passibles de cinq ans
d'emprisonnement. Une proposition d'lever la peine dix ans de prison fut rejete.
Ainsi l'extermination des Juifs ne constituait plus un sujet de recherche historique ; cet
vnement avait t, en quelque sorte, extrait de l'Histoire elle-mme, et il tait deve-
nu un dogme national, protg par la loi, jouissant d'un statut juridique similaire celui
de la croyance religieuse, plus lev mme : la peine maximale pour grossiret
l'gard de la sensibilit ou de la tradition religieuse y compris sans doute la ngation
de l'existence de Dieu est d'un an de prison. (Tom Segev, Le Septime Million. Les
Israliens et le Gnocide, p. 535)
2. Bulletin quotidien de l'Agence tlgraphique juive, 2 juin 1986, p. 1, 3.
Introduction VII
autant, en particulier la Grande-Bretagne et le Canada. Mais, en ralit, une
telle loi, de caractre spcifique, nest pas indispensable pour la chasse au
rvisionnisme historique. En France, comme en dautres pays, lusage a t,
et parfois reste, de poursuivre les contestataires de la Shoah en application
dautres lois, par exemple celles rprimant, selon le cas, le racisme ou lanti-
smitisme, la diffamation de personnes vivantes, loutrage la mmoire des
morts, lapologie de crime, la propagation de fausses nouvelles et source
dindemnits pcuniaires pour les plaignants le dommage autrui.
En France, policiers et juges assurent avec rigueur la protection ainsi
accorde une version officielle de lhistoire de la seconde guerre mondiale.
Selon cette version rabbinique, lvnement majeur du conflit aurait t la
Shoah, autrement dit une extermination physique ou une tentative
dextermination physique des juifs que les Allemands auraient perptre de
1941-1942 1944-1945 (ne disposant daucun document et pour cause,
puisquil sagit dune fiction les historiens officiels ne proposent que des
dates aussi divergentes quapproximatives).
Caractre particulier du prsent ouvrage :
une chronique rvisionniste
De 1974 ce jour, il ma fallu mener tant de combats judiciaires que je nai
pu trouver le loisir de rdiger lexpos dmonstratif quon tait en droit
dattendre dun universitaire qui, pendant de longues annes, aura consacr ses
recherches un point et un seul de lhistoire de la seconde guerre mondiale :
l Holocauste ou la Shoah.
Anne aprs anne, une avalanche de procs, aux consquences les plus
graves, est venue contrarier tous mes projets de publication dun tel ouvrage.
En plus de mes propres procs, il ma fallu consacrer une large part de mon
temps la dfense, devant leurs tribunaux respectifs, de rvisionnistes franais
et trangers. Encore aujourdhui, lheure o je rdige cette introduction,
deux procs mattendent personnellement (lun aux Pays-Bas et lautre en
France) cependant quil me faut intervenir de manire directe ou indirecte dans
les procs de rvisionnistes qui vivent respectivement en Suisse, au Canada
et en Australie. Faute de temps, jai d refuser mon aide dautres rvision-
nistes, notamment deux rvisionnistes japonais.
Dans le monde entier, la tactique de nos adversaires est la mme : en appeler
aux tribunaux afin de paralyser les travaux de recherche des rvisionnistes
dfaut dobtenir la condamnation de ces derniers soit la prison, soit au
versement damendes ou de dommages-intrts. Pour le condamn, la prison
entranera larrt de toute activit rvisionniste tandis que le versement
damendes ou de dommages-intrts signifiera pour lui la recherche fbrile de
largent, une recherche stimule par les menaces de lhuissier, les saisies-
assignations , les avis tiers dtenteurs et le blocage du compte bancaire.
VIII crits rvisionnistes
De ce simple point de vue, ma vie, pendant ce dernier quart de sicle, aura t
difficile ; elle le reste et, selon toute vraisemblance, le restera.
Ajoutons cela, pour aggraver la situation, que ma conception de la
recherche na jamais t celle de luniversitaire ou de lhistorien de papier .
Jestime indispensable de me porter sur le terrain : soit le terrain de
linvestigation matrielle, soit le terrain o se dploie ladversaire. Je ne
saurais parler de Dachau, de Majdanek, dAuschwitz ou de Treblinka sans me
rendre sur place afin dy interroger les lieux et les gens. Je ne saurais entendre
parler dune action antirvisionniste (manifestation, confrence, colloque,
procs) sans my rendre en personne ou sans y dlguer un observateur que je
prpare sa mission ; ce qui ne va pas sans risque mais permet dobtenir des
renseignements bonne source. Je suscite dinnombrables lettres ou
interventions. Je me porte tous les crneaux. Pour ne prendre quun
exemple, je crois pouvoir dire que, si limpressionnante confrence
internationale de l Holocauste organise Oxford en 1988 par le
milliardaire Robert Maxwell (dit Bob le menteur ) a, du propre aveu de son
instigateur
1
, pitoyablement chou, cest grce une opration que jai per-
sonnellement mene sur place avec laide dune rvisionniste franaise qui ne
manquait ni de courage, ni daudace, ni dingniosit : son action, elle seule,
aura certainement valu mieux que plusieurs livres. Mais les confectionneurs
de livres tout va comprendront-ils ce que je dis l ?
Aux jours et aux heures ainsi passs la prparation des procs ou ces
multiples actions ponctuelles, on ajoutera les heures et les jours perdus dans
les hpitaux se remettre soit des effets dun extnuant combat, soit des
consquences dagressions physiques menes par des milices juives (en
France, les milices armes sont strictement interdites sauf pour la
communaut juive).
Enfin, il ma fallu inspirer, diriger ou coordonner, en France ou ltranger,
de multiples actions ou travaux de caractre rvisionniste, soutenir les
nergies chancelantes, assurer une relve, rpondre aux appels, mettre en garde
contre les provocations, les erreurs, les drives, et surtout lutter contre les
complaisances car, chez certains rvisionnistes, grande est la tentation, en un
pareil combat, de rechercher un compromis avec ladversaire et, parfois
mme, de se rtracter. Il ne manque malheureusement pas dexemples o des
rvisionnistes sont, de guerre lasse, tombs dans la repentance publique. Je
ne leur jette pas la pierre. Je sais dexprience que le dcouragement guette
chacun dentre nous parce que le combat est ingal : nos moyens sont drisoi-
res et ceux de nos adversaires, immenses.
Ncessit faisant loi, le prsent ouvrage se rduit donc un choix de notes,
darticles, dessais, de prfaces, dinterviews, de recensions que jai rdigs de
1. Voy. Robert Maxwell, J'accuse [en franais dans le texte], Sunday Mirror,
17 juillet 1988, p. 2.
Introduction IX
1974 1998 et qui sont ici prsents dans lordre chronologique de leur
composition ou de leur publication. Le lecteur en tirera peut-tre
limpression dun ensemble disparate, entach de bien des redites. Je sollicite
son indulgence. Au moins cette diversit mme lui permettra-t-elle de suivre
au jour le jour laventure rvisionniste dans ses vicissitudes. Quant aux
redites, il arrive que je men console en songeant que, somme toute, je ne me
suis peut-tre pas encore assez rpt puisque persistent aujourdhui tant de
mprises sur lexacte nature du rvisionnisme historique.
Le rvi si onni sme hi st ori que
Le rvisionnisme est une affaire de mthode et non une idologie.
Il prconise, pour toute recherche, le retour au point de dpart, lexamen suivi
du rexamen, la relecture et la rcriture, lvaluation suivie de la
rvaluation, la rorientation, la rvision, la refonte ; il est, en esprit, le
contraire de lidologie. Il ne nie pas mais il vise affirmer avec plus
dexactitude. Les rvisionnistes ne sont pas des ngateurs ou des
ngationnistes ; ils sefforcent de chercher et de trouver l o, parat-il, il
ny avait plus rien chercher ni trouver.
Le rvisionnisme peut sexercer en cent activits de la vie courante et en cent
domaines de la recherche historique, scientifique ou littraire. Il ne remet pas
forcment en cause des ides acquises mais souvent amne les nuancer. Il
cherche dmler le vrai davec le faux. Lhistoire est, par essence,
rvisionniste ; lidologie est son ennemie. Comme lidologie nest jamais
aussi forte quen temps de guerre ou de conflit, et comme elle fabrique alors
du faux profusion pour les ncessits de sa propagande, lhistorien sera, en
la circonstance, conduit redoubler de vigilance : passant au crible de
lexamen ce quon a pu lui assener de vrits , il sapercevra sans doute
que, l o une guerre a provoqu des dizaines de millions de victimes, la
premire des victimes aura t la vrit vrifiable : une vrit quil sagira de
rechercher et de rtablir.
Lhistoire officielle de la seconde guerre mondiale contient un peu de vrai
combin avec beaucoup de faux.
Lhi st oi re offi ci el l e : un peu de vrai
combin avec beaucoup de faux.
Ses reculs successifs devant les avances du
rvi si onni sme hi st ori que
Il est exact que lAllemagne nationale-socialiste a cr des camps de
concentration ; elle la fait aprs et avec bien dautres pays, tous con-
vaincus que ces camps seraient plus humains que la prison ; Hitler voyait
dans ces camps ce que Napolon III avait cru voir dans la cration des
X crits rvisionnistes
colonies pnitentiaires : un progrs pour lhomme. Mais il est faux quelle ait
jamais cr des camps dextermination (expression forge par les Allis).
Il est exact que les Allemands ont fabriqu des camions fonctionnant au gaz
(Gaswagen). Mais il est faux quils aient jamais fabriqu des camions gaz
homicides (si un seul de ces camions avait exist, il figurerait au Muse de
lautomobile ou dans les muses de l Holocauste , ne ft-ce que sous la
forme dun croquis de valeur scientifique).
Il est exact que les Allemands employaient le Zyklon (produit base dacide
cyanhydrique utilis ds 1922) pour protger par la dsinsectisation la sant
des civils, des troupes, des prisonniers ou des interns. Mais ils nont jamais
employ le Zyklon pour tuer qui que ce ft et surtout pas des foules dtres
humains ; en raison des prcautions draconiennes demploi du gaz
cyanhydrique, les prtendus gazages homicides dAuschwitz ou dautres
camps auraient t, dailleurs, radicalement impossibles ; je mtends
longuement sur ce point dans le corps du prsent ouvrage.
Il est exact que les Allemands envisageaient une solution finale de la
question juive (Endlsung der Judenfrage). Mais cette solution tait
territoriale (territoriale Endlsung der Judenfrage) et non pas homicide ; il
sagissait de pousser ou, si ncessaire, de forcer les juifs quitter
lAllemagne et sa sphre dinfluence en Europe pour tablir, en accord avec
les sionistes, un foyer national juif, Madagascar ou ailleurs. Beaucoup de
sionistes ont collabor avec lAllemagne nationale-socialiste en vue de cette
solution.
Il est exact que des Allemands se sont runis, le 20 janvier 1942, dans une
villa dune banlieue de Berlin (Berlin-Wannsee) pour traiter de la question
juive. Mais ils y ont envisag lmigration force ou la dportation des juifs
ainsi que la cration future dune entit juive spcifique et non pas un
programme dextermination physique.
Il est exact que des camps de concentration possdaient des fours crmatoires
pour lincinration des cadavres. Mais ctait pour mieux combattre les
pidmies et non pour y incinrer, comme on a parfois os le dire, des tres
vivants en plus des cadavres
1
.
Il est exact que les juifs ont connu les souffrances de la guerre, de lin-
ternement, de la dportation, des camps de rtention, des camps de con-
centration, des camps de travail forc, des ghettos, des pidmies, des
excutions sommaires pour toutes sortes de raisons ; ils ont aussi souffert de
reprsailles ou mme de massacres car il nest pas de guerre sans massacres.
Mais il est galement vrai que toutes ces souffrances ont t aussi le lot de
bien dautres nations ou communauts pendant la guerre et, en particulier, des
1. Les bbs juifs [taient] jets tout vivants dans les crmatoires (Pierre Weil,
directeur de la SOFRES, L'anniversaire impossible , Le Nouvel Observateur, 9 f-
vrier 1995, p. 53).
Introduction XI
Allemands et de leurs allis (les souffrances des ghettos mises part, car le
ghetto est dabord et avant tout une cration spcifique des juifs eux-
mmes
1
) ; il est surtout vraisemblable, pour qui nest pas afflig dune
mmoire hmiplgique et pour qui sefforce de connatre les deux faces de
lhistoire de la seconde guerre mondiale (la face toujours montre et la face
presque toujours cache), que les souffrances des vaincus pendant la guerre et
aprs la guerre ont t, en nombre et en qualit, pires que celles des juifs et
des vainqueurs, surtout pour ce qui est des dportations.
Il est faux que, comme on a longtemps os le prtendre, il ait exist un ordre
quelconque de Hitler ou de lun de ses proches dexterminer les juifs. Pendant
la guerre, des soldats et des officiers allemands ont t condamns par leurs
propres cours martiales, et parfois fusills, pour avoir tu des juifs.
Il est bon que les exterminationnistes (cest--dire ceux qui croient
lextermination des juifs) aient fini, de guerre lasse, par reconnatre quon ne
trouve trace daucun plan, daucune instruction, daucun document relatif
une politique dextermination physique des juifs et que, de la mme faon, ils
aient enfin admis quon ne trouve trace daucun budget pour une pareille
entreprise ni daucun organisme charg de mener bien une telle politique.
Il est bon que les exterminationnistes aient enfin concd aux rvisionnistes
que les juges du procs de Nuremberg (1945-1946) ont accept pour vrais des
faits de pure invention comme lhistoire du savon fabriqu partir de la
graisse des juifs, lhistoire des abat-jour faits de peau humaine, celle des
ttes rduites , lhistoire des gazages homicides de Dachau ; et surtout il est
bon que les exterminationnistes aient enfin reconnu que llment le plus
spectaculaire, le plus terrifiant, le plus significatif de ce procs, cest--dire
laudience du 15 avril 1946 au cours de laquelle on a vu et entendu un ex-
commandant du camp dAuschwitz (Rudolf Hss) confesser publiquement
que, dans son camp, on avait gaz des millions de juifs, ntait que le rsultat
de tortures infliges ce dernier. Cette confession, prsente durant tant
dannes et en tant douvrages historiques comme la preuve n 1 du
gnocide des juifs, est maintenant relgue aux oubliettes, du moins par les
historiens.
Il est heureux que des historiens exterminationnistes aient enfin reconnu que
le fameux tmoignage du SS Kurt Gerstein, lment essentiel de leur thse,
est dnu de valeur ; il est dtestable que lUniversit franaise ait retir au
rvisionniste Henri Roques son titre de docteur pour lavoir dmontr en
1985.
Il est pitoyable que Raul Hilberg, le pape de lexterminationnisme, ait os
crire, en 1961, dans la premire dition de The Destruction of the European
1. Il est d'ailleurs intressant [] de souligner que le ghetto est historiquement
une invention juive (Nahum Goldmann, Le Paradoxe juif, p. 83-84) ; voy. aussi
Pierre-Andr Taguieff, L'identit juive et ses fantasmes , p. 65.
XII crits rvisionnistes
Jews, quil avait exist deux ordres de Hitler dexterminer les juifs, pour
ensuite dclarer, partir de 1983, que cette extermination stait faite delle-
mme, sans aucun ordre ni plan mais par une incroyable rencontre des
esprits, une transmission de pense consensuelle au sein de la vaste
bureaucratie allemande. R. Hilberg a ainsi remplac lassertion gratuite par
lexplication magique (la tlpathie).
Il est bon que les exterminationnistes aient enfin, dans la pratique, peu prs
abandonn laccusation, appuye de tmoignages , selon laquelle il existait
des chambres gaz homicides Ravensbrck, Oranienburg-Sachsenhausen,
Mauthausen, Hartheim, au Struthof-Natzweiler, au Stutthof-Danzig,
Bergen-Belsen
Il est bon que la chambre gaz nazie la plus visite du monde celle
dAuschwitz-I ait t enfin reconnue, en 1995, pour ce quelle tait, cest--
dire une fabrication. Il est heureux quon ait enfin admis que TOUT Y EST
FAUX et, personnellement, je me rjouis de ce quun historien appartenant
ltablissement officiel ait pu crire : A la fin des annes 70, Robert
Faurisson exploita dautant mieux ces falsifications que les responsables du
muse rechignaient alors les reconnatre
1
. Je men rjouis dautant plus
quau fond la justice franaise mavait, de faon inique, condamn pour
lavoir dit.
Il est bon que, dans le mme article, le mme historien ait rvl quune
sommit du monde juif comme Tho Klein ne voit dans cette chambre
gaz quun artifice .
Il est galement bon que, dans le mme article, le mme historien ait rvl
dabord que les autorits du muse dAuschwitz ont conscience davoir tromp
des millions de visiteurs (cinq cent mille par an au dbut des annes quatre-
vingt-dix), puis quelles continueront nanmoins lavenir de tromper les
visiteurs car, selon la sous-directrice du muse : [Dire la vrit sur cette
chambre gaz ], cest trop compliqu. On verra plus tard
2
!
1. ric Conan, Auschwitz : la mmoire du mal , p. 68.
2. Ibid.. En 1992, cest--dire longtemps aprs la fin des annes 70 , un jeune
rvisionniste californien d'origine juive, David Cole, se prsentera en dcouvreur des
falsifications de la chambre gaz d'Auschwitz-I. Dans une mdiocre vido, il
montrera, d'une part, la version des guides du muse (cette chambre gaz est authen-
tique) et, d'autre part, la version d'un responsable du muse, Franciszek Piper (cette
chambre gaz est very similar [trs semblable] l'originale). Jusque-l rien de
nouveau. L'ennui est que D. Cole et ses amis ont ensuite fortement exagr pour ne
pas dire plus quand ils sont venus prtendre que F. Piper avait reconnu qu'il y avait
eu fraude . Effectivement, il y avait eu fraude mais malheureusement D. Cole
n'avait pas su le dmontrer parce qu'il connaissait mal le dossier rvisionniste. Il aurait
pu dfinitivement confondre F. Piper en lui montrant, la camra, les plans originaux
que j'avais dcouverts en 1975-1976 et publis la fin des annes 70 . On y voit fort
bien que l'actuelle prtendue chambre gaz est la rsultante d'un certain nombre
de maquillages du lieu auxquels on a procd aprs la guerre. Par exemple, les quatre
prtendus orifices de dversement du Zyklon B pratiqus dans le plafond ont t
Introduction XIII
Il est heureux quen 1996 deux historiens dorigine juive, le Canadien Robert
Jan van Pelt et lAmricaine Debrah Dwork, aient, enfin, dnonc quelques-
unes des normes supercheries du camp-muse dAuschwitz et le cynisme
avec lequel on y trompe les visiteurs
1
.
Il est, en revanche, inadmissible que lUNESCO (United Nations Edu-
cational, Scientific and Cultural Organisation) maintienne depuis 1979 son
patronage un site comme celui dAuschwitz dont le centre recle, avec cette
fausse chambre gaz (sans compter dautres normes falsifications), une
imposture maintenant avre ; lUNESCO (dont le sige est Paris et qui est
dirige par Federico Mayor) na pas le droit dutiliser les cotisations des pays
adhrents pour cautionner une vaste escroquerie aussi contraire
lducation , la science et la culture .
Il est heureux que Jean-Claude Pressac, aprs avoir t port aux nues, soit
tomb dans le discrdit. Lanc par le couple Klarsfeld, ce pharmacien a cru
intelligent de rechercher une position mdiane entre ceux qui croient aux
chambres gaz et ceux qui ny croient pas. Pour lui, en quelque sorte, la
femme examiner ntait ni enceinte ni non enceinte mais demi-enceinte et
mme, le temps passant, de moins en moins enceinte. Auteur dcrits censs
porter sur les chambres gaz nazies mais o lon ne pouvait trouver ni une
photographie densemble, ni un dessin densemble dun seul de ces abattoirs
chimiques, le pitoyable gribouille devait faire la dmonstration, le 9 mai
1995, la XVII
e
chambre du tribunal correctionnel de Paris, de sa totale im-
puissance rpondre aux questions de la prsidente du tribunal sur ce quau-
rait bien pu tre lun de ces abattoirs. Trois ans plus tard, il en est rduit
crire : Ainsi, daprs les dires danciens membres du Sonderkommando, on
estime avec une forte certitude quun film sur les gazages homicides fut
tourn par les SS Birkenau. Pourquoi ne serait-il pas retrouv par hasard
dans le grenier ou la cave dun ancien SS ?
2
Il est heureux que la chambre gaz ltat de ruines, appartenant au
Krematorium-II de Birkenau (Auschwitz-II), puisse surtout servir dmontrer
in vivo et de visu quil ny a jamais eu d Holocauste , ni dans ce
camp ni ailleurs. En effet, daprs les interrogatoires dun accus allemand et
daprs des photographies ariennes retouches par les Allis, le toit de
cette chambre gaz aurait possd quatre ouvertures spciales (de 25 cm x 25
cm, prcisait-on) pour le dversement du Zyklon. Or, tout le monde peut
constater sur place quaucune de ces ouvertures nexiste ni na jamais exist.
Auschwitz tant la capitale de l Holocauste et ce crmatoire en ruines tant
au cur de lextermination des juifs Auschwitz, jai pu dire en 1994 et la
percs trs grossirement et trs maladroitement aprs la guerre : les fers bton
ont t briss par les communistes polonais et laisss en l'tat.
1. R. J. van Pelt et D. Dwrk, Auschwitz. 1270 to the Present, p. 363-364, 367, 369.
2. J.-C. Pressac, Enqute sur les chambres gaz , p. 41.
XIV crits rvisionnistes
formule semble avoir fait son chemin dans les esprits : No holes, no
Holocaust (Pas dorifices, pas d Holocauste ).
Il est galement heureux quon ait ainsi finalement invalid une plthore de
tmoignages selon lesquels ces gazages-l avaient exist et il est, du
mme coup, extrmement dplorable que tant dAllemands, jugs par leurs
vainqueurs, aient t condamns et parfois mme excuts pour des crimes
quils navaient pas pu commettre.
Il est bon qu la lumire de procs qui ressemblent des mascarades
judiciaires les exterminationnistes eux-mmes mettent des doutes sur la
validit de maints tmoignages ; ces tmoignages apparatraient encore plus
clairement errons si lon se donnait enfin la peine dordonner des expertises
judiciaires de larme suppose du crime suppos puisque, loccasion de
mille procs concernant Auschwitz ou dautres camps, aucun tribunal na
ordonn une telle expertise (la seule exception, trs peu connue, tant celle du
Struthof-Natzweiler, dont les rsultats ont t tenus cachs jusqu ce que je
les rvle). On savait pourtant bien que des tmoignages ou des aveux
doivent tre circonstancis et vrifis et que, faute de ces deux conditions, ils
sont dpourvus de valeur probatoire.
Il est heureux que lhistoire officielle ait rvis la baisse souvent dans de
considrables proportions le nombre suppos des victimes. Il a fallu plus
de quarante annes de pressions rvisionnistes pour que les autorits juives et
celles du muse dAuschwitz retirent les dix-neuf plaques qui, en dix-neuf
langues diffrentes, annonaient que le nombre des victimes du camp slevait
quatre millions. Il a ensuite fallu cinq annes de disputes internes pour
quon saccorde sur le nouveau chiffre dun million et demi, chiffre qui,
ensuite, son tour, a t trs vite contest par des auteurs
exterminationnistes ; J.-C. Pressac, le protg de S. Klarsfeld, ne propose
plus, pour sa part, que le chiffre de 600.000 800.000 victimes juives et non
juives pour toute la dure de lexistence du complexe dAuschwitz. Il est
dommage que cette qute du vrai chiffre ne se poursuive pas pour atteindre le
chiffre probable de 150.000 personnes, victimes, principalement, dpidmies
en prs de quarante camps du complexe dAuschwitz. Il est dplorable que,
dans les coles de France, on continue de projeter Nuit et Brouillard o le
chiffre des morts dAuschwitz est fix neuf millions ; en outre, dans ce film
on perptue le mythe du savon fabriqu avec les corps , celui des abat-jour
en peau humaine et celui des traces dongles des victimes dans le bton des
chambres gaz ; on y entend dire que rien ne distinguait la chambre gaz
dun block ordinaire !
Il est bon quen 1988 Arno Mayer, professeur dorigine juive, enseignant
luniversit de Princeton, ait soudainement crit : Les sources pour ltude
des chambres gaz sont la fois rares et douteuses ; mais pourquoi avoir si
longtemps affirm que les sources taient innombrables et dignes de
Introduction XV
confiance, et pourquoi avoir vilipend les rvisionnistes qui crivaient ds
1950 ce quArno Mayer dcouvrait en 1988 ?
Il est surtout bon quen 1996 un historien, Jacques Baynac, qui stait fait
une spcialit, y compris dans le journal Le Monde, de traiter les
rvisionnistes de faussaires, ait enfin reconnu quil ny a, en dfinitive,
aucune preuve de lexistence des chambres gaz. Cest, prcise-t-il, pnible
dire comme entendre
1
. Peut-tre, dans certaines circonstances, la vrit
est-elle, pour certains, pnible dire comme entendre mais, pour les
rvisionnistes, la vrit est agrable dire comme entendre.
Il est enfin heureux que les exterminationnistes se soient permis de porter
atteinte au troisime et dernier lment de la trinit de la Shoah : le chiffre de
six millions de morts juives. Il semble que ce chiffre ait t lanc pour la
premire fois (un an avant la fin de la guerre en Europe !)
2
par le rabbin
Michael Dov Weissmandel (1903-1956) ; tabli en Slovaquie, ce rabbin a t
lartisan principal du mensonge dAuschwitz partir des prtendus
tmoignages de Slovaques comme Rudolf Vrba et Alfred Wetzler ; il
organisait dintenses campagnes dinformation en direction des Allis, de
la Suisse et du Vatican. Dans une lettre du 31 mai 1944, il nhsitait pas
crire : Jusqu ce jour, six fois un million de juifs dEurope et de Russie
ont t dtruits
3
.
galement bien avant la fin de la guerre, on trouve ce chiffre de six millions
chez le juif sovitique Ilia Ehrenbourg (1891-1967) qui fut peut-tre le plus
haineux propagandiste de la seconde guerre mondiale
4
. En 1979, ce chiffre a
1. Jacques Baynac dans Le Nouveau Quotidien (de Lausanne), 2 septembre 1996,
p. 16 et 3 septembre 1996, p. 14 ; voy., auparavant, Jacques Baynac et Nadine Fresco,
Comment s'en dbarrasser ? , p. 2.
2. On a parfois soutenu que le chiffre de six millions trouvait sa source dans un
article de journal de 1919 : Martin H. Glynn, The Crucifixion of Jews Must stop! .
Ledit M. H. Glynn lanait un appel de fonds en faveur de six millions de juifs euro-
pens qui, disait-il, taient affams et perscuts et vivaient ainsi un holocauste ,
une crucifixion . Le mot d holocauste dans son acception de dsastre est at-
test en anglais ds le XVII
e
sicle ; ici, en 1919, il dsignait les consquences d'une
famine dcrite comme un dsastre menaant. En 1894, Bernard Lazare appliquait le
mot aux massacres de juifs : de temps en temps, rois, nobles ou bourgeois offraient
leurs esclaves un holocauste de juifs [] on offrait des juifs en holocauste (L'Anti-
smitisme, son histoire et ses causes, p. 67, 71).
3. Till now six times a million Jews from Europe and Russia have been des-
troyed., Lucy S. Dawidowicz, dans une compilation, A Holocaust Reader, p. 327 ; il
sagit de lettres traduites de lhbreu et publies New York en 1960 sous le titre de
Min hametzar.
4. Je suis redevable de cette dcouverte l'historien allemand Joachim Hoff-
mann ; dans Stalins Vernichtungskrieg 1941-1945, p. 161 et n. 42 de la p. 169, il signale
qu'Ilia Ehrenburg donne ce chiffre dans un article de Soviet War News du 4 janvier
1945 intitul : Once again-Remember ! En cherchant vrifier ce point l'Imperial
War Museum de Londres, je n'ai rien trouv cette date ; en revanche, j'ai trouv le
texte signal par J. Hoffmann sous un autre titre et une autre date : sous le titre de
Remember, Remember, Remember et la date du 22 dcembre 1944, p. 4-5. Fau-
drait-il en conclure que Soviet War News tait publi sous diffrentes formes ?
XVI crits rvisionnistes
t soudainement qualifi de symbolique (cest--dire de faux) par
lexterminationniste Martin Broszat lors du procs dun rvisionniste
allemand. En 1961, Raul Hilberg, le plus prestigieux des historiens
conventionnels, estimait le nombre des morts juives 5,1 millions. En
1953, un autre de ces historiens, Gerald Reitlinger, avait propos un chiffre
compris entre 4,2 et 4,6 millions. Mais, en fait, aucun historien de cette
cole na prsent de chiffres fonds sur une enqute ; il ne sagit que de
supputations propres chacun. Le rvisionniste Paul Rassinier, pour sa part,
a avanc le chiffre denviron un million de morts juives mais en partant,
prcisait-il, de chiffres fournis par la partie adverse ; donc, l aussi, il
sagissait dune supputation. La vrit est que beaucoup de juifs europens
ont pri et que beaucoup ont survcu. Avec les moyens modernes de calcul, il
devrait tre possible de dterminer ce que beaucoup signifie dans chacun
des deux cas. Mais les trois sources auxquelles on pourrait puiser les
renseignements ncessaires sont, dans la pratique, interdites aux chercheurs
indpendants ou dun accs limit :
il sagit dabord de lnorme documentation assemble par le Service
international de recherches (SIR) dArolsen-Waldeck (Allemagne), dpendant
du Comit international de la Croix-Rouge (Suisse) et dont laccs est
jalousement contrl par dix tats dont celui dIsral ;
il sagit ensuite des documents possds par la Pologne et la Russie et dont
seulement une partie a t rendue accessible : registres mortuaires de certains
camps, registres des incinrations, etc. ;
il sagit enfin des noms des millions de survivants juifs qui ont peru ou
peroivent des indemnits ou rparations financires, soit en Isral, soit dans
plusieurs dizaines de pays reprsents au sein du Congrs juif mondial. La
simple numration de ces noms montrerait quel point une communaut
souvent dite extermine na pas du tout t extermine.
Encore cinquante-deux ans aprs la guerre, ltat dIsral value officiellement
environ neuf cent mille le nombre, dans le monde, des survivants de
l Holocauste (exactement : entre 834.000 et 960.000)
1
. Daprs une
estimation du statisticien sudois Carl O. Nordling, qui jai soumis cette
valuation du gouvernement isralien, il est possible, partir de lexistence
de neuf cent mille survivants en 1997, de conclure lexistence, en 1945,
dun peu plus de trois millions de survivants au sortir de la guerre.
Aujourdhui encore, les organisations de survivants pullulent sous les
dnominations les plus diverses ; elles rassemblent aussi bien danciens
rsistants juifs que danciens enfants dAuschwitz (cest--dire des enfants
juifs ns dans ce camp ou interns ds leur jeune ge avec leurs parents), des
1. Voy. Holocaust Survivors , Adina Mishkoff, Administrative Assistant,
AMCHA, Jrusalem, 13 aot 1997 (chiffres fournis par le cabinet du premier ministre
isralien).
Introduction XVII
travailleurs forcs juifs ou, plus simplement, des fugitifs ou des clandestins
juifs. Des miraculs par millions ne sont plus un miracle mais les pro-
duits dun phnomne naturel. La presse amricaine rapporte assez souvent
des retrouvailles entre survivants dune mme famille dont chaque membre
tait, nous assure-t-on, convaincu jusque-l que toute sa famille avait
disparu.
En rsum, malgr le dogme et malgr les lois, la recherche de la vrit
historique sur la seconde guerre mondiale en gnral et sur la Shoah en
particulier a progress dans ces dernires annes ; le grand public est tenu dans
lignorance de ces progrs ; il serait suffoqu dapprendre que beaucoup de ses
croyances les plus solides ont t, depuis le dbut des annes quatre-vingt,
relgues par les historiens les plus orthodoxes au rayon des lgendes
populaires. On pourrait dire quil existe, ce point de vue, deux conceptions
de l Holocauste : dune part, celle du grand public et, dautre part, celle des
historiens conformistes ; lune parat inbranlable tandis que lautre menace
ruine, tant on y procde de htives rparations.
Les concessions faites aux rvisionnistes par les historiens orthodoxes, anne
aprs anne, surtout partir de 1979, ont t si importantes en nombre et en
qualit que ces historiens se trouvent aujourdhui dans une impasse. Ils nont
plus rien dire de substantiel sur le sujet mme de l Holocauste . Ils ont
pass le relais aux cinastes, aux romanciers, aux gens de thtre. Mme les
musographes sont en panne. A lHolocaust Memorial Museum de
Washington on a pris la dcision de noffrir aux visiteurs aucune
reprsentation physique des chambres gaz (dclaration qui ma t faite en
aot 1994 par Michael Berenbaum, responsable scientifique du muse, en
prsence de quatre tmoins, et auteur dun livre-guide de plus de deux cents
pages o, en effet, ne se trouve aucune reprsentation physique des chambres
gaz, pas mme dune misrable et fallacieuse maquette tout de mme pr-
sente aux visiteurs
1
). Les visiteurs du muse nont pas le droit de prendre
des photographies. Claude Lanzmann, auteur de Shoah, film remarquable par
son absence de contenu historique ou scientifique, na plus aujourdhui que la
ressource de vaticiner en dplorant que les rvisionnistes occupent tout le
terrain
2
. Quant lie Wiesel, il en appelle la discrtion de tous ; il nous
adjure de ne plus chercher voir de prs ou imaginer ce qui se passait, selon
1. La misrable et fallacieuse maquette (avec ses prtendues ouvertures pour le
Zyklon dans le toit alors que de telles ouvertures, on le constate encore aujourd'hui,
n'ont jamais exist, et avec ses prtendues colonnes poreuses alors que les colonnes de
bton, comme on peut encore le voir, taient pleines) est reproduite dans un autre
livre-guide publi en 1995 ; voy. Jeshajahu Weinberg et Rina Elieli, New York, Rizzo-
li, p. 126-127 ; en revanche, ce livre-guide ne reproduit pas ce qui, dans le prcdent
livre-guide, celui de M. Berenbaum, tait prsent comme la pice conviction par
excellence des gazages homicides : une prtendue porte de chambre gaz Majda-
nek.
2. Le Nouvel Observateur, 30 septembre 1993, p. 96.
XVIII crits rvisionnistes
lui, dans les chambres gaz : Les chambres gaz, il vaut mieux quelles
restent fermes au regard indiscret. Et limagination
1
. Les historiens de
l Holocauste se sont mus en thoriciens, en philosophes, en penseurs.
Leurs querelles entre intentionnalistes et fonctionnalistes ou encore
entre tenants et adversaires dune thse comme celle de Daniel Goldhagen sur
la propension quasi naturelle des Allemands verser dans lantismitisme et
dans le crime raciste ne sauraient nous dissimuler lindigence de leurs travaux
proprement historiques.
Succs et i nsuccs du rvi si onni sme
En 1998, le bilan de lentreprise rvisionniste stablit comme suit : un
clatant succs sur le plan de lhistoire et de la science (sur ce plan-l, nos
adversaires ont sign leur capitulation en 1996) mais un chec sur le plan de
la communication (nos adversaires ont verrouill tout accs du rvisionnisme
aux mdias sauf, pour linstant, au rseau Internet).
Dans les annes 1980 et tout au dbut des annes 1990, des auteurs
antirvisionnistes avaient tent dengager le fer avec les rvisionnistes sur le
terrain de la science historique. Tour tour, Pierre Vidal-Naquet, Nadine
Fresco, Georges Wellers, Adalbert Rckerl, Hermann Langbein, Eugen
Kogon, Arno Mayer ou Serge Klarsfeld (ce dernier avec laide du pharmacien
Jean-Claude Pressac) avaient essay de faire croire aux mdias que rponse
avait t trouve aux arguments matriels ou documentaires des
rvisionnistes. Mme Michael Berenbaum, mme lHolocaust Memorial
Museum avaient, en 1993 et au dbut de lanne 1994, voulu relever le dfi
que javais lanc de nous montrer ne ft-ce quune seule chambre gaz nazie
et ne ft-ce quune seule preuve, de leur choix, quil avait exist un gnocide
des juifs. Mais leurs checs ont t si cuisants quil leur a fallu
progressivement abandonner le combat sur ce terrain. Tout rcemment, en
1998, M. Berenbaum a bien publi un gros ouvrage intitul : The Holocaust
and History
2
mais, prcisment, loin dy tudier ce quil appelle l Holo-
causte sur le plan de lhistoire (ce quavait expressment tent A. Mayer en
1988), il nous montre plutt, sans le vouloir, que l Holocauste est une
chose et l Histoire une tout autre chose. Dailleurs, louvrage est quasi
immatriel. Il ne contient ni photographie, ni dessin, ni la moindre tentative
de reprsenter physiquement une ralit quelconque. Seule la couverture de
louvrage donne voir un amas de chaussures. Ces chaussures sont
supposes tre parlantes comme lHolocaust Memorial Museum de
Washington o elles nous disent, parat-il : We are the shoes, we are the
last witnesses. (Nous sommes les chaussures, nous sommes les derniers t-
1. Tous les fleuves mnent la mer, p. 97.
2. The Holocaust and History, edited by Michael Berenbaum and Abraham J.
Peck.
Introduction XIX
moins.) Louvrage nest quun ensemble de cinquante-cinq contributions
crites et publies sous la haute surveillance du rabbin Berenbaum : mme
Raul Hilberg, mme Yehuda Bauer, mme Franciszek Piper y renoncent
tout vritable effort de recherche scientifique et lanathme y est prononc
contre un Arno Mayer qui, dans un rcent pass, avait tent de replacer
l Holocauste dans lhistoire
1
. Lirrationnel la emport sur les tentatives
de rationalisation. . Wiesel, C. Lanzmann, Steven Spielberg (avec un
film, La Liste de Schindler, inspir dun roman), ont finalement triomph de
ceux qui, dans leur propre camp, essayaient de prouver l Holocauste .
Lavenir montrera rtrospectivement que cest en septembre 1996 que le glas
a sonn pour les esprances de ceux qui avaient voulu combattre le
rvisionnisme sur le terrain de la science et de lhistoire. Les deux longs
articles publis cette poque par lhistorien antirvisionniste J. Baynac dans
un journal helvtique ont dfinitivement clos le chapitre des tentatives de
rponse rationnelle aux arguments des rvisionnistes
2
.
Au milieu et la fin des annes 1970, javais apport ma propre contribution
au dveloppement du rvisionnisme ; javais alors dcouvert et formul ce
quil est, depuis lors, convenu dappeler largument physico-chimique, cest-
-dire les raisons physiques et chimiques pour lesquelles les prtendues
chambres gaz nazies taient tout simplement inconcevables. A lpoque, je
me flattais davoir mis au jour un argument dcisif que navaient jusquici
expos ni un chimiste allemand (lAllemagne ne manque pas de chimistes),
ni un ingnieur amricain (les tats-Unis possdent des ingnieurs qui, au vu
des complications draconiennes requises pour la construction dune chambre
gaz dans les pnitenciers de leur pays auraient d se rendre compte que les
prtendues chambres gaz nazies taient impossibles fabriquer pour des
raisons physico-chimiques). Si, cette poque, au milieu du fracas provoqu
par ma dcouverte, un devin mavait prdit que, vingt ans plus tard, vers
1994-1996, mes adversaires, aprs bien des tentatives pour montrer que
jtais dans lerreur, se rsigneraient, comme la fait J. Baynac, reconnatre
quen fin de compte il nexiste pas la moindre preuve de la ralit dune seule
chambre gaz nazie, je men serais certainement rjoui. Et jen aurais peut-
tre conclu que le mythe de l Holocauste , frapp en plein cur, ne
survivrait pas, que les mdias abandonneraient le service du Grand Mensonge
et que, tout normalement, la rpression antirvisionniste steindrait delle-
mme.
Jaurais commis l une erreur la fois de diagnostic et de pronostic.
Car la croyance superstitieuse vit dune autre vie que celle de la science. Elle
va son propre chemin. Le monde de la religion, de lidologie, de lillusion,
des mdias et du cinma de fiction peut se dvelopper en dehors des ralits
1. Id., p. 15.
2. Voy., ci-dessus, p. XI.
XX crits rvisionnistes
scientifiques. Mme Voltaire nest jamais parvenu craser linfme .
Ainsi pourrait-on dire que, comme Voltaire dnonant les absurdits des rcits
hbraques, les rvisionnistes sont condamns, en dpit du caractre
scientifique de leurs travaux, ne jamais lemporter sur les lucubrations de
la Synagogue, cependant que la Synagogue, elle, de son ct, ne parviendra
jamais touffer la voix des rvisionnistes. La propagande de l Holocauste
et le Shoah-Business continueront de prosprer. Reste aujourdhui aux r-
visionnistes montrer comment cette croyance, ce mythe, en sont venus
natre, crotre, puis prosprer avant, peut-tre, de disparatre pour laisser
place, un jour, non pas la raison mais dautres croyances et dautres
mythes.
Comment trompe-t-on les hommes et pourquoi se trompent-ils eux-mmes
de si bon cur ?
La propagande de l Holocauste :
mont rer des mort s et parl er de t us,
Montrer des fours crmatoires
et parler de chambres gaz
Cest par la manipulation des images quil est le plus facile dabuser les
foules. Ds avril 1945, des journalistes britanniques et amricains se sont
empresss, louverture des camps de concentration allemands, de
photographier ou de filmer des horreurs vraies dont on a ensuite fait, si lon
peut dire, des horreurs plus vraies que nature. Dans le langage familier cher
aux gens de presse, on a bidonn ; on nous a fourni du Timisoara avant
la lettre
1
. Dune part, on nous a montr de vrais morts ainsi que
dauthentiques crmatoires et, dautre part, grce des commentaires
fallacieux et une mise en scne cinmatographique, on a procd un tour
de passe-passe dont le rsultat peut tenir en une formule propre servir de
ssame pour la dcouverte de toutes ces impostures :
On nous a fait prendre des morts pour des tus et des fours crmatoires pour
des chambres gaz homicides.
On aurait envie dajouter : et des vessies pour des lanternes .
Ainsi est ne la confusion, encore si rpandue de nos jours, entre, dune part,
les fours crmatoires, qui ont rellement exist (mais non Bergen-Belsen)
pour servir lincinration des morts, et, dautre part, les chambres gaz
nazies qui, elles, auraient servi tuer des foules dhommes et de femmes
mais qui nont, en ralit, jamais exist ni mme pu exister.
Le mythe, sous sa forme mdiatique, des chambres gaz nazies associes
des fours crmatoires trouve son point de dpart dans les images et les
1. A propos de Timisoara, voy., dans le prsent ouvrage, vol. III, p. 1141-1151,
mon tude du livre de Michel Castex, Un Mensonge gros comme le sicle. Roumanie,
histoire d'une manipulation.
Introduction XXI
commentaires de la presse au sujet dun camp Bergen-Belsen qui, de
lavis mme des historiens orthodoxes, ne possdait ni chambres gaz
homicides ni mme de simples fours crmatoires.
Des chambres gaz j amai s vues, j amai s mont res
En mars 1992, Stockholm, lors dune confrence de presse, je lanais un
dfi au parterre de journalistes de la presse et de la tlvision. Ce dfi tenait en
quelques mots : Montrez-moi ou dessinez-moi une chambre gaz nazie !
Le lendemain, les journalistes rapportaient la confrence de presse mais en
passaient sous silence lobjet essentiel : ce dfi, prcisment. Ils avaient
cherch des photographies et nen avaient pas trouv.
Des milliards dhommes, en ce demi-sicle, simaginent (ou se sont imagin)
avoir vu des chambres gaz nazies dans des livres ou dans des films
documentaires. Beaucoup sont convaincus davoir, au moins une fois en leur
vie, rencontr la photographie dune telle chambre gaz. Certains ont visit
Auschwitz ou dautres camps o les guides leur ont expliqu que tel local
avait t une chambre gaz. On leur a dit quils avaient sous les yeux une
chambre gaz, selon le cas, ltat dorigine ou ltat de
reconstitution (cette dernire formule impliquant que ladite reconstitution
est honnte et conforme loriginal). Parfois, on leur a dsign des ruines
comme ruines dune chambre gaz
1
. Or, dans tous les cas, ils ont t
abuss ou, mieux, ils se sont abuss eux-mmes. Ce phnomne sexplique
aisment. Trop de personnes simaginent quune chambre gaz peut se
rduire une pice quelconque avec du gaz dedans. Cest confondre un gazage
dexcution avec un gazage suicidaire ou accidentel. Un gazage dexcution,
comme aux tats-Unis pour la mise mort dun seul condamn, est ncessai-
rement dune redoutable complication car, dans ce cas, il faudra veiller tuer
sans provoquer daccident et sans mettre en danger sa propre vie ou celle de
personnes de son entourage, surtout dans la phase finale, cest--dire quand il
faudra pntrer dans le local pour y manipuler un cadavre contaminant et
lextraire de la chambre gaz. Cela, la plupart des visiteurs de muses, ainsi
que la plupart des lecteurs, la plupart des spectateurs de films et mme la
plupart des historiens lignorent manifestement. Les responsables des
muses, eux, tirent profit de cette ignorance gnrale. En guise de chambre
gaz nazie, il leur suffit de prsenter au bon public un local dapparence
lugubre, une chambre froide de morgue, une salle de douches (de prfrence
situe en sous-sol), un abri antiarien (dot dune porte judas) et le tour sera
1. La prtendue maquette de crmatoire avec chambre gaz qu'on prsente
au muse national d'Auschwitz et celle qu'on peut voir au muse de l'Holocauste
Washington sont tellement succinctes en ce qui concerne prcisment la chambre
gaz et tellement en contradiction avec les vestiges qu'on peut examiner sur place,
Auschwitz-Birkenau, qu'il est drisoirement facile de prouver que ces deux maquettes
sont de pures fantaisies ; voy., ci-dessus, note 1 p. XX.
XXII crits rvisionnistes
jou. Les trompeurs peuvent se contenter de moins : il leur suffit de faire voir
une simple porte, un mur, un toit dune prtendue chambre gaz . Les
trompeurs les plus aviss se contenteront dencore moins : ils montreront un
ballot de cheveux, un monceau de chaussures, un tas de lunettes et ils
prtendront quil sagit des seules traces ou vestiges quon ait retrouvs des
gazs ; videmment, ils se garderont de rappeler que, pendant la guerre et le
blocus, dans une Europe en proie la disette et la pnurie, on procdait la
rcupration , puis au recyclage de tout matriau transformable, y
compris des cheveux, lesquels, pour leur part, servaient, par exemple, faire
des vtements.
Les t moi ns de l Holocauste :
des t moi gnages non vri fi s
A propos des tmoins rgne la mme confusion. On nous prsente des
cohortes de tmoins du gnocide des juifs. Par la parole ou par lcrit, ces
tmoins prtendent attester de ce que lAllemagne excutait un plan
dextermination gnrale des juifs en Europe. En ralit, ces tmoins peuvent
seulement attester de la ralit de la dportation, de celle des camps de
rtention, des camps de concentration ou des camps de travail forc, et mme,
dans quelques cas, du fonctionnement des fours crmatoires. Les juifs taient
si peu vous lextermination ou aux chambres gaz homicides que chacun
de ces innombrables tmoins survivants ou rescaps, loin de constituer,
comme on veut nous le faire croire, une preuve vivante du gnocide , est,
au contraire, une preuve vivante de ce quil ny a pas eu de gnocide. Comme
on la vu ci-dessus, la fin de la guerre le nombre des survivants juifs de
l Holocauste dpassait probablement le chiffre de trois millions.
Pour le seul camp dAuschwitz, la liste est considrable des anciens interns
juifs qui, sur lextermination des juifs dans ce camp, ont port un
tmoignage public par la parole ou par lcrit, la tlvision, dans des livres,
devant des tribunaux. Parmi les plus connus, citons :
Odette Abadie, Louise Alcan, Esther Alicigzel, Jehuda Bacon, Charles
Baron, Bruno Baum, Charles-Sigismond Bendel, Paul Bendel, Maurice
Benroubi, Henri Bily, Ada Bimko, Suzanne Birnbaum, Eva Brewster, Henry
Bulawko, Robert Clary, Jehiel Dinour alias K. Tzetnik, Szlama Dragan,
Fania Fnelon, Arnold Friedman, Philip Friedman, Michel Gelber, Isral
Gutman, D
r
Hafner, Henry Heller, Benny Hochman, Rgine Jacubert, Wanda
Jakubowska, Stanislas Jankowski alias Alter Fajnzylberg, Simone Kadouch-
Lagrange, Raya Kagan, Rudolf Kauer, Marc Klein, Ruth Klger, Guy
Kohen, Erich Kulka, Simon Laks, Hermann Langbein, Leo Laufer, Sonia
Letwinska, Rene Louria, Henryk Mandelbaum, Franoise Maous, Mel
Mermelstein, Ernest Morgan, Filip Mller, Flora Neumann, Anna Novac,
Myklos Nyiszli, David Olre, Dounia Ourisson, Dov Paisikovic, Gisella
Introduction XXIII
Perl, Samuel Pisar, Macha Ravine-Speter, Jrme Scorin, Georges Snyders,
Henri Sonnenbluck, Jacques Stroumsa, David Szmulewski, Henri Tajchner,
Henryk Tauber, Sima Vasman, Simone Veil ne Jacob, Rudolf Vrba,
Robert Weil, Georges Wellers
Parmi les derniers venus, citons galement le cas retentissant du clarinettiste
Binjamin Wilkomirski. On ne sait trop pourquoi, ce faux tmoin-l a t
publiquement dmasqu aprs trois ans dune gloire qui lui avait valu, aux
tats-Unis, le National Jewish Book Award ; en Grande-Bretagne, le Jewish
Quaterly Literary Prize ; en France, le prix Mmoire de la Shoah, ainsi
quune impressionnante srie darticles dithyrambiques dans la presse du
monde entier. Sa prtendue autobiographie denfant dport Majdanek et
Auschwitz (?) tait parue chez Suhrkampf en 1995 sous le titre de :
Bruchstcke. Aus einer Kindheit, 1939 bis 1948 (Fragments. Dune enfance,
de 1939 1948). En France, le livre avait t publi chez Calmann-Lvy en
1997 sous le titre de : Fragments dune enfance, 1939-1948. Au terme de son
enqute, un auteur juif, Daniel Ganzfried, rvlait que Binjamin Wilkomirski,
alias BrunoDoessekker, n Bruno Grosjean, avait certes connu Auschwitz et
Majdanek mais seulement aprs la guerre, en touriste
1
. En 1995, lAustralien
Donald Watt avait, lui aussi, abus les grands mdias de langue anglaise avec
son prtendu tmoignage de chauffeur des crmatoires-II et III
Auschwitz-Birkenau
2
. En septembre-novembre 1998, en Allemagne et en
France, une vaste opration mdiatique sorganisait galement autour de
soudaines rvlations du D
r
Hans-Wilhelm Mnch, ancien mdecin SS
dAuschwitz. La veine est dcidment intarissable.
Primo Levi, lui, tend nous tre prsent encore aujourdhui comme un
tmoin digne de foi. On verra dans le prsent ouvrage que cette rputation
tait peut-tre mrite en 1947 la parution de son livre Se questo un
uomo ; malheureusement, P. Levi a, par la suite, dmrit. lie Wiesel reste
incontestablement le grand faux tmoin de l Holocauste . Dans La Nuit,
rcit autobiographique, il ne mentionne pas les chambres gaz ; pour lui,
les Allemands jetaient les juifs dans des fournaises ; encore le 2 juin 1987,
au procs Barbie, il tmoignera sous serment avoir vu, dans un petit bois,
quelque part dans [Auschwitz-] Birkenau, des enfants vivants que des SS
jetaient dans les flammes . Dans le prsent ouvrage, on notera comment le
traducteur et lditeur de la version allemande de La Nuit ont ressuscit les
chambres gaz dans le rcit d. Wiesel. En France, Fred Sedel agira de
mme et mettra en 1990, dans la rdition dun livre publi en 1963, des
chambres gaz l o il navait mentionn, vingt-sept ans plus tt, que des
fours crmatoires
3
.
1. Voy. Weltwoche (Zurich), 27 aot et 3 septembre 1998 ; Nicolas Weill, La
mmoire suspecte de Binjamin Wilkomirski .
2. Donald Watt, Stocker.
3. Fred Sedel, Habiter les tnbres.
XXIV crits rvisionnistes
On logera la mme enseigne du pieux mensonge les tmoignages de
certains non juifs et, en particulier, du gnral Andr Rogerie qui, fort de
lappui que lui accordait Georges Wellers, se prsentait en 1988 en tmoin
de lHolocauste ayant assist la Shoah Birkenau
1
alors que, dans
ldition originale de ses souvenirs, Vivre, cest vaincre, publie en 1946, il
disait seulement avoir entendu parler des chambres gaz
2
. Notre hros
jouissait dans le camp mme dAuschwitz-Birkenau dun sort privilgi. Il
tait install au bloc des cads
4
et y bnficiait dune planque royale
dont il garde de bons souvenirs
5
. Il y mangeait des crpes la confiture et
y jouait au bridge
6
. Certes, crivait-il, il ne se passe pas [dans le camp] que
des vnements gais
7
mais, au moment de quitter Birkenau, il a cette pen-
se : A lencontre de bien dautres, jy ai t moins malheureux que partout
ailleurs
8
.
Samuel Gringauz avait pass la guerre dans le ghetto de Kaunas (Lituanie).
En 1950, cest--dire une poque o lon pouvait encore sexprimer avec
une certaine libert sur le sujet, il allait dresser le bilan de la littrature des
survivants de la grande catastrophe juive . Il dplorait alors dans cette
littrature les mfaits du complexe hyperhistorique (hyperhistorical
complex) ou complexe de surenchre par rapport lhistoire. Il crivait :
Le complexe hyperhistorique peut se dcrire com-
me judocentrique, lococentrique et gocentrique. Il ne
trouve essentiellement de signification historique qu des
problmes juifs lis des vnements locaux, et cela sous
laspect dune exprience personnelle. Cest la raison
pour laquelle, dans la plupart des souvenirs et des rcits,
stalent une absurde verbosit, lexagration de lcrivas-
sier, les effets de thtre, une prsomptueuse inflation de
lego, une philosophie damateur, un lyrisme demprunt,
des rumeurs non vrifies, des distorsions, des attaques
partisanes et de minables discours
3
.
On ne peut que souscrire ce jugement qui, formul en 1950, sappliquerait
aujourdhui idalement un Claude Lanzmann ou un lie Wiesel. Pour le
complexe hyperhistorique de ce dernier, pour le caractre judocentrique,
lococentrique et gocentrique de ses crits, on pourra se reporter aux deux
volumes de ses mmoires : Tous les fleuves vont la mer (Mmoires), puis :
1. Vivre, c'est vaincre est prsent comme ayant t crit en 1945 et imprim au
troisime trimestre de 1946. En 1988, il est rdit grand fracas par Hrault-di-
tions. La bande annonce porte : J'ai t tmoin de l'Holocauste. C'est dans Le Figaro
du 15 mai 1996 (p. 2) que le gnral Rogerie dclarera avoir assist la Shoah
Birkenau . La description, extrmement succincte, qu'on lui a faite des chambres
gaz et des fours est contraire la version aujourd'hui admise : son tmoin lui a
parl de gaz arrivant par les pommes de douche et de fours lectriques (p. 75).
2. A. Rogerie, Vivre, c'est vaincre, p. 70, 85. 4. Id., p. 82. 5. Id., p. 83. 6. Id.,
p. 84. 7. Ibid. 8. Id., p. 87.
3. Samuel Gringauz, Some Methodological Problems in the Study of the Ghetto ,
p. 65.
Introduction XXV
Et la mer nest pas remplie (Mmoires 2). On sy rendra compte,
dailleurs, que, loin davoir t extermins, les juifs roumains-hongrois de la
seule petite ville de Sighet ont vraisemblablement survcu en grand nombre
la dportation, notamment vers Auschwitz, en mai-juin 1944. Originaire de
cette ville de Sighet, . Wiesel a subi le sort commun. Aprs la guerre, ses
pas lont port en diffrents points du monde o, par leffet dune succession
de miracles , il a rencontr un nombre tonnant de parents, damis, de
vieilles connaissances ou dautres personnes de Sighet ayant survcu
Auschwitz ou l Holocauste .
Aperu dautres mystifications
de la seconde guerre mondiale
Toujours aussi perplexes, les gnrations futures se poseront des questions
identiques sur bien dautres mythes de la seconde guerre mondiale que celui
des chambres gaz nazies : en plus du savon juif , des peaux humaines
tannes, des ttes rduites et des camions gaz ci-dessus mentionns,
citons les expriences mdicales loufoques attribues au D
r
Mengele, les
ordres dAdolf Hitler pour entreprendre lextermination des juifs, lordre de
Heinrich Himmler pour faire cesser cette extermination, les exterminations de
juifs par llectricit, par la vapeur deau, par lemploi de la chaux vive, en
des fours crmatoires, en des fosses de crmation, par des pompes faire le
vide ; citons galement la prtendue extermination des Tziganes et des homo-
sexuels ou le prtendu gazage des alins.
Ces gnrations futures sinterrogeront sur bien dautres sujets : les massacres
sur le front de lEst tels que rapports par crit, et seulement par crit, au
procs de Nuremberg par le faux tmoin professionnel Hermann Grbe ; les
impostures maintenant avres comme le Hitler ma dit, livre sign
dHermann Rauschning, d, en grande partie, au juif hongrois Imre Rvsz,
alias Emery Reves, et pourtant abondamment utilise au procs de
Nuremberg comme si elle avait t authentique ; lexprimentation possible
dune bombe atomique pour liminer des juifs prs dAuschwitz, mentionne
au procs de Nuremberg ; les aveux aberrants extorqus des prisonniers
allemands ; le prtendu journal dAnne Frank ; le jeune garon du ghetto de
Varsovie prsent comme allant la mort alors quil a vraisemblablement
migr New York aprs la guerre ; et tant de faux mmoires, faux rcits,
faux tmoignages, fausses attributions dont, avec un minimum dattention, il
tait facile de dtecter la vraie nature.
Mais il est probable que ces mmes futures gnrations stonneront surtout
du mythe instaur et sacralis par le procs de Nuremberg (et, moindre
degr, par le procs de Tokyo) : celui de lintrinsque barbarie des vaincus et
de lintrinsque vertu des vainqueurs qui pourtant, y voir de prs, ont
XXVI crits rvisionnistes
commis des horreurs bien plus saisissantes, en qualit comme en quantit,
que celles perptres par les vaincus.
Une boucherie universelle
A lheure o lon finirait par croire que seuls les juifs ont vraiment souffert
durant la seconde guerre mondiale et que seuls les Allemands se sont
comports en vritables criminels, un retour simpose sur les vraies
souffrances et les vritables crimes de tous les belligrants.
Juste ou injuste , toute guerre est une boucherie et mme un concours
de boucherie, et cela en dpit de lhrosme de nombre de combattants ; si bien
qu la fin du conflit le vainqueur nest plus quun bon boucher, et le vaincu,
un mauvais boucher. Le vainqueur peut alors infliger au vaincu une leon de
boucherie mais il ne saurait lui administrer une leon de droit ou de justice.
Cest pourtant ce quau procs de Nuremberg (1945-1946) les quatre grands
vainqueurs, agissant en leur propre nom et au nom de dix-neuf puissances
victorieuses (sans compter le Congrs juif mondial bnficiant du statut
damicus curiae, cest--dire d ami de la cour ), ont eu le cynisme de faire
lendroit dun vaincu rduit une totale impuissance. Selon Nahum Gold-
mann, prsident du Congrs juif mondial et prsident de lOrganisation
sioniste mondiale, lide du procs est tout droit sortie de quelques cerveaux
juifs
1
. Quant au rle des juifs dans le procs mme de Nuremberg, il a t
considrable. La dlgation amricaine, qui menait toute laffaire, tait
largement compose de rmigrants , cest--dire de juifs qui, aprs avoir
quitt lAllemagne dans les annes trente pour migrer aux tats-Unis, taient
revenus en Allemagne. Le fameux psychologue G. M. Gilbert, auteur du
Nuremberg Diary (1947), qui travaillait en sous-main avec le ministre public
amricain, tait juif et ne se privait pas, sa faon, de pratiquer la torture
psychologique sur les accuss allemands. Dans un livre prfac par le juge-
assesseur, Lord Justice Birkett, un attach la dlgation britannique, Airey
Neave constatait que les interrogateurs amricains taient pour beaucoup de
naissance allemande et tous dorigine juive
2
.
Pour des raisons quon me verra exposer dans le prsent ouvrage, on peut
estimer quen ce sicle le procs de Nuremberg aura t le crime des crimes.
Ses consquences se sont rvles tragiques. Il a accrdit une somme
extravagante de mensonges, de calomnies et dinjustices qui, leur tour, ont
servi justifier des abominations de tous ordres, commencer par les crimes
de lexpansionnisme bolchevique ou sioniste aux dpens des peuples
dEurope, dAsie et de Palestine.
Mais, comme les juges de Nuremberg ont, dabord et avant tout, condamn
lAllemagne pour sa responsabilit unilatrale dans la prparation et le
1. Op. cit., p. 148-149.
2. They Have Their Exits, p. 172.
Introduction XXVII
dclenchement de la seconde guerre mondiale, cest ce point quil nous faut
examiner en premier.
Quatre gants et trois nains : qui a voul u l a guerre ?
Lhistoire tant dabord de la gographie, considrons un planisphre de
lanne 1939 et marquons-y dune seule couleur quatre immenses ensembles :
la Grande-Bretagne avec son empire qui occupait un cinquime du globe et
sur lequel le soleil ne se couchait pas , la France avec son vaste empire
colonial, les tats-Unis et leurs vassaux et, enfin, limpressionnant empire
de lUnion des Rpubliques socialistes sovitiques ; puis, dune autre couleur,
marquons la modeste Allemagne en ses frontires davant-guerre, la maigre
Italie et son petit empire colonial et, enfin, le Japon dont les armes,
lpoque, occupaient une partie du territoire chinois. Laissons de ct les
pays qui allaient se ranger, au moins provisoirement, au ct de lun ou de
lautre de ces deux groupes de belligrants.
Le contraste, pour ce qui est des deux groupes, est frappant au point de vue
dabord de la superficie, puis celui des ressources naturelles, industrielles et
commerciales. Certes, la fin des annes trente, lAllemagne et le Japon
commenaient ainsi que laprs-guerre allait le prouver secouer le joug
et se forger une conomie et une arme capables dinquiter de plus grands
et de plus forts queux. Certes, les Allemands et les Japonais allaient
dployer une somme dnergie peu ordinaire et, pendant les premires annes
de la guerre, se tailler dphmres empires. Mais, tout considr,
lAllemagne, lItalie et le Japon ntaient, pour ainsi dire, que des nains
compars ces quatre gants qutaient les empires britannique, franais,
amricain et sovitique.
A qui fera-t-on croire qu la fin des annes trente les trois nains cherchaient
dlibrment, comme on la prtendu au procs de Nuremberg et au procs de
Tokyo, provoquer une guerre mondiale ? Et qui osera affirmer quen 1945,
quand le combat sest achev, les quatre gants avaient commis moins
dhorreurs que les trois nains ? Mieux : qui croira un seul instant que, dans la
boucherie gnralise, le premier de ces trois nains (lAllemagne) sest rendu
coupable de tous les crimes imaginables tandis que le deuxime (le Japon) est
venu loin derrire le premier et que le troisime (lItalie), pass en 1943 dans
lautre camp, na commis aucun crime vraiment rprhensible ? Qui acceptera
lide que les quatre gants nont, pour reprendre la terminologie de Nurem-
berg, commis aucun crime contre la paix , aucun crime de guerre ni
aucun crime contre lhumanit qui ait mrit, aprs 1945, dtre jug par
un tribunal international ?
Il est pourtant facile de montrer, preuves lappui, que les vainqueurs ont, en
six annes de guerre et en quelques annes de laprs-guerre, accumul plus
dhorreurs que les vaincus en fait de massacres de prisonniers de guerre, de
XXVIII crits rvisionnistes
massacres de populations civiles, de dportations gigantesques, de pillages
systmatiques et dexcutions sommaires ou judiciaires. Katyn, le Goulag,
Dresde, Hiroshima, Nagasaki, la dportation de douze quinze millions
dAllemands (de Prusse orientale, de Pomranie, de Silsie, de Pologne, de
Tchcoslovaquie, de Hongrie, de Roumanie, de Yougoslavie) dans dhorribles
conditions, la livraison de millions dEuropens au Moloch sovitique, la
plus sanglante puration qui ait balay tout un continent, tait-ce
vraiment si peu que pas un tribunal nait eu en juger ? En ce sicle, pas un
corps de bataille naura tu autant denfants que lUS Air Force en Europe, au
Japon, en Core, au Vietnam, en Irak, en Amrique Centrale et, pourtant,
aucune juridiction internationale ne lui a demand compte de ces tueries, que
ses boys sont toujours prts dclencher encore une fois en nimporte
quel point du globe, car tel est leur job .
Introduction XXIX
Les Franais voulaient-ils la guerre ?
Maudite soit la guerre ! porte le monument aux morts de la commune de
Gentioux dans le dpartement de la Creuse. Le monument de Saint-Martin-
dEstraux, dans le dpartement de la Loire, est plus prolixe mais son Bilan
de la guerre lance le mme cri
1
. En France, dans nos glises ou sur nos
monuments publics, la liste des morts de la guerre de 1914-1918 est un
crve-cur. Aujourdhui, personne, au fond, nest plus capable de dire pour
quelle raison au juste la jeunesse franaise (tout comme, de son ct, la
jeunesse allemande) a t ainsi fauche.
Sur les mmes monuments de nos communes figurent parfois, en nombre
sensiblement plus restreint, les noms de jeunes Franais morts ou disparus
durant la campagne de 1939-1940 : environ 87.000. Parfois aussi on y lit les
noms de victimes civiles ; eux seuls, les Anglo-Amricains ont tu dans
leurs bombardements environ 65.000 Franais. Parfois encore on y lit des
noms de rsistants, y compris quelquefois, pour faire nombre, les noms de
rsistants dcds bien aprs la guerre dans leur lit. Manquent, presque partout
et presque toujours, les noms de Franais victimes de l puration (proba-
blement quatorze mille et non trente mille ou mme, comme on la parfois
dit, cent cinq mille) dans laquelle les juifs, les communistes et les gaullistes
de la dernire heure ont jou un rle primordial. Sauf exception, manquent
galement, parce quils nappartenaient pas de naissance ces communes, les
noms de membres des troupes coloniales morts pour la France .
Pour la France, les deux guerres mondiales ont constitu un dsastre : la
premire par le nombre des pertes humaines et la seconde par son caractre de
guerre civile qui se perptue encore aujourdhui.
A contempler ces listes des morts de la premire guerre mondiale, les
complter des noms des disparus, se remmorer les bataillons entiers de
gueules casses , de blesss, de mutils, dinfirmes vie, faire le compte
des destructions de toute sorte, songer aux familles dvastes par ces pertes,
aux prisonniers, aux fusills pour dsertion , aux suicides entrans par tant
dpreuves, se remmorer galement les vingt-cinq millions de morts
provoques en Amrique et en Europe partir de 1918 par une pidmie
improprement appele grippe espagnole et qui tait due, en fait, une
sorte de peste dorigine animale importe en Europe par les troupes
1. D'un texte de plus de deux cent cinquante mots on retiendra en particulier :
Plus de douze millions de morts ! Autant d'individus qui ne sont pas ns ! Plus encore
de mutils, blesss, veuves et orphelins ! Pour d'innombrables milliards de destructions
diverses. Des fortunes scandaleuses difies sur des misres humaines. Des innocents
au poteau d'excution. Des coupables aux honneurs. La vie atroce pour les dshrits.
La formidable note payer . Ailleurs se lit : Il faut amliorer l'esprit des Nations en
amliorant celui des individus par une instruction assainie et largement rpandue. Il
faut que le peuple sache lire. Et surtout comprendre la valeur de ce qu'il lit . Le texte
se termine sur : Maudite soit la guerre. Et ses auteurs !
XXX crits rvisionnistes
amricaines
1
, ne peut-on comprendre aussi bien les pacifistes et les
munichois davant 1939-1945 que les ptainistes de juin 1940 ? De quel
droit, aujourdhui, parle-t-on volontiers de lchet aussi bien propos des ac-
cords de Munich, passs les 29 et 30 septembre 1938, que de larmistice
sign Rethondes le 22 juin 1940 ? Les Franais qui, en ces temps-l, por-
taient encore, dans leur chair ou dans leur esprit, la marque de lholocauste de
1914-1918 et de ses suites immdiates un vritable holocauste, pour le
coup pouvaient-ils, la fin des annes trente, envisager comme une obliga-
tion morale davoir se lancer dans une nouvelle boucherie ? Et, aprs la
signature dun armistice qui, si dur ft-il, navait rien dinfamant, quy avait-
il de dshonorant rechercher lentente avec ladversaire, non pour faire la
guerre mais pour conclure la paix ?
Les Al l emands voul ai ent -i l s l a guerre ?
Hitler est n Versailles : la formule a servi de titre un ouvrage de Lon
Degrelle. Le diktat de Versailles car il ny eut pas vraiment de trait fut,
en 1919, dune telle rigueur et si infamant pour le vaincu que les snateurs
amricains refusrent de le reconnatre (20 novembre 1919) et quil tomba
peu peu dans le discrdit. Il dpeait lAllemagne, la soumettait une
impitoyable occupation militaire, laffamait. En particulier, il obligeait le
vaincu cder la Pologne la Posnanie, la Silsie et une partie de la Prusse
occidentale. Les quatre cent quarante articles du Trait de paix entre les puis-
sances allies et associes et lAllemagne (ainsi que les pices annexes)
signs Versailles le 28 juin 1919 constituent, avec les traits connexes, un
monument diniquits que seule la fureur dune guerre qui venait de sachever
peut, la rigueur, expliquer. On a beau jeu de reprocher aux Allemands de
navoir pas respect Versailles. Leur rle et leur vertu dAllemands taient de
le tourner dabord, et de le dchirer, de mme que le rle et la vertu des
Franais taient de le maintenir
2
.
Vingt ans aprs lcrasante humiliation, Hitler voudra recouvrer une partie
des territoires livrs la Pologne, de mme que la France, aprs la dfaite de
1870, avait voulu recouvrer lAlsace et une partie de la Lorraine.
Comme aucun historien nest en mesure moins de lgret de dsigner
le responsable principal dun conflit mondial, on se gardera de faire porter
Hitler lunique responsabilit de la guerre de 1939-1945 sous prtexte que, le
1
er
septembre 1939, il est entr en guerre contre la Pologne. En revanche,
justifier lentre en guerre, deux jours plus tard, de la Grande-Bretagne et de la
France contre lAllemagne par la ncessit, au nom dun trait, de secourir la
Pologne na pas grand sens puisque, deux semaines plus tard, lURSS entrait
1. Voy. Christiane Gallus, Une pandmie qui a fait trois fois plus de victimes que
la guerre de 1914-1918 .
2. Pierre Kaufmann, Le danger allemand , Le Monde, 8 fvrier 1947.
Introduction XXXI
son tour en guerre contre la Pologne pour en occuper une bonne partie,
sans provoquer pour autant de raction militaire de la part des Allis.
Les conflits mondiaux ressemblent ces gigantesques catastrophes naturelles
quon ne saurait exactement prdire mme si, quelquefois, on les sent venir.
On ne les explique quaprs coup, laborieusement, et non sans dployer des
trsors de mauvaise foi dans les accusations mutuelles de ngligence,
daveuglement, de mauvaise volont ou dirresponsabilit.
On peut toutefois constater quen Allemagne, la fin des annes trente, le
parti de la guerre avec lOccident tait pour ainsi dire inexistant ; les
Allemands nenvisageaient au pire quune pousse vers lEst (Drang nach
Osten). En revanche, en Occident, le parti de la guerre avec lAllemagne tait
puissant. La coterie de guerre voulut la croisade des dmocraties , et
lobtint.
Parmi ces nouveaux croiss figuraient au premier rang, de notables
exceptions prs, lensemble des juifs amricains et europens.
Wi nst on Churchi l l et l es Bri t anni ques
en matres de la propagande de guerre
Durant la premire guerre mondiale, les Britanniques avaient, avec cynisme,
exploit toutes les ressources de la propagande base de rcits datrocits
entirement fictives. Durant la seconde guerre mondiale ils nont pas drog.
On est aujourdhui svre pour la politique d apaisement mene par
Neville Chamberlain lgard des Allemands et on admire, ou affecte
dadmirer, Winston Churchill pour sa dtermination poursuivre la guerre. Il
nest pas dit que lhistoire, avec le temps, maintiendra ce jugement. Ce quon
dcouvre peu peu de la personnalit et du rle de Churchill amne
sinterroger sur les motifs plutt douteux de cette dtermination et sur les
fruits de sa politique. Au moins Chamberlain avait-il prvu que mme une
victoire de la Grande-Bretagne tournerait au dsastre pour elle-mme, pour
son empire et aussi pour dautres vainqueurs. Churchill ne le vit pas ou ne
sut pas le voir. Il annonait la sueur, les larmes, le sang, et puis la victoire.
Il ne prvoyait pas les lendemains amers de la victoire : la disparition
acclre de cet empire britannique auquel il tenait et la livraison de prs de la
moiti de lEurope limprialisme communiste.
Dans lune de ses confrences, David Irving, biographe de Churchill, montre
le caractre illusoire des motifs successifs que Churchill fut amen invoquer,
dabord pour lancer ses compatriotes dans la guerre, puis pour les y
maintenir. Laffaire, si lon peut dire, se passa en quatre temps.
En un premier temps, Churchill assura aux Britanniques que leur devoir tait
de venir en aide la Pologne agresse par Hitler, mais, deux semaines plus
tard, ce motif devenait caduc avec lagression de la Pologne par lUnion
sovitique.
XXXII crits rvisionnistes
En un deuxime temps, il expliqua ses concitoyens quils devaient
continuer la guerre pour sauvegarder lempire britannique ; il refusait les
offres de paix ritres de lAllemagne ; en mai 1941, il faisait interner le
messager de paix Rudolf Hess ; et, alors que lAllemagne tait attache au
maintien de lempire britannique, il choisit de conclure une alliance avec le
pire ennemi qui ft de cet empire : lAmricain Franklin Roosevelt. Le
deuxime motif devenait ainsi caduc son tour.
En un troisime temps, Churchill annona ses compatriotes quil leur
fallait se battre pour la dmocratie, y compris sous sa forme la plus
paradoxale : la dmocratie socialiste sovitique ; il fallait, disait-il, ouvrir un
second front en Europe pour soulager les efforts de Staline. Ctait venir en
aide une dictature qui avait pourtant agress la Pologne le 17 septembre
1939 et qui sapprtait une nouvelle conqute de ce pays.
Encore un mois avant la fin de la guerre en Europe (8 mai 1945), la
propagande anglaise tournait ainsi vide, cependant que beaucoup de soldats
britanniques et amricains dcouvraient avec effarement quel point
laviation anglo-amricaine avait ravag lAllemagne.
Cest alors que, soudain, en avril 1945, un miracle se produisit qui permit
Churchill de trouver cette fois-ci le quatrime et bon motif : la dcouverte du
camp de Bergen-Belsen lamena prtendre que, si la Grande-Bretagne stait
tant battue et avait provoqu et subi tant de destructions pendant prs de six
ans, ce ntait pour rien moins que la civilisation. Assurment, Churchill
avait dj, plus dune fois, dbit aux Britanniques les habituels couplets,
depuis la guerre de 1914-1918, sur la Grande-Bretagne, ce berceau de la
civilisation mis en pril par les hordes teutoniques (par les Huns , disait-
il), mais la mcanique oratoire tournait vide. Le miracle fut la dcouverte en
avril 1945 de ce camp de concentration ravag par les pidmies : une aubaine
pour Churchill et pour la propagande britannique.
Introduction XXXIII
Les Britanniques inaugurent Bergen-Belsen
l es reality shows des cri mes nazi s (avri l 1945)
Situ prs de Hanovre, Bergen-Belsen avait dabord t un camp pour blesss
de guerre allemands. En 1943, les Allemands y tablirent un camp de
dtention pour juifs europens changer contre des civils allemands dtenus
par les Allis. En pleine guerre, des juifs furent transfrs de ce camp vers la
Suisse ou mme vers la Palestine via la Turquie (preuve supplmentaire, soit
dit en passant, de labsence de toute politique dextermination physique des
juifs).
Jusqu la fin de 1944, les conditions de vie des dtenus de Bergen-Belsen
furent peu prs normales quand, avec larrive de convois de dports venus
de lEst devant la pousse sovitique, les pidmies de dysenterie, de cholra
et de typhus exanthmatique provoqurent un dsastre aggrav par les
bombardements anglo-amricains qui empchaient larrive des mdicaments,
de la nourriture et ce fut le coup de grce de leau. Les convois des
nouveaux arrivants ne mettaient plus deux ou trois jours venir de lEst
mais une deux semaines ; cause des bombardements et des mitraillages de
laviation allie, ils ne pouvaient circuler que de nuit ; le rsultat en fut qu
leur arrive ces convois ne contenaient plus gure que des morts, des
mourants ou bien des hommes et des femmes puiss et donc incapables
daffronter de telles pidmies. Le 1
er
mars 1945, le commandant du camp,
Josef Kramer, adressa au gnral Richard Glcks, responsable des camps de
concentration, une lettre dcrivant en propres termes cette catastrophe et se
terminant par : Jimplore votre aide pour surmonter cette situation
1
.
LAllemagne, bout de forces, ne pouvait plus faire face lafflux de ses
propres rfugis de lEst arrivant par millions. Elle ne parvenait plus
ravitailler son arme en armes et en munitions et sa propre population en
nourriture. Enfin, elle ne pouvait plus remdier aux conditions de vie
dramatiques des camps o mme les gardiens mouraient parfois du typhus.
Himmler autorisa des responsables de la Wehrmacht prendre contact avec
les Britanniques pour avertir ces derniers de ce quils approchaient, dans leur
avance, dun redoutable foyer dinfection. Des ngociations sensuivirent.
Une large zone autour de Bergen-Belsen fut dclare hors-combats et
Britanniques et membres de la Wehrmacht dcidrent, dun commun accord,
de se partager la surveillance du camp.
Mais le spectacle que dcouvrirent les Britanniques et lodeur insoutenable des
cadavres en dcomposition ainsi que des baraquements ou des tentes inonds
de matire fcale finirent par soulever lindignation gnrale. On crut ou on
laissa croire que les SS avaient dlibrment choisi de tuer ou de laisser
1. Voy. Mark Weber, Bergen-Belsen Camp : The Suppressed Story .
XXXIV crits rvisionnistes
mourir les dtenus. Et, malgr leurs efforts, les Britanniques furent
incapables denrayer leffrayante mortalit.
Comme une nue de vautours, les journalistes sabattirent sur le camp et
filmrent ou photographirent toutes les horreurs possibles. Ils procdrent,
au surplus, des montages. Une scne fameuse, reprise dans Nuit et
brouillard, montre un bulldozer poussant des cadavres dans une fosse
commune. Beaucoup de spectateurs de cette scne furent conduits croire
quil sagissait de bulldozers allemands
1
. Ils ne saperurent pas que le
bulldozer (au singulier) tait conduit par un soldat britannique qui, sans dou-
te, aprs le dcompte des cadavres, repoussait ceux-ci dans une vaste fosse
creuse aprs la libration du camp.
Encore en 1978, une publication juive montrera ce bulldozer mais non sans
en dcapiter, opportunment, sur la photographie le conducteur de manire
cacher son bret de soldat anglais
2
. Le juif Sydney Lewis Bernstein,
responsable, Londres, de la section cinmatographique du ministre de
lInformation, fit appel Alfred Hitchcock pour produire un film sur ces
atrocits nazies . En fin de compte, seuls des fragments de ce film furent
rendus publics, probablement parce que le film dans son intgralit contenait
des assertions propres faire douter de son authenticit
3
.
Mais, dans son ensemble, le coup de Bergen-Belsen constitua une
extraordinaire russite pour la propagande des Allis. Cest partir de cette
prouesse mdiatique que le monde entier apprit ne pas voir ce quil avait
sous les yeux : on lui prsenta soit des morts, soit des mourants mais le
commentaire lamena croire quil avait sous les yeux soit des tus, des
assassins, des extermins, soit des cadavres ambulants condamns la
tuerie, lassassinat, lextermination. Ainsi, comme on la vu plus haut,
cest partir dun camp qui ne possdait ni fours crmatoires, ni de lavis
mme des historiens conformistes la moindre chambre gaz homicide, que
sdifia le mythe gnral de la prsence Auschwitz et ailleurs de chambres
gaz couples avec des fours crmatoires.
Dans ce camp, parmi les plus clbres victimes des pidmies se trouvrent
Anne Frank et sa sur Margot que, pendant prs de quarante ans aprs la
guerre, on persistera gnralement prsenter comme gazes Auschwitz
(camp dont elles provenaient effectivement) ou comme tues Bergen-Belsen ;
aujourdhui, on saccorde reconnatre quelles sont mortes du typhus
Bergen-Belsen en mars 1945.
1. Tel fut le cas, par exemple, de Bartley C. Crum, Behind the Silken Curtain,
p. 114.
2. Arthur Suzman et Denis Diamond, Six Million Did Die. The Truth Shall Prevail,
p. 18.
3. En 1945, A. Hitchcock, n en 1899, tait dj connu. Pour ses gots macabres
ou morbides, pour son art de manipuler son public , pour l'trange fascination que le
gaz exerait sur son esprit, on lira Bruno Villien, Hitchcock, Colonna, 1982, p. 9-10.
Introduction XXXV
Le coup de Bergen-Belsen fut trs vite imit par les Amricains qui, faisant
appel Hollywood, tournrent une srie de films sur la libration des camps
allemands ; ils procdrent une slection de leurs prises de vue (six mille
pieds de pellicule sur un total de quatre-vingt mille pieds, cest--dire mille
huit cents mtres seulement sur prs de vingt-cinq mille mtres) qui, le 29
novembre 1945, fut projete au procs de Nuremberg o tout le monde, y
compris la plupart des accuss, en prouva un choc. Quelques accuss
flairrent la supercherie mais il tait trop tard : le bulldozer du grand
mensonge tait lanc. Il roule encore aujourdhui. Les spectateurs de tous ces
films dhorreur sur les camps nazis furent, la longue, mis en condition
par le choix des images et par le commentaire. Un pan de mur, un tas de
chaussures, une chemine : il ne leur en fallut pas plus pour croire quon leur
avait montr un abattoir chimique.
Cinquante-deux ans aprs la libration du camp de Bergen-Belsen, Maurice
Druon, secrtaire perptuel de lAcadmie franaise, viendra dposer au procs
de Maurice Papon. Voici un extrait de cette dposition o sont voques les
chambres gaz homicides de Bergen-Belsen (dont tous les historiens
reconnaissent aujourdhui que ce camp tait dpourvu), le fameux bulldozer et
les cheveux tondus sur les morts pour en faire quelque ersatz :
Quand aujourdhui on parle des camps on a dans les
yeux, et les jurs prsents ont dans les yeux ces images
atroces que les films et les crans nous prsentent et nous
reprsentent ; et lon a bien raison de le faire, et on devrait
les rediffuser dans toutes les classes terminales, chaque an-
ne. Mais ces images-l, des chambres gaz, des mon-
ceaux de cheveux tondus sur les morts pour en faire quelque
ersatz, de ces enfants jouant parmi les cadavres, et de ces
cadavres si nombreux quon tait forc de les pousser dans
les fosses au bulldozer, et de ces cohortes squelettiques, ti-
tubantes et hagardes, en vestes rayes, avec la mort dans
les yeux, ces images-l, et jen livre ici tmoignage, je
fus, en ma modeste qualit dofficier dinformation, lun
des vingt officiers allis les visionner en premier,
quand parvint le matriel cinmatographique brut, comme
on dit, de la libration par les Anglais du camp de Bergen-
Belsen. Mais ctait au printemps de 1945. Jusque-l, on
ne savait pas. Il ne faut pas juger avec nos yeux instruits
[sic] daujourdhui, mais avec nos yeux aveugles dhier
1
.
M. Druon, en ralit, avait hier des yeux instruits et il a aujourdhui des
yeux aveugles . Plus de cinquante annes de propagande lont rendu
dfinitivement aveugle. Mais dj pendant la guerre, M. Druon et son oncle
Joseph Kessel, tous deux juifs, ntaient-ils pas aveugls par la haine du
1. Le Figaro, 24 octobre 1997, p. 10.
XXXVI crits rvisionnistes
soldat allemand lorsquils composaient latroce Chant des Partisans ( Tueurs
la balle et au couteau, tuez vite ! ) ?
Amri cai ns et Sovi t i ques renchri ssent
sur les Britanniques
Au moins, en 1951, une juive comme Hannah Arendt avait-elle lhonntet
dcrire : Il nest pas sans importance de savoir que toutes les photographies
de camps de concentration sont trompeuses (misleading) dans la mesure o
elles montrent les camps dans leurs derniers stades, au moment o les Allis
y pntrrent []. Les conditions rgnant dans les camps rsultaient des faits
de guerre durant les derniers mois : Himmler avait ordonn lvacuation de
tous les camps dextermination de lEst ; en consquence, les camps
allemands furent considrablement surpeupls et [on] ntait plus en mesure
dassurer le ravitaillement en Allemagne
1
. Rappelons ici, une fois de plus,
que lexpression de camps dextermination (extermination camps) est une
cration de la propagande de guerre allie.
Eisenhower embota donc le pas Churchill et procda, sur une chelle
amricaine, une telle propagande base de rcits datrocits que tout devint
permis aussi bien lgard du vaincu qu lendroit de la simple vrit des
faits. Dans les prtendus reportages sur les camps allemands on ajouta,
comme je lai dit, aux horreurs vraies des horreurs plus vraies que nature. On
limina les photographies ou les fragments de films montrant des interns
la mine aussi florissante que celle de Marcel Paul, ou encore des interns en
bonne sant relative malgr la disette ou les pidmies, ou bien encore,
comme Dachau, des mres juives hongroises en bonne sant donnant le
biberon de beaux poupons. On ne retint gure que les cachectiques, les
infirmes, les loques humaines qui taient, en ralit, des victimes tout autant
des Allemands que des Allis qui, avec leurs bombardements en tapis de bom-
bes sur toute lAllemagne et leurs mitraillages systmatiques des civils jus-
que dans les champs, avaient cr une situation apocalyptique au cur mme
de lEurope.
La vrit oblige dire que ni Churchill, ni Eisenhower, ni Truman, ni de
Gaulle ne poussrent tout de mme limpudence jusqu cautionner les
histoires dabattoirs chimiques ; ils laissrent ce soin leurs officines de
propagande et aux juges de leurs tribunaux militaires. Daffreuses tortures
furent infliges aux Allemands coupables, aux yeux des Allis, de tous ces
crimes ; des reprsailles furent exerces sur les prisonniers allemands et sur
les civils. Jusquen 1951 on fusilla ou pendit des Allemands et des
Allemandes (encore dans les annes quatre-vingt, les Sovitiques fusilleront
des criminels de guerre allemands ou allis des Allemands). Les militaires
britanniques et amricains, un instant bouleverss par le spectacle la fois
1. The Origins of Totalitarianism, p. 446, n. 138.
Introduction XXXVII
des villes allemandes rduites en cendres et de leurs habitants transforms en
troglodytes, purent rentrer chez eux la conscience tranquille. Churchill et Ei-
senhower sen portaient garants : les troupes allies avaient terrass le Mal ;
elles incarnaient le Bien ; on allait procder la rducation du vaincu en
brlant par millions ses mauvais livres. Tout compte fait, la Grande Tuerie
avait t conduite bonne fin et pour le bon motif.
Cest ce bluff que consacra
le procs-spectacle de Nuremberg.
Il ne fallut pas moins de cinquante ans pour quune historienne, Annette
Wieviorka, et un cinaste, William Karel, rvlent au grand public, dans un
documentaire intitul Contre loubli, les mises en scne et les fabrications
amricaines et sovitiques de 1945 au sujet de la libration des camps de
lOuest et de lEst.
A. Wieviorka, juive franaise, et W. Karel, Isralien vivant en France depuis
1985, ont manifestement subi linfluence de lcole rvisionniste franaise.
Trs hostiles aux rvisionnistes, ils nen ont pas moins admis que lheure
tait enfin venue de dnoncer quelques inventions trop voyantes de la
propagande exterminationniste. On se reportera sur le sujet soit un article
de Philippe Cusin
1
, soit, surtout, loccasion de la rediffusion du
documentaire sur Antenne 2, un article de Batrice Bocard dont le titre,
lui seul, en dit long : La Shoah, de la ralit aux shows. Face aux rcits des
dports, lindcente mise en scne de leurs librateurs
2
. La journaliste
crit :
En exagrant peine, on pourrait dire que la libra-
tion des camps de concentration a inaugur les reality
shows []. Les prmices de la socit du spectacle qual-
laient banaliser cinquante ans plus tard les chanes de tl-
vision comme CNN taient dj l, avec la surenchre
lindcence, au voyeurisme, et le recours la mise en sc-
ne []. Devant les camras, on fait rpter leur texte aux
moins mal en point des survivants : Jai t dport par-
ce que jtais juif , dit lun. Une fois, deux fois []. Pour
ne pas tre en reste aprs le show amricain, les Sovi-
tiques, qui navaient rien fait au moment de la libration
dAuschwitz, filment une fausse libration quelques se-
maines plus tard, avec des figurants polonais acclamant
les soldats grands cris William Karel est le premier
dcortiquer ces images fausses que lon nous a toujours
montres, encore trs rcemment, comme authentiques ,
dit Annette Wieviorka. Comment a-t-on pu y croire ? On
na pas lhabitude de mettre les images en doute comme on
1. Le Figaro, 16 janvier 1995, p. 29.
2. Libration, 18 dcembre 1995, p. 41.
XXXVIII crits rvisionnistes
le fait pour lcrit , explique lhistorienne. Lexemple
du charnier de Timisoara nest pas si lointain.
Il va sans dire que, dans cet article de B. Bocard, les manipulations taient
montres comme outrageantes pour les dports. Quant aux Allemands,
civils et militaires, certains dentre eux avaient dnonc ds 1945 ce type de
montages mais plutt que de les croire, on les accusa de nazisme ou
dantismitisme.
mi nent e responsabi l i t des organi sat i ons j ui ves
dans cette propagande
De son origine, en 1941, nos jours, la propagande qui sest dveloppe
autour du gnocide ou des chambres gaz est essentiellement le fait
dorganisations juives. En consquence sest peu peu forme dans le grand
public la conviction quune entreprise dextermination physique mene par
les Allemands visait, avant tout, les juifs et que les chambres gaz taient
en quelque sorte rserves aux juifs (y compris aux juifs du
Sonderkommando conduisant leurs coreligionnaires labattoir).
Aujourdhui, les innombrables muses de lHolocauste constituent un
monopole juif et cest un mot hbreu, celui de Shoah (catastrophe), qui
dsigne de plus en plus souvent ce prtendu gnocide. Quelle quait pu tre
leur participation la constitution et au succs du mythe, les Allis nont
jou en la circonstance quun rle secondaire et toujours sous la pression des
organisations juives. Cependant, le cas des Sovitiques pourrait avoir t
diffrent : leur propre fabrication dun Auschwitz o laccent nest pas mis
sur le sort des juifs pourrait avoir trouv son origine dans la ncessit dune
propagande, par-del le rideau de fer, en direction des progressistes occi-
dentaux.
Et ce nest pas parce quaujourdhui des voix juives slvent pour demander
quon parle moins des chambres gaz que la propagande de
l Holocauste ou de la Shoah baisse de ton chez les responsables de la
communaut juive. Plus simplement, aux yeux des historiens juifs, ces
incroyables chambres gaz sont devenues encombrantes pour la
propagation de la foi en la Shoah.
Une personnalit politique franaise a dit des chambres gaz nazies quelles
taient un dtail de la seconde guerre mondiale. Or, dans leurs ouvrages
respectifs sur cette guerre, Eisenhower, Churchill et de Gaulle ont
apparemment jug que ces abattoirs chimiques taient mme moins quun
dtail puisquils nen ont pas pip mot. On note la mme discrtion chez
lhistorien Ren Rmond, membre important dabord du Comit dhistoire de
la deuxime guerre mondiale, puis de lInstitut dhistoire du temps prsent :
dans deux de ses ouvrages o lon sattendrait voir figurer les mots de
chambre gaz , on ne trouve rien de tel. Lhistorien amricain Daniel
Jonah Goldhagen parle de ces chambres comme dun piphnomne . Dans
Introduction XXXIX
la version franaise du jugement de Nuremberg, seuls 520 mots,
extrmement vagues, sur environ 84.000 leur sont consacrs, ce qui constitue
0,62 % du texte de ce jugement.
Pour un rvisionniste, les chambres gaz sont moins quun dtail parce
quelles nont tout simplement pas exist mais le mythe des chambres gaz,
lui, est beaucoup plus quun dtail : il est la pierre angulaire dun immense
difice de croyances en tout genre que la loi nous interdit de contester.
Chambres gaz ou pas, quelle importance ? On entend parfois cette
question, empreinte de scepticisme. Elle irrite lhistorien Pierre Vidal-Naquet
pour lequel abandonner les chambres gaz reviendrait capituler en rase
campagne . On ne peut que lui donner raison. En effet, selon que ces
chambres gaz ont exist ou non, on nous prsentera les Allemands comme
de fieffs criminels ou bien les juifs comme de fieffs menteurs (ou
bonimenteurs). Dans le premier cas, les Allemands ont, pendant trois ou
quatre ans, tu, par un moyen industriel et en des proportions industrielles, de
malheureuses victimes dsarmes tandis que, dans le second cas, les juifs,
depuis plus dun demi-sicle, colportent un mensonge de dimension
historique.
En 1976, luniversitaire amricain Arthur Robert Butz publiait son ouvrage
The Hoax of the Twentieth Century ; de mon ct, je publiais dans Le Monde
du 21 dcembre 1978 et du 16 janvier 1979 deux textes sur la rumeur
dAuschwitz et, tout au dbut de la mme anne 1979, Wilhelm Stglich
publiait Der Auschwitz Mythos. Se faisant le porte-parole de bien des
inquitudes juives devant lclosion des crits rvisionnistes, le sioniste W.
D. Rubinstein, professeur luniversit Deakin de Melbourne, crivait alors :
Si lon dmontrait que lHolocauste est une mysti-
fication, larme n 1 de larsenal de la propagande dIsral
disparatrait
1
.
Se rptant quelque temps plus tard, il dclarait :
[Cest] un fait que, si lon peut dmontrer que lHo-
locauste est un mythe sioniste , la plus forte de toutes
les armes de larsenal de la propagande dIsral seffon-
dre
2
.
Huit ans plus tard, comme en cho, un avocat de la LICRA dclarait :
Si les chambres gaz ont exist, la barbarie nazie
nest gale aucune autre. Si elles nont pas exist, les
juifs ont menti et lantismitisme sen trouverait justifi.
Voil lenjeu du dbat
3
.
Selon la formule dE. Zndel, lHolocauste est lpe et le bouclier
dIsral .
1. Lettre Nation Review.
2. The Left, the Right and the Jews , p. 27.
3. M
e
Bernard Jouanneau, La Croix, 23 septembre 1987, p. 2.
XL crits rvisionnistes
Lenjeu nest donc pas simplement historique mais politique. Cet enjeu
politique est paradoxal : le mythe de l Holocauste sert condamner dabord
le national-socialisme allemand, puis toute forme de nationalisme ou dide
nationale sauf le nationalisme isralien et lide sioniste que ce mythe, au
contraire, renforce.
Lenjeu est galement financier quand on songe que, au moins depuis les
accords sur les rparations signs Luxembourg en 1952, les
contribuables allemands ont vers des sommes astronomiques (le qua-
lificatif est de Nahum Goldmann) lensemble des juifs de ltat dIsral ou
de la Diaspora et quils continueront, cause de la Shoah, de payer pour les
crimes quon leur impute au moins jusquen lan 2030. Le Shoah
Business , dnonc mme par un P. Vidal-Naquet, est indissociable de la
Shoah.
Aujourdhui, le bluff de la Shoah autorise un racket lchelle mondiale.
Pour commencer, une srie croissante de pays riches ou pauvres, dont la
France, se voient rclamer, par le Congrs juif mondial que prside le
milliardaire Edgar Bronfman et par de richissimes organisations juives
amricaines, des montagnes dor et dargent titre de nouvelles
restitutions ou de nouvelles rparations . Les pays dEurope,
commencer par la Suisse, ne sont pas les seuls viss. Pour linstant, une
maffia, qui a pignon sur rue, opre en quatre directions principales (il y en
aura dautres, nen pas douter) : lor nazi , les avoirs juifs, les collections
dart juives et les polices dassurances souscrites par des juifs. Les principales
cibles sont les gouvernements, les banques, les muses, les salles de vente
publique et les compagnies dassurance. Aux tats-Unis, sous la pression des
organisations juives, ltat du New Jersey a dj vot des mesures de boycot-
tage contre les institutions bancaires suisses. Ce nest quun dbut. Le seul
vritable argument invoqu par les matres-chanteurs tient en un mot : celui
de Shoah. Pas un gouvernement, pas une banque, pas une socit dassurance
nose rtorquer pour sa dfense quil sagit l dun mythe et quil ny a pas
lieu de payer pour un crime qui na pas t commis. Les Suisses, sous la
pression des organisations juives, en un premier temps ont eu la navet de
voter une loi interdisant toute remise en cause de la Shoah ; mais ils nont
pas plus tt publi cette loi quE. Bronfman leur a prsent la note payer.
Les Suisses ont alors offert des sommes considrables. Peine perdue.
E. Bronfman, en colre , a fait savoir quil lui en fallait infiniment plus.
Mon exprience des Suisses , a-t-il dclar, est qu moins que vous ne
leur teniez les pieds tout prs du feu, ils ne vous prennent pas au srieux
1
.
1. Globe and Mail (Canada), 2 juin 1998, p. A1, 15. Edgar Bronfman, prsident du
Congrs juif mondial, est l'empereur de l'alcool et de la pornographie. Il prside le
groupe Seagram et, Hollywood, possde Universal Studios. Il vient de recevoir, dun
jury dhumoristes amricains, la distinction du Silver Sewer (gout d'argent) no-
tamment pour des films mettant en scne stripteaseuses enceintes, jeunes prostitus se
Introduction XLI
Quant au prjudice moral caus lAllemagne en particulier et aux non juifs
en gnral par la propagation de la religion de l Holocauste , il est
incalculable. Les organisations juives ne cessent de ritrer leurs accusations
contre une Allemagne coupable dun gnocide des juifs et contre
Churchill, Roosevelt, de Gaulle, Staline, le pape Pie XII, le Comit
international de la Croix-Rouge, les pays neutres et dautres pays encore,
coupables, parat-il, davoir laiss lAllemagne commettre ce gnocide et
redevables, par consquent, de rparations financires, eux aussi.
Les organi sat i ons j ui ves i mposent
le credo de l Holocauste
Mon ouvrage, comme on le verra, touche peu la question juive .
Si, durant tant de lustres, jai poursuivi avec acharnement lenqute historique
sans trop me soucier de la question juive en tant que telle, cest que, dans
mon esprit, cette dernire ntait que dune importance secondaire. Elle
risquait de me dtourner de lessentiel : je cherchais, dabord et avant tout,
dterminer les parts respectives de la vrit et du mythe dans lhistoire dite de
l Holocauste ou de la Shoah ; il mimportait donc beaucoup plus dtablir
la matrialit des faits que de rechercher les responsabilits.
Pourtant, malgr moi, deux faits allaient me contraindre sortir de ma
rserve : lattitude de nombreux juifs lendroit de mes travaux et leur mise
en demeure lancinante davoir me prononcer sur ce qui passionne tant
dentre eux : la question juive .
Quand, au dbut des annes soixante, jabordai ce quOlga Wormser-Migot
allait, dans sa thse de 1968, appeler le problme des chambres gaz , je
sus demble les consquences que pourrait entraner pareille entreprise.
Lexemple de P. Rassinier mavertissait que je pouvais craindre de graves
rpercussions. Je dcidais nanmoins daller de lavant, de men tenir une
recherche de caractre purement historique et den publier le rsultat. Je
choisissais aussi de laisser ladversaire ventuel la responsabilit de sortir
du domaine de la controverse universitaire pour employer les moyens de la
coercition et peut-tre mme de la violence physique.
Cest prcisment ce qui se produisit. Usant dune comparaison, je pourrais
dire quen quelque sorte la fragile porte de bureau derrire laquelle je rdigeais
mes crits rvisionnistes cda, un jour, subitement, sous la pousse dune
tourbe vocifrante de protestataires. Force me fut alors de le constater, la
totalit ou la quasi-totalit des trublions taient des fils et des filles dIsral.
Les juifs venaient de faire irruption dans ma vie. Je les dcouvrais soudain
non plus tels que je les avais connus jusque-l, cest--dire comme des
individus distinguer les uns des autres, mais comme les lments,
battant avec leurs souteneurs, croque-morts copulant avec des cadavres, etc. (Finan-
cial Times, 21-22 mars 1998).
XLII crits rvisionnistes
impossibles dtacher les uns des autres, dun groupe particulirement soud
dans la haine et, pour employer leur propre mot, dans la colre .
Frntiques, lcume la bouche, sur le ton la fois du gmissement et de la
menace, ils venaient me corner aux oreilles que mes travaux les hrissaient,
que mes conclusions taient fausses et quil me fallait imprativement faire
allgeance leur propre interprtation de lhistoire de la seconde guerre mon-
diale. Cette interprtation casher place les juifs au centre de cette guerre en
tant que victimes, nulle autre pareilles, dun conflit qui a tout de mme
caus probablement prs de quarante millions de morts. Pour eux, leur
massacre tait unique dans lhistoire du monde. On me prvenait qu moins
de me soumettre je verrais ma carrire ruine. On me mnerait devant les
tribunaux. Puis, par la voie mdiatique, le grand Sanhdrin, form des
prtres, des notables et des docteurs de la loi juive, lana contre ma personne
une virulente campagne dappels la haine et la violence. Je ne mattarderai
pas sur la suite, interminable, des outrages, des agressions physiques et des
procs.
Les responsables de ces organisations me traitent volontiers de nazi , ce
que je ne suis pas. Comparaison pour comparaison, je serais plutt, par
rapport elles, un Palestinien , trait comme tel et port croire qu
lgard de ceux qui leur dplaisent les juifs se comportent dans la Diaspora
comme on les voit se conduire en Palestine. Mes crits sont, si lon veut, les
pierres de mon Intifada. A franchement parler, je ne dcouvre pas de diffrence
essentielle entre le comportement des responsables sionistes Tel-Aviv ou
Jrusalem et celui des responsables juifs Paris ou New York : mme
duret, mme esprit de conqute et de domination, mmes privilges, sur un
fond incessant de chantage, de pressions accompagnes de plaintes et de g-
missements. Cela dans lespace. En est-il autrement dans le temps ? Le peu-
ple juif a-t-il t aussi malheureux dans les sicles passs quil veut bien le
dire ? A-t-il autant souffert de guerres et de guerres civiles que les autres
communauts humaines ? A-t-il connu autant de dtresses et de misre ? Na-
t-il vraiment aucune responsabilit dans les ractions dhostilit dont il se
plaint volontiers ? Sur ce point, Bernard Lazare crit :
Si cette hostilit, cette rpugnance mme, ne
staient exerces vis--vis des Juifs quen un temps et en
un pays, il serait facile de dmler les causes restreintes de
ces colres ; mais cette race a t, au contraire, en butte la
haine de tous les peuples au milieu desquels elle sest ta-
blie. Il faut donc, puisque les ennemis des Juifs apparte-
naient aux races les plus diverses, quils vivaient dans des
contres fort loignes les unes des autres, quils taient
rgis par des lois diffrentes, gouverns par des principes
opposs, quils navaient ni les mmes murs, ni les
mmes coutumes, quils taient anims desprits dissem-
blables ne leur permettant pas de juger galement de toutes
Introduction XLIII
choses, il faut donc que les causes gnrales de lanti-
smitisme aient toujours rsid en Isral mme et non chez
ceux qui le combattirent.
Ceci nest pas pour affirmer que les perscuteurs des Isralites eurent toujours
le droit de leur ct, ni quils ne se livrrent pas tous les excs que
comportent les haines vives, mais pour poser en principe que les Juifs
causrent en partie du moins leurs maux
1
.
B. Lazare, qui nest nullement hostile ses coreligionnaires, bien au
contraire a la franchise de rappeler plusieurs reprises combien les juifs ont
su, tout au long de leur histoire, ds lAntiquit, sacqurir des privilges :
[Beaucoup] dentre les pauvres gens taient attirs par les privilges accords
aux juifs
2
.
On me permettra ici une confidence.
En mes qualits la fois dancien latiniste, de justiciable poursuivi devant les
tribunaux par des organisations juives, de professeur duniversit empch de
donner ses cours cause de manifestations juives, et, enfin, dauteur interdit
de publication cause de dcisions du grand rabbinat entrines par la
Rpublique franaise, il marrive de confronter mes expriences avec celles
dillustres prdcesseurs. Cest ainsi que je songe laristocrate romain
Lucius Flaccus. En 59 avant notre re, Cicron eut le dfendre notamment
contre ses accusateurs juifs ; la description que fait lillustre orateur de
linfluence, de la puissance et des procds des juifs de Rome dans le prtoire
me donne penser que, sil revenait sur terre, au XX
e
sicle, pour y dfendre
un rvisionniste, il naurait pour ainsi dire pas un mot changer sur ce point
dans sa plaidoirie du Pro Flacco.
Ayant eu enseigner la Sorbonne, je songe galement mon prdcesseur
Henri Labroue, auteur dun ouvrage sur Voltaire antijuif. A la fin de lanne
1942, en pleine occupation allemande, une poque o lon veut nous faire
croire que les juifs et leurs dfenseurs se faisaient le plus discrets possible, il
dut renoncer donner ses cours sur lhistoire du judasme. Citons Andr
Kaspi : Une chaire dhistoire du judasme a t cre la Sorbonne pour la
rentre de 1942 et confie Henri Labroue. Les premires leons ont donn
lieu des manifestations dhostilit et des incidents qui ont entran la
suppression des cours
3
.
Mais, aujourdhui, immanquablement se retrouveraient devant les tribunaux,
sur plainte dassociations juives, des dizaines de grands noms de la littrature
mondiale dont Shakespeare, Voltaire, Hugo ainsi que Zola (le dfenseur de
Dreyfus a galement crit LArgent) ? Parmi les grands noms de la politique,
mme un Jaurs sigerait au banc dinfamie.
1. B. Lazare, Lantismitisme, premire page du chapitre premier.
2. Id., p. 27.
3. A. Kaspi, Les Juifs pendant l'Occupation, p. 109, n. 27.
XLIV crits rvisionnistes
De telles considrations pourraient me valoir lpithte dantismite ou
dantijuif. Je rcuse ces qualificatifs que je tiens pour de faciles insultes. Je ne
veux aucun mal aucun juif. En revanche, je trouve dtestable le
comportement de la plupart des associations, organisations et groupes de
pression qui prtendent reprsenter les intrts juifs ou la mmoire juive .
Les responsables de ces associations, organisations ou groupes ont
manifestement le plus grand mal comprendre quon puisse agir par simple
honntet intellectuelle. Si, pour ma part, jai consacr une bonne partie de
ma vie au rvisionnisme, dabord dans le domaine des tudes littraires, puis
dans celui de la recherche historique, ce nest nullement la suite dodieux
calculs ou pour servir un complot antijuif, mais par un mouvement aussi
naturel que celui qui fait que loiseau chante, que la feuille pousse et que,
dans les tnbres, lhomme aspire la lumire.
Rsistance naturelle de la science historique ce credo
A linstar de quelques autres rvisionnistes, jaurais pu oprer ma sou-
mission, faire acte de repentance, me rtracter ; autre chappatoire : jaurais pu
me contenter dourdir de savants et biscornus stratagmes. Non seulement je
dcidai, ds les annes soixante-dix, de rsister visage dcouvert et en pleine
lumire mais je me promis de ne pas entrer dans le jeu de ladversaire. Je
formai la rsolution de ne rien changer mon propre comportement et de
laisser les excits sexciter chaque jour davantage. Parmi les juifs, je
ncouterais que ceux, particulirement courageux, qui osaient prendre ma
dfense au moins lespace dune saison
1
.
Les organisations juives dans leur ensemble traitent dantismites ceux qui
nadoptent pas leur propre conception de lhistoire de la seconde guerre
mondiale. On peut les comprendre puisque aller jusqu dire, comme je le fais
ici et maintenant, quelles comptent, pour moi, parmi les principaux
responsables du colportage dun gigantesque mythe a les apparences dune
opinion inspire par lantismitisme. Mais, en ralit, je ne fais que tirer les
conclusions videntes dune enqute historique qui, selon toute
vraisemblance, doit tre des plus srieuses puisque aucun tribunal, malgr les
fivreuses recherches de laccusation, na pu y dceler trace de lgret, de
ngligence, dignorance dlibre ou de mensonge.
1. J'entends parfois dire qu'il risque d'en coter plus cher un juif qu' un non juif
de faire profession de rvisionnisme. Les faits dmentent cette assertion. Pas un juif
n'a t condamn en justice pour rvisionnisme, pas mme Roger-Guy Dommergue
(Polacco de Menasce) qui, depuis des annes, multiplie les crits les plus vhments
contre ce qu'il appelle les mensonges de ses congnres . Jusqu'ici on n'a os lui ap-
pliquer ni la loi Pleven (1972) ni la loi Fabius-Gayssot (1990). Il convient toutefois de
rappeler le cas du jeune rvisionniste amricain David Cole qui montre quelle vio-
lence certaines organisations juives peuvent recourir afin de faire taire des juifs qui
ont pris parti pour la cause rvisionniste.
Introduction XLV
Par ailleurs, des groupes de personnes qui nont pas manifest le moindre
respect pour mes recherches, mes publications, ma vie personnelle, familiale
ou professionnelle, je ne vois pas pourquoi, de mon ct, je tmoignerais du
respect. Je nattaque ni ne critique ces groupes pour leurs convictions
religieuses ou leur attachement ltat dIsral. Tous les groupes humains se
repaissent de fantasmagories. Libre, par consquent, chacun dentre eux de
soffrir de son histoire une reprsentation plus ou moins relle, plus ou
moins imaginaire. Mais cette reprsentation, il ne faut pas limposer aux
autres. Or, les organisations juives nous imposent la leur, ce qui, en soi, est
inacceptable et lest encore plus quand cette reprsentation est manifestement
errone. Et je ne connais pas en France de groupe qui, dun article de foi de sa
religion (celle de la Shoah) soit parvenu faire un article de la loi rpu-
blicaine ; qui bnficie du privilge exorbitant de possder des milices armes
avec lassentiment du ministre de lIntrieur ; et qui, enfin, peut dcrter que
des universitaires qui lui dplaisent nauront plus le droit denseigner ni en
France, ni ltranger (voy., en particulier, laffaire Bernard Notin).
Pour un rvi si onni sme sans compl exe
Les rvisionnistes ne connaissent en fait ni matre ni disciple. Ils forment
une troupe htroclite. Ils rpugnent sorganiser, ce qui prsente autant
dinconvnients que davantages. Leur individualisme les rend inaptes
laction concerte ; en revanche, les services de police se rvlent incapables
de pntrer et de surveiller un ensemble aussi disparate ; ils ne peuvent
remonter aucune filire puisque prcisment il nexiste aucun rseau
rvisionniste. Ces individus se sentent libres dimproviser, chacun selon ses
aptitudes ou ses gots, une activit rvisionniste qui prendra les formes les
plus diverses. La qualit des travaux entrepris sen ressent et il faut
reconnatre que le rsultat est ingal. De ce point de vue, on peut dire quil
reste encore beaucoup faire. Le simple amateur ctoie lrudit et lhomme
daction, le chercheur dans ses archives. Je ne donnerai pas ici de noms par
crainte de cataloguer chacun de ces individus
1
.
Sur la manire de mener le combat rvisionniste, il va de soi que les
rvisionnistes se partagent entre partisans et adversaires dune sorte de
ralisme politique. La plupart estiment que, face la puissance du tabou,
mieux vaut procder par des voies obliques et ne pas heurter de front les
tenants de lorthodoxie. Pour ces rvisionnistes-l, il est maladroit et
1. Un chercheur indpendant, qui ne sen rclame pourtant pas, peut indirecte-
ment contribuer au rvisionnisme par la simple qualit de son travail. Je donnerai ici
un nom, celui de Jean Plantin, responsable dune publication dont le titre, lui seul, in-
dique le caractre rudit : Akribeia tel est le titre de cette publication semestrielle
signifie exactitude , soin minutieux et a donn en franais le mot d acribie
(qualit de lrudit qui travaille avec un soin extrme). AKRIBEIA, 45/3 route de
Vourles, 69230 Saint Genis Laval.
XLVI crits rvisionnistes
imprudent de lancer, par exemple, que l Holocauste est un mythe ; mieux
vaut, selon eux, insinuer que l Holocauste a bel et bien exist mais non
dans les proportions gnralement admises. pris de stratgie ou de tactiques,
ces rvisionnistes chercheront mnager les susceptibilits juives et
suggreront, tort, que la partie lgendaire de l Holocauste est surtout
imputable aux communistes ou aux Allis mais non aux juifs, ou si peu. Ne
voit-on pas des apprentis rvisionnistes pratiquer le fallacieux amalgame qui
consiste prsenter les juifs comme victimes, au mme titre que les autres,
dune sorte de croyance universelle errone ? Les juifs se seraient vus
obligs, en quelque sorte par une force immanente, de croire au gnocide et
aux chambres gaz cependant, sans doute, que la mme force les pousserait
rclamer encore et plus dargent pour rparation de souffrances fictives
1
. Un
juif errant viendra-t-il passer dans le camp rvisionniste, on lui fera fte
comme au plus pur gnie du rvisionnisme. Reprendra-t-il son compte, et
maladroitement, les dcouvertes de ses prdcesseurs non juifs sur Auschwitz,
on saluera en ce nouveau venu un phare de la pense scientifique.
Jadmets certaines formes de ce ralisme politique mais la condition quil ne
saccompagne pas darrogance. Il ny a nulle supriorit, ni intellectuelle ni
morale, penser que la fin justifie les moyens et quil faut bien parfois
emprunter ladversaire les armes de la dissimulation et du mensonge. Mais,
personnellement, ma prfrence va un rvisionnisme sans complexes et
sans trop de compromissions. On dclare la couleur. On marche droit au but.
Seul, sil le faut. On ne mnage pas ladversaire. Dailleurs, une bien longue
exprience du combat rvisionniste me donne penser que la meilleure stra-
tgie, la meilleure tactique peuvent consister en une succession dattaques
frontales ; ladversaire ne sy attendait pas ; il simaginait quon naurait
jamais laudace de le dfier ainsi ; il dcouvre quil ne fait plus peur ; il en est
dcontenanc.
Un confl i t sans fi n
Les rvisionnistes ont cent fois propos leurs adversaires un dbat public
sur le gnocide, les chambres gaz et les six millions. Les organisations
juives se sont toujours drobes cette proposition. La preuve est
maintenant faite quelles ne laccepteront pas. Au moins lglise catholique
admet-elle aujourdhui une forme de dialogue avec les athes mais la
Synagogue, elle, noubliera pas loffense qui lui a t faite
2
et ne se rsoudra
jamais courir le risque dun tel dialogue avec les rvisionnistes. Par
ailleurs, trop dintrts politiques, financiers et moraux sont en jeu pour que,
de leur ct, les responsables de ltat dIsral ou de la Diaspora acceptent
1. Voy. la pertinente analyse de Guillermo Coletti, The Taming of Holocaust Re-
visionism [Apprivoiser le rvisionnisme de l'Holocauste].
2. L'oubli n'est pas notre principale vertu (le prsident du Consistoire de Tou-
louse, selon Le Figaro, 9 octobre 1997, p. 10).
Introduction XLVII
dentamer un pareil dbat sur la version casher de lhistoire de la seconde
guerre mondiale.
Lpreuve de force continuera donc. Je ne lui vois pas de fin. Le conflit
auquel nous assistons entre exterminationnisme et rvisionnisme , cest-
-dire entre, dune part, une histoire officielle, fige, sacre et, dautre part,
une histoire critique, scientifique, profane, sinscrit dans la lutte sans fin que
se livrent dans les socits humaines, depuis des millnaires, la foi et la
raison ou la croyance et la science. La foi en l holocauste ou Shoah fait
partie intgrante dune religion, la religion hbraque dont, y regarder de
prs, les fantasmagories de l Holocauste ne sont quune manation. On na
jamais vu une religion seffondrer sous les coups de la raison. Ce nest pas
demain que disparatra la religion juive avec lune de ses composantes les
plus vivaces. Selon les interprtations en cours, cette religion est vieille de
mille cinq cents ans ou bien de trois, sinon de quatre, mille ans. On ne voit
pas pourquoi les hommes de lan 2000 bnficieraient du privilge dassister
en direct au naufrage dune religion qui remonte des temps aussi anciens.
On entend parfois dire que le mythe de l Holocauste ou de la Shoah
pourrait un jour seffacer comme sest effondr il ny a gure le communisme
stalinien ou comme seffondreront un jour prochain le mythe sioniste et
ltat dIsral. Cest comparer ce qui nest pas comparable. Communisme et
sionisme reposent sur des bases fragiles ; tous deux prsupposent chez
lhomme de hautes aspirations qui sont largement illusoires : le
dsintressement gnralis, le partage galit entre tous, le sens du
sacrifice, le travail au profit de tous ; leurs emblmes sont, dans un cas, la
faucille, le marteau et le kolkhoze et, dans lautre cas, lpe, la charrue et le
kibboutz. La religion juive, elle, sous les dehors alambiqus de la massore
ou du pilpoul, ne plane pas dans ces rveries ; elle vise bas pour viser juste ;
elle table sur le rel ; sous le couvert dextravagances talmudiques et de
prestidigitations intellectuelles ou verbales, on voit quelle a surtout partie
lie avec largent, le roi-dollar, le Veau dOr et les blandices de la socit de
consommation. Qui peut croire que ces valeurs-l perdront un jour prochain
de leur pouvoir ? Et, par ailleurs, comment la disparition de ltat dIsral
entranerait-elle de nfastes consquences pour le mythe de l Holocauste ?
Au contraire, des millions de juifs, forcs de gagner ou de regagner les pays
riches de lOccident, ne manqueraient pas de crier au Second Holocauste et,
nouveau et encore plus fort, accuseraient le monde entier de cette nouvelle
preuve impose au peuple juif, quil faudrait alors ddommager .
Enfin, la religion juive on ne le voit que trop avec les rcits de l Ho-
locauste sancre dans ce quil y a peut-tre de plus profond en lhomme : la
peur. L est sa force. L est sa chance dune survie malgr tous les alas et
malgr les coups de boutoir ports contre ses mythes par le rvisionnisme
historique. En jouant avec la peur, les religionnaires juifs gagnent tous les
coups.
XLVIII crits rvisionnistes
Je souscris au constat du sociologue et historien Serge Thion
1
pour lequel
le rvisionnisme historique, qui a gagn toutes les batailles intellectuelles
depuis vingt-cinq ans, perd tous les jours la guerre idologique. Le
rvisionnisme se heurte lirrationnel, une pense quasi religieuse, au refus
de prendre en considration ce qui provient dun ple non juif ; nous sommes
en prsence dune sorte de thologie laque dont lie Wiesel est le grand
prtre international consacr par lattribution dun prix Nobel .
Lavenir entre rpression et Internet
Les nouveaux venus du rvisionnisme ne devront pas se bercer dillusions.
Leur tche sera rude. Le sera-t-elle moins que pour Paul Rassinier et ses
successeurs les plus directs ? La rpression sera-t-elle moins froce ?
Personnellement, jen doute. Cependant, dans le monde, le changement des
quilibres politiques et des techniques de la communication donnera peut-tre
aux minorits la chance de se faire mieux entendre que dans un rcent pass.
Grce Internet, pour les rvisionnistes la censure sera peut-tre plus facile
djouer et les sources dinformation historiques deviendront sans doute plus
accessibles.
Il reste quen cette fin de sicle et de millnaire lhomme est appel vivre
ltrange exprience dun monde o livres, journaux, radios et chanes de
tlvision sont, plus que jamais, troitement contrls par le pouvoir de
largent ou par la police de la pense alors que, paralllement, se dveloppent,
vitesse acclre, de nouveaux moyens de communication qui chappent, en
partie, tout contrle. On croirait un monde deux faces : lune se fige et
vieillit, lautre a linsolence de la jeunesse et regarde vers lavenir. Le mme
contraste sobserve dans la recherche historique, celle du moins que surveille
la police de la pense : dun ct, les historiens officiels, qui multiplient les
ouvrages sur l Holocauste ou la Shoah, senferment dans le domaine de la
croyance religieuse ou de la ratiocination en vase clos tandis que, de lautre
ct, des esprits indpendants sefforcent de nobserver que les prceptes de la
raison et de la science ; grce ces derniers, la libre recherche historique
manifeste, notamment sur Internet, une impressionnante vitalit.
Les tenants dune histoire officielle protge et garantie par la loi seront,
pour toujours, condamns trouver devant eux les contestataires dune vrit
doffice. Les uns ont, avec lge, le pouvoir et largent ; les autres, un
vritable avenir.
Une rpression qui saggrave
1. S. Thion est, en particulier, l'auteur d'un ouvrage rvisionniste qui porte le titre
parlant de Une Allumette sur la banquise. Un ouvrage rvisionniste, mme si son con-
tenu parat tre de la dynamite, n'apporte, en fin de compte, peut-tre pas plus de clar-
t et de chaleur qu'une allumette dans la nuit polaire, sur la banquise des ides ge -
les (p. 90).
Introduction XLIX
Sil est un point sur lequel le prsent ouvrage peut apporter autant
dinformation aux rvisionnistes quaux antirvisionnistes, cest celui de la
rpression que subissent les premiers par le fait des seconds.
Chaque rvisionniste est pay pour savoir ce quil lui en cote de sexprimer
sur un sujet tabou mais il na pas toujours conscience de ce que subissent
la mme heure ses pareils en dautres pays que le sien. Les antirvisionnistes,
de leur ct, minimisent systmatiquement lampleur de leurs actions
rpressives ; ils nont de pense que pour leurs propres tourments,
comparables ceux de Torquemada et des Grands Inquisiteurs : il leur faut
frapper, toujours frapper ; leur bras se fatigue, les crampes leur viennent, ils
souffrent, ils gmissent ; ils trouvent que, sil est des hommes plaindre, ce
sont les bourreaux ; ils se bouchent les yeux et les oreilles pour viter de voir
et dentendre toutes leurs victimes. Parfois mme, ils stonnent, peut-tre de
bonne foi, quand on leur prsente la liste des rvisionnistes quils sont parve-
nus briser dans leur vie personnelle, familiale ou professionnelle, ruiner,
accabler damendes ou de peines de prison, grivement blesser, vitrioler,
tuer, pousser au suicide, cependant qu linverse on ne saurait produire un
seul cas o un rvisionniste aurait touch ne ft-ce quun cheveu de lun de
ses adversaires.
Il faut dire que la presse semploie dissimuler le plus possible certains
effets de cette rpression gnralise. En France, le journal Le Monde sest
fait sur ce chapitre une spcialit, comme on le verra, de passer sous silence
certaines abominations qui, si des juifs antirvisionnistes la Vidal-Naquet
en avaient t les victimes, auraient suscit, sur toute la surface du globe,
dfils de protestation et manifestations en tous genres.
Le mieux quon puisse attendre des aptres de la Shoah sera, tout au plus,
une mise en garde contre des excs dantirvisionnisme qui pourraient causer
du tort la bonne renomme des juifs et la cause sacre de la Shoah.
Dans le flot des toutes dernires mesures de rpression prises contre les
rvisionnistes, on notera, pour la France, la rvocation de lducation
nationale de Michel Adam, qui enseignait lhistoire et la gographie dans un
collge de Bretagne ; cinquante-sept ans, avec cinq enfants charge, il se
retrouve sans la moindre ressource et mme, pour linstant, sans le revenu
minimum dinsertion (RMI). Quant Vincent Reynouard, lui aussi rvoqu
de lducation nationale, il vient dtre condamn par le tribunal de Saint-
Nazaire, ce 10 novembre, trois mois de prison ferme et dix mille francs
damende pour avoir diffus le Rapport Rudolf ; g de vingt-neuf ans, mari,
pre de trois jeunes enfants, il se retrouve, avec sa femme, sans la moindre
ressource. Toujours en France, le pasteur Roger Parmentier est exclu du Parti
socialiste pour avoir apport son soutien devant un tribunal Roger Garaudy
tandis que Jean-Marie Le Pen, lui, est mis en examen, en France comme en
Allemagne, pour une dclaration anodine sur le dtail des chambres gaz.
L crits rvisionnistes
A Barcelone, le 16 novembre, sur plainte du Centre Simon Wiesenthal, de
SOS racisme-Espagne, des deux communauts isralites de la ville et du
Mouvement juif libral espagnol, le libraire Pedro Varela a t condamn
cinq ans de prison ferme pour ngation de lHolocauste et incitation la
haine raciale par lcrit. Il est galement condamn une amende de trente
mille francs et de lourds frais de justice. Les 20.972 livres et les centaines
de cassettes qui composent le fonds de sa librairie seront dtruits par le feu.
Sa librairie avait t lobjet dattentats et dincendies ; plusieurs reprises,
son employe ou lui-mme avaient t agresss. Le Centre Simon Wie-
senthal tenterait aujourdhui dobtenir lannulation du doctorat en histoire
accord Pedro Varela il y a plus de dix ans
1
.
En Allemagne, on saisit et on brle de plus en plus dcrits rvisionnistes.
Gary Lauck (citoyen amricain extrad par le Danemark vers lAllemagne),
Gnter Deckert et Udo Walendy vgtent toujours en prison et peuvent se
tenir pour heureux si on ne prolonge pas leur incarcration sous le moindre
prtexte. Erhard Kemper, de Mnster, aprs un an de prison et sous la menace
de nouvelles et lourdes peines qui le maintiendraient en prison probablement
jusqu la fin de sa vie, a d se rfugier dans la clandestinit. Dautres
Allemands ou Autrichiens vivent en exil.
Au Canada, le calvaire dErnst Zndel et de ses amis continue devant lun de
ces tribunaux ad hoc, dits commissions des droits de lhomme , o se
trouvent bafous, comme plaisir, les droits normaux de la dfense ; par
exemple, il y est interdit de plaider que ce quon a crit correspond une
vrit vrifiable ; ces commissions ne se soucient pas de la vrit ; seul les
intresse le point de savoir si ce qui est crit fait ou non de la peine
certains ! Dautres commissions spciales rattaches lIntelligence Service
du Canada, prennent, dans le cas des rvisionnistes, leurs dcisions huis-
clos sur dossier non communiqu lintress. En 1999, Ottawa adoptera une
loi antirvisionniste autorisant la police saisir domicile tout livre ou
matriel qui pourrait, selon la police elle-mme, propager le rvisionnisme ;
cette mme loi stipulera que les tribunaux aligneront leur pratique sur celle
des commissions ad hoc et ne permettront plus laccus de se dfendre en
invoquant la vrit de ce quil crit
2
.
Partout dans le monde les associations juives multiplient les initiatives en
vue de ladoption dune loi antirvisionniste spcifique. Rcemment, lors
dune confrence runie Salonique, lAssociation internationale des avocats
et juristes juifs a rclam linstauration en Grce dune telle loi et a fait
1. Voy. Un libraire espagnol condamn pour apologie du gnocide , Le Mon-
de, 19 novembre 1998, p. 3; Emmanuel Ratier, Faits et Documents, 1
er
dcembre 1998,
p. 12.
2. Voy. Crackdown on hate materials planned , National Post , 25 novembre
1998.
Introduction LI
savoir quelle tiendrait des confrences identiques en plus de vingt autres
pays
1
.
Le devoir de rsistance
Quelles que puissent tre les temptes et les vicissitudes prsentes ou venir,
lhistorien rvisionniste doit maintenir le cap. Au culte dune mmoire
tribale fonde sur la peur, la vengeance et le lucre, il prfrera la recherche
obstine de lexactitude. De cette manire, sans mme lavoir voulu, il rendra
justice aux vraies souffrances de toutes les victimes de la seconde guerre
mondiale. Et, de ce point de vue, cest lui qui vitera toute discrimination de
race, de religion, de communaut. Par-dessus tout, il refusera limposture
suprme qui a couronn ce conflit : celle du procs de Nuremberg, du procs
de Tokyo et de mille autres procs de laprs-guerre loccasion desquels,
encore aujourdhui, le vainqueur, sans avoir rendre le moindre compte de ses
propres crimes, sarroge le droit de poursuivre et de condamner le vaincu.
Contrairement la vision romantique de Chateaubriand, lhistorien nest
nullement charg de la vengeance des peuples et, encore moins, de la
vengeance dun peuple qui se prtend lu de Dieu.
Sur quelque sujet que ce soit, lhistorien en gnral et lhistorien r-
visionniste en particulier nont pas dautre mission que de vrifier si ce quon
dit est exact. Il sagit l dune mission lmentaire, vidente, mais
lexprience lenseigne prilleuse.
3 dcembre 1998
1. Voy. Athens News, 28 juin 1998, p. 1.
Mode dempl oi
Cet ouvrage est un recueil de textes. Il a sembl que le classement le plus
simple serait lordre chronologique. On trouvera donc ici la plupart des textes
crits par le professeur Faurisson depuis plus de vingt ans, ayant trait de prs
ou de loin la question rvisionniste. On sait que, parmi beaucoup dautres
acceptions historiquement attestes on a par exemple publi des crits de
Lnine sous le titre Contre le rvisionnisme le terme de rvisionnisme
sapplique ici lide que le rgime nazi aurait, pendant la dernire guerre
mondiale, entrepris dexterminer les juifs dEurope, en usant, en particulier
dun instrument spcifique, la chambre gaz caractre industriel.
Engag dans une recherche qui allait se voir bientt frappe de tabou, le
professeur Faurisson a t non seulement critiqu, blm, insult, frapp,
rejet et gnralement trait comme un paria, mais il a eu toutes les peines
du monde sexprimer, bien que son cas , son affaire aient t au centre
de puissantes polmiques, animes par des mouvements politiques et
intellectuels solidement installs dans le champ culturel. Les textes ci-
dessous rassembls portent les stigmates de ces dbats et combats , pour
reprendre une expression de Lucien Febvre. Souvent, ils ont t crits dans la
fivre, dans lindignation, mais aussi dans le dsir passionn de convaincre,
douvrir la raison du lecteur laccs une comprhension plus large, plus
profonde, de ce quil croyait dj savoir.
On trouvera donc des redites, des retours sur des raisonnements que lon aura
dabord vus embryonnaires : ce sont les vertus de lordre chronologique, qui
permet souvent dassister lclosion de la pense.
Il faut savoir aussi que beaucoup de ces textes furent comme des bouteilles
la mer. Si certains trouvaient accueil dans des publications amies, bientt
pourchasses par les censeurs, les autres circulaient de main en main, de
photocopieuse en photocopieuse, et, sils traversaient souvent les ocans, leur
distribution nen restait pas moins limite, difficile et alatoire. Leur
regroupement ici viendra ainsi donner, pour la premire fois, une ide peu
prs complte de ce quaura t lintervention du professeur Faurisson sur la
scne intellectuelle de cette fin de vingtime sicle. On nen mesurera les
consquences que dans le cours du sicle prochain.
Mais plac devant le large fleuve qui charrie ces textes depuis plus de vingt
ans, le lecteur pourrait se sentir intimid ou rebut. Il lui faut adopter un
principe de lecture, de consultation. Il trouvera la fin de louvrage une table
des textes qui lui permettra davoir une vue synoptique de la matire ouvre
sur ce chantier et un index des noms propres. Nous invitons donc les lecteurs
sy reporter pour poursuivre ce que les habitus dInternet appellent une
navigation travers ces textes qui se rpondent, se compltent, sappuient
1972 53
______________________________________________________________________
les uns sur les autres, car ils proviennent tous du mme esprit, anim par la
mme qute, encadr par les mmes exigences morales et intellectuelles.
De mme pour la bibliographie. Plutt que de rpter chaque fois les
rfrences qui taient donnes dans des textes qui circulaient sparment, nous
les avons regroupes la fin de louvrage. Le lecteur dsireux de vrifier ou
de poursuivre les pistes que lui signalera sa propre curiosit y trouvera les
rfrences compltes des ouvrages et des documents cits dans le livre.
Depuis plus de vingt ans, certains cherchent quelles rponses apporter aux
pertinentes questions du gneur. Faute de trouver ces rponses, ils recourent
aux insultes ou des pithtes qui ridiculisent surtout ceux qui en font la
distribution. Ils trouveront dans ce recueil la somme des questions auxquelles
ils nont pas su rpondre, somme qui, pour user dun mot qui fait flors dans
les salons, est, ce jour, incontournable.
Certains crits du professeur Faurisson sont absents de ce recueil. Dabord ses
livres, qui peuvent encore se trouver en vente ; si votre libraire ne les possde
pas, vous pouvez les demander la Librairie du Savoir, 5 rue Malebranche,
Paris, 5
e
. Ensuite, certains textes qui auraient fait double emploi. Puis, des
textes qui nexistent que dans des langues trangres. Dautres, enfin, ont pu
chapper notre attention. Quelques-uns des textes retenus sont accompagns
dune note des diteurs , en abrg : Nd.
En complment du prsent ouvrage nous esprons pouvoir publier un cahier
photographique.
La rumeur nous dit quun nombre croissant de textes du professeur Faurisson
se trouvent sur Internet, ce qui ne laisse pas dtonner leur auteur qui
nutilise, pour sa part, quun vieux stylo-plume. Mais le contraire serait
encore plus surprenant. Cest aux lecteurs quil appartiendra de vrifier si
cette rumeur dit vrai.
Dcembre 1998.
54 crits rvisionnistes
Mode demploi
Il sagit, comme on le verra tout de suite, dun recueil de
textes. Il a sembl que le classement le plus simple serait
lordre chronologique. On trouvera donc ici la plupart
des textes crits par le professeur Faurisson depuis plus
de vingt ans, ayant trait de prs ou de loin la question
rvisionniste. On sait que, parmi beaucoup dautres
acceptions historiquement attestes on a par exemple
publi des crits de Lnine sous le titre Contre le
rvisionnisme le terme de rvisionnisme sapplique ici
lide que le rgime nazi aurait, pendant la dernire
guerre mondiale, entrepris dexterminer les juifs
dEurope, en usant, en particulier dun instrument
spcifique, la chambre gaz caractre industriel.
Engag dans une recherche qui allait se voir bientt
frappe de tabou, le professeur Faurisson a t non
seulement critiqu, blm, insult, frapp, rejet et
gnralement trait comme un paria, mais il a eu toutes
les peines du monde sexprimer, bien que son cas ,
son affaire aient t au centre de puissantes
polmiques, animes par des mouvements politiques et
intellectuels solidement installs dans le champ
culturel. Les textes ci-dessous rassembls portent les
stigmates de ces dbats et combats , pour reprendre
une expression de Lucien Fbvre. Souvent, ils ont t
crits dans la fivre, dans lindignation, mais aussi dans
le dsir passionn de convaincre, douvrir la raison du
lecteur laccs une comprhension plus large, plus
profonde, de ce quil croyait dj savoir.
On trouvera donc des redites, des retours sur des
raisonnements que lon aura dabord vus embryonnaires :
ce sont les vertus de lordre chronologique, qui permet
souvent dassister lclosion de la pense.
Il faut savoir aussi que beaucoup de ces textes furent
comme des bouteilles la mer. Si certains trouvaient
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accueil dans des publications amies, bientt
pourchasses par les censeurs, les autres circulaient de
main en main, de photocopieuse en photocopieuse, et,
sils traversaient souvent les ocans, leur distribution
nen restait pas moins limite, difficile et alatoire.
Leur regroupement ici viendra ainsi donner, pour la
premire fois, une ide peu prs complte de ce quaura
t lintervention du professeur Faurisson sur la scne
intellectuelle de cette fin de vingtime sicle. On nen
mesurera les consquences que dans le cours du sicle
prochain.
Mais plac devant le large fleuve qui charrie ces textes
depuis plus de vingt ans, le lecteur pourrait se sentir
intimid ou rebut. Il lui faut adopter un principe de
lecture, de consultation. Il trouvera la fin de louvrage
une table des textes, qui lui permettra davoir une vue
synoptique de la matire ouvre sur ce chantier et surtout
deux index qui regroupent, ct des noms propres, les
notions principales autour desquelles sest organis le
travail denqute et de pense sur un quart de sicle.
Nous invitons donc les lecteurs se reporter aux index
pour poursuivre ce que les habitus dInternet appellent
une navigation travers ces textes qui se rpondent, se
compltent, sappuient les uns sur les autres, car ils
proviennent tous du mme esprit, anim par la mme
qute, encadr par les mmes exigences morales et
intellectuelles.
De mme pour la bibliographie. Plutt que de rpter
chaque fois les rfrences qui taient donnes dans des
textes qui circulaient sparment, nous les avons
regroupes la fin de louvrage. Le lecteur dsireux de
vrifier ou de poursuivre les pistes que lui signalera sa
propre curiosit y trouvera les rfrences compltes des
ouvrages et des documents cits dans le livre.
Depuis plus de vingt ans, certains cherchent quelles
rponses apporter aux pertinentes questions du gneur.
Faute de trouver ces rponses, ils recourent aux insultes
ou des pithtes qui ridiculisent surtout ceux qui en font
la distribution. Ils trouveront dans ce recueil la somme
56 crits rvisionnistes
des questions auxquelles ils nont pas su rpondre, somme
qui, pour user dun mot qui fait flors dans les salons, est,
ce jour, incontournable.
Certains crits du professeur Faurisson sont absents de ce
recueil. Dabord ses livres, qui peuvent encore se trouver
en vente ; si votre libraire ne les possde pas, vous
pouvez les demander la Librairie du Savoir, 5 rue
Malebranche, Paris, 5
e
. Ensuite, certains textes qui
auraient fait double emploi. Puis, des textes qui
nexistent que dans des langues trangres. Dautres,
enfin, ont pu chapper notre attention. Quelques uns
des textes retenus sont accompagns dune note des
diteurs , en abrg : Nd.
En complment du prsent ouvrage nous esprons pouvoir
publier un cahier photographique.
La rumeur nous dit quun nombre croissant de textes du
professeur Faurisson se trouvent sur Internet, ce qui ne
laisse pas dtonner leur auteur qui nutilise, pour sa
part, quun vieux stylo-plume. Mais le contraire serait
encore plus surprenant. Cest aux lecteurs quil
appartiendra de vrifier si cette rumeur dit vrai.
Dcembre 1998.
1972 57
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Prambule
17 juin 1972
La critique de textes (trois coles)
Trois faons de voir un texte. Trois faons de voir les choses, les gens, les
textes. Trois faons de voir un stylobille et den parler.
1.- Lancienne critique dclare : Cet objet est une pointe Bic. Il sert
crire. Replaons-le dans son contexte historique : nous reconnaissons dans
cet objet le "style" des Anciens ; il se prsente ici sous une forme moderne ; il
est pratique, ais manier et transporter ; il a son autonomie. Voyons le
cadre socio-conomique dans lequel il sinscrit : il obit aux contingences de
la production industrielle en srie : il est bon march ; il se consomme et il se
jette. Dcrivons-le [il est remarquable que lancienne critique ait tendance
retarder ce moment de la description qui devrait en bonne logique prcder
tout autre moment ; on dirait quelle a peur de la ralit et quelle ne laborde
quau terme dune sorte de mouvement tournant, dallure historique, qui lui
donne des apparences rflchies] : cette pointe Bic se compose dun tui, dun
conduit pour lencre, dun capuchon, dune pointe mtallique ; lensemble est
surtout fait de matire plastique molle ou dure ; ltui est bleu, blanc et dor ;
sa section est hexagonale ; sa forme est allonge. Proccupons-nous de savoir
qui est lauteur de cette uvre et ce que lauteur a dit de son uvre :
dcouvrons ainsi que cet objet est fabriqu dans les usines du baron Bich ; cet
industriel est honorablement connu ; voyez ce quen ont dit Paris-Match,
Jours de France et France-Soir ; le baron Bich na pas cach comment,
pourquoi et pour qui il avait conu et fabriqu ce produit ; il en est le
producteur et il connat donc son affaire mieux que personne ; il est all
jusqu faire des confidences sur son produit ; il a rvl ainsi que toute sa
pense, toute son intention pouvait se rsumer en ceci : "Jai, dabord et avant
tout, pens aux travailleurs, aux gagne-petit"
2.- La nouvelle critique survient et dclare : Lancienne nintresse plus
grand monde. Ses vues sont sclroses. Elles sont lexpression dune socit
qui sest fige vers 1880-1900. Encore Taine, Renan et Lanson ntaient-ils,
tout prendre, que les continuateurs de Sainte-Beuve. Honorons les
vieillards. Ils sont mouvants. Mais ils sont dpasss. Par qui ? Mais par
nous, en toute modestie. Voici ce quil faut comprendre : les choses ne disent
pas ce quelles veulent dire ni mme ce quelles disent. De mme pour les
58 crits rvisionnistes
gens et pour les mots. Il faut chercher autour, en dessous, travers. Le regard
doit la fois se promener ngligemment et, subitement, venir percer les
choses. Cette "pointe Bic" [lappellation est plate et bassement cir-
constancie] nest que tout fait accessoirement cela. Elle est un agen-
cement de structures. De telle forme. Dans tel contexte la fois [et non :
successivement] historique, conomique, social, esthtique, individuel. Ici
tout est dans tout, et rciproquement. Cet objet [ob-jet] est un ensemble de
structures scripturaires ou scripturales o se conjuguent diffrents systmes
de coloration bleutre et de matit translucide. Il sagit dune ralit
chatoyante et arachnenne capter dans la complexit des lacis et des
modulations. Ce tube est anaphorique [a se porte la pointe en avant]. Dans
ce tube sinscrit lintriorit de lobjet [lob-jet]. Ce tube est llment
charnire grce auquel l'tendue interne de luvre sarticule en un volume
signifiant. Toute thmatique relve ainsi la fois dune cyberntique [a
bouge] et dune systmatique [cest construit]. Un dchiffrement
psychanalytique simpose. On sait que le baron Bich est fru de marine
voile. Il est hant par lAmerica Cup quil nest jusquici jamais parvenu
gagner. Eh bien, regardez cette pointe anaphorique. Il est manifeste que le ba-
ron a opr un transfert sur les structures de la pointe Bic. Notez cette
manire offensive de fendre les flots dans le contexte dune socit tout
entire tourne vers la production et la consommation. Ce que le baron ne
russit pas sur les flots, il le tente ailleurs. A un autre niveau danalyse, on
pourrait aussi parler de symbole phallique. A ce point de vue, il n'est pas
inintressant de relever que, pour baptiser lobjet [lob-jet] en question, le
baron a procd soit lamputation de la lettre H [Bich a donn Bic], soit
lablation de cette lettre. Lamputation peut sinterprter de diffrentes faons
sur lesquelles il convient de passer. Quant lablation, elle peut se
comprendre comme le signe dune appartenance, discrte et mouvante. une
entit Homo" de type balzacien, rinterprt avec tant de finesse par Roland
Barthes dans son S/Z. Mais dautres dchiffrements structuralistes sont
possibles : par exemple, selon la conscience imaginante de Bachelard, la
conscience perceptive [ou : a-thtique de soi] de Merleau-Ponty, la
sentimentalit ontologique de Jean Wahl, la mditation marcelienne du corps
et, de faon plus gnrale, lintentionnalit phnomnologique. (NB : Toute
cette dernire phrase figure dans LUnivers imaginaire de Mallarm, de J.-
P. Richard, thse, 1961 ; tout le baragouin ontologique de ma nouvelle
critique se trouve dans les premires pages de cette uvre.)
3.- La critique de toujours stonne de tant de science et de si peu de
jugeote. Elle va droit lobjet. Cest l son premier mouvement. Son
premier mouvement nest pas de tourner autour du pot. Elle ne veut dabord
savoir ni qui, ni quoi, ni quest-ce. Elle ne veut connatre ni lpoque, ni le
lieu. Ni le nom de lauteur, ni ses dclarations. Pas de commentaire, pas de
philosophie. Montrez-moi a. Elle examine de loin et de prs. Elle voit crit
1972 59
______________________________________________________________________
Reynolds. A priori, lobjet serait un stylobille de la marque Reynolds.
Mfiance toutefois ! La ralit correspond-elle la dnomination et
lapparence ? Cest voir. Nouvel examen de lobjet. Serait-ce un stylobille
postiche ? Cette apparence de stylobille pourrait dissimuler, que sais-je ?
une arme, un micro de la poudre ternuer. Tout est examiner soigneuse-
ment. Le rsultat de lexamen pourra tre que je suis incapable de mexpliquer
cet objet. En consquence, je me garderai bien de faire comme si je me
lexpliquais. Et je ne prtendrai pas lexpliquer aux autres. Je ne ferai pas de
commentaire. Je me tairai. La critique de toujours a de redoutables
exigences : rflchir avant de parler ; commencer par le commencement ; se
taire quand, en fin de compte, on na rien dire. Un bel exemple de cette
critique (toujours prne, rarement mise en pratique) : lhistoire de la dent dor
raconte par Fontenelle. Les illustrissimes professeurs se sont ridiculiss
tandis que lorfvre anonyme a pens juste, droit et vrai.
__________
[Expos de soutenance de thse en Sorbonne, 17 juin 1972. Publi
dans Vrit historique ou vrit politique ? (VHVP), p 52-54.]
1974
23 mars 1974
Lettre circulaire divers spcialistes
Voici le texte intgral dune lettre adresse personnellement un cer-
tain nombre de spcialistes que je dsirais consulter sur le problme
exclusif de lexistence des chambres gaz hitlriennes. Cette lettre
tait en-tte de la Sorbonne Nouvelle. [NdA]
Monsieur,
Puis-je me permettre de vous demander votre sentiment, votre sentiment
personnel, sur un point dlicat de lhistoire contemporaine : les chambres
gaz hitlriennes vous semblent-elles avoir t un mythe ou une ralit ?
Auriez-vous lobligeance de me prciser ventuellement dans votre rponse
quel crdit, selon vous, il convient daccorder au document Gerstein , la
confession de R. Hss, au tmoignage Nyiszli (faut-il dire Nyiszli-Kremer)
et, dune faon gnrale, ce qui sest crit de ce point de vue sur Auschwitz,
sur le gaz Zyklon B, sur le sigle N.N. ( Nacht und Nebel ou Nomen
Nescio ?) et sur la formule de solution finale ?
Votre opinion sur la possibilit dexistence de ces chambres a-t-elle vari
depuis 1945 ou bien reste-t-elle aujourdhui ce quelle tait il y a vingt-neuf
ans ?
Je nai pu, jusqu prsent, dcouvrir de photographies de chambres gaz qui
paraissent prsenter quelque garantie dauthenticit. Ni le Centre de
documentation juive de Paris, ni lInstitut fr Zeitgeschichte de Munich
nont pu men fournir. Auriez-vous, pour votre part, connaissance de
photographies verser au dossier de la question ?
Merci davance pour votre rponse et peut-tre pour votre aide. Veuillez
recevoir, Monsieur, lassurance de ma considration distingue.
P.S. Avez-vous, personnellement, eu accs aux originaux des docu-
ments Gerstein, Hss ou Nyiszli ? Connaissez-vous quelquun dont
vous tes sr quil a eu accs ces originaux ?
***
28 juin 1974
1974 61
Lettre une dporte qui dit pouvoir tmoigner
Madame,
Dporte Auschwitz en tant que juive, jai pass des mois lannexe (!) de
Birkenau toute proche des chambres gaz et des fours crmatoires dont nous
pouvions voir fumer les chemines.
Quel est lantcdent de dont ?
En quoi apportez-vous ici un lment qui recherche des tmoignages sur les
chambres gaz ?
_________
[Extrait de Tribune juive Hebdo, n 315, 12 juillet 1974, qui repro-
duit, dans un article, la rponse faite par le professeur Faurisson
M
me
Ruth Freschel, de Marseille, qui lui avait crit en se prsentant
comme un tmoin survivant aux chambres gaz .]
***
17 juillet 1974
Le Canard encha n, 17 j ui l l e t 1974
Dfaut di nformati on
Paris, le 23 mars 1974
Monsieur le D
r
Kubovy
Directeur du Centre de documentation
juive
de Tel-Aviv
Monsieur,
Puis-je me permettre de vous demander
votre sentiment personnel sur un point parti-
culirement dlicat de lhistoire contemporai-
ne : les chambres gaz hitlriennes vous
semblent-t-elles avoir t un mythe ou une
ralit ? Auriez-vous lobligeance de me pr-
ciser ventuellement dans votre rponse quel
crdit, selon vous, il convient daccorder au
document Gerstein la confession de
R. Hss [ Hss], au tmoignage Nyiszli (faut
il dire NyiszliKremer ?) et, dune faon gn-
rale, ce qui sest crit, de ce point de vue, sur
Auschwitz, sur ce gaz Zyklons B [Zyklon B],
sur le sigle N.N. ( Nacht und Nebel ou
Nomen Nescia ? [Nescio]) et sur la formule
de solution finale ?
62 crits rvisionnistes
Votre opinion sur la possibilit dexis-
tence de ces chambres a-t-elle vari depuis
1945 ou bien reste-t-elle aujourdhui ce quelle
tait il y a vingt-neuf ans ?
Je nai pu, jusqu prsent, dcouvrir de
photographies de chambres gaz qui parais-
sent prsenter quelque garantie dauthenticit.
Cette lettre quon hsite de qualifier de srieuse , a
t publie par le quotidien isralien Yediot Aharouot
[Aharonot] dans son numro du 26 mai dernier. Elle a
pour auteur un nomm Faurisson qui dispense son ensei-
gnement la Facult des Lettres et des Sciences humaines
(Centre Censier, Paris). Charg de commenter cet ahuris-
sant poulet, lcrivain Haim Gouri finissait par admettre,
avec un humour froce, que si, en 1974, un professeur de la
Sorbonne pouvait encore douter de lexistence des camps
de la mort, et poser au directeur du Centre de la documen-
tation juive de Tel-Aviv la question de savoir si, au sujet
de ceuxci, son opinion restait aujourdhui ce quelle tait
il y a vingtneuf ans, ce ne pouvait tre que par dfaut
dinformation.
Il est vrai quon a si peu voqu les joyeusets de la
solution finale , quil est permis un Sorbonnard de
sinterroger sur cette vague formule. Et questce que cest,
Auschwitz ? Ce gaz zyklone ? Ce document Gerstein ? Et
ces chambres gaz, dont on ne peut dcouvrir de pho-
tographies qui paraissent prsenter quelque garantie dau-
thenticit ?
Faute de culture et de lecture, M. le professeur Fauris-
son pourrait peuttre aller faire du tourisme en Allema-
gne, du ct dAuschwitz, o on peut les visiter ces
chambres gaz
[Publi dans Le Canard enchan, 17 juillet 1974.]
***
aot 1974
Lettre au journal Le Monde
Des chambres gaz auraient-elles cependant fonctionn en quelques points
de Pologne et notamment Auschwitz-Birkenau ? M
me
Delbo affirme en
avoir vu une. Mais qua-t-elle vu au juste ? Elle ne nous le dit pas. Elle
mle les fours crmatoires (o lon brlait les cadavres) avec les chambres
1974 63
gaz (ou, ce quon prtend, on tuait jusqu dix mille personnes par jour).
Hss, dit-elle, avoue quil collait son il au hublot de la chambre gaz.
Pour ma part, je lis dans louvrage quelle cite que Hss regardait lintrieur
de la chambre gaz travers le trou de la serrure de la porte
1
. Cette
absurdit, jointe cent autres de mme acabit, fait de la confession de
Hss un document auquel on peut accorder autant de valeur quaux aveux des
procs de Moscou, de Prague ou, comme cest le cas ici, de Varsovie. Dail-
leurs, le manuscrit de Hss nest, en fait, pas consultable et les versions qui
en circulent sont gravement contradictoires.
Il est troublant que des dtenus qui ont pass plus de trois ans Auschwitz-
Birkenau affirment ny avoir jamais vu de chambre gaz ; tel est le cas de
Benedikt Kautsky, dport juif et leader du Parti social-dmocrate autrichien.
Rien ne permet de dire que les actions spciales crment relates dans le
journal saisi sur le chirurgien dAuschwitz Johann-Paul Kremer soient des
gazages
2
. Enfin, une question : la Croix-Rouge internationale a-t-elle, sur le
sujet, procd, en septembre 1944, une enqute minutieuse auprs de
prisonniers de toutes les catgories et a-t-elle conclu linexistence, passe et
prsente, de ces chambres gaz que la radio anglaise situait Auschwitz-
Birkenau ?
Les dports sont morts de faim, de froid, de maladies, dpidmies, de
mauvais traitements. Ils ont parfois t excuts par armes feu ou par
pendaison. Ils ont parfois t victimes des bombardements allis. Ils ont t
dcims par dincessants transferts. A toutes ces horreurs faut-il ajouter celle,
bien plus abominable et parfaitement dmoniaque, des chambres gaz ? Je
lai cru. Je ne le crois plus gure. Mais le doute n'interdit pas la recherche.
Au contraire
______
[Publi dans VHVP, p. 63. Le Monde avait publi, sous la plume de
M
me
Charlotte Delbo, un article qui reprenait la lettre circulaire pu-
blie par Le Canard enchan, passant outre au refus du professeur Fau-
risson de la voir publier dans ces conditions (11-12 aot 1974). Le
Monde n'a pas publi la lettre ci-dessus. Nd]
***
1. R. Hss, Le Commandant dAuschwitz parle, p. 288.
2. Hefte von Auschwitz n 13, 1971.
64 crits rvisionnistes
fin 1974
La rvision de 1960 : i l n' y a pas eu un seul gazage
dans tout l'ancien Reich
(En particulier, ni Buchenwald, ni Dachau)
Remarque sur cette pice : L'hebdomadaire Die Zeit, n 34, du 19 aot
1960, p. 16 (d. amricaine, n 34, du 26 aot 1960, p. 14) publiait
une lettre du D
r
Martin Broszat de l'Institut d'histoire contemporaine de
Munich. Le titre choisi par l'hebdomadaire tait : Pas de gazage Da-
chau . Ainsi que le montre le contenu de la lettre, ce titre aurait d
tre : Pas de gazage dans tout l'ancien Reich (Allemagne dans ses
frontires de 1937).
Dans une lettre du 23 aot 1974, le D
r
Martin Broszat, devenu entre-temps
directeur de son institut, et que j'interrogeais sur d'autres chambres gaz
que celles de l'ancien Reich, me faisait savoir qu'il ne pouvait me rpondre. Il
m'crivait : Une information qui se veut scientifique, sur le problme
complexe [ou : compliqu] des chambres gaz, ne peut se rduire rpondre
un catalogue de questions-piges sur des points coups de leur contexte.
C'tait l une drobade. Je ne vois pas en quoi une simple feuille de questions
trs simples ne pouvait recevoir de rponse. En quoi tait-il difficile de r-
pondre des questions comme : Pour vous, a-t-il, oui ou non, exist une ou
des "chambre(s) gaz" au Struthof ? Mauthausen ?
Retenons, en tout cas, que pour le D
r
Broszat il existe un problme des
chambres gaz et que ce problme est mme complexe (ou :
compliqu ).
Relanant le D
r
Broszat, je lui ai dit que je lui faisais grce du reste et que je
lui demandais seulement de rpondre la question suivante : pour lui, avait-il,
oui ou non, exist une chambre gaz homicide au Struthof ? Je n'ai
jamais reu de rponse cette simple question. J'ai pourtant saisi jusqu'aux
autorits officielles dont dpendait l'institut pour obtenir le droit d'avoir une
rponse. Rien n'y a fait. Les autorits officielles ont cautionn le refus de
rponse du D
r
Broszat.
Aucun gazage Dachau
(par l e D
r
Marti n Broszat)
Ni Dachau, ni Bergen-Belsen, ni Buchenwald
des juifs ou d'autres dtenus n'ont t gazs. La chambre
gaz de Dachau n'a jamais t compltement termine et mi-
se en service . Des centaines de milliers de dtenus,
qui prirent Dachau ou dans d'autres camps de concen-
tration situs lintrieur des frontires de l'ancien Reich,
furent victimes avant tout des catastrophiques conditions
d'hygine et d'approvisionnement : rien que dans les
1974 65
douze mois allant de juillet 1942 juin 1943, 110.812
personnes moururent de maladie et de faim dans tous les
camps de concentration du Reich, d'aprs les statistiques
officielles de la SS. L'anantissement massif des juifs par
le gaz commena en 1941-1942 et il prit place uniquement
en de rares points choisis cet effet et pourvus d'instal-
lations techniques adquates, avant tout en territoire polo-
nais occup (mais nulle part dans l'ancien Reich) :
Auschwitz-Birkenau, Sobibor-sur-Bug, Treblinka,
Chelmno et Belzec.
L mais non Bergen-Belsen, Dachau ou Buchen-
wald, furent rigs ces dispositifs d'anantissement en
masse, camoufls en douches ou en chambres de dsinfec-
tion, dont il est question dans votre article
1
. Cette dis-
tinction ncessaire ne change assurment pas d'un pouce
le caractre criminel de l'institution des camps de concen-
tration. Mais peut-tre peut-elle aider supprimer la fatale
confusion d'o il rsulte que maints incorrigibles se ser-
vent d'arguments isolment justes mais spars de leur
contexte des fins polmiques et [d'o il rsulte aussi] que
se htent d'y rpliquer des gens qui assurment possdent
un exact jugement d'ensemble mais qui s'appuient sur des
informations fausses ou dfectueuses.
D
r
M. Broszat, Institut d'histoire contemporaine,
Munich.
[Publi dans Mmoire en dfense, p. 181-184.]
***
1. Allusion un article publi la semaine prcdente en premire page de Die
Zeit sous la plume de son rdacteur en chef, R. Strobel. Ce dernier avait violemment
pris partie le gnral amricain Unrein qui avait, parat-il, dclar que la chambre
gaz de Dachau n'tait qu'une douche. R. Strobel demandait que le gnral amri-
cain ft chass d'Allemagne. On a l un exemple de la surenchre allemande dans les
accusations portes contre l'Allemagne. Ce got de surenchre atteint d'tonnantes
proportions dans des domaines sans rapport avec le sujet tabou des chambres
gaz . Deux exemples : un marchand de jouets vendait des petits avions du modle des
avions allemands de la dernire guerre ; il est condamn pour leur avoir laiss l'insigne
de la croix gamme ; le hros de la chasse allemande Hans Rudel publie Trotzdem ;
aux tats-Unis le livre est vendu deux millions d'exemplaires ; en Allemagne, il est
mis l'index (fait rapport par Europische Freiheitsbewegung, juin 1980, p. 1 :
vrifier). [NdA]
1975
18 fvrier 1975
Expos du prjudice subi
Jestime avoir t insult et diffam, loccasion de lexercice de mes
fonctions, par le fait dinstances administratives loccasion, elles-mmes, de
lexercice de leurs propres fonctions. Elles mont laiss insulter par voie
daffiche sans intervenir si peu que ce ft. Elles ont surtout pris mon
endroit une srie de graves dcisions qui mattaquaient dans mon honneur et
dans ma dlicatesse, qui portent atteinte ma rputation de professeur et de
chercheur et qui, sans prjudice du retentissement possible des effets de ces
dcisions sur la suite de ma carrire, entravent mon libre exercice de la
profession. Jai t insult publiquement par voie daffiche sur le lieu de mes
fonctions. Jai t diffam en sance publique le 25 juin 1974. Jai t
diffam par voie de presse, le 5 juillet 1974, par le prsident de mon
universit. Jai t nouveau diffam, le 8 octobre 1974, par le conseil de
mon UER.
A un article diffamatoire paru dans un magazine de diffusion limite, la
Sorbonne Nouvelle a donn une extension considrable. Par la diffusion du
Procs-Verbal de la sance du 25 juin 1974, elle a saisi de laffaire Faurisson,
tout le personnel auxiliaire, technique, ouvrier et de service de Censier ,
tous les tudiants, tous les collgues. Des incidents sen sont suivis sur les
lieux mmes, en juin et en octobre 1974. Des collgues ont pris parti pour
ou contre moi. Excipant de la condamnation de la Sorbonne, mon syndicat
auquel jappartenais depuis vingt-deux ans (SNES dabord, puis SNESup)
ma exclu sans mme mentendre. A Lyon, la section syndicale du SNESup a
approuv cette dcision, sans mentendre non plus. Comment dailleurs ne
pas les comprendre ? Ils supposent, en toute bonne foi, que si le prsident du
Conseil de lUniversit de la Sorbonne Nouvelle et son prsident mavaient
condamn lunanimit, ce ne pouvait tre quen sentourant de toutes les
prcautions qui simposaient : enqute pralable, audition de lintress, etc.
A Lyon, cette condamnation et cette exclusion me valent de la part de jeunes
collgues une subite mise en quarantaine. L encore des incidents trs
limits il est vrai se sont produits.
Lapprobation en quelque sorte accorde par le prsident de la S.N. Tribune
juive-Hebdo a dclench durant le second semestre de lanne 1974 un
vritable tir de la presse franaise : Le Canard enchan (deux fois), Tribune
Juive (deux fois encore, dont une pour suggrer mon viction du SNESup),
Le Monde, Le Droit de Vivre, Les Temps Modernes dnonaient, parfois sans
1975 67
le nommer, parfois en le nommant et en donnant ladresse de son domicile,
ce professeur la Sorbonne qui ose mettre en doute lexistence des camps de
concentration (ou : des fours crmatoires , ou : des chambres gaz ).
Sur la premire chane de la tlvision franaise, le dimanche 15 septembre
1974, 14 h, le grand rabbin Kaplan stigmatisait, sans le nommer, ce profes-
seur la Sorbonne.
Jai reu des lettres dinjures (dont une qui fait expressment mention du
prsident de la Sorbonne Nouvelle) et des appel tlphoniques insultants. Ma
femme a t prise partie une fois ; ma fille (qui ignorait alors tout de
laffaire) deux fois. A mon domicile, dans le couloir dentre de mon
immeuble, quelquun avait inscrit : Faurisson, tu crveras.
Avec le souci de distinguer ce qui, dans les attaques dont je suis la cible, est
le fait de la presse ou de personnes civiles et ce qui seul point qui doit
mintresser ici est le fait de lAdministration laquelle jappartenais, je
dclare que :
la Sorbonne Nouvelle, soit dans son Conseil duni-
versit, soit dans son Conseil de Gestion, soit dans telle
de ses instances charges de veiller au bon ordre des cho-
ses et la scurit des personnes dans lexercice de leurs
fonctions, a gravement manqu ses obligations admi-
nistratives et sest permis, avec une longue persistance
dans loutrage dlibr, de minfliger un prjudice dont jai
grandement souffert durant tout le second semestre de
lanne 1974 et dont je souffre encore aujourdhui dans
mon travail alors mme que je dpends dune autre
universit, et dans ma vie prive et celle de ma famille.
***
Novembre 1975
Bibliographie sur le problme des chambres gaz
(Ont-el l es, oui ou non, vrai ment exi st ?)
La littrature concentrationnaire est immense. Elle ne compte pourtant aucun
ouvrage, si court soit-il, sur les chambres gaz hitlriennes
1
. Ce fait, lui
seul, est troublant. En trente ans, il ne sest crit aucun livre, en aucune
langue, sur ce quon peut considrer comme la pierre angulaire du systme
concentrationnaire nazi. Aucun livre. Aucun article non plus, notre
connaissance. Certains livres consacrs, par exemple, Auschwitz peuvent
avoir un chapitre dont le titre laisse esprer que lauteur va traiter de chambre
gaz, mais, immanquablement, les promesses de ce titre ne sont pas tenues.
1. Il convient ici de se mfier de certains titres comme Dokumentation zur Mas-
sen-Vergasung
68 crits rvisionnistes
Rcemment paru, un gros ouvrage dHermann Langbein sur Auschwitz
1
ne
contient pas un seul dveloppement sur le sujet ; en revanche, tout instant,
le lecteur se voit entretenir de cheveux de gazs , de dents de gazs , de
gazages (sans autre prcision), de slection (entendue au sens de slection
pour le gazage ou le massacre ) ; pour lauteur, lexistence de ces chambres
na apparemment besoin que de prcisions imprcises. Quant Olga
Wormser-Migot, elle ne consacre que quatre pages, peu prs, de son
importante thse sur Le Systme concentrationnaire nazi, au sujet mme des
chambres gaz. Or, ces pages sintitulent Le problme des chambres
gaz . Et ce problme nest autre que celui de leur existence ou de leur
inexistence Mauthausen et Ravensbrck. La rponse de lauteur est trs
nette : ces deux camps nont jamais possd de chambre gaz. On sait
pourtant labondance, la prcision, la qualit des preuves , des
tmoignages et des documents ainsi que lautorit morale des
tmoins (voy. Germaine Tillion) qui plaidaient en faveur de lexistence de
ces chambres
2
. Olga Wormser-Migot ne traite du sujet qui nous intresse ici
propos daucun autre camp. Soit dans cette mme thse, soit dans sa thse
complmentaire, il lui arrive bien de faire allusion lexistence de chambres
gaz en quelques points de lactuelle Pologne, mais rien ne nous permet de
dire sur quoi elle fonde sa conviction au moins apparente que ces
chambres-l ont bien exist. On se demande en quoi les tmoignages et
documents concernant Auschwitz prsentent plus de valeur ses yeux que
ceux qui touchent Mauthausen ou Ravensbrck.
LInstitut dhistoire contemporaine de Munich passe gnralement pour
lautorit la plus comptente en ce qui regarde le nazisme. Son antinazisme,
en tout cas, ne fait de doute pour personne. Son directeur, Martin Broszat, est
ce point persona grata auprs des autorits polonaises quil a t admis au
rare privilge de consulter le manuscrit des mmoires (sic) de Rudolf
Hss, qui commanda pendant un certain temps le camp dAuschwitz. Il en
publia en 1958 la version originale ou prtendue telle. On ne connat rien du
D
r
Martin Broszat sur le gazage sinon sa lettre du 19 septembre 1960 Die
Zeit. Il y dclare quil na, en fin de compte, exist aucune chambre gaz
dans les camps situs sur le territoire de lancien Reich, mais seulement en
quelques point de Pologne. On attendait, depuis cette trs grave rectifi-
cation dordre historique, la publication dun ouvrage o on nous aurait fait
savoir, dune part, pourquoi M. Broszat ne croyait plus lexistence de ces
chambres gaz, et, dautre part, pourquoi il persistait croire en lexistence
de celles qui se situaient en Pologne. Non seulement cet ouvrage nest pas
venu mais il ne faut pas compter quil viendra. M. Broszat ne rpond plus. Il
dclare ntre pas en tat de rpondre par une lettre au problme compliqu
1. H. Langbein, Hommes et femmes Auschwitz.
2. Mme les commandants des deux camps taient, nous dit-on, passs aux aveux.
1975 69
des chambres gaz
1
; il promet un ouvrage sur les victimes juives du
rgime nazi o il sera trait de la question ; il ne peut, mme
approximativement, en donner la date de publication.
Comment faire devant ce silence ou ces drobades ?
Interroger dautres spcialistes de lhistoire des camps de concentration ?
Nous lavons fait pendant quelques annes ; le rsultat nest pas plus
encourageant.
Reste se lancer soi-mme dans lexamen des quarante-deux tomes de compte
rendu du procs international de Nuremberg, ou des archives des procs
amricains de Nuremberg, ou des stnogrammes du procs Eichmann
(Jrusalem, 1961), ou des comptes rendus du procs de Francfort (1963-
1965), ou des procs-verbaux dinterrogatoire des anciens responsables de
camps nazis.
Il sagit l dun travail immense, passionnant et trs difiant.
Mais quelles lectures conseiller un profane, de langue franaise, qui voudrait
sinitier la question ? Peut-tre pourrait-on lui suggrer de lire avec une
attention de tous les instants les ouvrages suivants :
Allainmat (Henry), Auschwitz en France. La vrit sur
le seul camp dextermination en France : le Struthof,
Paris, Presses de la Cit, 1974, 249 p.
Poliakov (Lon), Auschwitz, Paris, Julliard (coll.
Archives), 1964, 223 p.
Hss (Rudolf), Le Commandant dAuschwitz parle, tra-
duit de lallemand par Constantin de Grunwald, Paris,
1959, rd. 1970, 297 p.
Nyiszli (D
r
Miklos), Mdecin Auschwitz. Souvenirs
dun mdecin dport, traduit et adapt du hongrois par
Tibre Kremer, Paris, Julliard, 1961, 257 p.
Rassinier (Paul), Le Vritable Procs Eichmann ou les
vainqueurs incorrigibles, Paris, Les Sept Couleurs,
1962, 255 p.
2
.
***
Novembre 1975
Lettre Historama
[Nacht und Nebel]
1. Zu dem komplizierten Problem der Gaskammern , Correspondance person-
nelle (mais communicable).
2. Cet ouvrage, remarquable par sa prcision, mais un peu trop polmique pour
notre got, mane dun historien, ancien dport, dont les crits ont ouvert les yeux de
bien des historiens sur le mythe possible des chambres gaz hitlriennes. Son premier
ouvrage sur les mythes de guerre dans certains camps (Le Mensonge dUlysse) est
loin de valoir ses publications ultrieures.
70 crits rvisionnistes
Je me permets de vous signaler une erreur et une omission aux pages 87 et
88 de votre revue du mois de juillet 1975.
Erreur, le Nacht und Nebel Erlass est en fait du 7 dcembre et non du
12 dcembre 1941. Il est vrai, que sauf erreur de ma part, le texte de cette
ordonnance na pas t retrouv et que lon cite toujours, comme cela a t le
cas au grand procs de Nuremberg, le texte en date du 12 dcembre qui y fait
rfrence.
Omission, plus grave pour qui, du moins, a le souci de ne pas confondre
lhistoire avec la propagande ou le journalisme : Nacht und Nebel est une
expression invente daprs les initiales N.N. couramment utilises dans
ladministration allemande (et aussi italienne) pour dsigner soit lanonymat
de fait soit lanonymat de contrainte. Dans le premier cas, il sagit de Nomen
Nescio (nom inconnu) et, dans le second, il sagit de Nomen Notetur (nom
censurer). Lquivalent franais en est soit Inconnu, soit X soit sans autre
renseignement
1
.
Le livre de Walter Grlitz sur Keitel, traduit par R. Moreigne, sans entrer
dans ces explications, rappelle, p. 247, que la traduction de N.N. par Nuit et
Brouillard nest quune habitude quon a prise.
Ne pensez-vous pas, avec moi, quil importe de revenir sur certaines
habitudes et de rtablir la vrit par un retour aux sources ? Nous nous
trompons tous et trs souvent mais ne croyez-vous pas que, de rectification
en rectification, Historama peut apparatre comme une revue qui, la
diffrence de quelques autres, recherche la vrit ?
[Publi dans Historama, novembre 1975, p. 10, repris dans VHVP,
p. 81.]
1. Rfrence : Deutsches Wrterbuch de Jakob et Wilhelm Grimm, 1889,
larticle N.
1976
23 septembre 1976
Le muse du camp de Natzweiler-Struthof
va tre reconstitu
Remarques et mises en garde ce sujet
Le muse et ses dpendances la chambre gaz par exemple ont
t, ces dernires annes, au centre de diverses polmiques. Certaines des
critiques alors formules apparaissent, avec le temps, de plus en plus fondes.
Les autorits publiques nont pas cru devoir en tenir compte. Il ne faudrait
pas aujourdhui rpter les erreurs du pass. Les autorits publiques seraient
bien inspires dintervenir pour que le nouveau muse soit conu dans un
esprit dhonntet plutt que dans une intention de propagande.
La propagande de guerre, toujours haineuse et mensongre, ne peut avoir
quun temps. Certaines parties de lancien muse ntaient que de la
propagande de guerre. Lexposition, par exemple, qui tait consacre
lhistoire de la dportation tait hautement contestable la fois dans son
esprit et dans sa composition matrielle. Tout ce qui concernait le cas
dAuschwitz ( Auschwitz Stammlager , Birkenau, Monowitz) tait lobjet
dexagrations fabuleuses, riches de prcisions inventes et de chiffres
extravagants, et cela tel point que le Panstwowe Muzeum w
Oswiecimiu , organisme de ltat polonais, lui-mme notablement plus
soucieux de propagande que de vrit, se trouvait largement dpass par le
muse du Struthof au point de vue de la surenchre dans lhorreur. Cette
exposition, conue longtemps aprs la guerre, semble avoir t luvre dun
professeur dhistoire et dun libraire dont le moins quon puisse dire est quils
nont pas fait preuve de beaucoup de discernement dans le choix de leur
documentation.
Les photographies et leurs lgendes ainsi que les textes et les documents de la
nouvelle exposition seraient cette fois-ci choisir avec la plus grande
attention afin dcarter les lments tendancieux, douteux ou franchement
apocryphes qui dshonoraient lancienne exposition. Il faudrait aussi tenir
compte, en matire dhistoire de la dportation, des importantes mises au
point et rectifications apportes dans ces dernires annes par la science
72 crits rvisionnistes
historique. Je tiens votre disposition de nombreux documents dimportance,
relatifs ce quil est convenu dappeler la rcriture de la dportation.
Il y a plus grave dans les reproches quon peut adresser aux musographes du
Struthof. Et l une intervention des pouvoirs publics simpose. Le petit local
(225 cm x 320 cm x 275 cm) dsign aux visiteurs comme une chambre
gaz et class ce titre comme monument historique ne pouvait
pas tre une chambre gaz ! Le colonel Rmy nest pas le seul
sans doute le penser quand il crit : [] je pense comme lui
[M. Verheyre, ancien dport de Gross-Rosen et de Buchenwald] quil ny
avait pas de chambre gaz au Struthof-Natzweiler. Il y avait un crmatoire,
de mme qu Buchenwald
1
. Personnellement, je tiens votre disposition
les preuves de la supercherie ou de l erreur . Je suis prt fournir, en
particulier, toute prcision sur les points suivant :
la prtendue chambre gaz nest nullement en
tat dorigine ainsi que le prtend linscription
officielle ; des travaux importants y ont t faits comme
le rvle ltat des lieux et comme le confirment non
seulement des devis mais des factures (ainsi que la
dposition, recueillie par mes soins, de la patronne dune
entreprise de la rgion)
2
;
linstallation est conue de telle sorte qu tout coup
le gazeur aurait t gaz et le voisinage avec lui ;
lopration de gazage dcrite dans les diffrentes
versions de ses aveux par Kramer est
remarquablement vague, absurde et inapplicable en la
circonstance, vu la configuration de la pice, la forme du
trou (!!!), la dimension du regard (!), ltat de la
porte blinde (sic), labsence de toute hermticit, et
quelques autres dtails dont la chemine de systme
bote fume ;
le tmoignage de M
e
Naud sur le procs du
Struthof ;
lanalyse critique dune bibliographie de base (Ragot,
Hornung, Spitz, Allainmat) ;
une conversation tlphonique et un change de
correspondance avec M. Franois Faure ( Amicale des
Dports et Familles de Disparus de Natzweiler-Struthof
et ses Kommandos ) ;
1. Voy. Historama, oct. 1975, p. 13.
2. Je prcise que ces travaux ont affect non seulement le contenant (cest--dire
la ferme de M. Edouard Idoux) mais le contenu (cest--dire le petit local baptis
chambre gaz ).
1976 73
divers dossiers dont celui du classement des lieux en
monument historique .
Jajoute que le btiment o est cens se trouver la chambre gaz est,
dautre part, dot dune pice o danciennes cuves choucroute et pommes
de terre (?) sont prsentes aux visiteurs comme des cuves formol pour
les cadavres. Pourtant la seule absence de toute espce de fermeture
hermtique (il ny a que de simples abattants de bois faits de planches
grossires, comme cest dailleurs le cas pour la porte de la chambre gaz )
aurait d, ainsi que labsence du moindre systme dvacuation, avertir les
musographes que ces cuves nauraient pu contenir ni formol, ni cadavres
pour ainsi dire laisss lair libre.
Ma dernire remarque et mise en garde sera, si vous le permettez, pour dire
quun muse du Struthof ne saurait passer sous silence le fait que ce camp
a servi de lieu de dtention non seulement avant mais aprs la Libration. Et
cela dans des conditions sinon identiques, du moins comparables.
1977
Janvier 1977
Traduction du document NI-9912 de Nuremberg
Le document NI-9912 : il anantit tous les prtendus tmoignages ,
sans exception, sur lemploi du Zyklon B pour tuer des tres humains.
Remarque sur ce document : il provient des archives des procs de Nurem-
berg. Il a t enregistr par les Amricains une date tardive : le 21 aot
1947, sous la cote NI (Nuremberg, Industrialists). Il provient des archives
de la Degesch. Il est rpertori sous quatre rubriques, dont la rubrique des
Atrocits (sic).
Loriginal se prsente sous la forme de quatre grandes pages placarder. Il
sagissait dune affichette qui a d tre distribue de trs nombreux exemplaires,
ici par lInstitut dHygine de Prague en pleine guerre sans doute. Son contenu
montre quil sagit de directives pour lemploi du Zyklon (acide prussique ou
cyanhydrique) en vue dexterminer la vermine dans les btiments qui pouvaient
tre aussi bien civils que militaires (appartements, casernes, etc.). Ce document
nous rappelle opportunment une vrit dexprience : de toutes les armes
mortelles, le gaz restera sans doute longtemps la moins maniable ; quand il tue, il
tue si bien quil peut tre fatal au tueur qui savise de lemployer. Autant il est
facile de tuer avec de lacide prussique, autant il est difficile de tuer son prochain
sans de terribles risques pour soi-mme. Ce document dcrit les proprits du
Zyklon, son risque dexplosion, sa toxicit. Seules des personnes possdant un
certificat dlivr au terme dun entranement spcial peuvent utiliser ce produit. Le
programme dun gazage, puis ses prparatifs ncessitent des mesures et des
travaux qui requirent plusieurs heures, sinon plusieurs jours. Puis vient
lopration elle-mme. Parmi de nombreux dtails on notera que le Zyklon ne se
dverse pas en tas ou la vole. Pour avoir son effet, il doit tre tal en couche
mince sur des napperons de papier ; rien nira sgarer dans un coin et tout sera
rcupr le moment venu. Il faudra de six trente-deux heures pour tuer la vermine
(seize heures en moyenne). Puis viendra le moment le plus critique : celui de
laration. Le texte dit : Laration prsente le plus grand danger pour les
participants comme pour les non-participants. Il faut donc y procder avec une
prudence particulire et toujours en portant le masque gaz. Cette aration devra
durer au moins vingt heures . Des sentinelles, pendant tout ce temps et mme
par la suite, doivent rester prs du btiment. Pour sassurer quil ne reste plus de
gaz, les spcialistes, toujours portant leurs masques, pntrent dans les locaux
avec une bande de papier indicateur de gaz rsiduel. Vingt heures auparavant, la
simple ouverture des portes et fentres ainsi que les dbouchages faciles (cet effort
nest rien ct du transport de milliers de cadavres !) avaient prsent un certain
danger puisque, aprs chaque tage ar, il leur avait fallu se rendre lair libre et,
l, ter leur masque pour respirer lair frais pendant dix minutes au moins. Tout est
lavenant et je laisse au lecteur le soin de dcouvrir chaque ligne de ce document
combien par comparaison sont absurdes les rcits de nos faux tmoins. [NdA]
Document NI-9912
Richtlinen fr die Anwendung von Blausare (Zyklon)
zur Ungeziefervertilgung (Entwesung)
[Traduction de ce document]
Directives pour lutilisation de lacide prussique (Zyklon) en vue de
lextermination de la vermine (dsinfection).
I. Proprits de lacide prussique
Lacide prussique est un gaz qui se dgage par vaporation.
Point dbullition : 26C.
Point de conglation : 15C.
Poids spcifique : 0,69
Le liquide svapore facilement.
Liquide : limpide comme de leau, incolore.
Odeur : caractristique, doucetre.
Pouvoir de pntration extraordinairement lev.
Lacide prussique est soluble dans leau.
Risque dexplosion : 75 g dacide prussique par m
3
dair. (Utilisation
normale : env. 8-10 g par m
3
dans ce cas, non explosif). Lacide prussique ne
doit pas tre mis en contact avec une flamme nue, des fils mtalliques
incandescents, etc. Il brle alors lentement et perd compltement son effet. (Il
se forme de lacide carbonique, de leau et de lazote.)
Toxicit pour les animaux sang chaud :
Lacide prussique na presque pas deffet avertisseur ; cest pourquoi il est
hautement toxique et hautement dangereux. Lacide prussique est un des
poisons les plus violents. Il suffit dun mg par kg de poids corporel pour tuer
un homme. Les enfants et les femmes sont gnralement plus sensibles que
les hommes. Des quantits trs faibles dacide prussique ne sont pas nocives
pour lhomme, mme respires de faon continue. Les oiseaux et les
poissons sont particulirement sensibles lacide prussique.
Toxicit pour les insectes :
Leffet de lacide prussique sur les insectes ne dpend pas de la temprature
autant quen dpend leffet dautres gaz ; cest--dire quil agit aussi aux basses
tempratures (il agit encore 5C). Chez beaucoup dinsectes,
particulirement chez les punaises et les poux, les ufs sont plus sensibles
que les imagos
1
.
Toxicit pour les plantes :
Le degr de toxicit dpend de ltat de vgtation des plantes. Les plantes
sclrophylles sont moins sensibles que les plantes feuilles molles. Les
moisissures et le bolet destructeur ne sont pas dtruits par lacide prussique.
Les bactries ne sont pas dtruites par lacide prussique.
II. Forme dutilisation de lacide prussique
Le Zyklon est le produit obtenu par labsorption dun mlange dacide
prussique et dun gaz irritant dans une substance porteuse. On utilise comme
substance porteuse soit des disques de fibres ligneuses, soit une masse
granuleuse rouge brun (Diagriess), soit de petits cubes bleus (Erco).
Le gaz irritant a, outre son rle de gaz davertissement, lavantage de stimuler
la respiration des insectes. Dgagement de lacide prussique et du gaz irritant
par simple vaporation. Le Zyklon se conserve trois mois. Utiliser dabord
les botes abmes. Toujours utiliser compltement le contenu dune bote.
Lacide prussique liquide attaque les vernis, laques, peintures, etc. Lacide
prussique gazeux ne cause pas de dgts. Ladjonction du gaz irritant ne
modifie pas la toxicit de lacide prussique ; mais elle rduit considrablement
le danger.
On peut rendre le Zyklon inoffensif en le brlant.
III. Possi bi l i ts di ntoxi cati on
1. Un imago est un insecte adulte nayant plus subir aucune mue.
1. Intoxications lgres
Vertiges, tourdissements, maux de tte, vomissements, indispositions, etc.
Tous ces symptmes se dissipent si lon sort immdiatement lair frais.
Lalcool diminue la rsistance lors dune opration de gazage par lacide
prussique. Il ne faut donc pas boire dalcool.
Administrer : 1 comprim de Cardiazol ou de Veriazol pour prvenir des
troubles cardiaques ; le cas chant, encore un comprim aprs 2 3 heures.
2. Intoxications graves :
La personne intoxique saffaisse brusquement et reste sans connaissance.
Premiers secours : de lair frais, retirer le masque gaz, desserrer les
vtements, respiration artificielle, Lobelin par voie intramusculaire 0,01 g.
Les injections de camphre sont interdites.
[fin de la page 1 de loriginal]
3. Intoxications par la peau
Mmes symptmes quau point 1. Mme traitement aussi.
4. Intoxications stomacales
A traiter avec : Lobelin, 0,01 g par voie intramusculaire, sulfate de fer,
magnsie calcine.
IV Protection contre le gaz
Pour les gazages au Zyklon, utiliser seulement le filtre spcial, par ex. la
cartouche filtrante J (bleu brun) de la firme Auergesellschaft de Berlin, ou
de la firme Drgerwerke de Lbeck.
Si le gaz traverse le masque, quitter immdiatement le btiment et changer le
filtre aprs avoir vrifi aussi ltanchit du masque et de son ajustement. La
cartouche filtrante est puise quand du gaz traverse le masque. Avec la
cartouche J , se dplacer deux minutes environ lair libre afin dobtenir un
certain degr dhumidit dans la cartouche filtrante par lair expir.
On ne doit en aucun cas changer le filtre dans le local rempli de gaz.
V. Le personnel
Pour chaque dsinfection, employer une quipe de dsinfection de deux
hommes au moins. Cest le chef de gazage qui est responsable du gazage.
Cest lui quincombent notamment linspection, laration, lautorisation
daccs aprs gazage et les mesures de scurit. Le chef de gazage doit
dsigner immdiatement son remplaant pour le cas o il devrait sen aller. Il
faut suivre immdiatement les instructions du chef de gazage.
Il est interdit, pour les travaux de gazage, dutiliser des personnes ou bien
nayant pas suivi lentranement spcial ou bien ayant suivi lentranement
mais ne possdant pas encore de certificat. Il est galement interdit de faire
entrer ces personnes dans des locaux emplis de gaz. Le chef de gazage doit
toujours savoir o il peut atteindre ses hommes. Tous les hommes de
lquipe doivent pouvoir prsenter tout moment lautorisation officielle
quils ont obtenue pour utiliser lacide prussique en vue de la destruction des
parasites.
Les prsentes directives devront dans tous les cas tre strictement suivies.
VI. quipement
Chacun doit toujours avoir sur lui :
1. Son propre masque gaz.
2. Au moins 2 cartouches spciales contre lacide prussique-Zyklon.
3. La notice : Premiers secours aux personnes intoxiques par lacide
prussique.
4. Les instructions de travail.
5. Le certificat dagrment.
Chaque quipe de dsinfection doit toujours avoir avec elle :
1. au moins trois filtres spciaux comme rserve supplmentaire.
2. un appareil de dtection du gaz restant.
3. un ncessaire pour injections de Lobelin.
4. des ampoules de Lobelin de 0,01 g.
5. des comprims (de Cardiazol), de Veriazol.
6. un ouvre-botes levier ou un marteau points pour ouvrir les botes de
Zyklon.
7. des panneaux de signalisation du modle prescrit.
8. du matriel dtanchisation.
9. des feuilles de papier comme napperons dtalement.
10. une lampe de poche lectrique.
Toujours tenir les appareils bien propres et en ordre. Rparer immdiatement
les appareils abms.
VII. Programme dun gazage
1. Le gazage est-il seulement ralisable ?
a) Type de btiment et situation.
b) Nature, tat du toit.
c) Nature, tat des fentres.
d) Prsence de carneaux de chauffage, de chemines daration, de brches dans
les murs, etc.
2. Dterminer la nature des parasites dtruire.
3. Calculer le cubage des locaux (ne pas se fier des plans, mais mesurer soi-
mme. Prendre seulement les dimensions extrieures, maonnerie incluse).
4. Prparer les gens.
(A retirer [le jour venu] : animaux domestiques, plantes, nourriture, plaques
photographiques non dveloppes, tabacs et boissons, filtres de masques
gaz).
5. Dterminer les obturations particulirement difficiles. (Chemines
daration, conduits, planchiages pour gros orifices, toits).
6. Dterminer les mesures de scurit adquates. (Garde, quipe douvriers
pour calfeutrer.)
7. Fixer le jour du gazage et le dlai dvacuation.
8. Le cas chant, faire prendre temps des mesures de scurit pour le
voisinage.
9. Notifier aux autorits.
VIII. Prparatifs dun gazage
1. Obturation tanche.
2. Ouvrir totalit des portes, armoires, tiroirs, etc.
3. Dfaire les lits.
4. Retirer les liquides lair libre (restes de caf, eau de lavage, etc.).
[fin de la page 2 de loriginal]
5. Retirer la nourriture.
6. Retirer plantes et animaux domestiques (aquariums, etc.).
7. Retirer plaques et films photographiques non dvelopps.
8. Retirer pansements adhsifs, mdicaments non emballs ou en sachets
(spcialement charbon).
9. Retirer filtres de masques gaz.
10. Prparer le contrle du rsultat.
11. Faire vacuer les gens.
12. Se faire remettre les cls. (Toutes les cls des portes).
IX. La concentration du gaz et sa dure daction
dpendent de la nature des parasites,
de la temprature,
du degr de remplissage des locaux et
de ltanchit du btiment.
A des tempratures intrieures de plus de + 5C, on prend gnralement
8 g/m
3
dacide prussique.
Dure daction : 16 heures moins que des conditions particulires, une
construction ferme, par ex., ne requirent moins de temps. Quand il fait
chaud, on peut descendre jusqu six heures. A des tempratures infrieures
+ 5C, allonger la dure daction jusqu trente-deux heures au moins.
La concentration et la dure susmentionnes sont observer pour : punaises,
poux, puces, etc. avec ufs, larves et pupes
1
.
Pour les teignes : plus de + 10C, 16 g/m
3
et dure daction de 24 heures.
Mites de la farine : comme pour les punaises.
X. Gazage dun btiment
1. Vrifier si tout le monde a quitt le btiment.
2. Dballer les caisses de Zyklon. Pour chaque tage, prparer la quantit
requise.
1. Une pupe est lenveloppe lymphale des insectes, et, plus particulirement, des
diptres.
3. Rpartir les botes. Un homme se rend dans le btiment : il y reoit les
botes apportes par lquipe douvriers et il les rpartit. (Il les fait dposer
ct des napperons dtalement.)
4. Renvoyer lquipe douvriers.
5. Placer les hommes de garde ; le chef de gazage leur donne ses consignes.
6. Vrifier qutanchisation et vacuation sont compltes.
7. Mettre lensemble de protection contre le gaz.
8. Ouvrir les botes et dverser leur contenu. Rpandre en couche mince pour
que le Zyklon svapore rapidement et pour obtenir au plus vite la
concentration en gaz ncessaire. Le traitement commence par le dernier tage ;
commencer par la cave avant le rez-de-chausse, si la cave na pas dissues.
Ne plus pntrer, si possible, dans les locaux dj traits. Le traitement
sopre lentement et calmement. Aller avec une lenteur particulire dans
lescalier. Ninterrompre le traitement quen cas de besoin.
9. Fermer cl la porte de sortie, la rendre tanche (ne pas oublier le trou de
serrure) et remettre la cl au chef de gazage.
10. On collera sur la porte un avis rdig comme suit : Attention ! Gaz
toxiques. Danger de mort. Entre interdite. Lavis doit si ncessaire
tre rdig en plusieurs langues. Il doit comprendre en tout cas au moins une
tte de mort bien visible.
11. Ensemble de protection contre le gaz, appareils de ranimation et
indicateurs de gaz rsiduel doivent tre porte. Chacun des hommes de
lquipe de gazage doit savoir o se trouvent ces objets.
12. Un homme au moins du personnel de gazage reste toujours proximit
immdiate du btiment soumis au gazage. Son emplacement doit tre notifi
la garde.
XI. Arati on
Laration prsente le plus grand danger pour les participants comme pour les
non-participants. Il faut donc y procder avec une prudence particulire et
toujours en portant le masque gaz. En principe il faut arer de faon
pouvoir gagner lair libre dans le plus bref dlai et de faon que le gaz
svacue dun ct o tout risque est exclu pour les non-participants. Si
laration est difficile, un homme ayant suivi lentranement spcial reste
devant le btiment pour observer lvacuation du gaz.
1. Veiller ce quaucune personne trangre au gazage ne se trouve aux
environs du btiment.
2. Disposer les sentinelles de sorte que, sans tre incommodes par le gaz qui
svacue, elles puissent nanmoins observer les accs au btiment.
3. Mettre le masque gaz.
4. Entrer dans le btiment. Fermer les portes mais non cl.
5. Ouvrir dabord les fentres du ct du btiment oppos la direction du
vent. Arer tage aprs tage. Commencer par le rez-de-chausse et faire une
pause de dix minutes au moins aprs chaque tage.
6. Dans chaque pice du btiment, il faut ouvrir les portes donnant accs au
couloir, les portes de communication entre les chambres et ouvrir aussi les
fentres. Si lon a des difficults pour certaines fentres, on peut ne les ouvrir
quaprs que la plus grande partie du gaz sest vacue.
[fin de la page 3 de loriginal]
7. Les planchiages et autres dispositifs dtanchit qui ne pourraient pas
tre facilement rangs peuvent ntre retirs quaprs que la plus grande partie
du gaz sest vacue.
8. En cas de gel et de risque de gel, veiller ce que le chauffage et les
conduites deau ne glent pas.
9. Les chambres contenant des choses de valeur telles que garde-robes, etc.,
peuvent tre refermes cl ds que les fentres sont ouvertes.
10. Bloquer fentres et portes pour quelles ne se referment pas delles-
mmes.
11. Les obturateurs tanches des chemines seront enlevs aprs la leve
provisoire de linterdiction daccs.
12. Laration doit durer au moins vingt heures.
13. La garde doit rester prs du btiment pendant toute la dure de laration.
XII. Leve provisoire de linterdiction daccs
Un local qui a t gaz peut redevenir provisoirement accessible ds que la
bande de papier indicateur de gaz rsiduel prend les fentres et portes tant
ouvertes une coloration dun bleu plus ple que le milieu de lchelle
colorimtrique de rfrence. Dans les locaux provisoirement accessibles, on
ne peut procder qu des travaux daration et damnagement. En aucun cas
on ne peut sy reposer ou dormir. Fentres et portes doivent rester
constamment ouvertes.
XIII. Travaux de rangement aprs la leve provisoire de
linterdiction daccs
1. Enlever les restants de Zyklon des locaux qui ont t gazs. Il faut en
gnral comme pour les botes et caisses les renvoyer lusine. Avant
de les renvoyer des locaux qui ont t gazs, retirer des caisses linscription
Poison . Les restants humides, mouills ou salis, ainsi que les botes
abmes, ne peuvent en aucun cas tre renvoys. On peut les jeter aux ordures
ou sur le crassier, mais il ne faut jamais les vider dans des eaux courantes.
2. Matelas, paillasses, coussins, meubles rembourrs ou autres objets
semblables : les secouer ou les battre pendant une heure au moins dans le
vestibule, sous la surveillance du chef de gazage ou de son reprsentant.
3. Si cest possible, renouveler le rembourrage des paillasses. Mais le vieux
rembourrage naura pas tre brl ; on pourra le rutiliser aprs lavoir
encore ar.
4. Si les chemines ont t obtures en haut, il faut retirer soigneusement ce
qui les obture, sinon le danger existe quil ny ait pas assez de tirage pour le
feu dans les poles et les cuisinires, ce qui provoquerait des intoxications par
loxyde de carbone.
5. Aprs la leve dfinitive dinterdiction daccs, rdiger un rapport de gazage
en double exemplaire selon le modle prescrit. Doivent notamment y figurer :
a) le cubage qui a t gaz,
b) la quantit de Zyklon utilise,
c) le nom du chef de gazage,
d) les noms des autres membres du personnel,
e) la dure daction du gaz,
f) le jour et lheure dautorisation daccs aux locaux dsinfects.
XIV. Leve dfinitive dinterdiction daccs
1. En aucun cas moins de vingt et une heures aprs le dbut de laration.
2. Rapporter dans la pice tous les objets quon avait sortis pour les battre.
3. Fentres et portes seront fermes pendant une heure.
4. Dans les locaux chauffables, la temprature doit tre porte au moins
15C.
5. Dtection du gaz rsiduel. Mme sil est plac entre des couvertures
superposes, entre des matelas superposs et dans des locaux difficiles daccs
et difficiles arer, le papier indicateur ne doit pas tre dun bleu plus
prononc que le degr le plus clair de lchelle colorimtrique de rfrence. Si
ce nest pas le cas, il faudra continuer laration et recommencer le contrle
du gaz rsiduel aprs quelques heures.
6. Dans des btiments rutiliser le plus rapidement possible pour y dormir,
procder au contrle du gaz rsiduel dans chaque pice sparment. En aucun
cas, on ne pourra dormir, pendant la nuit qui suit le gazage, dans une pice
qui a t gaze. Les fentres doivent toujours rester ouvertes pendant la
premire nuit o lon rutilisera la pice.
7. Le chef de gazage ou son reprsentant ne peut pas quitter le btiment avant
que la leve dfinitive dinterdiction daccs nait t accorde jusqu la
dernire pice.
Publi par lInstitut dHygine du Protectorat de Bohme-Moravie
Prague.
[fin de la page 4 et dernire de loriginal]
***
Juillet 1977
Comment travaille le journaliste
Pierre Viansson-Pont ?
Le Mensonge : tel est le titre que M. Viansson-Pont, journaliste du
Monde, vient de donner son compte rendu dune brochure anglaise (traduite
en franais), o se trouve nie lexistence relle la fois des chambres
gaz hitlriennes et du gnocide des juifs.
Ldition de cette brochure en franais sintitule maladroitement et avec une
faute dorthographe : Six millions de morts le sont-ils rel[l]ement ? Le
journaliste dit que cest la publication d une Historical Review Press, qui
a son sige Richmond, dans le Surrey, et que son auteur est un crivain
nomm Richard E. Harwood .
Le compte rendu se trouve la page 13 du numro du Monde dat 17-18
juillet 1977 (voy. copie ci-jointe). Il comprend quinze alinas.
Alina 1. Le journaliste dit que cette brochure porte en guise de signature,
la mention "Historical Fact n 1.
Remarque : Il ne sagit pas dune manire de signature.
Cette formule, encadre, annonce le titre ! La signature
apparat en page 3a : Richard E. Harwood .
Alina 2. Le journaliste ne donne pas son lecteur une rfrence qui lui
permettre de se procurer cette brochure, de la lire et de sen faire une opinion
personnelle. Cette rfrence simposait dautant plus que, de lavis mme du
journaliste, la maison ddition nest pas connue ; elle serait une "
Historical Review Press" (voy. ci-dessus).
Alina 3. Le journaliste dit que cette brochure est assez largement diffuse,
gratuitement bien sr .
Remarque : Le journaliste nexplique pas le sens de ce
bien sr .
Alina 4. Le journaliste dit que six millions de Juifs ont t victimes du
gnocide perptr par les nazis . Il ajoute que le nier serait vraiment trop
norme .
Remarque : Ce chiffre, ce gnocide , cette normit ,
le journaliste les pose comme trois vidences, qui ne
souffrent pas la discussion.
Alina 5. Le journaliste dit que, pour R.E. Harwood (R. E. H.), les nazis,
nont nullement extermin, entre 1939 et 1945, six millions de juifs, mais
tout au plus quelques milliers .
Remarque : En ralit, ainsi que le journaliste le
prcisera dans la phrase qui suit celle-ci, R. E. H. dit
quaucun Juif na t la victime dune volont
dextermination. Quant au chiffre des pertes juives
(comme on dit : les pertes allies ou les pertes des
populations civiles allemande , par exemple) durant la
Seconde Guerre mondiale, il ne fait de la part de R. E.
H, l'objet que destimations si confuses et si
contradictoires quon ne sy reconnat pas. Comparant,
p. 8a, deux statistiques amricaines, l'une de 1938 et
lautre de 1948, il en dduit que ces statistiques ne
permettent quun chiffrage par milliers . Mais, p. 34a,
il parat situer ces pertes autour dun million quand il
cite, dune part le maximum de 1,2 million calcul par
Paul Rassinier, et, dautre part, le chiffre de 896.892
morts trouv prtend R. E. H par Raul Hilberg.
Enfin, la page 35, il estime 300.000 le nombre de
personnes qui moururent dans des prisons et des camps
de concentration entre 1939 et 1945, victimes de
perscutions politiques, raciales ou religieuses . Il
ajoute que toutes ces victimes ntaient pas juives . Il
est noter, en passant, que R. E. H. attribue cette
statistique la Croix-Rouge internationale et quil
renvoie son lecteur Die Tat, numro du 19 janvier
1955 (Zurich). Or, vrification faite, sil apparat
vraisemblable que cette statistique provient en effet de la
CRI, il faut dire que Die Tat ne le prcise pas et surtout
que le chiffre de 300.000 est celui des victimes
allemandes, y compris les juifs allemands. (Remarque
propos de ce chiffre : ce chiffre est considrablement
exagr. Le nombre des victimes recenses cest--dire
le seul nombre quun historien puisse retenir des
victimes de la perscution nationale-socialiste
slevait au 31 dcembre 1976 357.190, dont prs de
51.000 pour les camps et sous-camps dAuschwitz
1
.)
Alina 5 (bis). Le journaliste ajoute : Encore pour R. E. H., ces Juifs-l
nont-ils pas t massacrs, fusills, excuts, gazs, brls, assassins. Ils
nont t les victimes que dpidmies et de famine, comme les Allemands,
cause des Allis.
Remarque : R. E. H. mentionne en effet le typhus, les
maladies ou pidmies, la faim ou la famine. Mais il
cite encore les Juifs morts dans les guerres de partisans
(p. 15a) ou lors du soulvement dramatique du ghetto
de Varsovie (p. 20b). Il ne dit nulle part que les juifs,
par une sorte de privilge, auraient chapp aux horreurs
1. Voy. Service international de recherches, D-3548 Arolsen, expos prsent
par A. de Coquatrix, directeur du S.I.R. la confrence de Vienne le 12 avril 1977,
11 pages.
communes de la guerre (prises dotages, excutions,
attentats, bombardements). Ce quil dit en revanche (le
point sur lequel il insiste et sur lequel il dfie quon lui
oppose un dmenti), cest quHitler na jamais donn
lordre de tuer qui que ce ft en raison de sa race ou de sa
religion. Il ajoute que parler, comme on le fait parfois
dun ordre oral ou de formules enveloppes , cela
revient spculer. Il insiste sur le fait que la qualit de
juif pouvait valoir internement et mme dportation,
mais non pas la mort. Il y a eu des camps de concen-
tration, mais il ny a pas eu de camps dextermination.
Les fours crmatoires ont exist : on y brlait des
cadavres, au lieu de les enterrer. Les chambres gaz
sont une totale invention de la propagande de guerre.
Alina 6. Le journaliste dit que, pour R. E. H., en 1939, il ne restait plus,
en Allemagne, en Autriche et dans les pays dEurope qui allaient tre envahis
par larme allemande, que trois millions de Juifs tout au plus, au lieu de
neuf millions dix ans plus tt .
Remarque : Lhistorien ne parle pas de 1929 (1939
moins dix ans = 1929). Il dit quen 1933 il y avait, dans
cette partie du monde, 6.500.000 juifs, chiffre que des
migrations successives vers lOuest, le Sud et, surtout
partir de 1941, vers lintrieur de lURSS, ont rduit
vers cette poque trois ou quatre millions (p. 35a :
quatre millions ; p. 35b : trois millions).
Alina 7. Le journaliste dit vrai, quelques dtails prs.
Alina 8. Le journaliste dit que, pour R. E. H. : Ces camps ntaient que
des centres de production, bien organiss et bien tenus. On y tait astreint au
travail, cest vrai, mais bien trait, bien nourri, bien soign sauf peut-tre
dans quelques-uns vers la fin de la guerre.
Remarque : Le journaliste dit vrai, en substance.
Lhistorien minimise les souffrances de certains dports
dans certains camps. Il na retenu que des tmoignages
qui allaient dans son sens. Il a voulu dmontrer quon
stait rendu coupable de colossales exagrations, dans la
description de la vie des camps. Tenant compte de ce qui
lui apparaissait comme trente ans dune propagande
dhorreurs, il a rappel certains points des dclarations de
Margaret Buber (-Neumann), de Charlotte Bormann (p.
25b), du Dr Barton (p. 29a-b) et de centaines de dcla-
rations sous serment faites pour les procs de
Nuremberg mais non mises en vidence (p. 28b). A
propos de Bergen-Belsen (la plupart des photos dhorreur
concernent ce camp partiellement hpital), il parle de
chaos la fin de la guerre (p. 28b).
Alina 8 (bis). Le journaliste dit que, pour R. E. H., aucun camp de
concentration na jamais comport de " chambres gaz ", ni de vritables
fours crmatoires .
Remarque : R. E. H. dit quil na pas exist une seule
de ces monstruosits baptises chambres gaz . En
revanche, il dit, sans quivoque, que des cadavres taient
brls dans des fours crmatoires, de vrais fours
crmatoires, au lieu dtre enterrs. Il crit : Christo-
phersen (auteur de le Mensonge dAuschwitz, 1973)
reconnat quil devait certainement y avoir des fours
crmatoires Auschwitz puisque 200.000 personnes
vivaient dans ce camp et quil y a des fours crmatoires
dans toutes les grandes villes de 200.000 habitants (p.
20a). Il crit encore, parlant de lunique four crmatoire
de Dachau : [Il crit] semblable aux fours crmatoires
utiliss actuellement dans tous les cimetires; on
lemployait tout simplement pour incinrer les cadavres
des personnes mortes au camp la suite de diverses cau-
ses naturelles, de maladies infectieuses spcialement. Ce
fait fut prouv dune faon concluante par le cardinal
Faulhaber, archevque de Munich. Il fit savoir aux
Amricains [aprs la guerre] que trente mille personnes
avaient t tues Munich au cours des bombardements
allis de septembre 1944. Larchevque demanda alors [
lpoque] aux autorits allemandes dincinrer les corps
des victimes dans le four crmatoire de Dachau, mais on
lui rpondit que ctait impossible puisquil ny avait
quun seul four qui ne pouvait pas incinrer autant de
cadavres. (p. 27a)
Alina 8 (ter). Le journaliste prte R. E. H. la pense suivante :
Mensonges, calomnies, que tous les rcits fabriqus de toutes pices, les
photos truques, les livres et les films qui prsentent ces camps comme des
lieux dextermination, de torture et de mort.
Remarque : Tout au long de sa brochure, l'historien
donne des exemples spectaculaires de cette industrie du
faux. Le Tribunal de Nuremberg [art. 19 des statuts]
autorisait cyniquement lusage du faux : On dcrta que
le Tribunal ne serait pas li par des rgles techniques de
preuve. (p. 12a.) On se priva dautant moins de
fabriquer des faux quaucune poursuite judiciaire ntait
possible pour usage de faux. Le commerce sen mla.
Dans certains cas, mme les Juifs smurent de la proli-
fration de ces faux : ex. : Au nom de tous les miens, de
Martin Gray (p. 25a-b). Lhistorien traite de faux tous
les mmoires, aveux ou confessions qui prsentent
les camps comme des lieux d extermination . Les
exemples quil donne paraissent sans rplique (Hoess,
Gerstein, Nyiszli, l'tonnant montage photographique de
sa page 30a, etc., etc.). Dans un seul cas, son
argumentation est sans valeur : dans celui du Journal de
Anne Frank. Ce Journal est une supercherie littraire
aisment dmontrable par dautres moyens que celui
quemploie R.E. H.
Alina 9. Le journaliste parle d un tourbillon de citations o se mlent sans
quon puisse sy reconnatre la Croix-Rouge internationale le journal Die Tat
de Zurich dans son numro du 19 janvier 1955, etc. .
Remarque : On peut se demander quel est le sens de ces
mots supposer quils en aient un. Le journaliste se
plaindrait-il de ce quil y a trop de citations ?
Alina 10. Le journaliste dit que R. E. H. taye sa dmonstration par des
citations dauteurs connus ou inconnus, obscurs ou imaginaires .
Remarque : Le journaliste, ne citant aucun exemple
lappui de son affirmation, on ne peut savoir ce quil
entend par auteurs inconnus et surtout
imaginaires .
Alina 10 (bis). Le journaliste dit que, pour R. E. H., tous les aveux de
nazis ont t extorqus par la torture, systmatiquement pratique par les
Allis aprs la dfaite du Reich .
Remarque : Le journaliste omet de dire que les
Amricains eux-mmes ont eu lhonntet de reconnatre
quils avaient fait un emploi systmatique des tortures
les plus graves dans de nombreux cas. Voy. prison de
Schwbisch Hall, procs de Malmdy, Sepp Dietrich,
Jochen Peiper, Oswald Pohl, commission Simpson,
juge Edward L. van Roden dclarant : Sur les 139 cas
de notre enqute, 137 de ces soldats allemands [dans la
seule affaire de Malmdy] avaient reu des coups de pied
dans les testicules qui leur avaient laiss des blessures
ingurissables. Ctait un moyen standard utilis dans
ces interrogatoires par ces Amricains. [] Des
hommes forts furent rduits ltat dpaves humaines
prtes marmotter nimporte quels aveux exigs par le
ministre public. (p. 13a-b.) Lhistorien voque bien
dautres cas patents de torture pratique par les Allis et,
spcialement, par les Polonais et les Sovitiques (cas
Wisliceny, [Ohlendorf], Rudolf Hss). Pour expliquer
des cas extravagants comme ceux, par exemple, de res-
ponsables avouant l'existence de chambres gaz
dans des camps o les Allis ont fini par admettre
quil ny avait pas eu de ces chambres , l'historien ne
limite pas ses explications des explications par la
torture. Il parle galement d aveux sous la
contrainte , ou parce quon [avait] promis [aux
accuss] des peines rduites . Voy. p. 16b, l'affaire
Bach-Zelewski. La menace de livrer un accus aux
Polonais ou aux Sovitiques, le chantage de la
suppression des cartes dalimentation accordes aux
familles des accuss, les mesures de rtorsion brandies
contre le soldat si lofficier n avoue pas, et vice
versa, la formidable pression morale que font peser sur
un accus la justice et lappareil judiciaire de son
vainqueur, le courage hroque quil faut des tmoins
dcharge pour venir dfendre des criminels jugs
davance et sans appel : tous ces lments et bien
dautres, soit que lhistorien les prcise de lui-mme,
soit quils apparaissent lvidence quand on garde
prsent lesprit ce quil dit sur dautres sujets que les
aveux , constituent des explications ces mmes
aveux ou tmoignages .
Alina 10 (ter). Le journaliste dit que, dans la brochure de R. E. H., on
trouve une foule de rfrences impressionnantes, videmment invrifiables
ou alors, si on tente de contrler lune de celles qui, exceptionnellement,
peuvent ltre, grossirement truques .
Remarque : Le journaliste ne fournit aucun exemple
lappui de cette affirmation (voy. en effet, notre
remarque sur Un exemple , lalina suivant). On
aimerait dailleurs savoir ce quest une rfrence
invrifiable (le journaliste a-t-il voulu dire :
incomplte ?) et, surtout, une rfrence videmment
invrifiable .
Alina 11. Le journaliste crit : Un exemple : la brochure se rfre
l minent historien amricain Harry Elmer Barnes" (?) qui, dans Rampart
Journal (??) au cours de lt 1967, aurait crit en substance mais la
citation est videmment donne entre guillemets quil ny avait pas eu
dextermination systmatique dans les camps de la mort.
Remarque : Harry Elmer Barnes a t un historien de
rputation internationale. Ses publications, en trente ans
de carrire universitaire, ont t trs nombreuses. Un
livre dhommages vient de lui tre consacr par ses
anciens lves et disciples. Il compte 884 pages
(Hardback d.). Rampart Journal of Individualist
Thought nest pas une publication fictive. La rfrence
t 1967 est exacte (vol. 3, n 2). Larticle de H. E.
B. sy intitule The Public Stake in Revisionism (p.
19-41). Nulle part R. E. H. ne prtend citer H. E. B.
en substance pour aller ensuite le citer entre
guillemets ! Demble, il cite entre guillemets H. E.
B. Quant au passage cit, il na nullement le sens quy
trouve le journaliste. Ce passage, dune importance capi-
tale, montre que, tout de suite aprs la guerre, les vain-
queurs ont tent de faire passer certains camps de lOuest
pour des camps, non pas de simple concentration mais
dextermination (Dachau, Buchenwald, etc.). Puis, quand
il fut dmontr que laccusation ntait pas soutenable,
on la reporta sur les camps de lEst. Or, comme le
remarque R. E. H., ces camps, et notamment ceux du
complexe dAuschwitz, ntaient toujours pas visitables
plusieurs annes aprs la fin de la guerre. Par cons-
quent, le passage cit entre guillemets a la valeur dun
avertissement et dun rappel salutaire pour quiconque ou-
blierait cette mprise de limmdiat aprs-guerre o
Buchenwald lemportait sur Auschwitz dans la
propagande dhorreurs.
Alina 11 (bis). Le journaliste, aprs avoir fait suivre dun point din-
terrogation le nom dH.E. Barnes, puis de deux points dinterrogation, celui
de Rampart Journal, place trois points dinterrogation aprs celui de Berta
Schirotschin.
Remarque : On ne peut tenir rigueur lhistorien de ce
que tous les noms des dtenus de Dachau ne soient pas
universellement connus. Citant Ernst Ruff, Jan
Piechowiak et Berta Schirotschin, il prend soin
dindiquer pour chacun sa qualit ou son emploi au camp
de Dachau.
Alinas 12 15. Ces quatre derniers alinas nappellent pas de remarques
particulires. Le journaliste y exprime son opinion sur une brochure que,
comme on a pu le constater, il a trs superficiellement parcourue. Son
jugement sexprime dans les termes suivants : stupide fantastique ,
monstrueux de btise autant que dignominie , cette sale brochure ,
envie de vomir , allgations aussi inoues , aveugl , imbcile ,
funambulesques normits , ignorant , trs sot , charlatans,
marchands dorvitan, escrocs de tout poil , mentez, mentez, il en restera
toujours quelque chose . Pour terminer le journaliste renouvelle lexpression
de sa foi en lhorreur des camps de concentration et dextermination.
***
18 aot 1977
Lettre M
me
Olga Wormser-Migot
et sa rponse
Chre Madame,
Il y a aujourdhui trois ans et une semaine quen ouvrant le journal Le
Monde, je dcouvrais un tmoignage o une ancienne dporte, sans me
nommer mais en me dsignant, me traitait de falsificateur , de pauvre
dment et d esprit perverti . Et cela parce que josais mettre en doute
lexistence des chambres gaz hitlriennes. Lors dune entrevue que vous
vouliez bien maccorder votre domicile et qui avait lieu le 24 septembre
1974, vous me faisiez savoir que vous aviez manifest votre rprobation
lendroit de ce tmoignage ; vous laviez mme fait savoir lintresse,
cest--dire Charlotte Delbo.
Ce mme jour, vous me proposiez dintervenir auprs de M. Raymond Las
Vergnas pour lui dire que vous dsapprouviez le texte par lequel la Sorbonne
nouvelle portait condamnation de mes recherches.
Ce mme jour encore, vous me prdisiez toutes sortes dennuis si je
persistais dans la voie o je mtais engag. Vous me confirmiez ce que je
savais dj au sujet des ennuis graves que vous avaient valus vos trois pages
sur le problme des chambres gaz .
Vous ne vous trompiez pas. Voici une liste succincte des ennuis que jai
rencontrs :
Campagne de presse partie dIsral en 1974, Tribune juive-Hebdo, Le Canard
enchan, Le Monde, Le Droit de vivre, LHumanit (parat-il), le grand
rabbin Kaplan la tlvision ; on me nomme ; on me dsigne ; on publie
mon adresse personnelle ; je reois un flot de lettres de menaces, parfois
signes de leurs auteurs et sur papier en-tte ; inscription injurieuse mon
domicile ; injures au tlphone ; ma fille insulte ; ma femme insulte.
La Sorbonne Nouvelle, dformant totalement lesprit de recherches dont elle
ne sait dailleurs rigoureusement rien, porte condamnation de Faurisson dont
elle va jusqu dire quil nappartient pas la Sorbonne nouvelle.
Mon UER porte galement condamnation en des termes outrageants ; je ne
suis ni entendu, ni inform, tout se passe dans mon dos ; je napprends les
condamnations quaprs coup.
Tribune juive-Hebdo ayant suggr que ma place nest plus au SNESup
(jappartenais au SNES, o javais t secrtaire de section, puis au SNESup,
depuis plus de vingt ans), je suis exclu de mon syndicat ; l encore je ne suis
ni entendu, ni inform ; japprends la sanction par hasard et aprs coup ; je
demande tre entendu. Peine perdue. Jenvoie un papier la commission
des litiges qui expdie mon cas, sans autre forme de procs.
Lyon-II, ma nouvelle universit, prend une dcision sans prcdent : elle
dcide ne pas me proposer pour le poste de professeur sans chaire que je
sollicitais. Vous savez que, lorsque une universit veut bloquer la carrire
dun matre de confrences, elle nagit pas de cette faon. Il lui suffit de
classer en dernire position le nom du candidat. Agir autrement, agir comme
on la fait dans mon cas, cest prendre une trs grave initiative qui ne peut
avoir quun motif extrmement grave, si grave mme que le candidat devrait
pour le moins tre entendu, puis, la dcision une fois prise, se voir notifier
cette dcision. Encore que sur ce point je mavance peut-tre beaucoup, tant
donn que mon cas serait sans prcdent. Toujours est-il que l encore je nai
appris cette dcision que par hasard et grce une indiscrtion. Mais voyez
plutt comment, ensuite, on a pris ses aises avec la vrit. Je suis parvenu
mettre lautorit universitaire au pied du mur, et cela grce au tribunal
administratif de Lyon et au Conseil dtat. Dans un premier temps on ma
dit quon me reprochait dtre nazi ; motif : je niais lexistence des camps de
concentration ou des chambres gaz , ad libitum. Dossier de laccusation :
coupures de presse du Canard enchan, du Monde, etc. Dans un deuxime
temps on ma dit quon me reprochait non pas dtre nazi, mais dtre fou ;
motif : mme motif ; dossier : mme dossier. Dans un troisime temps on est
all encore plus loin. On a totalement abandonn les deux accusations pr-
cdentes pour se rabattre sur le motif suivant, un motif prsent cette fois au
tribunal administratif : M. Faurisson na jamais rien publi, et cela de son
propre aveu. Dossier cette fois-ci : une lettre de moi. Dans cette lettre, que
javais adresse au prsident de mon universit pour lui dire mon tonnement
devant laccusation de nazisme, javais effectivement crit que, puisque je
navais rien publi, je ne voyais pas sur quoi cette accusation pouvait tre
fonde. Il allait de soi que cette phrase signifiait que je navais jamais rien
publi qui puisse donner penser que jtais nazi. On a extrait cette phrase
de ma lettre pour faire de moi un matre de confrences qui navait jamais
publi un seul livre ou article. Limputation tait dautant plus cynique que
mon dossier de candidature contenait sur toute une page la liste de mes
publications dont certaines sont passablement connues en France et ltran-
ger.
Je passe sur trois ou quatre ignominies que je pourrais ajouter cette liste, je
passe sur le fait que ma vie est devenue difficile ; je passe sur le fait que, sans
argent, il me faut payer des avocats ; je passe sur le fait que ma femme
souffre dune grave dpression nerveuse laquelle tant dennuis,
malheureusement, ne sont pas trangers.
Mais, voyez-vous, je me sens propre et je sais que bien des gens se sont
salis. Je passe pour nazi comme, en dautres temps, je passais pour
l Angliche et comme, si Hitler avait gagn la guerre, je passerais pour
faire le jeu des judo-marxistes .
Je vais droit mon chemin. Vous me disiez que je vous paraissais naf. Entre
nous, je me crois peu prs aussi naf que Voltaire. Voltaire tait naf et, en
bon Franais, il tait courageux par accs mais sans grande continuit. Mon
travail, en fin de compte, je prfre le comparer celui de Jean Norton Cru,
qui a men sa tche bien jusquau bout, malgr les outrages et sans
dsesprer des hommes.
Je suis arriv la conclusion que les chambres gaz hitlriennes nont
jamais exist. Mon enqute remonte bien des annes. Quand je suis all
vous trouver, jen savais dj trs long sur la question. Parce que vous
mtiez sympathique, parce que je ne voulais pas vous froisser dans votre
sensibilit et aussi soyons franc parce que cest ma faon denquter, je ne
vous ai pas rvl, lpoque, ce que je savais de prcis sur les documents
Hss ou Gerstein, sur les tmoignages de Nyiszli et consorts. Je ne vous
ai pas dit que je pouvais vous rciter les deux dpositions du D
r
Bendel.
Rappelez-vous ce que je vous ai, par la suite, crit sur le document NO-
365 : un exemple, parmi bien dautres, de prsentation malhonnte du Centre
de documentation juive contemporaine.
Vous mavez envoy une photo de la chambre gaz de Majdanek, dautant
plus prcieuse, me disiez-vous, quelle datait dun temps antrieur la
frnsie musographique qui a prsid la transformation des lieux (je
vous cite de mmoire). Cette photo est celle dune salle de douche. Quant aux
lieux, je les ai visits en 1975 : comme supercherie grossire, on ne fait pas
mieux. Cest rire. Jai visit Auschwitz et Birkenau en 1975 et en 1976. Je
possde une abondante documentation photographique sur tout ce qui a trait
aux chambres gaz des deux camps. Jai des copies de plans particuli-
rement intressants et quon se garde bien de publier.
Jai lu une foule de documents , de tmoignages , d affidavits , de NO,
de NI, de NIK, de PS, etc., la fois de lIMT des NMT, du procs de
Francfort ou dautres procs. Jai tudi les stnogrammes du procs de
Jrusalem . Jai aussi lu bien des ouvrages de la tendance Hilberg-Reitlinger
ou de la tendance Rassinier-Butz.
Je me demande quelle piste jai pu laisser inexplore.
Ma premire visite au Centre de documentation juive contemporaine remonte
1967. Du dbut de 1974 juillet 1977, jai pass des centaines ou des
milliers dheures dans ce mme CDJC, bien quon sy soit ingni me
rendre mes visites et mes conditions de travail de plus en plus difficiles. Jy
ai explor fond le fichier Extermination-gazage et bien dautres
documents non rpertoris dans ce fichier. Jai eu quelques entretiens avec
MM. Wellers, Rutkowski et surtout avec M. Billig. Ce dernier, qui
mavait, en 1974, adress une lettre o il se dclarait tonn quon puisse
douter de lexistence des chambres gaz parce quil en existait tant de
preuves, a fini par reconnatre devant moi en mai 1977 quil ntait pas en
mesure, tout compte fait, de me fournir une preuve de lexistence dune
chambre gaz . Et, comme jinsistais pour savoir sil connaissait une
personne capable de fournir une telle preuve, il me rpondait quau fond il
nen connaissait pas. Il ajoutait, je dois le dire, qu son avis, sil ny avait
pas eu de chambre gaz , il avait forcment exist un moyen industriel
il ne savait pas lequel au juste de perptrer un gigantesque massacre, un
gnocide .
Jaurais beaucoup dire sur cette position de repli, mais passons.
Lors de notre entrevue du 24 septembre 1974, vous maviez dit : Il ne faut
pas attaquer les dports. Je vous demande une chose : promettez-moi de ne
rien crire. Ma rponse avait t : Un article de moi peut sortir. Je my
emploie. Vous mavez alors dit : Envoyez-le moi.
Cest ce que je fais aujourdhui. Cet article, intitul Le problme des
chambres gaz , je lai envoy le 26 juillet 1977 au journal Le Monde, qui
hsite le publier. Le Monde me doit rparation. Il ma insult le 11 aot
1974 et il ma refus tout droit de rponse. Cette rparation, je lobtiendrai
tt ou tard, dune faon ou dune autre. P. Viansson-Pont me prend, figurez-
vous, pour un sympathisant des nazis. Il se plaint de ce que, dans mes lettres
J. Fauvet ou dautres de ses collgues, je linsulte. Il voit l pro-
bablement le signe de je ne sais quelle frnsie. Il a oubli le mal quil ma
fait le 11 aot 1974. Je lui ai dit quil avait, de plus, gravement dnatur le
contenu de la brochure de R. Harwood dans son article du 17-18 juillet
1977. Je disais que je ne voulais pas, mon tour, subir le mme traitement
(tre lobjet de dnaturations, falsifications, adultrations, etc.). Je lui ai dit
que dans le texte dHarwood il y avait du trs bon et du trs mauvais, etc.,
etc. Il ma crit une lettre furibonde. Il ma dit quil tait prt mentendre
condition que Germaine Tillion ou dfaut M
me
Olga Wormser-Migot,
lui dise ou lui crive que je nai pas tort dans ma thse sur les chambres
gaz . Je lui ai rpondu que je ne pouvais avoir confiance en G. Tillion tant
donn ses tmoignages sur la prtendue chambre gaz de Ravensbrck.
Jai ajout : Daccord pour M
me
Olga Wormser-Migot. Ayons, vous, elle et
moi une entrevue ensemble. Elle ma aimablement reu chez elle en 1974.
Elle ne connat pas mes dossiers. Mais en vingt minutes elle verrait bien ce
quils valent.
A mon collgue Delpech que je connais assez mal et surtout pour lavoir
rencontr au CDJC vous auriez dit : Attention ! Faurisson nest pas un
nazi. Il ne faut pas lui faire dennuis. Je me demande au fond si ce soupon
de nazisme nest pas galement chez P. Viansson-Pont la vraie pierre
dachoppement. Voyez si, dfaut dautre chose, vous ne pourriez pas le
rassurer l-dessus.
Mon article est-il nazi ? violent ? agressif ?
Je vous dis que, sil faut dsamorcer toute cette affaire de chambres gaz
et de gnocide , cet article peut y parvenir. Les choses en ce moment
voluent vite, trs vite.
Et puis tout cela est bien simple. Quon rponde ma question : Si les
"chambres gaz" nont pas exist, faut-il le dire ou le taire ?
Je vous ai parl sans dtours. Rpondez-moi de mme.
La rponse dOlga Wormser-Migot est date du
7 novembre 1977 :
[] Je ne veux pas vous crire un volume, mais
seulement vous prciser ma position.
1 Votre visite mavait beaucoup mue tous points
de vue. Je pensais surtout cette perscution inin-
terrompue contre un homme de bonne foi ;
2 la premire diffrence entre mes positions et les
vtres, et vous le savez, cest que je crois lexis-
tence de chambres gaz Auschwitz et Majdanek,
ainsi qu la chambre exprimentale (1 m sur 2
sur 3) du Struthof ;
3 dernire et principale diffrence : tant donn les
sentiments des dports, profondment traumatiss
par les souffrances subies, il est vident que votre
attitude ne peut que les heurter. Il est des cas o
lHistoire se doit dattendre que le Temps permette
une tude sans agressivit de certains problmes
dhorreur.
coutez-moi et vous savez que je crois votre re-
cherche pure de tout autre motivation que la vrit histori-
que votre attitude dobstination partir du moment o
votre thse a t conteste et o votre dfense elle-mme
vous portait vous opposer de plus en plus aux dports,
prtait confusion.
En effet, plus vous apportiez darguments au renfor-
cement de votre propos, plus vous affirmiez sa vrit, plus
vous sembliez aux yeux de certains laver Hitler dune des
accusations portes contre lui et ses camps.
Pour moi, cher Monsieur, un tel problme ne peut
tre trait que dans le contexte gnral du nazisme. Tortu-
res, expriences, gnocide, fours crmatoires et charniers,
horreurs portes lextrme, dites-moi si dans tout cela
lexistence ou la non-existence de chambres gaz prsen-
te aux yeux de lhistoire infme de ces annes une impor-
tance de surcrot assez capitale pour continuer sur ce
point meurtrir encore les dports et mettre votre pro-
pre existence en malheur ?
Je vous rappelle que, dans une occasion semblable
il sagit de ma thse Le Systme concentrationnaire nazi
o, comme vous le savez, jai mis en doute et davantage
lexistence de chambres gaz Ravensbrck et Mauthau-
sen et aprs des obstinations dhistoriens qui ne ser-
vaient qu envenimer les choses, jai simplement in-
troduit un rectificatif expliquant la position des dports
ce sujet. Car pour moi les dports comptent toujours
dabord.
Sachez que je suis prte, cher Monsieur, vous aider
dans toute la mesure de mes possibilits afin deffacer de
votre vie des accusations aussi nocives pour vous, votre
travail et votre famille. Mais je vous prie de tout faire pour
comprendre lesprit de cette lettre.
Cest la raison pour laquelle je ne puis accder
votre dsir de rencontrer M. Viansson-Pont en ma pr-
sence : il ne faut pas continuer de controverses sur un tel
sujet. Je lui cris par contre par le mme courrier.
Jinsiste encore sur la ncessit dun tat desprit
raliste de votre part. Je suis prte crire qui vous vou-
drez pour quil soit tenu compte de linanit des accusa-
tions qui vous atteignent. Mais dans lesprit de cette lettre
exclusivement.
[Publi dans VHVP, p. 74-79.]
Aot 1977
Lettre Historia
(extraits)
Jai lhonneur dlever une protestation contre la nature de ce numro spcial
dHistoria, consacr aux Mdecins SS . []
Comment pouvez-vous croire un instant lauthenticit de la chambre
gaz du Struthof que vous ne pouvez dailleurs montrer en photographie ?
Vous tes-vous demand pourquoi aucun livre sur le Struthof, y compris le
roman dAllainmat, ne reproduit la photographie de cette chambre gaz
pourtant visitable et montre telle quen son tat dorigine , dit
linscription que vous trouverez sur place ? Comment avez-vous pu
reproduire cette photographie de lextrieur avec une chemine de ce genre ?
[]
Saviez-vous que Kramer [commandant du Struthof, puis de Bergen-Belsen,
N.D.L.R.] est lauteur dune confession sur la chambre gaz dont le
vague et labsurdit dpasse tout ce quon a pu confesser dans les procs de
Moscou, de Cracovie ( Hss) ou de Prague il ny a gure ?
Comment avez-vous pu reproduire la photographie de la p. 45 ? Navez-
vous pas lu le livre de Harwood, Did Six Million Really Die ? et surtout
louvrage dUdo Walendy, Bild Dokumente fr Geschichtschreibung, o
cette photographie est tudie aux pages 74 et 75 ?
Je vous signale, en passant, que votre photographie est un montage de
montage. Voyez la faon dont est pose sur ses paules la tte du premier
personnage de gauche. []
Et la photographie de la p. 93 : la femme aux seins nus ! Comment navez-
vous pas discern que, l encore, il y avait montage. Regardez la tte de
Photomaton
1
! []
Comment pouvez-vous cautionner ainsi une propagande qui est celle qui a
prpar le procs de Nuremberg ? Ne vous rappelez-vous pas le stupfiant
article 19 des statuts du tribunal : Le Tribunal ne sera pas li par les rgles
techniques relatives ladministration des preuves ? Nest-ce pas dun
effroyable cynisme ? Ne devrait-il pas donner lveil tout honnte
homme ?
Jai t frocement antinazi. Je ne peux supporter le fascisme sous aucune
forme. Mais [] je vous adjure de garder constamment prsents la mmoire
les procs de sorcellerie. Rappelez-vous les aveux , les preuves , les
tmoignages . Une sorcire nallait pas dire un tribunal : Vous savez
bien que tout cela est faux, que le sabbat est une invention et les rencontres
avec le diable une autre invention. Elle aurait rencontr une incrdulit
totale. Et pourtant elle aurait dit la vrit. Pour se dfendre, il lui fallait,
selon la vieille loi encore en vigueur, plaider le vraisemblable et non le vrai.
Jai eu loccasion de vous le dire et je le rpte ici, je suis prt ouvrir
devant vous tel de mes dossiers quil vous plaira sur cette imposture du
gnocide. Il parat bien des livres sur la question. Les temps sont mrs.
[Publi dans Historia, aot 1977, p. 132 et cit dans VHVP, p. 82.]
***
14 octobre 1977
Lettre MM. Fauvet et Lauzanne,
du journal Le Monde
Malgr le ton extrmement dsagrable de ses lettres, jai honntement essay
de mexpliquer et de mentendre avec M. Viansson-Pont. En pure perte. Il
est impossible de discuter avec quelquun qui a manifestement lhabitude des
lectures htives. De plus M. Viansson-Pont porte des coups, puis il se
drobe. En 1974, il ma avec cet article de M
me
Charlotte Delbo, port un
terrible coup dont jai essay, nouveau le 11 aot 1977, de lui montrer
toutes les consquences, sur le plan professionnel, syndical, familial. Une
1. Voy. Walendy, op. cit., p. 23.
seule de ces consquences, si quelquun dautre quun nazi avait eu les
subir, aurait d susciter article et dbat dans les colonnes de votre journal.
M. Viansson, lui, se moque de ce quil ose appeler mes dmls et il en
dcline la responsabilit. Il va jusqu dire que, dans larticle de 1974, je nai
t ni nomm, ni dsign . Or, cet article, qui sinscrivait dans une
campagne de presse, commenait par une longue citation. Cette citation, on
avait pu la lire dans Yedioth Aharonoth (26 mai 1974), dans Tribune juive-
Hebdo (14 juin), dans Le Canard enchan (17 juillet) : l'auteur tait nomm
et son adresse tait donne et mme rpte. Il sagissait de Faurisson, matre
de confrences la Sorbonne. Les mmes journaux ou dautres revenaient sur
cette affaire.
Le 14 mai 1974, votre collaborateur mavait demand lautorisation de
publier ce texte. Il crivait en propres termes : (Je) vous demande si vous
navez pas dobjection formuler contre sa publication
ventuelle. Je lui rpondais, par lettre R.A.R. du 21 mai, que je
mopposais cette publication dune lettre personnelle. Or, le 11 aot,
prcisment en pleine campagne de presse, je voyais paratre ce texte, sous la
responsabilit de M. Viansson-Pont. Jy tais, sous la plume de M
me
Delbo
trait de pauvre dment , de professeur qui sest document uniquement
pour avoir des preuves contre la vrit , d esprit perverti ; quant au titre
de ce tmoignage , il me faisait tout simplement grief de falsifier .
Nimporte quel honnte homme trouvera, je pense, de tels procds indignes
dun grand journal. Jy vois, pour ma part, une bassesse comme je nen
dcouvre pas dans les autres publications qui mont attaqu. Et cest le
Monde qui a eu cette conduite. Je ne ladmettrai jamais. Et, bien
franchement, je ne crois pas que vous soyez prts, tous deux, lui trouver
des excuses. Votre journal me doit rparation. Voil trois ans que je la
rclame. Jai t correct avec vous. Je ne me suis laiss aller aucun cart de
langage. Rendez-moi cette justice que ma rponse de 1974 (sur le droit au
doute et la recherche ) ainsi que ma rponse de 1977 (sur le problme des
chambres gaz ) sont dun tout autre ton que la publication injurieuse,
insre dans votre journal, aprs des mois de rflexion peut-tre, par
M. Viansson-Pont.
Le 6 aot 1977, ce dernier madressait une trange lettre dans laquelle il me
disait quil naccepterait de publier mon texte sur le problme des chambres
gaz qu la condition que M
me
Germaine Tillion ou M
me
Olga Wormser-
Migot prennent en considration mes affirmations. Bien que je ne croie pas
un instant ni largument dautorit, ni la valeur des recommandations ou
patronages, jacceptais, dans un esprit de conciliation, douvrir mes dossiers
devant M
me
Wormser-Migot. Pour M
me
Tillion, dont le crdit est grand auprs
des journalistes, elle sest discrdite mes yeux par ses tmoignages
ritrs sur la chambre gaz de Ravensbrck qui les instituts
historiques ont fini par ladmettre navait jamais eu un commencement
dexistence (voyez notamment, Martin Broszat, Die Zeit, 19 aot 1960). L-
dessus, en rponse mon acceptation du 11 aot 1977, votre collaborateur
mcrit quil a interrog M
mes
Tillion et Wormser-Migot et il ajoute : Lune
et lautre, interroges, me feront savoir qu leurs yeux votre thse est
absurde, votre obstination maniaque et quil ny a aucune raison douvrir un
dbat l o il ny en a pas, dont la propagande [M. V.-P. dit curieusement la
contre-propagande ] pro-nazie ne manquerait pas de tirer argument. Un
peu plus loin, il crit encore : () faites-moi parvenir une caution crite de
M
me
Wormser-Migot. ()
Cest se moquer des gens. Cest, une fois de plus, se drober. M. Viansson-
Pont, de la mme faon, crivait sur la brochure de Richard Harwood un
compte rendu insultant. Il commenait dailleurs par ne fournir aux lecteurs
et juges aucune rfrence qui permette de trouver cette brochure et de sen
faire soi-mme une opinion. Puis, constatant labondance des ractions
suscites par une affaire quil avait pris la responsabilit de lancer, il vous
laissait croire, si jen juge par une lettre de M. Lauzanne du 22 juillet, quil
reviendrait sur le problme voqu et quil ferait tat des ractions
provoques. En fait, rien nest venu.
Tout cela est-il net et franc ? M. Viansson-Pont est meilleur, la plume la
main et derrire un bureau que sous les projecteurs de la tlvision. En direct
et en pleine lumire, il est difficile desquiver la rplique ventuelle un
propos excessif ou insultant. Jai remarqu qu la tlvision les polmistes
ne sont pas reconnaissables ; ils nassument plus la moiti de ce quils ont
crit.
Jassume pleinement la responsabilit de ma libre opinion sur limposture
des chambres gaz . Par son silence sur la question depuis trente ans, ou
plutt par un matraquage de propagande de guerre, cest--dire sans possibilit
de critique historique, la grande presse dans son ensemble et,
malheureusement aussi le Monde en particulier, ont encouru une effroyable
responsabilit. Les temps sont mrs pour revenir sur de pareilles erreurs. Je
demande quaux contestataires de lhistoire officielle, le Monde, sur ce point
capital des chambres gaz , reconnaisse un autre droit que le droit au
silence. Il y a la popularit de la fable, dun ct ; et puis, de lautre ct, il y
a le devoir dtre vrai et la difficult dtre vrai. Que le Monde, la fin des
fins, respecte sur ce chapitre la libert dopinion et quil donne laccus lui-
mme le droit de prsenter lui-mme sa dfense. Trve de censure ! Le droit
que je rclame est lmentaire en dmocratie : le droit au doute, la recherche,
la libre opinion : le droit de rponse. Recevez, Messieurs, je vous prie,
lexpression de ma confiance en votre discernement et en votre courage.
[Publi dans VHVP, p. 79-81.]
1978
6 fvrier 1978
Lettre des universitaires de Lyon
MM. Marius-Franois Guyard,
recteur de lAcadmie de Lyon, chancelier des Universits,
Maurice Bernadet, prsident de luniversit Lyon-II,
Andr Latreille, doyen honoraire, prsident dhonneur du Centre
rgional interuniversitaire dhistoire religieuse.
Objet : Publication des actes du colloque sur glises et Chrtiens de
France dans la deuxime guerre mondiale.
P.J. : Le problme des chambres gaz (6 pages).
Messieurs,
Le Centre rgional interuniversitaire dhistoire religieuse (universits de
Lyon-II, Grenoble-II, Saint-tienne, centre universitaire de Savoie,
universits de Franche-Comt) a pris la responsabilit dorganiser Lyon, du
27 au 30 janvier 1978, un colloque national sur glises et Chrtiens de
France dans la deuxime guerre mondiale . Vous avez vous-mmes pris la
responsabilit de prsider ce colloque. Jai, pour ma part, pris la
responsabilit dy participer (notamment par le versement dune cotisation de
cent francs) et jai pris la responsabilit dy intervenir le dimanche 29 janvier
lors de la sance consacre au quatrime thme de ce colloque : Les glises
face la perscution raciale. La sance tait prside par M. Margiotta-
Broglio, professeur luniversit de Florence. Le rapporteur tait M.
Franois Delpech, matre-assistant luniversit Lyon-II.
Avec la plus vive apprhension sur laccueil qui serait rserv mon
intervention, avec toutes les prcautions qui simposaient en pareil cas pour
viter de froisser les susceptibilits par une attitude provocante, aprs
consultation, en priv, de quatre participants (dont trois intervenants ) qui
mapprouvaient dintervenir condition que ce ft avec beaucoup de
mnagements pour mon auditoire, je dcidais de rvler aux participants du
colloque la conclusion de mes travaux de recherche sur les textes, les
documents et les tmoignages de toutes provenances, relatifs au systme
concentrationnaire national-socialiste . Ces travaux de recherche se fondaient
en partie sur les actes et documents du Saint-Sige relatifs la deuxime
guerre mondiale. Ma conclusion tait la suivante : si, la fin de la guerre,
toutes les autorits religieuses et, en particulier, le Vatican avaient cru devoir
dclarer quelles navaient rien su des chambres gaz et dune politique
dextermination (ou : gnocide ), cest tout simplement que ces chambres
gaz , cette extermination, ce gnocide navaient jamais exist que dans
des imaginations enfivres par la propagande de guerre et de haine. Depuis
trente ans, une vingtaine dauteurs, dont les ouvrages ont t passs sous
silence ou traits injurieusement, ont contribu dvoiler le mensonge des
chambres gaz et du gnocide . La popularit de la fable, la force
colossale des mdias, le conformisme de la science historique officielle
exigent de nous que nous obissions ce mensonge, que nous participions
chaque jour ce mensonge. Pour avoir enfreint le tabou des chambres
gaz et du gnocide , jai, depuis plus de trois ans, gravement compromis
la tranquillit de ma vie personnelle et de la vie de ma famille. Sur le plan
professionnel, mon universit sest permis de porter atteinte au d-
veloppement normal de ma carrire en maccusant de nazisme (sic), de
folie (sic) et en prtendant que je navais rien publi, et cela de mon propre
aveu, ce qui est scandaleusement contraire la vrit.
Mon intervention au colloque sur le sujet des chambres gaz devait tre,
en principe, de cinq minutes, puis de trois-quatre minutes (?). Au bout de
deux minutes cinquante-cinq secondes, le prsident faisait valoir que javais
puis mon temps de parole. Je passais alors la conclusion dun feuillet
dune page et demie. Mon intervention, deux fois interrompue, avait dur, en
tout, trois minutes trente-deux secondes. Un intervenant trs applaudi
levait alors une protestation solennelle contre mes propos.
Le lendemain, japprenais que mon intervention pourrait ne pas tre
consigne dans les actes du colloque. Sil devait en tre ainsi, je vous fais
savoir que jlve mon tour une protestation solennelle contre cette forme
de censure. Et je vous demande respectueusement de prendre, en la matire,
toutes vos responsabilits, comme jai pris la responsabilit, envers et contre
tout, de proclamer mon opinion.
Veuillez recevoir, je vous prie, Messieurs, lassurance de ma haute
considration.
P.S. : A lintention de M. X. Prouse de Montclos, directeur du
Centre rgional interuniversitaire dhistoire religieuse, qui me faisait
grief davoir enregistr mon intervention sans lui en avoir demand la
permission, je dclare que je navais pas demander cette permission.
Je suis prt lui donner mes raisons. Sans laimable proposition du
spcialiste de la prise de son, jaurais procd par moi-mme mon
enregistrement.
***
avril 1978
Le docu-drame Holocaust
ou la fin dun tabou
Les chambres gaz hitlriennes nont jamais exist.
Le gnocide (ou : la tentative de gnocide ) des juifs na jamais eu lieu.
Ces prtendues chambres gaz et ce prtendu gnocide sont un seul et
mme mensonge.
Ce mensonge est dorigine essentiellement sioniste.
Il a permis une gigantesque escroquerie politico-financire dont ltat dIsral
est le principal bnficiaire.
Ce mensonge a t dnonc par les Allemands ds 1944.
De 1945 nos jours, il a t dnonc aussi par des Franais, des Anglais et
des Amricains.
Pendant trente ans, le grand public na rien su de ces dnonciations du
mensonge. Les grands moyens dinformation nen ont rien dit. Au contraire,
ils ont rpt le mensonge dune faon de plus en plus assourdissante.
A partir de 1974-1975, ils ont commenc parler de ceux qui dnonaient le
mensonge. Avec des injures et en dformant leurs propos. Ils ont dit, par
exemple : Ces gens sont des nazis, des fous, des illumins. Ils nient
lvidence. Ils osent dire que les camps de concentration nazis et leurs fours
crmatoires nont pas exist.
En 1977, les grands moyens dinformation ont continu de plus belle. Ils ont
lanc des cris dalarme. Ils ont dit que le nazisme renaissait en Allemagne et
un peu partout dans le monde.
Pas une fois ils nont accept de donner la parole ceux quils accusaient.
Pas une fois ils nont fait connatre lopinion exacte des accuss.
Pourquoi cela ?
Parce quils ont peur que le grand public, en voyant ce que sont rellement et
ce que disent rellement les accuss, ne se rende compte quon lui a menti.
Le grand public verrait que les accuss sont des gens srieux, informs,
soucieux de vrit et non de propagande. Ces gens nont jamais ni
lexistence des camps de concentration et des fours crmatoires. Ils disent que
ces camps ont exist et ils ajoutent que les Allemands nont t ni les
premiers, ni les derniers utiliser des camps de concentration. Ils disent que
ces fours crmatoires ont, eux aussi, exist et ils ajoutent quil ny a rien de
mal brler des cadavres au lieu de les enterrer, surtout l o il y avait des
risques dpidmies.
Ils disent, en revanche, que jamais les dirigeants de lAllemagne nont
donn lordre, ni ne se sont donn les moyens de tuer qui que ce ft en raison
de sa race ou de sa religion. Le prtendu holocauste de six millions de
Juifs est un mensonge orchestr, bon gr mal gr, par les mdias. Le film
amricain Holocaust, qualifi de docu-drame , nest quune farce, double
dune opration politico-commerciale. Il constitue laveu, en 1978, que le
tabou sioniste na plus le choix quentre le nazisme de sex-shop et le battage
de show-business.
***
Mai 1978
Majdanek-Prozess Dsseldorf
Pour les tribunaux allemands, propos des prtendues chambres
gaz que les visiteurs peuvent voir aujourdhui Majdanek (prs de
Lublin).
Rsum : Si un tribunal allemand na pas de rapport dexpert alle-
mand propos des prtendues chambres gaz de Majdanek, aucun juge
allemand ne peut dire que, trente-cinq ans auparavant, existaient Maj-
danek des chambres gaz allemandes et que des groupes dtres hu-
mains ont t dtruits de cette faon pour la premire et la dernire
fois dans lhistoire. Pour un crime aussi extraordinaire (dun point de
vue scientifique et historique) et pour une arme [du crime] aussi extra-
ordinaire (quaucun juge allemand na jamais vue luvre), nous
avons vritablement besoin que larme du crime soit expertise.
Cette arme du crime doit mme faire lobjet dun rapport dex-
pertise dune qualit exceptionnelle (dun point de vue scientifi -
que et historique parce quaucun juge allemand na vu cette arme fon-
ctionner).
Dtails : Si un tribunal allemand tait prt effectuer un transport de justice
sur les lieux afin dexaminer les prtendues chambres gaz , ce serait un
bon dbut. Ensuite, aucun juge allemand, aprs cette visite, ne pourrait dire :
Nous avons vu une chambre gaz. Le juge pourrait dire seulement :
Nous avons vu des locaux appels chambres gaz. Mais mme ceci ne
serait pas correct. Pour tre tout fait correct, il devrait dire : Nous avons
vu des locaux qui sont donns comme des anciennes chambres gaz.
Le juge devrait prendre en considration le fait que cette affirmation manait
dune commission denqute compose exclusivement de gens qui taient en
guerre avec lAllemagne
1
. Cette commission tait en fait compose de magi-
strats polonais et sovitiques. Il serait indispensable de se procurer les con-
clusions auxquelles est arrive cette commission, ainsi que tous les do-
cuments sur lesquels elle sest appuye.
Aucun juge allemand na, je suppose, vu une chambre gaz
(expressment faite pour dtruire des groupes dtres humains), quelle soit en
tat de marche ou abandonne. Pour un juge allemand, une chambre gaz
est quelque chose comme une soucoupe volante . Supposons que lon
vienne voir un juge et quon lui dise : Venez et je vous montrerai une
1. Voy. le document allemand du 25 septembre 1944, rfrenc 237g et cot, au
procs de Nuremberg, PS-325.
soucoupe volante. Le juge irait voir. En bas dune sorte de bunker, il verrait
un misrable tas de ferrailles Je suppose que le juge, aprs cela, nirait pas
proclamer : Jai vu une soucoupe volante. Il demanderait un rapport
dexpertise.
Pour les chambres gaz de Majdanek, le rapport dexpertise doit tre
fait par des archologues, des chimistes, des physiciens, des architectes, des
historiens, des documentalistes et des ingnieurs. En un mot, lenqute doit
tre conduite avec la mme rigueur que pour Katyn. On la voudrait mme
encore plus scientifique qu Katyn, car le prtendu massacre dans les
prtendues chambres gaz relve dune technique plus sophistique.
Dans la mesure o aucun rapport dexpertise nest attendu, aucun juge
allemand ne peut conclure quil existait des chambres gaz Majdanek.
Pices jointes : 18 photos, Visite en 1946 , Visite en 1975 :
changement complet !
[L'original est en anglais.]
***
23 mai 1978
Les retombes politico-financires
du gnocide des jui fs
Nahum Goldmann est le prsident honoraire du Congrs juif mondial.
Il a t le ngociateur, auprs du chancelier Adenauer, des rparations
allemandes. Il a publi Le Paradoxe juif. De ce livre, Le Nouvel Ob-
servateur a publi les bonnes pages, sous le titre de : Nahum Gold-
mann : au nom dIsral .. [NdA]
Lgende de la photo, p. 120 : Peu de gens savent que lAllemagne continue
de payer des rparations Isral.
Ces rparations constituent une innovation extra-
ordinaire en matire de droit international Cest Jacob
Robinson qui eut cette ide extravagante et sensation-
nelle [Aprs le procs de Nuremberg, en 1946] plusieurs
leaders juifs ont alors tent dtablir des relations avec
Adenauer mais leurs propositions taient souvent ridicu-
les. Une organisation lui suggra de payer vingt millions
de deutsche marks ; or, au terme des accords que jai obte-
nus, ce sont quatre-vingts milliards de deutsche marks que
les Allemands devront verser au total ! Sans les rpara-
tions allemandes, qui ont commenc intervenir au cours
des dix premires annes dexistence de ltat, Isral nau-
rait pas la moiti de son infrastructure actuelle : tous les
trains en Isral sont allemands, les bateaux sont alle-
mands, ainsi que llectricit, une grande part de lindus-
trie sans mme parler des pensions individuelles ver-
ses aux survivants. Aujourdhui, Isral reoit encore, an-
nuellement, des centaines de millions de dollars en mon-
naie allemande. [Pinhas Sapir a dit :] Goldmann a appor-
t Isral huit milliards de dollars. Certaines annes,
les sommes dargent quIsral recevait de lAllemagne d-
passaient le montant des collectes du judasme internatio-
nal les multipliant parfois par deux ou par trois. Aujour-
dhui, plus personne nest contre ce principe ; mme cer-
tains membres du Herout peroivent les rparations
Monsieur le chancelier, dis-je Adenauer, ce moment est
historique. Dordinaire, je naime pas les grands mots
mais linstant o le reprsentant du peuple juif rencontre
le leader de la nation allemande qui a massacr six mil-
lions de juifs est forcment historique, et je vais vous ex-
pliquer pourquoi Je lui dis pour terminer : Monsieur
le chancelier, je ne jouerai pas les diplomates car notre
problme nest pas un problme de diplomatie mais de
moralit. Si vous dcidez de traiter, vous vous engagez
un devoir moral. Si vous dcidez daborder le dbat en di-
plomate, il vaut mieux que nous ne nous revoyions plus.
Les Israliens demandent un milliard de dollars et jai de-
mand que cette somme soit considre comme une base de
dpart. M. Blankenhorn [Allemand] ma dit que, daprs
votre constitution, ctait tout fait impossible. Je lui ai
rpondu que je ne pouvais pas attendre parce que le peuple
juif est dans une grande effervescence et que sa majorit
soppose toute ngociation susceptible de laver lAlle-
magne de ses crimes. Mais maintenant que jai fait votre
connaissance, je crois ressentir que vous avez une person-
nalit assez forte pour oublier un instant les rigueurs de
votre constitution quand il sagit dun tel sujet. Je
dictai la lettre, laquelle Adenauer apporta une seule modi-
fication ; javais crit que le milliard de dollars serait die
Basis , la base, et il remplaa ce mot par Grundlage , le
fondement ce qui revenait au mme Aucun autre hom-
me dtat naurait os faire cela. Aprs cette signature, il
eut de grandes difficults avec son cabinet qui lui reprocha
de stre conduit en dictateur, davoir promis ce milliard de
dollars sans avoir recueilli lavis de personne. Mais
ctait Adenauer, un vritable leader, et tout le monde finit
par sincliner. Cest souvent ainsi quil faut conduire une
dmocratie LAllemagne a vers ce jour soixante mil-
liards de marks et le total lui reviendra quatre-vingts mil-
liards soit de dix quatorze fois plus que ce que nous
avions [nous juifs et Allemands] calcul lpoque On
ne saurait donc reprocher aux Allemands davoir t mes-
quins et de navoir pas tenu leurs promesses [Les Alle-
mands demandent aux juifs six mois de patience moyen-
nant une avance de deux ou trois cents millions de marks]
Je regrette, mais cest impossible , rpondis-je. Il
sagit en effet dun problme motionnel. Le peuple juif
est agit jusquau fond de son me. [Rendant compte de
ses tractations Ben Gourion qui, lui, se contenterait de
trois cents millions de dollars parce quil a un urgent be-
soin dargent] Je lui rpondis qu moins de cinq cents
millions de dollars [venant des Allemands] je naccepte-
rais aucun arrangement mais que jesprais obtenir entre
six et sept cents. Jobtins finalement trois milliards de
marks, soit huit cent-vingt-trois millions de dollars : par-
tant dune base dun milliard, recueillir 82 % ntait pas
une mauvaise opration [Ben Gourion Nahum Gold-
mann :] Nous avons connu de terribles dfaites ; six mil-
lions de juifs ont t extermins. Mais nous avons aussi
remport deux immenses succs historiques : la cration de
ltat dIsral et les rparations obtenues de lAllema-
gne.
________
Nahum Goldmann dit en passant quil ne descend que dans des htels de grand
luxe. Il dit souvent que le peuple juif est trs riche. Il dclare : La vie juive
est compose de deux lments : ramasser de largent et protester
1
.
Lditorialiste du quotidien isralien Maariv du 9 novembre 1971, propos
dtudiants juifs voulant empcher la semaine culturelle allemande, crit : Je
propose aux tudiants de luniversit hbraque [] de calculer le montant des
marks qui dferlent sur Isral [] et leur permettent de poursuivre leurs
tudes
2
.
N. B. A ces rparations verses ltat dIsral qui navait pas dexis-
tence au temps du III
e
Reich et ces confiscations, sajoute le princi-
pal, cest--dire les indemnits verses par lAllemagne de lOuest aux
victimes juives ou non juives, vivants ou ayants droit, personnes pri-
ves ou morales. Sur ce point, sur les diffrentes catgories de victi-
mes (par exemple, les juifs de Shanghai obtenant dtre classs juifs
1. N. Goldmann, Le Paradoxe juif, p. 67.
2. Daprs Inge Deutschkronn dans Bonn et Jrusalem, p. 453. Ce livre, crit par
une juive amricaine, apporte dintressantes confirmations sur les confiscations de
biens allemands au profit exclusif dorganisations juives ds le dbut de loccupation
de lAllemagne ; voy., notamment, p. 59.
de ghetto ), sur les faux dossiers, sur les trafics financiers, voy. pour
commencer le livre du juif amricain Raul Hilberg, The Destruction of
the European Jews, 1961, p. 738 759.
Sur le formidable discrdit moral qui sattache au peuple allemand du
fait du gnocide, reportez-vous aux mdias habituels., voy., notam-
ment, le docu-drame Holocaust.
***
25 mai 1978
Pour une histoire vridique
de la seconde guerre mondiale
Le gnocide
Deux coles historiques : lhistoire officielle (avec ses nuances et ses
contradictions) et lhistoire rvisionniste (avec ses nuances et ses con-
tradictions).
1. - Lhi stoi re offi ci el l e. Celle des universits et des instituts officiels,
celle de Raul Hilberg (The Destruction of the European Jews) et de Gerald
Reitlinger (The Final Solution. The Attempt to Exterminate the Jews of
Europe 1939-1945). Voy. les publications de l Institut fr Zeitgeschichte
de Munich, celles des instituts ou des centres de recherche juifs tels que le
Centre de documentation juive contemporaine de Paris, les ouvrages de
Joseph Billig, dOlga Wormser-Migot, de Lon Poliakov, de Georges
Wellers ; les publications du Comit dhistoire de la Deuxime guerre
mondiale , etc.
2.- Lhistoire rvisionniste. Celle dauteurs isols, dont les
publications ont t lobjet de saisies ou dinterdictions diverses, dont les
ouvrages quand leur diffusion est tolre sont parfois difficiles trouver.
Voy., notamment, Le Vritable Procs Eichmann, par Paul Rassinier (ancien
dport) et The Hoax of the Twentieth Century par Arthur R. Butz.
3- Thse offi ci el l e. Les Allemands ont plac de trs nombreux juifs dans
des camps de concentration. Certains camps taient dots de fours crmatoires
o taient brls les cadavres. Jusque-l rien deffroyable, puisque les
Allemands nont t ni les premiers, ni les derniers placer en camps de
concentration des catgories de civils tenus pour dangereux, indsirables,
favorables lennemi, etc., et puisque brler des cadavres au lieu de les
enterrer na rien dune pratique criminelle, surtout l o il y avait, dans
lEurope en guerre, de terribles pidmies de typhus. Le crime des Allemands
commence avec la volont de gnocide et avec linstitution de ces abattoirs
industriels qutaient les chambres gaz . Hitler a fait tuer des gens en
raison de leur race et de leur religion. Il a ainsi tu quatre six millions de
juifs. Cest cela le gnocide , l extermination , l holocauste . Il est
normal que lAllemagne (au moins celle de lOuest) ait vers et continue de
verser ltat dIsral et aux communauts juives internationales de
substantielles rparations financires. Il est normal que les rescaps dun si
grand massacre, qui est sans prcdent dans lhistoire, aient obtenu de la
communaut internationale le droit de sinstaller dans un territoire qui ne leur
appartenait pas de jure. A souffrances exceptionnelles, procdures
exceptionnelles et rparations exceptionnelles.
4- Thse rvisionniste. Il suffit dappliquer ici les mthodes de routine
de la critique historique pour dcouvrir que ces camps de concentration et ces
fours crmatoires ont rellement exist, tandis que cette prtendue tentative de
gnocide et ces prtendues chambres gaz ne sont quune seule et
mme invention de la propagande de guerre. Cette invention est dorigine
essentiellement sioniste. Elle a eu des retombes politico-financires dont
ltat dIsral est le principal bnficiaire. Jamais Hitler na donn lordre de
tuer ne serait-ce quun seul homme en raison de sa race ou de sa religion. Les
juifs qui sont morts autrement que de causes naturelles sont morts par faits
de guerre . Il y a eu des pertes juives comme il y a eu des pertes fran-
aises, allemandes, russes, japonaises Dans la seconde guerre mondiale, des
millions de soldats, de francs-tireurs, de civils ont eu souffrir des maux
suivants : humiliations, perscutions, arrestations, internements,
dportations, travaux forcs, faim, froid, pidmies, bombardements
Certains ont t torturs, excuts, massacrs, acculs au suicide Dautres
ont t privs de leurs biens, de leurs terres, de leur patrie Avec les moyens
modernes dinvestigation et grce la somme colossale darchives dont nous
disposons (en particulier grce aux archives allemandes des camps), il serait
parfaitement possible de dterminer, sans doute quelques milliers dunits
prs, le montant exact des pertes juives
1
. Un homme peut disparatre ja-
mais mais il ne peut gure, en mme temps, faire disparatre dans les
documents et dans les mmoires toutes trace de son existence passe.
Pourquoi, l encore, navoir pas, en plus de trente ans, appliqu les mthodes
de recherche qui sont de routine ? Pourquoi l o, par exception, un service
officiel a fait ce travail, en cache-t-on les rsultats (France) ou en dforme-t-
on les rsultats par des commentaires tendancieux (Service international de
recherches de la Croix-Rouge) ? Le nombre des juifs extermins par Hitler
(ou victimes du gnocide ) slve heureusement ZRO. En revanche,
le nombre des Europens tus par faits de guerre pourrait tre de lordre de
quarante millions ; parmi eux, celui des juifs europens, pourrait tre de
lordre dun million, mais, plus probablement, de plusieurs centaines de mil-
liers. Un jour le chiffre exact sera trouv : il va de soi que ce chiffre exact ne
1. Il est probable que les plus fortes et terribles dportations ont eu pour victimes
les minorits allemandes de lest europen. [NdA]
peut maner que dune instance internationale, procdant selon des mthodes
scientifiques et permettant les vrifications qui seraient de rigueur
1
.
5- Attitude des mdias. Les mdias prennent parti depuis trente-quatre
ans et sur les cinq continents pour la thse officielle ; ils renchrissent mme
sur ces affirmations. Pendant trente ans, ils ont ignor la thse rvisionniste ;
depuis quelques annes, ils commencent en parler mais en la dformant
systmatiquement et en la prsentant comme luvre de nazis . Par
exemple, ils disent couramment ceci : Des nazis prtendent que les camps de
concentration, les chambres gaz et les fours crmatoires nont jamais
exist ! Ou encore : Des nazis prtendent que pas un juif na t gaz.
Les deux formules sont habiles mais elles dforment la thse quelles
prtendent rsumer. Le vrai rsum est le suivant :
Les camps : oui. Les crmatoires : oui. Les cham-
bres gaz : non. Hitler na jamais fait tuer dhommes
en raison de leur race ou de leur religion. Le gno-
cide (mot et chose) est une invention de la propa-
gande de guerre, complaisamment rpercute par les
mdias.
***
Juin 1978
Le problme des chambres gaz
a
par Robert Faurisson
b
Le Tribunal ne sera pas li par les rgles techniques
relatives l'administration des preuves [] (art. 19 des
statuts du Tribunal militaire international
2
)
Le Tribunal nexigera pas que soit rapporte la
preuve des faits de notorit publique, mais les tiendra
pour acquis [] (art. 21 des mmes statuts)
Personne, pas mme les nostalgiques du III
e
Reich, ne songe nier
lexistence des camps de concentration hitlriens. Tout le monde reconnat
galement que certains de ces camps taient dots de fours crmatoires. Au
lieu denterrer les cadavres, on les brlait. La frquence mme des pidmies
1. Solution finale = migration ou vacuation (vers lEst). [NdA]
a. Lexpression est dOlga Wormser-Migot, Le Systme concentrationnaire na-
zi, p. 541.
b. Matre de confrences luniversit de Lyon-II (critique de textes et de
documents). M. Faurisson nous demande de rappeler qu'il ne cautionne videmment
pas les opinions politiques de ceux qui le publient.
2. En fait : Tribunal militaire interalli sigeant Nuremberg.
exigeait la crmation, par exemple, des cadavres de typhiques (voyez les
photographies de charniers).
Ce qui est contest, en revanche, par de nombreux auteurs franais, anglais,
amricains et allemands, cest lexistence, dans lAllemagne hitlrienne, de
camps dextermination . Ce terme dsigne, chez les historiens de la
dportation, des camps de concentration qui auraient t dots de chambres
gaz . Ces chambres gaz , la diffrence des chambres gaz
amricaines, auraient t conues pour tuer en masse. Les victimes auraient
t des hommes, des femmes et des enfants dont Hitler aurait dcid
lextermination cause de leur appartenance raciale ou religieuse. Cest l ce
quon appelle le gnocide . Larme par excellence, du gnocide aurait t
ces abattoirs humains appels chambres gaz et le gaz employ aurait t
principalement le Zyklon B (insecticide base dacide prussique ou cyanhy-
drique).
Les auteurs qui contestent la ralit du gnocide et des chambres gaz
sont appels rvisionnistes . Leur argumentation est peu prs celle-ci :
Il suffit dappliquer ces deux problmes les mthodes
de routine de la critique historique pour sapercevoir
quon se trouve devant deux mythes qui, dailleurs,
forment un ensemble indissociable. Lintention
criminelle quon prte Hitler na jamais pu tre
prouve. Quant larme du crime, personne, en fait, ne
la jamais vue. On se trouve l devant une russite
particulire de la propagande de guerre et de haine.
Lhistoire est pleine dimpostures de ce genre,
commencer par les affabulations religieuses sur la
sorcellerie. Ce qui, en la matire, distingue notre poque
de celles qui lont prcde, cest que la formidable puis-
sance des mdias est venue orchestrer dune faon assour-
dissante, et jusqu la nause, ce quil faut bien appeler
"l'imposture du sicle". Malheur qui, depuis trente ans,
savise de la dnoncer ! Il connatra selon les cas
prison, amendes, coups, insultes. Sa carrire pourra tre
brise ou compromise. Il sera dnonc comme "nazi.
Ou bien on ne se fera pas lcho de ses thses, ou bien
on dformera sa pense. Pas un pays ne lui sera plus
impitoyable que lAllemagne.
Aujourdhui, le silence est en train de se rompre autour des contestataires qui
ont os prendre la responsabilit dcrire que les chambres gaz
hitlriennes, y compris celles dAuschwitz et de Majdanek, ne sont que
mensonge historique
c
. Il y a l un progrs. Mais que dinsultes et de
dformations, quand un historien comme Georges Wellers se dcide enfin, dix
ans aprs la mort de Paul Rassinier, exposer une partie infime des
arguments de cet ancien dport qui a eu le courage de dnoncer dans ses crits
le mensonge des chambres gaz ! Toute une presse, toute une littrature
o stale un nazisme de sex-shop (et mme un journal comme le Monde
d
)
semploient rpandre lide que les nouveaux nazis oseraient nier lexistence
des fours crmatoires. Mieux : ces nonazis oseraient prtendre quaucun juif
na t gaz. Cette dernire formule est habile. Elle donne entendre que les
nouveaux nazis, sans contester lexistence des chambres gaz , poussent le
cynisme jusqu prtendre que les juifs seuls auraient bnfici du privilge de
ne pas passer la chambre gaz
e
!
La meilleure faon, pour un historien, de se renseigner sur les thses relles
des disciples de Paul Rassinier est de se reporter louvrage de lAmricain
A. R. Butz sur The Hoax of the Twentieth Century [Limposture du
XX
e
sicle]
f
.
Pour ma part, je me permettrai de ne formuler ici que quelques remarques
ddies aux historiens quanime lesprit de recherche.
Je leur ferai dabord remarquer un paradoxe. Alors que les chambres gaz
constituent, aux yeux de lhistoire officielle, la pierre angulaire du systme
concentrationnaire nazi (et alors que, pour dmontrer le caractre
intrinsquement pervers et diabolique des camps allemands par rapport tous
les camps de concentration passs et prsents, il conviendrait de dmonter
avec la dernire minutie le processus qui a conduit les nazis inventer,
c. Voyez, en plus de nombreux articles de presse, uniformment hostiles ou insul -
tants, une tude de Hermann Langbein parue dans Le Monde Juif, Coup d'il sur la
littrature no-nazie . H. Langbein a t intern au camp dAuschwitz. Il a tmoign
dans de nombreux procs. Il exerce de hautes responsabilits dans le monde des an-
ciens dports. Un de ses rcents ouvrages porte le titre en francais, de Hommes et
femmes Auschwitz. Pas un seul des trente chapitres de ce livre n'est consacr aux
chambres gaz ! En revanche, il y est tout instant question de slection pour la
chambre gaz , de cheveux de gazs , de rescaps de la chambre gaz , etc.
Voyez aussi une tude de Georges Wellers dans Le Monde Juif, La "solution finale
de la question juive" et la mythomanie nonazie . Voy., par ailleurs, une tude dIno
Arndt et de Wolfgang Scheffler dans les Vierteljahrshefte fr Zeitgeschichte, Orga-
nisierter Massenmord an Juden in Nazi Vernichtungslagern .
d. Voyez Le Monde du l6-17 octobre l977, p. 3 : Des centaines de tracts no-
nazis
e. Le comble de la dformation dans le compte rendu dtaill dune brochure
semble avoir t atteint, de ce point de vue, par M. Pierre Viansson-Pont. Voyez,
dans Le Monde du17-18 juillet 1977, p. 13, son article sur Le Mensonge , compte
rendu de la traduction en franais de Did Six Million Really Die ? de R. Harwood.
Ceux qui ont revendiqu ou justifi lassassinat de F. Duprat, diffuseur de cette bro-
chure, ont repris leur compte les fausses accusations de M. Viansson-Pont. (voy. Le
Monde, 23 mars 1978, p. 7 et 26 avril, p. 91.)
f. Mme diteur que pour R. Harwood. Premire dition en 1976, 315 p. (cinq
cents pages en typo courante). Louvrage est dune valeur scientifique exception-
nelle.
fabriquer et utiliser ces formidables abattoirs humains), on remarque, non
sans tonnement, que dans limpressionnante bibliographie de lhistoire de
ces camps il nexiste pas un livre, pas une brochure, pas un article sur les
chambres gaz elles-mmes ! Je demande quon ne se laisse pas abuser ici
par certains titres prometteurs et quon examine le contenu mme des crits.
Jappelle histoire officielle l'histoire telle que lcrivent sur le sujet des
camps des institutions ou des fondations deniers partiellement ou
entirement publics comme, en France, le Comit dhistoire de la Deuxime
guerre mondiale ou le Centre de documentation juive contemporaine et, en
Allemagne, l'Institut dhistoire contemporaine de Munich.
Il faut attendre la page 541 de la thse dOlga Wormser-Migot sur Le
Systme concentrationnaire nazi, pour voir apparatre un dveloppement sur
les chambres gaz . Encore le lecteur a-t-il trois surprises :
Le dveloppement en question nest que de trois
pages ;
Il sintitule : Le problme des chambres gaz ;
Ce problme nest autre que celui de savoir si les
chambres gaz de Ravensbrck (en Allemagne) et de
Mauthausen (en Autriche) ont rellement exist ; l'auteur
conclut formellement quelles nont pas exist et
nexamine pas le problme des chambres gaz
dAuschwitz ou dautres camps, probablement parce que
l, il ny a pas de problme son avis.
Or, le lecteur aimerait bien savoir pourquoi une analyse qui permet de
conclure la non-existence de chambres gaz dans certains camps nest
subitement plus employe ds quil sagit, par exemple, dAuschwitz.
Pourquoi lesprit critique sveille-t-il ici et pourquoi, soudainement, tombe-
t-il l dans la plus profonde lthargie ? Aprs tout, nous disposions pour la
chambre gaz de Ravensbrck, de mille preuves , certitudes et
tmoignages irrfutables , commencer par les tmoignages ritrs et
circonstancis dune Marie-Claude Vaillant-Couturier ou dune Germaine
Tillion. Il y a mieux. Plusieurs annes aprs la guerre, et cela devant les
tribunaux anglais et franais, les responsables de Ravensbrck (Suhren,
Schwarzhuber, D
r
Treite) continuaient davouer lexistence dune chambre
gaz dans leur camp ! Ils allaient jusqu en dcrire vaguement le fonc-
tionnement ! Pour finir, on les excutait cause de cette chambre gaz
fictive, ou bien ils se donnaient la mort. Mmes aveux, avant mort ou
excution, de Ziereis pour Mauthausen ou de Kramer pour le Struthof.
Aujourdhui, on peut visiter la prtendue chambre gaz du Struthof et lire
sur place lbouriffante confession de Kramer. Cette chambre gaz ,
classe monument historique nest quune supercherie. Il suffit dun
minimum desprit critique pour se rendre compte quune opration de gazage
dans ce petit local dpourvu de toute tanchit tournerait la catastrophe
pour le gazeur et les gens des environs. Pour faire croire lauthenticit de
cette chambre gaz , garantie en tat dorigine , on est all jusqu
donner un maladroit coup de burin dans une mince cloison dont on a ainsi
bris quatre carreaux de faence. On a ainsi creus le trou par lequel Kramer
aurait vers les cristaux dun gaz dont il na rien pu dire, sinon quavec un
peu deau en surplus ce gaz tuait en une minute ! Comment Kramer
empchait-il le gaz de refluer par le trou ? Comment pouvait-il voir ses
victimes par un regard qui ne permettait de voir que la moiti de la pice ?
Comment ventilait-il la pice avant den ouvrir la bonne porte paysanne de
bois grossier ? Peut-tre faudrait-il poser des questions lentreprise de
travaux publics de Saint-Michel-sur-Meurthe qui, aprs la guerre, a
transform les lieux prtendument en tat dorigine ?
Longtemps encore aprs la guerre, des prlats, des universitaires, et puis
aussi de simples gens, rendaient des tmoignages dune vrit criante sur les
chambres gaz de Buchenwald et de Dachau. Pour Buchenwald, la
chambre gaz devait disparatre en quelque sorte delle-mme dans lesprit
de ceux qui lavaient vue. Pour Dachau, on procdait autrement. Aprs avoir
soutenu, lexemple de M
gr
Piguet, vque de Clermont, que la chambre
gaz avait notamment servi gazer des prtres polonais
g
, la vrit officielle
devenait progressivement la suivante : Cette "chambre gaz", commence
en 1943, tait inacheve en 1945, la libration du camp. Personne na pu y
tre gaz. Le petit local prsent aux visiteurs comme chambre gaz est,
en ralit, parfaitement inoffensif et, alors quon possde tous les documents
architecturaux imaginables sur les constructions de la Baracke X
(crmatoire et environs), on ne voit pas sur quel document, ni dailleurs sur
quelle enqute technique, on sest fond pour parler ici de chambre gaz
inacheve (?).
Aucun institut historique officiel na, pour accrditer le mythe des chambres
gaz , fait plus que lInstitut dhistoire contemporaine de Munich. Le
directeur, depuis 1972, en est M. Martin Broszat. Collaborateur de cet
institut ds 1955, M. Broszat devait se rendre clbre par la publication
(partielle !) des prtendus mmoires de Rudolf Hss, en 1958. Or, le 19
aot 1960, cet historien devait annoncer ses compatriotes bahis quen
dfinitive il navait jamais exist de chambre gaz dans tout lancien
Reich mais seulement en quelques points choisis , avant tout (?) en
quelques points de Pologne, dont Auschwitz-Birkenau. Cette nouvelle
surprenante, il prenait le parti de lannoncer dans une simple lettre
lhebdomadaire Die Zeit. Le titre donn la lettre tait singulirement
restrictif : Keine Vergasung in Dachau (pas de gazage Dachau).
M. Broszat ne fournissait, lappui de ses affirmations, pas la moindre
preuve. Aujourdhui, prs de dix-huit ans aprs sa lettre, ni lui, ni ses
g. M
gr
Piguet, Prison et dportation, p. 77.
collaborateurs nont encore apport la moindre explication ce mystre. Il se-
rait pourtant du plus haut intrt de savoir :
comment M. Broszat prouve que les chambres
gaz de lancien Reich sont des impostures ;
comment il prouve que les chambres gaz de
Pologne ont t relles ;
pourquoi les preuves , les certitudes , les tmoi-
gnages rassembls sur les camps qui, gographique-
ment nous sont proches, nont soudain plus de valeur,
alors que les preuves , les certitudes , les
tmoignages rassembls sur les camps de Pologne
resteraient vrais.
Par une sorte daccord tacite, pas un historien officiel na publiquement
soulev ces questions. Combien de fois dans l'histoire de lhistoire sen
est-on remis la pure et simple affirmation dun seul historien ?
Mais venons-en aux chambres gaz de Pologne.
Pour affirmer quil a exist des chambres gaz Belzec ou Treblinka, on
se fonde essentiellement sur le rapport Gerstein . Ce document dun S.S.
quon a suicid (?) en 1945 la prison du Cherche-Midi
h
fourmille de
telles absurdits quil est depuis longtemps discrdit aux yeux des historiens.
Ce rapport na dailleurs jamais t publi, y compris dans les documents
du Nuremberg Military Tribunal, que sous des formes irrecevables (avec
troncations, adultrations, rewritings). Il na jamais t publi avec ses
aberrantes annexes (le brouillon en franais, les Ergnzungen ou com-
plments en allemand).
Pour ce qui est de Majdanek, la visite des lieux simpose. Elle est, sil se
peut, encore plus concluante que celle du Struthof. Je publierai un dossier sur
la question.
Pour Auschwitz et Birkenau, on dispose essentiellement des mmoires de
R. Hss, rdigs sous la surveillance de ses geliers polonais
i
. Sur place on
ne trouve quun local rekonstruiert et des ruines.
Une excution par le gaz na rien voir avec une asphyxie suicidaire ou
accidentelle. Dans le cas dune excution, le gazeur et son entourage ne
doivent pas courir le moindre risque. Aussi, pour leurs excutions, les
Amricains emploient-ils un gaz sophistiqu, et ceci dans un espace trs
rduit et hermtiquement clos. Aprs usage, le gaz est aspir et neutralis.
Les gardiens doivent attendre plus dune heure pour pntrer dans le petit
local.
h. Voyez la rflexion du mdecin-lgiste rapporte par Pierre Joffroy dans LEs-
pion de Dieu, p. 262.
i. [R. Hss], Kommandant in Auschwitz, Autobiographische Aufzeichnungen ;
voyez, sur les gazages, les p. 126 et 166. L'entre de lquipe dans la chambre
gaz se fait sofort , cest--dire immdiatement (p. 166).
Aussi se demande-t-on comment Auschwitz-Birkenau, par exemple, on
pouvait faire tenir deux mille hommes dans un local de deux cent dix mtres
carrs (!), puis dverser (?) sur eux des granuls du trs violent insecticide
Zyklon B ; enfin instantanment aprs la mort des victimes, envoyer,
sans masque gaz, dans ce local satur dacide cyanhydrique une quipe pour
en extraire les cadavres cyanurs. Deux documents
j
des archives industrielles
allemandes rpertories par les Amricains Nuremberg nous apprennent
dailleurs que le Zyklon B adhrait aux surfaces, ne pouvait se ventiler par
ventilation force, et exigeait une aration de prs de vingt-quatre heures, etc.
Dautres documents quon ne trouve que sur place, aux archives du muse
dOswiecim
k
, et qui nont jamais t dcrits nulle part, montrent par ailleurs
que ce local de deux cent dix mtres carrs, aujourdhui ltat de ruines,
ntait quune morgue rudimentaire ( Leichenkeller ), enterre (pour la
protger de la chaleur) et pourvue dune seule et modeste porte dentre et de
sortie.
Sur les crmatoires dAuschwitz (comme, dune faon gnrale, sur tout le
camp), on possde une surabondance de documents, y compris les factures, au
pfennig prs. En revanche, sur les chambres gaz on ne possde rien : ni
un ordre de construction, ni une tude, ni une commande, ni un plan, ni une
facture, ni une photographie. Lors de cent procs, rien de ce genre na pu tre
produit.
Jtais Auschwitz et je peux vous assurer quil ne sy trouvait pas de
"chambre gaz. A peine coute-t-on les tmoins dcharge qui ont le
courage de prononcer cette phrase. On les poursuit en justice. Encore
aujourdhui, quiconque, en Allemagne, porte tmoignage en faveur de Thies
Christophersen, qui a crit Le Mensonge dAuschwitz
m
, risque une
condamnation pour outrage la mmoire des morts .
Au lendemain de la guerre, les Allemands, la Croix-Rouge internationale, le
Vatican (lui, pourtant, si bien renseign sur la Pologne), tous dclaraient
piteusement, avec bien dautres : Les "chambres gaz" ? Nous ne savions
pas.
Mais, demanderais-je aujourdhui, comment peut-on savoir les choses quand
elles nont pas exist ?
Il na pas exist une seule chambre gaz dans un seul camp de
concentration allemand : telle est la vrit.
j. Ces deux longs documents, dune importance capitale, non exploits, semble-t-
il, lors des procs Gerhardt Peters (directeur de la Degesch), sont cots NI-9098 et
NI-9912. Ils annihilent, sans rplique possible, le tmoignage de Hss sur les
chambres gaz .
k. Photos Ng. 6228 sq.
l. Cas Wilhelm Stglich, par exemple (voy. louvrage de Butz, s.v.).
m. Die Auschwitz-Lge , n 23 de Kritik, 2341 Klberhagen ; Post Mohrkirch,
All., 1974, suivi de Der Auschwitz Betrug , n 27 (Das Echo an die Auschwitz Lge).
Cette inexistence des chambres gaz est accueillir comme une bonne
nouvelle quon aurait tort de tenir plus longtemps cache. De mme que
dnoncer Fatima comme une imposture, ce nest pas attaquer une religion,
de mme dnoncer les chambres gaz comme un mensonge historique, ce
nest pas sen prendre aux dports. Cest rpondre au devoir dtre vrai.
______
[Publi dans Dfense de l'Occident, juin 1978, p. 32-40, et reproduit
dans VHVP, p. 83-89.]
Robert Faurisson a fait suivre cet article dun complment polyco-
pi quil a envoy, avec le texte, diffrentes personnalits :
Compl ment
A.- Conclusions (de trente ans de recherches) des auteurs rvision-
nistes :
1. Les chambres gaz hitlriennes nont jamais exist.
2. Le gnocide (ou : la tentative de gnocide ) des juifs na jamais eu
lieu, en clair, jamais Hitler na donn lordre (ni admis) que quiconque ft tu
en raison de sa race ou de sa religion.
3. Les prtendues chambres gaz et le prtendu gnocide sont un seul
et mme mensonge.
4. Ce mensonge, qui est dorigine essentiellement sioniste, a permis une
gigantesque escroquerie politico-financire dont ltat dIsral est le principal
bnficiaire.
5. Les principales victimes de ce mensonge et de cette escroquerie sont le
peuple allemand et le peuple palestinien.
6. La force colossale des moyens dinformation officiels a, jusquici, assur
le succs du mensonge et censur la libert dexpression de ceux qui
dnonaient ce mensonge.
7. Les partisans du mensonge savent maintenant que leur mensonge vit ses
dernires annes ; ils dforment le sens et la nature des recherches
rvisionnistes ; ils nomment rsurgence du nazisme ou falsification de
lhistoire ce qui nest quun juste retour au souci de la vrit historique.
B.- Mes publications et une intervention officielle :
1. Une lettre Historama (nov. 1975, p. 10) sur lexpression N.N.
(laquelle na jamais signifi Nacht und Nebel = Nuit et Brouillard ,
mais Nomen Nescio = Anonyme ; dans la pratique, interdiction faite
certains dports de recevoir ou denvoyer du courrier).
2. Fragments dune lettre Historia (aot 1977, p. 132) : Limposture du
gnocide .
3. Le 29 janvier 1978, au colloque national de Lyon sur : glises et
chrtiens de France dans la deuxime guerre mondiale , intervention sur
limposture des chambres gaz (voy. Rivarol, 16 fvrier 1978, p. 5).
C.- Quelques-unes de mes fiches techniques :
1. Bibliographie du problme des chambres gaz .
2. Mes enqutes au Struthof (1974), Majdanek (1975), Auschwitz (1975
et 1976) : 120 photographies.
3. Des annes de recherche au Centre de documentation juive contemporaine
de Paris.
4. Consultations des historiens spcialiss.
5. Procs de criminels de guerre . Les stnogrammes du procs
Eichmann .
6. Linsecticide Zyklon B .
7. Le Protocole de Wannsee .
8. Solution finale signifiait refoulement lEst .
9. Une visite, en sept. 1944, du reprsentant de la Croix-Rouge internationale
au camp dAuschwitz : dnaturations en tous genres du rapport original.
10. Le rapport Gerstein et Lon Poliakov ou Georges Wellers.
11. Les Mmoires de R. Hss uvre de J. Sehn, revue et corrige par
Martin Broszat.
12. Les chambres gaz visitables Majdanek : une arme du crime
jamais expertise (idem pour toutes les chambres gaz visitables).
13. Les aveux .
14. Six millions dassassins ou cinq cent mille morts par tous faits de
guerre ? Le Comit dhistoire de la Deuxime guerre mondiale (Henri
Michel et Claude Lvy) refuse de publier les rsultats globaux de sa propre
enqute sur les dports de France, par crainte des associations de dports .
15. Le Mmorial de la dportation des Juifs de France par Serge Klarsfeld :
une uvre tardive, htive, dpourvue de garantie scientifique ; un quart des
juifs de France a t dport ou refoul vers lEst ; l'auteur na pas
cherch dterminer srieusement le nombre des morts ; il ose dclarer
morts ou gazs tous les dports de France (la plupart provenaient de
lEst) qui ne sont pas revenus ds 1945 (!) se dclarer vivants soit nos
services (le chiffre du ministre des Anciens combattants est officieux ),
soit aux services officiels belges !!! Les journaux prsentent ce mmorial
comme un annuaire de la mort , un monument aux morts . Lauteur a
fait ce quil fallait pour entretenir lquivoque.
16. Les retombes politico-financires du gnocide .
17. La presse franaise devant le droit au doute et la recherche.
18. Comment travaille le journaliste Pierre Viansson-Pont du Monde.
19. Le gnocide la tlvision franaise.
20. Luniversit franaise et la tradition des procs de sorcellerie.
16 juin 1978
[Avertissement]
A la lecture de ces pages, certains pourront interprter mes ides comme une
tentative dapologie du national-socialisme.
En ralit pour des raisons que je nai pas exprimer ici la personne, les
ides ou la politique dHitler me sduisent aussi peu que celles dun Napolon
Bonaparte. Je refuse simplement de croire la propagande des vainqueurs, pour
qui Napolon tait l'Ogre tandis que Hitler aurait t Satan ou
Amalec .
Il doit tre entendu pour tout le monde que le seul souci qui manime dans
mes recherches est celui de la vrit ; jappelle vrit ce qui est le contraire
de lerreur et du mensonge.
Je tiendrai pour diffamation toute imputation ou insinuation de nazisme.
En consquence, jinvite la rflexion toute personne physique ainsi que
toute personne morale, de droit public ou de droit priv, qui, par ses propos,
discours, crits ou actions, me contraindrait davoir recours la loi.
Des copies de ces pages seront envoyes des instances juridiques et
administratives, ainsi qu des journaux, groupements et associations.
[Publi dans VHVP, p. 89-90.]
***
1978
Falsification de photographie par mutilation
Les accusateurs de l'Allemagne utilisent souvent une photographie montrant
un soldat allemand qui parat tirer au fusil sur une femme en train de porter
un enfant.
Or, cette photographie est tronque.
La photographie complte montre, mon avis, que ce soldat, au contraire,
cherche protger cette femme et son enfant. Il semble tirer gauche de la
femme qui, elle, court s'abriter vers un endroit o cinq personnes sont dj en
train de se terrer. Au pied du soldat on croit deviner un corps couch ou
abattu.
On trouvera la photographie non mutile dans :
Hitler Aufstieg und Untergang des Dritten Reiches,
p. 156-157. La photographie est dpourvue de lgende.
Heinrich Himmler Geheimreden 1933 bis 1945 und
andere Ansprachen, trente-quatrime photographie aprs
la page 192. La lgende porte : Ermordung einzelner
oder Massenexekutionen (Sosnowitz 1939) [Assassinat
individuel ou excutions massives].
On trouvera la photographie mutile dans :
Heinrich Himmler. Discours secrets, photographie
n 13. Il s'agit de la traduction du prcdent ouvrage. Ici
la photographie est dlibrment tronque : on ne voit
pas les cinq personnes en train de se terrer. La lgende
porte : Massacre de la population polonaise,
Sosnowiec, 1939, R.S.W., Prague.
Pour ce qui est de ces deux derniers ouvrages, ils constituent en eux-mmes
une assez belle collection de faux en tous genres. Les discours en question
n'taient pas secrets ; encore le titre allemand ajoute-t-il : et autres
allocutions ; le titre franais, lui, donne entendre que tous les textes en
question taient des discours secrets. Le choix des textes est orient, les
intertitres sont la plupart du temps invents de toutes pices, les traductions
en franais sont falsifies.
En mutilant cette photographie on est parvenu faire croire l'exact contraire
de la ralit puisque ce soldat allemand, loin de chercher tuer une femme et
un enfant, veut les protger. De la mme faon, si les Allemands utilisaient
le Zyklon B, c'tait pour protger les sants, y compris celles des juifs en
camps de concentration, et non pour tuer !
N. B. : Mme si on pouvait me contester tel ou tel point de mon in-
terprtation de la photographie intgrale, il reste que la mutilation de
cette photographie rpond manifestement un souci de faire dire cette
photographie ce qu'elle ne dit pas car, sinon, pourquoi la mutiler ?
[Voy. le cahier photographique paratre.]
***
Aot 1978
Le Journal dAnne Frank est-il authentique ?
1. Le Journal dAnne Frank est-il authentique ? Depuis deux ans cette
question est inscrite au programme officiel de mon sminaire de Critique de
textes et documents . (Ce sminaire est rserv des tudiants de quatrime
anne, dj pourvus dune licence.)
2. Le Journal dAnne Frank est une supercherie. Telle est la conclusion de
nos tudes et de nos recherches. Tel est le titre du livre que je publierai.
3. Pour tudier la question pose et lui trouver une rponse, jai procd aux
investigations suivantes :
[Chapitre premier] Critique interne : le texte mme du
Journal (texte hollandais) recle une quantit
inexplicable de faits invraisemblables ou inconcevables.
(Alinas 4-12.)
[Chapitre II] tude des lieux Amsterdam : dune part,
les impossibilits matrielles, et, dautre part, les
explications forges par le pre dAnne Frank
compromettent gravement ce dernier. (Alinas - 7 avec,
en annexe n 1, des documents photographiques.)
[Chapitre III] Audition du principal tmoin : M. Otto
Frank ; cette audition sest rvle accablante pour le
pre dA. Frank. (Alinas 18-47.)
[Chapitre IV] Examen bibliographique : de curieux
silences et de curieuses rvlations. (Alinas 48-55.)
[Chapitre V] Retour Amsterdam pour une nouvelle
enqute : laudition des tmoins se rvle dfavorable
M. Frank ; la vrit probable (Alinas 56-63.)
[Chapitre VI] Le dnonciateur et larrestateur des
Frank : pourquoi M. Frank a-t-il voulu leur assurer un
tel anonymat ? (Alinas 64-67 1, avec annexe n 2 :
Confidentiel .)
[Chapitre VII] Confrontation entre le texte hollandais et
le texte allemand : voulant trop en faire M. Frank sest
trahi ; il a sign une supercherie littraire. (Alinas 72-
103.)
Chapitre premier
4. Critique interne : le texte mme du Journal (texte hollandais) recle
une quantit inexplicable de faits invraisemblables ou inconcevables.
5. Prenons lexemple des bruits. Les clandestins, nous dit-on, ne doivent pas
faire le moindre bruit. Cest au point que, sils toussent, ils prennent vite de
la codine. Les ennemis pourraient les entendre. Les murs sont tellement
minces (25 mars 43). Ces ennemis sont trs nombreux : Lewin qui
connat limmeuble comme sa poche (1
er
octobre 42) les hommes du
magasin, les clients, les livreurs, le facteur, la femme de mnage, le gardien
de nuit Slagter, les plombiers, le service dhygine , le comptable, la
police qui multiplie les perquisitions, les voisins proches ou loigns, le
propritaire, etc. Il est donc invraisemblable et mme inconcevable que
M
me
Van Daan ait pour habitude de passer laspirateur chaque jour 12 h 30
(5 aot 43). Les aspirateurs de lpoque taient, de plus, particulirement
bruyants. Je demande : Comment cela est-il concevable ? Ma question
nest pas de pure forme. Elle nest pas oratoire. Elle na pas pour but de
manifester un tonnement. Ma question est une question. Il faut y rpondre.
Cette question pourrait tre suivie de quarante autres questions concernant les
bruits. Il faut expliquer, par exemple, lusage dun rveille-matin (4 aot
43). Il faut expliquer de bruyants travaux de menuiserie : suppression de
marches de bois, transformation dune porte en armoire tournante (21 aot
42), fabrication dun lustre en bois (7 dcembre 42). Peter fend du bois au
grenier devant la fentre ouverte (23 fvrier 44). Il est question de fabriquer
avec le bois du grenier des tagres et autres charmantes bricoles
(11 juillet 42). Il est mme question de construire au grenier un cagibi
pour y travailler (13 juillet 43). Il y a le bruit presque constant de la radio,
des portes claques, des cris interminables (6 dcembre 1943), les dispu-
tes, les cris, les hurlements, un fracas de jugement dernier (9 novembre
42), Un vacarme sensuivit []. Jtais plie en deux de rire (10 mai 44).
Lpisode rapport le 2 septembre 1942 est inconciliable avec la ncessit
dtre silencieux et discret. On y voit les clandestins table. Ils bavardent et
rient. Tout coup un sifflement perant se fait entendre. Et on entend la voix
de Peter qui crie, par le tuyau du pole, quil ne descendra certainement pas.
M. Van Daan se lve, sa serviette tombe et, le visage en feu, il crie : Cen
est assez. Il monte au grenier et l, coups et frappements de pieds.
Lpisode rapport le 10 dcembre 1942 est du mme genre. On y voit
M
me
Van Daan soigne par le dentiste Dussel. Celui-ci lui touche, de son
crochet, une dent malade. M
me
Van Daan lance alors des sons invraisem-
blables . Elle essaye darracher le petit crochet. Le dentiste regarde la scne,
les mains sur les hanches. Les autres spectateurs sont tous pris de fou rire .
Anne, au lieu de manifester la moindre angoisse devant ces cris ou ce fou
rire, dclare : a, ctait vache, car je suis sre que jaurais cri encore bien
plus fort quelle.
6. Les remarques que je fais ici propos des bruits, je pourrais les rpter
propos de toutes les ralits de la vie matrielle et morale. Le Journal
prsente mme cette particularit que pas un domaine de la vie qui y est vcue
nchappe la rgle dinvraisemblance, dincohrence, dabsurdit. Ds leur
arrive dans leur cachette, les Frank, pour cacher leur prsence, installent des
rideaux. Or, installer des rideaux des fentres qui nen possdaient pas
jusqualors, nest-ce pas le meilleur moyen de signaler son arrive ? Nest-ce
pas le cas, en particulier, si ces rideaux sont faits de pices bigarres
(11 juillet 42) ? Pour ne pas trahir leur prsence, les Frank brlent leurs
ordures. Mais, ce faisant, ils signalent leur prsence par la fume qui
schappera du toit dune demeure qui est cense tre inhabite ! Ils font du
feu pour la premire fois le 30 octobre 1942, alors quils sont arrivs dans
les lieux le 6 juillet. On se demande ce quils ont pu faire des ordures de 116
jours dt. Je rappelle, dautre part, que les apports de nourriture sont
normes. En rgime normal, les clandestins et leurs htes, consomment
chaque jour huit petits djeuners, huit douze djeuners et huit dners. En
neuf passages du livre, on fait allusion une nourriture mauvaise, mdiocre
ou insuffisante. Ailleurs, la nourriture est abondante et dlicieuse . Les
Van Daan dvorent et Dussel absorbe des quantits normes de
nourriture (9 aot 43). On fabrique sur place des saucisses et des saucissons,
des conserves de fraises et des confitures en bocaux. Eau-de-vie ou alcool,
cognac, vins et cigarettes ne semblent pas non plus manquer. Le caf est si
peu rare quon ne comprend pas que lauteur, numrant (23 juillet 43) ce que
chacun voudra faire le jour o il pourra quitter la cachette, dise que le vu le
plus cher de M
me
Frank sera davoir une tasse de caf. Voici, dautre part,
en fvrier 1944 le terrible hiver 1943-1944 linventaire des rserves dis-
ponibles pour les seuls clandestins, lexclusion de tout cohabitant ami ou
ennemi : 30 kg de bl, peu prs 30 kg de haricots et dix livres de pois,
cinquante botes de lgumes, dix botes de poisson, quarante botes de lait, 10
kg de lait en poudre, trois bouteilles dhuile, quatre bocaux de beurre sal,
quatre idem de viande, deux bouteilles de fraises, deux bouteilles de
framboises la groseille, vingt bouteilles de tomates, dix livres de flocons
davoine, huit livres de riz. Il entre, dautres moments, des sacs de lgumes
pesant chacun vingt-cinq kilos, ou encore un sac de dix-neuf livres de petits
pois frais (8 juillet 44). Les livraisons sont faites par le gentil marchand de
lgumes . Et cela toujours lheure du djeuner (11 avril 44). Cest in-
vraisemblable. Comment, dans une ville par ailleurs dcrite comme affame,
un marchand de lgumes peut-il, en plein jour, quitter sa boutique avec de pa-
reils chargements pour aller les dposer dans un immeuble situ dans un
quartier anim ? Comment ce marchand pouvait-il viter, dans son propre
quartier (il tait du coin ), la rencontre de ses clients normaux pour qui, en
ces temps de disette, il devait normalement tre un personnage quon
recherche et quon sollicite ? Il y a bien dautres mystres propos des autres
marchandises et de la manire dont elles parviennent dans la cachette. Pour
les ftes et les anniversaires des clandestins, les cadeaux abondent : illets,
pivoines, narcisses, jacinthes, pots de fleurs, gteaux, livres, sucreries,
briquet, bijoux, ncessaire raser, jeu de roulette, etc. Je signalerais ce
propos une vritable prouesse ralise par Elli. Celle-ci trouve le moyen dof-
frir des raisins le 23 juillet 1943. Je dis bien : des raisins, Amsterdam, un
23 juillet. On nous en indique mme le prix : cinq florins le kg.
7. Linvention de la porte-armoire est une absurdit. En effet, la partie de
limmeuble qui est cense abriter les clandestins existait bien avant leur
arrive. Donc installer une armoire, cest signaler sinon une prsence, du
moins un changement dans cette partie de limmeuble. Cette transformation
des lieux accompagne du bruit des travaux de menuiserie ne pouvait
chapper aux ennemis et, en particulier, la femme de mnage. Et ce
prtendu subterfuge , destin garer la police en cas de perquisition, est
bien propre, au contraire, lui donner lveil. ( Il y a beaucoup de
perquisitions cause des vlos cachs , dit Anne le 21 aot 1942 et cest
pour cette raison que la porte dentre de la cachette a t ainsi dissimule.)
La police, ne trouvant pas de porte daccs au btiment qui sert de cachette,
stonnerait de cette tranget et dcouvrirait vite quon a voulu la tromper,
puisquelle se trouverait devant un btiment dhabitation sans accs !
8. Invraisemblances, incohrences, absurdits fourmillent galement propos
des points suivants : les fentres (ouvertes et fermes), llectricit (allume et
teinte), le charbon (prlev sur le tas commun sans que les ennemis sen
rendent compte), les ouvertures et fermetures de rideaux ou camouflages,
lusage de leau et des cabinets, les moyens de faire la cuisine, les
mouvements des chats, les dplacements de lavant-maison vers larrire-
maison (et vice-versa), le comportement du gardien de nuit, etc. La longue
lettre du 11 avril 1944 est particulirement absurde. Elle rapporte une affaire
de cambriolage. Soit dit en passant, la police nous y est montre sarrtant
devant la porte-armoire , en pleine nuit, sous la lumire lectrique, la re-
cherche des cambrioleurs qui se sont livrs une effraction. Elle donne des
secousses la porte-armoire . Ces policiers, accompagns du gardien de
nuit, ne saperoivent de rien et ne cherchent pas pntrer dans larrire-
maison ! Comme dit Anne : Dieu doit nous avoir particulirement
protgs !
9. Le 27 fvrier 1943, on nous dit que le nouveau propritaire na
heureusement pas insist pour visiter larrire-maison. Koophuis lui a dit
quil navait pas la cl sur lui et ce nouveau propritaire, pourtant
accompagn dun architecte, na pas examin sa nouvelle acquisition ni ce
jour-l, ni un autre jour.
10. Quand on a toute une anne pour se choisir une cachette (voy. 5 juillet
42), choisit-on son bureau ? Y amne-t-on sa famille ? Et un collgue ? Et
la famille de ce collgue ? Choisit-on ainsi un endroit plein d ennemis et
o la police et les Allemands viendront automatiquement vous chercher sils
ne vous trouvent plus votre domicile ? Ces Allemands, il est vrai, ne sont
gure curieux. Le 5 juillet 1942 (un dimanche), le pre Frank ( moins que ce
ne soit Margot ? !) a reu une convocation des SS (voy. la lettre du 8
juillet 1942). Cette convocation naura pas de suite. Margot, recherche
par les SS, se rend vers la cachette bicyclette, et cela le 6 juillet, alors que,
daprs la premire des deux lettres du 20 juin, les juifs se sont vu confisquer
leurs bicyclettes depuis un certain temps.
11. Pour contester lauthenticit du Journal, on pourrait invoquer des
arguments dordre psychologique, littraire et historique. Je men abstiendrai
ici. Je ferai simplement remarquer que les absurdits matrielles sont si
graves et si nombreuses quelles ont une rpercussion dordre psychologique,
littraire et historique.
12. Il ne faudrait pas attribuer limagination de lauteur ou la richesse de
sa personnalit des choses qui sont, en ralit, inconcevables. Est
inconcevable ce dont lesprit ne peut se former aucune reprsentation parce
que les termes qui le dsignent enveloppent une impossibilit ou une
contradiction, par exemple : un rond carr . Celui qui dit quil a vu un rond
carr, dix ronds carrs, cent ronds carrs, ne tmoigne ni dune imagination
fertile, ni dune riche personnalit. Car, en fait, ce quil dit et rien sont
exactement la mme chose. Il fait la preuve de sa pauvret dimagination.
Cest tout. Les absurdits du Journal sont celles dune pauvre imagination
qui se dveloppe en dehors dune exprience vcue. Elles sont dignes dun
mauvais roman ou dun pauvre mensonge. Toute personnalit un tant soit
peu riche renferme ce quil est convenu dappeler des contradictions
psychologiques, morales ou mentales. Je mabstiendrai de dmontrer ici que
la personnalit dAnne ne renferme rien de tel. Sa personnalit est fabrique et
invraisemblable tout comme lexprience que le Journal est cens relater.
Dun point de vue historique, je ne serais pas tonn quune tude des
journaux hollandais, de la radio anglaise et de la radio hollandaise de juin
1942 aot 1944, ne nous prouve une supercherie de la part de lauteur rel
du journal. Le 9 octobre 1942, Anne parle dj de chambre gaz (texte
hollandais : vergassing ) !
Chapitre II
13. tude des lieux Amsterdam : dune part, les impossibilits
matrielles et, dautre part, les explications forges par le pre dAnne Frank
compromettent gravement ce dernier.
14. Quiconque vient de lire le Journal, ne peut normalement que recevoir un
choc en dcouvrant la Maison Anne Frank . Il dcouvre une maison de
verre qui est visible et observable de toutes parts et accessible de ses quatre
cts. Il dcouvre aussi que le plan de la maison, tel quil est reproduit dans
le livre par les soins dOtto Frank, constitue un maquillage de la ralit. Otto
Frank stait bien gard de dessiner le rez-de-chausse et il stait bien gard
de nous dire que la courette de sparation entre lavant-maison et larrire-
maison navait que trois mtres soixante-dix de largeur. Il stait surtout bien
gard de nous signaler que cette mme courette est commune la Maison
Anne Frank (263, Prinsengracht) et la maison situe droite quand on re-
garde la faade (265, Prinsengracht). Grce toute une srie de fentres et de
portes-fentres, les gens du 263 et ceux du 265 vivaient et se dplaaient sous
les yeux et sous le nez (odeurs de cuisine !) de leurs voisins respectifs. Les
deux maisons nen font quune. Dailleurs, le muse regroupe aujourdhui les
deux immeubles. De plus, larrire-maison avait son propre accs grce une
porte donnant, par derrire, sur un jardin. Ce jardin est commun au 263
Prinsengracht et aux gens den face, habitant au 190 Keizersgracht. (Quand
on est dans le muse, on voit fort distinctement ces gens du 190 et,
dailleurs, de bien dautres numros de Keizersgracht.) De ce ct (ct jardin)
et de lautre ct (ct canal), jai dnombr deux cents fentres dimmeubles
anciens par lesquelles ont avait vue sur la Maison Anne Frank . Mme les
habitants du 261 Prinsengracht pouvaient avoir accs, par les toits, au 263.
Cest une drision que de laisser croire la moindre possibilit dune vie
rellement clandestine en ces lieux. Je dis cela en tenant compte, bien
entendu, des transformations apportes aux lieux depuis la guerre. A dix
visiteurs successifs, jai demand, en montrant la vue sur le jardin, comment
Anne Frank avait pu vivre ici cache avec les siens pendant vingt-cinq mois.
Aprs un moment de surprise (car les visiteurs de muse vivent gnralement
dans une sorte dtat dhypnose), chacun des dix visiteurs successifs sest
rendu compte, en quelques secondes, de cette totale impossibilit. Les rac-
tions ont t variables : chez les uns, consternation ; chez dautres, clat de
rire ( My God ! ). Un visiteur, sans doute froiss, ma dit : Ne pensez-
vous pas quil vaut mieux laisser les gens leurs rves ? Personne na
soutenu la thse du Journal, et cela malgr quelques pitoyables explications
fournies par les prospectus ou par les inscriptions du muse.
15. Les explications sont les suivantes : 1 Les ennemis se trouvant dans
une des pices de lavant-maison croyaient que les fentres qui donnaient sur
la courette donnaient directement sur le jardin ; ils ignoraient ainsi lexistence
mme dune arrire-maison ; et, sils ignoraient cela, cest que les fentres
taient occultes de papier noir, pour assurer la conservation des pices
entreposes ; 2 Les Allemands, quant eux, nauraient jamais pens
lexistence dune arrire-maison vu quils ne connaissent pas ce genre de
maison ; 3 La fume du pole nattirait pas lattention vu que dans le
temps cette pice (o il se trouvait) servait de laboratoire la petite usine, o
un pole devait galement brler tous les jours . Les deux premires de ces
trois explications proviennent dune publication de trente-six pages, sans titre
et sans date, imprime par Koersen, Amsterdam. La dernire vient du
prospectus de quatre pages, disponible lentre du muse. Le contenu de ces
deux imprims a reu laval de M. Otto Frank. Or, dans les trois cas, ces
explications nont pas la moindre valeur. Larrire-maison tait visible et
palpable de cent faons par le rez-de-chausse (interdit la visite), par le
jardin, par des couloirs de communication sur quatre niveaux, par les deux
fentres du bureau sur cour, par les immeubles voisins. Certains des
ennemis devaient mme sy rendre pour satisfaire leurs besoins naturels
puisquil ny avait rien pour cela dans lavant-maison. Le rez-de-chausse de
la maison du fond recevait mme des clients de la firme. Quant la petite
usine qui aurait exist dans le temps , en plein cur de ce quartier
rsidentiel et commerant, elle serait reste au moins deux ans sans cracher de
fume, puis, soudain, le 30 octobre 1942, elle se serait remise cracher de la
fume. Et quelle fume ! Jour et nuit ! Hiver comme t, canicule ou pas. A
la vue de tous (et, en particulier, d ennemis comme Lewin qui avait l
autrefois son laboratoire de chimiste), la petite usine se serait remise en
marche ! Mais pourquoi M. Frank sest-il ingni trouver cette explication,
vu que, par ailleurs, larrire-maison est dj dcrite comme une sorte de
maison fantme ?
16. En conclusion de ce point, je dirais que, si je ne me trompe en refusant
toute valeur ces explications , nous avons le droit daffirmer : 1 que des
faits trs graves pour M. Otto Frank restent sans explication ; 2 que M. Otto
Frank est capable daffabulations et mme daffabulations grossires et
mdiocres, comme celles prcisment que jai signales dans ma lecture
critique du Journal. Je demande mon lecteur de retenir cette conclusion. Il
verra plus loin quelle rponse ma personnellement faite M. Otto Frank, en
prsence de sa femme.
17. Pour la documentation photographique concernant la Maison Anne
Frank , voyez la pice intitule : annexe n 1.
Chapitre III
18. Audition du principal tmoin : M. Otto Frank Cette audition
sest rvle accablante pour le pre dAnne Frank.
19. Javais fais savoir M. Frank que je prparais avec mes tudiants une
tude sur le Journal. Je lui avais prcis que ma spcialit tait la critique de
textes et documents et que javais besoin dun entretien prolong. Cet
entretien, M. Otto Frank me la accord avec empressement et cest ainsi que
jai t reu son domicile de Birsfelden, banlieue de Ble, dabord le
24 mars 1977, de 10 h 13 h, puis de 15 h 18 h et, enfin, le lendemain, de
9 h 30 12 h 30. En vrit, le lendemain, rendez-vous avait t fix dans une
banque de Ble. M. Frank tenait retirer dun coffre, en ma prsence, ce quil
appelait les manuscrits de sa fille. Notre entretien sest donc poursuivi ce
jour-l en partie la banque, en partie sur le chemin du retour vers Birsfelden
et, en partie. nouveau, au domicile de M. Frank. Tous les entretiens qui ont
eu lieu son domicile se sont drouls en prsence de sa femme (sa seconde
femme, puisque la premire est morte en dportation, du typhus semble-t-il,
ainsi que Margot, ainsi quAnne). Ds la premire minute de notre entretien,
jai dclar de but en blanc M. et M
me
Frank que javais des doutes sur
lauthenticit du Journal. M. Frank nen a marqu aucune surprise. Il sest
dclar prt me fournir tous les renseignements que je dsirerais. Jai t
frapp, durant ces deux journes, par lextrme amabilit de M. Frank. Malgr
son ge quatre-vingt-huit ans il na jamais pris prtexte de sa fatigue
pour courter notre entretien. Dans le Journal, il est dcrit comme un homme
plein de charme (voy. 2 mars 44). Il inspire confiance. Il sait aller au devant
de dsirs inexprims. Il sadapte remarquablement aux situations. Il adopte
volontiers une argumentation base de sentiments. Il parle beaucoup de
tolrance et de comprhension. Je ne lai vu quune seule fois perdre tout
sang-froid et se montrer mme intransigeant et violent : cest propos de la
cause sioniste, qui doit lui paratre sacre. Cest ainsi quil ma dclar quil
ne mettrait plus jamais les pieds sur le sol de France, puisque, son avis, la
France ne sintresse plus quau ptrole arabe et se moque dIsral. Sur trois
points seulement M. Frank allait manquer sa promesse de rpondre mes
questions. Il est intressant de savoir que ces trois points sont les suivants :
1-adresse dElli, en Hollande ; 2- moyens de retrouver la trace de lemploy
de magasin appel V. M. dans le livre (et dont je savais quil sappelait
probablement Van Maaren) ; 3- moyens de retrouver lAutrichien Karl
Silberbauer qui avait arrt les clandestins, le 4 aot 1944.
20. Pour ce qui est dElli, M. Frank me dclarait quelle tait trs malade et
que, peu intelligente , elle ne pouvait mtre daucun secours. Quant aux
deux autres tmoins, ils avaient eu assez dennuis comme cela, sans que
jaille les importuner par des questions qui leur rappelleraient un pass
douloureux. En revanche, M. Frank me recommandait de me mettre en
rapport avec Kraler (de son vrai nom : Kugler), tabli au Canada, et avec
Miep et son mari, demeurant toujours Amsterdam.
21. En ce qui concerne le Journal lui-mme, M. Frank me dclarait que le
fond en tait authentique. Les vnements relats taient vridiques. Ctait
Anne, et Anne seule, qui avait crit les manuscrits de ce Journal. Comme
tout auteur littraire, Anne avait peut-tre des tendances, soit lexagration,
soit la transformation imaginative, mais tout cela dans des limites
courantes et acceptables, sans que la vrit des faits et en souffrir. Les
manuscrits dAnne formaient un ensemble important. Ce que M. Frank avait
prsent aux diteurs, ce ntait pas le texte de ces manuscrits, le texte
purement original, mais un texte quil avait, en personne, tap la machine :
un tapuscrit . Il avait t oblig de transformer ainsi les divers manuscrits
en un seul tapuscrit pour diffrentes raisons. Dabord, les manuscrits
prsentaient des redites. Ensuite, ils contenaient des indiscrtions. Puis, il y
avait des passages sans intrt. Enfin, il y avait des omissions ! M. Frank,
devant ma surprise, me donnait lexemple suivant (un exemple sans doute
anodin, mais ny en avait-il pas de plus graves, quil me cachait ?) : Anne
aimait beaucoup ses oncles ; or, dans son Journal, elle avait omis de les citer
parmi les personnes quelle chrissait ; alors, M. Frank avait rpar cette
omission en citant les oncles dans le tapuscrit . M. Frank me disait
quil avait chang des dates ! Il avait galement chang les noms des
personnages. Ctait Anne elle-mme parat-il, qui avait pens sans doute
ces changements de noms. Elle avait envisag lventualit dune
publication. M. Frank avait retrouv, sur un bout de papier, la liste des vrais
noms avec leurs quivalents de faux noms. Anne aurait mme imagin dap-
peler les Frank du nom de Robin. M. Frank avait retranch des manuscrits
certaines indications du prix des choses. Mieux : se trouvant du moins pour
certaines priodes, devant deux tats diffrents du texte, il lui avait fallu
combiner (le mot est de lui) deux textes en un seul texte. Rsumant
toutes ces transformations, M. Frank me dclarait finalement : Ctait une
tche difficile. Jai fait cette tche selon ma conscience.
22. Les manuscrits que M. Frank ma prsents comme tant ceux de sa fille
forment un ensemble impressionnant. Je nai pas eu le temps de les regarder
de prs. Je me suis fi la description qui men a t faite et que je
rsumerais de la faon suivante :
la premire date est celle du 12 juin 1942 ; la dernire
est celle du 1
er
aot 1944 (trois jours avant
larrestation) ;
pour la priode allant du 12 juin 1942 au 5 dcembre
de la mme anne (mais cette date ne correspond
aucune lettre imprime), on dispose dun petit cahier
couverture de toile, quadrill rouge, blanc, brun ( cahier
cossais ) ;
pour la priode allant du 6 dcembre 1942 au 21
dcembre 1943, on ne possde pas de cahier particulier
(mais voyez, plus loin, les feuillets volants ). Ce
cahier aurait t perdu ;
pour la priode allant du 2 dcembre 1943 au 17 avril
1944, puis pour celle allant de cette mme date du 17
avril 1944 (!) la dernire lettre (1
er
aot 1944), deux
cahiers noirs cartonns, couverts de papier brun.
23. A ces trois cahiers et au cahier manquant sajoute : un ensemble de trois
cent trente-huit feuillets volants pour la priode allant du 20 juin 1942 au
29 mars 1944. M. Frank dit que ces feuillets constituent une reprise et un
remaniement, par Anne elle-mme, de lettres qui taient contenues, sous une
premire forme, dans les cahiers susmentionns : le cahier cossais , le
cahier manquant, le premier des deux cahiers noirs.
24. Le total, jusqu prsent, de ce quAnne aurait crit durant ses vingt-cinq
mois de clandestinit est donc de cinq volumes. A ce total il convient
dajouter le recueil des Contes. Ces Contes auraient t invents par Anne.
Le texte se prsente comme une parfaite mise au net. Cette mise au net ne
peut quimpliquer au pralable un travail de rdaction au brouillon. Anne
aurait donc noirci beaucoup de papier !
25. Je nai pas comptence en matire de graphologie et je ne peux donc
porter de jugement en la matire. Je peux seulement donner ici mes
impressions. Mes impressions ont t que le cahier cossais contenait des
photos, des images et des dessins ainsi quune varit dcritures trs
enfantines, dont le dsordre et la fantaisie paraissent authentiques. Il faudrait
voir de prs lcriture des textes qui ont t prlevs par M. Frank pour
constituer tout le dbut du Journal. Les autres cahiers et lensemble des trois
cent trente-huit feuillets volants sont de ce que jappellerais : une criture
dadulte. Quant au manuscrit des Contes, il ma vivement surpris. On dirait
luvre dun comptable chevronn, et non pas le travail dune enfant de
quatorze ans. La table des matires se prsente comme un rpertoire des
Contes avec, pour chaque pice, sa date de rdaction, son titre, sa page de ren-
voi !
26. M. Frank fait grand cas des conclusions de deux expertises rclames vers
1960 par le procureur de Lbeck pour instruire laffaire dun enseignant
(Lothar Stielau), qui, en 1959, avait mis des doutes sur lauthenticit du
Journal
1
. M. Frank avait dpos une plainte contre cet enseignant.
Lexpertise graphologique avait t confie M
m
Minna Becker. M
me
Annemarie Hbner avait t charge de dire si les textes imprims en
hollandais et en allemand taient fidles au texte des manuscrits. Les deux
expertises, dposes en 1961, staient rvles favorables M. Frank.
27. Mais, en revanche, ce que M. Frank ne me rvlait pas et que je devais
apprendre bien aprs ma visite et par une voie allemande cest que le
procureur de Lbeck avait dcid une troisime expertise. Pourquoi une
troisime expertise ? Et sur quel point, tant donn que, selon toute
1. Cas 2 Js 19/59, VU 10/59.
apparence, tout le champ possible dune enqute tait explor par la
graphologue et par M
me
Hbner ? La rponse ces questions est la suivante :
le procureur stait avis de ce quune expertise du genre de celle de
M
me
Hbner risquait de donner raison, dans les faits, Lothar Stielau. Au vu
des premires analyses, il allait tre impossible de dclarer que le Journal tait
dokumentarisch echt . Peut-tre pourrait-on le dclarer literarisch echt
(!). Le romancier Friedrich Sieburg allait tre charg de rpondre cette
curieuse question.
28. De ces trois expertises, seule maurait vraiment intress celle de M
me
Hbner. Le 20 janvier 1978, une lettre de M
me
Hbner me laissait esprer que
jobtiendrais une copie de son expertise. Peu de temps aprs, M
me
Hbner ne
rpondant pas mes lettres, je lui faisais tlphoner par un ami allemand. A
ce dernier, elle faisait savoir que laffaire tait dlicate, tant donn quun
procs sur la question du Journal tait actuellement en cours Francfort .
Elle ajoutait quelle stait mise en rapport avec M. Frank. Daprs le peu
dlments que je possde sur le contenu de ce rapport dexpertise, ce dernier
ferait tat dune grande quantit de faits intressants au point de vue de la
comparaison des textes (manuscrits, tapuscrit , texte hollandais, texte al-
lemand). M
me
Hbner y mentionnerait de trs nombreuses omissions
(Auslassungen), additions (Zustze), interpolations (Interpolationen).
Elle parlerait de texte remani pour les ncessits dune publication
(berarbeitet). Elle irait, par ailleurs, jusqu nommer des personnes qui
auraient apport leur collaboration (Zusammenarbeit) M. Frank dans sa
rdaction du tapuscrit . Ces personnes seraient Isa Cauvern et son mari
Albert Cauvern. M
me
Anneliese Schtz, pour sa part, aurait collabor
ltablissement du texte allemand, au lieu de se contenter dun rle de
traductrice.
29. En dpit de ces faits relevs par elle-mme, M
me
Hbner aurait conclu
lauthenticit du Journal (texte imprim hollandais et texte imprim
allemand). Elle aurait donc port le jugement suivant : Ces faits ne sont pas
graves . Ce jugement ne peut que lui tre personnel. L est toute laffaire.
Qui nous assure quun tout autre jugement ne pourrait tre port sur les faits
signals par lexperte ? Et puis, pour commencer, lexperte a-t-elle fait
preuve dimpartialit et desprit rellement scientifique en nommant les faits
comme elle les a nomms ? Ce quelle a nomm, par exemple,
interpolations (mot dapparence scientifique et de porte ambigu), ne
serait-il pas appel par dautres retouches , remaniements ,
intercalations (mots plus exacts sans doute, et plus prcis) ? De la mme
faon, des mots comme additions et, surtout, omissions sont neutres
en apparence, mais, en ralit, ils recouvrent des ralits confuses : une addi-
tion ou une omission peuvent tre honntes ou malhonntes ; elles
peuvent ne rien changer dimportant un texte ou bien, au contraire, laltrer
profondment. Dans le cas particulier qui nous intresse ici, ces deux mots
ont une apparence franchement bnigne !
30. En tout cas il est impossible de tenir ces trois expertises (Becker, Hbner
et Sieburg) pour probantes ou non, tant donn quelles nont pas t
examines par un tribunal. En effet, pour des raisons que jignore, M. Frank
devait retirer sa plainte contre Lothar Stielau. Si mes renseignements sont
exacts, ce dernier acceptait de verser 1.0 0 DM sur les 15.712 de frais de
procdure engags. Je suppose que M. Frank a vers au tribunal de Lbeck
ces 1.000 DM et quil a ajout cette somme 14.712 DM pour sa propre
part. Je crois me rappeler que M. Frank ma dit que Lothar Stielau avait, de
plus, accept de lui prsenter des excuses crites. Lothar Stielau avait perdu
son emploi denseignant par la mme occasion. M. Frank ne ma pas parl
du coaccus de Lothar Stielau : Heinrich Buddeberg. Peut-tre ce dernier a-t-il
eu, lui aussi, 1.000 DM verser et des excuses prsenter.
31. Je ne mattarde ici ces affaires dexpertises que parce que, lors de notre
entrevue, M. Frank sy tait lui-mme attard, tout en ne mentionnant pas
certains faits importants (par exemple, lexistence dune troisime expertise),
et tout en me prsentant les deux expertises comme probantes. Laffaire des
manuscrits ne mintressait pas non plus outre mesure. Je savais que je
naurais pas le temps de les examiner de prs. Ce qui mintressait au premier
chef, ctait de savoir comment M. Frank mexpliquerait la quantit
inexplicable de faits invraisemblables ou inconcevables que javais relevs
dans la lecture du Journal. Aprs tout, que mimportait que des manuscrits,
mme dclars authentiques par des experts, contiennent ce genre de faits, si
ces faits ne peuvent avoir exist ? Or, M. Frank devait se rvler incapable
de me fournir la moindre explication. A mon avis, il sattendait voir
contester lauthenticit du Journal par les arguments habituels dordre
psychologique, littraire ou historique. Il ne sattendait pas des arguments
de critique interne portant sur des ralits de la vie matrielle : des ralits qui,
comme on le sait, sont ttues . Dans un moment de dsarroi, M. Frank
devait dailleurs me dclarer : Mais je nai jamais pens ces affaires
matrielles !
32. Avant den venir des exemples prcis de ce dsarroi je dois la vrit de
dire qu deux reprises, M. Frank allait me donner une bonne rponse, et cela
propos de deux pisodes que je nai pas cits jusquici, prcisment parce
quils allaient trouver une explication. Le premier pisode mtait
incomprhensible cause dune petite omission de la traduction franaise (je
ne possdais pas, lpoque, le texte hollandais). Le second pisode, lui,
mtait incomprhensible cause dune erreur qui figure dans tous les textes
imprims du Journal. L o, la date du 8 juillet 1944, il est question du
marchand de lgumes, le manuscrit donne : la marchande de lgumes . Et
cest heureux, car un lecteur attentif du livre sait fort bien que le marchand de
lgumes en question na pas pu livrer aux clandestins dix-neuf livres de
petits pois frais (!) le 8 juillet 1944 pour la bonne raison quil a t arrt
quarante-cinq jours auparavant par les Allemands pour un motif des plus
graves (il avait deux juifs chez lui). Ce motif lavait mis au bord de
labme (25 mai 1944). On concevait mal quun marchand de lgumes sorte
de labme pour livrer ainsi dautres juifs une telle quantit de
marchandise compromettante. A vrai dire, on ne le conoit pas beaucoup
mieux de lpouse du malheureux, mais le fait est l, le texte du manuscrit
nest pas absurde comme celui des imprims hollandais, franais, allemand,
anglais La rdaction du manuscrit avait t plus soigne. Il reste que
lerreur des imprims ntait peut-tre pas une erreur, mais bel et bien une
correction dlibre et malencontreuse, du manuscrit. On lit, en effet, dans
limprim hollandais : [] van der groenteboer om de hoek, 19 pond [crie
Margot] ; et Anne rpond : Dat is aarding van hem. Autrement dit, Margot
et Anne emploient le masculin deux reprises : [] du marchand de lgu-
mes du coin, 19 livres . Rponse dAnne : Cest gentil de lui. Pour ma
part, je tirerais deux autres conclusions de cet pisode : 1 La critique interne
portant sur la cohrence dun texte permet de dtecter des anomalies qui se
rvlent tre de vraies anomalies ; 2- Un lecteur du Journal serait en droit,
arriv la lecture de cet pisode du 8 juillet 1944, de dclarer absurde un livre
o lun des hros ( le gentil marchand de lgumes du coin ) ressurgit du
fond de labme comme on ressuscite de la mort.
33. Ce marchand de lgumes, ma dit M. Frank, sappelait Van der Hoeven.
Dport pour avoir hberg des juifs chez lui, il revint de dportation. Lors de
crmonies commmoratives, il lui est arriv de figurer aux cts de
M. Frank. Jai demand M. Frank si, aprs la guerre, des gens du
voisinage lui avaient dclar : Nous nous sommes douts de la prsence de
clandestins au 263 Prinsengracht. M. Frank ma nettement rpondu que
personne ne stait dout de leur prsence, y compris les hommes du
magasin, y compris Lewin, y compris Van der Hoeven. Ce dernier les aurait
aids sans le savoir !
34. Malgr mes questions ritres sur ce point, M. Frank na pas pu me
dire ce que vendaient ou fabriquaient ses voisins du n 261. Il ne se souvenait
pas quil y et dans sa propre maison, au n 263, une femme de mnage
dcrite dans le livre comme une ennemie potentielle ! Il finit par me
rpondre quelle tait trs, trs vieille et quelle ne venait que trs
rarement, peut-tre une fois par semaine. Je lui dis quelle avait d stonner
de voir tout dun coup linstallation de la porte-armoire sur le palier du
deuxime tage. Il me rpondit que non, tant donn que la femme de mnage
ne venait jamais par l. Cette rponse devait provoquer une premire sorte
daltercation entre M. Frank et son pouse qui assistait notre entretien.
Auparavant, en effet, javais eu la prcaution de me faire prciser par
M. Frank que jamais les clandestins navaient fait de mnage en dehors du
mnage dune partie de larrire-maison. La conclusion logique des deux affir-
mations de M. Frank devenait donc : Pendant vingt-cinq mois, personne na
fait le mnage du palier du deuxime tage. Devant cette invraisemblance,
M
me
Frank intervenait subitement pour dire son mari : Allons donc ! Pas
de mnage sur ce palier ! Dans une factorie ! Mais il y aurait eu de la
poussire haut comme cela ! Ce que M
me
Frank aurait pu ajouter, cest que
ce palier tait cens servir de lieu de passage pour les clandestins dans leurs
allers et retours entre larrire-maison et lavant-maison. La trace de leurs
alles et venues aurait t manifeste au milieu de tant de poussire
accumule. Et cela sans compter la poussire du charbon transporte den bas.
En fait, M. Frank ne pouvait pas dire la vrit quand il parlait ainsi dune es-
pce de fantme de femme de mnage pour une maison si vaste et si sa-
lissante.
35. A plusieurs reprises, au dbut de notre entretien, M. Frank tentait ainsi
dapporter des explications qui, en dfinitive, nexpliquaient rien du tout et le
conduisaient, au contraire, dans des impasses. Je dois dire ici que la prsence
de son pouse devait se rvler particulirement utile. M
me
Frank, qui
connaissait assez bien le Journal, croyait manifestement jusquici
lauthenticit de ce Journal ainsi qu la sincrit de son mari. Sa surprise
nen tait que plus frappante devant la qualit excrable des rponses de M.
Frank mes questions. Pour ma part, je conserve un souvenir pnible de ce
que jappellerais certaines prises de conscience de M
me
Frank. Je ne veux
nullement dire que M
me
Frank tient aujourdhui son mari pour un menteur.
Mais je prtends que M
me
Frank a t vivement consciente, lors de notre en-
trevue, des anomalies et des absurdits graves de toute lhistoire dAnne
Frank. Entendant les explications de son mari, il lui est arriv demployer
son adresse, des phrases du genre de :
Allons donc !
Cest incroyable ce que vous dites l !
Un aspirateur ? Cest incroyable ! Je ne lavais
pas remarqu !
Mais vous tiez vraiment imprudents !
a, vraiment, ctait imprudent !
La remarque la plus intressante quait faite M
me
Frank est la suivante : Je
suis sre que les gens [du voisinage] savaient que vous tiez l. Pour ma
part, je dirais plutt : Je suis sr que les gens du voisinage voyaient,
entendaient, sentaient la prsence des clandestins, si toutefois il sest bien
trouv des clandestins dans cette maison pendant vingt-cinq mois.
36. Je prendrais un autre exemple des explications de M. Frank. Daprs lui,
les gens qui travaillaient dans lavant-maison ne pouvaient pas apercevoir le
corps de btiment de larrire-maison cause du papier doccultation sur les
vitres . Cette affirmation, quon trouve dans les prospectus du muse,
M. Frank me la rptait devant sa femme. Sans mattarder cette
affirmation, je passais un autre sujet : celui de la consommation
dlectricit. Je faisais remarquer que la consommation dlectricit dans la
maison devait tre considrable. Comme M. Frank stonnait de ma
remarque, je lui prcisais : Cette consommation devait tre considrable,
parce que la lumire lectrique fonctionnait toute la journe dans le bureau sur
cour et dans le magasin sur cour de lavant-maison. M. Frank me disait
alors : Comment cela ? La lumire lectrique nest pas ncessaire en plein
jour ! Je lui faisais observer que ces pices ne pouvaient recevoir la lumire
du jour, vu que les fentres avaient du papier doccultation . Il me rpondait
alors que les pices ntaient pas pour autant dans le noir : rponse
dconcertante et qui se trouvait en contradiction avec laffirmation des
prospectus rdigs par M. Frank : Il faut [] conserver les pices dans le
noir (p. 25 du prospectus de trente-six pages susmentionn dans mon alina
15). M. Frank osait alors ajouter que, ce quon distinguait tout de mme par
ces fentres sur cour, ce ntait quun mur. Il prcisait, contre toute vidence,
quon ne voyait pas que ctait le mur dune maison ! Cette prcision
contredisait le passage suivant du mme prospectus : On voyait bien quil y
avait des fentres [occultes] mais on ne pouvait pas voir au travers de celles-
ci et tout le monde supposait quelles donnaient sur le jardin (ibidem). Je
demandais si ces fentres occultes ntaient tout de mme pas quelquefois
ouvertes, ne serait-ce que pour laration du bureau o lon recevait des
visiteurs, ne serait-ce que lt, par les jours de canicule. M
me
Frank
mapprouvait l-dessus et faisait remarquer que ces fentres devaient bien tout
de mme tre quelquefois ouvertes. Si l ence de M. Frank.
37. La liste des bruits laissait perplexes M. et, surtout, M
me
Frank. Pour ce
qui est de laspirateur, M. Frank sursautait et me dclarait : Mais il ne
pouvait pas y avoir daspirateur. Puis, devant mon assurance quil y en
avait un, il se mit bredouiller. Il me dit que, si vraiment il y avait un
aspirateur, on devait le faire fonctionner le soir, quand les employs (les
ennemis ) avaient quitt lavant-maison, aprs leur travail. Jobjectais que
le bruit dun aspirateur de cette poque aurait dautant mieux t entendu des
voisins (les murs taient minces , 25 mars 43) quil se serait produit dans
des locaux vides ou proximit de locaux vides. Je lui rvlais que, de toute
faon, M
me
Van Daan, pour sa part, tait suppose passer cet aspirateur tous
les jours, rgulirement, vers 12 h 30 (la fentre tant probablement ouverte).
Si l ence de M. Frank, cependant que M
me
Frank tait visiblement mue.
Mme silence pour le rveille-matin, la sonnerie parfois intempestive
(4 aot 43). Mme silence pour lvacuation des cendres, surtout par les
jours de canicule. Mme silence pour les prlvements des clandestins sur le
stock de charbon (denre rare), commun toute la maison. Mme silence
pour la question des bicyclettes utilises aprs leur confiscation et aprs
linterdiction faite aux juifs den utiliser.
38. Une quantit de questions restaient ainsi sans rponse ou bien suscitaient,
en un premier temps, des explications par lesquelles M. Frank aggravait son
cas. Puis M. Frank eut en quelque sorte une trouvaille : une formule
magique. Cette formule fut la suivante : M. Faurisson, vous avez
thoriquement et scientifiquement raison. Je vous approuve 100 %.
Ce que vous me signalez tait en effet, impossible. Mais, dans la
pratique, cest pourtant bien ainsi que les choses se sont passes. Je fis
remarquer M. Frank que cette dclaration jetait le trouble dans mon esprit.
Je lui dis que ctait un peu comme sil convenait avec moi quune porte ne
peut tre -la-fois-ouverte-et-ferme et comme si, malgr cela, il maffirmait
avoir vu une telle porte. Je lui faisais remarquer, par ailleurs, que les mots de
scientifiquement , de thoriquement et de dans la pratique taient
superflus et introduisaient une distinction dnue de sens puisque, de toute
faon, thorique , scientifique ou pratique , une porte -la-fois-
ouverte-et-ferme ne peut tout simplement pas exister. Jajoutais que je
prfrerais chaque question particulire une rponse approprie ou, la
rigueur, pas de rponse du tout.
39. Vers le dbut de notre entretien, M. Frank mavait fait le plus
aimablement du monde une concession capitale, une concession annonce
par moi, ci-dessus, lalina 16. Comme je commenais lui faire
comprendre que je trouvais absurdes les explications quil avait fournies dans
ses prospectus, la fois sur lignorance par les Allemands de larchitecture
typique des maisons hollandaises et sur la prsence dune fume constante au-
dessus de larrire-maison (la petite usine ), il voulait bien admettre
demble, sans aucune insistance de ma part, quil sagissait bien l de pures
inventions de sa part. Sans employer, il est vrai, le mot dinventions, il me
dclarait en substance : Vous avez tout fait raison. Dans les explications
quon donne aux visiteurs, il faut simplifier. Cela nest pas si srieux. Il faut
rendre cela agrable aux visiteurs. Ce nest pas la manire scientifique. On
na pas toujours la chance de pouvoir tre scientifique.
40. Cette confidence nous claire sur ce que je crois tre un trait de caractre
de M. Frank : M. Frank a le sens de ce qui plat au public et il cherche sy
adapter, quitte prendre ses aises avec la vrit. M. Frank nest pas homme
se mettre martel en tte. Il sait que le grand public se contente de peu. Le
grand public recherche une sorte de confort, de rve, de monde facile o on lui
apportera exactement le genre dmotion qui le confirme dans ses habitudes de
sentir, de voir et de raisonner. Cette fume au-dessus du toit pourrait troubler
le grand public ? Quimporte ! Inventons-lui une explication non pas vrai-
semblable forcment, mais simple et, sil le faut, simple et grossire. La per-
fection est atteinte si cette invention flatte des ides reues ou des sentiments
habituels : par exemple, il est bien probable que, pour ceux qui aiment Anne
Frank et qui viennent visiter sa maison, les Allemands sont des brutes et des
btes ; eh bien, ils trouveront une confirmation de cela dans les explications
de M. Frank : les Allemands allaient jusqu ignorer larchitecture typique des
maisons dAmsterdam (sic !). Dune faon gnrale, M. Frank mest apparu,
plus dune reprise, comme un homme dpourvu de finesse (mais non de fi-
nasserie) et pour qui une uvre littraire est, par rapport la ralit, une
forme dinvention mensongre, un domaine o lon prend ses aises avec la
vrit, une chose qui nest pas si srieuse et qui permet dcrire un peu
nimporte quoi.
41. Je demandais M. Frank quelles explications il pouvait me fournir sur
les deux points o il convenait quil navait rien dit de srieux aux visiteurs.
Il ne sut me rpondre. Je linterrogeais sur la configuration des lieux. Javais
not des anomalies dans le plan de la maison, tel quil se trouve reproduit par
M. Frank dans toutes les ditions du Journal. Ces anomalies mavaient t
confirmes par ma visite du muse (compte tenu de transformations apportes
aux lieux pour en faire un muse). Cest alors qu nouveau, M. Frank allait
tre conduit, devant les vidences matrielles, me faire de nouvelles et gra-
ves concessions, notamment, ainsi quon va le voir, en ce qui concerne la
porte-armoire . Il commenait par admettre que le schma du plan naurait
pas d cacher au lecteur que la courette qui spare lavant-maison de larrire-
maison tait commune au n 263 (maison des Frank) et au n 265 (maison
de leurs voisins et ennemis ) ; il est dailleurs bizarre que, dans le Journal,
il ny ait pas la plus petite allusion ce fait qui, pour les clandestins, tait
dune gravit extrme. M. Frank reconnaissait ensuite que le schma du plan
laissait croire quau troisime tage la galerie en plein air ntait pas
accessible ; or, cette galerie tait accessible par une porte de larrire-maison
et elle aurait pu bel et bien offrir la police ou aux ennemis une facile
voie daccs au cur mme des lieux habits par les clandestins. Enfin et sur-
tout, M. Frank me concda que la porte-armoire navait aucun
sens. Il reconnut que ce maquillage naurait pu, en aucun cas, empcher une
perquisition de larrire-maison vu que cette arrire-maison tait accessible par
dautres voies et, notamment, par la voie la plus naturelle : la porte dentre
donnant sur le jardin. Cette vidence, il est vrai, ne peut apparatre au vu du
schma, puisque le schma ne contient aucun dessin du rez-de-chausse tout
entier. Quant aux visiteurs du muse, ils nont pas accs ce mme rez-de-
chausse. Cette fameuse porte-armoire devient ainsi une invention des
clandestins particulirement aberrante. On doit, en effet, songer ici que la
fabrication de cette porte-armoire a t une besogne prilleuse. La des-
truction des marches descalier, le montage de cette fausse armoire, la
transformation dun lieu de passage en un apparent cul-de-sac, tout cela ne
pouvait que donner lveil aux ennemis . Tout cela avait donc t suggr
par Kraler et excut par Vossen (21 aot 42) !
42. Plus mon entretien avanait, plus lembarras de M. Frank tait visible.
Mais son amabilit ne se dmentait pas ; au contraire. Sur la fin, M. Frank
allait employer une argumentation sentimentale, apparemment habile et sur
un ton de bonhomie. Cette argumentation tait la suivante : Oui, je vous
laccorde, nous avons t un peu imprudents. Certaines choses taient un peu
dangereuses, il faut le reconnatre. Dailleurs, est-ce peut-tre bien pour cela
que nous avons t finalement arrts. Mais ne croyez pas, monsieur
Faurisson, que les gens taient souponneux ce point. Cette curieuse
argumentation allait dicter M. Frank des phrases comme : Les gens taient
gentils ! ou bien : Les Hollandais taient bons ! ou mme, deux repri-
ses : La police tait bonne !
43. Ces phrases navaient quun inconvnient : elles rendaient absurdes toutes
les prcautions signales dans le livre. Dans une certaine mesure, elles
taient mme au livre tout son sens. Ce livre raconte, en effet, laventure
tragique de huit personnes traques, contraintes de se cacher, de senterrer
vivantes pendant vingt-cinq mois au sein dun monde frocement hostile.
Dans ces jours de tombeau , seuls quelques tres dlite savaient leur
existence et leur portaient secours. On peut dire quen recourant ses derniers
arguments, M. Frank tentait, dune main, de calfeutrer les fissures dun
ouvrage que, de lautre main, il dmantelait.
44. Le soir de notre premire journe dentretien, M. Frank me remettait son
propre exemplaire, en franais, du livre dE. Schnabel : Spur eines Kindes
(Sur les traces dAnne Frank). Il me dit que je trouverais peut-tre dans ce
livre des rponses certaines de mes questions. Les pages de cet exemplaire
ntai